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42ème année volume 2 - septembre 2014 - Tishri 5775


Je suis heureux de présenter mes salutations les plus chaleureuses à tous les lecteurs de La Voix Sépharade à l’occasion de Rosh Hashana. L’arrivée du Nouvel An juif est l’occasion de renouer avec les merveilleuses coutumes qui font partie intégrante de la culture hébraïque. Cet événement, l’une des fêtes les plus importantes du Judaïsme, est synonyme de renouveau et d’espoir ranimé. C’est une période propice à la prière et au recueillement ainsi qu’au partage de souhaits chaleureux et de voeux de prospérité pour l’année à venir. Par ailleurs, ce nouveau départ, fort d’une riche symbolique, permet à la communauté sépharade du Québec de témoigner de son attachement à ses traditions millénaires et de rappeler les nombreuses contributions de ses membres à l’essor de notre pays. Au nom du gouvernement du Canada, je vous souhaite des festivités mémorables et vous offre mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.

OTTAWA 2014

Mot du premier ministre Ce 24 septembre marque le début d’une toute nouvelle année pour les membres de la communauté juive. Une période de réjouissances et une belle occasion de se rassembler et de célébrer solennellement cet an 5775 qui commence sur le calendrier hébraïque. Une tout aussi belle occasion de se recueillir, de saluer les liens qui unissent la grande communauté juive des quatre coins du monde, et d’entreprendre dans la joie, la paix et le bonheur, dans la fierté et la confiance ce cycle nouveau. À toutes et à tous, je présente mes meilleurs vœux à l’occasion de la Fête de Rosh Hachana.

Philippe Couillard


42ème année volume 2 - septembre 2014 - Tishri 5775

Nous partageons la prière de Leah, au Kotel

‫שנה טובה ומתוקה‬ 5775


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Au cours de l’année qui vient de s’écouler, la communauté juive a dû surmonter de nombreux défis importants tels que la Charte des valeurs québécoises ou les répercussions du conflit entre Israël et le Hamas. Peu importe l’enjeu, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) représente vigoureusement la position de la communauté juive organisée auprès du gouvernement, des médias et de la société civile québécoise. CIJA est fier de faire entendre la voix de la communauté et continuera, cette année encore, de défendre au mieux ses intérêts. Au nom de la direction et du personnel de CIJA, nous souhaitons à l’ensemble de la communauté une belle et douce année 5775. Que celle-ci apporte paix et sérénité en Israël.


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Mot du président Chers lecteurs et lectrices de La Voix Sépharade, À l’occasion de Rosh Hashana et des fêtes de Tishri, je tiens tout d’abord à vous adresser mes vœux les plus chers pour une belle et heureuse année 5775 en bonne santé, entourée de vos êtres chers et de vos amis et que cette paix que nous souhaitons si ardemment dans le monde en général et en Israël en particulier se réalise, amen ! Nous avons vécu un été empreint d’inquiétude et d’angoisse face à la situation en Israël, un pays pour lequel nous vibrons tous à l’unisson et où chacun de nous compte de la famille proche et des amis. En ces moments difficiles, une fois de plus, la communauté juive montréalaise a su montrer sa solidarité agissante envers ce pays en nous mobilisant massivement pour contribuer à sa sauvegarde. Ceci dit, et toutes proportions gardées, nous avons également, ici à la CSUQ, dû prendre des décisions difficiles, mais nécessaires pour assurer la pérennité de notre institution. Je suis convaincu que grâce aux mesures qui ont été prises, nous sommes sur la bonne voie : Nous avons dû malheureusement effectuer des coupures budgétaires ce qui a entraîné la suppression de quelques postes et également une réduction des salaires. Nous avons parallèlement, sur le plan opérationnel, instauré un système de contrôle-gestion qui nous permet d’avoir des rapports hebdomadaires qui donnent un portrait réel de la situation financière de notre institution. Je suis confiant qu’ensemble, bénévoles et professionnels, nous allons assurer une stabilité financière qui va nous permettre d’envisager l’avenir avec optimisme. Sur le plan de la programmation, au niveau des Affaires sociales, nous avons créé une «  Task Force  » avec le Centre Cummings afin de mieux servir la population aînée sépharade francophone. Je tiens à remercier, Madame Nadine Bloom, présidente du Centre Cummings, pour sa collaboration. L’argent étant le nerf de la guerre, je peux affirmer que depuis la mise en place de la Fondation CSUQ présidée par Monsieur Armand Afilalo, celle-ci a pris un envol extraordinaire. Je demeure confiant qu’elle atteindra ses objectifs grâce au soutien de ses généreux donateurs. Notre tournoi de golf annuel qui fait partie des événements les plus courus de la communauté a été, le moins que l’on puisse dire, un franc succès grâce à un comité dynamique et motivé présidé par un jeune non moins engagé, Alexandre Abitan. Les nouveaux co-présidents, Simon Librati et Dan Derhy, s’affairent déjà afin de préparer le

prochain tournoi. Cet événement, je tiens à le faire remarquer, met en valeur le travail conjoint réalisé par les bénévoles et les professionnels et constitue également un lieu de rencontres privilégié pour nos futurs leaders communautaires. Les voyages, c’est bien connu, forment la jeunesse et nous ne dérogeons pas à cette règle chaque année en envoyant pour trois semaines Yahad, un groupe de jeunes de secondaire 4 et 5 en Israël. Cet été ceux-ci ont vécu sur le terrain les affres de la guerre, mais ils ont refusé d’écourter leur périple et bien au contraire ils ont témoigné leur enthousiasme et leur solidarité avec Israël dans cette dure épreuve en restant sur place jusqu’à la fin. Je tiens à féliciter les organisateurs, les moniteurs, les participants et bien entendu les parents pour le courage et la patience dont ils ont fait preuve dans ces moments difficiles. Un autre voyage qui a connu également les avatars de la situation au Proche-Orient, celui des jeunes leaders qui, ayant entrepris une tournée au Portugal et en Espagne sous la conduite du dynamique Benjamin Bitton, ont dû annuler la portion Maroc en raison d’une situation volatile dans ce pays. Cependant loin d’avoir créé des frustrations au sein du groupe, celui-ci s’est déclaré heureux et satisfait de l’expérience vécue. Le Gala de Shaaré Hessed, conçu dans un format très original, un concert de musique classique dans le cadre enchanteur du Musée des Beaux Arts de Montréal a connu également un franc succès et je tiens à féliciter les deux co-présidents, Michael Goodman et Yossi Suissa pour leur engagement et leur savoir-faire dans la préparation et le déroulement de ce magnifique événement. Sur le plan culturel, le Festival du Cinéma Israélien de Montréal qui en était à sa 9e édition a ravi les cinéphiles par la qualité des films présentés pendant une semaine au Cinéma du Parc. Je profite de l’occasion pour féliciter le comité organisateur et tout particulièrement sa présidente Madame Dolly Mergui qui a accompli un travail hors pair lors de la campagne de financement qu’elle a menée d’une main de maître. Nous sommes enfin, à la veille de vous présenter en décembre prochain, le Festival Séfarad de Montréal qui avec une programmation aussi riche que variée, saura satisfaire les goûts de tous nos fidèles spectateurs. Shana Tova Oumtouka. Sylvain Abitbol, Président de la CSUQ magazine LVS | septembre 2014 9


Septembre 2014

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www.csuq.org PRÉSIDENT CSUQ Sylvain Abitbol PRÉSIDENT ET EDITEUR LVS Joseph Amzallag DIRECTEUR GÉNÉRAL Robert Abitbol DIRECTRICE — COMMUNICATIONS ET LVS Danielle Glanz RÉVISION DE TEXTES Agnès Castiel COLLABORATEURS Emmanuelle Assor Myriam Azogui-Halbwax Élie Benchetrit David Bensoussan Maurice Chalom Elias Levy Solly Levy Sonia Sarah Lipsyc Rabbin Haim Nataf David Ouellette Lise Ravary ABONNEMENTS Agnès Castiel DESIGN ET GRAPHISME Christina Garofalo CRÉDIT PHOTOS Roland Harari Enrico Isacco Mikael Ohana IMPRIMEUR / PRINTER MC Print Léon Bensoussan 514-823-0042

Les textes publiés n’engagent que leurs auteurs. La rédaction n’est pas responsable du contenu des annonces publicitaires. Toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, en tout ou en partie, du présent magazine, sans l’autorisation écrite de l’éditeur, est strictement interdite. Reproduction in whole or in part, by any means, is strictly prohibited unless authorized in writing by the editor. Convention Postale 40011565 Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée à : 5151 Côte Ste-Catherine, bureau 216 Montréal, Québec, Canada H3W 1M6 Le présent numéro est tiré à 6 000 exemplaires et acheminé par voie postale au Québec, en Ontario et aux U.S.A. Des exemplaires sont également déposés dans différents endroits stratégiques à Montréal.

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Mot du président Éditorial La communauté de Montréal fait face à de multiples défis qui demandent examen L’éthique du judaïsme s’oppose à toute violence conjugale Clichés médiatiques sur le Proche-Orient Opinions sans Frontières Concert bénéfice Shaare Hessed : Soirée au Musée Mission gala, accomplie Déjà la prochaine Mission de Solidarité ! On aime le Bazar Département jeunesse YAHAD : un voyage inoubliable en Israël

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Jamazing — tout un événement !

48 Un retour aux sources essentiel à nos racines juives

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BBQ de fin d’été Golf Swing 2014 — un grand succès ! Entrevue avec Dr Sonia Sarah Lipsyc, directrice de AlephCentre d’Études Juives Contemporaines

58 Après l’attentat

contre le Musée juif de Bruxelles : Les réflexions de M. Albert Guigui, Grand Rabbin de Belgique

59 Le voyage à Montréal

des élèves du Collège Georges Leven : Une très belle aventure

66 Le libre arbitre selon les écritures hébraïques

67 Carnet


Éditorial Plus que jamais solidaires d’Israël L’été aura été éprouvant pour toutes les communautés juives de la diaspora, celle de Montréal n’aura pas échappé à cette angoisse quotidienne que tous nous ressentons, bien que loin du théâtre des opérations, lorsqu’Israël est attaqué par des ennemis qui ont juré sa perte. L’opération « Bordure protectrice » est encore en cours lorsque nous écrivons ces lignes et malheureusement nous déplorons la perte de dizaines de jeunes soldats israéliens sur la ligne de front dans la bande de Gaza. Ce conflit nous rappelle malgré nous, la précarité de notre condition de juifs. Collés à nos postes de radio, les yeux rivés sur notre télévision ou encore lisant les éditoriaux sur les divers quotidiens, nous nous sommes imposé cette triste obligation de suivre sans discontinuer le cours des opérations sur le terrain et de constater à nouveau la partialité pour ne pas dire la mauvaise foi des médias francophones à peu d’exceptions près quant à la couverture du conflit. Comme d’habitude, nous avons assisté à une analyse binaire du conflit qui, pour Radio Canada en particulier était devenu israélo-palestinien alors qu’en fait il n’était ni plus ni moins qu’une réponse aux centaines de roquettes tirées par le Hamas sur le territoire israélien. Obéissant à un manichéisme simpliste, les journalistes nous présentaient, et continuent de le faire, un Israël guerrier et arrogant face à des pauvres palestiniens sans défense. Les termes trop souvent galvaudés de « Gaza, prison à ciel ouvert » de « blocus inhumain » de « massacres commis de sang-froid » ont fait florès

dans les médias ces dernières semaines alimentant ainsi auprès des populations non seulement la haine d’Israël en tant qu’État juif, mais également des juifs dans leur ensemble. Nous avons pu voir et entendre à ce sujet les slogans antisémites que les manifestants pro-palestiniens ont utilisés lors des manifestations qui se sont tenues en France. Ici à Montréal, les drapeaux du Hamas, organisation reconnue comme terroriste par les États-Unis et l’Union Européenne, ont flotté lors des rassemblements qui ont lieu dans la métropole. Comme d’habitude les « experts invités » sur les plateaux des chaînes de télévision francophones étaient comme d’habitude les sempiternels Rachad Antonius, Samir Saul, et autres comparses qui faisaient plus figure de militants de la cause palestinienne que d’analystes objectifs. À croire qu’au Québec il n’existe pas de professeurs ou d’analystes sérieux et impartiaux capables de présenter aux téléspectateurs un autre son de cloche. Car répétons-le il ne s’agit pas de prendre fait et cause pour Israël, car tout gouvernement est critiquable et doit être critiqué, mais de présenter un tableau réel de la situation tout en ayant le loisir de critiquer les uns et les autres. Une petite consolation avec les blogues de notre amie la journaliste Lise Ravary , toujours perspicace et dont l’analyse claire, honnête de ses blogues nous réconcilie avec ce que doit être un vrai journalisme De notre côté, en tant que communauté juive montréalaise, nous avons répondu avec dignité et efficacité : près de 3000

personnes se sont présentées lors du rallye de solidarité envers l’État d’Israël où les divers orateurs ont mis de l’avant que ce conflit qui malheureusement, nous tenons à le souligner a causé des centaines de victimes civiles innocentes parmi les gazaouis, la mort d’un enfant est toujours une tragédie, a été sans discussion aucune, provoqué par les milices du Hamas qui elles, ont clairement visé les populations civiles d’Israël avec pour objectif de faire le plus de victimes possibles. Plus que jamais et malgré les sympathies que l’on pourrait avoir pour tel ou tel parti en Israël qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition, à l’instar de l’écrasante majorité des citoyens de ce pays, nous demeurerons solidaires coûte que coûte de « Médinat Israël » plus que jamais nous ne nous tiendrons près de ses citoyens, nos frères et sœurs, surtout ceux et celles qui ont perdu leurs enfants au cours de ce terrible conflit. Une mention spéciale de félicitations et de reconnaissance à l’endroit de M. Stephen Harper et du gouvernement canadien qui malgré les critiques dont il fait l’objet pour son soutien indéfectible à Israël a su tenir bon et démontrer qu’il était non seulement un allié, mais un vrai ami d’Israël dans la paix comme dans la guerre. Que ces fêtes de Tishri nous apportent la paix dans le monde, la santé et le bien-être pour vous tous, amen ! Joseph Amzallag

L’équipe LVS vous remercie pour votre soutien et générosité

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Spiritualité

La communauté de Montréal fait face à de multiples défis qui demandent examen Les grandes structures communautaires et les grandes synagogues voient leur taux de fréquentation en baisse constante au profit — dans le meilleur des cas — de plus petites entités qui ne sont, Rabbin Haim Nataf le plus souvent, ni communautaires ni démocratiques, mais qui apportent à « l’usager de fait » un surcroît de confort et d’intimité. Ce phénomène est manifesté dans pratiquement toutes les synagogues ashkénazes et la tendance a pu être observée sur les quinze dernières années, tant à Côte-Saint-Luc qu’à Ville-Saint-Laurent, Laval et Côte-des-Neiges. Il semble que la nouvelle génération apprécie la possibilité de fréquenter « en touriste » les lieux de culte ou de rassemblement communautaire, sans trop ressentir la nécessité d’y contribuer notamment en s’y affiliant. Faut-il voir dans cette transformation quelque chose de normal ou d’inévitable, caractéristique de tout groupe social considéré comme un être vivant avec, suivant sa naissance, ses phases de croissance, de maturité puis de vieillissement et de disparition ? Ou bien avons-nous la responsabilité de lutter contre cette évolution naturelle, dans la crainte de voir disparaître les communautés, ellesmêmes constitutives de « La » communauté ? Et si tel est le cas, quels moyens faut-il mettre en œuvre ? Faut-il, comme en marketing, trouver les moyens de «  relancer le produit  » dont la vigueur s’essouffle sur le marché après avoir connu des sommets, en lui redonnant une jeunesse, voire en lui substituant un tout nouveau venu ? La Fédération CJA cherche ainsi à enrôler les désaffiliés en les sensibilisant, par tous les moyens, à la cause communautaire. À Ville Saint-Laurent, notre communauté a été éprouvée par la fermeture d’une école Juive. La tendance démographique (selon les statistiques de La Fédération CJA) et celle des inscriptions étaient, année après année, à la baisse, ce qui n’a pas contribué à renverser la vapeur. Cette triste réalité a mené à la fusion de deux campus en un, ne faisant que ralentir dans sa démarche inexorable le désintéressement croissant des parents — sur fond de causes socio-économiques — pour l’éducation juive. Nous avons temporairement fait disparaître un symptôme, mais nous sommes-nous réellement attaqués à la racine du problème ? Rien n’est moins sûr.

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magazine LVS | septembre 2014

Peut-on généraliser et affirmer que les parents placent l’éducation juive au troisième rang de leurs priorités, après le standing (voitures et maisons rénovées) et les vacances ?

vent face à des questions qui ont trait au deuil, aux coutumes, et aux réalités communautaires quotidiennes plutôt que de contribuer activement à l’enseignement de la Torah.

C’est, semble-t-il, de plus en plus souvent le cas. Pourtant, à l’inverse, certains jeunes — dont les parents avaient pour préoccupation première l’amélioration matérielle (remplir le frigo, élever le standing), bénéficiant du confort matériel et n’y trouvant pas d’accomplissement digne de remplir leur avenir, se sont tournés vers la Torah, là où ils pouvaient la trouver. Mais, ce faisant et surtout chez les jeunes sépharades, ils ont fait leurs des pratiques et des rituels totalement étrangers au judaïsme de leurs parents, lesquels aujourd’hui s’en inquiètent. Ainsi, ces jeunes revenus à la Torah s’identifient-ils aux mouvements orthodoxes ashkénazes, ils sont devenus Loubavitch, Bretzlev ou néo-Lithuaniens et comparent la richesse de ces mouvements de pensée à la pauvreté de ce qu’ils croient être l’univers sépharade dont ils n’ont goûté, au mieux, que le folklore. Où se cachent donc nos Sages sépharades dont on entend souvent dire qu’ils furent très grands ? Et pourquoi faudrait-il que le retour à la Torah passe obligatoirement par les enseignements ashkénazes ? Comment expliquer que tant de jeunes sépharades soient tellement attirés par les enseignements de Rabbi Nachman de Breslev ou par ceux du Rabbi de Loubavitch ? Pourquoi sont-ils tellement désarmés et avides de tout connaître devant les promoteurs de ces mouvements-là, et plutôt insensibles au discours (souvent postérieur à leur téchouva) sur la grandeur et les enseignements des sages nordafricains ?

Il me semble qu’une partie de la réponse à ces 4 questions est commune à toutes. Les fondateurs et architectes de nos communautés ont voulu reproduire et revivre le souvenir culturel du passé vécu en Europe ou en Afrique du Nord, empreint de culture et de traditions. Ce faisant, ils ont mis l’emphase sur le folklore, censé répondre à la nostalgie de ce passé. Mais sur ces seules bases, le monde juif peut-il survivre plus de 2 ou 3 générations ? La Jeunesse d’aujourd’hui n’est plus inspirée par un folklore qui ne fait qu’évoquer le passé de leurs parents et de leurs grands-parents. Certes, le folklore dérive souvent de la Loi de la Torah dans son application — tant les recettes de cuisine que l’architecture des maisons portent souvent, très clairement, la marque des lois du respect du Shabbat — cependant quand il ne devient que souvenir de lui-même, c’est-à-dire que son lien à la Loi a disparu, il ne tiendra que sur lui-même, pas longtemps. Il nous faut comprendre que c’est la Torah qui a façonné notre culture et non notre culture si colorée qui a simplement su faire bon ménage avec une Torah de plus en plus lointaine. De même, pour la terre d’Israël, il ne s’agit pas pour la Torah de l’aimer comme le bon patriote propre à toute nation. L’attachement à la terre d’Israël, central dans la Torah, pourra-t-il dans un monde sans Torah survivre longtemps à la fin de la haine des peuples qui l’entourent ? Faudraitil espérer que cette haine dure encore longtemps pour qu’elle puisse se substituer efficacement à un sionisme qui s’étiole ? Les gens les plus viscéralement attachés à cette terre n’imaginent pas combien cet attachement ne représente qu’un reste par rapport à une centralité issue de la Torah.

Je rajouterai un point supplémentaire : J’essaie, dans la mesure du possible, d’exercer mon rôle de rabbin dans la communauté de Petah Tikva, à Ville-Saint Laurent. Historiquement, le rôle du rabbin consistait essentiellement à enseigner la Torah et à apporter des réponses halakhiques sur divers sujets. Aujourd’hui, le rabbin de communauté est devenu un animateur qui occupe les jeunes et les moins jeunes par sa présence lors de diverses activités. Son rôle d’enseignant de Torah, de « Melamede  » s’est transformé, par la force des choses, et à la demande des communautés, en celui d’un animateur pouvant apporter soutien et écoute, à celui d’un travailleur social éduqué en Torah. On peut se demander à quoi bon avoir fait des années d’étude de traités talmudiques de Hullin, shabbat et Nidda censées permettre de maitriser les lois de la cacheroute, du Shabbat et de la pureté familiale ? Pourquoi une formation si pointue, alors que le dixième de cette formation aurait suffi à l’exercice de la fonction rabbinique courante ? Le Rabbin fait le plus sou-

Nos organismes et ensembles communautaires ont besoin d’une âme, d’une direction, d’une inspiration, et non pas seulement de culture et de folklore — il en faut aussi — vidés du sens de ce qui les a secrétés, vidés des enseignements de nos Sages. La nouvelle génération a accès par l’éducation et la technologie à toutes les cultures et enseignements, mais elle est assoiffée du besoin existentiel juif et de chercher un sens à sa vie. Si nos communautés ne lui fournissent pas ce « carburant », elle ira le chercher ailleurs. Un véritable bilan et une remise en question radicale sont dus en ce jour de Rosh Hashana, comme disent nos Sages, Meain bata ouleane ata holeck, d’où viens-tu ? Où vas-tu ? Rabbin Haim Nataf


Perspective juive | sociétal

L’éthique du judaïsme s’oppose à toute violence conjugale La violence conjugale, sous toutes ses formes, insultes, intimidations, viols et violences, à l’encontre des femmes touche malheureusement toutes les catégories sociales et religieuses y compris à l’intérieur de nos communautés, des plus orthodoxes aux peu pratiquantes. Il est difficile cependant d’avoir des chiffres tant le sujet reste encore tabou. C’est pourquoi l’Auberge Shalom, pour marquer les vingt-cinq ans de sa création, entreprend durant la fête de Souccot, une campagne de sensibilisation auprès des congrégations de Montréal, de leurs membres et du leadership religieux et institutionnels. Une occasion à l’approche de cet évènement de revenir sur les sources de la tradition juive au sujet de la condamnation des violences conjugales.

La loi juive condamne les violences contre les femmes

de viol entre époux n’a été retenue dans les codes civils des nations qu’à l’époque contemporaine.

Le fait de battre sa femme est un interdit qui découle du commandement « d’aimer son prochain comme soi-même » (Lévitique 19 ;  8). Il s’agit, en l’occurrence, de ne pas l’humilier ou de lui faire du mal. D’ailleurs, dans la loi juive, un être qui cause du tort à autrui en le blessant doit le dédommager pécuniairement pour la lésion corporelle elle-même, la douleur, les frais médicaux, l’incapacité de travail et la honte infligée (voir traité Baba Kama 8 ; 1 du Talmud de Babylone). C’est dire l’importance que la tradition juive accorde à tous les aspects physiques et moraux d’un dommage.

Il faut relever que, dès le Moyen-Âge, la quasi-totalité des rabbins condamnait les violences faites aux femmes alors qu’aussi bien, dans le monde chrétien que musulman, le droit de battre sa femme de temps en temps, n’était pas considéré comme un délit. Ainsi, l’éminente figure rabbinique, Rabbi Meir de Rottenbourg (13ème siècle) affirmait : « aucune condition au monde ne saurait justifier qu’un époux ne se conduise violemment contre son épouse » (Respons III, 291).

Ce commandement d’amour résonne particulièrement dans le cadre d’une relation conjugale, car le Talmud cite plus d’une fois le fait « qu’un homme doit honorer sa femme plus que lui-même  » et insiste sur le fait que «  Dieu compte les larmes des femmes et les hommes doivent veiller à ne pas causer la moindre peine à leur femme (voir respectivement les traités Yebamot 62b et Baba Metsia 59a du T.B.) ». Le fait de lever la main sur autrui sans le ou la frapper est également condamnable. On le tire du verset où Moïse vit deux hommes hébreux se quereller, «  il dit au mauvais  (racha) : pourquoi frappes-tu ton prochain ? ». Et le commentateur Rachi (11ème siècle) de préciser sur ce verset 14 du chap 2 de l’Exode : « Il ne l’avait pas encore frappé mais il est appelé racha simplement pour avoir levé la main ». Le Talmud démontrera encore, dans le traité Sanhedrin 85a, l’interdiction de frapper son prochain à partir d’un passage de la Torah qui autorise un tribunal, dans certains cas, de sanctionner le coupable « d’un nombre de coups proportionné à son délit. Il lui en infligera quarante et pas plus (…) » (Deutéronome 25 ; 1-3). Et Maïmonide (12ème siècle) de conclure : «  si déjà, la Torah a mis en garde (le tribunal ndr) de ne pas frapper un condamné plus que ce qu’a fixé la loi, à plus forte raison est-il interdit (à un individu ndr) de s’en prendre physiquement à un innocent(e) » (Michne Torah, Lois des Dommages 5 ; 1). L’époux est également tenu dans le cadre de ses obligations de satisfaire son épouse sans jamais lui imposer une relation sexuelle contre son gré (voir le traité Erouvin 100b du T.B et Maïmonide Michné Tora, Lois sur l’intimité  15 ; 17). Position talmudique de l’Antiquité des plus progressives, car la notion

Quelles sont les sanctions prévues contre le mari violent dans la tradition juive ? Pour la majorité des rabbins, les violences conjugales, les violences physiques ou verbales étaient reconnues comme l’une des raisons pour lesquelles une femme était en droit de demander le guet (divorce religieux). Ces violences constituaient l’un des cas majeurs qui autorisaient le Tribunal rabbinique à contraindre l’époux à le lui accorder1. Cette position fut défendue par les codificateurs de la loi juive, notamment le Roch (14ème siècle) et le Rama (16ème siècle), et était appliquée lorsque l’époux viole après avoir été prévenu devant témoins, admonesté, puni, voire excommunié, persistait dans son attitude2. Il n’était plus question ici de chalom bayit (paix des ménages ou réconciliation), face à une attitude violente et cruelle. La coercition est encore une des mesures préconisées par les rabbins face à un mari violent. Encore récemment, le Grand Rabbin de Ramat Gan en Israël, Yaakov Airel, a publié une décision rabbinique affirmant « qu’un homme qui bat sa femme ne doit plus être en mesure de participer à une prière ou à une quelconque activité juive »3.

Que pouvons-nous faire ? Il est important si on est témoin d’une violence conjugale, au regard même du verset qui nous demande « de ne pas rester indifférent aux sangs d’autrui  » (Lévitique 19 ; 16), d’intervenir en appelant immédiatement le 911 ou l’Auberge Shalom au 514-731-0833 dont la ligne est ouverte en permanence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 74.

semblent. Après le non-dit ou le déni, il y a la honte, la solitude, le désarroi, la culpabilité — alors que ce sont elles qui ont essuyé les coups, les blessures et les insultes parfois devant leurs enfants ! — et la peur. Dr Sonia Sarah Lipsyc Peur de parler à l’intérieur, de ne pas être crue, d’être rejetée par leurs familles ou leur communauté ; peur de parler à l’extérieur, de se retrouver dans un milieu non juif et de s’imaginer perdre la garde de ses enfants alors que des lois les protègent et que l’Auberge Shalom les accueille dans un contexte où les règles du judaïsme sont respectées. À l’heure du danger pour une femme et souvent pour ses enfants, il est impératif de les entendre, de réagir, de ne point préserver son confort ou celui du groupe. Rappelons-nous encore cette injonction talmudique : «  c’est pour la vie que le mariage a été institué, pas pour la souffrance » (traité Ketouvot 61a du T.B) La responsabilité d’une communauté est donc ici sollicitée au regard de l’éthique développée par les sources juives, source d’humanité. Dr Sonia Sarah Lipsyc, Directrice d’ALEPH — Centre d’Études juives contemporaines (CSUQ)

1 Voir Professeur Avraham Grossman « La violence contre les femmes : opinions de rabbins du Moyen-Âge » dans Crever le plafond de parchemin… WIZO, Paris 2000. p 20-23 2 Pour l’ensemble de cette question de l’imposition du divorce religieux en cas de violences conjugales, voir l’auteur et talmudiste, Herve-Elie Bokobza, « Que dit la Torah au sujet de frapper sa femme ? », disponible à la rubrique « Articles » de l’auteur sur Facebook. 3 Kobi Nahshoni, « Rabbi : Violent Husbands should be ostraziced », Ynetnews, 12.03.2010 4 Voir aussi http://aubergeshalom.org/ index.php/fr

Même si chaque histoire est particulière, les sentiments des femmes victimes se resmagazine LVS | septembre 2014 23


Politique | Israël

Clichés médiatiques sur le Proche-Orient La pléthore d’articles qui s’écrivent sur le Moyen-Orient est sans proportion par rapport à l’ensemble des conflits sur le globe. Le journal The Economist avait relevé qu’il y avait plus de journalistes dépêchés en Israël qu’il y en avait dans l’ensemble de l’Asie et de l’Afrique. Ce fait mériterait d’être analysé, mais le but proposé ici est de relever certaines assertions ou certains stéréotypes médiatiques sur le conflit israélo-arabe qui mériteraient clarification : au niveau du conflit proprement dit, de la couverture médiatique et aussi de la présente crise à Gaza. Sur la scène internationale Les résolutions onusiennes  : ces résolutions de l’Assemblée générale (mais non du Conseil de sécurité) votées avec la complicité du bloc de votes automatique arabomusulman sont souvent invoquées alors que l’agenda des Nations Unies a été kidnappé et distordu à l’extrême. Les résolutions anti-israéliennes pleuvent dans les instances onusiennes. Par contre, le Darfour n’a jamais été débattu. En février, le Soudan a été élu responsable des causes humanitaires et la Syrie en charge des droits de la personne ! La légalité des colonies de peuplement : Avant la guerre des Six Jours, il n’y avait pas de frontière, mais seulement des lignes d’armistice et les frontières actuelles n’ont jamais délimité un état particulier. Sur le plan légal international, les territoires sont administrés par Israël jusqu’à ce qu’une entente sur des frontières sûres et reconnues soit conclue (Résolution 242 du Conseil de sécurité). Fautil préciser que lorsque l’Égypte et la Jordanie ont signé des accords de paix avec Israël, des arrangements territoriaux ont été conclus à la satisfaction de toutes les parties ? L’occupation : ce terme est souvent utilisé pour évoquer l’occupation allemande de l’Europe, permettant ainsi de camoufler l’occupation des Palestiniens par la dictature du Hamas et par l’autorité palestinienne corrompue. Ceci dit, l’armée israélienne s’était retirée de Gaza depuis 2005.

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magazine LVS | septembre 2014

David Bensoussan

La solution de deux états : comment une telle solution, logique en apparence, pourraitelle être envisagée tant que les médias palestiniens font l’éloge des assassinats-suicides ? Sur la partialité des médias  À la recherche du scoop,  les médias ignorent totalement les progrès accomplis par la société civile et les actions positives initiées par les Israéliens et les Palestiniens. Le scoop facile consiste à prendre en considération seulement les images qui renforcent les stéréotypes. Les médias veulent rester neutres et accorder la même importance aux deux parties : d’un côté, une démocratie ouverte et, dans le cas du Hamas, une dictature terroriste. Quel crédit accorder aux assertions avancées par ceux qui envoient des enfants se faire exploser dans des assassinats suicide ? Les médias sont tellement occupés à scruter Israël qu’ils en oublient de condamner le Hamas ou les pays arabes qui ne condamnent pas publiquement le Hamas. Ils en oublient aussi de comparer les discours mielleux des dirigeants du Hamas destinés aux journalistes étrangers avec les discours venimeux destinés à leur propre population. La crise actuelle Pauvres Gazaouis  : Gaza est libéré de toute présence israélienne et peut, vu sa position géographique, assurer un niveau de vie décent à ses citoyens. Le discours sur les pauvres Palestiniens de Gaza dissone lorsqu’on sait que les Gazaouis ne sont occupés par aucune armée étrangère et que le Hamas s’arrange pour dilapider des fonds faramineux pour verser des centaines de milliers de tonnes de ciment dans des tunnels et pour acquérir des missiles de plus en plus meurtriers. Au détriment de la population gazaouie à laquelle tyrannie et misère sont infligées quotidiennement. La disproportion du nombre des victimes  : Israël construit des abris pour protéger ses enfants alors que le Hamas utilise des enfants pour protéger ses abris bourrés de

roquettes1. Le Hamas tire délibérément sur des populations civiles2 forçant plusieurs millions d’habitants à se terrer. Les médias déplorent quand même le faible taux de pertes israéliennes. Comment ce discours peut-il tenir la route ? Allégation de massacres : Les allégations de massacres pleuvent sur Israël avant même que l’on vérifie les faits – les ratés des missiles du Hamas font aussi des dégâts importants. La guerre télégénique a donné naissance au terme Pallywood, contraction de Palestinian Hollywood3  : ainsi, des morts transportés en brancard ressuscitent quelques mètres plus loin, des photos d’un autre temps et d’un autre lieu notamment de Syrie ont été transmises comme émanant du présent conflit. Des grandes chaînes d’information, dont la BBC, ont reconnu avoir erré... Qui plus est, il est de bon ton d’ignorer totalement les massacres commis par les adversaires d’Israël. Sur l’opinion des Gazaouis  : Le jour où les Gazaouis pourront dire ce qu’ils pensent sans avoir peur d’être exécutés par le Hamas qui recourt à des exécutions sommaires4, on pourra parler de l’opinion des Gazaouis. L’indignation arabe  : le Hamas ne respecte pas la vie humaine. Où sont les voix arabes qui exigent du Hamas de cesser ses actions insanes. Ou encore lorsqu’il s’agit de décrier les massacres quotidiens en Syrie ? Autres perles médiatiques L’Iran est pacifique  : bien pacifique en vérité quand on sait que des dizaines de milliers de personnes se réunissent régulièrement dans des manifestations orchestrées par des mullahs pour crier  : mort à l’Amérique5. On oublie que l’Iran tout comme le Hezbollah n’a rien à faire en Syrie sinon amplifier les actes assassins de Bachar al-Assad. Pour conclure Noter l’insensibilité totale à la situation tragique qui a résulté en la perte de plus de 200  000 Tchétchènes, des Ouïgours, de près


Politique | Israël

de 150 000 Kurdes, d’un million d’Irakiens et d’Iraniens, d›un à deux millions de chrétiens du Soudan, de 100  000 Libanais durant la guerre civile, de plus de 300  000 Darfouriens, de feu les 25  000 résidents d’Hama en Syrie, des 20  000 Palestiniens de Jordanie durant Septembre noir, de près de 200  000 victimes de la guerre civile en Algérie, des assassinatssuicides quotidiens entre chiites et sunnites en Irak, de plus de 160 000 morts en Syrie, de la tragique persécution des chrétiens d’Irak, etc. Ceci porte à penser que les médias sous-estiment l’humanité de certaines populations de la région… L’exigence de moralité ne peut être à sens unique. Pourtant, les médias ne se concentrent de façon obsessive que sur un minuscule lopin de terre, parce qu’occupés par des Juifs6. Tirer la conclusion. David Bensoussan Institut canadien de recherches sur le judaïsme

Ici, nous sommes chez nous. Nous célébrons notre Judaïsme par chacune de nos actions.

Nous bâtissons un monde d’acceptation et de tolérance.

Nous envisageons notre avenir avec confiance et nous y croyons.

Implique-toi si tu veux améliorer ton monde.

Sois une inspiration pour autrui.

Tout commence chez nous.

1 « Hamas Caught Beating Arabs Who Try To Evacuate After Israeli Warning. » Israel Video Network RSS., 27 juillet 2014. <http://www.israelvideonetwork.com/hamascaught-beating-arabs-who-try-to-evacuate-after-israeli-warning>. 2 « CCTV: Hamas Missile Direct Hit in Kiryat Gat + Aftermath. » LiveLeak.com. <http://www.liveleak.com/ view?i=e89_1406846362>. 3 « Pallywood (Palestinian staged footage) Exposed. » Mystery Babylon Watch. <http://mysterybabylon-watch.blogspot. ca/2011/12/pallywood-palestinian-staged-footage.html>. Europe Israël. « Décryptage Gaza les faux enfants tués. » YouTube. 1 déc. 2012. <https://www.youtube.com/ watch?v=DmEBcpHqnHM&hd=1>.

En respectant l’ensemble des religions, nous honorons la nôtre.

En affrontant ta peur, elle ne sera plus un obstacle.

Levitt, Joshua. « Hamas a profité d’un cessez-le feu pour exécuter 25 Gazaouis. » Europe Israël  analyses, informations sur Israël, l’Europe et le Moyen-Orient. N.p., 28 July 2014. Web. 13 Aug. 2014. <http://www.europe-israel.org/2014/07/ le-hamas-a-profite-dun-cessez-le-feu-pour-executer-25-gazaouis-soupconnes-de-trahison-etaccuse-israel-de-leur-mort-video/>. 5 Erdbrink, Thomas. « Cries of ‘Death to America’ as Iranians Celebrate 35th Anniversary of Revolution. » The New York Times. The New York Times, 11 Fev 2014. <http://www.nytimes. com/2014/02/12/world/middleeast/anniversary-of-islamic-revolution-in-iran.html?_r=0>. 6

4 « Vidéo Le Hamas accusé d’exécutions sommaires par les ONG.»  MYTF1News. <http:// www.wat.tv/video/hamas-accuse-executionssommaires-1fudu_2exyh_.html>.

Nous nous engageons à communiquer nos valeurs à chaque occasion.

« Gaza : Le Hamas doit mettre fin aux meurtres et à la torture. » Human Rights Watch. 20 Apr. 2009. <http://www.hrw.org/fr/ news/2009/04/20/gaza-le-hamas-doit-mettrefin-aux-meurtres-et-la-torture>.

Entrevue radiophonique

« CPAM 1410 ProcheOrient Jean Ernest Pierre rencontre le Dr Bensoussan Comments. » La seule radio éthnique d’expression Française en Amérique du nord., 7 août 2014. <http://www.cpam1410.com/2014/08/procheorient-jean-ernest-pierre-rencontre-le-dr-bensoussan-2/>.

Ici, nous sommes chez nous.

Nous sommes reconnaissants à tous ceux qui nous ont ouvert le chemin.

Nous nous Nous sommes engageons à reconnaissants communiquer à tous ceux nos valeurs qui nous ont JPPS (Les Écoles juives populaires et les Écoles à chaque ouvert Peretz inc.) est une école de choix pour les parents occasion. le chemin.

désirant offrir à leurs enfants une éducation trilingue de haute qualité et une expérience riche en développement culturel, social et personnel dans la tradition et les valeurs juives

Nous Nous En respectant Nous une emphase particulière sur les études judaiques et célébrons-Nous mettons bâtissons l’ensemble apprenons l’apprentissage de l’hébreu notre Judaïsme un monde des religions, avec passion Nous par chacune-Nos étudiants participent à des nous échanges avec des écoles françaises d’acceptation et évoluons apprenons et à des voyages culturels de nos actions. et de honorons avec avec passion -Nous avons une excellente équipe d’enseignants hautement qualifiés tolérance. la nôtre. curiosité. et évoluons -Nos étudiants participent à la Ligue canadienne des mathématiques avec curiosité.

Nous envisageons Sois notre avenir authentique avec confiance dans tout ce et nous que tuyfais. croyons.

Sois une Nous serons heureux de inspiration vous accueillir le 29 octobre 2014pour à 19autrui. h à nos portes ouvertes!

Chez nous, c’est JPPS.

5170 Van Horne Avenue, Montreal 514-731-6456

-Nous avons une journée de sensibilisation professionnelle -Nous avons plusieurs activités enrichissantes sur le plan personnel et éducatifEn affrontant Implique-toi Sois ta peur, elle si tu veux authentique ne sera plus améliorer dans tout ce un obstacle. ton monde. Notre mission est de former des que tuétudiants fais.

trilingues à la sortie de JPPS, qui seront à l’aise pour poursuivre leurs études dans l’école secondaire de leur choix, afin qu’ils puissent contribuer plus tard au vécu de la communauté juive et québecoise

Tout commence chez nous.

Chez nous, c’est JPPS. jppsbialik.ca magazine LVS | septembre 2014 25


sans

Réflexions à l’emporte pièce

Elie Benchetrit

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magazine LVS | septembre 2014

Ces lignes sont écrites alors que nous entrons dans la troisième semaine de l’opération « bordure protectrice » menée par Tsahal dans la bande de Gaza. Malgré la mort de nombreux soldats et de civils, nous continuons de prier et d’espérer pour que survienne la fin des combats et des souffrances occasionnées par un conflit dont le seul responsable, répétons-le haut et fort, n’est nul autre que le Hamas dont la Charte, faut-il le rappeler, réclame la disparition pure et simple de l’État d’Israël et la mort de tous les juifs où qu’ils se trouvent. Les communautés juives, à travers le monde étant, à une majorité écrasante, solidaire de l’État d’Israël, ont vécu et vivent encore des moments difficiles et tout particulièrement celle de France, victime d’actes antisémites presque quotidiens commis par des bandes de voyous qui prétendent de cette manière défendre la cause palestinienne. Malgré quelques incidents fâcheux ici à Montréal, nous n’en sommes pas là heureusement ! Cependant la vigilance est de mise. N’oublions pas le parti pris des médias québécois et principalement des médias francophones qui, dans la presse écrite et dans les chaînes de télévision n’ont cessé de vilipender Israël depuis des semaines en montrant en boucle les scènes de destruction chez les civils palestiniens sans donner presque jamais la parole à des responsables israéliens ou à des civils et tout particulièrement aux habitants des villes comme Sdérot, Beersheba, Ahskelon qui vivent l’enfer sous les tirs des roquettes du Hamas. Tout se passe pour les auditeurs comme si un beau matin, le gouvernement israélien avait décidé, sur un coup de tête de son premier ministre, d’envoyer son aviation puis son armée de terre et de mer aller bombarder des civils innocents dans la bande Gaza : le manichéisme à son meilleur et surtout l’absence de nuance sont au rendez-vous tous les jours au moment des nouvelles. Si vous avez assisté à l’entrevue télévisée sur RDI menée par Sébastien Bovet avec le Consul général d’Israël à Montréal, M. Joël Lion, vous avez pu constater la mauvaise foi et le parti pris du journaliste tant par ses questions insidieuses que par le ton de celles-ci. Si vous avez lu les articles du rédacteur en chef du quotidien la Presse André Pratte, renvoyant dans un éditorial dos à dos le Hamas et Israël , si vous avez suivi les reportages d’un Luc Chartrand, journaliste à RDI ou d’une Marie-Ève Bedard envoyée spéciale au Proche-Orient, avec la larme au coin de l’œil devant les ruines des maisons de Gaza, vous avez tout compris du manque d’impartialité, du peu de professionnalisme et de l’absence totale d’éthique journalistique de la presse Québécoise francophone. J’oubliais… L’appel

constant de la part de Radio Canada à des « spécialistes  » du Proche-Orient tels que le professeur Rashad Antonius, plus connu pour son militantisme pro-palestinien que pour sa connaissance des dossiers de cette région du monde et enfin la cerise sur le gâteau : le communiqué de presse de Québec Solidaire, signé par dame Françoise David condamnant Israël et grondant un peu le Hamas, le ridicule ne tue toujours pas. La communauté juive montréalaise, pour revenir à elle, a cependant devant tant de mauvaise foi et d’hypocrisie, réagi avec dignité en manifestant massivement son soutien indéfectible à Israël lors d’un rassemblement de près de 3000 personnes le 21 juillet dernier au siège de la Fédération CJA. Il n’y a pas eu des cris de haine envers le peuple palestinien, il n’y a pas eu non plus de drapeau palestinien brûlé, ni des appels au meurtre, mais bien au contraire une démonstration de la dignité et du respect de la vie qui constituent nos plus belles valeurs juives. En un mot, comme l’a si bien dit le Consul général d’Israël  : «  Cette guerre n’est pas une guerre contre les Palestiniens, mais une riposte aux attaques contre les civils israéliens menées par le Hamas. » Pour changer de sujet et revenir à un registre plus terre à terre, j’ai lu avec grand intérêt la série d’articles du journaliste Paul Lungan parue dans les numéros du Canadian Jewish News du 7,14 et 21 mai portant sur les problèmes de la Cacherout à Toronto et des enjeux économiques qui en découlent. Le rôle du COR (le pendant du MK à Montréal) face au Badatz Toronto Kosher Certification Agency créé par le Rabbin Moshé Bensalmon et le Rav Amram Assayag de la Kehila Center en 2008 nous en dit long sur la guerre qui oppose deux organismes qui se battent pour la certification de la cacherout non seulement de la viande et des produits de consommation courante, mais également des traiteurs qui souhaitent bénéficier du précieux label. Je me demande à quand un vrai dossier sur la cacherout à Montréal initié par LVS pourquoi pas ? Un dossier qui nous renseignerait davantage sur les tenants et aboutissants d’une entreprise, le Vaad Ha’Ir, qui tire ses revenus de la consommation de viande et de produits cacher, des taxes imposées aux traiteurs et aux restaurateurs et qui finalement, faudra-t-il le répéter ad nauseam, viennent en grande partie des poches de la clientèle sépharade qui se plaint des prix exorbitants de la viande en particulier, mais qui n’agit pas. Le sigle MK a encore de beaux jours devant lui. Élie Benchetrit


Opinions sans frontières

La faillite morale des intellectuels québécois En entrevue, la semaine dernière avec la chaîne publique allemande Deutsche Welle, la figure de proue du pacifisme israélien, l’écrivain Amos Oz, déclarait son soutien à la contre-offensive israélienne visant à enrayer durablement l’arsenal de la terreur du Hamas et ajoutait ceci à propos des tactiques criminelles du mouvement islamiste palestinien : «  Je crains qu’il n’y ait aucun moyen d’éviter de faire des victimes civiles parmi les Palestiniens tant que le voisin assoit son enfant sur ses genoux tandis qu’il tire sur votre garderie. »

David Ouellette

La lucidité de cet indéfectible partisan de la paix et critique du gouvernement israélien actuel tranche avec la myopie idéologique et ce qu’il convient d’appeler l’humanisme dévoyé du manifeste anti-israélien publié le 1er août dans Le Devoir (« L’abandon de la vocation pacifique  »). En appelant à un embargo militaire sur Israël tout en cautionnant moralement le terrorisme du Hamas qu’il faudrait reconnaître comme un « acte de résistance », ce texte s’avère être une pernicieuse imposture de pacifisme. Sous prétexte de pacifisme, les auteurs et les signataires voudraient priver Israël de son droit et de son devoir inaliénables de défendre sa population. À cet égard, on ne peut que se féliciter de la clairvoyance du Parti conservateur, du Parti libéral du Canada et du Nouveau Parti démocratique, qui guide leur soutien à Israël. Aucune armée au monde ne prend autant de précautions qu’Israël pour épargner la population civile palestinienne. Aucune armée au monde ne révèle à son ennemi où et quand il va frapper comme Tsahal le fait. Et si les lourdes pertes civiles palestiniennes sont à déplorer, il ne faut pas perdre de vue que le Hamas se rend coupable d’un double crime de guerre en ciblant délibérément les civils israéliens tout en utilisant sa propre population comme écran protecteur. Pas plus tard que le 30 juillet dernier, John Ging du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a reconnu sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada que le Hamas et les autres groupes terroristes de Gaza tirent leurs roquettes sur Israël à proximité des refuges onusiens pour civils palestiniens et depuis des zones résidentielles. Certes, les images de Gaza heurtent notre humanité. Mais on n’entend pas les auteurs et les signataires s’indigner des crimes commis par le Hamas contre son propre peuple. Comme on ne les voit pas monter aux barricades pour décrier le seul vrai charnier au

Moyen-Orient qu’est devenue la Syrie où plus de 170 000 personnes ont perdu la vie dans une boucherie dont sont complices les alliés libanais (le Hezbollah) et iraniens du Hamas. Pourquoi cette indignation sélective contre le seul État juif ? Pourquoi ne se sont-ils pas manifestés lorsque le régime du boucher de Damas a assiégé et affamé les Palestiniens de Yarmouk ? Leurs cris d’indignation actuels comparés à leur silence assourdissant sur ce véritable carnage sont révélateurs. Ne considérer un conflit armé que sous la seule lorgnette du bilan des morts condamne à un regard superficiel. Si cette arithmétique morbide définissait l’agresseur, à ce compte, l’Allemagne aurait été attaquée par l’Angleterre en 1939-1945 et la Serbie de 1999 aurait été la victime de l’OTAN. La contre-offensive israélienne gagnerait-elle en légitimité morale si davantage d’Israéliens mouraient sous le feu du Hamas ? Alors que le Hamas a refusé les appels au calme d’Israël avant le déclenchement de l’opération Bordure protectrice, qu’il a rejeté une proposition de cessez-le-feu endossée par la Ligue arabe et l’Autorité palestinienne, mais acceptée par Israël et qu’il a violé le 1er août dernier une cinquième trêve humanitaire, l’identité de l’agresseur devrait être claire. Quand le secrétaire général des Nations Unies (organisation peu suspecte d’être proIsraël) Ban Ki-moon condamne fermement le bris du cessez-le-feu et le kidnapping d’un Israélien par le Hamas, mais que les intellectuels québécois ne sont pas capables d’en faire autant, c’est le signe d’une grave faillite morale. Si les auteurs et les signataires de ce manifeste se souciaient véritablement du sort des Palestiniens, ils condamneraient le Hamas, qui a déclenché ce tragique conflit au mépris des 70 % de Gazaouis opposé aux tirs de roquettes du Hamas sur Israël, selon un sondage publié en juin par le Washington Institute for Near East Policy, plutôt que d’appeler à la stigmatisation d’Israël. Si ces vertueux pétitionnaires aspiraient vraiment à la paix, ils formeraient l’espoir que ce conflit affaiblira durablement le Hamas dont la seule raison d’être est de boucher tout horizon de paix et d’espoir à la fois pour le peuple palestinien et les Israéliens. Pourquoi cette indignation sélective contre le seul État juif ? David Ouellette Directeur associé, affaires publiques (Québec), Centre consultatif Cet article a déjà paru dans Le Devoir, le 4 août 2014.

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Décalé Tu parles d’un truc ouf. Date de tombée oblige, j’écris cette chronique, que vous lirez à quelques jours des fêtes de Tishri, en plein mois de juillet. Aujourd’hui, mon aujourd’hui à moi, pas le vôtre, qui pour moi sera demain, enfin dans quelques semaines, je me fouille pour savoir de quoi vais-je vous entretenir. Exercice de haute voltige que de me mettre dans vos baskets et vous imaginer en pleins préparatifs des fêtes de Rosh Hashana ; anticiper votre mise en condition pour les Yamim noraïm et le cérémonial de Kippour ; vous visualiser en train de monter la souccah sur le balcon et choisir avec méticulosité votre ensemble Loulav-Etrog. Vous me suivez ? L’expérience de la double fente, ça vous dit quelque chose ? Non ? Laissez-moi vous expliquer. Mais comme nous sommes, enfin vous, pas moi qui suis en juillet, à la veille des fêtes et que vous avez d’autres chats à fouetter ; compréhensif, je vous la fais courte. On prend pour acquis que l’on ne peut se trouver dans deux endroits différents, en même temps. Il semble qu’il n’en est rien. Richard Feynman, un des bonzes de la physique quantique, a démontré qu’un même électron, ce bitoniau infinitésimalement microscopique, passe simultanément par deux fentes et se retrouve dans deux lieux différents au même instant. Il y a de quoi flipper, non ? C’est un peu l’idée de cette chronique. Malgré la distance et le temps, elle conserve la même saveur, la même texture et ne subit aucune altération entre le moment où je la rédige et celui où vous la lisez ; comme si l’espace et le temps se contractaient, jusqu’à ne plus être. Vous me suivez ? Non ? Alors, plongez dans le nouvel opus de l’auteur de la célébrissime « Formule de D.ieu  », José Rodrigues dos Santos: « La clé de Salomon ». Dos Santos, romancier journaliste, reporter de guerre et présentateur vedette du 20 heures au Portugal, dont l’érudition et la culture scientifique ont de quoi nous filer des complexes, explique en quelque cinq cents pages ce dont il est question. Ce que j’essaie de vous expliquer, c’est qu’il est possible, quoique guère aisé, de me mettre aujourd’hui, journée caniculaire de juillet, dans vos charentaises automnales c’est à dire maintenant, pour vous lecteur, alors qu’il fait 38 degrés et que je consacre une partie de mes après-midi aux matchs du Mondial et le reste du temps à suivre l’évolution de la situation en Israël. Au moment d’écrire ces lignes, Tsahal est prête pour une intervention terrestre d’envergure à Gaza et l’Argentine et l’Allemagne, pour la grande finale. Je ne peux, même si la température s’y prête, vous parler du plaisir éprouvé à musarder en terrasse, à admirer les déambulations de la gent féminine en tenue estivale, tout en sirotant un café frappé ; ce serait inconvenant, pour ne pas dire indécent. D’autant qu’il faudrait que je me botte le cul pour me motiver. Exercice des plus

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ardus, vu que la souplesse de mes vingt ans m’a laissé en plan depuis belle lurette ! Théoriquement, je devrais vous entretenir d’un sujet sérieux, un truc prise de tête du style les nouveaux contours de l’identité séfarade en Amérique du Nord ou la paix au Proche-Orient entre chimère et utopie. Vous voyez le genre. Une chronique taillée sur mesure pour ces fêtes marquées du sceau de l’introspection et du bilan. Pas capable. Après huit mois d’un froid de banquise et d’un printemps qui n’a eu de printemps que le nom, j’émerge à peine de mon hibernation. Autant vous le dire : je me traine une flemme pas possible. Aussi, le temps d’une chronique, mettons de côté l’avenir de la Communauté, les enjeux identitaires, la droitisation de la communauté juive, l’« orthodoxisation  » d’une part grandissante de la jeunesse sépharade et autres graves questions. Ce sera pour une prochaine fois. Décalé et d’humeur feignasse, je suis plutôt dans le mood pour un sujet léger et détendant. Envie de vous parler d’écriture, de bouquins et de romans, tout particulièrement de romans israéliens ; d’autant que je vous avais promis, dans ma première chronique, de partager avec vous quelques-uns de mes coups de cœur. Cochon qui s’en dédit. D’accord, à la veille des fêtes, ce n’est guère de circonstance, le cochon, pas la littérature ! Suivez un peu, bon sang ! Et puis, avec ce qui se passe au Pays, je me dis que c’est une façon comme une autre d’exprimer notre solidarité avec nos frères, cousins et amis israéliens. J’aurais voulu vous entretenir du livre de Dror Mishani, une disparition inquiétante, sans doute le premier vrai polar israélien, ou encore des 7 années de bonheur de Etgar Keret, qui, avec un humour décapant, relate, sous forme de chroniques jouissives et désopilantes, ses années passées à Tel-Aviv. Faute d’espace, comme de juste, je me vois contraint à des choix déchirants. Décalé et un brin nostalgique des Hayou Zmanim, je vous présente les récents opus de deux immenses écrivains qui, chacun à sa manière, incarnent l’Israël d’hier, celui d’avant même la création de l’état, avec ses rêves et ses aspirations et celui d’aujourd’hui, avec ses fêlures et ses questionnements. Davantage que des coups de cœur, c’est de la tachycardie que j’ai ressentie à la lecture ces deux romans. À lire, pour améliorer votre cardio !

Amos Oz, la voix de la paix « Entre amis », Gallimard 2103 Encore un, un de plus. « Entre amis » est son plus récent chef-d’œuvre. En moins de 160 pages, Amos Oz rassemble tout le monde de ses racines. Pour les lecteurs de «  Ailleurs peut-être », « Mon Michaël », « Un juste repos » ou « La boite noire » — tous ses romans de ré-

flexion sur Israël s’interrogeant sur son destin — « Entre amis » est comme des retrouvailles, dont la méthode est connue : prendre des personnages dans un huis clos, les faire se croiser, se retrouver au fil d’histoires diverses, dissemblables, toujours éclairantes sur un ton général : celui du désenchantement. Amos Oz, longtemps membre du Kibboutz Houlda, immense écrivain et militant infatigable de « La Paix maintenant », qui ne voit guère de solution au conflit du Proche-Orient, continue, pour notre plus grand bonheur et ravissement, de conter, porter témoignage et rassembler, avec un brin de nostalgie, les aspirations d’hier et les confronter au présent. Depuis le temps, on croyait pourtant s’être habitués à ses histoires. Eh bien, non. « Entre amis » nous touche au plus profond de notre être et nous rappelle, avec beaucoup de tendresse, cette époque glorieuse des premières années de Médinat Israël, ce rêve sioniste récité au moins une fois l’an à l’occasion de Pessah et de cette utopie réalisée que fut le kibboutz. Dès les premières pages, le lecteur se remémore la phrase de Théodore Herzl Im tirtzou, ein zo hagada (si vous le voulez, ce ne sera pas une légende). Les personnages, hauts en couleur des huit nouvelles que constitue «  Entre amis  », évoluent au kibboutz Yikhat. Kibboutz aussi imaginaire qu’exemplaire, quelque part dans les années 50, à une époque où l’État d’Israël restait encore à inventer. Ces nouvelles, construites autour de personnages fabriqués d’amour et de colère, évoquent les conflits psychologiques ou intérieurs de cette société idéale – le kibboutz — de laquelle l’homme nouveau devait émerger. Il y a Tzi, jardinier hors pair et oiseau de mauvaises augures, qui se réjouit de tous les malheurs du monde ; Ariella, qui se prend d’affection pour Osnat, l’exfemme de son compagnon Boaz ; Nahum, veuf, électricien solitaire qui ne peut accepter sans broncher qu’Edna, sa fille unique de 17 ans le quitte pour aller vivre avec son vieil ami David, professeur et ainé de 35 ans de cette dernière (« Entre amis », la nouvelle qui donne son titre au livre). Il y a aussi le jeune Moshé, qui quitte le kibboutz chaque mois pour rendre visite à son père hospitalisé ; Roni, qui défend violemment son tout jeune garçon, pris à partie par les autres gamins de son âge dans la maison des enfants, le domaine qui leur est réservé. La solitude, les difficultés du couple, les enfants qui veulent leur liberté, l’espérance d’une vie meilleure, la paix entre les peuples ; voici quelques-uns des thèmes qui traversent ce livre beau et sombre « comme une longue plainte murmurée dans le noir d’une campagne ouverte  », selon les mots de Gilles Pudlowski. La pluie, le froid, la nuit accompagnent bien souvent les quelques histoires cruelles qui évoquent, sans complaisance, le


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pays où coulent le lait et le miel. Cet univers clos, microcosme d’une société se voulant idéale, se heurte à ses propres idéaux. On connait le style d’Amos Oz, son refus d’une écriture ampoulée, son goût pour la sobriété, sa justesse du ton sans jamais élever la voix. Comme jamais, son économie de mots n’aura fait autant de merveilles. Ces nouvelles forment un grand livre.

Meir Shalev, le Woody Allen d’Israël « Ma grand-mère russe et son aspirateur américain », Gallimard 2013 Disons-le d’entrée de jeu, avec un titre comme celui-ci, le nouveau roman de Meir Shalev a de quoi intriguer. Ce récit raconte plusieurs histoires. Celle de Yeshanyahou, un homme renié par son frère Aaron depuis qu’il a immigré en Californie, adopté un mode de vie capitaliste et changé son prénom pour Sam. C’est lui qui enverra le fameux aspirateur à sa belle-sœur, Tonia, femme de tête et maniaque jusqu’à l’obsession de la propreté qui gère la ferme familiale au Mochav de Nahalal en Galilée d’une main de fer, avec en permanence un chiffon sur l’épaule, traquant le moindre grain de poussière. C’est également l’histoire d’Aaron, qui a quitté son Ukraine natal pour s’établir en Palestine au début des années 20, dans le cadre de la deuxième Alya et qui passe pour un véritable Tilignat (un intello citadin qui écrit plutôt que de travailler la terre) en raison de ses écrits dans le journal local, et ce, même si son savoir-faire, en matière de transplantations et de météorologie, est reconnu par tous les mochavnikim. Des gens fantasques, durs parfois, qui ne sont d’accord sur rien, mais qui restent très attachants. Tantôt secs comme un morceau de Matza, tantôt tendres comme une tranche de viande fumée, ils contribuent à leur manière à l’élévation de quelque chose plus grand qu’eux : l’État d’Israël. Et l’aspirateur dans tout ça ? Et bien, cet aspirateur, modèle haut de gamme de la marque General Electric «  grand comme une barrique avec un charriot brillant et des roues en caoutchouc noir  », surnommé Sweeper, constitue la pièce maitresse du plan diabolique concocté par l’oncle Sam pour secouer son frère Aaron et sa belle-sœur Tonia, la grand-mère du narrateur. Après la révolution d’octobre, alors qu’une importante partie de la communauté juive quitte la Russie pour émigrer en Palestine, se développe une méfiance toujours plus grande vis-à-vis de l’Amérique au sein des communautés socialistes de la région. Autant dire que Sam est considéré comme le traitre et un renégat de la dynastie, à plus d’un titre  : un vulgaire capitaliste non sioniste qui essaie de se racheter par l’envoi d’enveloppes

pleines de dollars que son frère lui retourne sans même les ouvrir. Puisque la stratégie de réconciliation par les enveloppes n’a pas fonctionné et connaissant l’obsession de sa belle-sœur pour la propreté, Sam décide de lui envoyer le tout dernier modèle d’aspirateur. Personnage à part entière, Sweeper devient le moteur des histoires familiales, des tensions intergénérationnelles et des anecdotes les plus folles. Il faut dire que cet objet magique possède un secret. Tonia découvre avec horreur et stupéfaction que la saleté, bien qu’invisible, n’a pas disparu de la maison, mais s’est confortablement installée dans le ventre de ce cheval de Troie. Panique et consternation. Comment faire pour que ce ramassis de saletés cesse de polluer l’immaculée demeure familiale ? Rien que de savoir que, quelque part, la saleté se tapit dans SA maison, rend Tonia complètement hystérique. Aussi, pour le bien de tout un chacun, il est impératif de trouver une solution satisfaisante et définitive. Rien de moins que le Herem et le GueiHinnom, lieu des réprouvés, sauront satisfaire Tonia. Aussitôt dit, aussitôt fait. Sweeper se retrouve irrémédiablement enfermé à double tour dans la salle de bains, enveloppé dans un linceul blanc. Un enterrement, Kaddish en moins. Il y restera prisonnier durant 40 ans, avant de revoir la lumière du jour et se volatiliser. Plusieurs versions de sa disparition existent, plus fantasques et tordues les unes que les autres, que Meir Shalev nous présente avec une verve désopilante. Mais qu’importe. Meir Shalev nous plonge avec une légèreté jouissive dans son invraisemblable histoire de famille et dégage avec finesse et humour les ambigüités de la société israélienne en devenir. Ce récit, sur la période qui a précédé la naissance de l’État d’Israël, n’est pas sans nous rappeler « Entre amis », d’Amos Oz. Une histoire totalement déjantée, un humour décapant où l’auto dérision occupe une place d’honneur, des personnages plus vrais que nature ; avec ce roman rocambolesque, que l’on ne peut lâcher avant de l’avoir terminé, Meir Shalev nous offre 240 pages de pur bonheur. À lire avec délectation. Meir Shalev, né en 48 à Nahalal, a écrit son premier roman, que la terre se souvienne, à l’âge de 40 ans. Il est le fils du poète Yitzhak Shalev, une sommité de la littérature en Israël, et le cousin de la romancière Zeruya Shalev, auteure du sulfureux Vie amoureuse qui a déclenché de vives polémiques en Israël, avant d’obtenir le Golden Book Prize. Est-il besoin de préciser que chez les Shalev, le gène de l’écriture talentueuse existe bel et bien et qu’il est transmissible ?

Maurice Chalom Si j’en crois la rumeur qui se répand et les bruissements qui courent, et si je prête foi au ouï-dire ; il est fort probable que la présente chronique soit mon ultime contribution à LVS. Il parait, sous toute réserve et en attente d’une confirmation officielle, que le magazine de la Communauté s’apprêterait à faire peau neuve et, tel un Sphinx, renaitrait sous une nouvelle forme. D’après ce qui se susurre en haut lieu et se chuchote en coulisses, LVS nouvelle mouture serait encore plus consistante, diversifiée, pertinente, audacieuse et paraitrait plus fréquemment que sa vénérable génitrice. Si la rumeur s’avère, il y a tout lieu de s’en réjouir, car, comme dit l’adage : Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Je suis pleinement conscient, cher lecteur, que pareille rumeur, transmutée en fait, a de quoi surprendre et vous émoustiller. Je comprends et partage votre émotion. Mais de grâce, faites preuve de patience et de retenue, tenez-vous coi et gardez le champagne au frais en attendant, telle l’Annonce à Marie, la publication des bans, avant de souhaiter Mazal tov et longue vie à la nouvelle revue. J’anticipe vos inquiétudes légitimes. Aurez-vous le bonheur extatique de me retrouver dans les pages de LVS réinventée et connaitrezvous, à nouveau, cette montée d’adrénaline et l’accélération de vos battements cardiaques que vous avez ressenties, au cours des deux dernières années, en lisant mes chroniques ? N’étant pas dans le secret des Dieux, je n’en ai aucune idée. Aussi, pas d’emballement, car, au moment d’écrire ces lignes, il ne s’agit que de rumeurs et ouï-dire. Savlanout, savlanout ! D’ici là, laissez-moi vous offrir mes vœux décalés de Shana Tova oumétouka et vous souhaiter une année emplie d’actes de bonté et de bienfaisance. Bonne lecture et à bientôt, peut-être. Maurice Chalom

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« Los judios de Fidel et Raul Castro vivent dans une grande prison totalitaire : Cuba » « Les Castro ont toujours été viscéralement anti-israéliens » L’écrivaine et dissidente Cubaine Zoé Valdès

Une entrevue avec la grande écrivaine et dissidente Cubaine Zoé Valdés La grande romancière, essayiste, poétesse et scénariste Cubaine, Zoé Valdés, ne fait pas dans la dentelle lorsqu’elle égrène ses réflexions sur la situation politique et sociale très délétère qui prévaut à Cuba. Née en 1959 à La Havane, dans une famille Catholique, et interdite de séjour à Cuba depuis 1995, Zoé Valdés vit aujourd’hui en exil à Paris. Cette dissidente invétérée est une des plus célèbres et farouches opposantes au régime castriste. L’imposante oeuvre littéraire de Zoé Valdés, constituée d’une quarantaine de romans, essais et recueils de poèmes, a été traduite en 45 langues.

Elias Levy « À l’instar de leurs concitoyens nonJuifs, les Juifs de Cuba, qui forment une petite Communauté de quelque 1000 âmes, se battent fougueusement pour survivre quotidiennement dans l’effroyable enfer castriste, où la répression politique, le rationnement alimentaire, le cynisme idéologique d’un régime dictatorial impitoyable, la prostitution de jeunes adolescent(e)s aux abois… sévissent cruellement dans un pays en pleine déliquescence. »

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Son dernier livre traduit en français : La Chasseuse d’Astres (Éditions Jean-Claude Lattès, 2014). Ce roman magnifique relate avec finesse la vie d’une peintre surréaliste oubliée et d’une jeune poétesse Cubaine désarçonnée. Un siècle les sépare, et pourtant ces deux femmes rebelles sont animées par la même soif d’Art et de liberté… Rencontre avec une brillante écrivaine Latino-Américaine qui ne cesse de nous rappeler que la Littérature ne console de rien. «  La littérature est douleur, inquiétude, séparation… mais elle donne aussi le plaisir de ne pas oublier  », murmure avec suavité cette grande voix dissidente cubaine.

LVS : Quels souvenirs gardez-vous de la Communauté juive de Cuba ? Zoé Valdés  : J’ai grandi dans un Quartier populaire de La Havane, la Calle Muralla de la Plaza Vieja, où beaucoup de Juifs européens ont établi leurs pénates dans les années 40, une époque lugubre où les persécutions nazies battaient leur plein dans les pays du Vieux Continent envahis par la soldatesque du IIIe Reich hitlérien. J’ai côtoyé des Juifs pendant toute mon enfance. Nous appelions la Calle Muralla de la Plaza Vieja de La Havane la Calle de los Judios Polacos — « Rue des Juifs Polonais  » —, appellation désignant les Juifs Ashkénazes. Dans ce Quartier populaire, des immigrés Juifs, originaires des pays d’Europe Centrale et de l’Est, Chinois et Irlandais cohabitaient très harmonieusement. Mon grand-père était un Chinois natif de Canton. Les fruiteries chinoises jouxtaient les établissements commerciaux juifs et les boucheries irlandaises. Les Juifs exerçaient les métiers de pelletier, imprimeur et tailleur, et étaient propriétaires des magasins de textiles. Une famille israélite tenait aussi la Librairie du Quartier. LVS : La Calle Muralla de la Plaza Vieja, où vous avez grandi, était donc un modèle de coexistence interethnique. Z.V. : Oui. Les trois Communautés immigrantes, juive, chinoise et irlandaise, qui y habitaient, tout en s’escrimant à perpétuer leurs


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Fidel et Raul Castro ont transformé Cuba en la ferme des Castro traditions culturelles et religieuses, vivaient et commerçaient ensemble dans un esprit fraternel. J’ai grandi en respirant l’odeur d’anis envoûtante qui émanait des murailles regorgeant de plantes de la Calle Muralla de la Plaza Vieja. LVS : Pendant la Deuxième Guerre mondiale, essayant désespérément de fuir le régime hitlérien, de nombreuses familles juives d’Allemagne et d’autres contrées européennes trouvèrent refuge à Cuba. Z.V.  : En 1939, Federico Laredo Bru est passé sinistrement à l’Histoire pour avoir été le Président Cubain qui a interdit l’entrée sur l’Île à plus de 900 réfugiés Juifs Allemands fuyant le nazisme, passagers du Paquebot Saint-Louis. Ces réfugiés désespérés furent rapatriés de force en Allemagne. La majorité d’entre eux périrent dans les chambres à gaz nazies. Le successeur de Laredo Bru, Fulgencio Batista, fut le seul Président en Amérique latine à avoir déclaré ouvertement la guerre à Adolf Hitler et permis à des bateaux transportant des réfugiés Juifs d’accoster dans le port de La Havane. LVS : Le régime de Fidel Castro et de son successeur, son frère Raul Castro, a toujours été férocement anti-israélien. Z.V.  : Absolument. Les Juifs Cubains endurent depuis cinquante-cinq ans l’antisionisme viscéral du régime castriste. L’antisionisme débridé des Castristes revêt souvent les oripeaux hideux de l’antisémitisme. Fidel Castro a toujours été très anti-Israël. Par ailleurs, il a maintenu fermée la Synagogue de La Havane pendant presque deux décennies. Cette Institution cultuelle israélite ne réouvrit ses portes qu’au début des années 90, dans la foulée du regain de religiosité que la société cubaine a connue après l’effondrement de l’U.R.S.S., allié inconditionnel du régime des Castro. De nombreuses Églises catholiques furent aussi réouvertes.

Dans les années 70, la Cuba de Fidel Castro fut le premier pays du Bloc communiste et du Mouvement des nations non-alignées à accueillir à bras ouverts l’Organisation de Libération de la Palestine (O.L.P.) de Yasser Arafat, un Mouvement très radical, dont la marque de commerce a toujours été la pratique tous azimuts d’un terrorisme aveugle et très meurtrier, qui a coûté la vie à des centaines de civils Israéliens. L’O.L.P. avait un Bureau de représentation très actif à La Havane. Fidèle Castro négocia à un prix très élevé le départ des Juifs Cubains vers Israël. LVS : Le régime castriste est-il antisémite ? Z.V.  : Les années 70 furent particulièrement éprouvantes pour les Juifs Cubains. Les conseillers soviétiques présents à Cuba, qui étaient très antisémites, encourageaient les Autorités castristes à afficher ouvertement leur hostilité à l’endroit de l’État d’Israël. Cet antisémitisme échevelé a eu des répercussions très néfastes sur la vie quotidienne des Juifs Cubains. Force est de rappeler qu’à Cuba, l’antisémitisme émane des cénacles politiques castristes et non de la population. Les Cubains, qui sont un peuple métissé, ne sont pas antisémites. Leurs origines espagnole, africaine, européenne, chinoise… les ont toujours prédisposés à bien accueillir les étrangers. LVS  : Des Juifs militaient-ils dans les rangs du Parti Communiste cubain ? Z.V.  : Non, les Juifs étaient exclus des activités politiques du Parti Communiste cubain. Saul Yelin était une figure marquante de l’intelligentsia cubaine. Au début des années 70, ce réputé cinéaste Juif très aimé par le peuple cubain, proche ami du célèbre cinéaste italien Bernardo Bertolucci, souhaitait adhérer au Parti Communiste cubain. Il demanda une carte de membre. Fidèle Castro refusa catégoriquement de la lui octroyer en prétextant, sans la moindre gêne, qu’un Juif ne pouvait pas être

Communiste. Saul Yelin décéda peu de temps après d’un infarctus. À son enterrement, son ami, le grand écrivain Cubain Alfredo Guevara, déclara très courageusement : « Saul a été victime d’un crime politique odieux ». LVS  : Les perspectives d’avenir du Judaïsme cubain sont plutôt sombres ? Z.V. : Aujourd’hui, les quelque 1 000 Juifs qui vivent à Cuba partagent la même destinée funeste que leurs concitoyens non-Juifs : survivre dans un enfer morbide, où la vie est chaque jour plus difficile ». La Cuba des Castro est un pays exsangue en plein naufrage. LVS  : Une rumeur tenace circule toujours à Cuba selon laquelle Fidel Castro aurait des origines juives. Ce ragot est-il fondé ou relève-t-il d’une fable burlesque ? Z.V.  : L’enfance de Fidel Castro ne fut pas une partie de plaisir. À l’École primaire, il était le vilain petit canard qu’on ignorait dans la cour de récréation et qu’on montrait du doigt à longueur du temps. Ses camarades de classe le toisaient comme un animal de foire. Au début, il ne comprit pas quand on lui lança, la bouche pleine de mépris, l’anathème « Sale juif ! » Interloqué, Fidel croyait que ses compagnons d’étude le comparaient à ce petit oiseau au bec noir curieusement dénommé Judio qui pullule dans les plaines de Cuba. Le journaliste français Serge Raffy a relaté cet épisode méconnu de la vie de Fidel Castro dans une biographie passionnante qu’il a consacrée à ce dernier — L’Infidèle (Éditions Fayard, 2003). Il avait beau chercher, le futur Lider Maximo ne trouvait pas l’origine de l’ostracisme qui le frappait. Il était bien conscient qu’un « mystère abyssal » lui échappait. LVS : Fidel Castro a-t-il fini par élucider ce mystère lancinant qui le taraudait profondément ? Z.V.  : Oui. Un jour, les Frères Maristes espagnols du Colegio de La Salle qu’il frémagazine LVS | septembre 2014 31


quentait, à Santiago de Cuba, lui apportèrent la lumière. Ils finirent par lui expliquer son étrange situation. À 7 ans, Fidel Ruiz Castro n’était pas encore baptisé, comme ses petits camarades. Or, à Cuba la très catholique, un enfant non baptisé était forcément Juif. Durant les cours de catéchisme dispensés par les Frères Maristes, Fidel apprit que les « Juifs avaient assassiné le fils de Dieu, Jésus-Christ ». En bonne logique, à la suite de cette révélation inopinée, Fidel se mit à penser qu’il était un peu responsable de la mort de Jésus-Christ. Le gamin était plongé dans une grande détresse. Comment se faire pardonner pareil crime ? Quel châtiment allait s’abattre sur lui ? Le soir, en rentrant chez ses tuteurs, il s’interrogeait : « Suis-je un monstre ? » Comme nul ne lui apportait la moindre réponse, il décida de devenir monstrueux… LVS : L’embargo économique américain, décrété par le gouvernement de John F. Kennedy en 1962, ne rend-il pas plus ardues les conditions de vie de la population cubaine ? Z.V. : C’est l’exutoire rabâché par les Castristes depuis cinquante-deux ans. Il faut rappeler que cet «  embargo  », qui est contourné aisément via le Mexique et le Venezuela, ne s’applique pas aux médicaments ni aux produits agricoles. En 2013, le gouvernement cubain a acheté aux États-Unis 975 millions de dollars US d’aliments et de produits agricoles. Mais ces vivres ont été consommés par les Castro et leurs apparatchiks zélés et non par le peuple cubain, qui lui crève de faim. Tout ce qui est acheté par le gouvernement cubain, c’est pour les Castro et leurs amis. Le peuple cubain n’a même pas droit à des miettes. Aujourd’hui, Cuba n’est pas un pays mais une grande ferme. La ferme des Castro ! LVS  : Le regard que vous portez sur la Cuba des Castro est des plus décapants. Vos critiques très véhémentes ne sont-elle pas parfois excessives ? Z.V.  : Cinquante-cinq ans après une Révolution qui fut prétendument faite pour éliminer la pauvreté, éradiquer l’analphabétisme,

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créer un pays qui serait un modèle mondial de développement économique et social, eh bien, nous pouvons affirmer que la seule chose à porter au crédit de la Révolution castriste a été un appauvrissement accru et l’aggravation de la misère du peuple cubain. Dans la Cuba des Castro, l’alphabétisation a cédé la place à l’endoctrinement communiste. Résultat sinistre de la Révolution castriste : aujourd’hui, les Cubains occupent un des derniers rangs mondiaux en matière de développement socioéconomique. LVS  : La situation actuelle des femmes Cubaines vous préoccupe aussi beaucoup. Z.V.  : Aujourd’hui, la situation des femmes à Cuba est désastreuse. Ces dernières ne bénéficient d’aucune protection sociale, ni syndicale. À Cuba, la condition féminine n’est qu’un mythe tenace, forgé de toutes pièces par le régime castriste. La participation active des femmes Cubaines dans les domaines social et économique n’a jamais été reconnue par la Junte castriste. Le travail très important que les Cubaines accomplissent quotidiennement dans divers secteurs de l’économie nationale, notamment dans l’Agriculture et l’Éducation — a majorité des enseignants sont des femmes —, est très peu valorisé. Depuis le début de la Révolution castriste, en 1959, les droits élémentaires des femmes Cubaines n’ont pas progressé mais, au contraire, régressé considérablement. Aujourd’hui, les Cubaines n’ont qu’un seul objectif : survivre chaque jour. Mon père disait que les trois plus grands problèmes existentiels auxquels les Cubains sont confrontés quotidiennement sous la gouverne des Castro sont : le petit déjeuner, le repas de midi et le souper du soir. Mettre de la nourriture sur la table familiale, c’est l’obsession journalière de toutes les Cubaines. LVS  : La Révolution castriste n’a-t-elle pas permis aux Cubaines d’avoir accès à un meilleur système d’Éducation ? Z.V. : C’est un mythe fallacieux. La condition des femmes Cubaines durant l’ère de Fulgencio Batista — Président de Cuba de 1952

à 1959 — n’était pas du tout piteuse, comme l’affirment les Castristes. Force est de rappeler que les Cubaines ont obtenu le droit de vote en 1930, bien avant les femmes Américaines. Durant les années Batista, il y avait un mouvement féministe très important et très actif. À cette époque, les Cubaines ont bâti de nombreuses Institutions scolaires et sociales. La société cubaine comptait de nombreuses femmes professionnelles qui excellaient dans plusieurs domaines : l’Éducation, le Droit, la Médecine... Dès son accession au pouvoir, Castro et ses séides ont adopté une série de mesures coercitives pour entraver la latitude d’action des Organisations féministes. LVS : Selon vous, aujourd’hui, la prostitution et la pédophilie sont deux fléaux morbides qui causent de grands ravages dans la société cubaine. Z.V. : La prostitution et la pédophilie, qui ont pignon sur rue dans toute l’île de Cuba, sont deux tragédies nationales. Des mères aux abois vivant dans des conditions miséreuses obligent, ou encouragent, leurs filles à vendre leurs corps à des touristes avides de sexe. Elles préfèrent que leurs filles se prostituent plutôt qu’elles crèvent de faim. Ces jeunes prostituées et leurs mères ne sont pas coupables ni responsables de cette situation abjecte. Fidèle Castro est le grand responsable de ce drame humain indicible. Le tourisme de masse, qui est l’une des principales sources de revenus du régime castriste, exacerbe ces sinistres fléaux que sont la prostitution et la pédophilie, qui ont des conséquences désastreuses au niveau sanitaire. De nombreuses adolescentes qui se prostituent contractent des maladies sexuelles. Cette réalité sociale flétrit la dignité humaine des Cubains. Le nombre de jeunes prostituées sidatiques ne cesse d’augmenter. La Fédération des Femmes Cubaines et les autres associations de femmes — des Organisations entièrement noyautées par le Parti communiste cubain — se soucient comme d’une guigne de la situation tragique que vivent ces jeunes prostituées. Elias Levy


Opinions sans frontières

Israël et la bataille pour l’opinion publique dernier. Là encore le public québécois a pu voir que le soutien à Israël ne s’accompagnait pas d’appels à la mort de ses ennemis, mais plutôt d’une profonde compassion pour les pertes civiles israéliennes et palestiniennes. Car toutes ces vies humaines auraient pu être sauves s’il n’était de la folie meurtrière destructrice du Hamas qui rejette tous les cessez-le-feu et s’attaque indistinctement à toute personne se trouvant en Israël tout en s’abritant lâchement derrière sa population civile.

David Ouellette Israël vit cet été une des guerres les plus difficiles de sa récente histoire. Difficile par l’exposition de la majeure partie du pays au feu ennemi, difficile aussi par son coût en vies humaines, que ce soit celles des jeunes soldats israéliens ou celles des civils palestiniens, cyniquement utilisés comme boucliers humains par le Hamas pour gagner la guerre médiatique. Car la guerre ne fait pas rage que sur le terrain, elle s’étend à une bataille pour remporter l’opinion publique internationale. Laquelle est exposée en mitraille à des images tragiques et des informations, souvent partielles. Le Hamas, cette organisation terroriste ayant pour objectif final la destruction d’Israël, prépare cyniquement ses plans de guerre en pensant au téléspectateur assis à l’autre bout du monde. Face à cette déferlante propagande aux conséquences néfastes, et alors que l’on assiste à des expressions de plus en plus violentes d’un antisémitisme que l’on croyait éteint en Occident, les sympathisants de la cause d’Israël s’efforcent de faire valoir un autre récit. Au niveau institutionnel de la communauté juive du Québec, c’est au Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) qu’incombe la délicate tâche de présenter le point de vue pro-Israël auprès des médias québécois. Les lecteurs de La Voix Sépharade ne seront pas étonnés d’apprendre que cette activité est titanesque tant les perceptions et les préjugés sont tenaces. Cependant reconnaître l’ampleur de la tâche ne doit pas faire perdre de vue les avancées. Ainsi, CIJA a donné de nombreuses interviews pour la télévision, que ce soit auprès de CTV. CBC, Radio Canada, TVA et ce, depuis le début du conflit. En entrant par la porte du petit écran, CIJA permet aux téléspectateurs québécois et canadiens d’entendre une autre version que celle de l’arithmétique morbide du décompte des victimes, et redresse en direct les informations tronquées en offrant une

Myriam Azogui-Halbwax perspective plus juste et plus large du conflit qui dépasse la simple lorgnette de l’éternelle « disproportion ». Cette présence médiatique se retrouve également dans la presse écrite. CIJA offre régulièrement des articles d’opinion aux diverses tribunes de la presse écrite qu’elle soit francophone, La Presse, Le Devoir, ou anglophone, The Gazette, The Toronto Star, The Globe and Mail et The National Post. La radio n’est pas en reste et vous pourrez souvent entendre Luciano Del Negro, David Ouellette ou Êta Yudin présenter sur les ondes de 98.5, CJAD et Radio-Canada, une mise à jour de la situation en Israël et même de ses conséquences auprès des communautés juives. Mais si la voix de la communauté est cruciale pour mettre en perspective la situation qui prévaut au Moyen-Orient, le témoignage de personnes directement affectées dans leur quotidien est capital pour exposer la société québécoise à la réalité israélienne sous les roquettes. Pour ce faire, CIJA met régulièrement en contact avec les médias québécois des Israéliens. Pour les lecteurs qui suivent les reportages télévisés, le nom d’Arie Lévy, Montréalais de naissance habitant à Beer Sheva doit être familier. Arie a également été interviewé par Radio-Canada et Dominic Maurais lors de son émission à Radio X, et ce dernier a pu rendre compte de l’humanité, souvent ignorée, des victimes israéliennes de la terreur du Hamas. Dominic Maurais, qui a d’ailleurs interviewé David Ouellette au sujet, entre autres, de la flambée d’antisémitisme en Europe, a par la suite interpelé Radio-Canada pour avoir autorisé avec complaisance une femme à répandre sa haine des Juifs sur ses ondes de libre antenne. Les journalistes ont également été invités par CIJA à assister à la vigile en mémoire aux jeunes garçons enlevés et assassinés, Gilad, Eyal et Naftali, et ont pu rendre compte de cet hommage digne condamnant tout acte de vengeance.

Mais les militants anti-Israël, qui se prétendent pro-palestiniens et marchent en soutien à une organisation terroriste qui retient en otage sa population sous une théocratie rigide, ont subi un cuisant revers au Canada. En effet, l’ensemble des grands partis fédéraux (Parti conservateur du Canada, Parti Libéral du Canada et Nouveau Parti Démocratique du Canada) ont publiquement reconnu le droit d’Israël à défendre sa population civile et unanimement condamné le Hamas pour avoir initié ce conflit. Les parlementaires canadiens ont un accès privilégié à plusieurs sources d’information. L’une d’elles sont les mises à jour quotidiennes fournies par CIJA qui leur permettent d’approfondir leur compréhension de la situation. Les bureaux de chacun des chefs et les principaux porte-parole de chaque parti ont pu bénéficier de briefings particuliers sur une base régulière de la part de notre équipe. À chaque développement majeur, une session d’information est offerte pour les partis. Des experts ont été mis à la disposition des parlementaires et deux missions se sont déroulées pendant le conflit, dont une mission de solidarité. C’est donc en possession d’éléments d’information tangibles et vérifiables que les parlementaires canadiens se sont prononcés de façon consensuelle en faveur du droit inaliénable d’Israël de se défendre. Au-delà des médias traditionnels, la bataille de l’opinion publique se déroule dans les médias sociaux. Chacun d’entre nous peut participer à cet effort. Des ressources pertinentes et fiables sont disponibles sur nos sites web, www.cija.ca (angl.) et www.cerji.ca (fr), nos pages Facebook /cijainfo (angl.) et /cerjiinfo (fr) et nos fils Twitter @cijainfo (angl.) et @cerjiinfo (fr). La guerre que mène Israël contre le terrorisme se joue aussi sur le terrain médiatique et toutes les aides sont les bienvenues. Alors n’hésitez pas à partager, à poster, à « twitter » toutes les informations que CIJA met à votre disposition. David Ouellette et Myriam Azogui-Halbwax

C’est encore à l’appel de CIJA que les médias ont observé le rallye de solidarité avec Israël organisé par la Fédération CJA en juillet magazine LVS | septembre 2014 33


L’espérance sur pied la commission Tal pour décider du sort de l’exemption de service militaire accordée aux haredims par Ben-Gourion. Barak assiste aux funérailles du roi Hassan II du Maroc. Nelson Mandela visite Israël. Ariel Sharon devient chef du Likoud. La Cour suprême d’Israël interdit l’usage de la torture par les services de sécurité. Enfin, Aryeh Deri, le charismatique leader du Shas a pris le chemin de la prison après avoir été trouvé coupable de corruption. Cette dernière nouvelle n’était bonne que pour ses ennemis politiques, mais Israël continuait sa marche inexorable vers la normalité.

Lise Ravary En 1999, juste avant l’immersion dans le mikveh pour enfin compléter le processus de conversion entamé cinq ans plus tôt, j’ai dû, comme tous les candidats, répondre aux questions du beit din assemblé pour l’occasion. Certaines d’ordre personnel et celle-ci, tirée directement du Talmud. « Pourquoi voulez-vous devenir prosélyte ? Ne savez-vous pas que ce peuple est en ce moment même persécuté et opprimé, haï, harcelé et accablé ? » Il y a 15 ans, une telle question sentait le vieux livre. Peut-être à l’époque du Talmud. Pendant les pogroms au 19e siècle, en Espagne en 1492, en Allemagne pendant les années 30, pendant la Shoah. Pas à la fin du 20e siècle, ici à Montréal ! Même si les accords d’Oslo commençaient déjà à se désintégrer, cette année-là, Israël n’avait connu « que » deux attentats terroristes, comme l’année précédente. Nul ne se doutait de ce qui allait se passer en 2000 alors que Yasser Arafat, pour se débarrasser du fardeau de la paix qui lui pendait au bout du nez, a déclenché la deuxième intifada.

L’espérance de normalité En 1999, une arabe israélienne, Rana Raslan, a été couronnée Miss Israël. L’Eurovision a lieu à Jérusalem, Israël ayant remporté le concours l’année précédente avec la chanteuse transsexuelle Dana International. Kadosh d’Amos Gital a été présenté au festival de films de Cannes. Ehud Barak a remplacé Benyamin Netanyahou à la tête d’Israël et a mis

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Au chapitre « plus ça change, plus c’est pareil  », Arafat parlait des deux côtés de la bouche, signait des ententes, des protocoles, des mémorandums qu’il n’avait aucune intention de respecter pendant qu’Israël, de bonne foi, libérait des prisonniers démantelait des colonies et gelait la construction dans les territoires. Sans oublier l’échec des négociations de paix avec la Syrie. Ailleurs dans le monde juif, une année relativement normale. Le film sur l’Holocauste «  La vie est belle  » remporte trois Oscars, en dépit de la controverse qu’il suscite. Et le très beau film Sunshine, mettant en vedette Ralph Fiennes, qui raconte le 20e siècle via l’histoire d’une famille juive de Hongrie, remporte 8 statuettes aux prix Genie qui récompensent le cinéma canadien, parce que produit par le Canadien Robert Lantos, lui-même un Juif né à Budapest. Au chapitre des mauvaises nouvelles, une attaque à l’arme automatique au centre communautaire juif de Los Angeles fait un mort et cinq blessés. En Autriche, Jorg Haider, surnommé «  le bronzé de l’extrême droite  », est élu gouverneur de la Carinthie. Et Gunther Grass remporte le Nobel de littérature.

L’espérance de paix Que je me mette en danger en me convertissant m’a traversé l’esprit une fois ou deux. Surtout à l’époque où je rêvais de faire mon aliya. Et puis il y a eu mon père. Quand je lui ai annoncé mon petit changement de vie, sans le savoir, lui aussi citait le Talmud : « Si tu es heureuse, je suis heureux avec toi, mais tu sais le peuple juif est persécuté, ne crains-tu pas pour ta sécurité ? » Mon père était un sage qui aimait beaucoup sa fille unique. N’empêche, j’ai eu sa bénédiction, si je peux m’exprimer ainsi. Je ne crains pas plus pour ma sécurité aujourd’hui, mais la question du Talmud me

hante souvent. Comment est-il possible qu’elle soit encore d’actualité 1800 ans après la mise par écrit de la loi orale ? Comment peut-elle être encore se poser 69 ans après la libération des camps nazis ? En 1999, j’ai répondu que je savais tout cela, mais que cela ne m’empêcherait pas de me joindre au peuple juif, avec une certaine désinvolture. « Ben voyons donc… ça n’arrivera plus. Et puis, nous avons un pays bien à nous qui nous accueillerons si jamais… » Aujourd’hui, si c’était à refaire, je donnerais la même réponse que celle offerte en 1999, mais un grand frisson me parcourait le corps, les larmes me monteraient aux yeux et mon cœur se briserait en mille morceaux. Je ne peux croire, quinze ans plus tard que des Juifs soient à nouveau menacés dans leur quotidien, au cœur de grandes villes d’Europe. Que des mouvements politiques européens de masse s’engraissent de la haine du Juif. Que des synagogues françaises soient visées par des apatrides moraux. Que chaque jour, dans mon travail de journaliste, quelqu’un m’envoie une injure à caractère antisémite. Pendant la guerre entre le Hamas et Israël, les insultes ont atteint un sommet inégalé. J’avais l’audace de défendre le droit à Israël non seulement de se défendre, mais aussi d’exister. Une chose qu’on apprend en devenant juif, c’est que tout peut basculer en un instant. D’où l’importance de vivre à plein, d’aimer à fond, de voyager léger et de s’offrir à soi-même le plus souvent possible le cadeau d’une mitzvah. Si ce n’est que pour rétablir un peu l’ordre cosmique. Shana Tova, chers amis, et comme me le rappelait Élie Benchetrit, ce n’est pas pour rien qu’Israël a choisi Hatikva comme hymne national. Sans espérance, nous n’existons plus. Lise Ravary


Le judéo-espagnol à l’UNESCO Paris, le 10 juin 2014 Dialogue entre les écrivains Angel Wagenstein et Solly Lévy1. Modérateur : Miguel de Lucas, directeur du Centro Sefarad-Israel. * Les titres et indications en caractères gras correspondent à ceux du programme officiel envoyé par l’UNESCO.

Ladino et hakétia : deux langues, une nostalgie Madame Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, monsieur Juan Manuel de Barandica y Luxán, ambassadeur et délégué permanent d’Espagne à l’UNESCO, mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique et hauts fonctionnaires, mesdames et messieurs, avant d’aborder notre sujet de discussion, je me dois d’exprimer mes remerciements les plus sincères aux agences et aux personnes qui, pour la première fois de l’histoire, ont inclus ma langue maternelle, la hakétia, langue judéo-espagnole du Maroc, dans un événement d’envergure internationale tel que celui-ci. Événement historique s’il en fut pour les communautés juives originaires du Maroc puisque l’UNESCO a inscrit le judéo-espagnol marocain parmi les 3  000 langues menacées d’extinction sur les 6  000 existantes. (Chiffres approximatifs et instables puisque toutes les deux semaines une langue meurt dans le monde.) Pour être restée pendant quelque 500 ans simple instrument de communication orale, la hakétia court de plus grands risques que le judéo-espagnol oriental ou djudezmo également appelé ladino2. Cette langue s’écrit et génère depuis des siècles des œuvres littéraires, des journaux, des revues bref, des textes de tous genres. Selon Michaël Molho3, la littérature ladinophone comprend plus de 5 000 à 6 000 œuvres signées, traduites ou adaptées par des auteurs judéo-espagnols, parmi lesquelles on compte des dizaines de pièces de théâtre, de romans, de recueils de poèmes, sans oublier les 300 titres de journaux, revues et magazines d’une presse qui d’après la spécialiste Elena RiederZelenko4 fut lancée en Turquie avec la publication du premier périodique judéo-espagnol, La Buena Esperansa (1871-1922), créée à Izmir par Aaron Yoseph Hazan (1848-1931). Malgré cette différence fondamentale que nous venons de décrire — d’une part un outil de communication orale et de l’autre une langue qui, depuis des lustres, sert de matériau de création littéraire et journalistique — ce qui nous unit aujourd’hui sur cette tribune est la peur de disparaître, le danger d’extinction de nos langues respectives dont la menace pèse de plus en plus lourdement sur nous, nos enfants, nos descendants.

La précarité du destin de nos langues explique en partie la présence d’un autre facteur commun, la nostalgie qui sert parfois de ressort déclencheur à la renaissance de certaines langues et cultures minoritaires. Les nôtres sont fragiles et disparaissent. Alors on se console, on s’y accroche par le rêve et la nostalgie. Barbara Cassin, philosophe et philologue française, helléniste, auteure de plusieurs ouvrages sur les langues, dont deux sont au coeur de notre rencontre de ce soir, nous demande : « Est-ce que vous vous êtes déjà demandé dans quelle langue vous rêvez ? Cette question est très belle et importante. En quelle langue rêve-t-on ? » (fin de citation) Il est évident que l’on rêve dans sa langue maternelle porteuse d’émotions, souvenir intime d’un vécu multiple qui fait partie de notre être. Pour certains écrivains ici présents, le rêve et la nostalgie se sont traduits en expression littéraire et c’est là que l’on peut parler de renaissance de langues disparues. D’ailleurs la première œuvre littéraire jamais publiée en hakétia — 500 ans après l’expulsion — s’intitule Yahasrá — Escenas haketiescas5. Yahasrá est un mot qui symbolise la nostalgie. Les seuls équivalents possibles en français sont des périphrases telles que «  C’était le bon vieux temps !  », « Mais où sont les neiges d’antan ?  », « Ah, la belle époque !  », ou, en anglais «  Those were the days ! », etc. Il me semble que, aussi bien dans le cas de la hakétia que dans celui du judéo-espagnol oriental, nos grand-mères, dans les veillées familiales, alimentaient ce souvenir et cet amour du passé, des chemins d’antan dont l’image se ternit à mesure que «  fugit irreparabile termpus  » (Virgile, Les Géorgiques, 36 à 29 avant J.-C.), «  le temps m’échappe et fuit  » (Lamartine, Méditations poétiques, 1820). Rares sont les écrivains — qu’ils soient talmudistes, théologiens, poètes, philosophes et alii — qui, à un moment ou à un autre de leur cheminement, n’ont pas traité du passage du temps et de son corollaire, la nostalgie. Les mots eux-mêmes, fenêtres par lesquelles affleure la conscience, leur prononciation, les phrases avec leur schéma intonatif ainsi que le langage corporel qui leur donne vie, tous ces éléments illustrent et enrichissent le sentiment de nostalgie qui soutient les héritiers d’une langue disparue ou menacée d’extinction. Ces mots et ces phrases sont comme les anciennes photos couleur sépia (pas couleur Photoshop) réparties dans nos albums de famille jaunissants dont les feuilles parfois sont marquées par des pétales de violettes fanées. Dans l’une ou l’autre de nos demeures, que ce soit dans l’ancien pays ou parmi les gratte-ciel, peut-être se trouve-t-il encore quelque grandmère qui, entrourée d’arrière-petits-enfants, leur montre du doigt tel ou tel personnage qui marqua l’histoire de la famille. Parfois elle utilise des mots et expressions de l’ancienne langue et l’on voit briller la joie dans ses yeux lorsque l’un des gamins lui demande d’expliquer tel mot ou tel événement.

Dans ces moments privilégiés de nostalgie transgénérationnelle, la grand-mère parfois illustre ses propos en chantant des romances (complaintes, ballades) ou des chansons de mariage que Solly Lévy nos ancêtres ont conservées depuis l’expulsion d’Espagne. Fort heureusement, grâce à l’abondante floraison assez récente de chanteurs et d’ensembles instrumentaux spécialisés dans le répertoire judéo-espagnol, cet héritage est préservé à jamais dans l’Internet, à la disposition du monde entier, car il est considéré comme faisant partie du patrimoine de l’humanité.

Crédit photo: Enrico Isacco

Opinions sans frontières

Ce n’est pas utopique de croire, naïvement et contre toute logique socio-historique, que la nostalgie et les fruits qu’elle a portés serviront de base à une renaissance de nos deux langues minoritaires. Pour la hakétia il s’agira, nous l’espérons, d’une renaissance en même temps que d’une naissance. Renaissance parce que, en ce jour du 10 juin 2014, l’intérêt du monde pour cette judéo-langue va sans doute croître de façon non négligeable. Naissance parce que, depuis tout récemment, la hakétia s’affirme comme langue écrite, elle qui n’avait même pas de système graphique établi et accepté tel qu’il l’est aujourd’hui.

Solly Levy 1 Note de l’auteur: Cet exposé, dont nous ne reproduisons ici que la première partie, fut présenté non comme une conférence magistrale ni même une dissertation littéraire mais plutôt comme un essai de vulgarisation « à l’intention d’un public non initié », pour reprendre les termes de la description fournie par les organisateurs du colloque. 2 Le terme ladino désigne, selon le professeur Haïm-Vidal Sephiha, le judéo-espagnol calque, langue écrite en caractères hébraïques et utilisée dans les traductions de textes bibliques, talmudiqus et liturgiques. Mais, pour de nombreux lingüistes, ce glottonyme désigne la langue judéo-espagnole orientale quel que soit le contexte dans lequel elle est utilisée. 3 Michaël Molho (1891-1964): rabbin et historien séfardiste salonicien, auteur d’importantes oeuvres sur les us et coutumes des juifs saloniciens et sur l’histoire de cette florissante communauté presque totalement exterminée par les Nazis. 4 Elena Rieder-Zelenko (Saratov, Russie, 1972) : séfardiste spécialisée dans l’étude de la presse judéo-espagnole, auteure d’une thèse doctorale de l’université de Bâle sur le journal La Buena Esperanza, Izmir, 1905. 5 Solly Levy, Yahasrá – Escenas haketiescas, Éditions EDIJJ, Montéal, 1992.

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ÉCOLE


ui o n a p 'é ssé, S a p r le e v r e Prés

ner au futur. n o y a R , t n se r au pré


Campagne de Paniers de Fêtes Rosh Hashana 2014 finance la campagne inter-communautaire de paniers de fêtes fait la promesse de meilleurs lendemains pour notre communauté et pour Israël

ENSEMBLE VERS L’AVANT

Repondez aux appels de la tsedaka federationcja.org/don


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Concert bénéfice Shaaré Hessed : Soirée au Musée Le 30 mars 2014, le département de levée de fonds a innové avec un concert-bénéfice au Musée des beaux arts. Malgré une dernière tempête hivernale ce jour-là, rien n’a refroidi les ardeurs des donateurs présents à cette superbe soirée musicale.

La caisse d’entraide Shaaré Hessed, en constante collaboration avec L’agence Ometz, a pour mission de soutenir dans notre communauté, les personnes les plus nécessiteuses, prises avec des situations d’urgence ponctuelles.

Dans une magnifique salle, le spectacle a débuté avec les Quatre Saisons de Vivaldi, performé par l’orchestre OktoEcho, dirigé par Katia Makdissi-Warren, suivi par une deuxième partie interprétée par la soprano Sharon Azrieli Perez. La soirée au Musée a permis de surpasser les objectifs de levée de fonds pour Shaaré Hessed.

Merci à nos commanditaires corporatifs Conseil de fortune familiale Levine Goodman de la Financière Banque Nationale, PSB Boisjoli et à nos donateurs. Retenez la date du dimanche 15 mars 2015, pour le prochain concert-bénéfice Shaaré Hessed. Emmanuelle Assor

De gauche à droite : Le comité Shaaré Hessed 2014 : Sidney Benizri, directeur des levées de fonds, Gad Medalsy, Steve Cohen, Serge Aflalo, Yossi Suissa, Président de Shaaré Hessed, Sylvain Abitbol, Président de la CSUQ, Michael Goodman, président de la Soirée au Musée, Rachel Elbaz, Sabine Malka, coordonnatrice de levées de fonds de la CSUQ, Nissim Amar, Eyal Cohen et Robert Abitbol, Directeur général de la CSUQ.

Retenez la date

SOIRÉE AU MUSÉE C O N C E RT B É N É F I C E S H A A R É H E S S E D

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Mission gala, accomplie Le 28 mai, le gala annuel qui aide à lever des fonds pour les Bar Mitzvot à Beer Sheva a eu lieu. Cette année, cette activité essentielle à la réalisation de la Mission de solidarité en Israël s’est déroulée dans le Salon Chagall à la synagogue Beth Chabad C.S.L. et à rassembler plus de 360 personnes. Les trois présidents d’honneur dévoués, Thérèse Attias, Levy Benchimol et David Peretz ainsi que le maître de cérémonie Saadia Elhadad, ont mené avec énergie et enthousiasme les activités. Au programme : un cocktail, un délicieux repas, de la musique, des chants de la chorale de Maïmonide et surtout une levée de fonds pour aider plusieurs familles à organiser avec dignité la Bar Mitzva de leur fils à Beer Sheva. Notons

que cette année, grâce à la générosité de nos donateurs, nous pouvons organiser 70 Bar Mitzvot au lieu de 50. Lors de la soirée, un émouvant hommage a été rendu à Sam Sabbah Z’L, décédé en décembre dernier, ancien participant à la Mission, impliqué dans son leadership et responsable du Bazar. 25 Bar Mitzvot ont été amassées en son honneur. Un grand remerciement à Avraham Castiel pour les bougies pélerinées dans les lieux saints d’Israël et pour le superbe cahier rempli de photos et de souvenirs remis aux participants du gala.

De gauche à droite : Michael Goodman, David Peretz, Ninette Rosen, Thérèse Attias, Levy Benchimol, Abraham Castiel

Cette soirée très touchante s’est close avec la projection d’un vidéo préparé par Levy Benchimol, Michael Goodman et Roland Harari, retraçant les 13 ans de parcours et de voyage des dernières missions. On remercie vivement le comité organisateur de la soirée qui a travaillé dur pour rassembler toutes les personnes présentes au gala. Chapeau à tous ! Gardons les yeux ouverts pour le prochain gala dont les deux coprésidents d’honneur seront Vicky Benarroch et Michael Goodman.

De gauche à droite : Marcel Elbaz, Thérèse Attias, Sidney Benizri, Dominique Benarroch, Levy Benchimol, Abraham Castiel

Déjà la prochaine Mission de Solidarité ! Les préparatifs ont bon cours déjà pour la prochaine mission de solidarité en Israël qui aura lieu du 9 au 23 novembre 2014. Comme tous les ans, l’emphase du voyage sera mis sur le bénévolat et sur les actions de soutien communautaire, soutien rendu possible grâce à plusieurs activités de levée de fonds dans la communauté durant l’année. Cette fois-ci, nous pourrons compter sur l’enthousiasme de 46 participants alors que plus de 60 personnes avaient manifesté leur

désir de prendre part à la mission. On voit clairement ici que notre communauté a du cœur et qu’Israël est sa plus grande préoccupation! Aucune publicité n’a été faite pour solliciter des gens à participer à la mission et pourtant un comité de sélection a dû être mis sur pied pour choisir les heureux élus. Ils seront donc 46 à s’envoler vers Israël en novembre et ces participants sont ceux qui se sont le plus impliqués pendant l’année dans nos projets communautaires.

Pour cette 13e mission, date symbolique, la célébration des Bar Mitzvot aura lieu le jeudi 13 novembre. Marcel Elbaz, président de la Mission depuis plusieurs années sera de la partie et ce sont deux semaines de solidarité et de découverte de soi qui seront au programme.

commanditaires. Pendant 2 jours, les 22 et 23 juin, l’auditorium Grover était plein, on sentait une frénésie dans l’air et le président Alain Mechaly, entouré de Jocelyne et Ralph Bitton étaient ravis du succès remporté par l’événe-

ment. On a déjà hâte au prochain Bazar, mais pour cela, il faudra attendre l’été prochain!

On aime le Bazar Le Bazar a eu lieu fin juin et comme d’habitude, il a réuni une belle brochette de bénévoles dévoués (une cinquantaine en tout), des super vêtements, chaussures, accessoires de maison et literie offerts par de généreux

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Emmanuelle Assor


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Département jeunesse

Nos jeunes du Camp Benyamin à la Coupe Rogers Au département des jeunes, le mot d’ordre est de bouger ! Au Camp Benyamin, camp de jour, on a su répondre au défi et trouver comment attirer les jeunes alors que les camps sont très nombreux et se font la compétition pour les faveurs du jeune public. Chez Benyamin, la réponse est simple : on mise sur la qualité du personnel. Des moniteurs jeunes, compétents et dévoués.

Cette année, ils sont plusieurs à avoir été formés pour être des moniteurs officiels et à avoir reçu leur diplôme DAFA (8 moniteurs formés et accrédités). Une chance, le beau temps a été de la partie et les activités amusantes n’ont pas manqué. Nos jeunes sont allés se balancer d’arbres en arbres à Arbraska, au Zoo de Granby, ils se sont baignés dans les bassins et

glissades d’eau. Au Parc Safari, ils ont vu des animaux qu’on ne côtoie pas tous les jours. Aux glissades d’eau de St-Sauveur ils ont fait du rafting et n’ont pas manqué de sensations fortes, à Pointe-Calumet près de Oka, ils ont découvert le Super Aqua Club et ils ont fait de l’équitation en Montérégie à la Présentation. Bref : ils ne sont jamais restés en place ! Emmanuelle Assor

Les diplômés de DAFA 2014

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En juillet, 39 jeunes sont partis en vacances et ont découvert Israël sous un autre jour que celui de la détente. Malgré la situation difficile pendant l’été, nos jeunes ont visité tous les lieux importants d’Israël et ont vécu une expérience inoubliable. D’après Eric Choukroun, même si les événements ont perturbé les activités et l’itinéraire prévu, les personnes responsables sur le terrain tel qu’Arié Levy (Directeur du bureau d’Israël & outremer pour Fédération CJA Montréal) et Yossi Bensoussan (directeur du tour opérateur MY Tours) ont fait un travail remarquable en redirigeant

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le groupe vers des endroits plus sécuritaires tout en gardant les objectifs éducatifs et ludiques du voyage. Piloté par Sylvain Abitbol, un système d’appels conférences et de communiqués a été mis en place entre Montréal et Israël afin d’informer et de rassurer les parents qui ont suivi d’heure en heure l’actualité en Israël. Selon les commentaires des jeunes du groupe Yahad sur Facebook, ils n’ont pas trop senti les affrontements à l’autre bout du pays. Ils ont surtout visité le sud d’Israël, les régions

d’Eilat et de Tibériade et se sont liés d’amitié avec des jeunes du pays. Certains ne voulaient même pas rentrer à Montréal et ce voyage a certainement renforcé leur attachement envers Israël. À leur retour, pour que tout cela reste dans leur cœur et pour qu’ils puissent partager ce qu’ils ont vécu, nous leur avons proposé de préparer un cahier de voyage pour nous parler de leurs impressions de ce séjour très marquant. Emmanuelle Assor


YAHAD : un voyage inoubliable en IsraĂŤl

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Leadership

Jamazing — tout un événement ! La première phase du programme de leadership de la CSUQ, incluant des sessions et des conférences de formation de nos futurs leaders, a clos sa promotion avec une rencontre sociale des plus agréables, la «  Jamazing Race », qui s’est avérée être l’événement de levée de fonds le plus important du programme. Inspiré par la fameuse série de télé « The Amazing Race  », nos participants ont mené à terme un gigantesque effort pour collecter des fonds aidant à financer le programme de leadership actuel. Cet événement a eu lieu le dimanche 1er juin 2014 et le beau temps était au rendez-vous. Grâce au super comité organisateur qui avait travaillé d’arrache-pied pendant plus de six mois, cette course folle s’est déroulée merveilleusement bien, car tout était prévu dans les moindres détails afin que les participants apprécient cette journée mémorable. Sur le terrain, les 20 équipes de la Jamazing Race étaient prêtes à braver les dix épreuves prévues. Une sorte de chasse aux trésors… pour adultes en forme !

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Pour les participants : pas de cellulaire ni de clés de voiture. Les seuls moyens autorisés pour les déplacements étaient une passe de bus et de métro ainsi que quelques indices pour se rendre à l’étape finale, soit au parc de Hampstead où leurs amis et familles les attendaient en grand nombre.

cier a été atteint, mais en plus nous avons créé une cohésion incroyable entre les membres de notre équipe, un gain précieux ! Par ailleurs, le programme de leadership gagne en popularité ; il n’a jamais eu autant de succès : il a accueilli 50 participants, ce qui est le double des cohortes des années précédentes. »

Mettre la main dans une boîte remplie de vers de terre et d’insectes pour trouver une balle avec un code secret, retenir une phrase en mandarin dans le Quartier chinois et trouver un interprète pour passer à l’étape d’après… voilà quelques défis qui étaient au programme de la journée pour cette folle course. Aidés par une équipe de 50 bénévoles, devant des juges choisis pour l’occasion, nos coureurs (car c’était une véritable course contre la montre pour gagner le grand prix) se sont promenés d’un bout de la ville à l’autre. Grâce aux participants motivés, aux bénévoles aguerris et aux nombreux commanditaires, cet événement a surpassé toutes les attentes. « Ce qui est magnifique, dit Benjamin Bitton, c’est de voir de quelle manière cette activité s’est concrétisée et a permis de renforcer les liens dans le groupe. Non seulement notre objectif finan-

Pour clore cette journée, un grand BBQ était organisé au parc Hampstead où plus de 150 personnes s’étaient réunies. Ce fut l’occasion de donner une visibilité incroyable au programme de leadership et d’avoir du plaisir. Un montant de 10 000 $ a été amassé, ce qui a permis à la première partie du programme de se terminer sur une très belle note. En récompense de leurs efforts, les deux gagnants de ce superbe défi, l’équipe Straight Flush de Karen et Michael Aflalo, a gagné un voyage vers la destination de leur choix, pour une valeur de 5 000 $. C’est dans cet esprit de découverte et de dépassement de soi que Karen Aflalo est partie au mois de juillet escalader le mont Kilimandjaro en Tanzanie avec son frère Laurent. Emmanuelle Assor


L’équipe gagnante de la Jamazing Race : Karen Aflalo, Présidente Continuité Sépharade et Laurent Aflalo, participant Leadership

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Leadership

Un retour aux sources essentiel à nos racines juives Malgré leurs obligations d’adultes (travail, famille), 23 jeunes du programme ont eu la chance de participer en juillet au fantastique voyage de « Retour aux sources », une étape clé dans le programme de leadership. Dès le 6 juillet, ils se sont envolés vers le Portugal, un pays qui n’était pas au programme les années précédentes, mais qui s’est avéré très captivant et apprécié de tous. Le groupe a été très impressionné par l’imposant héritage juif qui a su être préservé au cours des siècles au Portugal. Benjamin affirme que le Portugal sera dorénavant au nombre des pays visités lors des prochains voyages de retour aux sources. En passant par plusieurs villes, parfois même 3 par jour, le groupe a été totalement charmé par ce pays aux divers attraits. De Lisbonne jusqu’à la frontière Nord de l’Espagne, en un temps record de quatre jours, ils ont visité plusieurs villes comme Avila, Salamanca, Tomar, Porto et Belmonte, tout en s’éduquant sur la riche histoire des marranes. Accompagnés par le Rabbin Garzon, ancien rabbin de Madrid particulièrement érudit sur l’histoire des juifs dans le monde, et par des guides locaux parlant le français ou l’anglais,

le voyage a mené nos participants en Espagne, où ils ont découvert un pays qui fut le berceau des 3 religions monothéistes co-existant en paix et aussi celui de l’Inquisition qui y fit rage, il y a plus de 400 ans. Une expérience enrichissante pour les jeunes qui ont visité des lieux historiques, des vieilles synagogues, le musée de l’Inquisition et d’autres lieux d’importance culturelle, le tout parsemé de moments de détente et même de quelques heures de plage ! Sept villes ont été visitées en passant de Madrid à Tolède, puis Cordoue et Grenade pour enfin atterrir sur les plages enchanteresses de Torremolinos juste à côté de Malaga… tout près du Maroc ! Pour des questions de sécurité, la partie du voyage au Maroc (5 journées de prévues dans l’agenda bien chargé) a dû être annulée. La moitié des participants est rentrée au bercail tandis que les autres ont choisi de rester en Espagne quelques jours de plus pour profiter encore du beau temps et jouer aux touristes. Un voyage formateur qui a marqué les esprits et qui renforce l’identité juive des jeunes venus marcher sur les traces de leurs ancêtres.

À l’entrée de la Bibliotheque Abraham Zacuto sur le Campus de Salamanca, la plus ancienne université au monde.

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Emmanuelle Assor


À Lisbon, Portugal, autour de la plaque commémorant le massacre de juifs en 1506. À côté de l’ancien palais de l’Inquisition. Tomar, Portugal, la dernière ville construite par les Templiers, lors des Croisades.

BBQ de fin d’été Depuis maintenant 3 années consécutives, Benjamin Bitton et son épouse organisent chez eux en fin d’été, un BBQ pour recevoir et remercier tous ceux qui ont contribué au succès du programme de leadership. Il s’agit de plus de 60 personnes, composées du comité organisateur, des participants actuels, mais aussi des anciens. C’est grâce au soutien indéfectible du comité d’anciens et grâce à l’enthousiasme débordant de nos jeunes participants que la phase 1 du programme de 2 ans a été un tel succès ! Les yeux sont déjà rivés sur ce groupe qui sera en charge l’an prochain de son grand événement de levée de fonds en mars 2015. En mai prochain, le Programme de Leadership connaîtra déjà ses deux nouveaux co-présidents. Parions qu’ils seront aussi motivés, sinon plus ! Emmanuelle Assor

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Nouvelles communautaires | Sociale

De Gauche à droite : Benjamin Bitton, Coordonnateur des levées de fonds, Robert Abitbol, Directeur général de la CSUQ, Sylvain Abitbol, Président de la CSUQ, Alex Abitan, Président Golf Swing 2014 et Sidney Benizri,Directeur des Levées De Fonds.

De gauche à droite : Alex Abitan, Président Golf Swing 2014, Shlomo Levy, Secrétaire général de la CSUQ et MC de la soirée, Michael Goodman, Donateur de la loge et ensemble d’articles souvenirs des Canadiens de Montréal, David Desharnais, joueur des Canadiens de Montréal, Daniel Assouline et Michael Dadoun,Co-présidents Golf Swing 2011

Golf Swing 2014 — un grand succès ! Cet été, le jeudi 26 juin, le tournoi annuel Golf Swing de la CSUQ a eu lieu au club de golf Hillsdale. Plus de 200 participants, dont de plus en plus de jeunes et de femmes grâce au jeune et dynamique président du tournoi, Alexandre Abitan. Pour ces dames, on avait pensé à tout pour que ce soit une journée « glamour  » tel que spa avec piscine, maquilleuses, coiffeuses et tout le nécessaire pour se faire pomponner avec style et élégance.

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Comme les années précédentes, les participants ont eu droit à un superbe déjeuner, des barbecues et des cocktails à profusion partout sur les terrains. Mais le clou du spectacle fut une vente aux enchères très prisée par les amateurs de hockey. En effet, grâce à Michael Goodman, l’un des prix était une loge pour assister aux matchs des Canadiens avec en prime, des items souvenirs des joueurs du Canadien. Pour rehausser le tout, David Desharnais, joueur des Canadiens était sur place et il autographiait des chandails et cas-

quettes des Canadiens. Grâce à toutes les activités de la journée, l’événement a remporté un vif succès et a dépassé ses objectifs. Cette année, 250 000 $ ont été recueillis. Les futurs co-présidents de Golf  Swing 2015, Simon Librati et Dan Derhy, sont déjà impatients de relever le défi qui les attend. Retenez déjà la date du prochain tournoi : le lundi 22 juin 2015 ! Emmanuelle Assor


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ALEPH

CENTRE D’ÉTUDES JUIVES CONTEMPORAINES dirigé par SONIA SARAH LIPSYC

Entrevue avec Dr Sonia Sarah Lipsyc, directrice de Aleph-Centre d’Études Juives Contemporaines Aleph que l’on croyait voué à disparaître en avril dernier, à cause des coupes budgétaires de la CSUQ, est toujours opérationnel grâce à la formidable mobilisation du comité des amis de ALEPH et d’une volonté commune institutionnelle. Sous l’égide de Mme Sarita Benchimol, ce comité, convaincu de la nécessité de préserver ALEPH au sein du paysage communautaire juif de Montréal, a su convaincre des centaines de gens de l’importance de garder un centre dont l’esprit ouvert et novateur représente une approche nouvelle dans l’étude du judaïsme. La bataille n’est pas gagnée pour autant et l’avenir de Aleph est encore incertain. Pour en savoir plus, nous avons demandé au Dr Lipsyc de répondre à nos questions. LVS : Après ce sauvetage in extremis du Centre Aleph, comment analysez-vous la situation actuelle ? S.S.L.  : Elle reste précaire puisqu’au regard du budget, à l’heure actuelle, mon contrat n’a pu être reconduit que jusqu’en mars 2015. Mais quelle gratification d’avoir assisté à toute cette mobilisation autour du comité des amis d’ALEPH ! J’en profite pour remercier toutes celles et tous ceux qui ont pris de leur temps pour sensibiliser le public et passer des appels et bien sûr, mes remerciements vont aussi aux donateurs/trices. Les uns comme les autres étaient convaincus de la nécessité de poursuivre les activités du Centre ALEPH qui a su prendre sa place au sein de la communauté et de la cité. ALEPH, en cinq ans et demi d’activités c’est quand même 351 activités (cours, conférences, cafés littéraires, pièces de théâtre, colloques, etc.), 210 intervenants et un public assidu. LVS  : Quelles sont les perspectives d’avenir ? Faudra-t-il maintenir la mobilisation en faveur du Centre et si oui, quelles

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motivations nouvelles faudra-t-il mettre en avant pour séduire un public plus nombreux à le fréquenter ? Peut-on penser à des nouvelles formules, revoir la programmation par exemple ? S.S.L. : Bien évidemment, la mobilisation se poursuivra, avec le comité et la CSUQ sous plusieurs formes, afin que le public puisse avoir le plaisir de continuer à fréquenter ALEPH. Il est important que ce lieu singulier et indépendant, de pensée juive, puisse continuer à exister dans l’espace francophone. En terme de programmation, outre des activités déjà existantes comme les cours d’hébreu, nous allons, par exemple, développer le concept de «  ALEPH Tuperware  » ou pour le dire en hébreu de «  houg bayit  », de cours ou d’étude de groupe à domicile. J’invite les personnes intéressées à avoir un cours chez elles, en invitant une dizaine d’autres d’ami(e)s, à prendre contact avec nous. Nous organiserons également plus de débats de société en relation avec les textes et sources très diverses de la tradition juive. Nous allons aussi multiplier nos partenariats avec des départements universitaires, des congrégations et d’autres associations québécoises. LVS  :Après une expérience de cinq ans à la tête du Centre et que l’on espère se voir poursuivre, quel enseignement retirez-vous quant à l’état des lieux à Montréal concernant le limoud, l’étude juive ? S.S.L.  : Le «  limoud  », l’étude juive, justement se distingue d’un cours et à ALEPH nous proposons les deux. Ainsi, l’atelier talmudique à ALEPH offre la possibilité aux hommes comme aux femmes de découvrir des textes, de les étudier par petits groupes même si on ne sait même pas lire hébreu, d’écouter, d’être confronté à la pensée de l’autre et d’entendre une parole qui se travaille depuis des siècles.

Il existe d’autres lieux d’études à Montréal qui ont tous leurs spécificités, mais vous en trouverez peu où les hommes et les femmes étudient ensemble des textes talmudiques. De plus ALEPH est indépendant d’une congrégation et même si l’ensemble des intervenants sont majoritairement orthodoxes, c’est un lieu d’étude pluraliste où tous les courants du judaïsme sont conviés tant au niveau des enseignants que du public. C’est là, une autre spécificité d’ALEPH dans le paysage de l’étude juive tant francophone qu’anglophone. Enfin c’est un centre où l’on croise les savoirs tant historiques, sociologiques que l’étude des textes. LVS : Si vous aviez un message à faire passer à l’ensemble de la population juive francophone de Montréal concernant les objectifs de Aleph, quel serait-il ? S.S.L.  : Êtes-vous déjà venu à ALEPH ? Si oui, venez la prochaine fois avec des amis, sinon, faites-le pas, vous ne le regretterez pas. Venez prendre en fait ce qui est déjà à vous ! Ces textes nous appartiennent, ils ne requièrent aucun degré de religiosité ni de connaissances préalables. ALEPH n’est pas un centre religieux, mais un lieu d’études. Il vous offre les outils, pour faire le pont entre des pans entiers de la tradition et l’histoire juive et tout un chacun(e). Ne soyez pas absent de votre propre héritage et faites-nous l’amitié de faire entendre votre parole à ce sujet. Permettez-moi de terminer sur ces paroles du philosophe juif Emmanuel Levinas dans l’un de ses livres au-delà du verset  : «  comme si chaque personne par son unicité assurait la révélation d’un aspect unique de la vérité, et que certains de ses côtés ne se seraient jamais révélés si certaines personnes avaient manqué dans l’humanité ». Élie Benchetrit


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Votre nouveau Centre Cummings vous attend! Chers membres, futurs membres, bénévoles et amis, votre patience a été payante, le nouveau Centre Cummings au 5700, Westbury a rouvert ses portes tel un nouveau palais flambant neuf pour vous accueillir et vous faire découvrir ses nouvelles installations. Nos leaders, les concepteurs de ce projet innovateur et la communauté juive montréalaise dans son ensemble, peuvent à juste titre, se sentir fiers de cette belle réalisation qui tient compte avant tout des changements démographiques survenus au cours de ces dernières années au sein de notre population juive âgée de plus de 50 ans et des besoins que celle-ci rencontre dans un environnement particulier. Il convient de noter que pendant toute la période de rénovations, le Centre a poursuivi son programme d’activités quotidiennes ce qui a constitué un vrai défi qui a été relevé avec succès. Qu’avons-nous réalisé pour offrir à notre clientèle ce qu’il y a de meilleur et de plus performant en matière de programmes et de loisirs adaptés à tous les goûts? Nous avons procédé dans une première phase, à l’expansion des zones des programmes adaptés de jour. Cellesci comprennent un espace plus grand réaménagé destiné aux exercices et aux loisirs ainsi qu’une nouvelle salle d’attente conçue pour faciliter la mobilité et l’accès aux utilisateurs de fauteuils roulants. Lors de la deuxième phase nous avons procédé à la modernisation de la cuisine et de la cafétéria qui ont été dotées d’équipements et d’installations modernes. La nouvelle salle à manger style bistro offrira un choix varié de repas strictement cachères dans une ambiance chaleureuse et un cadre moderne. Quant à la phase de modernisation de l’édifice, il convient de citer le réaménagement de l’entrée principale, un escalier chauffant et protégé, des portes vitrées automatiques et une nouvelle salle d’attente. Le Foyer, totalement remodelé a été nommé l’Atrium de la Fondation Charlotte et Léo Karassik et, en plus de tout cela un nouveau salon Tech qui permettra à nos membres de

se familiariser et de perfectionner leurs connaissances en informatique. Nos membres habituels redécouvriront un Centre moderne et accueillant. Nous invitons également celles et ceux qui ne le sont pas encore à venir s’inscrire afin de découvrir cette nouvelle et magnifique réalisation communautaire qui offre ce qu’il y a de meilleur dans le domaine social et récréatif pour nos aînés dans un environnement juif. Le Centre Cummings c’est plus qu’un bâtiment communautaire, c’est un lieu qui a une âme, un espace convivial de rencontres où se créent au fil des mois et des années des amitiés solides et durables. Un foyer où la joie, l’optimisme et la créativité sont au rendez-

FAIS PARTIE DE QUELQUE CHOSE DE SPÉCIAL APPRENDRE. PARTAGER. AGIR. En participant au Cercle Sépharade, j’ai élargi mon réseau d’amis. J’ai l’occasion d’accomplir des choses que je n’aurais jamais faites toute seule et cela, grâce à ces nouveaux amis que j’ai connus au Centre Cummings. Je sens que je fais partie de quelque chose de spécial. -Elyane Elfassy

vous au quotidien que ce soit au cours d’activités conventionnelles comme les cours d’art créatif, les cours d’ordinateur, les conférences, ou d’activités artistiques au sein de la dynamique Chorale Rock’n Soul qui constitue à elle seule l’expression d’une véritable explosion de joie de vivre, un hymne d’espoir et de fraternité qui ne laisse personne indifférent. Membres, nouveaux membres, bénévoles, sympathisants, le Centre Cummings, est également votre proche famille, Le temps est venu d’aller à sa rencontre. Téléphonez-nous au 514.342.1234 pour obtenir votre guide gratuit ou visitez notre site cummingscentre.org pour en savoir plus.


Diaspora Francophonie

Après l’attentat contre le Musée juif de Bruxelles : Les réflexions de M. Albert Guigui, Grand Rabbin de Belgique LVS : Comment avez-vous réagi à l’annonce de cette tragédie qui a coûté la vie à 4 personnes ? A.G.  : Tout d’abord ce fut la consternation, la colère et le désarroi. En choisissant ce lieu, le tueur visait sans aucun doute le cœur du judaïsme belge, puisque le Musée juif de Belgique est en quelque sorte la vitrine du judaïsme belge, un lieu de protection de la mémoire et où l’histoire juive de la Belgique est conservée. Je tiens à préciser que le président du musée m’a expliqué qu’il a toujours refusé de mettre un service de sécurité aux portes de celui-ci. Il tenait à ce que ce lieu demeure un espace ouvert. Il s’opposait à ce que l’on exige des visiteurs une carte d’identité ainsi qu’à une fouille de ceux-ci. LVS  : L’antisémitisme, malheureusement, progresse en Europe, qu’en est-il pour la Belgique ? A.G.  : En effet, la Belgique n’échappe pas à ce phénomène pernicieux. L’Europe vit une crise économique et comme d’habitude, les gens se cherchent dans ces occasions des boucs émissaires, celui-ci peut être l’étranger et bien sûr le juif. Cette situation entraîne malheureusement une libération de la parole. Les gens qui jadis n’osaient pas s’en prendre aux juifs ouvertement, le font aujourd’hui. Mais ce qui m’inquiète le plus c’est la montée des nationalismes, je pense évidemment à ce qui se passe en France avec la victoire du Front National aux élections européennes et le discours xénophobe de Marine Le Pen qui ressort la notion de « la France aux Français » comme si les autres minorités n’avaient plus leur place dans l’espace national. LVS  : On s’entend dire de plus en plus que La Belgique est un pays antisémite. Comment réagissez-vous à cette affirmation ? A.G. : Je suis en total désaccord avec ceci et je tiens à l’affirmer  : Non la Belgique n’est pas un pays antisémite! Je tiens à rendre hommage au premier ministre, à la ministre de l’Intérieur, aux membres du gouvernement, au bourgmestre de Bruxelles ainsi qu’aux membres de son Conseil communal, aux forces de police pour tous les efforts qu’ils ont déployés pour protéger notre communauté. Ceci dit, il n’en demeure pas moins aujourd’hui en Belgique, et je tiens à être clair là-dessus, qu’un jeune garçon ne puisse pas se promener en kippa dans la rue sans risque d’être agressé physiquement ou verbalement. Je donne un autre exemple le 31 janvier 2014 à 17h12, avant l’arrivée à Ottignies du train

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reliant Liège à Bruxelles via Namur, on a entendu via les haut-parleurs, l’annonce suivante : «  Mesdames, Messieurs, nous allons à Auschwitz. Tous les juifs sont priés de descendre pour prendre une petite douche ». Le fait serait bien connu de la SNCB et des contrôleurs : des jeunes, possédant manifestement une clé, ont accès au micro, comme l’ont révélé plusieurs plaisanteries entendues ces deux dernières années sur cette ligne. Sauf que les autres « plaisanteries » ne sont pas à caractère raciste contre qui que ce soit. LVS : Nous retrouvons en France des situations pareilles à celle-ci n’est-ce pas ? A.G. : En effet la situation en France n’est guère meilleure. Je n’en veux pour preuve que la ressemblance du geste de la «  quenelle  », instaurée par Dieudonné, avec le salut nazi, spécialement lorsque celle-ci est exécutée devant une synagogue ou pire encore, comme ce fut le cas d’Alain Soral, le compagnon de route de Dieudonné, en plein cœur d’un mémorial de la Shoah. Dieudonné, pour en revenir à lui, ne cesse de se répandre en déclarations antisémites comme le prouve sa chanson « Shoah Nanas » et de se produire aux côtés du négationniste notoire Robert Faurisson. LVS  : Certains nous répètent ad nauseam qu’il faut faire la différence entre l’antisémitisme qui exprime la haine viscérale des juifs et l’antisionisme qui consiste en une critique de la politique d’Israël. Est-il acceptable, d’après vous, de critiquer Israël sans être pour autant être taxé d’antisémite ? A.G.  : L’État d’Israël est un État comme n’importe quel autre État. De la même manière qu’il est permis à un citoyen, belge, français ou canadien de critiquer la politique de la Belgique, de la France ou du Canada il est évident que l’on peut critiquer la politique du gouvernement israélien sans être taxé d’antisémite. Comme vous le savez aussi bien que moi que ce soit la presse israélienne ou les partis politiques ne se sont jamais privés de critiquer ouvertement leur gouvernement. Ceci dit, s’il est permis de critiquer la politique israélienne, il est indispensable d’expliquer le pourquoi et le comment. Quand on parle du mur de séparation construit par les israéliens on omet de signaler que grâce à ce mur le nombre d’attentats visant les civils israéliens a diminué de manière considérable. On ne critique pas ou très peu l’Europe qui construit des murs pour empêcher des étrangers et des réfugiés de trouver un abri en Europe. On ne parle jamais que je sache des réfugiés syriens qui fuient leur pays pour venir se faire soigner

Albert Guigui, Grand rabbin de Belgique en Israël. On oublie de parler de la démocratie israélienne qui permet à tout citoyen quelque soit sa confession ou son appartenance politique d’être représenté et de pouvoir défendre ses intérêts. LVS : La Belgique est-elle préparée à combattre cette nouvelle forme de terrorisme antisémite ? A.G.  : Je suis convaincu qu’aucun pays ne peut éliminer de façon définitive la menace terroriste. Je suis conscient que la Belgique fait de son mieux pour éviter les attaques antisémites. La communauté juive s’associe à cet effort et dispose de son propre service de sécurité qui complète le travail de la police. Protéger les institutions communautaires juives c’est aussi protéger nos démocraties et nos valeurs occidentales, car le terroriste qui commet un attentat ne vise pas seulement la communauté juive, il s’attaque à nos démocraties et à nos valeurs humaines. C’est pourquoi la protection des communautés juives constitue un paravent contre toute forme de terrorisme. LVS  : Dans ce contexte pour le moins inquiétant qu’en est-il de l’avenir du vivre ensemble au sein de collectivités de plus en plus pluriculturelles ? A.G.  : Il me semble que les gens ne prennent ni le temps ni la peine de connaître l’autre et quelque part les politiciens de notre pays en portent en partie la responsabilité. Ils parlent tous du « vivre ensemble », mais on ne peut vivre avec son voisin durant des décennies sans le connaître. Je serais d’avis pour changer la formule du « vivre ensemble » par «  construire ensemble  » ce n’est qu’en résolvant les difficultés l’un avec l’autre que l’on apprend à se connaître et à s’accepter. Élie Benchetrit


Divers

Avis de recherche aux anciens élèves de l’Alliance israélite universelle (Afrique du Nord, Moyen-Orient, et Europe …) L’Alliance vous a forgés, a marqué votre enfance en vous laissant des souvenirs indélébiles. Vos enseignants vous ont inculqué l’amour du savoir et de la langue française, ainsi qu’une connaissance approfondie de la tradition juive dans un souci d’ouverture et de tolérance. Cet enseignement était accessible à tous les enfants sans aucune discrimination basée sur le statut social ou économique. Au Canada, ce sont ces mêmes valeurs que l’Alliance perpétue à véhiculer aujourd’hui auprès des écoles juives intégrées ou affiliées à l’AIU. Plusieurs d’entre vous partagent le sentiment d’une dette morale à l’endroit de l’Alliance qui vous a donné les outils pour accéder aux plus hauts sommets dans vos carrières professionnelles.

École Seimach, 2e année, 1963-1964, Casablanca, Maroc

L’Alliance israélite universelle Canada souhaite vous retrouver, connaître vos accomplissements et créer un réseau actif des anciens élèves ; ces derniers recevront une carte de membre de l’AIU Canada. Cette initiative vous permettra de renouer avec vos camarades du passé et de devenir un membre impliqué au sein de la grande famille de l’AIU Vous pouvez dès à présent vous joindre à nous sur Facebook à l’adresse suivante : www.facebook.com/aiucanada Visitez notre site web www.aiucanada.org ou contactez-nous au 514-345-2656 pour nous laisser vos coordonnées. Ralph Benatar Président

Philipe Elharrar Directeur Général

Le voyage à Montréal des élèves du Collège Georges Leven : Une très belle aventure Après les deux merveilleuses expériences vécues à Paris en 2012 et 2013 par deux groupes d’élèves de l’École Maïmonide, c’était au tour de leurs camarades du Collège Georges Leven de Paris de se rendre à Montréal afin de retrouver en sol canadien leurs camarades maïmonidiens et de partager avec eux une aventure exclusivement juive, montréalaise et québécoise. Préparé de longue date par Philippe Elharrar, directeur général de l’Alliance Israélite Canada en collaboration avec Mme  Michèle Sarabia directrice du Collège Georges Leven, un groupe de 30 élèves et de cinq accompagnateurs ont pu profiter du 4 au 11 mai dernier, d’un séjour jalonné d’expériences aussi enrichissantes que diverses. Pour Madame Sarabia, ce voyage constitue le couronnement d’un défi, un rêve nous dit-elle, que l’on avait imaginé il y a deux ans et également une heureuse découverte sur le terrain. C’est surtout, poursuit-elle, l’aboutissement de deux années de travail et de volonté

partagée avec les réseaux de l’Alliance Israélite Universelle. Une aventure qui a exigé beaucoup de temps et d’énergie de part et d’autre de l’Atlantique. Et qui nous a permis d’apprendre à bâtir une relation, d’accepter l’idée que cela soit un échange. Lorsque l’on analyse les résultats, nous pouvons affirmer que la joie des retrouvailles présente parmi les élèves tout au long de ce merveilleux séjour était un motif de satisfaction pour les organisateurs. Pour Noa Belaïche et Estelle Journo toutes deux élèves de 3ème au Collège Georges Leven, ce voyage représente une véritable révélation de la réalité juive et québécoise à Montréal. Depuis l’architecture du centre-ville, tellement différente de celle de Paris jusqu’à l’intensité de la vie juive dont elles constatent avec étonnement qu’elle prend place dans un cadre d’ouverture et de tolérance qui est bien loin de celui auquel elles sont habituées à Paris où chaque bâtiment abritant une institution juive est sévèrement gardé par des forces de sécurité afin de prévenir d’éventuels

attentats comme celui qui se produisit à Toulouse. Le défilé de Yom Ha’atzmaout, le 6 mai a constitué un véritable émerveillement pour ces jeunes habituées à vivre dans une ville où porter la kippa dans un autobus ou un métro peut souvent se révéler dangereux. Voir cette marée humaine chantant en hébreu ainsi que cette vague immense de drapeaux israéliens, québécois et canadiens flottant au vent représentait sans aucun doute une expérience unique pour ces jeunes. À noter également d’autres moments forts comme la visite de l’Assemblée Nationale à Québec, les chutes de Montmonrency, le débat sur la laïcité, le Cirque du Soleil et bien sûr la fameuse « dictée de Maïmo » dont Noa a été la gagnante. Elie Benchetrit magazine LVS | septembre 2014 59


Ici, nous sommes chez nous. Nous célébrons notre Judaïsme par chacune de nos actions.

Nous bâtissons un monde d’acceptation et de tolérance.

Nous envisageons notre avenir avec confiance et nous y croyons.

Implique-toi si tu veux améliorer ton monde.

Sois une inspiration pour autrui.

Tout commence chez nous.

Nous nous engageons à communiquer nos valeurs à chaque occasion.

En respectant l’ensemble des religions, nous honorons la nôtre.

En affrontant ta peur, elle ne sera plus un obstacle.

Ici, nous sommes chez nous.

Nous sommes reconnaissants à tous ceux qui nous ont ouvert le chemin.

Nous nous Nous sommes engageons à reconnaissants communiquer à tous ceux nos valeurs qui nous ont Bialik est une écoleà chaque de choix pour les ouvert parents désirant offrir à leurs enfants une occasion. le chemin.

éducation bilingue de haute qualité et une expérience riche en développement culturel, social et personnel dans la tradition et les valeurs juives

Nous Nous En respectant Nous -Nous mettons une emphase particulière sur les études judaiques et l’apprentissage de célébrons bâtissons l’ensemble apprenons l’hébreu notre Judaïsme un monde des religions, avec passion -Nous avons des résultats exemplaires aux épreuves du MELS (Ministère de l’Education, Nous par chacune nous et évoluons du Loisir et dud’acceptation Sport) en F.L.E (Français, langue d’enseignement), F.L.S (Français, langue apprenons seconde (programme matières générales de nos actions. et de enrichi) et dans leshonorons avec avec passion -Nous avons des résultats remarquables au DELF B.2 (Diplôme d’Etudes en Langue tolérance. la nôtre. curiosité. et évoluons avec curiosité.

Française) du Ministère de l’Éducation Nationale de France

Nous envisageons Sois notre avenir authentique avec confiance dans tout et cenous que tu fais. y croyons.

Sois une Nous serons heureux de inspiration vous accueillir pour le 1 octobre 2014 à 19 h autrui. à nos portes ouvertes!

Chez nous, c’est Bialik.

-Nos étudiants participent à des échanges avec des écoles françaises et à des voyages culturels -Nous organisons une semaine de la culture française et une semaine de la culture sépharade

En affrontant Implique-toi Sois -Nous avons une excellente équipe d’enseignants hautement qualifiés ta peur, elle si tu veux authentique ne sera plus améliorer dans tout ce un obstacle. ton monde. que tu fais.

Notre mission est de former des étudiants bilingues à la sortie de Bialik qui pourront poursuivre leurs études dans le collège ou l’université de leur choix, afin qu’ils puissent contribuer plus tard à la communauté juive et québécoise

Tout commence chez nous.

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d’une génération à l’autre en partenariat avec la


Pharmacie David Banon et Sarah Rachel Ettedgui Laboratoire: Livraison gratuite du lundi au vendredi de 10 h à 17 h et samedi matin Monitorage de la tension artérielle ambulatoire (MAPA) sur rendez-vous Large sélection de produits en vente libre et de produits naturels Mesure du cholestérol sur rendez-vous Service d’infirmière une fois par semaine Service de dispills ou dosette Magasin: Comptoir de Postes Canada Section Kosher de sucreries, chocolats et autres Cartes de souhaits Photos pour passeport et carte d’assurance-maladie Points Optimum Cosmétiques: Grande galerie beauté nouvellement rénovée Conseils beauté par cosméticiennes qualifiées Promotions à l’année longue

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PORTES OUVERTES : JEUDI 30 OCTOBRE 2014 À 9 H 30 ET 19 H Les inscriptions pour la rentrée en maternelle 2016-2017 sont maintenant ouvertes. Pour plus d’informations, contactez l’école au 514-939-2430 ou visitez notre site Internet www.akivaschool.com Suivez-nous: L’École Akiva est une école offrant un enseignement en français pour les préscolaires 5 ans et le primaire. L’École Akiva offre aussi un enseignement en anglais pour les préscolaires 5 ans et le primaire aux enfants admissibles à l’enseignement en anglais.


L’Académie Yéchiva Yavné a célébré son 23e Gala annuel le 13 mai 2014

avec un illustre invité d’honneur le Richon Letzion Hagaon Rav Yossef Yitzhak Chlita. Sous la présidence d’honneur de M. Gad Bitton, M. Moise Amselem a été honoré en reconnaissance pour son dévouement et sa générosité. Plusieurs rabbins et personnalités ont assisté à cet èvènement de grande envergure.

Extrait de l’allocution prononcée par le Richon Létsiyon Chers messieurs les Rabbins, chers convives chacun eu égard à son rang, …..) Bienheureux est le sort de celui qui contribue à asseoir l’autorité de la Torah. Vous savez que selon la halakha, il est défendu d’habiter dans une ville où il n’y a pas un établissement qui enseigne la Torah. Moraï vérabotaï, comprenez donc quelle importance il y a à éduquer les enfants dans la voix de la Torah ! C’est pourquoi, chers amis, que chacun d’entre vous, fût-il le plus faible, se sente fort et s’arme de courage pour consolider cette école de Torah (qu’est Yavné). Je veux revenir l’année prochaine si D-ieu veut et constater que les effectifs ont doublé ! Pour conclure, j’adresse ma bénédiction au Rav Saadia Elhadad, que D-ieu le protège et lui accorde longue vie, je lui souhaite de continuer

encore et encore à former nos soldats de Torah, à sauver des âmes du peuple d’Israël. Son œuvre sacro-sainte lui vaudra que tous ses descendants, tous les élèves, tous ses fils seront instruits de D-ieu. Et vous aussi, chers amis, je vous bénis, hommes et femmes, car les femmes jouent un rôle important dans ce domaine. Plaise au ciel que vos enfants et vos gendres soient des sages. Accordez-moi une minute de plus. Le 19 av 5763, c’était le décès de ma mère. Toute la famille s’est réunie dans la maison de mon père, qui était déjà malade. Tous sont étaient là : fils, filles, gendres, belles-filles, petits-enfants et arrières petits-enfants, pour participer à l’étude dédiée à la mémoire de notre mère. Nous avons amené mon père dans une chaise roulante. Il éprouvait de grosses douleurs à la suite d’une chute qui lui avait fracturé le dos. L’opération n’avait pas réussi. Il a lu un chapitre de la Bible et l’a assorti de plusieurs midrachim. Puis il a levé les yeux et constaté que la maison était pleine. Il s’est

mis à pleurer. J’étais assis à côté de lui, je lui ai demandé : « Papa, pourquoi pleures-tu ? - Comment ne pas pleurer quand je constate que tous tes enfants sont instruits de D-ieu, sans la moindre exception. J’ai même ici des arrières petits-fils qui fréquentent la Yéchivat Hevron. Tous sont des sages, des érudits en Torah, je ne peux m’empêcher de pleurer… » C’étaient des larmes de gratitude, une grande satisfaction ressentie à la fin de ses jours. C’était pour lui un grand bonheur de voir, au crépuscule de sa vie, que tous ses fils étaient instruits de D-ieu. Il n’y a pas de plus grande satisfaction pour les parents que de voir leurs enfants, devenus érudits, assis à table le chabbat ou les jours de fête, discuter de Torah, poser et résoudre des questions. Quel bonheur ! Et c’est celui-là même que je vous souhaite et dont je vous bénis. Puissiezvous, lorsque vous connaîtrez la vieillesse, à l’âge de 102 ans, verser des larmes de bonheur parce que tous vos fils seront instruits de D-ieu.


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Culture

Le libre arbitre selon les écritures hébraïques David Bensoussan – les éditions du lys

Je pense donc je suis. Je doute, donc je suis. Par ces deux affirmations, l’homme rationnel justifie et affirme son existence. J’interagis, donc je suis. Je me révolte, donc je suis. C’est là une autre façon qui permet à l’homme de se définir socialement. En se révoltant, il cherche à rompre d’avec les convenances sociales de l’heure, remettant en question les assises de la société. La faculté de penser le Bien ou le Mal ; de juger de ce qui est bien de ce qui ne l’est pas est du ressort de la réflexion de l’être humain. La faculté d’agir en conséquence est aussi son droit légitime. Référons-nous aux Écritures. Dieu est le créateur du Mal (de la Lumière et du Mal, Isaïe 45-7). Il a laissé à l’homme le choix du libre arbitre : « Et voilà je te présente le Bien avec la vie et le Mal avec la mort… et tu choisiras la vie. » (Deutéronome 30-15, 30-19). La vie de l’être humain est donc tout ce qu’il y a de plus sacré et devait de ce fait être hors limite lorsqu’on est porté à envisager les aspects du Bien ou du Mal, voire même ceux de leur finalité. Le code d’éthique biblique comprend les Tables de la loi ainsi que des prescriptions d’ordre moral et social. Cinq des dix commandements sont en fait des interdits qu’il ne faut pas transgresser et ils traitent des rapports de l’homme envers son prochain (vol, meurtre, faux témoignage, adultère et convoitise). Ces interdits que l’on pourrait qualifier de morale laïque suivent cinq autres commandements qui viennent leur donner une raison d’être transcendante  : ces cinq autres commande-

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ments sont des absolus visant à permettre à l’homme de se dépasser : en reconnaissant l’unicité de l’Être suprême ; en respectant le repos du Shabbat pour rendre hommage au Créateur ultime des êtres et des choses et en honorant ses parents. Dans la loi orale, il est fait mention de ce qui est gravé dans les tables de la loi incarne la liberté (Al tiqra harouth éla hérouth). Ainsi, la liberté comprend les devoirs envers le Créateur, ses parents et autrui. Si nous laissons de côté le rituel qui codifie nos rapports avec le divin, nous nous retrouvons avec un certain nombre de préceptes de la Torah qui viennent parfaire notre qualité de la vie.

• L’interdiction de sorcellerie et de nécromancie • Le devoir de justice, la réparation du dommage causé à autrui et les dispositions du système judiciaire • Le devoir de charité, les provisions envers les nécessiteux et la protection de la veuve et de l’orphelin • Le respect dû envers le travailleur et l’emprunteur et les lois limitant les droits du maître

• Le respect de l’année sabbatique et jubilaire (avec rémission des dettes l’année • L’amour du prochain, l’interdiction de sabbatique et retour des terres hypothéquées médisance, l’amour de l’étranger et le respect au jubilé) des vieillards. • Le souvenir de la sortie d’Égypte et • Les devoirs du mari envers son l’étude de la Torah et la transmission de ses épouse, le devoir de procréer et les interdits valeurs à ses enfants. d’ordre sexuel. La liberté absolue est une chimère. So• L’interdiction d’abuser de la personne cialement, l’homme est enchaîné. La longueur handicapée de la chaîne qui le retient peut être plus ou • Le respect des vœux et des promesses moins longue, mais il n’en demeure pas moins que, sans limites, la liberté ne peut signifier • Une preuve d’allégeance : la circonci- qu’anarchie et destruction. La liberté qui mène sion, les franges aux vêtements et la mezouzah au bonheur passe par des devoirs qui viennent au linteau des portes s’inscrire dans le code de perfection morale et • Une discipline alimentaire (les lois ali- de sainteté que représente le code biblique. mentaires) et la commisération envers les ani- Il ne s’agit pas d’un code abstrait, mais d’un code qui implique l’individu dans son âme, maux dans son corps et dans son environnement. • Le respect de la nature (interdiction David Bensoussan des cultures hétérogènes et d’accouplement d’espèces animales différentes).


Carnet

Décès Eulogie pour Mme Raymonde Abitbol Z’L « Aucune cause, même si elle était restée innocente et juste, ne me désolidarisera jamais de ma mère qui est la plus grande cause que je connaisse au monde » Ces mots prononcés par le grand écrivain que fut Albert Camus sont le meilleur éloge qu’un fils ou une fille peuvent prononcer à l’égard de leur mère. Chaque mère est unique, bien sûr. Pour les écrivains comme pour les autres aucune mère ne ressemble à aucune autre. Et Sylvain Abitbol, notre président et fils de la défunte aurait pu également les penser ou les dire en évoquant le souvenir de sa mère Mme Raymonde Abitbol Z’L décédée à Montréal le 15 tamouz 5774 (13 juillet 2014) veuve de David Abitbol Z’L qu’elle est partie rejoindre dans un monde meilleur. Elle laisse dans le deuil ses filles Ruth et Lydia, Sylvain et Georges, leurs époux et épouses, huit petits enfants et 11 arrière petits enfants. Elle a été, comme le dit si bien Sylvain la matriarche de cette grande famille dont elle a constitué le ciment, la pierre de voute, tout au long de sa vie. Toutes les mères sont vénérées de leur vivant, les mères juives n’échappent pas à la règle. Elles sont celles vers qui on se tourne dans les moments de détresse ou de doute, celles qui malgré que nous ayons atteint un âge respectable nous considèrent toujours comme des enfants sur qui elles doivent toujours veiller. La chanson bien connue du folklore yiddishe « Meine Yiddishe Mamme » ou celle plus récente du regretté Georges Moustakis «  Ma mère juive » sont là pour nous le rappeler. Le départ de Mme Raymonde Abitbol Z’L après une vie bien remplie et dédiée avant tout au bien-être de sa famille laisse, il va sans dire, un vide incommensurable, cependant elle laisse un héritage éternel et son fils Sylvain a su fort bien l’exprimer en disant : « Le départ de ma mère signifie pour nous tous la redécouverte de l’affection qui peut unir frères et sœurs qui se sont occupés d’elle avec amour et dévotion pendant sept ans » Au nom des professionnels de la CSUQ, nous adressons à notre président Sylvain Abitbol à ses sœurs et frères et l’ensemble de sa famille l’expression de notre affection et de notre solidarité morale en ces moments difficiles.

C’est avec tristesse que nous vous faisons part du décès de Madame Tamar Bat Esther Oiknine Z’L survenu à Montréal le 29 mai 2014. Elle était la maman de notre cher collègue et ami, Charles Oiknine ainsi que ses frères et sœurs Renée Z’L, Annie Z’L, Ruth, Liliane, Albert et Jacky. Nous garderons le souvenir d’une grande dame toujours à l’écoute et près de sa famille. Nous sommes convaincus qu’elle a su transmettre ses valeurs à ses enfants, ses petits-enfants et ses arrières petit-enfants. En ces tristes circonstances, nous tenons à nous associer à votre peine et à vous assurer de notre soutien moral et de notre affection. Au nom des professionnels de la CSUQ, nous adressons à notre cher collègue et ami, Charlie Oiknine, à ses sœurs et frères et l’ensemble de sa famille l’expression de nos sincères condoléances et de notre profonde affection. C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de M. Prosper Messod Lévy Z’L Photographe à la Plaza Côte-des-Neiges et à Casablanca. À notre bien-aimé époux, père, grand-père et frère. Tu nous as transmis ton goût du savoir, de la vie et du rire, ton amour de la famille, ton talent pour l’amitié. Tu as été chéri par Maman. Un amour réciproque infini. Nous garderons tous en mémoire son studio à la Plaza Côte-des-Neiges surnommé « le club ». C’était le lieu de rencontres pour beaucoup de membres de notre communauté, qui se retrouvaient là-bas tous les après-midis. M. Levy Z’L les accueillait avec tant de plaisir, d’humour et d’amitiés...

Roger Elmoznino Z’L J’ai appris avec stupeur, et beaucoup trop de retard le décès de Roger Elmoznino. Cela m’a profondément, touché et attristé, d’autant plus que nous avions trinqué une bière ensemble quelques mois plus tôt chez lui. Roger ne m’avait alors rien dit concernant sa maladie, sinon que ses jambes ne le portaient plus comme avant. Un gentleman nous a quittés, une époque est révolue. Artiste-peintre, mais aussi écrivain à ses heures. Me reviennent en mémoire toutes ces heures passées ensemble au Comité de rédaction de la Voix Sépharade alors que nous devions choisir les articles pour les prochaines parutions. Toute une équipe que nous étions. Annette Paquot Z’L ; JeanClaude Léon ; Jean-Charles Chebat ; George Ohana, Elie Benchetrit et moi-même. Toujours à l’heure à nos réunions, serviable et jovial, Roger était engagé auprès de sa communauté comme bénévole, toujours prêt à aider. Ainsi, je me souviens qu’il s’était aussi proposé pour corriger avec Viviane LéonKlotz Z’L les articles soumis au journal. Roger livrait aussi des articles dont il choisissait méticuleusement le sujet. Son talent allié à une plume professionnelle dont il tirait l’expérience de son passage au journal casablancais, l’ancienne « Dépêche Marocaine » lui permettait une analyse percutante des dossiers qu’il traitait, le tout habillé d’une belle écriture. De plus, Roger était un homme fiable. Ses écrits arrivaient toujours à temps sans qu’on ait à les quémander. Je terminerai avec ces quelques lignes tirées de la chanson que Brel avait écrite à la mémoire de son meilleur ami Jojo : « Six pieds sous terre Jojo Tu n’es pas mort Six pieds sous terre Jojo Je t’aime encore. » Je tiens au nom de l’ancienne équipe qui l’a connu et aimé à réitérer à sa famille nos plus sincères condoléances et l’expression de notre affection. Alain KLOTZ

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Carnet

Décès C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de notre tante Suzanne Wolf (née Elharrar) Z’L, survenu à Casablanca, le 12 juillet 2014. Elle laisse dans le deuil ses sœurs Raymonde Schroeder et Berthe Morris ainsi que tous ses neveux et nièces. Elle avait du panache, un caractère trempé et un raffinement des choses de la vie. Elle nous manquera à bien des égards. Guy(Gil), Philippe et Bernard Elharrar

C’est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du décès de Mme Jacqueline Esther Bat Hana Illouz Z’L née Benchimol Mardi 17 Juin 2014 à Montreal épouse de Mr Michel Illouz, mère de David, Eliahou, Simon, et Laurence

C’est avec une abondance de tristesse que nous annonçons le décès de Madame Mimi Moryoussef, Z’L épouse de notre cher ami Monsieur Jean Moryoussef

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C’est avec une grande émotion que nous avons appris le décès de Monsieur Marc Amzallag Z’L âgé de 94 ans, survenu le vendredi 11 juillet 2014 (13 Tammuz 5774). Les professionnels(les) de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec offrent toutes leurs sincères condoléances à ses enfants Gisèle, Alain Abraham, et Serge Moshé Amzallag et à toute la famille.


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