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LE MAGAZINE ÉCONOMIQUE DE LA CCI DU DOUBS

oct. > déc. 2014

Racket de l’État sur les CCI… moins de services aux entreprises ! Lire en page 19

no59


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no59

LE MAGAZINE ÉCONOMIQUE DE LA CCI DU DOUBS

LE JOLI DÉMARRAGE DE METALHOM PAGE 26

ACCESSIBILITÉ : ÉCHÉANCE AU 31 DÉCEMBRE 2014 PAGE 32

oct. > déc. 2014 LES RESTOS SUR L'EAU ONT LE VENT EN POUPE PAGE 34

ENVIRONNEMENT

LE DÉVELOPPEMENT DURABLE : UN STIMULATEUR DE PERFORMANCE


PAR DOMINIQUE ROY PRÉSIDENT DE LA CCI DU DOUBS

La CCI du Doubs a fait de la proximité avec les entreprises sa

valeur première. Depuis 4 ans, elle s'est engagée de façon exemplaire dans la régionalisation. Elle a fait sienne les préconisations

gouvernementales pour faire des économies tout en continuant à assurer les meilleurs services à ses ressortissants.

Aujourd'hui, au moment où le Gouvernement exige d'elle une

nouvelle réduction de ses ressources, j'ai souhaité m'exprimer dans

notre magazine pour faire connaître les conséquences d'un tel diktat. Je revendique, pour notre Chambre, le droit et le devoir d'offrir des services de proximité à toutes les entreprises quels que soient leur taille, leur activité et leur localisation.

sommaire

Proximité

page 04 conjoncture Attentisme page 06 made in Doubs… et alentours. page 9 le dossier Le développement durable : un stimulateur de performance page 19 cci en actions

page 26 échos de l'éco. Le joli démarrage de Metalhom. Accéssibilité : échéance au 31 décembre 2014. Les restos sur l'eau ont le vent en poupe.

page 40 info'pratique. page 42 vu/lu.

Journal de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Doubs, 46 av. Villarceau, 25042 Besançon cedex, Tél. 03 81 25 25 25 Contact : expression.active@doubs.cci.fr - Directeur de la publication : Dominique Roy, président de la CCI du Doubs - Rédacteur en chef : Sylvie Dejour-Albahary - Chef de projet : Corinne Nevière - Ont collaboré à ce numéro : Pierre Accard, Monique Clémens, Élise François-Dainville - NF2 (Agence de Presse), Blandine Sauter - Photographies : Laurent Cheviet - Maquette : Magazine - Mise en page : Cécile Blary, CCI du Doubs - Abonnement : 25 euros par an. Publicité : MCC, tél. 03 81 55 44 44. www.doubs.cci.fr - Dépôt légal : 2e trimestre 2005. ISSN : 1637-9454. Imprimerie Simon GRAPHIC.

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conjoncture éco Cette analyse est produite par le Département « études économiques et territoriales » de la CCI du Doubs au 17 septembre 2014

Attentisme Le Grand Besançon (CAGB+) : la dynamique Micronora Industrie : • Micronora, l'édition s’annonce déjà comme un succès tant par le nombre d’exposants que par les visiteurs attendus, et ce, malgré la crise. • Un symbole : la famille Peugeot reprend les rênes des salières et poivrières éponymes produites sur le site de Quingey. • Sur Ornans, Alstom construit les moteurs des trains régionaux Regiolis. Sur les 184 rames commandées, 9 circuleront en Franche-Comté.

1er semestre 2014

2e semestre 2014

1er semestre 2014

• À l’échelle nationale comme localement, le commerce est déçu des soldes de l’été. Dans un contexte de stagnation de la consommation des ménages, le nombre de transactions sur le Net a progressé de 18 %, le chiffre d’affaires de 6 %, au profit, principalement, des grands sites marchands.

2e semestre 2014

• Au niveau national, le secteur des travaux publics décroche. Localement, la chute est d’autant plus forte que les grands chantiers, désormais achevés (LGV, Tramway) ne semblent pas devoir trouver de successeurs.

1er semestre 2014

Haut-Doubs :

2e semestre 2014

stabilité • Industrie Agro-alimentaire, Absinthe : l’interprofession suisse renonce à l’Institut Géographique Protégée exclusive. Ce qui soulage les producteurs français d’un frein important à leur développement. • Commerce : la diversité et la qualité de l’offre continuent d’attirer la clientèle de suisse voisine. Une piste de développement potentiel toujours porteuse. • Si le tourisme a souffert d’une météo estivale plutôt fraîche et d’un contexte économique morose, c’est aussi la fin du projet de Voie Verte autour du lac de SaintPoint qui marque les esprits.

croissance

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emploi

industrie agro-alimentaire

luxe

automobile

1er semestre 2014

2e semestre 2014

commerce

travaux publics

bâtiment

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L’agglomération de Montbéliard : le territoire oxygéné par la 308

2e semestre 2014

• PSA a annoncé le 30 juillet un résultat opérationnel positif de sa branche automobile, pour la première fois depuis mi-2011. Sans doute un tournant dans l’évolution de l’entreprise. Sur Sochaux, les 120 000 commandes enregistrées depuis le lancement de la nouvelle 308, et le démarrage de la version SW, produites exclusivement sur le Nord Doubs, dynamisent le site. Tandis que se poursuit, en parallèle, la transformation de l’entreprise en site d’excellence du groupe.

1er semestre 2014

• Sur le plan commercial, un taux de chômage record au niveau de l’Aire Urbaine contribue à alimenter les difficultés.

1er semestre 2014

• La crise dans le secteur transport, la récession dans la construction s’aggravent, comme partout en France, au risque de menacer la pérennité de secteurs indispensables au développement local. Dans le bâtiment, les entreprises attendent avec fébrilité des effets positifs des mesures incitatives annoncées récemment.

2e semestre 2014

1er semestre 2014

Pays Horloger : consolidation

2e semestre 2014

1er semestre 2014

2 semestre 2014 e

• La consolidation de l’outil industriel horloger suisse est en marche, au profit des groupes leaders. Les rivalités sont fortes, notamment sur la question des approvisionnements en pièces, au niveau de la production comme de l’après-vente. Si le secteur se porte globalement bien, des entreprises souffrent. L’emploi frontalier, toujours très porteur, s’adapte à ce contexte durable, tout comme les sous-traitants français spécialisés. • L’offre commerciale, en croissance, va continuer de bénéficier de l’impact frontalier, en particulier d’une clientèle suisse toute proche. Illustration : le développement de la zone commerciale des Fins.

SUISSE ET ALLEMAGNE,

• En Allemagne, l’économie ralentit au 2e trimestre, +0,2 % de hausse tout de même, et surtout, après une forte croissance en début d’année (soit + 0,8 %). La consommation reste un pilier du dynamisme économique, le marché du travail est robuste. On relève cependant que les incertitudes liées à l’évolution de la crise ukrainienne et la dépréciation constatée du Rouble pèsent sur le moral des entrepreneurs, notamment les exportateurs. • Plus proche de nous, la Suisse voisine abandonne le projet d’imposer les frontaliers à la source. Des revenus potentiellement conséquents qui n’abonderont donc pas, comme sur le bassin genevois, le budget des communes françaises limitrophes.



Ce qu’on peut retenir : En France, la croissance est nulle sur le premier semestre. L’investissement stagne, les exportations souffrent, la consommation est atone. Le climat général est à l’attentisme.

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... et alentours les bonnes conserves du terroir de la Maison Barbier Lorsque Guy Barbier confie les rênes de son entreprise à Marc Schneider en 2011, il a le sentiment légitime d’avoir bien travaillé. En 40 ans il a affirmé un savoir-faire qui vaut à la Maison Barbier, établie à Pont-de-Roide, une flatteuse réputation. On vient de loin pour acheter jambons et saucisses élaborés dans les règles de l’art (selon des recettes jalousement préservées) et fumées au bois de résineux dans le vaste Tuyé. Marc Schneider, lui, sera l’homme du développement, celui qui portera la marque au-delà des frontières régionales. Il s’y emploie depuis trois ans sans faire la moindre concession aux exigences artisanales. La qualité exceptionnelle des produits sera même saluée à trois reprises au Salon de l’Agriculture : médaille d’or pour la saucisse de Morteau en 2010 et 2013, et médaille d’argent pour la Montbéliarde en 2011. Le nouveau patron a les papilles aiguisées et de l’imagination. Il innove. La gamme de la maison Barbier s’enrichit de saucissons secs en forme de pavés, au Comté, à la noisette, au vin jaune, an sanglier… et de verrines de savoureux plats cuisinés (pot-au-feu maison, cassoulet de Morteau, lentilles à la Montbéliard…). Cette diversification a déjà permis à la vénérable Maison de séduire quelques épiceries fines en Angleterre et au Danemark. Les premiers pas d’une petite entreprise à l’export. sur www.salaisons-barbier.com

caméléwood, la fenêtre haute performance énergétique La menuiserie Thiébaud, à Belleherbe, est une entreprise familiale fière de sa longévité (créée en 1903) et fière de ses racines rurales. Ici le bois est une passion, ce bois dont on fait les fenêtres, sous la marque Fenêtres franc-comtoises. L’actuel dirigeant, Jean-Louis Thiébaud, sait que l’avenir repose sur l’innovation. Son cheval de bataille, c’est l’écosocio-conception, une approche globale sur le cycle de vie des produits et services. Il lui faudra quatre années pour développer et mettre au point sa fenêtre Caméléwood. Il s’associe les services d’un consultant et noue des partenariats avec plusieurs laboratoires de recherche. Le prototype de Caméléwood est achevé en 2010. La fenêtre est réalisée exclusivement en sapin du Jura certifié PEFC, sans autre isolant chimique. Les vis remplacent la colle. Le bois devient entièrement recyclable en fin de vie. En 2011, les premières fenêtres affrontent les tests de

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certification : étanchéité à l’air, à l’eau, résistance au vent, calcul de la performance thermique, analyse du cycle de vie… Résultats concluants. En 2013, Caméléwood est la première fenêtre bois, de conception française, fabriquée en Franche-Comté, certifiée par le PASSIVHAU, le plus exigeant des labels allemands pour la performance énergétique des bâtiments.

sur www.fenetres-franc-comtoises.com E XPRESSION AC TIVE → NUMÉRO 59 | OC TOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2014


mirobot, innovation dans les étables Dans la mythologie grecque, Augias, roi d'Élide, possédait d'énormes troupeaux de bétail. Ses écuries, qui n'avaient plus été nettoyées depuis trente ans, étaient tellement sales qu'on ne pouvait plus y rentrer. Hercule fut mis au défi de les nettoyer, avant la fin du jour. Le héros antique y parvint en détournant les eaux des fleuves Alphée et Pénée (c’était le cinquième de ses douze travaux). Autres temps, autres méthodes. Aujourd’hui, dans certaines étables, on rencontre un robot silencieux, sur rail magnétique, qui parcoure les allées de stabulation en raclant les déjections des bovins. Au contact d’un animal il s’arrête, la vache s’écarte, et le robot poursuit sa tâche. C’est la société Sermap, premier employeur de Pierrefontaine-les-Varans, qui mit au point Mirobot, dernier né de sa marque Miro. L’entreprise, fondée en 1968, est le leader français en matière de transfert et traitement des déjections animales. La notoriété de la marque est telle dans le monde agricole que Miro est devenu le nom générique des évacuateurs qui équipent la plupart des fermes françaises. Le Mirobot est fabriqué dans les immenses ateliers (12 000 m2) de l’entreprise pétrifontaine. Sermap compte beaucoup sur cette innovation pour affirmer sa présence sur les marchés étrangers. sur www.miro.fr

imagama, le « serious game » de Formagraph Formagraph vise 2 000 abonnements la première année. Son jeu destiné aux personnes souffrant d’illettrisme a été lancé à Paris en mars 2014, testé pendant plusieurs semaines et commercialisé début juillet. En France, on estime à 2,5 millions de personnes, salariés ou chômeurs, qui souffrent de ce handicap social encore trop souvent tabou. C’est pour eux et pour les entreprises qui les emploient ou les emploieront demain et qui ont tout intérêt à faire reculer l’illettrisme que Philippe de Finance, le dirigeant de ce centre de formation bisontin dédié à la communication graphique, a souhaité concevoir

Imagana. Le projet a mis quatre ans à émerger et une quinzaine de personnes (ergonomes, graphistes, game designers, pédagogues…) y ont travaillé, en collaboration avec universités, start-up et autres entreprises. Il est accessible gratuitement sur Internet ou par abonnement via des plateformes de formations à distance, et comporte aujourd’hui 21 niveaux pédagogiques. On commence par se créer un avatar, puis on se lance et l’on tente de réparer le monde abîmé dans lequel on se retrouve. De l’autre côté de l’écran les formateurs peuvent, via une interface dédiée, accéder au parcours, pour le personnaliser encore davantage.

l es tableaux végétaux de Hydro Area Créée en 2009 par Arthur Dubois et Paul Bleuchot, la société Hydro Area est spécialisée en hydroponie, cette culture réalisée sur un substrat inerte (de type laine de roche ou feutre horticole) irrigué d'un courant de solution qui apporte à la plante ses nutriments essentiels. Les techniciens de Hydro Area conçoivent et installent des murs végétaux, intérieurs ou extérieurs, pour l’habitat, les bâtiments d’entreprises ou les collectivités. Au-delà de leur intérêt décoratif, ces parois végétalisées sont de plus en plus appréciées pour leur vertu acoustique, leur pouvoir de réguler l’hygrométrie d’une pièce (par évapotranspiration), et pour l’effet détressant que beaucoup leur reconnaissent. Dans ses points de vente, à Belfort et Pirey (et bientôt Dijon), Hydro Area propose également un produit qui connaît un engouement spectaculaire depuis quelques années : le cadre végétal. Il en existe deux versions. L’une est composée de plantes stabilisées (la sève est remplacée par un produit de conservation biodégradable) dont la durée de vie est supérieure à cinq ans. L’autre est réalisée à partir de plantes vivantes élégamment agencées à l’intérieur d’un cadre qui dissimule sa petite réserve d’eau. Une façon originale et contemporaine d’associer les plantes à sa déco intérieure. sur www.hydro-area.fr

sur www.imagama.com



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Les domaines de la préservation de l’environnement, de l’équité sociale-sociétale et de la rentabilité économique (…) ne sont plus vus comme des freins au développement mais bien comme des opportunités pour réaliser des économies et augmenter la performance économique.


le dossier ENVIRONNEMENT

Le développement durable : un stimulateur de performance Trop longtemps perçu comme une contrainte ou un gadget, le développement durable est désormais une composante stratégique de l’entreprise. La prise en compte de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) s’impose aujourd’hui en avantage compétitif.
Et pour répondre aux exigences du marché, de plus en plus de PME sont amenées à se conformer à des critères environnementaux et sociaux. Quels que soient leur importance et leur domaine d’activité, ces enjeux se situent tant sur le plan stratégique qu'opérationnel.
 Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », telle est la définition du développement durable donnée par Gro Harlem Bruntland, ancienne Premier ministre de Norvège, à l’origine de ce concept dès 1987. Près de trente ans plus tard, cette démarche est devenue incontournable ; elle s’est même imposée comme un impératif auquel plus aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne peut E XPRESSION AC TIVE → NUMÉRO 59 | OC TOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2014

échapper. Selon une enquête réalisée au printemps 2013 par Generali-CSA, la part de dirigeants intégrant des actions environnementales ou sociales spécifiques dans leur stratégie atteint 59 %, soit une hausse de 16 % par rapport à 2012. Ils franchissent le pas, aussi, pour s’adapter aux nouvelles contraintes réglementaires, nées de la législation européenne et plus récemment des lois Grenelle I et II destinées à renforcer la protection de l’environnement. Un enchevêtrement 9


le dossier LES CCI DE FRANCHE-COMTÉ SONT AUX CÔTÉS DES ENTREPRISES AVEC UNE VOLONTÉ DE FACILITER LEURS DÉMARCHES ET DE DÉVELOPPER DES ÉCHANGES CONSTRUCTIFS. de textes auquel la CCI du Doubs apporte un éclairage pratique et utile en publiant tous les mois un Bulletin d’alerte réglementaire environnement/sécurité, sous format électronique. Envoyé gratuitement aux entreprises industrielles et commerciales le souhaitant, ce document de clarification est également téléchargeable sur son site. Quant à son service téléphonique Info direct environnement, accessible au 03 81 25 26 27, il complète l’information en offrant un service confidentiel et rapide de recherche de prestataires ou de réglementations. Un atout de performance économique

Societe UND à Franois Atelier de décollettage. L'entreprise est certifiée ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001 selon les normes de management de la qualité, du management environnemental et du management santé sécurité.

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Des dirigeants, volontaires et motivés, en profitent pour transformer les lourdes contraintes en opportunités de croissance et inscrivent leurs engagements dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), déclinaison dans les PME des principes du développement durable. Cela se traduit par des actions concrètes dans les domaines de la préservation de l’environnement, de l’équité sociale-sociétale et de la rentabilité économique ; la lutte contre le changement climatique,

la préservation de la biodiversité et de l’environnement… ne sont plus vues comme des freins au développement mais bien comme des opportunités pour réaliser des économies et augmenter la performance économique. C’est bien souvent l’occasion d’effectuer un audit de ses consommations en se posant deux questions simples : que prélève l’entreprise dans l’environnement - consommations d’eau, d’énergie, de matières premières - ? Et que rejette-t-elle - nature et quantité de déchets générés, polluants atmosphériques, gaz à effet de serre, bruits émis, atteintes à la biodiversité - ? Pour aider chacun de ces entrepreneurs à mener à bien cette enquête interne, la CCI du Doubs effectue à la demande un premier état des lieux sur site dans les domaines de l'eau, l'énergie, les déchets, les aspects réglementaires… Les entreprises peuvent compléter cette première approche par des pré-diagnostics ou des diagnostics via un bureau d’étude spécialisé. Ces prestations peuvent bénéficier d’un financement de l’Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (Ademe), de l'Agence de l'Eau ou de la Région Franche-Comté, sous certaines conditions. À la clé : la mise en place d’éco-gestes et de procédés plus propres destinés à améliorer les pratiques. Les principaux leviers actionnés touchent à la gestion des déchets et effluents, à la réduction des consommables, au recyclage des produits, à la sensibilisation des salariés aux problématiques environnementales et à une moindre utilisation de matières premières. Parfaite illustration, l’entreprise Bost Garnache Industries (BGI) – filiale de Stanley Black&Decker spécialisée dans la production


le dossier

ENVIRONNEMENT

Des actions de la CCI du Doubs

Societe FCI . Atelier Galvanoplastie Diminution de la consommation d'énergie par l'amélioration de l'efficacité de soufflage à l'air surpressé. Dominique Gruber responsable MMI (méthodes-maintenance-Industrialisation) & Maude Charpy responsable qualité.

de tournevis et de clés mâles - a mis en place depuis 2011 sur son site d’Arbois, plusieurs actions de réduction et de tri des déchets en partenariat avec l’Ademe de Franche-Comté. « À la suite du diagnostic effectué, nous avons travaillé avec nos fournisseurs pour diminuer le nombre de cartons intermédiaires contenant les clefs de serrage. Le déconditionnement des produits reçus est plus rapide et nous permet d’économiser quelque 22 000 euros, explique Sébastien Brasseur, responsable QHSE de Stanley Black&Decker. En parallèle, nous avons amélioré le tri de nos déchets plastique en séparant et en recyclant le polyamide et le polypropylène. Pour le thermoformage de la coque intérieure des coffrets de tournevis, l’entreprise a remplacé 80 % des volumes de PVC par l’APET, un nouveau matériau présentant un coût d’achat plus intéressant ». Des mesures qui se rapprochent de la démarche Lean, née dans les ateliers de Toyota dans les années 50. Basée sur l'élimination du gaspillage, elle consiste Papeterie à identifier systémaGemdoubs tiquement comment Laboratoire produire mieux et analyse de plus en réponse aux l'eau. attentes du client, avec de moins en moins d'énergies, de matières, de mouvements… Autre axe de progrès, l’obtention de la norme ISO 5 001 concourant à la mise en place d’un Système de Management de l’énergie (SMé). Là encore, les CCI aident les PME à

adopter les bons réflexes ; elles animent l'opération collective 50 001 raisons de manager votre énergie. Douze entreprises franc-comtoises, dont trois basées dans le Doubs, sont actuellement suivies dans la formalisation de leur SMé. « C’est la suite logique de notre certification ISO 14 001. De plus, nous avons constaté une dégradation de nos performances énergétiques depuis des années et donc des dépenses supplémentaires, indique Maude Charpy, responsable HSSE et énergie de l’entreprise bisontine FCI dédiée à la connectique. Pendant 18 mois, nous bénéficions de formations, d'ateliers d'échanges et d'un accompagnement individuel par un consultant. Nous visons la certification pour la fin de l’année et, afin de mobiliser les salariés, nous proposons un critère d’intéressement autour des consommations car cette norme constitue non seulement un levier de croissance mais aussi un avantage concurrentiel ». Les CCI de Franche-Comté sont aux côtés des entreprises avec une volonté de faciliter leurs démarches et de développer des échanges constructifs. Cette opération est réalisée avec le soutien de l'Ademe et de la Région FrancheComté, avec l’appui technique du groupe Afnor. Dans bien des cas, le développement durable est aussi une incitation à l’innovation sur la conception, la distribution et la consommation des produits et services. C’est également une façon de satisfaire les grands donneurs d’ordre. Soucieux de leur notation sociale, ils ajoutent en effet fréquemment à leurs cahiers des charges des critères de responsabilité sociale. Et une PME ignorant la RSE risque d'être écartée au moment du choix. Mais pour renforcer la crédibilité d’une entreprise, le caractère moral, éthique, politique voire émotionnel associé au développement durable doit être prouvé et quantifié par des indicateurs fiables et reconnus. sur www.doubs.cci.fr

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Claire Nicolas et Gérard Marion sont les conseillers en Environnement de la CCI du Doubs.

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Clubs Environnement-Sécurité (Besançon, Montbéliard et Pontarlier)

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bulletins d’actualité réglementaire (1 récapitulatif annuel à

500

destinataires du secteur industriel. Environ

200

textes (lois, décrets, arrêtés, règlements et directives…) commentés chaque année, accompagnés d'informations pratiques (réunions régionales, appels à projets, parutions de guides techniques…). en savoir  Gérard Marion 03 81 25 25 70 Claire Nicolas 03 81 25 25 85 11


le dossier HÉBERGEMENT

L'étiquetage environnemental comme atout Sur le même principe que celui des appareils d’électroménager et conformément aux engagements du Grenelle de l’Environnement, l’étiquetage Environnement se décline désormais aux hébergements (hôtels, gîtes et chambres d’hôtes) du Doubs. Objectif : offrir aux clients la possibilité de choisir un lieu en fonction de critères environnementaux. Deux conseillers de la CCI sont chargés d’effectuer un diagnostic via l’évaluation de sept postes, dont l’équipement électrique, les points d’eau, l’éclairage, les consommables alimentaires liés au petit-déjeuner, aux produits d’entretien, aux produits d’accueil ou encore en matière

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de produits textiles. Les données récoltées sont ensuite renseignées dans un logiciel chargé de les analyser et de définir une note sur 5, représentant l’impact environnemental par personne d’une nuitée accompagnée d’un petit-déjeuner dans l’établissement. En fonction du résultat, un plan d’action est remis à l’hôtelier, lequel pourra prendre les mesures nécessaires pour diminuer les impacts néfastes de son activité (réduction de 10 à 60 % selon les indicateurs) et surtout réaliser des économies de l’ordre de 7 % selon les postes étudiés. La CCI du Doubs prévoit « d’étiqueter » dix hébergements membres du réseau Grand Vert* par an durant les trois prochaines années.

en savoir  Maryline Noirat 03 81 31 25 03 Michèle Perrot-Minot 03 81 25 26 05 * www.grand-vert.org

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le dossier

ENVIRONNEMENT

QUESTION À

Jérôme Garcia, gestionnaire des risques chez UND à Franois QUE VOUS APPORTE LE CLUB ENVIRONNEMENT DE LA CCI DU DOUBS ? Depuis plus de dix ans, je participe aux réunions trimestrielles du Club Environnement de Besançon aux côtés d’autres représentants d’entreprises industrielles. C’est une bouffée d’air frais, une parenthèse dans notre quotidien où nous sommes absorbés par nos missions. On se sent ainsi moins isolé face à un problème ou un projet, chacun donne son avis et partage son expérience en matière d’environnement et de sécurité. Les discussions nous apportent de l’information sur les réglementations, les nouvelles pratiques, des produits récents… À l’issue de riches brainstorming, nous avons décidé par exemple de revoir l’éclairage au sein de notre entreprise en adoptant une lumière LED moins énergivore que les ampoules traditionnelles. Le Club m’avait aussi incité à réaliser en 2010 un diagnostic énergétique sur lequel je m’appuie encore pour connaître les points d’amélioration. L’environnement et la sécurité tiennent une place importante dans la stratégie d’UND, spécialiste du décolletage de précision. Notre entreprise est certifiée ISO 9001, ISO 14 001 et OHSAS 18 001 selon les normes de management de la qualité, du management environnemental et du management santé sécurité. Cela montre qu’elle est attentive à la sécurité des personnes et à son environnement ». en savoir  Gérard Marion 03 81 25 25 70 Claire Nicolas 03 81 25 25 85



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le dossier ÉCO-CITOYEN

Du 100 % local dans les assiettes Sensible à l’environnement, Patrick Bertin est un éco-citoyen convaincu. Dans son restaurant, le cuisinier du Marché Beaux-Arts mijote sa carte à partir des produits locaux en vente sur le marché, fait attention à ses consommations d’énergie et a adopté le tri au quotidien. n’avons pas de congélateur et ne possédons qu’un petit frigo, poursuit-il. On évite ainsi les gaspillages en achetant au plus juste et on réduit la consommation d’électricité ». Les murs des cuisines du restaurant sont également vitrés afin de privilégier la lumière naturelle et de montrer l’envers du décor aux clients et aux passants. En adhérant à la Charte, l’équipe de La Cuisine du marché des beaux-arts s’est aussi engagée à trier les cartons, les cagettes, les verres, les déchets non-alimentaires… et à les déposer dans les conteneurs idoines. « Par de petits aménagements et changements de comportements, nous pouvons être plus responsables et plus respectueux de l’environnement », assure Patrick Bertin.

PARTENARIAT

Des commerçants éco-responsables

On évite les gaspillages en achetant au plus juste et on réduit la consommation…

S

itué au cœur du marché couvert de Besançon, le restaurant La Cuisine du marché des beaux-arts propose à l’heure du déjeuner une cuisine de saison à base de produits locaux achetés chez ses voisins maraîchers, fromagers, bouchers et autres poissonniers. Les plats sont préparés par le chef Patrick Bertin, également gérant des lieux, et deux apprentis, tandis que Rachel Bertin se consacre au service de la trentaine de couverts installés sur des tables nappées en carreaux rouges. En janvier 2013, cette adresse gourmande a signé la Charte éco-

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citoyenne de la Ville de Besançon. « Notre engagement procède avant tout de la volonté de préserver notre environnement pour nos enfants, explique le cuisinier. Cette démarche nous paraît normale et s’inscrit parfaitement dans notre activité où nous privilégions les circuits courts de livraison en nous approvisionnant sur place en produits locaux ». Patrick et Rachel Bertin effectuent chaque jour leur marché, ce qui leur permet de ne pas stocker de la marchandise chez eux et donc de réaliser des économies conformément aux obligations de la Charte. « Nous

À ce jour, 90 commerçants du centre-ville de Besançon ont signé la Charte éco-citoyenne de la Ville, élaborée en partenariat avec l’Union des commerçants, la Chambre de commerce et d’industrie, la Chambre des métiers et l’Ademe. En paraphant le document, ils s’engagent dans un processus d’amélioration continue en matière de développement durable et bénéficient d’un diagnostic établi par la Fédération Doubs Nature Environnement, prestataire de cette mission de conseil. La durée de l’engagement est de trois ans renouvelable, à condition de respecter la mise en œuvre des actions préconisées.

d'info  CCI du Doubs Département Commerce : 03 81 25 25 25 commerce@doubs.cci.fr www.doubs.cci.fr

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le dossier ÉCO-CONCEPTION

Vaudri Elec fait cohabiter le soleil et le vent inaliste de la première édition des Trophées de l’éco-conception FrancheComté*, Vaudri Elec concourt avec une solution hybride de production d’énergie inédite, couplant éolien et solaire. Grâce à l’installation d’un unique onduleur, son innovation permet de se dispenser de la pose de deux circuits distincts et génère des coûts de montage revus à la baisse d’environ 1 500 euros. Spécialisée dans les énergies renouvelables, la TPE de Vaudrivillers a développé cet écoproduit 100 % franc-comtois en partenariat avec Alcym, une PME basée à Bouclans. Celle-ci est à l’origine de l’onduleur récupérant les deux énergies aux comportements et caractéristiques très différents. Fonctionnant en continu, il offre une plus grande performance énergétique. « Notre configuration assure une bonne complémentarité au cours des saisons. L’intérêt est certain en Franche-Comté où le vent est très présent en hiver et le soleil plutôt rare… et vice-versa », explique Jean-Frédéric

Grau, dirigeant de Vaudri Elec et unique salarié. Autre élément du dispositif : un mât en bois fabriqué à partir de pins et de sapins du Jura issus des forêts de Franche-Comté. « Nous réduisons ainsi les frais de transport et limitons les émissions de CO2 ». La commercialisation débute cet automne. *Concours organisé par la CCI Franche-Comté avec l’Ademe, le Conseil régional de Franche-Comté et l’Université de Franche-Comté, dont les résultats seront connus début octobre. sur www.vaudri-elec.fr

photo : CCIR

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Un Trophée régional de l'Éco-conception

à gauche : Cédric Girardot, CEDD, consultant franc-comtois qui a accompagné M. Thiébaud pour formaliser sa démarche d'éco-conception à droite, Jean-Louis Thiebaud, menuiserie Thiebaud à Belleherbe (25), lauréat du trophée éco-conception Franche-Comté 2014.

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our sa première édition, la chambre de commerce et d’industrie de Franche-Comté a remis le 25 septembre sur Micronora, le Trophée Eco-conception, organisé en partenariat avec la Direction régionale de l’ADEME et la Région Franche-Comté.

Son innovation permet de se dispenser de la pose de deux circuits distincts.

C’est la Menuiserie Thiébaud de Bellherbe qui est lauréat en 2014 pour la fenêtre Caméléwood (lire en page 6/7 du magazine). Le trophée a tout spécialement été créé par la société baumoise SBCI en papier Bagasse, papier lui-même éco-conçu par la Papeterie Zuber Rieder de Boussières (25). Le lauréat bénéficiera d’une évaluation AFAQ Eco-conception lui permettant de positionner la pertinence et le degré d’avancement de sa démarche d’éco-conception et l’aider à progresser. En plus de la promotion régionale, il sera nominé pour concourir au Trophée Réseau Eco-conception Nord Est, qui réunit les régions Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté et Lorraine.

en savoir



Solène GUILLET Tél. : 03 81 47 42 08 sguillet@franche-comte.cci.fr

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le dossier

ENVIRONNEMENT

GAZ À EFFET DE SERRE

Les bons papiers de Gemdoubs La papeterie Gemdoubs intégrera fin 2015 une unité de cogénération biomasse sur son site de production de carton ondulé pour l’agroalimentaire et l’industrie. À la clé, une économie de 450 000 euros par mois sur sa facture de gaz et d'électricité et des émissions de CO2 considérablement réduites.

U

n an après sa reprise par l’industriel libanais Fady Gemayel, la papeterie Gemdoubs tourne à plein régime avec une production de 275 tonnes par jour et vise les 80 000 tonnes annuelles. Consciente des enjeux environnementaux et des futurs défis à relever, la PME de Novillars a décidé de revoir ses process de fabrication de papiers pour carton ondulé, gourmands en

énergie. Plus de 65 millions d’euros sont investis aujourd’hui dans l’installation d’une unité de cogénération biomasse. « Dans un peu plus d’un an, notre production électrique et de vapeur d’eau s’effectuera grâce à la combustion de 190 000 tonnes annuelles de déchets bois locaux, comme des branches de forêt, des chutes de scieries et

des vieux bois, explique Gérard Lasserre, directeur du site Gemdoubs. Nous visons 16 mégawatts de vapeur produite qui seront utilisés par la papeterie mais alimenteront aussi un réseau de chaleur communal. Quant à l’électricité générée, elle sera revendue à EDF pendant vingt ans ». La mise en service de cet équipement vert est prévue pour fin 2015. En parallèle, Gemdoubs a adopté, cet été, un nouveau process de fabrication permettant d’utiliser de nouvelles familles de vieux papiers récupérés dans un rayon de 100 kilomètres. « Le résultat final est de même qualité, se félicite le dirigeant. Cette démarche permet de transformer de la matière moins noble, donc moins chère à l’achat : la récupération d’emballages commerciaux usagés s’ajoute à celle de cartons ondulés et d’emballages ménagers ». À la clé, des coûts moindres en matière logistique et des factures énergétiques revues à la baisse… et donc des émissions de polluants bien moins nombreuses.

GRAND VERT

Le Charme hôtel, l’attrait de la nature

A

typique, à Arbouans, le Charme hôtel dispose de 64 chambres de plain-pied reparties dans des bungalows bordés de deux hectares d’arbres, arbustes, fleurs… Une nature luxuriante dont l’arrosage bénéficie des collecteurs d’eau de pluie, d’une capacité de 25 m3, installés sur les toits plats des habitations. Cet aménagement a vu le jour lors de l’important chantier de rénovation effectué entre 2010 et 2012 par Marie-Louise Salas, la gérante des lieux : « La chasse au gaspillage et la préservation de l’environnement nous ont amenés à réaliser d’importants travaux d’un 

montant proche de deux millions d’euros. Nous en avons profité pour nous agrandir sans dénaturer notre décor naturel ». Finies les déperditions de chaleur, chaque fenêtre possède à présent un double vitrage, tandis que les bâtiments sont chauffés à partir d’une pompe à chaleur, nouvellement intégrée au site. Le restaurant, Le Patio, a été refait dans son intégralité. Il bénéficie d’une terrasse abritée par le feuillage des arbres fruitiers et de cuisines éclairées à la lumière naturelle grâce à un toit conçu en vitre. « Les gains sont énormes ! se réjouit Marie-Louise Salas. Les

clients ont gagné en confort et nous réalisons des économies de chauffage et d’électricité ». Le Charme hôtel a ainsi intégré le réseau Grand Vert, développé depuis 2001 par la CCI du Doubs. Plus de 65 professionnels du département sont rassemblés aujourd’hui sous cette bannière fédérant les entreprises régionales du secteur du tourisme respectueuses des traditions et de l’environnement.

sur www.grand-vert.org 17


cci en actions

Retrouvez toutes les infos de la CCI du Doubs sur Facebook

ENTRETIEN DOMINIQUE ROY PRÉSIDENT DE LA CCI DU DOUBS

“ Nous continuerons à servir les entreprises et les territoires ” Au moment où le Gouvernement renouvelle les prélèvements sur les CCI, le président Dominique Roy tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de ce qu’il considère comme « du racket ». Pour lui les services de proximité que rend la CCI du Doubs, notamment aux TPE*, sont menacés au moment où le réseau avait déjà engagé sa réforme. * Dans le Doubs 64 % des entreprises ont au plus 2 salariés.

Expression Active En 2015, le Gouvernement a décidé de diminuer la ressource fiscale des CCI de 37 % d’ici 2017 et de prélever exceptionnellement 500 millions sur les fonds de roulement. Pour la Chambre du Doubs ce sera près de 9 millions… Vous êtes E XPRESSION AC TIVE → NUMÉRO 59 | OC TOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2014

président de la CCI du Doubs depuis 3 ans, comment réagissez-vous ? D. Roy Comme un chef d’entreprise qu’on prive de sa possibilité d’investir ! J’appelle ça du racket. Le racket de l'État sur les CCI. Et c'est moins de services aux entreprises ! Pour 19


cci en actions LA CCI DU DOUBS EN CHIFFRES : 3 SITES (BESANÇON/MONTBÉLIARD/PONTARLIER) • 15 400 ÉTABLISSEMENTS : 5700 COMMERCES / 3350 INDUSTRIE / 6350 SERVICES • 5702 FORMALITÉS EFFECTUÉES DONT 4466 INSCRIPTIONS AU RCS / 205 CARTES COMMERÇANTS NON SÉDENTAIRES DÉLIVRÉES / 463 DOSSIERS ACCRE TRAITÉS… • COMMERCE : 600 POINTS DE VENTE VISITÉS • 322 ÉTUDIANTS • APPRENTISSAGE : 1241 CONTRATS SIGNÉS / TAXE D'APPRENTISSAGE : 1664 DOSSIERS TRAITÉS. (CHIFFRES 2013).

notre Chambre, 8,9 millions vont être confisqués. Et ce prélèvement exceptionnel pour 2015 avait déjà eu lieu à hauteur de 180 millions en 2014 pour le réseau national. Et là aussi exceptionnellement… EA Ces 8,9 millions, la CCI les détient-elle ? D. Roy Ce sont les entreprises qui en sont propriétaires. Nous en assurons la gestion parce que nous avons été élus par nos pairs qui nous ont fait confiance. Je rappelle que les CCI sont les seuls outils d’action économique bénévoles dirigés par des chefs d’entreprise pour des entreprises. Il ne faut pas imaginer que le fonds de roulement est une accumulation linéaire, sur des années. Certes, il est alimenté par les résultats d’une bonne gestion mais aussi par des opérations exceptionnelles. Par exemple, lorsque nous avons développé la zone de Valentin, à côté de Besançon, nous avons investi dans des locaux parce que cela répondait à un besoin des entreprises… En 2012, ce n’était plus le cas, nous en avons vendu une partie et encaissé un produit exceptionnel qui a alimenté le fonds de roulement… EA A quoi sert ce fonds de roulement ? D. Roy Son montant permettait d’envisager des projets d’envergure. 20

J’ai lancé un programme d’investissements en 2012. Il prévoit d’apporter encore plus de service aux entreprises. L’accompagnement au développement des territoires, c’est la colonne vertébrale de la mission des CCI il me semble ! Sur l’Aire urbaine, nous avons engagé le rachat des parts de copropriété de la chambre de Métiers avec qui nous partagions des locaux à Montbéliard. On finalise l’action lancée par mon prédécesseur Jean-Louis Dabrowski qui, avec lucidité, avait anticipé la nécessaire proximité physique de la CCI avec le tissu économique local. À Pontarlier, nous avons un projet ambitieux de construire un espace dédié aux entreprises du Haut-Doubs avec une offre de services sur mesure pour ce territoire impacté par la proximité suisse. Pour Besançon, nous avons engagé la rénovation et la mise aux normes d’une salle de conférence d’environ 160 places avec un équipement numérique. Ce sera un nouveau produit proposé notamment à la location. La captation de nos réserves hypothèque nos investissements mais ne doit pas remettre en cause notre devoir d’investir. Il va falloir recalibrer tous ces projets… Pourtant il faut être pragmatique, ce sont les investissements qui génèrent des ressources pour l’entreprise CCI et qui lui permettent de fonctionner. Les investissements d’aujourd’hui sont les services de demain !

EA Pour le fonctionnement… une baisse de 37 % de la ressource fiscale est annoncée sur 3 ans : comment allez-vous faire ?

D. Roy La réponse est réaliste : il va falloir rationaliser. Faire mieux avec moins. Dans le nouveau périmètre dessiné par le Gouvernement on travaillera avec des moyens identiques à ceux qu’on avait en… 1993 ! Nous devons réduire substantiellement nos dépenses de fonctionnement. Deux possibilités s’offrent à nous : appliquer un « coup de rabot » uniforme dans chaque service : cette méthode après les plans d’économie réalisés depuis plusieurs années se traduirait par une offre de services peau de chagrin. Je propose donc la seconde : des coupes stratégiques génératrices de réductions plus substantielles. Les choix opérés devront se

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cci en actions l’apprentissage mais il y a aussi ceux dont ont besoin nos entreprises en fonction de leur activité et de leur environnement économique. Depuis quelques mois, par exemple nous développons une action de sensibilisation au numérique auprès des 6 000 commerçants du Doubs et de leurs associations. Elle passe par

faire à l’aune de 2 critères : d’une part les besoins des entreprises et des territoires, d’autre part la capacité de ces produits et services à générer des recettes, soit par conventionnement avec d’autres partenaires soit par la facturation de services aux ressortissants mais sans entrer en concurrence avec eux. EA Pourquoi avoir attendu cette réduction de budget pour réagir ? D. Roy Mais nous n’avons pas attendu ! Depuis 2010, nous nous sommes engagés dans la régionalisation. Nous avons mutualisé les services International, Industrie, Apprentissage, Formalités… Nous avons externalisé la formation continue avec la création de Sifco dont nous sommes actionnaires. Les fonctions Ressources humaines, Achats, Finances ont été régionalisées et en fin d’année la CCI Franche-Comté quitte ses locaux pour intégrer les nôtres à Besançon. Je le répète notre raison d’être, c’est d’apporter des services aux entreprises. Il y a ceux que nous confie l’État comme l’enregistrement des formalités ou l’appui à 

trouver d’autres marchés pour maintenir des services de proximité. Nous traitons 4 500 inscriptions au RCS chaque année, plus de 1 600 dossiers de taxe d’apprentissage avec un appui administratif et juridique gratuit et nous recevons près de 1000 créateurs par an. En 2013, nos collaborateurs ont visité 600 commerces, c’est

À la CCI, notre ADN c’est l’expertise économique et l’entreprise. Qui mieux que des dirigeants est légitime pour apporter conseil, appui à leurs pairs ? des ateliers sur les territoires thématiques, par des fiches d’information, par des rendezvous individuels de conseils et d’accompagnement dans les points de vente… Tout ça est gratuit pour les entreprises ! EA Ont-elles pour autant bien compris votre rôle et ce que vous pouvez leur apporter ? D. Roy Je crois que c’est là qu’est notre faiblesse. Toutes les entreprises payent une taxe affectée aux CCI. Je précise que nous n’avons aucun levier de décision ni sur son assiette ni sur son taux. Elles attendent un retour sur impôt. je considère que c’est le service apporté avec ce que nous restitue l’État. À ce jour dans le Doubs nous sommes dépendants à 60 % de la ressource fiscale. C’est plus que d’autres qui peuvent par exemple avoir des ressources liées à la gestion d’un équipement comme la CCI de Lyon avec l’aéroport Saint Exupéry. Nous allons devoir

beaucoup de temps passé mais c’est indispensable… Et puis il faut le dire l’environnement économique a été investi par de nombreux acteurs depuis 30 ans. Les collectivités ont développé leurs propres agences de développement économique à une époque faste : aujourd’hui ce n’est plus le cas parce qu’elles aussi font l’objet d’une raréfaction de la ressource. EA Voyez-vous dans cette nouvelle donne fiscale une réelle menace ? D. Roy Oui et nous sommes affectées par les difficultés comme le sont aussi les entreprises… Nous devrons sans doute revoir l’appui financier que nous apportons aux structures économiques locales : office de commerce, CFA, Témis… Cela représente plus de 530 000 euros par an pour nous… Je crois que chacun doit se recentrer sur son cœur de métier. À la CCI, notre ADN c’est l’expertise

économique et l’entreprise. Qui mieux que des dirigeants est légitime pour apporter conseil, appui à leurs pairs ? Nos élus viennent de tous les territoires, c’est une force et nos services sont partout. Pourquoi ne pas contractualiser avec les collectivités qui elles non plus ne peuvent plus embaucher indéfiniment ? Nous le faisons déjà avec la communauté du Val de Morteau : nous effectuons une mission de veille et de remontées d’information des entreprises pour éclairer les élus dans leurs décisions. C’est une piste. EA A court terme, comment voyez-vous l’avenir ? D. Roy Il faut prendre rapidement des mesures concrètes : remettre en cause certaines participations ou subventions, facturer des services, modifier les habitudes de travail des élus et des collaborateurs, faire faire plus que faire nous-mêmes, mais aussi cultiver l’excellence de nos services et rechercher des synergies entre chambres. Ne rien faire, c’est laisser filer les déficits et absorber totalement ce qui resterait du fonds de roulement en 2 ou 3 exercices. Ce n’est pas une gestion de chefs d’entreprise. C’est risquer la disparition du réseau des chambres de commerce, ou la fonctionnarisation du système… c’est peut-être ce que certains souhaitent… Ce qui est toujours compliqué à gérer, c’est la différence entre le local et le national. Ici nos relations avec le Préfet, la Région, le Conseil général ou les communes sont bonnes… Je crois beaucoup à l’ouverture d’esprit et à la cohésion autour d’un projet commun. Le nôtre c’est de continuer à servir les entreprises et les territoires. Tout le monde a à y gagner

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Le président sur le terrain

cci en actions Le 11 juillet 2014, le Président Roy et les membres du Bureau se sont rendus sur le chantier des Passages Pasteur, qui regroupera un centre commercial et une centaine de logements au centre-ville de Besançon .

LA BONNE RENTRÉE D'IMÉA • EGC Franche-Comté

• Negoventis ECD

139

137

étudiants apprentis

étudiants

dont 50 en première année

dont 15 sur le nouveau campus de Vesoul

COMMERCE APPUI

Des outils gratuits pour les associations de commerçants

Aux côtés des commerçants pontissaliens Plus d’une centaine de commerçants, élus, associations et citoyens se sont retrouvés le 5 septembre dernier, devant la sous-préfecture pour s’élever contre les nuisances subies durant l’été. À l’origine du mouvement : la présence d’un groupe marginal de gens du voyage et leurs incivilités qui ont perturbé et dégradé les lieux. La CCI du Doubs, présente à leurs côtés, a été reçue avec une délégation. Une réunion est prévue pour mettre en place des mesures.

La dynamique du commerce bisontin sous la loupe

Elles sont 77 dans le Doubs à rassembler le tiers des 6 000 points de vente du département. Mêmes si toutes n’ont ni le même degré d’activité ni les mêmes moyens (les trois quarts n’ont ni site Internet ni permanent), elles peuvent pour autant s’appuyer sur la Chambre de Commerce pour avoir accès à des outils gratuits : guide pratique, annuaire, extranet et depuis septembre formation pour mieux structurer les associations et développer leur projet marketing. Cette offre, construite par la CCI du Doubs et lancée dans le cadre de l’année du Commerce, répond à un objectif clair : apporter un appui technique pour favoriser le travail d’animation des territoires.

sur www.doubs.cci.fr

MONTBÉLIARD Le 24 septembre dernier, la CCI accueillait les commerçants du Grand Besançon pour un point sur les actions de redynamisation en cours ou à venir. En présence de la Ville, de l’office du Commerce, du Crédit Agricole et de l’aménageur des Passages Pasteur, les quelque 80 commerçants qui s’étaient déplacés ont pu assister à une présentation d’outils tels que le paiement sans contact ou le chèque Kdo ainsi qu’à un point d’avancement de la commercialisation des cellules des Passages Pasteur. La CCI a elle présenté notamment son offre gratuite d’accompagnement numérique et la démarche d’Accueil Qualité qu’elle soutient. en savoir

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 CCI : 03 81 25 25 57

Partenariat pour la Médiévale La CCI a permis aux professionnels du commerce et du tourisme de travailler ensemble pour la Médiévale qui s’est déroulée du 26 au 28 septembre à Montbéliard. Cette grande fête réunit 70 stands permettant aux visiteurs de découvrir les produits d'autrefois et les savoir-faire d'antan. En organisant le partenariat, la Chambre a favorisé la mise en place de dégustations gratuites des savoir-faire des uns pour cette manifestation organisée par la CAEM. La CCI a également accordé une aide financière.

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cci en actions SANTÉ

Partenariat avec l’Établissement Français du Sang

Une nouvelle méthode pour créer son entreprise Une nouvelle offre pour la création est en place depuis septembre à la CCI du Doubs. L’ambition :

Une dizaine d’entreprises avaient répondu à l’invitation de l’Établissement Français du Sang (EFS) et de la CCI du Doubs pour un petit-déjeuner de rencontre au cours de l’été. L’occasion pour le Dr Pascal Morel, Directeur de l’EFS de Bourgogne Franche-Comté, et pour Dominique Roy, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Doubs, de jeter un nouveau pont entre le monde de la santé et les PME locales. En effet, s’il est bien connu pour ses activités de

faire émerger les potentiels de créateurs. Réunion, ateliers, rendez-vous individuels sont au programme dans le cadre d’un parcours sur mesure. en savoir

 CCI : 03 81 25 26 40

collecte et de distribution de produits sanguins, l’EFS a également une mission de recherche. Ses récentes découvertes sur les Médicaments de Thérapeutique Innovante (MTI) ont d’ailleurs abouti à des applications susceptibles d'associer des compétences de la filière locale du secteur de la santé (matériel, process, contrôle, méthodes, analyses, traitement de surface…). Pour permettre aux uns et aux autres de se connaître

ESBM : la nouvelle équipe reçue à la CCI La CCI a accueilli les entreprises partenaires de l’ESBM le 5 septembre pour une présentation de la nouvelle équipe.

et d’échanger sur de futures opportunités, l’ESF a souhaité s’appuyer sur le réseau d’entreprises ressortissantes de la CCI pour engager un travail de mise en relation.

Guide pratique Industrie La CCI vient d’éditer un guide des actions « CCI » aux entreprises de l’Industrie et des Services à l’Industrie. Réalisé en partenariat avec la CCI Franche-Comté, il recense par thématique tout ce que les CCI proposent en termes de services et d’outils.

sur www.doubs.cci.fr 



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cci en actions ENQUÊTE

La Suisse : une manne d’emplois pour l’Aire urbaine ? Pour la 6e année consécutive, les Chambres de Commerce et d’Industrie du Doubs, du Territoire de Belfort et de Haute-Saône et leurs partenaires ont organisé une conférence sur la conjoncture économique dans l’aire Urbaine. Les perspectives d’emplois offertes par la proximité suisse et allemande y ont été abordées.

L

a situation économique de l’Aire urbaine est aujourd’hui fragile et incertaine : le taux de chômage est de 12 %, soit l’un des plus élevés de France. Le marché du travail a été particulièrement affecté par la crise en 2008 : la trésorerie des entreprises est préoccupante, l’offre d’emploi est faible (même si l’intérim s’est un peu redressé depuis 2014), et la demande d’emploi est croissante (+22,5 % depuis juillet 2011). Certains indicateurs, plus positifs, suscitent tout de même l’espoir des acteurs économiques. Ils se situent du côté de la Suisse voisine, présentée comme un véritable moteur économique pour Belfort et Montbéliard. « Le dynamisme de l’horlogerie suisse détermine la santé frontalière dans son ensemble », a indiqué Laurent Sage, directeur des Études économiques et territoriales à la CCI du Doubs. Le nombre de frontaliers francs-comtois qui travaillent en Suisse 24

approche désormais les 25 000. Une situation qui profite aux commerces de la zone et au secteur de la construction puisque ces mêmes frontaliers ont un pouvoir d’achat important. Certaines idées reçues ont également été remises en cause lors de la table ronde. Daniel Jakubzak, directeur associé AJC Informatique a témoigné : « On dit souvent que c’est difficile de pénétrer le marché suisse, mais c’est faux. Par exemple, les chefs d’entreprises suisses veulent faire fabriquer des pièces en France ». Le marché helvète serait donc bien plus ouvert qu’on ne le pense et les besoins en main d’œuvre qualifiée y sont réels. Les opportunités suisses Avec seulement 3 % de chômage, soit un quasi plein emploi, la Suisse constitue une véritable manne d’emplois potentiellement accessibles aux habitants de

l’Aire urbaine. Les perspectives sont bonnes, dans l’horlogerie notamment. Ce sont autant d’opportunités à saisir pour les Francs-comtois, proches géographiquement, et dont les compétences intéressent les employeurs de l’autre côté de la frontière, en particulier en Suisse germanophone. Certains blocages doivent toutefois être levés pour que cette collaboration franco-suisse puisse se développer plus encore. Le principal frein demeure la langue : « Si le nombre de frontaliers n’a pas cessé de croître durant la dernière décennie, la part des frontaliers français est globalement en baisse car les jeunes parlent de moins en moins l’anglais

et l’allemand », a souligné Frédéric Duvinage, directeur de l’Eurodistrict de Bâle. Pour Stéphane Cheref, directeur de la Maison de l’Emploi et du Pays de Saint-Louis-Trois Frontières et du Pays de Sundgau, « les problèmes de langue font que cette manne d’emplois part à d’autres, comme les Anglais ou les frontaliers allemands ». Au-delà de la langue, se posent aussi les questions de la formation, de la reconnaissance des diplômes français et de la compréhension du système suisse. « Il s’agit désormais de bien identifier le paysage économique suisse, de multiplier les échanges avec elle, et surtout d’outiller les candidats à l’emploi frontalier » a conclu Stéphane Cheref.

La conjoncture économique a été établie en partenariat avec les CCI de l’Aire Urbaine, les Maisons de l’emploi du Pays de Montbéliard et du Territoire de Belfort, et le Syndicat Mixte de l’Aire Urbaine. E XPRESSION AC TIVE → NUMÉRO 59 | OC TOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2014


INDUSTRIE

Le joli démarrage de Metalhom développement Après avoir repris la Sermap, Gilles Devillers a créé une entreprise de tôlerie

hyperpointue à Étupes. Elle compte déjà 45 salariés et l’activité est conforme aux prévisions.

Le parc machine s’étoffe, avec la mise en route, d’une ligne de technologie laser fibre unique au monde.

G

illes Devillers est tombé très jeune dans la marmite de l’industrie. Après un DUT de génie mécanique, il avait créé et développé le groupe S2i (100 millions d’euros de chiffre d’affaires, 500 salariés) qui comprenait notamment Devillers Oxycoupage, implantée à Héricourt, et qu’il s’était engagé à revendre à Arcelor, pour des raisons stratégiques… juste avant l’OPA de l’Indien Mittal, en 2006. Libéré de ses engagements puis de la clause de non-concurrence, ce patron atypique est reparti dans une nouvelle épopée industrielle. En 2011 d’abord, il reprenait la majorité du capital de Sermap, une entreprise de Pierrefontaine-les-Varans, leader en France des équipements pour le transfert et le traitement des déjections animales (80 salariés, 13 millions d’euros de chiffre d’affaires). « Je lui ai amené de la productivité et un peu de 26

sous-traitance », explique Gilles Devillers. Puis, en 2013, il créait Métalhom de toutes pièces, sur la zone d’activité Technoland 2, à Étupes, où l’écosystème est favorable à l’industrie et la main d’œuvre abondante et habituée au fonctionnement en 3X8 « un rythme indispensable à la rentabilité de l’activité découpage emboutissage de tôles », dit-il. Une entreprise humaine pour se développer Sermap et Métalhom appartiennent toutes les deux à la holding GCD investissement et ont noué une relation de client fournisseur. À Étupes, environ 12 millions d’euros ont été investis dans le bâtiment, les équipements de pointe et l’outillage dernier cri de Métalhom. L’activité avait démarré avec un atelier de 25 salariés, ils sont 45 aujourd’hui à plier, découper, souder des pièces pour les

marchés ferroviaires, agricoles, électriques… Parallèlement, le parc machine s’étoffe, avec la mise en route, à la rentrée, d’une ligne de technologie laser fibre unique au monde. « En 2013, nous avons réalisé un chiffre d’un million d’euros par mois. L’effectif, d’ici trois ou quatre ans, pourrait être de 140 personnes, pour un chiffre d’affaires de 25 à 30 millions d’euros », poursuit le dirigeant. « Mais nos objectifs ne sont pas ceux-là. Ils concernent la cohésion sociale, des taux de service client et qualité supérieurs à 99 %, et zéro accident du travail. Je veux que les salariés viennent avec le sourire. Une entreprise très humaine, c’est la seule solution pour se développer. » sur w ww.metalhom.com

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INDUSTRIE

Soudatol à l'heure des grands projets

INTERNATIONAL

Mantion s'affirme

investissement Une extension de son bâtiment à Vuillafans et un investissement dans de nouvelles machines avec robotisation font partie des grands projets de l'entreprise de tôlerie fine industrielle. On ne veut pas délocaliser. On résiste, tel le petit village gaulois ». Patrick Chanussot, directeur du site Soudatol à Vuillafans, ose croire que la sombre année 2010, celle vécue au plus fort de la crise, est loin derrière. Cette annéelà, l'entreprise trentenaire a subi une perte de 20 % de son chiffre d’affaires. Depuis, la progression est cependant constante, le CA se montant aujourd'hui à 7,20 M€. Et l'entreprise de tôlerie fine industrielle, peinture poudre intégrée, montage et intégration de composants mécaniques et électroniques, vit même à l'heure des grands projets. Dans les deux ans à venir, Soudatol, s’apprête à investir 1 M€ dans le parc de machines. Celles-ci axées sur la robotique, permettra une

réorganisation de la société via l'amélioration des flux de production. et également de substantielles économies d'énergie. De même, en 2015, l'entreprise compte agrandir son site actuel de 1 000 m2, soit un investissement de 450 000 €. « On était trop exigu et, surtout, cela nous permettra d'accueillir de nouvelles productions » précise le directeur qui, néanmoins, préfère rester discret sur les clients concernés. Soudatol qui appartient au groupe Piroux (500 personnes et 60 M€ de CA) emploie actuellement 49 personnes sur la zone artisanale de Vuillafans. sur w ww.piroux.com

Dans les deux ans à venir, Soudatol, s’apprête à investir 1 M€ dans le parc de machines.



Avec un CA de 35 M€ dont 45 % réalisés à l'export, le groupe bisontin Mantion, spécialiste des systèmes coulissants, de la motorisation pour volets et portes et des systèmes de convoyage aérien par monorail, peut aujourd'hui mesurer tout le chemin parcouru depuis sa création en 1920. Ce « made in France » se commercialise sur les cinq continents soit plus de 60 pays. La maison-mère, rue Gay-Lussac à Besançon (zone industrielle de Trépillot), n'a cessé de se restructurer ces dernières années, pour aboutir à une totale réorganisation présentée il y a quelques mois à des clients du monde entier. Ce lifting nécessaire pour rendre le site plus fonctionnel et d'une valeur de 4,50 M€ investis entre 2011 et 2013 permet d'élargir encore les perspectives « dans ce secteur concurrentiel et mouvant » précise le P-DG Denis Schnoebelen. S'affirmer comme « résolument tourné vers l'avenir », c'est donc continuer à se développer en France mais aussi à l'international. Le groupe Mantion emploie 200 salariés, dont 110 à Besançon. Le reste se répartit dans ses filiales de Genlis en Côte d'Or, Amancey dans le Doubs (Bourquin Décolletage), à Heilgenhaus en Allemagne (distribution des produits dans les pays germanophones) mais aussi en Pologne (fabrication et distribution pour l'Europe de l'Est) a donc ouvert, en 2013, un bureau commercial à Bombay en Inde, puis, en 2014, à Dubaï. La prochaine étape se prépare : il s'agit d'ouvrir, en 2015, un autre bureau à Jakarta en Indonésie pour mieux s'ancrer sur l'Asie du sud-est. 27


TERRITOIRE

Un parc expo qui monte

Haute-Saône Voilà 20 ans que la H

faite depuis juin 2013 : Vesoul et p disposent désormais d'un parc des par la CCI 70, il engendre déjà des r l'agglomération.

La CCI de Haute-Saône a financé à elle-seule près de la moitié de ce chantier d'un coût total de 4 527 878 €.

I

l s'appelle donc Parc Expositions HauteSaône, mais très vite les Vésuliens et plus largement les Haut-Saônois se le sont approprié sous le générique Parc Expo 70. Il faut dire qu'une telle salle était attendue de longue date, le département ne disposant pas jusqu'alors d'emplacement de plus de 1 000 places permettant d'accueillir foires ou congrès. Il a fallu que la CCI 70 s'y attelle pour qu'enfin le projet se réalise : soutenue par l’État, la Région, le Département, la Ville et quelques autres partenaires, elle a financé à elle seule près de la moitié (46,5 %) de ce chantier d'un coût total de 4 527 878 €. Jean-Marie Euvrard, président de la CCI haut-saônoise, n'a pas ménagé ses efforts las qu'il était « de voir la foire de Vesoul se tenir dans des cabanes en bois » et impatient aussi de permettre au département de « faire de l'économie dans un lieu de rencontre, afin de montrer 28

les belles pépites qui sont implantées ici. » C'est donc dans l'ancienne usine Faurecia, là où se fabriquaient les sièges d'automobiles sur la zone Technologia, que le Parc des expositions s'est installé. Le bâtiment a été totalement restructuré permettant d'accueillir aujourd'hui sur 000 visiteurs, voire 5 855  m 2 jusqu'à 3  «  juste » quelques centaines, puisque le parc a été conçu pour se moduler selon la manifestation envisagée. L'espace principal y est de 3 200 m 2 et est assorti de trois autres salles de 100, 120 et 250 m 2. 60 000 visiteurs Depuis son ouverture, ce parc ne désemplit pas. « Il a même accueilli des événements que nous n'avions pas imaginés au départ  » explique Caroline Astier, directrice générale de la CCI. Tels les concours administratifs où se pressaient encore récem-

ment 800 candidats qui jusqu'alors étaient obligés de se rendre à Strasbourg. « Dès la première année, on a dépassé nos objectifs et on ne cesse de monter en puissance. » se réjouit la directrice générale énumérant ainsi la Bourse aux vélos, l’assemblée générale d'une banque ou celle du réseau Entreprendre en Franche-Comté qui, faute de place, ne s'était encore jamais tenue dans ce département. La CCI, qui prend en charge le fonctionnement du lieu, se veut en l'occurrence « loueur d'espace », mais n'en oublie pas pour autant sa vocation première : celle d'impulser une nouvelle dynamique économique à la Haute-Saône. Avec 60 000 visiteurs qui ont fréquenté le lieu depuis son ouverture, avec 42 000 visiteurs et congressistes prévus sur la seule année 2014, voilà qui ressemble à un pari gagné : «  D'autant que les retombées économiques sont déjà là : entre les recettes

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TERRITOIRE

en puissance

Haute-Saône l'espérait : c'est chose plus largement le département expositions digne de ce nom. Porté retombées non négligeables pour

liées à l'hébergement et à la restauration des exposants ou congressistes, le recours aux sociétés locales de nettoyage, de sécurité ou de traiteurs, etc., on peut déjà déduire qu'un euro de location engendre une recette minimale de 7 euros sur place. » Autant dire qu'il faut poursuivre sur la lancée. Côté événements, le salon « HauteSaône, terre d'industrie », exposant des savoir-faire départementaux s’est tenu avec succès pour la première fois les 8 et 9 octobre dernier. sur w  ww.parcexpo70.fr parcexpo70@haute-saone.cci.fr Parc des Expositions de Haute-Saône Rue Victor Dollé Zone Technologia 70000 Vesoul 03 84 96 71 11



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TERRITOIRE ARC JURASSIEN

NORD DOUBS

Innovarc stimule l'innovation franco-suisse

Le club Appel d'Aire, favorise le réseau

Ce projet franco-suisse, piloté par la CCI du Doubs, côté France, accompagne les entreprises. Après Minnovarc, premier projet franco-suisse destiné à stimuler l’innovation microtechnique dans les entreprises et soutenu par le programme Interreg IV, place à Innovarc jusqu’en 2015 ! Ce nouveau projet est piloté, côté France, par la CCI Franche-Comté et côté suisse par arcjurassien.ch, qui fédère quatre cantons et s’applique à renforcer la coopération transfrontalière. « L’expérience Minnovarc nous a servis dans Innovarc et certains projets ont été transférés », explique Pierre Vivien, chef de projet CCI côté France. Le « M » des microtechniques a disparu et, si elles restent au cœur des savoir-faire de l’Arc Jurassien, ce sont cette fois quatre thématiques de réflexion qui ont été proposées aux entreprises pour faire naître des projets collaboratifs : mobilité, technologies appliquées au médical, technologies appliquées à l’environnement, et villes intelligentes. Concrètement, des séances collectives de créativité sont proposées aux PME. La première, qui a eu lieu à Besançon en juillet dernier, portait sur les mobilités et a produit près de 180 idées dont une dizaine, jugées prometteuses, sont en train d’être développées. Prochaine séance les 30 et 31 octobre à Saignelégier, dans le Jura Suisse, sur le thème des villes intelligentes.

sur www.innovarc.org

Visites d’entreprises, conférences et soirées privées sont l’occasion de créer des liens de manière festive et informelle entre les dirigeants du Pays de Montbéliard. « L’objectif, c’est la rencontre », explique d’emblée Tony Roy, conseiller industrie à la CCI et animateur du club Appel d’Aire. Créé en 2008 par la CCI du Doubs, le club compte aujourd’hui une cinquantaine de dirigeants de PME, de TPE, d’artisans, de commerçants… auxquels il propose environ six événements par an pour tisser des liens et s’extraire du quotidien. « Nous alternons visite d’entreprises, conférences, dégustations. Nous avons déjà visité PSA, Cristel, organisé des soirées privées. L’idée, c’est vraiment de créer des liens de manière informelle, avec des échanges de cartes, de problématiques, d’intérêts… Si c’est trop formalisé, le côté spontané se perd. Nos conférences ne sont pas longues et ces moments durent environ deux heures. » « De l’intérêt des réseaux sociaux », « de l’importance des RH ou du management » : les petites conférences sont l’occasion de découvrir une entreprise locale. Et de décompresser ensuite ! En 2013, Appel d’Aire avait organisé une soirée au Moloco, la salle de spectacle du Pays de Montbéliard, avec visite et concert privé à laquelle l’association avait convié les clubs affaire de l’Aire Urbaine et de Delle. Début octobre, les membres de cette association loi 1 901 se sont déplacés visiter l’aéroport de Bâle-Mulhouse. en savoir

Tony Roy 03 81 31 25 24

DOUBS CENTRAL

Les entreprises affichent leur Made in France Du 14 au 16 novembre, 9 entreprises du Pays du Doubs central seront présentes au 3e salon Made in France, à Paris, sur un stand commun. Une initiative des élus locaux pour valoriser leur territoire. Durant

LES 9 ENTREPRISES PRÉSENTES :

3 jours, elles auront l’occasion de présenter

• Altaïs fabricant d’hébergement atypique à Passavant.

leurs produits et innovations « conçus et

fabriqués en France » aux 30 000 visiteurs attendus. Pour le Tuyé de Mésandans, participant 2013, « il s’agissait là d’une

opportunité de nous faire connaître et de bénéficier de bonnes retombées ensuite ». « C’était aussi un moyen de nous rencontrer,

entre entreprises d’un même territoire, et parfois de nous découvrir », poursuit Perrin Aqua découpe installé à Autechaux. En 2014, elles seront à nouveau du voyage. Les Chambres de Commerce et d’Industrie sont partenaires du salon Made in France.

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• Céramiste à Pompierre-sur-Doubs. • Tuyé de Mésandans fabricant de salaisons artisanales et produits du terroir à Mésandans. • Fruitière du Vallon de Sancey fruitière à comté et fabricant de cancoillotte à Sancey-le-Long. • Æncrages and co éditeur aux méthodes traditionnelles à Baume-les-Dames. • Groupe Maillard Industrie plasturgie à Autechaux. • Perrin Aqua découpe entreprise industrielle découpe jet d’eau à Autechaux. • PMS industrie fabricant de solution de levage et d’arrimage à Rang. • IME imprimerie à Autechaux.

sur www.doubscentral.org

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COMMERCE

Accessibilité : échéance au 31 décembre 2014 ! lieux pulics La mise aux normes pour l’accueil des personnes handicapées

est un feuilleton à rebondissements. Il est facile d’en perdre le fil. Or, entre annonces mal relayées et interprétations abusives, les entreprises courent le risque de se trouver en situation délicate. Un récapitulatif s’impose.

E

n 2005, paraît une nouvelle loi, dite «  loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Cette loi réforme une précédente loi d’orientation en faveur des personnes handicapées qui datait de juin 1975. Le texte – entre autres mesures – vise au renforcement de l’accès des personnes handicapées aux établissements recevant du public (ERP). Il s’agit là des établissements publics mais aussi des entreprises et des commerces. L'échéance pour la mise en conformité est fixée au 1 er janvier 2015 (un délai de dix ans).
Les années passent… Le 25 septembre 2013, un relevé de décisions du comité interministériel du handicap reconnaît que l’échéance ne pourra être tenue. Il est alors décidé de mettre en place ce que l’on baptisera l’agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP). Un sursis à saisir L’Adage se veut un « dispositif d’exception visant à ne pas casser la dynamique et de mobiliser l’ensemble de la société ». À l’annonce de cette mesure, en février 2014,

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beaucoup ont cru – ou voulu – entendre que l’annonce de cet agenda signifiait l’abandon de l’échéance du 1er janvier 2015. En réalité, le texte est assez clair. L’Adage confirme l’échéance du 1er janvier 2015. Simplement, le dispositif permet la prise en compte les difficultés réelles des ERP (difficultés techniques, commerciales ou financières) face à cette contrainte de mise aux normes. C’est ainsi que chaque commerce, chaque entreprise, a désormais la possibilité de demander un sursis à condition de produire, avant le 31 décembre 2014, un échéancier détaillé des travaux, éventuellement adossé à un plan de financement. Le délai d’exécution du chantier de mise aux normes dépend de la catégorie auquel appartient l’ERP. L’agenda ainsi constitué doit être soumis à la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité (CCDSA). Si l’avis de commission est favorable, le Préfet prononce l’acceptation, épargnant ainsi les sanctions pénales auxquelles s’exposent les ERP qui n’ont pas effectué leur mise aux normes à la date du 1er janvier 2015.

La CCI pour vous guider Cette nouvelle règle du jeu, outre son annonce un peu tardive (à moins d’un an de l’échéance), a été brouillée au cours de l’été par des annonces intempestives, voire des rumeurs, faisant état d’un nouveau report jusqu’à 2017. Restant à ce jour dans l’attente d’une ordonnance, l’échéance pour le dépôt des agendas est toujours fixée au 31 décembre 2014. Les dossiers pour l’établissement de l’Ad’AP sont à retirer dans les mairies, mais le service juridique de la CCI peut éclairer sur la procédure. Un livret est également consultable sur son site internet.

d'info CCI du Doubs : 03 81 25 25 62

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COMMERCE

Pâtisserie Baud : le grand changement besançon Que de changements dans la pâtisserie historique : Hélène et Joël Baud, deux

cousins, sont en passe de reprendre l'affaire, et la marquent de leurs empreintes, au goût du jour, mais toujours dans le respect de la tradition et des valeurs de la maison. à Paris  » ne cache pas Hélène Baud. Au final, le traiteur, chocolatier, pâtissier, glacier propose diverses formules : du self-service où les clients se servent eux-mêmes dans de somptueuses « vitrines-valises » réfrigérées, au snacking, que l'on déguste sur des mange-debout, à une restauration plus classique prise en salle, qu'il s'agisse d'une simple salade ou d'un vrai repas avec verre de vin… L'établissement dispose dorénavant d'une quinzaine de couverts au rez-de-chaussée et d'une cinquantaine à l'étage. Sans oublier que l'on pourra toujours s'y contenter d'un thé et acheter ses chocolats dans une zone climatisée dédiée à cette seule activité. Sans oublier non plus l’événementiel, les cocktails et réceptions qui participent au prestige de la maison.

Une équipe déjà forte de 18 personnes au centre-ville et 16 à Lafayette.

D

u jaune, du rose, du bleu… voilà quelquesunes des couleurs qui dorénavant trônent dans l'historique pâtisserie bisontine, Baud, créée en 1923, par le grand-oncle Johannes. Elle était gérée jusqu'alors par Michel et Pierre, les deux neveux de Johannes qui à leur tour vont transmettre l'entreprise à leur enfant respectif, Hélène et Joël. Soit deux cousins qui s'allient pour (re) donner du lustre à cette maison qui, comme beaucoup de magasins du centreville, a vu ses ventes plonger ces deux dernières années. « Avec les travaux du tram, nous avons perdu ici jusqu'à 18 % de notre chiffre d’affaires. Heureusement que nous avions le magasin du parc Lafayette à Planoise. Cela a sauvé les meubles. Et la commission d’indemnisation à l’amiable du tramway nous a indemnisés des pertes d'exploitation subies » explique Hélène Baud. Ces travaux ont ce-



pendant provoqué de grosses interrogations chez les deux nouveaux co-gérants : « Pourquoi, par exemple ne pas carrément ouvrir un magasin à l'étranger, à l'image de nombre de collègues ?  » se sont-ils interrogés. Eh bien non, c'est finalement vers une restructuration profonde du magasin historique que se sont investis les patrons, forts de l'espoir que leur donnent, enfin, la fin des travaux du tram et la future ouverture de l'îlot Pasteur.

Cette profonde restructuration, qui a impliqué un gros effort financier, a entraîné l'embauche d'un cuisinier que l'on verra œuvrer depuis la cuisine ouverte de l'établissement. Celui-ci rejoint ainsi une équipe déjà forte de 18 personnes au centre-ville et 16 à Lafayette. D'autres embauches pourraient suivre, celle d'un maître d'hôtel par exemple. Et puis, vient aussi le temps de l'ouverture de la boutique en ligne qui permet l'envoi d'un colis ou la livraison d'un plateau-repas. sur baudbesancon.com

Un investissement très important Nouveau look donc qui se retrouve jusque dans la carte de fidélité et sur le site internet ; nouveau concept aussi largement inspiré de grandes enseignes de par le monde, le tout avec le concours de DL Architecture et Éric Colleuille : « On s'est beaucoup baladés ces dernières années, de Londres 33


COMMERCE

Les restos sur l'eau ont le vent en poupe concept Le D’Calé à Besançon et Vog resto/comptoir à vins, à Montbéliard, ont osé le

concept du restaurant sur une péniche.

À

quelques minutes du centre-ville de Besançon, les bords du Doubs offrent un cadre idéal pour se poser un instant. C’est ici que le D’Calé a ouvert ses portes en décembre 2012. « À Besançon, il manquait un endroit où boire un verre assis confortablement, comme à la maison », souligne Davy Ruffin, propriétaire du bar-restaurant D’Calé. Même sentiment de dépaysement dans le port de Montbéliard où Vog restaurant-comptoir à vins a jeté l’ancre en juillet dernier. « J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet endroit qui apporte à chaque instant une dimension de vacances et de détente », explique David Salvin, gérant du Vog. Une seule nuit de réflexion a d’ailleurs suffi à ce patron de brasserie pour se lancer dans l’aventure. Trois semaines plus tard, le Vog accueillait ses premiers clients.

Le Vog, à Montbéliard, est ouvert du jeudi au dimanche.

la qualité est mise en avant : le choix est limité mais les plats sont entièrement réalisés avec les meilleurs produits du terroir et du jour. À Besançon, le D’Calé a décliné le concept différemment. La carte, plus méditerranéenne, séduit et ne manque pas d’intriguer les habitués de la restauration traditionnelle : « j’ai dû cependant adapter mon offre en fonction des attentes des clients et proposer également des produits et vins Comtois », explique Davy Ruffin. Le démarrage de ces deux établissements a été très rapide. Un des secrets ? Une gestion rigoureuse de la trésorerie et des ressources humaines. Aujourd’hui, sur le D’Calé tout comme sur le Vog, les équipes sont en petit format. En tout cas pour l’instant… Reste que ces concepts ont immédiatement plu. Il s’agit désormais de continuer à attirer une clientèle qui, au regard de l’emplacement atypique des établissements, ne vient pas encore chez eux par hasard. sur w ww.ledecale.fr VOG restaurant 06 84 83 44 50

Proposer de l’inédit Objectif des jeunes patrons  : proposer de l’inédit. Sur le Vog, un effort particulier a été porté sur la décoration. L’ambiance est chic et glamour, intimiste, destinée à une clientèle du soir, du jeudi au dimanche. Certaines boutiques de déco du centre-ville de Montbéliard ont mis leur mobilier à disposition. Sur la carte, 34

Le D'Calé, à Besançon : un endroit où boire un verre assis confortablement, comme à la maison.

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COMMERCE RECYCLAGE

Biopaj, des fournitures nature La préoccupation écologique gagne du terrain dans l’esprit des consommateurs. Elle gagne surtout en cohérence. On ne se contente plus de petits gestes symboliques. Chez les plus concernés d’entre nous, le moindre achat est passé au filtre de l’écoresponsabilité. C’est ce qu’a parfaitement compris François Jeanneret, distributeur d’articles de papeterie et de fournitures de bureau, installé à Thise depuis 1987. Dans un premier temps, sa gamme (composée de milliers de références) s’est enrichie de quelques articles mettant en avant leurs qualités écologiques, à commencer par les papiers recyclables. Puis l’offre et la demande ont grandi en parallèle. En 2008, le dirigeant fait le constat que les produits écologiques (proposée dans le magasin et sur le site internet de la



Papeterie Jeanneret) sont essentiellement achetés à titre privé par les personnes en charge des achats de consommables au sein de leur entreprise. Comme si la conscience des individus progressait plus vite que celle des entreprises. François Jeanneret décide alors de créer BIOPAJ, « la papeterie au naturel », un site internet proposant exclusivement des articles fabriqués selon des processus respectueux de l'environnement. À sa création, le site est unique en son genre. Les débuts sont modestes, sans publicité, mais le bouche-à-oreille fonctionne. Les commandes proviennent de toute la France. La gamme s’étoffe : articles de classement en carton, crayons en bois certifié, stylos en plastique recyclé, marqueurs à encre à base d'eau, lampes basse consommation… On y trouve même cette colle d’autrefois qui sentait si bon l’amande.

sur w ww.biopaj-papeterie.fr

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SERVICES CARRIÈRE

Manager d'un centre de profit en 1 an La 3e promotion de Formacadre Besançon est en cours. C’est avec Sifco, organisme de formation continue des CCI, que d’anciens salariés d’entreprise et un dirigeant ont pris la décision d’ajouter des cordes à leur arc et de devenir manager d’un centre de profit. À la clé d’un an de formation à temps partiel : un diplôme bac +3/4, reconnu par l’État. Les « étudiants » âgés de 29 à 51 ans se retrouvent pour des cours donnés sous la double bannière de Sifco et d’ICN Business School de Nancy. Au programme : management, gestion financière, stratégie, marketing, ressources humaines… Autant de domaines leur permettant de valoriser ce qu’ils ont appris dans leur parcours en entreprise et d'acquérir de nouvelles compétences. Marc Humilier témoigne. « J'ai travaillé 26 ans dans la grande distribution en tant que Manager SAV puis comme cadre commercial. Mon projet aujourd'hui est d’acquérir toutes les connaissances liées à la gestion d’une entreprise afin de reprendre une PME locale, la diriger ou pourquoi pas prendre une franchise. » Pour lui, le diplôme, la diversité des sujets traités avec Formacadre mais aussi la nature du groupe, avec des participants venus d’horizons différents, est une vraie richesse. « Notre promo a même une réflexion en cours… avec nos compétences, nos savoirfaire et notre formation ne pourrions-nous pas créer notre propre entreprise… qui ne connaîtrait pas la crise ? » À suivre.

Charité rebondit transports L'entreprise se diversifie et lance un projet de

location de box congelés sur l'échangeur près de l'autoroute.

V

oilà ce qui s'appelle savoir rebondir. Après une année 2012 difficile, Dominique Mainier, gérant des Transports Charité à Saules, voit enfin le bout du tunnel : l'horizon s'éclaircit, les bénéfices pointent et, surtout, les projets, dont celui de l'installation d'un nouveau site à Vaux-les-Prés. Rien ne prédestinait, pourtant, ce dentiste de profession, à devenir transporteur. Contacté par un ami qui recherche un associé, Dominique Mainier achète, en 2010, une part de l'entreprise Transports Charité, créée en 1965 par M. Charité, pour faire initialement du déménagement avant de se spécialiser, il y a une vingtaine d'années, dans le transport frigorifique. Les difficultés ne tardent pas : la disparition tragique de son associé puis la conjoncture difficile. « Il a fallu tout réorganiser » explique celui qui, très vite, a appris le métier. « À force de multiplier les petits profits, en revoyant toute l'organisation du travail, on a réussi à juguler l'hémorragie en 2013, mais n'avons pu éviter le redressement judiciaire en avril 2014. » « Un bien » néanmoins puisqu’aujourd'hui « on commence à faire des bénéfices. » Tout cela sans licencier aucun des 50 salariés, dont 33 chauffeurs, ni même perdre un seul client, parmi lesquels, les charcuteries et salaisons André Bazin, la fromagerie Badoz, les glaces Erhard ou encore le comté Marcel Petite… Aujourd'hui, un camion Charité est quasiment visible chaque jour vers Paris,

dans le nord de la France ou en Bretagne et le chiffre d’affaires atteint 5 M€. 2 500  m2 prévus Pour voir définitivement le bout du tunnel, un autre projet est indispensable : celui de « réduire les kilomètres perdus » ce que ne permet pas actuellement le positionnement de l'entreprise sur Saules. C'est pourquoi, dès la mi2015, devrait s'ouvrir un second établissement positionné en l'occurrence dans un endroit on ne peut plus stratégique, à l'échangeur de Vaux-les-Près, Chemaudin. « À 1,40 € du km, voilà qui va vite faire des économies » précise Dominique Mainier dont l'ambition ne s’arrête pas là. Sur ce site qui servira d'abord de zoneétape aux chauffeurs, est aussi prévue une zone de stockage permettant de louer des box congelés aux restaurateurs et autres spécialistes en recherche de fraîcheur ou surgélation. « On s'adresse avant tout aux petites entreprises d'agro-alimentaires locales mais l'on sait que l'on va répondre à des besoins multiples et, déjà, des clients se sont manifestés. » Le chantier, d'un coût estimé à 2,30 M€ dont 200 000 € subventionnés par Développement 25, est prévu sur deux tranches. La première permettra de stocker 1 500 palettes. Au final, le bâtiment s'étendra sur 2 500 m2 et ne connaît aucun équivalent à plusieurs kilomètres à la ronde. sur w ww.charite-frigorifique.fr/

La prochaine rentrée de Formacadre est programmée le 12 février 2015.

sur w ww.sifco.eu

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SERVICES

Le coach, auxiliaire du dirigeant tendance Le recours au coaching est devenu naturel et affiché chez les hauts dirigeants du

monde économique. Il est beaucoup moins fréquent dans les PME où l’on cerne mal les contours d’un métier qui a pourtant beaucoup évolué. Le métier de coaching est désormais enseigné dans des écoles (et même des filières universitaires) accréditées par les fédérations professionnelles. Aujourd’hui, les grands dirigeants d’entreprises font couramment appel à ces professionnels, même si la relation garde un caractère de discrétion. Car le coach intervient sur un territoire bien spécifique, à la lisière du personnel et du professionnel. Dénouer les situations bloquées

I

l fut une époque où le coaching avait mauvaise presse. Nous étions dans les années 80. Le concept arrivait des États-Unis, comme une mode, suscitant autant d’engouement que d’agacement. En l’espace d’une décennie, la France a connu une épidémie de coaching. On trouvait des coaches pour tout. Beaucoup apprenaient le métier dans les livres à succès des pionniers anglo-saxons. La compétence était aléatoire. Et puis le marché s’est épuré. Il a mûri et la profession s’est réglementée.

Il a longtemps hésité. Ce dirigeant de PME bisontine qu’il a créée il y a une quinzaine d'années réalise des pièces de haute précision pour l’horlogerie et le médical. « J’étais confronté à des conflits internes récurrents, depuis des années. J’avais le sentiment d’avoir correctement identifié le problème, et pourtant, à chaque fois que je le croyais résolu, il ressurgissait de façon presque identique. Il y avait forcément quelque chose que je ne voyais pas. Au début, j’ai simplement éprouvé le besoin d’avoir un avis. Pouvoir demander à quelqu’un : “Il se passe quoi, là ? C’est quoi cette chose qui m’échappe ? Je ne parvenais plus à prendre du recul. Ça devenait un peu désespérant. C’est mon expert-comptable qui m’a suggéré le coaching. Il avait entendu parler de Françoise Sanchez. Je l’ai reçue une première fois, pour faire connaissance. Elle m’a expliqué sa façon de procéder ; j’ai trouvé ses questions intéressantes. Un peu

troublantes aussi. Et finalement nous avons travaillé ensemble pendant six mois, à raison d’un rendez-vous tous les 15 jours. Ce qui est intéressant, c’est qu’elle ne m’a jamais donné de conseils ; elle a su me guider afin de rechercher mes propres solutions et elle m’a simplement éclairé sur mon fonctionnement. J’ai pu dénouer beaucoup de choses. » N.D.L.R. : à la demande du dirigeant, son nom n’a pas été cité Lever les obstacles invisibles Françoise Sanchez Flores est coach à Besançon. Elle a enseigné avant d’exercer des fonctions de management en entreprise. Aujourd’hui elle a créé Adulcia, est certifiée et membre de l’International Coach Federation (ICF). Quand elle explique son rôle, le mot relationnel revient fréquemment. « Quelles que soient la compétence et l’expérience du dirigeant », explique-t-elle, « le succès d’une action ou d’une stratégie dépend toujours de la qualité relationnelle entre les acteurs. Or nos relations aux autres sont encombrées d’irrationnel. La prise de conscience est un accélérateur. C’est très concret. Voir clair sur ses propres ressorts permet d’obtenir de meilleurs résultats ». Une conception que résume parfaitement cette citation de Karl Gustav Jung affichée sur le site internet de Françoise Sanchez : « Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s’il n’en a d’abord avec lui-même ».


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DÉTAXE À L'EXPORT

Internet : support exclusif depuis le 1er octobre 2014 Le code général des impôts institue le recours exclusif à la détaxe électronique via PABLO depuis le 1er octobre 2014, À partir de cette date tout bordereau de vente à l'export, non émis dans le cadre du téléservice PABLO (ou sa procédure de secours), sera systématiquement annulé par les services douaniers auxquels il aura été présenté pour visa. La procédure de secours (recours au formulaire papier), utilisée par exemple en cas de panne informatique, ne peut être appliquée que par un commerçant déjà adhérent à PABLO. Tous les commerçants souhaitant pouvoir faire bénéficier leur clientèle du dispositif de vente en détaxe à l'exportation et n'ayant toujours pas adhéré au dispositif PABLO sont donc invités à le faire sans attendre. Après une période de transition de 10 mois, l'échéance du 1er octobre 2014 est strictement appliquée par les services douaniers. En savoir Pour Acheter des bordereaux de vente "procédure de secours" Contact CCI International Franche-Comté : Pina PEGEOT - 03 81 25 25 82 Pour adhérer à PABLO : https ://pro.douane.gouv.fr/prodouane.asp

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EUROPE Rubrique réalisée en collaboration avec la CCIR Franche-Comté service Europe Entreprise Europe Network

REACH

Le 14 août 2014, 9 nouvelles substances ont intégré l’annexe XIV de REACH. Cette annexe contient les substances qui seront soumises à autorisation après une période transitoire. 31 substances sont aujourd’hui listées dans cette annexe. Les entreprises qui utilisent ces substances doivent se préoccuper de communiquer avec leurs fournisseurs pour savoir s’ils envisagent de solliciter une autorisation (procédure longue et coûteuse) ou s’il existe des substitutions possibles qui soient compatibles avec les process industriels ou les cahiers des charges clients.

surface de plus de 400 m2 dédiée à la vente d’équipements électriques et électroniques. Une place prépondérante sera accordée au réemploi et à la réutilisation. Le décret renforce par ailleurs les obligations auxquelles doivent répondre les producteurs d’équipements professionnels ayant fait le choix d’un système individuel de collecte. Il prévoit encore la suppression programmée de la possibilité pour un producteur d’équipement professionnel de transférer sa responsabilité vers l’utilisateur. Enfin Il définit des exigences minimales applicables aux transferts transfrontaliers d’équipements électriques et électroniques usagés.

En savoir

Échéance

9 nouvelles substances soumises à autorisation

Consulter la liste des substances : http://eur-lex.europa.eu/legal-content/ FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32014R0895 &from=EN

Classification et étiquetage des mélanges : se préparer pour 2015

Du nouveau pour les Déchets électriques et électroniques (DEEE)

Au 1er juin 2015, les mélanges devront être classés, étiquetés et emballés conformément au règlement européen classification, étiquetage et emballage n° 1272/2008, dit CLP (« Classification, Labelling and Packaging »).

Le consommateur pourra désormais se défaire gratuitement et sans obligation d’achat de ses petits équipements dans les magasins disposant d’une

Les mélanges mis sur le marché communautaire avant le 1er juin 2015 bénéficieront d’une dérogation de deux

Décret



ans pour permettre l’écoulement des stocks : l’ancien et le nouveau système de classification et d’étiquetage cohabiteront jusqu’en mai 2017. Afin d’aider les entreprises a se préparer à ces changements la CCI de région Franche-Comté organisera une réunion gratuite sur ce sujet début novembre. Y seront notamment abordés les obligations des différents acteurs, les exigences en matière de FDS, les règles d’étiquetage des contenants et colis et les actions à engager dans les entreprises. Pour en savoir plus et s’inscrire

En savoir   CCIR service Europe : europe@franche-comte.cci.fr Tél. 03 81 47 42 13 Jean-Michel CHAUVIN

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vu lu EXPOS

LIVRE

Les montres de la Grande Guerre s'exposent à la CCI

Juste une vie…

Pour commémorer le centenaire de la guerre 1914-1918, la CCI du Doubs accueille sur son site de Besançon une exposition horlogère originale retraçant le passage de la montre de gousset à la montre-bracelet. À l’origine du concept, deux passionnés : Charles Cupillard et Jean-Claude Vuez, Jusqu’au 15 décembre, montres d’époque et affiches publicitaires seront visibles par le public CCI du Doubs, avenue Villarceau Besançon Du lundi au vendredi 8h30 -12h15. 13h30 -17h

Sarkis Les pôles des aimants Pour son exposition personnelle, l’artiste Sarkis, né en 1938 à Istanbul et vivant à Paris, propose une rencontre entre les personnages illustres du Panthéon marquant l’Histoire de France et les personnes anonymes de Montbéliard, qui ont construit l’histoire locale. Tel un sismographe, Sarkis enregistre des histoires, confronte les archives de la mémoire, personnelle et universelle, qu’il imbrique dans une volonté de re-création. Les signatures des écrivains, scientifiques et autres politiciens, transposées en néons bleus, éclairent par leur intensité une centaine de portraits photographiques de Montbéliardais oubliés. Costumes, chaises, oiseaux, étranges tableaux et autres objets insolites des collections des musées de Montbéliard théâtralisent cette rencontre inédite sur des notes de musique mécanique. Vivant le jour comme la nuit, l’exposition, telle une respiration, insuffle la vie au château et à ses trésors, d’ici et d’ailleurs. Source information Musée du château des ducs de Wurtemberg à Montbéliard Jusqu’au 4 janvier 2015

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La plupart des critiques s’accordent pour classer le dernier roman de James Salter parmi les meilleurs de la rentrée littéraire. Il faut dire que l’action se situe précisément dans le milieu de l’édition, mais à une autre époque. Paul Bowman a vingt ans quand, en 1945, il s’engage dans l’U.S Navy. Dans l’enfer d’Okinawa, une des dernières batailles navales, il survit à un naufrage provoqué par le Yamato cuirassé suicide japonais. La paix revenue il s’installe à New York et entre, par la petite porte, chez un éditeur. Il y fera son chemin jusqu’aux plus hautes responsabilités et nous le suivrons pendant quarante années. Ce sera l’occasion de faire connaissance avec un foisonnement de personnages gravitant dans ce milieu. Les mœurs y sont libérées, entre complices d’un microcosme, de cocktails en contrats « négociés », préfigurant avec quelques décennies d’avance le XXe siècle. Bowman sera le fil conducteur du récit, lui-même n’échappera pas à la succession de mariages, divorces, et à la multiplication des passions érotiques, en évoluant dans une galerie de personnages alliant la futilité de leurs vies à la hauteur de leurs écrits. Dans les dernières pages il semble trouver le temps de la réflexion et, se penchant sur sa vie, se demande ce qu’il en reste. James Salter, avec ses presque quatre-vingt-dix printemps, figure au panthéon des romanciers américains du XXe siècle et du début du XXIe. Son écriture est toujours tonique, comme la vie. Mais : c’est curieux chez les écrivains, ce besoin de créer des personnages à leur image. Bernard Sertout et rien d’autre. James Salter. Éditions de l’Olivier

E XPRESSION AC TIVE → NUMÉRO 59 | OC TOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2014


Expression Active 59  

Le magazine économique de la CCI du Doubs. Le développement durable : un stimulateur de performance.

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