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Christie's Printemps 2026

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L’ÉDITORIAL DE CÉCILE VERDIER

Présidente de Christie’s France

CHRISTIE’S, PASSEUR D’HISTOIRE

Christie’s a deux cent soixante ans ! Un anniver saire invite à regarder le chemin parcouru, mais surtout à mesurer la vitalité d’une vocation qui n’a jamais cessé d’animer notre maison. Depuis 1766, les œuvres circulent, passent de mains en lieux, de regards en récits. À travers ces mouvements, elles prolongent une histoire commune. Les accompagner dans ce passage, préserver leur mémoire et ouvrir de nouveaux dialogues demeure le cœur de notre engagement de pas seurs d’histoire, attachés à la transmission.

Ce numéro en porte l’esprit. Il revient sur les origines de Christie’s et l’inscrit dans la continuité des sensibilités qui façonnent aujourd’hui la scène française. À Paris comme en Europe, les projets que nous portons témoignent de la diver sité des collections que nous faisons rayonner, qu’il s’agisse du Fragonard issu de la collection Veil‑Picard, de l’élégance Art déco révélée par la collection Doux ou du raffinement du Château de Tournay. Les œuvres, de Matisse à Klee et aux Bonnard de la collection Claude Terrasse, dialoguent ici avec des voix contemporaines, de Riopelle aux artistes d’au jourd’hui, dont les créations se déploient dans ces pages. Cette diversité reflète la force d’un territoire artistique vivant, auquel Christie’s s’attache. Nous croyons que la circulation des œuvres crée des liens durables et éclaire notre rapport au temps et à la beauté. Le parcours récent du Zao Wou Ki ci contre, découvert dans le Sud Est avant de rejoindre Hong Kong, en offre une illustration et rappelle combien la France demeure un vivier d’œuvres que nous ouvrons à de nouveaux horizons. Cette conviction anime notre travail et inspire les projets que nous construisons, notamment en Moyen Orient, où nos équipes poursuivent un dialogue fécond avec des scènes en plein essor, fidèles à notre volonté d’en soutenir les transformations.

Je vous souhaite une belle lecture et j’espère que ces récits et ces découvertes vous inspireront tout autant qu’ils nous guident.

ZAO WOU-KI (ZHAO WUJI, 1920-2013) 01. 07. 75, 1975

Huile sur toile, 92 x 73 cm.

Estimation : 3 600 000 – 5 500 000 HKD 20th Century – Day Sale

Hong Kong • 28 mars 2026

En collaboration avec Pichon & Noudel-Deniau, commissaires-priseurs à Cannes.

« Ce numéro revient sur les origines de Christie’s et l’inscrit dans la continuité des sensibilités qui façonnent aujourd’hui la scène française. »

Cécile Verdier

EN COUVERTURE

PAUL KLEE (1879-1940)

Nördlich-Winterlich, 1923

Aquarelle sur papier contrecollé sur carton, 36,2 x 34 cm.

Estimation : 400 000 € - 600 000 €

Collection Radical Genius

Paris • 15 avril 2026

PAGE DE GAUCHE

BERTHE MORISOT (1841-1895)

Jeune fille cueillant des oranges, 1893 (détail)

Huile sur toile, 46 x 38 cm.

Estimation : 600 000 € - 800 000 €

20th/21st Century Art Evening Sale

Paris • 15 avril 2026

SOMMAIRE

L’ACTUALITÉ DE CHRISTIE’S

6 Événement

1766 - 2026

Christie’s célèbre ses 260 ans

10 Les 25 ans de la galerie kreo

Un design exigeant

12 Vente

Le Paris de Mathilde Favier

LES TEMPS FORTS DU PRINTEMPS

16 La collection Veil-Picard

Restée secrète pendant 80 ans

20 La collection Barbier-Mueller

La bibliophilie, l’autre passion

21 La collection Nies

La face cachée de Marcel Nies

22 La collection Doux

Un panthéon intime de l’Art déco

24 La collection du château de Tournay

Le goût d’un amateur érudit

28 Nos ventes Luxe

30 Portfolio

Nos ventes d’art moderne et contemporain

CHRISTIE’S DANS LE MONDE

40 Louvre Abu Dhabi

Un musée universel

42 Développement

Christie’s regarde vers le Moyen Orient

44 Entretien avec Sultan Sooud Al Qassemi

CARNET CULTUREL

48 Expositions à Paris

Nos coups de cœur

50 Anniversaire

La galerie Larock Granoff a 100 ans !

52 Promenade avec…

Le Paris d’Alexis Maggiar

54 Expositions dans toute la France

Nos coups de cœur

56 Événement

Coup de projecteur sur la 61e biennale de Venise

ADJUGÉ !

58 À Paris

60 Dans le monde

CONTACTS

62 Paris

63 Régions & Europe

CALENDRIER

64 Nos ventes du printemps

260ANS CÉLÈBRE SES

Le nom de Christie’s est associé, depuis 1766, à l’excellence, aux records mondiaux, aux grands noms de l’histoire de l’art et aux grandes collections d’amateurs au goût exigeant. Une histoire toujours vivante grâce à trois piliers : expérience, expertise et confiance.

Deux cent soixante ans après sa pre mière vacation, la maison fondée par James Christie règne désormais sur un marché de l’art mondialisé.

De Londres à New York, de Hong Kong à Paris et Genève, Christie’s orchestre aujourd’hui des ventes dans plus de 80 domaines, des arts anciens aux NFT, avec 1 500 collaborateurs dont plus de 600 spécialistes. Ventes prestigieuses et records s’enchaînent. Les débuts étaient pourtant plus modestes…

L’aventure commence le 5 décembre 1766 à midi. James Christie (1730-1803), jeune commissaire‑ priseur de 36 ans, organise dans le quartier mondain de Pall Mall à Londres une vente de liquidation pour des biens ayant appartenu à un noble. Dans son pre mier catalogue figurent des bibelots, des bijoux, de la vaisselle, des armes à feu… mais aussi deux pots de chambre, une paire de draps et quatre fers à repasser. Très vite, ce « cabinet de curiosité commer cial » haut de gamme attire l’élite de son temps, de la vente des bijoux de la comtesse du Barry en 1795 à celle de la collection du duc de Buckingham en 1848, qui ne dura pas moins de 40 jours.

Dès lors, l’histoire de Christie’s sera jalonnée de vacations hors normes, qu’il s’agisse de battre le record absolu pour une œuvre d’art avec le Salvator Mundi de Léonard de Vinci (New York, 2017, 450 M$)

ou de disperser les collections privées les plus remar quables. Pour François Curiel, chairman Christie’s Europe & Moyen Orient, la longévité et le succès de la maison tiennent d’abord à trois mots clés : expé rience, expertise et confiance. « La grande évolution de la maison, qui était réputée pour le mobilier et les tableaux anciens, a été son ouverture aux arts des XXe et XXIe siècles grâce aux décisions avisées du mana gement et au recrutement des meilleurs experts dans ces nouveaux domaines », rappelle t il. L’inauguration d’une salle des ventes à New York en 1975, puis à Hong Kong en 1986, marque un tournant décisif dans l’internationalisation de la maison, qui sera renforcée en 2001 par son installation à Paris.

Cette stratégie d’expansion s’appuie sur un socle resté étonnamment stable : actionnariat patient, fidé lité des spécialistes, confiance des collectionneurs, capacité à épouser les mutations technologiques sans renier les rituels du marteau. Selon François Curiel, l’avenir passe par « une adaptation constante aux outils contemporains » et l’exploration de nouvelles places de marché comme aujourd’hui le Moyen Orient avec l’ouverture récente d’un bureau en Arabie saoudite. Pour lui, « l’essentiel est de continuer à être numéro un mondial grâce à l’excellente réputation de la maison, car à lui seul, le nom Christie’s est une forme de garantie, de sécurité et d’assurance. » Des valeurs intangibles, synonymes de réussite. l Carine Claude

THOMAS GAINSBOROUGH (1727-1788)

Portrait de James Christie (1730-1803) Commandé en 1778 par James Christie lui-même, et vendu aux enchères en 1927, ce portrait par Gainsborough saisit l’essence de celui qui reprit les rênes de l’entreprise familiale en 1803. Quelques années plus tard, il s’installe dans le prestigieux édifice de King Street en 1823, qui demeure aujourd’hui encore le siège historique de Christie’s, cœur londonien des grandes enchères.

1795 • Londres LES JOYAUX DE MADAME DU BARRY

La dispersion à Londres des bijoux de Madame du Barry marque la première vente de joaillerie chez Christie’s. À travers ces pierres chargées d’histoire, la Maison affirme déjà son rôle de passeur entre les cours européennes et les collectionneurs internationaux.

5 COLLECTIONS HISTORIQUES 4 LOTS MAJEURS

1990

VINCENT VAN GOGH

Portrait du Dr Gachet, 1890

82,5 millions de $

→ Record mondial à l’époque pour une œuvre impressionniste vendue aux enchères.

1882 • Londres LA VENTE HAMILTON PALACE

La remarquable collection de tableaux réunie par le 10e duc de Hamilton est dispersée au terme d’une vente qui s’étend sur 17 jours.

Onze œuvres sont acquises par la toute récente National Gallery de Londres.

2011 THE COLLECTION OF ELIZABETH TAYLOR

Collier La Peregrina

11,8 millions de $

→ Lot phare de la plus grande vente de bijoux jamais organisée par une maison de ventes.

1978 • Londres

THE PERSONAL COLLECTION OF COCO CHANEL

La vente de la garde-robe de Chanel transforme la salle des ventes en scène historique. 1 500 personnes s’y pressent ; parmi les enchérisseurs figure le Victoria and Albert Museum. La mode entre au musée et dans l’histoire des grandes ventes.

2009 •

Paris

COLLECTION YVES SAINT LAURENT & PIERRE BERGÉ

Quatre jours de ventes, une ferveur mondiale, et la plus importante collection jamais dispersée en Europe. Parmi les lots phares, le fauteuil Dragons d’Eileen Gray s’impose comme une icône du design du XXe siècle et un symbole de cette dispersion exceptionnelle.

2017 LÉONARD DE VINCI

Salvator Mundi, 1499-1510

450 millions de $

→ RECORD ABSOLU D’UNE ŒUVRE VENDUE AUX ENCHÈRES.

2022 • New York VISIONARY: THE PAUL G. ALLEN COLLECTION

1,62 milliard de dollars, le record absolu pour une collection privée vendue aux enchères. Présentée à New York, cette collection exceptionnelle couvrait plus de 500 ans d’histoire de l’art, et marque avec Les Poseuses un nouveau record pour Georges Seurat, illustré en arrière-plan.

2022 ANDY WARHOL

Shot Sage Blue Marilyn, 1964 (Fondation Thomas et Doris Ammann)

195 millions de $

→ Record à l’époque pour une œuvre du XXe siècle vendue aux enchères.

UN DESIGN EXIGEANT KREO

À l’occasion des 25 ans de la galerie kreo, Christie’s célébrait avec une exposition cette enseigne parisienne, véritable laboratoire du design. La galerie s’est imposée grâce à une nouvelle approche, entre expérimentations et éditions limitées.

Il y a eu Montmartre dans les années 1920, Saint-Germaindes-Prés dans les années 1960… et puis le 13e arrondissement dans les années 1990. On l’oublie déjà, tant le petit cercle de galeries contemporaines, nichées rue Louise-Weiss et rue Duchefdelaville, a depuis pris les devants de la scène nationale et internationale. « Perrotin, Almine Rech, Air de Paris… Ces galeries amies étaient en voisinage direct. Le quartier formait une sorte de Soho à Paris », raconte Clara Krzentowski. La fille de Clémence et Didier Krzentowski, qui ont fondé en 1999 la galerie kreo, a rejoint l’enseigne familiale, qui entre-temps, avait vite grandi. Forte de son succès, la galerie déménage en 2008 au 31, rue Dauphine dans le 6e arrondissement, avant d’inaugurer en 2014 une seconde galerie dans le quartier huppé de Mayfair à Londres. Quinze ans après son ouverture, la galerie est devenue une référence dans

le secteur design, auquel elle « a introduit le principe d’éditions limitées de sculptures et de pièces de mobilier. La pratique était déjà courante dans le monde de l’art, mais pas dans le design, où l’on produisait soit en masse, soit des pièces uniques », explique Clara Krzentowski. Suivant la recette gagnante de huit modèles numérotés et signés, en plus des deux épreuves d’artiste, la galerie soutient la production de centaines de séries de jeunes talents, aujourd’hui des pointures : Ronan et Erwan Bouroullec, Pierre Charpin, Konstantin Grcic, Hella Jongerius, Jasper Morrison, Marc Newson…

Plus qu’un simple espace commercial, la galerie kreo est désormais connue et reconnue comme un véritable laboratoire. Un lieu d’expérimentation pour les créateurs, qui peuvent y aborder le design comme une pratique à la fois industrielle et artistique. « La recherche tient une place importante pour nous.

« La recherche tient une place importante pour nous. On donne les clefs à nos artistes pour qu’ils s’aventurent dans de nouvelles couleurs, matériaux, formes… »

On donne les clefs à nos artistes pour qu’ils s’aventurent dans de nouvelles couleurs, matériaux, formes… », note Clara Krzentowski. L’exposition chez Christie’s s’en est fait l’écho. Les 80 pièces réunies proviennent à la fois des archives et de la collection personnelle de la galerie – dont certaines éditions sont aujourd’hui épuisées – et de créations plus récentes, dont des exemplaires sont toujours disponibles à la galerie. Elles retracent ainsi le fil de son histoire et de ses chapitres marquants. »

Des pièces iconiques

Parmi les pièces de collection figure le fauteuil Zénith (1998) de Marc Newson, qui avait travaillé avec un carrossier d’Aston Martin pour créer le fauteuil en métal à la fois lisse et courbe.

Autre témoignage du tout début d’une carrière, la Black Light Triple (2007) des frères Bouroullec, qui fait l’effet d’un bouquet

de fleurs lumineuses tombant du plafond, réinvente l’idée d’un luminaire en une suspension sculpturale. La Frog Table (2009) de Hella Jongerius, une table entièrement en bois sur laquelle une grenouille géante rampe, brouille les lignes entre l’art et le design ; ou encore l’impressionnant banc luminaire Georges de Guillaume Bardet.

De nombreuses pièces de l’exposition ont été en outre présentées ou acquises par des musées, prouvant la notoriété et le nez fin de la galerie kreo, qui compte parmi sa clientèle fidèle des personnalités comme François Pinault, Azzedine Alaïa et pendant longtemps Karl Lagerfeld, dont la collection personnelle réunit non moins de 250 pièces kreo. l Jordane de Faÿ

Galerie kreo

31, rue Dauphine • 75006 Paris • 01 53 10 23 00 • galeriekreo.com

De gauche à droite : Didier Krzentowski, Konstantin Grcic et Clémence Krzentowski.

LE PARIS DE MATHILDE FAVIER

Christie’s dévoilait dans une exposition et une vente en ligne (du 26 janvier au 4 février) l’univers intime de Mathilde Favier, une figure de la scène de la mode internationale qui incarne à la fois l’élégance et le chic parisien.

Mathilde Favier voue une passion à sa ville comme elle l’explique : « J’ai eu la chance de vivre à New York, en Suisse et à Londres, mais lorsque je revenais à Paris, je ne faisais pas assez attention à ma ville, j’allais vite. Dès lors que je suis reve nue m’y installer, je me suis émerveillée de sa beauté, de son énergie, de son architecture et de sa lumière. Paris est une dame très majestueuse et raffinée. »

À la tête des relations publiques d’une grande maison de haute couture, Mathilde Favier incarne elle même l’élégance et se fait l’ambassadrice du chic parisien. Rapi dement, lorsqu’on lui demande de décrire à quoi res semble son Paris, elle parle d’emblée de sa famille et de ses amis qu’elle a mis à l’honneur dans son livre, Mathilde à Paris (2024). « C’est un peu grâce à eux que Paris est mon Paris. » En tête vient sa mère Françoise, puis ses sœurs, Pauline – créatrice de Bloom Paris – et Victoire – directrice artistique dans la mode –, son oncle, Gilles Dufour, et de nombreux amis parmi lesquels le décora teur Jacques Grange et le fondateur de la galerie du Passage, Pierre Passebon.

Grâce à Christie’s, elle a tourné une page en se sépa rant d’œuvres qui illustrent son goût éclectique, avec des signatures comme Claude et François Xavier Lalanne, Louis Cane, Mario Buccellati, Alice Gavalet ou encore Jean Dunand, JAR ou Boucheron. La vente a totalisé 1 171 575 €, avec des belles surprises comme Le Concert d’oiseaux de l’école flamande du XVIIe siècle – dans l’entourage de Franz Snyders – qui a triplé son estimation basse (190 500 €) ou le miroir Julie Hamisky, Les flots (44 550 €), qui a décroché un record mondial pour l’artiste.

« J’ai été sous le charme de l’approche innovante de Violaine d’Astorg et de Cécile Verdier qui, par ailleurs, m’a rejointe sur des œuvres de charité qui me tenaient à cœur et que je soutiens, notamment à l’Opéra comique. »

L’autre versant du Paris de Mathilde Favier. l Stéphanie Pioda

1. Mathilde Favier et Beatrice Borromeo Casiraghi

2. Tatiana de Nicolay

3. Mathilde Favier et Pierre Sauvage

4. Dominique van den Bosch et Olivier Gabet

5. Isabelle d’Ornano

6. Mathilde Favier, Hubert Barrère et Christine d’Ornano

7. Farida Khelfa, Mathilde Favier, Violaine d’Astorg et Nicolas Altmayer

8. Elie Top et Alexia Niedzielski

9. Charlotte di Calypso et Margherita Ruffo di Calabria

10. Nicolas Chaudun et Bénédicte Bonnet Saint Georges

11. Laurent Claquin et Rebecca de Ravenel

12. Vanessa Seward

13. Cécile Verdier et Ève Cazzani

Estimation : 100 000 € - 150 000 €

Collection Radical Genius

Paris • 15 avril 2026

JOHN SINGER SARGENT (1856-1925)
Vue de Jérusalem, 1905 Aquarelle.

LES TEMPS FORTS DU PRINTEMPS

VEIL-PICARD

RESTÉE SECRÈTE PENDANT 80 ANS COLLECTION

La mythique collection Veil-Picard restée invisible depuis des décennies se dévoile chez Christie’s, révélant le goût raffiné et libertin du XVIIIe siècle français. Une merveille !

Directeurs de vente :

Pierre Étienne & Hélène Rihal

Il y a des œuvres que l’on cherche longtemps, que l’on désire même sans les avoir vues, dont on fantasme l’oubli et la disparition au point qu’elles en deviennent presque mythiques. Les œuvres de la collection Veil Picard sont de celles ci. Célébrées en leur temps lorsqu’elles ornaient le luxueux hôtel particulier d’Arthur Georges Veil Picard (1854-1944) – le « pre mier amateur de Paris » comme le surnommait le marchand de la Belle Époque René Gimpel –, sis au 63, rue de Courcelles. Elles étaient abondamment connues des historiens d’art grâce à la littérature des XIXe et XXe siècles, mais furent peu exposées depuis les années 1960, discrètement gardées dans la même famille depuis qu’Arthur Georges Veil Picard, entre 1900 et 1920, avait rassemblé ces trésors graphiques et peints du XVIIIe siècle, sans conseils ni avis exté rieurs. Un pur autodidacte, au goût infaillible. Il n’y a qu’à regarder ce délicieux Fragonard aux tons mor dorés, inspiré de la manière de Rembrandt, figurant une scène de famille, dite La Réconciliation, L’Heureuse famille ou Le Retour au logis (dont une étude préparatoire du visage de l’homme se trouve au musée André Malraux du Havre). On y admire la volupté de la composition qui se déploie dans une diagonale affectueuse non dénuée d’ambiguïté fri vole lorsqu’apparaît, au second plan, entre le couple, la tête presque effacée de la nourrice, tous les per sonnages se penchant vers le charmant couffin où l’enfant est sagement endormi. Tout aussi mutine et tendre, La Petite Coquette dite aussi La Lorgneuse, au visage penché et à l’œil malicieux.

Il semble que Jean Honoré Fragonard ait été le peintre préféré du collectionneur. De sa main, il pos sédait aussi de nombreux dessins, telle une Étude de trois têtes de chimères à la sanguine, à l’exquise spon tanéité. De sa collection proviennent également les deux peintures Renaud dans les jardins d’Armide et L’Étable, données au Louvre par ses descendants. C’est dire la qualité muséale des œuvres estampillées Veil Picard, bien souvent complétées par des prove nances antérieures tout aussi prestigieuses : François Walferdin (érudit qui participa à la redécouverte de Fragonard), Henri Didier, Georges Wildenstein, le comte de Pourtalès…

D’ailleurs, les nazis ne s’y trompèrent pas, embar quant l’ensemble et déportant l’amateur juif qui mourut en 1944. Les œuvres, heureusement, lui sur vécurent, restituées à la famille en 1946. La trentaine de lots de la vente est d’autant plus émouvante qu’elle éclaire le goût « pour la peinture française du XVIIIe siècle imprégnée de liberté et de spon tanéité, un style joyeux et festif tourné vers des scènes intimistes et confidentielles plutôt que vers des compositions mythologiques et religieuses », détaille Victoire Terlinden, spécialiste des maîtres anciens chez Christie’s. On s’at tarde sur un délicat pastel repré sentant l’épouse du peintre Hubert Robert par Marie‑Suzanne Roslin, une des rares femmes aca démiciennes des Lumières, à l’ins tar de Madame Vigée Le Brun, présente également avec le por trait à l’huile d’une jeune femme.

JEAN-HONORÉ

FRAGONARD (1732-1806) La Petite Coquette Huile sur panneau, 32 x 24 cm.

Estimation :

400 000 € - 600 000 €

Portrait d’Arthur Georges

Veil Picard par Giovanni Boldini

« Cette peinture du XVIIIe siècle est imprégnée de liberté et de spontanéité. »

Victoire Terlinden, spécialiste des maîtres anciens chez Christie’s

Les dentelles et les étoffes scintillent. Elles sont au diapason de l’élégance de cette collection, émaillée aussi d’œuvres de Louis Gabriel Moreau, dit l’Aîné, plus pittoresques, et de Jean‑Michel Moreau, dit Moreau le Jeune, illustrant par exemple les festivités données en l’honneur de la naissance du Dauphin, dont la minutie nous livre la silhouette de l’Hôtel de Ville ainsi que le feu d’artifice et les architectures éphémères construites pour l’occasion.

Mais le dessin le plus important reste la magni fique sanguine rehaussée à la pierre noire d’Antoine Watteau, « technique caractéristique de l’artiste. De plus, ici figure un de ses topos favoris, le croquis d’un acteur de la Commedia dell’arte, dont la pose fron tale évoque le fameux Pierrot du Louvre », souligne Hélène Rihal, directrice du département des dessins anciens chez Christie’s. Autre petite merveille, L’Académie particulière de Gabriel de Saint Aubin, dont le rendu presque pictural dessine avec ironie une séance d’un peintre avec son modèle dans une sphère privée, alors que les nus féminins étaient interdits à l’Académie. Deux peintures singulières et rares d’Hubert Robert, commandées à l’artiste par la célèbre salonnière Madame Geoffrin, couronnent cette atmosphère intimiste et feutrée.

Veil Picard, dont la fortune familiale ancrée à Besançon provenait de l’industrie textile, avait su la poursuivre en la développant dans la filière de la banque et des spiritueux. Sa merveilleuse collection, dont la qualité des œuvres frappe l’œil le plus averti, livre aujourd’hui un de ses plus beaux fragments, à travers lequel on peut déceler la personnalité du col lectionneur, si bien portraituré par son ami, le peintre Giovanni Boldini. l Julie Chaizemartin

Chefs-d’œuvre de la collection Veil-Picard Paris • 25 mars 2026

JEAN-HONORÉ FRAGONARD (1732-1806)

L’Heureuse Famille

Huile sur toile, 70 x 89 cm.

Estimation : 2 000 000 € - 3 000 000 €

L’AUTRE PASSION DE JEAN PAUL BARBIER-MUELLER

Si le nom des Barbier-Mueller est associé aux arts extra-européens, Jean Paul Barbier-Mueller a toujours chéri des éditions originales de livres de la Renaissance comme l’illustre cette vente.

La Bibliothèque poétique Barbier Mueller occupe une place singulière au sein des vastes collections rassemblées par cette célèbre famille suisse férue d’art. Amoureux de poésie et de belles lettres dès son plus jeune âge, Jean Paul Barbier Mueller a constitué un ensemble excep tionnel consacré aux poètes français du XVIe siècle autour de la figure tutélaire de Ronsard et du groupe de la Pléiade.

Près de 1 000 ouvrages imprimés entre 1549 et 1630 ont été rassemblés au cours de quatre décen nies par cet érudit. L’œuvre d’une vie. « Jean Paul Barbier Mueller a patiemment construit une biblio thèque quasi exhaustive », explique Roxane Ricros, spécialiste au département des Livres rares et manus crits, et de préciser : « La bibliophilie traditionnelle est souvent centrée sur l’édition originale. Lui, au contraire, voulait pouvoir rassembler tous les textes de ces poètes, quelle que soit l’édition, pourvu qu’il s’agisse d’éditions anciennes. »

Quatrième et dernier volet de la dispersion inau gurée en 2021 chez Christie’s, la vente inclut de pré cieux unica, dont la première édition des œuvres complètes de Ronsard (1560). Autres raretés de la vacation : la licencieuse Muse folâtre, les Mélanges poétiques ou encore une lettre autographe du même

auteur. « Nous arrivons à la fin d’un cycle qui aura permis de montrer l’ampleur de cette entreprise. Cette ultime vente rend hommage à la passion litté raire d’un homme qui, au départ, s’intéressait aux textes avant de se convertir à la bibliophilie. Nous espérons que cette dernière vente permettra à ces livres de trouver des mains qui sauront, à leur tour, les défendre et les faire vivre », confie Roxane Ricros. l

Carine Claude

La Bibliothèque poétique de Jean Paul Barbier-Mueller Paris • 24 mars 2026

Jean Paul Barbier-Mueller
Directrice de vente : Roxane Ricros

LA FACE CACHÉE DE MARCEL NIES

Marchand d’art asiatique réputé, Marcel Nies a constitué discrètement, avec sa femme, depuis les années 1970 une collection d’arts d’Afrique et d’Océanie unique que Christie’s met à l’encan le 26 mars.

Directeur de vente : Alexis Maggiar

«J’ai découvert les arts d’Afrique et d’Océa nie en 1963, lorsque mes parents, tous deux artistes, ont acquis leurs pre mières sculptures pour notre maison familiale », partage avec émotion Marcel Nies, marchand d’art asiatique réputé. « Mon parcours per sonnel de collectionneur a commencé peu de temps après, au début des années 1970, marqué par l’acquisition de ma première œuvre : un éléphant Igbo Izzi Wawa Ogbodo Enyi, que je possède et chéris encore aujourd’hui », poursuit il. Depuis, il partage cette passion secrète avec son épouse, Annick.

Au cœur de cette collection remarquable, des masques raffinés illustrent l’exigence et l’œil aiguisé de Marcel Nies. « Au fil des décen nies, il a constitué sa collection avec une rigueur extrême, privilégiant des œuvres d’une qualité exceptionnelle et d’une puissance formelle saisissante », observe Alexis Maggiar, directeur international des Arts d’Afrique et d’Océanie, et vice président de Christie’s France. Illustra tion avec l’icône de la vacation, une figure Fang similaire à celle conser vée au Saint Louis Art Museum (États Unis) qui s’impose comme un « exemple emblématique des canons classiques de cet art ». Puissance, sensibilité, force spirituelle suscitent naturellement l’admiration de cette œuvre parfaitement équilibrée.

Autre pilier de cette vente de 47 lots : la catégorie « Mains de maîtres » rassemble des œuvres attribuables à des artistes, dont un masque Bété du « maître de Gonaté » et une poulie du « maître de Bouaflé » ayant appartenu à Paul Guillaume. À noter également un couple de statues « Bulul » Ifugao des Philippines, « une rareté aux enchères », sorte de trait d’union entre les deux passions de ce grand marchand d’art d’Asie. l Carine Claude

Collection Nies

Paris • 26 mars 2026

Figure de reliquaire Fang,

Marcel Nies
Gabon

UN PANTHÉON INTIME

DE L’ART DÉCO COLLECTION DOUX

Christie’s disperse fin mai une collection aussi rare que précieuse, demeurée à l’abri des regards pendant près de quarante ans. Réunie avec passion par Gérard et Marie-Hélène Doux, elle offre aujourd’hui au marché une redécouverte majeure de l’Art déco, portée par des signatures incontournables – Émile-Jacques Ruhlmann en tête – et des œuvres d’une qualité résolument muséale.

Directrice de vente : Agathe de Bazin

«Marie Hélène et Gérard Doux sont tombés sous le charme de l’Art déco au milieu des années 1980 et ont consti tué, au fil des années, une collection exceptionnelle pensée pour être habitée, regardée, vécue », explique Agathe de Bazin, direc trice du département Design chez Christie’s. Collec tionneurs discrets mais bien connus des connaisseurs et des professionnels, ils avaient tissé des relations étroites avec les galeristes historiques de l’Art déco et les maisons de vente.

Amateurs éclairés, ils disposaient d’une biblio thèque de référence et avaient imaginé l’aménage ment de leur appartement parisien comme un écrin Art déco. Dès l’entrée, les murs étaient habillés de marqueterie de paille, exécutée par Lison de Caunes, avant de dévoiler un salon et une salle à manger conçus comme de véritables period rooms La vente réunit tout ce qui fait la force des années 1920-1930 : audace formelle, raffinement des matières et virtuo sité des savoir faire. Émile Jacques Ruhlmann s’y impose naturellement comme le fil conducteur. Il illu mine la vente avec une rare suspension monumen tale modèle Vautheret en albâtre et bronze doré (esti mée 300 000 à 500 000 €), mais aussi avec une pièce iconique : le meuble d’appui Triplan (estimé 300 000 à 500 000 €), dont le modèle fut l’un des premiers exposés publiquement par Ruhlmann au Salon d’Automne de 1913, et qui se distingue par l’élégance de ses lignes et l’extrême qualité de son exécution mêlant placage de loupe d’Amboine et précieuse marqueterie d’ivoire. À travers l’œil exigeant et insa

tiable de Marie Hélène et Gérard Doux, la sélection déploie une vision transversale de l’Art déco et explore tous les champs de la création. De l’orfèvre rie sophistiquée de Puiforcat, aux spectaculaires tapis d’Ivan da Silva Bruhns, jusqu’à la porcelaine de la Manufacture de Sèvres, emblème de l’excellence du savoir faire français, chaque œuvre témoigne de l’in ventivité, du luxe et de la modernité de cette période d’exception.

Aux côtés d’autres figures majeures de l’Art déco, comme Armand Albert Rateau ou Jean Michel Frank, se dévoilent enfin des réalisations de Jean Dunand dont deux remarquables panneaux en stuc laqué, Les Vendanges et La Conquête du cheval, réductions originales des décors conçus pour le paquebot Normandie. « Ces œuvres illustrent l’épo pée des grands paquebots, vitrines du luxe et de la modernité des années 1930, qui ont offert aux plus grands créateurs de l’époque un terrain d’expression spectaculaire, contribuant à inscrire durablement l’Art déco sur la scène internationale », souligne la spécialiste. Chaque panneau est estimé entre 20 000 et 30 000 €.

Cette dispersion s’inscrit comme un prolonge ment naturel des célébrations du centenaire de l’Art déco et de l’Exposition internationale des arts déco ratifs et industriels modernes de 1925. Rare par son homogénéité, son caractère sensible et la grande qualité de ses œuvres, la collection Doux s’inscrit dans la lignée des plus importants ensembles appa rus sur le marché. l Stéphanie Pioda

Collection Marie-Hélène et Gérard Doux

Vente Design Paris • 26 mai

« Marie-Hélène et Gérard Doux sont tombés sous le charme de l’Art déco au milieu des années 1980 et ont constitué une collection exceptionnelle pensée pour être habitée, regardée, vécue. »

Agathe de Bazin, directrice du département Design chez Christie’s

CHÂTEAU DE TOURNAY

LE GOÛT D’UN AMATEUR ÉRUDIT

Christie’s dévoile le riche ensemble d’arts décoratifs et la bibliothèque de ce château situé dans le canton de Genève, ayant, un temps, appartenu à Voltaire. Un ensemble exceptionnel d’un collectionneur éclairé.

Vue du château de Tournay à Pregny dans le canton de Genève, où Voltaire s’est installé le 25 décembre 1758 dans l’attente de la construction de son château de Fernay. Il a été restauré au début du XXe siècle par Alfred Baur, négociant et collectionneur d’art asiatique, puis en 2008 par le propriétaire actuel.

Directeurs de vente : Vincent Belloy & Hippolyte de la Féronnière

Selon Hippolyte de la Féronnière, respon sable du département mobilier européen de Christie’s, « il est assez rare d’avoir une col lection d’arts décoratifs classiques jumelée avec une collection de bibliophilie. Le pro priétaire actuel, qui a acquis ce château il y a un quart de siècle, l’a entièrement restauré pour y recevoir ses collections dans un écrin soigné et cohérent, avec une bibliothèque parfaitement intégrée au décor ». Soit un concentré du grand goût classique français.

Tapisseries, mobilier, objets d’art… Réuni entre les années 1960 et les années 1990, l’ensemble a été conçu dans l’esprit d’un amateur éclairé du XVIIIe siècle, conjuguant un goût très sûr pour les arts décoratifs français et une ouverture européenne ren voyant à l’aventure du Grand Tour italien, comme en témoigne un large groupe d’objets d’art en porphyre et montures de bronze doré, en vogue parmi les artistes et les gentilshommes des XVIIIe et XIXe siècles. Parmi les pièces phares de la vente figurent une paire d’encoignures de l’ébéniste Bernard Van Risen Burgh (BVRB) livrée pour le château de Bellevue, un paravent de la Savonnerie – dont un exemplaire simi laire se trouve au musée Nissim de Camondo –, un bureau plat d’époque Régence issu d’une collection

Torse d’Hercule Époque romaine, vers le IIe siècle après J. C., marbre, hauteur : 78 cm.

Estimation : 200 000 € - 3 00 000 € 

« En représentant Hercule épuisé, enfin au repos, ce type iconographique offre un rare aperçu de son humanité. »
Hannah Solomon, directrice de l’Art classique et spécialiste d’Antiquité chez Christie’s

Rothschild, ainsi qu’une paire de fauteuils de l’époque

Louis XVI de Georges Jacob. Livrés en 1786 au Garde Meuble de la Couronne pour le cabinet inté rieur du roi à Fontainebleau, les fauteuils sont repro duits dans l’ouvrage de Pierre Verlet, Le mobilier royal français, et portent encore une étiquette ancienne mentionnant « Cabinet intérieur du roy à Fontainebleau ». Parfaitement documenté et doté d’une provenance prestigieuse, ce type de siège « intéresse particulièrement les collectionneurs », comme le précise le responsable du département.

« L’ensemble décoratif a été conçu dans l’esprit d’un amateur éclairé du XVIIIe siècle. »

L’ancrage voltairien entre en résonance avec la bibliothèque, où l’auteur occupe une place de choix avec plusieurs ensembles remarquables, notamment une série de 45 volumes de ses œuvres complètes, reliés en maroquin rouge de l’époque, aux armes de la tsarine Maria Feodorovna, épouse de Paul Ier de Russie, ou encore une édition monumentale dite « de Kehl » en 70 volumes, eux aussi reliés en maroquin rouge. « Il s’agit avant tout d’une bibliothèque de lit térature française, qui s’étend du XVIIe au XXe siècle, même si la vente mettra surtout l’accent sur les XVIIIe et XIXe siècles », précise Vincent Belloy, spécialiste au département Livres & Manuscrits.

Des provenances prestigieuses sont au menu de la vacation, avec des ouvrages aux armes du Dau phin, de Marie‑Antoinette, de la marquise de Pom padour, des filles de Louis XV – Madame Victoire, Madame Adélaïde, entre autres – ainsi qu’un bel ensemble de livres reliés pour l’impératrice Marie Louise, la seconde épouse de Napoléon. Le tout dans un excellent état de conservation. « Le collectionneur avait un goût très sûr et un œil extrêmement vif sur la condition des ouvrages, ce qui est un critère détermi nant pour les bibliophiles », ajoute Vincent Belloy. Une vente d’exception qui s’annonce comme une synthèse du grand goût bibliophilique et du raffinement au XVIIIe siècle. l Carine Claude

Collections du château de Tournay.

L’art en toutes lettres

Paris • 17 juin 2026 (Les Arts Décoratifs)

Paris • 18 juin 2026 (La Bibliothèque)

HANDBAGS: THE PARIS EDIT

DU 16 AU 26 JUIN

NOS VENTES LUXE

DIRECTRICE DE VENTE : LUCILE ANDREANI

JOAILLERIE PARIS

DU 15 AU 24 JUIN

DIRECTRICE DE VENTE : VIOLAINE D’ASTORG

CARTIER, BRACELET ART DÉCO

Aigues-marines, saphirs et diamants

Estimation : 20 000 – 30 000 €

HERMÈS, BIRKIN 30

Gris Perle Alligator PHW

Estimation : 35 000 – 40 000 €

PAIRE DE BOUCLES D’OREILLES

Perles fines et diamants, fin du XIXe siècle

Estimation : 26 000 – 35 000 €

AMELIA ISLAND (FLORIDE)

5 ET 6 MARS 2026

Gooding Christie’s passe à la vitesse supérieure avec plus de 140 automobiles de collection signées Ferrari, RUF, Lamborghini, Avions Voisin, Mercedes-Benz et bien d’autres.

LES TEMPS FORTS DU PRINTEMPS

Le 15 avril, la collection Radical Genius impressionnera les amateurs avec un florilège de chefs-d’œuvre, parmi lesquels ce surprenant Turner orientaliste, l’extraordinaire Alfred Kubin ou l’émouvant dessin de Mondrian.

DIRECTEUR DE VENTE : ANTOINE LEBOUTEILLER

MONDRIAN

Study I for Broadway Boogie Woogie (recto) Sketch for a rectangle composition with color indications (verso), 1942 Fusain et estompe sur papier, 23,2 × 23,2 cm.

Estimation : 3 000 000 €5 000 000 €

J.M.W. TURNER

Vue de Jérusalem

Aquarelle, 13,6 × 20,3 cm.

Estimation : 250 000 € - 350 000 €

Figur im Wind, 1902-1903

Pinceau et plume, encre et lavis sur papier, 27,6 x 22,2 cm.

Estimation : 450 000 € - 500 000 €

ALFRED KUBIN

Dans l’intimité de Pierre Bonnard

COLLECTION CLAUDE TERRASSE

Rassemblée au cœur même de l’univers familial de Pierre Bonnard, la collection Claude Terrasse réunit un ensemble rare et complet d’œuvres témoignant de l’intimité créative du peintre. Alliant scènes domestiques, paysages lumineux et explorations graphiques, elle offre un panorama unique de la richesse artistique de Bonnard.

DIRECTRICE DE VENTE : VALÉRIE DIDIER

Étude pour le Nu à la baignoire, 1931

Gouache, aquarelle et graphite sur papier marouflé sur toile, 32,5 × 22,7 cm.

Estimation : 150 000 € - 200 000 €

Midi au jardin, 1946

Huile sur toile, 64,5 × 51,5 cm.

Estimation : 400 000 € - 600 000 €

PIERRE BONNARD

HENRI MATISSE : TRACER LE LIEN

Œuvres

sur papier

de la Fondation Pierre et Tana Matisse

Cette collection embrasse toute la richesse du langage graphique de Matisse : des études de nus aux portraits délicats, des recherches décoratives aux dessins de danse, jusqu’aux motifs floraux et aux scènes baignées de lumière méditerranéenne. Parmi les œuvres phares, La Danse fait écho à celle conservée au musée d’Art Moderne de Paris.

DIRECTRICE DE VENTE : LOU CLINTON-CELINI

Étude de lys (recto et verso) Encre de Chine sur papier, 38,1 × 27,9 cm.

Estimation : 25 000 € - 35 000 € PARIS • DU 8 AU 17 AVRIL 2026

La Danse, 1935

Eau-forte en couleurs sur papier vélin d’Arches, 23,6 × 74 cm.

Estimation : 50 000 € - 70 000 €

Tête de jeune femme, 1946

Graphite sur papier, 42,5 × 32,4 cm.

Estimation : 35 000 € - 55 000 €

Après les trois collections des ventes 20/21 aura lieu la vente du soir rassemblent les chefs-d’œuvre de l’art d’après-guerre et contemporain, dont ce Riopelle qui est une belle surprise pour le marché, complétée par une sélection d’œuvres italiennes et cette sculpture d’Anish Kapoor.

DIRECTEUR DE VENTE : PAUL NYZAM

JEAN PAUL RIOPELLE

Sans titre, 1950. Huile sur toile, 81 × 130 cm.
Estimation : 1 000 000 € - 1 500 000 €

ANISH KAPOOR

Sans titre, 2010

Acier inoxydable et résine, 230,2 × 230,2 × 43,8 cm.

Estimation : 400 000 € - 600 000 €

View beyond the Hudson River

(To Anita Pallenberg) Gigli d’acqua, 1964

Émail, graphite et pastel sur papier monté sur toile, diptyque, 127 × 254 cm.

Estimation : 200 000 € - 300 000 €

MARIO SCHIFANO

MOYEN-ORIENT UN NOUVEL ÉPICENTRE POUR LE MARCHÉ

Inauguré le 8 novembre 2017, le

Louvre Abu Dhabi est un écrin créé par Jean Nouvel sur l’île de Saadiyat, inspiré par l’architecture et les traditions des Émirats arabes unis.

LOUVRE ABU DHABI, UN MUSÉE UNIVERSEL

Alors que le Guggenheim Abu Dhabi prépare son inauguration, le Louvre Abu Dhabi, musée vétéran de l’île culturelle de Saadiyat, renforce son réseau institutionnel et son ancrage local-global.

JEWAD SELIM (1919-1961)

Alqailoula (La sieste), 1958

Huile sur toile, 68,8 × 101,8 cm.

À voir à l’exposition « Picasso – La figure »

I« Un lieu de rencontre et un centre névralgique de savoir pour les musées dans le monde et les professionnels de l’art. »

nauguré en grande pompe en 2017, le Louvre Abu Dhabi n’a pas failli aux attentes et aux promesses d’être « un musée universel, très rigou reux sur l’histoire de l’art, tout en narrant de façon accessible l’histoire de 10 000 ans d’humanité », explique son directeur, Manuel Rabaté [qui quittera ses fonctions le 31 mars 2026, voir encadré]. Plus d’un million de visiteurs viennent chaque année découvrir ses collections, traver sant les premiers villages néolithiques, les grands royaumes, les derniers empires, les religions, l’art contemporain… « La question clé du Louvre Abu Dhabi est celle du lien entre le local et le global. Abu Dhabi est un endroit bien particulier, qui s’y prête à merveille. Géographiquement et historique ment, le golfe Persique se trouve à la croisée des terres », note Manuel Rabaté. « Par rapport à Paris, on est ici proportionnellement beaucoup plus proches de l’Asie, de l’Océanie, de l’Afrique, tout en étant connectés à l’Europe, et capables de se projeter aux Amériques. C’est un coin d’équilibre du monde. » L’accord conclu entre le Louvre et la ville d’Abu Dhabi prévoyait une autono mie croissante du musée émirati. Si, au début, 70 % des œuvres exposées provenaient de prêts de Paris, le rapport est aujourd’hui inversé avec seulement 30 % en provenance de la France. Le Louvre Abu Dhabi est devenu « un lieu de rencontre et un centre névralgique de savoir pour les musées dans le monde et les professionnels de l’art », témoigne Manuel Rabaté. La liste des prêts obtenus par le musée pour ses expositions tempo raires et permanentes s’allonge de saison en saison. À l’entrée du parcours, les visiteurs sont ainsi en ce moment accueillis tête haute par un masque en or de la cité antique de Butuan (Xe XIIIe siècle) en provenance du musée Ayala aux Philippines, une célèbre tête colossale olmèque, pièce phare du musée d’Anthropologie de Xalapa à Mexico, et un buste monumental à deux têtes (vers 7 000) du site archéologique néolithique Ain Ghazal en Jordanie, acquis par le musée. Des œuvres où se croisent les chemins de l’humanité, et les regards émerveillés du public venu des quatre coins du monde. Les visiteurs pourront également admirer le Portrait du Docteur Boucard de Tamara de Lempicka (acquis chez Christie’s à Londres en mars 2025), tout comme l’ex position « Picasso – La figure », témoignant de la fascination de l’artiste pour la forme humaine. Avec une population composée à 90 % d’immigrés, Abu Dhabi est une ville monde : « Tous ces cercles d’identité et ces cultures se retrouvent, dans tous les sens du terme, au Louvre Abu Dhabi. Il ne s’agit pas d’abolir les différences, mais de ressentir le plaisir de les découvrir », conclut le directeur. l Jordane de Faÿ

« Picasso – La figure » Du 21 janvier au 31 mai 2026 • louvreabudhabi.ae

MANUEL RABATÉ

Directeur du Louvre Abu Dhabi

Diplômé de Sciences Po Paris et de HEC, Manuel Rabaté est passé par le Louvre et le Quai Branly avant de rejoindre le Louvre Abu Dhabi en 2008 en tant que de directeur financier. Il en a été à la tête de 2016 jusqu’au 31 mars 2026 ; il prendra ensuite la direction du Kiran Nadar Museum of Art (KNMA) à New Delhi.

CHRISTIE’S REGARDE VERS LE MOYEN-ORIENT

Vingt ans après sa première implantation dans la région, Christie’s, véritable pionnière, continue de s’y enraciner durablement et favorablement, où les collectionneurs sont très actifs.

Ridha Moumni, président de Christie’s pour le Moyen Orient & l’Afrique

Lentement mais sûrement… et puis de plus en plus rapidement. Depuis son arrivée à Dubaï en 2005, Christie’s a cultivé un terreau fertile au Moyen Orient, où le marché local a connu une croissance économique et culturelle exponentielle en deux décennies. En témoigne l’arrivée de Sotheby’s à Dubaï, en 2017, et l’ouverture de plu sieurs institutions culturelles d’ampleur internatio nale, à l’instar du Louvre Abu Dhabi, aussi en 2017, et du futur Guggenheim Abu Dhabi en 2026. « La célébration des 20 ans de notre bureau à Dubaï a été festive. Les activités se sont largement accrues depuis, et 2024 a marqué un tournant important avec l’ouverture d’un deuxième bureau à Riyad et la nomination d’un directeur des affaires au Moyen Orient », explique le Tunisien Ridha Moumni, pré sident du bureau au Moyen Orient chez Christie’s. Outre l’élargissement du réseau de collection neurs de la maison dans la région, les ventes ont éga lement pris de l’ampleur quantitativement et quali tativement. « Nous sentons un engagement renforcé de nos clients fidèles, en parallèle de l’arrivée de nou veaux amateurs, notamment en Arabie saoudite, mais aussi à l’international. Tous nourrissent une forte appétence pour la scène artistique moderne et contemporaine, qui est très en vogue dans la région. Les collectionneurs n’achètent pas de manière locale, mais bien régionale : Irak, Liban, Syrie, Afrique du Nord, pays du Levant, pays du Golfe… », détaille Ridha Moumni.

De Londres à Dubaï

Cette politique de développement est renforcée par une stratégie globale, avec notamment deux ventes annuelles qu’organise Christie’s autour de l’art du Moyen Orient – l’une à Londres à l’automne, l’autre en ligne à Dubaï au printemps – connaissent un vif succès. En 2025, les enchères de Dubaï se sont conclues par un premier record avec 100 % des lots cédés, dont une belle sélection de toiles d’artistes femmes de renom telles que Samia Halaby, Etel Adnan, Helen Kahal, Huguette Caland, Tala Madani ou encore Tagreed Darghouth. À Londres, la maison poursuit son engagement pour la visibilité des artistes du monde arabe avec l’organisation depuis 2023 d’une exposition estivale à but non lucratif. Après une première exposition collective « Modern and Contemporary Art of the Arab World » en 2023 et une rétrospective de l’artiste contemporain saoudien Ahmed Mater en 2024, Christie’s mettait en lumière en 2025 l’œuvre du Syrien Marwan (1934-2016), figure phare de l’art arabe moderne, qui s’était exilé à Berlin à la fin des années 1950. L’exposition voyagera au printemps à Dubaï, du 12 au 22 avril, en parallèle d’Art Dubaï. L’immense talent du peintre se (re)découvrira au centre d’art Concrete. l Jordane de Faÿ

ENTRETIEN AVEC SULTAN SOOUD AL-QASSEMI

« UN

DE MES CHEVAUX DE BATAILLE EST LA RECHERCHE ET L’ÉTUDE D’ARTISTES OUBLIÉS. »

Professeur d’université et collectionneur d’art émirati, fondateur de la Barjeel Art Foundation, Sultan Sooud Al-Qassemi évoque l’expansion favorable de la scène institutionnelle des pays arabes. Sa collection de 2 000 œuvres sera bientôt exposée dans un nouveau musée à l’horizon de 2027.

La Barjeel Art Foundation aura bientôt un lieu propre. À quoi peut-on s’attendre ?

Après des années d’acquisitions et des dizaines d’ex positions aux Émirats et à l’international, nous enta mons enfin la construction d’un nouveau musée à Sharjah. Le bâtiment se déploiera sur environ 3 400 m², sur un seul étage, dans un style moderniste inspiré du patrimoine architectural historique de la ville. Il aura un design volontairement minimaliste pour mettre en valeur les œuvres.

Quelle place occupera-t-il dans l’écosystème culturel de la région ?

La scène artistique du monde arabe a connu un ful gurant développement ces dernières années. Il y a eu l’ouverture en 2010 du Mathaf – Arab Museum of Modern Art à Doha, la rénovation intégrale du musée Sursock à Beirut en 2023, et on attend, entre autres, l’inauguration prochaine du nouveau BeMA – Beirut Museum of Art. Ces lieux exposent chacun entre 100 et 300 toiles. La Barjeel Art Foundation, le premier et l’unique musée privé d’art arabe moderne, com plètera l’offre en présentant une collection perma nente de plus de 500 œuvres, d’artistes en partie méconnus ou inconnus du grand public et des professionnels.

Quels chefs-d’œuvre de la collection seront visibles ?

Les pièces maîtresses ne sont pas forcément les plus renommées ou les plus chères. Un de mes chevaux de bataille est la recherche et l’étude d’artistes

oubliés. Nous avons dans la collection beaucoup de talents dont la carrière fut très brève, ne durant que quatre ou cinq ans. Ce ne sont pas les artistes du monde arabe que l’on voit à la Tate, au MoMA ou au Centre Pompidou. Une de mes missions est de les redécouvrir, et de les faire découvrir. Il ne s’agit pas d’une révision de l’histoire de l’art arabe, mais de son étude approfondie. Ces œuvres seraient sinon invi sibles, ou négligées par d’autres musées. C’est là que nous intervenons, et c’est la recette secrète de la col lection. Je pourrais citer Mahmoud Said et Inji Efflatoun, mais il y a aussi Joséphine Bellamaa et Myriam Ben, moins connues.

Vous portez également une attention particulière aux artistes femmes… Depuis sept ans, j’œuvre, avec mes collègues Suheyla Takesh et Rémi Homs, à établir une parité dans la collection, aujourd’hui atteinte, dont le musée se fera l’écho. Notre objectif est de mettre en lumière les artistes femmes de l’art arabe moderne, bien trop souvent dans l’ombre. Les informations sont souvent lacunaires, et avec les années, les acquisitions se font plus rares. Je dois donc approfondir mes recherches, aller dans les coulisses, poser des questions, consul ter des catalogues des années 1960 pour découvrir qui était telle ou telle artiste, ce qu’elle est devenue, où se trouvent ses œuvres… Il y a un véritable travail d’investigation à mener pour parvenir à ces décou vertes, qui se poursuivent. l Propos recueillis par Ridha Moumni barjeelartfoundation.org

MAHMOUD SAID (1897-1964)

Girl in a Printed Dress, 1938, acquis chez Christie's à Londres en 2023 Huile sur toile, 81 x 55 cm.

CARNET CULTUREL

« Renoir et l’amour – La modernité heureuse (1865-1885) » et « Renoir dessinateur »

Du 17 mars au 19 juillet

Musée d’Orsay • 75007 Paris • musee-orsay.fr

AUGUSTE RENOIR (1841-1919)

Le Pont des Arts, Paris, 1867-1868

NOS COUPS DE CŒUR À PARIS

Par Jordane de Faÿ

Bourse de Commerce

Explorer les zones d’ombre

L’exposition explore les ténèbres, le crépuscule, le clair obscur à travers une sélection d’œuvres qui se dévoilent dans un jeu d’ombres et de lumières. Appartenant toutes à la Collection Pinault, les toiles, les installations et les photographies signées Bill Viola, Pierre Huyghe, Victor Man, Bruce Nauman, Yves Tanguy, Wolfgang Tillmans… interrogent notre perception et les notions de visible et d’invisible, où s’expriment la matérialité de la lumière et les zones d’ombre de l’inconscient.

« Clair-Obscur » Du 4 mars au 31 août 2, rue de Viarmes • 75001 Paris • pinaultcollection.com

Grand Palais

Lorsque Matisse taille dans la couleur

Les années 1940 et 1950 sont marquées par la maladie autant que par une créativité radicale. À près de 80 ans, Matisse se réinvente avec la gouache découpée, un médium qui lui vaudra la création d’œuvres fameuses exceptionnellement réunies : la série des Intérieurs de Vence de 1947-1948, l’album Jazz, ainsi que les grandes figures en gouaches découpées de La Tristesse du roi, Zulma, La Danseuse créole et les célèbres Nus bleus

« Matisse – 1941–1954 » Du 24 mars au 26 juillet 17, avenue du Général Eisenhower • 75008 Paris • grandpalais.fr

SAODAT ISMAILOVA (NÉE EN 1981) Melted into the Sun, 2024 (détail)
HENRI MATISSE (1907-1977) Nu Bleu, 1952

Musée du Louvre

Deux titans

Même puissance des corps en tension, même goût du non finito, même fascination pour l’antique. Le musée du Louvre réunit deux titans de la sculpture qui ont chacun marqué leur époque, Michel Ange et Rodin et qui, bien que quatre siècles les séparent, semblent si familiers. Une confrontation inédite où se révèlent continuités comme ruptures.

« Michel-Ange – Rodin. Corps vivants »

Du 15 avril au 20 juillet

Rue de Rivoli • 75001 Paris • www.louvre.fr

MICHEL-ANGE (1475-1564)

L’esclave mourant, 1513-1516 (à gauche)

AUGUSTE RODIN (1840-1917)

Adam, 1880-1881

2026, année Calder

Pour célébrer le centenaire de l’arrivée en France d’Alexander Calder et les cinquante ans de sa disparition, plusieurs expositions vont scander l’année, à commencer par la Fondation Louis Vuitton dès le mois d’avril. Plus de 300 œuvres font déambuler en majesté dans son univers lumineux, où le mouvement, le vent, la gravité et la légèreté se donnent tour à tour le change. À l’automne, rendez vous au château d’Azay le Rideau où l’artiste sera mis à l’honneur dans le cadre du festival AR(t]CHIPEL – grâce à un prêt du Centre Pompidou –, mais aussi à l’Atelier Calder à Saché.

« Calder – Rêver en équilibre »

Du 15 avril au 16 août • 8, avenue du Mahatma Gandhi 75116 Paris • fondationlouisvuitton.fr

Musée d’Art Moderne

Dans l’objectif de Lee Miller

Après avoir été mannequin et artiste surréaliste, Lee Miller (1907-1977) entame une carrière de pho tographe de mode et de correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine. De ses débuts à New York aux années de conflit en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres, ses clichés retracent son parcours de vie singulier et sa carrière, du portrait au pay sage, et de la mode aux champs de bataille.

« Lee Miller » Du 10 avril au 2 août 11, avenue du Président Wilson • 75116 Paris mam.paris.fr

LEE MILLER (1907-1977)

Modèle Elizabeth Cowell porte un tailleur Digby Morton, Londres, 1941

ALEXANDER CALDER (1898-1976)

La Grande vitesse, 1969

LA GALERIE LAROCK-

La passion est le maître-mot qui anime Marc et Édouard Larock qu’ils ont hérité d’une figure forte, Katia Granoff. Ils poursuivent l’écriture d’une histoire familiale qui voit les maîtres du XXe siècle dialoguer avec les jeunes générations.

Katia Granoff (1895-1989) avait le regard franc, l’élégance naturelle et l’assurance d’avoir fait les bons choix, en l’occurrence, ceux qui l’ont amenée à devenir galeriste en 1924 et à soute nir des artistes comme Marc Chagall, Claude Monet ou Othon Friesz. « Ma grande tante est partie de Russie à la fin de la Révolution en 1917, elle s’est ins tallée à Berlin après avoir fait des études en Suisse, mais elle a rejoint sa sœur Rose à Paris en 1924 », raconte Marc Larock. « Rose, ma grand mère, était comme une éminence grise, toujours présente à la galerie quai Conti où toute la famille vivait. »

La liste des artistes que Katia a défendus impres sionne : Foujita, Vuillard, Bonnard, Chana Orloff, Volti mais aussi Jacqueline Marval, Dufy… Ce qui a permis la constitution d’un fonds important que les musées sollicitent aujourd’hui pour des expositions. Marc rappelle que lorsqu’il a reçu la Légion d’honneur début 2025, « les services du ministère de la Culture ont recensé plus de 1 000 prêts », dont des œuvres de Rebeyrolle, Calder, Mitchell, Hantaï, Monet,

Gauguin et pour les célébrations autour de Cézanne l’an dernier, un panneau de la décoration du Jas de Bouffan au musée Granet. Naturellement, « comme ils n’en ont pas, nous avons décidé de leur offrir », appuie Marc. « Nous avons été éduqués dans cette notion de partage culturel », conforte Édouard Larock, neveu de Marc qui a rejoint l’aventure fami liale avec son épouse Gabrielle.

Il n’est cependant pas question de rester ancré dans le passé mais bien d’avoir une vision pour cette galerie qui a plus de 100 ans. « On la voit comme un centre culturel. Mais un héritage ne s’entend que s’il y a de la nouveauté, c’est pourquoi nous faisons dia loguer des œuvres du fonds avec des jeunes artistes. Pour Katia, Chagall était son contemporain, nous espérons que nos jeunes artistes auront cette trajec toire », lance Édouard.

Illustration avec le face à face entre Olivier Gourvil et Amédée Ozenfant et l’exposition des œuvres de l’artiste sud africaine Diane Victor, der nière lauréate du prix de gravure Mario Avati. l Stéphanie Pioda

Katia Granoff à Cannes devant une œuvre de la série des Nymphéas, années 1970. « Si ma vie et mon activité ont pu servir le rayonnement de plus en plus intense de la peinture dans le monde, j’ai trouvé en elle un refuge, une délectation et une exaltation toujours renouvelées », écrit elle dans Histoire d’une galerie en 1949.

« Rendez-vous avec Amédée. Olivier Gourvil et Amédée Ozenfant »

Jusqu’au 28 mars 2026

« Diane Victor »

Du 9 avril au 30 mai 2026

Galerie Larock-Granoff 13, quai de Conti • 75006 Paris • larock-granoff.fr

« Diane Victor. Prix Mario Avati 2025 »

Du 2 avril au 30 mai 2026

Pavillon Comtesse de Caen • 23, quai de Conti 75006 Paris • academiedesbeauxarts.fr

GRANOFF A 100 ANS !

LE PARIS D’ALEXIS MAGGIAR

Le directeur international du département d’Art d’Afrique et d’Océanie, et vice-président de Christie’s France, nous fait découvrir ses adresses favorites dans la capitale. Plongée dans le Paris d’un esthète.

Par Jordane de Faÿ

Où trouver Alexis Maggiar ?

Un peu en vente, beaucoup dans son bureau et sur la route… et souvent au Serpent à Plume. « Lieu hybride dirigé par Alexander Rash, rare et surréaliste, le club est orné de véritables sculptures précolombiennes issues de la collection de Jean-Claude Binoche, propriétaire des lieux », témoigne Alexis Maggiar, que sa passion pour l’art accompagne et mène résolument partout.

Le spécialiste écume également les allées du Louvre, où la réouverture, début décembre, de l’ex-pavillon des Sessions, rebaptisé galerie des Cinq Continents et rénové grâce au soutien de Marc Ladreit de Lacharrière, a suscité « une grande émotion. C’est formidable d’admirer ces chefs-d’œuvre, qui me sont si chers, dans le plus grand musée du monde. C’est un lieu unique, où les cultures dialoguent véritablement face à face. »

Le Serpent à Plume 24, place des Vosges • 75003 Paris • serpentaplume.com

La galerie des Cinq Continents Musée du Louvre • louvre.fr

La Façade aux acacias de Buren

Alexis Maggiar garde cependant toujours un œil sur la création contempo raine. L’une de ses adresses de cœur pour faire le tour des jeunes talents est le centre Reiffers Art Initiatives, au 30, rue des Acacias, à deux pas de l’Étoile. Le lieu – qui accueille dans les années 1960 les grands noms de la photogra phie (Richard Avedon, Irving Penn, Peter Lindbergh…), avant de devenir le légendaire Studio Harcourt dans les années 1990 – a été relancé en 2014 par le collectionneur Paul Emmanuel Reiffers. Aujourd’hui, l’entrée au centre d’art se fait en beauté par La Façade aux acacias signée Daniel Buren. Après avoir franchi le pas de la porte, on y découvre le meilleur de l’émergence contem poraine, en dialogue avec « des artistes confirmés. C’est la force de ce lieu, qui mêle brillamment scènes nouvelles et établies. La dernière exposition de Miles Greenberg fut un choc », avance Alexis Maggiar.

Reiffers Art Initiatives 30, rue des Acacias 75017 Paris reiffersartinitiatives.com

Ses deux adresses dans le 6e

Le Cherche Midi

22, rue du Cherche Midi 75006 Paris lecherchemidi.fr

Pour le vice président de Christie’s France, le voyage entre les époques se poursuit, à quelques pas de chez lui, dans le VIe arrondissement, au restaurant Le Cherche Midi. Institution parisienne, le lieu a appartenu pendant plus de quarante cinq ans aux fondateurs de la galerie Di Meo. Nello Di Meo nous a d’ailleurs récemment quittés. « C’est un morceau d’Italie, où la simplicité et la qualité des plats vous laissent sans voix. La véritable mozzarella de bufflonne, livrée chaque jeudi, offre un voyage inoubliable au cœur de la Campanie. » Pour le reconnaître parmi les tablées, il suffit de guetter une chemise col Mao, silhouette devenue signature. « Je ne porte que ça ! », sourit il. Le spécialiste achète toutes ses chemises chez Hollington, rue Racine. « Des vête ments à l’élégance détendue et intemporelle. »

Deux mots clés qui servent de fil rouge à toute promenade parisienne en compagnie d’Alexis Maggiar. l

Hollington 9, rue Racine • 75006 Paris • hollington.fr

Vincent Darré a eu carte blanche pour créer une ambiance atypique et à la forte personnalité dans ce lieu place des Vosges, où œuvres d’art méso-américain et objets chinés se tutoient.
Photo souvenir : Daniel Buren, La Façade aux acacias, travail permanent in situ, Reiffers Art Initiatives, Paris, 2026. (Détail).

NOS COUPS DE CŒUR DANS TOUTE LA FRANCE

Metz • Centre Pompidou

Redécouverte de Louise Nevelson

Une personnalité hors normes que les habitants de Little Italy appelaient affectueusement « Mrs. N ». Louise Nevelson a construit un œuvre constitué d’as semblages de meubles glanés dans une New York en pleine mutation. Ses sculptures monumentales et monochromes prennent la forme d’autels, de portes magiques, de coffres forts secrets, de totems modernes… et composent de véritables « atmos phères » ou « environnements », comme l’artiste aimait à appeler ses expositions.

« Louise Nevelson – Mrs. N’s Palace »

Du 24 janvier au 31 août • 1, parvis des Droits de l’Homme • 57020 Metz • centrepompidou-metz.fr

Arles

Les Rencontres de la Photographie

Rendez vous incontournable des aficionados de la photo qui se retrouvent dès la semaine d’ouverture (du 6 au 12 juillet), les Rencontres de la Photographie 2026 s’annoncent riches d’une programmation fleuve : plus de 40 expositions dans 26 lieux, mettant notamment à l’honneur le continent africain. Coup de projecteur éga lement sur les photographes du bassin méditerranéen de la rive sud dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, aux côtés de figures majeures de la photographie et de talents émergents à découvrir.

Les Rencontres de la Photographie d’Arles

Du 6 juillet au 4 octobre • rencontres-arles.com

Semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles 2025.

NEVELSON (1899-1988) Dawn’s Presence II, 1969-1975

LOUISE
Par Jordane de Faÿ

Lille • LaM

Lire Kandinsky à travers les images

Après une rénovation complète de ses bâti ments et de son jardin de sculptures, le LaM rouvre ses portes le 20 février avec une exposition haute en couleur. Coorganisée avec le Centre Pompidou, elle plonge notre regard dans celui de Kandinsky : aux côtés d’une sélection de ses plus belles toiles, ses archives personnelles – jusqu’alors jamais montrées en France – permettent de décou vrir le peintre sous un autre jour.

« Kandinsky face aux images »

Du 20 février au 14 juin • 1, allée du Musée 59650 Villeneuve-d’Ascq • musee-lam.fr

VASSILY KANDINSKY (1866-1944) Tension en hauteur, 1924

Bordeaux • Musée des Arts Décoratifs & du Design

Trois expositions pour la

réouverture du MADD

Ce printemps, le MADD – musée des Arts Décoratifs et du Design fait peau neuve ! Le vaste chantier, qui se pour suit jusqu’en 2027, vise à relier en un unique ensemble architectural les deux bâtiments emblématiques de l’ins titution – l’hôtel particulier du XVIIIe siècle et l’ancienne prison municipale du XIXe siècle. Le 22 avril, une première étape est marquée avec la réouverture – pour laquelle Christie’s France est mécène – de trois espaces du musée et trois expositions qui inaugurent les lieux, dont une ode incontournable à l’art de la céramique.

« Céramiques – Corps sensibles »

Du 22 avril 2026 au 4 janvier 2028 • 39, rue Bouffard 33000 Bordeaux • madd-bordeaux.fr

« Morceaux choisis – Regard sur la collection de dessins de Jacques Sargos » Du 22 avril au 31 août 2026

« Pauline Deltour – Une apparente simplicité »

Du 22 avril au 21 septembre 2026

TAKAYUKI SAKIYAMA (NÉ EN 1958)

Sans titre, 2021. À admirer à l’exposition « Céramiques – Corps sensibles »

COUP DE PROJECTEUR SUR LA 61e BIENNALE DE VENISE

Le grand rendez-vous international de l’art contemporain est de retour !

L’artiste franco-marocaine Yto Barrada, connue pour son art engagé, y représentera la France avec un projet dévoilé à partir du 18 mars.

Après avoir fêté sa 60e édition en 2024 et ses 130 ans de naissance en 2025, la vétérane des biennales, loin de prendre un coup de vieux, entend bien se rajeunir. Sa 61e édition, qui se tiendra du 9 mai au 22 novembre 2026, marquera l’inauguration du pavillon national du Qatar – il n’y avait pas eu de nouveau pavillon national depuis 1996 ! – ainsi que le dévoilement du pavillon français, entièrement rénové après 15 mois de travaux. C’est à l’artiste franco marocaine Yto Barrada qu’est confié l’honneur de réinvestir le bâtiment, où celle ci promet d’ouvrir des portes grâce à son œuvre messagère. « Sa pratique multidisciplinaire fédère diverses com munautés artistiques et sociales en quête d’une nou velle utopie. Chercheuse iconoclaste, artiste totale et sans frontières, Yto Barrada transforme les canons du modernisme en un jardin pluriel. De Paris à Tanger, en passant par New York, elle dessine une cartogra

phie singulière qui recueille de nouvelles voix – invi sibles, fragiles, historiques ou oubliées – à trans mettre leurs récits », explique le jury chargé du choix de l’artiste, présidé par Claire Le Restif, directrice du Crédac – centre d’art contemporain d’Ivry.

Parmi les projets phares d’Yto Barrada figurent la fondation de la Cinémathèque de Tanger et du centre de recherche résidence The Mothership (le vais seau mère), construit autour d’un jardin de plantes tinctoriales, où s’entremêlent action écologique et pensée féministe. Ses œuvres, qui revêtent souvent un aspect participatif, traduisent un souci de la trans mission des savoir faire locaux, de la circulation de l’art et de la désobéissance sociale. Avec comme unique solution : le pouvoir pluriel du collectif et de l’acte collaboratif. l Jordane de Faÿ

Biennale d’art de Venise

Du 9 mai au 22 novembre 2026 • labiennale.org

Les 4 expositions de la Pinault Collection

« Lorna Simpson » et « Paulo Nazareth »

Punta della Dogana

Du 29 mars au 22 novembre

« Amar Kanwar » et « Michael Armitage »

Palazzo Grassi

Du 29 mars au 10 janvier 2027 pinaultcollection.com

Qui est Yto Barrada ?

Née en 1971 à Paris, Yto Barrada vit et travaille entre New York et Tanger. Elle a étudié l’histoire et les sciences politiques à la Sorbonne, puis la photographie à New York. Sa pratique multidis ciplinaire – installation, film, photographie, sculp ture, textile et édition – s’inscrit dans des projets au long cours permettant d’aborder de multiples questions socio économiques : les pédagogies alternatives, les politiques urbaines, le trafic inter national de fossiles de dinosaures, l’anthropologie coloniale, le panafricanisme… Ses œuvres font partie des plus grandes collections du monde, dont celles du Centre Pompidou, du MoMA, de la Tate Modern ou de la Collection Pinault.

Paris ADJUGÉ !

3 293 000 €

CLAUDE LALANNE (1925-2019)

Choupatte, 2013

Pièce unique ; cuivre galvanisé et patiné, étain, 28 x 30 x 29 cm.

Vente du 26 novembre 2025

5 184 000 €

TÊTE FANG (GABON)

Hauteur : 30 cm.

Vente du 3 décembre 2025

18 375 000 €

YVES KLEIN (1928-1962)

California, (IKB 71), 1961

Pigment pur et résine synthétique sur toile montée sur panneau 196 x 421 cm.

Vente du 23 octobre 2025

Vente privée

BERTHE MORISOT (1841-1895)

La robe rose, 1894 Huile sur toile, 55,4 x 46,2 cm.

825 500 €

OSCAR WILDE (1854-1900)

Salomé, 1893

L’exemplaire d’Oscar Wilde, enluminé pour lui de dessins originaux à l’encre par ses amis Max Beerbohm et Charles Ricketts. Vente du 22 octobre 2025

Marseille

LUCIO FONTANA (1899-1968)

Concetto Spaziale, Attesa, 1967 Peinture à l’eau sur toile, 47 x 38 cm. Vendu 693 000 € à Paris le 9 avril 2025

PAUL CÉZANNE (1839-1906)

Fillette au perroquet ou La fille au perroquet, vers 1860 Huile sur toile, 23 x 31 cm. Vendu 381 000 € à Paris le 24 octobre 2025

Strasbourg

LE PHO (1907-2001)

Mère et enfant, vers 1960 Techniques mixtes sur soie, 35 x 21,9 cm. Vendu 44 100 € à Paris le 10 juin 2025

Toulouse

PATEK PHILIPPE

Bracelet montre, vers 1960 Or 18 carats, sertie de diamants, de saphirs et d’émeraudes, avec cadran caché. Vendu 95 250 CHF à Genève le 10 novembre 2025

New York

44 335 000 $ (38 152 485 €)

DAVID HOCKNEY (NÉ EN 1937)

Christopher Isherwood et Don Bachardy, 1968

Acrylique sur toile, 212 x 303,5 cm. Vente du 17 novembre 2025

Londres

22 895 000 £ (26 377 330 €)

FABERGÉ

Œuf d’hiver impérial

décoré par Alma Theresia Pihl, Vente du 2 décembre 2025

S SS

Genève

673 100 CHF (724 195 €)

LACLOCHE FRÈRES

Bracelet exceptionnel Art déco Rubis, émeraude, onyx et diamants, 18 cm de long, 58 g. Vente du 11 novembre 2025

Hong Kong

FIGURINE IMPÉRIALE EN ALLIAGE DE CUIVRE DORÉ D’AVALOKITESHVARA

XIVe siècle

PARIS

PRÉSIDENTE FRANCE

COMMISSAIRE-PRISEUR

Cécile Verdier cverdier@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 59

Arts classiques

MOBILIER & OBJETS D’ART

Hippolyte de La Féronnière hdelaferonniere@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 73

Paul Gallois Directeur Europe pgallois@christies.com

+44 207 389 2260

CHAIRMAN

EUROPE & MOYEN ORIENT COMMISSAIRE-PRISEUR

François Curiel fcuriel@christies.com

+33 (0)1 40 76 84 00

DIRECTEUR GÉNÉRAL

Philippe Lemoine plemoine@christies.com

+33 (0)1 40 76 72 21

VICE-PRÉSIDENT

SPÉCIALISTE

INTERNATIONAL

TABLEAUX ANCIENS

Pierre Étienne petienne@christies.com

+33 (0)1 40 76 72 72

VICE-PRÉSIDENTE COMMISSAIRE-PRISEUR

Camille de Foresta cdeforesta@christies.com

+33 (0)1 40 76 86 05

VICE-PRÉSIDENTE COMMISSAIRE-PRISEUR

Victoire Gineste vgineste@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 72

VICE-PRÉSIDENT DIRECTEUR INTERNATIONAL, ARTS D’AFRIQUE & D’OCÉANIE

Alexis Maggiar amaggiar@christies.com

+33 (0)1 40 76 83 56

ACCUEIL À PARIS

9, avenue Matignon • 75008 Paris clientservices@christies.com • + 33 (0)1 40 76 85 85

ORFÈVRERIE

Isabelle Cartier-Stone icartier stone@christies.com

+44 207 389 2898

SCULPTURE

Alexandre Mordret-Isambert amordret@christies.com

+33 (0)1 40 76 72 63

TABLEAUX

Olivia Ghosh oghosh@christies.com

+33 (0)6 10 07 23 54

Arts des XXe & XXIe siècles

ART D’APRÈS-GUERRE & CONTEMPORAIN

Paul Nyzam pnyzam@christies.com

+33 (0)1 40 76 84 15

Laëtitia Bauduin de La Brosse Chairwoman lbauduin@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 95

ART ASIATIQUE

Yuqi Bo ybo@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 66

ART IMPRESSIONNISTE & MODERNE

Valérie Didier vdidier@christies.com

+33 (0)1 40 76 84 32

Antoine Lebouteiller Directeur Europe alebouteiller@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 83

DESIGN

Agathe de Bazin adebazin@christies.com

+33 (0)1 40 76 72 54

Flavien Gaillard Directeur Europe fgaillard@christies.com

+33 (0)1 40 76 84 43

Sonja Ganne Chairwoman sganne@christies.com

+33 (0)1 40 76 86 21

PHOTOGRAPHIES

Élodie Morel-Bazin

emorel bazin@christies.com

+33 (0)1 40 76 84 16

Arts extra-européens

ART D’ASIE

Tiphaine Nicoul tnicoul@christies.com

+33 (0)1 40 76 83 75

ART D’AFRIQUE & D’OCÉANIE

Victor Teodorescu vteodorescu@christies.com

+33 (0)1 40 76 83 86

Œuvres sur papier

DESSINS

Hélène Rihal hrihal@christies.com

+33 (0)1 40 76 86 13

ESTAMPES & LITHOGRAPHIES

Frédérique Darricarrère-Delmas fdarricarrere delmas@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 71

LIVRES RARES & MANUSCRITS

Adrien Legendre alegendre@christies.com

+33 (0)1 40 76 83 74

Luxe

JOAILLERIE

Violaine d’Astorg vdastorg@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 81

MONTRES

Rémi Guillemin rguillemin@christies.com

+41 22 319 17 97

SACS & ACCESSOIRES

Lucile Andreani landreani@christies.com

+33 (0)1 40 76 72 49

VINS

Charlotte Sère csere@christies.com

+44 207 389 2219

VOITURES

Oliver Camelin ocamelin@christies.com

+41 79 801 80 23

Inventaires

Tancredi Massimo di Roccasecca tmassimo@christies.com

+33 (0)1 40 76 83 70

Ventes Privées

Marion Clermont mclermont@christies.com

+33 (0)1 40 76 85 60

EUROPE & RÉGIONS

Europe francophone

MONACO

Nancy Dotta ndotta@christies.com

+33 (0)6 07 93 46 33

GENÈVE

Françoise Adam fadam@christies.com

+41 22 319 17 77

BRUXELLES

Astrid Centner acentner@christies.com

+32 (0)477 56 07 09

Grand Est

Olivier Scherberich oscherberich@christiespartners.com

+33 (0)6 07 48 84 89

Bretagne, Pays de la Loire, Normandie

Virginie Greggory vgreggory@christiespartners.com

+33 (0)6 09 44 90 78

Nouvelle-Aquitaine

Marie Janoueix

mjanoueix@christiespartners.com

+33 (0)6 07 77 59 49

Provence, Alpes, Côte d’Azur

Fabienne Albertini-Cohen falbertini@christies.com

+33 (0)6 71 99 97 67

Cannes & Toulon

Pichon & Noudel-Deniau

Maître Julien Pichon

Maître Thierry Noudel-Deniau contact@auctioncannes.com

+33 (0)4 93 39 01 35

Lyon

Médicis Enchères

Maître Clément Schintgen cschintgen@medicisencheres.fr

+33 (0)6 65 49 41 55

Montpellier

Hôtel des Ventes de Montpellier

Maître Bertrand de Latour

Maître Jean-Christophe Giuseppi contact@hdvmontpellier.fr

+33 (0)4 67 47 28 00

Toulouse

Marambat – de Malafosse

Maître Xavier Marambat

Maître François de Malafosse contact@marambat malafosse.com

Journées d’expertises gratuites et confidentielles

LIMOGES

Jeudi 5 mars

TOULOUSE

mardi 10 mars

LYON

+33 (0)5 61 12 52 02 Pour demander une estimation : Scannez ce QR code

mardi 17 mars

BORDEAUX

jeudi 26 mars

PÉRIGUEUX

mardi 1er avril

BERGERAC

mercredi 2 avril

LYON

jeudi 18 juin

NOS VENTES DU PRINTEMPS

24 MARS LA BIBLIOTHÈQUE POÉTIQUE DE JEAN PAUL BARBIER-MUELLER

25 MARS CHEFS-D’ŒUVRE DE LA COLLECTION VEIL-PICARD

25 MARS DESSINS ANCIENS ET TERRES CUITES

26 MARS MARCEL NIES ARTS D’AFRIQUE & D’OCÉANIE

DU 20 MARS AU 1er AVRIL COLLECTIONS ARTS DÉCORATIFS Vente en ligne

14 AVRIL DANS L’INTIMITÉ DE PIERRE BONNARD : COLLECTION CLAUDE TERRASSE

15 AVRIL RADICAL GENIUS

15 AVRIL 20TH/21ST CENTURY ART EVENING SALE

16 AVRIL ART CONTEMPORAIN

17 AVRIL ART IMPRESSIONNISTE & MODERNE

DU 8 AU 17 AVRIL ŒUVRES SUR PAPIER DE LA FONDATION PIERRE & TANA MATISSE

Vente en ligne

DU 13 AU 23 AVRIL ARTS D’AFRIQUE & D’OCÉANIE

Vente en ligne

26 MAI DESIGN PARTIE 1

27 MAI DESIGN PARTIE 2

DU 20 MAI AU 3 JUIN ART IMPRESSIONNISTE & MODERNE

Vente en ligne

HENRI MATISSE (1869-1954)

Couple romantique, 1931

Estimation : 40000 - 60 000 €

DU 20 MAI AU 3 JUIN ART CONTEMPORAIN

Vente en ligne

3 JUIN

ARTS D’AFRIQUE & D’OCÉANIE

10 JUIN ART D’ASIE

11 JUIN

MAÎTRES ANCIENS

PEINTURES & SCULPTURES

DU 29 MAI AU 12 JUIN MAÎTRES ANCIENS

PEINTURES & SCULPTURES

Vente en ligne

DU 29 MAI AU 12 JUIN ART D’ASIE

Vente en ligne

JAN MASSYS (1509-1575) & ATELIER

Bethsabée au bain

Estimation : 80 000 - 120 000 € ➝ MAÎTRES ANCIENS, 11 juin

HERMÈS

Birkin 40 HAC Patchwork

Estimation : 28 000 - 32 000 €

➝ HANDBAGS ONLINE: THE PARIS EDIT, du 16 au 26 juin

17 JUIN COLLECTIONS

ARTS DÉCORATIFS

18 JUIN COLLECTIONS DU CHÂTEAU DE TOURNAY LA BIBLIOTHÈQUE

DU 15 AU 24 JUIN

JOAILLERIE, PARIS

Vente en ligne

DU 16 AU 26 JUIN HANDBAGS: THE PARIS EDIT

Vente en ligne

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Christie’s France 9, avenue Matignon • 75008 Paris • Tél. +33 (0)1 40 76 84 12 • christies.com • christies.com/paris • ChristiesParis

Directeur de la publication Philippe Lemoine

Rédactrice en chef Pauline Camus

Direction marketing Aymeric de Drouas

Éditrice Marie Hélène Arbus

Coordination éditoriale Stéphanie Pioda

Création graphique Ingrid Mabire

Secrétaire de rédaction Françoise Mathay

Iconographie Marie Ophélie Tesson

Ont collaboré à ce numéro Carine Claude, Julie Chaizemartin, Jordane de Faÿ, Stéphanie Pioda

© Christie’s Images ltd est une publication Christie’s Dépôt légal mars 2026 • Toute reproduction est interdite • ISSN : 3076-7776 Imprimé en France

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Photo Credit: Jonathan Wilkinson P.63 © Hufton+Crow P.64 ©  Christie’s Images Limited / Courtesy Gerhard Richter P.65 © Juan Cruz Ibañez & Ezekiel Williams P.66 © Tony Fisher P.67 © Émilie Lebeuf

STATUE MONUMENTALE IMPÉRIALE EN BRONZE DORÉ D’UN MAÎTRE DE LA LIGNÉE DES KARMAPA

Chine, dynastie Ming, XVe siècle

Estimation : 800 000 - 1 200 000 €

➝ ART D’ASIE Christie’s Paris • 10 juin