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Jeudi 19 septembre 2019 | Volume 44 | 9 e Numéro

TRANSFORMATION

De la terre jusqu’à vous!

Aussi dans cette édition : Des vergers expérimentaux à Saint-Bruno ........... p. 4 Bilan d’Expo-Champs ..........................................p. 11 Croquez dans l’automne! ....................................p. 15 Photo François Larivière | Le Courrier ©


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VIGNOBLE SAINT-SIMON - SAINT-SIMON

Les défis d’un nouveau vigneron

Véronique LEMONDE GTA

Sur le 2e Rang Ouest de Saint-Simon, peu de gens pourraient soupçonner la présence d’un vignoble. Pourtant, plantées il y a sept ans sur une terre de type loam argileux, au milieu des terrains plats et venteux de cette campagne, les vignes de Réal Gauthier ont fourni leurs premières cuvées en décembre 2018. « J’espérais toujours pouvoir un jour partir d’une matière première et la transformer de A à Z jusqu’à son produit fini. L’idée de partir un vignoble est donc venue de cette manière graduellement », lance Réal Gauthier qui s’occupe maintenant à temps plein de son vignoble en tant que jeune retraité. Actuellement, le vignoble compte 6400 vignes, dont les principaux cépages sont le Frontenac blanc, Saint-Pépin, Riesling, Frontenac noir, Radisson et Marquette. Le chai du vignoble possède

une salle de vinification moderne, répondant aux normes agroalimentaires les plus strictes, et une salle de dégustation typique. En effet, en plus d’avoir rénové la maison datant de 1923 qui se trouvait sur le site, M. Gauthier a conçu une installation moderne au charme rustique juste à côté. Le désir du meilleur produit et des meilleures installations ont constamment motivé le vigneron.

Savoir s’entourer

À la base de son vignoble, Réal Gauthier a dû apprivoiser son terrain et apporter des améliorations nécessaires à la bonne production de ses vignes. « Les vignes n’ont pas à être les pieds dans l’eau. Ici, avec un sol argileux, les vignes trouvent facilement leur eau dans le sol avec leurs profondes racines. Cependant, j’ai dû effectuer du drainage agricole et enfouir des tuyaux pour aérer le tout, installer des clôtures à neige et des filets pour contrer le vent qui est assez soutenu dans le coin. Mais partir un vignoble, faire du vin, ce n’est pas juste une recette. C’est beaucoup de patience et, surtout, c’est assez complexe, d’où la nécessité de s’entourer. J’ai un excellent œnologue qui me conseille et vient régulièrement au vignoble. C’est primordial, surtout dans les premières années. » C’est d’ailleurs l’œnologue de M. Gauthier qui a eu l’idée de faire fermenter une partie des raisins du vignoble dans une immense amphore de grès arrivée directement d’Italie. « C’est une technique plus européenne, assez ancienne d’ailleurs. Selon moi, les barils de chêne donnent un goût trop accentué pour les raisins de jeunes vignes, tandis que l’amphore, très poreuse, permet l’aération constante du vin rouge qui y vieillira durant deux ans. » Une odeur très cerisée s’en dégageait d’ailleurs lors de notre passage.

Bien adaptés à notre climat et pouvant tolérer des hivers allant jusqu’à -32 °C, les raisins abondants de Saint-Pépin seront mis en cuves pour la première fois cet automne. Une vendange qui donnera un premier monocépage au jeune vignoble.

sec et fruité issu des cépages Frontenac blanc, Saint-Pépin et Riesling. Avec ses résidus de raisins (marc), après l’étape de l’écrasement, Réal Gauthier a eu la bonne idée d’obtenir un permis de microdistillerie afin de confectionner sa propre eau-de-vie de grappe (grappa). « Pourquoi jeter tous ces résidus, alors qu’on peut en faire un délicieux alcool? C’est pourquoi j’ai acquis un alambic. » Le procédé consiste à faire fermenter le marc dans de l’eau distillée. Par la suite, le marc est à nouveau

pressé afin d’obtenir un extrait goûteux embaumant les fruits frais. L’extrait est distillé dans un alambic afin d’y concentrer l’alcool. L’eau-de-vie une fois distillée et filtrée à froid se compare, selon son procédé de fabrication et son taux d’alcool, à une grappa italienne. Tout au long du procédé de fabrication, l’alcool gardera l’odeur fruitée des cépages d’origines. Réal Gauthier souhaite planter 3600 vignes supplémentaires au printemps 2020. vignoblesaintsimon.com

User d’originalité

Réal Gauthier est fier de ses premiers vins et de son alcool de type grappa italienne.

Photos François Larivière | Le Courrier ©

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ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Véronique Lemonde CONTRÔLEUR : Monique Laliberté DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

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26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est

PAPIER FABRIQUÉ AU QUÉBEC. Merci de recycler ce journal.

Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 19 septembre 2019 - 3

Une amphore italienne permet à M. Gauthier de faire vieillir du vin rouge.

Pour l’instant, le Vignoble Saint-Simon offre deux vins qui se retrouvent déjà sur le menu du restaurant de la Piazzetta à Saint-Hyacinthe. L’attitude, un vin rosé foncé, est fruité, sec et légèrement parfumé aux arômes naturels de petits fruits. Il est le résultat du premier pressage des raisins des cépages Frontenac noir, Radisson et Marquette. Le Saint-Simon, quant à lui, est un vin blanc


INSTITUT DE RECHERCHE ET DE DÉVELOPPEMENT EN AGROENVIRONNEMENT

Lutter contre les insectes au verger Véronique LEMONDE GTA

C’est au verger expérimental de l’IRDA, situé au parc national du Mont-SaintBruno, que plus de 150 personnes œuvrant de près ou de loin en pomiculture s’étaient rassemblées le 9 juillet par un soleil de plomb. Portes ouvertes parsemées de démonstrations à la manière d’un circuit avec plusieurs stations, l’IRDA invitait les visiteurs à découvrir les initiatives en cours dans son verger expérimental. À la fine pointe de la recherche scientifique dans le domaine de la pomiculture, les scientifiques de

l’IRDA abordaient plusieurs sujets afin de rendre encore plus performante cette production très présente en Montérégie.

Punaises puantes pentatomides

Les punaises de vergers font depuis bien des années la pluie et le beau temps dans les productions pomicoles québécoises. Avec plus de 220 variétés connues, l’entomologiste de l’IRDA Francine Pelletier a tenté de relater les avancées pour lutter contre elles et leurs dommages. « Les punaises marbrées sont à nos portes au Québec, indique-t-elle. Il n’y en a pas encore dans les vergers, mais deux captures ont tout de même été faites dans

le sud du Québec. C’est un type de punaises qui passe facilement d’une culture à une autre. » Les déloger n’est pas chose aisée et la lutte chimique reste malgré tout limitée. « À la fin de mai, nous avons procédé à la capture pyramidale de punaises dans certains vergers et ici, à Saint-Bruno, avec des appâts et des stimulus visuels. Le but est d’apprendre à les connaître, à identifier les variétés de punaises et à mettre en place une lutte attracticide. Plus de 200 punaises ont été capturées à ce jour, dans les pièges pyramidaux, mais aussi grâce à des manchons installés directement sur des branches de pommetiers, question de voir les dommages qu’elles causent à l’arbre. » La mise en place de phéromones agrégatives – le tout fabriqué synthétiquement en laboratoire – dans les vergers, pourrait être une piste de solution pour lutter contre les punaises puantes pentatomides selon l’IRDA.

Lutter contre le carpocapse

L’entomologiste Francine Pelletier présente ici des pièges pyramidaux servant à capturer des punaises de vergers pour un projet de recherche de l’IRDA.

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Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La diffusion de phéromones agrégatives, ou confusion sexuelle, pourrait également être une voie pour lutter contre les carpocapses des pommes, un insecte de l’ordre des lépidoptères, de la famille des tortricidés, dont les larves se développent à l’intérieur des fruits. La tordeuse à bandes obliques, une autre chenille ravageuse dans les vergers, pourrait également être enrayée avec cette technique où les insectes mâles finissent par ne plus trouver de femelles pour se reproduire.

Audrey Charbonneau, de l’IRDA, animait ce même jour une démonstration traitant justement de ce sujet en expliquant les tenants et aboutissants de la technique de la confusion sexuelle. « Les larves causent des dommages importants aux pommetiers et, malgré l’application d’insecticides, une résistance se développe de la part des carpocapses. La confusion sexuelle devient donc une avenue quasi incontournable pour les pomiculteurs », précise Mme Charbonneau. Pour ce, des programmes doivent être mis en place pour apporter une aide financière aux producteurs afin de se procurer des diffuseurs de phéromones. « Le tout doit devenir comparable aux prix payés pour des insecticides. » Depuis 2019, plus de 120 entreprises pomicoles utilisent cette technique qui réduit d’ailleurs jusqu’à 70 % l’application d’insecticides. Le verger expérimental de Saint-Bruno a une superficie totale cultivable de 8 hectares, dont 2,5 hectares du verger alloués en parcelle R-D à haute densité, 2 hectares du verger alloués en démonstration de production fruitière intégrée (PFI) et 2 hectares du verger en conservation patrimoniale. Plusieurs projets de recherche y sont réalisés tels que l’installation de filets d’exclusion pour la production de pommes sans pesticides (essai avec le cultivar Honeycrisp) et la réduction de l’empreinte environnementale de la pomiculture québécoise. irda.qc.ca


FLORAMAMA FERME FLORALE - FRELIGHSBURG

Égayez votre vie avec le slow flower! Véronique LEMONDE GTA

C’est auprès de Jean-Martin Fortier, des populaires Jardins de la Grelinette, que Chloé Roy a fait ses premières classes en agriculture biointensive après plusieurs années à travailler en sonorisation. Après avoir vécu longtemps à Montréal, la jeune femme revient dans la région de Brome-Missisquoi, elle qui a habité à Bedford durant son enfance. Puis, avec sa famille, elle s’installe à Frelighsburg dans un magnifique environnement vallonneux. « Aux Jardins de la Grelinette, j’ai appris les rudiments de l’agroécologie et de l’agriculture biointensive. L’idée de transposer ces techniques à la culture des fleurs coupées m’est alors venue. Pour l’instant, nous rentabilisons adéquatement un acre de terre, mais nous comptons ajouter 3/4 d’acre en 2021, explique Chloé Roy qui partage sa tâche avec Raphaëlle Noirjean. Nous sommes un parfait duo, car Raphaëlle a des études en administration et s’occupe donc

de tous les aspects administratifs de la ferme. » Tendance fortement inspirée de Erin Benzakein de Floret Flowers, pionnière du mouvement de petites fermes florales sur la côte Ouest des États-Unis, plus précisément à Mount Vernon dans l’état de Washington, Floramama en est à sa sixième année de production. Force est de constater que depuis, plusieurs fermes florales ont vu le jour au Québec avec tous le même but : offrir des fleurs coupées locales de manière récurrente à la manière de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC) et de ces populaires paniers de légumes saisonniers. C’est ainsi qu’il est possible de s’abonner aux bouquets de fleurs de saison locales de Floramama et avoir accès à des produits de la plus haute qualité et diversité, à coût avantageux, tout en soutenant directement une agriculture locale et écologique. Floramama fonctionne avec huit points de chute, dont Frelighsburg, Bromont, Saint-Jean-sur-Richelieu Saint-Lambert et quelques autres à Montréal, pour des

Chloé Roy a un faible pour la douceur des couleurs pastels. Les fleurs cultivées sur le site de Frelighsburg reflètent parfaitement cette tendance très prisée en fleuristerie.

abonnements permettant de recevoir dix bouquets ou cinq bouquets (printemps et/ou automne).

Des fleurs qui se démarquent

Chloé Roy a lancé Floramama en 2013. Photos Robert Gosselin | Le Courrier ©

À la manière des paniers de légumes qui nourrissent le ventre, Chloé Roy entend « nourrir l’esprit » avec ses magnifiques fleurs au charme suranné, empreintes de douceur et de romantisme. Avec 90 % d’annuelles et 10 % de vivaces, le site de Frelighsburg regorge de dahlias, marguerites, renoncules, lisianthus – ces dernières restant très belles plus de deux semaines en vase -, lys, zinnias, feuillages d’hibiscus et encore plus. C’est une soixantaine de variétés de fleurs et de feuillages qui sont ainsi offertes au fil de la saison. « Nous sommes sur un très beau site, en altitude, très au sud, près du Vermont. Plusieurs îlots de forêts nous entourent et des vergers possédant des canons antigrêle, un plus pour notre production florale. Nous cultivons par planches et faisons la rotation avec des engrais verts comme de l’avoine ou des pois. » Avec une régie serrée et des techniques pleines de bon sens, par exemple le binage des mauvaises herbes qui sont laissées tout simplement au soleil à « cuire » afin de s’en débarrasser, Floramama promeut une agriculture biologique de proximité à échelle humaine, sans tracteurs.

Outre ses points de chute, les fleurs de Floramama se retrouvent au marché fermier de la Place Coteau-St-Louis à Montréal (métro Laurier), dans toutes les épiceries Avril et au Marché Tradition de Frelighsburg. Floramama.ca

Une dernière fois avant l’hiver...

Question de faire le plein de fleurs une dernière fois avant la saison froide, Floramama sera au Marché de novembre, le 23 novembre, de 10 h à 18 h, dans les locaux de Ausgang Plaza, à Montréal. Au programme, plusieurs exposants et créateurs, un espace végétal avec vente de couronnes de conifères et de bouquets d’hiver - c’est dans cet espace que vous retrouverez Floramama! -, des ateliers, de la musique, des bouchées locales et des boissons chaudes. Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 19 septembre 2019 - 5


AIL EN NOIR ET BLANC – SAINT-PIE

Un produit surprenant et unique! Véronique LEMONDE GTA

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Dans les coulisses, sur les plateaux de tournage comme habilleuse durant de nombreuses années, Stéphanie Grenier était loin de se douter qu’elle produirait de l’ail noir aujourd’hui à Saint-Pie. Pourtant, cette touche-à-tout n’en était pas à ses premières armes dans le domaine gourmand. Restauration, traiteur, stylisme culinaire, la jeune maman a toujours eu une grande curiosité et un côté très épicurien. « J’ai rencontré mon conjoint Guillaume sur les plateaux de tournage à Montréal où il est assistant et caméraman. Puis, je suis tombée enceinte et la vie endiablée de la ville nous a un peu pesé. Durant mon congé de maternité, j’ai fait quelques recherches et c’est là que l’ail noir est tombé dans ma mire », explique Stéphanie Grenier. Pour elle, la production d’ail noir semble si inédite qu’elle ne se doute même pas que déjà quelques Québécois en produisent. « J’étais un peu dans ma bulle, lancet-elle en riant. Je ne savais même pas que j’aurais des compétiteurs! » Il faut dire que l’ail noir est tout de même bien peu connu au Québec. Il s’agit en fait d’un procédé de vieillissement et de séchage transformant l’ail blanc en ail complètement noir tel un confit. Un délice pour les papilles! Après plusieurs tests et un déménagement à Saint-Pie, en 2016, dans une belle demeure au bord de la rivière Noire, Stéphanie décide de se lancer. Ail en noir

et blanc existe officiellement depuis un an. « Je mise vraiment sur la qualité plutôt que la quantité. Un des plus gros producteurs d’ail noir est à l’île d’Orléans et il en produit en très grande quantité. Ce n’est pas ce que je vise. »

Un procédé inédit

Stéphanie Grenier cultive environ 1400 bulbes d’ail dans son jardin de Saint-Pie – une certaine quantité de bulbes est cependant fournie par un jeune producteur certifié biologique à 25 km de l’atelier afin de répondre à la forte demande. Le tout se fait sans pesticides en travaillant le sol vivant avec les techniques de la permaculture telles que pratiquées par Jean-Martin Fortier des Jardins de la Grelinette de Saint-Armand. « Nous cultivons notre ail 100 % québécois de façon écoresponsable, en permaculture à petite surface. L’ail est ensuite en mode séchage pour trois semaines pour ensuite être transformé en ail noir. » Malgré des méthodes artisanales de culture, Mme Grenier n’a point lésiné sur l’équipement requis pour faire caraméliser son ail après la période de séchage standard. « Ma méthode exacte, je la garde secrète, car c’est là toute la distinction de mes produits. Mais disons que la machine utilisée caramélise l’ail en concentrant fortement ses sucres telle une réaction de Maillard, une réaction chimique que l’on peut observer lors de la cuisson d’un aliment. »

Stéphanie Grenier tient fièrement un panier d’ail noir. Photo François Larivière | Le Courrier ©


Par la suite, l’ail doit de nouveau passer au travers d’une période de séchage dans l’atelier de l’entreprise, avant d’être emballé sous vide. De cette manière, les gousses se conservent facilement deux ans, alors qu’une fois déballée le produit tiendra un an s’il est

Simplement écrasé, l’ail noir est un produit surprenant et unique. Photo Ail en noir et blanc

placé dans un pot Masson hermétique sur tablette.

Utilisations variées

Une fois en notre possession, quoi faire avec de l’ail noir? Les possibilités sont pourtant nombreuses et se laisser impressionner par ce produit unique serait faire fausse route, car il s’avère d’une simplicité désarmante. « Nous avons expérimenté le grilled-cheese avec tapenade d’ail noir et trois fromages au dernier Qwackfest à Rougemont et les gens ont adoré. Juste l’écraser avec une fourchette et la purée que cela donne est déjà riche en possibilités. » Un aïoli d’ail noir pour accompagner les pommes de terre, les frites ou une viande sauvage. Excellent avec les fromages ou avec une fondue. Dans un chaï latte avec du miel biologique ou mélangé à un dulce de leche, l’ail noir peut également faire sa place du côté sucré de la gourmandise. L’ail noir de l’entreprise Ail en noir et blanc se retrouvent aux Passions de Manon à Saint-Hyacinthe, sur le marché en ligne Maturin (maturin.ca), de même que sur le menu de plusieurs restaurants, dont la table prestigieuse du Casino de Montréal. Pour rencontrer les artisans d’Ail en noir et blanc, rendez-vous les 28 et 29 septembre prochains au Week-End à Manon, à Saint-Hyacinthe, et les 11, 12, 13 et 14 octobre dans le cadre des Délices d’automne de Trois-Rivières.

Soyez original! Envie de faire différent? Pourquoi ne pas utiliser l’ail noir pour accompagner un braisé. Simplement écraser à la fourchette quelques gousses d’ail noir, ajouter de l’huile d’olive, de l’huile de sésame grillé, du beurre température pièce,de la fleur de sel et du poivre du moulin et voilà! Un morceau d’oignon brûlé sur braise pourra servie de récipient comestible pour la pâte/sauce d’ail noir On peut alors servir cette pâte/sauce avec une pièce de viande, du poulet, du poisson, du tofu, du riz au jasmin et des légumes grillés. Simple et délicieux!

Photo Ail en noir et blanc

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AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE CANADA

Cuisson au four, friture, soupe, salade : à chacune sa pomme de terre!

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Les amateurs de pommes de terre connaissent leur affaire! Ils savent que les pommes de terre à chair lisse et cireuse sont parfaites pour les soupes et les salades, alors que les pommes de terre à chair granuleuse et farineuse conviennent mieux à la cuisson au four et à la réduction en purée. Selon les chercheurs, lorsqu’il est question de déterminer le rendement d’une variété dans la cuisine, c’est ce que l’on retrouve à l’intérieur de la pomme de terre qui compte. Tout repose sur l’équilibre entre la teneur en eau et la teneur en amidon, un paramètre auquel les sélectionneurs de pommes de terre s’intéressent de près lorsqu’ils mettent au point de nouvelles variétés. « Les gens qui cuisinent régulièrement avec des pommes de terre savent qu’une variété convient mieux à une méthode de cuisson, une recette ou un produit final donné selon sa teneur en amidon. En fait, lorsque nous évaluons nos variétés de pommes de terre, une des plus importantes tâches que nous accomplissons consiste à cuire les pommes de terre dans notre laboratoire d’assurance de la qualité afin que leur apparence et leur goût soient parfaits »,

indique Agnes Murphy, chercheuse à Agriculture et Agroalimentaire Canada. « D’un point de vue scientifique, la composition en amidon est l’un des principaux éléments évalués pour la sélection de pommes de terre, poursuit Agnes Murphy. Nous recherchons une teneur en amidon précise afin de déterminer l’application la plus adaptée. Certaines variétés conviennent mieux comme pommes de terre de consommation, c’est à dire celles que vous retrouvez au supermarché. D’autres conviennent mieux à la transformation, notamment la fabrication de frites et de croustilles. » L’amidon est une grosse molécule (polymère) composée de molécules de glucose – amylose et amylopectine. La proportion de chacune de ces molécules influe sur les propriétés physiques et chimiques des variétés de pommes de terre. En ce qui concerne les pommes de terre de consommation, les variétés à forte teneur en amidon, comme la plupart des Russet, sont parfaites pour la cuisson au four, la réduction en purée et la friture, car elles ont une texture sèche et légère une fois cuites. En ce qui concerne les salades et les soupes, pour lesquelles vous voulez des pommes de terre qui conservent leur forme, une variété à faible teneur en amidon, comme de nombreuses pommes de terre à peau rouge, fonctionne vraiment bien.

Pour ceux qui recherchent une pomme de terre polyvalente, certaines variétés ont juste le bon dosage d’eau et d’amidon. Les pommes de terre ayant une teneur moyenne en amidon comme la

Yukon Gold, qui a été mise au point au Canada, conserveront leur forme pour les salades et les ragoûts, en plus d’être délicieuses cuites au four, bouillies ou réduites en purée!


EXPO-CHAMPS À SAINT-LIBOIRE

Première édition réussie sous l’aile de la Société d’agriculture JEAN-LUC LORRY

Le Courrier de Saint-Hyacinthe

La 21e édition d’Expo-Champs, qui se tenait les 27, 28 et 29 août à Saint-Liboire, a attiré 17 720 visiteurs. Cette activité phare du secteur agricole a été organisée pour la première fois par la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe qui possède depuis le mois de février les actifs du Salon de l’agriculture, dont Expo-Champs. « Ce fut toute une aventure. Nous avons eu quelques imprévus, mais nous avons relevé ce défi en mettant à contribution nos employés qui disposent d’une

solide expérience en organisant chaque année l’Expo de Saint-Hyacinthe », indique en entrevue au COURRIER François Brouillard, directeur général de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe. Pour cette édition, M. Brouillard avait endossé une seconde casquette, celle de directeur général par intérim du Salon de l’agriculture, en raison de l’absence pour une durée indéterminée de sa directrice, Sophie Gendron. Les organisateurs de ce salon à ciel ouvert doivent toujours composer avec les aléas météorologiques. Cette année, une journée pluvieuse a fait baisser un peu le niveau d’achalandage comparativement à l’an dernier.

Pendant trois jours, plus de 320 exposants ont présenté une trentaine de nouveautés et d’innovations sur le vaste site de 50 hectares. La nouvelle zone de prévention SSS (Santé, Sécurité, Sauvetage) Desjardins a permis aux étudiants et aux agriculteurs de se familiariser avec des produits favorisant la sécurité en milieu de travail. La remorque Sécuri-Grain de l’Association canadienne de sécurité agricole a démontré à l’aide d’un mannequin qu’en l’espace de seulement huit secondes,

une personne peut être ensevelie sous du grain. Pour organiser Expo-Champs et le Salon de l’agriculture en janvier, la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe dispose maintenant d’une équipe de quatre personnes composée de Sophie Gendron, directrice du Salon de l’agriculture, des coordonnatrices aux événements Annick Martin et MarieClaude Champagne et de Janie Fontaine, coordonnatrice communications et marketing.

Lors du passage du COURRIER à Expo-Champs, les visiteurs étaient nombreux à se promener dans les allées du plus important salon agricole à ciel ouvert au Québec. Photos François Larivière | Le Courrier ©

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RENDEZ-VOUS AQINAC

JARDINAGE

Plus de 17 000 participants au cours des 13 dernières années!

4 bulbes de fleurs à planter cet automne

Élaborés dans un esprit de filière, Les Rendez-vous AQINAC sont des journées de conférences où l’ensemble des secteurs avicole et laitier se réunissent pour s’outiller et mieux relever leurs défis quotidiens. Ainsi, producteurs, conseillers agricoles, gestionnaires et intervenants du milieu, vous avez rendez-vous pour une 14e année consécutive afin d’échanger autour des nouvelles connaissances techniques, économiques et scientifiques propres à chacune de vos filières.

Le Rendez-vous Avicole

Le 20 novembre, au Centre de congrès de Saint-Hyacinthe, cette 14e édition s’ouvre avec Le Rendez-vous Avicole. Au menu : la laryngotrachéite infectieuse chez la volaille, l’élevage à l’ère de l’intelligence artificielle, l’impact de la densité de peuplement sur le dindon lourd commercial et son bien-être, la production de dindons sans antibiotique, la ventilation des poules pondeuses, les préoccupations relatives aux maladies émergentes dans les troupeaux de poules pondeuses d’œufs et plusieurs autres sujets. Kiosques et ateliers gourmands seront aussi de la partie.

Le Porc Show

14 - Jeudi 19 septembre 2019 - Gestion et Technologie Agricoles

Les 10 et 11 décembre, au Centre de congrès de Québec, c’est le Porc Show qui réunira tous les intervenants dédiés à la production porcine. Des conférences bilingues, des ateliers spécialisés, plus de 80 exposants et des

festivités uniques attendent les visiteurs, en plus, et surtout, d’une occasion privilégiée de réseautage. Parmi les conférences vedettes, notons Les impacts et les enjeux de la peste porcine africaine, La Chine, une superpuissance ouverte ou fermée sur le monde avec Jean-François Lépine, et Ma ferme branchée : la gestion proactive d’élevage en temps réel. Il est possible de s’inscrire en ligne pour l’ensemble de ces rendez-vous en vous rendant au www.rv-aqinac.com.

Planter des bulbes à l’automne et voir de jolies fleurs colorées apparaître après un long et froid hiver est une expérience merveilleuse. Voici quatre bulbes des plus intéressants à mettre en terre cet automne

1. Les crocus

Ils feront partie des premiers à fleurir le printemps venu. Choisissez parmi plusieurs variétés de couleurs et de tailles, puis placez-les dans un endroit partiellement ensoleillé.

2. Les jonquilles

Avec quelques soins de votre part, vous verrez ces fleurs emblématiques repousser année après année. Pour faciliter leur croissance, trouvez-leur un emplacement peu ombragé ou bien ensoleillé.

3. L’allium

Sous le soleil, ce bulbe de la famille des oignons produit de grosses boules de fleurs pourpres qui repoussent d’une année à l’autre.

4. Les tulipes

Offertes en une multitude de formes, de couleurs et de tailles, les tulipes préfèrent les endroits semi-ensoleillés. Pour de meilleurs résultats, plantez vos bulbes alors que la température s’est bien refroidie, mais que le sol n’est pas encore gelé. Pour un effet esthétique réussi, évitez la disposition en rangée ou trop calculée. Dispersez plutôt vos bulbes

aléatoirement et mettez-les en terre là où ils seront tombés, par exemple. Pour de plus amples conseils, visitez une pépinière ou un centre de jardinage de votre région!


AGROTOURISME

Croquez dans l’automne! L’automne est à nos pieds avec ses belles couleurs et son air vivifiant! L’occasion est parfaite pour une virée campagnarde ou gourmande pour découvrir les richesses du terroir et prendre part aux récoltes.

Week-Ends gourmands de Rougemont

Jusqu’au 14 octobre, tous les weekends, transportez-vous dans la région de Rougemont pour le temps des récoltes. Venez à la rencontre des producteurs et entrepreneurs qui ont préparé ce moment toute l’année. Grâce au nombre impressionnant de vergers et d’entreprises rougemontoises

participantes, il y en a pour tous les goûts : animation familiale et mini-fermes, visites guidées et dégustations de produits, randonnées et balades ou simplement pour un pique-nique dans un cadre bucolique, vous trouverez assurément ce que vous cherchez.

Vergers Labonté

Situé à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, le Verger Labonté se spécialise dans les pommes, les poires, les citrouilles et les courges, avec une vision écologique de la récolte et un grand respect pour l’environnement. Plusieurs activités sont proposées sur le site durant l’automne,

dont un terrain de jeu et une ferme pour les tout-petits, ainsi que trois labyrinthes de maïs thématiques, animés et adaptés à différents groupes d’âge où l’on vous met au défi d’accomplir une mission.

Des champs de tournesols

Au Domaine Brassicole & Co, à Orford, vous pouvez pratiquer l’autocueillette de citrouilles et de tournesols. Plusieurs activités sont prévues sur le site, dont une dégustation des bières artisanales brassées à la ferme.

La Fille du Roy

Tout près de Saint-Hyacinthe, à SainteMadeleine, La Fille du Roy, une ferme familiale plus que centenaire, offre une multitude de produits parmi lesquels choisir : artichauts, cerises de terre, citrouilles et courges. Il y a également plusieurs activités à la ferme, dont un labyrinthe de maïs et une dégustation de délicieux produits dans sa grange centenaire. De la pizza au four sera aussi disponible.

Week-End à Manon

Rendez-vous gourmet à Saint-Hyacinthe les 28 et 29 septembre prochain, Le Week-End à Manon revient pour une 5e édition. Ce week-end exclusif et riche en saveurs permet à tous de découvrir et goûtez à plus d’une cinquantaine de produits provenant des quatres coins du globe. Cet événement à l’ambiance européenne invite aussi les gens à rencontrer

plus d’une vintaine de producteurs et fournisseurs venant d’ici et d’ailleurs.

Les vendanges dans Brome-Missiquoi

La période des vendanges, qui s’étire de septembre jusqu’à octobre, est le moment de l’année où les vignobles prennent des airs de fête. Rendez-vous dans la magnifique région de Brome-Missiquoi pour des vendanges originales. Par exemple, apprenez à sabrer une bouteille au Vignoble L’Orpailleur ou déguster un vin en barrique directement dans les caves du Vignoble du Ruisseau. Si vous le désirez, il est également possible de participer directement à la récolte des raisins, sur réservation, dans certains vignobles de la région. Cette activité est offerte au Vignoble du Domaine Bresee et au Vignoble de la Bauge. Les samedis et dimanches de 11 h à 16 h, Château de cartes, vignoble et cidrerie, propose d’assister en direct à la transformation du raisin au vignoble, en plus de vous régaler avec la délicieuse pizza cuite au four à bois sur la terrasse du vignoble. Finalement, au Vignoble Domaine des Côtes d’Ardoise à Dunham, vous trouverez la plus grande exposition de sculptures à ciel ouvert au Québec et unique au Canada. Plus de 150 œuvres dispersées au travers les jardins du vignoble. Bon automne! V.L.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 19 septembre 2019 - 15


Élevage Vermeil : une production d’avenir JOHANNE VARY AGRONOME

Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

C’est en 2016, dans la région du Centredu-Québec, plus précisément à Lefebvre, que Véronique Bouchard et Mario Gagnon ont fondé Élevage Vermeil. Ils ont démarré avec un élevage de canards biologiques qui a évolué et qui deviendra un élevage de ténébrions biologiques, le seul au Québec à ce jour. Des élevages de ténébrions, il y en a de plus en plus dans la province, mais certifiés biologiques, c’est l’unique. Véronique Bouchard a débroussaillé la voie de la certification biologique des ténébrions.

16 - Jeudi 19 septembre 2019 - Gestion et Technologie Agricoles

Le ténébrion

C’est un petit coléoptère dont l’adulte est de couleur brun-noir. Sa larve est vermiforme et elle est de couleur jaunâtre, on l’appelle aussi ver de farine. De l’œuf, sa croissance est d’une durée de 4 mois. Il serait difficile d’évaluer le nombre d’élevages de ténébrions meuniers commerciaux existants au Québec, mais il y a, certes, un engouement pour ce type de production. On dit aussi que c’est l’avenir (en matière d’élevage d’insectes comestibles). Pourquoi? C’est la production qui aidera considérablement la population grandissante du futur à se nourrir. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture prévoit que la croissance de la population mondiale atteindra 9 milliards en 2050. Pour arriver à alimenter cette population, il faudrait augmenter les superficies de 70 millions d’hectares. C’est trop! On doute d’y arriver sans détruire notre environnement. La production d’insectes serait un des moyens de nourrir la population sans trop détériorer notre planète. Cet animal est gentil pour l’environnement et doserait un fort pourcentage de protéines comparativement à n’importe

quel animal. En effet, pour produire 1 kilogramme (kg) d’insectes contenant entre 45 et 75 % de protéines, il suffit de 2 kg d’aliments. Pour produire 1 kg de viande de bœuf, par exemple, ce qui fournit environ 32 % de protéines, celui-ci nécessite 8 kg d’aliments. Aussi, pour produire 1 kg de bœuf, on utilise 15 000 litres d’eau, quant au ténébrion meunier, il n’a pas besoin d’eau. Le taux d’humidité de son substrat (blé, son d’avoine, maïs ou autres) lui suffit. Par le fait même, cette production ne dégage aucune odeur, ne produit pas de bruit, nécessite peu d’espace, n’a pas besoin d’eau, est très productive et ne demande que quelques minutes de soins par jour. Le contenu d’un bac de ténébrions au terme d’un élevage d’une durée de 4 mois, produira 1 kg d’insectes, ce qui équivaut à environ 50 % de protéines, selon la littérature actuelle. Le ténébrion meunier peut être transformé en farine ou être consommé tel quel par l’homme ou l’animal, on peut aussi le retrouver transformé dans une barre protéinée. Mais encore, l’entomoculture pour la consommation humaine, pour le moment, ne nécessite aucun permis, il faut, comme pour tout autre produit transformé, répondre à des normes d’hygiènes et de salubrité.

Élevage Vermeil

Revenons à nos canards! Le couple Bouchard-Gagnon démarre une nouvelle entreprise en 2016 et Véronique y travaille à temps plein. Avant de faire ses premiers pas comme éleveuse de canards biologiques nourris aux insectes, elle a étudié comme technicienne en gestion industrielle et a travaillé, par la suite, en contrôle de la qualité dans une usine alimentaire. Pour elle, convertir son élevage en régie biologique, comme elle le dit c’est « un choix logique ». Elle vend de la viande de canard, des œufs de canes, des animaux de basse-cour vivants (poules, canards, oies, pintades), et évidemment, continue à développer son élevage de ténébrions pour nourrir son troupeau qui prend constamment de l’ampleur. Elle conçoit de petites trousses d’élevage de ténébrions pour les amateurs et celles-ci se vendent comme

Véronique Bouchard

des petits pains chauds. Véronique voit l’engouement pour le secteur des insectes pour la consommation humaine et animale, ainsi, elle réalise un diagnostic de son entreprise.

Défis et opportunités

Beaucoup d’efforts sont mis pour la production et la vente de viande de canard. Les abattoirs se situent loin de la ferme et il faut réserver très tôt pour faire abattre des canards ou d’autres volailles biologiques. Afin d’optimiser les coûts de transport, on doit regrouper les abattages et en faire moins par année. Les produits frais sont donc moins disponibles et la restauration est moins intéressée aux produits congelés. Élevage Vermeil perd donc quelques plumes. Le canard entier, certifié biologique, peut être vendu tel quel, mais lorsqu’il s’agit de découpes (ailes, poitrines, etc.), l’organisme de certification demande que les boucheries qui effectuent ces découpes soient certifiées biologiques. Sinon, le produit ne peut être vendu comme étant « biologique » et la logistique devient plus compliquée. Ayant peu de boucheries certifiées biologiques, l’entreprise vend sa viande sur le marché conventionnel et perd du profit. Aussi les frais fixes de fonctionnement (permis, assurances, UPA, certification, etc.) sont élevés pour un petit élevage. En ce qui concerne sa production d’insectes, l’engouement demeure, on sait aussi que l’effort de vente est facile, que le site Internet est populaire, que la livraison peut se faire par la poste courante ou commerciale et que l’espace de production serait largement convenable dans la grange. Ces différents facteurs sont pris en compte par les propriétaires pour prendre un nouveau virage.

Objectifs 2019-2020

L’entreprise vendra ses derniers oiseaux pour la viande et convertira complètement sa grange pour y produire ses jolis ténébrions. Elle mettra aussi en place un système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) qui est une méthode de maîtrise de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et projette de produire 250 kg d’insectes. Élevage Vermeil est maintenant associée avec Serge St-Pierre, chercheur dans l’entreprise Entodiète, et développera des moulées de performance à base d’insectes (ténébrions et autres) pour la volaille. C’est à suivre! Le MAPAQ collabore avec l’entreprise à un projet de dosage de la protéine du ténébrion dont les fonds proviennent du programme Appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région. Les résultats de cette étude seront publiés par le Ministère à l’hiver 2020. L’auteure remercie les propriétaires d’Élevage Vermeil pour leur temps et leur grande générosité.


SANTÉ DES SOLS

Projet d’Ambioterra pour de meilleures pratiques agricoles! Participez à une journée de DÉMONSTRATION GRATUITE le 11 octobre à Elgin! Le Groupe Ambioterra organise une journée de démonstration gratuite sur La santé des sols en milieu agricole. La Caravane Santé des sols est opérée par une équipe de trois conseillers du MAPAQ. Ceux-ci font le tour de la province pour former des producteurs sur différents aspects liés à la santé des sols : les profils de sol, la perméabilité du sol et le drainage, la vie dans le sol et la stabilité

structurale du sol ainsi que le balancement du tracteur et l’ajustement de la pression des pneus. Dans le cadre de son projet initié dans le bassin versant de la rivière Trout pour améliorer les pratiques agroenvironnementales, Ambioterra a donc invité la Caravane Santé des sols à présenter ses ateliers lors d’une journée de démonstration qui se déroulera à la ferme maraîchère biologique de James et Nora Quinn au 1000, 3ième concession, à Elgin, le 11 octobre, de 12 h 30 à 16 h. Ce projet est financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimen-

tation, dans le cadre du programme Prime-Vert, et par la Fondation Echo. Depuis 2014, l’équipe d’Ambioterra a réalisé divers aménagements d’îlots fleuris et de restauration des berges en milieu agricole en Montérégie Ouest. « La protection des bandes riveraines est un des éléments permettant d’améliorer la qualité de l’eau pour l’humain et la faune à long terme, c’est un travail de longue haleine qui concerne tout le monde et non seulement les écologistes », mentionne James Quinn, propriétaire volontaire et producteur maraîcher biologique.

Karel Ménard, président d’Ambioterra, poursuit : « À long terme, l’amélioration des pratiques agricoles permet aux agriculteurs d’économiser de l’argent en conservant les sols agricoles en place et en rendant ceux-ci plus productifs. » Les personnes intéressées par cette journée de démonstration gratuite peuvent s’inscrire dès maintenant, car les places sont limitées. Vous voulez en savoir davantage: communiquez Ambioterra ou visitez leur page Facebook ou leur site Internet au www.ambioterra.org.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 19 septembre 2019 - 17


Maïs-grain : Pourquoi parler encore d’azote en 2019? (4/5)

GILLES TREMBLAY AGRONOME

Direction régionale de la Montérégie, secteur Est MAPAQ

LÉON-ÉTIENNE PARENT AGRONOME Professeur émérite Université Laval

Selon les observations réalisées au cours des 20 dernières années, les doses économiques optimales (DÉO) associées au maïs-grain auraient augmenté en moyenne de 2,8 kg N/ha, ce qui aurait apporté près de 60 kg N/ha de plus dans l’écosystème agricole en 2017 comparativement à 1997. Les rendements au cours de la même période ont augmenté en moyenne de 246 kg/ha/an, ce qui donne une augmentation totale de près de 5 tonnes sur l’horizon des 20 dernières années. En utilisant une concentration dans les grains de 12,8 kg N/t, les exportations associées à cette augmentation de rendements de près de 5 tonnes correspondent à 64 kg N/ha. Selon ces apports et ces exportations azotés déterminés aux DÉO, les bilans apparents à la surface du sol auraient dû s’approcher, en théorie, d’un bilan neutre (0) en 2017. La réalité pourrait toutefois être différente, car c’est sans compter que le système n’est pas totalement efficace et que de nombreuses pertes peuvent subvenir pendant tous les processus associés au cycle de l’azote.

Estimation de la contribution du sol en azote

Comme nous l’avions souligné précédemment, plusieurs recherches ont

démontré qu’un sol en santé et bien pourvu en azote pouvait fournir plus des deux tiers des besoins en N des cultures, tandis qu’un sol peu fertile ou compacté montrant un faible potentiel de minéralisation fournissait moins d’un tiers des besoins en N des cultures. Au cours des 20 dernières années, à quelle hauteur les sols ont-ils contribué à l’augmentation des rendements de maïs-grain au Québec? Pour essayer de répondre à cette question, il faut être capable de déterminer la capacité des sols à procurer du rendement en grains de maïs sans l’apport d’azote, soit 0 kg N/ha. Dans la très grande majorité des 344 essais réalisés au cours de cette expérience, il y avait peu de parcelles témoins sans aucun apport en azote minéral. Peut-on, avec un minimum d’assurance, estimer les rendements à 0 kg N/ha lorsque nous ne possédons les courbes de réponse qu’à partir de 50 kg N/ha ? C’est ce que nous avons réalisé comme démarche en utilisant les données de 88 essais réalisés par le CÉROM et l’IRDA, de 2006 à 2016. À partir des courbes de réponse ne débutant qu’avec les quantités d’azote mises au démarreur, il est possible de déterminer les rendements probables que l’on obtiendrait sans aucun apport d’azote. La valeur du coefficient de régression linéaire liant les observations de ces 88 essais était de 0,77 ou 77 %. Puisque cette relation explique 77 % de toutes les variations observées pour l’ensemble des 88 essais, c’est sur cette hypothèse qu’on utilise l’origine de la courbe pour estimer les rendements sans aucun apport en azote pour chacun des 344 essais.

Contribution du sol aux rendements

Nous avons analysé les données en mettant en relation les DÉO obtenues de chacun des 344 essais avec l’estimation correspondante de la contribution des sols aux rendements. Voici quelques

observations intéressantes avant de regarder plus à fond la relation mathématique. Plus de trois essais sur quatre (75 %) ont affiché une contribution du sol aux rendements supérieure à 50 %. Qui plus est, 45 % de tous les essais indiquaient une contribution du sol supérieure à 75 %. À l’autre bout du spectre, moins du quart des essais démontraient une contribution du sol de moins de 50 % et à peine 12 % des essais affichaient une contribution inférieure à 33 %.

Analyse détaillée de la courbe

L’analyse du graphique mettant en relation les DÉO et la contribution du sol aux rendements semble indiquer qu’il existerait une relation linéaire entre les DÉO et cette contribution. L’équation serait celle-ci : Contribution relative du sol aux rendements (%) = -(0,3004 x DÉO) + 112. Le coefficient de régression linéaire liant les deux séries de données était toutefois de 0,59. La valeur de ce coefficient est-elle suffisante pour nous permettre de poursuivre notre analyse? Bien que l’on souhaite un pourcentage d’explication plus élevé, un taux d’explication de près de 60 % pour ce genre de relation nous apparaît acceptable pour poursuivre notre analyse. Selon cette équation, toute augmentation de 1 kg N/ha de la DÉO se traduirait par une diminution de 0,3 % de la contribution relative du sol aux rendements en grains. Pour des doses croissantes de DÉO de 50, 100, 150, 200 et 250 kg N/ha, les contributions relatives du sol aux rendements seraient donc respectivement de 97, 82, 67, 52 et 37 %. Cela ne veut pas dire que tous les sols ayant répondu économiquement à des doses de 200 à 250 kg N/ha avaient une contribution du sol aux rendements inférieure à 50 %. En effet, plusieurs sols ayant affiché des DÉO supérieures à 200 kg N/ha pouvaient contribuer aux rendements en grains à une hauteur de 60 à 80 %. Par contre, il y avait

autant de sols qui affichaient une contribution de moins de 20 % pour des DÉO supérieures à 200 kg N/ha. À l’autre bout du spectre des DÉO, la contribution du sol aux rendements était importante et relativement stable pour les DÉO inférieures à 150 kg N/ha, et variait de 60 à 100 %.

Évolution de la contribution du sol aux rendements

La contribution du sol aux rendements du maïs-grain a-t-elle changé au cours des 20 dernières années? Il est possible d’apporter des éléments de réponse à cette question à partir d’une analyse de nos 344 essais, en mettant en relation la contribution relative du sol mesurée annuellement. Au cours des 20 dernières années, la contribution relative moyenne du sol aux rendements aurait baissé de 1,4 % annuellement. Bien que cette diminution soit statistiquement significative, le coefficient explicatif de la relation n’était toutefois que de 8,6 %.

Génétique ou régie?

Selon notre interprétation des résultats, la contribution du sol aux rendements du maïs-grain serait donc demeurée inchangée au cours des 20 dernières années. Le sol aurait peu ou pas contribué à l’augmentation des rendements observés au Québec au cours de cette période. Selon l’Institut de la statistique du Québec, cette augmentation a été de 165 kg/ha annuellement de 1997 à 2017. Les augmentations de rendements du maïs-grain observées au cours des deux dernières décennies au Québec seraient surtout associées aux avancées génétiques et, dans une moindre proportion, à la régie. Dans le dernier texte, nous allons discuter de pratiques culturales qui pourraient augmenter la contribution du sol aux rendements du maïs-grain dans le contexte de la fertilisation azotée de cette culture.

18 - Jeudi 19 septembre 2019 - Gestion et Technologie Agricoles

Les emballages durables CARROLYN O’GRADY

Conseillère en transformation alimentaire Direction régionale de la Montérégie, secteur Ouest MAPAQ

Les emballages alimentaires jouent de multiples fonctions dans la mise en marché des produits et comptent pour beaucoup dans leur succès. Néanmoins, leur impact sur notre empreinte écologique est tel qu’aujourd’hui, les consommateurs réclament de plus en plus d’emballages durables. Il va sans dire que les préoccupations écologiques de l’heure poussent le domaine de l’emballage vers une phase de mutation.

Les multiples rôles de l’emballage

Les emballages ont la tâche de transmettre vos messages marketing aux consommateurs pressés en moins de trois secondes. Fonction d’autant plus importante si l’on considère que la

majorité des décisions d’achat se prennent sur les lieux de vente. Pour le consommateur, les emballages facilitent l’utilisation du produit et son entreposage. En termes de sécurité alimentaire l’emballage assure également une protection contre les risques de contamination microbiologique, chimique et physique en plus d’augmenter la durée de vie des aliments. Par ailleurs, les consommateurs réclament aujourd’hui des emballages plus durables ou minimisés, voire éliminés. Tous ces éléments doivent être pris en considération lors de votre choix d’emballage, et ce, en tenant compte d’un coût de revient réaliste pour votre entreprise.

La tendance vers les emballages durables

Les consommateurs sont de plus en plus informés et ils ont des préoccupations environnementales croissantes. Ils recherchent, entre autres, des emballages plus écologiques, des possibilités de prévention du gaspillage alimentaire et de réutilisation, et une meilleure conservation des aliments. D’ailleurs, plusieurs entreprises tentent de répondre à ces préoccupations par

différents moyens. Par exemple, la bouteille d’eau 600 ml de Naya a été repensée afin d’être fabriquée à partir de plastique recyclé à 100 % et de téréphtalate de polyéthylène recyclé (rPET). Le contenant est composé de la même quantité de plastique que le format de 500 ml, mais contient 20 % plus d’eau. Danone a aussi supprimé l’enveloppe cartonnée de ses paquets de 4 yogourts, ce qui a diminué le poids de l’emballage d’environ 24 %; son utilisation annuelle de carton, de près de 1000 tonnes et ses émissions annuelles de CO2, de près de 375 tonnes. Certaines entreprises, telles que la Laiterie Chalifoux avec ses petits pots en verre, ont effectué un virage vers des emballages réutilisables, tandis que d’autres ont choisi de commercialiser leurs produits en vrac.

Choisir un emballage durable

Les systèmes de traitement des matières à recycler ne sont pas optimisés pour tous les matériaux placés dans les bacs bleus. Lors du choix d’un emballage, il faut réfléchir non seulement aux fonctions susmentionnées, mais aussi aux facteurs suivants :

• Est-ce que les matières choisies sont issues de ressources renouvelables ou recyclées ? • Puis-je réduire la quantité d’emballage utilisé ? • Quelle est la capacité de recyclage ou de réutilisation des matériaux en aval ? Voici quelques informations utiles à considérer lors du choix du matériau d’emballage. Les informations qui suivent ne sont pas exhaustives, mais elles sont utiles pour alimenter la réflexion sur le choix de l’emballage. Les références à la fin de cet article vous permettront d’approfondir vos connaissances. Le plastique de code 1 (polyéthylène téréphtalate ou PET) est recyclé assez efficacement au Québec. Par contre, s’il y a l’ajout d’une étiquette ou d’un manchon en polychlorure de vinyle (PVC), l’efficacité du scan optique lors du tri est diminuée. Des produits de plastique de code 1 (PET) avec une étiquette en PVC pourraient être rejetés du système de recyclage ou bien ils pourraient contaminer le plastique, ce qui diminuerait la qualité de la résine de PET recyclé obtenu.


suite article p. 18 Le plastique de code 1 (PET) noir carbone utilisé dans les emballages, souvent pour donner une apparence de produit plus haut de gamme, n’est actuellement pas recyclé de façon efficace, car le tri optique n’est pas optimal. Les plastiques de code 2 (polyéthylène haute densité ou HDPE), 4 (polyéthylène basse densité ou LDPE) et 5 (polypropylène ou PP) sont aussi recyclés, mais à condition d’éviter l’utilisation des étiquettes en PVC. Les plastiques de code 2, 4 et 5 sont également des plastiques recommandés pour être réutilisés. Les plastiques stratifiés, tels que les sachets autoportants ou « stand up pouch », contiennent plusieurs couches de résines laminées. Pour le moment, le recyclage de ces produits est limité. La possibilité d’inclure des matières recyclées peut être envisagée par une entreprise qui étudierait cette option.

Les emballages compostables (code 7, acide polylactique ou PLA) le sont sous des conditions industrielles spécifiques. Malheureusement, à l’heure actuelle, ces matériaux ne sont pas compostés au Québec et peuvent facilement contaminer les lots de plastique de code 1 (PET). Les emballages faits de plastique oxobiodégradable peuvent également avoir des effets néfastes sur l’environnement car, à la suite de leur dégradation, des microparticules de plastique demeurent dans l’environnement. Ces plastiques ne peuvent pas être recyclés et peuvent également contaminer les plastiques recyclables. Les plastiques de code 6 (polystyrène ou PS) sont coûteux à recycler en raison de leur faible masse, qui augmente aussi les coûts de transport. Selon Recyc-Québec, ces plastiques ne devraient pas être mis au recyclage. Les contenants en aluminium sont facilement recyclables, car l’industrie

métallurgique est particulièrement développée au Québec. Du contenu recyclé peut aussi être intégré dans ces solutions d’emballage. Le verre, coloré ou non, est également recyclé. Toutefois, il est recommandé que le bouchon et l’étiquette soient facilement séparables et que le contenant soit allégé le plus possible afin de diminuer l’impact du transport. Le carton et l’emballage de papier peuvent aussi s’avérer de bons choix pour intégrer du contenu recyclé. De plus, Éco Entreprises Québec recommande de privilégier l’utilisation d’un seul matériau, car cette façon de faire facilite le recyclage. Par exemple, il est préférable d’éviter l’ajout d’une fenêtre en cellophane dans un emballage de carton. De plus, il est conseillé de valider les substances chimiques utilisées comme barrières physiques pour protéger un produit, car ces substances peuvent complexifier le recyclage.

Par où commencer le virage vers des emballages durables?

La démarche d’écoconception de votre emballage est la première étape qui permettra d’analyser le cycle de vie complet de votre produit et de vos processus. Cette analyse sera utile pour savoir comment réduire votre empreinte sur l’environnement. Pour de plus amples informations à propos de cette démarche et pour des informations supplémentaires à propos des emballages durables, vous pouvez consulter le site d’Éco Entreprises Québec au www.eeq.ca. Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec a également produit un guide emballage alimentaire, qui peut être consulté au www.conseiltaq.com. Plusieurs autres options d’emballages durables se présentent à vous. La recherche est d’ailleurs en cours afin de bonifier l’offre. Pour vous guider à faire un choix judicieux, consultez l’Institut de technologie des emballages et du génie alimentaire au www.itega.ca.

Céréales d’automne : un investissement payant! BRUCE GÉLINAS, AGRONOME

Conseiller régional en grandes cultures Direction régionale de la Mauricie - MAPAQ

COLLABORATION : YVAN FAUCHER, AGRONOME MAPAQ Montérégie-Est

STÉPHANIE MATHIEU, AGRONOME MAPAQ Montérégie-Ouest

AMÉLIE GRONDIN, AGRONOME MAPAQ Centre-du-Québec

Les connaissances agronomiques actuelles démontrent qu’une synergie, souvent appelée « effet rotation », s’opère lorsqu’on insère une céréale d’automne dans la rotation. Les rendements augmentent lorsque des cultures de couverture (surtout des légumineuses) sont ajoutées. Grâce à cet effet, la culture de blé d’automne augmente le rendement des cultures suivantes et, par là même, la rentabilité moyenne de l’ensemble des superficies. Les données du tableau suivant illustrent l’avantage économique de la rotation à trois cultures.

Protégez votre investissement

Pour commencer, vérifiez auprès des acheteurs de grains les possibilités de vente de votre grain avant l’implantation de la culture. Pour les productions de niche (seigle, épeautre), il est important de signer un contrat avant le semis. Pour une meilleure survie hivernale, il convient d’implanter la culture dans des champs dont le sol a une bonne perméabilité, qui s’égouttent bien et qui sont bien nivelés. En cas de mortalité hivernale élevée (plus de 35 %), le producteur peut : - détruire la culture d’automne et semer une céréale de printemps; - semer une culture complémentaire dans les zones à forte mortalité, par exemple du pois sec, qui sera séparé du grain de céréale au criblage; - semer une culture de couverture dans

les zones mortes pour réprimer les mauvaises herbes.

Le saviez-vous?

Un nouveau programme d’assurance contre la mortalité hivernale est offert par la Financière agricole du Québec. Consultez le résumé de la protection au https://www.fadq.qc.ca/fileadmin/fr/assurance-recolte/resume-cereales-automne2020.pdf.

Le Guide de production des céréales d’automne du CRAAQ livre des informations très pertinentes et présente de bonnes pratiques agronomiques. Procurez-vous ce guide, à l’adresse www.craaq.qc.ca/Publications-duCRAAQ/guide-de-production-cerealesd_automne/p/PGCC0103.

Le programme Prime-Vert 2018-2023 offre des aides financières pour essayer les céréales d’automne sur votre ferme. Vous n’avez jamais cultivé de céréales d’automne? Consultez les détails du programme sur le site du Ministère : https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/md/programmesliste/agroenvironnement/sous-volets/volet3/Pages/Sous-volet -3-3.aspx Cet article a été publié sur le blogue Agri-réseau, le 31 juillet 2019. Pour la bibliographie complète, consultez le : https://www.agrireseau.net/agroenvironnement/blogue/100811/cereales d_automne-un-investissement-payant#3.

Scénario 1 : rotation maïs-soya sur 6 années Culture

Maïs RR

Soya RR

Maïs RR

Soya RR

Maïs RR

Soya RR

Produits ($/ha)

2129

1458

2129

1458

2129

1458

Charges ($/ha)

1386

621

1386

621

1386

621

Marges ($/ha)

743

837

743

837

743

837

Marge moyenne de la rotation ($/ha)

790

Scénario 2 : rotation maïs-soya blé d’automne (avec augmentation de rendement maïs/soya) Culture

Maïs RR

Soya RR

Blé panifiable Soya RR d’automne

Maïs RR

Blé panifiable d’automne

Produits ($/ha)

2320

1546

1714

2320

1546

1714

Charges ($/ha)

1326

623

984

1326

623

984

Marges ($/ha)

994

923

730

994

923

730

Marge moyenne de la rotation ($/ha)

882

Source : Guide de production - Céréales d’automne, CRAAQ, 2018.

« L’avantage économique de faire une rotation à trois cultures est évident. Nous constatons une augmentation des rendements dans le maïs et le soya. Le blé d’automne nous permet de mieux gérer nos fumiers, de diminuer la compaction et d’implanter des engrais verts performants. Dans le soya, nous avons observé qu’il y a moins de sclérotiniose et que les racines sont plus saines. » Ferme EDPA inc., St-Édouard

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 19 septembre 2019 - 19

Une situation de pertes hivernales du blé d’automne très sévères, c’est-à-dire supérieures à 40 %, comme celle qu’a vécue la Montérégie en 2019, se produit environ une fois aux vingt ans. De façon générale, pour la Montérégie, le taux de survie du blé est supérieur à 70 %, quatre années sur cinq. Tout investissement comporte des risques et la culture des céréales d’automne n’y fait pas exception. Il y a de bonnes et de mauvaises années. L’important n’est pas les fluctuations à court terme, mais bien les tendances lourdes permettant de savoir si l’entreprise sur laquelle on mise peut faire grossir notre portefeuille à long terme. Avec un potentiel de rendement en grains et en paille de 25-40 % supérieur à celui des céréales de printemps, et un risque de fusariose moindre, les céréales d’automne sont un investissement logique. La forte productivité des céréales d’automne tient essentiellement à l’avan-

tage de son système racinaire. Les racines déjà bien implantées dès le printemps poursuivent leur développement et permettent à la culture de mieux suivre la descente de la nappe phréatique au long de la saison, ce qui constitue un avantage important lorsque les conditions sont sèches. Les céréales d’automne permettent un meilleur retour sur investissement grâce aux avantages suivants : • Elles sont compétitives face aux mauvaises herbes, ce qui permet de réduire les dépenses d’herbicides. • Elles se récoltent tôt, ce qui permet des épandages de fumier dans des conditions optimales pour minimiser la compaction et favoriser la productivité des sols ou pour implanter une prairie en semis direct, action souvent possible sans l’usage d’herbicides. • Elles diminuent les pics de travaux au champ de par leur présence dans la rotation, ce qui permet de réduire les dépenses en machinerie et en maind’œuvre. • Elles cohabitent très bien avec le trèfle, ce qui permet de semer un trèfle à la volée en tout début de saison afin de réduire les dépenses en engrais azoté dans le maïs subséquent et d’en augmenter le rendement. • Elles s’implantent bien par semis direct ou en travail de sol réduit, ce qui permet de réduire les dépenses liées au semis.


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Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 19 septembre 2019 - 21


MYRIOPHYLLE À ÉPIS

Résistez à l’envahisseur! Le myriophylle à épis est une plante exotique envahissante qui est préoccupante pour les plans d’eau de la province. Ceux qui l’ont rencontré savent qu’il est aussi difficile de s’en débarrasser que de prononcer son nom!

Mieux vaut prévenir que guérir!

L’inspection et le nettoyage des embarcations et du matériel des pêcheurs et des plaisanciers s’imposent entre les

Myrioquoi? Le myriophylle à épis est présent au Québec depuis au moins 1958. Il a possiblement été introduit dans les eaux de lest des navires, puis par les aquariophiles et les amateurs de jardins d’eau. Sa répartition actuelle n’est pas connue de façon exhaustive, mais il est répertorié dans plus de 150 plans d’eau de la plupart des régions du Québec.

22 - Jeudi 19 septembre 2019 - Gestion et Technologie Agricoles

Photo Isabelle Simard, MELCC

sorties pour éviter que la plante ne se propage d’un plan d’eau à l’autre. Un simple fragment de tige peut suffire pour former un nouveau plant, qui pourra à son tour former une nouvelle colonie. Pourquoi lutter contre cette plante? D’abord, parce que la présence du myriophylle à épis dans les plans d’eau nuit à la biodiversité. Il y prolifère rapidement, souvent au détriment des plantes indigènes. Entre autres, parce que ses

racines et les pousses basses persistent tout l’hiver, ce qui permet une croissance hâtive de l’espèce au printemps. Les grandes colonies de myriophylles à épis peuvent également nuire aux activités récréatives et mener à la dépréciation de certaines propriétés bordant un lac envahi. Les riverains peuvent consulter le guide de bonnes pratiques mis au point par le ministère de l’Environnement et de

la Lutte contre les changements climatiques pour éviter l’introduction ou la propagation d’espèces exotiques envahissantes. Ils peuvent aussi demander une affiche de sensibilisation aux espèces exotiques envahissantes à leur direction régionale du Ministère. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs offre aussi le programme Accès aux plans d’eau pour la pêche récréative, qui vise notamment l’implantation de stations de nettoyage d’embarcations afin de prévenir l’introduction et la propagation des espèces aquatiques envahissantes.

Agir rapidement

Apprenez à connaître le myriophylle à épis. S’il est trop tard pour prévenir son introduction, il faut agir sans tarder. Il faut tout d’abord signaler sa présence dans l’application Sentinelle du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Il s’agit d’un outil de détection et de cartographie des espèces envahissantes. Même s’il n’y a pas de moyen rapide et facile de lutter contre le myriophylle à épis, certaines interventions préventives peuvent être profitables. Consultez votre municipalité et le bureau du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de votre région avant d’entreprendre des actions de contrôle, puisque les interventions dans un plan d’eau peuvent nécessiter des autorisations. Et surtout, prenez garde à la propagation des fragments de tige!


Le secteur agricole canadien perd 2,9 G$ en raison des pénuries de main-d’œuvre Devant la forte demande de produits alimentaires canadiens dans le monde entier, l’agriculture est destinée à se développer. Toutefois, les problèmes de main-d’œuvre entravent les capacités du secteur à atteindre ses objectifs de production ainsi que sa contribution à l’économie nationale. Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (CCRHA) publiait récemment les prévisions du marché du travail jusqu’en 2029 dressées à l’intention du secteur agricole. Les données indiquent que les exploitants agricoles de tout le Canada ont déclaré des pertes commerciales de 2,9 milliards de dollars en raison des postes non pourvus – soit une augmentation par rapport aux pertes de 1,5 milliards de dollars déclarées en 2014. Quarantesix pour cent des exploitants ayant signalé des postes vacants ont dû reporter ou annuler des plans d’expansion, et de nombreux agriculteurs ont fait état du stress extrême que la situation leur cause ainsi qu’à leurs travailleurs. Près de 90 % des producteurs qui ont des postes non pourvus ont indiqué subir trop de pressions et un nombre d’heures de travail excessif causés par leur incapacité de trouver les travailleurs nécessaires. On constate cependant des signes d’amélioration depuis quatre ans, le déclin du nombre total de postes vacants en agriculture, passé de 26 400 à 16 500, étant le plus remarquable. Cela est largement attribuable à l’adoption de la technologie et à l’augmentation du nombre de travailleurs internationaux qui viennent occuper les postes vacants lorsqu’il est impossible de trouver des Canadiens pour les pourvoir. Les taux de postes vacants en agriculture sont pourtant les plus élevés de tous les secteurs au Canada, se situant à 5,4 % (comparativement à la moyenne nationale d’un peu moins de 2,9 %), bien qu’ils aient connu une baisse depuis 2014, à 7 % qu’ils étaient. « On ne peut régler les pénuries de main-d’œuvre de l’agriculture canadienne qu’en prenant des actions décisives, indique Portia MacDonald-Dewhirst,

directrice générale du CCRHA. C’est en travaillant ensemble que nous pouvons trouver des solutions déterminantes et créatives afin de hausser l’offre de maind’œuvre et d’améliorer les compétences des effectifs du secteur en vue d’assurer la réussite et la croissance continues de l’agriculture de tout le Canada. » Pour régler les problèmes de maind’œuvre cernés par la recherche, le CCRHA a mis au point des outils axés sur les ressources humaines en agriculture, conçus afin d’aider les exploitations agricoles modernes à gérer leur maind’œuvre. Le CCRHA offre également AgriCompétences, soit des programmes de formation en ligne et en personne, ainsi que l’AgriBoîte à outils en RH, soit un guide de ressources en ligne qui offre des modèles visant à répondre aux besoins en matière de ressources humaines de toute entreprise. De plus, des outils d’information sur les questions de main-d’œuvre, où sont appliquées les dernières données d’études aux divers groupes de production et provinces afin d’explorer les effets de la situation de la main-d’œuvre sur chaque secteur, ont été conçus précisément pour répondre aux besoins des organisations agricoles. Pour en savoir davantage sur tous ces outils offerts par le CCRHA, consultez le site www.cahrc-ccrha.ca. Les données de la recherche éclairent les employés, les employeurs, les enseignants et les décideurs politiques du milieu agricole sur la situation du marché du travail et les moyens de réduire les pénuries de travailleurs. Une série de 22 rapports contenant des prévisions sur le marché du travail pour chaque province et grand type de production seront publiés dans les prochaines semaines. La recherche sur le marché du travail en agriculture a été validée lors de consultations menées au sein de l’industrie de tout le Canada auxquelles ont participé 1900 propriétaires-exploitants, employés et représentants d’organismes collaborateurs. La recherche d’information sur le marché du travail a été financée en partie par le Programme d’appui aux initiatives sectorielles du gouvernement du Canada.

Tout ce qu’il faut pour apprendre à transformer

GUYLAINE MARTIN

Répondante en formation agricole Collectif en formation agricole Centre-du-Québec

Les artisans des régions de la Montérégie et du Centre-du-Québec ont la chance d’avoir accès à des locaux adaptés pour la formation sur la transformation alimentaire. Plus de 20 formations seront proposées au cours de la prochaine année. En lien avec le nouveau Règlement sur la salubrité des aliments au Canada, l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) a modifié son offre de formation en transformation alimentaire pour permettre aux participants de rencontrer les nouvelles exigences du règlement. De plus, l’ITA proposera une panoplie de formations de courte durée sur la transformation des viandes, des fruits, des légumes, du lait et des alcools. Pour sa part, le Service aux entreprises Centre-du-Québec propose deux ateliers sur la transformation des viandes. Le premier atelier porte sur la découpe de poulet et la confection de saucisses artisanales. Il aura lieu le 12 octobre à partir de 9 h. Chaque participant repartira avec deux kilos de saucisses au poulet qu’il aura préparées ainsi que deux poulets entiers qu’il aura

découpés. Le second atelier porte sur la fabrication de saucisses avec différents types de viande. Trois dates sont à l’horaire, 14 décembre 2019, 8 février 2020 et 4 avril 2020. Le formateur est Mathieu Mailhot, boucher. Marie-Pierre Fortier reviendra dans la région Centre-du-Québec pour donner sa formation « Transformation du miel et des produits de la ruche sous toutes ses formes ». À la fin de la formation, le participant sera en mesure de fabriquer des bonbons au miel et des préparations gourmandes à base de miel et de fabriquer des savons à base de cire d’abeille et de miel. La formatrice aborde la transformation de la propolis. Pour plus d’information, consultez le site uplus.upa.qc.ca ou contactez votre répondante en formation agricole. Pour le Centre-du-Québec, Guylaine Martin au 819 758-6401 poste 2702, et pour la Montérégie, Édith Lussier au 450 7749154 poste 5210.

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GTA - Septembre 2019  

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