namique sociale de discrimination plus large qui permet de les rendre intelligibles et de les appréhender comme un phénomène cohérent. Ils ont donc toute leur place dans les politiques de sécurité. Les actes de violence discriminatoire ont des conséquences néfastes que l’on peut classer en trois catégories. Tout d’abord, ils peuvent avoir des effets dévastateurs sur la santé physique et/ou mentale des victimes, de leur conjoint, de leur entourage amical et familial, voire des témoins de ces actes. Les recherches ont montré que les actes de violences discriminatoires sont souvent caractérisés par une brutalité extrême avec des conséquences particulièrement graves pour les victimes (cf. Kees et al. 2016 : 19ff). Ils sont ensuite porteurs d’une symbolique forte car il s’agit d’atteintes à l’identité (cf. Schneider 2009 : 298f). Leur but est d’intimider mais aussi de menacer d’exclusion et de violence tout un groupe social ou une communauté, en remettant en cause ses droits fondamentaux et sa participation à la sphère publique, lui transmettant ainsi un message de haine et de rejet. On peut donc aussi les considérer comme des crimes à messages (cf. ODIHR 2009a: 19ff). Enfin, ils instillent la peur et l’hostilité bien au-delà du contexte municipal, régional ou même national. Ils contribuent par là-même à alimenter des processus de polarisation et de radicalisation qui peuvent aboutir à un extrémisme violent5 et risquent d’aggraver les tensions existantes entre les différentes communautés, intensifiant le risque de conflits violents entre groupes sociaux. Une fois ces trois dimensions comprises et analysées, il apparaît clairement que les violences discriminatoires ne constituent pas seulement une menace contre des individus. Elles ont aussi un effet dévastateur sur notre coexistence pacifique, l’état de droit, l’ordre social, la cohésion et le principe d’égalité.
Crime de haine et violences discriminatoires Comme il n’existe aucune définition communément acceptée des violences discriminatoires, il peut être utile de délimiter cette notion en la 5-Le projet LIAISE (Institutions locales contre l’extrémisme violent) de l’Efus a mis en lumière les liens entre discrimination, stigmatisation et manque de cohésion sociale d’une part et les processus de radicalisation menant à l'extrémisme violent d’autre part. Voir Efus 2016b: 28ff.
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