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AurĂŠlia Frey

Photographies Dossier artistique 2009

Dossier artistique


Aurélia Frey

Casa de Velázquez Ciudad Universitaria, C/ Paul Guinard 3 28040 Madrid Espagne Tél. +33 (0)6 21 65 59 48

www.aureliafrey.com

aureliafrey@hotmail.com


Aurélia Frey Née le 02 Mars 1977

Représentée par l’agence AKG-images, spécialisée dans le domaine de l’art et des civilisations.

Parcours

2008-2010 Membre de la section artistique de la Casa Velázquez à Madrid 1997-2000 Diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie ENSP (Master européen) Arles.

Expositions Octobre 2009 Participation au Salon Estampa, foire internationale des arts multiples contemporains de Madrid. Espagne. Octobre 2009 Exposition collective Galerie Espace Evolution Pierre Cardin, Paris, France. Septembre 2009 Exposition collective Seleccion Uno Colectiva, Galeria Dionis Bennassar dans le cadre de « La Noche en blanco » Madrid, Espagne. Juin 2009 Exposition collective Lugares transportados - Lugares invisibles, Galeria Paz y Comedias, Valencia, Espagne. Octobre 2008 Durance Exposition itinérante en Région PACA sur la rivière la Durance. Commande du MuCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) Septembre 2008 Identités européennes Biennale, septembre de la photographie, Lyon, France. Juillet 2006 Passage Centre de conservation du livre d’Arles durant les Rencontres Internationales de la Photographie, Arles, France. Février 2006 Passage Centre Culturel Français d’Alexandrie, Egypte. Novembre 2005 Paysages Intérieurs Galerie Maschrabia, Le Caire, Egypte. Novembre 2005 Par la forêt obscure Centre Culturel et de Coopération, Le Caire, Egypte. Avril 2003 Le musée regarde le musée Musée de l’Agriculture du Caire, Egypte. Commande de l’Ambassade de France. Septembre 2002 Sept off, Festival de photographie sur le thème : Photo-graphies Nice., France. Juillet 2002 Sélection pour le Festival off, Rencontres Internationales de la Photographie, Arles, France. Novembre /décembre 2001 Fayoum Exposition au Centre culturel français du Caire, Egypte. Juillet 2000 Sélection pour le Festival off, Rencontres Internationales de la Photographie, Arles. Avril/mai 2000 Intérieurs paysans Exposition à la FNAC de Nîmes, France. Avril 2000 Irrationnel et Nécessaire, exposition collective à la galerie Arena de l’Ecole Nationale de la Photographie. Arles, France.


Résidences / Commandes 2009-2010 Membre de la section artistique de la Casa Velázquez _Madrid, Espagne. 2008-2009 Membre de la section artistique de la Casa Velázquez _Madrid, Espagne. 2008 Aide à la création de la DRAC, Région PACA France. 2008 Commande du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) sur le thème de la rivière La Durance pour une exposition itinérante. Marseille, France. 2003 Commande de l’Ambassade de France au Caire pour une exposition intitulée Le musée regarde le musée Le Caire, Egypte.

Publications Le Monde, Le Monde Diplomatique, L’humanité, Le Tigre, Le Pèlerin, Die Zeit, Arkeojunior, Revue SFZ

Voyages Voyage itinérant de quatre mois au Pérou, Equateur, Bolovie dans le cadre du projet Qhapac Nan, le chemin des messagers incas monté par l’association Les colporteurs de mémoire. (avec le soutien de AKGimages, ENSP d’Arles / Fuji films / Voyages-sncf / Voix-nomades / CICL) Voyage itinérant au Japon, Irlande, Allemagne. Activités photographiques : en Egypte. (Le Caire, Alexandrie, Le Fayoum, Louxor…) de 2002 à 2005 au Liban (Beyrouth, Tripoli…) 2001 en Syrie (Alep, Damas, Qara…) 2001


Des fragments du monde et des livres d’images : telles sont deux des premières caractéristiques qui viennent à l’œil et à l’esprit en regardant les images d’Aurélia Frey. Nous voyons ainsi dans les photographies d’Aurélia Frey des grabats poussiéreux, des murs décrépis, des objets abandonnés, des canapés crevés, des paysages proches ou lointains, des visages, de l’espace et de la lumière… L’artiste photographie aussi des images déjà existantes, plus anciennes, des aînées fantomatiques : peintures, fresques, figures éblouies par un coup de flash ou calfeutrées dans les plis d’un clair-obscur, vieilles photographies… A force de silence et d’attention, de fixité et de contemplation, de petits détails soulignés et de cadrages fragmentaires, ses photographies basculent insensiblement dans « un autre monde » où le temps mécanique habituel, suspendu, s’ouvre sur une durée diaphane et étirée, tissu des rêves et de l’imagination. Aurélia Frey creuse discrètement un passage vers l’envers du monde et des images objectives (un envers qui n’est pas renversement brutal mais voisinage, contiguïté, glissement…), leur inconscient flottant et parallèle, leurs fêlures et leur étrangeté. Le monde et son verso, le miroir et sa traversée, le réel et sa part d’imaginaire : Aurélia Frey s’en fait la « passeuse », le point de bascule, le détour, la « sente visuelle ». Les images du réel s’avèrent ainsi peuplées d’innombrables fantômes qu’un peu d’attention, un trouble léger, un voile de brume, une fine couche de neige ou de poussière permettent de révéler ou de désigner. « Un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. » écrit Gérard de Nerval dans Aurélia justement. Jean-Emmanuel Denave Critique d’art et journaliste (pour L’Express, Sitartmag, L’Art Aujourd’hui...) Septembre 2008


LE LABYRINTHE DU PELERIN Travail en cours Sur les traces de l’écrivain néerlandais Cees Nooteboom.


« Je parcours ce pays depuis trente ans et je ne vois jamais la fin du voyage » L’idée primordiale qui ressort du Labyrinthe du pèlerin (éd. Actes Sud) est celle d’une déambulation au coeur de l’Espagne, une démarche de voyageur qui permet une ouverture, une disponibilité aux êtres et aux choses. Pour Cees Noteboom, l’errance plonge le pèlerin dans un état d’esprit particulier où il abandonne la notion d’un temps anecdotique, où il ne se soucie plus du futur immédiat, mais seulement de l’instant présent et de la rencontre avec la nature, les objets et les êtres. Un labyrinthe. Le labyrinthe du pèlerin nous dit-il, lui, voyageur itinérant sur les traces de Saint-Jacques de Compostelle. Mais au fil de notre lecture, nous perdons nos repères. Qui est le pèlerin perdu sur les chemins d’Espagne, de lui ou de nous ? Qui détient le secret, qui marche, qui roule vers un but sans cesse détourné, sans cesse repoussé ? Nous sommes happés par les images qu’il évoque, happés dans un univers à construire et reconstruire chaque jour. Le trajet, bien que matériel, demeure avant tout intérieur. A nous d’y trouver notre propre vérité. Mon séjour à la casa de Velázquez à Madrid me permet actuellement de m’inspirer de l’itinéraire de Cees Nooteboom, en saisissant avec mon appareil photographique ce qu’il a dépeint par écrit. Marcher dans ses pas, dans ses traces, tout en restant comme lui ouverte aux hasards, hasards d’une route, d’une rencontre, d’un paysage, qui éloigne un instant du but initial. Il ne s’agit pas ici, bien évidemment, de reproduire exactement ses écrits. Bien que son livre me touche tant et réveille en moi d’innombrables échos par rapport à mon propre travail, je ne veux surtout pas faire acte d’illustration.


De la sÊrie Le labyrinthe du pèlerin Belchite 95 X 120 cm


De la sÊrie Le labyrinthe du pèlerin Irache 95 X 120 cm


De la série Le labyrinthe du pèlerin Le cavalier sans tête 95 X 120 cm

Page de gauche

De la série Le labyrinthe du pèlerin Les envolées 78 X 100 cm


De la sÊrie Le labyrinthe du pèlerin Asturias 95 X 120 cm


NEVERMORE 2009


Derrière chaque visage, chaque tableau, chaque pan de tissu enroulé, déroulé par les méandres de la couleur, il y a une histoire. Une, ou plusieurs : celle du peintre d’abord, celle de la personne figée à jamais ensuite, une même expression incrédule sur son visage d’éternité. Et, bien sûr, il y a l’écho de nos propres histoires qui vagabondent, résonnent, les songes de tous les gens qui ont scruté les détails de la toile, une main, une croix, laissant leur imagination bondir d’une espérance à l’autre. La craquelure de la peinture, un reflet de lumière, une ombre qui passe sur la trame, sont autant de portes qui nous permettent de passer de l’autre côté du miroir. Car derrière la toile s’étend mon musée du silence. Dans cet espace imaginaire, dans ces paysages brumeux revêtus de leur parure parfois cauchemardesque, rôdent des fantômes effacés. Depuis la barque de Charon, les eaux du lac nous semblent noires et froides. Une lumière diffuse émane seulement des silhouettes d’autrefois, qui sans un mot, nous regardent passer, car ce monde-là est au-delà de la parole. Une musique naît de la matière et nous entraîne, toujours plus loin, vers une autre porte, un autre passage, un abîme sans fin où l’eau rejoint le ciel, où le tissu se change en ruban de serpent émeraude, où les yeux du sage paraissent renfermer une clé vers un ailleurs toujours plus mystérieux. Les reliefs, les reflets en appellent inexorablement d’autres, finissant par élaborer un monde sous nos yeux, une forêt de brouillard et de rêves dont les branchages sont à ré-assembler. Pour sortir de ce lieu inquiétant et pourtant envoûtant, suffit-il de fermer les yeux ? Voyager dans l’espace pictural laisse sur la langue un goût étrange et derrière les paupières, des éclairs confus d’un songe, dont, à l’aube, on essaie vainement de rattraper les images fugaces. Ceux avec qui l’on chemine ne seront plus jamais et nous laissons derrière nous ceux dont la vie s’est pour toujours fânée... Et pourtant, «la peinture n’a besoin que de nos yeux et de notre silence. Une fois terminée, elle n’en finit pas de commencer pour qui la regarde» (Bernard Noël). Il y a de ces rêves qu’on vit tout éveillé.


De la sĂŠrie Nevermore Le visage, 95 X 144 cm

Page de gauche

De la sĂŠrie Nevermore Le miroir des limbes #1, #2, #3 78 X 100 cm


Vue des photographies de la sĂŠrie Nevermore Galerie Espace Evolution Pierre Cardin 78 X 100 cm, Paris, France Octobre 2009


Vue de la photographie Nevermore sur le stand d’Estampa 95 X 230 cm, Madrid, Espagne Octobre 2009


CALLE DEL BARCO 13 2009


Projet éditorial, fruit de la collaboration entre Nelly Labère, normalienne, agrégée de lettres modernes, Maître de Conférences Université de Bordeaux III pour les textes et Aurélia Frey pour les photographies. Travail réalisé à Madrid dans le cadre de la résidence à la Casa de Velázquez. Edition prévue 2010

Comment rendre compte de l’identité mouvante de Madrid ? Comment éclairer ses mutations les plus intimes inscrites dans le paysage urbain ? Comment esquisser le portrait d’une de ses rues emblématiques, à mi-chemin entre l’Eglise San Ildefonso et Gran Vía, à la limite des quartiers de Chueca et de Malasaña, à travers ses habitants réels et fantasmés ? Calle del Barco 13 est ce livre utopique qui réunit 13 portraits littéraires et photographiques issus des rencontres et des entretiens réalisés Calle del Barco. Photographies, citations et textes poétiques se mêlent pour suggérer la vie d’une rue qui ne sera jamais montrée si ce n’est par ses portraits réels mais détournés. Traverse, lien et lieu d’observation privilégiés pour témoigner d’un métissage culturel faisant cohabiter, sur une même section urbaine, les différents acteurs d’une identité plurielle et complexe, la Calle del Barco invite à (re)-découvrir la géographie de Madrid. Loin de se vouloir une enquête sociologique, ce projet entend donner à voir les indices de ces mutations sociales tout en les inscrivant dans un livre résolument esthétique et poétique.


De la sĂŠrie Calle del Barco 13 Mon nom Ă  moi, Madrid 2009


De la sĂŠrie Calle del Barco 13 Rojo, Madrid 2009


Il m’a regardé longuement, droit dans les yeux, sans ciller ni obliquer. Je sentais juste le froid du pistolet embraser ma peur. Pourquoi crier ? Pourquoi parler ? Frères de sang, ennemis jurés, nous l’avions toujours été. Je me suis souvenu de ces heures à imaginer la confession ultime, celle qui me pardonnerait d’être né, de ne pas souffrir autant que lui et de ne pas savoir aimer. Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, je l’ai toujours abhorré. Sa froideur, sa grandeur, sa raideur : un piètre représentant de la sainteté déguisé en poupée pour les parades et les festivités. Du galon, en veux-tu en voilà mais rien qui ne me fasse m’incliner. Moi, je suis rouge depuis le plus profond de mes artères, je n’ai de père que celui que ma mère m’a donné, je n’ai pour frères que ceux qui ont le poing levé. Je crache sur sa face parce que je n’ai pas de pitié pour celui qui se cache dans les corsets, qui s’accroche au-dessus des lits et qui s’affiche dans un sourire composé. J’en avais oublié l’autre à côté, à genoux, en train de prier. À cette seconde, j’avais juste envie de le tuer, pour faire taire sa peur au ventre et sa foi en l’éternité, pour que les murmures cessent enfin, dans leur credo insipide, sur les lèvres crispées. Pas le temps de tergiverser. C’était lui ou l’autre. J’ai tiré. Le sang n’a pas coulé. L’un n’a pas bougé. L’autre s’est relevé. Il s’est enfui, certain que le Christ l’avait sauvé. Moi, je sais avec qui j’ai voulu en terminer. Extrait des textes de Nelly Labère


De la sĂŠrie Calle del Barco 13 Anywhere, Madrid 2009

Page de gauche

De la sĂŠrie Calle del Barco 13 Madrid 2009


LA MONTAGNE DU SILENCE 2007


De la sĂŠrie La montagne du silence Le mineur, Tarmatambo, PĂŠrou 2007 95 X 120 cm


Durant quatre mois, je suis partie en Amérique latine en compagnie d’un journaliste et d’un réalisateur. Notre chemin suivait les traces des messagers incas disparus depuis des

siècles, dans un parcours traversant la cordillère des Andes et reliant l’Equateur, le Pérou et la Bolivie. Cette route d’autrefois sera classée courant 2008 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Nous arrêtant au hasard des rencontres, au gré de la route, nous avons eu l’occasion de découvrir des endroits insolites et isolés. J’ai alors photographié des villages reculés, des paysages où l’Homme semble englouti par les parois rocheuses de monts presque vivants. De ces espaces traversés, tous différents, j’ai ramené des images éparses, fragments capturés par l’appareil photographique. Ces photographies à priori très diverses, tous ces moments volés à la fuite du temps, nous parlent pourtant d’un même monde, un monde en suspens où les espaces vides se superposent à l’infini. Dans chaque lieu, dans chaque objet, j’ai en effet retrouvé le même poids des choses : celui du silence. Le brouillard noie souvent le sommet des montagnes de sa brume laiteuse, se dépose en particules sur les chemins humides qu’il paraît avaler, étouffant tous les sons. Les villages du Pérou et d’Equateur, perchés à très haute altitude, semblent parfois déserts, les rues sont vides, des fils électriques se balancent dans le vent et les toits de tôles résonnent sous la pluie. Je me suis fréquemment heurtée à des portes closes avant de pouvoir pénétrer dans l’espace intérieur. Et là, j’ai trouvé un lit vide, un vêtement suspendu à un clou, un tableau solitaire accroché sur un mur représentant la Vierge, au bataillon de ces icônes pieuses qui meublent la solitude andine et que l’on retrouve partout… Dans les visages même, j’ai vu se refléter la sensation d’absence donnée par les lieux, une notion que j’ai toujours aimée travailler dans mes portraits qui sont pour moi autant de paysages intérieurs. La peau de ces villageois est marquée par la nature, par le vent et la montagne. Pénétrer dans une chambre, c’est entrer dans l’espace intime de celui qui y vit et les corps de ces hommes et ces femmes semblent être avalés par leur maison, figés dans la pierre de la montagne. Leur isolement dans ces chambres rattrapées par la nuit rejoint la solitude de la route où le trajet se perd dans le brouillard. Tout nous parle d’espace, tout nous parle de temps. Sensations fugitives d’éternité dissimulées dans un paysage… Ces images livrent mon regard sur cette errance andine aujourd’hui. Qu’ai-je cherché au juste ? La mémoire, le passé, le présent, l’Histoire ou l’avenir ? Peut-être un peu de tout cela.


De la sĂŠrie La montagne du silence Loro, Yanama, PĂŠrou 2007 78 X 100 cm


De la sĂŠrie La montagne du silence Julio, Tigua, Equateur 2007 95 X 120 cm


De la série La montagne du silence Au matin, Achupallas, Equateur 2007 95 X 120 cm

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De la série La montagne du silence Sommets, Près de Cajamarca, Pérou 95 X 120 cm


PASSAGE 2005-2006


De la sĂŠrie Passage Sans titre, Egypte 2004 95 X 120 cm


Entre là et l’ailleurs, il n’y a qu’un pas et quelques traversées, avec les photographies qu’Aurélia Frey a réalisées et assemblées sous le concept de Passage. Franchissement, changement d’un état à un autre, ses champs magnétiques invitent à voir les choses autrement. Elle nous propose son autre côté du miroir, telle une méditation à haute voix dont elle nous rend témoin, dans une langue d’ombre. Ses divagations sont hors tension, on y trouve une sérénité apparente, pas de cataclysme ou alors intérieur... Sa traversée, son voyage, relèvent d’une initiation au désert, d’un horizon à perte de vue, de nostalgies, d’un monde prononcé ici qui est alors vu là-bas, d’images qui contiennent cela qu’elles ne contiennent plus, comme sait le dire Bernard Noël. Passage est une série de brume, à la manière de Turner, dans un flou jouant entre intérieur et extérieur, entre étrangeté et éloignement, présence et absence. Son univers est silencieux. Le ciel pénètre la terre, l’arbre pénètre le ciel. L’icône est discrète, expressive. De révélations à représentation, l’artiste livre, comme une confidence, les labyrinthes de ses obscurités, ses vérités, construit son vrai et son faux, ouvre à une géométrie du regard, à travers ombre et lumière. Un regard témoin scrute, derrière la croisée des fenêtres, conduisant notre regard, de transparence à opacité, devant, derrière, au loin, dessous, à côté. Ce contrepoint donne naissance à une complicité, et ramène à la réalité, toutes les formes d’imagination, intérieure ou extérieure, ne sont-elles pas, comme le dit Georges Bataille, un processus de sélection et d’assemblage ? Un peu de mémoire, une vitre posée, un reflet, une ressemblance, fabriquent l’épaisseur du signe qui rejoint l’épaisseur du temps, animé, inanimé. Quel est ce visage ? C’est un trou dans l’espace, un regard dans la vitre noire, toucher le ciel, une énigme, un miroir. L’assemblage et le tremblé de ce Passage construisent un monde autre, diaphane, mettant en scène et en jeu éléments naturels ou recomposés. Aurélia Frey trace des allées, visibles et invisibles, casse le temps qui se suspend. Le semblant, l’image, le fragment, échappent alors à la citation, et nous laissent cette part d’innocence à déchiffrer, à reconstruire, poussant celui qui regarde à marcher sur soi comme fit l’A utre sur la mer. Brigitte Rémer Sociologue, Auteur (Ouvrages : Fragments d’un discours théâtral, Cultures au faubourg...) Alexandrie, Février 2006


Vue de l’exposition Seleccion Uno Colectiva Photographies extraites de la sÊrie Passage Galerie Dionis Bennassar Madrid, Espagne La Noche en blanco, Septembre 2009


Vue de l’exposition Lugares transportados - Lugares invisibles Photographies extraites de la sÊrie Passage Galerie Paz y Comedias Valence, Espagne Juin 2009


De la sĂŠrie Passage Sans titre, Egypte 2005 95 X 120 cm


De la sĂŠrie Passage Sans titre, Egypte 2006 95 X 120 cm


JUSTE AVANT L’ORAGE 2005-2006


De la série Juste avant l’orage Sans titre, Egypte 95 X 120 cm

Vers la source de l’imaginaire, la source bouillonnante, inconsciente, où les images naissent et meurent, où rien ne se perd, rien ne s’oublie, rien n’est jamais au passé. Régis Durand


De la série Juste avant l’orage Sans titre, Irlande 95 X 120 cm

Page de gauche

De la série Juste avant l’orage Sans titre, Egypte 95 X 120 cm


Vue de l’exposition « Identités européennes » Biennale, Septembre de la photographie Photographies extraites des séries Juste avant l’orage et la montagne du silence Lyon, France Septembre 2008


Vue de l’exposition « Identités européennes » Biennale, Septembre de la photographie Photographies extraites des séries Juste avant l’orage et Passage Lyon, France Septembre 2008


De la sÊrie Juste avant l’orage Sans titre, Egypte 95 X 120 cm


PAR LA FORET OBSCURE 2005


The nuanced relationship between theatricality and space is explored in Aurelia Frey black and white photographs of faces and abstracted natural settings. In a series entitled ‘Through the dark forest’, the young French photographer presents a cast of characters straight of a crystal ball - though contemplated by the viewer, they themselves seem to be haunted by the act of looking, caught in a world of abstract darkness that is half film-noir drama, half nightmarish reverie. But there’s a calmness that runs through these personages’ expressions - as if they had rehearsed it all in front of a reflecting window, or as if they were preparing their own film-still takes, as if they were acting out a plot they cannot change, looking slightly askance through a mirror that simply, immediately changes what’s normal into a play. If there could ever be frank portraiture of fairies, this is what it might look like, partial, vivid, slightly paranoid of being found out. The perfect foil to these masks are the forests whose misty, placid and slightly amorphous nature Frey candidly captures, as richly as if she lived in them. Or, if you will forgive my own personal projections, could they the metaphoric settings for the theatre of torn expressions we saw above? Lupe Nunez-Fernandez Critique d’art pour la galerie Saatchi on line, Londres 2008


De la série Par la forêt obscure Sans titre, 2005 95 X 135 cm


De la série Par la forêt obscure Sans titre, 2005 95 X 135 cm


De la série Par la forêt obscure Sans titre, 2005 95 X 135 cm


Dossier artistique d'Aurélia Frey