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NO . 65 p r i n t emp s / 春 2 0 13

L e m agazine de la C ha m bre de C o m m e rc e e t d ’ I n d u s t r i e F r a n ç a i s e en C h i n e 

中国法国工商会季刊

www.ccifc.org Contrôle Qualité : la mue du dragon chinois par l’artiste Thomas Witte de l’agence G2S

CONT RÔ LE

ALITÉ QU

Contrôle qualité : la mue du Dragon chinois Faire du « made in China » un atout

Spécial élections CCFIC : Entretien avec le nouveau président Olivier Guibert et présentation du nouveau bureau national


Editorial

卷首语 Le contrôle qualité : un enjeu stratégique

Annick de Kermadec-Bentzmann Présidente d’Honneur de la CCIFC

甘安懿 中法工商会名誉会长

质量控制:一个战略性的挑战 由于世界经济,尤其是欧洲经济陷入困 境,作为中国第一大经济伙伴的欧盟与中国双 边贸易额在2013年第一季度下降1.9%,虽然如 此,人们仍有一个共识:中国对外贸易在2013 年会保持增长,并确认了预期的8 %的年增长 率。截至3月底中国出口总额为18 21.9亿美元, 与去年同期相比上升10%,然而进口却增加了 14.1%,为18 30.7亿美元。这一现象印证了内需 的活跃以及对外贸易将在第二季度恢复增长。 的确,主要依赖基础建设投资的经济增长 模式正逐渐转向由内需来拉动。据统计,中国有 13个千万人口城市,8 8 个500万以上人口城市, 以及335个百万人口城市。至2020年,年收入为 11730美元的中产阶层人口将从2010年的1.41亿 增加到2020年的4亿。总之,中国会变成一个由 需求来决定而不再仅仅取决于供给的市场。 在生产领域,经济增长长期依靠低生产成 本和低汇率,中国正逐步失去这两个杠杆的优 势,因此必须依靠基于创新、品质和高生产率的 产品档次的提升。这也是为什么无论对于中国 企业还是在中国的外国生产企业,质量控制已 成为一个战略方针。 中国法国工商会适应中国经济的这种变 化,面向希望进入中国市场和已经进入中国市 场(其中大部分是我们的会员)的法国企业, 不断调整自己的服务。我们开发了一些新服务 项目,例如签证快速通道、法中企业沙龙,以 及最近成立的农业委员会;我们还将组织一 次调查,以了解你们的需求和建议。你们的需 求是我们的战略中心,像所有企业一样,我们 有义务确保对我们的服务进行“质量控制”。 3月21日的会员代表大会选举出了新一届的 理事会成员及新的领导班子,包括会长欧计先 生(Olivier Guibert, Thales北亚区总裁)和财务 总监劳拉先生(Christophe Lauras, Sofitel华南 区总经理)。我们将团结一致,以保护在华法国 企业的共同利益。 20多年前我参与创建了中国法国工商会, 我对她有着深厚的感情。现在,我将她的命运 交给新一任会长和理事会。我坚信,我们完全 有能力帮助我们的企业与中国同步发展。

En dépit d’une conjoncture mondiale difficile et en particulier en Europe - premier partenaire économique de la Chine avec lequel la balance commerciale s’est creusée de 1,9 % au premier trimestre 2013 -, il y a malgré tout un consensus sur l’accroissement des échanges commerciaux de la Chine sur l’année 2013 et la confirmation d’une prévision d’une croissance annuelle de 8 %. Les exportations atteignant 182,19 milliards de dollars ont augmenté de 10 % à fin mars par rapport à la même période l’année dernière alors que les importations ont augmenté de 14,1 % atteignant 183,07 milliards de dollars. Cela confirme le dynamisme de la demande intérieure et l’hypothèse d’une reprise de la croissance à partir du second trimestre. La croissance qui reposait jusque-là essentiellement sur les investissements dans les infrastructures est peu à peu tirée par la demande intérieure. Les statistiques montrent en effet que la Chine compte 13 villes ayant une population de 10 millions, 88 villes ayant une population supérieure à 5 millions et 335 villes ayant une population supérieure à 1 million. La classe moyenne, avec un revenu annuel de 11 730 dollars, va croître de 141 millions en 2010 à 400 millions en 2020. En somme, la Chine devient un marché déterminé par la demande et plus seulement par l’offre. En matière de production, la Chine qui a longtemps appuyé sa croissance sur la faiblesse de ses coûts de fabrication et la sous-évaluation de sa devise est en train de perdre en compétitivité sur ces deux leviers et doit compenser par une montée en gamme de ses produits reposant sur l’innovation et la qualité de fabrication, ainsi que sur une meilleure productivité. C’est pourquoi le contrôle qualité devient un enjeu stratégique tant pour les entreprises chinoises que pour les entreprises étrangères qui produisent en Chine. La CCIFC s’adapte à cette mutation de l’économie chinoise et ajuste en permanence ses services pour les entreprises françaises qui souhaitent entrer sur le marché chinois et pour celles qui sont déjà implantées et dont la plupart sont nos membres. Nous développons de nouveaux services comme les visas Fast Track, le Club Réseaux Chine, ou plus récemment le comité sectoriel agricole et nous avons l’intention de lancer une enquête pour recueillir vos attentes et vos suggestions d’amélioration. En effet, nous plaçons au cœur de notre stratégie vos besoins et comme toute entreprise nous avons le devoir d’assurer le « contrôle qualité » de nos prestations. Avec son nouveau bureau validé en assemblée générale le 21 mars et un nouvel exécutif dont le président est Olivier Guibert, président de Thales Asie du Nord, et le trésorier, Christophe Lauras, directeur général Sofitel Sud Chine, nous nous sommes donnés les moyens de poursuivre cette ambition de nous unir pour défendre ensemble nos intérêts. Je laisse avec beaucoup d’émotion aux mains du nouveau président et du bureau national la destinée de la CCIFC que j’ai contribuée à créer il y a maintenant plus de vingt ans et je suis convaincue que nous saurons aider les entreprises françaises à suivre au mieux les évolutions de la Chine.

printemps 2013 / Connexions 3


Comité de Patronage

特别支持委员会

Le magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine 中国法国工商会季刊 Numéro 65, printemps 2013

Direction de la publication Manuel Deleers & Marion Sardou Rédacteur en chef Pierre Tiessen, avec Madeleine Barbier Graphiste Xie Bin Ont collaboré à ce numéro : Raphaël Balenieri, Renaud de Spens, Nicolas Sridi, Gaël Bernard, Françoise Blévot, Fu Wei. Comité de relecture : Commission Communication de la CCIFC Couverture Contrôle Qualité : la mue du dragon chinois par l’artiste Thomas Witte de l’agence G2S Publicité Pékin : Frédérique Belloy belloy.frederique@ccifc.org Paulo Qi qi.paulo@ccifc.org Shanghai & Chine du Sud : Séverine Clément clement.severine@ccifc.org Connexions est édité par la CCIFC C/O UCCIFE 46 Av. de la Grande Armée. CS50071 75858 PARIS Cedex 17 Tél. +(33)1 40 69 37 60 Imprimé par Beijing Haoxin Advertisement Co., Ltd. 北京昊鑫广告制作有限公司 « Dépôt légal » : avril 2011 Numéro ISSN : 2116-3707 Toute reproduction même partielle des textes et documents parus dans ce numéro est soumise à l’autorisation préalable de la rédaction. La CCIFC décline toute responsabilité quant aux documents qui lui auraient été fournis, ou aux erreurs qui auraient pu échapper à son attention. Les propos tenus dans les articles n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

www.ccifc.org

4 Connexions / printemps 2013


L’entretien

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Une des medias

© DR

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© Imagine China

14

Assemblée Générale de la CCIFC

© Imagine China

08

L’actualité business Chine

© CCIFC

16

Dossier Faire du « made in China » un atout

2013年春 第65期

6 5 pri n t emp s 201 3 

© Imagine China

no

Sommaire L’actualité business Chine 中国商务资讯 Actualité économique et financière 

Produire en Chine, 8

quel (bon) contrôle qualité ?

36

Entretien avec Olivier Guibert, président de la CCIFC12

« Il faut tout contrôler »

37

Élections et Assemblée Générale de la CCIFC 

Les contrôles de qualité en Chine sont-ils vraiment

14

efficaces ? 

Dossier 专栏

40

Le marché de destination détermine

Avant-propos : Faire du « made in China » un atout

16

前言:让“中国制造”成为制胜法宝

16

Introduction : La mue du Dragon20 Le « made in China » nouveau label de qualité ?

24

Un nouveau grand bond en avant ? 

25

les normes de qualité 

42

Les effets sur la qualité du « made in China »

45

« Chine : un pays où la contrefaçon est encore omniprésente » 

46

ABÉCÉDAIRE : Contrôle qualité 

48

« En Chine, on peut tout produire…

L’actualité de la Chambre 商会简讯

à tout niveau de qualité »27

L’actualité membres 

50

« Les normes en Chine suivent les standards

L’actualité CCIFC 

57

internationaux »28

L’actualité des antennes 

58

Mane : « Certaines contraintes sont plus strictes qu’en Europe »31

Magazine 杂谈 

Écarter tout fournisseur suspect 

Photographie 

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Une des medias 

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Livres 

70

32

Sécurité alimentaire : La « malbouffe » made in China

6 Connexions / printemps 2013

34


En chiffres

875 yuans

Prix d’un billet deuxième classe dans le nouveau TGV Pékin-Canton, inauguré en décembre dernier. D’une longueur de 2 298 km et s’arrêtant dans 35 gares à travers six provinces, cette nouvelle ligne à grande vitesse, qui circulera à plus de 300 km/h, est désormais la plus longue du monde.

10 000 yuans D’après les résultats d’un appel à témoignages, diffusé sur le web chinois en 2012, il faut au moins un salaire mensuel équivalent à 10 000 yuans pour vivre normalement dans les mégapoles de la côte-est, et environ 8 000 yuans dans les villes dites de second rang (Suzhou, Wenzhou, etc.). Des niveaux de rémunération qui prennent en compte, outre les frais de vie au quotidien, d’éventuels remboursements d’emprunts pour un foyer (achat d’un appartement, d’une voiture, etc.), une épargne-retraite et une bonne assurance santé.

2050 milliards de dollars Volume des exportations chinoises en 2012 (+48,1 % sur un an !). Les importations en Chine sur l’année écoulée s’élèvent à 1 820 milliards de dollars. L’excédent commercial de la deuxième puissance économique mondiale atteint donc pour 2012, 231,1 milliards de dollars.

8 Connexions / printemps 2013

中国商务资讯

Bruxelles – Pékin, à couteaux tirés ? Le Quotidien du Peuple a récemment proposé dans ses colonnes une rétrospective des relations commerciales sino-européennes en 2012. La relation commerciale ChineEurope serait alors, de l’avis de l’organe historique du PCC, « à un moment critique » alors que Bruxelles imposait en novembre dernier au dragon d’Asie des droits de douane allant jusqu’à 58,8 % (contre 17,5 % jusqu’alors) sur une cinquantaine d’articles en porcelaine et en faïence « made in China ». Ces mesures, qualifiées par le journal de  « protectionnistes », sont un « frein au renforcement des relations {bilatérales} ». Faut-il entendre cette analyse comme une menace ? Déjà, de nombreux entrepreneurs européens en Chine redoutent des mesures de rétorsion que décideraient les autorités centrales. Car si le climat

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L’actualité business Chine

se dégrade, Pékin « serait capable de déclencher une guerre commerciale qui pourrait les viser directement », estimait déjà fin 2012 l’hebdomadaire français Challenges. Une telle situation pourrait en effet « avoir des effets sensibles pour certaines filières qui pèsent lourd en Chine, comme l’automobile ou le secteur énergétique ». À suivre.

ILS ONT DIT...

« La Chine est actuellement notre deuxième marché. Elle va devenir le premier, j’en suis persuadé. » Tim Cook, PDG d’Apple qui a déclaré en janvier au portail d’informations sina.com que sa société prévoyait d’ouvrir au total plus 25 Apple Store dans le pays, contre 11 actuellement en Chine continentale et à Hong Kong.

« La pollution s’aggrave en Chine. Si nous continuons avec ce mode de développement sans l’ajuster, les dommages à long terme seront graves. » Journaliste de la CCTV, le télévision chinoise dÉtat alors que la densité de particules de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5) - les plus dangereuses - a dépassé en janvier dans certaines zones de Pékin un seuil de 993 microgrammes par mètre cube.

« L’économie mondiale est de plus en plus tirée par la Chine. Les pays qui ont accru leur présence en Chine ont fait mieux que les autres. Les pays occidentaux, victime de dissensions internes, n’ont pas réussi à saisir cette opportunité. » D’après un récent rapport, cité par le journal Les Échos, de la banque HSBC ; rapport qui indique que des liens étroits avec la Chine représentent la condition nécessaire de toute croissance économique, qui se détourne de plus en plus des États-Unis et de l’Europe. « Le vieux monde, dominé par l’Europe, les États-Unis et le Japon, se transforme rapidement en un nouveau monde emmené par la Chine », poursuit la banque.


WHO’S WHO

En chiffres

Zong Qinghou, 67 ans

143,82 %

Le célèbre fondateur et dirigeant du groupe Wahaha (entreprise leader dans la boisson en Chine) est, d’après la revue Hurun Report (le Forbes chinois) l’homme le plus riche du pays. Il pèse – lui et sa famille – quelque 12,6 milliards de dollars. En 2012, la Chine comptait 113 milliardaires en dollars contre 146 l’année précédente. La fortune cumulée des 100 Chinois les plus riches atteindrait plus de 220 milliards de dollars.

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+

TOURISME

La Chine toujours derrière la France Un petit cocorico… L’Hexagone devrait rester le pays le plus visité au monde (ils étaient 81,4 millions en 2011) mais la Chine – là encore – monte ! D’après l’administration chinoise du tourisme, quelque 57,4 millions d’étrangers ont séjourné (au moins plus d’une nuit) en Chine l’année dernière

– ils étaient 55,6 millions en 2010. Les recettes du tourisme devraient, selon la même administration, dépasser 2,570 milliards de yuans (407,94 milliards de dollars) en 2012, en hausse de 14 % en base annuelle. L’objectif de recettes cette année est fixé 2,850 milliards de yuans.

La corruption, l’épine de la Chine On sait que les bakchichs en tous genres accordés à ses fonctionnaires et membres du Parti ont coûté à la Chine près de mille milliards de yuans en 20 ans. Le mal perdure puisque l’empire reste – au terme d’une année 2012 marquée par plusieurs scandales qui ont éclaboussé certains des plus hauts cadres du régime (Bo Xilai mais aussi la famille de Wen Jiabao, d’après le New-York Times) – classé 80 sur 178 des pays les plus corrompus au monde selon Transparency

International. « Ce qui tout de même est mieux que d’autres (dont la Russie, classée 133e) », plaidait récemment Hu Xingdou, professeur de l’institut de technologie à Pékin devant les journalistes de la chaîne qatarie Al-Jazira. Il n’empêche, la corruption est véritablement le « cancer » du pays qu’il faut combattre, notamment – pense le même universitaire – en libérant la parole des journalistes chinois, qui souvent pratiquent l’autocensure sur ce genre de questions.

2013, Le rebond ? L’économie chinoise, après deux années difficile, pourrait profiter en cette année du serpent d’eau d’une accélération provoquée par la consommation. Plusieurs études tablent en effet sur un rebond de la hausse du PIB pour cette année compris 8 % et 8,5 % (contre 7,7 % en 2012). Des perspectives rassurantes pour le nouveau tandem de l’exécutif. Le maintien d’une croissance élevée reste en effet

un impératif pour le régime dont la légitimité dépend largement du développement économique du pays. Une chose est sûre indiquait récemment l’AFP, avec la crise en Europe et la fragilité de la reprise aux États-Unis, « la Chine peut de moins en moins compter sur ses exportations, qui n’ont progressé que de 7,9 % l’an

Augmentation de la consommation de vin (tranquilles et effervescents) en Chine depuis 2007, d’après Vinexpo. Le pays a consommé près de 1,9 milliard de bouteilles en 2011 et se classe au 5e rang mondial, derrière l’Allemagne, l’Italie, la France et les ÉtatsUnis. D’ici à 2016, la Chine devrait augmenter de 40 % sa consommation et devenir dans le même le sixième pays producteur mondial de vin.

TÉLEX § Les ventes de véhicules neufs ont augmenté de 4,3 % en Chine sur l’ensemble de 2012, deuxième année consécutive d’une croissance à un chiffre du marché automobile, selon l’Association chinoise des fabricants d’automobiles. § Les réserves de change de la Chine, les plus importantes au monde, ont atteint fin décembre le montant record de 3,310 milliards de dollars, selon la banque centrale de Chine. § Les nouveaux prêts chinois libellés en yuans ont atteint 8,200 millards de yuans (1,300 milliard de dollars) en 2012, en hausse de 732 milliards de yuans en glissement annuel, d’après l’agence officielle Xinhua. § La Chine à l’Irena. Le plus grand pollueur de la planète a fait son entrée en janvier à l’agence internationale des énergies renouvelables, créée en 2011. § En janvier 2013, la Chine comptait 564 millions d’internautes (+ 51 millions sur un an), selon le China Internet Network Information Center.

dernier, contre encore 20,3 % en 2011 ». printemps 2013 / Connexions 9


L’actualité business Chine

中国商务资讯

La presse chinoise en parle !

Baidu, en mauvaise posture reposé sur le confortable « 80 % de parts de marché des recherches sur Internet ». Tous ses produits à succès étaient basés sur l’important nombre de requêtes et cela a provoqué sa paresse inventive. »
Pour redresser la barre, Baidu investit dans le cloud computing. L’hebdomadaire du sud prévient d’ailleurs que le moteur de recherché « a intérêt à se débarrasser de sa dépendance vis-à-vis de ses activités traditionnelles, pour conquérir sa part du marché de l’Internet sur Smartphone, à moins qu’elle ne veuille devenir comme Yahoo ! »

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Le « Google chinois » a raté le passage à l’Internet sur téléphone portable, et en paie aujourd’hui le prix, rappelait il y a quelques mois l’hebdomadaire Nanfang Zhoumo. Et de préciser : « L’entreprise a gagné beaucoup d’argent ces dernières années, mais avec la montée en puissance rapide de l’Internet sur téléphone portable, son avantage traditionnel a faibli. La prudence extrême et le conservatisme ont longtemps été l’apanage de Baidu, où seuls les produits approuvés par les dirigeants pouvaient être développés. Beaucoup de produits expérimentaux ou innovants ont été laissés au placard. (...) Baidu s’est

Coups de pouce à l’automobile « made in China » duction flambant neuve à Changsha, dans le Henan. Geely Automobile (constructeur du Zhejiang, propriétaire de Volvo) devrait quand à lui s’étendre à Baoji, dans le Shaanxi. Et à chaque fois, notent de nombreux experts du secteur, les autorités locales leurs accordent des rabais fiscaux (avec, par ailleurs, mise à disposition de locaux à prix cassés) non négligeables et facilitent l’achat – dans le cadre de commandes publiques – de tel ou tel modèle produit localement.

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Alors que l’empire pourrait devenir le premier fabricant mondial de véhicules (20 millions attendus en 2013 contre 18 millions en « grande Europe », inclut la Russie et la Turquie), les gouvernements locaux chinois font tout pour attirer à eux les investissements automobiles. Ainsi, expliquait en début d’année la presse chinoise, la Mongolie Intérieure s’apprête à accueillir une nouvelle usine de la JV Faw Volkswagen à Hohhot, tandis que l’autre JV sinoallemande Shanghai Volkswagen pourrait installer prochainement une unité de pro-

La Chine a (de plus en plus) soif d’or noir Une Chine bientôt chauffée au solaire ? Il va falloir attendre. De fait, le mix énergétique chinois (qui privilégie largement le charbon) ne bouge pas ou peu mais la demande en pétrole ne fait qu’augmenter. La Chine reste le deuxième consommateur mondial d’or noir. Conséquence : les importations de pétrole brut en 2012 en Chine, ont augmenté de 6,8 % pour un total de 271 millions de tonnes. D’après certains analystes, selon l’agence officielle Xinhua, le pays dépendra davantage des importations de pétrole brut au cours des

10 Connexions / printemps 2013

prochaines années, étant toujours dans une phase d’urbanisation et d’industrialisation rapides. Pour cette année, ces mêmes importations pourraient atteindre 285 millions de tonnes en 2013, avec un taux de dépendance au pétrole importé dépassant les 60 %, d’après Cheng Ruifeng, analyste de Oilgas.com, cité par Xinhua. A noter qu’ avec 50 milliards d’euros et une hausse de 20 % en 2012, la Chine est également le champion du monde des investissements dans les énergies vertes.

L’Actualité Business Chine est réalisée en partenariat avec le magazine Chine Plus. www.chine-plus.com


L’actualité business Chine

中国商务资讯

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L’ENTRETIEN

Quelles ambitions pour la CCIFC ? Olivier Guibert, en charge de l’Asie du Nord chez Thales, a été élu le 2 avril président de la Chambre de Commerce et d’Industrie française en Chine pour un mandat de deux ans. Rencontre. Vous venez d’accéder à la présidence de la Chambre de Commerce et d’Industrie française en Chine (CCIFC). Félicitations ! Pour mieux vous connaître, pouvez-vous nous résumer votre parcours ? Olivier Guibert : Je vis dans un contexte international depuis mon enfance, je me perçois comme un expatrié dans l’âme ! J’ai 25 ans d’expérience à l’international dans les domaines de l’informatique et des hautes technologies, et je travaille chez Thales depuis près de 20 ans. Recherchant depuis toujours une expérience à l’étranger, je rejoins Singapour en 2000 en tant que directeur général de la filiale régionale de Sextant Avionique, tout en assurant la responsabilité de la filiale chinoise basée à Pékin. Après 7 années passées à Singapour, où j’ai commencé à apprendre le chinois dans l’optique de m’installer en Chine, je pars finalement pour Pékin afin de prendre la responsa12 Connexions / printemps 2013

bilité de l’Asie du Nord pour le Groupe Thales. Je suis depuis 4 ans en Chine, un pays parfois compliqué mais incontournable, et qui occupe une place clé dans la stratégie de tous les grands groupes. Avec ma casquette de patron de multinationale, je me sens une responsabilité morale vis-à-vis des entreprises françaises. C’est sûrement ce qui m’a poussé à me présenter au poste de président de la CCIFC. Côté tempérament, je suis un manager plutôt opérationnel, qui n’apprécie pas trop la monotonie et préfère les challenges – et il y en a en Chine ! En bref, plutôt quelqu’un d’orienté vers les résultats. C. : Quels sont, selon vous, les grandes missions de la CCIFC ? O. G. : À mes yeux, la vocation d’une Chambre de Commerce et d’Industrie française à l’étranger, c’est avant tout l’animation de la communauté d’affaires française, ce rôle de lien social entre toutes les entreprises françaises implantées dans un

même pays. La CCIFC a vocation à être la principale plateforme de networking pour les hommes et femmes d’affaires français en Chine, en leur offrant un large éventail de services (RH, domiciliation), en multipliant tout au long de l’année les opportunités de mise en réseau, en partageant les informations et les meilleures pratiques, en initiant des projets et des partenariats qui soient structurants et durables. Car le rôle de la CCIFC, c’est également de proposer une gamme complète de produits sur-mesure permettant d’accompagner les entreprises françaises à chaque phase de leur projet de développement en Chine. Il est essentiel que tous les membres, PME ou grands groupes, trouvent leur compte dans les services offerts par la CCIFC. C. : Quels grands chantiers comptezvous lancer pendant votre mandat de deux ans ? O. G. : Je voudrais tout d’abord saluer l’important travail de modernisation des


services de la CCIFC qui a été réalisé pendant la précédente mandature et le dynamisme des 45 permanents de la Chambre. En ligne avec l’équipe précédente, je souhaite agir pour une meilleure représentativité de la communauté d’affaires française. Il faut faire en sorte que les chefs d’entreprises se rencontrent  et échangent leurs expériences de manière peut-être plus informelle que nous ne le faisons actuellement, dans le souci toujours de satisfaire les attentes et besoins des membres. Mon souhait est de maximiser les concepts et idées qui marchent dans les différentes antennes et de les déployer au niveau national. Je pense notamment aux Clubs (forums d’échanges et de discussions sur invitation des membres) qui existent aujourd’hui uniquement à Shanghai et Shenzhen, et qui à mes yeux font partie de ces bonnes initiatives qu’il faut mettre en place dans tout le pays. Dans le souci de représenter au mieux les intérêts économiques et commerciaux français en Chine, je souhaite renforcer la communication interne (multiplication des rencontres entre les permanents

et élus) mais aussi externe de la CCIFC en intensifiant les échanges avec tous les acteurs du tissu économique français en Chine. À cet égard, mon ambition pendant ce mandat de deux ans va être de développer et maximiser les synergies avec les différentes institutions françaises : l’ambassade de France en Chine, Ubifrance, les CCE, la Jeune Chambre, la CCIP et toutes les représentations régionales ; mais aussi avec les autres Chambres étrangères en Chine. Je souhaite également favoriser les échanges avec les entreprises et la communauté chinoises et en particuliers représenter les intérêts des entreprises françaises en initiant des actions de lobbying auprès des autorités chinoises. C’est notamment l’esprit du « Réseaux Chine », une excellente initiative qui permet de faire rencontrer au plus haut niveau les dirigeants de grandes entreprises chinoises et ceux des sociétés du Comité de patronage de la CCIFC. C. : Quel rôle doit jouer la CCIFC pour les PME ? O. G. : Il faut savoir que les PME/PMI représentent 45 % des membres de la

CCIFC ! Elles doivent donc tenir une place de choix dans les préoccupations de la CCIFC, qui doit - à leur égard - jouer le rôle de soutien en organisant notamment des conférences, des petits-déjeuners à thème, et des groupes de travail (échanges de bonnes pratiques sur les ressources humaines ou les finances par exemple). Je suis conscient que développer ses exportations ou investir en Chine reste difficile pour les PME, il semble essentiel que la CCIFC accompagne les PME qui souhaitent se développer sur le territoire chinois en étant à l’écoute de leurs demandes à chaque étape de leur projet en Chine. La CCIFC doit pouvoir offrir, et offre déjà, une large palette de services sur mesure pour coller au mieux aux attentes des PME, depuis les études de marché jusqu’au développement commercial. La CCIFC doit jouer un rôle de conseiller, être un vecteur de partage des retours d’expériences entre les différentes PME et de mise en relation. L’accompagnement des entreprises doit être au cœur de notre action !



•

Propos recueillis par Marion Sardou

printemps 2013 / Connexions 13


L’actualité business Chine

中国商务资讯

Élections et Assemblée Générale de la CCIFC : Au mois de mars se sont tenues les élections primaires des bureaux de Pékin, Shanghai et Chine du Sud de la CCIFC au cours desquelles les membres du nouveau bureau national ont été élus pour un mandat de deux ans : Bureau de Pékin Cédric  BARRIER Pharos Education   Marc CHERRIER Accor   Bruno GENSBURGER Sanofi   Raphaël  GOUE Europraxis Consulting   Olivier  GUIBERT Thales   Victor HUANG France Telecom China & Orange Labs Beijing   François  ISSARD Total China Investment   Fabien  JOLY de BRESILLON Bureau Veritas    Frédéric  KLEIN Carrefour   Thierry  LABARRE Mazars   Alexandre LEVY ChinExpansion   Alina  QUACH Asiallians Avocats   Bureau de Shanghai Annick de KERMADEC BENTZMANN BNP Paribas Benjamin BILTERYST Orfèvrerie Christofle Eric BORNE Imerys

Yann CHEN Mersen Gilles COLLIN PCS Frédérik CORNU Bureau Veritas Olivier DUBUIS UGGC Avocats Bruno GAFFIER Moria Emmanuel GROS B&A Camille de GUILLEBON Ernst & Young Vincent LELAY Accor Isabelle ROLLET Rhodia China, Group Solvay Bureau de Chine du Sud Vincent GIUGE Cornucopia Ice Cream Master Nicolas GUIBERT Capsa Vaizoue HUYNH Plusevents Consulting Christophe LAURAS Accor, Sofitel Canton Joel PUJOL Orest Zheng Sheng YEH Cegid Sotware

14 Connexions / printemps 2013

© CCIFC

Président :
 Olivier GUIBERT - Président Thales Asie du nord
 Trésorier National :
 Christophe LAURAS -  Directeur Régional Chine du Sud, Groupe Sofitel
 Directoire :
 Olivier GUIBERT - Président
 Olivier DUBUIS - Vice-Président Shanghai
 Joel PUJOL - Vice-Président Canton
 Vice-Présidents locaux :
 • Canton
Joel PUJOL - Orest 
 • Pékin
Bruno GENSBURGER - Sanofi 
 Alexandre LEVY - Chinexpansion 
 • Shanghai
Olivier DUBUIS - UGGC Avocats 
 Emmanuel GROS - B&A 
 Trésoriers locaux :
 • Canton
Christophe LAURAS - Sofitel
 • Pékin
Thierry LABARRE - Mazars 
 • Shanghai
Bruno GAFFIER - Moria 
 Présidence d'Honneur : Mme Annick de KERMADEC-BENTZMANN, Présidente sortante,
 a été élue Présidente d’Honneur.

© CCIFC

C’est au cours de l’Assemblée Générale de la CCIFC organisée le 21 mars, que les membres ont été invités à valider l’élection du nouveau bureau national et approuver les comptes 2012. L’assemblée qui a eu lieu au Sofitel Wanda, s’est clôturée par un cocktail en présence de M. Jean Leviol, ministre conseiller pour les affaires économiques et commerciales de l'Ambassade de France en Chine, Mme Annick de Kermadec-Bentzmann et M. Manuel Deleers, respectivement présidente et directeur général de la CCIFC. Les élus du nouveau bureau national validé en assemblée générale se sont par la suite réunis le mardi 2 avril 2013 pour élire parmi leurs membres l’organe exécutif :


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Dossier

专栏

Avant propos

Faire du « made in China » un atout

«  L’eldorado chinois  », «  l’usine du monde »… Formules devenues clichées ? Peut-être. Plus de 10 ans après son entrée à l’OMC, l’empire d’Asie – même s’il continue à attirer de très nombreux investissements étrangers (111,72 milliards de dollars en 2012, -3,7 % par rapport à l’année précédente) – n’est plus tout à fait un marché émergent dans lequel tout est produit à bas prix, sans aucun respect des normes et standards internationaux. La deuxième puissance mondiale cherche désormais – et il est grand temps – à monter en gamme (voir pages suivantes), à s’imposer comme une référence en termes de

16 Connexions / printemps 2013

qualité de production, de fiabilité et de traçabilité. Li Keqiang l’a encore rappelé en mars dès son accession au poste de Premier ministre. Le nouveau gouvernement « doit inspecter et punir les produits contrefaits et de mauvaise qualité », a-t-il ainsi insisté, en pointant du doigt le secteur agroalimentaire, particulièrement critique (voir notre revue de presse page 34). Le « made in China », futur label de qualité ? La plupart des importateurs (et avec eux, de nombreux industriels qui vendent pour le marché chinois) veulent y croire. Même si, reconnaissent-ils, il est encore difficile d’éviter de nombreux pièges

dans un pays qui compte des millions de contrefacteurs et de fournisseurs plus ou moins fiables. Bien choisir son partenaire et ses sous-traitants (visiter les usines, effectuer un bon audit interne, vérifier les carnets de commandes, etc., comme le détaille Sébastien Breteau, PDG de Asia Inspection, page 42) reste en effet une étape essentielle dans le parcours de production en Chine. C’est donc à cette question fondamentale du contrôle qualité, qui concerne tout industriel (de la PME aux grands groupes) ayant des intérêts sur la Chine, que Connexions consacre son dossier.  Pierre Tiessen, rédacteur en chef


© Imagine China

Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝

前言 品的新兴市场。作为世界第二大经济体,

认,在这样一个拥有数百万假货制造者

中国正努力 — 的确是时候了 — 提

和较为可信的供货商的国家依然难以避

升自我(请看下文)并强制自己在产品

免各种陷阱。用心挑选合作商和分包商

品质、信誉和安全方面树起良好形象。

(参观工厂、做好内部审计、核查订单,

李克强在今年3月份当选总理后即重申

等等,请看本期第42页,Asia Inspection

“中国乐园”,“世界工厂”......

该问题,他强调:新一届政府必须“监

总裁Sébastien Breteau先生详解)在中

此类用语是否已经过时了呢?或许。自

管和惩处假冒伪劣产品”,特指饱受诟

国仍旧是生产流程上的一个重要步骤。

加入世贸十多年来,亚洲强国中国即使

病的农业食品行业(请看本期第34页)

这正是本期《联结》专栏所探讨的关于

依然继续吸引着大量外国投资(2012年

“中国制造”会贴上质量标签吗?大多

质量控制这样一个基本问题,它涉及与中

为1117.2亿美元,比前年下降3.7%),但

数进口商(以及众多向中国市场推销产品

国利益相关的各种企业(从中小企业到

早已不是那个无视国际标准只生产廉价

的企业家们)希望自己相信,虽然他们承

大集团)。 

让“中国制造”成为 制胜法宝

主编:石磊

printemps 2013 / Connexions 17


Dossier

专栏

让“中国制造” 成为制胜法宝

准也有所不同,但总的来说,目的国的 市场规范起到了决定性的作用。总的 来讲,中国出口产品的淘汰率在28%, 但是东西部有较大差异,已经工业化 的东部沿海地区的产品淘汰率只有1215%,而刚刚起步的西部则高达35%。

《中国制造》既是一个历史现象,

(Fabien Joly de Brésillon)认为,由于

在改革开放初期为中国经济起步起到

出口是中国经济发展的三驾马车之一,

了巨大的推动作用,也是一个并不光彩

中国政府对出口产品的质量问题会给

的标签:多年来,质量问题引发的新闻

出口带来的打击有着清醒的认识,希望

屡见不鲜,在外国消费者的眼里, 《中

通过监管部门的改革和标准的更新升

国制造》几乎成为质量问题的代名词。

级,加强质量监督的力度。更放开一步

推出了一个非检平台,来回应中非贸易

《中国制造》积重难返,改变现状迫在

来讲,产品质量问题不仅存在于出口市

增长过程中对质检业务的新的需求。

眉睫。

场,也存在于中国国内市场,涉及民生

虽然《中国制造》的成本不断增 加,质量问题层出不穷,然而数据表 明,中国的世界工厂的地位还是无人可 以撼动,也带动亚检的业务快速增长, 例如由于中非贸易的发展,亚检已经

随着经济建设的继续发展,各行

问题,甚至被提到了维稳的高度,因此

《中国制造无所不能,但是质量等

各业日新月异,社会环境发生了巨大变

成为现阶段体制改革的重中之重。作为

级千差万别》

化,中国外经贸也有了长足的进步,这

2013两会大部制改革的重头戏,新成

2012年一位名叫Marie的小姑娘因

个时候,再对《中国制造》的现状做一

立的国家食品药品监督管理总局,自从

为试穿一条中国制造的裙子,出现了严

次梳理,总结法国企业现在购买《中国

3月22日挂牌那一天起,就吸引了公众

重的过敏反应,住进了医院......欧洲

制造》有哪些有利和不利的因素,对于

关注的目光。

民众对这条新闻依然记忆犹新, 《中

帮助法国企业在华发展,有着重要的 现实意义。

此外,中国企业吸收外国发展的先 进经验的能力非常强,以华为和中兴为

国制造》想要实现升级,要走的路还 很长。

一个不争的事实是, 《中国制造》

例,2000年他们还是电信行业低成本

纺织品行业与民众的日常生活和

的档次在提升,由于中国供应商立足更

的低端产品制造商,现在成为欧洲电

切身利益息息相关,通过特派记者

高,着眼更为长远的发展,无论是在设

信市场某些技术领域的领军人物。中国

Raphaël Belenieri对纺织品行业所做

备的投入,还是在人员的培训上都投

商用飞机有限责任公司联手行业尖端

的特写,中国制造现在的性价比考量

入了更多的资金,体现了中国经济在最

技术精英的魄力也令人刮目相看。他们

和质检面临的挑战就更容易理解了:

初摸石头过河阶段后,正在逐步接受

的发展模式为《中国制造》开创了新的

一方面,成本优势和人口红利,特别是

国际通行的质量和管理理念。但是必

前景。

中西部开发带来的新的劳动力资源,

须要清醒的认识到,在以出口为导向的

使得外国公司进一步向中国转移生

经济发展模式下, 《中国制造》的质量

《目的国的市场规范起决定性的作

产;另一方面,目的国的产品标准每年

距离国际和出口目的国的要求还有差

用》

都在发生变化,禁止使用的化学品名

距。

亚检产品质量检验有限公司的

录变得越来越长,使得质检工作变得

中国的质量控制体系如何运作?

Sébastien Breteau为外国企业如何掌

非常复杂。再加上在中国的纺织品行业

外国企业如何加强中国出口企业内部

控产品质量出谋划策:亲自抓中国供应

内部,产业链过分细化,一件成品的生

的质量控制体系?如何真正做到对销

商的内部质量控制!产品交付前的质检

产过程支零破碎。即使在浙江这样老

售的产品负责?本期《联结》的主编

已经不足以应付现存的质量隐患,经

牌的针织大省,还有不少企业只生产

Pierre Tiessen邀请质检专家和对针织

验证明,在选择合作伙伴之初,外国企

衣领...... 凡此种种,使得质检工作,

品,建筑,食品等行业有深入了解的人

业就要通过实地考察场地,分析领导

包括前期采购,需要由有经验,受过培

士从不同的角度和领域,给出各自独到

层的组织方式,了解设备的使用年龄,

训的专业人士完成才能够达到市场的

的见解。

查看合作伙伴的订单数量和工作负荷,

要求。

等等,从而对合作伙伴的内部质量控制 《一次新的大跃进?》 必 维国际 检 验 集团的周法 彬 18 Connexions / printemps 2013

能力做出一个合理的评估。 根据行业的不同,遵守的行业标

《中国的质检靠得住吗?》 IFOP亚洲所的调查包括五个问题:


Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝 中国供应商出现质量问题的几率有多

度设计。

者引起的社会变革,包括工人工作条件

大?您对中国供应商的产品质量如何

换句话来讲,治本的解决方法需

和社会身份的改善,又反过来对《中国

评价?您认为中国供应商的产品质量在

要法国企业投入更多的资金和人力,但

制造》的成本构成和生产组织产生了

不断提高吗?解决方法对提高供应商

是获得的效果将会更加巨大和长远;

深远的影响,这是一个辨证的关系。

的产品质量有帮助吗?您如何评价和中

治标的保护性的检测措施只能在短期

工人工作条件的改善主要包括必

国供应商的合作关系?

显现成效,并且需要不断翻新和跟进,

须签订劳动合同,有限使用固定期限合

数据表明,法国企业对中国供应商

并且,长期下来,中国供应商会形成依

同,辞退补偿,强制社会保险,等等。

的产品质量抱有严重的怀疑态度,只有

赖心理,失去对质量把关的责任心,把

50.5%的受访企业表示信任他们的中国

质检工作的重担完全推给法方。

毋庸置疑,这些社会改革措施带来 了生产成本的提升,成为大势所趋,并

合作伙伴。于此同时,83%的法国企业

在未来,中法合作的《中国制造》

且这个过程还在持续之中,对经济生产

表明,通过多年的比较,中国供应商的

要想在成本攀升的大环境下,取得价

的最终影响尚且不得而知。可以预见

产品质量总体仍然呈现上升的趋势。

格和质量的双赢,法国企业必须帮助

的是,中国的人口红利和劳动力资源优

中国供应商建立起内部的稳固的质检

势在未来终将逐步消失。

IFOP亚洲所的Vincent Vignaud一 针见血的指出虽然法国企业意识到产

体系。

品质量问题的源头在于企业内部的生 产组织上,但是从他们找到的解决质

《中国制造》正在转型之中,如何 提升产品质量和改善国际形象,是关键

《影响中国制造的因素》

所在。我们都应该为《中国制造》的华

量问题的方法上可以看出,他们并没有

法国基德律师事务所北京代表处

丽转身助力,因为无论是中国的制造商

解决根本问题的决心,还是仅限于控

的李华女士认为: 《中国制造》带来了

和制造工人,还是外国企业,都将从中

制每批次产品的质量,缺乏长期的制

中国社会急剧的工业化和城市化,而后

获利。

printemps 2013 / Connexions 19


Dossier

专栏

Introduction

Le « zéro défaut  qualité » est-il possible en Chine ? Même si de mauvaises habitudes perdurent et que de nombreux problèmes sont encore constatés, le « made in China », assurément, monte en gamme.

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La mue du Dragon

A l’évidence, les fournisseurs et sous trai- « toysland » qu’est la Chine, il devient alors tants chinois n’ont pas la réputation d’être difficile, sauf à être particulièrement attenles partenaires les plus fiables au monde. tif, de surveiller les nombreux sous-traiNormes et fiches techniques non respec- tants qui interviennent dans la fabrication tées, défauts et retards de de poupées, peluches ou production… « Ils osent jeux en tous genres. On « Il ne faut tout », plaisante un indusse souvient de la surprise triel français spécialisé jamais hésiter à de l’américain Mattel qui 1 dans le jouet pour enfant , expliquer à ses – il y a quelques années – basé dans le Guangdong. fournisseurs avait dépêché des cenCes fournisseurs représentaines d’ingénieurs maides choses tent, de fait, un maillon son, chargés de faire le particulièrement critique en apparence tour des fournisseurs de de la supply-chain ! Même évidentes… la marque dans la région si, reconnait-il volontiers, de Shenzhen. En fait de car rien n’est «  les pratiques varient fournisseurs, ces experts énormément d’un secteur évident en avaient découver t de à un autre ». Dans des do- Chine ! » nombreux assembleurs, maines à forte valeur ajousous-traitant à prix serrés tée, où les standards sont élevés, les fabri- le moulage des produits à une myriade cants s’alignent volontiers sur les normes de fabricants fantômes… internationales. Mais la Chine reste tou- Montée en gamme jours et malgré tout, « l’atelier du globe » Les temps ont-ils changé en Chine  ? - de ses usines sortent 70 % des chaus- Encore aujourd’hui, identifier les bons sures produites dans le monde entier fournisseurs et les développer reste « une alors que 80 % des jouets, avec lesquels étape critique de la supply chain », comme jouent les enfants européens et nord- l’indique une récente étude de Bureau américains notamment, sont labélisés Veritas 2. Et de prévenir : « il faut rester « made in China »… Dans ce gigantesque vigilant, car les priorités {de nombreux 20 Connexions / printemps 2013

fournisseurs} peuvent changer avec un changement de management. Si une opportunité se présente sur un nouveau marché, le fournisseur peut décider du jour au lendemain d’arrêter d’investir sur sa relation {avec tel ou tel client} ». Mais indéniablement, le « made in China » monte en gamme et de plus en plus de patrons d’usines en Chine « cherchent à établir des relations stables, sur le long terme », estime Corinne Ceccoli, du groupe Cotecna en Chine, spécialisé dans le testing, l’inspection et la certification à Hong Kong. « Ce qui n’était pas le cas, il y a quelques années. Aujourd’hui, beaucoup se sentent concernés par cette relation client et l’on voit moins de fournisseurs chinois qui essaient de tromper sur la qualité du produit ». Cette montée en gamme est également constatée pour les produits à destination du marché chinois et sur des secteurs critiques (comme l’alimentaire et les produits pour l’enfance). « Il y a dix ans, confirme le même industriel français basé dans le Guangdong, je travaillais dans des usines vraiment limites. Depuis, 4 000 de ces fournisseurs ont fermé ». Les meilleurs sont restés…


Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝 Régions principales pour la production & achats en Chine

Heilongjiang

Urumqi

Régions

Caractéristiques

Chine du Sud-Est

Moteur économique de la Chine dans les années 1980 et début des années 1990

Jilin

Xinjiang

Inner Mongolia

Gansu

Ningxia

Qinghai

Shanxi

Beijing

Liaoning

Hebei Shandong

Shaanxi

Jiangsu

Henan

Tibet

Hubei

Sichuan

Hunan

Shanghai

Anhui

Zhejiang

Jiangxi

Guizhou Yunnan

Infrastructures en voie de développement

Fujian

Guangxi

Taiwan

Shanghai et région du delta du Yangtsé

Marché principal en Chine et centre financier

Beijing et Chine du Nord - La ceinture du Bohai

L’économie régionale est très fragmentée entre les villes portuaires prospères de la ceinture du Bohai et l’intérieur des terres

Régions Centre et Quest

Coûts plus faibles, main-d’œuvre flexible pour gérer la demande saisonnière

Coût plus élevé de la main-d’œuvre et forte attrition

Forte base fournisseurs avec capacité de production en excès

Guangdong Hainan

Politique « du bâton » Mais pro duire en Chine, dans le Guangdong, voire dans les régions « secondaires » du pays, a toutefois un coût (augmentation des salaires, change yuans/euros défavorable, etc.) que de plus en plus de donneurs d’ordres ont du mal à supporter. « Le « made in China » devient cher, confirme Nicolas Bluchet, managing director chez Expertbuy (Shanghai). Dans le secteur sanitaire par exemple, la différence sur les coûts globaux entre une production en Chine et une production en Italie n’est plus que de 15 %, elle était de 30 % en 2010… Nous avons des clients qui, déçus de leurs fournisseurs chinois, font désormais produire en Roumanie… » Si d’autres experts estiment que la Chine reste malgré tout compétitive, « surveiller de près sa production », être « derrière chacun de ses fournisseurs », est plus que jamais un enjeu stratégique pour faire du « made in China  » un atout. Ce qui marche, « c’est la politique du bâton », assure le même industriel français, basé dans le Guangdong. « Il ne faut jamais lâcher la pression sur les services qualité d’une usine. On doit rester très exigeant sur le

rendu produit, le respect de toutes les normes et sanctionner au besoin son ou ses fournisseurs {si des problèmes ont été constatés lors des tests}». Et de rappeler que « le responsable légal est {en premier} celui qui met en vente un produit sur le marché » ; c’est lui, et non le fournisseur, qui gardera ce risque tout au long de la commercialisation du produit en question. Raison de plus pour multiplier les audits d’usine, et renvoyer la marchandise

© Bureau Veritas - All rights reserved

en cas de défauts qualité et de nonconformité. Se mettre à niveau : une obligation Cette surveillance accrue sur les fournisseurs et sous-traitants a eu pour effet « d’écrémer les mauvais », selon Nicolas Bluchet. « Le bouche à oreille marche beaucoup », et ceux qui ne tiennent pas la route sont en quelque sorte « blacklistés ». Qui sont-ils ces fournisseurs suspects ? Il vaut mieux éviter « les ateliers qui

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Meilleur que le « made in Europe » ? Frédéric Rocher de LNE en est convaincu : « Oui, il y a une montée en gamme du « made in China », c’est incontestable. Les fabricants chinois ont fait dans l’ensemble un gros travail de développement en améliorant de façon significative leur process qualité ». Pourquoi ? « Tout le monde a peur des produits fabriqués en Chine, du coup ils sont particulièrement contrôlés. Aujourd’hui, un produit qui vient de Chine est plutôt plus sûr qu’un produit de l’Union Européenne qui lui, n’aura aucune frontière à passer. Il ne sera jamais contrôlé par les douanes {ce produit sera au mieux contrôlé en magasin par les agents de la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes)} » Pour ce spécialiste, « il y a toujours évidemment des fabricants chinois qui font n’importe quoi, mais la plupart – qui ont une obligation de moyens de mettre leurs produits aux normes CE – savent à quel type de contrôle ils s’exposent à l’exportation ».  P.Ti

printemps 2013 / Connexions 21


Dossier

专栏

Inspecteurs  : la tentation des « hongbao » Gare aux propositions de cadeaux en nature ou enveloppes rouges (« hongbao » en mandarin, contenant des billets de banque)… « Tous les inspecteurs en Chine sont un jour ou l’autre confrontés au problème », assure Karim Hayab de Konaxis, à Shanghai. « Quand ils vont inspecter une usine, ils sont en général très bien accueillis par le responsable qui peut leur proposer - en échange d’un bon rapport - un banquet, des massages, voire de l’argent… Oui, il y a tentative de corruption ». Et pour éviter toute tentation et mauvaise habitude, les inspecteurs – généralement « correctement rémunérés », dixit Karim Hayab – changent souvent d’usines. « Il faut éviter que des liens répétés et trop forts unissent un patron d’usine et un inspecteur ». La corruption est « un problème en Chine très difficile à identifier, et sur lequel il faut sensibiliser fortement et en permanence les équipes d’auditeurs {et d’inspecteurs}  », estime Nicolas Buchet, de Expertbuy (Shanghai). Pas si simple…  P.Ti

22 Connexions / printemps 2013

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se sont lancés et qui ont grossi production. « Il ne faut jamais hésiter à sous Deng Xiaoping sans réelle straté- expliquer à ses fournisseurs des choses en apparence évidentes… gie de développement », car rien n’est évident en prévient quant à lui Karim « Surveiller Chine ! » Hayab et privilégier les Des faux rapports fournisseurs, plus récents, de près sa d’expertise vendus 10 qui investissent dans production, yuans la chaîne logistique et être derrière Du Hebei – de plus en plus le parc machines pour chacun de ses convoité pour sa mainpouvoir répondre à des d’œuvre bon marché (en demandes spécifiques fournisseurs témoigne l’installation et sont, en général « très est plus que d’une usine Foxconn à au courant des normes jamais un enjeu Zhengzhou) – aux bassins en vigueur ». Une chose historiques de producest sûre : un sous-traitant stratégique tion des régions côtières, chinois, s’il veut rester pour faire de nombreux ateliers dans la course, « n’a plus du « made in chinois atteignent désorle choix, il doit se mettre à mais les standards qualité niveau » à la condition de China » un européens et américains. définir avec lui des plans atout ». Mais il y a aussi de nomde contrôles qui définissent précisément quels paramètres breux recalés. « De l’ordre de 15 à 20 % sont pris en compte dans le process de des produits reçoit une non-conformité


Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝

Avalanches de normes…

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Sur de nombreux secteurs, il convient d’être particulièrement vigilant quant à l’évolution des normes pour telle ou telle zone d’exportation. Car « ce qui est autorisé pour le marché américain, ne l’est pas nécessairement en Europe », précise Frédéric Rocher, de LNE. Ce qui est parfois un vrai cassetête. «  La norme chimique française pour le jouet, EN71.3, qui testait jusqu’alors 8 métaux lourds va changer en juillet », cite-t-il en exemple. Ce seront 19 métaux lourds qui seront concernés – « le contrôle législatif se ressert », mais personne ne semble prendre la mesure de ce changement de norme. « Tout le monde met en attente, mais on devrait au dernier moment être submergé de demandes de fabricants » pour des tests. Et ce qui est vrai pour ce secteur – certes sensible et très surveillé des jouets – l’est également pour de nombreux autres.  P.Ti

au premier essai en laboratoire », estime « il existe un important marché de faux Frédéric Rocher, responsable Asie de rapports qui se vendent 10 yuans pièce LNE (Laboratoire National à Shanghai par exemple ». d’Essai). Un taux classique ; Charge alors à l’importa« Les autorités « la plupart mettent alors teur de s’assurer que les le produit en conformi- chinoises produits testés sont bel té ». Les problèmes sont entendent faire et bien conformes. Exervariés : certains produits du « made in cice difficile. Résultat  : sont recalés au test mécade nombreux produits China », pour nique, tandis que d’autres fabriqués en Chine, « qui ne respectent pas les les années ne sont pas conformes, dernières normes sur les à venir, un entrent encore en Eusubstances et composants vrai label de rop e, selon Fré déric chimiques, qui « changent Rocher, car à l’arrivée très vite  », reconnaî t qualité. » par bateau, les douanes Corinne Ceccoli. « Nous - faute de moyens rencontrons aussi des problèmes - ne peuvent pas tout ouvrir…  » de régularité dans la production.  » Pour autant, les autorités chinoises enPar ailleurs, les rapports d’expertise ne tendent faire du « made in China », pour sont pas tous faits avec le « sérieux » qui les années à venir, un vrai label de quas’impose. « On ne sait pas toujours ce que lité. Le processus est en cours. L’AQSIQ, valent les tests de certains laboratoires l’administration centrale en charge du chinois », résume Frédéric Rocher. Pis, contrôle de la qualité, renforce d’ailleurs

chaque jour ses effectifs. La mission de cette armée d’inspecteurs : traquer les fabricants et sous-traitants qui vont « au plus vite et au moins cher », rognent ainsi sur la qualité et égratignent l’image du « made in China... »  Pierre Tiessen

Il a préféré garder l’anonymat « Qualité, sécurité, environnement : clés du développement industriel chinois » (juin 2011)

1 2

Bon à savoir « Afin d’assurer une livraison dans les délais des marchandises achetées, le processus de fabrication doit être précautionneusement suivi à travers : la gestion du planning comme prévu dans un plan préétabli, la prévision des potentielles menaces de retard de production et la mise à disposition de support technique pour remise à niveau ». Extrait d’une étude de Bureau Veritas.

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Dossier

专栏

Le « made in China », nouveau label de qualité ? Et si le « fabriqué en Chine » devenait demain une référence qualité ? Là encore, la deuxième puissance mondiale pourrait surprendre. Car les Chinois « sont bons » ! comme l’écrivait récemment un contributeur du magazine américain Forbes, à propos de la montée en gamme constatée du « made in China ». Certes, il y a encore de nombreuses (mauvaises) habitudes à gommer mais en termes de qualité et de respect des standards, le Dragon fait sa mue, c’est un fait. 24 Connexions / printemps 2013


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Point de vue

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Un nouveau grand bond en avant ?

Deuxième puissance mondiale (et toujours usine du monde), la Chine adapte progressivement ses outils de production et de contrôle aux standards internationaux. Et si le « made in China », longtemps dévalorisé, devenait un vrai label de qualité ? Par Fabien Joly de Brésillon, de Bureau Veritas (Pékin)

« Made in China » – Dans l’imaginaire populaire, ce label est encore associé à des produits de qualité médiocre, et régulièrement, un scandale vient nous rappeler que cela est encore le cas, dans l’agroalimentaire par exemple. Mais la réalité du terrain et des affaires montre que cela n’est plus totalement vrai. Comment expliquer sinon que des industriels occidentaux réputés achètent aujourd’hui de plus en plus d’équipements en Chine et ouvrent des centres d’achats en Chine avec des objectifs de volumes de plus en plus importants ? C’est bien parce qu’il est possible de trouver en Chine un certain nombre de produits et d’équipements aux standards de qualité internationale et à un prix encore inférieur à ce que l’acheteur pourrait payer en Europe ou aux États-Unis. On insiste ici sur « un certain nombre de produits », car la Chine ne pos-

sède pas encore le savoir-faire dans tous les domaines industriels. COMAC par exemple, qui travaille sur un modèle d’avion compétiteur de l’Airbus A320 et du Boeing 737 est obligé de faire appel à des fournisseurs européens et américains pour nombre de composants critiques de ce nouvel avion. Volontés politiques Ce dernier exemple nous montre toutefois que le gouvernement chinois lui-même a compris l’intérêt de se positionner sur les produits de qualité et les secteurs industriels à forte valeur ajoutée, par des politiques d’investissement ciblées sur des secteurs précis comme l’aéronautique et l’industrie ferroviaire. Alors que les débuts de la production chinoise dans ces deux secteurs ont été marqués par une soif de collaboration et de transferts de technologie (voire parfois plus) avec des partenaires étrangers, la Chine est aujourd’hui en train

de développer un écosystème local et d’encourager des acteurs à investir pour se placer au bon niveau de qualité. Un autre indice significatif de l’importance pour le gouvernement chinois de cette « montée en gamme » est le début de réforme de l’AQSIQ (que l’on peut assimiler a un « ministère de la qualité »), qui malgré son énorme taille ne jouait jusqu’ici pas totalement son rôle, car disposant de responsabilités parfois mal définies, et en contradiction avec les responsabilités d’autres ministères. La création lors de la dernière session du Parti communiste chinois en mars 2013, d’un ministère de la supervision du marché, qui va dans un premier temps regrouper toutes les prérogatives dans le domaine de la qualité et la sécurité alimentaire est interprétée par beaucoup d’analystes comme un premier pas vers une centralisation des

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printemps 2013 / Connexions 25


专栏

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Dossier

Le chinois Huawei, l’un des leaders mondiaux des équipements télécoms

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responsabilités liées au contrôle de la qualité et des fraudes. Il faut également noter qu’aujourd’hui le gouvernement chinois a bien compris qu’il fait face à une nouvelle concurrence de pays pouvant proposer une main d’œuvre moins chère (Vietnam, Indonésie, Bangladesh...), et qu’il est donc primordial de se battre sur la qualité des produits et de définir un environnement adéquat pour encourager les entreprises chinoises. Malgré cette prise de conscience, il est toutefois nécessaire pour tout acheteur de mettre en place les contrôles qualité appropriés, et d’une manière générale, il faut encore prendre davantage de précautions et effectuer davantage de contrôles qu’en Europe ou aux États-Unis. La qualité aussi… pour le marché chinois La qualité devient également importante pour les fournisseurs chinois sur le marché chinois. Traditionnellement, l’acheteur chinois ne prêtait que peu d’attention au TCO ( Total Cost of Ownership ou Coût Total de Possession), c’est-à-dire le coût de l’équipement tout au long de 26 Connexions / printemps 2013

son cycle de vie, incluant le coût d’achat, mais également le coût de maintenance et d’entretien. Une vision à court terme prédominait, le coût d’achat devenait le critère principal, et l’acheteur chinois se tournait vers l’équipement le moins cher, quitte à devoir payer davantage en maintenance ou même à devoir remplacer son équipement plus tôt. Cette approche est en train de changer et les acheteurs issus de la nouvelle classe moyenne deviennent de plus en plus attentifs au coût total et donc à la qualité des produits qu’ils achètent. En particulier, dans le domaine de la construction, les leaders du marché chinois, tels que Wanke ont désormais tout à fait compris l’intérêt d’acheter des équipements fiables (que ce soit des ascenseurs, des chaudières ou des appareils de production d’air conditionné), et d’en assurer une maintenance pérenne plutôt que d’avoir à racheter les mêmes équipements l’année suivante. Huawei et ZTE, dans la cour des grands Des sociétés chinoises sont aujourd’hui des leaders mondiaux reconnus dans

certaines industries, avec un niveau de qualité qui n’a que peu à envier à leurs compétiteurs occidentaux. Dans le secteur des équipementiers télécom, Huawei et ZTE ont ainsi perdu en une décennie leur image de fournisseur d’équipements low-cost, pour devenir deux leaders mondiaux. Leur stratégie est à ce titre très intéressante : après une phase de « copie » et de tentatives de pénétration par une politique de prix agressive sur les marchés occidentaux au début des années 2000, Huawei par exemple arrive aujourd’hui à des standards de qualité très hauts, en allant débaucher à prix d’or des experts internationaux. On observe une tendance similaire dans le domaine de l’aéronautique, où COMAC non seulement s’associe avec des équipementiers et fournisseurs leaders dans leur domaine pour apprendre ce que Boeing et Airbus ont fait de mieux, mais également recrute un certain nombre d’ingénieurs qui travaillaient chez ces compétiteurs, afin de monter en gamme le plus rapidement possible.



Fabien Joly de Brésillon


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Textile

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« En Chine, on peut tout produire… à tout niveau de qualité »

Malgré la montée en gamme des fournisseurs de textile chinois, le contrôle qualité est toujours fondamental pour les marques étrangères. « Une fillette défigurée par des vêtements vent dus à un cahier des charges mal made in China ». Ce titre choc à la Une compris, ou bien à des prix trop bas. En des médias français avait fait beaucoup Chine, on peut tout produire… à tout de bruit, en novembre 2012. Quatre ans niveau de qualité », explique Stéphane après l’affaire des « fauteuils toxiques » Torck, directeur général de Cache Cache de Conforama, l’histoire Chine, une chaîne de prêtde la petite Marie, hospi- « La régulation à-porter féminin née à talisée d’urgence à Caen Saint-Malo en 1985 et diseuropéenne après avoir essayé une tribuée aujourd’hui dans jupe fabriquée en Chine reach sur 700 boutiques à travers la contenant du diméthyl- les produits Chine. fumarate, un produit Pour réussir sur le marchimiques allergisant interdit en ché chinois où elle est France, avait encore une comporte 849 entrée en 2005, la marque pages … » fois mis à mal la réputamalouine a choisi de réation, déjà fragile, du texliser l’intégralité de sa tile chinois. production en Chine. Cette enseigne Ces scandales devraient cependant deve- moyenne gamme travaille avec plus de nir plus rares, à mesure que la filière textile 200 fournisseurs basés au Guangdong chinoise monte en gamme pour contrer mais aussi dans les provinces intérieures la concurrence montante du Bangladesh (Hubei, Henan, Gansu). Des régions où et du Vietnam. « Les accidents sont sou- le salaire minimum est plus faible et la

main-d’œuvre, plus abondante, mais où les standards qualité sont encore en deçà des normes internationales. Des normes complexes «  La Chine a les instruments et les moyens pour appliquer une politique qualité, mais il y a encore 20 ans de rattrapage industriel à effectuer » note Sébastien Breteau, PDG d’AsiaInspection. « Le gouvernement chinois a pris conscience qu’il y avait un risque sur la marque « made in China », et c’est pour cela que les moyens ont été renforcés », poursuit-il. Outre deux corps de contrôle – l’AQSIQ et la CNAS – la Chine a mis en place en août 2012 la norme textile GB 18401-2010 pour la production destinée au marché intérieur. La production exportée, en revanche, doit répondre aux normes du pays d’accueil. Problème : celles-ci sont souvent complexes et changent très régulièrement. La régulation européenne REACH sur les produits chimiques comporte ainsi 849 pages… Éclatement de la filière Si les fabricants chinois du Guangdong, font de plus en attention à la qualité, de nombreux problèmes restent ainsi en suspend, notamment dans les provinces intérieures. En premier lieu, l’éclatement de la filière. Au Zhejiang, poumon historique du textile chinois, il n’est pas rare de trouver des usines produisant exclusivement… des cols de polos ou de chemises. Certes, Internet a supprimé les intermédiaires en charge du trading mais désormais les usines se sous-traitent entre elles, ce qui complique encore davantage le contrôle qualité. Autre difficulté : le dialogue interculturel. « Pour bien produire, il faut être proche de ses fournisseurs. Le problème en Chine c’est la communication » note Stéphane Torck. Dans ce contexte, le contrôle qualité – effectué en interne par des centrales d’achat ou en externe via des prestataires reste fondamental, mais il passe de moins en moins par le contrôle, et davantage par la formation. « La Chine a une exigence locale de qualité, donc former des contrôleurs qualité est la meilleure stratégie pour être performant sur le marché intérieur », plaide encore Stéphane Torck. Parole d’expert.  Raphaël Balenieri

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Dossier

专栏

Construction

« Les normes en Chine suivent les standards internationaux » Depuis 20 ans, SIP Group (250 salariés en Chine) conseille et aide les entreprises étrangères à franchir les différentes étapes d’un projet de construction en Chine. Quels sont les problèmes qualité récurrents dans le secteur ? Réponses de Stephen d. Mc Cartney, directeur général de l’entreprise. Connexions : Comment conseillez-vous les sociétés françaises souhaitant s’implanter et développer leurs infrastructures en Chine ? Stephen d. Mc Cartney : Nos services s’étendent depuis le choix du terrain et l’obtention des permis de construire, à travers l’élaboration des dossiers de plans, des budgets, du planning ; nous gérons les appels d’offre ainsi que la rédaction et la négociation des contrats avec les bureaux d’études et entreprises de travaux chinois ; assurant un suivi de chantier à plein temps jusqu’à réception complète des ouvrages. Nous avons aujourd’hui à notre actif plus de 330 projets réalisés en Chine et plus de 40 projets en cours.

C : Quels sont les différents process qualité que vous mettez en place dans le cadre de ces activités ?  S. MC : D’après notre expérience, la qualité peut se définir et être contrôlée grâce à une combinaison de variables d’entrée, interne et de sortie. Nos variables d’entrées sont les collaborateurs que nous recrutons et qui constituent la véritable valeur de notre société. La sélection, la formation, l’évolution et la rétention de nos salariés sont au cœur de notre politique RH et donc de notre process qualité. Notre but est de recruter les meilleurs dans leur domaine, afin de leur offrir la formation dont ils ont besoin pour évoluer et s’affirmer dans leur poste. Nos variables internes sont également axées sur l’humain puisque ce sont nos équipes qui définissent et encadrent 28 Connexions / printemps 2013

les procédures que nous mettons en place cas précis, il peut nous arriver de recomsur les projets. Notre méthodologie suit mander des normes étrangères, pour des les standards et “best practice ” de notre points sensibles du bâtiment. Par exemple, industrie au niveau internapour les standards de plational. Toutefois, sans une « Nous néité des dalles de l’usine, équipe à même de dévenous aurons tendance à lopper, suivre et améliorer remarquons nous référer aux normes que les ces procédures, nous ne de qualité britannique, pouvons évoluer. Enfin nos problèmes notamment plus précises variables de sortie ; nous dans la définition et l’évade qualité ne tâchons de nous assurer luation de ces critères. que notre expérience et proviennent Nous traduisons ensuite les leçons que nous appre- pas en général ces normes en des « best practices » applicables sur nons sur chaque nouveau des normes en l’ensemble de nos projets projet sont traduites et elles-mêmes, puisque nous remarquons retransmises en interne au que les problèmes de quabénéfice de nos équipes mais plutôt de lité ne proviennent pas en et de nos clients. Pour se leur mise en général des normes en faire, nous avons dévelopapplication. » elles-mêmes, mais plutôt pé une « SIP Academy », de leur mise en applicavisant à former et instruire nos équipes techniques et commerciales tion. C’est davantage des problèmes husur des problématiques concrètes ren- mains et de management qui nécessitent contrées au travers de nos projets. Le but formation et encadrement dans la mise en ultime étant de favoriser le partage des application. connaissances et la formation continue C : Quels sont les problèmes qualité récurrents auxquels vous devez faire face ? de nos équipes. C : Quelles sont les normes de qualité appliquées S. MC : Ils sont principalement de deux en Chine dans votre secteur? grands ordres : les problèmes dus à la proS. MC : Nous remarquons que les normes venance des matériaux et à leur conforqualité imposées dans le secteur de la mité au cahier des charges et ceux liés à construction en Chine suivent les stan- la formation des ouvriers et à la mise en dards internationaux. D’ordre général, exécution ainsi qu’à la finition des plannous les appliquons donc sur l’ensemble nings travaux. de nos projets. Uniquement dans certains Les premiers peuvent être minimisés grâce


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Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝

à une définition précise et traçable des spécifications techniques du bâtiment. C’est une étape fondamentale, la définition du projet, sur laquelle nous travaillons systématiquement avec nos clients. En effet, le référencement des produits et équipements à acheter ainsi que le contrôle à la

SIP en bref Depuis 20 ans, SIP Group conseille et aide les entreprises étrangères dans leur projet de construction en Chine, qu’il s’agisse d’usines, de bureaux, sièges sociaux, laboratoires de recherche, centres logistiques ou encore de magasins. Une équipe dédiée au marché français, comprenant aujourd’hui plus de 50 ingénieurs (majoritairement d’origine chinoise), accompagne des grands groupes industriels tels que Michelin, Valeo, Alstom mais également des grandes marques de luxe et de loisirs dans le développement de leurs infrastructures en Chine ainsi que des PME, voire TPE et entreprises familiales.

livraison sur le chantier font partie des prérogatives de nos équipes projets. Quant à la formation des ouvriers et à la mise en exécution des plannings travaux, il est important de travailler avec des entreprises de travaux qui ont une expérience dans les domaines de nos clients. Notre méthodologie développée pour les appels d’offre en Chine et la sélection des entreprises de travaux nous permet d’évaluer ces critères par des entretiens d’équipe, des visites de chantier, des mises en situation, mais également en nous assurant que les sociétés comprennent les attentes techniques et qualité de nos clients et que ces dernières sont prises en compte dans leurs budgets.

C : Dans votre domaine d’activité, constatez-vous une montée en gamme du « made in China » ?  S. MC : Oui en effet. Les matériaux et équipements de standards internationaux sont désormais disponibles et souvent produits ici localement. Il est assez rare de devoir importer des matériaux de l’étranger pour nos chantiers. En plus des équipements, ce sont des solutions et des installations « clefen-main » qui sont fournies par certaines sociétés spécialisées avec lesquelles nous souhaitons travailler. Enfin, la maintenance

des systèmes installés et le service aprèsvente de ces prestataires font souvent la différence quant à la qualité finale du produit. Un point restant cependant à améliorer demeure la formation des ouvriers et du personnel de chantier. Dans une conjoncture inflationniste, où la guerre des prix fait rage et les salaires continuent de grimper, il est difficile pour les entreprises de travaux chinoises de conserver leur main-d’œuvre et de les former en conséquence. Aussi surprenant que cela puisse paraître, on observe donc une pénurie de main d’œuvre dans le domaine de la construction en Chine – notamment pour une main-d’œuvre qualifiée et de « qualité ». L’industrie va certainement répondre à cet enjeu en adaptant son offre et en proposant davantage de solutions préfabriquées, prêtes à l’emploi, proposées par des fournisseurs spécialisés, réduisant ainsi les risques liés à l’exécution et la qualité des finitions. Toutefois, la formation et la qualité demeurent les axes de progression majeure, nécessaires à cette montée en gamme du « made in China ».

Propos recueillis par Pierre Tiessen printemps 2013 / Connexions 29


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Cosmétique

Mane : « Certaines contraintes sont plus strictes qu’en Europe »

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Société familiale créée en France en 1871, Mane fait partie des leaders mondiaux du secteur des arômes et des parfums, avec 638 millions d’euros de chiffre d’affaire dont 7 % en Chine.

« Après les incidents qui ont eu lieu il y quelques années pour tester la qualité a deux ans dans le domaine agroalimen- de leur production. Si celle-ci est stable, taire, les autorités chinoises ont exigé des nous les proposons à nos autres filiales ». conditions d’hygiène encore plus strictes, Chaque lot acheté est par ailleurs testé explique Denis Raffaud, directeur de suivant une table statistique et fait l’objet Mane en Chine. Il nous a fallu réaménager d’un contrôle « très poussé ». « Grâce à nos infrastructures en très peu de temps la chromatographie, nous pouvons avoir pour nous adapter. Nous séparons par une précision très haute sur la nature de exemple physiquement la préparation, ce qui est livré ». le mélange et le conditionnement des Dans l’hypothèse où un lot poserait proproduits. On est passé des contraintes blème, l’entreprise dispose de plusieurs de l’industrie chimique fournisseurs potentiels à celles de l’indus- « Grâce à la pour chaque produit, trie pharmaceutique. ce qui lui permet de chromatographie,  Aujourd’hui, certaines ne jamais être prise de contraintes sont plus nous pouvons cours. De même, Mane strictes qu’en Europe », avoir une précision stocke les produits les et les licences de pro- très haute sur la plus importants stratéduction ne sont déligiquement afin d’être nature de ce qui vrées qu’après satisen mesure de pallier à faction d’un cahier des est livré » d’éventuels délais de licharges très précis. vraison. « Il y a quelques Pour produire arômes et parfums, la années, une usine de produits chimiques branche chinoise de Mane achète les située dans le nord du pays a explosé, ce huiles essentielles, les produits de syn- qui l’a empêché de nous livrer pendant thèse et les molécules en Chine. Ce qui quelque temps. Mais ce genre de cas est implique « un gros travail de sélection très rare », raconte son directeur Chine.  des fournisseurs », explique Denis Raf- Mane a de plus en plus recours, au faud. « Nous leur faisons faire des tests niveau mondial, à des fournisseurs préalables et les prenons à l’essai pendant chinois. « Les qualités sont stables, les

prix sont compétitifs et nous trouvons de plus en plus les produits dont nous avons besoin, explique-t-il. Les fabricants ont affiné les processus de production, et les purifications sont de plus en plus poussées. De plus, ils sont très entreprenants ; ils synthétisent de nouvelles molécules et arrivent à les faire à des prix compétitifs avec des puretés acceptables ». 

Benjamin Gauducheau

Maitriser la fabrication des arômes et des parfums La fabrication des arômes et des parfums se fait dans une usine détenue en propre dont la marque contrôle directement les procédures et les standards opérationnels, qui sont donc similaires à ceux que Mane observe dans ses usines européennes. Ces produits sont ensuite vendus à des marques de cosmétiques ou d’alimentaire locales comme Uni Président, Wahaha ou Liby, ou à des marques internationales comme L’Oréal, Procter and Gamble, Coca Cola, Nestlé...

printemps 2013 / Connexions 31


Dossier

专栏

Restauration : ADEN Services

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Écarter tout fournisseur suspect

« Notre fondateur Joachim Poylo a toujours que nous sommes présents au niveau eu une logique « multiservices » », explique national, ce qui nous permet d’avoir des Nicolas Clément, directeur commercial standards et des procédures uniformes. Chine de ADEN Services, qui compte Les concurrents locaux ont souvent aujourd’hui pas moins de 12 000 em- des prix très bas, mais n’offrent aucune ployés dans 40 villes sur garantie en terme de choix plus de 700 sites clients, et « Notre des fournisseurs, de respect un portefeuille de services management des règles d’hygiène, d’insqui comprend la sécurité, et nos équipes pection ou de formation, le catering, l’entretien, la ou de respect de la règleassurent un maintenance et la « gestion mentation sociale ». Autant de base vie ». « Cela signifie contrôle de gar anties qu’ADEN que nous pouvons non seu- permanent Services se fait un devoir lement servir nos clients sur d’apporter à ses clients, et à tous les les zones industrielles ou qui sont d’autant plus pridans les centres-ville des échelons mordiales que « la sécurité grandes agglomérations, de la chaîne alimentaire est de plus en mais aussi assurer entière- alimentaire. » plus importante pour les ment l’intendance d’un site Chinois ». Pour s’assurer de isolé, par exemple une mine ou un chan- la qualité des produits servis, explique Nitier de construction dans les territoires les colas Clément, « nous avons des équipes plus éloignés », précise Nicolas Clément. d’achat centralisées qui conduisent réguVeille sur Internet lièrement des inspections de la chaîne Parmi ces activités, le catering représente d’approvisionnement de nos fournisenviron 30 % du chiffre d’affaires de l’en- seurs. De plus, nous disposons d’un treprise. Dans le secteur, la concurrence laboratoire centralisé dans lequel nous locale n’est pas vraiment un danger, car conduisons des études sur nos produits. « ce qui caractérise les Chinois dans le Enfin, nous gardons quotidiennement domaine c’est d’être très localisés, alors des échantillons de ce que nous avons 32 Connexions / printemps 2013

Implantée en Chine depuis 1999, l’entreprise ADEN Services opère notamment dans le catering (30 % de son chiffre d’affaires). Un secteur où le contrôle qualité là aussi est primordial. servi à nos clients ». L’entreprise procède également à une veille sur Internet pour pouvoir écarter instantanément tout fournisseur sur lequel un doute existerait en matière de sécurité alimentaire. Des normes d’hygiène strictes Chaque site doit par ailleurs respecter les normes imposées par le Food and Drug Inspection Bureau, comme la dimension minimum de la cuisine pour préparer du chaud et du froid, ou le nombre de repas maximum en fonction de la taille du réfectoire. Pour s’assurer du respect de la chaîne du froid, le stockage et la préparation sur place sont essentiels. Mais surtout, « nous apportons une conscience de l’hygiène extrêmement pointue que nous transmettons à notre personnel via des formations et des procédures opératoires très strictes, insiste Nicolas Clément. Notre management et nos équipes assurent un contrôle permanent à tous les échelons de la chaîne alimentaire. » Un succès reconnu par les employés du portail chinois Alibaba, leader mondial de l’achat sur internet, qui vantent la qualité et la variété des repas servis par ADEN Services.

Benjamin Gauducheau


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Revue de presse

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Sécurité alimentaire La « malbouffe » made in China

Alors que les scandales alimentaires se multiplient, les Chinois - consommateurs de plus en plus exigeants - réclament des autorités concernées un meilleur contrôle qualité. Li Keqiang, nouveau Premier ministre, promet d’ailleurs pour demain un « air propre » et « des aliments sûrs ». Pas si simple. Rappel de (quelques) affaires qui ont fait couler beaucoup d’encre en 2012... Après le lait à la mélamine - qui avait défrayé la chronique en entraînant la mort de plusieurs bébés en 2009 -,  le lait en poudre importé de Suisse et trafiqué en Chine (avril 2013), le porc aux anabolisants ou les œufs enrichis au gossypol, la saga des scandales alimentaires a continué à faire les gros titres l’année passée. Ainsi au printemps, la chaine d’État CCTV révélait que certaines capsules médicamenteuses fabriquées dans la ville de Ru’ao dans le Zhejiang - utilisées pour des médica34 Connexions / printemps 2013

ments disponibles sur le marché - étaient produites à partir de cuir de chaussure recyclé. Or, ce cuir était préalablement traité avec des produits chimiques - traîtement qui le rend particulièrement nocif, expliquait à l’époque le Nandu Daily, précisant que certaines capsules contenaient des taux de chrome jusqu’à 90 fois supérieurs à la norme. « La ville de Ru’ao est synonyme de poison », expliquait l’hebdomadaire The Economic Observer. « La partie du phénomène qui est dévoi-

lée par les médias n’est qu’un petit coin de la montagne (la partie émergée de l’iceberg), s’emportait par ailleurs l’éditorialiste du Nandu Daily. Le gouvernement, qui dispose d’une capacité d’intervention plus forte que les médias, devrait prendre ses responsabilités et démarrer immédiatement une procédure d’enquête approfondie visant toutes les organisations du secteur agroalimentaire ». Au même moment, un certain Zhuzhu wenqiang enflammait Weibo en affir-


Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝 mant que des fragments de cuirs de chaussures avaient été malencontreusement « oubliés » dans certains yaourts et gelées disponibles à la vente. Des centaines de milliers d’internautes, à partir de cette simple rumeur, avaient alors « retweeté » ce message, créant un véritable vent de panique sur le web chinois. Combattre ces problèmes « d’une main de fer » Faut-il se méfier des rumeurs ou des gros titres ? Li Biansheng, professeur à l’université de technologie du sud de la Chine, cité récemment par l’hebdomadaire Caijing, estime que certains reportages sont souvent « trop exagérés ». Et pourtant… La sécurité alimentaire est désormais l’une des principales préoccupations des Chinois – pas étonnant à ce que les achats de lait en poudre étranger explosent. Le thème s’est même invité à la session annuelle du PCC en mars dernier. Li Keqiang, sitôt désigné premier ministre au terme de cette session, s’est en effet engagé, à combattre ces problèmes « d’une main de fer » (problèmes sur lesquels il avait déjà insisté en sa qualité de vice-premier ministre il y a déjà deux ans…). « La partie du Du « baijiu » au poulet phénomène qui KFC est dévoilée Mais la tâche est immense dans ce pays continent par les médias dans lequel il est partin’est qu’un culièrement difficile de petit coin de surveiller l’ensemble de la la montagne chaîne de production. En début d’année, le quoti(la partie dien conservateur Global émergée de Times rappelait pêlemêle l’iceberg) » divers scandales – en plus de ceux précédemment cités – qui ont secoué la Chine en 2012. En septembre, un rapport sur des nouilles instantanées de la marque Jinmailang montrait ainsi la présence de certains acides qui, pris en surdose, peuvent affecter l’estomac et le foie. En novembre, c’était au tour de l’américain KFC en Chine d’être pris pour cible. L’enseigne de restauration rapide était accusée, via un reportage de CCTV, de servir du poulet, gavé d’antibiotiques, impropres à la consommation. « On donne au poulet un mix de 18 antibiotiques. Avec ça, ils engraissent tant qu’ils ne peuvent plus marcher », déclarait face caméra un éleveur, fournisseur de volailles pour le compte de KFC. Au même moment, des traces de plastifiants étaient détectées dans des produits commercialisés sous la marque d’alcool Jiugui. Depuis, des nombreux weibonotes s’interrogent, avant de sortir prendre un verre : « allons-nous boire ce soir du baiju ou des plastifiants ? » Ou encore : « quelles marques de plastifiants préfères-tu boires ? »   Pierre Tiessen

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Produire en Chine, quel (bon) contrôle qualité ? Quels sont les pièges à éviter alors que le « made in China » est encore - pour beaucoup - synonyme de qualité médiocre et de contrefaçon ? Premier réflexe pour éviter toute mauvaise surprise : confier à des experts le soin de contrôler l’ensemble du processus de production – de l’identification du fournisseur à l’expédition et/ou à la commercialisation du produit. 36 Connexions / printemps 2013


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De la matière première au packaging

« Il faut tout contrôler » Aux côtés des sociétés exclusivement dédiées au «  contrôle qualité », prospère une foule d’entreprises, généralement traders, qui ouvrent à des clients extérieurs les services de contrôle mis sur pied pour leurs propres besoins. C’est le cas de Longfield, créé en Chine (Shanghai) en 2001, que dirige Laurent Solomon. Connexions : Vu de l’extérieur, le contrôle qualité semble à la fois complexe et multiple, que doit-il impérativement recouvrir pour être efficace ? Laurent Solomon : Les anglo-saxons y incor-

changé : s’apercevoir au moment où elle doit partir qu’une marchandise n’est pas conforme pose une succession de gros problèmes (retard de livraison, remise en production…) qui porent systématiquecoûtent très cher. C’est ment l’audit d’usines, « Certains donc toute la chaîne ils ont raison. D’ailleurs de production qu’il les autres clients euro- fournisseurs, convient d’inspecter. péens commencent surtout s’ils Dans certains cas, on à les suivre et même travaillent avec remonte jusqu’à la si l’essentiel de notre les Etats-Unis, qui matière première, pour clientèle européenne restent le moteur s’assurer qu’elle corresnous demande surpond bien à ce qui soutout de garantir la des achats en haite le client. Et pour conformité du produit Chine, se sont ultra les produits sensibles aux contrats passés et – certains produits celle des process uti- professionnalisés, difficiles à réaliser, au lisés aux lois, certains ils veillent à design compliqué ou y viennent aussi. Ils respecter les pour des commandes nous demandent alors critères, y compris urgentes – il arrive d’auditer les usines, en même que, pour plus fonction de leurs cri- sociaux, ils ont de sécurité, nous platères, ou de préparer aussi fait grimper cions nos propres emdes audits extérieurs, leurs prix. » ployés sur les chaines comme ceux de Bude production des reau Véritas ou SGS. C : Où, selon vous, faut-il faire démarrer le contrôle ? usines. Pour d’autres types de fabrication, L. S : Le plus sûr reste de le commencer appareils électriques, par exemple, nous le plus loin possible en amont. Il fut un faisons des inspections surprises aux moments clés, accompagnées de tests dans temps où on se contentait d’inspecter la marchandise terminée pour voir si elle nos propres laboratoires. était conforme. A l’époque on appelait C : On a l’impression que cette surveillance doit souvent le contrôle qualité « contrôle de sans cesse évoluer, s’affiner, c’est bien cela ? fin de production ». Les choses ont bien L. S : Elle doit suivre la montée en gamme

des commandes et du « made in China », sans négliger l’aptitude à détourner un tant soit peu le cahier des charges pour gagner quelques centimes, quitte à générer des catastrophes à l’arrivée.

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Longfield en bref Longfield est spécialisé dans le décor de la maison, en particulier le tissu d’ameublement (Home Textile : rideau, nappage, plaids, linge de lit, ..) et le Sundries (décoration de Noël, déco de table, animalerie, loisirs créatifs, décoration électrique, accessoires de salle de bain, puériculture, etc.) très souvent sous licences de marques. Longfield possède aussi un département Premium (produits publicitaires, cadeaux d’affaires) qui fabrique pour des dizaines de sociétés grand public très connues, ainsi que pour des marques de luxe. Enfin, Longfield, qui fait partie du Groupe Smerwick créé à Taipei en 1982, dispose aussi d’une division de produits industriels (métal, plastique, électrique, outillage…) avec son propre laboratoire intégré. Usines suivies : de 1 000 à 1 200, dont 200 à 300 assurent 80 % des fabrications.

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Dossier

专栏

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Aujourd’hui, les usines chinoises peuvent fabriquer le meilleur et le pire. Il faut donc tout surveiller, la matière première, la fabrication, les chaînes de production, le packaging etc. Il suffit d’une triche infime sur l’épaisseur d’un tissu, d’un rideau plastique, ou dans la quantité de l’assouplissant utilisé lors du lavage final, pour qu’un produit haut de gamme devienne quelconque. Il est donc important d’être sur place en permanence et de suivre toutes les évolutions. Nous le faisons pour les produits que nous commercialisons et propre, ce qui nous permet aussi, en cas de problème, de trouver les solutions. Notre force c’est l’intégration verticale. Chez nous, les inspecteurs dépendent directement de nos équipes d’achat, vu les volumes que nous traitons – près de 4 000 containers/an – nous sommes au fait d’une foule de problèmes, leur expérience permet d’en anticiper le maximum et de régler rapidement les autres. Nous travaillons avec un gros millier d’usines, dont deux à trois cents assurent à elles seules 80 % de nos achats. Nous en sommes très proches et y avons même en permanence des équipes

de surveillance, elles s’assurent du respect total de cahiers des charges, qu’à partir de leur parfaite connaissance du contexte, elles ont parfois aidé le client à établir.

C : Qu’est-ce qui a le plus changé le contrôle qualité au cours des dernières années ? L. S : Il est clair que l’offre s’est considérablement étoffée et qu’elle s’est aussi fortement professionnalisée au cours des vingt dernières années. Par contre, ce qui n’a pas changé et qui reste le gros problème du secteur, c’est la corruption. Nous adaptons sans cesse nos stratégies à l’inventivité des acteurs du secteur. Nos solutions actuelles passent par une décentralisation de nos inspecteurs, qui ne sont pas regroupés dans un département d’inspection mais travaillent étroitement avec les merchandisers, les acheteurs et ceux qui développent les cahiers des charges avec les clients. Les inspecteurs font partie des équipes, il leur est beaucoup plus difficile de faire cavalier seul.

C : Les producteurs ont-ils aussi changé les habitudes ? L. S : Certains fournisseurs, surtout s’ils tra-

vaillent avec les États-Unis, qui restent le moteur des achats en Chine, se sont ultra

professionnalisés, ils veillent à respecter les critères, y compris sociaux, ils ont aussi fait grimper leurs prix. Dans le même temps, une multitude d’usines continuent à ne pas les respecter. Il faut les surveiller de très près et les aider à s’améliorer.

C : En contrôle qualité, les clients hésitent-ils à travailler avec des entreprises d’origine, donc de culture différente de la leur ? L. S : De façon générale, les clients préfèrent travailler avec gens de leur culture. Pendant plus de dix ans, quand nous étions à Taipei, je n’ai travaillé qu’avec des Français, nous étions plutôt généralistes, les sociétés faisaient appel à nous pour contrôler leur supply chain, ils préféraient de loin travailler avec un Français. Le jour où nous avons organisé nos propres gammes originales, tout a changé. Aujourd’hui nous travaillons avec nettement plus des sociétés étrangères, anglaises, allemandes… autant de clients qui ne seraient pas naturellement venus travailler avec un français mais auraient préféré rester avec des compatriotes, ne serait-ce que pour la langue, et qui ont franchi le pas parce que nous leur apportions un service spécifique.



Propos recueillis par Madeleine Barbier

Dekra : Une demande croissante, toujours plus exigeante Dès 1996, date de sa première implantation en Chine, Dekra, (30 000 employés sur 50 pays) n°1 mondial du contrôleinspection et de la certification automobile, aussi leader dans de nombreuses catégories de produits électriques et électroniques avait un double objectif : se développer rapidement en conservant un niveau européen de qualité et d’expertise technique. Mission accomplie. Aujourd’hui, Dekra travaille avec les meilleurs : Philips, GE Lighting et Osram pour les tests de LED où ils sont les n°1 en Chine ; Bosch ou Black & Decker  pour la certification CB (normes internationale) d’outillages électriques dont ils détiennent près de la moitié du marché ; Philips, SEB ou Electrolux pour l’électroménager. Et les perspectives du secteur sont excellentes car la Chine continuera encore

38 Connexions / printemps 2013

longtemps à fabriquer toujours plus de produits de qualité croissante. « Certes, reconnait Stan Zurkiewicz, D.G. Dekra Chine, la compétitivité du low cost s’érode mais la taille du secteur et l’étendue de la chaine d’approvisionnement font que le pays restera en tête des fabrications pour exportation des appareils ménagers ou des jouets. Dans le même temps, la Chine retrouve un avantage compétitif dans sa montée en gamme. Elle fabrique désormais des produits à forte valeur ajoutée qui concurrencent déjà les multinationales occidentales sur les marchés des pays en développement et qui s’imposeront demain dans les pays développés. Si vous ajoutez à cela la montée en puissance du marché domestique et l’intérêt croissant du gouvernement central pour la sécurité, la qualité et la viabilité environnementale, vous avez une idée des

énormes opportunités ». Pour en tirer parti, une seule recette, suivre de près les évolutions économiques et sociétales et innover pour y répondre. Témoin, la mise en service dès 2006 à Wenzhou, dans le Zhejiang, d’un laboratoire pour tester les équipements de transport et distribution d’énergie basse tension, qui permet à Dekra d’être aujourd’hui le n°1 dans un domaine à croissance rapide. « Les grandes sociétés chinoises prennent de plus en plus conscience de l’importance des questions de sécurité. Pour répondre à ce souci croissant, nous investissons localement dans des secteurs de pointe, notamment en matière de sécurité alimentaire, une des préoccupations essentielles de la Chine aujourd’hui. »  Madeleine Barbier


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专栏

L’enquête de l’IFOP Asia

Les contrôles de qualité en Chine sont-ils vraiment efficaces ? Les entreprises françaises en Chine identifient le manque d’organisation des fournisseurs chinois comme origine principale des problèmes de qualité. Les solutions mises en place par nos entreprises ne prennent pourtant pas en compte ces défis. Elles ont préféré mettre en place des contrôles spécifiques à chaque prestation. Ces contrôles, s’ils sont efficaces au cas par cas, ne permettent pas une réduction des problèmes sur le long terme et semblent même les maintenir.

40 Connexions / printemps 2013

main-d’œuvre et de structure oblige les fournisseurs à se former pour pouvoir délivrer de la qualité du premier coup. Si retravailler un produit était encore possible il y a quelques années, l’accroissement des coûts oblige désormais les fournisseurs à revoir leur organisation pour rester compétitif.

Dans quelles proportions rencontrezvous des problèmes de qualité de la part de vos fournisseurs en Chine? 35% 29,4 %

30%

23,9 %

25%

26,6 %

20% 15%

12,8 %

10%

100 %

de sc as

de sc as

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80 à

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6,4 %

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5%

60 à

qualité pendant et en fin de prestation) et protectrices (paiement après vérification des marchandises). Ces solutions doivent être adaptées à chaque prestation et donc continuellement renouvelées. Elles ne sont donc efficaces qu’à court terme et ne permettent pas de résoudre les problèmes sur le long terme. De plus, ces mesures provoquent une déresponsabilisation du fournisseur sur la qualité de ses prestations. Les fournisseurs ayant pris l’habitude d’être supervisés, n’effectuent en effet que peu de contrôles en interne et attendent que les entreprises françaises pointent les problèmes avant d’agir en conséquence. Enfin nos entreprises tout comme les fournisseurs chinois perdent en compétitivité du fait de l’augmentation des coûts et du non-respect des délais pour rectifier les problèmes. Cette situation est pourtant amenée à évoluer : 83 % des entreprises notent une amélioration de la qualité chez leurs fournisseurs chinois, révélant un changement de stratégie chez les fournisseurs. L’augmentation constante des coûts de

Ab sol um en t ja ma is 0à 20 %d es cas 20 à4 0% de sc as 40 à6 0% de sc as

La méfiance des entreprises françaises envers leurs fournisseurs chinois reste grande : seulement 50,5 % des entreprises interrogées par l’IFOP Asia disent avoir confiance en leurs fournisseurs en Chine. Cette relation difficile implique alors la mise en place de contrôles qui permettent de réduire ces problèmes de façon significative pour 2/3 des entreprises. Deux stratégies sont alors possibles, la mise en place de mesures préventives ou la mise en place de mesures de vérification et protectrices. Si les lacunes dans le management et les procédures des fournisseurs en Chine sont identifiées comme l’origine principale des problèmes de qualité, peu d’entreprises s’attaquent à ces défis. L’optimisation des procédures chez les fournisseurs et la mise en place de formations impliquent un investissement important pour les entreprises françaises, non seulement au niveau financier, mais aussi humain (équipe dédiée) qui rend difficile leur mise en œuvre. Les solutions implantées sont principalement des mesures de vérification (contrôle


Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝

Diriez-vous que la qualité des prestations des fournisseurs en Chine a tendance à s’améliorer? 50%

45,9 % 36,7 %

40% 30%

17,4 %

20% 10% 0%

La qualité s’améliore de façon significative La qualité s’améliore de façon peu significative La qualité ne s’améliore pas ou très peu

Ces solutions vous permettent-elles de réduire les problèmes de qualité chez vos fournisseurs chinois?

© AsiaInspection

80%

Il serait intéressant pour les entreprises françaises de changer de stratégie et de développer des partenariats forts avec quelques fournisseurs clés. Il faut encourager les fournisseurs locaux à implanter des formations et des procédures qui les aident à fournir un produit

de qualité et à moindre coût. Si ces mesures demandent du temps pour prouver leur efficacité, elles sont des facteurs réels dans le développement de la qualité.



40%

30,3 %

20% 3,7 %

0% Oui, de manière significative Oui, de manière peu significative Non, la qualité reste la même

Comment qualifieriez-vous la relation que vous partagez avec vos principaux fournisseurs? 50%

60,6 %

60%

60%

• Vincent Vignaud

Vous-même, êtes-vous satisfait par la qualité des produits ou services que votre entreprise offre à ses clients? 70%

66,1 %

50%

30%

40%

20%

30%

10% 18,3 %

14,7 %

10%

38,5 %

5,5 % No n, p lut ôt ins atis fait

Ou i, S atis fait

Ou i, p lut ôt sat isfa it

0% Ou i, tr ès sat isfa it

11,0 % 3,7 %

0% 0,9 % No n, t rès ins atis fait

20%

46,8 %

40%

Relation de confiance totale Relation de confiance suffisante Relation de confiance limitée Relation de confiance faible

printemps 2013 / Connexions 41


Dossier

专栏

Les pièges à éviter

Le marché de destination détermine les normes de qualité Quels sont les pièges à éviter en matière de contrôle qualité et comment faire un bon audit d’usine en Chine ? Entretien avec Sébastien Breteau, PDG d’Asia Inspection, spécialiste du contrôle qualité dans toute l’Asie et l’Afrique. Connexions : Quelles sont aujourd’hui les normes en terme de contrôle qualité en Chine et sont-elles différentes de celles en vigueur au niveau international ? Sébastien Breteau : La Chine reste aujourd’hui une économie très orientée vers les produits manufacturés et les exportations et c’est le marché de destination qui va déterminer les normes de qualité qui vont être appliquées. Si l’on prend l’exemple des jouets, on aura principalement la norme européenne EN71 et le standard américain ASTM F963. Sur son marché intérieur, le pays applique des normes locales mises au point par la « Standardization Administration of China » (plus de 20 000) qui dérivent des standards internationaux. Pour ce qui est du processus du contrôle qualité lui-même, on retrouve en Chine le standard ISO 9001 pour le management et l’organisation, les licences et accréditations du gouvernement chinois (AQSIQ et CNAS) et les stan-

42 Connexions / printemps 2013

dards d’échantillonnage AQL (ISO 2859) est également primordial de faire un audit par exemple. Ce qui est notable, c’est que de l’organisation interne de votre partele taux de rejet lors des inspections est naire qui va déterminer en désormais très diffèrent grande partie la pérennité entre le sud et l’est du « Il est  de la relation sur le long pays qui monte rapide- primordial de terme. Il convient de regarment en gamme avec faire un audit de der la quantité et la vétusté une montée parallèle des équipements, la polil’organisation des salaires et le nord tique de sous-traitance du interne de votre et l’ouest encore très partenaire, vérifier le carnet « low cost » mais avec partenaire qui de commandes en cours une qualité nettement va déterminer en en s’assurant de ne pas être moindre. en dernière priorité sur les grande partie la C : Comment faire un bon lignes de production et de audit d’usine en Chine et pérennité de la faire attention aux aspects quels sont les points à privi- relation sur le sociaux et à la politique légier dans le pays pour évi- long terme. » salariale dans l’usine. Gloter les mauvaises surprises ? balement, nous constaS.B : La première chose à faire lorsqu’on tons une augmentation des contrôles a sélectionné un partenaire potentiel qualité en Chine (+ 21 % en 2012), ce qui en Chine, c’est d’effectuer une visite montre que ces aspects sont désormais de l’usine, vous ne pouvez pas vous quasi systématiquement pris en compte fier uniquement à un site internet ! Il dès le début des négociations entre par-


Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝 Europe, la taille de ce marché émergeant justifie à elle-seule de produire localement en Chine !

© AsiaInspection

C : Comment ce pays à part qu’est la Chine influence-t-il votre stratégie globale ? S.B : Nous tablons sur une croissance as-

Le taux de rejet en Chine reste stable autour de 28 % mais les disparités régionales augmentent (35 % dans le nord et l'ouest contre 12-15 % dans le sud et la côte-est). tenaires. Les clients à la recherche d’une main-d’œuvre bon marché, aujourd’hui principalement localisée au nord et à l’ouest du pays, doivent rester particulièrement vigilants car les taux de rejet lors des inspections atteignent jusqu’à 35 % et ont intérêt à faire le plus de visites possible in situ.

C : Face aux augmentations de salaire, aux problèmes récurrents de qualité, peut-on aujourd’hui imaginer se passer du « made in China » dans certains secteurs ? S.B : Pour ce qui nous est donné à observer, nous ne percevons pas un départ massif de Chine qui reste une zone d’ap-

provisionnement incontournable. 80 % des jouets dans le monde reste « made in China » par exemple et on ne voit pas de changements drastiques venir dans ce secteur. Il y a quelques délocalisations vers l’Europe de l’Est dans l’industrie textile où l’évolution à la hausse des coûts de transports joue beaucoup mais je ne parlerais pas encore d’une grande tendance générale. Mis à part pour des activités où la « supply chain » est très courte (produits périssables, organisation « just in time »,...), la Chine reste une base de production privilégiée. Il est important de noter également que le marché intérieur chinois se développe très rapidement sous l’impulsion des hausses de salaire soutenus par les autorités et que l’on passe actuellement du « made in China » au « made for China ». Avec une base de 500 millions de consommateurs ayant un niveau de vie comparable à la classe moyenne en

sez conséquente de nos activités, entre 20 % et 25 % par an, en Chine qui va de pair avec la généralisation des contrôles qualité dont je parlais auparavant. Nous développons également rapidement nos prestations pour les entreprises chinoises qui représentent déjà entre un tiers et un quart de notre activité globale en Asie. Nous intervenons de plus en plus dans le contrôle sanitaire pour les produits alimentaires et le frais, des domaines où les autorités chinoises veulent vraiment mettre en place des structures fiables car elles ont bien consciences que les scandales répétés ont une influence très négative sur la stabilité sociale locale. C’est également important dans un contexte où l’industrie alimentaire chinoise (frais, surgelés et conserves) à destination de l’export connaît une forte croissance actuellement. Enfin, nous suivons la croissance des liens entre la Chine et l’Afrique et nous avons ainsi lancé « africainspection.com » qui permettra de répondre aux besoins grandissants de partenariats économiques entre les deux zones.  Propos recueillis par Nicolas Sridi 

Asiainspection en bref Spécialiste du contrôle qualité dans toute l’Asie et l’Afrique, Asia Inspection est présent en Chine depuis 2005 avec un premier bureau ouvert à l’époque à Shenzhen et plus de 700 collaborateurs sur place aujourd’hui. Au cœur des mutations que connaît l’économie chinoise, l’entreprise suit ses clients étrangers à la recherche d’une main-d’œuvre bon marché au nord et à l’ouest du pays, s’adapte à la demande locale et constate en direct la monté en gamme du « made in China ». L’entreprise a réalisé 70 000 inspections en Chine en 2012 (+ 21 %)

printemps 2013 / Connexions 43


Dossier

专栏

Des salariés mieux protégés

Les effets sur la qualité du « made in China » Les dernières réformes du système social chinois tentent d’adapter le droit du travail à l’évolution économique (industrialisation, urbanisation, stabilité sociale etc.). Ces réformes auront un impact sur le coût de la main-d’œuvre et le coût du « made in China ». Explications. Au cours des cinq dernières années, le droit du travail chinois a considérablement évolué. Les nouvelles dispositions sont essentiellement favorables aux salariés et s’appliquent indifféremment aux entreprises publiques ou privées, chinoises ou étrangères, dès lors qu’elles embauchent des salariés en Chine. A terme, ces évolutions devraient inciter à une restructuration de la production et s’accompagner d’une amélioration de la qualité de la production et du positionnement des produits vendus. Obligation de conclure un contrat écrit En vertu de la loi sur les Contrats de Travail (entrée en vigueur le 1er janvier 2008), tout contrat de travail doit être conclu par écrit dans le mois suivant le commencement de la mission du salarié. Si aucun contrat n’est signé dans l’année suivant le commencement de cette mission, le salarié est en droit de réclamer à l’employeur le 44 Connexions / printemps 2013

paiement d’une indemnité égale à deux fois le montant de son salaire mensuel, multiplié par chaque mois ne satisfaisant pas à cette exigence légale1. Par ailleurs, si aucun contrat de travail écrit n’est conclu au-delà du délai d’un an, le contrat est réputé être à durée indéterminée (CDI)2. Il est donc primordial de prévoir la conclusion d’un contrat écrit dès le commencement de la mission du salarié. L’employeur ne se conformant pas à cette obligation s’expose à de lourdes sanctions. L’ensemble des contraintes relatives à la période d’essai pourrait également augmenter le coût du « made in China ». Limitation du recours aux contrats à durée déterminée La loi sur les Contrats de Travail limite par ailleurs le recours aux contrats à durée déterminée. Seuls deux CDD successifs peuvent être conclus entre un même employeur et un salarié. Au-delà, si les parties désirent poursuivre leurs relations

de travail, elles doivent conclure un CDI (à moins que le salarié n’exige la conclusion d’un CDD). À défaut de renouvellement de son contrat au terme d’un CDD, le salarié a également droit au versement d’une indemnité égale à un mois de salaire par année d’ancienneté. En raison des contraintes relatives aux permis de travail et permis de résidence, ces dispositions ne sont pas applicables aux travailleurs étrangers. Ces derniers peuvent uniquement conclure des CDD d’une durée maximale de 5 ans3. Leur renouvellement n’est pas limité. Calcul de l’indemnité de licenciement En cas de licenciement, le salarié a droit à une indemnité égale au nombre d’années travaillées, multiplié par le salaire mensuel moyen versé au cours des 12 mois précédant la rupture de son contrat de travail. Le salaire mensuel moyen comprend tous les revenus monétaires du salarié


© Imagine China

Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝

(dont les éventuels bonus et paiements d’heures supplémentaires). Les avantages en nature alloués au salarié en sont revanche exclus. En cas de licenciement intervenant à l’issue d’une période de travail inférieure à 1 an, mais supérieure à 6 mois, le salarié a droit à une indemnité de licenciement égale à un mois de salaire. En cas de licenciement intervenant à l’issue d’une période de travail inférieure à 6 mois, cette indemnité est égale à la moitié du salaire mensuel. Néanmoins, si le salaire mensuel moyen du salarié est supérieur de trois fois au salaire moyen de la municipalité du lieu où il travaille, l’indemnité de licenciement est plafonnée à trois fois ce salaire moyen et ne peut excéder l’équivalent de 12 mois de salaires, mais cette clause n’a pas d’effet rétroactif. Réforme de la sécurité sociale La loi sur la Sécurité Sociale adoptée le 18 octobre 2010 (entrée en vigueur le 1 juil-

let 2011) étend le système de protection sociale chinois à l’ensemble des salariés travaillant en Chine, qu’ils soient chinois ou étrangers. A ce titre, les travailleurs étrangers sont désormais tenus de cotiser à la sécurité sociale chinoise. Les cotisations dues couvrent des prestations de retraite, de maladie, de chômage, d’accidents du travail et de maternité. L’employeur doit prélever l’ensemble de ces cotisations à la source, sur la rémunération versée à ses salariés. Seuls sont dispensés les salariés étrangers ressortissants d’un État ayant conclu avec la Chine une convention bilatérale en matière de sécurité sociale. A ce jour, seule l’Allemagne et la Corée du Nord ont conclu de telles conventions. Les salariés allemands et nord-coréens sont ainsi exonérés des cotisations sociales de retraite et chômage. Ils sont néanmoins tenus du paiement des autres cotisations sociales chinoises.

A défaut de convention bilatérale francochinoise, les expatriés français doivent cotiser pour la sécurité sociale chinoise, en dépit des cotisations sociales déjà acquittées en France. Cette réforme alourdit ainsi le coût de l’embauche d’un expatrié français et incite les entreprises implantées localement à recruter davantage de salariés chinois. Ces réformes s’inspirent largement des expériences des pays européens, et notamment du système social allemand. Le législateur a mis l’accent sur la protection des intérêts des salariés. Une vigilance particulière est aujourd’hui requise en matière de droit social. Chaque employeur doit s’assurer du respect des dispositions impératives de droit du travail chinois, non seulement au sein de son entreprise, mais également dans ses rapports avec ses partenaires (soustraitants et fournisseurs). Les conditions de travail des salariés des fournisseurs chinois du géant Wal-Mart avaient ainsi défrayé la chronique en 2005. L’impact de ces réformes en termes de coûts est indéniable. Il en résultera une augmentation non négligeable du coût de la main d’œuvre, qui se répercutera automatiquement sur le prix des produits et services fabriqués et rendus en Chine. A ce stade, il est toutefois difficile d’appréhender l’ampleur de cette évolution. Au cours des 20 dernières années, l’essor économique de la Chine s’est fortement appuyé sur une maind’œuvre peu onéreuse. A terme, cet atout a certainement vocation à disparaitre. En outre, l’augmentation du coût des produits va entrainer un repositionnement nécessaire du « made in China ». Il est probable et souhaitable que ce dernier s’opère dans le sens d’une amélioration de la qualité de la production et de la gamme des produits vendus. Cette évolution se doit d’être applaudie. Cadeau du gouvernement aux salariés, la société en assumera néanmoins les frais.    1 2 3

Li Hua, partner au cabinet Gide Loyrette Nouel à Pékin

Article 82 du droit sur le Contrat de Travail Article 14 du droit sur le Contrat de Travail Article 18 des provisions d’Administration de l’Emploi des Étrangers en Chine

printemps 2013 / Connexions 45


Dossier

专栏

Propriété intellectuelle

« Chine : un pays où la contrefaçon est encore omniprésente » 3 questions à… … Benjamin Baudry, avocat Baudry & Partners Connexions : Les sociétés étrangères en Chine sont particulièrement exposées au risque de voir leurs technologies et leurs marques copiées ou déposées par un tiers. Constate-t-on pourtant une amélioration ? Benjamin Baudry : Il est certain que la Chine

ment pour la Chine. Une protection globale pour la « grande Chine » consiste d’ailleurs à réaliser des dépôts différents et cumulatifs pour la Chine continentale, Hong Kong, Macao, et Taiwan. 

C : La Chine dispose d’une législation qui permet de protéger ses droits correctement. Mais la vraie difficulté étant souvent de faire appliquer ces textes... B. B : La Chine dispose en effet d’une légis-

est un pays où la contrefaçon est encore omniprésente. Si les sociétés étrangères semblent conscientes de ces risques, il lation qui permet de faire ressort pourtant de la pracorrectement protéger ses tique qu’elles ne prennent « Dans le droits de PI en les faisant pas toujours toutes les domaine des enregistrer, et je ne pense précautions nécessaires technologies, dès lors pas que le réel proen termes de propriété inil convient de blème se situe au niveau tellectuelle qui consistent de l’application des textes. à faire protéger préala- ne fournir au La difficulté est à deux niblement par des titres partenaire veaux : d’une part, comme de P.I (brevet, marque, nous l’avons observé avoir dessin et modèle, droit chinois que pris la précaution préalable d’auteur, etc.) l’ensemble les données et complète de faire enredes atouts de leur société. strictement gistrer ses droits de PI en Ce qu’omettent souvent nécessaires Chine ; d’autre part, en cas les entreprises est sans de contrefaçon avérée, avoir doute le caractère terri- (par exemple à pu récolter des preuves tantorial de la protection des la production), gibles des activités illégales droits de PI. En effet, cette et ainsi du contrefacteur concerné, dernière ne vaut que pour préserver pour ainsi pouvoir faire vale ou les territoires où les loir ses droits P.I devant les titres ont été déjà valable- les éléments juridictions chinoises. ment enregistrés. Ainsi, clefs. » C. Comment dans ces conditions à titre d’illustration, une entreprise qui possède ses droits enregis- choisir un bon partenaire chinois ? trés en France, ne reçoit protection que B. B : Dans le cadre d’une relation avec un pour ce territoire ; si elle veut pénétrer le partenaire chinois, il convient de prendre marché chinois, elle devra alors procéder de multiples précautions dans la rédacà une nouvelle procédure d’enregistre- tion du contrat qui unit ces deux parties, 46 Connexions / printemps 2013

et notamment eu égard aux problèmes de propriété intellectuelle et de fuites des informations. Dans cette optique, l’accent sera porté sur la rédaction des clauses et des conséquences contractuelles prévues en cas de violation des obligations du partenaire chinois, et plus particulièrement son obligation de confidentialité. Dans le domaine des technologies, il conviendra ainsi de ne fournir au partenaire chinois que les données strictement nécessaires (par exemple à la production), et ainsi préserver les éléments clefs des technologies transférées pour pouvoir en conserver le contrôle et éviter qu’elles ne soient usurpées.  Propos recueillis par Pierre Tiessen


Dossier

专栏

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ABÉCÉDAIRE Contrôle qualité

Yu Guangzhou (60 ans), directeur – avec rang de ministre – de l’administration centrale des douanes chinoises. 


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D C A Who’s who… Zhi Shuping (60 ans), membre du comité central du PCC, directeur depuis août 2010 - avec rang de ministre - de l’administration centrale en charge du contrôle qualité (supervision, inspection et quarantaine). Photo prise en mars 2012 lors d’un sommet sinoeuropéen sur le contrôle qualité.

« L’usine du monde » est aussi un pays innovant. En 2012, 3 700 demandes de brevets ont été déposées en Chine.

Douane

Contrôle

AQSIQ

Administration officielle chinoise en charge notamment de la qualité et des normes des produits « made in China » et de l’inspection (et mise en quarantaine) des marchandises, produits alimentaire, etc. qui entrent et qui sortent du territoire chinois. L’AQSIQ a été créée en 2001 et dispose de 35 bureaux baptisés Entry-Exit Inspection and Quarantine Bureau (CIQs) et de 200 relais répartis dans toute la Chine. 48 Connexions / printemps 2013

Le contrôle est un acte technique permettant de déterminer la conformité d’un produit. Pour effectuer un contrôle sur un produit, il faut au préalable en déterminer les caractéristiques et choisir les limites à l’intérieur desquelles le produit est conforme. Il faut que ces limites soient connues par le « contrôleur » qui effectuera le contrôle. La pertinence d’un contrôle varie également selon la façon dont il est effectué (systématique ou par prélèvement), et sa fréquence (quand intervient-il dans le processus de production et de commercialisation d’un produit).

Tout produit exporté doit, arrivé à destination, être déclaré aux douanes locales. Selon les douanes françaises, « des réglementations techniques, nationales et/ou communautaires, ont rendu obligatoires des règles de qualité et de sécurité, pour certains produits ou certaines familles de produits. Dans les échanges avec les pays tiers de ces réglementations sera contrôlée à l’importation {alors que ces contrôles ne sont pas opérés dans les échanges entre États membres de la Communauté européenne} ». Et de préciser : « le marquage CE a été créé dans le cadre de la législation européenne. Il est obligatoire pour tous les produits couverts par une ou plusieurs directives européennes de type « Nouvelle Approche » et confère à ces produits le droit de libre circulation sur l’ensemble du territoire de l’Union Européenne ».


Un concept né au Japon au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Q I T

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C’est l’AFNOR qui représente la France au sein de l’ISO.

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© DR

Faire du « made in China » un atout 让“中国制造”成为制胜法宝

Traditionnellement, l’acheteur chinois ne prêtait jusqu’alors que peu d’attention au TCO (Total Cost of Ownership ou Coût Total de Possession). Voir aussi page 26.

ISO

International Standardization Organization est un organisme de normalisation international composé de représentants d’organisations nationales de normalisation de 164 pays (en France, l’AFNOR – Association française de normalisation – est membre de l’ISO). Cet organisme définit et produit des normes internationales de production industrielle et de commercialisation. La norme ISO 9001 par exemple intitulée « Systèmes de management de la qualité – Exigences » décrit les exigences relatives à un système de management de la qualité pour une utilisation soit interne, soit à des fins contractuelles ou de certification. Il s’agit ainsi d’un ensemble d’obligations que l’entreprise doit suivre. La norme ISO 9004 prévue pour un usage en interne et non à des fins contractuelles, porte notamment sur l’amélioration continue des performances, etc.

Qualité totale

Ou Total Quality Management. Démarche de gestion de qualité dont l’objectif est l’obtention d’une très large mobilisation et implication de toute l’entreprise pour parvenir à une qualité parfaite en réduisant au maximum les gaspillages et en améliorant en permanence les éléments de sorties (out puts). Selon techno-science. net, « c’est au Japon en 1949 que naissent les concepts connus sous les noms actuels de Total Quality Management ou Total Productive Maintenance. » Mr Toyoda fondateur de la marque de voiture éponyme aurait demandé « à l’un de ses ingénieurs de mettre en place un modèle différent du fordisme (en vigueur à l’époque) et adapté aux contraintes socio-économiques contemporaines. Ce dernier créera un mode d’organisation appelé Ohnisme dont un des principes fondamentaux est la minimisation des pertes par une qualité absolue ».

TCO

Total Cost of Ownership, ou Coût Total de Possession, c’est-à-dire le coût de l’équipement tout au long de son cycle de vie, incluant le coût d’achat, mais également le coût de maintenance et d’entretien. Le TCO prend non seulement en compte les aspects directs (coûts matérisels tels qu’ordinateurs, infrastructures réseaux, etc. ou logiciels tels que le coût des licences), mais également tous les coûts indirects (coûts cachés) tels que la maintenance, l’administration, la formation des utilisateurs et des administrateurs, l’évolution, le support technique et les coûts récurrents (consommables, électricité, loyer, etc.). printemps 2013 / Connexions 49


L’actualité de la Chambre

商会简讯

L’actualité membres La première boutique WORLD ouvre à Shanghai

DS

La première boutique DS World a ouvert le 28 mars 2013 à 18h00 sur l'avenue Nanjing West Road à Shanghai, attirant une large foule de passants intrigués par l'atmosphère électrique du tapis rouge, la musique chic mixée par un DJ français et la présence de nombreuses figures politiques, des élites du monde des affaires et de personnalités. La star du cinéma Sun Li a été accueillie par une vague d'applaudissements et d'acclamations. En tant que premier point de vente de DS dans le monde, DS WORLD plonge le public chinois dans l'univers du luxe à la française. C'est un instantané de la gloire et des succès de la marque depuis sa création. Ici, on peut non seulement découvrir tout l'ensemble de la gamme DS qui se trouve sur le marché, mais aussi son héritage avec la présentation de voitures de collection. Cette inauguration confirme que la Chine est la priorité n°1 de DS dans le cadre de sa stratégie d'internationalisation. Ce point de vente fait office de référence chez les concessionnaires en Chine, en associant les avantages d'un musée et d'un showroom, en rapprochant culture de la marque et force de ventes. Elle crée une nouvelle forme d'expérience pour le consommateur et accentue l'image de prestige et d'exception de la marque DS. Les visiteurs peuvent découvrir dans ce point de vente DS World, le concept car Numéro 9, une voiture d'exception la DS23, un modèle décapotable de la DS Cabrio, une THP qui a gagné le titre du Meilleur Moteur pour la sixième fois de suite, et la DS3 WRC la voiture qui a permis au pilote Sébastien Loeb de remporter le championnat pendant 2 années consécutives. DS WORLD est une merveilleuse vitrine présentant la culture de la marque DS, ses concepts cars et ses projets. L'espace qui a attiré le plus de visiteurs est l'atelier sellerie où un artisan de France 50 Connexions / printemps 2013

Mazars renforce son équipe fiscale avec l’arrivée Anthony Tam a rejoint Mazars début mars 2013 en tant qu’associé en charge du développement de l’offre de service fiscalité en Chine continentale. Avant de rejoindre Mazars, Anthony était associé au sein d’un Big 4, d’abord au Canada puis à Hong Kong, où il a été nommé Directeur adjoint de l’activité fiscale en Chine du Sud (Hong Kong, Canton et Shenzhen). Fort de ses 20 années d’expérience en fiscalité internationale, chinoise et hongkongaise, Anthony s’est spécialisé en fusion-acquisition et prix de transfert. Il a conseillé de nombreuses entreprises dans leur projets de fusion-acquisition transfrontaliers

a pu montré sur place comment sont réalisés les sièges intérieures des véhicules. Son savoir-faire raffiné et les procédures de fabrication élaborées ont permis aux visiteurs d'avoir une meilleure compréhension de la qualité d'ouvrage offerte par DS. DS WORLD est le mariage parfait entre culture de marque et expérience du public. Son ouverture à Shanghai démontre l'engagement de DS sur le marché chinois. C'est une étape importante dans la stratégie de construction de la marque DS, cette inauguration ouvre un nouveau chapitre de la stratégie de DS en Chine. Pour plus d'informations, visitez http://www.ds.com.cn et suivez DS sur weibo --  @DS SPIRIT.

Groupama-Avic Le 17 avril, la CCIFC, l ’Eurocha mbre et Groupama-Avic ont co-organisé un pe-

en Asie Pacifique (Chine continentale, Hong Kong, Singapour, Thaïlande, Taiwan, Corée, Philippine et Inde), et a participé, en qualité de conseiller fiscal, aux négociations de deux Accords Préalables en matière de Prix de transfert (« APP ») bilatéraux entre la Chine et le Japon, dont un extrêmement sensible portant sur les exportations, les ventes sur le marché intérieur et le paiement des royalties. C’est au Canada qu’Anthony a reçu son éducation supérieure et développé son intérêt pour l’enseignement académique. Il a été l’un des professeurs de l’unique programme de fiscalité approfondie proposé au Canada, qui a été initié par l’Ordre des Experts-Comptables Canadien, et a enseigné à la Faculté de commerce de l’Université de Toronto. Son engagement dans l’éducation de la prochaine génération de fiscalistes ne s’est pas atténué au fil des années : il enseigne la fiscalité

tit déjeuner conférence autour de Michel Aglietta, économiste français de premier plan, Professeur émérite à l'Université Paris X Nanterre, membre du Haut Conseil des Finances Publiques, et Bai Guo, chercheuse chinoise, tous deux auteurs du livre La voie chinoise - Capitalisme et Empire. Au cours de cette conférence, intitulée « What's Next in China's Progress Towards sustained economic growth? », les deux intervenants ont analysé la nature de la réforme chinoise en la replaçant dans un contexte historique. Ils ont également insisté sur les particularités de chaque phase de la réforme, et présenté les performances et les difficultés rencontrées depuis 2008, début de ce qu’ils appellent la 3e phase de la réforme. Ils ont conclu leur intervention en présentant les mesures à mettre en œuvre en Chine afin d’assurer une transition vers un développement durable dans un contexte économique international qui reste


会员动态 d’un nouvel associé chinoise à l’Académie fiscale de Singapour, école gérée par l’Administration fiscale de Singapour, et est l’un des deux directeurs de programme du Diplôme d’enseignement supérieur de fiscalité de l’Ordre des Experts-Comptables de Hong Kong (« HKICPA ») où sont dispensés des cours de fiscalité hongkongaise, chinoise et internationale. Anthony détient un MBA de l’Université de Toronto (Canada) et est enregistré à l’Ordre des Experts-Comptables d’Ontario (Canada) ainsi qu’à l’Ordre des Experts-Comptables de Hong Kong, où il est actuellement le Vice-Président de la Faculté de fiscalité. Vous pouvez contacter Anthony par téléphone au +86 21 6168 1088 (ext. 103) ou par e-mail : anthony.tam@mazars.cn

玛泽国际会计师事务所聘任新税务合伙人 玛泽很荣幸宣布将聘任谭振雄先生为税务

谭先生在加拿大安大略 省完成研究生课

合伙人。

程。作为一名税务专家,谭先生曾参与教

玛泽大中华区因为谭先生的加入而加强了

学工作。他曾经是加拿大唯一一个由加拿

其税务团队,他将负责中国内地税务实践

大特许会计师公会开办的税务课程深造班

的发展。谭先生拥有超过20年国际税收、

的讲师,同时也曾在多伦多大学的商科学

香港税务和中国税务的专业经验,并专精

院担任讲师。多年来,他对于栽培税务顾

于并购和转让定价。 谭先生在加入玛泽之前,曾经是一家「四 大」事务所加拿大分所的税务合伙人,之 后在九十年代后期调任至其香港分所,并 最终成为该事务所南中国区(香港、广州、 深圳)税务部的副主管合伙人。他在包括 中国内地、香港、新加坡、泰国、台湾、韩 国、菲律宾和印度等亚太地区的跨境并购

问下一代的承诺并未减弱;他目前正在新 加坡税务局开设的税务学院担任中国税务 课程的讲师,并同时担任香港会计师公会 (“HKICPA”)两个高级税务文凭课程的主 任,教授香港、中国和国际税务课程。他亦 是香港会 计师公会税务学院的现任副主 席。

项目方面都拥有丰富经验。

谭先生拥有加拿大多伦多大学工商管理硕

谭先生在中国的转 让 定价方面拥有 可靠

士学位,也是加拿大安大略省特许会计师

的业绩纪录,他曾担任两份“双边预先定

学院和香港会计师公会的会员。

价协议”(“BAPA”)的顾问:其中一份是

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涉及出口和国内销售及支付版税的复杂协

邮anthony.tam@mazars.cn与谭先生联络。

议。两份BAPA都与日本有关。

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marqué par l’instabilité. Plus de 80 participants ont participé à ce petit déjeuner conférence, qui s’est terminé par des échanges entre participants et intervenants.

DS全球首家旗舰店DS WORLD正 式开业

Filière porcine : un partenariat professionnel gagnant-gagnant entre la France et la Chine En 2006, la France a été le 1er exportateur européen à être agréé pour exporter de la viande de porcs en Chine. Depuis, les exportations augmentent fortement, année après année, atteignant un record en 2011 : plus de 65 000t. Ce succès est lié en grande partie au dynamisme du service économique de l’Ambassade de France qui travaille en étroite concertation avec les autorités sanitaires chinoises (AQSIQ), dont un des sujets majeurs est aujourd’hui la négociation du protocole sanitaire sur la charcuterie française. Ce succès est également dû aux profes-

3月28日下午18:00,上海南京西 路近石门路段吸引了众多行人驻 足。艳丽的红毯洋溢着喜庆的气 氛,优雅舒缓的音乐缓缓从一位法籍DJ的 手指下流淌而出,这里便是新世代豪华汽车 品牌DS全球首家旗舰店DS WORLD的开 幕典礼现场,众多政要、行业精英、各界名 流齐聚于此,而著名影视明星孙俪女士的到 场更是引起粉丝的阵阵欢呼。作为DS全球 首家旗舰店, DS WORLD的开业将带给中 国消费者对“来自巴黎的创新奢华”的全新 体验,感受DS自诞生以来的辉煌与荣耀。在 这里,你不仅可以看到目前在售的DS全系车 型,更可以探寻DS老爷车的踪迹,品味DS 概念车的设计美学,同时也表明了DS已经 将中国市场视为其全球战略中最重要的部 分。而融合了博物馆和展厅双项优势的DS WORLD在中国汽车销售领域也可谓首创 之举,将品牌文化展示与汽车销售服务相结 合,打造了一种全新的体验服务形式,进一 步提升了DS品牌的时尚高端形象及独树一 帜的品牌个性。 在DS WORLD独具匠心的博物馆式的展厅

中,概念车Numero 9、老爷车DS23、即将 上市新车型DS3 Cabrio、DS车型装配的连 续 6次获得全球十佳发动机称号的THP发 动机以及帮助" 连续蝉联9年WRC车手冠 军"的传奇车手塞巴斯蒂安勒布在2011年及 2012年获得WRC年度车手总冠军傲 人荣 誉的传奇战车DS3 WRC均与公众见面,可 以说,DS WORLD是近距离了解DS品牌文 化、设计概念及产品规划的绝佳窗口。吸引 了最多参观者驻足的是手工艺区,一位来自 法国的手工艺人现场进行了手工艺品的制作 表演,其精湛的技术及精细的制作过程无不 让人叹为观止,从而也让来宾们对DS的精 致工艺有了更为深刻的认识和了解。 作为DS 品牌全球化战略的重要组成部 分,DS WORLD不仅创造性地将品牌文化 与公众体 验完美结合在一起,同时也 表明 了DS对中国市场的重 视 和 信心。上海 DS WORLD的正式开业是DS品牌建设的重要 里程碑,从此掀开了DS品牌中国战略的全 新一页。 关于DSDS的名称源自1955年出产的一款轿 车,体现了创意、严谨和大胆。作为创新、专 业、时尚和科技的象征,DS表达了对汽车未 来的全新思考方式,受到历史传承的启迪,

printemps 2013 / Connexions 51


L’actualité de la Chambre

商会简讯

L’actualité membres sionnels, chinois d’une part, la CIQA, l’association d’inspection sanitaire, et français d’autre part,  INAPORC, qui se sont rapprochés pour  coopérer davantage ensemble. En effet, une convention CIQA-INAPORC, rédigée par les deux parties  a été signée le mercredi 24 avril 2013 en présence du président de la CIQA et celui d'INAPORC . Les objectifs de ce partenariat sont de développer une coopération technique et scientifique sur la sécurité alimentaire et le suivi sanitaire, développer des programmes de formation et d’études, organiser des événements professionnels et encourager le développement des relations commerciales entre la Chine et la France dans les domaines agricoles/ agroalimentaires.

Potel et Chabot: Implantation de la célèbre maison du luxe et de la gastronomie en Chine Le traiteur de luxe et organisateur d'événements Potel et Chabot a le plaisir d'annoncer son implantation en Chine. L'ouverture de ce nouveau bureau permet au leader français de la restauration de luxe, de développer ses activités sur le marché asiatique. Potel et Chabot intensifie son déploiement à l'international et place la Chine au coeur de ses ambitions. L'entreprise a ouvert, le 20 mars dernier, son premier bureau à Shanghai. Cette ouverture permet au leader français de l'organisation de réceptions de prestige de développer ses activités. L'objectif est d'accompagner en Chine les clients européens fidèles de la marque sur un territoire où ils sont de plus en plus actifs, et également, de promouvoir l'art de vivre à la française auprès de nouveaux clients locaux. Cette annonce intervient après la signature en janvier dernier d'un partenariat entre Potel et Chabot et Sofitel Luxury Hotels permettant à Potel et Chabot de s'appuyer sur les infrastructures de son partenaire. L'accord vise à développer 52 Connexions / printemps 2013

l'offre de réceptions de haut de gamme sur les marchés internationaux en pleine expansion, dont l'Asie notamment. "La Chine est devenue, depuis quelques années, un important marché du luxe dans le monde. Il est donc tout naturel qu'une maison parisienne comme Potel et Chabot s'y installe, afin d'accompagner en Chine les clients historiques de la marque", explique Franck Jeantet, PDG de Potel et Chabot. Potel et Chabot - la référence pour les événements de prestige Potel et Chabot est une célèbre Maison parisienne créée en 1820 par M. JeanFrançois Potel, maître pâtissier, et M. Etienne Chabot, chef remarqué de la cour de France. Très vite le succès s’invite à leur table, ils servent les rois, les institutions et organisent la plupart des grandes inaugurations de chemins de fer. Potel et Chabot devient le traiteur de référence pour des réceptions à Paris, en France et à l’étranger, offrant ses services à toutes les plus grandes marques de luxe, de la Haute Couture et de la joaillerie. Depuis deux siècles, Potel et Chabot organise les plus grands événements de l'histoire de France : 1886 : Baptême du prince Impérial, fils de l’Empereur Napoléon III 1900 : Le plus grand banquet jamais organisé, avec 23 300 invitées au banquet des Maires 1989 : Le cocktail du bicentenaire de la Révolution Française 1993 : L'ouverture de l'Eurostar Potel et Chabot aujourd'hui c'est plus de 7 000 événements organisés chaque année et 5 pavillons d'exception à Paris. Après 193 années de défis et de succès, Potel et Chabot est devenu l'ambassadeur de l'art de vivre à la française, membre du comité Colbert, une des plus grandes références de la gastronomie française et véritable symbole de la culture française à travers le monde. Leader français de la restauration de luxe, Potel et Chabot intensifie le développement de ses activités internation-

ales, soutenue par son actionnaire de référence, l'entreprise d'investissement français "21 Centrale Partners". Pour plus d'informations : www.poteletchabot.com

Un nouveau trimestriel est disponible sur le marché chinois Depuis le mois d’avril, un nouveau trimestriel est disponible sur le marché chinois. Gratuit, réalisé par les équipes de l’hebdomadaire français Le Point et le magazine économique Caijing, il a atteint très rapidement un large public grâce au réseau de distribution de l’hebdomadaire chinois. 100 000 exemplaires sont distribués aux abonnés en même temps que leur revue habituelle et 20 000 autres sont disponibles lors des événements organisés par les Chambres de Commerce. La nouveauté vient de l’impression et la distribution simultanée du même magazine en Europe : 60 000 exemplaires supplémentaires sont ainsi distribués dans les grands hôtels, restaurants, aéroports et lieux de passage stratégiques des voyageurs chinois en Europe. Le journal attire l’attention des lecteurs sur un sujet de réflexion dominant : le cinéma, l’éducation, présente une région ou une ville d’Europe, des personnalités innovantes, en France et en Chine comme ce jeune chinois, diplômé de l’Ena, qui a choisi à son retour d’ouvrir une fromagerie ! Le magazine présente également des revues de livres traduits en chinois et met en valeur des expositions ou spectacles ayant lieu en Chine, qui permettent d’intéressants croisements culturels, comme par exemple l’exposition Duchamp à l’UCCA. Cet artiste français, père de l’art contemporain qui se fit connaître voilà plus d’un siècle aux États Unis, a largement influencé l’avant garde chinoise depuis les années 1980. Ce magazine de qualité constitue un beau support publicitaire pour les entreprises cherchant à atteindre un public éduqué et ouvert sur le monde.


会员动态 继承了创意和高贵的基因。

当然,合作共赢,行业协会亦当全力以赴。

的标志性餐饮服务提供商,为各大奢侈品、

原创设计,精湛工艺,人性科技,高端品质

举例来说,CIQA— —中国出入境检验检疫

高级服饰、时尚和珠宝公司公司在巴黎、法

以及经典传承是DS 品牌独一无二的DNA。

协会和INAPORC— —法国猪业联盟,二者

国,乃至外国的招待会提供。

敢想敢为,独树一帜和积极进取是DS无可

为加强行业内合作走到了一起。2013年4月

在其近两百年���历史中,Potel & Chabot公司

替代的核心价值。

24日周三,中国出入境检验检疫协会和法国

组织过一些在法国历史上留有笔墨的著名

长安标致雪铁龙汽车有限公司,简称长安标

猪业联盟共同拟定的合作协议,将由双方协

大型活动,比如:

致雪铁龙(英文简称: CAPSA),由中国长

会主席正式签署。

1856年,拿破仑三世皇帝的儿子洗礼招待会;

安汽车集团股份有限公司与法国标致雪铁

双方携手,将会努力推动中法两国在食品安

19 00年,法国有史以来最大规模的宴会-有

龙汽车股份有限公司共同组建. 合资公司初

全和卫生领域的技术和科研合作,开展学术

两万三千人参加的法国市长大宴会;

期将引入DS品牌全系豪华车型,为中国消

交流项目,组织专业活动并促进中法两国农

1989年,法国大革命两百周年大型酒会;

费者带来个性、创新与优雅的豪华车型新选

业及农产品加工业领域双边商贸关系发展。

19 9 3年,拉芒什海峡海底隧道的开通仪式 招待会;等等

择。

展现法国奢 华与美食的 Po te l  & Chabot公司在华开张

如今,Potel & Chabot公司每年组织近七千场

巴 黎 ,2 0 1 3 年 3

一百九十三年连续不断地面对新的挑战,使

月 2 0 日 讯   :巴

Potel & Chabot公司这一法国生活艺术的大使

黎“Potel & Chabot”公司宣布在中国建立分

成为了科贝尔委员会(Comité Colbert,法国

支机构。

精品行业联合会)的成员,该委员会是法国

4月17日,由法国工商会,

Potel & Chabot是法国一家专门组织高端招

美食不可忽略的标志,是在世界上展示法国

欧 盟商会 和中航 安盟保

待活动的著名企业。通过在中国立足,这家

形象的真正窗口。

险公司共同举办了研讨会,法国著名经济学

公司表示出对亚洲服务市场的很高预期和

Potel & Chabot公司在其主要的股东公司21

家,法国巴黎第十大学的国际经济学教授,

信心。

Centrale Partners的支持之下,正在努力发展

法国公共财政高级委员会成员米歇尔·阿格

Potel & Chabot正在大力开拓国际市场,并极

其国际业务。

里塔教授,及学者白果女士,以《中国经济

其看重中国在其发展前景中的地位。3月20

如需了解更多信息,可访问网站:

持续发展的下一步》进行演讲。两位学者以

日,Potel & Chabot公司将在上海设立第一家

www.poteletchabot.com

中国的历史为背景分析了中国改革的实质,

办事处。初期目的是为来到中国的欧洲老客

强调了改革发 展不同阶段的特点,尤其是

户提供服务,公司的这些忠实客户在中国市

2008年(被其称作改革第三阶段)以来所取

场上越来越活跃。同时,Potel & Chabot立足

自今年四月起,一本新的季刊在

得的成绩和所遇到的困难。对在一个国际

中国的目的也是为了向本地新客户推广法国

中国面世了。它是免费的,由“

经济形势不稳定的大背景下中国经济可持

生活艺术。

法国观点周刊”和“财经”杂志

续发展所需要采取的措施进行了阐述。

这一消息 发 布之前,Potel & Chabot公司

合作出版。在中国,这本季刊很快就有10万

米歇尔·阿格里塔教授与及学者白果对中国

于2013年1月与索菲特酒店(Sofitel Luxury

份被分发到“财经”杂志的老订户手中,还

经济和金融市场的改革做了大量深入研究,

Hotels)签订合作伙伴协议,公司从而可以依

有2万份可以在中法工商会的各种活动中免

并曾出版《中国的发展:资本主义和帝国》的

托索菲特的众多酒店设施开展活动。双方协

费领取。同一本季刊在欧洲同时印刷及分发

专著,探讨了中国过去30年的改革经济和制

议旨在发展国际高端派对招待业务,尤其是

也是一种创新:6万份加印的杂志同时在欧

度变迁。

在亚洲市场。

洲的各大酒店,饭店,机场和中国游客经常

中航安盟保险拿有黎副总裁主持本次研讨

Potel & Chabot公司的总 裁 弗朗克·扬戴

出现的旅游景点也有投放。本杂志关注以下

会,有超过80人参加了本次研讨会,与会者

(Franck Jeantet)解释说: “几年以来,中国

议题:比如电影,教育,介绍在欧洲的一个

与主讲人进行了积极的对话交流。

已经成为世界奢华产品的重要买家。因此,

地区或一座城市,在欧洲和中国有创新精神

在巴黎十分活跃的Potel & Chabot公司伴随自

的人物,比如说一个年轻的中国人刘阳从法

关于更多DS的信息, 欢迎访问: www.ds.com.cn 并关注DS官方微博 -“@DS精神 ”。

法国工商会,欧盟商会和中航安盟 保险公司共同举办了研讨会

猪业合作,中法共赢

招待会,并在巴黎有着五个高端招待场所。

一本新的季刊在中国面世了

己的老客户们来到中国也是理所当然的。”

国《ENA》国家行政管理学院毕业后,选择

20 0 6年,法国成为首个

知名接待服务企业Potel & Chabot公司

回国创建了他一个人的奶酪王国!该季刊还

获 准 对华出口猪肉的欧

在 法国美食方面 有 着 悠 久 历史的 Potel &

对一些法文书籍的中文译本进行了介绍,以

洲国家。此后,法国对中国市场猪肉出口持

Chabot公司,由甜点大师让-费朗索瓦·波戴

及在中国举行的展览和演出,来进行有趣的

续增长,并于2011年突破65000吨。贸易的

尔(Jean-François Potel)和法国王宫著名厨

文化交流和探讨。比如在北京798尤伦斯当

繁荣,很大程度上得益于法国驻华大使馆经

师艾田·夏博(Étienne Chabot)于1820年创

代艺术中心举办的马塞尔ž 杜尚艺术展。这

济处的积极推进。他们和中国食品卫生监督

立于巴黎。

位被尊为当代艺术之父的法国艺术家,在上

部门(国家质检总局)紧密沟通协调,确保

他们的美食业务很快便受到人们的欢迎。他

世纪八十年代初期极大地影响了中国当代艺

经济活动秩序良好。目前双方关于熟制猪肉

们为王室、官方机构提供服务,也为法国铁

术家。这本优质的杂志对想要找到既受过良

制品卫生标准议定书的谈判就是中法政府

路组织过若干大型揭幕仪式。

好教育又对世界开放的读者的公司来说,是

间工作对话的缩影。

后来,Potel & Chabot公司称为高端招待会

一个很好的广告媒介。 printemps 2013 / Connexions 53


L’actualité de la Chambre

商会简讯

Forum d’Affaires Sino-Français

Les participants, directeurs d’entreprise et décideurs politiques, sont venus en nombre : plus de cent personnes, représentant équitablement près de 80 entreprises françaises et chinoises telles que BNP, Véolia, Mazars, Jointek Fine wines, Guangzhou ZhengJia Enterprise, KuaiShang Fashion ont eu le privilège et la satisfaction d’assister à ce rendez-vous unique. Ce Forum a permis à l’ensemble des invités d’identifier leurs homologues étrangers et leurs potentiels partenaires ou clients pouvant les aider à développer leurs affaires. Les entreprises chinoises ont effectivement pu se renseigner sur les possibilités d’investissement en France et parallèlement les entreprises françaises ont pu trouver des leviers pour leur développement en Chine. Avec un programme très complet, les participants ont tout d’abord assisté à deux conférences : • La première, présentée par Nicolas Guibert (Vice-Président de CAPSA), leur a permis de découvrir une stratégie pour lancer une nouvelle ligne de voitures haut de gamme sur le marché chinois, faisant notamment référence à leur nouvelle gamme DS. • Ensuite, le Gouvernement du District de Tianhe a mis en exergue les nombreuses opportunités d’investissement pour les sociétés françaises au sein de son quartier. 54 Connexions / printemps 2013

© DR

La première édition du Forum d’Affaires SinoFrançais, réalisée grâce à l’étroite collaboration de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC) et du Conseil Chinois pour la Promotion du Commerce International (CCPIT), a eu lieu le jeudi 11 avril 2013 à Canton.

À l’issue de cette première rencontre franco-chinoise au Sofitel Guangzhou Sunrich, l’ensemble des invités ont pu interagir davantage lors d’un cocktail très vivant. Le dîner d’affaires, débutant à 18h00, a été ensuite l’occasion pour les participants de représenter leur secteur d’activité et échanger efficacement grâce aux neuf tables thématiques : Environnement & Énergie, Architecture & Design, Biens de Consommation Audit, Services, Investir en France, Automobile & Hélicoptère, Agroalimentaire et la table des Officiels. Monsieur le Consul Général de France à Canton, Bruno Bisson, nous a fait l’honneur d’introduire cet événement exceptionnel et soutenir cette initiative, aux côtés de Mon-

sieur Yu Ruheng, Vice Président du CCPIT, Monsieur Chen Zujin, Vice Directeur du District de Tianhe et Monsieur Manuel Deleers, Directeur Général de la CCIFC. Les cultures françaises et chinoises ont également été mises en avant au travers d’une excellente sélection de grands crus français, proposée par Red Pony, accompagnée de plats traditionnels chinois. Cette première édition du Forum d’Affaires Sino-Français, pleine de succès et prometteuse pour les entreprises françaises et chinoises, se verra reconduite l’année prochaine afin de développer davantage les relations d’affaires mutuellement bénéfiques entre la Chine et la France.   Pierre CAFFIN


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L’actualité de la Chambre

商会简讯 商会动态

L’actualité CCIFC Villes d’Avenir 2013 Zhuhai Villes d’Avenir Zhuhai s’est déroulée les 28 et 29 mars dernier. La délégation, conduite par l’Ambassadeur de France Sylvie Bermann, le Consul Général de France à Canton Bruno Bisson et la Présidente de la CCIFC Annick de Kermadec-Bentzmann était composée d’une dizaine d’entreprises ainsi qu’une dizaine de représentants de CCI de France pour un total de 50 participants côté français. L’événement fut un succès tant du côté français que chinois avec la rencontre d’officiels ainsi que de sociétés locales. Certaines sociétés de notre délégation ont d’ores et déjà pu avancer dans leurs dossiers sur Zhuhai. La CCIFC en prof ite pour remercier l’Ambassade de son soutien ainsi que l’administration de la ville de Zhuhai et bien entendu les participants pour leur déplacement !

China Cities of the Future 明日之城 未来市场 2013 Tour  

Hohhot Ville d’Avenir Hohhot se déroulera les 6 et 7 juin. La capitale chinoise des produits laitiers accueillera notre délégation afin de faire découvrir aux entreprises françaises les opportunités d’affaires à Hohhot et permettra aux entreprises de rencontrer les autorités ainsi que les industriels locaux. Pour cette édition, nous organiserons des activités spécifiques sur l’agriculture, notamment la filière laitière. L’événement est en cours de préparation. La CCIFC et l’AFII se sont déjà rendu à Hohhot pour s’entretenir avec le maire et ses équipes. Les officiels ont montré un grand intérêt pour cet événement et ont dépêché une équipe d’observation à Zhuhai pour garantir une parfaite organisation de l’événement des 6 et 7 juin prochain. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 7 mai 2013.

Weibo

La CCIFC a lancé en mars son compte weibo. Suivez l’actualité business de la CCIFC sur e.weibo.com/ccifc. Vous trouverez sur ce weibo des news sur l’activité économique française en Chine et chinoise en France ainsi que des informations sur la CCIFC et ses activités. www.weibo.com/ccifc

Interwine – Pavillon France à Canton Interwine est le plus important salon de Chine du sud entièrement dédié aux vins, spiritueux, ainsi que tout accessoire et produit en rapport avec ce secteur. Lors de la session de novembre 2012, le salon a accueilli près de 31 000 visiteurs et 682 exposants et a compté parmi ses exposants les grands noms des producteurs, maisons de négoce et importateurs tels que les Grands Chais de France, la Gamme Beaujolaise, Sinoexport et Val d’Orbieu. Grâce aux relations privilégiées qu’elle entretient avec les organisateurs d’Interwine, la CCIFC peut proposer des tarifs très avantageux aux exposants du Pavillon France dont la position stratégique dans le hall producteur offre une visibilité accrue aux exposants. Chaque exposant est assuré du soutien de la CCIFC et de ses services avant et pendant le salon. L’appétit croissant des provinces de Chine du sud pour les vins et spiritueux traduit la volonté de la CCIFC d’accompagner les entreprises exposantes lors du salon Inte-

© CCIFC

du 30 mai au 1er juin 2013

rwine. En effet, la consommation de vin en Chine a doublé entre 2005 et 2009, croissance qui devrait se maintenir à un rythme de 20 % par an d’ici 2014, plaçant la Chine

au 6e rang parmi les pays consommateurs de vin. De plus l’importation de vin étranger est en pleine expansion avec une croissance annuelle de 67,7 %. printemps 2013 / Connexions 57


L’actualité de la Chambre

商会简讯

L'actualité des Antennes  Pékin  Nouveaux membres 

北京 新会员

Abafim (Real Estate), Actys Bee SAS (Consulting), Andros Beijing (Agro Food), Antoine Herblot - L'Autre Agence (Travel), Corentin Jégou - Citywise Property Solutions (Real Estate), CMS China (Consulting), Depack Design Artckitecture Commerciale (Design), Fisheye Film Asia Limited (Media), Fudichantai Hotel Investment & Management Co., Ltd. (Consulting), Hiseas International Sarl (Communications, Advertising, PR), I-TEK Dalian Co., Ltd. (Agriculture), Julien Chol - Somfy Chine Co., Ltd. Beijing Office (Machinery), Maxime Finet (Beijing), NDO China Freight Forwarding Co., Ltd. (Shipping and Logistics), New Continent Group (Industry), Orchestra (Shanghai) Commercial and Trading Co., Ltd. (Consumer Goods), ParexDavco (Guangzhou) Co., Ltd. (Manufacturing), PlaNet Finance (Finance), Vinolia Wines (Wines and Spirits).

Nouveau domicilié 新入驻企业

1dB-Metravib (Environmental), Alcep (Travel), Conseil Régional des Pays de la Loire (Consulting), E.M.StrasbourgPartenaires (Education), Inaporc (Agro Food), L'Esprit des Vignes (Wine and Spirits), Promeca (Energy), Top Industrie (Technology), Tethys Instrument (Machinery), Sicences Po (Education).

Première réunion du comité sectoriel agricole La première réunion du comité sectoriel agricole a eu lieu le 7 mars dernier au restaurant Brasserie Flo à Pékin. Une trentaine d’entreprises du secteur étaient réunies. Après une présentation des objectifs par Guillaume Bonadei, Business Developper Director de la CCIFC, Carole Ly, Attachée sectorielle agricole à l’ambassade de France, est intervenue pour présenter les initiatives institutionnelles dans ce domaine. Cette

58 Connexions / printemps 2013

商会各地动态

initiative de la CCIFC a pour objectif de coordonner les actions pour permettre aux entreprises du secteur agricole de mieux se développer sur le marché chinois.

Célébration de la fête nationale française à Pékin La CCIFC et l’Ambassade de France en

Chine organiseront ensemble la fête nationale française à la résidence de France le 12 juillet 2013. Grâce au soutien des entreprises françaises, une magnifique soirée dans les jardins  de l’Ambassade est en préparation pour la communauté française. Contacts partenaires : belloy.frederique@ccifc.org


L’actualité de la Chambre

商会简讯

Soirée « Réseaux Chine» à Pékin : rencontre entre dirigeants français et chinois RéseauxChine

60 Connexions / printemps 2013

© CCIFC © CCIFC

coopération et de tisser de nouveaux liens. La prochaine rencontre Réseau Chine, aura lieu en septembre 2013. Nous tenons à remercier spécialement notre partenaire CWS China Wines & Spirits, vous pouvez découvrir leur gamme de produits sur le site : www.china-wines-and-spirits.com  

© CCIFC

Directeur du Développement International des entreprises de la CCI Paris ID, Li Lu, Vice-Président de l’ACFIC et Li Luxia, VicePrésidente du CCIPIT Beijing. Ce dîner convivial, animé par Bruno Gensburger, External Affairs Director de Sanofi et Vice-Président de la CCIFC, a permis d’échanger expériences et perspectives de

© CCIFC

Organisé en partenariat avec la CCIP, l’ACFIC et le CCPIT Beijing, cet événement a réuni plus de 80 invités, dirigeants d’entreprises françaises, membres du comité de patronage de la CCIFC et dirigeants chinois. Cette soirée a été présidée par Olivier Guibert, Président de Thales Asie du Nord et Président de la CCIFC, Rémy Arthus,


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L’actualité de la Chambre

商会简讯

L'actualité des Antennes  Shanghai 上海 Nouveaux Membres 

新会员

Adecco - Vincent Benjiamin (Consulting), Adrien LELEU - Panalpina World Transport LTD (Shipping & Logistics), AMAYA (Industry), ANAMNESIA China (Communications, advertising, PR), Andre Laurent (Industry), Benjamin Dubuy d'angeac -Asia retail Partners Co Ltd (Consumer goods), Benoit & associates (Finance), Benoit SPITALE - ITBC Shanghai Trading Co Ltd (Industry), BFG Concept (Shanghai) Ltd (Apparel), BMH Avocats (Law), BUTLER Edouard - Husite Environmental Protection Equipement Co Ltd (Energy), Casaque Group Trading Co Ltd, China Rendez-Vous Ltd (Services), CHOMARAT Engineered Textiles (Manufacturing), DE DIETRICHE HOUSEHOLD APPLIANCES TRADING (Retail), Emmanuel HEMMERLE - KORN/FERRY Human Capital Consulting Company Ltd (Consulting), GAFFIER Bruno – NOVACYT (Industry), Gilles COLLIN - Pendragon Consulting Services (Consulting), GUNNEBO SECURITY Co Ltd (Manufacturing), Hamid HABOUB - Panalpina World Transport LTD (Shipping & Logistics), IESEG School of Management (Education), Impact Memoire (Consulting), Institut Pasteur of Shanghai (Chemicals), J&G France Chine (Consulting), KABAK A BA (Manufacturing), LE ROYA L M E R I DI E N SH A NGH A I ( Travel), L I E BH E R R- A E RO S PAC E C H I N A (Aéronautique/Aviation), Made in Trading Ltd (Retail), Mathieu MOISAN MICHAEL PAGE (Recruiting), Michael AMOUYAL - Advention Business Partners (Consulting), NESTLE R&D CENTRE SHANGHAI LTD (Consumer goods) New(Tianjin) Co Ltd (Services), OC&C Strategy Consultants (Consulting), Orchestra (Shanghai) Commercial And Trading Co Ltd (Retail), Philippe LEROUX - EU ROPE A N GOU R M ET FOOD (AgroFood), Pierre DUARTE - Panalpina World Transport LTD (Shipping & Logistics), Potel & Chabot (Services), SAE Asia (Shipping & Logistics), School of Economics and Management Tongji University (Education), SH A NGH A I 62 Connexions / printemps 2013

ACJ CONSULTING CO LTD (Information Systems), Shanghai Ruiming Real Property, Ruiming Hotel (Travel), SinoSingapore Guangzhou Knowledge City Investment And Development Co Ltd, SODIME ASIA PACIFIC (Manufacturing), Sonepar China (Industry), TLD ASIA (SHANGHAI) Co Ltd (Manufacturing), TLD ASIA (SHANGHAI) Co Ltd (Manufacturing), VELVET Group Limited (Consulting), Wujiang Fazhou Precision Machinery Co Ltd (Machinery), Xu Lihui – ARTEKT (Architecture), Y.S.Links Business Consulting Co (Consulting), Z&H Law CPA - Emilie AUDOUIN (Law), Opko finance (Consulting).

Nouveaux domiciliés 新入驻企业

Les Domaines Auriol – Vin – Mme Yolane JAPHET, T.E.R – Emballage logistique – Mr Francis TAN, Agritel – Gestion de risques des marchés agricoles – Mr Pierre BEGOC, Novacyt - Produits Pharmaceutiques – Mr Bruno Gaffier, Lavoix – Cabinet de Propriété Intellectuelle – Mr David Millet, Eisenberg – Cosmétique – Mme Claire Zhao.

商会各地动态 Dîner de Gala de la CCIFC Shanghai avec Christophe Willem 中法工商会上海年度晚宴

Comme chaque année, la CCIFC Shanghai organise son Gala annuel avec des animations et des shows exceptionnels autour d’un dîner haut de gamme. Ce moment unique d'excellence à la française est l’occasion de rencontrer les hauts dirigeants des communautés d’affaires française et chinoise dans un cadre totalement exclusif. Le Gala de la Chambre a pour intention de  promouvoir la culture française à tous les niveaux : sa gastronomie, ses vins et le savoir-faire de ses membres. Fort de ses 800 participants, le Gala accueille aussi de nombreux officiels français et chinois, et nous avons également l’honneur d’être en présence de personnalités telles que Jin Xing – célébrité chinoise, et Christophe Willem – chanteur venu tout spécialement de France pour nous donner un concert privé. Nous aurons aussi le plaisir d’accueillir Thierry Mariani député des Français de l’étranger. Nous remercions tout particulièrement nos entreprises partenaires dans la production de ce Gala 2013 de la CCIFC Shanghai.


L’actualité de la Chambre

商会简讯

Chine du Sud

华南

CANTON Nouveaux membres 

新会员

Bottles, SOLIDATAS IMPORT CONCEPT ASIA MILLESIME, PELLENC ELECTRICAL & MECHANICAL CO., LTD, Franval, Francine Chicard, Justwine, GREEN CHANNEL, Sinan Consulting, Crowne Plaza Guangzhou City Centre, GuangZhou Ceista Electrical Co., Ltd, Trendy Trade China Ltd, Wine king, La Cave du Poney, Delta Solutions Limited, Guangzhou Chavannes Architecture Design Consulting Co., Ltd, KAI-KAM Commerce & Trading, Killine Optical Ltd.

Emeline Hespel, nouvelle responsable Evénementiel et Communication Nous sommes très heureux d’accueillir Emeline Hespel au poste de Responsable Evénementiel et Communication de l’antenne de Canton. Emeline a rejoint la CCIFC le 18 février après plusieurs mois passés à Pékin au sein de la CCIFC également. hespel.emeline@ccifc.org (020)8186 5799

Service Ressources Humaines de Canton Le département RH de la CCIFC Canton se consacre à vous fournir ses services de formation et recrutement. Depuis 10 ans, la CCIFC Canton organise plus de 40 cours de formation professionnelle, indépendamment ou en collaboration avec d'autres organisations. Les thèmes de nos formations sont très diverses, y compris interculturelles, traitant des ressources humaines, de la finance, du e-commerce, de la gestion et du développement personnel. Grâce au talent de notre équipe de formation

64 Connexions / printemps 2013

et nos formateurs hautement qualifiés, nous maintenons le contenu de nos formations en cohérence avec les demandes des participants en perpétuelle évolution. Tel un cabinet de recrutement, véritable acteur économique, nous accompagnons nos entreprises françaises dans leur développement et leur croissance en leur apportant des solutions de recrutement. Nous disposons d’une base de données de plus de 8 000 CV actifs de candidats chinois et français. A travers différents événements comme entre autres, les séminaires, les conférences, et notre présence sur divers sites web et presse en Chine, notre base de CV s’enrichit chaque mois de plus de 400 nouveaux profils. Dans un contexte de plein emploi, trouver, contacter et convaincre les meilleurs talents nécessite de nouveaux moyens et compétences spécifiques au métier du recrutement. Nous comptons sur vous pour participer aux formations et recruter en 2013 !

soirée Canton Plage édition 2013 rassemblera la communauté d’affaires francochinoise en Chine du sud pour célébrer la fête nationale du 14 juillet. L’année dernière, plus de 800 personnes se sont retrouvées autour de la piscine et du barbecue, tout en savourant vins français et cocktails sur le son du Panda Band. L’occasion idéale pour créer de nouveaux contacts, rencontrer des amis et partager un très bon moment.

A venir en 2013 Food Fair

Signature d’un partenariat avec Nactalia

La seconde Guangzhou International Food & Ingredient Fair aura lieu du 14 au 17 juin 2013 au Pazhou Poly World Trade Center de Canton. Identifiée comme la plus grande exposition alimentaire internationale en Chine du Sud, le salon attend plus de 300 000 visiteurs (professionnels). Le Pavillon France, organisé conjointement par la CCIFC et le CCPIT, constitue une opportunité pour les entreprises françaises de bénéficier d’un réseau de qualité, d’une meilleure visibilité sur le marché chinois et de vendre sur place.

14 juillet – Canton Plage La CCIFC Canton réitère l’un de ses plus beaux événements en juillet prochain. La

SHENZHEN Nouveaux membres du Comité de Patronage 新特别支持委员会 会员

VALEO, BUREAU VERITAS, ERNEST YOUNG

Nouveaux membres 

新会员

CAC-SCAN CHINA Co. Ltd, SUNSET TREND Ltd, AUBE CONCEPTION SARL d'Architecture à Paris, David VINCENT, SDV

Le 20 mars dernier s’est tenue devant 600 personnes à Shenzhen, la cérémonie d’ouverture et la signature d’un partenariat entre le producteur de lait pour enfant français Nactalia et la société chinoise Century. Ce partenariat a été suivi depuis Paris par la Chambre de Commerce et d'Industrie de région Paris Ilede-France, et soutenu par le Consul Général de France à Canton et la CCIFC.


L’occasion pour les 300 journalistes de la presse écrite chinoise invités, ainsi que pour les 300 distributeurs chinois de découvrir le Groupe SODIAAL, un leader de la production de produits laitiers en France, et dont Nactalia fait partie.

La deuxième Édition du salon «Food and Beverage» se tiendra les 21, 22 et 23 juin prochain au Exhibition Center de Shenzhen. La CCIFC rassemblera sous un Pavillon France, l’ensemble des entreprises françaises qui ont souhaité participer à cet événement. Une vingtaine d’enseignes françaises  sont attendues. Organisation de la soirée de la Fête Nationale à Shenzhen le samedi 13 juillet.

© DR

A venir en 2013

Huaxia CHEN, nouvelle responsable recrutement et formation Nous souhaitons une excellente réussite dans tous ses nouveaux projets à Mlle Ling TONG et nous souhaitons la bien-

Chine de l’Ouest

西部

CHENGDU

à l’ensemble des participants d’échanger entre eux dans une ambiance chaleureuse et détendue. Un grand merci au Sofitel Chengdu, à Cédric Besler et toute son équipe, pour ce beau moment de convivialité!  

Business Cocktail au Sofitel Chengdu

Evénements avril 2013 © DR

Le 7 mars dernier à Chengdu, la CCIFC a organisé, en partenariat avec le Sofitel et Rémy Cointreau, un Business Cocktail qui a réuni plus de 85 personnes au Sofitel Wanda Chengdu. Cet événement a marqué le démarrage de l’année 2013 pour la CCIFC Chengdu, et a été l’occasion pour Nathalie Aniel, la nouvelle directrice du Bureau, de faire connaissance avec la communauté d’affaires française et de présenter brièvement les ambitions de la CCIFC sur place pour cette nouvelle année. Marie Massard, représentante de la CCIFC Chengdu, a quant à elle adressé quelques mots de bienvenue et a remercié les autorités chinoises pour leur présence ce soir-là.

venue à Mlle Huaxia CHEN qui reprendra les activités dans le domaine du recrutement et de la formation à l’antenne de la CCIFC à Shenzhen.

L’ensemble de l’équipe du Sofitel Chengdu avait tout mis en œuvre pour faire de cet événement un moment convivial et très réussi : le show du barman sur le stand cocktails, la belle table de fromages variés ainsi que les crêpes suzette flambées devant les convives, ont été particulièrement plébiscités. La soirée, agrémentée de moments musicaux interprétés par un pianiste, un saxophoniste et une chanteuse, a ainsi permis

La CCIFC Chengdu a proposé un programme riche en avril avec l'organisation de 3 événements : un cocktail inter-Chambres réunissant 5 Chambres actives à Chengdu le 10 avril, un Groupe de Travail Construction et Maintenance sur la problématique de la maintenance sur les sites industriels en Chine le 17 avril, ainsi qu’une conférence macro-économique animée par le Service Economique de l’Ambassade de France sur les opportunités que présente le Sichuan pour les entreprises françaises le 19 avril. 

printemps 2013 / Connexions 65


Magazine

杂谈

Benoît Cezard

66 Connexions / printemps 2013

© Benoit Cezard

Benoît Cezard est un photographe français installé à Wuhan (Hubei) depuis 2006. Il a réalisé plusieurs projets photographiques dont la série « Chine 2050 ». Ce travail (ainsi que ces futurs projets) porte sur les stéréotypes en intégrant volontairement, explique-t-il, « une certaine dose d’ironie. Les réactions du public chinois ont d’ailleurs été plutôt bonnes et beaucoup ont réagi avec humour », se réjouit Benoît Cezard Voici le « scénario » de son projet : « Nous sommes en 2050. Comme de nombreux experts l’avaient prédits au début du 21e siècle, la Chine est devenue la première puissance économique mondiale. La pauvreté n’existe plus, la plupart des citoyens ont accès à des services sociaux, possèdent une voiture, voyagent à l’étranger et peuvent consommer sans modération. Avec le déclin des États-Unis et de l’Europe, de nouveaux immigrants, venus des anciennes superpuissances, s’installent dans le pays en quête d’un avenir radieux ». Cette série – qui a été publiée dans plusieurs journaux et magazines et qui montre notamment des « laowais » (étrangers ) au service de familles chinoises – a fait un « buzz » sur les réseaux sociaux chinois... 

© Benoit Cezard

« Chine 2050 »


© Benoit Cezard

© Benoit Cezard

Photographie 摄影

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Magazine

杂谈

Le gris et le vert « Un citoyen chinois n’aurait-il même Priorité au développement économique pas le droit de connaître son état de santé ? », Cette histoire a tourné dans tous les s’emporte Zhang Haichao (张海超). grands media libéraux de la République L’endroit de sa carte de visite est orné de Populaire. Elle est tellement représentacosmos bipinnatus multicolores. L’envers tive des difficultés environnementales est un dessin au trait le représentant ou- chinoises que Ma Jun (马军), responsable vrant la chemise sur une radiographie de du Centre d’Etudes Opinion et Environses poumons anthracites. L’ancien ouvrier nement, (l’un des premiers à avoir fait d’une usine de Zhengzhou fabricant des prendre conscience au pays des problèmes matériaux résistants à l’usure avait accé- de la pollution des eaux en Chine dans un livre qui a été l’une des dé à la notoriété en 2009. meilleures ventes de 1999), Pour prouver devant la jus- « Alors que n’hésite pas à déclarer à la tice qu’il souffrait bien de les pics de presse chinoise qu’aucune pneumoconiosis en raison amélioration n’est possible de ses conditions de travail, pollution ont sans l’activisme des mouil s’était fait ouvert les pou- entraîné cet vements citoyens. En effet, mons par un hôpital : résulhiver deux explique t-il au journaliste tat, il avait obtenu 610 000 Peng Bo, les gouverneyuan de compensation. fois plus ments locaux protègent N’ayant aujourd’hui au d’accidents trop souvent les entreprises plus que 8 années à vivre, cardiopolluantes, à la fois en cence père d’une petite fille de surant l’information pour 7 ans se consacre depuis à vasculaires cacher autant que faire se la protection des droits des que des peut les atteintes à l’envitravailleurs malades. Il a journées ronnement, et en faisait dernièrement répondu à pression sur l’appareil judil’appel au secours de Huang ordinaires, ciaire pour qu’en pratique Fuhua (黄福华), polisseur tous les aucun recours légal ne de meule dans une usine media en ont puisse aboutir. Aux intérêts de Yongkang. Celui-ci, sustrès souvent liés à ces usines pectant d’être aussi atteint abondamment qui sont d’importants de pneumoconiosis, s’était parlé. » contribuables, les autorités rendu à l’hôpital en juin 2012. Mais les autorités médicales avaient locales se défendent en invoquant le prérefusé de lui communiquer les résultats texte de la priorité donnée au développede l’analyse, les envoyant uniquement à ment économique. son unité de travail. Pour l’aider à faire respecter ses droits, Zhang Haichao est Explosions de violence ou des actes allé voir les services municipaux. Ceux- illégaux ci l’ont d’abord vertement envoyé sur La pollution ne serait-elle donc qu’un les roses. « Alors je leur ai dit que j’étais des « maux de la croissance » (成长痛 le fameux Zhang Haichao, le premier chéngzhăng tòng), pour reprendre le titre Chinois à s’être fait ouvert les poumons de la “une” du Zhongguo Zhoukan en pour analyse, raconte t-il. Au début, ils date du 5 mars 2013 ? Pas uniquement, n’ont pas voulu me croire. Mais après affirme cependant Ma Jun. La reconavoir vérifié, la chef de service a voulu se naissance de ce problème est d’abord un phénomène social et politique : la prise faire prendre en photo à côté de moi ! »

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Touristes chinois sur la place Tian'anmen,

de conscience par l’opinion de ses droits fondamentaux. Si certains des droits humains peuvent encore apparaître comme du “luxe” dans une Chine qui n’a pas encore atteint les niveaux de développement de l’Occident, l’environnement est une question de vie et de mort. Les mobilisations populaires contre la pollution se traduisent aujourd’hui parfois par des explosions de violence ou des actes illégaux, mais si on peut le regretter, on ne peut que constater que le système ne laisse souvent pas d’autre choix à ses citoyens, analyse t-il. Les spécialistes constatent que la sensibilisation de l’opinion est bien


© Imagine China

une des medias 头条新闻

le 9 mars 2013

plus efficace que celle des entreprises polluantes, dont le seul horizon est le remplissage du carnet de commandes. En particulier, un travail auprès des clients de ces usines, notamment des acheteurs occidentaux, permet d’exercer une pression vertueuse et forte. C’est ainsi qu’une enquête d’ONG sur des entreprises sous-traitantes d’Apple en 2012 a permis de nombreuses améliorations dans cette filière. Les usines qui ont accepté de régler des problèmes environnementaux, loin d’être pénalisées d’avoir eu leur mauvais bilan révélé, ont suite à leurs efforts amélioré leur image et augmenté leurs ventes.

Un « smog » insupportable Si les citoyens chinois, et notamment les plus activistes d’entre eux, s’intéressent depuis déjà plusieurs années à l’environnement, un seuil de conscience a été clairement franchi en hiver 2012-2013, où les phénomènes de smog (雾霾 wùmái) ont touché de nombreuses grandes villes chinoises dont Pékin. Alors que les pics de pollution ont entraîné deux fois plus d’accidents cardio-vasculaires que des journées ordinaires, tous les media en ont abondamment parlé. Le contrôle de l’information, qui avait un an auparavant réussi à réduire au silence l’amorce d’un débat dans la presse sur les mesures de

pollutions aux micro-particules PM 2,5, a cette fois été complètement débordé. L’exaspération des citadins s’est traduit à tous les niveaux : des attachés de presse du Grand Opéra expliquant devant les caméras de la télévision centrale que de nombreux chanteurs n’étaient pas au meilleur de leur forme à cause de la pollution à la journaliste au bord des larmes qui a interpellé un député à ce sujet lors de la conférence de presse d’ouverture de la session parlementaire chinoise 2013. Aujourd’hui, conclut Ma Jun, cette mobilisation peut tout autant se transformer en mouvement positif si le gouvernement accepte de reconnaître et protéger les droits de ses citoyens, ou en mouvement négatif, violent et destructeur dans le cas contraire. On croirait lire du Tocqueville. Justement, son ouvrage de 1856,  L’Ancien Régime et la Révolution, est aujourd’hui l’un des essais politiques les plus lus par les intellectuels chinois, retiré à des centaines de milliers d’exemplaires et cadeau très à la mode dans les universités. Ce livre qui explique en détails comment la Révolution française est autant le fruit de l’arbitraire fiscal que de l’autoritarisme bureaucratique de l’Ancien Régime, et qui remarque qu’il n’y a rien de plus désespérant pour le peuple que de se voir donner une représentativité sans pouvoir, a été mis en avant par le hiérarque et économiste Wang Qishan, désormais membre du Comité Permanent du Bureau Politique, et à la tête de la commission de discipline du Parti en charge de la lutte contre la corruption (voir le précédent numéro de Connexions).   Il y a urgence. Selon la presse chinoise, le taux de personnes ayant développé un cancer des poumons à Pékin a augmenté de 60 % ces dix dernières années, et cela représente 1/5e des cancers de la capitale. Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a récemment déclaré qu’il pensait que dans 10 ans toutes les familles chinoises seraient touchées par le cancer à cause de la pollution. Plus d’une centaine de milliers de weibonautes l’ont retransmis et commenté. Renaud de Spens 

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Magazine

杂谈

Par Françoise Blévot LE TOURBILLON DE LA VIE Il est tentant de parler « d’écriture cubiste » pour évoquer l’ambiance si particulière du milieu artistique dans lequel évoluent des personnages sans attaches, qui, comme dans la chanson, se sont connus, se sont reconnus, se sont perdus de vue… Tournant autour de Titi, frêle bébé-femme comme venue d’une autre planète, électron libre ne vivant que dans l’instant, avec pour décor presque unique une galerie d’art contemporain. Une réussite.

Le plus clair de la Lune Wang Anyi Traduit du chinois par Yvonne André Editions Philippe Picquier 224 pages – 19 €

Beau-livre

Rencontres

Débauche de couleurs et de bijoux des vêtements des femmes, instruments de musique des fêtes villageoises, champs conjuguant la palette des verts, maisons de terre... On entend les rires et les chants des cinquante-cinq minorités photographiées dans ce bel ouvrage... 

Peuples méconnus de Chine Marie-Thé et Étienne Roux

Annick Chollat

Éditions Georges Naef 296 pages – 40 € environ

LA OÙ DIALOGUENT LES CULTURES LA NUIT DES TEMPS Pour notre plus grande joie, Gao Xingjian rajeunit les vieux mythes, les fait monter sur les planches, et tout en restant fidèle aux récits, les éclaire d’une grande modernité, avec humour, dérision, action enjouée dotée même parfois d’une note boulevardière. Cette théâtralisation contemporaine permet de découvrir des histoires légendaires venant de la nuit des temps tout en s’amusant. Chronique du Classique des mers et des monts Gao Xingjian Tragicomédie divine en trois actes Traduit du chinois par Noël Dutrait et Philippe Che Editions du Seuil 160 pages – 19 €

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Pas-sion-nant ! Rencontre au sommet d’une philosophe et d’un Chinois professeur de français. « Ne dévalons pas la pente des idées reçues, mais remontons à l’origine de nos représentations »… voilà le programme. L’un comme l’autre se défait de ses évidences devant quelques tableaux emblématiques, tels « La chute d’Icare », des Annonciations, des peintures flamandes et, last but not least, la Joconde. Chacun se sert du regard de l’autre pour exposer le sien…. Et la conversation entraîne le lecteur bien loin des images toutes faites…

ET

AUSSI

Contes et libelles Wang Meng Traduit du chinois par Françoise Naour Éditions Gallimard, collection Folio Sans concession et souvent avec poésie Wang Meng met raconte les petits travers humains et met en relief la « chinese way of life » (!) des années 80.

A quoi pensent les Chinois en regardant Mona Lisa ? Christine Cayol et Wu Hongmiao Editions Tallandier 264 pages – 19,90 €

L’actualité des livres est réalisée en partenariat avec le magazine ChinePlus www.chine-plus.com


Livres 图书 REGARD SUR LA CHINE Mao, sa cour et ses complots Derrière les Murs rouges Jean-Luc Domenach Editions Fayard 568 pages – 25 €

Une autre Chine Gens de Pékin, observateurs et passeurs de temps François Laplantine De l’Incidence Editeur 200 pages – 17 € Cinq Femmes chinoises

DESSOUS ROUGES Remarquable historien, Jean-Luc Domenach n’a pas son pareil pour raconter la Chine contemporaine, sans ennuyer le lecteur une seule seconde. Il s’en passe de belles à l’abri des « Murs rouges », sortes de « bases vie » des dirigeants, en particulier Zhongnanhai, nouvelle cour impériale que Mao ne tardera pas à détester, car les fondateurs de cette nouvelle « dynastie collective » formeront rapidement une caste qu’il faudra purger (mais qui finira par renaître de ses cendres jusqu’à générer les « fils de princes » présents dans la vie politique actuelle). … Et puis il y a Mao lui-même ; derrière la façade de cette immuable icône, que d’hésitations, d’intrigues, de noirs desseins, de mensonges et de calculs. Domenach fait trembler l’image, elle devient floue, incertaine, décalée.

AU-DELA DES APPARENCES… … Et caché par une couverture minimaliste, voici un foisonnement d’idées captivantes. C’est sans doute parce qu’il est si talentueusement éclectique que l’intérêt de François Laplantine pour la Chine se traduit par un livre aussi pertinent, qui étonnera les plus blasés et suscitera l’envie d’aller plus loin à ceux dont les connaissances en la matière sont plus superficielles. Quid de la Chine au moyen de trois entrées : Pékin au quotidien, la littérature, le cinéma. Brillant !

LE PRIX FORT

Chantal Pelletier Editions Joëlle Losfeld 132 pages – 14.9 €

Elles appartiennent à une génération sacrifiée sur l’autel de la réussite. Ces cinq « nouvelles riches » recouvrent de robes griffées et de sacs de luxe un passé effroyable et sordide, et leur nouveau statut l’est presqu’autant. Mères, filles, sœurs ou amantes, leurs destins sont tissés par les liens du sang et ceux d’une revanche à prendre sur la misère qui les a vues naître. Un magnifique roman rapide comme une fuite en avant.

Monsieur Ho

SOUS LES RAILS

Max Férandon Carnets Nord Editions Montparnasse 158 pages – 17 €

Monsieur Ho est un sage fonctionnaire dont la blessure secrète va se trouver expliquée lors de la tournée de recensement qu’il doit effectuer dans des contrées perdues à bord du train qui fut celui de Deng Xiaoping. Les vastes horizons et les rencontres avec des êtres inclassables vont faire tomber son masque mieux que ne l’auraient fait une psychanalyse… Et le mettre sur la voie d’un secret bien gardé.

Introduction à la « métaphysique chinoise » Max Férandon Carnets Nord Editions Montparnasse 158 pages – 17 €

Sous l’œil des dragons Timothy Brook Traduit de l’anglais par Odile Demange Editions Payot 422 pages – 27,50 €

RACINES CIVILISATRICES Excellente synthèse pointant avec justesse les particularités de la métaphysique chinoise, éclairant tout spécialement deux points singuliers, « l’interdépendance » de toutes choses d’une part, et, d’autre part, le « non-dualisme », contraire à l’opposition de Dieu à ses créatures dans les religions monothéistes.

UN DRAGON PEUT EN CRACHER UN AUTRE ! L’auteur, historien Nord-Américain, commence par recenser dans les annales des Yuan et des Ming tous les récits de batailles de dragons qu’il a pu trouver, y voyant les témoignages des bouleversements climatiques ayant eu lieu en Chine à ces époques. De là ont découlé des conséquences écologiques, agricoles, économiques et donc politiques qui ont profondément marqué l’histoire… Original aussi, son regard sur ces deux périodes qui pour lui n’en font qu’une…

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China Cities of the Future 明日之城 未来市场 2013 Tour  

To u r n é e 20 1 3 明日之城未来市场 Les villes chinoises qui montent, des marchés à conquérir dès aujourd’hui Après 3 années de succès la CCIFC lance une nouvelle tournée des Villes d’avenir Heilongjiang

Urumqi

Hohhot

Gansu

Qinghai

Chengdu

Sichuan

2013

Shanxi

Shaanxi

Tibet

·2010 ·2011 ·2012

Shenyang

Xian

Henan

Tianjin

Shandong

Dalian

Les entreprises françaises pourront ainsi dé-

Qingdao

couvrir 3 nouvelles villes chinoises en 2013 :

Jiangsu

Nanjing

Shanghai

Anhui

Hubei

Hohot (Mongolie Interieure): 6-7 juin

Hunan

Yunnan

Guizhou

Fujian

Guangxi

Zhuhai (Guangdong) : 28-29 mars

Zhe jiang

Chongqing Changsha Jiangxi

Kunming

çaises.

Liaoning

Hebei

Beijing Ningxia

tiel de développement pour les sociétés fran-

Jilin

Inner Mongolia

Xinjiang

2013 dans ces villes chinoises à fort poten-

Guangdong

Xiamen Taiwan

Inscription jusqu’au 3 mai

Hong Kong

Canton Zhuhai

Zhuhai 28-29 mars Hohhot 6-7 juin Shenyang 17-18 Octobre

Hainan

Programme ž La dimension « officielle » Un contact officiel avec les autorités locales, sous la conduite de l’Ambassadeur ou du Consul Général concerné ž La dimension « réseautage » Un dîner d’accueil en présence de témoins de la communauté d’affaires locale ž La dimension « présentations thématiques » Une conférence et des ateliers thématiques sur les opportunités d’affaires locales ž La dimension B2B Des rencontres d’affaires individuelles sur mesure d’entretiens avec des interlocuteurs ciblés: conference + rencontres officielles + meetings BtoB.

Shenyang (Liaoning) : 17-18 Octobre Inscription jusqu’au 6 septembre

TARIFS 2013 Inscription 1 ville : 10 000 RMB (tarif de base) 1-3 rendez-vous : + 3 000 RMB 4-5 rendez-vous : + 5 000 RMB 6+ rendez-vous : + 8 000 RMB Programme VIP : + 10 000 RMB Tarif soumis à la business tax (6%) ž 10% de réduction pour l’inscription à 2 villes ž 15% de réduction pour l’inscription à 3 villes ž 5% pour toutes les inscriptions 1.5 mois avant la date limite

Inscriptions : Guillaume Bonadei | Directeur du Business Development | bonadei.guillaume@ccifc.org | Tel : +86 (10) 6461 0260



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