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Terres de l’Ebre

Catalogne

Terres de l’Ebre

Generalitat de Catalunya Gouvernement catalan Ministère de l’Innovation, des Universités et de l’Enterprise


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Baix Ebre

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Montsià


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Terra Alta

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Ribera d’Ebre


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Les Terres de l’Ebre, une Catalogne peu connue

Terres de l’Ebre est la nouvelle appellation officielle correspondant aux quatre comarques (cantons) arrosées par l’Èbre sur son parcours de près de 130 km dans les contrées méridionales de la Catalogne : le Baix Ebre, le Montsià, la Terra Alta et la Ribera d’Ebre. Sur une étendue relativement réduite (un peu plus de 3 000 km2), ces comarques présentent une grande diversité de paysages : plus de 100 km de côte depuis L’Ametlla de Mar jusqu’à Les Cases d’Alcanar, comprenant le monde enchanté du delta de l’Èbre,que longent le massif montagneux d’Els Ports, dont les sommets avoisinent les 1 500 mètres d’altitude, et les chaînes du Montsià, de Pàndols, de Cavalls et de Cardó. L’Èbre est la colonne vertébrale de ce territoire et un élément marquant de son histoire et de son économie. Lorsqu’il entre en Catalogne, le fleuve a reçu les eaux du Segre et du Cinca à Mequinensa, dans le secteur appelé Aiguabarreig. Après avoir décrit quelques larges méandres – Riba-roja, Flix, Ascó – il poursuit sa course vers le sud en traversant une forte barrière calcaire par la gorge du Pas de l’Ase et il atteint les contrées dégagées de la dépression de Móra. Plus loin, devant les escarpements de

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Miravet, une bourgade dominée par son château, il se resserre à nouveau pour franchir l’étroit couloir de Barrufemes et déboucher au sud de Benifallet. Il peut maintenant s’élargir jusqu’à Xerta, où se trouve un célèbre petit barrage d’origine arabe. Sans plus d’obstacles, et accompagné de deux canaux d’irrigation qui longent son cours, il rejoint Tortosa et Amposta avant de former la grande plaine alluviale du delta et de se jeter dans la Gola de Migjorn, au nord des îles Sant Antoni et Buda. Un peu d’histoire. Hormis le delta, ce territoire est habité depuis les temps les plus reculés, comme en témoignent les importants vestiges archéologiques qui y subsistent. Il fut dominé par les Ilercavons, qui étaient l’une des branches des Ibères les plus dynamiques d’un point de vue culturel et qui surent profiter de cet emplacement privilégié au bord de l’Èbre, voie fluviale essentielle pour la communication entre la côte et l’arrière-pays. Plus tard, les Romains firent de l’ancienne Hibera des Ilercavons une colonie, Dertosa, qui atteint définitivement le rang de chef-lieu de ce secteur. Puis cette colonie devint le centre de la grande taifa musulmane de Tortosa, une période au cours de laquelle elle connut une grande prospérité.


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L’Èbre au pied de la chaîne de Cardó

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La conquête de Tortosa par Ramon Berenguer IV, en 1148, marque l’intégration de la ville dans la Catalogne et le début du repeuplement de la région par les chrétiens. À côté du vaste territoire dominé par la ville et les évêques (le diocèse de Tortosa fut restauré en 1150), les ordres militaires qui étaient intervenus de manière décisive dans la lutte contre les musulmans obtinrent d’importantes seigneuries (Amposta, Miravet, Ulldecona). L’économie de la région, jusque-là florissante grâce au commerce fluvial (blé, laine, etc.), à l’exploitation du sel et à celle du bois provenant des Pyrénées, se mit à décliner à la suite de l’expulsion des juifs, au XVe siècle, et des morisques, au XVIe siècle. Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle, notamment grâce aux canaux d’irrigation et à l’assainissement des marécages du delta, que l’essor de l’agriculture – culture du riz et des arbres fruitiers, horticulture – et de l’élevage permettra à la région de retrouver son dynamisme économique.

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Une découverte qui mérite le détour. Aujourd’hui les Terres de l’Ebre présentent une offre touristique riche et variée, qui couvre aussi bien les mondes fascinants du parc naturel du delta de l’Èbre ou du parc naturel d’Els Ports qu’un patrimoine monumental et culturel digne d’intérêt réparti dans de nombreux endroits : vestiges préhistoriques et romains ; forteresses des Arabes et des Templiers ; richesse et originalité de la cuisine qui fait appel aux produits de la mer comme à ceux de la montagne ; un folklore profondément enraciné et différent de celui que l’on associe généralement à la Catalogne ; sans oublier enfin la tradition vivante des artisans de la céramique, de la poterie ou de la vannerie. Le parcours rapide que nous vous proposons ici est un chemin qui vous permettra d’explorer une région restée en marge des grands circuits touristiques. Une découverte qui mérite le détour.


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Tortosa, le château de la Suda

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Le delta de l’Èbre, halte des oiseaux migrateurs

Le delta de l’Èbre – 320 km2 de superficie et 25 km de pénétration dans la mer – est l’un des habitats aquatiques les plus importants de la Méditerranée occidentale. Afin de préserver sa grande valeur écologique, le delta, proche de terres agricoles faisant l’objet d’une exploitation intense, fut déclaré « parc naturel du delta de l’Èbre » en 1983. Ce parc, agrandi à deux reprises, en 1986 et en 1996, s’étend sur une superficie de 7 802 ha et sur les comarques du Baix Ebre (gauche du delta) et du Montsià (droite du delta), séparées par le fleuve. De cette superficie, 3 368 ha appartiennent à l’une ou l’autre des sept réserves spécifiquement protégées. Le delta s’est formé à une époque géologique relativement récente, plus précisément après la dernière glaciation, il y a environ 11 000 ans. Son évolution, qui résulte de la dynamique entre les alluvions charriées par le fleuve et la force d’érosion de la mer associée à la montée de son niveau, a été particulièrement rapide au cours des derniers siècles. La grande plaine est ponctuée d’un grand nombre d’étangs et de lagunes – Les Olles, Canal Vell, El

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Garxal, Els Calaixos, L’Alfacada, La Platjola, La Tancada et L’Encanyissada –, et le fleuve contourne quelques îles, celles de Buda et Sant Antoni à l’embouchure, ou celles de Gràcia et Sapinya, en amont. Le littoral est formé de longues plages de sable où s’élèvent des dunes couronnées d’oyat et de deux grandes barrières de sable aux extrémités, qui ferment la baie d’Els Alfacs – la Barra del Trabucador et la Punta de la Banya – et celle d’El Fangar. Le climat est caractérisé par une faible amplitude thermique et une forte humidité ainsi que par de fortes rafales de vent. Flore et faune, pour les amoureux de la nature. La singularité du paysage provient de l’horizontalité absolue du terrain et de l’originalité de sa flore. Près de la mer, les salins alternent avec les roselières et avec les jonchaies au bord des étangs ; sur les rives du fleuve pousse la végétation habituelle des berges ; enfin, sur les terres irriguées on trouve de grandes rizières, à l’aspect changeant selon les saisons, et des cultures maraîchères (salades, artichauts, primeurs).


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Le delta de l’Èbre

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La faune du delta est particulièrement riche et variée. Ce qui lui confère, toutefois, un intérêt écologique internationalement reconnu est l’avifaune, un ensemble d’oiseaux aquatiques et marins, avec d’importantes colonies de nichées et l’arrivée d’oiseaux migrateurs à l’automne pour un séjour hivernal. Le nombre de ces oiseaux oscille entre 50 000 et 100 000 individus, répartis en quelque 330 espèces (60 % des espèces d’Europe). On mentionnera, parmi les plus intéressants, le canard siffleur, le colvert, le tadorne et le canard chipeau, la sarcelle, le miloin, le busard des roseaux, le martinet, le héron cendré, le grèbe huppé, le héron pourpré, la foulque et la mouette. Pour les amateurs de l’observation des oiseaux, le delta est l’un des endroits les plus intéressants de la Méditerranée occidentale, en particulier pendant les périodes de migration.

Le point d’observation de L’Encanyissada Semailles du riz

L’empreinte de l’homme. La population du delta ne s’est stabilisée que récemment, lorsque la construction des canaux d’irrigation, en 1860 et 1912, et l’éradication du paludisme ont rendu possible la création de bourgades telles que La Cava et Jesús i Maria (fusionnées sous le nom de Deltebre), Sant Jaume d’Enveja, Balada, Els Muntells ou El Poblenou del Delta, ainsi que, plus récemment encore, la construction des lotissements Riumar et Els Eucaliptus. Sur la périphérie se trouvent, outre Amposta, Sant Carles de la Ràpita, une ville fondée au XVIIIe siècle qui possède un important port de pêche et decommerce, L’Aldea, où on voit une magnifique chapelle érémitique et une tour de défense, Camarles et le port de pêche de L’Ampolla. Un monde fascinant. Flâner et se perdre dans le paysage insolite, quelque peu irréel, du delta de l’Èbre est une expérience inoubliable : placides promenades à pied, à cheval ou à vélo, favorisées par l’horizontalité quasi absolue du terrain. On n’oubliera pas cependant de respecter les sévères normes de protection qui sont celles de tout parc naturel. Un bac permet de traverser le fleuve entre Sant Jaume d’Enveja et Deltebre. Des embarcations proposent une traversée qui part en aval de Deltebre pour atteindre le lieu-dit El Garxal, à l’embouchure, où se trouvent les îles Buda et Sant

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< Flamants

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Antoni, une réserve de singulière beauté. On pourra aussi louer un bateau de pêche avec lequel on partira à la découverte des recoins les plus secrets des lagunes. Parmi les nombreux endroits dignes d’être vus, citons encore les salines de La Trinitat, où l’on arrive par l’isthme d’El Trabucador qui ferme le port naturel d’Els Alfacs devant Sant Carles de la Ràpita, et le port d’El Fangar, sur le côté nord, proche de l’étang de Les Olles et du village de pêcheurs de L’Ampolla. Amposta, chef-lieu du Montsià et l’une des entrées du delta, est la ville la plus dynamique du secteur. Elle se trouve dans un emplacement privilégié, sur la rive droite du fleuve, que franchit un pont suspendu construit en 1919, intéressant ouvrage d’art de l’époque. La ville avait déjà son importance au Moyen Âge, lorsqu’elle était le centre du prieuré ou châtellenie des Hospitaliers, au cœur des propriétés que posséda cet ordre sur les terres de la couronne catalano-aragonaise jusqu’en 1280. Il reste peu de vestiges du château, qui pourtant joua un rôle éminent dans la défense de Tortosa durant la guerre contre Jean II, lorsque la ville résista huit mois durant avant de capituler devant le futur Ferdinand Ier (1466). Le musée du Montsià dispose d’un fonds archéologique intéressant et d’une section sur le delta (matériel d’ethnographie et de sciences naturelles). Les deux fanfares de la ville sont célèbres : la Lira Ampostina et la Unió Filharmònica. À 4 km en amont d’Amposta se trouve la Torre de la Carrova, une tour de défense médiévale caractéristique (XIVe siècle) qui présente des fenêtres et des voûtes gothiques. En face, de l’autre côté du fleuve, se dresse la Torre de Camp-redó, une tour similaire qui remonte à la même époque. Celle-ci appartient à la ville de Tortosa, et les deux tours se partageaient le contrôle de l’ancien estuaire. Le Centre d’Informació del Parc Natural del Delta de l’Èbre, qui se trouve à Deltebre, oriente le visiteur sur les endroits les plus intéressants à voir selon la saison et le temps dont on dispose. De ce centre dépendent plusieurs établissements spécialisés : l’Ecomuseu, un écomusée installé dans un mas contigu, s’attache à reproduire les différents

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milieux du delta, naturels ou influencés par l’homme, et il dispose d’un aquaterrarium ; le Centre d’Educació Ambiental, un centre d’éducation à l’environnement aménagé dans le même mas, coordonne les activités didactiques (séjours verts, camps de jeunes, etc.) et offre un service de guides professionnels ; le Centre de Documentació est un lieu d’information ouvert au public, l’Estació Biològica del Canal Vell est une ancienne laiterie reconvertie en centre de récupération et de réintroduction d’espèces protégées. On réservera une mention spéciale pour le refuge-musée dit la Casa de Fusta:: situé près de la lagune de L’Encanyissada, il abrite un centre d’information sur le parc et présente une exposition permanente sur l’écosystème des lagunes du delta ainsi qu’une collection des espèces les plus représentatives de son avifaune. Certains lieux d’hébergement rural ont conservé les caractéristiques des barraques, l’habitation traditionnelle du delta. Si l’on y ajoute la singulière cuisine traditionnelle préparée et servie avec soin dans de nombreux restaurants de la région, on aura l’occasion de porter un regard original sur le monde particulier du delta.


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Amposta, le pont suspendu Une barraca, lâ&#x20AC;&#x2122;habitation traditionnelle du delta

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Barque manœuvrée à la gaffe

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Salines

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Adresses utiles Centre d’Informació del Parc Natural del Delta de l’Ebre, Ecomuseu i Centre d’Educació Ambiental Doctor Martí Buera, 22. 43580 Deltebre Tél. (+34) 977 489 679 infoecomuseu@wanadoo.es www.parcsdecatalunya.net Estació Biològica del Canal Vell Tél. (+34) 977 267 082 Casa de Fusta 43870 El Poblenou del Delta Partida de la Cuixota. 43870 Amposta Tél. (+34) 977 261 022 Museu del Montsià Gran Capità, 34. 43870 Amposta Tél. (+34) 977 702 954 info@museumontsia.org www.museumontsia.org Offices de tourisme d’Amposta, l’Ampolla, Camarles, Deltebre, Sant Carles de la Ràpita, Sant Jaume d’Enveja (voir pp. 76 et 77)

Une promenade dans le Delta [RANDONNÉE À VÉLO DE ROUTE OU À VTT, OBSERVATION D’ANIMAUX ET DE PLANTES]

Itinéraire : une agréable promenade sur les plages, les lagunes et les marais salants du Delta (38 km – balisé – 2 h 15’). Difficulté : itinéraire plat ne présentant aucune difficulté, pour tous les âges. Comment s’y rendre : par la route jusqu’à Sant Jaume d’Enveja depuis Amposta. Pour en savoir plus : www.gencat.cat/probert

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Baignés par la Méditerranée

De chaque côté du delta et de sa longue étendue de plages sablonneuses, vierges et solitaires, rendues tout à fait singulières par la présence des dunes, se trouvent deux portions de côte qui ressemblent davantage aux autres plages de la côte catalane. On y trouve toutes sortes d’installations sportives et de plaisance et des équipements hôteliers capables d’accueillir un tourisme plus résidentiel. Les stations balnéaires les plus importantes du Baix Ebre sont L’Ampolla et L’Ametlla de Mar et celles du Montsià, Sant Carles de la Ràpita et Les Cases d’Alcanar. L’Ampolla est un port de pêche typique – auquel s’est ajouté un port de plaisance et un vivant club nautique – situé au fond du golfe Sant Jordi, à l’entrée du port naturel El Fangar, là où la côte rencontre le delta (c’est pourquoi on a pu l’appeler la Porta del Delta). L’endroit possède des plages de sable, telles que L’Arenal ou Les Avellanes, mais aussi, du côté de Cap Roig, des plages escarpées dessinant de petites criques. Lieu traditionnel de villégiature de la région (naguère, on prenait le train à Tortosa pour venir se baigner ici), jouissant d’une cuisine de prestige et de grandes fêtes typiques (courses de tau-

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reaux sur la plage, correfocs, procession de barques en l’honneur de Notre-Dame du Carme, etc.) la ville a assisté, ces dernières années, à un essor considérable de sa capacité d’accueil. La portion de côte qui va du Cap Roig jusqu’à la Punta de l’Àliga appartient à El Perelló : on y voit des plages de gros sable alternant avec des côtes rocheuses et d’agréables criques, telles les criques Morro de Gos ou Santa Llúcia. Ce paysage se prolonge jusqu’à L’Ametlla de Mar, où se trouvent les criques de L’Estany Podrit et Santes Creus, ainsi que le port de L’Estany, qui abritait les barques des pêcheurs avant la construction du port de L’Ametlla. L’Ametlla de Mar est un village de bord de mer tout à fait particulier, que ses habitants ont baptisé la Cala (la calanque), en raison du port naturel, jadis refuge de marins et de pêcheurs, qui en est à l’origine. Le port de pêche se trouve tout près d’un beau front de mer qui longe la côte. L’arrivée des bateaux qui ramènent le poisson en fin d’après-midi pour le vendre à la criée dans le nouvel édifice de la Confraria de Pescadors qui remplace l’ancienne petite halle à arcades située devant le quai, est une


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L’Ametlla de Mar

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fête quotidienne. La cuisine des produits de la mer jouit d’une réputation bien méritée, que l’essor touristique de ces dernières années n’a fait que renforcer. Une partie du port est réservée à la plaisance et abrite un club nautique. Vers le nord se succèdent des criques (Tres Cales, Cala Forn), puis la plage Sant Jordi, où l’on trouve un bassin de plaisance et un château autrefois tombé en ruine mais aujourd’hui restauré, le château Sant Jordi d’Alfama. Construit par l’ordre militaire du même nom fondé en Catalogne au début du XIIIe siècle, ce château dépendit par la suite de l’ordre de Montesa, avant d’être détruit, en 1650, au cours de la guerre de sécession connue sous le nom de

Les Cases d’Alcanar

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« Guerre des moissonneurs ». On construisit ensuite, un peu plus en retrait, une nouvelle fortification à la Vauban (XVIIe et XVIIIe siècles). Plus haut, déjà près du Baix Camp, se trouve la Punta de Calafat, qui a donné son nom à un grand lotissement, avec un port de plaisance de plus de 400 points d’amarrage et un vaste circuit automobile qui sert actuellement de banc d’essai aux entreprises du secteur. Sant Carles de la Ràpita se trouve au sud du parc naturel du delta de l’Èbre et au fond de la grande baie du port d’Els Alfacs, là où la terre ferme rejoint le territoire du delta. C’est une petite ville caractérisée par la curieuse présence de deux édifices de style néoclassique inachevés : la Glorieta et l’Església


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Nova. L’explication de ces travaux inachevés est simple : la ville fut fondée en 1780 par Charles III, qui avait l’intention de transformer le port naturel d’Els Alfacs en un grand port de commerce méditerranéen, mais le projet fut abandonné quelques années plus tard, à la mort du roi. Sant Carles est aujourd’hui un important port de pêche – les crevettes de la région sont célèbres dans toute la Catalogne – mais aussi un port de commerce, un port de plaisance et une station touristique vivante. Non loin sur la côte, près d’Alcanar, on trouve une zone de campings et des installations de plaisance. On rejoint ensuite Les Cases d’Alcanar, un ancien village de pêcheurs qui a en partie conservé son

aspect traditionnel et qui est devenu une référence dans la gastronomie des Terres de l’Ebre ; il y a aussi un port de pêche et un port de plaisance. Un cadre magnifique pour les sports nautiques. Cette dernière portion de la côte catalane est une destination idéale pour les amoureux de la mer, grâce au delta tout proche et aux modernes ports de plaisance de Calafat, Sant Jordi d’Alfama, L’Ametlla de Mar, L’Ampolla, Sant Carles de la Ràpita et Les Cases d’Alcanar. La pêche sous-marine, la voile légère, la planche à voile, les promenades en kayak dans les ports d’Els Alfacs ou d’El Fangar ne requièrent ici qu’une juste dose de passion pour la mer.

Le port de pêche de Sant Carles de la Ràpita

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L’embouchure de la Sénia, limite sud de la Catalogne

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Adresses utiles Offices de tourisme de l’Ampolla, l’Ametlla de Mar, Sant Carles de la Ràpita, les Cases d’Alcanar, la Sénia(voir pp. 76 et 77) Ports de plaisance Port Calafat Tel. 977 486 184 info@portcalafat.com L’Ametlla de Mar Tel. 977 456 477 turisme@ametllademar.org www.cnametllamar.com L’Ampolla Tel. 977 593 011 turisme@ampolla.com www.nauticampolla.com Sant Carles de la Ràpita Tel. 977 746 624 turisme@larapita.com Les Cases d’Alcanar Tel. 977 737 639 tur.alcanar@altanet.org Sant Jordi d’Alfama Tel. 932 021 040 portmarinatsantjordi@portcalafat.com

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Tortosa, porte de l’Ibérie

Tortosa, ibère, romaine, arabe et Renaissance fut le siège d’un puissant diocèse. Située sur un promontoire qui se dresse sur la rive gauche du cours final de l’Èbre, juste avant l’entrée dans le delta, c’est, à tous points de vue, la capitale des Terres de l’Ebre. Dominant l’embouchure de l’Èbre et, en sens contraire, la ligne de pénétration fluviale la plus importante vers l’intérieur de la Péninsule, cette situation stratégique a fait de Tortosa, dès l’époque romaine, le centre politique, économique et culturel d’un vaste territoire. Au sommet du promontoire se dresse la Suda, qui confère à la ville sa silhouette caractéristique. Entourée d’anciens remparts, elle domine tout le vieux quartier, classé « ensemble historique et artistique », constituant un beau belvédère sur la ville, les montagnes environnantes et le bassin de l’Èbre. L’emplacement est celui de l’ancienne acropole romaine, qui devint très puissante à l’époque arabe – Abderrhaman III la fit fortifier – et au Moyen Âge où, sous le nom de Castell de Sant Joan, elle fut résidence royale. Elle a conservé, outre ses remparts, qui épousent le promontoire, son donjon, sa place d’armes et d’autres éléments médiévaux. Restaurée à l’époque moderne dans une ligne néogothique, elle est aujourd’hui aménagée en hôtel de luxe (parador). La cathédrale, au pied de la Suda, est l’un des grands ouvrages du gothique catalan. On la cons-

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truisit à partir de 1347, sur un projet de Mestre Bernat d’Alguaire, à l’emplacement d’un édifice roman. L’intérieur est formé de trois nefs, d’un double déambulatoire et de chapelles entre les contreforts des nefs. Il renferme de remarquables œuvres d’art : entre autres, le retable du maître-autel, un grand triptyque (1351) présentant des sculptures à l’intérieur et des peintures d’influence italienne à l’extérieur ; le retable de la Transfiguration (XVe siècle), de l’atelier de Jaume Huguet ; les fonts baptismaux décorés des armoiries du pape Benoît XIII ; les chaires, une tapisserie représentant la sainte Cène et une grille de fer Renaissance (1593) ; le chœur en bois sculpté (1588-1593). La chapelle baroque de La Mare de Déu de la Cinta (1672-1725), la sainte patronne de la ville, est décorée d’intéressantes peintures. La façade, baroque, inachevée, fut projetée en 1625 et construite pour l’essentiel au XVIIIe siècle. Le cloître illustre à la perfection l’élégante simplicité du gothique catalan. À côté de la cathédrale se trouve le Palau Episcopal (XIVe siècle), un magnifique ensemble gothique qui possède une cour caractéristique dotée d’un escalier saillant et une galerie d’arcades à l’étage ainsi qu’une chapelle à la belle décoration. Autres édifices remarquables : l’église gothique de l’ancien couvent Santa Clara et son beau cloître, dans la partie haute de la ville, le Palau Oliver de Boteller, le Palau Despuig et le Palau Oriol, édifices du


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Tortosa

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Le cloître de l’ancien collège Sant Jaume i Sant Maties

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gothique tardif, la Llotja de Mar (criée) ou Porxo del Blat (halle au blé, 1369-1373), un édifice gothique qui abritait la bourse du commerce maritime et qui se trouve aujourd’hui dans le parc Teodor González, et le Portal del Romeu, lui aussi gothique. La ville possède encore un bel ensemble de style Renaissance qui abritait les Reials Col·legis, les collèges royaux comprenant le collège Sant Jaume i Sant Maties, destiné à former les « nouveaux chrétiens » (musulmans convertis) et fondé en 1544 par Charles-Quint, et le collège Sant Jordi i Sant Domingo, un couvent et établissement dominicain, de fondation antérieure. Le premier possède une belle et originale cour d’influence italienne, avec trois niveaux d’arcades : entre la première et la seconde galeries court une remarquable frise où se succèdent les sculptures en relief des couples royaux de la couronne catalano-aragonaise. Les deux façades sont d’influence aragonaise. Le collège Sant Jaume abrite actuellement l’Arxiu Històric Comarcal de les Terres de l’Ebre, les archives de la région. L’église Sant Domingo, qui fait elle aussi partie des collèges, est destinée à accueillir le musée communal ou Museu Municipal de Tortosa. Les édifices modernistes y sont nombreux, les plus représentatifs étant l’Escorxador (1908), un abattoir construit par Pau Monguió et décoré de céramique, le marché ou Mercat Municipal (1885), de Joan Abril, et deux belles demeures, la Casa Pallarés (1907) et la Casa Grego (1908). Parmi les ouvrages plus récents dignes d’intérêt figurent le Parc Municipal, les Jardins del Príncep, ornés de sculptures de Santiago de Santiago, ou encore le Pont del Mil·lenari, qui enjambe l’Èbre.

autonome de Valence. Le commerce y est très dynamique, avec son traditionnel marché du lundi et ses diverses foires. Tortosa est une ville agréable où l’on trouve de nombreux établissements et de nombreux endroits où passer de bons moments, ainsi qu’un large éventail d’activités ludiques et culturelles qui se succèdent tout au long de l’année. Ses restaurants proposent toute la richesse des produits de la région et les mets les plus typiques, souvent servis en dehors des repas sous forme de cassecroûtes ou de tapas.

Fête de la Renaissance

Une vie agréable. L’actuelle Tortosa a su conserver ce magnifique patrimoine historique et culturel sans cesser de s’agrandir et de s’adapter aux caractéristiques et aux nécessités des temps modernes. À ses activités agricoles, commerciales ou industrielles, s’ajoute aujourd’hui toute une gamme de services dont la portée dépasse la comarca et les Terres de l’Ebre, attirant les habitants de la Franja de Ponent, la région de l’ouest sous administration aragonaise, et ceux du nord du País Valencià, la région

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Détail de la façade de la cathédrale

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Le Pont del Mil路lenari

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Le reliquaire de la Mare de Déu de la Cinta

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Le massif d’Els Ports, une montagne de contrastes

Le massif d’Els Ports, qui fait transition entre le système méditerranéen catalan et le système ibérique, se dresse à l’extrémité sud-est des Terres de l’Ebre, sur un territoire qui fut la frontière entre les anciens royaumes d’Aragon, de Valence et de Catalogne (le Tossal del Rei, d’une altitude de 1 356 m, supporte les trois confins). Réserve nationale de chasse d’Els Ports de Tortosa-Beseit depuis 1966, le massif a été classé par décret en 2001 « parc naturel d’Els Ports et réserve naturelle partielle des hêtraies d’Els Ports ». Le massif constitue une unité de relief calcaire d’une extraordinaire complexité, avec son relief abrupt interrompu par des failles et de puissantes nappes de charriage. Atteignant des hauteurs supérieures à 1 000 mètres (le Mont Caro, point culminant, atteint 1 447 m), il est riche en escarpements rocheux et en gorges spectaculaires creusées par les rivières (telles le Matarranya ou l’Ulldemó). Ses grottes et ses gouffres sont très prisés des spéléologues. Flore et faune. La flore y est riche et variée, comprenant une végétation à caractère résiduel, avec des spécimens euro-sibériens et boréo-alpins, et

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des espèces typiquement méditerranéennes. Dans ce paradis géo-botanique vivent plus de mille espèces. Parmi les plus intéressantes figurent un ensemble de hêtraies d’une grande beauté qui font partie des plus méridionales en Europe. Elles se nichent sur des ubacs méridionaux du massif. Quant à la faune, elle se compose de quelques espèces endémiques, espèces cavernicoles très rares, d’une avifaune riche et variée – rapaces tels que le vautour, l’aigle royal ou l’aigle botté – et de mammifères très intéressants, tels la chèvre sauvage (Capra hispanica), dont la colonie est l’une des plus importantes de celles qui subsistent dans la Péninsule, la loutre et le chat sauvage. Chemins dans la nature. La montagne est tapissée d’un réseau de sentiers de petite et de grande randonnée, références pour des randonnées à pied dans les contrées du massif pour lesquelles il existe un grand nombre de cartes et de guides. Il y a aussi des itinéraires balisés pour VTT. Les nombreuses voies d’escalade attirent les amateurs, notamment les Roques de Benet, rochers emblématiques sur


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Parc naturel d’Els Ports, le Toll del Vidre

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lesquels sont ouvertes une vingtaine de voies. La spéléologie est une autre des activités sportives abondamment pratiquées à cet endroit.

Certaines des bourgades des contreforts d’Els Ports ont conservé leur ancien cachet. Au nord, dans la Terra Alta, se trouvent deux des bourgades les plus intéressantes. Tout d’abord, Arnes, limitrophe de la comarca aragonaise d’El Matarranya (Vallde-roures, Beseit, Calaceit), avec laquelle elle partage la présence de très beaux édifices Renaissance, en l’occurrence la Casa de la Vila (l’Hôtel de Ville, datant de 1584). L’église paroissiale mérite d’être vue, ainsi que certaines anciennes maisons seigneuriales. De là, on peut se rendre au défilé d’Arnes, l’un des endroits les plus spectaculaires du parc, ou au Toll del Vidre. En second lieu, vers le nord-est, Horta de Sant Joan, qui possède des endroits remarquables et un bel Hôtel de Ville, la Casa de la Vila, elle aussi Renaissance. Son église paroissiale est gothique (XIVe et XVIe siècles). Dans les environs subsiste l’ancien couvent franciscain de La Mare de Déu dels Àngels ou de Sant Salvador d’Horta, qui occupe un très beau site. Horta a été rendu célèbre par Picasso, qui vint y faire deux séjours chez son ami Manuel Pallarès (1898-1899 et 1909). Le second de ces séjours marque les débuts du langage cubiste de l’artiste, représenté par des toiles aussi caractéristiques que L’Usine à Horta ou Le Réservoir, Horta, et des paysages dominés par la montagne Santa Bàrbara. Il est conseillé de visiter le Centre Picasso, l’écomusée d’Els Ports, ainsi que le Mas de la Franqueta, point de départ de divers itinéraires.

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Parc naturel d’Els Ports, hêtraie

Autour d’Els Ports. Le parc naturel d’Els Ports possède trois entrées principales : une porte nord à Horta de Sant Joan (Terra Alta), où se trouve l’écomusée d’Els Ports, centre d’information et d’orientation du parc ; une porte centrale à Roquetes (Baix Ebre), où siège l’administration du parc naturel d’Els Ports, qui donne accès directement au Mont Caro ; enfin, une porte sud à Mas de Barberans-La Sénia (Montsià), d’où l’on pénètre dans les hêtraies d’Els Ports.


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Arnes, l’Hôtel de Ville

Les Roques de Benet

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Dans le Baix Ebre vient tout d’abord Paüls, un village qui a le charme des villages de montagne, juché sur une butte non loin de la chapelle érémitique de Sant Roc et dominé par le haut sommet de l’Espina (1 181 m). Plus au sud, Alfara de Carles se trouve à l’intérieur du périmètre du parc, tout près des vestiges du château médiéval de Carles. Un paysage idéal pour les bons marcheurs. Le parc naturel d’Els Ports et ses alentours sont un environnement rêvé pour les amateurs de randonnées, tout au long de l’année. Le plaisir que procure la beauté des panoramas par un jour clair et ensoleillé d’hiver est tout à fait comparable au plaisir de se rafraîchir dans les ruisseaux de montagne par les chaudes journées d’été. Le printemps et l’automne apportent au paysage une gamme de couleurs infinie. On comprend ainsi que l’endroit soit prisé des artistes.

Arnes

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Horta de Sant Joan, le sanctuaire de Sant Salvador

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Le parc naturel d’Els Ports

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Adresses utiles Centre d’informació i Ecomuseu Oficines del Parc Natural dels Ports Ctra. dels Reguers, km 1. 43520 Roquetes Tél. (+34) 977 504 012 pndelsports.dma@gencat.net www.parcsdecatalunya.net Ecomuseu dels Ports d’Horta de Sant Joan Picasso, 18. 43596 Horta de Sant Joan Tél. (+34) 977 435 686 ecomuseu@elsports.org www.elsports.org Centre Picasso d'Horta Antic Hospital. 43596 Horta de Sant Joan Tél. (+34) 977 435 330 mail@centrepicasso.org www.centrepicasso.cat Offices de tourisme d’Horta de Sant Joan et de Tortosa (voir pp. 76 et 77)

La traversée d’Els Ports [VTT]

Itinéraire : extraordinaire mais difficile randonnée à travers le massif d’Els Ports ; moins ardue si on la fait en deux jours (70,4 km – 2 150 m de dénivelée accumulée en montée – partiellement balisée – 8 h [aller et retour]). Difficulté : itinéraire difficile, être en bonne forme physique et avoir le sens de l’orientation. Comment s’y rendre : rejoindre Fredes (Baix Maestrat) depuis Ulldecona par la route TV-3319. Pour en savoir plus : ww.gencat.cat/probert

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En amont du fleuve, dans l’arrière-pays

Nous proposons un itinéraire qui remonte l’Èbre, depuis le barrage de Xerta jusqu’à la limite avec l’Aragon. L’Èbre, voie navigable, permettait jadis deux modes de transport importants : la descente des trains de bois flottant et le transport de marchandises dans les deux sens au moyen de petites embarcations à rames ou à voiles, petits chalands ou canots, poussées par le courant vers l’aval ou tirées vers l’amont par une traction humaine ou animale depuis le chemin de halage. La construction de nouvelles lignes de chemin de fer et de nouvelles routes entraîna une perte d’intérêt pour le transport fluvial et l’abandon de divers projets de navigation sur le fleuve. Mais, sur des tronçons déterminés, ce transport resta en vigueur jusqu’au milieu du XXe siècle : transport du charbon des mines de Mequinensa et de Faió jusqu’à Flix, transport d’huile jusqu’à Tortosa, par exemple. Les besoins en énergie hydroélectrique sont à l’origine de la construction, tout au long du XXe siècle, de barrages destinés à la production d’électricité (dans ce secteur, Riba-roja et Flix). Tout cela marque la fin de l’utilisation de l’Èbre comme voie de communication. Aujourd’hui, hormis les bacs qui en font la traversée, la seule navigation sur le fleuve est de plaisance.

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Entre les communes de Xerta et de Tivenys se trouve le célèbre barrage de Xerta, construit par les Arabes puis restauré après la conquête de Tortosa (au milieu du XIIe siècle) et achevé en 1411, sous la direction de Mussà Alamí (Xerta était une cité maure). Le barrage franchit une chute du fleuve ; long de 310 m, il s’étend en diagonale et permet de recueillir les eaux qui alimentent le canal de la rive droite (construit au milieu du XIXe siècle) et celui de la rive gauche de l’Èbre et qui, passant par divers tunnels, vont irriguer les basses terres du delta. Avant d’atteindre Benifallet, on peut voir sur la rive gauche du fleuve les imposants reliefs montagneux de la Serra de Cardó, qui abritaient l’ancien couvent de Carmélites du même nom et sept ermitages (la plupart remontant au XVIIe siècle). En 1866, le couvent fut aménagé en établissement thermal qui recueillit les eaux médicinales pendant un siècle. Audelà de l’étroit défilé de Barrufemes, on arrive à la limite entre le Baix Ebre et la Ribera d’Ebre. En amont du spectaculaire château de Miravet, qui domine la vieille ville et le fleuve (voir ci-dessous la rubrique « Templiers et Hospitaliers sur les Terres de l’Ebre »), se trouvent les bourgades riveraines de Ginestar et Benissanet ; cette dernière partage avec Miravet la fabrication traditionnelle de cruches de terre cuite.


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Le barrage de Xerta

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Miravet vu du château

Móra d’Ebre, le chef-lieu de la Ribera d’Ebre, se trouve sur la rive droite et s’étend sur les versants d’une petite hauteur sur laquelle se dressent les vestiges d’un château médiéval. Un monument y a été construit, en l’honneur du sculpteur Julio Antonio, originaire de cette ville. Un pont sur le fleuve permet de rejoindre Móra la Nova, ancien nœud ferroviaire, bourg construit au début du XXe siècle et reconstruit après la Guerre civile. En poursuivant vers l’amont, on rencontre encore Garcia, une petite bourgade, et l’abrupt défilé du Pas de l’Ase, dominé par les flancs de la Serra del Tormo, où se dresse la chapelle érémitique de Santa Magdalena. Ascó se trouve sur la rive droite, entre Móra d’Ebre et Flix, au pied d’une butte couronnée par les vestiges du château d’Ascó. Cet ancien centre d’une commanderie de Templiers a conservé les restes des anciens remparts et quelques maisons seigneuriales. La centrale nucléaire d’Ascó (1983 et 1985),

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en amont du fleuve, près d’un barrage qui régule le niveau de l’eau, a changé l’allure (immense tour de réfrigération) et l’économie de la ville. Flix (Ribera d’Ebre) est situé au lieu d’étranglement d’un méandre prononcé. Son origine réside, là aussi, dans un château médiéval qui faisait partie du domaine de Barcelone (XIVe siècle). L’industrie chimique, implantée dans la ville à la fin du XIXe siècle avec l’aide de capitaux allemands, a été décisive pour l’économie et l’aspect de Flix. Au milieu du XXe siècle est venue s’ajouter une production hydroélectrique (exploitée par la compagnie FECSA), rendue possible grâce à un barrage qui traverse le fleuve. Autour de Flix se trouve la remarquable réserve naturelle des Riberes de l’Ebre, une réserve de faune sauvage depuis 1995, qui couvre une superficie totale de 200 hectares. Elle est divisée en deux secteurs, l’« espace naturel » de Sebes, au-dessus


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Riba-roja d’Ebre

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Riba-roja d’Ebre, l’église Sant Bartomeu Le site naturel de Sebes

du barrage sur la rive gauche du fleuve, et le Meandre, en dessous du barrage, où se trouve la ville. Sur le premier pousse l’une des roselières les plus grandes du pays, à côté des essences propres aux berges et de prés inondables ; on y trouve un centre d’information, le Mas del Director, des lieux d’observation et des passerelles de bois. Dans le Meandre on voit des bois de berges et des étendues de tamaris. La faune, quant à elle, est caractérisée par sa richesse ornithologique, avec près de 200 espèces d’oiseaux ; l’endroit est l’un des derniers refuges abritant en Catalogne le busard des roseaux. À Sebes est en cours un projet de réintroduction de la cigogne blanche sur les Terres de l’Ebre. La dernière ville de ce parcours est Riba-roja d’Ebre, qui s’élève sur la rive droite, à l’intérieur d’un profond méandre. Le fleuve y coule encaissé entre des plates-formes calcaires tabulaires qui ont permis la construction du barrage de Riba-roja (38 km de long et plus de 2 000 ha), un barrage qui arrive jus-

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qu’au confluent de l’Èbre et du Matarranya. La retenue et la centrale électrique, construites en 1967, se trouvent en amont de la ville. Des eaux calmes. Cette première partie de l’Èbre sur les terres catalanes est connue et très prisée des pêcheurs de rivière. De nombreuses espèces autochtones traditionnelles – barbeaux, coques, ablettes, carpes, anguilles, perches, etc. – vivant à l’aval de Flix se sont vues poussées vers le lac par l’introduction de nouvelles espèces importées, telles que le poisson-chat ou la sandre. La location d’embarcations et l’assistance technique pour naviguer sur le lac artificiel du barrage de Riba-roja est une nouvelle activité qui s’est beaucoup développée ces derniers temps. Divers clubs nautiques – Flix, Ribaroja, Móra d’Ebre – organisent des compétitions d’aviron, de ski nautique et autres loisirs aquatiques. Une fête célèbre, la Festa del Riu, qui a lieu au mois d’août, organise des courses de petites embarcations à quatre rames avec barreur.


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Flix, le bac

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Potier

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Descente en kayak dans le Pas de l’Ase

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Adresses utiles Office de tourisme de Tortosa (voir p.77) Reserva Natural de Sebes i Meandre de Flix. Mas del Director Partida de Sebes, s/n. 43750 Flix Tél. (+34) 977 265 112 freixe@tinet.fut.es www.reservanaturalsebes.org

De Móra d’Ebre au Pas de l’Ase [RANDONNÉE PÉDESTRE]

Itinéraire : chemin coïncidant en partie avec les anciens chemins de halage et de mules (17,6 km – 45 m de dénivelée accumulée en montée – partiellement balisé – 4 h 30’ [aller et retour]). Difficulté : itinéraire de moyennement difficile à très difficile, le tronçon du sentier qui s’enfonce dans le Pas de l’Ase est réservé aux randonneurs aguerris. Comment s’y rendre : par la route jusqu’à Móra d’Ebre ou en train jusqu’à Móra la Nova. Pour en savoir plus : www.gencat.cat/probert

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Témoignages d’un monde perdu

Les Terres de l’Ebre correspondent, à grands traits, à l’Ilercavonia de l’époque ibère. Ce nom provient de la tribu des Ilercavons qui habitait cette zone et qui nous a laissé un important témoignage archéologique. Nous allons décrire succinctement les lieux les plus importants où a fleuri cette culture, ainsi que les sites de l’époque romaine et les endroits recelant des peintures rupestres. Gisements du passé. À environ 6 km de Gandesa, le chef-lieu de la Terra Alta, s’étendent les vestiges du village ibère du Coll del Moro. On y voit une tour impressionnante, qui faisait partie d’une vaste enceinte fortifiée, se dressant au sommet. Le plan en est ellipsoïdal et la hauteur conservée est de 8 m. Le dispositif défensif comprenait encore une grande douve creusée dans la roche, qui atteignait par endroits 6 m de profondeur et dont les parois étaient en pente raide. Le village s’étendait vers le sud et il était entouré d’une muraille ponctuée de bastions en demi-cercle. Construit au Ve siècle av. J.-C., ce village subsista jusqu’à l’époque romaine. Près de Tivissa, dans le canton de la Ribera d’Ebre et non loin du fleuve, se trouve le grand village ibère d’El Castellet de Banyoles, construit sur une plateforme triangulaire entourée de falaises, d’où l’on a

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une belle vue panoramique. L’accès, étroit, en était protégé par deux tours pentagonales. Du système défensif complexe, d’influence grecque, on voit encore une partie de la muraille, large d’environ 2 m. L’intérieur du village était divisé dans la longueur par une rue principale qui devait déboucher sur une place. Des rues perpendiculaires à celle-ci délimitaient les quartiers. Quelques habitations ont pu être dégagées ces dernières années. En 1928 on a mis au jour un ensemble de vaisselle d’argent à usage liturgique. Conservé au musée archéologique de Barcelone, il revêt une valeur exceptionnelle pour la connaissance de la religiosité ibère. Construit au milieu du IVe siècle av. J.-C., le village fut détruit par les Romains deux siècles plus tard. À l’extrême sud de Perelló, dans le Baix Ebre, subsiste une partie de l’ancienne Via Augusta romaine. Le premier tronçon, long de 1 km et partiellement goudronné, remonte la butte sur laquelle se dresse la chapelle érémitique de Sant Cristòfol et redescend sur 2 km jusqu’à la N-340 (km 192,8). Par endroits, la voie atteint une largeur de plus de 8 m et on peut encore observer des restes du pavement original, fait de gravier et de mortier, des canaux d’évacuation et des murs de soutènement de la plate-forme sur laquelle reposait la voie.


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Alcanar, la Moleta del Remei

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Non loin, près de la Serra de Cardó, sur la route qui conduit à Rasquera, se trouve l’abri de Cabrafeixet, découvert dans les années vingt du siècle passé. Il recèle d’intéressantes peintures exécutées dans un style naturaliste stylisé, que l’on a pu qualifier d’art levantin. L’abri a été inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine de l’humanité. Le groupe principal de peintures, d’une couleur rouge, présente un homme en train de marcher, trois flèches dans la main ; devant lui se tient une chèvre et en dessous une magnifique biche. Un mètre plus haut, sur la droite, un homme court, seul. L’autre groupe se trouve à deux mètres et demi sur la droite : on y voit une tête de cerf aux bois courts. Non loin d’Alcanar, dans la comarca du Montsià, près du sanctuaire de La Mare de Déu del Remei, se trouve le site du village ibère de la Moleta del Remei (fin du Ve siècle av. J.-C.). Juché sur une butte rocheuse qui domine un vaste panorama, il a une forme ovale et présente un système défensif à double muraille, un réseau de rues concentriques, des maisons et des entrepôts ; les maisons étaient trapézoïdales, avec rez-de-chaussée et étage, adossées à la muraille intérieure ; vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. on se mit à construire des mai-

Le village ibère du Coll del Moro

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sons plus étroites et plus allongées dotées d’un deuxième étage. Le village fut abandonné à la fin du IIe siècle av. J.-C. Toujours dans le Montsià, à Ulldecona, près du sanctuaire de La Mare de Déu de la Pietat, sous les escarpements rocheux étagés du mont de Godall, se trouvent douze intéressants abris sous roche qui conservent les peintures rupestres de la Serra de la Pietat, découvertes entre 1975 et 1980. Dans l’abri VIII, le plus proche du sanctuaire, on peut voir un archer avec son arc et ses flèches, taille et jambes couvertes, et, à ses côtés, une chèvre. Dans l’abri V, on a pu identifier diverses compositions scéniques rassemblant en tout une quarantaine de personnages peints dans des tons bruns et rougeâtres, une série d’archers, dont certains portant des plumes, un groupe de chevaux partiellement conservés et des chèvres éparses. L’abri I est le plus remarquable, avec sa cinquantaine de personnages peints dans des tons noirs et bruns ; on y voit une seule scène de chasse, des cerfs poursuivis par un groupe de chasseurs armés d’arcs et de flèches. Ces peintures relèvent du style naturaliste stylisé classé par l’Unesco patrimoine de l’humanité.


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Cathédrale de Tortosa, inscriptions lapidaires en trois langues Amposta, le musée du Montsià

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Ulldecona, peintures rupestres près du sanctuaire de La Pietat

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Peintures rupestres dans l’abri de Cabrafeixet

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Templiers et Hospitaliers sur les Terres de l’Ebre

La présence des ordres militaires, en particulier Templiers et Hospitaliers, joua au Moyen Âge un rôle éminent dans la reconquête de la Catalunya Nova (la Nouvelle Catalogne), notamment pour les villes de Tortosa et de Lleida (conquises par Ramon Berenguer IV en 1148 et 1149) et les territoires qu’elles dominaient. Ces ordres furent récompensés de leur intervention par d’importantes donations en terres et en forteresses d’où ils influèrent de manière décisive sur le repeuplement. Nous présentons cidessous les lieux les plus marqués par cette présence sur les Terres de l’Ebre. Miravet se trouve au sud de la Ribera d’Ebre, sur une spectaculaire falaise dominant l’Èbre et couronnée par un imposant château qui fut un réduit de la domination musulmane. Pris en 1153, soit cinq ans après Tortosa, par les Templiers, ce château devint le centre d’une grande commanderie qui couvrait la Ribera d’Ebre et la Terra Alta. Il fut rendu célèbre par

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un légendaire siège de huit mois que lui imposa le roi Jaume II en 1307-1308, lorsque l’ordre du Temple fut aboli par Rome. Le château devint la dernière poche de résistance des chevaliers en Catalogne. Après sa capitulation, il passa aux mains des Hospitaliers et continua à jouer un rôle important dans les guerres et les batailles de l’histoire du pays. L’ensemble, considéré comme l’un des plus beaux exemplaires de l’architecture militaire médiévale en Catalogne, appartient à la Generalitat de Catalunya, qui l’a restauré. La plupart des bâtiments remontent au XIIIe siècle, époque de transition du roman vers le gothique. Outre les murailles et les puissantes tours à l’aspect inexpugnable, on y remarque l’église Sant Martí et les salles qui y sont superposées, la place d’armes et la grande salle dite des tableaux. Le château domine un très beau panorama. Au mois d’août on y représente la pièce El setge de Miravet (le siège de Miravet). Le village, en contrebas, a conservé son


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Miravet

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cachet médiéval et il offre une belle production de céramique artisanale, fabriquée dans le quartier Raval dels Canterers. On a conservé l’un des « pas de barca », traversée de l’Èbre sur une embarcation traditionnelle. Ulldecona, une ville du Montsià située dans la partie la plus méridionale de la comarca et de la Catalogne, fut un centre important de l’ordre des Hospitaliers. Le château d’Ulldecona, d’origine arabe, fut conquis en 1148 par Ramon Berenguer IV et cédé en 1180 à l’ordre de l’Hôpital, qui en fit une grande commanderie de la châtellenie d’Amposta.

Le château d’Ulldecona

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Cet exemplaire, encore imposant, de l’architecture défensive présente une enceinte fortifiée, une tour ronde et une massive tour palais du XIIIe siècle, récemment restaurée. À côté se trouve l’église de La Mare de Déu dels Àngels. La première charte de population d’Ulldecona, à l’intérieur de l’enceinte fortifiée du château (Ulldecona la Vella), remonte à 1222. Mais en 1274 la ville obtint l’autorisation de se déplacer à l’endroit qu’elle occupe aujourd’hui, à la Foia, où se trouve l’ancienne Casa de la Comanda, à la façade gothique. L’église gothique Sant Lluc mérite d’être vue, ainsi que certaines demeures seigneuriales.


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Le château de Miravet Ulldecona, détail de l’église Sant Lluc

Adresses utiles Offices de tourisme d’Ulldecona, de Tortosa et d’Amposta (voir p.77) Castell de Miravet Tél. (+34) 977 407 368

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L’architecture du vin

La Terra Alta est peut-être la comarca la moins connue de toutes celles qui composent les Terres de l’Ebre, en raison de sa situation à la frontière de l’Aragon, un endroit dans la vallée du Matarranya, à l’écart du chemin que trace le fleuve. Le paysage y est d’une grande beauté pratiquement intacte. L’agriculture se compose pour l’essentiel de cultures sèches, notamment de vignobles. Cette spécialité s’est développée au cours de ces dernières années grâce au prestige obtenu par les vins de la région, d’AOC Terra Alta. À partir de raisins de grande qualité, grenache, maccabeu ou carinyena, on obtient des vins très variés : blancs charnus, forts et parfumés, pleins de cachet ; rouges vieillis en fût, très corsés et à forte teneur alcoolique ; généreux vins doux.

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Dans cette région se trouvent deux des plus belles caves coopératives, celle de Gandesa et celle d’El Pinell de Brai, que construisit Cèsar Martinell, disciple et biographe de Gaudí, à partir de 1919, lorsque la Mancomunitat de Catalunya mit en place une politique de développement agraire qui toucha en particulier la région de Tarragone. La combinaison de brique, de pierre et de céramique, l’emploi de l’arc parabolique soutenant les voûtes, de franche inspiration gaudinienne, qui venait remplacer l’arc diaphragme de Domènech i Montaner, leur confèrent un style tout à fait caractéristique. Gandesa, le chef-lieu de la comarca, est une ville intéressante qui fut propriété de l’ordre militaire des Templiers avant de passer aux mains des Hospitaliers,


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La cave coopérative d’El Pinell de Brai

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Détail de la frise de Xavier Nogués

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La cave coopérative de Gandesa

au XIVe siècle, puis de devenir le centre administratif du grand bailliage de Miravet. De son importance témoigne la superbe église de L’Assumpció, bâtie aux XIIe et XIIIe siècles puis restaurée aux XVIIe et XVIIIe siècles, qui conserve un très beau portail de l’école romane de Lleida. Le vieux quartier présente de belles demeures qui lui confèrent un cachet particulier. La cave coopérative moderniste de Cèsar Martinell (1919) est l’un des exemplaires de sa célèbre série : des arcs paraboliques de brique équilibrés y soutiennent la voûte catalane de brique plate qui forme la couverture ; la sobre et élégante décoration extérieure contraste avec la belle disposition géométrique de la brique nue à l’extérieur. À côté se dresse un édifice qui renferme une cave et un moulin à huile. L’ensemble a été très bien restauré.

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El Pinell de Brai, au sud-est de Gandesa, possède l’autre cave coopérative et moulin à huile du syndicat agricole, construite d’après des plans de Cèsar Martinell entre 1919 et 1922. La cave est à trois nefs et l’on y observe, perfectionné, le système gaudinien de couverture à deux pentes soutenue par une charpente en bois qui repose sur des arcs paraboliques. La façade principale montre une exceptionnelle frise céramique exécutée par le peintre noucentiste Xavier Nogués – le noucentisme est le style 1900 catalan. D’un grand contenu satirique et expressif, la frise de Nogués déploie des scènes de vendange et de fabrication du vin, des pressoirs, des dégustateurs de vin et diverses allégories, ainsi qu’un tableau de chasseurs ivres.


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Adresses utiles Office de tourisme de Gandesa (voir p. 77) Cooperativa Agrícola de Gandesa Av. de Catalunya, 28. 43780 Gandesa Tél. (+34) 977 420 017 www.copgandesa.com

Gandesa, l’intérieur de la cave coopérative

Cooperativa Agrícola del Pinell de Brai Pilonet,8. 43594 El Pinell de Brai Tél. (+34) 977 426 234 www.lacatedraldelvi.org

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La route de la paix

C’est en Terra Alta qu’a eu lieu ce que l’on a appelé la Bataille de l’Èbre, l’un des épisodes les plus sanglants de la Guerre civile espagnole (1936-1939), qui s’est déroulé de juillet à novembre 1938 entre les troupes franquistes et les troupes républicaines. La supériorité de l’aviation et de l’artillerie des troupes franquistes finit par s’imposer. On estime les pertes des Républicains à 70 000 disparus et ce désastre rendit inévitable l’effondrement du front de la Catalogne. Les abruptes chaînes de Pàndols et de Cavalls et leurs sauvages falaises furent le refuge des soldats et le cadre des combats les plus acharnés. En leur souvenir, un itinéraire a été créé : dans ces montagnes à la beauté farouche et secrète, il relie les endroits les plus significatifs de cet épisode guerrier ; il répond à la volonté de rappeler un passé encore proche et de diffuser les valeurs universelles de paix et de solidarité.

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Le cadre du combat. Malgré le nom que l’histoire a donné à cette bataille, l’Èbre n’a été le cadre que de ses premiers et de ses derniers moments, car les combats se sont livrés dans les montagnes. La liste des lieux les plus significatifs commence par la Punta Alta de la Serra de Pàndols, la célèbre cote 705 qui changea de mains à cinq reprises et qui offre un très beau panorama. On peut y voir le monument en l’honneur de la paix érigé à l’initiative de la « Lleva del Biberó » (la levée du biberon), allusion aux soldats mobilisés avant l’âge de 18 ans. Le monument est dédié « à tous ceux qui ont combattu dans la Bataille de l’Èbre » et il renferme la colombe de la paix. Le belvédère du Coll del Moro, entre Gandesa et Batea est un autre endroit singulier, d’où l’on domine toute la dépression de Bot, non loin des intéressants gisements archéologiques de la nécropole de Calars


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L’ancien village de Corbera d’Ebre

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La chaîne de Pàndols

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et du village ibère du Coll del Moro. De là, Franco dirigea personnellement les opérations lorsque les combats sur le front de l’Èbre apparurent comme pouvant être le tournant de la guerre. Un monument y a été élevé par la suite. Mais l’endroit où l’on peut le mieux apprécier l’importance explicite de ces cruels événements est le vieux village de Corbera d’Ebre, complètement détruit par l’aviation et l’artillerie franquistes. Les rues et les maisons en ruines entourent la majestueuse église Sant Pere (XVIIIe siècle), elle aussi très endommagée, devant laquelle a été récemment placée une sculpture de Joan Brossa, La bota (la botte). Au pied de la butte, un nouveau village a été construit après la guerre. La Bataille de l’Èbre a laissé de multiples témoignages sous forme de monolithes dans presque tous les villages de la comarca, en souvenir d’événements que l’on ne devrait plus jamais revivre.

Les chemins de la mémoire. Cet itinéraire, qui longe les sentiers balisés de grande (GR-171 et GR-171.3) et de petite randonnée (PR-C 27 et PR-C 98), a comme signe d’identification une colombe blanche. Il existe un guide de l’itinéraire complet (74 km). À Gandesa se trouve le Centre d’Estudis de la Batalla de l’Ebre (CEBE), où sont conservés des documents et des objets relatifs à ce chapitre de l’histoire de la Guerre civile espagnole. On y organise des expositions et des conférences sur le sujet. La Voie verte. La Voie verte (Via Verda) est un itinéraire attrayant, idéal pour la randonnée à pied, à VTT ou à cheval. Il longe, sans aucun dénivelé ou presque, l’ancienne voie ferrée qui reliait le Val de Zafán à Sant Carles de la Ràpita, sur le tronçon entre Arnes et El Pinell de Brai, long de 23,26 km. Il traverse les communes d’Horta de Sant Joan, Bot et Prat del Comte.

Le Coll del Moro

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Bot, la chapelle érémitique Sant Josep

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Adresses utiles Consell Comarcal de Terra Alta (voir p. 76) Centre d’Estudis Batalla de l’Ebre Avinguda de Catalunya, 3-5, 43780 Gandesa Tel. (+34) 977 420 760 cebe@tinet.fut.es www.tinet.org/~cebe/

Route de la Paix [RANDONNEE PEDESTRE]

Itinéraire : grand trajet circulaire demandant deux ou trois jours en tout, mais qui peut aussi ne se faire qu’en partie (74,123 km – 20 h 30’). Difficulté : itinéraire parfois difficile, réservé aux bons marcheurs. Comment s’y rendre : par la route jusqu’à Gandesa, El Pinell de Brai ou Corbera d’Ebre. Pour en savoir plus : www.gencat.cat/probert

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Une culture pleine de vie

Les fêtes populaires et le folklore des Terres de l’Ebre sont une particularité dans l’ensemble de la Catalogne et jouissent d’une forte vitalité. Les fêtes patronales des villages, qui ont lieu principalement l’été, comprennent outre des bals, des feux d’artifice, des cérémonies religieuses, des défilés, et autres événements comme il s’en déroule ailleurs en Catalogne, quelques manifestations tout à fait particulières. La passion de la musique. Les fanfares sont un élément caractéristique de la culture populaire de cette région.. Des groupes jouant de plusieurs sortes d’instruments à vent (en métal et en bois) et de tambours rythment les défilés et les processions, dans la ligne des célèbres fanfares valenciennes. Formées des habitants des villages, ces fanfares sont subventionnées par les communes et recherchent le prestige autant qu’une aimable rivalité avec les communes voisines. Ce sont aussi des écoles de musique d’où sont issus des interprètes de renom. Amposta possède deux fanfares bien connues : la Lira Ampostina et l’Unió Filharmònica. La danse typique de cette région est la jota de Tortosa, probablement introduite par les anciens

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conducteurs des trains de bois flottant qui venaient de Navarre et d’Aragon. On y distingue la danse, au rythme rapide et exécutée en couples, et la copla, les paroles chantées sur un rythme très cadencé, dans un esprit satirique ou anecdotique, où se mêlent souvent le catalan et le castillan. Dans la Terra Alta, la jota est dansée autour d’un bûcher appelé cremaller (torchère). Alcanar et Ulldecona possèdent une variante, dansée avec des châles, le ball de mantons de Sant Antoni. Correbous, feu et eau. Le correbous est une spécialité très enracinée dans cette région : il consiste à toréer des taureaux et des vachettes à l’intérieur d’espaces improvisés, fermés par des charrettes (aujourd’hui, des remorques de tracteurs) ou au bord de la mer. Il y a deux variantes très anciennes à cette manifestation : le taureau capllaçat, attaché à la tête par des cordes avec lesquelles un groupe de personnes placées devant guide l’animal dans les rues et sur les places ; le soir, le taureau embolat, un taureau à qui l’on a mis des torches au bout des cornes, seul éclairage des endroits par où il passe, tandis que les assistants les plus téméraires lui font face pour l’esquiver.


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La «jota», danse typique

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Alcanar, le pèlerinage à la chapelle érémitique d’El Remei

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L’Ampolla, la procession des gens de mer


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Dévotions populaires. Les romeries sont elles aussi typiques, ces pèlerinages vers des églises isolées ou des sanctuaires dédiés à quelque saint patron, réminiscence des anciens pèlerinages où l’on demandait la protection du saint. Ils se terminent en général par un grand repas populaire. Les plus célèbres sont, entre autres, ceux de la chapelle érémitique d’El Remei d’Alcanar, du sanctuaire de la Fontcalda de Gandesa, de la chapelle érémitique de Santa Madrona de Corbera d’Ebre, de la chapelle érémitique de Sant Jeroni de Móra d’Ebre ou encore de la chapelle érémitique de Sant Miquel d’Ascó. Pendant la semaine de Pâques, une grande fête religieuse a lieu à Ulldecona, la Passió d’Ulldecona, une représentation à laquelle prennent part les habitants de la ville et qui remonte au XVIe siècle, évoquant une représentation liturgique de l’époque.

Autres fêtes. Parmi les fêtes destinées à récupérer la mémoire historique et qui se sont implantées avec succès, figurent la Festa del Renaixement (fête de la Renaissance) de Tortosa, où sont recréés des atmosphères et des paysages urbains de l’époque dans le vieux quartier de la ville, ou le Setge de Miravet (le siège de Miravet) mis en scène dans l’ancien château des Templiers restauré. Les activités agricoles ne sont pas en reste : il y a la Fira de Móra la Nova, la plus ancienne foire conservée, la Festa del Vi (fête du vin) de Gandesa ou la Fira de l’Oli Novell (foire à l’huile nouvelle) de Santa Bàrbara, pour n’en donner que quelques exemples. Les syndicats d’initiative et les offices de tourisme de la région vous fourniront toute information utile concernant les multiples occasions de fêtes ou de distractions qui ponctuent le calendrier.

Adresses utiles Museu del Montsià Gran Capità, 34. 43870 Amposta Tél. (+34) 977 705 946 www.museumontsia.org Museu de la Ceràmica Popular Cra. N-340, km 1117. Apartat correus, 210 43860 L’Ametlla de Mar Tél. (+34) 977 486 810 museuametlla@terra.es www.museuceramica-ametlla.com

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Une cuisine pleine de personnalité

La cuisine des Terres de l’Ebre est elle aussi très caractéristique. On y distingue deux grands types de cuisines conditionnés par la diversité géographique : la cuisine des produits de la mer et la cuisine de l’intérieur ou cuisine de montagne. De plus, cette cuisine repose sur des produits de base de grande qualité : le riz – le delta fournit 89 % de la production de la Catalogne – d’origine géographique contrôlée, les vins blancs et rouges, les vins doux et rancios, tous AOC Terra Alta, des liqueurs comme l’anis d’Horta de Sant Joan, le ratafia ou l’eau-de-vie de La Galera, et une huile de très grande qualité, dans le Baix Ebre et le Montsià, protégée par une AOC. Les pêches de la Ribera et les clémentines des Terres de l’Ebre jouissent, elles aussi, d’une appellation d’origine géographique contrôlée. La cuisine de la mer. Elle fait appel aux poissons les plus prisés pêchés dans la région – soles, daurades (ici appelées moixarres), bars, turbots, rougets, sardines et anchois, petits poulpes, etc. – et aux fruits de mer. Les crevettes, et notamment celles de Sant Carles de la Ràpita, sont une spécialité réputée, mais on trouve aussi des langoustines, des cigales

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de mer, des clovisses, des huîtres, des palourdes, des moules, des dattes de mer… sans oublier les poissons d’eau douce tels que les anguilles ou les tanches. Des élevages de poissons et de fruits de mer se sont installés autour du delta. Étant donné toute cette richesse, nous ne mentionnerons que quelques plats parmi les plus emblématiques. Plats de riz : les rossejats (toute la gamme des riz « roussis »), l’arròs a banda (un riz cuit au fumet de poisson), le riz aux anguilles, la paella au poisson, le riz au canard sauvage, etc. ; poissons à la sauce romesco, grillades de poissons ou de fruits de mer ; les suquets de mulet, le poulpe aux pommes de terre, l’anguille en sauce, l’anguille séchée ou xapadillo, les cassolettes de civelles, les cuisses de grenouille. La chasse du canard sauvage et de la foulque, à la chair savoureuse, et l’horticulture fertile du delta sont à l’origine de plats simples et succulents. La cuisine de l’intérieur. Elle repose sur une autre gamme de produits : la viande d’agneau, braisée ou rôtie ; du gibier tel que la grive, le lapin, la perdrix ou le sanglier ; la charcuterie à base de


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ร‰levage de moules

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porc, telles les célèbres baldanes au riz (des boudins faits avec du riz et du sang) ou à l’oignon, les escargots, la morue en salade ou en ragoût aux légumes, le thon séché, les lactaires et autres champignons d’Els Ports… Ou encore les plats les plus typiques : la galette aux épinards, la truite au jus, le farro, une sorte de pot-aufeu, les fèves à la gitane, braisées avec la gousse et accompagnées d’une sorte de sauce romesco, la clotxa, un pain de campagne évidé et rempli d’escalivada, une salade de poivrons, aubergines et tomates grillés accompagnée de sardines en saumure…

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La pâtisserie. Parmi les spécialités figurent le biscuit de Tortosa, ainsi appelé mais fabriqué dans toute la région, les garrofetes du pape, allusion au pape Benoît XIII qui s’était réfugié à Peníscola, le menjar blanc, le riz à la cannelle, le pain de figue de la Ribera, les petites galettes au lard, les capsetes de Tivissa, les punyetes de Roquetes, les pâtisseries à la bourrache, les tourtes à la citrouille, les tartes au vin doux, les pâtes d’amandes et les tourons de Xerta.


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Informations d’ordre général

Serveis Territorials Montcada, 32. 43500 Tortosa Tel. 977 449 333 Institut per al Desenvolupament de les Comarques de l’Ebre (IDECE) Av. de la Generalitat, 116. 43500 Tortosa Tel. 977 510 546 idece@idece.es www.idece.cat www.terresdelebre.org

Consell Comarcal de Terra Alta La Bassa d'en Gaire, 1. 43780 Gandesa Tel. 977 420 018 ccterra-alta@altanet.org www.terra-alta.altanet.org Offices de tourisme

Conseils comarcals

Palau Robert Pg. de Gràcia 107. 08008 Barcelona Tel. 932 388 091 dgdifusió_turisme.presidencia@gencat.cat www.gencat.cat/probert

Consell Comarcal del Baix Ebre Barcelona, 152. 43500 Tortosa Tel. 977 445 308 ccbe@altanet.org www.baixebre.org

Oficina Municipal de Turisme d’Alcanar Lepanto s/n (Pg. Marítim). 43569 Les Cases d’Alcanar Tel. 977 737 639 tur.alcanar@altanet.org www.alcanar.org

Consell Comarcal del Montsià Pl. Lluís Companys, s/n. 43870 Amposta Tel. 977 704 371 ccmontsia@altanet.org www.montsia.altanet.org

Oficina de Turisme de l’Ametlla de Mar Av. de l'Amistat, s/n. 43860 L’Ametlla de Mar Tel. 977 456 329 turisme@ametlllademar.org www.ametllademar.org

Consell Comarcal de la Ribera d’Ebre Sant Roc, s/n. 43740 Móra d’Ebre Tel. 977 401 851 ccre@ribera.altanet.org www.ribera.altanet.org

Oficina del Patronat Municipal de Turisme de l’Ametlla de Mar Sant Joan, 55. 43860 L’Ametlla de Mar Tel. 977 456 477 tturisme@ametlllademar.org www.ametllademar.org

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Oficina Municipal de Turisme de l’Ampolla Pl. González Isla, s/n. 43895 L’Ampolla Tel. 977 593 011 turisme@ampolla.com www.ampolla.com Oficina Municipal de Turisme d’Amposta Av. Sant Jaume, 1. 43870 Amposta Tel. 977 703 453 info@turismeamposta.org www.turismeamposta.org Oficina Municipal de Turisme de Benifallet Av. Lluís Companys, 3. 43512 Benifallet Tel. 977 462 249 mbenaiges@benifallet.altanet.org Oficina Municipal de Turisme de Camarles Trenta-u, s/n. 43894 Camarles Tel. 977 470 040 ofiturcamarles@tiscali.es www.camarles.es Oficina del Patronat Municipal de Turisme de Deltebre Martí Buera, 22. 43580 Deltebre Tel. 977 489 679 turisme-deltebre@altanet.org www.dsi.es/deltebre

Oficina Municipal de Turisme del Perelló Lluís Companys, 2. 43519 El Perelló Tel. 977 491 021 lbrull@perello.altanet.org www.perello.cat Oficina Municipal de Turisme de Sant Carles de la Ràpita Pl. Carles III, 13. 43540 Sant Carles de la Ràpita Tel. 977 744 624 turisme@stcrapita.altanet.org www.larapita.com Oficina de Turisme de Sant Jaume d’Enveja Av. Ebre, s/n 43877 Sant Jaume d’Enveja Tel. 977 478 056 turisme@stjenveja.altanet.org www.santjaume.org Oficina de Turisme de la Sénia Tortosa, 1 43560 La Sénia Tel. 977 713 000 turisme@senia.altanet.org www.lasenia.org Oficina Municipal de Turisme de Tivissa Foig, 5. 43746 Tivissa Tel. 977 417 551 turisme@tivissa.altanet.org www.tivissa.net

Oficina Municipal de Turisme de Terra Alta (Gandesa) Bassa d'en Gaire, 1. 43780 Gandesa Tel. 977 420 018 ccterra-alta@altanet.org www.terra-alta.org

Oficina Municipal de Turisme de Tortosa Pl. Carrilet, 1. 43500 Tortosa Tel. 977 449 648 turisme@tortosa.altanet.org www.turismetortosa.com

Oficina Municipal de Turisme de Gandesa Av. Catalunya, 3-5 43780 Gandesa Tel. 977 420 910 turisme.gandesa@altanet.org www.gandesa.altanet.org

Oficina Municipal de Turisme d’Ulldecona Pg. de l’Estació, s/n. 43550 Ulldecona Tel. 977 573 394 turismeulldecona@altanet.org www.uldeocna.org

Oficina de Turisme d’Horta de Sant Joan Pl. Catalunya, s/n. 43596 Horta de Sant Joan Tel. 977 435 043 pihorta@terra.es www.hortanet.org

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Église

Port de plaisance

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Patrimoine de l’humanité

Parc naturel

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Information turistique

Église digne d’intérêt

Château

Carte des Terres de l’Ebre

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Portada FRA + LLOM OK2

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Terres de l’Ebre

Catalogne

Terres de l’Ebre

Generalitat de Catalunya Gouvernement catalan Ministère de l’Innovation, des Universités et de l’Enterprise


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