FHM : Brève rencontre avec Patrick Sebastien

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UNE HEURE AVEC…

Patrick Sébastien

Animateur, imitateur ou chanteur, il est toujours populaire. Brive rencontre…  Né Patrick Boutot, 53 ans. Présentera

sur France 2 Le Plus grand cabaret du monde Spécial Saint Sylvestre et sort un disque, Pochette surprise (Polydor).

Au bureau, on a passé votre single Les sardines. Certains ont réclamé une trépanation pour s’ôter la rengaine de la tête… Ces “rengaines”, comme tu dis, sont un enfer à composer. Sur le disque, il y a des morceaux plus “sérieux”, comme Les danseurs de tango. Eh bien, je l’ai écrit en deux temps trois mouvements. Et des morceaux comme ça, j’en ai plein en stock (Il se lève pour mettre un CD). Tiens, écoute, ça parle des vieux… Juste un piano et un accordéon. Pourquoi vous ne le sortez pas ? Pfff… (Triste) Personne ne voudra l’écouter sans préjugés. J’espère que ça sortira après ma mort. Votre disque détonne plutôt dans la production actuelle. Ça marche ? (Enervé) Si ça marche ? J’en vends des camions ! Oh, les Parisiens, allez faire un tour en province, allez dans les soirées. Là-bas, tous les prétextes sont bons pour pousser les tables : l’anniversaire du pépé, un mariage… Y a que Fogiel qui appelle ça des “chansons à boire” ! Y a pas besoin d’être torché pour s’amuser. A propos de Fogiel, vous vous êtes écharpés sur son plateau avec Jean-Pierre Foucault. Vous vous êtes réconciliés depuis ? Ah non ! Cet enfoiré m’a agressé parce que je critiquais ses patrons. Quand il m’a dit “mieux vaut travailler à TF1 que montrer son asticot au bois de Boulogne”, je lui ai répondu, primo, que, sans me vanter, ce n’était pas vraiment un asticot et, deuzio, que

ce n’était pas dans le Bois, mais plus loin, dans la tour TF1, qu’on trouvait les putes les plus sordides… A propos, une fois pour toutes, que s’est-il passé dans la nuit du 10 novembre 2003 au bois de Boulogne, quand vous avez été interpellé par la police ? J’en parle sans problème ! D’autant que le Bois, c’est un endroit fantastique. J’ai toujours aimé la compagnie des travestis, pourquoi le cacher ? Donc… Donc quand je vais me faire sucer au Bois, je n’ai aucune difficulté à avouer. Sauf que là, ce n’était pas le cas. Je rentrais du bureau dans la nuit quand j’ai cru que j’étais suivi par des mecs qui en voulaient à ma voiture. J’ai eu peur de me faire “carjacker” et j’ai franchi une ligne jaune. Et… C’étaient pas des voleurs, mais un flic… J’ai vite vu qu’il voulait se farcir une célébrité. Je lui ai dit que j’étais content qu’il se fasse mousser grâce à moi auprès de sa femme. Il m’a dit “J’en ai pas”. Je lui ai répondu : “Eh ben, raconte-le à ton mec, alors…” Le fait que Sarkozy soit ministre de l’Intérieur expliquerait-il que cette affaire se soit ébruitée ? Non. Et pourtant, Sarko et moi, on n’est pas copains. S’il passe, je suis mort. Au moins financièrement, dans un premier temps. Sans déconner, soyez attentifs à ce qui m’arrivera… Vous allez voter pour qui ? J’aimerais bien que Villepin y aille. Lui, je l’aime bien. Il a des couilles énormes. Il a l’envergure et – c’est con à dire, mais ça compte – le physique. Mais s’il n’y va pas ? Le Pen va être au second tour, je le sens. Sarko/Le Pen ? Je vote blanc.

Sego/Le Pen ? Ségolène. En politique, je ne déteste pas grand-monde : j’ai filé 50 000 balles à Besancenot. Ségolène ? Elle a de l’allure, mais elle a l’air froide. Entre nous, je ne crois pas que ce soit un super coup. Note, j’ai de la sympathie pour son mari. Dommage qu’il ait cette tête de contrôleur SNCF. Vous avez vraiment couché avec 3 000 femmes ? C’est une connerie que j’ai dite aux Grosses têtes en extrapolant sur les jours que j’avais passé sur la route dans ma vie. J’aurais mieux fait de la fermer. Ça agace ma compagne. Et c’est sans doute exagéré… Dans le lot, en plus, il y a pas mal de prostituées. Vous payiez toujours ? Toujours ! J’y mettais un point d’honneur, même quand on voulait

“J’ai toujours aimé la compagnie des travestis, pourquoi le cacher?” me faire une fleur. Moi, quand je fais un spectacle, les gens payent. Alors… Quel regard portez-vous sur votre jeunesse ? La bâtardise, dans les années 50, c’est dur à porter. La saloperie des gens, je l’ai découverte très vite. En réaction, je me suis mis “à l’envers”, contre les modes. J’ai eu un môme à 17 ans et je me suis marié avec la mère. Et mon lycée refusait les hommes mariés ! Du coup, j’ai passé le bac en candidat libre, aidé par un prof de philo, un pochtron sous perfusion de Ricard qui pensait qu’il y avait plus à retirer de Maurice Chevalier que de Kant

Un vrai Sébastien se cache parmi ces faux... Qui et où ?

Seb en… Bourvil

Seb en… Mitchell

Seb en… Chirac

Seb Cauet est Seb !

Seb en… Coluche

Seb en… Parrain 2 FHM

ou Spinoza. Sa devise m’a marqué : “Vivre pour penser, penser à vivre.” Vous auriez pu mal tourner ? Si je n’avais pas réussi, oui. J’ai pas mal fréquenté la “pègre” de Pigalle à la fin des années 70, celle des Corses. Je ne renie pas mon amitié pour certains de ces gens-là. Qu’on vole des voleurs, ça ne me choque pas. Vous semblez nostalgique de ces années 70… C’était gé-nial ! Une période de liberté inouïe. Le week-end, on n’était pas scotché chez nous par toutes ces conneries de télé, d’Internet, de jeux vidéo… On était ouverts aux autres, on sortait, on s’amusait. Et le cul, chez nous, fait partie de la culture. Comme le rugby. Vous aimez notre époque ? Ce qui me fait chier, c’est la

multiplication des interdits : la fumée, l’alcool, la vitesse… Certains sont justifiés, note bien. Mais c’est la somme qui craint. Au niveau clopes et alcools, vous en êtes où ? Je fume encore deux gros paquets par jour. Mais je bois très modérément. Rien à voir avec le litre et demi de whisky que je m’envoyais derrière la cravate quand j’avais la trentaine. Votre plus grosse humiliation ? D’avoir dû renoncer à mon club de rugby de Brive, poussé dehors par une collusion de notables locaux et des pardessus de la fédération. Le rugby, c’était ma drogue. J’adorais renifler les ballons dans les vestiaires ! Qu’est-ce qui vous dégoûte ? Les abats : tripes ou tête de veau. Sinon, je suis claustrophobe. Pourquoi garder les fenêtres de votre bureau fermées en plein jour ? Oh, j’arrive tard et je repars dans la nuit. Alors… Vous passez toujours par le Bois ? Non, j’habite plus bas ! Propos recueillis par Bertrand Rocher

© F. DARMIGNY/PROD - LECOEUVRE PHOTOTHÈQUE/ABACA - M. FONTANEL/GAMMA - AXELLE DE RUSSE/TF1 - CHEVALIN/TF1/SIPA - J.-J. DATCHARRY/ABACA

C’EST QUI ?

Il s’est fait la tête de Kurt Cobain ?


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