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Inauguration de la nouvelle caserne des pompiers d’Yvoir – 2 mai 2013 - prise de parole de Denis MATHEN, Gouverneur de la province de Namur

(Monsieur le Ministre), Monsieur le Président du Conseil provincial, Madame la Commissaire d’arrondissement, Monsieur le Bourgmestre d’Yvoir, Messieurs les Députés fédéraux et régionaux, (Mesdames), Messieurs les Députés provinciaux, Messieurs les Bourgmestres, Mesdames et Messieurs les membres des collèges et conseils communaux, et du conseil de l’action sociale, Monsieur le Coordinateur de zone, Messieurs les Chefs de corps, Messieurs les Commissaires d’arrondissement honoraires, Mesdames et Messieurs les membres des services incendie, des zones de police et de la police fédérale, Mesdames, Messieurs,

Un poste avancé la semaine dernière à Cerfontaine…une caserne flambant neuve aujourd’hui à Yvoir…qui a dit que la mise en place de réforme de la sécurité civile patinait en province de Namur ?


Certes ce qui pourrait passer pour une boutade, en guise de clin d’œil aux nombreuses réunions du « Comité consultatif provincial » qui ont précédé la délimitation des zones de secours dans notre province, au prix d’échanges parfois virils, et dont tous les bourgmestres se souviennent, certains avec émotion sans aucun doute, d’autres avec amertume peut-être, cette succession d’inaugurations disais-je, ne doit bien sûr pas être l’arbre qui cache la forêt…voire le baobab qui cache la jungle tant, vous en conviendrez, l’accouchement fut difficile… La prudence nous inciterait même à garder le forceps à portée de mains… et l’équipe pédiatrique sur le qui-vive.

Bien sûr la zone DINAPHI en tant que nouvelle entité juridique et administrative, a encore du lait derrière les oreilles, si vous me permettez cette expression, elle aussi du domaine de l’obstétrique, et doit continuer l’apprentissage, le rodage de ses organes de gestion, avant de songer à un réel sevrage.

Il n’est pas dans mes intentions de rentrer ici et maintenant dans le détail du financement des (pré)zones, et encore moins de me substituer aux autorités communales ou zonales dans leur fonctionnement et leur autonomie décisionnelle. Et si je comprends les soucis légitimes des bourgmestres quant aux aspects financiers, particulièrement dans un contexte de rigueur, il ne me paraîtrait néanmoins pas saugrenu ou incohérent de se laisser une marge de temps, nécessaire à toute évaluation de processus ou de structure, avant de s’inscrire dans de nouvelles remises en cause de la délimitation des zones, avec le cortège de procédures administratives que cela entraînerait. C’est pourquoi j’en appelle solennellement aujourd’hui à un standstill, autrement dit une pause dans ce débat. Celle-ci ne peut que s’avérer salutaire, ne serait-ce que pour l’image de la province de Namur dans le dossier. Toute évaluation ultérieure reste bien entendu possible, mais dans un second temps.

Quoi qu'il en soit, je tiens à poursuivre l'accompagnement de DINAPHI, de la même manière que celui des autres zones de la province, dans la mise en place complète et aboutie de cette réforme de la sécurité civile, et ce quelles que soient ses évolutions et les objectifs qu'elle se fixerait. En tant que gouverneur, j'entends assurer mes missions légales de tutelle, de relais à l'inspection générale, ainsi que de coordination provinciale entre les zones, en gageant que les moyens, notamment humains, indispensables à l'exercice de ces compétences,-et ce sans complainte de mauvais aloi en des temps difficiles, puissent faire l'objet d'une attention particulière de l'autorité fédérale.


Je profite également de la présence du ministre wallon des pouvoirs locaux(ou son représentant),puisque ce magnifique arsenal qui est désormais le vôtre, messieurs les pompiers, a pu bénéficier d'un financement alternatif régional, dont on ne peut que se féliciter, je profite donc de l'occasion pour lui redire que les gouverneurs, commissaires tant de l'exécutif fédéral que régional, restent toujours à la disposition du Ministre dans le cadre de l'exercice de la double tutelle, ou pour toute action de concertation entre les différents niveaux de pouvoir.

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Monsieur le Bourgmestre, vous avez brossé un tableau plus complet et plus précis que je ne saurais le faire, de cette infrastructure dont la première pierre a été posée début novembre 2011, et qui permettra sans nul doute aux hommes du feu d'Yvoir de remplir leur mission de protection du citoyen dans des conditions optimales. Car le SRI, avec 47 pompiers dont 2 professionnels et 45 volontaires, couvre la commune d’Yvoir mais également celle d’Anhée, ce qui représente plus de 1.100 interventions par an, toutes activités confondues, pour une population totale de 16.393 habitants et une superficie de 125 km². Outre cette couverture territoriale, il y a également les interventions au titre de l’aide adéquate la plus rapide sur les communes de Namur et Ciney, ainsi que celles en renfort d’autres services incendie.

Malheureusement le risque ne se limite pas à la densité de population ou à l’étendue d’un territoire. Il y a presque un an, le 11 mai 2012, un accident ferroviaire sans précédent pour la commune se produisait à Godinne, nécessitant le déclenchement du plan général d'urgence et d'intervention communal et même provincial, avec la mobilisation d'un nombre impressionnant de services de secours. Tout le monde se souvient de cette rude épreuve pour laquelle les nombreux débriefings et retours d'expériences n'ont peut-être pas encore fini de livrer tous leurs enseignements...

Si je reviens sur cette catastrophe, c'est parce que j'ai réellement été impressionné...Impressionné par l'enchevêtrement de tôles et l'ampleur de la situation, bien sûr, mais bien davantage par l'action des différentes équipes d'intervention et les conditions dans lesquelles elles ont travaillé. Que ce soit sur le chantier, au poste de commandement opérationnel ou au centre de crise communal ; au-delà des procédures dont on ne peut certes faire l'économie et dont je me veux le garant, mes services et moi avons pu témoigner de l'abnégation et de la force de caractère dont ont fait preuve les services d'incendie, et en particulier celui d'Yvoir, soumis au flux tendu qu'occasionne une telle crise à cinétique lente.


C'est pourquoi je voudrais terminer en citant Aristote qui disait que " le courage est la première des qualités humaines, car elle garantit toutes les autres". Ce nouvel arsenal sera désormais le réceptacle mérité pour l’expression du courage, mais aussi de toutes les qualités nécessaires à l’exercice quotidien de vos missions.

Je vous remercie pour votre attention.

caserne yvoir  

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