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Collection «La Mémoire des Lieux»

La Mairie

Commune de La Planche conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de loire atlantique


CÔTÉ JARDIN

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La commune de La Planche, au sud du département de Loire Atlantique, fait partie du canton d’Aigrefeuille sur Maine. La commune est récente (1855), attachée auparavant à celle de Vieillevigne. Le hameau de La Planche s’est installé sur ce territoire en plateau, au nord-est d’une rivière nommée l’Ognon. La présence de l’eau a permis le développement de certaines activités liées à l’agriculture ou au textile, tandis que sur le plateau tournaient les ailes des moulins ouverts à tous les vents. Aujourd’hui les moulins sont habités. Des entreprises de confection, de moulage de plâtre, de plasturgie ou de matériaux d'ébénisterie se sont installées en périphérie du bourg. Des cultures maraîchères, florales et fruitières s’étendent dans la campagne et les terrains humides qui bordent les rives de l’Ognon. Les planchots sont de plus en plus nombreux, au nombre de 2109 en 1999, et répartissent leurs activités et leurs loisirs sur le territoire environnant, du Pays du Vignoble Nantais à la Vendée.

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La Redevance du Lièvre

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Il y a fort longtemps, du temps des seigneurs, La Planche n’était qu’un petit village dominé par le clocher et le seigneur de Vieillevigne. Un manant, habitant du hameau de La Pavagère, commit une impudence qui coûta cher au village. Ce paysan, en quête de quelque gibier qui nourrirait sa famille, eut la désobligeance de croiser un lièvre déjà pourchassé par le seigneur Barbin de Vieillevigne. C’est au nez et à la barbe du noble et de son équipage que le gueux ravit l’animal. L’affront ne pouvait rester impuni. Mais au village de La Pavagère nul ne trahit le braconneur. Ce furent alors tous les habitants des 100 arpents de La Pavagère, près de 34 feux, qui reçurent la sanction : «au 13 avril de chaque année remettront au seigneur lésé 729 litres de seigle, 216 litres d’avoine, 189 de froment, 9,78 francs d’argent sonnant et trébuchant, et deux beaux chapons bien dodus pour la Noël». La Révolution passée, le seigneurial impôt subsista et devint une redevance versée au bureau de bienfaisance de Vieillevigne. Lorque naquit la commune de La Planche en 1855, elle hérita de la taxe du lièvre de La Pavagère. C’est seulement en 1946 que des ouvriers de Saint Nazaire, venus se réfugier à La Planche lors des bombardements, soulevèrent «le lièvre» et l’exposèrent dans la presse. D’âpres négociations furent alors nécessaires pour rompre ce lien qui retenait depuis le MoyenÂge les habitants de La Pavagère à ceux de Vieillevigne. Du seigneur de Vieillevigne, il ne reste aujourd’hui à La Planche que l’aiglette qui orne le blason de la commune.

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Les documents graphiques L’observation des plans, cartes et illustrations de différentes époques, nous renseigne sur l’histoire de la commune et son évolution. Avec l’arrivée de la photographie, des cartes postales ont été éditées dès la fin du XIXème siècle. Beaucoup de communes héritent de cette époque d’images montrant les monuments, les demeures, mais aussi les rues avec leurs échoppes et les métiers. C’est sous Napoléon Ier que furent dressés les premiers plans qui reproduisent avec exactitude, à une échelle précise, les parcelles, les constructions, leur numérotation, les voies, les hameaux. Ces documents officiels répertorient toutes les propriétés par commune et sont régulièrement remis à jour. On les nomme plans cadastraux.

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Les Plans Cadastraux

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La comparaison du “cadastre napoléonien” et du cadastre actuel nous révèle les importantes évolutions urbaines du bourg. En 1830, La Planche est un simple hameau situé à proximité de l’Ognon. Une grande place commune s’étend sur la voie principale, à l’ouest du hameau. Les parcelles sont de forme rectangulaire, très allongées en direction de l’Ognon.

1830 10

Le plan actuel nous révèle une extension du bourg vers le nord-est, là où se sont précisément développées d’importantes voies de communication, telle que la Route de Nantes. Après la création de la commune en 1855, le centre du bourg a poursuivi son développement autour de


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Plus récemment, de nouveaux îlots se sont créés, parallèlement à l’Ognon et de part et d’autre de la Route de Nantes. Constitués principalement de maisons d’habitation, ils se distinguent des constructions du centre bourg par leur densité, leur taille et la forme des parcelles et celle des constructions. Les voies sont larges, souvent en impasse.

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l’église édifiée en 1884, mais également de l’autre côté de cette voie principale, avec la construction de la mairie à la même époque. Peu après, la voie ferrée dont il ne reste aujourd’hui que la gare, a probablement favorisé le développement du bourg dans cette direction.

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L'îlot de la mairie En 1976, les services de la mairie se sont déplacés dans l’ancien presbytère, plus spacieux, tandis que la poste prenait place dans le bâtiment d’origine. L’actuelle mairie se situe donc dans un îlot du centre-bourg, face à l’église. La propriété ouvre sa cour sur la place récemment aménagée qui porte son nom. La rive nord-est de l'îlot est constituée d’un alignement de constructions mitoyennes qui forment la Rue de Nantes. Au sud-ouest l’îlot s’étend jusqu’aux implantations les plus anciennes du bourg. Les constructions sont ici resserrées les unes contre les autres, repoussant à l’arrière des jardins en profondeur et des dépendances. Ces jardins, tel que celui de la mairie, ne sont accessibles que par des passages ou des porches, ce qui leur donne un caractère protégé et intime. Au sud-est, au delà des jardins, l’îlot est bordé par les constructions récentes d’un lotissement. Isolées sur des parcelles de forme carrée, en retrait de la voie, ces nouvelles constructions offrent à la vue les jardins d’agrément qui les entourent.

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Lecture de l'îlot La comparaison du cadatre actuel avec le cadastre “napoléonien” met en évidence de nombreuses évolutions. A la vue de ces deux plans, on peut tracer le contour de l’îlot actuel, puis tenter de reporter le même tracé sur le plan de 1830. On remarque alors l’ancienne parcelle de la mairie. Un bâtiment s’y trouvait, à l’emplacement de l’actuelle Place de la

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onniers rue des T

mairie. C’était probablement la chapelle du hameau. Au sud-ouest, on garde la trace des constructions les plus anciennes. La rue de Nantes apparaît sous forme d’un chemin rural. De nouvelles voies sont créés telles que la Rue Félix Hervouet, la Rue des Peupliers et la Rue Jules Verne. rue du Général

De Gaulle

rue Felix Hervouet

rue des Pe

upliers

rue de Nantes

rue du Lavoir rue Jules Verne

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Les façades Par ses formes et ses matériaux, le bâtiment rappelle les maisons rurales (dites de “maître”) de la même époque : disposition en long avec étage et ailes, couverture d’ardoise avec croupes, percements réguliers, encadrements de granite et de tuffeau, corniche. La disposition en terrasse sur le jardin évoque également certaines demeures bourgeoises.

Facades sud-est sur jardin

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Le bâtiment principal, centré sur la cour, présente une façade d’allure symétrique. Quatre travées de percements, dont l’une comprend la porte principale, se répartissent de façon égale. Sur le jardin, une fenêtre transformée déséquilibre la régularité de la façade. Les ailes accueillent des percements plus irréguliers, au nombre de trois, parfois murés.

Facades nord-ouest sur cour

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Les plans jardin terrasse

salle des mariages

bâtiment provisoire secretaire bureau du Maire de mairie

secretariat accueil

ateliers municipaux

rangement cour

salle communale

Rez-de-chaussée 18

Plusieurs corps de bâtiments forment une cour ouverte sur la Place de la mairie tandis qu’un jardin s’étend sur l’arrière. Entre cour et jardin, le bâtiment n'est pas "épais", les pièces peuvent être éclairées des deux côtés. Dans l’autre sens, les murs porteurs découpent les principaux volumes. L’un d’eux a été frangé pour aggrandir la salle de reception. Des cloisons isolent de plus petites pièces : bureau du maire, de la secrétaire


générale, du cadastre. Un bâtiment provisoire a été récemment installé sur la terrasse pour les besoins du secrétariat. L’escalier de granite, étroit, nous mène à l’étage en une seule volée. La plus grande salle de l’étage est affectée au conseil municipal. Dans les ailes, les combles reçoivent les nombreuses archives municipales. Dans le jardin subsistent les traces de l'ancien "jardin de curé"

archives

cadastre

salle du conseil archives

combles

vide sur salle

Premier étage 19


La coupe Les coupes complètent les plans pour nous informer sur les aspects constructifs du bâtiment, l’organisation intérieure de la maison et les relations avec l’extérieur. Elles permettent de faire apparaître la disposition des bâtiments dans la parcelle, les épaisseurs des murs et des planchers, leur composition, les volumes des pièces. Cette coupe met en évidence la différence de niveau entre la cour et le jardin dominé

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par la terrasse. Elle présente les façades et murs périphériques de la parcelle. Le bâtiment possède des murs épais, constitués de moellons enduits de mortier à l’extérieur et de plâtre à l’intérieur. Les hauteurs des pièces sont importantes. La charpente est de bois, de même que les planchers et les portes. Dans le couloir du rez-de-chaussée le sol est recouvert de carreaux de ciment teinté.

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Appui de fenêtre : partie horizontale du mur sur laquelle repose la fenêtre. Bâtiment annexe : construction autre que le bâtiment principal (par exemple une remise, un garage, un abri, une salle attenante...). Cadastre : ensemble des documents faisant figurer le découpage du territoire en propriétés et en cultures, ainsi que le nom des propriétaires des différentes parcelles. Charpente : assemblage de pièces de bois ou de métal destiné à recevoir la couverture. Cloison : paroi qui sert à séparer des pièces. Contrairement au mur de refend, la cloison ne fait pas partie de la structure constructive du bâtiment. Comble : partie haute d’un bâtiment qui comprend le toit et l’espace intérieur qu’il recouvre. Corniche : ensemble des moulures qui, situées en partie haute d’un mur de façade, permettent de porter la toiture en déborda et participent à la décoration. Couverture : ensemble de ce qui couvre un bâtiment. Dense : compact, resserré en parlant des constructions dans un village. Encadrement : l’encadrement d’une ouverture (porte ou fenêtre) comprend tous les éléments qui l’encadrent : le linteau, le jambage et l’appui. Équipement public : bâtiment ou espace appartenant à tous, construit ou aménagé pour satisfaire aux besoins des citoyens. Granite ou granit : roche dure contenant des cristaux de feldspath, de mica et de quartz. Ilot : morceau de ville ou de village délimité par des rues. Jambage : élément vertical situé de part et d’autre d’un percement et qui sert à supporter le linteau.

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Linteau : partie horizontale qui sert à soutenir le mur au-dessus d’un percement. Il peut être de bois, de pierre, de brique, de métal ou de béton.

Lexique

Mitoyen(ne) : qui sépare et appartient à deux propriétés. Des constructions mitoyennes sont accolées. Moellons : pierres grossièrements taillées de petite dimension, qui servaient à construire les murs et étaient généralement enduites. Mortier : mélange à base de sable, d’eau et de liant (chaux, terre ou ciment), utilisé pour lier ou enduire les éléments de construction. Mur de refend : mur intérieur qui porte une partie du bâtiment et est donc indispensable à la stabilité de l'ensemble : on le nomme aussi mur porteur. Mur périphérique : mur du pourtour d’un bâtiment ou d’une propriété. Plan cadastral : partie dessinée du cadastre qui reproduit les plans et numéros des parcelles ainsi que la disposition de toutes les constructions. Plancher : ensemble des éléments qui constituent les sols des différents niveaux d’une construction. Planchot, Planchotte : habitant (te) de la commune de La Planche Plâtre : matériau de construction issu de la cuisson d’une roche, le gypse. Tuffeau : roche calcaire tendre. Il n’y a pas de tuffeau dans le sol de Loire Atlantique. Son utilisation est donc ici une marque de richesse. Urbain : qui appartient à la ville ou au village. Urbanisation : construction ou extension des villes et villages. Urbanisme : sciences et techniques de la construction et de l’aménagement des villes et villages.

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Quelle mairie pour demain?

Ce livret a été réalisé à l’occasion d’une action de sensibilisation menée auprès des enfants de la classe de CM2 de Jean Pierre Delaunoy, de l’école Sainte Catherine et de la classe de CM1 / CM2 de Marie José Michinot, de l’école Saint Antoine Exupéry.

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© 2001 CAUE de Loire Atlantique Tous droits réservés - ISBN 2-9509969-7-3 conception graphique : Elodie Dumoulin et Dany Cartron Imprimerie : La Contemporaine, Nantes


20 Francs Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement 1, rue du Roi Albert 44000 Nantes Tél : 02 40 35 45 10 - Fax : 02 40 35 30 60

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