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dKLIKK

LIFESTYLE MODE EVASION DECORATION ART DESIGN FOOD …

11# 05/082015

CERAMIQUE Dans le studio de Piet Stockmans

NOS INCONTOURNABLES

DIRECTION

Le Limbourg avec Frederik Delbart

LA LOUVIÈRE ville d’art

MODE

SUMMER INSPIRATION


EDITO Une édition sur la céramique, il y a longtemps que cela me taraudait. L’ouverture du Centre Keramis a confirmé cela. Souvent dans l’ombre de la peinture, la sculpture ou la photographie, nous avons voulu mettre en lumière cette technique qui fait pourtant partie de notre quotidien. Cela nous a aussi amené à découvrir une région et une ville méconnue de beaucoup d’entre-nous. Car il faut bien se l’avouer, si nous allons volontiers visiter des villes telles que Brugges, Bouillon, Ostende, Anvers, Liège, Bruxelles ou Mons cette année grâce à son «étiquette» de capitale européenne de la culture, une virée à la découverte du Limbourg, ce n’est pas la première idée qui nous vient à l’esprit, quoique… mais à La Louvière ! Terra Incognita pour beaucoup, on en a une image de région à la grise mine. Pourtant, La Louvière est une ville qui bouge, culturelINDISCIPLINE lement. Les gens y sont très chaleureux et Design by Quentin de Coster Photo © Christophe Sépulchre il y a une belle dynamique qui s’en dégage. Alors, pourquoi en ces temps de vacances qui approchent, ne pas jouer au touriste dans notre propre pays ? Découvrir les endroits insolites d’une ville, son architecture qui, parfois, se mérite, ses habitants et ses bonnes petites adresses gourmandes. Toute l’équipe vous souhaite de belles vacances placées sous le signe du soleil et de la découverte. On lève un peu le pied… Enfin pas vraiment car une idée nous taraude. On vous dit quoi très bientôt et on se retrouve à la rentrée pour, comme d’habitude en septembre, un numéro très design.

CONTRIBUTORS

ANCAT - ARLETTE - CHRISTINE INGRID - MARJORIE - MAXIME - MIRELLA


SOMMAIRE 7

L'OBJET

8

DÉCO

Elle nous fait voyager

10

22

NEWS

What's Up ?

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LES HUMEURS de Mimi

MODE Summer Inspiration


32 EXPO

The Belgians.

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BIENNALE

38

de la céramique d'Andenne

AGENDA

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42

BALADE Super Limbourg !

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CÉRAM

Art de la

VISITE

Dans le studio de Piet Stockmans

dKLIKK est un magazine bimestriel gratuit et édité par dKLIKK. dKLIKK tente d’assurer l’exactitude de toute information contenue sur le site, mais n’accepte aucune responsabilité pour des fautes ou omissions éventuelles. dKLIKK ne saurait être tenu responsable d’actions que vous entreprendriez en vous fondant sur les informations fournies sur le site. Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit des pages ou images publiées dans la présente sans accord préalable constitue une contrefaçon. Cette édition comprend des liens vers des sites web, des boutiques en ligne, des catalogues. Ces liens sont purement informatifs et l’éditeur n’est pas responsable du contenu de ces sites et de l’usage qui pourrait en être fait.


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LE MEILLEUR

DÉJEUNER

pour la faim spécial BBQ

Sur l'herbe

81

4 LIEUX pour flâner et se cultiver

58

DESSINE-MOI une assiette

MIQUE

a table

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CÉRAMIQUE

ENTREVUE Karien Evers

64

multiple

66

MUSÉE Le Centre Keramis

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LA LOUVIÈRE Ville d'art

Contact : dklikk@gmail.com Contact press : ingrid@dklikk.be Contact pub : dklikk@gmail.com Suivez nous sur www.dklikk.be


MODE D’EMPLOI En un clic, vous pouvez…

Visualiser des vidéos, Consulter le catalogue des diaporamas… d’un créateur, d’une marque…

Faire du shopping depuis votre salon.

dK & commenter, diffuser


L’OBJET

«2nd LIFE/VANITY» de Eve Vaucheret fait revivre des objets en céra-

mique qui sont en fin de vie. Vaisselle chinée, Eve leur offre une seconde âme grâce à une réimpression réalisée de manière artisanale à la main, utilisant la technique industrielle des décalcomanies. « Pour cette série, j’ai choisi des motifs qui parlent de la vie, de la mort et du changement d’identité. Sur certaines pièces, on sent la référence aux ‘Vanités’, ces tableaux du 17e siècle qui parlent du caractère éphémère de la vie.». En vente à «Effet Mérité», rue du Bailli 69 à 1050 Bruxelles http://vev-porcelaine.com


Une toile de Haby Bonomo a inspiré à Geneviève Levy le magnifique paysage de ce coussin en lin. Il nous donne envie d’évasion et nous invite à la poésie. Motifs «Jungle» pour les www.gl-edition.com manches en acrylique des couverts Sabre. www.sabre.fr

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Elégant et un peu kitsch, l’ananas noir en céramique de Pols Potten va en intriguer plus d’un. www.sitondesign.be

La déco nous emmène en

VOYAGE

Envie d’ailleurs ? De partir dans de lointaines contrées ? Plutôt jungle ou désert ? La déco nous fait voyager tout en restant dans notre canapé. On s’évade et on s’en met plein la vue avec les imprimés ethniques, exotiques et les couleurs franches et joyeuses. Inspiré du chatoiement de couleurs de Tahiti, le linge de lit Sleepy interprète ce thème en proposant un collage de blocs de couleurs vives ponctuées de motifs noir et blanc. La chambre à coucher respire la sérénité et l’équilibre. www.sleepy.be

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On part dans le Grand Canyon même si on est phobique des aiguilles ! Vase Cactus en céramique émaillée et texturée. On le ramène de Paris. Maison Aimable, 16/18 rue des Taillandiers. 75011 Paris

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Les bougies Kerzon, élaborées en France à partir d’une base de cire naturelle accompagnées d’une pochette parfumée de la même senteur, à glisser, par exemple dans sa valise, nous emmènent en voyage en Méditerranée. Menthe & thé, ambre & épices ou amande & miel, le dépaysement est garantit. www.kerzon.fr Une terrasse, le soleil, un campari…what else ? Campari Bar est une nouvelle version de la Campari Light. Au-dessus des dix bouteilles originales de Campari Soda se trouvent des glaçons en verre qui reflètent la lumière. Design Raffaele Celentano pour Ingo Maurer. www.leseclairagistes.fr

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Mug, plateau ou boîte en fer pour conserver votre sucre par exemple, les toucans et autres oiseaux vont vous faire voyager au coeur de la forêt tropicale. www.ambianceetstyles.com


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NEWS

TALE ME S’OFFRE UNE BOUTIQUE PHYSIQUE Tale Me, c’est un service de location de vêtements pour enfants de 0 à 3 ans. Parce que nos bambins grandissent vite, qu’on veut le meilleur pour eux et donc, de belles matières bio et des coupes avec lesquelles ils peuvent bouger à loisir, on adore le principe. On souscrit un abonnement, on choisit les vêtements, on reçoit le colis et sitôt les vêtements trop petits, on les change. Tout nouveau, un showroom vous accueille à Bruxelles, parce que voir et toucher, c’est mieux ! Alors si vous êtes jeunes parents, on ne peut que vous conseiller de découvrir Tale Me, parce que c’est beau, c’est belge, c’est écoresponsable et ça donne du sens aux vêtements ! Tale Me : rue des Tanneurs 62 - 1000 Bruxelles Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 10h à 16h

WHAT’S UP ? www.taleme.be

LORSQUE L’ÉLASTIQUE SE FAIT BIJOU

Voici un petit gadget qui va révolutionner la vie de toutes celles qui portent les cheveux longs. Plus besoin de chercher un élastique, il se porte dorénavant autour du poignet et est intégré à un joli bracelet ! www.bittersweet.is

© photo : www.notallaboutfashion.com


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NEWS

UNE REINE POUR UNE POUBELLE Brabantia s’associe à la «Reine de l’imprimé», la créatrice irlandaise Orla Kiely. Son motif au graphisme végétal, célèbre dans le monde entier, a pris racine sur la poubelle Rétro tout aussi emblématique de Brabantia. www.brabantia.com

LA PETITE CULOTTE SORT DU PLACARD Marie Bigoudie, ce sont des accessoires et du prêt-à-porter colorés, sympas et rigolos créés par la pétillante Marie. On craque complètement pour les T-shirts espiègles qui nous font montrer notre petite culotte en toute occasion. Parce que dans la vie, il faut mettre de la bonne humeur, on shoppe sur le net les accessoires signés Marie Bigoudie et si on craque pour un de ses vêtements, on file la rencontrer sur les différents marchés de créateurs belges ou français ! www.mariebigoudie.com


NEWS dklikk#12

LABO SABO, UNE NOUVEAUTÉ DANS LES ACCESSOIRES BELGES La créatrice gantoise Maïté Sabo lance sa marque d’accessoires : Labo Sabo. Alliant équilibre parfait entre matières de qualité, couleurs ludiques et usage fonctionnel, elle nous propose, pour sa première collection, des sacs à main pratiques et colorés, un élégant sac à dos et une housse pour avoir votre téléphone autour du cou. Toujours à la recherche de solutions ciblées pour la commodité de ses créations, il émerge parfois des idées un peu décalées qui rendent le résultat ludique. www.labosabo.com

POUR DÉCOUVRIR LES TALENTS DE DEMAIN ET POUR TOUS LES FÉRUS DE MODE : LE RENDEZ-VOUS À NE PAS MANQUER ! La 27e édition du défilé La Cambre-Mode[s] aura lieu les 5 & 6 juin aux Halles de Schaerbeek. On réserve ses places au 070 252 020 ou sur www.sherpa.be www.lacambremode.com

N SE RUE R O , N I U J 28 PPE DU 25 AU HEN POUR SHO SC S CHEZ TA S DE DESIGNER N RE E DE PAI DES LIV É H C U O EB POUR UN e Lebeau à ru nd Sablon, ra G , n e h c à 20h. Tas ert de 10h v u O . s e ll e 1000 Brux 20h. e de 12h à h c n a im d Le


UN NOUVEAU CONCEPT STORE À NAMUR OÙ SHOPPER & SE RESTAURER BELGE ! Les concept stores ne vendant que du belge fleurissent un peu partout dans notre pays. Le belge à la cote et c’est tant mieux ! Namur n’avait pas encore sa vitrine 100% noir, jaune, rouge et grâce à Héloïse & Thibaud, c’est chose faite. Le principe de l’Empreinte Belge est simple : rassembler sous le même toit un maximum de créateurs belges francophones, germanophones ou néerlandophones. Au programme : déco, accessoires… mais aussi produits de bouche. Vous pourrez y trouver, entre autres, les créations joaillerie de L’Aire et ses bijoux en papier, les boutons-pressions de Passion Deco’line pour varier les plaisirs, les badges typiquement belges de Natacha et Arthur «Belge une fois», les luminaires de Natelier, les meubles modulables JGM Design, les fromages Caseine, les liqueurs de Mic’s, les délicieux macarons de Frédérique, le bon vin belge (hé oui, les belges ont leur vin et champagne du domaine viticole du Chenoy…) Le petit plus, un coin dégustation où l’on peut se restaurer 100% belge. Que les plus pressés d’entre nous n’aient crainte, tous les bons plats belges sont à emporter. Nul doute, l’Empreinte Belge va très vite devenir the place to be à Namur et un dimanche par mois, le brunch sera belgo-belge. On les suit sur FACEBOOK pour être tenu au courant des différents événements et workshop. L’Empreinte Belge : rue Godefroid 22, 5000 Namur Du lundi au jeudi de 10h à 18h. Du vendredi au samedi de 10h à 20h30 http://lempreintebelge.wix.com

BIENTÔT LES VACANCES Et pour ne pas encombrer ses valises, la collection Domo By Air-collectie vous propose un tas d’accessoires de voyage allant du sèche-cheveux au rasoir de poche en passant par le podomètre, les haut-parleurs et un pése-bagages… en format pratique & mini. http://www.domo-elektro.be


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NEWS

ON SE FAIT UNE TERRASSE ? Situé à l’orée de la Forêt de Soignes, on goûte et on respire dans ce tout nouveau lieu de verdure «Au Grand Forestier». En cuisine, Pascal Golbet travaille façon «tout frais, fait maison» avec des produits locaux directement venus d’ ateliers d’artisans belges. Par journées ensoleillées, on profite de la belle terrasse. Que demander de plus ? Au Grand Forestier 2, avenue du Grand Forestier 1170 Watermael Boitsfort. www.augrandforestier.be

BEAUTÉ, ET SI ON S’ESSAYAIT À LA SLOW COSMÉTIQUE ?

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Le nom de Julien Kaibeck ne vous est certainement pas inconnu. On le voit sur nos petits écrans, notamment à la RTBF, dans l’émission «Un gars, un chef». Expert en aromathérapie et cosmétique naturelle, Julien milite pour une cosmétique plus écologique, plus saine et plus honnête avec les consommateurs. Pour ce faire, il a fondé l’Association Slow Cosmétique et défend un mode de consommation de la beauté plus raisonnable, écologique et naturelle : la Slow Cosmétique. On peut retrouver tous ses conseils sur son blog : www.lessentieldejulien.com et depuis la fin du mois d’avril dans un livre qu’il a écrit avec la paysagiste-herbaliste, Mélanie Dupuis : «Slow cosmétique, le guide visuel». Rassemblant les trois grands principes de la Slow Cosmétique c’est à dire revenir à l’essentiel, réapprendre les bons gestes et faire simplement ses produits de beauté maison, ce guide simple, clair et parfait pour les débutant(e)s nous apprendra à décrypter les étiquettes des cosmétiques. Les 10 ingrédients de base de la beauté slow n’auront plus de secrets pour nous et on pourra réaliser nos recettes maison de démaquillant, shampooing, déo, rouge à lèvres… avec, bien entendu une foule d’astuces et de conseils. Le tout, superbement illustré. Alors les filles, on s’y met ? www.editionsleduc.com www.slowcosmetique.com


LE COMPAGNON IDÉAL Didier, un joli guéridon multifonctions qui, au gré des besoins ou des envies, devient table d’appoint, bout de canapé, banc, porte-revues… D’allure scandinave, et robuste, il se décline en blanc, noir ou gris, apportant une petite touche d’originalité dans vos intérieurs. www.stampedition.com

LE MUST HAVE DE L’ÉTÉ C’est tout nouveau, c’est belge et nul doute que ce sera l’indispensable de la saison. Caroline, d’origine namuroise, lance sa première collection de manchettes. Fabriqués à la main, jouant sur les matières et les couleurs, nul doute que ces bijoux exclusifs «made in Belgium» portant le nom de jolies villes bien de chez nous sublimeront votre jeans en journée ou votre petite robe du soir. Allez faire un petit tour sur le site et dites nous si vous êtes plutôt Knokke, Dalhem, Namur, Uccle ou Latem… www.inui.be

VU A MILAN Pour des moments tout en poésie, la lampe Moti du studio hollandais Toer. Lorsqu’on l’allume, elle se gonfle doucement, comme un ballon de baudruche. Ensuite, selon l’atmosphère qui règne dans la pièce, elle oscille. Doucement lorsqu’il fait calme et paisible. Un bruit soudain, elle frisonne. www.studiotoer.com

Prenez deux minutes pour admirer Moti et visionner la courte vidéo. C’est magique !


Les humeurs de Mimi

LA TYRANNIE des régimes Par Mirella Cara

J

’ai cru que les bras allaient m’en tomber : dans mon programme télé - que je ne citerai pas - un article sur le régime ! Enfin, non, pas LE régime. C’est plus pernicieux que ça, l’article s’intitule: «Maigrir, c’est d’abord dans la tête». Vous, je ne sais pas, mais moi, lorsque j’ouvre un programme télé, c’est pour y lire des nouvelles de mes stars préférées. Pas pour qu’on me parle de la taille de mes fesses et qu’on me culpabilise d’en avoir. Des fesses. Déjà que la presse féminine ne parle que de ça tout au long de l’année, des saisons... et ce, chaque année. Et que moi, comme vous, on la lit cette presse, alors retrouver les mêmes conseils exactement là où je pense pouvoir tourner les pages sans culpabiliser de ne pas avoir la bonne taille de pantalon, de veste, ou de ne pas avoir le bon rapport taille poids, de ne pas avoir la bonne attitude “food”, merde !

Déjà que certaines changent de régime comme de revue, ou comme de lubie, et maltraitent leur corps comme s’il s’agissait juste d’un jeu, si “on” se met à nous en parler absolument partout, où allons- nous ! ? Avant il fallait être mince “parce que”. Maintenant on nous matine la chose de psychologie, de bonne santé. Lorsque Maggie De Block, a été promue au poste de ministre de la santé… tollé auprès d’une frange de la population sans doute bien pensante qui a estimé à grand coup d’articles en tous genres qu’il était inacceptable d’avoir une ministre de la santé obèse ! Et pourquoi donc me dis-je ?? Parce qu’à compétence égale, dans notre pays (mais aussi dans tout l’occident), on choisira toujours la femme au tour de taille le plus serré. Comme si un surpoids était signe d’incompé-


tence. En fait, non, ce n’est pas «comme si», c’est un fait. La grosse (ou le gros) à d’office un regard méfiant posé sur lui. Là où, à une époque, l’embonpoint était un signe de réussite sociale, de nos jours, c’est plutôt un signe de paresse, de lenteur intellectuelle (pour ne pas dire de bêtise) et de pauvreté. Il est bien connu que le pauvre est con, qu’il ne se nourrit que de junk food et qu’il n’en touche pas une… Aaah que les stéréotypes ont la vie dure… Merci au final Maggie ! Parce que notre ministre, non seulement n’a pas prêté flan à ces critiques, ou si peu (bien qu’il est tout à fait imaginable qu’elle les ait reçues en plein cœur), mais elle a fait son travail avec des résultats et tout à coup, plus personne ne parle. Et plus personne ne fait référence à son poids. Mouchés les bien-pensants !

de dire que oui, je m’efforce de maigrir, mais je n’y arrive pas.

Mais revenons à notre niveau, celui de la rue. Celui qui est le nôtre jour après jour lorsqu’on ne fait pas une taille 36.

Si je ne maigris pas c’est que je me mange. POINT. Et que je ne me dépense pas suffisamment. Ouais…

Ce qui est mon cas. Les années «avec» j’affiche un joli 38-40. Les années «sans» je passe au 44. Et là, je suis entre les 2. Pas vraiment dans le contrôle – parce qu’il s’agit de ça au fond – et pas vraiment dans l’anarchie alimentaire. Et j’en suis à me torturer les méninges, à entrer dans une sorte d’introspection du : «et pourquoi je m’impose tout ça ?», mais avant cette simple question, je m’en posais une autre, plus vicieuse celle-là : «pourquoi je ne maigris pas ???» Parce que ! Parce que socialement, il est plus facile d’être dans une sorte de norme, celle du mince, du poids santé, plus facile de dire «moi, la salle (de sport) c’est 3x par semaine», la grande mode étant également de courir. Ah non, zut, on ne dit plus bêtement «je cours» on dit «je fais du running» plus smart, plus hype, plus branché… Mais c’est aussi plus acceptable

Et donc fleurissent des articles psy sur «Pourquoi je cours ?», sur «Pourquoi je ne maigris pas», sur «Calculez votre IMC»… Pourquoi ? Il semble que dorénavant, il faille tout expliquer, tout comprendre, tout maîtriser. Et donc, lorsque je ne maigris pas, ou, que je ne maigris plus, c’est selon, je vois, ça et là, des articles qui me disent que je ne dois pas torturer mon corps, ni l’affamer, que le blocage est dans ma tête… Et que dire lorsque sciemment, je ne «fais pas régime» !? Vous avez déjà prêté attention aux regards posés sur une personne disons ronde au fastfood qui n’est pas attablée devant une salade? Ça vaut le coup d’œil…


Bien sûr qu’il y a la thyroïde, bien sûr qu’il y a le métabolisme propre à chacun, et puis, chez les femmes, toutes ces étapes - adolescence, grossesses, ménopause - qui font que ce qui est bien pour vous, ne l’est pas forcément pour moi, même s’il faut se rendre à l’évidence, et pour paraphraser mon père - Salut p’pa ! – «si tu ne remplis pas ton ourte, elle ne grossit pas ». C’est un fait. Simple, net, précis. Le bon sens populaire. Sauf que c’est beaucoup plus compliqué que ça ! Et ces sacro-saints articles qui chaque année me parlent du dernier régime à la mode. Du médecin, souvent américain, qui a révolutionné le monde du régime et qui a découvert LA molécule bouffeuse de graisse !

Pour info, cette année, nous sommes au Minnesota et c’est de café vert dont il s’agit. Et vous savez ce qu’il fait le café vert ? Non…? Il permet aux obèses de perdre beaucoup de poids sans faire de régime et sans faire d’exercice tout en restant en bonne santé ! C’est comme si ce café vert transformait le corps en machine à brûler les calories… Et vous y croyez vous ? Moi, non ! Pour ce qui est de la dernière lubie des stars toujours plus minces, c’est quoi ? C’est de se nourrir de pots pour bébés. Oui, oui, Jennifer Aniston et Reese Witherspoon ne se nourrissent que de ça. Il faut quand même en manger une dizaine par jour. Et c’est qui qui a eu cette brillante idée ? Une certaine Tracy Anderson, coach pour cé-


“Pourquoi je ne pourrais pas ressembler plus à une femme peinte par Renoir ou Botero qu’ à une Kate Moss…” lébrités. Américaine elle aussi. Facile pour ces personnalités de s’affamer de la sorte : elles travaillent peu, ont une batterie d’employés pour torcher le dernier-né, faire les courses, le ménage et ont donc tout le loisir de s’occuper de leur petite personne, avec coach perso en prime. Jusqu’à ce qu’elles en aient toujours les moyens toutefois  ! Parce que moi, ce qui m’éclate, c’est de voir ces «avant-après» des «stars» retombées dans l’oubli et qui donc, ont laissé tomber la gym, le coach perso, les régimes de dingues et qui sont retournées à la vraie vie des anonymes. Souvent on a peine à les reconnaître… Mais la masse s’identifie. La masse veut ressembler. La masse veut une part du rêve. Et donc la masse singe. Et si on arrêtait tout ?

Je veux dire par là, si ma santé est bonne, et elle l’est, si je ne mets pas mon cœur, l’organe, en danger, si je me sens bien, si je trouve du plaisir à ne pas manger uniquement des feuilles de salades et du blanc de poulet, ou pire des pires : des poudres immondes que je mélange avec de l’eau, du lait de soja ou que sais-je encore ou des plats préparés par une célèbre marque de régimes «clé en main»… Pourquoi je ne peux pas juste opposer mes rondeurs à cette dictature de l’os saillant ?! Pourquoi je ne pourrais pas ressembler plus à une femme peinte par Renoir ou Botero qu’à une Kate Moss photographiée par les plus grands photographes et qui se met plus de cocaïne (très efficace comme coupe-faim paraît-il) dans les narines que je ne pourrais jamais en voir de toute ma vie? Qu’est-ce qui m’en empêche ?


Moi-même sans doute. Et cette idée saugrenue qu’un vêtement tombe mieux lorsque que l’on fait une taille 34 ou 36 ! Dixit le Karl (Lagerfeld) Et qui dessine la mode ? Essentiellement des hommes. Homosexuels. C’est dire si le corps d’une femme leur est étranger. Pourquoi le regard de mon amoureux ne me suffit pas à calmer cette espèce d’hystérie que je partage avec un grand nombre ? Il suffit de jeter un regard dans la rue pour se rendre compte que justement, il y a peu d’uniformité. Il n’y a que dans ces images d‘ Epinal qu’on trouve cette unité de taille. Et moi, comme beaucoup, suis tentée de loucher par là. Pourtant nous savons tous que c’est de l’utopie. Nous le savons bien. Nous ne sommes pas bêtes. Nous sommes instruit(e)s. Nous avons lu, nous avons appliqué notre esprit critique. Mais voilà, le matraquage est efficace. Et il commence tôt ! À lire les enquêtes sur ces

gamines prépubères qui déjà montrent des signes de troubles alimentaires… Pauvres de nous : trop gros ça ne va pas. Mais trop maigres ça ne va pas non plus ! Arrêtons tout. Quelle que soit notre silhouette. J’ai l’habitude de dire qu’il y a assez d’air pour tout le monde, à ça j’inclus les grosses, les minces, les entre-deux, les « pas tout à fait ». Des lignes de vêtements pensent aux femmes et à leurs courbes. Des sites de ventes en ligne spécialisés mettent en avant des modèles qui, au choix, subliment les courbes ou les cachent. Personnellement, je préfère sublimer les courbes que la nature et ma gourmandise ont façonnées. Ceci étant dit, il est quand même dommage de voir que ces sites, ces campagnes de pub, ces campagnes de sensibilisation, puisque c’est un peu de ça dont il s’agit tout de même, traite la normalité – dans le sens de ce qui est concerné par le plus grand nombre - comme une exception.


On s’extasie sur les top-model des années 80 qui avaient des hanches, des cuisses et des seins. Sauf que Kate Moss (mais non, je ne fais pas une fixation, j’essaie de comprendre) est élue top-modèle le plus sexy au monde pour la 2e année consécutive ! Moi, si je pouvais je voterais plutôt pour Kate Winslet qui, elle, avait été élue «femme la plus belle au naturel», par un site web anglais en 2009. En même temps, il faut comparer ce qui est comparable : j’oppose une mannequin à une actrice. Qui prête aussi son image pour des montres… bref, voilà exactement ce qu’il ne faut pas faire : lorgner et admirer pour autre chose que ce qu’elles font : porte-manteau pour l’une, joueuse de comédie pour l’autre. Ce qui n’est définitivement pas le quotidien du plus grand nombre. À une époque où il n’y a ni dieux ni maîtres, il est aisé de se retourner sur une icône au sens strict du mot, comme au début de l’Histoire des Hommes, aduler quelque chose qui n’existe pas, qui est au-dessus des lois biologiques humaines. Mais la vérité est toute simple : si je veux du muscle : je dois soulever de la fonte, si je veux être mince, je dois m’affamer et bouger. Et si je ne veux pas perdre de temps avec tout ça, je n’ai qu’à vivre : la nourriture sert à faire fonctionner un corps. La gastronomie a mis du plaisir dans nos assiettes. La vie est courte. Qu’elle dure 50 ou 80 ans, c’est toujours trop court de toute façon, donc, moi, je dis zut aux régimes. Je dis zut à la dictature du mince. Je dis zut à la tyrannie des os saillants. Je fais attention à maintenir mon corps en bon état, je me fais plaisir en marchant avec les copines (et non plus à faire du running), je me fais du bien en cuisinant des plats à base de produits frais et de saisons (ça m’évite de manger n’importe quoi issu de l’agro-alimentaire bourré de sel et d’ingrédients pas très définis) et j’envoie valser toute cette littérature qui se répète et qui soliloque. Et si votre plaisir est de vous épuiser à courir, faites-le ! Mais pour votre propre plaisir. Pour vous, votre bien-être mental, physique, et pas pour atteindre un idéal dicté par on ne sait plus trop qui, au nom d’on ne sait plus trop quoi, mais qu’on retrouve sous le dénominatif « société de consommation ».


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SUMMER INSPIRATION

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9 12 TO THE BEACH 1. Silhouette Twin Set - 2. Fred de la Bretonière - 3. Kiwi St Tropez - 4. IKKS - 5. Sacha - 6. Calzedonia 7. E(X)it - 8. Paul Smith - 9. Banana Moon - 10. Kiehl’s - 11. Biotherm - 12. Lancôme.


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12 ETHNIC 1. Silhouette Xandres - 2. Inui - 3. Pepe Jeans - 4. Xandres - 5. Kanna - 6. Sam Edelman - 7. IKKS - 8. Pepe Jeans 9. Deepa Gurnani - 10. Banana Moon - 11. 8PM - 12. Sacha


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FLOWER POWER 1. Silhouette Zalando - 2. Garcia Jeans - 3. Zalando - 4. Springfield - 5. Pepe Jeans - 6. Swarovski - 7. Ice Watch 8. Delphine Quirin - 9. Calzedonia - 10. Sacha - 11. Liu Jeans


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SUMMER INSPIRATION

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1. Silhouette American Vintage - 2. Liu Jo - 3. Hampton Bay - 4. Sacha - 5. Barons Papillom - 6. Filippa K 7. Labo-Sabo - 8. Especes - 9. Xandres - 10. Liu Jo - 11. Sacha - 12. Sacha


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SUMMER INSPIRATION

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BLACK & WHITE 1. Silhouette Filippa K - 2. Esprit, collection capsule x Caroline Blomst - 3. Vans x & Other Stories 4. Superpieceofchic - 5. & Other Stories - 6. Twin Set - 7. Dorothee Schumacher - 8. IKKS - 9. Sacha


AF Vandevorst AW 2015 Š Ronald Stoops


dklikkAGENDA#21

EXPO

THE BELGIANS. An Unexpected Fashion Story Décidément, la mode est à la mode ou plutôt à des expositions sur la mode et ses créateurs. Dries Van Noten au Momu à Anvers (jusqu’au 19 juillet 2015), Paul Smith au Modemuseum à Hasselt (jusqu’au 7 juin), Jean-Paul Gaultier au Grand Palais à Paris (jusqu’au 3 août 2015), Alexander McQueen au Victoria and Albert Museum à Londres (jusqu’au 2 août)… c’est au tour de Bozar à Bruxelles de nous présenter une grande exposition consacrée au parcours et à la réussite des créateurs de mode belges et… on adore ça ! Une occasion de s’intéresser de plus près à l’ADN de la mode belge en mettant en lumière le travail d’une centaine de designers, des premiers pionniers à la génération actuelle.


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epuis les années 80, la présence des créateurs de mode belges sur la scène internationale est indéniable. À l’image des «Six d’Anvers», les créateurs belges d’aujourd’hui rencontrent un succès international considérable. Depuis plusieurs décennies, nos compatriotes sont reconnus dans le monde entier pour leur professionnalisme, leur expertise, ainsi que pour la qualité et la maîtrise technique de leurs créations. Cette exposition s’intéresse de plus près à l’ADN remarquable de la mode belge et à ce qui la rend si unique. Elle nous fait découvrir l’histoire de la mode belge structurée selon différentes thématiques : depuis sa naissance à la fondation des premières maisons, en passant par les débuts prudents de jeunes créateurs, le succès des «Six d’Anvers» dans les années 80, la génération avant-gardiste, les réussites internationales, le développement des écoles, de l’industrie, ou encore la signature personnelle des créateurs belges... Au total, plus de 100 designers seront abordés, notamment Raf Simons, Martin Margiela, Ann Saelens, Ann Demeulemeester, Walter Van Beirendonck, Natan, Tim Van Steenbergen, Jean-Paul Knott, Olivier Theyskens, Veronique Branquinho, Jean-Paul Lespagnard, Diane von Furstenberg, Anthony Vaccarello, A.F. Vandevorst, Haider Ackermann, Bruno Pieters, Annemie Verbeke, Kris Van Assche, Marina Yee et beaucoup d’autres.


Ann Demeulemeester SS 1982 Š Patrick Robyn 1982


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EXPO

Martin Margiela Men SS 1999


Raf Simons SS 1998 © Ronald Stoops

L’exposition The Belgians : An Unexpected Fashion Story est unique, car elle analyse en profondeur la mode belge avant et après les Six d’Anvers qui ont fait fureur dans les années 1980. «Depuis ces dernières décennies, aucune autre exposition sur la mode n’a choisi une telle approche», explique Didier Vervaeren, commissaire de l’exposition. Cet ancien directeur artistique chez Delvaux, la célèbre marque de sacs à main, enseigne aujourd’hui à La Cambre et est expert en mode chez MAD Brussels, le Centre de la Mode et du Design. SUMMER OF FASHION Et ce n’est pas tout. Parallèlement à l’exposition se déroulera le festival multidisciplinaire Summer of Fashion dans divers lieux à Bruxelles. L’occasion de s’intéresser à d’autres disciplines artistiques liées à la mode dont les portraits de Vivienne Westwood par Jürgen Teller, un week-end cinéma consacré à des documentaires sur la mode, l’installation Bellissima sur la mode italienne de 1945 à 1968 et une exposition sur le bureau d’architecture V+, qui a dessiné les nouveaux bureaux de MAD Brussels… The Belgians. An Unexpected Fashion Story Du 5 juin au 13 septembre 2015 Bozar - Palais des Beaux Arts, rue Ravenstein 23 à 1000 Bruxelles Infos : www.bozar.be - www.madbrussels.be


A VOIR dklikkAGENDA#38

BRUXELLES

PARIS

Pierre et Gilles - Stromae Forever, 2014 Courtesy of the artists and Galerie Daniel Templon, Paris-Brussels

ICÔNE(S) Image vénérée et emblématique, statut d’idole ou représentation mentale puissante, une icône incarne l’âme profonde d’une époque, son caractère intemporel. Elles sont source d’inspiration infinie pour les artistes contemporains qui les réinterprètent et se les réapproprient pour créer de nouvelles images. À ce titre, Pierre et Gilles qui sans cesse jouent avec l’imagerie de nos fantasmes contemporains et passés et symbolisent idéalement Icône(s) ont été conviés à la Maison Particulière. À leurs côtés, où pourra admirer des oeuvres de quatre couples de collectionneurs s’étendant de l’art ancien et religieux à l’art contemporain et la bande dessinée. > 05.07.15 La Maison Particulière Rue du Châtelain, 49 1050 Bruxelles www.maisonparticuliere.be

LONDRES

Sonia Delaunay «Electric Prisms» 1913 Davis Museum at Wellesley College, Wellesley, MA, Gift of Mr Theodore Racoosin © Pracusa 2014083

PIERO FORNASETTI : LA FOLIE PRATIQUE

THE EY EXHIBITION SONIA DELAUNAY

Présentée dans la grande nef, cette première rétrospective consacrée au designer Piero Fornasetti regroupe plus de mille pièces du créateur puisées au coeur de ses incroyables archives. Brossant le portrait de ce créateur qui fut peintre autant que décorateur, imprimeur et éditeur, collectionneur et marchand, on entre dans son univers décoratif théâtralisé et on se laisse emporter par ses sujets empreints de poésie et de fantaisie, jouant de trompe-l’oeil, d’illusions, de paysages métaphysiques, de figures décalées de la Commedia Dell’arte et de visages énigmatiques et lunaires déclinés en de multiples variations. > 14.06.15 Les Arts Décoratifs Rue de Rivoli 75001 Paris www.lesartsdecoratifs.fr

Sonia Delaunay, l’une des figures de proue du mouvement d’avant-garde parisien, est à l’honneur à la Tate Modern ou une rétrospective de son oeuvre lui est consacrée. Sonia Delaunay, l’une des femmes les plus respectées et les plus vénérées sur la scène européenne abstraite a fait rapidement impression avec ses peintures qui célèbrent la technologie, la vie urbaine et le monde moderne du mouvement. Elle a collaboré avec son mari Robert Delaunay et, ensembles, ils ont développés une nouvelle manière inventive d’explorer la théorie des couleurs. Vous pourrez découvrir au travers de cette exposition la gamme considérable de sa production. > 09.08.15 Tate Modern Bankside - London SE1 9TG www.tate.org.uk


MARSEILLE

HORNU

ROUBAIX

Bernard Rancillac, La Fiancée de l’espace, 1965 © Adagp, Paris 2015

«Les registres du Grand Hornu» - Christian Boltanski © Mirjam Devriendt

© photo : Julie Ansiau

FUTURS, DE LA VILLE AUX ÉTOILES. MATISSE, MIRÒ, CALDER…

CHRISTIAN BOLTANSKI «LA SALLE DES PENDUS»

NATHALIE L’ÉTÉ «MES (PETITES) HISTOIRES…»

Au XX s., l’avènement de la science et son emprise dans les domaines de l’industrie, de la technologie et de l’architecture, ont inspiré nombre d’artistes. Par voie d’anticipation et d’évasion les représentations artistiques véhiculent une esthétique visionnaire, imaginant ce que pourrait être le futur ou ce qu’aurait pu être le présent. Des premières représentations des nouvelles métropoles à la fascination de la conquête spatiale, l’exposition rend compte de l’intérêt des artistes pour les innovations dans les domaines de l’architecture, de la robotique et de l’imagerie spatiale. 22.05.15 > 27.09.15 Centre de la Vieille Charité Rue de la Charité, 2 13002 Marseille www.futurs.marseille.fr www.grandpalais.fr

« Les registres du GrandHornu » de Christian Boltanski est la 1ère pièce produite et acquise pour la collection du MAC’s. Elle est devenue depuis sa pièce emblématique. Dans le cadre de Mons 2015, Le MAC’s propose à Christian Boltanski sa première grande exposition muséale en Belgique. «Les Registres du Grand-Hornu» y tiennent bien entendu la place qu’ils méritent. Le reste de l’exposition continue à explorer les thèmes de la mémoire et du souvenir en proposant une série d’installations réalisées à base de vêtements, matériaux évoquant aussi chez lui le thème de la mort. > 16.08.2015 MAC’s Rue Sainte-Louise 7301 Hornu www.mac-s.be

e

Avant tout créatrice, le travail de Nathalie Lété est inspiré par son enfance et son histoire personnelle. Ses oeuvres, profondément ancrées dans un imaginaire fait de contes, de références à ses origines chinoises et allemandes, de réminiscences de peurs ou de joies enfantines sont réalisées indifféremment en céramique, textile, papier, bois, peinture, dessin… La Piscine donne carte blanche à cette créatrice de grand talent, reconnue par ses pairs, pour qu’elle installe dans la grande salle d’exposition temporaires son monde imaginaire entre cabinet de curiosité et village allégorique. > 21.06.15 LA PISCINE Rue de l’Espérance 59100 Roubaix www.roubaix-lapiscine.com

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A VOIR


BIENNALE de la céramique

BCA 2012 - Serge Dos Santos, France © Vincent Bolly

d’Andenne

Le rendez-vous incontournable de la Céramique se tient à Andenne ce 24 et 25 mai avec la 14e édition de la Biennale de la Céramique. Depuis 25 ans, celle-ci met en valeur l’art de la céramique, la ville, renouant ainsi avec l’une de ses plus anciennes traditions, celle qui remonte au temps des fabriques de faïences et porcelaines qui ont marqué la vie industrielle de la cité.


I

nitié en 1988 au départ d’un marché de potiers, le fameux «Viens voir un pot», cet événement culturel s’est au fil du temps internationalisé et institutionnalisé. Il est devenu l’étape belge incontournable de la création en matière de céramique contemporaine et draine des milliers de visiteurs dans la cité mosane. Si aujourd’hui la manifestation prend le parti de l’expression contemporaine, elle n’oublie pas de rendre visible la céramique utilitaire si appréciée par le public. Au programme, des animations, conférences, démonstrations, ateliers pour enfants, des créations et performances et un parcours-expositions qui se dérouleront dans divers lieux d’Andenne. Dans le centre historique de la cité, plus de 75 potiers, venus de différentes régions d’Europe, vous

proposeront une exposition-vente en plein air où chacun pourra admirer et pourquoi pas, acquérir, l’objet rare qu’il recherche. Cette année verra la participation de 40 artistes développant une démarche de création contemporaine à travers trois expositions : une exposition collective, une exposition sur le thème «Frontière», ainsi qu’une exposition des céramistes mexicains. MEXIQUE, LE PAYS À L’HONNEUR Autour de Gustavo Perez, accompagné de 10 artistes et d’Adan Parades entre autres, le Mexique se dévoilera sous ses aspects les plus divers : de l’héritage traditionnel qui participe à la richesse de son patrimoine aux réflexions nouvelles sur le design et les formes.

BCA 2010 - Marché des potiers

BCA : Biennale de la céramique d’Andenne les 24 & 25 mai 2015 de 10h à 19h EXTENSION DES EXPOSITIONS CONTEMPORAINES jusqu’au 7 juin 2015 POINT INFO CENTRAL : Place des Tilleuls Navettes gratuites entre les lieux d’expositions BCA 2010 Démonstration

www.biennaledelaceramique.be


SUPER LIMBOURG Par Marjorie Vandriessche


Le Limbourg. Une province nichée aux confins de la Flandre, dans un coin sur la droite à côté de Liège et des cantons germanophones. En bonne bruxelloise que je suis devenue, je ne quitte que très difficilement mon quartier. Alors... Visiter le Limbourg, n’en parlons pas !

C

’est à peine si je connaissais la gare de Hasselt pour me rendre au Pukkelpop. Pourtant, ma curiosité était piquée à vif ; on parle de plus en plus des expositions du MOMU, du soutien aux jeunes créateurs, et des initiatives originales comme le festival Beyonderground, dédié à la création graphique. De sa région, Frederik Delbart, un jeune et talentueux designer originaire d’Alken, en est

particulièrement fier. Il est le guide tout désigné pour nous montrer les spots les plus intéressants du moment. HASSELT L’AMBITIEUSE Arrivés à la gare de bon matin, nous nous demandons ce que la ville a à nous offrir. Les petites rues étroites encerclées par le «boulevard vert» paraissent bien calmes en cette fin de semaine. L’architecture des maisons basses est quelque peu disparate. Ça fleure bon le pain saucisse...


MMH - Paul Smith © K. Vrancken

Jour de marché aux abords de la Kolonel Dusartplein. Un peu plus loin sur l’esplanade, a été installée une œuvre monumentale en béton; une quarantaine de reproductions gigantesques de casques de combat comme autant de communes limbourgeoises qui ont pris part à la Grande guerre. Le résultat est impressionnant et d’une simplicité désarmante. Bien malins sont les Hasseltois car ceux-ci ont investi dans la culture et la ville n’a jamais autant rayonné par ses expositions pointues dans la mode et dans le design. Pour notre plus grand bonheur, au moment de notre visite, nous avions le discret et génial Konstanin Gric et le loufoque et très british Paul Smith sur un plateau. Tous deux présentés respectivement au Z33 et au musée de la mode. L’année dernière, la ville a synchronisé sa programmation culturelle avec sa voisine plus industrielle mais non moins ambitieuse, Genk. Pour le plus grand bonheur des amateurs d’art. Frederik nous fait découvrir le très charmant Zuivelmarkt, un ancien béguinage qui compte en son sein le renommé centre d’art contemporain Z33, la Cultuurplatform et... le Musée du genièvre.

MMH - Pauls Office © Antony Crolla

La Cultuurplatform ne faillit pas à sa mission de mettre les jeunes designers en lumière; son exposition Toegepast 19 «Time to unravel» présentait le travail de 4 jeunes diplômés brillants dans une jolie scénographie. L’exposition était gratuite, ce qui n’enlève rien au plaisir de la visite, au contraire! La Cultuurplatform crée vraiment le lien entre Hasselt et Genk, au travers de projets pareils ou encore de l’exposition Möbel, une ligne de mobilier durable dessinée par Maarten De Ceulaer, Kaspar Hamacher et Makkink & Bey. Z33 est un espace bouillonnant de créativité, un laboratoire et une locomotive en termes d’initiatives artistiques dans la province. L’espace accueille des conférences et des expositions qui font réfléchir comme, cette fois-ci, Panorama, une réflexion du designer allemand Konstantin Gric sur l’habitat et son avenir. Après ces belles visites, Frederik, l’infatigable nous emmène au Modemuseum. La star du moment, c’est Paul Smith qui nous dit Hello par affiche rose interposée. Rayures et boutons de toutes couleurs, clichés chamarrés ornent les murs... nous sommes entrés dans l’imaginaire du créateur résolument optimiste. Et ça fait un bien fou!


Exposition Grcic au Z33

Allez, un petit café ? Depuis le temps que l’on me parle du King Kong café, je ne suis pas déçue. Corsé mon petit marocchino! C’est en 2013, que ces amoureux de la caféine ont ouvert l’établissement. La rue était plutôt triste à l’époque, nous explique Frederik. Depuis, il y a comme un souffle créatif dans le quartier. Les clients offrent régulièrement des représentations du fameux gorille, ceux-ci décorent la pièce et font de King Kong, un des lieux les plus appréciés des locaux. Déjà midi. Nous nous installons en terrasse d’un charmant bar à soupe qui propose des veloutés originaux et goûtus. Aujourd’hui, c’est chou-fleur, betterave - pomme en plus des classiques remonte-moral comme la soupe au tomate-ballekes.


VERTE BORGLOON Eloignons-nous de la ville... direction Borgloon. Notre guide nous fait découvrir des œuvres d’art cachées dans les prairies. Nous sommes entourées de vergers avec de curieux pommiers à basses tiges. C’est assez bucolique. J’apprends que la région est connue pour ses jus et ses sirops. Parfait! Nous croisons un agriculteur perché sur son tracteur et le saluons avant d’aboutir à l’église de métal du duo d’architectes Gijs Van Vaerenbergh. Par un effet de croisement de plaques de métal, celle-ci semble se dématérialiser dans le paysage vallonné. Pourtant, il ne s’agit pas d’un mirage. Pas un chat autour de nous, juste

l’art et la nature. On se lâche un peu, on saute, on fait des selfies... Plus loin, nous déchiffrons le mot Twijfelgrens à travers les clôtures. Cette sculpture de bois est signée Eerdekens, un artiste reconnu qui travaille sur le principe de l’anamorphose. L’effet est réussi. Sur le chemin du retour, Frederik nous raconte ses projets. Il est en train de peaufiner une applique en marbre avec les éditeurs français La Chance et un projet de bureau chez PER/ USE. Après le succès des luminaires Siblings et Lovers, on a grande hâte de découvrir ses nouvelles créations.


GENK, L’INDUSTRIELLE Après avoir chevauché quelques clôtures et sauté le fossé, nous rejoignons la voiture car le tour n’est pas terminé. La dernière étape sera Genk, où le céramiste Piet Stockmans nous attend. Son studio-showroom fait partie du complexe C-Mine, véritable pôle culturel de la ville. Je connaissais le magnifique site des anciens charbonnages car ils avaient accueilli la biennale Manifesta en 2012. Mais ce que je ne savais pas c’est que c’était là que le grand magicien de la porcelaine blanche et bleue avait installé son atelier. Là, dans ce grand espace et baigné d’une lumière douce, y sont exposées ses dernières créations destinées aux plus grands restaurants. On y découvre aussi ses recherches artistiques, ses œuvres d’art pour les espaces public, les photophores laiteux bordés d’un liseré bleu d’une grande finesse. La matière est tellement fine qu’on dirait du papier. De cet espace, se dégage une grande quiétude. L’artiste nous parle de ses œuvres qui explorent les limites de la technique et de son parcours débuté presque 50 ans plus tôt, à la fabrique Royale de Mosa à Maastricht. Quand on lui demande si ce n’est pas trop compliqué de travailler avec une matière si fragile, Piet Stockmans nous répond que la porcelaine n’est pas fragile puisqu’elle se transmet de générations en générations depuis des dizaines d’années... Nous sommes séduits par le personnage discret, inventif et malicieux, à l’image de sa région. C’est sûr, on y reviendra! La nuit tombe quand nous prenons notre apéritif, une Cristal... forcément. www.modemuseumhasselt.be www.z33.be/fr www.facebook.com/KingKongCoffee www.borgloon.be C-Mine

www.frederikdelbart.be


Dans le studio de

PIET STOCKMANS Par Marjorie Vandriessche

Nous sommes en retard quand nous entrons enfin dans le complexe du C-Mine à Genk. À la hâte, un peu stressés, nous nous dirigeons vers l’ancien hangar réhabilité qui abrite aujourd’hui le shop, le studio et l’espace d’exposition de Piet Stockmans. Contre toute attente, c’est le maître des lieux en personne qui nous ouvre la porte !


L

es carrelages d’un bleu cobalt qui ornent le sol de l’entrée se confondent avec le bleu du ciel visible à travers la verrière du plafond. Au mur, se détachent des dizaines d’éléments de porcelaine bleue et blanche évoquant la forme d’ailes d’oiseaux en plein vol. Nous sommes entrés dans un véritable monde de douceur... où le calme est roi.

Nous commençons notre visite par l’espace showroom où la plupart des dernières créations du studio sont exposées. Nous lorgnons sur les photophores de porcelaine si légère que l’on n'ose à peine les toucher, sur les plats bleus bordés d’un fin liseret blanc, les services à thé géométriques et la vaisselle dessinée pour les plus grands Parisiens. On voit aussi des objets plus insolites tels qu’une bouteille de genièvre ou des colliers. C’est certain, l’atelier qui est composé de 7 personnes, n’a pas de temps de chômer. Sur notre gauche, se trouve un espace dédié aux visites de groupes et aux conférences où est affichée une ligne du temps. Celle-ci représente la carrière longue de 25 ans du céramiste. Il a étudié le design industriel à Genk et se spécialise en céramique à la Design Academy d’Eindhoven d’où il tient peut-être son goût pour l’expérimentation. Très vite, il acquiert une renommée internationale avec des projets reproduits de manière industrielle. Il dessine des services à café pour l’entreprise hollandaise Royal Mosa avec qui il collabore entre 1966 et 1989.


L’ artiste connaît la technique de et s’amuse à repousser sans cesse


la porcelaine sur le bout des doigts les limites de la matière.


Son studio, qu’il ouvre en 1987, est son espace d’expérimentation et de création. Nous comprenons pourquoi en montant au premier étage, consacré à l’exposition de ses dernières œuvres. «C’est mon jardin de plaisir» explique-t-il. L’espace est très vaste et en travaux. Une toile plastique fixée aux murs oscille avec le vent, créant des bruits de vagues. Sur des socles blancs sont exposées des oeuvres sur la thématique du retrait. L’artiste connaît la technique de la porcelaine sur le bout des doigts et s’amuse à repousser sans cesse les limites de la matière. En résultent des oeuvres étrangement sensuelles, déformées, parfois cassées. Un peu plus loin, c’est un instrument composé de disques de porcelaine montés sur une structure de batterie. Piet se prend au jeu et entreprend de nous faire écouter les sons de l’étrange instrument.


Sur un des murs dans une petite alcôve, l’artiste a accroché des photomontages faits maison. «La cité interdite avant Piet Stockmans et après Piet Stockmans», celle-ci a été habillée d' éléments en forme d’aile bleu et blanc. Il ne manquerait plus que de remplacer le portrait de Mao par celui de l’artiste! C’est sur cette note humoristique que se termine cette visite on ne peut plus privée et que nous regagnons le monde et l’agitation de fin de journée. www.pietstockmans.com


dK Ce sont les textiles et les objets qui nous entourent dans la cuisine qui ont été la source d’inspiration de la collection Mormor créée par Gry Fager pour Normann Copenhagen. Clichés d’une cuisine moderne, la série Mormor est faite pour une table basée sur les céramiques.

La collection «Dressed» dessinée par Marcel Wanders pour Alessi s’agrandit et inclut maintenant le petit déjeuner et le café gourmand. Réalisé en porcelaine blanche, le Set pour la table est tout en finesse et discrétion. Dressed signifie une décoration imaginée telle une robe sublimant le contenu. Les formes et les tournures de style anciennes sont évoquées dans une interprétation absolument contemporaine. www.alessi.com

dK

www.normann-copenhagen.com

Céramique,

ART DE LA TABLE

La céramique fait partie de notre quotidien en s’affichant sur nos tables et ce, depuis le Néolithique avec la sédentarisation des peuplades. On aime le graphisme des bols de MM sur céramique. Atelier belge de peinture sur céramique, porcelaine et verre, Maryne sublime celle-ci en restaurant, entre autres, la vieille vaisselle. Une envie de réinventer votre déco de table ou de personnaliser une pièce pour un cadeau ? Vous êtes à la bonne adresse ! http://mmsurceramique.tumblr.com


Collection West Indies. Motif Grenada www.emiliebok.com

Collection Magma www.nonsansraison.com

Swim - Faïencerie Georges www.boutique-faiencerie-georges.com

DESSINE-MOI une assiette dK

Non Sans Raison s’associe à l’artiste italienne Paula Juchem et cela donne un splendide vaisselier mural magnétisé qui transforme notre salle à manger en basse-cour de luxe. Les assiettes magnétisées sont à disposer sur le mur sous forme de puzzle et on les décroche quand vient le moment de passer à table. www.nonsansraison.com


Caribe - C. Lacroix Maison www.christian-lacroix.com

Beardy Bob Plate - Design Donna Wilson www.donnawilson.com

A la plage - Faïencerie Georges www.boutique-faiencerie-georges.com

Assiette Papillons. Verre peint www.joyderohanchabot.com

L’Heure Bleue - Geneviève Lethu www.genevievelethu.com

Love Who You Want - Vista Alegre www.christian-lacroix.com

Villeroy & Boch - Porcelaine Mariefleur www.ambianceetstyles.com

Les Jardins de Neptune www.animal-fabuleux.fr

Forum - Vista Alegre www.christian-lacroix.com

Collection Histoire Naturelle www.animal-fabuleux.fr

Harvard - Vista Alegre www.myvistaalegre.com

Vent de coquelicots - Guy Degrenne www.guydegrenne.fr


Entrevue avec

KARIEN EVERS

Installation «A Fluttering Standstill» - Photo © Gaël Maleux


© Anne Pollet

Rencontrée lors de l’exposition interstices#3 à Forest, la finesse, la délicatesse et la poésie qui se dégageaient des céramiques de Karien Evers nous a touchés. Nous avons en voulu en savoir un peu plus sur sa démarche et sa réflexion dans son travail. Karien, pourquoi avoir choisi la céramique comme moyen d’expression ? Qu’est-ce que t’apporte cette technique ? La céramique me fournit un moyen d’examiner et de réévaluer mes préoccupations constantes sur le rôle de la réalité (temporelle) dans notre existence. L’approche sensuelle et imprévisible de la porcelaine et sa capacité à retenir des détails intimes dans un état de fragilité permanent m’intéresse particulièrement. Le facteur organique et la blan-

cheur de cette matière qui durcit pendant la cuisson réalisent en fin de processus une valeur éternelle à mes yeux. Comment définirais-tu ton travail ? Bien que je me concentre sur l’unicité de chaque pièce, c’est dans la multiplication et l’assemblage que mes pièces trouvent leur force. C’est comme un jeu. Le caractère répétitif libère l’imagination et offre de nombreuses possibilités. J’aime bien la poésie qui s’en dégage.


«Mudhoney Design» Photo © Bea Uhart


Quelle est ta source d’inspiration ? Chaque création est un voyage qui trouve de nouvelles réponses et pose de nouvelles questions. Lors de la recherche et de la production, de nouveaux centres d’intérêts surgissent et conduisent aux structures du projet suivant. Ces expériences sont une source d’inspiration et de légèreté constante pour moi. Si tu devais choisir une pièce que tu as créée, laquelle serait-ce et pourquoi ? Il m’est difficile de choisir. Chaque création est comme un questionnement. Rien n’est constant, rien n’est absolu. Je m’émerveille à chaque fois par la façon dont les choses émergent et prennent forme. C’est pourquoi j’aime faire des installations. Chaque lieu d’exposition offre l’occasion d’explorer des possibilités de représentation nouvelles. D’ailleurs, les pièces de “Mudhoney Design” sont directement inspirées de mes différentes installations. Quelle est ton actualité et où peut-on trouver tes créations ? Les pièces “Mudhoney Design” sont en vente chez : Bel’Arte – Rue de Flandres, 53 1000 Bruxelles – www.bel-arte.be En collaboration avec Astrid Chaffringeon de Chantier(s), nous organisons régulièrement des workshops autour de la porcelaine www.chantiersarthouse.wordpress.com Suivez la page facebook www.facebook.com/KarienEversCeramics pour d’autres évènements à venir www.karienevers.com


Tiré de la collection «Toys of us» d’Eve Vaucheret, le collier existe en version sautoir et en tour-de-cou. Pour réaliser cette collection, Eve utilise la proximité que nous créons avec nos jouets pendant l’enfance. Le jouet nous questionne par rapport à notre propre identité car nous y projetons nos envies, espoirs, fantasmes… en lui créant des aventures. Le blanc de la porcelaine les transpose dans un univers neutre et énigmatique, où tout est à imaginer.

En vente à «Effet Mérité», rue du Bailli 69 à 1050 Bruxelles http://vev-porcelaine.com - www.porcepolis.be

bijou

MULTIPLE La céramique se décline sous bien des formes, objets d’art, bijoux, statuettes, luminaires. Tout en poésie et délicatesse, parfois rock’n roll, la céramique peut nous surprendre.

«Chemical Protection» nous emmène dans un monde surréaliste. L’air deviendra-t-il irrespirable ? Créé par Sophie Giet qui crée des pièces uniques liées entre elles par la thématique du rapport entre le corps féminin et la société, la dictature de l’esprit et de la culture sur le charnel, ce petit nain est réalisé en faïence blanche émaillée. Il trouvera sa place dans nos intérieurs ou à l’extérieur à l’abri de la pluie et du gel. www.yawa.be

nain de jardin


luminaire Inspirée par l’artisanat traditionnel italien mélangé à la simplicité nordique, la lampe Fuse est une lampe où les matériaux jouent un rôle essentiel. Céramique douce, on doit son design a Note Design Studio pour ex.t http://ex-t.com

objet déco La statuette en biscuit de nos grandsmères se dépoussière et devient décalée avec le travail de Jessica Harrison. Tatouées, ses poupées de porcelaine offre une alternative à notre façon de voir le corps féminin. Elle re-décrit le corps dans la sculpture à travers la peau immaculée des poupées de porcelaine en le parant de tatouages historiquement réservés aux marins endurcis. Nous pourrons admirer ses statuettes jusqu’au 5 juillet au Château d’Ursel pour l’exposition «Sweet 18» qui propose au travers de l'art, de la mode et du design une plongée dans le monde fastueux, artificiel et ludique de l’époque. www.jessicaharrison.co.uk Sweet 18 au Château d’Ursel, Wolfgang d’Urselstraat 9 - 2880 Hingene www.kasteeldursel.be

dK


À la découverte de

KERAMIS

Keramis - © Guide architecture - Editions Mardaga


Le week-end du 9 et 10 mai ouvrait, sur le site dit des trois fours de la manufacture Royal Boch à La Louvière, le Centre Keramis. Le soir, en rentrant de ma visite du tout nouveau musée, j’ai lu une question posée par le jeune designer Quentin de Coster, qui m’a interpellée : «Faut-il se réjouir de la création d’un musée ou regretter la disparition de la dernière faïencerie belge ?» Dans un monde parfait, les deux coexisteraient. Mais le monde n’est pas parfait. Il a peut-être fallu la perte de l’un pour la création de l’autre qui nous offre «un regard de mémoire», la préservation d’un patrimoine et qui, au travers de ses expositions contemporaines, nous mène vers le futur.

L

es missions du Centre Keramis sont multiples. Keramis se pose comme un musée et un centre d’art contemporain. Musée parce qu’il acquiert, conserve, expose et étudie des collections historiques liées tant à l’histoire industrielle de Boch qu’à l’histoire de la céramique comme dimension artistique de l’art belge au XXe siècle. Centre d’art, car il promeut la création artistique actuelle dans le domaine de la céramique (expositions, journées d’étude, conférences, rencontres...) Keramis sera aussi un lieu de création puisqu’il disposera d’une résidence d’artiste

et d’un atelier. Située au coeur de la ville, dans une zone en pleine réhabilitation, l’institution est le maillon central d’un vaste site en cours d’aménagement : zone commerciale en 2017, habitations en 2018 et, en complément et adossé au Centre Keramis, est prévu un espace de recherche et de développement des matériaux céramiques en 2017. Dès l’entrée sur le site, ce qui nous frappe, c’est l’architecture du Centre Keramis. Elle associe tradition et contemporanéité en articulant un édifice patrimonial et deux ailes neuves en béton qui nous font penser aux craquelures d’une céramique.


Four-bouteille © Guide architecture - Editions Mardaga

De la célèbre faïencerie Royal Boch, il ne subsiste que trois anciens fours-bouteilles des années 1865-80, la première chose que nous allons admirer car il s’agit du coeur de Keramis. Ensuite, la visite guidée commence. Menée par Vanessa Bebronne, on y apprend une foule de choses, non seulement sur la faïencerie Boch, mais aussi sur la céramique, le calibrage et le coulage, les différentes techniques de décoration comme la peinture à la main, l’impression en décalcomanie ou sur plaque de cuivre, la sérigraphie… (pour les réticents aux visites guidées, des vidéos, très bien réalisées, expliquent le tout).


Le Feu Raymond-Henri Chevallier © Keramis

Grand plat «Les éléments» Raymond-Henri Chevallier 1949 © photo Alain Breyer pour Keramis

LES COLLECTIONS DE FAÏENCES BOCH En 1985, le contenu du musée de l’entreprise Boch en difficulté a été partiellement acquis par la Société Régionale d’Investissement de Wallonie (SRIW) et la Communauté française de Belgique. Un fonds de plus de deux mille œuvres d’art fut ainsi constitué. Avec l’arrivée de l’association Keramis en 2009, cette collection de céramiques produites sur le site s’est considérablement enrichie de dons et de dépôts de collectionneurs privés. Récemment, la Fondation Roi Baudouin a déposé au Centre Keramis une partie de la collection Claire De Pauw et Marcel Stal centrée sur les réalisations de Charles Catteau (1880-1966), figure de proue de la céramique Art Déco. Nous avons pu admirer, entre autres, le vase gigantesque de Charles Catteau et l’allégorie du feu de Raymond-Henri Chevallier. COLLECTIONS DE CÉRAMIQUES CONTEMPORAINES Il faudra attendre le 13 juin pour découvrir en totalité la collection inédite de céramiques des XXe et XXIe siècle de la Communauté fran-

Design des années 1950 à nos jours.

çaise. Une salle du musée lui sera réservée. Il s’agit de céramiques plasticiennes contenant sculpture, installation et utilitaires (design des années 1950 à nos jours). Cette collection permet de rendre compte de la vitalité de la céramique d’art en Belgique au XXe siècle. Régulièrement aussi, le Centre Keramis exposera de jeunes céramistes talentueux.


«Le Foyer» de Rachel Labastie

«ON FIRE. ARTS ET SYMBOLES DU FEU» L’exposition d’ouverture, que l’on peut voir jusqu’au 12 septembre, est dédiée au feu. La céramique est un art du feu par excellence. Élément fondateur, l’exposition montre les différents rapports qu’entretiennent les céramistes avec le feu, par exemple sur l’aspect de cuisson.


Dans l’oeuvre «Le foyer» de Rachel Labastie, la cuisson des pièces prend toute son importance. Son travail est réalisé avec la même terre, le grès. La différence de couleur des pièces est due au temps de cuisson. Plus la pièce est travaillée de manière précise, plus elle a été cuite longtemps et plus elle prend une teinte foncée.


La base de l’oeuvre a été cuite plus rapidement, ce qui l’a fait éclater et lui confère un aspect de pierre. Ce qui diffère au niveau des couleurs, c’est LE TEMPS de cuisson. Cette pièce parle du temps, c’est une sorte de vanité. Le foyer, le titre de l’oeuvre, a un double sens. Le foyer c’est le lieu qui abrite la famille, mais c’est également les restes d’un feu. Le feu est quelque chose de très important pour Rachel car c’est le premier lieu où se sont rassemblés les corps. Premier lieu de la civilisation, de la socialisation. Premier lieu du langage, lieu de transmission, de l’héritage. Partager, aimer, transmettre, c’est ce qui est beau dans cette vie et cette pièce parle de tout cela. Quand on la regarde, cette pièce a une douceur, elle n’est pas dramatique. Le squelette est déconstruit pour représenter autre chose : le foyer. Autre pièce qui a retenu toute notre attention : l’oeuvre d’Emile Desmet (voir ci-contre), céramiste et sculpteur tournaisien qui entretient un rapport très fort avec la terre et la nature. Sa pièce en terre crue tient de la prouesse. Elle joue sur les contrastes, renforcés par la poudre de charbon déposée à l’intérieur des crevasses. De mai à août, dans le cadre de Mons 2015, le céramiste belge réalisera in situ une sculpture grand format selon la technique du «four-sculpture». Baptisée Imago, fuseau en terre de 5 mètres de hauteur, l’oeuvre pérenne restera à demeure de cette maison de création. Un joli prétexte pour y retourner très vite.

Centre Keramis Place des Fours-Bouteilles, 1 - 7100 La Louvière Du mardi au dimanche de 10.00 > 18.00 Exposition «On Fire. Arts et Symboles du feu» jusqu’au 12 septembre 2015 www.keramis.be


LA LOUVIÈRE, ville d’art «Scribble» - Michel François - 2011


La Louvière, Cité des Loups, ville oubliée, délaissée par nous, citadins de grandes villes comme Bruxelles ou Liège ? Nombre de mes amis m’ont dit ne jamais y avoir mis les pieds. Et moi, je l’avoue, mis à part le Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, je n’y connaissais pas grand-chose. Mais ça va changer !

A

rrivée un samedi pour partir à la découverte de la ville, tout était embouteillé. Je ne pensais pas y voir tant de monde. D’accord, c’était le week-end de l’ouverture du Centre Keramis. D’accord, il y avait le marché. Mais c’était aussi le jour du traditionnel Marché aux Fleurs de la fête des mères, qui draine, chaque année, une véritable foule. Cette manifestation florale est l’une des plus réputées de Wallonie. Je retrouve ma comparse et nous décidons

de parcourir la ville sans but précis. La première chose qui nous frappe, c’est de découvrir des oeuvres d’art partout dans la ville. Au détour d’un trottoir, nous admirons l’oeuvre de Michel François «Scribble» de 2011. Scribble en anglais se traduit par scraboutcha. Ces dessins insignifiants, universellement gribouillés d’un geste anarchique de la main pour tester bic ou stylo, et collectés par l’artiste sur la planète entière sont devenus ici, par extension, un objet sculptural tridimensionnel.


Oeuvre de Lucile Soufflet et Bernard Gigounou - 2012

En face du bureau de poste, c’est sur une grande assiette brisée que nous nous arrêtons. Oeuvre «Sans titre» de 2012 réalisée par Lucile Soufflet et Bernard Gigounou, elle fait référence à la faïencerie Boch qui a fait de La Louvière un pôle industriel important pendant plus de 160 ans. L’objet brisé n’est pas une image négative mais une notion positive de changement. L’objet hésite entre le vestige archéologique et le côté surréaliste d’un objet incongru qui peut aussi faire office de mobilier urbain. Nous nous arrêtons également pour discuter avec les gens du cru. La population est chaleureuse, veut oublier que l’industrie a fait faillite et souligne le dynamisme de la ville au point de vue culturel et artistique. Midi est passé depuis longtemps lorsque, nos estomacs criant famine, nous décidons de pousser jusqu’à la rue Albert Ier nous restaurer à «Il Passatore». L'endroit nous a été conseillé et on y déguste une merveilleuse piadine (spécialité culinaire d’Italie, il s’agit d’une feuille de pâte repliée sur elle-même et farcie d’ingrédients salés ou sucrés). L’accueil est très agréable et la cuisine ouverte exalte ses parfums. Il nous reste un peu de temps avant la visite du Centre Keramis. Nous le mettons à profit pour


nous balader rue Waroqué et rue du Parc, y admirer les façades des demeures Art Déco, car là se cachent des merveilles de l’architecture bourgeoise de la fin des années 1900 aux années 1950. Il est temps de nous mettre en route. Nous demandons à un ouvrier armé de sa truelle où se trouve le Centre Kéramis. Il nous indique la route en ajoute qu’il faut aussi absolument voir l’exposition qui se tient pour le moment au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée. C’est ça La Louvière ! Un lieu bien belge, un peu surréaliste, qui fait tout pour oublier la disparition de son industrie avec la faillite de Boch en février 2011 et qui a la capacité de rebondir en créant, par exemple, le Centre Keramis. Ce qui est sûr c’est qu’on y retournera car la ville a encore beaucoup à nous dévoiler et je n’ai pas vu la louve !

Quelques liens utiles : www.lalouvière.be Keramis. Parcours urbain sous le signe de la céramique www.keramis.be/fr/musee/parcours-urbain.htm Sur Facebook suivez www.facebook.com/La Louvière


De gauche à droite Picasso, Fumeur à la Cigarette Verte II, 22-08-1964. Eau-forte, pointe sèche, aquatinte. © Succession Picasso – Sabam Belgium 2015 Jasper Johns, Periscope, 1981. Eau-forte, aquatinte, BnF © Jasper Johns

CENTRE DE LA GRAVURE ET DE L’IMAGE IMPRIMÉE

A

utre lieu, à La Louvière, de création, de rencontre et de recherche, dédié cette fois à la gravure : le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée. Situé dans une rue au doux nom de «rue des Amours», le bâtiment fut construit au début du XXe siècle. Il connaît différentes affectations (piscine, entrepôt, fabrique de parfums…) pour devenir, en 1988, après rénovations par l’architecte Hubert Pourtois et l’architecte d’intérieur Jean Gilbert, un lieu consacré à la gravure et à l’image imprimée. Trois étages, de grands espaces où l’on peut à loisir prendre du recul pour admirer les oeuvres grands formats, le bâtiment est totalement rénové en 2011 et reçoit, en 2013, le prestigieux prix des musées. L’EXPO À VOIR DE FIN MAI À SEPTEMBRE Le Centre de la Gravure retrace le parcours d’un atelier hors du commun, celui d’Aldo Crommelynck. Présentée à la Bibliothèque nationale de France durant le printemps 2014, cet hommage au grand imprimeur d’art, Aldo Commelynck, est l’occasion de découvrir des estampes rarement montrées de Picasso, Richard Hamilton, David Hockney, Jim Dine ou Jasper Johns. L’Atelier d’Aldo Commelynck - De Picasso à Jasper Johns Du 30 mai au 06 septembre 2015 Rue des Amours, 10 - 7100 La Louvière www.centredelagravure.be En parlant de gravure… Début octobre, un nouvel endroit va voir le jour au 33 rue Hamoir. Un lieu comme on les aime : une boutique/atelier/galerie qui a pour nom Brock’N’Roll. Sa mission : promouvoir des créations d’artistes, organiser des ateliers pour enfants et adultes afin qu’ils s’initient aux arts plastiques, proposer 3 expositions par an, des workshops et différents événements. Affaire à suivre ! Si vous êtes artistes, Brock’N’Roll lance un appel aux créateurs jusqu’au 29 mai minuit. www.brocknroll.be


IANCHELEVICI Par Ancat

S

itué au coeur de La Louvière, le Musée Ianchelevici occupe le bâtiment de l’ancien palais de Justice de la Ville. Entièrement rénové, ce musée communal présente des surfaces d’exposition réparties en deux étages : les salles du rez-de-chaussée accueillent l’exposition permanente, les vastes salles de l’étage sont, elles, vouées aux expositions temporaires centrées sur l’art contemporain. C’est en 1984, que l’artiste Ianchelevici et son épouse créent la Fondation Ianchelevici dans la perspective de garantir l’intégrité de son travail. Ils désirent voir naître en Belgique un musée consacré à son œuvre. Et c’est tout naturellement que cette Fondation s’établit à La Louvière, ville dans laquelle l’artiste avait maintenu des liens d’amitiés avec des autorités politiques. C’est donc un legs du sculpteur qui constitue la collection permanente du musée. Sculptures en marbre, en pierre, en bronze et en plâtre ainsi que de nombreux dessins, s’offrent au regard tout au long de l’année.


EXPOSITION TEMPORAIRE EN COURS jusqu’au 14 juin 2015 : Willy VERGINER. Théâtre de l’absurde Cette exposition consacrée au sculpteur italien Willy VERGINER s’inscrit dans un nouveau cycle de biennales initié en 2013. Il prévoit d’inviter un sculpteur reconnu sur la scène internationale, dont le travail permet des rapprochements avec l’œuvre d’Idel Ianchelevici. Willy VERGINER  produit une œuvre forte. Le sculpteur sculpte dans des troncs d’arbre des personnages hyper réalistes de tailles humaines. Avec une précision et un sens du détail saisissant, il met en scène des individus ordinaires qu’il associe parfois à des objets significatifs ou des animaux. L’artiste a su se dégager de la tradition de la sculpture sur bois pour entrer dans un processus pleinement contemporain en choisissant de colorer partiellement ses pièces. En observateur du monde, l’artiste italien traite des questions de société, notamment des préoccupations environnementales, conceptualisées en des installations très impressionnantes.  EXPOSITION TEMPORAIRE À VENIR Du 27 juin au 31 août 2015 Working Life. Le thème choisi pour la dixième édition de cette importante biennale traite du rapport contemporain au travail, de son impact sur nos sociétés et sur l’individu, une option inspirée par l’exposition « Homo Faber. Poétiques et mécaniques du travail ».

Inspirée de cette thématique qui traite du rapport au travail, Working life évoque plus particulièrement la notion d’aliénation de l’homme par son labeur. Effondrement économique, compétitivité, performance, le monde du travail vit une période de crise et de mutation. Mal-être profond saisis au bond par Isaac Cordal, Babis Kandilaptis, Armand Lestard, Antoine Nessi et Rohan Graeffly. Chacun ausculte le monde du travail, dénonçant un univers déshumanisé, la pénibilité du labeur ou encore le burn-out. Non sans humour ni causticité, parfois avec fraîcheur ou poésie, les sculptures, installations, dessins et photographies sélectionnés soulignent la valeur de plus en plus ténue de l’individu dans le monde du travail. L’ensemble dérange peut-être, inquiète sans doute. Il entend avant tout briser le rythme hypnotique de l’Homo faber contemporain le temps d’une exposition et contribuer à éveiller les consciences sur la place objective et subjective du travail.

Musée Ianchelevici - Place Communale 21 - 7100 La Louvière - www.ianchelevici.be


4 LIEUX

INCONTOURNABLES

pour flâner & se cultiver LA LOUVIÈRE ET LA RÉGION DU CENTRE : ARTOUR 2015

L

e thème choisi pour la dixième édition de cette importante biennale traite du rapport contemporain au travail, de son impact sur nos sociétés et sur l’individu, une option inspirée par l’exposition « Homo Faber. Poétiques et mécaniques du travail », conçue par l’Ecomusée du Bois-du-Luc dans le cadre de Mons 2015, capitale européenne de la Culture. Au-delà des représentations du monde ouvrier

qui ont collé à l’ère industrielle, les installations, expositions, créations originales pour la biennale appellent, à travers différents médiums (image, sculpture, net art...) un regard critique, cynique ou humoristique sur le monde du travail aujourd’hui. Les corps maltraités par la fureur des machines, délocalisées sous d’autres latitudes, ont fait place aux esprits stressés par le cliquetis incessant des claviers, l’enchaînement des réunions productives - ou pas -, l’addiction


The family, 2013. Courtesy de l’artiste © Isaac Cordal © ARTour

aux courbes boursières... une frénésie du travail dictée par l’impérieux profit, et son corollaire, le paraître. La dictature du marché et les modes d’aliénation qu’il impose sont mis en évidence par les artistes. S’il n’y a pas de sots métiers, il y en a de dérisoires et d’absurdes qui s’illustrent bien d’une plume acérée. Le sujet est aussi traité sous l’angle de l’obsolescence, magnifiée, de la machine, à laquelle un nouveau statut est donné, ou par le détournement d’objets et d’outils qui se jouent d’un monde qui tourne follement vite. D’autres propositions s’inscrivent plus particulièrement dans un rapport étroit au territoire et à son histoire par des références au monde minier, et l’évocation de la figure de sainte Barbe qui renvoie aussi au travail de la pierre, l’autre matériau emblématique de la région. Plus largement, le rapport entre l’art et le travail est illustré par la mise en valeur du savoir-faire

à l’œuvre, celui de l’artisan-artiste, mis en exergue par une exposition qui retrace l’histoire d’un atelier d’imprimeur hors du commun ou la réalisation in situ d’une œuvre monumentale créée pour le nouveau musée dédié à la céramique dans sa dimension historique et contemporaine. Depuis 1997, la biennale ARTour - art contemporain et patrimoine propose, un été sur deux, un ensemble d’expositions, installations, créations originales d’art actuel dans différents musées (dont le musée Ianchelevici et le Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée), édifices remarquables ou lieux présentant un intérêt architectural, urbanistique, historique. Du 26 juin au 30 août, la dixième édition offre à nouveau un large espace de diffusion et de création à des artistes d’horizons divers, reconnus ou à découvrir.


À MONS: 15 INSTALLATIONS URBAINES Par Ancat

Une nouvelle génération d’artistes, totalement libérée, a envahi Mons ! Leurs installations urbaines ne constituent pas une exposition d’art contemporain à ciel ouvert. Au détour d’une rue, un surgissement, une cascade de bouquins dévalant d’une fenêtre, une fresque de Bonom, le Bruxellois, et de Momo, le True Story © Calvin Dussart New-Yorkais... Avec pour seul but de Charles Myncke vous surprendre, vous faire rire, susciter vos questions. Une balade-découverte qui va vous faire regarder la ville autrement. C’est une grande chasse aux trésors cachés dans les rues qui vous est proposée jusqu’au 21.09.2015. L’Art à portée de mains, complètement gratuit ! 15 installations urbaines qui ont fleuri à Mons. La cité du Doudou s’est laissée emporter par une atmosphère artistique étonnante. 15 artistes et collectifs, belges et internationaux, se sont lancés dans la dynamique du «street art», où chacune de leurs créations personnelles s’expose et fait sens au contact des passants, qu’ils soient Montois où qu’ils découvrent la ville. Pour les lieux et les artistes exposés, on vous renvoie sur la page du très chouette magazine «Vincent #4» - http://issuu.com/mons-2015

On en profite : Pour aller faire un tour au Jardin de la Maison Losseau et découvrir la guinguette littéraire. Elle accueille trois lieux distincts : une librairie européenne éphémère «Le Cent Livres», projet un peu fou de réunir durant 5 mois dix librairies indépendantes aux profils et caractères différents, un atelier pour petits et grands et un bar littéraire. Un lieu ou se rencontrer, ou lire, partager, rêver, écouter… sous le signe du farniente. Jusqu’au 26/09.2015 au Jardin de la Maison Losseau, accès par la rue des Quatre Fils Aymon. Ouvert du jeu. > Ven. de 13.00 > 19.00 | Sam. de 11.00 > 20.00 et dim. de 11.00 > 17.00 Fermé du 25.05 > 03.06. Sans limite d’âge - Entrée libre Plus d’infos : www.mons2015.eu/fr

© Jef Berhin


À BRAINE-L’ALLEUD Waterloo fêtera au mois de juin le bicentenaire de la Bataille de Waterloo. Dans ce cadre, la ville de Brainel’Alleud propose une exposition urbaine «1815 en 2015» issue de la série «Wargames» de Frédéric Pauwels. Des portraits grand format de personnages de bataille plongent la ville dans l’ambiance 1815. Chaque année, des centaines de passionnés du monde entier reviennent combattre sur le champs de bataille le mieux préservé d’Europe. Nombre d’entre eux sont passés devant l’objectif du photographe belge engagé, Frédéric Pauwels, qui a réussi à capturer l’intensité de leurs émotions. Membre fondateur du Collectif Huma, Frédéric est persuadé que la photographie traduit mieux que les mots. Il travaille depuis des années pour la presse belge et est le photographe attitré de plusieurs associations comme Médecins du Monde et l’Espace P.

Allez vous balader du centre-ville de Braine-l’Alleud à la butte du lion pour ce parcours urbain de 120 images. Jusqu’au 6 septembre 2015


À LA HULPE La Fondation Folon fête son 15e anniversaire avec une promenade en trois temps. Premier temps : une exposition inédite et un parcours original dans les espaces d’expositions temporaires. Aboutissement d’une longue et patiente recherche parmi d’innombrables documents dénichés dans l’atelier de l’artiste, auprès de sa famille, de ses amis et de ses proches, l’exposition dévoilera plus de 200 oeuvres originales d’une surprenante diversité qui mettront en lumière la cohérence et l’harmonie du parcours artistique de Folon. Deuxième temps : un voyage virtuel à vivre en extérieur, dans le parc Solvay. Aux abords du musée, une valise monumentale inspirée des sculptures de Folon vous invitera à plonger au coeur des carnets de voyage de l’artiste pour y partager ses plus belles découvertes : son amour de l’Italie et de la Méditerranée, ses expériences à New-York, Paris, Luxor, Miami, ses échappées dans les îles grecques, en Floride, au Japon…

On en profite :

À l’intérieur de cette valise monumentale, une scénographie originale, pensée dans l’esprit de Folon, conçue et réalisée par une équipe professionnelle de passionnés de découvertes, de recherches et de créations fera appel aux technologies multimédia et audiovisuelles interactives. Troisième temps : Une nouvelle mise en espace du parcours muséal permanent. Il accueillera de nouvelles oeuvres parmi lesquelles, les aquarelles originales des couvertures que Folon dessina pour la revue américaine New Yorker et qui le propulsèrent sur la scène internationale. Y seront également exposés quelques-uns des carnets de croquis et carnets de voyage que Folon chérissait ainsi que quelques-uns des objets transformés les plus remarquables. Du 30.05 > 01.11.2015 Fondation Folon Drève de la Ramée 6A à 1310 La Hulpe. www.fondationfolon.be

Pour organiser un petit pique-nique et se promener dans le parc du Château.


Déjeuner

SUR L’HERBE

Avec le retour du beau temps, notre envie d’extérieur se fait sentir. On profite de la nature, dans un parc ou au jardin et on s’improvise un petit pique-nique ou un barbecue. © photo : Le fabuleux Marcel de Bruxelles


dK On pense aux verrines mangeables de chez Do Eat. Pratique, tout se mange et on oublie la vaisselle ! http://doeat.com

dK

À L’HEURE DE L’APÉRO

Une fontaine à boisson peps pour garder vos cocktails toujours au frais. Malin, le compartiment à glaçons central apporte fraîcheur à toutes vos boissons. Adou, planche apéritive en hêtre massif de la créatrice Emelyne Vostier permet de disposer des picots (cure-dents, piques en bambou…) pour avoir le tout à portée de main. www.emelynevostier.be

LA RECETTE DE L’AMÉRICANO Versez 3 cl de Martini Bitter et 3 cl de Martini Rosso dans un verre high ball rempli de glaçons. Ajoutez 10 cl d’eau pétillante. Décorez d’un zeste de citron.

dK

10 blogeuses se sont réunies pour partager leurs meilleures recettes d’apéros. Cinquantes recettes originales, modernes et conviviales ! On ne manquera plus d’idées ! Editions Larousse.


Inspirés par les tapis persans, les Non-Flying Carpet de Fatboy créent une atmosphère typique. Destiné à une utilisation aussi bien intérieure qu’extérieure, le tapis possède une couche antidérapante et son revêtement résistant à l’eau vous permet de l’utiliser où vous voulez. www.fatboy.com

dK dK Un panier en osier pratique et malin avec ses petits rangements. www.natureetdecouvertes.com

Fun et coloré, on garde les aliments au frais avec Coolerbag de Reisenthel. Sa doublure en isotherme et son isolation très épaisse promettent de bonnes performances de refroidissement. www.reisenthel.com On oublie la vaisselle en plastique ou en carton. Elle devient éco et biodégradable grâce au bambou. Set déjeuner Gusto - Biobu by Ekobo

ENSUITE PIQUE-NIQUE… dK

dK

www.ekobohome.com

Conçu comme panier de voyage pour animaux domestiques, nous on s’en sert pour nos pique-niques. Pratique avec son couvercle qui peut servir de plateau ou déposer votre sandwich, le «PetNic» édité par Alessi est fun et coloré et nous rappelle nos paniers en osier. Design Miriam Mirri www.alessi.com


OU BARBECUE ? Mon Oncle de RS Barcelona est une réinterprétation du concept du barbecue. Avec son design un brin rétro et ultra élégant, Mon Oncle est un barbecue portable que l’on emmène en pique-nique, sur la plage, en vacances… Nul doute, cette jolie valise vintage fera sensation avec ses couleurs pastel très fifties ! www.rs-barcelona.com

Pour les citadins et leurs minuscules terrasses, on craque pour le barbecue électrique version petit modèle de Weber. Les jours de grande canicule, vous pourrez profiter de belles grillades, comme si vous étiez à la campagne. Et si vous n’êtes pas convaincu par les barbecues électriques et que vous êtes plutôt fana des braises, il ressort de tests à l’aveugle que personne ne goûte la différence entre les aliments préparés sur la braise, au gaz ou avec un barbecue électrique. www.weber.com


DEPUIS QUELQUES ANNÉES, LA PLANCHA EST TENDANCE. ALORS, SI VOUS DEVEZ CHOISIR ENTRE PLANCHA OU BARBECUE, VOICI QUELQUES PISTES POUR VOUS Y RETROUVER.

On ose la couleur avec les nouvelles planchas de la marque française Lemarquier. Outre leurs performances, elles offrent une large palette de couleurs pour assortir sa plancha à son jardin ou sa terrasse. www.lemarquier.com

Pratique le barbecue de table Eva Solo. Pour un moment convivial autour de la table et pour que ce ne soit pas toujours le même au fourneau, on opte pour ce barbecue au charbon très design, réalisé dans une très belle porcelaine résistante au feu. Facile, le tout passe au lave-vaisselle. Malin, le socle en bois l’isole de la table, sa anse permet de le déplacer facilement une fois refroidi et si vous retirez la grille et le bac à charbon, il se transforme en plat ou saladier. www.evasolo.com

LA PLANCHA, POUR UNE CUISSON SAINE Pas de fumée et cuisson sans ajout de matière grasse sont les deux avantages certains de la cuisson à la plancha. De plus, la mise en route est très rapide, trois minutes suffisent pour qu’elle soit prête à l’emploi. On peut y cuisiner aussi bien viandes que poissons, légumes ou fruits. On oublie juste les «grosses pièces» et on préférera privilégier les petites portions. Pour réussir la cuisson, on dépose les aliments sur la plaque très chaude et on les saisit pendant quelques minutes. LE BARBECUE, POUR LES BRAISES ET LA CONVIVIALITÉ Ici c’est le goût particulier de fumé et de grillé qui prime. On peut y cuisiner à même la grille les viandes mais n’oublions pas le poisson sous forme de papillotes ou même le fromage. Pour réussir la cuisson, l’important est de surveiller. Surveiller les braises et faire attention que les flammes ne soient pas en contact direct avec la nourriture. Et pour ceux qui hésitent encore, sachez qu’il existe des appareils multifonctions combinant à la fois les fonctions plancha et grill.


le meilleur pour

LA FAIM

© JF Mallet

PETITES DORADES GRILLÉES AUX AGRUMES Ingrédients pour 4 personnes 4 petites dorades (± 300 g/pers.), graines de fenouil, 1/4 de botte de cerfeuil, 1 botte de ciboulette, 2 oranges et 2 citrons jaunes, huile d’olive, fleur de sel et poivre du moulin Progression de la recette Préchauffez le barbecue en mode direct, chaleur forte, 200°c. Coupez les agrumes en rondelles et réservez. Nettoyez les dorades. Pratiquez des entailles profondes sur chaque flanc et garnissez-les avec le mélange des herbes ciselées et les graines de fenouil. Farcissez leur ventre avec le reste d’herbes et une rondelle de citron. Huilez les dorades et disposez les agrumes sur toute la surface du poisson. Retournez-les et recommencez cette opération. Ficelez les dorades pour bien maintenir les tranches d’agrumes. Salez et poivrez. Disposez-les dans un panier à poisson et laissez cuire 20 à 25 min. Retournez une fois à mi-cuisson. Attention : le temps de cuisson dépend de la taille des poissons. Servez bien chaud.


HAMBURGER, LA RECETTE TRADITIONNELLE Ingrédients pour 4 personnes 600 gr de viande hachée maigre de boeuf, 2 gousses d’ail, 1/2 oignon, 1 càs de sauce Worcestershire, 4 pains à hamburger aux graines de sésame, 1 tomate, 1 oignon, 4 feuilles de laitue, 250 gr de fromage (facultatif), mayonnaise, ketchup, sel et poivre du moulin Progression de la recette Dans un saladier, mélangez la viande hachée, l’ail écrasé, l’oignon haché grossièrement et la sauce Worcestershire. Salez et poivrez. Formez ensuite quatre steaks de la taille des pains à hamburger. Faites-les cuire au barbecue directement sur la grille à température moyenne pendant 12 à 16 min. Retournez-les une seule fois à la mi-cuisson. Mettez les pains à cuire sur la grille, 2 à 3 min. avant la fin de cuisson des steaks. Pour faire un cheeseburger, ajoutez les lamelles de fromages sur la viande au même moment. Lorsque les pains sont cuits, garnissez la base avec les ingrédients de votre choix (rondelles de tomates, lamelles d’oignon, laitue, mayonnaise, ketchup…), ajoutez le steak et recouvrez avec la seconde moitié du pain, préalablement parfumé à la sauce Worcestershire.

© JF Mallet


KEFTAS D’AGNEAU Ingrédients pour 4 personnes 350 gr d’épaule d’agneau désossée et hachée, 1 càc de cumin en poudre, 1 càc de curcuma, 1 càc de piment d’Espelette en poudre, 1/4 de bouquet de menthe fraîche, 2 gousses d’ail, 1 oeuf, 1/4 de bouquet de persil plat, 1/4 de bouquet de coriandre, 1 oignon, sel et poivre

© JF Mallet

Progression de la recette Mélangez la viande avec les herbes ciselées (menthe, persil plat, coriandre), les épices (cumin, curcuma, piment), l’oignon et l’ail hachés et, pour terminer, l’oeuf. Laissez reposer une heure, voir plus, le temps que les parfums se développent. Façonnez des petits boudins de 5 à 6 cm de long et insérez un jeu de brochettes au centre. Faites cuire directement sur le gril du barbecue ou sur une plancha, pendant 6 à 8 min. selon votre goût.


BRIOCHE PERDUE ET POÊLÉE DE FRUITS ROUGES Ingrédients pour 4 personnes 4 tranches de brioche, 20 cl de crème liquide, 1 oeuf, 30 gr de beurre, 2 càs de sucre, vanille, 350 gr de fraises, 125 gr de framboises, 125 gr de myrtilles, 1 citron non traité, 2 càs d’huile d’olive, cannelle en poudre, 2 clous de girofle, 4 càs de cassonade, poivre de Sichuan ou mélange cinq baies, sucre glace Progression de la recette Préchauffez la plancha en mode direct, chaleur douce. Dans un saladier, battez la crème, l’oeuf, le sucre et la vanille et trempez-y les tranches de brioche. Avec un pinceau, enduisez la plancha de beurre fondu et faites cuire les brioches sur les deux faces. Réservez au chaud. Pour les fruits rouges, préchauffez le panier à légumes Weber Style sur le barbecue. Mélangez les fruits dans un saladier avec la moitié de la cassonade, l’huile d’olive, les clous de girofle et quatre pincées de cannelle. Versez la préparation dans le panier à légumes du barbecue. Laissez cuire à feu moyen 1,5 min. en maintenant le couvercle fermé. Mélangez et prolongez la cuisson 3 à 5 min. Une fois les fruits compotés, versez dans un saladier. Ajoutez le reste de cassonade et le zeste du citron ciselé. Servez avec les brioches saupoudrées de sucre glace.

© JF Mallet

Retrouvez plus de recettes sur www.weber.com


On se retrouve en septembre

d KLI K K pour un numéro très

© photo : WOW TO GO

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eMag belge gratuit, dKLIKK va vous parler mode, design, art… Pour cette édition, on part, entre autre, à la découverte de la céramique.

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