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CATALOGUE DE L'EXPOSITION

COMPAGNONS VERRIERS EUROPEENS PROMOTION 23


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Au cœur de la Région Grand Est les métiers du verre occupent une place particulière pour un territoire qui porte aujourd’hui l’essentiel de l’activité de cristallerie dans notre pays. Autre témoin de cette actualité du verre, les travaux présentés dans cette exposition de fin de formation des Compagnons Verriers Européens 23e session du Cerfav, nous montrent l’importance de cette approche sensible et créative qui font des métiers du verre des métiers d’art à part entière. Ainsi, venus de toute la France, chaque stagiaire a dû, avec humilité, se confronter à l’exercice complexe de la transformation du verre avant d’en donner son interprétation personnelle. La Région est donc fière d’avoir pu, au titre de ses actions en faveur des métiers d’art, accompagner ces parcours qui permettront de perpétuer ces métiers et de contribuer au développement d’une économie créative liée aux richesses de notre territoire. Demain, vos pas vous mèneront vers d’autres horizons, soyez sûrs alors que la Région Grand Est suivra vos parcours dans l’attente de vous retrouver pour célébrer à nouveau avec vous les arts verriers. Philippe RICHERT Président du Conseil Régional Président de l’Association des Régions de France Ancien Ministre


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25 ans d’existence du Cerfav et 23e promotion de Compagnons Verriers ! En 25 ans, le Cerfav n’a cessé de lancer de jeunes talents et force est de constater aujourd’hui que la plupart de celles et ceux qui vivent et travaillent des arts et techniques du verre en France, celles et ceux qui inventent et réinventent le matériau verre pour créer, a suivi cette formation « Compagnons Verriers » à Vannes-le-Châtel. Elle est animée par une équipe professionnelle vigilante lors de la justification artistique des projets, exigeante quant à la qualité technique des réalisations, mesurée pour estimer le réalisme économique des objets et toujours et encore passionnée pour voir concrétiser le devenir professionnel de ces jeunes. Tout cela contribue à leur donner les meilleurs atouts pour voler de leurs propres ailes. L’aboutissement des travaux présentés ici ne laissera pas indifférent le visiteur et amateur qui saura vite identifier le potentiel de chaque auteur, le langage qu’il pourra développer dans son devenir artistique et professionnel. Au nom de l’équipe du Cerfav, je les remercie et félicite toutes et tous pour ces travaux enthousiasmants. Denis Garcia Directeur du Cerfav


8 Agathe berard L’ANGOISSE PACIFIÉE

Cerbellum n°2, 2014. Verre, 14 x 19 x 13 cm. Photographie : François Golfier.


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Croquis pour Linceul, Détail, 2014. Feutre et stylo sur papier, 21 × 14 cm. Pour une bibliothèque de verre n°3, 2014. Verre, bois et acier, 18 × 22 × 6,5 cm. Cerbellum n°1 et n°2, 2014. Verre, 13 × 14 × 19 cm et 12 × 9 × 17 cm. Photographie : François Golfier.


10 Agathe berard L’ANGOISSE PACIFIÉE

Comme la plupart de ceux qui ont sombré dans la pratique artistique du verre, mon cheminement fut assez particulier. J’ai grandi dans un environnement influencé par les sciences et la médecine, ce qui reste présent dans mes réalisations. Ma démarche s’inscrit autour de la représentation de situations et d’événements traumatisants ou tabous dans notre société occidentale. En DNSEP, à l’EESI de Poitiers, j’ai exploré la question de la perception humaine de la mort ; un vaste domaine que je peux encore étudier sous de nombreux aspects. Au cours de mes années d’études, j’ai commencé par m’intéresser à la vidéo, à l’écriture scénaristique puis petit à petit à la simplification de mon propos par une image percutante ou plutôt à un volume, une sculpture visible sous tous les angles.

Premier essai pour Xénique des Buissons, 2015. Verre sodocalcique et estampage, 11 × 17,7 × 14,5 cm. Photographie : François Golfier. Bestiaire des animaux retrouvés n°1 Xénique des Buissons, 2015. Bullseye glass et plumes, 17,5 × 15,5 × 12,5 cm. Photographie : François Golfier. Bestiaire des animaux retrouvés n°1 Xénique des Buissons, 2015. Bullseye glass et plumes, 17,5 × 15,5 × 12,5 cm.


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Le verre, de par ses nombreuses qualités, me permet de traduire cette inquiétude purement humaine, cette hésitation sur la réalité d’un « après » et ce phénomène de présence et d’absence simultanées. Dans Ootomie comme dans l’installation Cronos, je fais le lien entre naissance et mort, avortement et euthanasie, sans volonté de prise de position personnelle sur la validité d’un choix mais uniquement dans les termes d’une représentation esthétisée et apaisée, en laissant libre le regardeur de l’intensité du propos qu’il souhaite y déposer. Ces notions se percevaient déjà dans les vanités contemporaines Cerbellum, où l’absence de la pensée et la vision actuelle de la mort était réinterprétée, ainsi que dans le Bestiaire des animaux retrouvés, où je propose des monuments mémoire aux espèces disparues, réintroduites dans leur milieu d’origine.


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Page de gauche : Séisme, 2016. Pâte de verre, 40 x 40 x 12,5 cm. Phtographie : François Golfier Recherches de design de pièces d’échec à jouer sur Séisme, 2016. Modélisation 3D et impressions en PLA, normes Stauton.


14 Agathe berard L’ANGOISSE PACIFIÉE

Ootomie, recherches de formes de sertissage face verre, 2016. Verre, laiton, cuir, dimensions variables. Ootomie, galet de base de bijou cylindrique, 2016. Verre, diamètre 5,8 cm. Ootomie, bijoux sertis face repercée, 2016. Verre, laiton, cuir, dimensions variables. Ootomie, cabochon serti, 2016. Verre, laiton, diamètre 4,4 cm. Page de droite : Cronos, 2016. Verre, 35 x 70 x 70 cm. Photographie : François Golfier


18 GABRIEL FERACCI SEUIL CRITIQUE / SITUATION LIMITE

Mon travail artistique est entièrement porté par un intérêt pour le « seuil critique ». Un seuil critique est un moment particulier entre deux états possibles d’une même matière, un moment où un risque de bouleversement devient manifeste, où une décision majeure doit être prise ; autrement dit un entre-deux où tension et crise, équilibre et risque de chute, sont à la fois manifestes et saisis avant que l’effondrement n’ait lieu. Dans ma pratique artistique, je mets en scène des situations limites. Je tente de rendre sensibles ces seuils et ces instants qui précèdent la rupture. J’ai, pour cela, recours à des matériaux qui normalement « refusent » ce genre de situation — et donc de tensions — dans laquelle je les installe.

Black Out, 2014, installation in situ. Verre double vitrage, encre noire. L’attention est requise, 2013, installation in situ. Verre, serre-joints, dimensions variables. Souffles, 2015, performance filmée, réalisation d’une série de sculptures. Verre soufflé, métal, bois.


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Mon objectif est de faire naître une émotion directe chez le spectateur. Seule la perception de l’imminence d’un danger peut permettre d’engendrer et d’atteindre une telle émotion. Parvenir à ce résultat implique de réaliser des œuvres qui jouent avec les seuils et avec les limites. Qu’elle soit mentale, émotionnelle, technique, physique, cette limite est le vecteur de l’émotion. Elle est aussi porteuse de risque. Le risque que quelque chose de dangereux et d’irréversible puisse se produire, doit cependant être à la fois sensible, palpable et impérativement contrôlé.


20 GABRIEL FERACCI SEUIL CRITIQUE / SITUATION LIMITE

Rite de passage, 2015. Verre sablé, bois, métal, 200 x 80 x 15 cm.


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Par une action de sablage, je décompose une paroi en verre. Une fois sablé, le verre peut être traversé. C’est par cette action que j’ai donc traversé la plaque de verre installée dans le chambranle d’une porte. Ce geste est de l’ordre du rite, un rite d’ouverture, rite que j’accomplis par mon propre passage à travers le verre. Je transforme notre perception des choses et rends sensible le passage d’un état à un autre. C’est cette problématique que je ne cesse de rendre sensible par mon travail.


22 GABRIEL FERACCI SEUIL CRITIQUE / SITUATION LIMITE

Harmonia, 2016. Pâte de verre, aimants, bois, 30 x 30 x 30 cm. Page de droite : Cognition, 2016, installation in situ. Verre, métal, aimants, dimensions variables.


24 GABRIEL FERACCI SEUIL CRITIQUE / SITUATION LIMITE

Harmonia, 2016. Pâte de verre, aimants, bois, 30 x 30 x 30 cm.


Harmonia est une installation modulable. Elle a pour principe de dessiner l’espace qu’elle habite, de permettre une nouvelle lecture du lieu. L’espace est révélé avec souplesse et rigidité.

Que ce soit de l’ordre de l’objet manipulable ou de l’installation architecturale, c’est dans cette dualité que notre perception est mise à contribution, autant que notre corps. Toile 01, 2016. Dessin vectoriel, 30 x 30 cm.


28 Eve GEORGE LE MULTIPLE

Le soufflage de verre oppose deux modes de production : le soufflage d’une forme libre, « à main levée », et le soufflage d’une forme contrainte, dans un moule. Le mode de production choisi conditionne le caractère unique de l’objet, ou sa reproductibilité. Je travaille à l’intersection de cette dualité afin de créer, non pas des objets en série, mais des séries de multiples. Ces ensembles cohérents offrent une liberté créatrice à la matière, au fabricant, ou encore à l’usager. Je travaille par exemple sur la conception de moules modulables ou réversibles. Je fabrique également des moules destinés uniquement à pré-former l’objet, ou à le contraindre partiellement.

Moule modulable à strates, 2012. Acier, 30 x 45 cm. Moule réversible, 2014. Plâtre, silice, 18 x 18 cm. Matrices de moules optiques, 2013-2015. Impression 3D de PLA, 90 x 50 cm et 70 x 50 cm.


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Upside Down, 2015, verre soufflé dans un moule réversible et dépoli au sablage, 23 x 12 cm. Photophie : François Golfier


Les verres à pied de la verrerie de Vannesle-Châtel étaient produits en deux temps : d’abord le soufflage de la paraison, dans le moule du modèle, puis la pose de la jambe et du pied.

Cette cloche est la mémoire du patrimoine verrier de la région. Sa forme, soufflée dans un moule d’origine, est un modèle de verre à pied dont la production a cessé. Le pied est imprimé en 3D au Cerfav Glass FabLab. Tintement, 2015, série de six cloches. Verre soufflé, impression 3D de PLA, 20 x 8 cm. Photographie : François Golfier Page de droite : La peau se souvient, l’instant (détail), 2016. Verre soufflé, dimensions variables. Photographie : François Golfier


J’ai conçu des moules qui préforment le verre avec l’empreinte d’un décor. Le verre chaud le garde en mémoire, et la forme est soufflée dans un deuxième temps. Ce motif va évoluer avec l’objet tout au long de sa

fabrication. Ce principe bouleverse l’idée qu’un ornement s’applique, ou se rapporte. J’ai poursuivi un travail sur les effets de ces décors qui sont comme des caractères génétiques de la forme à venir. La peau se souvient, l’évolution, 2016. Verre soufflé, dimensions variables. Photographie : François Golfier


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La peau se souvient, la nuance, 2016. Verre soufflé, neuf éléments de 8 x 6 cm. Photographie : François Golfier


34 Eve GEORGE LE MULTIPLE

Dans la perspective de démarrer un atelier verrier, j’ai souhaité travailler sur un produit de série dans lequel le décor et les couleurs tiennent une place primordiale. En effet, le travail formel en verre soufflé est contraint par les possibilités de la matière, et requiert un travail très répétitif dans le cas d’une production sérielle. Je me suis attachée à travailler sur un processus de fabrication ouvert à une liberté gestuelle et technique. Ce projet est la mise au point de modèles de carreaux de verre, déclinables au fil du temps. Page de droite : Carreaux de verre, 2016. Verre, éléments de 10 x 10 cm. Photographie : François Golfier


38 SOFIANE M’SADEK LUDIQUE, INTERACTION, REGARDEUR / ACTEUR

Tourner méninges, 2014, installation. Laine, bois, tourne disque, dimensions variables. X, 2010, diptyque photographique. Papier photographie. Passage, 2012, sculpture. Métal, 160 x 160 cm. Sans titre, 2013, peinture. Acrylique, gouache sur toile, 174 x 129 cm. Page de droite : Sans titre, 2015. Verre gravé, 25 x 13 cm. Photographie : François Golfier


40 SOFIANE M’SADEK LUDIQUE, INTERACTION, REGARDEUR / ACTEUR

Roue libre, 2014, installation interactive. Verre, voiture télécommandée, dimensions variables. Roue libre, 2014, film 6’. Capture 1. Roue libre, 2014, film 6’. Capture 2.


Comment permettre au regardeur de passer au statut d’acteur ? Cette question pose les bases de mon travail. L’interaction est un fondement essentiel dans la manière dont je conçois l’art. Ma recherche se place

à la frontière entre l’intime, dans les sujets traités, et le public, dans la manière dont ils sont présentés. Je m’intéresse également aux rapports entre différents matériaux et médias. Rhombi, 2012, installation interactive. Bois, carton, peinture ardoise, craie, 100 x 100 cm.


42 SOFIANE M’SADEK LUDIQUE, INTERACTION, REGARDEUR / ACTEUR

Épisodique, 2016, installation in situ. Verre, ballons de baudruche, tissu. Photographie : François Golfier


Entre réel et irréel... Les souvenirs sont présents sous forme d’images, de sensations, d’émotions. Certains d’entre eux sont gravés de manière précise dans notre mémoire, d’autres restent flous. Mais les

souvenirs façonnent l’individu. Cette installation évoque cette zone où le souvenir flotte entre l’imaginaire et le réel. Ces instants éphémères marquant notre mémoire, consciemment ou inconsciemment. Épisodique (détail). Photographie : François Golfier


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Page de gauche : Intime, 2016. Verre soufflé filigrané, 41 x 22 cm et 18 x 22 cm.Photographie : François Golfier Intime (détail)


48 raphaelle mathis SCIENCES SOCIALES

Ces vitraux, pensés et traités à la manière des tableaux grouillants de Brueghel, scènes de pillages de villages, de catastrophes ou scènes de liesse, à jamais répétées par l’Histoire au fil des siècles, mais ici, réalisés après montage de photos de presse de faits de 2015. Ainsi le tremblement de terre au Népal en Avril, les pillages de villages par Boko Haram au Nigéria en janvier, et la désolation des villes rasées dans le conflit Syrien actuel, pointent la manière dont l’individu se trouve dans la multitude, désindividualisé. Je rends compte de différentes situations modernes, et touche en premier lieu à la multitude et à l’unicité de la foule, mais aspire également plus profondément à une réflexion philosophique sur nous-même, soit sur ce que peut être une collectivité humaine, sur la conscience collective dans l’opposition et les ruptures du groupe social et politique. Je donne à voir ce qu’est un phénomène de Regards sur le monde, Conflit en Syrie, 2014-2015, série de trois vitraux au plomb. 62 x 66 cm. Regards sur le monde, Tremblement de terre au Népal. 48 x 64 cm. Regards sur le monde, Ravages de Boko Haram dans un village nigérian. 66 x 51 cm. Photographies : François Golfier.


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groupe et ses conséquences, les ravages d’une « meute » sur d’autres groupes humains. Ce thème nous incite donc à une méditation profonde sur l’âme humaine et sur la psychologie de l’individu face à son instinct grégaire. Il est ainsi à noter trop souvent dans les phénomènes de foule une régression de l’intelligence humaine, qui au niveau global de la foule, est plus guidée par ses émotions plus primaires. Il nous faut réfléchir à notre condition moderne, notre condition d’homme face à son semblable, où cette multitude grouillante rejoint paradoxalement une solitude mise à nue.


50 raphaelle mathis SCIENCES SOCIALES

Gueules Cassées, 2014-2015, série de prothèses en verre à la manière de Anna Coleman Ladd. Grisailles, montage en Tiffany, sablage, lunettes, yeux en estampage, pâtes de verre, têtes modelées en grès, dimensions variables. Photographies : François Golfier.


J’aime les visages ayant du vécu et l’histoire des Gueules Cassées m’a touchée. Le vitrail a un rôle fort dans ce travail car composer des prothèses en morceaux de verre, c’est réparer un visage « cassé » avec

des fragments. La prothèse épouse la blessure, pour ne plus faire qu’un avec elle. Elle se fait aussi fusionnante et embellissante que possible. Redonner figure humaine à un blessé, c’est le réinsérer dans la Société. Gueules Cassées, 2014-2015. Montage en Tiffany, lunettes, pâtes de verre. Photographie : François Golfier.


52 raphaelle mathis SCIENCES SOCIALES

Regards sur le monde, 2014-2015, série de trois vitraux au plomb. Émaux, grisailles et cémentations, gravure et sablage, meurtrières en bois. Page de droite : Invasion, 2016, habillage des meurtrières de l’Ancienne Batterie d’Uruffe. Vitraux au plomb, grisailles, 41,5 x 41,5 cm.


54 raphaelle mathis SCIENCES SOCIALES

Trône de la folie des Hommes, 2016. Bois, pâte de verre, vitrail au plomb, 82 x 60 x 80 cm. Photographie : François Golfier


Ce siège est l’incarnation de la fin du xixe siècle, riche de changements en France : fin de l’Empire, début de l’électricité, de la médecine, de la photographie et de la mécanisation. C’est un trône pour soigner les

fous par l’électricité, mais aussi un trône de la folie des Hommes. Phase obscure en mutation de l’Histoire, elle a tout de même nourri la psychiatrie et l’utilisation de l’électricité dans l’industrie. Trône de la folie des Hommes (détail du dossier). Photographie : François Golfier


58 Elodie michaud LIBRA

Hector, 2012. Acier, 40 x 130 x 130 cm. Rotonde, 2013. Plomb, verre, acier, bois, 30 x 22 cm. Set à pigments, flacons, molette à broyer et plateau, 2015. Verre soufflé et plein, bagues acier.


Souvent inspirée par l’architecture imaginaire, utopique ou non-bâtie, j’en extrais des détails de structure. Ces éléments rythmés composent un répertoire de formes. Ils deviennent un prétexte à l’exploration de

techniques et de matériaux, destinée à des objets géométriques. La découverte du caractère malléable du verre m’a amenée à l’exercice inverse. Travailler spontanément, sans outils, sans toucher au verre. Inventaire, 2015. Verre soufflé, acier, placage cuivre, émail, sablage, taille, 25 x 10 x 10 cm.


60 Elodie michaud LIBRA

Les prismatiques, 2016. Cristal taillÊ, dimensions variables. Photographie : François Golfier


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Croquis, recherches de formes et de couleurs, 2015. Carnet 21 x 16 cm.


62 Elodie michaud LIBRA

Les prismatiques, 2016. Cristal taillé, dimensions variables. Photographie : François Golfier Page de droite : Ce qui échappe, 2016. Verre soufflé, dimensions variables.


64 Elodie michaud LIBRA

La minutie apportée aux flacons, leurs formes régulières répondent à un besoin à la fois de contrôle et de précision. Mais aussi à celui de consacrer du temps à la réalisation d’un objet. Ces critères existent dans le travail du verre à chaud. Or, en se libérant des contraintes liées aux formes, aux outils et au savoir-faire, le verre est simplement une matière molle qui finit par se solidifier. Il peut alors figer un geste spontané, d’un mouvement, être l’indicateur d’une force invisible. Page de droite : Ce qui échappe, 2016, photographie. Photographe : François Golfier


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68 Camille naudin PARTI DES OISEAUX

Je, 2015. Verre, plomb, bois, corde, carton, tissu, 100 x 50 cm modulable. Photographie : François Golfier.


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Étude n°29, 2016. Encre sur papier, 13 x 13 cm. Étude n°20, 2016. Encre sur papier, 13 x 13 cm. Étude n°17, 2016. Encre sur papier, 13 x 13 cm. Étude n°16, 2016. Encre sur papier, 13 x 13 cm.


70 Camille naudin PARTI DES OISEAUX

Passionnée par l’art et l’histoire des arts, l’illustration, la musique, la peinture et le vitrail, je mêle aujourd’hui ces techniques pour créer des objets sensibles, inspirés par mes voyages. Dans mon travail, je cherche à mener le regardeur vers une réflexion sur la Nature et la Nature de l’Homme, le lien entre elles, et les philosophies et croyances qui en découlent. Mon univers se veut naïf, inspiré par les utopies et dystopies, espoirs de mondes parfaits ou déchus. Ces extrêmes se retrouvent dans mon travail d’illustration et dérivent dans mon utilisation du verre, élément contraint et contraignant qui offre pourtant d’infinies possibilités de par les multiples aspects que cette matière permet.

Flux n°1, 2016. Graphite sur papier, 10 x 16 cm. Étude n°2, 2016. Papier de soie et graphite sur papier, 13 x 26 cm. Études n°1, 3 et 4, 2016. Sanguine sur papier, 10 x 8 cm.


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J’aime associer divers matériaux dans mes créations, notamment le verre, le bois, le papier et le textile. Cela me permet une plus grande liberté d’expression, ainsi mes idées se projettent à travers des installations, objets et univers sonores que le spectateur pourra s’approprier et interpréter. Les souvenirs, émotions et sensations résultantes d’un passé marquant, sont essentiels dans mon processus de création. Il m’arrive alors d’intégrer ceux de mon auditoire pour créer des objets personnalisés, aussi intimes que possible afin qu’une trace matérielle devienne un vecteur sensoriel. Alors l’objet influe profondément sur l’atmosphère d’un lieu et sur la vie de ses occupants.


72 Camille naudin PARTI DES OISEAUX

Joyeux pays basque qui danse et chante, mouvants uniformes qui teintent ; le temps est loin où Guernica faisait lever vos yeux vers le ciel. « Hommes pour qui ce trésor fut chanté Hommes pour qui ce trésor fut gâché Hommes réels pour qui le désespoir, Alimente le feu dévorant de l’espoir Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l’avenir. » La victoire de Guernica, Paul Éluard


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Les carilons de Gernika - Lumo, 2016. Graphite, encre, aquarelle sur papier, 30 x 21 cm.


74 Camille naudin PARTI DES OISEAUX

Capteurs de rêves, 2016. Vitrail au plomb, grisaille, bois, dimensions variables. Photographies : François Golfier


78 Elodie schneider FIGER L’INSTANT

La lumière est un élément important dans mes projets, elle est ma source d’inspiration par les reflets qu’elle produit. J’ai associé ces jeux d’ombre avec des objets anciens, qui sont chargés d’histoire. J’ai ainsi travaillé le passé avec la loupe de dentellière, un objet oublié, parfois passé. D’une forme ronde avec un col plus étroit, elle agrandissait les ouvrages des dentellières et permettait la diffusion d’un peu de lumière, c’était une loupe d’époque. J’ai fragilisé volontairement ces pièces en les plongeant dans l’eau, créant un choc thermique et obtenant ainsi une esthétique craquelée. Ces motifs nous rendent compte de la vulnérabilité de cette pièce, elle témoigne d’un passé qui tente de se désagréger, mais perdure par son ombre fixée par le cyanotype.

Loupe de dentellière craquelée et son ombre, 2015, photographie cyanotypée. Papier cyanotype industriel, 12,8 x 18 cm. Ombre d’une loupe de dentellière à 14h30, 2015. Citrate d’ammonium ferrique, ferricyanure de potassium, papier, 22 x 29, 7 cm. Journée Type (détail), 2015. Verre soufflé, émulsion photosensible insolée, 20 x 8 cm. Photographie : François Golfier.


La cyanotypie est un procédé photographique qui permet de fixer une image par la lumière du soleil ; nous obtenons alors un négatif de l’objet. Cette technique m’a permis de fixer un grand nombre de pièces

en révélant leur ombre. Journée Type parle ainsi du temps qui passe, d’une journée cyanotypée sur un rouleau de papier. L’interaction entre le verre craquelé, le soleil et l’ombre projetée fige un instant précis. Journée Type, 2015. Citrate d’ammonium ferrique, ferricyanure de potassium, rouleau papier peint, 600 x 39 cm.


80 Elodie schneider FIGER L’INSTANT

Lumen, 2016. Verre, bougie, eau, dimensions variables. Photographie : François Golfier


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J’aime l’idée de pouvoir mettre l’esthétique du craquelé en lien avec une lumière naturelle. Lorsque l’on réalise ces effets, le résultat est toujours très aléatoire, on ne sait jamais vraiment ce que l’on va obtenir comme motif. J’ai essayé de remédier à cela en ayant une vision plus scientifique et de réfléchir à un protocole. Varier les températures, changer les liquides et observer des effets très différents pour une même technique. Mises en situation avec un éclairage naturel, les projections sont surprenantes et originales.


82 Elodie schneider FIGER L’INSTANT

Moules à kougelhopf, 2015. Verre soufflé, 20 x 17 cm. Photographie : François Golfier.


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Une région, une tradition, des plats cuisinés, la préservation d’une culture, certains de mes projets se rapportent directement à ces notions. Des objets qu’il serait simple à imaginer dans les maisons familiales, tels que le moule à kougelhopf. Le repas est un moment particulier qui se vit avec la famille, les amis, pour discuter et se souvenir. Je voudrais parler de cet instant de rassemblement, de partage. Entre service de table et nappe cyanotypée, figer ce moment, délicat et imprévisible. Pages suivantes : Mnémo-type, 2016. Verre, tissu, émulsion photosensible insolée, table, 80 x 150 x 75 cm. Photographie : François Golfier


88 FABIENNE schneider SONS ET LUMIÈRES

Avant, aux Beaux-Arts, il y avait des moulages de mains en plâtre, retravaillées et installées de manière telle qu’elles cherchaient à attraper les passants. Des dessins de corps et un film d’animation fait main, inspiré de Disney et des cartoons, avec une petite histoire de personnages mi-humains mi-animaux qui poursuivent une mouche et ne cessent de se métamorphoser. Des installations : une poubelle type benne de laquelle sortait une petite voix qui appelait : « Au secours ! Je suis tombé dans la poubelle ! ». Un projet conceptuel visant à déconstruire un texte en le classant par autant de lettres de l’alphabet qu’il contenait, en attribuant une couleur à chaque mot distinct, ce qui permettait en recherchant les couleurs similaires de reconstituer les mots.

Fuite, avec Anaïs Prevost, 2009, film 3’11. Feutre sur papier. Composition à quatre mains, 2009. Plâtre, vis, 210 x 180 cm. Freaks, 2010. Impressions sur papier, scotch, spot, tissu, enceinte, mp3, 250 x 400 x 60 cm.


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Dans une pièce sombre un rai de lumière laissait voir des images de corps reconstitués comme flottants dans l’espace, avec en fond un son indistinct, grave, englobant, faisant écho à l’obscurité, parfois ponctué de chants étranges de Freaks. Posé sur une table lumineuse, un saint suaire de papier sulfurisé laissait passer la lumière, faisant ressortir l’évocation du visage d’un christ créé par application de sauce soja puis cuisson au four. Quelques dessins animés en pâte à modeler, narrant les aventures de Bobby, personnage vivant tant bien que mal chez lui avec maladresse. Kandinsky a dit : « (…) la couleur est donc le moyen d’exercer une influence directe sur l’âme. »; « le son musical a un accès direct à l’âme. »


Le verre permet une vivacité et une richesse de couleurs. Soufflée l’une après l’autre, chaque forme représente, dans l’essai d’une traduction, une note de musique, et l’ensemble, une

mélodie, celle du morceau Avant-dernières pensées d’Erik Satie. En projet utilitaire, des gobelets rappelant le spectacle du match de boxe, et une autre paire qu’on pourrait presque enfiler. Une et trois partitions, 2015. Verre, carton plume, papier, Ipod, écouteurs, 100 x 100 cm. Photographie : François Golfier. Page de gauche : Bling, 2015. Verre, cuir, tissu, 20 x 12 cm.


92 FABIENNE schneider SONS ET LUMIÈRES

Un projet évolutif. La synesthésie (du grec syn, avec (union), et aesthesis, sensation) est un phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés. Dans Expansion finie 1 : instruments, sons et couleurs de la 5e symphonie mis en lumière, transposée d’après Beethoven, le son est dorénavant développé au niveau de sa forme, inspiré par les différents instruments symphoniques, en plus de la hauteur des notes de la mélodie traduites par les différentes couleurs de l’atelier de soufflage.


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Expansion finie 1 (dÊtail), 2016. Verre, bois, mp3, leds,enceintes, 80 x 190 x 30 cm. Photographie : François Golfier


94 FABIENNE schneider SONS ET LUMIรˆRES

Recherche pour Verre de nuit, 2016. Crayon,carnet noir. Projet pour aquarium, 2016. Crayon, carnet noir. Verre de nuit, 2016. Verre, pigments phospholuminescents, 10,5 x 6,6 cm. Photographies : Franรงois Golfier


Les objets n’existent que grâce à la lumière, sauf s’ils sont eux-même lumière. Grâce à la phosphorescence mêlée au verre, les objets deviennent utiles au petit théâtre nocturne de notre quotidien. Ils sont alors repères

dans l’obscurité, placés à sa guise où l’on a besoin de marqueurs visuels. Et, quelque part, c’est un peu de poésie qui s’immisce dans la nuit. Galets de nuit, 2016. Verre, pigments phospholuminescents, inclusions métalliques, dimensions variables. Photographie : François Golfier


98 NATACHA SOUCACHET MARINES

Marine, 2015. Verre, 11 x 20 cm. Photographie : François Golfier. Page de droite : Anémones, 2015. Feutre sur papier, 29,7 x 21 cm.


100 NATACHA SOUCACHET MARINES

Évade-toi dans l’air, habite-toi sous l’eau. Un cormoran passe, une plume s’envole. Elle dessine son mouvement à la surface d’une flaque. L’onde se diffuse. La carapace d’un crabe en porte les reflets. Il étend son ombre aux coquillages. Les algues ondulent, les anémones frémissent. Silence chatoyant, assourdissant conciliabule humide. Où es-tu ? Qui es-tu le temps de la contemplation ? Nous nous sommes oubliés.


101

Coraux, 2015. Feutre sur papier, 12 x 7 cm.


102 NATACHA SOUCACHET MARINES

Marine n°4, 2016. Verre plaqué, gravé à l’acide, 14 x 14 cm. Marine n°3, 2015. Verre sablé, 41 x 86,5 cm. Photographie : François Golfier


103


105

Page de gauche : Marine n°2, 2015. Verre sablé, 8 x 18 cm. Photographie : François Golfier Anémones, 2016. Pâte de verre, 14 x 22,8 cm. Photographie : François Golfier


Agathe Berard

6

Gabriel Feracci

16

Eve George

26

Sofiane M’Sadek

36

RaphaĂŤlle Mathis

46

berard.agathe@gmail.com

gabriel.feracci@gmail.com gabrielferacci.com

evelaurent.george@gmail.com evelaurentgeorge.com

msadeksofiane0@gmail.com msadeksofiane.wix.com/msadeksofiane

raphaelle.mathis@hotmail.fr flickr.com/photos/raphaellemathis


Élodie Michaud

56

Camille Naudin

66

Élodie Schneider

76

Fabienne Schneider

86

Natacha Soucachet

96

elodie_michaud@live.fr elodie-michaud.tumblr.com/

cami-sole@hotmail.fr

schneid.elodie@gmail.com elodieschneider.tumblr.com

fabou.schneider@gmail.com facebook.com/FabienneSchneiderGlass

natacha.soucachet@gmail.com natachasoucachet.tumblr.com


La promotion 23 des compagnons verriers européens tient sincèrement à remercier toutes les personnes qui, par leur engagement et leur travail, ont permis d’aboutir collectivement à cette exposition. Nous remercions tout particulièrement : Le Cerfav, ses formateurs et son équipe administrative. Hyaloïde, association des étudiants du Cerfav. Christophe de Lavenne, chef de projet Mission Lorraine des Métiers d’Art et correspondant Lorraine Institut National des Métiers d’Art. Le lycée Cyfflé, Remi Marguelon, chef des travaux, et l’équipe enseignante. La Cour des Bœcklin, Nadine Dornert, directrice, et Fabienne Schnitzler, accueil exposition. L’EXPOSITION MÉDIATION : Anne Pluymaekers COORDINATION : Maryline Didier MONTAGE : Anthony Vallée GUIDANTS TECHNIQUES : Ali Deli, Maryline Didier, Dominique Jamis, Olivier Léonard SUIVI DE PROJET : Philippe Garenc, Victor Rarès Malureanu,Bernard Meignan, Olivier Weber LE CATALOGUE COORDINATION : David Arnaud, Eve George GRAPHISME, MISE EN PAGE : Eve George ILLUSTRATIONS : Natacha Soucachet VIDÉO : Agathe Bérard TYPOGRAPHIES : Alegreya, Juan Pablo del Peral ; Le Colonel, Sylvain Esposito ; Satellite, Matt Yow IMPRESSION : Lycée Paul-Louis Cyfflé, métiers des industries graphiques PAPIER : Munken Print White Tous droits réservés / Toute reproduction partielle ou intégrale du texte ou des photos doit être soumise à autorisation, sous peine de poursuites.

OPÉRATION RÉALISÉE AVEC LE CONCOURS FINANCIER DU CONSEIL RÉGIONAL D’ALSACE CHAMPAGNE ARDENNE LORRAINE

Tu vois quand tu peux : exposition des Compagnons Verriers Européens promotion 23 | Cerfav  

Catalogue de l'exposition des projets de la 23ème promotion des compagnons verriers européens du Cerfav - Centre Européen de Recherches et d...

Tu vois quand tu peux : exposition des Compagnons Verriers Européens promotion 23 | Cerfav  

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