FHM Brève rencontre avec Guillaume Canet

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Guillaume Canet

Il repasse derrière caméra avec “Ne le dis à personne”, mais il dit tout à FHM. C’EST QUI ?  Acteur, il signe, à 33 ans,

son deuxième film comme réalisateur : Ne le dis à personne.

Ne le dis à personne est l’adaptation d’un polar de Harlan Coben. Qu’est-ce qui vous a tellement titillé dans cette histoire ? Bizarrement, c’est moins l’aspect thriller que l’histoire d’amour, super forte. L’intrigue est le véhicule du romantisme. C’est pour ça que j’ai voulu jouer le décalage avec les clichés qui collent au polar. Le film commence sur une longue séquence conviviale entre amis et se déroule en été, principalement de jour. Hips ! (Il a un relent gazeux.) Excusez-moi… Pas de mal… Heureusement qu’on n’est pas à la radio ou à la télé ! Effectivement ! Il paraît que l’ambiance du dîner entre potes qui ouvre le film a été favorisée par certaines substances… Je tiens à préciser que le pétard qu’on voit tourner à l’écran est faux. Par contre, avant le clap… (Sourires.) Pour obtenir l’improvisation cool souhaitée, j’avais dit aux acteurs de boire un petit coup. Ou autre… Ils ont été très consciencieux ! Et pour convaincre Cluzet de se jeter tout nu dans un lac, vous lui avez administré quoi ? François ? Il ne boit rien ! Pour cette scène de nuit, il m’a épaté. On a tourné en octobre par un froid de canard et il n’a pas moufté. Il m’a même proposé de refaire des prises… Du coup, vous l’avez fait cavaler ! Avec ce qu’il a couru, il est mûr pour le marathon de Paris… Ah, ah, je peux le reprendre pour ma promo ? Sérieusement, je n’ai aucune idée du kilométrage, mais ça doit chiffrer ! Il a dû s’entraîner mais, finalement, pas trop. Son personnage n’est pas censé être un athlète.

François rêvait d’un rôle physique : j’ai fait plus que le combler ! Une des séquences chocs du film se déroule sur le périphérique nord. Vous avez dû vous faire des amis… Surtout en plein Paris Plage ! Delanoë et moi, on s’est réparti le taf… Et encore : on n’a tourné qu’une journée au lieu de trois, le 14 août 2005 entre 7 heures et 16 heures, avec pas moins de 300 voitures “figurantes” ! Des gens m’ont insulté parce que je leur faisais rater leur avion ! A quelle occasion avez-vous dit pour la dernière fois Ne le dis à personne ? Euh… J’aurais dû me douter qu’on me poserait la question… C’est sans doute quand j’ai fait part à un pote d’une aventure extraconjugale. (Rires) Non, je déconne, évidemment. N’écris pas ça ! Ben tiens, voilà ta réponse ! La dernière fois que j’ai dis Ne le dis à personne, c’est maintenant ! Et t’as pas intérêt à déconner ! Dans le film, votre personnage de cavalier pédophile dit à une de ses victimes de se taire… (Il coupe.) Tu vas pas me demander si c’est autobiographique, quand même ! Ça va pas ! Quelle horreur ! A partir du moment où il y avait un petit rôle de cavalier, était-il forcément réservé à l’as de l’équitation que vous avez été ? Le milieu du cheval est absent du bouquin de Coben. Mais je trouvais que l’atmosphère des haras était parfaite pour cacher de lourds secrets de notables… Sinon, on a tourné durant les championnats de France à Fontainebleau. C’était assez flippant pour moi, parce qu’il y avait pas mal d’anciens potes cavaliers… Vous aviez peur de vous taper la honte ? Un peu… Je monte encore, mais je n’ai plus le niveau que j’avais quand je faisais les compétitions en junior.

Donc j’ai fait baisser les barres. Ça se voit pas trop, non ? En tout cas, malgré le stress, ça été un gros kif ! Pourquoi avez-vous arrêté ? J’ai fait une chute à 18 ans. Et j’ai perdu mon cheval. De toute façon, je plafonnais : j’aurais été un cavalier médiocre. Autant arrêter les frais. Vous qui dites détester l’ordre, vous pensez que vous auriez pu vous accommoder des concours hippiques sur le long terme ? Ça n’a rien à voir… Ce que je déteste, c’est l’autorité mal exercée, les règles idiotes comme aux Etats-Unis où tu peux prendre une prune quand tu traverses au moment où le petit bonhomme est rouge, même s’il n’y a pas une bagnole à l’horizon ! Sinon, sur un plateau, comme acteur, il n’y a pas plus docile que moi.

Sa carrière vous inspire quoi ? (Long silence suivi d’un soupir.) Rien. Avez-vous souffert de la presse people ? (Il réfléchit.) Blessé ? Oui, sans doute. Mais surtout, elle me gêne. Quand je suis dans la rue et que je fais la bise à une copine actrice, je sais déjà qu’on va broder n’importe quoi. Alors je charge les tribunaux d’intervenir. Vous ne la lisez pas ? Si, comme tout le monde. C’est impeccable pour les chiottes. Surtout quand on est en panne de PQ. La bande originale de Mon Idole était signée Mathieu Blanc-Francart (Sinclair), celle-ci est de Mathieu Chedid (M). La prochaine sera de Mathieu… Mireille ? (Rires.) C’est vrai que je suis abonné aux Mathieu musicos. Mireille ? Euh,

“La mauvaise haleine et les mains moites me dégoûtent…” Beau gosse, belle carrière… Avez-vous l’impression que votre succès agace ? Honnêtement, là, je n’ai pas le temps de prêter attention à ce qu’on dit de moi… Je ne fais que bosser sur mon film depuis des mois. Et puis, tout n’a pas toujours été facile pour moi : j’ai bossé dans un cirque à 14 ans et, à 20, je faisais encore le clown dans les goûters d’anniversaire pour gagner ma vie… Mais c’est vrai qu’on m’a parfois reproché d’être “trop sain”… C’est peu après que vous avez commencé à vous produire dans les cafés avec Frank Dubosc… Oui, on était juché sur une caisse. Il fallait capter l’attention de gens qui n’en avaient fondamentalement rien à foutre… Dure école.

laissez-moi trouver un joker… Hips ! (Nouveau relent.) Décidément, désolé ! A vos souhaits. C’est vrai que Born to Be Alive de Patrick Hernandez vous rend zinzin ? Oui ! Enfant, je faisais toute la choré, avec la canne et tout… C’était l’attraction des invités de mes parents ! Qu’est-ce qui vous dégoûte ? La mauvaise haleine, les mains moites… Le pire, c’est que je viens de vivre le problème : cet été, j’ai tellement bossé que j’ai chopé une sorte de staphylocoque sur le foie. Heureusement, c’est réglé. La dernière fois que vous avez pleuré ? Cet été, encore. J’étais vraiment à bout de forces. Et j’ai craqué. Propos recueillis par Bertrand Rocher

Son film culte : La cité de

Sa maison familiale est voisine

Dieu de Fernando Meirelles. Son chanteur préféré : Jeff Buckley. Sa manie : vérifier que portes et les robinets sont bien fermés.

de celle de Landru, qui a tué onze femmes entre 1915 et 1919. Son père, éleveur, s’est occupé des chevaux de Jean Rochefort qui a pris Guillaume en sympathie

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et l’a chaperonné.  Un jour, au théâtre, il va voir Belmondo (qu’il ne connaît pas). Dans une scène, Cristiana Reali demande à Bébel qui a écrit la lettre qu’il est en train d’ouvrir. “C’est le

jeune Canet, il veut faire l’acteur.” Un coup de Rochefort. Ne le dis à personne, avec François Cluzet, André Dussolier et Marie-José Croze (sortie le 1er novembre).

© LISA ROZE/H & K

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