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Travel

STYLE & Life

Les résulta concours phs du oto de notre www.travels site tyle.fr

Un autre regard sur…

Les Seychelles

Azzaro et vous : 01 55 62 24 99

TRAVEL I STYLE & Life

N° 03 - Hiver 2013/2014

Si belles, Si «nature», Si chics

N°3 Hiver 2013/2014 Secrets de week-ends Echappée en Balagne Regard étonné sur Doha La Signoria, grande maison dans la tradition corse

Visas pour… Moments d’exception en Tunisie Au «vert» au Costa Rica

6€ a z z a r o p a r i s . c o m

Retour en Birmanie

Le voyage avec style, la découverte du monde avec élégance, le goût du beau et du bon.


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Prochain concours photos TRAVEL STYLE & Life en partenariat avec l’Office de tourisme de République Dominicaine

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Gagnez un voyage pour deux personnes en République Dominicaine Pour y participer, retrouvez-nous sur le site www.travelstyle.fr Début du concours : décembre 2013

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TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014


TRAVEL I STYLE & Life LA DREAM TEAM TRAVEL STYLE &LIFE I Patrice Fleurent Journaliste voyageur, il est parti cette fois-ci en Tunisie, dans la baie de Tunis histoire de tordre le coup aux mauvaises rumeurs. I Maud Charton Journaliste, photographe, Maud est allée au CostaRica à la poursuite du diamant vert d’une nature préservée. I Massimo Gerevini Entre deux sessions de guitare électrique, il pianote avec dextérité sur Indesign pour assurer la réalisation graphique de Travel Style & Life. I Nicole Cornuz-Langlois Elle fut journaliste cinéma. Elle se sacrifie aujourd’hui dans la découverte des nouvelles adresses où dîner et l’exploration des palaces. I Guillaume Fedou Il tient notre rubrique « Musiques du monde ». à l’écoute des sons nouveaux et part aussi en vadrouilles curieuses, comme à Doha dans ce numéro. I William Niamiah Il aime bien les autos et adore en parler. Mais pas cette fois-ci. C’est … I France Torelli qui s’y est collée pour la Fiat 500L Trekking. I Aurore Lucas Elle a accompagné Dominique Bouchet aux Seychelles pour le dossier de ce numéro. Et signe la photo de couverture. « Le moment est un fil de lumière » dit-elle.

I Jean-Luc Guérin Réalisateur et voyageur passionné, il a entamé un tour du monde que nous publierons par épisodes. Il nous offre ici une plongée dans la jungle de Malaisie. I Bernard Poulet L’ancien rédacteur en Chef de l’Expansion et de quelques autres grands titres avant, est retourné dans la Birmanie des petits pas vers la démocratie. I Patrick Lopez et Laurent Serfati L’ancien Directeur de la rédaction du Quotidien du tourisme et le Rédacteur en chef du site Easy Voyages nous font l’amitié chacun d’une chronique. I Eric Delvaux Journaliste de radio (France Inter), il écrit la chronique paradoxale No Style, la liste (à suivre) des comportements discutables.

REDACTION WEB I Dominique Milherou Créateur de l’agence Petit Carnet, photographe et journaliste, il est le webmaster et superviseur du site dont il a créé la nouvelle formule en place depuis cet été.

www.travelstyle.fr

www.travelstyle.fr Avec ce troisième numéro, Travel Style & Life devient un véritable bimédias. Print et digital, en version papier et en version internet. C’est l’évolution à laquelle nous venons de procéder avec la transformation complète de notre site web. Nous l’avons totalement reconçu avec l’aide de l’Agence Petit Carnet de Dominique Milherou devenu dans la foulée notre webmaster en même temps que l’un des nouveaux piliers du magazine. Nous sommes ainsi passé du magazine qui a son site web- qui ne l’a pas aujourd’hui ?- à un véritable bimédias. Un quasi flux continu d’articles pour le site web dans un rythme qui est celui d’internet, c’est à dire ininterrompu, des événements interactifs comme le concours photos sur le thème « Rencontre stylée en voyage » qui vient de s’y dérouler, des infos en quasi temps réel, mises en ligne au fur et à mesure, enrichies de vidéos, de liens internet, de cartes, la possibilité de les commenter… bref avec l’utilisation de tous les outils spécifiques au net. Et une autre approche pour le magazine papier qui vit à un autre rythme. Il est trimestriel, ce qui en fait plus un objet qui doit être beau, soigné, plus complexe dans sa maquette, plus séduisant à feuilleter. Mais les deux supports sont nourris par la même matière, nos infos, nos voyages, nos notes de style subjectives et limites « détail qui tue » pour les hôtels, nos boutiques stylées… bref tout ce qui fait de Travel Style & Life le magazine Life Style de ceux pour lesquels le voyage, élégant et chic, est un plaisir majeur. Dominique Bouchet LES FONDATEuRS DE TRAVEL STYLE & LIFE I Didier Bahers et Dominique Bouchet

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I P 36 CORSE

I P 134 TUNISIE

I P 114 COSTA RICA

I P 164 MALI/NIGER

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I P 46 DOHA

I P 110 BIRMANIE

I P 128 MALAISIE

I P 56 LES SEYCHELLES

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TRAVEL I STYLE & Life

Sommaire

N°03 – Automne 2013 Sheryl Furneau, Miss Seychelles, Photographiée au Constance Ephelia Resort de Mahé par Aurore Lucas.

Spécial Seychelles. L’Anse Source d’Argent à La Digue.

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012 014 016 018 À 024 026 028 030 032 036 043 046

Boutique stylée, voyageur avec bagages Boutique stylée, Casa Nera, produits de soins corses. Boutique stylée, montres vues à la foire de Basel. Inventaire. Nouvelles adresses dans le monde.

056 À 107 108 114 122 128 134 À 150 152 156 158 162 170 172 174 176 178

En couverture : Les Seychelles.

Inventaire. Lieux Stylés. Eléphant Paname, lieu multi-arts à Paris. Style. Nathalie Jean, créatrice de bijoux. La diagonale de l’œil. Performance artistique en Chine. En aparté. « Boss » de grand hôtel. Echappée/ corse. Hôtel Stylé. La Signoria à Calvi. Echappée/ gastro. Chez Guy Savoye à Doha.

Un autre regard sur ces îles si « nature », si chic et si belles. Visa pour… La Birmanie. Retour au pays des pagodes d’or. Visa pour… Le Costa Rica et ses fermes bio. Palace. Le Royal Mansour à Marrakech. Visa pour… La Malaisie. Visite guidée dans la jungle. Visa pour… La Tunisie. Retour dans la Baie de Tunis.

Résultats du concours photos de www.travelstyle.fr. Chronique signée Patrick Lopez. Carnet de voyage. La collection signée Louis Vuitton. Portfolio. Michel Renaudeau, photos du Mali et du Niger. News de T.O. Sons du monde. Chronique. Par Laurent Serfaty, rédacteur en chef du site Easy Voyage. Moteur ! No Style. La chronique d’Eric Delvaux, journaliste à France Inter.


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Boutique stylée

La sélection TS&L d’objets à l’âme voyageuse, accessoires chics et utiles ou simplement beaux.

Voyageur avec bagages

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Tumi La Ticon Collection Et la Ducati Le grand bagagiste américain a lancé de nouvelles séries de bagages cette année parmi lesquelles on a repéré la Ticon Collection, une série en cuir noir à effet martelé et ballistic nylon. Valise sur roulettes, sac de week-end, sac à dos, sacoche pour ordinateur, trousse de toilette, autant de modèles aux finitions irréprochables. Cette ligne va même jusqu’au protège passeport pour ceux qui voudraient s’accessoiriser de façon homogène de bout en bout. Disponible également en cuir brun et en cuir fauve associé au ballistic nylon blanc, noir, jaune ou framboise pour le sac fourre-tout. Autre réussite de la nouvelle

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Altermundi Recyclage design Très tendance cet art du recyclge. Altermundi utilise pour cette ligne Cyclus des chambres à air et du pneu pour faire ses sacs. Les bandoulières sont de la récupération de ceintures de sécurité automobile et la fabrication est faite en Colombie dans une démarche de commerce responsable. Les intérieurs sont aménagés avec de nombreuses poches zippées ou à scratch. Documents A4 et ordinateurs de 13 ou 15 pouces y trouvent leurs places. La gamme comprend 4 modèles, de 109 à 149E, prix conseillé. Boutique Altermundi en ligne.

01 > Très élégante, la nouvelle ligne Ticon Collection en cuir et ballistic nylon. 02 > La collection Ducati, en référence à la mythique moto italienne.

collection, la ligne Ducati Retro avec notamment une superbe valise rigide 4 roues argent dotée d’un compartiment extérieur en cuir fauve hyper pratique. 01

Nicolas Theil Il s’appelle Tulipe

Samsonite Nouvelle gamme

Ce cabas en taurillon et veau végétal pour les lanières est l’œuvre d’un jeune créateur parisien, Nicolas Theil. Le jeu de fermetures éclairs permet d’ouvrir et de refermer ses pétales, à la façon de la tulipe qui l’a inspiré. Couleurs ton sur ton ou en contrastes. Référencé notemment sur le site de jeunes créateurs l

La célèbre marque américaine, l’une des plus anciennes encore présente sur le marché – elle a été fondée en 1910 au Colorado- devenue synonyme de valise, propose ces nouveaux modèles. La gamme Cubelite, des rigides plus légères en modèles Spinner de 68,76 et 82 cm à 4 roues et modèle cabine à la nouvelle dimension de 55 cm. La série existe aussi en modèles Upright à 2 roues bien moins agréables à tirer dans les kilomètres de couloirs de certains aéroports comme

exception.com

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01 > La nouvelle Cubelite 02 > Plus basique et classique, la tout aussi nouvelle S’Cure DLX

celui de Frankfurt selon nous. Fourchette de prix de 369 à 475 €. Quant à la nouvelle S’Cure DLX, c’est de l’ultra léger en Flowlite, un polypropylène déposé par Samsonite qui permet de faire des coques ultrafines. La S’Cure DLX est de plus la première équipée d’une doublure. Proposée en 55, 69 et 75 cm en Spinner 4 roues. De 189 à 229 €.

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La sélection TS&L d’objets à l’âme voyageuse, accessoires chics et utiles ou simplement beaux.

Boutique stylée Ligne de soins

© Samuel GUIGUES

La beauté de l’immortelle corse On ne trouve cette ligne de soins qu’en Corse, dans les 3 boutiques Casanera, à Calvi, Bastia et Portovecchio. Fabriqués sans conservateurs, gèlifiants et autres additifs prohibés dans le vrai bio, ils ne se stockent pas et voyagent mal sur les grandes distances. A découvrir sur place.

Texte et photos : Dominique Bouchet

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es effets actifs de l’immortelle corse, une plante aromatique sauvage du maquis, ont fait d’elle une star de nombreux produits de soins anti-vieillissement. Encore que presque toujours, c’est de l’immortelle italienne, cultivée et aux effets actifs beaucoup plus faibles qui lui est substituée. Marie Ceccaldi, l’épouse du propriétaire de La Signoria, le Relais & Châteaux de Calvi, a bâti sa ligne de soins exclusivement sur la flore du maquis corse et en premier lieu sur cette fameuse immortelle corse, la seule vraiment active dit-elle avec flamme. Elle n’utilise que la flore du maquis cueillie à la main et distillée en Balagne pour élaborer des produits de soins 100% bios labellisés « Nature et Progrès », le plus exigeant des labels bios. Toute une gamme de crèmes et d’huiles essentielles a été ainsi élaborée, sans compromis, avec l’exigence farouche du 100% naturel, 100% bio, 100% corse. « Des Japonais étaient intéressés par mes produits, mais j’ai dû renoncer. Il aurait fallu y mettre des conservateurs pour qu’ils puissent s’exporter jusqu’à Tokyo ». Pas de compromis disais-je. A découvrir au spa de la Signoria et dans les boutiques corses. TIS&L

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TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

L’immortelle de Balagne est la plus concentrée en acétate de neril, c’est à dire celle qui a le plus fort pouvoir antiride, cicatrisant et régénérant. 01 > Marie Ceccaldi, crétrice de la ligne de soins Casanera Made in Maquis. 02 > La boutique de Calvi. 03 > Crèmes à base d’immortelle corse et de myrte. 04 > Huiles essentielles. 02

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© Samuel GUIGUES

handicap-international.fr

Ne l’abandonnez pas tout nu dans la rue

5€ Offrez à votre sapin un sac 100 % biodégradable et 100 % pratique pour l’emballer à la fin des fêtes. En plus, quand vous achetez un Sac à Sapin, 1,50 euro est reversé à Handicap pour venir en aide aux TRAVEL STYLE & LifeInternational Septembre/Octobre/Novembre 2012 populations vulnérables à travers le monde.

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Boutique stylée

Voyageur avec l’heure

C’est la maîtrise du temps qui permet de savoir en perdre dans le plaisir de la découverte de territoires nouveaux ?

Baselworld 2013

La messe du temps présent Chaque année, au printemps, la grande messe de l’horlogerie rassemble à Bâle les amateurs, professionnels et Maîtres du temps du monde entier. Les manufactures les plus prestigieuses des vallées suisses et d’ailleurs y présentent leurs nouveautés. Luxe et innovations techniques sont au rendezvous. Parmi celles qui sont accessibles aux gens « normaux », voici celles qui nous ont plu.

Jaeger-LeCoultre Travel La Duomètre Unique Travel Time a tout pour plaire au voyageur prêt à quelques sacrifices pour porter un bijou d’horlogerie. C’est une montre à fuseaux horaires dotée du mouvement Dual-Wing inventé par Jaeger-LeCoultre. En réalité deux mouvements indépendants l’un de l’autre, un pour chaque heure affichée. Chacun a 50 h de réserve de marche et la même couronne remonte les deux barillets. Le calibre 383 de la manufacture est visible à travers le fond saphir. Visibles aussi, les noms des villes correspondant aux 24 fuseaux horaires qui y sont gravés. Une merveille en or gris et bracelet alligator éditée en série limitée de 100 exemplaires. 16

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Tissot Ce que « précision suisse » veut dire Manufacture suisse depuis 1853 à Locle dans le Jura, Tissot a une réputation de chronométreur de précision. Partenaire officiel de nombreux évènements sportifs, la marque fournit les temps des courses de motos, du championnat du monde cycliste, des compétitions de hockey sur glace… Sa nouvelle Luxury Automatique est dotée d’un nouveau mouvement de chronomètre certifié par le COSC ( Contrôle officiel suisse des Chronomètres), le Powermatic 80 qui, comme sa dénomination l’indique, a

Maurice Lacroix Un nouvel alliage La Pontos SExtreme chronographe à trois compteurs est automatique, le mouvement se remontant au gré des oscillations du calibre ML112 sur le poignet. Le boîtier est dans un alliage de 5 éléments baptisé Powerlite : aluminium, magnésium, titane, zirconium et céramique. Couronne et poussoirs sont taillés dans du titane. Elle

une réserve de marche de 80 heures. 3 jours sans se soucier de la remonter. Son boîtier –tambour en acier est étanche jusqu’à 50 m (50 bars) et la glace saphir inrayable est traitée antireflets. Son fond est transparent et il peut être revêtu en PVD or jaune ou or rose en option. Option dont on peut se passer selon nous. Un certain luxe pour moins de 700 €. Avec la Tissot T-Race Touch, on entre dans le domaine des montres sport très techno. 11 fonctions acccessibles

existe aussi en édition limitée en bleu et en kaki. On doit son dessin à Henrik Fisker, le designer star de BMW et Aston Martin. De quoi, pour certains amateurs en faire une icône. N’exagérons pas. Mais, techniquement irréprochable, elle est sobrement dessinée et, dans cette version, ces petites touches de rouge ont du style. Prix non communiqué. Disons de 3 à 4000 €.

du bout des doigts grâce à l’écran tactile, technologie très bien maîtrisée par Tissot, depuis le chrono avec mesure des temps partiels et intermédiaires, en passant par un journal qui fournit les distances parcourue et même une boussole pour ne pas s’égarer. Les puristes, dont nous sommes, diront que c’est plutôt une montre gadget, d’ailleurs avec un mouvement à quartz. Mais plutôt réussie dans son genre. Et sérieuse avec même une étanchéité à 10 bars (100 m). Compter dans les 410 €.


Une autre façon de vivre Zanzibar, Ou la promesse d’une Robinsonnade de luxe…

Séjour de 10 jours / 7 nuits au départ de Paris. A partir

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Comprenant: Les vols Aller/Retour au départ de Paris, Les transferts Aéroport/hôtel/Aéroport, 7 nuits en Pavillon à Kilindi - Formule All Inclusive Les taxes aéroport (292€ à ce jour, soumis à modifications), L’assurance rapatriement. Pour tout séjour entre le 06/01/2014 et le 30/04/2014.

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Hôtels, bars, restaurants… Nouvelles adresses dans le Des sons du monde recueillis par un collectif de musiciens monde. Jugées dignes d’intérêt par Travel STYLE & Life. qui les restituent en de très évocatrices pièces sonores.

Inventaire Paris L’Edouard se rhabille Il est l’un des 4 hôtels chics de Bessé Signature, le groupe d’Anne Jousse, avec l’Hôtel de Sers, le Bel Ami et le Golf de la Bretesche. L’Edouard 7 et ses 57 chambres et 12 suites, à deux pas de l’Opéra de Paris, se rhabille de velours et de dentelles, se dote de

portes translucides de couleur entre salles de bains rénovées et chambres où un beau bleu saphir en rehausse les espaces haussmaniens. C’est l’architecte d’intérieur, Charles Daudré qui est intervenu. Petite impertinence : certaines chambres portent les noms de maîtresses du Prince de Galles, éphémère Edouard VII, comme celle appelée « Melba ». 01 > Touche arty avec citation littéraire au tableau noir 02 > Tapis cachemire et tête de lit capitonnée pour le côté cosy

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Sénégal Suimanga Lodge C’est l’une des plus belles régions du Sénégal à 150 km au sud de Dakar : le delta du Sine Saloum, classé par l’Unesco réserve de la biosphère. Le Souimanga Lodge y propose 7 bungalows en bois construits sur pilotis au bord des eaux du delta. Piscine à débordement face au fleuve, jardin tropical, sérénité des lieux font de ce 18

lodge aux chambres meublées avec un grand raffinement un très bel endroit où se poser pour se lancer à la découverte du delta des deux fleuves. Le Saloum et son affluent le Siné se jettent lentement dans l’océan dans un paysage de mangroves, de lagunes et de cordons de sable. On peut y observer de nombreuses variétés d’oiseaux et y découvrir des villages de pêcheurs typiques de la vie du delta.

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Buthan Uma by Como Planté sur une colline de la vallée de Punakha au Bhutan, à cinq heures de route de Paro, le nouveau pavillon de Como Hôtel and Resorts, jumeau de celui existant déjà à Paro, Uma by Como domine des champs en terrasses qui descendent jusqu’à la rivière Mo Chu aux eaux pâles et glaciales. Expérience himalayenne dans un hôtel où le luxe c’est la simplicité. 11 villas à une chambre et une à deux chambres pour les familles. Lits immenses, poêles à bois, couleurs neutres, murs bhoutanais traditionnels peints à la main. Le spa propose des soins traditionnels, comme le bain traditionnel bhoutanais aux pierres chaudes, aux côtés de la ligne de soins du groupe Como, Shambhala. Le restaurant offre les ingrédients locaux et une cuisine du Bhutan.

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03 01 > Planté en haut de champs en terrasses. 02 > Bain bhoutan aux pierres chaudes 03 > Une décoration simple et lumineuse 04 > De la terrasse vue sur la vallée de Punakha et la rivière Mo Chu

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Hôtels, bars, restaurants… Nouvelles adresses dans le monde. Jugées dignes d’intérêt par Travel STYLE & Life.

Inventaire Alsace Un nouveau concept Barrière Loin du luxe opulent des palaces de Deauville, comme le Normandy ou le Royal, ou de Cannes, comme le Majestic ou le Gray d’Albion, le groupe Barrière, qui célèbre cette année son centenaire, vient d’inaugurer, à Ribeauvillé, en Alsace, un hôtel tout à fait différent, plus jeune, plus zen, plus sportif. Ni ors, ni velours, ni tentures somptueuses, ni moquettes extravagantes, mais un décor fonctionnel en harmonie avec la notion de loisirs intégrés qui englobe l’hôtellerie certes, mais aussi le bien-être avec une balnéo intérieure et extérieure de 3 600m2 et un spa, deux restaurants, une salle de spectacles et un casino.

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01 01 > Des villas de 2 à 8 chambres. 02 > Des vues somptueuses

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L’Hôtel du Château de Pizay, une belle bâtisse édifiée du XI ème au XIXème siècle, est l’une des plus importantes offre hôtelière dans un domaine viticole. Ce 4 étoiles propose 62 chambres, suites et appartements de grande classe avec vue sur les jardins à la française, les dépendances et le vignoble. 80 hectares de vignes qui produisent depuis le Moyen Age les plus grands crus du Beaujolais : Morgon sur 19 ha, Régnié sur 5 ha, Brouilly, Château de saint Lager sur 18 ha… vinifiés et mis en bouteilles au 20

Il y a des allures de loft new-yorkais dans ce Birdie Num Num ouvert face au parc Monceau à Paris. Les chaises tulipe de Saarinen côtoient les Tolix en tôle pliée de Pauchard posées sur le sol en béton brossé semé de tapis. Les bibliothèques sont des trompes l’œil et les objets chinés créent une ambiance hétéroclite à la Starck version Mama Shelter. Carte « tendance » mâtinée asiatique. Thon à la plancha avec Shitaké à la coriandre, émincé de bœuf façon thaï « e tigre »… et des classiques comme le tartare de charolais au couteau. Prix raisonnables, brunch à 27 €

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et belle terrasse de 50 couverts font de cette adresse de la rue de Courcelles un endroit à fréquenter. Au fait, « Birdie Num Num », c’est une réplique de Peter Sellers dans le film « The Party ». 01 > Ambiance de loft new-yorkais. 02 > Mélange hétéroclite d’objets chinés et de meubles vintages. 03 > Pavés de thon à la plancha et Shitaké à la coriandre.

Paris Haute cuisine sur Seine

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Beaujolais Un château dans les vignes

Paris Le Birdie Num Num

château. Les caves aux voûtes gothiques où vieillissent des productions annuelles de 400 000 bouteilles se visitent. Un important spa de 1000 m2, couronné de trophées, un tennis, une piscine extérieure chauffée … permettent d’envisager d’agréables week-ends œnologiques dans une région par ailleurs riche en choses à voir. Un spectaculaire salon de 200 m2 vient d’y être rénové, devenant à la fois un magnifique lieu d’accueil aux très belles boiseries sous les poutres anciennes mises en valeur par la nouvelle décoration en noir et blanc, et lieu d’exposition pour les artistes de la région.

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Le Don Juan II est l’un de ces beaux bateaux des Yachts de Paris qui sillonnent la Seine. Rien à voir avec les hideux bateaux-mouches. Rien à voir non plus côté cuisine. Autant dîner au rythme du fleuve peut être une idée délicieusement romantique autant cela peut devenir un cauchemar façon menu décongelé sur certains bateaux. Sur le Don Juan II, c’est le chef Guy Krenzer, Meilleur ouvrier de France, qui a préparé le menu. Classique, foie gras, Saint Jacques, côte de veau, mais préparé dans les règles de l’art avec les meilleurs produits, truffe d’Alba, cèpes…Olivier Poussier, meilleur sommelier

du monde 2000, s’occupe des vins. Le bateau, beau yacht européen à proue hollandaise, date de 1931 et a été rénové en 2007. Bar en cuivre et acajou, porcelaine Bernardaud, tissus Pierre Frey, il affiche les meilleures signatures classiques du luxe français. Embarquement quai Henri IV.


Le goût du beau et du bon de TS&L dans une sélection de bonnes tables signée Nicole Cornuz-Langlois.

Inventaire

Café Charlot Modeux Dans le quartier du Marais, cette institution est le lieu idéal le soir, pour l’après spectacle, ou le dimanche pour le brunch. Pour voir et être vu. Sûrement pas pour des confidences, une déclaration ou une rupture. Le spectacle est permanent. Cette ancienne boulangerie a gardé son décor d’antan : bar en zinc, miroirs vieillis, carrelage blanc, chaises et tables bistrot, … mais la clientèle est très contemporaine, monde de la mode, du design, du cinéma….c’est un régal de fantaisie, d’invention, voire de provocation. Cuisine sans surprise, mais de qualité, les pennes aux morilles et pointes sont parfaits, les burgers excellents se dégustent avec de l’oignon rouge, les frites croquantes sont servies en cornet, mais le vin « SaintAmour » ajoute une touche glamour. Pour le brunch, les œufs bios en bénédictine ou pochés à la Norvégienne, sont irrésistibles. Service très classe par d’impeccables jeunes gens vêtus de longs tabliers et de pantalons blancs, et cravate noire. Amabilité, efficacité garanties, sous l’œil vigilant de Jihane, élégante directrice. Carte env. 40 euros Brunch le dimanche : 19 euros ouvert tous les jours de 07h à 02h 38, rue de Bretagne 75 003 PARIS Tel : 01 44 54 03 30

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Ma Cocotte Starckissime

01 > Un sandwich club stylé. 02 > Petitdéj euner à la parisienne. 03 > La terrasse.

Murs de briques ou de béton, plafonds en bois, poutres métalliques, touches de vitraux de couleurs, carreaux ciments en guise de parquet, étagères couvertes de livres et d’objets chinés, tableaux animés sous verre….pas de doute, on est bien dans un monde selon Starck. C’est à Saint-Ouen, entre Serpette et Paul Bert, un restaurant, un bistrot, une cantine… ? : « Ma Cocotte ». Et l’on comprend très vite qu’il ne s’agit pas de la marmite, mais d’un terme affectueux : « Ma puce, mon lapin, ma biche, mon chou, ma poule, ma caille, Ma Cocotte » peut-on lire en couverture du menu. Qualité et convivialité, rigueur et décontraction, le style du couple Fabienne et Philippe Amzalak, ensemble, ils ont

c’est moins guindé et plus spontané qu’une Galerie. Les amateurs peuvent acheter les œuvres à la fin du repas. Une

idée coup de cœur de Thierry de Santos, le propriétaire berrichon, le nom de Zaganin vient du patois de sa contrée d’origine. Sa cuisine traditionnelle s’est adaptée et allégée au goût contemporain. Le risotto aux pleurotes et saumon fumé, le filet de bar au fenouil sauté et sa crème d’aneth, le pluma de cochon Ibérique avec brocolis et carottes sautées… en sont les

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Au Zaganin Arty Rencontre sympathique entre art culinaire et art pictural. C’est sur le chemin de Montmartre, à deux pas de Pigalle, un bistrot dans une déco des années 40 qui accueille tous les deux mois des expositions d’artistes annoncées par un vernissage animé. Fantaisie, et nostalgie,

01 > Table d’hôte à la Starck et cuisine ouverte sur la salle. 02 > Salon pour un petit déjeuner ou un repas plus privé..

voulu, conçu, cette étonnante cuisine ouverte, impressionnante avec son vitrail sur la façade rue. La proximité avec l’équipe accentue le côté bon enfant de ce restaurant hors du commun. Dans l’assiette on retrouve cet état d’esprit, des mets simples, mais de qualité, sans prétention. « un bol de soupe bien chaude qu’on prend chez sa grandmère un dimanche d’hiver » évoque Philippe Starck qui a fait de cette nostalgie, le thème dominant de sa décoration. On trouve donc dans le menu : poulet fermier à la broche, macaroni cœurs d’artichauts et citrons confits, des valeurs sûres de retour de marché, et pour grignoter, à n’importe quelle heure, des assiettes à partager : terrine maison et, bloc de foie gras, cœur de saumon fumé….. ou caviar Oscietre et pain de campagne grillé.

www.macocotte-les-puces.com

succulents illustrations. Le tout s’accompagne de vins bios, ou pas. Menu : 18, 50 euros Carte : env. 35 euros Bar à huitres. Brunch les samedis et dimanches à partir de 11h30 : 18,50 euros (première formule). Fermé le lundi 81, rue de Rochechouart 75009 PARIS Tel : 01 48 78 12 70

www.auzaganin.fr

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Hôtels, bars, restaurants… Nouvelles adresses dans le monde. Jugées dignes d’intérêt par Travel STYLE & Life.

Inventaire Portugal La villa Pedra Natural house Aldeia de Cima était un ancien village aux maisons en ruines dans la Sierra de Sico, pas très loin de Coimbra la magnifique ville universitaire à mi-distance entre Porto et Lisbonne. C’est là qu’est née Villa Pedra Natural Houses, un ensembles de villas rebâties sur ces

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Shanghai Un nouveau Banyan Tree Après Bangkok, Séoul et Macao, le groupe Banyan Tree implante son concept de Resort urbain à Shangai au cœur du Bund, le quartier historique. Les 130 suites ont vue sur le fleuve Huangpu. Trois restaurants, fruits de mer,

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ruines. Les anciens murs ont été récupérés et ces maisons ont été reconstruites dans l’esprit village mais dotées de tout le confort d’une hôtellerie haut de gamme. Belles pierres, jardin fleuri, piscine… 04 les 7 « casas », de la Casa 2 do Jasmin de 60 m avec 01 > Le charme des vieilles pierres. une chambre à la Casa de Les vieux murs en ruine ont Nespereira de 150 m2 avec été conservés et restaurés. 2 chambres ont le charme 02 > Des vues superbes sur la des belles maisons de famille. campagne environnante. Superbe adresse aussi pour 03 > Meublé comme une belle déguster les produits du terroir maison de famille portugais. 04 > Les objets ont une âme !

Paris Six Senses Spa Un lieu magique à Paris pour des parenthèses déstressantes. Au programme, un voyage des sens de 2h20. D’abord un traitement du visage, des mains et des pieds. Puis un massage de tout le corps. Ensuite, une heure de soin de cheveux au Studio 34 et enfin un exceptionnel dîner à l’Essens’ALL, 2 à 3 heures de dégustation de saveurs 22

rares conçues par le Chef Laurent Pichaureaux. Au total 6 heures de rêve à offrir. C’est un un coffret édité par le Spa Six Senses de la rue de Castiglione. Un cadeau raffiné pour une hédoniste.

TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

chinois et japonais et bar panoramique sur le toit, 12 concierges de nationalités différentes, et un spa, l’une des grandes spécialités des Banyan Tree, font de cette nouvelle adresse de Shangai l’un de ses lieux de résidence les plus attractifs. Un autre établissement du groupe s’est aussi ouvert à Tianjin.

Singapour Le Capella récompensé Nos confrères anglo-saxons adorent faire des classements et attribuer des récompenses : « L’hôtel le plus confortable au monde », « l’hôtel le plus grand, l’hôtel le plus sexy…». Là, c’est un magazine américain, « Travel + Leisure », paraît-il de grande audience, qui a fait un Top 50 des hôtels dans le monde couplé à un Top 15 des hôtels en Asie. Classé dans les 2, 37ème sur 50 et 5ème sur 15, le Capella de Singapour ne se sent plus de joie et nous le fait savoir. Ceci dit, il a en effet quelques atouts à faire valoir. Situé sur l’île de Sentosa, tout près et en même temps isolé des

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centres financiers et commerçants de Singapour, ce 5 étoiles annonce proposer les logements les plus spacieux de la ville avec ses 112 chambres dont deux manoirs coloniaux avec piscines privées, ses 72 suites et duplex avec vue sur mer et 9 autres manoirs. La chaîne de luxe Capella, fondée par Horst Schulze, a son ADN en Allemagne. Elle s’étend, outre à Singapour, au Mexique et aux USA dans le Colorado. Demain en Thaïlande et au Japon outre de nouvelles ouvertures au Mexique et à New-York. 01 > Baignoire extérieure dans les manoirs. 02 > Les chambres et suites les plus spacieuses de Singapour.

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Hôtels, bars, restaurants… Nouvelles adresses dans le monde. Jugées dignes d’intérêt par Travel STYLE & Life.

Inventaire Paris L’hôtel Oro-Ïto Designer radical qui s’était fait connaître à 17 ans en designant malgré eux et en 3D des objets de luxe marqués Vuitton, Apple ou Nike et en créant avec le buzz sur internet, Ora Ïto vient de livrer à Paris dans le quartier des Halles un étonnant petit hôtel de 29 chambres. Petit dans tous les sens du terme. C’est un immeuble ancien du vieux Paris aux espaces très limités, aux couloirs étroits avec une hauteur sous plafond presque ridicule. Du coup le designer a créé des chambres-capsules comme des cabines de bateaux, où chaque millimètre a été pensé et utilisé. L’espace, mesuré, est adouci par une utilisation systématique de l’arrondissement des angles et l’utilisation de bois clair associé à des couleurs franches et acidulée. La capsule bleue, la capsule jaune, la capsule verte… Du coup, chaque chambre est unique. Le desk et le bar sont eux aussi de fortes propositions de design contemporain et concourent à faire de cet Hôtel O, du groupe Elegancia, une étape obligée pour jeune gens Design Addicts. A deux pas du Louvre, il est de toute façon idéalement situé pour une clientèle qu’on imagine plutôt jeune avec de fortes envies de dévorer Paris.

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Vietnam Le Fusion Maya Resort Da Nang au Vietnam. Pour les plus vieux, le nom d’une bataille perdue par les sudiste, ouvrant la route de Saïgon aux armées du Vietcong en 1975. Aujourd’hui, c’est plutôt l’une des plus belles plages du Vietnam au pied des haut plateaux du centre. C’est là qu’est implanté le Fusion Maya Resort, 87 luxueuses villas avec piscines privées. Et une formule inédite « all inclusive » avec les soins de son spa, un immense ensemble de 16 cabines, 2 salons de beauté, 8 jaccuzzis, saunas et piscine de 27 m avec tout un programme dit « Natural Living » qui orchestre un séjour équilibré, orienté bien-être. Et il y a en plus de d’exceptionnels sites à voir autour comme My Son et la ville impériale d’Hué.

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Allure futuriste du desk. Chambre-capsule. Bois clair, couleur vive, courbes. Le bar.

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03 01 > Des villas avec piscines privées. 02 > Unpr ogramme « Natural Living ». 03 > Les Grandes Beach Villas ont 3 chambres.

Chine Un nouveau 5 étoiles La chaîne thaïlandaise d’hôtels de luxe Anantara vient d’ouvrir un deuxième 5 étoiles en Chine après celui de Sanya en Chine du Sud. L’Anantara Xishuangbanna Resort & Spa est dans la province du Yunnan, le long d’une boucle de la rivière Luoso, une région tropicale proche de la Birmanie et du Laos. 80 chambres et 23 villas dans un somptueux jardin tropical où règnent les orchidées, un spa qui est l’une des spécialités de cette chaîne,

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piscine, pratique du yoga et du tai chi face à la rivière… Bref, tous les charmes de l’Asie. Une villégiature haut de gamme dans une région excentrée de l’ouest de la Chine réputée pour sa Wild Elephant Valley et ses temples bouddhistes, en particulier la Pagode blanche.


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Il y a aussi les voyages imaginaires auxquels invitent les artistes visibles dans des lieux rares

Lieux Stylés

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Éléphant Paname à voir et à danser C’est un nouveau et superbe lieu à Paris. Un hôtel particulier du IIIème Empire transformé en galerie d’art, studios de danse, restaurant et salon de thé par la grâce d’un frère passionné d’art et d’une sœur danseuse classique, Laurent et Fanny Fiat.

Texte : Dominique Bouchet Photos : Dominique Bouchet et DR

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I

ls sont jeunes et beaux, vibrants de passion pour ce projet de nouveau lieu parisien consacré à l’art et à la danse. L’endroit, déjà, est incroyable. Un hôtel particulier du IIIème Empire, rue de Volney, érigé par l’ambassadeur de Russie qui y donnait des réceptions courues par le tout Paris. Somptueusement décoré, l’hôtel eut d’une certaine manière la chance de devenir dans les années 20 le siège d’une banque qui a tout coffré pour en faire des bureaux. D’où les divines surprises de Laurent Fiat quand il a fait tomber ces coffrages pour restituer le lieu dans son état originel. Les stucs d’époque, les moulures, des hauts et bas-reliefs, des têtes de lions, des visages de nymphes… sont réapparus dans un état de conservation exceptionnel. Visitant l’hôtel on est autant fasciné par l’espace lui-même, la cage 26

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04 01 > Fanny et son frèreLaurent Fiat, âmes d’Eléphant Paname. 02 > Grand salon sur la rue de Volney. 03 > Le dôme en briques de verre. 04 > La sculpturale cage d’ascenseur en acier oxydé dessinée par Laurent Fiat.

d’escalier et ses murs comme crépis par les siècles dans laquelle Laurent Fiat a construit une sculpturale cage d’ascenseur en acier oxydé, autre trace du passage du temps, les grands salons d’exposition… que par les œuvres données à voir. De l’époque banque, il reste un spectaculaire dôme de briques de verre, « comme une coupe de cristal », qui coiffe un espace de 250 m2, hier salon d’accueil de la clientèle, aujourd’hui centre du lieu, un écrin exceptionnel pour des concerts, des spectacles ou des expositions. Enrico Bernardo, Meilleur sommelier du monde 2004 et créateur du concept de Wine Restaurant avec Il Vino à paris, est le maître des lieux du restaurant Goust . Quant à la programmation artistique, expos, peintures, photographies, spectacles de danse… On ne peut que renvoyer au site d’Elephant Paname tant il serait réducteur de ne citer qu’une ou deux propositions. TIS&L


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Style

Les bijoux sont la signature d’un style et celle de Nathalie Jean est on ne peut plus élégante et moderne.

Designer de bijoux

Nathalie Jean

Créatrice moléculaire inspirée et originale Architecte québecoise devenue styliste de bijoux à Milan, Nathalie Jean a fourni des collections à quelques marques de renom comme Donatella Versace, Mont Blanc ou encore Pomellato, Alberta Ferretti pour des réalisations d’architecture intérieure. Pour notre part ce sont les très belles séries réalisées pour Christofle qui nous ont donné envie de lui ouvrir les pages de TS&L. Rencontre à Paris.

Texte : Dominique Bouchet Photos : DR

L

es collections qu’elle a dessinées pour Christofle s’appellent Gem Gem, Pythagore, Prismes, Polygones. D’élégants bijoux en argent, modernes, aériens et mouvants, composés de figures en pendentifs accrochés à de fines chaînes. Des colliers pectoraux qui sont un spectaculaire ruissellement. C’est d’ailleurs l’un deux fait de feuilles d’argent et qu’elle portait dans une soirée qui a été un déclencheur. La styliste new-yorkaise Donna Karan le remarque et du coup lui en commande une série pour ses boutiques. D’autres suivront, Donnatella Versace, Mont Blanc, Christofle… Ses créations, si originales et si modernes séduisent la presse italienne. Grazia, Vogue, Elle Italia… les montrent dans leurs pages mode. Nathalie Jean s’inspire de la molécule du saphir pour créer une collection baptisée « Saphir » dans laquelle il n’y a aucun saphir, la pierre précieuse, mais seulement les très jolies et fines formes de la molécule entrelacées. L’art de l’évocation. La collection Mer-

01 01 > Nathalie Jean. 02 > Collier « Polygones » pour Christofle. 03 > Le lac Inle en Birmanie. 04 > Collier de la collection « Informe » 05 > Collier pec torale « Mercure ».

cure utilise l’argent et des tourmalines taille baguette pour un jeu de sculptures fascinantes, comme formées par les écoulements aléatoires de gouttes de mercure. Une superbe série de colliers en particulier dont un, pectoral, est du genre à attirer tous les regards. Un mot aussi de la collection nommée « Informe » car elle est, à mon sens, une sorte de concentré de l’inspiration et l’originalité de Nathalie Jean. Là 02

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aussi, on part de la morphologie de molécules organiques, des formes quasiment « informes » qui, bizarrement s’agencent parfaitement les unes avec les autres, précisément assemblées avec de fines attaches en colliers, bracelets et pendentifs. Au final, un jeu de formes dont l’étonnante incohérence devenue cohérence s’impose.Tous ces bijoux sont façonnés à la main dans l’atelier de Milan où Nathalie Jean créé et réalise, juste aidée par une assistante japonaise. Assis en face de cette femme élégante à la terrasse d’un café du côté de l’Ecole Militaire, et après lui avoir dit à quel point j’étais impressionné par la beauté, mais aussi l’originalité et la modernité de ses créations, je me demande quel a pu être le parcours de cette femme du monde, au sens premier, citoyenne canadienne travaillant à Milan et séjournant tout aussi naturellement à Paris, parlant aussi bien le français que l’italien et l’anglais.J’apprends ainsi que cette Canadienne est une Québecoise, qu’elle est architecte, sortie de l’Université de Montréal, et qu’elle a commencé par travailler 2 ans dans une agence réputée de Montréal, celle de Peter Rose.

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Un léger ennui et l’envie de s’éclater la rendent réceptive à l’appel d’une copine qui la convainc que c’est à Milan que ça se passe. Elle y débarque en 1988 et a la chance de pouvoir collaborer avec l’agence d’Ettore Sottsaas, une star et un dynamiteur du design. Venue pour quelques mois, elle reste et, certaine d’avoir son style à elle, elle créé sa propre boîte de design et d’architecture en 1993. Puis, c’est l’épisode Donna Karan et l’enchaînement des commandes de collections, dont celles de Christofle. Certaines de ses pièces font maintenant partie des collections permanentes du Musée des Arts décoratifs de Paris, de l’Athenaeum de Chicago et du Musée of Fine Arts de Montréal. Faute d’avoir le temps de visiter ces musées, prenez celui de quelques clics sur son site, www.nathaliejean.com, vous y découvrirez l’ensemble de ses créations et cela vaut le voyage, même virtuel. Et, j’allais oublier, son hôtel fétiche dans le monde, c’est le FCC Angkor à Siem Reap (Angkor Wat) et l’un de ses lieux magiques, c’est le lac Inle en Birmanie. TIS&L TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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La diagonale de l’œil

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PÉKIN-HONG KONG Le projet M2B.

Niko de la Faye, un jeune artiste plasticien avait rendez-vous à la Foire d’Art contemporain de Hong Kong, la « HK Contemporary », du 24 au 27 mai dernier pour y exposer son Projet M2B. Lequel a consisté à relier Pékin à Hong Kong, 3 348 km, au guidon d’un tricycle transformé en machine cinétique aux panneaux de couleurs primaires en mouvements synchronisés au déplacement de l’engin. Une référence à Nicolas Schöffer, pionnier de cet art cinétique de la lumière et de la vitesse. Et des Chinois, sidérés, curieux, séduits par ce drôle de tricycle à la fois familier et hors de l’ordinaire, littéralement extraordinaire. La performance a duré 80 jours, comme un autre fameux voyage, en ballon celui-là. www.w2bproject.com

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En aparté

“Boss” de Grand Hôtel

Si le « Boss » n’est pas bon, le charme et le chic d’un grand hôtel peuvent vite virer au médiocre sans âme.

Jacques Charles

L'homme qui veille à ce que tout soit parfait

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General Manager du Lémuria Resort à Praslin aux Seychelles jusqu’en juin dernier, le Français Jacques Charles avait entre les mains l’un des fleurons du groupe Constance, ce groupe hôtelier haut de gamme de référence dans l’océan indien, à Maurice, aux Seychelles et dans les Maldives.

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

03 01 > Les restaurants et le jardin tropical au Lémuria. 02 > Sur le parcours du golf. 03 > Une table pour deux au bout des rochers. 04 > La terrasse du Beach Bar & Grill. 05 > Jacques Charles, General Manager du Lémuria. 02

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homme est charmeur et le cadre enchanteur. Français de surcroît. Et « big boss » de l’une des plus belles adresses des Seychelles, son 5 étoiles historique, le seul à avoir son golf 18 trous, qui est d’ailleurs aussi le seul des Seychelles, le Lémuria, implanté au nord de l’île de Praslin dans un site exceptionnel où deux plages se rejoignent en un promontoire rocher. C’est là, sur la terrasse du Beach Bar & Grill installé sur ce promontoire, dans un cadre à rendre heureux Jean Pierre Bacri lui-même, que, un peu comme les passagers d’une croisière peuvent avoir le privilège de dîner à la table du commandant, nous eûmes celui de déjeuner avec le Directeur Général de l’hôtel. On s’attend à ce que cela fausse les choses. Personnel artificiellement aux petits soins, chef particulièrement attentif à ces clients qui déjeunent avec le patron. Etc. Eh bien, en l’occurrence, pas du tout. Ambiance très détendue quoique au top du service. A première vue, Jacques Charles est plutôt dans le management de proximité, dans la mobilisation sur des objectifs partagés et pas du tout dans la distance autoritaire. Manifestement, il sait créer cette ambiance propre aux grands hôtels où le service est à la fois omniprésent et léger et souriant. Tout un métier.

I Réveiller l’endormie

Et un parcours atypique comme souvent dans le tourisme où c’est souvent la curiosité de voir le monde qui l’emporte sur des parcours programmés par des études faites sans vraie conviction. Jacques Charles faillit ainsi devenir pharmacien. Jusqu’en 3ème année et l’appel du directeur du Méridien à Paris. Il reste 18 ans chez eux, entre Méridien et Air France, passe un MBA à l’ESC Lyon et ne sera définitivement pas vétérinaire. Puis, c’est « Pierre et vacances » avec Gérard Brémont, mais cela manque décidemment d’hôtels de qualité. Et Jacques Charles ne jure que par l’hôtellerie haut de gamme où il sait pouvoir faire ses preuves. Une rencontre avec le Managing Director >

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“Boss” de Grand Hôtel Le groupe Constance

Ce groupe familial mauricien d’hôtels de luxe n’est présent que dans l’océan indien avec le célèbre Prince Maurice et le Belle Mare Plage à Maurice, le Lémuria et l’Ephélia aux Seychelles, l’Halavell et le Moofushi aux Maldives et le Tsarabanjina, seul sur une île de l’archipel des Mitso au nord-ouest de Madagascar. Golfs, spas haut de gamme, Sisley, Shiseido… Chefs de talent, outre des sites superbes et un service très personnalisé, sont l’image de marque du groupe. Il a fait sienne la maxime d’Epicure : « Le plaisir est le point de départ et le point d’arrivée d’une vie heureuse ». 01

de l’époque du groupe Constance, on est en 2008, qui cherche un nouveau manager pour le Lémuria, est sa chance. Il devient l’homme chargé de redonner à ce fleuron du groupe aux Seychelles le côté unique qu’il avait à ses débuts. « Redonner du haut de gamme, redonner du détail, redonner de la relation client personnalisée ». C’est la mission. Mais comment faiton ? L’hôtel est le même, le site, somptueux, aussi. Le golf. Alors sur quoi agit-on ?

I Une mécanique de précision

« J’ai mis l’accent sur mon équipe – explique Jacques Charles -, le Lémuria, c’est 450 employés, 24 nationalités, 60% de Seychellois et 40% de Mauriciens, d’Indiens, de Mauriciens, d’Européens… Chacun arrive avec sa culture, sa philosophie du service…C’est très enrichissant, mais il fallait faire de toutes ces équipes « une » équipe. Donc j’ai fait beaucoup de formation, de brain storming, pour unifier notre qualité de service et l’ajuster à l’attente de notre clientèle qui est à 70% européenne ». Des équipes qui doivent par exemple intégrer que quand les Européens ont déjà pris leurs petits déjeuners et profitent de la plage ou du golf, les Moyens Orientaux en sont tout juste au lever et qu’il est courant qu’ils ne dînent que vers 1 h du matin. Le sens du détail disait-il. Et il faut aussi faire comprendre pour34

quoi on fait cela. Jacques Charles, disions-nous, est de l’espèce des managers de proximité, d’adhésion. « Il faut faire partager les objectifs » et il faut aussi se renouveler. Quand 30% de la clientèle est déjà venue, on ne peut se contenter d’être un bon conservateur de son produit. Il faut innover, entretenir la séduction. C’est là aussi le talent d’un bon directeur. Renouveler une carte de restaurant, rénover la déco à temps, imaginer de nouvelles prestations… Prendre en compte les nouvelles sensibilités comme celles à la protection de l’environnement. Un thème majeur aux Seychelles et très présent au Lémuria où l’une des plages est un sanctuaire de ponte des tortues marines. Apparemment naturelles, toutes ces prestations sont en fait une mécanique de précision. Il y a une bible de la qualité de service propre au Lémuria où toutes les séquences sont soigneusement décrites et servent de lignes de conduite. L’improvisation n’est pas la règle dans le rapport avec le client. Il y a un style Lémuria, impulsé par son General Manager, dont chacun est porteur. C’est ce qui fait toute la différence. Et quand Jacques Charles, ou son adjoint, accueille personnellement tous ses clients, il sait que la promesse d’un séjour inoubliable qu’il leur fait sera tenue par ses 450 employés.

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01 > Excellente lecture ! 02 > Beau tableau de retour de pêche.

Dernière minute

Après 5 années passées à la tête du Lémuria, Jacques Charles est parti pour de nouvelles missions. C’est un autre Français, Bruno Le Gac qui lui succède depuis le 1er juin. Il était arrivé dans le groupe Constance en 2002 comme Chef exécutif pour le réouverture du Belle Mare sur l’île Maurice. Co-créateur du Festival culinaire Bernard Loiseau en 2006, une manifestation d’excellence des Chefs du groupe, il était devenu le responsable de toute la restauration. Puis Resident Manager du Belle Mare avant d’accéder à cette responsabilité générale, devenir le General Manager du Lémuria, l’un des trois «Ultimate», avec le Prince Maurice et l’Halaveli aux Maldives, du groupe Constance. Autrement dit ses fleurons, membres de la très sélecte collection «The Leading Hotels of the World».

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Échappée Corse

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Balade en Balagne

Week-end corse à la Signoria L’approche de la Corse, la baie de Calvi vue depuis le hublot de l’avion d’Air Corsica, et déjà l’excitation s’empare de vous, comme une anticipation du somptueux weekend qui se présente. Il y a 2 heures à peine, c’était Orly dans le froid et la grisaille. Oubliés sur ce tarmac ensoleillé au pied de la montagne, la méditerranée bleu profond au presque bout de la piste. Texte et photos : Dominique Bouchet

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videmment, c’est dans des conditions un peu particulières que je me suis retrouvé dans la situation de vivre ce chaud et froid entre Paris et Calvi par une sale journée d’octobre en début de matinée, froide et pluvieuse, métamorphosée en été indien arrivé en Corse. C’est d’ailleurs un peu le but de la manœuvre ce passage réussi de l’ombre à la lumière quand on se décide enfin à prendre quelques jours, loin de tout, juste du soleil et de la beauté ! Pas de droit à l’erreur, il faut que ce soit parfait, vu le peu de temps qu’on peut y consacrer et que

des week- ends comme ça, on n’en prend pas 52 par an. D’où cette envie de vérifier ce qu’il en était quand est arrivée cette opportunité d’un voyage de presse à l’invitation de Jean-Baptiste et Marie Ceccaldi, les hôtes de La Signoria, un Relais & Châteaux sur les hauteurs de Calvi. La Corse, est-ce que c’est jouable ? Ne pourrait-ce pas être là une superbe idée de week-end, du genre qu’on peut suggérer aux lecteurs de Travel Style & Life ? C’est comme ça que je me suis retrouvé le seul garçon dans un groupe de consoeurs en route pour la Corse, > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Calvi et la Balagne > toutes plus ou moins spécialisées

dans le bien-être. Autrement dit, elles, c’est plutôt le spa qu’elles venaient tester. Je les interviewerai plus tard pour dire ce qu’il en est de cette prestation qui n’est pas le moindre attrait de La Signoria, ne pratiquant pas moi-même les huiles essentielles et les tables de massage. Pour l’heure, à nous Calvi, la Balagne et La Signoria. Ici l’île de beauté porte bien son nom. C’est un peu le cas où qu’on aille en Corse, d’accord, mais ça l’est particulièrement ici, déjà avec ce golfe quasi parfait dans lequel s’avance la citadelle historique de Calvi qui boucle une première courbe au fond de laquelle s’étend la grande plage de sable blanc de la Pinède. La montagne est là, tout autour, le massif de l’Argentella. Sur Capu di a Veta, altitude 703 m, un club alpin autrichien qui a toujours son local à Calvi, réminiscence des occupations du passé ancien, avait érigé une croix de bois qui a brûlé il y a 6 ans. Les Gênois, longtemps les maîtres des lieux, ont laissé leurs traces. Calvi revendique même carrément d’être la ville natale de Christophe Colomb. Abri naturel pour les flottes marchandes, port stratégique pour les Romains, Calvi est en fait devenue gênoise dès le XIIème siècle et l’on doit à son histoire mouvementée cette citadelle aux épaisses murailles, la Haute-ville, où la balade s’impose. La cathédrale Saint Jean Baptiste, XVII et XVIIIème siècle, est classée aux Monuments historiques. On y surprend un mariage le samedi, plus cliché corse tu meurs. Stilettos sur les pierres disjointes de la pente, Porsche Cayenne aux vitres fumées pour la mariée… hommes en noir… Plus loin, une vieille enseigne, Chez Tao, attire l’œil. Amusant de savoir que l’établissement était animé par des descendants du prince Félix Youssoupoff, un Russe blanc qui avait créé le premier cabaret-club de Corse, ici, dans le palais Giubega. Lequel Giubega, était le parrain de Napoléon, réfugié à Calvi en mai-juin 1793, expulsé d’Ajaccio par les Paolistes. Et dans la baie, au pied des murailles, traîne le souvenir de l’amiral Nelson qui perdit son œil et gagna son fameux bandeau dans un siège où les Anglais voulaient aider les Paolistes à chasser les Fran- >

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01 > Chant traditionnel corse dans la chapelle Notre Dame de la Serra. 02 > Mariage à la cathédrale Saint Jean-Baptiste dans la « Haute ville » de Calvi, au cœur de la citadelle 03 > Vue du golfe de Calvi et du massif de l’Argentella au fond depuis la citadelle. 04 > Certains voient un gros crocodile dans ce rocher du golfe de la Revellata, classé « site naturel ». 05 > Sant’ Antonino, l’un des plus beaux villages perchés de Balagne. Chapelle au détour d’une ruelle. 01

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Calvi et la Balagne

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Somptueux : le golfe de Calvi Fermé à l’est par la Punta Caldanu où il reste une tour gênoise ruinée, et à l’ouest par la punta San Francescu et la citadelle, le golfe de Calvi déploie sa courbe quasi parfaite au pied du massif de l’Argentello. Une magnifique plage de sable blanc, la Pinède, en forme le fond. Photo : Dominique Bouchet TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Calvi et la Balagne > çais. Des histoires fameuses qui

concourent à la renommée de cette citée dont on ne se douterait pas qu’elle n’aligne en hiver que quelques 5377 habitants. Jean-Baptiste Ceccaldi, notre hôte de La Signoria, avec la complicité d’Odile Cornille, a mis les petits plats dans les grands et il se charge lui-même de jouer le guide. Une première matinée de découverte de la face sauvage de la région par le chemin du littoral côté ouest autour de la deuxième courbe, le golfe de la Revellata, fermé par la presqu’île du même nom avec son phare à éclats au bout, nous conduit jusqu’à la plage de l’Alga, au fond du golfe. C’est classé « site naturel ». Les plantes endémiques y sont protégées. La fameuse immortelle corse qui n’existe qu’à l’état sauvage y prospère. C’est la petite protégée de Marie Ceccaldi, notre hôtesse, qui en a fait la base de la ligne de soins qu’elle a créée, « Casa Nera, made in Maquis », soins dispensés au spa de La Signoria. Après cette mise en jambes, embarquement dans les 4X4 de nos hôtes et grimpette jusqu’à la chapelle de NotreDame de la Serra, la sainte patronne de Calvi perchée sur un promontoire d’où la vue sur le golfe est fabuleuse. De mi-mai à fin octobre, l’association culturelle U Tumpannu y organise des récitals de violon. Probablement magique dans ce lieu. Mais Jean-Baptiste Ceccaldi nous avait réservé, honteux privilèges des journalistes, une surprise encore plus magique : un petit concert privé par l’une des trois voix traditionnelles des chants polyphoniques corses, a siconda, la voix principale de baryton, u bassu, la basse et a terza, la voix la plus haute qui orne le chants des ses ribuccati. Une vingtaine de minutes, le poil hérissé, entre ciel et terre dans cette petite chapelle à écouter ce chanteur magnifique. Moment rare. Qui sait ? Peut-être pourrait-il le réorganiser pour vous ! Pendant que ces dames passent l’après midi à découvrir les soins tous plus raffinés les uns que les autres du spa « Casa Nera » à l’hôtel, je choisis moi de partir à la découverte des villages perchés de Balagne. Révélateur au passage de ce que peut avoir d’unique l’accueil corse, Marie Ceccaldi me passe son Toyota sans façon et l’une des journalistes décide que finalement c’est peut-être mieux de

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01 01 > De Calvi à l’Île Rousse, une succession de villages de montagne sur la route de crête. 02 > L’église de l’Annonciation à Sant’Antonino date du XIème siècle. A côté, la chapelle de la Confrérie. 03 > Quatre tableaux de l’église sont classés aux Monuments historiques.

passer l’après-midi en Balagne plutôt que sur les tables de massage et m’accompagne. Par la route de crête, entre Calvi et l’Île Rousse au nord, l’itinéraire permet de découvrir une bonne dizaine de ces villages de montagne, souvent situés en corniche avec des vues somptueuses sur la Méditerranée. Quelques bijoux comme Aregno et son église à façade polychrome léguée par Pise, Pigna et tous ses volets bleus où l’association Corsicada fait revivre l’artisanat traditionnel corse, poterie, instruments de musique… Au détour de la route, nid d’aigle planté sur un mont, apparaît Sant’Antonino devenu « Rossignioli » dans le film « L’enquête corse », choisi comme archétype du village de montagne. De Lumio, la balade à pied vers le village abandonné d’Occi est obligatoire. Ambiance étrange dans ce lieu construit par les hommes d’où la vie est partie. On y domine le golfe de Calvi. Retour depuis l’Île Rousse par la côte. Les distances sont courtes et quelques heures ont suffit pour se faire disons une idée des charmes de la Balagne. Il faudra revenir. TIS&L

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Air Corsica La compagnie régionale corse , qui appartient pour un peu plus des 2/3 à la Collectivité Territoriale, fait voler 10 avions, 4 Airbus A32O et 6 ATR 72-500 aux départs de ParisOrly, Lyon, Nice, Marseille, en vols réguliers vers Calvi, Bastia, Ajaccio et Figari. Des tarifs hypercompétitifs, à partir de 49 € l’aller simple depuis Lyon, Nice ou Marseille, et de 99 € depuis Paris-Orly avec des relations quotidiennes, bi-quotidiennes et plus au plus haut de la saison. Consulter le site www.corsica.com Un couplage avec voiture de location est possible et des coffrets avec séjour tout compris dans un hôtel du Cercle des Grandes Maisons Corses dont fait partie La Signoria sont aussi proposés.


Si vous avez toujours rêvé d’une grande maison de famille dans un grand parc planté de pins parasols…

La Signoria

Hôtel Stylé

L’hospitalité corse d’une grande maison Ce fut au XVIIIème siècle un grand domaine gênois, la Paratella. C’est aujourd’hui l’une des plus élégantes adresses de Corse. Un Relais & Châteaux au charme discret d’une maison de maître. Parfait pour un séjour chic et calme.

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Texte et photos : Dominique Bouchet

01 > L’allée de pins parasols.` 02 > Jean-Baptiste Ceccaldi, le propriétaire de La Signoria. 03 > Un bâtiment plus récent dans l’esprit des lieux. 04 > Expo d’art contemporain. 05 > Le salon du bar..

L’

arrivée à La Signoria, une longue allée bordée de pins parasols qui traverse le parc ornementé ici d’une fontaine, là d’un bassin d’agrément dans le style classique, met immédiatement dans l’ambiance de cette ancienne maison de maître. On a à l’évidence voulu conserver l’atmosphère des grands domaines familiaux avec leurs maisons stylées mais sans étalage d’un luxe vulgaire de nouveau riche. Ce domaine, gênois à l’origine, est sur les premières pentes au-dessus de la vallée de Bonifato, dans l’arrière pays de Calvi. Le centre ville est à 5 km et la mer à 3. Un peu à l’écart de l’agitation estivale donc. D’ailleurs la famille Michelin, parfait exemple de ces grandes dynasties cultivant le goût de la discrétion jusqu’à celui du secret, avait fait de ce domaine de la Paratella un temps l’une de ses résidences secondaires. Dans les années 80, il perd ses vignes reprises par des Corses,. Jean-Baptiste Ceccaldi a l’opportunité de racheter, avec sa famille, des hôteliers de Calvi, ce qu’il reste du domaine, le parc et quelques bâtiments agricoles autour de la maison de maître, en 1986. Il en fait d’abord un restaurant de cuisine corse. L’endroit plaît et l’idée de restaurer tous les bâtiments, puis d’en construire d’autres dans l’esprit des lieux pour faire de La Signoria l’hôtel qu’il est aujourd’hui vient en fait >

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Hôtel Stylés

La Signoria

> des premiers convives qui avaient

envie de prolonger leurs séjours. Une petite histoire révélatrice de ce qui fait le charme de cet endroit. Ayant la chance d’y séjourner près de 25 ans plus tard, on comprend très bien ce côté coup de cœur et ces envies de profiter de la propriété de la part des premiers clients du restaurant.

I Un spa bio

Chambres et suites (24 de 30 à 70 m2) bénéficient des trouvailles chez les antiquaires de Marie Ceccaldi qui ne craint pas d’y associer par exemple un lustre superbe au design très contemporain. Beaucoup de matériaux anciens ont été récupérés pour la restauration, carrelages, vitraux, boiseries, bar… sans que cela fasse reconstitution. Depuis l’été dernier, 5 « casettas », avec jardins et piscines privatives, peuvent accueillir des familles. La piscine, avec sa bordure de pierre et sa fontaine dans un bosquet de roseaux, est de celles qu’on aime. Le spa aux couleurs de « Casanera », une ligne de soins bio à base notamment d’immortelle corse développée par Marie Ceccaldi, échappe avec bonheur à l’habituel folklore asiatique. La déco, en noir et blanc est aux couleurs de la Corse. Les produits sont issus de plantes sauvages cueillies dans le maquis et transformées en Balagne.

01 01 > Une belle piscine bordée de pierres avec une fontaine dans les roseaux. 02 > Le jeune chef Thomas d’Arcangelo, 3 toques au Gault et Millau mériterait bien sa 1ère étoile au Michelin. 03 > Spectaculaire et goûteux, le plateau de fromages corses. 04 > Une cuisine qui travaille les meilleurs produits corse : ici l’agneau de lait. 05 > La salle du restaurant, la Palmeraie. 06 > Un troupeau de moutons dans le pré voisin. 07 > Signoria Mare, restaurant et plage aménagée sur la Pinède, la plage du fond du golfe de Calvi. 08 > Une chambre. 09 > Accueil au spa Casanera.

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I Une grande table

On retiendra enfin que La Signoria qui a commencé comme table réputée reste une grande table. Avec Thomas d’Arcangelo, passé par l’Epuisette et le Petit Nice à Marseille, Jean-Baptiste Ceccaldi a enfin trouvé le jeune talent qu’il cherchait. Une cuisine centrée sur les plus beaux produits de Corse, l’agneau de lait, le cabri, les langoustines de Saint Florent, la langouste, l’araignée,le thon rouge… Une incroyable table de fromages, tous corses bien entendu, et, dit-on, la plus remarquable cave de vins, corses aussi, car la Corse a ce côté magique, c’est qu’on y trouve vraiment tout ce qui peut faire le bonheur d’une vie. TIS&L 44

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NOTES DE STYLE > Des hôtes attentifs et chaleureux qui démontrent que l’hospitalité corse est exceptionnelle pour ceux qui savent la recevoir. 10/10

> Le charme discret de la meilleure tradition bourgeoise. Le luxe sans bling-bling. 9/10 > Table et cave qui laissent un souvenir plus qu’ému.

9/10

> Magnifique buffet de petit-déjeuner. On ne sait que choisir…

8/10

Une solution efficace pour les éloigner s’imposerait.

> Belles salles de bains avec carrelage à l’ancienne.

5/10 8/10

> La piscine dans le style « maison de famille », plus distinguée que le m’as-tu vu hollywoodien trop souvent de règle. 9/10

qui arrivent tôt ou partent tard, hors des horaires de disposition des chambres. 9/10

> Une déco qui donnent une âme aux chambres avec des couleurs raffinées et des objets chinés avec goût. 9/10

Total

86/100

> Wifi, machines Nespresso… rien à redire sur les commodités qui s’imposent dans les hôtels de ce niveau.

10/10

> Les guêpes l’adorent aussi.

> La « chambre de voyage » installée

On est vraiment à la campagne!

dans un pavillon du parc pour ceux

Beaucoup de charme dans un site qui a gardé l’esprit de son passé de grand domaine. Et un couple d’hôtes, authentiquement corses comme on le souhaite en venant en Corse, chaleureusement accueillant et attentif.

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Échappée… QATAR Gastro

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Dîner chez Guy Savoye, mais à Doha… Doha, ce n’est pas forcément la ville à laquelle on penserait spontanément pour passer un week-end. Mais quand l’opportunité d’un voyage de presse s’est présentée, notre curiosité n’a fait qu’un bond qui a mis immédiatement Guillaume Fedou dans l’Airbus de Qatar Airways. Impressions du pays des émirs aux fonds et aux rêves illimités. Texte : Guillaume Fedou Photos : Guillaume Fedou et une amie.

C’

est quasiment à l’état de mort sociale et en tous cas bancaire que je me suis rendu à Doha, eldorado de la Péninsule Arabique comme arraché au désert le plus aride n’ayant jamais existé. La semaine avant mon départ, toutes les télés françaises titrent sur le Qatar, « faut-il ou non avoir peur du Qatar ? » Experts, géologues, plumitifs de tout crin s’escriment sur cette brûlante question. A peine un pied posé dans

le lounge de l’aéroport premium de la capitale qatarie, une réponse s’impose : « Qu’est-ce que ça change ? » Le Qatar n’a aucune leçon à recevoir, même payante. Inutile de donner des cours par correspondance aux élites de ce pays-confetti qui pourrait faire passer Las Vegas pour une sombre bourgade pyrénéenne, inutile de leur inculquer la nuance ainsi que notre extrême finesse européenne… Ici tout marche, tout est neuf, et nous > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Doha > voilà à l’approche des douanes

quand une hôtesse nous guide vers un salon « VVIP » où mon petit groupe de presse se demande bien à quelle sauce il va encore pouvoir manger. Mais un type en robe traditionnelle du Golfe tout droit sorti de Tintin au Pays de l’Or Noir nous fait signe de lui présenter nos passeports. Dans cette douane intégrée au lounge, dans une sorte de symbiose luxo-administrative, un écran affiche OK et nous pouvons entrer. La tour arabo-phallique de Nouvel Une camionnette de luxe nous emmène au Hyatt, il fait assez bon, dans les 20 degrés, et je note après plusieurs coups d’œil sur les rutilants 4X4 qui pullulent le long des avenues que les Qataris aiment bien garder le plastique sur les sièges, ainsi que sur les rétroviseurs. Sans doute pour mieux montrer que tout est neuf, que l’avenir est pour eux ! Nous passons par Doha-City et découvrons ce skyline que même Dubaï lui envie, avec cette tour arabo-phallique de Jean Nouvel qui est un Dieu vivant ici, à en croire les énormes projets en cours portant son nom sur la route de l’aéroport. « Nouvel » aime le neuf lui aussi. Au cours des débats télévisés en France, l’on pouvait entendre que cette pétromonarchie finançait les islamistes maliens, que le Qatar se disputait le leadership sunnite face à l’Arabie Saoudite avec en ligne de mire l’écrasement de l’ennemi chiite irano-syrien… Tous les investissements qataris en France et en Europe ne seraient donc qu’une stratégie de soft power pour s’assurer un monopole religieux dans une région appelée à nourrir en énergie fossile le monde occidental pour un siècle encore. Au bout d’une heure, le chauffeur nous ouvre grand les portes du Grand Hyatt.

01 01 > Grands amateurs de chevaux, les Qataris ont construit un immense double hippodrome indoor et de plein air, le Al Rayyan Park. En France, ils sponsorisent le Prix de l’Arc de Triomphe, la plus grande course de plat du monde qui se court à Longchamp. 02 > Les tours continuent de s’élever dans le Skyline de Doha. 03 > Katara, le « village culturel » au cœur de Doha, plutôt genre « base de loisirs ». 04/ 05 > Images d’avant. Les « vrais » Qataris se reconnaissent à leurs taoubs blancs et leurs keffiehs à fils noirs. 02

I Niqab en or et diadème

Grandiloquence évidemment, immense lobby avec vue plongeante sur un restaurant avec au minimum 60 mètres sous plafond dans une architecture qui sans ce clinquant pourrait tout à fait être taxée de soviétique ; honnêtement dans un tel cadre, sunnite ou chiite quelle différence ? Déjà qu’il nous est difficile de bien comprendre la révolution luthérienne. La Saint-Barthélémy, ça fait longtemps

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qu’elle se passe à Saint-Barth ! Les femmes qui entrent et sortent de l’hôtel sont souvent voilées, à des degrés divers, même s’il faut noter que plus leurs maris semblent importants moins on voit le visage de ces femmes. Un Qatari avec tenue traditionnelle et trois Blackberry dans la main est suivi d’une femme avec un niqab en or massif surmonté d’un diadème barbelé. Le charme très discret de la pétrobourgeoisie… Je note aussi que les femmes les plus voilées sont souvent celles dont le gabarit est le plus imposant, en déduisant donc que dans les harems, ces émirettes servaient de mères dont il valait mieux cacher les formes - que nous ne saurions voir. Dans mon groupe, il y a beaucoup de jolies filles, et bien d’aujourd’hui avec ça, elles sont plutôt blondes et vivent dans leur chair ce perpétuel dilemme des femmes d’aujourd’hui : ignorer ou soutenir la cause ?

d’œil on passe du programme de la 9° de Beethoven à un sosie de Michaël Jordan qui passe en trombe. On se pince pour y croire mais oui, tout fait culture ici, le sport comme l’art.

I Education City

L’intelligence du Qatar est de ne pas seulement s’imposer par la démesure, le gigantisme architectural qui a un peu ridiculisé Dubaï mais aussi par le lifestyle, la culture, bref ce que l’on regroupe hâtivement sous le mot-valise « économie de la connaissance ».

Comment apprécier une soupe à l’artichaut et à la truffe noire sans un Bordeaux pour faire chabro ?

I « National Sportsday »

On m’attribue une chambre avec vue sur les chantiers incessants de Doha qui se révèle être un chantier en soi, la ville glisse toujours plus avant vers la mer et je note au balcon qu’il n’y a aucune odeur particulière. A New York ça sent le mazout salé, à Berlin le pain d’épice, à Londres le thé à la cerise, à Paris le chien mouillé mais ici, non, pas le moindre témoignage olfactif d’un monde en train de se faire. Je m’endors sans peine après avoir posté une blague sur Facebook à propos de la démission imminente de Benoît XVI : le pape a du être inspiré par le film de Nanni Moretti et a pris la fumée blanche pour de la poudre d’escampette. Le lendemain nous visitons Katara, le « village culturel » installé au cœur de Doha, et ça tombe bien car aujourd’hui c’est jour férié donc il y a tout un tas de monde – notre guide nous explique très fier que l’émir et son épouse ont inventé le « National Sportsday », jour férié consacré au sport. Personne ne bosse, mais gare à celui qui sèche le footing ! Tout le monde court, fait du vélo, joue au basket, et je comprends vite que le « village culturel » est avant tout une « base de loisirs » même si les concepteurs du lieu ont construit un faux opéra, un faux théâtre avec de fausses loges et un faux cinéma en plein milieu de Katara. En un coup

Son excellence le Sheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, big boss de la planète (après Obama, certes) veut que son peuple – composé à 80 % d’expatriés - fasse du sport, aille au spectacle et que cela se sache. Nous remontons en voiture pour aller voir les chevaux au Al Rayyan Park, l’immense hippodrome à l’autre bout de la ville en passant par l’Université de Doha qui je dois le dire donne envie de retourner à ses chères, très chères études. Les plus prestigieuses universités du monde (Princeton, Cornell) ont établi des « franchises » à Education City. Pas le temps de traîner sur les bancs que nous voilà dans le double hippodrome, l’un indoor et l’autre en plein-air, et en ce jour de National Sportsday il y a du monde qui arrive, les pur-sangs rutilent de mille feux et nous rencontrons quelques entraîneurs venus des écuries royales du Maroc au style impeccable, oui ils sont très heureux de participer à ce nouveau rayonnement arabe, et ce n’est pas l’autocratie qui se pratique aussi chez eux qui risque de les déranger.

I Pas de vin !

Après un break bien mérité au Hyatt, nous sortons dîner au Quisine, le restaurant du coin de Guy Savoy, et le

maître d’hôtel s’empresse de nous accueillir ou plutôt de nous prévenir : le restaurant ne sert pas d’alcool ! Mon sang que fait qu’un tour. « Mais du vin, il y a bien du vin ! Le vin ce n’est pas de l’alcool ! C’est le sang du Christ ! Déjà qu’on a plus de pape ». Notre hôte est bien désolé mais dans le plan « 2030 » de l’émir Al Thani, il est bien stipulé que tout liquide fermenté serait proscrit. Quand le restaurant a ouvert il y a deux ans, il y avait la possibilité de servir du vin. Mais las ! La législation a changé et la cave s’est vidée, les grands crus ont pris leur billet retour ou sont allés s’entasser dans les bars d’hôtel qui seuls sont habilités à servir des boissons « sérieuses ». D’ailleurs même pour son usage perso il faut disposer d’une « Liquor License » et se rendre dans l’unique dispensaire du pays pour obtenir sa ration. Comment apprécier une soupe à l’artichaut et à la truffe noire sans un Bordeaux pour faire chabro ? Des huîtres pochées à la glace sans une rasade de Chardonnay ? On nous explique doctement que le restaurant est dans le quartier du Pearl, projet immobilier pharaonique qui n’est autre qu’une île artificielle construite sur le modèle de la « Riviera ». Le groupe de Français reste soudé face à l’adversité, Claudine de Madame Figaro, Adélaïde de Gala, la splendide danoise Malene Rydhal rivalisent de blondeurs étincelantes et tout ça aurait été tellement mieux au champagne mais l’islam – ou plutôt l’usage que certains veulent bien en faire – en décide ainsi et ce n’est pas vraiment l’endroit pour le remettre en cause. Je rappelle qu’à moins de dix kilomètres c’est le désert absolu et que si nous ne voulons pas servir d’appât pour la prochaine grande chasse royale au faucon on a intérêt à la boucler. C’est donc comblés par cette « quisine » autant que frustrés par la « chariade » que nous retournâmes à l’hôtel pour un sommeil garanti sans cholestérol.

I Ducasse au musée

Le lendemain, frais comme des gardons, nous changeons de chauffeur pour nous rendre au Musée d’Art Moderne mais ce dernier ne trouve pas l’entrée du musée dans une zone en travaux et à force de tourner finit par s’accrocher à un rond-point. Le chauffeur visiblement très jeune > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Doha > et venant de l’île Maurice est dé-

ritoire. Une prison dorée comme on n’en fait plus… La soif de l’or a ses revers, ce n’est que justice quand on est fauché comme moi !

semparé : la totalité des réparations seront à sa charge, et vu son salaire il ne va pas manger pendant un an ! C’est la législation locale. Heureusement le responsable du Hyatt appelle et soulage notre jeune ami, qui doit toutefois attendre la dépanneuse. Sans plus attendre, nous avançons parmi le chantier gigantesque à la recherche dudit musée et de son alléchante exposition « Tea for Nefertiti ». Les filles bravent la caillasse avec leurs talons hauts et nous découvrons ce superbe musée immaculé ainsi que la jeune et pétillante Nadiah qui va nous servir de guide francophone. Le « sarcophage Tupperware » de Vik Muniz reste la pièce la plus intrigante de ce dédale sensoriel tout à fait inspirant. Avec un plan 2030 ouvert sur le contemporain, le Sheikh nous réserve quelques belles surprises tout de même.

I Heureux comme un Qatari

I Wilemotte et Stark

Direction le musée des Arts Islamiques, joyau d’architecture réunissant les noms de Peï (pour le bâtiment), Wilmotte (pour le design intérieur), Starck (pour la déco du restaurant) et Ducasse (pour le restaurant). Oui parce qu’après Guy Savoy, c’est au tour de Ducasse de se décarcasser pour nous faire oublier le vin avec des mets et beaucoup de mots. Et le restau de l’empereur est au dernier étage du musée des Arts Islamiques. Pas précisément le paradis de la bibine. Mais peu importe, je suis assis entre Malene et Adélaïde et j’ai tellement vécu de voyages de presse dénués de telles présences féminines qu’au moins je m’irrigue mon œil à défaut du gosier. L’aigre jus de framboise que l’on nous sert ne révèle pas un millième des plats insensés de l’équipe Ducasse. En discutant avec le manager du restaurant, on comprend vite que l’eldorado a ses limites. Non seulement il faut avoir sa « liquor license » en règle, mais aussi supporter les alarmes de maison qui se déclenchent trois fois par nuit dans The Pearl, un village du prisonnier qui ne dit pas son nom bourré d’expatriés … Pour venir travailler ici il faut trouver un « sponsor », ou plutôt un tuteur qatari qui vous paye, vous loge et vous autorise quand bon lui semble à quitter le ter50

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Non vraiment ceux qui sont heureux ici, ce sont les Qataris. Dans ce pays de moins de 2 millions d’habitants, ils ne sont que 80000 à peu près. On les reconnaît à leur costume traditionnel, un taoub (thoob) blanc et keffieh (ghetra) de type saoudien agrémenté de fils noir et or pour bien les séparer des immigrés du Golfe. Ils naissent avec un compte en banque bien rempli, les études sont prises en charge par l’Etat (comme au Bahrein ou au Koweït) et s’il se marie bien comme il faut, le jeune Qatari reçoit un terrain de 300 mètres carrés constructibles et un prêt à 0 % (selon la loi coranique qui interdit l’usure) de 250000 $ pour les travaux. Avis aux antisémites : le peuple élu, c’est eux ! Stylo en or dans la poche, lunettes Dior, femmes grillagées dans leur sillage… Ils sont les maîtres du jeu, achètent Zidane, Beckham, LVMH, Vinci, le Crillon, Harrod’s, Big Ben, bref tout 01 > Nicab et smartphones. Un dans chaque main ! 02 > Quelquefois le luxe ressemble beaucoup à la déco façon Roméo by faubourg Saint Antoine. 03 > L’attrape touristes fonctionne ici aussi. 04 > Juste les yeux, mais super maquillés. 05 > Rencontre inattendue avec des motards genre « Hells Angels ».

ce qu’ils veulent tant que la nappe de gaz qu’ils se partagent avec l’Iran continue à bien donner. Dans son plan 2030, AlThani et son illustre épouse pensent à l’après-pétrole, et misent sur l’économie immatérielle. N’empêche que si l’Iran s’énerve et se met soit à pomper plus vite avec de meilleures techniques soit à leur faire la guerre pour des raisons pétro-religieuses, ça risque de leur faire drôle. Mais à voir le souk Waqif lui aussi rutilant et débordant de produits frais, de gens propres et de bédouins de carte postale, on se dit que le Qatar a encore quelques belles années devant lui. TIS&L


Cohabitation explosive ?

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Miss Seychelles Miss Seychelles, Sherlyn Furneau. Beauté, simplicité et naturel. Nous l ‘avons mise en couverture.

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Un autre regard sur …

LES SEYCHELLES

Si belles, si simples… et si chics en même temps Les Seychelles sont-elles toujours l’un de ces mythiques paradis sur terre malgré leur défloration par un nombre toujours plus grand de voyageurs de noce et l’accumulation des années où on l’a tellement dit que l’on peut se demander si elles ne pâtissent pas de cette perte de virginité. On y est allé, on a vu et on a été vaincus ! Ces îles restent à l’évidence l’un des plus beaux endroits au monde pour se déconnecter de l’agitation, du stress, du rythme épuisants de vies par ailleurs passionnantes. La nature y est d’une beauté souvent soufflante, les gens d’une gentillesse plutôt rare et les hôtels sont parmi les plus exceptionnels de la planète. Une trop courte exploration de cet archipel de 115 îles où nous avons pu parcourir Mahé, Praslin et La Digue, le trio magique.

P 60 Mahé et la capitale Port

Victoria. Shooting de mode, musique, peinture et quelques beaux hôtels : le Constance Ephélia Resort, le Banyan Tree, le Beachcomber Sainte Anne sur son île…

P 88 Praslin et sa mythique Vallée

de Mai, écrin unique au monde des cocos de mer. Le Constance Lémuria, un site fabuleux et l’unique 18 trous des Seychelles. Et le tout nouveau Raffles.

P 100 En mer pour La Digue,

traditionnelle et magnifique avec ses chars à bœufs et son Anse Source d’Argent, la plage icône des Seychelles. TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Les Seychelles

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ÎLE DE LA DIGUE La plage mythique L’avantage avec les Seychelles, c’est que c’est aussi comme cela en vrai. Pas besoin de retoucher les photos. L’icônique plage de l’Anse Source d’Argent sur l’île de la Digue, vue et revue jusqu’à saturation, reste un émerveillement quand on la voit enfin de ses propres yeux. Elle est à elle toute seule le concentré de tous les codes génétiques seychellois : eaux pures dans toutes les nuances de bleu, sable immaculé, rochers polis aux formes sensuelles. Photo : Dominique Bouchet TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Les Seychelles Victoria

Capitale de poche Arrivé à Mahé depuis Paris via DubaÏ, en A380 s’il vous plaît jusqu’au hub d’Emirate, incroyable hypermarché du duty free, puis directement pris en charge par la navette du Constance Ephélia que je voulais voir en premier, j’aurais pu comme beaucoup passer complètement à côté de la capitale de poche des Seychelles, Victoria. Cela aurait été une erreur. Heureusement j’avais prévu un rendez-vous avec la star du moutya, le chanteur Patrick Victor et son QG, c’est au marché Selwyn, l’endroit où il faut être vu dans la capitale.

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Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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a place de la cathédrale NotreDame de l’Annonciation est noire de monde ce samedi. Des dizaines d’enfants aux allures d’anges blancs se forment en une longue procession. Les familles sont là, endimanchées, à l’entrée de la cathédrale dont la nef est fleurie. Passent deux femmes, magnifiques, élégantes, sûres de leur beauté, perchées sur d’interminables talons aiguilles. Tiens, le stiletto sévit aussi à Victoria. Je reste coi au spectacle du déhanchement de ces véritables appels au péché sous le nez de tous ces premiers communiants. C’est un peu de l’âme des Seychelles qui se montre à moi. On m’a dit qu’ici le péché de chair n’est pas vraiment un péché. Et ces beautés, ce n’est que la bonne société de Victoria qui se doit d’afficher sa ferveur catholique dans ces îles où officiellement plus de 80 % de la population le serait. Normalement je ne devrais pas avoir trop de mal à trouver le marché, Victoria Market ou marché Selwyn comme me l’a indiqué Patrick Victor avec qui j’ai rendez-vous pour parler musique, celle d’ici, le moutya qui plonge ses racines dans le passé à peine passé >

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02 01 > Samedi à Victoria, jour de communion solennelle. Elégantes haut perchées sur des stilettos. 02 > La Clock Tower 03 > Le palais de justice, belle maison créole. 04 > La bannière des Seychelles dans Port Victoria. 05 > Les thons au marché Selewyn. 06 > L’entrée colorée du marché.

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Port Victoria

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> des esclaves arrachés à l’Afrique proche. Le samedi, ce marché c’est l’endroit où l’on vient rencontrer les amis en faisant ses courses.

I Les thons, massifs…

Victoria est réellement la capitale de poche annoncée, moins de 30 000 habitants, ce qui concentre quand même près d’un tiers de la population de toutes les Seychelles, et l’on s’y repère à vue . J’ai vite fait de trouver le marché en suivant le flux principal des piétons, et il est tout près de la cathédrale. Un monde fou, à croire que tout Victoria fait ses courses en même temps, se presse à l’entrée d’un bâtiment très coloré avec une coursive en étage autour d’une cour intérieure. Magnifique. Et spectaculaire. A peine entré, je tombe sur les fameux stands de poissons. Je dis fameux car ils font partie de la légende de ce marché. Tout le monde vous dit qu’il faut absolument voir ça. Les thons, massifs, puissants, à la peau hyper tendue et brillante sont alignés. Les vendeurs, comme taillés dans du thon tant ils dégagent la même puissance les manipulent à toute vitesse et leur balancent régulièrement des seaux d’eau tout en interpellant le chaland en créole. C’est bruyant, mouvementé, incroyablement vivant sous l’œil impavide de grands échassiers blancs, des aigrettes 62

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qui semblent surveiller sur une patte tout ce qui se passe. A l’étage, les échoppes s’alignent tout le long des coursives. Je repère vite fait l’angle où est installée la buvette de Patrick Victor. Un poste stratégique d’observation d’où l’on embrasse la quasi totalité du marché. De quoi y passer des heures à faire le voyeur.

I Une tour jouet

Outre ce marché aussi haut en couleurs qu’il se doit dans l’océan indien, je retiendrai de cette brève incursion dans la mini capitale des Seychelles le charme suranné des trop rares bâtiments créoles du centre, spécialement le bijou de bois précieux qu’est la Kenwyn House, et évidemment cette délicieuse Clock Tower miniature érigée au centre stratégique de Victoria, la place sur laquelle donne la poste. Un jouet, copie d’une tour londonienne célébrant l’amitié franco-anglaise. Plutôt incongru au regard de l’histoire de nos rivalités pour le contrôle des îles de l’océan indien et encore plus au regard de l’histoire des Seychelles pas rancunières avec leur dernier colonisateur. TIS&L

01 > Eden Island, la nouvelle île artificielle de la baie de Port Victoria.

Une île artificielle

Dans la baie de Port Victoria, une 116 ème île, artificielle celle-là, s’est ajoutée aux 115 de l’archipel des Seychelles. 56 ha gagnés sur la mer pour implanter l’une des plus grandes et des plus luxueuses marinas résidentielles au monde. Villas, appartements, restaurants, bars branchés sur les pontons… Tous les ingrédients du bling-bling international sont là. Les dépliants immobiliers sont évidemment également disponibles en russe et des quais ont été spécialement dimensionnés pour pouvoir accueillir les yachts mégalomaniaques des oligarques. Le site est une merveille avec des vues panoramiques sur des îles, des vraies celles-là, aux noms poétiques : l’île Caché, Cousin, Cousine, ou encore Sainte Anne qui culmine avec son Mont Sainte Anne à 250 m et qui est entièrement occupée par le Sainte Anne Resort Beachcomber, l’une des institutions hôtelières des Seychelles. Eden Island, c’est le nom de cette trop clinquante marina, pas tout à fait dans l’esprit nature et chic raffiné qui est l’image de marque des Seychelles.


hotel experience aux Seychelles LA BEAUTÉ PRÉSERVÉE D’UN SITE UNIQUE Le luxe parfait d’une architecture sublime de sobriété sur l’un des sites naturels les plus spectaculaires de l’archipel, un golf de championnat suspendu dans un paradis tropical… Ne cherchez plus, c’est tout simplement l’expérience Ultime aux Seychelles. Pour faire de votre séjour une U-experience: appelez le (230) 402 2772/73 ou sur www.constancehotels.com

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Hôtel Stylé

On dirait un nom de fleur, erreur. C’est en fait le nom d’une déesse locale auquel cet hôtel apporte un peu de célébrité.

L’ Ephelia

01 01 > Le Cyann, le restaurant signature de l’Ephélia. 02 > Lans Lilet, la plage côté sud-est. 03 > Un bâtiment de Junior Suites.

luxe, famille et nature Dernier né du groupe mauricien Constance, l’Ephelia Resort, ouvert depuis 3 ans, s’est trouvé un site superbe sur la côte ouest de Mahé à Port Launay, entre mangrove, colline de forêt tropicale et plages à l’est et à l’ouest du promontoire où sont nichées les Villas, face à la mer. Somptueux.

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Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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epuis l’aéroport international situé de l’autre côté de Mahé, sur la côte est, on traverse l’île par le raccourci, si l’on peut dire, une impressionnante route de montagne surnommée « la misère ». 25 km mais quasiment une heure dans les lacets et la forêt du Parc National du Morne Seychellois. La démonstration en tout cas qu’aux Seychelles la beauté de la nature n’est pas que liée à la mer. Arrivé de l’autre côté, la route longe 64

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Mahé

01 01 > L’une des quatre piscines. 02 > Aménagé sur la falaise granitique, le célèbre mur d’escalade de 18 m de l’Ephelia. 03 > Dans le parc, aux abords du spa. 04 > Vue du « Corossol », le grand restaurant buffet.

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la mer, côté ouest. On découvre les premières plages et ces rochers de granit tout en courbes dessinées par l’eau et le vent si caractéristiques des paysages balnéaires d’ici. Puis on pénètre dans la mangrove. La route sinue au milieu des palétuviers les pieds dans l’eau. L’entrée de l’hôtel est là, quelques centaines de mètres plus loin, au cœur de la mangrove qui fait partie de son parc. Je découvrirai, en me promenant dans cet immense parc de 120 ha, que l’Ephelia prend très au sérieux sa mission de protection de cette fragile mangrove. De nombreux panneaux de sensibilisation bordent les chemins qui la traversent. On peut même à marée haute y circuler en barque. Et ce n’est là que l’un des aspects de la richesse de l’offre nature de cet hôtel. La colline en forme de promontoire dominant la mer s’avère être une quasi forêt primaire qu’on traverse pour accéder aux Villas, dont la Villa Présidentielle, implantées làhaut. Un grand rocher granitique y a été aménagé en mur d’escalade de 18 m de hauteur. Les plages, Gran Lans North Beach et Lans Lilet South Beach, de part et d’autre au pied de la colline, restent libres et sauvages, comme partout aux Seychelles où il est interdit aux hôtels de se les approprier. Les parasols en dur doivent être en retrait et les chambres ne peuvent pas être les pieds dans l’eau. Pour autant, les Beach Villas de l’Ephélia ne sont pas une escroquerie dans les termes. Il y en 12, côté North Beach, à une portée de pierre du sable blanc. L’Ephelia est dans la catégorie des grands resorts avec ses 320 clés réparties en 184 Junior Suites (62 m2), 40 Seniors Suites(80m2), 12 Family Villas (350m2) dans le parc côté mangrove, 10 Spa Villas (330m2) autour du spa, les 12 Beach Villas (370m2), 8 Hillside Villas ( ( de 120m2 et 3 de 220m2) sur la colline et la Villa Présidentielle de 980 m2 où nous avons eu le privilège de faire le shooting mode avec une jeune styliste seychelloise et les 5 très jolis mannequins de Telly’s Modelling Agency. L’architecte, Jean-Marc Eynault, > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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L’Ephelia

NoteS de Style > Démesure. 120 ha de mangrove, de forêt tropicale, de plages aux recoins sauvages… c’est presque démesuré. Mais quel site ! 9/10

> Bluffant : Le mur d’escalade, comme une falaise de granit dans la forêt

8/10

> Au top, l’encadrement des activités sportives, escalade, sports nautiques, tennis, squash, fitness, aérobic 8/10 01

> Le véritable village spa dans son jardin tropical à part avec le choix entre les soins Constance et ceux signés Shiseido 9/10 > Gastronomie. Toutes les formules, depuis le buffet, le grill, la cuisine des îles jusqu’au menu gastronomique au Cyann. 9/10

> Design. Coloniale et cossue, la déco des chambres est sans défaut. Sans coup de cœur particulier non plus 6/10 > High Tech : Rien à redire. Toutes les prises qu’il faut et wi-fi parfaite dans des chambres de plus immenses. 9/10 > Architecture : c’est bien construit et d’une discrétion qui se fond bien dans la nature. Rien d’exceptionnel pour autant. 5/10 02

> Piscines. S’il y a de beaux bassins de nage dans les Villas, on apprécie moins les piscines en forme de haricots avec parterres de palmiers au milieu 7/10

> un Mauricien attaché au groupe

Constance, a su répartir tous ces bâtiment qui n’ont jamais plus d’un étage, dans les 120 ha du parc, de telle sorte que je n’ai jamais eu l’impression d’être dans une usine à soleil bien qu’il puisse y avoir ici quelques 600 clients et plus servis par 770 personnes, et jusqu’à 826 en haute saison. Très équipé pour recevoir familles et enfants, l’Ephelia a aussi un très beau spa implanté dans un jardin tropical de 7000 m2. Tout est grand ici. Deux spas en fait, puisqu’au Spa Constance s’ajoute un Spa Shiseido. Et 5 restaurants, 5 bars, 4 piscines, 5 boutiques… et un parc de 50 voiturettes électriques pour circuler dans ce village « haut de gamme ». TIS&L

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> Service. Impeccable et souriant, et le service de voiturettes est très au point avec moins de 10 mn d’attente 8/10

total 04 01 > Piscine privée dans les Hillside Villas perchées sur le promontoire. 02 > Chambre dans cette villa. Beaux bois, somptueuse salle de bain et vue sur la mer depuis le lit. 03 > Salle de massage dans le spa côté Shiseido.

78/1000

Remerciements particuliers à Mathieu Colombat, Resident Manager lors de notre séjour, qui nous a ouvert toutes les portes et à Sanath Dharakeerthi, Villa Manager, qui a organisé notre shooting mode dans la Villa Présidentielle.


L’experience VILLA aux Seychelles UN LIEU MAGIQUE POUR RAVIVER LES SENS De grands volumes au design harmonieux associant le bois massif à la delicatesse des couleurs et la noblesse des matières, les villas d’Ephelia vous garantissent une totale intimité. Elles sont en tout point en accord avec vos attentes et répondent ainsi à vos exigences les plus Ultimes. Un Eden pour chacun ... Pour faire de votre séjour une expérience Ultime: appelez le (230) 402 2772/73 ou sur www.constancehotels.com * inspiré par la passion

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Escapade Mode

Elégances créoles Ce fut une séance pleine de fous rires, légère, insouciante, tout à fait le style des Seychelles, avec une « designer couturière » de 26 ans qui interprète à sa manière les costumes traditionnels dans des tissus en fil de coco, et une joyeuse bande de filles époustouflantes de beauté naturelle.

01 > Ambiance silencieuse avant la séance photos.. 02 > Vanessa, Kimberly, Suzy, Christine et Ruth découvrent le magazine.

Séance p hotos : réalisée au Constance Ephélia de Mahé. Photos : Aurore Lucas.

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n ne saurait être plus seychellois, la griffe, mais peut-être faut-il, comme eux, être moins prétentieux et dire plutôt « la marque », s’appelle « Noix de Coco » parce qu’ici le palmier cocotier c’est une sorte de mère nourricière, et que même dans la mode, il est là, sous forme de boutons, de broches, et même de tissus. Natasha Laval, la jeune « designer couturière », comme elle se > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Mystérieuses

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01 > Vanessa porte une interprétation du costume traditionnel en tamis coco. Kimberly dans un ensemble en calicot blanc. 02 > Dans la piscine de la Villa Présidentielle. 03 > Accessoires, boutons et collier de coco. 03


Rigolotes

01 01 > Ambiance, la joyeuse bande de mannequins de la Jelly’Modelling Agency. 02 > Dernière pose autour de Natasha Laval, la styliste créatrice de tous ces vêtements.

> nomme, utilise beaucoup le tamis

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de coco. A 26 ans, elle a déjà gagné des concours de styliste dans les îles, aux Seychelles, à Maurice, dans des Festivals « Fou lanmale » qui évoquent les coffres dans lesquels on mettait les vêtements. « C’est un don » nous dit-elle en mettant la dernière touche à chaque tenue avant la séance photos d’Aurore dans cette somptueuse Villa Présidentielle que le Constance Ephélia de Mahé a mis à notre disposition. Un don, certainement, pensons-nous, convaincus de voir dans cette fraicheur de créations, dans la vie de ces couleurs, dans le naturel rieur des mannequins, un peu de l’âme des Seychelles. TIS&L TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Comment prétendre connaître un pays si l’on a pas eu la curiosité d’écouter sa musique

World Musique

Patrick Victor La voix du Moutya Le Moutya aux Seychelles, c’est comme le Sega à Maurice, le Maloya à la Réunion ou le Sallega à Madagascar, c’est la musique des racines, chantée par les esclaves dans les champs de canne. Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas

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01 > Patrick Victor, le grand chanteurcompositeur de Matouya. 02 > Un croquis de sa main pour décrire les instruments traditionnels. 03 > Avec Joe Samyn, ami chanteur et scénariste. 04 > Sur le marché Selwyn. 02

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omme presque tous les samedis, Patrick Victor est au marché Selwyn, à Victoria sur l’île de Mahé. Il est là pour voir les amis et aussi pour écrire ses chansons inspirées par la vie quotidienne, l’amour du pays, les sentiments populaires… des émotions partagées par tout le monde chantées en créole, accompagnées par les instruments traditionnels, les gros tambours en peau de cabri qu’on fait chauffer pour les accorder, le bom, une tige de bois, une corde, une calebasse vidée et une noix de coco, ou encore le zez, une grosse calebasse et du fil de fer. C’était la musique des ancêtres esclaves arrachés à l’Afrique, le Moutya. Et Patrick Victor en l’une des grandes voix. Il le joue aussi avec des instruments d’aujourd’hui. Sa guitare, et le groupe qu’il a fondé, Bwa Gayak. L’imprésario de Kassav a aimé. Ils ont fait un cd en France dans les années 90 et ont joué au New Morning à Paris. Aujourd’hui, il travaille à une fusion des musiques de l’océan indien, Maloya, Sega, Moutya, Sallega, toutes issues du même moule, le même que celui du blues. TIS&Ls

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L’erreur, la « croûte » pour touristes. Le plaisir, la vision d’un vrai peintre qui donne à voir différemment.

TS&L aime l'Art

Michaël Adams Le maître des bambous Réputé être « le » peintre des Seychelles, Michaël Adams est un talent à la patte originale. La visite à son atelier est un moment fort. Le bambou y règne, dans le jardin comme sur ses toiles. Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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01 > Michaël Adams dans le capharnaüm de son atelier. 02 > Sa source d’inspiration obsessionnelle : les bambous. 03 > Des dizaines, des centaines de toiles, toujours des bambous, toutes différentes.

Michaël Adams Paintings Studio Anse aux Poules Bleues, South West Mahé. Seychelles.P.O.Box 405 Victoria. adams@seychelles.net

www.michaeladamsart.com

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omment raconter la sensation de profusion, de débordement de la nature, d’envahissement par les bambous et les végétaux tropicaux enserrés les uns dans les autres, plantes puissantes liées entre elles par des lianes, aux feuilles de toutes les nuances de vert, qui vous saisit dès que vous pénétrez dans le jardin du studio de Michaël Adams à l’Anse aux Poules Bleues dans le sud-ouest de Mahé. Entré dans l’atelier, la même sensation vous submerge. Les toiles, les tubes de peinture, les pinceaux occupent toutes les surfaces disponibles, les murs, la table de travail, selon un principe d’accumulation et de désordre que seul le peintre lui-même est capable de maîtriser. Sensation et principe qui se retrouvent dans les toiles que Michaël Adams vous montre, les extrayant littéralement de tas épais qui témoignent d’une généreuse production. La plupart représentent des murs inextricables de bambous dans une palette de bleus, de verts, de jaunes, en réalité plus de 130 couleurs différentes, des images puissantes où l’exubérance de la nature saute aux yeux par la magie de l’interprétation qu’en fait le peintre. Michaël Adams est un maître des couleurs et des trames serrées. Dans l’accumulation de ses bambous cadrés au plus près, aucune confusion, mais comme un ordre caché de la nature qui apparaîtrait. La manière est unique. C’est du Michaël Adams et rien d’autre. Et c’est magnifique.


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01 > Bambous plein cadre. Une toile très caractéristique de la manière de Michaël Adams. 02 > Madame Adams, « british » jusqu’au bout des ongles, offre le thé aux visiteurs du studio.

C’est aussi un très bon dessinateur comme le sont tous les grands peintres qui savent que la maîtrise de leur art commence par là, l’habileté de la main qui tient le crayon. Ses croquis de beautés seychelloises, de personnages de la société villageoise, un notaire, un policier… sont d’un trait à la fois sensuel et précis. Encore en pleine forme à 74 ans, il nous entraine dans le jardin de son studio au pied d’un bosquet de bambous, nous fait remarquer les couleurs d’une plante dont la nuance de vert est en effet d’une rare beauté. Un enthousiasme toujours frais pour cette nature multiforme, débordante de vie et de couleurs, cette végétation tropicale qui inspire encore et toujours sa peinture. Il est arrivé aux Seychelles en 1972

après un parcours typique de ces coloniaux anglais qui ont sauté d’une excolonie à l’autre. Né en Malaisie dans une plantation de caoutchouc exploitée par son père, il passe par la Naïrobi Primary School au Kenya avant de devenir professeur d’université en Ouganda. L’East Africa. Puis, encore plus à l’est, les Seychelles. « J’ai été pris dans un rêve de bambous – reconnaît-il – et j’ai bien peur de ne pas en sortir ». Une obsession féconde qui en a fait « le » peintre des Seychelles, exposé dans le monde entier, à Paris par exemple à la galerie Volmar, et dont la côte le met au niveau des grands artistes internationaux. L’une de ses toiles, des bambous évidemment, s’est vendue plus de 60 000£ à Londres. TIS&Ls TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Île Hôtel

Le Sainte Anne

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La possibilité d’une île. D’une île dans les îles. En hommage à Michel Houellebecq et à une certaine idée de la solitude.

Belle île en mer Face à Port Victoria, une île, très verte, montagneuse et entourées de plages avec un sommet haut de 250 m qui joua longtemps un rôle maritime stratégique avant de devenir en 2002 le lieu d’implantation du nouveau 5 étoiles du groupe mauricien Beachcomber, le Sainte Anne Resort.

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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e plaisir commence dès l’embarquement dans la navette de l’hôtel. Un bateau. Cela change tout. Un premier bureau d’accueil du côté du Yacht club de Port Victoria. Les bagages changent de mains et sont embarqués sur le bateau. Le personnel de l’hôtel est déjà attentif. Un jus de fruits frais est proposé. La traversée n’est pas très longue, 10 minutes au plus, mais cette arrivée par la mer sous le ciel étoilé a un côté magique. La sensation de réellement passer dans un autre monde. Quand on arrive au débarcadère de l’île, on n’a toujours pas vu l’hôtel,


Île Sainte Anne face à Mahé

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01 > Depuis le Sun Deck de la Villa Royale. 02 > La plage Anse Royale devant le restaurant l’Oceane. 03 > L’île de Sainte Anne. 04 > La piscine principale. Au loin, Mahé. 05 > Le Desk 06 > Devant une villa dans le parc. 07 > Sur le chemin du jardin botanique. 04

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juste des plages et de la végétation. En fait, tout seul sur cette île grande d’environ 2 km sur 1 km de largeur, le Sainte Anne Resort et Spa est implanté sur la petite plaine qui occupe un petit dixième des 225 ha de l’île au sud et ses 87 villas, comme c’est une obligation aux Seychelles, sont disséminées dans le parc, en retrait par rapport aux plages, l’Anse Royale au sud et Grande Anse à l’ouest, et quasi invisibles depuis la mer. Une troisième, plus sauvage, l’Anse Tortues boucle ce tour de l’hôtel à l’est. Le reste de l’île est montagneux et recouvert de végétation tropicale. Des chemins balisés permettent d’explorer cette partie sauvage. L’un d’entre eux conduit au sommet du Mont Sainte Anne, un ensemble de rochers granitiques à 250 m d’altitude d’où l’on a une vue panoramique sur l’hôtel, mais aussi sur les îles voisines, l’île Moyenne, l’île Ronde toute petite où s’est implanté un nouveau et luxueux hôtel, l’île Longue et l’île aux Cerfs, ce petit archipel planté face à la baie de Victo- > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Le Sainte Anne > ria et qui forme aujourd’hui le Parc Marin de Sainte Anne.

I Une chaudière à baleines

Pendant la dernière guerre, une batterie anglaise et des cuves de stockage d’essence y furent installées et plus loin dans le temps, au XIXème siècle elle fut aussi un mouillage protecteur pour les baleiniers américains qui écumaient les parages, puis en 1914 , elle servit de base pour une compagnie mi écossaise mi sud-africaine qui y produisait de l’huile de baleine. Il en reste dans le parc de l’hôtel une spectaculaire chaudière à baleines, témoin de cette activité passée. Le Sainte Anne conserve précieusement ces traces. Il se pose également en défenseur de la biodiversité. Il a notamment implanté un très intéressant jardin botanique au pied de la montagne à deux pas du coin où l’on peut voir des palmiers Cocos de Mer qui normalement ne poussent que sur l’île de Praslin.

I Gastronomie au Mont Fleuri

Les 87 villas, toutes de plein pied, vont de celles de 95 m2 avec 55 m2 de jardin semi privatif ouvert sur le parc, elles sont 58 de ce type, à celles avec piscines privées en plus du jardin, 22. Et, en haut de l’offre, il y a 3 Villas Front de mer de 161 m2 plus 319 m2 pour le jardin et la piscine, et 4 autres dites Senior Front de mer de surfaces doubles pour tout. Quant à la Villa Royale, à part, sur un rocher qui sépare l’Anse Royale de Grande Anse, les deux plages côté est, elle offre 3 suites sur 319 m2, 91 m2 de terrasse face à la mer et une piscine privée de 16m2. Les surfaces sont généreuses. La déco ne choquera personne. Le bois domine. Mais rien de très créatif et pas trop contemporain. La piscine a de l’allure avec son grand bord débordant face à la mer et aux montagnes vertes de Mahé au loin. Parmi les 5 restaurants, le Mont Fleuri est une très belle table. Il est planté sur pilotis au bout de Grande Anse, au-dessus du Robinson, lui, les pieds dans l’eau, dans un décor de bois flottés. Buffets plutôt fastueux à l’Abondance en bord de piscine dans cet hôtel qui pratique un « all inclusive » haut de gamme. Le Spa by Clarins est un univers très serein. TIS&L 78

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02 01 > La côte est, Anse Royale et Grande Anse. 02 > L’entrée du Jardin botanique. 03 > Salle de massage indien au spa. 04 > Les huiles essentielles by Clarins. 05 > La chaudière à baleines conservées dans le parc. 06 > Lit « King size » dans une villa.

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01 01 > Le restaurant Robinson sur la plage Grande Anse. 02 > Décor « pirate » de meubles chinés et de bois flottés. 03 > Au-dessus, sur pilotis, le restaurant gastronomique Le Mont Fleuri.

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NOTES DE STYLE

beigeasse dans les salles de bain, c’est carrément moche 4/10

> Magique. L’arrivée en bateau-na-

> Mais de belles surfaces et un jardin

vette dans la nuit déjà tombée, sous le ciel étoilé 8/10

semi-privatif, quoique le gazébo pourrait être rafraîchi 6/10

> L’ambiance village sur son île en

> Le cadre très romantique avec vue

partie encore sauvage

9/10

> Un choix de plages selon l’orientation du vent et du soleil 8/10 > Les vélos attachés à chaque villa

10/10

> La déco un tantinet désuète des suites, pour ne rien dire de la laideur des tableaux. Et le marbre marron-

> La qualité du service. Un personnel souriant, attentif, naturel. Tout le savoir-faire mauricien associé à la gentillesse seychelloise 9/10

Total

80/100

sur mer du Mont Fleuri et l’excellence de sa cuisine gastronomique

9/10

> Les très beaux buffets de l’Abondance pour la formule « all inclusive » 9/10 > L’espace du spa, îlot de sérénité, un peu à l’écart, la diversité des soins proposés et la qualité des produits Clarins 8/10

Un monde à lui tout seul sur son île exclusive où la nature a gardé ses droits. Que des villas, du coup on se sent comme dans un village. Un spa raffiné et au top pour la cuisine. Il aurait juste besoin de rénover au goût du jour une décoration qui date.

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Patrimoine Architecture

Quelque témoin de l’époque coloniale. Émouvant, surtout pour ceux qui ne l’ont pas connue.

Cases créoles

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les traces d’une courte histoire C’est sur Mahé, Praslin, et accessoirement la Digue que les amateurs d’architecture pourront voir quelques maisons et cases créoles dont il faut bien dire qu’elles intéressent peu les Seychellois qui les démolissent dès qu’ils ont les moyens de s’offrir de plus banales mais plus confortables maisons modernes. Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet 80

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remière étape de mon circuit patrimonial, l’Institut créole, ou Old Creole House, vers le sud de Mahé, à l’Anse aux Pins. sur la côte est. Incontestablement, une belle maison de maître dans le plus pur style créole avec ses balustrades portées par de fines colonnes de fonte. Elle appartient au ministère de l’éducation et de la culture ce qui l’a sans doute sauvée d’un délabrement plus important que celui dans lequel elle n’est pas loin d’être. « Lenstiti Kreol », qui se veut centre de recherche et d’animation culturelle, n’a pas l’air en effet de disposer de beaucoup de moyens. Des documents en vrac sur la grande table de l’immense salon en façade attendent de se dégrader

un peu plus et quelques photos accrochées de guingois font peine à voir. Je comprends que le petit état seychellois est pauvre et qu’il n’y a pas beaucoup d’argent pour conserver un patrimoine qui, il est vrai, est avant tout ici naturel. Mais quelle tristesse cette sensation de semi-abandon du peu qui reste. Je m’attarde un peu dans la chambre d’enfant, avec ses meubles et ses jouets de l’époque, c’est à dire du début du XXème siècle, la maison étant datée de 1920. Beaux planchers foncés en acajou, cloisons en bois peint de couleur pastel, ici un bleu. L’enfant était un garçon. Dehors, séparée de la maison, une grande case en pierrre et en bois, la cuisine avec tous ses ustensiles >


01 > L’Institut créole 02 > La cuisine, toujours à l’extérieur. 03 > Volets et parquet d’acajou dans la maison de maître XVIIIè du Domaine de Val des Prés. 04 > La chambre d’enfants à l’Institut créole. 02

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Cases créoles

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> d’époque, toujours à l’écart à cause des risques d’incendie. Pas très loin sur la même route, en remontant vers le nord, j’avais repéré le panneau annonçant un village artisanal. Vu d’un œil méfiant tant un peu partout dans le monde ce sont des pièges à autocars de touristes, pas trop le genre de la maison. Mais parmi ces chalets, douze si je compte bien, il y a un treizième bâtiment, une grande demeure coloniale qu’on dit être du XVIIIème siècle, derrière les frangipaniers. Elle aussi a l’air fatigué. Des fonds américains avaient permis de la restaurer il y a une vingtaine d’années. Puis, plus rien, sauf le lent travail d’usure du temps. Et l’émotion de 82

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sentir se déliter ce souvenir des Seychelles d’hier, celle des premiers Français, poudrés et portant perruques. Un joli restaurant, le Vye Marmit, propose dans une maison mitoyenne une excellente cuisine créole dans un décor d’acajou et de meubles coloniaux. Malgré ces faibles moyens pour conserver le patrimoine on pourra aussi voir au moins la Maison du Docteur et la Maison d’Adeline à Praslin et une « kaz kreol » de base à La Passe sur la Digue. Ou encore sur Mahé la Villa Amarel, une propriété privée qui aurait appartenu, à la fin di XVIIIème siècle au corsaire Jean-Jacques Andoune. Un souterrain secrèt la relirait à la plage. TIS&L

01 > La belle maison des Sade sur La Digue. 02 > « Kas Kreol » sur La Digue. 03 > L’élégant bâtiment de la Cour de justice à Victoria. 04 > La Villa Amarelle sur mahé aurait appartenu au corsaire Jean-Jacques Andoune.


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une touche d‘humour.

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Hôtel Stylé

Le Banyan Tree

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L’association du raffinement thaï, la terre d’origine des Banyan Tree, et de la beauté naturelle seychelloise.

le charme chic du old Asia Implanté très au sud de l’île de Mahé, sur sa côte ouest, face à l’océan indien, le Banyan Tree Spa Seychelles affiche un style vieille demeure coloniale des plus séduisants. Et ses somptueuses villas dominent l’Anse Intendance avec une vue comme il y en a peu.

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Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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n s’y verrait bien arriver en vieille Rolls-Royce avec de vieilles malles en bois, vêtu d’une élégante saharienne en lin beige, tant le Banyan Tree Spa Seychelles joue une partition chic old Asia avec ce style de vieille demeure coloniale en bois peint d’un discret gris pâle, ses galeries couvertes ceintes de fines balustrades et ses parquets brillants en acajou foncé. C’est cette Anse Intendance, longue plage de 800 m à la courbe parfaite,


Mahé

04 01 > Un style vieille demeure coloniale. 02 > Le hall du desk, au fond, l’entrée du restaurant Saffron. 03 > Vue sur l’Anse Intendance depuis une Hillside Villa. 04 > La plage côté nord et le bas de la montagne où sont implantées les villas. 05 > Soleil couchant sous la varangue.

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considérée comme la plus belle plage de Mahé, qu’avait choisie dans les années 70 Peter Sellers et Georges Harrison pour y construire leurs résidences seychelloises. Le Banyan Tree s’y est implanté en 2002, discret, en retrait de la plage pour son bâtiment principal qui abrite le desk, la Gallerie et les restaurants, et pour ses Beach Villas. Ses villas les plus attrayantes sont sur la montagne, à l’extrémité nord de la plage, juste après le spa, formant un petit village

très privé le long d’une rue sinueuse à la pente plutôt raide que les voiturettes électriques maîtrisent bien. 22 d’entre elles sont les Hillside Pool Villas, construites sur pilotis plantés dans la roche granitique. Chambre et salle de bain avec vue panoramique sur l’océan, terrasse et piscine privée. Meubles en bois foncé, beaux tissus et décoration ethnique chic, tous les codes d’un luxe discret sont bien présents. Les Intendance Pool Villas proposent en plus un jacuzzi extérieur.

Au sol, si l’on peut dire, en retrait de la plage, dans la verdure, les 22 Beach Villas, entourées de murs et seulement ouvertes côté plage, dotées elles aussi de piscines privées, sont prêtes à accueillir des familles. Et pour les très grandes familles fortunées il y a même une Two-bedroom Doublepool Beachfront Villa. Cela veut dire que là, tout est en double et que les ados peuvent par exemple être mis dans le 2ème pavillon. Et puis, comme toujours dans ces 5 étoiles seychellois, il y a aussi une Presidential Villa. Celle-ci est très contemporaine avec une déco qui a fait appel aux meilleurs designers actuels. Mais le charme du Banyan Tree est sans doute plus encore dans l’ambiance de ses varangues, au bar du même nom, d’où l’on assiste à un somptueux soleil couchant en sirotant un daïquiri parfaitement dosé. Côté mer, on là à 3 étages audessus de la plage, ce qui semble > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Le Banyan Tree > donner de l’élan à la vue au-delà des balustrades et des fines colonnes. Il est temps de rejoindre le Saffron, le restaurant gastronomique thaï réputé sur tout Mahé. Spectaculaire déco avec ces sièges asiatiques à très hauts dossiers. Et le plaisir de déguster l’une des plus intéressantes cuisines du monde préparées ici dans les règles de l’art. Deux autres restaurants, l’un plutôt créole et l’autre plutôt international sont de bonnes alternatives pour les réfractaires à la cuisine asiatique. Absolument superbe, la piscine est un élégant bassin rectangulaire à débordement d’un bleu très dense qui semble se projeter sur l’océan indien. Autre point fort des Banyan Tree, les spas. Celui-ci est installé dans la montagne au bout de la plage, sur le chemin des villas. Ses salles de massage sont à vue ouverte sur la mer, perchées sur la roche et immergées dans la végétation. Vaste choix de soins inspirés par l’Ayurveda indien ou par les traditions indonésiennes ou thaï. Et si vous avez été séduit par les peignoirs, en effet très beaux, des villas, ou par un vide-poche, voir un vase… Pas la peine de ruser, ils sont en vente dans la Gallerie de l’hôtel, véritable Boutique Hôtel de ce fait, et membre du très sélecte The Leading Hotels of the World. TIS&L

Notes de style

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01 > Un bassin de piscine très épuré. 02 > Chambre dans une villa. 03 > Jus naturels au petit déjeuner.

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avec de beaux tissus et de beaux objets 8/10

> Salle de bains trop petite quoique > Le charme d’une architecture néocoloniale et des varangues face à la mer pour le bâtiment du desk et des restaurants 8/10

> Pas de machine Nespresso et Wifi laborieux

5/10

> La beauté épurée du bassin rectan-

> Excellente table de cuisine thaï au

gulaire de la piscine

Saffron, beau décor et tables en terrasse face à l’océan

9/10

> L’incroyable vue panoramique

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astucieuse avec vue de plein pied sur la végétation et l’océan 6/10

8/10

> Service en général, et de voiturettes électriques en particulier, impeccable 8/10

total

79/100

8/10

> Le spa, sa situation, le raffinement

depuis les villas implantées dans la montagne en bord de plage 10/10

de ses soins

> La décoration élégante des chambres

> Un vrai Boutique-hôtel où l’on peut

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acheter les beaux objets vus dans les chambres, ou le superbe peignoir

8/10

Elégant, tout le raffinement asiatique, excellent restaurant et des villas qui gagnent par la vue ce qu’elles perdent en relatif éloignement de la plage.


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De Mahé à Praslin

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Praslin

A la poursuite du cocofesse Certes, ce n’est pas très élégant de se dire qu’on va à Praslin à la poursuite du cocofesse, mais c’est pourtant vrai tant fascine cette noix de coco callypige native de l’île. On y va aussi pour le superbe golf du Lémuria ou pour Anse Lazio, sérieuse concurrente au titre de plus belle plage du monde. 02

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

01 > Les silhouettes de Sainte Anne, l’île Moyenne, l’île Longue et de l’île aux Cerfs. 02 > Sortie de Port Victoria. Les éoliennes sur fond de Mont Signal. 03 > La voluptueuse noix callypige du palmier Coco de Mer plaisamment baptisée « cocofesses ».

C

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e matin, on s’agite beaucoup sur le quai d’embarquement pour les îles à Port Victoria. Port Victoria c’est en fait juste le nom de la partie portuaire de Victoria, la capitale sur Mahé. Subtilité locale. Tout ce que les Seychelles importent y arrivent par porte-conteneurs puis est transbordé dans de plus petits bateaux direction Praslin, La Digue où l’une ou l’autre des 115 îles de l ‘archipel.


01 01 > Les rochers façon Seychelles sur Grand Anse, la plus grande plage de Praslin. 02 > Débarquement sur le quai de Cats Coco. 03 > Arrivée dans la baie Ste Anne de Praslin.

02

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D’où cette activité incessante. Port Victoria est aussi un important port thonier, le premier au monde m’a-ton dit. Mais, sur le point d’embarquer sur le catamaran rapide de Cats Coco, c’est plutôt un grand yacht que je voie au bout de cet Inter Islands Quay, en train d’avaler goulument des tonnes de kérosène. Et, comme on n’est pas à une contradiction, nous saluons tous, le catamaran quittant le port pour s’élancer vers Praslin, les trois grandes éoliennes dont les silhouettes blanches se détachent sur fond de Mont Signal, l’une des montagnes auxquelles est adossée Victoria. La mer devient presque bleu nuit, laquée. Derrière nous l’île aux cerfs, Sainte Anne, l’île Longue…Devant, à une heure de mer, Praslin, la cadette de Mahé. Un maillon majeur de l’ADN des Seychelles qu’il était impensable de ne pas venir voir, aussi tenté soiton de lézarder à fond dans son paradis de sable blanc. C’est à Praslin, dans la Vallée de Mai, qu’est le sanctuaire des palmiers Cocos de Mer, les vrais, les seuls. Et cette noix cocofesse, c’est tellement l’ADN des Seychelles que c’est sa silhouette qui est tamponnée dans mon passeport. Bonjour Praslin, ancienne île des Palmes. TIS&L TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Hôtel Stylé

Le Lémuria

Il n’est pas nécessaire de jouer au golf pour apprécier le Lémuria. Bien qu’il ait le seul 18 trous des Seychelles.

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Praslin

la référence du luxe by seychelles Implanté dans un site exceptionnel au nord de la côte ouest de Praslin, pris entre les plages et la montagne et adossé à son très spectaculaire golf de 18 trous, le Constance Lémuria Resort est ici une référence. A juste titre.

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet 03

U

n coup de gong salue notre arrivée et les battants en épais bois sculpté de la grande porte du hall d’accueil s’entrouvrent lentement jusqu’à laisser voir les grandes et massives colonnes en acajou rouge de cette immense salle. Déjà des hôtesses, tuniques et pantalons blancs à la mode extrême orientale proposent des serviettes rafraîchissantes et des jus de fruit. Le Directeur général lui-même est là et vous accueille comme si vous étiez les personnes les plus importantes du monde. Même nous, Aurore et moi, qui ne sommes qu’une photographe et un journaliste venus voir à quoi ressemble en vrai cette icône du luxe seychellois. Mais le message envoyé par cet accueil théâtral vaut pour tous les hôtes. Arrivant au Lémuria, vous y devenez pour eux une personne importante. L’hôtel est implanté sur un site en forme de presqu’île dont il occupe l’extrêmité avec son golf, Le Lémuria Golf Course, un par 70 dessiné par Rodney Whright avec les conseils du champion français Marc Farry. Magnifique, parsemé de plans d’eau, avec des trous particulièrement spectaculaires comme le 15 et son green 50 m plus bas dans la vallée entre les deux rochers qui s’ouvrent sur l’Anse Georgette, la plus sauvage des 3 plages du Lémuria, celle qui se mérite après une belle balade dans la forêt où notre œil averti repère quelques Cocos de Mer. On est sur leur sanctuaire, Praslin. Autrement dit, même si on ne joue pas au golf, ce qui est dommage en venant ici où les green fees sont gratuits pour les hôtes de l’hôtel, >

01 > Le hall d’accueil du Lémuria et ses fortes colonnes de bois. 02 > Vue de la Presidential Villa. 03 > L’Anse Georgette. 04 > Le Lémuria Golf Course. 05 > Un par 70 dessiné par Rodney Whright. 06 > Le spectaculaire trou 15 avec son green 50 m plus bas. 04

05 04 > Crabe colosse aux asperges. 05 > Jacqueline Dalais, la patronne, est aussi attentive à la qualité de sa cave. 06 > La Clé des Champs. 06

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Le Lémuria > mais parfaitement jouable (sic),

il serait dommage de se priver de la balade sur le parcours. L’autre point fort de ce site, outre qu’il marie plages, montagnes couvertes d’une végétation tropicale, promontoires rocheux, c’est la configuration de ses deux autres plages, Grande Anse Kerlan, orientée sud-sud-ouest, le long de laquelle, en retrait bien entendu, c’est la règle aux Seychelles, sont alignées la majorité des suites et les villas, avec la Villa Présidentielle un peu à l’écart tout au bout, et Petite Anse Kerlan, orientée plein ouest. Elles se rejoignent plein sud-ouest de part et d’autre d’un promontoire rocheux d’où la vue panoramique est fantastique. Sans surprise, on a fait du Beach Bar qui y est localisé, notre QG du séjour. Des habitations discrètes à 1 étage, en matériaux naturels, bois et pierres et toits de chaume, abritent les 88 suites junior de 52 m2 et les 8 suites senior de 115m2. Belle surface, bel ameublement et très agréable salle de bains au fond avec volets ouvrant sur la chambre. C’est cossu sans ostentation. Elégant et, évidemment parfaitement équipé : machine Nespresso, miroir en pied, dressing…

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I Villas de stars

Et pour les stars et les fortunes du monde, le Lémuria a bien entendu de luxueuses villas avec piscine privée, à la pointe sud de Grande Anse Kerlan, 725 m2, tous les équipements imaginable et un Maître de Villa dédié. Et plus fastueux encore, la Presidential Villa de 1250 m2 posée à l’écart sur le granit du bout de l’Anse, avec sa propre plage privée. En plus de son personnel dédié, elle a même son propre chef de sécurité. Les 3 restaurants et les 4 bars sont dans la tradition du groupe Constance qui a toujours fait de l’excellence de sa cuisine une priorité. Nous avons pour notre part plébiscité le Beach Bar à l’ambiance créole et aux délicieux fruits de mer. Bel endroit aussi pour s’offrir quelques cocktails au soleil couchant. Le spa, labellisé « Constance » et aussi « Shiseido », est isolé dans les palmiers et les bambous à l’orée du golf, entre les trous 11 et 12. Autre marqueur fort pour un hôtel que le groupe Constance place dans sa nouvelle classe Ultimate, le top de ses 5 étoiles, en compagnie de l’Halaveli aux Maldives et du Prince Maurice dans l’île du même nom. TIS&L 92

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01 > Accueil au spa Shiseido 02 > Ambiance zen dans l’enceinte du spa. 03 > Détails d’ameublement dans une suite. 04 > Spectaculaire tête de lit dans la Presidential Villa. 05 > Petit Anse Kerlan. 06 > Le point de jonction des deux plages, Grand Anse Kerlan à droite, Petit Anse Kerlan à gauche. 07 > Dans une Suite Junior. 08 > Suites junior, dans la végétation du parc

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Praslin

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nouvelle offre très haut de gamme Shiseido. 9/10

Notes de style > Théatral : l’accueil par le Directeur

> La balade dans le golf, qu’on joue ou pas

8/10

général himself mis en scène avec gong et massifs ventaux s’ouvrant lentement. 10/10

> 3 plages, 3 orientations,

> Attentif et toujours souriant, le

> Le site exceptionnel du Beach Bar

personnel en très élégantes tenues blanches. 9/10

au confluent des 2 plages et sa belle carte de fruits de mer.

> Les suites, d’un luxe sobre, très équipées, Nespresso, wifi.

9/10

> La qualité des spas Constance et la

le choix du roi.

9/10

> Les nombreuses activités nautiques proposées dont de très belles pêches en mer. 8/10 > L’ensemble du site qui associe sable blanc, palmiers, eaux turquoise, greens du golf, forêt de palmiers, montagne 9/10

total

86/100

10/10

> Petit point faible : la piscine assez quelconque, genre haricot, manque de classe. 5/10

Le luxe tranquille pourrait-on dire pour cet hôtel du top 3 du groupe Constance implanté sur certainement le plus beau site de Praslin.

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Une plongée dans la forêt primaire des Cocos de Mer, cela vous change des plages à cocotiers.

Patrimoine Nature

Vallée de Mai troublant Koko-d-mer Aujourd’hui, on tourne le dos à la mer. Démarche bizarre aux Seychelles mais il y a sur Praslin l’une des plus précieuses réserves naturelles du patrimoine mondial, la Vallée de Mai, une palmeraie primaire unique par la présence d’une rare et endémique espèce de palmier, le troublant Coco de mer.

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Textes : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

01 > Un organe mâle de Coco de mer dont la forme fait vagabonder bien des esprits. 02 > Le palmier mâle domine de près de 5m le palmier femelle et paraît-il se penche amoureusement vers lui. 03 > Quelques belles graines fessues et sexuées. 04 > L’empreinte au sol d’un Coco de Mer.

P

as besoin d’être un botaniste fou pour être intrigué, le mot exact serait même plutôt «titillé» à la connotation plus sexuelle, titillé donc par cette noix de coco emblématique des Seychelles aux formes épanouies d’une jolie paire de fesses serrées sur un sexe des plus féminins. Troublante évocation de la nature qui le devient encore plus quand on découvre que ce fruit femelle du palmier Coco de Mer, ou Koko-d-mer en créole, a son pendant masculin tout aussi évocateur. Et il n’y a qu’un seul endroit pour voir en vrai ces bien étranges palmiers à phantasmes, c’est sur l’île de Praslin dont ils sont une espèce endémique. Autrement dit, ils ne poussent qu’ici, même si quelques uns ont pu être transplantés sur Mahé ou Sainte Anne où j’en ai vu, à l’unité et quelque peu chétifs. Sur l’île de Praslin, leur sanctuaire c’est la Vallée de Mai, au cœur du Parc National, une vingtaine d’hectares protégés et inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

A faire rougir les nonnes

C’est incroyable comme ces curiosités fortement évocatrices peuvent rendre intéressante une balade dans le vert, ce qui n’est habituellement pas mon fort. J’incline plutôt pour le minéral et 94

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les vieilles pierres. Mais là, pas de problème pour aller crapahuter dans la forêt primaire, bien à l’abri du soleil, sous une voûte dense et verte qui ne le laisse percer qu’avec parcimonie. Il s’agit de voir in situ ces structures mâles et femelles fort suggestives et capables de faire rougir des nonnes, des garçons aussi sans doute. En fait, primaire la forêt l’est de part 04


et d’autre de sentiers très civilisés et bien balisés qui vous permettent de ne pas perdre une miette de ce que vous voyez. Aucun risque de manquer un Coco de Mer que vous évertuez à essayer d’identifier la tête en l’air pour repérer l’un de ces organes en forme de pénis en érection ou l’une de ces noix fessues et sexuées. Il suffit de lire des panneaux très bien faits plantés aux pieds des palmiers qui grimpent eux jusqu’à 30 m de haut pour les mâles et 24 m pour les femelles. On ne lève ainsi la tête qu’à bon escient et on évite le torticolis. Il paraît que cette différence de taille permettrait au palmier mâle dont l’organe grandit jusqu’à un mètre de long de se pencher sur son alter ego femelle et de féconder sa graine en forme de bassin féminin. Elle a cette autre caractéristique unique d’être la plus grosse au monde, pouvant peser jusqu’à 20 kilos.

Comme des pieds de guéridon

A part cette star entre les stars, les amateurs feront leur miel de la découverte d’autres très beaux palmiers endémiques comme le Latanier latte au bas du tronc démultiplié en un cône fait de plein de petits pieds, comme ceux d’un guéridon. Tout à fait charmant. Dans le même genre pour le bas, mais style saule pleureur pour le haut, il y a le Pandanus endémique appelé aussi Vacoa parasol et ses variantes marron et de rivière. Avec un peu de chance, j’ai eu cette chance, on apercevra des oiseaux eux aussi endémiques comme le perroquet noir et le pigeon hollandais et pigeon bleu. Pas vu les autres, la salangane qui volait sans doute trop haut dans le ciel ou le souimanga qui devait être bien planqué dans un buisson. En revanche on entend à coup sûr, sans les voir, les cris des singes. Belle balade finalement, même pour quelqu’un qui n’aime pas trop le vert. Un torrent doté de quelques jolies cascades qui captent des rayons de soleil offrent de jolies vues aux détours des sentiers et, imagination aidant, on se dit que c’était en gros comme cela, moins les sentiers balisés, quand les Seychelles étaient encore soudées au Gondwana, un continent de la préhistoire qui regroupait l’Afrique, Madagascar et l’Inde. TIS&L

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Hôtel Stylé

Oubliez le Raffles Singapour et son charme de Palace fin XIXème. Et le Raffles Royal Monceau arty parisien.

Le Raffles

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Carrément Contemporain C’est l’un des derniers nés des Seychelles, ouvert sur Praslin en février 2011. Un parc de villas sur pilotis accrochées à la montagne dans un style très contemporain.

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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V

ue du ciel, c’est un immense vertige Au premier abord, ce Raffles Praslin Seychelles, est presque choquant. Ses villas de béton peint en blanc aux toits en tôle noire, ses hauts pilotis dont beaucoup sont très visibles, s’imposent de façon assez agressive sur la pente de la montagne face à l’Anse Takamaka et à l’île Curieuse au loin. Le site est magnifique et protégé. La mer, comme la côte et l’île sont toute entières dans un Parc marin national. Manifestement, des travaux énormes, notamment de déblaiement, ont été

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01 > Les villas accrochées dans la montagne. 02 > Le lit sur estrade pour une meilleure vue sur l’Anse Takamaka et l’île Curieuse. 03 > Un style contemporain très réussi. 04 > La plage de l’hôtel face à l’île Curieuse. 05 > Depuis la terrasse de ma villa. Piscine personnelle. 06 > Le très beau bassin de la piscine.

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Praslin

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nécessaires pour implanter ces 86 villas, plus tous les bâtiments communs, restaurants, bars, desk, spa… sur le flanc de cette montagne à la pente plutôt raide. Et pour le moment, cela ressemble plus à de l’urbanisation sauvage qu’à une subtile intégration dans la nature à laquelle les Seychelles nous avait habitué. Simon Hirst, le General Manager du Raffles, reconnaît le problème. « Nous replantons peu à peu –nous explique-t-ilmais la nature a son rythme. Il faut que les arbres grandissent et à termes toutes nos villas, tous ces pilotis qui vous choquent, seront enfouis dans la végétation. »

Mes villas préférées

Ceci dit et ce défaut de jeunesse signalé, il faut bien reconnaître que le très contemporain peut avoir du bon car, une fois installé dans la villa, toutes les velléités critiques disparaissent. Le majordome dédié vous explique tout. Notamment le système de commande générale sur la table de nuit. Machine Nespresso, lecteur MP3, wifi, miroir en pied dans la salle de bain pour faire plaisir aux « Notes de style by Maud », beau bureau face à la vue, lit « king size » sur estrade, évidemment face à la vue lui aussi, somptueuse salle de bains avec douche à l’ita- > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Le Raffles

Praslin

Notes de style

01 >  La végétation reprend peu à peu sa place. 02 >  Le salon d’accueil du spa. 03 >  Joli coin d’attente.

> Surprenante, la première sensation en découvrant ces villas de béton et tôle noire sur pilotis à nu sur ce flanc de montagne. 4/10

> lienne et dressing séparés… Bref,

la totale, sans omettre la terrasse et sa piscine personnelle à débordement. Quant à la vue, elle est encore plus éblouissante d’aussi haut. Incontestablement, pour mon goût personnel, la plus belle architecture intérieure et le plus beau design des différends 5 étoiles testés ici.

> Mais j’aime beaucoup ll’aménagement contemporain des villas, le design des meubles, la somptueuse salle de bains. 9/10 > Le lit hyper confortable sur une estrade pour mieux profiter de la vue sur l’océan.9/10

Un spa aux produits suédois

Un excellent Chef français, Laurent Ajas, officie dans les 2 restaurants

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> La piscine personnelle à débordement sur la terrasse, un lieu magique sous les étoiles. 9/10 > Au top pour tous les équipements dont nous ne savons plus nous passer : wifi, prises en nombre, machine Nespresso, lecteur MP310/10

> La table du Chef Laurent Ajas, ses huîtres d’Oléron, ses fruits de mer.10/10

> Le raffinement du spa, ses pavillons avec vue sur l’océan depuis les tables de soins, ses produits suédois, rares et pointus.9/10 > On se perd un peu dans de trop larges couloirs et escaliers de jonction en plein air vers le desk ou le restaurant du petit-déjeuner. Cela fait un centre commercial surdimensionné.4/10

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(Voir p.104 notre article sur les Chefs français aux Seychelles). Et la Lounge Terrasse Takamaka est un bel endroit sous les étoiles pour finir la nuit. En bas, légèrement en retrait de la plage, elle-même parfaitement seychelloise avec son sable blanc, ses rochers de granit rosés ou plus beiges selon la lumière, ses palmiers et ses eaux qui vont du turquoise au bleu profond, la grande piscine à débordement, bleu profond elle aussi, est de celles que nous plébiscitons. Sans chichis, élégante. Le spa, proche aussi du bord de mer, est un ensemble de 13 pavillons de soins avec vues sur l’océan depuis les tables de massage. Il utilise des produits Kerstin Florian. C’est suédois et réputé. TIS&L 98

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> La plage est magnifique et très privée. 8/10 > Et le majordome affecté à la villa, c’est un grand privilège. Dire qu’il va falloir s’en passer dans la vie normale.9/10

Total

81/1000

Voiturettes électriques obligatoires dans ce Raffles à flanc de montagne dont les villas sont, depuis leur intérieur, très réussies. De l’extérieur, c’est un peu agressif à mon goût pour le paysage. 03




De Praslin à la Digue

01 01 >  Certaines journées, plus de 400 vélos sont loués par les visiteurs. 02 >  L’unique rue de la Passe, où l’on débarque sur la Digue. 03 >  Vers la Pointe Cap Barbi, un poste de lecture pour dominer son sujet. 02

La Digue

Le charme désuet des chars à bœufs A 10 mn en bateau de Praslin, la Digue semble encore vivre au siècle dernier au rythme des chars à bœufs qui vous conduisent de leur pas lourd au plus près de plages parmi les plus somptueuses des Seychelles.

Textes : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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élo ou char à bœuf ? C’est l’alternative qui s’offre à moi, débarquant à la passe sur l’île de la Digue après cette courte traversée depuis Praslin. Ou à pied. C’est jouable sur cette île qui annonce être la 4ème par la taille avec ses 5km de longueur pour 3 de largeur. Quoique le char à bœuf soit tentant. Il ne fait pas trop jouet folklorique conservé pour amuser les touristes et donne envie de se laisser prendre à ce qui lui reste d’authentique. Peut-être est-ce ici le seul endroit au monde où je n’aurais pas l’air grotesque assis dans cette > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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La Digue > carriole à l’abri du soleil, conduit

lentement du pas lourd du bœuf à l’entrée même de la plage Anse Source d’Argent, l’une des merveilles du monde. J’opte malgré tout pour la marche à pied, il ne s’agit pas d’être acteur mais voyeur, et c’est après une charmante balade sous les arbres d’Union Plantation, une grande ferme réserve que je me promets de voir plus en détails au retour, que j’arrive enfin à la porte de l’Eden. Une porte dans le réel en fait car l’endroit est tellement devenu la carte postale obligatoire des jeunes mariés qu’on est quasiment obligé de passer sous une sorte d’arc de triomphe en bambous qu’on décore de fleurs pour les photos pour accéder à la merveille des merveilles : Anse Source d’Argent. Là, le miracle seychellois habituel opère. C’est tellement déjà vu et revu en films, en photos…qu’on se demande comment cela peut encore impressionner. Et pourtant cela marche. J’en reste immobile un moment, saisi par la vue en vrai de ce paysage devenu un mythe, une sorte d’archétype du Paradis. C’est comme voir un match de football, ou de rugby, ou de tennis à la télévision et le voir en vrai, au stade, au bord du court. Cela n’a rien à voir. Grand’Anse, côté est, est comme le pendant sauvage de ce paradis. La mer y est forte et des panneaux déconseillent la baignade. Le vent souffle plus fort. Les Seychelles peuvent aussi avoir ce côté plus âpre qui les rendent encore plus séduisantes. Dans l’Union Estate Plantation, une belle villa créole abandonnée, face à la mer. C’est là que Grégoire Payet, maître des lieux et de bien d’autres, accueillait son vieil ami, l’ex Président René. Près de l’usine de copra, un homme perdu au milieu d’un immense tas de noix de coco les écorce à l’ancienne d’un grand geste qui les projette à deux mains sur le pic coincé entre ses deux jambes. Je frémis à chaque coup craignant que cela rippe et qu’il se blesse. Mais le geste est sûr et le tas d’écorces grandit. C’est l’heure du bateau. Comme la plupart des visiteurs, je n’ai accordé qu’une petite journée à la Digue. A tord sans doute, d’autant qu’il y a ici aussi de très beaux hébergements. TIS&L

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01 01 >  Marée haute à l’Anse Source d’Argent. 02 >  Ecorçage des noix de coco. 03 >  Le traditionnel char à bœuf. 04 > Il travaille aussi au moulin à huile de coco. 05 >  Evocation « Pirate » au chantier naval. 06 >  Pour la photo des jeunes mariés. 07 >  Les couleurs seychelloises ! 08 >  Au loin, l’île de Praslin.

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Boutique Hôtel

Le Domaine de l’orangeraie

Qui n’a pas vu La Digue ne connaît pas les Seychelles, dit-on. Il rate surtout sa plage icônique, l’Anse Source d’Argent.

Un joyau sur l’île chérie Il y a un côté initié ou amoureux fou des Seychelles à choisir de séjourner sur La Digue, cette petite île proche de Praslin, qui cultive une singularité qui se veut hors du temps. Presque pas de voitures, des vélos, des chars à bœufs… ce qui n’empêche pas la présence de plusieurs hôtels superbes. En particulier le Domaine de l’Orangeraie. 02

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

01 > La piscine en surplomb de la plage. 02 > Le pavillon du Combava Restaurant. 03 > Côté terre et habitations, le gong extrême-oriental. 04 > Le solarium. 05 > L’entrée du restaurant Combava.

A

peine après avoir quitté La Passe, en fait les quelques maisons autour du débarcadère, un café, la maison de tourisme, un bazar… et remontant vers la pointe nord de l’île, nous longeons l’une des autres très belles plages de La Digue, « des autres », car ici la référence reste l’Anse Source d’Argent, quasi considérée comme la première merveille du monde. L’Anse Sévère qui est sous nos yeux n’est pas mal non plus. Bientôt une très belle piscine aux chics carreaux de mosaïque émeraude et gris, autour d’un pavillon couvert de chaume, un restaurant, et parsemée de fontaines et de jolies poteries… occupe l’espace entre la mer et la route. Enfin, la route. On y circule surtout à pied et en vélo. L’endroit donne envie de s’y arrêter et cela tombe bien car c’est justement là le côté mer du Domaine de l’Orangeraie. En face, de l’autre côté de la route, l’entrée de la partie Desk, boutique, villas et spa. Un terrain tout en longueur qui grimpe sur la colline. Le foncier est un peu compliqué sur La Digue et les 2 propriétaires seychellois, l’un entrepreneur du bâtiment, l’autre dans le tourisme avec notamment la compagnie de navigation qui assure les traversées, ont dû composer avec cette contrainte. Les 45 villas sont situées d’abord en bas dans un beau jardin tropical pour 10 d’entre elles, les Garden Villas. Les autres sont accrochées à la pente, bien nichées dans

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La Digue 01 > 02 > 03 > 04 >

la végétation tropicale avec des vues superbes. Une belle architecture de pierre et de bois avec un ameublement très stylé, pour une grande part d’origine balinaise et de très réussies salles de bains mi-extérieures. Une ambiance très zen. La Villa présidentielle de 485 m2 n’a pas de présidentielle que le nom depuis qu’un Président en exercice l’a occupée lors d’une visite aux Seychelles. Le spa, que l’on croirait dans la canopée, avec de très belles vues sur la mer, utilise les produits très réputés Germaine de Capuccini, une ligne de soins espagnole. Tout cela s’est construit ces dernières années, en plusieurs phases. Il y a 10 ans, c’était une simple Guest House de 10 chambres. C’est devenu un très beau Boutique Hôtel, avec une touche très extrême-orientale jusque dans les uniformes blancs du personnel et de nombreux détails de décoration. La partie côté mer a 4 ans. Le Combava Restaurant y sert une cuisine plutôt gastronomique à la carte dans un cadre très aquatique rafraîchit par les fontaines et la proximité de la piscine avec vue sur l’océan indien et Praslin au loin. Et, incontestablement, notre première impression fut la bonne. A la revoir, cette piscine est réellement un cadre enchanteur. TIS&L

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NOTES DE STYLE > Carreaux émeraude et gris, fontaines et belles poteries, la piscine a tout bon 10/10

> Inspiration balinaise très réussie de l’ameublement des Villas de Charme.

9/10

> A pied, il vaut mieux avoir un cer-

> La route, même si ce n’est pas

tain entraînement pour grimper tout là-haut dans sa villa « de charme ».

l’autoroute du sud, qui coupe le Domaine en deux parties, c’est quand même un petit handicap.

> Le personnel en belles tenues

> Mais on est sur La Digue et c’est un magnifique hébergement. 9/10

6/10

blanches, cela fait toujours bonne impression. Alors quand il est aussi attentif et souriant, on se dit qu’on est bien aux Seychelles. 9/10

> Très réussies les salles de bains

> Le site du restaurant à la carte a

mi-extérieures, Beau mur de pierres, joli sol de galets, arbres. 10/10

plus marqué ma mémoire que les plats dégustés, mais on devient si difficile. 6/10 > La boutique m’a semblé moins sélective que l’esprit très zen du Desk le laissait espérer. 6/10

> Moins fun les Garden Villas, en cours de rénovation, avec vue limitée au jardin tropical. 7/10

Ambiance dans une Villa de Charme. Jaccuzi au spa. Salle de bain mi-extérieure. Salle de soin au spa.

Total

7/10

79/100

Belle adresse pour profiter de l’ambiance très à part de La Digue. Un Domaine qui a beaucoup de chic et de raffinement.

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Cuisine Stylée

Aux pianos des grands hôtels 01 > La fraicheur du thon cru préparé par Alex Voisin au Lémuria. 02 > Et un bel assortiment de sushis pour un déjeuner dégustation des produits de la mer au Beach Bar & Grill du Lémuria planté sur les rochers où se rejoignent les deux plages, Grand et Petite anses Kerlan. 03 > Dans le jardin des senteurs et jardin potager du Chef Lollier au Sainte Anne. 04 à 06 > Assiettes dressées dans le style de chacun des Chefs.

les Chefs français donnent le la Le Sainte Anne Beachcomber, le Raffles Praslin, le Constance Lémuria, trois des meilleurs hôtels des Seychelles, trois des meilleurs tables aussi et trois Chefs français. Cocorico. Portraits de ces Français si recherchés dans les 5 étoiles du monde.

Texte : Dominique Bouchet Photos : Aurore Lucas et Dominique Bouchet

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acques Lollier, un géant débonnaire, est le Chef du Sainte Anne Beachcomber. Il est nantais et cela fait plus de 30 ans qu’il a quitté la France. Un départ pour Bangkok. L’envie de se confronter à la cuisine thaïe, l’une des grandes pourvoyeuses de saveurs dans les cuisines du monde, le gingembre, la citronnelle, le curry, le galanga à travailler sur le terre. Deux années à l’Imperial Hôtel de Bangkok, 40 couverts assurés avec juste un chef pâtissier. Ses pérégrinations dans le monde ne font que commencer. Formé auparavant comme beaucoup de Chefs par un tour de France. Le sien est passé par Jo Rostang et ses 3 étoiles au début des années 80 à la Bonne Auberge d’Antibes, Gérard Pangaud et ses 2 macarons à Rueil dans la région parisienne ou encore au restaurant Le Bretagne de Georges Paineau, un étoilé Michelin fréquenté par les gourmands de Vannes.

Une piste aux étoiles

De retour en France. Il bosse chez Michel Rostang à Paris, puis chez Bardet à Chateauroux. Une vraie piste aux étoiles. Puis c’est reparti pour un marathon international. Ce Chef a la bougeotte. Istanbul, Hawaï, l’Indonésie, la Chine, le Sheraton de Phuket, le Hilton de Séoul, 4 ans, 10 restaurants, 140 personnes en cuisine, Moscou. Cela pourrait faire un sommaire de TS&L. C’est son envie de connaître la cuisine du Maghreb 104

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> Jacques Lollier, le Chef du Sainte Anne Beachcomber.

qui lui fait rencontrer le groupe Beachcomber. C’est alors qu’il est à La Résidence à Carthagène en Tunisie qu’il a l’occasion de se brancher sur un gros projet du groupe, l’ouverture d’un Royal Palm à Marrakech prévue pour décembre 2013. Un hôtel, des villas, de l’immobilier sur 280 ha. Arts de la table, cartes… tout est prêt mais le calendrier se décale un peu. En attendant, toujours dans le groupe Beachcomber, le voilà au Sainte Anne avec ses 5 restaurants dont le très gastronomique Mont Fleuri au-dessus des rochers au bout d’une plage. Une brigade de 52 personnes en cuisine, plus 25 stewards à gérer et des budgets serrés en ces temps de crise pour néanmoins rester au top dans les assiettes. Il a, avec un jardinier indien, créé un jardin de senteurs et un jardin potager. « Cela me fait gagner 60 000 roupies par mois sur mes budgets, car ici, tout est cher. » Et, client de l’hôtel, on peut y venir choisir ses herbes. Souvenir d’avoir le soir même dégusté un Brodetto de capitaine et de langouste mouillés dans un fond de crustacés rehaussé de graines de co-

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Welcome dinner 01 > Des formations calcaires vieilles de plusieurs Travel Style & Life d’années. reçumillions au Raffl es Praslin

02 > Les formes spectaculaires Seafood de ces Degustation Breadfruit pearl and mussels 03 > Des formations calcaires brochette vieilles de plusieurs millions Kadaif crabd’années. méat 04 > Les formes salsa spectaculaires with avocado de ces Seared scallop méat 05 > Des formations calcaires with tangy mash potato vieilles de plusieurs Jumbo prawns with coconut batter millions d’années.

Curieuse Hot Seafood Platter With red snapper, mussels, spiny lobster, jumbo prawns, king crab legs, king crab claws and crab girafe Chocolate Dome and Vacoa Sauce Caramelized « Arlette » and lime « chiboust » Passion and guava sorbet Champagne and pineapple granite Iced tropical nougat mousse

> Laurent Ajas, le Chef du Raffles Praslin.

> Alexis Voisin, Chef au Constance Lémuria.

riandre. Une fête des papilles, comme on dit, orchestré par son second, Jean- Christophe Moutou, qui officie au Mont Fleuri.

Huitres d’Oléron au Raffles 04

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Déguster des huitres d’Oléron avec un excellent blanc d’Afrique du Sud et d’incroyables sauces aux saveurs d’ici en apéritif au bar du Raffles Praslin, est-ce vraiment raisonnable ? J’hésite. Pas terrible pour l’empreinte carbone. Mais, dieu que c’est délicieux et inattendu. Le Chef Laurent Ajas a réussi son coup. On ne pouvait pas faire plus français et je suis sûr que cela plaît énormément à la clientèle de ce nouveau 5 étoiles de Praslin qui est en majorité anglo-saxonne. Ce qu’il confirme. Une French Touch appréciée. Montauban pour la naissance, Toulouse pour ses classes à l’hôtel de l’Opéra sur la place du Capitole, 2 étoiles, puis Cork dans le seul 5 étoiles d’Irlande, Maurice au pavillon au Morne du groupe Lux, BoraBora…Le Chef Ajas a lui aussi pas mal baroudé avant de prendre à 38 ans les commandes des cuisines de ce nouveau Raffles, une signature pres-

tigieuse du luxe hôtelier. Son plat sig nature à lui ici c’est un fastueux plateau de fruits de mer chaud et froid parfumé à la citronnelle du jardin des senteurs qu’il a lui aussi planté dans l’hôtel.

L’ombre de Bernard Loiseau

Alexis Voisin, jeune Chef du Lémuria, l’emblématique 5 étoiles des Seychelles avec son très beau golf 18 trous en bord de mer sur l’île de Praslin, officie dans un groupe où la cuisine est prise très au sérieux. Le groupe Constance organise en effet chaque année des rencontres de ses Chefs du Sud avec des Chefs réputés du Nord au cours du Festival culinaire Bernard Loiseau au Belle Mare Plage de Maurice. Echanges, concours, trophées… Une émulation annuelle pour stimuler la créativité et l’excellence. Et il est vrai que dans les hôtels du groupe Constance, aux Seychelles, à Maurice, aux Maldives, à Madagascar, la cuisine a toujours un petit quelque chose de raffiné qu’elle ne doit pas qu’à des Chefs français, mais aussi à des Chefs français, expatriés ou pas. TIS&L TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Inventaire

À ne pas manquer non plus aux Seychelles, des lieux, des prestations dignes d’intérêt vus par Travel STYle & life.

Souvenir Kréolor Claudio Izzi, le boss de Kreolor est aussi Consul honoraire d’Italie. Venu en touriste il y a 23 ans, il est resté et a commencé en rachetant une compagnie étatique de boutons en nacre. Il travaille le palmier, les coquillages, le bois, que des matériaux naturels et l’or 18 carats. Bracelets, colliers, porte-clefs coco-fesse, boîtes,

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01 > Les rhums Takamaka, blancs et ambrés. 02 > Maison créole à La Plaine St André. 03 > Au restaurant Vye Marmit.

Rhumerie et restau créole La Plaine St André, since 1792. Très bel endroit pas très loin de l’Institut créole dans le sud de Mahé. L’une des rares maisons créoles du XVII Ième siècle bien conservée, La Grande Maison, est le cœur de ce domaine qu’on fréquente cependant surtout parce qu’il héberge la distillerie du Takamaka Bay Rum et le très réputé restaurant, Vye Marmit. En fait une charmante distillerie de poche où l’on produit 35 000 bouteilles par an de rhum blanc et ambré, vieilli aves des écorces de takamaka, un arbre d’ici. Les plus vieux ont 8 ans mais mieux vaut les boire en cocktails. Un Torti Zean 106

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par exemple, Takamaka blanc, mango liqueur,coconut liqueur, pineapple juice et orange juice. Le restaurant Vye Marmit vaut à lui seul le déplacement. D’abord par son cadre de belle maison créole restaurée , avec des meubles en acajou et une athmosphère début de siècle. Le Président Mitterrand , plutôt « de la gueule » comme on dit, y dîna lors de sa visite officielle en 1990. Le jardin et les tables sous l’allée en tonnelle fleurie ont aussi beaucoup de charme. Le Chef, France Balette, prépare une cuisine créole. Outre le bouillon de brèdes, on peut même y commander le civet de chauve-souris,, un plat que Laurent Ajas, le Chef français du Raffles à Praslin, s’est bien promis de préparer un jour.

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coupe-papiers… sont ce que nous avons vu de plus beau ici et tout est fabriqué sur place. Avec ses sept boutiques,iIl est dans les trois îles, à l’aéroport et dans deux hôtels : l’Ephelia et le Fisher Cove.

01 > Le porte-clef coco-fesse en or 18 carats. 02 > Claudio Izzi, le boss de Kreolor. 03 > Dans l’atelier de fabrication.

Artisanat Au village créole Une douzaine de chalets d’artisans sont installés au bord du parc d’une belle maison de maître de 1870 au Domaine de Val des Prés, tout près lui aussi de l’Institut créole au sud de Mahé. A voir surtout l’atelier de maquettes de bateaux du Français Jean-Louis Marchesseau. Il réalise avec ses 10 compagnons et compagnonnes de minutieuses reconstitutions des vaisseaux du XVIIIème siècle, ceux-là mêmes qui mouillèrent aux Seychelles.


Botanique Les jardins du Roi

Miss Seychelles Egerie du Tourism Board

Les noms des lieux sont par euxmêmes un enchantement. Le Domaine s’appelle Domaine de l’Enfoncement. Il est au pied du mont Gratte-Fesse, dans le sud de Mahé, et surplombe l’Anse Royale qu’avait choisi l’émissaire de Pierre Poivre, intendant des îles de France et Bourbon ( Maurice et la Réunion) en 1771 pour créer aux Seychelles une plantation de plantes à épices.,le premier Jardin du Roi, disparu avec le temps et recréé par Brian et Micheline Georges. L’ancienne maison de maître a été transformée en musée. Un superbe perroquet vous accueille et c’est parti pour une promenade d’au moins une heure dans un très intéressant jardin des senteurs et de plantes médicinales, version tropicale et créole.. Il y a même plusieurs palmiers Cocos de Mer. Belle vue sur l’Anse Royale. Et authentique cantine créole.

Elle est le visage, le sourire, la beauté naturelle que recherchait le ministère du tourisme quand il a relancé le concours de Miss Seychelles il y a 1 an. Le Tourism Board organise l’élection et Miss Seychelles a pour mission d’être là partout où il est question de la promotion du tourisme aux Seychelles. Un rôle qui plaît beaucoup à Sherlyn Furneau, une Seychelloise créole de 21 ans élue en

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01 01 à 03 > Différents moments de la séance photos de couverture sur la plage Gran Lans North du Constance Ephelia Resort.

02 01 > Les ananas. 03 > Le Vetivert. 03 > Au fond, l’Anse Royale.

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mai 2012. Attendue en Chine pour l’élection de Miss Monde, puis à Londres pour le salon WTM, ensuite à Prague, avant pourquoi pas Paris et Top Résa, elle se pique volontiers au jeu, promenant sa haute silhouette, 1m80, de « jeune fille toute simple qui aime marcher pieds nus », telle qu’elle se définit elle-même, et qui se prépare à être la marketing manager d’une île privée de l’archipel, Anonyme.

Cochon de rocher et Tourism Board

Aérien En A380 avec Emirate

Tout à coup au détour d’un virage, sur la route de la côte ouest de Mahé, ce rocher en forme de cochon, une célébrité ici. En tout cas dûment signalé par l’exquise jeune fille du Seychelles Tourism Board qui nous accompagne. Bonne occasion de toutes les remercier : Bernadette Willemin à Paris, Direc-

Ne serait-ce que pour l’A380 de Paris jusqu’à son hub de Dubaï, le choix d’Emirate pour rejoindre les Seychelles ne se regrette pas même si un transit dans la nuit dans cet hyper marché du Duty freee est un peu fatiguant. Mais l’A380, c’est le silence, l’espace, et, regardez bien la photo, un siège

trice pour l’Europe, et Mavreen Pouponneau, Amia Jovanovic Desir, Cindy Uzice, et toutes les autres sur place, qui ont si bien su faciliter notre travail.

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de classe économique super équipé chez Emirate : grand écran, prise électrique, prise USB. Ils ont créé ce qui va forcément devenir la norme sur long courrier.

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Visa pour

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LA BIRMANIE


Retour au « pays des pagodes dorées » Son T-shirt est troué et son anglais est pauvre, mais cela n’entame pas la bonne humeur de Mae.Tu, cocher du horse cart n°224. Le jeune homme montre avec fierté un autocollant de la Ligue Nationale pour la démocratie (LND), le parti de la célèbre opposante Aung San Suu Kyi, qu’il a affiché sur la calèche avec laquelle il promène les touristes dans le dédale des monuments religieux de Bagan. Cela aurait été inconcevable, et même suicidaire, il y a seulement quelques mois. L’opposante et prix Nobel de la paix 1991 n’a été libérée qu’en novembre 2010 après une vingtaine d’années passées en résidence surveillée. Mais, depuis l’auto-dissolution de la junte militaire, en mars 2011, on veut croire que le « printemps birman » est arrivé.

Texte et photos : Bernard Poulet

Le lac Inlé

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La Birmanie

I

l faut se dépêcher de visiter la Birmanie, l’un des plus beaux pays d’Asie du sud-est, qui sort du long hiver de la dictature militaire. Car il ne se passera pas longtemps avant que le « pays des pagodes dorées » où le temps semblait s’être arrêté, ne soit emporté par la frénésie qui a saisi ses voisins « émergents ». Certes, s’il y a eu quelque 500.000 visiteurs étrangers en 2012, on est encore loin des 19 millions de touristes qui déferlent chaque année sur la Thaïlande voisine. Mais pour combien de temps? Le New York Times vient de placer le Myanmar (ainsi que la Junte militaire a rebaptisé la Birmanie en 1989, de même qu’elle a changé Rangoun en Yangon avant de déménager la capitale dans une ville nouvelle au centre du pays) au troisième rang de ses quarante-cinq destinations « incontournables » dans le monde. (on peut couper ce paragraphe si besoin) : Il n’y a plus d’indécence à y faire du tourisme, maintenant que la liberté, celle d’Aung San Suu Kyi (prononcer « tsouki ») mais aussi celle du peuple, semble vraiment revenue. Nous ne sommes plus en 1995, quand « the Lady » déclarait, dans une rare interview que « les touristes feraient mieux de rester chez eux pour lire quelques uns des nombreux rapports sur les droits de l’homme ». Début 2012 un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie annonçait, au contraire, que, pour l’opposition, tous les visiteurs étaient les bienvenus s’ils « contribuent à l’amélioration de la situation des gens ordinaires et à la préservation de l’environnement ».

I Rangoon, machine à remonter le temps

Débarquer à Rangoon, c’est voyager dans le temps. L’Asie chaude, souvent humide, exhalant ses senteurs d’huile de coco, de santal, de safran et de jasmin dans un paysage chaotique rappelant plus les récits de George Orwell que les néons de Bangkok ou les gratteciels de Hong Kong. Dans un décor daté années cinquante, les hommes, chaussés de tongs en toile et en bambou, trottinent le long de trottoirs défoncés en serrant leurs loungyis (un tissu en forme de large cylindre qui se noue à la taille devant le corps et descend jusqu’aux pieds ; il est à mo110

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tifs carrés pour les hommes, jamais pour les femmes). Tous les matins, les moines au crâne rasé arpentent les rues pour recueillir la pitance que leur offre les fidèles. Les joues des femmes sont couvertes de Thanaka, une pâte jaune, souvent déposée en dessins élaborés, et sensée protéger la peau du soleil et la rendre douce. Les marchands de bois de santal, les étals à même le sol, les porteurs pliés sous de lourds paniers d’osier et les taxis brinquebalants, toutes ces images sont sorties d’un autre âge. Seuls les embouteillages (les taxes sur l’importation de voitures ont été, enfin, abaissées) et les immeubles en construction le long des grandes avenues, les grues et les échafaudages de bambous indiquent que les choses sont en train de changer. Les panneaux de publicité de Pepsi – une autre nouveauté – arborant les photos de Lionel Messi témoignent de l’étonnante passion des Birmans pour le football. Un peu partout, des marchands ambulants ou des échoppes de bouquinistes rudimentaires vous proposent des...livres ; le plus souvent « piratés » quand il s’agit d’éditions étrangères. C’est l’un des derniers pays où le papier imprimé garde un tel statut. La 37ème rue est un petit quartier latin où le Gibert local s’appelle « Bagan Book House », caverne d’Ali Baba littéraire, où l’on affiche ostensiblement, depuis quelques mois, les livres consacrés à Aung San Suu Kyi et à son père, le héros de l’indépendance assassiné en 1947. Dominant la ville, visible presque de partout, la pagode Shwedagon, montagne dorée dont le stupa central, réputé abriter huit cheveux du Bouddha, s’élève à 98 mètres et qui est recouvert de 700 kilos d’or, déposés feuille après feuille par les fidèles. C’est une ville dans la ville, entourée d’échoppe de souvenirs jusqu’au long des escaliers de marbre qui conduisent aux temples et aux oratoires où l’on croise moines et moinillons vêtus de safran et nonnes tout en rose. Au crépuscule, les esprits, les scintillements des stoupas dorées et les « nats », esprits bienveillants ou malfaisants, auxquels les Birmans croient presque autant qu’en Bouddha, viennent teinter l’ambiance d’une aura de mystère. Pour le reste, Rangoun, qui n’est pas

belle, sait être séduisante avec ses faux airs de La Havane au temps de l’embargo. Que l’on parcourt les allées du Scott Market (Bogyoke Aung San Market, le nom officiel) où l’on trouvera pêle-mêle tissus, rubis et pièces d’artisanat, le vrai et le faux mélangés, que l’on dîne sur la terrasse du Junior Duck, au-dessus de la rivière et face au Port Authority, ou que l’on aille boire un cocktail au mythique hôtel Strand, on se laisse prendre par l’atmosphère du lieu.

I Tout flotte sur le Lac Inlé

A une heure d’avion plus au nord, l’immense lac Inlé qui s’allonge, à 880 mètres d’altitude, entre les montagnes, aux limites des territoires Shan, est encore plus un fragile conservatoire de paysages et de mode de vie venus d’un autre espace-temps. Les longues barques pétaradantes avec leurs moteurs importés de chez

Comme happés par un concert ininterrompu de cris d’animaux, de chants d’oiseaux, de bruissements, de grésillements, de ruissellements… le grand voisin et adéquatement surnommés « buffles chinois », y promènent les touristes, mais aussi les habitants et les moines du lieu, d’un bout à l’autre des 20 kilomètres d’eau bleu métallique (sur 10 kilomètres de large). Elles vont d’un village sur pilotis à un verger flottant, en passant par une pagode sur l’eau. Les habitants Hinthas (les « fils du lac ») glissent sur l’eau, en équilibre à l’arrière d’espèces de pirogues, en pagayant avec une longue rame coincée derrière le genoux, ce qui leur laisse les mains libres pour jeter leurs filets. Les pauvres villages de pêcheurs sur pilotis, faits de bois et de bambous tressés, étonnent par la belle sérénité qu’ils dégagent. On imagine que la Venise des premiers temps devait un peu ressembler à ça. Des îles flottantes sont les vergers des paysans lacustres. Elles sont constituées d’un entrelacs de jacinthes d’eau et d’autres plantes aquatiques, chargées de terres et >


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La Birmanie > de boue et qu’on peut déplacer

selon les besoins. Cela forme un terreau exceptionnel pour la culture, écologique, des tomates, haricots, choux et autres légumes. On retrouve ces productions, mais aussi des poissons séchés, des fruits, des patates et des ustensiles de toutes sortes sur les marchés qui, chaque jour, se déplacent d’un village à un autre autour du lac. C’est la même atmosphère qu’évoquait Orwell dans « Une histoire birmane »(1), décrivant « les gros pamplemousses qui, suspendus à une ficelle, semblent autant de lunes vertes ; des bananes rouges, des paniers d’énormes crevettes couleur d’héliotropes grosses comme de langoustes, des paquets de poissons séchés, des piments écarlates, des canards fendus en deux et traités comme des jambons, des larves d’insectes, des tronçons de canne à sucre. » Presque rien n’a changé, sinon les « souvenirs » pour les touristes. On y vend toujours les feuilles de bétel en forme de cœur que les Birmans chiquent mélangées à la noix d’arec et à une poudre de chaux et qui font les dents écarlates et aident à oublier les misères. Assises en tailleur, quelques vieilles fument d’impressionnants « cheroots », cigares baroques roulés dans des feuilles de maïs et dont le tabac est relevé d’épices. Si on a un peu de temps, on poussera jusqu’au village d’Indein, au bord d’une rivière au sud-ouest du lac, où plus de mille stoupas en ruines donnent des allures d’Angkor Vat à ces monuments de brique envahis par les bamyans, les arbres sacrés aux racines qui s’enchevêtrent aux branches. Nulle part peut-être, les mystères du Bouddha n’ont autant d’intensité.

I Bagan, là où le soleil épouse les temples Mais, l’acmé du voyage en cette terre du bouddhisme triomphant, c’est Bagan, le plus grand site archéologique d’Asie, comparable à Angkor au Cambodge. Plus de 2000 stoupas, temples, monastères édifiés entre le 11ème et le 13ème siècle. La légende veut que ce soit le Bouddha lui-même qui annonça que Bagan serait fondée 1630 années après sa mort. Et, bien 112

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que les villageois aient dû évacuer leurs habitations plantées au milieu des temples, les Birmans n’ont jamais cessé de venir y méditer. Jamais a vie spirituelle ne s’y est interrompue. En dépit des tremblements de terre et des restaurations hasardeuses, on est saisi par le spectacle de ces monuments de briques alignés à perte de vue, sur cinquante kilomètres carrés, au milieu d’un décor ocre piqueté de bouquets de végétation verdoyante. Au coucher du soleil, ou à l’aube, cela devient magique quand la brume vient nimber l’horizon de gris. On s’attend à voir sortir les divinités de leurs sanctuaires (il est possible, au lever du soleil, de survoler le site en ballon en réservant très longtemps à l’avance et en payant... 300 dollars par personne). Grimper les marches jusqu’aux hautes terrasses du temple Shwegugyi offre, gratuitement, un point de vue exceptionnel sur les temples des environs. C’est de là qu’il faut regarder le soleil se coucher sur cet étrange mausolée, cette plaine magique où seuls les calèches et quelques rares taxis viennent – à peine - déranger la sérénité. En calèche ou à bicyclette, on peut se perdre dans cette forêt de monuments, mais l’aide d’un guide est indispensable pour s’y repérer un peu. On peut aussi louer, à bon prix, un bateau et son pilote pour regarder le soleil se coucher sur l’Irrawaddy, le fleuve de 2.170 kilomètre, qu’on peut aussi remonter, en bateau de croisière(2), jusqu’à Mandalay et qui, au sud, se jette dans la mer d’Adaman par un large delta habritant des forêts de mangrove. Dans le temple le plus prestigieux, celui d’Ananda, où, dans quatre-vingt niches, sont sculptées des scènes de la vie du Bouddha. Selon un plan cruciforme, quatre Bouddhas géants commandent quatre corridors identiques et, si vous savez vous placer à la bonne distance, l’un d’entre eux vous sourira. TIS&L

01 > Fumeuse de «cherootf», un mélange maïs-tabac. 02 > Le fameus pagayage avec le genoux, sur le lac Inlé. 03/04 > Le pagodes de Bagan.

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(1) « Une histoire birmane », Editions Ivrea, 1996, 20 euros. (2) Le « Road to Mandalay », exploité par Orient Express, offre une option de luxe. 02


L’Alamanda Inn à Rangoon

C’est souvent une bonne surprise de tomber sur des français, hôteliers au bout du monde.

Chambres d’hôtes

Les deux hôtesses sont françaises Texte et photos : Bernard Poulet

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ans une Rangoon de plus en plus chaotique, cela fait plaisir de trouver un havre de paix. Dans une ville où le béton, et la poussière, gagnent de plus en plus de terrain, on aime aussi finir (ou commencer) la journée au milieu d’une végétation juste ce qu’il faut de tropicale. L’Alamanda Inn (c’est le nom d’une fleur jaune d’Amérique latine, car les proprios ont voyagé) pratique des tarifs raisonnables (60 dollars la nuit avec petit déj.) dans un pays où les hôtels sont rares et chers. Il y a quelque chose d’une pension de famille dans le quartier résidentiel de Golden Valley.

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01 > le beau jardin de l’Alamanda Inn. 02 > Beau planché et meubles chinés dans les chambres. 03 > L’auvent devant la slle à manger. 02

NOTES DE STYLE

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La chambre 4 est à conseiller : elle a un balcon. 8/10

> Les patronnes. Avouons-le, on est content de trouver Natacha et AnneCécile, les deux Françaises qui ont ouvert ce petit coin de paradis il y a deux ans. Elles sont de bon conseil.

> Quand on y revient après un périple scandé par la monotone bouffe internationale et les pauvres currys locaux, on savoure un pavé sauce au poivre ou même un couscous ! Ann San Suu Kyi y est venu diner. 9/10

> L’atmosphère : cela fait plaisir de

> Petit déjeuner un peu chiche. Pour-

déjeuner ou de consulter ses mails grace à un bon wi-fi, gratuit, sous les bananiers en entendant s’écouler l’eau d’une petite source. 9/10

quoi faut-il choisir entre œufs et crêpes ? Néanmoins, ce qui est servi est de qualité et plein de fraicheur.

> Déco sympa. Les patronnes ont chiné dans les meilleures boutiques du pays pour décorer cette ancienne maison d’une famille Chan. 10/10

> Réservations. Ce n’est pas leur faute, mais dans un pays où les chambres d’hôtel sont rares et chères, il vaut mieux réserver des mois à l’avance l’une des dix chambres disponibles. Vivement qu’elles agrandissent ! 7/10

10/10

> On aime les chambres parce qu’elles sont joliment décorées, que les sols sont en bois, on oublie le côté plus B&B de certains aménagements.

7/10

> Le quartier a les inconvénients de ses charmes. Verdoyant mais à 5,5 miles

du centre. Zone d’ambassades, de villas de nouveaux riches et de sièges d’ONG, il est parfois chaotique. 7/10

> Electricité. Comme partout dans le pays il y a des coupures de courant, trop fréquentes. Et l’absence de groupe électrogène peut vous plonger brusquement dans l’embarras.

6/10

> Accès. Légèrement excentré, l’hôtel peut être difficile à trouver surtout si l’on débarque la nuit tombée avec un chauffeur qui connaît mal la ville (il y en a beaucoup). On peut lui indiquer « next to Bagan Airways Office ». 6/10

Total

79/100

Une bonne adresse. Dans sa catégorie, bien sûr. On est du côté des chambres d’hôte pas des palaces internationaux.

TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Visa pour

LE COSTA RICA

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À la poursuite du diamant vert Pas d’armée, trente parcs nationaux, toute une panoplie de réserves écologiques protégées, onze volcans toujours en activité, des forêts humides où la nature donne de véritables concerts et un tourisme sempiternellement qualifié d’écologique, responsable, durable, solidaire, etc… Derrière tout ce marketing eco touristique labellisé, le Costa Rica promet-il vraiment aux voyageurs un retour aux sources « into the wild » ?

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Texte : Maud Charton Photos : Maud Charton & Alexia Delume Zuili

O

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n le dit partout, on l’écrit partout, c’est une virgule ou une salutation : « Pura vida ! », simplement parce-qu’ il fait bon vivre, que les gens sont agréables et la vie tranquille. Le Costa Rica a encore remporté, pour la deuxième année consécutive, le Happy Planet Index, qui désigne les pays les plus heureux de la planète en >


01 > La forêt humide dans la région de Sarapiqui. 02 > Un toucan. Son long bec est en fait très léger et lui sert de régulateur de température. 03 > Un colibri, ou oiseaumouche, capable d’un vol stationnaire. 04 > Une portée de bébés chauve-souris. 05 > Le paresseux. Il dort 80% de son temps.

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> TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Le Costa Rica > tenant compte du bien être de la

population et de l’environnement. A la fin des années 50, le pays avait du faire un choix fondamental : s’armer ou protéger ses richesses naturelles, n’ayant pas les moyens de faire les deux. Dans cette région du monde, bien connue pour son instabilité et son taux de criminalité largement audessus de la moyenne, le Costa Rica a pourtant été la première nation à supprimer son armée. Dès lors, le gouvernement a donné la priorité à l’éducation, à la santé et… à la préservation de son patrimoine naturel. Ecologique bien avant la lettre donc, en se démilitarisant et en préservant à tout prix sa faune et sa flore, les costaricains ont finalement perpétué leur « pura vida ». La « côte riche », comme l’avait désignée Davila en débarquant du côté Caraïbe, l’est bel et bien : ce petit pays de l’isthme centraméricain contient 5% de la biodiversité mondiale sur un territoire à peine plus étendu que notre région Midi-Pyrénées ! En investissant sur la préservation de son patrimoine naturel, le Costa Rica ne s’est pas trompé : finie la dépendance aux cultures de bananes et de café qui ravageaient les eaux et forêts, aujourd’hui le pays attire de plus en plus de touristes européens en mal de vert et de paysages ultra préservés. Bien entendu, il a fallu rapidement stopper la déforestation, légiférer, mettre en place des projets de développement, de protection, de reforestation, de tourisme durable et surtout, faire prendre conscience à la population que la nature était désormais leur principale ressource économique. Et finalement, aujourd’hui, il est déjà devenu préférable pour les habitants des campagnes de réduire leurs terres et de commencer à diversifier leurs revenus. Par exemple en mettant en place un agrotourisme communautaire, comme dans la région de Palmichal.

I Les «5 feuilles»

Toutefois, pour motiver joyeusement tous les acteurs de ce tourisme ecofriendly qui fait la réputation de la destination, il a fallu penser à des perspectives stimulantes : le label de durabilité où la nouvelle quête du Graal pour tous les sites. On se conforme aux moindres règles du « tourisme sostenible » (durable), comme on l’entend partout dans le pays. Les sites doivent 116

TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

pour cela répondre à des dizaines critères qui permettent d’obtenir des certifications prouvant un impact quasi nul sur l’environnement. Et depuis, la compétitivité motive largement tous les établissements à viser les « 5 feuilles », les nouvelles étoiles hôtelières vertes. Le volontariat international est aussi devenu un nouvel engagement, on trouve des éco-guides polyglottes sur la plupart des sites, ces jeunes Indiana Jones parfaitement renseignés sont d’ailleurs une escorte de choix pour une randonnée ou un parcours aventure. Visiblement, le pays a mis progressivement en place un véritable marketing du développement durable dans les régions les plus préservées : tourisme « sostenible », écotourisme responsable, voyage solidaire, équitable, agrotourisme communautaire…

01 01 > Une jeune panthère surprise dans la forêt. 02 > Les fameux ananas du Costa Rica produits eux aussi en agriculture durable. 03 > Cette mini grenouille rouge est vénéneuse.

I Une expérience écologique extrême

Les adjectifs pleuvent depuis les réserves biologiques et parcs nationaux aux habitations rustiques « chez l’habitant » des campagnes. Alors, même si la politique écolotouristique de ce leader mondial semble exemplaire, il est parfois difficile de faire le tri entre toutes les infos sur ce tourisme alternatif que nous, pauvres « gringos » tout récemment sensibilisés au tri des ordures ménagères (on l’espère en tous cas…) tentons d’apprivoiser. Cette implication dans la protection environnementale a toutefois eu le temps de germer et de façonner ce diamant vert depuis la création des premiers Parcs Nationaux protégés dans les années 50. La législation environnementale est aujourd’hui largement à la hauteur des pays les plus avancés et il ne faudra pas s’étonner d’être soumis à ces lois, même en tant que touriste. Dans certaines réserves labellisées, tout est cyclique, on adopte le « rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme » et l’on apprend à se défaire de ses petites habitudes coquettes comme de jeter son papier dans les toilettes ou d’utiliser un shampoing adapté à son cuir chevelu… Le retour aux sources implique de se prendre au jeu alors on apprivoise un savon-shapooingdentifrice entièrement biodégradable, on s’accommode d’une douche froide immanquablement plus courte, on opte pour la bougie dès que l’activité envisagée le permet et, bien entendu, pas de déchet déposé en dehors des

02


poubelles de tri, pas même dans la cuvette !

I L’agrotourisme communautaire de Palmichal

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Pour ne pas commencer en trop en douceur, nous avons directement pris la route d’un village rural de la Vallée Centrale, à seulement une heure de la capitale de San José. Nacientes Palmichal a été créé par la communauté locale, Palmichal de Acosta, d’à peine 5000 habitants. Soutenue par des institutions, des organisations (ACTUAR) et les producteurs eux-mêmes, cette petite communauté a mis en place un agrotourisme communautaire durable. Et réellement authentique. On trouve plusieurs chambres « chez l’habitant », aménagées en gîtes ruraux champêtres typiques. Un hébergement plutôt rudimentaire mais bien entretenu et véritablement en pleine nature. On applique les mêmes règles écologiques que dans tous les endroits protégés du pays et l’on ne consomme que des produits de la région. Au cœur de 42 hectares de réserve, le long de la rivière Tabarcia, de ses sources et de ses ponts ballants, on se laisse guider dans la forêt des nuages qui abrite 20% de la flore et 15 % de la faune costaricaines. Tourisme alternatif donc mais non sans intérêt! Le premier gros coup de cœur à Palmichal ce sont les paysages de cultures de café, enchevêtrées à flanc de montagne, couchées sous les nuages. Dans le village, on trouve quelques petits « sodas », des tables typiques où l’on sert le fameux « casado » : poisson, boeuf porc ou, plus généralement, poulet, accompagné de riz, haricots noirs, légumes cuits, tortilla. Matin, midi et soir, c’est l’éternel plat costaricain, bon marché et nourrissant, mais qu’on alternerait volontiers avec d’autres saveurs. Au petit-déjeuner, la version « gayopinto » : un mélange de riz, oignons, piments et haricots, devient une variante presqu’appréciable ! On s’arrête sans faute aux Cabañas San Pablo, le temps de pêcher sa truite directement dans la rivière, de la déposer sur le barbecue dans un morceau d’aluminium avec quelques oignons, tout en savourant une bière devant un match de foot avec les locaux. Bien sûr, tout se déroule sous les grands arbres au bord de l’eau, en compagnie de > TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Le Costa Rica > colibris, de papillons multicolores

et d’étranges orchidées agrippées à des arbres aux formes surprenantes. Peu de chances de croiser un bus de touristes dans cet endroit, les Cabañas n’ont que trois chambres et tout fonctionne au bouche à oreille, mais surtout le restaurant pour les locaux… Une escale à ne pas manquer, ne serait-ce que pour en apprendre un peu plus sur la communauté, déguster une truite et partager un verre de guaro (liqueur locale) avec un hôte accro à la pura vida bucolique. Perchée dans les hauteurs, au dessus de la rivière jadis contaminée par les vaches et de la forêt aujourd’hui protégée, la ferme Paraje Bendición de Doña Zaida permet aux visiteurs d’apprendre à cuisiner la tortilla, de traire les vaches, de fabriquer du fromage ou de tout apprendre de la culture du café. Les produits de cette « finca » (ferme) communautaire sont ensuite vendus dans les pulperias (épiceries) de Palmichal et aux habitants. Et la ferme est totalement « sostenible  », c’est même le gaz produit par les 20 vaches qui alimente la maison et permet d’obtenir l’eau très chaude indispensable pour la fabrique du fromage. L’eau traitée provient directement des Nacientes (sources) de la région, qui alimentent tout le village. Une armée de milliers vers se charge quant à elle d’engloutir des déchets naturels pour produire un engrais réutilisable. On aura compris qu’on ne vient donc pas à Palmichal pour s’offrir une lune de miel romantique dans la forêt primaire mais plutôt une véritable expérience agrotouristique au plus près monde paysan costaricain. Une occasion plus qu’originale de participer aux activités de la ferme avec les locaux, d’observer la nature sauvage de la forêt humide et de mettre un peu la main à la pâte ! Au moins en respectant le programme environnemental… TIS&L

Plus d’informations sur la destination : www.visitcostarica.com Travel Excellence, un des meilleurs réceptif du pays, organise des voyages éco-responsables au plus près de la faune et de la flore (www.travelexcellence. com) Constantino Carabaguiaz, un de leur guide parlant français, nous a accompagné tout au long de cette aventure avec humour et joie de vivre, pura vida ! 118

TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

La région des cultures de l’Arabica

I

mplanté en 1928, le café de Palmichal s’est rapidement imposé comme l’un des meilleurs du pays, et par conséquent du monde. Bénéficiant d’un climat sec, d’un sol fertile, des eaux pures de la montagne et cultivé jusqu’à 6000 mètres d’altitude, la qualité et la tradition perdurent. Aujourd’hui, le Beneficio Palmichal est la plus grosse affaire de la région, il produit l’Arabica de meilleure qualité du pays et bénéficie d’une reconnaissance internationale. Publicité à chaque arrêt de bus, visites touristiques de la finca, chambres d’hôtes au pied des plantations et restaurant de la ferme, on vient tout découvrir de cette culture qui s’exporte depuis les années 1800 pour sa qualité. Il est possible de visiter la ferme intégrale du Beneficio : tout est produit sur place jusqu’à un produit fini emballée et étiqueté, tout est recyclé, traité, et chaque bénéfice est réinvesti dans l’affaire. Mais si l’on recherche encore plus authentique, on peut également rendre visite à de petits producteurs qui accueillent les touristes sur leur propres domaines : Don Manuel s’est ouvert au tourisme rural sur son Cerco (plantations de café et bananes) qu’il nous fait visiter après nous avoir déballé toute sa panoplie d’instruments et de machettes de l’époque où il se levait à l’aube pour récolter les fameux grains. Sa femme nous mijote pendant ce temps le déjeuner typique qu’il emmenait dans les champs : une sorte de hamburger de tortilla au poulet, aux oeufs et aux haricots, tenu par une feuille de bananier enroulée autour, en guise d’assiette. S’arrêter saluer Don Manuel est une étape marquante : l’octogénaire qui mime les animaux et taquine les visiteurs confie qu’il préfère passer son temps à dormir et manger car il a déjà beaucoup travaillé, mais il sait recevoir. Et surtout offrir un moment authentique et surprenant.

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Les bonnes adresses écolos de Sarapiqui : El Pozo Azul : cette ancienne laiterie s’est aujourd’hui convertie en un immense site de tourisme d’aventure où l’ont vient faire du rafting, visiter un jardin organique, faire de la tyrolienne ou simplement déjeuner panoramiquement sur le fleuve ! (site web : www.pozoazul.com) La Quinta : cet hôtel restaurant ne propose pas directement d’activités dans la forêt mais reste l’un des plus confortable et gastronomiques pour séjourner dans une nature charmante. (site web : www.hotellaquintasarapiqui.com) La Tirimbina : Une réserve pour les passionnés d’écologie qui veulent vivre une expérience auprès des biologistes et séjourner cœur de la forêt tropicale, on joue les scientifiques et on s’approche des espèces les plus surprenantes. Hébergement sur place simple mais confortable. Site web : www.tirimbina.org


01 > Plants de café dans la montagne autour de Palmichal. 02 > Torréfié sur place et moulu à l’ancienne. 03 > Mis à passer dans la « chaussette ». 04 > Don Manuel et sa machette d’époque.

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I En symbiose avec la nature de Sarapiqui

Dans les plaines du nord du pays, la région de Sarapiqui est idéale pour les amateurs d’aventure, d’écotourisme, de promenades dans les réserves biologiques, d’observation d’oiseaux et d’agrotourisme. En réalité, nous avons trouvé dans cette région un concentré authentique de tous les attraits des autres régions du pays. Le tourisme commence à s’y installer de façon « durable » et profitable pour la région. Difficile cependant de recommander un site plus qu’un autre tant la nature y est chaque fois merveilleuse, les activités similaires et l’accueil chaleureux. Passer déjeuner et observer les oiseaux chez Mariamalia Sotela, à l’hôtel Gavilan (nom d’un oiseau et d’une plante de la région), est sûre-

ment une belle entrée en matière. « Je suis peintre et journaliste, mais aussi une des pionnières du tourisme de la région depuis 1989, grâce à l’ouverture de cet hôtel », Mariamalia peint à l’huile les couleurs arlequines de la forêt tropicale humide et du fleuve Sarapiqui, restituant dans chaque chambre l’atmosphère de la région. Mais la véritable symbiose cacophonique se trouve au cœur des réserves qui s’étendent sur des centaines d’hectares de part et d’autres du fleuve Sarapiqui, célèbre pour ses ponts suspendus et ses rapides. Ces espaces protégés de la forêt humide sont un refuge extraordinaire pour des milliers d’espèces végétales et animales mais aussi, du même coup, pour l’investigation et les recherches scientifiques internationales. On parcoure les réserves avec un guide naturaliste, le long de sentiers bordés par des centaines d’espèces d’arbres, on soulève délicatement une énorme feuille sous laquelle se repose une famille de chauves-souris blanches, on traque des grenouilles mouchetées de vert ou rouge vénéneuses, on se hisse sur les ponts suspendus au plus près des singes hurleurs espiègles, et surtout l’on prend le temps d’observer et d’écouter. Le vert semble prendre sa source dans ces réserves biologiques de la forêt tropicale où chaque heure offre un nouveau spectacle : « On ne fait jamais deux fois la même excursion, car la forêt n’est jamais la même. Tout dépend de la lumière, de l’heure, des animaux qui décident de sortir, et surtout de la pluie, qui reste l’horloge biologique de la forêt tropicale. Il nous arrive régulièrement de découvrir une nouvelle espèce ou d’en voir une refaire surface, ce sont toujours de grandes surprises ! », raconte Carlos de la Rosa, directeur de la station La Selva. Les oiseaux peuvent se taire ou chanter avec les grenouilles. Le colibri insaisissable peut venir se poser près de notre main. Un paresseux peut effectuer sa descente hebdomadaire avec son petit juste devant la porte de notre chambre dans la réserve. La nature est sauvage et on ne lui fixera pas de rendez-vous, on s’arme de patience et on se fie à son instinct. TIS&L

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Éco lodge

Le Selva Bananito

Le voyageur stylé sait apprécier la simplicité d’un gîte authentique.

en symbiose avec la nature Le Selva Bananito Lodge & Reserve se trouve dans la province de Limon, au pied du Mont Muchilla. Impossible d’accéder à la réserve sans être escorté par les voitures du propriétaire. On vient vivre une vraie expérience authentique au cœur de la forêt tropicale, on déconnecte et l’on apprend. De la nature, de son intimité, de soi surtout. Avec le risque de préférer cette liberté.

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perchés, mais plutôt l’inverse. Une sensation étourdissante quand on ajoute l’absence de tout son artificiel, les milliers d’yeux fluorescents dans les arbres qui nous encerclent et l’orchestre symphonique de la forêt !

Texte : Maud Charton Photos : Maud Charton et Alexia Delume Zuili

D

ix kilomètres de piste de terre à travers la forêt depuis Cahuita et plusieurs traversées du fleuve Bananito. Si c’est la bonne saison, on ne le franchit pas en tyrolienne avec les bagages sur le dos mais dans le petit camion de Jürgen, le propriétaire des lieux. On se trouve au milieu de 850 hectares de forêt convertis en réserve biologique depuis 1994. Jürgen a perché ses 11 cabanes en bois sur une colline au bord du fleuve Bananito, avec vue sur les plantations, les aires de reforestation, la Biosphère la Amistad (qui marque la fin de la réserve du Bananito) et le Mont Muchilla. Toutes les cabanes sont élevées sur des pilotis afin de réduire l’humidité et d’offrir une vue spectaculaire sur la nature sauvage. Certainement aussi pour maintenir insectes, serpents et autres compagnons nocturnes à l’écart. Ce qui n’est visiblement pas valable pour les araignées (d’une forme et d’un calibre que l’on préfère taire, mais non dangereuses) qui semblent apprécier nos salles de bain. Les lits sont tout de même équipés d’une moustiquaire rassurante. Surtout quand notre hôte nous conseille, plutôt persuasif, de tout laisser ouvert pour profiter d’une vraie nuit à la belle étoile dans la forêt tropicale. Et la nuit, ce n’est plus nous qui observons la nature depuis nos hamacs 120

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I Les nénuphars purifient l’eau 02

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Activités

- Randonnée dans la forêt tropicale, observation de la faune - Balade à cheval (tous niveaux) dans la réserve et la forêt (inoubliable !) - Tree climbing (25 ou 40 mètres) et rappel - Tyroliennes dans la forêt - Reforestation - Randonnée jusqu’aux chutes et cascades - Observation d’oiseaux - Relaxation et cours d’éducation environnementale

Jürgen a toujours privilégié la préservation de la réserve, une affaire familiale. Ce qui lui a surement valu les 5 feuilles tant convoitées du « turismo sostenible »… et d’être reconnu comme l’un des 10 meilleurs écolodges au monde par Outside Magazine (USA). Les cabanes ont été construites dans une zone qui avait déjà été altérée par l’activité humaine et le bois de construction provient même d’un stock de bois travaillé et abandonné par des +trafiquants illégaux. « L’auberge a été pensée comme source alternative de revenus. Ce fut une décision morale et non économique, les recettes générées par le projet Selva Bananito Lodge n’atteindront jamais la valeur des arbres ainsi protégés “, confie Jürgen à la table du Rancho où nous dinons tous au dessus des caïmans en écoutant les histoires naturelles de notre hôte. “ Nous gérons l’auberge de façon durable. Nous chauffons notre eau avec l’énergie solaire, utilisons des savons biodégradables et compostons les déchets recyclables. Nous purifions nos eaux usées avec un système de bactéries et d’enzymes, ainsi qu’avec des nénuphars. Bien sûr, nous recyclons les bouteilles de plastique, l’aluminium et le verre”, explique-t-il avant de commencer une conférence sur l’histoire de la réserve, la conservation et la refores-


01 > 02 > 03 > 04 >

Cabane-chambre sur pilotis. Les arbres sont protégés. La balade à cheval s’impose. Moustiquaire, mais le plaisir est de tout laisser ouvert.

tation à la lumière de la bougie autour d’un cocktail naturel servi dans un ananas. Les voyageurs du monde entier se retrouvent autour de la grande tablée du Rancho à chaque repas pour partager leur dernière expérience dans la réserve. On oublie les ondes, les wifis, les sonneries de portables et même… la cigarette ! On parle grenouille, tree climbing et méteo. On a déjà oublié ses habitudes. Celles des autres semblent avoir disparu aussi. Peut-être a-t-on déniché un diamant vert TIS&L. 04

Notes de styLe FeMININes BY MAUD > L’intimité Les cabanes sont assez espacées pour ne pas pouvoir observer le voisin dans son hamac, le seul vis à vis troublant reste la forêt et les milliers d’yeux qui nous observent dans la nuit noire. On peut laisser toutes les portes et fenêtres ouvertes sans crainte (sic !). 9/10

les bougies, un matelas souple et un autre très ferme selon les goûts. Un savon-shampoo biodégradable à adopter absolument mais de bonne qualité 7/10

> L’authenticite. Tout est connecté à la

pleine nature, au cœur de la forêt tropicale avec vue sur un petit étangs et les montagnes. Authentique et 100% vert. 9/10

nature. C’est l’escale la plus écolo de ce voyage, on mange bio vapeur, on se lave au savon biodégradable, tous nos déchets sont recyclés, comme les eaux usées, toutes les activités se font en pleine nature, il est même assez mal vu de fumer. 10/10

> La toilette de fille L’électricité solaire

> Restons connectes : Pas de wifi, pas

ne procure pas un éclairage suffisant de nuit, il devient même difficile de s’y retrouver dans la valise. Un tout petit miroir, la douche vitrée avec vue sur la nature mais du coup on ne s’y sent pas forcément à l’aise. Pas toujours de l’eau chaude, tiède au mieux. 4/10

de réseau, pas de télé, pas de presse, on se coupe du cyber monde, on vient pour déconnecter et écouter la nature. Se trouver soi-même. 5/10

> La vue romantique On se trouve en

> À table : Comme dans tout le pays

> Les clefs Pas de carte magnétique, une grosse clé accrochée à une lampe frontale pour les balades nocturnes entre le rancho et la cabane, indispensable ! Sinon, on laisse tout ouvert, les seuls voleurs sont les singes. 9/10

on retrouve les éternels haricots, riz, tortilla et poulet à tous les repas, on ajoute ici des variantes de légumes vapeurs et quelques piments, un peu de banane bien entendu… On se lasse vite tout de même et l’on rêve, dans un tel décor, d’un bon vin et d’un plateau de fromage ! 4/10

> Les petites attentions Les deux

> Besoin d’air : On ne peux pas se

hamacs avec vue sur la nature, l’eau naturelle filtrée dans la chambre,

ressourcer plus naturellement qu’au Bananito, on se sent même « puri-

fié » en deux jours. Sport, sieste, repas diététiques, chant des oiseaux, pas de nuisance sonore autre que la faune… 10/10

> À l’aide ! - help : Le patron des lieux est allemand mais parle un peu français et bien entendu anglais et espagnol. Il connaît sa réserve par cœur et nous guide à cheval dans la forêt tropicale, on suit les guides du Bananito ou les volontaires pour une excursion en rappel ou tyrolienne. Jamais perdu, tout le monde veille !

9/10

total

76/100

Le style en plus : Un havre de paix pour tous les amoureux de nature sauvage qui choisissent le Costa Rica pour un « retour aux sources », tout le monde y trouve son compte : escalade aux arbres, rappel, tyrolienne, randonnées à pied ou à cheval, observation de la faune, cours d’éducation environnementale, détente dans les hamacs, baignade dans le fleuve… Le plus dur est de se reconnecter en quittant les lieux. Site web : www.selvabananito.com TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Palaces

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Le Royal Mansour

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Ce qui distingue un Palace c’est que c’est un endroit qui a une histoire et qui est unique.


Marrakech

exceptionnel Palais des Mille et une Nuits Plus qu’un palace, le Royal Mansour, est un vrai Palais créé dans les remparts de Marrakech, tout près des Jardins de la Koutoubia, et de la place Jemaa El Fna. Reflet de la grandeur de l’art musulman et de la flamboyance de l’artisanat marocain, il n’est pas non plus un musée, car c’est un lieu de vie, l’un des plus beaux fleurons de l’hôtellerie contemporaine au service de voyageurs en quête de perfection. Texte : Nicole Cornuz-Langlois Photos : DR

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n le dit partout, on l’écrit partout,

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Le Royal Mansour

A

l’image des portes monumentales des villes impériales du Maroc, celles du Royal Mansour, en laiton sculpté pèse chacune deux tonnes et demi, et se poussent avec la paume de la main. On découvre alors une immense cour pavée entouré d’oliviers séculaires de grenadiers et de jasmin. Magique, magnifique, authentique, tel sera le voyage à l’intérieur de cet espace privilégié. L’eau coule dans les fontaines nommées saguias, les pas résonnent dans les ruelles bordées de végétations aux senteurs subtiles, la lumière fait vibrer les patios recouverts d’une verrière amovible, les couleurs éclatent dans les zelliges et les vitraux…. ….c’est un enchantement pour tous les sens constamment en éveil. Chacun des 53 riads, aux murs ocres à l’extérieur, est réparti sur trois étages, on entre par un patio avec fontaine, puis un salon avec cheminée, et un bhou : salon traditionnel pour recevoir les invités, des sofas avec une multitude de coussins en soie brodée. Chaque riad est différent. Par ses couleurs d’abord : miel, bleu majorelle, terracota, émeraude…. mais aussi par son esprit. Au premier étage : chambre et dressing room, salon, et vaste salle de bain en marbre. Au deuxième étage : terrasse protégée, piscine d’eau chaude, coin repas avec tente berbère, canapés profonds et cheminée.

I Majordome en gants blancs

Vue sur les jardins de la Koutoubia, les toits de la Médina, la Palmeraie et l’Atlas enneigé au loin. Un majordome toujours en gants blancs, attaché au Riad, veille au confort de chaque instant, sert le thé à la menthe à toute heure, un repas léger à midi ou un dîner au coin du feu le soir. Aucun service ne trouble l’harmonie du quotidien, ni la quiétude et l’intimité, car tout est dissimulé dans une sorte de ville souterraine où évolue le personnel relié aux riads par un ascenseur privé. Les 500 employés recrutés dans le monde entier, et formés par le Directeur Général Jean-Pierre Chaumard, mythique dans le monde de l’Hôtellerie de luxe, savent anticiper, devancer et satisfaire les désirs > 124

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01 01 > Chaque riad a sa terrasse sur le toit. 02 > Thé et macarons. 03 > Une salle de bains. 04/05/06 > Nacre incrustée, laiton ciselé, bois précieux et lourdes tentures, carrelages subtils en marbre… tous les salons sont unvéritable musée du savoirfaire des meilleurs artisans marocains. 07 > Au restaurant, la carte est supervisée par le Chef 3 étoiles Yannick Alleno.

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Marrakech

01 > F. 02 > . 03 > L

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Le Royal Mansour

de leur clientèle réputée exigeante. « Tous les jours, nous relevons un peu  plus  le  défi  pour  que  ce  lieu  unique,  vraie  vitrine  des  talents  marocains,  s’approche  encore  plus  de  la  perfection. » Deux pôles d’attraction dès le coucher du soleil, deux bars d’inspiration totalement différente. L’un semble féérique avec son plafond de feuilles d’argent taillées à la main et ses marqueteries lumineuses, l’autre est plus chaleureux aves ses murs de cuir sculpté, son piano, sa cheminée transparente en verre ouverte sur l’extérieur. Après le dîner gastronomique, français ou marocain, mais toujours supervisé par Yannick Alleno, la soirée se prolonge dans le bar à cigares aux teintes brunes, les panneaux des tables à jeux sont en nacre incrusté ou en laiton ciselé. Dans la bibliothèque attenante un périscope permet d’observer les étoiles.

I L’arbre d’amour

Pour rejoindre le spa de 2500m2, proche d’une orangeraie, palais de marbre enserré dans une sorte d’immense cage à oiseaux, on traverse « un jardin extraordinaire » conçu par le paysagiste madrilène Luis Vallejo, inspiré par les jardins de l’Alhambra. Il a respecté la complexité de la végétation marocaine mais aussi sa rigueur : la symétrie, la présence obsessionnelle de l’étoile marocaine à cinq pointes qui symbolise les cinq pieds de l’Islam. L’eau est l’âme du jardin, l’équilibre est impressionnant est impressionnant entre sources, plantations, fontaines, piscines, illuminations…Cent espèces différentes d’arbustes pour un total de 30 000 plantations composent une symphonie entre jardin dompté, jardin expérimental, jardin de plaisir, avec pour guide, l’arbre d’amour.

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TIS&L

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MarrakecH

Notes de styLe > Elégance et l’espace exceptionnel des villas avec de belles terrasses pour profiter de la nuit marocaine

10/10

> Magnifiques, les immenses salles de bains aux carrelages subtils dessinant des motifs raffinés 10/10

> Indispensable et ici parfaite, la connectique internet dans les chambres 9/10 > Raffiné et l’expression même de ce qu’est le sens du détail dans un palace, ce léger parfum dispersé chaque soir sur l’épaisse literie.

8/10

> On adore la vue la vue grandiose depuis la piscine à débordement

8,5/10

> Au spa, on se laisse emporter par cette architecture de dentelle et la douceur des lieux. On craque sur les soins indiens et le yoga 8/10

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> À goûter : bien que déjà beaucoup vus, les plats décorés de fleurs comestibles 7/10 > La découverte : d’un exquis bar01 > Une fastueuse dentelle de marbre dans le patio central du spa. 02 > Le grand hall bleu. 03 > Chaque riad a une couleur dominante différente. 04 > Ambiance du restaurant. 05 > Un salon de massage au spa. 06 > Salon fumoir devant la cheminée. 07 > On s’y promène comme dans un grand palais. 08 > Tente berbère sur les terrasses. 05

becue privé préparé et servi sur la terrasse par le majordome du riad

8/10

> Toujours sympa, la promenade-découverte en compagnie du Chef de son potager et jardin des senteurs dans l’hôtel, même si là aussi ce n’est pas vraiment original. 8/10 > Et le plaisir, d’une autre balade, dans le domaine de Wolmar, juste en face du Royal Mansour, pour voir les biches et les cerfs 7/10

total

83,5/1000

Exceptionnel, unique, grandiose, magnificent…Les mots ne rendent pas vraiment justice à ce Royal Mansour, palace aux prestations irréprochables et en même temps fabuleuse vitrine de chefs d’œuvre de l’artisanat marocain réputé être l’un des plus beaux de tout le Magrheb et de tout le Proche-Orient. 06

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Visa pour

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LA MALAISIE


Le parc national du Taman Negara

Retour aux origines dans la jungle primaire Texte et photos : Jean-Luc Guérin

Le Parc National du Taman Negara, se situe en plein cœur de la Malaisie à environ 300 kms au nord est de Kuala Lumpur. Intégralement couvert d’une forêt tropicale vieille de 130 millions d’années, il vous connecte à vos origines comme à vos ancêtres. Le parcourir constitue une expérience initiatique pour quiconque n’a jamais posé ses godillots dans la jungle primaire. TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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La Malaisie

R

endez-vous est donc pris à l’aube en plein cœur de China Town à Kuala Lumpur avec Han Travel. Cette compagnie réputée fiable devrait me permettre d’attraper à Kuala Tembeling la dernière pirogue reliant Kuala Tahan, porte d’entrée du Taman Negara. Bus ponctuel, mais suspensions et boite de vitesse sont à la limite de rendre l’âme. La parade est simple, il suffit de prendre de l’élan dans les descentes pour s’assurer de franchir la prochaine côte. Sensations et sueurs froides garanties pour les touristes que nous sommes. L’étroitesse de la route et l’obligation de ralentir pour des croisements se solderont par une longue et impressionnante marche arrière en descente afin de reprendre tout l’élan nécessaire. Les tripes un peu en vrac, je prends un rapide et frugal repas sur la terrasse surplombant l’embarcadère de Kuala Tembeling, avant d’aller acheter les permis obligatoires pour circuler dans le parc. (Entrée = 1RM, Photos = 5RM, Pêche = 10RM…). A ne pas le faire, je risque une amende de 10 000RM ou 3 ans d’emprisonnement… Au choix ! Nous sommes une vingtaine à embarquer sur l’étroite pirogue à fond plat, ainsi taillée pour offrir une moindre résistance au courant et se faufiler quelque soit le tirant d’eau. Les bagages amarrés et bâchés à l’avant, nous nous asseyons 2 par 2 les uns derrière les autres. La conversation s’engage avec Mathilde et Severin, jeune couple en quête d’exotisme pour leurs noces de coton, et Marie, aventurière au long cours qui collectionne les magnets des pays qu’elle visite. Bien calés dans nos baquets de bois, nos gilets de sauvetage en guise de coussin, la jungle impénétrable défile sous nos yeux genre « Apocalypse Now » ou « Aguirre et la colère des dieux ». Les eaux sombres et opaques du fleuve Tembeling, d’un ocre brun- jaune soutenu, tranchent avec l’infini nuancier de la végétation. Petite déception, ni singe, ni buffle ne se montre, seuls quelques martins-pêcheurs attestent d’une présence animale. Ankylosés mais initiés par cette croisière fluviale, nous débarquons à Kampung Kuala Tahan (le village) sur le ponton du « Mama Chop Floating Restaurant ». Il nous faut encore 130

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Comme happés par un concert ininterrompu de cris d’animaux, de chants d’oiseaux, de bruissements, de grésillements, de ruissellements… traverser le Tembeling en Taxi Boat pour accéder enfin au Mutiara Taman Negara Resort que j’ai choisi pour sa situation exceptionnelle à l’intérieur même du parc et son souci affiché de préserver l’environnement. Nous voilà vite et bien installés dans des Bungalows de bois à mi chemin entre le chalet suisse et la maison coloniale, non dénués de charme et au confort correct. Seul bémol, les sanitaires ne sont vraiment pas à la hauteur du prix demandé. L’urgence est maintenant d’organiser un Trek dans la Jungle. Le bureau des guides officiels, juste à coté de la réception, est un lieu très fréquenté où je retrouve mes compagnons de pirogue avec lesquels nous décidons de prendre un seul et même guide. Il ne reste plus qu’à choisir l’itinéraire et la durée. La perspective d’une nuit dans la jungle dans une grotte humide ou sous un abri précaire n’emballe ni Marie, ni Mathilde. Aussi démocratiquement nous voterons pour un Trek d’une journée.

A 21H, en guise de mise en bouche, nous avons rendez vous avec Yoyo notre guide attitré, pour un « Night Jungle Walk ». Sur la pointe des pieds et à voix feutrée, Yoyo nous fait pénétrer dans la profondeur de la jungle que seule éclaire le dérisoire faisceau de nos lampes. Dans la moiteur de la nuit, nous nous enfonçons comme happés par un concert ininterrompu de cris d’animaux, de chants d’oiseaux, de bruissements, de grésillements, de ruissellements, bref d’une multitude de sonorités inidentifiables et envoûtantes. Petit arrêt toutes lumières éteintes pour s’imprégner de cette mélodie et observer le spectacle des lucioles qui s’allument. Premier contact visuel avec les sangsues qui me semblent bien inoffensives. (je changerai d’avis dés le lendemain !). Après avoir escaladé en silence un « Bumbum » (poste d’observation), Yoyo de sa lampe torche balaye le terrain pour faire surgir à moins d’une centaine de mètres de mystérieuses perles jaunes flottant à différentes hauteurs dans la nuit noire. Très probablement des Muntjacs (genre de cervidé asiatique lointain cousin de nos cerfs et biches), des tapirs ou autres cochons blancs venus se désaltérer à un point d’eau. Plus loin, à quelques mètres du chemin, nous approchons à pouvoir le toucher un «oiseau boule » ! Pour dormir, il se gonfle au maximum jusqu’à ressembler à une douillette petite sphère de plumes en équilibre précaire sur sa branche ! Enfin là où un oeil non averti ne décèle rien, Yoyo nous dénichera quantité d’insectes de toutes tailles et de toutes formes : phasmes, sauterelles, tarentules, libellules d’un bleu fluorescent…et même un délicieux petit serpent vert habilement dissimulé dans le feuillage. Vers 23H, de retour au Resort, une excitation insolite nous alerte. Dans l’obscurité, une silhouette éléphantesque déambule entre les bungalows. Nous sommes maintenant plusieurs petits groupes fascinés par le spectacle, partagés entre l’envie d’approcher l’imposant pachyderme et la crainte que, contrarié et énervé, il ne nous charge. Quelques guides tentent d’enflammer des journaux pour inciter l’éléphant à regagner la jungle. Peine perdue, cela ne fait qu’attiser sa colère et enclencher >


01 > F. 02 > . 03 > L 01 > Yoyo, notre guide en figure de proue de pirogue. 02 > Délicieux, les restaurants flottants de Kampung Kuala Tahan. 03 > Confortables, les Bungalows en bois du Mutiara Taman Negara Resort. 04 > Vertigineux, le Canopy Walkway, passerelle suspendue dans la canopée à 40 mètres au dessus du sol.

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La Malaisie > un début de charge qui va semer

la panique dans nos rangs. Grosse bousculade dont notre éléphant profitera pour s’évanouir. Ce n’était pas un rêve! Vers une heure du matin, le mastodonte reviendra sous les fenêtres de Mathilde et Severin déraciner quelques bananiers, pour en faire un festin. Réveillé en pleine nuit, Séverin tentera héroïquement mais sans grand succès de le photographier ! Trahi par la technique et l’émotion peut-être, il s’en voudra encore le lendemain de ne pas avoir réussi le cliché de sa vie. Dimanche 22 avril, 9H du matin, nous sommes prêts pour l’aventure alors qu’à quelques milliers de kilomètres va se jouer loin de nous, mais non sans nous, le 1er tour des élections présidentielles. « Very Lucky, Very lucky » c’est avec ces mots que Yoyo, nous accueille, car non seulement nous avons vu l’éléphant de près, voir de très très près pour certains, mais de plus la météo du jour s’annonce sans pluie ce qui n’est pas si fréquent! Plein d’énergie, nous partons pour le Canopy Walkway situé à une ½ heure de marche dans la jungle. Pont de corde suspendu d’arbre en arbre à une quarantaine de mètres au dessus du sol, nous vivons une expérience vertigineuse et euphorisante qui nous laisse l’impression d’être à la fois singe et volatile…

I Les choses sérieuses commencent

Maintenant, il s’agit de rejoindre Kuala Trenggan à une dizaine de kilomètres en amont sur le fleuve Tembeling. Sur la carte, une promenade de santé pour retraité mais quand même 5 heures de marche selon Yoyo ! Dans la réalité, avec une température de 35 degré Celsius, une humidité d’environ 90%, une progression dans la boue en terrain accidenté et avec une succession de dénivelés raides c’est plutôt d’un parcours du combattant qu’il s’agit. Il nous faudra plus de 6H! Première alerte, j’ai la chaussette gauche imbibée de sang au niveau de la cheville. Un espèce de petit ver de quelques centimètres, bien gonflé, gavé de sang et présentant un étrange ressemblance avec nos rencontres d’hier soir, s’est incrusté sous la malléole. Pas très appétissant la bestiole, mais morsure indolore pour cause 132

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d’anesthésiant injecté ! Yoyo brûlera la sangsue pour lui faire lâcher prise mais le saignement continue car il y a eu aussi injection d’un anticoagulant. Rusé l’animal ! A la queue leu leu, concentrés sur notre progression, nous enchaînons montées et descentes dans la boue. Récompense éphémère lorsque parvenus sur une butte, nous découvrons le tracé du fleuve. Punition lorsqu’au fond d’une ravine, il nous faut escalader à nouveau une forte pente glissante, cramponnés à une main courante nouée aux arbres. Un énorme tronc en travers du sentier nous oblige à tracer notre propre route à la machette dans la jungle épaisse des bas côtés !!! Yoyo et Severin, veillent consciencieusement à la sécurité de 01

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Mathilde et de Marie, quant à moi j’ai déjà bien du mal à assurer la mienne! Nous avions prévu 3 litres d’eau par personne dont le niveau baisse rapidement mais curieusement ce précieux liquide s’élimine intégralement par la transpiration sans la moindre chance d’évaporation compte tenu de l’humidité ambiante. Surprenant de pouvoir ingurgiter une telle quantité d’eau sans jamais éprouver le besoin de se soulager. Je suis liquéfié, nous sommes liquéfiés et seul Yoyo ne présente pas la moindre trace de transpiration…Stupéfiant !!! Notre marche se poursuit méthodique et laborieuse rythmée par les rappels de notre guide qui nous presse d’accélérer le pas afin d’atteindre l’embarcadère du retour avant la tombée de la nuit. Par deux fois nous ferons une courte halte, d’abord en bordure de fleuve pour grignoter rapidement

car la faim n’est pas au rendez vous, ensuite au fond d’un vallon dans le lit d’un maigre cours d’eau, pour goûter un semblant de fraîcheur. Ce sera l’occasion d’une rencontre avec Maya, jeune française au bord de la crise de nerfs pour cause d’overdose de gadoue, de chaleur moite et de sangsues. Il n’est plus question pour Maya de dormir dans la jungle et encore moins de continuer à marcher dans ces conditions avec ses compagnons d’infortune. Bienveillant, Yoyo lui proposera, à son grand soulagement, de regagner Kuala Tahan avec nous. Dernier effort, il nous reste encore une bonne heure de marche pour rejoindre Kuala Trenggan et c’est le franchissement d’un curieux pont suspendu à de massifs portiques en béton qui nous donnera le signal de la délivrance. 17H, notre pirogue accoste et nous nous écroulons au


03 01 > Courte halte méritée en bordure d’un point d’eau. 02 > Mama Chop, le bateau-taxi incontournable pour traverser le fleuve Tembeling. 03 > Support naturel du Canopy Walkway, ces arbres filiformes dépassent les 50 mètres de haut.

fond de l’embarcation. Quel plaisir de voir glisser le paysage sans produire le moindre effort. Notre pilote évite habilement, à coups de barre et d’accélérateur combinés, les cailloux parsemant quelques minis rapides. Au détour d’un méandre, nous longeons un campement Orang Asli posé sur la grève. Quelques huttes sur pilotis recouvertes de branchages et de bâches plastiques synonymes de commerce avec la civilisation. Quelques femmes s’affairent à étendre du linge coloré alors que les enfants jouent sur le sable. Seul regret de notre expédi-

tion, nous n’aurons pas eu de contacts directs avec les Oran Asli, peuple aborigène nomade de la jungle, vivant de chasse, de pêche et de cueillette. L’heure avancée nous interdit toute halte. De retour au Resort une bonne douche permettra à Marie de découvrir que les sangsues qui n’ont pu franchir le barrage de ses « chaussettes antisangsues » n’ont pas hésité à prendre leur revanche au niveau du dos…. L’envie d’un repas exotique et reconstituant sera l’occasion de traverser un nouvelle fois le Tembeling pour aller dîner sur les « restaurants flottants » de Kampung Kuala Tahan. Cuisine locale savoureuse à base de viande, poisson, riz et légumes arrosés de généreux jus de fruit bien appréciables. Rassasiés, morts de fatigue, nous n’aspirons plus qu’à quelques heures de sommeil avant notre départ matinal du lendemain pour un nouveau parcours dans la jungle. En train cette fois ci ! TIS&L

Comment s’y rendre?

Depuis Kuala Lumpur (KL pour les intimes) de nombreux bus proposent une liaison directe jusqu’à l’embarcadère de Kuala Tembeling (environ 3h1/2 de route). 2 fois par jour (9h et 14h), une pirogue relie Kuala Tahan en 3 bonnes heures d’une superbe navigation sur le fleuve Tembeling. Pour les pressés ou allergiques au bateau, l’autre solution consiste à prendre un bus de KL à Jerantut (3h) puis un taxi ou un bus local (1H1/2) jusqu’à Kuala Tahan. A noter que le « Train de la jungle » qui traverse toute la Malaisie sur un axe nord / sud s’arrête à Jerantut. Enfin, à mon sens, il n’est pas nécessaire de réserver un circuit à l’avance. L’accès au parc est sans difficultés. Sur place, le Bureau du Parc organise à la demande, des treks sur mesure. Pour en profiter pleinement, prévoir au minimum 2 ou 3 jours. PS : 1 Euro = environ 4 Ringgits Malaisiens TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Visa pour

LA TUNISIE

Vue des collies de Sidi Bou Sa誰d

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Baie de Tunisie

Retour dans une Tunisie branchée et festive Hôtels et spas de haut niveau, golfs, lieux branchés, nuits animées, artistes et créatifs audacieux, c’est une Tunisie aux antipodes des idées reçues qu’on redécouvre. À deux heures de vol de Paris, Nantes, Lyon ou Strasbourg ... Carthage, Sidi Bou Saïd, La Marsa, Gammarth, la région d’Hammamet, El Kantaoui, et bien d’autres lieux, offrent de superbes occasions d’escapades anti-stress.

Texte et photos : Patrice Fleurent TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Tunisie

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lle s’est approchée timide et déterminée. Son regard d’adolescente trahissait son embarras et sa décision de m’interpeller. « Vous avez rencontré beaucoup de salafistes ? Avez-vous eu peur à un moment quelconque ? ». Bouche bée, j’ai mis un certain temps à réaliser l’ironie et le sérieux de la question. D’autant que dans ce lounge très branché du Seabel Alhambra à Port Kantaoui, où bière et vins coulaient à flot, l’ambiance était vraiment joyeuse. La salle entière reprenait en coeur les paroles d’un jeune chanteur, visiblement coqueluche du public. La jeune fille était là, en famille, pour l’anniversaire de son père. Un député de l’Assemblée constituante. Je réalisais qu’elle me demandait pourquoi les Français si nombreux en Tunisie avant la chute de Ben Ali – chute qui avait été applaudie en France – étaient si timides à revenir. Elle me faisait remarquer, en même temps, comme en témoignait l’ambiance de ce lounge, qu’en Tunisie le sens de la fête ne s’était pas perdu. A vrai dire non, nous n’avions croisé aucun salafiste, ni islamiste vociférant ou menaçant. Que ce soit en déambulant dans les fascinantes ruelles des kasbahs de Tunis, de Sousse , ou en prenant l’air le soir sur les hauteurs de Tunis. Même tard dans la nuit, en revenant d’un concert au Boeuf sur le Toit un bar-restaurant connu à Tunis - nous n’avons jamais eu la moindre appréhension. Nous avions gommé de notre esprit les commentaires alarmistes si fréquemment entendus sur les chaînes françaises. Sur place, l’idée d’une Tunisie sous la coupe réglée d’islamistes radicaux apparaissait tout à coup fantasque, déformée. Elle s’est effacée, à la manière d’un mauvais rêve et au fil des jours, une autre impression s’est installée. Celle d’être dans un pays qui n’oublie pas de vivre malgré les difficultés quotidiennes. Très vite, on s’en rend compte: les Tunisiens ont gardé le goût de sortir, d’être ensemble. Ils ne s’en privent pas. Cafés populaires, terrasses, bords de mers, lieux chics, tendances, ne désemplissent pas. Il y a aussi ce sentiment largement partagé que tout finira par rentrer dans l’ordre. « C’est une question de temps. On ne fait pas une démocratie en quelques semaines », disent les uns. D’autres en sont convaincus :

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02 01 > Carthage la blanche et les vestiges du port antique. 02/03 > Les belles maisons de Sidi Bou Saïd. 04 > La chicha appréciée aussi des tunisiennes, ici dans un café de Sousse.

De nouvelles élections, tant réclamées, remettront les compteurs à zéro et ce sera la fin d’Ennahdha, ce parti religieux qui a accédé au pouvoir, un peu par surprise, en octobre 2011, le temps qu’une constitution soit élaborée TIS&L

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Night Life animée Texte et Photos : Patrice Fleurent

Les tunisiens n’ont pas changé leurs habitudes. Ils aiment sortir. Et l’on est assez surpris de découvrir une vie nocturne animée et d’aussi nombreux lieux branchés.

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our les touristes l’infl uence des religieux est invisible. La vente d’alcool est contrôlée, mais c’était déjà le cas auparavant. « Les conditions n’ont pas changé » me confi rme le manager d’un hôtel. D’ailleurs, apéros, bières et vins sont à la carte de la quasi totalité des hôtels, restaurants et bars fréquentés par les touristes. « Ce qui s’est alourdi, ce sont les taxes sur les alcools. Elles ont considérablement augmenté en un an. Mais, paradoxe, la bière nationale a doublé ses ventes » pointe l’un des patrons du Boeuf sur le Toit, lieu branché fréquentée par la jeunesse de Tunis où nous avons été entendre l’excellent groupe Zanzana. « On est content, ça tourne bien. Même dans la période la plus tendue nous sommes restés ouverts et on refusait du monde. On s’adaptait aux horaires du couvre-feu ». C’est d’ailleurs une surprise de découvrir ces nouveaux hôtels, restaurants, cafés, lounges très « in », loin de cette idée reçue d’une Tunisie, destination bas de gamme. Des établissements reconstruits ou rénovés qui conjuguent souvent un environnement superbe et des installations très classes avec de plus en plus spa et golf à proximité. Quelques-uns n’ont rien à envier aux plus beaux établissements de la Côte d’Azur. Avec cet avantage, qu’à qualité égale, on débourse, ici, deux à trois fois moins. Une aubaine pour qui rêve d’escapades romantiques, anti-stress ou sportives. D’autant que Tunis n’est qu’à 2 heures de vol de Paris, Nantes ou Lyon. A 17h15, nous décollions de Paris. A 18h20 (heure locale), compte tenu du décalage horaire, nous étions déjà dans l’un de ces taxis jaune tunisiens. Un quart d’heure plus tard nous étions installés sur l’une des terrasses du Mövenpick à Gam-

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02 01 > Le goupe tunisien Zanzana 02/03/04 > Soirées animées au Boeuf sur le Toit, restaurant et bar branché qui accueille de nombreux groupes.

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marth, contemplant la baie de Tunis et dégustant une daurade. Notre escapade « destress » commençait accompagnée d’un Magon (l’un des meilleurs vins tunisiens à notre sens). TIS&L

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L’attente d’un « vrai » printemps

C’est clair, aujourd’hui, une grande majorité de Tunisiens sont décidés à forcer le parti religieux Ennahdha, dont le mandat est écoulé, à rendre le pouvoir et à organiser au plus vite des élections. « Il est temps. Hier, les Tunisiens étaient premiers dans de nombreux domaines : droit des femmes, croissance. Aujourd’hui, économiquement nous sommes relégués au rang d’un mauvais élève africain » soupire amèrement ce chauffeur de taxi tandis que, coincé dans un embouteillage, on côtoie les plus beaux modèles de voitures européennes, japonaises, coréennes ... « Cette situation de blocage est une question de temps et de détermination. Nous attendons simplement et pacifiquement le retour aux urnes et un vrai printemps » tranche le chauffeur de taxi. TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Golfs et Spas

Luxe et volupté de Tunis à El Kantaoui Agréable. Pas besoin de voiture. Les taxis jaunes sont partout. Il en coûte seulement 15 dinards (7-8 €) pour parcourir la vingtaine de kilomètres qui conduisent de la vieille ville aux corniches de Tunis. Une facilité qui permet d’alterner à l’envi, cures de jouvence, golf, balades.

Texte et Photos : Patrice Fleurent et D.R.

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es secrets de beauté de l’Orient obéissent au même rituel. D’abord 15 minutes à goutteler dans les vapeurs du Hammam. Puis enveloppement du corps de savon noir (un mélange onctueux à base d’olive et d’huile). Enfin, gommage avec un gant de crin. Le coup de main est en général énergique. Déjà frais et presque neuf, il est bon alors de prolonger ce délice oriental par un massage relaxant. C’est à la carte et le choix est large : massage « carthage » aux pierres chaudes, massage « palper-rouler » aux citrons, massage « bien-être » du dos, de la tête avec enveloppement au romarin ... De nombreux hôtels-spas se font aujourd’hui une spécialité de ces soins proposant remise en forme, cures de jouvence. Les décors sont parfois somptueux mêlant design épuré et inspiration traditionnelle. Le spa Kallisti du Mövenpick Gammarth s’est ainsi doté d’une grande piscine dont les verrières donnent sur la mer et la piscine extérieure, tout comme les salles fitness et les cabines de soins. Couleurs pastels, bassins d’eau, geysers, nattes et baldaquins, l’espace relaxation permet de passer un moment agréable après les soins. Un peu plus loin, la Villa Didon, autre 5 étoiles ultra-design de 10 chambres et suite dominant Carthage, abrite, lui aussi, un hammam et un spa soignés. Des chambres, on accède directement au spa par ascenseur. Récent, avec de magnifiques salles, 20

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cabines de soins et de massage, une piscine à jets, plusieurs jacuzzis, des tables de marbre chaud, un immense hammam, une tisanerie, le Seabel Alhambra Beach Golf & Spa - établissement phare de la station de Port-El Kantaoui (à proximité de Sousse) – joue également de la séduction de son immense spa où les techniques orientales sont à la carte : ayurveda, massage au pierres, shiatsu ...

Greens bord de mer

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07 01 > 01 > 03 > 04 > 05 > 06 > 07 >

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Massage pierres chaudes. Piscine intérieure du Mövenpick. Spa du Seabel Alhambra. Le Yasmine Golf Club. Leçon de golf. Le Golf Citrus.. Le Golf d’El Kantaoui.

En Tunisie, ces spas se conjuguent désormais avec une autre proposition : les golfs. A Tunis, comme d’autres, le Mövenpick et la Villa Didon bénéficient ainsi de la proximité immédiate d’un golf. Celui du Residence Golf Course qui s’étire le long de la côte de Gammarth entre lagune et Méditerranée. Un 18 trous qui alterne plans d’eau - avec quatre lacs artificiels et une dizaine de marais – et dénivelés. Avec un pratice de 80 postes , un club-house de 4 000 m2, plusieurs restaurants et bars, sa piscine et ses boutiques le Residence Golf attire autant les débutants que les joueurs les plus expérimentés. Il permet de s’initier à quelques minutes des plages et de la vieille ville A quelques minutes de la baie et des hôtels de Hammanet (45 minutes de Tunis), en pleine nature, deux autres golfs accueillent également fans et néophytes. Le Citrus et le Yasmine Golf Course forment un immense terrain de jeu dans un paysage plein de collines, de bosquets de pins, d’oliveraies,d’arbres fruitiers. Du Yasmine, on a même vues sur la mer. Le Citrus propose, pour sa part, deux parcours « championship » où tous les handicaps trouvent matière à s’exercer. En poussant plus au Sud, à moins de 45 minutes de route - la brise marine souffle aussi sur le golf d’El Kantaoui qui coule des hauteurs du bourg jusqu’à la mer. Là encore, une occasion de s’initier au swing sur les deux greens de 18 trous. De coupler, pourquoi pas, remise en forme et exercice sur le practice. Le spa du Sealbel Alhambra est tout prêt. Quelques clients passionnés de golf varient parfois les plaisirs en faisant la route inverse pour aller jouer au Citrus et au Yasmine. Ou bien encore, ils rejoignent le Flamingo ou le Palm Links, deux autres 18 trous réputés, à 27 km de là, tout à côté de Monastir. TIS&L TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Tunisie

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Stylisme

La mode défie l’obscurantisme religieux C’est dans un concept store exposant vêtements, bijoux, objets de décoration de plusieurs artistes que nous avons croisé deux chefs de file de la jeune génération de créateurs. Une génération très douée, sans complexe à l’humour très corrosif. Texte : Patrice Fleurent Photos : D.R. et Patrice Fleurent 140

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vec ses grosses lunettes rondes, sa casquette, son air juvénile d’étudiant, il a quelque chose de Buster Keaton. Il attend Miss Tunisie, Hiba Talmondy, pour un essayage. Elle part bientôt concourir pour le titre de Miss Univers. Pour cette soirée Ahmed Talfit lui a dessiné un modèle très hollywoodien : une longue robe noire de soirée qui >

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Création d’Ahmed Talfit. Le voile détourné. Ahmed Talfit. Un salafiste imaginé par Salah Barka.


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Tunisie > se termine en corolle. Il n’a pas

beaucoup de temps. Il doit fignoler les 15 modèles de sa nouvelle collection qu’il présente à Bruxelles. Et la belle a du retard. Ahmed Talfit grommèle. « Pas très pro » lâche-t-il. Malgré sa décontraction, Ahmed Talfit, 26 ans, n’apprécie guère le manque de rigueur. Remarqué depuis sa première collection, en avril 2011, il est l’une des vedettes de la mode en Tunisie. Il vend bien. Les femmes – inspiration de tous ses défilés – aiment ses modèles. Pour leur glamour et leur raffinement. Et peut-être aussi pour la vision du féminin que ses découpes suggèrent. Celle d’une femme libérée, sûre d’elle-même, qu’Ahmed Talfit habille au plus près du corps avec presque toujours une déclinaison de cuirs et des formes géométriques. Une femme dont il exalte toute sa séduction ... à l’opposé, on devine, de l’idéal islamique qu’Ahmed Talfit détourne avec un humour provocateur. Sur les podiums, il n’hésite pas à présenter un mannequin voilé et seins nus. « Mon dernier défilé s’intitule : Apocalypse ? A travers ce thème, je pose la question de l’avenir de la femme tunisienne. Continuera-t-elle à pouvoir évoluer ou la société tombera-telle dans le chaos ? J’ai bien sûr des craintes, mais je suis optimiste. En fait, tout le combat actuel est de protéger ce qu’on a déjà. Nous avons eu l’hiver, nous aspirons au printemps » nous confie Ahmed Talfit

01 01/02 > Deux créations d’Ahmed Talfit. 03/04/05/06 > Mode unisexe, colorée inspirée de la rue et des voyages de Salah Barka. 07 > Salah Barka.

Religieux à la barbe dorée

Salah Barka se défend de toute provocation. Pourtant, l’an dernier à l’occasion de la Fashion Week de Tunis, il a imaginé de présenter une collection inspirée par les salafistes. Une interprétation très personnelle : fausses barbes dorées ou argentées, vestes à fleurs, tee-shirt à rayures, pantalons rouge, bariolés, pendentifs, bracelets ... Des salafistes qui ont fait sensation. Quelques jours après, de jeunes salafistes en colère, lui ont demandé des comptes. « Cela s’est finalement bien passé. Mon but n’est pas de me moquer, mais de dire aux religieux : pourquoi des tenus sombres, négligées ? pourquoi le beau est-il banni ? Vous pourriez être habillés comme mes modèles de couleurs ... ». 142

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Pas vraiment convaincus, les jeunes salafistes ont prié pour que Dieu remette Salah Barka sur le bon chemin... Cette année le créateur a imaginé un autre thème. Sans dévier de son style incisif. Sa dernière collection, Africa meet India, mêle couleurs vives et recherche de matières. La création ? une passion. « J’aime que les choses bougent et faire évoluer les choses quitte à choquer. L’inspiration me vient de la rue, des voyages et je conçois mes vêtements indifféremment pour les hommes et les femmes. Ce qui est important pour moi, c’est de travailler en relation avec beaucoup d’artisans, tisserands, bijoutiers. J’intègre des broderies, des bandeaux ... dans mes modèles. Je suis content, la rue tunisienne, change surtout les hommes. Ils étaient plutôt terne. Aujourd’hui sous l’influence des gran des marques populaires chacun ose plus». Costumier pour le cinéma, la télévision, le théâtre, Salah, comme chacun en Tunisie, est ramené vers une actualité pressante. Cette fois, à travers Tsunami, la pièce d’un auteur connu, Fahdel Jaibi, qui tente de dresser un miroir à la société tunisienne actuelle et imagine ce que sera la Tunisie dans quelques années. « C’est parfois un peu pessimiste, mais, au fond, nous avons tous l’espoir » termine Salah qui ne se départit jamais d’un large sourire. Envie d’aller chercher la gloire à Londres ou Paris ? ... Non. Son travail est ici, dans son petit atelier. Il ne songe pas un instant de faire autre chose que ce qu’il fait. TIS&L TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Tunisie

01 > La grande chambre du Palais. 02 > Philippe Xerri. 03 > Salon vestibule du show room. 04

L’ethnic chic

Rock the Kasbah 02

C’est l’une des adresses les plus originales de la vieille ville. A la fois show room et maison d’hôtes, Rock the Kasbah est un ancien palais, restauré par Philippe Xerri, styliste et créateur installé à Paris et à Tunis.

Texte et Photos : Patrice Fleurent

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rois chambres seulement, un immense salon, un bureau, une terrasse blanche, un escalier monumental, de magnifiques faïences anciennes partout sur les murs : bienvenue à Rock the Kasbash, jolie caverne d’Ali baba et reflet du savoir-faire ancestral de l’artisanat tunisien. Un artisanat revu à travers la passion du design des années 20, 50 et 70. Un style « glam’rock » destiné à des intérieurs urbains, lieux de villégiatures. Petits bancs vintage ou fauteuils recouverts de kilims anciens en laine, tables en

céramique émaillée, buffets, consoles, portes en bois naturel goujé, lampes en terre cuite avec abat-jour en fibre de palmier, jarres montées à la main par les artisans potier de Sejnan, tapis en jonc de mer, vaiselle peint main, coussins en peau de chèvre ... l’ancien palais – qui fut celui d’un bey de Tunis – met en scène ce travail remarquable en parallèle avec des toiles contemporaines, gravures et affiches rock. Un immense portrait d’Elvis en noir et blanc couvre un mur du salon où se détache les belles couleurs d’un siège en kilim. Les superbes poteries de Sejnan se détache sur les murs noirs d’un couloir. « Nous sillonnons la Tunisie à la rencontre des meilleurs artisans et à la recherche de tissus, de beaux objets et la plupart des pièces que nous faisons fabriquer sont des pièces uniques. Elles sont présentées aux professionnels chaque saison au salon international Maison & Objet et on les retrouve dans quatre-vingt dix boutiques à travers le monde » explique Hossein chargé de la production et qui fait office parfois de maître d’hôtes pour les visiteurs du palais. Une expérience assez unique pour découvrir la Medina et la beauté de l’artisanat tunisien. TIS&L


Matin : Plage à Djerba Après-midi : Visite des ksour de Tataouine

www.bonjour-tunisie.com

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Hôtel Stylé

Le Mövenpick Gammarth

Une référence dans la Baie de Tunis 01

Des terrasses du Mövenpick Gammarth le regard embrasse une grande partie de la baie de Tunis. A ses pieds, une longue plage de sable s’étire en croissant. Quant aux chambres et suites, elles se lovent dans de petits bâtiments blancs, noyés dans un beau jardin méditerranéen. 02 Texte : Patrice Fleurent Photos : DR et Patrice Fleurent

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ne plage privée, de vastes bassins extérieurs, un très beau spa doté d’une piscine chauffée et de salles de fitness, de très agréables chambres et suites design de plain pied sur le jardin et avec vue sur la baie, trois élégant restaurants avec de larges terrasses pour profiter de la douceur des soirées, un service attentif mais discret ... D’emblée, on se sent bien dans ce cinq étoiles calme, à l’architecture blanche et pure, situé à seulement un quart d’heure de l’aéroport. Comme flambant neuf, après trois ans d’une rénovation ambitieuse, il offre un cadre quasi idéal pour une escapade tunisienne. Le Mövenpick de Gammarth est d’ailleurs devenu l’une des références de l’hôtellerie tunisienne. Un luxe accessible, feutré, sans fausse note. La plage privée, directement accessible, constitue certes un plus mais ce sont les pis-

cines, le spa et les restaurants, et bien sûr cette architecture épurée des bâtiments et des chambres qui donne ce sentiment d’harmonie et de bien-être. Tout est à taille humaine dans cet hôtel qui s’apparente dans son ambiance et sa fluidité à un boutique-hôtel. Détente, sport, soins – avec notamment un hamman et une large carte de soins – ainsi que les plaisirs de la table permettent de se bâtir un programme « déstress » efficace. Gammarth touche Sidi Bou Said, Carthage - où se concentrent la plupart des belles boutiques et des lieux branchés - et n’est qu’à vingt minutes de la vieille ville. Le Mövenpick permet donc de bouger facilement selon ses envies. D’autant que les taxis tunisiens sont vraiment bon marché et nombreux. Ajoutons que pour les amateurs de green, le Golf Résidence est tout proche. Simples, bons, variés, élégants, face à la piscine, en surplomb de la baie, ou bien en retrait dans le jardin, les trois restaurants tiennent bien leur rang avec des prix à la carte étonnamment raisonnables comparés aux additions parisiennes. Selon les saisons, ce cinq étoiles offre d’ailleurs des tarifs, eux aussi assez étonnants. Voilà, donc, à notre avis, une adresse à retenir pour une échappée douceur et évasion au moment où l’automne et l’hiver se déploient en France. TIS&L


Il peut être rafraîchissant de profiter de l’hospitalité suisse dans le bassin méditerranéen.

NOTES DE STYLE > Magnifique point de vue sur la baie de Tunis et sur une végétation magnifique 8/10 > Belle réussite que cette architecture épurée et fluide 8/10 > Jolies vues sur la piscine et la mer depuis la terrasse des chambres et des suites 8/10

> Apprécié la piscine couverte et chauffée, le spa Kallisti, son hammam et ses installations de fitness 8/10

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01 > Architecture discrète fondue dans le site. 01 > Le salon VIP. 03 > La piscine du spa. 04 > Belle vue sur la Baie de Tunis. 05 > Une chambre Executive. Il y en a 102 sur un total de 117. Les 15 autres sont les 10 suites, 2 présidentielles, 6 Ambassadors, 2 juniors et les 5 chambres Deluxe. 06 > Très belle rénovation des salles de bains. 07 > Vaste piscine extérieure.

> Raffiné le bain de vapeur suivi d’un gommage et d’un massage.

9/10

> La plage privée au pied de l’hôtel avec un filet anti-pollution dans la mer. 8/10 > A découvrir, les trois restaurants, les poissons du jour. Additions remarquablement raisonnables

8/10

> A revoir la profondeur de la piscine extérieure peu propice à la nage 6/10 > L’écran TV noir, grand format, face au lit. Un peu envahissant à notre goût 7/10 > Escale presque idéale et acces-

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sible en toutes saisons pour une escapade « destress » et découverte 9/10

Total

81/1000

Une superbe adresse dans la Baie de Tunis. Le groupe suisse Mövenpick, connu pour ses hôtels plus business en Europe, est aussi au Proche et au Moyen Orient l’un des meilleurs opérateurs de 5 étoiles toujours très bien situés. Et on peut y déguster leurs célèbres glaces proposées dans la carriole traditionnelle bien connue des enfants dans toute la Suisse. 07

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Boutique Hôtel

La Villa Didon

Belle adresse exclusive à Carthage pour les amateurs de cadre contemporain dont nous sommes.

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Juste 10 suites chic et design Villa Didon ancrée sur les hauteurs de Carthage, joue sur un contraste audacieux entre ultra modernité et vue panoramique sur trois mille ans d’Histoire. Texte : Patrice Fleurent Photos : DR

L

a Villa Didon avec ses dix suites est l’un des rares « boutiques-hôtels » de Tunisie. Un concept encore assez inédit dans ce pays où les quatre et cinq étoiles empruntent souvent un style monumental. Villa Didon mise,

> On aime l’ambiance chic

NOTES DE STYLE > Superbe point de vue sur Carthage et la mer.

02

9/10

7/10

> Sympa ce Light Bar animé pour prendre un verre le soir.

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et high-tech des suites.

8/10

> Moins réussi, au final, ce parti pris

> A découvrir la cuisine raffinée du restaurant. Une très bonne table. 8/10 > A déboucher : un Magon rouge.

elle, sur un bâtiment ultra contemporain pour proposer à la fois luxe, intimité, design et des vues exceptionnelles sur l’antique cité de Carthage. Un pari réussi. C’est l’un des endroits parmi les plus agréables pour admirer la baie de Tunis. Pour y déjeuner ou y dîner aussi. Réputé mais très abordable, le vaste et lumineux restaurant propose en effet une cuisine audacieuse et savoureuse (inspirée à l’ouverture par Alain Ducasse). Aujourd’hui, la table reste excellente. Le soir, c’est une clientèle très branchée qui se retrouve autour du Light Bar de la villa pour boire un

7/10

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d’une baignoire au milieu de la chambre.

6/10

> Prendre absolument le petit-déjeuner sur la terrasse de sa chambre. 9/10 > Apprécié ce petit ascenseur qui mène des suites au spa.

> Ne pas se priver d’un vigoureux

8/10

verre ou déguster un plat. A l’étage de ce bâtiment cubique, les dix suites de la villa offrent une déco originale, ultradesign et high-tech. Au beau milieu des chambres blanches entourées de larges baies et terrasses, et noyées de lumière, trône une baignoire jacuzzi. Et l’espace douche n’est lui-même séparé que par une cloison de verre. Si bien que de partout, du bain, de la douche, du lit, ou du petit bureau de verre, le regard ne quitte jamais ce très beau panoramique que constituent les rivages de Carthage et les vestiges du port antique où, en 814 ans avant J.C, aborda la fondatrice de Carthage, la Reine Didon. Ce luxe se poursuit avec l’ascenseur qui mène directement au Hammam et au Spa qui dispose de quelques cabines. TIS&L gommage et d’un massage relaxant.

8/10

> Les musées de Carthage et ses jardins sont juste derrière l’hôtel. Belle visite. 8/10

Total

78/100

Belle adresse exclusive à Carthage pour les amateurs de cadre contemporain dont nous sommes.


transavia

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Hôtel Club

Le Seabel Alhambra

Foin du snobisme, il y aussi des hôtels-clubs qui savent y faire : spa, golf, plage. Joli cocktail.

NOTES DE STYLE > Alliance entre tradition andalouse et design hors des stéréotypes. 7/10

> Bon confort, esthétique et luminosité des chambres. 7/10 > Large choix d’activités selon ses envies. Pourquoi pas le ballon ascensionnel ? 7/10

> Impératif : prendre rdv au spa pour un massage aux pierres chaudes. 9/10

01 > La piscine. 02 > Le salon d’accueil du spa. 03 > Le jardin style Alhambra.

> Ne manquez pas le golf tout proche, même débutant

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Superbe spa et deux parcours de golf

> A goûter les très bonnes spécialités servies au restaurant de plage. 7/10 > Pour y dîner, prendre un verre et écouter un bon chanteur, le Lounge-restaurant. 8/10 02

La taille d’un hôtel n’exclut ni l’élégance, ni le raffinement. Le Seabel Alhambra Beach Golf & Spa à Port El Kantaoui, bien que très fréquenté, s’inscrit dans cette catégorie d’hôtels Club de très bon niveau, et qui demeurent pourtant très accessibles en termes de tarifs. Une aubaine notamment hors saison.

Texte : Patrice Fleurent Photos : DR et Patrice Fleurent

L’

entrée monumentale, son style andalou, donne fière allure au Seabel Alhambra qui marie, hors stéréotype, architecture méditerranéenne et touches ultra modernes. Il est au diapason de Port El Kantaoui, station balnéaire à la mode et élégante tout près de Sousse. Très bien situé en bordure de mer, le Seabel déploie ses jardins, cafés et piscines jusqu’à qu’à la longue plage de sable. On déjeune agréablement au restaurant en contemplant le ballet des kit surfs et des parachutes ascensionnels. Les chambres sont jolies et spa150

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9/10

cieuses. Mais ce qui retient l’attention, c’est d’abord l’immense bar et lounge ultra-design où chacun se retrouve. C’est ensuite le vaste spa aux allures de palais mauresque, constitué d’un hammam, de magnifiques espaces, de plans d’eau, de cabines, de salle de repos ainsi que d’une grande piscine chaude surmontée d’une belle verrière. Autant dire que c’est un délice de découvrir, ici, massages ayurvédique, massages aux pierres chaudes ou encore l’enveloppement à la cire d’abeille. Des cures de trois jours ou plus avec trois soins par jour sont proposés que l’on peut coupler avec toutes sortes d’activités (golf, voile, tennis, tir à l’arc, randonnée en quad etc...). Au coeur de la station, et à quelques minutes à pied du Seabel Alhambra, l’El Kantaoui Golf Course permet pour les amateurs, confirmés ou non, de profiter de deux parcours championship. Au total, 36 trous avec d’entraînement sur putting-greens et practice. De quoi améliorer son swing, et se refaire une santé en toutes saisons. A découvrir un deuxième lounge-restaurant très animé le soir où se produise de jeunes artistes. TIS&L

> Question d’ambiance. On n’aime pas trop les salles/buffets au petit matin 5/10 > Calcul malin : une semaine en chambre double, en all inclusive à partir de 510 €. 8/10 > La formule double forme :une cure « Rose des sables » et un stage golf ou tennis. 7/10

Total

74/1000

Excellent score pour un hôtel-club qui, même au top de sa catégorie, ne peut prétendre rivaliser avec les 5 étoiles. Quoique par bien des aspects, comme son spa, la proximité des golfs et sa situation, il puisse en remontrer à quelques uns.


hotel experience aux Maldives UN COIN DE PARADIS SUR TERRE Une île unique, un seul hôtel posé sur une mer turquoise foisonnante de poissons, des villas intimes avec piscines privées, un spa à votre écoute pour des soins sur-mesure d’un luxe authentique… Ne cherchez plus, c’est tout simplement l’expérience Ultime aux Maldives. Pour faire de votre séjour une U-experience: appelez le (230) 402 2772/73 ou sur www.constancehotels.com *inspiré par la passion

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1er PRIX Indonésie

MATHIEU BAUDOIN EXOTIQUES ORDINAIRES

INDONÉSIE / Jakarta « Deux semaines avant la fin du Ramadan, Lia, la jeune femme dont cette photographie est le portrait, m’avait invité à patienter avec elle jusqu’au coucher de soleil, annonçant la fin du jeun. Son bureau de notaire, situé à Jakarta sud, dans le quartier de Kemang, s’est révélé être un savant mélange d’austérité institutionnelle et de touches plus «impressionnistes», comme le coussin

Travel Style&Life en partenariat avec Christofle, Air Mauritius et Lux* Resorts

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Concours photos Le palmarès de notre 1er concours photos

Tandis qu’elle redevenait dans un froissement de tissus la femme notaire… « Vos rencontres stylées en voyage »… l’élégance, le chic, l’insolite…un premier thème de concours photos inspiré par l’ADN profond de Travel Style & Life et lancé sur sa version digitale, son site web www. travelstyle.fr. Un premier défi plutôt difficile que vous avez été 232 (soyons précis) à relever en partageant vos rencontres aux quatre coins de la planète.

A

près un Prix du Public enflammé et très engagé sur notre page Facebook, avec près de 5 000 votants et la belle victoire de Bouthayna Jridi qui reçoit un chèque cadeau de 1 000 € chez notre partenaire Christofle, il nous revenait la délicate mission d’attribuer le Prix du Jury, un séjour pour deux à l’Île Maurice, offert par la compagnie aérienne Air Mauritius et les hôtels LUX*. Autant le dire, un choix de photo n’est pas objectif, il touche à l’affect, à l’imaginaire, à l’émotion… le choix des 10 ne peut pas faire totalement l’unanimité, chacun essayant de placer ses coups de cœur, et il ne fera sûrement pas la vôtre mais notre trio de tête a évoqué à chacun de nous l’esprit de Travel Style & Life…verdict !

léopard lové dans le fauteuil en cuir. Je lui ai demandé si ma présence l’incommodait alors qu’elle revêtait le Hijab en vue d’effectuer la prière de la fin de l’aprèsmidi, mais elle semblait plutôt s’en amuser. La prise de vue a été réalisée quelques minutes après, tandis qu’elle redevenait, dans un froissement de tissus, la femme notaire.»

I LE JURY Composé des co-éditeurs de Travel Style & Life, Didier Bahers et Dominique Bouchet, de Dominique Milherou, fondateur de l’Agence Petit Carnet, photographe et webmaster de www.travelstyle.fr, et de Patrice Fleurent, journaliste-voyageur et associé de Travel Style & Life.

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4ème place JEAN-MICHEL DORNE / Spectateurs dans la rue USA /New-York « Il s’agit d’un groupe de noirs de Harlem et de leur pasteur qui chantaient du gospel dans la rue. J’ai le souvenir de personnes très courtoises et distinguées, qui prenaient beaucoup de plaisir à se produire en public, celui-ci constitué de passants était attentif et respectueux. la photo a été prise lorsque les chanteurs se reposaient quelques minutes avant de reprendre leur spectacle. »

2ème place CANDICE KURTZ / la vendedora de gritos (la vendeuse de cris) BOLIVIE / la paz « J’ai pris cette photo dans un bus en plein centre-ville de la paz, en Bolivie. alors que je quittais une ville voisine ou je vivais, «el alto» pour aller au centre de la paz, j’ai croisé dans le bus cette artiste de rue qui cherchait un endroit pour jouer son spectacle «la vendedora de Gritos»…

5ème place LEILA GHANDI / Spectateurs dans la rue MAROC /Salé « Je me promène dans la périphérie de Salé, au Maroc, dans un quartier dit défavorisé. au détour d’une des ruelles, je rencontre cet enfant, lumineux. Il aura jonglé plus d’une heure sous mes yeux émerveillés. Il était fier de pouvoir m’offrir ce spectacle. Un joli moment de partage ».

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3ème place MARION LEGRAS / Défilé improvisé

6ème place BERTRAND DEVIMEUX / Dans le lagon de Jambiani

CUBA / cienfuegos « Un bout de moquette sur le trottoir suffit. Trois superbes cubaines défilent et se relaient pour présenter la collection de la petite boutique dans laquelle elles changent de tenues à chaque fois. les habitants sont au spectacle, et moi aussi ! »

ZANZIBAR /Ile d’Unguja « Mon parapluie rouge me suit partout dans le monde. Il protège parfois de la pluie, parfois du soleil. Il provoque des rencontres. Je le fait passer de mains de mains. cette image est tirée d’une série que je réalise actuellement à propos d’un parapluie rouge que je promène dans le monde et que je fais passer de mains en mains (actuellement déjà 16 pays) » >> Retrouvez prochainement sur notre site Internet une partie du très beau reportage « The red Umbrella » dont est extraite cette photo.

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Le palmarès de notre 1er concours photos

7ème place ILYAS ESSADEK / Reflet d’état d’âme

9ème place BORISB / À la recherche du temps passé

CHINE /entre Guilin & Xi’an « ce jeune garçon m’a frappé de par sa tristesse mais le plus troublant reste certainement son reflet qui pleure sur la fenêtre du train »

FRANCE /lorient « Une vielle dame se prépare avant le défilé de la grande parade des bagad du Festival interceltiques et réajuste ses bas, telle la madeleine de proust qui lui rappelle sa jeunesse ».

8ème place CYRIL NAMIECH / Bouddha prend la pose THAILANDE /amphawa « au petit jour, sur le canal, Bouddha, assis dans sa barque étroite, pagaie en mains, un dragon tatoué sur l’avant-bras, s’est avancé vers moi. Venait-il m’apporter des œufs en chocolat, du nougat, des bonbons ? ce n’était pourtant pas jour de pâques. Sans même le vouloir, Bouddha a pris la pose. alors, je l’ai mitraillé... un mitraillage d’amour. Un jour, à mon tour, je deviendrai Bouddha. Je pagaierai à travers les jours, un dragon tatoué sur l’avant-bras. et, sans même le vouloir, je prendrai la pose. »

Vous pourrez retrouver prochainement sur notre site Internet dans notre rubrique Portfolio, une quarantaine de photos que nous avons également appréciées et dont certaines méritaient également de figurer dans ce top 10… Rendez-vous prochainement pour un nouveau concours photo et une toute nouvelle destination lointaine. www.travelstyle.fr

10ème place LIONEL TAIEB / Rencontre à l’affiche INDE /New Delhi «la rencontre, en voyage, c’est d’abord un détail qui attire l’oeil. J’ai spontanément été ébloui par le regard aguicheur de cette affiche «bollywoodienne», puis par l’éclat des couleurs de l’étal de fruit. ensuite, je l’ai vu lui, commerçant modeste, aux vêtements fades, dans la routine d’une ouverture matinale.. contraste saisissant entre l’Inde du labeur et l’Inde des couleurs, l’Inde de l’effort et l’Inde du confort, l’Inde des corvées et l’Inde des excès. en un déclic, je capte cette autre facette de la rencontre : le choc de deux univers.» TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Chronique

Scènes de voyages

L’art (délicat) du sur-classement Par : Patrick Lopez Journaliste, ancien Directeur de la rédaction du Quotidien du tourisme.

Depuis que le transport aérien est devenu un mode de transport de masse, avec une forte tendance à la « low-costisation » (épouvantable barbarisme), les compagnies n’ont eu de cesse de densifier les cabines au fur et à mesure que le prix des billets des classes éco diminuait… A savoir, ajouter des rangées de sièges, ce qui laisse fort peu de place à tout voyageur de plus d’un mètre cinquante normalement constitué. Le « pitch » comme on dit dans le jargon professionnel (la distance entre deux sièges) s’est réduit comme peau de chagrin. Si l’inconfort est supportable sur un Paris-Nice, il devient une torture sur des vols qui dépassent les 6 heures… Même les issues de secours, gage de jambes tendues, sont devenues une denrée rare car les compagnies, dans un souci louable de rentabilité, vendent ces sièges à un tarif supérieur. Dans ces conditions, obtenir un sur-classement relève de l’exploit ou, le plus souvent, du hasard. Pour assurer un remplissage maximum des avions, les transporteurs usent et abusent parfois du surbooking, pariant sur la statistique et espérant que quelques passagers ne se présentent pas à l’embarquement… Seulement, cela ne marche pas à tous les coups. Un vol archibondé ouvre donc des perspectives. Encore faut-il savoir choisir le bon moment ! Ainsi, le passager, muni de préférence d’une carte de fidélité et d’une bonne dose de culot, peut-il tenter sa chance auprès de l’hôtesse à l’enregistrement… Si la dame ne le foudroie pas immédiatement du regard, il garde ses chances. Evidemment, le mieux est d’être copain avec le chef d’escale ou de voyager avec la directrice commerciale de la compagnie. Dans tous les cas, la concurrence est rude. C’est fou le nombre de passagers qui ont des astuces pour prétendre à être « upgradés », comme on dit en bon franglais. Il arrive que la théorie des dominos s’applique par enchantement… Surclassé en « business », on vous appelle en « first ». Un autre monde ! Mais soyons réalistes : dans leur quête bien peu de voyageurs atteignent le Graal…

Plus de reportages, plus d’infos sur… travelstyle.fr

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Carnet de voyage

Édition de luxe

Une collection de Travel Books Louis Vuitton Déjà éditeur d’une très chic collection de guides urbains, le malletier de luxe Louis Vuitton lance une nouvelle collection de carnets de voyages, apportant une touche luxe à un genre que Travel Style & Life promeut, défend et publie depuis son premier numéro. Les quatres premiers auteurs sont évidemment des valeurs sûres de l’illustration. Ce qui n’enlève rien à leurs talents !

compte-rendu on ne peut plus stylé et raffiné, le carnet de voyage a et aura sa place dans chaque livraison de TS&l.

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Texte : Dominique Bouchet

L’

ambition de Louis Vuitton avec cette nouvelle collection de Travel Books confiés à des artistes de renom tel le peintre congolais Cheri Samba ou l’illustrateur mondain et fashion Jean-Philippe Delhomme, mais aussi à des talents plus juvéniles comme la Japonaise Natsko Seki et le Newyorkais Daniel Ashram qui est aussi sculpteur, est en fait de faire une sorte de mixte entre le carnet de voyage et le livre d’art. D’ailleurs, pour chaque titre, un tirage de tête de cinquante exemplaires numérotés et signés par l’artiste est disponible dans une sélection de boutiques Louis Vuitton. Et certaines des œuvres originales créées dans ces voyages sont acquises par le malletier et rejoignent son fonds d’œuvres d’artistes contemporains. Les artistes choisis sont envoyés dans des lieux qui leurs sont peu familiers. C’est l’étonnement, la surprise, le face à face avec la page blanche vierge de tout repère qui est recherché. Après ces quatre premiers titres disponibles en mai, d’autres suivront chaque année. Venise en manga par le Japonais Jiro Taniguchi est prévu. Et le Vietnam par l’Italien Lorenzo Mattotti. TIS&L 158

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01 > L’île de Pâques, par l’artiste newyorkais Daniel Arsham. 02 > Illustratrice et réalisatrice de films animés, la jeune Japonaise Natso Seki vit à Londres. 03 > Jean-Philippe Delhomme , chroniqueur mondain et fashion, a donné beaucoup de dessins à la presse genre « Vogue ». Il est aussi romancier. 04 > Chéri Samba est un peintre congolais à l’origine peintre d’enseignes publicitaires pour gagner sa vie. Exposé depuis à la fondation Cartier et au musée Guggenheim.

Bruno Pilorget

Il est le premier carnettiste dont nous avons présenté le travail dans notre numéro 1, il y a quasiment un an. Il vient d’illustrer une jolie histoire pour enfants, « Au pays des vents si chauds », écrite par Séverine Vidal. Des nomades des airs à bord de leurs Géantes à la recherche d’un Ailleurs… leur pays ayant été recouvert par la mer. C’est paru aux éditions L’Elan vert. 32 pages. 13 €.


> Eastern island - Daniel Arsham

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Carnets de voyage

> New York, Central Park - Jean-Philippe Delhomme

> Shop in hells kitchens - Jean-Philippe Delhomme

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> Londres, Regents canal - Natsko Seki

> Paris, Pont des Arts - Cheri Samba

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Port folio

MALI ET NIGER

Michel Renaudeau

Un œil sur l’Afrique Michel Renaudeau a parcouru l’Afrique pendant vingt ans appareils photos en main. Si d’autres régions du monde marquent ses souvenirs, ses rencontres avec les Dogons du Mali et les nomades Bororo au Niger restent parmi les plus extraordinaires.

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Texte : Patrice Fleurent

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Photo : Michel Renaudeau

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vec leurs étonnantes architectures en banco et aux toits pointus, accrochées aux falaises et au plateau de Bandiagara, les villages des Dogons offrent la vision d’un monde hors du temps ». Pour Michel Renaudeau, rien d’aussi fascinant que ce vaste territoire du Mali, refuge naturel depuis le XVe siècle des Dogon, qui ont pu à l’abri des envahisseurs, préserver leur culture et leurs traditions des siècles durant. « Aujourd’hui encore, les Dogons sont fidèles à leur passé. Les fêtes auxquelles j’ai assisté en témoignent. Tout comme la place tenue par les chasseurs guérisseurs dont j’ai visité l’une de leurs curieuses maisons creusée dans la falaise même ». En poussant du coté d’In Gall au Niger, à la fin de l’hivernage, où se retrouvent nomades Touareg et Bororo, Michel Renaudeau a pu saisir d’autres scènes étonnantes : les fêtes de la séduction où les jeunes hommes se font les plus beaux possible pour trouver une fiançée. Ils se maquillent, se parent de leurs plus riches atours et dansent. Les idylles qui se nouent durent un temps plus ou moins long. Un moyen pour les Bororo de pallier l’isolement de leur vie de nomades et d’assurer leur descendance. TIS&L

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Les Dogons reste pour moi l’un des peuples les plus fascinants parmi tous ceux que j’ai rencontrés en Afrique.

01 > Michel Renaudeau. 02 > Village Dogon accroché à la falaise. 03 > Fête dans un village Dogon.

Photothèque

On peut consulter les photos de Michel Renaudeau, par ailleurs auteurs de plusieurs ouvrages sur l’Afrique, sur son site www.michelrenaudeau.fr

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Photo : Michel Renaudeau

Jeune nomade Bororo maquillé à l’occasiondes fêtes de « la séduction ». TRAVEL STYLE & Life Hiver 2013/2014

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Marchand Dogon en chemin vers le village

Photo : Michel Renaudeau

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Photo : Michel Renaudeau

Pour la plupart car

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art carrés et à la toiture pointue, les greniers se dressent accolés aux maisons



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Photo : Michel Renaudeau

Maison de chasseurs gu

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urs guérisseurs creusée dans la falaise avec ses amulettes à l’entrée

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Tour d’horizon sélectif des voyages, croisières et séjours proposés par les voyagistes et les tour operators.

News des T.O.

Déserts Transhumances dans l’Atlas marocain Déserts, le T.O. spécialisé dans la découverte des déserts du

monde a mis deux belles transhumances marocaines dans son programme. L’une avec une famille nomade berbère Aït Atta, son bétail et ses chameaux de bat, au départ de Dadès et l’autre du Sagho des plaines du sud aux hauteurs verdoyantes du Haut Atlas. Transhumance Dadés à L’Atlas 12 jours, 1680 € Transhumance du Sagho à L’Atlas 22 jours, 2650 €.

www.deserts.fr

Hoogui Travel Designer 1001 nuits boréales en Europe du Nord Une aventure magique. Les aurores boréales sont certainement le plus surprenant spectacle que puisse nous offrir la nature. Quel voyageur n’a jamais rêvé de voir danser ces halos brumeux de lumière verte dans la nuit polaire ? Hoogui Travel Designer vous propose de partir à la découverte de ce phénomène naturel sensationnel, à l’origine des plus belles légendes des pays nordiques. Islande, Norvège, Suède ou Finlande, vivez une vraie partie de cache-cache avec la nature lors d’une aventure d’exception cousue sur-mesure par ce voyagiste haut-de-gamme qui vous mènera vers les plus belles régions polaires. Un igloo design en verre pour contempler la nuit polaire, une escapade en mer

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pour observer les baleines, un safari en 4x4 ou avec un attelage de huskies à la poursuite des aurores boréales et des glaciers millénaires, une descente dans les grottes de lave des « Montagnes Bleues » islandaises, sans oublier la quiétude d’un spa polaire féérique, c’est là tout le luxe offert au voyageur par une nature authentique sauvage et abrupte. Découvrez également sur le site www.hoogui.com de nombreux voyages d’exception, des aventures insolites et des séjours haut-de-gamme personnalisés, des hôtels design atypiques et toutes les tendances d’escapades du moment imaginées par des artisans du voyage qui savent conjuguer aventure, confort et exception. 01 > Aurore boréale. 02 > Le village d’igloos en verre.

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Safaris à la carte En avion en Tanzanie… Parmi ses nouveautés de l’hiver à venir, Safaris à la carte propose propose un luxueux circuit avec liaisons d’un parc à l’autre en avion de 10 places pour observer vu du ciels les paysages de Tanzanie et les migrations dans le Serengti. Hébergements raffinés en lodges comme l’Arusha Coffe Lodge situé dans une plantation de café ou en cabanes dans les arbres au Tarangire Tree Top… Forfait 10 jours/ 7 nuits au départ de Paris sur Ethiopian Airlines : Prix par personne, base double et formule tout compris : à partir de 5 790 €TTC Ce prix comprend : le vol Paris/ Arusha AR avec Ethiopian

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Un autre regard sur…

La République Dominicaine L’élégance caraïbe La nature sauvage et protégée Des Boutiques-Hôtels et des Ecolodges chics et raffinés

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Secrets de week-ends Echappée-Expo pour l’événement Klimt à Vienne

Street Identitée Le style de la rue à San Francisco : fashion, art, food, car

Visa pour… L’Australie Hamilton Island, magnifique et dangereuse. Baignade obligatoire en combi fluo.

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Sons du monde

Proposition de Guillaume Fedou

Des sons du monde recueillis par un collectif de musiciens qui les restituent en de très évocatrices pièces sonores.

El modi optatur apel et pel earchil ipsum remPublis ina virips, alibus, que nihil vivid ca vo, cricepere clus, que alabit.

Autres « glücklich » tracks,

Glücklich Trip Voyager en musique c’est parfois voyager dans le temps. Jusqu’en 1999 ça vous dit ? Je suis dans un état passablement délabré après un voyage de 16 heures qui m’a conduit de Paris jusqu’ici, au sud de l’archipel des Maldives, et seule cette compilation (quel mot atroce) du label Compost intitulée Glücklich IV pourra me tirer d’affaire. Je la passe dans ma suite qui donne sur l’Océan Indien en système 5.1 et redécouvre ce joyau de bossa brésilienne jouée par des orchestres souvent électroniques de jazz allemand composés de musiciens japonais 172

dans la veine de Gluck ou même français. De la musique-monde, quoi, tout l’inverse de la world music. Le son envahit l’atmosphère et j’ai une sorte d’extase intérieure sur Heaven de Wei Chi car 1/ je suis au paradis et 2/ j’adore les chansons qui s’appellent « Heaven » depuis Eraserhead de David Lynch et la reprise de Pixies. In Heaven, everything is fine … On déteste le paradis évidemment surtout quand il est surtaxé mais voilà, ce jazz complexe et sans frontières, toujours ambitieux et jamais lounge, ne se vautrant jamais dans le décoratif, toujours à l’avant-garde, a quelque chose de revigorant.

Même le Triptico de Gotan project passe comme une lettre à la poste. On avait le droit d’être heureux à l’époque. Et de ne penser à rien qu’au plaisir d’après. Glücklich qui veut dire chanceux et heureux en même temps a continué sa route, I, II, III, IV et V, mais simplement l’époque n’accepte plus cet hédonisme contemporain. Elle préfère les bassesses fédératrices que l’on ne nommera pas.

1 > Lucky star/Superfunk Oui je sais ce morceau n’est pas très heureux mais comment passer à côté ? 2>I

should be so lucky/Kylie Minogue

Les années 80 dans toute leur splendeur et leur arrogance. 3 > Ma ligne de chance/Anna Karina Sous les pins, une robe rouge, et une fille avec « une toute petite ligne de chance ». 4 > La

chance aux chansons/ Charles Trénet

En cas de mal du pays particulièrement prolongé. 5 > Contort yourself /James Chance Un classique Lower East Side late 70’s parce que vous avez une sacrée veine !

LIEN http://www.compost-rec.com/category/ catalogue/compilations/gluecklich/

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Chronique

Nouvelles tendances

Merci DSK Par : Laurent Serfaty

Rédacteur en chef du site www.easyvoyage.com

L’affaire DSK, celle du Sofitel – je laisse les autres à la justice et aux bonnes mœurs françaises – aura eu des conséquences multiples et inattendues. De la présidence du FMI et de la conduite des affaires financières mondiales à un déchainement médiatique sans précédent en passant par une élection présidentielle révolutionnée, les quelques minutes que Nafissatou Diallo et l’ex-champion de la Gauche ont passé ensemble ont chamboulé la planète, durablement. A commencer par les règles de sécurisation du personnel et des clients au sein même des hôtels new yorkais. Les Américains ayant toujours une légère tendance à l’exagération, on assiste aujourd’hui à un ballet de mesures navigant joyeusement entre le bon sens et le burlesque. Les procédures de sécurité pour le personnel d’étage ont été radicalement renforcées : plus question de se présenter seule pour faire le ménage, les femmes de chambre seront désormais deux à jouer les fées du logis pour chaque habitation. Elles seront dorénavant équipées d’un «panic button», en français un biper, qu’elles pourront actionner à tout moment pour requérir les gros bras du service de sécurité en cas de pépin.

Augmentations de salaires et équipement d’un «Panic Button» pour les femmes de chambres à New York Beaucoup plus fort : le syndicat hôtelier New York Hotel and Motel Trades Council, qui représente 85 % de la profession, celui-là même qui avait fait manifester ses adhérentes à la sortie de DSK et d’Anne Sinclair du tribunal du Bronx, a obtenu une augmentation de salaire de 29% ! Pour les 30 000 femmes de chambre que compte la Grosse pomme. Merci qui ? Beaucoup plus délicat : devant la tolérance de certains établissements vis-à-vis de jeunes femmes venus pratiquer le plus vieux métier du monde, les personnels de sécurité des hôtels de New York ont dû suivre des stages singuliers : comment reconnaître une escort girl ou comment refuser l’entrée à une jeune femme seule au bar ? Les concierges ont également été avertis de ne pas aider les clients à trouver des partenaires consentantes... La marge est fine et faire la différence entre une jeune femme lambda qui rentre seule dans un bar et une escort girl qui en fait de même va nécessiter des qualités médiumniques et un flair d’épagneul. On s’attend déjà à voir fleurir un parterre de procès en diffamation, du pain béni pour les avocats locaux qui n’en demandaient pas tant... Merci qui ?

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De la Nature et des Hommes

LE CHAMPAGNE

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www.imprimerie-de-la-passerelle.fr L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

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Moteur

Le Fiat 500 L Trekking

Gros capital de sympathie pour la bonne bouille «tous chemins» de cette 500.

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La déclinaison baroudeuse d’un mythe Injustement surnommée «pot de yaourt» par les Français dans les années 50, la Fiat 500 s’éloigne chaque jour un peu plus de cette appellation non méritée. Avec son modèle 500 L trekking, Fiat propose une baroudeuse plutôt masculine, au look sympa et aux finitions soignées, qui vient ajouter un côté aventurier à la gamme Texte : France Ortelli Photos :DR

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ans les années 1960, la 500 mythique de nos aîeuls était la voiture la plus vendue en Italie. En septembre 2007, Fiat a relancé le filon et commercialise un modèle revisité. Plus spacieuse, plus moderne, la nouvelle 500 a très vite séduit le marché français. Quelques listes d’attente et ruptures de stocks plus tard, elle représente aujourd’hui 60% des ventes de Fiat en France. La nostalgie semble être une manne intarissable pour Fiat, qui a décidé de multiplier les déclinaisons. Sont alors apparues sur le marché la 500 L, (une version berline de la 500) et la 500 L Lounge, sa version haut de gamme. Avec cette nouvelle 500L Trekking, on ne parle même plus de citadine mais de mini monospace. Sous le capot de cette 500L Trekking, peu de nouveauté par rapport à la 500L classique. 176

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On notera quand même un nouveau dispositif : le radar anti collusion. Capable de repérer un obstacle (un passant ou une voiture dans la queue du péage), il s’active lorsque le véhicule roule à moins de 30 km/h. Il bloque alors la voiture qui s’arrête net avant l’obstacle. Pratique pour ceux qui ont l’habitude de rouler tout en envoyant des sms. Plus large que son homonyme 500L (+1,6 cm) plus longue aussi (+ 12 cm) et même plus haute (+1,3 cm) la Trekking confère une impression de stabilité et d’aplomb à quiconque la chevauche. Quatre motorisations disponibles, deux en diesel et deux en essence et comme toujours chez Fiat des prix performants : à partir de 18 950 €. Du point de vue esthétique, les Italiens savent aussi toujours y faire. Les selleries bi-colores sont chic, les détails soignés. On aime moins les bandes noires sur les portières. Côté couleurs, la 500L trekking se décline en 17 combinaisons différentes dont un nouveau jaune soleil, plutôt sympa. On a vraiment apprécié la taille du volant et la sensation de stabilité, de sécurité sur les routes. La voiture,

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surélevée, apporte la sensation de dominer la route avec la souplesse d’une berline. Au début, on peut être un peu surpris par le vitrage en continu, mais on s’habitue vite. Le levier de vitesse est un peu trop large pour des petites mains. Il a été agrandi par soucis d’esthétique pour ne pas paraître proportionnellement trop petit par rapport à la taille de l’habitacle. TIS&L sont proposées.

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Notre avis

La 500L trekking est peut-être plus masculine que ses prédécesseurs, mais très agréable à conduire, son look soigné rétro revisité haut de gamme apporte un vrai plus par rapport aux berlines de sa catégorie. Pour les garçons manqués ? Allez, il reste plus qu’à appuyer sur radio Nostalgie. www.fiat.fr 01 > 17 combinaison de couleurs sont proposées. 02 > Planche cossue et imposant levier de vitesse. 03 > Grande luminosité intérieur avec le toit en verre.

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Ile Maurice

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No Style

La chronique du mauvais goût

La chronique des comportements discutables – 3 Par : Eric Delvaux

Attention disait Desproges ; « il n’y a pas que les nouveaux pauvres, il y a surtout les nouveaux riches ! ». Heureusement qu’il reste l’humour pour moquer ce qui relève du bon ou du mauvais goût. Qui décide de ce qui est « noble » ou « méprisable », « in » ou « out ». Et comment définir ce mauvais goût qualifié selon les époques de « gothique », « baroque » ou « Kitsch ». Travel Style&Life a choisi d’assumer sa subjectivité en listant dans chaque numéro quelques comportements révélateurs d’un mauvais goût toujours discutable.

L’air de la Calomnie En politique ces dernières semaines, la palme du mauvais goût revient sans conteste à l’UMP et son psychodrame dont nous ne connaissons pas l’épilogue à l’heure où nous imprimons cette chronique. Bien sûr chaque parti a connu ses querelles d’ambitieux. Au PS comme au FN. Les protagonistes livrent en pâture des propos peu amènes qu’ils sont incapables d’assumer sitôt prononcés. Il en va ainsi du tweet de Nadine Morano. L’ancienne « voie de son maître » de Nicolas Sarkozy s’est muée en « porteflingue » au service de Jean-Francois Copé. « Fillon » avait-elle écrit, « Fillon est en train de faire le jeu du FN ! ». Réalisant trop tard la brutalité ou peut-être l’ineptie de son propos, l’ancienne ministre de Francois Fillon a immédiatement effacé son tweet. Peine perdue. Le malheur avec les réseaux sociaux, c’est qu’il reste toujours une trace. « Calomniez calomniez, il en restera toujours quelque chose ».

« Chaud B usiness » Mais qu’arrive-t-il à Arnaud Lagardère ? Depuis qu’il est amoureux, l’industriel est passé des pages « papiers glacées » du Figaro Magazine à celles moins reluisantes de la presse people. Depuis que la RTBF a diffusé deux reportages sur leur vie privée, le patron et sa muse sont devenus la risée du microcosme parisien. Il faut dire que le couple n’a pas ménagé ses efforts pour apparaitre sensuel et mielleux jusqu’au ridicule devant les caméras belges qui n’attendaient que ça. Un mauvais goût qui confine au « mauvais genre » dit-on dans le XVIème arrondissement de Paris. Jusqu’à inquiéter les actionnaires du groupe qui ont de plus en de plus de mal à cerner la personnalité et la stratégie du patron. Peu rassurant Arnaud Lagardère a depuis confirmé la sortie de son groupe de Canal+ et d’EADS. L’amour a ses raisons que la raison ignore.

Nicolas Bedos va-t il trop loin ? L’an dernier la direction de France Télévisions avait dû se fendre d’un communiqué en guise d’excuses après la saillie de son chroniqueur qui venait de traiter Nicolas Sarkozy de « VRP cocaïné qui s’est payé la France à coup de Pub pour en mettre plein la vue à une chanteuse de variété ». Au final « pas de quoi fouetter un chat » reconnaissait la chaine du service public. Mais depuis, l’impertinent ne peut plus se passer de ses habits de mauvais garçon qui ravit les belles-mères. Avec cette mauvaise foi qui le caracterise, Nicolas Bedos remplit les pages des magazines et le vide des émissions de télé en même temps que son compte en banque. Le mauvais goût passe toujours mieux quand il est mis sur le compte de l’humour. Nauséabond quand il est servi à la sauce politique. Sur ce terrain, le même Bedos a provoqué un de ses confrères chroniqueurs en affirmant: « Quand je dis « sale arabe », je suis moins raciste que Zemmour quand il dit bonjour ! ».

Le goût du sport ? Sans revenir sur le cas de certains handballeurs de Montpellier, voici un exemples de mauvais goût dans le sport. Il concerne l’équipe de France juniors de Judo. En stage de perfectionnement au Japon, 13 jeunes judokas francais ont été arrétés pour « vol » dans un magasin de Tokyo. Ils ont été immédiatement renvoyés en France dans l’attente de sanctions disciplinaires. Il faut bien que jeunesse se passe. TIS&L 178

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2013/2014 - Hiver N° 03 Trimestriel TS&L est en vente dans les principaux points de presse. Site Web : www.travelstyle.fr

La Compagnie Editoriale ÉDITEURS Didier Bahers et Dominique Bouchet didier-bahers@travelstyle.fr dominique-bouchet@travelstyle.fr REDACTION Rédacteur en chef Dominique Bouchet dominique-bouchet@travelstyle.fr Journalistes reporters Patrice Fleurent patrice-fleurent@travelstyle.fr Guillaume Fedou guillaume-fedou@travelstyle.fr Nicole Cornuz-Langlois nicole-cornuz-langlois@travelstyle.fr Journaliste web Dominique Milherou dominique@petit-carnet.com Chroniqueurs Eric Delvaux, Patrick Lopez, Laurent Serfati. Rédaction graphique Massimo Gerevini massimo@travelstyle.fr Ont collaboré à ce numéro : Jean-Luc Guérin, Bernard Poulet, France Ortelli, Aurore Lucas, Maud Charton, Alexia Deluime Zuili. PUBLICITÉ JG Media - Jack Guédé jack.guede@jgmedia.fr 01 47 14 14 66 - 06 16 56 64 10 IMPRESSION IPS Pacy-sur-Eure Route de Paris 27120 Pacy-sur-Eure Numéro de commission paritaire en cours. Dépôt légal : Octobre 2013 Date de création : mai 2012 Distribution : MLP N°ISSN en cours Edité par La Compagnie Editoriale. 3 rue Francisque Sarcey, 75116, Paris. RCS Paris 790 861 645 Directeur de la publication : Dominique Bouchet © La compagnie Editoriale 2013

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Gagnez un voyage pour deux personnes en République Dominicaine Pour y participer, retrouvez-nous sur le site www.travelstyle.fr Début du concours : décembre 2013

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Les résulta concours phs du oto de notre www.travels site tyle.fr

Un autre regard sur…

Les Seychelles

Azzaro et vous : 01 55 62 24 99

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N° 03 - Hiver 2013/2014

Si belles, Si «nature», Si chics

N°3 Hiver 2013/2014 Secrets de week-ends Echappée en Balagne Regard étonné sur Doha La Signoria, grande maison dans la tradition corse

Visas pour… Moments d’exception en Tunisie Au «vert» au Costa Rica

6€ a z z a r o p a r i s . c o m

Retour en Birmanie

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TravelStyle & Life N°3  

Le magazine qui explore le monde avec ces lunettes ‘ stylées’ , qui anticipe et suscite des envies de voyages pour ses lecteurs. Des voyages...

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