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Les abeilles et autres insectes butineurs 80% des espèces végétales sont fécondées par l’abeille domestique « Apis mellifera » arrivée sur terre 60 millions d’années avant l’Homme. Les ¾ des fruits et légumes qui nourrissent l’humanité dépendent d’elle. Dès l’âge de 3 semaines, elle passe tout son temps à butiner. Jamais désœuvrée, elle utilise pleinement son physique de travailleuse hautement qualifiée. Apis mellifera force l’admiration ! pour les grandes cultures de colza et de tournesol, les arbres fruitiers (pommiers, cerisiers…) mais aussi pour les petits fruits du cassissier, du framboisier, du fraisier... L’abeille est également utile pour la production de semences de légumes (carottes, radis, oignons) ou encore pour la production de plantes aromatiques (thym, origan…).

Pas d’abeille sans fleur et pas de fleur sans abeille Pour bon nombre d'entre nous, l’abeille domestique est connue pour les produits de la ruche : miel, cire, pollen… Nous savons moins souvent qu'elle joue un rôle irremplaçable en agriculture et, plus généralement, pour les écosystèmes et la biodiversité. En effet, les pollinisateurs se nourrissent du nectar et du pollen des fleurs tout en les pollinisant. En transportant du pollen d'une fleur à l'autre, l’abeille favorise la fécondation croisée entre plantes de la même espèce.

Pourtant, les abeilles s’éteignent par milliards…

Sur les quelques 6000 espèces de plantes sauvages et cultivées recensées en France, environ 4200 sont pollinisées par les insectes et certaines en dépendent totalement. Une bonne pollinisation améliore les rendements de certaines cultures et permet l'obtention de plus beaux fruits, plus résistants à la chute et dont les qualités organoleptiques (goût et texture) et de conservation peuvent être bien meilleures. C'est le cas par exemple

Depuis quelques années, les apiculteurs d’Europe, d’Amérique et d’Asie assistent impuissants à l’effondrement de leurs colonies. Les abeilles s’éteignent par milliards. En Amérique du Nord 60 à 80% des butineuses sont portées manquantes. En Europe, le quart des colonies a été décimé. Les scientifiques explorent plusieurs pistes pour tenter de comprendre les causes de cette hécatombe.

En butinant, l'abeille visite des milieux variés et peut entrer en contact avec les polluants présents dans son environnement. Divers pesticides pulvérisés sur les cultures interagissent entre eux et cet effet de cascade détruit ses défenses immunitaires. Affaiblie par la raréfaction et les modifications profondes de ses zones mellifères, elle est de plus en plus vulnérable aux parasites et plus sensible aux maladies. Les nouvelles générations d’insecticides enrobent les semences et pénètrent la plante jusqu’au pollen que l’abeille rapporte à la ruche. L’abeille butinera cette fleur mutante comme elle l’a toujours fait… Il y a 50 ans Albert Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme. Il avait prédit que la disparition des abeilles précèderait celle de l’humanité de quatre années seulement. Les abeilles sont des indicatrices. Leur déclin est un avertissement…

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Comment aider les abeilles et autres pollinisateurs ? Avec plus d’un million d’hectares de jardins privés en France, les jardiniers amateurs ont un rôle important à jouer pour soutenir les insectes pollinisateurs. Les techniques de jardinage bio, souvent faciles à mettre en œuvre, favorisent la présence de ces petits insectes et de la biodiversité en général. Voici une sélection de gestes et techniques pour faire de votre jardin ou de votre balcon un lieu privilégié pour les butineurs (abeilles, papillons, bourdons) et les oiseaux !

Fleurissez votre jardin Mettez à la disposition des butineurs et de la biodiversité animale en général, des sources de pollen et de nectar. Quelques mètres carrés suffisent mais il n’y a bien sûr pas de limite en surface ou en nombre d’espèces pour les plus motivés des jardiniers ! Parmi les fleurs mellifères à planter ou à favoriser, citons par exemple l’esparcette, l’anthémis, le coquelicot, le bleuet, le trèfle blanc, le trèfle violet ou la vipérine. Les plantes aromatiques comme le thym, l’origan et le romarin sont également très

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attractives. Toutes ces espèces peuvent être semées au printemps. Plantez une haie diversifiée Les haies sont des refuges de biodiversité à elles toutes seules : sources de nourriture pendant leur floraison et abri pour la nidification pendant toute l’année. Choisissez des espèces locales variées, la monotonie d’un jardin étant défavorable à la biodiversité. Les haies mono spécifiques de thuya ne proposent aucun pollen ou nectar et présentent une végétation

trop dense pour inciter les oiseaux à y nicher. 

 Voici deux recommandations pour reconvertir votre haie en refuge à biodiversité : 
 • Choisissez des espèces productrices de pollen et de nectar comme l’aubépine, la bourdaine, le troène d’Europe, le noisetier, le prunellier ou encore le saule marsault et le cornouiller mâle qui ravitaillent les insectes dès le mois de mars. • Ne taillez pas la haie pendant la période de floraison ! Mieux encore : attendez que les oiseaux qui sont venus y nicher aient fini leur cycle de reproduction et que les oisillons soient prêts à prendre leur envol.


Créez une prairie mellifère Chaque année, l’urbanisation fait disparaître des dizaines de milliers d’hectares de végétation… Autant garder un maximum de surface verte là où cela est possible ! Votre prairie fleurie peut être naturelle ou créée avec l’aide de graines sauvages mellifères que vous pouvez commander en page suivante. La prairie servira d’abri aux insectes pollinisateurs comme les abeilles, les bourdons, les papillons… mais aussi à d’autres insectes comme les sauterelles, les criquets… La technique à mettre en œuvre est la tonte différenciée. Cela consiste à adapter la fréquence et la hauteur de coupe à l’usage des différentes parties du jardin, selon qu’elles sont plus ou moins fréquentées. La diversité va s’accroître dans les zones où la hauteur de coupe est augmentée. Il est préférable d’amaigrir le sol en évacuant les déchets de tonte. En

effet, plus le milieu est riche plus la flore qui s’y développe est banale et vigoureuse, étouffant les autres espèces, alors que le milieu appauvri favorise l’expression d’un plus grand nombre d’espèces végétales. Créez des nids à abeilles solitaires Les nids à abeilles solitaires, beaucoup moins fréquents que les nichoirs à oiseaux, sont tout aussi utiles. En effet, il existe en France plusieurs centaines d’espèces d’abeilles sauvages qui ne vivent pas en colonie dans une ruche et qui doivent pouvoir se reproduire aussi. Osez un peu de désordre dans votre jardin en laissant un tas de bois mort dans un coin, si possible à l’abri de la pluie, un tas de pierres, des tiges fanées… Construisez des nichoirs en perçant une bûche de multiples trous de tailles différentes ou en suspendant des mini fagots de tiges de sureaux…

Limitez les produits phytosanitaires S’il est parfois difficile de se passer complètement des pesticides, prenez toutes les précautions nécessaires lorsqu’une pulvérisation s’avère malgré tout nécessaire : • Respectez précisément les conditions d’emploi indiquées sur l’étiquette : il ne faut jamais modifier les doses prescrites au risque de voir diminuer l’efficacité

du traitement. • Traitez en dehors des heures de butinage, le matin ou le soir après 18h, en dehors de la présence d’insectes. • Traitez en l’absence de vent pour éviter toute dérive non souhaitée des produits • Protégez-vous ! Portez au minimum une paire de gants pour éviter tout contact direct avec les produits.

Votre aide ne va pas résoudre tous les problèmes auxquels sont confrontés les abeilles et autres insectes butineurs mais en entrant dans leur intimité et en sensibilisant votre entourage, vous allez mieux les comprendre et c’est déjà un bon début !

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Prairies fleuries régionales Cinq propositions de semis Des mélanges de prairies fleuries agréés par le Conseil Scientifique de l’Environnement Nord - Pas-de-Calais et du Conservatoire botanique de Bailleul vous sont proposés. La floraison d’une prairie de vivaces étant un peu maigre la première année, des semences de fleurs des champs- bleuet, coquelicot… sont ajoutées aux semis de vivaces d’origine. 1 • Mélange « Fleurs sauvages-mellifères » Particularité : Mélange d’espèces intéressantes pour les pollinisateurs, riches en nectar et pollen Durée : pérennité de 3 à 4 ans Densité : 2,5g/m² (3 g max) Composition : Daucus carota (Carotte sauvage) Dipsacus fullonum (Cardere sauvage) Centaurea thuillieri (Centaurée des près) Malva moschata (Mauve musquée) Centaurea cyanus (Bleuet des champs)

2 • Mélange « Prairies fleuries » (sans graminées)

Particularité : Mélange qui comprend une base de graminées, dont 30 % de fleurs sauvages dont 5 % d’annuelles garantissant une floraison dès la première année. Durée : Pérennité du mélange supérieure à 5 ans. Densité du semis recommandée : 5 g/m2. Composition prairies fleuries Festuca rubra rubra (Fétuque rouge) Agrostis tenuis (Agrostide capillaire)

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Papaver rhoeas (Coquelicot) Trifolium pratense (Trèfle rouge) Origanum vulgare (Origan commun) Leucanthenum vulgare (Grande marguerite) Reseda luteola (Reseda des teinturiers) Leontodon hispidus (Dent de lion hispide)

Poa pratensis (Pâturin des prés) Lotus corniculatus (Lotier corniculé) Achillea millefolium (Achillée millefeuille) Daucus carota (Carotte sauvage) Hypericum perforatum (Millepertuis perforé) Leucanthemum vulgare (Grande marguerite) Centaurea thuillieri (Centaurée de Thuillier / Jacée « grandiflora ») Malva moschata (Mauve musquée) Silene latifolia alba (Compagnon blanc) Papaver rhoeas (Coquelicot) Centaurea cyanus (Bleuet des champs) Chrysanthemum segetum (Chrysanthème des moissons) Agrostemma githago (Nielle des blés) Prunella vulgaris (Brunelle) Plantago lanceolata (Plantain lancéolé) Tanacetum vulgare (Tanaisie)

Particularité : Mélange conçu spécialement pour les vergers favorisant la lutte intégrée par les insectes auxiliaires. Composé uniquement de fleurs sauvages annuelles, bisannuelles et vivaces. Durée : La pérennité est de 5 ans maximum. Densité : 2,5 g/m2. Idéal pour les terres fraîchement retournées. Composition verger Achillea millefolium (Achillée millefeuille) Daucus carota (Carotte sauvage) Hypericum perforatum (Millepertuis perforé) Leucanthemum vulgare (Grande marguerite) Centaurea thuillieri (Centaurée de Thuillier / Jacée « grandiflora ») Malva moschata (Mauve musquée) Silene latifolia alba (Compagnon blanc) Papaver rhoeas (Coquelicot) Centaurea cyanus (Bleuet des champs) Chrysanthemum segetum (Chrysanthème des moissons) Agrostemma githago (Nielle des blés) Origanum vulgare (Marjolaine) Echium vulgare (Vipérine commune) Tragopogon pratensis (Salsifis des prés) Geranium pyreineca (Géranium des Pyrénées) Plantago lanceolata (Plantain lancéolé) Clinopodium vulgare (Sarriette) Cichorium intybus (Chicorée sauvage)

4 • Mélange « Fleurs des champs »

3 • Mélange « Verger »

Durée : La pérennité du mélange est de 2 ans, il est recommandé de retravailler le sol finement

et de ressemer le mélange chaque année. Densité : 2,5 g/m2. Composition fleurs des champs Papaver rhoeas (Coquelicot) Centaurea cyanus (Bleuet des champs) Chrysanthemum segetum (Chrysanthème des moissons) Agrostemma githago (Nielle des blés)

5 • Mélange « Fleurs sauvages pures » (sans graminées)

Particularité : Mélange de fleurs sauvages annuelles, bisannuelles et vivaces. Sans apport de graminées. Durée : Pérennité sur 5 ans. Densité : 2,5 g/m2. Composition fleurs sauvages pures Achillea millefolium (Achillée millefeuille) Daucus carota (Carotte sauvage) Hypericum perforatum (Millepertuis perforé) Leucanthemum vulgare (Grande marguerite) Centaurea thuillieri (Centaurée de Thuillier / Jacée « grandiflora ») Malva moschata (Mauve musquée) Silene latifolia alba (Compagnon blanc) Papaver rhoeas (Coquelicot) Centaurea cyanus (Bleuet des champs) Chrysanthemum segetum (Chrysanthème des moissons) Agrostemma githago (Nielle des blés) Origanum vulgare (Marjolaine) Tragopogon pratensis (Salsifis des prés) Echium vulgare (Vipérine commune) Plantago lanceolata (Plantain lancéolé) Tanacetum vulgare (Tanaisie)


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