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G AZE TTE

D E

N I C O L E

NUMÉRO ZÉRO

NOUVELLES DES CRÉATIONS

LA

BOM K - CHRIS MARS - DENIM - JOHN HUNDT JONAS BURGERT - MISTY LINDSEY - SOUVRAZ NOZOMU UCHIDA - SINAN HUSSEIN


L A

G AZE T T E

D E

N IC O L E


Voici ces quelques magnifiques fleurs choisies parmi les trois mille que j’ai cueillies sur internet, toutes aussi étonnantes, toutes miraculeusement rescapées du broyage de l’appareil financiaro-institutionnel et des méfaits de ses pesticides idéologiques. J’ai eu la chance de rencontrer Jean-Jacques Tachdjian, qui a su créer, par sa flamboyante mise en page, le somptueux écrin qui convenait à ces merveilles de l’art naturel et libre

Il s’agit donc du premier numéro de ma « gazette » en ligne, à laquelle vous pouvez vous abonner sans hésitation, puisque c’est gratuit. D’autres suivront bien-sûr, et nous espérons un lectorat suffisamment enthousiaste et nombreux, pour envisager à terme l‘impression de ces pages virtuelles sur un magazine papier amoureusement palpable.

Alors, je compte sur vous pour recommander ce magazine web gratuit à tous vos amis, car il est important aussi que tout le monde sache que la création d’aujourd’hui est d’une richesse et d’une diversité fabuleuses, et qu’il en va de la survie des espèces vivantes sur cette terre polluée par l’esthétique vide de sens et de poésie des puissants.

Nicole Estérolle


Sinan Hussein https://www.facebook.com/sinan.hussein1?fref=nf&pnref=story


artiste oici un étonnant irakien, vivant et travaillant en son pays, et qui prouve que, même dans les pires contextes, l’art peut éclore en merveilleuses floraisons. Il a vécu au Koweit, puis en Jordanie, puis à Bagdad où il a fréquenté l’Université d’art qu’il trouve inutile car les profs « y ont besoin de formation et de rénovation » dit-il. Sa peinture parle d’un monde d’esprits, sans armes, parfois sans oreilles, ni yeux ni bouche. Il veut ainsi crier au manque d’humanité dans ce monde dit humain d’aujourd’hui. Mais ses cris  sont émis de la manière la plus douce, dans un sens de paix, d’enjouement et de légèreté. Ses personnages contiennent l’humanité qu’il ne peut pas trouver ailleurs : une façon de rappeler à tous ses semblables l’urgence de retrouver leur propre humanité perdue.


Misty Lindsey https://www.facebook.com/MistyLindsey333 https://www.pinterest.fr/MistyLindsey2/misty-lindsey-art-m-lindsey/?lp=true


NON

, CE N’EST PAS DE L’ART BRUT !

Non, Misty Lindsey, artiste américaine , n’est pas une demeurée, une psychiatrisée, une bipolaire, une qui –a- souffert -dans -son –enfance, comme Catherine Millet. Non, c’est très probablement une femme joyeuse, très lucide et sachant très bien ce qu’elle fait. Une peinture en réalité très fraiche, subtile et savante dans l’esprit et dans la composition.

Je dois vous avouer que je ne sais pas qui est Misty Lindsey, où il habite, son âge, … Mais qu’importe, ses images circulent sur le web. Elles sont sublimes de poésie, d’innocence et de vérité.


Denim

https://www.


Denim, l’art-brutiste et psychanalyste Il est dit sur son site qu ‘il «  commute les troubles pathologiques des individus en élaboration dimensionnelle. Ses œuvres transsudent ainsi les tourments, les obsessions, les traumatismes, les peurs ou les fantasmes. Ainsi, l’activateur mental pousse le processus obsessionnel de création aux portes du surmoi. ». Ce que l’on veut bien croire, quand on voit les excellents dessins qu’il nous fait, et qui nous prouvent que l’on peut être à la fois psychanalyste et artiste. Vaste sujet de controverse cependant, car en principe, ce sont les malades mentaux qui font de l’art brut et non leurs soignants. Mais qu’importe, puisque ces dessins d’une rare inventivité .


John Hundt

http://www.johnhundt.com/ 707-889-0376 jchundt@aol.com


Le collage qui fait décoller l’imaginaire Ce collagiste de haute volée, qui vit à San Francisco, possède solide renommée aux USA. Il a collectionné une montagne de vieux bouquins d’anatomie médicale et de toutes sortes de matériels., et dispose ainsi d’un matériel inépuisable, pour de joyeux télescopages d’images qui « font sens » sans que l’on sache bien pourquoi il le font…et c’est bien là que réside le charme du collage : cette façon de se mélanger les pinceaux, de brouiller les pistes, de reconstruire le monde et l’organisation des objets entre eux, d’ouvrir grand toutes les fenêtres pour un salutaire décollage de l’imaginaire.


Jonas Burgert


Un flamboyant rescapé du conceptuel « Quand j’ai commencé à peindre, l’art conceptuel était la norme dans mon école. Utiliser un pinceau ? Horreur ! La pression était forte. Et cependant, pour moi, les choses étaient claires. Je voulais peindre. Honnêtement. À partir de mes sentiments, pas à partir de mes pensées. Je me suis fait quelques ennemis mais beaucoup d’amis. Car un fort et réel besoin d’émotions était dans l’air à ce moment là, justement. » Jonas Burgert était alors dans une école d’art en Allemagne. Malgré la pression du conceptuel postural international, qui régnait aussi en outre-Rhin, il a tout de même pu peindre et devenir un artiste très reconnu dans son pays .Ce qui est déjà bien, car s’il avait été en France, seul pays où la persécution de la peinture a été organisée par le Ministère même (exception culturelle oblige), il aurait quitté l’Ecole des Beaux-Arts, et n’aurait jamais été acheté par aucun FRAC. Car l’art de Burgert, c’est tellement beau, que c’est l’horreur absolue pour les tenants de l’idéologie esthétique d’État que le mot « beauté » fait fuir hurlant au retour de la bête immonde.


Jean-Paul Souvraz


Un carnaval talismanique La peinture de Souvaz est de combat, éruptive, érectile, chaotique et piégée. C’est une œuvre chamanique, stigmatisant la révolte contre l’acquis, le confortable et le ressassé, carnaval talismanique et viol joyeux des code- Christian Noorbergen « J’ai une retenue presque maladive à accéder à une certaine forme de bonheur, et peut-être une grande facilité à me complaire dans la morosité » J.P. Souvraz

Tons vifs, va-et-vient de l’humain à l’animal, objets décoratifs : vite, ça se vrille dans la tête. Mais aussitôt le temps suspend son vol : on entre dans une fable, un conte, une légende, on y respire l’air des grottes ancestrales et la poussière des épopées, on a beau y sentir l’odeur du cirque et la sueur du carnaval, les parfums de femmes et le sui generis des marins, la boue des exilés, on a quitté l’ordinaire pour la fantastique, le stupéfiant. Bruno Vouters

Un théâtre taillé à vif, où les personnages orchestrent avec grandeur la décadence d’une https://www.souvraz.com/galerie/ humanité qui se cherche aux confons du désir et de la souffrance _Isabelle Schmitt Un pas en compagnie de Beckett, l’autre à côté de Breughel l’ancien. Une bise à Ensor, un salut vers Beckman. S’endormir sous Thomas Bernhard, se réveiller avec Kantor. Ils commencent par vous sauter à la figure, les personnages que Souvraz a bien serrés dans le huis clos des quatre coins de la toile ou du papier, comme un inspecteur des étrangetés.


Bom K http://www.blog.stripart.com/art-urbain/bom-k/


Un streetarteur monstrueusement doué Un surdoué de cette dimension, dans cette discipline le plus souvent artistiquement scabreuse ou catastrophique à tous égards, c’est rare. Alors, il faut le signaler et le montrer, car ici, l’utilisation des murs de la ville comme support se justifie parfaitement. Bom.K est né en 1973 dans la banlieue sud de Paris, à Vigneux Sur Seine. Au début, le graffiti n’est pour lui qu’un défouloir sans recherche artistique sur les murs, terrains vagues et trains de sa cité .  Après plusieurs noms identitaires empruntés, il s’arrête sur Bom-K, diminutif de Bombing Killa.


Nozomu Uchida


Tiens, un artiste animalier japonais ! (Et pourquoi Pas ?) « Je dépeint les animaux, comme ayant des compétences spécialisées telles que le vol ou la plongée; capacités que les humains ne peuvent pas imiter. J’ai donc visualisé une combinaison fusionnant la façon dont les humains ont compensé le manque de ces compétences en utilisant la technologie scientifique avec des animaux qui possèdent par nature ces compétences.» dit Nozomu. Il fallait y penser, et le dire, et ensuite le faire. Et la tâche n’est pas aussi aisée que de le dire. Elle requiert une maîtrise technique énorme dans le découpage, la soudure et l’assemblage des pièces de telle sorte que l’ensemble soit harmonieux et ait du sens. Nozomu est né à Yokohama en 1987 et a fait ses études à l’Université d’art de Tokyo.


Chris Mars https://www.chrismarspublishing.com/


Hyposurréaliste en diable Chris Mars, né en 1961,

«Mon surréalisme est mélangé d’expressionisme. Je m’échappe

a d’abord été musicien

avec ma peinture dans un monde que je peux contrôler,

rock. Il était le batteur du

alors que je ne contrôle pas le monde réel ou je vis. J’espère

séminal Minneapolis alternative

représenter ce que je ressens intérieurement du monde

Rock Band les Remplacements de 1979 à 1990, puis a rejoint le secteur informel supergroup or Smog avant de commencer une carrière solo. Il a basculé dans la peinture dans les années 90. Imagination débridée et forte

extérieur à travers mon “filtre” personnel. J’ai seulement une vague idée ou plutôt un sentiment global du tableau que je commence à peindre. Mais je ne fais pas d’ esquisse préalable pour mieux rester dans le mystère et dans l’excitation de la surprise de ce qui apparaît, me parle et guide ma peinture La schizophrénie de mon frère ainé Joe a sûrement inspiré mon travail. Son expérience m’a dit ce que signifiait et ce que pouvait apporter à la conscience et à l’imaginaire d’être un outsider incompris et marginalisé dans la société Mon souhait

maîtrise technique font qu’il

est que le regardeur de ma peinture, comprenne le message

commence à avoir une solide

qui lui est sous-jacent, sans a priori de l’ordre de la beauté ou

notoriété au USA.

de la morale, mais que finalement, cela lui ouvre l’esprit en l’interrogeant à travers sa propre perception.»


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Mon livre «

L’ABC de l’Art dit Contemporain»

vient de paraître aux Éditions Jean-Cyrille Godefroy. Cet ouvrage se propose comme remède reconstituant, régénérant, reconstructif, pour panser les plaies vives résultant de quarante années de « déconstruction », de « burénisation », de « désartification » systématique de l’art, et de persécution de la peinture. Il apportera, je l’espère, informations et éléments de réflexion, de façon aussi ludique et roborative que possible, afin de nettoyer le paysage de l’art de ses monstrueuses enflures dites contemporaines, lesquelles, en obstruant la vue, la vie de la pensée, et la respiration des citoyens, empêchent la révélation de la création d’aujourd’hui, qui n’a jamais été aussi belle, abondante et diversifiée. Lire la chronique sur le

www.schtroumpf-emergent.com

http://www.nicole-esterolle.com

Artdutemps 000  

NUMERO ZERO

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