Carnet de voyage avril 2024
«To provide meaningful architecture is not to parody history, but to articulate it»-Daniel Libskind
Etapes du voyage
01. Mulhouse 01-02
02. Bâle 03-06
03. Dessau 07-12
04. Liepzig 13-21
05. Berlin 22-30
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Carnet de voyage avril 2024
«To provide meaningful architecture is not to parody history, but to articulate it»-Daniel Libskind
01. Mulhouse 01-02
02. Bâle 03-06
03. Dessau 07-12
04. Liepzig 13-21
05. Berlin 22-30
Pour répondre au besoin de logement des ouvriers, Jean Dollfus, un industriel de Mulhouse, a fondé la Société des Cités Ouvrières Mulhousiennes en 1853. Dès l’année suivante, l’ingénieur Émile Muller a construit la première cité, comprenant deux principaux types de logements : des maisons en rangée et des maisons carrées divisées en quatre appartements, chacun avec un petit jardin. Ces cités ont également été critiquées pour avoir été mises en place dans le cadre d’une approche paternaliste visant à moraliser les classes laborieuses à travers la sélection, la réglementation et l’incitation.
Michel Lussault met en lumière l’importance de la matérialité et de la visibilité dans la construction des identités individuelles et sociales. Il souligne que les individus et les groupes ont souvent recours à des repères spatiaux pour revendiquer leur légitimité et leur pouvoir dans un lieu donné. Les cheminées d’usine, en tant qu’éléments emblématiques du paysage industriel, jouent un rôle central dans ce processus identitaire. Elles portent en elles une ambivalence symbolique : symboles d’un passé industriel révolu que l’on cherche parfois à oublier, ou symboles d’une identité ouvrière que l’on souhaite parfois mettre en avant dans le présent.
Lussault et d’autres auteurs soulignent également la complexité des mémoires associées à ces héritages industriels, avec une tentation parfois forte de les occulter. En considérant la cheminée d’usine comme un analyseur pertinent du rapport contemporain au passé industriel, on peut observer des réactions souvent passionnées à son égard. L’approche dialectique entre conservation et destruction permet d’appréhender les enjeux autour de ces vestiges du passé. Il s’agit ainsi d’explorer les différentes attitudes envers le devenir des cheminées d’usine, que ce soit en les intégrant ou en les excluant des références identitaires contemporaines (Kac Ohana 2014).
« Le but ultime de toute création formelle est l’architecture. La décoration des édifices était autrefois la tâche la plus noble des arts plastiques. Aujourd’hui, ils ont acquis une autonomie orgueilleuse dont il ne pourront se délivrer que par une collaboration et un influence réciproque entre les différents artistes. Architectes, peintres et sculpteurs doivent réapprendre à connaître et à comprendre la structure complexe d’une œuvre architecturale dans sa totalité et ses composantes ; leurs œuvres se rempliront alors spontanément de l’esprit architectonique qu’elles avaient perdu en devenant art de salon. Architectes, sculpteurs, peintres, nous devons tous redevenir artisans. Car l’art n’est pas un « métier ». Il n’y a pas de différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. L’artiste est une sublimation de l’artisan. Le principe de base du travail artisanal est cependant indispensable à chaque artiste. C’est là que se trouve la source de l’activité créatrice. Créons donc une nouvelle corporation d’artisans, écartant la présomption qui, en séparant les classes, voulait élever un mur d’orgueil entre artisans et artistes. Créons la nouvelle architecture de l’avenir qui réunira en une même forme architecture et sculpture et peinture, qui s’élèvera un jour vers le ciel, jaillissant des millions de mains des artisans, symbole transparent d’une foi naissante. »
Walter Gropius, 1919.
Le développement de Leipzig, tel que démontré dans la zone de réaménagement de Plagwitz, n’est pas le fruit du hasard. Il découle d’une politique de rénovation urbaine délibérée menée par la ville. Outre les investissements initiaux qui ont joué le rôle d’étincelles, des fonds nationaux et européens tels que ceux de la mesure de développement et de rénovation urbaine (SEP), ainsi que les fonds du réaménagement urbain comme URBAN et du FEDER, ont contribué à ce succès. À cela s’ajoutent les investissements privés et l’implication active de nombreux propriétaires, entreprises, acteurs culturels, initiatives associatives et citoyens engagés.
Le résultat est un équilibre subtil entre préservation et changement, où de nombreux vestiges historiques coexistent harmonieusement avec les nouveaux aménagements. Leipzig semble avoir trouvé les moyens de relier les différentes époques de son histoire, créant ainsi une ville où le passé et le présent se conjuguent de manière cohérente.
Le travail de l’architecte Daniel Libeskind, notamment à travers des réalisations telles que le Musée juif de Berlin et le Mémorial du World Trade Center, se présente comme une exploration profonde de l’interaction entre l’espace architectural et les émotions humaines. Dans ses œuvres des années 80, comme Chamberworks et Micromegas, Libeskind expérimente avec l’espace de la feuille de dessin, créant des compositions qui défient la logique conventionnelle et suscitent un sentiment de déséquilibre et de contradiction.
Dans le Musée juif de Berlin, Libeskind intègre l’histoire et la mémoire dans son architecture, utilisant l’absence et le vide pour évoquer la disparition de la culture juive. Les visiteurs sont confrontés à un parcours labyrinthique, symbolisant les choix et les dilemmes auxquels les Juifs ont été confrontés pendant l’Holocauste. Les espaces vides, ou «Voîds», transpercent le bâtiment, évoquant des cicatrices et des témoins du traumatisme historique (Kac Ohana 2014).
Ce carnet de voyage ainsi que toutes les photos qui s’y trouve ont été réalisés par l’étudiante Dyhia
GOUDJIL lors du voyage d’étude du Master DUI du 07/04/2024 au 15/04/2024.