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ELIE SEMOUN JEAN-PAUL ROUVE

PELOUSE INTERDITE

PELOUSE INTERDITE

Elie Semoun n’a jamais caché sa passion pour les plantes et les jardins : son jardin est devenu pour lui un refuge, un havre de paix, qui lui permet de se ressourcer entre deux spectacles et de garder « les pieds sur terre ». En faisant le tour de son jardin en compagnie de Didier Willery, il nous “SI VOUS VOULEZ CONNAÎTRE dévoile, dans ce livre, son amour des plantes — souvent rares et insolites ELIE, VISITEZoriginale SON JARDIN” —LE etVRAI son expérience de jardinier impatient.

ELIE SEMOUN

Journal d’un amoureux des plantes

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AVEC UNE MINI-PRÉFACE DE JEAN-PAUL ROUVE

Prix TTC : 19,90 € ISBN : 978-2-84138-984-1

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Sommaire Introduction. Comment le jardin est venu à moi –– 11 Le Tour du jardin… avec Didier Willery––––––––– 24

Les débuts du jardin –––––––––––––––––––––––– 26 L’impatience du jardinier –––––––––––––––––––– 32 Un petit bout de Provence ––––––––––––––––––– 42 Et une allée en bois––––––––––––––––––––––––– 48 Une passion pour les abeilles–––––––––––––––––– 52 Hébés et euphorbes––––––––––––––––––––––––– 60 La tentative de potager –––––––––––––––––––––– 64 Les Tropiques à la maison –––––––––––––––––––– 68 La serre –––––––––––––––––––––––––––––––––– 74 Le bassin ––––––––––––––––––––––––––––––––– 82 Et une mini-tourbière…––––––––––––––––––––– 94 Mon cher olivier…–––––––––––––––––––––––– 100 Des bambous et des poules–––––––––––––––––– 110 Du côté toujours à l’ombre…–––––––––––––––– 124 Un bouquet d’arbres––––––––––––––––––––––– 132 Et un bouquet de fleurs –––––––––––––––––––– 144 Une ode aux feuillages ––––––––––––––––––––– 152 Nostalgie des Tropiques––––––––––––––––––––– 158 Et quelques hellébores ––––––––––––––––––––– 166

En guise d’épilogue–––––––––––––––––––––––– 180

L’érable du Japon et ses « samares », des graines avec des ailes, groupées par deux, un souvenir des « hélicoptères » des cours d’école…

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Introduction COMMENT LE JARDIN EST VENU À MOI… La première fois que je me suis entendu dire à une plante après lui avoir arraché une feuille par inadvertance : « excusez-moi », je me suis dit que j’avais atteint un degré de folie douce et que je ne pouvais plus revenir en arrière ! À partir de ce moment, mon jardin est devenu mon asile, mon havre de paix, mon refuge et même mon ami. C’est un compagnon pour lequel je fais des travaux, je bricole, que je creuse, que je modifie, que je traverse une pelle à la main, sur lequel je roule en brouette en ne respectant pas toujours le Code de la route… Et c’est aussi une amie que j‘embellis, que je pare de tous les plus beaux bijoux, des plus belles parures, que je chéris comme je peux chérir une amante. Je l’admire comme un tableau vivant, je reste muet devant sa beauté changeante, je m’exaspère aussi devant son mutisme quand elle résiste à mes caprices. Le jardin est devenu ma maîtresse, ma confidente. Le cliché du « jardin secret » (je vous ai évité le titre « le jardin secret d’Élie ») est pourtant bien réel. Il est mon journal intime, j’y couche mes joies et mes peines et j’y comble ma solitude. Mais je le partage aussi. Étrangement, quand j’accueille des visiteurs, je le présente souvent comme s’il était ma moitié. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans dans une cité, à Antony, dans les Hautsde-Seine. Rien ne me prédestinait à devenir jardinier, à part les cerisiers du Japon qui végétaient en bas de notre immeuble et les promenades forcées avec l’école. Telle une bande d’Attila, rien ne repoussait après le passage de la classe, quand nous traversions les allées du parc de Sceaux ! Je n’étais pas particulièrement attiré par le végétal, les plantes.

Le hasard joue beaucoup chez moi et a semé ici ces magnifiques pavots (que je ne fume pas !).

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Un souvenir me revient : en cm2, la maîtresse nous avait appris que l’on pouvait faire rapidement pousser un haricot entre deux morceaux de coton hydrophile humide. Je me souviens en avoir dérobé un pour le faire pousser au fond de la cour de récréation que je traversais avec de l’eau dans ma bouche pour l’arroser. À part cet acte de bravoure (c’était très dangereux car il fallait éviter le gang de mes ennemis constitué de deux monstres d’un mètre quarante !), ma passion devait se concrétiser plus tard. En fait, ma deuxième rencontre amoureuse fut avec une fougère… Mes parents avaient acheté en 1973 un terrain boisé, un bout de forêt, dans un lotissement près de Courtenay, dans le Loiret. Et chaque week-end nous allions mon père, ma mère, ma sœur, mon frère et moi, en pèlerinage, comme des explorateurs sur une terre inconnue. Guidés par mon père, une faucille à la main, nous allions éradiquer les ronces, les acacias, les aubépines qui envahissaient le terrain et qui empêchaient les futurs bâtisseurs que nous étions de s’installer. C’était une véritable corvée pour l’enfant rebelle et boudeur que j’étais. Nous revenions toujours épuisés par les bouchons du dimanche soir, les cuisses et les bras égratignés par les ronces qui se défendaient dans une guerre qu’elles avaient perdue d’avance contre l’avancée irrémédiable de la famille Semoun. À force d’y aller tous les week-ends en traînant les pieds, j’ai commencé à aimer ce terrain dont mon père était si fier et auquel il était si attaché. Ma mère disparut en 1974, et ce bout de « forêt » prit alors une valeur sentimentale plus précieuse que jamais. Je m’y réfugiais en haut d’un charme pour y cacher ma tristesse. Je connaissais par cœur le chemin des branches pour atteindre le sommet et j’aimais par-dessus tout être en hauteur et seul. J’essayais de me fondre parmi les feuilles, j’enlaçais ma branche protectrice et favorite et je pratiquais mon activité favorite et silencieuse : le rêve. J’étais alors le « Baron perché » d’Italo Calvino ! J’avais 12 ans et mon amitié avec l’arbre a duré jusqu’à mon adolescence. Chaque week-end, je courais en sortant de la voiture familiale pour retrouver mon ami le charme ; il était entouré de quelques chênes centenaires que nous avions interdit à mon père d‘abattre et qui me doivent encore la vie. Je défendais en quelque sorte mon territoire, mes racines.

Chaque fronde de fougère me rappelle mes premières confidentes au pied de mon arbre, dans le terrain de mes parents.

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Et en bas de mon domaine et de « mon arbre », une fougère… Déjà j’aimais, sans rien connaître de son mode de vie et même de son nom, son élégance, son port majestueux. Ses longues feuilles (je sais, on dit « frondes ») légèrement recourbées vers le sol me fascinaient. Rapidement, je me donnais la mission de lui trouver des congénères. Et pelle sur l’épaule, je fouillais les forêts alentour à la recherche de fougères pour les rapporter sur mon domaine.

BALCON MAUDIT Voilà comment a débuté ma passion des plantes. Lorsque j’ai commencé à gagner ma vie comme comédien, j’ai vécu à Paris dans un appartement doté d‘un balcon exposé en plein soleil que j’ai rapidement couvert de pots, de plantes grimpantes et méditerranéennes. Je suis certain que je ne comptais aucun fan dans mon voisinage proche, vu les litres d’eau quotidienne qui tombait sur la tête de mes voisins quand j’arrosais mes plantes. La moitié de mes cachets partaient chez Truffaut, dont je rêve désormais de devenir l’égérie — afin de récupérer les sommes astronomiques que j’ai laissées dans leurs magasins ! Le succès aidant, j’ai eu la chance de m’offrir une maison en banlieue parisienne avec un bout de jardin et mon rêve de jardinier amateur s’est enfin concrétisé. J’ai d’abord planté un camélia en hommage à la dame du même nom, mais il a fini sa vie précocement, comme Marguerite Gauthier. Non, il n’est pas mort de la tuberculose, mais d’un sol inadapté. Ma première leçon : d’abord savoir de quoi les plantes ont besoin avant de les accueillir chez soi ! La première phrase que j’entends quand je parle de ma passion pour les plantes dans mon entourage est : « Ah, moi j’ai pas la main verte, les plantes, je les fais toutes crever » !

“La nature fait bien semblant de se laisser maîtriser pour mieux nous faire comprendre que c’est elle qui nous invite chez elle et non le contraire !” Une nouvelle venue en 2018 : l’omphalodes au bleu perçant. J’ai trouvé un pot de la même couleur !

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ELIE SEMOUN JEAN-PAUL ROUVE

PELOUSE INTERDITE

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Extrait Pelouse Interdite - Éditions Ulmer  

Humoriste à la ville, Elie Semoun devient très sérieux dans son jardin quand il s'agit de choisir ses plantes et d'aménager son jardin lui-m...

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