Somalia – FR Script – Dreyer – © DFI

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Scénario inédit de Gaston R I A S I N I et E. q U A D R 0 N E . L'aube ce lève cur la forêt tropicale* En bordure d'un fleuve aux eaux paisibles, toute la luxuriance d'une flore paradiasique. Quelque rugissements. tranquille et fière. fugitives.

Mille chants d'oiseaux.

Uh lion suivit d'un autre, & la démarché Quelque bonds d'un jaguar.

Une girafe inquiète.

Des gazelles

Un boa s'enroulant sur laui-

m$ne et u e criante et acrobatique tribu de s i n g e s ..... la canon d'une carabine qu'on épaule. qui part.

Un crlx qui s'affale.

Ma coup de feu

Ras cris de noire.

Quatre

noirs qui arrivent en courant près de l'orix et 1 *égorgent instantanément.

Un homme blanc qui tient encore la carabine & la main

s'approche de l'animal.

Il est de forte stature, les cheveux

grisonnants, le visage sillonné de rides profonds, l 'a i r assez in­ différent aux cèntigences terrestres.

C'est Sardap, type du colo­

nial moralement enlisé par l'atmosphère stupéfiante de ce paya.

Une baraque on planthes de 10 mètres environ de longueur sur 6 &

8 mètresdelarge et reposant sur 4

du sol d'environ 50 céntlmétres.

pieux qui la séparent

Æ-dersus de l'entrée l'inscrip­

tion "?lle ou Face*. C'est l'habitation de Sardap.

Derrière la ba­

raque la négresse Fa^upplle le métis Mohamed de répondre & son amour.

I* métisla repousse et s'en va. Devant la baraque arrivent Surdap

et ses noirs portant


Animation sur la plan* de Chisimalio où l'on prépare l'expédition des bananes pour le lendemain.

Un avion passe dans la

Ciel, tout le monde regarde en l 'a ir .

Devant la baraque de Sardap, quelques animaux! guépars, sin gea, volailles et, au bas du petit escalier de la porte d'entrée, deux noirs qui épluchent du mats.

Comme de l'intérieur de la ba­

raque partent des bruits de chmaons et d- a rires de négresses, les deux noirs regardent la porté d'entrée

méchamment.

Y

Dans l'intérieur do la baraque, parni le désordre d'un mobi­ lier colonial en partie br3ad et usé, Sardap, u& peu ivre, regarde les deux négresses qui dansent et chantent autour de lui.

Sardap

se verse ds larges rasades d'aloool. L'un des deux noirs, A li, entre dans le barague sous prétexte d'apporter le mais épluché, mais i l adresse du regard de vifs re­ proches & l'une des deux négresses, qui est Fat. Sardap s'en aperçoit et éclate de rire: Ali, dit-il, serais-tu jaloux?* et il lui jette des éplAchurea de fruits au visage. ri eux.

Ali sort fu-

Fai hausse les épaules et éclate de rire avec l'autre nég­

resse qui s'appelle Cadigia. Devant la baraque arrive un homme blanc en auto accompagné de deux "aekari" qui sont les soldats du pays.

L'auto stoppe, lea

deux nègres, qui étaient en devant la portêère très cérémonieuse­ ment.

L'homme blanc demande où est Sardap.

Lea nègres lui mont-

X


^ —

rant la baraque d'où partent toujours lea rires dea fesnmea auxquels se mêle la voix errailiée de Sardap qui easaie de chanter. L'homme appelle Sardap.

Ce dernier paraît en débraillé aur

le paa de aa porte: -"Bonjour, oneieur le Cornaisaaire", dit Sardap. D'un ton aec, le Commissaire de la région lui fait reprocha de ne pas la voir inscrit aur la liste dea expéditions de bananes pour le lendemain et l'informe q u 'il fera son rapport an conséquen­ ce. Pendant que Sardap essaie de l'amadouer, Ali ae gllase en virasse dans la baraque, saisit brutalement la négreaae Pat par un bras et la pousse dana aa cabane.

A une fenêtre de la baraque

l'autre négreaae, Cadigia, ae tori an voyant cette scène, ^aif Arbq, le nègre qui travaillait avec A li, vsn&a eon compagnon en j?tant en plein viaage de Cadigia, qui en reste toute barbouillée, une demi "papal*". Nouveau bruit d'un avion qui passe dans le ciel.

Chacun

na lève le nés pour a&lvre aa course, Cadigia en a'easuyant lea yeux reparaît & la fenêtre pour vite chercher l'avion dana la ciel.

Un paquebêt s'arrête devant la plage de Chialmallo, quel­ que a paaaagera en descendent et prennent place dana une énorme barque parmi lea rameura noire.

De aur la plage partent pInstaura

nègrea portant dea fauteuils en boiaerle légère aur leurs épaule*, lia ae dirigent vera la barque.

Iarsqu'ils^rencontrent, lea pas-

s gers de la barque l'un après l'autre, prennent place dana lea


** ê fauteuils portés par lea noirs et oes derniers, en grands vitesse, se dirigent vera la plage en chantant. I*mai les passagers, me blonde.

Dès qu'elle arrive

se trouve une très jolie jeunefem­ sur la plage, la commissaireva

tr&a

respectueusement vers elle. ^.aggaissaiESS. -"Mademoiselle Jullanl?" Elle: - "Madeleine Juilanl" et

elle lui tend la main.

Le Commlsfalrs : - "Voue avez fait -me bonne

traversée?"

Ella : - "Excellents, merci." Le Cotumispalra: - "Votre père va mieux?" Madeleine: - "Non. Je crois q u 'il ne reviendra plua ici, et Je vundral la constation d's que je pourrai.* la Commissaire: - "Voua Uteg courageuse*" Madeleine: - " I l faut bien. Il ne noue rente plus que q a." Le Commissaire^. la fait monter dans ea voiturs pour la conduire ve3S aa ooncessloa* Des centaines de pirogues chargées de régimes de bananes es dirigent verv la paquebot*

C'est uns animation trépidante parai

les ordres des blancs, lea crie et lea chansons dea noirs*

L'auto avec Madeleine, le commissaire et lea deux "asRar i" qui fila sur des plates le long de diverses concessions si­ tuées sur Iss rives du Clubs* L'auto s'arrêta davant une nouvelle baraque beaucoup mlem entretenue que celle de Sardap*

Devant la porte a* trouva le métis


Mohamed qui, en voyant Madeleine descendre de l'auto, dearquille ses yeux, reste la bouche ouverte et finalement se précipite an de* vaut d'elle: "Voici Yohaxed, dit le commissaire, le fidèle secrétaire de votre p&re.* Madeleine regarde la baraque et *es environs, puis mont­ rant du doigt une baraque qui est & une cinquantaine de mètres: habita là, dit-elle?" - "Sardap," répond le commissaire d'un ton un peu méprisant, un vieux colonial, paresseux et pas intéres­ sant." Sardap, qui a antandu la bruit de l'auto, ouvre sa porte et mate sidéré en voyant Madeleine.

la commissaire l'appelle, fait

les présentations at damgjida & Sardap de donner tout de auitc un noir et una aégreneo cota&e doRasti^uaa pom* ^--del-iine*

Sardap <54#

aigae Arbo et Cadigia qui paraiaaent enchantés. "adalaine n'installe ohex elle. L'intérieur de aa baraque est autrement an ordre et en bon état que celui de la baraque de Sardap.

Chez lui, Sardap ne regarde dana une glace et avec infini­ ment de tristesse, i l lit, sur les ridea de eon visage, aa déchéance ce.

Il est aie néanmoina de ae redresser, répare la débraillé da aa

toilette et, en cachette, d'un coin de aa fenêtre, il regarde avec ravissement Madeleine qui a endossé la costume colonial et qui, avec jùie, et tendresa prend poa^eaeion dea quelques animaux que son pâre avait laiasés.


**($** Sardap qui s'eat auasi proprement attifé q u 'il l 'a pu va vers Madeleine et lui offre de lui faciliter aeê premiers contacta avec aa nouvelle via.

Madeleine accepte avec plalair et lui répond

q u 'il ne lui définit paa d'être loin dea hypocrisies et des lâche­ tés de ceux qu'on appelle "dea civilisas". 3ardap lui montre approximativement lea limitée de aa concession et i*t conduit parai une petite agglomération de noirs: "lia vouH appartiennent", dit Sardap. Madeleine eat très contente et, tout en continuant aa promenade, cil* M'arrête bruaquwient devant un petit tas d'oeufa, par terra.

Klle en raataaeo un, le montre à Sardap en lui disant!

*C'est au Moins tn oeuf de canard?" 3&rdap, en riant, prend l'oeuf, la pose dana sa Main ouvert^ s<*.rt H^n couteau, donne un petit coup aur l'oeuf, loavre en Relaxai toc^ber 1& contenu par terre, made­ leine poussa un cri.

Il y avait a l'intérieur un petit crocodile?

En riant, et de la pointe da son oouteau, ^apdap aanse tous ces oeufs d'en a'Joaappent dea petits orocodilea. fuie déboutée.

Madeleine s'est en-

A

Sardap la regarde en riant.

Fendant que dana sa baraque Madeleine discute avec Mohamed pour les prochaines expéditions de fruits, Sardap, chez lui, joue & lancer son couteau aur dea cibles improvisées: bouchon de liÔKe, cigarette, main de singe, etc..........


I3R matin,

'adeleine est entourée par ses noira qui lui ex­

pliquent evec beaucoup trop 3e gestes et trop d chose, qu'elle ne comprend paap6.

paroles quelque

Sardap s'approche et lui traduit

q u 'il" se plaignant para? q u 'il y a les ^aRRleirs qui <î3tr&.isent les bananes*

Sardap lui jropo*e d'aller lee tirer tout de suite.

Elle ire.vi ?'t c^yabiac at part avec lui.

loudain, Sardap lui montas -

un fourré dans lequel, jm animal qu'elle ne peut voit, remua. tira au pitent.

Un animal fait un saut et tombe*

2' est une gazelle,

Elle

Tous doux se préci­

voyant 1 " xtugaifiqua regard, plein,

de larmes, de 3-3 pauvre animal qui n'aat que bleasé, n&Jele-'na ae S3Rt toute aS^oaârie.

aile fait ua pan^ymeat sommaire sur la bles­

sure de la gazelle et elle 3^ fait aller par 3"rdHp pou? lu ^3 :ter chez elle*

Sardap n'ose plus rirn p- ." ^ que, siloB^teuecmen*, Ma*

dp laine ri

-lorn ^ue Sardap coxmetse & %prouv%r uae sorte de ten^aeeae trouble peur Ladeleine, elle éprouve pour lai du dégo&t grandis­ sant.

la négresse Jadigla lave des petite linge? de corps de Ma­ deleine avec une telle maladresse et particulièrement lorsqu'ils sont ensavonn&s, en lea battant extra deux grosses pierres plates, que lorsqu'elle rince ces fragiles Huons de soie, ils ne sont presque plus que des lambeaux. moins aur une corde tendue.

Avec z H e , elle ne lea étend pas

Dissimulé derrière une petite catune,


Mohamed regarde de teue eee yeux eee petite* chamiaea de Madeleine, & peine plue gaendea qu'un mouchoir de poche* Fuie, quand Cadigia eat entrée dana la baraque, i l vient lea regarde de plue prèe et les toucher.

Sardapt, qui ae transforme députa l'arrivée de Madelei­ ne,

303 S3 d'avoir la* plna prévenantes attentions pour aa dhar-

manta voisine. belle.

Notamment i l l'aide & aoigaar la blessure de la ga­

adelaSne m'est prise d'une grande affection pour cet ani-

y?.3 quf, à pr4*ept, la suit cen^e tut chien* un sellier avec une clonhatte*

SaMap a confectionné

Il la Met au nou de la gazelle.

%**

dnleirn et lui ae livrent À toutes sortes de jeux du plus drôle effet avec la gazelle* Chaque jour Sardap apporte & Madeleine QuoIgnés gentil prsénetp de la forêt; Ren touffes d'aigrettes, d^s peaux <ie serpent!

'33 ant^æKX topt petitn rnmaaaés dana des nida, ata....Sardap peint 3u-de3gug de l'entr4a de la baraque de ^adalgi^e une inscription *1# joie la vivre*. w e tin de splendide jo^raôs, &aux noire apportent

3+33 u '3 ce?'* un ^..çuar & sardap.

C*ect a*: animal magnifique* Il a

ét<§ prie dans un pi 6ge tendu par Sardap. Sar6.*p appelle Madeleine. ripnt Sardap lui demande aon aouehoir.

Elle vient voir l'animal. En Elle le lui remet. Il le

respire, -e^erda Madeleine et& lui dit:*Voua allez voir l'effet de votre parfum." Il jette le mouchoir an jaguar, le fauve s'en empare, le porte & son tour & ses narinea. L'animal ferma lentement se* *— —

.

^

^


«* Q <*

ywux.

En a'étirant 11 frotta aa gueula sur la mouchoir qui aat &

terra pula, 11 a'y coucha et s 'y roule deasus. comme pria d'une lvreaae totale.

Durant cette aoône d'animale volupté; Sardap observe

du coin d'oeil Madeleine, qui est devenue toute pale. D'un bras 11 lui entoure les épaulas et parait l'attirer contre a* poitrine. Ma­ deleine a une très brève défaillance, mais elle^reaalait brusquement et s'enfuit vers sa baraque. Sardap la euit du regard, puia i l rentre chez lui avec la lente démarche d'un fauve qui attend l'heure de cueillir aa proie.+.*

Madeleine, en auto, part pour aaa affairea & Chlaimalio en compagnie de Mohamed et d'Arbo.

sardap lui dit au revoir, 11

part, lui, avec dee nolra et des chiena pour la chassa.

La fêortt équatoriale est survolée à n-wa oaeæ altitude par m av^oa 31^ a dee au mo&eur. ^e ^osau? s arrêta brusque­ ment. ptt s!*?** Tuolwi r^^ardent A'ulr pula, bruaqae* tant, sa dirigent en cwi^m^ v^rs un coin de A* forêt.

I* poste télégraphique de Chialmal*o reqoit oomaunicatiatt ^i'un avion vte^t 3e fuîre *ane ahuia. savdap, précédé pa* sea noirs, court toujours dans le for§t. Madeleine aporend la nouvelle de la chute de l'avion à Chiatmalio.


3LQ **

Sardap et ses noirs s'arrêtent brusquement. rne appelle et fait des signes. tient un bras.

Un jeune h Ma­

Ils vont è lui oar 11 boite et se

Il se présente: Albert Farrel.

C'est le pilote de

l'avion qui vient de tomber par suite d'une panne de moteur. Il fai­ sait un voyage touristique au-dessus de l'Afrique. la petite groupe se dirige vers l'avion qui n'est pas loin, l'appareil n'est pas trop endommagé.

Chez Sardap, Albert, qui est un jeune homme trèn sympathi­ que, et qui prend les aventures de la vie, de quelque sorte qu'elles soient, avec une inébranlable phllosophAe souriante, explique & Sardap, qu'il va se faire envoyer des pièces de rechange, aménager un terrain pour décoller et partir ensuite. Sardap parait amusé par cette arrivée inattendue mais Al­ bert demande déjà des renseignements sur les voisins de la baraque d'à cOté.* .* * '.* * * Sardap étend néanmoins Albert, avec précautions, sur non lit. Autour de la baraque, attroupement de nègres qui discutent, très effarées, sur l'homme-olseau. Madeleine arrive en auto.

Les noirs se précipitent autour

d'elle et parlent tous & la fols, en faisant des quantités de ges­ tes pour lui expliquer que l'aviateur est chez Sardap.


-

11—

Madeleine entre chez 3ardap. lit et lui sourit béatement.

Albert s'assied sur le

Elle va vers lui.

ennuyé et dit qu'elle p 'a rien & faire ici.

Sardap a l 'a ir

Albert se met debout

et salue très aimablement Madeleine qui réprime, très vite, une sor­ te de joie spontanée et fait effort pour se raidir: -"Vous n'êtes pas trop blessé? "dit-elle. -"Mon, merci, répond Albert, un peu courbaturé, à peine". -"Il faut le laisser tranquille,"dit Sardap.

Comme Madeleine est sortie de chez Sardap et, apr&a une silence, durant lequel Sardap paraît préoccupé, Albert lui dit: " iui est cette jeune femme?" En guise de réponse, Sardap hausse las épaules.-"Chasse gardée?" demande encore Albert.-"Ca ne vous regarda pas, répond Sardap, an tous cas agissez comme si c'était une chasse/ gardée, sinon......... " -"Sinon quoi?"dit Albert. -"C'est mon affaire" dit Sardap*

De la baraque de Madeleine sort le noir Arbo coiffé d'un superbe chapeau melon, avec lequel 11 fait de grands saluta, comme s 'i l y avait une foule pour le regarder. lument personne.

Or, 11 n 'y a abso­

Il appelle:"Cadigla!Cadlgla:" la négresse toute

riante arrive en boitillant parcêqu'elle a aux pieds de hautes chaussures en vernis, claque claire et & boutons qui ne sont pas boutonnés.


- 12 -

Devant ces cadeaux que leur a faits Madeleine, ils sont tous deux si ravis qu'ils se livrent à un duo de rires qui va crescendo jus­ qu'au moment où la négresse Faf qui est chez Sardap et qui les Batm entend, survient et, prise de jalousie, les engueule homériquemant. adeleine parait sur sa porte, elle appelle Fat et lui donne une om­ brelle elaire.

Faî ouvre l'ombrelle et ae livre & un pas de danse

triomphal.

Le soir, Sardap et Albert, qui ont achevé de diner, se a* versent de fortes rasades d'alcool pendant que deux négresses pream que nues et ivres chantent et se livrent toutes & des danses lasci­ ves. ivre.

Dans cette atmosphère Albert ne tarde pas & être complètement Il s'amuse surtout de l'adresse avec laquelle Sardap joue du

couteau. Brusquement Madeleine fait irruption dana la pièce, sui­ vie d'Arbo et de

ohamed.

Elle est furieuse.

Elle adresse d'amères

reproches à Sardap en voyant la façon dont il a saoulé Albert qu'elle fait empoigner par Arbo et Mohamed et enfermer dans une cabane de noirs en recommandant & Arbo de veiller sur lui toute la nuit. Albert, qui a complètement perdu le contrôle de lui-même, ne cesse de rire bttement, sans rien comprendre & l'attitude de Madeleine. Tans aa baraque, Sardap, 3t son tour furieux, renvoie lea négresses et reste le front appuyé dans ses deux mains, accoudé & sa table.

la nègre Ali arrive doucement, lui mat une nain aur l'épaula

et lui dit: "A présent, c'est à ton tour d ' 8tre jaloux".

Sardap re-


*

-

garde A li, Ali fuit son regard, caresse le couteau de Sardap et,sans regarder son patron, lui tend le couteau*

Sardap prend le couteau,

regarde Ali et lance brusquement le couteau contre le paroi de sa baraque.

L'aube se lève. raqqe.

Madeleine parait sur la porte de sa ba-

Un petit groupe de noirs, hommes, femmes et enfanta, les uns

fiévreux, les autres légèrement blessés, accueillant Madeleine comme une déesse secourable.

-vec des gestes charmants ellea distribue aux

uns des cachets, elle fait prendre des potions & d'autres et & ver* tains elle fait des pansements, aidée dans cette besogne par Cadigia, Arbo et Mohamed*

Dans sa baraque, Sardap dort tout habillé, assis devant sa table, la tête dans son coude.

D&.ns la petite cabane de nègres, Albert se réveille encore un peu courbaturé.

Il passe la t$te par le trou qui constitue l'ent­

rée de la cabane et il?* exprime son ravissement de voir Madeleine en infirmière. L'auto du commissaire arrive pour venir chercher Albert. Ce dernier va souhaiter le bonjour & Madeleine et cherche toutes sortes .

de prétextes pour ne pas partir. Survient Sardap, assez furieux, qui informe Albert q u 'il ne


lui est pas possible de lui donner asile.

Albert a l 'a ir de supplier

i-delcine du regard pour qu'elle lui offre l'hospitalité*

Elle rlfüm

également, maie en souriant; alors Albert répond q u 'il s'arrangera 3aÈ très bien un logement dans une petite cabane de nègre.

Devant cette

décision, et de mauvaise gr&ce, Sardap, qui parait avoir subitement une idée derrière la tête, lui dit ju 'il consent & le garder jusqu'& la réparation de l'avion.

Ail regarde son patron d'un air équivoque.

Sardap, par son attitude, inquiète Madeleine.

Elle prend Mohamed &

part et lui ordonne de surveiller Sardap pour q u 'il n'arrive rien & Albert. Mohamed va chercher Fat, qui est chez Sardap. ment à son habitude il se montre très gentil avec elle. toute heureuse.

Contraire­

Elle en est

Il lui dit q u 'il a un service à lui demander.

accepte n'importe quoi parce qu'elle est amoureuse de lui.

Rlle

Il lui

recommande alors de veiller & ce q u 'il n'arrive rien de fâcheux à Al­ bert.

Paî promet.

Elle va elle-même trouver Ali, son mari.

Elle se

montre très gentille avec lui, ce tul n'était pas dans ses habitudes et elle le supplie de ne rien faire contre Albert.

Ali promet....Mais

avec l'hypocrisie des noirs*

L'heure terriblement chaude de la sieste, humain dans le paysage.

ras un être

Sur la ner pas une ride, quelques barques

dont 1 er voiles, sans le moindre souffle, pendent le long des m&ts. Sur la rive 4'un baillantes.

Dana sa ..

^ T T _

,

.

-. -I " . ' i -. n t


1S -

est éventé par la négresse Cadigia.

Dans sa baraque, Madeleine est

étendue en tenant près d'elle sa gazelle qui la regarde avec attendri sèment.

C'est le soiry.

Chez lui, Sardap, la pansée ailleurs joue

à lancer son couteau contre des cibles fixées aux parois de sa bara­ que.

Ali s'émerveille de son adresse.

Aii:-"C$ couteau a déjà tué

tant de bêtes sauvages" Surdap: - "Eh oui" A li: - "si un j o u r ...." Sardap! - "quoi?" Rll: - " . . . . . R i e n " Sardap: -"Donne mol & boire" Sur sa couchette Albert ronfle comme un bienheureux et sourit à quelque joli rêve.

Sardap le regarde et esquisse un sourire

mauvais.

Dans sa baraque, Madeleine, aidée de Cadigia, s'amuse enfantinement & essayer de se vêtir avec une "futa" aorte de longue écharpe indigène qui entoure les reins, pass sur une épaule et cache un seul sein, laissant l'autre & découvert.

C'est la nuit équatoriale. Une lointaine chanson nostalgique de noirs est accompag­ née par des chanta de rossignols sur le ton mineur et soulignée sur &


16 -

ton rrave par des appels de f a u v e s ....* * .... En bordure 3e la forêt, une caravane endormie: corps hu­ mains enveloppée d'étofWffe comme des suaires, des chameaux agenouil­ lés, des animaux recroquevillés sur eux-mêmes......... .

Et puin la vie recommence.

Madeleine dans sa concession

est elle-même au volant d'une auto-charrue.

Sur le plan le plus élevé de son avion, Albert avec un* jumelle la regarde. Pas très loin de lui, Sardap l'observe puis l'interpel­ le. lu i.

Gaiement Albert lui fait signe de venir et de grimper pr&s de Sardap s'exécute.

loin Madeleines.

lbert lui panse la jumelle et lui montre de

Sardap regarde et lui rem la jumelle d'un air mé­

prisant.

Sous *&n arbre, Albert regarde la n 6-resse Pat qui prépa­ re trois couverts pour le déjeuner.

Comme 11 demande pour qui le

troisième couvert Pat lui réponds que Madeleine a fait savoir à Sar­ dap qu'elle vient déjeuner avec eux xarBB%u*B3tB perce qvêelle doit partir ensuite pour ses affaires & CUslmalto.

Albert est e n c h a n té .

*ihBX* Sardap arrive traînant un gros serpent vivant, attaché au cou par une corde.

Devant la surprise d'Albert, Sardap dlr: -"Déjeuner

en musique*. Sardap attache le serpent & une branche de l'arbre, ce


17 -

qui le fait pendre le long du tronc de l'arbre.

Aussitôt, at­

tirés par le magnétisme du serpent, des centaines d'oiseaux viennent se poser sur les branches de l'arbre an criant et en voltigeant autour de la t@te du serpent qui ouvre, quasi grand q u 'il le peut, sa bouche.

Madeleine arrive sur ces entrefaites.

Elle écarte les noirs,qui font cercle autour de l'arbre. a son rire sardonlque.

Madeleine reste figée.

Sardap

Albert qui pa­

raissait s'amuser voyant l'horreur que cette scène inspire & Ma­ deleine s'empare d'un grand couteau et tranche la tête du ser­ pent.

Les oiseaux s'enfuient.

Les noirs s'écartent an riant,

adelelne part en auto pour Chlslmalio aVec Arbo et Mohamed*

Dans l'Intérieur

de la baraque de Sardap.

^lbert de­

manda & Sardap la raison pour laquelle i l a toujours l'a ir ennuyé et préoccupé. Sardap: -"Un de nous deux est de trop, Ic i". Albert: -"Vous savez bien que je partirai dès que l'avion sera pr§t." Jarda*: -"Vous ferez comme i l vous plaira, d

je pare ce so ir."

Albert: -"lour où?" S'râap: -"Las grandes c h asses.*..j'ai la nostalgie de la "orCt.. . . . . . Je veux m'en aller loin". Albert: -"Sardap, vous fuyez quelqu'un." Sü.rdap:x-"Oul. mol-m&.ie". Albert: -"Emmenez-moi". Surzprise de sardap. Ali qui est entrain d'enduire de poi­ son l'extrémité de ses flèches regarde Sardap et lui fait un signe


**

%

canaille d'intelligence. Albert: -"Oui, emmenez-:aoi, Sardap. Une occasion de faire cea grandes ohacses avant de rentrer en Europe, coume cela me ferait plaisir." Sardap accepte, en lui disant:"J'espère que ma véritable Afrique ne vous fera ^as trop trembler."

Lea préparatifs de dôpart pour lea grandes changea avec les chasseurs noirs spécialisés et leurs chiens sauvages............ Le départ.

^ Chisimalio, Madeleine avec le coamissai&e qui damnda des nouvelles de l'aviateur.

la nuit commence.

Eclairés par des tor hes Sardap, Albert,

suivis d '^li et dt,s chasseurs noirs avec leurs chiens marchent an bor­ dure de la forCt.

Ils recontrent une tribu guerrière qui, en leur

honneur, organise la danse du "Mudundo".

Cette danse qui commence

par dea simagrées d'approches entre hommes et femmes, continue par des enlacements brutaux et ae termine par dea actes de féroce lubri­ cité.

Ces ecùnes, à la lueur des torches, sont empreintes d'un sa­

tanisme qui commence & stupéfier Albert malgré ses efforts pour res­ ter cê&me.

Sardap se moque d'Albert qui accepte le passager et dan­

gereux réconfort de l'alcool.

Au petit jour ^deleine regagne sa concession.

Dès qu'el­

le arrive, les négresses Faî et Cadigia vont au devant d 'e lle , com­ plètement affolées, et l'informent que Sardap a emmené Albert dana


la forêt.

Rdelaine eat très inquiète.

Elle rentra dans sa bara­

que, se change, fait charger dans aa voiture des vivres et des ar­ mes et elle part vers la for9t avec Arbo <=:t "o h a m e d ......

Devant la baraque de Madeleine, 1er deux nÈégres^er ap­ pellent les notrs de la concession de '^deleine et leur font part des dangers que court leu? maîtresse. Un geune noir, en courant, part avertir le commissaire* de ChisiHialio.

les noirs regagnent leurs cabanes en faisant de

grandes palabres.

Autour de la baraque de Madeleine, i l n 'y a plus

que aa gazelle, ses guépars, sas singes qui paraissent également désorientés.

L'équipe de Si rdap mar he danr la forêt. plus en plus exalté.

Albert parait fatigué.

Sardap est de

Il commence à déchan­

ter.

Madeleine arrivant au bout d'une piste, quitte son auto? Arbo cherche tout autour s 'i l trouve des traces du passage de l'énulpe Sardap.

?' Relaine <3e plus en plus inquiète essaie de s'orienter.

Le bureau de télégraphe de Chlslmallo d'où le commissaire fait partir de^

etra^ea pour alerter les divers postes de la ré­

gion.

La nuit vient très rapidement. se mettent en route vers l'immense forêt.

9e divers postes des noire


- sc Cotne l'équipe . . rdap s'apprête à ca pcr pour la nuit, des noirs qu* sensi se sont joints & eux organisant des réjouissances. Un ôphèbe ne portant qu'un caoha-ne^c sa plaoe debout, le corps raidi et les deux mains derrière la tête.

Un ^rand noir, spécialisé, fait

tournoyer dans l'a ir une longue cravache puis, il en applique suc­ cessivement trois coups sur la poitrine de l'ûphèbe qui tressaille & peine et baise la cravache qui l 'a frappé. plus supporter ce jeu. f&M e.

Albert écœuré ne peut

Sardap est calme comme s 'i l était pris de

Le nègre Ali observe les deux hommes.

L'alerte ayanxt été donné à tous les postes, un peu par­ tout des petites troupes de noirs, à la lueur de torches, marchent dans la forêt sous la conduite d'officiers.

inquiétude de quelques fauves dont la nuit est troublée.

Madeleine, e^ténuûe, se repose dans une clairière.

C'est de plus on plus la fête sauvage chez l'équipe de Sardap.

Maintenant, au nilieu d'un car 1^ de noirs qui dansent et

,gesticulent, Sardap qui parait de plus en plus fou, excite par ses cris un grand nègre qui 'ongle avec dos couteaux et, de temps en aut­ re, consciemment, pour montrer sa bravoure, se taillade certaines parties au corps d'où giclt* le sang.

Albert écoeuré esraie de fuir

mais '^11 le rattrape et lui dit que s 'i l s'isole i l est perd&.

Uhe

torche tombe à terre, Incendie un buisson et à la lumière tragique de ce foyer Sardap, totalement en délire, prend part lui-même è la


dangereuse"daase des couteaux " .

t in t a s fois i l risque du se tlas­

ser.

Co.3T3e le jour ae lèvex, ^deleine a repris sa marche et de tempe è autre elle s'arrête poar appeler. rant.

Des noirs passent en gou­

Arbo arrête l'un d'aux qui lui apprend qu'avant le jour un

blanc est mort,

madeleine ne peut retenir un cri:"Albert!"^t très

angoissée elle suit ces noire.

Passage de petites troupes*

Fuite de fauves.

Une clairière.

Une chanson triste et calme de nègres, puis

un groupe de noirs faisant cercle. s'écartent.

Madeleine qui arrive à eux.

Ils

Bar terre se trouve Sardap inanimé et près de lui, age­

nouillé, Albert qui lui applique des pansements, lante m uraure:"Albert an vie".

k dolcine défail­

^ Ibertx sa drcBue et montrant Curdap

dit: " I l II s'es* axtaassina".

les ^otibes troupes du secours ae nienut-nt en rangs i:.3,*obiles.

Quelques jours ont passé.

Des noirs travaillesnt à com­

bler des trouât à arracher des arbrisseaux et des buissons, pour pré­ parer un terrain propice au décollage de l'avion d'Albert. Albert, dans la carlingue de son avion; qui ao trouva au bout de ce terrain, actionne les commandes, met le moteur en marche,


— as — s

puis il coupa et descend do l'appareil.

Ohex elle,

^aeleine est assise,

aile caresse la 63 te

de la gazelle qui est appuyé aur aea genoux et elle a <;ueitues lar­

mea silencieuses.

Sous les ordres d'un blanc, des nègres clouent trois planches pour barrer l'entrée de la baraque de Sardap et clouent éga­ lement une planche sur l'inscription "Pile ou Face".

Albert, qui a perdu sa gaîté, vient lentement frapper & la rorte de Madeleine.

Madeleine essuie vivement aea yeux et fait

entrer Albert: Albert: - "Tout esst prêb. Je partirai demain à l'aube* dea commissions pour l'surope?"

.ve?-^o.'n

^^del^ine: - " . . . . . . . . N o n . " Albert: - "XQuand retournerez-vous & Rome?" Madeleine! - "Qui le sait." Albert: - " a partant c'est le meilleur de noi qui reste i c i ." ?out d'un coup indaloii'e net son visage dans ses mains et san^lotta. Albert, très ému, va pour dire quelque chose mais il ae tait et sort brusquement.

albert arrive près de son avion.

Il le caresse comme

ai c'était un animal auquel il tiendrait beaucoup, puis il prend une résolution subite.

Il s'empare d'un chiffon qui est à terre, l'a r ­

rose d'essence, l'allume et le jette enflammé dans la carlingue.


\

Des noirs en courant arrivent affo U s vers la baraque de M dolHine.

Ils appellent: " .rbo,Oadlgîa".

l'iadeleina, suivie de sea

domestiques, garait & l'e^tr4e de aa rent in incendie.

et les noir? lai 'no:.'.t-

C'est l'avion d'Albert qui flaabe.

raii très saisie, Albert accourt ver? elle.

Oo^aa elle pc-

Elle lut dit: "Ce feu,

qu'est-oe que c'est?" Il répond: "Un feu de joie! " Il la prend dîna ses braa pendant que lea noiraa,qui ont compris, se livrent à mie narnbande délirante autour de l'avion qui b r û l a .......... .

Paris la ,31 74vr.ter 1034 BIAHIïri

R..UADROXE

Canton Biasini 38, Avenue d'Iéna, .-PaT+ig. Ernento Quadrone ?*azza Statuto,3, ------- Torino.