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Dierenarts-spoedarts civiele veiligheid: de juiste ‘One Health’-versterking

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HUGUES GUYOT Docteur en médecine vétérinaire et en sciences vétérinaires Spécialiste européen en gestion de la santé bovine (ECBHM) Professeur à la faculté de médecine vétérinaire, Clinique Vétérinaire Universitaire (CVU), Université de Liège, Belgique Coordinateur du certificat d'université vétérinaire urgentiste sécurité civile

Vétérinaire-urgentiste ­sécurité civile : le renfort approprié « One Health » Introduction

À côté de chez nous

Depuis une petite vingtaine d’années est apparu un concept intéressant d’approche intégrée de la santé publique, animale et environnementale : One Health. Une seule santé pour tous et pour tous les pays. Cette approche holistique permet entre autres de mieux affronter les maladies émergentes, dont certaines peuvent s’avérer pandémiques, comme nous le vivons actuellement avec le COVID-19. Souvent oubliés dans la gestion de crise et/ou la planification d’urgence, les vétérinaires jouent néanmoins un rôle majeur dans la cohésion de la santé au sens le plus large du terme. Ils sont l’interface indispensable entre l’Humain et l’animal, dans leur environnement. Ils sont dès lors compétents pour protéger la santé et le bien-être des êtres vivants, puisque leur domaine d’expertise recouvre de nombreuses thématiques d’actualité telles que la sécurité de la chaîne alimentaire, les résistances aux antibiotiques, les zoonoses, les maladies infectieuses émergentes, la protection de l’écosystème, la recherche en médecine (vétérinaire) comparée ou encore le bien-être animal… et de leurs propriétaires.

Nos voisins de l’Hexagone ont bien compris l’intérêt d’un vétérinaire formé au sein des services de secours. Il y a quelques décennies déjà, les Français ont créé un statut de Vétérinaire Sapeur-Pompier (VSP). Leurs missions sont réglementées (Décret 88-623 du 6 mai 1988) et s’entreprennent sous l’autorité administrative du SSSM (Service de Santé et de Secours Médical, composé de médecins, infirmiers, ­pharmaciens et vétérinaires sapeurs-pompiers), au sein d’un SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours). Ils dépendent également de la Défense et de la Sécurité Civile. Il existe environ 350 VSP en France, dont la toute grande majorité sont des vétérinaires indépendants. Ils font partie du personnel volontaire et leur disponibilité est tributaire de leur propre activité professionnelle. Depuis quelques années, ils sont intégrés dans l’effectif des pompiers.

De nos jours, la catastrophe, ou encore situation d’exception, devient de plus en plus fréquente dans nos vies et touche tant les humains que les animaux et l’environnement. Partant du concept One Health et des compétences élargies du vétérinaire, il est tout naturel de ­considérer ce ­dernier comme un chaînon (manquant) dans la gestion d’une crise. Même si son cursus de base est très diversifié, des connaissances s­ pécifiques sur la gestion d’une catastrophe, la médecine aiguë, la ­maîtrise de certains risques ou encore la collaboration efficace avec des services de secours et/ou de police s’avèrent indispensables. Pour rendre opérationnels des vétérinaires sur un chantier de catastrophe ou dans la gestion d’une crise, une formation adéquate et un statut officiel sont autant de conditions indispensables afin que leur intégration dans une cellule de sécurité (par exemple) soit optimale. Le rôle du vétérinaire pourrait transparaître tant dans l’urgence individuelle que dans l’urgence collective.

Au sein du SSSM, le VSP est enrôlé dans diverses missions telles que le conseil en hygiène et sécurité (contrôle des denrées alimentaires, conseils sur les zoonoses, envenimations, risques physiques liés aux animaux), le soutien sanitaire (hygiène alimentaire sur un campement ou chantier de catastrophe, soins aux chiens des équipes cynophiles), la formation des sapeurs-pompiers (risques animaliers, physiologie, comportement, capture, interventions animalières), la médecine vétérinaire d’aptitude (équipes cynophiles). Quant au rôle du VSP au sein du SDIS, il consiste à assurer les missions de secours d’urgence (sauvetage animalier), les opérations impliquant les animaux (animal dangereux ou agressif, capture, téléanesthésie, soutien aux équipes cynophiles), les opérations concernant la chaîne alimentaire (accident avec denrées ­alimentaires, pollutions du milieu naturel), et des missions de prévention (plans d’évacuation d’animaux, risques biologiques, catastrophes, ­écotoxicologie, événements, etc.). À côté de cela, le VSP peut aussi intervenir en renfort d’autres services tels que la Défense et la Sécurité Civile (conseiller technique à la cellule de crise lors de catastrophes).

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Il aura pour fonction de gérer les opérations de ravitaillement animal et humain, assister les élevages, apporter les soins urgents conservatoires adéquats. Il intervient également lors de l’élaboration des plans de secours d’urgence (avec le « PLANU »). Le VSP peut aussi sécuriser les interventions d’autres acteurs de terrain comme la police, lorsque l’animal présente une entrave au bon déroulement d’une opération. Il est aussi le conseiller technique concernant la faune sauvage, la gestion de déchets à risque biologique ou encore toute situation impliquant des animaux ou des denrées alimentaires. Enfin, de par ses connaissances microbiologiques, il intervient dans la gestion des épizooties (bouclage de zone, capture d’animaux, établissement de règles de biosécurité), avec d’autres intervenants mandatés, afin de limiter la propagation des maladies. Le VSP français est un vétérinaire qui a reçu une formation supplémentaire, dispensée à l’ENSOSP (Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers). Celle-ci consiste en un module de sécurité civile (trois jours, organisation des secours, rôles de chacun, législation), un module de secourisme (trois jours) et un module de formation s­pécifique à l’activité de vétérinaire sapeur-pompier (trois jours, capture, télé­anesthésie, surveillance sanitaire de la restauration). Bien entendu, s’il le veut, le VSP peut continuer à se former (hygiène des ­denrées a­ limentaires, médecine de catastrophe, etc.). Le VSP reçoit le grade de capitaine, pour sa fonction vétérinaire, au sein d’un SDIS.

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Au Grand-Duché du Luxembourg, un groupe spécialisé en sauvetage animalier s’est récemment créé (« GSAN »). Il est le fruit de sept ans de développement. À sa tête, deux vétérinaires qui sont en même temps pompiers, dirigent les manœuvres opérationnelles animalières. Ils développent les techniques de sauvetage animalier, recrutent des vétérinaires experts pour les aider dans leurs missions et se forment également (notamment à l’Université de Liège, voir plus loin). Le GSAN a toutefois focalisé son attention sur le sauvetage animalier ainsi que la capture d’animaux sauvages et/ou dangereux. Au Royaume-Uni, il existe des vétérinaires spécialisés en sauvetage animalier qui œuvrent avec les services de secours. Il s’agit de brigades « Horse Rescue ». Enfin, outre-Atlantique, aux USA notamment, existent aussi des brigades de pompiers formés à ces interventions animalières. Ces brigades sont dénommées « TLAER » (Technical Large Animal ­Emergency Rescue) et sont accompagnées de vétérinaires formés.

Quelles missions pour le vétérinaire « sécurité civile » en Belgique ? L’expérience française des VSP, ainsi que la récente initiative des vétérinaires grand-ducaux (GSAN), a permis d’inspirer la Belgique dans la mise en place de nouvelles compétences pour les vétérinaires. Parallèlement, il y a quelques années, certains services de secours sont venus


susciter la collaboration de la faculté de médecine vétérinaire (Clinique ­Vétérinaire Universitaire) de l’Université de Liège. Le but était d’échanger du savoir concernant le sauvetage animalier. De là, un projet universitaire (ULiège), en collaboration étroite avec l’UPV (Union Professionnelle Vétérinaire, section experts « Eco-Véto ») et avec le soutien de certaines zones de secours et de police et de la Wallonie, a vu le jour. Un d­ ocument reprenant cinq missions-types a ainsi été présenté au ministère de ­l’Intérieur (2018). Ces missions peuvent être synthétisées avec les motsclés suivants : • Animal victime • Animal danger • Animal sauveteur • Animal sentinelle • Animal denrée L’animal victime est la catégorie la plus facile à imaginer. Il peut s’agir de faits isolés (accidents ponctuels) comme de catastrophe, quelle qu’en soit l’origine (naturelle, accidentelle, intentionnelle). L’animal peut donc être impliqué dans de très nombreuses situations épiques où il se trouve victime : • accident de la route (animal blessé par ou dans une voiture, bétaillère/camion renversé sur une route, van accidenté) ; • chute dans un milieu escarpé (fosse, trou, colline, falaise, puits) ou liquide (fosse à lisier, piscine, rivière, boue, égout, lac gelé) ; • catastrophes : inondations, sécheresse, incendies (habitations, étables, forêts), températures extrêmes (chaud ou froid), tempêtes ; • incarcérations ou animaux piégés suite à un accident ou une catastrophe : bâtiment, véhicule, environnement. Le sauvetage des animaux est une nécessité absolue pour les animaux (bien-être animal), pour la sécurité des humains (un animal en danger/ blessé peut devenir une menace pour les services de secours et la population), pour l’économie locale (notamment l’élevage, surtout dans des populations où il s’agit d’une ressource essentielle), et enfin pour des ­raisons éthiques évidentes. Le vétérinaire a donc un rôle sociétal important notamment dans la réhabilitation psychologique des humains impliqués dans un incident ou une catastrophe compromettant des ­animaux.

À ce titre, lors d’une catastrophe, il arrive que les humains soient ­évacués de leur habitation. Or, beaucoup de gens p ­ ossèdent un animal de ­compagnie. Qu’adviendra-t-il de cet animal s’il n’est pas prévu dans le plan d’évacuation ? Il existe un risque non-négligeable que l’Homme, attaché sentimentalement à son animal, revienne sur chantier et génère de ­nouveaux dangers, notamment pour les services de secours. La ­présence d’un vétérinaire pourra rassurer la population quant au sort ou aux risques encourus par leurs animaux lors de ­l’incident. Enfin, en postcrise, le vétérinaire peut gérer les rapports d’expertise aux ­assurances (p.e. un incendie d’exploitation agricole). L’animal danger se décline sous différentes formes : • animaux en liberté (domestiques, sauvages ou exotiques) : fugue, errance (risque de sur-accident, victimes humaines), attaque. Essentiellement des risques physiques (morsures, griffures, piqûres, ­piétinement, encornage, coups, envenimations) ; • importations illégales de NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie, souvent des reptiles ou arachnides) : aide à la capture (réquisitions, saisies de police) ; • risques biologiques zoonotiques : vecteurs, hôte intermédiaire, ­prolifération parasitaire ; • autres risques biologiques : cadavres. À côté des risques physiques, le risque biologique est considérable et le vétérinaire est très bien placé pour le manager. En effet, il a la connaissance des maladies zoonotiques mais possède aussi une solide expérience en épidémiologie et gestion de maladies infectieuses dans de grandes cohortes. La situation vécue par les humains aujourd’hui avec le SARS-COV-2 est fréquemment rencontrée et gérée par le vétérinaire dans le monde de l’élevage, avec des animaux. Environ deux tiers des maladies infectieuses émergentes résultent de zoonoses. La majorité (72%) de ces dernières trouvent leur origine dans la faune sauvage et sont en augmentation constante depuis quelques années (source : World Health Organization = Organisation Mondiale de la Santé). Par ailleurs, de nouvelles menaces pèsent sur notre société, telles que le terrorisme. Plus particulièrement, le bioterrorisme risque d’ajouter une couche de risques supplémentaires pour la société mais également pour les services de secours, qui pourraient être les premiers impac-

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tés lors de la résolution d’une crise. Cette forme d’attentat, en diffusant des agents biologiques pathogènes ciblant l’homme, indirectement ou directement au travers d’animaux, végétaux, ou de la chaîne alimentaire, déstabilise la société en termes de santé publique mais aussi en termes de santé animale et sécurité alimentaire, avec de lourdes conséquences économiques, sociales et sanitaires. Il semblerait qu’utiliser l’animal comme vecteur de bioterrorisme soit plus facile et discret, d’autant que la majorité des pathogènes potentiellement utilisables contre l’homme sont zoonotiques. C’est pourquoi le vétérinaire doit être au centre des plans de contrôle et surveillance des maladies animales. Ce faisant, il peut aider les autorités à trouver des pistes, des diagnostics ou des plans d’action lors de bioterrorisme. Il est également garant de la sécurité de la chaîne alimentaire, notamment via l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire). Enfin, même s’il n’existe pas de laboratoire BSL-4 (BioSafety Level-4) en Belgique, il y a toutefois beaucoup de BSL-3, contenant nombre d’animaux et/ou de pathogènes à risque biologique avéré pour l’être humain. Ces endroits stratégiques doivent aussi pouvoir bénéficier de plans particuliers d’intervention où le vétérinaire peut apporter une certaine expertise. L’animal sauveteur comprend principalement les chiens de travail qui sont utilisés par différentes catégories de services tels que les pompiers, la police, la protection civile ou encore la défense. Leurs tâches sont variées, allant de la détection d’explosifs, en passant par la recherche

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de drogue ou encore la recherche de personnes décédées ou vivantes disparues (décombres ou pistage), jusqu’au chien de protection et d’attaque. À côté des carnivores, les chevaux sont aussi utilisés par la police, notamment lors d’événements (manifestations, patrouilles). Le vétérinaire aura pour mission d’assister ces animaux (et leurs maîtres) lors d’interventions où un risque potentiel pouvant nuire à l’intégrité de ces animaux est présent. Le vétérinaire pourra aussi participer aux programmes de préparation ou entraînement des animaux, de même qu’aux soins ou traitements prophylactiques en lien avec leurs missions. L’animal sentinelle est le témoin de pollutions, intoxications aiguës ou chroniques ou encore d’infections (virus, bactéries, parasites). Il sert d’aide diagnostique lors d’un incident entraînant une mortalité ­animale importante. Il peut aussi être un indicateur de risque pour la santé humaine ou l’environnement. Les exemples sont très variés : sinistres aquatiques (poissons de rivières/lacs et piscicultures), mortalité importante d’oiseaux sur un plan d’eau (cygne, oies), mortalité importante de faune sauvage et domestique (peste porcine africaine, grippe aviaire), rats infectés dans les égouts (leptospirose, peste), catastrophe naturelle avec répercussions toxicologiques environnementales (p.e. : tempête entraînant une inondation et le déversement accidentel d’herbicides dans l’alimentation du bétail laitier avoisinant, dont le lait et la viande sont destinés à la consommation humaine).


Quelles compétences ? Le certificat universitaire vétérinaire-urgentiste pour la sécurité civile

© Adobe Stock

L’animal denrée comporte lui aussi plusieurs valences intéressantes. En situation de catastrophe, le vétérinaire permettra de restaurer rapidement une activité d’élevage dans des zones sinistrées et ce, pour continuer à nourrir la population locale. Le vétérinaire sera en urgence et/ou en renfort des agents de l’AFSCA, le garant de la sécurité de la chaîne alimentaire, par exemple si des prélèvements et/ou une aide urgente au d ­ iagnostic sont nécessaires en cas de crise tels qu’une TIAC (­Toxi-­Infection Alimentaire Collective), ou encore si un approvisionnement en eau et nourriture pour des secouristes ou des victimes humaines/animales est nécessaire sur un chantier (contrôle de l’hygiène). Pour toutes ces missions, nos vétérinaires diplômés en Belgique ont bien entendu des connaissances de base, qui seront surtout utiles lorsque la situation sera simple, isolée (urgence individuelle versus urgence collective), avec peu d’acteurs impliqués et relativement dénuée de danger. Lorsque la situation se dégrade, que les conditions d’intervention sont difficiles, qu’il y a d’autres intervenants qui prennent le lead (­Discipline 1 – Secours et/ou Discipline 3 – Police), que du matériel spécifique devient nécessaire pour résoudre la situation, ou encore que l’urgence devient collective, le médecin vétérinaire, avec sa formation de base, risquera d’être vite dépassé, voire même de gêner les autres intervenants dans leur travail. Forts d’expériences en sauvetage animalier mais également de nombreuses formations (« PLANU », médecine de catastrophe, téléanesthésie, gestion opérationnelle vétérinaire des SPV, sauvetage animalier avec les équipes spécialisées des pompiers de différents pays européens, etc.), un groupe d’acteurs de la Clinique Vétérinaire Universitaire (ULiège) et de l’UPV (section Eco-Véto) mais également des officiers SPV (France) et des pompiers belges se sont réunis pour créer un ­programme de ­formation qui répondrait aux exigences nécessaires pour réaliser ces cinq types de missions.

Le sauvetage animalier fait depuis longtemps partie des missions des sapeurs-pompiers en tant que « protection des personnes et de leurs biens ». Récemment, en Wallonie, le statut de l’animal est passé de « bien » à « être sensible », accentuant la pression des citoyens envers les services de secours pour s’occuper davantage des animaux en cas de sinistre. Par ailleurs, depuis toujours, les zones de secours se sont débrouillées pour apporter les procédures de sauvetage adéquates et/ ou les manœuvres opérationnelles pour protéger la population lorsque des animaux étaient impliqués. Actuellement, les sapeurs-pompiers belges reçoivent des formations pour gérer ces situations, avec différents niveaux de compétence. Ils reconnaissent également le besoin d’un vétérinaire formé pour les accompagner et les conseiller dans ces missions. D’après les statistiques des zones de secours belges (statistiques 2015), il apparaît que près d’un tiers des interventions « pompiers »­ (n = 152.741/556.570) est consacré à des opérations de sauvetage et technique (humains + animaux). En retirant l’AMU, ces opérations s’élèvent à plus de deux tiers des interventions (soit 152.741 [sur 226.530 au total, hors AMU] interventions pour toute la Belgique) et sont en augmentation chaque année. Globalement, dans cette catégorie « sauvetage et technique », les interventions « animalières » constituent près de 60% des interventions, à savoir 57% « animal dangereux » (n = 87.648) (mais cela comprend les hyménoptères) et 2% « animal en danger » (n = 3.235). De plus, les animaux peuvent encore se trouver dans d’autres catégories telles que « incendie », « personne en danger » (si menacée par un animal) ou encore « substances dangereuses et environnement ». Toutes ne nécessitent pas une présence vétérinaire directe, mais en plus des missions d’intervention, le vétérinaire peut aussi apporter des conseils, de la prévention, des formations. Malgré tout, cela représente un nombre significatif d’interventions animalières et clairement, l’offre (pompiers et vétérinaires formés) suscite la demande (interventions animalières). Comme précédemment énoncé, les missions des vétérinaires attachés aux services de secours dépassent largement le cadre du sauvetage ­animalier. Leur implication est multiple au service du bien-être animal mais également dans la sureté de la population, qu’il s’agisse de catastrophe, de risque CBRN ou encore de bioterrorisme. En Belgique, il manque encore un cadre légal pour supporter cette fonction essentielle au sein de l’Etat, pour la protection des personnes, de leur bien, et de l’environnement. Un tel vétérinaire formé en Belgique s’inscrit parfaitement dans le concept « One Health ». Alors qu’en France on parle de SPV (rappel : sapeur-pompier vétérinaire), en Belgique on préférera l’appellation « vétérinaire-urgentiste sécurité civile », pour qu’il n’y ait pas d’amalgame avec la profession de pompier. En effet, le « vétérinaire-urgentiste sécurité civile » ne sera jamais amené à éteindre des feux (ni entrer dans une zone « chaude » lors d’un incendie) ou désincarcérer des véhicules ou encore se trou-

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secours par des formations ou de la prévention. Le vétérinaire urgentiste sera enfin amené à conseiller les autorités et services de secours en situation de catastrophe où les animaux sont impliqués directement ou indirectement (pollutions, inondations, incendies, accidents, risques CBRN, zoonoses, épizooties), en première ligne ou en relais d'autres institutions (p.e. l’AFSCA). La formation est donnée en français (pour le moment) et inclut des notions théoriques et pratiques d’urgence (médecine v­étérinaire), d’éthologie, de capture (moyens physiques et chimiques), de ­sauvetage, de gestion de la douleur et d’anesthésie, de risques CBRN, de ­cynotechnie, de denrées alimentaires et bien d’autres encore. Dans cette formation, l'École du feu et de sécurité civile de la province de Namur a conçu un modèle opérationnel théorique et pratique pour donner aux vétérinaires d'une part les bases de fonctionnement des services de secours (chaîne de commandement, outils et techniques utilisés, place du vétérinaire en intervention, etc.) et d'autre part une ­formation pratique (techniques, mises en situation du vétérinaire dans une intervention avec les pompiers : atmosphère hostile, accident de voiture, milieux périlleux, etc.) ­permettant une interaction avec les ­services de secours sans les gêner. Ce certificat est ouvert aux ­inscriptions depuis octobre 2019 et les premiers modules ont commencé en 2020. Voir lien suivant : www.programmes.uliege.be/cocoon/20192020/formations/ bref/VYVUSC90.html.

ver dans une zone dangereuse pour laquelle il n’aura pas été formé correctement et/ou autorisé par un officier de la D1 (et/ou D3 selon le type d’intervention) d’y pénétrer. Cependant, il est essentiel qu’il puisse comprendre la chaîne de commandement, utiliser les bons moyens de communication, gérer une situation de crise/catastrophe, comprendre l’organisation des secours, avoir une connaissance globale des différentes techniques utilisées par les services de secours (feu, désincarcération, etc.), savoir précisément où est sa place et comprendre les techniques utilisées par les pompiers pour approcher une zone de danger. Dès lors, le vétérinaire en mission ne sera pas une gêne pour les acteurs en place (D1-D3) et s’intégrera parfaitement dans l’opération en cours. L’Université de Liège, en collaboration avec l’UPV et avec le soutien de la Wallonie et de certaines zones de secours et de police, a donc pris les choses en main. Notre université sœur (Gand) nous a aussi aidé dans nos réflexions. Un certificat universitaire a été mis en place et a été approuvé par les autorités de l’Université de Liège et par l’ARES (Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur) en 2019. La f­ormation de vétérinaire urgentiste pour la sécurité civile est prévue pour des vétérinaires qui vont apporter une expertise immédiate à la sécurité civile (pompiers, protection civile, police) lors de situations urgentes où les animaux sont en danger ou présentent un danger pour d'autres animaux, pour l'homme ou pour l'environnement. Par ailleurs, le rôle de ce vétérinaire « sécurité civile » sera aussi de soutenir les services de

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Concernant les formateurs du certificat, il n’y a que du beau monde qui est invité à partager son savoir : des vétérinaires spécialistes de collèges européens reconnus par l’EBVS (European Board of Veterinary Specialisation), des SPV haut-gradés qui ont traversé la frontière pour venir ­partager leur expérience et leur pratique et des spécialistes reconnus dans leurs domaines, qu’ils soient vétérinaires, juristes, animaliers, ­pompiers ou encore policiers. En plus de l’intérêt évident d’échanger de la connaissance avec ces personnes, c’est aussi un gage de qualité de la formation, qui la rend unique en son genre en Europe. Vingt vétérinaires, de tous horizons de pratique vétérinaire et même de plusieurs pays (Belgique en grande majorité, Grand-Duché du ­Luxembourg et France), participent à la formation et seront diplômés (après contrôle des connaissances et défense d’un mémoire) cette année 2020. Les vétérinaires belges sont uniformément répartis dans les cinq provinces francophones. Le groupe est très soudé et très motivé, ce qui facilitera très certainement la collaboration une fois qu’ils seront opérationnels. Avec le confinement, le programme n’a pas changé mais les parties pratiques ont été reportées tandis que certaines parties théoriques sont données par vidéoconférence « en direct ».

Et maintenant ? En attendant un statut reconnu par le Fédéral (IBZ), il était toutefois urgent de commencer à former des vétérinaires. Ces vétérinaires formés (Certificat Universitaire Vétérinaire-Urgentiste Sécurité Civile) doivent être mis à disposition des services de secours et de l’État 24h/24, 365j/an, selon un rôle de garde ou tout autre système pratique. La poly-


valence a minima est évidemment de rigueur. Pour avoir une opérationnalité constante, nous estimons qu’un strict minimum de six vétérinaires officiels par province est requis (soit une base de soixante vétérinaires en Belgique). Il en faudrait sans doute davantage pour couvrir au mieux le territoire et être certain, comme il s’agit de volontaires qui ont une activité professionnelle principale, d’avoir un ou plusieurs vétérinaires disponibles en permanence. Même si les conditions actuelles (crise ­sanitaire du COVID-19, gouvernement en affaires courantes) ne sont pas très propices aux avancées intéressantes, il n’en demeure pas moins essentiel d’obtenir un statut officiel, de préférence fédéral (impliquant également le KCCE – Centre Fédéral de Connaissances pour la Sécurité Civile), pour ces vétérinaires formés qui vont œuvrer aux côtés des différentes disciplines (D1 à D5). Leurs rôles essentiels ne sont plus à démontrer. Pourtant, un statut officiel reconnu (p.e. expert volontaire de la protection civile ?) aiderait les autorités et services concernés à faire plus facilement appel aux vétérinaires en urgence, donnerait de la légitimité à ces derniers et une potentielle rémunération, ainsi que des EPI (Équipements de Protection Individuelle) homologués et une ­couverture (assurance) en cas d’accident. Ces vétérinaires-urgentistes sécurité civile pourraient également être intégrés aux plans communaux et provinciaux (p.e. PGUI – Plan Général d’Urgence et d’Intervention) étant donné la polyvalence et l’utilité des missions qu’ils peuvent assurer.

Sources • A.R. 29 juin 2018 et 3 juillet 2018 relatifs aux volontaires de la Protection Civile • Code wallon du Bien-être animal version mise à jour au 2 décembre 2019 • DEVOS, N. et FAESSEL, A., « Les vétérinaires, des vigipirates au cœur du dispositif anti-bioterrorisme », La Semaine Vétérinaire 2013, 1559, 21-28. • GIBBS, E.P.J « The evolution of One Health: a decade of progress and challenges for the future », Veterinary Record 2014, 174, 85-91. • ZINSSTAG, J., SCHELLING, E., WYSS, K., et MAHAMAT, M. B., « Potential of cooperation between human and animal health to strengthen health systems », The Lancet 2005, 366, 2142-2145.

Remerciements En hommage à mon confrère et ami Thomas Degand, sapeur-pompier professionnel (NAGE) et vétérinaire, décédé brusquement le 28 mai 2020. Il était mon allié et cofondateur de ce projet. Je remercie également toutes les personnes et organisations qui ont soutenu, promu ou aidé, directement ou indirectement, à la réalisation concrète de ce beau projet. En effet, ce projet n'est pas celui d'un seul homme, mais il est le fruit de nombreuses collaborations, je pense notamment à : • La faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Liège • Dominique Grandjean (ENVA), professeur, colonel chef-vétérinaire à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) • Nicolas Jalet, major pompier professionnel au SIAMU, Bruxelles • L'UPV et les membres de la section experts Eco-Véto de l'UPV (Union Professionnelle Vétérinaire) • Tous les maîtres de conférences et experts du certificat universitaire vétérinaire-urgentiste sécurité civile • Les différents experts qui ont permis d'étoffer la formation avec une vision de spécialiste éclairé • Les nombreux pompiers et policiers, belges ou étrangers (France, Suisse) qui nous ont aidés dans la création et la mise en œuvre ­pratique du certificat • Yves Braet, directeur de l'École du feu et de sécurité civile de la ­province de Namur, ainsi que ses instructeurs

NL

Dierenarts-spoedarts ­civiele veiligheid: de juiste ‘One Health’-versterking Meer dan ooit maakt de dierenarts deel uit van een ‘One Health’-aanpak van onze samenleving. Hij moet niet alleen dieren redden, maar ook gezondheidscrisissen het hoofd bieden … Een nieuwe, ­gespecialiseerde universitaire opleiding (dierenarts-spoedarts civiele bescherming, ULiège) moet dierenartsen helpen bij opdrachten voor de brandweer, de politie of de civiele bescherming waarbij dieren zijn betrokken.

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