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MURIEL DEVEY POUR J.A.

t L’exploitation dispose de trois maisons d’hôtes.

Tendance

Un ranch et une « lady farmer » À 30 km de Lubumbashi, lugo Farm & Country lodge conjugue activités agropastorales et écotourisme. Un modèle à suivre.

E

lleytientàsapisteenterrebordée d’herbes folles et d’arbres aux troncs tortueux, qui fleure bon la terre mouillée. « Quand on opte pour le bio et l’écotourisme, il est hors de question de bitumer », insiste Marie-Claire Yaya Ntema. L’ex-fonctionnaire du Fonds desNationsuniespourl’enfance(Unicef)et sonépouxontcrééLugoFarmandCountry Lodge en 2003, à 30 km de Lubumbashi, sur la route de Ruashi. Traversée par un petit cours d’eau, la concession s’étend sur 235 ha, dans un décor naturel demeuré intact où la forêt côtoie la savane et où seules les cultures portent la marque de l’homme. En somme, une oasis de verdure dans ce paysage minier où la rocaille et la terre brute dominent. « Pour créer notre entreprise, nous nous sommesinspirésdesfermessud-africaines, qui allient activités agropastorales et écotourisme », explique Marie-Claire Yaya Ntema. La société a débuté ses opérations agricoles en 2003 dans l’arboriculture. Dix ans plus tard, elle a largement diversifié sa production et a su trouver ses marques. Côté BIO. « Il a fallu s’adapter à la fois

à la demande du marché et aux aléas naturels. Nous avions planté 15000 arbres à partir d’espèces naturelles pour reboiser les zones minières, mais nous avons tout perdu par manque d’eau. Et après les vergers, qui ont été détruits par des feux de brousse, nous nous sommes lancés dans les cultures vivrières et le maraîchage. » Si les exploitants ont opté pour une agriculture mécanisée et irriguée, JEUnE AfRIqUE

ils restent attachés au côté bio : « Nous faisons notre compost. Cela revient cher, mais nous voulons offrir des produits de qualité, 100 % naturels. » Le couple a investi environ 1 million de dollars (760000 euros), entre autres pour l’achat d’engins agricoles et la construction de hangars de stockage, d’abris pour les animaux, ainsi que de trois maisons, chacune dotée de chambres d’hôtes. L’exploitationemploiequinzepermanents, des saisonniers, et accueille par ailleurs de nombreux jeunes en formation. Aujourd’hui, les champs de maïs et de soja s’étendent respectivement sur 5 ha et 7 ha, avec un rendement de 6 tonnes par

de catering, des hôpitaux, des grossistes et des supermarchés. Les productions de maïs et de soja sont écoulées auprès des commerçants des marchéset,pourlemaïs,égalementauprès des minotiers. L’exploitation vend en outre des semences qu’elle a sélectionnées au fil desans.Enfin,unequarantainedechèvres, une vingtaine de porcs et une centaine de lapins (sans oublier les canards) sont élevés à la ferme avant d’être vendus sur les marchés de Lubumbashi et auprès des restaurateurs. Une activité très lucrative – un porc est ainsi vendu 6 dollars le kilo. AIRES DE JEU. Ouvert en 2011, le site

écotouristique de Lugo Farm & Country Lodge accueille des entreprises, des ONG ou encore des églises, pour des séminaires, des retraites ou des sorties récréatives. Avec plus de 5 km de piste derandonnéeoudeVTT,des Chaque semaine, la ferme livre espaces aménagés pour les 1 tonne de légumes aux pique-niques et les barberestaurateurs et grossistes lushois. cues, des aires de jeu, etc., le succès est au rendez-vous, et hectare. Quant aux cultures maraîchères, les demandes, y compris de particuliers, elles occupent environ 6 ha et couvrent sont nombreuses. « Mais, pour l’instant, une gamme particulièrement diversifiée, nous ne pouvons loger qu’une dizaine de sans compter les quelques hectares d’arapersonnes à la fois », précise la lady farmer. chides. « Lubumbashi étant devenue une Ses priorités actuelles sont de dévelopcité cosmopolite, avec de plus en plus per la pisciculture, de créer une bouched’Occidentaux, d’Indiens et de Chinois, rie-charcuterie et de relancer la pépinière nous produisons des légumes locaux, mais d’arbres forestiers. Rien que ça. « Je compte par ailleurs louer un espace dans un superaussi étrangers, afin de satisfaire toutes les demandes », indique Marie-Claire marché pour vendre des boutures d’arbres et de fleurs », précise Marie-Claire Yaya Yaya Ntema. Ntema, pleine d’enthousiasme et de ténaRéalisée durant les six mois de la saison sèche, la production maraîchère, qui cité. Car, pour chacune de ces nombreuses représente environ 1 tonne de légumes activités, comme elle le rappelle, « le plus dur, c’est de commencer ». l par semaine, est vendue à des restauraMURIEl DEVEY teurs (52 % de la clientèle), des sociétés n O 2729-2730 • DU 28 AVRIL AU 11 MAI 2013


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