Issuu on Google+

Music for a King The Winchester troper XIth century — Pierre Chépélov JOeL RUST XXIth century

Discantus . Brigitte Lesne


Photo : Anne-Marie Berthon.

Ensemble Discantus Brigitte Lesne, Lucie Jolivet, Caroline Magalhaes, Catherine Sergent, HÊlène Decarpignies, Christel Boiron


English

Français

Music for a King Cet enregistrement est un jalon de plus dans nos découvertes des musiques du Moyen Âge. Après nous être dernièrement aventurées sur les terres du tout début de la Renaissance (« L’Argument de Beauté » aecd 1096), nous remontons cette fois le temps jusqu’aux premiers témoignages de la polyphonie notée, à la rencontre d’un manuscrit emblématique : le tropaire de Winchester et ses chants « organisés » à deux voix, pour magnifier la parole divine. Il a fallu le passionnant travail de transcriptions de Susan Rankin – et son enquête sur les sources grégoriennes permettant de restituer les mélodies – pour nous permettre d’en recréer la couleur sonore, et nous l’en remercions chaleureusement.

Clin d’œil à la dimension franco-britannique du projet, les deux jeunes compositeurs sollicités vivent chacun d’un côté de la Manche. Il leur a été posé la même « règle du jeu » : écrire pour six voix de femmes, dans le contexte d’un concert de musiques du XIe siècle, sur des extraits de « La consolation de Philosophie », de Boèce, philosophe dont la pensée rayonne sur tout le Moyen Âge. Chacun s’en est saisi à sa manière personnelle, sensible et inspirée. L’un comme l’autre ont su, à l’exemple de leurs lointains prédécesseurs anonymes, conjuguer éloquence et humilité, en mettant au premier plan le respect du texte chanté. Discantus

Nouveauté pour Discantus, nous avons choisi dès la naissance de ce projet d’y insérer deux créations, avec le désir d’établir une passerelle entre ces premiers contrepoints – qui se développent dans un ambitus très resserré –, et une écriture musicale contemporaine – qui explore, en contraste, les extrêmes de nos tessitures. Cette démarche nous semble tout à fait analogue à la rencontre entre la pierre romane et le vitrail : l’un éclaire et illumine l’autre.

3


Tropaire de Winchester Music for a King rassemble des œuvres chantées en l’honneur des rois du ciel et de la terre, recréant l’univers sonore du jour de Pâques 1043, lorsque le roi Édouard, futur saint Édouard le Confesseur, fut couronné en la cathédrale de Winchester. L’église d’Édouard était, bien sûr, l’abbaye de Westminster, où l’on peut encore voir son tombeau derrière l’autel principal, mais c’est à Winchester que se déroulèrent les cérémonies de son couronnement. La musique chantée ce dimanche de Pâques 1043 a pu être reconstituée en détail : dès les années 1020, un chantre de la cathédrale entreprit d’en noter les œuvres qui, composées pour cette circonstance, sortaient du cadre du répertoire grégorien. L’œuvre de ce chantre a survécu dans un petit livre épais, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Parker du collège Corpus Christi de Cambridge (MS 473). Parmi les derniers ajouts à ce livre du début du XIe siècle figurent des pièces de procession chantées lors des couronnements ainsi que des chants composés pour le jour de Pâques, présentant un niveau d’élaboration exceptionnel. Les nombreuses réformes de l’Église entreprises à partir des années 960 et menées sous la direction des évêques Dunstan (de Glastonbury et Canterbury), Oswald (de Worcester et York) et Æthelwold (de Abingdon et Winchester) stimulèrent grandement la pratique liturgique anglaise : il devint de la responsabilité du clergé de prier (c’est-à-dire d’organiser l’office liturgique) pour le Roi et le pays, de demander au Dieu des chrétiens le salut de tous. Le plus rigoureux des trois réformateurs, l’évêque

4

Æthelwold, renvoya les chanoines qui assuraient jusque-là le culte chrétien et l’entretien des sépultures royales à Winchester, et les remplaça par des moines bénédictins. Ces réformes donnèrent un élan extraordinaire à la création musicale destinée à la prière publique chantée par des moines réformés. Ces derniers s’intéressèrent aux nouveaux types continentaux de composition et commencèrent à noter ce qu’ils chantaient. Le petit livre, aujourd’hui connu sous le nom de Tropaire de Winchester, est entièrement consacré à ces nouveaux genres de composition et aurait été utilisé avec des livres de chant grégorien plus traditionnels pour la messe et l’office. Il montre comment les moines de Winchester ont concentré leurs efforts sur trois types de chant : les tropes (nouveaux textes incorporés avec leurs mélodies aux chants existants), les séquences (nouveaux chants en prose structurés sur une mélodie, ou mélodie seule chantée après l’Alleluia de la messe) et l’embellissement par la polyphonie de chants existants. Aucune de ces techniques n’a remplacé l’héritage du chant grégorien (ou « romano-franc »), formé globalement entre le VIIe et le début du IXe siècle : elles étendent, améliorent et développent ces anciennes façons de chanter. Cette possibilité de s’impliquer de façon créative tout en préservant le chant romain comme base du chant liturgique explique l’intérêt des musiciens du début de la période médiévale pour la composition de tropes. Dans ce programme, l’Introït de Pâques Resurrexi (un texte de psaume, traditionnellement vu comme la parole du Christ) est introduit par l’hexamètre Postquam factus homo tua iussa paterna peregi / in cruce morte mea mortis herebum superando


(« Après que je fus fait homme, j’ai accompli tes commandements paternels / sur la croix, par ma mort, vainquant l’Érèbe de la mort »), expliquant ainsi qui parle dans l’Introït (« Je suis ressuscité ») et transmettant l’essence du message de Pâques, la victoire du Christ sur la mort par sa propre mort sur la croix. Dans les tropes de la Communion Pascha nostrum, les nouvelles phrases interpolées mettent le texte biblique dans le nouveau contexte de la louange chrétienne (« Louange, honneur, puissance pour notre Dieu… »), puis expliquent la signification du sacrifice pascal (« le prix de notre rédemption…, il a lui-même porté nos péchés »), invitant à une acclamation de joie finale (« d’une haute voix faites retentir ces louanges, Alleluia, Alleluia, Alleluia »). Une partie de la musique conservée dans ce livre a été tout particulièrement prisée par les chercheurs depuis sa découverte à l’époque moderne. Il s’agit un large corpus (174 pièces différentes) de secondes voix devant être chantées sous la voix principale, le premier répertoire de polyphonies liturgiques notées dans un manuscrit occidental (il n’y aura d’ailleurs rien de comparable avant le milieu du XIIIe siècle). Ces organa à deux parties constituent la base de ce programme ; on y trouve des pièces de différents genres : Kyrie (Miserere domine), l’Alleluia de Pâques (Pascha nostrum), mélodie présentant l’un des ambitus les plus larges du répertoire, qui fera plus tard l’objet de nombreuses élaborations polyphoniques, et la séquence « à texte partiel » Rex in eternum. En termes de genre, les organa les plus remarquables chantés ici sont ceux pour les tropes du Propre de l’Introït Resurrexi (Postquam factus homo) ; seuls tropes du Propre mis en polyphonies connus à

ce jour. C’est leur présence dans ce manuscrit du Corpus Christi College, transcrites par un scribe après le travail du copiste principal (peut-être dans les années 1040), qui atteste d’importantes festivités, plus exceptionnelles que ce qui était d’usage pour la fête de Pâques. Un mouvement constant entre consonances et dissonances, structuré par l’arrivée à l’unisson à la fin des phrases du texte, détermine la nature sonore organisée, colorée de ces organa : la fusion des couleurs sonores créées par les voix de Discantus est particulièrement bien adaptée à la restitution de cette musique. Trois pièces du programme ne sont pas chantées selon la nouvelle manière polyphonique, et n’appartiennent pas aux nouveaux genres du trope et de la séquence. Le Gloria chanté en grec (Doxa en ipsistis, toujours écrit en translittération) est devenu un élément constant des liturgies festives occidentales depuis la fin du VIIIe siècle : sa présence dans le livre de Winchester, noté au premier stade de la copie, souligne à nouveau l’accueil bienveillant de la pratique continentale dans une maison anglaise réformée. L’ajout plus tardif de O redemptor summe carmen peut être expliqué par le fait qu’il n’était chanté qu’une fois par an, durant les cérémonies de la Semaine sainte, à la consécration de l’huile sainte le Jeudi saint. Le programme s’achève avec les Laudes, un long chant dans le style de la litanie, chantées au moins depuis la période carolingienne, en la présence et en l’honneur de souverains particuliers. La première mention anglo-saxonne des Laudes est postérieure de deux ans à la mort du roi Édouard en janvier 1066 : elle rapporte les acclamations pour Guillaume le Conquérant et sa Reine, Matilda.

5


Même si cette version des laudes Christus vincit n’a pas été chantée en tant que telle en Angleterre avant 1068, le couronnement d’Édouard en 1043 dut certainement s’achever dans de sonores ovations. Afin d’évoquer ceci, le texte des Laudes de 1068 a été adapté et elles sont chantées sur des mélodies provenant de la plus ancienne source mélodiquement lisible, elle-même copiée en Sicile normande. Susan Rankin Traduction Catherine Meeùs

Discantus Depuis sa création au début des années quatre-vingtdix, l’ensemble Discantus poursuit son travail sous la direction de Brigitte Lesne. Se consacrant aux musiques sacrées médiévales, et en particulier à la période de l’ars antiqua, l’ensemble a travaillé sur les premières sources de la musique sacrée occidentale – le chant grégorien – et la naissance de la polyphonie, en s’appuyant sur les recherches de la musicologue Marie-Noël Colette, conseillère régulière de l’ensemble. Plus récemment ce projet artistique s’est élargi vers des répertoires plus tardifs en avançant vers les prémisses de la Renaissance. Ce CD, quatorzième enregistrement de l’ensemble, élargit encore le cadre temporel de son répertoire en mettant en miroir XIe et XXIe siècles. Discantus est régulièrement invité dans le monde entier et dans les plus grands festivals internationaux de musiques anciennes et de musiques sacrées. Il est produit depuis sa création par le Centre de musique médiévale de Paris.

Brigitte Lesne Outre son travail avec Discantus, Brigitte Lesne, poursuit également toute une recherche d’interprétation sur les musiques médiévales profanes (chansons, pièces instrumentales), en se produisant en récital (solo, duos, trios), ou au sein d’Alla francesca, ensemble qu’elle codirige avec Pierre Hamon et où elle joue également harpes anciennes et percussions. Elle enseigne au Centre de musique médiévale de Paris et au conservatoire de Vincennes (filière voix), et est également régulièrement invitée à concevoir et diriger des concerts de musique médiévale par des chœurs, ensembles vocaux, maîtrises…

6


Pierre Chépélov

Joel Rust

Pierre Chépélov, né en 1979, est titulaire de cinq Prix du Cnsmd de Paris (Écriture, Contrepoint Renaissance, Fugue, Orchestration et Analyse). Son intérêt pour les musiques anciennes, sous leurs différents aspects, de l’écrit à l’improvisation, l’a amené à pratiquer et étudier la basse continue, les anciennes polyphonies russes pré-tonales, l’histoire des tempéraments et les problématiques d’intonation dans les répertoires anciens. Son catalogue compte de nombreux opus, dont plusieurs commandes publiques, avec une prédilection pour la voix et le chœur. Il s’est aussi tourné vers la musique de scène, composant pour Electre de Sophocle. En 2012, Bestiaire Fantasque, a gagné le concours européen de composition chorale Europa Cantat, tandis que Lord, thou hast persuaded me pour chœur mixte a capella se voit décerner le Prix pour une œuvre de création lors du Florilège vocal de Tours. Pierre Chépélov est également organiste. ll enseigne la Formation musicale ainsi que l’Écriture, au Conservatoire du 13e arrondissement de Paris ; il est aussi l’auteur de deux collections d’ouvrages parus aux éditions Henry Lemoine.

Joel Rust (1989, Londres) obtient un Master à la Guildhall School of Music & Drama auprès de Julian Anderson et un diplôme de composition dans la classe de Robin Holloway en 2011, avec la mention « double-starred First » à l’université de Cambridge, après avoir étudié un an à l’université de Harvard. L’écriture de Joel Rust s’intéresse aux transformations lentes et aux juxtapositions inattendues, aux relations entre sons, textes et images, et à l’invention de textures aux frontières de la mélodie et de l’harmonie. Parmi ses projets récents, il a répondu à une commande pour l’ensemble écossais Mr McFall’s Chamber, From elm-tops, sur un cycle de poèmes d’Edward Thomas. Wild logic pour saxophone soprano, percussions, guitare électrique et piano a été interprété aux USA et en Israël par l’ensemble Nikel. En 2013, Red as Blood, un opéra de chambre composé sur un épisode de Njal’s Saga fait une tournée au Royaume-Uni avec Helios Opera. Il compose un autre opéra de chambre, Nauset, en collaboration avec le poète David Troupes.

7


LABEX GREAM Généralement, l’interprétation des premières notations soulève encore beaucoup de questions. Certes, on pourrait interpréter ces répertoires anciens sans se soucier de vérité historique. Il est cependant beaucoup plus intéressant de tenter de mieux saisir le sens de ces notations afin de reconstituer cette musique dans toute sa dimension sonore. Ainsi, la notation neumatique ne permettait de fixer le rythme des chants que de manière relative. Il est donc nécessaire d’étudier minutieusement les signes en comparant et analysant leur forme et emploi, soit à des endroits différents soit au même endroit mais dans des sources différentes. De même, les hauteurs ne sont pas indiqués précisément dans les notations neumatiques dites « adiastématiques » encore employées au-delà du XIIe siècle dans les pays germaniques. Ce type de notation est utilisé dans les deux manuscrits latins notés de Winchester, les plus anciens conservant des œuvres polyphoniques. Un même signe pouvant indiquer des réalisations mélodiques concurrentes, renvoyant à des esthétiques différentes, la théorie plus ou moins contemporaine du répertoire de Winchester fournit des modèles de progressions permettant parfois de trancher plutôt pour une solution que pour une autre. Pour un nombre d’œuvres non négligeable, n’est conservée que la deuxième voix, probablement parce que la voix principale était connue. Celle-ci doit alors être reconstituée grâce à des concordances, pas nécessairement de même période ni de même provenance, comme p. ex. l’antiphonaire de Worcester.

8

Puisque l’expérimentation esthétique et technique se trouve au centre des activités du Groupe de Recherches Expérimentales sur l’Acte Musical (GREAM) de l’Université de Strasbourg, le travail sur les premières polyphonies répond parfaitement à cet objectif. La restitution de ces répertoires nécessite un travail minutieux d’interprétation de l’écrit et de recourir à des hypothèses de travail. C’est dans cette perspective que le GREAM a organisé avec des partenaires locaux deux journées d’étude avec la participation de plusieurs membres de l’ensemble Discantus et de la musicologue MarieNoël Colette pendant lesquelles les grandes lignes de réflexion ont été portées à la connaissance d’un public large composé d’universitaires, d’interprètes et d’amateurs. Les réflexions des journées d’étude sur le répertoire des premières polyphonies comme la reconstitution par Susan Rankin pour ce disque sont une parfaite illustration du thème de recherche du GREAM pour la musique ancienne. Cette publication, en partenariat avec le LABEX GREAM a bénéficié d’une aide de l’Etat gérée par l’Agence nationale de la recherche au titre du programme d’Investissements d’avenir.


English

Music for a King This recording is a further milestone in our discoveries of the music of the Middle Ages. After having recently ventured into the lands of the very beginnings of the Renaissance (“L’Argument de Beauté”, aecd 1096), this time we are going back to the earliest examples of notated polyphony in the form of an emblematic manuscript: the Winchester Troper and its organal chants for two voices, for magnifying the divine word. For us to recreate the sound colour, it took Susan Rankin’s fascinating transcription work, and her investigation into Gregorian sources making it possible to recover the melodies, and we thank her warmly.

Français

In a veiled reference to the Franco-British dimension of the project, the two young composers we approached live on opposite sides of the Channel. They were given the same ‘playing rules’: write for six women’s voices, in the context of a concert of 11thcentury music, on excerpts from The Consolation of Philosophy by Boethius, a philosopher whose thinking was influential throughout the Middle Ages. Each one took up the challenge in a personal, sensitive and inspired way, both managing, like their distant, anonymous predecessors, to combine eloquence and humility, and putting respect for the sung text in the forefront. Discantus Translated by John Tyler Tuttle

Something new for Discantus: from the inception of this project, we decided to insert two compositions in it, with the desire of establishing a bridge between these earliest counterpoints – which are developed in a very tight range – and contemporary musical writing that, in contrast, explores the extremes of our tessituras. This approach seemed thoroughly analogous to the meeting of Romanesque stone and stained glass: one throws light on and illuminates the other.

9


The Winchester Troper Music for a King weaves together music sung in honour of heavenly and earthly kings, recreating the sound world of Easter Day in April 1043, when King Edward, later St Edward Confessor, was crowned in Winchester Cathedral. Edward’s great church was, of course, at Westminster Abbey, where his shrine still stands behind the main altar, but it was at Winchester that his coronation took place. The music sung on Easter Sunday 1043 can be largely reconstructed in considerable detail: starting in the 1020s, a cathedral cantor set out to record special music sung in the cathedral -music which lay beyond the prescribed repertory of Gregorian chant, composed as elaboration of it. And this cantor’s work survives in a small thick book, now in the Parker Library at Corpus Christi College Cambridge (MS 473). Among the latest additions to this early eleventh-century book are processional pieces sung at a coronation, as well as chants of a unique degree of elaboration composed for Easter Day. In consequence of extensive reforms of the established church undertaken from the 960s, and led by Bishops Dunstan (of Glastonbury and Canterbury), Oswald (of Worcester and York), and Æthelwold (of Abingdon and Winchester), liturgical practice in England had been given an enormous boost: it was the responsibility of clerics to pray (that is, to unde take ritual worship) on behalf of king and country, to petition the Christian God for the salvation of all. The strictest of the three reformers, Bishop Æthelwold threw out the canons who had previously cared for Christian worship and for the royal shrines

10

at Winchester, and replaced them with Benedictine monks. The consequence of these changes, and their firm orientation towards public prayer performed by reformed monks, was an enormous new impetus for creative practice. Now the monks took up new continental types of composition, and began to record what they sang in writing. The little book, now known as ‘the Winchester Troper’, is entirely dedicated to these new kinds of composition, and would have been used alongside more traditional books of Gregorian chant for the mass and office. It shows how the monks of Winchester concentrated their creative efforts in three types of song: in tropes (in which new passages were incorporated into existing chants), in sequences (new songs in structured prose and melody, or just melody alone, sung after the Alleluia at mass), and in the polyphonic enhancement of existing chants. None of this music replaces the inherited repertory of Gregorian (or ‘Roman-Frankish’) chant largely shaped between the seventh and early ninth centuries: all of it extends, enhances, and elaborates those older ways of singing. It was this opportunity to use their own creative energies while still preserving Roman chant as the basis of liturgical singing which explains the interest of musicians of the early medieval period in the composition of tropes. In this programme the Easter Introit Resurrexi (a psalm text, traditionally understood as spoken by Christ), is introduced with the hexameter verses Postquam factus homo tua iussa paterna peregi / in cruce morte mea mortis herebum superando (‘After I was made man, I carried out your paternal commands / on the cross, by my death, conquering the erebus of death’), thus ex-


plaining who speaks in the Introit (‘I am risen ...’) and conveying the essence of the Easter message, Christ’s vistory over death through his own death on the cross. In the tropes for the Easter Communion chant Pascha nostrum, the new, interpolated phrases set the scriptural text used by the chant into a new context of Christian praise (‘Praise, honour, virtue to our God ...’), then explain the meaning of the passover sacrifice (‘the price of our redemption ..., he himself carried our sins’), inviting a final joyful shout (‘in whose praise with a high voice, shout out Alleluia, Alleluia, Alleluia’). One part of the music preserved in this book has been especially treasured by scholars ever since it was identified in the modern period: this is a large body (174 different pieces) of second voices to be sung below the main chanting voice -- the first recorded repertory of liturgical polyphony in a Western manuscript (and there is nothing comparable elsewhere before the mid thirteenth century). These two-part organa form the backbone of this programme and include pieces of different genres: a Kyrie (Miserere domine) and the Easter Alleluia (Pascha nostrum) -- a melody with one of the most extended ranges in the repertory, later to be the object of much polyphonic elaboration -- and the partially texted sequence Rex in eternum. In terms of genre, the most unusual organa sung here are those for the Proper tropes of the Introit Resurrexi (Postquam factus homo); these are the only known polyphonic settings of Proper tropes. It is the presence of these in Corpus Christi MS 473, written down by a scribe working after the main scribe (and potentially in the 1040s), which point to an especial level of festivity, beyond even that usually celebrated on the Easter feast. In these

organa, a constant movement between consonance and dissonance, framed by the arrival at unisons at the ends of text phrases, determines their musical nature as organized, coloured, sound: the blend of tone colours created by the voices of Discantus is especially well suited to rendering such music. Three pieces in the programme are neither sung in the new polyphonic manner nor do they belong to the new genres of trope and sequence. The Gloria sung in Greek (Doxa en ipsistis, always written out in transliteration) had become a stable element of Western festal liturgies since the late eighth century: its presence in the Winchester book, written in the first layer of copying, again underlines the welcoming of continental practice in a reformed English house. The later addition of O redemptor sume carmen may be explained by its use only once a year, during the special ceremonies of Holy Week: it was sung at the consecration of holy oil on Maundy Thursday. The programme closes with the Laudes, a long chant in the style of a litany sung -- at least since the Carolingian period -- in the presence and in honour of individual rulers. The earliest Anglo-Saxon record of the Laudes postdates King Edward’s death in January 1066 by two years, and has acclamations for William the Conqueror and his Queen, Matilda. Even if specific Christus vincit laudes were not sung in England before 1068, the coronation of Edward in 1043 would certainly have ended with some form of loud acclamation. In order to represent this the text of the 1068 laudes has been adapted here, and sung using melodies from the earliest pitched source, itself copied in Norman Sicily. Susan Rankin

11


Discantus

Pierre Chépélov

Since its founding in the early 1990s, Discantus has pursued its work under the direction of Brigitte Lesne. Devoting itself to mediaeval sacred music and, in particular, to the Ars Antiqua period, the ensemble has worked on the earliest sources of western music – Gregorian chant – and the birth of polyphony, based on the research of musicologist Marie-Noël Colette, a regular advisor to the ensemble. More recently, this artistic project was expanded to include later repertoires, advancing to the beginnings of the Renaissance. This recording, the ensemble’s fourteenth, further broadens the temporal frame of its repertoire by having the 11th and 21st centuries reflect each other. Discantus is regularly invited throughout the world to the most important international festivals of early and sacred music. It has been produced by the Centre de Musique Médiévale of Paris since its founding.

Pierre Chépélov, born in 1979, is holder of five prix from the Paris Conservatoire (writing, Renaissance counterpoint, fugue, orchestration and analysis). His interest in all the various aspects of early music, from writing to improvisation, has led him to practice and study thorough-bass, early pre-tonal Russian polyphonies, the history of temperaments and problems of intonation in early repertoires. His catalogue boasts numerous works, including several public commissions, with a predilection for the voice and chorus, and has also turned to incidental music, composing for Sophocles’ Electra. In 2012, Bestiaire fantasque won the European choral competition Europa Cantat, whereas Lord, thou hast persuaded me, for mixed a cappella chorus, was awarded the prize for a new work at the Florilège Vocal choral competition in Tours. Pierre Chépélov is also an organist and teaches musical training as well as writing at the Conservatory of the 13th arrondissement in Paris. He has coedited a collection of pedagogical books published by Editions Henry Lemoine.

Brigitte Lesne In addition to her work with Discantus, Brigitte Lesne also continues her considerable research on interpretation of secular mediaeval music (songs, instrumental pieces), appearing in recital (solo, duos, trios) or within Alla francesca, an ensemble she co-directs with Pierre Hamon and in which she also plays early harps and percussion. She teaches at the Centre de Musique Médiévale of Paris and at the Vincennes Conservatory and is regularly invited to conceive and conduct concerts of mediaeval music by choruses, vocal ensembles, choirs...

12


Joel Rust Joel Rust (b. 1989, London) studied with Julian Anderson for a Master’s at the Guildhall School of Music & Drama. He graduated from the University of Cambridge, where he studied composition with Robin Holloway, in 2011 with a double-starred First, before spending a year at Harvard. Joel Rust’s music is interested in slow transformations and sudden juxtapositions, the relationships between sounds, texts and images, and creating textures that exist on the boundaries between melody and harmony. Recently he has completed commission from Mr McFall’s Chamber for From elm-tops, a cycle of settings of poetry by Edward Thomas. Wild Logic for soprano saxophone, percussion, electric guitar and piano has been performed by Ensemble Nikel in the USA and Israel. Red as Blood, a chamber opera based on an episode from Njal’s saga, was toured around the UK by Helios Opera in 2013, and he has written another chamber opera, Nauset, in collaboration with poet David Troupes.


Music for a King Texte chanté 1

Alleluia

1

Alleluia V/ Pascha nostrum immolatus est Christus. V/ Epulemur in azimis, sinceritatis et veritatis.

2

14

Laus honor virtus deo nostro

Alleluia Alleluia V/ Le Christ, notre Pâque, s’est immolé pour nous. V/ Célébrons la Pâque avec les azymes de sincérité [et de vérité

2

Louange, honneur et vaillance pour notre Dieu,

Laus honor virtus deo nostro decus et imperium regi nostro qui pretium redemptionis nostrae Pascha nostrum immolatus est Peccata nostra ipse portavit et propter scelera nostra oblatus est Christus, alleluia Ipse surrexit a mortuis, venite adoremus omnes una voce proclamantes : Itaque epulemur, in azimis sinceritatis et veritatis Leo de tribu Iuda, hodie surrexit a mortuis, alleluia In cuius laude celsa voce pertonate : Alleluia, alleluia, alleluia.

Louange, honneur et vaillance pour notre Dieu, gloire et puissance pour notre Roi, lui qui, prix de notre rédemption, Fut immolé, notre Pâque. Il a porté lui-même nos péchés, et il a été immolé pour le rachat de nos fautes Jésus-Christ, alleluia, Il est ressuscité d’entre les morts : venez, adorons-le tous en proclamant d’une seule voix : Célébrons donc la Pâque avec les azymes de sincérité et de vérité Le lion de la tribu de Juda est aujourd’hui ressuscité d’entre les morts, alleluia, pour célébrer sa gloire, entonnez d’une voix forte : Alleluia.

V/ Intellexisti cogitationes meas de longe, semitam meam et funiculum meum inuestigasti

V/ De loin, tu as discerné mes pensées, tu as suivi ma voie et mon chemin


1

Alleluia Alleluia V/ Christ, our Passover, immolated himself for us. V/ Let us celebrate Passover with the unleavened bread [of sincerity and verity

2

Praise, honour and valour for our God Praise, honour and valour for our God, glory and power for our King, who, the price of our redemption, Was immolated, our Passover. He himself bore our sins and was immolated for the redemption of our sins Jesus Christ, alleluia, He is risen from among the dead: come, let us all adore him, proclaiming with a single voice: Let us therefore celebrate Passover with the unleavened bread of sincerity and truth The lion of the tribe of Judah is risen from among the dead, alleluia, to celebrate his glory, let us sing in a loud voice: Alleluia. V/ From afar, you have discerned my thoughts, you have followed my way and my path.

15


3

16

O qui perpetua mundum ratione gubernas

3

Toi qui régis le monde d’une raison sans fin

Eheu, quæ miseros tramite devios abducit ignorantia ! non aurum in viridi quæritis arbore nec vite gemmas carpitis, non altis laqueos montibus abditis ut pisce ditetis dapes nec vobis capreas si libeat sequi Tyrrhena captatis vada ; ipsos quin etiam fluctibus abditos norunt recessus æquoris, quæ gemmis niveis unda feracior vel quæ rubentis purpuræ nec non quæ tenero pisce vel asperis præstent echinis litora. sed quonam lateat quod cupiunt bonum nescire cæci sustinent et quod stelliferum transabiit polum tellure demersi petunt. Quid dignum stolidis mentibus imprecer ? opes honores ambiant, et cum falsa gravi mole paraverint tum vera cognoscant bona.

Hélas, quelle ignorance nous entraîne à l’écart du droit chemin pour notre malheur! Vous ne cherchez pas l’or dans les vertes frondaisons, ni ne recueillez les gemmes dans les vignes ! Vous ne cachez pas vos filets dans les hauteurs des montagnes pour enrichir vos repas de poissons, Et s’il vous tente de chasser les chevreuils, vous n’allez pas les pêcher dans la mer tyrrhénienne ! Mieux encore, les hommes connaissent même les profondeurs marines, dissimulées par les flots, ils savent quelle onde est plus féconde en perles blanches comme neige, quelle autre en pourpre rougeoyante, quelles côtes fournissent poissons lisses, oursins acérés ; mais où se cache le Bien, objet de leurs aspirations, ils supportent, aveugles qu’ils sont, de ne le pas savoir. Ce qui est au-delà du firmament porteur d’astres, ils le cherchent en creusant la terre ! Quelles imprécations dignes de leur bêtise pourrais-je lancer ? Qu’ils convoitent les richesses, les honneurs, et lorsqu’ils se seront acquis des biens trompeurs au prix d’un immense effort, qu’alors ils comprennent quels sont les biens véritables.

O qui perpetua mundum ratione gubernas, terrarum cælique sator, qui tempus ab ævo ire iubes stabilisque manens das cuncta moveri; quem non externæ pepulerunt fingere causæ materiae fluitantis opus, verum insita summi forma boni livore carens ;

Toi qui régis le monde d’une raison sans fin, créateur de la terre et du ciel, toi qui régis la marche du temps de toute éternité et, dans ta perpétuelle stabilité, mets en branle l’univers entier, toi que nulle cause externe n’a poussé à façonner ton œuvre dans une matière fluide, mais la forme du bien suprême en toi innée, dépourvue de malignité ; toi,


3

Thou who ruleth the world with never-ending reason Alas, what ignorance makes us stray from the straight path for our misfortune! You do not seek gold in the green foliage nor gather gems in the vines! You do not hide your nets on the mountaintops to enrich your meals with fish, And if you are tempted to hunt roe deer, you do not go to fish them in the Tyrranean Sea! Better yet, men know even the depths of the seas, concealed by the waves, they know which wave is most fecund in snow-white pearls, what other in glowing crimson, which coasts provide smooth fish, sharp sea urchins; but, blind as they are, they admit they know not where Good hides, the object of their aspirations. That which is the firmament of stars, they search for, digging the earth! What imprecations worthy of their stupidity might I throw out? That they covet riches, honours, and when they will have acquired deceptive goods at the price of immense effort,may they then understand what the true goods are. Thou who ruleth the world with never-ending reason, creator of Heaven and earth, thou who ruleth the march of time for all eternity and, in your perpetual stability, set the entire universe in motion, thou whom no external cause has pushed to fashion thy work in a fluid matter, but the form of the supreme good innate in thee,

17


18

tu cuncta superno ducis ab exemplo, pulchrum pulcherrimus ipse mundum mente gerens, similique in imagine formans, perfectasque iubens perfectum absolvere partes. Tu numeris elementa ligas, ut frigora flammis, arida conveniant liquidis, ne purior ignis evolet aut mersas deducant pondera terras. Tu triplicis mediam naturæ cuncta moventem conectens animam per consona membra resolvis. quæ cum secta duos motum glomeravit in orbes, in semet reditura meat mentemque profundam circuit et simili convertit imagine cælum. Tu causis animas paribus vitasque minores provehis et levibus sublimes curribus aptans in cælum terramque seris, quas lege benigna ad te conversas reduci facis igne reverti. Da, Pater, augustam menti conscendere sedem, da fontem lustrare boni, da luce reperta in te conspicuos animi defigere visus. Dissice terrenæ nebulas et pondera molis, atque tuo splendore mica ; tu namque serenum, tu requies tranquilla piis, te cernere finis, principium, vector, dux, semita, terminus idem.

tu mènes tout selon le modèle céleste, toi-même d’une suprême beauté, tu portes en ton esprit un monde beau et tu le composes semblable à ton image ; tu fais que ce qui est parfait forme des parties parfaites; tu lies les éléments selon des proportions, pour ménager l’équilibre du froid et des flammes,du sec et du liquide, afin qu’un feu trop pur ne prenne son envol ou que les terres ne soient englouties par leur propre poids. Tu ajustes la partie intermédiaire de l’âme tripartite principe de tout mouvement et la résous en éléments harmonieux : lorsque, partagée, elle a concentré son mouvement en deux cercles, elle effectue un circuit pour revenir sur elle-même, fait le tour de l’esprit en sa profondeur et cause semblablement la révolution du ciel. Par les mêmes causes tu mets en mouvement les âmes et les vies d’un niveau inférieur et les plaçant dans le ciel sur des chars légers, tu les sèmes dans le ciel et la terre: selon une loi bienveillante, tu les fais se tourner vers toi et causes leur retour par un feu qui les ramène. Ô Père, donne à mon esprit de monter vers ton auguste séjour, donne-moi de contempler la source du Bien, donne-moi, une fois la lumière trouvée, de fixer sur toi le regard éclairé de mon âme. Dissipe les nuages et les pesanteurs de la masse terrestre et brille de la splendeur qui est tienne, car tu es sérénité, tu es repos tranquille pour la piété, te contempler est notre fin, notre principe, ce qui nous meut, nous guide, notre voie, le terme de notre route à la fois.

/ Alleluia (Pascha nostrum)

/ Alleluia


devoid of malice; thou, who leadeth all according to the heavenly model, thyself of supreme beauty, thou beareth in thy spirit a beautiful world and compose it in thy image; thou do so that what is perfect forms perfect parts; thou bindeth the elements according to proportions, creating balance between the cold and flames,the dry and the liquid, in order that too pure a fire not take off or that the lands not be swallowed up by their own weight. Thou adjusteth the intermediate part of the tripartite soul, principle of all movement, resolving it in harmonious elements: when, shared, it has concentrated its movement in two circles, it carries out a circuit to come back on itself, reviews the spirit in its depth and seemingly causes the revolution of the sky. By the same causes thou setteth in motion the souls and lives of a lower level, placing them in the sky on light chariots, thou soweth them in the sky and earth: according to a benevolent law, thou maketh them turn towards thee and cause their return by a fire that brings them back. O Father, let my spirit climb to thy august dwelling place, let me contemplate the source of Good, let me, once the light is found, lay upon thee the enlightened eyes of my soul. Scatter the clouds and weightiness of the terrestrial mass and shine with the splendour that is thine, for thou art serenity, thou art tranquil rest for piety, contemplating thee is our goal, our principle, that which moves us, guides us, both our path and the end of our road. / Alleluia

19


4

5

20

Firmetur manus tua

4

Que ta main soit affermie

Firmetur manus tua et exaltetur dextera tua ; iusticia et iudicium preparacio sedis tue ; misericordia et veritas precedent faciem tuam, alleluya.

Que ta main soit affermie et ta droite exaltée, que justice et jugement soient la préparation de ton règne, que miséricorde et vérité marchent devant ta face. Alleluia

V/ Misericordias domini : in aeternum cantabo

V/ Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur.

Postquam factus homo

5

Une fois fait homme

Postquam factus homo tua iussa paterna peregi in cruce morte mea mortis herebum superando Resurrexi, et adhuc tecum sum, alleluia In regno superno tibi coequalis iam ultra in eternum semper immortalis posuisti super me manum tuam, alleluia Laudibus angelorum qui te laudant sine fine Mirabilis facta est scientia tua Tibi canunt angeli Alleluia, alleluia

Une fois fait homme, j’ai accompli tes commandements, Père, j’ai vaincu l’Erèbe de la mort par ma mort sur la croix. Je suis ressuscité, et je suis encore avec toi, alleluia ; De même nature que toi dans le royaume des cieux désormais immortel pour l’éternité, Tu as étendu ta main sur moi, alleluia parmi les louanges des anges qui te célèbrent sans fin, Ta sagesse s’est fait admirer les anges qui t’adressent leurs chants. Alleluia, alleluia 

Ps. Domine probasti me, et cognovisti me : tu cognovisti sessionem meam et resurrexionem meam.

Ps. Seigneur, tu m’as éprouvé, et tu m’as connu : tu as connu ma mort et ma résurrection.

Resurrexi, et adhuc tecum sum …

Je suis ressuscité, et je suis encore avec toi …

Fregit inferni portas hodie leo fortis

Le lion vaillant, aujourd’hui, a brisé les portes de l’enfer.

V/ Gloria patri, et filio, et spiritui sancto ; sicut erat in principio, et nunc et semper, et in secula seculorum. Amen.

V/ Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans tous les siècles des siècles. Amen.

Resurrexi, et adhuc tecum sum …

Je suis ressuscité, et je suis encore avec toi …


4

May thy hand be strengthened May thy hand be strengthened and thy right exalted, may justice and judgement be the preparation of thy reign, mercy and truth march before thy face. Alleluia V/ I shall sing the Lord’s mercies forever.

5

Once made man Once made man, I carried out thy commandments, Father, I conquered the Erebus of death by my death on the cross. I am resurrected and still with thee, alleluia; Of the same nature as you in the kingdom of Heaven henceforth immortal for eternity, Thou hath stretched out thy hand on me, alleluia amongst the praise of the angels who celebrate thee everlastingly, Thy wisdom has become astonishing the angels address their song to thee. Alleluia, alleluia Psalm. Lord, thou hast tested me and known me: thou hast known my death and my resurrection. I am resurrected and still with thee, alleluia... Today the powerful lion has broken the gates of Hell. V/ Glory be to the Father and to the Son and to the Holy Spirit, as it was in the beginning, is now and ever shall be, world without end. Amen. I am resurrected and still with thee, alleluia‌

21


6

Doxa en ipsistis theo Doxa en ipsistis theo, ke epi gis irini en antropis eudochia. Enumen se. Eulogumen se. Proscinumen se. Doxologumen se. Eucharistumen si, dia tin megalin su doxan, Kyrrie basileu, epuranie thee, patir pantocraton. Kyrrie, yie monogeni, Ysu Christe, ke agion pneuma. Kyrrie o theos, o amnos tu theu, o ios tu patros. O eron tin amartian tu cosmu, eleison imas. O eron tas amartian tu cosmu, prosdexe tin deisin imon. O catimenos en dexia tu patros, eleison imas. Oti si monos agios. Si monos Kyrrios. Si monos ypsistos, Isos Christos, sin agion pneumatin, is doxan theu patros. Amin.

22

6

Gloire à Dieu au plus haut des cieux Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Nous te louons. Nous te bénissons. Nous t’adorons. Nous te glorifions. Nous te rendons grâces pour ta grande gloire, Seigneur Roi, Dieu du ciel, Père tout-puissant ; Seigneur Jésus-Christ, Fils unique, et Saint-Esprit. Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père, Toi qui effaces le péché du monde, prends pitié de nous. Toi qui effaces les péchés du monde, reçois notre prière. Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous. Car Toi seul es Saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très-Haut, ô Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen


6

Glory to God in the highest Glory to God in the highest, and peace on earth to men of goodwill. We praise thee. We bless thee. We worship thee. We glorify thee. We give thanks for thy great glory, Lord King, God of Heaven, Father almighty; Lord Jesus Christ, only Son, and Holy Spirit. Lord God, Lamb of God, Son of the Father, Thou who taketh away the sins of the world, have pity on us. Thou who taketh away the sins of the world, hear our prayer. Thou who art seated on the right hand of the Father, have pity on us. For Thou alone art Holy, Thou alone art the Lord, Thou alone art the Most High, o Jesus Christ, with the Holy Spirit, in the glory of God the Father. Amen

23


7

Sunt etenim pennae volucres mihi Sunt etenim pennae volucres mihi quae celsa conscendant poli ; quas sibi cum velox mens induit terras perosa despicit. Aeris inmensi superat globum nubesque postergum videt ; quique agili motu calet aetheris transcendit ignis verticem, donec in astriferas surgat domos Phoeboque coniugat vias aut comitetur gelidi Senis, miles corusci sideris, vel quocumque micans nox pingitur recurrat astri circulum atque ubi iam exhausti fuerit satis, polum relinquat extimum dorsaque velocis premat aetheris, compos verendi luminis. Hic regum sceptrum dominus tenet, orbisque habenas temperat, et volucrem currum stabilis regit, rerum coruscus arbiter. Huc te si reducem referat via quam nunc requiris immemor : « haec », dices, « memini, patria est mihi, hinc ortus, hic sistam gradum ». Quodsi terrarum placeat tibi noctem relictam visere, quos miseri torvos populi timent cernes tyrannos exsules.

24

7

Oui, je possède des ailes pour voler Oui, je possède des ailes pour voler et monter jusqu’aux hauteurs du ciel : lorsque mon esprit rapide les a revêtues, il regarde d’en haut les terres et les méprise. Il survole le globe de l’air immense et voit les nuages derrière lui. Il ascensionne avec agilité le sommet du feu de l’éther brûlant, jusqu’à parvenir enfin aux demeures porteuses d’astres et suivre la course de Phébus ou accompagner celle du vieillard glacé, en garde du corps de son étoile étincelante ou encore suivre la révolution de tout astre dont la nuit étincelante est parée, et, lorsqu’il y aura suffisamment puisé, quitter les confins du ciel et chevaucher le dos de l’éther véloce, en possession de la lumière vénérable. C’est là que le maître tient le sceptre royal, guidant avec mesure les rênes du monde, gouvernant fermement son char ailé, en arbitre étincelant de l’univers. Si ton chemin de retour te ramène en cet endroit, auquel tu aspires dès maintenant sans t’en souvenir, tu diras : « Voilà ma patrie, je m’en souviens, telle est mon origine, arrêtons notre marche à cet endroit. » Si d’aventure tu souhaitais retourner voir la nuit que tu as abandonnée, tu y verras les tyrans exilés au front torve, terreur des malheureux peuples.


7

Yea, I have wings to fly Yea, I have wings to fly and climb to the heights of heaven: when my rapid spirit has put them on, it looks down from on high at the lands and despises them. It flies over the globe of immense air and sees the clouds behind it. It nimbly ascends the summit of the fire of burning ether, until finally reaching the dwelling places bearer of stars and following Phoebus’s race or accompanies that of the icy old man, keeping the body of its twinkling star or else following the revolution of every star with which the glittering night is decked out, and when he will have sufficiently drawn from it, leave the confines of Heaven and ride on the back of the swift ether, in possession of the venerable light. It is there that the master holds the royal sceptre, guiding the reins of the world with moderation, firmly steering his wingèd chariot, as the glittering arbitrator of the universe. If your return path leads to this spot, to which you aspire as of now without remembering, you will say: ‘Here is my fatherland, I remember it, this is my origin, let us halt in this place’. If by chance you wished to return to see the night that you have abandoned, there will you see the exiled tyrants with menacing brow, terror of miserable peoples.

25


8

Alleluia

8

Rex in aeternum suscipe benignus preconia nostra Victor ubique morte superata atque triumphata. Ortus de tribu Iuda leo potens surrexisti in gloria Regna petens supera iustis reddens premia in saecula Ergo pie rex christe nobis dans peccamina Fac tecum resurgere ad beatam gloriam. 9

Prome casta Prome casta contio carmina organa subnectens ypodorica Regi claustra deo tartarea rumpenti decanta nunc symphoniam. Morte qui victa resurgens gaudia mundo gestat colenda. Hac insolita morantes perdita cociti confinia, Spectant lumina intrante illo luce beata Terrore perculso tremescit demonum plebs valida. Dant suspiria fletuum: alta repagula qui sic audax fregerit mirantur tunc fortia! Sic ad supera redit cum turma gloriosa et timida refovet discipulorum corda. Precelsa huius trophea admirantes flagitamus nunc voce decliva Virginum inter agmina mereamur pretiosa colere ut pascha, Galilea inque sacrata prefulgide contueri lucis exordia.

26

Alleluia Ô Roi éternel, reçois nos prières avec bienveillance. Tu es partout victorieux, tu as surmonté la mort, tu en as triomphé. Lion puissant issu de la tribu de Juda, tu es ressuscité dans la gloire Tu gagnes les royaumes célestes, tu récompenses les justes dans les siècles. Roi de piété, Christ, tu rachètes nos péchés, Fais que nous ressuscitions avec toi dans la gloire de béatitude.

9

Assemblée pure Assemblée pure, fais entendre tes chants mélodieux, accompagne-les aux instruments sur le mode hypodorique. Chante maintenant la mélodie en l’honneur du Roi qui brise les portes du Tartare,   qui, vainqueur de la mort, ressuscite, apportant au monde des joies qu’il faut célébrer. Le Cocyte, en ses confins perdus, arrêtant son cours à cette vision inconnue, porte ses regards vers les lumières <célestes>, tandis que le Seigneur entre dans la Lumière de béatitude. Terrorisée, la foule puissante des démons se met à trembler. Ils gémissent, versent des pleurs : qui, se demandent-ils, a eu suffisamment d’audace pour briser leurs hautes portes, jadis inébranlables ? C’est ainsi qu’Il retourne dans les cieux avec sa troupe glorieuse et réconforte les cœurs apeurés de ses disciples. Nous admirons ses très nobles trophées et lui demandons maintenant d’une voix humble qu’il nous soit permis de célébrer la Pâque, précieux mystère, parmi les cohortes des vierges et de contempler les saintes prémisses de sa lumière éclatante en Galilée.


8

Alleluia O eternal King, kindly hear our prayers. Thou art victorious everywhere, thou hast overcome death, thou hast triumphed over it. Powerful lion born of the tribe of Judah, thou hast risen in glory Thou reacheth the heavenly kingdoms, thou rewardeth the just in the ages. King of piety, Christ, thou redeemeth our sins, Let us resuscitate with thee in the glory of beatitude.

9

Pure host Pure host, may your melodious songs be heard, accompany them with instruments on the Hypodorian mode. Sing now the melody in honour of the King who smashes the gates of the Tartar, who, victorious over death, is risen, bringing the world joys that must be celebrated. The Cocytus, in its lost confines, halting its course at this unknown vision, gazes towards the celestial lights, whereas the Lord enters the Light of beatitude. Terrorized, the powerful mass of demons begins to tremble. They moan, weeping: who, they wonder, was so daring as to smash their high gates, heretofore unshakeable? Thus did He return to Heaven with His glorious host and comfort the frightened hearts of His disciples. We admire His most noble trophies and ask Him now in a humble voice that we be permitted to celebrate Passover, precious mystery, amongst the cohorts of virgins and to contemplate the holy premises of His dazzling light in Galilee.

27


10

O redemptor

10

O redemptor summe carmen temet concinentium Audi iudex mortuorum una spes mortalium Audi voces proferentum donum pacis previum O redemptor … Arbor fera alma luce hoc sacrandum protulit Fert hoc prona presens turba salvatori seculi O redemptor … Stans ad aram immo supplex infulatus pontifex Debitum persolvit omne consecrato crismate O redemptor … Consecrare tu dignare, rex perhennis patrie Hoc olivum signum vivum iura contra demonum O redemptor … 11

Miserere domine Kyrie eleison voce corda postulate regem invisibilem, canentes illi : Kyrie eleison. Iterum dicamus omnes Christe eleison et rogemus Christum dominum una voce proclamantes : Christe eleison. Et summissis vultibus deprecemur trinitatem Deum aeternum, canentes illi : Kyrie eleison.

28

Ô Rédempteur Ô Rédempteur, accepte le cantique de ceux qui te célèbrent ensemble par leur chant. Entends le, juge des morts, espoir unique des mortels, Entends-les voix de ceux qui apportent le don précurseur de paix. Ô Rédempteur… Un arbre sauvage, grâce à une lumière nourricière, a produit cela pour servir aux rites ; La foule présente s’avance pour l’offrir au Sauveur du siècle, Ô rédempteur. Le prêtre, debout devant l’autel, suppliant, ceint du bandeau sacrificiel S’acquitte de toute dette par le chrême consacré Ô Rédempteur… Ô Toi, roi de la patrie éternelle, daigne consacrer Ce rameau d’olivier, signe vivant, arme contre le règne des démons Ô Rédempteur…

11

Prends pitié de moi, Seigneur Kyrie eleison Invoquez de vos voix, sur vos instruments, le roi invisible et chantez pour lui : Kyrie eleison. Répétons encore tous : Christe eleison et, d’une seule voix, écrions-nous, demandons au Christ Seigneur : Christe eleison. Et, abaissant notre face, adressons nos prières à la Trinité, au Dieu éternel en chantant pour sa gloire : Kyrie eleison.


10

O Redeemer O Redeemer, accept the hymn of those who celebrate thee together through their song. Hear, judge of the dead, the sole hope of mortals, Hear the voices of those who bring the precursory gift of peace. O Redeemer… Thanks to a nurturing light, a wild tree produced that to serve for the rites; The crowd present advances to offer the Saviour of the century, O Redeemer. The priest, standing before the altar, beseeching, wearing the sacrificial band Repays all debt with the consecrated chrism O Redeemer… O Thou, king of the eternal homeland, deign consecrate This olive branch, living sign, arm against the reign of demons O Redeemer…

11

Have pity on me, Lord Kyrie eleison Invoke with your voices, on your instruments, the invisible king and sing for him: Kyrie eleison. Let us all repeat: Christe eleison and, with a single voice, let us invite, let us proclaim Christ the Lord: Christe eleison. And, lowering our face, let us address our prayers to the Trinity, To the eternal God, singing His glory: Kyrie eleison.

29


12

30

Christus vincit. Christus regnat. Christus imperat. Exaudi Christe.

12

Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande ! Entends-nous, ô Christ !

Alexandro pontifici et universali pape, vita. Pater de celis Deus, Tu illum adiuva. Fili, salvator mundi Deus, Tu illum adiuva. Spiritus Sancte, Tu illam adiuva.

À Alexandre, pontife et pape de l’Eglise universelle, vie ! Père, Dieu du ciel, viens à son aide, Fils, Dieu sauveur du monde, viens à son aide, Esprit Saint, viens à son aide.

Christus …

Le Christ …

Edwardo regi serenissimo a Deo coronato, magno et pacifico regi, vita et victoria. Sancta Maria, Tu illum adiuva. Sancte Michael, Tu illum adiuva. Sancte Raphael, Tu illum adiuva.

À Edouard, roi sérénissime, par Dieu couronné, roi puissant et pacifique, vie et victoire ! Sainte Marie, viens à son aide, Saint Michaël, viens à son aide, Saint Raphaël, viens à son aide.

Christus …

Le Christ …

Eadgythe serenissime a Deo coronate regine, salus et vita. Sancte Iohannes, Tu illam adiuva. Sancte Petre, Tu illam adiuva. Sancte Paule, Tu illam adiuva. Sancte Andrea, Tu illam adiuva.

À Edith, reine sérénissime, par Dieu couronnée, salut et vie ! Saint Jean, viens à son aide, Saint Pierre, viens à son aide, Saint Paul, viens à son aide, Saint André, viens à son aide.

Christus …

Le Christ …

Aldrado Eboracensi episcopum et omni clero sibi commisso, salus et vita. Sancte Stephane, Tu illum adiuva. Sancte Laurenti, Tu illum adiuva. Sancte Vincenti, Tu illum adiuva.

À Aldred, évêque d’York et à tout son clergé, salut et vie ! Saint Stéphane, viens à son aide, Saint Laurent, viens à son aide, Saint Vincent, viens à son aide.

Christus …

Le Christ …

Omnibus episcopis et abbatibus et cunctis congregationibus illis commissis, salus et vita. Sancte Martine, Tu illos adiuva. Sancte Benedicte, Tu illos adiuva.

À tous les évêques et les abbés et à toutes les congrégations à eux confiées, salut et vie ! Saint Martin, viens à leur aide, Saint Benoît, viens à leur aide,


12

Christ conquers, Christ reigns, Christ commands! Hear us, o Christ! To Alexander, pontiff and pope of the universal Church, long life! Father, God of Heaven, help him, Son, God saviour of the world, help him, Holy Spirit, help him. Christ… To Edward, most serene king, by God crowned, powerful, peaceful king, long life and victory! Saint Mary, help him, Saint Michael, help him, Saint Raphael, help him. Christ … To Edith, most serene queen, crowned by God, hail and long life! Saint John, help her, Saint Peter, help her, Saint Paul, help her, Saint Andrew, help her. Christ … To Aldred, bishop of York and to all his clergy, hail and long life! Saint Stephen, help him, Saint Lawrence, help him, Saint Vincent, help him. Christ … To all the bishops and abbots and to all the congregations entrusted to them, hail and long life! Saint Martin, help them, Saint Benedict, help them,

31


Sancte Gregori, Tu illos adiuva. Sancte Nichole, Tu illos adiuva.

Saint Grégoire, viens à leur aide, Saint Nicolas, viens à leur aide.

Christus …

Le Christ …

Omnibus principibus Anglorum et cuncto exercitui Christianorum, vita et salus. Sancta Maria Magdalena, Tu illos adiuva. Sancta Perpetua, Tu illos adiuva. Sancta Agatha, Tu illos adiuva. Sancta Lucia, Tu illos adiuva.

À tous les princes anglais et à toute l’armée des chrétiens, vie et salut ! Sainte Marie-Madeleine, viens à leur aide Sainte Perpétue, viens à leur aide Sainte Agathe, viens à leur aide Sainte Lucie, viens à leur aide

Christus vincit. Redemptio et liberatio nostra. Christus regnat. Victoria nostra. Christus imperat. Misericordia nostra. Christus vincit. Prudentia et iustitia nostra. Christus regnat. Fortitudo et temperantia nostra. Christus imperat. Auxilium nostrum. Christus vincit. Defensio nostra. Christus regnat. Letitia et gloriatio nostra. Christus imperat. Vita et salus nostra.

Le Christ vainc. Notre rédemption et notre libération, Le Christ règne. Notre victoire, Le Christ commande. Notre miséricorde, Le Christ vainc. Notre prudence et notre justice, Le Christ règne. Notre force et notre tempérance, Le Christ commande. Notre secours, Le Christ vainc. Notre défense, Le Christ règne. Notre joie et notre glorification, Le Christ commande. Notre vie et notre salut.

Ipsi soli honor, gloria et imperium per infinita secula seculorum. Amen Ipsi gloria. Ipsi soli decus et potestas et virtus per infinita secula seculorum. Amen Ipsi gloria. Ipsi gloria, laus et iubilatio per infinita secula seculorum. Amen

À Lui seul honneur, gloire et empire, dans les siècles des siècles pour l’éternité. Amen À lui la gloire À Lui seul dignité, puissance et vertu, dans les siècles des siècles pour l’éternité. Amen À lui la gloire À Lui seul gloire, louange et jubilation, dans les siècles des siècles pour l’éternité. Amen

Christus …

Le Christ … Traduction Jean-Christophe Jolivet

32


Saint Gregory, help them, Saint Nicholas, help them. Christ â&#x20AC;Ś To all the English princes and to the whole army of Christians, hail and long life! Saint Mary Magdalene, help them Saint Perpetua, help them Saint Agatha, help them Saint Lucy, help them Christ conquers. Our redemption and our liberation, Christ reigns. Our victory, Christ commands. Our mercy, Christ conquers. Our prudence and our justice, Christ reigns. Our force and our temperance, Christ commands. Our help, Christ conquers. Our defence, Christ reigns. Our joy and our glorification, Christ commands. Our life and our salvation. To Him alone honour, glory and empire, in the ages of ages for eternity. Amen To Him glory To Him alone dignity, power and virtue, in the ages of ages for eternity. Amen To Him glory To Him alone glory, praise and jubilation, in the ages of ages for eternity. Amen Christâ&#x20AC;Ś Translated from French by John Tyler Tuttle

33


Music for a King The Winchester Troper 4’09

ALLELUIA — Versets : Pascha nostrum . Epulemur

Tutti — Verset 1 : cs,cm . Verset 2 : cs,bl

2

Laus, honor, virtus — Trope Communion Pascha Nostrum

4’19

lj

Pierre Chépélov

3

O QUI PERPETUA MUNDUM RATIONE GUBERNAS — Création 7’10

Tutti

4

FIRmETUR MANUS TUA — Antienne de procession

Tutti — Verset : cs

5

Postquam factus Homo — Trope Introït Resurrexi

cb,cm . hd,bl . cs,cm . lj,cb

6

DOXA EN IPSISTIS — Gloria (en Grec)

Tutti

Joel Rust

7

SUNT ETENIM PENNAE VOLUCRES MIHI — Création

HD — Tutti

8

ALLELUIA — Rex in æternum — Séquence

1

— Tutti

3’36

7’35

— Verset : cs, Tutti

Tutti

AECD 1436

4’48

5’57 5’51


9

10

PROME CASTA CONTIO CARMINA — Prose

3’30

O REDEMPTOR SUMME CARMEN — Hymne

4’51

cm,cb

bl

— Tutti

— Tutti

11

MISERERE DOMINUM — Kyrie tropé

cb

12

CHRISTUS VINCIT, CHRISTUS REGNAT, CHRISTUS IMPERAT Laudes royales

2’43

— cs,bl,cm 7’53

Tutti

Discantus Brigitte Lesne,

direction

Christel Boiron (cb), Hélène Decarpignies (hd), Lucie Jolivet (lj), Brigitte Lesne (bl), Caroline Magalhaes (cm), Catherine Sergent (cs) Conception & transcriptions : Susan Rankin L’ensemble Discantus est produit par le Centre de musique médiévale de Paris avec le soutien du Ministère de la culture / DRAC Ile-de-France / discantus.fr Mécénat Musical Société Générale est le mécène principal des ensembles Alla francesca Discantus Alta. Enregistrement réalisé grâce au soutien de / With the precious support of: FCM, labex gream Strasbourg. Direction artistique / Artistic supervision, prise de son / sound recording: Rainer Arndt. Recording / Enregistrement : 11-14/03/2013, église évangélique allemande, Paris. Direction artistique æon / æon artistic supervision: Kaisa Pousset. æon (Outhere France) 16, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. C 2014 Imprimé en Autriche.



Music for a King - The Winchester Troper