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Allocution prononcée par Denis MATHEN, Gouverneur de la province de Namur, à l’occasion de la remise des trophées des Namurois de l’année 2012 Namur – Palais provincial – Mardi, le 22 janvier 2013

MM,

Une fois de plus, vous me voyez tout sourire à l’idée de la cérémonie qui va se dérouler ce soir, au cœur de notre Palais provincial, pour la mise à l’honneur des lauréats des trophées des Namurois de l’année écoulée, cérémonie organisée par l’asbl La vie namuroise. Pour commencer et puisqu’en 2011 et 2012, sous ce même chapiteau et à cette même occasion, j’en avais profité pour vous donner quelques nouvelles de la santé du Palais provincial, je saisis également ce soir l’opportunité de vous rassurer un tant soit peu à son propos. C’est bien la moindre des choses devant une assemblée que j’estime au plus haut point concernée par le beau, sensible à l’art et à l’histoire, adepte des défis. Même si la pharmacopée miraculeuse que j’appelais de mes vœux en 2011 n’a pas été découverte, loin s’en faut ; même si mon appel devant vous de 2012 n’a pas suscité une mobilisation spontanée, propre à mettre en place un comité des « Amis du Palais provincial » qui aurait permis de prendre en mains certains aspects matériels de sa rénovation, la situation s’est néanmoins améliorée … Les salons de l’étage ont retrouvé leur aspect antérieur. Les travaux de consolidation de la charpente et des planchers des combles sont terminés. Et les contacts des plus fructueux et cordiaux que j’entretiens à présent avec la Direction régionale de la Régie des bâtiments de l’Etat me laissent également entrevoir de nouvelles perspectives d’amélioration dans un avenir proche, notamment pour la toiture. Tout cela bien sûr en attendant, qu’au plus haut niveau de notre Etat, les vraies décisions soient prises quant à son avenir juridique, quant à sa réhabilitation en profondeur et à sa mise en valeur, dans une vision volontariste alliant protection du patrimoine historique majeur de Wallonie, sécurité des occupants des lieux, rayonnement de notre province et rôle actif pour l’image de la capitale wallonne dans les domaines de la culture et de l’attractivité touristique. Cela étant redit, je suis particulièrement heureux d’être avec vous ce soir et de vous voir toujours plus nombreux. Votre nombre justifie, vous l’aurez compris que, malgré ce que je viens de vous confier quant à l’évolution positive des salons du Palais, nous prenions à présent définitivement nos quartiers dans ce chapiteau multifonctions.


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Les présentations et annonces protocolaires ayant été faites ; les informations concernant le programme données et les généreux donateurs et les amis du jour congratulés et chaleureusement remerciés, mon rôle en ce début de parcours s’en trouve fort allégé et je vous en rends grâce, cher Marc RONVAUX. Il me reste donc le plus agréable et le plus aisé : en tant qu’hôte du jour et au nom de la province, dans toutes ses composantes, celui de vous accueillir en ces lieux et puisque je ne pense pas l’avoir déjà entendu avant que je n’investisse ce podium, celui de prononcer la formule consacrée : « Je déclare ouverte la cérémonie de remise des trophées des Namurois de l’année 2012 ». Sans plus tarder, je passe à présent la parole à Monsieur Jean-Marc VAN ESPEN, DéputéPrésident du Collège provincial, qui va nous rappeler toute l’importance symbolique des Namurois de l’année pour l’identité de notre belle province. Quant à moi, je reprendrai la parole, comme le veut la tradition maintenant bien établie, au terme du déroulement de la soirée, pour en tirer les « conclusions ».

*** Mesdames et Messieurs,

N’a-t-elle pas noble allure cette promotion 2013 de nos Namurois de l’année ? Pas plus que toutes les précédentes, me ferez-vous certainement remarquer. Pas moins non plus vous, rétorquerai-je … Mais le premier fait remarquable de l’entreprise est, bien évidemment, que l’initiative se perpétue inlassablement, année après année, avec l’appui fidèle de la province, avec le soutien réconfortant des partenaires réguliers, avec l’apport ressourçant de nouveaux amis, occasionnels ou à vocation de pérennité.

*** Mesdames et Messieurs, Nous avons aujourd’hui étoffé, en y replantant de nouvelles souches, la forêt déjà touffue des porte-étendards provinciaux que sont, chacun à leur manière, les lauréats des Namurois de l’année des 24 ans écoulés. Car si mars 2012 a brisé à tout jamais le chêne qu’était Bernard DETHIER en laissant tel un chablis, l’espace colossal qu’il occupait dans le milieu de l’aménagement du territoire et de la protection de notre patrimoine, ce mois de janvier 2013 épaissit quant à lui la futaie et densifie la frondaison de ce biotope si original, dont nous pouvons nous enorgueillir : celui des personnalités d’exception qui font bouger notre province.


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On y retrouve les jeunes pousses, comme Jodie DEVOS, encouragée il y a peu ici même, dans le cadre du Fonds Thirionet et dont la voix, pareille à celle d’une divinité sylvestre, résonnera, très bientôt, j’en suis convaincu, sur les plus grandes scènes d’opéra du monde. Ou comme Emilie PIRLOT qui, au calme nonchalant des forêts domaniales de sa commune d’Yvoir, a préféré le foisonnement audacieux des maisons de couture et les « sapins des créateurs » de l’hôtel Salomon de Rothschild, à Paris. J’avoue un penchant particulier pour cette lauréate. Avec Olivier, nous caressions en effet de longue date l’espoir qu’à Namur aussi une petite place soit de temps à autre réservée au stylisme. Avec la reconnaissance ce soir d’Emilie PIRLOT, c’est pour nous une chance de plus que ce soit un jour réellement le cas. Après avoir fait ses classes à deux pas d’ici, à l’Athénée royal François BOVESSE, au pied de ce robinier faux acacias qu’était Nanette, ce sont à présent les forêts de haies qu’enjambe allégrement sur toutes les pistes du globe, Adrien DEGHELT. Je me souviens en outre quand, il y a environ un an et demi, j’avais sollicité sa présence lors de la réception en l’honneur du président de la République Tchèque que je recevais en visite officielle et qui était un grand amateur de sports. Adrien a tout de suite répondu favorablement. Je voudrais une nouvelle fois lui dire merci. C’est du domaine du sport encore qu’est arrivé le coup de cœur de cette cuvée : Sven LEJEUNE, puisqu’il s’agit de lui, rêvait certainement quand il était enfant de ces célèbres trappeurs et voyageurs du Nouveau Monde ; les coureurs des bois, les nommait-on en ces temps là. Je ne peux m’empêcher de penser que le Namuraid qu’il a mis sur orbite (et auquel je m’aperçois avec stupéfaction que je n’ai jamais assisté) leur rend quelque part hommage, en faisant découvrir nos paysages dans un esprit de solidarité. Jodie DEVOS, Emilie PIRLOT, Adrien DEGHELT et Sven LEJEUNE : n’est-ce pas là un bien beau bosquet de quatre arbres même pas trentenaires qui allie la lumière colorée du tableau de Claude MONET 1 à la passion expressive de celui d’Egon SCHIELE 1 ? En plus d’être les inspirateurs des artistes et des aventuriers, les arbres de nos forêts sont aussi la source de cette matière première si importante pour une province telle que la nôtre, plus spécifiquement dans le sud, qu’est le bois. Jean-Michel CARLIER et sa famille en font certes des lambris, des parquets, des panneaux, des bardages mais aussi … quelques planches sur lesquelles Jean-Luc PIRAUX s’empresse de monter avec la compagnie qu’il a créée. Et c’est peut-être en … rêvant aux semences qui auraient fait le tour de la terre avec Apollo 14 pour donner naissance, à leur retour ici, à ce que l’on a appelé « Les arbres de Lune », qu’Anita MOUREAU voudrait à son tour l’offrir, cette lune, lorsque la maladie accable.

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Il s’agit de : « Les Quatre Arbres », de Claude MONET 1891, huile sur toile 82 x 81.5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York, Etats-Unis et des « Quatre arbres » d’Egon SCHIELE 1917, huile sur toile, 141 x 110 cm, Osterreichische Galerie, Vienne, Autriche


4 L’offrir aux malades et à leurs proches bien sûr mais aussi à tous les chercheurs qui tentent de relever au quotidien le défi de la science en lutte contre les maladies rares ou orphelines. Pour TOLKIEN, le célèbre auteur du Seigneur des anneaux, Telpérion et Laurelin sont les deux arbres de lumière du pays merveilleux de Valinor ; contempler leur éclat et recueillir la rosée qui s’écoule de leurs branches serait un véritable ravissement. Un poète Maya contemporain nous invite pour sa part à nous laisser bercer par « la voix des arbres ». En créant « Vox luminis », voix de lumière en latin, Lionel MEUNIER a choisi à la fois d’écouter cette voix des arbres et de s’abreuver à leur lumière. Le mettre à l’honneur aujourd’hui, lui qui est issu rappelons-le, du Chœur de Chambre de Namur, c’est réaffirmer avec force l’ambition de Namur de rester la capitale du chant choral. Pour tous ceux qui, souffrant d’une défaillance auditive, ne peuvent percevoir la puissance du Stabat Mater de SCARLATI ou la magie du Jephté de CARISSIMI, Laurence MEURANT a tout mis en œuvre pour qu’au travers des signes que forment nos doigts, nos mains et nos bras, ils perçoivent quand même la voix bienveillante des arbres de chez nous. Et pour terminer notre promenade en forêt, longeons quelques instants l’oliveraie baignée de soleil où Eric et Christine MAES ont été s’approvisionner de longues années durant pour imposer les saveurs de la Méditerranée sous nos climats un rien austères.

*** Mesdames et Messieurs, Cette cérémonie, comme chaque année, a croisé ce soir devant vous les destins multiples et les histoires, toutes différentes, de gens de chez nous. Elle vous les a présentés, tantôt avec humour, tantôt avec émotion, tantôt avec tendresse, toujours avec fierté. En préparant cette allocution, je me suis mis, moi aussi, à rêvasser en me repassant en mémoire le palmarès des éditions antérieures. Et si nous mettions sur pied un vrai réseau structuré de tous ces ambassadeurs naturels de la province que sont les Namurois de l’extérieur que nous avons congratulés jusqu’ici ? Et si nous montions un grand show, accessible à tous, qui réunirait chacun des talents et des artistes que nous avons distingués jusqu’à présent ? Et si nous créions une société savante d’un nouveau genre qui rassemblerait les scientifiques, les managers et tous les experts, dans leur discipline respective, qui ont un jour reçu cette belle statuette de Guy LECLERCQ ?


5 Et si nous imaginions un grand événement de la solidarité qui unirait autour de la même cause les sportifs, les champions et les athlètes ainsi que celles et ceux qui se mettent au quotidien au service des autres ? 2014 sera l’année du 25ème anniversaire des Namurois de l’année. Peut-être que ses organisateurs verront dans mes suggestions lancées ici, comme une mise à l’encan, des idées pour fêter avec originalité et fastes ce bel anniversaire. Peut-être trouvera-t-on dans cette assemblée certains d’entre vous qui y apercevront le point de départ d’un projet personnel ou collectif qui pourrait contribuer au renom de notre belle province. Si c’était le cas, tant mieux, cela me remplirait d’aise. Sinon, tant pis et je n’en souffrirais aucune amertume. Pour ma part, la soirée qui se clôture maintenant suffit déjà amplement à mon bonheur et à assouvir ma faim permanente de beaux moments où l’on fait ce que l’on ne fait pas assez en d’autres temps : féliciter, complimenter et remercier les gens formidables. Mesdames et Messieurs les lauréats, en vous célébrant ce sont les frontières de l’abattement, de la maussaderie, du pessimisme et de la déprime que le jury a voulu repousser. Grâce à vous ce soir, c’est un peu de l’enchantement des druides de la Forêt des Carnutes ; un peu de la bravoure des exploits mythiques de la Forêt de Brocéliande ; un peu de l’émotion rude mais remplie d’espoir de la Forêt d’Emeraude 2 qui viennent d’envahir ce chapiteau.

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La Forêt d'émeraude (The Emerald Forest) est un film britannique réalisé par John BOORMAN, sorti en 1985.


Namurois de l'Année