Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6
FORUMCONSTRUCTION
Un événement axé sur la modernisation de la Belgique
RENO+
Le projet continue, avec le soutien de la ministre Cécile Neven
INSCRIVEZVOUS
Rebuild Belgium
La Belgique est confrontée à la plus grande vague de construction et de rénovation depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce ne sont pas des paroles en l’air, mais la dure réalité. De nombreux logements, bâtiments et infrastructures ont été construits avant 1970 et sont, par conséquent, usés. En outre, le vieillissement de la population s’accélère : d’ici 2050, le nombre de personnes de plus de 65 ans augmentera d’un tiers, le nombre de plus de 85 ans doublera et notre pays comptera 800.000 habitants supplémentaires. La question n’est donc pas de savoir si nous devons construire et rénover, mais plutôt de savoir à quelle vitesse et avec quelle efficacité nous pouvons le faire.
Aujourd’hui, la Belgique compte 5,7 millions de logements. À peine 5 % répondent déjà aux normes énergétiques visées pour 2050. Cela signifie que plus de 5,2 millions de maisons et d’appartements devront faire l’objet d’une rénovation profonde au cours des 25 prochaines années. Aujourd’hui, nous rénovons moins de 1 % par an. Ce rythme doit être multiplié par cinq. Comme si cela ne suffisait pas, il faudra en outre construire 900.000 logements supplémentaires. La demande de logements augmente déjà aujourd’hui, et non dans un avenir lointain.
Notre patrimoine public montre également des signes de faiblesse. Les écoles, hôpitaux, maisons de repos et prisons ont en moyenne un demi-siècle. 95 % d’entre eux ne répondent pas aux normes énergétiques de demain. Parallèlement, le besoin de capacité supplémentaire augmente. Particulièrement dans le secteur des soins aux personnes âgées, où le nombre de places devrait croître d’un tiers, alors que le secteur est déjà sous pression.
Et puis, il y a les infrastructures. Près de 5.000 kilomètres d’autoroutes et de routes
régionales doivent être entièrement remplacées ou lourdement rénovées. Les ponts et tunnels suivent la même tendance. Reporter ces travaux n’est pas une économie. C’est une facture qui reviendra plus tard, et d’autant plus lourde.
Ce gigantesque défi de construction redessinera notre société. Et oui, il offre aussi une incroyable opportunité économique. Le secteur de la construction et de l’installation dispose des connaissances, des compétences humaines et de la capacité d’innovation nécessaires pour porter cette transition. Ce qui manque, c’est une boussole stable. Aujourd’hui, les entrepreneurs se heurtent à des règles fragmentées, à des procédures de permis interminables et à une politique de volteface. Les pouvoirs publics doivent être un partenaire fiable, avec des objectifs clairs, une réglementation stable, des budgets suffisants et un calendrier réaliste. Les choix politiques doivent partir de la réalité du terrain, en dialogue avec ceux qui sont chargés de les mettre en œuvre.
Après la Seconde Guerre mondiale, ce pays a été reconstruit grâce à une vision claire et à la collaboration entre les pouvoirs publics et les entreprises de construction. Aujourd’hui, nous nous trouvons de nouveau à un carrefour. Notre appel est simple et urgent : créez un cadre cohérent et prévisible. Accélérez les procédures. Rendez la rénovation et la construction neuve accessibles aux ménages et aux entreprises. Considérez le secteur de la construction comme un partenaire dans l’élaboration des politiques. Car il ne s’agit pas seulement de briques et de béton. Il s’agit de confiance, du choix de bâtir l’avenir. Le chantier est ouvert. Il ne manque plus que le courage de le mener ensemble.
Niko Demeester CEO Embuild
« Après la Seconde Guerre mondiale, ce pays a été reconstruit grâce à une vision claire et à la collaboration entre les pouvoirs publics et les entreprises de construction. »
UN FORUMCONSTRUCTION AXÉ SUR LA MODERNISATION DE LA BELGIQUE
« La Belgique craque de toutes parts. Mais dans le même temps, c’est un momentclé. Embuild prépare dès aujourd’hui l’avenir de la Belgique ». Ce sont avec ces mots que Hanne Decoutere, journaliste à la VRT, a ouvert le ForumConstruction 2026, qui a attiré environ 700 participants. La grande devise de cet événement était
« Rebuild Belgium », soit le plus grand défi de construction depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais dans le même temps, le ForumConstruction s’est aussi penché sur le 80e anniversaire d’Embuild, non sans omettre les visions pour son avenir.
3 ● Édito
Rebuild Belgium.
7 ● Point de vue régional
Enfin un gouvernement bruxellois. Et maintenant ?
ÉVÉNEMENT
8 ● ForumConstruction
Un événement axé sur la modernisation de la Belgique.
VOS INTÉRÊTS
12 ● Rebuild Belgium
Focus sur l’état des lieux du logement.
14 ● 80 ans Embuild
La TVA à 6 %, un travail de défense professionnelle de 25 ans.
16 ● Social
CP 124 : un accord sectoriel pour les années 2025-2026.
18 ● Politique
Interview avec le ministre Vincent Van Peteghem.
21 ● Plan PME 2025
Que retenir pour la construction ?
DOSSIER
23 ● Introduction
La problématique des permis.
24 ● Contexte
Les permis de construire à leur plus bas niveau historique.
DOSSIER : LA PROBLÉMATIQUE DES PERMIS
Même si elles ne sont pas encore disponibles pour toute la Belgique pour l'année 2025, les statistiques des permis de construire n’ont jamais été aussi basses depuis l’an 2000. Baisse du pouvoir d’achat, durcissement d’octroi des crédits, hausse du prix des matériaux, normes toujours plus exigeantes, lourdeurs administratives… Face à ce dernier constat, les Régions prennent des initiatives. Lesquelles ? Nous vous les expliquons dans ce dossier.
LE PROJET RENO+ CONTINUE, AVEC LE SOUTIEN DE LA MINISTRE CÉCILE NEVEN
Le 12 février dernier, dans le cadre du salon Batibouw, RENO+ et la Société Wallonne du Crédit Social (SWCS) ont signé une convention de collaboration, en présence de Cécile Neven, la ministre wallonne du Logement et de l’Energie. Embuild Wallonie avait organisé une conférence de presse à cette occasion pour expliquer la réussite et la poursuite des projets de rénovation massifiée en Wallonie.
L’ANCIEN STADE DE FOOTBALL DE WAVRE DEVIENT LA BELFIUS HOCKEY ARENA
La Coupe du monde de hockey sur gazon féminine et masculine aura lieu du 15 au 30 août 2026, aux Pays-Bas et en Belgique. Deux villes accueilleront l’événement : Amsterdam et Wavre. Dans cette commune du Brabant wallon, l’ancien stade Justin Peeters a été entièrement rénové et agrandi pour accueillir la compétition. Notre membre Socatra est à la manœuvre. Résultat : une magnifique enceinte de 4.000 places désormais appelée la « Belfius Hockey Arena ». Ce nouveau stade national sera inauguré le 1er avril.
26 ● Wallonie
Une simplification des formulaires et en route vers la dématérialisation.
28 ● Bruxelles
6 mesures sur 9 dans la DPR du nouveau gouvernement bruxellois ont été sollicitées par Embuild.Brussels.
30 ● Flandre
Les avis des commissions d’experts transformés en programme d’action.
SECTEURS
& MÉTIERS
34 ● Reno+
Le projet continue, avec le soutien de la ministre Cécile Neven.
36 ● Batimoi
La numérisation, thème central de la deuxième édition des petits-déjeuners de la construction.
38 ● Anniversaire
Thomas & Piron, en phase avec son époque depuis 50 ans.
40 ● ReloAD
Une première station de tri inaugurée sur un chantier pilote de BPC.
43 ● Société
Devenez Lauréat(e) du Travail !
44 ● Buildwise
• Mur creux rénové avec un ETICS : raccords avec une toiture inclinée.
• Espace entre les dalles extérieures et la façade : simple finition ou détail essentiel ?
• Détails constructifs fiables et prêts à l’emploi.
PROJETS & ENTREPRISES
48 ● Projet
L’ancien stade de football de Wavre devient la Belfius Hockey Arena.
50 ● Avantages membres
Votre affiliation se rentabilise.
53 ● Marché de la construction
• Renson
• Wienerberger
54 ● Marquant
• Inscrivez-vous à la Journée
Chantiers Ouverts !
• Chiffre du mois
Le rendez-vous incontournable des Pouvoirs locaux
Enfin un gouvernement bruxellois. Et maintenant ?
Après 613 jours sans gouvernement, un triste record, Bruxelles dispose enfin d'un pouvoir exécutif et une Déclaration de Politique Régionale (DPR). Pour nos entreprises, c'est d'abord un soulagement : l'absence de gouvernement de plein exercice provoquait des défauts de paiement, un manque de marchés et une paralysie administrative insoutenable.
Sur le papier, cette DPR contient une vraie révolution : diviser par deux les délais de permis, fusionner les autorisations urbanistiques et environnementales, créer une déclaration urbanistique libératoire unique. Quand on sait qu'un permis prend en moyenne quatre ans et dix mois à Bruxelles, contre des délais légaux de quelques mois, on mesure l'ampleur du chantier. Plus d'un million de mètres carrés de projets sont bloqués. Si le nouveau gouvernement tient parole, c'est un tournant historique.
Mais à côté de ces promesses, les signaux d'alerte sont nombreux. La suspension du métro 3 prive notre secteur de marchés considérables et Bruxelles d’infrastructures dignes d’une capitale. Le gel des friches bloque quelque 800 logements alors que 62.000 ménages attendent un logement social. Quant aux primes Renolution, leur suppression brutale, au profit de prêts à taux zéro, fragilise des entreprises déjà éprouvées par quatre années de crise. Rappelons-le : 2. 710 faillites en 2025, un record absolu.
Sur le marché du logement libre, l’hypertrophie de normes parfois contradictoires et l’accumulation de contraintes provoquent
la chute vertigineuse du nombre de réalisations neuves, qui l’année dernière ne représentait plus que 1% du nombre de transactions. Ce qui entraîne mécaniquement des déséquilibres sur le marché, notamment en matière locative. Ceci alors que la production de logements sociaux et conventionnés peine à répondre aux besoins.
Le paradoxe le plus criant concerne la rénovation énergétique. La Région maintient l'échéance de 2033 pour éradiquer les passoires thermiques (270.000 logements à rénover), mais coupe les moyens d'y parvenir. Au rythme actuel, il faudrait quadrupler la cadence. C'est un gisement de 20.000 emplois qui, en circuit court, pourrait mieux bénéficier à l’économie locale en créant des effets retours bénéfiques au budget régional. Encore faut-il ne pas tuer le marché avant qu'il ne décolle.
Notre message au gouvernement de Boris Dilliès est clair : le secteur est prêt à construire, à rénover, à transformer. Mais la confiance ne se décrète pas, elle se reconstruit, acte après acte. Embuild.Brussels se tient à disposition pour y travailler.
Alexandre De Cesco Président Embuild.Brussels
« La Région maintient l'échéance de 2033 pour éradiquer les passoires thermiques (270.000 logements à rénover), mais coupe les moyens d'y parvenir. »
Un ForumConstruction axé sur la modernisation de la Belgique
« La Belgique craque de toutes parts. Mais dans le même temps, c’est un momentclé. Embuild prépare dès aujourd’hui l’avenir de la Belgique ». Ce sont avec ces mots que Hanne Decoutere, journaliste à la VRT, a ouvert le ForumConstruction 2026, qui a attiré environ 700 participants. La grande devise de cet événement était
« Rebuild Belgium », soit le plus grand défi de construction depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais dans le même temps, le ForumConstruction s’est aussi penché sur le 80e anniversaire d’Embuild, non sans omettre les visions pour son avenir.
Le ForumConstruction a été lancé par un entretien avec KARL NEYRINCK , président d’Embuild. Il s’est engagé à poursuivre l’engagement de son prédécesseur Christophe Maes, surtout pour mener à bien le projet « Embuilding The Future ». « Pour notre organisation professionnelle, cela signifie principalement deux choses : faire plus avec moins de moyens, et se concentrer sur l’innovation dans nos processus », a-t-il déclaré.
Selon Karl Neyrinck, la construction connaît actuellement une période de stagnation. La construction résidentielle, en particulier, est confrontée à de gros problèmes, alors que le besoin en logement est important. Karl Neyrinck a profité de l’occasion pour faire passer un message aux politiques. Il a surtout plaidé pour davantage de stabilité et, en particulier, pour le maintien du régime de TVA actuel, plus favorable à la construction. Il a également abordé la simplification. Les entreprises de construction et les pouvoirs publics doivent collaborer de manière efficace pour trouver des solutions et être capables de réagir plus rapidement, comme c'est le cas aux Pays-Bas.
Plan d'action ambitieux pour Embuild
L’année dernière, la fédération de la construction avait semé les graines de son grand projet « Embuilding The Future ». Ce plan doit améliorer le fonctionnement de l’organisation. L’objectif est de créer une plus grande valeur ajoutée pour les membres, développer de nouveaux services et aborder les différents problèmes avec plus de concerta-
tion. Tom Willemen, président exécutif du groupe Willemen, et Christophe Cardinael, CEO de Dherte, ont développé ce point lors d'une conversation en face à face.
« Embuilding The Future vise à améliorer la concertation au sein de la grande maison aux multiples chambres qu’est Embuild. »
Selon TOM WILLEMEN , « Embuilding The Future vise à améliorer la concertation au sein de la grande maison aux multiples chambres qu’est Embuild. Le monde dans lequel nos membres opèrent a fondamentalement changé. Il s'agit donc de faire en sorte que les services aux membres soient « à l'épreuve du temps ». Pour cela, il est également important qu'Embuild collabore étroitement avec d'autres acteurs, comme Buildwise. »
Exécution du plan d’action
Tom Willemen a expliqué qu’au cours de l’été 2025, les membres et les collaborateurs
De g. à dr.: Virginie Dufrasne (CEO de Lixon), Vicky Dethier (CEO de Dethier), Gérard Sevrin (CEO de Macors), Wiet Vande Velde (CEO d'Energy KIng) et Hanne Decoutere, la journaliste de la VRT qui a animé l'événement.
d’Embuild se sont réunis pour un exercice stratégique durant deux jours. Ensuite, un cockpit composé de huit personnes et un Comité de pilotage composé de dix personnes, entrepreneurs et membres de la direction d’Embuild, ont été créés pour poursuivre ce processus.
La priorité est placée sur trois chantiers différents : la réforme des cotisations des membres, le renouvellement des services et l’amélioration de la gouvernance interne. D’ici cet été, on devrait voir les premiers résultats. Par la suite, de nouveaux chantiers peuvent se présenter. Au centre de tout ceci : la coopération. Il ne suffira pas d’additionner toutes nos forces pour trouver des solutions.
Davantage de transparence et d’efficacité
CHRISTOPHE CARDINAEL a notamment plaidé pour un back-office transparent, efficace et numérisé. « Ainsi, les membres pourront trouver plus facilement la personne la plus encline à donner une réponse adéquate à leurs préoccupations », a-t-il indiqué. Selon le CEO de Dherte, d'ici 2030, Embuild doit devenir l'organisation sur laquelle les membres peuvent s'appuyer, qui peut recevoir les craintes des membres et les transmettre auprès des « décideurs » de notre pays, et dont les membres sont heureux et fiers d'en faire partie.
Réflexions
sur « Rebuild Belgium »
Après une présentation des chiffres de « Rebuild Belgium » (voir pp. 12-13), les spectateurs ont pu assister à un débat avec VIRGINIE DUFRASNE (CEO de Lixon), VICKY DETHIER (CEO de Dethier), GÉRARD SEVRIN (CEO de Macors) et
UN BEAU SUCCÈS POUR LES TROIS ATELIERS
Avant la séance plénière, les participants au ForumConstruction avaient la possibilité de suivre trois ateliers. Les thèmes étaient les suivants :
● les techniques d’isolation biocirculaire ;
● Tooli, le premier outil d’IA spécialement conçu pour le secteur de la construction et
● Cybersécurité : hackez le hacker –apprenez à penser comme un hacker et protégez votre entreprise.
WIET VANDE VELDE (CEO d’Energy King), sur le grand défi que nous devons relever.
Quels sont les obstacles ? Virginie Dufrasne a déploré un manque de continuité en matière de travaux d’infrastructure, l’accent ayant d’abord été porté sur le « Green Deal » à grande échelle, puis sur le renforcement militaire.
Gérard Sevrin a évoqué le problème de la forte augmentation des coûts en se référant à la complexité des critères à atteindre, combinée à la difficulté d'obtenir un permis pour les projets.
À cet égard, Vicky Dethier a évoqué les sociétés de logements sociaux qui soumettent d'abord des plans clairs, mais qui doivent ensuite les retravailler sans cesse au cours de la procédure de permis. Elle espérait une révolution dans l’octroi des permis de la part du ministre Jo Brouns (voir p. 32).
Engager différemment
Et qui pour relever ce défi ? Selon Gérard Sevrin, nous devons utiliser davantage les outils à notre disposition, comme les concours « Skills ». La construction paie bien. Mais certaines interventions (comme les timbres fidélité) sont actuellement dans les mains des syndicats. Les employeurs doivent reprendre ceci en main.
Selon Vicky Dethier, nous devons construire plus intelligemment. Nous ne pourrons pas réduire la quantité de travail manuel. Ce sont surtout les emplois administratifs qui disparaîtront. Pourquoi ne pas reconvertir ces employés en techniciens de la construction ?
Wiet Vande Velde estimait que nous ne devrions pas craindre la Chine, tant que nous allons de l’avant, vers une standardisation et vers la construction modulaire. La
Christophe Cardinael, le CEO de Dherte (à g.) et Tom Willemen, le président exécutif du groupe Willemen (à dr.) ont discuté du projet "Embuilding The Future".
Karl Neyrinck, le président d'Embuild.
construction deviendra alors plus abordable. Parce que la technologie est de moins en moins chère. Dans ce cadre, il est important de faire preuve de continuité. Les changements constants des taux de TVA pour les pompes à chaleur sont un exemple de ce qu'il ne faut pas faire.
Améliorations structurelles d'ici 2030
Comment améliorer structurellement la construction d'ici 2030 ? À cette fin, Vicky Dethier compte sur une augmentation de la vitesse et de l'influence de la construction grâce à un déploiement supplémentaire de la technologie industrielle et à un partage accru des connaissances via « Design & Build », par exemple.
Wiet Vande Velde a plaidé pour une réglementation commune à toute la Belgique (un taux de TVA unique de 9 % pour toutes les constructions), une énergie moins chère et une simplification extrême. Virginie Dufrasne voulait des marchés publics qui ne soient plus axés sur le prix le plus bas, et Gérard Sevrin des processus de décision plus rapides.
Niko Demeester
NIKO DEMEESTER , le CEO d’Embuild, a pris la parole après cette table ronde. « Le ForumConstruction est un moment au cours duquel nous regardons vers l’avenir. Un lieu où les idées sont partagées et où le secteur de la construction et de l’installation montre ce dont il est capable. Forte de 80 ans d’expérience, Embuild regarde, avec vous, vers le grand défi que représente Rebuild Belgium », a-t-il indiqué.
En effet, la Belgique fait face à un défi majeur : la plus grande opération de construction et de rénovation depuis la Seconde Guerre mondiale. Le CEO d’Embuild a expliqué que ce constat était le résultat de deux facteurs : premièrement, une grande partie de notre patrimoine a été construite il y a 50 à 75 ans et est donc usée et deuxièmement, la population augmentera de 800.000 personnes d’ici 2050 avec une forte vague de vieillissement. « Comment allons-nous permettre à toutes ces personnes de vivre, travailler, se déplacer et se faire soigner dans de bonnes conditions ? », a interrogé Niko Demeester.
Aujourd’hui, la Belgique compte 5,7 millions de logements. Mais seuls 5 % d’entre eux
PROGRAMME
3 workshops sur l’IA, la cybersécurité et les matériaux de construction biosourcés.
1 session plénière avec Georges-Louis Bouchez (président du MR) comme orateur principal.
Notre ForumConstruction se clôturera par un lunch gratuit et un moment de réseautage pour les professionnels de la construction.
Georges-Louis Bouchez, le président du MR, était le keynote speaker du jour.
respectent les normes énergétiques visées pour 2050. Plus de 5,2 millions d’habitations devront donc faire l’objet d’une rénovation profonde au cours des 25 prochaines années. « Le rythme actuel de rénovation de 1 % doit donc être multiplié par 5 », a-t-il précisé. « En outre, 900.000 nouveaux logements devront être construits pour répondre à la demande. »
« Ce sont surtout les emplois administratifs qui disparaîtront. Pourquoi ne pas reconvertir ces employés en techniciens de la construction ? »
Les bâtiments publics (écoles, hôpitaux, maisons de repos et prisons) sont également vieillissants. « 95 % de ces bâtiments doivent être rénovés », a indiqué Niko Demeester. Les infrastructures routières sont également sous pression avec des milliers de kilomètres de routes, des ponts et des tunnels à remplacer ou à rénover de manière urgente.
Rebuild Belgium représente un défi, mais aussi une opportunité économique. Notre CEO a indiqué que le secteur était prêt à le relever, à condition de bénéficier d’un cadre politique stable, clair et cohérent, aussi bien au niveau fédéral que régional. « Mon appel aux administrations est simple, mais extrêmement urgent. Offrez-nous un cadre stable, cohérent et réalisable. Accélérez les procédures, prévoyez les budgets nécessaires et rendez la rénovation et la construction neuve accessibles aux particuliers et aux entreprises de construction. Et considérez le secteur comme un partenaire capable de proposer des solutions. Si nous faisons ce choix, nous ne construisons pas seulement des logements, des bâtiments et des routes. Nous construisons de la confiance. Un pays où il fait bon vivre. Et un avenir dont nous pourrons tous être fiers. »
Georges-Louis Bouchez
Le point d’orgue de ce ForumConstruction était la venue du keynote speaker du jour, GEORGES-LOUIS BOUCHEZ , le président du MR.
Merci à nos sponsors
ENVIRON 200.000 VISITEURS À BATIBOUW
La 67e édition de Batibouw a fermé ses portes le 15 février dernier. Quelque 198.012 personnes ont visité le salon, confirmant le succès de l’édition 2025 (203.685 visiteurs). « Le week-end de clôture a connu une affluence particulièrement soutenue, venant couronner une édition dynamique et fortement mobilisatrice. Des sondages réalisés auprès des exposants confirment une évolution marquée du profil des visiteurs : ceux-ci se présentent plus que jamais à Batibouw avec des projets concrets et des questions précises en matière de construction et, surtout, de rénovation », ont indiqué les organisateurs.
Les 5 palais, réunissant plus de 300 exposants, affichaient complet. Plusieurs entreprises n’ont pu être intégrées à l’édition 2026 faute d’espace disponible. Cette édition a également été marquée par le retour de plusieurs marques de premier plan, parmi lesquelles Eggo, Velux, Harol, Novy et AEG. « Afin de répondre à cette dynamique positive, le salon s’étendra à 6 palais dès 2027 et ouvrira ses portes, le vendredi 12 février, lors d’une journée spécialement réservée aux professionnels. » La 68e édition se tiendra à Brussels Expo du 12 au 21 février 2027.
C’est donc au lendemain de l’accord trouvé sur le gouvernement bruxellois que le libéral est venu s’exprimer devant notre secteur. « Les dernières heures ont été chargées, mais je voulais absolument venir chez Embuild et prendre la parole devant vous », a d’emblée indiqué un Georges-Louis Bouchez très intéressé par le thème de l’événement. Un événement qui, pour rappel, se tenait dans le Palais 10 de Brussels Expo. « Les Palais du Heysel sont d’ailleurs un peu à l’image de la Belgique. On a une grandeur, fruit de notre passé, mais si on ne renouvelle pas, on a un problème. »
Selon Georges-Louis Bouchez, la Belgique est sur la voie de ce renouveau. « Le gouvernement fédéral mène des réformes jamais mises en œuvre jusqu’ici : limitation du chômage dans le temps, flexibilisation du marché du travail, diminution de la durée de préavis, retour au travail…Je pourrais encore en citer mais vous les connaissez. Toutes ces réformes sont essentielles pour moderniser la Belgique. »
Au niveau international, dans un contexte géopolitique tendu, il a expliqué que 40 % du gaz utilisé en Europe provenait de Russie, que 90 % des terres rares (essentielles pour les technologies modernes) venaient de Chine et que 70 % du marché de la voiture électrique était chinois. « Il y a l’enjeu de la souveraineté derrière tout cela. Nous devons signer plus d’accords commerciaux et avoir la capacité de faire des choix sans être dépendants des autres. »
La capacité énergétique d’un côté et industrielle de l’autre. « L’industrie est au cœur de l’économie et du bien-être. Sans industrie, pas de services et si le moteur industriel ne tourne plus, il n’y a plus de revenus. En Wallonie, le secteur industriel est passé de 20 %
du PIB à 11 % en 25 ans. C’est un problème ! »
Selon le président du MR, le renouvellement industriel va passer par la recherche et le développement, mais aussi par moins de lois/règles et la fiscalité. « Dans notre pays, les obligations sont plus élevées que dans toutes les autres régions du monde. Une bonne règle doit être un équilibre. Chez nous, une ou un homme politique aime créer une loi pour qu’elle porte son nom. Mais la vraie solution, c’est l’inverse : il faut supprimer 10, 20 et même 30 % des lois car il y en a beaucoup trop ! »
Il a cité l’exemple des permis. « Attendre trois, quatre parfois même jusqu’à dix ans pour un projet est insupportable. L’administration doit régler ce problème. Dans l’accord de gouvernement bruxellois, il est clairement stipulé qu’il faut respecter les délais d’ordre. Aujourd’hui, construire des logements est un enjeu d’intérêt général primordial. » Notre enquête réalisée dans le cadre de Rebuild Belgium (voir pp. 12-13) confirme ses propos, et ce dans les trois Régions.
« Mon
appel aux
administrations
est
simple, mais extrêmement urgent. Offreznous un cadre stable, cohérent et réalisable. »
Concernant les rénovations énergétiques, le président du MR a expliqué préférer le système de prêts à taux zéro plutôt que les primes. « Elles génèrent un effet d’aubaine et ne remplissent pas leur mission. En Wallonie, on les a supprimées et à Bruxelles, les primes Renolution sont également abandonnées. Le prêt à taux zéro est intéressant pour les ménages qui ne savent pas tout de suite sortir l’argent et le gain énergétique engendré par les travaux doit permettre de rembourser l’emprunt. Ces réformes vont changer les habitudes et la façon de fonctionner. »
Selon le président du Mouvement réformateur, il faut retrouver une autre approche de la gestion et de l’argent publics. « Il ne faut pas laisser un Etat déficitaire aux générations futures. Or actuellement, un bébé qui naît en Belgique a une dette de 50.000 à 60.000 €. C’est un peu comme si au moment de payer l’addition au restaurant, on appelait nos enfants pour régler la note. Nous vivons comme ça tous les jours et il faut absolument ramener les finances publiques dans une situation plus soutenable. » Et de conclure. « Merci pour votre engagement ! Je suis disponible pour faire avancer les gros projets pour que la Belgique retrouve sa place dans l’Europe et l’Europe sa place dans le monde. »
Comme le veut la tradition, le ForumConstruction s’est terminé par un agréable moment de networking.
Niko Demeester, le CEO d'Embuild.
Rebuild Belgium : focus sur l’état des lieux du logement
Dans le cadre de son 80e anniversaire, Embuild a mené une grande enquête pour connaître l’état des lieux des logements, des bâtiments publics et des infrastructures en Belgique. Tous les chiffres récoltés par notre fédération professionnelle donnent une idée de l’ampleur de la tâche qui attend le secteur dans les années à venir. Ils ont été présentés lors d’une conférence de presse qui a attiré un beau panel de journalistes au HUBB, notre siège social, le 5 février dernier. Embuild Magazine consacrera une série d’articles à ces résultats. Pour le premier, nous avons mis le focus sur le logement.
Rebuild Belgium. Le secteur est confronté au plus grand défi de construction et de rénovation depuis la Seconde Guerre mondiale. En effet, la tâche qui attend nos entreprises pour remettre le pays sur pied est colossale. « Notre petit jubilé était l’occasion de faire le point sur ce qu’il s’est passé ces 80 dernières années et ce qu’on doit attendre pour les 25 à venir », a souligné NIKO DEMEESTER , le CEO d’Embuild.
Le constat est sans appel : le parc de logements est obsolète. « Le rythme de construction et de rénovation de logements doit donc fortement augmenter. De plus, la croissance démographique exercera une pression supplémentaire sur ces logements durant les prochaines décennies », a précisé Niko Demeester. Les chiffres sont là pour confirmer les propos de notre CEO. La Belgique compte 5,7 millions de logements. Et ces logements ont en moyenne 75 ans. Résultat : seuls 5 % répondent aux normes énergétiques de 2050 et 92 % devront être rénovés d’ici 2050, soit 5,2 millions de logements. Problème : le rythme de ces rénovations est actuellement trop lent. « Aujourd’hui, on rénove 0,8 % par an, soit 40.000 logements, alors qu’on devrait atteindre les 4 % par an, soit 205.000 logements. Aujourd’hui, 112 logements sont rénovés chaque jour, alors que nous avons besoin de 574 rénovations par jour. Il faut quintupler
ce rythme », a expliqué le CEO d’Embuild. En ce qui concerne la démolition-reconstruction, 2,5 % des logements seront démolis et reconstruits d’ici 2050, au rythme actuel.
Rénover et construire
L’importance de rénover, d’un côté, et de construire, de l’autre. En effet, il existe également un besoin de logements supplémentaires. D’ici 2050, 800.000 ménages viendront s’ajouter. En conséquence, 900.000 logements supplémentaires sont nécessaires. Des logements qui devront être adaptés à la taille des ménages qui diminue. En effet, le nombre de célibataires, de familles monoparentales et de personnes âgées vivant plus longtemps dans leur maison augmente. « Au cours des 25 prochaines années, la population âgée de 65 ans et plus va augmenter d’un tiers et celle de 80 ans et plus va doubler », précise Niko Demeester. La demande de résidences secondaires augmente également.
Vous l’aurez compris, le défi pour rénover et construire des nouveaux logements est énorme. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La Belgique doit largement renouveler ses logements. Pour atteindre les objectifs climatiques et faire face aux changements démographiques, on doit construire et rénover à grande échelle », a conclu le CEO d’Embuild. Dans les encadrés qui suivent, nous faisons le point région par région.
Tegen 2050 zijn er 7 extra ziekenhuizen nodig.
EN WALLONIE, 3 % RÉPONDENT AUX
NORMES DE 2050
La Wallonie compte 1,8 million de logements âgés, en moyenne, de 90 ans. Seuls 3 % répondent aux normes énergétiques de 2050 et 96,5 % de ces logements, soit 1,7 millions, ont besoin d’être rénovés. Le rythme de rénovation est à peine de 0,4 % par an et doit être dix fois plus élevé. Aujourd’hui, 19 logements sont rénovés chaque jour, alors que nous avons besoin de 188 rénovations par jour. 0,5 % de ces logements seront démolis et reconstruits d’ici 2050, au rythme actuel. On estime que 280.000 logements supplémentaires sont nécessaires d’ici 2050.
Les logements ont en moyenne 90 ans. La Wallonie est à l’aube d’une grande vague de rénovation et de construction.
Le rythme de rénovation doit être dix fois plus élevé.
Il faut : 188 rénovations par jour
Aujourd’hui : 19 rénovations par jour
Il y a 1,8 millions de logements en Wallonie. Ils ont en moyenne 90 ans. 96,5 % ne sont pas prêts pour 2050.
Gevangenissen België telt vandaag 39 gevangenissen. 95 procent moet worden gerenoveerd om te voldoen aan energielabel A. Tegen 2050 zijn er 7 extra ziekenhuizen nodig.
280.000 nouveaux logements sont nécessaires d'ici 2050 en raison de la croissance de la population.
Les logements ont en moyenne 90 ans. La Région de Bruxelles-Capitale est à l’aube d’une grande vague de rénovation et de construction.
Il faut quintupler le rythme de rénovation
Il faut : 62 rénovations par jour
6000 nouveaux logements sont nécessaires d'ici 2050 en raison de la croissance de la population.
Il y a 600.000 logements à Bruxelles. Ils ont en moyenne 90 ans. 94,5 % ne sont pas prêts pour 2050.
Aujourd’hui : 12 rénovations par jour dans la Fédération Wallonie-Bruxelles
AVEC UNE MOYENNE DE 60 ANS, LA FLANDRE A DES LOGEMENTS MOINS VÉTUSTES
Si on compare avec les deux autres régions, la Flandre a les logements les moins vétustes avec une moyenne de 60 ans. On en compte 3,3 millions et 7 % répondent aux normes énergétiques de 2050. 89 %, soit 3 millions de logements, ont besoin d’être rénovés. Le rythme de rénovation est de 1 % par an et devrait être quatre fois plus élevé. Aujourd’hui, 81 logements sont rénovés chaque jour, alors que nous avons besoin de 325 rénovations par jour. 4 % des logements flamands seront démolis et reconstruits d’ici 2050, au rythme actuel. D’ici 2050, 600.000 logements supplémentaires doivent être construits.
Il faut quintupler le rythme de rénovation
Gevangenissen België telt vandaag 39 gevangenissen. 95 procent moet worden om te voldoen aan energielabel Tegen 2050 zijn er 7 extra ziekenhuizen nodig.
6.000 LOGEMENTS SUPPLÉMENTAIRES NÉCESSAIRES À BRUXELLES, D’ICI 2050 La Région bruxelloise compte 600.000 logements. Comme en Wallonie, ils ont en moyenne 90 ans. Seuls 5 % répondent aux normes énergétiques de 2050 et 94,5 %, soit 565.000 logements, doivent encore être rénovés. Le rythme de rénovation est de 0,8 % par an et devrait être cinq fois plus élevé. Aujourd’hui, 12 logements sont rénovés chaque jour, alors que nous avons besoin de 62 rénovations par jour. 0,5 % des logements bruxellois seront démolis et reconstruits d’ici 2050, au rythme actuel. D’ici 2050, 6.000 logements supplémentaires sont nécessaires.
Les logements ont en moyenne 60 ans. La Flandre est à l’aube d’une grande vague de rénovation et de construction.
Il y a 3,3 millions de logements en Flandre. Ils ont en moyenne 60 ans.
Il faut : 325 rénovations par jour
Aujourd’hui : 81 rénovations par jour
600.000 nouveaux logements sont nécessaires d'ici 2050 en raison de la croissance de la population.
89% des logements ne sont pas prêts pour 2050.
La TVA à 6 %, un travail de défense professionnelle de 25 ans
Embuild Magazine va consacrer une série d’articles sur le thème des 80 ans de notre fédération professionnelle. Le premier concerne l’évolution de la TVA dans notre secteur. Marleen Porré, spécialiste en fiscalité chez Embuild, est notre guide pour rédiger ce résumé dans le temps. Voici donc un petit bout d’histoire de la TVA dans le secteur de la construction.
La dernière « grosse » actualité en matière de fiscalité concernant le secteur est l’extension permanente du taux de TVA réduit à 6 % pour les démolitions-reconstructions sur tout le territoire belge, et pour certains projets de vente et de location. Ce n’est pas un hasard, mais bien le résultat de plus de 20 ans de travail acharné de la part d’Embuild.
Selon MARLEEN PORRÉ , nous sommes ici devant un cas typique montrant comment se déroulent les changements de politiques. « Défendre les intérêts du secteur, c’est s’échiner à taper sur le même clou, et rester vigilant. Nous n’obtenons un résultat que lorsqu’une mesure se retrouve dans un accord de gouvernement ou est incluse dans un budget. »
Actuellement, le taux normal de TVA appliqué dans le secteur de la construction est de 21 %, avec un certain nombre de taux réduits pour, entre autres, les travaux de rénovation, les démolitions-reconstructions, les constructions d’écoles et les logements sociaux. Avant, c’était différent. « Jusqu'en février 1982, notre pays avait un taux de TVA unique de 17 % sur tous les travaux de construction », souligne Marleen Porré. Depuis lors, le paysage de la TVA a profondément changé, avec des réductions et des augmentations, mais une constante est restée : Embuild a continué à faire pression pour que les politiques de TVA soutiennent le secteur de la construction et maintiennent le logement à un niveau abordable.
Deux taux de TVA constants
Il est intéressant de noter que deux taux de TVA sont restés inchangés depuis des décennies. Le taux normal de 21 % n'a pas été augmenté depuis le début des années 1990 et le taux réduit de 6 % pour les travaux de rénovation de logements privés existe depuis le milieu des années 1980. Ce dernier taux a fait l'objet de
pressions à plusieurs reprises, avec des projets visant à le porter à 9 %, mais Embuild a réussi à l'éviter à chaque fois. Selon notre fédération professionnelle, ce taux bas est essentiel pour que la vague de rénovation nécessaire pour atteindre les objectifs énergétiques et climatiques d'ici 2050 reste réalisable.
Le débat sur la réhabilitation, soit la démolition complète d'un bâtiment existant suivie d’une reconstruction, remonte à l’an 2000. Durant cette période, l’attention sur la rénovation urbaine et l'élimination des zones résidentielles obsolètes a grandi. Mais selon Marleen Porré, « le taux réduit de TVA ne s’appliquait qu’aux rénovations. Par conséquent, les maîtres d’ouvrage ont souvent laissé une partie de l'enveloppe du bâtiment en l'état. Cela a limité les gains énergétiques et n'a pas encouragé une rénovation urbaine en profondeur. Dans de nombreux quartiers dégradés, la démolition et le remplacement par une construction neuve économique et confortable constituent une meilleure solution. » Cependant, l'extension du taux de 6 % à la réhabilitation s'est avérée dans un premier temps politiquement et budgétairement irréalisable.
2007
Dès l’an 2000, Embuild a continué à faire pression pour obtenir cette expansion. « Au début, c’était une traversée du désert », avoue Marleen Porré. « Mais défendre les intérêts, c’est répéter, répéter et encore répéter. » Nous avons finalement obtenu une avancée en 2007 : le taux de 6 % a été introduit pour les réhabilitations, mais avec deux restrictions importantes. La mesure ne s'appliquait qu'à 32 centres urbains et uniquement aux travaux de construction, et non à la vente d’un logement reconstruit.
Ces limitations étaient en partie motivées par les directives européennes sur la TVA,
« Défendre les intérêts du secteur, c’est s’échiner à taper sur le même clou, et rester vigilant. »
« Les directives européennes rendent impossible en pratique une réduction de la TVA sur tous les travaux de construction. »
qui n'autorisent que des dérogations limitées et n'autorisent un taux réduit sur les nouvelles constructions que dans le cadre d’une politique sociale. L'accent mis sur les centres-villes a été accepté par l'Europe, mais a conduit à des situations illogiques, selon Embuild. « La restriction aux 32 centres urbains a exclu les villes et villages plus petits », et le fait que les ventes soient restées exclues a également ralenti la revalorisation des noyaux urbains. Embuild a néanmoins accepté le compromis : « mieux vaut un petit pas en avant que pas de pas en avant du tout. »
2008-2010
La crise financière de 2008 a ouvert de nouvelles perspectives. Embuild a immédiatement lancé un appel à la relance du logement, avec les résultats que l'on sait. En 2009, le taux de TVA sur une tranche de 50.000 euros pour une nouvelle construction a été temporairement réduit à 6 % pour les contrats d’entreprise et les ventes. La mesure a été prolongée jusqu'en 2010 et le taux réduit sur les travaux de rénovation a été temporairement étendu à l'ensemble du pays, mais toujours pour les travaux d’entreprise générale. Selon Marleen Porré, cette période a montré les forces d'Embuild. « Embuild possède un certain nombre d'atouts. Nous formons la seule organisation professionnelle nationale pour les entreprises de construction. Nous représentons donc autant la Flandre et la Wallonie que Bruxelles. En outre, nous faisons preuve de continuité dans notre travail de lobbying. »
Cependant, la défense des intérêts signifie également qu'il faut expliquer pourquoi certaines demandes ne seront pas satisfaites. « Par exemple, les directives européennes rendent impossible en pratique une réduction de la TVA sur tous les travaux de construction », insiste la spécialiste en fiscalité, alors que les limitations budgétaires jouent également un rôle. Néanmoins, elle affirme que la Belgique exploite au maximum les possibilités offertes par l'Europe. « La Belgique est l'État membre de l'UE qui utilise le plus les taux réduits de TVA dans le secteur de la construction. Dans les pays nordiques, par exemple, le taux normal de 25 % s'applique à toutes les constructions sans exception. »
Après 2010
Après 2010, la politique de TVA est revenue au régime de 2007. Le secteur de la construction a relativement bien résisté à la crise et les nou-
velles initiatives sont politiquement absentes. « Nous sommes repartis pour une nouvelle traversée du désert », selon Marleen Porré. « Lorsqu'une mesure ne figure pas dans un accord de gouvernement, il se passe rarement quelque chose au cours de la législature. » Toutefois, Embuild est restée active en continuant de se concerter avec les décideurs politiques, ainsi que par l'intermédiaire de la presse, des médias sociaux et d'événements sectoriels. Depuis 2010, Embuild a continué à plaider sans relâche en faveur d'un taux de TVA réduit de 6 % sur les réhabilitations dans tout le pays, y compris pour les ventes. À l'approche des élections de 2019, la volonté politique s'est discrètement renforcée.
La crise du coronavirus a finalement permis de faire une grande avancée. En 2020, le taux de 6 % a été temporairement étendu à l'ensemble du territoire belge pour la démolition-reconstruction. En 2021, à la demande du secteur, le champ d'application a été étendu aux acteurs professionnels et aux projets de location à long terme.
Avec la mesure finale de 2024 pour la reconstruction à des fins d’utilisation propre et de location dans tout le pays, une certitude supplémentaire est enfin arrivée. Il manquait alors un élément important : l'application du taux de TVA de 6 % à la vente de logements reconstruits. Cet objectif a été atteint depuis l'entrée en fonction du gouvernement actuel au début de l'année dernière. Il a garanti que la vente de logements reconstruits, que ce soit pour une occupation personnelle et unique ou pour une location, bénéficiera également du taux réduit. Embuild répond positivement, affirmant que cette clarté renforce la confiance des investisseurs et les encourage à réinvestir dans le secteur de la sous-traitance. Plus important encore, la nature permanente de la mesure garantit un marché de la construction plus stable et plus fort.
Cela ne veut pas dire qu'Embuild obtient toujours ce qu'elle veut. « On nous dit parfois qu'Embuild « décide » lorsqu'il s'agit d'élaborer des mesures de TVA, mais ce n'est pas si simple Nous n'obtenons pas toujours ce que nous voulons. » La confiance avec les décideurs politiques est nécessaire, mais pas illimitée, et les propositions font l'objet d'un examen critique. « Tout ce que vous pouvez faire, c'est mettre sur papier des propositions convaincantes et continuer à les faire valoir par tous les moyens à votre disposition. »
CP 124 : un accord sectoriel pour les années 2025-2026
Mi-janvier, les partenaires sociaux de la Commission paritaire de la construction (CP 124) ont conclu un accord fixant de nouvelles conditions de salaire et de travail pour les ouvriers, et ce pour les deux prochaines années (2025 et 2026).
Au centre de cet accord se trouve l’augmentation du pouvoir d’achat, via l’octroi de chèques-repas. Néanmoins, il comprend également une série de mesures qui réduisent la charge salariale pour les employeurs. Dans cet article, nous reprenons les principaux points de cet accord.
Lors des négociations d’une nouvelle CCT, les partenaires sociaux sont liés par la norme salariale, qui détermine l’augmentation maximale autorisée des coûts salariaux. Pour la période 2025-2026, cette norme est fixée à 0 %, ce qui signifie qu’en dehors des indexations, il n’est pas possible d’accorder de nouvelles augmentations de salaires ou de nouveaux avantages. Cependant, le gouvernement fédéral a permis, pour augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs en 2026, l’introduction ou l'augmentation des chèques-repas à hauteur de 2 € par chèque.
Pour Embuild, l’octroi des chèques-repas a toujours été une matière à régler au niveau de l’entreprise. Toutefois, Embuild a accepté de réglementer les chèques-repas au niveau sectoriel, compte tenu du contexte et des compensations significatives des coûts salariaux obtenues. L'introduction ou l'augmentation se fera en deux phases : une première étape le 1er avril 2026 et une autre étape plus tard en 2026, lorsque les partenaires sociaux seront parvenus à un accord pour équilibrer structurellement les recettes et les dépenses de Constructiv, notre fonds sectoriel.
Concrètement, à partir du 1er avril 2026, les entreprises qui n'accordent pas encore de chèques-repas devront octroyer à leurs ouvriers de la CP 124 un chèque-repas par jour travaillé d'au moins 2,59 euros (1,50 euro de quote-part patronale et au moins 1,09 euro de quote-part du travailleur). Les employeurs qui accordent déjà des chèques-repas doivent augmenter leur part employeur de 1,50 € à partir de cette date. À une date à déterminer plus tard en 2026, en fonction d'un accord sur l'équilibre financier du fonds sectoriel, la part
de l'employeur devra être augmentée de 0,50 € supplémentaire dans les deux cas.
Nous mettrons à disposition des informations plus concrètes sur l'attribution des chèques-repas via notre site web.
Compensation dans le coût salarial total
Pour les employeurs, cette augmentation du pouvoir d'achat est compensée par d'importantes réductions dans le coût salarial total.
La première question concerne la suppression des écochèques pour les ouvriers de la CP 124. Jusqu'à présent, ils avaient droit à 115 euros d'écochèques par an. Cette année, il y a encore une certaine confluence car les écochèques pour la période passée (du 1er avril 2025 au 31 mars 2026) doivent encore être attribués en mai 2026. Mais à partir du 1er avril 2026, les ouvriers de la CP 124 n'auront plus droit aux écochèques.
Les entreprises, qui embauchent des nouveaux entrants dans le secteur, profiteront d’une réduction importante sur la cotisation sectorielle forfaitaire à Constructiv. Les nouveaux entrants sont des personnes qui n'ont pas été employées comme ouvriers de la construction au cours de l'année précédant le
Les entreprises, qui embauchent des nouveaux entrants dans le secteur, profiteront d’une réduction importante sur la cotisation sectorielle forfaitaire à Constructiv.
recrutement. Là aussi, l'introduction se fait en deux phases pour un total de 350 euros par trimestre. L'entrée en vigueur de la 1ère phase était initialement prévue à partir du 2e trimestre 2026. L'ONSS nous a fait savoir qu'il avait besoin de plus de temps pour apporter les adaptations nécessaires à la déclaration trimestrielle, de sorte que l'introduction a été retardée d'au moins un trimestre.
Enfin, le barème spécifique pour les étudiants sera de nouveau introduit (16 € par heure à partir du 1er avril 2026). Afin de rendre plus attrayant un job d'étudiant dans le secteur de la construction, l'accord précédent avait porté le salaire des étudiants au niveau du salaire de la catégorie I, mais cela s'est avéré contre-productif et il a donc été décidé d'appliquer à nouveau un barème plus bas.
Possibilité de flexi-jobs dans la construction
Le gouvernement fédéral a annoncé que les flexi-jobs seraient étendus à tous les secteurs cette année. Toutefois, le cadre législatif en la matière doit encore être défini. Jusqu'à ce que cela se produise, les flexi-jobs dans la construction ne sont pas encore possibles. La date exacte à laquelle l'extension deviendra réalité n'est pas encore connue.
En prévision de cette extension, les partenaires sociaux se sont déjà mis d'accord sur l'encadrement des flexi-jobs dans le secteur de la construction. Lorsque les flexi-jobs deviendront possibles, les ouvriers de la construction pensionnés seront autorisés à effectuer un flexi-job pour n'importe quel travail. D’autres ne pourront faire un flexi-job que pour des fonctions qui n’exigent pas de formation de base à la sécurité (donc, peu de travail sur le chantier même, plutôt tout en atelier, au bureau, dans la logistique...). Pour les employés, il n'y aura pas de restrictions.
Mobilité
La question de la mobilité reste délicate, même pour nos entreprises de construction. En application de l'accord précédent, les partenaires sociaux ont commandé une étude indépendante couvrant l'ensemble de la problématique. Cette étude est maintenant terminée et les partenaires sociaux examineront les solutions qui peuvent en être tirées.
Deux adaptations mineures ont été apportées aux régimes d'indemnisation existants. La
limite de kilomètres pour l’octroi d’une journée de mobilité a été abaissée à 28.500 km pour 2026. L'indemnité vélo passera à 0,32 €/km (actuellement 0,30 €/km) le 1er octobre 2026.
En outre, l'accord confirme que pour les déplacements pour les formations hivernales, le remboursement des frais de déplacement et l’indemnité de mobilité devraient être accordés.
Fin de carrière
L’année dernière, le gouvernement a mis fin au régime des RCC. Pour le seul régime qui subsiste (RCC médical à partir de 58 ans pour les travailleurs handicapés et les travailleurs souffrant de graves problèmes physiques attestés par FEDRIS), la solidarité sectorielle est prolongée jusqu’à fin 2026.
La possibilité pour les travailleurs âgés de 55 ans et plus, s'ils remplissent les conditions, d'accéder à un emploi de fin de carrière (4/5e ou mi-temps) a été prolongée jusqu'à la fin de l'année 2027. La nouveauté, c’est que les ouvriers qui occupent un emploi de fin de carrière en 4/5e pourront demander, sous certaines conditions, une indemnité complémentaire auprès de Constructiv (92,45 € par mois). Actuellement, Constructiv est encore en train de mettre au point la procédure d'application concrète, de sorte que les ouvriers dans cette situation devront s'armer de patience pendant un certain temps pour bénéficier de cette compensation.
Des recyclages pour la sécurité
Un dernier thème majeur de l'accord sectoriel est la section sur la formation, la sécurité et le bien-être. Il s'agit principalement d'étendre et de renforcer les initiatives existantes. Entre autres, le dossier des « job coaches » pour aider les entreprises et les ouvriers sera concrétisé. Ce qui est nouveau, c'est l'introduction d'un cours de remise à niveau, en matière de sécurité tous les dix ans.
Accords dans la CP 149.01 et la CP 200
Outre l'accord pour les ouvriers de la construction (CP 124), des accords ont également été conclus pour les ouvriers de la CP 149.01 (électriciens) et pour les employés de la CP 200. Vous trouverez plus d'informations sur le site web d'Embuild.
« Je place la simplification administrative dans la liste des réformes socio-économiques»
Fin décembre de l’année dernière, le Conseil des ministres a approuvé le Plan d’action fédéral pour la simplification administrative (PAFSA) 2025-2029 proposé par Vincent Van Peteghem, le Vice-premier ministre et ministre du Budget, en charge de la Simplification Administrative. Ce plan est le résultat d’une vaste consultation des organisations patronales, de la société civile, des administrations fédérales et des ministres compétents. Il contient 78 mesures concrètes dont 10 proviennent directement des propositions d’Embuild. Embuild Magazine s’est entretenu avec le ministre pour en savoir davantage sur le contenu de ce plan. Entretien.
Vincent Van Peteghem, le secteur de la construction salue votre plan ambitieux.
Pourquoi était-il nécessaire selon vous et quelles priorités concrètes souhaitez-vous réaliser pour les entreprises de notre secteur ?
Depuis de nombreuses années, la simplification administrative est un mot à la mode en politique, mais elle a rarement dépassé le stade des annonces. Pourtant, elle est absolument nécessaire. Une récente enquête, menée auprès de milliers d’entreprises par le SPF Bosa et Statbel, a montré que moins de 1 % des personnes interrogées ont ressenti une simplification au cours des dernières années. Les entreprises ont besoin d’oxygène pour faire ce pour quoi elles ont été créées : entreprendre, créer de l’emploi et réaliser de la croissance. C’est pourquoi je place la simplification administrative dans la liste des réformes socio-économiques.
Pour le secteur de la construction, il s’agit avant tout de numériser là où c’est possible et souhaitable, ainsi que de revoir et supprimer différentes obligations obsolètes. Nous travaillons sur la numérisation du dossier et la déclaration de chantier ; des simplifications du système Check-in@work; l’uniformisation des rapports obligatoires en matière de prévention et la numérisation du Construbadge. Par ailleurs, il existe également des mesures générales ayant un impact sur le secteur : la simplification du registre UBO ; la numérisation du Moniteur belge et du dépôt
des modifications statutaires ; des simplifications en matière de transparence salariale et concernant la procédure de soutien à la R&D.
En juin de l’année dernière, Embuild a participé activement à la consultation et a soumis plus de 30 propositions visant à alléger les charges administratives, dont 13 « quick wins » et 20 mesures plus structurelles issues de la pratique. Une dizaine de ces propositions ont été reprises dans le plan, tandis que d’autres ne semblent provisoirement pas avoir été retenues. Quels critères ont déterminé cette sélection ? Et comment comptez-vous tenir compte des autres propositions ?
Pour moi, il était important que le premier plan d’action rassemble une série de mesures ayant un impact aussi rapide que possible sur le terrain. Dans une seconde phase, l’objectif est de mettre en place un certain nombre de réformes plus importantes. Il s’agit notamment du principe « Only Once » (ndlr : éviter de communiquer plusieurs fois les mêmes données dans le cas où ces données auraient déjà été transmises à une autre administration), mais aussi de la réforme des analyses d’impact des nouvelles législations et réglementations, ainsi que de la simplification des aides sociales. La simplification est un processus vivant. Nous avons effectivement reçu des centaines de propositions et nous souhaitons maintenir cette dynamique par une concertation permanente. La législature est encore longue, et nous
Le ministre Vincent Van Peteghem (à dr.) lors d’une visite de Buildwise, le centre d’innovation du secteur de la construction. A g. de la photo, notre CEO Niko Demeester.
savons qu’il reste encore beaucoup de pain sur la planche.
Ce plan est présenté comme le plus ambitieux depuis des années en matière de simplification administrative, avec 78 mesures. Qu’est-ce qui, selon vous, a conduit à cette nouvelle approche et à l’engagement sans précédent du gouvernement ? Comment veillerez-vous à ce que les administrations s’impliquent réellement dans la simplification des procédures et améliorent leur
Nous avons opté pour une approche ascendante (bottom-up). Cette nouvelle approche découle d’un signal clair émanant des entreprises : traiter la simplification administrative comme une réforme socio-économique. Le gouvernement m’a confié un mandat clair. Il ne s’agit pas simplement d’une liste de mesures. Pour chaque point du plan, des fiches-projets sont établies, avec des jalons précis et une estimation des besoins budgétaires. Cela nous permet de garantir une mise en œuvre effective des projets et de détecter rapidement les obstacles éventuels. Il n’est pas dans mon ambition de tenir chaque administration par la main, mais je veillerai à ce que les choses avancent concrètement.
Quand les entreprises du secteur pourront-elles s’attendre à constater les premiers effets concrets de cette simplification ?
Certaines mesures seront mises en œuvre à très court terme, comme la numérisation du dossier et la déclaration de chantier, ou encore la numérisation du Construbadge. D’autres nécessiteront davantage de temps, car des adaptations législatives sont requises. Quoi qu’il en soit, le plan d’action vise clairement à passer à l’action dès maintenant. Le changement prend du temps, mais la première étape a été franchie, avec l’approbation de tous les ministres compétents.
Comment comptez-vous associer des fédérations sectorielles telles qu’Embuild à l’élaboration pratique et au suivi du plan ? Il est évolutif et sera évalué et complété chaque année. À cette fin, une concertation étroite sera systématiquement me-
« Pour le secteur de la construction, il s’agit avant tout de numériser là où c’est possible et souhaitable, ainsi que de revoir et supprimer différentes obligations obsolètes. »
née avec toutes les fédérations sectorielles concernées, telles qu’Embuild.
Dans le passé, plusieurs mesures de simplification n’ont pas pu être réalisées, souvent pour des raisons budgétaires. Dans un contexte de restriction budgétaire et de choix à faire, comment le gouvernement garantit-il que les mesures de ce plan disposent des ressources nécessaires ?
C’est justement ce sur quoi nous travaillons actuellement. Le lancement du plan a constitué la première étape. Maintenant, nous allons examiner tous les coûts budgétaires en vue du contrôle budgétaire prévu au printemps 2026.
J’ai besoin pour cela du soutien de mes collègues Vice-premiers ministres, mais ils ont déjà été largement impliqués dans la phase préparatoire. Toutes les cartes sont sur la table. La simplification sera réalisée. Et ceux qui ne veulent pas simplifier devront expliquer pourquoi ils refusent. Plus d’excuses.
La numérisation du dossier et la déclaration électronique de chantier sont attendues depuis longtemps par les entreprises. Ces mesures ont déjà été mentionnées dans des plans précédents, mais n’ont jamais vu le jour, souvent en raison du manque de budget ou de volonté politique, malgré les demandes répétées du secteur auprès de la DG Simplification et Digitalisation. Une étude de 2014, actualisée en 2019, estimait que ces mesures pourraient réduire les charges administratives de plus de 12.000 € par
« Pour chaque point du plan, des fichesprojets sont établies, avec des jalons précis et une estimation des besoins budgétaires. »
an et par PME. Comment pouvez-vous garantir que cela se réalisera cette fois-ci ?
Comme je l’ai dit, il est important que la simplification administrative dépasse le stade des annonces. Les mesures figurent dans le plan et seront déployées le plus rapidement possible par le ministre compétent. Nous sommes actuellement en train de clarifier chaque projet : qui en sera le gestionnaire, quel en sera le coût et quels sont les jalons ? En réalisant cette analyse dans les mois à venir, nous pourrons soumettre chaque projet au contrôle budgétaire et je pourrai présenter un budget pour concrétiser les paroles en actes.
Le principe « Only Once » est souvent cité comme un levier important de simplification, mais dans la pratique, son application reste limitée. Comment pouvez-vous garantir que cela se concrétisera cette fois-ci ?
Le principe « Only Once » est en effet l’un des grands chantiers. Et il faut que les choses avancent concrètement à ce sujet.
Aujourd’hui, plusieurs problèmes persistent dans la législation existante : le champ d’application n’est pas assez large et le nombre de sources authentiques dont l’administration peut se servir est trop limité.
Maintenant que le plan d’action est finalisé et que nous détaillons chaque projet, l’adaptation du « Only Once » sera la prochaine étape. Je veux donner aux citoyens et aux entreprises plus de moyens pour exiger de l’administration le respect de ce principe. Le tigre de papier doit enfin commencer à sortir ses griffes.
Plusieurs « quick wins » sont très attendus par le secteur, tels que l’harmonisation des prescriptions relatives aux notifications d’amiante, la synchronisation entre Check-in@Work et la carte électronique C3.2, la numérisation du Construbadge et la réduction du nombre de formulaires pour l’agréation des entrepreneurs. Quelles garanties pouvez-vous donner quant à la rapidité et à la simplicité de la mise en œuvre de ces mesures ?
La volonté d’avancer est forte, tant de mon côté que celui de mes collègues et des administrations concernées. La simplification est un travail d’équipe, et c’est dans cet esprit que nous l’aborderons.
Que retenir du Plan PME 2025 de la ministre Simonet pour la construction ?
Au début du mois de janvier, la Ministre des Indépendants et des PME, Eléonore Simonet, a dévoilé le Plan PME 2025, qui constitue un cadre stratégique comportant 89 mesures visant à optimiser l’environnement des PME belges. Bien qu’aucune action ne soit spécifiquement dédiée au secteur de la construction, ce plan devrait exercer une influence transversale significative sur l’ensemble des entreprises concernées.
Le Plan PME 2025 s’adresse officiellement à toutes les entreprises comptant moins de 50 travailleurs. Selon le SPF Economie et les statistiques officielles de 2024, celles-ci représentent 99,5 % des PME en Belgique.
Un cadre budgétaire est déjà planifié jusqu’en 2029. Le gouvernement a alloué une allocation financière progressive pour soutenir la mise en œuvre de ce programme. Celleci passera de 8,5 millions d’euros en 2026 à 15 millions d’euros en 2029. Ce financement doit permettre aux ministres compétents de transformer les orientations en actions concrètes dans les prochaines années.
Le plan témoigne d’un engagement marqué à simplifier les démarches régulières, à moderniser les outils numériques publics et à éviter la répétition des procédures. Son objectif principal est de diminuer la quantité de documents administratifs et de rendre la gestion quotidienne des PME plus simple. Ces mesures s’inscrivent dans la continuité du plan de simplification administrative dévoilé en décembre 2025 (ndlr : voir interview du ministre Van Peteghem à ce sujet pp. 18-20).
Grands axes à retenir
Le gouvernement veut rendre les marchés publics plus accessibles, plus lisibles et moins risqués administrativement pour les petites entreprises. Cela inclut un meilleur accompagnement et une plus grande cohérence dans les pratiques.
Le plan met l’accent sur l’accompagnement des PME dans leur adaptation aux
enjeux environnementaux : compréhension des risques, réduction des émissions, réponses aux attentes des clients et des pouvoirs publics.
Diversification des sources, meilleure information, soutien renforcé aux entrepreneures, et approche plus humaine en cas de faillite non frauduleuse : autant d’éléments qui visent à rendre le financement plus accessible.
Le Plan PME 2025 est une feuille de route évolutive. Les mesures ne sont pas définitives, elles serviront de base à la création de fiches opérationnelles dès 2026. Embuild participera aux travaux au sein du CSIPME (Conseil Supérieur des Indépendants et des PME), qui assure la coordination, afin de veiller à ce que les réalités de terrain du secteur de la construction soient pleinement prises en compte.
Orientations positives
Même sans mesures spécifiquement « construction », le plan apporte des orientations positives pour nos entreprises : des démarches administratives plus simples, des marchés publics plus accessibles, une transition climatique mieux accompagnée et davantage de leviers financiers. C’est une base solide, appelée à évoluer, mais qui offre déjà des perspectives concrètes pour renforcer la compétitivité des entreprises du secteur.
La problématique des permis
Même si elles ne sont pas encore disponibles pour toute la Belgique pour l’année 2025, les statistiques des permis de construire n’ont jamais été aussi basses depuis l’an 2000. Cette diminution de la demande inquiète très fortement le secteur, alors que notre pays fait face à un grand besoin de logements dans les années à venir. Baisse du pouvoir d’achat, durcissement d’octroi des crédits, hausse du prix des matériaux, normes toujours plus exigeantes… Plusieurs raisons expliquent cette situation. Sans oublier les lourdeurs administratives qui freinent encore trop souvent l’aboutissement d’un projet. Face à ce constat, les Régions prennent des initiatives. Lesquelles ? Nous vous les expliquons dans ce dossier.
Les permis de construire à leur plus bas niveau historique
Les statistiques des permis de construire accordés ne sont pas encore connues pour toute la Belgique pour l’ensemble de l’année 2025, mais les chiffres provisoires (jusqu’en octobre) ne sont pas de bon augure. De novembre 2024 à octobre 2025 inclus, 41.057 permis pour des maisons et appartements ont été attribués dans notre pays. C’est le chiffre le plus bas depuis l’an 2000. Une nouvelle politique en matière de permis doit faire repartir l’activité de construction à la hausse.
Les chiffres des permis octroyés pour de nouvelles maisons n’ont jamais été aussi mauvais. Mais la construction d’appartements est également à la peine, avec seulement 22.230 permis octroyés, contre environ 33.000 permis par an il y a cinq ans. De plus, cette réduction des nouvelles constructions n’est pas compensée par une augmentation des rénovations de logements. Bien au contraire. Le nombre de permis baisse également sur le marché de la rénovation, avec 27.821 demandes en 2024-2025 contre environ 33.000 par an entre 2018 et 2021. En Flandre, le nombre de permis pour de nouvelles maisons a chuté à 13.802 entre novembre 2024 et octobre 2025. La baisse est surtout marquée pour la construction d’appartements, avec à peine 16.437 permis. Nous observons ce déclin depuis un certain temps. Par ailleurs, le nombre de permis pour les appartements a diminué de moitié par rapport à 2018. La Wallonie connait une évolution similaire : nous observons des chiffres sans précédents pour les nouvelles constructions de novembre 2024 à octobre 2025 (seulement 8.093 permis pour de nouvelles constructions, qu’elles soient maisons ou appartements). En outre, nous observons une forte chute pour les appartements et un nombre extrêmement faible pour les permis de rénovations de logements (8.786).
Bâtiments non résidentiels et industrie
En ce qui concerne les bâtiments non résidentiels, nous ne décomptions des permis que pour un volume de 26 millions de m³ en Belgique, sur la période de novembre 2024 à octobre 2025. Encore une fois le niveau le plus bas constaté au XXIe siècle. On compte des permis
pour 20,3 millions de m³ en Flandre. Là aussi, le chiffre est nettement inférieur à celui des 25 dernières années. Avec un volume autorisé de 5,9 millions de m³, la Wallonie résiste encore relativement bien en 2024-2025.
Le marché de la construction est donc en plein marasme. Et ce n’est pas le marché de la construction industrielle qui changera la donne. Ainsi, le nombre de nouvelles demandes de permis d’urbanisme pour des grands projets industriels a significativement baissé en Flandre en 2023. Avec 457 demandes, on observe une baisse de près de 20 % en moyenne ces cinq dernières années. Outre la diminution du nombre de demandes, on observe une augmentation du nombre de recours intentés contre les permis octroyés. Plus de 10 % des dossiers d’urbanisme récents dans le domaine de l’industrie ont fait l’objet d’un recours.
Voici pour les statistiques sur les permis octroyés. Mais pour bien saisir l’étendue de la problématique de l’octroi des permis, il faut savoir combien de demandes de permis aboutissent à une obtention. Et les statistiques à ce sujet ne sont disponibles que pour la Flandre.
Majorité des permis approuvés
À première vue, la situation ne semble que peu problématique. L’autorité chargée d’octroyer le permis (souvent la commune) refuse à peine 6 % des environ 90.000 demandes introduites chaque année. Dans la plupart des cas, les décisions de la commune ne font pas l’objet d’un recours. Seulement 5 % des décisions (environ) donnent lieu à un recours auprès d’une autre autorité (la province ou le gouvernement flamand), et 0,5 % d’un appel au tribunal (le Conseil du Contentieux des permis). Il s'agit
souvent d'actes très mineurs nécessitant un permis.
Sécurité juridique encore insuffisante
Cependant, la Commission conjointe sur les permis, créée par le gouvernement flamand en 2024, a conclu dans son rapport final que l’octroi de permis en Flandre n’offre qu’une sécurité juridique encore insuffisante. Ainsi, une demande sur cinq est retirée durant la procédure. Les raisons peuvent s’avérer économiques. En conséquence, le promoteur abandonne, par exemple, un projet précédemment planifié. Mais souvent, le retrait de la demande indique également l'incertitude des personnes qui l’ont introduite quant à (l'interprétation de) la réglementation applicable et/ou quant à l'issue de la procédure d'octroi.
Décisions contradictoires en appel
Notons également que dans environ un cas sur trois, l’autorité qui traite le recours prend une décision contraire à celle qui a été prise précédemment. En d'autres termes, un permis précédemment octroyé devient un refus, ou au contraire, un permis est octroyé après un refus préalable. Parmi les dossiers pour lesquels une annulation a été demandée au Conseil de Contentieux des permis, le nombre de jugements annulant la décision est environ le double du nombre de jugements rejetant le recours. Tout ceci n’aide pas à la crédibilité de la procédure d’octroi.
Obstacles supplémentaires dans les grands projets de logement
De plus, il semble qu’il s’avère difficile pour certains types de dossiers d’obtenir un permis. En particulier dans les projets de logement de plus de 20 unités résidentielles, près de la moitié des cas n'aboutissent pas, même en première instance. Si des projets comme ceux-là reçoivent un permis, il y a de fortes chances (environ une sur cinq) qu’un recours soit introduit, après un permis sur quatre sera encore refusé. Les longs délais et les risques élevés de refus entraînent des coûts importants. La FEGC a demandé à la KULeuven et à Idea Consult d'identifier ces coûts en 2024. Même une réduction d’un seul mois dans le délai habituel d’obtention d’un permis serait d’une valeur
économique considérable.
Cette augmentation de valeur est estimée à 9,4 millions d'euros en Flandre, 2,5 millions d'euros en Wallonie et 0,1 million d'euros dans la Région de Bruxelles-Capitale. Et une augmentation de 10 % du taux de réussite des procédures de permis générerait une valeur ajoutée économique comparable de 12,1 millions d'euros pour l'ensemble de la Belgique. Et sans les problèmes d'octroi de permis, le nombre de permis approuvés en 2025 aurait pu être plus élevé qu'il ne l’est aujourd'hui.
Nouvelles initiatives dans les starting-blocks
Entre-temps, les autorités régionales ont compris qu'elles devaient prendre des initiatives pour démêler ces imbroglios au niveau des permis. En octobre 2025, le gouvernement wallon a décidé de simplifier les formulaires de demandes de permis. La dématérialisation des permis est également en cours. Une phase test dans 20 communes pilotes commencera en avril 2026 pour des projets publics et sera étendue à toutes les communes, pour l’ensemble des permis, en 2028. La Flandre, où chaque demande de permis passe déjà par un guichet numérique, a montré que la numérisation ne devait pas se limiter au « front office », mais s'étendre à l'ensemble du « back office ». Et dans la récente DPR du gouvernement bruxellois, il est clairement mentionné la volonté de simplifier et accélérer les demandes de permis.
Le programme d'action pour des permis juridiquement sûrs et solides, approuvé par le gouvernement flamand pas plus tard que fin 2025, couvre, entre autres, la poursuite de la numérisation des procédures de permis, mais aussi l'établissement d'un droit à la consultation préalable, l'introduction d'un permis « modulaire » et le durcissement des conditions de recours contre un projet de construction. Toutefois, ce programme d'action doit encore être concrétisé par des décrets et des décisions.
Des procédures de permis plus rapides et un cadre juridiquement plus sûr pour l'octroi des permis devraient permettre de relancer la construction. Les gouvernements régionaux ont donné une impulsion importante à cette fin. Mais les pouvoirs locaux, en particulier, devraient y souscrire. Embuild mettra toute son énergie pour s'assurer que les mesures prévues permettent effectivement de redresser la situation.
Une simplification des formulaires et en route vers la dématérialisation
Pour simplifier le processus parfois très complexe de la délivrance de permis, la Région wallonne a récemment adopté un arrêté simplifiant les formulaires de demandes de permis. La dématérialisation des permis est également en cours. Une phase test dans 20 communes pilotes commencera en avril 2026 pour des projets publics et sera étendue à toutes les communes, pour l’ensemble des permis, en 2028.
CCette rationalisation des formulaires est une première étape nécessaire à la dématérialisation complète de l’instruction des permis.
ela fait des années qu’Embuild Wallonie demande une simplification et une dématérialisation des permis. Notre entité régionale fait d’ailleurs partie de la task force CoDT (Code du développement territorial) mise en place sous l’ancienne législature par le ministre Willy Borsus et relancée l’année dernière par le ministre François Desquesnes. Celle-ci a pour objectif de monitorer la mise en pratique du CoDT par les acteurs de terrain. Ces travaux ont notamment abouti à l’AGW entré en vigueur le 1er octobre 2025 simplifiant et rationalisant l’ensemble des formulaires de demandes de permis. « C’est un grand pas en avant qui était un préalable à la numérisation. Il faut d’abord simplifier avant d’informatiser ! », souligne VIRGINIE RICHIUSO, juriste chez Embuild Wallonie.
Cet AGW est donc notamment le fruit du travail de lobbying de nos collègues wallons. Qu’en retenir ? « Une procédure lourde et difficilement compréhensible pour les demandeurs de permis peut parfois être dissuasive. La simplification des formulaires devrait en principe permettre aux usagers de mieux appréhender le contenu de ceux-ci et de faciliter l’instruction pour la commune », souligne Virginie Richiuso.
Le contenu de ces nouveaux formulaires a été fortement allégé, notamment en ce qui concerne les annexes et la disparition de certaines informations à compléter par le demandeur concernant la situation juridique du bien.
« Jusqu’ici, le demandeur devait également renseigner toutes informations urbanistiques relatives à son bien alors que la commune, ellemême, était en possession de ces informations et la plus apte à les fournir. Celles-ci seront désormais intégrées automatiquement dans le dossier par la commune elle-même », explique la juriste d’Embuild Wallonie.
Une aide renforcée pour les citoyens est également prévue dans un guide d’aide au remplissage de ces nouveaux formulaires. On y explique de manière didactique la manière de les compléter.
Projet pilote dans 20 communes
Cette rationalisation des formulaires est une première étape nécessaire à la dématérialisation complète de l’instruction des permis. À ce sujet, un projet pilote a été lancé par la Région wallonne dans 20 communes wallonnes. Il commencera au printemps 2026 pour les projets relevant de la compétence régionale (avis communaux mais décision du fonctionnaire-délégué). « Cette phase test permettra d’introduire et d’instruire les demandes de permis dans la plateforme NOTICe. Les acteurs concernés (Régions, communes, demandeurs, …) pourront donc tester l’outil et leurs interactions. Un comité d’utilisateurs, dans lequel on retrouve Embuild Wallonie, aura l’occasion d’échanger sur les retours d’expérience du secteur », explique Virginie Richiuso. Sur les 20 communes participantes, on en retrouve 10 dans la province de Namur (Namur, Sambreville, Gembloux, Ciney, Mettet, Beauraing, Yvoir, Assesse, Hastière et Viroinval) et 10 dans la province de Hainaut (Mons, Tournai, Mouscron, Ath, Dour, Enghien, Beloeil, Jurbise, Silly, et Pecq). « Nous espérons que nos membres intéressés participeront à cette phase test dans les communes concernées. Qu’ils n’hésitent pas à faire part de leurs remarques et observations à Embuild Wallonie ! »
Cette phase test sera généralisée à l’en-
semble des communes en 2027 pour les permis régionaux. Une seconde phase pilote, prévue pour le printemps 2027, concernera tous les permis d’urbanisme (y compris les permis relevant d’une décision communale). La dématérialisation pour tout le monde est prévue pour 2028.
Christophe Martin, le directeur de la promotion immobilière chez Blavier.
« C’EST DAVANTAGE UNE SIMPLIFICATION POUR L’ADMINISTRATION QUE POUR LE DEMANDEUR »
CHRISTOPHE MARTIN est le directeur de la promotion immobilière chez Blavier. Il a donc un œil avisé sur l’évolution des demandes de permis. « Ces dernières années, de plus en plusd’instancessontconsultéesdanslecadred’unpermiset on nous demande davantage d’études ou plus détaillées. On a donc assisté à une inflation du volume de papier à déposer », constate-t-il.
A-t-il remarqué une fluidification du processus depuis l’AGW du 1er octobre sur la simplification des formulaires de demandes ? Comme il va nous l’expliquer : oui et non. « Je parlerais plutôt de changement au lieu de simplification. Le positif est que désormais, le nombre de documents nécessaires de chaque type est clairement précisé. On évite ainsi, par exemple, de se voir demander dix exemplaires pour la faisabilité PEB, comme ça pouvait être le cas avant, dans certaines communes. Ces formulaires sont également plus didactiques et plus pratiques, notamment pour certains architectes qui avaient du mal avec les anciens », explique Christophe Martin, pour l’aspect positif de cette nouvelle législation.
D’un autre côté, il émet également quelques critiques sur ces nouveaux formulaires. « Il faut rester réaliste, c’est davantage une simplification pour l’administration que pour le demandeur. On supprime, par exemple, le cadre « situation juridique du bien», mais nous en avons besoin et le travail de recherche est quand même réalisé. Un cadre relatif à l’optimisation spatiale a été ajouté, lequel nécessite d’y renseigner la nature cadastrale d’un terrain. Pour cela, il faut consulter le notaire ou l’AGDP, l’Administration générale de la Documentation patrimoniale. Cela n’a donc rien d’une simplification», souligne-t-il. «Et si on parle d’impact sur la quantité de papier, il n’y en a pas. Il faut toujours tout imprimer ! Cela fait des années qu’on discute de la dématérialisation. Ça semble enfin arriver… »
Blavier n’est pas concerné par le projet pilote dans les 20 communes, car l’entreprise travaille uniquement pour des projets privés. Mais Christophe Martin est curieux de voir les résultats, car pour lui, la dématérialisation a de nombreux avantages. « Nous pourrions être mieux tenus au courant du processus. Si l’avis d’une instance consultée est disponible à tout moment sur la plateforme et nécessite une modifica-
tion du dossier, nous pourrions ainsi l’antici per. En outre, les communes sont souvent débordées. Cette dématérialisation devrait leur faire gagner un temps précieux au niveau logistique qu’elles pourraient davantage consacrer à l’instruction même des permis ou les échanges avec les demandeurs.»
Concernant les recours, un point qui fait l’actualité des permis en Flandre, il explique que la problématique est moins importante en Wallonie. « En Région wallonne, bien souvent, quand la décision est prise, elle est prise. Et je pense que le Wallon introduit moins de recours. Une procédure devant le Conseil d’Etat reste très coûteuse et la Flandre est plus dense, avec des distances entre voisins plus courtes, ce qui amènecertainementplusdecontestations. »
Délais
Christophe Martin souhaite également aborder la problématique des délais, qui sont sans cesse rallongés pour diverses raisons. « En Wallonie, nous avons les délais de rigueur, qui peuvent aller jusqu’à 115 jours. Mais en cas de modification de la voirie communale, le décret voiries suspend ce délai de rigueur,sanslimite.C’estunproblème;unchangementlégislatif serait le bienvenu. Il est toujours préférable d’avoir une bonne discussion avec la commune avant de déposer une demande de permis. Mais ces dernières années, ces tractations préalables ont tendance à prendre de plus en plus de temps », indique Christophe Martin. « Dans le même ordre d’idée, pour un projet de plus d’1 hectare, on doit recevoir un avis du Patrimoine avant le dépôt d’une demande de permis. La remise de cet avis peut prendre 45 jours. Pourquoi ne pas le solliciter en cours de procédure ? Et enfin, le schéma de développement du territoire, le SDT, incite les communes à créer ou mettre à jour leur schéma de développement communal, le SDC. De ce fait, certaines communes ont décrété un moratoire sur les demandes de permis pour les grands projets. Ce serait un véritable problème si cette pratique se généralisait ! Surtout que d’après Embuild Wallonie, il faut 280.000 logements supplémentaires d’ici 2050 », conclut le directeur de la promotion immobilière chez Blavier.
6 mesures sur 9 dans la DPR bruxellois ont été sollicitées
Juste après les élections de 2024, Embuild.Brussels avait envoyé une vingtaine de fiches d’informations aux différents partis sur des sujets divers concernant le secteur de la construction, afin de promouvoir celui-ci auprès des politiques. L’une de ces fiches évoquait la simplification administrative et l’accélération des processus de demandes de permis. Force est de constater que les demandes de notre entité régionale bruxelloise ont été prises en considération. En effet, dans la toute récente DPR de 24 pages, une page est entièrement consacrée à cette thématique.
D« Selon l’UPSI, la Région bruxelloise est celle qui a les plus longs délais pour l’obtention d’un permis.»
ans la Déclaration de politique régionale bruxelloise, à la page 13, le gouvernement énumère 9 mesures concrètes pour simplifier et accélérer les demandes de permis. « Nous constatons que 6 d’entre elles sont des mesures que nous avions sollicitées », souligne BÉRENGÈRE GROSJEAN, Manager chez Embuild.Brussels. C’est ce qui s’appelle un beau travail de lobbying. En résumé, ces mesures sont : extension des dispenses pour certains travaux ; diminution du délai de vérification de la complétude du dossier (ne demander qu’une seule fois les compléments manquants dans un délai adapté) ; rationalisation des réunions de projet (obligation d’organiser une réunion endéans les 15 jours dès la demande et obligation pour les pouvoirs publics de se tenir aux positions prises lors de la réunion) ; fluidification des enquêtes et réunions de concertation ; simplification de la composition du dossier de demande et application du principe « only once » et enfin permettre l’introduction d’une demande unique pour les permis d’urbanisme et les permis d’environnement.
Embuild.Brussels salue également l’enga-
gement du nouveau gouvernement à réduire de moitié les délais de délivrance des permis d’ici la fin de la législature, avec un objectif moyen de six mois pour les dossiers courants.
« Selon l’UPSI, la Région bruxelloise est celle qui a les plus longs délais pour l’obtention d’un permis », précise Bérengère Grosjean. Beaucoup de bonnes intentions donc. Mais des intentions qui devront être concrétisées sur le terrain. « Nous espérons que ces modifications entreront rapidement en vigueur bien qu’elles vont nécessiter une profonde réforme du Cobat (ndlr : le Code Bruxellois de l’Aménagement du Territoire). En tant qu’Embuild.Brussels, nous entendons nous positionner comme partenaire privé de choix vu notre expérience du terrain, afin d’aider et
du nouveau gouvernement par Embuild.Brussels
de soutenir au mieux ces réformes », indique la Manager de notre entité régionale bruxelloise.
Rendre Bruxelles attractive
Autre point mis en avant par nos collègues bruxellois : la volonté de rendre Bruxelles attractive. « La DPR insiste sur cet aspect en indiquant notamment soutenir les secteurs pourvoyeurs d’emploi dont la construction. » Il est notamment prévu de laisser la zone du Port et le site d’Audi Forest en zones industrielles, plus précisément avec le statut de « Zone Franche Urbaine ». « Le gouvernement veut redynamiser ces espaces en prévoyant des incitants financiers et surtout un guichet unique « fasttrack » pour toutes les démarches, notamment celles liées aux permis. Il entend développer
« RÉDUIRE LES DÉLAIS EST ESSENTIEL, MAIS CONSOLIDER LES DÉCISIONS
L’EST TOUT AUTANT »
Nous avons soumis cet article, rédigé en collaboration avec notre collègue d’Embuild.Brussels, à ETIENNE BANSE , administrateur délégué de l’entreprise bruxelloise Jacques Delens. « Nous partageons le constat posé dans l’article : Bruxelles fait face à une pression structurelle sur le logement et l’activité économique, non par manque de projets ou d’investisseurs, mais par une capacité de production insuffisante. Les délais d’obtention des permis constituent aujourd’hui le principal facteur de blocage. Un projet urbain complexe peut nécessiter cinq à sept ans avant le premier coup de pelle, dans un cadre réglementaire qui évolue parfois en cours de procédure, générant incertitude et risques financiers », explique-t-il. « Face à cela, nous ne demandons pas moins de règles, mais des délais prévisibles et opposables. La prévisibilité est une condition essentielle au financement des projets et, in fine, à leur réalisation. Chaque année de procédure supplémentaire renchérit mécaniquement le coût du logement pour les Bruxellois. »
Selon Etienne Banse, la question des recours mérite également d’être abordée avec lucidité. « Le droit de recours est un pilier démocratique, et personne ne le conteste. Mais la complexité réglementaire bruxelloise fragilise trop souvent les décisions administratives. Résultat : des permis obtenus après des années de travail peuvent être annulés trop facilement. Cette insécurité juridique pénalise autant les investisseurs publics que privés. Réduire les délais est essentiel, mais consolider les décisions l’est tout autant,carl’incertitudeestlepireennemidel’investissement. »
L’administrateur délégué de Jacques Delens précise encore ce qu’il entend par « accélérer les permis ». « Cela ne signifie pas construire moins bien, mais décider plus vite dans un cadre clair, stable et juridiquement solide. Les développeurs et entrepreneurs sont des opérateurs de solutions, prêts à travailler avec les pouvoirs publics pour livrer des projets durables, abordables et de qualité, dans l’intérêt de la ville et de ses habitants. Les villes qui réussissent travaillent avec leurs développeurs et entrepreneurs, pas contre eux. »
cela en partenariat avec les acteurs économiques bruxellois dont Embuild.Brussels fait partie. Nous répondons bien évidemment présent à l’appel des pouvoirs publics », conclut Bérengère Grosjean.
Les avis des commissions d’experts transformés en programme d’action
Le 19 décembre 2025, le gouvernement flamand a approuvé le programme d’action visant à rendre les permis plus robustes et plus sûrs juridiquement, proposé par le ministre-président Matthias Diependaele et le ministre Jo Brouns. Ce programme traduit les recommandations de la Commission conjointe sur les permis. Il s’articule autour de cinq thèmes : plus de sécurité juridique en phase préparatoire d’une part, et dans le traitement de la demande de permis d’autre part, une jurisprudence orientée solutions, des adaptations nécessaires à la constitution et une adaptation des réglementations sectorielles.
LL'évaluation d'une demande de permis ne doit pas seulement porter sur la légalité et les éventuelles nuisances. Il est également important de prendre en compte la valeur ajoutée sociétale d’un projet.
e droit à la consultation préalable est inscrit dans le décret comme un droit irréfutable qui doit être accordé dans un délai raisonnable. Pour les plus grands projets, un gestionnaire d’environnement peut être nommé. En ce qui concerne les projets d’énergie renouvelable, comme l’installation d’éoliennes, une cellule spéciale appelée VIP (pour Vlaamse Strategische Investeringsprojecten, soit Projets d’investissements stratégiques flamands) est mise en place avec une équipe de gestionnaires. Le gouvernement flamand continue d'investir dans le guichet numérique afin que celui-ci devienne encore plus intelligent et convivial.
Pour la phase de préparation, le gouvernement flamand encouragera l’utilisation de l’attestation d’urbanisme. Celle-ci indique dans quelle mesure un projet est réalisable sur un terrain donné. L’autorité chargée d’octroyer les permis doit le faire dans un délai de 60 jours. Le permis est alors valable 3 ans (au lieu de 2 actuellement).
Le « droit souple », comme on l’appelle (par exemple, une note politique), ne peut pas être invoqué pour refuser des demandes de permis mais peut uniquement jouer un rôle dans l'évaluation d’une opération particulière, afin de savoir si elle constitue ou non le meilleur choix (évaluation de l’opportunité). Les « livres de normes », à savoir les
directives techniques pour les demandes de permis, sont simplifiés et les autorités flamandes ont également indiqué qu’ils ne sont pas contraignants.
Davantage de sécurité juridique dans le traitement de la demande
Le gouvernement flamand veut aussi rendre plus « modulaire » la procédure de permis. Ces modules permettent aux demandeurs de répondre à des avis défavorables ou à des problèmes de procédure même pendant la procédure de permis. À la demande du demandeur de permis, une pause limitée dans le temps est possible : le demandeur peut alors apporter des améliorations sans risque de retard. Et au lieu de simplement déclarer les dossiers irrecevables, les autorités prennent l'initiative de demander les documents manquants.
Le gouvernement flamand va réviser la liste des organismes consultatifs obligatoires en vue de rationaliser le nombre d'avis obligatoires à obtenir, va stipuler que ces avis ont un caractère non contraignant et veut s'éloigner de la dichotomie « favorable »/« défavorable ». Le gouvernement flamand place de nouveau la concertation au centre afin de parvenir à un avis unique et intégré. Les Commissions des permis doivent y travailler. Il y aura des audiences conjointes avec les demandeurs, les commissions (locales) et les personnes qui introduisent les recours, sans créer de risques procéduraux supplémentaires.
Un fonctionnaire dirigeant un organisme consultatif obligatoire ne pourra introduire un recours administratif que si l’organisme a fourni un avis en temps voulu et a été représenté à la Commission des permis. Son recours devant le Conseil des Contentieux des permis est également limité. L'évaluation d'une demande de permis ne doit pas seulement porter sur la légalité et les éventuelles nuisances. Il est également important de prendre en compte la valeur ajoutée sociétale d’un projet. Le gouvernement flamand ancrera ce principe par décret.
Jurisprudence orientée solutions
Le gouvernement flamand réforme l'enquête publique sur les demandes de permis. Une seule enquête publique a lieu dans un premier temps. Dans la phase de recours administratif, une enquête publique a également lieu, mais elle porte uniquement sur le projet de décision et non sur la demande ou le recours lui-même. Dans le cadre d'une enquête publique, le gouvernement établit un lien avec ce que l'on appelle le « devoir de diligence ». Cela signifie que toutes les objections doivent être communiquées dès le départ.
De plus, le gouvernement flamand veut inscrire dans le décret sur les permis d’urbanisme le principe selon lequel un requérant doit démontrer un intérêt personnel suffisamment concret et actuel. Si vous avez des motifs purement commerciaux ou financiers, ou encore des motifs purement stratégiques (par exemple, pour des associations de protection de la nature et de l’environnement), vous ne pouvez pas abuser des recours en justice. En outre, le gouvernement flamand va optimiser le régime des amendes pour les recours manifestement illégaux.
Adaptations nécessaires à la constitution
Le gouvernement flamand souhaite consulter le gouvernement fédéral sur la révision de l'article 159 de la Constitution. Outre le principe de légalité, le principe de sécurité juridique devrait également pouvoir s'appliquer et, pour certains actes administratifs, la contestabilité devrait être limitée dans le temps.
Le droit à la protection d'un environnement sain énoncé à l'article 23 de la Constitution conduit souvent à une application stricte du principe de statu quo. Ce principe menace de rendre impossible toute modification de politique. Le gouvernement flamand souhaite également consulter le gouvernement fédéral à ce sujet.
Règles claires, équilibrées et applicables
Lors de l'élaboration de nouvelles réglementations, le gouvernement flamand s'efforcera de trouver le juste milieu entre les réglementations cibles et les réglementations standard. La réglementation offrira égale-
ment un certain espace pour des « alternatives équilibrées ». Le gouvernement va supprimer l’obligation d’obtention d’un permis de lotissement et étendra la liste des opérations ne nécessitant pas l’obtention d’un permis d’urbanisme.
Il assouplit également les conditions de dérogation aux plans spéciaux de construction périmés et les possibilités de révision des règlements périmés. Lors du développement de nouvelles activités, comment sauvegarder les structures existantes susceptibles d'être affectées ? Pour cela aussi, le gouvernement cherche une solution. Pour les éoliennes et les équipements destinés à protéger la nature, par exemple, il va affiner le principe de « neutralité de la destination ».
En outre, il éliminera autant que possible les chevauchements entre les obligations de permis dans des domaines comme le décret sur la politique d'établissement commercial intégré, le décret sur les forêts et la nature. Le gouvernement va mieux communiquer sur les possibilités de solutions spécifiques au lieu dans l’ordonnance sur les eaux pluviales. Il souhaite également rendre plus cohérentes les procédures pour les tests sur l’habitat, les tests du Réseau économique flamand (VEN, Vlaams Economisch Netwerk), ou les tests sur les espèces animales, par exemple.
Approche pragmatique pour les chantiers
Pour la construction, il est très important de rechercher une approche pragmatique en ce qui concerne l’octroi de permis pour des activités temporaires liées aux chantiers. Un règlement flamand sur les permis d’environnement est prévu pour les activités de chantier de classe 3. La composition du dossier pour une opération temporaire liée au chantier se limite à l’essentiel. Si un acte d'urbanisme est exempté de permis, les opérations temporaires liées au chantier en seront également exemptées.
Le programme d'action du gouvernement flamand ne prévoit pas de calendrier concret. Certaines des initiatives réglementaires seront mises en œuvre dès 2026. Ainsi, le gouvernement flamand soumettra le décret sur le permis modulaire au parlement flamand dans les prochains mois, et le décret sur les exemptions entrera déjà en vigueur le 1er mars (voir p. 32).
Le gouvernement flamand veut inscrire dans le décret sur les permis d’urbanisme le principe selon lequel un requérant doit démontrer un intérêt personnel suffisamment concret et actuel.
Trois décisions pour simplifier les permis
Le programme d'action visant à rendre les permis plus robustes et plus sûrs juridiquement est désormais mis en œuvre étape par étape par le gouvernement flamand. L’un des points d’action de ce programme concernait l’extension de la liste des opérations qui peuvent être exécutées sans permis. Le 6 février, le gouvernement flamand a approuvé une proposition du ministre flamand de l’Environnement Jo Brouns qui élargit le nombre d’exemptions de permis. Il a également approuvé un décret qui annule en grande partie l’obligation de notification, et encore un autre qui limite fortement les possibilités des communes d’introduire des obligations de permis supplémentaires.
Pour beaucoup d’opérations à l’impact sur l’espace limité, l’obligation de permis est levée. Pour les logements, cela comprend les modifications des façades et des toits sans extension de volume, y compris les adaptations et l'installation de portes et de fenêtres (à condition que la performance énergétique ne se détériore pas et que l'on ne passe pas devant l’alignement), toutes les modifications intérieures avec et sans travaux de stabilité, l'installation d'une isolation extérieure et l'installation de panneaux solaires enfichables (sur les façades ou les garde-corps des balcons). Les petites installations d'épuration et d’infiltration n’auront également pas besoin de permis.
Pour les bâtiments commerciaux, il n'y a plus besoin de permis pour l'installation d'une isolation extérieure, pour les opérations sur les façades et les toits, pour l'installation de panneaux solaires et de chauffe-eau solaires et pour toutes les modifications intérieures avec ou sans travaux de stabilité.
Sur le domaine public, les permis seront supprimés pour les abris à vélos couverts d'une superficie maximale de 100 m² et d'une hauteur de 5 m, l'installation de panneaux solaires sur les bermes d'autoroutes ou de voies ferrées et le remplacement de ponts, de tunnels et d'autres structures similaires pour des raisons de sécurité ou pour augmenter leur capacité de charge.
Obligation de notification en grande partie supprimée
L'obligation de notification a été créée en 2010 comme une variante allégée de l'obligation de permis, mais dans la pratique, elle a souvent conduit à une charge de travail importante avec une grande marge d'erreur. Avec la suppression de cette obligation de notification, les opérations urbanistiques n’ont soit de nouveau pas besoin de permis, soit sont de nouveau soumises à un permis.
La notification ne sera conservée que pour les établissements de soins. En outre, les notifications de classe 3 pour l’exploitation d’entreprises sont également maintenues.
Moins de réglementations communales
Dans le même temps, avec un troisième décret, le ministre Jo Brouns a également clarifié les actes pour lesquels les communes peuvent introduire des règles de permis supplémentaires. Ces règles supplémentaires imposées par les communes ont conduit à un mélange de différentes réglementations, ce qui a causé de la confusion chez les maîtres d'ouvrage et les architectes.
Le principe de base sera que seul le gouvernement flamand détermine quels actes sont soumis à un permis, une notification ou une exemption. Ni les communes, ni les provinces ne peuvent imposer des permis, ou au contraire, exempter certains travaux d’une demande de permis.
Le 6 février, le gouvernement flamand a dressé une liste exhaustive des opérations d'urbanisme non soumises à un permis pour lesquels les communes peuvent encore introduire une obligation de permis par le biais d'un règlement d'urbanisme. Il s'agit uniquement de règles concernant l'abattage d'arbres, l'enlèvement de plantations ligneuses ayant une valeur patrimoniale et les actes sur le patrimoine protégé ou de valeur.
Ces trois décisions prendront effet à partir du 1er mars 2026.
PLCI, EIP ou via le 3è pilier : constituer votre pension complémentaire d’indépendant
Profiter aujourd’hui d’avantages fiscaux* et demain d’une réserve de pension bienvenue : s’engager à temps sur la voie de votre pension complémentaire offre de nombreux avantages. Avec l’épargne-pension et l’épargne à long terme du 3è pilier, ainsi que la PLCI et l’EIP du 2è pilier, les indépendants disposent de nombreuses solutions.
Beaucoup d’indépendants réalisent trop tard que leur pension légale seule ne suffit pas à maintenir leur niveau de vie après leur carrière active. Et qu’ils doivent eux-mêmes agir pour construire leur pension complémentaire. Heureusement, il existe de nombreux instruments intéressants pour cela.
LES QUATRE PILIERS DE LA PENSION
Il est d’abord important de savoir que la constitution de la pension en Belgique repose sur quatre piliers. Aperçu :
» 1ier pilier : la pension légale versée par l’État.
» 2è pilier : la pension complémentaire que vous constituez en tant qu’indépendant via vos activités professionnelles, comme la PLCI ou l’EIP pour les indépendants.
» 3è pilier : l’épargne-pension et l’épargne à long terme via des produits, assortis d’avantages fiscaux, souscrits à titre privé.
» 4è pilier : tout ce que vous épargnez vous-même pour votre pension, comme des placements, de l’immobilier, de l’art, …
PENSION COMPLÉMENTAIRE VIA UNE PLCI (2È PILIER)
Les indépendants doivent d’abord envisager le 2è pilier. Le choix le plus populaire est la Pension Libre Complémentaire pour Indépendants (PLCI). Dans les conditions les plus optimales, le rendement fiscal peut atteindre 60 %*, selon la situation personnelle de l’indépendant.
PENSION COMPLÉMENTAIRE VIA UN EIP (2È PILIER)
Pour les indépendants avec une société, l’Engagement Individuel de Pension (EIP) est une autre piste. Avec cette formule, c’est la société qui verse les primes – entièrement déductibles comme frais professionnels, ce qui réduit le bénéfice imposable.
PENSION COMPLÉMENTAIRE VIA L’ÉPARGNEPENSION OU L’ÉPARGNE À LONG TERME (3È PILIER)
Les formules du 2è pilier sont directement liées à l’activité professionnelle de l’indépendant, tandis celles du 3è pilier sont souscrites à titre privé. Les indépendants sont aussi des particuliers et peuvent donc, comme les salariés ou les fonctionnaires, opter pour une épargne-pension ou une épargne à long terme. Ces solutions sont aussi assorties d’avantages fiscaux*.
* Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle du client et peut faire l’objet de modifications ultérieures. Toute décision de souscrire une assurance épargne-pension, une pension libre complémentaire pour indépendants ou un engagement individuel de pension doit être fondée sur une analyse approfondie des documents précontractuels, tels que les fiches d’information financière, la fiche d’information 2e pilier, le document d’informations clés, la fiche SFDR et les conditions générales.
Découvrez les solutions pour construire votre pension complémentaire d’indépendant.
Le projet RENO+ continue, avec le soutien de la ministre Cécile Neven
Le 12 février dernier, dans le cadre du salon Batibouw, RENO+ et la Société Wallonne du Crédit Social (SWCS) ont signé une convention de collaboration, en présence de Cécile Neven, la ministre wallonne du Logement et de l’Energie. Embuild Wallonie avait organisé une conférence de presse à cette occasion pour expliquer la réussite et la poursuite des projets de rénovation massifiée en Wallonie.
Pour accélérer la rénovation énergétique du parc résidentiel wallon, le secteur a lancé le projet RENO+ en 2022. Porté par Embuild Wallonie, Buildwise et GreenWin, et soutenu financièrement par la Région Wallonne, cette initiative visait à proposer un modèle innovant de rénovation massifiée, mis en œuvre en collaboration avec les communes : les trains de travaux.
Il s’agit de travaux ciblés réalisés dans une même zone géographique, avec une optimisation des processus de rénovation et une facilitation de l’accès au financement pour
les citoyens, accompagnés de A à Z dans leur projet. « Ces trains de travaux se répandent de plus en plus et constituent l’une des solutions pour accélérer la rénovation énergétique des logements wallons. Pour rappel, pour répondre aux objectifs européens à l’horizon 2050, il faut rénover 20 logements par heure. Au départ, le projet a été financé par la Région wallonne et ensuite, le secteur a décidé de le poursuivre sur fonds propres », a indiqué HUGUES KEMPENEERS , le directeur général d’Embuild Wallonie.
Comme l’a précisé OLIVIER VANDOOREN , le directeur général de Buildwise, le défi de la
↖
Les acteurs du projet RENO+ réunis pour la conférence de presse : Marc Guilmot (CAP Construction), Hugues Kempeneers (Embuild Wallonie), Olivier Vandooren (Buildwise), la Ministre Cécile Neven, Dominique Pierard (GreenWin), Joël Stevens (SWCS) et Hervé Barbeaux (Eco-Construction).
↑
Cécile Neven, la ministre wallonne du Logement et de l’Energie, a également signé le document de soutien.
rénovation est immense et seul on n’y arrivera pas. « Ce projet, on l’a imaginé il y a quelques années. Il était d’une naturelle nouvelle et différents acteurs de la construction et des partenaires publics se sont donc regroupés pour atteindre le zéro carbone avec l’ensemble de la chaîne de valeur. Ces trains de travaux sont possibles, même si c’est complexe. »
Projet pilote à Braine-l’Alleud
La preuve que c’est possible, le projet pilote mené à Braine-l’Alleud, le premier train de travaux, a été couronné de succès. « Lancé en novembre 2023, il a permis de réaliser la rénovation d’une vingtaine de toitures. La relation entre les acteurs de RENO+ et la commune a été très forte. Et la campagne de communication a permis de sensibiliser beaucoup de citoyens : plus de 80 personnes ont été accompagnées individuellement, en collaboration avec la plateforme locale de rénovation EN’Hestia, dont 20 dans le cadre spécifique du train de travaux. C’est important car nous sommes conscients que le parcours du candidat rénovateur est un parcours du combattant. RENO+ développe donc un service d’accompagnement à trois niveaux pour le citoyen : le conseil, le soutien et le all-inclusive. Pour faciliter ses démarches, il disposeégalementd’uninterlocuteurunique », a expliqué FLORENCE LEPROPRE , la responsable
du projet chez Buildwise. « Pour l’entrepreneur, le projet lui permet de rendre le marché de la rénovation énergétique attractif, de regrouper les chantiers par typologie et d’avoir un interlocuteur professionnel. En moyenne, 10 devis donnent lieu à un chantier pour un entrepreneur. À Braine-l’Alleud, 10 devis ont donné lieu à 8 à 9 chantiers. »
Trois nouveaux trains
Vu la réussite du projet dans la commune du Brabant wallon, le secteur a décidé de le continuer sur fonds propres. RENO+ entre donc dans une nouvelle phase, avec trois trains de travaux qui seront lancés au cours de l’année 2026, avec le soutien des Clusters CAP Construction et Eco-Construction et du pôle GreenWin.
Trois territoires ont déjà d’ores et déjà identifiés : Ottignies-Louvain-la-Neuve, Liège et trois communes du Brabant wallon qui seront annoncées au mois de mars. « Le projet d’Ottignies-Louvain-la-Neuve a déjà démarré au mois de novembre 2025. La commune compte 30.000 habitants et 239 citoyens ont déjà manifesté leur intérêt. 25 % sont lancés dans le processus et 30 sont sur une liste d’attente. L’objectif pour ce train de travaux est d’atteindre 50 chantiers », a indiqué Florence Lepropre. « Le train de Liège a été lancé il y a 24 heures (ndlr : le 11 février) et à l’heure où je vous parle, il y a déjà plus de 200 personnes inscrites. Le troisième sera précisé dans le courant de l’année 2026. »
Cette conférence de presse s’est terminée par la signature d’une convention de collaboration entre les acteurs de RENO+ et la Société Wallonne du Crédit Social (SWCS). Cécile Neven, la ministre Wallonne du Logement et de l’Energie, a également signé le document de soutien. Il vise à faciliter concrètement l’accès au financement des projets de rénovation énergétique et d’en accélérer le déploiement sur le terrain.
INFO : Les citoyens et professionnels intéressés par la démarche peuvent consulter l’ensemble des informations pratiques sur le site de RENO+ : www.renoplus.org.
La numérisation, thème central de la deuxième édition des petits-déjeuners de la construction
Le 30 janvier dernier, Embuild Wallonie a organisé la deuxième édition des petitsdéjeuners de la construction, en collaboration avec l’équipe du salon Batimoi au WEX à Marche-en-Famenne. Le thème de cette année était la numérisation des chantiers. Plus de 100 professionnels ont participé à cet événement, qui marque le coup d’envoi du célèbre salon de la construction dans la province de Luxembourg.
Dans son introduction, HUGUES
KEMPENEERS , le directeur général d’Embuild Wallonie, a rappelé quelques chiffres toujours intéressants à mettre en avant.
« Le secteur de la construction wallonne compte 35.000 entreprises dont 96 % de PME et de TPE avec moins de dix personnes qui font vivre environ 62.000 familles. Ces petites entreprises doivent arriver à se transformer, notamment via la numérisation », a-t-il indiqué. « En Wallonie, le secteur doit travailler sur deux points. Un, son taux de fuite avec uniquement 40 % des chantiers qui profitent à l’économie wallonne. Et le deuxième concerne un nouveau chiffre que nous venons de recevoir : sur 100 chantiers wallons, il n’y en a que 50 qui sont réalisés par des entreprises wallonnes. C’est interpellant et nous devons essayer de comprendre pourquoi. En Flandre, 9 chantiers sur 10 sont exécutés par des entreprises flamandes », a souligné Hugues Kempeneers.
Quatre étapes pour numériser
La numérisation est capitale pour aider les entreprises à innover et à se transformer. Bonne nouvelle et vous le savez peut-être déjà, l’équipe « numérique » d’Embuild Wallonie est disponible pour vous aider. Depuis deux ans, elle a déjà accompagné entre 170 et 180 entreprises. L’objectif de ces accompagnements est d’une part, de faire prendre conscience aux entreprises que dans un monde de plus en
concurrentiel, il est important d’optimiser ses processus et de challenger ses fournisseurs et d’autre part de définir une stratégie à long terme dans la numérisation. « Numériser est devenu une obligation, mais il faut y aller pas à pas », a souligné CÉLINE LEJEUNE , conseillère numérique. « Il y a quatre étapes clés pour numériser. Un, réaliser un audit initial des
LE BATILAB : LA GRANDE NOUVEAUTÉ DE CETTE 28e ÉDITION
En marge des petits-déjeuners de la construction, STÉPHANIE VAN LINT, la responsable du salon Batimoi, a présenté la grande nouveauté de cette 28e édition : le BatiLab. « C’estlaconcrétisationd’unprojetdelonguedate.Ils’agitd’unespace immersif,interactifetdidactiquedédiéàl’expérimentationetàl’inspiration. Situéàl’arrièreduPalais5,ilaétépensécommeunvéritablelaboratoiredel’habitat. Ilproposechantiersouverts,démonstrations,workshopsetprojections3Dpour découvrirconcrètementlestechniquesetsolutionsquifaçonnentl’habitat d’aujourd’huietdedemain:isolation,énergie,confortdevieouinnovations constructives. »
La zone s’articule autour de 5 espaces. Les chantiers 360° où l’on peut voir les professionnels de différents métiers en action. Vision de Demain est un lieu créatif où les visiteurs peuvent modéliser leur construction ou rénovation. Le Village des métiers est un espace géré par des centres de formation qui présentent toutes les formations présentes dans le secteur. BATI-AWARDS est une exposition de 11 candidats exposant des produits innovants avec un jury qui désigne un vainqueur et enfin l’espace workshops est un espace où des professionnels présentent et expliquent les sujets « tendance » du secteur. « Nous souhaitons faire grandir le BatiLab pour que tous les métiers soient représentés et nous espérons que toutes ces rencontres permettront de faire émerger de nouvelles idées qui font avancer le secteur de la construction », a conclu Stéphanie Van Lint.
processus existants et identifier les points de friction. Deux, mettre en place des outils adaptés et choisir des bons logiciels pour la gestion des devis, le suivi des coûts et la centralisation des données. Trois, former les équipes et accompagner les employés pour s’assurer de la maîtrise des nouveaux outils et enfin réaliser un suivi en vue d’une amélioration continue. Il faut évaluer les bénéfices, les gains de temps et la réduction des erreurs. »
Panoplie d’outils
Son collègue HENRI VANDENDRIES a enchaîné en présentant une panoplie d’outils intéressants. Citons l’intelligence artificielle qui doit être considérée comme un outil complémentaire qui vous libère du temps pour vous concentrer sur ce qui compte vraiment : votre expertise métier et la qualification de vos réalisations. « Il est important de donner des bonnes instructions, ce que l’on appelle le prompt, à l’IA. Elle peut analyser des devis, préparer des réunions de chantiers, répondre à un client mécontent, comparer plusieurs offres, compter des éléments sur chantier… », a expliqué le conseiller numérique. Outre l’IA, il a aussi évoqué la caméra 360 ° pour le suivi de chantier et la réalisation d’un DIU (dossier d’intervention ultérieur), le scanner 3D pour prendre des mesures plus précises et un suivi de meilleure qualité, sans oublier les classiques tablettes et smartphones qui permettent de consolider toutes les informations prises lors de visites de chantiers.
Lors de cette deuxième édition des petits-déjeuners de la construction, Henri Vandendries, conseiller numérique chez Embuild Wallonie, a présenté une panoplie d’outils intéressants pour les entreprises.
↑
Stéphanie Van Lint, la responsable du salon Batimoi, a présenté la grande nouveauté de cette 28e édition : le BatiLab.
INFO :
Grâce au projet EDIH Connect, bénéficiez d’un accompagnement technologique gratuit via Buildwise pour trouver les bons outils (francois.denis@ buildwise.be). Et pour un accompagnement personnalisé via Embuild Wallonie, contactez celine.lejeune@embuild.be et henri.vandendries@ embuild.be.
Questions de base
Avant de lancer un petit « quiz numérique », MÉLANIE LÉONARD, coordinatrice numérique d’Embuild Wallonie, a rappelé l’essentiel : l’enjeu n’est pas d’adopter des outils par principe, mais de s’assurer qu’ils apportent une réelle valeur à l’entreprise. Chaque démarche doit être pensée en fonction de ses réalités et de ses besoins. Quel budget investir ? De quels outils a-t-on réellement besoin ? Quel degré de précision est pertinent ? Autant de questions à se poser, en gardant à l’esprit qu’une solution efficace pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre.
↑
↑
Le BatiLab permettait notamment de voir des professionnels en action.
Thomas & Piron, en phase avec son époque depuis 50 ans
Fondée à Our en 1976 par deux hommes déterminés, Thomas & Piron est une entreprise familiale qui s’internationalise avec une vision stratégique claire et assumée, en s’adaptant constamment avec agilité à l'évolution de la demande. Pour parler de l’histoire et de l’évolution de la société, nous avons rencontré François Piron, le président exécutif, et Olivier Beguin, le tout nouveau CEO du groupe.
«L'entreprise a été fondée en 1976 par mon père, Louis-Marie Piron, et Charles Thomas, le maçon du village. En gros, ils prenaient tous les petits travaux dont personne ne voulait », confie FRANÇOIS PIRON , président exécutif. « Et puis, à force de travail, de confiance professionnelle et de qualité, l'entreprise s'est progressivement développée dans tous les secteurs d'activité de la construction. Cela va de la maison, évidemment, aux grands immeubles, à la rénovation familiale, à la réhabilitation de grands ensembles, aux travaux publics comme privés. Il y a aussi la
À gauche. Olivier Beguin, le nouveau CEO du groupe et à droite, François Piron, le président exécutif et fils du fondateur Louis-Marie Piron.
promotion immobilière, le génie civil, la rénovation de monuments historiques… Au fil du temps, notre diversification nous a permis de couvrir tous les secteurs d'activité, mais toujours avec comme volonté principale de satisfaire nos clients, qu'ils soient publics ou privés. Notre ADN, c'est de nous adapter à l'évolution de la demande, d'avoir beaucoup d'agilité malgré l’ampleur du groupe. Aujourd'hui, Thomas & Piron est une holding de 10 entités avec plus de 3.000 collaborateurs et des chiffres qui ne varient que très peu. »
Recrutement et crise énergétique
« Aujourd'hui, Thomas & Piron est une holding de 10 entités avec plus de 3.000 collaborateurs et des chiffres qui ne varient que très peu. »
Comme l’ensemble du secteur, le groupe a dû faire face à de multiples défis. D’abord la difficulté de recruter, dans un contexte de pénurie des métiers de la construction. « Avant la crise du Covid, c’était cette pénurie qui constituait un frein à notre croissance. Nous arrivions à peine à combler le turnover naturel de la main-d'oeuvre. Puisqu'on est progressivement en train de sortir d'une crise, cela va de nouveau être un problème majeur. Le fait d’avoir notre propre main-d'oeuvre, de ne pas sous-traiter et de n’avoir pas licencié pendant la crise, c'est notre force. Mais dans un contexte de pénurie, cela peut être un peu notre faiblesse aussi. Privilégier notre maind'oeuvre de manière transversale au travers du groupe, que ce soit en Belgique ou au Grand-Duché, au détriment de notre rentabilité, dans le souci de maintenir notre image, notre service, notre qualité, a été un pari sur le futur, sur la reprise. Aujourd'hui, nous sommes contents d'avoir agi de cette façon. » Une autre force du groupe est l’agilité. La crise énergétique, par exemple, a poussé Thomas & Piron à développer le segment de la rénovation. « Nous espérons et attendons une montée en puissance de la rénovation des maisons unifamiliales, comme des grands bâtiments publics, écoles, hôtels… », explique OLIVIER BEGUIN devenu CEO du groupe le 5 janvier 2026. « La rénovation des maisons unifamiliales et des grands bâtiments représente aujourd’hui 6 à 7% du chiffre d’affaires
du groupe. En comparaison au marché de la construction qui est mature et ne va pas s'amplifier, la rénovation devrait très vite aller au-delà de 10% du chiffre d’affaires », poursuit le nouveau CEO. Diplômé de l’UCL, de l’ICHEC et de la Vlerick Business School, il a débuté sa carrière chez Fortis puis Arcelor. En 2006, il est devenu CEO d’Equilis, référence européenne de la promotion immobilière alliant projets résidentiels, projets mixtes et de régénération urbaine. C’est donc auréolé d’une belle expérience qu’il occupe aujourd’hui le poste de CEO chez Thomas & Piron
Des préventes sur plan au marché de l’instantané
Analysant le marché de l’immobilier, Olivier Beguin constate que « désormais, les acquéreurs veulent de l’instantané. Ils ne veulent pas se positionner trois ans en avance et cela va probablement nous forcer à revoir nos habitudes. Avant, on obtenait un permis et on faisait des préventes sur plan. Quand on atteint un certain niveau de prévente, la banque nous soutient et on peut commencer les travaux de ces 40 appartements. Aujourd'hui, les gens veulent se positionner beaucoup plus tard. » « En effet, la proportion de logements vendus complètement terminés est beaucoup plus importante », renchérit François Piron.
Entre 2013 et 2020, le groupe a connu une très grosse phase de croissance externe et interne. À partir de 2020, quand l’équipe a voulu entrer dans une phase de consolidation, elle a d'abord dû traiter trois crises successives décisives dans le secteur. François Piron considère qu’entre 2021 et 2025, l’urgence était de gérer ces crises au mieux. « Aujourd'hui, la crise n'est pas fondamentalement finie, mais nous avons le temps de nous mobiliser sur cette phase de consolidation et sur notre nouvelle gouvernance. Nous avons envie de préparer une nouvelle phase de croissance dans les années à venir. »
Nouvelle gouvernance
« On vient d'un modèle qui a évidemment été très fonctionnel pendant plusieurs décennies, sinon on ne serait pas là aujourd'hui, mais qui était un modèle en hyper croissance. Mon père, qui était l'administrateur délégué de l'ensemble de Thomas & Piron, était le seul ‘boss’. Un seul ‘boss’ qui prenait toutes les décisions. C'était un modèle fort patriarcal, fort
« L'entreprise a été fondée en 1976 par mon père, Louis-Marie Piron, et Charles Thomas, le maçon du village. En gros, ils prenaient tous les petits travaux dont personne ne voulait. »
pyramidal, mais qui assumait aussi toutes les responsabilités. Il a fallu un courage et une capacité de travail colossale pour maintenir ce modèle-là jusqu'en 2013. Ensuite, le groupe a continué à grandir, s'est diversifié et internationalisé. D'un modèle de management pyramidal, on évolue aujourd'hui vers un modèle beaucoup plus collaboratif, où on a responsabilisé des administrateurs délégués par entité et par activité. On identifie mieux les résultats, on challenge mieux les personnes, on les responsabilise beaucoup plus. La holding, créée en 2016 avec pour rôle principal la consolidation d'informations, a évolué et évolue encore. Nous ne pouvions plus naviguer au feeling en étant omniprésents. Quand vous êtes dans différents pays, quand vous êtes dans différents secteurs, à un moment donné, vous avez besoin d'une holding qui fixe un cadre, qui définit un périmètre beaucoup plus proche du terrain, pour que la décision prise soit portée par les entités. »
C’est dans cette holding que François Piron a positionné Olivier pour la diriger. « Olivier, est quelqu'un qui a une grande expérience du marché immobilier, qui a une énorme capacité de travail et qui est très proche des gens. Nous avons une vision relativement commune et nous nous challengeons l'un l'autre. »
UNE BD POUR MARQUER LE COUP
Pour célébrer ses 50 ans, Thomas & Piron a confié à TJ Editions la réalisation d’une BD retraçant l’histoire de Louis-Marie Piron, « un entrepreneur visionnaire ».
De g. À dr. : Pamela Dominguez (BPC), François Thonnart (Vanheede), Marion Anbergen (Embuild. Brussels), Gilles Godissart (Vanheede) et William Dockx (Shipit).
Une première station de tri ReloAD inaugurée sur un chantier pilote de BPC
Le 22 janvier dernier, la première station de tri ReloAD a été inaugurée sur le chantier Campus 2 de BPC, à Anderlecht. Partenaires, producteurs et acteurs du secteur de la construction s’y sont réunis pour découvrir cette solution circulaire testée en conditions réelles. Soutenue par Embuild.Brussels, cette initiative sectorielle, visant à mieux trier les déchets sur chantier, est le fruit de plusieurs années de concertation avec l’ensemble de la chaîne de valeur de la gestion des déchets.
Le secteur de la construction bruxelloise produit 1.297.000 tonnes de déchets par an. Si 96 % de ce volume est recyclé, plus de 50.000 tonnes de matériaux légers (isolants, plastiques ou polystyrène) échappent encore à la valorisation et sont souvent déposés dans des conteneurs « tout-venant ». Ils sont contaminés et deviennent inexploitables pour un recyclage de qualité.
Le projet ReloAD vise à solutionner ce problème. Il s’agit d’un service innovant visant à améliorer le tri des déchets de construction directement sur les chantiers. Lancé fin de l’année dernière, il est porté par Shipit, Vanheede et SmartLife, avec le soutien d’Embuild. Brussels, Buildwise, Louis De Waele, Bruxelles
Environnement et Valipac. Le projet prévoit l’installation de stations de tri adaptées aux réalités du terrain et la collecte via une logistique inverse.
Le chantier Campus 2 de BPC est donc le premier chantier à installer une station de tri ReloAD sur un projet de construction neuve de logements étudiants. Une analyse des flux de déchets, que génèrera le chantier durant la phase de livraison du parachèvement, a été effectuée. La station de tri a été dimensionnée sur base de la liste des matériaux mis en œuvre, leur quantité et leur fréquence de livraison.
18 flux de déchets ont été identifiés dont des bombes aerosols PU, des plastiques souples transparents, des plastiques souples
colorés, des plastiques durs, du polystyrène expansé, du XPS (polystyrène extrudé), des papiers cartons, des métaux, des moquettes textiles, des isolants PUR/PIR et des liens de cerclage, des briques, des inertes, du plâtre, …
Phase test de trois mois
La phase test de ce projet s’étendra sur une période minimale de trois mois. Ce premier chantier permettra de valider les processus ainsi que le modèle économique, qui se veut concurrentiel par rapport au marché actuel. Des retours de terrain réguliers permettront d’affiner le service pour qu’il corresponde au mieux aux besoins des chantiers.
La collecte de données constitue un volet central du projet. Elle vise à fournir aux entrepreneurs et aux producteurs une meilleure visibilité sur les volumes de chutes de matériaux générés sur les chantiers. Ce travail s’inscrit dans le cadre du projet ReloAD et est soutenu par Innoviris.
Au service des chantiers
Pensé comme un complément au service de livraison en kit sur chantier (le kitting) du Centre de consolidation de la construction (BCCC), opéré par Shipit, ReloAD optimise la logistique existante. Les camions qui livrent les matériaux repartent avec des déchets triés depuis les chantiers, assurant une collecte régulière au rythme des livraisons.
La fréquence d’enlèvement élevée permet d’installer plus de contenants de plus petites tailles, comme des big bags ou des poubelles. L’emprise au sol du chantier, attitré à la gestion des déchets, est diminuée et la massification des déchets se fait au BCCC. Ce système permet aux chantiers disposant de peu de place de mettre en œuvre un tri à la source ambitieux. Plus de 25 flux ont la possibilité d’être triés à présent.
Plus besoin d’attendre de remplir un conteneur complet pour activer une filière. ReloAD prend en charge la formation des équipes, la collecte, la massification hors chantier, le monitoring des déchets générés, le transport vers la filière de recyclage adaptée et le rapport de traçabilité. Les chantiers ont donc la garantie que leurs déchets seront recyclés, sans charge administrative et organisationnelle.
Un chantier peut donc faire appel à Shipit
pour du kitting seul ou du kitting en combinaison avec ReloAD pour trier ses déchets.
Recycler de la meilleure manière possible
Il existe une hiérarchie dans les types de revalorisation des matériaux et déchets représentée par l’échelle de Lansink. Celleci nous montre qu’il existe quatre types de recyclage : le recyclage en boucle fermée/ closed-loop (le matériau est réutilisé à l'infini pour fabriquer le même produit sans perdre en qualité) ; le recyclage en boucle ouverte/ open-loop (le matériau est recyclé pour créer des produits de nature différente, impliquant souvent l'ajout de matières premières vierges ; le downcycling/recyclage dévalorisant (type de boucle ouverte où la matière recyclée est de moindre qualité que la matière d'origine, comme par exemple des briques utilisées en sous-couche routière et enfin l’upcycling/ surcyclage (le matériau issu d'un produit est transformé en un nouveau produit de valeur supérieure ou égale).
ReloAD veut proposer une solution de recyclage en boucle fermée pour un maximum de matériaux de construction.
Implication des producteurs de matériaux
Pour permettre un recyclage en boucle fermée, les producteurs ont besoin de déchets propres. Pour cela, il est primordial qu’ils soient triés correctement à la source. ReloAD a donc créé des partenariats avec de nombreux producteurs de matériaux, désireux d’accéder à leurs déchets post-consumer. Le service est le trait d’union entre la gestion des déchets, et le développement de matériaux en matières recyclées.
Parmi ces producteurs nous pouvons retrouver Knauf, Xella, Sto, Pierret, Deceuninck, Wienerberger, Reynaers Aluminium et AGC, mais également les filières de Valipac pour des déchets d’emballage ainsi que d’autres filières du groupe Vanheede.
Appel à d’autres chantiers pilotes
Pour sa phase test, ReloAD est à la recherche d’autres chantiers désireux d’expérimenter la livraison par kitting en combinaison avec le système de reprise des déchets ReloAD.
La station de tri a été dimensionnée sur base de la liste des matériaux mis en œuvre, leur quantité et leur fréquence de livraison.
INFO : marion.anbergen@ embuild.be et planning bru@shipit.be
VOTRE ENGAGEMENT
SOCIAL EST PAYANT
Vous entreprenez ou soutenez un projet sociétal ? Les Embuild Foundation Awards récompensent l’engagement sociétal des entreprises de construction qui collaborent avec des partenaires externes actifs dans un domaine sociétal.
embuildfoundation.be
Devenez Lauréat(e) du Travail !
Le Royal Work Honors Institute vous invite à participer à la procédure de sélection pour devenir Lauréat(e) du Travail.
Derrière chaque projet réussi, se trouvent des personnes dotées d’engagement et de savoir-faire. Elles renforcent notre économie et contribuent au rayonnement d’un secteur qui est un moteur de progrès. Leur engagement professionnel mérite une reconnaissance du plus haut niveau : un titre décerné par Sa Majesté le Roi en reconnaissance de leur contribution au secteur de la construction et à la société.
QU’EST-CE QUE CELA SIGNIFIE POUR VOUS ?
Une reconnaissance nationale officielle, une distinction honorifique (bronze, argent ou or), une cérémonie solennelle réunissant des professionnels du secteur de la construction de toute la Belgique et un brevet officiel remis par votre bourgmestre.
À QUI CETTE RECONNAISSANCE EST-ELLE DESTINÉE ?
Toute personne active dans le secteur de la construction peut poser sa candidature, indépendamment de son ancienneté ou de son statut. Ce qui compte, c’est votre savoir-faire et engagement. Vous pouvez présenter votre candidature ou celle d’une personne ayant un parcours professionnel ou sociétal remarquable. Les candidatures collectives sont également les bienvenues. Votre équipe a-telle réalisé un projet exceptionnel ? Votre entreprise a-t-elle contribué à l’innovation, à la durabilité, à la formation ou à une valeur ajoutée dans le secteur de la construction ? Dans ce cas, votre engagement commun peut être reconnu.
POURQUOI PARTICIPER ?
Être reconnu, c’est être valorisé. C’est une récompense du savoir-faire et de l’esprit d’entreprise. Ce titre donne un coup de boost à votre carrière et rejaillit positivement sur votre organisation. Il s’agit d’une mention précieuse à ajouter sur votre CV, votre profil
LinkedIn ou dans votre communication d’entreprise, tout en contribuant à la reconnaissance du secteur.
POSEZ DONC VOTRE CANDIDATURE POUR LA RECONNAISSANCE DE LAURÉAT(E) DU TRAVAIL.
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 mai 2026 inclus. Les candidatures peuvent être introduites facilement et en ligne via : https://bekrown.be/inscription/ Découvrez des témoignages inspirants d’anciens Lauréats sur https://bekrown.be/ temoignages/.
Pour toute question : info@bekrown.be, 02/233.88.91.
Mur creux rénové avec un ETICS : raccords avec une toiture inclinée
Pour améliorer les performances thermiques d’un mur creux existant au moyen d’un ETICS (voir NIT 295), il est essentiel de prendre en compte un certain nombre de recommandations concernant les raccords avec une toiture à versants. Cette attention particulière permettra d’assurer la continuité de l’isolation ainsi que l’étanchéité à l’eau et à l’air, tout en limitant les déperditions thermiques au niveau du détail ainsi que le risque de condensation.
Stratégie de rénovation
Une coordination rigoureuse entre les travaux de façade et de toiture est impérative. De manière générale, la toiture est rénovée avant la façade. Il convient dès lors de veiller à un raccordement correct des couches d’isolation.
Certains choix et certaines solutions dépendent du remplacement ou non de la couverture. Le présent article traite du scénario où la toiture est isolée par l’intérieur sans remplacement des tuiles. Dans tous les cas, les ponts thermiques sont à éviter (voir article Buildwise 2024/02.03), car ils entraînent une augmentation des déperditions thermiques ainsi qu’un risque accru de développement de moisissures.
Les bords de toiture doivent être adaptés pour offrir la protection nécessaire au-dessus de l’ETICS et traiter de manière adéquate le nœud constructif. Une ou plusieurs rangées de tuiles devront être manipulées.
Pied de versant
L’intervention en pied de versant doit garantir la continuité de l’isolation thermique
par l’interposition d’un isolant adéquat entre l’isolant de la toiture et celui de la façade (voir figure 3). Il doit être posé par la personne chargée de l’adaptation du pied de versant. La sous-toiture, quant à elle, doit être prolongée, et ce idéalement jusque dans la gouttière.
Il est possible de reconcevoir une gouttière pendante (voir figure 3B), comme dans la situation existante. Dans ce cas, afin de pouvoir raccorder les isolants de toiture et de façade, le pan de toiture est prolongé et la gouttière est déplacée horizontalement d’environ 15 cm (12 cm pour l’ETICS et au moins 3 cm pour le dépassant). En présence d’un pan de toiture à 45°, elle doit également être déplacée verticalement de la même distance. La maçonnerie de parement doit alors être arasée sur une hauteur équivalente pour assurer la continuité de l’isolation.
Il est également envisageable de concevoir un chéneau (voir figures 1 et 3C), ce qui permet notamment de conserver la même hauteur de parement et de gouttière. Afin de limiter le risque de dégradation ultérieure de l’ETICS en cas de défaut d’étanchéité du chéneau,
Fig. 1
Réalisation d’un chéneau.
une membrane de sous-toiture perméable à la vapeur (voir figure 3C) est placée sous le revêtement du chéneau.
Rive latérale
Au niveau de la rive latérale, il convient d’isoler la tête de mur afin d’éviter tout pont thermique (voir figure 4).
La première solution consiste à isoler la tête de mur sans arasement (voir figure 2). Un complément de charpente (échelle) doit être conçu et mis en œuvre de manière à supporter le couvre-mur. L’isolant de cette structure doit présenter une épaisseur suffisante et chevaucher l’isolant de la toiture inclinée entre chevrons sur au moins la moitié de l’épaisseur de l’isolant de la rive (voir figure 4B).
La deuxième option revient à isoler la tête de mur avec arasement. Dans cette configuration, la tête de mur (bloc porteur + parement) est arasée afin de permettre le prolongement de la couverture de toiture jusqu’au-dessus de l’ETICS (voir figure 4C).
Résumé d’un article paru en p. 6-7 du Buildwise Magazine 2025/03 (mai-juin).
Seul l’article original de Buildwise, peut être cité en référence.
Fig. 3 Raccord entre l’isolant d’une toiture inclinée et celui d’une façade (coupes verticales).
Fig. 4 Raccord entre l’isolant d’une toiture inclinée et celui d’une façade au droit de la rive latérale (coupes verticales.
Fig. 2
Isolation de la tête de mur sans arasement.
Espace entre les dalles extérieures et la façade : simple finition ou détail essentiel ?
Les terrasses sur plots sont souvent choisies pour assurer une continuité entre les revêtements intérieur et extérieur. Ce type de raccord requiert toutefois une attention particulière : l’espace à prévoir entre les dalles, la façade et les seuils conditionne l’esthétique, l’étanchéité et la durabilité de l’ensemble. Mal conçu, cet espace peut devenir une source d’infiltrations ou d’entretien accru.
Espace entre les dalles et la façade
La Note d’information technique (NIT) 244 recommande de prévoir un espace d’au moins 2 cm entre la première dalle et le pied de mur de la façade pour :
● éviter l’accumulation de saletés
● garantir une bonne évacuation de l’eau
● limiter l’entretien des pieds de mur et de la terrasse.
Cet interstice permet également de limiter le relevé d’étanchéité à 5 cm au-dessus des dalles, contre 15 cm habituellement. Il reste toutefois nécessaire de maintenir une hauteur minimale de 15 cm entre le sommet du relevé d’étanchéité et le support des dalles sur plots.
Espace entre les dalles et
les seuils
Les seuils des baies vitrées et des portes sont des zones sensibles. Ici aussi, la NIT 244 préconise un espace de 2 cm et un relevé d’étanchéité minimal de 5 cm au-dessus du niveau des dalles.
Dans la pratique, cet espace est souvent réduit, afin de faciliter le passage des personnes. Pour concilier esthétique, accessibilité et drainage, l’usage de grilles entre les dalles et le châssis (ou le seuil) est recommandé (voir https://www.buildwise.be/fr/details-constructifs/1347/).
Réduction de l’espace entre les dalles et la façade
Les usagers privilégient néanmoins souvent une finition affleurante et continue entre l’intérieur et l’extérieur. Cependant, cette modification comporte certains risques. Elle peut
Fig. 1 Raccord entre dalles extérieures sur plots et la façade, dans le cas d’une terrasse sur toiture.
entraîner :
● une accumulation de saletés (feuilles, brindilles, poussières, …)
● un risque accru de contournement de l’étanchéité et donc d’infiltrations d’eau
● une humidification susceptible d’altérer la durabilité et l’aspect du pied de mur.
Quel que soit l’aménagement retenu, il demeure indispensable de prévoir un espace suffisant entre les dalles et le pied de mur, afin d’éviter tout contact direct.
Importance de la stabilité des dalles
Prévoir un espace entre les premières dalles et la façade n’a de sens que si la stabilité des dalles est assurée. Tout mouvement peut engendrer un inconfort à l’usage. Par
conséquent, l’installation d’une cale appropriée entre le pied du mur et la dalle s’avère nécessaire.
Sur le plan esthétique, l’alignement des dalles dépend directement de celui du mur. Une vérification préalable est recommandée. Il faut aussi veiller à ce que les dalles ne soient jamais en contact direct avec le soubassement ou le châssis, afin de permettre leur dilatation.
Allier confort et durabilité : points essentiels à retenir
Les terrasses sur plots offrent une grande flexibilité de conception et répondent à la demande croissante de continuité entre l’intérieur et l’extérieur. Toutefois, cette approche doit impérativement respecter les règles techniques fondamentales.
Le respect d’un espace de 2 cm entre les dalles et la façade, associé à un relevé d’étanchéité vertical d’au moins 5 cm au-dessus des dalles, constitue une mesure courante pour prévenir les infiltrations d’eau et les désordres esthétiques.
La réduction de cet espace requiert une analyse du détail du pied de mur (relevé d’étanchéité), le choix de matériaux adaptés et une attention particulière à l’entretien. Avant toute réalisation, il est donc crucial d’évaluer précisément la situation et de consulter l’ensemble des parties concernées.
Résumé d’un article paru en p. 10-11 du Buildwise Magazine 2025/06 (novembre-décembre). Seul l’article original de Buildwise, peut être cité en référence.
Détails constructifs
fiables et prêts à l’emploi
• +500 détails validés par les experts Buildwise et les groupes de travail des Comités techniques
• solutions conformes et adaptées à tous types de chantiers
• des fichiers DWG adaptables à votre situation spécifique
• un support précieux pour concevoir, préparer et exécuter sans erreur ses chantiers.
Téléchargez gratuitement vos détails techniques
Fig. 2
Exemple de dalles instables.
L’ancien stade de football de Wavre devient la Belfius Hockey Arena
La Coupe du monde de hockey sur gazon féminine et masculine aura lieu du 15 au 30 août 2026, aux Pays-Bas et en Belgique. Deux villes accueilleront l’événement : Amsterdam et Wavre. Dans cette commune du Brabant wallon, l’ancien stade Justin Peeters a été entièrement rénové et agrandi pour accueillir la compétition. Notre membre Socatra est à la manœuvre. Résultat : une magnifique enceinte de 4.000 places désormais appelée la « Belfius Hockey Arena ». Ce nouveau stade national sera inauguré le 1er avril.
ÀWavre, le stade Justin Peeters a été construit en 1923. L’infrastructure était vieillissante et accueillait encore l’équipe locale de football militant dans les séries provinciales, devant quelques spectateurs regroupés dans une tribune de 2.800 places. À côté, le club de hockey du LARA, en plein essor, ne disposait pas d’infrastructures dignes de ses ambitions. La Ville de Wavre a donc décidé de faire d’une pierre deux coups : un nouveau stade pouvant accueillir des rencontres internationales et utilisé toute l’année par le club de hockey local et la fédération belge de hockey. Le maître d’ouvrage est la Régie Communale Autonome Wavrienne des Sports. Le bureau d’architecture est CERAU et Sweco, le bureau d’études. Mentionnons aussi l’entreprise
Ventair qui s’est occupée des techniques spéciales, la société Alloson pour l’électricité dans le bâtiment, ainsi que la société LEXAR pour les éclairages en périphérie du terrain.
De terrain sec à mouillé
Les travaux ont débuté à l’automne 2023. « Au départ, la Fédération Internationale de Hockey voulait un terrain sec. Elle a ensuite fait marche-arrière et opté pour un terrain mouillé. Pour nous, entrepreneur, ça changeait tout, car nous avons dû mettre au point un système de récupération des eaux pluviales et d’arrosage, l’un des gros défis de ce projet », explique AMADÉO DANIELIS , le conducteur de
chantier. « Nous avons construit deux citernes d’eau communicantes, d’environ 50 m³ chacune, en-dessous des deux extensions des tribunes. Grâce à un système de drains sous le terrain et un nouvel égouttage, l’eau de pluie arrive dans ces citernes, via une chambre de relevage, et alimente les 8 arroseurs situés de part et d’autre de la surface de jeu, qui doit régulièrement être arrosée pendant les rencontres. Cela donne une touche « économie circulaire » à ce projet », poursuit le conducteur de chantier. « Nous avons également refait la toiture de la tribune et aménagé un système de récupération des eaux pluviales (pluvia), qui part de la toiture, traverse l’intégralité du bâtiment pour finalement être rejetée dans les citernes et ainsi permettre de les alimenter. »
Dans l’autre sens, en cas de manque d’eau, ce qui est probable vu que la Coupe du Monde se tiendra au mois d’août, les équipes de Socatra ont construit un puits artésien. « Via un ouvrage de prise d’eau souterraine de plus ou moins 30 mètres de profondeur dans le soussol, cet aménagement permet de prendre l’eau de la nappe aquifère pour remplir les citernes à raison de 6m³/h et alimenter le système d’arrosage, très important sur ce type de terrain. »
Noue et talus
La gestion de l’eau, vous l’aurez compris le gros défi de ce projet, ne s’arrête pas là. « Le stade se trouve juste à côté de la Dyle. Pour éviter tout trop-plein d’eau, en cas de fortes pluies,
L'aménagement de la noue derrière le but et la couche schockpad/elayer, située en-dessous du synthétique.
La disposition des sièges représente le dessin d’une vague.
La tribune rénovée est celle de l'ancien stade Justin Peeters, situé à Wavre et construit en 1923.
Les terres du chantier ont été aménagées sous forme de talus servant de fondations pour une nouvelle tribune construite en face de l’existante et pouvant accueillir environ 1.200 personnes.
nous avons aménagé une noue derrière l’un des buts. Il s’agit d’un espace végétalisé conçu pour faire transiter les eaux pluviales avant qu’elles ne disparaissent dans le sol ou qu’elles soient redirigées vers les égouts lors d’un trop-plein de cette noue. Le trop-plein des citernes se rejette également directement dans cette noue », indique Amadéo Danielis.
Tous ces travaux ont nécessité le déplacement de beaucoup de terres. Les architectes ont d’ailleurs gagné le concours car le projet ne prévoyait aucune évacuation de terres, elles ont toutes été réutilisées. Ces terres, au total 3.500 m³, ont été aménagées sous forme de talus servant de fondations pour une nouvelle tribune construite en face de l’existante et pouvant accueillir environ 1.200 personnes. « Elle va permettre d’augmenter la capacité du stade et passer de 2.800 à 4.000 places. Les organisateurs comptent aussi rajouter des tribunes sous forme d’échafaudages en annexe, ainsi que derrière les deux buts. La Belfius Hockey Arena aura donc une capacité de 10.000 places pour les matchs de la Coupe du Monde. »
Rez-de-chaussée démoli
Outre tous ces aménagements pour la gestion des eaux, l’entreprise a également réaménagé le rez-de-chaussée, en-dessous de la tribune principale. « Nous avons tout démoli et reconstruit : nouveaux vestiaires, nouveaux club-houses, une salle de fitness…Tout est neuf avec la particularité que toutes les techniques spéciales sont apparentes. Une moitié de l’espace sera utilisée par la fédération belge de hockey et l’autre moitié par le club local du LARA. Il n’y avait également pas d’espace d’accueil au sein de cette tribune principale. Nous en avons donc construit un en béton coulé sur place de 7 mètres de haut avec un mur rideau pour laisser passer la lumière, afin d’accueillir les spectateurs dans de bonnes conditions. »
Une fois ce nouvel espace d’accueil franchi, les spectateurs prendront place dans la tribune
principale. « Nous avons prolongé la tribune existante vers le terrain, avec deux nouvelles extensions d’environ 500 places, faisant passer sa capacité de 2.300 à 2.800 sièges. Sur les deux extrémités de cette même tribune, nous avons également construit deux nouveaux volumes annexes pour les sanitaires. De vieilles tôles vertes de bardage ont été remplacées par des bardages en imitation bois. Une société espagnole est venue placer de nouveaux sièges aux couleurs du drapeau belge. Vue du ciel, la disposition des sièges représente le dessin d’une vague », indique le conducteur de chantier. Depuis cette tribune principale, la vue sur le terrain bleu est imprenable. Comme on dit, ça en jette ! « Saviez-vous que les oiseaux confondent souvent de type de terrain avec une étendue d’eau et viennent s’écraser dessus ? Ici, heureusement, nous n’avons pas encore eu le cas », raconte en guise d’anecdote Amadéo Danielis.
Synthétique bleu
Pour votre information, notre membre ne s’est pas occupé de la conception du terrain synthétique, laissant l’eau s’infiltrer. Ce sont les sociétés belge LESUCO et allemande POLYTAN, spécialisées dans l’aménagement de terrains de sports qui l’ont conçu. « Il repose sur une fondation de presque 60 cm d’empierrement, couvert par 10 cm d’asphalte poreux. La couche située en-dessous du synthétique est ce que l’on appelle un schockpad/e-layer coulé in situ d’1,5 cm avec des billes en caoutchouc collées. Ce sont des surfaces utilisées sous les revêtements de sols sportifs pour absorber les chocs. Un nouveau gazon synthétique bleu type mouillé est la couche finale apparente. »
Finale masculine
Les travaux du stade touchent à leur fin. L’inauguration, et ce n’est pas un poisson, est prévue pour le 1er avril, avec un match entre les équipes nationales masculines et féminines de Belgique et des Pays-Bas. Après, place à la Coupe du Monde. Espérons que nos Red Lions et nos Red Panthers pourront réaliser des exploits dans cette magnifique enceinte rénovée et flambant neuve. La finale masculine se jouera d’ailleurs dans la « Belfius Hockey Arena ». Croisons les doigts ! « C’est un projet unique en son genre. Il n’a pas été simple, notamment avec ce gros défi de la gestion de l’eau. Mais la finalité est réussie. Rendez-vous au mois d’août pour le coup d’envoi ! », conclut Amadéo Danielis.
PROMOTION DU MOIS DE MARS 2026
Blouson pilote B-Seen Europa
À la recherche d’une veste de signalisation confortable et polyvalente ? Découvrez le blouson pilote B-Seen Europa. Idéal pour les professionnels qui souhaitent allier visibilité et confort !
● Manches amovibles par fermeture éclair - se transforme facilement en gilet sans manche
● Doublure polaire amovible pour plus de chaleur
● Poche sur la manche gauche
● Poche téléphone sur la poitrine droite
● 2 poches latérales sous rabat
● 2 poches passepoilées
● Élastique aux poignets et au bas du dos pour un ajustement optimal
● Capuche amovible intégrée dans le col avec cordon de serrage
● Fermeture à glissière
Couleurs : orange fluo/marine, jaune fluo/marine
Tailles : du S à 5XL
Prix de vente spécial uniquement pour le mois de mars 2026
Prix membre: 70 € HTVA
Prix non-membre: 82 € HTVA
Ils peuvent être commandés via le site web www.embuild.be ou en envoyant un courriel à commandes@embuild.be
16.000 Entreprises de construction
Impossible de passer à côté !
Embuild soutient 16.000 PME et grandes entreprises de tout le pays, actifs dans toutes les activités et techniques du secteur de la construction.
Partenaire de confiance, elle s’engage avec ses membres pour un entrepreneuriat responsable.
Construire ensemble, grandir ensemble.
Embuild Magazine est le mensuel de l’asbl Embuild Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles
Editeur responsable : Filip Coveliers, Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles.
• Non-membres : 137,80 euros (TVA et frais de port compris)
• Etranger : 300 euros (TVA et frais de port compris)
Membre de WE MEDIA.
BUILD YOUR HOME
LA VOIE QUI MÈNE LES CONSTRUCTEURS ET RÉNOVATEURS VERS VOTRE ENTREPRISE !
Build Your Home aide les constructeurs et rénovateurs à trouver le professionnel qui réalisera leur maison de rêve.
Un vrai jeu d’enfant : complétez vos coordonnées dans Build Your Home, montrez ce que vous avez à offrir et notre plateforme proposera ensuite votre entreprise aux constructeurs et rénovateurs. Une occasion unique de mettre en lumière vos plus belles réalisations et votre savoir-faire à vos futurs clients. C’est gratuit et ça ne prend que quelques minutes !
Les avantages d’un profil complet ?
Plus de visibilité
Plus de confiance des clients
Plus de possibilités de nouveaux marchés
Une publicité gratuite pour votre entreprise
N’hésitez plus et placez votre entreprise sous les feux des projecteurs grâce à Build Your Home. Votre carnet de commandes se remplira tout seul !
Rendez-vous sur www.buildyourhome.be
Connectez-vous et complétez votre profil
La Flux Wall Compact de Renson : l’appareil de ventilation avec récupération de chaleur le plus petit de sa catégorie
La Flux Wall Compact de Renson est une unité de ventilation compacte et intelligente, conçue pour les petits espaces. Mesurant seulement 55 cm de haut et pesant 19 kg, elle offre un débit élevé jusqu’à 350 m³/h, idéale pour des espaces réduits comme une armoire ou au-dessus d’une machine à laver.
Équipée de capteurs, elle surveille en permanence la qualité de l’air intérieur (CO2 , VOC, humidité) et ajuste automatiquement la ventilation pour maintenir un air sain. Lorsqu’un niveau critique est détecté, elle intensifie la
ventilation jusqu’à ce que la qualité d’air redevienne optimale, puis revient à un débit réduit pour économiser de l’énergie. Avec un rendement de récupération de chaleur jusqu’à 89 %, elle est très économe.
Facile à intégrer dans divers espaces, elle assure un confort optimal sans bruit. Une application mobile permet de suivre son fonctionnement et de recevoir des notifications pour l’entretien. Un filtre doit être remplacé ? L'application vous en informe par ce biais.
INFO : www.renson.net
Wienerberger : deux nouvelles teintes pour la tuile plate Elfino de Koramic
Chez Wienerberger, la tuile plate Elfino de Koramic, alliant le look raffiné d’une ardoise aux performances exceptionnelles d’une tuile céramique, se décline désormais en deux nouvelles teintes : Sable des dunes clair (948) et Sable des dunes foncé (949). Ces deux nuances enrichissent la palette de base, qui compte maintenant cinq couleurs : Gris Agate, Ardoisé, Bleu fumé et les deux nouvelles variantes Sable des dunes.
L'une des caractéristiques uniques des deux nouvelles teintes, c’est qu’elles peuvent se combiner harmonieusement sur un même toit pour créer un patchwork beige modulable. Le mélange de Sable des dunes clair et foncé confère au toit un rendu dynamique moderne, à la fois harmonieux et naturel.
L’Elfino est facile à poser. Son talon d’accrochage continu sur le dessus permet au couvreur de ne pas fixer chaque tuile une par une, ce qui simplifie la pose et améliore le rendement, tout en respectant les normes de fixation en vigueur. Grâce à son design mince et contemporain, elle convient parfaitement à la construction neuve et à la rénovation et permet aux
architectes et entrepreneurs de laisser libre cours à leur créativité.
INFO : www.wienerberger.be
Inscrivez-vous à la Journée Chantiers Ouverts !
INSCRIVEZVOUS
Cette année, la Journée Chantiers Ouverts se tiendra le dimanche 31 mai. Ce jour-là, Embuild et ses membres ouvriront le secteur de la construction et de l’installation au grand public. Pour vous, cher membre, c’est une occasion unique de montrer votre savoir-faire à de nombreux visiteurs, peu importe leur âge. C’est le seul jour de l’année où tout le monde peut véritablement comprendre la réalité d’un chantier de construction. En effet, en ouvrant votre chantier au public, vous contribuez à donner une image réaliste de notre secteur.
Les visiteurs voient de leurs propres yeux à quel point le travail est complexe et fascinant, pourquoi il entraîne parfois des désagréments et, surtout, ils remarquent que le résultat final est impressionnant. Cette journée permet une meilleure compréhension et une meilleure appréciation. Et qui sait, vous pourriez même trouver de nouveaux collègues.
Alors, envie de participer à cet événement phare de notre organisation professionnelle ? N’hésitez plus et inscrivez votre chantier auprès de nos collègues !
INFO : jco@embuild.be
13,1 millions de Belges en 2080
Selon les dernières projections démographiques du Bureau fédéral du Plan, publiées en février de cette année, la Belgique devrait compter 13,1 millions d’habitants en 2080, contre 11,8 millions en 2025. Même si la population continue d’augmenter, cette croissance est plus lente qu’auparavant et est entièrement due à l’arrivée de nouveaux habitants issus de la migration internationale. Le solde naturel reste négatif pour la période 2025-2080 : il y a moins de naissances que de décès. En outre, le vieillissement de la population s'accélère ; la proportion de personnes âgées de plus de 80 ans augmente particulièrement vite. D'ici 2080, l'espérance de vie augmentera fortement pour atteindre une moyenne de 90 ans pour les femmes et de 89,2 ans pour les hommes. En termes de nombre de ménages, la Belgique comptera 6,17 millions de ménages en 2080 avec une taille moyenne de 2 personnes, contre 5,2 millions de ménages en 2025 avec une moyenne de 2,2 personnes par ménage.