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MAROC Nasser Bourita : « Notre diplomatie

CAMEROUN Adolphe Moudiki, une vie dans l’ombre de Biya

est globale, autonome et responsable » Une interview du ministre des Affaires étrangères HEBDOMADAIRE INTERNATIONAL NO 2992 DU 13 AU 19 MAI 2018

MUNICIPALES TUNISIENNES Le grand désaveu

MALI

Soumeylou Boubèye Maïga

Le joker d’IBK

Pour permettre une réélection qui s’annonce difficile, le chef de l’État compte beaucoup sur son nouveau Premier ministre. Spécialiste de la sécurité et fin politique, celui-ci se retrouve sur tous les fronts. ÉDITION INTERNATIONALE ET AFRIQUE DE L’OUEST

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France3,80€ Algérie290DA Allemagne4,80€ Autriche4,80€ Belgique3,80€ Canada6,50$CAN Espagne4,30€ Éthiopie67birrs Grèce4,80€ Guadeloupe4,60€

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Guyane 5,80 € Italie 4,30 € Luxembourg 4,80 € Maroc 25 DH Martinique 4,60 € Mayotte 4,60 € Norvège 48 NK Pays-Bas 4,80 € Portugal cont. 4,30 € Réunion 4,60 € RD Congo 6,10 $ US Royaume-Uni 3,60 £ Suisse 6,50 FS Tunisie 3,50 DT USA 6,90 $ US Zone CFA 2000 F CFA ISSN 1950-1285


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SPÉCIAL COUPE DU MONDE

Aigles, Pharaons et à l’assaut de la Rus Le Mondial 2018 en Russie accueillera cinq sélections africaines, dont trois – Égypte, Maroc et Sénégal – commençaient à se faire désirer à ce stade de la compétition. État des forces.


ALEXIS BILLEBAULT

C

est peut-être le début d’une nouvelle ère pour la Coupe du monde. Après la Russie cette année et le Qatar en 2022, le Maroc sera peut-être en 2026 le troisième nouveau pays d’affilée à accueillir l’événement le plus suivi de la planète, avec les Jeux olympiques. La Russie n’avait jamais organisé un tournoi de cette ampleur. Vladimir Poutine voulait la Coupe du monde, même s’il n’est pas un fondu de ballon rond, et il l’a eue. Les régimes autoritaires ont toujours misé sur le sport pour adoucir un peu leur image et démontrer leur capacité à organiser de grands événements internationaux aussi bien que les grandes démocraties. On aura peut-être un jour les détails précis de l’attribution des Coupes du monde 2022 et 2026, si un ponte de la Fifa décide, sur son lit de mort, de raconter ce qui s’est vraiment passé le 2 décembre 2010 à Zurich.

Le Nigeria toujours là

Aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs. Poutine a mis les roubles nécessaires – et même un peu plus que prévu – pour construire ou rénover les stades s’apprêtant à accueillir les trente-deux équipes. Trente-deux pour l’avant-dernière fois, puisque Gianni Infantino, le président de la Fifa, a vu les choses en grand et fait voter un passage à quarante-huit pour 2026. Le tsar Vladimir a promis une fête grandiose, une sécurité maximale et des coups de matraque aux hooligans locaux – et accessoirement aux autres – qui auraient le mauvais goût de plomber l’ambiance. Et puisque la Fifa a décidé que sa compétition reine avait les moyens d’accueillir dans huit ans presque un quart des pays qui lui sont affiliés (211), l’Afrique, dont aucune sélection n’a jamais atteint les demi-finales, passera de cinq à neuf ou dix représentants. D’ici là, il faudra se contenter de cinq sélections. Pas plus qu’en 2014, où l’Afrique était représentée par l’Algérie, le Ghana, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Le plateau africain en 2018 n’apporte aucune nouveauté, puisque les heureux qualifiés (Maroc, Tunisie, Égypte, Nigeria, Sénégal) ont déjà participé à ce grand raout du ballon rond.

Lions sie Le Sénégal s’est qualifié en battant l’Afrique du Sud 2-0 le 10 novembre 2017 à Polokwane.

REUTERS

Le Sénégal, le mieux servi

Mais en fermant les yeux quelques secondes, et en forçant un peu son imagination, les Pharaons égyptiens, les Lions de l’Atlas marocains et les Lions de la Teranga sénégalais auraient presque des têtes de petits nouveaux. Les premiers étaient absents depuis 1990, les seconds – alors entraînés par le regretté Henri Michel, décédé le 24 avril dernier – depuis 1998 et les troisièmes se faisaient porter pâles depuis 2002. Égyptiens et Marocains avaient été éliminés dès le premier tour lors de leur dernière participation, quoique avec un certain panache. Dans la mémoire collective, c’est le parcours du Sénégal en Corée du Sud et au Japon qui a le plus marqué. En 2002, Bruno Metsu, disparu en 2013, avait conduit Sylva, Diouf, Diatta, Bouba Diop, Coly, Fadiga et

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un certain Aliou Cissé (aujourd’hui sélectionneur) jusqu’en quart de finale face à la Turquie (0-1), après avoir battu la France, tenante du titre (1-0), et tenu tête à l’Uruguay (3-3) en poule avant d’éliminer la Suède en huitième de finale (2-1). Cette année, le Sénégal est coaché par un homme moins médiatique, les forts caractères de 2002 ont laissé la place à des personnalités plus lisses, mais le talent est toujours là. Avec le Japon, la Colombie et la Pologne comme adversaires, le Sénégal est tombé dans un de ces groupes que l’on dit « abordables ». « À ce niveau, rien n’est simple. Les quatre équipes semblent être assez proches les unes des autres. À la limite, mieux vaut être dans la position du Maroc (Portugal, Espagne, Iran) ou de la Tunisie (Angleterre, Belgique, Panama). On sait que leurs deux adversaires européens sont supérieurs. Ils feront l’objet de moins d’attentes et de pression. S’ils sont éliminés, ce sera logique. Pour le Nigeria (Argentine, Islande, Croatie) et l’Égypte (Russie, Uruguay, Arabie saoudite), c’est entre les deux. C’est moins homogène que pour le Sénégal, et moins relevé que pour le Maroc et la Tunisie. Tout peut arriver. Ce qui est en revanche évident, c’est que les cinq sélections africaines ont de vrais atouts. Collectifs et individuels. Chacune dans des registres différents », explique François Zahoui, le sélectionneur ivoirien du Niger. Et avec, pour le Sénégal et l’Égypte, deux des meilleurs joueurs du moment, Sadio Mané et Mohamed Salah, qui font le bonheur de Liverpool.

rappelle que les Super Eagles ont franchi trois fois le premier tour (1994, 1998, 2014). Cela n’est jamais arrivé à la Tunisie, et le tirage au sort, qui n’a historiquement jamais été très clément avec elle, n’incite pas à un fol optimisme, d’autant plus que les Aigles de Carthage devront faire sans leur milieu offensif Youssef Msakni, un de leurs meilleurs joueurs, blessé. Grâce à un savant mélange de locaux, d’expatriés et de binationaux, Nabil Maâloul, le sélectionneur, a toutefois de quoi perturber Anglais et Belges, rarement à l’aise face aux sélections maghrébines. Comme la Tunisie, le Maroc va faire la joie des bookmakers londoniens, lesquels voient avec les Lions de l’Atlas le client idéal pour échafauder les cotes les plus osées. « Le Maroc, s’il débute bien face à l’Iran, aura toutes ses chances. Les Lions s’appuient sur une disciple collective, une défense très solide et quelques individualités [Benatia, Ziyech, Belhanda] », énumère Zahoui. Et un coach – Hervé Renard – devenu une star après avoir remporté la CAN avec la Zambie en 2012, et injustement critiqué ensuite pour ses résultats avec le Losc. La roue finit toujours par tourner.

En sélection aussi, Mané est bien entouré. On pense à l’épatant Kalidou Koulibaly, le défenseur de Naples, que Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France, supervisait en 2016 alors que le Vosgien de naissance était déjà international sénégalais depuis plusieurs mois. Mais aussi à Ismaïla Sarr, le joyau du Stade rennais, Idrissa Gueye (Everton), ou Moussa Sow (Bursaspor), un vieux routier du football international. « Il y a tellement de bons joueurs dans cette équipe ! Elle dégage une certaine force collective qui rend optimiste », reprend Zahoui. Le Sénégal n’est pas forcément la sélection la plus spectaculaire à regarder? C’est vrai. Mais alors, que penser de la froide et calculatrice Égypte, entraînée par l’austère Argentin Héctor Cúper, qui possède pourtant un phénomène nommé Salah, déconcertant d’instinct et de spontanéité? « C’est dommage qu’avec un tel joueur la sélection ne pratique pas un football plus offensif. Seulement, on ne peut pas reprocher grand-chose à Cúper, puisqu’il a des résultats. Il a qualifié l’Égypte pour la finale de la CAN 2017 et pour la Coupe du monde », nuance Zahoui. Le Nigeria, qui n’a manqué qu’une phase finale (2006) depuis sa première apparition, en 1994, n’a pas de Mané ni de Salah en stock, mais toute une armée de très bons joueurs (Obi Mikel, Musa, Moses, Iwobi) qui imposeront, comme souvent, un défi physique et athlétique à leurs adversaires. Des arguments qui pourraient se révéler utiles face à des rivaux aux profils très variés. L’Histoire

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AVALON/ICON SPORT

Mané, Salah, Ziyech et les autres

Le sélectionneur tunisien, Nabil Maâloul.

MAÂLOUL, LA TENTATION DU GOLFE

Adjoint de Roger Lemerre en 2004, Nabil Maâloul a fait son retour en sélection, cette fois pour en prendre lui-même les rênes, en avril 2017. Une fois la qualification pour la Coupe du monde assurée, la Fédération lui a fait signer un nouveau bail de quatre ans, liant les deux parties jusqu’en 2022. Seulement le technicien de 55 ans se verrait bien repartir dans le Golfe. L’ancien coach de l’Espérance sportive de Tunis possède un logement

à Doha, au Qatar, où il a entraîné Al Jaish en 2014. Il a également dirigé la sélection nationale du Koweït (2015-2016). Consultant pour la chaîne qatarie beIN Sport, Nabil Maâloul touche un salaire mensuel plutôt modeste en Tunisie (environ 23000 euros hors primes). « Son ambition, c’est de diriger la sélection du Qatar, où il est très apprécié, pour la Coupe du monde 2022 », souffle une source tunisienne. A.B.


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TRIBUNE

Professionnaliser les fédérations africaines L

KALPESH LATHIGRA POUR JA

a plupart des fédérations africaines ont pris une très mauLe football africain aurait ainsi tout à gagner à se provaise habitude, celle d’attendre le dernier moment pour fessionnaliser, d’Alger au Cap, de Libreville à Nairobi. nommer un sélectionneur. La Côte d’Ivoire et le Cameroun, Dans l’organisation de ses championnats. Dans l’amépour ne parler que des gros bras du continent, sont dans ce lioration de ses structures, la mise en place d’un vrai stacas actuellement : les Belges Marc Wilmots et Hugo Broos tut du joueur. Sans oublier la formation des jeunes, des ont quitté respectivement Abidjan en novembre et Yaoundé entraîneurs et des dirigeants. Pourquoi les États ne s’imen décembre, et les locaux Ibrahim Kamara et Alexandre pliquent-ils pas davantage, alors même que le football Belinga assurent l’intérim jusqu’à la nomination de nouest très politique en Afrique ? Combien de chefs d’État veaux techniciens. s’en sont emparés pour faire passer des messages ou se Pour Patrick Mboma, l’ancien buteur des Lions indompfaire mousser ? Ses vertus sociales, économiques ou édutables camerounais, cet attentisme est une pure aberration. catives sont avérées, mais souvent mal comprises ou mal « Le Cameroun est qualifié d’office pour la exploitées par des hommes qui incarnent CAN 2019, qu’il va organiser. Cela m’aurait le pouvoir politique ou sportif et sont donc semblé logique de nommer rapidement supposés être des visionnaires. Bien sûr, un coach. Même chose pour la Côte d’Ivoire: certains championnats fonctionnent très le nouveau va vraiment découvrir ses joueurs bien, mais d’autres ont une régularité plus dix jours avant un match de qualification en qu’aléatoire. Et des clubs – le TP Mazembe septembre! Ce n’est pas professionnel. » Les en est un des principaux exemples – n’aufédérations, qui dépendent presque systémaraient jamais pu se développer sans leurs tiquement des États, avancent souvent des mécènes. « L’argent versé par la Fifa doit questions économiques pour retarder la désiêtre mieux contrôlé. Et la CAF a un rôle à Alexis gnation d’un entraîneur. Un argument balayé jouer : en proposant des options aux fédéBillebault par Mboma : « On va économiser trois fois rations pour développer les championJournaliste rien ! Mais on préfère mettre un intérimaire nats, en accordant des délais, le temps que sportif local, avec un salaire plus modeste, qui sera les choses se mettent en place », poursuit content d’être là et n’embêtera personne. Mboma. Travailler dans l’urgence est préjudiciable. » Autre curiosité africaine lors des appels à vec des championnats structurés et candidatures, la demande faite aux postulants d’envoyer un réguliers à tous les échelons, des projet pour la sélection ! Le bon sens voudrait au contraire joueurs formés, des stades adaptés et des terrains entreque ce projet soit porté par l’institution. « C’est une preuve tenus, les investisseurs hésiteront beaucoup moins à supplémentaire du manque de professionnalisme de ceux injecter de l’argent dans le football local. Et celui-ci sera qui dirigent le foot africain », intervient Didier Ovono, le doublement vainqueur : ses joueurs, s’ils bénéficient de gardien des Panthères du Gabon, qui ne s’est toujours pas conditions convenables, préféreront toujours rester en remis du timing de la nomination de l’Espagnol José Antonio Afrique, au moins momentanément, plutôt que de s’exiler Camacho un mois et demi avant le début de la CAN 2017, au Vietnam, en Albanie ou en Géorgie, des destinations organisée dans son pays. « Il ne parlait pas un mot de franréservant souvent de très mauvaises surprises. Et les clubs çais, ne connaissait pas les joueurs. Vous pensez que c’est lui africains, quand ils vendront les meilleurs en Europe, s’y tout seul qui a fait sa liste, même si c’est un coach compéretrouveront économiquement, puisque l’argent gagné tent? » interroge le gardien du Paris FC (Ligue 2). sera réinvesti. Qu’attendent les fédérations ?

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