Bruxelles Culture janvier 2023

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5 janvier 2023 Brussels Diffusion asbl Contact et abonnement gratuit : pressculture4@gmail.com RENCONTRE : YVES TREPANIER BRUXELLES CULTURE

RENCONTRE : YVES TREPANIER

Vous êtes initiateur, participant et cheville ouvrière d’un coffret centré sur le personnage de Monsieur Ming, le meilleur ennemi de Bob Morane, pour les éditions l’Age d’Or à Charleroi, pouvez-vous nous raconter la genèse de ce projet qui court sur trois années.

Sans remonter à la nuit des temps, je dois revenir cinq années en arrière.Àcetteépoque,laDélégationWallonie-Bruxellesm’offre d’exposer une partie de ma collection Bob Morane dans ses bureaux à Québec, le temps d’un hommage à Henri Vernes. Disposant de quelques mois avant cet événement, j’ai l’idée d’écrire une courte aventure de Bob Morane se déroulant au Québec : Opération Blanche-Neige. Chaque visiteur de l’exposition pourra recevoir le fichier de cette aventure. Henri Vernes et les détenteurs des droits de Bob Morane (BMinc) me donnent leur autorisation. Cette expérience m’a stimulé. Discutant un jour avec des amis québécois (l’illustrateur Yves Rodier et l’auteur Benoît Chouinard), nous nous disons qu’il serait génial de reprendre le concept d’une des plus belles pièces de la collection Bob Morane : L’Omnibus de 1957. Il s’agit d’un volume regroupant trois aventures de notre héros, couverture toilée sertie d’une gravure dorée et recouverte d’une superbe jaquette. À l’intérieur, quelques magnifiques illustrations en couleur. Je me consacre aussitôt à l’écriture d’une nouvelle aventure de Bob Morane – La dent d’or – en même temps que j’amorce des démarches auprès des détenteurs de droits. Celles-ci s’échelonneront sur près d’une année, ce qui me donne le temps d’écrire une troisième aventure : Les pilleurs de trésor. Pendant ce période, Benoît Chouinard rédige Mission Blackbird : le contenu de L’Omnibus #2 est prêt ! Il voit le jour à la fin 2019. Il se décline en une version québécoise de luxe, presque identique à celle de 1957, et une version officielle, publiée aux Éditions de l’Âge d’Or en février 2020. Alors que je me consacrais à L’Omnibus #2, une petite voix intérieure m’asticotait pour que je marque de façon particulière le soixante-dixième anniversaire de ce héros, fin 2023. Pourquoi ne pas s’inspirer d’une autre colossale pièce de collection moranienne : le Coffret de Bob Morane contre l’Ombre Jaune paru en 1966 ? À peine L’Omnibus #2 terminé, je m’attelle au concept de ce nouveau projet. Le coffret original publié aux Éditions Marabout contenait dix livres. Eh bien ! Je ferai de même, à la différence qu’il présentera des textes inédits, écrits par dix auteurs différents ayant déjà rédigé des aventures de Bob Morane ces dernières années. Un coffret hommage à Henri Vernes : que rêver de plus significatif ! Les discussions avec les détenteurs de droits se concluent rapidement cette fois-ci. La réalisation de L’Omnibus #2 m’a aidé à établir mon sérieux auprès d’eux. Je présente une liste d’auteurs que j’ai identifiés et j’obtiens le feu vert pour les contacter. Un océan nous sépare et je ne connais personnellement aucune des personnes de ma liste. Mais nous partageons une passion commune. L’accueil à ma sollicitation dépasse mes attentes. Au final, à la fin de 2020, je me retrouve avec douze candidats, m’incluant. Qu’à cela ne tienne, le coffret sera un peu plus volumineux, c’est tout ! J’établis et communique certaines balises, question d’uniformiser les volumes, autant au niveau de la forme que du contenu. Et sans plus attendre, j’amorce la rédaction de La pyramide de l’Ombre Jaune qui sera le premier titre à être publié. Je propose à l’éditeur et aux auteurs un calendrier de publication qui prévoit une ou deux publications par trimestre, à compter de septembre 2021 jusqu’à la fin 2023. Les auteurs sauront-ils respecter les échéances et me soumettre leurs textes dans les délais ? Tout à fait ! La collaboration a été remarquable et tout s’est déroulé sans anicroche.

Qui a choisi le dessinateur de couverture et l’illustrateur ? Ceux-ci ont-ils le champ libre ou le choix est-il le résultat d’une concertation entre écrivains et graphistes. Travailler à distance avec des auteurs que je connais plus ou moins, c’est un beau pari. Mais avec des illustrateurs ?... J’ai la chance d’être ami avec quelques illustrateurs professionnels. J’ai mentionné Yves Rodier qui a largement contribué au succès de L’Omnibus#2. En raison de notre complicité de quelques années, j’ai proposé que la responsabilité des illustrations de couverture lui soit confiée. Yvesauneexpertisedebédéiste. Son styleconféreraàchacun des livres du coffret un cachet particulier. M’inspirant des livres Bob Morane de la période Marabout Junior, je me suis dit que les illustrations intérieures – je tenais à ce qu’il y en ait dans chaque volume de cette série – devaient être de la plume d’un artiste différent. J’ai immédiatement songé à Louis Paradis, un autre québécois. Yves et Louis ont déjà travaillé ensemble il y a quelques années sur un projet commun ; je ne faisais que réactiver ce duo. L’éditeur a entériné ce choix. L’aventure pouvait commencer ! Après la lecture de chacun des manuscrits, je proposais à l’auteur une scène pour l’illustration de couverture et quatre scènes pour les illustrations intérieures. J’essayais de répartir ces dernières de façon relativement proportionnelle tout au long du récit. Une fois que je m’étais entendu avec lui, je transmettais des extraits de textes à Yves et à Louis avec quelques consignes. Jusque là, tout allait bien… Même si j’avais quelque expérience dans le travail collaboratif avec des artistes, je dois avouer qu’à certains moments, je devais prendre de grandes respirations. Habituellement, je recevais des esquisses et on partait de là pour confirmer ou ajuster une représentation. D’autres fois, c’est un produit presque fini qui m’arrivait, sans grande marge de manœuvre. Je dirai que dans l’ensemble, on finissait par arriver à un résultat satisfaisant pour tout le monde. Mais cela demandait de la patience, du doigté et une bonne dose de résilience de ma part ! Le pire c’est certainement la question des délais. La réalisation des illustrations pour les livres du coffret n’étant pas la seule occupation de mes amis artistes, je ne saurais dire combien de rappels j’ai dû faire pour respecter les échéances de publication. Heureusement, on s’en est toujours sortis… parfois de justesse ! J’avoue que je ne consultais pas les auteurs quant à la justesse des illustrations que je recevais. Je me voyais mal demander ensuite qu’on reprenne telle ou telle scène, d’autant qu’on parle presque de bénévolat pour ces productions artistiques. Malgré ce que je viens de mentionner, j’ai personnellement pris en main la « correction » d’une illustration. Sur celle-ci devait figurer en arrière plan une carte del’Afrique du Sudde 1960. Or, la représentation de l’artiste était plus contemporaine. J’ai dû passer trois semaines de recherches, d’essais et de discussions avec l’auteur pour enfin trouver une image satisfaisante. Heureusement que je me débrouille avec les applications d’édition d’image. J’ai remplacé la version « inexacte » par une autre qui corresponde à ce qui était attendu !

Depuis quelques années, avant même la disparition de Henri Vernes, plusieurs auteurs signent de nouveaux livres consacrés aux aventures du fameux journaliste parisien, sont-ils la chevelure évanescente d’une comète qui n’existe que par elle, trouve-t-on dans son sillage des fans en mal d’écriture, des amateurs qui réalisent un rêve d’enfance, des écrivains qui revitalisent et modernisent le personnage et son univers ?

Henri Vernes, lui-même, a eu recours à des « aides » pour quelques dizaines d’aventures publiées sous sa signature. Lorsqu’il a cédé ses droits en 2010, les détenteurs ont décidé de poursuivre l’œuvre littéraire du père de Bob Morane en recourant à divers auteurs, dont des

habitués. On retrouve un peu de tout : des écrivains professionnels, des fans inconditionnels, des auteurs amateurs. Il n’existe pas de ligne éditoriale relative à la forme d’écriture. Alors que le style de certaines des nouvelles aventures de Bob Morane ressemble à s’y méprendre à celui de Henri Vernes, d’autres s’en démarque nettement. Évidemment, les personnages de base demeurent une constante incontournable et, de façon générale, leurs principales caractéristiques. Il semble qu’Henri Vernes préférait les textes où les auteurs se distinguaient avec leur personnalité propre plutôt que ceux où il voyait une « copie » de son style. Il y a certainement matière à débat et on pourrait comparer le phénomène avec d’autres séries poursuivies après le décès de leur auteur (ou encore même de son vivant). Ce qui compte en bout deligne,c’est quelesamateursytrouvent sourcedesatisfactionet quel’harmoniegénérale ne soit pas trop dénaturée. À ses débuts, Bob Morane attirait des centaines de milliers de lecteurs. Aujourd’hui, on parlede quelques centaines à peine (et non centaines de milliers, fautil le préciser...). Il s’agit majoritairement d’ex-adolescents qui ont maintenant les cheveux gris (s’ils en ont encore !). À l’époque, Internet n’existait pas. Les jeunes découvraient le monde, la science, notamment, grâce aux aventures de ce héros protecteur de la veuve et de l’orphelin. Il a insufflé le goût de la lecture, le goût de l’écriture aussi, à toute une génération. Peut-on le « moderniser », le mettre au goût du jour ? Je l’ignore. Mais ce qui est certain, c’est qu’à presque soixante dix ans d’existence, ce héros survit toujours grâce à des fans inconditionnels !

Sans entrer dans les détails infimes et sans évoquer la polémique des nègres qui auraient travaillé sur la série sans être crédités, il y a de cela bien des années, combien d’auteurs ont participé officiellement à l’aventure ? Avez-vous plus ou moins une idée de leur répartition géographique ? Henri Vernes était assez discret sur l’identité des personnes qui lui donnaient un coup de main. Ce que l’on sait par des témoignages de certains de ces collaborateurs et par des déductions, c’est qu’il s’agissait de Belges et de Français. Les personnes qui participent à la réalisation du coffret hommage proviennent des quatre coins (six coins ?) de la France ainsi que delaBelgique…ET duQuébec !Enfait, lesauteursseretrouvent un peu partout.J’auraisbienaiméqued’autrespaysfrancophones soient représentés mais ce sera peut-être pour unprochain projet ! Outre les auteurs, il y a plein d’autres personnes qui gravitent autour de cette entreprise. Les conjointes, la famille, les amis, des correcteurs bénévoles et même d’autres illustrateurs. La mobilisation suscitée par le coffret hommage fait plaisir à découvrir. Les gens aussi – et surtout – devrais-je préciser. C’est pour cela que je veux réaliser une « tournée européenne » en 2023. Je veux rencontrer tous ces partenaires avec qui j’ai eu tellement de plaisir à travailler directement ou par personne interposée. Une des façons de décrire Bob Morane était d’utiliser cette formule : Le monde est son royaume. Je dirais la même chose pour l’équipe qui œuvre à la production du coffret hommage. Et je suis fier d’en faire partie !

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, vous habitez la Belle Province et vous pilotez donc ce projet à des milliers de kilomètres de l’éditeur, des écrivains et aussi de l’imprimeur. Quels sont les challenges à relever ?

La barrière que je m’étais imaginée reposait sur ma crédibilité. Comment moi, Québécois peu connu de la communauté moranienne, sans un solide curriculum littéraire àmon actif, pourraisjemobiliser desauteursdontj’admiraisparticulièrementcertains ?Jenesaispassi jesuistombé par chance sur des personnes naïves – ce dont je doute ! – ou, au contraire, complètement

confiantes. Toujoursest-il quej’ai senti unrespect mutuel s’établir instantanémententrechaque contributeur et moi. Et le meilleur, c’est que j’ai le sentiment de m’être fait plein de nouveaux amis que j’aimerais bien rencontrer. L’aventure de coffret hommage a pris pour moi une dimension humaine intime, qui me fait vibrer. J’ai bénéficié de l’expertise d’auteurs engagés, de relecteurs d’un professionnalisme et d’une générosité sans limite de même que des précieux conseils d’un sympathique Belge habitué des publications qui m’a tellement aidé à apprendre et à m’améliorer... Wow, quelle chance unique ! En fait, la seule difficulté, si je peux m’exprimer ainsi, c’est de ne pas avoir accès aux épreuves d’impression, ces trucs que les imprimeurs envoient pour qu’on vérifie si ce qu’ils vont imprimer correspond aux attentes. La version finale du premier titre m’a fait un peu sourciller mais j’ai compensé par la suite avec des consignes qui devaient certainement provoquer des crises d’acné à l’imprimeur (j’espère qu’il ne m’en veut pas trop !). Chose certaine, c’est que si je dois reprendre un autre projet de ce genre, je n’hésiterai pas une seconde !

Aujourd’hui, la fille d’André Franquin et les éditions Dupuis s’affrontent juridiquement en ce qui concerne la création de nouveaux albums du personnage de Gaston. Ce qui pose la question de savoir si une œuvre doit ou non survivre et proliférer après la disparition de son créateur ? Quelle tristesse que cette confrontation ! Bien des fans de Gaston applaudissaient à cette perspectivedelareprisedesaventures de ce personnage iconique si coloré… mais pas la fille de Franquin qui se pose en défenderesse des volontés, dit-elle, de son père. On revient à la question du style d’un auteur et surtout à sa vision quant à lapoursuite ou non de son œuvre après son décès ou sa retraite. De mon point de vue, les inconditionnels de Gaston s’attendent (s’attendaient ?) à une reprise des aventures de ce personnage telles qu’ils les appréciaient. Je crois qu’ils seraient sans pitié à l’endroit d’une réplique approximative. Isabelle Franquin se laisserait peut-être aussi « charmer » si elle prenait le temps d’examiner le formidable travail que mon compatriote, Delaf. Si nous revenons à Henri Vernes et Bob Morane, nous trouvons dans la référence à Franquin et Gaston matière à réflexion. Les vrais moraniens s’attendent-ils à des récits qui rappellent avec nostalgie le style particulier deVernes ou sont-ils simplement avides de nouvelles aventures de leur héros, « remaniées » de façon contemporaine ?

Lors de l’un de nos premiers contacts, à la question de savoir comment se déroulait la crise sanitaire au Canada, vous m’aviez répondu, laconiquement : qu’en général, les moraniens se portaient bien ! Au-travers des réseaux sociaux, on constate qu’un lien assez particulier existe entre les amateurs de Bob Morane outre Atlantique qui se retrouvent lors de réunions

dînatoires, d’expositions et adorent montrer les acquisitions qu’ils font dans des videgreniers ou garage sale. Pouvez-vous nous en dire plus à propos de ce mouvement ? Aussi étrange que cela puisse paraître, je suis passionné de Bob Morane depuis près de cinquante ans (ça vous donne une idée de la couleur des quelques cheveux qui me restent !) et je n’ai découvert le club Bob Morane qu’il y a cinq ans. Au Québec, le club survivait grâce à l’implication duprésident québécois duCercledesAmis d’Henri Vernes(CAHV), dont lesiège social se trouve en Belgique. Le pauvre faisait de son mieux mais se trouvait complètement débordé. Aussi, lorsque j’ai participé à ma première rencontre québécoise et que j’ai proposé de lui donner un coup de main, il n’a pas hésité une seconde et m’a accordé carte blanche (ou presque !) pour organiser des activités. J’ai établi des communications écrites régulières avec les membres québécois, je les ai stimulés à recruter de d’autres amateurs, j’ai organisé des rencontres informelles telles des brunchs à différents endroits au Québec et, avec un copain moranien, j’ai réussi à monter quelques expositions d’une partie de nos collections, particulièrement danslesbibliothèquespubliques.Nousavonsmêmeouvert unepageFacebook qui, à l’origine, ne devait être réservée qu’à la communauté québécoise. J’ai ainsi réussi à mobiliser les membres, à fonder un Club Bob Morane Nouveau-Mondes, distinct du CAHV, et à me faire des tonnes d’amis. La distance importe peu (ou presque). J’organise régulièrement des rencontres prétextes à partager des repas et des moraniens parcourent de plus de cent kilomètres à la ronde pour y assister. Quant à notre rencontre annuelle et notre repas des Fêtes, ilssetiennent maintenant àpeuprèsaucentreduQuébecet lamajoritédesmembresyparticipe. En fait, le Club Bob Morane au Québec, c’est devenu un réseau d’amis, fans du même héros, qui aiment se rencontrer et qui parlent de tout… dont un peu de Bob Morane ! À la différence de la France ou de la Belgique, ici au Québec, les belles pièces de collection de Bob Morane sont plutôt rares… et onéreuses. La plupart du temps, elles proviennent de nos contacts européens et les prix sont décuplés par les frais d’expédition parfois exorbitants. Malgré tout, il nous arrive de trouver chez les rares bouquinistes qui subsistent ou dans des ventes de garage (« vide greniers ») quelques articles qui nous font vibrer, que nous n’hésitons pas à partager avec nos amis moraniens. Inutile de dire que des initiatives telles Le coffret de Bob Morane contre l’Ombre Jaune – 70ème anniversaire trouvent ici unemultitudedepreneurs ! Jesouhaite à tous les lecteurs et lectrices la chance de se nourrir d’au moins une passion et de pouvoir la partager en toute simplicité avec d’autres passionnés !

Retrouvez Yves Trepanier sur le site www.editionslagedor.com Mythic

EXPOSITION : MICKA FREEMAN

Du 6 janvier au 26 février 2023, Micka Freeman expose ses œuvres à Espace Art Gallery. Interview succincte.

Qui êtes-vous, Micka Freeman ?

Je suis un jeune bruxellois de souche, aujourd’hui âgé de trente-neuf ans. Fort tôt, j’ai commencé à développer mes dons artistiques sans savoir dans quelle direction évoluer, hésitant entre ma voix de chanteur de blues, le sens de la représentation en amusant mes camarades de classe et l'écriture dans les trois langues nationales (français, néerlandais et allemand) ainsi que l’anglais.

A quel âge avez-vous débuté dans le dessin ?

Ma base est l'infographie, démarrée à onze ans sur monpremier PC, avec un scanner et une imprimante. A l’époque, il n'existait pas encore de logiciel de retouche et je m'amusais tant bien que mal sous paintbrush à trafiquer les photos familiales. J'ai abandonné le dessin au crayon vers quatorze ans et la peinture n'a jamais été mon fort. Je fais partie de cette génération qui aime créer à travers un écran et des machines. Qu’onleveuille ounon,l'évolutionest enmarche augranddam de certainsconservateurs. Pour ma part, je ne cherche pas à employer l'infographie comme moyen de perfection, mais pour m’exprimer en faisant éclater toutes les limites. Je veux certes créer du beau, mais surtout des choses originales qu’on ne puisse pas voir ailleurs !

Quelle technique utilisez-vous ?

Je ne travaille pas avec un logiciel commercial comme 99% des infographistes de formation classique. Mon logiciel Gimp est open source et donc moins intuitif. Je l’expérimente depuis plus de deux décennies. Mapratiquetientdansl'entraînement. Jenepossèdepasdetechniqueparticulière, caril existe mille possibilités et je fais en sorte que chaque œuvre soit singulière. Mon inspiration provient essentiellement de mon vécu, même si elle englobe une part de parapsychologie, de métaphysique, de paranormal, d'occultisme et d’astrologie.

Qu’est-ce que l’impression sur Plexiglass ? Il s’agit d’un face-mounting en trois couches colorées, un peu comme le diasec dans les musées !

Qu’exposez-vous en janvier 2023 à Espace Art Gallery ? Je propose treize œuvres en plexiglass ainsi qu’une sculpture 3D. De quoi permettre aux visiteurs de découvrir mon univers et de se familiariser avec mon travail.

Pourquoi avez-vous choisi cet endroit ? L’enseigne se situedans lequartier demon enfance. Unendroit fort touristique et bien situé au cœur de la ville, entre la place de Brouckère et le Béguinage. Aujourd’hui, je me suis retiré dans le Brabant flamand.

Pourquoi faut-il venir voir votre exposition ? Pour découvrir un procédé rarement utilisé par les artistes contemporains, par curiosité ou par intérêt. Si cette interview est publiée avant le vernissage, je serai sur place ce soir-là et je me ferai un plaisir de vous raconter la genèse de chaque tableau. Vous verrez que je possède un franc-parler et de l'humour à revendre. Avis aux amateurs !

Plus de détails sur le site www.espaceartgallery.eu Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles Propos recueillis par Daniel Bastié

EXPOSITION : TOKYO ART CITY

Gratte-ciels à Shinjuku, intersections brouillées à Shibuya, ponts arc-en-ciel à Odaiba, rues bondées à Akihabara, autoroutes métropolitaines traversant ces villes, couches de métro qui se chevauchent... Tokyo symbolise la ville aux mille visages, coincée entre tradition et modernité. Créée et organisé par la société d'art numérique japonaise de renommée internationale Naked Inc et présenté par MB Presents, cette exposition apparaît comme une prouesse technologique qui permet de s’immerger dans l’une des plus grandes villes au monde. Une expérience unique de voyager sans quitter Bruxelles et de traverser le temps d’un parcours en 3D divers endroits d’une Tokyo emblématique que beaucoup rêvent de visiter et que peu finalement ont pris la peine de découvrir en vrai. Rien à voir avec tout ce que le cinéma a pu montrer. On se situe ici dans une expérience qui réveille les sens et qui suit un trajet défini, mêlant photographies et prouesses numériques. On s’installe sur la "Yamanote Line", la ligne de train urbain la plus fréquentée et la plus complète de la city pour parcourir presque de trente-cinq kilomètres avec une vue à 360 degrés. Cette expérience immersive ouvre pour la première fois ses portes à Bruxelles après avoir connu un succès phénoménal au … Japon ! Une expérience à vivre seul ou en groupe au Viage. Une fenêtre sur le monde ! Vous trouverez les informations pour préparer votre visite sur le site www.tokyo-expo.be Boulevard Anspach, 30 à 1000 Bruxelles

Sam Mas

EXPOSITION : DINOS ALIVE

Plongez-vous au temps du Jurassique pour vivre une expérience immersive peu commune. Il ne s’agit pas cette fois de découvrir les travaux de Vincent Van Gogh, Claude Monet ouFrida Kahlo, mais d’aller à la rencontre des reptiles géants qui ont vécu il y a environ deux millions d’années sur terre. Des monstres qui ont alimenté l’imagination des écrivains.

« Dinos Alive » a été conçu comme une machine à remonter le temps. Un voyage fascinant à la rencontre d’espèces spectaculaires qui ont dominé le monde animal pendant cent quarante millions d’années avant leur totale extinction. Ce qu’il reste aujourd’hui de ces colosses se résume par quelques squelettes exposés dans divers musées, des films magnifiés par des images digitales de toute splendeur et des théories de scientifiques. Néanmoins, tous leurs mystères n’ont toujours pas été mis à jour. Comment ont-ils disparu ? Quelle était la couleur de leur peau ? Se dressaient-ils sur leurs pattes arrière ou évoluaient-ils à quatre pattes ? L’exposition qui a établi ses quartiers sous la pyramide Rogier entend répondre à plusieurs questions, tout en mettant en avant des dinosaures robotisés plus vrais que nature et qui peuvent rivaliser sans avoir honte avec ceux créés pour le film de Steven Spielberg « Jurassic Park ». Un voyage qui se fait aussi bien en explorant les forêts sauvages de l’époque que les mers. Les enfants peuvent profiter de leur propre espace interactif appelé Experts en herbe, idéal pour exprimer leur instinct de paléontologues et apprivoiser certaines espèces les plus emblématiques. Petits comme adultes apprendront au cours de cette balade tout sur les périodes du Trias, du Jurassique et du Crétacé de manière ludique et interactive. Néanmoins attention, les plus jeunes pourront être effrayés par le réalisme des créatures qui s’animeront et pousseront des cris pour tenter de poser une atmosphère crédible. Voilà une exposition originale qui s’adresse aux amoureux de la préhistoire, aux curieux et à celles et ceux qui souhaitent en savoir davantage sur ces lézards terribles disparus. Voyez toutes les informations pratiques sur le site www.dinosalive.be

Place Rogier à 1000 Bruxelles

Andrea Cerasi

EXPOSITION : FLAGS

Drapeau : pièce d’étoffe attachée à une hampe et portant les couleurs, les emblèmes (d’une nation, d’un groupement, d’un chef…) pour servir de signe de ralliement, de symbole, etc. (Dictionnaire Le Robert)

Avec Flags, la Fondation Boghossian explore la questionduterritoire, desidentitésmultipleset du dialogue interculturel. Les drapeaux tiennent une place constante dans l’art depuis la grande peinture d’histoire jusqu’aux installations contemporaines. Par leur juxtaposition de lés de tissus colorés les drapeaux ont pu stimuler les peintres du fait de leur qualité d’abstraction, et ce avant même que l’art abstrait privilégie à son tour des champs chromatiques plutôt que de représenter le réel. Drapeau tricolore, drapeau monochrome : chaque couleur ou association de couleurs évoque d’emblée des références que l’on va retrouver démultipliées dans la création artistique. La résonance politique et symbolique du drapeau a surtout été prétexte à leur intervention au sein des œuvres d’art. Le drapeau peut servir à représenter une nation, célébrer une victoire ou la conquête d’un territoire, mais aussi à symboliser et défendre une cause. LaLiberté guidantlepeuple ou lesrues pavoisées chères aux peintres impressionnistes et fauves en sont d’éclatants exemples, de même que plus près de nous les œuvres de Gérard Fromanger ou de Mounir Fatmi.

Objet sacré, sa destruction volontaire est un acte d’une forte portée subversive condamné par les lois, alors que l’assemblage de ses couleurs est inscrit dans les constitutions des pays.

Mais il est aussi objet, icône frontale pour Jasper Johns, bannière pour investir l’espace dans les installations de Daniel Buren, image aux significations multiples chez Marcel Broodthaers, etc. Ce sont de telles utilisations du drapeau et bien d’autres encore dans l’art moderne et contemporain que cette expositionveut rassembler enun parcours transnational, d’échanges et de confrontations. Unévénement à découvrir jusqu’au 22 janvier 2023 à la Fondation Boghossian. Plus de détails sur le site www.villaempain.com

Av. Franklin Roosevelt, 67 à 1050 Bruxelles

EXPOSITION : PETER LINDBERGH – UNTOLD STORIES

Réputé pour ses images cinématographiques en noir et blanc, Peter Lindbergh est considéré à juste titre comme un pionnier de la photographie de mode. Sa conviction était que la beauté consistait à avoir le courage d'être soi-même. La qualité de ses clichés a tôtfait de lui procurer une renommée internationale et d’influencer de façon notoire sa carrière. Au cours de ses nombreuses années de pratique professionnelle, il a collaboré avec toutes les grandes marques et la majorité des magazines de mode. Sa renommée a atteint une apogée à la fin des années 80 grâce à ses images emblématiques de mannequins qui annonçaient une ère de beauté naturelle et de féminité assurée, introduite par une nouvelle forme de réalisme et d'authenticité dans la photographie de mode. Les conséquences de ses portraits et de son style de narration pionniers et révélateurs de personnages se font encore sentir aujourd'hui. L'exposition Untold stories a été conçue comme une rétrospective qui couvre la période 1944-2019, avec des photographies sélectionnées par l’artiste lui-même peu avant son décès survenu en septembre 2019. Si de nombreuses photographies sont célèbres, il en existe également un certain nombre d'inédites, racontant des histoires qui, lorsqu'elles sont assemblées, révèlent autant l'homme derrière l'objectif que la personnalité de ceux qu'il capturait. Après l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, c'est désormais à la Belgique d'accueillir cette manifestation conçue pour célébrer l’héritage d’un homme qui a su faire bouger les codes et offrir un aperçu unique de l’étendue de sa démarche. Elle est à voir jusqu’au 14 mai 2023 à l’Espace Vanderborght. Voyez tous les détails précis sur le site www.peterlindbergh-brussels.com Rue de l’Ecuyer, 50 à 1000 Bruxelles

MURIELLE LONA (1967-2022) : IN MEMORIAM…

“Le regard fuyant lorsque l’on la complimentait, les joues rosies par son humilité et sa timidité qu’elle combattait avec beaucoup d’efficacité ; son regard et sa voix s’affirmaient pourtant dès qu’elle prenait la parole pour défendre une cause qui la touchait, elle redevenait lumineuse ! Elle recherchait le côté humain de ses interlocuteurs, interpellait leurs sociabilités et leurs compassions en titillant leurs empathies, s’interrogeait sur le sens des évènements de son chemin de vie en se questionnant sur la synchronicité, le karma, les spiritualités bouddhistes et hindoues, … Elle était un rayon de soleil qui ignorait sa propre puissance et qui offrait sa chaleur tout autour d’elle. Pourtant, elle avait besoin de trouver un sens à toutes ces épreuves du quotidien car, après quarante années à vivre la vie de la plus anonyme des femmes, elle s’est souvenueque son cœur brûlait d’amour ; entant quemère, que femme… mais qu’elle aspirait plus que tout à la sérénité. Elle l’a d’abord trouvée en écrivant. Elle était mon amie, douce et capable de remettre en question chacune de ses opinions, de ses idées. Elle écrivait et elle aimait et, elle le faisait bien.” Lysianne Marloye, amie proche de Murielle

Auteure profondément humaine en quête perpétuelle de sagesse et de vérité, détentrice d'une licence et maîtrise en sciences économiques et sociales, Murielle Lona était principalement une économiste de haut vol dans le domaine de la santé vouant notamment une admiration sans bornes pour l'écrivain Paulo Coelho et un amour inconditionnel pour les Indes, sa civilisation, sa culture, sa philosophie. Les voyages-découvertes, une de ses passions autant que la vraie communication et l'écriture.

L'écriture, elle y est venue àla quarantaine ; parmisespublications toutes considérablement imprégnées de saforce et deses fragilités, nous trouvons en premier « Je change de fréquence », un récit sensible aux multiples rebondissements, qui peut être vu comme ouvrage thérapeutique, s'adressant sans détour au cœur et à la tête des femmes. Un roman révélateur de la personnalité intrinsèque de Murielle Lona.

« Coup de foudre » et « Les 50 mystères d'une femme », qui suivent, sont des recueils de poèmes engagés, d'un nouveau style ; dans le second foisonnent sensualité et féminité en mots simples, nous invitant, hommes et femmes, à effectuer un singulier voyage au cœur des sensations. Une odyssée.

Histoire au sein de laquelle « la réalité et la fiction s'additionnent pour lever le voile d'une énigme qui a le pouvoir d'ouvrir de nouvelles portes dans nos esprits » (Mots de Carlos Vaquera), « Le secret de Monalisa », son ultime roman, nous développe le parcours initiatique de l'auteure ; dans la partie « Livres » de ce magazine, le compte-rendu de cet ouvrage, qui nous offre des clés, celle qui permet de nous détacher du passé, celle qui nous fera découvrir notre véritable personnalité, est à découvrir. La préface est de Carlos Vaquera.

Également auteure de nouvelles, de paroles de chansons et de pièces de théâtre, cette « fille du Temple qui possède une enveloppe humaine belge mais une âme définitivement indienne » nous a quittés inopinément, rejoignant ce versant où la souffrance n'est plus, nous laissant sans voix, orphelins de ses mots, des mots si justes, si prenants.

De là-haut vois notre émoi Nos cœurs serrés, notre effroi Guettant en vain un signe de toi Mais tu es à présent étoile Brillant lors des nuits sans voile Comme tu étais lumière le jour Ecoute, bienveillance

Bonté, empathie.

L'adieu manqué ?

Ou simple mais triste au revoir ? Chaque fois que nous entendrons L'aigle noir de Barbara Imagine de Lennon Nous esquisserons un discret sourire Sachant qu'en fait, pour nous Tu es toujours là, dans nos cœurs.

Thierry-Marie Delaunois

EXPOSITION : GOLDORAK XPERIENZ

Lorsque Goldorak arrive en France le 3 juillet 1978, il bouleverse les programmes jeunesse de la télévision. Sa programmation devait se faire en catimini, le temps des vacances d’été, mais le public en a décidé autrement. Le succès est alors fulgurant ! Créé quelques années plus tôt par Gō Nagai et Toei Animation, Goldorak (UFO Robot Grendizer, en version originale) apporte un vent nouveau à la télévision. Le public français découvre alors tout un pan de la pop culture japonaise. Sans le savoir, Goldorak devient le point de départ d’une tendance qualifiée, bien plus tard, de « phénomène manga ». Multi-diffusé jusqu’au milieu des années 1990, il a bercé plusieurs générations avant son grand retour en vidéo et à la télévision en 2013, accompagné de nouveaux produits à son effigie. Dans le cadre du 45e anniversaire de la création de Goldorak, en accord avec Dynamic Planning et Toei Animation, Prime Prod a décidé de proposer de multiples événements qui inviteront à redécouvrir l’une des plus grandes icones de la Pop Culture, tout en célébrant le lien culturel fort entre la France et le Japon. Un événement à voir au Sheds jusqu’au 15 janvier 2023. Plus d’informations via le site www.tour-taxis.com Avenue du Port, 86C à 1000 Bruxelles

MARIONNETTES À GAINE : MADEMOISELLE CHRYSANTHÈME & SHU-PAN ET L’EMPEREUR

La Compagnie « Les Cœurs de Bois » tire son nom de l'histoire de Pinocchio. « Mon Petit Cœur de Bois », c'est bien de cette manière que Gepetto appelait le fils qu'il avait fabriqué dans une bûche de bois. C'est donc tout naturellement que Félix Bonjean et Antoine Durer, deux amis passionnés par les marionnettes, ont repris ce nom lorsqu’ils ont créé leur compagnie à la sortie de la guerre 1946. Par la suite, ilsont connudespartenariatsdiversenanimantlagarderied'enfantsdel'Expo58ouencollaborant avec la Metro Goldwin Mayer dansle cadre du lancement du film «Lili ». Depuisles années 60jusqu'en 2015, le Théâtre a vagabondé entre le Chalet Robinson au Bois de la Cambre aux espaces verts de la capitale (parc de Robebeek, parc Josaphat, parc royal, etc.) En 2015, le Théâtre s'est installé à Laeken dans le bâtiment de l'ancien Hôtel de Ville. A deux pas du Palais Royal et de l'Atomium, la salle dispose d'une capacité de quatre-vingts places. Hormis les spectacles, on peut également y admirer une partie de la collection de marionnettes qui y est exposée. Certaines d'entre datent de plus de cinquante ans ! Actuellement à l’affiche : « Mademoiselle Chrysanthème - Shupan et l’Empereur ». Il s’agit de deux histoires pleines de poésie : Mademoiselle Chrysanthème Il s’agit ici du schéma classique des contes, tel que ceux de Charles Perrault, Cendrillon ou les Fées Magnifiques. La mère a deux filles, l’une désagréable et stupide, l’autre aimable ... Un programme de marionnettes à gaines 100% pour enfants à partir de trois ans qui déroule jusqu’au 15 janvier 2023. Durée de la représentation : quarante minutes. Voyez les horaires sur le site officiel de la compagnie www.lescoeursdebois.be Rue Hubert Stiernet (entre le 2F et le 4) à 1020 Bruxelles Sam Mas

EXPOSITION : ON THE LOOKOUT

On the lookout, qui se traduit par A l’affût, explore la stimulation des comportements humains à travers différentes variations de la couleur. Les œuvres exposées se distinguent par un caractère à la fois immersif et immatériel. Au gré de nos déplacements, nous entrons en relation avec elles. Les dialogues et les tensions ainsi créés entre les installations colorées et l’architecture intensifient notre attention. Le temps consacré à ces rencontres contribue à la qualité de nos expériences vécues, chaque moment étant favorable pour observer des micro-événements. Cetensemblemet enjeunotrecapacitéàdiscernerplusieursétatsd’unemêmeœuvre en situation et aiguise la finesse de nos ajustements perceptifs. L’exposition se déploie selon différentes séquences. En traversant ces zones d’expériences, nous sommes amenés à découvrir les nuances de tonalités conceptuelles entre les artistes. Dès l’entrée, notre perception est captivée par les fluctuations chromatiques d’Adrien Lucca. La virtuosité scientifique de son installation réside dans la transfiguration des pigments par la lumière. On passe de cet espace à la colorimétrie contrôlée pour s’immerger ensuite dans l’approche intuitive de Luisa Mota. Son interventionin situ colorée et en transparence rentre en résonances simultanées avec nos corps et l’ouverture sur la cour intérieure.

Suite à ce travail à l’échelle de la main, des installations architecturales s’emparent de la grande salle. D’un côté, nous longeons l’œuvre murale de Pieter Vermeersch qui étend la couleur en dégradée dans la longueur de l’espace. Son geste pictural se fait oublier pour créer un temps métaphysique. De l’autre côté, nous traversons l’installation monumentale de Morgane Tschiember qui sculpte la couleur dans la hauteuretlaprofondeurdel’espace. Sesarchesinverséesconfèrent unedimensionsensuelleaumatériau industriel qui les compose, en jouant avec sa transparence.

Sous cette même lumière changeante de la verrière, on interagit avec l’œuvre en verre aux couleurs dichroïques d’Ann Veronica Janssens qui reflète l’environnement. Entre contemplation et immersion, notre expérience sensorielle se prolonge dans la quête des différents états d’une lumière transformée. Notre perception de l’œuvre de Dimitri Mallet s’approfondit, aussi, après un temps d’attention. Ses couleurs suggestives nous renvoient à notre perception de la lumière au travers de nos paupières closes. La représentation de cet état intérieur, entre sommeil et éveil, tend vers une interprétation romantique des couleurs.

Un changement de physicalité s’opère lorsque notre regard se glisse dans l’espace du fond, entrouvert dans la perspective. Une relation étroite s’établit ici avec des œuvres qui se découvrent pleinement dans l’approche. La peinture vibrante et spatiale d’Irma Blank nous absorbe avant de dévoiler un geste linéaire empli de sérénité. Au travers des variations d’intensité de la couleur, la durée rythmique de sa respiration acquiert matérialité et lisibilité. En basculant dans le pli de l’espace qui renvoie le plus la lumière zénithale, cettemême constance méditative et haptique se manifestedans l’installationde Nadia Guerroui. Onyexploreavecnosdéplacementslecaractèreinsaisissabledesasurfacemuraleàlacouleur iridescente, changeant aussi dans le temps, au gré de la position du soleil.

L’espace clos adjacent est baigné dans une lumière artificielle, créant ainsi une zone d’observation la plus constante possible. L’apparition progressive de la couleur dans l’œuvre évolutive y signifie un changement d’état. La juxtaposition dedeux stades différents d’une même matière nous permet de confronter des couleurs séparées par plusieurs millions d’années, ouvrant sur une temporalité géologique.

Une exposition à découvrir jusqu’au 28 janvier 2023 au CAB. Plus d’informations sur le site www.fondationcab.com

Rue Borrens, 32-34 à 1050 Bruxelles

DOUZIÈME CÉRÉMONIE DES MAGRITTE DU CINÉMA

Les candidats aux Magritte du meilleur documentaire et meilleur court-métrage documentaire sont connus. L’année 2022 aura été particulièrement fertile pour le cinéma documentaire belge. Festivals, sorties en salle, prix et belles diffusions télé, nos auteurs et autrices se sont distingués en Belgique comme à l’étranger. Ainsi ces deux sélections, en court et en longmétrage, qui intègrent vingt-huit titres, est riche en talents et en univers singuliers. Côté longs métrages, on retrouve notamment les nouveaux opus de personnalités reconnues dont quatre cinéastes déjà primés aux Magritte du Cinéma. Thierry Michel, Magritte du Meilleur documentaire en 2016 pour L’Homme qui réparait les femmes, et Président de la dernière Cérémonie, sortait ainsi en Belgique mais aussi en France L’Empire du Silence, film en forme de conclusion à salongue histoire cinématographiqueavec le Congo. Unpays qui est également au cœur de l’œuvre de Marc-Henri Wajnberg (Magritte du Meilleur montage en 2014 pour Kinshasa Kids), qui est sélectionné cette année avec I Am Chance. On retrouve également le duo formé par Jean Libon et Yves Hinant, qui ont transposé sur le grand écran toute la saveur de l’univers de Strip-Tease d’abord avec Ni juge ni soumise, Magritte du Meilleur documentaire en 2019, et cette année avec Poulet Frites. On retiendra aussi la sélection de deux cinéastes déjà en lice par le passé, Pauline Beugnies, nominée en 2018 pour Rester Vivants, qui sortait cette année Petites, consacré aux cicatrices laissées chez toute une génération de jeunes Belges par le traitement médiatique et politique de l’affaire Dutroux; ou encore Henri de Gerlache, nominé la même année pour La Belge histoire du cinéma belge, et qui réalisait cette année son nouveau film, Sœurs de combat, plaidoyer vibrant pour la mise en lumière des jeunes activistes qui se battent au quotidien contre la catastrophe écologique.

Si l’on ne peut détailler tous les films en lice, notons que l’on compte deux films sélectionnés dans de grands festivals européens, Dreaming Walls, d’Amélie van Elmbt et Maya Duverdier, retenu dans la section Panorama au Festival de Berlin (et coproduit par Martin Scorsese) ainsi que Soy Libre de Laure Portier présenté à l’ACID au Festival de Cannes.

Enfin, les Magritte du Cinéma se réjouissent par ailleurs de mettre en valeur pour la deuxième fois le court métrage documentaire à travers un prix qui est désormais spécifiquement dédié à ce format particulier. Parmi les 8 films de la shortlist cette année, on retrouve aussi bien des noms confirmés (comme Bénédicte Liénard et Mary Jiménez, Olivier Smolders ou encore Jean-Benoît Ugeux) que de nouveaux talents prometteurs, ce qui promet d’ores et déjà des nominations enthousiasmantes.

FILMS SÉLECTIONNÉS POUR LE MAGRITTE DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE

Alpes de Naël Khleifi, produit par Sourat Films

· Astro de Nicky L. Lapierre, produit par Les Films de la Récré

· Austral de Benjamin Colaux, produit par Stenola Productions

· By the Throat d’Effi et Amir, produit par La Chose à trois jambes

· Dreaming Walls d’Amélie Van Elmbt et Maya Duverdier, produit par Clin d’Œil Films

· Éclaireuses de Lydie Wisshaupt-Claudel, produit par Les Productions du Verger

· En mis zapatos de Pedro Morato, produit par Nameless Productions

· I Am Chance de Marc-Henri Wajnberg, produit par Wajnbrosse Productions

L’Empire du silence de Thierry Michel, produit par Les Films de la Passerelle

La Mémoire de Nelly de Nicolas Wouters, produit par l’Atelier Graphoui

La Mesure des choses de Patric Jean, produit par Iota Production

Lettre à Nikola de Hara Kaminara, produit par Dérives

Ma vie en papier de Vida Dena, produit par Clin d’Œil Films

Medusa de Chloé Malcotti, produit par Hypernuit

Petites de Pauline Beugnies, produit par Rayuela Productions

Poulet frites de Jean Libon et Yves Hinant, produit par Artémis Productions

Sœurs de combat de Henri de Gerlache, produit par Belgica Films

Soy libre de Laure Portier, produit par Need Productions

Une bosse dans le cœur de Noé Reutenauer, produit par Hélicotronc

Une vie comme une autre de Faustine Cros, produit par Dérives

FILMS SÉLECTIONNÉS POUR LE MAGRITTE DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE DOCUMENTAIRE

Arbres de Jean-Benoît Ugeux, produit par Dérives et Apoptose

CACHé – dialogue avec mon grand-père de Julie Rener, produit par l’Atelier Graphoui

Dernier voyage au Laos de Manon Saysouk, produit par les A.P.A.C.H.

Jeune premier de Constance Piketty, produit par les A.P.A.C.H.

La prova de Toni Isabella Valenzi, produit par Mediadiffusion

· Le Constat de la crevette grise de Rémi Murez, produit les A.P.A.C.H.

Masques d’Olivier Smolders, produit par Le Scarabée asbl

On la nomme la brûlure de Bénédicte Liénard et Mary Jiménez, produit par Dérives

EXPOSITION : EUROPA OXALA

En portugais, le mot Oxalá est un peu l’équivalent de Inch Allah, qui résulte de siècles d’intégration et qui traduit une idée d’avenir, de devenir et de futur en élaboration Cette exposition remet en question l'Europe ouverte et souhaite favoriser l'intégration des citoyens issus de l'immigration et contribuer à une société plus solidaire en mettant en avant le débat sur la décolonisation de l'Europe. Ce projet extraordinairement créatif brise les stéréotypes et interroge le concept d'identité. Depuis sa réouverture en 2018, l’Africa Museum se veut plus que jamais une plateforme dynamique de rencontre et de dialogue. La pression qui pousse des millions de personnes à émigrer ainsi que les répercussions de la mondialisation qui se dessinent dans un débat identitaire assez novateur et parfois même radical sur l'identité, sont des thèmes importants dans ce dialogue spécifique. Par le biais de cet événement, il est avant tout souligné la volonté de permettre à chacun de réfléchir sur les rapports Belgique-Afrique que l’on désire pleins d'espoir malgré les incertitudes et les doutes. Qui mieux que les artistes pour concrétiser les envies ?

Une exposition à découvrir à l’Africa Museum jusqu’au 5 mars 2023. Voyez tous les détails pour une visite sur le site www.africamuseum.be

Leuvensesteenweg 13 à 3080 Tervuren

EXPOSITION : CATAPLASMEMAUD

GOURDON

Le nouveau corpus d’œuvres présenté dans l’exposition est issu des expérimentations de Maud Gourdon autour du cataplasme, aussi appelé emplâtre : un remède pâteux à base d’argile, de plantes ou de farines, que l’artiste utilise comme matière sculpturale et ornementale. Relégué aujourd’hui dans la catégorie des remèdesdit de«grand-mère»,lecataplasme est, pour l’artiste, lié à la figure maternelle et aux connaissances qui se transmettent traditionnellement de mère en fille : travaux manuels, cuisine, couture, décoration d’intérieur, remède, … Une série de sculptures produites à partir des matériaux du cataplasme sont placées tout autour de l’espace d’exposition. Pour les réaliser, l’artiste a développé un mélange composé d’argile médicinale et de fibres végétales, qui est ensuite placé et compressé dans des moules en bois gravés. Cette pâte argileuse devient alors la matière et le support d’une série de motifs colorés, entre abstraction et figuration, entre bouillie et ornement. Deux sculptures posées au sol complètent cette installation. Elles se composent d’une combinaison de mots et de chiffres insérés dans un motif noir et blanc représentant des mailles de tricot. Placés à l’intérieur de cet ornement, comme encadrés, ces mots acquièrent force et intensité. L’artiste interroge ici avec humour l’aspect poétique, décoratif mais aussi curatif du langage. Une exposition à découvrir à la Centrale jusqu’au19 mars 2023. Plus de détails sur le site www.centrale.brussels Place Sainte Catherine,45 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : NELLEKE CLOOSTERMAN

Pour ce projet, Cloosterman crée des pans de murs qui ont la forme de cartes à jouer. Celles-ci semblent avoir été lancées au hasard dans l’espace d’exposition.Le titre Cardshark fait référence aux personnes qui gagnent de l’argent en trichant aux cartes, ainsi qu’aux cartes elles-mêmes, présentes dans les tableauxdel’artistecommedessymbolesissusdevanités. Celapourrait suggérerquelescartesexposées ont été lancées par un cardshark (un joueur), faisant écho à ces symboles des vanités qui jouent avec la vie et la mort. Les peintures accrochées aux cartes-murs deviennent des fenêtres sur l’univers pictural de Nelleke Cloosterman. Cet univers va s’étendre, une multitude de « fenêtres » s’ajoutant au fur et à mesure, pour former une installation globale rassemblant des récits qui se superposent. En utilisant des thèmeset desmotifsclassiquesdel’histoiredel’art –lesplantes, lesanimauxetlesbulles –Cloosterman crée un univers qui semble familier, mais qui échappe néanmoins à la logique ou aux lois naturelles. Des paysages de rêve abstraits, un jardin de fleurs associant des végétations de toutes les saisons, ou des oiseaux volant sans ailes dans les airs sont autant de perturbations subtiles d’une réalité à recevoir par le spectateur. Les dégradés que l’on voit fréquemment dans ses tableaux suggèrent une compression du temps, contribuant à l’idée que le tableau n’est pas un instantané mais un paysage continu où les éléments peuplant le tableau racontent une histoire. Une exposition à découvrir à la Centrale jusqu’au19 mars 2023. Plus de détails sur le site www.centrale.brussels

Place Sainte Catherine,45 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : ON DISPLAY

Vitrine et vecteur de modernité, l’espace de la vente interpelle les architectes et les designers, depuis les premières boutiques bourgeoises du début du 19e siècle jusqu’au développement du design global, du consumérisme et de l’émergence du retail design au cours du 20e siècle. Laboutiqued’hier et d’aujourd’hui offre un terrain d’expérimentation pour les designers et les architectes : des premières recherches formelles d’Adolf Loos aux réalisations de Marc Newson en passant par la recherche d’une identité globale avec l’enseigne AEG et les mythiques boutiques Olivetti. Interrogeant l’évolution de nos esthétiques et de nos pratiques d’échanges, l’exposition On Display retrace à travers le concept de boutique, l’impact du design dans notre environnement quotidien. Mobiliers, documents d’archives, aménagements intérieurs, étalages ou supports publicitaires, la visite de On display témoigne des multiples expérimentations et des concepts deboutiquesquijalonnentl'histoiredudesignetdel’architecturecommerciale. Àtraverscetterecherche inéditeducommissaireBenjaminStoz, leDesignMuseum Brusselspoursuitsonexplorationdeschamps de la création du design et de ses impacts sur notre société et notre vie quotidienne. Une exposition à découvrir au Musée du design jusqu’au 5 mars 2023. Voyez les informations pratiques sur le site www.designmuseum.brussels

Place de Belgique, 1 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : JOHNNY HALLYDAY

Johnny Hallyday est encore dans tous les esprits et, plus de cinq ans après sa disparition, il fédère un intérêt loin de se faner. C’est Laeticia, sa veuve qui a pris l’initiative de cette exposition qui entamera la tournée des capitales pour rendre hommage à l’idole des jeunes (et de ceux qui l’ont été). Brussels Expo a été choisi pour offrir une aire de près de deux mille mètres afin de célébrer le chanteur le plus populaire de France et de Belgique. L’occasion de se plonger dans son monde depuis la reconstruction de sa chambre d’adolescent jusqu’à son bureau de Marnes-la-Coquette refait à l’identique. Si les pochettes de disques et les affiches sont de la partie, cet événement n’oublie pas que Johnny a été acteur passant de la comédie au drame, du polar au western, sans oublier maints souvenirs musicaux qui ont marqué plusieurs générations, faisant de nombreuses de ses chansons des standards de la variété. Un voyage immersif grâce à un soin tout particulier apporté à la scénographie et à des effets personnels de l’artiste mis à disposition par sa famille et ses proches. « Johnny Hallyday - l’Exposition » propose enfin une plongée dans l’Amérique qu’il aimait et où il résidait une partie de l’année, ainsi qu’à Saint-Barth où il repose aujourd’hui. Une visite à effectuer par les fans (mais pas que !) jusqu’au 15 juin 2023 au Palais 12. Plus de détails sur le site www.brussels-expo.com Place de Belgique, 1 à 1000 Bruxelles

PARCOURS : HARRY POTTER – FORBIDDEN FOREST EXPERIENCE

La franchise Harry Potter est l’une des plus lucratives et s’en priver serait pure folie. A elle seule, J.K. Rowling, mère du jeune sorcier de papier, a engrangé une fortune supérieure à celle thésaurisée par la famille royale d’Angleterre. C’est tout dire ! Loin de se reposer sur ses lauriers, la Warner Bros (qui a adapté les romans pour le cinéma) décline aujourd’hui la série en balade pédestre immersive à deux pas de Bruxelles. Après l’Angleterre et les Etats-Unis, le concept débarque chez nous pour partir en famille à la rencontre de créatures magiques telles que centaures, licornes, araignées géantes, nifleurs, hippogriffes et autres bipèdes ou quadrupèdes ensorcelants. Une expérience nocturne sur un sentier forestier jonché de références sorties tout droit des films. Il suffit de se laisser guider par les sons, la musique, les lumières, les extraits de dialogues tirés des scripts et les effets spéciaux qui donnent vie à la magie vue sur grand écran. Située dans un magnifique environnement boisé, cette expérience forestière de nuit a été créée par des scénographes de grands spectacles et des réalisateurs d'expériences primés. En revivant les scènes les plus épiques des longs métrages du jeune Harry qui se passent dans laforêt, lesvisiteurspeuventinteragiraveccertainspersonnageset lancerleurspropressortspourdonner vie à cet univers né il y a maintenant plus de deux décennies. Au fil du trajet, l’ambiance se métamorphose lentement au point de faire oublier qu’on se situe à moins de dix minutes de voiture du ring delacapitale. Aufildesrecoinsduchemin, lesamateurs reconnaissent le fameuxlacaubordduquel Harry a risqué sa vie, la Ford Anglia (cette voiture utilisée par Harry et Ron pour rejoindre Poutlard), et encore la maison de Jedusor. On le sait, les codes imaginés par J.K. Rowling continuent de fasciner. Une odyssée en 3D qui s’effectue dans une semi-pénombre, alors que le jour vient de s’éteindre et qui implique dese vêtir d’habitschauds car tout se déroule en extérieur. Atmosphère récréative, certes, mais également mystérieuse avec des bruitages venus d’ailleurs et quelques petits frissons qui se métamorphosent en cris admiratifs jusqu’au 22 janvier 2023. Durée de la visite : environ 90 minutes à partir de 17 heures. Voyez tous les détails sur le site www.hpforbiddenforestexperience.com Château de Groenenberg - Konijnestraat, 172 à 1602 Sint-Pieters-Leeuw André Metzinger

EXPOSITION : SUPERCARS 2

Voitures rutilantes, carrosseries blinquantes, design hors du commun, compteurs dépassant toutes les normes… une nouvelle sélection de supercars débarque dans le cadre majestueux d'Autoworld pour sa grande exposition de Fin d’Année. Elles seront superbement installées dans une mise en scène particulièrement graphique, sobre et originale qui ne manquera pas de surprendre. Dans la continuité des grandes expositions, Supercars 2 illustre un des grands chapitres de l’histoire automobile Collectionneurs privés et musées internationaux ont prêté quelques petits bijoux pour rendre possible cette exposition qui met en scène des véhicules hors du commun jamais exposés ensemble dans un lieu

unique. Grâce aux règlements très stricts édictés pour la compétition, quelques merveilles sur quatre roues sont parfois aperçues sur la voie publique en tant que voitures spécialement homologuées pour prendre la route. Les exemples sont nombreux. On peut de la sorte trouver, entre autres, la BMW M1 dans sa version Procar et sa version de route, ou encore la Porsche 935 Baby et la 935 - 2019 de route, la Lamborghini Supertrofeo et sa version de route, etc. Les véritables voitures de course à l’impressionnant palmarès ne manqueront pas à l’appel. L’occasion de découvrir la Mercedes AMG GT3 qui inscrivit,cet été, les24Heuresàsonpalmarès, et saversionpour route, mais aussi la Lancia Ferrari, l’Audi RS2, Mercedes AMG et la BMW. Les connaisseurs savent à quel point il s’agit de bijoux ! Une quarantaine de véhicules exceptionnels à découvrir à Autoworld jusqu’au 29 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.autoworld.be

Parc du Cinquantenaire à 1000 Bruxelles Sam Mas

EXPOSITION : BOND IN MOTION

Pour la première fois sur le continent européen, des décors spectaculaires, des maquettes makingof et une cinquantaine de véhicules originaux (motos, voitures, avions, sous-marins, hovercrafts, hélicoptères, ⋯), tout droit sortis des vingt-cinq films de James Bond, seront réunis dans un même lieu. “Bond in Motion” se veut une exposition unique dédiée aux films de l'agent 007 et conçues pour les fans et les curieux. A ce jour, six comédiens ont incarné à l’écran le plus célèbre des agents secrets : Sean Connery, Roger Moore, George Lazenby, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et Daniel Craig. On ne le répète pas souvent, mais David Niven avait été approché pour le rôle principal avant de jouer dans « Casino royal », un pastiche, et plusieurs vedettes ont décliné l’invitation de camper les girls de service, dont Brigitte Bardot. Ian Fleming, ancien agent du renseignement pendant la guerre, est le père de plume du héros et a rédigé quatorze de ses aventures, toutes adaptés au cinéma. Décédé en 1964, il n’a connu que le succès que des trois premiers longs métrages. Cette exposition revient sur le phénomène Bond qui perdure depuis six décennies. Elle se déroule à Brussels Expo jusqu’au 14 mai 2023. Voyez les détails pratiques sur le site www.brussels-expo.com Place de Belgique,1 à 1020 Bruxelles Andrea Cerasi

EXPOSITION : BLAKE & MORTIMER – LE CRI DU MOLOCH

En 2020, l’album Le Cri du Moloch clôture avec force le diptyque entamé par L’Onde Septimus pour composer une suite fascinante à La Marque jaune. Un défi mené avec brio par le scénariste Jean Dufaux et les dessinateurs Christian Cailleaux et Etienne Schréder. Maître en matière de décors, Schréder assure également le découpage - jalon essentieltandis que Cailleaux, héritier légitime de la ligne claire, prend en main les personnages. Un chemin « à quatre mains » se met en place pour respecter l’héritage jacobsien. A Bruxelles, Etienne Schréder réalise le découpage au format de la planche, avec les cadres et les positions des dialogues et esquisse aussi les décors. La planche s’envole ensuite à Bordeaux, chez Christian Cailleaux qui intègre les personnages. Perfectionnistes nés, les deux artistes traquent les améliorations avant que Christian renvoie les planches crayonnées, avec uniquement les personnages. Etienne y intègre ensuite les décors et les engins mécaniques, dont le fascinant Orpheus. Le crayonné achevé, Schréder scanne la planche et l’envoie à Cailleaux qui l’imprime en bleu, afin d’encrer les personnages, tout en laissant les décors qui seront ensuite encrés par son comparse. Le respect de l’œuvre d’E-PJacobs est le maitre-mot du duo graphique. La Galerie Champaka présente un dispositif de premier choix : couverture, illustrations, planches crayonnées et encrées. Attention cette exposition est organisée en ligne jusqu’au 14 janvier 2023. Si elle vous intéresse, voyez toutes les informations via le site www.galeriechampaka.com

BRAFA 2023

La BRAFA est la première foire d’art européen du pays, se positionnant en véritable baromètre du marché de l’art. Sa soixante-huitième édition retrouvera le site Brussels Expo au Heysel dans les Palais 3 et 4 où près de cent cinquante exposants investiront l’espace. Ce lieu accueillant a toujours été très apprécié par les visiteurs tant pour ses allées aérées que pour l’atmosphère fort agréable qui s’en dégage. Harold t’Kint de Roodenbeke, Président de la BRAFA, précise : « Nous avons eu une sorte de galop d’essai avec une première en dehors de nos standards habituels puisque nous avons proposé un événement dans un nouvel espace et à une période différente en raison d’un calendrier bousculé. Janvier sera donc à la fois un retour à la normalité au niveau des dates mais aussi l’écriture d’une nouvelle page de notre histoire avec Brussels Expo. Notre objectif aujourd’hui est de retrouver notre rythme et nos clients fidèles tout en développant le potentiel du lieu. » Pour cette édition 2023, un thème a été choisi, en corrélation avec l’initiative de la Région Bruxelles-Capitale qui fera de 2023 une année consacrée à l’Art nouveau. La BRAFA mettra ce mouvement en avant à travers plusieurs axes. La Fondation Roi Baudouin ainsi que quelques galeries spécialisées dans ce domaine présenteront des pièces exceptionnelles de cette époque et la création du tapis de la BRAFA 2023 sera basée sur des dessins originaux de Victor Horta. Deux conférences porteront sur cette époque insigne. L’une sera emmenée par le Professeur Werner Adriaenssens, Conservateur des Collections XXe siècle aux Musées royaux d’Art et d’Histoire et l’autre par Benjamin Zurstrassen, Conservateur du Musée Horta. Un événement à découvrir du 29 janvier au 5 février 2023 au Heysel. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.brafa.art.com Place de Belgique,1 à 1020 Bruxelles Sam Mas

EXPOSITION : PHOTO BRUT

Le programme de cet événement s’articule autour du thème de la photographie brute. Par le biais de photographies, de photomontages et de photocollages, des créateurs et créatrices, généralement autodidactes, dévoilent leurs univers personnels à travers des œuvres produites en dehors des circuits artistiques conventionnels. Ce champ peu exploré dans les recherches sur l’art brut ouvre la voie à des pratiques novatrices dans le domaine de la photographie, contribuant ainsi à renouveler le regard porté sur ce médium. Ce projet questionne ainsi autant le rôle du collectionneur, son impact sur la catégorisation des artistes et la photographie elle-même. Cet événement peu classique s’organise dans quatre lieux bruxellois qui se répondent en miroir : le Botanique, La Centrale for Contemporary Art, le musée Art et marges et la Tiny Gallery, localisée non loin de Flagey. Une autre manière d’aborder la photographie et son rapport avec le public. Chaque œuvre se veut une tentative de briser l’image et d’avoir un impact sur le plan esthétique, mais aussi socioculturel, voire politique. Pour ce projet, plusieurs artistes se sont impliqués. Cela se prolonge jusqu’au 19 mars 2023. Plus de détails notamment sur le site officiel www.centrale.brussels

EXPOSITION : LUMINOPOLIS

Qu’est-ce que la lumière ? Comment rythme-t-elle notre quotidien ? Comment influence-t-elle la vie ? Résolvez des énigmes et percez des mystères. Tic-tac-tic-tac… le temps presse, le chronomètre s’affole ! Voulez-vous sortir vainqueur de l’expo ? À vous de jouer ! La lumière peut être visible ou invisible, de toutes les couleurs ou incolore, ondulatoire ou corpusculaire. Elle permet de voir mais pas seulement. Elle rythme la vie. Elle est une source de vie pour la faune et la flore. Cette exposition entend nous apporter un éclairage sur le lien entre la lumière et le vivant. Elle nousinvite à réfléchir sur l’importance de la lumière dans nos sociétés. Dans cette expo-jeu au format totalement inédit, la lumière se révèle sous tous ses aspects (physiques, biologiques, techniques et sociologiques) dans un concept original et captivant, une course contre la montre avec au choix dix, quatorze ou dix-huit énigmes à résoudre pour remporter la victoire. Un événement passionnantet palpitant à explorer, muni d’unetablette pouractiver les bornes de jeu, obtenir des indices et encoder vos réponses. Un excellent moyen de découvrir par le jeu le vaste thème de la lumière. Des défis à relever jusqu’au 13 août 2023 au Musée des Sciences naturelles de Bruxelles. Plus de détails sur le site www.naturalsciences.be Rue Vautier, 29 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : THE ART OF BRICK

Après un énorme succès dans plusieurs métropoles, l’exposition « The art of brick » revient à Bruxelles. Elle plonge les visiteurs dans l'univers de Nathan Sawaya, l'artiste le plus créatif et le plus original récompensé par l’Art Awards 2011 de New York, grâce à ses œuvres non traditionnelles et non conventionnellesréalisées àpartir debriquesdeLego afin de créer des sculptures en 3D. L’occasion de découvrir des réalisations merveilleuses, ludiques et amusantes qui se veulent le fruit d’un travail minutieusement acharné et d’une imagination presque sans limites. En fusionnant Pop Art et surréalisme, il réussit à surprendre. Par son savoir-faire et une patience à toute épreuve, il a réalisé des pièces qui nous inspirent et qui donnent vie à nos émotions. Bref, un monde plein de joie et de couleurs. Avec plus de cent millions de briques de Lego, il a conçu pas moins de quatre-vingts œuvres qui séduisent les enfants autant que les adultes, tout enlesconviantàréfléchirsurlesensdel’art sanss’endommagerlesméninges.Cetévénementrassemble une large variété de sculptures originales, mais aussi desversions réimaginées de certains chefs-d'œuvre artistiques les plus célèbres du monde tels que le David de Michel-Ange, la Nuit étoilée de Van Gogh et la Joconde de De Vinci. Parmi les curiosités de cette manifestation, les visiteurs pourront observer un squelette de Tyrannosaure Rex de six mètres de long et une collection multimédia très innovante de photos réalisées par le photographe Dean West. Cette exposition a déjà ébloui plus de dix millions de visiteurs à travers le monde ! Alors, pourquoi hésiter ? A ce jour, la date de clôture n’est pas précisée, mais il ne s’agit pas pour autant de traîner. Voyez davantage d’informations sur le site officiel www.theartofthebrickexpo.com

Grand Place, 5 à 1000 Bruxelles

Sam Mas

FANTASTIC BRUSSELS

Voilà tout simplement un voyage à travers le temps, un bond dans le passé grâce à une création qui fait appel à desartistespluridisciplinaires, deshologrammes, deslasers et dela vidéo-mapping. Unemanière d’évoquer l’histoire de Bruxelles et de la Belgique à travers une approche narrative originale et en totale immersion à 360° selon une formule déjà expérimentée pour faire découvrir l’univers de Claude Monet, Vincent Van Gogh ou Frida Khalo. D’une durée approximative de quarante minutes, ce parcours bénéficie d’une scénographie évolutive pour aller à la découverte du Bruxelles d’hier et d’aujourd’hui par le truchement d’un découpage soigné et dynamique en compagnie de guides munis de lampes de poche. Pour servir d’écrin à ce trajet initiatique, l’hôtel Métropole cède son espace pour accéder à des découvertes attrayantes. Une entrée en matière qui débute dans la pénombre pour progresser doucement, étape par étape à la manière d’explorateurs bien décidés à suivre la reptation du temps, afin de découvrir des secrets oubliés. Une façon ludique d’entreprendre un cheminement sinueux au cœur des salons aujourd’hui désertés de ce qui a été (avant sa faillite survenue en pleine crise Covid) le plus bel hôtel de Bruxelles. L’ancien palace invite de la sorte les visiteurs à se plonger dans l’exactitude des faits et des contextes qui ontmarqué l’histoire de la ville, passant d’une décennie à l’autre pour revivre ce Bruxelles qui bruxellait chanté par le regretté Jacques Brel et qui survit grâce à la swanze de « Le mariage de mademoiselle Beulemans » et les pièces répertoriées chez Toone, celui de la Belle-Époque à nos jours, en passant par les Années Folles et les Golden Sixties ! Une visite qui met en avant notre patrimoine et notre Histoire. Une aventure à vivre à l’Hôtel Métropole jusqu’au 28 février 2023. Plus de détails sur le site www.fantasticbrussels.be

Place de Brouckère, 31 à 1000 Bruxelles

Paul Huet

EXPOSITION : 175 ANS DES GALERIES ROYALES SAINT-HUBERT

Depuis cent septante-cinq ans, les Galeries Royales Saint-Hubert participent au rayonnement de notre capitale. Alors que les passages couverts poussaient allègrement en France et en Grande-Bretagne au début du XIXe siècle, le roi Léopold Ier souhaitait doter Bruxelles d’un passage couvert monumental en signant un arrêté en 1839. Il faudra néanmoins attendre sept ans pour que la première pierre de ce passage soit posée. A titre de rappel, les Galeries Royales Saint-Hubert forment un ensemble de trois passages : la Galerie du Roi dédiée à sa majesté Léopold Ier, la Galerie de la Reine dédiée à son épouse Louise-Marie d’Orléanset laGalerieduPrincedédiéeauPrincehéritier, lefutur Léopold II. Sous l’impulsion de son architecte Jean-Pierre Cluysenaar, cet ensemble a été bâti en moins de quinze mois, affichant une longueur exceptionnelle de plus de deux cents mètres et une hauteur proche de vingt mètres, témoignant du savoir-faire belge en matière de construction, utilisant la pierre, le métal et le verre pour le dôme de la structure. Depuis cette époque, le lieu a vu défiler un panel de personnalités allant de Charles Baudelaire à Alexandre Dumas, sans oublier Paul Verlaine qui avait acheté dans un commerce de cette galerie l’arme qui lui a servi à tirer sur son amant Arthur Rimbaud. On ne le répète pas souvent, mais ce fut au premier étage du numéro 7 que s’est déroulée la première projection des frères Lumière. C’est également sous la verrière géante que la première praline du chocolatier Neuhaus a vu le jour en 1912. Enfin, ces trois galeries qui se jouxtent ou se prolongent recensent quelques fleurons denotrepatrimoineartistique avec des enseignestellesquele ThéâtreRoyal des Galeries, la librairie Tropismes encensée par les lecteurs férus de bons livres ou le cinéma des Galeries. La petite histoire alimentant la grande et inversement ! Naturellement, on se situe à un saut de la Grand-Place et aucun Bruxellois n’est jamais passé dans le coin sans frapper de ses talons les dalles larges de l’endroit avant de s’asseoir et savourer un café à une terrasse, s’attarder devant les vitrines attrayantes ou donner rendez-vous à l’une ou à l’autre connaissance. Une exposition est aujourd’hui consacrée à ce lieu mythique jusqu’au 30 juin 2023. Une opportunité de se familiariser avec un cadre connu, maisqui recèle bien des anecdotes à exhumer. Surtout, une manière récréative de se plonger dans un pan du passé territorial dont nous ignorons les tenants. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.grsh.be/175-years Galerie de la Reine, 26 à 1000 Bruxelles Paul Huet

EXPOSITION : ART ET MARGES S’EXPOSE AU POCHE

Le Musée Art et Marges, spécialisé dans l’art outsider, questionne l’art et ses frontières depuis 2009 et vise la promotion d’artistes de l’ombre appelés marginaux. Sa collection permanente est constituée de plus de quatre mille œuvres d’artistes belges et internationaux produites par des personnes psychologiquement fragilisées ou porteuses d’un handicap mental, toutes sans formation académique et créant isolément de toute école, chez eux ou dans des ateliers. A titre de comparaison, les œuvres qu’ils proposent aux cimaises se situent dans la lignée de l’Art Brut, concept développé au milieu du XXe siècle par le peintre français Jean Dubuffet (19011985). Plus que tout autre, il promeut un geste créatif associé à l’idée de liberté. Une partie de sa collection est exposée au Théâtre de Poche jusqu’au 21 janvier 2023 et est à admirer tous les soirs de représentation dès 19h30 et dès 18h30 lemercredi. Voyez les détails de cette manifestation sur le site www.poche.be Chemin du Gymnase, 1a à 1000 Bruxelles Sam Mas

EXPOSITION : LE CANAL D’OBOLENSKY

Connu comme peintre de décors de théâtre, d’opéra et de ballet, Alexandre Obolensky (Bruxelles, 1952-2018) a également développé une œuvre personnelle ayant pourthèmelecanal deBruxelles. Laprésenteexposition propose une balade sensible et contemplative à la découverte d’une série de peintures troublantes par leur réalisme et qui nous exposent un canal pluriel, capté par l’œil de l’artiste et interprété selon sa technique picturale. Les œuvres sont des appels à s’arrêter, à observer et à questionner notre regard, notre perception de ce canal inscrit dans le paysage urbain, mais encore souvent méconnu. Au travers du regard de l’artiste, cette promenade libre invite surtout à la découverte de son processus créatif. Du choix de l’angle de vue à la transposition picturale par le quadrillage, on assiste aux différentes étapes d’une technique précise et rigoureuse. Cet événement s’adresse à un large public, aux amateurs d’art comme aux curieux, petits et grands, grâce à l’intégration de dispositifs interactifs dans le parcours du visiteur. Un catalogue papier est proposé pour poursuivre cette balade de chez soi ou pour se coller aux enjambées de l’artiste le long du canal. Pour ceux qui veulent en savoir encore davantage, nous ne pouvons que suggérer l’acquisition de l’ouvrage Alexandre Obolensky, qui revient sur sa carrière de peintre de décors et sur son travail personnel. Cet épais volume se pare de nombreuses photographies et s’accompagne de témoignages d’observateurs et de collaborateurs privilégiés. Une expositionà découvrir à laFonderie jusqu’au 1er mai 2023. Découvrez les informations pratiques sur le site www.lafonderie.be Rue Ransfort, 27 à 1080 Bruxelles

RENCONTRES LITTÉRAIRES

Le saviez-vous? Touslesdeuxmois, excepté enjuillet et enaoût, ledernier vendredi dumoisdès19h15, se déroule à Espace Art Gallery, une soirée de rencontres littéraires festives sous la forme de lectures inspirées, enjouées, six participants - auteurs d’ouvrages publiés en nos contrées se relayant pour nous offrir le meilleur de leur production… et d’eux-mêmes ! Nous avons déjà eu l’occasion de recevoir, entre autre, Tatiana Gerkens, Edith Henry, Taya Léon, Jacqueline Gilbert, Manuel Verlange, d’incomparables talents de chez nous. Ils nous ont touchés, ravis, enchantés, et prochainement nous aurons encore l’occasion d’accueillir notamment Leïla Zerhouni, Anne Marie Delbecq, Pierre Ost et Gaëtan Faucer. Comment ne pas s’en réjouir ?

Notons que ces soirées se révèlent également artistiques et théâtrales par la déclamation et la lecture de poèmes et de billets humoristiques : le 25 novembre dernier, José Mangano et Anita De Meyer, le premier artiste, poète et philosophe, la seconde comédienne et scénariste, nous ont eux aussi touchés et divertis par leurs textes et sketches, les sourires et rires parfait reflet d’une soirée réussie qui ne pouvait que se conclure par un drink. Le verre des amitiés littéraires et artistiques.

Ces soirées se poursuivront bien sûr en 2023, les 27 janvier et 31 mars étant les deux prochaines dates à noter d’office dans son agenda. Venir ? Aucune hésitation possible, la convivialité assurée, la détente garantie. A bientôt ? Organisation et modération : Thierry-Marie Delaunois Co-organisation : José Mangano

Accueil et drink : Jerry Delfosse, directeur de la galerie. Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Sam Mas

EXPOSITION : PICASSO & ABSTRACTION

En collaboration avec le Musée national Picasso-Paris, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique proposent une exposition majeure consacrée à Pablo Picasso (1881-1973) et ses rapports à l’abstraction en rassemblant près de cent quarante œuvres exceptionnelles. L’opportunité d’aborder les étapes charnières qui ont rythmé les liens entre l’œuvre du peintre et l’histoire de l’art abstrait, des premières expérimentations cubistes de 1907 réalisées en marge des Demoiselles d’Avignon à son œuvre tardive, parfois située aux frontières de la peinture gestuelle. Cette surprenante relation, faite de petites avancées, de retraits et de retours en arrière, est présentée dans le subtil parcours chronologique et thématique de l’exposition, révélant ainsi au fil des décennies le mouvement de balancier que l’artiste opère entre abstraction et figuration. Un autre thème majeur de l’exposition propose un angle intimement lié à la collection duMusée Picasso-Paris : celuide l’atelier del’artiste, véritable laboratoire formel del’œuvre. Cette thématique exhume le processus créatif de Picasso à travers diverses séries (dessins et estampes). L’atelier, à la fois lieu de création et de mise en scène de l’œuvre, se transforme fort vite en espace de réalisation de l’imaginaire du peintre, laissant entrevoir l’ambiguïté entre le réel et la fiction. Le spectateur est invité à apprécier d’une part la créativité extraordinaire de l’artiste et sa capacité à sans cesse se réinventer. Il peut, d’autre part, mesurer à travers son œuvre comment les élans vers l’inconnu restent une excellente manière de mieux se connaître et de se libérer des étiquettes qui nous entravent. Un événement qui célèbre dignement les cinquante ans d’un créateur phare du XXe siècle. Cette se déroule aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique du 14 octobre 2022 au 12février 2023. Voyez tous les détails précis sur le site www.fine-arts-museum.be Rue de la Régence, 3 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : MIRADAS DE MUJERES

Miradas de Mujeres (que l’on traduit par Regards de Femmes) est une exposition qui met en exergue le regard de l’artiste Isabelle de Borchgrave sur Frida Kahlo et met à l’honneur un dialogue entre deux femmes qui ne se sont jamais rencontrées. La première étant née peu de temps avant le décès de la seconde, mais qui partagent l’une et l’autre l’amour du tissu, des motifs et des couleurs. Isabelle de Borchgrave a mis près de trois ans pour réaliser Miradas de Mujeres, un travail titanesque peint à la main, qui a nécessité plus de quatre kilomètres de papier et de carton pour réaliser robes, tapis, meubles, arbres et autres éléments reconstituant l’univers si particulier de Frida Kahlo et de sa maison, la Casa Azul (La maison bleue). Grâce à ce projet, les visiteursdéambulent à travers le salon, l'atelier, la cuisine, le dressing ou le jardin de l’artiste mexicaine pour vivre une expérience unique, en trompe l’œil, du monde de Frida Kahlo. Loin de l’image de souffrance et de douleur liée au handicap de l’icône mexicaine, Isabelle de Borchgrave se concentre ici par la couleur sur la joie de vivre de l’artiste, parvenue dans son rôle de femme, d’artiste et de repère culturel à transcender les épreuves. Un événement qui propose de se plonger dans l’univers joyeux et entièrement fait de papier d’Isabelle de Borchgrave pour se laisser inspirer par la générosité de cette artiste contemporaine dont la pratique créative reste résolument incomparable. A découvrir aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique du 14 octobre 2022 au 12 février 2023. Voyez tous les détails précis sur le site www.finearts-museum.be

Rue de la Régence, 3 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : JEAN-PIERRE GHYSELS

Conçue en étroite collaboration avec Colette Ghysels, l’épouse de l’artiste avec qui il partage la passion pour les voyages, l’art tribal et les bijoux ethniques, cette sélection rend hommage au regard que Jean-Pierre Ghysels accorde à ses proches. Il confiait récemment que son vrai bonheur est quand ma femme entre dans mon atelier, regarde et dit qu’elle aime mon travail. Alors j’y croit et cela me réchauffe intérieurement. A ce moment, il me semble que ma sculpture nous reflète. Né à Uccle en 1932, ce créateur a été élève de Zadkine à l’Académie de la Grande Chaumière à Paris. Cette exposition propose au public de découvrir une série de sculptures réalisées dans les deux matériaux de prédilection del’artiste :le cuivrebattuet lebronze, œuvres qui, même lorsqu’elles sont de petit format, surprennent par leur monumentalité et leur sensualité. Parmi la sélection de travaux retenus : Angle secret (1973), bronze poli qui a rejoint en 1976 la collection du musée, dont le conservateur en chef était alors Philippe Roberts-Jones. Il s’agit également de l’œuvre la plus ancienne de l’ensemble de cuivres battus et de bronzes présentés. JeanPierre Ghysels vient récemment de fêter ses 90 ans. Des pièces à découvrir du 14 octobre 2022 au 12 février 2023. Voyez tous les détails précis sur le site www.fine-arts-museum.be Rue de la Régence, 3 à 1000 Bruxelles

INSTALLATION : PRUNE NOURRY

Le grand hall accueille une œuvre monumentale de l’artiste multidisciplinaire de la jeune artiste Prune Nourry, figure montante de la création contemporaine internationale. L’Amazone Érogène (2020), montrée pour la première fois au Bon Marché Rive Gauche Paris en 2021, est une œuvre directement liée à son combat personnel contrele cancer duseinets’inspire delafigure mythologique desamazones. Un arc gigantesque de cinq mètres de haut pointe en direction d’une cible-sein de quatre mètres de diamètre, évoquant la métaphore du combat contre la maladie. Au-delà de sa vocation cathartique, l’installation réalisée en bois, plumes et laiton, représente aussi la procréation, laciblefaisant officed’ovuleprêt àêtrefécondé par la flèche décochée par l’arc. L’Amazone Érogène met ainsi en exergue la tension qui existe entre douceur, espoir et violence et confère à une expérience personnelle une véritable résonnance universelle. Prune Nourry s’est spécialisée dans la sculpture, mais ne regimbe jamais à explorer d’autres mediums comme la photographie, la vidéo et la performance. Le diagnostic de son cancer et la mastectomie qu’elle a subi à l’âge de trente-et-un ans lui ont d’ailleurs inspiré le documentaire introspectif Serendipity. Très engagée dans la cause féministe, elle travaille sur des sujets allant de la bioéthique aux droits des femmes et au genre et souligne dans son travail les rapports qui existent entre l’art et la science. Cette artiste a d’ailleurs pour habitude de collaborer avec des anthropologues et des généticiens dans le but de nourrir sa pratique artistique. Formée à la sculpture sur bois à l’École Boulle à Paris, elle vit et travaille entre Paris et Brooklyn, New-York depuis 2011. Un arc à découvrir du 14 octobre 2022 au 12 février 2023. Voyez touslesdétailsprécis surlesitewww.fine-artsmuseum.be

Rue de la Régence, 3 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : THE WORLD OF BANSKY

« The World of Banksy Brussels » est une exposition qui se déroule dans les locaux uniques d'une ancienne maison de tissus du centre-ville. Banksy est sans aucun doute l'artiste de rue le plus célèbre et le plus controversé d'aujourd'hui. L'exposition se propose résolument de faire découvrir son art et son approche atypique à travers la créativité dont il a fait preuve dans les rues du monde entier. Depuis ses débuts, l’artiste fascine et interpelle par ses nombreuses créations aussi belles qu’engagées, mais aussi par son côté mystérieux. Créateur de renommée mondiale, personne ne sait qui se cache derrière ce pseudonyme même si beaucoup cherchent à percer le secret. Une équipe d’artistes internationaux (aussi anonymes que lui !) a été conviée à reproduire les œuvres originales (dont une partie ont disparues) pour les proposer dans un lieu fermé et les scénariser avec mission d’immerger les visiteurs dans la tête d’un homme qui, bombe de peinture à la main, a disséminé ses dessins sur les murs de Londres avant de les essaimer aux quatre coins des plus grandes capitales. Initialement clôturée cet été, l’exposition a été prolongée jusqu’en janvier prochain à La Tentation. Découvrez les modalités pratiques pour les visites sur le site www.theworldofbanksy.be Rue de Laeken, 28 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : ROYALS AND TRAINS

Cet événement vous offre une occasion unique de découvrir le lien particulier qui unit la famille royale belge au monde ferroviaire. Des photos exclusives, des objets et documents d’époque provenant de nos collections et de celles du Palais royal ainsi que des talking heads de personnalités du passé, vous feront revivre le faste de ces voyages royaux. Exceptionnellement, cinq voitures royales sont dévoilées dans toute leur splendeur pour la première fois à Train World. De la construction de la première ligne ferroviaire en 1835 à aujourd’hui, la famille royale belge a toujours montré un soutien sans faille au développement des chemins de fer en Belgique et en Europe. Léopold Ier, premier chef d’État au monde à voyager en train, a tout mis en œuvre pour que la Belgique se dote d’un réseau ferroviaire qui contribuera au développement économique de notre pays au XIXe siècle, et au-delà. Cette proximité est aujourd’hui tout aussi forte sous le règne du roi Philippe. C'est la raison pour laquelle Train World et la SNCB ont décidé de consacrer une exposition temporaire et de publier un livre de référence destinés à mettre en lumière l'histoire passionnante de notre Monarchie avec letrain. Vouspourrez découvrir, au fil de cette exposition, des documents rares relatifs au premier train de Léopold Ier, des véhicules royaux ayant disparu, des plans de construction, les services à thé ou à souper d'Albert Ier et Léopold III, des objets des membres du personnel des convois royaux ainsi que des éléments de la garde-robe de voyage de la reine Astrid. La vie à bord de ces convois est également abordée. Une visite à effectuer à Train World jusqu’au 22 janvier 2023. Voyez toutes les modalités pratiques sur le site www.trainworld.be Place Princesse Élisabeth, 5 à 1030 Bruxelles

EXPOSITION : JULES BUYSSENS, ARCHITECTE

PAYSAGISTE

Jules Buyssens est une figure majeure de l’art des jardins et du paysage. Les Bruxellois lui doivent, entre autres, la conception du parc d’Osseghem et la restauration des jardins de l’abbaye de la Cambre, mais son œuvre singulière et variée a dépassé les frontières de la Belgique. L’exposition retrace le parcours de cet homme qui a marqué l’histoire de l’art des jardins mais tente aussi de répondre à des questions contemporaines, telles que la relation entre écologie et architecture du paysage, la vocation et les ambitions de la formation, le rôle des supports visuels dans la création et la diffusion des idées. Après une formation internationale qu’il termine comme chef de bureau dans la célèbre agence d’Édouard André à Paris, Jules Buyssens conçoit près d'un millier de projets en Belgique et dans une dizaine de pays européens (France, Russie, Suisse, Pays-Bas, Luxembourg, Monaco, Pologne, Lituanie).

Inspecteur des plantations de la Ville de Bruxelles pendant plus de 30 ans (1904- 1937), il fut aussi le responsable des aménagements paysagers de l’Exposition universelle de 1935 au Heysel. Avec la restauration des jardins de l’abbaye de la Cambre à Bruxelles, il est aussi l’un des premiers en Belgique à aborder la dimension patrimoniale de l’architecture du paysage. Enfin, Buyssens est la cheville ouvrière de l’association et de la revue Le Nouveau Jardin Pittoresque (1913-1940) qui défendent de manière systématique et structurée une inspiration reposant directement sur les exemples de la nature sauvage. Il développe cette réflexion ‘préécologique’ à travers des relations étroites avec le monde des botanistes de l’Université de Bruxelles, notamment Jean Massart.

Cette personnalité centrale de la première moitié du XXe siècle n’a pas fait l’objet d’une présentation globale depuis près de 40 ans. L’exposition est l’occasion de combler cette lacune dans l’histoire des jardins belge et internationale, de montrer des documents d’une qualité graphique exceptionnelle en grande partie inédits (photos anciennes, plans, archives écrites, objets), mais aussi de répondre aux questions contemporaines liées à l’architecture du paysage. Une exposition à découvrir au Civa jusqu’au 12 février 2023. Plus d’informations sur le site www.civa.brussels

Rue de l'Ermitage, 55 à 1050 Ixelles

EXPOSITION : SHIN HANGA

L’exposition Shin Hanga présente pas moins de deux cent vingt estampes japonaises provenant de deux collections privées des Pays-Bas, ainsi que des croquis, épreuves et estampes provenant de la collection du petit-fils de l’éditeur Watanabe. Ces œuvres seront complétées par un choix d’estampes Shin Hanga de la riche collection du Musée Art & Histoire. Le mouvementShin Hanga (littéralement : « nouvelle estampe ») est un mouvement de renouveau de l’estampe traditionnelle (ukiyo-e) au début du 20e siècle. L’éditeur Watanabe Shōzaburō (1885-1962), constatant la diminution de la production xylographique due à la concurrence des nouvelles techniques importées telles que la photographie et la lithographie, sera le plus grand promoteur du mouvement. Il rassemblera autour de lui des artistes dont il fit réaliser les dessins selon les techniques traditionnelles de l’impression sur bois. Tout en reprenant les thèmes classiques comme les paysages, les jolies femmes (bijin), les acteurs de kabuki, les fleurs-et-oiseaux, les estampes Shin Hanga reflètent aussi le Japon qui se modernise et elles séduisent par une nouvelle

esthétique et une qualité de production extrêmement soignée. Les artistes exposés sont Kawase Hasui, Itō Shinsui, Ohara Koson, Kasamatsu Shirō, Komura Settai, … Cette exposition est une suite logique de la grande exposition Ukiyo-e qui s’est tenue au Musée en 2016-2017. Elle reprend l’histoire de l’estampetraditionnelleauJapon,làoùl’expositionde2016seterminait. Pourcetteexposition, lemusée collabore avec Chris Uhlenbeck, commissaire invité. L'exposition a été présentée au Museum für Ostasiatische Kunst de Cologne et, dans une version réduite, à la Sieboldhuis de Leyde. Un événement à découvrir au Musée Art & Histoire du 14 octobre 2022 au 15 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.artandhistory.museum

Parc du Cinquantenaire à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : ARIÉ MANDELBAUM

Souvent exposé en Belgique comme à l’étranger, le travail du peintre Arié Mandelbaum (°1939, Bruxelles) n’avait pourtant jamais fait l’objet d’une rétrospective. Pour la première fois, productions anciennes et créations récentes sont mises en dialogue, dans un riche parcours présentant une quarantaine d’œuvres s’étalant de 1957 à 2022. Fils d’immigrants juifs polonais, Arié Mandelbaum commence à peindre à l’âge de seize ans. Dès 1960, il présente une première exposition personnelle, avant de remporter cinq ans plus tard le prix de la Fondation belge de la Vocation. À l’expressionisme exacerbé de ses débuts, succède à partir des années 1980 une expression plus retenue, donnant naissance à des œuvres à la fragilité troublante qu’il poursuit jusqu’à aujourd’hui. Les œuvres présentées proviennent des collections du Musée Juif de Belgique, mais aussi d’institutions comme le Musée d’Ixelles, le Musée de la Banque nationale de Belgique ou encore les collections de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nombre de collections privées ont également été mobilisées, notamment celles de particuliers ou encore la Belfius Art Collection. L’exposition s’articule en différents chapitres thématiques. On découvre d’abord la manière dont le peintre traite la question de l’intimité et la famille, avant que la politique – la contestation de 1968, la guerre du Vietnam – ne vienne télescoper ces questionnements intérieurs. Le parcours se poursuit par l’exploration de l’autoportrait et du corps, deux thèmes qui montrent comment le travail d’Arié Mandelbaum se transforme en une réflexion sur la trace, l’absence, l’effacement. La violence politique – la torture à Abu Ghraib, l’assassinat de Lumumba – fait alors un retour marqué dans son travail. Au cours des deux dernières décennies, celui-ci est toujours plus marqué par la mémoire de la Shoah – comme un retour du refoulé chez cet enfant caché durant la Seconde Guerre mondiale. Des œuvres à découvrir au Musée juif de Belgique jusqu’au 5 mars 2023. Voyez toutes les informations pratiques sur le site www.mjb-jmb.org Rue des Minimes, 21 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : KIDORAMA, DEUX CENTS ANS DE MODE ENFANTINE

La mode pour enfants se porte mieux que jamais. Plus inclusive, plus écologique, privilégiant le fait-main, chaque année de nouveaux labels voient le jour. Mais habiller un enfant n’est pas toujours facile ! La mode reste avant tout un phénomène social et les enfants aussi attachent de l’importance à ce qu’ils portent.À travers un parcours à la fois thématique et chronologique, cette nouvelle exposition pose un regard sur la mode actuelle à la lumière des tenues enfantines portées depuis 1820. À travers des silhouettes issues des collections du musée, l’exposition retrace les temps forts de la mode enfantine. Une fresque balayant 200 ans d’histoire permet de revenir sur certaines idées reçues. Ainsi, on considère souvent dans l’histoire de la mode que les enfants s’habillent comme des adultes en miniature, leurs vêtements agissant comme un faire-valoir pour les parents, signes de richesse et de rang social. Mais de nombreux exemples nuancent cette idée. En puisant dans ses collections récemment enrichies de pièces belges mais aussi grâce à plusieurs prêts prestigieux, le musée questionne entre autres la construction des genres, le développement de la mode mixte ou unisexe, le mimétisme avec la mode adulte mais également l’intérêt grandissant de l’industrie du luxe pour les kids. Plus qu’une exposition de mode, Kidorama raconte la place de l’enfant et le développement de sa personnalité au sein de notre société. Une exposition à voir avec des yeux d’enfants jusqu’au 5 mars 2023 au Musée de la Mode et de la Dentelle. Plus de détails sur le site www.fashionandlacemuseum.brussels Rue de la Violette, 12 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : MARSUPILAMI - THE HOUBA SHOW !

Cela fait quelques décennies amazoniennes que le Marsupilamus Fantasii, cet animal si secret et fascinant, accompagne les lecteurs et lectrices de Spirou. Sa première apparition date de 1952 dans l’album Spirou et les héritiers. Dans cet album, Fantasio et son horrible cousin Zantafio sont chargés de ramener un exemplaire de cet animal extrêmement rare, ne vivant qu’en Palombie. Mais c’est avec l’épisode du Nid des marsupilamis que la future star de la BD entrera définitivement dans la légende. Cet ouvrage mythique est une véritable mine d’or de rire, d’éblouissements,d’aventureset dedécouvertes. Al’occasiondecet anniversaire sautillant, le Centre Belge de la Bande Dessinée propose une expo qui vous permettra, au propre comme au figuré, de faire vos premiers pas dans la jungle palombienne. Dans un environnement torride et tropical, vous découvrirez de fantastiques planches originales signées Batem, Franquin, Frank Pé, Goum... Mais aussi des dessins, des objets de collection mythiques et des décors plus marsupilamiens que nature. Les plus petits pourront s’exercer à reconstituer une queue de marsupilami en puzzle, ou découvrir le film immersif qui est projeté au Parc Spirou. Sans compter qu’il n’est pas impossible que toute la famille ait l’idée de construire son nid aux cimaises de cet éblouissant bâtiment signé Victor Horta, le maître de l’art nouveau européen. Un événement à découvrir jusqu’au 15 janvier 2023 au Centre belge de la Bédé. Plus de détails sur le site www.cbbd.be Rue des Sables, 20 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : CERISE, LULU ET NELSON

L’illustratrice et dessinatrice française Aurélie Neyret a fait des mondes de l’enfance son univers de création. Après avoir signé de nombreuses illustrations pour des publications jeunesse ou collectives, elle fait ses débuts dans la bande dessinée aux côtés de Joris Chamblain avec la série Les Carnets de Cerise, dont le succès lui apporte la reconnaissance du public comme de la critique. Suivent ensuite les aventures de Lulu et Nelson, un récit écrit par Charlotte Girard et Jean-Marie Omont. Avec un style dynamique et coloré, la dessinatrice met en scène de jeunes héros attachants en quête d’eux même et de liberté. Un univers sensible et original que l’exposition propose d’explorer pour en découvrir toute la profondeur et la créativité. Pour l’anecdote : en février 2016, Aurélie Neyret a refusé sa nominationdans l’ordre des Arts et des Lettres, à l’instar de trois autres auteures de bandes dessinées. C'est après un bref passage par l'école Émile Cohl qu'elle décide de développer son style en autodidacte. Elle a également collaboré avec l’univers de la Presse et l'édition internationale, tout en illustrant divers magazine jeunesse (J'aime Lire, Histoire Junior). Une rétrospective à découvrir jusqu’au 15 août 2023 au Centre belge de la Bédé. Plus de détails sur le site www.cbbd.be Rue des Sables, 20 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : CARRÉMENT POILU

Petit Poilu est forcément … petit et poilu ! Tous les matins, il quitte sa maman et sa maison pour aller à l'école. Mais il faut toujours que tout bascule ! De surprises en surprises, de rencontres en rencontres, il plongedansdesuniversextraordinaires etfarfelusdont il ressort toujoursgrandi.Pourlui,chaqueinstant de l’existence se transforme en expérience avec son cortège de découvertes et de petites misères. Ainsi, lorsqu’il passe d'urgence à la toilette après s’être réveillé le matin, il sait que la cuvette du WC est trop grande pour lui. Puis il avale son petit déjeuner, fait la bise à sa maman et s'en va gaillardement sur le chemin de l'école. De l'école ? Rien n'est moins sûr, car l'aventure l'attend au coin de la rue. Cette trame immuable, déclinée dans des variantes chaque fois différentes, est l'invention du dessinateur Pierre Bailly et de la scénariste Céline Fraipont qui ont créé une bande dessinée entièrement muette et accessible dès l'âge de trois ans. Chaque aventure est le lieu d'un message spécifique qui peut traiter de thème aussi divers que la dépression, les migrants, la rivalité, l'amitié, la déception amoureuse, la colère etc. La fin de chaque histoire est consacrée à une explication de la démarche, un éclaircissement du sujet traité. Haute en couleurs, cette exposition ludique propose aux plus jeunes de grimper, sauter, ramper et plonger de case en case, en s’immergeant dans des ambiances à chaque fois différentes comme Petit Poilu lui-même. Un événement à voir en famille jusqu’au 15 août 2023 au Centre belge de la Bédé. Plus de détails sur le site www.cbbd.be Rue des Sables, 20 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : UN SIÈCLE EN MOUVEMENT

Marc Sleen a dessiné deux cent dix-sept albums de Néron. Autant d’albums d’une même série, voilà tout simplement un record du monde consacré par le Guinness World Records Book! Sleen a été anobli par le roi, mais son œuvre et sa carrière se sont révélé le reflet précieux d’une époque. Le temps passe et parfois pousse dans les oubliettes ce qui a réjouit toute une génération de gamins. Pour le centième anniversaire de la naissance de cet artiste prolifique, le Centre belge de la Bande Dessinée confronte sontravail aveclemondeactuel, questiondesouligner l’évolution de la société, les progrès techniques mais aussi de confronter les images d'hier à celles d’aujourd’hui. Marc Sleen est souvent présenté comme l'un des pères de la bédé flamande avec Bob de Moor, Willy Vandersteen et Jef Nys. Né dans le quotidien de Nieuwe gids, le personnage de Néron est devenu récurrent au rythme de deux strips par jour pendant plus de cinquante cinq ans. Cette exposition est à découvrir jusqu’au 5 mars 2023 au Centre belge de la Bande dessinée. Plus de détails sur le site www.cbbd.be Rue des sables, 20 à 1000 Bruxelles

EXPOSITION : CHANTAL ACKERMAN - SELFPORTRAIT

En prélude à la grande rétrospective qui lui sera dédiée en 2024, Bozar présente à l’automne 2022, une installation rarement montrée de la cinéaste belge Chantal Akerman. Selfportrait/Autobiography: A work in progress (1998) se décline de façon spectaculaire à travers six à huit moniteurs et contient des images de plusieurs de ses films qui ont marqué et jalonné sa carrière : Hôtel Monterey (1972), Jeanne Dielman, 23 quai du commerce à 1080 Bruxelles (1975), Toute une nuit (1982) et D’Est (1993). Des plans simples et rigoureusement choisis où des personnages s’attèlent à des tâches de la vie quotidienne ou sont figés dans l’attente, à l’image des files interminables immobilisées dans les rues de Moscou enneigées. La voix off de l’artiste constitue le fil conducteur de l’installation, restituant à travers des extraits de son livre Une famille à Bruxelles le parcours intime de l’une des plus grandes réalisatrices belges du XXe siècle. A découvrir jusqu’au 15 janvier 2023 à Bozar. Voyez les informations complémentaires sur le site www.bozar.be Rue Ravenstein, 23 à 1000 Bruxelles

LES TRIBULATIONS DE LAFAMILLE ZOEGEMEELÀ BRUSSELLES

1.20

Tusaisquoi, M'ma ?Cematinj'ai étévoirsurInternet pourtrouver comment tu dois cuire un canard. Mon Jeuf il a envie d'une fois manger du canard avec des oranges. Ils disent comme ça que tu dois mettre du porto avec dans la sauce. Tu crois que si je mets plutôt du rhum avec, çui qu'on a encore de la communion de Carabitche, ça ira ossi ? J'en ai donné l'autre jour à Nadine quand elle est venue et elle a pas été malade. Elle a dit que ça chauffe et c'est tout.

Avec du rhum alors tu dois remplacer les oranges par des ananas, hein, Treene. Ça va faire plus exotique.

Oué mais le Jeuf il aime mieux avec des oranges, t' sais. D'ailleurs des ananas en boîte, bèèke !

Eh ben alors tumets juchte pas de rhum et pasde porto, arra ! Ettu sais oùtu vas trouver un canard ? Car mennant avec leur grippe et tout le saint Frusquin tu trouves plus rien comme volaille.

Oué ! Et plus personne pour les plumer non plus. Ils savent sans doute même pas qu'on doit plumer ça. Ils croivent que ça vient comme ça dans les rayons.

Och erme dis ! Moi et toi on sait ça car c'est nos parents qui nous le disaient, et qu'on a été voir des poules vivre dans leur keekekot et les canards dans le beirput de la ferme . Mais les jeunes avec leur tictic-tic, ils savent encore juchte tout sur les dinosaures et les Speederman mais rien sur comment on recoud un bouton à la culotte de son mari.

Mais c'est leur vie, hein, M'ma, les tic-tic-tic comme tu dis. Leur smart ou leur tablette, c'est sacré. Ça leur explique tout.

Tout sauf le principal, oué ! Ils n'ont plus rien dans leur ciboulot, moi je dis. Qu'il faut même leur dire que le plastique au micronde c'estpas bon pour tes instestins.

Heureusement mennant ils ont des tutos sur Internet pour leur expliquer le comment du pourquoi.

Awel merci ! Ils ont besoin de tuttes à leur âge ! Nous quand on avait deux ans on les foutait au bac et on recevait une boule à la place.

Des tutos, M'ma. C'est des clips de démo.

Janvermille dis ! Tu sais pas une fois parler français ? Wadesma da pour un bazaar ! Tutos, clips, démo ! C'est du japonais ou c'est des chinuusestreike ?

Je t'esplique : c'est des petits films qui te montrent comment tu dois ouvrir une boîte de conserve, par exemple...

Ah car ça ils savent non plus pas ? Et coller une tartine, ça y savent ou bien il faut leur montrer ?

Tu as des tutos pour n'importe quoi. Et puis tu as les influenceurs.

Mais où ils vont chercher toute cette zieverdera ?

C'est Internet, M'ma. C'est l'avenir. Tu sais tout trouver là-dessus. Tu lances une recherche et trois secondes après Google te donne 45.653 réponses.

Donc si je demande « Est-ce qu'il pleut ? » ton gougel va me donner 45.000 réponses ? Ça je veux bien savoir comment il va faire, car la réponse est juchte « non ».

Il vate dire nonmaisaussi untas d'autres infossurletemps àBrusselleset ailleurs, sur lesparapluies, sur les magasins où on vend des impers, tout ça...

Tu ris ou quoi ? Moi je demande si il pleut, et lui il veut me vendre ses fanfreluches ! Il me prend pour une zottin, ce peï ?

C'est car ça marche avec la pub, M'ma. L'influenceur il fait pas ça gratuit, nature. Toi tu paies rien mais les firmes oui. C'est comme pour Martini ou Cacolac. Partout où tu regardes on te dit que c'est génial, alors tu finis par croire ça.

Ah ben oué, on en parlait, de ces influenceurs... ! Qu'est-ce qu'ils ont encore inventé, ces snuls ? Encore pour acheter un paraplu ?

Pour n'importe quoi, M'ma. L'influenceur il a un site où il te parle de ses expériences. Par exemple, il essaie des accessoires de sport, il les utilise un peu et puis il donne son avis dessus. Quand il a des milliers de followers...

Milliaar Treene !Arrête une fois avec ces mots à cinq centimes !

Oué bon. Un follower c'est un peï ou une meï qui suit. Ça veut dire que quand tu es follower, tous les matins, tu vas sur le site de l'influenceur pour voir comment il va. Si l'influenceur dit que le ballon de foot Machin a pété au deuxième chote, c'est qu'il vaut rien et que tu dois pas acheter ça. Mais si il dit

que les chaussures Truc sont vraiment tof, tu dois courir en chercher car dans deux heures il y en aura plus chez Distrisport.

Pourquoi il fait ça ? On lui donne quelque chose ?

Tu peux le dire ! Un peï avec mille followers il reçoit les articles gratuits, et comme il fait de la publicité pour la marque, il reçoit de l'argent en plus. Il y en a des qui gagnent bien leur vie comme ça.

Et tu sais pas faire ça, toi ? Tu espliques comment on enlève le plastique d'autour du poulet ou comment onfaitune omelette avec du bloempanch dedans. Ça paieraitle coiffeur et onpourrait s'acheter des robes.

Line m'a même envoyée un site où on te montre comment gagner au Rube Cubic. Et ça je te le dis c'est drôlement difficile, t'sais. Tu dois amener la même couleur sur chaque face du cube. Elle a essayé pendant des mois, pas moyen. Mais avec le tuto, elle a réussi du premier coup.

Tu veux que je dis une bonne chose, Treene ? Les jeunes sont devenus djoum-djoum. Déjà qu'on peut plus appeler un nain un nain, ou un aveugle un aveugle, on va bientôt plus pouvoir appeler un chat un chat. Il faudra tes tuttes pour pouvoir parler ta propre langue.

Et c'est pas tout, M'ma ! Mennant on écrit inclusif, et tous les métiers ont les écrit aussi au féminin. Line m'a montré : avant tu avais un directeur et une directrice, aujourd'hui une femme qui agrafe est une agrafeuse.

J'espère qu'elle a une bonne tête car avec tous les coups qu'elle reçoit dessus ! Et ils font ça avec tous les mots, ces zievereirs ? Un vélomoteur, une vélomotrice, alors ? Faudra les rammeler avant de dire leur nom. Voir si c'est un mâle ou une femelle ! Potverdekke, Line, ousqu'on va donc ?

Lowie avait un devoir de français l'autre jour. Il devait écrire « Les ami.e.s de mes ami.e.s sont mes ami.e.s », ils appellent ça l'écriture inclusive.

Tu sais quoi, Treene ? Je vais faire un site comme tu dis...

Un blog, c'est plus vivant.

Un bloc si tu veux. Et si je peux plus dire « klachkop » contre un litsbol, car ça risque de l'offenser, alors moi je vais dire là-dedans que les Français ne peuvent plus venir sur la Grand Place de Brusselles, car leur roi Lowie je ne sais plus combien a tout bombardé et a tout détruit. Ça offense les Brusseleirs, arra ! Les Français : boïete ! Ne mettez plus vos platvaute sur les kassaestiene de ma Gruûte Ploch, nè tiens !

En doemei oeit ! Georges Roland

LEXIQUE

keekekot : poulailler beirput : citerne à purin micronde : micro-ondes tuttes : tétines Wadesma da : qu'est-ce que cela chinuusestreike : caractère chinois coller une tartine : beurrer une tartine zieverdera : bêtises zottin : folle djoum-djoum : fêlé rammeler : secouer klachkop : chauve litsbol : chauve boïete : dehors platvaute : pied plats kassaestiene : pavés Gruûte Ploch : Grand Place

En doemei oeit : et avec ça : terminé

Petit rappel : Les expressions bruxelloises utilisées dans les textes se basent sur les travaux de Louis Quiévreux, de Jean-Pierre Vanden Branden et de Jean-Jacques De Gheyndt, d'autres me viennent de mon père. Je les remercie tous vivement.

AU GUI L’AN NEUF POUR 2023 !

Il est de tradition le 1er janvier – du moins, ce l’était, car les traditions se perdent dans nos grandes villes –d’offrir un rameau de gui en disant « Au gui l’an neuf ! ». Les amoureux qui s’embrassent sous une branche de gui le 31 décembre à minuit scellent, dit-on, un amour qui durera toujours... Mais d’où vient cette coutume qui associe le gui porte-bonheur aux fêtes du Nouvel An ?

C’est une longue histoire, aussi vieille que cette plante parasite qui pousse en hiver sur certains arbres comme le pin, le sapin ou, plus rarement, le chêne. Ses feuilles toujours vertes et charnues abritent de petites baies blanchâtres dont se nourrissent les oiseaux au cœur de l’hiver. C’est d’ailleurs en se nettoyant le bec sur les branches qu’ils transportent les graines d’un arbre à l’autre.

La verdure éternelle du gui, associée au chêne, a toujours été un symbole d’immortalité. Les Gaulois, qui croyaient en l’immortalité des âmes, le cueillaient en hiver, à l’époque de la floraison, « lorsque la plante est le plus visible et que ses longs rameaux verts, ses feuilles et les touffes jaunes de ses fleurs, enlacés à l’arbre dépouillé, présentent l’image de la vie au milieu d’une nature morte et stérile », comme l’écrit si joliment Michelet dans son Histoire de France

La cueillette de cette plante magique ne pouvait se faire qu’au moyen d’une faucille en or, le plus noble des métaux etselonunrituel querapporte Pline l’Ancien, écrivainlatindu1er siècle denotre ère. Chaque année, le sixième jour de la nouvelle lune succédant au solstice de l’hiver (c’est-à-dire fin décembre), les druides, qui étaient les prêtres des Gaulois, se rendaient en cortège dans la forêt auprès d’un grand chêne. Vêtu d’une longue robe blanche, l’un d’eux montait dans l’arbre sacré et coupait le gui avec une serpe d’or pour reprendre « l’eau du chêne » : la vitalité et la force de l’arbre dérobées par la plante parasite.

César, dans La Guerre des Gaules, le confirme : « Un prêtre en robe blanche monte sur l’arbre et coupe avec une serpette d’or le gui. Les druides croient que l’eau où l’on a fait tremper le gui rend féconds tous les animaux qui en boivent et qu’elle est un remède efficace contre toute espèce de poisons. La cérémonie pour cueillir le gui est la plus solennelle de toutes celles que pratiquent les druides. »

Les rameaux étaient recueillis au vol dans un drap blanc tendu au pied du chêne, car pour garder leur pouvoir magique, ils ne devaient pas toucher le sol. Le gui était alors distribué parmi l’assistance nombreuse, et chacun emportait sa part de portebonheur pour la nouvelle année, tandis que deux taureaux blancs étaient immolés auxcrisde « O ghel an heu ! », ce qui signifiait dans la langue celtique « Que le blé germe ! ». Rituel associé au renouveau de la nature. L’adage populaire, en transposant l’expression celtique, en a fait : Au gui l’an neuf ! La superstition tenace du gui n’était pas du goût des chrétiens qui, au 4e siècle, tentèrent de l’éradiquer. La vénération du gui fut décrétée païenne. Lorsque la fête de Noël remplaça la fête païenne du « Sol

invictus », le Soleil invincible (fête de Mithra, dieu solaire vénéré par les légionnaires surle limes), lehoux fut substitué au gui.

Un remède universel Souvenez-vous, dans les aventures d’Astérix, le druide Panoramix en coupe sur les chênes avec sa serpe d’or. Le gui fait partie de ses ingrédients pour préparer la fameuse potion magique qui délivrera les Gaulois de tous leurs maux, y compris bien sûr des Romains, leurs pires ennemis. On sait que pour les Gaulois le gui était une panacée, une sorte de remède universel. Ilsl’appelaient d’ailleursla plante « qui guérit toutes les maladies ». Ils croyaient que, prise en tisane, elle rendait les animaux féconds et constituait un puissant antidote contre les poisons. Cette croyance a survécu dans la médecine naturelle, qui recommande toujours le gui en pommade ou en tisane. Broyé avec du saindoux, onen fait unonguentpour lesengelures. Entisane, le gui agirait surlemétabolisme en général et sur le diabète en particulier. Il règlerait les troubles vasculaires, les pertes trop abondantes et pourrait même supprimer la stérilité...

Il y a sûrement du vrai dans tous ces boniments deux fois millénaires. Les légendes ont la vie longue. Voilà pourquoi vous offrirez cette année, avec vos meilleurs vœux pour 2023, un rameau de gui à ceux que vous aimez. Et moi, au lieu de vous dire simplement « Bonne année », je vous dis : Au gui l’an neuf ! Michel

APPEL AUX AUTEURS DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE

Depuis 1975, leParlement dela Fédération Wallonie-Bruxelles attribue chaque année sonPrixlittéraire. Ce prix salue le travail d’un auteur ou d’une autrice d’expression française illustrant la sensibilité de la Fédération ou consacré à son patrimoine culturel. Depuis plusde 40ans, de nombreuxauteurs ont été couronnés par ce prix qui met à l’honneur desgenres littéraires différents : la fiction en prose, la poésie, le théâtre ou les essais.

En 2023, lePrixlittéraire duParlement sera consacré àla poésie, cette façon devoirlemonde autrement. L’auteur lauréat se verra remettre un prix de 5 000 € Peuvent prétendre à ce prix les auteurs et autrices d’expression française, belges ou non, qui fourniront la preuve qu’ils résident en Belgique depuis cinq ans au moins avant l’expiration du délai pour le dépôt des œuvres. Il est possible de soumettre des ouvrages déjà édités ou des manuscrits clairement dactylographiés, paginés et reliés.

Pour s‘inscrire, ilsuffit de faire parvenir au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles unmanuscrit ou une publication en cinq exemplaires pour le 1er février au plus tard, cachet de la Poste faisant foi, à l’attention de Mme Dominique David, 72 rue Royale à 1000 Bruxelles.

Les ouvrages déjà édités ne peuvent l’avoir été avant 2019, ni avoir été couronnés par un autre prix important. Chaque auteur ne peut présenter qu’un seul ouvrage, qui peut avoir été écrit en collaboration. Les auteurs ayant déjà participé au concours peuvent présenter à nouveau leur candidature. Une brève notice biographique accompagnera l’envoi.

L’inscription est totalement gratuite. Le Prix sera remis par M. Rudy Demotte, président du Parlement, et Mme Valérie Delporte, présidente du jury, dans la première quinzaine d’octobre 2023.

Pour tout renseignement complémentaire, un numéro de téléphone : 02/28 28 523, ou un courriel à l’adresse prix-litteraire-documentation@pfwb.be.

EPIPHANIE

: LA GALETTE DES ROIS A TABLE

Elle se déguste chez nous le 6 janvier. Les enfants vous la réclameront sûrement. Ils l’attendent depuis le Nouvel An. Ils y chercheront la fève qui fera d’eux, s’ils la trouvent, le roi ou la reine de la journée. Mais savez-vous d’où vient cette fête que nous célébrons le jour de l’Epiphanie ?

Elle nous vient de très loin. Elle nous vient des fêtes romaines consacrées à Saturne. L’esclave y tirait au sort la royauté d’un jour. Entre la fin du mois de décembre et le commencement de janvier, les Romains permettaient à un esclave de devenir le roi de la maison et de se moquer ainsi de son maître. Ces fêtes favorisaient l’inversion des rôles dans la société afin de déjouer les jours néfastes de Saturne, divinité chthonienne du monde souterrain dont on se méfiait à Rome. Une foispar an, onrendait grâce au maître des Saturnales. Et l’oncélébrait la journée des esclaves.

Au cours d’un banquet familial où les esclaves de la demeure étaient invités, les Romains utilisaient la fève d’un gâteau pour tirer au sort le prince du désordre. Le roi d’un jour, appelé « Saturnalicius princeps », pouvait exaucer tous ses désirs d’esclave pendant la journée, comme celui de donner des ordres à son maître, avant de retourner le lendemain à la vie servile qu’il venait de quitter. Cela permettait aussi de resserrer les affections domestiques autour de la maison. Pour assurer la distribution aléatoire de la galette, il était de coutume que le plus jeune esclave se place sous la table et nomme, sans le voir, le bénéficiaire de la part de gâteau qu’on attribuait à chaque participant. Celui qui recevait la fève était déclaré roi de la compagnie, laquelle se mettait à boire, manger et danser au son de la musique. Plus tard au Moyen Age, l’usage voulait qu’on partage la galette en autant de parts qu’il y avait de convives, plus une laissée au hasard. Cette dernière, nommée la « part de la Vierge » ou la « part du pauvre », était destinée au premier venu qui se présenterait à la porte. On espérait que ce fût un pauvre hère qui partagerait la galette et deviendrait le roi de la journée en tirant la fève.

La fève

La tradition de « tirer les rois » à l’Epiphanie passe par la dissimulation d’une fève dans la galette. Son emploi remonte aux Grecs, qui l’utilisaient pour tirer au sort leurs magistrats. Car la part du hasard était inscrite dans la démocratie athénienne. Les Romains se servaient du même moyen pour élire le maître des Saturnales. Le christianisme, devenu religion d’Etat, remplaça la fève par l’enfant Jésus, longtemps cherché par les Rois mages. Les premières fèves en porcelaine apparurent à la fin du XVIIIe siècle. Si l’emploidelafèveest toujoursd’actualité,ilenexisted’autresdefantaisiequecollectionnentlesadeptes de la « fabophilie ». Ils en ont toute une collection. La galette est souvent faite d’une pâte feuilletée cuite au four. Elle peut être fourrée avec de la frangipane, des fruits, du chocolat ou de la compote de pomme. On dit que près de 70 p.c. des convivestrichent pour donner lafève aux plus jeunes. Chiche que vous faites parties des tricheurs, et vos enfants vous en sauront gré.

Les boulangers fournissent avec la galette une couronne en papier doré ou argenté. Cette couronne porte sur elle le mot Epiphanie pour désigner la galette des rois. Ce mot, signifiant en grec « la manifestation divine », évoque les trois rois qui vinrent saluer la naissance du Christ à Bethléem. En Flandre, le gâteau s’appelle la driekoningentaart : la tarte des trois rois.

Les trois rois Ils figurent dans l’Evangile selon Matthieu qui ne cite ni leur nom ni leur nombre. Ils sont venus d’Orient, guidés par une étoile pour rendre hommage au « roi des Juifs » et lui apporter trois présents d’une grande valeur : l’or, l’encens et la myrrhe. L’idée de leur origine royale apparaît chez Tertullien au début du IIIe siècle, et celle de leur nombre est évoquée un peu plus tard par Origène. Leursnomsseront fixésauVIIIe siècledansunechronique universelle en latin, l’Excerpta Latina Barbari : Melchior, Gaspard et Balthazar. Ce sont les personnages traditionnels de la Nativité. Le thème de l’Adoration des Mages deviendra très populaire dans l’iconographie chrétienne.

Selon Matthieu, ils se présentèrent à Jérusalem pour rechercher le « roi des Juifs qui venait de naître » et dont une étoile, peut-être lacomète de Halley, leur avait montré le chemin.Causant ainsi le plus grandtrouble auprès d’Hérode qui craignait pour sa royauté et auprès des habitants de Jérusalem qui ne voulaient pas déplaire à leur roi. Guidés par cette étoile, ils découvrirent l’enfant à Bethléem « avec Marie, sa mère », et lui offrirent trois présents. Après cet hommage, les mages furent avertis par Dieu de ne pas retourner auprès d’Hérode, et ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. L’histoire se poursuit avec l’épisode de la fuite en Egypte et le massacre des Innocents.

L’origine incertaine des mages de l’Evangile a pu faire songer à des prêtres perses venus de Médie (comme le veut le mot mage désignant des magiciens), à des astrologues babyloniens appelés « chaldéens » par les Grecs et les Romains, ou encore, vu leurs présents, à des voyageurs d’Arabie ou de Syrie. Les Romains y voyaient des devins venus vénérer la naissance d’un enfant sacré. Leur royauté semble avoir été forgée par la tradition à partir de divers passages de l’Ancien Testament. C’est Origène qui fixe le premier, dans ses Homélies sur la Genèse, leur nombre à trois, se fondant vraisemblablement sur les trois présents qu’ils apportaient avec eux.

Des fouilles archéologiques dans le delta du Nil ont mis à jour un graphite peint à la fin du VIIe siècle, qui propose les noms de « Gaspar, Belkhior et Bathèsalsa » dans lesquels nous reconnaissons nos trois Rois mages.

Les trois présents L’or évoque la royauté du Christ, l’encens son caractère liturgique, et la myrrhe, un parfum qui servait à embaumer les morts en Egypte. Gaspard, jeune prince aux traits asiatiques, offrit l’encens. Melchior, représenté comme unroi âgé, donnal’or. Et Balthazar, auvisagenoirportanttoute sa barbe, offrit la myrrhe. La Renaissance italienne nous a révélé leurs visages avec Giotto, Fra Angelico, HansMemling, Botticelli, Léonard de Vinci ou Albrecht Dürer. On peut les admirer dans nos musées.

Michel Tournier leur a joint, dans son roman Gaspard, Melchior et Balthazar (1980), un quatrième roi mage, Taor, prince de Mangalore dans le sud de l’Inde. Eternel retardataire à la poursuite d’une recette du loukoum à la pistache, il vient troubler et vivifier le mythe en devenant le premier à recevoir l’eucharistie. Lisez ce beau roman qui vous plongera dans les senteurs parfumées de l’Orient, à l’époque du Christ.

Vous offrirez donc la galette des Rois à vos enfants ce 6 janvier, en vous arrangeant pour que le plus jeune tire la fève et soit proclamé roi ou reine de la journée. Bon appétit aux tout petits autour de cette galette royale et sempiternelle.

Michel Lequeux

THÉÂTRE : LE FILS DE DON QUICHOTTE

Par nos combats et nos rêves « pour un monde meilleur », aussi petits soient-ils, nous sommes tous des enfants de Don Quichotte. N’est-ce pas ? Don Quichotte, bravache comme il se doit, repart toujours au combat. Parce qu’il est plus tentant de combattre que de pleurer sur la misère du monde. Parce qu’il n’y a que l’espoir qui fasse avancer. N’est-ce pas ? Mais cette fois-ci notre héros doute. Il s’était fait chevalier pour transformer la société, mais il s’interroge, car dans cette histoire-ci, il se remet en question. Après un sombre et magnifique The Elephant Man, Anne Sylvain reprend la plume et part à la recherche d’un fils de Don Quichotte solaire et perplexe. Elle revisite des romans de Cervantes, et nous trimbale dans une randonnée épique, empreinte d’énergie et de drôlerie pertinente. Bien sûr, les grands exploits seront au rendez-vous. Bien sûr, la maladresse, la clairvoyance et le burlesque des deux compères seront aussi au rendez-vous. Philippe Résimont (Don Quichotte) et Othmane Moumen (Sancho) s’y attèleront avec panache et enthousiasme. Et à ceux qui diront à Don Quichotte qu’il est ridicule et inutile, à ceux-là, Don Quichotte répondra qu’ils n’y connaissent rien. Et notre héros remontera sur sa Rossinante, et se choisira un nouveau combat. Car Don Quichotte doit combattre à l’infini, interrogeant par-là nos quêtes infinies de justice et d’espoir d’un monde meilleur. Seul l’espoir fait avancer. « Le fils de Don Quichotte » est à applaudir au Théâtre Le Public du 10 janvier au 25 février 2023. Davantage de détails sur le site www.theatrelepublic.be Rue Braemt, 64-70 à 1210 Bruxelles

THÉÂTRE : YES, PEUT-ÊTRE

Nous voici dans un monde « d’après ». Aumilieu d’undésert, deux femmes déambulent. Il ne leur reste plus rien du monde d’avant, uniquement des mots avec lesquels jouer. Ça tombe bien, on est au théâtre. Alors elles s’amusent avec les mots, les massacrent, les tuent et les font servir à autre chose. À partir d’un récit apocalyptique, d’une vision à la Mad Max, voici une comédie à l’humour tonique, subversif ; une fable ni délétère, ni désespérée, complètement à part dans l’œuvre dramatique de LA Duras, qui nous entraine ici dans unpessimismequi a le fou-rire. Le comique nait de la confrontation dela situation dramatique, et de l’attitude inattendue et bienveillante des personnages dont la langue est facétieuse. Cette pièce n’est pas seulement une dénonciation de la guerre, c’est aussi une fable fantastique. Marguerite Duras invente, elle crée un monde, une langue, un style qui se libère de toute influence, elle est aux avant-postes d’une écriture comique fondée sur ce qu’elle nommait elle-même : la voie du gai désespoir. À la fois pamphlet antimilitariste et antinucléaire, voici un texte visionnaire qu’il est bon de revisiter. Avec cette équipe-là, ce sera déconcertant et rabibochant, à la fois effrayant et drôle, navigant entre la science- fiction et la joyeuse vitalité d’une renaissance en marche. Baptiste Blampain, Jeanne Kacenelenbogen et Chloé Struvay sont à découvrir du 12 janvier au 25 février 2023. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.theatrelepublic.be Rue Braemt, 64-70 à 1210 Bruxelles

THÉÂTRE : SHIRLEY VALENTINE

Shirley Valentine a quarante-deux ans. Au fil des années, soumise aux impératifs du quotidien, elle s’est oubliée au point de devenir une caricature de la mère et de l’épouse au foyer. Ses rêves se sont estompés et le ronron s’est imposé avec force pour annihiler sa volonté. Puis, un événement bouscule son apathie. Une amie vient de remporter un billet pour passer un séjour en Grèce. Peut-être l’opportunité de tout bazarder et de reprendre sa vie en mains, de redémarrer en partant du point mort ? Alors qu’elle pensait son existence éteinte, elle prend conscience qu’il pourrait s’agir d’une opportunité. Du coup, adieu l’époux et les gosses pour s’émanciper et donner corps à ses rêves. La pièce de Willy Russell est-elle encore à présenter ? Non, même s’il y atellement de choses à raconter à son propos. Traduit de l'anglais, le texte se veut un monologue qui bien vite prend la forme d’une introspection pour brosser le portrait d’une femme au foyer d’âge moyen de la classe ouvrière de Liverpool et rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour concrétiser ses envies et prendre son envol. Avec beaucoup de tendresse et de la drôlerie, l’écriture est soignée et défendue sur les planches par Marie-Hélène Remacle. « Shirley Valentine » est à voir ou à revoir au Théâtre Le Public du 13 janvier au 23 février 2023. Vous trouverez tous les détails pratiques sur le site www.theatrelepublic.be Rue Braemt, 64-70 à 1210 Bruxelles Paul Huet

THÉÂTRE : LA REVUE DES GALERIES

Foule sentimentale, soifd’idéal ? Cette Revue 2022 est glorieuse, lisse, belle, montée commeune crème Chantilly alors que la disette de joie et de bonne humeur sévit gravement partout autour de nous. Autant dans les cœurs meurtris de nos artistes, que dans celui du public. « La Revue », le must royal bruxellois s’est toujours voulu moqueur, parodique, léger, rythmé, endiablé, pétillant de traits d’esprit et de gaité communicative. C’est un art de vivre ne lésinant pas sur la zwanze. Bouillant de parodie, de facéties, de jeux de mots et calembours. Scintillant de lumières, de costumes et d’effets grandioses. On y va comme en pèlerinage de rire, pour se saouler de verbe, d’autodérision et de présence scénique. Pour attendre l’esprit en fête, la mise au placard de l’année en cours. Mais comment célébrer dignement une année 2022 si peu fastueuse ? Et le mot est faible. Les artistes y mettent leur cœur, tous lestés d’amour, d’espoir, de joie et de paix. Ils y placent la tendresse humaine et une humilité peu commune. Cette fois, laRevue est entrée en résistance, elle metla pédale douce. Moins de blingbling, moins d’artistes en scène, moins d’exagérations… Tout en réveillant à bout de bras et de jeu scénique nos consciences endormies. Le menu n’a rien de blasphématoire, d’iconoclaste, d’offensif, rien de déplacé ni d’outrecuidant, le tonest juste et mesuré. Et il plaît. Des demi-teintes automnales dans un vent d'empathie, comme si la nostalgie de nos jeunes années - artistes et public - tenaillait les spectateurs riant sous masque. Un pied de nez gracieux aux systèmes qui nous embrouillent et nous entortillent. La Revue est à applaudir du 7 décembre au 22 janvier 2023 au Théâtre des Galeries. Plus de détais sur le site www.trg.be

Galerie du Roi, 32 à 1000 Bruxelles

Dominique-Hélène Lemaire

Depuis deux ans, notre vie tient du vaudeville. Aux Galeries, l’actualité est « Revue » et (in)corrigée, voire incorrigible et cette farce prend les atours d’un cabaret satirique. Avec Alexis Goslain à la barre, un vent frais salutaire souffle sur La Revue. Sans dénaturer ce spectacle qui se veut avant tout festif, drôle et pétillant grâce à une troupe d’artistes généreux et enjoués (emmenés par l’humoriste Bénédicte Philippon), l’équipe parvient à dynamiser l’ensemble en resserrant les enchaînements, en misant sur les chorégraphies et chansons, et en usant de multiples effets lumineux. « La Revue », c’est un équilibre complexe à réaliser, un cocktail dont tous les ingrédients comptent : rythme, efficacité, rire et beauté. Voilà donc, en ces temps moroses, une piqûre de bonne humeur bienvenue.

CYCLE : LE FREAK, C'EST CHIC !

Le sujet n’est pas neuf et la subjectivité de la peur ou des ressentis face à un long métrage rend difficile le débat critique sur l’horreur comme genre. Entre ne pas avoir peur et être terrifié, il peut paraître difficile de livrer un discours analytique sur ces films. Depuis sa création, le cinéma a joué avec les classiques de la terreur, donnant à voir une série de films qui se sont inspirés des meilleurs ouvrages du genre allant de Frankenstein à Dracula, sans oublier des succès plus récents nés sous la plume de stars de l’édition tels que Stephen King ou Anne Rice. Puis, à côté de ces incontournables, plusieurs metteurs en scène y sont allés de leur veine personnelle pour inventer des archétypes de l’épouvante devenus à leur tour des standards. Qui a oublié Jason de « Vendredi 13 », Freddy des récits à rallonge « Les griffes de la nuit », Michael Myers de la saga « Halloween », etc. ? Aujourd’hui, le cinéma horrifique est passé de la série bis aux affiches qui attirent un public de plus en plus large, affinant ses codes et réinventant les mythes. À l’occasion de la publication de la liste de Lucile Hadzihalilovic, réalisatrice habitée par le cinémafantastiqueetd’épouvante, LaCinetekaeuenvied’explorerplusenavant cesterritoiresmarqués au sceau du mauvais genre en proposant une trentaine de titres connus ou qui le sont beaucoup moins. Parmi ceux-là : « L'Invasion des profanateurs sépultures » de Don Siegel, « La Nuit des morts-vivants » de George A. Romero, « Hurlements » de Joe Dante, « Aux frontières de l'aube » de Kathryn Bigelow, « Rage » de David Cronenberg, « Trois visages de la peur » de Mario Bava, « Le Spectre du Professeur Hichcock » de Riccardo Freda, « Suspiria » de Dario Argento, « Les yeux sans visage » de Georges Franju et, parmi plusieurs autres, « Phantasm » de Don Coscarelli. L’occasion de voir ou de revoir ces trésors à partir de 2,99 euros par film. Plus de détails sur le site www.lacinetek.com.

ANTHOLOGIE DU CINÉMA MUET

La Cinematek poursuit son exhumation des films muets ensevelis dans l’histoire du septième art, dont certains ont marqué les générations précédentes ou sont furtivement passés dans les salles pour être oubliés presque aussi vite. Revisiter l’histoire du cinéma est l’une des missions accomplies par ce qui a longtemps été appelé le Musée du Cinéma de Bruxelles. L’occasion de revenir sur des pépites et quelques OVNI projetés en direct et accompagnés au piano par un soliste présent sur place. Au menu du programme de ce début d’année 2023, quelques titres phares et d’autres qui le sont beaucoup moins : Le mécano de la Générale (avec l’incomparable Buster Keaton), Katharina Knie (de Karl Grune), Sherlock Jr (avec à nouveau Buster Keaton), Le voleur de Bagdad (version Raoul Walsh), Die Niebelungen (de Fritz Lang), Un chapeau de paille d’Italie (de René Clair), L’affiche (de Jean Epstein), Maciste en enfer (de Guido Brignone), Du sang dans la prairie (de John Ford), Les trois mousquetaires (de Fred Niblo) et beaucoup d’autres. Un panorama qui nous renvoie aux années 20 et 30 avec un noir

et blanc somptueux et des mises en scène qui n’ont jamais à rougir du résultat. Avis aux curieux et aux amateurs. Une belle brochette de titres ! Plus de détails sur le site www.cinematek.be Rue Baron Horta, 9 à 1000 Bruxelles

EXPRESSIONS MIXTES II

Nous avons présenté Federico Ariu dans notre numéro de décembre, un cinéaste actif dans la capitale depuis plusieurs décennies et à qui nous devons de nombreux courts métrages qu’on peut visionner gratuitement sur le site www.artfusion.be. Par le biais de sa société de production Artfusion, il produit également les émissions qu’on découvre sur Marolles TV (www.marollestv.be), une web TV en ligne et dont les reportages ont fait l’objet d’une diffusion sur BX1 les samedis. L’occasion pour lui de présenter l’un des plus anciens quartiers de la capitale et ceux qui la font vivre. Également annoncé dans notre interview d’avant-Noël, la sortie du second volet de « Expressions Mixtes », ce documentaire de quatre-vingts minutes qui donne la parole aux personnes homosexuelles issues de l’immigration et qui vivent chez nous confrontées à de nombreux préjugés, dont les plus violents émanent souvent de leur propre communauté. Parmi les intervenants, Hassan Jarfi, le papa d’Ishane Jarfi qui s’est fait assassiner à Liège en 2012 et dont les responsables ont été condamnés à trente ans de réclusion. L’occasion à nouveau de revenir sur le rôle joué par la famille, la religion et le milieu professionnel afin de dénoncer des stéréotypes toujours trop nombreux qui continuent de stigmatiser les membres de la communauté LGBTQIA+. Découvrir ce deuxième long métrage revient tout simplement à écouter des intervenants raconter leur vécu sans aucune censure et à être vrai face à la caméra, le visage découvert, pour parler d’un quotidien à des lieues de ce qu’on imagine. Un film à découvrir en ligne d’ici quelques semaines sur le site www.expressionsmixtes.com

THÉÂTRE : CHIENS DE FAÏENCE

Mo est le gardien de la porte. Anton et Lisa veulent aller en coulisses féliciter Alice, leur belle-fille, car elle a excessivement bien chanté et ils veulent le lui dire. Mais Mo refuse de les laisser passer et Alice tarde étrangement à sortir. La cruauté des rapports dévastateurs seront bientôt mis à nu. Chacun campe dans ses positions tel un chien avec son os. Sans issue. D’où vient le danger potentiel ? De quel côté de la porte sont les enfers ? Chiens de faïence propose, à partir d'une relation père-fille, une réflexion sur la violence systémique et les mécanismes patriarcaux. Cette pièce met en lumière la brutalité de nos rapports sociaux, qu’ils soient de classe, de race ou familiaux. Dans un climat de tension et d'idéalisme blessé, quelle sorte de chiens serons-nous ? Auteur, comédien et metteur en scène, visage bien connu des téléspectatrices et téléspectateurs belges du casting de la Trêve ou de Pandora, Vincent Lécuyer explore ici des thématiques telles que le patriarcat et l’impossibilité de communiquer. Un texte féroce avec de l’amour en bordel, des désirs impossibles à assouvir et des relations incompétentes. Une écriture sensible et brutale à la fois dans un espace immersif bi-frontal qui plonge le public au cœur de l’action. YouriDirkx, Jessica Fanhan, Sarah Grinet Medhi Zekhnini interprètent ce quatuor au bord de l’abime. Une création à applaudir du 14 au 26 janvier 2023 au Rideau de Bruxelles. Plus de détails sur le site officiel www.lerideau.brussels Rue Goffart, 7A à 1050 Bruxelles

THÉÂTRE : IVANOV

Tchékhov écrivait au sujet d'Ivanov : C'est la première fois que j'ai fait une pièce, ergo les erreurs sont obligatoires. Le sujet est compliqué, mais pas sot. Chaque acte se termine comme mes récits. Je conduis l'action paisiblement et, à la fin, j'envoie au spectateur un coup sur la gueule. Si mauvaise que soit la pièce, j'ai quand même créé un type qui possède une signification littéraire, j'ai créé un rôle que seul osera jouer un acteur de talent. Avec cette pièce, l’auteur nous plonge dans une société au bord du gouffre faite d’hommes et de femmes à l’esprit petit-bourgeois, qui s’ennuient et s’enlisent, hypocrites, roublards, antisémites, avides d’argent, de plaisirs et de ragots.
 Au sein de cette société à l’arrêt, Ivanov, homme de contradictions et de paradoxes, incapable d’aimer, ruiné financièrement, souffre et se débat. Au pied du mur de son impuissance coupable, cette lutte l’épuise. Rongé par l’apathie, dévoré par la culpabilité et désespérément seul, il veut comprendre ce qui lui est arrivé, ce qui lui arrive et ce qui arrive au monde qui est le sien, qu’il ne reconnaît pas ou plus et auquel il n’adhère pas ou plus. Tout au long de la pièce il cherche les raisons de son affliction. C’est cela qui nous intéresse dans lvanov. La quête désespérée de s’élever au-dessus de la mêlée. De trouver des réponses aux questions existentielles et un sens à l’ici-bas. C’est de cet Ivanov, incapable d’accorder rêves généreux et exigences de la réalité, c’est de cet homme-là dont le spectacle parlera. De ce « monsieur tout le monde » qui n’a rien d’un héros romantique, qui refuse de jeter l’éponge, de cet être humain qui a honte de sa désespérance.
 Un Ivanov contemporain donc, psychodrame d’un homme moderne, empêtré dans sa douleur existentielle et usé par sa lucidité. Une pièce à découvrir au Théâtre des Martyrs du 10 au 21 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.theatre-martyrs.be Place des Martyrs, 22 à 1000 Bruxelles

THÉÂTRE : LA CABANE D’ALEXANDRA KOLLONTAÏ

L’amour n’était légitime que dans le mariage. Ailleurs, il était considéré comme immoral. Un tel idéal était dicté par des considérations économiques. Il s’agissait d’empêcher la dispersion du capital parmi les enfants collatéraux. Toute la morale bourgeoise avait pour fonction de contribuer à la concentration du capital, écrivait Alexandra Kollontaï, femme politique marxiste, militante féministe soviétique, première femme membre d’un gouvernement, et première polyamoureuse. Christine Delmotte-Weber s’empare de cette figure comme contrepoint de l’histoire d’aujourd’hui qu’elle écrit et met en scène, récit dans lequel Alix rencontre Julia grâce à Lisbeth, en tombe amoureuse, puis apprend la maladie de Julia, découvre l’existence de son compagnon, Samuel, homme aux multiples relations sexuelles et au mode de vie pleinement assumé. Un monde étrange pour Alix à la découverte duquel elle ira, d’abord réticente, voire moqueuse, puis, mue par son amour pour Julia, sensible aux arguments de Samuel. Vite, des cabanes ! Pas pour s’isoler, vivre de peu ou tourner le dos à notre monde abîmé, mais pour braver ce monde, l’habiter autrement et l’élargir écrit Marielle Macé, historienne de la littérature et essayiste française. C’est à cette injonction positive à vivre pleinement qu’Alix, Julia et Samuel entendent s’atteler. Maximilien Delmelle, Sarah Joseph, Sarah Messens sont à applaudir au Théâtre des Martyrs du 10 au 28 janvier 2023. Voyez les détails pratiques sur le site www.theatre-martyrs.be Place des Martyrs, 22 à 1000 Bruxelles

THÉÂTRE : POUR NOUS, L’OUBLI

Voilà un spectacle conçu pour trois comédiennes qui traite du rôle des femmes dans les mouvements révolutionnaires et de l’impact que leur progressive invisibilisation a sur les femmes, les citoyennes, que nous sommes aujourd’hui. Les mouvements révolutionnaires se sont en effet bâtis grâce à la mobilisation des travailleuses et ouvrières et, néanmoins, elles sont absentes des récits qui en sont faits. Rares sont les figures féminines que l’histoire retient. Parmi elles, cette pièce a choisi de retracer les combats de Louise Michel, Alexandra Kollontaï et Dolorès Ibarruri, dont l’influence a eu un impact majeur sur le développement des mouvements d'émancipation. Leurs combats méconnus renaissent aujourd’hui sur scène grâce au jeu de Noémi Knecht, Florelle Naneix et Tiphaine van der Haegen. Une interprétation dense qui rappelle à quel point il a fallu dresser le poing pour se faire entendre et lutter pour un quotidien moins aride. Le combat de ces femmes (et toutes celles demeurées anonymes) a contribué pour beaucoup à notre bien-être aujourd’hui et à toutes les avancées sociales dont nous bénéficions. Un spectacle utile qui vient combler les manques du cours d’Histoire. A découvrir du 25 janvier au 12 février 2023 à la Comédie royale Claude Volter. Plus de détails sur le site www.comedieroyaleclaudevolter.be Avenue des Frères Legrain, 98 à 1150 Bruxelles

THÉÂTRE : BEAU-PAPA

Simon, quarante printemps au compteur et illustrateur d’albums jeunesse, vit avec sa jeune compagne Margot dansunmodesteappartement bruxellois, quevient régulièrement squattersonmeilleur ami, Jeff, au mode de vie marginal. Travailleur nocturne, Simon doit terminer un nouveau projet lorsque Margot lui annonce que René, son père exilé en France, débarque prochainement à Bruxelles. Simon et son beau-père n’ayant guère d’atomes crochus, Margot imagine un moyen pour les rapprocher. « Beau-Papa » fait partie de ces comédies de mœurs sur la réussite sociale qui font la part belle à l’humour de situation et aux mensonges. On rit certes beaucoup, mais on se prend à songer que nous pourrions être amenés à vivre pareille situation. Pas faciles en effet les rapports entre générations et ceux qui nous lient à la belle-famille, surtout lorsque le beau-père en question n’entend rien lâcher. Une pièce à savourer à La Comédie royale Claude Volter du 15 au 26 février 2023 en compagnie d’Alexis Goslain, Sarah Woestyn, Joël Riguelle et JeanFrançois Breuer. Davantage de détails sur le site www.comedieroyaleclaudevolter.be Avenue des Frères Legrain, 98 à 1150 Bruxelles

THÉÂTRE : LA MOUETTE

L'atmosphère de cette pièce est morbide : on y piétine des fleurs à peine offertes, Treplev tue une mouette pour la déposerauxpiedsdeNina. Maisl'oisivetédespersonnages ne saurait pas être la seule cause de ce malaise. L’été flamboie et comme tous les étés, les protagonistes se rassemblent dans la propriété de Sorine. Seul personnage qui dégage de la sympathie, il n'échappe pourtant pas à la règle qui impose que les acteurs de ce drame de l'indécision et de l'inachèvement tournent à vide dans leur ennui incommensurable et s'expriment avec une banalité qui vide leur existence de sens. Avec « La mouette », il ne faut évidemment pas s’attendre à une action spectaculaire ni avec du rire, même si cette pièce reste un classique de l'implicite et un chef-d’œuvre joué et rejoué partout dans le monde, avec une portée symbolique qui s’accroche aux moindres détails. Les interprétations du texte ont bien entendu été multiples, faisant parler certains de symbole de liberté ou de l’enfermement tant physique que que psychologique, avec un rétrécissement du lieu de l'action. Drame, amours, jalousie, relation œdipienne, le texte s’attache à traquer l’émotion sur les visages, une émotion d’une qualité unique, universelle. Depuis les profondeurs, on voit l’espace entre l’intime et le hors-champ, entre le réel et l’image, comme des caches, ou des prolongements, des corps, des désirs. Parce qu’on est tout près de la vie. Une pièce a revoir au Théâtre national du 10 au 13 janvier 2023. Plus d’informations sur le site www.theatrenational.be

Boulevard Emile Jacqmain, 111-115 à 1000 Bruxelles Paul Huet

THÉÂTRE : LIEBESTOD

Angelica Liddell convie le public à une expérience performative cathartique sur l’autel sacré du théâtre et convoque des chatons ou l’homme mutilé pour retrouver la splendeur de ses meilleures œuvres. Elle révèle ici, par couches successives d’artifices formels et de chairs, un espace halluciné aux géométries infinies, d’une beauté extrême, éclaboussé de passion et de mort, avec toujours un gout et une odeur de sang qui traîne. Comme on tient une note, Richard Wagner et la figure du toréro révolutionnaire andalou Juan Belmonte se raccordent à l’histoire comme des cercles concentriques au portrait de la femme artiste en quête d’un absolu tragique. Celui de l’art tauromachique comme celui de la passion amoureuse. Les soliloques d’Angélica Liddell semblent traverser une nuit liquide dans un mélange de mélopées rauques, cruelles et perçantes. Avec sa radicalité viscérale, elle crache sur la médiocrité environnante et convoque l’art pour venir bousculer l’ordre établi. Fustigeant l’appauvrissement spirituel de nos sociétés ou le manque de complexité qui confine à la bêtise, elle se tourne vers l’intensité de la passion. Voilà sans doute l’immense secret de Liebestod (littéralement : l’odeur du sang) ! Angélica Liddell se lance sur scène comme Juan Belmontetoréait dans lapoussière de l’arène. A découvrir au Théâtre national du 18 au 20 janvier 2023. Plus d’informations sur le site www.theatrenational.be Boulevard Emile Jacqmain, 111-115 à 1000 Bruxelles

THÉÂTRE : DER LAUF

Un homme jongle avec des assiettes, à l’aveugle, la tête sous un seau. Une représentation imprévisible, absurde. En 1987, Peter Fischli et David Weiss réalisent un film expérimental. Dans un simple entrepôt rempli d’objets banals, un événement insignifiant déclenche une série d’autres événements. Pendant trente minutes, ce hangar inoffensif devient le théâtre d’une cascade d’aventures étranges. Explosions, effondrements, débuts de feu … Le titre de ce film est « Der Lauf der Dinge » ou Le cours des choses. Empreint d’ambiance sombre et intimiste, née d’une association entre David Lynch et Intervilles, « Der Lauf » est une transposition circacienne et bizarre de ce film, basée sur des numéros de jonglerie loufoques. Le public est invité à participer à une série d’expériences existentielles en forme de jeux jonglés : une scène de ménage intérieure, une escalade de fragilité, une lapidation joyeuse ou un combat d’échec avec soi-même. Rien ne pourra empêcher le cours des choses, à part vous peut-être ? Dans une scénographie industrielle, mécanique et ostentatoire, ce spectacle interactif et jubilatoire tente d’empêcher l’irréparable. Le fin mot de l’histoire, comme dans la vie demeure : Advienne que pourra ! Une performance à découvrir au Centre culturel d’Uccle les 21 et 22 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.ccu.be Rue Rouge, 47 à 1180 Bruxelles

CONCERT : GOLDMANMANIA

Pas de longs cheveux, pas de ressemblance physique mais juste l’envie de partager une passion et le respect qu’inspire l’artiste Jean-Jacques Goldman en faisant appel à des musiciens aguerris, à une voix au timbre et à la hauteur qui donnent l’impression d’être à un concert de l’original. Le désir surtout de retrouver l’humour, la mise en scène, le partage et l’ambiance de l’époque des tournées. La musique de Jean-Jacques Goldman en live manque à ses fans et GoldmanMania a été pensé pour concrétiser l’espoir de réentendre ses standards sur une véritable scène et d’écouter en live les plus grands titres du répertoire de cette star internationale qui a préféré se montrer discret loin des projecteurs et des médias. L’occasion de se remémorer en fermant les yeux quelques secondes : «J’irai au bout de mes rêves », « Envole-moi », « Il suffira d’un signe », « Je marche seul », « Quand la musique est bonne », « Encore un matin » et énormément d’autres tubes inoxydables. Sept artistes multiinstrumentistes vous feront chanter et vibrer le samedi 14 janvier 2023 au Centre culturel d’Uccle. Retrouvez tous les détails pratiques sur le site officiel www.ccu.be Rue Rouge, 47 à 1180 Bruxelles

THÉÂTRE : DERRIÈRE LE RIDEAU

Eric Assous n’est plus à présenter. Aujourd’hui, il est considéré comme une valeur sûre de l’écriture théâtrale, jonglant avec les situations cocasses autant qu’avec le verbe qui tue. Avec un génie intrusif, il ausculte nos failles et plonge dans notre quotidien pour mettre en relief nos lâchetés et nos mensonges. Une intimité pas toujours bonne à exhumer ! Ici, il s’attache à raconter de quelle manière un auteur de théâtre entend conjurer une déception amoureuse. Par exemple, en se servant de son expérience pour rédiger sa nouvelle pièce et se servir de ce qu’il a vécu pour alimenter la psychologie des personnages. Un exercice qui semble lui convenir à merveille et qui possède sans doute des limites. Cela va sans compter sur la nouvelle comédienne choisie pour interpréter le rôle de son ex et qui va bouleverser la donne avec vingt ans de moins que lui, pas très expérimentée sans être naïve et sachant faire preuve d’une répartie incroyable autant que d’un piquant redoutable. Les dialogues sont calibrés pour le duo, avec des réparties qui cinglent et un récit linéaire qui une énième fois remet en scène les intrigues amoureuses avec tout ce qu’elles possèdent d’attachant et de banal. Eric Assous fait une nouvelle fois mouche et renouvelle un sujet mille fois utilisé sans le galvauder. Sontalent consiste à recycler du vieux pour le mettre au goût du jour et dérider les zygomatiques avec une formule dont on redemande volontiers. Sans aucune vulgarité, il met face à face des femmes et des hommes prêts pour entamer le tango de la séduction. Bruno madinier et Enora Malagré marquent le tempo au Centre culturel d’Auderghem du 10 au 14 janvier 2023. Voyez les modalités précises sur le site www.ccauderghem.be Boulevard du Souverain, 183 à 1160 Bruxelles

THÉÂTRE : AIME COMME MARQUISE

On se souvient du film de Véra Belmont avec Sophie Marceau qui racontait l’histoire d’une jeune danseuse, prostituée à l'occasion par son père, qui attire l'attention de Molière et qui intègre la troupe avant de la quitter. Cette pièce revient sur l’incroyable destin de Thérèse duParc, surnommée Marquise. L’occasion d’évoquer le siècle des Grandeurs et la cour du roi Soleil avec ses fastes et ses prétendants. Alors qu’elle s’apprête à jouer « Andromaque » de Racine, le lieutenant général de la police entre dans sa loge pour l’interroger, sur ordre du souverain. L’occasion de revenir sur son parcours de la rue aux scènes flamboyantes et de ses rencontres avec les plus esprits de son temps. Le texte a été documenté

avecuneprécisionhistoriqueetunsérieuxquin’empêchent pasl’auteurdes’offrir quelques pointes d’humour et desjets subtils entremêlant alexandrins et prose. Un témoignagequinousentraînedePézenasàRouenouencoreduLouvreauChâteau de Vaux-le-Vicomte. Qui mieux que Marquise pour répondre à cette question : Racine était-il vraiment le père de ses écrits ? Un spectacle bien rythmé qui ne connaît aucun temps mort et à voir au Centre culturel d’Auderghem du 27 au 28 janvier 2023. Toutes les informations complémentaires ont été mises en ligne sur le site www.ccauderghem.be Boulevard du Souverain, 183 à 1160 Bruxelles André Metzinger

THÉÂTRE : VIOLENCE AND SON THÉÂTRE

Liam a dix-sept ans et vient de perdre sa mère. Contraint d’abandonner son domicile, il déménage dans les Valleys, ancien bassin minier du Pays de Galles ravagé par le chômage, un lieu au milieu de nulle part. Là, il retrouve son géniteur qu'il ne connaît pas et avec lequel il va devoir nouer des liens. Fort vite, il découvre un homme violent, addict à l’alcool et affublé d’une maîtresse. L’arrivée de Jen, que Liam trouve plutôt mignonne, pourrait éclairer cette existence bancale, mais Liam ne sait pas s’y prendre avec les filles et les conseils machistes et grossiers de son père ne vont guère l’aider. Cette pièce de Gary Owen évoque un quotidien difficile, parle de misère sociale et analyse les rapports distendus entre un père et son fils. On y retrouve l’écriture puissante d’un auteur bien impliqué dans son temps (Iphigénie à Splott) qui sait se servir d’un humour corrosif pour éviter de lancer des slogansétroits. Commetoujours, ses pièces s’intéressent aux plus défavorisés. Le personnage central est jeune, car Gary Owen sait mieux que quiconque investir l’esprit tourmenté des adolescents. Outre le thème récurrent de la complexité des êtres face à leur travail, le texte cherche à comprendre les premiers émois amoureux, le rôle de transmission des parents aux enfants, l’atavisme et la notion de consentement. Adrien De Biasi, Léone François, Jean-Luc Couchard et Magali Pinglaut donnent corps aux protagonistes sous la direction de JeanMichel Van den Eeyden. Une création en Belgique à découvrir du 6 au 21 janvier 2023 au Théâtre de Poche. Voyez toutes les explications complémentaires sur le site www.poche.be Chemin du Gymnase, 1a à 1000 Bruxelles Sam Mas

THÉÂTRE : LES BORKMAN

Depuis sa sortie de prison pour escroquerie, l’ancien banquier Borkman vit reclus dans la cave de sa maison familiale. Aveuglé par son propre désir de rédemption, il a perdu toutlienavec sonépousequi, pourtant, habitel’étage supérieur. Dévoré·es par la honte, chacun·e rumine dans son coin l’échec de leur union passée. Impuissant, leur entourage assiste à ce naufrage familial, qu’une visite inopportune va venir précipiter… Pour restituer au mieux l’intensité ombrageuse de John Gabriel Borkman, l’une des dernières pièces d’Henrik Ibsen, Christophe Sermet fait le pari d’une adaptation inédite et radicalement contemporaine. Réalisée sur mesure pour un noyau d’acteurs proches de son travail au sein de la Compagnie du Vendredi, sa réécriture de Borkman insuffle une vitalité insoupçonnée dans ce texte à l’âpreté grinçante, rarement monté, du grand dramaturge suédois. Depuis plus de quinze ans, Christophe Sermet déploie sur scène une identité forte et singulière. À travers son esthétique dépouillée, il met en relief les complexités des sentiments humains et nous offre un théâtre brut, d’une grande authenticité. Avec son Borkman aux accents punk rock, ponctué par des morceaux de guitare live, il embarque le drame d’Ibsen dans un univers puissant et rythmé, porté par l’intensité de son groupe d’interprètes fidèles. Soucieux de renforcer nos liens avec les scènes amies de la Fédération WallonieBruxelles, le Varia est heureux de présenter ce spectacle en partenariat avec les Tanneurs. Une pièce à applaudir au Théâtre Varia du 17 au 28 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.varia.be Rue du sceptre, 78 à 1050 Bruxelles

THÉÂTRE : GÉANTS

Gare à celle ou celui qui voudrait les mettre au régime ! Dans leur royaume, les Géants engloutissent tout sur leur passage. La Reine s’empiffre, le Roi rumine et, pendant ce temps, leurs sujets se démènent, tellement courtssurpattesqu’onpeut àpeineles voir. Rien de nouveausouslesoleil: icicommeailleurs le peuple trime, pendant que les grands se prélassent. Mais, un beau jour, tout ce petit monde commence à prendre l’eau. Sous l’impulsion de Karine Birgé et Marie Delhaye, « Géants » revisite les monuments de la littérature classique à travers un univers visuel foisonnant. Mêlant, entre autres, la marionnette, le théâtre d’objets et la musique, elles s’emparent aujourd’hui de l’œuvre de Rabelais à laquelle elles tordent joyeusement le cou pour mieux s’en inspirer. Dans une quête jubilatoire, truffée de surprises et de digressions, elles l’emportent vers des contrées inattendues, de l’Utopie de Thomas More à l’humour féroce des Monty Python. Servi par une irrévérence malicieuse, « Géants » confronte tous les publics à une satire sociale et politique qui met en lumière la nécessité de bâtir un monde meilleur face à un pouvoir avide et dévorant. Par-delà l’ambiance crue et carnavalesque qu’elles déploient au plateau, Karine Birgé et Marie Delhaye nous révèlent toute la délicatesse et la poésie de leur travail. À travers l’extrême minutie de leurs dispositifs visuels, elles dessinent un spectacle inventif, autant technique qu’artisanal, qui mobilise tous les moyens de la scène. Elles font naître un petit monde de lilliputiens, au milieu duquel évoluent ces géants, adroits tels des éléphants dans un magasin de porcelaine vivante. Une déclaration d’amour au théâtre dans son exigence et sa générosité à voir au Théâtre Varia du 20 au 28 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.varia.be Rue du sceptre, 78 à 1050 Bruxelles

THÉÂTRE : UN COUPLE MAGIQUE !

Après Paris, la pièce s’arrête à Bruxelles. Une comédie signée Laurent Ruquier qui n’a jamais sa langue en poche et sait comment titiller le rire en faisant minedene pasytoucher.Commeàson habitude, il multiplie les vannes pour faire mouche et mettre les rieurs de son côté. Un Couple Magique ! raconte l'histoire de PierreFrançois Kadabra, un magicien un peu maladroit, poète et lunaire, très amoureux de Claudine, sa compagne et partenaire un peu trop présente dans le duo si on en croit leur agent artistique, qui aimerait remplacer Claudine par son petit ami. Pierre-François va devoir redoubler d’habileté et de tours de passe-passe pour sauver la place de celle qu’il aime. Acteur et principalement connu pour ses partitions aux émissions « Maison à vendre » ou encore « Chasseurs d'appart », Stéphane Plaza déploie ici ses talents de comédien pour enfiler le rôle principal. À ses côtés, Jeanfi Janssens, l’ancien stewart devenu humoriste. A l’affiche également, Valérie Mairesse, ex-copine de Coluche dans le film « Banzai » et actrice récurrente au cours des années 80 et 90, avant de se diriger vers la télévision avant de se consacrer presque essentiellement à la scène. Pour diriger ce petit monde, il a été fait appel à JeanLuc Moreau qui prouve à nouveau qu’il maîtrise les ressorts de la comédie et qu’il ne possède pas deux mains gauches. Une pièce à applaudir au Cirque royal le 14 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.cirque-royal-bruxelles.be

Rue de l’enseignement, 81 à 1000 Bruxelles André Metzinger

CONCERT : CARMINA BURANA

Fondée sur un recueil de poèmes lyriques, Carmina Burana a été composée par Carl Orff entre 1935 et 1936. Présentée pour la première fois en 1937 à l’Opéra de Francfort, cette pièce magistrale fascine depuis toujours et nelaisse pasindifférent le grandpublic. Le mouvement le plus célèbre, « O Fortuna », repris à la fin de l’œuvre, est aujourd’hui mondialement connu. Interprétés avec passion et puissance par les chœurs et les solistes, ces chants profanes et latins nous racontent une histoire de vie, de mort, de destin et surtout d’amour. Près de 100 artistes chantent la joie du retour du printemps et les plaisirs de l’alcool, jouent avec la roue du destin, dansent l’amour et la luxure. Cette nouvelle production s’empare avec sensualité et émotion de ce phénomène musical pour montrer que la musique, le geste et la parole sont inséparables. Grand succès du XXème siècle joué dans le monde entier, ce spectacle original et plein de fougue revient à la rencontre du public pour une grande tournée européenne qui s’enchaînera au long de l’année 2023. Evénement musical et chorégraphique, Carmina Burana, l’un des chefs d’œuvres les plus célèbres du XXe siècle, sera interprété par le Théâtre National d’Opéra et de Ballet Maria Biesu au Cirque royal les 21 et 22 janvier 2023. Voyez les informations détaillées sur le site www.cirque-royal-bruxelles.be Rue de l’enseignement, 81 à 1000 Bruxelles

CONCERT : THE MAGIC OF HARRY POTTER

Expérience cinématographique et musicale unique en son genre, la musique magique de Harry Potter avec un frère Weasley débarque chez nous après avoir tourné un peu partout dans le monde ! Pour beaucoup, les films Harry Potter ont marqué l'histoire du cinéma d’une pierre blanche en s’emparant de toute une génération, poussant les jeunes à renouer avec la lecture et à connaître sur le bout des ongles la mythologie enfantée par l’autrice J.K. Rowling. La musique des films arrive maintenant sous la forme d’un programme musical extrêmement tonique. Acteurs originaux, magie, solistes vedettes, chorale et orchestre symphonique donneront vie aux B.O. des sept longs métrages. Le menu comprend les bandes originales des films de John Williams, quatre fois oscarisé, Patrick Doyle, Nicolas Hooper et le lauréat d'un Oscar Alexander Desplat, ainsi que le meilleur de la musique de "Harry Potter et l'enfant maudit", qui a reçu de nombreux prix à Londres et New York tout en étant l'une des pièces de théâtre récentes les plus réussies. Bien entendu, les fans de la saga se feront un devoir d’assister à la représentation pour clamer plus tard : J’y étais ! Enfin, l’occasion de vivre un concert en présentiel qui fera date dans les annales. Date annoncée à Forest national le 7 janvier 2023. Ne tardez pas ! Prenez vos dispositions via le site www.forest-national.be Avenue Victor Rousseau, 208 à 1190 Bruxelles

BALLET : CASSE-NOISETTE

La ballet « Casse-Noisette » fait partie de ces œuvres magiques dont chacun a entendu parler mais que peu ont eu l’occasion de voir un jour sur scène. Ce joyau du répertoire classique est l’un des ballets les plus dansés à travers le monde. Conte de Noël né de l’imagination d’Hoffmann et revisité par Alexandre Dumas, c’est le chorégraphe Marius Petipa qui décide d’en faire un ballet féerique, mêlant fantastique et réalité sur la musique enthousiasmante de Tchaïkowski. L’œuvre est présentée pour la première fois au public le 17 décembre 1892 au Théâtre Mariinski à Saint-Petersbourg. Pour rappel, l’action débute la veille de Noël. Clara, une petite fille, reçoit en cadeau un casse-noisettes que les autres enfants ne tardent pas à détruire. La nuit, elle se réveille et est guidée par le casse-noisettes dans un monde étrange et féérique … Un pur moment de bonheur idéal pour une sortie en famille au top et l’occasion de faire découvrir la musique classique aux plus jeunes. Des mélodies agréables et intemporelles qui continuent de faire les belles heures des mélomanes. Décidément, Tchaïkowski fait partie de ces compositeurs insignes qui ontdotéla musique de concert de ses lettresde noblesse. Bonheur garanti à dévorer à Forest national le 27 janvier 2023. Voyez tous les détails sur le site www.forest-national.be Avenue Victor Rousseau, 208 à 1190 Bruxelles

CONCERT : QUEEN - THE UNIQUE ROCK SYMPHONIC CELEBRATION

Vous avez aimé le film « Bohemian Rhapsody ? Alors vous ne pouvez que vous laisser séduire par ce concert ! Un concert unique qui permet de revivre des émotions et de retrouver les standards du groupe Queen, l’un des plus mythiques de la sphère pop qui, depuis ses débuts, a été mené par son chanteur charismatique à la voix exceptionnelle. Trente-cinq musiciens se produiront sur scène et Michael Kluch interprétera dans la tonalité de son idole les plus grands tubes de cette formation légendaire. Il suffit de fermer les yeux pour oublier que l’artiste principal est décédé et pour se laisser surprendre par la justesse du mimétisme tant physique que vocal. Le talent est au rendez-vous. Davantage qu’un hommage, il est ici avant tout question d’une célébration pour communier avec le public. Guitares, percussions, clavier … rien ne manque pour que le son soit à l’identique. L’occasionderenoueravecdes tubes qui ont traversé les décennies pour garder leur puissance et demeurer intact au XXIe siècle. Du rock pur qui, parfois, flirte avec l’opéra. Sur les planches, Michael Kluch reprend les attitudes de Freddie,

du concert de ce groupe mythique seront

à

véritable feu d’artifice visuel etmusical !Auprogramme

que ‘We Will Rock You’, ‘The Show Must Go On’, ‘Radio

Rapsody’, ‘I Want It All’, ‘A Kind Of Magic’, ‘Another One Bites The Dust’, ‘Killer Queen’, ‘Bicycle Race’, ‘Barcelona’ – en duo – et tous les autres tubes ! Au total, deux heures de spectacle avec tous les hits!It’sjust…fantastic!Neratezpascet événementau Palais12planifiéle15janvier2023. Davantage de renseignements sur le site www.brussels-expo.com Place de Belgique, 1 à 1020 Bruxelles Sam Mas

THÉÂTRE : MAMAN DE L’AUTRE CÔTÉ

La mère va mourir. Déjà, les mots semblent l’avoir abandonnée. Ema a appelé sa sœur cadette, exilée aux Etats-Unis. Anne a pris le premier avion. De l’autre côté du vallon, le voisin musicien travaille un morceauauvioloncelle. Emaet Annesontnéesdelamêmemère, belge.Pourtant, ellesneseressemblent pas. Ema est née en Egypte, avant la révolution de Nasser, Anne en Belgique, au moment de la grève générale. Ema est restée aux côtés de la mère. Cette nuit la mère va mourir. Il n’y a plus rien à faire. Pour la dernière fois, ce corps à trois têtes, cette entité puissante que les sœurs forment avec leur mère traverse la nuit. Anne-Marie Loop, LulaBéry, Monia Douieb et Sylvain Ruffier s’offrent la réplique dans cette pièce de Veronika Mabardi. Cette pièce parle avec une justesse des rapports filiaux, de la place de la mère et de l’éhritage qu’elle laisse à ses enfants. Bien entendu, rien n’est toujours simple dans le cycle d’une existence et affirmer le contraire reviendrait à mentir. « Maman de l’autre côté » est à découvrir au Théâtre de la Vie du17 au 28 janvier 2023. Plus de détails sur le site www.theatredelavie.be

Rue Traversière, 45 à 1210 Bruxelles

sublimées dans le film « Bohemian Rapsody ». Tous les effets repris l’identique : fumée, brouillard, pyrotechnie… un de cettesoirée, deschansons inoxydablestelles Ga Ga’, ‘Under Pressure’, ‘Bohemian

THÉÂTRE: LANUITDES ROIS

SœurjumelledeSebastiendontelleaétéséparéeaprèsunnaufrage, Viola s'est travestie en homme pour mieux se défendre des pièges de la vie. En empruntant une identité qui n’est pas la sienne, elle entre au service du duc Orsino dont elle tombe immédiatement amoureuse, mais ce dernier est épris de la comtesse Olivia, ellemême inconsolable depuis la mort de son propre frère et à qui son oncle, le grotesque sir Tobie Rotegras, veut faire épouser le non moins grotesque sir André Grisemine. L’amour entre les hommes et les femmes n’est jamais simple dans le théâtre de William Shakespeare et jamais on nese situe enpleine comédie. Ily aici la fatalité d’une tragédie, une usurpation d’identité et la différence (apparente) de classes sociales qui viennent donner un tour de vis supplémentaire à ce qui n’est pas simple à la base. Toute la pièce tourne autour de cet imbroglio avec des retournements de situation attendus et qui paradoxalement tardent. On espère, on croise les doigts pour la jeune héroïne qui est sans doute avec Juliette (de la pièce «Roméo et Juliette») l'une des plus saisissantes héroïnes shakespeariennes qui, en se faisant passer pour un personnage masculin,brouillelespistesetcompliquelesémoisdesoncœur. Si toutseterminebiendans«Lanuit desrois»,c'est surtoutparcequ’ils’agitd’unepiècequientendprouverque l’amour reste plus fort que les avanies et qu’il doit vaincre malgré tout. Cindy Besson, Didier Colfs, Enea Davia, Soufian El Boubsi, Margaux Frichet, Maxime Laal Riahi, Nicolas Ossowski, Benjamin Van Belleghem, Valentin Vanstechelman et Anouchka Vingtier défendent bec et ongles la mise en scène de Daphné D’Heur. A voir au Théâtre royal du Parc du 19 janvier au 18 février 2023. Plus de détails sur le site www.theatreduparc Rue de la Loi, 3 à 1000 Bruxelles André Metzinger

THÉÂTRE : TOUT ÇA NE NOUS RENDRA PAS NOËL

Le réveillon de Noël chez Charlotte et Dany ressemble à tous les autres. Ni pire ni meilleur ! Au menu de la soirée : petits fours, champagne, famille et amis plus ou moins contents d’être rassemblés autour de la table pour de longues discussions et raconter ses projets. Mais ce soir-là se glisse une invitéesurprise aussi charismatique que mystérieuse. Ici, une règle est de mise : déposer les cadeaux sous le sapin et piochés au hasard par les invités. Tout dérape quand un convive a l’idée d’y déposer l’album Tintin au Congo, vieil héritage de famille. Gloups ! l’héritage avec les vieux dossiers familiaux qui s’extirpent des placards et les rancœurs qui refont surface. En compagnie d’Odile Matthieu, Fred Nyssen, Thibaut Neve, Bwanga Pilipili, Pierre Lafleur et Thibault Packeu, l’ambiance dérape et on rit, on grince, car il nes’agit pasd’une comédie ni d’undrame. Plutôt d’une pièce aigre-douce qui ressemble avant tout à la vie quand le politique s’y invite sans crier gare et où l’amour finira par triompher d’une manière inattendue. Venez digérer vos excès des fêtes au TTO grâce à ce spectacle délicieusement acide signé Albert Maizel et mis en scène par Nathalie Uffner, gros succès des fêtes 2021, du 4 au 24 janvier 2023. Voyez tous les détails sur le site www.tto.be Galeries de la Toison d’Or, 396-398 à 1050 Bruxelles

CONCERT : ANNA VINNITSKAYA

Avec sa poigne d’acier et ses doigts de fée (selon un confrère de La Libre Belgique), Anna Vinnitskaya dispose des qualités adéquates pour honorer la musique de Scriabine. Lors de son récital, la pianiste russe s’attarde dans l’univers esthétique de ce compositeur singulier, poète, synesthète et mystique, contemporain de Rachmaninov. Elle l’associe ici à Chopin, compositeur que Scriabine vénérait et dont l’influence se fait sentir dans des pièces telles que sa Valse op. 1 ou sa Fantaisie op. 28. Viennent compléter ce programme coloré La valse et les Valses nobles et sentimentales de Ravel –compositeur que Vinnitskaya a magnifié par son enregistrement de Miroirs –, ainsi que le tendre arrangement pour piano du Prélude, Fugue et Variation op. 18 de César Franck. Un concert à applaudir le 15 janvier 2023 à 19 heures à Bozar. Réservez vos places via le site www.bozar.be Rue Ravenstein, 23 à 1000 Bruxelles

CONCERT : AMACONSORT

La spontanéité est au cœur de la pratique musicale de l’Amaconsort. Sous les doigts de ces musiciens formés à la Schola Cantorum de Bâle, les musiques des XVIIe et XVIIIe siècles, abordées à partir des sources primaires, révèlent leur infinie somptuosité. L’ensemble ne se contente pas d’offrir un regard neuf surle répertoire connumaistientaussi àpartager avec vouscertains secrets biengardés del’histoire musicale. Composé de musiciens récompensés individuellement lors de compétitions internationales, l’ensemble Amaconsort a reçu pour sa part le 1er prix du Concours international Van Wassenaer 2021 et le prix spécial de la Radio Bavaroise dans le cadre du célèbre Concours Deutscher Musikwettbewerb en 2019. Pour ce concert intitulé « Amasque », le jeune ensemble s’est inspiré de la musique du théâtre jacobéen anglais du XVIIe siècle, comprenant entre autres les formes de spectacles de cour appelées masques et antimasques. Flûte à bec, violon et clavecin s’attaquent aux partitions oubliées ou non des XVIIe et XVIIIe siècle demanière spontanée et vivante. Venez les applaudir le 22janvier 2023 àBozar. Davantage de détails sur le site www.bozar.be Rue Ravenstein, 23 à 1000 Bruxelles

BRUSSELS JAZZ FESTIVAL

L’édition 2023 du Brussels Jazz Festival s’articule autour d’un long week-end qui fera vibrer la capitale au rythme de prestations intéressantes. À l’affiche : des talents qui s’enchaîneront, une journée dédiée au label ECM et trois projets pour lesquels la tromboniste belge Nabou Claerhout a reçu carte blanche. Un programme qui ne manquera pas de surprendre le public amoureux ou non de cette musique. Voilà la liste exhaustive des instrumentistes invités : Linda Fredriksson, Emma-Jean Thackray, Shake Stew, Kamaal Williams, BendikGiske, leTromboneEnsemble NabouClaerhout, Black Flower NanoKosmos, Alabaster DePlume, le Julia Hülsmann Quartet, MetteWolfert Brederode, le Matangi Quartet, Jasper van Hulten et le Benjamin Lackner Quartet. Rien que du beau monde à rencontrer du 12 au 15 janvier 2023 à Flagey. Voyez la programmation détaillée sur le site www.flagey.be Place Sainte-Croix à 1050 Bruxelles

CONCERT : EINE ALPENSINFONIE

Ce poème symphonique composé entre 1911 et1915 par Ricahrd Strauss, fils du virtuose du cor de la Königlich Bayerische Hofkapelle Franz Joseph Strauss et sans lien de parenté avec Johann Strauss. Cette œuvre a été dédiée au comte Nicolaus Seebach (intendant du Semperoper de Dresde ). L'œuvre a été créée le 28 octobre 1915 à Berlin sous la baguette du compositeur. Une partition qui requiert initialement la participation de cent instruments, dont un orgue, une machine à vent et des sonnailles. Bien que Strauss l’appelât une symphonie, elle n'en possède pas la structure habituelle en quatre mouvements, puisqueles mouvements s’enchaînent ici sansinterruption. Le compositeur y décrit le déroulé d’une journée pédestre dans les Alpes bavaroises dont le lever du soleil, l’ascension, la visite de la forêt, etc. Une pièce orchestrale divisée en une soixantaine d’épisodes, dont certains ressemblent à de la musique de film pittoresque, tandis que d’autres mettent en valeur l’art de l’orchestration, ilustré notamment dans le passage de la tempête ou dans le cadre de la descente finale suivie du coucher de soleil. La virtuosité impressionnante du compositeur sera rendue par le Brussels Philharmonic dirigé par le chef Nikolaj Szeps-Znaider à Flagey le dimanche 29 janvier 2023 à 15heures. Voyez lesinformations pratiques sur le site www.flagey.be Place Sainte-Croix à 1050 Bruxelles

CONCERT : TCHAIKOVSKI BALLET MUSIC

Le Coq d’or, Le Conte du tsar Saltane, Sheherazade ou encore, durant cette saison, l’épopée musicale Ilya Mouromets… Ceux qui connaissent savent à quel point le directeur de La Monnaie affectionne les contes musicaux russes. L’occasion de poursuivre cette aventure en allant à la rencontre d’un des compositeurs majeurs de la Russie des tsars avec un concert qui reprend de longs extraits de Le Lac des cygnes et Casse-Noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Alain Altinoglu apporte un nouveau souffle aux deux des plus célèbres partitions de ce musicien tout en faisant un clin d’œil à l’opéra donné en ouverture de saison (La Dame de pique). Ce programme invite à parcourir le pays des ours, jouet du despotisme politique depuis des siècles, mais aussi terre nourricière de l’inventivité artistique. L’Orchestre symphonique de la Monnaie donnera bien sûr la pleine mesure de son talent et le pianiste Sergei Babayan brillera par sa virtuosité dans le Troisième concerto pour piano de Sergueï Prokofiev, une œuvre devenue incontournable dans les concours qui complètera ce menu. Le public aura également de réentendre l’ouverture de l’opéra Rouslan et Ludmila de Mikhaïl Glinka, avec le soliste Satenik Khourdoian au violon. Un concert à applaudir à la salleHenri Le Bœuf le dimanche 8 janvier 2023. Plus de détails sur www.lamonnaiedemunt.be Rue Ravenstein, 21 à 1000 Bruxelles

Les Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach constituent un jalon de l’histoire de la musique occidentale. Leur architecture ingénieuse, leur rythme dansant et leur beauté intemporelle n’ont pas fini de nous fasciner. Anne Teresa De Keersmaeker, qui a déjà montré plus d’une fois son affinité particulière avec l’écriture de Bach, approfondit sa quête d’un style chorégraphique qui puisse saisir l’essence même du langage du compositeur. Dans cette pièce, les six Suites sont adaptées, questionnées et dansées dans une chorégraphie pour trois danseurs et deux danseuses (dont De Keersmaeker ellemême). La partition de Bach est convoquée dans toutes ses dimensions et tour à tour éclairée, défiée ou mise en perspective par la chorégraphie. Cette fascinante étreinte entre musique et danse révèle autant l’essence de chacune des Suites que leur interaction mutuelle au sein du cycle complet. Un spectacle visuel autant que sonore par une de nos chorégraphes multirécompensées. A applaudir du 26 janvier au 11 février 2023 au Kaaitheter. Voyez les informations pratiques sur le site www.kaaitheater.be Square Sainctelette, 20 à 1000 Bruxelles

DANSE : MITTEN WIR IM LEBEN SIND

CINÉMA : CET ÉTÉ-LÀ

Comédie familiale d’Eric Lartigau, avec Rose Pou Pellicer, Juliette Havelange, Marina Foïs, Gael García Bernal, Chiara Mastroianni et Angela Molina. France 2022, 99 min. Sortie le 4 janvier 2023.

Résumé du film – Comme chaque été, Dune, 11 ans, traverse la France avec ses parents pour venir dans leur vieille maison des Landes où l’attend la promesse des vacances. Mathilde, 9 ans, l’attend elle aussi de pied ferme avec son chien. Entre elles deux, une amitié sans failles. Mais cet été-là ne sera pas un été comme les autres. L’année dernière, Dune et se parents ne sont pas venus. On ne lui a pas dit pourquoi, mais quelque chose a changé. Sa mère aujourd’hui si distante à l’égard de son père, Mathilde qui tarde à grandir, le sable qui n’est plus si doux, les films d’horreur devenus ridicules, les amours desgrands... ToutmetDune enémoi. Elleveut comprendre ce qui se passe autour d’elle. Cet été-là, Dune va grandir.

Commentaire – Coup d’œil, dans cette comédie familiale, sur le passage de l’enfance à l’adolescence. La fillette filme avec sa caméra son mois de vacances passé au bord de l’océan. Avec sa petite copine Mathilde, elle découvre la vie des grands qui cachent leurs histoires de cœur sous l’apparence du farniente estival. Elles vont croiser Eliot qui a mis enceinte Margot dans un camping de la plage où les relations se tissent au hasard des rencontres. Dune est aussi attentive à ses parents qui vont sans doute se séparer. Pourquoi donc sa mère est-elle si agressive à l’égard de son père ? Peut-être que sa caméra, qui a tout filmé deux ans plus tôt, va le lui révéler. C’est tout un été qui défile sous nos yeux avec deux enfants attachants qui font leurs premiers pas à l’écran mais aussi dans la vie des grands. Ils sont interprétés par Rose Pou Pellicer, avide de tout découvrir par les yeux de sa caméra, et par Juliette Havelange, encore dans les brumes de l’enfance.

A leur côté, Marina Foïs incarne une mère blessée, qui n’a pas digéré sa fausse couche et son retour d’âge. Et qui en fait porter le poids à son mari. Devenue l’une des actrices les plus populaires du cinéma français depuis 2010, elle est aussi à l’aise dans les comédies que dans les rôles plus ambigus (Polisse, Irréprochable ou L’Atelier), qui lui permettront d’ailleurs d’être nommée au César de la meilleure actrice. Elle a été la maîtresse de cérémonie des Césars en 2021, dans le contexte particulier de la crise sanitaire.

Cette comédie familiale est signée Eric Lartigau, le réalisateur français à qui l’on doit notamment La famille Bélier sur deux agriculteurs sourds confrontés au départ de leur fille pour la chanson (2014) et #Je suis là, tout à la poursuite d’une Sud-Coréenne découverte sur les sites de rencontre (2020). Cet étélà est tiré d’un album de BD, This One Summer, publié en 2014 et scénarisé par Mariko Tamaki qui a participé à l’écriture du film avec Delphine Gleize.

Avis – Une comédie sur la préadolescence, quand la naïveté des enfants s’estompe graduellement pour laisser place à la vie des grands. C’est joué avec sensibilité par deux fillettes qui font leur début au cinéma.

CINÉMA : L’IMMENSITÀ

Comédie dramatique d’Emanuele Crialese, avec Penélope Cruz, Luana Giuliani, Vincenzo Amato, Elena Arvigo et Pénélope Nieto Conti. Italie-France 2022, 97 min. Sortie le 11 janvier 2023.

Résumé du film – A Rome, dans les années 70, le couple formé par l’Espagnole Clara et le Sicilien Felice Borghetti bat de l’aile. Désemparée et sur le point de divorcer, Clara se réfugie dans la relation complice qu’elle entretient avec ses trois enfants : en particulier avec l’aînée, une fillette de 12 ans qui se prend pour un garçon et veut donner le change. Refusant le nom d’Adriana, Adri se fait appeler Andrea et prétend qu’elle vient d’une autre planète.

Commentaire – L’immensità, titre d’un tube de Don Baky en 1967, est le 5e film d’Emanuele Crialese, réalisateur sicilien comme son acteur fétiche Vincenzo Amato qui joue dans chacun de ses films. En 2014, Crialese a reçu le Prix national de la Culture de la Paix pour avoir montré, à travers son œuvre, que « la dignité n’a pas de carte d’identité ou de passeport qui puisse nier à chacun le droit d’exister ». Dans sa comédie dramatique, il reporte ce droit à l’identité sexuelle d’une jeune fille.

L’immensità est le portraitintimisted’une famille au bord de l’implosion, dépeignant la société italienne au tournant des années 70 et montrant que la transsexualité est au cœur du changement à venir. Certains éléments, injectés ennoir etblancdanslesfantasmes d’Adri, font référence au Dr Jivago (1965) et aux romances amoureuses de Dalida, où la jeune fille projette l’image de sa mère. Dans les fantasmes de cette fillette qui se prend pour un garçon, le visage de la chanteuse se fond avec celui de Penélope Cruz qui chante « l’amour pour toujours ».

Le réalisateur italien nous décrit une femme mûre qui transmet le goût de la liberté et de la fantaisie à ses enfants au détriment de l’équilibre familial en jeu. Elle les rejoint en criant à tue-tête avec sa fille dans les rues comme dans un jeu, en aspergeant d’eau les autres parents qui cherchent leurs enfants ou en se glissant sous la table du réveillon de Noël pour chatouiller les pieds des invités. Il nous décrit une femme complètement à côté de ses pompes, rêvant d’ailleurs.

Penélope Cruz retombe donc en enfance pour échapper à un climat délétère, où elle ne se sent pas à l’aise avec son couple et les valeurs de sa bellefamille. Quelque part, elle favorise même les penchants de sa fille pour changer de sexe. Et c’est sa fille qui lui demande de regagner sa place à table et de reprendre son rang d’adulte. Toutes deux devront finalement affronter une société qui les rejette au nom de la « normalité ». Cette normalité qu’affronte aussi le réalisateur italien qui vient de faire publiquement, en septembre dernier, son « coming out » pour changer d’identité sexuelle comme la jeune Adri. Il y a donc une part autobiographique dans sa comédie dramatique. C’est jouéavecconvictionparl’actriceespagnoledePedroAlmodóvar. Elleapprochedelacinquantaine mais elle met la même fougue pour entraîner ses trois enfants dans la ronde de ses extravagances. A ses côtés, il y a la jeune Luana Giuliani qui fait ses premiers pas devant la caméra – ce ne seront sans doute pas ses derniers – et quelques nouveaux visages, dont celui de Pénélope Nieto Conti en jeune gitane. L’immensità a été sélectionné pour le Lion d’or du meilleur film et le Lion queer au Festival de Venise 2022.

Avis – Regard sur la société italienne des années 70, où le transgenre n’était évoqué qu’en sourdine et avec circonspection. Avec Penélope Cruz, mère d’une fille pas comme les autres.

CINÉMA : NOSTALGIA

Drame de Mario Martone, avec Pierfrancesco Favino, Tommaso Ragno, Francesco Di Leva, Aurora Quattrocchi et Sofia Essaïdi. Italie 2022, 117 min. Sortie le 25 janvier 2023.

Résumé du film – Quarante ans après avoir quitté Naples, Felice Lasco débarque auprès de sa vieille mère qui habite un taudis dans le quartier mal famé de la Sanità. Il a envie de revoir son ami d’enfance Oreste, qui règne en maître sur l’un des gangs les plus violents de la Camorra. Tout le monde le met en garde, à commencer par Don Luigi, le prêtre charismatique du quartier, en guerre ouverte contre le « Malommo » et sa bande qui font régner la terreur dans les ruelles.

Commentaire – De nouveau, dans ce drame napolitain oppressant, le cinéaste italien met en scène la Sanità, quartier pauvre de la ville qui était déjà, en 2019, au cœur de son film Il sindaco del Rione Sanità traitant d’un « maire » maffieux, craint et respecté de tous. Caméra sur l’épaule, le réalisateur de Nostalgia suit son personnage dans les ruelles sombres du vieux quartier. S’arrêtant sous les fenêtres qui se ferment à son passage. Ou devant la grille d’un immeuble qui le laisse indécis. Par le jeu de la caméra, on rentre dans la peau de ce quinquagénaire nostalgique revenu sur les traces de son passé. Les images de sa jeunesse vont se superposer à celles du présent dans l’introspection de ses souvenirs. On découvre ainsi, peu à peu, ce qui le rongeait et qu’il a essayé d’oublier pendant ces quarante années d’exil volontaire. Son ami d’enfance, un loup blanc incarné par Tommaso Ragno, va le lui rappeler. Le drame croît à mesure que leur rencontre se précise. Il éclatera dans les dernières minutes du film, inscrites dans la visite des catacombes de la ville et dans l’incendie de la moto de Felice. Et c’est précisément ce qu’on peut reprocher à ce drame dont l’issue était inéluctable, avec un personnage venu régler ses comptes avec sa mémoire.

Felice est incarné par Pierfrancesco Favino, acteur au type méditerranéen qui a interprété un inspecteur dans Anges et Démons aux côtés de Tom Hanks (2009) et qui a obtenu la récompense du Meilleur acteur pour son rôle dans Padrenostro de Claudio Noce à la Mostra de Venise 2020. Jeu tout en finesse derrière une caméra subjective qui guette ses hésitations pour retrouver sa langue maternelle, alors qu’il vit au Caire et qu’il est devenu lui-même musulman, ayant épousé une musulmane. Même s’il se laisse approcher par le prêtre et qu’il retrempe ses lèvres dans un verre de vin autour d’un repas festif.

Le drame a obtenu le prix du Public au 42e Festival du Film européen de Virton. Il est signé Mario Martone, réalisateur, metteur en scène et scénariste né à Naples, qui s’est révélé au grand public avec Mort d’un mathématicien napolitain, Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise en 1992. Nostalgia (référence à une citation de Pasolini) est son 11e film sur un thème qui lui tient à cœur. Il connaît son sujet, Naples et la maffia, qu’il a traité plus d’une fois déjà.

Avis – Chronique d’une mort annoncée au fil des ruelles ténébreuses de Naples. Bonne interprétation des acteurs. A voir pour s’imprégner d’un cinéma-vérité à l’italienne.

Michel Lequeux

DVD : AFTER EVER HAPPY

L’existence ne s’est jamais avérée un long fleuve tranquille pour Tessa et Hardin, mais chaque nouveau défi auquel ils doivent faire face renforce leur amour et les liens qui les unissent. Cette fois, Tessa se trouve confrontée à un terrible dilemme. Doit-elle encore et toujours mettre en œuvre mille efforts pour sauver les sentiments qui la tenaillent. Le temps s’est égrené et chacun a évolué en affrontant la vie à sa manière. Tessa n'est plus l’oie blanche des débuts, pas plus que Hardin n’a conservé son côté bad boy qui faisait chavirer le cœur des midinettes troublées par son charisme obscur et sa force brutale. Néanmoins, plus le passé du jeune homme resurgit et davantage l’inquiétude et la tristesse le frappent de manière profonde. Plutôt que de se consoler dans lesbras de celle qu’il atoujourschérie, il la repousse vivement. Bien sûr, Tessa n'est pas sûre de pouvoir renoncer. Quant à sauver Hardin de ses démons, elle sait que le chemin sera pavé d’ornières. Néanmoins, elle refuse de l'abandonner sans se battre, mais combattre qui : Hardin ou elle-même ? Voilà le quatrième volet de la saga imaginée par Anna Todd en DVD et en BluRay. L’occasion de reprendre le même duo d’acteurs (Joséphine Langford et Hero Fiennes Tiffin) pour les replonger dans les méandres des tourments sentimentaux, chahutés par un présent peu amène lorsqu’on est jeune et qu’on souhaite s’aimer pour se retrouver à deux loin du regard des envieux. Au fil des longs métrages, les personnages évoluent, prennent de l’épaisseur psychologique et accusent de la noirceur totalement absente du premier film. Avec un côté un peu feuilletonnesque, cette série montre à quel point les dilemmes peuvent pourrir une existence et que travailler sur soi-même s’avère quelquefois une solution idoine. Il ne faut bien sûr pas chercher de morale dans cet opus, puisqu’il est question d’une récréation faite pour nous faire oublier la guerre en Ukraine et la flambée du coût des énergies, tandis que le récit suit son bonhomme de chemin et devient même plus serré à mesure que les protagonistes vieillissent. Quant à ceux qui craignent que l’histoire se répète à l’infini, elle a l’heur de saisir des tangentes qui évitent d’emprunter la voie des redondances. Si l’amour de Tessa et de Harding est fait pour nous gaver de rebondissements, alors le pari est gagné. Avis aux amateurs ! Sam Mas

DVD : ORPHAN - FIRST KILL / ESTHER II

Esther ou Orphan était un film d’horreur sorti en 2009 et qui, à l’époque, avait connu un petit succès par le truchement de la location de DVD. Une décennie plus tard, la gamine revient pour renouveler ses exploits sanglants dans ce préquel pas piqué des hannetons. Toujours à la recherche d’une famille d’adoption, elle ne manque jamais d’imagination pour se faire aimer à n’importe quel prix et balayer de quelques coups de couteau tous ceux qui tentent d’obstruer le chemin qui pourrait la mener à la félicité. La grande surprise de ce film était de faire passer pour une enfant une adulte qui n’avait pas grandi et qui continuait à agir comme telle, abusant celles et ceux qu’elle croisait. Cette fois, l’action se déroule quelque part en Estonie. La jeune femme parvient à s’évader d’un asile pour personnes dangereuses. Son objectif : entrer en contact avec une famille américaine dont l’enfant a disparu il y a longtemps et se faire passer pour lui. Débarquée aux Etats-Unis, elle met tout en œuvre pour être accueillie à bras ouverts.Alors que le père est immédiatement séduit, la mère affiche une moue dubitative. Sil’effet de surprise n’est plus au rendez-vous, William Brent Bell, spécialiste du film d’épouvante, reprend les rênes de ce qui pourrait devenir une série et nous gratifie de séquences bien sanglantes, prouvant à qui en douterait qu’il ne possède pas deux mains gauches. Bien entendu, ce long métrage devient l’opportunité de revoir dans le rôle principal l’actrice Isabelle Fuhrman, maintenant âgée de vingt-cinq ans, et qui s’en donne à cœur joie dans une composition de fillette malicieuse prête à traumatiser à nouveau les spectateurs. Un récit tortueux à souhait qui met à nu lesdesseins démoniaques d’une petite aux yeux d’ange et dont les troubles mentaux en font une criminelle impitoyable, voilà le secret de cet opus fait pour secouer au premier degré, avec une photographie qui colle à l’épiderme des personnages et multiplie les apparitions choc. Avis aux amateurs !

LES SŒURS NOIRES

Quel lien entre Raphaël, un écrivain s’ennuyant au salon du livre « Tournai- la- Page » et Siham, une jeune fille lumineuse rêvant d’émancipation et de liberté ? Aucun. Sinon que Siham a disparu et que Raphaël contacté par une ancienne connaissance partira à sa recherche… « Les Sœurs noires », le nouveau roman de Philippe Remy-Wilkin, est beaucoup plus qu’un thriller palpitant. Si l’intrigue mène subtilement le lecteur dans un jeu de fausses pistes, l’opus propose une intense réflexion sociétale ainsi qu’une fascinante rencontre avec Tournai et sa région.

Des bords de l’Escaut à la magnifique Halle aux Draps en passant par maints lieux emblématiques ou méconnus, Tournai est au cœur du livre. Pourquoi ce choix ? Il m’a fallu quitter ma région d’origine pour Bruxelles, mes études universitaires pour progressivement, au hasard de mes retours, en découvrirtoutelasingularité,labeauté, lestrésors. Unattachement esthétique qui s’est joint à une connexion affective. Du coup, j’ai eu l’idée d’inscrire les racines de mes héros de romans dans un domaine fictif situé à proximité de Tournai, à Gaurain-Ramecroix. Mais, un jour, j’ai voulu aller plus loin, donner toute la place à Tournai, comme décor et comme muse, quasi. Et livrer un Tournai vivant encore, avec des personnages réels se mêlant aux fictifs. Je crois qu’on peut y lire un écho testamentaire mais réalisé avec allégresse.

Le titre, très mystérieux, renvoie à un tatouage à décoder, à l’histoire de Tournai et même à un lieu bruxellois plutôt inconnu…

Les Sœurs noires, oui, c’est mystérieux, je crois que l’inspiration est passée au bon moment. L’un de mes titres préférés avec Encres littorales Je préfère ne pas trop en dire puisque l’énigme des « sœurs noires » est au cœur de l’enquête policière. Mais disons que ça effleure plusieurs réalités, dont certaines ont à voir avec le passé de Tournai, une rue, un couvent, une activité qui ont grandement participé de l’identité de la ville, de la région, du pays même.

A travers la disparition de Siham, que le lecteur découvre captive dans un château, dès le début de l’histoire, l’opus propose une puissante critique sociétale. Les dérives identitaires, le terrorisme, le masculinisme, le suprémacisme blanc, le féminisme et ses nouveaux défis sont évoqués avec force et finesse… Merci ! Car, justement, en délaissant mes romans des années 1865 ou des années 1920/1930 (où je mêle accents historiques et sociologiques, thriller et quête intime), je voulais me confronter à des problématiques de notre vie contemporaine, quotidienne : l’identité et la difficulté d’émancipation des jeunes générations immigrées, les menaces qui pèsent sur les avancées des droits acquis par les femmes, la nécessité du combat et de l’enquête, de la quête, etc. Pour fréquenter les réseaux sociaux, qui n’inventent rien mais reproduisent avec un verre grossissant, j’ai été frappé par le côté binaire de la plupart des débats et je voulais offrir de la réflexion, de la nuance, du recul. Un film belge, sur le crime d’honneur, m’avait choqué aussi, je voulaisessayer de donner des arguments plus solides à laréalisation féminine, à l’intégration, etc.

Les références musicales, littéraires et cinématographiques ne manquent pas et apportent une belle dynamique à l’histoire… Cette spécificité se manifeste aussi dans Encres littorales… Beaucoup de commentateurs le signalent, mais en insistant sur le fait que ces interventions ne sont jamais très longues ou ont souvent un rapport avec les événements du récit, un côté métaphorique parfois. En clair, elles participent d’une atmosphère mais ne détournent pas du dynamisme de la narration, qui est mon premier souci. Je veux réaliser un page turner, comme disent les Anglo-Saxons, mais je tente que celui-ci ait un supplément d’âme via son information ou la réflexion qu’il génère, ses thématiques ou ses personnages. Je ne puis dire si je réussis ou pas, mais une anecdote me permet un

espoir : j’ai envoyémon romanpolicier à la collectionpolicière des éditions Weyrich et les responsables de la maison m’ont transféré dans leur collection littéraire Plumes du coq Ce qui me ravit ! Je hais les étiquettes et les réductions !

Ed. Weyrich - 292 pages Propos recueillis par Kate Milie

MÊME LES PIERRES

Suzanne et Xavier rêvent d’arpenter les dalles humides de la ville d’eau. Un marchand ambulant vend du vent aux étals desmarchés. D’un claquement de doigt, Peter saisit le feu à l’en rendre étincelle. Lucia la funambule marche sur un arc-en-ciel tendu entre deux tours. Florine manipule la terre jusqu’à lui donner sens et vie. Par touches infimes et légères, Tristan Alleman donne à saisir quelques bribes des éléments essentiels qui composent notre terre dans une absence de temps et d’espace, entre le merveilleux, le sensible et l’indicible. Tristan Alleman, aime les livres, bibliothécaire, éditeur-artisan, grand lecteur, il écrit depuis fort longtemps et publie aujourd’hui régulièrement des poèmes, des récits, des nouvelles. Plusieurs prix lui ont été décernés. Composé de quatre parties, les textes qui composent ce recueil brodent des univers singuliers qui franchissent le pas de l’ordinaire à l’extraordinaire. Même en demeurant indépendants les uns des autres, ses histoires possèdent une homogénéité qui les relient par le truchement de personnages aux préoccupations semblables, par la composition d’univers ayant des traits communs et dans tout ce qui soude chacun au monde moderne, peu amènelorsqu’onest sensibleou enproie àcertains doutes. Des récits moyennement longs et dont la force consiste à surprendre encore et toujours.

Ed. Traverse – 216 pages Sam Mas

LA TROISIÈME NUIT

Réfugié dans une cave, un homme vieillissant a volontairement opté pour une existence loin de ses semblables. Dans un carnet, il note ses impressions et observe les autres par le truchement d’un soupirail. Une faune qui s’agite avec sesrègles propres.Celle qu’il nesouhaiteplusfréquenter. Letemps passe et il rythme les heures en les analysant : la belle Madame Hirondelle, un gamin qui passe et repasse, une femme accompagnée de sa progéniture nombreuse. Ascète, il se nourrit peu et se sustente des déchets qu’il glane dans les poubelles abandonnées au pied des buildings ou avec les rebus des grands magasins. Puis, souvent, il songe à hier et à avant-hier. A la vie qu’il menait en compagnie de la famille qu’il n’a plus. Daniel Simon signe une pièce qui s’étale sur trois journées et trois nuits. Bien entendu, quelque chose se créé lors de la troisième nuit. Pour le savoir, il convient de lire ce texte à la fois introspectif et sensible qui sonde l’âme humaine. La rencontre avec une jeune femme, qui, également cherche à se couper de l’univers des vivants, serat-elle décisive ? Est-ce le hasard qui l’envoie ? Se sont-ils déjà rencontrés ailleurs ? Si oui, en quelle circonstance ?

Ed. Lansman – 36 pages Sam Mas

IL ÉTAIT UNE FOIS, LA GUERRE

A l’occasion de la sortie du roman « Il était une fois, la guerre » aux éditions Les 3 colonnes, Willy Decourty s’est prêté à l’exercice de l’interview.

Que raconte « Il était une fois, la guerre » ? S’agit-il d’un roman de pure fiction ou vous êtes-vous basé sur des souvenirs familiaux ?

Je suis né en février 1945. La Belgique était libérée mais la guerre n’était pas finie. Très jeune, j’ai été impressionné par certains récits de ma grand-mère et de mes parents qui ont souligné les difficultés d’existence, lescraintes etles privationsendurées durant cettepériode. C’est ainsi que, jusqu’à l’adolescence, j’ai été hanté par l’éventualité d’un nouveau conflit et que j’ai développé un réel intérêt pour la seconde guerre mondiale. Le sujet de ce livre n’est donc pas innocent. Ce n’est pas un livre d’histoire, car je ne suis pas historien et qu’il ne m’appartient pas de réécrire l’Histoire. Il s’agit d’une fiction. Les personnages sont inventés, l’action est également pure invention même si je m’inspire parfois de faits authentiques, mais le fil conducteur général est le déroulement de la guerre depuis l’invasion de notre pays par l’Allemagne nazie jusqu’à la capitulation en 1945. Je précise que j’ai eu à cœur de respecter la vérité et l’authenticité historiques qui confèrent au récit un réalisme qui en estompe la nature fictionnelle pour le rendre beaucoup plus crédible. L’intérêt porte avant tout sur les personnages : leurs traits de caractère, leurs sentiments, leurs réactions dans un contexte inhabituel, pénible et dangereux. C’est l’époque où l’on peut se révéler un héros ou un salaud, loin du train-train paisible et rassurant de la vie quotidienne en temps de paix. C’est cet aspect-là que je préfère.

A qui s’adresse votre ouvrage ?

A tous les publics. Les personnes plus âgées seront sensibles à l’aspect historique du contexte qui a imprégné la vie de leurs parents et grands-parents. Les plus jeunes peuvent être captivés par un récit qui se lit comme une aventure palpitante avec un suspense, des sentiments et des rebondissements dans l’action. Chacun peut y puiser son compte.

Dans une autre vie, vous avez été bourgmestre d’Ixelles et député bruxellois, ces activités vous laissaient-elles le temps d’écrire ?

Non, pas vraiment. Les seuls écrits réguliers que j’ai assurés, c’était la rédaction d’éditoriaux à paraître dans le journal communal. Une exception cependant : à l’occasion de la célébration du quarantième anniversaire de mai 68, j’ai raconté mes souvenirs de l’occupation de l’ULB à laquelle j’ai participé. Ce n’était pas une fiction mais le récit d’événements que j’ai vécus comme acteur ou spectateur ; l’ouvrage s’intitule « Bruxelles, le 13 mai 68 ».

Avez-vous écrit et publié d’autres ouvrages à ce jour ?

Il a fallu attendre dix ans après ce récit pour sortir mon premier roman. « Le flic évanoui » n’est pas un vrai roman policier. L’intrigue policière n’est que le prétexte pour mettre en présence deux jeunes que tout oppose, un journaliste et un toxicomane, et qui vont cimenter progressivement une réelle amitié. A mesyeux,il s’agitdel’aspectleplusintéressant.C’est aussi l’occasiondefairerevivrelaviechaleureuse descafésdequartierdansleBruxellesdesannées70.Déjà, l’accentest missurlarichesseetlacohérence des personnages sans qu’ils soient supplantés par l’intensité de l’intrigue.

Comment se passe votre retraite ? Il parait que vous peignez. Oui, je me suis mis à la peinture. J’ai toujours été doué pour le dessin mais jamais je n’avais tâté de la peinture. J’ai essayé et ça m’a plu. J’ai produit quelques toiles et puis je me suis inscrit à l’Ecole des Arts d’Ixelles, pour mieux maîtriser les techniques et me perfectionner. Cela me donne beaucoup de plaisir. Quand je peins, je suis dans une bulle et rien d’extérieur ne me perturbe ; comme quand j’écris, je savoure la même sérénité. L’écriture et la peinture sont les occupations principales de ma retraite que j’interrompt parfois pour un petit voyage.

A quel type d’œuvres vous attaquez-vous ?

J’ai commencé par des paysages et, très vite, je me suis attaqué aux portraits. Je peins souvent des visages de célébrités comme des vedettes de cinéma. C’est une sorte de défi pour mesurer le degré de réussite de mon travail : si les gens les reconnaissent, c’est déjà gagné. Et, de plus en plus, je place les sujets dans des contextes insolites ou anachroniques, une sorte de clin d’œil qui donne à réfléchir. Je m’inspire en partie du peintre postmoderniste Roland Delcol. Je suis plus sensible au figuratif qu’à l’abstrait.

Vous sentez-vous prêt à exposer ?

J’ai participé enseptembre, pourlaquatrième année, auparcours d’artistes « We Art XL » organisésur leterritoire de la commune d’Ixelles. Un événement sympathique, populaire et qui a acquis une certaine notoriété. Et, en avril, j’exposerai dans une galerie, toujours dans la même commune, avec une autre artiste, Chanterax, plus influencée par le Pop-Art. Les confrontations avec le public sont des expériences fort enrichissantes qui permettent l’échange d’idées et entretiennent l’autocritique. Seul face à soi-même, il est plus difficile de mesurer ses lacunes et de progresser.

Propos recueillis par Daniel Bastié

À LARECHERCHE DU TINTIN PERDU

Le titre fait clairement référence au célèbre roman de Marcel Proust et nous propose une autobiographie qui se veut en même temps une réflexion sur le monde de la bande dessinée. Ricardo Leite est Brésilien et vit à Rio de Janeiro. Illustrateur, graphiste et designer, il a publié de nombreux albums de bédé tout en signant la pochette de disques d’une centaine d’artistes de chez lui. Depuis une dizaine d’années, il s’intéresse à l’univers d’Hergé au point de se lancer sur les traces de ce créateur à la base de la ligne claire et sans doute le plus important de sa génération. Son travail lui a d’ailleurs valu de recevoir les insignes de l’Ordre de la Couronne belge. A travers cet album, il nous propose de déambuler en sa compagnie pour découvrir les lieux qui ont influencé Georges Rémy et ceux qui lui sont aujourd’hui dédiés. L’occasion, chemin faisant, de retrouver l’une ou l’autre adresse traversée par Tintin et ses amis. Au fil des pages, on retrouve donc le décor de la Grand-Place de Bruxelles, la galerie Saint Hubert, le Centre belge de la Bande dessinée et, parmi beaucoup d’autres, le musée Hergé à Louvain-la-Neuve, ainsi que de nombreuses citations à des dessinateurs insuffisamment connus dans notre hémis^-phère : Chris Ware, Emi Ferris, Jayme Cortez, Francisco Ucha, Angelo Agostini, Juan Reis, etc. Pour les découvrir, une huitaine de pages de notices biographiques a été prévue en fin de volume. Le trait est hyperréaliste, ponctué par un noir et blanc impeccable. Même si Ricardo Leite raconte son admiration pour celui que beaucoup considèrent comme un génie, il invite également à une réflexion globale sur l’art, la technique, le geste créatif, l’inspiration et l’histoire de la bande dessinée. Enfin, il relate l’anecdote d’une rencontre avortée avec le papa du célèbre héros de papier durant les années 70. A travers une relation mionirique et mi-réelle, il contribue à nous faire aimer les aventures de Tintin, si ce n’est pas encore une chose acquise !

Ed. Sepia – 224 pages

DIX PETITS MEURTRES

Personne n’attendait ce thriller venu de Corée ! Un petit roman qui joue avec les nerfs et qui ne laisse aucun répit au lecteur. Rédigé à la première personne, il met en scène Jang Yeong-Mi, trader professionnel qui vit et agit simultanément devant deux écrans d’ordinateur et qui maîtrise parfaitement lesfluctuationsde laBourse. Acheter et vendre des actions n’ont pas de secrets pour lui. Puis, sans le chercher, il tombe sur une série de victimes d’un étrange coupeur de doigts aussi invisible qu’insaisissable. Se prenant au jeu de débusquer le coupable, il entreprend de le traquer sur le Net, en veillant à le piéger à sa manière. Mais tel est pris qui croyait prendre ! En optant pour cette stratégie, il comprend qu’il risque de se faire épingler par le serial-killer. ChoiJae-Hoon nousoffre un duel haletant qu’il présente comme une fable cruelle sur la vie et la mort. A mesure que le suspense croît, les spéculationsse multiplient : Pourquoi ne pas aller voir la police ? Qu’est-ce qui pousse le protagoniste à ne pas mettre un terme à la relation toxique qu’il entretient avec l’assassin ? Surtout que signifient ces corps qui s’entassent et dont les doigts tranchés s’additionnent, passant successivement de deux à trois, de trois à quatre, de quatre à cinq, etc. ? Aussi, quel mal y aurait-il à prendre part au massacre ? Il sera effectivement surpris en découvrant quel individu se dissimule sous les traits du psychopathe de service. Attention, récit addictif !

BOMBAY

Si certains la quittent sans jamais y être complètement entrés et que d’autres se contentent de la pointer de l’index dès que quelque chose ne tourne pas rond, Bombay demeure une ville unique en son genre, un endroit où le meilleur côtoie le pire et où les castes rythment les relations que les personnes peuvent entretenir entre elles. Shiv est envoyé dans cette métropole par son entreprise spécialisée dans le recyclage des déchets. Le bidonville de Gandapur devient son nouveau foyer le temps d’une mission. Non loin de là vivent toujours plusieurs membres de sa famille : sa maman adoptive, son meilleur ami et son amour de jeunesse Laleh, auquel il rêve toujours. Il avait oublié les tensions permanentes qui règnent entre communautés. Les hindous et les musulmans ne cessent pas de se chercher querelle et chaque prétextedevientsujet àdeseffusionsquipeuvent verserdanslaviolence physique. Marie Saglio nous sangle à son récit et nous fait découvrir un pays en effervescence permanente, en proie à la dualité des classes sociales, au sein duquel la richesse jouxte la pauvreté, où évolue une population confrontée aux désastres écologiques et humanitaires, victime d’une natalité galopante, confinée entre tradition et modernité. Puis il y a une multitude d’obstacles qui endiguent le déroulement du travail de Shiv : corruption, meurtres, empoisonnements. On se situe ici à mille lieues de l’Inde fantasmée à travers le cinéma qui multiplie les danses et les chansons pour offrir du rêve. La réalité tient davantage de Zola que des productions made in Bollywood.

NOS ROIS DE FRANCE

En renversant la monarchie, la révolution de 1789 a mis un terme à un système ancestral placé entre les mains d’une seule personne, quasiment divinisée ou crainte par la population. Qui étaient ces monarques aimés ou haïs. Si quelques noms restent ancrés dans la mémoire collective, d’autres se sont effacés des pages scolaires pour sombrer dans un oubli abyssal. Franck Ferrand, Pierre-Louis Lensel et Anne-Louise Sautreuil entendent les exhumer pour les présenter aux lecteurs en les replaçant dans leur contexte historique, redéfinir leurs actions et énoncer un avis sur leur règne. L’occasion de se souvenir et de nous poser maintes questions. Pareil système serait-il encore possible en France au XXIe siècle ? Doit-on se féliciter ou non d’un pareil héritage ? De quelle manière en est-on arrivé à fustiger ce système aupoint del’abattre ? Unesoixantaine de figures régnantes se sont succédé d’Hugues Capet à Louis XVI. Ont-ils fait preuve d’une véritable constance de génération en génération ? Quel est leur legs ? Possédaient-ils des côtés sombres ? A travers ces noms connus ou beaucoup moins, les auteurs s’attachent à retracer l’histoire de la nation colorée par la tonalité personnelle de chacun, en relevant des décisionsheureuses autant qued’autres quine l’ont pasété, et soulignent certainsparadoxes par le biais de chapitres adaptés ayant pour seule intention d’instruire sans lasser et d’appuyer chaque allégation de faits corroborés par des archives sérieuses. Un ouvrage richement illustré qui devrait plaire au plus grand nombre.

Ed. Perrin – 286 pages

LES NOUVEAUX MYSTERES DE LA BIBLE

On le sait, Dieu (si on y croit !) et Jésus n’ont jamais couché la moindre ligne par écrit. La Bible est essentiellement un livre rédigé par des hommes qu’on a pu identifier pour le Nouveau Testament et qui demeurentanonymesencequi concernel’Ancien. Desêtreshumainsfaitsdechairet desang, depassion et de conviction. Lire les textes rassemblés dans cet énorme livre implique de les remettre en situation, d’entreprendre un voyage dans le passé qui peut varier entre trois et deux mille ans et de s’informer sur les mentalitésdel’époque. Puis,témoignagesde foi, leschapitres éludent volontairement certainsdétails ou ne prennent pas la peine de les préciser, transposant plusieurs récits pour en faire des paraboles ou en inventant carrément d’autres pour offrir une leçon de théologie. Au fil des siècles, on l’a découvert, la Bible n’en finit pas de dévoiler des aspects qu’on n’imaginait même pas il y a quelques siècles. Les découvertes archéologiques ont bien entendu éclairé plusieurs récits pour les regarder avec un œil neuf ou faire briller de nouveaux points d’interrogation. Dans « Les nouveaux mystères de la Bible », d’éminents chercheurs, archéologues, historiens et théologiens partagent les dernières avancées majeures. De Moïse à Jésus, on découvre au fil des pages que nos traditions brassent souvent très large, mêlant les écrits canoniques à d’autres qui ne sont pas reconnus par l’Eglise. Pourtant, on le sait, la Bible ne ment pas. Elle a été rédigée par des croyants convaincus qui n’ont pas craint une mort violente et qui l’ont préférée plutôt que de cesser de clamer leur foi. Sans chercher à convaincre quiconque, l’ouvrage qui vient de paraître aux éditionsPlon tente d’expliquer, entre autres, la quête du Graal, les apparitions de Marie à Fatima, l’Arche d’Alliance, la puissance du roi Salomon et, parmi d’autres thèmes, les miracles du Christ. Avis aux amateurs !

Ed. Plon – 270 pages

Sam Mas

MAVIE D’INSTIT 3

La bédé attendue par beaucoup ! Emy Bill est institutrice et a commencé à mettre sur les réseaux sociaux des dessins qui lui permettent de s’épancher sur son quotidien, tout en gardant le sourire face aux vicissitudes du métier. Un sacerdoce si on se réfère aux témoignages de profs d’ici et d’ailleurs. Ce qui la fait tenir : les gosses qu’elle a devant elle chaque jour, qui pimentent ses journées et auxquels elle s’attache sans calcul. Des gamines et des gamins pas meilleurs que ceux des classes voisines, mais certainement pas pires. Des petits qui sont là pour apprendre et qui n’ont jamais leur langue en poche, toujours prêts à lâcher des bêtises, à colporter des indiscrétions ou à s’emparer des cancans pour les malaxer à leur sauce. Bref, sans aucune méchanceté, ils aiment faire tourner la maîtresse en bourrique. Finalement, embrayer pour le job d’instit consiste tout bonnement à renoncer à la routine et à ne jamais se trouver au bout de ses surprises.

Cette fois, l’autrice nous livre une série de perles et d’anecdotes, dont voici quelques exemples :

-Et le petit lapin mangeait des épinards. Une petite lève le doigt et annonce :

-Le pinard, mon papa l’aime bien. Il en boit toujours avec ses copains. Ou encore -Les élections vont se dérouler en secret. Vous savez ce que ça veut dire secret ? -Oui, secret ça veut dire que quand le monsieur vient voir maman, je ne dois pas le dire à papa ! Avis aux amateurs !

Ed. City – 144 pages Daniel Bastié

FEMMES REMARQUABLES DU MOYEN ÂGE

L’histoire a été rédigée par les hommes, reléguant bien souvent les femmes dans les rôles secondaires, voire à les évincer complètement des pages qui nous sont parvenues. Janina Ramirez entend remettre de l’ordre dans les oublis plus ou moins volontaires infligés au sexe dit faible. L’occasion de prouver que nos sœurs, filles ou épouses ont pris part à tous les événements majeurs du passé, devenant suffragettes, guerrières, monarques, mécènes, artistes, espionnes ou proscrites. L’idée que nous nous faisonsduMoyen Âgea souventété altérée par les romans et le cinéma, présenté comme une période d’obscurantisme et de terreur. L’auteure revient ici sur ces siècles durant lesquels nous n’aimerions pas vivre pour les éclairer de connaissances nouvelles. A travers des récits vivants et évocateurs, elle exhume des personnalités remarquables pour les présenter d’une plume dynamique et enthousiaste en évitant l’apologie. En utilisant des faits avérés et des dates précises, elle replace chaque événement dans son contexte en l’associant à l’avancée des femmes pour parler de leur complexité et de leur importance dans la société. Ce livre révèle également les raisons de leur effacement des cours d’Histoire autant que de nos mémoires collectives, tout en cherchant à nous débarrasser de nos préjugés et à nous faire repenser notre époque en replaçant chaque élément dans son contexte géographique et temporel. Belle démarche ! Ed. Autrement – 376 pages Amélie Collard

CHAOS

Où va la France ? Depuis pas mal de temps, les crises se succèdent au point de larder l’horizon de prévisions bien pessimistes. La population suffoque, les élus ne savent plus où donner de la voix, les slogans fédérateurs se multiplient pour ne rien engranger, les promesses de félicité s’accumulent et la colère après la crise des gilets jaunes, celle du covid et, maintenant, la guerre en Ukraine avec son cortège d’incertitudes, de pouvoir d’achat qui s’effondre et le prix des énergies qui flambe. Stéphane Rozès dans une série d’entretiens avec Arnaud Benedetti s’enquiert de l’état du pays, procédant à une auscultation complète des génies des civilisations et des imaginaires des peuples. Il formalise surtout une grille de lecture pour appréhender demain et éviter le chaos qui inexorablement se profile. Pour lui, il importe de s’approprier le cours des choses pour reprendre notre destin en mains, sans laisser à quiconque d’autre le soin de veiller à notre pérennité. L’histoire et lemomentvécu ne dépendentselonluinullement des forces matérielles, économiques ou techniques mais de la manière de les appréhender en faisant appel aux idées, à la logique et à la volonté. Les collectivités qui baissent les bras ou procrastinent risquent de payer bien cher leur inaction. Cet essai se propose d’analyser ce qui est la plupart du temps ignoré, mais qui gère le monde. Il y est notamment question de la mondialisation, du choc des cultures, de la concurrence débridée, de la course à l’hégémonie et de la faiblesse des états occidentaux. Le crash se profile et peut être évité ! Ed. du Cerf – 220 pages André Metzinger

LES MAÎTRES DU BONHEUR

Quelle définitionpouvons-nousdonner aumot bonheur ? Unterme utilisé àtort et àtravers, tropsouvent galvaudé ou mal compris. Chacun cherche cette sensation de bien-être et combien sont-ils vraiment capables de le reconnaître lorsqu’il se présente ? Être heureux, chacun le désire avec ferveur sans toutefois mettre en œuvre tous les moyens pour l’atteindre. Le bonheur se veut de par son essence l’antithèse du malheur, avec une part de chance qui intervient dans le tracé d’une existence. De la sorte, certains seraient plus aptes à être heureux alors que d’autres pencheraient pour une accumulation d’instants de guigne ou d’insatisfaction. Reste à circonscrire le bonheur au quotidien. Que cerne-t-il : santé, argent, amour, etc. ? Quelques-uns pensent même qu’il faudrait s’exercer pour atteindre ce stade de béatitude en se pliant à une sorte de philosophie ou de religion. Du moins, à une forme d’état d’esprit ! De grands penseurs se sont attelés au sujet en y allant de réflexions souvent intéressantes mais qui ne représentent jamais la panacée. Toutefois, à défaut d’adhérer complètement à leurs théories, ces dernières ouvrent des vantaux, poussent des portes et proposent des esquisses qui autoriseront l’un ou l’autre à accéder à ce qu’on compare parfois à une sorte de Graal. L’opportunité également de comparer cette notion à travers les âges et les philosophies qui nous ont précédés. Aujourd’hui, on exige le bonheur et ne pas avoir droit à sa part s’assimile à une frustration terrible. Catherine Golliau a réuni une série de textes pour nous proposer une thérapie positiveenvued’évacuerlesrelentsdemorositéquinouslaminent et nous inviter à nous épanouir en abandonnant les idées dépressives.

Ed. du Cerf - 228 pages

LA RUE MILITANTE

La colère se manifeste souvent dans l’espace public, en frappant les talons sur le bitume ou en arrachant les pavés. On le sait, tous les combats naissent dans le giron des revendications, loin des grands débats qui portent sur la moralité ou la nécessité. Le XXIe commence assez mal et le passé n’a pas grand-chose à lui envier. Plutôt que d’étudier les décennies en les brossant une à une pour les mettre en corrélation avec les slogans de chaque époque, Zvonimir Novak a choisi de laisser lesimages s’exprimer enles replaçant dans leur contexte pour retracer une série de luttes allant de la guerre des sexes à l’antisionisme ou à l’antifascisme, sans oublier le combat mené par les écologistes et les homosexuels. L’occasion de se gaver d’affiches, d’images et de dessins frondeurs, revendicateurs, méchants, hallucinants parfois. L’imagerie de ces trois dernières décennies nous apprend bien des choses sur nos valeurs, l’état de notre société et les mœurs d’une époque, sorte de curseur qui explique que les jugements fluctuent en fonction des sensibilités, des besoins ou des discours tenus dans la presse. Décidément, le poing frondeur n’est pas prêt à se glisser posément dans la poche d’une veste pour se calmer. Constat que la rue continue et continuera à être prise d’assaut par les manifestants et ses graphismes. Trente ans d’affiches de combat qu’on ne n’efface pas en un tournemain et qui témoigne de hordes humaines rassemblées pour faire bouger le socle des choses.

Ed. du Cerf – 287 pages Daniel

COMMENT ÊTRE ZEN SANS ÊTRE MOINE

Déstresser, ne pas se laisser envahir par les troubles qui agitent notre actualité et retrouver la sérénité qui, normalement, devrait nous habiter, voilà l’objectif de cet ouvrage ! Sans prôner ni défendre aucune philosophie particulière, aucun système de pensée ni aucune religion, Richard Seff propose d’embrayer pour une voie salvatrice en partageant son expérience même si chacun doit être libre de s’épanouir en s’engageant dans une voie personnelle. La méditation représente avant tout une aventure à la recherche de soi, de son for intérieur, loin du chahut de la société environnante. Elle invite à sauter dans le vide, à s’isoler pour mieux se retrouver. Elle n’a rien d’une quête, mais correspond à un moment d’action, guidée par un ego positif, sans tenter de le diriger dans un sens plutôt que dans un autre. Il s’agit encore moins de souhaiter changer le monde ni de s’y opposer puisqu’on est obligé de composer en sa compagnie. Méditer revient à trouver la zen attitude pour vivre heureux dans un monde qui multiplie les contraintes, qui additionne les agressions, tend des obstacles et de s’efforcer d’éviter les blessures et la souffrance. Bref, il importe derenaître pour prendre du recul par rapport à des illusions forcément impossibles à atteindre, de se réconcilier avec la vie et de saisir chaque moment de bonheur qui se présente sans se mettre martel en tête, craindre la manière dont il risque d’évoluer et se contenter de chaque minute qui s’égrène.

Ed. Ipanema – 231 pages Sylvie Van Laere

CORPS À CORPS

Arielle Sibony,dont voilàlepremier roman, auscultelesliensqui unissent deux sœurs à travers les épreuves de la vie et la maladie. Comment imaginer unjourquetout basculerait avec unesi froide célérité ? Commenttrouver lesmotsidoinespour parlerd’un mal incurable ? Aurore refuse d’accepter le déclin de sa sœur atteinte de sclérose en plaques. Alors, elle fuit et se réfugie dans la danse, dans les ivresses des rencontres anonymes, dans les bras de la nuit, dans les souvenirs moelleux qui alimentent toujours son présent. Néanmoins elle sait que la mort ne s’apprivoise pas et qu’on nejouepasdetour audestinqui gagnequoiqu’iladvienne. En écho aux lettres meurtries qu’elle reçoit d’Aurore, la malade cherche à faire bonne figure en parant ses missivesd’une lumière évanescente, avec même des fulgurances et des pointes d’optimisme malgré la fatalité dont elle est pleinement consciente. Il y a enfin la mort qui s’annonce par touches multiples, qu’on pressent et qu’on palpe lentement. Aurore affirme : « Je ne savais pas qu’une sœur pouvait partir ! » Un livre intime qui pointe les émotions et les rend tangibles au point que chacun puisse s’identifier aux protagonistes ou reconnaître l’une ou l’autre séquence du récit comme faisant de son propre parcours. Quelle justesse dans le ton et le soin apporté aux émotions !

Ed. Michalon – 249 pages

Amélie Collard

NOUS AVONS TRAVERSÉ L’ENFER

L’enfer réside sur terre. Jean-Paul Sartre allait jusqu’à affirmer qu’il EST les autres ! Jwan Awara parle d’une région du monde que nous ne connaissonspas beaucoup vue de Belgique oude France. Que resteil de l’Irak après l’intervention des Etats-Unis qui ont pilonné chaque région ? Naguère prospère, le pays a été laissé exsangue, abandonné par les nations. De retour chez elle après un longexil, Janfida est enlevée par des membres dupartiBaas et contrainte de fabriquer des obus dans les sous-sols de Duhok. Une vie loin de la lumière. Dans cet appendice de l’enfer, elle croise d’autres personnes qui comme elles ont été délestées de leur liberté, avant d’être jetées en prison ou vendues comme esclaves sexuelles. De Souleimaniye à Erbil, en passant par Bakouba, Jwan Awara fait battre les flancs du Kurdistan iranien en parlant d’une poignée de femmes oubliées, sans aucun droit et lâchées par tous les regards amis. Un récit qui décrit l’horreur loin des caméras et des micros des télévisions, à des lieues de tout ce qu’on imagine. L’option de la narration multiple offre un prisme de la violence au quotidien et du sort des filles, des épouses et des sœurs dans une région du monde où le bonheur a été confisqué par la rage des hommes, la folie des gouvernants et un régime dictatorial inhumain.

Ed. Michalon – 312 pages

Paul Huet

CHRISTIAN DOTREMONT : A PERTE DE SOUFFLE

Les toiles de Christian Dotremont dévoilent tout ce que les peintres voient dans l’acte de peindre. Une telle découverte justifiait le succès de l’artiste, il était l’inventeur d’un lieu de passage, d’initiation des novices à une signification substantielle de la peinture. Néanmoins, il subsiste bien peu d’informations concernant la trajectoire de cet artiste hors du commun et inventeur d’un langage nouveau. Georges A. Bertrand est sorti émerveillé de l’exposition que les Musées royaux des Beaux-Arts avaient consacré l’an dernier au personnage. Avec cet article, il entend rassembler le fruit de ses recherches, poser sur papier le résultat de ses réflexions et offrir au lecteur une clé. L’occasion de lire avec énormément d’intérêt tous les éléments qui ont participé à ouvrir l’esprit de Dotremont à cette vérité qu’il contenait, qu’il formait l’espace d’un temps face au support avec toute la splendeur que ses yeux avaient accumulée par le passé et qui devait servir à nous amener autre part. Un petit livre qui devrait passionner tous les amateurs d’art, mais pas que … Ed. Lamiroy – 32 pages

MICHELAUDIARD : L’HOMMEÀLACASQUETTE ÀCARREAUXQUIENAVAIT SOUS LE CAPOT

Les répliques de Michel Audiard sont associées aux films français populaires. Pas toujours des réussites mais des longs métrages que l’on prenait plaisir à découvrir sur grand écran ou à revoir à la télévision et dont plusieurs se sont détachés du lot en s’incrustant dans la mémoire collective. Avec le temps, le dialoguiste a acquis une renommée qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait obtenue, parvenant à faire inscrire son nom en majuscule sur les affiches en guise d’accroche. Professionnel jusqu’au bout des ongles, il possédait le chic au moment de faire rutiler les mots dans la bouche de Jean Gabin, Bernard Blier, Lino Ventura, Maurice Biraud, Jean Lefebvre, Jean-Paul Belmondo et les autres, n’affichant jamais ses opinions personnelles. Beaucoup de choses ont été rapportées à son propos : il aimait le vélo, laissait traîner une oreilleattentivedans lalogedes concierges, occupait unechaise danscertains bistrots parisiens et nourrissait son art d’expressions glanées ici et là. Lui qui affirmait « C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! » connaissait les mille manières de donner le change à l’écran et rédigeait sur mesure en imaginant quel comédien ou quelle comédienne défendrait ses réparties. Il n’entendait pas créer des dialogues immortels façon Shakespeare, mais collait au plus près des gens en élaborant un cinéma récréatif fait avant tout pour apporter du plaisir et distraire des vicissitudes de la vie. Audiard … son nom est devenu au fil du temps un véritable label ! En plus de ses presque quarante ans de métier, il a pris haut la main la relève de Jacques Prévert, Charles Spaak, Jean Aurenche et Henri Jeanson dans le cœur des spectateurs. Sa verve et son sens inné de la formule reflètent à eux seuls tout l’esprit de la langue française de l’élégance à la gouaille, de l’humour au cynisme. Alain Magerotte revient sur le phénomène Audiard avec le talent qu’on lui connaît. Un bel hommage ! Ed. Lamiroy – 36 pages

ANAËL ET ABEL CÉLÈBRENT LE CANTIQUE DES CANTIQUES : MYSTÈRE D’AMOUR DE L’ÉTERNEL

« Le Cantique des cantiques, écrit cinq siècles avant notre ère, est une merveilleuse manifestation de l’amour. Il nous fait découvrir son universalité, sa symbolique, son origine et sa mystique. » C’est ce que dit Maurice Chabot, fasciné par ce chant qu’il avait découvert et sublimé dès sa jeunesse. Il avait longuement travaillé sur le Cantique avant d’en faire un livre sous une forme originale, mais il ne l’avait jamais terminé. Et voilà un homme qui, bien plus tard, sachant sa fin très proche, décide d’achever son œuvre afin de ne pas partir sans avoir transmis à autrui sa passion de toute une vie pour ce chant d’amour qu’est le Cantique des cantiques. Dans cet ouvrage et afin d’en rendre la lecture plus attrayante, l’auteur propose un dialogue initiatique. Avec Anaël et Abel, vous découvrirez comment est née et fut construite cette célébration du plus beau de tous les chants et qui, nous dit-il, fait de l’amour le symbole d’une réalité religieuse. Selon l’auteur, les dix poèmes qui constituent cet ouvrage peuvent s’interpréter à quatre niveaux : d’abord comme un poème universel sur l’amour humain ; puis comme une représentation de l’amour de Dieu et d’Israël ; ensuite comme une description du processus de création de l’Univers par l’union de l’homme avec son créateur ; enfin, on plonge dans la mystique où l’âme du monde, celle de la bien-aimée, se perd dans l’amour de son bien-aimé. A travers ces poèmes, le lecteur comprend la force du lien qui unit ceux qui s’aiment. Ceux-ci ressentent une passion d’autant plus forte qu’ils ne cessent de se séparer, de se rechercher et de se retrouver, intensifiant ainsi l’expression de l’amour et la nécessité de se connaître mutuellement. Il y a là toute une pédagogie qui s’installe et qui peut s’exprimer on ne peut mieux dans cette phrase : « Celui qui voudrait acheter l’amour ne recueillerait que mépris. » Pour l’auteur, un long cheminement permet d’appréhenderlevéritableamour, demieuxcomprendrelesrelationshumainesquiconnaissent deshauts et des bas. Il montre aussi la tendance à créer sans cesse de nouvelles technologies afin que nous puissions vivre aussi confortablement que possible. Le problème est que, dans cet univers mondialisé aux technologies encore mal maîtrisées, on risque de s’enfermer dans le virtuel au détriment de l’existentiel. Or, l’essentiel de la vie est d’apprendre à regarder, à parler, à aimer ceux qui sont autour de nous. Nosparentsne nousont-ilspastout donnépourqu’à notretournoustransmettions cettegratuité de l’amour qui remonte à la nuit des temps ? Dans un tel univers, le dialogue d’Anaël et d’Abel vise à redonner au lecteur le sens d’une plus grande humanisation. Independently published - 282 pages

Martin Meyer

LE RETOUR DE JULIEN

Il a vingt ans à peine mais son caractère rebelle le pousse à grimper au sommet du terril le plus haut du bassin de Liège pour y planter un grand drapeau belge visible de partout. Nous sommes en 1940. Arrêté par les soldats du Reich, il est emmené dans un camp de concentration d’où il ne reviendra jamais. Cinquante ans plus tard, une jeune femme d’origine sibérienne débarque d’un train qui s’arrête en gare de Hamoir. Francis Cornet nous livre un récit à hauteur d’épaules qui revient sur la guerre et les années terribles qui ont ravagé la Belgique. En s’emparant de l’Histoire par le petit bout de la lorgnette, il raconte la (courte) existence de Julien, son courage et son patriotisme alors que beaucoup attendaient que l’ennemi s’en aille et que d’autres fassent le travail à leur place. Plutôt que d’être inhumé brutalement avec le décès du protagoniste, le récit redémarre un demi-siècle plus tard avec cette visiteuse venue d’on ne sait pas trop où et qui n’entend pas laisser le sang sécherdanslesmémoires. Quiest-elle ? Queveut-elle ?Lestylevifdel’auteur nous emporte jusqu’au dernier chapitre et nousinvite à revivre une page d’une époque que beaucoup n’ont pas connue. Un temps de privations avec un manque de nourriture et surtout une absence totale de liberté. A travers Julien, c’est une Belgique frondeuse qui se soulève. Un héros ordinaire coincé dans la cruauté d’un temps peu ordinaire !

Ed. Le Livre en papier - 100 pages Sam Mas

L’ÉTERNELLE CHUTE D’ALICE

Une petite ville à l’orée de la forêt est soudainement préoccupée par un trou de trente-cinq centimètres de diamètre et cent sept mètres de profondeur qui apparaît aux yeux de tous et devient l’objet de multiples spéculations. Et si ? Les imaginations s’emballent au point de friser la déraison. Il paraît même qu’une gamine de la région ait été avalée par la bouche béante. La folie s’empare lentement des esprits et fige les activités. Carrés devant leur poste de télévision, les habitants attendent une explication. Avec la force d’une traînée de poudre, la nouvelle dépasse le périmètre national. Dans les foyers, sur les places publiques et dans les bistrots, aucun autre sujet d’actualité ne fait les gros titres. Hugo Bernard propose une fresque humaine dont le l’intitulé propose une référence à « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll, reprenant à son compte l’aspect cruel de ce roman pour l’actualiser et le planter aujourd’hui, alors que les mentalités ne diffèrent pas ou si peu de celles usitées il y a un siècle ou deux. Le récit révèle son lot de surprises et prouve à quel point la crédulité de nos contemporains reste d’une ténacité inoxydable. Très vite, ce trou focalise les attentions et semble plonger les esprits dans l’âme intrinsèque de la nature humaine, avec ses failles, ses limites mais aussi sa capacité à rebondir. En filigrane, il livre une réflexion métaphorique sur notre addiction aux médias, notre propension à ne plus réfléchir par nous-mêmes et à nous bercer de raisonnements futiles. Bonne atmosphère pesante et second degré indispensable pour ne pas sombrer dans la neurasthénie.

Ed. Presses de la Cité – 288 pages Andrea Cerasi

1800 - LA MAIN DE SANG

L’Aigle n’est plus ! La France se trouve au bord de l’implosion. Comment gérer la succession de Bonaparte et qui placer à la tête de l’Etat ? Les candidats se bousculent. Parmi eux, le redouté Joseph Fouché ministre de l’Intérieur qui a toujours su habilement mener sa barque, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément nommé Talleyrand, diplomate aux dents longues, ou Joséphine de Beauharnais, veuve de l’empereur ? Certains murmurent que les cartes ont déjà été tirées et qu’une personne externe à ce cercle pourrait bien saisir les rênes du pouvoir. Les crimes se succèdent à vivre allure sans que la police ne parvienne à savoir d’où tombent les coups. Armand de Calvimont, aventurier bardé d’ambitions, découvre un complot et met tout en œuvre pour le déjouer. Il subodore que le destin de la France ne tient plus qu’à un fil et que le temps presse. Tristan Mathieu, spécialiste de la révolution de 1789, se lance dans le récit romanesque en mettant en scèneunprotagonistequi tientunpeudespersonnagesd’AlexandreDumas et qui entend damer le pion au destin. Pour ce dernier, avancer revient à vivre (voire à survivre) et vivre consiste tout simplement à réussir dans l’existence. Des salles de jeux aux alcôves où les puissants se livrent à des jeux libertins, il retrace une époque d’insécurité et de terreur qui tenait bien peu compte de l’intérêt public et qui se focalisait avant tout sur les privilèges de certains. Fouché et Tayllerand se prêtent ici à un duel ayant pour objectif la mainmise sur l’appareil étatique. Edifiant ! Ed. Presses de la Cité – 332 pages Paul Huet

LES MOTS DE RUSSIE

Publié en 2006 et prix des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles, « Les mots deRussie » était le premier volet d’un triptyque dont les deux autres, « Les tulipes du Japon » et « La Maison duBelge » ont été publiés aux éditions M.E.O. Il n’était plusdisponibleen librairie depuis lurette. Bien que chacun de ces ouvrages puisse être lu indépendamment des autres, il était important de rééditer cet éclairage essentiel sur la vie d’Élisabeth, enfant prise en étau entre les exigences d’un père russe et le rejet d’une mère polonaise, tous deux rescapés des camps et profondément perturbés par ce qu’ils avaient subi. Élisabeth a été une enfant martyre, tiraillée entre la violence de sa mère et les exigences de son père qui, la voyant douée pour l’écriture, exigeait qu’elle raconte sa vie, dont il lui confiait des bribes romancées. Après le suicide de ses deux parents et une période d’amnésie, elle s’est vouée à la reconstruction de sa propre histoire et à la quête de la vérité sur ses géniteurs. Bien sûr, Isabelle Bielecki présente quelques similitudes avec l’héroïne de ce roman tragique. Née dans un camp de regroupement des rescapés de la Seconde Guerre mondiale, son père d’origine russe et sa mère d’origine polonaise reçurent peu avant le statut de réfugiés de l’ONU et vinrent s’installer en Belgique, près de Charleroi, à Farciennes, où le chef de famille travailla dans les mines durant cinq ans, avant de monter dans la capitale. Un regard dans la lucarne des souvenirs … Ed. M.E.O. – 204 pages

FÊTES, FUREURS ET PASSIONS EN TERRE D’ARDENNE

Paru il ya quarante ans chez Robert Laffont sousle titrede Nicolas Gayoûle, voilà unlivrequia, comme certains vins, bonifié avec le temps. S’articulant autour de la figure tutélaire d’un grand-père, conteur et chansonnier, il se développe par épisodes dans une vie comme exaltée, où les cœurs purs côtoient les âmes damnées et où les faits et gestess’inscriventdansunregistretantôt truculent, tantôt tragique ou intime, pieux ou paillard, et toujours émouvant. Liberté de ton, vigueur, mouvements d’humeur et traits d’humour dynamisent ces histoires de désir, de naïveté et de tendresse, ces amours au fond du soir, ces tentations terribles, ces fidélités et infidélités, ces ivresses et ces batailles. Une allégresse de vivre et de voir court à travers les images drues, charnelles etbaroques, avec à la clé spotset proverbes d’amon nos ôtes. N’est-ce pas de ces fêtes, fureurs et passions dont nous avons le plus besoin en notre époque dénaturée, désenchantée, précipitée dans la course mercantile du progrès, où les racines se raréfient, se perdent, s’épuisent ? Jean-Pierre Otte signe un ouvrage ancré dans le passé et qui sent bon le temps révolu, avec un parfum de nostalgie prégnante et la sensation que les souvenirs s’égrènent lentement lorsqu’on y repense. Ed. M.E.O. – 172 pages

LE TEMPS D’UNE CERISE

Âmes sensibles, surtout ne pas s’abstenir ! Ce roman déborde d’amour sous toutes ses formes comme la passion, l’amitié, la tendresse. Vous percevrez certainement aussi d’autres nuances… Jo conjugue le verbe aimer au passé et au présent, dans unmode indicatif de son état d’esprit : celui de l’homme d’une seule femme. Ses sentiments l’emmènent même parfois jusque dans l’Au-delà… Quadragénaire célibataire, il vit dans la fermettehéritéedesesparents. Côtéface, lebusinessmantriomphe.Côté pile, l’hommeaucœur«grenadine»croitauGrandAmour!Il sait qu’on le considère comme un utopiste. Ça l’inquiète parfois, sans plus. Il se confiesouventsurlesaléasdesavieamoureuseàsonvieuxcerisierqu’il vénère. Trouvera-t-il celle qu’il cherche depuis toujours ? Un roman écrit par José Médot, ancien instituteur puis directeur d’école primaire aujourd’hui retraité.

Le livre en Papier – 623 pages

Hugo Maes

LA FRANCE AUTHENTIQUE

La France, comme beaucoup de pays dans le monde, traverse une secousse économique, climatique, politique, qui ne laisse pas le peuple indifférent à cette « guerre » qui les concerne mais dont il n’est plus maître.

Jean Lassalle, député, exprimedepuisde nombreuses années sondésir deredonner laparole aupeuple français. Ce peuple qu’il aime, qu’il défend, qu’il chérit plus que tout. Il veut avant toute chose, que la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité, soit respectée.

Né dans une famille de Berger, Jean Lassalle a été maire de son village natal dans les PyrénéesAtlantiques, pendant 40 ans. Député et candidat aux élections présidentielles, il a su marquer, par sa personnalité, l’histoire de la Ve république.

Connu pour défendre ses convictions et les citoyens français, il s’est fait remarquer :

- En arborant un gilet jaune à l’Assemblée nationale, - En entonnant Se Canto, l’hymne de sa région, en plein Hémicycle,

- En faisant trente-neuf jours de grève de la faim, mais pour chacune de ses convictions, M. Lassalle a su garder son authenticité, sa simplicité, son amour pour ses concitoyens et sa France. ***

En novembre 2022, j’ai eu le plaisir de rencontrer cet homme à la Foire du livre de Brive, en Corrèze. Loin de la sphère politique, respirant la simplicité, la joie de vivre, la bienveillance, prenant le temps nécessaire d’échanger avec chacun d’entre nous, il m’a donné cette envie de découvrir à travers son livre, ce qu’il pense et souhaite pour notre pays.

Un livre dépourvu de prétention, d’excentrisme, de narcissisme. Un moment de lecture qui rappelle à tous, qu’un peuple a lui aussi le droit d’exprimer et de défendre ses convictions.

Editions Glyphe – 112 pages

DES CHAMPS AUX CAMPS : JOURNAL DE GUERRE D’UN JEUNE SOLDAT !

S’il m’a fallu du temps pour définir l’ouvrage rédigé collaborativement entre Hilde Devoghel, auteurerédactrice, et Willy Boghe, c’est en raison de la richesse de son contenu. Perplexe au premier regard de ne trouver aucune référence, pas d’ISBN, j’avoue ne pas avoir donné priorité à la lecture d’un livre qui la méritepourtant. Ensuite, jemesuisoffert leplaisir de dégustersa rédactiondefaçon homéopathique, non pas en raison d’un quelconque désintérêt, au contraire, mais pour être certain de partager mes impressions au témoignage offert par un journal à la couverture toilée, rédigé par le père de Willy et rangé dans un classeur devenu vieux. Nous ne pouvons occulter que l’Histoire s’érode avec le temps, nier cette évidence pourrait nous fourvoyer. Tel un spectacle vieillissant, la folie meurtrière du vingtième siècle, si elle n’est expliquée avec les justes mots, finira par s’exhiber aux yeux des jeunes générations comme faisant partie des soubresauts du passé au même titre que la bataille de Waterloo se dévoile aujourd’hui à nos contemporains.

Journal de guerre d’un jeune soldat n’est pas qu’un témoignage, ce n’est pas non plus qu’une simple narration, c’est un récit prenant, une sorte de patrimoine dénudé des artifices inévitablement enjolivés par l’orgueil des vainqueurs. Je vous partageais en introduction la difficulté que j’avais à classifier ce livre probablement parce que l’effeuillement des pages offre une telle richesse de documents, de témoignages, un aperçu de la terreur des lendemains, de l’épuisement omniprésent ainsi que ces basculements de vie, que j’en venais à percevoir de la culpabilité d’être assis devant mon bureau à regarder les hirondelles voler en paix. Oh! combien je prends conscience que ma jeunesse s’est envolée et sais également que ma génération a eu la chance de vivre en paix bien qu’on nous berçait souvent avec les souvenirs de nos parents. Je les entends encore nous parler ce ces peurs omniprésentes et quoiqu’elles soient enfuies sous l’ombre du subconscient on ne peut ignorer lorsque, devant les moindres soubresauts du monde, ils encombraient les rangements de cave par des réserves de sucre ou de café.

Allons, quoique nous offre notre époque, pouvons-nous occulter le destin de ces jeunes tels que Louis Boghe âgé d’à peine vingt ans (à l’époque mineur d’âge), qui soudain découvrent les plaines de l’enfer, le bruit insoutenable de ces arracheuses de vie venant du ciel, de la mer ou parfoisd’uneembuscadeet qu’importelenomque porte chacun des belligérants puisque le monde des puissants décida à faire aboyer les armes en offrant l’ablation d’une multitude d’espoirs fanés aux yeux des lendemains.

Non, je ne vous décrirai pas le livre, juste vous partager que je l’ai aimé quoiqu’il fut un compagnon blessant. Etpuis ? J’airefermé la dernière page en déposant d’un gestenaturel une œuvre que j’ouvrirai souvent, me rappeler la chance de ne pas vivre sous le joug de la guerre et ne soyons pas aveugle, les choses peuvent basculer à tout instant. Ensuite, j’ai observé le monde par la lucarne de ma télévision. J’ai vu passer la ronde des injustices, j’ai entendu crier le nom de la démagogie et le ballon adulé par une forme d'hystérie collective, rouler sur des gazons semés sous la démesure alors que grimpe le prix du pain. J’aurais pu rejoindre le désespoir s’il n’y avait ces gens œuvrant sans faire de bruit à soulager les autres. J’ai vu des mains tendues, des gestes de politesse et quoiqu’en disent quelques esprits chagrins, l’espoir ne s’éteindra jamais, elle fait partie de nos combats individuels. Journal de guerre d’un jeune soldat se prétend être un témoignage, mais, se résume-t-il à cette simple dénomination ?

LE SECRET DE MONALISA

"En montant à son rythme, elle était attentive à l'environnement, à la verdure et aux buissons de part et d'autre du sentier. Son attention fut attirée par un mot inscrit en majuscules sur l'une des marches taillées dans la roche : Monalisa, comme la célèbre Joconde peinte par Léonard de Vinci. Bizarrement, elle n'avait jamais remarqué cette inscription auparavant..." Hallucination ou Lona vient-elle réellement de découvrir cette inscription sur l'escalier rocheux devant la mener au sommet de la falaise de Varkala ? Quelques minutes plus tôt, les rayons du soleil éclairaient encore les pensées (relativement) tranquilles de la touriste venue en vacances dans le sud de l'Inde, en bordure de la mer d'Oman. De vraies vacances ? Lona est en fait en quête d'une pierre à la demande de Sam, le charmant saxophoniste pour lequel elle semble éprouver des sentiments, unSam sansdoute loin d'imaginer ce qu'il a déclenché en elle: une tempête intérieure et le début d'un véritable jeu de pistes semé d'indices, de codes, de messages que l'agréable et persévérante Lona va tenter de déchiffrer, entraînant à sa suite le lecteur dans ses analyses et déductions parfois à la limite de la rationalité mais n'est-on en fin de compte pas plongé ici au cœur d'un voyage initiatique, imprégné de croyances et de convictions à mille lieues des nôtres très (trop?) occidentalisées ? Œuvre littéraire pleine de mystère, digne d'un Dan Brown ("The Da Vinci Code") au style vif et attrayant, d'une structure très élaborée, "Le secret de Monalisa" de Murielle Lona est bien plus qu'un roman: elle est telle une savante mosaïque incluant des éléments d'autobiographie et un enseignement profond, qui n'est pas des moindres, Histoire, culture et traditions formant le ciment de l'ouvrage, Murielle Lona connaissant visiblement sur le bout des ongles cette région de l'Inde magique et enchanteresse (plage de Papanasam...). Et les amateurs d'énigmes se régaleront, chiffres et lettres se côtoyant ici gaiement, dissimulant peut-être un incroyable secret. De quel ordre ? Universel ? L'histoire ? Dévoilons-en le minimum - la quatrième de couverture vous en apprendra déjà beaucoupet les messages habilement camouflés, au lecteur de les découvrir, un lecteur qui sera obligé pour cela d'entrer dans la peau de Lona Sampai, notre aventurière, notre héroïne ! Sur son chemin, elle croisera entre autre, à Mumbaï, la route de Herschel, un étrange voyageur d'origine sud-africaine, avant de faire connaissance notamment avec le professeur Dharma, un sage, l'étoile Revati, Ngayang, une superbe Tibétaine, son amie, et la singulière Amma. Que viennent faire dans cette histoire, tels des intrus peutêtre, Guillaume Musso et Marc Lévy, deux auteurs appréciés de Murielle Lona? La réponse dans le périple de Lona au terme duquel nous découvrons que pour l'auteure "Un roman naît d'un regard que l'on porte sur le monde, de l'envie de partager des expériences de vie avec ses lecteurs...", quoi de plus révélateur ? Une belle attention de fin d'œuvre ! Les personnages ? Finement décrits, originaux, une psychologie fouillée qui sied à l'ouvrage d'une construction réfléchie avec un bel équilibre narrationdialogues, les fausses pistes obligeant cet explorateur qu'est le lecteur à jouer à l'archéologue. Le style ? Fluide et accrocheur, une touche de Lévy à la clé dans la formulation, des allers retours dans le temps et l'espace également au programme mais l'on ne s'y perd point à condition de ne pas vouloir progresser à la vitesse de la lumière sur le chemin...vers la vérité ? Sam, le séduisant saxophoniste, qui a connu l'abandon et la perte d'une aimée, serait-il l'âme soeur, le Bachert de Lona? Madame Eva, la cartomancienne, lèvera-t-elle un coin duvoilesur la destinée de notre héroïne ? Celle-ci se laisse-t-elle finalement troubler par la découverte de cette inscription dans la roche? "En observant de plus près, Lona remarqua qu'une magnifique enveloppe de couleur dorée traînait par terre. Dans le coin supérieur gauche apparaissait un dessin du dieu Ganesh. Curieuse, Lona s'abaissa pour ramasser l'enveloppe..." Qui a placé à cet endroit-là cette missive qui semble lui être personnellement adressée et pourquoi ? Son futur est-il en fin de compte déjà écrit ? Quelles sont éventuellement les règles à suivre afin qu'elle n'y perde pas son âme ? Suivons sans attendre Lona dans ses pérégrinations, ses rêves, ses déductions, ses joies, ses peines, ses poèmes inspirés notamment par l'instant et ses émotions, sur son chemin vers le bonheur. "Le secret de Monalisa" ? Autant en emporte non pas le vent mais la plume de Murielle Lona, une auteure à suivre, exploratrice du cœur et de l'âme. Le sens profond de son œuvre? Probablement au bout du chemin, le chemin que vous allez à présent emprunter ... Cette œuvre ? A faire pâlir d'envie Saint-Albin-Michel à coup sûr !

Thierry-Marie

Ed. Avant-Propos – 304 pages

INSPIRATIONS

La connaissance n'est pas le but ultime, la connaissance est intellectuelle. L'intuition n'est pas le but ultime, l'intuition est immédiate. Le mental n'est pas le but ultime, le mental est spirituel. Il faut conjuguer ces trois unités pour te réaliser complètement et trouver la voie du Bonheur. (...) Ces trois forces sont interdépendantes."

"Dédié à uneâme jeuneet sensiblequi n'a pasencore été dénaturée par notre société", savoureuse œuvre dont chaque page est telle une carte à tirervoyage, méditation, pensée,... -, "Inspirations" de Carlos Vaquera, auteur également maître-expert en communication non verbale notamment, est telle une merveilleuse aventure intérieure remède orienté miracle pour ceux et celles dont la vie ressemblerait à un douloureux chemin de croix, odyssée où chaque station ou point d'arrêt a sa raison d'être, son rayon: une jolie préface de mots et de mains cédant le pas à un préliminaire (luminaire?) magie et "ombres" nous conduit bientôt aux portes de l'intuition, de la connaissance et de l'invisible si palpable, libération vers le bonheur, l'amour et le bien si souvent confronté au mal, avant que nous ne prenions le train d'une superbe inspiration avec un vieux sage aux apparitions judicieuses, notre âme d'enfant à retrouver incidemment, les chats à vénérer consciencieusement, l'humour à cultiver extemporanément, le petit détail à exploiter pleinement, l'échec n'étant point à craindre, l'obstacle de même - inspiration deux! - , le pouvoir de visualisation capital, la mort n'étant point une fin en soi et c'est loin d'être le terme de notre voyage:

- Délivre-toi des voies qui t'éloignent de la vérité.

- Tes amis de cœur sont là pour la personne que tu es.

- Si tu prends conscience que chaque jour modifie ton corps et tes pensées, tu pourras affronter le changement sans résistance.

- Il n'y a que l'instant juste qui t'offrira la victoire;

- Le courant est ton émotion, la vague est ton instinct; inspiration trois ! Pause. Être ou paraître ? Tu es un être sans limites, accepte d'être et refuse tout autre identité; ensuite acquiers une technique qu'elle soit artistique ou autre; être libre, c'est vider son esprit afin qu'il puisse tout accueillir ; la pratique est la clé du succès; le pouvoir du mental est illimité; inspiration quatre! Oui, inspire, expire... La vitesse ? N'essaie pas de suivre le rythme que la société t'impose, permets-toi de t'arrêter, et à temps ! Le désir et le besoin ? Ne prends point une nouvelle route si tu n'es pas certain d'avoir été au bout de celle que tu parcours maintenant;ne néglige point l'action ni le corps ni la posture; les conflits ne sont ni positifs ni négatifs. Inspiration cinq ! Richesse. Et la volonté ? Chaque pensée positive est une volonté ; chaque volonté, une action; tu es une source de résonance; si tu acceptes la différence comme une richesse, tout point de vue autre que le tien peut devenir une source de réflexion; donne ce que tu peux donner au lieu de t'attendre à recevoir; tâche de rêver au-delà de toutes espérances; inspiration six! Sagesse. Les classiques, l'héritage de tes prédécesseurs, cultive-les et entretiens-les constamment; seule l'utilisation de tes propres biens pour aider les autres recèle une réelle valeur; libère ton sourire, tu entraîneras les autres dans ton sillage ... La vie ? Qu'en dit notre auteur en fin de compte ? Qui sont ceux et celles qu'il appelle "les ombres"? Faut-il du courage et de la volonté pour ne pas nous laisser corrompre par les êtres qui nous manipulent? Qui est en réalité Carlos Vaquera également auteur de "L'empreinte de l'invisible", roman dont "Inspirations" faisait au départ partie intégrante ? Tant de questions nous viennent à l'esprit, au cœur, à l'âme, nous sommes curieux, intrigués, avides, raison pour laquelle nous nous devons d'embarquer dans cette exploration stylée, raffinée, station par station, pas à pas; quant à l'écriture, elle est souple, féline, sensible, nos pensées affluant, nous ramenant vers nousmêmes et nous conduisant à un inévitable, voire inéluctable, examen de conscience. L'ego, son importance, notre fierté, nos propres valeurs, et habilement notre ami Carlos nous interpelle, nous touche, et il nous aime tout en nousguidant, l'amour présent entre les lignes, même davantage... L'œuvre ne fait que 116 pages ? La quantité n'entre point en ligne de compte ici mais bien la valeur intrinsèque de l'ouvrage émaillé d'inspirations destinées à respirer l'existence. "En chaque être sommeille un livre", apprenons-nous... Paraît-il... Faut-il le croire ? Doit-on y croire ? Concluons sur cette énigme mais un dernier conseil malgré tout : n'oubliez jamais d'inspirer et de vous laisser inspirer ! Veni, vidi, vici ? Ed. Lamiroy – 116 pages Thierry-Marie Delaunois