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:: LE MOT DU PRÉSIDENT Marc Kakon Tsédaka J’ai le sentiment que je fais partie de cette grande famille dévouée à la plus grande des causes communautaires : le devoir sacré de la Tsédaka. J’aimerais vous dire quelques mots qui résument le sens de cette cause. Je suis convaincu que moi-même, avec tant d’autres parmi vous, avons été choisis par D. tout d’abord en tant qu’être privilégié pour mener une mission : celle d’aider ceux et celles qui sont dans le besoin. Effectivement, nous sommes responsables de la bonne gestion de nos biens. Nous avons eu, à titre individuel, cette chance d’avoir réussi avec succès plusieurs projets que nous avons entrepris, ce qui nous permet de mener une existence confortable. Cependant, je ressens toujours au fond de moi-même que ceci n’est pas le fruit du hasard, ou uniquement de nos talents d’hommes d’affaires. En effet, en tant que privilégiés, nous avons l’obligation de rendre aux autres une partie de ce que nous avons reçu en biens au cours de notre vie. C’est dans cet esprit que je me suis engagé depuis mon jeune âge. Je continue de le faire dans toutes les entreprises communautaires là où il s’agit d’apporter bonheur, réconfort et surtout espoir, à des familles ou à des individus qui en ont bien besoin. Nous savons tous que personne ne s’est appauvri en faisant la Tsédaka. Notre rôle de leader se situe avant tout dans l’action quotidienne pour l’avancement de notre communauté. Nos postes ne sont pas honorifiques, ce sont surtout des postes de responsabilité dont nous sommes redevables et que nous devons exercer avec pour seul souci de servir les autres. Pour conclure, je tiens à souligner que je suis très fier du travail fait par la Communauté. C’est au sein de cette grande famille qu’est la CSUQ que je continuerai à œuvrer pour les causes communes qui nous tiennent à cœur. J’en profite pour vous souhaiter bonne fête de Hanouka, beaucoup de bonheur, de santé et de réussite. Que la lumière de cette fête éclaire votre vie. Marc Kakon magazine LVS | décembre 2012 | 17


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PRÉSIDENT CSUQ Marc Kakon PRÉSIDENT ET EDITEUR LVS Joseph Amzallag DIRECTEUR GÉNÉRAL Robert Abitbol DIRECTRICE LVS Danielle Glanz RÉVISION DE TEXTES Nicole Sebag COLLABORATEURS Pierre Anctil Emmanuelle Assor Élie Benchetrit Maurice Chalom Yolande Cohen Joseph Facal Joseph Gabay Laëtitia Sellam Amy Leitner Élias Levy Dr Sonia Sarah Lipsyc Chantal Ringuet Amnon J. Suissa DIRECTRICE DES ABONNEMENTS Agnès Castiel DIRECTION ARTISTIQUE DESIGN DE COUVERTURE GRAPHISME Christina Garofalo CREDIT PHOTOS fbc Roland Harari Edmond Silber IMPRIMEUR / PRINTER MC Print Léon Bensoussan 514-823-0042 EXPÉDITION POSTALE Poste destination Le présent numéro est tiré à 6 000 exemplaires et acheminé par voie postale au Québec, en Ontario et aux U.S.A. Des exemplaires sont également déposés dans différents endroits stratégiques à Montréal. Les textes publiés n’engagent que leurs auteurs. La rédaction n’est pas responsable du contenu des annonces publicitaires. Toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, en tout ou en partie, du présent Magazine, sans l’autorisation écrite de l’éditeur, est strictement interdite. Reproduction in whole or in part, by any means, is strictly prohibited unless authorized in writting by the editor. Convention Postale 40011565 Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée à : 5151 Côte Ste-Catherine, suite 216 Montréal, Québec, Canada H3W 1M6

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LVS la voix sépharade

20 Judaïsme :: Hanouka : ou le peuple à la nuque raide 20

22 Israël :: Ben-Gurion University Representing Israel at The John Molson MBA International Case Competition 22

24 Nouvelles

communautaires

:: Aucun enfant sans famille. Un nouveau défi. 24 :: Le centre cummings et nos aînés sepharades : Inauguration du nouveau programme de jour francophone 25 :: Merci à la Banque Nationale 25 :: Rosh Hashana 5773 : nouvelle année, nouveaux espoirs 26 :: STM : la hausse des tarifs de transports collectifs prévue pour janvier 2013 27 :: Rosh Hashana : La fête du renouveau et du partage 28 :: Identité juive du YM-YWHA et nouvelle direction féminine avec Marlene Jennings 30 :: Alvin Segal : Un passionné du théâtre yiddish dans le CA de la CSUQ 32 :: Distinction honorifique 33 :: David Bensoussan : Lauréat d’un réputé Prix littéraire 34

Décembre 2012

36 ALEPH :: L’héritage des voix des filles de Tsélofrad : Des femmes de courage et solidaires 36 :: Aleph : Une nouvelle programmation qui colle à l'évolution du judaïsme dans le monde 38

40 Services

communautaires :: Le bazar et la mission de solidarité 40 :: Lancements de livres 41 :: AJOE 41 :: Département jeunesse 42

44 Continuité

sépharade :: La Guerre des clans : s’amuser pour une bonne cause 44 :: Golf Swing 2013 : Prochain coup d’envoi avec Raphaël Perez comme nouveau président 48 :: Le Cercle : Un agenda plein à craquer ! 50

53 Le Dossier LVS 62 Opinions sans Frontières 80 Culture :: L’ultime cadeau de Jacques Bensimon : « Agadir un paradis dérobé » 80 :: Entrevue avec Élias Levy : auteur du livre « Comprendre Israël » 82

86 Carnet


éditorial

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:: la crise économique par Joseph Amzallag Ce numéro comporte un dossier consacré à l’économie. Ce choix n’a pas été fortuit puisque cet aspect de notre vie quotidienne constitue pour les humains que nous sommes, l’incontournable passage soit vers des lendemains meilleurs ou au contraire, vers de sombres perspectives. Ceci est vrai au niveau des États, des entreprises et bien entendu des individus. Force est de reconnaître qu’aujourd’hui les économies nationales, à l’échelle de la planète, sont imbriquées depuis des décennies dans un système de globalisation porté à son paroxysme et ne peuvent échapper aux soubresauts que connaissent par période, ou de manière endémique, de nombreux pays. En Europe, le cas de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, pour ne citer que ces pays, constituent des exemples vivants du laisser-aller des gouvernements dans la gestion des finances publiques et la propension à creuser des déficits qui se chiffrent en centaines de milliards. La Chine quant à elle, a vu ses succès économiques portés par une vision originale, celle d’un État fort pratiquant un capitalisme autoritaire. Ceci a produit une situation qui, il n’y a pas si longtemps, aurait été invraisemblable : celle de devenir une puissance créditrice des ÉtatsUnis! Cependant, des signes d’essoufflement apparaissent également en Chine. Décidemment, nul n’est à l’abri d’une crise par les temps qui courent ! Ici au Canada, nous ne connaissons pas, mais pour combien de temps encore, les affres de la récession ni les chiffres inquiétants du chômage que l’on observe chez nos voisins du Sud qui, ne l’oublions pas, sont notre premier partenaire commercial. Ce qui pourrait nous inciter à dire, en exagérant un peu, que « quand les États-Unis toussent c’est le Canada qui s’enrhume ». Le cas d’Israël est également significatif si l’on considère que malgré un taux de croissance positif existant depuis des années, l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser, les riches devenant plus riches et les pauvres plus pauvres encore. Les politiques économiques ultralibérales du gouvernement actuel ayant été dénoncées sous forme de protestations de masse dans

les grandes villes du pays, mais de changement il n’y en eut point. La reconduction d’un gouvernement ultralibéral lors des prochaines élections, comme le prédisent les derniers sondages, ne serait pas une bonne nouvelle pour les classes les plus défavorisées en Israël. Mais revenons à Montréal et à notre communauté qui compte, on ne le répétera jamais assez, près de 20 % de sa population vivant en dessous du seuil de la pauvreté. Dans ces chiffres, il faut inclure les personnes âgées, fragilisées et vivant seules, les familles monoparentales, les personnes avec des besoins spéciaux et malheureusement, comme cela arrive en temps de crise, des pères de famille ayant perdu leur emploi et réduits au chômage. Nous avons un devoir impératif en tant qu’individu et en tant que communauté qui se respecte, de les aider à mener une vie digne par le biais de ce merveilleux devoir de tsédaka. Il est vrai que beaucoup de nos hommes d’affaires ont connu des revers de fortune, d’autres ont vu leurs investissements, crise boursière oblige, fondre comme neige au soleil. Ces mêmes personnes étaient des donateurs engagés et ils ne peuvent contribuer aujourd’hui comme ils le faisaient hier. Il existe cependant une classe émergente de jeunes entrepreneurs au sein de notre communauté qui sont à la tête d’entreprises florissantes et qui, peu à peu, prennent le relais des « anciens ». Ces derniers leur ont montré le chemin, ils se doivent de le suivre. Tout récemment, lors d’un congrès qui se tenait à Paris, le chercheur américain Francis Fukuyama défendait l’idée que la politique doit être plus forte que l’économie. La politique n’étant pas la « tasse de thé » de nos jeunes entrepreneurs, il serait de bon aloi qu’ils érigent la Tsédaka - rétablissement de la justice plutôt que charité - comme modèle politique afin de corriger les injustices. Notre communauté y gagnerait beaucoup. Je souhaite que les lumières de Hanouka illuminent votre vie. magazine LVS | décembre 2012 | 19


JUDAÏSME Hanouka :: ou le peuple à la nuque raide Le texte liturgique Al Hanissim (Pour les miracles), ajouté spécialement dans les prières journalières des huit jours de Hanouka, donne de nombreux détails de la guerre des Hasmonéens contre les Grecs, le décret d’extermination, les combats eux-mêmes, la victoire remportée, la purification du Temple de Jérusalem et son inauguration1. À priori, cette victoire militaire semble plus importante que le miracle de la petite fiole d’huile mentionné dans le Talmud (Chabbat 21b); c’est elle qui donna naissance à la fête de Hanouka et c’est pourquoi nous l’évoquons chaque année. Quelle est donc la signification de cette guerre, quelle est la nature de ce triomphe que nous célébrons annuellement? Culture mondiale et judaïsme Si l’on désire comprendre la profondeur des évènements qui se sont déroulés à l’époque du grand prêtre Mattatiahou , il suffit de regarder autour de nous. Notre époque est, à son tour, envahie par une culture à l’échelle mondiale. Davantage que par le passé, il nous est ainsi donné de sentir l’atmosphère qui régnait en ces temps-là, de mieux saisir la signification de la guerre menée par les Hasmonéens et l’objet central de leur combat. Le pouvoir grec alors en place percevait la culture helléniste (la langue, le mode de vie et ses divinités), dans son sens le plus immédiat, comme un instrument lui permettant de mieux asseoir son autorité dans son empire. Son but n’était cependant pas de détruire les temples de dieux étrangers ou d’affronter ses sujets sur un terrain religieux; la culture et les rites cultuels grecs devaient plutôt pénétrer, de manière savante et bien dirigée, les coutumes religieuses locales. Ce projet d’hellénisation connut un succès certain auprès de peuples comme les Sidoniens, les Philistins ou auprès d’autres nations de l’empire grec, de l’Égypte à l’Inde, quelles que soient les idoles que chacun adorait. La raison en est 1 Le terme « inauguration » se traduit en hébreu par 'Hanoucca. 20 | magazine LVS | décembre 2012

simple : les intellectuels de ces nations avaient cessé depuis longtemps d’y croire et, à leurs yeux, leur culte se résumait désormais à un folklore bon pour le peuple. C’est pourquoi ils ne manifestaient aucun intérêt à sauvegarder leur foi en tel ou tel dieu; au contraire, ils se montraient largement ouverts aux autres cultures, divinités ou rites. Certes, nombre de différences pouvaient exister entre les uns et les autres mais, puisque de toute façon tout était mensonge et dénué de sens, aucune contradiction ne les gênait; la fusion entre les cultures était possible, voire souhaitable dans l’intérêt des liens entre les nations. La mondialisation de la culture qui prend place de nos jours illustre bien le phénomène d’hellénisation du temps des Maccabées. La latitude et le progressisme contemporains vont grandissant au fur et à mesure que le mode de vie devient de moins en moins important pour la grande majorité. À partir du moment où personne n’est plus vraiment attaché à un mode de vie en particulier, il devient beaucoup moins difficile de vivre ensemble. La tolérance envers tout et son contraire dénote un relâchement des principes et ouvre la voie à l’acceptation de normes étrangères, parfois antithétiques. Bien que la guerre contre les Grecs ait fini par conduire à une indépendance étatique pour les Juifs, l’éclatement de la révolte ne provenait pas de considérations nationales ou politiques. Le besoin d’indépendance en Israël, de libération du joug exercé par le pouvoir grec en place, n’a provoqué aucun conflit pendant les centaines d’années durant lesquelles les Juifs demeurèrent sous une tutelle étrangère. On ne peut même pas prétendre que la guerre ait éclaté contre la langue ou la culture grecques dans son ensemble. Il y avait là une raison bien plus fondamentale, relevant du rapport au pouvoir helléniste, qui fit que les Juifs ne pouvaient plus continuer à vivre sous son emprise. Les Grecs exigeaient des Juifs d’être plus ouverts vis-à-vis de leurs divinités et de leurs idées; après tout, ne se montraient-ils pas, eux, indulgents à l’égard du culte israélite? La tolérance, l’acceptation mutuelle consti-


JUDAÏsme |

tuaient des principes cardinaux permettant à leur culture grecque de dominer son environnement. Or, le judaïsme est, dans son essence, tout à fait intolérant. Le deuxième des Dix Commandements rejette tout autre D. que le D. un; partant de là, il était évidemment hors de question d’accepter toute fusion avec une quelconque autre croyance. L’un des héros principaux du livre d’Esther, Mardochée, y est désigné sous le nom de « Mardochée le juif ». Le Midrach l’explique en ces termes : « Pourquoi appelle-t-on Mardochée Mardochée le juif ? Parce qu’il récusait l’idolâtrie » (Esther Rabba VI, 2). Il semble que le Midrach ait voulu ici jouer avec le mot Yehoudi, « juif » en hébreu, qui ressemble à un autre mot, Ye’hidi, signifiant « unique ». Le judaïsme est une religion exclusive car, dans son essence, elle refuse toute foi contraire.

Les décrets helléniques de coercition ne provenaient d’aucune idéologie en particulier, au contraire; le but de la puissance occupante grecque était de conduire nos pères à changer leur religion, car les Grecs s’opposaient à toute satisfaction de principes et d’idéologies, quels qu’ils soient. Ils pensaient que la résistance des Juifs à Zeus et … au porc, n’était due qu’à leur entêtement et à leur manque d’éducation. C’est pourquoi ils tentèrent de les obliger par la force à abandonner leurs « bêtises » et à se comporter comme il se devaient. Adin Steinsaltz Steinsaltz, Adin. « 'Hanoucca ou le peuple à la nuque raide ». Introduction à l'esprit des fêtes juives: une année pleine de vie. Paris: A. Michel, 2011. 116-120. Imprimée.

D’après la Halakha (la loi juive), il est permis d’enfreindre les lois de la Torah lorsqu’on est menacé de mort. Cette règle est néanmoins sujette à trois grandes exceptions : mieux vaut se laisser tuer que de transgresser les lois ayant trait à l’idolâtrie, à l’inceste, et au meurtre. Or, lorsqu’on se trouve soumis à un pouvoir exerçant une coercition religieuse, le Talmud élargit la règle en demandant que l’on soit prêt à sacrifier sa vie, ne serait-ce que pour des coutumes insignifiantes comme la couleur… de ses « lacets de chaussures » (Sanhédrin 74b) ! La halakha reflète ici un point de vue très précis : lorsque la coercition religieuse a pour objectif, fût-ce au travers de petits détails, de porter atteinte à des principes fondamentaux du judaïsme, aucun compromis n’est possible ni permis. Confronté à de telles menaces, chaque juif a l’obligation de souligner que la quintessence de son être ne peut souffrir aucune flexibilité. Aucun moyen terme n’existe, semble-t-il, entre ces deux approches. D’un côté, le judaïsme n’est pas prêt à renoncer à sa spécificité et refuse toute éventualité de négociation; à l’opposé, la Weltanscauung des Grecs considère qu’aucune valeur n’est sacrée, en dehors de celle qui consiste à tout tolérer. magazine LVS | décembre 2012 | 21


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The John Molson MBA International Case Competition is a not-for-profit event hosted by the John Molson School of Business at Concordia. The competition is open to top business schools worldwide, and is recognized as the largest competition of its kind. Its main purpose is to bridge the gap between corporate and academic worlds, which ultimately enriches both students and executives alike. The 2013 competition, being held from January 6th to 11th at the Fairmont Queen Elizabeth Hotel will be the 32nd annual edition. When Ben-Gurion University (BGU) competed in 2011, they became the first and only university from Israel or the Middle East to be in this event and remain so to this day. With only two months preparation, BGU finished in the top ten. Those who attended were dazzled by their stunning performances. Given the recent boycotts that Israel faces throughout campuses worldwide, it was a very proud moment when our community was able to see an Israeli university participate, right here in Montreal, in this high profile competition and stand alongside 35 other universities from around the world. The competition format is a round-robin tournament consisting of five business cases. The cases are selected from among the top entries from the annual Case Writing Competition. One of these cases is a live case presentation by a major company about a real-life business challenge they are currently facing. An Educational Experience Unlike Any Other With three hours to prepare, teams of four students analyze and evaluate unpublished business cases using the skills, 22 | magazine LVS | décembre 2012

Live Case The "live case" exemplifies the interaction of the academic and corporate worlds that takes place during the intense week of competition. Company representatives present a current real-life business case to the thirty six teams simultaneously. All thirty six teams rely on the presentation, a brief question period, and supporting materials provided by the company that serve as background for their evaluation. Once the three hours of preparation is complete, teams present their arguments, solutions, and plans for the company to a panel of judges. Back Again An MBA team from Ben-Gurion University will return for the third consecutive year and try to out do their previous top ten finishes. The Canadian Associates of Ben-Gurion University, Montreal Region, have undertaken the task of covering the team’s expenses. The students come from BGU’s Honors MBA Program. It is implemented in cooperation with senior faculty members at Columbia University Business School, New York. Amy Leitner Executive Director Canadian Associates of Ben-Gurion University of The Negev / Montreal Region


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nouvelles communautaires :: AUCUN ENFANT SANS FAMILLE. UN NOUVEAU DÉFI. considérées à risque pour l'enfant, tous les efforts sont déployés pour améliorer son environnement afin de pouvoir le maintenir dans son milieu familial original. Si cela ne suffit pas, l’enfant doit être placé dans un endroit alternatif, pour des périodes de temps indéterminées. Les raisons invoquées pour agir dans le cadre du bien-être de l'enfant sont souvent l’abus, la négligence, les conflits à domicile et/ou les problèmes comportementaux. Il est plus difficile aujourd'hui de trouver des familles volontaires qui répondent aux critères de sélection offrant le meilleur encadrement possible à l'enfant concerné. Le maillage qui peut se tisser entre les Centres, la famille Batshaw, Ometz et la CSUQ et les Rabbins de nos différentes congrégations doit être perçu comme une chance supplémentaire pour sensibiliser beaucoup plus de familles et faciliter la sélection finale pour le bien-être des enfants. Tout enfant n'a pas la chance de connaître à sa naissance l'amour, les encouragements ou le confort que tout parent lui donne. Les circonstances de la vie ne nous amènent pas toujours où l'on aimerait être. Mais toute épreuve a une signification et grâce à la solidarité communautaire à Montréal, le programme BATSHAW permet de placer temporairement des enfants juifs dans des familles d'accueil pour les aider à développer leur personnalité dans les meilleures conditions. Afin d’assurer des services de protection efficaces, une quarantaine de membres de la CSUQ, de l'Agence Ometz, des Centres de la jeunesse de l'île de Montréal et des Rabbins ashkénazes et sépharades se sont réunis le 30 août dernier pour en discuter. Les Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw cherchent à recruter des familles pour les enfants qui ont besoin de changer d'environnement familial le temps que leur propre famille retrouve un équilibre sain pour leur épanouissement. Cette initiative répond à un besoin évident qui peut toucher n'importe quelle famille juive à une période de leur vie et pour diverses raisons souvent indépendantes de leur volonté : divorce, maladie, décès, accident, faillite, etc. Les Centres Batshaw ont la responsabilité de fournir des services de protection de la jeunesse à tous les enfants juifs qui demeurent sur l’île de Montréal. Dans des situations 24 | magazine LVS | décembre 2012

Ainsi, grâce à l'action de ce Centre, des services essentiels sont assurés quotidiennement et on dénombre présentement: • Quarante enfants juifs qui reçoivent des services de la protection de la jeunesse à Montréal. • Dix enfants juifs qui sont placés dans des centres de réhabilitation, incluant des centres d’accueil de Montréal ainsi qu’à Shawbridge (unités de réhabilitation). • Douze enfants juifs qui sont placés soit dans une famille d’accueil ou avec des membres de la parenté. Actuellement, il y a trois enfants juifs qui ont besoin de ce changement et nous espérons que chacun et chacune s’investira pour solliciter des familles susceptibles de les accueillir. Cela permettra la création d’un vivier potentiel en cas de nouvelles demandes. Pour tout renseignement sur cette réunion ou pour obtenir plus de détails, veuillez contacter Sylvia Serruya au 514-733-4998 poste 3150 ou Susan Kling-Benaroche au 514-342-0000 poste 3413 qui seront ravies de vous informer. Laëtitia Sellam


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LE CENTRE CUMMINGS ET NOS AÎNÉS SEPHARADES :: Inauguration du nouveau programme de jour Francophone Un partenariat communautaire qui a porté ses fruits pour le bien-être de nos ainés éprouvant des pertes de mémoire. Le Centre Cummings et la CSUQ ont activement collaboré pour concevoir, créer et mettre en place un programme thérapeutique pour nos ainés Sépharades souffrant d’isolement. Développé et animé par une équipe de professionnels du Centre Cummings, ce groupe a débuté ses rencontres en novembre et le programme a, sans équivoque, dépassé les objectifs prévus. Le contenu thérapeutique du programme, la qualité de ses professionnels et le besoin primordial d’un tel lieu pour nos ainés et leurs familles font de cette initiative

exemplaire un modèle unique en son genre: entièrement francophone, comprend des activités cognitives, discussions de groupe, exercices physiques adaptés, de la thérapie créative par le biais de la musique, du théâtre, de l’art et de célébrations de fêtes. Un projet de « popote roulante à la sépharade » est aussi en cours de mise en place pour que l'hiver ait du piquant cette année. Pour plus d’informations n’hésitez pas à communiquer avec Sylvia Serruya au 514-733-4998 poste 3150 ou Pamela Grischkan au 514-342-1234 poste 7219.

:: Merci à La Banque Nationale Grâce à l’intervention de Madame Rachel Elbaz, fidèle bénévole au département des Affaires sociales de la CSUQ, la Banque Nationale offre un don de 5 000$. Cette allocation financière sera consacrée pour une aide alimentaire destinée aux familles les plus démunies de notre communauté confrontées à des situations de crises d’urgences et récurrentes. De gauche à droite : Sylvia Serruya, représentante, CSUQ, M lionel Isaac Chriqui, Service clients Bnc, mme Rachel Elbaz, bénévole CSUQ, Mme Fanny Caron Bohadana, chargée de projet, mise en marché bnc, et M Charles Paiement, conseiller en placements, BNC. magazine LVS | décembre 2012 | 25


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ROSH HASHANA 5773 :: NOUVELLE ANNÉE, NOUVEAUX ESPOIRS

Livreurs en mission

Fidèles à leurs engagements le comité Shaaré Hessed, ses partenaires et ses généreux donateurs ont encore créé un vent de joie et d'espoir dans les foyers de 600 familles nécessiteuses sur l'île de Montréal (soit 100 familles de plus que l'an passé). Un déploiement inconditionnel a été réalisé pour que la nouvelle année 5773 commence avec de la joie dans les cœurs des juifs québécois. Le dimanche 9 septembre dernier, le département des affaires sociales et ses bénévoles dévoués ont mené une opération à grande envergure pour que la distribution des paniers de Rosh Hashana soit une réussite et apporte de la chaleur dans 600 foyers répartis sur l'île de Montréal. Shaaré Hessed et le Rabbin Chriqui, responsables des villes de Dollard les Ormeaux, Laval et Montréal, entre autres, ont été aidés par d'autres bénévoles pour augmenter la diffusion : Ville Saint-Laurent sous la supervision du Rabbin Nataf de la congrégation Petah Tikva et Ville Côte Saint-Luc avec Doudou et Caisse Beth Yossef. Les périodes de Yom Tov successives dues aux traditions de Rosh Hashana puis Souccoth ont créé un sentiment d'isolement plus intense pour ces familles qui ont besoin d'assistance pour vivre les fêtes dignement avec les membres de leur famille. Nous remercions sincèrement tous les généreux donateurs qui ont permis la constitution de ces paniers et les congrégations Or Hahayim et Nahar Shalom pour leurs contributions solidaires. Pour tout renseignement sur les prochaines campagnes, contactez Sylvia Serruya au 514-733-4998 poste 3150 qui sera ravie de vous informer et un reçu d’impôt pourra vous être remis par le département des affaires sociales. 26 | magazine LVS | décembre 2012

Laëtitia Sellam

Shaaré Hessed ‫שערי חסד‬ CSUQ

Rachel, Solange et Georgie en action pour remettre les cartes alimentaires aux familles nécessiteuses.


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STM :: LA HAUSSE DES TARIFS DE TRANSPORTS COLLECTIFS PRÉVUE POUR JANVIER 2013 Le mois dernier, la Société de Transport de Montréal (STM) annonçait encore une fois que les tarifs des titres de transport subiraient une hausse qui entrera en vigueur en janvier 2013. Les usagers du transport public sont déjà extrêmement conscients des hausses de tarifs substantielles qui ont été imposées sur une base annuelle, mais pour ceux n’ayant pas eu cette première expérience, il faut considérer qu’entre 2007 et 2012, le prix des cartes mensuelles a augmenté de 16 % soit de 65$ à 75,50$. Pendant la même période, le prix des cartes mensuelles à tarif réduit, utilisées par les aînés et les étudiants, ont augmenté de 25 % soit de 35$ à 43,75$ La STM n’a pas encore annoncé le montant exact qu’elle a l’intention d’appliquer comme augmentation, mais ceci n’a pas d’importance. Pour des gens à bas revenus, en incluant ceux qui recoivent une aide financière de dernier recours ou qui gagnent un salaire minimum, le prix de la carte mensuelle n’est plus à leur portée et les prix d’un aller simple représente une dépense majeure. Alors que le bien-être social et le salaire minimum relèvent du provincial, la Ville de Montréal et la STM ont l’opportunité de jouer un rôle crucial en soutenant plusieurs des membres les plus vulnérables de notre société. La décision de ne pas augmenter les tarifs aurait un impact important sur les individus avec un revenu fixe et serait ainsi perçue comme un geste de solidarité. En gélant les tarifs des transports publics, le gouvernement municipal pourrait se positionner comme un allié des gens vivant dans la pauvreté ainsi que des groupes anti

pauvreté qui essaient de faire pression sur le gouvernement provincial afin que tous les Québécois disposent d’un revenu suffisant qui respecte les droits basiques leur permettant de mener une vie digne. Les Québécois ne devraient pas à avoir à choisir entre payer le loyer, acheter de la nourriture et couvrir d’autres dépenses essentielles. Ils ne devraient pas marcher plusieurs kilomètres, spécialement pendant les rudes mois d’hiver, parce qu’ils ne peuvent pas se payer le transport public. Ce sont des nécessités de base et elles devraient être accessibles à tous les Québécois indépendamment de leurs revenus. Le Comité de défense des droits sociaux de la Fédération CJA s’est joint à plusieurs groupes anti pauvreté locaux dans une campagne de lettres publiques qui demandent à la Ville de Montréal ainsi qu’à la STM de ne pas augmenter les tarifs en 2013. Nous croyons que cette augmentation contribue à exclure et à isoler les gens avec des bas revenus qui vivent des situations précaires et qu’en gelant les tarifs du transport public, la Ville de Montréal et la STM peuvent faire une différence significative dans les vies des montréalais vivant dans la pauvreté. Pour en savoir plus ou pour participer à la campagne de lettres, allez sur la page de Facebook du Comité de la défense des droits sociaux de Fédération CJA. Laëtitia Sellam http://www.facebook.com/FedCJASocialAdvocacyCom

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ROSH HASHANA :: LA FÊTE DU RENOUVEAU ET DU PARTAGE Le nouvel an est souvent marqué par le besoin de faire un bilan, de lister les bonnes résolutions pour l'an prochain ou commencer un projet. Mais certaines personnes n'ont pas le choix et espèrent simplement continuer à vivre ou parfois survivre. La CSUQ et le Rabbin Chriqui ne les oublient pas. Le département des affaires sociales organise, tous les ans, des activités pour que chaque nouvel an soit un moment de joies et de partage grâce à la participation de bénévoles et des familles des résidents sépharades. Toujours aussi actif, souriant et dynamique, le Rabbin Chriqui a incité tous les participants à créer un souvenir émouvant pour les familles réunies. Le milieu de vie CHSLD de Montréal et le Centre gériatrique Maimonides Donald Berman bénéficient de cette

Au milieu de vie CHSLD, un chanteur animait la fête de Rosh Hashana.

attention et se réjouissent à chaque fois de pouvoir offrir ce cadeau venant du coeur à leurs résidents. Les photos prouvent que ce moment est essentiel tant pour eux que pour leurs proches et que l'explosion de leurs joies est visible. Cette fête leur donne du courage pour continuer à vivre chaque instant que la Vie leur permet d'apprécier et pour se motiver à rester en forme malgré leurs douleurs ou tristesse parfois. Pour tout renseignement sur les prochaines activités, contactez Sylvia Serruya au 514-733-4998 poste 3150 qui sera ravie de vous informer. Laëtitia Sellam

Mr Joseph Elmalech danse avec nos bénévoles.

Au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman, la fête de Souccoth a entraîné beaucoup de joie et d'ambiance grâce aux bénévoles.

Le Rabbin Chriqui avec Mr Levy et sa fille au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman fêtent Rosh Hashana. Mr Mardoché Luck et sa bellefille Agnès Castiel

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Événements caritatifs

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Sports et conditionnement physique

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Services communautaires et vie juive

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YM-YWHA Centres communautaires juifs de Montréal • CCJ Ben Weider • 5400 av. Westbury • Montréal, QC • ymywha.com


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:: nouvelle DIRECTION du YM-YWHA avec Marlene Jennings LVS : Mme Jennings, vous êtes passée du domaine de la politique au domaine communautaire. Comment s’est fait le pont ? MJ : J’ai été défaite en 2011 aux élections fédérales après 14 ans de service comme députée fédérale. C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision de me retirer de la vie politique et de passer à autre chose. Puis, il y a quelques mois, un chasseur de tête m’a contactée pour me parler du poste de directrice générale du YM-YWHA juif. Ayant toujours été l’amie de la communauté et d’Israël, j’ai tout de suite été intéressée par ce poste. J’ai ensuite rencontré le comité de recherche et j’ai eu de multiples rencontres avec l’équipe en place qui m’a enfin offert l’emploi. LVS : Selon vous, quels sont les défis de diriger un établissement comme le YM-YWHA juif ? MJ : Pour moi, cela représente plusieurs défis à différents niveaux : tout d’abord, celui d’être non-juive et de rassurer les membres de la communauté que le YM-YWHA ne perdra pas son identité juive sous ma direction; ensuite, d’être une ancienne politicienne qui doit démontrer qu’elle ne retournera pas en politique et qu’elle a à cœur les intérêts du YM-YWHA, et enfin, le réel défi, celui d’asseoir le YM-YWHA sur des bases plus professionnelles. LVS : Quelle est la nouvelle vision du YM-YWHA ?

MARLENE JENNINGS

MJ : Les valeurs du YM-YWHA sont celles qui sont enracinées depuis toujours dans la communauté juive : faire du bien, redonner à la communauté, recevoir les gens à bras ouverts, créer des alliances avec les gens et les organisations qui ont les mêmes valeurs que nous. Mon intention est de redonner au YM-YWHA sa place au sein de la communauté juive comme un organisme fondamental et essentiel à la communauté. LVS : Pour plusieurs, le YM-YWHA est perçu surtout comme un centre sportif. Qu’en pensez-vous ? MJ : Effectivement, le YM-YWHA est un centre récréo-sportif mais nous offrons ici des programmes allant de la petite enfance aux aînés. Depuis quelques mois, nous avons mis sur pied un comité permanent « Youth and Jewish Continuity » dont la mission est de réfléchir sur la meilleure façon d’assurer la continuité et la vitalité de la communauté. Nous avons amorcé la révision des programmes communautaires existants pour voir si notre contenu est assez juif et si nous devons le réviser. Notre objectif est d’accueillir tous les Juifs ici, qu’ils soient pratiquants ou pas, orthodoxes, réformistes ou conservateurs.

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“Quote... Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Vestibulum placerat tempus velit in dictum. Curabitur vitae felis odio, in auctor.” notre salle de projection. Cette année, nous en prévoyons 3 sur les thèmes de la science, de la religion et de la quête du sens. L’an dernier, celle de Madeleine Albright était fabuleuse. LVS : Quels projets d’avenir pour le YM-YWHA ?

LVS : De quels projets êtes-vous le plus fière ? MJ : En mars dernier, lors de Pessah, nous avons créé un partenariat avec le rabbin Pinney Gniwish et le programme « Living Legacy » afin que le « Matza Factory » soit organisé chez nous, au YM-YWHA. Diverses écoles sont venues ici préparer et cuire leur pain matza tout en s’éduquant sur les traditions juives. C’était tellement beau d’entendre les petites voix d’enfants, de les voir préparer le pain et le cuire dans notre fournaise. C’était tout simplement formidable! Tout le monde était content : les parents, les éducateurs et les enfants qui apprenaient une partie de leur culture et de leur histoire en s’amusant. Cette année, nous avons l’intention de répéter cette expérience lors de Hanouka dans le hall d’entrée du YM-YWHA, cela s’appellera « Chanukah Wonderland » et les enfants pourront préparer de l’huile d’olive et décorer des beignes. Au nombre des projets actuels, celui de « 92nd Street Y Lecture Series » : des conférences de haut niveau filmées aux États-Unis et que l’on projette dans

MJ : Nous avons le projet de réaménager l’espace au deuxième étage, au-dessus du hall d’honneur pour le rendre plus accessible, avec un ascenseur et en faire un espace multiusages. Ce qui nous manque, ce ne sont pas les projets mais plutôt le financement pour mener à terme tous les projets! Nous venons de rénover notre piscine et c’est un bijou. Beaucoup d’investissements sont allés dans nos superbes installations et nous voulons continuer de toujours les améliorer. Notre plus vif désir est d’augmenter le nombre de programmes communautaires afin que le YM-YWHA soit rempli du matin au soir, du lundi au dimanche ! LVS : Quelques mois après le début de votre mandat, quel est votre bilan ? MJ : Notre défi ultime est de continuer de nous développer et d’évoluer sans perdre nos attaches. Le YM-YWHA se doit d’être imprégné de sa culture juive. La communauté juive a toujours été un exemple pour les autres. Voilà pourquoi, au-delà de sa survie, son épanouissement est essentiel pour ouvrir le chemin aux autres. Je crois que le YM-YWHA a un bel avenir devant lui et je vais mettre toute mon énergie, mes connaissances et ma passion pour qu’il s’épanouisse dans tous les domaines : sportif, communautaire et culturel. Emmanuelle Assor

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Alvin Segal :: Un passionné du théâtre yiddish dans le C.A. de la CSUQ ashkénaze, né au États-Unis mais je ne parle pas yiddish contrairement à ma mère et ma grand-mère et même si j’ai pris jadis des cours, je suis toujours incapable de le parler. J’ai toujours voulu défendre cette culture qui fait partie intégrale du patrimoine juif européen et plus tard nord américain. Le Centre Saidye Bronfman était en quelque sorte le réceptacle de cette culture à travers son théâtre grâce à l’infatigable labeur de Bryna Wasserman, directrice du Théâtre National Yiddish. Et qui avait une véritable vision dans ce domaine. La disparition du Centre Bronfman aurait signifié également la fin de ce théâtre auquel je suis tellement attaché. Avec Fédération CJA et Charles Bronfman je suis parvenu à un accord, j’ai reçu en cadeau les deux bâtiments du Saidye et voici le résultat après un investissement de plusieurs millions de dollars : un centre culturel qui promeut les Arts de la Scène et qui assure en particulier la pérennité du théâtre yiddish. Je suis convaincu que la culture n’a pas de langage et ne connaît pas de frontières ».

ALVIN SEGAL Homme d’affaires exceptionnel et philanthrope hors-pair, M. Alvin Segal est un icône dans la société montréalaise et tout particulièrement dans la communauté juive. Ce grand mécène qui a donné son nom au moderne Centre des Arts de la Scène, a été nommé membre du Conseil d’administration de la CSUQ, à l’initiative du Président Marc Kakon. Il a accepté de nous recevoir au Centre Segal pour nous parler un peu de lui et, bien sûr, pour nous livrer ses impressions sur cette nomination qui fait de lui le premier ashkénaze à faire partie du C.A. de la CSUQ. Une décision inusitée et qui nous honore. Il aborde, dès le départ de notre conversation, son acquisition de ce magnifique complexe théâtral qu’est devenu le Centre Segal des Arts de la Scène. Le Centre Saydie Bronfman qui l’a précédé, nous précise-t-il, dépendait du YM-YWHA et n’avait aucune lien organique avec la Fédération CJA, l’organe central de la philanthropie juive ici à Montréal. Il vint un moment où le Y a voulu mettre un terme aux activités du Centre. De concert avec un autre grand philanthrope en la personne de Charles Bronfman il se déclare intéressé par l’acquisition du Centre. Quand je lui pose la question sur ses principales motivations concernant le dossier, sa réponse est surprenante : « Je suis un juif 32 | magazine LVS | décembre 2012

À la question centrale, celle du pourquoi il a accepté de siéger dans le Conseil d’Administration de la CSUQ, M. Segal a un sourire malin : « C’est un échange de bons procédés en quelque sorte. Vous savez, Marc Kakon, le président actuel de la CSUQ fait partie du Conseil d’administration du Centre Segal, son épouse est ashkénaze, il est sûrement bien placé pour connaître et comprendre notre culture, alors quand il m’a demandé de faire partie de son conseil d’administration, j’ai pensé qu’en acceptant je contribuais en quelque sorte ce rapprochement que je souhaite tant entre nos deux cultures, l’ashkénaze et la sépharade. Nos deux cultures ne se connaissent pas assez et le temps est venu d’établir un vrai rapprochement pour qu’il n’y ait à l’avenir qu’une seule communauté celle des juifs de Montréal » À ce sujet M. Segal ne comprends pas pourquoi, même au niveau de la Campagne de l’Appel Juif Unifié, il existe une Campagne Sépharade. Mais il est confiant que, le temps aidant et avec les nouvelles générations nées à Montréal le rapprochement des deux communautés est en bonne voie. En tout cas on peut le sentir dans la chaleur de ses propos que c’est un homme très respectueux des autres cultures mais aussi un grand défenseur de l’unité communautaire. Sa présence dans un C.A. sépharade ouvre un chapitre nouveau dans l’histoire des relations entre nous et nos frères ashkénazes. Élie Benchetrit


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:: Distinction honorifique DE GAUCHE À DROITE : M DAVID J. CAPE, PRÉSIDENT, FÉDERATION CJA, M JOSEPH GABAY, RÉCIPIENDAIRE ET M STEPHEN BRONFMAN, PRÉSIDENT EXÉCUTIF DU CONSEIL CLARIDGE INC.

Le 24 septembre dernier, lors de l’Assemblée générale annuelle de la Fédération CJA, M. Joseph Gabay, ancien président de la Communauté Sépharade du Québec et également du Congrès juif canadien, région du Québec, a reçu la prestigieuse médaille Samuel Bronfman qui récompense une personnalité ayant contribué à l’avancement et au rayonnement de la communauté juive. À cette occasion le récipiendaire a prononcé une allocution dont nous reproduisons l’intégralité. Mr. President, Members of the Bronfman Medal Selection Committee, M. le Consul général d’Israël; Dignitaries; Special Guests and members of the community; Distingués lauréats communautaires Chers amis. I’m here to say thank you. Merci au Dr Victor Goldbloom qui, en me proposant pour cet insigne honneur, me témoigne généreusement son estime et sa précieuse amitié. Thank you to the committee who is giving me the prestigious privilege to see my name associated with Samuel Bronfman z.l. a mentor, a role model who inspired the founders and the leaders of our community, one of the most respected of the diaspora. Merci pour cette nomination parce que cela me conforte dans le fait que les valeurs qui ont guidé mon action communautaire sont parmi celles que privilégient nos leaders d’hier et d’aujourd’hui. Et ces valeurs se résument en 5 mots : MA COMMUNAUTÉ À LA UNE. MA COMMUNAUTÉ À LA UNE c’est une communauté qui mérite d’être citée à la une des journaux pour ce qu’elle est, ce qu’elle représente et ce qu’elle accomplit. MA COMMUNAUTÉ À LA UNE c’est une communauté unie dans toutes les facettes de sa diversité. MA COMMUNAUTÉ À LA UNE, pour moi qui suis un produit de mouvements de jeunesse, c’est d’abord ma communauté sépharade qu’il fallait rassembler, organiser, faire connaître et reconnaître. Merci à tous les bénévoles et à tous les professionnels - j ‘ai ici une pensée toute particulière pour James Dahan Z.L. Merci à tous les présidents qui ont permis l’éclosion et l’établissement de la plus belle communauté sépharade de la diaspora.

MA COMMUNAUTÉ À LA UNE c’est la grande communauté juive de Montréal. Merci à tous ces êtres exceptionnels qui y ont cru et qui ont œuvré pour que toutes les composantes de cette communauté soient réunies. Merci au Congrès juif canadien pour m’avoir permis de présider cet organisme prestigieux. Merci à la Fédération d’avoir concrètement œuvré, malgré des débuts difficiles, pour que MA COMMUNAUTÉ À LA UNE devienne une réalité tangible. Qui aurait imaginé qu’un jour la Fédération et le Congrès puissent être simultanément présidés par des Sépharades!!! Bravo et merci à tous ces visionnaires de l’unité. MA COMMUNAUTÉ À LA UNE c’est aussi la communauté d’accueil. Merci à tous ceux qui nous ont donné le privilège de contribuer de manière significative au mieux-être de nos concitoyens. MA COMMUNAUTÉ À LA UNE c’est aussi et surtout notre attachement à Israël. Merci à l’État d’Israël et à la Nation Juive .Nous sommes conscients que si notre identité juive demeure une source permanente de fierté c’est au prix des sacrifices qu’ils s’imposent. Toda al hakol Bien plus, pour Israël, MA COMMUNAUTÉ À LA UNE transcende le niveau communautaire et national pour atteindre une dimension universelle. MA COMMUNAUTÉ À LA UNE pourrait être la réponse aux historiens qui, dans quelques années, se demanderont pourquoi Israël n’a pas réglé de façon radicale les effroyables problèmes de violence extrême et les menaces qui l’assaillent au quotidien. C’est que les valeurs juives sont universalistes et s’articulent autour d’un principe fondamental : « tu aimeras ton pro­­­chain ». Ton prochain, juif ou non, tu ne tueras pas. Il n’est pas écrit AL TIRTSAH : ne tue pas, à l’impératif mais LO TIRTSAH : tu ne tueras pas : une promesse nous est faite : là où n’importe qui d’autre tuera, toi tu ne pourras pas tuer! Tu rechercheras le Chalom et dans Chalom il y a Chalème qui veut dire être entier, uni, et c’est vrai que le prix à payer est bien lourd. Merci, Toda Israël pour cette leçon de retenue donnée à l’humanité au nom de la recherche et de l’amour de l’universel que j’ai nommé MA COMMUNAUTÉ À LA UNE. Joseph Gabay magazine LVS | décembre 2012 | 33


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David Bensoussan :: lauréat d’un réputé Prix littéraire L’universitaire et écrivain montréalais David Bensoussan, ancien Président de la Communauté sépharade unifiée du Québec, vient d’obtenir l’un des plus prestigieux Prix littéraires décernés dans le monde culturel sépharade francophone, le Prix Haïm Zafrani, pour son livre d’Histoire, Il était une fois le Maroc. Témoignages du passé judéo-marocain (Éditions Du Lys, Montréal). Le Prix Haïm Zafrani, institué à la mémoire d’un illustre historien Juif marocain, feu Haïm Zafrani, éminent spécialiste de l’Histoire du Judaïsme marocain, est attribué par l’Institut universitaire d’Études Juives Élie Wiesel de Paris à un(e) écrivain(e) ayant commis une oeuvre littéraire en langue française mettant en lumière la Civilisation du Judaïsme dans l’espace marocain. Ce réputé Prix littéraire souscrit à quelques postulats auxquels feu Haïm Zafrani et son imposante oeuvre littéraire sont toujours restés fidèles: la certitude que la démarche de connaissance participe à une Identité vivante, qu’elle est source non de repli et de retranchements frileux mais d’une volonté partagée qui permet de nouer et de poursuivre un dialogue créatif avec la Culture de l’Autre.

DAVID BENSOUSSAN

« Cette récompense témoigne de la valeur que le Jury du Prix Haïm Zafrani accorde à la qualité intellectuelle de votre contribution littéraire à la reconnaissance et à la redécouverte du Judaïsme dans l’espace socio-culturel marocain », a écrit le Directeur de l’Institut universitaire d’Études Juives Élie Wiesel de Paris, Raphy Marciano, dans la lettre qu’il a adressée à David Bensoussan pour lui annoncer qu’il était le Lauréat du Prix Haïm Zafrani 2012. 34 | magazine LVS | décembre 2012

David Bensoussan recevra ce Prix littéraire le 6 décembre prochain lors d’une cérémonie qui aura lieu dans les Salons de la Mairie du IVème Arrondissement de Paris. L’ouvrage Il était une fois le Maroc, témoignages du passé judéo-marocain retrace l’Histoire du Maroc et de sa Communauté juive durant les deux derniers siècles, incluant la période du Protectorat français. Une nouvelle édition de ce livre, augmentée et enrichie avec de nouvelles illustrations -des photographies inédites de cette époque que David Bensoussan a dénichées dans des Fonds d’Archives et auprès de Communautés sépharades marocaines résidant en Israël et dans la Diaspora, est parue dernièrement. David Bensoussan a recoupé de multiples informations -témoignages de grands écrivains qui ont visité le Maroc durant la période coloniale, de notables du Royaume chérifien, de chroniqueurs du Palais royal marocain, de personnalités rabbiniques… Documents d’Archives, Textes anciens inédits… - qu’il a synthétisées dans une grille de lecture de l’Histoire du Maroc et de sa Communauté juive. « Le départ des Juifs du Maroc laissa un vide certain car le Judaïsme marocain était intégré dans le tissu socio-culturel marocain, explique David Bensoussan. Par ailleurs, les traumatismes récurrents du passé de Dhimmi et le fait que les Juifs du Maroc constituèrent le bouc émissaire de service pendant les périodes d’instabilité politique, de disettes ou d’épidémies ont laissé des marques profondes chez ces derniers. Aussi n’est-il pas rare que l’on caractérise les relations entre Juifs et Musulmans au Maroc d’idylliques ou encore de conflictuelles. Cet ouvrage vise à présenter tant les expériences difficiles que les bons moments vécus par les Juifs du Maroc et à mieux saisir la complexité des relations « lovehate » entretenues par ces Communautés. » Ce livre n’est pas « une présentation linéaire » de l’Histoire du Maroc et de sa Communauté juive, précise


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“L'universitaire et écrivain David Bensoussan vient d'obtenir le prestigieux Prix littéraire Haïm Zafrani” David Bensoussan. La présentation privilégiée par l’auteur permet d’«entrapercevoir un ensemble de thèmes spécifiques qui donnent une idée des conditions de vie, des espoirs et des déceptions qui furent le lot d’une société traditionnelle en transition et en mutation vers la modernité. » Fervent adepte du rapprochement judéo-musulman, David Bensoussan est convaincu que la compréhension du passé, qui fut difficile à bien des égards, mais qui fut aussi marqué par de grands moments de convivialité, est essentielle pour pouvoir « jeter les bases d’une nouvelle relation » entre Juifs et Musulmans Marocains. « Le Maroc est fier de ses Juifs. Plusieurs milliers d’Israéliens de souche marocaine visitent chaque année le Maroc. Ces derniers sont accueillis chaleureusement par les Autorités marocaines. Le Maroc est le seul pays arabo-musulman à avoir un Musée Juif. L’exception marocaine est une réalité bien patente. Cependant, l’Histoire des relations judéomusulmanes au Maroc a été toujours nourrie de récits idylliques qui ne correspondent pas aux réalités socio-historiques qui ont prévalu dans ce pays durant les deux derniers siècles. Les Communautés juives du Maroc ont connu des périodes magnifiques, mais aussi des périodes funestes que les historiens marocains ont complètement éludé dans leurs Travaux de recherche. »

« Mettons-nous d’accord sur notre passé commun. Tant que les Juifs et les Musulmans Marocains ne revisiteront pas ensemble les épisodes les plus sombres de leur passé et ne se mettront pas d’accord sur ceux-ci, leurs relations ne pourront pas évoluer positivement, dit-il. Seule la vérité historique permettra aux deux Communautés d’envisager un avenir commun prometteur. Continuer à occulter le passé, c’est perpétuer une amnésie historique néfaste pour les deux Communautés. » Professeur au Département de Génie électrique de l’École de Technologie Supérieure de l’Université du Québec, David Bensoussan est l’auteur de nombreux ouvrages académiques et de plusieurs essais et romans consacrés à la Bible, à l’Histoire juive et aux relations entre Juifs, Musulmans et Chrétiens. Son dernier roman: La Rosace du Roi Salomon (Éditions Du Lys). Élias Levy Cet article a été publié une première fois dans le CJN dans son édition du 25 Octobre 2012.

Pour David Bensoussan, il est impératif de «relater ces périodes de cohabitation très difficiles» pour «conférer un nouvel élan» aux relations entre Juifs et Musulmans Marocains. magazine LVS | décembre 2012 | 35


aleph

CENTRE D’ÉTUDES JUIVES CONTEMPORAINES dirigé par SONIA SARAH LIPSYC

:: L’héritage des voix des filles de Tsélofrad : Des femmes de courage et solidaires pays de Canaan que les Hébreux s’apprêtent à conquérir. «Donne-nous une possession au milieu des frères de notre père» demandent-elles. Il en fallait du courage pour se présenter devant la tente où siégeaient Moïse, tous les dignitaires et l’Assemblée d’Israël dans un lieu où a priori elles n’étaient pas convoquées et soumettre leur requête. Quoi ? La Torah n’avait pas prévu ce cas-là ? Si un homme meurt sans fils, est-ce que ses filles héritent ? Apparemment non, ou plutôt oui … Le silence vaut pour acquis … point d’héritage pour les femmes. Il en aurait été ainsi si les filles de Tsélofrad n’avaient pas parlé … et si elles n’avaient pas été écoutées … Mais comment ont-elles exprimé leur demande et sont-elles arrivées à convaincre Moïse de se pencher sur leur cas et par là même sur celui de toutes les femmes d’Israël ? La question est importante pour moi, qui, comme d’autres, cherche à œuvrer, dans la part de responsabilité qui incombe à chaque Juif(ve), à davantage d’équité dans le monde?

« The Five Daughters of Zelophehad », sclupture de Judith Klausner Elles s’approchent … Mahela, Noa, Hogla, Milka et Tirtsa … «Elles se rapprochent» dit la tradition orale du Midrash, en se réconfortant les unes et les autres, songeant que si les hommes soutiennent les hommes, la bonté de Dieu s’attache à tout un chacun sans discrimination de sexe. Elles ? Les cinq filles de Tsélofrad, cet homme de la tribu de Ménaché, mort, sans fils, dans le désert du Sinaï. Elles se tiennent debout devant Moïse et elles réclament, en tant que femmes, leur part d’héritage dans le partage de la Terre d’Israël alors 36 | magazine LVS | décembre 2012

Le Talmud souligne qu’elles furent «sages» car elles se présentèrent au bon moment et «instruites» car elles usèrent avec finesse et connaissance de l’interprétation de la loi. En effet, dirent-elles à Moïse, selon la loi du Lévirat, (que Moïse justement enseignait à ce moment-là), notre mère veuve qui n’a pas eu de garçon n’a pas été obligée d’épouser son beau-frère, car elle a eu des filles. «Si nous sommes considérées comme l’équivalent d’un fils (dans la loi du Lévirat) qu’on nous fasse hériter en conséquence (que cette équivalence soit ici appliquée aussi pour l’héritage) ; sinon (si nous ne comptons pas) que notre mère épouse son beau-frère (comme la loi du Lévirat l’oblige pour une femme veuve sans enfants…) !». Echec et mat ! Moïse ne sait quoi répondre et fait rarissime pour n’être arrivé que peu de fois au cours de ces quarante ans d’initiation à la loi divine, il se tourne vers Dieu pour savoir quoi faire ! Et Dieu répond «Les filles de Tsélofrad parlent juste» - elles ont droit à leur héritage. Le Midrash précise que Dieu ajoute : «‘ainsi est-ce écrit devant mes yeux’, ce qui nous apprend que leur œil (de ces femmes) ont vu ce que l’œil de Moïse n’avais pas vu !». Cette égalité avec les hommes que réclamaient ces femmes était donc


ALEPH – PENSÉE JUIVE | non seulement juste mais encore invisible aux yeux de tous. Combien de lois, rendant justice aux femmes sont ainsi écrites devant Dieu dans le ciel et attendent d’être révélées, grâce à l’action des unes et le soutien des autres ?! C’est pourquoi cet épisode, que je ne me lasse pas d’étudier d’une année à l’autre, est pour moi le paradigme d’un engagement et d’une espérance. EngaEmma Goldman gement, car les filles de Tsélofrad ont eu le courage, l’audace et l’intelligence du cœur et de l’esprit de se battre pour lutter contre une inégalité et espérance parce que leur juste requête a été entendue. Sensible à leurs arguments autant qu’à l’éthique de leur revendication, l’attitude de Moïse pourrait, une fois de plus, servir d’exemple pour tous.

Rosa Luxembourg

S’il n’y avait eu les filles de Tsélofrad, il aurait, sans doute, été plus difficile pour d’autres femmes, à l’intérieur du judaïsme, même soutenues par des compagnons (des maris, des fils, des frères, des oncles) d’œuvrer à l’équité.

Les femmes pourraient-elles étudier aujourd’hui pleinement la Torah sans l’implication de Sarah Schnierer et du Hafetz Haïm ? Le Talmud ? sans l’engagement du rabbin J.B. Soloveitchik et celui de Malka Bina, directrice de Matan ? Au mois d’Av de l’année dernière, en 5772, pour la première fois dans l’histoire juive, des groupes de femmes ont célébré, après 7 ans et demi, la fin de leur étude quotidienne de tout le Talmud… Pourraient-elles siéger dans des conseils religieux municipaux sans le combat de Léah Shakdiel ou accompagner comme Rivka Lubitsch ou Rachel Levmore, Naomie Ragen en tant qu’avouées rabbiniques, d’autres femmes en attente de leur divorce religieux (guet)? Pourrions-nous même nous asseoir où nous le souhaitons dans les bus publics en Israël si Naomi Ragen ou Anat Hoffman ne s’étaient mobilisées auprès de la Cour Suprême ?

S’il y n’avait pas eu des premières, il n’y aurait eu que des dernières ou presque, parce que des cohortes de femmes auraient quitté un judaïsme dans lequel elles auraient eu le sentiment de ne pas avoir eu leur place. Elles seraient allées chercher ailleurs, à l’extérieur, ce qu’elles n’auraient pas trouvé à l’intérieur. Elles se seraient appelées alors, Rosa Luxembourg (révolutionnaire) ou Emma Goldman (féministe).

Rivka Lubitch

Je serai, quoi qu’il en soit, honorée de recevoir les unes comme les autres - Déborah la juge et la prophétesse, comme Susan Sontag, l’intellectuelle juive new yorkaise, Regina Jonas la première femme rabbin qui, après avoir réconforté ses frères et sœurs juifs au camp de Theresienstadt, a été déportée à Auschwitz, Bertha Pappenheim, l’une des premières patientes de Freud, qui lutta contre la prostitution et la traite des femmes à l’intérieur des communautés juives ou la féministe socialiste Clara Zetkin – comme invitées (oushpazot) dans ma tente de Souccot, après les convocations Anat Hoffman des jours redoutables, car à mes yeux, toutes font partie du « Klal Israël » (communauté d’Israël). Mais avant les fêtes de Souccot, il y a le son du shoffar – ce moment où l’âme est convoquée dans la fulgurance du son de la corne de bélier et se présente devant le Créateur, habitée de toutes celles et de tous ceux qui ont participé à son amélioration spirituelle. Je ne peux alors qu’être reconnaissante aux filles de Tsélofrad qui ont parlé avec courage, solidarité, confiance, détermination, érudition en usant de la rhétorique de la loi et de manière à être entendues. Si elles ne l’avaient fait, quel aurait été notre héritage ? Dr Sonia Sarah Lipsyc Sources : Nombres 27;1-8, Traité Baba Batra 120a du Talmud de Babylone, Midrash Siffri sur le péricope Pinhas du livre des Nombres. Cet article a été publié une première fois dans le CJN dans son édition du 13 septembre 2012 à la veille de Rosh Hashana 5773 https://www.facebook.com/groups/128980890149/

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| ALEPH

ALEPH :: UNE NOUVELLE PROGRAMMATION QUI COLLE À L'ÉVOLUTION DU JUDAÏSME DANS LE MONDE ALEPH est une porte ouverte sur le dialogue pluraliste et se veut être un élan vers des courants d'études et de réflexions contemporaines sans apriori et toujours basées sur l'intervention de personnes « références » en termes universitaire, philosophique, religieux, historique et professoral. La rentrée d'ALEPH est sous le signe de l'enseignement de la lecture de l'hébreu en 10 leçons grâce à la méthode exceptionnelle du Rabbin Mellul. Pour la troisième fois consécutive, Dr Sonia Sarah Lipsyc, fondatrice d'ALEPH, a également animé le pré-Festival Séfarad annuel avec l’organisation de deux colloques dont les sujets ont soulevé de nombreux questionnements et réflexions.

Dr Sonia Sarah Lipsyc, Beth Hamidrach de LEMOOD octobre 2012 Photo: fbc

Rabbin Samuel Mellul cours d’hébreu pour débutants à ALEPH octobre 2012 38 | magazine LVS | décembre 2012

Dès le lendemain de la fin des fêtes de Souccot, en octobre, ALEPH a débuté sa programmation en proposant une série de 10 cours, de la mi octobre à la mi décembre, pour apprendre à lire l’hébreu. Cette session est assurée par le Rabbin Samuel Mellul, professeur et pédagogue hors pair qui a mis au point une méthode originale à la portée de tout un chacun(e). Ces cours s'adressent à des débutants ou des faux débutants qui désirent apprendre à lire l’hébreu afin, selon les élèves, de pouvoir lire un verset de la Torah, dire des prières ou s’initier aux bases de l’hébreu avant d’apprendre à le parler. C’est la deuxième année consécutive que ALEPH programme un cours d’initiation à l’hébreu. « Il est important de viser l’autonomie des élèves dans leur apprentissage du judaïsme, sous toutes ses facettes, c’est pourquoi nous commençons l’année avec ce cours d’hébreu qui attire des personnes de tout âge et d’horizons divers. De plus, les traductions des textes ou commentaires de l’hébreu dans d’autres langues sont évidemment utiles mais elles ne remplacent pas la spiritualité cachée derrière chaque lettre hébraïque », précise Sonia Sarah Lipsyc. Tous les ans, le mois de novembre est marqué par la présence du Festival Séfarad dans la communauté juive et au coeur de la ville de Montréal. C’est d’ailleurs l’un de ses colloques, en 2008, FEMINA 1 qui avait été à l’origine de la venue à Montréal comme conférencière de Sonia Sarah Lipsyc à Montréal et peu après, de la création de ALEPH. Quatre ans plus tard, le Pré-Festival permet avec FEMINA 2


ALEPH |

De gauche à droite : Dr Amnon Suissa, Prof René Levy, Dr Sonia Sarah Lipsyc, Léah Shakdiel, Peggy Cidor et Marius Schattner. Colloque ALEPH, Pre Festival Sefarad, 6 novembre 2012 de revenir sur cette thématique riche en sujets et en émotions en présence de divers intervenants. En collaboration avec l'Alliance Israélite Universelle Canada, ALEPH a invité des personnalités internationales et locales pour mettre en valeur des questions de société importantes qui existent au sein du judaïsme contemporain. De l’étranger sont venus Peggy Cidor (Journaliste, Israël), Léah Shakdiel (universitaire, Israël), Marius Schattner (journaliste, Israël), Daniel Haïk (journaliste, Israël) et René H.Lévy (scientifique, USA). Du Québec, il y avait Sharon Gubbay-Helfer (universitaire, Concordia), Shelley Rothman Benahaim (Montréal Women’s Tefillah Group), Evelyn Brook (Coalition of Jewish Women for the Get), Pascale Fournier (universitaire, Ottawa), Judah Castiel (président de ICS), Julien Bauer (universitaire UDM), les rabbins Chriqui et Orenstein, Rachida Azdouz (universitaire UQAM), Demila Benhabib (essayiste) Lise Ravary (journaliste au JDM), Ira Robinson (universitaire Concordia). Les modérateurs étaient Charles Barchechath (Congrégation Or Hahaim), Jo Gabay (enseignant), Amnon Suissa (universitaire UQAM) et Philippe Regnoux (La Stradia Media) et il y eut des allocutions de Ralph Benatar (président de l’AIU Canada) et Joël Lion, Consul Général l’État d’Israël pour le Canada Oriental.

les différences entre laïques et religieux, - et entre religieux eux-mêmes de divers sensibilités et courants- en Israël? Cette prise de conscience est importante pour l'équilibre du pays et la pérennité de l'identité juive. Les tables rondes ont tissé large afin de donner une perspective complète de l'évolution de cette relation parfois conflictuelle : Justice sociale, responsabilité mutuelle entre les Juifs, Armée, éducation séculaire, démocratie et judaisme, conversion, pluralisme et interrogations sur les accommodements raisonnables au Québec.

« Où en est l'égalité hommes-femmes aujourd'hui dans le judaïsme? » fut l’un des sujets des deux colloques qui se sont déroulés du 4 au 7 novembre au centre Gelber. Sous forme de tables rondes différents sujets comme les groupes de prières de femmes, le leadership religieux des femmes, la comptabilité du féminisme et du judaisme, le problème douloureux des femmes en attente de leur divorce religieux (« guet ») ont été débattus. Après la projection du film « Black bus », la thématique de la discrimination sexuelle dans les bus sur certaines lignes publiques en Israël a notamment été abordée

À partir du mois de décembre, un nouveau partenariat de ALEPH avec l'AUI Canada et Gérard Rabbinovich, directeur de l’Institut Lévinas au sein de l’A.I.U en France, proposera des conférences tous les deux mois sur » les droits de la personne » à travers des textes philosophiques, historiques, et de la tradition juive. Les autres séminaires et évènements habituels notamment son « Beth Hamidrach » reprendront dans la programmation d'ALEPH 2013, toujours accessible sur internet ou à la réception de la CSUQ.

L’autre thématique de ce pré-festival était « le Vivre ensemble entre laïques et religieux en Israël et en diaspora », l’un des défis majeurs du peuple juif notamment en Israël. La question principale porte sur : comment arriver à concilier et accepter

Pour tout renseignement sur les activités d'ALEPH et assister aux conférences et ateliers au cours de l'année, contactez Sonia Sarah Lipsyc au 514-733-4998 poste 3160 ou sur www.csuq.org.

Des fictions de l’Ecole Israélienne Ma’alé ont ponctué les midis gratuits du Cinémaspace au Centre Segal, en guise de reflets de tous ces sujets abordés pendant quatre jours intensifs. ALEPH est aussi sorti des murs puisque Dr Sonia Sarah Lipsyc est intervenue en animant une étude sur les « Filles de Tsélofrad » (Nombres 27) à l’évènement annuel de Lemood qui réunit des centaines de personnes le dimanche 14 octobre, en donnant des conférences au sein de la communauté juive du Québec et un cours sur les Psaumes dans le cadre du dialogue judéo-chrétien.

Laëtitia Sellam

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services communautaires :: LE BAZAR ET LA MISSION DE SOLIDARITÉ

Après des mois d’organisation et de travail de la part des bénévoles, le Bazar annuel a eu lieu le 2 septembre dernier au grand plaisir de tous les participants. Après une fructueuse prévente aux membres des familles et amis de la communauté qui a eu lieu le 30 août, le Bazar a ouvert ses portes et a dévoilé au grand public tous ses trésors. Des bottes, des chaussures, des vêtements dernier cri, des accessoires, des jouets pour enfants, le tout flambant neuf, offert par plus d’une trentaine de généreux commanditaires. Beaucoup de gens ont ainsi profité de cette occasion spéciale de faire des achats tout en aidant la communauté, le tout dans la bonne humeur. Les fonds amassés aident les différents projets de la Mission de solidarité à Beer Sheva. Un gros merci aux précieux commanditaires sans qui le Bazar n’existerait pas et aussi à tous les bénévoles qui offrent leurs temps et énergie à ce projet. Un remerciement tout particulier au président de l’activité, M. Alain Mechaly, et à Ralph et Jocelyne Bitton qui gèrent toujours avec le sourire les rencontres du comité et qui coordonnent le tout – avec la collaboration de Sabine Malka, responsable du Département adultes – les donateurs et les bénévoles.

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Comme tous les ans à peu près aux mêmes dates, la Mission de solidarité en Israël s’est déroulée en novembre. Pendant 2 semaines bien remplies, les 32 participants ont eu la chance de visiter tous les hauts lieux du tourisme israélien (Jérusalem, Massada, Hébron et le caveau des Patriarches, la Mer Morte et autres). Le 1er novembre, une superbe journée, car le groupe de participants montréalais a organisé des Bar-Mitzvot de 50 enfants de Beer Sheva à Jérusalem, en collaboration avec Orot Israel et la municipalité de Beer Sheva, devant les familles émues et ravies. Après la cérémonie au Kotel, ils ont visité la Vieille Ville, puis ils ont assisté à une grande fête des plus réjouissantes. Et comme tous les ans, la Mission organise aussi un bon nombre d’activités de bénévolat pour les participants: des visites touchantes de différents centres tel le Ilan Center pour handicapés physiques, le Beit Mariah où ils ont pu servir des repas à des enfants défavorisés et à Beer Sova où l’on sert la soupe populaire, en plus de visites de garderies. Grâce aux fonds amassés la Mission contribue à l’achat d’équipements pour différents centres et à des bourses d’études à 10 étudiants universitaires de Ben Gurion (en partenariat avec la Fondation Rashi). Comme on dit si bien: «Mission accomplie»! Pour toute information complémentaire, consultez le site www.csuq.org ou veuillez contactez Sabine Malka, coordinatrice du département adultes, au 514-733-4998 poste 8230. Emmanuelle Assor


SERVICES communautaires |

:: LANCEMENTS DE LIVRES Dans la foulée, le lancement du dernier livre de Daniel Sibony, réputé psychanalyste français, a eu lieu devant une salle comble à la congrégation Or Hahayim le 15 octobre. Cette conférence interactive, en partenariat avec la CSUQ, la Congrégation Or Hahayim et le comité francophone de la bibliothèque juive, a captivé l’audience venue découvrir le dernier ouvrage de M. Sibony, « De l’identité à l’existence : l’apport du peuple juif ». Ce livre propose de nombreuses clés pour comprendre bien des aspects de l’existence humaine, de nos manières de réagir par rapport aux grands événements qui ébranlent la planète en passant par les multiples petites situations de la vie quotidienne. Un livre indispensable à lire…

Le lancement du livre du rabbin Ronen A. Abitbol, « Le cri du cerf », des enseignements sur la paracha, a eu lieu à la Maison de la culture le 3 décembre. Ce livre qui porte un regard nouveau et original sur chaque paracha, dans un style clair et percutant, est particulièrement recommandé à table, le soir du chabbat. Il fera profiter toute la famille de ses merveilleux enseignements. Ce lancement a réuni une belle assemblée. Ce livre est disponible et, pour toute information supplémentaire, veuillez contacter Sabine Malka au 514-733-4998 poste 8230. Emmanuelle Assor

:: AJOE À l’Association des Juifs originaires d’Égypte on ne chôme pas! Avec la nouvelle présidente Mme Rosy Schwartz, des activités ont lieu à l’année longue. Le 23 septembre dernier, une conférence a rendu hommage à Jacques Hassoun, psychiatre égyptien né dans une famille juive d’Alexandrie, auteur de divers ouvrages sur les Juifs et l’exil. Lors de cet événement organisé en partenariat avec la CSUQ, plus de 50 personnes étaient présentes et ravies d’en apprendre plus sur les Juifs d’Égypte grâce à Mona Latif-Ghattas qui a donné une conférence captivante laissant la place à des débats animés et aux questions de la foule. L’AJOE a aussi organisé un superbe Chabbaton pour plus de 100 personnes à la Synagogue Spanish & Portuguese avec comme invité d’honneur le rabbin Yamin Lévy, fondateur et directeur du Maimonide Heritage Center à New York, très

connu aux États-Unis et apprécié de tous à Montréal. Ceci a donné lieu à une série de conférences très intéressantes sur le grand penseur Maimonides les 19-20 octobre, tandis que le 21 octobre, une conférence traitait « Comment comprendre qui nous sommes, les Sépharades. Sommes-nous seulement définis par notre cuisine? », sujet sur lequel il y a long à dire… Emmanuelle Assor Pour toute information complémentaire, consultez le site www.csuq.org ou veuillez contactez Sabine Malka, coordinatrice du département adultes, au 514-733-4998 poste 8230. magazine LVS | décembre 2012 | 41


| services communautaires

:: Département jeunesse Cet été, le voyage Yahad a battu son plein avec 33 participants des secondaires 3 et 4 pendant 3 semaines d’activités bien remplies en Israël. Accompagnés par les animateurs jeunesse bénévoles, Albert Lévy, Alexia Dahan et Natanyel Oiknine, nos jeunes ont découvert les splendeurs d’Israël en traversant le pays. De Jérusalem à Tel Aviv en passant par le Kotel, ils ont pris connaissance de leur histoire et de leurs racines. Parmi les nombreuses activités auxquelles ils ont été invités, ils ont vécu l’expérience de dormir sous une tente avec des Bédouins, de voguer en bateau à Eilat et même de faire des tours de chameaux. Puis, pendant 5 jours, ils ont participé à un échange avec des jeunes de leur âge de Beer Sheva dans le cadre d’activités communautaires. Cette année, ils ont fait du bénévolat dans une usine de recyclage et tous sont revenus à Montréal comblés, après avoir vécu des moments forts et inoubliables. Début janvier, on invite des jeunes à s’engager dans un tout nouveau projet de leadership des plus importants. Les programmes de leaders communautaires qui s’adressent aux jeunes des secondaires 3, 4 et 5, ont pour objectif de semer les graines de jeunes entrepreneurs, capables de mener un projet de A à Z, avec l’aide de gens d’affaires ayant réussi et fort de leurs expériences sur le marché du travail. Le programme comprend des sessions de formation sous forme de soirées et de week-end, des séminaires et des chabbatons interactifs, la conception et la réalisation d’un super projet communautaire (que ce soit une kermesse ou un webzine, cela au choix du participant) , le tout sous la supervision de leaders de la communauté. Le but de l’exercice est d’aider les jeunes à trouver leurs champs d’intérêt et à se dépasser dans leurs connaissances sur le terrain, et ce, en concrétisant un projet et en se donnant les moyens de le réussir. Suite à l’enthousiasme qu’a suscité le voyage Yahad cet été, le Département jeunesse lance de nouveau Yahad pour l’été 2013. Incrivez-vous ! Emmanuelle Assor Pour plus de renseignements ou pour vous inscrire au programme, veuillez contacter Eric Choukroun au : 514-733-4998, poste 8135. http://www.facebook.com/pages/Voyage-Yahad/184200304946932

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YAHAD 2013 Du 8 au 30 juillet 2013 Voyage en Israël pour les 15 à 17 ans Yahad est un programme de visites organisées à travers tout le pays qui permettront de découvrir les principaux sites touristiques d’Israël, de Jérusalem en passant par la Galilée et du Golan vers le Negev, ainsi que quelques jours de volontariat dans la région de Beer Sheva. Le voyage comprend le vol aller-retour, les trois repas par jour, l’hébergement et toutes les activités.

Info : 514-733-4998, poste 8135 Eric Choukroun www.csuq.org


continuité sépharade LA Guerre des clans :: S’amuser pour une bonne cause Cette année, des finissants du programme de leadership vont vous surprendre avec un super jeu, « La Guerre des Clans », inspiré de la fameuse émission américaine Family Feud où des familles se disputent des prix allant jusqu’à 5 000$. Ce projet unique et ludique a pour but de sensibiliser la communauté aux problèmes d’apprentissage à un nombre grandissant d’enfants et à BANAV, organisme à but non lucratif, conçu pour aider les enfants ayant des problèmes d’apprentissage afin d’éviter un retard scolaire trop considérable. « La Guerre des Clans » aura donc lieu pour aider BANAV à amasser des fonds pour continuer d’offrir des services indispensables à la communauté. Pourquoi Banav? Parce que cette année, BANAV a été choisi comme organisme à aider par les jeunes bénévoles du programme de leadership et un comité a été mis sur pied pour organiser la soirée de la Guerre des Clans. Au nombre des organisateurs, 4 jeunes co-présidents, vifs et énergiques, dévoués à la cause et à notre communauté: Steve Sebag, Karen Aflalo, David Ohayon, Muriel Alloune. Pourquoi s’être impliqués dans ce projet plutôt qu’un autre ? « Parce que chaque enfant juif a le droit à une éducation juive. Le manque de fonds pour un projet communautaire si important est triste. Nous devons palier à la réalité de notre système scolaire et au manque de programmes pour les enfants qui ne peuvent pas étudier dans les 3 langues » affirment Karen Aflalo et David Ohayon. Steve Sebag renchérit en soulignant l’importance de l'identité juive aujourd’hui pour le renforcement de la communauté de demain : aucun enfant ne devrait être privé d’avoir une éducation juive stimulante et enrichissante. Quant à Muriel Alloune, elle conclut qu’elle s’implique dans le projet de Banav «parce que l'éducation juive est la base de notre réussite et de notre 44 | magazine LVS | décembre 2012

continuité. Si un enfant n'est pas en mesure de poursuivre son éducation dans un milieu juif, peu importe les raisons - entre autre parce qu'il a un trouble d'apprentissage aussi minime soit-il - et qu'on ne fait rien pour prévenir cette situation, alors on manque de remplir la mission sur laquelle repose notre communauté « l'un pour l'autre » et on contribue, presque consciemment, à l'effritement de notre futur. » Pour appuyer les efforts de nos superbes bénévoles, et pour aider BANAV à offrir des services à nos jeunes en difficulté: venez en grand nombre à la Guerre des Clans au Théâtre Rialto, le 10 avril 2013. La soirée sera animée par le célèbre animateur de l’émission de télévision « La Guerre des Clans » , Luc Senay et par le flamboyant et hilarant Neev. Et gardez les yeux ouverts pour les auditions d’ici le mois de janvier 2013 ! Emmanuelle Assor Pour tout renseignement sur les activités du département Levée de fonds, consultez le site www.csuq.org ou contactez Benjamin Bitton, responsable du Programme de Leadership au 514-733-4998 poste 8132.


Participez à l’événement de l’année ! Tournoi

2013

au Club de golf Hillsdale, le 27 juin DÉMARQUEZ-VOUS EN 2013 Plus de visibilité… Le tournoi Golf Swing est reconnu pour offrir aux généreux commanditaires une visibilité enviable. Ainsi, en leur donnant accès aux leaders de notre communauté, à une couverture de presse et à un espace publicitaire dans les médias, nos commanditaires en auront pour leur argent.

Plus de 300 participants, plus de visibilité, plus de fun, plus de présence féminine avec la Clinique des femmes, des prix exceptionnels à gagner avec notre tombola et vente aux enchères , des forfaits accessibles à tous, cocktail dînatoire et superbe soirée avec animations …

Plus de fun… Le Golf Swing poursuit sa tradition: être la journée de golf la plus appréciée, la plus sympa et la plus amicale!

Tous les ingrédients sont réunis afin de vous faire passer une journée inoubliable !

Partagez cette journée de plaisir! Pendant que vous et vos invités négociez un parcours de golf de calibre international, nous invitons vos conjointes à venir passer une magnifique journée de plein air. Clinique de Golf, Piscine, Musique, Cadeaux , nous avons un programme destiné à créer de la bonne humeur. Sans compter le plaisir d’être en leur compagnie pendant la soirée. Des prix exceptionnels à gagner En plus de vous concocter une journée de golf entre amis, nous vous offrons la possibilité de gagner des prix exceptionnels.

Venez joindre l’utile à l’agréable en aidant, en favorisant l’épanouissement de notre communauté et en soutenant notre cause. Pour toute information complémentaire, rendez vous sur notre site : www.csuq.org/golfswing2013 Pour vous inscrire en ligne : www.csuq.org/golfswing2013/inscription ou en contactant Benjamin Bitton par courriel pour réserver vos billets: bbitton@csuq.org ou par téléphone au 514.733.4998 poste 8132

Une foule de nouveautés vous attend cette année, alors n’hésitez plus à vous inscrire (places limitées) !


| Continuité sépharade

Golf Swing 2013 :: prochain coup d’envoi avec Raphaël Perez comme nouveau président LVS : Qu'est-ce qui est prévu au programme? RP : A ce stade, le programme n’est pas encore finalisé mais il est très excitant ! Cette année, sans vendre la mèche, je peux déjà dire qu’un tirage aura lieu et que le prix à gagner est d’une très grande valeur. J’aimerais surtout souligner que j’ai la chance d’organiser un tournoi qui a déjà un succès fou et ce, grâce au superbe travail des présidents précédents et de leurs comités de bénévoles. Je ne fais que prendre la relève et assurer la continuation de ce projet vital pour la communauté. LVS : Comment comptez-vous attirer de nouvelles personnes au tournoi ? RP : Notre comité se penche sur des idées pour attirer plus de femmes et de jeunes au tournoi dont la participation est déjà intéressante. Il est certain que nous organiserons des cliniques de golf pour les femmes et des activités pensées spécialement pour les jeunes. Quant à l’avenir du tournoi, ce serait merveilleux de pouvoir y faire participer les amis de la communauté : organisations, fournisseurs, partenaires. Ceci ferait rayonner le tournoi au-delà de nos frontières.

RAPHAËL PEREZ LVS : M. Perez, pourquoi vous être impliqué en tant que président du tournoi? RP : J’aimerais pouvoir dire pour améliorer mon score au golf mais ça c’est plutôt mission impossible! Non, sérieusement, je me suis impliqué dans cette activité de levée de fonds qui va aider des jeunes à aller à un camp d’été ou d'hiver car je sais ce que cela représente pour eux. Mes meilleurs souvenirs remontent à mon enfance et à l’émerveillement que je ressentais quand j’allais au camp l’été. Pour moi, aider des jeunes à vivre cette expérience touche vraiment une corde sensible. Et puis c’est un honneur de représenter la communauté et de contribuer à son épanouissement. 48 | magazine LVS | décembre 2012

LVS : Quelle est votre vision de cette activité communautaire? WRP : Le tournoi de golf est l’activité la plus importante de levée de fonds de la communauté. On peut même se vanter que c’est le seul tournoi où l’on mange du couscous et des merguez au neuvième trou ! Vous savez, j’ai assisté à de nombreux tournois de golf dans ma vie mais celui-ci est tellement fun, c’est un vrai plaisir de l’organiser et d’y participer. Emmanuelle Assor


Yavné : la clé du succès !

Yavné a été créée pour répondre concrètement aux besoins sans cesse croissants de familles séfarades orthodoxes souhaitant que leurs enfants s’épanouissent dans un cadre éducatif offrant un programme efficace, qui dispense de front études séculières et religieuses.

L’Académie Yéchiva Yavné offre une éducation authentique fidèle à la tradition séfarade, à la torah et aux mitzvot, qui vise à développer l’amour de Hachem, d’Israël et de la Torah. Le système éducatif de Yavné valorise les riches traditions et la liturgie séfarades.

Parmi toutes les disciplines enseignées, une place importante est accordée aux mathématiques et aux sciences qui sont de très haut niveau. Quant au français, le niveau est avancé et les résultats aux examens ministériels sont extrêmement satisfaisants.

Quand ils quittent Yavné, nos finissants ont la formation requise pour poursuivre avec succès des études au CEGEP, ou dans une institution orthodoxe. De plus, nos élèves maîtrisent parfaitement l’anglais. Tout ce programme riche leur ouvre la porte sur des horizons nombreux et variés. Nos enseignants veillent sur ce que nous avons de plus précieux : nos enfants ! Ils visent à les outiller pour la vie et à les rendre autonomes pour atteindre le succès matériel et spirituel.

En parallèle, nos programmes d’études générales, conformes aux exigences du Ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports sont constamment enrichis et suscitent l’amour du travail bien accompli, qui fait naître l’ambition de la réussite sur les plans académique et spirituel. En un mot, le désir de faire toujours mieux et de se dépasser, qui confère cette force tranquille qu’est la confiance en soi.

Notre missioN

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Perpétuer notre riche patrimoine ancestral. Donner une éducation générale de qualité avec des bases solides en Torah.

Votre missioN

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Nous soutenir afin de nous permettre de mener à bien notre mission. Promouvoir l’éducation juive c’est assurer le futur et la pérennité de notre peuple.

7946 Wavell, CSL, Qc H4W 1L7 514-481-8563 • www.yavne.ca


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:: le cercle : un agenda plein à craquer ! On peut compter sur Le Cercle pour ne jamais s’ennuyer ! Des activités à l’année longue pour les jeunes adultes de 23 à 40 ans : des pensées pour plaire à tous, du sport, du rire, des conférences, des fêtes, de la gastronomie… Rien n’a été oublié cet automne pour que chacun y trouve son compte. Plus qu’une mode, le yoga continue de faire des adeptes. Avec Natalie Kakon, chaque jeudi à 19 h au 5453 Queen Mary, la flexibilité est au rendez-vous. Le but de l’exercice est de réaliser l'unification de l'être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel et de déterminer comment nous nous sentons. Des cours pour apprendre à mieux respirer et à se concentrer sur notre posture afin d’équilibrer nos corps et nos esprits. Un must pour toute personne soucieuse de son bien-être. Le show franglais de Sugar Sammy, You’re gonna rire, a eu lieu le 11 septembre à l’Olympia. Ce spectacle-bénéfice pour Le Cercle a fait salle comble devant une audience de 800 personnes enjouées. Au cours de son show, notre ami Sugar Sammy a su rire de tous, dans les deux langues officielles, tout en nous faisant réfléchir sur notre identité et sur l’évolution de la société québécoise. Voilà un défi que seul un humoriste de grand talent pouvait relever! Dans le cadre de l’Halloween, une sympathique conférence avec Daniel Glassman a eu lieu le 29 octobre. Le thème peu banal de celle-ci, « Notre sorcière bienaimée, les pouvoirs secrets de la femme juive », a su révéler d’une manière captivante les côtés moins connus et plus sombres de la femme juive… Présentée dans les deux langues, la conférence a laissé la place à d’intéressantes réflexions et à des débats animés. Dans le cadre de notre Mini fest ayant lieu pendant le festival Séfarad de Montréal, l’artiste de renommée internationale, Haim Sherrf, a été l’invité d’honneur d’un dîner-shabbat le16 novembre. Plus qu’un grand artiste ayant côtoyé Dali, Haim Sherrf est un rabbin, un conseiller, un père et un mari. Il aide et éduque de nombreuses personnes en leur montrant la beauté de la religion juive et du shabbat, et il apporte réconfort aux personnes malades ou mourantes. Ce fut un réel privilège d’être en sa présence le temps d’une soirée. Toujours dans le cadre du Mini fest, La Foire aux artistes, a ouvert ses portes à tous et à toutes le18 novembre pour un superbe vernissage, dévoilant les plus belles œuvres de jeunes artistes peintres, photographes, joailliers et sculpteurs. Lieu de rencontre et d’exposition, la Foire aux artistes a été heureuse d’organiser cette activité multidisciplinaire pour la troisième année consécutive, faisant découvrir les jeunes talents de notre communauté.

2! 1 0 2 E Y B E Y B AN L E V U O N Y T PAR 50 | magazine LVS | décembre 2012

H E 2012 À 21 R B M E C É D 1 3


Continuité sÉpharade |

Quant aux amateurs de gastronomie, le Mini Fest ne les a pas oubliés! Lors de la soirée Saveurs du monde qui a eu lieu le 20 novembre, les plus grands foodies ont été ravis de goûter aux plats de plusieurs pays préparés par le chef Marvin Fuks, diplômé de la réputée Pearson School of Culinary Arts. Un tour du monde culinaire en 80 minutes pour assouvir les plus curieux et les gourmands. Le 22 novembre, la Soirée pop s’est déroulée dans la bonne ambiance et l’esprit de la fête. Notre duo de Djs masculin-féminin, Jeremy Tordjman et Melissa Mamman, ont fait danser les gens jusqu’aux petites heures du matin. Soirée mémorable qui donne déjà envie de sortir nos dancing shoes pour célébrer le Nouvel An! Enfin, toujours en partenariat avec le Festival Séfarad de Montréal, The Late Show avec Neev et ses amis, a eu lieu le 24 novembre, une soirée d’humour débridée, animée par le génial Neev, accompagné de ses amis. Au programme : Eddy King, hilarant humoriste d’origine africaine, ambiance clownesque, jonglerie et opéra avec la Bande artistique, humour surréaliste avec Olivier Martineau, qualifié de « merveilleux fou » et étudiant à l’Ecole nationale de l’humour, et enfin, Patrick Kuffs, « prestidigitateur-illusionniste » si l’on peut dire ainsi…En résumé, une soirée délurée avec une belle brochette de jeunes artistes originaux n’ayant pas la langue, ni les mains, dans leurs poches ! À noter dans vos agendas, pour clore l’année en beauté : le Party de nouvel an du Cercle. Le 31 décembre, à l’Atelier, salle moderne et branchée sur la rue Ferrier, on vous attend en grand nombre! Au menu: un open bar, des supers DJs pour animer la soirée, une ambiance de fiesta de fin d’année, des surprises en tout genre… Détails à venir d’ici là… Emmanuelle Assor

Le Cercle vous invite à vous mettre sur votre 31 et à célébrer entre amis la nouvelle année! Pour les âges de 23 à 40 99$ jusqu’au 15 décembre 2012, 120$ ensuite L'Atelier 5500 Ferrier, Mont-Royal, QC, H4P 1M6 R.S.V.P. David Mahchade, Directeur david@lecerclemtl.com | 514-487-3999

DJ Buffet vert u o r a et b ée oir2012 s a l magazine LVS | décembre | 51 e tout


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Tél. : 514-341-5511 www.psbboisjoli.ca


NoTre Santé Financière SOMMAIRE

DOSSIER SPéCIAL

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CRISE ET PATIENCE VONT DE PAIR

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LA DONATION ACTION ACCRÉDITIVE, UNE STRATEGIE FISCALE GAGNANTE POUR LES GÉNÉREUX DONATEURS

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Quel avenir pour les jeunes en temps de crise ?

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Comment le Canada s’est sorti de la crise économique et les perspectives d’avenir

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CRISE ET PATIENCE VONT DE PAIR Si Maurice N. Marchon1, du Professeur titulaire à HEC Montréal affirme que les prévisionnistes ne sont pas des devins, il n’en demeure pas moins l’un des spécialistes les plus connus et cités au Québec en matière de conjoncture économique. Il analyse régulièrement la conjoncture économique mondiale pour donner un éclairage concret et réfléchi sur la situation depuis plusieurs années. Homme moderne, positif et méthodique, le Professeur Marchon aborde les réalités économiques avec pragmatisme et optimisme et conseille sur certaines orientations d'investissements en réponse à ce qu'il observe. LVS : Comment analysez-vous les perspectives économiques et financières nordaméricaines dans le contexte international actuel ? MM : Nous faisons face à une lente reprise économique américaine et mondiale suite à une crise qui a marqué tous les esprits et qui a eu pour conséquence des chiffres à la baisse battant des records (le taux d’intérêt des obligations fédérales américaines a atteint un creux de 1,43 % en juillet 2012, soit le plus bas taux d'intérêts depuis 1790). La récession européenne contribue à la morosité de l’économie mondiale parce que le processus de décision dans un univers de 17 pays souverains autour de la table et qui doivent faire coïncider plusieurs intérêts en commun pour rétablir la santé financière de la zone Euro entraîne beaucoup de lenteur dans le processus de décision.

Maurice N. Marchon

Il y a tout de même de la lumière au bout du tunnel parce que le secteur immobilier américain se stabilise et les prix augmentent. La situation demeure fragile parce que la Chine change légèrement de cap en ralentissant sa croissance en raison de la faiblesse des exportations. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose parce que la Chine ne pourra croître à un taux annuel moyen de 10%, comme elle l’a fait de 1980 à 2011. Il faut s’attendre à un taux annuel moyen de 6 à 7 % au cours des 10 prochaines années. Les autorités gouvernementales veillent à stimuler la consommation et l'investissement plutôt que l'immobilier et les exportations. Une croissance orientée vers la demande intérieure au détriment des exportations est une bonne chose. Aux États-Unis, nous sommes encore loin du plein emploi (7,8 % en septembre 2012 comparativement à un taux de chômage de plein-emploi estimé à 5,6%) et les salaires 1 Maurice N. Marchon est diplômé en sciences économiques de l’Université de Fribourg en Suisse et détient un Ph.D. en économie de l’Ohio State University. Maurice Marchon est professeur titulaire à HEC Montréal et enseigne l’analyse de la conjoncture et la prévision économique. Il est l’un des experts régulièrement consulté par le quotidien La Presse, Les Affaires et par les médias télévisés, en plus d’entretenir des relations étroites avec les intervenants de l’industrie de la gestion de portefeuille. Il est également Président du comité du régime de retraite et membre du sous-comité de placement du régime de retraite de HEC Montréal. Le professeur Marchon s’est spécialisé en conjoncture après avoir donné les cours portant sur la macroéconomie et la finance publique. Il a publié, entre autres, un ouvrage intitulé Prévoir l’économie pour mieux gérer. De plus, sur sa page personnelle du site Web de HEC Montréal (http://www.hec.ca/pages/maurice.marchon/), il met à la disposition de la communauté ses publications récentes et fournit des liens utiles pour l’analyse de la conjoncture.

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Dossier spécial

horaires s’élevant à un taux annuel de 1,3 % en septembre 2012. La Réserve fédérale américaine a annoncé son intention de garder le taux d'intérêt des fonds fédéraux stables jusqu'en 2015 et s’engage dans un troisième assouplissement quantitatif mensuel d’achat de 40 milliards d’obligations adossées à des hypothèques aussi longtemps que le taux de chômage ne s’abaisse pas dans la zone de 6,5 %. Au Canada, le taux de croissance du PIB réel et le PIB potentiel tombera sous le seuil du 2% dans les années à venir. Le taux de croissance du PIB potentiel du Canada est limité par les gains de productivité des entreprises augmentant a un taux annuel moyen bien inférieur à celui des États-Unis (soit un taux annuel moyen au Canada de 0,3% au cours des cinq dernières années se terminant au 2ème trimestre 2012 comparativement à 1,7% aux États-Unis). Ces deux grands pays se surveillent mutuellement parce que 73 % des exportations de marchandises du Canada sont destinés aux États-Unis. De 2002 à 2012, le Canada a bénéficié de l'appréciation du taux de change. Ce qui a permis au Canada de s'enrichir à travers l'échange des matières premières mais les tendances peuvent changer et la grosses partie de l’amélioration des termes de l’échange est une chose du passé. Lorsque le prix d’une ressource naturelle est bien supérieur à son taux marginal de production ou d’extraction, l’investissement entraîne après un certain temps une augmentation de l’offre qui rattrape la demande et le prix des matières premières se stabilise. Le resserrement des contraintes de la gestion des risques de la part des banques et des fonds de pension ainsi que l'anticipation de la poursuite des politiques monétaires non conventionnelles de la part des banques centrales des pays industrialisés ont entraîné une explosion de la demande pour les obligations gouvernementales des pays côtés AAA2. L’achat des obligations du gouvernement du Canada a entraîné une forte baisse du taux d’intérêt et l’entrée

de capitaux au pays entraîne un taux de change du dollar canadien surévalué par rapport au dollar américain. Nous estimons que le dollar canadien s’affaiblira au cours des prochaines années à mesure que l’économie américaine retournera vers le plein-emploi. Actuellement, les rendements boursiers à court terme sont très sensibles face à la fragilité des économies mondiales exacerbées par les spéculations et fonds de couverture à outrance depuis quelques années. À moyen terme, on peut dire que les obligations gouvernementales des États-Unis et du Canada sont surévaluées par rapport aux actions et nous prévoyons qu’au cours des cinq à dix prochaines années le rendement des actions sera bien supérieur à celui des obligations. La détermination de la Réserve fédérale américaine et l’assainissement des finances des ménages américains bien plus avancé que celui des ménages canadiens qui n’ont pas encore commencé à mettre de l’ordre dans leurs finances à cause de la poursuite de la hausse du prix des maisons (bulle spéculative au Canada) nous incite à privilégier les actions américaines et des pays émergents par rapport aux actifs financiers canadiens. Bien que la perception générale soit optimiste au Canada, l'endettement est une réalité qui doit être prise en compte dans l'analyse des indicateurs. Aux États-Unis, le Gouvernement a décidé d'injecter autant de liquidités aussi longtemps que nécessaire pour entraîner le retour au plein-emploi. C'est pourquoi nous estimons que l’acquisition d'obligations n'est plus un investissement financier à privilégier et que les actions internationales (américaines et pays émergents) offriront un meilleur rendement au cours des prochaines années. Pour tout renseignement sur les activités de HEC Montréal, appelez le 514-340-6000. Laëtitia Sellam

2 Obligation : lorsque les gouvernements ont besoin d'emprunter, ils émettent des obligations offertes en différentes coupures (valeurs nominales). La valeur nominale est remboursée à la date d'échéance de l'obligation et l'intérêt payé dans l'intervalle. On peut vendre une obligation avant la fin de l'échéance. (2) AAA: correspond à une note estimative donnée par une agence de notation à un titre émis (créance ou propriété) par un émetteur (État ou entreprise). Cette note est extrêmement importante puisqu'elle subordonne le coût de l'emprunt pour l'emprunteur et implique de payer un taux d'intérêt plus élevé aux investisseurs en cas de dévaluation de cette note.

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LA DONATION ACTION ACCRÉDITIVE, UNE STRATEGIE FISCALE GAGNANTE POUR LES GÉNÉREUX DONATEURS La firme d'expert-comptables PSB Boisjoli propose à ses clients une stratégie fiscale leur permettant de récupérer la quasi totalité du montant versé initialement en moins d'un an. Ariel Sabbah, membre associé, nous explique cet avantage fiscal exceptionnel avec conviction et justifie l'intérêt que les donateurs peuvent avoir à l'utiliser. À travers ce mécanisme, la société PSB Boisjoli confirme sa capacité à innover et anticiper les besoins de ses clients. Ariel a réussi un parcours sans faute dans le monde de la gestion-conseil. Diplômé comptable agréé en 1996 après des études à l'Université des Hautes Études Commerciales à Montréal, il affiche rapidement une personnalité dynamique, intègre et liante qui lui permet de développer une importante clientèle nationale et internationale, fidèle et diversifiée. Ariel devient associé chez Boisjoli Sabbag en 2002 et continue à accompagner sa clientèle dans le développement de leur stratégie d'affaires de manière méthodique et pertinente. Il aide également ses clients à réaliser leurs projets en utilisant des moyens pour améliorer leurs liquidités tels que le financement, les crédits d’impôts et l’aide gouvernementale disponible. Depuis la fusion avec PSB en 2008, sa maturité et son sens des affaires lui ont rapidement octroyé des responsabilités administratives au sein du comité exécutif du cabinet.

Ariel Sabbah

PSB Boisjoli est composée d'une équipe jeune, performante et multidisciplinaire de 150 personnes et représente 16 différents titres professionnels et universitaires. Des professionnels qui possèdent les connaissances, l’expérience et les compétences techniques nécessaires pour offrir à leurs clients des solutions novatrices qui ajoutent de la valeur à leur entreprise. Ces consultants sont vos partenaires d’affaires et PSB Boisjoli fait partie des 10 plus importants cabinets d'experts comptables au Québec. Le dévouement d'Ariel pour conserver la culture sépharade, ses traditions et son héritage ancestral qu'il veut transmettre à ses propres enfants, date de sa jeunesse et s'est amplifié à travers ses engagements personnels. Président du Centre Hillel pendant ses études universitaires et de la congrégation sépharade Or Hahayim depuis 2011, trésorier de diverses associations ou membre de comités de travail comme à l'école Maïmonides, à la CSUQ ou récemment membre du CA du CPE du Centre communautaire juif à Montréal. Ariel ne lésine pas sur le nombre d'heures consacrées à ces actions bénévoles qui lui procurent une énergie positive contagieuse. Il considère que toute génération est un relais pour celle qui suit. Son parcours réussi dans le domaine de l'expertise comptable depuis 1996 a amplifié son enthousiasme. Son attitude entrepreneuriale positive incite à trouver un moyen de soutenir les entrepreneurs et d'augmenter leurs donations grâce à un avantage fiscal exceptionnel qui est actif aujourd'hui mais peut-être pas permanent. Actuellement, un contribuable ne récupère que 48% à 52% maximum sur le don versé alors qu'il pourrait récupérer le quasi totalité du montant avec la stratégie « Donation Action Accréditive ». Ce produit s'adresse plus particulièrement aux contribuables qui ont un revenu brut de 175 000$ ou plus et qui sont des donateurs communautaires fiables. Le

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Dossier spécial

processus proposé est autogéré et se plie à des critères techniques et des vérifications préalables validés par votre conseiller. Le principe est d'acquérir des actions accréditives, et d'ainsi bénéficier de déductions fiscales et crédits d'impôts qui permettent de générer un don grâce à une stratégie autogérée et de récupérer le quasi totalité du montant versé. Voici un exemple de cette stratégie « Donation Action Accréditive » pour générer un don de 100 000$ afin de donner un aperçu de l'opportunité proposée :

PÉRIODE

TRANSACTION

SORTIE / (ENTRÉE) DE FONDS

EFFET NET SUR LE CASH FLOW

octobre 2013

Achat d'actions accréditives

270 532

0

30 jours plus tard

Vente partielle d'actions accréditives

(-32 138)

238 394

30.04.2014

Impôt récupérable

(-261 810)

(-23 416)

30.04.2015

Paiement d'impôt sur déclaration 2014

+ 28 365

4 949

IMPACT NET POUR LE CONTRIBUABLE (base donation générée 100 000$)

4 949$ (4,95%) Laëtitia Sellam

Pour de plus amples renseignements, contactez Ariel Sabbah, associé chez PSB Boisjoli au 514 341-5511 poste 336, il se fera un plaisir de répondre à vos questions ou de vous recevoir pour vous conseiller sur la manière de maximiser vos profits en minimisant vos impôts. www.psbboisjoli.ca - Relations solides, Solutions novatrices.

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Quel avenir pour les jeunes en temps de crise ? Entrevue Jean-Michel Beaudoin, président de l’association des étudiants HEC-MBA

Jean-Michel beaudoin

LVS : Vous êtes actuellement président de l’association des étudiants de HEC au MBA. Parlez-nous brièvement de votre cheminement. JMB : J’ai tout d’abord étudié en localisation-internationalisation, un baccalauréat à McGill en partenariat avec l’Université de Montréal. Ce diplôme consiste en la jonction de 2 domaines qui me captivent, soit l’informatique et la linguistique. Concrètement, cela m’a permis de faire de l’adaptation internationale de logiciels et de travailler à l’étranger. Dès mon jeune âge, j’avais une passion pour les langues, les voyages ; une curiosité pour l’informatique, un intérêt à voir et à communiquer à travers le monde. Mon désir était de trouver comment ajuster un message sur Internet pour qu’il parvienne à tous. Et puis j’ai rencontré des gens en Californie qui m’ont proposé un poste pour Nokia en Finlande et je suis devenu consultant pour les premiers Smart Phones de la marque. Je crois qu’il n’y a pas de hasard dans la vie, on rencontre les gens que l’on devrait rencontrer et qui nous mènent là où l’on veut être.

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Dossier spécial

LVS : Est-ce que la récession de 2008 vous a affecté personnellement ?

LVS : Quelles sont les qualités qu’un jeune devrait avoir pour faire sa place sur le marché du travail en 2012?

JMB : En Finlande, nous n’avons rien senti jusqu’en 2010. C’était alarmant mais nous n’étions pas affectés. Par contre, en 2010, Nokia a perdu des parts de marchés avec l’arrivée des téléphones intelligents iPhones et Androids, la récession nous a frappé et j’ai perdu mon poste de consultant. De retour au Québec, je me suis lancé à mon compte en développement des affaires et énergie renouvelable (l’énergie solaire, très utilisée en Europe). Très vite, j’ai réalisé qu’il me manquait certaines connaissances, qu’il me fallait un meilleur bagage et je me suis inscrit au MBA à HEC.

JMB : Les jeunes devront être flexibles et versatiles. Et si ils font un MBA, ce sera le fil d’Ariane qui connecte toutes les connaissances acquises, qui serviront pour n’importe quel emploi plus tard.

LVS : Pensez-vous que le MBA prépare mieux les jeunes à se trouver de l’emploi, surtout en temps de crise économique ? JMB : Tout d’abord, j’ai remarqué que les gens du MBA sont souvent mal perçus. Ce sont le genre de personnes que l’on tient responsables de la crise puisqu’ils sont souvent liés au domaine des finances. Mais au-delà de l’aspect business, le volet humain de ce que l’on nous apprend à HEC est très important. Ces études nous conscientisent sur la responsabilité sociale et sur l’éthique. On nous apprend aussi à prendre une position de leadership dans nos travaux et sur le terrain. Quant à notre association d’étudiants, son but est de rassembler les étudiants du MBA mais surtout de créer des opportunités par le biais de rencontres, de réseautage et de contacts avec des gens de tous les milieux. Dans ce sens-là, nous sommes prêts pour le marché du travail car nous sommes formés pour nous créer des opportunités, rencontrer des gens et trouver de l’emploi. Evidemment, sur un CV, c’est bien d’avoir un MBA, mais sans efforts additionnels, ça ne suffit pas en soi pour se démarquer. LVS : Faites-vous un constat de crise économique à l’heure actuelle ? JMB : Oui, c’est sûr que l’on est encore dans la crise. Au Canada, les effets se sont moins fait sentir, on a un très bon crédit mais un haut taux d’endettement. Et avec le ralentissement, il faut redynamiser l’économie. Selon moi, la relève économique passe par l’entrepreneuriat car la sécurité d’emploi pendant 25 ans n’existe plus. Il faut créer des opportunités pour les jeunes et les orienter selon les besoins actuels de notre société.

LVS : Est-ce pire pour les jeunes maintenant que pour les jeunes autrefois? JMB : Je crois que la difficulté pour les jeunes face à l’emploi est un sujet récurrent : chaque génération a vécu ça à sa manière. Ce qui a changé : les jeunes actuellement ont beaucoup de créativité et un pouvoir de mobilisation. Et ils ont la volonté de changer les choses, comme on l’a vu lors des revendications étudiantes au sujet des frais de scolarité. LVS : Pensez-vous que la crise actuelle est une crise profonde, une crise de civilisation ? JMB : Non, selon moi, ce n’est pas une crise de civilisation car en Europe et au Moyen-Orient aussi, on a remis les structures en question. Partout on se cherche comme citoyens du monde. Certes, l’économie a changé avec la mondialisation et c’est un changement profond mais positif je crois. Cela nous force à sortir de notre zone de confort et à remettre en question nos façons de penser et de faire. LVS : Pensez-vous que le nouveau gouvernement va améliorer le sort des jeunes? JMB : Le mandat de Pauline Marois est très difficile, elle doit rétablir la confiance et cela passe par une vision à long terme. Selon moi, il va falloir un projet de société rassembleur pour que les jeunes aient envie de s’impliquer. Ils devront voter, faire entendre leur voix et se structurer dans un cadre officiel, pas juste manifester dans la rue. C’est donc en s’impliquant aux niveaux politique et social que nous parviendrons à relancer l’économie sur des accises durables. Emmanuelle Assor

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Comment le Canada s’est sorti de la crise économique et les perspectives d’avenir Entrevue en profondeur sur la récession, l’incertitude aux Etats-Unis et le bilan pour le Canada quatre ans plus tard avec M. Raphaël Perez, Vice-président et gestionnaire de portefeuille, The Perez Group, RBC Gestion de patrimoine, RBC Dominion valeurs mobilières inc. LVS : Comment le Canada se positionne-t-il depuis 2008 - 2009 et comment performe-t-il aujourd’hui ? RP : Le Canada s’en est relativement bien sorti en comparaison aux autres pays industrialisés. Ceci est dû en partie à l’encadrement réglementaire des institutions financières vis-à-vis des hypothèques résidentielles et du niveau d’endettement moins élevé des foyers canadiens. Cela explique pourquoi nous n’avons pas vécu la même crise immobilière que les Américains ni un taux de chômage aussi prononcé. Il est certain que nous sommes dépendants des exportations aux Etats-Unis pour assurer notre croissance et dans ce contexte nous avons été affectés par les événements survenus aux Etas-Unis. Lors de la crise de 2008, nos banques canadiennes grâce à leurs politiques conservatrices d’octroi de prêts, une stricte gestion de risque et leur bilans en santé se sont classé parmi les plus sécuritaires. D’ailleurs, la Banque Royale s’est classée parmi les 10 banques les plus sécuritaires au monde. Aujourd’hui, la crise en Europe, l’incertitude fiscale actuelle américaine et le ralentissement en Chine sont tous des facteurs qui exercent une pression sur le Canada.

Raphaël Perez

LVS : Pourquoi sommes-nous tant concernés par ce qui se passe aux Etats-Unis ? RP : A cause du ralentissement aux Etats-Unis, nous projettons une croissance économique d’environ 2,3% au Canada pour 2013. C’est légèrement sous la moyenne historique mais ce n’est pas inquiétant. Aux Etats-Unis, le gouvernement a besoin de mettre sur pied un plan fiscal soutenable à long terme afin de redresser l’état fragile de l’économie. Et cela nous concerne directement car les Etats-Unis demeurent l’un de nos principaux partenaires d’échange. LVS : Votre bilan actuel est donc positif ? RP : En 2012, nous nous retrouvons en bien meilleur état au Canada qu’aux Etats-Unis, de par notre de croissance, notre taux de chômage et notre fardeau fiscal. Nos entreprises sont en bonne santé financière et l’économie devrait connaître un essor graduel l’an prochain. De plus, on n’a pas vu une crise de confiance des consommateurs canadiens comme on l’a observé aux Etats-Unis. LVS : Comment un investisseur devrait se positionner dans le contexte actuel ?

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Dossier spécial

RP : Les investisseurs doivent veiller attentivement à structurer un portefeuille qui adresse leurs besoins concrets sans perdre de vue leur objectif financier à long terme. Un portefeuille bien diversifié est de rigueur. LVS : Comment s’assurer que nos placements sont appropriés par rapport aux variations économiques ? RP : Tout d’abord chaque portefeuille doit être modelé en fonction des objectifs financiers et de la tolérance au risque de l’investisseur. Ensuite, je préconise une approche pro-active pour la gestion de portefeuille, et ce, à travers les différentes phases du cycle économique. Concrètement, cela veut dire qu’il faut continuellement réévaluer les risques dans le marché boursier, ne rien prendre pour acquis. Lors de périodes de contractions et d’incertitudes économiques, une approche stratégique quand à la répartition des actifs doit être assurée. Il faut réduire la pondération des actions, tout en favorisant les obligations et l’encaisse afin de profiter des occasions lorsqu’elles se présentent.

minimisant l’impact sur leurs impôts. On constate qu’avec le temps, les investisseurs sont devenus plus sophistiqués, avec des besoins accrus en terme de conseils, lors de situations plus complexes. Les baby-boomers ont accumulé des avoirs et ont bâti leurs entreprises; ils veulent une retraite bien planifiée et leurs besoins ont évolué. Cette génération ne veut pas voir ce qu’elle a bâti en 50 ans, être perdu en quelques mois. LVS : Votre mot de la fin pour nos lecteurs ? RP : En conclusion, je dirais qu’au cours des mois à venir, les investisseurs doivent demeurer vigileants quand aux incertitudes causées par le ralentissement économique, la crise de la dette souveraine en Europe et les réformes fiscales à venir aux Etas-Unis. Cela étant dit, nous prévoyons une reprise économique à partir du deuxième semestre de 2013 et un portefeuille bien structuré devra réfleter les réalités de ce marché. Emmanuelle Assor

LVS : Pouvez-vous élaborer quand au concept du rééquilibrage sectoriel ? RP : A travers le cycle boursier, certains secteurs performent mieux que d’autres. En temps de crise, avec le rééquilibrage sectoriel du portefeuille, on cherche à favoriser les secteurs plus conservateurs et défensifs comme le domaine des soins de la santé, les télécommunications et les biens de consommation de base dû à leurs revenus plus stables et prévisibles. En résumé : quand les choses vont mal, il faut se repositionner. Inversement, lorsque la bourse reprend, c’est à ce moment-là qu’il faut surpondérer les secteurs qui sont plus en croissance. LVS : Quelle est la différence entre la gestion de portefeuille et la gestion du patrimoine ? RP : Les deux vont main dans la main. Un portefeuille bien structuré et géré doit être accompagné par la mise en place d’une gestion de patrimoine bien réfléchie. Ceci comprend une planification fiscale, successorale et de la retraite, ainsi qu’une révision des testaments. Les Canadiens cherchent à assurer une transition du patrimoine efficace à la prochaine génération tout en

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Élias Levy

Amnon J. Suissa

Maurice Chalom

Chantal Ringuet

Yolande Cohen

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Joseph Facal

Pierre Anctil


Une expérience innovante appelée à se poursuivre La dernière édition de LVS inaugurait notre nouvelle section d’ « Opinions sans frontières », dans laquelle nous avions fait appel à des collaborateurs de qualité, issus d’horizons divers, qui eurent tout loisir et liberté d’écrire sur un thème de leur choix. D’après les échos que nous avons eus ainsi que des impressions recueillies à vif, cette nouvelle rubrique a été particulièrement appréciée par une frange appréciable de notre lectorat qui a ressenti - l’expression vient d’un de mes interlocuteurs - « une bouffée d’air frais » puisque LVS ne se cantonnait plus de manière presque exclusive dans le contexte communautaire, m’a-t-on également mentionné. Ces remarques, si je m’en tiens à elles seules, sont plutôt encourageantes. C’est donc d’un commun accord avec la direction générale de la CSUQ et celle de la publication, que nous avons décidé de poursuivre dans cette voie. Alors nous y voici avec deux de nos collaborateurs, Maurice Chalom et Élias Lévy qui récidivent et que nous avons voulu, avec leur aimable accord, garder comme collaborateurs permanents. Maurice Chalom sera en quelque sorte la mouche du coche, celle qui ne cessera d’aiguillonner nos consciences afin de nous faire sortir de nos certitudes, celles auxquelles nous nous accrochons comme pour mieux nous rassurer et nous occulter nos criantes réalités. Notre ami et collègue, Élias Lévy, aura pour tâche de nous livrer des entrevues inédites avec des personnalités d’ici et d’ailleurs. De nouveaux collaborateurs se sont également joints à nous dans ce numéro : Joseph Facal, professeur aux HEC ; Pierre Anctil, professeur à l’Université d’Ottawa ; Chantal Ringuet, traductrice et auteure, tous trois qui, après un séjour en Israël, nous font part de leurs expériences vécues pendant leur séjour dans ce pays à travers leur regard libre de préjugés. Des témoignages intéressants et également attachants venant surtout de personnalités non juives. Il nous a paru extrêmement important, à un moment où la grande majorité des médias écrits et électroniques s’acharnent à démoniser Israël, d’entendre un autre son de cloche surtout venant de la part d’auteurs jouissant d’une certaine notoriété dans la société civile québécoise. Amnon Suissa, professeur en travail social à l’UQÀM, analyse avec précision le phénomène des sectes, tandis que Yolande Cohen en tant qu’historienne s’interroge et remet en question le mythe tellement galvaudé de la « convivencia » dans l’Espagne musulmane. De belles lectures en perspective ! Nous invitons notre lectorat, à partir de cette nouvelle expérience mise en chantier dans notre magazine, à participer à cette aventure en nous faisant part de leurs commentaires et de leurs remarques afin que cette nouvelle voie nous conduise à de nouvelles découvertes. La célèbre phrase de Nicolas Boileau dans « l’Art Poétique » Chant 1 et écrite en 1674 : « Vingt, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » sied parfaitement à la qualité que nous voulons, dans un même élan, imprimer à notre magazine. Merci de votre confiance. Élie Benchetrit magazine LVS | décembre 2012 | 63


Du kibboutz à québec… Un parcours musical exceptionnel Une entrevue avec le grand musicien et chef d’orchestre israélien Yoav Talmi

Le grand Maestro Yoav Talmi est indéniablement l’un des plus fervents ambassadeurs de la musique classique et de la culture israélienne dans le monde. Cet illustre musicien a dirigé les plus grandes formations orchestrales internationales et côtoyé les artistes contemporains les plus marquants. Des musiciens légendaires se sont produits sous sa baguette. Diplômé de la très réputée Juilliard School of Music de New York, Yoav Talmi mène depuis plus de 40 ans une carrière musicale internationale exceptionnelle. Il a été Directeur musical de l’Orchestre Philarmonique d’Arnhem, aux Pays-Bas, de l’Orchestre de Chambre d’Israël, du New Israeli Opera, de l’Orchestre Symphonique de San Diego, de l’Orchestre Symphonique de Hambourg, de l’Orchestre Symphonique de Québec, Chef invité de l’Orchestre Philarmonique de Munich… Yoav Talmi, qui dirige actuellement le département de Direction d’orchestre de la Buchmann-Mehta School of Music de l’Université de TelAviv, continue à diriger de prestigieux orchestres symphoniques dans les quatre coins du monde. Ce Sabra a relaté sa fabuleuse carrière musicale dans ses Mémoires, Parcours d’un Chef d’Orchestre. Du Kibboutz à Québec (Éditions Septentrion, Québec). Un récit passionnant, qui nous révèle une multitude de facettes de la carrière et de la personnalité de ce musicien ingénieux, écrit en collaboration avec le grand musicologue québécois Bertrand Guay.

YOAV TALMI

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Les Mémoires de Yoav Talmi raviront tous les mélomanes ainsi que les passionnés d’histoire. En effet, ce brillant orchestrateur et compositeur nous raconte avec beaucoup de verve, à travers les étapes cardinales de sa vie, l’histoire de l’état d’Israël. Ce très beau livre narre l’itinéraire insolite d’un petit garçon qui, dès l’âge de 6 ans dans le Kibboutz pauvre où il est né, rêvait déjà de devenir un jour un grand musicien. Yoav Tami est le symbole par excellence de ce bouillonnant laboratoire humain qu’est Israël, un pays qui est parvenu à transformer les rêves humains les plus chimériques en réalités très tangibles. Quand il ne sillonne pas les grandes villes de la planète pour diriger de grands orchestres de musique classique, Yoav Talmi vit avec son épouse, Erella, à Kfar Saba, en Israël.


LVS : Vous avez consacré votre vie à la musique dès votre plus jeune âge. YT : Je suis né en 1943, dans un petit Kibboutz fondé en 1911 nommé Merhavia, dans le Nord d’Israël. Mon père, Avraham, était le professeur de musique de l’École du Kibboutz Merhavia. Il instaura un programme éducatif musical pour enseigner aux enfants de 6 à 7 ans la flûte à bec. Les élèves les plus doués pouvaient ensuite apprendre le piano, le violon ou le violoncelle. Comme le Kibboutz n’avait pas les moyens financiers pour acheter un piano, il offrit à mon père un petit harmonium, un instrument musical dont on joue avec les mains tout en actionnant des pédales qui créent la pression d’air nécessaire - le son émanant d’un harmonium rappelle celui d’un orgue. C’est mon père qui m’a initié au monde fascinant de la musique. À 6 ans, je m’asseyais sur ses genoux et je composais de petites pièces musicales que je lui demandais de retranscrire sur un morceau de papier. À 8 ans, j’ai commencé mes premières études de piano, sur un véritable piano, avec un maître professionnel qui habitait à Afoula. Chaque semaine, mon père et moi parcourions à pied la distance d’un mille pour nous rendre à Afoula. J’ai donné mon premier concert à l’âge de 9 ans. LVS : Les Kibboutz d’Israël étaient donc de véritables pépinières de futurs musiciens très doués. YT : Les Kibboutzim d’Israël ont formé plusieurs générations de musiciens très talentueux, dont plusieurs ont fait ensuite de brillantes carrières musicales internationales. C’est l’un des nombreux et remarquables accomplissements réalisés par l’État d’Israël depuis sa fondation, en 1948. La formation musicale dispensée dans certains Kibboutzim d’Israël n’avait rien à envier à l’éducation musicale prodiguée dans les meilleures écoles de musique d’Europe et des États-Unis. Pour preuve, en 1965, après avoir passé un concours d’admission très ardu, j’ai fait partie des trois élèves sélectionnés pour suivre le très prisé Cours de direction de la Juilliard School of Music de New York. Mon Kibboutz m’a dispensé une éducation musicale de très haute qualité dont je suis encore très fier aujourd’hui. LVS : Durant votre jeunesse, vous avez composé une marche militaire qui est devenue l’hymne officiel de Tsahal. C’est un épisode méconnu de votre carrière musicale. YT : En 1963, les autorités militaires israéliennes décidèrent de lancer un concours national afin de doter Tsahal d’une marche officielle. J’effectuais alors mon service militaire.

Je venais aussi d’être accepté dans la Classe de direction d’orchestre de l’Académie de Musique Rubin de l’Université de Tel-Aviv. J’ai décidé alors de participer à ce concours musical national. J’ai composé une marche que j’ai soumise de façon anonyme. 208 compositeurs ont pris part à ce concours. La finale a eu lieu au Mann Auditorium de TelAviv, salle où l’Orchestre Philarmonique d’Israël donnait ses concerts. Le jury et 2 700 personnes se trouvaient réunis dans cette salle. Le concours a été diffusé en direct, via les ondes de la radio nationale d’Israël, dans toutes les bases militaires du pays. Les soldats qui suivaient cette épreuve musicale, par le truchement de la radio, pouvaient aussi voter par téléphone. À la quasi-unanimité, les membres du jury, les soldats stationnés dans les bases de Tsahal et le public sélectionnèrent et primèrent ma marche. Depuis, cette composition musicale est devenue la marche officielle de l’armée d’Israël. Encore aujourd’hui, presque 50 ans plus tard, cette pièce ouvre et ferme quotidiennement la programmation de Galei Tsahal, la radio militaire d’Israël, et est jouée lors de chaque manifestation officielle d’Israël, notamment le Jour de l’Indépendance du pays, Yom Hatzmaouth. Cette reconnaissance populaire est indéniablement l’une des grandes fiertés de ma vie. Mais, aujourd’hui, lorsqu’ils écoutent cette marche militaire, peu d’Israéliens savent, ou se rappellent, que je suis le compositeur de cette œuvre musicale. LVS : D’après vous, la musique n’est pas seulement un art mais aussi « une sève spirituelle qui nourrit l’âme humaine ». YT : Je crois de tout mon cœur que la musique contribue de façon significative à forger le visage d’une société. Nous vivons à une époque où le matérialisme est de plus en plus omniprésent dans nos vies. La majorité des jeunes choisissent des voies professionnelles lucratives, qui leur permettront de gagner davantage d’argent. C’est tout à fait compréhensible, ce n’est pas moi qui vais les blâmer pour cela. Mais la vie ne se limite pas à vouloir posséder une maison plus luxueuse et une plus belle voiture. Le matérialisme débridé n’a jamais été synonyme d’une vie heureuse et réussie. Il est impératif de parvenir à établir un équilibre entre nos besoins matériels et nos besoins spirituels. Or, la dimension spirituelle est fondamentale dans la vie d’un être humain. C’est là que la place de la musique s’avère fondamentale. La musique, qui est le plus ancien de tous les arts, a toujours nourri la dimension spirituelle de l’existence humaine. Depuis des temps immémoriaux, l’homme exprime ses douleurs, ses souffrances, ses amours et ses joies par le chant et le jeu instrumental. Du fait qu’elle constitue un art abstrait, la musique a toujours été à même de traduire, même sans paroles, un magazine LVS | décembre 2012 | 65


large éventail de sensations et d’émotions qui ont profondément influencé des centaines de millions d’êtres humains partout dans le monde. LVS : Aujourd’hui, bon nombre d’orchestres de musique classique ne sont-ils pas menacés de disparition à cause de leur sous-financement chronique? YT : Dans la majorité des pays occidentaux, seulement environ 4 % de la population assiste à des concerts de musique classique, à une représentation d’une troupe de ballet classique, à une exposition d’art dans un musée... Dans certains pays, c’est le cas d’Israël, ce pourcentage peut atteindre environ 8 % à 10 % de la population. Il est regrettable que la majorité des orchestres de musique classique soient aujourd’hui sous-financés et leurs musiciens mal rémunérés. Pourtant, ces musiciens travaillent tellement fort. En Israël, à part l’Orchestre Philarmonique d’Israël - le plus important ensemble de musique classique du pays - qui est généreusement subventionné par l’État, les autres orchestres, qui sont d’un excellent niveau, l’Orchestre Symphonique de Jérusalem, l’Orchestre de Chambre d’Israël, l’Orchestre Symphonique de Haïfa... ont urgemment besoin d’un support étatique qu’ils ne reçoivent pas. Il faut rappeler qu’à cause du fardeau budgétaire militaire et sécuritaire exorbitant qu’Israël doit supporter, les subsides gouvernementaux alloués aux domaines des arts et de la musique classique ont diminué substantiellement ces dernières années. C’est regrettable et inquiétant pour l’avenir de ces deux créneaux culturels fort importants. LVS : Quel regard portez-vous sur la musique moderne d’aujourd’hui? YT : Je ne suis pas très fier de ce que je vois aujourd’hui dans le domaine de la musique moderne. Des émissions musicales de télévision, ultra-populaires, en Israël aussi, 66 | magazine LVS | décembre 2012

dotées de budgets de production mirobolants, propulsent en l’espace de quelques semaines vers la célébrité des jeunes chanteurs et chanteuses à qui elles confèrent le titre de « talent musical de l’année ». Ces « machines musicales » à produire de nouvelles stars me laissent très dubitatif. Dans l’univers musical classique, un réel talent n’émerge qu’après avoir franchi des étapes artistiques très ardues, après des années de labeur et de grands sacrifices personnels. Peutêtre que mon jugement est trop sévère, mais c’est ce que je pense sincèrement. LVS : Avez-vous été victime personnellement de campagnes de boycott menées contre les artistes israéliens dans bon nombre de pays? YT : Depuis 40 ans que je dirige des orchestres symphoniques dans les quatre coins du monde, je n’ai jamais subi personnellement les affres des campagnes de boycott menées contre Israël par des activistes pro-palestiniens. Jusqu’ici, aucun de mes concerts n’a été interrompu par des manifestants résolus à faire du grabuge à l’intérieur des auditoriums où je me suis produit. Il y a eu parfois des manifestants qui scandaient des slogans anti-israéliens à l’extérieur de la salle de concert où je m’apprêtais à diriger un orchestre symphonique. Mais ça c’est rarement produit. LVS : Lors de vos nombreux voyages à l’étranger, comment composez-vous avec les critiques, souvent véhémentes, dont Israël est aujourd’hui l’objet à l’échelle mondiale? YT : Je suis très fier d’être Israélien. En l’espace de six décades, Israël est devenu un pays leader dans de nombreux domaines : sciences, médecine, nanotechnologies, agriculture… Grâce à la grande ingéniosité des chercheurs hautement qualifiés qui œuvrent dans ces créneaux-clés de l’économie du XXIe siècle; Israël est devenu un beau success story. Ces dernières années, les créateurs artis-


tiques, culturels et musicaux israéliens se sont aussi taillé une place notoire sur la scène culturelle internationale. Quand je séjourne dans un pays étranger, je me considère comme un fier ambassadeur de la culture israélienne. Je ne critique jamais Israël, ni son gouvernement, peu importe le parti politique qui dirige celui-ci. Par contre, quand je suis en Israël, à l’instar de la majorité des Israéliens, je ne me gêne pas pour critiquer le gouvernement d’Israël, et son Premier ministre, quand j’estime que c’est nécessaire. Il fut une époque, notamment dans les années 60 et 70, où Israël bénéficiait d’une excellente image dans le monde occidental. Malheureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Désormais, l’État d’Israël est critiqué avec virulence, et même honni dans plusieurs pays du monde. Israël est confronté à des temps très ardus. LVS : Aimeriez-vous mettre sur pied et diriger un jour un orchestre symphonique composé de musiciens juifs et arabes israéliens? YT : C’est un beau projet que je caresse depuis longtemps. Mais nous devons être réalistes. En Israël, le climat de tension quasi permanent entre Israéliens et Palestiniens rend difficile la création d’un orchestre de musique classique composé de musiciens israéliens et palestiniens. Le chef d’orchestre israélo-argentin, Daniel Barenboim, est parvenu à mettre sur pied en Europe un orchestre de musique classique israélo-palestinien. Cette excellent ensemble musicale performe à Barcelone, à Paris, à Rome, à Bonn, à New York… Ce projet s’est avéré un grand succès parce qu’il a été mis en branle en Europe. L’orchestre dirigé par Daniel Barenboim ne connaîtrait pas le même succès s’il jouait en Israël ou en Palestine. En Israël, la conjoncture politique n’est pas encore propice pour constituer un orchestre symphonique mixte israélo-palestinien. Les tensions entre Israéliens et Palestiniens sont encore trop vives. Je souhaite de tout cœur que la paix tellement attendue entre les peuples israélien et palestinien se concrétise dans un futur très proche. Ce jour-là, je vous assure que je mettrai sur pied un orchestre symphonique composé de jeunes musiciens israéliens et palestiniens. Ce sera un beau gage d’avenir, tant mérité, pour ces deux peuples éreintés par des décennies de guerres.

LVS : Comment envisagez-vous les perspectives futures des relations entre Israël et les Palestiniens? YT : Je ne suis pas très optimiste. Si Shimon Pérès était l’actuel Premier ministre d’Israël, je serais certainement plus optimiste. Mais, avec Benyamin Netanyahou comme Premier ministre d’Israël, je peux difficilement être optimiste. À l’instar d’une majorité de mes concitoyens Israéliens, je souhaite ardemment qu’Israël parvienne à conclure très prochainement une paix viable avec les Palestiniens. Je souhaite aussi que ces derniers puissent vivre pacifiquement dans un État indépendant érigé aux côtés de l’État d’Israël. C’est le dû de notre génération aux enfants Israéliens et Palestiniens. LVS : Quel souvenir gardez-vous de vos années passées à Québec, où vous avez dirigé l’orchestre symphonique de cette ville. YT : Mon épouse Erella et moi, avons passé douze années extraordinaires dans la merveilleuse ville de Québec. C’est une ville que nous affectionnons beaucoup. En 1998, j’ai été choisi pour diriger l’Orchestre Symphonique de Québec. Ce fut une expérience professionnelle très enrichissante. En arrivant à Québec, j’ai trouvé un groupe de musiciens québécois très motivés, prêts à travailler dur et à s’améliorer. Une des mes plus grandes fiertés est le niveau artistique que l’Orchestre symphonique de Québec a atteint depuis à tous les niveaux : cordes, vents, percussions… Aujourd’hui, c’est un Orchestre de première classe de renommée internationale. Quand je marchais dans les rues de Québec, bien des gens m’arrêtaient pour me dire très gentiment combien ils appréciaient mes concerts et ma présence dans leur ville. Ces derniers me demandaient de demeurer à Québec aussi longtemps que possible. Cela me donnait l’impression de vivre dans un petit et très chaleureux village, qui me rappelait un grand Kibboutz! Entrevue réalisée par Élias Levy

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Pour leur bien, vraiment?

Tout comme Rosh Hashana préfigure l’automne et le début de l’hibernation, la soirée du curriculum entérine définitivement la fin de l’été et officialise le commencement d’une nouvelle année scolaire. Une soirée marquée du sceau du renouveau, avec présentation des travaux d’aménagement effectués durant l’été, les nouvelles acquisitions pédagogico-éducatives et l’annonce de projets en développement; le tout entrecoupé de discours encenseurs prononcés par le directoire de l’école. Au nombre de ces soirées auxquelles j’ai assisté, pour chacun de mes enfants, depuis la première année du primaire jusqu’au secondaire cinq, soyez assurés, chers lecteurs, c’est toujours le même propos entendu, la même position défendue et la même posture affichée. Notre école est la meilleure; notre école est LE lieu d’épanouissement de votre enfant; parents, vous avez fait le BON choix; VOUS et NOUS formons une seule et même équipe soudée au service de notre communauté éducative. Bref, année après année, on nous rejoue le même concerto pour brosse à reluire dans le sens du poil. Il y a, dans ces propos un tantinet démagos, un je-ne-sais-quoi qui se veut persuasif et rassurant. Persuader les parents-clients-partenaires qu’ils ont fait le choix de LA bonne école et les rassurer quant au fait que leurs enfants sont entre de bonnes mains. À entendre parler de bon choix, d’investissement et d’avenir assuré, on se croirait à un congrès de banquiers ou, pire encore, en train d’écouter une pub de Liberté 55 ! Mais soyons honnêtes, le curriculum night est LE rituel attendu de tous ces pères et mères - surtout des mères - qui sont de fervents adeptes de ces retrouvailles annuelles. Au cours de cette soirée, différente de toutes les autres, les parents se reconnaissent comme appartenant au même club select, à la même loge maçonnique, pourrait-on dire. Regards complices et entendus, ils se revendiquent de la même tribu : celle qui fait le choix de l’école juive, pour le bien de leurs enfants. À l’occasion de cette séance de communion collective, entre prêches dithyrambiques et discours promotionnels, les parents font le plein d’arguments, comme autant de munitions, qu’ils seront prêts à asséner, à défourailler à la première allusion suspecte, au moindre commentaire douteux sur LEUR école. Séance cathartique d’auto-persuasion, cette première mi-temps du curriculum night s’apparente à une cérémonie sectaire au cours de laquelle parents-adeptes et direction-gourou psalmodient, ad nauseam, leur profession de foi envers l’école. Suite à quoi, l’auditoire est invité à rencontrer, par niveau, les enseignants-prêcheurs. Imaginez le tableau. Cavalcades dans les escaliers, bousculades dans les corridors, recherche de la bonne salle de classe et rencontres des profs à la chaîne au cours desquelles ils font état de la matière étudiée, le matériel scolaire à avoir, les devoirs, projets, tests surprise, examens, mode d’évaluation et pondération. Le tout en quinze minutes chrono. Exercice de haute voltige pour ces enseignants 68 | magazine LVS | décembre 2012


qui, tout en informant, doivent rassurer ces parents assis aux pupitres en train d’enregistrer (plusieurs prennent fébrilement des notes) avec appréhension et effarement ce qui attend leurs chères têtes blondes au cours des 180 prochains jours d’école. Quelle que soit la matière, elle est essentielle, voire indispensable au développement intellectuel et moral des élèves. Pour leur bien. Comme ce jeune enseignant entièrement dédié à ses élèves et passionné par sa matière, tellement passionné, qu’il couvre en une année, deux ans de maths afin qu’ils soient bien préparés à leur arrivée au CEGEP. On ne parle pas ici d’élèves qui iront au CEGEP demain matin, mais dans 3 ans. C’est quoi l’urgence? On se calme et on respire par le nez. Le Nobel attendra. Quinze minutes plus tard, et sans avoir eu le temps de poser la moindre question, rebelote. Cavalcades dans les escaliers, bousculades dans les corridors, recherche de la bonne salle de classe pour un nouveau quart d’heure de présentation du syllabus, exigences et évaluation des apprentissages d’une autre matière. Pour faire court, disons qu’après une première partie de communion passive, la seconde se déroule au pas de charge. En fin de soirée, les parents épuisés et inquiets se retrouvent autour d’un sweet table, gracieuseté du Home and School, à partager leurs impressions et font les comptes. Au bas mot, entre projets, compte-rendu de lectures, devoirs et révision d’examens, il y a, toutes matières confondues, de deux à trois heures d’étude par soir. Si on ajoute à cela les six heures quotidiennes de cours, on est rendu entre huit et neuf heures de boulot par jour; soit des semaines de quarante, quarante-cinq heures. Oïe vé! Bien plus que ce qui est demandé à un adulte. Nous connaissons tous le discours comme quoi les jeunes, comme des éponges, sont capables d’en prendre et ne demandent qu’à être stimulés. C’est bon, on a compris. Mais alors pourquoi sont-ils de plus en plus nombreux à consommer boissons énergisantes, multivitamines et autres boosters; quand ils ne se voient pas prescrire un « léger » anti anxiolytique ou antidépresseur ? Laissons de côté la dope et le suicide chez les jeunes. Pas besoin d’en rajouter. Pourquoi toutes ces études, qui pointent « le haut niveau de stress, d’anxiété et de dépression » parmi les jeunes de 11 à 16 ans,

ne sont-elles pas davantage considérées dans l’organisation scolaire et le design pédagogique des programmes de nos écoles ? Il semblerait, selon de récentes recherches en neurobiologie, que le cerveau humain achève définitivement sa croissance et sa formation pas avant l’âge de trente ans. J’avoue ne pas avoir tout compris, mais l’idée générale est que la connexion définitive entre lobe frontal, cortex et les deux hémisphères s’achève bien plus tard que prévu. Processus complexe s’il en est. Pour ceux que cela intéresse, allez sur Google et tapez finitude/complétude du cerveau humain. Pour les autres, allez lire l’article sur Slate.Fr . Tout ça pour dire qu’il n’y a aucune raison pour que nos enfants se fassent bourrer le mou de si bonne heure. De toute façon, ils n’impriment pas avant leur trentième anniversaire, quand ils impriment ! Et puis, c’est quoi l’idée de mettre sous pression des gamins de 12-13-14-15-16 ans? Ils auront toute leur vie pour s’angoisser, être stressés et déprimer entre leurs études universitaires, la recherche d’un premier emploi et le début de leur vie professionnelle. Sans parler de la suite des choses. Rappelez-vous, chers lecteurs, de vos angoisses à l’occasion de votre mariage, de la première hypothèque, de la naissance de vos enfants et de tous les tsouress qui viennent avec, de votre congédiement, des tensions dans le couple, la crise de la quarantaine, la réorientation de carrière. J’en oublie sans doute. Bref, c’est quoi l’urgence à vouloir les conditionner si tôt, quand ils ont toute la vie devant eux pour l’angoisse et la mise sous pression? Est-ce vraiment pour leur bien que de les considérer comme des éponges? Pour son bien… Toujours dans le registre « pour son bien », j’aimerais vous faire part d’une histoire vraie et certainement pas exceptionnelle hélas. Ça se passe ici, dans notre communauté. Appelons-la Esther et son frère, Jacob. Deux enfants issus d’un mariage, qui comme tant d’autres, s’est terminé par un divorce. Leur père, après mille et un métiers, mille et une misères et plusieurs tentatives infructueuses pour faire des affaires, finit par donner le guet à son ex, avant de reprendre magazine LVS | décembre 2012 | 69


ses billes et un aller simple pour Miami. Madame se retrouve donc du jour au lendemain à élever seule Esther et Jacob. Avec son emploi de caissière, elle arrive tout juste à payer le loyer, les factures et l’épicerie. Mettant son amour propre de côté et sans être frum ni même datya, elle fait cependant les démarches nécessaires pour qu’Esther et Jacob poursuivent leur scolarité dans une école juive ortho. Compte tenu de sa situation : une mère élevant seule ses deux enfants, devant jongler avec des horaires de dingue, soirs et fin de semaine, l’école ortho, outre le fait qu’elle soit abordable, est plus save, en ce qui concerne les fréquentations de ses enfants, surtout de sa fille. De plus, et ils y apprennent tout ce qu’il faut savoir de la liturgie, des prières, du shabbat et des fêtes. Côté Hol, aucun souci. Ses enfants sont talentueux et réussissent haut la main. Bref, tout semble sous contrôle, jusqu’au jour où Esther fait la connaissance de Reuven, un jeune Baal tshouva de son âge : 17 ans. À ce moment, elle est en secondaire cinq et Jacob, en secondaire deux. Reuven ne l’a pas eu facile, lui non plus. Après une scolarité chaotique et un redoublement, il décroche de l’école et se ramasse commis dans un dépanneur du quartier. Vins et bière à portée de main, il commence par en mettre de côté avant de les vendre au rabais et se faire prendre la main dans le sac. Renvoyé, il poursuit son chemin, commet petits délits et vols à l’étalage avant de se faire alpaguer et reconduire chez lui, entre deux policiers. Un aller simple l’enverra dans une Yeshiva à Jérusalem, histoire de le remettre dans le droit chemin et l’éloigner de ses mauvaises fréquentations. Un an plus tard, il est de retour à Montréal sans rien, ni attestation ni formation professionnelle. Une main devant, une main derrière. Paumé et sans aucune perspective, Reuven « atterrit » dans un Kollel d’obédience Breslev, où les étudiants sont, sauf exception, de jeunes séfarades en quête de spiritualité. Il y passe ses journées et une partie de la nuit à étudier Mishna, Guémara et autres textes ésotériques. Étudier, c’est vite dit. Disons le simplement : Reuven, loin d’être un Talmid Khakham, se situe quelque part entre pas très doué et franchement médiocre. Il y a peu de chances qu’il fasse carrière dans le Kodesh. Mais à tout prendre, mieux vaut encore qu’il soit au Kollel le nez dans les livres. Au moins, il n’est pas dehors à faire des conneries. C’est à l’occasion de la seouda/farbrengen, qui clôt la lecture de la Meguilat Esther, que les deux tourtereaux se rencontrent. Coup de foudre ou premiers frissons d’une possible idylle, allez savoir. En tout cas, le scénario semblait 70 | magazine LVS | décembre 2012

écrit d’avance. Esther s’amourache de son baal tshouva et lui, de son étudiante. Après deux mois de « pudique fréquentation », Tsniout oblige, Reuven demande à son Rav quelle conduite adopter. Pour leur bien, dixit le Rav, seul le mariage est à considérer. Aussitôt dit, aussitôt fait. La cérémonie sera célébrée de suite après le dernier examen d’Esther. Nouvellement Kalla et son diplôme d’études secondaires en poche, elle se met à la recherche d’un emploi et décroche un job de vendeuse dans un commerce de livres et articles religieux au salaire minimum, au mieux. Jacob, qui semble avoir mal vécu le mariage de sa sœur, demande à sa mère de le changer d’école, pour une école publique et gratuite. Quant au jeune Hattan il poursuit sa quête spirituelle et passe ses journées au Kollel. Pour Rosh Hashanah, il était en pèlerinage à Ouman. Aux dernières nouvelles, Esther était enceinte. Chronique d’un gâchis annoncé. Un divorce d’ici cinq ans, un gamin qui n’avait rien demandé et qui fera les frais de cette séparation, et un futur proche merdique pour elle et lui. Bref, la galère. Et qu’on ne vienne pas me bassiner comme quoi le Grand Architecte veillera au grain. Il en a déjà plein les bras. Si seulement on pouvait lui faciliter la tâche. En écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qui serait advenu si le Rav avait persuadé Reuven d’aller travailler plutôt que de passer ses journées à étudier. Sans doute suis-je de la vielle école, mais il me semble que la responsabilité première d’un époux et, de surcroît, futur père de famille, est de pouvoir garantir, par son travail et une Parnassa bli boucha, le gîte et le couvert… pour le bien du foyer. Il y a quelques années, Shlomo Bar chantait Yeladim zé Simha, yéladim zé Brakha. Pour Reuven et Esther, j’aimerais tellement en être convaincu. C’est pourtant ce que je leur souhaite, du plus profond de mon cœur. Maurice Chalom


Où est passée la Convivencia? Je marchais sur la rue St-Denis l’autre jour quand je rencontre une vieille amie à moi, qui m’arrête et insiste pour me parler. Comme elle était elle-même en train de parler au téléphone, je l’entends dire à son interlocutrice qu’elle venait de me rencontrer… Elle me tend alors son téléphone portable en me disant : — « Cette amie est documentariste à Toronto; elle est ici à Montréal pour la version française de son dernier documentaire; elle voudrait te parler pour préparer un film qu’elle veut faire sur la Convivencia » — « Oui, allo! J’aimerai faire un film sur la Convivencia depuis le Moyen-âge et voir ce que c’est devenu aujourd’hui » me dit la copine de mon amie au téléphone! — « Je ne suis pas une spécialiste de la question, mais en effet, on pourrait en parler si vous voulez » répondis-je poliment à mon interlocutrice… sans savoir vraiment à qui je parlais, car tout cela se passait dans le brouhaha de la rue St-Denis, en plusieurs langues et une partie au téléphone, l’autre partie avec mon amie qui continuait de parler en même temps … Puis je suis repartie et j’attends toujours des nouvelles de cette amie de mon amie pour savoir ce qu’elle voulait vraiment. Mais entretemps, je me suis demandée comment il se faisait que quelqu’un veuille encore faire un documentaire sur cette question, et qu’elle considère qu’une historienne séfarade puisse avoir quelque chose à dire la dessus! Pourquoi en effet doit-on encore parler de ce mythe du paradis sur terre qu’aurait représenté l’Andalousie sous le royaume Musulman? N’est-il pas déjà connu de tous que la convivencia n’est qu’un grand mythe? Ce mythe de la tolérance et de l’harmonie entre les trois grandes religions ( Chrétiennes, Juives et Musulmanes) a été éventé par les historiens depuis longtemps, qui ont montré combien cette vision était totalement fausse et même complètement erronée (Bernard Lewis). Mais quand les mythes ont la vie dure, il faut se demander à quoi ils servent. Pour certains, ce mythe sert encore aujourd’hui à défendre et promouvoir la vision d’un Islam plus tolérant que ne le fut la Chrétienneté alors (l’Inquisition) et maintenant (l’Europe nazifiée)!

Et puis, en s’adressant à moi, une historienne du séfardisme montréalais, elle impliquait que je saurais comment y répondre, puisque d’une certaine façon le séfardisme aurait été porteur de cette convivencia, comme histoire mais aussi comme mode d’être au monde. Exportée sur tout le pourtour méditerranéen, la convivencia serait devenue une sorte de mantra du judaïsme séfarade, y compris dans les pays arabomusulmans où ces communautés juives se sont établies, suite à leur expulsion d’Espagne par les rois Catholiques. Ainsi, cette convivencia mythique est devenue une perception de l’histoire harmonieuse des séfarades avec leurs voisins musulmans dans les pays du Maghreb et même du Machrek, qui revient souvent dans les mémoires de nombreux séfarades montréalais que nous avons interrogés dans notre enquête sur les histoires de vie des montréalais comme un élément essentiel de leur identité. J’ai retrouvé à nouveau cette occurrence à l’occasion d’un grand colloque qui a eu lieu à Essaouira au Maroc en 2010, et dans les Actes où ont été publiées les communications : la notion de « convivance » revient à plusieurs reprises pour expliquer les relations harmonieuses entre Juifs et Musulmans au Maroc, malgré la Dhimma, et maintenant encore dans la diaspora. On le sait les perceptions façonnent l’histoire même si elles n’ont souvent que peu à voir avec l’histoire factuelle, et dans ce cas, on peut dire que la convivencia/convivance semble avoir survécu intacte à plusieurs centaines d’années d’histoire contraire. S’y référer pour les exilés séfarades qui se construisent aujourd’hui une histoire en diaspora fait sans doute partie de cette mémoire nostalgique qui j’espère annonce et prépare un intérêt pour l’histoire réelle, plutôt qu’elle ne l’oblitère! Yolande Cohen, MSRC Historienne, UQAM

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Communautés ultra-orthodoxes radicales: entre pratique sectaire et dépendance

Amnon Jacob Suissa est professeur à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal où il enseigne des cours touchant au phénomène des dépendances comme problème social ainsi que la méthodologie de l'intervention auprès des familles. Dans une perspective constructiviste des problèmes sociaux, il s’intéresse aux déterminants sociaux des dépendances et leur impact sur les processus d'intervention. Formé en thérapie familiale et docteur en sociologie, il est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages scientifiques. Parmi ceux-ci, Le Monde des AA: alcooliques, gamblers, aux Presses Universitaires du Québec, PUQ (2009). Pourquoi l'alcoolisme n’est pas une maladie (2007); Le jeu compulsif: vérités et mensonges (2005) aux Éditions Fidès. Il collabore comme chercheur à plusieurs projets de recherche et anime des séminaires dans le cadre de programmes de formation au Canada et à l’international. Certains groupes ultra-orthodoxes peuvent présenter des caractéristiques qui correspondent à des pratiques en contexte sectaire : tendance à un repli sur soi, isolement écologique et physique; faiblesse des liens sociaux par rapport à l’environnement social global, installation de règles strictes pour gérer, voire contrôler, le quotidien ainsi que le temps et l’espace, installation d’une hiérarchie, parfois via un leader charismatique, pour exercer le pouvoir et le contrôle sur la collectivité des membres, etc. Si nous analysons de plus près certaines communautés en périphérie de Montréal, par exemple, nous remarquerons que plusieurs de ces caractéristiques sont présentes et constituent des règles de fonctionnement comprises comme tout à fait normales car elles permettent aux membres de se protéger d’un monde dit à risque, incertain et imprévisible. Voici quelques caractéristiques énoncées par Info-Secte :

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Les membres font preuve de zèle et démontrent une confiance absolue au leader ;

Le leader décide la manière de penser, d'agir et « gère » les sentiments des adeptes. Par exemple : les membres doivent obtenir l'approbation du leader pour leur travail et leurs relations amoureuses, il y a des règles concernant la tenue vestimentaire, la discipline des enfants, le lieu où habiter, etc. ;

L'argent est une des grandes préoccupations du groupe, une majorité vit dans la grande pauvreté ;

Les membres ont tendance à couper les liens avec les membres de leur famille et leurs amis qui ne partagent pas ce « set de valeurs »; ils délaissent leurs buts et leurs activités antérieurs à leur adhésion au groupe ;


Les membres sont encouragés ou obligés de socialiser et / ou vivre seulement avec les autres membres du groupe ;

Le questionnement, les doutes, la critique et la dissension sont découragés.

Dernièrement, j’ai rencontré personnellement une jeune femme qui vient de quitter ce type de communauté avec son conjoint et ses 2 enfants. Elle soulignait que les pratiques étaient tellement planifiées dans le temps et l’espace, qu’elle n’avait aucunement le temps de penser. En tant que femme et mère de famille, l’éducation et son développement personnel étaient relégués aux oubliettes ; ce qui est vraiment important c’est qu’elle s’occupe de ses enfants et la communauté verra à remplir tous ses besoins de base et de subsistance. Confinée à un rôle d’exécutante au nom de la religion, elle ne réfléchit plus à sa vie car celle-ci est conçue et planifiée par d’autres sous la direction du grand Rabbin qui dicte la marche à suivre. D’ailleurs, toutes les grandes décisions qui font appel à la responsabilité personnelle et familiale passent par l’approbation du grand Rabbin qui autorise ou non telle ou telle action. Si vous souhaitez entreprendre un commerce, avoir un enfant, visiter la famille vivant à l’extérieur, ou si vous avez des questions d’ordre personnel,

familial, financier ou spirituel, le grand Rabbin aura toutes les réponses incluant celles touchant au passé, au présent et bien sûr à l’avenir. Ces pratiques s’inscrivent très bien dans les dynamiques sectaires où le leader, dans ce cas-ci le Rabbin, décide en dernière instance de ce qui est acceptable et désirable et ce qui l’est moins. Si nous avons tous besoin de conseils de sages ou d’amis auxquels on peut se confier durant nos vies, cela ne nous empêche pas de prendre des initiatives personnelles et individuelles pour répondre à des besoins identifiés comme prioritaires. Or, dans ces communautés, les initiatives personnelles et individuelles sont dévalorisées, seules seront privilégiées celles qui s’intègrent exactement dans les sillons de l’idéologie ultra-orthodoxe. Ces pratiques s’apparentent clairement à des dépendances (addictions) où les personnes sont piégées dans un cycle qui se renouvelle par lui-même en ayant un semblant de bien être ici et là, bien-être qui compense momentanément une souffrance, une faible estime de soi, une vulnérabilité. C’est ce qui explique d’ailleurs la durabilité impressionnante du temps passé dans ces groupes : des années, voire des décennies, avant de briser ce cycle de dépendance. Amnon J. Suissa, Ph.D, École de travail social, UQÀM

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Une impression de tabula rasa

S’il est une image, et une seule, que je retiendrais de mon séjour récent en Israël; s’il est une image qui, plus que toute autre, évoque à mes yeux la complexité de la culture et de la société israéliennes, en 2012, laquelle choisirais-je? Difficile question. À quelques reprises, je me la suis posée, sans trouver une réponse. Tant d’activités et de rencontres ont ponctué ce séjour de trois mois : l’apprentissage des langues juives à l’Université hébraïque de Jérusalem (l’hébreu le matin, le yiddish l’après-midi); les rencontres avec des artistes et des écrivains à l’Institut français Romain Gary et à Mishkenot Sha’ananim1 ; les flâneries au marché Ma’hané Yéhouda et dans certains cafés fréquentés à la fois par des Juifs et des Arabes; les trajets dans le nouveau train de Jérusalem à l’heure de pointe; sans compter les randonnées dans le désert et les balades à Tel Aviv, ainsi que les retrouvailles avec certains amis dans un kibboutz… Rien de tel, en réalité, qu’un séjour de quelques mois en Israël pour perdre bon nombre d’illusions à l’endroit de « la société israélienne », ainsi qu’une certaine prétention de la connaître – prétention que l’on peut retirer aisément, du reste, à la suite d’un voyage bref, qu’il s’agisse d’un voyage d’affaires ou d’un voyage touristique. Cela, sans compter les nombreuses questions qui émergent à propos des multiples facettes d’Israël, dès que l’on choisit d’« habiter » le pays. Et dans un autre registre, rien de tel qu’une rubrique brève pour mettre à l’épreuve le plus habile des (ra)conteurs, en l’invitant à livrer par écrit quelques impressions de voyage : car le risque est grand, vous l’aurez deviné, de se perdre dans le détail ou dans la généralité; d’écrire, par exemple, à propos de la suppression des nékodots dans la langue hébraïque moderne ou encore, des habitudes gastronomiques de la jeunesse israélienne. Mais à bien y réfléchir, il existe en effet une image qui, parmi d’autres, rend compte d’une impression frappante : celle d’une vieille dame vêtue avec élégance, que j’ai 1 Ces rencontres ont donné lieu à plusieurs entrevues, dont certaines ont déjà été publiées dans ma chronique « Lettres d’Israël » pour le magazine littéraire virtuel Salon II. 74 | magazine LVS | décembre 2012


Une stèle grise affichant la liste des artistes hébraïques d’Europe de l’Est qui avaient habité le quartier. rencontrée dans la rue Gordon, à Tel-Aviv, au retour d’une balade à la plage. Celle-ci avançait vers nous, mon compagnon et moi, au moment où nous étions affairés à déchiffrer le texte d’une plaque commémorative à la mémoire d’Hanna Rovina, une comédienne qui avait vécu dans l’immeuble correspondant au no 36. Arrivée à notre hauteur, la vieille dame a ralenti le pas et a tendu l’oreille; voyant que nous étions francophones, elle s’est adressée à nous en français : « Ici, c’est le quartier ou vivaient les écrivains et artistes hébraïques, au début du siècle dernier. J’ai grandi ici, dans cette communauté. Mes parents étaient comédiens. Aujourd’hui, je suis l’une des dernières héritières de ce monde disparu ». Elle a marqué une pause, avant de poursuivre : « Vous savez, il est rare que cette plaque attire l’attention des passants. De nos jours, elle est presque oubliée ». Nous lui avons alors demandé : « Et pourquoi l’avoir installée sur le bord du trottoir, au lieu de l’avoir posée sur la façade de l’immeuble ? ». « Le propriétaire de l’immeuble a refusé », a-telle répondu. « Il trouvait que ça représentait des vieilleries… Il ne voulait pas que cela ternisse l’image de son immeuble ». J’ai levé les yeux : l’immeuble, récemment rénové, abritait une galerie d’art contemporain et une boutique de vêtements chic. Quel contraste frappant! Il s’en dégageait une impression de tabula rasa presque réussi. La présence de la culture hébraïque d’Europe de l’Est, incarnée par plusieurs artistes associés à la grande troupe de théâtre Habima, originaire de Moscou, avait maintenant disparu; seules quelques plaques

commémoratives témoignaient de cette intense vie artistique qui avait animé le quartier autrefois. Dorénavant, elle était remplacée par les commerces en vogue – une situation qui me rappela spontanément les anciens quartiers juifs des grandes capitales européennes, tels le Marais, Berlin-Mitte ou Kazimierz. Notre périple a atteint son terme dans la rue Frug, lorsque nous avons découvert une stèle grise affichant la liste des artistes hébraïques d’Europe de l’Est qui avaient habité le quartier. Cette stèle était abandonnée sur le trottoir, jonchée de déchets, et entourée d’un ruban de plastique rouge et blanc qui délimitait un périmètre de sécurité pour les passants. À l’image vivante de la dame âgée, cultivée et polyglotte, succéda celle, désolante, de cette plaque qui avait valeur de déchet. Deux images qui cernent les contours d’un monde disparu dont les traces demeurent inscrites dans le corps de la ville blanche. Sous mes yeux défila ainsi, au fil de notre promenade, un extraordinaire palimpseste illustrant la rupture percutante entre la culture juive de la diaspora, celle qui a été mise au ban dès la création de l’état d’Israël, et la société israélienne actuelle. Deux cultures intimement liées mais dont la collision fut si forte, au fond, que les rues de Tel-Aviv ne cessent de l’archiver. Chantal Ringuet, chercheure et écrivain

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Un témoignage d’amitié

Cet été, j’ai passé deux semaines à Jérusalem, moi, citoyen canadien, né en Uruguay, ex-ministre du gouvernement du Québec, élevé dans une foi catholique que je ne pratique plus. Qu’est-ce que je faisais là? Je ne suis pas journaliste. Écrire des chroniques, c’est ce que j’appelle mes activités parascolaires. Mon travail à temps plein, c’est professeur à HEC Montréal. Dans le monde universitaire, l’Université hébraïque de Jérusalem est très réputée. On trouve dans cette université un centre d’études canadiennes. À intervalles réguliers, on y invite un universitaire canadien pour de courts séjours. Pour la première fois, ils avaient invité un Québécois francophone : moi. Je m’intéresse depuis longtemps au rapport entre cohésion sociale et diversité ethno-religieuse. De ce point de vue, Israël, avec 20 % d’Arabes musulmans, 10 % de Juifs ultra-orthodoxes et 70 % de Juifs de toutes les tendances, est un fabuleux laboratoire. Il me semble presque inutile de le dire, mais je le dis quand même parce qu’on m’a posé la question dès mon retour : ma liberté fut complète. Ce que je ne savais pas, c’est que j’arrivais à un moment très spécial. Personne ne m’avait prévenu. Le 19 avril, c’était Yom Ha Shoah, le jour du souvenir de l’Holocauste. À 10 h du matin, quand la sirène s’est fait entendre, que les autos se sont arrêtées, que les serveurs de restaurant se sont immobilisés avec leurs assiettes dans les mains, j’ai vécu un des plus grands moments d’émotion pure de toute ma vie. La semaine suivante, c’était Yom Ha’Zikaron, qui honore les soldats tombés au combat et les victimes du terrorisme. Le lendemain, c’est Yom Ha’Atzmaut, une journée de joie qui célèbre l’indépendance nationale. Vous, cher lecteur, le savez, mais pas moi. On m’expliqua gentiment que ces deux journées avaient été placées une après l’autre pour justement souligner qu’elles sont liées. L’indépendance ne fut obtenue et n’est maintenue que parce que certains donnèrent leur vie pour elle et que d’autres le feraient de nouveau. J’ai profité de mon séjour pour rencontrer des tas de gens fascinants. Les milieux intellectuels penchent majoritairement à gauche. J’ai donc eu des échanges approfondis avec des gens très critiques de leur propre gouvernement tout en étant passionnément amoureux de leur pays. 76 | magazine LVS | décembre 2012


Pendant mon séjour, on discutait ouvertement quoi faire face aux efforts de l’Iran pour se doter de l’arme nucléaire. Vue de là-bas, cette question a une dimension proprement existentielle que Québécois et Canadiens ont de la peine à appréhender. Il est maintenant établi que le programme nucléaire iranien a une finalité militaire et non civile. Plusieurs ayatollahs ont appelé à la destruction d’Israël. Le président Ahmadinejad a nié l’Holocauste. Le régime soutient déjà le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par les pays occidentaux. J’ai peine à comprendre que l’opinion publique d’ici mesure si peu la gravité de la situation. Imaginez qu’un voisin hostile se comporte ainsi avec le Canada.

sente. Par contre, une attaque israélienne ne ferait peut-être que retarder le programme iranien. Comme l’expertise est acquise, l’Iran chercherait un moyen de recommencer. Mais ce gain de temps n’est pas pour autant négligeable. Dans cette partie du monde, des tas de choses peuvent survenir en quelques années, y compris un changement de régime à Téhéran. J’espère de tout cœur pouvoir retourner bientôt en Israël, mais accompagné cette fois de ma famille. Joseph Facal

Il s’en trouvera pour dire que les Iraniens ont autant droit à l’arme nucléaire que ceux qui l’ont déjà. Si on suivait cette logique simpliste, on encouragerait une course à l’armement nucléaire qui rendrait le monde encore plus dangereux, surtout si ces armes se retrouvaient entre les mains de pays agressifs. Si le régime iranien parvenait à ses fins, avoir défié l’ONU et la communauté internationale lui donnerait un ascendant accru aux yeux des extrémistes islamistes. Son agressivité régionale augmenterait. Tout accord de paix au Moyen-Orient deviendrait encore plus hypothétique. On ne peut non plus exclure – cauchemar ultime – que l’Iran en vienne à utiliser ces armes. En Israël, personne ne nie que des frappes aériennes sur les installations nucléaires iraniennes soient une option de dernier recours. Le premier choix est évidemment que les sanctions économiques fonctionnent, sauf qu’elles n’ont rien donné jusqu’ici. Les ayatollahs ne voient aucun inconvénient à ce que le peuple iranien souffre tant que le régime n’est pas menacé. Pour que les sanctions aient une chance de fonctionner, il faut cependant que l’option de la frappe militaire soit prémagazine LVS | décembre 2012 | 77


Fascinante Jérusalem de mon cœur

Je suis arrivé à Jérusalem un jeudi premier mars et, quelques heures plus tard, il tombait quelques flocons de neige au milieu de la nuit. Je les ai observés, incrédule, virevolter joyeusement jusqu’au sol et à leur allure ludique, j’ai compris que ma demi-année sabbatique débutait sur un bon pied. À peine remis du décalage horaire, j’étais à pied d’œuvre devant une douzaine d’étudiants de l’Université hébraïque pour enseigner un cours d’histoire canadienne. Presque au même moment, je joignais avec ma conjointe une classe pour débutants à l’oulpan de l’Institut Rothberg, dix heures par semaine. Déjà, le programme de mon séjour était tracé. Au début, je me rendais à mes cours en affrontant la bourrasque, la tête bien protégée par un chapeau à bords amples, marchant en sens contraire du vent et de la pluie glaciale. Mais je savais, par expérience, que cela ne durerait pas et que lors de mon départ, cinq mois plus tard, j’avancerais sous un soleil de plomb à peine soutenable. Entretemps, Jérusalem serait ma principale résidence, et le campus de Har Ha’tsofim, ma base opérationnelle. Au cours des premières journées, un bonheur secret s’installa peu à peu en moi, car je réalisais enfin un rêve longuement caressé, celui de vivre à la manière des Yerushalmim, c'est-à-dire sans arrière-pensée ni concession, et surtout sans juger. L’affaire n’allait pas sans peine, car il fallait maîtriser un minimum d’hébreu et s’orienter dans les dédales d’une ville construite sur une multitude de collines séparées par de profonds ravins. Et puis, à Jérusalem, rien ne se fait comme ailleurs. La diversité religieuse et culturelle est telle, dans la plupart des places centrales, même au sein de la population juive, qu’on en ressent au début un fort sentiment d’étourdissement. Il faut savoir que tout s’arrête une fois par semaine pendant une période de vingt-quatre heures; que de nombreuses fêtes religieuses ponctuent et interrompent le calendrier scolaire. C’est surtout le cas au printemps, lors de journées significatives telles Yom Ha’atsmaout et Yom Ha’shoah. Il y a aussi les grondements politiques, que l’on entend périodiquement comme des secousses venues du plus profond de la vie israélienne, et qui portent sur des enjeux décisifs comme le service militaire, l’accueil des réfugiés africains ou les protestations contre la vie chère. Heureusement je pouvais compter sur mes étudiants et mes collègues de l’Université pour mieux comprendre et apprécier la réalité déroutante qui m’entourait. Plusieurs se dévouèrent pour m’initier peu à peu à un panorama d’une complexité saisissante. Mais vivre à Jérusalem, c’est constater autre chose que ce que l’on retrouve dans les journaux du monde entier à propos d’Israël. Il y a une telle joie à marcher dans cette ville, à découvrir ses innombrables quartiers, à sillonner ses parcs et ses marchés, que j’en suis demeuré longtemps abasourdi. Tout ce que l’on peut observer dépasse l’entendement et défie la logique. Jérusalem cultive l’hyperbole et pratique la démesure. Pas celle des gratte-ciels, comme à Tel-Aviv, ou celle des grands déserts, comme à la mer Morte, mais plutôt à l’échelle modeste de ses 78 | magazine LVS | décembre 2012


rues et de ses échoppes. Qui peut rester indifférent devant les étals bigarrés de Mahané Yehuda ou face à l’agitation de la rue Emek Refaïm du Moshava Ha’germanit? La foule vous happe et chaque visage rencontré ajoute à la fête ou à la désorientation. La situation vous épuise tout à coup; vous pouvez toujours retraiter à la terrasse de la Cinémathèque ou sous les parasols du vénérable YMCA de la rue Melekh David. Chaque coup d’œil surprend, déroute et séduit, et quand les paysages de Jérusalem surgissent tout à coup, au coin d’un pâté de maison, ils sont à couper le souffle. Cela, sans compter les plongées vertigineuses dans les strates historiques de Jérusalem, au détour d’une allée ou d’un bazar désordonné, ou quand surgissent ici et là, dans la vieille ville, synagogues, mosquées et églises, sous une multitude de formes et de cultes. Je ne pouvais, bien sûr, consacrer tous mes jours à l’exploration de la ville et, le plus souvent, j’étais heureux de flâner dans mon quartier après une journée d’étude et d’enseignement. Dans Ha’giv’a Ha’tsarfatit, ou French Hill, je pouvais déguster de délicieux fallafels, apercevoir la mer Morte de loin ou acheter des fleurs en parlant le français les vendredis matins. Avec le temps, je me suis attaché à ses places, à ses commerces et à ses résidents, à tel point que je bénissais

même les chats errants les jours de sabbat. Oh, l’architecture n’y est pas aussi éclatante qu’ailleurs à Jérusalem, ni ses rues aussi animées de touristes, mais il y régnait une paix et une sérénité que l’on souhaiterait voir dans toute la région. À la banque et à l’épicerie, on entendait l’hébreu et l’arabe, et les femmes voilées côtoyaient ici et là les dignes représentants de l’orthodoxie judaïque, sans compter ceux qui ne portaient aucun signe religieux. Combien de fois l’observation attentive de ces situations inattendues a retenu mon attention! Bien plus, à vrai dire, que les emplettes à rapporter à la maison ou le train-train des tâches quotidiennes. Certes, des souvenirs difficiles et des peines plus anciennes affleuraient de temps à autre dans le tissu social de mon quartier; mais cela se produisait en sourdine, en attendant des jours meilleurs, sans perdre tout à fait espoir. Ces impressions fortes, je les porte encore en moi. Même de retour depuis plusieurs semaines, je rêve encore à Jérusalem. J’entends le vent des déserts lointains qui passait au-dessus des hauteurs de French Hill la nuit, et qui m’apportait la fraîcheur et le calme durant mes heures de doute. Il souffle encore, j’en suis sûr, et pour longtemps. Pierre Anctil Ottawa, 24 septembre 2012

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culture L’ultime cadeau de jacques Bensimon :: « Agadir un paradis dérobé » Jacques Bensimon nous a quitté prématurément l’été dernier et pourtant…. en parcourant les pages de son livre, j’ai l’impression qu’il est là près de nous avec son sourire espiègle d’enfant rebelle qui prépare un mauvais coup comme lorsqu’il était à Agadir sa ville natale, entouré de sa bande de joyeux drilles aujourd’hui éparpillés de par le monde. Il a rejoint, lui qui aimait tellement la vie, d’autres êtres chers qui n’ont pas eu la chance de survivre à cette terrible catastrophe que fut le séisme du 29 février 1960. Un souvenir qui le hante et que l’on sent palpable tout au long de ce récit qui se lit avec délectation et qui nous ramène les parfums, les embruns atlantiques, les aromes de notre cuisine marocaine, le ciel bleu et le soleil et par-dessus tout l’insouciance de nos jeunes années. Certains passages paraissent empruntés à Camus, cet autre amoureux de sa méditerranée natale et qui, dans « Noces à Tipasa » ou même dans « L’Étranger » évoquait avec sensualité la complicité presque charnelle entre l’homme et la nature dans cette terre nord africaine que chacun de nous, à notre façon, avons aimée et qui, malgré les affres de l’exil nous hante au détour de nos pérégrinations. Mais Jacques est également le poète de l’amitié, celle qui l’a lié tout jeune enfant à ses camarades de jeu avec qui il vit des aventures invraisemblables et où nous nous retrouvons parfois. Cette conception de l’amitié il la cultivera tout au long de sa vie et en ceci, Jacques reste l’homme du souvenir ou plutôt des souvenirs et par-dessus tout celui de la fidélité. Ses relations avec ses parents qu’il décrit sans pudeur, sont loin d’être un long fleuve tranquille, on le sent plus proche de sa mère, femme libérée et indépendante à une époque où les femmes juives marocaines subissent plus qu’elles n’agissent. Pourtant cette indépendance (elle est une femme d’affaires qui a réussi) le dérange malgré une complicité certaine surtout pendant ses premières années. Avec son père c’est une toute autre histoire, les relations sont souvent difficiles. Dans cet Agadir qui fut le royaume avant l’exil, il éprouve la crainte des punitions corporelles infligées par ce père qui, à la moindre incartade de son fils le gratifie d’une volée de coups de ceinture qui laisseront des traces indélébiles dans sa mémoire. Pourtant il a de rares occasions de recueillir quelques confidences de ce père qui tend à s’isoler de plus en plus du cadre familial par des absences prolongées à l’étranger. Il évoque avec enthousiasme sa passion, déjà, pour le cinéma. Il nous décrit avec minutie les nombreuses salles du 7ème art que compte sa ville natale. Son premier 80 | magazine LVS | décembre 2012


culture |

JACQUES BENSIMON « film » projeté à partir d’une boîte de chaussures et réalisé avec un collage de bandes dessinées de Mickey, chez sa grand-mère maternelle qu’il adore se révèle être un succès. Décidément ce garçon avait une imagination débordante. Puis son expédition ratée sur un radeau de fortune destinée à rejoindre New York. Il y a aussi la figure emblématique de son oncle David, un homme qui le fascine et dont il se sent proche et puis d’autres personnages tout aussi intéressants qu’atypiques, qu’il décrit souvent avec tendresse quelquefois avec le regard critique et cruel de l’enfance. Et puis, survient la déchirure du départ, les premiers soubresauts du nationalisme marocain, les attentats, une guerre qu’il ne comprend pas puisqu’elle se déroule dans « sa ville », son royaume. Ce paradis qu’on lui « dérobe » et que l’on agresse. Son père a décidé d’émigrer au Canada, c’est le début de la fin pour cet homme qui, de personnalité respectable et respectée dans sa ville se retrouve à Montréal, ouvrier anonyme

et à qui de surcroit, son patron également juif, met en doute sa judéité puisqu’il vient du Maroc. Il décrit d’une manière poignante mais sobre la descente aux enfers de ce père avec qui il eut des rapports difficiles voire tumultueux. Le diagnostique de sa maladie alors qu’il est à Narbonne, une ville qui lui rappelle par certains côtés Agadir, tombe sans appel et l’assomme. Mais avec une sobre lucidité il trouve la force d’évoquer ce rendez-vous avec la mort, cette inconnue qui l’attend et dont il appréhende la rencontre, lui qui aimait la vie. Ses dernières lignes sont pour Agadir, à l’instar d’un autre poète, Georges Brassens qui dans des vers magnifiques suppliait pour être enterré dans la plage de Sète, sa ville natale, il voulait qu’Agadir fut sa dernière demeure. Un livre qui reste une belle histoire d’amour et un hymne à la vie. Élie Benchetrit

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ENTREVUE AVEC Élias LEVY :: AUTEUR DU LIVRE « COMPRENDRE ISRAËL » LVS : D’où est partie l’idée d’écrire un livre pour Comprendre Israël? EL : Ce sont les Éditions Guides de voyage Ulysse, www.guidesulysse.com, le plus important éditeur et diffuseur de guides de voyage en français au Québec et au Canada, qui ont pris la perspicace initiative de consacrer un livre à Israël dans leur collection Comprendre. Cette dernière, qui compte déjà 7 autres livres dédiés à l’Afrique du Sud, au Japon, à la Chine, à Cuba, au Brésil, à la Thaïlande et au Québec, a pour objectif de donner aux lecteurs Québécois et d’autres pays francophones - les Guides de voyage Ulysse sont diffusés aussi en France, en Belgique, en Suisse et dans les pays africains francophones - des clés essentielles pour mieux comprendre des cultures riches et complexes.

ÉLIAS LEVY

Comprendre Israël fournit d’innombrables clés pour apprivoiser les particularités de cette société complexe, très riche culturellement et façonnée par un contexte géopolitique unique au monde et propre à Israël. Ce livre aidera les gens d’affaires, les étudiants séjournant en Israël dans le cadre d’un programme d’échanges académiques, les visiteurs travaillant temporairement dans un Kibboutz et les voyageurs désireux de mieux saisir les réalités de ce pays somme toute méconnu du Moyen-Orient. Quand Claude Morneau, vice-président des Éditions Guides de voyage Ulysse, m’a proposé d’écrire ce livre, j’ai accueilli sa sollicitation comme un grand et beau défi à relever. En effet, c’est la première fois qu’un éditeur québécois publie un livre sur Israël ayant pour finalité de faire découvrir au public québécois et d’autres contrées francophones, les nombreuses facettes méconnues d’Israël, un petit pays qui, en l’espace de 64 ans, a accompli d’immenses réalisations dans tous les domaines, et particulièrement dans les secteurs de pointe de l’économie du savoir du XXIème siècle - la haute technologie, les biotechnologies, l’informatique, les nanotechnologies, la médecine moléculaire… LVS : Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées lors de la rédaction de cet ouvrage? EL : Expliquer Israël en une centaine de pages, c’était toute une gageure! D’autant plus que je devais respecter rigoureusement la structure de la table des matières conventionnelle de la collection Comprendre des Guides de voyage Ulysse. Le livre est subdivisé en 4 grandes parties : 1-Histoire et civilisation d’Israël (narration des faits les plus marquants de l’histoire d’Israël; présentation des différentes religions coexistant en Israël, du cadre culturel israélien…); 2 - La vie quotidienne

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culture |

en Israël (présentation du système politique, de Tsahal, des Kibboutzim, du système d’éducation, du système de santé… israéliens); 3 -Vivre dans la société israélienne du XXIème siècle (le multiculturalisme en Israël; les relations entre Juifs et Arabes dans la société israélienne; présentation des différentes communautés qui cohabitent en Israël; la difficile cohabitation entre Juifs laïcs et Juifs orthodoxes; la cuisine et les vins israéliens; les homosexuels dans la société israélienne; le féminisme en Israël; les transports; les sports…) et 4 -L’économie, les affaires et le travail (présentation des modèles économiques et High-tech bâtis par Israël; des conseils pour faire des affaires en Israël; comment démystifier le monde du travail israélien?…) LVS : Pensez-vous que ce Guide d’un genre nouveau permettra de mieux faire comprendre la réalité israélienne au grand public québécois qui est quotidiennement exposé à une critique acerbe d’Israël dans les médias? EL : Je le souhaite de tout cœur. Comme l’explique éloquemment dans ce livre le grand écrivain israélien Amos Oz, les médias et l’opinion publique internationaux ont tendance à percevoir Israël comme « un phénomène politique à 100 % ». Israël est ainsi réduit à une armée, au conflit militaire qui l’oppose aux Palestiniens et aux milices terroristes du Hamas et du Hezbollah, à sa politique de colonisation de la Cisjordanie vigoureusement critiquée par les gouvernements occidentaux et l’opinion publique internationale … Comprendre Israël, c’est essayer de sortir de ce schème analytique très réducteur en présentant les multiples et riches facettes de ce petit pays dont le nombre d’habitants ne représente à peine que 0,01 % de la population mondiale : une culture très créative qui s’est taillée ces dernières années une place importante sur les scènes culturelles, littéraires et artistiques mondiales; une économie très performante qui fait pâlir aujourd’hui les grandes économies occidentales; un modèle High-tech encensé dans le monde entier basé sur un partenariat très efficace entre des univermagazine LVS | décembre 2012 | 83


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sités, des instituts de recherche et des entreprises privées; un système universitaire réputé mondialement qui compte dans ses rangs plusieurs prix Nobel dans le domaine des sciences; un système d’intégration des immigrants éprouvé qui a permis à plusieurs millions de personnes originaires de quelque 130 pays de s’intégrer avec succès dans la société israélienne; un système de santé de pointe… Sans oublier bien sûr la renaissance d’une langue plusieurs fois millénaire, l’hébreu, que les Israéliens ont désacralisée pour la métamorphoser en un idiome qui est parlé aujourd’hui dans la vie quotidienne. Ce sont des réalisations exceptionnelles qu’on oublie trop souvent d’évoquer. Je rappelle aussi dans ce livre qu’en dépit d’un système politique anachronique, les Israéliens ont forgé une culture démocratique vivace qui a favorisé le développement d’une société civile et d’une presse ultra-libérale très exigeantes et très critiques envers les institutions politiques du pays. En effet, il faut rappeler qu’Israël est l’un des rares pays du monde où le Président de l’État et le Premier ministre peuvent être convoqués à témoigner devant une cour de justice. Ces réalités sont méconnues, et souvent délibérément éludées, par les médias internationaux. Ce livre a pour but de fournir aux Québécois et aux francophones désireux de mieux comprendre Israël, des clés et une kyrielle d’informations factuelles qui les aideront à mieux saisir la complexité de plusieurs dimensions de ce pays dans toutes ses nuances. LVS : Le Chapitre consacré à l’économie, les affaires et le travail occupe une place prépondérante dans ce livre. EL : C’est un chapitre très important. L’économie israélienne et le modèle High-tech d’Israël suscitent beaucoup d’intérêt à l’échelle mondiale. En l’espace de deux décennies, Israël a bâti l’une des économies les plus dynamiques et innovatrices du monde. L’économie israélienne revient de très loin. Depuis la fondation de l’État hébreu, en 1948, et jusqu’à la fin des années 1970, ce fut une économie très centralisatrice et entièrement fondée sur le modèle socialiste. Cependant, en Israël, la planification économique n’a jamais été de type autoritaire comme celle qui était en vigueur à cette époque-là dans les pays communistes de l’Europe de l’Est. Le modèle High-tech bâti par les Israéliens est une très grande réussite. C’est pourquoi en dépit des campagnes de boycott économique menées contre Israël par ses détracteurs - qui se sont avérées jusqu’ici de cuisants échecs - des grandes firmes multinationales œuvrant dans le secteur de la haute technologie, IBM, Motorola, Microsoft, Intel, General Electric, Cisco... ont établi en Israël des centres de recherche fondamentale et instauré des partenariats avec des entreprises israéliennes opérant dans le même créneau.

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Les Israéliens ont développé des outils économiques très sophistiqués qui ont permis au modèle High-tech d’Israël d’être aujourd’hui l’un des plus innovateurs et productifs du monde : les universités ont créé des centres de « transfert technologique », qui détiennent les brevets et vendent des licences de commercialisation à des entreprises privées; les « incubateurs »: des laboratoires où sont développés, testés empiriquement et validés les concepts de nouveaux produits technologiques et scientifiques ayant une forte potentialité de commercialisation... Par ailleurs, la structure gouvernementale chapeautant la recherche et l’innovation technologique en Israël, supervisées par un scientifique en chef relevant du Ministère israélien de l’industrie, du commerce et du travail, est un modèle très innovateur qui a fortement séduit plusieurs pays, notamment la France, le Canada, la Suisse, le Brésil et l’Espagne, qui l’ont adopté. Le Québec s’en est aussi grandement inspiré en créant à l’été 2011 le poste de Scientifique en chef du Québec, une première dans les annales du monde scientifique québécois. LVS : La conclusion de votre livre est une réflexion sur les grands défis auxquels l’État d’Israël est confronté aujourd’hui. EL : L’État d’Israël n’est pas seulement confronté à de grands défis politiques, sociaux et économiques. Des menaces existentielles lancinantes continuent de peser sur l’État hébreu. Dans sa frontière Nord, Israël est la cible perpétuelle des milices terroristes pro-iraniennes libanaises du Hezbollah et, dans sa frontière Sud, à Gaza, les milices terroristes du Hamas ne cessent d’attaquer les villes mitoyennes israéliennes avec des roquettes très meurtrières. L’accession au pouvoir en Égypte de la Confrérie islamiste des Frères Musulmans augure une détérioration des relations entre l’Égypte et Israël. Bon nombre d’Égyptiens remettent aujourd’hui en question le Traité de paix que l’Égypte et Israël ont signé en 1979. Les velléités hégémoniques régionales et nucléaires de la République islamique d’Iran inquiètent aussi au plus haut point les Israéliens... Il faut rappeler qu’en cette deuxième décennie du XXIème siècle, Israël est le seul pays du monde menacé sans ambages d’annihilation par un autre pays, membre à part entière de l’O.N.U, l’Iran. Il est indéniable que ces graves menaces nous permettent de mieux saisir le grand paradoxe de l’existence d’Israël : un sentiment de puissance militaire mêlé à une peur apocalyptique de l’anéantissement. Élie Benchetrit Élias Levy, Comprendre Israël, Éditions Ulysse, 2012, 126 p. Ce livre est en vente dans toutes les librairies de Montréal et du Québec. Prix : 17,95 $. Une version numérique de ce livre est aussi disponible.


CARNET :: Naissances Nous avons le plaisir d’annoncer la naissance de Raphael Shlomo, né à New-York le 23 mars 2012.

Ygal Benabou et Ingrid Abitan les heureux parents, Gabriella, sa petite sœur, ont la grande joie d’annoncer la naissance de William-Aaron-David le 5 novembre Montréal.

Un grand Mazal Tov aux heureux parents Dr. Emile & Galia Amzallag, aux grand-parents Raphael & MiriamAmzallag, et Sylvain & Jeanine Dahan, ainsi qu’aux arrière-grands-parents Yoram & Jacqueline Assouline.

Nous adressons aux familles Benabou et Abitan et tout particulièrement aux grands parents M et Mme David et Annie Benabou, M et Mme Henri et Arlène Abitan nos sincéres félicitations ainsi qu’un grand Mazal Tov.

:: félicitations Nous avons l’immense plaisir d’annoncer que lors de l’Assemblée générale de la Fédération CJA, Arlène Abitan s’est vue remettre le Prix Mildred B. Lande qui récompense une femme qui s’est distinguée pour son leadership communautaire exceptionnel et son implication dans la Tzédakah. Nous adressons nos vives félicitations à cette grande dame dont l’engagement communautaire n’a d’égal que sa générosité proverbiale.

C’est avec fierté que nous annonçons la nomination par le Gouvernement de la République Française de notre ami Edmond Elbaz au grade d’Officier des Arts et des Lettres.

Par son dévouement sans relâche à la communauté juive de Montréal, Arlène Abitan a concrétisé et perpétué le concept de tikoun olam au fil de presque trois décennies. L’influence marquante d’Arlène se répercute dans l’ensemble de la Fédération CJA. Elle a mis sur pied des programmes de sensibilisation en vue de favoriser les échanges et d’approfondir la compréhension entre les diverses composantes de la communauté.

Dans toutes les fonctions qu’il a exercées, David Amiel a fait preuve d’un dévouement extraordinaire à l’égard de la communauté, mais il se préoccupe également des défis à long terme qui se posent à elle : il ne manque jamais de faire des recommandations judicieuses et originales aux dirigeants et aux professionnels pour faire progresser la communauté. Parce qu’il est autant un philanthrope qu’un dirigeant, David est un modèle pour la prochaine génération de leaders communautaires. Nous lui adressons nos plus sincères félicitations pour le Prix du Leadership YAD qui lui a été attribué.

Ses efforts essentiels de promotion du partenariat communautaire lui ont valu le Prix Raoul Dayan, ainsi que la Bourse commémorative Bess Pascal. Mazal Tov Arlène !

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Nous adressons à l’heureux récipiendaire et infatigable bénévole communautaire nos chaleureuses félicitations et un grand Mazal Tov.

Elizabeth Perez a consacré une grande partie de sa carrière à l’éducation juive et à la continuité de l’identité juive, ainsi qu’à l’amélioration des processus et des structures communautaires. Ses efforts ont été couronnés par l’attribution du Prix d’Excellence Professionnelle II, qui lui a été décerné. Félicitations et Mazaltov à la récipiendaire.


Carnet |

:: DÉcÈs Nous avons la profonde douleur d’annoncer le décès de M. Maurice Corcos Z’l survenu à Palavas-les-Flots (France) le 4 septembre 2012 à l’âge de 99 ans. M. Corcos était le mari d’Édith Zafrani-Corcos, le père de Marc, Claire, Odile, et Fréderic Corcos ainsi que le grand-père de Valérie et Nancy Corcos, Fabrice et Arnaud Fournel, Yohan et Stéphane Allouche, Julien, Florian, Jean-Loup et Léa Corcos, ainsi que l’arrière-grand-père de Chaya-Sarah, Shalom, Mendel Aialon et Sara Allouche. C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Mme Annette Dahan née Cohen Z’l, épouse d’Armand Dahan, mère de Stella Chokron, Ida Délouya, Orly Dahan et Yoël Dahan. Nos sincères condoléances aux familles.

Nous avons la tristesse d’annoncer le décès de M. Amram bar Solika Abecassis Z’L survenu à Montréal le 18 octobre 2012. Il laisse dans le deuil ses enfants : Renée,Hanna, Myriam, Élie, Monique, Betty, David, Élise et Felix ainsi que leurs époux et épouses, petits et arrières-petits-enfants. Nous adressons aux familles endeuillées et tout particulièrement à notre amie Myriam Abecassis-Hadid, l’expression de notre profonde sympathie en cette triste épreuve.

Nous avons la tristesse d’annoncer le décès de Mme Victoria Hadid bat Farida Z’L survenu à Montréal le 2 novembre 2012. Elle laisse dans le deuil ses enfants : Laura, Moïse, Élie, Marco, Nathan, Frida et leurs époux et épouses ainsi que ses petits et arrières petits-enfants. Nous adressons aux familles endeuillées et tout particulièrement à notre ami Nathan Hadid, l’expression de nos sincères condoléances et de notre affection.

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