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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES

ANNEE : 2017

N° 31

Analyse des pratiques apicoles et infestation à Varroa sp. dans les régions de Dakar et Thiès (Sénégal).

THESE Présentée et soutenue publiquement le 27 Juillet 2017 à 15 heures devant la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar Pour obtenir le Grade de DOCTEUR VETERINAIRE (DIPLOME D’ETAT) Par Madondone DIOUF Né le 16 novembre 1990 à Ngalagne Diaraf (Sénégal) Jury Président :

M. Bara NDIAYE : Professeur à la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie

Directeur et rapporteur de thèse : M. Oubri Bassa GBATI Maitre de Conférences Agrégé à l’EISMV de Dakar Membres :

M. Serge Niangoran BAKOU Professeur à l’EISMV de Dakar

Encadreur :

Dr Dieudonné L. DAHOUROU Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l’EISMV de Dakar


ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES DE DAKAR BP : 5077-DAKAR (Sénégal) Tel : (00221) 33 865 10 08 Télécopie (221) 825 42 83

COMITE DE DIRECTION LE DIRECTEUR GENERAL Professeur Yalacé Yamba KABORET LES COORDONNATEURS Professeur Rianatou ALAMBEDJI Coordonnateur des Stages et des Formations Post-Universitaires Professeur Ayao MISSOHOU Coordonnateur à la Coopération Internationale Professeur Yaghouba KANE Coordonnateur Recherche / Développement Professeur Alain R. KAMGA WALADJO Coordonnateur des Etudes et de la Vie Estudiantine

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LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT

DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PRODUCTIONS ANIMALES Chef de département: M. Rock Allister LAPO, Maître de Conférences Agrégé ANATOMIE–HISTOLOGIE–

PHYSIOLOGIE-

EMBRYOLOGIE

PHARMACODYNAMIE-

M. Serge Niangaran BAKOU, Professeur

THERAPEUTIQUE

M. Gualbert S. NTEME ELLA, Maître de

M. Rock Allister LAPO, Maître de

Conférences Agrégé

Conférences Agrégé M. Moussa ASSANE, Professeur vacataire

CHIRURGIE-REPRODUTION

PHYSIQUE ET CHIMIE

M. Alain Richi Kamga WALADJO, Maître de

BIOLOGIQUES ET MEDICALES

Conférences Agrégé

M. Adama SOW, Maître de Conférences

M. Papa El Hassane DIOP, Professeur vacataire Agrégé M. Miguiri KALANDI, Assistant M. Germain Jêrome SAWADOGO, Professeur vacataire

ECONOMIE RURALE ET GESTION M. Walter OSSEBI, Assistant

ZOOTECHNIE – ALIMENTATION M. Ayao MISSOHOU, Professeur M. Simplice AYSSIWEDE, Maître de Conférences Agrégé M. Sahidi Adamou Docteur Vétérinaire vacataire

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DEPARTEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET ENVIRONNEMENT Chef de département: M. Oubri Bassa GBATI, Maître de Conférences Agrégé HYGIENE ET INDUSTRIE DES DENREES PATHOLOGIE MEDICALEALIMENTAIRES D’ORIGINE ANIMALES ANATOMIE PATHOLOGIQUE(HIDAOA)

CLINIQUE AMBULANTE

M. Serigne Khalifa Babacar SYLLA, Maître de

M. Yalacé Yamba KABORET, Professeur

Conférences Agrégé

M. Yaghouba KANE, Maître de Conférences

Mlle Bellancille MUSABYEMARIYA, Maître

Agrégé

de Conférences Agrégé

Mme Mireille KADJA WONOU, Maître de Conférences Agrégé

MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIEPATHOLOGIE INFECTIEUSE

PHARMACIE-TOXICOLOGIE

Mme Rianatou BADA ALAMBEDJI,

M. Assionbon TEKO AGBO, Chargé de

Professeur

recherche

M. Philippe KONE, Maître de Conférences

M. Gilbert Komlan AKODA, Maître

Agrégé (disponilité)

Assistant (disponibilité)

Justin Ayayi AKAKPO, Professeur vacataire

M. Abdou Moumouni ASSOUMY, Maître

PARASITOLOGIE-MALADIES

Assistant (disponibilité)

PARASITAIRES-ZOOLOGIE

M. Ets Ri Kokou PENOUKOU Docteur

APPLIQUEE

Vétérinaire vacataire

M. Oubri Bassa GBATI, Maître de Conférences Agrégé M. Dieudonné L. DAHOUROU, Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche

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DEPARTEMENT COMMUNICATION Chef de département: Ayao MISSOHOU, Professeur BIBLIOTHEQUE M. Mamadia DIA, Documentaliste Mlle Ndella FALL MISSOHOU, Bibliothécaire

SERVICE AUDIO-VISUEL M. Bouré SARR, Technicien

SERVICE DE LA SCOLARITE M. Théophraste LAFIA, Chef de Scolarité M. Mohamed Makhtar NDIAYE, agent administratif Mlle Astou BATHILY MBENGUE, agent administratif

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Dédicaces Louange à ALLAH Seigneur de l’univers. Paix et bénédiction d’Allah sur son Prophète Muhammad. Je dédie ce travail à ma chère patrie le Sénégal qui m’a appuyé durant tout mon cursus scolaire. A vous mes parents Biram DIOUF et Ndambao DIOUF pour tous les sacrifices consentis pour notre réussite dans les études. Merci infiniment chers parents que DIEU le TOUT PUISSANT vous couvre de sa grâce et vous accorde longue vie, santé et une vieillesse heureuse ; A vous mes frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines qui avez su être présents pour me réconforter durant cette lourde épreuve de la rédaction de ma Thèse de Doctorat Vétérinaire. Mention spéciale à Samba Ngoye DIOUF, Mame Ndella DIOUF, Yandé Koune DIOUF, Astou NDONG, Mame Ndakhté DIOUF, Bouré DIOUF, Pape Waly DIOP, Guédj KAMA, Ndéye Ndjira DIOUF, Thierno DIOUF, Malick SENE, Fatou DIAGNE, Diéne Mack DIOUF, Cheikh DIOUF et Bineta DIOUF pour vos conseils, votre soutien et votre sens de partage. Puisse DIEU maintenir la paix et l’harmonie existante dans notre famille ; Dédicace spécial à mon Grand frère Niokhor Ndane DIOUF qui n’a ménagé aucun effort pour tout ce soutien tant bien familial qu’académique. Puisse DIEU vous remercier et pérenniser ces liens. A vous mon grand frère Bassirou DIOUF pour son amitié, son compagnonnage et son respect depuis toujours inconditionnels ; A mon oncle Biram Mbarou DIOUF, en témoignage de ma profonde affection. Jamais je ne vous oublierai. Puisse Dieu vous accueillir au paradis. A mon ami Papa Mamadou DIAGNE, si ce n’était la complicité de la langue française, je t’aurai appelé mon jumeau pour votre soutien et compagnon indéfectible dans les moments difficiles m’est inoubliable. A l’ensemble des étudiants Sénégalais de l’EISMV de Dakar pour vos encouragements. v


A mes camarades de la 44ème Promotion (1ère Promotion LMD) de l’EISMV de Dakar pour votre affection et votre gentillesse sans faille à l’endroit de ma modeste personne. Je n’oublierai jamais les merveilleux moments passés ensemble. A l’Amicale des Etudiants Vétérinaires de Dakar (AEVD). A mes amis : Malaw DIALLO, Sérigne GASSAMA, Madina DEME, Abdoulaye NDIMBELANE, Adame DIOP, Abdou Azize KEBE, Fatou FAYE, Ramatoulaye SANALE, Marie Madeleine SENE, Leye KANE, Mouhamed DIOP, Thierno NDAO. A mes amis : Fodé DOUMBOUYA, Babacar DIAW, Babacar GUEYE, Babacar GUEYE, Marie Louise SENGHOR, Mame AWA GAYE, Maïmouna Ngissali NDIAYE, Moustapha DIONE, Idrissa LECOR et Mouhamadou Lamine GUEYE. A mes amis de la Cité mermoz Nord : Christiane Ndiaye DIOUF, Mouhamed FAYE, Djibi SAMB, Pape Maguette MBODJ, Diarra DIOP, Amadou S. FAYE, Souleymane MBODJ, Bachir NDIAYE, Franci Michel RODRIGUES, Thierry ALVARES, Gora LÔ, Fatou Mbow LÔ, Awa Fall NDAO, Cdt Djibril CISSE. A mes amis et anciens promotionnaires des collèges et lycées. Pour vos encouragements perpétuels et les bons moments passés ensemble. Merci pour tout ce que vous avez accepté de partager avec moi, pour votre soutien et votre compréhension ; je vous en suis reconnaissant pour vos remarques et encouragements ;

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REMERCIEMENT S Notre sincère gratitude à tous ceux qui ont œuvré par leurs conseils ou par leur soutien matériel à la réalisation de ce modeste travail. Nos sincères et chaleureux remerciements : A notre Directeur et Rapporteur de thèse, Oubri Bassa GBATI, qui malgré ses multiples occupations, n’a ménagé aucun effort pour la réussite de ce travail. A notre co-directeur de thèse, L. Dieudonné DAHOUROU, d’avoir accepté de corriger le document malgré son calendrier chargé. A tous les membres du jury pour l’honneur qu’ils m’ont fait de juger ce travail. Au Dr Ibrahima DIAWARA, le Chef du Centre National d’Apiculture de Dakar pour avoir accepté de m’accueillir au sein de cette structure et de m’apporter tout son soutien technique et matériel durant mes travaux de terrain. A Monsieur SY du Centre National d’Apiculture de Dakar, pour ses conseils et son soutien durant tout le long des travaux de terrain. A Monsieur DIATTA et Monsieur DIA de l’EISMV, merci pour vos contributions ; A Papa Mamadou DIAGNE, pour la fraternité et l’entraide que nous partageons ; A toute l’équipe du Centre National d’Apiculture de Dakar pour avoir contribué efficacement à la réalisation de ce travail par leur disponibilité et leur volonté. Merci de m’avoir facilité le contact avec les apiculteurs des régions de Dakar et Thiès. Mes remerciements vont également à tous les Apiculteurs qui ont collaboré pour la réalisation de ce travail. Aux Docteurs : Thialao SARR, Imame THIAM, Abdoulaye DIEYE, Alfred DIOUF, Khady DIOUF et Khadidiatou DIALLO pour les conseils. Puisse Dieu vous le rendre au centuple. A tous mes enseignants de l’EISMV de Dakar pour leur rigueur dans la formation. A tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la réalisation de ce travail

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A NOS MAITRES ET JUGES A notre maitre et président de jury de thèse, M. Bara NDIAYE, Professeur à la Faculté de Médecine de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de Dakar Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider notre jury de thèse. La spontanéité avec laquelle vous avez répondu à notre sollicitation nous a beaucoup marqué. Trouvez ici l’expression de nos sincères remerciements et de notre profonde et sincère gratitude. A notre maitre Directeur et rapporteur de thèse, M. Oubri Bassa GBATI, Maitre de Conférence Agrégé à l’EISMV de Dakar Malgré vos multiples occupations, vous avez initié et encadré avec rigueur ce travail de thèse. Cela ne surprend guère quand on connaît vos qualités humaines et scientifiques. Les moments passés ensemble nous ont permis de découvrir en vous l’exemple même de la simplicité, de la bienveillance et de l’amour du travail bien fait. Veuillez trouver ici l’expression de notre sincère reconnaissance et profonde admiration. Hommages respectueux. A notre maitre et juge, M. Serge Niangoran BAKOU, Professeur à l’EISMV de Dakar Nous avons été touchés par la spontanéité avec laquelle vous avez accepté de contribuer à l'évaluation de ce modeste travail. Votre dynamisme et vos qualités intellectuelles et humaines forcent respect et admiration. Nous vous prions d'agréer le témoignage de notre reconnaissance et de notre hommage respectueux.

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A

notre

Encadreur

d’Enseignement et

de

thèse,

Dieudonné

de Recherche

au service

L.

DAHOUROU,

Attaché

de Parasitologie-Maladies

Parasitaires et Zoologie Appliquée à l’EISMV de Dakar Nous sommes très impressionnés de la manière dont vous nous avez guidées dans la réalisation de ce travail. Votre disponibilité, votre esprit d’ouverture, vos qualités humaines et scientifiques nous ont très marqué. Veuillez trouver ici l’expression de notre profond respect, de notre profonde gratitude et de toute l’estime que nous vous portons.

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LISTE DES ABREVIATIONS

ANSD : Agence National de la Statistique et de la Démographie CNA : Centre National d’Apiculture FAO : Fond des nations unies pour l’alimentation FCFA : Francs de la Communauté Financière Africaine GIE : Groupement d’Intérêt Economique Kg : Kilogramme mm : millimètre NISDEL : Nouvelle Initiative Sectorielle Pour Le Développement De l’Elevage OIE : Office Internationale des Epizooties PADA : Projet d’Appui à l’Apiculture PIB : Produit Intérieur Brut PNDA : Programme National de Développement de L’Apiculture PRAP : Projet de Relance de l’Apiculture USAID : United States Agency for International Development

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Répartition des ruchers et essaims dans la zone d’étude .......................... 56 Tableau II : Types de ruches exploitées par les apiculteurs ........................................ 61 Tableau III : Fréquence d’infestation selon les types de ruches ................................. 69

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Morphologie générale de l’abeille Apis mellifera ......................................... 5 Figure 2 : Morphologie particulière des différentes castes d’abeilles ........................... 7 Figure 3 : Cycle de développement de l'abeille……………………………………... 10 Figure 4 : Acarapis woodi dans la trachée d’une abeille ............................................. 16 Figure 5 : Zones apicoles au Sénégal .......................................................................... 23 Figure 6 : Productions estimées de miel et de la cire en tonnes au Sénégal de 2007 à 2014 ............................................................................................................................... 25 Figure 7 : Vue dorsale (schéma à droite) et vue ventrale (schéma à gauche) de Varroa sp……………………………………………………………………………………... 30 Figure 8 : Varroa sp. sur une abeille pendant la phase phorétique ............................. 31 Figure 9 : Biologie du parasite ..................................................................................... 32 Figure 10 : Distribution géographique du Varroa sp. en Afrique ............................... 37 Figure 11 : Couvain d’ouvrières parasité par Varroa sp. ............................................ 40 Figure 12 : Désoperculation de couvain avec un peigne (gauche) et couvain déjà désoperculé (droite) ...................................................................................................... 42 Figure 13 : Traitement des ruches à l’acide oxalique par dégouttement ..................... 47 Figure 14 : Cartographie de la zone d'étude ................................................................ 51 Figure 15 : Pot en verre avec le couvercle grillagé et cuillère (à gauche) et le sucre glace (à droite) .............................................................................................................. 54 Figure 16 : Lot de ruche kenyane dans un rucher enquêté .......................................... 55 Figure 17 : Loupe binoculaire ...................................................................................... 55 Figure 18 : Induction des abeilles au sucre glace ........................................................ 57 xi


Figure 19 : Varroa sp. isolé du sucre glace au laboratoire .......................................... 58 Figure 20 : Observation de Varroa sp. à partir de la loupe binoculaire ...................... 58 Figure 21 : Répartition des apiculteurs en fonction de la forme d’organisation ......... 59 Figure 22 : Répartition des apiculteurs en fonction de leur âge .................................. 60 Figure 23 : Répartition des apiculteurs selon leur ancienneté dans l'apiculture .......... 60 Figure 24 : Effectif de ruches par rucher ..................................................................... 61 Figure 25 : Position des ruches par rapport au sol ....................................................... 62 Figure 26 : Causes de l’exploitation des abeilles dans les ruchers .............................. 63 Figure 27 : Rendement de miel par ruche et par an ..................................................... 63 Figure 28 : Distance des ruchers par rapport avec champs horticoles. ........................ 64 Figure 29 : Techniques de multiplication du cheptel................................................... 65 Figure 30 : Contraintes des apiculteurs de la zone d'étude .......................................... 65 Figure 31 : Proportion des ruchers avec des abeilles aux ailes atrophiées .................. 66 Figure 32 : Proportion des ruches avec des abeilles aux ailes déformées ................... 66 Figure 33 : Infestation à Varroa sp. dans les colonies d’abeilles ................................ 67 Figure 34 : Fréquence des espèces de Varroa sp. identifiées ...................................... 68 Figure 35 : Infestation selon l’état de la colonie.......................................................... 68 Figure 36 : Infestation selon la position de la ruche .................................................... 70 Figure 37 : Infestation à Varroa sp. selon la forme de l'abdomen des abeilles ........... 70 Figure 38 : Répartition des abeilles à ailes atrophiées selon l’infestation ................... 71 Figure 39 : Répartition des abeilles à ailes déformées dans la population étudiée ..... 72

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TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION .......................................................................................................... 1 PREMIERE PARTIE : ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE……………………………….3 CHAPITRE 1 : ABEILLES ET APICULTURE AU SENEGAL .................................. 4 I. ABEILLES .................................................................................................................. 4 I.1. Biologie des abeilles et fonctions de chaque caste ............................................... 4 I.1.1. Taxonomie et morphologie générale de l'abeille ............................................ 4 I.1.1.1. Taxonomie de l'abeille ................................................................................. 4 I.1.1.2. Morphologie générale de l'abeille ................................................................ 5 I.1.2. Morphologie particulière et fonctions de chaque caste .................................. 6 I.1.3. Cycle de développement de l'abeille............................................................... 9 I.2. Importance des abeilles ....................................................................................... 10 I.2.1 Rôle écologique de l'abeille ........................................................................... 10 I.2.2. Productions de la ruche ................................................................................. 11 I.2.3. Rôle de l'abeille en médecine humaine et en cosmétique ............................. 11 I.3. Maladies et nuisibles des abeilles ....................................................................... 12 I.3.1.

Maladie du couvain .................................................................................. 12

I.3.1.1. Loque américaine ....................................................................................... 12 I.3.1.2. Loque européenne ...................................................................................... 13 I.3.1.3. Mycoses ..................................................................................................... 13 I.3.2. Maladies des abeilles adultes ........................................................................ 15 I.3.2.1. Acariose ..................................................................................................... 15 I.3.2.2. Nosémose ................................................................................................... 17 I.3.3. Maladies du couvain et des abeilles .............................................................. 18 xiii


I.3.3.1. Varroase ..................................................................................................... 18 I.3.3.2. Intoxications : ............................................................................................ 18 I.3.3.3. Nuisibles (Prédateurs, insectes et acariens) des abeilles ........................... 19 II. APICULTURE AU SENEGAL ............................................................................... 21 II.1. Historique de l’apiculture au Sénégal ................................................................ 21 II.2. Importance socio-économique de l’apiculture sénégalaise ............................... 22 II.3. Zones apicoles et types d'apicultures au Sénégal .............................................. 22 II.3.1. Zones apicoles au Sénégal ........................................................................... 22 II.3.2. Types d'apiculture ........................................................................................ 23 II.3.2.1. Apiculture traditionnelle ........................................................................... 23 II.3.2.1.1. Chasse des abeilles ................................................................................ 23 II.3.2.1.2. Elevage traditionnelle des abeilles ........................................................ 24 II.3.2.1.3. Elevage moderne ................................................................................... 24 II.4. Apiculture dans l'économie du Sénégal ............................................................. 24 II.4.1. Productions apicoles .................................................................................... 24 II.4.2. Importations et exportations des produits apicoles ..................................... 26 II.5. Contraintes majeures de l'apiculture sénégalaise ............................................... 26 CHAPITRE 2 : GENERALITES SUR LA VARROASE ............................................ 28 I.

DONNEES GENERALES SUR LA VARROASE ............................................... 28

II.

ETUDE DU PARASITE .................................................................................... 29

II.1. Morphologie externe du parasite ....................................................................... 29 II.2. Biologie du parasite ........................................................................................... 30 III.

ACTION DU PARASITE SUR LES ABEILLES ............................................. 33

III.1. Actions pathogènes directes ............................................................................. 33 III.1.1. Action sur l'abeille...................................................................................... 33

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III.1.2. Action sur la colonie .................................................................................. 34 III.2. Actions pathogènes indirectes .......................................................................... 35 IV.

EPIDEMIOLOGIE DE LA VARROASE .......................................................... 36

IV.1. Epidémiologie descriptive : Situation de la Varroase en Afrique .................... 36 IV.2. Epidémiologie analytique ................................................................................. 38 IV.2.1. Sources du parasite .................................................................................... 38 IV.2.2. Modes de transmission ............................................................................... 38 IV.2.3. Réceptivité et sensibilité des colonies ..................................................... 39 V. ETUDE CLINIQUE DE LA VARROASE ........................................................... 39 VI.

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT DE LA VARROASE ................................ 40

VI.1. Diagnostic de la Varroase par estimation du niveau d'infestation ................... 40 VI.1.1. Estimation dans le couvain operculé ......................................................... 41 VI.1.2. Estimation directement sur les abeilles adultes ......................................... 42 VI.1.3. Estimation de l'infestation par les chutes naturelles des varroas ............... 43 VI.2. Traitement de la Varroase ................................................................................ 44 VI.2.1. Traitement acaricides ................................................................................. 44 VI.2.1.1. Molécules de synthèses ........................................................................... 44 VI.2.1.2. Molécules naturelles ............................................................................... 45 VI.2.1.3. Méthodes biotechnologiques de lutte ..................................................... 48 VI.3. Résistance de Varroa sp. aux acaricides ......................................................... 49 DEUXIEME PARTIE : ETUDE EXPERIMENTALE .............................…...............49 CHAPITRE 1 : ZONE D'ETUDE, MATERIEL ET METHODES ............................. 51 I.

ZONE ET PERIODE DE L'ETUDE ...................................................................... 51 I.1. Région de Dakar .................................................................................................. 51 I.2. Région de Thiès................................................................................................... 53

II.

MATERIEL ET METHODES ........................................................................... 53 xv


II.1. Matériel .............................................................................................................. 53 II.2. Méthodes ............................................................................................................ 56 II.2.1- Echantillon et échantillonnage .................................................................... 56 II.2.2- Questionnaire et méthode d’enquête ........................................................... 56 II.2.3- Prélèvements des échantillons .................................................................... 56 II.2.4. Identification des acariens au laboratoire .................................................... 57 II.2.5. Traitement analyse des données .................................................................. 58 CHAPITRE 2 : RESULTATS, DISCUSSION ET RECOMMANDATION ............... 59 I-

RESULTATS ......................................................................................................... 59 I.1. Pratiques apicoles ................................................................................................ 59 I.1.1. Caractéristiques des apiculteurs .................................................................... 59 I.1.2. Nombre de colonies par ruchers ................................................................... 60 I.1.3. Types et position de la ruche par rapport au sol ........................................... 61 I.1.4. Types de production...................................................................................... 62 I.1.5. Niveau de production de miel ....................................................................... 63 I.1.6. Proximité et distance des champs horticoles et maraîchers .......................... 64 I.1.7. Technique de multiplication du cheptel ........................................................ 64 I.2. Contraintes des apiculteurs ................................................................................. 65 I.3. Etat sanitaire des abeilles .................................................................................... 66 I.3.1. Etat des ailes ................................................................................................. 66 I.3.2. Abeilles à abdomen raccourci ....................................................................... 67 I.3.3. Traitements contre Varroa sp. par les apiculteurs ........................................ 67 I.4. Infestation à Varroa sp. : ................................................................................. 67 I.4.1. Niveau d’infestation à Varroa sp. ................................................................. 67 I.4.2 Espèces de Varroa identifiées et abondance spécifique de chacune d'elle dans les colonies ............................................................................................................. 68 xvi


I.4.3. Le lien entre le nombre de Varroa sp. et l’état de la colonie ....................... 68 I.4.4. Infestation et quantité de miel produit .......................................................... 69 I.4.5. Infestation à Varroa sp. et types de ruches ................................................... 69 I.4.6. Infestation et les positions de ruches ........................................................... 69 I.4.7. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles à abdomen raccourci .......... 70 I.4.8. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles aux ailes atrophiées ............ 71 I.4.9. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles aux ailes déformées ............ 71 III.

DISCUSSION ..................................................................................................... 72

III.1. Limites de l’étude ............................................................................................. 72 III.2. Les pratiques apicoles....................................................................................... 72 III.2.1. Caractéristiques socio-démographiques des apiculteurs ............................ 72 III.2.2. Types et positions des ruches par rapport au sol ........................................ 73 III.2.3. Technique de multiplication du cheptel ..................................................... 74 III.2.4. Proximité et distance de champs arboricole ou maraîcher ......................... 75 III.2.5. Etat sanitaire des abeilles ........................................................................... 76 III.2.5.1. Etat des ailes et de l’abdomen ................................................................. 76 III.2.5.2. Traitements contre Varroa sp. par les apiculteurs .................................. 76 III.2.6. Infestation à Varroa sp. .............................................................................. 76 III.2.6.1. Le lien entre le nombre de Varroa sp. et l’état de la colonie .................. 77 III.2.6.2. Infestation à Varroa sp. et quantité de miel produit par ruche .............. 78 III.2.6.3. Infestation et position de ruches .............................................................. 78 III.2.6.4. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles aux formes anormales ... 78 IV.

RECOMMANDATIONS ................................................................................... 79

IV.1. Aux apiculteurs ................................................................................................ 79 IV.2. Au ministère ..................................................................................................... 79

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IV.3. Aux chercheurs ................................................................................................. 80 CONCLUSION GENERALE ....................................................................................... 81 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ...................................................................... 84 ANNEXES .................................................................................................................... 98

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INTRODUCTION Au Sénégal, le secteur de l’élevage est considéré comme l’un des leviers de l'économie nationale. Compte tenu de la population qui en dépend directement mais aussi de sa dimension stratégique en matière de sécurité alimentaire, et de sa contribution dans la régulation des équilibres macroéconomiques et sociaux, il constitue un secteur-clé pour le développement économique et social du pays. Il présente un potentiel important en termes de richesses et de création d’emploi avec une contribution d’environ 28,2% du revenu des ménages au niveau national. Plus des deux tiers (73,9%) des ménages ruraux pratiquent cette activité contre 26,1% en milieu urbain (ANSD, 2013). En 2013, un recensement des espèces animales élevées a mis en évidence 3 464 000 bovins, 6 088 000 ovins, 5186 000 caprins, 386 000 porcins, 537 000 équins, 458 000 asins et 4 800 camelins. Selon la disponibilité des potentiels fourragers et la conduite associée, l’élevage se décompose en trois principaux types. L’élevage extensif appelé encore l’élevage pastoral, est caractérisé par l'exploitation des grands espaces à travers la mobilité du cheptel et une faible intégration aux marchés. Ce système concerne 32% des bovins et 35% de petits ruminants (Castaneda, 2005). Les pâturages naturels constituent l'apport essentiel de l'alimentation. L’élevage semi-extensif, rencontré plus au Centre et au Sud du pays (Broutin et Diokhane, 2000) consiste en une amélioration du système précédent notamment par une conduite qui tend vers la sédentarisation et l’intensification. Il se caractérise aussi par un apport en intrants (complémentations, médicaments, etc.) et une amélioration du potentiel génétique des races locales exploitées. Enfin, le système intensif est caractérisé d’une part par l’élevage de case en raison du manque de pâturages et d’autre part par l’acquisition d’animaux maigres afin de les engraisser sur une courte période (Tourrand, 1987). Toutefois, ces systèmes sont confrontés à des contraintes qui freinent leur plein essor, notamment les aléas climatiques, l’expansion agricole, qui précarisent l’accès aux ressources pastorales et compromettent la mobilité. Ces contraintes sont aussi liées à des intrants (complémentations, médicaments…) avec parfois des prix prohibitifs, l’insuffisance des infrastructures et équipements.

1


Face à cette situation, de nouveaux paradigmes naissent en matière d'élevages avec des espèces animales à cycle de reproduction et de production courts ; d’élevage facile et praticable avec très peu d'intrants. Parmi ceux, l’apiculture figure et occupe de plus en plus une place considérable. Cette pratique en plus des produits de la ruche (miel, cire etc.) joue un rôle écologique important dans la pollinisation des différentes plantes à fleurs cultivées ou sauvages. De ce fait, elle contribue activement dans l’économie nationale, au développement et à la sauvegarde de la biodiversité des écosystèmes (Paterson, 2008 ; Clement, 2009). Cependant, l’apiculture se trouve confrontée à plusieurs contraintes d’ordre environnementales, chimiques (produits phytosanitaires), biologiques (bactéries, virus, parasites, prédateurs…) qui limitent son développement et donc à une répercussion drastique sur la production (Vidal-Narquet, 2011). Parmi les pathogènes et prédateurs des abeilles, Varroa sp. est considéré comme un redoutable fléau de l’apiculture dans le monde du fait des nombreuses pertes de production à travers ses effets directs et indirects sur les colonies d'abeilles. Ses effets directs vont en plus de l’action mécanique qu’il engendre, une action spoliatrice d’hémolymphe lors de la nutrition, une action mutilante, d’une baisse de la fertilité chez les faux-bourdons mais aussi de la réduction de l’espérance de vie. Enfin, par ses effets indirects, l’acarien peut être vecteur d’agents pathogènes, en particuliers des virus et des bactéries (Wendling, 2012). Nonobstant, au Sénégal comme dans la plupart des pays en Afrique de l’Ouest, aucune donnée n'est disponible pour mesurer l'importance de l'infestation à ce parasite afin d'évaluer l'impact sur la production. Mais compte tenu des pratiques apicoles au Sénégal, il serait possible que les colonies d'abeilles soient infestées par ce parasite. C'est donc pour vérifier cette hypothèse que ce travail a été conduit et vous sera présenté en deux parties. La première partie est une revue bibliographique et aborde l'abeille et l'apiculture au Sénégal dans un premier chapitre ; le second chapitre est une description des généralités sur la varroase. La deuxième partie est notre travail personnel.

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PREMIERE PARTIE : ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

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CHAPITRE 1 : ABEILLES ET APICULTURE AU SENEGAL

I. ABEILLES I.1. Biologie des abeilles et fonctions de chaque caste I.1.1. Taxonomie et morphologie générale de l'abeille I.1.1.1. Taxonomie de l'abeille Toutes les espèces animales et végétales connues sont classées selon des normes bien définies. En ce qui concerne les abeilles, elles appartiennent à la classe des insectes, ordre des Hyménoptères, superfamille des Apoidea. Selon les zoologistes, il s'agit d'abeilles solitaires ou sociales qui se nourrissent de nectar ou de pollen. Les abeilles sont regroupées dans sept principales familles dont la famille des Apidae. Les Apidae sont subdivisées en trois sous-familles dont celle des Xylocopinaes, des Nomadinae et des Apinae. La sous-famille des Apinae possède 19 tribus incluant les Apini, abeilles mellifères sur lesquelles portent nos travaux (Bradbear, 2010 ; Eardley et al., 2010). La tribu Apini avec un seul genre, Apis constitue les véritables abeilles mellifères, au comportement social, qui établissent des colonies permanentes et stockent des quantités importantes de miel comme réserves alimentaires de la colonie. Elles sont parmi les sociétés du règne animal les plus évoluées et sont caractérisées par la présence d’individus sexués (reine et faux bourdons) et d’individus stériles (les ouvrières) morphologiquement différents (Léoncini et al., 2002 ; cité par Nombre, 2003). Le genre Apis comporte 11 espèces d’abeilles mellifères toutes sociales que sont Apis dorsata, Apis cerana, Apis florea, Apis mellifera, Apis Andreniformis, Apis binghamin, Apis breviligula, Apis laboriosa, Apis nuluensis, Apis nigrocincta, Apis koschevnikovi (Bradbear, 2010). Quelques-unes de ces espèces ont été domestiquées par l’homme pour la production de miel et ses dérivés. Au niveau de l’Afrique de l’Ouest, donc au Sénégal, la production de miel est assurée principalement par l’espèce Apis mellifica adansonii. Elle se multiplie très vite et a tendance à l’essaimage (USAID, 2010). 4


I.1.1.2. Morphologie générale de l'abeille Le corps de l’abeille est recouvert d’une carapace très légère mais très solide ; l'exosquelette comprenant un hypoderme et une cuticule où l’on trouve de la chitine (souple et perméable), de la cuticuline (rigide et imperméable) et de la mélanine. Cet exosquelette confère à l’insecte sa rigidité et permet l’ancrage des différents muscles. Il la protège des intempéries et des prédateurs. Le corps de l’abeille se divise très nettement en trois régions principales : la tête, le thorax et l’abdomen (Biri, 2010 et Asma, 2015).

Figure 1 : Morphologie générale de l’abeille Apis mellifera (Adam, 2010, modifié) 5


 La tête Elle comporte les pièces buccales, les glandes associées et les pièces sensitives majeures : les yeux (avec deux grands yeux et trois yeux simples ou ocelles), les antennes et les poils sensitifs (Asma, 2015).  Le thorax Il est divisé en trois segments fusionnés qui portent chacun une paire de pattes et les deux segments postérieurs portent chacun une paire d’ailes membraneuses. Les pattes antérieures se prolongent par deux crochets et par un organe adhésif, qui permettent à l’abeille de s’accrocher à n’importe qu’elle surface. Les pattes médianes sont munies d’une échancrure garnie de poils courts rigides jouant le rôle de peigne que l’insecte utilise pour nettoyer ses antennes. Les pattes postérieures sont aménagées en corbeilles qui servent à la récolte et le transport du pollen (Winston, 1993).  L’abdomen L’abdomen est généralement velu et contient les organes internes ainsi que le dard. Il est constitué de 7 segments visibles reliés entre eux par une membrane inter segmentaire. Chaque segment comporte une plaque dorsale et une plaque ventrale reliées par des membranes qui permettront une expansion de l’abdomen quand l’abeille est gorgée de miel, de nectar ou d’eau (Asma, 2015).

I.1.2. Morphologie particulière et fonctions de chaque caste Apis mellifera, insecte bourdonnant, inlassable, butineur et collecteur de miel, est un insecte social vivant en essaim. Celui-ci comportent jusqu’à 70 000 individus répartis en 3 castes (figure 2) dont les tâches sont bien définies et varient au cours de leur existence. Ces castes se constituent de la reine, les ouvrières et les mâles ou faux bourdons (Von frisch, 2011).

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Figure 2 : Morphologie particulière des différentes castes d’abeilles (Api-culture.ch, 2015, modifié)

 Faux bourdons Ils sont issus d’œufs non fécondés et éclosent au bout de 20 à 25 jours. Leur morphologie est proche de celle des ouvrières avec un corps plus trapu. Leur grande taille, leur thorax et leurs yeux composés très développés leurs procurent de bonnes aptitudes au vol et à l’orientation, ce qui est indispensable pour repérer une reine à grande distance. Ils possèdent un segment supplémentaire sur chacune des antennes qui leurs permettent d’avoir davantage de qualité sensorielle. Il n’y a aucun risque de piqûre puisqu’ils sont démunis de dard. Ils ne peuvent pas non plus participer à la récolte des produits de la ruche car morphologiquement ils ne possèdent pas de plaques cirières ni de système adapté à la récolte du pollen et de nectar (Le Conte, 2004 ; Asma, 2015). Ils sont chargés d'assurer la fécondation de la reine ce qui justifie leur présence généralement qu’à cette période. Mais dans le cas contraire, leur espérance de vie ne saurait dépasser environs les 60 jours. Ils participeraient aussi à la 7


thermorégulation du couvain grâce à leurs ailes très large ou aider à répartir le nectar (Vandame, 1996 ; Page et Peng, 2001 ; Baer, 2005).  Reine La reine se développe au bout de 14 à 15 jours après la ponte d’un œuf dans une cellule spécifique et vie en moyenne 3 à 5 ans. Elle est la seule femelle de la ruche sexuellement fertile et est morphologiquement plus volumineuse que les autres castes de la colonie. Elle se distingue aussi des autres par ses pièces buccales plus courtes, des pattes dépourvues d’organes de récolte de pollen et l’absence de glandes cirières. Son abdomen est long et effilé, et les ailes sont plus courts que ce dernier. Elle est nourrit et entretenue exclusivement de gelée royale par les ouvrières et assure la pérennité de la colonie à travers la ponte de 1500 à 2000 œufs par jour en fonction de plusieurs paramètres dont son âge, la force de la colonie, de l’espace disponible, des conditions extérieurs. La fécondation à lieu au cours du vol nuptial 5 à 6 jours après son éclosion et par beau temps. En cas de mauvais temps, ce vol ne peut plus avoir lieu qu'après le 10éme jour et la reine devient bourdonneuse (Le Conte, 2004). Par l’émission de phéromones spéciales, elle assure aussi une cohésion au niveau de la colonie. Par exemple, lors du vol nuptial, la reine sécrète certaines phéromones qui vont attirer les mâles. D’autres phéromones empêchent la construction de cellules royales ou inhibent le développement des ovaires des ouvrières (Le Conte, 2004 ; Asma, 2015).  Ouvrières Elles sont plus nombreuses et de petites tailles. Dans la ruche, leur nombre varie entre 50 000 et 80 000

soit environ 95 %

de la population de la colonie. Elles se

développent au bout de 18 à 22 jours. Elles sont issues d’œufs fécondés comme la reine mais leurs ovaires restent atrophiés à cause de la phéromone royale qui inhibe leur fonctionnement. Elles sont caractérisées par : -

un appareil génital atrophié ;

-

un appareil buccal de type broyeur-lécheur ; 8


-

un appareil collecteur de pollen localisé sur la paire de pattes postérieur ;

-

deux glandes particulières, les glandes nourricières et les glandes cirières situées sous l’abdomen ;

-

un appareil venimeux muni d’un aiguillon qui sert à la défense de la colonie.

Dans une colonie, les activités auxquelles s’adonne une ouvrière dépendent essentiellement de son développement physiologique. Ainsi elles accomplissent les activités suivantes : après l'éclosion, les ouvrières restent dans la ruche où elles effectuent des tâches de ménage pendant une dizaine de jours, puis elles commencent à sécréter de la gelée royale et nourrir les jeunes larves. Entre le 10ème et 20ème jour environ, les jeunes ouvrières sont cirières ou maçonnes et construisent de nouveaux rayons, réceptionnent le nectar et le pollen. A la fin de cette période, elles font leurs premiers vols d'orientation mais ne s'éloignent guère de la ruche. Pendant une courte période, les ouvrières donnent l'alerte et piquent les intrus, car elles sont alors gardiennes. A partir du 20ème jour et jusqu'à la fin de leurs jours (environ 5 à 6 semaines), les ouvrières sont butineuses de nectar et de pollen et peuvent aussi approvisionner la ruche en eau et en propolis (Le Conte, 2004 ; Spürgin, 2008 ; Adam, 2013 et Zerck, 2013). I.1.3. Cycle de développement de l'abeille L’abeille, tout au long de son cycle de développement, passe par différents stades, jusqu’à atteindre sa morphologie adulte. La reine, après fécondation par plusieurs faux bourdons lors du vol nuptial, pond un œuf. Cet œuf devient alors une larve, puis une nymphe et enfin s’il était fécondé, diploïde, donne une reine ou une ouvrière selon la qualité et la quantité de nourriture consommée (Rambold et al., 1980 ; Prost et Le Conte, 2005), et s’il n’était pas fécondé, haploïde, donne un mâle à travers un mécanisme de reproduction appelé parthénogénèse. Dans certains cas, il peut arriver qu’une reine n’étant pas suffisamment fécondée épuise son stock de spermatozoïdes contenu dans son spermathèque. Dans de telles situations, tous les œufs pondus après cet épuisement du stock seront haploïdes donc donneront des faux bourdons : la colonie est dite bourdonneuse et est appelée à mourir (Adam, 2010 et Von Frisch, 2011). 9


Figure 3 : Cycle de développement de l'abeille (Abiho Catanques, 2016, modifié)

I.2. Importance des abeilles I.2.1 Rôle écologique de l'abeille En plus de leur rôle de production de miel, de la gelée royale, de la cire, du pollen et de propolis, les abeilles ont une mission économiquement plus importante : la pollinisation qui permet aux plantes de se reproduire. En effet, en Afrique de l'Ouest, le service écosystémique lié à la pollinisation des cultures par les insectes est estimé à 5 milliards d'euro chaque année (Gallai et al., 2009) et parmi les insectes pollinisateurs les abeilles sont considérées comme les principaux acteurs vue qu'elles contribue à environ 80% de cette activité. En butinant de nombreuses espèces de plantes à fleurs, les insectes pollinisateurs favorisent le développement en quantité et en qualité des fruits et des graines produits par les plantes. Toutes les graines et tous 10


les fruits sont essentiels pour perpétuer les espèces végétales, ainsi que pour nourrir de nombreuses variétés d’oiseaux, d’insectes et de mammifères. Elles ont donc un impact positif sur les relations écologiques, la conservation des écosystèmes et leur stabilité, la variation génétique dans la communauté des plantes et la diversité florale d’où leur rôle de bio indicateur de la santé de l’environnement (Le Conte et Navajas, 2008 ; Clement, 2009 et Bradbear, 2010). I.2.2. Productions de la ruche Les abeilles produisent de la cire grâce à leurs glandes cirières pour confectionner les alvéoles hexagonaux qui sont agencés en rayons et suspendus à un support. Ces alvéoles leurs servent de stockage du pollen qui constitue l’essentiel de la nourriture des larves et de cellules pour la ponte des œufs. La cire est une substance liquide qui, à la température ambiante devient solide. A partir du nectar des fleurs, les abeilles produisent aussi du miel qui sera stocké dans les alvéoles et fermés par un opercule, et servira de réserve à la colonie pour la mauvaise saison. Elles produisent de la Gelée royale, un mélange complexe de sucres, de protéines et de lipides), qui est la nourriture essentielle de toutes les larves d’abeilles jusqu’au 3émé jour d’âge, et des reines tout au long de leur existence. Elles produisent aussi de la propolis qu’elles utilisent principalement pour réparer les fissures et combler les interstices de leur habitation. Enfin, les abeilles produisent du venin qu’elles utilisent contre leurs ennemies (Paterson, 2008 ; Ayme, 2014). I.2.3. Rôle de l'abeille en médecine humaine et en cosmétique Elles sont aussi utilisées pour les propriétés thérapeutiques de leur venin par l’homme notamment pour immuniser des personnes ayant développé une allergie aux piqûres d’abeilles ou encore dans le traitement des rhumatismes, de la goutte etc. (Paterson, 2008). Le miel est aussi utilisé pour soigner des brûlures et des plaies (Pascal, 2009). La cire est employée de même en pharmacie et en cosmétique. Depuis longtemps, elle entre dans la composition des pommades (Armin, 2010).

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I.3. Maladies et nuisibles des abeilles Comme toutes les espèces animales, les abeilles sont sujettes à diverses agressions. En effet, des bactéries, des parasites, des virus, des agents physiques ou chimiques sont capables de déclencher chez elles des maladies pouvant être classées en trois types dont les maladies du couvain, les maladies des abeilles adultes et les maladies communes au couvain et aux abeilles adultes (Fernandez et Coinneau, 2007). En plus, ces abeilles sont victimes d’ennemies intervenant comme prédateurs ou en perturbant la vie de la colonie. I.3.1. Maladie du couvain Ce sont des maladies qui affectent les abeilles aux stades œuf, larve ou nymphe. Elles ont des conséquences dramatiques car la ruche aura un déficit de jeunes abeilles. Si le problème persiste, il y aura pas de relève des butineuses en fin de vie et sans intervention, il mènera à la disparition de la colonie. I.3.1.1. Loque américaine Cette maladie grave et contagieuse est due par une bactérie sporulant appelée Paenibacillus larvea. Elle affecte les larves des trois castes de la ruche et les tuent dans la cellule de couvain. La dissémination est faite par les nettoyeuses dans la ruche et par les butineuses à l’extérieur de la ruche à partir des spores très résistantes de la bactérie. Les cadres de couvain des colonies infectées ont un aspect en mosaïque. Cette diffusion de la maladie peut aussi être effectuée par le transfert de la cire, des échanges de matériels contaminés entre particuliers ou apiculteurs. Les larves et pupes infectées passent du brun crémeux au brun foncé avec un aspect visqueux ou gluant. Une odeur caractéristique se développe à un stade avancé de l’infection, puis le couvain malade se dessèche par la suite pour former des écailles caractéristiques très adhérentes au fond de l’alvéole. La formation d’une larve filante est l'un des signes caractéristiques de la maladie et précède la formation des écailles. Le diagnostic est essentiellement basé sur les signes cliniques et l’identification de l’agent pathogène au laboratoire (Diaz et Chauzat, 2014).

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Un traitement à base d’antibiotique tel que la tétracycline, la streptomycine ou la terramycine est bien possible selon le stade de développement de la maladie dans la colonie. De ce fait, une colonie avec quelques cellules loqueuses pourra être traitée. Mais la présence de spores nécessitera le transvasement des abeilles dans une autre ruche saine avant de les traiter. Il faut aussi désinfecter minutieusement tous les objets qui ont été en contact avec la ruche malade. Dans le cas d’une ruche à colonie très infectée, il sera d’obligation de détruire par le feu cette dernière (Adjlane, 2012). I.3.1.2. Loque européenne C’est une maladie bactérienne grave et contagieuse due à Melissococcus plutonius associé à Bacillus alvei ou Streptococcus apis ou encore Achromobacter eurylice dont la prédominance de l’un ou de l’autre peut donner un aspect différent du couvain. Elle affecte les trois castes de couvain et est cosmopolite. Elle touche principalement le couvain ouvert et entraîne des mortalités larvaires plus ou moins importantes aboutissant généralement à l’affaiblissement de la colonie par défaut de renouvellement. La dissémination des bactéries au sein de la colonie du rucher et des ruchers environnants est assurée par les ouvrières du nid à couvain. Ces dernières contractent ces bactéries lors des contacts entre les larves et alvéoles. Elle est caractérisée par des larves montrant des positions aberrantes, flasques, affaissées, de couleur jaunâtre claire à brun qui évoluent en une masse semi-liquide et des écailles de couleur brun foncé non adhérentes aux parois des cellules : à l’échelle de l’alvéole ; et à l’échelle de la colonie, le couvain est en mosaïque et dégage une odeur aigre ou moisi, parfois acide comme le vinaigre. Pour le diagnostic, l’envoi au laboratoire d’un prélèvement de couvain est nécessaire pour une bactérioscopie et/ou une PCR ; un kit de détection rapide (kit EFB Vita-Swarm) peut aussi être effectué. Comme la loque américaine, un traitement à base d’antibiotique est aussi possible et est identique (Adjilane, 2012 ; Ordonneau, 2013). I.3.1.3. Mycoses Ce sont des maladies dues à des champignons. Chez l’abeille, la mycose la plus fréquente est Ascosphérose. Une seconde, plus rare, est nommée Aspergillose. Ces

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champignons affectent le couvain et entraînent une dépopulation de la colonie favorisant l’apparition d’autres maladies (Ballis, 2016). L’ascophérose, encore appelée maladie du couvain plâtré, ou encore couvain calcifié ou couvain dur est provoquée par un champignon Ascosphera apis. Toutes les castes (ouvrières, mâles et reines) et tous les âges de larve peuvent être touchés. Les spores du champignon sont ingérées par les larves âgées de 3 à 4 jours avec la nourriture. La propagation se fait par les spores de ce champignon avec deux voies de contamination. La voie buccale est la plus fréquente, elle se fait par ingestion de la nourriture souillée. Cependant, il y a également la voie transcutanée qui affecte au début l'intestin moyen des abeilles et finit par envahir l'organisme entier. La diffusion de l’ascosphérose entre les colonies se fait lors de pillage, de dérive et lors des manipulations apicoles. L’apparition de cette pathologie est favorisée par une température basse et par des conditions d’humidité importante. Elle se manifeste par un couvain apparaît clairsemé, en mosaïque : c’est-à-dire beaucoup d’alvéoles vides au sein du couvain (les nourrices ont en effet évacué une grande partie de larves mortes) et non compact avec une répartition aléatoire des larves d’âges différents. Devant la ruche ou sur la planche d’envol on observe des larves momifiées, dures et blanche. La pathologie provoque également la formation autour des larves d’un amas cotonneux de filaments mycéliens blancs qui occupe l’alvéole (Spiltoir, 1955 ; Thorstensen, 1976 ; Bamford et Heath, 1989 ; Guilliford, 1994 : cité par Adjlane, 2012 ; Ballis, 2016). Il y’a pas de traitement pour lutter contre la maladie. Pour la prévention, les ruches doivent être posées dans des endroits pas trop humides ; lutter contre les infiltrations et vérifier l’étanchéité du toit. Dans les cas d’infestation, l’apiculteur doit enlever les rayons fortement infestées (cas des infestations légères) soit détruire ou transvasée la colonie sur du matériel neuf ou désinfecté (cas des fortes infestations), (Taber, 1986 ; Stace, 1994 : cité par Adjlane, 2012). Quant à l’aspergillose ou couvain pétrifié, elle est provoquée par le champignon Aspergillus flavus. Elle se manifeste de façon identique à l’ascophérose à la différence que les larves momifiées collent fortement aux parois des cellules et ne peuvent être évacuées par les ouvrières ; le couvain pétrifié est blanc jaunâtre à l’absence de spores 14


ou jaune verdâtre à la formation de spores. Cette maladie est rare, mais présente un risque pour l’homme et peut entraîner une affection pulmonaire grave : l’aspergillose humaine. Les colonies atteintes doivent être anéantis et les cadres brûlés (Ballis, 2016). I.3.2. Maladies des abeilles adultes I.3.2.1. Acariose C’est une maladie parasitaire et contagieuse des voies respiratoires de l’abeille domestique adulte Apis mellifera et des autres espèces du genre Apis. Ce parasite peut toucher les trois castes de la colonie d’abeille. Cette maladie est due à un acarien microscopique mesurant 150 µm et connue sous le nom d’acarien trachéal, Acarapis woodi. Le parasite se nourrit de l’hémolymphe en perforant la trachée des abeilles adultes, se reproduit dans les grandes trachéales prothoraciques et ne sort à l’extérieur que pour infester de nouvelles colonies. Il peut être retrouvé également dans les sacs aériens situés au niveau de la tête, du thorax et de l’abdomen. Les actions pathogènes de l’acariose à l’échelle de la colonie dépendent essentiellement du nombre d’abeilles parasitées. En effet, lors des infestations importantes, les parasites occasionnent des dommages mécaniques, des désordres physiologiques consécutifs à l’asphyxie causée par l’obstruction des conduits aériens, aux lésions dans les parois des trachées et à la déperdition de l’hémolymphe par action spoliatrice. Enfin, ils peuvent jouer un rôle vecteur par inoculation des germes pathogènes et notamment virus comme par exemple l’Acute Paralysis Virus (APV) ou des bactéries. La propagation de la maladie s’effectue par contact direct entre les abeilles et est donc favorisée par la dérive ou erreurs de vol, les abeilles infestées qui à l’occasion pénètre dans une autre ruche, l'essaimage ou encore par les transhumances. Il n’existe pas de signes cliniques spécifiques et au début, la maladie passe habituellement inaperçue. Mais néanmoins, il y a lors des fortes infestations, au niveau de la ruche des traînardes et des abeilles mortes en nombre plus ou moins important, des vols particulièrement pénibles pouvant engendré des chutes devant la ruche, des abeilles avec des ailes dissymétriques ou en position anormale, des abeilles accrochées

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aux brins d’herbes et des traces de diarrhées ; au niveau de la colonie, il y a une dépopulation voire un effondrement de la colonie dans les cas plus sévères. L’absence de signes spécifiques de l’acariose fait que le diagnostic clinique ne peut pas être certain. Seul le diagnostic de laboratoire permet de confirmer avec précision la maladie. Pour se faire, un échantillon de 50 abeilles est prélevé au hasard à partir de colonies suspectes et on observe au microscope les trachées pour mettre en évidence la présence d’Acarapis woodi. Un diagnostic avec la méthode immuno-enzymatique (ELISA) est aussi possible mais n’est recommandée que pour des examens préliminaires. Pour le traitement, toutes les ruches du rucher doivent être traitées par un Acaricide actif sur A. woodi adulte (OIE, 2005 ; Ayme, 2014 et Moghli, 2015). Plusieurs molécules comme : le menthol, le thymol, l’acide formique et des substances chimiques comme l’amitraz, le fluméthrine et le fluvalinate permettent de traiter la pathologie (Dawicke et al., 1992).

Figure 4 : Acarapis woodi dans la trachée d’une abeille (Diaz et Chauzat, 2014) 16


I.3.2.2. Nosémose C’est une pathologie grave, très contagieuse répandue dans le monde entier et qui affecte les trois castes d’abeilles au stade adulte. Elle est due à un champignon microscopique unicellulaire du genre Nosema. Présentement, deux espèces de ce parasite ont été décrites chez les abeilles. Nosema apis affecte l’abeille Apis mellifera et Nosema ceranae affecte les abeilles Apis cerana. Les pathologies associées à l’infection par Nosema ceranae sur les abeilles sont pas bien connues. Quant à Nosema apis, il s'agit d'un parasite exclusif des cellules épithéliales du ventricule des abeilles adultes, qui sporule, se dissémine, et se développe dans sa forme végétative. Les spores peuvent résister pendant plus de 3 à 4 ans dans le milieu extérieur dans des cadavres d’abeilles infectées, les fèces des abeilles, le miel, etc. Les abeilles infectées, en déféquant vont libérer des spores dans la ruche qui infecteront leurs congénères lors du nettoyage ou en s’alimentant avec les réserves contaminées. Cette infection peut aussi se propager au gré des dérives, des pillages, des erreurs des faux bourdons ou par utilisation de matériel souillé. Les abeilles fortement infectées ne peuvent plus digérer convenablement leur nourriture. Cela est la conséquence du syndrome de malabsorption due à la pathogénie du parasite sur les cellules épithéliales de l’abdomen. Il en résulte alors un appauvrissement de l’hémolymphe par destruction protéinique, sécrétion de gelée royale de moindre qualité, une diarrhée, un abdomen ballonné entrainant chez les abeilles une incapacité de voler et leur vie compromise. Si la reine est atteinte, la production des œufs baisse ainsi que sa longévité et la colonie envisagera à la remplacer. La nosémose ne peut être diagnostiquée que par identification de l’agent pathogène soit au microscope pour observer les spores, soit par la PCR. Il n'y a aucun traitement curatif contre la maladie. Néanmoins après une déclaration de nosémose, une désinfection par de l’acide acétique ou encore par chauffage à 60 °C pendant 15 min du matériel apicole est plus que nécessaire (OIE, 2008 et Ayme, 2014). En prévention, les colonies doivent être mises dans des conditions qui leurs permettrons un solide développement tout au long de la saison. En période de 17


production, les ruchers doivent être dans des lieux secs et ensoleillés. La désinfection du matériel apicole sera une mesure efficace pour détruire les spores de Nosema (Vaillant, 1989).

I.3.3. Maladies du couvain et des abeilles Ce sont des maladies communes au couvain et aux abeilles adultes : I.3.3.1. Varroase Considérée actuellement comme le fléau le plus drastique et le plus répandu de l’apiculture mondiale, elle est due à 4 espèces de varroas et sera développée dans le chapitre 2.

I.3.3.2. Intoxications En butinant les plantes traitées aux insecticides systémiques, les abeilles seront contaminées lors de la récolte du nectar et du pollen. Ceci va induire chez les butineuses des comportements aberrants tels que des défauts d’orientation lors du vol pouvant entrainer le non-retour à la ruche et des butinages anormaux, des encombrements de la planche d’envol et des comportements de nettoyage exacerbés. Suite à cela, un effondrement de la population de la colonie 4 à 8 jours après le début du butinage s’ensuit. Les petites quantités de produit toxique ramenées à la ruche dans les pelotes de pollen ou dans le nectar récolté seront la source de contamination des jeunes nourrices lors de la fabrication de la gelée royale ou de la bouillie larvaire. Cela engendrera des effets multiples sur leur comportement pouvant aller jusqu’à perturber la construction des rayons, l’incapacité de prendre leur envol d’où la présence de petits groupes d’abeilles rampant sur le sol à proximité de la ruche. De même, les reines alimentées avec cette gelée royale toxique peuvent subir des conséquences graves surtout au niveau de la fertilité entrainant des renouvellements prématurés en dehors des périodes d’essaimage (Christine, 2013 ; Moghli, 2015).

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I.3.3.3. Nuisibles (Prédateurs, insectes et acariens) des abeilles Les abeilles sont des insectes qui sont la proie des prédateurs qui s’intéressent à leurs productions (miel, cire, pollen…) mais aussi aux abeilles elles-mêmes. La fausse teigne est bien connue des apiculteurs, soit lors de la conservation des cadres de hausses ou en dehors des périodes de miellées, en découvrant des colonies atteintes ou encore détruites par la fausse teigne. Il s'agit d'un papillon de nuit avec ses larves qui peuvent causer de gros dégâts aux cadres mais surtout aux ruches. Les larves sont très voraces et se nourrissent des rayons de cire, de pollen, de miel et de résidus de cocons d’abeilles. Elles tissent des galeries à travers la cire et rendent les cadres rapidement inutilisables et se protègent des abeilles par un fil de soie. Il y a deux espèces différentes dont la grande fausse teigne, Galleria mellonella et la petite fausse teigne, Achroea grisella. Le meilleur moyen de prévenir ces attaques est de faire en sorte que les colonies demeurent suffisamment fortes et de retirer tous les rayons de miel que les abeilles ne sont pas en mesure de défendre (Paterson, 2008 et Ballis, 2013). Les fourmis et les termites sont des opportunistes et ne s’attaquent généralement qu’aux colonies faibles mais les dégâts sont rarement importants. Les termites détruisent les ruches en bois posées à terre ou suspendues trop basses. Les fourmis entrainent des désertions de colonie entière surtout lorsque celle-ci est faible. Les margouillats, les lézards et certains oiseaux constituent un groupe de prédateurs des abeilles et les capturent à l’entrée des ruches ou en dehors. Quant aux guêpes, elles attaquent les abeilles à l’entrée de la ruche et les emportent pour les consommer ou en nourrir leurs larves. Mais elles peuvent aussi piller leurs réserves de nourriture notamment le miel (Paterson, 2008 et Moghli, 2015). Parmi les acariens, il y a plusieurs espèces dont le genre Tropilaelaps avec des aires de répartitions géographiques différentes. Ces ectoparasites de l’abeille mellifère Apis mellifera, bien que leurs hôtes naturels soient à l’origine l’abeille asiatique Apis dorsata. Ils ont également été retrouvé sur d’autres espèces d’abeilles comme Apis 19


cerana, Apis florea et Apis laboriosa. Ils se nourrissent du couvain et provoquent une configuration irrégulière du couvain operculé et désoperculé. Ils provoquent également certaines difformités chez les abeilles adultes au niveau des ailes, des pattes ou encore de leur abdomen. Dans les cas d’infestations extrêmes, un effondrement de la colonie peut en suivre. L’infestation se fait de ruche en ruche par contact direct entre abeilles ou par les déplacements du couvain (Ayme, 2014).

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II. APICULTURE AU SENEGAL II.1. Historique de l’apiculture au Sénégal La richesse et l’abondance de la flore mellifère du Sénégal a fait que l'apiculture a longtemps été pratiquée par différents groupes ethniques sur presque toute l’étendue du territoire. Cependant, ces vieilles pratiques apicoles ont connu une évolution allant des méthodes simplistes et fixistes à des méthodes modernes faisant appel à des ruches à cadre mobiles rendant l’apiculture plus rationnelle et plus rentable (Hussein, 2001 et Diouf, 2002). Dès les indépendances, dans les stratégies de développement, l’apiculture a été prise en compte par l’Etat qui a fait appel à l’expertise étrangère (française, Israélienne, Hongroise, etc.). Ainsi, de 1964 à 1971, cinq experts se sont succédé dont quatre israéliens (LINDER, EYTAN, LARY et PELED) et un français (DOUHET) pour le développement de l'apiculture sénégalaise (PADA, 2005). Les experts israéliens qui s'intéressaient à la flore apicole du Sénégal, ont formé les premiers cadres sénégalais et ont fait des expériences sur l'utilisation des ruches modernes particulièrement la ruche David et la ruche Langstroth en fibrociment. A partir de 1971, la filière apicole fut entièrement confiée à l’expertise nationale pour achever les politiques de vulgarisation des techniques apicoles modernes. Dès lors, la Société d’Exploitation des Ressources Animales du Sénégal (SERAS) s’est investi dans l’achat du miel jusqu’à la fin des années 1980. En 1987, la dynamique de développement se remit en marche avec l'avènement de deux Projets sur financement de l’Etat. Le premier est le Projet de Relance de l'Apiculture (PRAP) avec un budget de 242 Millions F.CFA, fut exécuté jusqu'en 1993 avec des résultats jugés très satisfaisants (PADA, 2005). Le second, fondé sur une stratégie de développement des espèces à cycle court, en vue de réduire considérablement la pauvreté en milieu rural est le Projet d'Appui au Développement de l'Apiculture (PADA) élaboré en 1997 et a duré jusqu’en 2000 avec un coût de 250 Millions F. CFA. Du fait de l'impact socioéconomique de l'apiculture en milieu rural, la direction de l’Elevage a proposé de poursuivre les activités du PADA à travers le Centre National d'Apiculture (CNA), situé à Dakar.

21


II.2. Importance socio-économique de l’apiculture sénégalaise Au Sénégal, une ruche donne divers produits aux usages multiples. Le plus connu et plus exploitée est le miel, et secondairement la cire et les produits transformés comme l'hydromel surtout en Casamance. Ces diverses productions apicoles, d’une importance capitale, constitue non seulement une source nutritionnelle mais permet aussi de générer des revenus complémentaires pour des populations essentiellement rurales qui assistent à une dégradation des termes de l’échanges des productions agricoles leur menant à des conditions exécrables (WABI/FI, 2007). De plus, d’autres franges de la population tels que les tailleurs qui confectionnent les tenues des apiculteurs, les vendeurs de bocaux et les revendeurs qui ont assis leur situation sociale dans la commercialisation de ces productions, les menuisiers et les forgerons qui s’activent à la fabrication des matériels apicoles ont tous bénéficié des retombées de la pratique apicole. Au-delà, cette activité de production apicole permet d’absorber beaucoup de jeunes et de femmes en situation de chômage à travers les GIE donc participe considérablement à la réduction de l’exode rural (PNDA, 2005). En outre, l’activité pollinisatrice des abeilles joue un rôle important dans l'agriculture sénégalaise. A travers la pollinisation, les abeilles sont susceptibles d’accroitre le rendement des plantes cultivées. Actuellement, certains cultivateurs modernes s’adonnent à l’élevage des abeilles, ou même louent des ruches des apiculteurs et les posent près de leurs champs. II.3. Zones apicoles et types d'apicultures au Sénégal II.3.1. Zones apicoles au Sénégal Il existe naturellement presque dans tout le territoire Sénégalais des colonies d’abeille avec plusieurs régions climatiques et apicoles sur le territoire. Les meilleures régions pour l’apiculture sont les massifs forestiers des régions de Haute et Basse Casamance et du Sénégal Oriental avec la région de Tambacounda et en particulier le Département de Kédougou (Hussein, 2001 ; Diouf, 2002). Kanouté (2012) a démontré que l’essentiel de la production de miel au Sénégal provient de ces mêmes régions qui bénéficient des conditions écologiques favorables. Ces régions fournissent plus des trois quarts de la production apicole nationale. 22


Figure 5 : Zones apicoles au Sénégal

II.3.2. Types d'apiculture II.3.2.1. Apiculture traditionnelle II.3.2.1.1. Chasse des abeilles C’est une apiculture de cueillette où l’homme se contente de repérer de jour des endroits où se sont établies les colonies d’abeilles sauvages. Ces endroits sont pour la plupart du temps les cavités naturelles des rochers, des arbres, les creux des termitières. Après ce repérage, l'homme pille ensuite la nuit le miel après destruction par le feu et en prélevant indistinctement les gâteaux comportant le miel et le couvain. Elle se pratique généralement en saison sèche et nécessite au préalable d'incendier les essaims pour chasser les abeilles. Cette technique peu régulière, engendre des dégâts bien plus qu’elle ne rapporte. Elle peut être à l’origine de feux de brousse et pouvant aller jusqu’à anéantir des colonies d’abeilles (Ndiaye, 1974 ; Sow, 2000 ; WABI/FI, 2007 ; Keny, 2008). 23


II.3.2.1.2. Elevage traditionnelle des abeilles L’élevage traditionnel des abeilles utilise des pièges à abeilles ou des ruches traditionnelles construites en matériaux locaux tels que des troncs d’arbres évidés de forme cylindrique ou conique placé en position horizontale ; des paniers en paille tressée, de forme conique suspendus en position verticale ; des ruches cylindriques en paille tressée suspendues en position horizontale et enfin des paniers de forme conique suspendus en position horizontale. Cette technique comme la précédente, nécessite la destruction des colonies d’abeilles lors de la récolte du miel et peut être à l'origine des feux de végétation (Ndiaye, 1974 ; Sow, 2000 ; Hussein, 2001 ; Keny, 2008 ; USAID, 2010). II.3.2.1.3. Elevage moderne L’élevage moderne consiste à utiliser une technique appropriée et des ruches divisibles, à cadre amovibles (ruches améliorées) afin de récolter du miel en qualité et en quantité meilleures que les précédents. Il permet aussi de protéger l’environnement par la réduction des risques de feux de brousse. Pour la récolte, l’apiculteur utilise un enfumoir en lieu et place de feu, prend une partie des provisions de miel amassées dans la ruche en laissant aux abeilles avec leurs couvains de quoi vivre lors des périodes de disette (Ndiaye, 1974 ; Diouf, 2002 ; Keny, 2008 ; USAID, 2010). Présentement, les types de ruches les plus utilisées au Sénégal sont les ruches dites Kenyane, Langstroth et la ruche Vautier. Pour le peuplement des ruches, diverses techniques sont utilisées par les apiculteurs comme l'utilisation des ruchettes de peuplement puis transvasement, des herbes et plantes parfumées à la citronnelle par exemple, tartiner du miel à l’entrée de la ruche, faire des amorces de cire, mettre du parfum ou charme d’abeille sur les parois et la planche d’envol, etc. (USAID, 2010). II.4. Apiculture dans l'économie du Sénégal II.4.1. Productions apicoles D’après la FAO, la population mondiale de ruche était estimée à 57 millions dont le continent Africain héberge environs 25%. L’Afrique produit environs 12% de la production mondiale de miel et 24% de la production de la cire. Selon les statistiques 24


disponibles et la classification indicative des pays selon le nombre de ruches, le Sénégal se situe dans la 2ème catégorie, c’est-à-dire les pays à effectif de ruches inférieur à 200 000 et à faible production. Par exemple, dans le sud, où le climat est du type soudano-guinéen, un apiculteur détient en moyenne 15 ruches modernes ou plus. Chaque ruche produit en moyenne 20 à 25 kg de miel par récolte. A ces ruches modernes, peuvent s’ajouter des ruches traditionnelles produisant 3 à 8 Kg de miel. Néanmoins, il est actuellement très difficile au Sénégal de donner avec précision les quantités de miel et de cire produites à cause d’un mauvais contrôle de la filière ; en fait une grande partie du miel et de la cire est revendue dans des circuits informels qui échappent à tout contrôle. La filière apicole joue un rôle important au Sénégal car elle est l’une des activités du sous-secteur de l’élevage qui participe pour 7,4 % du PIB national et 35,5 % du PIB du sous-secteur primaire. En effet, près de 20 000 personnes tirent des revenus de l’apiculture par l’exploitation de 3000 ruches à cadres ; 200000 ruches traditionnelles (Kanouté, 2012).

4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Productions estimées(en tonnes) Productions estimées(en tonnes)

Figure 6 : Productions estimées de miel et de la cire en tonnes au Sénégal de 2007 à 2014 (FAO, 2017). 25


II.4.2. Importations et exportations des produits apicoles Le Sénégal, du fait de son déficit aussi bien quantitatif que qualitatif, importe du miel dont la majorité provient d’Espagne ensuite la France et de la Turquie. Par contre, l’importation de cire est négligeable et généralement provient exclusivement de la France (Kanouté, 2012). En 2002, la valeur totale des importations de miel a été de 8 tonnes et ces importations sont passées à plus de 10 tonnes en 2007. Quant aux exportations du miel et de la cire, ils demeurent une pratique marginale au Sénégal puisque l’ensemble de la production peut être facilement écoulé dans le circuit de commercialisation national (Keny, 2008 ; Kanouté, 2012). II.5. Contraintes majeures de l'apiculture sénégalaise L’apiculture au Sénégal est sujette à de nombreuses contraintes (NISDEL, 2004 ; USAID, 2010 ; Kanouté, 2012 ; PADA, 2016) qui peuvent être subdivisé en quatre (4) types :  Contraintes liées à la production : • les feux de brousse et l’utilisation abusive des pesticides dans les champs à l'origine de la mortalité des abeilles ; • faible taux de peuplement et désertions spontanées des abeilles dans les ruches ; • problèmes d’organisation des apiculteurs entrainant une absence de synergie ; • activité non encore prise en compte par le système de crédit ; • l’apiculture est souvent considérée comme une activité secondaire de cueillette ; • Grande agressivité des abeilles locales etc.  Contraintes liés à la commercialisation : • Enclavement et éloignement des zones de production apicoles ; • faible intégration des produits apicoles dans le régime alimentaire des sénégalais ; • absence d’une bonne politique de promotion des produits apicoles, faible développement des points de ventes avec des circuits de commercialisation mal organisés et dominés par le circuit traditionnel ; • absence de structures de contrôle de la qualité du miel ; • absence de typologie et de caractérisation des miels produits etc. 26


 Contraintes liées à la formation et à la recherche : • la méconnaissance des nuisibles et pathologies des abeilles par les apiculteurs et le personnel chargé de l'encadrement des apiculteurs ; • faiblesse de la recherche sur la production et plus important, les pathologies des abeilles sévissant au Sénégal ; • absence de programmes de protection sanitaire des abeilles ; • l'insuffisance de la formation en masse et en qualité des apiculteurs et encadreurs ; • manque de diversification des produits apicoles exploités (seuls le miel et la cire sont exploités).  Contraintes liées aux pathologies L’apiculture au Sénégal souffre de l’absence de données liées aux contraintes pathologies.

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CHAPITRE 2 : GENERALITES SUR LA VARROASE I.

DONNEES GENERALES SUR LA VARROASE

La varroase est une maladie due à un ectoparasite de l’abeille adulte ainsi que des larves et des nymphes qui menace aujourd’hui la filière apicole mondiale y compris l’Afrique. Il a été découvert pour la première fois en Asie du Sud-Est dans l’île de Java, où il a été récolté par un entomologiste du nom d’Edward JACOBSON sur l’espèce Apis cerana (Wendling, 2012). Il vit aux dépens de cette abeille asiatique qui résiste à ses attaques, contrairement à l’abeille domestique Apis mellifera qui est très sensible à l’infestation (Anderson et Trueman, 2000). Le changement d’hôte du parasite Varroa sp. de son hôte originel Apis cerana à son nouvel hôte Apis mellifera a sans doute eu lieu vers les années 1940 voire 1950 au gré des importations massives de colonies d’abeilles de l’espèce Apis mellifera jugée plus productive en Asie où elle n’était pas présente (Donze, 1995). Quelques années plus tard, le Varroa sp. sur son nouvel hôte fut fortement répandue en Asie. En 1960, la chine fut touchée, le Japon probablement en 1965, puis en 1975, l’Amérique du Sud fut contaminée via les importations de reines en provenance du Japon et simultanément, le Nord de l’Amérique par importations d’abeilles européennes (La Catoire Fantasque, 2013). Elle a été identifiée en Europe de l’Est en 1964 et en raison de sa grande contagiosité, la maladie s’est répandue dans de nombreux pays européens (Colin, 1982). En 1975, le parasite a été signalé en Tunisie. En juin 1981, Varroa sp. a été signalé pour la première fois dans un rucher de la coopérative d’Oum Teboul près d’El Kara situé à l’Est de l’Algérie suite à une contamination survenue en Tunisie au gré des échanges commerciaux. Dès lors, l’infestation s’est propagée dans tous les ruchers du pays (Belaid, 2011). Actuellement, la maladie est sur la liste des maladies à déclaration obligatoire de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (Mallick, 2013). Il existe quatre espèces d’acariens que sont : Varroa jacobsoni, Varroa destructor, Varroa rindereri, Varroa underwoodi mais Varroa destructor est l'espèce la plus pathogène. Il provoque dans la ruche, une baisse considérable du nombre d’abeilles donc constitue une contrainte majeure de l’apiculture avec des pertes économiques considérable. 28


II.

ETUDE DU PARASITE

II.1. Morphologie externe du parasite Le parasite Varroa destructor a une morphologie remarquable avec un dimorphisme sexuel facilement observable à l’âge adulte. La femelle étant plus grande que le mâle, est la seule qui provoque l’action parasitaire sur les abeilles. Visible à l’œil nue et sur les pupes de faux-bourdons, la femelle adulte est longue de 1,1 mm en moyenne et 1,5 mm de large est d’une couleur brun foncé à rougeâtre avec un corps aplati dorsoventralement et de forme elliptique (Wendling, 2012). Le corps est recouvert de nombreuses soies fines, ondulées, serrées et est divisé en plusieurs plaques rigides sclérotisées reliées entre elles par une fine membrane (membrane interscutelaire). Sa cuticule tri-stratifiée, épaisse et durcit par une protéine repose sur un hypoderme mince. Sa région ventrale est divisée en deux grandes parties : le gnathosoma et l’idiosoma. Le gnathosoma s’insère dans la partie ventrale de la région crâniale et comprend l’appareil buccal s’ouvrant à la base de l’hypostome. L’appareil buccal est de type piqueur-suceur et porte deux chélicères pointues dont il se sert pour perforer la cuticule de son hôte, l'abeille pour se nourrir de son hémolymphe. Les pattes, au nombre de quatre paires, courtes et à leurs extrémités sont munies de ventouse qui lui permet de s’agripper aux abeilles et se déplacer à l’intérieur de la ruche. Le mâle avec son seul rôle reproducteur, il a une forme de corps sphérique de diamètre d’environ 0,8 mm et de couleur blanchâtre. Son corps est mou et est très similaire à la forme immature de la femelle (Simoneau, 2004 ; Formato et al., 2016).

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Figure 7 : Vue dorsale (schéma à droite) et vue ventrale (schéma à gauche) de Varroa sp. (Pest and Diseases Image Library, 2011 ; Wild, 2011 : dans Wendling, 2012)

II.2. Biologie du parasite L’acarien Varroa sp. est un ectoparasite, de ce fait sa biologie est intimement liée au cycle de vie de son hôte. Néanmoins, il peut vivre jusqu'à cinq jours hors de la ruche si l'environnement est favorable en termes de température et d'humidité. Entre deux cycles de reproduction, la femelle adulte devient phorétique, donc séjourne et perfore la membrane intersegmentaire généralement entre les segments abdominaux de l’abeille adulte ou sur le thorax et suce son hémolymphe. Elle préfère plus particulièrement l’abeille nourrice qui le transporte au couvain. Les mâles, quant à eux ne peuvent se nourrir à cause de leurs pièces buccales qui sont exclusivement déléguées au transfert des spermatozoïdes dans les voies génitales de la femelle donc voués à une vie très courte et obligatoirement à l’intérieur du couvain operculé. Les autres formes immatures vivent dans le couvain (Martin, 1994 ; Donze, 1995 ; Formato et al. 2016). Pour leur reproduction, la femelle s'attaque aux larves d’abeilles. Pour se faire, elle se loge juste avant l’operculation dans une cellule de couvain de préférence dans celle d’un faux bourbon, qu’elle distingue à l’odeur, où la durée de développement de l’abeille étant plus longue (Donze, 1995 ; Calderone et Kuenen, 2001 ; Nazzi et al. 2003 ; Nazzi et al., 2004). En cas d’une forte infestation plusieurs femelles peuvent 30


occuper une même cellule de couvain. Une fois la cellule operculée, après environ 60 heures, la femelle pond son premier œuf, en général mâle (œuf non fécondé). Ensuite dans un intervalle d’environ 30 heures, elle pond jusqu’à 8 œufs fécondés (femelle). Une femelle peut effectuer plusieurs cycles de ponte (OIE, 2008 ; Wendling, 2012). Ils se développent en se nourrissant de l’hémolymphe de la larve d’abeille et deviennent adultes en 6 à 9 jours selon le sexe. Après maturité sexuelle, les jeunes femelles sont fécondés par le mâle dans la cellule operculée et deviennent à leur tour des femelles fondatrices. Ensuite, les varroas mâles et immatures meurent tandis que les nouvelles fondatrices quittent les cellules avec les jeunes abeilles (Pernal et al., 2005 ; Cornuet et al., 2006 ; Formato et al, 2016). Dans le cas où le mâle du parasite meurt avant l'accouplement, les femelles restent irréversiblement stériles en raison d'une involution de leurs organes génitaux (Formato et al, 2016).

Figure 8 : Varroa sp. sur une abeille pendant la phase phorétique (Mallick, 2013)

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1

Ponte de la reine dans une cellule ouverte

6

2

Entrée d’une femelle fondatrice dans une cellule avant l’operculation

Les jeunes abeilles quittent la cellule avec les varroas femelles

3

5

Le parasite se nourrit de lymphe dans la cellule operculée

Les jeunes femelles sont matures sexuellement après 5 à 6 jours et fécondées par le varroa

4

La fondatrice pond un œuf toutes les 30 heures environs (d’abord un mâle ensuite des femelles)

Figure 9 : Biologie du parasite (Véto-pharma, 2014) 32


III.

ACTION DU PARASITE SUR LES ABEILLES

La varroase, due à un acarien ectoparasite et phorétiques, touche à la fois les abeilles adultes et les formes immatures (Faucon et Chauzat, 2008). Son impact majeur est lié d’une part à son action pathogène directe mais aussi à son action indirecte lors d’un parasitisme élevé par son rôle de vecteur. III.1. Actions pathogènes directes La présence des parasites dans une colonie d’abeilles de l'espèce Apis mellifera engendre des effets considérables sur l’abeille et la colonie. III.1.1. Action sur l'abeille Varroa sp. est remarquablement adapté morphologiquement à sa vie d’ectoparasite des abeilles. Son corps fortement aplati dorso-ventralement, avec des pattes munies de crochet positionnées latéralement à musculature puissante, lui permettent de se glisser entre les sternites des abeilles adultes, d’infester le couvain avant operculation. Ses pièces buccales de type piqueur-suceur avec deux chélicères pointues lui permettent de perforer la cuticule de son hôte (adulte et larve) et de se nourrir de son hémolymphe ainsi que les réserves de la nymphe (Donze, 1995 et Giovenazzo, 2011). La présence d’un ou de plusieurs parasites chez l’abeille adulte altère son comportement au détriment de ses tâches habituelles. Elle perturbe le développement harmonieux du couvain (Faucon et Chauzat, 2008 ; Grenier, 2012). En outre, la quantité d’hémolymphe quotidienne prélevée par la femelle de Varroa sp. est estimée entre 0,25 µl et 0,67 µl (Moritz, 1981 ; Bowen-Walker et Gunn, 2001 cités par Wendling, 2012). Cette action pathogène spoliatrice du parasite sur l'abeille se traduit par :  une baisse de la protéinémie totale, et notamment des protéines de faible poids moléculaire ;  une baisse de la quantité d’arylphorine, protéine présente dans les nymphes d’abeille, et nécessaire à l’élaboration de la cuticule au moment de la mue imaginale ; 33


 une réduction des corps gras, lieu de synthèse et de stockage des protéines. En outre, au niveau cellulaire, on constate une réduction du nombre de granules protéiques par cellule (Yang et Cox-foster, 2005 ; Vidal-Naquet, 2009). Chez les faux-bourdons, la réduction du potentiel de reproduction sous l’influence du parasitisme s’expliquerait à la fois par une baisse de la capacité de vol ainsi que les effets néfastes sur la spermatogénèse avec une diminution des spermatozoïdes produits (Duay et al., 2002 ; Mallick, 2013). L’infestation par Varroa sp. provoquerait également une réduction de la transcription de gènes codant pour des peptides antimicrobiens et des enzymes de l’immunité. Des études menées par Amdam et al. (2004) et Belaïd et Doumandji (2010) ont pu démontrer aussi que le taux d’hémocytes participant à l’immunité de l’abeille dans l’hémolymphe apparait réduit chez les jeunes abeilles infestées au stade nymphal et chez les ouvrières nourrices. Les conséquences vont d’une induction à une immunosuppression humorale et cellulaire qui sera à l’origine d’une augmentation de la sensibilité des abeilles à différents agents pathogènes. III.1.2. Action sur la colonie Au niveau de la colonie, l’action pathogène de Varroa sp. est directement liée à la proportion du nombre de parasites par rapport au nombre d’abeilles. En effet, lorsque le niveau d’infestation est important, l’impact des signes cliniques est beaucoup plus perceptible. Par contre, lorsque le degré d’infestation de la colonie est faible, aucun signe clinique n’est observé et le parasitisme passe le plus souvent inaperçu (Habbi, 2015). Gatien et Currie (2006) ont effectué au Canada, une étude portant sur des corrélations entre des taux d’infestation de Varroa sp. et le niveau de production de miel. Ainsi lorsque le degré d’infestation de la colonie est modéré, c’est-à-dire un taux d’infestation supérieur à 1%, la population du Varroa sp. entraine des effets néfastes sur la colonie d’abeilles qui va se traduire par une chute de la production de miel. Si la proportion d’abeilles infestées par Varroa destructor dans la colonie est comprise entre 2 et 5%, la baisse de la production de miel est très significative. Et enfin, lorsque ce taux d’infestation se plafonne au environ de 20 %, les conséquences à l’échelle de la colonie sont drastiques ainsi que le niveau de production de miel. Dans la même 34


optique, Adjilane et al. (2012) a signalé aussi en Algérie une baisse de production du miel suite aux infestations. Dans le cas d’un niveau d’infestation très élevé, les conséquences au niveau de la colonie d’abeille se traduisent par différentes effets de la maladie. En effet, la colonie aura des difficultés à produire des jeunes abeilles en santé pendant la période de miellée et verra sa survie en période de disette fortement hypothéquée (Fries et al., 2003). Il y a ainsi la mort des nymphes avant émergence, leur retrait des alvéoles et leur élimination devant la ruche par les ouvrières nettoyeuses. Ce phénomène découle du fait que le couvain est essentiellement endommagé, l’hémolymphe des larves est spolié au cours de leur développement et ces larves sont peu nourries qualitativement et quantitativement. En effet, les abeilles qui ont été infestées pendant leur phase de couvain souffrent d’une réduction des acini des glandes hyopharyngiennes responsables de la production de gelée royale, ce qui entraîne une baisse de qualité et de quantité de la gelée larvaire produite (Mallick, 2013). Un affaiblissement général de la colonie peut suivre avec une population d'Apis mellifera moins dynamique et des performances de production (miel, cire, etc.) faibles. On retrouve chez les abeilles des changements comportementaux et leur durée de vie est raccourcie (Ellis et Delaplane, 2009). III.2. Actions pathogènes indirectes La perforation réalisée par les chélicères de Varroa sp. va avoir pour conséquence l’inoculation de germes pathogènes. En effet, des études ont montré que le parasite pouvait être porteur des virus tels que le DWV (Virus des Ailes Déformées ou Deformed Wing Virus), présent chez pratiquement 100% des espèces de Varroa sp. ; ABPV (Virus de la paralysie aiguë des abeilles ou Acute Bee Paralysis Virus), retrouvé chez environ 35% des espèces de Varroa sp. ; SBV (Virus du couvain sacciforme ou SacBrood Virus) retrouvé chez environ 50% des espèces de Varroa sp. ; KBV (Virus du Cashmire de l’abeille ou Kashmir Bee Virus), retrouvé chez 4% des espèces de Varroa sp. ; CBPV (Chronic Bee Paralysis Virus ou Virus de la paralysie chronique) ; SPV (Slow Paralysis Virus ou Virus de la paralysie lente) ; BQCV (Black

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Queen Cell Virus ou Virus de la cellule royale noire) (Vidal-Naquet, 2009 ; Wendling, 2012 ; Ballis, 2013). L’observation d’une corrélation positive entre le seuil d’infestation par Varroa destructor et le niveau de concentration virale chez les abeilles infestées suggèrerait que Varroa destructor joue, outre son rôle de vecteur celui d’activateur de la réplication virale chez l’abeille (Shen et al., 2005). Selon cet auteur, le parasitisme engendrerait une baisse de l’immunité de l’abeille, ce qui favoriserait la réplication virale. Outre les virus, il serait aussi vecteur de bactéries ou spores de Paenibacillus larvae responsable de la loque américaine, des champignons comme Aspergillus flavus, Ascosphaera apis) dont certains sont reconnus pathogènes pour l’abeille (Alippi et al., 1995 ; Hrabak, 2003 ; Benoit et al., 2004).

IV.

EPIDEMIOLOGIE DE LA VARROASE

IV.1. Epidémiologie descriptive : Situation de la Varroase en Afrique Varroa destructor est originaire d’Asie. Son hôte naturel est Apis cerana, avec qui il est en équilibre. Mais en raison des importations d’Apis mellifera en Asie, il s’est transférer sur ce dernier et s’est répandu à travers tout le globe au profit des échanges commerciaux internationaux et de sa redoutable contagiosité. Présentement, seul l’Australie est encore indemne (Mallick, 2013). En Afrique, la situation est très complexe en ce moment car peu d'études ont été consacrées à sa description surtout en Afrique de l'Ouest et du Centre. Néanmoins, des études ont montré sa présence dans certains pays (figure 10).

36


Figure 10 : Distribution géographique du Varroa sp. en Afrique (réalisation personnelle à partir des données de : Pirk et al., 2015)

37


IV.2. Epidémiologie analytique IV.2.1. Sources du parasite Les principales sources sont les abeilles adultes et le couvain dont la colonie est infestée. Le milieu extérieur peut également, dans une moindre mesure, être une source de contamination. En effet, selon la température et l’hygrométrie, la femelle de Varroa sp. peut survivre jusqu’à dix jours dans le milieu extérieur. Ainsi, elles peuvent se retrouver sur le matériel apicole notamment lors de la récolte, sur une fleur, sur d’autres insectes comme les bourdons et les guêpes ou encore dans les ruches après effondrement de la colonie (Treilles, 2002). IV.2.2. Modes de transmission La varroase se propage par transmission directe notamment lors de comportements naturels des abeilles. En effet, lorsqu'une colonie est affaiblie en raison d'une forte infestation par Varroa sp., ses réserves de miel peuvent être pillées par les butineuses de colonies fortes et saines. Dans ces conditions, le parasite peut se retrouver sur les abeilles pilleuses et infester leur colonie. Les infestations peuvent également se produire lors des errements des faux bourdons à l'occasion d'un changement de colonies et/ou de ruchers, également lors des dérives des butineuses ; des désertions du nid quand la pression des parasites devient trop importante et des essaimages (Sakofski, 1980 ; Sakofski et Koeniger, 1986 ; Bertrand, 2003 ; Wendling, 2012). La

transmission

est

également

possible

à

l'occasion

d'une

action

de

l’homme particulièrement lors des phénomènes de transhumance de ruches, la visite des ruches, la concentration des colonies sur une même zone où sévit la maladie, le commerce de reine et d’essaims (Grenier, 2012). Le cas d’une transmission indirecte, bien que rare, est possible par le milieu extérieur à travers l'utilisation du matériel apicole d'une ruche infestée après effondrement de la colonie, sur une fleur lors du butinage, ou encore à partir d’autres insectes comme les guêpes et les bourdons (Colin, 1982 ; Mallick, 2013).

38


IV.2.3.

Réceptivité et sensibilité des colonies

Selon Treilles (2002) et Bertrand (2003), la sensibilité des colonies abeilles aux parasites dépendent de plusieurs facteurs tels que :  l’espèce : Apis mellifera est beaucoup plus sensible que Apis cerena qui, actuellement trouve un équilibre parfait avec le parasite à l'exception de son couvain de faux bourdons ;  l’âge de la reine dans le sens où les reproductions des deux espèces (abeilles et varroa) étant liées, une reine âgée, dont les performances de ponte diminuent, limite par la même occasion le degré d’infestation par Varroa sp. ;  probablement un facteur génétique interviendrait car au sein d’un même rucher, certaines colonies sont beaucoup plus sensibles que d’autres. La réceptivité des colonies est également fonction de facteurs extrinsèques, comme les conditions d’élevage qui peuvent avoir des répercussions négatives sur les défenses de la colonie. V.

ETUDE CLINIQUE DE LA VARROASE

L’expression clinique caractéristique de la maladie est la présence d’abeilles traînantes au sol, certaines avec des ailes atrophiées, écartées, déformées ou asymétriques et un abdomen raccourci. Le couvain en mosaïque peut être observé. Ces signes sont susceptibles d'être liés au virus des ailes déformées et ceux de la paralysie aiguë, aux pertes d’hémolymphe et aux blessures infligées aux abeilles. Dans certains cas, les abeilles sont de petite taille avec un corps noir et dépourvu de poils. On observe également lors des fortes infestations, que les colonies infestées sont réduites à une poignée d’abeilles entourées de réserves de nourriture, souvent avec un début d’élevage de couvain que les ouvrières n’arrivent pas à maintenir en vie. Il y a également des désertions ou essaimage anormal et remplacement de la reine dus à la pression du parasite. Lorsque le couvain meurt peu avant ou après operculation, les symptômes semblables à ceux de la loque européenne apparaissent sans la présence de l’agent étiologique Melissococcus plutonius (OIE, 2008 ; Habbi, 2015). 39


Figure 11 : Couvain d’ouvrières parasité par Varroa sp. (Wendling, 2012). On observe un couvain en mosaïque, des alvéoles de nymphes ouvertes, ainsi que des alvéoles vides pouvant signer la présence du parasite.

VI.

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT DE LA VARROASE

Des considérations épidémiologiques et cliniques peuvent donner une idée générale sur la présence ou non du parasite dans une colonie ou encore dans un rucher. Au-delà, une identification de l’agent pathogène basé essentiellement sur sa morphologie particulière est plus que nécessaire pour effectuer un diagnostic avérée de la varroase. Pour ce faire, les méthodes d’estimations du niveau d’infestation traité ci-dessous peuvent être utilisées pour isoler le parasite afin d’en procéder à l’identification (OIE, 2008). A partir de l'estimation du niveau d'infestation, l'apiculteur peut juger de l'opportunité de mettre en place un traitement et choisir la molécule adéquate en fonction de son effet sur les abeilles, les produits de la ruche et l'environnement. VI.1. Diagnostic de la Varroase par estimation du niveau d'infestation L’estimation du niveau d’infestation par le parasite est la première et substantielle étape dans la maitrise de la varroase afin de se prononcer sur le pronostic de survie de la colonie et si nécessaire de mettre en place à temps une stratégie de lutte d’élevage pour prévenir le dépérissement irréversible de la ruche. Pour ce faire, le mieux est de 40


le réaliser sur l’ensemble des ruches pour effectuer un traitement individuel ; à défaut, un échantillonnage d’au moins 10% des ruches doit être réalisé (Boucher et Doyon 2004 ; Alexis, 2010). Plusieurs méthodes d’estimation sont possibles et peuvent être réalisées directement dans le couvain operculé, directement sur les abeilles adultes et indirectement en estimant les chutes naturelles du parasite. Nous allons décrire ici quelques méthodes en prenant en compte les périodes où les varroas sont phorétiques sur les abeilles adultes (périodes d’absence de couvain) et les périodes où la majorité des varroas sont en phase reproductive dans le couvain operculé (Boucher et Doyon, 2004).

VI.1.1. Estimation dans le couvain operculé Cette méthode a été décrite par Alexis (2010). Elle consiste à désoperculer à l’aide d’un peigne et sur 3 cadres, environ 200 alvéoles de couvain operculé particulièrement celui des mâles en raison du fait que les cellules des faux bourdons sont plus infestées que celles des ouvrières et compter sur les pupes les parasites (figure 11). Il faut comptabiliser le nombre d’alvéoles infestées et le nombre d’alvéoles examinées pour avoir une estimation du parasitisme.  Si moins de 5% du couvain est infesté, y a pas encore de danger ;  A partir de 15%, le pronostic est grave et un plan sanitaire de lutte est préconisé ;  S’il y a 25% ou plus du couvain qui est infesté, colonie très infestée, traiter urgemment. C’est une méthode facile à réaliser et semble assez sensible et plus fiable en phase de développement de la colonie où la plus grande partie des parasites sont en reproduction dans ce couvain operculé.

41


Figure 12 : Désoperculation de couvain avec un peigne (gauche) et couvain déjà désoperculé (droite), (GDSA, 2006)

VI.1.2. Estimation directement sur les abeilles adultes En période d’absence de couvain, les femelles du parasite deviennent phorétiques. Elles sont alors présentes sur les abeilles adultes en attente de s’introduire dans les cellules afin de s’y reproduire. Pour une estimation du niveau de parasitisme sur les abeilles adultes, il faut donc prélever les abeilles sur les cadres de couvain ouvert afin d’avoir des nourrices (GDS Bretagne, 2016) car la probabilité de trouver des varroas phorétiques est beaucoup plus élevée chez les nourrices que chez les autres ouvrières (Lee et al., 2010). Le principe consiste à recueillir sur 3 cadres différents un échantillon d’environ 45 g, soit environ 300 abeilles par colonie, les introduire dans un pot en verre. Ensuite différentes méthodes permettent d'analyser le niveau d'infestation.  Méthode du sucre glace (Goodwin et Van Eaton, 2001) Dans cette technique, le couvercle du pot en verre est remplacé par un grillage retenant les abeilles. Au travers du grillage, on ajoute dans le pot une cuillérée à soupe de sucre glace et on enduit les abeilles en secouant énergiquement le pot plusieurs fois. Les fines particules de sucre glace bouchent les ambulacrum (ventouses) de l’acarien qui tombe. Il faut ensuite laisser le pot reposé pendant cinq minutes, le temps nécessaire permettant aux abeilles de s’épouiller. Pour le comptage, soit le pot est ouvert pour 42


relâcher les abeilles et procédé au comptage des varroas en versant le contenu du bocal sur un support blanc ; soit retourné le pot et le secoué vigoureusement sur un papier ou plateau blanc pour libérer les varroas avec le sucre glace au travers le couvercle à grillage.  Méthode de lavage à l’alcool ou à l’eau savonneuse Pour cette méthode, les abeilles sont mises dans un pot en verre à couvercle normal puis de l’eau savonneuse ou de l’alcool est ajouté. Le pot est ensuite agité vigoureusement pendant 30 secondes voir une minute. Puis, il faut verser le contenu du pot sur un premier tamis placé au-dessus d'un bac blanc et laissant passer les parasite et non les abeilles. Il faut rincer avec un jet d’eau sous pression pour décoller les varroas des abeilles et les faire chuter dans le bac blanc, puis ce contenu est versé sur un deuxième tamis bloquant les varroas. Enfin, les varroas présents dans le second tamis sont comptés. Pour ces méthodes sur les abeilles adultes, que ce soit par sucre glace, à l’alcool ou l’eau savonneuse, la densité de varroas phorétiques pour 100 abeilles par ruche est explorée en divisant par trois le nombre de varroas comptabilisés sur les 300 abeilles. Cette densité de varroas phorétiques nous permet d’évaluer la situation de la colonie. La colonie est faiblement infestée si la densité de parasite est estimée au moins de 5% ; le parasitisme est modéré si cette densité est entre 5 à 10% ; entre 10 et 20%, les signes cliniques peuvent apparaitre et enfin plus de 20% voire 30% la colonie s’effondrera (Habbi, 2015).

VI.1.3. Estimation de l'infestation par les chutes naturelles des varroas  Méthode des langes Cette méthode est plus représentative de l’infestation en période d’absence de couvain où les parasites sont phorétiques. Elle consiste à placer sur le plancher de la ruche un plateau carton ou plastique, appelé lange, enduit de graisse et protégé de grillage pour permettre aux varroas de s’y coller et d’empêcher les abeilles de nettoyer.

43


Le lange peut rester sur le plancher 3 à 7 jours afin de recueillir les parasites qui tombent naturellement lors de mort naturelle ou lors de l’émergence de l’abeille hors de sa cellule. Pour plus de fiabilité, les résultats sont rendus en nombre de varroas tombés quotidiennement (Alexis, 2010). Des études de corrélation entre la chute naturelle de parasite et ceux présents au sein de la colonie d’abeille ont montré que cette chute de Varroa sp. est deux fois plus importante au niveau du couvain d’ouvrières que celui des faux bourdons (Boot et al., 1995 ; Martin et Kemp, 1997 ; Lobb et Martin, 1997 cité par Wendling, 2012). Ces auteurs ont montré qu’entre 18 et 38% de la population du parasite chute à l’émergence du couvain d’ouvrières et 12% à l’émergence du couvain de faux-bourdons en période de reproduction.

VI.2. Traitement de la Varroase Le traitement de la varroase ne vise pas à supprimer tous les parasites varroas d’une colonie d’abeille car cela est impossible. Dans la thérapeutique, l'objectif est de réduire la charge parasitaire en dessous du seuil létal pour les colonies afin d’éviter les conséquences de l'infestation (Simoneau, 2004 ; Wendling, 2012). Une multitude de substances actives de spécialités vétérinaires est disponible en Europe pour effectuer un traitement contre la varroase. Les principales molécules utilisées sont l'amitraz, le fluvalinate, le thymol, la fluméthrine, le coumafos, des acides organiques, etc. VI.2.1. Traitement acaricides VI.2.1.1. Molécules de synthèses  Amitraz Elle est active aussi bien sur les larves que les adultes et provoque chez l’acarien des troubles de la motilité avec incapacité à se fixer, tremblements, convulsions, paralysie puis chute et mort s’ensuit par anorexie. Elle peut également bloquer son cycle de reproduction dans la ruche (Fayolle Poncet, 2009 ; Mallick, 2013) et elle est bien tolérée par les colonies d’abeilles au dose utilisée pour le contrôle de Varroa sp. Cependant, certains produits issus de sa dégradation présentent des propriétés tératogènes et cancérigènes (Osano et al., 2002) pour l'homme. Toutefois sa 44


dangerosité pour l’homme n’a pas été prouvée aux doses retrouvées dans les produits de la ruche (Wendling, 2012). Des études menées par Le Conte et al. (2005) sur l’amitraz ont montré une efficacité satisfaisante sur tous les stades de développement de Varroa sp. et le taux de mortalité a été évalué entre 97,89% et 99,94% pour une population moyenne de 2 063 varroas par colonie d’abeilles.  Fluvalinate Il s'agit d'une molécule de la famille des pyréthrinoïdes possédant une activité insecticide et acaricide. Elle exerce principalement leur action toxique dans le système nerveux central et périphérique (Lasnier, 1990 ; Colin et al., 1997 ; Rosenkranz et al., 2010 ; cité par Wendling, 2012). Le fluvalinate est bien toléré par les abeilles aux doses utilisées pour le contrôle des Varroas sp.. Ses propriétés physico-chimiques comme son caractère liposoluble, son instabilité et sa volatilité font qu’il s’accumule dans la cire mais aussi des résidus peuvent être retrouvés dans le miel, ce qui limite son utilisation en apiculture. En outre, face aux résistances observées aux cours de ces dernières années, l’utilisation de cette molécule est limitée (Wendling, 2012 et Mallick, 2013). VI.2.1.2. Molécules naturelles  Acide oxalique L’acide oxalique ou acide éthanedioïque est un acide organique présent naturellement en petite quantité dans différents aliments (oseilles, betterave) y compris certains miels. Sa teneur dans ce dernier est de l’ordre de 10 à 119 mg/kg selon les fleurs butinées par les abeilles (Fayolle Poncet, 2009 et Habbi, 2015). Cette substance hydrosoluble et non volatile peut être retrouvée dans le miel mais au même ordre de grandeur que les concentrations présents naturellement dans ce dernier lors d’un traitement adéquat. Son absence a été aussi soulignée dans la cire (Wallner, 1999 cité par Wendling, 2012). C’est une substance vénéneuse classée « très toxique » qui peut être utilisé à l’état anhydre ou dihydraté. Néanmoins, elle est inscrite au tableau 1 de l’annexe des Limites Maximales de Résidus (LMR) du règlement UE n° 37/2010 mais il n'y a pas de LMR requise sur les produits de la ruche. C’est ce qui lui confère selon 45


les experts son action inoffensive pour le consommateur suite à un traitement conforme à l’usage contre Varroa sp. Cependant, il reste d’usage vétérinaire pour abeilles (Barbonçon et Monod, 2014). Il s'administre selon Boucher (2004) par sublimation, dégouttement ou application du produit entre les cadres de ruches en goutte à goutte, pulvérisation ou bien par insertion des bandelettes contenant l'acide sans la ruche. L’utilisation par pulvérisation dans la stratégie de lutte contre les varroas phorétiques s’avère très efficace. Cette méthode est réalisée avec une solution d’acide oxalique à 3% (30g par litre d’eau sucrée avec un rapport eau/sucre en masse de 1/1). Elle s’opère à l’absence de couvain et consiste à pulvériser directement sur les abeilles en sortant un à un les cadres de la ruche (Rademacher et Harz, 2006). Quant au dégouttement, il ne peut être appliqué qu’une seule fois en dehors des périodes de développement de la colonie et son efficacité est estimée entre 90 à 95% et en plus les abeilles tolèrent bien le produit. En revanche, ce taux d’efficacité baisse aux environs de 50 % en présence de couvain (Barbonçon et Monod, 2014). Avec cette technique, il est recommandé d’utiliser des concentrations de 35 à 45 g d’acide oxalique dihydrate dans un litre d’eau sucrée. Ensuite, il faut verser 5 ml de la solution directement sur les abeilles entre chaque cadre du corps de la ruche. Cette méthode est plus facile à mettre en place, moins dangereuse pour l’applicateur et ainsi que les abeilles et nécessite peu de matériel. Enfin, la sublimation de cristaux d’acide oxalique est également une technique utilisée mais réalisée aussi en période hors couvain. Elle est plus coûteuse car nécessite plus de matériel (Rademacher et Harz, 2006).

46


Figure 13 : Traitement des ruches à l’acide oxalique par dégouttement (Fernandez et Coineau, 2002)

 Acide lactique L’acide lactique ou acide 2-hydroxypropanoïque, est une molécule hydrophile et non volatile. Il est utilisé contre les varroas phorétiques mais n’a aucune action sur ceux présentent au niveau du couvain et s’effectue par dégouttement ou par pulvérisation sur les abeilles à une température ambiante supérieure à 4°C. Le dosage doit être précis pour éviter d’éventuelles mortalités car la différence entre la dose thérapeutique et la dose toxique pour les abeilles est faible. Il convient d’utiliser une solution d’acide lactique dilué à 15 %, et d’en répartir 8 ml entre chaque cadre de la ruche pour atteindre une efficacité de 98 %. Certaines études menées par Kraus et Berg (1994) avec un traitement de 5ml par dans chaque cadre ont montré des défauts d’efficacité. En pratique, cette méthode est utilisée en Suisse mais jusque-là, aucun pays ne dispose de médicaments avec AMM contenant ce principe actif (Mallick, 2013).  Thymol Il est naturellement présent dans le miel et dans certaines fractions d’huiles essentielles extraites dans quelques plantes mellifères. Il possède une activité acaricide contre les varroas avec un mécanisme d’action encore peu connu (Wendling, 2012 ; Mallick, 2013). Il agit sous forme de vapeur et devient actif pour les parasites à partir d’une 47


concentration de 5 µg/l d’air, mais au-delà de 15 µg/l, il devient nocif pour les abeilles (Bruneau, 2013). Il est volatile et peu soluble dans l’eau ce qui limite sa teneur dans le miel. Par contre, il est très soluble dans certains solvants organiques à l’instar du chloroforme, l’éthanol donc il peut s’accumuler dans la cire. Toutefois, la dose de thymol acceptable dans l’alimentation est fixée à 50 mg/kg (Shahrouzi, 2000 et Bruneau, 2013) ce qui limite son utilisation en apiculture pour éviter des fortes concentrations dans le miel. De nos jours, des préparations à base de thymol possédant une AMM pour la varroose sont présentes sur le marché vétérinaire et semblent avoir une efficacité de 66 à 98 %. Cette variabilité observée dépend de la technique utilisée pour la diffusion, de l’état de la colonie ainsi que la température lors du traitement (Vandame, 2010). Dans le traitement classique de la varroase des abeilles, les techniques les mieux adoptées par les apiculteurs consistent au traitement chimique à base de molécules acaricides. Cependant, cette technique conduit à la résistance du parasite à ces acaricides (Danze, 2010). Pour contourner ces phénomènes, l’usage de moyens biotechniques et biologiques peuvent constituer de bonnes solutions.

VI.2.1.3. Méthodes biotechnologiques de lutte  Elimination du couvain des faux bourdons Cette approche est basée sur l’attractivité des femelles varroas fondatrices pour le couvain mâle. Les cellules du couvain des faux bourdons sont beaucoup plus infestées que celles du couvain des ouvrières. Cette technique peut être utilisée pour réduire au maximum, la population de Varroa sp. en retirant ce couvain au fur et à mesure de son operculation afin d’éliminer rapidement ces varroas avant qu’ils ne se multiplient (Ballis, 2014). Des études effectuées dans plusieurs pays européens ont montré que le retrait partiel des cellules de couvain mâle réduit à 50 % la population de parasite dans les colonies (Giovenazzo, 2011). La méthodologie de base consiste à inciter les abeilles à produire plus de larves mâles. Pour ce faire, un cadre de couvain de faux bourdon est introduit dans la colonie et est laissé en place jusqu’à l’operculation. Une fois operculé, retirer ce cadre de couvain au plus tard 3 semaines et le détruire. Ce type 48


d’intervention a un impact négatif direct sur le cycle biologique du parasite, donc freine le développement des populations de Varroa sp. au début de la saison apicole et baisse ainsi la pression d’infestation (Habbi, 2015).  Utilisation d'un plateau grillagé C’est une technique mécanique qui permet de baisser de manière progressive et considérable la population de varroas phorétiques. Elle consiste à équiper le plafond des ruches d’un plateau grillagé, à maillage suffisamment fin pour laisser passer régulièrement les varroas qui tomberaient par chute au moment de l’émergence de la jeune abeille ou par épouillage au fond de la ruche. Ce plateau va bloquer les varroas qui tombent et les empêche de rejoindre par leurs propres moyens la colonie : les acariens restent alors prisonniers au fond du plateau grillagé (Chapleau, 2003 cité par Habbi, 2015).

VI.3. Résistance de Varroa sp. aux acaricides Depuis son apparition dans plusieurs pays, la varroose a longtemps été traitée par des molécules acaricides. C’est le cas de la France avec l’utilisation de l’amitraz, du fluvalinate et de l’acrinathrine. Mais il s’est trouvé que l’utilisation fréquente de ces molécules d’acaricides dans le traitement de la varroose, leur mode d’utilisation à libération lente, le non-respect des conditions ou consignes d’utilisation du fabriquant par l’apiculteur ont fait craindre très tôt l’apparition de résistances (Faucon et al., 1996). Celle-ci a été signalée avec le fluvalinate et d’autres molécules pour la première fois en Italie en 1994 par Lodesani et al. (1995) et nombreux d’autres pays européens par Fluri (1995) ; Milani (1995) ; Faucon et al. (1995). Ces mêmes phénomènes de résistances de Varroa sp. avec le fluvalinate et d’autres molécules ont été aussi démontrés aux Etats-Unis avec son premier foyer découvert en 1997 par Elzen et al. (1998). De la même manière le problème de résistance a été évoqué dans la région de la Mitidja en Algérie (Adjlane, 2003).

49


DEUXIEME PARTIE : ETUDE EXPERIMENTALE

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CHAPITRE 1 : ZONE D'ETUDE, MATERIEL ET METHODES

I.

ZONE ET PERIODE DE L'ETUDE

L'étude été réalisée d'octobre 2016 à avril 2017 dans différents ruchers de la zone d’étude (figure 14). Le choix de la zone d’étude a été réalisé en accord avec le Centre National d’Apiculture de Mbao compte tenu de leur connaissance du terrain, du nombre de ruchers et de la potentialité poulinière et nectarifère de la zone concernée. De ce fait, l’étude s’est localisée dans la région de Dakar et celle de Thiès.

Figure 14 : Cartographie de la zone d'étude

I.1. Région de Dakar La région de Dakar est située dans la presqu’île du Cap Vert et s’étend sur une superficie de 550 km², soit 0,28 % du territoire national. Elle est comprise entre les 17° 51


10 et 17° 32 de longitude Ouest et les 14° 53 et 14° 35 de latitude Nord. Elle est limitée à l’Est par la région de Thiès et par l’Océan Atlantique dans ses parties Nord, Ouest et Sud. Le climat de la région de Dakar est de type canarien et subit fortement l’influence des facteurs géographiques et atmosphériques. Par la présence d’une façade maritime ceinturant presque toute la région, il est caractérisé, pendant une bonne période de l’année, par un microclimat marqué par l’influence de l’alizé maritime ; d’où l’existence d’une fraîcheur et d’une humidité quasi permanente et relativement forte de l’ordre de 25 %. Toutefois, l’harmattan, l’alizé continental saharien, se fait sentir faiblement en saison sèche et au fur et à mesure que l’on s’éloigne des côtes. La température varie entre 17° et 25° C de Décembre à Avril et de 27° à 30 ° C de Mai à Novembre. La pluviométrie est caractérisée par une durée relativement courte de l’hivernage, variant entre les mois de juin et octobre. Elle est marquée, d’une part, par une inégale répartition dans le temps et dans l’espace et, d’autre part, par une faiblesse des quantités d’eau enregistrées. Il est important de souligner que la région de Dakar se situe entre les isohyètes 300 et 600 mm. L’hydrographie de la région de Dakar est composée de marigots et de lacs qui représentent des atouts économiques et écologiques pour la région. Dans toute la partie périurbaine et rurale, les formations naturelles sont converties en zones de culture. Par contre au niveau des massifs classés (forêts classées et périmètres de reboisement), bien qu’étant agressés, on peut noter quelques formations végétales. Les périmètres de reboisement sont des plantations mono- spécifiques de filao tandis que dans les forêts, il ne reste plus que des essences végétales isolées : Faidherbia albida (Kad), Parinarima crophylla (Neew), Adansonia digitata (Baobab), Maytenus senegalensis, Ximenia americana, Eleais guineensis (Palmier à huile) en bordure des Niayes. Les essences exotiques ont pris la relève grâce aux plantations effectuées, qui concernent essentiellement Anacardium occidentale (Darcassou), Eucalyptus sp. et Casuarina equisetifolia (Filao) (ANSD, 2015).

52


I.2. Région de Thiès Elle est située à 70 km de Dakar. Elle se situe à l’ouest du pays, en couronne autour de la presqu’île du Cap-Vert. Elle s’étend sur une superficie de 6. 601 km2, soit 3,4% du territoire national et est limitée au Nord par la région de Louga, au Sud par la région de Fatick, à l’Est par les régions de Diourbel et Fatick et à l’Ouest par la région de Dakar et l’Océan Atlantique. Le climat de la région est influencé par des courants marins. En effet, la région se situe dans une zone de transition soumise à l’influence des alizés maritimes et de l’harmattan. Elle présente un climat de type soudano sahélien dans sa partie Sud et Sud-est et plus sahélien au Nord et au Nord-est. La zone Ouest, quant à elle, présente un climat Sub-canarien. Les précipitations moyennes annuelles y sont de l’ordre de 400 à 600 mm d’eau par an. La végétation est composée de la savane arbustive dégradée parsemée de peuplements mono-spécifiques d’Acacia seyal, de Baobabs, d’un parc à Kad et de rôniers. Il y a la bande de filao dans les Niayes et les plantations du PARFOB dans la forêt classée de Bandia (Eucalyptus sp et Prosopis juliflora), quelques forêts classées d’une superficie de 94.473,6 ha soit un taux de classement de 14,3% (ANSD, 2013).

II.

MATERIEL ET METHODES

II.1. Matériel Il est constitué du matériel utilisé sur le terrain et celui utilisé au laboratoire (Figure 15, 16 et 17). Il s’agit : -

d’un questionnaire d’enquête ;

-

d’un téléphone portable ayant servi de GPS (Application Polaris Navigator) ;

-

des ruches ;

-

d’abeilles (Apis mellifera) ;

-

d’une combinaison, d’une paire de gants et de bottes ;

-

d’enfumoir ;

-

d’un lève-cadre ; 53


-

d’un plateau métallique ;

-

du sucre glace ;

-

d’un pot en verre avec couvercle grillagé ;

-

d’une cuillère ;

-

d’un papier blanc ;

-

des sachets gliciaire ;

-

d’une sonde ;

-

d’une loupe binoculaire ;

Figure 15 : Pot en verre avec le couvercle grillagé et cuillère (à gauche) et le sucre glace (à droite)

54


Figure 16 : Lot de ruche kenyane dans un rucher enquĂŞtĂŠ

Figure 17 : Loupe binoculaire

55


II.2. Méthodes II.2.1- Echantillon et échantillonnage Notre étude s’étend à l’ensemble des ruchers des régions de Dakar et Thiès où les propriétaires ont accepté de nous recevoir. Au total 16 exploitations ont été concernées par cette étude. En plus de ces 16 exploitations, des prélèvements ont été réalisés sur 5 essaims dans la région de Dakar. Le Tableau I récapitule l’échantillonnage avec les effectifs. Tableau I : Répartition des ruchers et essaims dans la zone d’étude Régions

ruchers

essaims

nombre de ruches et essaims

Dakar

13

05

94

Thiès

03

00

16

Total

16

05

110

II.2.2- Questionnaire et méthode d’enquête La collecte des données a été réalisée à l’aide d'un questionnaire d’enquête établi avec le logiciel sphinx version 5.1.0.5. Le questionnaire abordait les caractéristiques sociodémographiques de l’apiculteur, la présentation et la gestion de l’exploitation apicole, la santé des abeilles, les traitements des ruchers et les contraintes rencontrées dans la pratique. Le questionnaire a été administré par interview aux apiculteurs. II.2.3- Prélèvements des échantillons La technique consistait à prélever environ 300 abeilles qui sont ensuite mis dans un bocal en verre. Pour ce faire, nous avons dans un premier temps compté 300 abeilles mortes que nous avons mises dans le bocal afin d'avoir une idée de la limite des 300 abeilles dans le bocal. Cette limite a ensuite été matérialisée à l'aide d'un marqueur indélébile sur le bocal. Ainsi, au niveau de chaque ruche, environ 300 ouvrières ont été prélevées principalement sur les cadres de couvain. La ruche a été ouverte et les cadres soulevées avec un lève-cadre puis secouées pour que les abeilles tombent sur le plateau métallique. Après vérification de l’absence de la reine sur le plateau, les 56


abeilles ont été introduites dans un pot en verre muni d’un couvercle en grillage retenant les abeilles et à travers lequel les varroas peuvent passer. Après avoir ajouté du sucre glace dans le pot, nous avons secoué énergiquement pour induire les abeilles du sucre glace comme le montre la figure 18. Le pot a ensuite été laissé pendant environ une minute pour provoquer la chute de parasite par l’action d’épouillage des abeilles. Les parasites sont récupérés sur un papier blanc en secouant vigoureusement le pot renversé. Les acariens recueillis sont placés en attente avec le sucre glace dans un sachet attaché hermétiquement avant de les acheminer au laboratoire pour l’identification et le comptage. Les abeilles ont été ensuite relâchées dans leur ruche d’origine. En outre, nous avons fait des observations dans les ruches afin d'apprécier la forme des ailes ainsi que des abdomens des abeilles ouvrières

Figure 18 : Induction des abeilles au sucre glace II.2.4. Identification des acariens au laboratoire Au laboratoire, le contenu (prélèvement) de chaque sachet est versé sur un papier blanc. A l’aide d’une sonde, une recherche minutieuse était effectuée afin d’isoler les varroas du sucre glace (Figure 19) et identifier à la loupe (Figure 20). Ensuite, il a été procédé au comptage des varroas pour déterminer le taux d’infestation. Enfin, les différentes espèces de varroas ont été identifiées morphologiquement en se basant sur la clé d'identification de Dietemann et al. (2013) à l'aide d'une loupe binoculaire. 57


Figure 19 : Varroa sp. isolé du sucre glace au laboratoire

Figure 20 : Observation de Varroa sp. à partir de la loupe binoculaire

II.2.5. Traitement analyse des données Les données recueillies sont traitées puis analysées par les logiciels Sphinx, R 2.13.0. et le tableur Excel de Microsoft. Nous avons calculé le taux d'infestation (TI) en rapportant le nombre de varroa compté dans chaque colonie (n) par le nombre d'abeilles prélevées : TI = n/300. Les données de l'enquête et des infestations ont été importées dans le logiciel R pour le calcul des fréquences et des moyennes. Ensuite nous avons réalisé des analyses statistiques de comparaison des moyennes ou des fréquences à travers les tests t de student ou le test de Khi carré ou le test exact de Fischer. Pour tous ces tests, la différence n'était significative que lorsque p<0,05.

58


CHAPITRE 2 : RESULTATS, DISCUSSION ET RECOMMANDATION

I-

RESULTATS

I.1. Pratiques apicoles I.1.1. Caractéristiques des apiculteurs Les enquêtes ont révélé que la forme d’organisation la plus dominante des apiculteurs est le statut individuel (69%), (Figure 21). Statut individuel

Etablissement

GIE

19% 12% 69%

Figure 21 : Répartition des apiculteurs en fonction de la forme d’organisation

Concernant la répartition selon l’âge des apiculteurs, plus de la moitié (87%) étaient âgés de plus de 40 ans et tous les apiculteurs avaient au moins 5 ans d'expérience dans la pratique apicole (Figure 22 et 23).

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De 30 à 40 ans

Entre 40 à 50 ans

Plus de 50 ans

13% 34%

53%

Figure 22 : Répartition des apiculteurs en fonction de leur âge

100% 75%

Fréquence

80% 60% 40%

25%

20% 0% De 5 à 10 ans

Plus de 10 ans Classe d'âge

Figure 23 : Répartition des apiculteurs selon leur ancienneté dans l'apiculture

I.1.2. Nombre de colonies par ruchers La figure 24 montre que 25 % des exploitations apicoles possèdent moins de 10 ruches.

60


Fréquence d'apiculteurs

100% 80% 60%

37,50%

40%

25%

18,75%

20%

18,75%

0% Moins de 10

De 10 à 15 Entre 15 et 20 Nombre de ruches

Plus de 20

Figure 24 : Effectif de ruches par rucher

I.1.3. Types et position de la ruche par rapport au sol Au cours de notre étude, la ruche Vautier était la plus rencontrée (52,3%). Egalement une ruche de fabrication locale, appelé ruche Diawara (ruche en carton) a été retrouvés dans 12,5% des ruchers (Tableau II).

Tableau II : Types de ruches exploitées par les apiculteurs Fréquence d’utilisation en %

Types de ruches Ruche Langstroth

27,6

Ruche Vautier

52,3

Ruche Kenyane

6,7

Ruche en carton (Ruche Diawara)

12,5

Ruche expérimentale

0,9

61


Selon la position de la ruche par rapport au sol, nous avons constaté que 80,95 % des ruches étaient posés trop bas par rapport au sol (figure 25).

Fréquence des ruches

100% 80,95% 80% 60% 40% 20%

10,48%

8,57%

0% Posée au sol

Trop basse Position des ruches

Très haute

Figure 25 : Position des ruches par rapport au sol

I.1.4. Types de production L'ensemble des apiculteurs enquêtés exploite le miel alors que 19 % font l'apiculture pour le rôle pollinisateur des abeilles (Figure 26). Pour la récolte du miel, tous les apiculteurs ont affirmé que la grande récolte avait lieu entre Mai et Juin. Certains apiculteurs (44%) pratiquaient une deuxième récolte pendant la période d’Août et Septembre.

62


100%

100%

87%

Fréquence

80% 60%

40% 19%

20%

0% Miel

Cire Productions

Pollinisation

Figure 26 : Causes de l’exploitation des abeilles dans les ruchers

I.1.5. Niveau de production de miel A cours de nos travaux, 63 % des apiculteurs ont déclaré qu'ils produisaient plus de 10kg de miel par an et par ruche (Figure 27).

100%

Fréquence

80% 63% 60% 40%

20%

19%

18%

0% Moins de 5

De 5 à 10 Plus de 10 Quantité de miel produite en Kg

Figure 27 : Rendement de miel par ruche et par an

63


I.1.6. Proximité et distance des champs horticoles et maraîchers Des champs horticoles étaient plus ou moins proches des ruchers. Cependant, dans près de la moitié des ruchers (44%), ces champs étaient situés à plus de 500 m (Figure 28).

Fréquence de ruchers

100% 80% 60% 37%

40% 20%

13%

44%

6%

0% Proximité De 50 à 100 Entre 100 et 500 Plus de 500 Proximité et distance entre rucher et champs en mètre

Figure 28 : Distance des ruchers par rapport avec champs horticoles.

I.1.7. Technique de multiplication du cheptel Plusieurs techniques de multiplication du cheptel se pratiquent par les apiculteurs des régions de Dakar et Thiès et l'essaimage naturel est pratiqué par tous les apiculteurs (Figure 29).

64


Fréquence d'apiculteurs

100%

100%

80% 62%

56%

60% 40% 20% 0% Essaimage naturel

Capture d'essaims Récupération d'essaims naturels dans les maisons Techniques de multiplication

Figure 29 : Techniques de multiplication du cheptel

I.2. Contraintes des apiculteurs Les enquêtes menées révèlent que les apiculteurs sont sujets à de nombreuses

Contraintes

contraintes (figure 30).

Utilisation des pesticides

13%

Feux de brousse

13%

Manque de moyens et soutien

19%

Prédateurs et acariens

19%

Rareté de la végétation

25%

Rareté et désertions de colonies

37%

Disponibilité de sites faibles

50%

Agressivité des abeilles

73% 0%

20%

40%

60%

80%

Fréquence d'apiculteurs Figure 30 : Contraintes des apiculteurs de la zone d'étude 65

100%


I.3. Etat sanitaire des abeilles I.3.1. Etat des ailes Dans 68% des ruches visitées, nous avons constaté la présence d'abeilles avec des ailes atrophiées (Figure 31). 100%

Fréquence

80%

68%

60% 40%

32%

20% 0% Ailes atrophiées

Ailes non atrophiées Etat des ailes

Figure 31 : Proportion des ruchers avec des abeilles aux ailes atrophiées

Ailes déformées

Egalement, dans 73% des ruches, des abeilles avaient des ailes déformées (figure 32).

73%

OUI

27%

NON

0%

20%

40%

60%

80%

100%

Fréquence des ruches

Figure 32 : Proportion des ruches avec des abeilles aux ailes déformées

66


I.3.2. Abeilles à abdomen raccourci Au cours de notre étude, seulement 20% des ruchers présentaient des abeilles avec des abdomens raccourcis. I.3.3. Traitements contre Varroa sp. par les apiculteurs Une faible proportion des apiculteurs (6%) avaient mis en place des moyens de lutte contre Varroa sp. dans leurs ruchers. Ces méthodes étaient l'utilisation de molécules vétérinaires après la récolte et l'élimination occasionnelle du couvain mâle. I.4. Infestation à Varroa sp. : Cette étude démontre l'existence de Varroa sp. dans les ruchers des régions de Dakar et Thiès. En effet, 85% des ruches sont infestées par l'acarien (Figure 33). Les cinq (5) prélèvements effectués sur les essaims récupérés par le CNA de Mbao étaient aussi positifs. 100%

85%

Fréquence

80% 60% 40% 15%

20% 0%

POSITIVE NEGATIVE Infestation à Varroa sp. Figure 33 : Infestation à Varroa sp. dans les colonies d’abeilles

I.4.1. Niveau d’infestation à Varroa sp. En ce qui concerne l’infestation des colonies par le Varroa sp., la moyenne des infestations a été 6,96 varroas/ 100 abeilles soit 6,96%. 67


I.4.2 Espèces de Varroa identifiées et abondance spécifique de chacune d'elle dans les colonies Trois espèces de varroa dont Varroa destructor, Varroa jacobsoni et Varroa rindereri ont été identifiées mais Varroa destructeur (47%) a été l'espèce la plus présente (Figure 34).

Fréquence des espèces

100% 80% 60%

47%

42%

40% 20%

11%

0% V. destructor

V. jacobsoni Espèces de Varroa sp.

V. rindereri

Figure 34 : Fréquence des espèces de Varroa sp. identifiées I.4.3. Le lien entre le nombre de Varroa sp. et l’état de la colonie La figure 35 montre que la prévalence des infestations a été plus élevée dans les colonies faibles (89%) mais la variation a été non significative (p>0,05). NEGATIVE

POSITIVE

Fréquence

100% 80%

89%

84%

60% 40% 20% 0%

11%

16%

FAIBLE

FORTE

Etat de la colonie Figure 35 : Infestation selon l’état de la colonie. 68


I.4.4. Infestation et quantité de miel produit Dans les ruchers où l'acarien est présent la production de miel est de 9 kg/an/ ruche en moyenne alors qu'elle est de 11 kg/ruche par an dans les ruchers non infestés et la différence a été significative (p<0,05). I.4.5. Infestation à Varroa sp. et types de ruches Le Tableau III montre que les infestations les plus élevées ont été notées dans les ruches en carton (92,3%) et les ruches kenyans (100%) mais la différence a été non significative (p>0,05). Tableau III : Fréquence d’infestation selon les types de ruches Taux d’infestation en %

Type de ruches Carton

92,3

Kenyane

100

Langstroth

83,3

Vauthier

83,3

Particulière

0

I.4.6. Infestation et les positions de ruches En fonction de la position de la ruche, les plus fortes infestations ont été notées dans les ruches placées trop haute (94%) comme le montre la figure 36 mais les variations ont été non significative (p>0,05).

69


94%

100% 87%

83%

Fréquence

80% 60% 40% 20%

0% POSEE AU SOL

TRES HAUTE

TROP BASSE

Figure 36 : Infestation selon la position de la ruche

I.4.7. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles à abdomen raccourci Au cours de notre étude, les colonies ayant des abeilles à abdomen raccourci ont été moins infestées à Varroa sp. (Figure 37) mais la variation a été non significative (p>0,05).

Infestation à Varroa sp.

Abdomen raccourci

NEGATIVE

12%

Abdomen non raccourci

28% 72%

POSITIVE 0%

20%

40% 60% Fréquence

80%

88% 100%

Figure 37 : Infestation à Varroa sp. selon la forme de l'abdomen des abeilles 70


I.4.8. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles aux ailes atrophiées Au cours de notre étude, 87% des colonies ayant des abeilles aux ailes atrophiées ont été positives à l'infestation par Varroa sp. (Figure 38) et l'infestation a été significativement plus élevée dans ces colonies comparativement à celles où il n'y avait pas des abeilles avec les ailes atrophiées (p<0,05).

Infestation à Varroa sp.

Ailes non atrophiées

Ailes atrophiées

17% 13%

NEGATIVE

83% 87%

POSITIVE

0%

20%

40% 60% 80% Fréquence des colonies

100%

Figure 38 : Répartition des abeilles à ailes atrophiées selon l’infestation

I.4.9. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles aux ailes déformées Au cours de notre étude, 84% des colonies ayant des abeilles aux ailes déformées ont été positives à l'infestation par Varroa sp. (Figure 39) ; et l'infestation a été significativement moins élevée dans ces colonies comparativement à celles où il n'y avait pas des abeilles avec les ailes déformées (p<0,05)

71


Infestation à Varroa sp.

ailes non déformées

ailes déformées

10% 16%

NEGATIVE

90% 84%

POSITIVE

0%

20%

40% 60% 80% Fréquence des colonies

100%

Figure 39 : Répartition des abeilles à ailes déformées dans la population étudiée

III.

DISCUSSION

III.1. Limites de l’étude Au cours de notre étude, nous avons rencontré des difficultés qui ont allongé la durée de notre étude. En effet, certains producteurs n’étaient pas disponibles durant la période de l’étude et d’autres affirmaient qu’ils ne voulaient pas perturber les abeilles de leurs ruches. Cette situation nous a empêché de faire des prélèvements dans certains ruchers de la zone de Mbour où il y a un nombre important de ruchers et a réduit la taille de notre échantillon. III.2. Les pratiques apicoles III.2.1. Caractéristiques socio-démographiques des apiculteurs Les enquêtes ont révélé que l'âge moyen des apiculteurs individuels est élevé. Plus de la moitié des apiculteurs (87%) étaient âgés de plus de 40 ans. Des résultats analogues ont été obtenus par Adjilane (2012) en Algérie où plus de la moitié des apiculteurs (51,6%) étaient âgés de plus de 40 ans ; Fikru et al. (2015) dans la zone de Jigjiga en Ethiopie, montrent que plus de la moitié des apiculteurs (57,10%) étaient âgés de 46 ans voire plus et dans l’île de Réunion, la moyenne d’âge a été évaluée de 52 ans par 72


Ayme (2014). L'âge avancé des apiculteurs dans ces zones indique que l’apiculteur est une activité des personnes d'un âge avancé. Les enquêtes mettent aussi en exergue l’absence des jeunes de moins de 30 ans dans la filière comme dans la commune de Bassila en Bénin (Yedomonhan et Akoegninou, 2009). Cela est d’autant plus important que 75% des apiculteurs de la zone ont une ancienneté dans la filière de plus de 10 ans. La faible participation des jeunes dans la filière s’explique par le fait qu’elle est très mal connue et est considérée souvent comme une activité secondaire. En outre, les frais d'installations des ruches peuvent être importants pour des jeunes surtout pour une activité méconnue. Pour ce qui est du nombre de colonies par apiculteurs, plus de la moitié des apiculteurs (81,25%) possèdent au plus 20 ruches. Seul 18,75% des apiculteurs questionnées détiennent plus de 20 ruches. Des études de Adjlane (2012) ont montré dans la région médio-septentrionale de l’Algérie que la moitié des apiculteurs questionnés possèdent moins de 50 ruches. Plus d’un quart (soit 37,8 %) des apiculteurs disposent de 50 à 100 ruches. Seulement 14,1% ont plus de 100 colonies et 6,4 % plus de 200 ruches. Ces résultats confirment davantage que l’apiculture dans la zone demeure une activité secondaire. III.2.2. Types et positions des ruches par rapport au sol La totalité des producteurs utilisent soit des ruches modernes (ruche Langstroth) ou des ruches intermédiaires (ruches Vauthier, Kenyane ou en carton). Par contre, des études effectuées par Fragoso (2009) montrent que 99% des ruches utilisées dans la division d’Inyonga en Tanzanie pour l’apiculture étaient essentiellement traditionnelle. Dans notre cas, le type de ruche surtout moderne se justifierait par le fait que la zone d'étude était essentiellement urbaine et que les techniques de fabrication de ruches traditionnelles ne sont pas forcément connues. En outre, les apiculteurs ont plus de revenus pour s'acheter des ruches modernes. Les enquêtes montrent que la ruche vauthier demeure la ruche la plus utilisée dans la zone (52,3%). D’après les études effectuées par Gueye (2013), c’est aussi la ruche la plus utilisée dans la région de Kolda avec une fréquence de 44 %. Tous les apiculteurs 73


utilisant la ruche vauthier affirment que sa durée de vie est plus longue, elle résiste mieux aux feux de brousse et offre une bonne productivité. Ces mêmes affirmations ont été confirmées par Diallo (2009) lors d’un Projet d’Appui à l’Entreprenariat Forestier de Kolda (PAEFK) dans le domaine de l’apiculture. En outre, cette ruche est également la ruche la plus accessible du fait que la matière de base qui la compose qui est le ciment et elle est difficile à transporter à cause de son poids ce qui réduit les cas de vol constatés avec les autres types de ruches. La ruche Langstroth est bien appréciée (27,6 %) par les apiculteurs qui s’activent plus à la pollinisation. En plus d’être une ruche moderne, la facilité d’utilisation de la ruche Langstroth en bois lui confère un certain nombre d’avantages tels que la rentabilité et l’adaptabilité aux déplacements plus important pour l'utilisation dans le but de la pollinisation. Son utilisation reste limitée chez les autres apiculteurs qui produisent du miel et de la cire du fait de la cherté de la ruche et de la technicité nécessaire pour la maintenance et l’entretien. Les résultats de l’enquête montrent une faible utilisation de la ruche Kényane (6,7%). Ces résultats corroborent avec ceux de Gueye (2009) à Kolda même si l’utilisation reste plus prévalent (25%) dans cette zone. La faible fréquence d’utilisation de cette ruche s’expliquerait par le fait qu’elle ne résiste pas à long terme aux ravageurs et aux aléas climatiques (feux de brousse, pluies). Il en est de même pour la ruche en carton (12,4%) qui a en plus une production plus faible. Les ruches au sol sont souvent des ruches en carton ou Vautier. Celles en carton tombent le plus souvent sous l’effet du vent car celles-ci sont généralement posées sur un support non adapté ou attaché aux branches des arbres. Elles peuvent avoir une position défavorable aux abeilles. Quant à la ruche Vautier, trop lourde, elle a tendance à presser son support si ce dernier n’est pas adapté. Cette position expose les ruches aux ravageurs tels que les termites, les fourmis. III.2.3. Technique de multiplication du cheptel L’essaimage naturel est la technique la plus répandue car il est utilisé par tous les apiculteurs de la zone d’étude. Il est plus pratique et très facile pour tout apiculteur car il exige peu de travail et ne nécessite presque aucun investissement. La capture

74


d’essaims naturels est une pratique utilisée par certains apiculteurs (56%) pour la multiplication de leurs cheptels. Ces mêmes pratiques ont été retrouvées en Ethiopie dans la zone de Jigjiga où 71,43% des apiculteurs l'utilisent (Fikru et al., 2015). Toutefois, les études menées par Ayme (2014) montrent que les colonies acquises par cette technique auraient tendance à essaimer fréquemment. La récupération d’essaims dans les maisons est fréquente (62%) chez les apiculteurs qui ont des exploitations le plus souvent non loin des habitations humaines. En effet, quand des essaims trouvent refuge dans des habitats humains, certains apiculteurs, sous la demande de la population pour des raisons de sécurité, partent pour la récupération de ces abeilles. L’essaimage artificiel est une pratique qui n’est pas connue par ces apiculteurs ; de la même manière que l’achat d’essaims, du fait de l’absence de l’élevage des reines. Par contre, l’essaimage artificiel est une pratique très répandue chez les apiculteurs réunionnais puisse qu’elle est réalisée par 61% de ces producteurs (Ayme, 2014). Par contre l’achat d’essaims est limité dans cette île (Ayme, 2014) et en Ethiopie (Fikru et al., 2015) avec respectivement 9,6% et 14,29%. L’absence de ces pratiques dans les régions de Dakar et de Thiès pourrait être expliquée par le manque de technicité sur les pratiques apicoles modernes et de moyens logistiques des apiculteurs. III.2.4. Proximité et distance de champs arboricole ou maraîcher Il ressort des enquêtes que des champs horticoles étaient plus ou moins proches des ruchers. Cependant, plus de la moitié des ruchers (56 %) sont situées au maximum à une distance égale à 500 m. Des études effectuées par Barbouche (2009) montrent que la plupart des ruches tunisiennes sont à proximité des champs durant une grande partie de l’année dû à l’apiculture pollinisatrice qui est de plus en plus pratiquée dans la zone ; Fikru et al. (2015) démontre que plus de 59% des apiculteurs de la zone de Jigjiga en Ethiopie ont leurs ruches dans des plantations de maïs ou de tournesol. Dans l’optique d’améliorer leurs productions apicoles en quantité ou de trouver un site acceptable, sûr à leur portée, certains apiculteurs préfèrent poser leurs ruches à proximité des champs arboricoles ou maraichers. A cela s’ajoute ceux qui pratiquent de la pollinisation avec leurs ruches. En effet, ce groupe d’apiculteurs louent leurs ruches à ceux qui font de l’agriculture moderne. 75


Ces pratiques permettent aux abeilles de trouver assez de pollen et de nectar à des distances très réduites donc augmentent leurs productions. De la même manière chez les agriculteurs, une augmentation de leurs productions est possible du fait de la pollinisation entomophile que jouent ces abeilles. Des études menées en Afrique de l'Ouest par le service écosystémique estiment à 5 milliards d'euro chaque année la pollinisation des cultures effectuée par les insectes (Gallai et al., 2009). Parmi les insectes pollinisateurs, les abeilles sont considérées comme les principaux acteurs vue qu'elles contribuent à environ 80 % de cette activité (Le conte et Navajas, 2008). III.2.5. Etat sanitaire des abeilles III.2.5.1. Etat des ailes et de l’abdomen Il ressort des enquêtes que les abeilles présentes des ailes déformées ou atrophiées ainsi que des malformations de leurs abdomens (raccourcissement). Cela devrait être dues soit aux conditions environnementales, aux agents biologiques surtout les virus dont le DWV (Deformed Wing Virus), aux agents chimiques comme les pesticides (Vidal-Naquet, 2011 ; Adjlane et al., 2015). III.2.5.2. Traitements contre Varroa sp. par les apiculteurs Selon l’enquête menée dans les régions de Dakar et de Thiès, par rapport aux traitements anti-varroas utilisés, un nombre très limité (6%) des apiculteurs traitent leurs ruches. Ces résultats ne corroborent pas avec ceux effectués en Algérie par Adjlane (2009) où 98,4% des apiculteurs effectuaient des traitements anti-varroa. Cette faible partie des apiculteurs qui effectuent des traitements anti-varroa dans leur rucher s’explique d’une part par le fait que la maladie n’est pas trop connue et sa présence dans la zone est totalement ignorée. D’autre part, les molécules de lutte ne sont pas encore disponibles sur le marché des médicaments vétérinaires Sénégalais. III.2.6. Infestation à Varroa sp. Les résultats obtenus démontrent l'existence de l'acarien Varroa sp. dans les ruchers des régions de Dakar et Thiès. En effet, la plupart des ruches (85%) sont infestées par

76


cet acarien. Cette étude démontre la présence de cet acarien dans les colonies d'abeilles au Sénégal. Des études ont montré qu’en Tunisie, la présence du parasite a été signalée pour la première fois en 1975 et en Algérie, en 1981 (Belaid, 2011). D’après une enquête menée en 2009 dans le Nord de l’Algérie par l’institut national de la médecine vétérinaire d’Algérie (INMV), le Varroa sp. est présent dans 100% des ruches échantillonnées (Adjlane, 2012). Les fortes infestations observées dans les colonies seraient dues aux techniques de multiplications adoptées par les apiculteurs. En effet, plus de la moitié des apiculteurs utilisent la capture d’essaims (56% captent d’essaims naturels et 62% récupèrent d’essaims dans les maisons) pour peupler leurs ruchers. D’ailleurs, lors de nos travaux, les prélèvements (5/5 soit 100%) effectués sur les essaims récupérés dans les habitations humaines étaient tous positifs. Plus loin, les études menées par Ayme (2014) démontrent que les colonies acquises par capture peuvent être responsable de propagation de nouvelles maladies comme la varroase dans le rucher. Il s’ajoute à cela la forte concentration des ruchers observée dans un espace très réduit dans certaines zones ; la transhumance des ruches (l’apiculture pollinisatrice) qui est de plus en plus pratiquée par les éleveurs d’abeilles (19%) de la zone. III.2.6.1. Le lien entre le nombre de Varroa sp. et l’état de la colonie Les résultats obtenus montrent que les colonies faibles sont plus infestées que les colonies fortes mais la variation est non significative (p>0,05). Cependant Noireterre (2011) a montré que l'infestation à Varroa sp entraine des conséquences au sein de la colonie. Selon cet auteur, ces conséquences se traduisent par un affaiblissement de la colonie c’est-à-dire qu’elles la rendent moins dynamique et baissent ses performances de production. Dans notre étude, l'affaiblissement constaté peut être lié à l’utilisation de pesticide dans les champs. En effet, d’après les résultats de l’étude, des apiculteurs (19%) déclarent qu’ils sont victimes des traitements de pesticides effectués par des agriculteurs environnants. D’après Friedler (1987) les pesticides peuvent provoquer un affaiblissement des colonies d’abeilles par réduction du couvain et une baisse de la consommation de nourriture. 77


III.2.6.2. Infestation à Varroa sp. et quantité de miel produit par ruche Lors de nos travaux, la production de miel par an par ruche était significativement plus faible dans les exploitations infestées que celles non infestées. Les résultats montrent que dans les ruchers infestés la production de miel est plus faible. Nos résultats concordent avec ceux de Gatien et Currie (2006) qui ont montré qu'une infestation à Varroa sp. causerait un impact négatif sur la production de miel lorsque 1% des abeilles de la colonie sont infestées alors que dans notre étude l'infestation a été de 6,9 %. Selon ces auteurs, une infestation comprise entre 2 à 5% abaisse significativement la production de miel et qu’une infestation supérieure à 20% annule toute possibilité de récolte de miel. Egalement, Adjilane et al. (2012) ont signalé aussi en Algérie une baisse de production du miel suite aux infestations. III.2.6.3. Infestation et position de ruches Les enquêtes révèlent que le niveau d’infestation le plus élevé (94%) a été observé avec la position très haute de la ruche mais la variation a été non significative (p>0,05). Ceci indiquerait que l’exposition à Varroa sp. ne dépend pas de la position de la ruche. III.2.6.4. Infestation à Varroa sp. et présence d’abeilles aux formes anormales Lors de nos travaux, les colonies ayant des abeilles avec un abdomen raccourci étaient autant infestées que celles n'ayant pas ces abeilles. Cela indiquerait que l'infestation n'a pas significativement varié selon la présence d'abeilles aux abdomens raccourcis dans les colonies. Cependant les travaux de Bowen-Walker et Gunn (2001), Treilles (2002) et Wendling (2012) ont montré des modifications morphologiques sur les abeilles adultes issues de nymphes parasitées par Varroa sp. ; Ballis (2014) et Hamida (2016) dans leurs études, affirment ces modifications morphologiques telles que des abdomens raccourcis observées lors d’une infestation à Varroa sp. Les résultats obtenus montrent des différences significatives entre les colonies saines et les colonies infestées pour le paramètre morphométrique ailes déformées. Nos résultats sont proches de ceux de Belaïd et Doumandji (2010) effectués au nord de l’Algérie. Outre, plusieurs études ont confirmé le rôle de vecteurs de l’acarien Varroa 78


sp. dont le DWV (Deformed Wing Virus) ou le Virus des Ailes Déformées. Des travaux de Carreck et al. (2002) ; Tentcheva et al. (2004) ; Shen et al. (2005) ; Chen et Siede (2007) et Wendling (2012) montrent que ce virus est retrouvé de façon concomitante chez les abeilles parasitées par Varroa sp.. Toutes ces études sont confirmées récemment par Martin et al. (2012). Cependant, malgré l'existence des abeilles aux ailes déformées rien ne nous permet d'affirmer que ces abeilles sont atteintes de ce virus ; la morphologie de leurs ailes pourrait être due à d'autres facteurs non en relation avec le virus de DWV. Cependant, une différence significative a été constatée entre l'infestation à Varroa sp. et la présence d'abeilles aux ailes atrophiées dans la colonie ; ce qui signifie que la présence des varroas dans la colonie est associée à la présence d'abeilles aux ailes atrophiées. Ces résultats sont justifiés dans le sens où Bowen-Walker et Gunn (2001) ont mis en évidence que les colonies infestées par Varroa sp. portaient des abeilles avec des déformations morphologiques externes comme des ailes atrophiées. IV.

RECOMMANDATIONS

Pour faire de l’activité apicole un véritable socle de développement au grand bénéfice des populations de la zone d’étude ainsi qu’au Sénégal, il est important de tenir compte des recommandations suivantes : IV.1. Aux apiculteurs -

développer d’autres moyens de multiplications du cheptel apicole comme l’élevage des reines ;

-

s’assurer d’un suivi régulier et fréquent des ruchers afin d’en s’imprégner de l’état sanitaire ;

-

trouver des protections (combinaisons) plus sophistiquées ;

-

nettoyer et désinfecter tout le matériel des ruches au moins une fois par an.

IV.2. Au ministère -

renforcer la sensibilisation et la coordination entre agriculteurs et apiculteurs quant à l’importance du rôle de l’abeille comme agent pollinisateur ; 79


-

mise en place d’une réglementation régissant l’activité apicole et renforçant la protection de l’abeille des maladies et des produits phytosanitaires ;

-

sensibiliser les agriculteurs du danger que représente l’utilisation de pesticide par rapport aux abeilles et aux consommateurs des produits de la ruche ;

-

valoriser des métiers d’artisanats de fabrication de moyens de protections (combinaisons ou tenues).

IV.3. Aux chercheurs -

étudier les agents pathogènes transmises par varroa aux abeilles ;

-

développer plus les méthodes de lutte biologique plutôt la lutte chimique ;

-

étudier la morphométrique afin de trouver des abeilles résistantes aux effets des varroas ;

-

étudier les autres types d’agent pathogènes de l’abeille (acariens, prédateurs) ;

-

renforcer la formation des apiculteurs sur les techniques apicoles modernes.

80


CONCLUSION GENERALE Au Sénégal, le secteur de l’élevage est considéré comme l’un des leviers de l'économie nationale avec son potentiel important en termes de richesses et de création d’emploi. Il contribue à environ 28,2% du revenu des ménages au niveau national. Près de trois quarts (73,9%) des ménages ruraux pratiquent cette activité contre 26,1% soit un peu plus d’un quart en milieu urbain (ANSD, 2013). En 2013, le recensement des espèces animales domestiques a dénombré 3 464 000 bovins, 6 088 000 ovins, 5186 000 caprins, 386 000 porcins, 537 000 équins, 458 000 asins et 4 800 camelins. Selon la conduite associée et la disponibilité fourrager, l’élevage de ces espèces se décompose en trois principaux types qui sont : l’élevage extensif appelé encore l’élevage pastoral, l’élevage semi-extensif et enfin, l’élevage intensif. Toutefois, ces systèmes sont sujets à de nombreux obstacles liés aux prix prohibitifs d’intrants (complémentations, médicaments…) et à l’expansion des terres arables qui précarisent l’accès aux ressources pastorales et compromettent la mobilité. Pour contrecarrer ces obstacles, de nouveaux paradigmes naissent avec l’exploitation d’espèces à cycle court, d’élevage facile et praticable avec très peu d'intrants. C’est notamment le cas de l’élevage des abeilles (apiculture) qui est en pleine expansion. L’intérêt pour cette espèce se justifie par son importance socio-économique liée par ses productions (miel, cire etc.) et par son rôle écologique important de pollinisation entomophile des différentes plantes à fleurs domestiques ou sauvages. Cependant, l’apiculture se trouve confrontée à plusieurs contraintes d’ordre : gestion zootechnique et sanitaire des ruchers, chimiques (produits phytosanitaires) et biologiques (bactéries, virus, parasites, prédateurs…). Parmi les pathologies, la varroose est considérée comme le plus redoutable fléau de l’apiculture dans le monde. Elle occasionne de nombreuses pertes de production par ses effets directs et indirects sur les colonies d'abeilles. Pour permettre à l’apiculture de contribuer à l’essor économique prépondérant et continuer à satisfaire les besoins alimentaires des populations, il faut améliorer les pratiques apicoles et endiguer cette pathologie. Ainsi, la présente étude a pour objectif d’analyser les pratiques apicoles et de l’infestation à Varroa sp. au Sénégal. 81


Ce travail a été réalisé auprès de 16 exploitations et 5 essaims provenant des deux régions du Sénégal (Dakar et Thiès). Elle a permis de collecter un certain nombre de données relatives à l’apiculture dans lesdites régions. Il ressort de l’étude que la filière apicole, considérée comme une activité complémentaire, est pratiquée généralement par des personnes d’un âge avancé. En effet, la majorité des personnes qui s’y adonnent (87%) sont âgées de plus de 40 ans dont plus de la moitié (75%) a une expérience de plus de 10 ans dans la filière. Beaucoup d’entre elles (81,25%) possèdent au plus 20 colonies d’abeilles dans leur rucher. Seuls 18,75% des apiculteurs interrogés disposent de plus de 20 ruches. Cellesci sont soit modernes (ruche Langstroth) soit intermédiaires (ruches Vauthier, Kenyane ou en carton). La totalité des apiculteurs effectue de l’essaimage naturel pour le peuplement de leurs cheptels. Pour ce faire, ils utilisent soit une amorce de cire gaufrée qu’ils mettent au niveau des cadres des ruches ou garnir leurs parois avec la cire pour attirer les abeilles. Néanmoins, d’autres techniques telles que la capture d’essaims naturels (56%), la récupération d’essaims dans les habitats humains (62%) sont aussi pratiquées pour la multiplication des cheptels. Il ressort des enquêtes que tous les apiculteurs font de la production de miel avec leurs ruches. En plus du miel, d’autres produits de la ruche sont exploités dans la zone. C’est le cas de la cire par exemple avec 87% des apiculteurs. Mais aussi il est à noter que d’autres (19%) tirent profit de l’élevage des abeilles pour la pollinisation entomophile. En effet, l’étude montre que ce dernier groupe d’apiculteurs loue mensuellement leurs ruches à ceux qui font de l’agriculture moderne. Pour ce qui est du calendrier apicole, eux tous ils ont affirmé que la grande récolte s’effectue entre les mois de Mai et Juin. Outre, en fonction du couvert végétal, certains apiculteurs (44%) pratiquaient une deuxième récolte pendant la période d’Août et Septembre. Les apiculteurs des régions de Dakar et Thiès ont des expériences variées dans la production. Mais pour certains, les techniques ne sont toujours pas maîtrisées. D’ailleurs, c’est ce qui justifie en partie la limitation de leurs productions uniquement au miel et à la cire. Concernant l’infestation à Varroa sp., cette étude démontre la présence de cet acarien dans les colonies d'abeilles au Sénégal. Ce qui vérifie notre hypothèse de départ. En 82


effet, elle montre que la prévalence de l’infestation à Varroa sp. dans la zone est de 85%. Trois espèces de varroa dont Varroa destructor, Varroa jacobsoni et Varroa rindereri ont été identifiées avec des prévalences de 47%, 42% et 11% respectivement. L’analyse des résultats a mis en évidence une baisse de production de miel, des déformations ou atrophies des ailes des abeilles, qui sont significativement liées à l’infestation à Varroa sp.. Outre, l’étude a décelé dans les colonies des abeilles aux abdomens raccourcis. Mais aucune différence significative n’a été notée par rapport à l’infestation. L’étude nous a permis de détecter d’autres prédateurs (poux, fausses teignes et fourmis) de l’abeille domestique. Cependant, les résultats obtenus dans la zone d’étude restent encourageants mais méritent d’être améliorés dans le futur afin de combler certaines lacunes. Par ailleurs, l’infestation à Varroa sp. y étant bien présente, les recherches doivent se poursuivre en vue d’évaluer l’impact négatif de ce parasite sur les colonies d’abeilles. Elles permettront aussi de mettre en place une stratégie de lutter pour améliorer suffisamment les conditions d’élevage. En outre, il serait d’une importance capitale de connaître les relations entre le varroa et nos abeilles. En effet, pour une bonne connaissance du comportement des abeilles vis-à-vis de l’acarien, il serait intéressant d’élargir l’étude dans différents ruchers du pays et sur plusieurs années. En définitive, il serait souhaitable que ce fléau soit pris en charge par les pouvoirs publics et tous les apiculteurs. Il doit faire l’objet d’un vaste programme d’action sur l’ensemble du territoire national à l’instar d’autres pays afin de sauver l’abeille domestique, sentinelle de l’environnement.

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ANNEXES

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SERMENT DES VETERINAIRES DIPLÔMES DE DAKAR « Fidèlement attaché aux directives de CLAUDE Bourgelat, fondateur de l'Enseignement Vétérinaire dans le monde, je promets et je jure devant mes Maîtres et mes Aînés:  d'avoir en tous moments et en tous lieux le souci de la dignité et de l'honneur de la profession vétérinaire;  d'observer en toutes circonstances les principes de correction et de droiture fixés par le code déontologique de mon pays;  de prouver par ma conduite, ma conviction, que la fortune consiste moins dans le bien que l'on a, que dans celui que l'on peut faire;  de ne point mettre à trop haut prix le savoir que je dois à la générosité de ma patrie et à la sollicitude de tous ceux qui m'ont permis de réaliser ma vocation. Que toute confiance me soit retirée s'il advient que je me parjure.»


Analyse des pratiques apicoles et infestation à Varroa sp. au Sénégal : cas des régions de Dakar et Thiès. RESUME Cette étude a pour objectif d’analyser les pratiques apicoles et l’infestation à Varroa sp. au Sénégal. Elle a eu lieu d’octobre 2016 à avril 2017 dans les régions de Dakar et Thiès. Au total 16 exploitations et 5 essaims ont été concernés par cette étude et s’est déroulée en deux phases. La première phase consiste à effectuer des prélèvements d’abeilles nourrices dans les cadres de couvains. La deuxième phase

concerne le questionnaire portant sur les

caractéristiques sociodémographiques de l’apiculteur, la présentation et la gestion de l’exploitation apicole, la santé des abeilles, les traitements des ruchers et les contraintes rencontrées dans la pratique. Il ressort des enquêtes que la filière apicole est considérée comme une activité complémentaire pratiquée généralement par des personnes d’un âge avancé. Pratiquement, la majorité des personnes qui s’y adonnent (87%) sont âgées de plus de 40 ans. La taille des exploitations apicoles est quasi exclusivement petite avec seulement au maximum 20 colonies sur les 81,25%. Les types de ruches utilisées dans la zone sont soit modernes (ruche Langstroth) soit intermédiaires (ruches Vauthier, Kenyane ou en carton). Les stratégies de peuplement mises en œuvre par ces apiculteurs sont très variées mais l’essaimage naturel reste la plus répandue (100%) suivie de la capture d’essaims naturels (56%) puis la récupération d’essaims dans les habitats humains (62%). La production de miel est prédominante mais néanmoins la cire et la pollinisation sont exploitées. Il ressort des prélèvements que 85% des ruches des régions de Dakar et Thiès sont infestées à l’acarien Varroa sp.. Ils mettent en exergue la présence de trois espèces qui sont : Varroa destructor (47%), Varroa jacobsoni (42%) et Varroa rindereri (11%). En vue d’améliorer les pratiques apicoles et de sauver l’abeille domestique, sentinelle de l’environnement, des recommandations adressées aux apiculteurs, aux pouvoirs public et aux chercheurs ont été faites. Mots clé : Abeilles (Apis mellifera), Varroa sp., ruche, ruchers, essaims, Sénégal Madondone DIOUF Télé : 78 172 12 60 E-mail : dondone1990@gmail.com Adresse : Cité Mermoz Nord Bat F8

Madondone DIOUF  

Analyse des pratiques apicoles et infestation à Varroa sp. dans les régions de Dakar et Thiès (Sénégal).

Madondone DIOUF  

Analyse des pratiques apicoles et infestation à Varroa sp. dans les régions de Dakar et Thiès (Sénégal).

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