FRAISES EN SERRE
Différents TYPES de plants en fonction de votre systÚme de culture et de vos objectifs.
Types de plants offerts :
Trayplant (240 cc)
Mini-trayplant (140 cc)
Mottes (75 cc)
Racine nue frigo
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Différents TYPES de plants en fonction de votre systÚme de culture et de vos objectifs.
Types de plants offerts :
Trayplant (240 cc)
Mini-trayplant (140 cc)
Mottes (75 cc)
Racine nue frigo
DiffĂ©rentes VARIĂTĂS pour combler chaque niche de marchĂ©.
Variétés à jour court:
CleryCIV
Lycia
Yambu
Elianny
Ruby June
Sonata
Quicky
Lofty
Sibilla
Variétés à jour neutre:
Albion
Murano
Cantus
Ania
Rikas
Seascape
Cabrillo
Valliant
San Andreas
... et plusieurs autres variétés de provenance internationale
destinés à vos cultures hors-sol sous serre et en ferme verticale
Notre pépiniÚre est spécialisée depuis en multiplication de
Ce projet a Ă©tĂ© nancĂ© par lâentremise du Programme InnovâAction agroalimentaire, en vertu du Partenariat canadien pour lâagriculture, entente conclue entre les gouvernements du Canada et du QuĂ©bec.
Il est interdit de reproduire, de traduire ou dâadapter cet ouvrage sans lâautorisation Ă©crite du Centre de rĂ©fĂ©rence en agriculture et agroalimentaire du QuĂ©bec (CRAAQ) afin de respecter les droits dâauteur et dâencourager la diffusion de nouvelles connaissances.
Au moment de sa rĂ©daction, lâinformation contenue dans le prĂ©sent guide Ă©tait jugĂ©e reprĂ©sentative du secteur de la production des petits fruits au QuĂ©bec. Son utilisation demeure sous lâentiĂšre responsabilitĂ© du lecteur.
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La publicitĂ© insĂ©rĂ©e dans ce document concrĂ©tise lâappui du milieu Ă la parution de lâouvrage. Sa prĂ©sence ne signifie pas que le CRAAQ en approuve le contenu et cautionne les entreprises et les organismes concernĂ©s.
Dans le prĂ©sent document, le genre masculin est utilisĂ© uniquement pour allĂ©ger le texte, sâil y a lieu.
Pour citer cet ouvrage : Lambert, L., A. Lefebvre, P. Provencher, M. St-Germain, M. Poirier, J. Painchaud, Ă. Gagnon, C. Caouette et S. Parent. 2023. Guide de production : Fraises en serre. CRAAQ.
188 p.
Centre de rĂ©fĂ©rence en agriculture et agroalimentaire du QuĂ©bec 2875, boulevard Laurier, Ădifice Delta 1, 9e Ă©tage
Québec (Québec) G1V 2M2
418 523-5411 | 1 888 535-2537
client@craaq.qc.ca | www.craaq.qc.ca
© Gouvernement du Québec, 2023
© Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, 2023
Suivant sa convention avec le MAPAQ, le CRAAQ est autorisĂ© par le ministre de lâAgriculture, des PĂȘcheries et de lâAlimentation Ă publier les textes du personnel du MinistĂšre.
PCUA0107
ISBN 978-2-7649-0667-5 (version imprimée)
ISBN 978-2-7649-0668-2 (PDF)
DépÎt légal
BibliothĂšque et Archives Canada, 2023
BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 2023
Claudia Caouette, agr., B. Sc. (Agroéconomie), chargée de projets, Références économiques, Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (chapitre 11)
ĂloĂŻse Gagnon, agr., B. Sc. A., enseignante en gestion et technologies dâentreprise agricole (GTEA), Institut national dâagriculture biologique (CĂ©gep de Victoriaville) (chapitre 5)
Liette Lambert, agronome retraitée (chapitres 8 et 9)
Alice Lefebvre, CPI, chargée de projet, Gobeil Dion & Associés inc. (chapitre 2)
Jacques Painchaud, agronome retraité (chapitres 6 et 7)
Simon Parent, technicien agricole, Novafruit (avant-propos et chapitre 1)
Marc Poirier, agr., conseiller en développement, secteur des petits fruits et canneberges, Direction régionale du Centre-du-Québec, MAPAQ (chapitres 3, 4 et 10)
Philippe Provencher, ing., M. Sc., chargé de projet, Gobeil Dion & Associés inc. (chapitre 2)
Maripier St-Germain, ing., chargée de projet, Gobeil Dion & Associés inc. (chapitre 2)
Révision
Sébastien Couture, associé, Climax Conseils SENCRL (chapitres 2, 5, 6, 7 et 11)
Guy-Anne Landry, agr., conseillĂšre horticole provinciale, MAPAQ (tous les chapitres, sauf 1, 8 et 9)
Jacques Painchaud, agronome retraité (chapitres 2, 3, 4, 10 et 11)
Marc Poirier, agr., conseiller en développement, secteur des petits fruits et canneberges, Direction régionale du Centre-du-Québec, MAPAQ (chapitres 6, 7 et 11)
Jacques Thériault, agr., M. Sc., associé principal, Climax Conseils SENCRL (chapitres 2, 5, 6, 7 et 11)
Thierry Chouffot, spécialiste en systÚmes biologiques, Koppert Canada ltée (chapitre 8)
Michel Delorme, agr., Plant Products (chapitre 8)
Coordination, édition, conception graphique et mise en page par le CRAAQ
Ghislain Danyod, chargé de projets
Lyne Lauzon, chargée de projets aux publications
Nathalie Nadeau, graphiste
Véronique Michaud, graphiste
Photographies
Page couverture : Liette Lambert
Biobest, Bioline AgroSciences, Dubois Agrinovation, EGI, Gobeil Dion & AssociĂ©s inc., Groupe horticole Ledoux inc., Liette Lambert, Ătienne Lavoie, Lumiforte, StĂ©phanie Tellier, Jacques Painchaud, Marc Poirier, Les serres Guy Tessier inc., Serres Harnois
Remerciements
Les auteurs et le CRAAQ remercient toutes les personnes et les organisations ayant contribué de prÚs ou de loin à la réalisation de ce guide.
Consulter Québec.ca/culture-fraises-framboises pour en savoir plus sur les programmes
dâaide ïŹ nanciĂšre et lâaccompagnement disponible
Ce guide constitue une formation de base qui vise Ă fournir des outils pertinents Ă tous ceux qui dĂ©sirent se lancer dans la culture de fraises en serre. Il sâadresse Ă la fois aux producteurs de fraises de champ qui souhaitent prolonger leur saison de rĂ©colte, aux producteurs de lĂ©gumes ou de fleurs en serre qui veulent diversifier leur production, aux conseillers techniques ainsi quâaux nouveaux horticulteurs qui ont envie de sâengager dans une culture dâavenir prometteuse.
Ses diffĂ©rents chapitres couvrent lâensemble des thĂšmes qui doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s dans la mise en Ćuvre dâun projet de culture de fraises en serre. Quoique non exhaustif, cet ouvrage fait le point sur les connaissances dans le domaine tout en proposant une approche structurĂ©e de la production.
Ainsi, le chapitre 2 aborde les Ă©lĂ©ments Ă prendre en compte au moment de choisir un emplacement ou le type de revĂȘtement, de chauffage ou de ventilation Ă privilĂ©gier pour la serre. Il prĂ©sente aussi les diffĂ©rentes structures de serre et les Ă©quipements de production gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©s dans la culture de fraises.
Le chapitre 3 rĂ©sume les concepts de base de la physiologie du fraisier qui permettront au lecteur dâinterprĂ©ter les techniques de production abordĂ©es et dâavoir une meilleure comprĂ©hension des facteurs qui influencent le comportement du fraisier en serre. Il permettra notamment de distinguer les fraisiers Ă jours courts des fraisiers remontants et leur comportement en fonction de leur environnement de production. Il traite aussi des diffĂ©rents types de plants disponibles sur le marchĂ© et des raisons qui justifient leur usage en fonction du systĂšme de culture.
Au chapitre 4, les diffĂ©rents systĂšmes de production hors sol sont expliquĂ©s sommairement, y compris leurs avantages et inconvĂ©nients. Les itinĂ©raires de production gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©s sont aussi comparĂ©s entre eux, donnant au lecteur un aperçu des calendriers de culture qui peuvent ĂȘtre mis en Ćuvre.
Le chapitre 5 prĂ©sente les substrats pouvant ĂȘtre utilisĂ©s ainsi que leurs propriĂ©tĂ©s physiques, chimiques et biologiques. Ces informations permettent de comprendre le rĂŽle jouĂ© par chacune des composantes dâun substrat et comment celles-ci influencent notamment la rĂ©gie dâirrigation et le comportement des fraisiers. Les particularitĂ©s liĂ©es Ă lâutilisation de terreaux biologiques sont aussi exposĂ©es.
Au chapitre 6, les paramĂštres Ă prendre en considĂ©ration dans la gestion de lâirrigation et de la fertilisation sont expliquĂ©s en dĂ©tail. Il est notamment question de la qualitĂ© de lâeau dâarrosage et des limites Ă respecter dans la culture de fraises en serre. Les besoins nutritifs du fraisier sont aussi prĂ©sentĂ©s ainsi que la variation de ces besoins en fonction du stade de culture et des variĂ©tĂ©s de fraises.
Au chapitre 7, la gestion du climat en serre est discutĂ©e en fonction du stade de dĂ©veloppement du fraisier et des paramĂštres environnementaux, dont la lumiĂšre et lâhumiditĂ©, pour permettre au producteur de prendre des dĂ©cisions Ă©clairĂ©es en cours de production.
Le chapitre 8 expose les besoins en pollinisation du fraisier et les diffĂ©rentes options de pollinisation pouvant ĂȘtre appliquĂ©es. Les principaux problĂšmes liĂ©s Ă une mauvaise pollinisation sont aussi discutĂ©s ainsi que les mĂ©thodes pour les Ă©viter.
Au chapitre 9, la phytoprotection des fraises en serre est habilement résumée en insistant sur la lutte biologique. Des fiches techniques détaillées décrivent les principaux ravageurs et maladies, et proposent des moyens de lutte.
Le chapitre 10 évoque les aspects à considérer lors de la récolte des fraises en serre et de la gestion postrécolte des fruits, particuliÚrement les contenants utilisés, les conditions de refroidissement et la distribution des fraises sur les différents marchés.
Au chapitre 11, les aspects Ă©conomiques Ă prendre en compte sont prĂ©sentĂ©s sur la base dâun modĂšle de production rĂ©pandu. Les coĂ»ts de chauffage, dâĂ©clairage et de maindâĆuvre sont dĂ©crits en relation avec les rendements obtenus et le mode de mise en marchĂ©.
Le lecteur doit se rappeler que les méthodes de culture de fraises en serre au Québec sont encore en développement et que les techniques proposées sont sujettes à interprétation en fonction du climat, du type de serre, de la saison de récolte visée et du type de mise en marché.
La capacitĂ© dâadaptation exceptionnelle du fraisier a permis au genre Fragaria de coloniser toutes les zones climatiques de la planĂšte. Ainsi, on trouve des fraises Ă lâĂ©tat indigĂšne sur tous les continents, ce qui confĂšre au fraisier une diversitĂ© remarquable au sein du rĂšgne vĂ©gĂ©tal.
Depuis des millĂ©naires, les peuples autochtones dâAmĂ©rique du Nord font usage des fraises dans leur alimentation. Dâailleurs, ce petit fruit apparaĂźt rĂ©guliĂšrement dans leurs mythes et lĂ©gendes. De nos jours, on assiste au dĂ©ploiement dâimmenses fermes urbaines qui produisent des fraises dans des bĂątiments fermĂ©s entiĂšrement automatisĂ©s et Ă la fine pointe de la technologie. Ceux-ci peuvent ĂȘtre construits dans les environnements les plus hostiles. Du chasseur-cueilleur Ă la conquĂȘte spatiale, la fraise a donc accompagnĂ© lâĂȘtre humain au fil du temps et elle sâadapte avec lui aux diffĂ©rents courants de son Ă©volution.
La rencontre presque improbable dans les jardins du roi de France, vers 1750, dâune espĂšce de fraisier dâAmĂ©rique du Sud avec sa cousine dâAmĂ©rique du Nord a donnĂ© naissance Ă Fragaria ananassa, lâancĂȘtre des fraises modernes cultivĂ©es. Depuis cet Ă©vĂšnement marquant un changement dans notre rapport avec la fraise, les croisements gĂ©nĂ©tiques du fraisier nâont cessĂ© de se dĂ©velopper de maniĂšre spectaculaire tout en sâadaptant aux diffĂ©rents climats et aux besoins de chacune des zones de production.
Sâil y a un siĂšcle, on cultivait des fraises principalement Ă des fins de transformation, de nos jours, dans la plupart des rĂ©gions de lâAmĂ©rique du Nord, câest le marchĂ© frais qui dicte les orientations de lâamĂ©lioration variĂ©tale. Le consommateur veut essentiellement des fraises plus belles, plus sucrĂ©es et plus tendres, alors que le dĂ©taillant rĂ©clame des fraises plus grosses, plus fermes et qui ont une meilleure durĂ©e de vie sur les tablettes. Compte tenu des exigences de chacun des acteurs de la chaĂźne de distribution, les standards de qualitĂ© sont de plus en plus Ă©levĂ©s et les producteurs doivent continuellement rĂ©pondre Ă ces attentes, en plus de sâadapter rapidement aux changements dans leur environnement. La recherche de rendements supĂ©rieurs, dâune meilleure rĂ©sistance aux insectes et aux maladies, ainsi que de meilleures qualitĂ©s organoleptiques et nutritionnelles a menĂ© Ă lâobtention de variĂ©tĂ©s dâun niveau inĂ©galĂ© auparavant. Il en est de mĂȘme des techniques de production.
Traditionnellement, les fraises du QuĂ©bec sont cultivĂ©es en plein sol sur des cycles longs qui durent plusieurs saisons dans un systĂšme quâon appelle le rang nattĂ©. Cependant, pour faire face aux changements dans le marchĂ©, la production est devenue de plus en plus intensive au cours des 50 derniĂšres annĂ©es. La culture Ă grande Ă©chelle de fraisiers remontants sur buttes, combinĂ©e Ă lâadoption de plusieurs nouveaux outils de production dont lâirrigation localisĂ©e, lâusage de paillis et de nouveaux
types de plants, a graduellement permis de raccourcir les cycles de production de fraises en champ tout en rendant les parcelles de plus en plus performantes.
Ce potentiel amĂ©liorĂ© est toutefois limitĂ© par les conditions environnementales de chaque rĂ©gion de production. Au QuĂ©bec, quoique les techniques modernes aient menĂ© Ă un allongement de la pĂ©riode de rĂ©colte de fraises au-delĂ de quatre mois, la longueur de la saison de rĂ©colte en pleine terre est somme toute restreinte, en particulier dans les rĂ©gions les plus froides. Par ailleurs, la production en plein champ sans abri est soumise Ă des alĂ©as climatiques qui la rendent instable et irrĂ©guliĂšre, tant sur le plan de la qualitĂ© que du rendement. Le rĂ©chauffement planĂ©taire et la multiplication des conditions adverses, comme les canicules et les pluies torrentielles, ne font quâaccĂ©lĂ©rer ce phĂ©nomĂšne dans un monde oĂč lâautonomie alimentaire et la rĂ©silience des systĂšmes de production agricole sont au cĆur des prĂ©occupations.
La pandĂ©mie de COVID-19 aura aussi mis en lumiĂšre les risques liĂ©s Ă un rĂ©seau dâapprovisionnement basĂ© sur des zones de production Ă©loignĂ©es et lâimportance de maintenir des cycles courts dans la chaĂźne alimentaire. La saisonnalitĂ© de la production de fraises, quoiquâelle garde un cachet Ă fort potentiel agrotouristique et quâelle contribue Ă entretenir notre mĂ©moire collective, est un Ă©lĂ©ment qui limite dâun certain point de vue le dĂ©veloppement de nouveaux marchĂ©s et les progrĂšs technologiques. Alors que le marchĂ© local devient rĂ©guliĂšrement
saturĂ© durant lâĂ©tĂ© et que la surabondance de fraises affecte nĂ©gativement le prix de vente, les producteurs locaux ne fournissent encore, hors saison, quâune infime part de la consommation de fraises au QuĂ©bec, qui est comblĂ©e par le produit importĂ©.
Entre 2008 et 2017, les importations de fraises au Canada, principalement concentrĂ©es de novembre Ă mars, sont passĂ©es de 297 Ă 533 M$ (Rioux et coll., 2019). Or les principaux exportateurs de fraises au Canada, soit la Californie et la Floride, font face eux aussi Ă de nombreux dĂ©fis. En plus de devoir composer avec des problĂšmes de disponibilitĂ© dâeau et de main-dâĆuvre, les producteurs de fraises dans les climats chauds doivent travailler avec un arsenal de produits phytosanitaires rĂ©duit, compte tenu des nouvelles exigences du consommateur en matiĂšre environnementale. Face Ă ces enjeux, les rĂ©gions exportatrices subissent des pressions supplĂ©mentaires qui se reflĂštent sur la disponibilitĂ© et le prix des fraises importĂ©es. Alors que la production dans ces rĂ©gions est en baisse constante depuis 2014, le prix moyen des fraises nâa cessĂ© de croĂźtre.
La culture de fraises en serre devient donc une option intĂ©ressante pour les producteurs en serre canadiens qui dĂ©sirent prendre une part de plus en plus importante du marchĂ© des fraises hors saison. Dâautant que, selon Statistique Canada, la superficie de fraises de serre cultivĂ©e au pays Ă©tait de 318 000 m2 (3 422 923 pi2) en 2020, ce qui reprĂ©sente 1,8 % des surfaces de serre, pour
une production totale de 4894 tonnes mĂ©triques (t). En comparaison, la mĂȘme annĂ©e nous avons importĂ© au pays 134 294 t de fraises.
Le QuĂ©bec est le principal producteur de fraises au Canada avec 56 % des fraises commercialisĂ©es au pays. La culture de fraises en serre, en dĂ©veloppement depuis plus de 20 ans, a connu une croissance phĂ©nomĂ©nale au cours des derniĂšres annĂ©es en AmĂ©rique du Nord et pourrait bien devenir la rĂ©volution horticole de la dĂ©cennie. Souhaitons que les producteurs du QuĂ©bec saisissent cette opportunitĂ© et quâils sâinvestissent dans cette nouvelle culture prometteuse en sâappuyant sur les connaissances les plus Ă jour dans le secteur.
Rioux, M.-C. et coll. 2019. Portraitdiagnostic sectoriel de lâindustrie de la fraise et de la framboise au QuĂ©bec. MinistĂšre de lâAgriculture, des PĂȘcheries et de lâAlimentation du QuĂ©bec, Gouvernement du QuĂ©bec. 30 p. https://numerique.banq.qc.ca/ patrimoine/details/52327/3760760 (consultĂ© le 14 octobre 2022).
Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2021. Aperçu statistique de lâindustrie des lĂ©gumes de serre du Canada 2020 [en ligne] https://agriculture.canada. ca/fr/secteurs-agricoles-du-canada/ horticulture/apercu-statistique-lindustrielegumes-serre-du-canada-2020 (consultĂ© le 14 octobre 2022).
Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2021. Aperçu statistique de lâindustrie fruitiĂšre du Canada 2020 [en ligne] https://agriculture.canada.ca/fr/secteurs-agricoles-du-canada/horticulture/ rapports-lindustrie-horticole/apercustatistique-lindustrie-fruitiere-du-canada-2020 (consultĂ© le 14 octobre 2022).
LâamĂ©nagement dâune serre doit ĂȘtre rĂ©flĂ©chi dĂšs les premiĂšres Ă©tapes de la planification. ConnaĂźtre le type de sol dĂ©termine le choix de la fondation et la stratĂ©gie de gestion des eaux de pluie. Un test de reconnaissance du sol Ă©vitera dâĂ©ventuelles surprises qui pourraient sâavĂ©rer coĂ»teuses lors de la construction. Un sol en pente ou accidentĂ© nĂ©cessitera aussi des travaux de nivellement plus importants. Un nivellement Ă pente nulle est fortement recommandĂ©.
Les principaux services et ressources à considérer lors du choix du terrain sont :
âą Eau : le terrain doit offrir un accĂšs Ă une source suffisante (aqueduc, riviĂšre, aquifĂšre1) dâeau. Une Ă©tude hydrogĂ©ologique validera la disponibilitĂ© et la qualitĂ© de lâeau de la nappe phrĂ©atique. Un bassin de rĂ©tention dâeau extĂ©rieur peut aussi pallier une source dâeau limitĂ©e.
âą Ălectricité : lâaccĂšs au rĂ©seau triphasĂ© qui peut sâavĂ©rer nĂ©cessaire pour lâutilisation de lâĂ©clairage artificiel de photosynthĂšse ou le chauffage Ă©lectrique.
âą Combustible : la disponibilitĂ© des sources dâĂ©nergie pour le chauffage doit Ă©galement ĂȘtre assurĂ©e.
1. Un certificat dâautorisation environnementale est nĂ©cessaire pour pomper plus de 75 m3 dâeau par jour dâune source dâeau de surface (lac, riviĂšre) ou de la nappe phrĂ©atique.
ConformĂ©ment Ă la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, avant de commencer quelques travaux que ce soient, il est essentiel de valider que le terrain ne se trouve pas en milieux humides et quâaucun cours dâeau verbalisĂ© nâest touchĂ© par le projet. Lâexpertise de biologistes peut sâavĂ©rer nĂ©cessaire pour confirmer ces Ă©lĂ©ments.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il peut aussi ĂȘtre nĂ©cessaire dâobtenir un permis de construction auprĂšs de la municipalitĂ© oĂč la serre sera implantĂ©e avant de commencer des travaux dâabattage dâarbres, de nivellement ou de construction dâune serre. Si des bĂątiments autres quâune serre, tels des bĂątiments conventionnels ou des rĂ©sidences pour travailleurs Ă©trangers, doivent ĂȘtre installĂ©s sur un terrain agricole, une demande dâautorisation doit ĂȘtre soumise auprĂšs de la Commission de protection du territoire agricole du QuĂ©bec (CPTAQ).
Si de la terre arable doit ĂȘtre dĂ©placĂ©e ou reprofilĂ©e pour la construction de la serre, une demande dâautorisation doit ĂȘtre soumise Ă©galement auprĂšs de la CPTAQ. Dans tous les cas, une vĂ©rification auprĂšs des instances concernĂ©es (municipalitĂ©, CPTAQ, ministĂšre de lâEnvironnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) ou autres) demeure une bonne pratique Ă intĂ©grer Ă la phase de planification du projet.
En plus de tenir compte des restrictions relatives au terrain, il est important, avant de positionner et dâamĂ©nager une serre, dâĂ©valuer tout Ă©lĂ©ment du voisinage qui pourrait lui crĂ©er de lâombrage. La possibilitĂ© dâune future expansion doit aussi ĂȘtre envisagĂ©e. Certes, une orientation est-ouest de la serre favorise la transmission lumineuse. Cependant, lors de la conception, plusieurs autres points doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s, tels que :
âą Longueur des rangs : prĂ©voir de 147 Ă 328 pi (45 Ă 100 m) pour lâefficacitĂ© de la main-dâĆuvre.
âą Drainage : gĂ©rer lâeau de surface dâun site et lâhumiditĂ© dâune culture en plein sol.
âą Portes dâhommes : permettre une circulation des travailleurs qui limite le potentiel de contamination (entre zones ou avec lâenvironnement extĂ©rieur).
âą Porte de garage : identifier des points dâaccĂšs Ă des endroits stratĂ©giques, qui serviront lors dâopĂ©rations spĂ©cifiques, tels le dĂ©but et la fin de saison (plantation et vidange).
âą Localisation des bĂątiments : positionner les Ă©lĂ©ments auxiliaires (chaufferie, bureau, lieu dâemballage, rĂ©frigĂ©ration, kiosque, etc.) pour faciliter les opĂ©rations.
âą Aires de service : considĂ©rer lâĂ©quivalent de 5 Ă 10 % de la surface de production (chauffage, irrigation, contrĂŽle, panneau Ă©lectrique, espace de travail, etc.).
⹠Circulation des véhicules : localiser les accÚs et les voies de circulation.
âą AccĂšs : dĂ©gager le pĂ©rimĂštre de la serre pour les travaux dâentretien et de rĂ©paration.
Les principaux modÚles de serre sont illustrés à la Figure 2.1.
Le Tableau 2.1 en présente une comparaison succincte.
Lâangle des cĂŽtĂ©s des serres individuelles peut avoir un impact sur le nombre de rangs quâil est possible de cultiver tout en gardant un accĂšs ergonomique. Avec des gouttiĂšres hautes, il est avantageux dâavoir des cĂŽtĂ©s dont lâangle est le plus droit possible. Le faĂźte arrondi peut augmenter lâĂ©gouttement de condensation en hiver, lequel est nuisible aux fruits. Selon la charge que la serre individuelle peut soutenir, les gouttiĂšres supportĂ©es (voir Supports de culture) sont lâoption Ă privilĂ©gier plutĂŽt que les gouttiĂšres suspendues
qui demandent une capacité portante plus importante.
Toujours dans les serres individuelles, des raidisseurs servent de support structurel et soutiennent les arches en position mais ne permettent pas lâinstallation dâĂ©crans thermiques. Au contraire, dans les serres jumelĂ©es, les poutrelles permettent lâinstallation dâĂ©crans thermiques et facilitent la suspension des gouttiĂšres (Figure 2.2).
Les largeurs typiques des serres sur le marché québécois sont de 25 pi (7,6 m), 26 pi et 3 po (8 m), 30 pi (9 m) et 31 pi et 6 po
Tunnel ou serre individuelle
Chauffage Saisonnier ou annuel
Recouvrement toit
Recouvrement murs
Avantages
Inconvénients ou
particularités
PolyéthylÚne simple ou double
PolyéthylÚne ou polycarbonate
Compartimentation et diversification de la production
Prolongation de la saison de production
Structure avec raidisseurs et arches de toit. Perte de chaleur plus élevée (ratio de superficie exposée/ superficie de culture)
Moins coûteux
Hauteur de serre plus basse
Automatisation limitée
Complexe gothique Complexe Venlo
Saisonnier ou annuel Annuel
PolyéthylÚne double Verre
PolyéthylÚne double ou polycarbonate
Polycarbonate ou verre
SpĂ©cialisation de la production Production Ă lâannĂ©e
Structure avec gouttiĂšres et poutrelles
Lâinstallation nĂ©cessite une main-dâĆuvre plus spĂ©cialisĂ©e
Plus coûteux
Hauteur de serre plus élevée
Serre plus automatisée
(9,6 m). La hauteur au raidisseur des serres individuelles varie de 6 pi et 7 po (2 m) Ă 10 pi (3 m) et la hauteur Ă la gouttiĂšre des serres jumelĂ©es varie de 12 pi (3,7 m) Ă 19 pi et 8 po (6 m). Les serres plus hautes favorisent lâuniformitĂ© climatique. Le mĂ©dium de culture (en plein sol ou hors sol), le type de support de culture, la saison de production visĂ©e et la prĂ©sence ou non dâĂ©clairage de photosynthĂšse influencent le choix des dimensions dâune serre.
Le polyĂ©thylĂšne double est composĂ© de deux films de plastique sĂ©parĂ©s par une couche dâair. Lâusage dâune soufflerie maintient une pression dâair en continu entre les deux membranes. Le polyĂ©thylĂšne permet une bonne diffusion de la lumiĂšre. Cependant, il est affectĂ© par les rayons du soleil et nĂ©cessite dâĂȘtre remplacĂ© environ tous les 4 ans. Il peut en outre ĂȘtre nĂ©cessaire de lui appliquer un produit anticondensation aprĂšs 2 ans.
Les avantages du recouvrement de la toiture en verre sont lâesthĂ©tisme, la durabilitĂ© ainsi quâune plus grande transmission de lumiĂšre. Le recouvrement en verre a une durĂ©e de vie de 20 Ă 25 ans. Ce matĂ©riau est toutefois plus coĂ»teux, moins isolant et nĂ©cessite dâĂȘtre installĂ© par une maindâĆuvre spĂ©cialisĂ©e.
Il existe trois types de verre : direct, diffus et diffus avec antireflet. Le verre direct permet une plus grande transmission de la lumiĂšre, mais accroĂźt le risque de brĂ»lure par le soleil sur les plantes. Le verre diffus rĂ©duit ce risque, mais diminue aussi la transmission de la lumiĂšre. Lâajout dâun traitement antireflet permet de minimiser cette perte de transmission lumineuse.
Les propriĂ©tĂ©s des matĂ©riaux sont prĂ©sentĂ©es au Tableau 2.2. Plus la valeur R (facteur isolant) est Ă©levĂ©e, plus le matĂ©riau est isolant et favorise les Ă©conomies dâĂ©nergie.
Les matériaux possibles pour le recouvrement des murs de serre sont le polyéthylÚne simple ou double, le polycarbonate (PCSS) simple (8 mm) ou double (16 mm) et le verre. Les caractéristiques de ces matériaux sont présentées au Tableau 2.2.
Lâisolation est privilĂ©giĂ©e pour la production en saison froide et sâeffectue gĂ©nĂ©ralement sur le mur nord et au pĂ©rimĂštre de la serre sous la forme dâun muret dâisolation. Le muret dâisolation peut demeurer hors sol, dâune hauteur pouvant varier de 0,3 Ă 1,83 m (1 Ă 6 pi) selon le type de serre, le type de culture et le support de culture, et ĂȘtre prolongĂ© de 0,3 Ă 0,61 m (1 Ă 2 pi)
dans le sol. Lâisolation dans le sol permet de rĂ©duire environ de moitiĂ© les pertes de chaleur associĂ©es au pĂ©rimĂštre. Dans lâensemble, lâisolation rĂ©duit les besoins en chauffage dâune serre de 5 Ă 15 %.
Les principaux matĂ©riaux isolants sont les panneaux de polystyrĂšne ou de polyurĂ©thane (ces derniers Ă©tant communĂ©ment nommĂ©s « panneaux sandwichs »), lâurĂ©thane giclĂ© et le bĂ©ton (Tableau 2.3).
Des additifs (Ameur, 2019) sont utilisés pour modifier les caractéristiques du polyéthylÚne. Ils ont différents effets, tels que :
âą Anticondensation : rĂ©duit la tension de la surface du polyĂ©thylĂšne; permet lâĂ©coulement de lâeau, en plus dâaugmenter la transmission lumineuse.
âą Antiultraviolet : bloque une partie des rayons ultraviolets, ce qui peut avoir un effet nĂ©gatif sur les insectes pollinisateurs. Certains fournisseurs offrent maintenant des films laissant passer les longueurs dâondes qui attĂ©nuent ce problĂšme.
âą Infrarouge : rĂ©flĂ©chit les rayons infrarouges permettant de conserver la chaleur dans la serre lorsque lâadditif est appliquĂ© Ă lâintĂ©rieur, ou de diminuer lâaccumulation de tempĂ©rature dans la serre lorsquâil est appliquĂ© Ă lâextĂ©rieur. Les Ă©conomies dâĂ©nergie sont de lâordre de 10 Ă 20 %.
⹠Diffusion contrÎlée : augmente la quantité de lumiÚre diffuse qui atteint les plantes, ce qui accroßt la photosynthÚse dans le bas des plantes; permet aussi de diminuer les risques de brûler la canopée des plantes.
Des filets anti-insectes peuvent ĂȘtre installĂ©s aux ouvrants de la serre afin de prĂ©venir la prĂ©sence dâinsectes. Cet ajout rĂ©duit considĂ©rablement lâeffet de la ventilation naturelle et peut crĂ©er une zone dâombrage dans la serre Ă certains moments du jour. Une maille plus large permet une meilleure
ventilation naturelle, mais elle diminue la barriÚre contre les insectes de petite taille. Le choix du filet est déterminé en fonction des insectes nuisibles à la culture.
Le choix dâune fondation sâeffectue en fonction des charges de la structure de la serre et du type de sol. Les quatre principaux types de fondations se rĂ©sument ainsi :
⹠Ancrages avec tiges : (Figure 2.3) adaptés aux tunnels et insérés dans le sol avec une massue ou une pelle de tracteur.
âą Piliers de bĂ©ton : coulĂ©s en place directement dans le sol ou dans des tubes de carton de type « sonotubesMD » (Figure 2.3). Ne requiĂšrent pas dâexcavation, mais seulement de percer des trous Ă lâaide dâune tariĂšre.
⹠Muret de béton : fondation sur laquelle sont vissés les poteaux de la serre (Figure 2.3).
âą Pieux : utilisĂ©s lorsque la force structurelle du sol nâest pas suffisante.
Le coĂ»t dâachat et dâinstallation des Ă©quipements de chauffage, ainsi que le coĂ»t et la disponibilitĂ© du combustible sont Ă Ă©valuer dans le choix dâune source dâĂ©nergie.
⹠Combustibles fossiles (propane, gaz naturel et mazout) : pour ces combustibles, les équipements sont abordables, fiables et requiÚrent peu
dâentretien, mais les coĂ»ts associĂ©s Ă ces sources dâĂ©nergie sont sujets aux fluctuations du marchĂ©. Le propane est le plus utilisĂ© par les producteurs ayant des superficies de moins de 5000 m2 (53 820 pi2). Lorsque disponible, le gaz naturel est moins dispendieux. Toutefois, ces combustibles sont non renouvelables et Ă©mettent des gaz Ă effet de serre (GES).
âą Biomasse : comprend les granules de bois et la biomasse forestiĂšre rĂ©siduelle (copeaux). Les Ă©quipements ont un coĂ»t dâinstallation Ă©levĂ© et nĂ©cessitent un entretien rĂ©gulier. Le granule est principalement utilisĂ© par les producteurs ayant des superficies de moins de 5000 m2 (53 820 pi2). Le coĂ»t des copeaux est trĂšs compĂ©titif. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, lâapprovisionnement est local et peu sujet aux fluctuations de prix.
âą Ălectricité : comprend le chauffage direct (Ă©lĂ©ment Ă©lectrique) ou les thermopompes. Les coĂ»ts dâinstallation sont raisonnables. Ils peuvent cependant devenir Ă©levĂ©s lorsque lâentrĂ©e Ă©lectrique doit ĂȘtre mise Ă niveau. Les Ă©quipements requiĂšrent peu dâentretien. Les thermopompes offrent une efficacitĂ© thermique de lâordre de deux Ă trois fois leur consommation Ă©lectrique.
Le choix du systĂšme de distribution de la chaleur doit ĂȘtre adaptĂ© au type de serre installĂ©e et au type de combustible utilisĂ©. Il est possible de combiner plusieurs formes de distribution dans une mĂȘme serre. Deux principales catĂ©gories de systĂšmes existent dans lâindustrie serricole :
âą Air pulsé : lâair de la serre est chauffĂ© Ă lâaide dâaĂ©rothermes ou de fournaises. Ceux-ci doivent ĂȘtre Ă©quipĂ©s de conduites flexibles (Figure 2.4) pour une dispersion uniforme de la chaleur dans lâensemble de la serre. Les Ă©quipements sont installĂ©s Ă lâintĂ©rieur de la serre. Leurs coĂ»ts dâachat
et dâinstallation sont plus abordables, comparativement Ă ceux des systĂšmes Ă eau chaude.
âą Eau chaude : lâair est chauffĂ© par des conduits (tuyaux dâacier, plancher radiant) dans lesquels lâeau chaude circule (Figure 2.5). Lâeau est chauffĂ©e Ă lâaide dâune chaudiĂšre. Les coĂ»ts dâachat et dâinstallation de ce systĂšme sont plus Ă©levĂ©s que ceux dâun systĂšme Ă air pulsĂ©, mais celui Ă eau chaude peut permettre un chauffage plus localisĂ©. Dans les plus grands complexes, ce type de systĂšme rĂ©duit le nombre dâĂ©quipements de chauffage requis et centralise la production de chaleur Ă un mĂȘme endroit (chaufferie).
impact sur lâenvironnement du MELCCFP. On note Ă©galement que, pour ĂȘtre en mesure de brĂ»ler des rĂ©sidus de construction, de rĂ©novation et de dĂ©molition (CRD), les chaudiĂšres ou fournaises Ă la biomasse doivent ĂȘtre dâune puissance Ă©gale ou supĂ©rieure Ă 3 MW.
La ventilation joue un rĂŽle crucial dans le contrĂŽle et lâuniformitĂ© du climat, notamment la tempĂ©rature, lâhumiditĂ© et lâapport de dioxyde de carbone (CO2) aux plantes. Un taux de renouvellement dâair inadĂ©quat peut avoir des rĂ©percussions sur la qualitĂ© des plantes et leur croissance.
Toute chaudiĂšre ou fournaise ayant une puissance plus Ă©levĂ©e que 3 mĂ©gawatts (MW) doit faire lâobjet dâune demande dâautorisation environnementale, conformĂ©ment Ă la Loi sur la qualitĂ© de lâenvironnement et au RĂšglement sur lâencadrement dâactivitĂ©s en fonction de leur
Le principe de la ventilation naturelle repose sur la diffĂ©rence de pression, créée par les vents, entre lâintĂ©rieur et lâextĂ©rieur de la serre. Les Ă©changes dâair dans la serre se font Ă partir des ouvrants de toit et des ouvrants latĂ©raux aux murs (Figure 2.6). Les ouvrants latĂ©raux sont conçus telles des ouvertures
enroulables (« roll-ups »). Les ouvrants de toit sont localisĂ©s au faĂźte et opĂšrent avec une crĂ©maillĂšre. Ces deux types dâouvrants peuvent ĂȘtre manuels ou motorisĂ©s.
La ventilation naturelle est plus efficace Ă la fin du printemps, Ă lâĂ©tĂ© et au dĂ©but de lâautomne. En dehors de ces pĂ©riodes, il est important de nâutiliser que les ouvrants de toit, les ouvrants latĂ©raux laissant entrer trop dâair froid prĂšs des plants.
La ventilation naturelle peut ne pas ĂȘtre suffisante. Il faut alors recourir Ă la ventilation mĂ©canique. Celle-ci est nĂ©cessaire pour une production en saison plus froide.
La ventilation Ă pression positive opĂšre tel un ventilateur qui fait entrer lâair extĂ©rieur dans la serre. Cette ventilation est Ă©conomique et efficace pour les serres individuelles. Un systĂšme de jet Ă Ă©ventail ou « fan jet » inclut un tube de polyĂ©thylĂšne perforĂ© pour distribuer lâair frais dans la serre (Figure 2.7).
La culture en serre de la fraise est en plein essor en Europe, aux Ătats-Unis, en Ontario et elle sâamorce au QuĂ©bec. Elle pourrait mĂȘme devenir la rĂ©volution horticole de la dĂ©cennie. Il sâavĂšre alors essentiel de fournir aux producteurs et aux professionnels du secteur lâaccĂšs aux connaissances les plus Ă jour.
La production de fraises en serre est une culture en Ă©mergence qui nĂ©cessite des connaissances techniques de pointe et un suivi rigoureux des diffĂ©rentes Ă©tapes de la production. Ce tout premier guide sur la production de fraises en serre au QuĂ©bec couvre lâensemble des thĂšmes Ă considĂ©rer dans la mise en Ćuvre dâun tel projet : le choix de lâemplacement, les types de structures et de revĂȘtements, les Ă©quipements, les substrats, les diffĂ©rents systĂšmes de production hors sol, la gestion de lâirrigation, de la fertilisation et du climat, la pollinisation, la phytoprotection, sans oublier la physiologie du fraisier, la rĂ©colte, la gestion postrĂ©colte et les aspects Ă©conomiques de la production.
Ainsi, tous ceux qui dĂ©sirent se lancer dans cette culture, que ce soit pour prolonger leur saison de rĂ©colte, diversiïŹer leur production ou sâengager dans une culture dâavenir prometteuse y trouveront les connaissances indispensables.