CERCLE LUXEMBOURG | 1909-2010
LES BAZARS Le Cercle accueillait depuis le début des années 1920 des manifestations de bienfaisance, des concerts, des bals, des loteries, mais aussi des bazars. De l’ouvroir national installé après la Grande Guerre, à l’Union des femmes françaises qui s’était associée à l’Œuvre des colonies de vacances, en passant par l’Œuvre Saint-Nicolas et la crèche, l’Œuvre nationale Grande-Duchesse Charlotte et le bazar de la Croix-Rouge d’aprèsguerre, ces manifestations avaient un côté humanitaire, la collecte de fonds, et un côté divertissant. C’est ce mélange qui a fait leur succès : s’amuser pour une bonne cause. Pendant la Grande Guerre, beaucoup de villages français et belges avaient été totalement détruits et leur population souffrait encore des séquelles de la guerre. Des dames se sont regroupées dans l’ouvroir national149 pour collecter des dons, des vêtements ou pour œuvrer elles-mêmes à la confection de vêtements pour les pauvres des régions dévastées. Chaque mercredi après-midi, elles se réunissaient au Cercle, gracieusement mis à leur disposition par la Ville. Les colis ont été envoyés dans les villages détruits autour de Noviant-aux-Prés en Meurthe et Moselle et à Rossignol en Belgique. Village pauvre avant la guerre, Rossignol a été incendié le 22 août 1914, 112 hommes ont été passés par les armes à Arlon, laissant à leur triste sort plus de 60 veuves et plus de 140 orphelins.
[ Les princes et princesses au bazar © Pierre Bertogne, Photothèque VdL ]
[ Les princes et princesses au bazar © Pierre Bertogne, Photothèque VdL ]
En 1922, la colonie de vacances de la Ville de Luxembourg et l’Union des femmes de France ont fait cause commune pour organiser une fête de charité dans la salle des fêtes du Cercle, elles ont mis en place une kermesse luxembourgeoise et lorraine, avec des chansons, danses, groupe de jazz, tombola et stands de vente. Les lots de la loterie comprenaient des vases de Sèvres, une peinture de Prouvé, des bijoux, etc. L’action publicitaire pour ce nouvel événement était aussi exceptionnelle que le bazar lui-même. Deux avions ont survolé la capitale et les bourgs industriels du bassin minier et ont lâché des tracts qui invitaient les habitants au bazar de charité. 150 Avec les années, le bazar prenait sa configuration unique. Le dimanche de carnaval, les enfants déguisés étaient invités à un bal masqué. Après un concours qui primait les meilleurs masques, les enfants costumés défilaient dans la grande salle. Des guignols, projections de films, jeux de pêche et magiciens divertissaient les petits masques pour le reste de l’après-midi. 151 La scène de la grande salle servait de bar-café, la salle même accueillait la tombola et la piste de danse pour les adolescents. Au foyer, des stands de tartes et sandwichs, d’articles de carnaval, de fleurs et de jouets attendaient les visiteurs. Pour l’année de la célébration