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BREF DÉBROUSSAILLAGE ALPHABÉTIQUE À L'INTENTION DES CURIEUX


L’illustration

thématique annuelle 2016 des Bibliothèques municipales de Genève

Bref débroussaillage alphabétique à l’intention des curieux INTRODUCTION

« Image liée à un texte, l’illustration tient sa place dans le livre […] », nous dit la définition du dictionnaire Larousse 1 . Dans cette brochure, il est effectivement question de l’illustration - plus précisément l’illustration de type artistique - et du rôle de l’image placée dans le contexte du livre : littéraire et éditorial.

Cette sélection de documents a pour but de mettre en lumière la richesse apportée par les illustrations. L’idée est d’explorer toutes sortes de pistes, partir tous azimuts, avec des rubriques à des niveaux différents, plus ou moins fouillées, factuelles ou « savantes ».

Les productions destinées à la jeunesse seront particulièrement à l’honneur, puisque plus souvent et largement illustrées.

La forme de l’abécédaire permet le feuilletage à l’endroit, à l’envers, par petits bouts ou partiel.

Avant tout, le livre se conçoit comme étant porteur d’un texte : le texte littéraire y serait prioritaire ; au-delà des illustrations « de type artistique », les images s’adresseraient à un public enfantin de pré-lecteurs, avec comme seule finalité de leur faciliter l’accès à l’écrit et à « la seule lecture vraiment reconnue comme lecture d’adulte : celle des textes ». 2

Outre le feuilletage distrait ou le picorage dans le désordre, cette bibliographie peut être également un outil de travail : un point de départ pour aller plus loin, puisque cette sélection, dense, ouvre des perspectives en amenant à d’autres sources, d’autres références.

Ce serait passer à côté de la force de l’illustration. Dans l’édition jeunesse, il existe un espace de liberté inouï : l’album. « Les images des albums trouvent plaisant l’environnement du livre qui lui procure à moindres frais un espace de respectabilité, pour se montrer sans faire forcément serment d’allégeance à un texte. Les mots sont là, souvent, mais à égalité ; en tout cas, la capacité de chaque langage à transmettre et à faire réagir le lecteur […] impose sa logique. Dans ces différents contextes, l’image fait bien souvent reculer les limites de la création, de la production éditoriale et de la réception. […] L’image a tout en elle, […] pour raconter à sa façon, susciter des formes plurielles de nomination du monde » 2. Les images, selon la chercheuse Christine Plu, ont le pouvoir d’ouvrir et élargir notre regard intérieur ainsi que nos interprétations : donner à penser au-delà de la narration, c’est aussi faire une place à l’image comme « rébus émotionnel » 2.

Partielle, cette sélection l’est par la force des choses. Ainsi, nous avons choisi de ne pas traiter les ouvrages documentaires portant sur la peinture ou la photographie - il s’agirait dans ce cas d’images et non d’illustrations - ni directement de la bande dessinée, sujet à part entière, bien que des aspects se recoupant avec le thème de l’illustration aient été abordés, comme les fanzines ou le roman graphique, par exemple. Subjective, cette sélection l’est évidemment à travers le regard des professionnelles que nous sommes, en lien au quotidien avec l’illustration. Ce sont assurément nos coups de cœur qui ont guidé nos choix. Nous les partageons volontiers avec vous, et vous souhaitons beaucoup de plaisir à les découvrir. Les bibliothécaires

http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/illustration/152662 Viviane Alary et Nelly Chabrol Gagne. L’Album : le parti pris des images. Presses universitaires Blaise Pascal, 2012. P. 11

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L’Edune

L’abécédaire [20 volumes]

ABéCéDAIRE

2007 (de A à D) 2008 (de E à Z) (L’abécédaire)

« Premier livre de l’enfance, l’abécédaire l’est à plus d’un titre. D’une part parce qu’il est le plus ancien genre destiné à cet âge, mais aussi parce que la tradition l’a consacré “livre des livres”, clé du savoir écrit et premier principe d’éducation. Le Robert le définit comme un “livre pour apprendre l’alphabet”, mais la simplicité de la formule masque une réalité historique plus complexe. Au cours des siècles l’abécédaire s’est transformé, tant dans son contenu que dans sa présentation, tant dans l’identité de ses destinataires que dans ses modalités d’usage, signes de l’évolution des visées éducatives. […] Avec le développement de l’album, l’abécédaire est devenu un livre d’artiste illustrateur plus qu’un livre d’auteur ; et, parce qu’enfance et création expérimentent toutes deux un langage neuf, l’abécédaire s’avère un exercice de style emblématique. Nombreux sont ceux qui s’y sont essayés. […] Son principe d’éducation s’est donc radicalement transformé avec la société : aux visées communautaires et normatives s’est substituée l’injonction d’un libre épanouissement de l’individu. » 3 Les Bibliothèques municipales possèdent un grand nombre d’abécédaires, voici une petite sélection de titres représentatifs d’un travail d’illustration autour des signes abstraits de l’alphabet, utilisés comme matériaux graphiques. L’approche est ici d’abord artistique, et le côté didactique – fonction première de ce type de document – devient tout à fait accessoire.

Dix-neuf artistes se prêtent à l’exercice de style de l’abécédaire, et interprètent chacun avec sa propre sensibilité une lettre de l’alphabet sur une trentaine de pages.

Bertrand Dubois

Abécédaire imagé du foot Notari, 2014

Paul Cox

Livre construit autour de l’alphabet. Sur les pages de gauche, chaque lettre est associée à des mots en lien avec le monde du football et, sur les pages de droite, ces mots sont mis en scène par l’illustration.

Animaux Seuil, 1997

L’allure générale du document d’abord, très dépouillée - un grand format, à la couverture orange unie sans autre élément que le titre – l’illustration ensuite, interpellent, et pour cause. Il s’agit d’une démarche d’artiste : pour chaque lettre de l’alphabet on trouve une suite de formes abstraites colorées. Une légende en début de volume donne le code, la clé de lecture à partir de laquelle on découvrira le nom de l’animal correspondant. « Peintre, graphiste, illustrateur : autant de voies explorées par Paul Cox qui ne pouvait que s’intéresser aux images et aux liens qu’elles établissent avec un texte éventuel. » 4

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http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/arret/03_3.htm L’excellent site de la Bibliothèque nationale de France renvoie ici à l’exposition virtuelle de Livres d’enfants, chapitre A la découverte du livre. Au chapitre Abécédaires : ordre et commencements on trouve un historique des typologies.

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http://www.paulcox.centrepompidou.fr/ http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/arret/03_4.htm

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Feodor Rojankovsky

ABC jeux du père castor Flammarion, 2001

Réédition d’un grand classique, publié en 1935 dans la collection « Père Castor », chez Flammarion. Paul Faucher, le directeur de la collection à l’époque, a été un précurseur dans le domaine du livre pour enfants, prêtant, entre autres, une grande attention à la qualité de l’illustration. « Avec le Père Castor, l’album pour enfants franchit une étape décisive : un album voit le jour, tout à la fois léger et grave, mince et profond, artistique et pédagogique, amusant et lié aux besoins fondamentaux de l’enfant. » 5


Adolescents, jeunes adultes

Marion Bataille

ABC 3D

« L’album est un genre d’une formidable inventivité plastique et narrative. Les artistes se sont emparés de cet espace de création et y ont réinvesti des techniques et des conceptions multiples, semblant faire fi au passage des classifications d’âge. On peut repérer dans cette production nombre d’œuvres qui, de par leur thématique, leur écriture, leurs références, ne s’adressent pas aux plus petits et sont à même de toucher un public d’adolescents. » 7

En rouge, noir et blanc, Marion Bataille construit un alphabet en trois dimensions : sur chaque double page une lettre surgit, en pop-up. Tels des tours de prestidigitation, les lettres apparaissent, de façon drôle, élégante et toujours surprenante.

Quelques auteurs-illustrateurs et albums (entre autres) à découvrir :

Roberto Beretta

En ville de A à Z

François Roca et Fred Bernard

Jésus Betz L’homme-bonsaï

« Un travail photographique qui propose un regard nouveau sur la ville et qui rappelle que tout est question de point de vue. Une invitation à la curiosité et à l’imagination, une poésie urbaine aux sonorités de l’alphabet. » 6

Emmanuelle Houdart

L’abécédaire de la colère Monstres malades

Anne Bertier

Béatrice Poncelet

Anne Bertier joue avec les lettres de l’alphabet - et leurs éléments graphiques - l’interprétant à l’infini. Elle décline les différentes facettes de sa réflexion à travers une série d’albums édités par MeMo dans la collection Les abécédaires d’Anne Bertier.

Chez elle ou chez elle ou chez eux Et la gelée, framboise ou cassis ? Sara 

Ce type est un vautour A quai

Entre autres :

Gilles Rappaport

Grand-père Un homme Thierry Dedieu

Attatruc 1er Le pacifi cateur

Dessine-moi une lettre (2004)

Outre l’album, le roman graphique, dont l’illustration est primordiale, connaît un succès notable auprès du public adolescent. >>> voir aussi sous Roman graphique

Rêve-moi une lettre (2008)

Construis-moi une lettre (2008) Hélène Sagnet. Les albums et les adolescents. In : Revue Lecture Jeune, n°119 (sept. 2006) Disponible en ligne : http://ns420751.ip-37-59-25.eu/lecturejeune/LJ_119_09-2006.pdf

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http://orcca.tourinsoft.com/upload/MEDIA_9ece5e36-66f6-40e0-876c-ae3b771f90b2.pdf

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AEIOU

revue de littérature pour la jeunesse (revue)

>>> voir aussi sous Revues professionnelles et publications en série

Editée par l’Office régional culturel de ChampagneArdenne entre 2002 et 2008, cette revue a mené une politique active en faveur du jeune public, notamment dans les domaines du livre et du spectacle vivant. Elle a présenté la littérature jeunesse dans toute sa richesse, et notamment sa richesse graphique. Malheureusement elle a cessé de paraître, mais par chance, tous les numéros existants sont intégralement disponibles en ligne 8.

Album

éléphant marque la consécration de l’album moderne par l’articulation entre texte et image : la narration se réalise de manière indissociable entre l’écrit et le visuel. Les images et les textes ne peuvent être isolés l’un de l’autre : ils s’enchaînent, se relaient et se complètent sur l’espace de la page. » 10

Edouard Léon Louis Edy-Legrand

Jean de Brunhoff

Macao et Cosmage ou L’ expérience du bonheur

Histoire de Babar le petit éléphant Hachette, 2011 (Albums Babar)

Circonflexe, 2009

Il s’agit du support de l’illustration par excellence; il propose un type de narration particulière, porté en grande partie par l’illustration. « L’album pour enfants constitue depuis la fin des années 1950 l’un des pans les plus dynamiques et les plus innovants de la création graphique et littéraire française et un phénomène éditorial remarquable par son ampleur et ses succès. » 9 Selon Sophie Van der Linden – spécialiste de la littérature jeunesse « L’histoire de l’album pour la jeunesse contemporain commence certainement en 1919, lorsque Edy-Legrand, jeune peintre de vingt-sept ans, publie un album au format carré, Macao et Cosmage, dont les superbes images envahissent la page, reléguant le texte à une mince bande recouverte par la couleur, dense et généreuse. Ici, on n’entre plus dans le livre par le texte comme c’était le cas jusqu’alors : les images portent l’essentiel du message et c’est sur elles que l’attention est attirée […]. Il fallait ce renversement pour que l’image s’affirme comme une expression à part entière, capable de conduire un récit, et qu’elle soit reconnue pour sa capacité à communiquer. Restait alors à trouver un véritable équilibre entre les deux langages pour que l’album prenne toute sa dimension. La parution de l’Histoire de Babar, le petit

1ère édition : 1931.

Fac-similé de la 1ère édition parue en 1919 chez Gallimard.

Analyse, théorie

Viviane Alary, Nelly Chabrol-Gagne

L’album : le parti pris de l’image

Presses universitaires Blaise Pascal, 2012 Propose une analyse poussée, une réflexion en profondeur de l’objet album et de son fonctionnement. « L’album […] promeut une littérature de l’image, une littérature graphique qui renouvelle en profondeur nos habitudes de lecture ».

Sophie van den Linden

Lire l’album

Atelier du poisson soluble, 2006 Annick Lorant-Jolly, Sophie Van der Linden

Abc du décodage de l’album, mise à plat des éléments le constituant, qui contribuent à la magie de son fonctionnement. Une attention particulière est portée aux relations entre textes et images.

Images des livres pour la jeunesse Magnier, 2006

Propose repères et outils pour aborder l’image dans les livres pour la jeunesse à travers l’analyse et l’exploration de douze univers de créateurs, choisis en fonction de leur diversité. Panorama des éditeurs emblématiques.

http://culture.cr-champagne-ardenne.fr/fr/bdd/publications-generales/listing http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/arret/03_4.htm 10 Sophie Van der Linden. L’Album, le texte et l’image. In : AEIOU, n°6 (dec. 2004). http://orcca.tourinsoft.com/upload/ MEDIA_c0e1b9f6-33a4-4817-a099-77ac609902bc.pdf. Suit un bref panorama des caractéristiques de l’album. 8

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Mais aussi :

Panorama, choix :

Jean-Paul Gourévitch

Abcdaire illustré de la littérature jeunesse

Allemagne >>> voir aussi sous Pays

Atelier du poisson soluble, 2013

Jutta Bauer Ouvrage très attractif, largement illustré et sous forme d’abécédaire ; il a été source d’inspiration pour le présent document. Tout en traitant la littérature jeunesse sous un angle plus large, cet ouvrage offre un panorama de la diversité de l’illustration en littérature jeunesse et des typologies d’albums. Jean-Paul Gourévitch

Julia Eccleshare (dir.)

1001 livres d’enfants qu’il faut avoir lus pour grandir

1955 (Hambourg) Etudes à l’Ecole technique des Arts décoratifs. Pendant de nombreuses années, elle anime une bande dessinée pour un magazine féminin. En tant qu’ illustratrice, elle reçoit le Deutscher Jugendliteraturpreis (prix de littérature enfantine allemande) en 2001 pour son titre Schreimutter (Mamancolère). Puis en 2010, elle est récompensée pour son album L’ange de Grand-Père par le Prix Hans Christian Andersen, catégorie Album. Jutta Bauer est considérée comme l’une des plus grandes illustratrices allemandes et a influencé de nombreux artistes.

Flammarion, 2010

Images d’enfance : quatre siècles d’illustration du livre pour enfants Alternatives, 1994 « L’ambition de cet ouvrage est […] de donner à voir et à découvrir des paysages choisis, avec un parcours fléché qui comporte des rendez-vous, des haltes aux carrefours stratégiques et quelques aperçus, au-delà des images elles-mêmes, sur leurs arrière-plans et leurs lignes de fuite. » Il s’agit d’un regard rétrospectif sur l’album. Institut suisse Jeunesse et Médias

Schau genau ! Variationen im Bilderbuch 1950-2000 = regarde ! : variations autour du livre d’images = look twice ! : variations in picture books Institut suisse de littérature pour la jeunesse, 2002

Autres titres à découvrir :

Selma Dans sa maison, un grand cerf

Le titre est explicite et dit bien le contenu : ce volumineux et attrayant ouvrage recense les albums marquants du 20e siècle, offrant ainsi un large panorama de typologies et retraçant par la même occasion l’évolution du genre. Avantage particulier de cet ouvrage : les titres recensés concernent largement le monde anglophone ainsi que l’Europe du Nord, sortant, une fois n’est pas coutume, de la sphère francophone.

Quint Buchholz Sophie Van der Linden

Je cherche un livre pour un enfant : le guide des livres pour enfants de la naissance à 7 ans Gallimard, 2011 et Tony di Mascio

1957 (près d’Aix-la-Chapelle) Etudie l’histoire de l’art, puis se tourne vers la peinture et les arts graphiques. L’originalité de Quint Buchholz réside dans une représentation photographique de la réalité qui laisse place à une part d’invisible, permettant ainsi aux lecteurs, et surtout aux enfants, d’élargir et d’enrichir leur propre vision du monde c’est-à-dire d’imaginer, à côté des images visibles, d’autres images possibles. Ses images ne sont jamais "terminées" et offrent ainsi un espace de liberté totale. Idéalement, pour Buchholz, pour chaque image peinte il existe autant de lectures que de lecteurs. Ses images sont toujours enveloppées d’un silence particulier, dans une ambiance surréaliste. 11

Je cherche un livre pour un enfant : le guide des livres pour les 8/16 ans

A découvrir :

Le Collectionneur d’instants Quand les petits ours n’ont pas sommeil

Gallimard, 2011

Typologies et évolution des albums entre 1950 et 2000.

La mise en page astucieuse permet d’offrir différents niveaux d’information de façon dense tout en restant très lisible. Chapitres par âge et par thématique. Quelques titres sont mis en exergue, d’autres traités de façon plus succincte, suivent des informations relatives au monde du livre et des conseils par rapport à la façon de proposer les livres auprès des enfants.

L’Univers des illustrateurs pour la jeunesse Autrement, 2009 (Le Mook)

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http://www.goethe.de/ins/fr/nan/prj/kjl/aut/qb/frindex.htm

Panorama d’une trentaine d’illustrateurs.

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Wolf Erlbruch 12

1948 (Wuppertal) Dessinateur dès son plus jeune âge, il étudiera l’art. Dès 1974, il travaille dans la publicité et comme illustrateur. En 1990, il devient chercheur et enseignant des arts graphiques et de la musique. Wolf Erlbruch a un style très particulier alliant découpages/collages, dessin, peinture et matières. Son inspiration se base beaucoup sur son vécu, sa famille, ses amis, son environnement pour que chacun puisse se reconnaître plus facilement dans ses livres… Il a reçu de nombreux prix allemands et internationaux, notamment le Prix Hans Christian Andersen en 2006. Il est considéré comme l’un des plus grands illustrateurs actuels.

Binette Schroeder

1939 (Hambourg) – Elle étudie le graphisme à Munich et élargit sa formation notamment à la photographie, la typographie et la lithographie. Cette illustratrice a beaucoup travaillé seule sur ses albums. Elle a toutefois collaboré de temps à autre avec Michael Ende et Peter Nickl pour les textes. Influencée par la Renaissance italienne et Max Ernst pour le Surréalisme, Binette Schroeder offre un monde onirique laissant place à l’imagination. Elle est très attentive aux ambiances et à la luminosité de ses illustrations. Elle sera nominée et obtiendra de nombreux prix au cours de sa carrière. En 1969, elle reçoit la Pomme d’or de la Biennale de l’illustration de Bratislava pour Fleur-de-Lupin.

A découvrir entre autres : A découvrir entre autres :

Remue-ménage chez madame K Les cinq affreux L’ours qui n’était pas là Moi, papa ours ? La grande question De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête

Janosch

1931 (Hindenburg, aujourd’hui en Pologne) Passé en Allemagne de l’Ouest à la fin de la guerre, il s’installe à Munich où il étudie à l’Académie des Beaux-Arts en 1953. Il travaille ensuite comme illustrateur dans la presse. Son premier livre pour enfants sera publié en 1960. Son univers stimule l’imagination de l’enfant. Janosch symbolise toute une époque. Fondamentalement irrévérencieux, il est le représentant d’un courant d’ouverture, de tolérance et d’insouciance. C’est un héritage et une référence essentiellement pour la génération des parents nés dans les années ’60. Son illustration est pleine de détails farfelus, de petits personnages saugrenus et d’un désordre réconfortant. Elle rend bien cet art de vivre où tolérance, plaisir et confort sont fondamentaux. Ses personnages, dont les biens connus Petit Tigre et Petit Ours, sont faussement naïfs, mais pleins d’une sagesse simple, tournée vers le bonheur au jour le jour. Janosch a apporté sa contribution dans l’illustration entre 1960 et le début des années 2000. Entre autres titres à découvrir :

Je suis un gros ours velu La course du lièvre et du hérisson Les fripouilles Tout est bien plus beau à Panama

Aurore, Crocodile, crocodile Florian et le tracteur Max Le prince grenouille Ratatatam

Andersen (Prix)

>>> voir aussi sous Prix

« Décerné tous les deux ans par IBBY [Union internationale pour les livres de jeunesse], c’est la plus haute récompense en matière de littérature de jeunesse qui va à un auteur (depuis 1956) et à un illustrateur (depuis 1966) pour leur contribution durable à la littérature pour enfants » 13. Les critères de sélection portent sur la qualité esthétique et littéraire de l’œuvre, mais aussi sur la capacité de se mettre à la place de l’enfant en adoptant son point de vue ainsi qu’à éveiller sa curiosité et son imagination. L’œuvre du candidat dans son entier est prise en considération. Ce prix est considéré comme un officieux petit prix Nobel de littérature pour la jeunesse. La liste des nominés est disponible sur le site de l’IBBY 14.

Angleterre >>> voir Royaume-Uni

http://www.goethe.de/ins/fr/nan/prj/kjl/aut/hh/frindex.htm Jean-Paul Gourévitch. Abécédaire illustré de la littérature jeunesse. 14 http://www.ibby.org/308.0.html 12

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Animal >>> voir Bestiaire

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Artiste Ces dernières décennies, de nombreux artistes, peintres, sculpteurs et designers ont investi le domaine du livre et en particulier l’album jeunesse. Les résultats atteints sont souvent inattendus et d’une très grande qualité. «Dans plusieurs cas, le travail des artistes dédié aux enfants a représenté un exemple de grande liberté créative. Il a été à l’origine de certaines des œuvres les plus significatives et les plus stimulantes de la production éditoriale, en ouvrant ainsi une route suivie par les enfants eux-mêmes, mais aussi par les plus attentifs des experts du secteur» peut-on lire sur le site de Opla 15.

Adèle de Boucherville

Etienne Delessert

La fabrique d’Olivier Douzou

L’ours bleu : mémoires d’un créateur d’images

Le thème de la relation entre les artistes et le monde éditorial de la littérature jeunesse a déjà été traité dans une précédente bibliographie éditée par les Bibliothèques municipales de Genève : L’ Art, mon doudou et moi, consultable en ligne 16. Au chapitre Livres d’artistes vous trouverez un choix d’albums d’artistes présents dans le fonds des Bibliothèques municipales. Entre autres, Sophie Curtil, Bruno Munari, Kveta Pacovska…

Atelier du poisson soluble, 2015 (La fabrique)

A découvrir entre autres :

>>> Voir aussi sous Editeurs particulièrement attentifs à l’illustration

Le mook

Quand les artistes créent pour les enfants : des objets livres pour imaginer Autrement /Les Trois Ourses, 2008 (Le mook) « Un panorama unique sur les livres artistiques pour les enfants à partir de la réflexion et de la collaboration de l’association Les Trois Ourses ».

Les livres de…Katsumi Komagata Les Trois Ourses, 2013

Présente l’œuvre de l’artiste principalement par l’image - de très nombreuses photographies- et relativement peu de texte – les commentaires de l’artiste. Biographie, bibliographie sélective et catalogue raisonné en fin de volume.

http://www.opla.comune.merano.bz.it/pagine/questce.php. Sur le site de l’organisme italien Opla (Oasi per libri artistici : archivio del libro d’artista per bambini), on trouve également une bibliographie très riche des artistes ayant édité des livres pour enfants, http://www.opla.comune. merano.bz.it/immagini/bibliografia_opla.pdf, ainsi qu’un aperçu de leurs archives : http://www.opla.comune.merano. bz.it/pagine/ricercaartisti.php 16 L’art, mon doudou et moi, 2009 https://issuu.com/bibliobmu/docs/doudouetmoi

Slatkine, 2015

Paul Faucher, Fondateur dans les années 1930 de la mythique collection Père Castor chez Flammarion, il a fait appel, pour illustrer ses albums, à des artistes. Ces titres sont toujours considérés comme des références en littérature jeunesse.

Astrid Lindgren (Prix) >>> voir aussi sous Prix

Pour honorer la mémoire d’Astrid Lindgren - écrivaine suédoise emblématique et promouvoir la littérature pour l’enfance et la jeunesse dans le monde, le gouvernement suédois a institué un prix international en son nom : le Prix international de littérature enfantine en mémoire d’Astrid Lindgren. Ce prix est accordé aux auteurs, illustrateurs et promoteurs de lecture par un jury de douze personnes, récompensant une œuvre ou une initiative remarquée par ses qualités artistiques. Il s’agit du plus important prix réservé à la littérature pour enfant et pour la jeunesse du monde. Il s’agit également du second prix littéraire mondial en termes de récompense financière, après le prix Nobel de littérature. La liste des lauréats est disponible en ligne 17.

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http://www.alma.se/en/

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Belgique >>> voir aussi sous Pays

Anne Brouillard

Mario Ramos

1967 (Leuven) Chez Anne Brouillard, c’est l’illustration qui porte la narration, le texte étant le plus souvent absent. Le mouvement ou l’action ne sont pasreprésentatifs de son œuvre : à travers ses peintures, elle rend des ambiances, nous parle du temps, de l’espace, de lieux et de moments précis. Ses illustrations un peu floues nous promènent, à travers des travellings très cinématographiques et suivant une rigoureuse logique réaliste. Pendant ce court moment de la narration, nous nous baladons dans les atmosphères paisibles, contemplatives, parfois mélancoliques qu’elle sait si bien créer.

1958 (Bruxelles) - 2012 (Bruxelles) Mario Ramos débute sa carrière en travaillant dans la publicité. Au début des années 1990, il se consacre totalement aux livres pour enfants. Admirateur de Tomi Ungerer et Saul Steinberg, Ramos, auteur plein d’humour, peuple ses histoires d’animaux affublés de défauts bien humains, des rois sur leur trône (des wc), quelques cochons et monstres verts pas trop effrayants. L’un de ses héros fétiches : un loup très prétentieux qui tiendra la vedette dans plusieurs de ses ouvrages. Mario Ramos était comme ça, il aimait mettre du poil à gratter dans ses récits pour raconter la vie autrement. « Pour transmettre le plaisir des livres à ses rejetons, il faut que l’adulte qui fait la lecture s’amuse aussi », insistait-il alors, heureux de susciter le rire « de façon intergénérationnelle » à travers ses dessins et ses textes.

A découvrir entre autres :

La famille foulque L’Orage Petit somme Entre autres titres à découvrir :

C’est moi le plus beau Loup, loup y es-tu ? C’est moi le plus fort

Benoît Jacques Kitty Crowther

1970 (Bruxelles) Précis, minimaliste tout en restant très expressif, saisissant l’essentiel, le trait de Kitty Crowther est adouci par l’utilisation du crayon de couleur, au trait un peu baveux. Son illustration instaure une atmosphère dense, dont la force accompagne bien l’intensité des récits, jamais anodins, toujours profonds. Kitty Crowther a reçu, entre autres, le prestigieux prix Astrid Lindgren en 2010 pour l’ensemble de son œuvre.

1958 (Bruxelles) Son trait fin à l’encre est reconnaissable entre tous : extrêmement graphique, faussement brouillon et confus, il crée des illustrations souvent chaotiques qui portent à merveille son humour de l’absurde et ses clins d’œil ludiques aux lecteurs. Ses textes ne sont pas en reste, avec jeux phonétiques et humour de situation. Considérant le livre comme un tout, avec une logique d’ensemble, ce grand amateur de papier et de l’objet livre en général, s’auto-édite d’ailleurs le plus souvent, pour éviter trop de déconvenues... http://benoitjacques.com/

A découvrir entre autres :

A découvrir entre autres :

Scritch scratch dip clapote ! Mère méduse Annie du lac Le grand désordre

La nuit du visiteur Louisa C’est bizarre

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Au lit, petit monstre ! Le roi est occupé Quand j’étais petit. Le monde à l’envers

Tom Schamp

1970 (Mortsel) Tom Schamp est un adepte du jeu d’images comme d’autres le seraient des jeux de mots. Ludiques, remplies de trouvailles graphiques, ses images sont à lectures multiples. Son illustration est gaie, pleine de détails à découvrir, portée par un imaginaire chaleureux et coloré, bref pleine d’énergie vitaminée. A découvrir entre autres :

Le livre des si… Le livre des petits pourquoi Noël blanc, Noël noir Vive la ville !

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Bestiaire Michel Pastoureau

Bestiaires du Moyen Âge Seuil, 2011

Le Moyen Âge est très bavard sur l’animal. A cette époque, la description des propriétés physiques et morales de l’animal, leurs dimensions symboliques et religieuses données par les représentations conventionnelles sont plus importantes, « plus véridiques » que les représentations réalistes. « Pour la culture médiévale, l’exact n’est pas le vrai. Au reste, qu’est-ce au juste qu’une représentation réaliste sinon une forme de représentation conventionnelle parmi d’autres. […] Elle ne constitue pas un progrès».

La littérature jeunesse hérite d’une certaine façon de cette conception : à chaque bête sont implicitement attribués certaines caractéristiques et traits spécifiques : anthropomorphisé, l’animal est métaphore de l’humain. Benjamin Rabier en donne un bon exemple à travers son œuvre :

Georges Louis Leclerc de Buffon Benjamin Rabier (ill.)

Benjamin Rabier (ill.)

Le Roman du Renard

Le Buffon choisi

Tallandier, 2004

Circonflexe, 2009

Il s’agit de la reprise intégrale de l’édition originale parue en 1909.

« Ce livre exceptionnel est une rencontre, celle du plus grand naturaliste français et du maître illustrateur des animaux. De cette rencontre naît un émerveillement qui, comme par magie, révèle l’incroyable proximité de l’homme et des animaux, mais aussi la complexité de leurs rapports. […] Le Buffon choisi, publié pour la première fois en 1924 par les Editions Garnier, est aussi le témoin d’une époque, de ses connaissances, d’une certaine idée de l’enfance. Décidément, des animaux bien proches des hommes ».

Benjamin Rabier 1864 -1939

Il est le plus célèbre illustrateur animalier du 20e siècle. Créateur, entre autres, du canard Gédéon (1923) et de l’image publicitaire de La Vache qui rit. « Blagueurs, plaisantins, malicieux, [ses animaux] sont typiquement français et solidement plantés dans la campagne française. […] Les scènes sont adroitement cadrées, les silhouettes très en place. Hergé, qui admirait beaucoup Rabier, parle de sa «lisibilité parfaite » : le trait bien fermé entoure des couleurs franches. » 18

Jean de La Fontaine, Benjamin Rabier (ill.)

Fables de La Fontaine

DE : L’éditeur Langlaude a récemment réédité toute une série d’albums de Benjamin Rabier publiés

à l’époque aux éditions Garnier : « De 1928 à 1939 Benjamin Rabier publie une bonne trentaine de petites histoires portant le nom générique de Petite collection enfantine. Chacun de ces livres, […] est l’occasion de présenter les aventures d’un animal différent. […] Grâce à la simplicité du trait, à l’harmonie du chromatisme et à un canevas astucieux, le style inimitable de Benjamin Rabier se met au service d’une pédagogie malicieuse. […] » 18 Aux Bibliothèques municipales vous trouverez :

Charlot est un phénomène (2011) Rouquinot l’écureuil (2012) Le grand pélican blanc (2011) La souris verte (2012) Joséphine (2011) Trotte-Menu (2011) Perpétue (2011)

18

Langlaude, 2011

Florilège de la version parue en 1906.

SUR :

François Robichon

Benjamin Rabier illustré : catalogue de son œuvre

Benjamin Rabier : l’homme qui fait rire les animaux

Tallandier, 2003

Hoëbeke, 1993

« Inventaire le plus achevé à ce jour des productions de ce créateur protéiforme. […] Un ouvrage de référence pour les collectionneurs et les amateurs de graphisme ».

Au dos des albums

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André Laclôtre, dit Helle 1871-1945

André Hellé

Drôles de bêtes MeMo, 2011

« Un portrait attachant de vingt animaux allant du tigre au dindon, de l’ours à l’oiseau des îles. Il s’agit d’un livre exceptionnel par sa taille, sa qualité d’impression, son texte calligraphié de la main de l’artiste, son choix de papier gris perle, sa mise en page et ses vingt planches contrecollées, lithographiées et rehaussées au pochoir » 19 « Drôles de bêtes marque l’émergence de l’album d’artiste. Totalement révolutionnaire à l’époque […] il nous apparaît aujourd’hui encore d’une grande modernité […]. Après plus de vingt années de recherches graphiques, [André Hellé] atteint avec Drôles de bêtes, le sommet de son art. Reconnu […] comme l’un des « précurseurs du Cubisme », il propose ici une œuvre résolument nouvelle qui annonce le souci de lisibilité des mouvements modernistes russes. […] Avec lui le mouvement moderne de peinture est entré dans l’illustration du livre pour enfants. » 20

Arni Kanchana et Gita Wolf

Rambharos Jha

Bestiaire indien

Bestiaire du Gange

« Chaque tradition artistique a sa propre façon d’imaginer et de représenter les animaux, et c’est à partir de cette idée que ce bestiaire a été conçu. Grâce au soin extrême apporté à sa fabrication les pages de cet ouvrage sont des sérigraphies, faisant de chaque image une quasi-recréation de l’original -, l’animal représenté révèle la singularité de l’art de la région d’Inde dont il provient. […] Ce sont la plupart du temps des symboles, mais dont la signification varie d’une tradition à l’autre. […]Les images de ce Bestiaire indien ne visent pas à représenter l’animal tel qu’il est dans la vie réelle; elles sont l’expression d’un imaginaire et d’une personnalité, la marque d’un style, celui des artistes associés à l’élaboration de ce livre. » 21

« Ce bestiaire révèle le style vibrant et délicat d’un artiste héritier de la riche tradition du Mithila. […] Chaque page de cet ouvrage entièrement fabriqué à la main est une sérigraphie, ce qui en fait un imagier hors du commun et un vrai livre d’art. » 22

Actes sud, 2007

Actes sud, 2011

Joëlle Jolivet

Francesco Pittau, Bernadette Gervais

Zoo logique

Axinamu (2010) Nacéo (2012) Oxiseau (2010)

Seuil, 2012

Voici les animaux rangés en bon ordre mais selon des critères originaux. Les animaux à taches, à cornes ou les tout petits se retrouvent regroupés sur des doubles pages de cet album de très grand format. Les belles gravures de Joëlle Jolivet restituent de façon simple et claire l’essentiel de chaque bête.

Ed. des Grandes personnes Grands formats à rabats et pages découpées pour jouer à créer, reconstituer ou simplement découvrir les animaux de la mer, les mammifères ou les oiseaux.

De manière générale, les animaux sont très présents dans l’illustration jeunesse. « […] L’animal est un passeur. Qu’il soit à l’image de l’enfant, vivant comme lui (Babar), ou qu’il ait une histoire propre au milieu de ses congénères (Bambi), c’est souvent lui qui attire le tout-petit dans l’univers du livre. Et les plus grands sont tout aussi sensibles aux récits narrant les aventures d’un animal courageux. » 23 Par ailleurs, « Il apparaît de fait que l’enfant et l’animal participent dans une large mesure d’une même nature, ce que confirment nombre de métaphores et comparaisons animalisantes ; à l’anthropomorphisation des animaux répond ainsi l’animalisation des enfants. » 24 Voici quelques personnages récurrents, classés par « espèce » :

http://mediatheque-bourges.fr/EXPLOITATION/JEUNESSE/doc/ALOES/1875755 20 Dans l‘album 21 http://www.actes-sud-junior.fr/9782742766376-l-collectif-bestiaire-indien.htm 22 Dos du livre 19

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Cochon

Ian Falconer avec le personnage d’Olivia Anaïs Vaugelade, avec la série de la Famille Quichon Arthur Geisert et ses très belles gravures, uniquement de cochons A ne pas manquer : La cochonothèque idéale In : Griffon : la revue des livres Enfance et Jeunesse, no 183-184 (2002)

Eléphant

Jean de Brunhoff et son incontournable Babar David MacKee, avec Elmer Benjamin Chaud, avec Pomelo

Lapin

Beatrix Potter et son très classique Pierre Lapin Loïc Jouannigot et la Famille Passiflore Grégoire Solotareff et son Petit Lapin Rosemary Wells avec Max

Ours

Maurice Sendak et Petit-Ours Tadao Miyamoto avec Ma maman et moi, Mon papa et moi…. Anna Höglund avec la série Lola et Léon

23 Exposition Babar, Harry Potter et cie de la Bibliothèque nationale de France http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/pedago/personnages.pdf 24 Marie-Françoise Melmoux Montaubin. L’Enfant et l’animal dans la littérature de jeunesse du second XIXe siècle. http://www.equipe19.univ-paris-diderot.fr/Colloque%20animal/Melmoux-Montaubin.pdf

[ 23 ]


Biennale de l’illustration de Bratislava >>> voir aussi sous Salons, Foires

C’est la manifestation incontournable pour les illustrateurs du monde entier. Elle a lieu tous les deux ans, est organisée par l’ International House of Arts for Children de Bratislava et est parrainée par l’UNESCO, en coopération avec différentes sections nationales d’IBBY. Elle reçoit l’appui du Ministère slovaque de la culture. Un concours international rassemblant de grandes pointures de l’illustration pour la jeunesse de plusieurs pays, un symposium, une grande exposition mettant en valeur le travail du lauréat du Grand prix de l’année précédente et la remise des prix composent les temps forts de cette manifestation. Un jury international composé de personnalités importantes de l’édition et du livre pour la jeunesse décerne les prix suivants : Grand Prix, Pomme d’or, 25 Plaque d’or, mention spéciale à un éditeur. Liste des lauréats disponible en ligne.

Bologne (Foire internationale du livre de jeunesse) >>> voir aussi sous Salons, Foires

La Foire du livre de jeunesse de Bologne (en italien, La fiera del libro per ragazzi, en anglais The Bologna Children’s Book Fair) est le plus important salon international consacré à la littérature pour la jeunesse. Créée en 1963, cette Foire annuelle du livre de jeunesse a lieu en mars ou avril. Son accès est réservé aux professionnels du livre jeunesse : auteurs, illustrateurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, traducteurs, journalistes… De nombreux exposants composés d’éditeurs ou de fabricants de livres se rendent à la foire dans le but de vendre et/ou acheter des droits pour des traductions et des produits dérivés. Chaque année, un jury constitué de personnalités internationales reconnues dans le domaine de la littérature jeunesse décerne des prix : > Fiction > Non fiction (pour les documentaires) > New Horizons (pour les éditeurs des pays arabes, d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique) > Opera prima (pour les premières œuvres)

Des mentions ou mentions spéciales sont régulièrement décernées à des œuvres méritant d’être mises en lumière. Liste des lauréats disponible en ligne. 26

BRODERIE (technique) >>> voir aussi sous Techniques

Surprenante technique d’illustration ! Dans l’édition, les broderies élaborées par les artistes sont photographiées, afin d’être reproduites sur la page en papier.

Louise-Marie Cumont

Muriel Bloch, Sandra Dufour (ill.)

Les chaises (MeMo, 2009) Au lit ! (MeMo, 2009) A table ! (MeMo, 2010) En voiture ! (MeMo, 2011) La roue (MeMo, 2013)

Mette et les cygnes sauvages Thierry Magnier, 2012

Interprétation très fine, onirique et poétique – et en broderie - de ce conte d’Andersen. Sandra Dufour mène par ailleurs un très beau travail d’artiste mêlant parfois de la sérigraphie à ses broderies . 27

Assemblages de formes géométriques en tissu, « façon patchwork » autour d’un sujet. L’artiste réalise l’original en tissu, à la demande. Les éditions MeMo nous proposent une version papier de ce travail. Les reproductions de bonne qualité permettent d’imaginer la matérialité des tissus.

Gwen Le Gac

Douze

Thisou Dartois

Actes sud junior, 2012

Le Petit Poucet

Douze portraits de bébé dans différentes situations, toutes accompagnées d’un objet en relation. Quelques traits de couture très expressifs, esquissent, suggèrent les différentes attitudes. Le côté « pas fini », avec des fils qui traînent librement sur le tissu, suggère le moment éphémère, le mouvement.

A découvrir : Artists and masterpieces of illustration : 50 illustrators exhibitions 1967-2016 25

http://www.bibiana.sk/en/biennial-animation-bratislava https://fr.wikipedia.org/wiki/Foire_du_livre_de_jeunesse_de_Bologne http://www.bookfair.bolognafiere.it/en/home/878.html

26

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27 28

http://www.sandradufour.com/ http://www.lerouergue.com/catalogue/le-petit-poucet

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Rouergue, 2015

Le conte du Petit Poucet revisité à l’aide de gros points brodés façon naïve. « L’image donne à voir sur le recto des pages une version « classique » du conte. Mais au verso, c’est l’envers du décor. Les fils racontent autre chose et souvent le contraire. À des images douces répondent d’autres plus inquiétantes. Un jeu sur les différentes façons de lire les contes… » 28


Calligramme « Texte, le plus souvent poétique, dont les mots sont disposés de manière à représenter un objet qui constitue le thème du passage ou du poème » nous dit le dictionnaire Larousse 29. En d’autres mots, c’est un texte qui, par sa disposition dans l’espace, dessine une image. « Les mots ont une âme, et dans le mot écrit lui-même on trouve autre chose qu’une espèce d’algèbre conventionnelle. Entre le signe graphique et la chose signifiée, il y a un rapport. Tout aussi bien que la chinoise, l’écriture occidentale a pour elle-même un sens, et un sens d’autant mieux que, tandis que le caractère chinois est immobile, notre mot marche » 30. Jérôme Peignot

Typoésie : entre le visible et le lisible Imprimerie nationale, 1993

Apollinaire, Aurélia Grandin (ill.)

Rachid Koraïchi

Le Apollinaire

La Poésie arabe

Aurélia Grandin met magnifiquement en images – et en scène - les poèmes d’Apollinaire et, entre autres, ses calligrammes dans cet album de la belle collection Albums Dada . « En accord avec la peinture de son époque, ses calligrammes souscrivent avec génie aux possibilités figuratives du vers » . 31

« Les créations, signes et écrits de Rachid Koraïchi cheminent à travers les mots et les rythmes » . 32

Mango, 2000 (Il suffit de passer le pont. Albums Dada)

Mango, 1999 (Album Dada)

Explore les liens entre signe, image et poésie. Hassan Musa

Application Zébra Grandir, 2012

Olivier Douzou

Boucle d’or et les trois ours Rouergue, 2011

Contrairement à ce qui est dit plus haut, ici, le texte ne devient pas image ; Olivier Douzou illustre ce conte bien connu uniquement à partir de signes typographiques, surtout des chiffres, des symboles de ponctuation, des lettres parfois. Alors que lettres et symboles deviennent illustration, le texte, de son côté, écrit par moments à l’aide de chiffres, en «mode phonétique», doit être lu phonétiquement, et devient ainsi son.

Marion Bataille

Bruits

Magnier, 2005 Marion Bataille dessine avec des lettres. Elle reproduit l’image du bruit sur le papier de la page en utilisant des onomatopées et une typographie adaptée.

« Des calligraphies se métamorphosent en animaux, en entrelacs, en lettres arabes, en vagues, en personnages, au fil de cet album en accordéon. Avec un zèbre comme fil rouge ». 33

Rachid Koraïchi

Poésie arabo-andalouse : petite anthologie Michalon, 2006 (Tatou poésie) Rachid Koraïchi illustre les textes à l’aide de signes graphiques, lettres de l’alphabet arabe et mots.

Dans le livre Dans le livre 33 Dans le livre 31

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/calligramme/12366 30 Citation de Paul Claudel In : Jérôme Peignot, Typoésie : entre le visible et le lisible. Imprimerie nationale, 1993 29

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32

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Calligraphie arabe et orientale La place de la calligraphie en Orient a été très différente de sa place en Occident, puisque l’apprentissage de l’art du trait était la base de la formation classique du peintre en Asie, dans des civilisations qui ne séparent pas la lettre et le dessin, le mot et l’image, le corps et l’esprit, le matériel et le spirituel. Lorsque les signes s’animent sous la main de l’artiste calligraphe, naît une véritable chorégraphie où la lettre et l’esprit se fondent en un même trait. En Extrême-Orient, la calligraphie occupe une place de première importance parmi les expressions artistiques, elle sert de référence aux autres arts. Elle a pour caractéristique de réaliser l’union indissoluble entre le tracé d’un signe graphique et la communication visuelle et immédiate de significations et elle est considérée, avec la poésie et la peinture, comme l’un des trois « arts suprêmes ».

A découvrir aussi :

Calligraphie de terre Hassan Massoudy : calligraphe de Bagdad L’histoire de Gilgamesh Calligraphie arabe vivante Calligraphie du désert

François Cheng 1929 (Chine) -

Hassan MassoudY 1944 (Irak) -

Hassan Massoudy est né dans le Sud irakien. Après avoir passé quelques années à Bagdad, il s’installe à Paris où il suit les Beaux-Arts. Rapidement la calligraphie va s’infiltrer dans ses œuvres figuratives. En 1972 il crée un spectacle, Arabesque, mêlant musique, poésie et calligraphie qui sera présenté en Europe durant 13 ans. Cette expérience marque un tournant dans sa démarche artistique. Dès lors il rompt avec une calligraphie arabe traditionnelle en noir et blanc et introduit la couleur dans son travail. Il a gardé l’esprit de l’artisan composant ses œuvres à l’aide d’un roseau et prépare lui-même ses encres à partir de pigments. Les créations d’Hassan Massoudy sont le fruit d’une rencontre entre le passé et le présent, entre l’art oriental et l’art occidental, entre la tradition et la modernité.

François Cheng arrive à Paris en 1948 et fait des études littéraires dans les années 1960. Très jeune il a été initié à la calligraphie comme tous les Chinois des familles lettrées. Tout d’abord il publie et traduit de la poésie chinoise, puis il écrit des romans en français. François Cheng n’est pas seulement écrivain, il est également artiste et est l’auteur de nombreuses calligraphies. Il raconte : « Mon père ne m’a pas légué des meubles ou des bijoux, mais des bâtons d’encre. Depuis trois ou quatre générations, ces bâtons sont un trésor de famille plus précieux que l’or. La pratique quotidienne de cette discipline m’est devenue indispensable, comme une prière intérieure ».

François Cheng

Et le souffle devient signe : portrait d’une âme à l’encre de Chine Iconoclaste, 2010

Hassan Massoudy

Les quatrains de Rûmî Albin Michel, 2003

L’interprétation que donne le calligraphe arabe Hassan Massoudy des poèmes de Rûmi, penseur mystique persan du XIIIe siècle, reflète admirablement l’enseignement soufi, à la fois tradition vivante et sagesse universelle.

[ 28 ]

Un trait n’est pas une simple ligne, il est l’incarnation même du Souffle. La calligraphie n’autorise pas la retouche. Un bon calligraphe doit posséder le sens de la cadence, de la maîtrise spontanée, des contrastes de lignes et des nuances de ton. La meilleure comparaison est dans l’interprétation musicale. L’enchaînement des gestes d’un violoniste et sa musique rappellent le mouvement du pinceau et les jeux de l’encre. La calligraphie est une musique de l’âme.

[ 29 ]


Fabienne Verdier 1962 (Paris) -

L’artiste peintre est diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Au début des années 1980 elle part en Chine, dans la province du Sichuan, où elle découvre les secrets de la calligraphie. Pendant dix ans elle va poursuivre son apprentissage et sa quête, tant artistique que philosophique, et tenter de comprendre au contact de grands peintres la force et la souplesse du trait en peinture. Revenue en France elle travaille sur de grands châssis posés au sol avec de nouveaux outils qu’elle a confectionnés elle-même et qui lui permettent une approche nouvelle du trait et de la forme.

A découvrir :

Fabienne Verdier, peindre l’instant ; Poésie chinoise Fabienne Verdier, la traversée des signes L’unique trait de pinceau

Florent Chavouet

Tokyo sanpo

Picquier, 2009

La bande dessinée part en voyage : dix carnets de voyage réalisés par les plus grands auteurs de BD Casterman, 2003 Livre adapté du numéro GEO hors-série Le monde dessiné par les plus grands paru en novembre 2002. Les artistes ont sillonné la planète (Tanger, les Marquises, le mont Fuji...) A travers leurs périples, ils ont ramené des carnets de voyage inédits, colorés, bourrés d’anecdotes personnelles et passionnantes.

Carnet de voyage en bande dessinée décrivant l’âme de Tokyo et de ses habitants au fil d’une promenade dans la ville et de rencontres inattendues. Chaque chapitre s’organise autour d’un quartier. L’auteur utilise ses crayons de couleurs, le texte et les dessins très colorés partent dans tous les sens, s’emmêlent, un sacré fouillis pour le plus grand plaisir des yeux. Ses BD sont belles, drôles, instructives et remplies d’une joie de vivre communicative.

Maxence Fermine

Zen

Lafon, 2015 Chaque jour, de l’aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l’art subtil de la calligraphie. Une activité mêlant la peinture à l’écriture dont la frontière est si ténue qu’elle en paraît invisible. Un roman qui parle de calligraphie avec beaucoup de délicatesse et de poésie.

Guy Delisle Pascale Argod

L’art du carnet de voyage Alternatives, 2014

Carnets de voyage Reportage dessiné ou images exotiques, mais aussi guide touristique, livre d’artiste, carnet intime, le carnet de voyage oscille entre style documentaire journalistique et expression plastique plus personnelle. Entre texte et image, il emprunte autant à la littérature viatique qu’aux arts visuels. Cet art singulier combine styles et techniques, créativité plastique et littéraire. C’est un genre hybride et florissant. [ 30 ]

La naissance du carnet de voyage remonte à la Renaissance. Combinant différents styles et techniques, mêlant créativité plastique et littéraire, cette forme d’art a été continuellement pratiquée jusqu’à aujourd’hui par les artistes et les écrivains.

Chroniques birmanes Pyongyang Shenzhen Chroniques de Jérusalem Delcourt

Guy Delisle a voyagé soit pour suivre sa femme travaillant pour Médecins sans Frontières, soit pour son compte personnel. Ses dessins en noir et blanc assez minimalistes, un peu froids, nous livrent des anecdotes et des réflexions souvent très pince-sans-rire, mais toujours enrichissantes. Que ce soit pour parler de la dictature d’un pays, de son expérience de père au foyer, de ses rencontres avec des amis ou collègues, son style reste unique, incisif et très observateur. [ 31 ]


Jacques de Loustal Jacques Ferrandez

Carnets d’Orient : Voyage en Syrie Liban Irak : 10 ans d’embargo Istanbul Casterman Dans les carnets de Jacques Ferrandez nous sommes tout de suite plongés dans l’effervescence, les couleurs et les saveurs des pays qu’il découvre. A travers ses délicates aquarelles, ses croquis au crayon, il rend un véritable hommage au voyage : source de rencontres, de moments partagés au hasard des déambulations, d’expériences et d’enrichissements personnels.

Carnet de voyages Seuil

Les carnets de voyage de Jacques de Loustal nous emmènent dans les quatre coins du monde. Son style graphique est très coloré, lumineux, sensuel et particulièrement reconnaissable sous toutes ses formes : pinceau, plume, encre, peinture, fusain. Inspiré par le Fauvisme et l’artiste David Hockney, il revient les valises chargées de superbes dessins.

1981-1989 1997-1999

Carré (format)

2000-2002

>>> voir aussi sous Format

Le format carré possède le pouvoir de canalisation de l’image en concentrant l’attention et l’énergie en son centre. Petit bleu, Petit jaune de Leo Lionni (1970, Ecole des loisirs) a été un des premiers albums publiés dans un format carré et met en évidence l’illustration abstraite de l’album. Ouvrages notables en format carré : Titouan Lamazou

Craig Thompson

Titouan au Congo ou Congo Kinshasa

Un Américain en balade

A travers ses dessins, croquis, notes, gouaches, collages, photographies qui nourrissent ses carnets de voyage, Titouan Lamazou nous invite ici à partager ses rencontres avec des artistes d’horizons contrastés. Kinshasa est plus qu’une ville de corruption et de guerres, mais la ville, selon l’auteur, la plus créative du continent africain. Riches en couleurs vives, les images sont fortes, belles.

Craig Thompson débarque en France pour un séjour d’un peu plus de deux mois en Europe et au Maroc. Fidèle à son dessin, l’auteur nous livre des images en noir et blanc, réalistes, déroulées jour après jour à la manière d’une chronique personnelle du temps qui passe. Entre les petits riens qui pimentent son quotidien et les personnages attachants qui sont croqués avec tendresse nous pouvons ressentir son émerveillement à chaque page.

Gallimard, 2001

Macao et Cosmage ou L’expérience du bonheur Edy-Legrand L’œuf et la poule Enzo et Iela Mari

Casterman, 2005

Children’s laureate (PRIX) >>> voir aussi sous Prix

Créé en Grande-Bretagne en 1999, Children’s Laureate distingue tous les deux ans un écrivain et un illustrateur de littérature jeunesse. Un jury examine les recommandations émanant d’associations de bibliothécaires, critiques et auteurs ainsi que d’IBBY. Il prend également en considération les auteurs et illustrateurs nominés par les enfants. Liste des lauréats disponible en ligne 34.

34

[ 32 ]

https://en.wikipedia.org/wiki/Children%27s_Laureate

[ 33 ]


Contes Dans les premières éditions de livres de contes, l’illustration se limitait à une fonction de frontispice introduisant chaque conte. Au fil du temps, « elle n’a cessé de conquérir l’espace jusqu’à prendre le pas sur le texte, voir à se passer de ce dernier […] » 35. Si « par le surnaturel qui l’habite, le conte de fée s’offre comme un domaine de prédilection à la fantaisie de l’illustrateur […] il y a là un potentiel de liberté que d’aucuns sauront parfaitement ignorer ». C’est ainsi que « Se constitue […] une imagerie restreinte du conte de fée, partie intégrante du conte et se transmettant avec lui, fortement inspirée par les dessins ornant la copie manuscrite de 1695 et que [Antoine] Clouzier grava pour l’édition originale des contes de Perrault de 1697 » 35. A partir de là, pour les mêmes contes, ce sont souvent les mêmes scènes qui seront représentées par l’illustration et qui marqueront les esprits de génération en génération. Toutefois, « Force est de constater le poids de la transmission d’une imagerie en même temps que l’inépuisable potentialité de création offerte par le merveilleux dont certains illustrateurs ont su tirer le plus grand profit, se montrant par là même de véritables visionnaires. » 35 Dès lors, par cet héritage conséquent, illustrer un conte aujourd’hui est un défi, un exercice de style. Comment apporter encore un regard neuf ?

Max Eilenberg, Angela Barrett (ill.)

Hans Christian Andersen, Angela Barrett (ill.)

La Belle et la Bête

Les habits neufs de l’empereur

Gründ, 2007

Gründ, 1997

Ivan Iakovlevitch Bilibine

1876 (Près de Saint-Pétersbourg) -1942 (Léningrad)

« Bilibine a marqué l’illustration du conte populaire et merveilleux russe par ses dessins et peintures fortement inspirés de l’art médiéval religieux et populaire russe » 35. Hans Christian Andersen, Ivan Iakovlevitch Bilibine

Ivan Iakovlevitch Bilibine

La petite sirène

Flammarion, 1937

Actes sud junior, 1997 (Les grands livres)

Fac-similé de la première éd. de 1937.

Rose Celli, Ivan Iakovlevitch Bilibine

Contes de Russie

Conte du petit poisson d’or Flammarion, 1937 (Les albums du Père Castor)

Angela Barrett

Fac-similé de la première éd. de 1937.

1955 (Essex) -

Son style pictural, souvent inspiré par l’art romantique, nous offre des atmosphères intenses et des illustrations allusives, pleines de détails et de symboles, qui conviennent bien aux contes. Josephine Poole, Angela Barrett (ill.)

Blanche-Neige Kaléidoscope, 2002

Walter Crane

1845 (Liverpool) - 1915 (Horsham)

Est considéré comme l’illustrateur le plus influent de sa génération, dont l’imagerie aura marqué des générations d’enfants. Promoteur du mouvement « Arts and Crafts », il utilise dans son illustration le style décoratif de l’Art Nouveau. Charles Perrault, Walter Crane (ill.)

Trois contes merveilleux MeMo, 2013 Fac-similé de la première éd. de 1937. 35 Olivier Pfiffault (dir.). Il était une fois…les contes de fées. Seuil, BNF, 2001. P.155 et ss. Cet ouvrage, publié à l’occasion de l’exposition « Contes de fées » organisée à la Bibliothèque nationale de France en 2001 retrace l’histoire de l’illustration des contes à travers les collections de la BNF.

[ 34 ]

[ 35 ]


Gustave Doré

Kay Nielsen

Illustrateur mythique, il a marqué les imaginaires et laissé une trace dans l’inconscient collectif au point d’inspirer – de façon consciente ou pas – un grand nombre d’illustrateurs parmi ceux qui lui ont succédé. Son illustration est un mélange de tendresse, humour et horreur ; entre funèbre, tragique et merveilleux. Maître dans l’art de la mise en scène, Gustave Doré « impose à travers les quarante planches réalisées pour l’édition Hetzel en 1862 une vision dramatique des contes de Perrault tant par sa théâtralité que par l’effroi qu’elle suscite. » 35

Ses « paysages stylisés, voire épurés, […] les atmosphères obscures et les couleurs froides, participent puissamment à l’étrangeté de ses images. » 35 Son illustration, comme pour Edmond Dulac, est influencée par l’estampe japonaise et les miniatures orientales, « dans un style toutefois plus décoratif, où percent les qualités d’un décorateur de théâtre » 35. Les studios Walt Disney ont à plusieurs reprises fait appel à ses talents d’illustrateur.

1832 (Strasbourg) - 1883 (Paris)

1886 (Copenhague) -1957 (Los Angeles)

Charles Perrault Gustave Doré (ill.)

Annie Renonciat

Contes

ACR, 1983 (Bibliothèque des arts)

>>> voir aussi sous Peinture

Kay Nielsen (ill.)

Contes du Nord

Contes de Norvège : contes anciens des pays du Nord

Bibliothèque nationale de France, 2015

La vie et l’œuvre de Gustave Doré

Pocket, 2012

Kay Nielsen (ill.)

Ed. Corentin, 2011

Arthur Rackham

1867 (Londres) - 1939 (Limpsfield)

Edmond Dulac

1882 (Toulouse) -1953 (Londres)

Français naturalisé anglais, il a « prêté à l’illustration du conte ses talents de coloriste hors pair soumis à des influences multiples (Préraphaélisme, estampe japonaise, miniatures orientales) » 35. Hans Christian Andersen, Edmond Dulac (ill.)

Hans Christian Andersen, Edmond Dulac (ill.)

Le jardin du paradis et autres contes

La reine des neiges

Corentin, 1996 (Les plus beaux contes illustrés)

« Illustrateur de la féérie par excellence, il a fait des légendes et récits merveilleux son domaine de prédilection où exercer son art du crayon et du pinceau » 35. James Hamilton

Charles Perrault, Grimm, Arthur Rackham (ill.)

Arthur Rackham : l’enchanteur bien-aimé

La Belle au bois dormant Blanche-comme neige et Rose-Pompon Le Petit Chaperon Rouge et autres contes de l’enfance et du foyer

Corentin, 2011

Corentin, 1996 (Les plus beaux contes illustrés)

Hans Christian Andersen, Edmond Dulac (ill.)

La petite sirène ; Conte du vent Corentin, 1996 (Les plus beaux contes illustrés)

Friedrich Heinrich Karl de La Motte-Fouqué, Arthur Rackham (ill.)

Ondine

Petit gnome et autres contes de l’enfance et du foyer Trois petits hommes de la forêt et autres contes de l’enfance et du foyer Corentin, 1994 (Les belles images)

Corentin, 1994 (Les belles images)

Lewis Carrol, Arthur Rackham (ill.)

Alice au pays des merveilles Tourbillon, 2010 (Histoires universelles) 35 Olivier Pfiffault (dir.). Il était une fois…les contes de fées. Seuil, BNF, 2001. P.155 et ss. Cet ouvrage, publié à l’occasion de l’exposition « Contes de fées » organisée à la Bibliothèque nationale de France en 2001 retrace l’histoire de l’illustration des contes à travers les collections de la BNF.

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[ 37 ]


Guennadi Spirine 1948 -

Peintre russe émigré aux Etats-Unis. Son art se situe entre tradition et style personnel ; il puiserait son inspiration dans l’oeuvre du peintre médiéval d’icônes Andreï Roublev ainsi que celle de Pieter Bruegel. Féérique et pleine de détails, son illustration convient parfaitement aux contes. Guennadi Spirine (ill.)

Arnica Esterl, Guennadi Spirine (ill.)

L’oiseau de feu

Le Brochet

Gautier-Languereau, 2003

Corée

Sorbier, 1990 Aaron Shepard, Guennadi Spirine (ill.)

La fi lle du roi des mers Casterman, 1999

John Tenniel

1820 (Londres) - 1914 (Londres)

Edgar Tijtgat

1879 (Bruxelles) – 1957 (Bruxelles)

Lewis Carrol, John Tenniel (ill.)

Charles Perrault, Edgar Tijtgat (ill.)

Alice au pays des merveilles

Le Petit Chaperon rouge

Hachette, 1984 (Grandes œuvres)

Les éditions Corentin, notamment avec leur collection « Les belles images », privilégient l’édition de contes, grands mythes et récits d’imagination édités, reliés avec le plus grand soin et illustrés par les plus grands illustrateurs.

Albin Michel, BNF, 2015

Gravures sur bois. Fac-similé de l’édition de Bruxelles : C. Van Oest, 1921

>>> voir aussi sous Pays

Les maisons d’édition françaises et suisses ont marqué leur intérêt pour les parutions coréennes. De nombreux albums sont traduits en français, permettant de découvrir une grande variété d’auteurs et d’illustrateurs de qualité. Il s’agit d’une des littératures pour la jeunesse étrangères les plus représentées en France. Cette variété permet d’aborder la culture coréenne, si différente et très poétique où la nature et les animaux tiennent une grande place. Tae-hee Han

Deux albums disponibles en français.

En un tour de main, un jeu de main pour découvrir des animaux et les dessiner Le monde à l’envers L’imagination est sollicitée pour porter un regard différent sur les objets à l’endroit ou à l’envers.

Lisbeth Zwerger 1954 (Vienne) -

Elle est considérée comme l’héritière d’Arthur Rackham, par ses jeux de transparences et les tons sépia utilisés. Hans Christian Andersen, Lisbeth Zwerger (ill.)

Poucette

de Youn Young-seon et Jeun Keum-ha

Des mots plus légers Grimm, Lisbeth Zwerger (ill.)

Nord-Sud, 2004

Keum-ha Jeun

Le Petit Chaperon rouge Ed. Corentin, 2011

Dans le texte et dans les illustrations, cet album exprime clairement les émotions tout en délicatesse.

Grimm, Lisbeth Zwerger (ill.)

Les sept corbeaux Duculot, 1981

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Jae-hong Kim

1958 (Gyeonggi-do) Il a étudié à l’Université de Hongik à Séoul. Illustrateur et peintre, il a publié de nombreux livres en Corée, notamment Enfants de la rivière qui a remporté le prix international du livre Espace enfants en 2004. «Pour moi, l’homme et la nature ne sont pas séparés, ils ne font qu’un ; voilà ce que je veux exprimer dans mes œuvres.» La peinture à l’huile est son moyen d’expression. A découvrir entre autres :

Dans les bois Nuages Le parapluie vert

Sung-min Kim

Dessin au trait >>> voir aussi sous Techniques

Marie Dorléans

(France) Elle utilise un stylo noir très fin pour son dessin au trait sobre et précis, où la couleur est peu présente, pour le décor et les personnages qu’elle souhaite volontairement gris et très fouillés. Son travail est très poétique.

(Corée du Sud)

A découvrir :

Pour son album : Frère Lune et sœur Soleil, il a travaillé la gravure sur bois et ajouté des couleurs à l’aquarelle. Voici une légende traditionnelle sur la naissance de la lune et du soleil, ou comment deux enfants se sont transformés pour échapper à un tigre.

Mon voisin On dirait que… La tête ailleurs L’invité C’est chic !

Yun-deok Kwon

1960 (Osan) En 1993, elle vient à l’illustration en réalisant un album pour son enfant. En 1998, elle suit des cours de dessin chinois. Son dessin est d’une grande finesse et comporte beaucoup de détails. On découvre la vie quotidienne des familles coréennes. A découvrir :

Ma maison en Corée Mon chat fait tout comme moi

Suzy lee

1974 (Séoul) Elle a étudié les arts appliqués à l’Université nationale de Séoul. En 2000, elle suit les cours au Camberwell College of Arts de Londres. Elle a déjà publié plusieurs ouvrages en Corée et en Italie. Ses albums, la plupart sans texte, sont pleins de finesse, de poésie et d’humour. « Suzy Lee utilise dans ses dessins un nombre limité de couleurs et une technique d’une grande simplicité. Parmi les matériaux d’art, elle utilise particulièrement le charbon parce qu’il exprime des qualités contraires dans un même temps : volume et lignes nettes, statique et dynamique. Son style est simple et direct, avec une grande expressivité. » 36

Philippe Dumas

1940 (France) « Son crayonnage désinvolte et expressif rehaussé de couleurs douces excelle à rendre les paysages, les intérieurs et, chose plus rare, les atmosphères affectives ». Il utilise comme technique l’encre de Chine et l’aquarelle, il mêle la nostalgie d’une élégance de style à la remise en question des tabous éducatifs.

36

http://www.livreparis.com/Visiter/Pays-a-lhonneur/Suzy-Lee/

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Ombres Zoo sans animaux

1928 (Etats-Unis) - 2012 (Etats-Unis) La série Petit ours, écrite par Minarik est illustrée par un dessin au trait de plume et d’encre plutôt classique, un peu austère, très légèrement rehaussé avec de la couleur. Maurice Sendak fit aussi l’objet de violentes critiques lors de la sortie en 1963 de son best-seller Max et les maximonstres, chef-d’œuvre de la littérature enfantine. En 1970, il reçoit le prix Hans Christian Andersen pour l’ensemble de son œuvre. Il restera l’un des plus talentueux illustrateurs de son temps. A découvrir :

Max et les maximonstres On est tous dans la gadoue Pierre Prosper-Bobick Petit ours

A découvrir également :

Miroir La vague Ouvre ce petit livre

Maurice Sendak

A découvrir :

L’Angleterre est une fête Histoire d’Edouard La petite géante Menteries et vérités Ce changement-là [ 41 ]


Ecoles

Isabelle Simler

(France) L’auteure est reconnaissable grâce à ses crayons de couleurs, son trait fin qu’elle utilise avec une précision de maître. A découvrir :

L’heure bleue Plume Tête-à-tête avec mon chat Le caillou de Ferdinand

La HEAD – Genève, Haute école d’art et de desigN

La HEAD est née en 2006 de la réunion de deux écoles bicentenaires, l’Ecole supérieure des beaux-arts et la Haute école d’arts appliqués. Urbaine et internationale, elle accueille plus de 700 étudiants de 40 nationalités différentes et propose des formations de niveau Bachelor et Master: (communication visuelle, arts visuels, design mode et accessoires, cinéma, design d’espace). >>> Site de l’école : https://www.hesge.ch/head/

L’ECAL – Lausanne

Ecole incontournable sur la scène mondiale de l’art et du design. Elle offre six filières de niveau Bachelor (arts visuels, cinéma, design graphique, design industriel, media & interaction design, photographie) et cinq de niveau Master (arts visuels, cinéma, design de produit, photographie, type design). >>> Site de l’école : http://www.ecal.ch/fr/100/homepage

Peter Sis

1949 (République Tchèque) Son œuvre se distingue par son pointillisme très personnel : un graphisme très travaillé, des accumulations de lignes et de points, un dessin fouillé. L’art du détail, la simplicité et le raffinement de ses illustrations font que Peter Sis fascine autant les enfants que les adultes. Son graphisme est inspiré de la tradition tchécoslovaque et des illustrations du début du XIXe siècle. Ses sujets de prédilection concernent le difficile apprentissage d’une culture différente de la sienne, la force du destin, l’exploration de mondes inconnus et imaginaires, les figures mythiques… A découvrir :

Madlenka L’arbre de la vie Un rhinocéros Arc-en-ciel Petit conte du Grand Nord

Ecole Emil Cohl

L’Ecole Emile Cohl est spécialisée depuis plus de 30 ans dans l’enseignement du dessin, elle est basée à Lyon. Elle propose des cours d’infographie, d’illustration, de jeux vidéo, de bande dessinée… L’école a formé plus de 1’500 professionnels de l’image contemporaine dont la plupart sont des figures reconnues et célèbres de l’édition, du film d’animation, du jeu vidéo et des arts numériques. >>> Site de l’école : http://www.cohl.fr/en/

Haute école des arts du Rhin

La HEAR offre en France le plus grand choix de diplômes en arts plastiques, ainsi que des formations musicales d’excellence. Elle regroupe des enseignements dans les champs de la musique, de l’art contemporain, de la communication visuelle et du design. Implantée sur trois sites à Mulhouse et Strasbourg, elle prépare quelque 700 étudiants à devenir des créateurs, auteurs, musiciens, graphistes, artistes, illustrateurs, par exemple. >>> Site de l’école : http://www.hear.fr/

Les écoles d’art en Belgique Mark Alan Stamaty

1947 (New-York) Auteur de bande dessinée et illustrateur pour enfant. Son dessin est très dense, touffu, en noir et blanc principalement, il s’emmêle avec le texte et laisse peu de vide dans la page. Son style est presque obsessionnel, on peut y voir une ressemblance avec certains dessins d’art brut.

Il existe plusieurs écoles d’arts basées à Bruxelles : l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, l’Ecole de recherche graphique, l’École nationale supérieure des arts visuels de la Cambre. Elles proposent diverses formations de grande qualité dans l’illustration, la bande dessinée, la photographie, la sérigraphie, ... >>> Sites des écoles : http://www.arba-esa.be/fr/home.php http://www.erg.be/erg/ http://www.lacambre.be/index.php?nodeid=250

A découvrir :

De l’utilité des donuts

Les écoles d’art à Londres

Voici quelques écoles d’art de référence à Londres : Central Saint Martins, Royal College of Art, Chelsea College of Arts. Toutes dispensent des cours très variés en art contemporain, communication visuelle et architecture. >>> Sites des écoles : http://www.arts.ac.uk/csm/ http://www.rca.ac.uk/ http://www.arts.ac.uk/chelsea/

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Editeurs particulièrement ATTENTIFS à l’illustration « L’éditeur est beaucoup plus important qu’il n’y paraît à première vue. […Il] reste l’un des partenaires importants de la création. Sa sélection dans la masse de la production internationale correspond à une intention » 37. Le père Castor est une collection lancée en 1931 chez Flammarion par Paul Faucher. « Ardent défenseur des idées de l’éducation nouvelle 38, [Paul Faucher] souhaite faire du livre un outil démocratique de développement et d’autonomisation de l’enfant, en même temps qu’un objet d’initiation littéraire et artistique. […] L’image, à ses yeux, ne doit plus être considérée comme la servante du texte. » 37 Les aspects formels – format, typographie, mise en page, lisibilité – sont pris très au sérieux et font l’objet de beaucoup d’attention ; l’éditeur fait appel à des artistes pour illustrer ses livres, comme par exemple Jean de Brunhoff, Samivel, Gerda Muller, Feodor Rojankovsky, Nathalie Parain, Elisabeth Ivanovsky…

Robert Delpire

Nathalie Parain

Baba Yaga

Flammarion, 1996 (Père Castor)

Priorité est donnée ici aux projets d’artistes. « Les livres publiés par Robert Delpire se sont libérés des intentions éducatives et du carcan pédagogique » 36. Selon Michel Defourny, tout le futur de l’album de la deuxième moitié du 20e siècle était déjà inscrit dans sa politique éditoriale. Robert Delpire a notamment publié André François, ou le Suisse Hans Fischer. André François

Les larmes de crocodile Delpire, 2005 (Dix sur dix)

Réédition de l’album paru en 1956.

Michel Defourny. Des éditeurs, des images, des albums. Contribution dans : Images des livres pour la jeunesse. Annick Lorant-Jolly et Sophie Van der Linden (dir.). 38 Courant pédagogique qui préconise la participation active des individus à leur propre formation. 39 http://www.editions-memo.fr/-documentation40 http://www.lerouergue.com/catalogue/graphisme-illustrations 37

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Pour François Ruy-Vidal « il importait surtout d’ « ouvrir les yeux de l’enfant sur le monde » ; pas de « couleurs fades et douceâtres, pas de « propos édulcoré ». […] Refusant de cibler son public,François Ruy-Vidal contesta la spécificité de la littérature enfantine. […] Du côté de l’image, il recruta des jeunes graphistes novateurs, influencés par les tendances dominantes d’alors, comme le courant psychédélique ou le Push Pin Style. Ces nouveaux illustrateurs négocient audacieusement le rapport avec le texte. […] Tandis que le texte s’adressait à la partie acquise de l’individu, l’image s’adressait à sa nature première. » 37 Il a œuvré entre 1967 et 1978, en éditant notamment des artistes tels Etienne Delessert, Nicole Claveloux, Henri Galeron, Alain Gauthier ou encore Claude Lapointe.

Christian Bruel a lancé à partir de 1976 les éditions du Sourire qui mord (devenues ensuite Etre). « Révolutionnaires sur le plan idéologique,

les albums du Sourire qui mord, d’allure parfois austère, en raison de choix esthétiques différents, le furent également sur le plan de l’image et du rapport texte/image. Ainsi, pouvait-on lire dans le manifeste Pour un autre merveilleux, l’image ne sera pas la plate illustration du texte : nous chercherons à donner toute son autonomie au graphisme, à le libérer du récit toujours perçu comme « histoire officielle », pour permettre à l’enfant […] d’avoir sa propre lecture, celle de l’image. » 37 Editeur, entre autres, de Nicole Claveloux et Wolf Erlbruch.

Les éditions du Rouergue à travers leur département jeunesse fondé en 1994 et dirigé par Olivier Douzou, ont misé sur un travail exigeant avec les auteurs et les illustrateurs pour éditer des titres d’une qualité graphique reconnaissable et qui ont marqué durablement le monde éditorial. Actuellement, les éditions du Rouergue explorent plusieurs pistes graphiques à travers leur ligne éditoriale « Graphisme et illustration : lorsque les illustrations, les images s’invitent dans le livre pour les plus grands » ou la collection « Touzazimute : un espace d’expression sous forme de cahier réservé aux illustrateurs où la parole est à l’image » ou encore leurs « Romans graphiques : des livres qui expérimentent de nouvelles formes de récits dans la rencontre du texte et de l’image » 40.

Editions Notari Luca et Paola Notari ont fondé leur maison

d’édition en 2006, à Genève, à partir d’une passion commune pour les livres et pour les images. Ils ont débuté leur activité éditoriale avec des projets de livres d’art, auxquels se sont très vite ajoutés des livres illustrés destinés à la jeunesse. Les titres de cette dernière catégorie de publications sont, tout naturellement, édités en fonction de leur valeur artistique. Les éditions Notari soutiennent des créations originales, œuvres d’artistes confirmés ou émergents. >>> Pour aller plus loin : http://www.editionsnotari.ch/

Taschen

Editeur de livres d’art qui propose des reproductions de bonne qualité à des prix abordables. De 1980 à 1990, Jacques Binsztok et Brigitte Morel aux éditions Albin Michel et Le Seuil « favorisent le métissage des codes de la BD, du dessin de presse, du graphisme en général et publicitaire en particulier, et de l’album. Sous leur influence, les albums de ces deux maisons ont cessé d’être réservés uniquement à l’enfance » 37. Plus proches dans le temps, « Les éditions MeMo éditent depuis 1993 des livres d’artistes et d’écrivains pour la jeunesse » peut-on lire sur leur site : « Tous nos livres sont mis en pages et édités avec grand soin. Chaque album a sa police, son format et ses couleurs. Notre papier est un papier assez épais, proche du papier à dessin ». 39

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Les éditions Atrabile

Maison d’édition genevoise incontournable ! Depuis plus de 15 ans elle contribue au développement de la bande dessinée alternative, principalement à Genève mais également à l’étranger. Grâce à elle beaucoup de nouveaux auteurs et illustrateurs originaux ont pu être édités. >>> Pour aller plus loin : http://atrabile.org/


Bulbfactory

B.ü.L.b comix est une maison d’édition indépendante suisse d’art séquentiel qui sort son premier album totalement artisanal (papier photocopie et sérigraphie) en 1996. Un an après, la petite maison d’édition s’apprêtait à sortir cinq nouveaux titres. Ce fut l’occasion d’améliorer sa ligne éditoriale, de jouer avec les codes “BD” et de se démarquer des autres éditeurs du milieu, surtout des “gros” en définissant une “charte” quasi dogmatique. Nicolas Robel et Mathieu Christe créateurs de B.ü.L.b s’intéressent tout particulièrement à l’art contemporain, la BD et l’illustration… Ils mettent en avant autant les auteurs locaux comme Alex Baladi ou Nadia Raviscioni que les auteurs internationaux peu publiés. >>> Pour aller plus loin : http://www.bulbfactory.ch/ comix/

Drozophile

Créé par Christian Humbert Droz, Drozophile est un atelier de sérigraphie et une maison d’édition située à Genève. De nombreux auteurs de bandes dessinées, des illustrateurs et des artistes collaborent avec la maison d’édition. Belle qualité des reproductions et beaux projets. Drozophile est aussi amené à travailler dans différents lieux culturels et festivals comme BD-Fil à Lausanne. >>> Pour aller plus loin : http://www.drozophile.ch/

Enfantaisie (Prix) >>> voir aussi sous Prix

Créé en Suisse en 1987, ce prix s’appuie sur la collaboration de trois partenaires : le Bureau romand de l’Institut suisse jeunesse et Média (ISJM), l’Illustré et la librairie Payot dans le but de célébrer la littérature jeunesse, de promouvoir la lecture et notamment les illustrateurs jeunesse auprès des enfants et d’impliquer le jeune public dans ses choix culturels. Le Prix Enfantaisie donne la parole aux enfants qui choisissent un livre qu’ils souhaitent consacrer parmi une sélection proposée. Il récompense deux ouvrages de littérature jeunesse dans les catégories suivantes : les albums (7-10 ans) et les romans (11-13 ans). Liste des lauréats disponible en ligne. 41

A découvrir également :

Une chanson pour l’oiseau Où est qui ? Heureusement Déguisons-nous Maman ! Maman ! j’ai mal au ventre Mon chat personnel et privé spécialement réservé à mon usage particulier

Kevin Henkes 43

1960 (Racine, Wisconsin) Il a toujours rêvé d’être un artiste. Il étudie à Madison à l’École de Book Center de Cooperative Children Education. Il y apprend tout sur la littérature pour la jeunesse. Puis il part à New York pour rencontrer des éditeurs. Chez l’éditeur Greenwillow, il rencontre Susan Hirschman, la fondatrice, qui l’engage aussitôt. Pour ses albums, les mots viennent en premier, puis les esquisses des personnages qui seront encrées et photocopiées plusieurs fois. C’est seulement après des essais de couleurs qu’il peint définitivement ses illustrations. Kevin Henkes parle de lui : « J’écris et illustre des livres pour enfants depuis trente ans. C’est le seul travail que j’ai eu. Lorsque mon travail se passe bien, il est transformateur. Je me sens comme si j’avais été enlevé du temps ordinaire et que je vive dans un univers parallèle, un monde de grâce et d’émerveillement… » A découvrir également :

Chrysanthème Les fantaisies de César Oscar Vieil ours

Juliette s’inquiète Lily adore l’école ! Un petit bol de lait dans le ciel

Maurice Sendak

Etats-Unis >>> voir aussi sous Pays

Remy Charlip 42

1929 (Brooklyn) – 2012 (San Francisco) Artiste complet, il était danseur, chorégraphe, illustrateur, metteur en scène, graphiste et professeur. Dans cette carrière très riche et active, l’artiste se fait dessinateur d’albums pour le jeune public. Charlip utilise des jeux de mots, des énigmes, des comptines, jouant sans cesse sur le rythme et sur les notions de déplacements du corps. Il exprime un art conceptuel enrichi de toutes ses expériences. Son album Arm in arm, reçoit le titre du meilleur livre de l’année à la Foire du livre pour enfants de Bologne en 1997.

http://www.sikjm.ch/fr/prixjurys/prix-enfantaisie/prix-enfantaisie-archives/ www.lestroisourses.com 43 www.kevinhenkes.com 41

42

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1928 (Brooklyn) – 2012 (Danbury, Connecticut) Né dans une famille de Juifs polonais immigrés. Tout jeune enfant, Sendak a été très marqué par deux tragédies. L’enlèvement du fils de Lindbergh et la disparition d’une partie de sa famille dans les camps de concentration. Dès 1947, il publie ses dessins et des livres pour enfants. Son choix est de montrer la vraie vie aux enfants. L’attirance de Sendak pour les aspects sombres, transgressifs, cauchemardesques de l’imaginaire enfantin a fait de lui un sujet de controverse dans certains pays. Max et les maximonstres a été largement controversé parce qu’il contient des scènes violentes. Dans Cuisine de nuit, la nudité d’un enfant est critiquée. Dans les années 1970, Sendak fait des décors de théâtre et écrit une adaptation de Max et les maximonstres pour le théâtre, titre qui sera dans les années 1990 réalisé en film d’animation. A découvrir entre autres :

Brundibar Casse-noisettes Chère Mili Cuisine de nuit Maman Pieds de cochons La série Petit-Ours Quand Papa était loin Monsieur Le Lièvre voulez-vous m’aider ? [ 47 ]


Chris Van Allsburg

1949 (Grand Rapids, Michigan) Jusqu’à son entrée à l’université, Chris Van Allsburg n’avait jamais pensé étudier l’art. C’est pour la filière Architecture et design qu’il choisit l’Université du Michigan. La sculpture devient son moyen d’expression. Le dessin l’a toujours accompagné et son épouse va présenter ses dessins à un éditeur de Boston. En 1979 The Garden of Abdul Gasazi est publié. L’année suivante, Van Allsburg reçoit la Caldecott Medal, puis à nouveau pour Jimanji et pour Boréal express. Ces deux titres ont fait l’objet d’adaptations cinématographiques. A découvrir :

Le balai magique Deux fourmis Probouditi! La reine du Niagara Les mésaventures de Noisette Boréal express

Fanzine

« Le mot FANZINE (de fanatic et de magazine) est apparu dans les années 1930 aux Etats-Unis pour désigner les revues amateurs créées et diffusées par des passionnés de science-fiction (alors boudée par la presse officielle). Actuellement un fanzine peut être un magazine de fans, mais aussi un moyen d’expression artistique, littéraire, politique ou encore un objet de création à part entière. Aux contenus et aspects multiples, les fanzines sont le fruit d’une démarche commune : tout faire soi-même de A à Z sans finalité lucrative. ». 44

Ibn Al Rabin, Alex Baladi, Andréas Kündig, Yves Levasseur, Benjamin Novello

La Fabrique de Fanzines par ses ouvriers mêmes Atrabile, 2011

Une fi gue de rêve

David Wiesner

1956 (Bridgewater, New Jersey) Il a suivi l’Ecole de design de Rhode Island. L’album se prête parfaitement à l’expression de sa passion pour la narration visuelle. Il a souvent une approche cinématographique et une imagination très riche. Chaque livre lui demande plusieurs années de travail, il esquisse son projet, le retravaille jusqu’à obtenir la combinaison qu’il souhaite. David Wiesner crée des modèles en trois dimensions pour rendre possible certaines mises en scène, observer des détails qu’il ne trouve pas dans l’observation du réel. Ces esquisses deviennent de plus en plus précises. Puis il peint à l’aquarelle et avec de l’encre. David Wiesner a reçu notamment trois fois la Caldecott Medal.

Depuis 2003, les auteurs parcourent les routes de Sierre à Buenos Aires, en passant par Angoulême, Moscou ou Bruxelles. Un mot d’ordre : le DIY (do it yourself). Armés d’une photocopieuse, de bleus de travail, ils invitent le public mais également des auteurs reconnus à créer des fanzines, immédiatement reproduits et mis à la disposition de tous.

Strapazin : das comic magazin

A découvrir :

Mardi Le monde englouti L’ouragan

Max et son art Monsieur Chat Les trois cochons La bûche La bûche est un fanzine collectif qui rassemble des dessinatrices de bande dessinée (Adrienne Barman, Isabelle Pralong, etc…) basées en Romandie, autour d’un thème libre, et de façon indépendante. Le premier numéro est paru pour l’édition de BD-FIL 2015. 44

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La fanzinothèque de Poitiers. http://www.fanzino.org/

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Il y a plus de 30 ans naissait un des plus vieux fanzines du monde à Zurich. Inspiré par la culture punk, les mouvements alternatifs et le « do it yourself ». En mettant en avant des auteurs et graphistes de talent, Strapazin continue d’être un acteur culturel important à la pointe de la bande dessinée alternative et de l’illustration.


Festivals BD et illustration BD-fil

Suite à la disparition subite du Festival international de la bande dessinée de Sierre, BD-Fil a été organisé pour la première fois en 2005 à Lausanne. Le festival compte plus de 30’000 visiteurs, il est reconnu comme étant le plus grand festival de bande dessinée de Suisse romande. >>> Site du festival : http://www.bdfil.ch/

Halte, on ne passe pas !

Le festival international de la bande dessinée d’Angoulême

Il est le principal festival de bande dessinée francophone et le plus important d’Europe en termes de notoriété et de rayonnement culturel. Il a lieu tous les ans en janvier depuis 1974 et associe expositions, débats, rencontres et nombreuses séances de dédicace. Les principaux auteurs francophones sont présents. Plusieurs prix y sont décernés, dont le Grand Prix de la ville d’Angoulême, qui récompense un auteur pour l’ensemble de son œuvre, et le Fauve d’or, récompensant un album paru l’année précédente. >>> Site du festival : http://www.bdangouleme.com/

Le festival des illustrateurs

Créé par des passionnés d’images et de livres, le festival fait la promotion d’artistes illustrateurs et de leurs œuvres tant au niveau local que national et international, et contribue ainsi au rayonnement du Centre de l’illustration de Moulins. La première édition a eu lieu en 2011 sous la forme de Biennale à Moulins en France. >>> Site du festival : http://festivaldesillustrateurs.com/

Julien Roux

Isabel Martins, Bernardo Carvalho (ill.) Notari, 2015

Les oiseaux

Les fourmis rouges, 2014

Avec papa

Les fourmis rouges, 2014

Figures futur

Concours international autour de l’illustration de contes, pour découvrir les jeunes et nouveaux illustrateurs de demain. On y découvre des interprétations très intéressantes, fraîches, inédites. « Il s’agit là d’œuvres réalisées par des artistes débutants, des illustrateurs en devenir, autodidactes ou étudiants d’une école d’art […] Ont été primées les illustrations qui donnent à voir et à rêver, […] les œuvres qui, tout en s’appuyant sur le texte sans le paraphraser, révèlent l’univers de l’auteur. » 45

Fumetto

Fumetto qui fêtera ses 25 ans en 2016 est un festival international de bande dessinée, d’art, de graphisme et d’illustration. Avec plus de 50’000 visiteurs c’est un événement très important pour la ville de Lucerne. Des conférences, des ateliers pour adultes et jeunes, des concours, des grands auteurs sont chaque année mis en évidence. Cette année le thème du festival est Tentation. >>> Site du festival : http://www.fumetto.ch/de/

Feutre (stylo), (technique)

Centre de promotion du livre de jeunesse Seine-Saint-Denis

Centre de promotion du livre de jeunesse Seine-Saint-Denis

Figures Futur 2004 : jeunes et nouveaux illustrateurs de demain

Figures Futur 2006 : jeunes et nouveaux illustrateurs de demain

Mango, 2004

Courtes et longues, 2006

Ce catalogue est publié à l’occasion de la création de l’exposition Figures Futur 2004, le Petit Chaperon rouge (troisième chapitre de l’exposition « Dans la gueule du loup ») lors du 20ème Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, du 24 au 29 novembre 2004. Autour du thème du Petit chaperon rouge.

Ce catalogue est publié à l’occasion de la création de l’exposition Figures Futur 2006, lors du 22ème Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, du 22 au 27 novembre 2006. Autour des contes d’Alice et Peter.

>>> voir aussi sous Techniques

Rarement utilisé pour illustrer des livres jusqu’à ces jours, le feutre semble bénéficier actuellement d’un certain succès. Cette technique permet un rendu faussement enfantin, style «débutant».

Fleur Oury

Premier matin

Les fourmis rouges, 2015

45

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Dans le volume Figures Futur 2004

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Films d’animation

De nombreux films, voire téléfilms, séries ou mini-séries sont des adaptations de livres, parmi lesquels des ouvrages tirés de la littérature jeunesse remarquables par leur illustration, dont voici une petite liste non exhaustive :

Pierre Lapin

(adapté de l’œuvre de Beatrix Potter)

Pôle Express

(adapté de l’album Boreal Express de Chris Van Allsburg)

Le roi et l’oiseau

(adapté du conte de Hans Christian Andersen)

Trois amis mènent l’enquête

(adapté des Trois amis de Helme Heine)

Les trois brigands

(adapté de l’album de Tomi Ungerer)

U

(adapté du conte de Grégoire Solotareff)

Babar

(Jean de Brunhoff)

Le Génie de la boîte de raviolis (adapté de l’album d’Albertine)

Le ballon rouge

(Albert Lamorisse)

Le bonhomme de neige (Raymond Briggs)

Emilie

(adapté des albums de Domitille de Préssensé)

Ernest et Célestine

(adapté de l’album de Gabrielle Vincent)

Le Gruffalo

(adapté de l’album de Julia Donaldson)

Jumanji

(adapté de l’album de Chris Van Allsburg)

Max et les Maximonstres

(Maurice Sendak)

Moumine

(adapté de l’œuvre de Tove Jansson)

Le format des livres de littérature jeunesse a considérablement évolué. Il est déterminant dans la première appréhension du livre. Un petit format convient à l’intime, à la tendresse quand un grand format invite le lecteur au grand spectacle. Les formats des albums sont divers : le carré, le rectangle en hauteur (format à la française), le rectangle oblong (format à l’italienne), tête-bêche, leporello, pop-up. « Le format de la page […] influence la disposition du texte et des images, et donc la lecture ». La diversité des formats s’explique par l’aspect fantaisie mais aussi par le fait que dans l’album, ce sont les proportions et les dimensions de l’image qui déterminent celles du livre lui-même : le format est l’espace initial de la construction du sens. Du même coup, on ne modifie pas sans grand dommage les dimensions et le format d’un album. « Tout comme le peintre choisit sa toile, le créateur d’albums compose en fonction des dimensions du livre » 46. >>> Voir au nom des différents formats :

Le petit monde de Leo

(adapté des albums de Leo Lionni dont Frédéric) 46

Format

> Carré > Française (format à la) > Italienne (format à l’)

> Tête-bêche > Leporello > Pop-up

Sophie van den Linden. Lire l’album, Atelier du poisson soluble, 2006.

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Thierry Dedieu

Française (format à la) >>> voir aussi sous Format

Rectangulaire en hauteur (portrait) plus ou moins proche du format A4, c’est le format le plus fréquemment utilisé tout en restant le plus polyvalent et n’a pas de signification particulière. On constate que selon les proportions entre la hauteur et la largeur adoptées par les créateurs et les éditeurs, l’album va mettre plus en avant le texte à la manière d’un livre illustré ou au contraire, mettre l’image à l’honneur. En outre, l’utilisation de la double page permet d’obtenir un format carré ou oblong. Une des utilisations fantaisistes de ce format est la « rectangularité horizontale » avec la reliure sur le dessus comme dans Une ferme d’autrefois de Philippe Dumas, ce qui donne un livre à double panorama où l’on voit l’évolution de la ferme au fil des saisons.

1955 (Narbonne) Ecrivain français, auteur et illustrateur de littérature d’enfance et de jeunesse, Thierry Dedieu a commencé sa carrière comme publicitaire. Très prolifique et non conformiste, il utilise de nombreuses techniques (papier découpé, décors photographiés, peinture acrylique, dessin à l’ordinateur…) pour illustrer ses textes, souvent forts et engagés. Le choix de la technique se fait après l’écriture du texte. La particularité de Thierry Dedieu réside dans le fait que son style peut changer du tout au tout selon le thème traité. http://thierrydedieu.blogspot.ch/ A découvrir (entre autres) :

La Barbe-bleue Le caillou Le corbeau et le renard 14-18 : une minute de silence à nos arrières grands-pères courageux Va-t-en guerre Yakouba

Olivier Douzou

France

>>> voir aussi sous Pays

Rébecca Dautremer

1971 (Gap) Elle suit les Arts Déco à Paris, cursus graphisme. Intéressée par le design, le graphisme et la photo, elle ne s’oriente pas tout de suite vers l’édition. C’est sa rencontre avec la directrice artistique des éditions Gautier-Languereau qui sera déterminante et la mènera ensuite à l’illustration d’albums. Passionnée de photographie, Rébecca Dautremer s’en inspire beaucoup dans sa démarche artistique. Elle considère les cadrages, les couleurs, les lumières, le cinéma et essaie de travailler comme le fait un photographe, en réfléchissant à la composition de l’image, à la profondeur de champ, en utilisant le flou. Elle travaille essentiellement à la gouache, par petites touches, sur du papier aquarelle, elle huile peu le papier pour densifier au mieux la couleur et travaille plutôt sur grand format.

1963 (Rodez) Architecte de formation, spécialisé en design et communication visuelle, Olivier Douzou publie son premier ouvrage jeunesse Jojo la mache en 1993, et ouvre le secteur jeunesse des éditions du Rouergue, où il restera jusqu’en 2002. Il y révèle de nombreux jeunes talents tout en renouvelant la conception de l’album tant au niveau de sa forme que de son contenu. Ses albums sont ensuite édités chez MeMo. Travailleur indépendant, Olivier Douzou a reçu de nombreuses récompenses pour son œuvre multiple (Prix du Salon du livre jeunesse de Montreuil, Bologna Ragazzi Award… ). http://www.olivierdouzou.com/olivierdouzou.com/olivierdouzou_accueil.htm

Nasreddine A découvrir : L’amoureux Babayaga Kerity Le petit théâtre de Rébecca

Princesses oubliées ou inconnues…

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1938 (Rumilly, Moselle) Il a fait ses études à L’École des Beaux-Arts de Nancy, puis à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg entre 1962 et 1965. En 1973, il fonde l’atelier d’illustration de l’ESAD de Strasbourg, désormais Haute école des arts du Rhin (HEAR). Il est le formateur de toute une génération d’illustrateurs français. Il a beaucoup réfléchi sur la question texte-image, du point de vue d’une image narrative. Claude Lapointe a collaboré à de nombreuses revues jeunesse et adultes ( Pilote, Lire, L’expansion, Le Monde de l’éducation, L’Alsace…) Dessinateur, peintre, graveur, son expression est multiple. A découvrir :

A découvrir :

Cyrano

Claude Lapointe

L’ogre Boucle d’or et les trois ours Camion Toc-Toc Esquimau Jojo la mache Lucy Le nez

L’album du Marchand de fessées Les aventures de Tom Sawyer Les contes de la Rue Broca La guerre des boutons Le monde des maisons La série : Oscar [ 55 ]


Georges Lemoine

1935 (Rouen) Typographe de formation, il entame des études de graphisme et de gravure sur linoleum. Il collabore avec Robert Delpire dans son agence de publicité. Le graphiste Massin l’invite à réaliser les couvertures de la nouvelle collection Folio junior chez Gallimard jeunesse. Pierre Marchand qui vient de créer le département jeunesse chez Gallimard, lui confie l’illustration pour enfants des textes de grands écrivains. Figure essentielle de la littérature pour la jeunesse, auteur sensible et dessinateur virtuose, il travaille à l’aquarelle et aux crayons. Pureté des lignes, tons pastel, juxtaposition des plans sont les expressions de son style. A découvrir (entre autres) :

Balaabilou Le chameau Abos Des espérances La petite marchande d’allumettes Trois secondes

Barbedor Comment Wang-Fô fut sauvé Leïla Le prince heureux

Grégoire Solotareff

1953 (Alexandrie, Egypte) Né d’un père médecin d’origine libanaise et de l’illustratrice russe Olga Lecaye, Grégoire Solotareff passe ses premières années au Liban puis la famille s’installe à Paris où il effectue des études de médecine. Après quelques années il délaisse la pratique médicale et réalise ses premiers dessins début 1980. Plusieurs de ses histoires ont été illustrées par sa sœur Nadja ou par sa mère Olga poursuivant une complicité artistique initiée dans l’enfance. Sa rencontre avec Alain Le Saux a été déterminante, elle a contribué à affirmer le style de ses dessins avec des traits simples et de grands aplats de couleur. En 1990, l’album Loulou marque un tournant à la fois esthétique et thématique dans son œuvre. Il expérimente des dessins aux couleurs plus vives, cernés de noir, qui occupent l’espace de la double page. Au-delà des cent cinquante titres publiés, l’artiste s’illustre aussi à travers la peinture, la sculpture, la publicité et le cinéma.

Claude Ponti 47/48

1948 (Lunéville) – Claude Ponti fréquente d’abord l’Ecole des Beaux-Arts d’Aix-en-Provence, puis suit des études de lettres et d’archéologie tout en devenant dessinateur de presse. Peintre, il expose également ses œuvres. Ses débuts d’illustrateur jeunesse sont marqués par la publication de L’Album d’Adèle. Son œuvre, riche de plusieurs dizaines d’ouvrages, se base sur les mécanismes du rêve et du cauchemar ainsi que sur le registre de l’humour. La quête initiatique est au cœur des aventures de ses héros, nombreux et tous plus amusants les uns que les autres, que l’on retrouve également dans certaines séries (Blaise le poussin masqué, Tromboline et Foulbazar… ). De nombreux thèmes émaillent les albums foisonnants d’imagination de Claude Ponti, notamment la différence, le courage, la résilience. Une des caractéristiques de son œuvre est sa capacité impressionnante à inventer des termes ou des expressions composés de mots mélangés ou mal prononcés (comme les enfants le font), de jeux de mot (Le nom d’Okilélé provient de « Oh ! Qu’il est laid !). L’image occupe également une place très particulière en parfaite égalité avec le texte dans différents formats (à l’italienne, carré ou encore petit format). La bibliographie de Claude Ponti est disponible en ligne. 49 Pour aller plus loin : Sophie Van der Linden.

Claude Ponti

Editions Etre (Boîtazoutils)

Yvanne Chenouf

Lire Claude Ponti encore et encore Editions Etre

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Ponti http://www.cndp.fr/crdp-creteil/telemaque/document/ponti01.htm 49 http://www.ricochet-jeunes.org/auteurs/recherche/1217-claude-ponti 47

Le lapin à roulettes Loulou Un jour, un loup Mathieu Mitch Moi Fifi Ne m’appelez plus jamais mon petit lapin

A découvrir :

Tomi Ungerer

1931 (Strasbourg) Il est principalement connu pour ses travaux d’illustrateur plusieurs fois primé - ses livres on fait le tour du monde - mais aussi pour ses talents d’écrivain, de publiciste, de sculpteur et d’humaniste engagé. C’est en 1957 à New-York qu’il commence sa carrière d’illustrateur pour enfant avec The Mellops go flying, énorme succès qui raconte l’histoire d’une famille de petits cochons. Ses dessins sont remplis d’humour et de malice et sont souvent considérés comme provocateurs lorsqu’ils sont destinés aux adultes. Tomi Ungerer a la réputation d’être l’un des plus importants dessinateurs satiriques et humoristiques de notre temps, ce qui lui vaut d’être parfois censuré. Il aborde aussi des thèmes très variés comme la Seconde Guerre Mondiale qu’il a vécue. Tomi Ungerer est une personnalité importante à Strasbourg, où un musée est entièrement consacré à son œuvre. A découvrir :

A la guerre comme à la guerre Le géant de Zéralda Jean de la Lune Les trois brigands Maître des brumes

48

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U

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May Angeli

1937 (Clichy) Se sert de la gravure sur bois, entre autres techniques d’illustration. Ses gravures sont plus délicates (par l’absence de contour, l’utilisation de la couleur toute en douceur), plus fines et plus figées que les images de Joëlle Jolivet. Elles créent des ambiances abstraites et poétiques.

Gravure

(technique)

Des oiseaux (Buffon /Magnier, 2012) Dis-moi (Sorbier, 1999) Chapeau perdu (Magnier, 2006) Histoires comme ça (Kipling / Sorbier, 2000) Ma clématite chérie (Seuil, 2007)

Pour découvrir son univers :

Katrin Stangl

Warja Lavater

May Angeli

Art à la page, 2006 (Images, images)

>>> voir aussi sous Techniques

Joëlle Jolivet

1965 (Val de Marne) Artiste prolixe, résolument tournée vers des productions destinées à la jeunesse, la gravure sur linoléum est son principal moyen d’expression. Un trait épais, volontairement grossier mais extrêmement expressif est sa marque de fabrique. Elle induit une ambiance gaie et mouvementée. Ses illustrations accompagnent généralement des albums de grande qualité.

365 pingouins (Naïve, 2006) Moby-Dick : un livre diorama (Gallimard, 2010) Oups ! (Hélium, 2009) Rapido dans la ville (Hélium, 2011) Vues d’ici (Naïve, 2007) Zoologiques (Seuil, 2012)

1977 (Filderstadt, Allemagne) Utilise aussi la gravure sur bois ou la linogravure, entre autres techniques d’illustration. Chez elle, toutefois, le résultat est tout à fait autre : ses formes anguleuses, son trait dur et les couleurs contrastantes produisent un effet percutant, des images presque brutales. Une partie de son travail ne s’adresse d’ailleurs pas à un public jeunesse.

1913 (Winterthur) - 2007 (Zurich) A interprété plusieurs contes classiques en les transposant, au moyen de formes graphiques abstraites, sur des bandes de papier de plusieurs mètres de long. Il s’agit de lithographies. Ses livres d’artiste, expérimentaux et luxueux, ont été publiés par la Fondation Maeght.

Le Petit Chaperon rouge : une imagerie d’après le conte de Perrault (Maeght, 1965) A découvrir :

Fort comme un ours (Albin Michel, 2013) Chevaliers / Ritter (Passage piétons, 2004) Margot veut lire (Etre, 2008) Le sapin jaune / Der gelbe Tannenbaum (Esperluète, 2005)

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Blanche-Neige (Maeght, 1974) Cendrillon (Maeght, 1976) Le petit Poucet (Maeght, 1979) La Belle au bois dormant (Maeght, 1985)


Anne Crausaz

Hors Cadre [s] (revue)

>>> voir aussi sous Revues professionnelles et publications en série

« La revue Hors Cadre[s] se veut un observatoire de l’album et des littératures graphiques, qui scrute aussi bien les tendances récentes que les mouvements de fond de l’édition en ce domaine. » 50 Le premier numéro est sorti en 2008, nous en sommes actuellement au numéro 17. Les Bibliothèques municipales de Genève en possèdent plusieurs numéros.

IBBY

L’International Board on Books for Young People (Union internationale pour les livres de jeunesse) est une association internationale à but non lucratif créée pour développer la littérature pour la jeunesse et l’alphabétisation. L’IBBY a été fondée en Suisse en 1953 et elle a plus de 60 représentations nationales.

Illustration numérique (TECHNIQUE) >>> voir aussi sous Techniques

Delphine Chedru

(France) Elle a choisi l’ordinateur comme technique d’illustration. Sur écran, elle compose son image comme s’il s’agissait d’un collage. Elle aime les histoires gaies et fantaisistes et est fascinée par le mystère des êtres et des choses. Ses images sont colorées et abondent de motifs, de jeux visuels et de décors en trompe-l’œil. Si la dimension esthétique et ludique est prépondérante, l’humour, la poésie et l’imaginaire sous-tendent tout son travail. A découvrir :

Cherche la petite bête ! Jour de neige Loup y es-tu ? Me vois-tu ? Quand tu dors...

50

http://www.revue-horscadres.com/presentation.swf

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1970 (Suisse) Elle utilise une technique particulière puisqu’elle dessine, puis scanne et passe au numérique pour positionner ses dessins et faire vivre une scène. Elle s’inspire de la nature (oiseau, escargot, feuille, fleur, fruit). Ses aplats sont colorés, mais doux, la mise en page toujours très recherchée et esthétique.

Emilie Vast

1978 (France) Pour la technique, Emilie Vast apprend Illustrator (logiciel vectoriel) et se met au dessin. Elle aime l’esthétique enfantine, la nature et la simplicité des formes, elle combine alors tout cela dans des illustrations douces et naïves.

A découvrir :

A découvrir :

Raymond rêve L’une et l’autre Maintenant que tu sais Bon voyage, petite goutte Premiers printemps, …

En t’attendant Couac Le secret

Institut suisse jeunesse et médias

( ISJM ) 51 Situé à Lausanne, l’ISJM est un centre de compétences dont l’action s’étend sur toute la Suisse. Promotion de la lecture, documentation, recherche et formation dans le domaine de la littérature et la lecture pour la jeunesse sont ses pôles prioritaires. L’Institut suisse Jeunesse et Médias a été fondé en janvier 2002. Il est né de la réunion de la Ligue suisse de littérature pour la jeunesse (LSLJ) et de l’Institut suisse de littérature pour la jeunesse (ISLJ). Il est l’organe exécutif de la Fondation Johanna Spyri. Lui sont affiliées les onze associations régionales de littérature pour la jeunesse de Suisse, dont Jeunesse et Médias AROLE. Il est soutenu par l’Office fédéral de la culture et l’Office fédéral de l’éducation et de la recherche.

Italienne (format à l’) >>> voir aussi sous Format

Rectangulaire en largeur (paysage) appelé aussi format oblong, ce format offre un espace panoramique. Particulièrement utilisé sur des doubles pages, ce format met en avant les grands paysages, les images de nature. Le format oblong est souvent choisi pour développer des histoires où le mouvement est rapide, comme par exemple Boreal express de Chris van Allsburg. Le format oblong permet également une vision théâtrale, simulant le cadrage et la scène (voir les ouvrages de Claude Ponti). 51

http://www.isjm.ch/

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Kazuo Iwamura

1939 (Tokyo) Il a travaillé en début de carrière comme illustrateur pour des émissions enfantines de la télévision japonaise. Vivant dans la nature, il y puise l’inspiration pour les décors et les personnages de ses albums. En effet, il reporte son observation de la nature dans laquelle évoluent ses petits personnages. Il utilise la technique de l’aquarelle. Sa série La famille Souris est très connue. Il crée aussi des bandes dessinées,

JapoN

>>> voir aussi sous Pays A découvrir entre autres :

Mitsumasa Anno

A table ! La pomme rouge Réveille-toi Tout est rouge

1920 (Tsuwano) Dans les titres sans texte Le Danemark d’Andersen ou Ce jour-là, les illustrations d’Anno fourmillent d’informations grâce au rendu très soigné de nombreux petits détails. Anno a séjourné en Europe à plusieurs reprises et restitue la culture européenne, tout comme il exprime sa passion pour les mathématiques et l’astronomie dans ses ouvrages :

Jeux mathématiques et Comment la terre est devenue ronde.

Komako Sakaï 52

A découvrir également :

Taro Gomi Cherchons les différences La Chine de Zhang Zeduan Choisis ton masque Dix petits amis déménagent Les fables d’Esope lues par Maître Renard Quatre frères habiles La terre est un cadran solaire Le Japon d’Anno

Akiko Miyakoshi

1966 (HyDgo) Elle a suivi des études artistiques à Tokyo. Elle «croque» des situations, des instantanés de la vie des petits, éclatants de vérité. Sa technique artistique donne un côté patiné aux images ; des tons pastels, quelques coups de crayons ça et là pour formaliser une mèche de cheveux, de hautes herbes, des cailloux sur le chemin : une osmose magique pour des livres délicats.

1945 (Tokyo) Il étudie au Kuwazawa Design Institute. Designer, dès 1970 il devient auteur et illustrateur, notamment pour les tout-petits enfants. Sa notoriété est mondiale. Taro Gomi a créé également des dessins animés et des jeux.

1982 (Saitama) Elle est diplômée en communication visuelle et en design. Pendant ses études, elle crée déjà des livres, et reçoit le « Grand Prix Nissan des livres pour enfants ». En 2009, installée à Berlin, elle publie son premier livre Typhoon comes. Cet ouvrage lui a valu deux prix. Aujourd’hui elle vit à Tokyo. Ses techniques sont le fusain, les collages, les animations… Un goûter en forêt est son premier album traduit en français. Akiko Miyakoshi a opté ici pour un dessin au fusain, elle n’utilise la couleur que pour mettre en lumière le personnage central. Une illustratrice à suivre.

A découvrir :

Un amour de ballon Dans l’herbe La fée des renards Jour de neige Moi, ma Maman… Réveillés les premiers !

A découvrir :

A table ! La pomme rouge Réveille-toi Tout est rouge Un goûter en fôret

Jeunesse et Médias (Prix) >>> voir aussi sous Prix A découvrir entre autres :

A bord du merveilleux navire C’est le printemps C’est l’heure du bain, petit lion ! Hiragana Le méli-mélo des cadeaux [ 62 ]

Le prix suisse Jeunesse et Médias décerné par l’Institut suisse Jeunesse et Médias distingue, tous les deux ans, des titres remarquables issus de la création littéraire suisse pour la jeunesse. La liste des lauréats est disponible en ligne 53. 52 53

http://librairie-libellune.blogspot.ch/ http://www.isjm.ch/prixjurys/prix-suisse/

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« Si dans les albums jeunesse, souvent à dessein mal différenciés des jeux, l’interactivité n’est pas une nouveauté, se pose la question de savoir quels sont les apports du numérique à une production qui a depuis longtemps expérimenté la transgression des frontières, notamment par l’invention des livres à machineries, pop-up, livres à tirettes, volvelles, livres animés dans lesquels le lecteur devient acteur de sa lecture » 56.

Leporello (format) >>> voir aussi sous Format

Organisé comme un livre accordéon ou un livre frise, le leporello, livre à rallonge, se déploie grâce à une technique de pliage et de collage pour une mise en valeur particulière. « Le mot fait allusion à Leporello, valet de Don Juan, qui présente à Donna Elvira la longue liste des conquêtes de son maître, pliée en accordéon, dans le premier acte de l’opéra Don Giovanni de Mozart » . 54

Montreuil (Salon du livre et de la presse jeunesse, dit Salon de)

Le jeu des fables (1957-65), de Enzo Mari, Più e meno (1970) de Bruno Munari ou encore la série Littles eyes de Komagata (1990-1993) sont déjà une « invitation à participer à la lecture par le geste et les déplacements dans l’espace, qui modifient le sens des images» 56. « Certains artistes, opérant dans le champ du graphisme et de l’illustration, effectuent des allers-retours entre le numérique et le papier » 56. C’est le cas d’Hervé Tullet, qui met en place une forme d’interaction influencée par l’univers du numérique. De plus en plus d’illustrateurs ont adapté leurs albums au format numérique. On peut par exemple citer :

Au-delà de ces adaptations un certain nombre de livres paraissent directement en format numérique.

Hervé Tullet

Lucy et Pogo

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Un livre

>>> voir aussi sous Salons, Foires

Organisé pour la première fois en 1984, le Salon du livre de Montreuil (France) est ouvert aux professionnels et au grand public. Il s’est rapidement imposé comme le salon de référence en matière de littérature jeunesse au niveau national.Différents prix y sont décernés chaque année. En 2011, les Pépites du Salon sont créées, réparties selon huit catégories.

Petting zoo

Serge Bloch

Moi j’attends

Chris Haughton

Le singe au chapeau

Soledad Bravi

Le livre des bruits

Béatrice Guettier

Livre lapin

Olivier Douzou

Fourmi

Numérique Le format numérique – à ne pas confondre avec l’Illustration numérique (voir à la rubrique du même nom) a largement fait son apparition. Plus particulièrement sur le terrain de l’illustration et de la littérature jeunesse, le numérique s’est développé par le biais des tablettes. On peut parler de livres numériques ou d’applications, la différence entre les deux réside dans l’interactivité. 54 55

https://fr.wikipedia.org/wiki/Leporello_(livre) http://slpj.fr/

Renversant

Il est même souvent possible de marier les formats papier et numérique. L’un des plus célèbres, Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore, est un document hybride qui allie l’objet livre avec une application. Cette technique – appelée réalité augmentée – amène une valeur ajoutée faisant bouger le décor, apparaître de nouveaux éléments. >>> Pour aller plus loin : http://www.app-enfant.fr/ http://www.souris-grise.fr/ http://www.declickids.fr/ 56 La création et le numérique. In : Hors Cadre[s] : observatoire de l’album et des littératures graphiques. No 16, (mars à septembre 2015)

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Pays-Bas

Oblong (format)

>>> voir aussi sous Pays

>>> voir sous Italienne (format à l’)

Hans de Beer 58

1957 (près d’Amsterdam) Il se forme à l’Académie des beaux-arts de la capitale, où il crée, à l’occasion de son mémoire de fin d’études, son personnage fétiche de Plume l’ours polaire, qui connaît un succès international. Il élabore chacun de ses albums avec méticulosité : il réfléchit au message qu’il veut transmettre, avant de passer aux premières esquisses et de procéder à la mise en couleurs, le plus souvent à l’aquarelle. Il aime diversifier les angles et n’hésite pas à ménager des espaces vides pour donner plus de force aux ambiances. Son œuvre a été récompensée par plusieurs prix, dont le Prix des critiques en herbe (Bologne, 1991) et le Prix de la Biennale internationale de l’illustration de Bratislava (1991). A découvrir entre autres :

Charlie et Grisou Un hiver de rêve Léonard drôle d’oiseau Poussez-vous j’arrive !

Parole (revue)

>>> voir aussi sous Revues professionnelles et publications en série

Parole est la revue francophone de l’Institut suisse Jeunesse et Médias. « Unique revue romande spécialisée dans le domaine de la littérature jeunesse, Parole vous parle trois fois par année de livres, d’auteurs, d’illustrateurs et d’éditeurs […]. » 57

Pays : illustrateurs emblématiques Le choix des pays traités s’est fait plutôt en fonction de la production éditoriale – conséquente ou pas. Il nous a permis de proposer nos coups de cœur, mais aussi des illustrateurs emblématiques, incontournables ou… des illustrateurs peu connus, à découvrir !

Dieter et Ingrid Schubert

1947 (Allemagne) Ingrid et Dieter Schubert ont étudié à l’Académie de Design de Münster et à l’Académie des Arts de Düsseldorf. Ils ont obtenu une bourse d’études à l’Académie Rietveld à Amsterdam. Encouragés dans leur travail par le célèbre illustrateur hollandais Piet Klaasse, ils ont commencé, grâce à lui, à illustrer pour la jeunesse. Leur premier livre : Il y a un crocodile sous mon lit! (1981) a été un grand succès traduit dans 14 pays. En 1987, Dieter Schubert a reçu le prix The Golden Brush pour son livre : Où est passé mon Patou ? Ingrid et Dieter Schubert vivent à Amsterdam. A découvrir également :

Abracadabra Un animal, des animaux En bateau les amis ! Le parapluie Trois oeufs et un gronours Le vieux pirate

>>> voir aussi sous :

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Allemagne Belgique Corée Etats-Unis France Japon

> > > > >

Pays-Bas Royaume-Uni Russie Suède Suisse

58

http://www.isjm.ch/publications/parole/

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www.editionnordsud.com

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Catharina Valckx

1957 (De Bilt) Elle a grandi en France près de Paris. A 18 ans, elle retourne aux Pays-Bas, à Groningen, pour suivre les cours d’une école d’art. Après avoir fait, pendant quelques années, le voyage entre Paris et les Pays-Bas, elle s’installe à Amsterdam où elle évolue dans un réseau artistique très actif. Après la naissance de son fils, en 1993, elle décide d’écrire et d’illustrer des livres pour les enfants. Elle écrit en français et en hollandais, avec une préférence pour le français. Depuis 1997, elle a publié une trentaine de livres. « J’essaie d’écrire des histoires réconfortantes et drôles. J’ai souvent remarqué que, déjà très jeunes, les enfants sont sensibles à l’humour un peu absurde. Celui qui ne fait pas rire, mais sourire » dit-elle. Dans le monde qu’elle a créé, humour et poésie cheminent ensemble : le bonheur est partout, tapi dans des mots, entre des plumes de poule ou de canari, au détour d’une rue ou d’une page de ses albums, véritables manuels pour une vie heureuse. »59. A découvrir entre autres :

Billy et le gros dur Coco Panache Le roi, la poule et le voleur Totoche

Annemarie van Haeringen

1959 (Amsterdam) Elle a suivi les cours du Gerrit Rietveld Academy et est devenue l’une des artistes jeunesse les plus connues aux Pays-Bas. À la fois peintre et dessinatrice, elle s’inscrit dans la lignée des plus grands, de Saul Steinberg à Serge Bloch. A découvrir entre autres :

Peinture

Les illustrateurs sont nourris par toute une culture de l’image, une iconographie, assumée ou pas, consciente ou pas. Le plus souvent, les artistes ne font aucune mention aux éventuelles sources conscientes d’inspiration et il est tout à fait possible de lire un de ces albums sans apercevoir ces liens avec la peinture. Ces références picturales peuvent servir à camper une ambiance ; elles nous éclairent parfois sur l’univers de l’auteur-illustrateur. Elles peuvent apporter quelque chose à la narration, par exemple fournir des informations sur les personnages, accompagner leurs émotions ou encore renseigner sur ce que le texte ne dit pas. Il peut aussi s’agir simplement d’un hommage à un artiste. « Beaucoup d’albums de jeunesse présentent des références à la peinture, que ce soit à une œuvre en particulier, à un artiste, à un courant artistique, ou à plusieurs courants artistiques. Les illustrateurs peuvent reprendre un tableau sans le modifier, le reprendre selon leur propre style, le détourner, ou s’inspirer du style du peintre. […]. Ces peintures peuvent être utilisées de plusieurs manières. Les citations consistent à reproduire de manière identique une œuvre ou une partie de l’œuvre. Les parodies ou les détournements consistent à modifier des éléments de l’œuvre, à les substituer avec des éléments en rapport avec l’histoire. Les amalgames mélangent plusieurs œuvres dans une même illustration et les imprégnations peuvent se définir comme des emprunts plus ou moins repérables, à un artiste. » 61

Ours est amoureux Petit Ane et la baby-sitter Petit Ane et le Marabououuh Sous l’eau, sur l’eau

Henri Meunier, Régis Lejonc (ill.)

La mer et lui

Rouergue, 2004

A découvrir également :

Le chef-d’oeuvre de crocodile L’éléphant et la machine à temps Petit bonhomme trouve le bonheur

Max Velthuijs

1923 (La Haye) - 2005 (La Haye) Connu aux Pays-Bas pour ses nombreuses affiches, couvertures de livres, publicités, souvent primées, il a commencé sa carrière d’illustrateur vers 1962. Il a également enseigné à l’Académie des beaux-arts de La Haye. C’est à travers les histoires de Petit-Bond, la grenouille qui se pose tant de questions sur la vie, que nous le découvrons chez Pastel. «L’auteur hollandais est arrivé à un remarquable équilibre entre ses illustrations, la langue qu’il utilise, et le contenu de ses propos. Ses images simples sans jamais être douceâtres sont le résultat d’un long travail de dépouillement, affiné par une expérience artistique diversifiée qui va du timbre-poste à la peinture.» 60

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En page de garde, l’album porte : « Régis Lejonc remercie Eugène Boudin, Giorgio De Chirico, Edward Hopper, Gustav Kampmann et Claude Monet pour les œuvres qui ont nourri son imaginaire. »

www.ecoledesloisirs/auteurs Michel Defourny, Pastel 10 ans, 1998. www.ecoledesloisirs.fr 61 Aude Vial. Les références à la peinture dans les illustrations des albums de jeunesse. Mémoire pour le master. http://orig08.deviantart.net/628f/f/2012/120/3/1/illustrations_dans_ les_albums_de_jeunesse_by_audedu94-d4y36r4.pdf 59

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Olivier Toche

Il était une fois Walt Disney, aux sources de l’art des studios Disney Réunion des musées nationaux, 2006

Donald B. Johnson

Chris Van Allsburg

L’épave du Zéphyr

Le voyage d’Henry

Casterman, 2001 (Les albums Duculot)

Ecole des loisirs, 2013 (Lutin poche)

Sans mention particulière de la part de l’auteur, les illustrations de cet album ont un petit air « à la façon du Douanier Rousseau » , selon Aude Vial 61.

« L’illustrateur s’est inspiré d’Edward Hopper. L’album ne fait pas référence à des peintures en particulier mais reprend le style de l’artiste. » 61

Quint Buchholz

Anna Pavlova, Edgar Degas (ill.)

J’ai rêvé que j’étais une ballerine

Le collectionneur d’instants Milan, 1998

Gautier-Languereau , 2001

Ambiance « à la Magritte » dans les grandes illustrations de ce roman illustré.

Ce bref récit biographique de la danseuse Anna Pavlova est illustré par les tableaux d’Edgar Degas.

Annalena McAfee, Anthony Browne (ill.)

Des invités bien encombrants Kaléidoscope , 2001

L’album fait référence à la peinture de Magritte et au Surréalisme en général. Il s’agit là – nous dit Aude Vial dans son travail de master – du cas de figure où « les références à la peinture disent quelque chose que le narrateur ou le héros ne sait pas » 61.

Nadja

Chien bleu Ecole des loisirs, 2012 « Les références à la peinture dans cet album ont souvent été relevées. Le style de l’artiste s’inspire du Fauvisme, de l’Expressionnisme par les couleurs vives et les larges traits de peinture. La position des parents de Charlotte dans la scène du pique-nique rappelle Le déjeuner sur l’herbe de Manet. » 61

Pépites du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (anciennement Prix Baobab) >>> voir aussi sous Prix

Ces prix sont décernés lors du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en partenariat avec le journal Le Monde et le Syndicat de la librairie française. Créées en 2011, les Pépites du Salon sont réparties selon 8 catégories : 62 > Album (la pépite récompense l’album francophone inédit, le plus innovant de l’année) (anciennement Prix Baobab) > BD / Manga (à partir de 10 ans) > Documentaire (création francophone, niveau collège) > Roman européen pour adolescents > Livre d’Art (création francophone) > Création numérique (création francophone) > Adaptation cinéma d’animation long métrage ou série > Livre OVNI / coup de cœur de l’équipe du Salon (création francophone)

Aude Vial. Les références à la peinture dans les illustrations des albums de jeunesse. Mémoire pour le master. http://orig08.deviantart.net/628f/f/2012/120/3/1/illustrations_ dans_les_albums_de_jeunesse_by_audedu94-d4y36r4.pdf 62 http//slpj.fr 61

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Catalogue d’exposition qui met en évidence les liens profonds qui peuvent s’établir entre culture savante et culture populaire. Il montre les sources iconographiques auxquelles les dessinateurs des studios Disney ont largement puisé pour créer leurs productions, et plus particulièrement les dix premiers longs métrages produits entre 1937 et 1967 où décors et personnages sont clairement inspirés d’œuvres majeures de l’art occidental. Les artistes engagés par les studios Disney (le Suisse Albert Hurter, le Danois Kay Nielsen…) presque tous formés dans les académies européennes, apportaient avec eux la maîtrise technique de leur art – peinture, dessin, sculpture, illustration -, mais aussi toute la tradition esthétique et l’héritage artistique de leurs pays respectifs, leurs influences artistiques venues d’Europe.

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Photographie (technique) >>> voir aussi sous Techniques

« Voici d’étranges objets à la simplicité trompeuse. […] L’adulte qui se les approprie peut méditer sur ce paradoxe : l’usage de la photographie, réputée garante de la réalité, comme merveilleux support onirique. » 63

Sarah Moon

1941 (France) Elle a illustré plusieurs contes de ses photographies. Elle affectionne les ambiances désaffectées, inquiétantes, qui acquièrent à travers son regard quelque chose de magique, merveilleux et irréel. Le tragique est transformé en pure poésie, en « splendide noirceur ».

Le Petit chaperon rouge

conte de Perrault illustré par les photographies noir-blanc de Sarah Moon

Tana Hoban

1917 (Etats-Unis) - 2006 (Etats-Unis) « Elle est la première à avoir mis au service des plus jeunes sa créativité et sa capacité à traduire de la façon la plus concrète et la plus familière les concepts qui fondent le sens esthétique, mais aussi l’appropriation de la réalité. Ses livres posent les bases d’une grammaire visuelle. […] Le cadeau qu’elle fait au lecteur, c’est de lui apprendre à regarder des choses banales, ordinaires, simples et de lui faire découvrir qu’elles représentent beaucoup plus qu’il ne le pensait au premier coup d’œil. […] La richesse des livre de Tana Hoban tient autant à la qualité de ses photographies qu’à l’intérêt de leur mise en relation ». 64

L’effraie (livre plus DVD)

réécriture du conte du Petit soldat de plomb d’Andersen

Quatre contes (DVD) Contient : Circuss (réécriture de La Petite fille aux allumettes d’Andersen) L’effraie (réécriture du Petit soldat de plomb d’Andersen) La sirène d’Auerville (réécriture de La Petite sirène d’Andersen) Fil rouge (réécriture de La Barbe bleue de Perrault)

Raies, points, pois Toutes sortes de formes Que vois-tu ?

Jill Hartley

1950 (Etats-Unis) Travaille dans le même esprit que Tana Hoban, dont elle est la digne héritière, mais dans un contexte mexicain. Si les titres sont en espagnol, les albums sont sans texte. Ses petits formats cartonnés s’adressent à un très jeune public.

Nicolette Humbert

1957 (France) Elle pratique une photographie réaliste, d’une belle qualité documentaire et en même temps esthétique, avec un souci artistique. Elle s’adresse aux plus jeunes. A découvrir également :

A la ferme

A découvrir également :

Circulo Quadro Rojo + verde Au jardin fruitier Goélands et salicorne Colores sabores

Potirons et cornichons Rayas Flechas

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La revue des livres pour enfants, no 285 (novembre 2015), p. 20 64 Quand les artistes créent pour les enfants : des objets livres pour imaginer. No spécial de la revue Mook, Autrement/Les Trois ourses 63

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Isabelle Gil

Est intéressée par la narration. Avec très peu de mots et des photographies pleine page dans des petits formats cartonnés, elle mène ses récits tout simples avec humour et tendresse.

A la mer Les vacances Le musée des ours

Katy Couprie et Antonin Louchard avec A table ! et Au jardin ainsi que Julien Baer avec Beau et bon, travaillent dans un esprit « imagier », où les images sont reliées au fil des pages par un fil conducteur.

Revues professionnelles et publications en série >>> voir sous :

> Aeiou > Hors-Cadre [s] > Paroles

Pop-up (Format)

>>> voir aussi sous Format Le format pop-up (aussi appelé livre animé ou livre à système) permet la mise en volume ou en mouvement de certains éléments composant l’illustration d’un livre. Plein de fantaisie et vivant, ce format est particulièrement apprécié par les jeunes enfants.

Prix

Il existe de nombreux prix récompensant auteurs et illustrateurs, parmi lesquels on peut trouver : >>> Voir au nom du prix > > > > > > > > >

La Biennale de l’illustration de Bratislava (Pomme d’or, Grand Prix, Plaque d’or) Children’s laureate Pépites du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil Prix Astrid Lindgren Prix Bologna Ragazzi (Bologne) Prix Hans Christian Andersen Prix Enfantaisie Prix P’tits Mômes Prix suisse Jeunesse et Médias

P’tits Mômes (Prix)

>>> voir aussi sous Prix Imaginé et créé en 2006, par les Bibliothèques municipales de Genève, le Prix P’tits Mômes s’adresse à des enfants de deux à trois ans. Le prix est diffusé dans les crèches, les jardins d’enfants et les bibliothèques de la ville de Genève. La sélection porte sur 4 ouvrages récents. Plus de 350 enfants participent annuellement. Liste des lauréats disponible en ligne. 65 [ 74 ]

Roman graphique

L’appellation roman graphique n’est pas précise, elle décrit généralement un texte touffu, long et dense, destiné à des lecteurs adultes. Toutefois, nous pouvons tirer quelques généralités : les récits sont plutôt autobiographiques, personnels, intimistes, comme dans un roman, mais largement illustrés ; leur format se situe entre celui du livre de poche et celui d’une bande dessinée. Les romans graphiques sont généralement des « one shot », mais il en existe aussi en plusieurs tomes. Quant aux dessins, les auteurs peuvent laisser libre cours à leur imagination (illustration noir et blanc, sans texte, sans bulles, liberté artistique dans le dessin…) Enfin, ce sont des œuvres où la griffe de l’auteur est tout de suite reconnaissable. David B.

L’ascension du haut mal Association, 1996-2003 (Eperluette) 6 tomes

Le Haut Mal est le nom anciennement donné à l’épilepsie. Cette bande dessinée autobiographique raconte la maladie qui frappe le frère de l’auteur et que toute la famille combat désespérément. Avec un langage visuel personnel, une parfaite maîtrise du noir et blanc, des dessins parfois angoissants et terrifiants David B. réussit une œuvre cathartique qui lui a notamment valu l’Alph-Art du scénario au Festival d’Angoulême 2000.

65 http://institutions.ville-geneve.ch/fr/bm/agenda/vos-rendez-vous-de-lannee/prix-ptits-momes/ ouvrages-primes-depuis-2006/

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Daniel Clowe

Julie Maroh

Rascal et Alfred

Riad Sattouf

Ghost world

Le bleu est une couleur chaude

Angie M.

L’ Arabe du futur : une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) et (1984-1985)

Enid et Rebecca, deux jeunes étudiantes américaines, posent leurs regards durs, sarcastiques et impitoyables sur leur adolescence. Album très graphique, couleurs pop, impossible pour le lecteur de ne pas retenir le visage de ces deux adolescentes charismatiques.

Des couleurs froides, des lavis de gris, de beige, le bleu comme fil conducteur pour parler de manière sensuelle d’amour. Abdellatif Kechiche a adapté ce roman graphique pour le cinéma en 2013 sous le titre La Vie d’Adèle, film qui a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes en 2013.

Œuvre coup de poing assez graphique, peu de couleurs (beige, noir, blanc) qui mêle texte imprimé, illustrations et séquences BD pour raconter le déni de grossesse d’Angie M.

Ulli Lust

Anders Nilsen

Trop n’est pas assez

Fin

Eté 1984, Ulli et Edi deux jeunes punkettes autrichiennes, traversent l’Italie jusqu’en Sicile. Le dessin en noir, blanc et vert, est un peu trash comme ses héroïnes et correspond bien à l’ambiance des années 1980. Prix Révélation 2011, Festival de la bande dessinée d’Angoulême.

L’auteur a réalisé cet album suite au décès de sa fiancée. Il y livre ses tourments et ses interrogations qui le rongent, les derniers moments passés avec elle, mais aussi le défi quotidien que représente cette nouvelle vie, sans elle. Les questions métaphysiques que l’auteur se pose sont bien mises en avant dans l’album, le noir et le blanc sont prédominants. Son style est minimaliste, on pourrait même le qualifier de médical.

Vertige graphic, 2002

Glénat, 2013

Çà et là, 2012

Atrabile, 2015

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Edune, 2010 (Emprunte)

Allary éditions, 2014-2015 2 tomes Riad Sattouf raconte son enfance entre la Libye et la Syrie de 1978 à 1984. Le père de Riad, qui veut en faire un Arabe éduqué et moderne, l’élève dans le culte des grands dictateurs arabes. Prix de la bande dessinée au Festival d’Angoulême, meilleur album 2015. Ses dessins sont toujours remplis d’humour, ses personnages assez caricaturés sont très attachants : il nous livre un roman graphique que l’on a beaucoup de plaisir à lire.

Marjane Satrapi

Persepolis

Association, 2002-2007 (Ciboulette) 4 tomes Art Spiegelman Dans un graphisme particulièrement expressif en noir et blanc qui peut nous rappeler les gravures de Félix Vallotton, l’auteur retrace les étapes marquantes de sa vie : son enfance à Téhéran pendant la révolution islamique et son entrée difficile dans la vie d’adulte en Europe. Entre témoignage historique et réflexion sur l’identité et l’exil, Persepolis est le plus grand succès éditorial de la bande dessinée alternative européenne des années 2000. En 2007, le film d’animation adapté et réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, obtient le prix du jury du Festival de Cannes.

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Maus : un survivant raconte Flammarion, 1987-1992 2 tomes

Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis, et de son fils, auteur de bandes dessinées. Dans ce dessin en noir et blanc très dense et très fort, les Nazis sont représentés par des chats et les Juifs par des souris. L’ambiance est sombre, dure et torturée. Roman graphique incroyable ! Ce titre a reçu un Prix Pulitzer spécial en 1992.


Anthony Browne 66

Mariko Tamaki

Craig Thompson

Cet été-là

Blankets = manteau de neige

Rue de Sèvres, 2014

Casterman, 2004 (Ecritures)

Rose et Windy se retrouvent pour passer des vacances en famille au bord du lac Awago. Entre jeux, confidences et problèmes familiaux, elles entrent peu à peu dans l’adolescence. Un album graphiquement réussi : poétique, doux, vivant et très réaliste à la fois qui nous rappelle les dessins de Craig Thompson.

1946 (Sheffield) Diplômé d’arts graphiques du College of Arts de Leeds, Anthony Browne travaille beaucoup le dessin du corps humain : il sera d’ailleurs assistant de l’artiste médical de l’Université de Manchester (dessin de planches anatomiques). Son activité de dessinateur de cartes de vœux lui permet de vivre et de n’éditer que des livres qu’il trouve importants. Il a reçu de nombreux prix dont le Prix Hans Christian Andersen décerné par l’IBBY en 2000. Son dessin plein de tendresse comme dans l’album Petite beauté est très réaliste, extrêmement précis et décrit un univers d’enfant dans un décor urbain pour la plupart de ses albums. L’imaginaire y est très riche et les personnages sont toujours représentés par des singes. C’est la figure paternelle qui sert d’inspiration à Anthony Browne pour ses personnages de gorilles sympathiques. « Cet homme grand et fort (…) était très physique. Et les gorilles sont un peu comme ça. Ce sont d’énormes créatures puissantes à l’aspect féroce, qui sont en fait des animaux doux, délicats et sensibles » 67. Les histoires d’Anthony Browne 68 font toujours allusion à la vie quotidienne des enfants (parents autoritaires, chômage, timidité… ) et les références à l’art (Les tableaux de Marcel) et aux contes (Un conte de Petit ours – Hansel et Gretel) sont également très présentes .

L’auteur rencontre son premier amour Raina lors d’une classe de neige paroissiale. Un dessin en noir et blanc poétique, expressif et très recherché qui ne laisse pas le lecteur indifférent.

Ouvrages traitant de l’œuvre d’Anthony Browne à découvrir : Christian Bruel

Anthony Browne

Etre, 2001 (Boitazoutils)

Anthony Browne avec Joe Browne : déclinaisons du jeu des formes Kaléidoscope , 2011

Royaume-UNI >>> voir aussi sous Pays

Quentin Blake

1932 (Londres) Quentin Blake, l’une des figures emblématiques de l’illustration en Grande-Bretagne, a collaboré avec les auteurs les plus talentueux de son pays (Roald Dahl, John Yeoman, Russel Hoban…). Parallèlement à son emploi de professeur au Royal College of Art, il a travaillé pour la presse et son dessin s’inspire largement des caricaturistes. Il se dit influencé par Daumier. Selon Quentin Blake le travail de l’illustrateur est de saisir le moment particulier du texte propre à l’illustration qui diffère souvent du temps fort dans la progression du récit. Quant à l’humour, élément majeur de son œuvre, Blake témoigne qu’il est déterminant dans la collaboration avec l’auteur : c’est un accord commun sur ce qui est comique. Selon lui, l’humour tient dans sa façon de vivre une scène et il lui vient quand justement il n’y pense pas trop. Il découle de certains procédés : en soulignant les réactions et en faisant intervenir de petits spectateurs, souvent des animaux. Blake a aussi créé plusieurs albums seuls, sans texte, où la force du dessin raconte une histoire en soi et traduit l’essence des mots en image. Forte de plus de deux cent livres, l’œuvre de Quentin Blake est une référence incontournable du livre jeunesse.

John Burningham

1936 (Farnham) Il étudie l’illustration et le graphisme à la Central School of Art de Londres, où il obtient son diplôme en 1959. John Burningham est l’un des chefs de file de la génération de 1960/1970 en GrandeBretagne. Il a été élève à Sommerhill, et par conséquent son approche pédagogique du livre pour enfants est marquée du sceau de l’enseignement de A.S Neill. L’image est pour lui un outil de communication et tous les supports l’intéressent : la presse, les affiches, les posters, les frises décoratives, les cartes de vœux, les films d’animation et bien sûr les albums. Dans ses histoires en images, il caricature à petits coups de plume griffante qui rehausse l’aquarelle. Les situations sont toujours traitées avec humour. A découvrir :

Borka Le cadeau de Noël de Gaston Grippemine Le lit magique Ne te mouille pas les pieds, Marcelle ! Préfèrerais-tu ? Train de nuit Le zoo derrière la porte

A découvrir entre autres :

Armeline Fourchedrue Les cacatoès Les poules Matilda Le Bon Gros Géant Charlie et la chocolaterie Les deux gredins L’énorme crocodile

http://www.ricochet-jeunes.org/auteurs/recherche/541-anthony-browne Information prélevée dans le discours prononcé par Anthony Browne lors de la remise du prix Hans Christian Andersen 2000, texte publié dans le n°197 de février 2001 de la Revue des Livres pour Enfants, traduit par Isabel Finkenstaedt, directrice des éditions Kaléidoscope 68 Revue des livres pour enfants, n°113, printemps 1987, p 32-33 66 67

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Babette Cole 69

1950 (Jersey) Babette Cole a fréquenté le College Canterbury of Art et a publié plus de septante ouvrages. Elle est la créatrice de nombreux personnages tous plus amusants et bouillonnants d’énergie les uns que les autres. Spécialisée dans l’animation, Babette Cole a collaboré pour créer des programmes BBC TV pour enfants. Son best-seller Doctor Dog (Médechien de famille) a été adapté en dessin animé pour la télévision. Sa technique de prédilection est l’aquarelle. L’humour décapant est au centre de tous ses albums et elle apporte des réponses aux questions existentielles avec beaucoup de tendresse. Titres à découvrir (entre autres) :

Gare au vétérinaire La Princesse Finemouche Médechien de famille Le problème avec… Raides morts

Emily Gravett 70

1972 (Brighton) Passionnée d’art, elle a repris ses études à l’université après huit ans de voyages. Les Loups, son premier album, a été réalisé dans le cadre de ses études. Pour cette œuvre, Emily Gravett a remporté en 2004 le prix Macmillan du meilleur illustrateur. Ses techniques sont diverses : elle dessine au crayon noir et met la couleur au pinceau ou aux crayons de couleurs. Ensuite Emily Gravett scanne son dessin et sélectionne la partie voulue pour l’insérer sur sa page de travail.

A découvrir également :

Bébé des cavernes Caméléon bleu Le chat de Mathilde Le grand livre des peurs Mon singe et moi Une fois encore !

Tony Ross

1938 (Londres) Tony Ross a étudié l’illustration à Liverpool et après avoir travaillé dans la publicité, il a enseigné à l’Ecole des Beaux-Arts de Manchester. Il commence par publier des dessins humoristiques dans la presse et ses premiers livres pour enfants en 1973. Brillant technicien, il excelle également en peinture. Il aime raconter des histoires aux enfants et les faire rire. C’est un poète qui sait aussi bien jongler avec les mots qu’avec les couleurs. Il manie avec virtuosité les différentes techniques, mais c’est avec de petites griffures de plume striant l’aquarelle ou avec des papiers découpés qu’il racontera le mieux des histoires de caprices démesurés et de faiblesses parentales. Ses images sont insolentes, impertinentes, grinçantes et drôles; elles déclenchent irrésistiblement les rires chez les enfants comme chez les adultes. A découvrir :

Adrien qui ne fait rien Le grand livre de la petite princesse Je veux gagner Le garçon qui criait : « au loup !»

Chris Haughton 72

1978 (Dublin) Multipliant les récompenses depuis ces cinq dernières années, Chris Haughton se distingue par son style à la fois naïf et singulier. Lorsqu’il ne crée pas de livre illustré, il dessine pour The Guardian, The Times et d’autres journaux. L’humour règne en maître dans son univers. L’album qui lui apporta la notoriété, Un peu perdu, est un récit en boucle autour d’une petite chouette tombée du nid qui lui a valu le prix Sorcières 2012 dans la catégorie « Tout-petits ». Cet album a été suivi du très amusant Oh non, George ! narrant les péripéties irrésistibles d’un chien luttant, avec plus ou moins de succès, contre ses instincts, puis du plus récent Chut, on a un plan. La grande simplicité des personnages, traités en aplats de couleurs, procure à son trait efficacité, dérision et tendresse.

Ce n’est pas moi ! La soupe aux cailloux

John A. Rowe

1949 (Kingston-upon - Thames) A l’âge de 20 ans, il s’inscrit à l’Ecole d’art de Richmond College. Il se passionne alors pour le dessin. Il s’initie ensuite à l’art pictural et étudie encore de nombreuses années, notamment dans une école d’art à Vienne. En 1988, il rencontre Michael Neugebauer, éditeur chez Nord-Sud. Il crée des albums qui distraient les enfants et les font rire. Son utilisation des couleurs induit une atmosphère, une humeur, mais ses préférences vont aux couleurs sombres et au noir. A découvrir :

Bébé corbeau Bisous Du chat … à la souris Fulbert la terreur Je suis comme je suis Objectif lune Raoul Les souliers dorés La vie est une fête

http://www.babette-cole.com/ www.emilygravett.com 72 www.ricochet,org 69 70

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Elisabeth Ivanovsky

Russie Ivan Yakovlevitch Bilibine

1876 (Près de Saint Pétersbourg) - 1942 (Léningrad) Grand illustrateur du folklore russe et de contes de fées. Il a travaillé surtout à l’illustration de contes en France avec les éditions du Père Castor ou les éditions Nathan. Ses images de forêts, de montagnes, de motifs et de costumes russes sont prédominantes dans son travail. Sa capacité d’apporter un sentiment de réalité à un monde de fantômes et/ou de crânes lumineux a renforcé l’idée que ces histoires pourraient vraiment être arrivées. On peut y voir aussi une ressemblance avec les peintures des Préraphaélites ou avec l’Art Nouveau. Enfin, il a réalisé également des décors et des costumes de théâtre et de ballet.

1910 (Chisinau, Moldavie) - 2006 (Bruxelles) S’est formée à l’Ecole des Beaux-Arts de Kichineff. Arrivée en Belgique en 1932, elle s’inscrit en classe d’illustration à La Cambre. À partir de 1937, elle commence une longue collaboration avec Marcelle Vérité. Ces deux grandes dames de la littérature jeunesse travailleront ensemble pendant près de cinquante ans. Ses œuvres représentant souvent des animaux dans la nature sont colorées, tendres et lyriques. Avec René Meurant, son mari, ils créeront ensemble de 1941 à 1946 aux Éditions des Artistes, une série de mini livres. Les thèmes portent sur des légendes, comptines, chansons, proverbes destinés aux petits. Outre l’illustration, elle se consacre à la gravure (plus particulièrement à l’art du monotype), à la peinture et au dessin. A découvrir :

Le Cirque L’imagier des couleurs L’imagier des oursons Lili La coccinelle

A découvrir :

Contes de Russie Conte du petit poisson d’or Contes russes Le tapis volant,le tuyau d’ivoire et la pomme magique

Boris Diodorov

1934 (Moscou) Après des études d’Arts et une carrière de directeur artistique dans diverses maisons d’édition, il se consacre dès 1960 à l’illustration. Il a souvent remporté des prix pour ses œuvres et notamment la Pomme d’Or à la Biennale Internationale de Bratislava en 1981. Il utilise une technique unique mêlant la gravure, l’aquatinte et l’aquarelle. Ses dessins de reines ou de sirènes remplis de petits détails nous emportent facilement dans un monde fantastique. Pendant plus de cinquante ans Boris Diodorov a illustré plus de trois-cent livres, y compris les œuvres d’Hans Christian Andersen, Ivan Tourgueniev, Léon Tolstoï et bien d’autres…

Nathalie Parain

1897 (Kiev) - 1958 (Sceaux) Reçoit une éducation artistique, sous l’influence notamment des Constructivistes. Arrivée en 1928 à Paris, elle côtoie les milieux d’émigrés russes, artistes et intellectuels, et fait paraître, en 1930, son premier livre illustré pour la jeunesse Mon Chat qui met en scène des jouets, des animaux, un chat et une petite fille. Entre 1931 et 1935, elle illustre, à la demande de Paul Faucher, les Albums du Père Castor, dont elle devient l’une des illustratrices vedettes. La technique de Nathalie Parain se révèle proche d’une technique de papiers découpés, employant les procédés cubistes et géométriques.

Nikolai Popov

1938 (Russie) Est diplômé de l’Institut Polygraphique de Moscou, section gravure et film d’animation. Ses estampes et ses lithographies sont exposées en Russie et à l’étranger. Dans le domaine de l’illustration, comme la plupart des artistes soviétiques de son époque, il a illustré les grands classiques de la littérature, comme par exemple les Fables de Krilov, le «La Fontaine russe». Nikolai Popov a obtenu de nombreux prix entre 1971 et 1975 pour Netotchka Nezvanova de Dostoïevski, et pour Robinson Crusoé de Deföe. Dans les années 1990 il est invité à venir participer à une exposition à la Foire de Bologne. Il y découvre les potentialités de l’édition internationale pour la jeunesse. Actuellement il travaille avec des éditeurs et de nombreuses revues russes pour la jeunesse.

A découvrir :

La petite sirène La reine des neiges

A découvrir :

Baba Yaga Mon chat Ribambelles Ronds et carrés

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A découvrir :

Pourquoi ?

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Feodor Rojankovsky

1891 (Lituanie) - 1970 (Etats-Unis) Il fait ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Moscou et sert dans l’armée russe lors de la Première Guerre mondiale. C’est là qu’il commence des croquis de guerre. Il peint également des décors et des costumes de théâtre et réalise des travaux publicitaires. A Paris, sa rencontre avec les éditions du Père Castor en 1933, lui donne l’occasion d’affirmer son talent. Il illustre près d’une trentaine d’albums pour enfants avant de quitter la France occupée ; en 1941, il part pour les Etats-Unis où il publie plus de cent livres, la plupart autour des animaux ou de la nature. A découvrir :

ABC jeux du Père Castor Michka Quipic le hérisson Scaf le phoque

Salons, Foires >>> Voir au nom des salons et des foires

> Biennale de l’illustration de Bratislava > Bologne (Foire internationale du livre de jeunesse) > Montreuil (Salon du livre et de la presse jeunesse, dit Salon de)

Guennadi Spirine

1948 (Russie) Il a suivi les cours de l’Ecole d’Art de Surinov, puis de l’Ecole des Arts Stroganov de Moscou. Il illustre des livres pour enfants depuis 1979 et est connu dans le monde entier. Son style unique combinant l’art traditionnel russe avec une grande maîtrise de l’aquarelle, lui a permis de remporter de nombreux prix, dont celui décerné par le New-York Times et d’élever l’illustration du livre pour enfants à un niveau « beaux-arts ». Les œuvres de Spirine ont donné vie à des auteurs classiques comme William Shakespeare, Anton Tchekhov et Leon Tolstoï. Il a émigré aux Etats-Unis en 1991. A découvrir :

Les contes du Samovar La femme oiseau La fi lle du roi des mers La petite poule noire L’oiseau de feu Philipok

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Suède

>>> voir aussi sous Pays

Eva Eriksson

1949 (Stockholm) Elle fait ses études dans plusieurs écoles d’art et exerce en tant que professeur d’art plastique. Elle commence à illustrer des livres pour enfants en 1979. En collaboration avec Barbro Lindgren, elle crée des images et des textes pour les tout-petits autour des personnages de Bella et Gustav. Avec humour Eva Eriksson observe la vie familiale et les relations enfants-adultes dans nos sociétés contemporaines. Elle nous invite à une double lecture. Celle de réflexion au niveau des parents et celle de l’amusement des petits face au comique des situations présentées. A découvrir entre autres :

Attention au crocodile ! Le bébé terrible monte à chien Le jour où nous étions seuls au monde Le meilleur spectacle du monde Quelle chance ! Tim et Tidou déménagent

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Olof Landström

1943 (Finlande) Il étudie l’art en Suède. Il se consacre pendant vingt ans au cinéma d’animation. Depuis 1990, il publie de nombreux albums, dont la série des Nisse, en collaboration avec sa femme, Lena Landström.

Pija Lindenbaum

1955 (Sundsvall) Elle suit l’Ecole des Arts de Stockholm et reçoit le Prix Elsa Beskow en 1993 et le Prix Astrid Lindgren en 2008. Elle a d’ailleurs illustré le texte d’Astrid Lindgren Mirabelle en 2002. Le personnage de Mado est très populaire en Suède.

Laura Ljungkvist

1965 (Gothenburg) D’origine suédoise, elle vit à Brooklyn, New York. Elle a étudié à l’Institut RMI-Berghs Communication ; puis elle se se lance dans la carrière d’illustratrice indépendante. Elle travaille alors pour des entreprises de design, des agences de publicité et des magazines, elle enseigne également l’illustration à Stockholm. Actuellement elle est installée à New-York où elle illustre de grands magazines : New Yorker Magazine, Harper’s Bazaar… En 2001 elle publie son premier livre pour enfants. Plusieurs ouvrages suivront. Cependant, elle ne se considère pas comme une auteure en soi. « Je n’écris pas d’histoires. Je viens avec un concept ou une idée que je construis et mets en application ensuite ». A découvrir :

Où est la coccinelle ? Suis la ligne à l’école Suis la ligne autour du monde Suis la ligne dans la maison A découvrir entre autres :

A découvrir entre autres :

Benny à l’eau Les listes de Wallace Nisse va chez le coiffeur Quatre poules et un coq

Mado et les loups Mes 7 papas

Anna-Clara Tidholm

Eva LinDSTRöm

1952 (Västerås, près de Stockholm) Peu traduite dans le monde francophone, elle est une auteure prolifique en Suède. Son trait faussement maladroit, sa perspective un peu bancale, les couleurs cassées, les ambiances dépouillées et laconiques induisent une sorte de déséquilibre, d’incertitude, qui va de pair avec les thématiques poétiques et philosophiques de l’auteure. Ses doubles pages forment de magnifiques tableaux à l’harmonie de formes et couleurs empreintes d’une certaine mélancolie, qui constituent sa touche particulière. >>> Sites à découvrir : http://blog.picturebookmakers.com/post/118188440586/eva-lindstrom http://www.alfabeta.se/forfattare/eva-lindstrom

1948 (Stockholm) Ses livres pour enfants sont publiés depuis 1980. Elle a reçu le prix Elsa Beskow. Elle a été journaliste dans des quotidiens et a travaillé pour la radio et la télévision. Elle est auteure de recueils de poésie, de livres pour les petits, d’émissions de radio pour les enfants et de chroniques dans des magazines et journaux. Elle est également illustratrice de livres jeunesse. Elle travaille pour le cinéma d’animation, organise des expositions, dessine des affiches. Ses illustrations sont réalisées à l’aquarelle. A découvrir :

Adieu, Monsieur Câlin Amis pour la vie Moi, je veux aller à l’école >>> Site à découvrir : https://sweden.se/culture-traditions/swedish-childrens-literature/

A découvrir :

Olli et Ma Où sont nos bonnets J’aime pas l’eau Et on est devenus amis Dans les bois

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Suisse

Simon Kroug Albertine

1967 (Genève) Elle se forme à l’Ecole d’arts décoratifs, puis à l’Ecole supérieure d’art visuel à Genève. Illustratrice et sérigraphe, elle enseigne à la HEAD (Haute Ecole d’art et de design), toujours à Genève. Elle travaille également pour la presse. Ses créations s’adressent au public adulte et au public jeune. Depuis 2014, son art occupe tout son temps. Pour une majorité de titres, Albertine collabore avec Germano Zullo, écrivain, qui est également son compagnon. Au mois d’avril 2016, leur titre Mon tout petit a reçu le prix Fiction à la Foire du livre pour enfants de Bologne.

1977 (Genève) Il est un jeune illustrateur et graveur de nationalité suisse et française qui monte. Diplômé de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne, il enseigne les arts visuels à de jeunes élèves entre dix et quinze ans. Ses dessins pour la jeunesse sont parfois décalés et tendres alors que son travail d’artiste graveur sur bois et linoléum est très différent puisqu’il utilise une technique traditionnelle avec des images contemporaines (de lui-même, de la nature, du corps, …) A découvrir :

La rumeur Le yoga de Kika Raconte-moi la Bible Kalila et Dimna

Robert Hainard

1906 (Genève) - 1999 (Vaud) Né dans une famille de peintres du canton de Genève, Robert Hainard fréquente l’Ecole des arts industriels et s’intéresse très tôt à la nature. Fin observateur des mœurs des animaux, il saisit l’animal par le dessin puis restitue sa vision par le biais de la gravure. Il invente, en 1927, un nouveau procédé de gravure sur bois et en 1929 expose ses premières estampes animalières à Genève. En 1948-1949 sont publiés Mammifères sauvages d’Europe chez Delachaux et Niestlé, deux tomes qui font référence encore aujourd’hui dans le monde scientifique. A découvrir :

Le guetteur de lune Le monde sauvage de Robert Hainard Nuits d’hiver au bord du Rhône Mammifères sauvages d’Europe

Catherine Louis

1963 (Berne) Après avoir suivi l’Ecole des Arts visuels de Bienne et l’Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg (Atelier de Claude Lapointe), elle vit et travaille dans le canton de Neuchâtel. Son travail autour de la calligraphie chinoise lui a valu d’être sélectionnée pour la Biennale internationale de Bratislava 2005 et de figurer sur la Liste d’honneur de l’IBBY. En 2006 elle a reçu le Prix Sorcières au Salon du livre de Paris avec son Imagier chinois qui l’a aussi conduite en Chine. A côté de ce travail d’illustratrice de livres pour enfants, elle collabore avec la presse enfantine, elle donne des cours aux adultes et crée des affiches culturelles et des décors de théâtre. Laurence Junier

A découvrir entre autres :

Catherine Louis, illustratrice, Illustratorin, Illustratore

Liu et l’oiseau Ma mère est une sorcière L’oiseau charpentier Presque poèmes Le rat m’a dit…

Biographie de Catherine Louis.

Emmanuelle Houdart

1967 (Valais) “Je suis née en Suisse, très tranquillement, le cordon ombilical autour du cou, les montagnes et les forêts pour marraines. Dans le métro parisien, j’ai rencontré mon mari, preuve que les choses les plus romantiques arrivent encore. Sinon, il est arrivé un tas de trucs épouvantables et merveilleux dans ma vie, comme dans celle de tout le monde. Et c’est ça que je dessine : du merveilleux et de l’épouvantable” 73. L’univers fantasmagorique d’Emmanuelle Houdart est complexe et riche, il allie étrange et originalité et peut parfois être perçu comme dérangeant. Les personnages dont l’animalité est bien présente sont remplis de symboles qui traduisent leur identité et leur état émotionnel.

73

JÖrg Müller

1942 (Lausanne) Il connaît un grand succès dans les années 1980. C’est un miniaturiste qui travaille tous les détails, parfois à partir de diapositives. Son association avec Jörg Steiner aboutit à des grands albums, tels que : L’île aux lapins, dénonçant l’élevage des animaux en batterie ou La révolte des animaux de la pub : alors que leur image est exploitée dans la publicité, les animaux tentent d’échapper à cet engrenage. Pour cet album, Müller utilise un aérographe fluo. Ses illustrations sont plus grandes. En 1994, Jörg Müller reçoit le Prix Hans Christian Andersen pour l’ensemble de son œuvre.

A découvrir :

A découvrir :

L’abécédaire de la colère Abris Les heureux parents Ma mère Monstres malades

Les deux îles L’homme de la fosse aux ours Les Nouveaux musiciens de la ville de Brême La pelle mécanique ou La mutation d’une ville Pierre et le loup Une ville au Moyen Age

http://emmanuellehoudart.fr/index.php

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Béatrice Poncelet

1944 (Neuchâtel) Après une formation aux Arts décoratifs de Genève, elle étudie la gravure en Angleterre, la tapisserie en volume en Italie. Elle enseigne le dessin à Genève, puis le cinéma d’animation à l’INA à Paris (1973-1977). Elle crée et dirige un atelier municipal d’expression graphique pour les enfants et les adolescents à Thorigny sur Marne. Son art, très sensible, dépeint des atmosphères intimistes, des moments de vie. Les lettres, la musique et la littérature sont présentes dans ses peintures.

Anna Sommer

1968 (Argovie) L’auteure est connue pour sa technique en papiers découpés et collages et ses grandes illustrations. Son œuvre est très esthétique. Elle fascine les adultes et les plus jeunes. A découvrir :

L’œuf Amourettes Les grandes fi lles Baies des bois

A découvrir :

Chaise et café Chez elle ou chez elle ou chez eux Chut ! elle lit Et la gelée, framboise ou cassis ?

Ma Lou adorée Le panier Semer en ligne ou à la volée T’aurais tombé

Tom Tirabosco Katrin Schärer

1969 (Bâle) Elle étudie à l’Ecole d’Arts visuels de Bâle et devient professeur d’arts visuels. Elle a collaboré avec de nombreux auteurs, Lorenz Pauli et Rafik Schami entre autres. Repiquant des scènes de cinéma, des atmosphères, elle aime construire des paysages, des objets et des personnages. Elle utilise le crayon pour faire ses croquis, ensuite de l’encre brune sur les formes et des encres de couleurs et de la peinture pour le fond, puis elle poursuit au crayon et ajoute de l’huile de couleur pastel (pour rendre les fourrures plus soyeuses). Une deuxième technique est le collage. Elle dessine les figures avec un crayon et de l’huile de couleur pastel sur du papier brun. Puis elle les découpe, les fait glisser sur un film adhésif très mince puis les découpe plus précisément au scalpel. Pour les zones de fond, Katrin Schärer les crée avec du papier de couleur, de l’encre et de la craie. Elle recherche une représentation cinématographique et elle peut ainsi déplacer et coulisser les images et les décors jusqu’à obtenir l’effet désiré.

1966 (Rome) En 1970, sa famille s’installe à Genève. Il étudie à L’Ecole supérieure des arts visuels. Il est scénariste, illustrateur, dessinateur de bandes dessinées. En 1997, il remporte le tout nouveau Prix Töpffer avec L’émissaire. Il est lauréat en 2003 du Grand Prix du Festival BD de Sierre pour son album L’œil de la forêt. En 2009, il reçoit le prix du Jury œcuménique de la bande dessinée, attribué en marge du Festival d’Angoulême, pour son album, en collaboration avec Pierre Wazem, La fin du monde. A découvrir entre autres :

Les bandes dessinées :

Ailleurs au même instant Arnold Les fonds de poche

Léo et Lea Monroe Sous-sols Wonderland

A découvrir :

A la ville et aux champs Chamailles La folie des grandeurs Monsieur renard à la pipliothèque Toi ! L’artiste !

Anne Wilsdorf

1954 (Luanda en Angola) Elle est d’origine alsacienne. Elle étudie aux Beaux-Arts de Lausanne et se tourne vers l’illustration qu’elle enseigne à l’Ecole romande des Arts Graphiques de Lausanne. Elle travaille pour la presse et le livre pour enfants. Son trait est vif, ses personnages sont pleins de vie et les situations pleines d’humour… Ses techniques sont multiples : encres de couleur, encre de Chine, peinture.

Irène Schoch

1972 (Argovie) Elle se forme à l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués à Paris, puis suit les cours de Claude Lapointe à Strasbourg. Son univers graphique hérité du Douanier Rousseau est centré sur un bestiaire qu’elle s’est inventé. Son illustration poétique, pleine d’humour est d’une grande exigence esthétique. Son trait très graphique, anguleux, sa palette de couleurs plutôt froides, presque fluorescentes, d’une étrange force, posent une ambiance enfantine, naïve. [ 90 ]

A découvrir :

Le boubou de Madame Porc-Epic Le diable en Tasmanie Dino Grandgrandpère Hôtel d’été Je souris toute l’année Paresseux

A découvrir entre autres :

Faustine et le Père Noël Jujube Le manteau du bûcheron M’Toto Princesse Le roi des ogres (série)

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Techniques

Totem (Prix)

>>> Voir au nom des techniques :

>>> Voir aussi sous Prix

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De 1987 à 1999, les Totems récompensaient albums, romans et BD lors du Salon du livre de Montreuil. Les Totems sont remplacés à partir de 2000 par les Baobabs.

Broderie Dessin au trait Feutre (stylo) Gravure Illustration numérique Photographie

Tour de la question Nous estimons l’avoir esquissé.

Tendances graphiques Julius Wiedemann

Illustration now !

Taschen, 2005-2014 5 tomes Un grand panel d’illustrateurs de plus de 30 pays différents. Les tendances les plus innovantes toutes techniques confondues. Entre œuvres personnelles et projets pour de grandes marques comme Nike, les plus célèbres illustrateurs côtoient les néophytes. Dans le tome 5, l’introduction de Steven Heller revient sur l’histoire de ce mode d’expression. Panorama de l’illustration actuelle, idéal pour les graphistes, les créatifs, enfin tous ceux qui apprécient le dessin et l’expression visuelle.

Tête-bêche (Format)

Vous voici au bout de cette sélection !

ZZZ… Nous espérons avoir suscité votre intérêt...

>>> Voir aussi sous Format

Le format tête-bêche signifie que deux livres en rapport l’un avec l’autre sont imprimés ensemble et reliés par le dos lors de la fabrication. Le terme tête-bêche ou tête-à-queue implique que le document composé de deux contenus peut se lire en le retournant d’un côté ou de l’autre.

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Index des illustrateurs ALBERTINE..... p.53, 88 ALFRED.....p.77 ALLSBURG, Chris Van -> voir VAN ALLSBURG, Chris ANGELI, May..... p. 59 ANNO, Mitsumasa..... p. 62

B B, David..... p. 75 BAER, Julien..... p. 74 BALADI, Alex..... p. 49 BARMAN, Adrienne..... p. 49 BARRETT, Angela..... p. 34, 35 BATAILLE, Marion..... p. 8, 26 BAUER, Jutta..... p. 13 BEER, Hans de..... p. 67 BERETTA, Roberto..... p. 8 BERNARD, Fred..... p. 9 BERTIER, Anne..... p. 8 BILIBINE, Ivan Iakovlevitch..... p. 35, 82 BLAKE, Quentin..... p. 78 BLOCH, Serge..... p. 65 BRAVI, Soledad..... p. 65 BRIGGS, Raymond..... p. 52 BROUILLARD, Anne..... p. 18 BROWNE, Anthony..... p. 70, 79 BRUNHOFF, Jean de..... p. 11, 23, 44, 52 BUCHHOLZ, Quint..... p. 13, 70 BURNINGHAM, John..... p. 79

C CARVALHO, Bernardo..... p. 51 CHARLIP, Remy..... p. 46 CHAUD, Benjamin..... p. 23 CHAVOUET, Florent..... p. 31 CHEDRU, Delphine..... p. 60 CHENG, François..... p. 29 CLAVELOUX, Nicole..... p. 45 CLOWE, Daniel..... p. 76 COLE, Babette..... p. 80 COUPRIE, Katy..... p. 74 COX, Paul..... p. 7 CRANE, Walter..... p. 35 CRAUSAZ, Anne..... p. 61 CROWTHER, Kitty..... p. 18 CUMONT, Louise-Marie..... p. 25

D DARTOIS, Thisou..... p. 25 DAUTREMER, Rébecca..... p. 54 DEDIEU, Thierry..... p. 9, 55 DEGAS, Edgar..... p. 70

DELESSERT, Etienne..... p. 17, 45 DELISLE, Guy..... p. 31 DIODOROV, Boris..... p. 82 DONALDSON, Julia..... p. 52 DORE, Gustave..... p. 36 DORLEANS, Marie..... p. 41 DOUZOU, Olivier..... p.17, 26, 55, 65 DUBOIS, Bertrand..... p.7 DUFOUR, Sandra..... p.25 DULAC, Edmond..... p.36 DUMAS, Philippe..... p.41

E EDY-LEGRAND, Edouard Léon Louis..... p.11 ERIKSSON, Eva..... p.85 ERLBRUCH, Wolf..... p.14, 45

F FALCONER, Ian..... p.23 FERRANDEZ, Jacques..... p.32 FISCHER, Hans..... p.44 FRANCOIS, André..... p.44

G GALERON, Henri..... p.45 GAUTHIER, Alain..... p.45 GEISERT, Arthur..... p.23 GERVAIS, Bernadette..... p.23 GIL, Isabelle..... p.74 GOMI, Taro..... p.62 GRANDIN, Aurélia..... p.27 GRAVETT, Emily..... p.80 GUETTIER, Béatrice..... p.65

H HAERINGEN, Annemarie van..... p.68 HAINARD, Robert..... p.88 HAN, Tae-hee..... p.39 HARTLEY, Jill..... p.72 HAUGHTON, Chris..... p.65, 80 HEINE, Helme..... p.53 HELLE, André..... p.22 HENKES, Kevin..... p.47 HOBAN, Tana..... p.72 HÖGLUND, Anna..... p.23 HOUDART, Emmanuelle..... p.9, 88 HUMBERT, Nicolette..... p.73

I IBN AL RABIN ..... p. 49 IVANOVSKY, Elisabeth..... p.44, 83 IWAMURA, Kazuo..... p.63

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J JACQUES, Benoît..... p.18 JANOSCH..... p.14 JANSSON, Tove..... p.52 JEUN, Keum-ha..... p.39 JHA, Rambharos..... p.22 JOHNSON, Donald B. ..... p.70 JOLIVET, Joëlle..... p.23, 58 JOUANNIGOT, Loïc..... p.23

K KIM, Jae-hong..... p.40 KIM, Sung-min..... p.40 KOMAGATA, Katsumi..... p.16 KORAICHI, Rachid..... p.27 KROUG, Simon..... p.89 KÜNDIG, Andreas..... p.49 KWON, Yun-deok..... p.40

L LACLOTRE, André -> voir HELLE, André LAMAZOU, Titouan..... p.32 LAMORISSE, Albert..... p.52 LANDSTRÖM, Olof..... p.86 LAPOINTE, Claude..... p.45, 55 LAVATER, Warja..... p.59 LEE, Suzy..... p.40 LE GAC, Gwen..... p.25 LEJONC, Régis..... p.69 LEMOINE, Georges..... p.56 LEVASSEUR, Yves..... p.49 LINDENBAUM, Pija..... p.86 LINDSTRÖM, Eva..... p.86 LIONNI, Leo..... p.52 LJUNGKVIST, Laura..... p.87 LOUCHARD, Antonin..... p.74 LOUIS, Catherine..... p.89 LOUSTAL, Jacques de..... p.33 LUST, Ulli..... p.76

M MACKEE, David..... p.23 MAROH, Julie..... p.76 MASSOUDY, Hassan..... p.28 MIYAKOSHI, Akiko..... p.63 MIYAMOTO, Tadao..... p.23 MOON, Sarah..... p.73 MÜLLER, Jörg..... p.89 MULLER, Gerda..... p.44 MUSA, Hassan..... p.27

N NADJA..... p.71 NIELSEN, Kay..... p.37 NILSEN, Anders..... p.76 NOVELLO, Benjamin..... p.49

O OURY, Fleur..... p.50

P PARAIN, Nathalie..... p.44, 83 PITTAU, Francesco..... p.23 PONCELET, Béatrice..... p.9, 90 PONTI, Claude..... p.56 POPOV, Nikolai..... p.83 POTTER, Beatrix..... p.23, 53 PRALONG, Isabelle..... p.49 PRESSENSE, Domitille de..... p.52

R RABIER, Benjamin..... p.20, 21 RACKHAM, Arthur..... p.37 RAMOS, Mario..... p.19 RAPPAPORT, Gilles..... p.9 RASCAL..... p.77 ROCA, François..... p.9 ROJANKOVSKY, Feodor..... p.7, 44, 84 ROSS, Tony..... p.81 ROUX, Julien..... p.51 ROWE, John A. ..... p.81

S

U

SAKAI, Komako..... p.63 SAMIVEL..... p.44 SARA..... p.9 SATRAPI, Marjane..... p.77 SATTOUF, Riad..... p.77 SCHÄRER, Katrin..... p.90 SCHAMP, Tom..... p.19 SCHOCH, Irène..... p.90 SCHROEDER, Binette..... p.15 SCHUBERT, Dieter et Ingrid..... p.67 SENDAK, Maurice..... p.23, 41, 47, 52 SIMLER, Isabelle..... p.42 SIS, Peter..... p.42 SOLOTAREFF, Grégoire..... p.23, 53, 57 SOMMER, Anna..... p.91 SPIEGELMAN, Art..... p.77 SPIRINE, Guennadi..... p. 38, 84 STAMATY, Mark Alan..... p.42 STANGL, Katrin..... p.59

UNGERER, Tomi..... p.53, 57

V VALCKX, Catharina..... p.68 VAN ALLSBURG, Chris..... p. 48, 52, 53, 70 VAST, Emilie..... p.61 VAUGELADE, Anaïs..... p.23 VELTHUIJS, Max..... p.68 VERDIER, Fabienne..... p.30 VINCENT, Gabrielle..... p.52

W WELLS, Rosemary..... p.23 WIESNER, David..... p.48 WILSDORF, Anne..... p.91

Z ZWERGER, Lisbeth..... p.38

T TAMAKI, Mariko..... p.78 TENNIEL, John..... p.38 THOMPSON, Craig..... p.32, 78 TIDHOLM, Anna-Clara..... p.87 TIJTGAT, Edgar..... p.38 TIRABOSCO, Tom..... p.91 TULLET, Hervé..... p.65

Impressum

Cette bibliographie a été réalisée par :

Relecture :

Alessandra Bernasconi

Mireille Favez

Jacqueline Bochatay

Graphisme :

Yvette Guibert

Ambre Domergue

Véronique Perret

Impression : Ville de Genève

Doris Quintjè

Tirage : 1400 ex.

Sarah Weissenbach

Octobre 2016

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Adresses mai, juin, juillet 2014

Bibliothèque de la Cité

Bibliothèque des Pâquis

horaires

5 Place des Trois-Perdrix 1204 Genève 022 418 32 00 TPG Tram 12, 14, 18 (arrêt Bel-Air) Bus 2, 3, 4, 5, 7, 10, 19, 36, D (arrêt Bel-Air)

17 rue du Môle 1201 Genève 022 418 37 50 adultes 022 418 37 52 jeunes TPG Tram 15 (arrêt Môle) Bus 1, 25 (arrêt Navigation)

Bibliothèque des Eaux-Vives

Bibliothèque de la Servette

2 rue Sillem 1207 Genève 022 418 37 70 adultes 022 418 37 72 jeunes TPG Bus 2, 6, E, G (arrêt Vollandes)

9 rue Veyrassat 1202 Genève 022 418 37 80 adultes 022 418 37 82 jeunes TPG Tram 14, 18 / Bus 3, 11 (arrêt Servette)

Bibliothèque de la Jonction

Bibliothèque de Saint-Jean

22 bd Carl-Vogt 1205 Genève 022 418 97 10 adultes 022 418 97 12 jeunes TPG Tram 14 / Bus 4, 11, D (arrêt Jonction) Bus 2, 19, 32 (arrêt Sainte-Clotilde)

19 avenue des Tilleuls 1203 Genève 022 418 92 01 adultes 022 418 92 02 jeunes TPG Bus 7, 9, 11 (arrêt Miléant) Bus 6, 10, 19 (arrêt Charmilles)

Bibliothèque des Minoteries

Bibliothèque hors murs Bibliobus

BM Servette

BM Pâquis

Gare

Servette

Pâquis

BM Saint-Jean BM Eaux-Vives BM Cité

BM Jonction

Eaux-Vives Vieille-Ville

Jonction Plainpalais

BM Minoteries

Retrouvez toutes les informations pratiques et notre actualité sur : www.bm-geneve.ch www.facebook.com/genevebm

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5 Parc des Minoteries 1205 Genève 022 418 37 40 TPG Tram 12, 18 / Bus 35 (arrêt Augustins)

022 418 92 70 (répondeur 24h/24h)

[ 97 ]


L'illustration  

L’illustration « Bref débroussaillage alphabétique à l'intention des curieux » Cette sélection de documents met en lumière la richesse appor...

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