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FHM : Mick Jagger, PDG des Stones

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STORY

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MICK JAGGER, PDG DES STONES

© EMI GROUP AND AFFILIATES - SIMONE CECCHETTI/CORBIS

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PAR BERTRAND ROCHER

’adolescent lippu encaisse les pence et tend une glace au client, un garçon à la tignasse charbonneuse, qu’il reconnaît pour avoir usé les bancs de la même école primaire, dans le même quartier de Dartford (Kent). Entre Mick Jagger et Keith Richards, tout a commencé par du business souriant. Et presque cinquante ans après, cela n’a pas changé. Malgré de légendaires disputes, qui amusent les gazettes mais n’abusent pas les banquiers, le partenariat commercial

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LE PLUS GRAND GROUPE DE ROCK DU MONDE EST AUSSI UNE ENTREPRISE. ET LES BÉNÉFICES DONNENT SATISFACTION AU PATRON…

de Mick et Keith bat son plein… Les quatre dernières tournées des Rolling Stones ont rapporté plus de 1,5 milliard d’euros, dont 350 millions – un record – rien que pour la dernière, le Bigger Bang Tour en 2007. Aucune pop-star – pas même Paul McCartney – n’a réussi un tel hold-up sur la bourse des fans et des sponsors. Signe d’une cote intacte, le documentaire Shine a Light, réalisé par Martin Scorsese, sort le 16 avril au cinéma. Quelques piécettes en plus dans la piscine de Picsou Jagger : à presque 65 ans,

la fortune de cet entrepreneur au sourire carnassier est évaluée à 300 millions d’euros. Et dire qu’une pierre qui roule n’est pas censée amasser de mousse ! Retour sur la plus grande success story de l’histoire du rock’n’roll.

MARKETING INTUITIF

En octobre 1960, quelques mois après la scène de la glace, Jagger et Richards se recroisent en gare de Dartford. Mick trimballe des disques américains importés qui suscitent la curiosité de Keith. De fil en aiguille – sans allusion ›››› FHM 71


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de disques d’or (10 millions de 45 tours, 5 millions d’albums). “A nos débuts, les artistes touchaient des clopinettes”, se rappelle Jagger. Comme Brian Jones, Andrew Loog Oldham glisse bientôt dans les paradis artificiels. Il n’y a plus de pilote dans l’avion. Et même plus de fuel : la banqueroute est proche.

Jagger et Andrew Loog Oldham, premier manager des Stones.

Allen Klein, le successeur d’Oldham.

toxicologique, à l’époque – les gars se découvrent une commune passion pour le blues. Jagger invite Richards et son ami bassiste Dick Taylor à jouer de la guitare au sein de son groupe, Little Boy Blue & the Blues Boys. Dans une boîte de jazz de la banlieue de Londres, le Ealing Club (où Mick chante dans un combo dont le batteur est Charlie Watts), les compères sympathisent avec le pianiste Ian Stewart et le guitariste Brian Jones. C’est ce dernier qui propose de fonder un groupe dont le nom est un hommage à une chanson du bluesman Muddy Waters. Les débuts du groupe sont tout sauf glamour. Les musiciens passent l’année 1961 dans un modeste appartement londonien, vite transformé en bouge. Le soin de faire la vaisselle est laissé à… la pluie. Ce côté roots plaît énormément à un manager de 19 ans qui les croise au Crawdaddy. Malgré son jeune âge, Andrew Loog Oldham a un passé sulfureux où plane l’ombre de la prostitution et de la drogue. Son génie intuitif du marketing va pourtant tout changer. “Laisseriezvous votre fille sortir avec un Rolling Stone ?” lance-t-il dans une publicité. Tous les pères de famille d’Angleterre, effarés, répondent non. Avec leurs scandaleux cheveux longs et leurs 72 FHM

“A NOS DÉBUTS, LES ARTISTES NE TOUCHAIENT QUE DES CLOPINETTES…”

dégaines arrogantes, les Pierres-quiRoulent se posent en pavés dans la mare proprette des cravatés Beatles. Loin de s’en formaliser, John Lennon et Paul McCartney donnent un sacré coup de pouce à Oldham le soir où, passablement éméchés, ils lui confient une composition pour ses protégés. C’est que les Stones – qui ont signés chez Decca – se sont jusque-là révélés infoutus de pondre la moindre chanson originale. Enorme tube, I Wanna Be Your Man est un déclic qui sonne la fin de l’amateurisme. Mick prend une coloc avec Richards et Oldham. Pour se consacrer à plein temps aux Stones (étoffés par le bassiste Bill Wyman), il laisse tomber ses études de compta et de finances à la London School of Economics, au grand dam de papa. “Il me disait « Aujourd’hui, tes Stones te font rêver mais tu verras quand tu auras 50 ans »”, sourit Jagger dont l’une des grandes satisfactions est d’avoir invité son père à son anoblissement par la reine en 2002. Etudes ou non, le jeune homme ambitieux a su se rattraper… “J’ai appris sur le tas à gérer mon entreprise”, confesse Jagger dans le magazine Fortune. En oubliant de préciser que son expérience résultait aussi de ses erreurs et de sa naïveté… Le succès, les filles, puis les drogues distraient le chanteur de l’essentiel : très mal négocié par Oldham, le contrat avec Decca est très désavantageux pour le groupe en dépit d’une ahurissante série

Non sans satisfaction, Jagger éjecte son mentor du cockpit et confie le manche à Allen Klein en 1965. D’abord perçu comme l’homme providentiel, ce baroudeur du rock-biz américain manque pousser les Stones dans la tombe en rediscutant les termes du contrat Decca… à son profit ! L’essentiel des revenus du groupe est placé. Les musiciens doivent se contenter de maigres salaires qui les contraignent à emprunter. A la fin des années 60, le groupe phare de l’esprit de révolte incarné par mai 1968 est à bout de souffle. S’il n’y avait que les soucis fiscaux… Mais il y a pire. Junkie à la dérive, Brian Jones devient un boulet dont ses “camarades” se débarrassent en 1969. Quelques semaines plus tard, on le retrouve noyé dans sa piscine. En décembre, pour restaurer une image dégradée par une réputation de cupidité (déjà !), le groupe participe à un festival gratuit à Altamont, en Californie. La fête qui réunit 300 000 personnes est gâchée par le meurtre d’un spectateur par un vigile Hells Angels. Pour beaucoup, cette date marque la fin brutale de l’innocence du rock. Place au business… Les Stones – qui chantaient Sympathy for the Devil au moment du drame – vont incarner, à tort ou à raison, ce pacte avec le diable capitaliste. L’homme qui va faire de la PME une multinationale ne possède pas le profil de l’emploi. Descendant de la noblesse bavaroise, le prince Rupert Loewenstein est ››››

LES STONES SELON SCORSESE Les affranchis : c’est le titre que Martin Scorsese aurait pu donner à son documentaire sur les Stones s’il ne l’avait pas déjà utilisé… Deux concerts de la tournée Bigger Bang (dont l’un donné pour l’anniversaire de Bill Clinton), filmés au Beacon theater de New York en 2006, servent de prétexte à Shine a Light, un portrait intime et bienveillant de la bande à Jagger. Les performances scéniques – parsemées d’invités comme Jack White, Christina Aguilera ou Buddy Guy – sont entrecoupées de reportages en coulisses, d’interviews et d’images d’archives. Visiblement, filmer des vieilles pierres n’est pas aussi simple que le réalisateur l’aurait souhaité : “Ces messieurs n’attendent pas, même pas Martin Scorsese. Les Stones sont des dinosaures qu’on peut observer, avec un peu de chance, mais qu’on ne peut pas diriger…” >>> Documentaire de Martin Scorsese, sortie le 16 avril.

© FREDERIC R. BUNT/GETTY IMAGES - MICHAEL OCHS/CORBIS - NICOLAS KHAYAT/ABACA

NOBLESSE BAVAROISE


STORY 1991 : Keith Richards et Rupert Loewenstein, business manager.

Désormais il ne s’autorisera plus que quelques lignes de coke et des vodkas orange dans des quantités que seul ce miraculé absolu peut considérer comme raisonnables. Néanmoins, plus rien n’est comme avant…

POING DANS LE NEZ

“ SANS ME VANTER, JE PENSE QUE J’AURAIS FAIT UN BON CAPITAINE D’INDUSTRIE...”

1999 seront ainsi annulées) et où Jagger fera, parfois, des séjours clandestins. “Notre activité s’organise en fonction des lois fiscales des pays où nous séjournons”, concède Richards. Deuxième décision du financier : faire signer à ses protégés un nouveau contrat discographique avec Atlantic. Hélas, les muses se sont fait la malle… La décennie 70 voit Jagger prendre le pouvoir sur les Stones. Pour une bonne raison : Keith Richards le laisse choir, trop occupé à défrayer la chronique faits-divers. Déjà interdit de séjour en France (où le groupe ne peut plus se produire pendant des années), il est arrêté à Toronto en 1977 avec tant de drogues dures que la douane le prend pour un dealer. Mais son (fugace) séjour en prison l’incite à s’acheter une santé.

Si Jagger a encore besoin de Richards (notamment comme caution “rock” auprès des fans), il a développé pour les frasques de son ami d’enfance un agacement définitif qui confine parfois à la condescendance. Le nouveau tandem opérationnel est celui qu’il forme avec Loewenstein. “Sans me vanter, je pense que j’aurais fait un bon capitaine d’industrie”, n’hésitera pas à frimer le chanteur, fidèle lecteur du Financial Times et du Wall Street Journal, en 2002 sur Canal +. Richards, lui, reste à l’écart : “Tant que je vois Rupi sourire, je n’ai pas besoin d’en savoir plus…” Reste que l’atmosphère est telle dans le groupe que Mick Taylor se fait la malle en 1974, remplacé par le docile Ron Wood. En 1993, c’est le placide Bill Wyman qui s’en va, lassé de ne pas être plus considéré. Sa contribution à Jumpin’ Jack Flash n’a ainsi jamais été reconnue par les “jumeaux”. Il n’est pas jusqu’au taciturne Charlie Watts, casque bleu attitré, qui ne s’énerve un jour en collant son poing dans le nez de Jagger après que celui-ci l’ait appelé “mon batteur”. Dans la tempête, aidé par le compas de Rupi, Jagger tient la barre avec opportunisme (Emotional Rescue, flirt disco), détache parfois la chaloupe pour une vaine excursion solo (She’s the Boss en 1985, Primitive Cool en 1987), mais remonte pour affronter le Cap Horn des années 80. Miraculée, la bande à Mick se rappelle au ››››

SIR MICK JAGGER, CHÂTELAIN TRANQUILLE EN TOURAINE

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’il est fiscalement domicilié sur l’île Moustique, Mick Jagger passe près de trois mois de l’année en Touraine. Attaché à la région depuis des séjours de jeunesse avec ses parents, le chanteur a acheté en 1980 une bâtisse de 1719 qui appartint au duc de Choiseul. Situé à Pocé-sur-Cisse, dans un parc de 2 hectares, le château de Fourchette a le mérite d’être à deux heures de Paris. Jagger ne comptait initialement y venir que pour des vacances familiales, mais il s’est pris d’affection pour la noblesse et le calme de l’endroit. D’abord inquiet de la réputation sulfureuse de leur hôte, les habitants du village sont d’autant plus soucieux de préserver sa tranquillité que sir Mick a joué sans fard la carte de l’intégration. D’abord en faisant participer les artisans et commerçants locaux aux vastes travaux de rénovation et d’ameublement du château (3 millions d’euros dépensés en vingt ans), supervisés par un cabinet de décoration international. Connu pour éplucher les devis et ne pas distribuer de gras pourboires, le gentleman rocker est aussi réputé pour payer rubis sur l’ongle et déboucher de

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bonnes bouteilles à la fin des travaux. “J’ai connu des clients qui vous regardaient de haut quand on venait chez eux. Pas lui”, a confié un tapissier au Monde. Cette bonhommie se vérifie dans les sorties de la gloire locale, pas du genre à se terrer, ou à ne frayer qu’avec les hobereaux du coin. D’aucuns ont ainsi pu le voir faire son jogging dans les vignobles, dîner à la pizzeria de ce village de 1 600 habitants (une fois en compagnie de Tina Turner et David Bowie), à la kermesse locale, à la fête des canards de Cangey, au zoo voisin ou dans la queue du Bricomarché ! Quand il ne circule pas dans sa vieille 505 break, on peut le croiser chevauchant un scooter. Jagger aime se promener à Amboise et à Tours. Un soir, il s’est présenté à l’entrée de l’Excalibur avec des amis. Le videur de la boîte lui a refusé l’entrée au motif qu’il était en baskets. Sans épiloguer, la star est allée boire un gorgeon ailleurs. Fin 2004 et début 2005, les Stones ont enregistré A Bigger Bang dans le studio du château. Pocé la tranquille ne s’en est pas émue. Au fait, l’autre titre de gloire de Pocé est son usine Pfizer où est fabriqué… le viagra.

© GÉRARD PROUST/PHOTOPQR/LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE - RICHARD YOUNG/REX FEATURES/SIPA - BEN DOME/MAXPPP - CHRIS BOTT/SPLASH NEWS/KCS PRESSE

un banquier, chevalier de l’ordre de Malte, dont un fils est moine et l’autre prêtre ! Ce notable smart s’est fait un nom en faisant jouer l’argent de ses clients à saute-frontières. Quand Jagger vient le trouver en 1970, les Stones sont dans la panade : ils doivent une fortune aux impôts et Allen Klein les a rincés. La légende veut que ce dernier ait été poursuivi par un Jagger hurlant “où est mon argent ?” dans les couloirs de l’hôtel Savoy de Londres. Comme sur leur logo, les Pierres tirent la langue. Légalement coincé, le groupe ne pourra se séparer de Klein qu’au prix de la quasi-totalité des droits de son fabuleux catalogue des sixties qui – de Satisfaction à Let’s Spend the Night Together – lui échappe encore aujourd’hui… De cette période difficile, Jagger a hérité d’un caractère impitoyable en affaire, obsédé par la maximisation des profits et la minimalisation des dépenses au point de se faire une réputation (injuste) de radin. Le premier conseil du prince sera en tout cas de fuir la Grande-Bretagne et ses “super taxes” qui grimpent jusqu’à 90 %. En 1971, Mick, Keith, Charlie, Bill et Mick Taylor (qui a remplacé Brian Jones) s’installent en France où ils travaillent à leur magistral album Exile on Main Street. Leur argent, lui, transite désormais majoritairement par les Pays-Bas où Loewenstein établit la société Promogroup, structure en râteau dont les quatre filiales couvrent l’ensemble des activités des Stones (disques, tournées, édition, merchandising). Rupi – son affectueux surnom – apprécie en effet la dérisoire fiscalité locale sur les royalties : 1,6 %. Adieu l’Angleterre donc, où le groupe minimisera ses apparitions (quatre dates londoniennes de la tournée de


STORY Michael Cohl, road manager, lance la tournée 2005...

“NOUS FAISONS PEU DE PUBS,MAIS NOUS CÉDONS NOS TITRES À DES PRODUCTEURS DE FILMS…” 2006 : les Stones relèvent les compteurs à Sheffield, Angleterre.

souvenir de ses vieux fans, pour la plupart peignés, rasés et rangés comme eux. Jagger et Loewenstein ne tardent pas à transformer ce phénomène nostalgique en marché : un ticket pour un concert des Stones devient un certificat de fidélité à ses idéaux de jeunesse… Tant pis si les anciens rebelles sont désormais vendus au show-business. Châtelain depuis 1980 (voir encadré), domicilié sur l’île Moustique, Mick Jagger vend son label “sexe, drogue et rock’n’roll” à des world companies comme Volkswagen, American Express, Ameriquest (une boîte d’hypothèques !) ou Microsoft (le lancement de Windows 95 se fait au son de Start Me Up contre 10 millions de dollars). Il brise un tabou en étant l’un des premiers à faire sponsoriser les tournées, par Budweiser en l’occurrence. “Nous faisons peu de pubs, mais nous cédons souvent nos titres à des producteurs de films”, note Jagger qui se souvient peut-être qu’il chanta pour une pub Rice Krispies aux débuts du groupe. Que la critique de la société de consommation de (I Can’t Get No) Satisfaction semble loin ! A défaut d’affoler le Top 50, les Stones deviennent les potes du CAC 40. Car c’est bien aux concerts et à un Canadien dénommé Michael Cohl que les Stones doivent leur faramineuse opulence. En 1988, cet ancien patron d’un club de strip-tease reconverti en tourneur fait une offre aux Stones qui fait se dresser la paupière fatiguée du prince Loewenstein : “40 concerts, 40 millions de dollars.” Zéro souci 76 FHM

d’intendance. A compter de la tournée Steel Wheels de 1989, et même si leur dernier tube remonte à 1981, les vieilles Pierres deviennent les rois des stades, enclenchant un gigantisme scénique qui conduit à l’inflation délirante des prix. Sans parler du merchandising à outrance, la moindre place debout pour le Bigger Bang Tour se vend à 86 € ! Pourtant, Jagger, un œil sur les tarifs de U2 et Madonna, jure “s’en tenir aux prix du marché”.

CHUTE DE COCOTIER

Aujourd’hui, les revenus tirés des nouveaux albums sont dérisoires : chaque date de tournée rapporte autant qu’un disque, soit environ 2 millions de dollars. Il n’y a que sur scène que les Stones redeviennent une démocratie : les cachets sont divisés en quatre parts égales et chacun bénéficie d’égards

QUAND KEITH DOPE SON TIROIR-CAISSE...

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Mick, l’image du Picsou cynique. A Keith, celle du vieux pirate blues incorruptible. Jusqu’alors, les rôles étaient bien répartis chez les Stones. Ingrat, le guitariste sanctionnait même parfois d’une moue réprobatrice certains juteux partenariats conclus par son frère ennemi. Mais le voilà qui cède à son tour aux sirènes du grand capital. Après Mikhail Gorbatchev, Catherine Deneuve ou André Agassi, Richards a posé devant l’objectif d’Annie Leibovitz dans une chambre de palace redécorée à coups de foulards à tête de mort. On le voit jouer de la guitare avec, à ses pieds, un étui en cuir au logo Louis Vuitton. La marque n’est pas peu fière. “Keith Richards est intemporel. C’est une icône absolue”, glousse d’aise Antoine Arnault, le fils du PDG. L’icône a aussi dû ricaner en emportant son chèque replet et… l’étui à guitare !

© KCS PRESSE - LOUIS VUITTON - MARKUS/AP/SIPA - STEPHEN LOVEKIN/WIREIMAGE.COM

Toujours vaillant, le duo gagnant…

matériels égaux. Pour Jagger, prévoir la réception satellite des matches de cricket ! N’ayant pas droit aux royalties, Watts et Wood sont les plus motivés par les tournées, en dépit de leurs ennuis récents (cancer de la gorge pour l’un, cures de désintox à gogo pour l’autre). Ce dernier n’a jamais été considéré comme un Stones à part entière. Tout juste un employé de luxe. Comble de l’humiliation, il a même dû demander 330 000 € d’avance sur son cachet à ses “amis” Jagger et Richards juste avant la tournée Bigger Bang, suite à des investissements foireux. “ Nous sommes une petite boutique tenue par un vieux ménage”, ironise Richards le pirate, bien remis de sa chute de cocotier en 2006. Mick fêtera ses 65 ans en juillet. L’âge de Philippe Séguin, John Major ou… Denis GautierSauvagnac. On n’imagine pourtant pas le controversé ponte du Medef courir en slim et T-shirt taille 12 ans devant 70 000 personnes ! Pour artificiel qu’il soit, le rapprochement permet d’ouvrir les yeux : l’heure des vrais adieux va bien finir par sonner pour les papys du rock. Signe qu’ils sont bel et bien mortels, la création de deux fondations néerlandaises destinées à répartir les royalties des Stones entre leurs héritiers a été révélée l’an passé. Mais est-ce l’heure de la retraite ? Voire. Charlie retournera s’occuper de chevaux et d’antiquités dans les Cévennes, Ronnie se consacrera à la peinture et Keith tapera le bœuf avec des bluesmen, les droits de ses chansons lui assurant un roulement de 2 millions de dollars par an. Mais il est à parier que Mick, demi-lunes sur le nez, continuera à gérer l’empire. D’autant que son maître Jedi, le prince Loewenstein, lui, a jeté l’éponge. A toi de continuer à amasser la mousse, petit scarabée… FHM


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