Biographie REN (english version follows)
Quand le spectateur devient acteur De l’abstraction au street art, en passant par le collage, la customisation d’objets et l’upcycling, Renaud Piquard, alias Ren (Verviers, Belgique, aujourd’hui installé à Dison), construit une pratique faite de couleur, de matière et de rupture. Retour sur son parcours… Tout commence bien avant qu’il ne se mette réellement à peindre. Dès son enfance, il découvre l’art dans les expositions visitées en famille, dans les murs croisés au fil des villes parcourues avec ses parents, mais aussi dans le cadre de ses études artistiques, avant les années 2000. Très tôt, il s’intéresse à l’histoire de l’art, aux artistes, aux formes de création, contemporaines ou non. Pourtant, pendant longtemps, cela reste du côté du regard. « J’étais curieux de la création artistique et de ses facettes multiples, mais je suis resté non pratiquant durant toutes ces années. » En parallèle, un autre univers prend de la place. Celui du skate, qu’il pratique durant de nombreuses années. Celui, plus large, de la culture urbaine. Le graffiti n’est jamais loin, même s’il n’y entre pas vraiment. « J’ai toujours été proche de la culture skate, sans être passé par le graff réellement. Juste quelques tags… » La musique, elle aussi, agit comme une toile de fond permanente. De Nirvana à Nas, de Stephan Eicher à Ben Harper, de Daft Punk à Springsteen, jusqu’à Orelsan ou Linkin Park, ses références sont multiples. En peinture, son regard circule tout aussi librement, de Michel-Ange à Jérôme Bosch, de Basquiat à Banksy. Mais Ren n’a jamais aimé les cases. « Je n’aime pas appartenir à un mouvement. J’ai toujours eu l’impression d’être enfermé ou limité. Mais être inspiré, oui, bien évidemment. » Pendant des années, il observe, absorbe, apprend. Puis, à un moment, le rapport à l’art change de nature. Ce qui était jusque-là un plaisir devient un besoin. « Mon art a commencé comme un plaisir, un passe-temps, et est devenu un véritable besoin. » Le basculement n’est pas seulement technique. Il est aussi intérieur. Il passe par une forme de légitimation personnelle, par le dépassement du syndrome de l’imposteur, par le fait de se donner enfin le droit d’en être. Le spectateur devient acteur. Très vite, la peinture s’impose comme le moyen le plus juste pour dire ce qu’il ne formule pas toujours avec les mots. « J’avais tellement de choses à dire, je ne savais pas toujours par où commencer. C’est plus simple pour moi de m’exprimer via la peinture que par les mots. »