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Extrait Créer un beau jardin sans corvées

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Créer un beau jardin

sans corvées

FOU DE JARDIN

• NOUVELLES TECHNIQUES D’ENTRETIEN

• GESTION CRÉATIVE DES PLANTES

• EN FINIR AVEC LES IDÉES FAUSSES

Les corvées d’entretien du jardin 1

Nous aménageons nos jardins en nous inspirant principalement du passé et des pratiques de nos aînés. Les habitudes répétées sans les remettre en cause deviennent d’incroyables sources de travail et de corvées répétitives sans autre but que de conserver le jardin dans un état prédéfini.

● Tailler les grimpantes sur murs 1 à 2 tailles pour éviter l’accès à la toiture, 1 taille de mise en forme en fin d’hiver, 2 à 3 tailles de fleurs fanées ou de contrôle.

● Tailler les bordures au moins 2 fois par an pour qu’elles restent bien nettes.

● Tailler les topiaires 3 à 5 tailles par an pour les garder nettes.

● Tailler les grimpantes sur pergola 1 taille en hiver pour les guider, et 2 à 5 tailles en été pour les garder sous contrôle.

● Tailler les hortensias une fois par an, au printemps, arroser en été.

● Désherber les couvre-sol une fois par an et remplacer les manques.

● Désherber les dallages Désherber les joints une fois tous les 3 mois.

● Tailler les rosiers à massif Tailler en mars, puis en novembre, nettoyer les fleurs fanées toutes les semaines, arroser, nourrir, désherber une fois par mois.

● Tailler les arbustes à fleurs

Tailler après la floraison, une fois par an, arroser plusieurs fois l’été et nourrir.

● Tailler les arbres fruitiers

chaque fin d’hiver.

● Entretenir le potager

● Élaguer les arbres une fois tous les 5 ans.

● Nettoyer le bassin

● Tailler les haies

2 à 3 tailles pour maintenir des haies bien strictes.

● Tondre la pelouse une fois par semaine entre fin mars et mi-novembre.

● Nettoyer les massifs de vivaces Nettoyage quotidien des fleurs fanées, division des plantes, apport de compost une fois par an et arrosage une fois par semaine l’été.

Nettoyage des filtres une fois par mois, division et rempotage des plantes une fois par an ou tous les 2 ans.

Arrosages et désherbages quotidiens de mars à octobre, bêchage en automne.

● Tailler les petits fruits

Taille et palissage des framboisiers et groseilliers

1 à 2 fois par an, désherbage et apport de compost.

● Entretenir les fleurs à couper Semis, arrosages, suppression des fleurs fanées, tuteurage, division tous les ans.

La tonte différenciée 9

Au-delà de 250 m2, il n’est pas utile de tondre partout de la même manière. Au contraire, laisser des zones tondues à des fréquences différentes permet de faire apparaître d’intéressantes végétations spontanées distinctes ou de naturaliser certaines fleurs en les laissant se ressemer à volonté.

Bulbes dans la pelouse = tonte retardée

LES ZONES DE TONTE

La nature du terrain, plus ou moins humide ou sèche, ou le relief, autant que la proximité de la maison permettent de définir des zones avec des fréquences de tontes différentes. Les allées et l’espace près de la terrasse demandent une tonte fréquente, des zones creuses ou humides resteront intactes tant que le sol reste meuble, les zones sur sol drainant ne seront plus tondues durant les périodes sèches…. La présence de bulbes à fleurs printanières ou de fleurs vivaces dans l’herbe retarde la tonte jusqu’à la maturité de leur feuillage.

L’herbe est laissée plus haute sous les arbres.

LES HAUTEURS DE COUPE

Le bon sens impose de relever la hauteur de coupe de l’herbe en période sèche. Une herbe plus haute ombrage davantage le sol et fait baisser sa température, retardant son dessèchement. On ne tond en général pas l’hiver, car le gazon pousse peu et reste humide. Il m’est cependant arrivé de tondre par beau temps sec vers la fin janvier ou la mi-février (à distance d’une période de gel), ce qui a eu pour effet de densifier l’herbe au printemps suivant car cela favorise l’étalement du pied des graminées.

LA FRÉQUENCE

DES TONTES

Varier la fréquence des tontes influence la végétation de la pelouse. Une tonte hebdomadaire favorise uniquement l’herbe. Une tonte mensuelle, et des véroniques, des pâquerettes, du trèfle, des brunelles ou des renoncules parviennent à s’épanouir. L’été, pendant les longues périodes sans tonte, des épervières et des sauges des prés ou de la camomille, poussent et fleurissent et attirent énormément d’abeilles et d’autres insectes pollinisateurs.

● Retarder les tontes au printemps permet de :

- laisser s’épanouir les ficaires, véroniques, pâquerettes, primevères, utiles au réveil de la petite faune

- réduire l’impact des petites gelées tardives sur la vie du sol

- favoriser l’infiltration en profondeur des rares pluies printanières.

● Arrêter de tondre à l’approche des canicules en été permet de :

- retarder le réchauffement du sol et prolonger son activité optimale

- favoriser la condensation, la rosée et apporter un peu d’eau chaque matin

- laisser fleurir le trèfle qui nourrit les pollinisateurs

- décompacter le sol : plus l’herbe s’élève, moins elle est dense, et donc plus l’eau peut s’infiltrer facilement.

Quand on attend la fin d’automne pour la dernière tonte, on obtient une matière broyée mélangée d’herbe et de feuilles (équilibrée en carbone et azote), parfaite pour couvrir les massifs ou composter sur le sol du potager.

On épargne momentanément une population de jolies pâquerettes.

LES FLEURS QUI VIVENT DANS LA PELOUSE

- Achillée, Achillea millefolium

- Brunelle, Prunella vulgaris

- Bugle, Ajuga reptans

- Ficaire, Ficaria verna

- Pâquerette, Bellis perennis

- Primevère acaule, Primula vulgaris

- Renoncule rampante, Ranunculus repens

- Véronique à petites feuilles, Veronica filiformis

DESSINER AVEC LA TONDEUSE

Une manière simple de donner une impression d’ordre dans une pelouse peu tondue consiste à tracer des allées droites et régulièrement tondues. Elles structurent l’espace et donnent un sentiment de contrôle. La pelouse peut aussi être organisée en carrés, cercles ou autres formes plus complexes, permettant de dessiner le jardin et d’en faire évoluer le tracé au fil du temps. C’est enfin un excellent moyen de dessiner le jardin sur le terrain plutôt que sur le papier, car on visualise immédiatement les circulations, les échelles et les zones à planter.

Pour ne plus couper de bordures

Une bordure nette entre le gazon et les massifs signe en apparence la beauté des jardins bien soignés. Mais cette opération artificielle et chronophage peut être facilement évitée par une disposition différente des plantes et par un choix d’espèces à végétation dense capables de recouvrir la limite entre gazon et plantation.

Une bordure qui limite la végétation

Une ligne de plante à racines compactes et à végétation souple retient la végétation du massif et l’empêche de s’étaler vers l’allée. Avec un feuillage vert, la bordure reste discrète, mais si on souhaite l’affirmer, un feuillage lumineux cadre la végétation physiquement et visuellement.

1. Acore, Acorus gramineus ‘Ogon’

2. Rodgersie géante, Rodgersia ‘Parasol’

Autres plantes couvrantes :

• Asplenium scolopendrium

• Hosta sp.

• Molinia caerulea

• Pulmonaria saccharate

• Tradescantia andersoniana

Dans un sol toujours frais, une bordure dorée d’Acorus gramineus ‘Ogon’ retient l’exubérance des rodgersias.

Hakonechloa macra ‘All Gold’ couvre les bordures, ce qui évite tout entretien, même si elle disparaît pendant l’hiver.

Une bordure d’herbe

Au pied du pommier, une bordure de graminée japonaise à feuilles dorées souligne et contient la végétation. La tondeuse passe facilement au-dessous sans l’endommager et la densité des graminées empêche le gazon de s’infiltrer dans la plantation.

1. Herbe japonaise, Hakonechloa macra ‘All Gold’

2. Fuchsia panaché, Fuchsia magellanica ‘Versicolor’

3. Laurier d’Alexandrie, Danae racemosa

Privilégier les fleurs qui fanent bien

Après avoir perdu leurs feuilles, les tiges et les inflorescences de nombreuses plantes vivaces, des graminées et de certains arbustes sèchent et restent attrayantes au moins jusqu’au début de l’hiver.

Elles servent de support au givre et aux premières neiges et aident les massifs à conserver un certain volume.

On doit au paysagiste néerlandais Piet Oudolf cet élargissement de la notion du beau. Là où la plupart des jardiniers ne considèrent pas les teintes brunes et noirâtres comme de véritables couleurs et coupent au plus vite la moindre tige sèche, il nous a appris à voir de la beauté dans les épis secs, les boutons noirs des rudbeckias et des monardes, les calices éclatés des chardons. Leur présence esthétique aide aussi de nombreux

insectes à passer l’hiver et nourrit beaucoup d’oiseaux qui savent trouver des graines dans ces mini-mangeoires naturelles.

Pour tirer parti au mieux des structures sèches :

● Garder les inflorescences intactes. Il faut parfois débarrasser le feuillage un peu encombrant et qui alourdit les tiges.

● Enlever les tiges cassées, renversées. Il en suffit d’une seule pour que toute une touffe ait une apparence désordonnée

● Découper et composter au sol vers la fin décembre si des bulbes précoces doivent pousser au même endroit, sinon quand les nouvelles pousses apparaissent au niveau du sol.

Graminée

Calamagrostis x acutiflora ‘Karl Foerster’

Les tiges pourtant fines restent verticales, terminées d’épis stériles, fins et serrés, qui sèchent rapidement après les pluies. Les touffes serrées ponctuent les massifs et leur couleur reste claire, contrastant avec d’autres plantes plus sombres ou avec les écorces de cornouillers rouges. Tous sols, sauf très humides ou très secs. 1,20 m.

Hortensia

Hydrangea macrophylla

Les têtes plates ou en boule gardent un très bel aspect parcheminé en hiver et restent attrayantes même si leurs couleurs disparaissent. Par ailleurs, elles préservent du froid les bourgeons sous-jacents et captent formidablement le givre. On ne les supprime qu’avec la taille d’avril, une fois le risque de forte gelée écarté. Sols frais, non calcaires. 1,50 m.

Et aussi :

Phlomis

Phlomis russelliana

Vivace réputée pour ses fleurs jaunes regroupées en inflorescences globuleuses, comme enfilées sur les tiges droites. Épanouies en juin et juillet, elles restent attrayantes une fois sèches jusqu’aux fortes pluies ou chutes de neige. Plein soleil et sols drainés, très résistante à la sécheresse.

0,80 m.

Rudbeckie

Rudbeckia sullivantii

Grandes marguerites jaune d’or qui se succèdent du milieu de l’été à la fin de l’automne sur une plante vivace robuste et bien rustique. Le petit cœur noir au centre des corolles persiste en gardant sa couleur sombre, qui contraste avec les chaumes clairs des graminées ou des feuillages persistants dorés ou panachés. Sol ordinaire, frais. 0,60 m.

- Achillée, Achillea millefolium

- Agastache, Agastache rugosa

- Bétoine, Stachys officinalis

- Carotte sauvage, Daucus carota

- Monarde, Monarda didyma

- Monnaie-du-pape vivace, Lunaria rediviva

- Sedum, Sedum ‘Herbstfreude’

- Spirée d’été, Spiraea japonica

- Verveine hastée, Verbena hastata

Des arbustes qui ne se taillent presque pas

Leur croissance lente limite leur développement et rend inutile toute taille d’optimisation des floraisons. Il faut juste penser à couper une branche de temps en temps pour l’inciter à se renouveler car les branches trop vieilles ne fleurissent plus et péclotent (voir 45 ).

La plupart des arbustes à fleurs traditionnels forsythia, weigela, seringats, deutzias, nécessitent au moins une taille annuelle qui permet de les garder florifères et dans des dimensions raisonnables. Ce geste est désormais inutile car tous déclinent plusieurs variétés naines, au développement lent, qui n’ont besoin d’aucune intervention du sécateur. De plus, beaucoup ont un feuillage coloré décoratif en dehors de la période de floraison.

Amélanchier

Amelanchier ovalis

‘Edelweiss’

L’abondante floraison blanche en avril n’est pas le seul attrait de ce buisson qui produit de bons fruits bleutés semblables aux myrtilles et prend de très belles teintes automnales orangées en septembre et octobre. Très rustique (-25 °C), il pousse en tout terrain plutôt frais ou mouillé, au soleil ou mi-ombre. En pleine terre, il drageonne et peut s’étaler avec le temps. 1,20 m x 1 m

Buisson de la mariée

Exochorda racemosa ‘The Bride’

Buisson léger, aux rameaux souples et retombants, habillés de feuilles longues et étroites, bleutées. Les bouquets blanc pur et crayeux s’épanouissent à l’extrémité des rameaux principaux en mai. Il est superbe en bac ou en grand pot, mais aussi pour marquer en souplesse l’angle d’un massif. ‘Kilimandjaro’ est nouveau, et normalement plus compact. Très rustique (-25 °C). Soleil (pas trop chaud) ou mi-ombre à l’abri du vent. Pousse bien en tout sol. 1,50 m x 1,50 m

Boule de neige

Viburnum x burkwoodii

‘Conoy’

Les boules roses en bouton et blanches une fois épanouies produisent un délicieux parfum proche du jasmin, plus épicé, sur des branches habillées de petites feuilles allongées, vert foncé et brillant, semi-persistantes. Bien rustique (-20 °C). Soleil ou mi-ombre, à l’abri des courants d’air. Terre ordinaire, peu calcaire.

0,80 m x 1,20 m

Deutzia

Deutzia

D. gracilis se remarque pour la beauté de ses fleurs précoces blanc pur, qui, chez ‘Aurea’, est allié à un joli feuillage bordé de jaune-vert ou tout jaune selon les branches qui reste attrayantes tout l’été. D. x lemoinei est un peu plus grande mais plus spectaculaire quand ses pousses retombantes se couvrent de fleurs roses puis blanches en mai. Culture facile. Très rustique (-25 °C). Plein soleil ou mi-ombre en tout sol pas trop sec. 1 m x 1 m

Forsythia

Forsythia marée d ’ or ‘Courtasol’, ‘Courtalyn’, ‘Week-end’, etc.

De magnifiques fleurs jaune doré marquent l’arrivée du printemps sans encombrer ensuite le jardin par un gros volume de branches. ‘Week-end’ a un port dressé, MARÉE D’OR est plus étalé et son feuillage d’été est plus clair. Très rustique (-25 °C). Soleil ou mi-ombre. Terre ordinaire ni trop sèche ni trop pauvre.

0,60 m x 1 m à 1, 20 m

Transformer un buisson en arbre

Couper quelques branches basses, dégager les branches principales… et voilà un buisson encombrant qui devient un arbuste élancé et gracieux. C’est une solution pour désencombrer un petit espace ou simplement rendre plus élégant un buisson dodu.

1L’état

initial

L’arbuste déborde et s’étale sur le chemin et gêne la circulation. La forme touffue et buissonnante n’est visiblement pas adaptée à cette proximité. L’arbuste pourrait être déplacé mais peut aussi, momentanément ou définitivement, être métamorphosé par une taille appropriée.

2L’opération

Suppression des branches basses

En supprimant les branches basses, on encourage les branches principales à s’élever. Il est important de ne pas dénuder totalement la base des branches principales sous peine de gêner l’accroissement de leur diamètre. Or, si ces branches restent trop fines et continuent de s’élever, elles risquent de ne pas être assez robustes pour se soutenir et pourraient plier et s’écarter, aggravant alors le problème initial.

Chemin

3Le

résultat

L’arbuste s’élève et surplombe le chemin, la proximité du passage permet de profiter du graphisme, de la beauté de l’écorce ou du parfum des floraisons. Cette proximité favorise un bon entretien du sujet, la suppression des fleurs fanées, l’amélioration constante de son port et de sa légèreté en supprimant de temps en temps les ramifications jugées inutiles.

Variante : 1 seul tronc

Un arbuste, même doté de plusieurs branches depuis la base, peut adopter avec le temps la silhouette d’un arbre avec un seul tronc (pas toujours très droit). Il est nécessaire pour cela d’enlever systématiquement toutes les repousses de la base, le plus rapidement possible pour ne pas les laisser prendre de la force et s’épaissir. On peut ainsi former en petit arbre, un céanothe, un rhus, un noisetier, un amélanchier, un format bien mieux adapté aux petits jardins que la plupart des arbres habituellement commercialisés.

De la conception à la gestion quotidienne, une nouvelle approche du jardin qui transforme l’entretien en un plaisir créatif : moins de corvées répétitives, plus de complicité avec la nature. Ce guide propose 60 clés essentielles pour accompagner l’évolution des plantes, révéler la beauté du jardin tout au long de l’année et gagner du temps.

● Gérer plutôt qu’entretenir : planter au bon endroit, décaler les interventions, réduire le désherbage, éclaircir plutôt qu’élaguer, densifier les plantations, tailler et tondre moins, jardiner avec deux doigts… des techniques qui revisitent les pratiques héritées du passé pour limiter l’entretien et stimuler la créativité, dès la conception du jardin.

● Accompagner la nature : regrouper les plantes aux mêmes besoins, apprivoiser les ombres, transformer les « problèmes » en opportunités, choisir des plantes qui se ressèment, privilégier celles qui fanent bien, jouer avec les volumes, les feuillages et les floraisons, introduire des arbustes qui ne se taillent pas ou presque, renforcer les couvre-sol… Des solutions originales pour que la beauté naisse de l’évolution du jardin, saison après saison : le plaisir de jardiner en harmonie avec le vivant.

Passionné et « Dingue de plantes », Didier Willery a rassemblé plus de 4 000 espèces et variétés dans son jardin de 2 400 m2 qu’il entretient seul, en y passant moins de deux samedis par mois. Désherbage minimal, pas d’arrosage, de tuteurage ni de bêchage, tout est combiné pour générer le moins possible d’entretien, avec un maximum de beauté et de récoltes toute l’année. Il dévoile ici les clés de ce qu’il nomme « l’entretien créatif ». Auteur de nombreux ouvrages dont Une Année au jardin avec un Dingue de plantes, ou Créer son jardin résilient, lauréat du Grand prix St Fiacre 2024.

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