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Gra tuit

La référence afro-caribéenne N°34 Octobre 2012

PATIENCE DABANY LA MAMA EN ROUTE POUR LE ZENITH DE PARIS SéNéGAL

RDC

SOMALIE

OUGANDA

Le Joola : UNE UN NOUVEAU XIVème SOMMET DE LA JOSEPH KONY, DéCENNIE DE DOULEUR FRANCOPHONIE SUR PRéSIDENT, HASSAN LEADER DE LA ET DE QUESTIONS FOND DE POLéMIQUE CHEIKH MAHAMOUD LRA « WANTED »

Dossier

4

Diplomatie 5

Ne pas jeter sur la voie publique

Politique 6 Invité 14 Culture 16 Société

LE RETOUR DE

CLAUDY SIAR

DANS COULEURS TROPICALES

20 Sport 24 Média 26


Diasporas News

N°34 Octobre 2012

Diasporas-News Edité par DCS Group Agence de Communication en Relations Publiques et Services 39, Rue Félix FAURE 92700 COLOMBES – France Site : www.diasporas-news.com Tél : +339 50 78 43 66 Mob : +336 34 56 53 57 Fax : +339 55 78 43 66 contact@diasporas -news.com Contact Publicité +336 34 56 53 57 publicite@diasporas-news.com Directeur de Publication Thomas DE MESSE ZINSOU

redaction@diasporas-news.com Ont collaboré à ce numéro : CLÉMENT YAO Alex ZAKA Lamine THIAM René KOUAME Hermann DJEA Mireille NGOSSO DIRECTRICE Promotion Marketing - Publicité Coura SENE Direction Artistique Cristèle KARMEN DANDJOA Développement Région Rhône-Alpes Dieudonné SOME WENS Développement Rhône Valentin G. SIKELY Développement de l’Hérault Benjamin AKA Développement Haute Garonne Jérôme M’BOUA Développement Alpes Maritimes Christian Boutilier Dépôt légal : à parution ISSN : 2105-3928 Impression : En France La reproduction totale ou partielle des articles, photos ou dessins publiés dans ce magazine, sauf accord préalable, est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. Les documents reçus deviennent propriété du magazine.

édito

Le Mondialisme ou la dictature des plus forts

L

e Mondialisme qu’on définit comme l’unicité politique mondiale, à bien regarder son mode de fonctionnement, ses règles, son code et ses pratiques, c’est un peu comme le monopartisme qui a fait le lit du printemps des régimes tyranniques et dictatoriaux sous les tropiques africains et latinoaméricains. Ce Mondialisme qui impose que le monde entier regarde dans la même direction et pense pareil. La pensée unique en quelque sorte. Qu’on soit européen, africain, asiatique ou américain, on doit partager les mêmes valeurs morales et certainement aussi les mêmes us et coutumes (…) On doit être un citoyen universel, un citoyen du monde, tout court.

Toute Nation qui enfreint aux lois supranationales de la démocratie moderne et des droits de l’Homme, fondamentaux de ce Mondialisme, est considérée comme un « Etat voyou » et un « Hors-la-loi » à bannir. Son gouvernement s’appelle l’Onu, son armée l’Otan et ses redoutables banques le FMI et la Banque Mondiale. Pour beaucoup d’analystes et observateurs, il n’y a l’ombre d’aucun doute, la révolution arabe a été savamment impulsée par les partisans du Mondialisme tout comme les complots orchestrés contre certains régimes en Afrique noire. Que ce soit en Egypte, en Tunisie ou encore en Libye, ces pays étaient considérés comme insuffisamment démocratiques ou pas du tout. Conséquence, on a fait la guerre à leurs dirigeants au nom du Mondialisme et de sa démocratie moderne par opposition à la démocratie classique qui admet que « le pouvoir est donné par Dieu ». Et donc, tout peuple a le dirigeant qu’il mérite. Et pourtant, l’embellie, la stabilité et la réussite économique exemplaires de ces pays, en dépit de l’absence de démocratie, n’avaient rien à envier aux pays de l’Afrique saharienne où le multipartisme a été pourtant instauré de force dans les années 1990. En regardant de plus près les résultats obtenus après tous les dégâts matériels et humains commis, la situation est moins reluisante. Elle est même dramatique et désastreuse. Le cas de l’Irak est sous nos yeux pour en témoigner. Depuis que George Bush, père et fils, se sont débarrassés de leur ennemi Saddam, le pays est devenu chroniquement instable. Il ne se passe pas un jour sans qu’un attentat à la bombe ne soit commis contre les intérêts des Occidentaux. Et hélas ! Ce sont toujours les pauvres populations civiles qui en pâtissent. Diantre ! Qu’est-ce que les mondialistes ont apporté de mieux aux populations irakiennes dix ans après « la guerre du bien contre le mal » qui a conduit à la chute de Saddam Hussein et de ses sbires ? Rien du tout si ce n’est la désolation totale semée dans ce pays

qui avait jadis le mérite d’être un modèle pour cette région. Dans la même veine, parlons aussi de la Libye. Ce pays qui doit sa grande réussite économique aux rentes de son pétrole, était au début du siècle un des plus convoités de la région. Son guide, feu le colonel Kadhafi, quoique détesté à cause de sa réputation sulfureuse et son arrogance, cela n’avait pas empêché certains dirigeants du monde occidental de l’adouber pour son argent et sa grande générosité. Kadhafi était même très fréquentable et recevait, en catimini, sous sa tente à Syrte, les dirigeants les plus influents du monde. A cause de ses chantages intempestifs, ses révélations fracassantes et compromettantes, il était devenu l’ennemi numéro un à abattre. D’aucuns n’avaient pas intérêt à ce que le Guide libyen en dise trop sur des deals financiers occultes passés avec lui. Aujourd’hui encore, les circonstances de sa mort suscitent des questions dans les médias. Le très sérieux journal britannique, Le Daily Mail, a révélé récemment que Kadhafi aurait été tué par un homme des services secrets français sur ordre de Nicolas Sarkozy. Selon des sources concordantes « Sarkozy avait toutes les raisons d’essayer de faire taire le Colonel aussi rapidement que possible » car, le Guide libyen menaçait de « révéler les détails de sa relation avec l’ancien président de la France, incluant les millions de dollars payés pour financer sa candidature aux élections de 2007 ». Des sources diplomatiques ont également évoqué cette hypothèse en faisant passer l’ancien président français pour l’instigateur de ce meurtre. Vrai ou faux ? Au-delà de l’accusation contre l’ancien président de la cinquième puissance économique mondiale, cela dénote de la subjectivité des croisades contre les dirigeants des pays suspectés d’être des « Etats voyous ». Dès lors, on comprend bien que le motif de la guerre que l’on impose aux soidisant dictateurs ne repose pas forcément sur des raisons objectives ou du moins sur les fondamentaux du Mondialisme. N’est-ce pas tout simplement une forme avérée de la dictature des plus forts sur les plus faibles ou encore la raison du plus fort ? Dès fois, il y a des guerres qui sont injustement faites et qui désolent le monde pour rien. « La guerre, disait Voltaire, est un crime qui n’excuse pas la victoire ». Il est vrai que si les vainqueurs devaient eux aussi répondre de leurs crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant le tribunal pénal international au même titre que les vaincus, le monde serait certainement plus en paix. Clément Yao


dossier

Sénégal-Le Joola : Retour sur la pire catastrophe de la marine civile

Le Joola a chaviré le 26 septembre 2002. Cela fait 10 ans. Une décennie de douleur

pour les familles des victimes mais également une décennie de questionnements sur les raisons et les responsables de la pire catastrophe de l’histoire de la marine civile.

L

e Joola, bateau sénégalais qui assurait la liaison marchande entre Ziguinchor, chef lieu de la Casamance (Sud) et Dakar, a chaviré un soir de tempête aux larges de la Gambie. Un naufrage qui a

le Joola

fait officiellement 1863 morts même si de nombreuses autres sources font état de plus de victimes. Seuls 64 rescapés furent recensés. Mais il y a un fait sur lequel tout le monde s’accorde : la mémoire collective sénégalaise est marquée par la douleur et l’horreur à la vue des corps sortis du cœur de l’océan atlantique pour être acheminés vers des conteneurs réfrigérés, devant les caméras du monde entier. Une catastrophe qui a changé l’image du Sénégal en ce début de deuxième millénaire. En effet si officiellement la tempête est la cause du chavirement du Joola, le bateau n’était pas aux normes, les règles de sécurité n’étaient pas toutes respectées sans compter l’excès de passagers et de marchandises. Une série de manquements qui ont largement été à l’origine de la catastrophe, mettant en lumière des responsabilités au plus haut point.

Une catastrophe, plusieurs manquements

Les témoignages concordent à dire qu’il y 4 Diasporas News N°34 Octobre 2012

avait plus de 2500 voire 3000 passagers au départ de Ziguinchor avant d’aborder les côtes gambiennes, pays enclavé dans le Sénégal. La surcharge de passagers n’était pas la seule cause de la plus grande catastrophe de la marine civile. « C’est pire que le Titanic » rappelle t-on souvent comme s’il fallait mettre plus poids sur une catastrophe déjà lourde de conséquences. Contrairement à l’image valeureuse laissée à la postérité cinématographique par le commandant du Titanic, Issa Diarra, le capitaine du Joola fut accablé par les premiers éléments de l’enquête officielle. Les enquêteurs déterminent la non concordance entre ses études dans une école militaire marocaine validées par un stage de 8 à 9 mois aux Etats-Unis et les compétences d’un diplômé de la Marine marchande. La justice sénégalaise le reconnaît comme l’entier responsable du naufrage. « Le commandant du bateau faisait parti des personnes disparues, l’action publique doit être considérée comme éteinte à son égard, ce qui, au vu de l’article 6 du Code de procédure pénale, conduit le ministère public à la décision de classement sans suite du dossier au plan pénal » peut-on lire dans le jugement daté du 7 août 2003.

Le marathon judiciaire se poursuit Le naufrage du Joola donna les signes avantcoureurs du désamour d’Abdoulaye Wade sur le plan national ainsi qu’international. L’image lisse de l’éternel opposant qui arrive au pouvoir par la voie démocratique était sérieusement écornée par le simulacre de justice indexant le seul capitaine. Arrivé au pouvoir en mars 2001, la catastrophe sonnait la fin de l’état de grâce dont Abdoulaye Wade bénéficiait avec le slogan « Le Sénégal qui gagne », puisé dans les victoires (finaliste de la Can au Mali en début d’année et quart de

finaliste du mondial asiatique en mai et juin 2002) de l’équipe nationale de Football. Avant le délibéré du procès de Dakar, une information judiciaire pour homicide involontaire et non assistance à personnes en péril avait été ouverte à Evry (en France) le 1er avril 2003. L’enquête déboucha sur un non lieu en 2011. Entre temps 9 mandats d’arrêts internationaux avaient été émis par la justice

Le cimétière

française, saisie par des victimes françaises. Parmi les personnalités visées l’ex-Premier ministre sénégalais Mme Mame Madior Boye et l’ancien ministre des forces armées Youba Sambou. La cour de cassation finit par annuler ces deux mandats d’arrêts. La même cour de cassation doit étudier le 6 novembre prochain le pourvoi des six autres personnalités sénégalaises puisque entre temps le septième, Gomis Diédhiou, en transit à Paris, a été arrêté en octobre 2010, mis en examen, libéré puis placé sous contrôle judiciaire par la justice française. Le marathon judiciaire continu en France alors qu’au Sénégal il n’y a pas de mémorial pour les victimes encore moins le renflouage du Joola dont l’épave croupit encore dans les eaux gambiennes. Moussa DIOP


diplomatie

Présentation des lettres de créance

de sem JOSEPH TEBAH-KLAH ambassadeur de COTE D’IVOIRE près le SAINT-SIEGE et de l’Ordre souverain militaire de MALTE

L

a Côte d’Ivoire et l’Ordre souverain militaire de Malte ont établi les relations diplomatiques depuis les années 1974. Ces relations sont restées toujours excellentes entre les deux pays si bien qu’après plus d’une décennie pendant laquelle les relations ont été gérées par un chargé d’affaires, la Côte d’Ivoire a renoué avec le passé avec la nomination d’un nouvel ambassadeur en la personne de son Excellence JOSEPH TEBAH-KLAH. Son Excellence JOSEPH TEBAH-KLAH nommé conjointement ambassadeur près du SAINTSIEGE et de l’ordre souverain militaire de MALTE avec résidence à ROME (Italie) a présenté ses lettres de créances au grand maître FRA MATTHIEW FESTING de l’ordre souverain de MALTE le 14 juin 2012. Au cours de cette cérémonie l’ambassadeur Ivoirien a tenu au nom du président de la république de Côte d’Ivoire son Excellence le docteur ALASSANE DRAMANE OUATTARA et son gouvernement à remercier le grand Maître de l’Ordre souverain de MALTE pour toutes les activités menées par cette institution en Côte d’Ivoire depuis 1974. L’ambassadeur TEBAH-KLAH JOSEPH et le Grand maître MATTHIEW FESTING ont affirmé

leur volonté commune de renforcer davantage les relations qui lient les deux pays, notamment par la signature prochaine d’un accord bilatéral de partenariat et de coopération. Le Grand Maître s’est particulièrement félicité du retour de la paix en Côte d’Ivoire et de l’accréditation d’un nouvel ambassadeur près de l’ordre souverain de Malte après douze ans. Il a en outre formulé le souhait de pouvoir visiter la Côte d’Ivoire, un des rares pays Africains qu’il regrette de n’avoir pas encore pu visiter. Il a en suite adressé ses vœux de succès au chef de l’état Ivoirien et se dit disposé à appuyer tous les efforts dans le domaine humanitaire et social. A la sortie de cette grande cérémonie son Excellence Monsieur TEBAH-KLAH qui a bien voulu se prêter à nos préoccupations a fait cette déclaration « je suis parti présenter mes lettres de créances en compagnie de mes collaborateurs. Nous avons étés accueillis dignement à l’image des relations qui lient nos deux pays. Tous les dignitaires de l’ordre souverain militaire de MALTE étaient présents avec à leur tête le Grand Maître MATTHIEW FESTING. Il y a eu les échanges d’allocutions et ensuite un entretien privé. Nous avons été par la suite conviés à un déjeuner avec nos épouses et toutes les

S.E.M TEBAH-KLAH, AMBASSADEUR Près-le- Saint -siège et du Royaume souverain de MALTE

délégations Ivoiriennes et hautes personnalités qui étaient invités à nos côtés. Nous sommes satisfaits et heureux de l’accueil qui nous a été réservé par les autorités de l’ordre de MALTE ». RENE KOUAME (Italie)

Soudan / Sud-Soudan

Les frères ennemis fument-ils enfin le calumet de la paix ? SEM Khalid Mohamed Farah, Ambassadeur du Soudan en France

et Salva Kiir, du Sud- soudan sont parvenus à régler la quasi totalité des questions en suspens. C’est pour parler de cette avancée considérable entre les deux états que l’ambassadeur du Soudan, à Paris, a convié la presse à sa résidence, le 28 septembre dernier. SEM Khalid Mohamed Farah, entouré de ses collaborateurs, s’est longuement exprimé sur la volonté et les efforts qui ont été fournis par son pays et notamment par le président Omar el-Béchir pour la promotion de la paix dans la région. Une paix vitale pour le Soudan qui a été politiquement, économiquement et socialement déstabilisée après la sécession avec le Sud. La chute sérieuse dans les recettes de pétrole dont les trois quart sont allés au Sud, la nécessité de réhabiliter la plu-

L

’accord de coopération et de sécurité signé le 27 septembre entre les deux pays pourrait être le déclenchement d’une cohabitation sereine et paisible. Les négociations qui se poursuivaient à Addis-Abeba entre les « deux Soudan » sont porteuses d’espoir. Sous l’égide de l’union Africaine les présidents Omar el-Béchir du soudan

part des infrastructures, la réforme du secteur agricole et la question de la dette extérieure qui s’élève à une quarantaine de millions dollars sont aujourd’hui les préoccupations majeures du gouvernement soudanais qui est résolument rentré dans la deuxième république. S’agissant du Darfour, SEM Khalid Mohamed Farah a assuré que la situation en matière de sécurité y est actuellement calme et ne cesse de s’améliorer. La communauté internationale est évidemment appelée à exercer une plus grande pression sur les autres factions rebelles qui n’ont pas encore signé l’accord, afin qu’elles le fassent immédiatement, d’autant plus qu’ elle est appelée à participer activement à la conférence internationale des donateurs ayant pour objectif le soutien et

la mise en œuvre du document de Doha, prévue dans la capitale du Qatar en décembre de cette année. Pour terminer SEM Khalid Mohamed Farah a dénoncé la campagne haineuse et injuste de diabolisation et de désinformation de la part des médias occidentaux en général. Il a évoqué les allégations mensongères et tendancieuses selon les quelles les soudanais du nord, arabes et musulmans auraient pratiqué l’esclavage contre leurs concitoyens du sud, africains et chrétiens et les auraient vendus dans les marchés du nord. Il a ainsi souhaité que les hommes de médias deviennent impartiaux, justes et objectifs dans le traitement des sujets concernant le Soudan. Mirielle NGOSSO 5 N°34 Octobre 2012

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politique

XIVème Sommet de la Francophonie en RDC Une rencontre sur fond de polémique

Du 12

au 14 octobre 2012, la République démocratique du Congo accueille le XIVe Sommet de la Francophonie. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) travailleront sur le thème: « Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale. »

L

a rencontre de Kinshasa, la capitale de la RDC  est un véritable test pour Joseph Kabila, le tenant du pouvoir dont la légitimité est toujours contestée par la classe politique congolaise. Prenant le taureau par les cornes, les autorités congolaises s’activent pour réussir cette rencontre internationale qui s’annonce sur fond de polémique. Pour le ministre de l’Intérieur,Richard Muyej : « Le XIVe Sommet de la Francophonie est une occasion pour la RDC de s’ouvrir au monde et d’affirmer son identité comme une grande nation africaine résolument en quête de sa modernité politique, économique et sociale.» général Laurent Nkunda

C’est pourquoi, il a invité l’ensemble des acteurs politiques du pays, le 18 septembre dernier, à se mobiliser en vue d’assurer le succès de cette grand’messe de la Francophonie du 12 au 14 octobre à Kinshasa. Il a rappelé que cette rencontre était un rendez-vous national qui nécessitait l’implication de toute la classe politique au-delà de leurs divergences. Malgré cet appel de nombreux partis de l’opposition ont boycotté cette réunion. De son côté, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo attend la présence de 71 chefs d’État et de gouvernement. Et d’ajouter :  « Cette rencontre revêt une importance capitale pour le pays considéré comme étant le plus important en termes de superficie de l’espace francophone. » Réagissant aux propos du ministre de l’Intérieur certains opposants présents à la réunion avouent ne pas comprendre. En cause: les élections présidentielles de novembre 2011 ayant donné vainqueur Joseph Kabila. Des 6 Diasporas News N°34 Octobre 2012

Kabila et Hollande

élections qu’ils jugent non démocratiques et donc entachées d’irrégularités. Estimant qu’il y avait des questions à régler a priori avant leur participation à de telles rencontres. « Nous à l’opposition, nous sommes en train d’apprêter notre cahier de charges pour le remettre à François Hollande. » Rappelons que plusieurs observateurs internationaux n’ont pas manqué de dénoncer le « hold-up » électoral du candidat du Parti du Peuple pour le Redressement et la Reconstruction(PPRR), Joseph Kabila. Contrairement aux attentes du Premier ministre congolais, on avance dans les chancelleries occidentales que plusieurs chefs d’Etat sont prêts à bouder cette rencontre. Car, pour eux accepter d’y venir est une façon de reconnaître le pouvoir de Kinshasa. Une interview sur France 24 du président guinéen Alpha Condé montre des divergences sur la réunion de la Francophonie à Kinshasa. Le chef de l’Etat guinéen a été clair : « Des chefs d’Etat et de gouvernement hésitent de venir au XIVe Sommet de la Francophonie en raison

de la situation des élections de novembre 2011». Pour les défenseurs du président Joseph Kabila : « Alpha Condé avance des raisons fallacieuses de soi-disant situation des élections. Il est clair que les ennemis de la RDC ne se désarment pas, partout où ils peuvent faire mal ». En Afrique les perdants ont toujours contesté les résultats des urnes, à part dans quelques pays. Même la venue du président français François Hollande à Kinshasa aura été l’aboutissement d’une longue et difficile épreuve diplomatique. On se souvient qu’au lendemain de la présidentielle congolaise, le ministre des Affaires étrangères d’alors, Alain Juppé affirmait avoir pris note de l’élection de Kabila sans forcément reconnaître sa victoire. Vu la réticence à la fois des chefs d’Etat du continent et subtilement de Paris à « accepter » sa réélection, Joseph Kabila joue son va-tout les 12,13 et 14 octobre pour s’assurer un quelconque soutien et une légitimité internationale. Au niveau intérieur, l’opposant principal Etienne Tshisekedi, le finaliste malheureux qui


politique entre les deux pays. L’autre handicap de la RDC est la justice à deux vitesses qui prévaut. En effet, ce pays est considéré comme étant un territoire où justice rime avec politique et corruption. Dans une récente interview, le Premier ministre a affirmé s’atteler à régler cette situation. Aussi est-il important pour les autorités de récréer un climat de confiance avec les investisseurs étrangers. Il y a quelques semaines, elles ont déposé un dossier dans ce sens à l’OHADA. Mais un des chantiers urgents devra être le dialogue entre l’opposition et le pouvoir. Ce qui serait le début à un retour sur la scène internationale. Faustin Dali et Elvis Adou

Etienne Tshisekedie

n’a pas jusque-là digéré sa défaite, continue à dire qu’il « reste et demeure le vrai président de la République ». Son parti politique l’Union pour la démocratie et le progrès social(UDPS) avait même demandé la délocalisation du sommet dans un autre pays. Mais face au refus des dirigeants de l’Organisation internationale de la Francophonie de répondre favorablement à leurs requêtes, ils ont décidé de faire un véritable lobbying, afin qu’il y ait une rencontre entre leur leader et le président français qui sera à Kinshasa le 13 octobre après un passage à Dakar, au Sénégal. La rue congolaise l’a écorché au passage eu égard au déchantement qui s’est brutalement accentué en cette année à l’égard de François Hollande, désormais confronté à une opinion mécontente de ses premiers pas. Surtout son hésitation à venir à Kinshasa a été critiquée. « Que François Hollande s‘occupe de la question du Nord Mali, de ses promesses utopiques faites aux Français.» Ce sont là entre autres, les griefs portés contre le locataire du palais de l’Elysée par la rue congolaise.

Redonner l’image du pays La RDC a connu plusieurs années de guerre. Même si l’on est loin de l’époque où les combats se déroulaient aux portes de la capitale, toujours est-il que certaines régions n’ont pas encore retrouvé la stabilité. Aujourd’hui, l’armée congolaise confrontée à des problèmes de moyens logistiques financiers doit faire face à une rébellion qui sévit à l’Est. A plusieurs reprises, le voisin rwandais a été indexé par les autorités de Kinshasa de servir de base arrière aux rebelles. Une situation qui a d’ailleurs créé une suspicion

FRance « Délit de naissance... et de faciès »

A

quand une véritable libéralisation de l’ascenseur social et l’égalité des chances dans l’accès aux postes à responsabilité. Dans son numéro du 27 septembre, l’hebdomadaire «Le Point» a évoqué une polémique suscitée par la candidature de Amin Khiari, 35 ans fils de la Sénatrice Bariza Khiari (Paris) - au poste de Directeur Général de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense. Diplômé de l’Essec après avoir passé avec succès des classes préparatoires et des concours, Amin Khiari est un ancien Directeur général du pôle universitaire Léonard de Vinci. Un CV semblet-il conforme aux exigences pour ce poste de management de l’EPAD. Alors pourquoi tant de blocage à sa candidature ? Parce qu’il est un « fils de » ? Il faudrait alors retoquer pléthore de managers diplômés et compétents, filles et fils de l’élite de la République : élus, dirigeants de grandes entreprises publiques et privées, intellectuels, scientifiques et autres personnalités... Sauf que eux ne sont généralement ni arabes, ni noirs. Il est grand temps que dans l’auto-proclamé pays des droits de l’Homme, place soit enfin accordée à la compétence et aux talents de tous les fils et filles de la République, quelques soient leurs origines culturelles ou sociales et la couleur de leur peau. Ne rajoutons pas au « délit de naissance », celui de faciès.

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Dogad DOGOUI Fondateur de Africagora Président de France Diversité

7 N°34 Octobre 2012

Diasporas News


politique

50 ans après leur indépendance Les pays de l’Afrique de l’ouest entre vents et marées Plus

de cinquante ans après l’accession de leur pays à l’indépendance, plusieurs états de l’Afrique de l’ouest peinent encore à trouver une stabilité pour amorcer le développement souhaité.

C

’est pour certains aux forceps qu’ils ont accédé à l’indépendance. Dans la perspective de pouvoir donner à leurs pays une ascension à l’image des états occidentaux. Un peu plus de cinquante années après cette « pseudo-libération », une rétrospective laisse un constat amer pour la quasi-totalité de ces états. C’est d’ailleurs en grande pompe que certains parmi eux ont célébré le cinquantenaire de cette indépendance, faisant croire à une prise de conscience. Que nenni ! L’impression qui se dégage est plutôt le point de départ pour s’enfoncer dans le gouffre. L’on en veut pour preuve les derniers développements de l’actualité dans ces pays qui parlent d’eux-mêmes. La Côte d’Ivoire, naguère pays cité en exemple du fait de sa stabilité a fini par rejoindre le grand groupe des pays en guerre. En effet, alors qu’on croyait la stabilité acquise, cet élan sera freiné par un coup d’état militaire en 1999 suivi d’une rébellion armée 3 ans plus tard, soit en 2002. Et qui a connu son apothéose en 2010 avec une crise post électorale qui bien évidemment est le corollaire de cette décennie de crise. Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président Alassane Ouattara, c’est clopin-clopant que le pays tente de refaire surface après une décennie d’absence sur l’échiquier international. Mais ces efforts sont en train d’être étouffés par des velléités déstabilisatrices ponctuées d’attaques ça et là. Des attaques qui bien évidemment portent un grave coup à la relance économique avec la peur que cela suscite chez ces investisseurs qui avaient manifesté un grand intérêt à s’installer sur les bords de la lagune ébrié dès la fin de la crise post électorale. Et comme si cela ne suffisait pas, la réconciliation prônée par le chef de l’état qui devait sonner le glas de la déchirure engendrée par la crise post électorale, marque le pas. A peine les canons se sont tus en Côte d’Ivoire que son voisin le Mali a pris le relai par un coup d’état militaire contre le régime du président sortant Amadou Toumani Touré. Un coup de force qui jusqu’à présent reste une quadrature du cercle pour nombres d’observateurs, vu que rien ne le justifiait. A

8 Diasporas News N°34 Octobre 2012

en croire le chef de la junte, le capitaine Ahmadou Sanogo, ce coup d’état est survenu pour protester contre l’inaction du régime de ATT face à la prise de la partie nord par les islamistes. Depuis lors plus aucune action ni des soldats maliens, ni des organisations sous régionales Cedeao et même de l’Union africaine. Ce qui a d’ailleurs permis à ces nouveaux occupants du nord mali de bien se positionner et surtout gagner en confiance. Tout ceci au grand dam des populations qui vivent le martyr du fait des activités au ralenti et la paupérisation, qui gagne du terrain. Des situations bien malheureuses qui visiblement ne servent pas de leçon à certains autres pays qui font des pieds et des mains pour intégrer le cercle de ces pays visités par la crise.

décliner sa véritable identité. C’est même à la limite s’il ne s’est pas illustré en dictateur. A travers la répression de manifestations de l’opposition. Pire, depuis la fin de la présidentielle, aucune date n’a encore été fixée pour une quelconque élection. Ce qui d’ailleurs n’a pas manqué de provoquer le courroux de l’opposition qui le traduit bien par des marches à travers le pays. Pour emmener le président à décider de la date de la tenue des élections locales notamment législatives et municipales. Même son de cloche au Togo, de Faure Gnassingbé Eyadema, qui est à couteaux tirés avec l’opposition qui a bruyamment manifesté ces derniers jours pour protester contre un projet de modification du code électoral. Des intentions qui sont récurrentes dans nos états. L’on a pu le constater au Sénégal sous le mandat du président Abdoulaye Wade. En effet, les législatives dans ce pays sont prévues pour se tenir au mois de novembre prochain. Scrutin

En dépit de ces cas... certains pays arrivent tant bien que mal à se démarquer.

Guinée et Togo, attention danger Un exemple patent reste celui de la Guinée sous la présidence de l’opposant historique, Alpha Condé. Qui depuis son accession à la magistrature suprême de son pays a fini par

Faure Gnassingbé et Alpha Condé


politique dont l’opposition a demandé le report au mois de juin 2013. Mais cette requête reste jusque là sans réponse du pouvoir togolais. En dépit de ces cas qui donnent à la sous région africaine une image moins reluisante certains pays arrivent tant bien que mal à se démarquer.

Ghana, Sénégal des exemples

Comme toujours certains états ont pu sortir du lot des pays qui font l’objet de critique par l’opinion du fait de la longueur d’avance qu’ils ont pu prendre. Au nombre de ceux-ci, figure le Ghana, état dont l’exemple devait normalement faire

le Ghana est attaché à la démocratie qu’il s’est efforcé de bâtir plusieurs années durant. Pareil pour le Sénégal, cet autre pays francophone qui a toujours conservé son rythme durant toutes ces années. Car il a fait montre d’une culture démocratique sans pareil avec un passage de témoin entre le président sortant Abdoulaye Wade et son rival Macky Sall. Tout ceci sans qu’on ait eu à se plaindre d’un quelconque dysfonctionnement ou d’un cas de fraude. Comme pour dire que tous les maillons de la chaîne ont fonctionné correctement. Un exemple que devraient suivre nombre de nos états pour sortir l’Afrique de ce carcan en vue de lui donner une nouvelle impulsion pour un mieux être des générations futures.

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école. Un pays de la sous région qui a pu asseoir sa stabilité grâce au sens élevé de démocratie de ses dirigeants qui ont vite fait de privilégier l’intérêt de la nation en édictant des lois mais surtout en veillant à leur respect scrupuleux. Et cela a bien pu se remarquer le 24 juillet dernier après le décès

A

ncien baron du régime camerounais, Titus Edzoa, qui voulait se présenter contre Paul Biya à la présidentielle de 1997 avant de se retrouver en prison pour 15 ans après avoir été condamné pour détournement de fonds, a écopé d’une nouvelle peine de 20 ans de p Un de ses collaborateurs, le Français d’origine camerounaise Thierry Michel Atangana (ndlr  : Diasporas-News N° 32), qui réclame sa libération et l’intervention de l’Etat français, a écopé de la même peine. Les deux hommes - qui ont déjà purgé 15 ans de prison après une condamnation en 1997 pour des faits similaires - ont été déclarés coupables de détournement en coaction de 1,1 milliard de FCFA (1,7 million d’euros) représentant le montant d’une taxe pétrolière ainsi que de tentative de détournement de 59,4 milliards de FCFA (90 millions d’euros)… afp

Côte d’Ivoire Macky Sall

du président Jhon Atta Mills dont la succession s’est faite sans qu’on ait à déplorer aucun incident. Cela dans le strict respect des lois fondamentales qui régissent ce pays. Démontrant à quel point

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idjane Thiam est distingué dans la Légion d`honneur française par l`ancien président de la Banque centrale européenne.  Jean-Claude Trichet.

9 N°34 Octobre 2012

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politique

Somalie : Hassan Cheikh Mohamoud, nouveau président de la Somalie

Dans le lot de Syrie - au mois

tragédies charriées par l’actualité du moment - Nord-Mali et dernier, la Somalie a eu droit à peu d’égards de la part de la communauté internationale et de la presse. Elle venait d’achever un processus de transition par l’élection d’un nouveau Président de la République… ou du moins de ce qu’il en reste.

Un nouveau président élu Depuis le mois de septembre dernier, la Somalie a un nouveau Président : Hassan Cheikh Mohamoud. Cet universitaire de 56

Par contre, un homme neuf, sans avoir eu un mandat électif et encore moins dirigé un parti politique pourrait devenir un handicap dans la fonction suprême. Monsieur Mohamoud est issu du parti Al-Islah, proche des frères musulmans. Ceci dit, il est réputé pour être un homme de dialogue, ouvert aux discussions avec les partis adverses ou les partenaires étrangers.

Mode de scrutin

Hassan Cheikh Mohamoud

ans a crée la surprise en recueillant la majorité absolue des suffrages. Alors que d’entrée de jeu, le chef d’Etat sortant Sharif Cheikh Ahmed était donné favori. Il y avait pléthore de candidats : 25. Et pourtant l’outsider était arrivé juste derrière Sharif Cheikh Ahmed au 1er tour de scrutin avec 60 voix contre 64. Au second tour, il l’remporta haut la main avec 190 voix contre 79 au président sortant. Tout l’espoir de la communauté internationale repose sur l’élection de cet homme qui n’a jamais fait de politique et encore moins se compromettre dans les guerres civiles que la Somalie endure depuis maintenant 30 ans. En tout cas, il bénéficie d’un préjugé favorable pour instaurer une paix durable et réconcilier les différents clans. Outre ses compétences, avoir eu le courage de fonder une université dans le chaos de Mogadiscio relève d’un exploit qu’il faudra mettre à son actif. 10 Diasporas News N°34 Octobre 2012

Le déroulement de cette élection présidentielle obéit à une règle surprenante : une sorte de suffrage indirect avec un parlement composé de 270 députés. Faute de palais national et pour des raisons de sécurité, le scrutin s’est déroulé dans un lieu sécurisé de la Capitale : l’école nationale de la police. Ses parlementaires ont été désignés par cooptation effectuée par un Comité de sélection technique et de chefs traditionnels. Ils sont censés incarner l’identité nationale ; autrement dit, cette assemblée est le fruit de savant dosage entre les différentes composantes claniques du pays. Réjouissons-nous de cette issue positive qui marque un pas supplémentaire vers le retour à l’ordre constitutionnel et à terme la réhabilitation de la Somalie dans les instances internationales. Car le processus de transition a pris une année de retard par rapport au chronogramme indicatif de la feuille de route. En effet, en février 2011, mû par les intérêts bassement personnels des députés, le parlement a voté une prolongation de son mandat de trois ans. Le président Sharif Cheikh Ahmed et le président du parlement Sharif Hassan Ckeikh Aden avait chacun fait de concession en signant l’accord de

Kampala en juin de la même année : d’une part, le mandat du parlement et de la présidence ont été chacun prolongé que d’un an, d’autre part, un nouveau premier ministre devrait être nommé alors que celui-ci venait de prendre ses fonctions, il y à peine six mois. Cette élection a reçu l’onction de l’ONU car elle rentre dans le cadre de la feuille de route qui avait pour objectif de doter le pays d’institutions stables et pérennes avec un gouvernement central après des décennies d’Etat de non-droit. Les députés ont peut-être enfin compris qu’il fallait en terminer avec l’instabilité sociopolitique et une transition qui s’étirait en longueur. Le processus qui arrive à son terme aujourd’hui découle de l’accord de paix de Djibouti de 2008. Sans compter toutes les tentatives avortées de rapprochement précédentes ; depuis 1991, pas moins d’une douzaine de processus n’ont jamais abouti, et ce, faute de consensus ! Il a été signé entre le Gouvernement Fédéral de Transition (GFT) de l’époque et l’opposition regroupée au sein de l’Alliance pour la Re-Libération de la Somalie (ARS). Cette dernière était un assemblage hétéroclite née sur les cendres de l’Union des Tribunaux Islamiques (UTI) qui voulaient instaurer la charia à Mogadiscio. Cet accord avait élargi le parlement aux membres de l’opposition et de la société civile. Et Sharif Cheikh Ahmed, membre opportuniste de l’ARS arriva au pouvoir en 2009 à la faveur ce processus. Il avait déjà une réputation sulfureuse pour avoir combattu avec les islamistes avant d’arriver à la magistrature suprême. Ensuite, le rapport des ONG et des Nations-Unies sont peu

un double attentat-suicide a fait au moins 14 morts et une vingtaine de blessés.


politique flatteurs sur sa gestion des affaires de l’Etat : corruption, détournement des fonds et népotisme ; ce qui a dû lui couter sa réélection.

Où sont les islamistes shebabs Chassés de Mogadiscio avec l’aide de l’AMI-

Vue du port de Kismayo, en Somalie, le 28 septembre 2012 (AFP)

SOM, le contingent de l’UA en 2011, les milices ne continuent pas moins de lancer des attaques sporadiques dans les faubourgs de la ville. Dès le lendemain de son élection, le fraîchement élu président de la Somalie échappa à un attentat. Plusieurs kamikazes ont tenté de franchir le cordon de sécurité de son hôtel. Ils ont quand même pu faire exploser leurs bombes faisant trois victimes parmi les soldats en faction. Les insurgés ont revendiqué l’attentat par le biais de leur porte-parole Ali Mohamoud Rage avant de proférer la menace suivante : « de telles attaques continueront jusqu’à ce que la Somalie soit libérée ». Depuis cette tentative d’assassinat, Hassan Cheikh Mohamoud s’est réfugié à la Villa Somalia, un périmètre bunkerisé regroupant plusieurs institutions somaliennes mais aussi lieu de résidence du président sortant. Alors que depuis le mois de février, les attentats à la bombe ont quasi disparu à Mogadiscio, depuis l’élection présidentielle, ils redoublent d’intensité. Le 20 septembre un double attentat-suicide a fait au moins 14 morts et une vingtaine de blessés. Il a été perpétré dans un restaurant chic de la capitale appartenant à un somalien Ahmed Jama issu de la diaspora qui a vécu en Grande-Bretagne. Puis quelques jours après, un député Mustaf Haji Mohamed a été abattu par des hommes armés à la sortie d’une mosquée dans le sud de Mogadiscio. Cette brusque flambée de la violence est une réaction des shebabs contre l’élection du nouveau président de la Somalie mais également contre la présence de forces étrangères

(l’AMISOM et l’armée kenyane) en terre somalienne [ndlr : Diasporas-News n°32]. Bien que contrôlant plus des ¾ du territoire, les shebabs tirent leurs ressources c’est-à-dire le nerf de la guerre de l’activité du port de Kismayo. Ville portuaire de 193.000 habitants dans laquelle les islamistes règnent en maître. L’avancée de l’offensive de l’armée kenyane de l’année dernière semble maintenant atteindre son objectif initial : déloger les shebabs de Kismayo. Pour cela et pour éviter que le Kenya puisse être taxé d’armée d’occupation, elle s’est fusionnée avec l’AMISOM. Ces dernières semaines, cette coalition se rapproche de plus en plus de la deuxième ville de Somalie et un des poumons économiques du pays. Le porte-parole de l’armée kenyane, Cyrus Oguna affirmait le 18 septembre avoir pris le village de Jan Abdala, au Nord-Ouest de Kismayo. Des tirs d’artillerie lourde commençaient à gronder faisant fuir des milliers de civils.

Epilogue

miste béat quant à un nouvel essor de la Somalie dans les mois à venir. Pour emprunter une expression anglaise, la Somalie est un « failed state » (un Etat failli) c’est-à-dire totalement déstructuré. Bien que les shebabs soient affaiblis à Kismayo ; n’en demeure pas moins qu’ils contrôlent encore la majeure partie du territoire. Ce sont eux qui régulent les aides humanitaires ou qui autorisent les ONG à intervenir à plutôt à tel endroit qu’un autre. De quelles ressources les somaliens viventils ? Essentiellement du détournement des aides internationales et de la corruption généralisée. Et n’oublions pas la reconversion des pêcheurs de la côte en pirates de mer ; aujourd’hui cette activité est entre les mains d’un réseau mafieux qui l’a transformé en industrie de prise d’otage de marins et d’arraisonnement de navires commerciaux. Pour reconstruire un Etat-Nation, le contrôle administratif et militaire du territoire est indispensable. Alex ZAKA

Qu’apportera réellement l’élection du nouveau Président ? Il ne faut faire preuve d’un opti-

La Somalie ou la poupée russe

Peut-on faire rentrer la Somalie dans un EtatNation avec des chausse-pieds démocratique au sens occidental du terme ? Les britanniques et les italiens, anciennes puissances coloniales, donnent l’impression de regarder les NationsUnies, les américains et les africains se dépatouiller tout seuls. Aux premiers siècles de notre ère, la partie Nord de la Somalie actuelle a été rattachée au royaume d’Ethiopie. Puis sont venus ensuite les tribus arabes de la côte du golfe d’Aden. Les Somaliens, pasteurs-nomades convergent vers le 13ème siècle dans cette corne de l’Afrique. Malgré la tentative des turco-égyptiens d’annexer cer- Siyad Barre taines villes côtières vers la deuxième moitié du 19ème siécle, la structure de cet ensemble s’est déjà figée et n’évoluera plus. En d’autres termes, la colonisation de Somalia (Italie) et du Somaliland (Britannique) n’a pu effacer les structures tribales et claniques héritées du passé. Les conflits d’autrefois pour contrôler les points d’eaux et le cheptel se sont transposés après l’indépendance en conquête du pouvoir, synonyme d’une mainmise sur l’économie. Trois principaux groupes dominent de nos jours la corne de l’Afrique : Darod, Irir et Saab ; ils sont ensuite subdivisés en tribus puis en clans et en sous-clans ! Le président Siyad Barre arrivé au pouvoir en 1969, grand dictateur devant l’Eternel, était un Darod de la tribu Maheran. Il a été contraint de composer avec les clans des Ogadeni et des Dhulbahante après sa tentative ratée d’annexer l’Ogaden en 1977. La chute de Siyad Barre résulte de la guerre tribale entre Darod et qui consacra l’avènement des Hawiyé contre les Maheran. Et la succession du dictateur avait opposé deux clans de la tribu des Hawiyé. Et c’est à ce moment que la cavalerie arriva c’est-à-dire l’intervention humanitaire des Nations Unies en 1992 pour essayer de sauver la population de la famine car elle n’a fait que subir la conséquence de cette violence. En 2012, Hassan Cheikh Mohamoud est élu président de la Somalie. Il est issu du clan Hawiyé comme son prédécesseur : Sharif Cheikh Ahmed ! A.Z. 11 N°34 Octobre 2012

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politique

Afrique Centrale : sus à la LRA Un

quart de siècle d’atrocités, des centaines de milliers de victimes, plus de 25.000 enfants-soldats mobilisés ! La LRA a vraiment nargué les forces armées des différents pays de la région. La mobilisation actuelle, régionale ou internationale finira, un jour ou l’autre, par neutraliser ses leaders.

Histoire de l’Ouganda et genèse de la LRA

Yoweri Museveni

Joseph Kony

Cela fait plus de 25 ans que la Lord’s Resistance Army (Armée de Résistance du Seigneur) LRA sème la terreur en Afrique Centrale. Que vient faire le Seigneur dans cette tragédie ? Le tristement célèbre Joseph Kony, leader de la LRA s’est mis bille en tête de renverser le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et de créer dans la foulée un Etat théocratique inspiré des 10 Commandements de la Bible. Cette lutte armée a commencé dans le Nord de l’Ouganda et en bordure de la frontière avec le Sud-Soudan. Et plus précisément dans l’Acholiland, du nom de l’ethnie qui la compose : Acholi. Cette population d’environ 600.000 âmes, soit 4% des ougandais, vit à cheval sur les deux pays. Les versions divergent quant à la genèse de la LRA. Car au tout début, c’est-à-dire en 1987, une guérisseuse originaire de Gulu, pénétrée de mysticisme, Alice Auma reçut un « ordre » divin nommé Lakwena pour lutter contre le « mal » en l’occurrence le gouvernement de Kampala. Elle réussît à lever une armée de 7.000 combattants. Mais face à la contre-offensive de l’armée régulière, elle dut s’enfuir pour trouver refuge au Kenya où elle décéda d’une maladie en 2007. Joseph Kony a-t-il un lien de parenté avec Alice Lakwena ? Le 12 Diasporas News N°34 Octobre 2012

doute est permis car il a également levé une armée qui porta le nom d’Armée DémocrateChrétienne Unie d’Ouganda (UCDA) avant de lancer une OPA sur la LRA et de fusionner les deux groupes armés. Au cours de la période coloniale, la toute puissante Grande-Bretagne privilégia et développa le sud de l’Ouganda au détriment du Nord. Les acholis ont toujours été considérés comme le pourvoyeur de main-d’œuvre du pays. A défaut, ils sont devenus au fil du temps la principale composante de l’armée. Les anglais ont éprouvé une formule inédite pour transmettre le pouvoir au moment de l’indépendance : la monarchie constitutionnelle. Ils ont choisi un roi, de préférence issue de la puissante ethnie Bouganda du Sud et un chef de gouvernement. Milton Obote fut le premier chef de gouvernement (de 1962 à 1971). Aussi bien Milton Obote qu’Idi Amin Dada – son chef d’état-major qu’il a renversé en 1971 - ont perpétué cet ostracisme contre le Nord, hérité de la colonisation. Rappelons que le maréchal Idi Amin Dada a été chassé du pouvoir en 1979 par une coalition de l’armée tanzanienne et de l’Armée de Libération Nationale Ougandaise (UNLA). A la faveur d’une élection largement truquée, Milton Obote, le vieux cheval de retour reprend les rênes du pays jusqu’en 1985. Tout compte fait, le Nord n’a jamais ainsi

dirigé le pays, exception faite de la courte transition du Conseil militaire qui a déposé définitivement Milton Obote. Ledit Conseil a été dirigé par un vétéran de la 2nde Guerre Mondiale, le général Tito Okello qui ne régna que 6 mois. Mais il a été vite destitué par le président actuel Yoweri Museveni qui fut à l’époque chef de l’Armée Nationale de Résistance (NRA), un originaire du Sud. De cette rivalité entre le Sud et le Nord de l’Ouganda naquit ce groupuscule qui, de nos jours, a franchi les frontières pour gangréner tous les pays voisins : Sud Soudan, RDC, République Centre Africaine (RCA).

LRA, la Centrale

terreur de l’Afrique

Au début de la lutte armée, les effectifs de la

enfants-soldats

LRA se comptaient en milliers de miliciens. La composante principale était des combattants originaires de la région d’Acholiland. Longtemps persécuté par le Sud, le Nord semble tenir enfin sa revanche. Joseph Kony surfait sur cette vague de ressentiments pour recruter ses hommes qui étaient réputés être des guérilleros aguerris. La férocité de ses hommes a fini par rendre impopulaire la revendication initiale. La LRA n’hésite pas à massacrer des villages entiers et mêmes ceux de leur propre région d’Acholi. Mais elle était surtout connue pour


politique son enlèvement d’enfants que les instructeurs sans scrupule n’hésitent pas à transformer en machine à tuer. Les enfants-soldats sont plus faciles à manipuler. Les règles sont extrêmement sévères et tout refus d’obtempérer se solde par une exécution sommaire sans aucune

Ouganda-LRA-Enfants-Soldats-2

autre forme de procès. Le parcours initiatique des jeunes garçons reste immuable : on les fait encercler la victime et chacun doit asséner un coup de gourdin sur le corps de celle-ci. Les filles, elles, deviennent les esclaves sexuelles des miliciens. Tandis que les adultes faits prisonniers tiennent le rôle de sherpa et assurent la logistique à l’arrière du front. Le bilan de deux décennies de lutte fratricide est impressionnant. Des dizaines de milliers de civils ont péri dans cette guerre atroce et notamment dans la province Nord du pays ; sans compter les victimes mortes de choléra et de famine. Plus de 25.000 enfants ont été enrôlés et des millions de réfugiés se sont déplacés de leur foyer.

mal équipés, qui feraient reculer ces combattants déterminés qui ont déjà donné du fil à retordre aux casques bleus de la MONUSCO. La LRA aujourd’hui est affaiblit : on estime son noyau dur à environ 300 hommes et autant d’enfants et de supplétifs adultes. La traque des forces coalisées réduit le champ d’actions de Joseph Kony et ses hommes. Et il y a également un signe qui ne trompe pas : de plus en plus d’enfants-soldats sont relâchés et peuvent témoigner. Pour autant la férocité et la brutalité des sévices n’ont pas baissé d’intensité. Ce n’est qu’en 2005 que la Cour Pénale Internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt international contre Kony et ses lieutenants : Raska Lukwiya, Oko Odhiambo, Vincent Otti et Dominic Ongwen un enfant-soldat monté dans la hiérarchie. Le premier est mort au combat en 2006. Tandis que Vincent Otti a été purement et simplement assassiné par Joseph Kony. Par ses propos modérés et sa popularité au sein de la troupe, il commençait sérieusement à faire de l’ombre au chef. Lorsque la LRA a été chassée d’Ouganda, des pourparlers de négociation de paix ont été engagés au Sud Soudan. Aucun n’a abouti car au dernier moment, le leader de la LRA a toujours fait faux-bond.

Traque de Joseph Kony : mobilisation internationale

En constant déplacement, jamais au même en-

L’extension du domaine de lutte En 2006, le président Yoweri Museveni décide de lancer une offensive pour tenter de réduire à néant la LRA. Acculés par l’armée ougandaise les combattants finirent par fuir à travers les frontières poreuses. Du Nord de l’Ouganda, ils ont dû traverser les vastes étendues entre le Sud Soudan et la RDC pour se réfugier en RCA. Depuis ce temps-là, la LRA a choisi les forêts de la RCA comme base arrière et lance des attaques sporadiques contre les villages des trois pays (RDC, Sud-Soudan et la RCA). Le mode opératoire est le même : viols, mutilation des membres et enlèvements d’enfants. Ces opérations de ratonnades ressemblent davantage à de la prédation : en période d’abondance, les attaques sont espacées mais lorsque la sécheresse sévit, les maquisards ont du mal à trouver le strict nécessaire dans la forêt. Ce ne sont pas les militaires de la RDC,

Barack Obama

droit, n’utilisant plus de moyens de télécommunication moderne, le dernier carré de la LRA est très mobile, insaisissable dans une région enclavée et difficile d’accès en RCA. Même les américains ont buté sur la résistance et la mobilité des chefs de la LRA. En 2008, l’armée ougandaise, appuyée par les USA, a déclenché un raid aérien sur un camp supposé de la LRA dans le territoire congolais. Les principaux dirigeants de la LRA ont pu en échapper.

La RCA et la RDC ne voient pas d’un très bon œil l’incursion de l’armée ougandaise sur leur territoire alors qu’ils n’ont pas les moyens de contrecarrer l’offensive des rebelles qui terrorisent leur population. En 2009, un Centre d’Opérations de Renseignements Conjoints (JIOC) de la MONUSCO, mission de stabilisation en RDC a pris pied à Dungu dans le Nord de la RDC. Il mobilise un millier de soldats - composé de casques bleus, congolais et ougandais - pour traquer les membres de la LRA et pour rassurer de leur présence les autochtones. Une mobilisation internationale semble vouloir enfin prendre le taureau par les cornes : anéantir définitivement la LRA et arrêter les principaux dirigeants de la LRA. Dans la stratégie régionale de la lutte contre la LRA, le Conseil de Sécurité de l’ONU et l’UA ont décidé en 2011 du déploiement d’un contingent de 5.000 hommes. La Force d’Intervention Régionale de l’Union Africaine est aujourd’hui opérationnelle. Elle est basée à Yambio dans le Sud-Soudan avec un effectif de 2.500 hommes (2.000 ougandais, 500 soudanais) ; tandis que la RCA a mis à disposition environ 350 de ses soldats. Cette traque semble enfin porter ses fruits dans la mesure où le n°3 de l’organisation Caesar Achellam a été capturé en RCA par l’armée ougandaise au mois de mai dernier. Depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir, les américains s’impliquent de plus en plus dans cette lutte contre la LRA. Cela s’inscrit dans une vision géostratégique régionale plus large. Les Etats-Unis se rapprochent de plus en plus du président ougandais Yoweri Museveni qui leur paraît plus fiable que le rwandais Paul Kagamé. L’Ouganda est le seul point d’ancrage des américains en Afrique Centrale. Barack Obama a ainsi ratifié en 2010 la loi relative à la lutte contre la LRA. D’un soutien logistique et de fourniture de renseignements, les Etats-Unis ont envoyé depuis octobre 2011 des instructeurs pour former l’armée congolaise ; d’autre part, une centaine d’agents de forces spéciales participent à la traque de Joseph Kony et ses lieutenants. Joseph Kony se fera-t-il arrêté un jour ? Tout espoir de conquête du pouvoir en Ouganda semble maintenant compromis. Alors pour quelles raisons continue-t-il de massacrer autant de personnes ? La voie du Seigneur reste impénétrable ! Alex ZAKA

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Diasporas News


invité du Mois

Meiway appelez-le désormais « Professeur M23 »

L’artiste ivoirien Frédéric Ehui alias Meiway s’apprête à sortir un nouvel album d’ici la fin de l’année. Le « Professeur Awôlôwô » se mue en « Professeur M23 », nom officiel de son opus qu’il compte offrir à ses nombreux fans d’Afrique, de France et de la diaspora. Compte rendu de notre Interrogation écrite (via mail) au « Génie de Kpalezo ».

DIasporas-News  :  Plus  de 20 ans de carrière musicale, un nouvel album bientôt, est ce un nouveau chapitre pour Meiway? Frédéric Ehui Meiway : Bien sur que c’est un nouveau chapitre... Je dirai même mieux  ; c’est une nouvelle série de la marque MEIWAY baptisée «PROFESSEUR M23».

D-N : Quels sont les sujets majeurs de cet album? F.E.M: Cet album est en grande partie inspiré de la crise post électorale historique qu’a vécu la Côte d’Ivoire que tout Ivoirien qui aime son pays ne souhaite plus revivre... j’aborde, par ailleurs comme il est de coutume les autres sujets d’actualité et les sujets insolites comme mon respect et mon admiration pour toutes les femmes au postérieur plein de générosité... Rires !

D-N : Que propose Meiway à ses fans? F.E.M: Je propose à mes fans, un album de grande qualité qui va les réconcilier avec la musique qui fait du bien et attendrit les oreilles.

D-N :

L’heure est à la réconciliation en Côte d’ivoire, quelle partition entends-tu jouer ? F.E.M:

Ma partition, je l’ai toujours joué avec honnêteté et sans parti pris, raison pour laquelle je ne me sens vraiment pas concerné par la réconciliation car je ne me reproche pas grande chose... Cependant l’erreur étant humaine, si un ou une compatriote s’est senti affecté par une maladresse de ma part, je lui demande pardon.

D-N : Ton mot de la fin pour Diasporas-News et ses lecteurs ? F.E.M: Que mon nouveau bébé «PROFESSEUR» soit l’une des grandes réussites et fiertés musicales Ivoiriennes et Africaines de cette année par la grâce du PLUS HAUT...Vive Diasporas-News pour que vive la protection de notre culture communautaire en France et ailleurs... Merci. 14 Diasporas News N°34 Octobre 2012

Félix Boni NIANGORAN


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Culture

Interview : Edgar YONKEU

à propos du concert du 2 Novembre : « Patience DABANY va vous étonner » Producteur, arrangeur, et organisateur de spectacles à succès, Edgar YONKEU est la cheville ouvrière qui pilote le concert tant annoncé de « la Mama Patience DABANY » le 2 Novembre prochain à Paris. Créatif à souhait, ce promoteur hyperactif, multisectoriel et efficace se laisse aller à quelques confidences. Interview-vérité. Diasporas-News : Edgar YONKEU, que peux tu munication… nous dire à propos de ce concert de « La Mama » E.Y : Communication, média, divertissePatience DABANY ? ment, tout ce qui me passe par la tête je vais Edgar Yonkeu : le faire. Je vais vous dire que ce ne sera pas un concert. C’est un show, un  véritable  show. C’est-à-dire avec un début, une fin, une histoire qu’on raconte à travers la musique de « la Mama », à travers toutes ses chansons. Tout ses succès avec de nombreux invités, des danses traditionnelles, la culture bantou à l’honneur. Et c’est le Edgar YONKEU vendredi 2 novembre. Je peux vous dire que du côté des répétitions, ça se passe très bien. La Mama va offrir au public parisien ce qu’elle a offert au Cameroun devant 110000 personnes, au Burkina devant 40000, à Libreville, en Côte d’Ivoire. La « Mama » est en forme et vous allez rencontrer une artiste qui simplement est formidable.

D-N : On vous a connu Artiste vous-même, arrangeur, aujourd’hui vous vous occupez du management d’autres artistes. Qu’est ce qui fait courir Edgar YONKEU ? E.Y : La musique tout simplement. Au-delà du management, je suis producteur de musique. Dans la musique, chacun trouve son compte. Parfois, ça me fait plaisir de chanter ou de faire chanter ; parfois, ça me fait plaisir de juste arranger. Donc je prends à chaque fois mon pied. Quand j’ai chanté, ça été un succès. J’ai produit « laisse parler les gens » « Dis leur de zouk » ça été aussi un succès. J’ai arrangé un album de Nayanka Bell par exemple ça été un succès. Tu vois, la musique, c’est ma passion, c’est ma vie. Et la musique m’ouvre toutes les portes. Avec ma société de communication, je suis propriétaire de plusieurs sites internet. Bref je suis un passionné.

D-N : Passionné de tout ce qui touche à la com16 Diasporas News N°34 Octobre 2012

D-N  :  Peut-on  s’attendre à vous voir à la tête d’une chaîne musicale de radio ou de télévision ? E.Y : Fatalement, cela arrivera. Cela ne m’étonnerait pas.

D-N : Alors, peut-on faire un bilan de vos activités ? De laquelle de vos activités êtes vous satisfait ? E.Y : Celle que je n’ai pas encore faite. Je ne fais pas encore de bilan parce que je suis un éternel insatisfait. Je n’ai encore rien commencé. Je commence demain. (Ndlr il éclate de rire).

D-N : Notre interview tire à sa fin. Avez-vous un appel à lancer pour le concert de Patience DABANY? E.Y : Je dis simplement que « la Mama » Africa, la « Mama » qui nous reste, Patience DABANY sera là. Il est important que le public de la diaspora africaine vienne soutenir « la Mama », le dernier rempart de cette culture africaine. Je veux que la diaspora afro caribéenne, diaspora comme votre magazine vienne voir et écouter les vraies valeurs de nos pays. Amenez vos amis africains, européens pour venir voir ce show. Je vous assure ce sera un grand spectacle. Patience DABANY va vous étonner. Fin. F.B.N


Culture

Patience DABANY, « la locomo-

tive » au Zénith de Paris le 2 Novembre

E

n effet, « La Mama » comme l’appellent affectueusement ses fans sera en France pour un concert unique le 2 Novembre prochain. Le cadre du Zénith a été choisi pour abriter cet événement exceptionnel qui va retenir l’attention de la diaspora africaine pour plusieurs raisons. Curiosité ! Le mot est lâché ; et nous l’utilisons dans son sens noble et positif. Connaissez-vous beaucoup de chefs d’Etat actuel dont la mère a comme passion la chanson et chanteuse compositrice comme profession ? Assurément pas assez. Et ce qui est rare attire la curiosité, donne envie de voir. Joséphine NKAMA alias Patience DABANY n’est pas une artiste comme les autres. Elle est la maman de l’actuel président de la République Gabonaise, SEM Ali Bongo ONDIMBA. Et le nombre de fois qu’elle s’est produite en concert en France est rarissime. Et pourtant le nombre d’artistes gabonais dont elle a contribué au lancement de carrière est aussi long que les wagons d’une locomotive. D’ailleurs, au sujet de ce mot, il est bon de souligner que le dernier album de « La Mama » Patience DABANY sorti en 2011

s’intitule à juste titre « La locomotive ». L’occasion s’annonce belle pour cette grande machine de tracter encore une fois la musique gabonaise avec la nouvelle génération Djazzé vers une destination hexagonale. Comme du vin, « La Mama » avec sa voix unique et reconnaissable par son timbre se bonifie avec le temps. Un millésime dont il faudra absolument venir déguster grandeur nature dans la « cave » du Zénith de Paris. Sensations musicales, visuelles et auditives garanties. Un show à l’américaine pour Patience DABANY dont les prouesses artistiques et scéniques sont de haute volée. En maître d’œuvre de ce concert attendu dans la capitale française se trouve le producteur et manager Edgar YONKEU. L’homme en véritable VRP Multicarte et exclusif nous a confié, mettre un point d’honneur pour assurer à « La Mama » un spectacle à la dimension de son rang. Patience DABANY c’est une mère ; et une mère, on l’honore. Elle est une grande dame avec un grand D de la musique africaine. C’est une Diva, une vraie. C’est la grande prêtresse des rythmes Téké. La locomotive de la musique africaine et gabonaise arrive en gare du Zénith de Paris à 19 h le vendredi 2 Novembre 2012. Passagers, Fans à vos billets. Un évènement à ne pas rater. Réservations : http://www.ticketnet.fr/en/manifestation/ idmanif/266474 Félix Boni NIANGORAN 17 N°34 Octobre 2012

Diasporas News


Culture Cinéma

Cinéma africain : les raisons de la longue traversée du désert A l’heure de la mondialisation, le cinéma africain semble assez peu armé pour se mêler à la bataille que se livre les blockbusters hollywoodien, les films français héritiers de ce qu’on appelait jadis la nouvelle vague et les grosses productions de Bollywoodiennes.

L

e cinéma africain vit des moments difficiles. A l’exception du Nigéria qui a une des plus fortes productions cinématographiques mondiales, le septième art africain est assailli par différentes formes de concurrences mais surtout délaissé par les gouvernants. L’audiovisuel en Afrique subsaharienne est marqué par la présence de plus en plus accrue des télés novelas sud américaines à l’eau de rose, souvent sans grande inspiration et parfois à la rudimentaire technique de doublage. Le public africain est demandeur de scénarios et de productions cinématographiques de qualité. Une position comprise dès le départ par un homme politique venu des arts. Léopold Sédar Senghor disait que la principale richesse du Sénégal, à défaut d’être minière et énergétique, était sa culture. Une culture où le cinéma, depuis les indépendances, a toujours joué un rôle important. Exemple du Sénégal Pays précurseur par excellence avec Sembène Ousmane, auteur de Guéléwar, ou avec Djibril Diop Mambety, le cinéma sénégalais est tombé en désuétude malgré les prix, récompenses et encouragements obtenus par la jeune génération. Au Festival international de Poitiers « Filmer le travail », Ndèye Souna Dièye, une jeune cinéaste sénégalaise, a remporté, en février 2011, le prix du meilleur scénario pour son projet de film « le goût du sel ». Mabadiakhou Bâ, fils du cinéaste Cheikh Ngaïdo Bâ, a sorti en 2011 son premier court-métrage « Paramour », financé par une filiale de HBO. C’est un exemple assez symbolique du reste de l’Afrique. Le cinéma en Afrique noire est en train de mourir à petit feu. On est loin de l’époque où il était donné en référence. Plusieurs faisceaux de raisons expliquent la situation. Le désengagement des gouvernements est un des premiers éléments. « La majeure partie des Etats africains ne s’impliquent pas assez dans la promotion du cinéma. Ça ne les intéresse pas », estime Moussa Touré, l’auteur de « La Pirogue », film retenu dans la sélection « un certain regard » lors du 65ème festival de Cannes. Au delà du manque de considération des dirigeants africains, l’Etat français a arrêté de s’appuyer comme il en avait fait le pari sur le cinéma africain pour contrer l’hégémonie d’Hollywood. Au début des années 1990 Dominique Wallon, alors directeur du Centre National de Cinématographie (1989-1995) de France, estimait « qu’il s’agisse de l’Europe, du Maghreb ou de l’Afrique noire, quelles que soient les différenciations des identités culturelles, il existe des familia-

18 Diasporas News N°34 Octobre 2012

rités culturelles et notamment cinématographiques qui font que les spectateurs qui voient Halfaouine, film sorti en 1990 du tunisien Férid Boughedir, sont plus facilement prêts à voir des films français. C’est l’évidence absolue de la solidarité des cinémas nationaux pour résister à la pression américaine. D’où la stratégie d’aides aux coproductions, les projets sur l’Afrique et l’Europe de l’est ».

Les

maux des plans d’ajustements structurels Une stratégie qui n’est plus de mise à cause des différentes conjonctures économiques mais aussi des politiques d’ajustements structurelles. Avec la dévaluation du franc CFA en 1994, la Banque mondiale avec les plans de remise à flot des économies africaines en

la plus part car ne bénéficiant plus de subventions de l’Etat. La suite est connue. Dix ans plus tard, Dakar, par exemple, ne comptait plus de salles de cinéma. Une situation similaire dans beaucoup de capitales africaines. Nous sommes loin du rêve de culture universelle, d’ouverture sur l’autre et le monde cher à Léopold Sédar Senghor.

Salles obscures, le ciel tarde à s’éclaircir Lors du dernier festival de Cannes, sur la liste officielle il y avait aucun film venu de l’Afrique subsaharienne. Pour le continent dans son ensemble, l’honneur a été sauf avec « Après la bataille » de l’égyptien Yousri Nasrallah. Deux autres films africains, « La pirogue » du Sénégalais Moussa Touré et « Les Chevaux de Dieu » du marocain Nabil Ayouch étaient présents sur la sélection Un Certain Regard. Avec « La pirogue », le festival de Cannes de 2012 avait choisi une œuvre qui traite d’un sujet sensible voire difficile comme l’immigration clandestine. Ce fut également le cas en 2006 le film Mooladé de Sembène Ousmane qui met-

Leopold sedar senghor

l’occurrence, n’avait pas mis la culture, l’éducation ou la santé parmi les priorités. Pour Oumy Ndour, journaliste spécialiste de l’actu culturelle à la RTS (chaine de télévision sénégalaise), membre du jury au festival du court métrage méditerranéen de Tanger (1er au 6 octobre 2012) « l’économie a pris le pas sur la culture. Des enjeux économiques importants ont fragilisés la viabilité et la survie des salles de cinéma. On a construit à leur place des centres commerciaux ». Les conséquences sont néfastes pour la création cinématographique en Afrique. Comme un effet papillon, la chute du poids du Francs CFA dans l’économie mondiale lève un coin du voile des difficultés du cinéma africain actuel. Pour toujours bénéficier de ses prêts, la Banque Mondiale impose aux Etats africains de l’espace Franc CFA, des plans d’ajustements structurels qui prévoient le désengagement gouvernemental de certains domaines dont la culture. Il s’en est suivi une privatisation des salles de cinéma. Les sociétés de distribution ont fait faillite pour

Sembène ousmane

tait à nu la pratique de l’excision. Si Mooladé avait remporté le prix de la sélection Un Certain regard en 2006, le film de Moussa Touré n’a pas connu le même sort. A Cannes, les derniers récompensés subsahariens sont le tchadien Mahamat-Saleh Haroun avec « Un homme qui cri » en 2010 qui succédait à Sembene Ousmane avec Mooladé (Prix un Certain regard en 2004). Un festival pour lequel Moussa Touré disait qu’il était une opportunité de travailler et de se faire connaître. Une ouverture dont le cinéma africain a vraiment besoin. Moussa Diop


Agenda par C.K.D.

HAUT NIVEAU, Le choix des Patrons du Zouglou.

Culture

MOH KOUYATE & MAGOU SAMB

World Reggae Jazz soul

Les Patrons du Zouglou sont de retour sur la scène musicale avec un nouvel album, le troisième de leur carrière nationale et internationale dans la musique dénommé «Haut Niveau».Un titre qui nous situe doublement sur leur nouvel état d’esprit et leur ambition. Décryptage.

A

près le vibrant succès de « Cœur blanc » leur précédent album, Eric, Clemso et Dodo se sont fixé de nouveaux objectifs dans la conception et l’élaboration de leur troisième album. Et son titre « Haut niveau » n’est pas fortuit. Il traduit une ambition noble, une aspiration légitime de ce jeune groupe musical ivoirien : celle de se faire connaître et aimer sur la scène internationale. Simplement résumé en deux mots : Haut niveau. Et le «Haut niveau» est d’abord spirituel. Pour atteindre cet objectif, il faut avoir une base spirituelle forte ou la rechercher fortement. Dieu est le Patron des «Patrons». La référence à lui est permanente et subtile tout au long de cet album de 14 titres à travers plusieurs Eric, Clemso et Dodo chansons. D’où justement, la chanson « Dieu » en featuring avec Ismaël Isaac qui est un bel hommage au Créateur. Le morceau « Merci » est aussi en reconnaissance aux fans et à Dieu. Ce Dieu qui dirige la destinée des hommes avec « Human’s destiny » qui inspire Eric Yahou et ses acolytes Dodo et Clemso à chanter en anglais sur un air de reggae. En prophète de leur temps, avec « Mentalité » sur un rythme de bolo super,Les Patrons du Zouglou dénoncent la corruption et invitent les ivoiriens à un changement de mentalité. On ne se fait pas appeler « les Patrons » par hasard. Les vertus divines sont évoquées à travers les sentiments d’amour et de pardon dans les chansons « Reviens », « Près du cœur » en association avec J.Martins et « Yayacé ». Mais le « Haut niveau » a ses règles. Et vouloir jouer dans la cour des grands, jouer au haut niveau requiert des collaborations, des conditions auxquelles il faut se soumettre. C’est ce qui explique la tournure particulière de cet album. Contrairement au précédent, « Haut niveau » se distingue par des sonorités techno, voire world music. Le style Zouglou des Patrons s’est affranchi de ses codes premiers pour s’adapter aux exigences des sommets internationaux empruntant ainsi le chemin tracé par Magic system. Eric Patron et ses deux amis se sont essayés à des expériences musicales singulières comme chanter dans la langue de Shakespeare. Ainsi un axe musical Abidjan Lagos prometteur s’est ouvert avec l’artiste nigérian J. Martins à travers la chanson « Près du cœur ». Par ailleurs le zouglou s’associe au raï ou sonorités maghrébines pour espérer toucher le public nord-africain avec « show devant ». Des titres comme « Kélépé » sont destinés à des ambiances « night-club » ou « house ». Pour Dodo la joie et ses complices Eric et Clemso, il semble comme le titre « c’est bouclé » l’évoque que tout soit programmé. D’où l’ambition, le désir de passer à une autre étape. Un changement qui n’est pas sans laisser certains fans de la première heure dans une forme d’interrogation qui laisse percevoir une pointe de déception. Pour les soit- disant amateur du zouglou pur, ce qui fait la spécificité du zouglou est sacrifiée sur l’autel de l’exigeant et capricieux haut niveau. Au final, force est de reconnaître la valeur du talent d’Eric, Clemso et Dodo la joie et de comprendre leur choix artistique de carrière. L’exigence et l’excellence du haut niveau font de l’album éponyme «Haut niveau» un album de belle facture. Actuellement en vente dans toutes les FNAC, Les Patrons sont annoncés dans les prochains mois pour des concerts en France dans le cadre d’une tournée internationale. F.B.N

Mercredi 17 octobre à L’Alimentation Générale à 20h-23h30

64 Rue Jean Pierre Timbaud, 75011 Paris, Métro : Parmentier ou Goncourt / GRATUIT La musique de Moh Kouyate prend racine dans les rythmes traditionnels mandingues tout en s’aventurant sur le terrain du blues et du jazz. Repéré par Corey Harris, un fameux bluesman, il tournera à ses côtés sur les scènes européennes et nord américaines. Fin 2007, il crée son propre trio avec lequel il jette un pont entre les cultures, les pays, les genres et les générations. Aujourd’hui, il est également aux côtés de nouveaux talents, Mariama et Fatoumata Diawara. Auteur, compositeur et interprète. Magou crée son propre répertoire et se produit avec son groupe « Le Dakar Transit » pendant plus de dix ans. Repéré par le label Network (Oumou Sangare, Desert Blues), il quitte le Sénégal pour l’Allemagne où il enregistre « Africa Yewul » (Harmonia Mundi), salué par la critique et récompensé par l’Académie Charles Cros. Sa musique puise dans la tradition mais aussi dans le jazz, la soul et la musique afro-cubaine avec une voix rauque unique voix entre mille.

Ibrahim Maalouf world Jazz Electro

La Cigale - Le 20 octobre 2012 à 19:30

120, Boulevard Rochechouart 75018 Paris Fils, neveu et petit-fils d’artistes prestigieux où se bousculent poète, écrivain, pianiste et trompettiste, Ibrahim Maalouf est un interprète lauréat des plus grands concours de trompette classique du monde. Après avoir collaboré avec les univers si différents que ceux de Lhassa et de Sting, de Vanessa Paradis, de M, de Vincent Delerm, Ibrahim Maalouf construit sa route avec une élégance rare.

Fatoumata Diawara musique africaine folk La Cigale - Le 23 octobre 2012 à 20:00

120, Boulevard Rochechouart 75018 Paris La nouvelle voix d’or du Mali Auteur-compositeur, Fatoumata mêle jazz et funk à un folk minimal. À travers une sensibilité pop instinctive, elle réinvente les rythmes rapides et les mélodies blues de son ancestrale tradition wassoulou. Au centre de sa musique, sa voix chaude et touchante, sa guitare rythmique et ses chansons magnifiquement mélodiques racontent avec force une vie bien remplie mais qui fut souvent difficile.

ROKIA TRAORÉ

musique africaine Cité de la Musique de Le 29 octobre 2012 à 20:00

221 Avenue Jean Jaurès 75019 Paris Après un quatrième album lumineux (Tchamantché, couronné en 2009 par les Victoires de la musique) et avant de se consacrer à la réalisation de son cinquième opus qui sera édité au printemps 2013, Rokia Traoré présente une nouvelle création acoustique. Juste sa voix et celles de trois choristes accompagnées par le n’goni, la kora et le bolon, trois instruments à cordes mandingues : pour ce projet intitulé Roots, Rokia Traoré a voulu de la pureté et de la luminosité. 19 N°34 Octobre 2012

Diasporas News


société

LA RECONCILIATION EN CôTE D’IVOIRE, QU’EN PENSENT LES IVOIRIENS DE LA DIASPORA EN ITALIE ?

Pendant plus de dix ans, la Côte d’Ivoire a traversé la période la plus difficile de son histoire. Un pays qui était au premier rang des pays en voie de développement dans la sous région a perdu son éclat et sa notoriété après cette longue et triste aventure.

M

alheureusement certaines autorités politiques, et populations n’ont tiré aucune leçon de ces années de dures crises politiques. Si bien que les élections présidentielles qui se sont déroulées en fin d’année 2010 ont laissé encore des traces profondes au sein de la société Ivoirienne faisant plus de 3000 morts. Depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, S.E.M Alassane OUATTARA Président de la République de Côte d’ivoire travaille avec toutes les énergies pour que les Ivoiriens puissent se pardonner et revivre ensemble. Avec la mise sur pied d’une commission nationale de vérité et réconciliation dirigée par l’ex premier ministre et ancien gouverneur de la BCEAO (banque centrale de l’Afrique de l’ouest) CHARLES KONAN BANNY c’est un processus qui est en marche. Qu’attendent les Ivoiriens de ce processus de réconciliation en général et ceux de la diaspora Ivoirienne en Italie en particulier ? Nous sommes allés à la rencontre de ces Ivoiriens qui vivent loin de la Côte d’Ivoire mais toujours avec le cœur qui bat pour leur nation, voici notre témoignage :

Madame FOFANA née KONE AMINATA (Conseiller char-

gé de la diaspora à l’ambassade de Côte d’Ivoire à ROME) : Je souhaite  que les  Ivoiriens puissent  se retrouver  et vivre ensemble. Il faut que nous retrouvions Mme FOFANA née KONE AMINATA notre  Côte d’Ivoire d’autrefois pays de paix et d’amour. Aujourd’hui ce que nous vivons est déplorable. Il faut que les ivoiriens s’unissent pour permettre au président Alassane OUATTARA de travailler et favoriser aussi l’arrivée des investisseurs étrangers. Ici en Italie nous avons commencé à réunir les Ivoiriens sous l’initiative de Madame 20 Diasporas News N°34 Octobre 2012

l’Ambassadeur Janine TAGLIANTE-SARACINO pour leur parler de réconciliation. Nous avons déjà effectué des réunions à l’intérieur du pays. Nous sommes déjà allés à TURIN et à NAPOLI et nous comptons poursuivre nos rencontres pour que les Ivoiriens de la diaspora puissent se pardonner et revivre ensemble.

Mademoiselle SOUMAHORO SEMAH

(Artiste chanteuse) : Moi je souhaite l’unité nationale des Ivoiriens, main dans la main pour  que la paix  revienne dans le pays. Nous  savons que depuis plus d’une décennie notre pays et les populations Ivoiriennes ont SOUMAHORO SEMAH souffert. Je crois qu’il faut se pardonner et avancer pour le progrès de notre pays.

Monsieur GOURO IBO THEODORE (président de l’associa-

tion des Ivoiriens résidents à ROME et de la région de LAZIO) : Au niveau de notre association, avec toutes les crises que notre pays a connues  nous avons eu pas mal  de  problèmes.  Nous remercions Dieu parce  qu’avec l’arrivée  de notre  nouvel M. GOURO IBO THEODOREAMINATA Ambassadeur qui nous a réunis et stimulés nous avons repris nos activités et l’association a commencé à revivre. Aujourd’hui se retrouver ensemble avec nos frères et sœurs,

c’est déjà une victoire, une grande satisfaction et très bon pour le moral. Nous devons toujours essayer de resserrer nos liens. C’est seulement ensemble que nous pouvons réussir à redresser la situation malheureuse de notre pays. Nous qui vivons à l’extérieur de notre pays subissons encore plus les différentes crises parce que nous avons à surmonter les difficultés quotidiennes que nous rencontrons ici et encore penser à nos parents et à tous ceux qui sont restés au pays. Moi je souhaite que nous créions des points de rencontres pour discuter et dialoguer dans la paix et dans la sérénité. C’est vrai que tout le monde ne peut pas être d’accord sur certains principes mais il faut garder l’espoir et une sérénité pour l’avenir de notre pays même si le notre est déjà brouillé. En réalité je crois que la commission de vérité et réconciliation que dirige Monsieur CHARLES BANNY a besoin de renforcement et de moyens pour atteindre son objectif et réussir cette noble mission parce que jusqu’aujourd’hui nous n’en avons pas encore vu les effets.

Monsieur CISSE SEYDOU

(Représentant permanent adjoint de la Côte d’Ivoire auprès de la FAO, du PAM et du FIDA à ROME) Je souhaite que les Ivoiriens s’arrêtent un moment pour réfléchir sur l’avenir de notre pays.  La  Côte d’Ivoire a besoin de  se  reconstruire,  et  c’est un devoir  pour chaque  Ivoirien M. CISSE SEYDOU de faire en sorte que nos populations se réconcilient. Le gouvernement de notre pays est au travail pour que la Côte d’Ivoire récupère le rang qui lui revient, premier pays de la sous-région.

Madame LOPKO CALIXTINE (Conseiller

chargé des


société affaires consulaires à l’ambassade de Côte d’Ivoire à ROME) : Je voudrais remercier  Madame l’Ambassadeur pour le travail qu’elle a commencé dans le Mme LOPKO CALIXTHINE but  de  réunir tous les Ivoiriens de la diaspora. La réconciliation pour moi est très importante entre tous les fils de la Côte d’Ivoire. Chaque Ivoirien doit prendre à cœur cette affaire qui nous concerne tous. C’est vrai que chacun a perdu un être cher de près ou de loin, mais il faut qu’on se ressaisisse pour que les Ivoiriens dans leur ensemble puissent s’entendre. Et je sais que Dieu ne nous a pas abandonnés et qu’il bénit la Côte d’ivoire.

Monsieur BLI ANTOINE

(Agent administratif à l’ambassade de CI à ROME) Je crois que nous devons regarder l’avenir. Tout ce qui s’est passé rentre dans l’histoire de notre pays. Pour que les Ivoiriens se réconcilient  il faut  regarder plutôt  l’avenir et non le passé. M. BLI ANTOINE Aujourd’hui tous les fils de la Côte d’Ivoire ont vu ce qui s’est passé. Il faut que nous nous serrions la main pour aller vers l’avenir. Si la colonisation en Afrique est finie, si les deux guerres mondiales ont pris fin ce n’est pas une querelle entre frères et sœurs qui ne peut pas finir. La réconciliation entre nous est donc possible.

Monsieur TRAORE ZAKARIA (Assistant du conseiller aux

affaires sociales et consulaires à l’Ambassade de CI à ROME) Parler de réconciliation aujourd’hui est une bonne chose,  surtout parce que nous sommes dans une situation d’ après guerre. Il faudrait que les

Ivoiriens dans leur ensemble comprennent qu’on ne peut exclure personne et que nous sommes bien obligés de vivre ensemble parce que c’est notre pays et nous n’ avons que ça. Il faut donc chercher les voies et moyens pour nous entendre. Des difficultés vont se poser à nous, c’est normal parce que quand on vit ensemble les difficultés il y en aura toujours, et il faut donc chercher à les surmonter. Il ne faudrait pas que la réconciliation soit de simples mots qu’on lance. La réconciliation doit se constater dans les comportements des ivoiriens en général et des autorités en particulier. En gros il faut poser des actes concrets. Lorsque chacun cherchera à œuvrer dans ce sens je crois qu’on aura fait un grand pas vers la réconciliation.

M

DAN MARC

onsieur (président de l’association des Ivoiriens de NAPLES et de la région de la CAMPAGNA) Les  autorités Ivoiriennes  actuelles  doivent faire en sorte d’améliorer les conditions de vie des Ivoiriens. Moi je suis originaire de l’ouest de la Côte  d’ivoire, c’est triste ce que M. DAN MARC le peuple là-bas vit  aujourd’hui. La Côte d’ivoire est un pays différent des pays de la sous-région à cause de la culture que le peuple Ivoirien a eue de son père fondateur HOUPHOUET BOIGNY. Il faut que les Ivoiriens se réunissent, qu’ils se retrouvent pour dialoguer, pour qu’il y ait l’unité et la réconciliation nationale. Les Ivoiriens ont besoin de cela pour le progrès de notre pays. Que Dieu bénisse la Côte d’ivoire.

Le premier salon du FICAM tient ses promesses De nombreux camerounais de la diaspora ont pris part au premier salon de l’immobilier camerounais tenus à paris 15ème du 22 au 23 septembre 2012.

C

e salon organisé conjointement par le Crédit Foncier du Cameroun et son partenaire GIS Global basé en France, le Ficam a été solennellement ouvert par l’ambassadeur du Cameroun en France en présence des acteurs majeurs de la filière, les délégués du gouvernement des principales villes du Cameroun et le directeur général de la société immobilière du Cameroun. Le forum ambitionne de servir de cadre d’infor-

A travers les différentes interventions de tous les ivoiriens de la diaspora que nous avons approchés, leur grande volonté de vivre ensemble est très ardente. D’ailleurs aujourd’hui en dehors de quelques actes de barbarie qui ont eu lieu les mois passés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire le calme est revenu. On ne peut pas parler de réconciliation si une partie du pays est en proie à des violences meurtrières à perpétuité. Les Ivoiriens ont toujours vécu ensemble depuis les années avant les indépendances. Les dernières crises que le peuple entier a subies ont crée la fracture sociale mais c’est encore possible de se réconcilier et de voir une renaissance de la société Ivoirienne pour que vive un pays prospère et uni.

mation, d’échange et de partenariats en matière d’investissements immobiliers au Cameroun, de construction et de commercialisation de logements ainsi que d’acquisition par les particuliers de terrains aménagés ou de logements. La première édition du FICAM est arrivée au moment où la demande des camerounais de la diaspora en matière d’habitat en terre natale est nombreuse, variée, et de qualité. Et les questions des uns et des autres quant aux divers aspects de l’accès au logement dans ses volets administratif, financier et technique du processus qui en découle ont trouvé des réponses. Le succès des travaux de paris devrait déboucher sur un égal traitement des camerounais de l’étranger dans d’autres pays du globe qui font face aux mêmes besoins.

RENE KOUAME

M.N.M.P

TRAORE ZAKARIA

21 N°34 Octobre 2012

Diasporas News


société

Togo : l’avocat de

Le Floch-Prigent demande le rapatriement sanitaire de son client

L

’avocat de Loïk Le Floch-Prigent, inculpé et incarcéré au Togo pour complicité d’escroquerie, a interpellé le Quai d’Orsay pour demander que son client soit rapatrié en France pour raison de santé. « Je demande que M. Le Floch-Prigent », qui souffre notamment de psoriasis, «  bénéficie des mêmes droits fondamentaux que n’importe quel ressortissant français », a déclaré à l’AFP Me Patrick Klugman qui a envoyé un courrier en ce sens au ministère des Affaires étrangères. Me Klugman avait fait, le 24 septembre, une demande de remise en liberté de l’ancien patron du géant pétrolier français Elf qui devait subir, fin septembre, une intervention chirurgicale en France. Elle a été rejetée le 27 septembre, a indiqué Me Klugman. L’avocat français et les avocats togolais ont fait appel, estimant que ce rejet était « scandaleux ».

La santé de M. Le Floch-Prigent « s’est dégradée, cela a été constaté par le médecin de l’ambassade de France » à Lomé « et nous inspire une vive inquiétude », a précisé l’avocat. Me Klugman dénonce en outre « une procédure inéquitable et enlisée », ni lui ni son client n’ayant pu, selon lui, «avoir accès au dossier» judiciaire. L’avocat se dit « prêt à fournir toutes les garanties » pour que M. Loïk Le Floch-Prigent, actuellement retenu dans les locaux de la gendarmerie de Lomé, se tienne à la disposition de la justice togolaise qui l’a inculpé pour complicité d’escroquerie dans une vaste affaire impliquant des hommes d’affaires togolais et un Emirati. La justice togolaise le soupçonne d’être impliqué dans une affaire d’escroquerie internationale portant sur 48 millions de dollars (environ 36,5 millions d’euros). L’escroquerie présumée oppose un homme d’affaires

togolais, Bertin Sow Agba, à un homme d’affaires émirati, Abbas El Youssef. L’Emirati a porté plainte contre M. Agba, l’accusant d’avoir organisé un réseau pour lui soutirer 48 millions de dollars. Il estime que M. Le Floch-Prigent « serait le chef d’orchestre dans cette affaire d’escroquerie », selon une source judiciaire togolaise. L’arrestation de l’ancien patron français, âgé de 68 ans, suit celle d’un ex-ministre togolais de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona, inculpé le 12 septembre dans la même affaire. Loïk Le Floch-Prigent avait été condamné en 2003 à 5 ans de prison dans l’affaire Elf et avait passé environ deux ans derrière les barreaux pour des malversations financières. Il se présente aujourd’hui comme un consultant dans le pétrole. A.F.P

Sandrine SASSOU NGUESSO,

P

Présidente de « Génération+ » « Impacter notre génération par des actions de solidarité, d’entraide »

résente à Paris pour la cérémonie de présentation du single «Brazza j’y crois» du projet du même nom dans lequel elle a pris une part active aux côtés de Mr Olivier DOUMOU l’initiateur, Mlle Sandrine SASSOU NGUESSO Présidente de l’association congolaise « Génération+ » a bien voulu répondre à nos questions.

Diasporas-News : Les fonds recueillis par l’album « Brazza j’y crois » iront-ils directement aux familles des victimes ? Sandrine SASSOU NGUESSO : Oui c’est notre souci. On va s’appuyer sur les réseaux des artistes qui ont pris part à ce projet « Brazza j’y crois », sur tout le système sécurisé qu’ils ont, le téléchargement légal pour pouvoir vérifier effectivement que tout ce qui sera payé, aille aux familles sinistrées du 4 mars de la catastrophe de Mpila.

D-N : Pouvez vous nous présenter votre association ? 22 Diasporas News N°34 Octobre 2012

S.S.N : C’est une association qui est née de la dynamique des jeunes qui sont au Congo en général. Nous avons démarré à Pointe Noire où je vis. La philosophie de cette association, d’ailleurs on s’appelle « Génération+ » le plus signifie la valeur ajoutée que chaque génération se doit d’apporter. C’est la capacité de chaque génération a impacté son temps et pour son temps. Pourquoi parce que nous sommes tous de passage. Et on a voulu que ce soit une chaine. Notre message est qu’on est un maillon d’une chaine intergénérationnelle. On considère qu’on ne fera pas tout. Et on espère que d’autres continueront ce que nous aurons démarré. Intergénérationnelle parce qu’on récupère ce que nos parents ont laissé aussi. Donc il ya une génération qui a travaillé avant les indépendances, après les indépendances et nous aussi on continue de travailler comme le maillon de cette chaine. Et on espère au travers de ces actions et d’autres qu’on mènera laisser aussi quelque chose, impacter notre génération

par des actions de solidarité, d’entraide et de soutien. Voilà notre philosophie.

D-N : Comment comptez vous mobiliser les jeunes de la diaspora congolaise ?

S.S.N : Je dirais mea culpa ; on ne sait jamais pencher vraiment pour trouver des relais au niveau de la diaspora par rapport à notre vision. Mais je pense qu’au travers de cet événement, « Brazza j’y crois » c’est aussi un tremplin pour nous de prendre attache avec des jeunes, des associations de la diaspora pour travailler ensemble en bonne intelligence parce qu’on n’est pas obligé de rentrer au Congo pour contribuer et apporter quelque chose de positif en tant que génération. Merci de m’avoir donné l’occasion de m’adresser à eux par le canal de votre journal. F.B.N


environnement

Développement durable :

Tentative de hiérarchisation des priorités à l’usage des décideurs L’édition 2012 de la global conference des ateliers de la terre a illustré le fait, qu’à l’heure où la mondialisation est devenue une réalité et où les acteurs de la société civile gagnent en influence, il est primordial d’adopter une approche de la co-construction pour parvenir à des solutions efficaces et partagées.

A

près avoir constaté l’échec du sommet de la terre de Rio 2012, les travaux du 7eme forum pour un développement durable tenu les 24, 25 et 26 septembre à Evian en France auront permis de consacrer la co-construction au détriment de la la compétition. Dirigés par de nombreux experts, les ateliers ont ressorti l’urgence de la mise en lumière des grandes tendances d’un monde en transition souvent brutale et montré que la transversalité du développement durable n’exclut pas la priorisation des mesures qui s’imposent. Ainsi les 900 participants ont cogité sur la co-construction des solutions nouvelles ou des nouvelles contraintes, comment parvenir à des solutions partagées et efficaces pour la co-gestion des déchets, la maîtrise de l’énergie et la construction des territoires durables entres autres. Les exposés des spécialistes et les échanges avec les participants au travers des questions réponses ont assis la nécessité de tenir compte de la rareté des ressources et donc de fonder de manière radicalement différentes le progrès de l’humanité qui doit co-construire, malgré les antagonismes entre les pays, un ordre économique nouveau de la planète, guidé par le souci de la préservation du capital commun, par la production de biens essentiels et l’adaptation aux mutations diverses qui s’annoncent. Et à ce sujet l’Afrique qui constitue un réservoir important de ressources naturelles a été mise à l’honneur à travers une session spéciale Afrique. Les ministres de la forêt et du développement durables du Cameroun, du Congo et du Ghana ont montré que la préservation de la biodiversité est au cœur des préoccupations des gouvernements africains qui arrivent déjà à concilier les décisions internationales et la coopération des acteurs locaux. Il est donc avéré que coproduire le développement durable dont l’histoire retiendra peut être que la première tentative au niveau mondial s’est faite à RIO 2012 n’est pas une utopie globalisante, mais peut être instauré à tous les échelons de la vie sociale de la planète, des perspectives d’actions sans frustration. Agir en coproduisant, est-ce finalement possible ? OUI car le développement durable n’est pas un aboutissement mais plutôt un processus dynamique d’adaptation, d’apprentissage et d’action. Mireille NGOSSO

Henri Djombo

Bettina Laville

Séance-débat

Séance-débat

Séance-débat

23 N°34 Octobre 2012

Diasporas News


sport

actualité Le classement mondial FIFA oct. 2012 Clsst Equipe Pts +/- Pos 1 Espagne 1611 0 2 Allemagne 1459 0 3 Portugal 1259 1 4 Argentine 1208 3 5 Angleterre 1196 -2 6 Pays-Bas 1141 2 7 Uruguay 1140 -2 8 Italie 1106 -2 9 Colombie 1102 13 10 Grèce 1029 1 11 Croatie 1023 -2 12 Russie 1014 1 13 France 1011 2 14 Brésil 1001 -2 15 Suisse 983 5 16 Côte d'Ivoire 951 0 17 Chili 948 -3 18 Danemark 944 -8 19 Mexique 925 2 20 Equateur 902 -3 21 Suède 859 -3 22 République tchèque 837 -3 23 Japon 818 0 24 Algérie 802 4 25 République de Corée 776 2 26 Norvège 764 8 27 Mali 759 5 28 République d’Irlande 757 -2 29 Bosnie-Herzégovine 740 1 30 Belgique 723 10

24 Diasporas News N°34 Octobre 2012

Qualifications CAN 2013 : Le suspens jusqu’au bout Il

va falloir attendre les matchs retours du 3eme et dernier tour éliminatoire pour connaître les 15 pays qui prendront part à la CAN qui se déroulera du 19 janvier au 13 février 2013 en Afrique du sud.

C

ertains pays ont cependant réussi à se mettre à l’abri lors des matchs allers disputés les 8 et 9 septembre. C’est le cas de la Côte d’ivoire qui s’est imposée devant le Sénégal 4-2. Sauf énorme retournement de situation, l’équipe nationale de la RD Congo participera à sa première phase finale de CAN de football depuis 2006. La sélection de RDC s’est imposée 4-0 face à son homologue équato-guinéenne. Les Maliens ont pris une option sur la qualification en battant le Botswana 3-0 à Bamako.Idem pour le Soudan qui a laminé l’Éthiopie. 5-3. Le Ghana sélection africaine la plus régulière depuis quatre ans, a également assuré l’essentiel en battant le Malawi 2-0. De son côté, l’équipe de Zambie, championne d’Afrique en titre, ne s’est pas offert une réelle garantie de qualification : les Zambiens ont battu la sélection ougandaise 1-0 à Ndola. Autre résultat mitigé, celui de la Tunisie qui a été bousculée en Sierra Leone (2-2). Les « Aigles de Carthage » ont toutefois connu un meilleur sort que les « Panthères » du Gabon : les Gabonais ont concédé le nul 1-1 face à l’équipe du Togo. C’est l’attaquant Emmanuel Adebayor qui a permis aux Togolais d’égaliser en fin de rencontre. Les Centrafricains, enfin, peuvent rêver plus que jamais à une toute première participation en phase finale de Coupe d’Afrique des nations de football. Les « Fauves du Bas-Oubangui » ont gagné 1-0 contre les « Etalons » du Burkina Faso. La cote de confiance est déjà énorme à Bangui après avoir éliminé l’équipe d’Égypte au tour précédent. La victoire 3-1 du Zimbabwe face à l’Angola a été moins prononcée. Le résultat a même été serré entre la Guinée et le Niger, à Conakry. Les Guinéens ont souffert pour développer leur jeu sur une pelouse en piteux état. Ils ont gagné 1-0 malgré une défense nigérienne bien regroupée. Un à zéro, c’est également le score de Libye-Algérie. Cette rencontre, disputée à Casablanca plutôt qu’à Tripoli par sécurité, a été remportée par les Algériens. Le match s’est achevé avec une bagarre générale sur le terrain. Le deuxième acte, en Algérie, s’annonce tendu.La grosse surprise est venue du Cap-Vert où le Cameroun a perdu 2-0.


sport Les « Lions indomptables », que l’attaquant-vedette Samuel Eto’o a refusé de rejoindre, ont été surpris par les « Requins bleu » cap-verdiens à Praia. Déjà absents de la CAN2012, les Camerounais risquent de manquer l’édition 2013. Ils n’ont plus raté deux phases finales de CAN de suite depuis 1980. Les Nigérians, tenus en échec 2-2 au Libéria, ne sont pas à l’abri non plus d’une telle mésaventure. Enfin, l’ambiance risque aussi d’être électrique au Maroc. Les Marocains ont été battus 2-0 au Mozambique, à la surprise générale. A Maputo, les « Lions de l’Atlas » ont déjoué. Pour se qualifier en phase finale, ils devront s’imposer par trois buts d’écart au match retour. Les matches retour se dérouleront du 12 au 14 octobre 2012. Les quinze équipes qualifiées prendront part au tirage au sort du tournoi final qui se tiendra le 26 octobre prochain à Durban.

CAN 2013 : LES RÉSULTATS DU DERNIER TOUR ALLER Samedi 8 septembre 2012 Zambie – Ouganda 1-0 Centrafrique – Burkina Faso 1-0 Gabon – Togo 1-1 Ghana – Malawi 2-0 Sierra Leone – Tunisie 2-2 Côte d’Ivoire – Sénégal 4-2 Mali – Botswana 3-0 Cap-Vert – Cameroun 2-0 Soudan – Éthiopie 5-3 Liberia – Nigeria 2-2

Dimanche 9 septembre 2012 Mozambique – Maroc 2-0 Zimbabwe – Angola 3-1 RD Congo – Guinée équatoriale 4-0 Guinée – Niger 1-0 Libye – Algérie 0-1 M.N.M.P

élection à la présidence de la CAF Issa HAYATOU succèdera à lui même

Ça ne fait plus l’ombre d’un doute, c’est même devenu une certitude, Issa Hayatou succédera à lui même.

L

a fameuse motion de modification des statuts de la Confédération africaine de football (CAF) faisant obligation à tout candidat à sa présidence à être membre du comité exécutif ou avoir été membre a été adoptée par une forte majorité par la 8ème assemblée générale extraordinaire de l’instance continentale, réunie récemment aux Issa-Hayatou Seychelles. Le nouveau texte écarte donc de fait la candidature de Jacques Anouma en mars 2013. Membre du comité exécutif de la Fédération internationale de football (FIFA), Jacques Anouma est juste membre de droit de celui de la CAF, mais Jacques Anouma n’y dispose pas du droit de vote. L’amendement algérien appuyé par six autres associations nationales, Comores, Égypte, Guinée, Mauritanie, RD Congo et Soudan, a réuni 44 voix pour, 6 voix contre et une abstention ». Le Liberia, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Niger et le Burundi sont les six pays qui ont voté contre ce projet d’amendement. Pourtant le projet de modification avait été vivement décrié par le gotha du football africain. « Ce serait un véritable recul » avait condamné Augustin Senghor, président de la fédération sénégalaise de football. Pour Joseph Antoine Bell « La proposition de modification des statuts de la CAF à quelques mois du

terme du mandat d’Issa Hayatou était fallacieuse et faisait honte à l’Afrique. Elle démontre qu’il n’y a pas que les politiques qui tordent le cou à la démocratie. « Issa et ses lieutenants veulent transformer la CAF en un bunker. Ils sont convaincus que les Africains ne veulent plus d’eux à la tête de leur football, alors ils se barricadent avec des textes pour se maintenir au contrôle du football africain. Leur objectif est d’éloigner de la CAF toutes les intelligences africaines » dévoilait alors l’ancien gardien de but double champion d’Afrique avec l’équipe nationale du Cameroun. Pour lui le rendez-vous des Seychelles était une bonne opportunité pour les présidents de fédération de démontrer qu’ils ne sont pas des idiots, qu’ils sont plus compétents que ceux qui gèrent la CAF depuis 24 ans, qu’ils ne sont pas ce que Issa et ses hommes pensent d’eux, c’est-à-dire des pantins pour qui on doit toujours prendre des décisions ». Malheureusement les présidents de fédérations à quelques exceptions prés ont choisi d’accompagner Issa Hayatou dans son acharnement à rester au pouvoir. « Les textes de la Caf m’autorisent encore de me porter candidat, car l’âge limite est fixé à 70 ans », se défend l’ancien président de la Fédération camerounaise de football, âgé aujourd’hui de 66 ans. En mars 2011, pendant le 33e congrès de la CAF, à Khartoum, au Soudan, Issa Hayatou avait pourtant laissé entrevoir la possibilité de se retirer de la présidence, estimant qu’il était fatigué. « Comme on ne change pas une équipe qui gagne, on ne change pas un président qui fait le bonheur du football africain » affirmait alors Anjorin Moucharaffou, président de la fédération béninoise de football. Depuis 24 ans donc, Issa Hayatou règne tel un mastodonte indétrônable et inamovible, prêt à tout, même à se dédire afin de continuer à jouir des délices et nombreux privilèges que lui confère sa fonction. Pourtant le football africain a besoin d’un nouveau souffle et d’une autre vision pour s’imposer. Il peut bien se passer des archaïsmes et ne doit pas être sacrifié sur la croix de la cupidité et des ambitions démesurées des êtres foncièrement égoïstes donc le seul désir à contrario de ce qu’ils affirment est de se servir et non de servir le football africain. Mireille NGOSSO

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Diasporas News


média

COULEURS TROPICALES sur RFI, Richard Joffo

la musique afro antillaise à l’honneur avec Claudy SIAR. Pour

sa 17ème saison, Couleurs tropicales continue de donner le pouvoir aux musiques afro !
Rendez-vous du lundi au vendredi à 15h10 TU et à 20h10 TU en Afrique (22h10 à Paris sur 89 FM) ! En avril 2011 Claudy Siar quittait RFI pour s’engager dans la délégation interministérielle pour l’égalité des chances de l’Outre-Mer. Cette démarche, parfois mal comprise, lui donnait la possibilité d’agir « de l’intérieur » pour certains des combats qui sont les siens depuis toujours. Quelques exemples tous simples : le prix du téléphone à harmoniser avec celui qu’on paie dans l’hexagone, les billets d’avion entre l’hexagone et les Antilles… Cette fonction, incompatible avec son émission sur RFI et la direction de Tropiques FM fut une expérience enrichissante et lui a permis aussi de compter ses amis. Il revient aux médias avec notamment une émission COULEURS TROPICALES rénovée, enrichie de productions et séquences très diversifiées, comme les archives ou le journal de la culture et de la musique. Riche de musique « live », avec toujours ses chroniqueurs et invités, COULEURS TROPICALES reste l’émission de musique afro-antillaise phare de la radio de l’audiovisuel de l’extérieur avec notamment l’intervention de correspondants du monde entier qui donnent les actualités culturelles et musicales et proposent des titres souvent inédits. Richard Joffo

Claudy Avec Anabelle coordinatrice

Claudy Siar

Claudy en studio

Benjamin le réal

MUSIQUE LIFE

PLAN D’ACTION COMPÉTITIVITÉ pour les TÉLÉVISIONS des PAYS D’AFRIQUE FRANCOPHONE Il

ne se passe pas de saison sans qu’une n’ième réunion ne soit organisée pour refaire inlassablement le même constat : Les médias africains vont mal ! Ce qui d’ailleurs consiste souvent à voir les choses le petit bout de la lorgnette !

Et

qu’est-ce qu’il sort de ces réunions ?

Rien ! ou l’affligeant constat répétitif que les problèmes de diffusion persistent, que les modèles économiques n’existent pas, que les dirigeants, propriétaires de certains de ces médias sont fatigués de mettre la main à la poche pour nourrir d’anciens journalistes incompétents ou autres directeurs de chaînes qui clament leur impuis26 Diasporas News N°34 Octobre 2012

sance. Et les organisateurs de ces réunions (qu’ils destinent le plus souvent à leur auto-promotion) rentrent chez eux avec la satisfaction de s’être fait mousser, tandis que les participants, reprennent leur chemin avec le même sentiment de frustration. Les piètres constats qui sont faits dans ces colloques (il s’en est déroulé un récemment à Paris) touchent des do-

maines que nous étudions depuis une bonne dizaine d’année et qui on justifié que nous lancions en 2005, le PLAN D’ACTION COMPÉTITIVITÉ POUR LES TÉLÉVISION DES PAYS D’AFRIQUE FRANCOPHONES (placé sous le haut patronage du Ministère Français de la communication) dont nous avons initialisé la 2ème phase il y a quelques mois : - Mener des actions pour que les chaînes de télévision apprennent à produire ou acheter des programmes

avec des modèles économiques viables. - Structurer le marché publicitaire pour sortir de la spirale infernale du « out bartering » où, à terme, ce sont les distributeurs de programmes ou certains producteurs qui deviennent propriétaires de l’espace publicitaire des chaînes, les privant ainsi de leur indépendance éditoriale. - Promouvoir les savoir-faire africains car, contrairement à ce qu’il se dit, les


média Africains savent produire et il y a des chaînes qui fonctionnent. - S’extraire de l’assistanat savamment entretenu parfois par l’occident et qui fait que la chaîne attend des programmes « aumône », ce qui entretient un colonialisme médiatique malsain.

Quelles sont les actions concrètes engagées ?

1) D  es rencontres INTERNATIONALES pour acquérir les bonnes pratiques et engager l’action. La première d’entre elles aura lieu le 31 octobre à Johannesburg où nous réunissons, dans le cadre du DISCOP AFRICA, les patrons des chaînes publiques et privées d’Afrique Francophone, de

Littérature

certaines chaînes panafricaines et autres acteurs économiques. Avec la présence et le soutien de l’OIF, CFI, France 24, l’Académie Audiovisuelle de Paris… Le thème : Apprendre à coproduire pour exporter. Tous les aspects sont abordés, les standards de qualité, le montage de projet, l’écriture, le montage financier, la production exécutive, les contrats, la distribution, la diffusion. Et la journée débouchera sur la mise en place d’un cas pratique. D’autres rencontres sont prévues dans d’autres pays d’Afrique. 2) Une réflexion et des actions concrètes sur la normalisation des tarifs publicitaires avec un équilibre entre chaînes Publiques et chaînes

privées, la structuration du marché, un système de bonnes pratiques en matière de sponsoring et bartering « gagnant/gagnant ». 3) La création d’une émission télévisée (en cours de tournage et qui sera présentée au DISCOP à Johannesburg) qui offre l’actualité des médias africains, une vitrine sur les programmes et productions, portraits de success stories, actualité sur la publicité TV, etc. Cette émission est déjà prévue dans la grille des plus gros réseaux panafricains et certaines chaînes publiques ou privées en Afrique francophone et anglophone.

Le comité de pilotage

Un comité de pilotage a été créé auquel participent déjà certains patrons de chaînes Africaines et Panafricaines ainsi que des institutions nationales et internationales et certaines instances gouvernementales. Ce comité, initialisé par l’Académie Audiovisuelle de Paris, reste ouvert et tous les opérateurs qui désirent y participer sont invités à contacter le bureau à acadtv@free.fr

Richard Joffo R.J. : Auteur, journaliste, producteur et réalisateur télé, Richard Joffo est le créateur de l’Académie Audiovisuelle qui forme les animateurs et concepteurs de programmes de demain. Il est également expert en médias et en communication.

Immigrations plurielles Témoignages singuliers Par NADIA ATROUBI-SAFSAF Ed. Les points sur les i

I

mmigration choisie, immigration subie, immigration illégale, depuis le milieu des années 1970, avec la fermeture des frontières à l’immigration de travail, l’immigré est devenu l’ennemi, celui qui vient piller nos richesses, et profiter de nos acquis sociaux. Pourtant derrière ces mots vilipendés, « immigrés », « immigration » se cachent des histoires personnelles, des histoires singulières, des histoires familiales, d’individus qui ont tout laissé derrière eux pour « gagner » la France. C’est donc avant tout l’histoire d’un voyage

parfois volontaire, parfois imposé mais avec un aller-simple le plus souvent. Anna, Maria, Lakhdar, Mona, Guido, Fatéma… derrière leurs trajectoires se devinent les vagues successives de l’histoire de l’immigration en France. Ce présent ouvrage a voulu rendre hommage à tous ces travailleurs venus d’ailleurs et que l’on veut à tout prix renvoyer chez eux. Mais chez eux, c’est dorénavant ici. Leurs enfants sont français et tentent de dépasser le vocable « fils, fille d’immigrés » auquel ils sont assignés malgré eux.

Lucien KemKeng

Nadia Atroubi

plaidoyer pour la diversité contribution d’un éLu de droite

Lucien Kemkeng est élu à Sèvres depuis plus de dix ans. Il est également militant associatif au sein d’associations nationales et d’ONG internationales. Acteur de terrain, il préside le Cercle de la diversité depuis fin 2010. Cette dernière fonction l’amène à s’interroger sur l’efficacité de certaines actions. Diplômé de Sciences-Po Paris, il est, depuis plus de vingt ans, cadre dans une grande banque française.

contribution d’un éLu de droite

Et si l’une des solutions à la crise économique et sociale était la prise en compte de la diversité française ? Contrairement au lieu commun, se préoccuper de la diversité ce n’est pas uniquement s’occuper des minorités, mais c’est aussi s’intéresser aux talents parfois atypiques qui nous entourent, auxquels on ne prend peut-être pas garde et, plus largement, à la question de l’égalité. À travers les témoignages concrets de nombreuses personnalités issues de divers domaines (chefs d’entreprises, responsables associatifs, syndicalistes, journalistes, chercheurs, politiques…), l’auteur, élu UMP, nous livre, sous forme de dictionnaire, une réflexion sur l’ensemble des sujets qui touchent de près ou de loin l’épineuse question de la diversité : l’intégration, la laïcité, les quotas... Convaincu que cette question doit être remise au centre du débat public, Lucien Kemkeng souhaite ainsi voir « s’ouvrir de nouveaux horizons » et faire avancer la société française du xxie siècle.

Lucien KemKeng

Nadia Hathroubi-Safsaf, 35ans, est journaliste depuis une dizaine d’années. Elle a notamment été rédactrice en chef de Zanatane, un mensuel multiculturel, puis rédactrice en chef adjointe de Presse&cité, un webzine spécialisé société et politique (immigration, quartiers populaires, relations Nord-Sud). Elle dirige aujourd’hui la rédaction du magazine en kiosque, Le Courrier de l’Atlas qui traite de l’actualité du Maghreb en Europe. Engagée, elle a également participé à la création de nombreuses associations.

plaidoyer pour la diversité

L’AUTEURE

Lucien KemKeng pla ido yer

pou r la div ers ité contribu tion d ’ un éLu de droite

ISBN : 978–2–87623–500–7

16€

9 782876 235007

Michel de Maule

Michel de Maule

Richard Joffo

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Diasporas News


sport Littérature

« Là où les caïmans se couchent » Ephrem YOUKPO SELECTION PRIX ORANGE DU LIVRE 2012 Retenu pour le PRIX DES CINQ CONTINENTS Auteur : Ephrem Youkpo / Genre : Roman / Francophone Editeur : Eyo Editions – Paris Collection : Assiba Pages : 217 ISBN : 978-2-917641-00-2 / GENCOD : 9782917641002 Sortie : 05/09/2012 e-mail : eyo-editions@hotmail.fr website : www.eyo-editions.fr

QUATRIEME DE COUV :

Dans la mythologie africaine, un pacte liait les Hommes aux ani-

maux. Mais depuis un certain temps, ce pacte a volé en éclats. Les hommes viennent déranger les animaux là où ils se couchent... Un caïman décide de se rendre dans leur monde. Il veut leur parler les yeux dans les yeux et particulièrement à leur chef. Il sollicite donc l’aide du sorcier de sa tribu qui lui permet d’arriver à ses fins. Une fois dans le monde des humains, il y découvre les incohérences, la fragilité, la puissance et la voracité qui les caractérisent. Mais bon... Il se retrouve dans la peau d’un enfant, un badaud à la dégaine piteuse qui ne mérite point d’égards aux yeux des adultes…

L’EDITEUR : Ce roman s’inscrit dans la tradition des oeuvres

modernes, au style simple, rythmé, imagé, drôle et épicé, métissé, à la fois léger et mordant, grave et lyrique, empreint d’humanisme. A travers l’aventure du caïman, l’auteur aborde sur un ton de la culture orale, riche de symbolisme, avec tendresse, humour, finesse et dextérité les thèmes fondamentaux de la société : l’amitié, le respect des valeurs, l’aspiration à la liberté, la force du destin, la quête de l’identité et nous met face à nosincohérences. L’expérience du caïman dans le monde des humains et son impressionnant parcours initiatique au milieu des gamins qui deviennent ses amis par dépit reste longtemps en mémoire après qu’on a refermé le livre. Au coeur de l’irrationalité humaine, le caïman découvre le traitement infligé aux enfants, le mépris d’une société machiste à l’égard des femmes, la différence des classes, la vénération de l’école au même titre que leurs cultures et autres moeurs ancestrales et enfin, les dégâts sur la nature, le cynisme et la voracité des humains, et Dieu qui devient la cause des conflits interreligieux. Il dépeint une société innocente mais complice de son mal être, évoque de manière nuancée les prises de pouvoir en Afrique, les manoeuvres de déstabilisation des pays, l’instrumentalisation des opposants et les crises postélectorales avec son lot de mystères et d’incompris où règne la raison du plus fort, où le vainqueur devient parfois le vaincu et vice versa, au mépris des lois, et pire sous les coups des bombes. Le caïman dans la peau du petit garçon dresse la radioscopie d’une société controversée, douce et cynique à la fois qui mange ses propres enfants... Pour un premier roman, Ephrem Youkpo met le pied dans le plat, traduit nos craintes et nos plaisirs, nos faiblesses et nos forces à tra-

28 Diasporas News N°34 Octobre 2012

vers l’audace du caïman, petit garçon, qui rêve de parler aux humains les yeux dans les yeux, tout en restant constant, précis, incisif, nourrit de punch, de crochet et d’uppercut tel un boxeur sur un ring. Un roman qui a déjà marqué la critique pour la rentrée littéraire.

AUTEUR :

Passionné de littérature, Ephrem Youkpo est un homme de médias. Journaliste-Producteur (Radio et Télévision). Il produit plusieurs programmes pour les chaînes de télévision dont «Lu & Approuvé» de 20052007, présenté par Alain Mabanckou (Prix Renaudot 2006), un programme littéraire à succès diffusé sur CFI et 54 chaînes de télévisions étrangères parEphrem YOUKPO tenaires. 2008-2010, il produit et présente «Culture & Compagnie» un programme culturel et littéraire pour TV5. Depuis 2011, Ephrem Youkpo fait partie de la grande famille de Radio France Internationale où il a produit et présenté COULEURS TROPICALES, l’émission emblématique aux 25 millions d’auditeurs potentiels en moyenne par jour à travers le monde. Là où les Caïmans se couchent est son premier roman paru chez EYO EDITIONS pendant qu’il peaufine ses projets pour la rentrée audiovisuelle.


Gastronomie

Fumbwa de Bœuf Sauce Graine Cuisson et Préparation 1h35 Difficulté ** Pour 5 Personnes

***INGREDIENTS 1kg de viande de boeuf à bouillir 1 grosse boite de sauce graine 1 sachet de 200 g de fumbwa 2 gros oignons 3 gousses d’ail 1 piment rouge 2 feuilles de laurier 2 cubes de bouillon 1,5 litres d’eau Sel Poivre

***PREPARATION Lavez puis mettez à bouillir la viande 40 minutes dans une cocotte avec 1 gousse d’ail du sel, une feuille de laurier (comptez 1 heure 45 dans une casserole). Pendant ce temps, dans un petit saladier trempez les feuilles de fumbwa dans l’eau froide. Lavez puis émincez les deux oignons et l’ail puis réservez dans un petit bol. Dans une casserole mettez la boîte de sauce graine puis diluez avec environ 1 litre ou 1,5 d’eau chaude remuez bien pour obtenir une sauce liquide.

Ajoutez dans la sauce l’oignon, l’ail, le sel, le poivre, les cubes, le piment rouge puis portez à ébullition sans couvrir pendant au moins 30 minutes en remuant de temps en temps pour décoller le fond. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Retirez la viande de son jus de cuisson, ajoutez la dans la sauce puis baissez le feu et laissez mijoter à couvert cette fois 15 minutes jusqu’à ce que la sauce s’épaississe. Retirez la sauce du feu et ajoutez les feuilles de fumbwa préalablement essorées, remuez juste un peu délicatement et c’est prêt.

Recette originaire des deux Congo. Vous pouvez également faire bouillir un peu le fumbwa dans l’eau 20 minutes comme en RDC.

Servez chaud avec du manioc, du fufu ou des bananes plantains vapeurs.

Bon appétit Danielle EBENGOU

29 N°34 Octobre 2012

Diasporas News


horoscope

BELIER :

En couple c’est l’union parfaite. Les célibataires doivent mettre de l’eau dans leur vin.Vous solutionnez les problèmes ce qui vous rend populaire. Evitez néanmoins les débats houleux.La forme est au rendez-vous

TAUREAU :

Les problèmes financiers s’éloignent enfin !! Votre mot d’ordre ce moisci : la patience. Les célibataires doivent se lancer.Vous avez de l’énergie à revendre.

GEMEAUX :

Méfiez-vous de personnes mal intentionnées et prenez vos précautions si vous avez une affaire en cours. Professionnellement vous êtes sur la bonne pente. Sachez saisir votre chance quand elle se présente.Une belle énergie vous booste.

CANCER :

Ne gardez pas rancune mais restez sur vos gardes. Evitez les confidences. Vous vous sentez plus légère et intuitive. Quelques migraines en ce moment, essayez de dormir davantage.

LION :

Révisez vos projets et évitez les débats. Remettez les choses à plat avec votre partenaire. Célibataires : une rencontre est à prévoir. Vous avez du tonus mais sachez vous ménager.

VIERGE :

SCORPION :

Essayez d’être plus diplomate et ne soyez pas toujours dans l’agressivité. En couple soyez plus souple. Pour cette rentrée faites le point et sachez respecter vos limites. Des problèmes digestifs dus à votre nervosité.

SAGITTAIRE :

Vous êtes exigeante avec les autres et placez la barre trop haute. Donnez-vous plus de temps et laissez la place à votre vie personnelle. Votre humeur vous occasionne quelques petits soucis de santé.

CAPRICORNE :

Vous rayonnez et votre réserve n’est qu’une apparence. Vous aimez parfois sortir du train quotidien. Sur le plan professionnel des perspectives s’ouvrent à vous. La santé est bonne.

VERSEAU :

Vous reboostez tout le monde car vous aimez le travail bien fait. Professionnellement tout vous réussit et vous en profitez. Ménagez-vous un peu, arrêtez de courir dans tous les sens !

POISSONS :

Vous marquez des points auprès de votre conjoint. Les célibataires reçoivent une nouvelle. Votre finesse d’esprit vous ouvre des portes et vous permet de vous mettre votre travail en valeur. Faites du sport pour aérer votre esprit.

Vous avez tendance à agacer votre entourage et surtout votre partenaire par des remarques grinçantes. Faites attention!!! De nouvelles perspectives s’ouvrent à vous avec les changements que cela implique. Essayez de vous détendre et ne prenez pas tout à cœur.

BALANCE :

Vous êtes exigeante avec les autres et placez la barre trop haute. Donnez-vous plus de temps et laissez la place à votre vie personnelle. Votre humeur vous occasionne quelques petits soucis de santé.

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