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CULTURE • AFFAIRES • DESIGN • VOYAGE

Informer divertiR inspirer vol.2 numéro

2$

1 - Été / Automne 2012

www.baronmag.com

LE

Bike polo Son histoire, ses règles, ses athlètes

Embraer et l’avion d’affaires

Entrevue avec Robert Knebel, directeur des ventes nord-américaines pour la section jets d’affaires chez Embraer.

36

Lorsque les affaires changent les femmes

Rencontre avec Jocelyne Munger, directrice du centre de formation et coaching pour les femmes en entrepreneuriat Mon projet d’affaires.

38

LE FME, un festival à échelle humaine Le Festival de musique émergente en Abitibi-Temiscamingue fête son 10e anniversaire. Le président Sandy Boutin et la vice-présidente Jenny Thibault racontent...

33

Des quartiers en changement Le Regent Park de Toronto Le Downtown East Side de Vancouver Le Lower East Side de New-York

18 43 47


Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012


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Notre contenu en ligne

èéquipe

nouvelles quotidiennes • ReportageS • Photos • vidéos • emplois

Directeurs de publication: Nelson Roberge et Leonardo Calcagno Éditeur, directeur artistique Nelson Roberge: n.roberge@baronmag.com

è La commandite

Éditeur, directeur publicité Leonardo Calcagno: calcagno.l@baronmag.com Rédacteur en chef Marc-André Labonté: ma.labonte@baronmag.com

La commandite événementielle est une stratégie de marketing avec un retour sur l’investissement à grande répercussion. Une campagne doit être bien ficelée pour avoir des conséquences bénéfiques pour les partenaires. Ceci dit, les responsables des commandites doivent respecter quelques points. Voici nos dix conseils pour être bien préparé.

+

è Israël-Palestine : le cercle sans fin

Ancien négociateur en chef pour Israël et professeur émérite de l’histoire du Moyen-Orient de l’Université de Tel Aviv, Rabinovich nous amène à comprendre en profondeur l’implication géopolitique des deux nations. Il n’y a pas de solution facile ou magique au conflit israélo-palestinien, et son processus de paix ne sera peut être jamais implanté de notre vivant, mais tout est encore possible.

+

Consultez le texte intégral en écrivant Itamar dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Photo couverture: Gustav Hoiland: gustavhoiland.com Collaborateurs: Nelson Roberge, Leonardo Calcagno, Marc-André Laporte, Léa Jeanmougin, Mathieu Mireault, Uzi Blackman, Mélina Leblanc-Roy, Evelyne Charuest, Jean-Étienne Sheehy, Anne-Marie Laflamme, Catherine Cummings-Ouellet, Juan Carlos Alcaide, Charles-Frédérick Ouellet, Gustav Hoiland, Luca Gandolfi, Lisa Moffat, Benoit Tardif.

D’AFFAIRES

+

Photos 14 juin :

Lancement du journal Baron - Été-Automne 2012

10 juin :

Foire artisanale Puces Pop Printemps

Écouter les éditeurs de Baron discuter d’actualité avec des invités. Chaque vendredi matin

ènous joindre atelier b.

5758, St-Laurent, Montréal (Qc) H2T 1S8

www.baronmag.com info@baronmag.com

ISSN: 1927-1409 Dépot légal à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Archives Canada

5 juin:

Vernissage de l’exposition Smycka de Maxyme G. Delisle

24 mai:

Vernissage de l’expo des finissants au DEC en design et impression textile de Montréal

20 mai:

Exposition MONO/Chromatic 2012

INTRO 6

Place au changement

Plus le changement est important, plus il risque de coûter cher. Mais l’argent devrait-il être l’obstacle qui empêche un projet d’évoluer?

9

Réflexion de salon

Mon BlackBerry : Des conseils pour Frank Boulben

10

Extra Caramel Événement - vidéo - marketing - édition L’agence Extra Caramel est le bras créatif de Baron. Elle est responsable du développement de la créativité, de la production, de la recherche de commandite et de la stratégie de réseaux sociaux.

»

6976, #2 Chabot, Montréal H2E 2K5 extracaramel.tv

CULTURE

Édito

Les déboires de Research In Motion devraient prendre fin si Frank Boulben, nouveau directeur marketing monde de la compagnie, décide de suivre les conseils de Baron.

Visionnez les vidéos en écrivant baronesque vidéo dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Consulter nos galeries de photos

Cinq entrepreneurs parlent de leur projet

DÈ S L E 1 e r AOÛ T

Baronesque est l’exposition annuelle que Baron présente en collaboration avec le Conseil des arts de Montréal. Le vernissage a eu lieu le 14 avril 2012 et on en a profité pour faire une entrevue avec les artistes qui y ont pris part. La cuvée 2012 de Baronesque comprenait Gabriel Coutu-Dumont, JeanFrançois Leboeuf, David Manseau, Rodolfo Moraga, Benoit Tardif, Élise Lafontaine et Damian Siquieros.

Podcast

Baron présente une série sur les nouveaux entrepreneurs

MODÈLE

Série vidéo : Baronesque

C

Distro et collabos Baron vous présente les collaborateurs de cette édition.

13

À l’interne Les bureaux de Baron ont déménagé chez atelier b. au 5758 boulevard St-Laurent.

Musique

15

Mirel Wagner

16

Melissa Hetu dans ta télé

Découvrez la musique folk-blues de cette femme d’origine éthiopienne.

La jeune montréalaise animera BRBR, dès septembre à TFO, une nouvelle émission axée sur la culture musicale émergente canadienne.

17

Rich Aucoin vous veut du bien

Profil de l’artiste indie-pop haligonien.

17 Artistes à découvrir

- Kandle - GREYS - USA Out Of Vietnam - The Phantom Four & The Arguido - Luka Lesson

è P.17 RICH AUCOIN

22

Que le meilleur gagne?

Chronique à propos de l’accessibilité et des possibilités du web pour les artistes musicaux. Arts visuels

18 Dan Bergeron : le paysage torontois sous intervention artistique

Artiste de rue travaillant sous le pseudonyme fauxreel, Bergeron laisse sa trace sur le paysage urbain de Toronto et d’ailleurs grâce à ses œuvres multitechniques.

Baron recherche des collaborateurs. Tu es passionné(e)? Tu aimes partager tes nouvelles découvertes? Tu cherches à être publié dans un média qui te ressemble?

Pour plus d’infos, RENDs-ToI à la page 28

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Web-télé

04

Correction Marc-André Labonté, Isabelle René

Consultez le texte intégral en écrivant conseils commandite dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Entrevue avec Itamar Rabinovich

CONTENU

è P.20 POLO sur deux roues

Assistante-production, développement Anaïse Camilien: a.camillien@baronmag.com

05


è CONTENU

n.roberge@baronmag.com

Éditeur indépendant et producteur, Nelson s’investit dans des projets qui le passionnent. Consultant en stratégie de production et marketing, il s’abreuve d’idées nouvelles et de défis en rassemblant des collaborateurs de tous horizons à travers ses projets.

Place au changement Plus le changement est important, plus il risque de coûter cher. Mais l’argent devrait-il être l’obstacle qui empêche un projet d’évoluer?

06

Je vais prendre mon exemple de prédilection  : l’édition. Il y a à peine quelques années, c’était la crise. Internet venait révolutionner le média et son utilité. Pour certaines personnes qui travaillaient dans l’imprimé depuis toujours, le web était perçu comme étant un obstacle, une tendance éphémère qui diminuait les ventes publicitaires. Ces éditeurs qui avaient déjà investi beaucoup d’argent et de temps au début de leur projet, ne comprenaient pas qu’ils devaient encore investir pour une nouvelle plateforme sur laquelle ils ne disposaient d’aucun repère. Ils ne comprenaient pas que le modèle d’affaire du média traditionnel imprimé était en train de changer et qu’ils devaient se questionner sur leur propre projet. Puis, au lieu de s’arrêter pour bien comprendre le web, ils ont résisté. Pourquoi? Parce qu’ils ont eu peur. Peur de l’inconnu. Peur de perdre de l’argent. Ils manœuvraient l’industrie de la même façon depuis des lunes et, du jour au lendemain, des jeunes devaient les conseiller sur une stratégie web à adopter. Pour continuer à faire de l’argent, on doit réapprendre son métier? L’ego prend une méchante débarque. Mais, ceux qui s’en sont le mieux sortis à travers cette histoire sont ceux qui ont pris un risque. Oui, ils ont dû changer plusieurs aspects esthétiques, fonctionnels ou financiers de leur

travail, mais c’est pourquoi ils sont encore dans le coup aujourd’hui. Par exemple, le sujet de prédilection des québécois en ce moment : les manifestations étudiantes contre la hausse des frais de scolarité. Beaucoup d’économistes ont affirmé que cette mobilisation allait coûter extrêmement cher et qu’elle allait nuire à l’industrie touristique. Mais à long terme, si la population n’est pas plus satisfaite, la situation ne doit-elle pas changer? Un peuple heureux ne fait-il pas de meilleures affaires? Un peuple instruit ne mène-t-il pas au succès? Je suis conscient que toutes les innovations ne sont pas nécessairement bonnes, mais il faut savoir risquer, parfois, pour s’en rendre compte. Il faut bien l’étudier avant de passer à l’action, mais l’innovation a souvent des répercussions bénéfiques sur l’image d’une marque autant que sur le plan financier à long terme d’une entreprise.

Pour une deuxième année consécutive, Baron à présenté, en collaboration avec le Conseil des arts de Montréal, une exposition pour exposer les artistes de la relève à Montréal.

24 La vie d’illustrateur de Raymond Biesinger

Avec des clients comme le Financial Times weekend magazine, The Economist, Le Monde diplomatique, Wired et le Globe & Mail, Biesinger a créé un style d’illustration qui lui est propre.

20-27

Polo à vélo

Dossier complet sur ce nouveau sport underground. Baron rencontre des acteurs importants aux États-Unis et au Canada afin de bien apprivoiser cette pratique hors du commun.

è P.33 Le fme : un festival à échelle humaine

41 Le media imprimé : du numérique au slow media

Compte-rendu de la journée Infopresse portant sur les nouveaux modèles d’affaires de l’imprimé.

è P.23 baronesque 2012

Économie

43 En temps de crise, prendre à coeur la fidélisation des clients

Arts et Musique

28

Juan Carlos Alcaide, sociologue et docteur en économie s’inspire de la crise espagnole et suggère des solutions aux leaders d’entreprises.

Documenter la scène de la Côte-Est

Entrevue avec Marc Xavier Leblanc, véritable historien de la scène underground de la Côte-Est.

19

Fantaspoa : l’horreur du Brésil

19

The Bloor : Hot Docs Cinema Club

Profil du festival de films d’horreur de Porto Alegre, au Brésil.

A

Entièrement rénovée, la salle de cinéma torontoise se consacre maintenant au documentaire.

AFFAIRES Arts et Musique

31

L’art de financer les arts

Entretien avec Natalie Chapdelaine, chargée de projet art-affaires au Conseil des arts de Montréal.

33

Le FME : un festival à échelle humaine

Le festival de musique émergente en AbitibiTémiscamingue fête sa dixième année d’activité en 2012. Sandy Boutin, président et Jenny Thibault, vice-présidente racontent.

è P.24 La vie d’illustrateur de Raymond Biesinger

CONSEIL

Gratuit

#1

43 Le nouveau visage du Downtown East Side

Cinéma

C’est un peu dans cet état de pensée que nous avons fait de gros changements au sein de Baron. En tant que magazine imprimé soutenu par un site Internet qui ne rejoignait que les Québécois, nous avons changé le modèle pour mettre l’emphase sur un site Internet (nouvelle identitée) soutenu par un journal qui en ferait la promotion à travers les communautés francophones du Canada. Donc, d’une part on inverse le rôle de nos deux plateformes, puis on agrandit notre territoire de diffusion. Notre but? S’implanter comme un média alternatif francophone pour tous les créateurs, professionnels et entrepreneurs canadiens. Rien de moins.

Sport

Entrepreneuriat et Stratégie

La plaie béante de Vancouver, le Downtown East Side (DTES), change de visage. La gentrification fait son oeuvre, à coup de condos chics et de restos branchés. Le quartier, rongé par la drogue et l’itinérance, devient une terre d’opportunités pour les jeunes entrepreneurs.

35 Le dynamisme d’affaires de Rouyn-Noranda

Tour de piste de l’entrepreneuriat dans la région de Rouyn-Noranda.

36

Embraer et l’avion d’affaires

La compagnie brésilienne de construction en aéronautique Embraer vient de s’installer en Floride. Entrevue avec Robert Knebel, viceprésident des ventes en Amérique du Nord.

38 Lorsque les affaires changent les femmes

è P.41 AFFICHAGE INTERDIT

Prenez du recul pour mieux analyser une situation.

Mon projet d’affaires est un centre de formation et de coaching d’affaires pour femmes. Entrevue avec la directrice, Jocelyne Munger.

41 Affichage Interdit, une entreprise tolérée

Les entreprises d’affichage urbain doivent naviguer en zone grise. Baron rencontre le fondateur d’Affichage Interdit qui tire son épingle du jeu depuis 15 ans.

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Ça ne fait évidemment pas le bonheur de tous lorsque la stabilité est perturbée. L’innovation fait peur. Questionner un système bien ancré pour en changer le fondement et diriger les rails vers une autre direction est l’un des principes de l’évolution (il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée). Mais ce même changement d’idée doit être tout sauf impulsif. Ceux qui seront les premiers à tenter de vous dissuader sont souvent ceux qui gèrent le portefeuille. Il faut donc pouvoir prouver que sans innovation, la partie est terminée.

Baronesque 2012

»

23

Édito Nelson Roberge

è CONTENU

Sur ce, bonne lecture.

Prochain conseil à la page 13

07


è CONTENU

è CONTENU

Chronique

RÉflexion de salon

è P.58 sur la route de l’eau.

Leonardo Calcagno

calcagno.l@baronmag.com

Éditeur indépendant depuis toujours, Leonardo s’inspire des tendances mondiales économiques et se nourrit de marketing expérimental. Consultant en stratégies de financement culturel et développement d’affaires, il aime questionner les structures établies.

Mon BlackBerry :

Des conseils pour Frank Boulben La déroute de Research In Motion (RIM), aussi connue sous le nom de BlackBerry, qui était considérée comme un fleuron de la technologie canadienne il n’y a pas si longtemps, est un feuilleton de mauvaise qualité qui se poursuit. Suite aux nombreux ratés technologiques qui ont ébranlé la réputation de la compagnie, il semblerait que sa clientèle lui soit de plus en plus infidèle. En effet, le BlackBerry se fait plus discret dans les soirées de réseautage et lors de rencontres avec plusieurs clients et amis, qui, quelques mois auparavant, louangeaient leur BB, outil d’affaires par excellence, tout en assurant qu’il était sécuritaire.

è P.45 Le lowline pourrait bien voir le jour

V

D DESIGN Architecture

45

08

New-York s’est doté en 2009 d’un magnifique parc suspendu : le High Line. L’architecte James Ramsey et son acolyte Dan Barash, proposent un projet similaire, qui sera aménagé dans le Lower East Side : le Low Line.

Mode

45

Mononcle Ti-Galop et la sérigraphie

Anne-Marie Laflamme rencontre Michel, propriétaire de Sérigraphie CME. Graphisme

45

The Church of London : pour l’amour de l’imprimé

Entrevue avec Danny Miller, cofondateur de la Church Of London, une agence de design graphique.

Culture

53

Marseille, haut lieu de l’Art en 2013

Marseille est pour beaucoup la capitale de la pétanque. À moins que ce ne soit celle du pastis. Mais ce port du sud de la France est en train de devenir un pôle artistique et culturel. Sortir

54 Cinq endroits pour découvrir St-John’s

Le monde urbain de la capital terre-neuvienne est méconnu. Non seulement son centre-ville est vibrant, mais sa scène musicale est étonnante. Voici pourquoi.

Bienvenue Chez Bob

Rencontre avec les soeurs Dupuis, tenancières du resto-bar Chez Bob, à Rouyn-Noranda. Reportage

54 Rome alternative : sur deux roues per favore

Comme dans n’importe quelle grande ville, la vie underground existe aussi à Rome. Le problème est que ce qui s’y fait d’alternatif est enfoui sous une couche si épaisse de clichés qu’il faut gratter longtemps avant de trouver des pépites.

57

Batman et Spiderman à Dubaï

Le Middle East Film & Comic Con comme si vous y étiez.

58

Sur la route de l’eau

Photoreportage de Charles-Frédérick Ouellet sur l’approvisionnement en eau potable à Mumbai.

Après quelques discussions avec des entrepreneurs accrochés à leurs BB, voici quelques pistes qui pourraient aider RIM dans leur tâche. 1. Il faut arrêter de penser que BB deviendra le prochain iPhone ou le téléphone intelligent qui saura conquérir le cœur de toute une génération de clients désirant consommer de la musique et des films. Il faut se recentrer sur l’essentiel de ce qu’est BlackBerry  : un compagnon d’affaires sécuritaire pour les entrepreneurs.

3. Commanditer des ateliers et conférences pour les entrepreneurs, mais aussi pour ceux qui veulent se lancer en affaires afin de leur montrer les possibilités qu’offre un outil d’affaires mobile et efficace. En établissant le contact avec ces jeunes entrepreneurs, il est possible de créer des liens de branding à long terme. 4. S’associer à des concours de projets d’entreprise. 5. Mettre en place une stratégie lifestyle. Un univers médiatique où les utilisateurs de BB ont un accès privilégié à un magazine (en ligne et imprimé) inspiré de Monocle, Port ou Good Life avec une vision éditoriale faisant découvrir l’univers entrepreneurial, le voyage, le design, la culture et plus, le tout grâce à BB. 6. App! App! App! Il faut des applications d’affaires de qualité, faciles à utiliser et, si possible, gratuites. Sans oublier, bien sûr, quelques boni pour s’amuser. 7. PlayBook. Il faut changer de stratégie cette plateforme (surtout après l’échec BlackBerry Bridge) et chercher à aider utilisateurs au lieu de les enfermer dans limites et les contraintes de leur appareil.

sur de les les

Pour l’instant, je garde mon BlackBerry, mais aussi ma tablette Galaxy et mon portable Apple.

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le Low Line pourrait bien voir le jour

VOYAGE

55

RIM n’a pas été en mesure de freiner la perte de marché. Il faut dire que la tentative désespérée de rattrapage de l’ancienne direction, bien qu’elle ait bénéficié d’énormes moyens financiers, était dénuée de vision (BB Storm, Playbook et le mitigé BB Bridge). Les dirigeants de Research In Motion n’ont pas su respecter une des règles d’or des affaires : il faut toujours innover, même si on occupe le sommet du marché. Le nouveau directeur marketing monde de BlackBerry, Frank Boulben, devra faire des pieds et des mains pour reconquérir et reconvertir ceux qui ont choisi l’iPod, l’iPhone, l’Android, ou même l’univers du Galaxy de Samsung. Est-ce que Frank Boulben et son équipe sauront relever ce défi colossal qui les attend?

2. Le meilleur marketing est le bouche à oreille. Les campagnes publicitaires de grande envergure sont inutiles si elles ne rejoignent pas les clients potentiels. Il faut du bon marketing urbain qui va chercher le consommateur d’affaires dans des soirées de réseautage, des conférences, ateliers, collèges et universités. Il faut montrer pourquoi BB est l’outil de choix des entrepreneurs.

09


Montréal Mathieu Mireault

è

Animateur de l’émission Un oeil sur le monde à CISM 89,3 FM

Distro et collabos Ayant publié notre premier numéro en décembre 2009, Baron se voulait, à la base, être un nouveau média pour un lectorat québecois. C’est après avoir cotoyé pendant longtemps l’univers des médias francophones du Québec (nous sommes actifs depuis 1996 dans l’édition alternative québécoise) que nous avons compris qu’il fallait sortir de la province. Nous prenons donc d’assaut la francophonie du Canada. Voici un petit survol des villes où vous pourrez retrouver des copies du journal Baron, ainsi que quelquesuns de nos collaborateurs et ce qu’ils proposent comme lecture.

17

38 Lorsque les affaires

changent les femmes

dossier complet

56 Rome alternative :

sur deux roues per favore

Montréal - New-York Catherine Ouellet-Cummings catherine.oc@baronmag.com

Conceptrice et rédactrice pour L’abricot et journaliste pigiste

24 La vie d’illustrateur de Raymond Biesinger

Vancouver

Moncton

bien voir le jour

Anne-Marie Laflamme am.laflamme@baronmag.com

Cofondatrice de la marque de vêtements atelier b.

49 Mononcle Ti-Galop

e.charuest@baronmag.com

Montréal

Journaliste et chroniqueuse à Radio-Canada

Toronto Melina Leblanc-Roy m.leblanc-roy@baronmag.com

Rédactrice, réviseuse et traductrice pigiste

18 Dan Bergeron : le paysage torontois sous intervention artistique

et la sérigraphie

Frédéricton Jean-Étienne Sheehy je.sheehy@baronmag.com

Journaliste pigiste et blogueur sur 500khz.wordpress.com

28 Documenter la scène

artistique de la Côte-Est

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

47 Le Low Line pourrait

Montréal

Vancouver Evelyne Charuest

du Downtown East Side

Rédactrice pigiste et voyageuse impulsive

20 Polo sur deux roues :

Québec

43 Le nouveau visage

l.jeanmougin@baronmag.com

Rich Aucoin vous veut du bien

Toronto

10

Montréal - Italie Léa Jeanmougin

m.mireault@baronmag.com

11


»

n À L’INTERNE

atelier b. : nouveau quartier général de Baron

CONSEIL

Gratuit

#2

Depuis février, Baron est fier de pouvoir inviter ses lecteurs dans ses nouveaux quartiers sur le boulevard St-Laurent, à Montréal. Vêtements, accessoires, magazines, affiches et événements sur place! Les bureaux de Baron sont installés chez atelier b., atelier-boutique de la marque de vêtements du même nom. C’est en septembre 2011 que Catherine Métivier et Anne-Marie Laflamme ont ouvert leur commerce au 5758, St-Laurent. L’association est un peu venue de façon naturelle. Baron y amène une sélection de magazines spécialisés, quelques sérigraphies et imprimés d’artistes locaux et atelier b. y vend ses vêtements en plus d’accessoires d’artisans d’ici. Des expositions et des 5 à 7 y seront présentés pour favoriser les rencontres. À suivre...

» atelier b. 5758, boulevard Saint-Laurent Produits disponibles chez atelier b. : Vêtements et accessoires : Atelier b., Electrik Kids, Breed, C comme ça Magazines : Perle, Monocle, Bust, Dazed & Confused UK, Harvard Business Review, Esse, Jalouse, Hi-fructose, Wired UK, The Good LIfe, The Block et plus à venir

Il faut apprendre à déléguer.

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Affiches : Sang d’encre factory (ie), Benoit Tardif, Sel et Vinaigre et plus à venir

Lancement du livre Rock, Paper Scissors: The Work Of Julien Vallée

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photo: Nelson Roberge

Prochain conseil à la page 19

13


CULTURE

Accèdez à cette section sur votre mobile

Mirel Wagner Finlande MUSIQUE genre : folk-blues Leonard Cohen s’est-il réincarné de son vivant dans le corps d’une femme éthiopienne? C’est un peu le genre de question que se pose celui qui écoute pour la première fois quelques-unes des chansons de l’auteur-compositrice Mirel Wagner, qui a élu domicile en Finlande. Belle musique, sombre et apaisante.(NR)

Le journal Baron // Été - Automne 2012

mirelwagner.bandcamp.com

Le journal Baron // Été - Automne 2012

14

15


wNOUVELLES émission à AUX TV et que j’avais aussi une chronique musicale à chaque samedi sur les ondes de Radio-Canada, à Toronto. Il m’a engagée en sachant que TFO allait éventuellement créer une émission consacrée à la musique. Cette émission, c’est BRBR (prononcer « barbare »). Le producteur s’est dit que je pouvais passer l’année à me développer en travaillant à RelieF et commencer, petit à petit, à faire plus de trucs sur la musique.

explique Aucoin, alors j’ai commencé à projeter les paroles de mes chansons derrière moi pour que la foule puisse chanter. Après m’être aperçu de la réaction positive du public, j’ai essayé d’impliquer les gens le plus possible dans mon œuvre créative. » Cette volonté a poussé Aucoin à concevoir des spectacles avec une scène qui entoure le public, pour que les gens à l’arrière de la foule puissent être devant les musiciens à un certain point. Une volonté qui a aussi amené l’artiste à réaliser son premier album avec plus de 500 collaborateurs répartis à travers le Canada.

B.  : À quelle genre d’émission peut-on s’attendre?

La jeune montréalaise prendra la barre de BRBR cet automne sur le réseau TFO.

M. H.  : L’émission va ressembler beaucoup au travail que j’ai fait quand j’étais à AUX TV. En gros, c’est un projet multiplateformes : une émission de télévision, mais avec une grande portion sur sur le web et des événements qu’on prévoit organiser. BRBR à pour but d’encourager et de faire la promotion d’artistes émergents canadiens en mettant un focus spécial sur les artistes francophones. Ce sera une émission de soirée hebdomadaire de 30 minutes avec des perfos, entrevues, primeurs, clips et chroniques branchées en plus du contenu en ligne.

Par Nelson Roberge n.roberge@baronmag.com

BRBR commence dès la mi-septembre, sur les ondes de TFO.

Toronto Musique et Télévision

Melissa Hetu dans ta télé

Mélissa sait depuis qu’elle est toute petite qu’une place l’attend devant la caméra afin de partager sa passion pour la musique. La jeune montréalaise a donc assisté au plus de concerts possible dès le secondaire et a suivi ses études en broadcast journalism à Concordia. Pendant ce temps, elle est devenue pigiste pour plusieurs magazines de musique un peu partout en Amérique du Nord, en plus d’occuper le poste d’éditrice de la section musique au journal de Concordia, voir entre trois et cinq concerts par semaine, faire des entrevues, prendre des photos et monter des articles. Baron l’a rencontrée pour jaser de ses nouveaux projets. Baron  : Tu voulais décidément percer dans le domaine du journalisme culturel. Avais-tu un « plan b » si les portes ne s’ouvraient pas comme tu l’espérais?

16

2006 et quand j’ai su que je n’avais pas la job, j’ai commencé à être gérante de tournée. J’ai toujours senti qu’en musique, il était important d’être flexible et polyvalent. J’étais super déçue de ne pas avoir eu le poste, mais je me disais que le timing n’était peut-être pas au point et que je pourrais réaliser mon rêve de devenir animatrice télé et de parler de musique à un autre moment. B. : Tu as donc déménagé à Toronto. Que s’est-il passé? Quel était ton plan? M. H. : J’allais souvent à Toronto dans le cadre de mon travail avec la maison de disques Indica. Je trouvais que la ville était la meilleure place où continuer ma carrière musicale, mais aussi télévisuelle. Je me cherchais un nouveau défi. L’été dernier, j’ai été engagée à TFO après que le producteur de l’émission RelieF ait vu un de mes reportages à la télévision ontarienne de Radio-Canada. Il a fait de la recherche sur moi et a vu que j’animais aussi une

Suivez notre page facebook pour être tenu au courant de la mise en ondes de l’émission.facebook.com/baronmag

Gastronomie - Hambourg

Mange ton livre de cuisine The Real Cookbook par Korefe, une boîte de design d’Hambourg, est littéralement délicieux à s’en lécher les doigts. Vous n’avez qu’à suivre la recette de lasagne inscrite sur la feuille de pâte alimentaire, puis vous ajoutez les ingrédients. Chaque feuille est en fait un étage de la lasagne. Pour la touche finale, vous avez une dernière feuille, pleine de fromage, décorée d’une belle typographie réalisée par l’artiste britannique Anna Garforth. (LC)

korefe.de

Magazine - Monde arabe

Kalimat magazine « Challenge the statu quo », tel est le slogan du magazine arabe en ligne qui vient de faire de sa cinquième édition son premier magazine imprimé. Il y a de quoi être fier avec ses 138 pages et sa distribution internationale. Évidemment axé sur la culture arabe, Kalimat parle d’actualité, d’art et de design. Dans cette édition découvrez les visages de la course à la présidence de l’Égypte, une entrevue avec Rachid Bouchareb, producteur et réalisateur franco-algérien, Bath Bayakha une série humoristique télévisée de Jordanie et beaucoup plus encore. (NR)

kalimatmagazine.com

5

artistes à découvrir Montréal : indie-blues

KANDLE Kandle Osborne, fille de Neil Osborne (54-40), offre une voix magnifiquement douce dans une ambiance folk sans prétention. (NR)

è Kandle.bandcamp.com Toronto : math-punk

Intitulé We’re all dying to live, le premier opus de Rich Aucoin, disponible depuis 2011, a pourtant été complété plusieurs années avant son lancement. « Avant de publier l’album, je voulais inviter quelques amis à participer au processus de création, parce qu’ils font partie de mon inspiration, raconte le natif d’Halifax. Pourtant, quand j’ai commencé à écrire le nom des artistes potentiels qui pourraient collaborer, j’ai vite réalisé que la liste serait longue. »

Halifax Musique

Rich Aucoin vous veut du bien Par Mathieu Mireault m.mireault@baronmag.com

Les concerts de Rich Aucoin ressemblent à un camp de jour pour adultes. Rich Aucoin personnalise à merveille le rôle d’un animateur rempli d’énergie, entrainant le public à jouer avec lui. Qu’il utilise une planche de surf pour faire du body surfing, qu’il danse avec les spectateurs sous un immense parachute coloré ou qu’il projette les paroles de ses chansons pour inciter la foule à chanter, Rich Aucoin a maitrisé l’art de faire participer les gens venus le voir chanter. L’enthousiasme enfantin de Rich Aucoin ne s’arrête pas à ses performances. Le

chanteur avoue candidement que son livre préféré est Le Petit Prince de SaintExupéry. Lorsqu’il passe par Montréal, le lieu qu’il aime visiter le plus est le parc d’attractions La Ronde. Pas étonnant que le chanteur qualifie sa musique indie-pop de « fun-core ».

Un pour tous et tous pour un Un esprit communautaire se dégage de l’œuvre de Rich Aucoin. Il est devenu l’un des artistes émergents les plus connus au Canada avant même qu’il publie son premier album. Tout ceci grâce à ses concerts énergétiques où la foule participe autant que l’artiste. « Je trouvais ça bizarre de chanter tout seul sur scène,

Aucoin a donc invité des artistes émergents connus, tel que Adam O’Reilly du groupe DUZHEKNEW, et même des amis qui jouaient très peu de musique à venir performer ses pièces. Pour chaque artiste, Aucoin a retenu 30 secondes de leur performance pour former son album. « C’est incroyable de voir ce que la touche personnelle de chaque artiste rajoute à mes chansons, avoue-t-il. »

De philosophe à musicien Rich Aucoin s’étonne du peu de journalistes qui lui demandent la signification de ses paroles. Ayant un baccalauréat en philosophie, Aucoin puise dans la littérature pour s’inspirer. We’re all dying to live serait, selon l’artiste, le reflet de la quête de bonheur des jeunes de sa génération dans un monde où l’absurdité règne. Camus n’aurait pas dit mieux.

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Consultez sa musique et ses vidéos en écrivant Rich Aucoin dans l’engin de recherche sur baronmag.com

greys Fugazi et The Jesus Lizard ont créé un rejeton musical parfait où la violence math-punk et les riffs herculéens sont sauvagement dirigés vers nous. Toronto a dans ses entrailles un band puissant, prêt à conquérir nos âmes. (LC)

è greys.bandcamp.com Amsterdam : surf-rock

The Phantom Four & The Arguido Considéré comme l’un des meilleurs groupes surf de la région, The Phantom Four vient tout juste de sortir un nouvel album de 13 chansons instrumentales aux inspirations folkloriques. (NR)

è thephantomfour.bandcamp.com Montréal : stoner-rock

USA Out OF Vietnam Les cinq chansons du nouveau groupe regroupant des collaborateurs de Bionic, The Besnard Lakes, Tricky Woo et plusieurs autres, sont enfin arrivées dans notre univers sonique. Une combinaison de rock psychédélique, stoner, sludge, rock des années 1960 et 1970 épicé de noise minimaliste engloutit dans du drone post rock. Une pure merveille! (LC)

è usaoutofvietnam.bandcamp.com Melbourne : slam-rap

Luka lesson Un album de 17 chansons de rap-slam solide. (NR)

è lesson.bandcamp.com Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Mélissa Hétu : J’avais fait un VJ test en

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wDÉCOUVERTE MUSICALE

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wArts visuels

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wCINÉMA

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veux dire nulle part! Mais, nous avons aussi des films programmés dans plus de 100 festivals internationaux de cinéma.

Un festival du film peut faire ou défaire une oeuvre. Si un film a une bonne campagne dans un festival, il sera facile à vendre et risque d’avoir une vie à travers le monde. Pour le cinéaste indépendant, la situation pourrait être différente, car il est plus difficile d’entrer dans la ligue des festivals prestigieux. Par contre, grâce au dépistage dans des festivals plus modestes, comme Fantaspoa, le cinéaste peut gagner une certaine réputation et s’en servir pour financer son prochain projet. B. : Quelles sont les tendances cinématographiques et philosophiques brésiliennes dans le cinéma fantastique?

Porto Alegre Événement

Toronto Société

Dan Bergeron : Le paysage torontois sous intervention artistique Par Melina LeBlanc-Roy

m.leblanc-roy@baronmag.com

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Depuis environ une décennie, les « interventions » de Dan Bergeron colorent le paysage urbain torontois. Ses œuvres sont pour la plupart des collages photographiques qui ornent les murs et les panneaux publicitaires de la ville. Le résultat est frappant et fait preuve de vivacité d’esprit, de beaucoup d’humanité. Les œuvres semblent le plus souvent avoir été placées là naturellement, comme si elles avaient toujours fait partie de la structure des bâtiments. « En fait, je me suis mis à travailler à l’extérieur parce que j’aimais la photographie et je trouvais plutôt ennuyeuse la façon traditionnelle d’exposer la photographie sur un mur, explique Dan Bergeron. » Sa création, installée de façon éphémère ou permanente, selon le projet, rappelle la démarche de l’artiste graffiteur britannique Banksy, mais emprunte des techniques différentes. « Un de mes amis était artiste graffiteur et je me disais que c’était assez intéressant, raconte Bergeron. Ce n’est pas mon talent à moi, mais comment puis-je contribuer à l’extérieur? Pourquoi ne pourraisje pas installer des images dehors? » Sous sa main, les gigantesques panneaux d’affichage se voient transformés, leurs messages réécrits ou repensés, toujours avec une pointe d’humour grinçant. Ainsi, une publicité de bière a

L’art de rue au service d’un quartier

Au-delà de la provocation, l’art de Bergeron a des visées sociales bien définies : il met en évidence des êtres autrement ignorés par les médias traditionnels. Ceci est particulièrement évident dans les projets qu’il a réalisés dans le quartier Regent Park à Toronto, d’abord dans le cadre du festival Luminato en 2008, en 2012, ainsi que pour le projet permanent d’embellissement et de création d’un parc central dans le quartier, pour lequel il a été sélectionné par la ville de Toronto. Le projet, intitulé Faces of Regent Park, est en cours et sera complété cette année. Regent Park est un quartier de Toronto où la majorité des résidents vivent dans des logements sociaux construits il y a plus de 50 ans, dont de nombreuses familles, comme l’indique une proportion d’enfants plus importante que dans le reste de la ville. Même si Toronto est une cité multiculturelle, Regent Park est un quartier encore plus multiethnique où résident beaucoup de nouveaux immigrants et d’autochtones. Pris en sandwich entre les quartiers plus gentrifiés de Cabbagetown et Corktown, Regent Park frappe par sa pauvreté et est aux prises avec des problèmes sociaux typiques d’un quartier ainsi marginalisé : violence, drogue, problèmes de santé mentale. Un vaste projet de revitalisation du quartier a été mis en è

Suite à la page 24

Cependant, de nos jours, plus que dans n’importe quel autre moment de l’histoire du cinéma, vous pouvez facilement finir un film pour le montrer au public. Mais est-ce que quelqu’un veut voir votre film? Il y a des statistiques qui indiquent qu’un gros morceau de ce qui est produit ne sera jamais présenté nulle part! Et je ne veux pas dire lors d’un petit festival, je

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Fantaspoa: l’horreur du Brésil Par Leonardo Calcagno calcagno.l@baronmag.com

Porto Alegre. Sur le site de la huitième édition de Fantaspoa, festival de cinéma fantastique et d’horreur, un billet coûte 5$. Même avec une passe média. On paie pour encourager un festival unique en son genre dans cette région du Brésil. Depuis sa naissance en 2005, l’expansion de la programmation et sa renommée internationale ont pris des proportions hors du commun pour un festival de ce genre. Petrobras, pétrolière brésilienne notoire, a même sauté dans le bateau en acceptant de devenir présentateur officiel. João Pedro Fleck, dirigeant, programmateur et producteur du festival, est à la course pour finaliser les derniers détails et il est tout souriant malgré la fatigue accumulée depuis quelques mois. Il est d’accord sur le fait que Fantaspoa est un autre exemple de soft power brésilien.

Baron : Quelle est l’importance d’un festival comme le vôtre pour les artistes indépendants? João Pedro Fleck : Je dirais qu’un festival comme le nôtre est une grande fenêtre pour les cinéastes indépendants. Les cinéastes à Fantaspoa ont beaucoup en commun. Nous n’avons pas d’argent pour payer de la publicité et à plusieurs reprises, le cinéaste indé n’a même pas l’argent pour finir son film.

Gratuit

#3

Ne rien prendre personnel, les affaires sont les affaires.

Consultez la bande-annonce du festival et le coup de coeur de Baron en écrivant Fantaspoa dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

C’est loin des galeries que s’est développé l’art de Dan Bergeron. Artiste de rue travaillant sous le pseudonyme fauxreel, Bergeron laisse sa trace sur le paysage urbain à Toronto et ailleurs, grâce à ses œuvres multi techniques qui font tourner bien des têtes. Portrait de l’artiste qui est du programme du festival torontois Luminato, du 8 au 17 juin 2012, dans le cadre d’un projet de revitalisation du quartier Regent Park.

déjà vu son panneau complètement modifié en une fausse publicité pour Shell qui titrait : « We pass the cost on to you (nous vous refilons les coûts). » Le projet Billbored était percutant et risqué, surtout si l’on considère que cette intervention illégale a été exécutée, comme toutes les œuvres de fauxreel d’ailleurs, dehors, en plein jour, et qu’il s’agit là d’un travail de plusieurs heures.

J. P. F. : Hmmm, c’est une question assez difficile. Il y a bien eu, par le passé quelques icôns du cinéma fantastique brésilien. Le plus grand d’entre eux est sans aucun doute José Mojica Marins, reconnu pour son personnage de Coffin Joe (Zé do Caixão, en portuguais). Marins a influencé de manière significative la production cinématographique indépendante du Brésil. Ivan Cardoso, le maître de Terrir (un mot qui fait allusion à la fois à l’horreur et à la comédie) et Walter Hugo Khouri sont aussi des noms très importants ici. Je dirais que, aujourd’hui, il y a une nouvelle génération de jeunes cinéastes fantastique. Parmi eux, ont retrouve Dennison Ramalho, réalisateur du court metrage Amor só de mãe et scénariste pour Encarnação do demônio; Rodrigo Aragão, Onde os mortos não têm vez et A noite do chupacabras; Kapel Furman, Pólvora negra et Paulo Filho Biscaia, Morgue story : sangue, baiacu e quadrinhos et Nervo craniano zero. Cette génération fait principalement du cinéma indépendant en travaillant avec un petit budget, mais en faisant de leur mieux avec ce qu’ils ont.

CONSEIL

Toronto - Scène culturelle

Nouvelle adresse pour le documentaire : Bloor Hot Docs Cinema Les amateurs de cinéma documentaire ont une nouvelle adresse incontournable à Toronto  : le Bloor Hot Docs Cinema. Alors qu’elle était fermée depuis plusieurs mois pour rénovations, la salle de projection presque centenaire tourne une nouvelle page de son histoire. En effet, depuis sa réouverture plus tôt en 2012, l’établissement devient le seul cinéma torontois consacré au documentaire. Le Bloor Hot Docs Cinema accueille dès maintenant divers festivals de cinéma et événements dont Hot Docs, le festival canadien printanier de cinéma documentaire international, mais également le CFC Worldwide Short Film Festival, qui se déroule du 5 au 10 juin 2012.

L’une des pierres d’assise du quartier The Annex depuis sa fondation en 1913, cette salle de cinéma a porté plusieurs chapeaux au fil des ans et sa réouverture marque un changement de cap en ouvrant une fenêtre sur un cinéma bouillant d’activité, mais dont la distribution est limitée. Longue vie au documentaire! (ML) Bloor Hot Docs Cinema / 5006 Bloor Street West, angle Bathurst Bloorcinema.com

Prochain conseil à la page 27

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Polo à vélo

w DOSSIER : POLO À VÉLO

Ligue à travers le Canada

De la GrandeBretagne à Seattle

Montréal

Seattle est prise d’assaut par la bulle technologique à la fin du vingtième siècle. Pour combler les demandes de livraison des nombreuses compagnies en ligne, comme Kozmo.com, qui vendent ou achètent sous forme de petites commandes, le besoin d’avoir recours à des messagers à vélo décuple dans cette ville de l’état de Washington.

Où cela se déroule Parc des vétérans sur l’avenue Papineau Quand on peut jouer Mercredi soir et dimanche après-midi Particularité de la ligue Montréal est considérée comme l’une des ligues les moins agressives au Canada. Les joueurs se font rares à Montréal, alors ils se doivent de ne pas effrayer les nouveaux venus par leur rudesse.

Vancouver Où cela se déroule Grandview Park sur Commercial Drive et Charles St. Quand on peut jouer Les samedis ou quand la température le permet Particularité de la ligue La ligue de Vancouver est la plus vieille au Canada. Les joueurs sont souvent très expérimentés. Les nouveaux qui s’ajoutent à la ligue apprennent très vite à devenir bons à cause de la qualité du jeu.

Halifax

J’ai été introduit au polo à vélo il y trois ans, sur l’île de Vancouver. En moins de deux minutes, j’ai brisé le vélo qu’un ami m’avait prêté pour la partie et celui d’un adversaire. Alors que je faisais semblant de gémir sur le sol pour ne pas être grondé, je me suis promis de ne plus jamais pratiquer ce sport.

Où cela se déroule Gorsebrook Park près de Lundys Ln. Quand on peut jouer Mardi et dimanche, ou quand il y a assez de joueurs disponibles

J’ai tenu ma promesse jusqu’à tout récemment. Lorsqu’on m’a proposé d’écrire un dossier sur le polo à vélo, j’y ai vu une invitation céleste pour rétablir mon karma. À travers mes entrevues, je n’ai pas seulement rencontré des dizaines de joueurs fiers de leur sport favori, j’ai aussi pu m’intégrer à une culture ouverte et avant-gardiste. photo: Gustav Hoiland

Par Mathieu Mireault

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Difficile de s’imaginer que le polo à vélo sur terrain dur découle d’un sport pratiqué à l’origine uniquement par la noblesse. Pourtant, les racines de ce sport sont ancrées à une époque lointaine où le polo était utilisé pour reproduire des scènes de guerre.

De l’éléphant à la bicyclette Plusieurs historiens s’entendent pour situer l’origine du polo à cheval au cinquième siècle avant J.-C. La royauté perse s’adonnait à ce sport. Chaque équipe était formée de plus de 100 chevaliers. Ces derniers pouvaient uniquement utiliser des stratégies apprises durant leur entrainement militaire. Ce n’est que lorsque les britanniques ont envahi l’Inde aux alentours du seizième siècle que le polo à été intégré à la culture anglaise.

Où cela se déroule Dufferin Grove Park sur Dufferin St. Quand on peut jouer Mercredi, jeudi et dimanche Particularité de la ligue Le terrain fait partie des plus grands au pays ; il a presque les mêmes proportions qu’une patinoire de la LNH. Le jeu est donc plus aéré et plus fluide. Les joueurs ont aussi la possibilité d’aller plus vite sur leur vélo.

Jugé peu orthodoxe à ses débuts, le polo à vélo gagne rapidement la reconnaissance des cyclistes et même des joueurs de polo traditionnel. Pour les premiers, le polo à vélo est un moyen social d’utiliser leur bicyclette. Pour les seconds, le sport leur permet de pratiquer alors que leurs chevaux se reposent. L’engouement pour la discipline prend une telle proportion qu’elle est présentée en 1908 aux Jeux olympiques de Londres, à titre de sport de démonstration.

3, 2, 1, POLO! Le roi George s’adonnant au bike polo .

«  C’était vraiment une époque incroyable,  se remémore Matt Messenger, reconnu comme l’un des fondateurs du polo à vélo sur terrain dur. Tous les messagers à vélo étaient sur la même longueur d’ondes. Nous étions tous jeunes, célibataires et passionnés de vélo. Nous étions à la recherche de nouvelles expériences, de plaisir et d’adrénaline. » C’est dans ces circonstances uniques que se développe un sport tout aussi particulier. « On a commencé à jouer au polo à vélo entre deux commandes, juste en face de notre poste satellite de la compagnie ENA, raconte Matt Messenger, surnommé «  Messman  » ou le gourou.  On allait jouer dans un stationnement, au dixième étage d’une banque avec une vue sur l’eau. Quelqu’un avait amené des vieux bâtons de croquet que nous avions modifiés avec des béquilles pour les agrandir. Personne ne croyait vraiment que notre passe-temps allait se transformer en un sport concret. »

Plusieurs historiens s’entendent pour situer l’origine du polo à cheval au cinquième siècle avant J.-C. pas à occuper tous ses courriers. Il se trouve alors toujours une vingtaine de messagers à vélo disponibles pour jouer dans le stationnement. En 1999, Messman organise le premier Messquarade, une sorte de course à relais à travers la ville de Seattle. Après la course, Messman introduit le polo à vélo aux équipes présentes pour la course. Le Messquarade est depuis considéré comme la première compétition de polo à vélo sur terrain dur.

De Seattle à Montréal Messman est aujourd’hui fier de s’apercevoir que le polo à vélo sur terrain dur est pratiqué dans presque toutes les grandes métropoles d’Amérique du Nord et d’Europe. Mais il est surtout heureux d’avoir pu contribuer à un mouvement qui rassemble les gens. «  Je ressens beaucoup de joie en sachant que le sport que j’aime tant apporte du bonheur à d’autres. Je me sens extrêmement privilégié en ce sens, explique le gourou. » Au-delà du plaisir que le polo à vélo amène à ses adhérents, Messman croit que si ce sport a connu un tel envol, c’est d’abord et avant tout pour des raisons culturelles. « Je crois que la densification urbaine de nos villes a favorisé notre sport. Nous pouvons maintenant nous déplacer sans voiture. Le vélo prend un plus grand rôle dans notre quotidien. Il devient donc naturel de vouloir trouver des moyens de s’amuser sur notre bicycle, philosophe-t-il. »

Peu à peu, ces courriers à vélo commencent à standardiser le jeu, implantant des règles fixes et jouant avec des maillets faits de bambou. Matt Messenger et ses amis ont beau jouer le plus souvent possible, le sport ne réussit pas à rejoindre un plus large public, même dans la communauté des courriers à vélo. Messman avoue même qu’il a dû travailler très fort pour que le sport ne disparaisse pas. Ce n’est que lorsque Kozmo.com ouvre ses portes à Seattle, vers 1998, et engage la majorité des courriers à vélo dans la ville que le sport connait un gain de popularité. La compagnie, n’ayant jamais connu l’achalandage espéré, ne parvient

photo: Gustav Hoiland

Vélo sur mesure et réparation 2127 Rachel est, Montréal 438 380-5811 www.veloibike.ca

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

m.mireault@baronmag.com

Particularité de la ligue Il y a trois ans, la ligue de Halifax était considérée comme le Nascar des hipsters. Cela a rapidement changé. Maintenant, plusieurs joueurs de cette ligue sont des anciens motards ou propriétaires d’établissements de tatouage. Le jeu est rude. Jusqu’à tout récemment, les joueurs pouvaient se lancer leur maillet l’un sur l’autre.

Toronto

Alors que le polo sur cheval connait une hausse de popularité foudroyante à travers les colonies britanniques de la fin du dix-neuvième siècle, un cycliste irlandais du nom de Richard J. Mecredy décide de mélanger ses deux plus grandes passions ensemble : le vélo et le polo. Mecredy organise la première partie de polo à vélo en 1891. Les deux équipes présentes étaient The Scalp et l’Ohne Hast C.C.

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w DOSSIER : POLO À VÉLO

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w DOSSIER : POLO À VÉLO

w DOSSIER : POLO À VÉLO

Chronique Marc-André Laporte ma.laporte@baronmag.com

Marc-André Laporte est l’auteur du blogue donnetamusique.com et du livre-web 1000 choses à faire pour réussir sa stratégie musicale. Il est aussi directeur marketing à la station de radio de l’Université de Montréal CISM 89,3 FM.

Règles fixes pour pignons fixes

Baronesque 2012

Par Mathieu Mireault

Par Catherine Barnabé Photos: Lucas Rupnik

photo: LISA MOFFATt

Blessures de guerre

La musique ne va pas bien. Les livres imprimés non plus. Le cinéma s’en sauve un peu grâce à cette invention superflue qu’est le 3D. On nous répète constamment que le web a tué l’art. Un jeune de 13 ans ne sait peut-être pas comment faire pousser un plant de tomates, mais il sait mieux que vous où trouver le nouvel album ou le nouveau film de l’heure gratuitement en ligne. L’industrie veut sa tête depuis qu’elle a eu celle de Napster.

Ces dernières ne vous appelleront pas pour vous offrir du boulot. En fait, quand on y pense bien, le musicien n’est qu’un employé des maisons de disques avec comme objectif de générer des revenus. Quand il n’y arrive pas, on le fout à la porte. Nous avons maintenant des structures assez solides pour se déclarer travailleur autonome. Oui ce sera beaucoup de travail, oui il faut croire en son produit, mais pour la première fois depuis des lunes, le pouvoir est aux artistes. Les outils sont à portée de main et ils sont aussi importants à connaître que les accords d’une guitare.

Est-ce que ce sera celui qui offre le produit de qualité qui gagnera l’attention des internautes? Celui avec la meilleure stratégie marketing qui pourra vivre de son art? Si vous croyez en votre projet et y investissez du temps, vous y arriverez. Pour la première fois depuis la création du piano, vous avez les ressources pour prendre vos rêves en mains et c’est magnifique. Lancez-vous! C’est le 22 meilleur moment pour mettre sur pied une carrière autoproduite.

Par Mathieu Mireault

photo: Gustav Hoiland

« Comparé à aujourd’hui, on devait ressembler à des barbares », raconte Matt Messenger, se remémorant ses premières parties de polo à vélo sur terrain dur. Les propos de celui qui est considéré comme l’un des fondateurs de ce sport illustrent à merveille les nombreuses mutations que le polo à vélo a dû subir pour passer d’un simple passe temps à un sport réglementé. Aujourd’hui, les tournois de polo à vélo se déroulent dans un cadre très fixe, même si les parties entre amis sont souvent pratiquées avec plus de laxisme. « Deux équipes adverses s’affrontent sur leur vélo. Chaque équipe est formée de trois joueurs, explique Jesse Bourns, un joueur de Montréal. Les parties durent dix minutes ou s’arrêtent après qu’une des deux équipes ait compté cinq buts. » « Pour commencer, chaque équipe doit se positionner au fond de son territoire, pour faire en sorte que les roues arrière des vélos touchent la bande. La balle est située au milieu du terrain. La partie commence lorsque l’arbitre crie « 3-2-1 polo », rajoute Jesse. Le but du jeu est de marquer dans le filet adverse avec notre maillet. S’il est possible de passer la balle à ses coéquipiers avec le devant et le côté du maillet, il faut utiliser le devant du maillet pour compter. » « Un joueur doit toujours demeurer sur son vélo. Dépendamment des équipes, si un joueur perd l’équilibre et met un pied au sol, il doit soit retourner dans sa zone en passant derrière son filet ou il doit aller toucher un objet désigné avec son maillet, affirme Jesse. » Les contacts sont permis, mais seulement à certaines conditions. «  Seuls les contacts de type corps à corps, maillet sur maillet ou vélo sur vélo sont permis. Un autre type de contact serait considéré comme une faute, lance Jesse. » De plus, pour exécuter un contact corps à corps, le cycliste doit toujours avoir une main sur son guidon et tenir son maillet avec l’autre.

Documenter le bike polo en image. Il a pris la majorité des photos du dossier sur le polo à vélo dans le Baron, Gustav Hoiland est un passionné de ce sport depuis sa première expérience. (NR) « Un jour, un mécanicien m’a invité à venir jouer au bike polo dès que j’ai atterri à Boston en 2007 afin de commencer l’université. Il aboyait : ‘‘ Vous n’aurez jamais eu autant de plaisir sur un vélo.’’ Ç’a été 100% véridique. Finalement, j’ai ramassé une caméra et j’ai commencé à documenter la scène de Boston ainsi que des tournois de polo dans d’autres villes, comme New-York, Chicago, Minneapolis et une douzaine d’autres. » gustavhoiland.com

L’immense sourire des joueurs de polo à vélo contraste avec leur allure malfamée. Leurs vêtements déchirés et leurs cicatrices rappellent que le polo à vélo est un sport extrême. Voici un recueil de quelques blessures qu’ont subies les joueurs interviewés par Baron. Le mot de la fin est dédié à Matt Messenger, l’un des joueurs avec la plus longue carrière de polo à vélo. Jesse Bourns - Montréal Je me suis retrouvé en mauvaise posture et un joueur m’a frappé juste au dessus de l’œil avec son maillet. Je suis tombé à terre et mon œil était rempli de sang. J’étais sûr que j’allais devenir aveugle. Une chance qu’il y a un hôpital juste à côté du terrain où on joue. Heidi Stroll - Montréal Mon dérailleur s’est enfoncé dans mon mollet. Ma blessure ressemblait à des cratères tellement mes galles étaient profondes. Lisa Moffatt – Vancouver Je savais qu’un joueur adverse s’avançait derrière moi. J’ai voulu me déplacer pour le bloquer. Malheureusement, j’ai sous-estimé sa vitesse. Mon bras est tombé sur sa roue arrière et a hérité d’une longue cicatrice de 15 pouces. Matt Messenger – Seattle Ma pire blessure fut un doigt brisé. J’étais tombé avec un angle un peu bizarre. Même si cela fait plus d’une décennie que je joue, je ne me suis jamais blessé gravement. Le polo à vélo n’est pas un sport dangereux si l’on fait attention.

Baron récidive avec son exposition d’arts visuels. Toujours entre les murs de la maison du Conseil des arts de Montréal, Baronesque présentait cette année sept artistes de la relève. Près de 500 personnes ont pu contempler les oeuvres de la cuvée 2012. Voici un petit descriptif des artistes. (NR) w Élise Lafontaine Les peintures d’Élise Lafontaine sont des portraits qui interrogent à la fois la forme plastique et l’état du sujet, comme si les remises en question de l’un se transfiguraient dans l’autre. eliselafontaine.com w Gabriel Coutu-Dumont Gabriel Coutu-Dumont est un artiste multidisciplinaire. Il s’attarde au rapport entre le son et les images, tentant de décloisonner ces univers et de les réunir dans un même langage visuel. gabrielcoutudumont.com w Jean-François Leboeuf Jean-François Leboeuf travaille le dessin, l’installation et la performance. Il nous présente des personnages dont l’esthétique nous ramène à une pratique traditionnelle du dessin, mais ces figures déstabilisent le genre du portrait. jeanfrancoisleboeuf.com w Rodolfo Moraga Rodolfo Moraga est photographe. Il crée des scènes ludiques et fantaisistes qui tentent de faire sortir, littéralement, les images du cadre. rodolfomoraga.com w Benoit Tardif Les illustrations de Benoit Tardif s’inscrivent dans une esthétique naïve où les images rappellent l’affiche, tout en construisant un univers plastique singulier. bentardif.com w David Manseau David Manseau installe un dialogue entre la photographie et l’architecture. Ses œuvres documentent l’évolution des paysages urbains sur lesquels il est lui-même intervenu. exo-site.org/exo-membres/david-manseau w Damian Siqueiros Dans ses photographies, Damian Siqueiros met en scène des personnages qui tissent des relations entre eux et avec le lieu où ils installent leurs poses chorégraphiées. damiansiqueiros.com

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Consultez les oeuvres et photos du vernissage en écrivant baronesque 2012 dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Il n’y a pas si longtemps, nous allions voir des pièces de théâtre, des expositions, des films. Aujourd’hui, nous sommes comédiens, photographes, cinéastes. Il est possible pour chacun de créer et de partager. On ne veut plus juste prendre, on veut donner. Plusieurs disent que le contenu de qualité se perd dans un océan de médiocrité. Nous souffrons peut-être d’un déficit d’attention dû à toutes ces possibilités. Nos sentiments d’appartenance envers nos découvertes musicales ne sont plus aussi intenses que jadis. Le nouveau fan cliquera sur « j’aime » au lieu d’acheter vos tshirts. Vrai. La bonne nouvelle, par contre, c’est que vous avez aujourd’hui la chance d’y participer, contrairement à il n’y a pas si longtemps, lorsqu’uniquement les maisons de disques avaient le pouvoir.

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Sept artistes de la relève couvrent les murs de la maison du Conseil des arts de Montréal.

Que le meilleur gagne? Depuis deux ans, j’ai pris la décision de mettre l’industrie de côté et de me concentrer sur l’artiste. Celui-là, il y a quelques années, ne pouvait pas se payer l’équipement pour enregistrer une simple chanson et encore moins débourser pour une stratégie marketing afin de promouvoir son oeuvre. Le talent et la « Le musicien n’est persévérance étant une chose que seul l’artiste peut qu’un employé des contrôler, la technologie a, maisons de disques de son côté, diminué les avec comme objectif de coûts de production (merci Apple, sincèrement) et le générer des revenus. » web a fortement facilité la distribution. Nous sommes dans une période de démocratisation de l’Art et c’est sans l’ombre d’un doute le meilleur moment pour être un artiste. Vraiment.

w ARTS VISUELS

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w SUITE : Dan bergeron

w ARTS VISUELS

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w DOSSIER : POLO À VÉLO Mais le rôle des femmes ne s’arrête pas là puisqu’elles représentent aussi une source de rivalité pour les joueurs masculins. Heidi Stroll, joueuse de Montréal, raconte qu’elle « ne classe pas les joueurs selon leur sexe, mais plutôt selon leur niveau d’expérience  ». Lisa Moffatt, de Vancouver, admet même que si les hommes ont probablement plus d’atouts physiques adaptés pour ce sport, « les femmes comprennent mieux la finesse et les subtilités du polo à vélo. On voit plus de passes dans les parties entre femmes ».

Montréal Illustration

La vie d’illustrateur de

Raymond Biesinger

Elles ne sont pas venues pour assister « Les joueurs de l’Ouest peuvent être rudes. Plusieurs filles avaient peur de commencer à jouer au polo à vélo. C’est pourquoi j’ai créé le tournoi Ladies Army ; la première compétition pour femmes uniquement, explique Lisa Moffatt, alias Pitbull. » Loin de vouloir créer un tournoi sexiste, Moffatt voulait plutôt permettre aux femmes de découvrir le sport sans crainte.

Par Catherine Ouellet-Cummings catherine.oc@baronmag.com

Raymond Biesinger est bien connu dans le milieu de l’illustration montréalais. Avec des clients réguliers comme le Financial Times Weekend magazine et des projets dans The Economist, Le Monde diplomatique, Wired et le Globe & Mail, Biesinger a créé un style qui lui est propre, marqué par des aplats de couleurs sur des images en noir et blanc et par une prédominance des sujets à caractère politico-historique, physique et électronique. Baron : D’entrée de jeu, comment décrivez-vous votre travail et votre style? Raymond Biesinger : Hmmmm… Je dirais que c’est un mélange efficace de minimalisme et de construction DIY. J’évite la décoration en incluant des éléments seulement s’ils supportent directement le propos. J’essaie de rester proche d’une esthétique en noir et blanc  : 99% du temps, mes illustrations sont faites sur un fond blanc auquel s’ajoutent d’une à quatre couleurs. Nous sommes à un moment où la technologie est populaire et où presque tout le monde peut faire n’importe quoi. Ce qui m’intéresse, c’est de m’imposer certaines limites pour travailler avec elles.

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R. B. : Par accident et par nécessité. J’étudiais l’histoire est-européenne à l’université et j’ai commencé à m’impliquer dans le journal étudiant comme auteur et éditeur. Un jour, quelqu’un m’a suggéré de faire des bandes dessinées, puisque je savais déjà raconter de bonnes histoires. Ce que j’ai fait. Puis j’ai commencé à faire des bandes dessinées à caractère politique. Par la suite, j’ai été refusé pour un poste au journal et je me suis dit : « Fuck this, je vais être engagé par de vrais journaux à la place! » J’ai donc envoyé mon portfolio à plusieurs endroits et j’ai été embauché pour faire des illustrations pour le Globe & Mail, le National Post, Saturday Night magazine et quelques autres pendant que je terminais mes études. C’était un travail à temps partiel fantastique pendant que j’étais à l’école – beaucoup mieux que faire la vaisselle ou compétitionner avec les très nombreux auteurs talentueux d’Edmonton pour obtenir des contrats en rédaction.

R. B. : Je n’ai pas de problème à rester motivé, ni à trouver des idées, ni à terminer mes mandats dans les temps. Par contre, j’ai de la difficulté avec les risques associés à mon travail. J’ai commencé à faire des illustrations pour avoir un salaire et être capable de payer mon loyer. La manière la plus sécuritaire d’y parvenir, c’est en prenant des commandes. Maintenant, je vis toujours une lutte intérieure pour me convaincre moi-même de faire une série d’impressions ou un livre plutôt que de prendre plus de commandes pour des magazines. Je me retrouve dans ce débat classique «  sécurité vs indépendance  », même si, au quotidien, mon travail est très créatif. Autre chose  : l’avenir de l’illustration peut être incertain. Il y a plus d’illustrateurs que jamais, en compétition pour des mandats toujours moins bien payés. Internet transmet une certaine «  culture de ce qui est gratuit  » qui engendre une baisse des tarifs, en même temps qu’il y a une baisse d’intérêt pour des travaux qui permettent une grande expression créatrice. J’ai déjà écrit à propos de ça : nous vivons dans une belle période pour voir de belles œuvres. En parallèle, les temps sont durs pour les personnes qui veulent faire ces belles œuvres et en vivre. B. : Vous avez travaillé – et travaillez toujours – pour des clients américains et européens. Comment avezvous trouvé ces clients? R. B. : En faisant du bon travail, en étant conciliant et en envoyant des cartes postales à tous ceux avec qui j’avais envie de travailler. La localisation géographique n’a plus d’importance de nos jours. J’ai obtenu la plupart de mes relations d’affaires quand j’habitais encore à Edmonton, une ville que peu de gens à l’extérieur du Canada connaissent et à laquelle on ne pense pas spontanément lorsqu’il s’agit de culture. Postes Canada et un site web : voilà tout ce dont a besoin un illustrateur maintenant!

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Consultez plus d’illustrations en écrivant Raymond Biesinger dans l’engin de recherche sur baronmag.com

«  Regent Park est un quartier intéressant. Quand je travaille avec la photographie, pour documenter des personnes, Regent Park est pour moi une communauté formidable avec laquelle travailler. Ils sont stigmatisés par rapport au reste du monde. Moi, je choisis de me concentrer sur les personnes qui ne sont pas documentées ou qui sont stigmatisées, qui ne sont pas dans la publicité traditionnelle, commente l’artiste visuel. » En tant qu’artiste résident sur le projet Regent Park, Bergeron sent que son travail est grandement apprécié des citoyens, ce qui lui donne envie de poursuivre son travail avec cette communauté. « Comme j’ai passé tellement de temps dans le quartier pendant que je faisais le projet, j’ai appris à connaître beaucoup de gens. Ç’a été une expérience très positive. J’ai appris beaucoup et ça m’a entraîné sur un chemin que je veux emprunter à nouveau. » C’est dans cet esprit que l’artiste développe pour Luminato des ateliers qu’il donnera au cours du mois de juin à des jeunes de la communauté de Regent Park, explorant les thématiques du lieu et de la transformation, tout en contribuant à transformer l’espace public d’une manière réfléchie et constructive. Aujourd’hui Toronto, demain… Dan Bergeron est visiblement attaché à Toronto, sa ville natale, et a la chance de recevoir des commandes de la municipalité. Mais Toronto est-elle une bonne destination pour les artistes de rue? « Peut-être pas sur le plan international comme d’autres villes pourraient l’être pour l’art de rue. Il y a peu d’artistes de rue qui pratiquent ici alors la scène n’est pas immense, avoue Bergeron. Conséquemment, comme nous sommes conservateurs ici, au Canada, travailler comme artiste de rue pour vendre nos œuvres, comme du travail de studio, ça n’est pas ce qu’il y a de plus facile parce que nous n’avons pas de marché. Mais en termes d’interaction avec notre environnement physique, il y a beaucoup de matériel avec lequel interagir, ajoute-t-il. » La vie torontoise garde Dan Bergeron bien occupé ces jours-ci, avec Luminato, d’autres projets artistiques et un nouveau-né à la maison. Mais il avoue rêver parfois de s’installer à Paris avec sa famille pour y travailler pendant une année. Ouvrez l’œil si vous vous y promenez, car peut-être y apercevrez-vous de ses œuvres, installées lorsqu’il était de passage dans la Ville Lumière.

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Consultez l’entrevue intégrale et davantage d’oeuvres en écrivant Dan Bergeron dans l’engin de recherche sur baronmag.com

photo: Gustav Hoiland

Pas de fleurs pour ces femmes Par Mathieu Mireault

« Sans vouloir paraître sexiste, je crois que les femmes sont la colonne vertébrale de la communauté du polo à vélo, explique candidement Julia Murphy-Buske, une joueuse de polo à vélo de la ville de Lexington. » Les femmes de cette communauté «  ont d’excellentes capacités de communication  », rajoute-t-elle, expliquant probablement pourquoi la culture du polo à vélo paraît aussi unie. À titre d’exemple, Julia raconte qu’elle ne paie jamais pour un hôtel lorsqu’elle se déplace pour des tournois car des joueurs locaux l’hébergent toujours.

Les résultats démontrent que l’approche a été bénéfique. En 2009, la première édition du Ladies Army était considérée comme un événement de démonstration, joint à un tournoi d’une plus grande ampleur. Peu d’équipes étaient inscrites. Aujourd’hui, la plus récente édition du tournoi féminin va durer trois jours et regrouper une trentaine d’équipes venues d’un peu partout autour du globe. Le succès de Ladies Army peut aussi être mesuré par l’engouement de ses commanditaires. « Plusieurs compagnies, comme Go Girl ou Diva Cup, qui n’ont aucun lien avec le vélo, ont décidé de s’impliquer cette année », soutient Tiffany Morrow, l’une des organisatrices de la quatrième édition du Ladies Army qui a eu lieu à Lexington, en avril.

Artistes, n’oubliez pas vos casques Par Mathieu Mireault

«  Ça prend une bonne dose d’indépendance et de confiance pour jouer au polo à vélo. Il ne faut pas avoir peur de se laisser aller, même si on peut se blesser ou décevoir les autres. Ce sont les mêmes qualités que l’on retrouve souvent chez les artistes  », explique Cecily Upton, une photographe qui a publié un livre de photographie entièrement dédié à la culture du polo à vélo intitulé 321Go. En fait, la culture du polo à vélo est étroitement liée au milieu des arts. Chaque tournoi est promu à l’aide d’affiches artistiques et documenté à l’aide de capsules vidéo. Même les bicyclettes des joueurs peuvent être considérées comme des objets d’art. «  Les joueurs rajoutent souvent des pièces à leur vélo pour qu’il reflète le mieux leur personnalité  », stipule Matt Bowen, l’artiste qui a remporté les deux dernières compétitions internationales d’affiches de tournoi de polo à vélo.

La passion des joueurs de polo pour leur sport de prédilection expliquerait aussi la créativité des joueurs de polo, croit Bowen  : « Les gens qui jouent au polo à vélo sont activement engagés à faire connaitre leur discipline. Ils utilisent tous les moyens possibles pour en faire la diffusion. C’est pour cette raison que plusieurs joueurs utilisent les nouvelles technologies qui existent, se transformant en producteur de documentaire ou en graphiste. » Sport unique, art unique S’il semble y avoir une constance dans l’art découlant du polo à vélo, c’est qu’il ne peut être catégorisé. « Je me garde bien de lui trouver des caractéristiques sinon celle de ne pas en avoir », explique Fabrice Houdry, commissaire de Terrain Dur, l’une des plus grandes expositions d’art à avoir eu lieu sur le polo à vélo. Pour

www.cecilyupton.com

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

B. : Vous êtes autodidacte. Comment avez-vous découvert que vous vouliez être illustrateur?

B. : Quels sont les plus grands défis auxquels vous devez faire face dans votre travail?

branle dès 2003 et vise non seulement des modifications dans l’aménagement urbain, mais aussi une croissance des infrastructures sociales afin d’aider la population locale. C’est dans ce cadre que Dan Bergeron a complété, en 2008, une vaste œuvre visuelle commandée par le festival Luminato. Celle-ci consiste en 11 portraits de résidents du quartier, agrandis et appliqués sur les murs extérieurs des logements sociaux.

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Bowen, l’art issu du polo à vélo reflète les particularités culturelles d’où il provient : « Les affiches venant de l’Europe semblent être plus léchées et rappellent l’art déco. C’est drôle à dire, mais j’ai l’impression que les affiches provenant du Canada sont celles qui sont les plus polies, alors que celles en provenance des ÉtatsUnis ont des allures plus punks. »

Écrivez Matt Bowen dans l’engin de recherche sur baronmag.com pour voir plus d’oeuvres.


w DOSSIER : POLO À VÉLO

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w DOSSIER : POLO À VÉLO

vers La Mecque Par Mathieu Mireault

The Pit - New-York « The Pit est dans une ligue à part. Il ne peut vraiment pas être comparé à aucun autre terrain, raconte la photographe Cecily Upton, qui a appris à jouer sur ce terrain. » The Pit est situé dans le Lower East Side de New-York, dans un enclos entouré de murs de briques. « L’enclos n’est probablement pas le meilleur terrain au monde. Plusieurs joueurs se blessent sur les murs de briques, explique Upton. Pourtant, il est situé dans un lieu culturel extrêmement vibrant. Des modèles ou des artistes connus s’arrêtent même pour venir vous voir jouer! »

Ces débats qui font rager Par Mathieu Mireault

Certaines questions divisent les joueurs de polo à vélo les plus solidaires. Une culture do it yourself (DIY) contre une culture d’entreprise

Le polo à vélo sur terrain dur est ancré dans une culture DIY. Les joueurs construisent leur propre équipement, inventent leurs propres règles et, parfois, délimitent leur propre terrain. Pour Fabrice Houdry, l’un des commissaires de Terrain dur, l’une des plus grandes expositions artistiques dédiées au polo à vélo, ce contexte explique pourquoi l’on retrouve autant de gens créatifs qui jouent à ce sport : « Avec un contexte sans enjeux financiers, chacun peut créer un visuel, un style, une approche sans se soucier du résultat. Le polo à vélo est un espace de liberté totale. » Pourtant, de plus en plus d’entrepreneurs ont commencé à investir dans le polo à vélo. Si ces compagnies risquent de dénaturer l’aspect DIY du sport, la majorité d’entre elles espèrent amener un changement positif. « Certaines personnes croient que le polo à vélo doit se limiter à une culture DIY, explique Sean Ingram de Fixecraft, une compagnie qui a manufacturé la première balle de polo à vélo sur terrain dur. Cependant, se sont des compagnies comme la nôtre qui vont commanditer des tournois de polo et ainsi permettre au sport de grandir. »

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« Les tournois de polo à vélo risquent de connaitre une révolution, soutient Ben Schultz, directeur de l’Association nord-américaine de polo sur terrain dur. » Alors que les tournois d’aujourd’hui opposent deux équipes de trois personnes, Schultz prévoit que les joutes de demain pourraient offrir aux équipes d’avoir des réservistes sur le banc pour remplacer les joueurs sur le terrain. «  Les deux formes de tournois contiennent de nombreux avantages, admet Schultz. Les tournois trois contre trois permettent aux membres de chaque équipe de développer une meilleure solidarité sur le terrain. D’un autre côté, les tournois avec plus de joueurs sont beaucoup plus faciles à organiser. Par exemple, si l’un des joueurs se blesse sur le terrain, il est plus facilement remplaçable. Aussi, des équipes plus nombreuses favorisent l’esprit d’équipe à long terme. La majorité des équipes à trois joueurs se séparent après chaque tournoi. » Peu importe le nombre de joueurs que l’on retrouve sur le terrain, Ben assure que le polo à vélo à un avenir brillant devant lui.

Grandview Park – Vancouver C’est à Vancouver que se trouve le premier terrain entièrement construit pour offrir la meilleure expérience aux joueurs de polo à vélo. Inauguré en mai 2011, ce terrain est le fruit d’une consultation internationale. «  À l’aide de sites Internet dédiés au polo à vélo, comme 321polo.net, j’ai été en mesure de prendre le pouls des joueurs de polo à travers le monde pour savoir ce qui constituait, selon eux, le meilleur terrain possible. J’ai ajusté par la suite ces demandes aux nécessités des groupes locaux, explique l’une des conceptrices du terrain, l’urbaniste et joueuse de polo Lisa Moffatt. »

Coolavin Park – Lexington Grâce à l’implication communautaire des joueurs de polo à vélo de Lexington, la ville a décidé de leur offrir un terrain de jeu dédié uniquement au polo à vélo, une première aux ÉtatsUnis. « Nous avons deux terrains parallèles. Ils sont plutôt grands. Cela permet aux joueurs d’acquérir plus de finesse, explique Chris Simpson, un joueur local de Lexington. Alors que la majorité des terrains obligent les joueurs à avancer vers le but adverse ou de reculer vers leur propre but, notre terrain donne la chance aux joueurs d’explorer de nouvelles directions, changeant la manière dont le jeu se déroule. Le terrain est aussi situé dans un quartier défavorisé de Lexington. Il est déjà arrivé qu’on ait dû se coucher sur le sol après avoir entendu une fusillade. »

Un œil sur la balle, l’autre sur l’avenir Par Mathieu Mireault

Il faut plus que des couilles pour jouer Par Mathieu Mireault / Ill.: Benoit Tardif

Il ne faut pas simplement s’acheter un cycle hat pour se déclarer joueur de polo. Tout d’abord, il faut évidemment se procurer un vélo. Selon Max Feldman, le fondateur de Northern Standard Bike Polo, « le vélo parfait est celui qui est léger, résistant et qui est libre de tout poids inutile, comme un support à bouteille d’eau ou un dérailleur à plusieurs vitesses. C’est pourquoi les joueurs n’ont habituellement qu’un seul frein et qu’un seul rapport de vitesse sur leur vélo. » «  Le cadre du vélo peut être celui d’un vélo de montagne ou d’un vélo de route, selon les préférences du joueur, rajoute Feldman. Pour les roues, le seul facteur à considérer est la durabilité. Les roues ont la vie très dure au polo, à cause

des accidents, des coups de maillets et de balles. L’idéal, c’est une roue avec 48 rayons, une jante renforcée et un dérailleur durable. » Côté maillet, les premiers prototypes conçus pour le sport furent entièrement construits à base de bambou. Matt Messenger, l’un des fondateurs du sport et joueur de Seattle, les vendait alors qu’il travaillait pour un importateur de bambou du Vietnam. Ce sont les joueurs de Portland, adversaires historiques de ceux de Seattle, qui ont inventé les bâtons de polo qui sont le plus souvent utilisés aujourd’hui. Ces bâtons sont formés à l’aide de vieux bâtons de ski et d’un morceau de tube PVC.

CONSEIL

Gratuit

#4

Toujours remettre en question le dogme existant.

L’évolution du polo à vélo sur terrain dur est fulgurante. Si la passion des premiers joueurs a permis à ce sport de se propager à une vitesse foudroyante à travers le globe, les efforts de Ben Schultz vont permettre au sport d’acquérir ses lettres de noblesse. Ben Schultz est le directeur de l’Association nord-américaine de polo sur terrain dur, en plus d’être un passionné du sport. Fondée en 2010, cette organisation dont tous les membres sont élus démocratiquement s’est donnée la mission d’uniformiser le jeu pour faciliter la création et l’organisation de nouveaux tournois. « Nous allons bientôt publier un livre de règlements pour aider les arbitres et les officiels de jeu durant les tournois, explique Schultz, qui joue à Chicago. Nous avons aussi offert des mesures pour standardiser la grosseur des maillets, des buts et des terrains. Aucune de ces dimensions n’est fixe, nous donnons une marge de manœuvre aux joueurs pour leur faciliter la vie. » Après avoir standardisé certains aspects du polo pour s’assurer que tous les joueurs parlent le même langage, Schultz croit que la prochaine étape pour son association est la création d’un circuit de tournoi menant aux finales nord-américaines. « Nous avons déjà établi le calendrier pour l’année 2013. Avec ce calendrier, il va être beaucoup plus facile d’approcher les commanditaires, ajoute Ben Schultz. Ils vont avoir une meilleure idée du produit dans lequel ils pourraient investir. »

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Tournois avec trois joueurs contre tournois avec plus de joueurs

Une culture se construit à travers sa mythologie. La culture polo ne fait pas exception, avec ses joueurs cultes, ses objets d’idolâtrie et ses terrains mythiques. Baron vous présente certains terrains que tous les joueurs rêvent de fouler avec leur vélo.

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Un maillet

photo: Gustav Hoiland

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Visionnez le reportage vidéo de Baron en écrivant bike polo vidéo dans l’engin de recherche sur baronmag.com

D’autres liens à consulter: www.guidoline.com www.montrealbikepolo.org www.bikepolo.to

www.evbp.ca www.calgarybikepolo.com leagueofbikepolo.com

Prochain conseil à la page 31

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AFFAIRES

w MUSIQUE Moncton Culture

Documenter la scène artistique de la Côte-Est

Suède et ils étaient renversés parce que je venais de Moncton. Par après, Sloan est le groupe qui a été le plus marquant en anglais. Du côté francophone, Joseph Edgar (ex-leader de Zéro Degré Celcius) a lancé plusieurs albums. Il y a aussi Les Païens, le groupe dont le répertoire constitue, selon moi, la trame sonore de Moncton. Ils ont toujours été à l’arrière-plan, étant les musiciens de Marie-Jo Thério et Mathieu d’Astous. Moi, j’aimais bien Test Tone Channel, dont le chanteur, Kevin McIntyre, a maintenant une carrière solo. Ils n’étaient pas très connus, mais j’aimais ce qu’ils faisaient. Ces jours-ci, Lisa Leblanc fait sa marque. Je crois que Radio Radio est le groupe qui a laissé sa trace du côté francophone. B. : Comment perçois-tu le succès de Lisa Leblanc et Radio Radio au Québec ?

Par Jean-Étienne Sheehy je.sheehy@baronmag.com

Marc Xavier (Bones) Leblanc est un veritable historien de la scène underground de la Côte Est. Depuis plus de vingt ans, il passe son temps entre son studio de photographie à Moncton, son enregistreuse à quatre pistes, les bars de la région et les ondes hertziennes. Entrevue avec un passionné, aux premières loges de l’éclosion artistique de Moncton. Baron : Comment décrirais-tu ta profession ? Marc Xavier Leblanc : Je suis DJ, pho-

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M. X. L. : À peu près vingt ans. J’ai commencé par documenter la scène underground : Eric’s Trip, Idée du Nord, Sloan, ce qui est le premier mouvement de la Côte-Est. B. : Quels sont les groupes qui définissent les différentes époques que tu as documentées ? M. X. L. : J’ai commencé à faire de la radio en 1989. Du côté francophone, il y avait Idée du Nord, Zéro Degré Celcius. En anglais, ce serait Eric’s Trip. Ils ont toujours eu un gros following underground partout dans le monde. Je suis allé en Suède en 1997. Chez un disquaire de Stockholm, j’ai mentionné que je venais de Moncton et les employés m’ont demandé si je connaissais Eric’s Trip. Ils se sont mis à terre et m’ont embrassé les pieds. Les deux jeunes employés étaient des représentants de Sappy Records en

M. X. L. : C’est d’être au bon endroit, au bon moment. Il y a aussi un cachet avec la différence de la langue, des paroles et des sonorités. Les amateurs de musique du Québec recherchent toujours quelque chose de nouveau. Pour Lisa Leblanc, le Québec a toujours été fort sur le vieux rock des années 1970. Elle est une grande fan de Heart et Fleetwood Mac et elle a une très belle voix. Avec Radio Radio, le Québec a embarqué dans leur trip parce qu’ils font quelque chose d’original, dans leur langue. Ils sont restés très intègres. J’adore ce que Lex (Arthur Comeau) fait. Ses beats ne sont pas compliqués, mais très accrocheurs. Ce sont aussi des paroliers amusants. Ce n’est pas sérieux, mais il y a un côté conceptuel que j’aime beaucoup. Sur Belmundo regal, ils ne disent pas ouvertement qu’ils sont acadiens, mais on le ressent quand même. Je crois que c’est une des choses les plus difficiles à faire : assumer que tu viens d’un endroit, sans le dire.

Écrivez à è info@baronmag.com

On veut savoir ce qui vous passionne.

Embraer et l’avion d’affaires Floride Marketing Embraer, géant de l’aéronautique brésilien, à l’image de sa nation d’origine est en plein essor.

Eric’s Trip

photo: Charles Peterson

B. : Tu animes La photo sonore à CKUM, la radio étudiante de l’Université de Moncton depuis plusieurs années. M. X. L. : Ça fait 21 ans que je fais de la radio. J’animais Polychromatique et CKUM a ensuite accueilli le projet Radio jeunesse pendant quelques mois à l’occasion du Sommet de la francophonie, en 1999. J’en ai profité pour arrêter mon émission et j’ai créé quelque chose de nouveau. Je voulais faire le lien entre les arts et la musique, montrer mes deux amours. J’ai renommé mon émission La photo sonore et j’ai commencé à faire des entrevues. Aujourd’hui, je diffuse des groupes de partout sur la planète, surtout de la musique indépendante. Pendant un bout de temps, je faisais jouer de la musique européenne, particulièrement scandinave. Je suis maintenant membre du jury du prix Polaris et je suis un grand amateur de musique canadienne. Par conséquent, j’accorde énormément de place à ce qui se fait ici. Il y a tellement de bonne musique qui sort du Canada.

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Consultez l’entrevue intégrale en écrivant Marc Xavier Leblanc dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Alors que la compagnie vient d’inaugurer ses premières installations nord-américaines, Baron s’entretient avec Robert Knebel, vice-président des ventes pour la section des avions d’affaires d’Embraer. Zoom sur les nouveaux projets d’une entreprise en pleine croissance.

Lire l’article à la page 36

Le journal Baron // Été - Automne 2012

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tographe, artiste multidisciplinaire, mais ma spécialité, c’est la photographie et la documentation de la scène artistique et musicale du grand Moncton et de la Côte-Est. Je fais aussi de la conception graphique, ce qui a été toujours un point fort chez moi.

B. : Ça fait plusieurs années que tu côtoies de près la scène artistique de Moncton?

Accèdez à cette section sur votre mobile

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Montréal Marketing et Promotion

Le réseau Culture cible rejoint plus de 130 000 visiteurs par mois

Montréal Mécénat

C’est en octobre 2011 que six médias culturels et indépendants forment une coalition dans le but de créer un impact plus important pour les annonceurs voulant joindre les Québecois. Depuis, l’équipe s’est agrandie et elle compte parmi ses membres camuz.ca, atuvu.ca, baronmag.com, ecoutez.ca, scene1425.com, cism893.ca et sorstu.ca. (NR) Pour plus d’information : culturecible.ca

Québec Agriculture

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Québec mange de l’agronomie

L’art de financer les arts Par Nelson Roberge n.roberge@baronmag.com

Natalie Chapdelaine, chargée de projet art-affaires pour le Conseil des arts de Montréal depuis un peu plus de quatre ans, a pour objectif de créer des occasions où ces deux milieux peuvent fraterniser.

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#5

Bangladesh Mode

Bangladesh, le nouvel eldorado de l’industrie du vêtement? Selon une nouvelle étude de McKinsey, 86 % des acheteurs dans le secteur de l’industrie des vêtements en Europe et aux États-Unis planifient de diminuer, dans cinq ans, leur sous-traitance venant de la Chine. Le Bangladesh pourrait être le premier à en profiter. Le pays, où la main d’œuvre bon marché cohabite avec une structure industrielle pouvant offrir de la qualité à bas prix, possède déjà 5000 compagnies de vêtements. Mais avant de faire les commandes, le Bangladesh devra régler ses problèmes d’infrastructures au niveau du transport de marchandise, d’alimentation en énergie et de respect des normes du travail et de l’environnement. Le gouvernement et les entreprises devront également prévoir un investissement accru dans la machinerie et l’éducation. De plus, l’approvisionnement insuffisant en matière première constitue une autre problématique à élucider, tout comme l’instabilité politique régnant au pays. (LC)

Ce n’est qu’après avoir rencontré un tas de politiciens, de potentiels mécènes,

d’artistes et de promoteurs, que Natalie a soulevé un nouveau questionnement : si on demande aux gens d’affaires de soutenir le milieu artistique, comment le milieu artistique peut-il soutenir le monde des affaires? Elle explique : « On est aujourd’hui dans une étape de partenariat plus que de mécénat. De plus en plus, la relation de soutien envers les artistes devient une relation de partenariat. Les artistes qui ont compris cette logique sont ceux qui veulent trouver des façons par lesquelles leur processus créatif peut être adapté aux besoins du monde des affaires. » Natalie Chapdelaine avoue qu’une telle idée peut choquer beaucoup d’artistes, mais elle soutient qu’il y a de nouveaux modèles d’affaires artistiques plus profi-

tables. Par exemple, un créateur pourrait consacrer 50% de sa production à des contrats « pour le cash » ce qui lui laisserait le champ libre pour le reste de sa pratique artistique. Les services du Conseil des arts de Montréal s’adressent surtout aux organismes artistiques à la recherche de financement plutôt qu’aux artistes seuls. Malgré tout, Natalie donne quand même un conseil à ceux qui cherchent à s’autofinancer par la vente : « Le problème pour faire entrer l’art dans l’entreprise est que ce n’est pas perçu comme un besoin essentiel. On doit rendre plus accessible l’achat d’œuvres d’art principalement chez les PME qui ne sont pas au courant des avantages fiscaux que peut représenter l’acquisition d’une œuvre d’art pour exposer dans leur hall d’entrée. »

Les échecs font partie du succès.

Pour Natalie Chapdelaine, les artistes devraient aussi connaitre ces avantages lorsqu’ils vont cogner à la porte d’une entreprise pour négocier une vente. « Estce que tu savais que si tu m’achètes une pièce, tu as des avantages fiscaux? Au lieu d’investir 500$ dans une photo générique de chez IKEA, soutiens l’art local, blague Natalie. » Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Vous n’avez pas été sélectionné parmis les candidats des émissions Dragon’s den et Dans l’oeil du dragon? Votre entreprise oeuvre dans le milieu de l’information, des communications ou du divertissement? Qu’à cela ne tienne, car Bruce Coxon, le plus jeune « dragon » de la série canadienne et fondateur de la compagnie Lavalife, possède un fonds d’investissement pour aider des projets comme le vôtre. Préparez-vous un plan d’affaires solide et allez voir Round 13. (NR)

Young & Rubicam Buenos Aires essuie les critiques à cause de sa nouvelle publicité pour le gouvernement d’Argentine, dans le cadre les Jeux olympiques de Londres 2012. Dans la publicité, on voit un athlète argentin qui s’entraîne dans les Malouines. Le message finit sur ceci : « Pour concourir sur le sol britannique, nous nous entraînons sur le sol argentin. » Il y a controverse parce que ces Îles sont, depuis des années, réclamées par l’Argentine à la Grande-Bretagne. Ce conflit a aussi causé, il y a 30 ans, une guerre que les Britanniques ont gagnée. WPP International, le holding qui regroupe Y&R, a demandé au gouvernement argentin de retirer la publicité qui serait une offense à l’esprit olympique et une enquête est en cours. (LC)

photo: playfair2012.org.uk

Pas besoin de lui poser beaucoup de questions. Elle a le discours facile et sait exactement ce qu’on veut connaître : « Il y a toujours eu des mouvement philanthropiques, explique-t-elle. Il y a toujours eu des gens avec un peu d’argent qui aiment les arts et qui veulent soutenir un ou plusieurs artistes. Il y a l’achat d’œuvre d’art, le don, etc. »

A

CONSEIL

Le Conseil des arts de Montréal déploie de nombreux efforts, depuis plusieurs années, pour inciter les gens d’affaires à s’intéresser aux arts et aux artistes qui en sont le moteur.

L’agronomie est au cœur des grands défis de la production alimentaire à l’échelle locale et mondiale. Cette problématique est le thème du cinquième congrès mondial des agronomes, que la capitale de la Belle Province accueille du 17 au 21 septembre 2012. Les agronomes du monde entier en profiteront pour discuter et échanger sur la situation alimentaire mondiale. (LC) worldagro2012.com

Y&R et les Îles Malouines

»

w ARTS VISUELS

Le Conseil des arts de Montréal est présentement en train de fignoler un portail en ligne qui englobera toutes les informations nécessaires sur le sujet. Il sera lancé cet automne.

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Pour en savoir plus sur le site Internet art-affaires du Conseil des arts de Montréal, écrivez Natalie Chapdelaine dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Prochain conseil à la page 39

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A

w DIX ANS POUR LE FME Abitibi - Témiscamingue Musique / Économie

LE FME,

un festival

à échelle humaine Par Leonardo Calcagno

calcagno.l@baronmag.com

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Une grosse tempête de neige dans la réserve faunique de la Vérendrye, direction Montréal, novembre 2002. On ne roule pas vite, on a donc du temps à perdre, des silences à meubler. Parle, parle, jase, jase. Des discussions sur notre région et le manque flagrant de concerts musicaux de qualité, de bands que l’on aime vraiment. Pourquoi doit-on toujours se déplacer vers Montréal? Nous sommes en plein Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Événement véritablement inspirant pour nous, s’il en est un. On veut en faire autant, mais du côté de la musique. L’idée sort, c’est un peu abstrait. Où, quand, comment, sous quelle forme? Tout reste à préciser. Les semaines passent, l’idée se développe. On obtient du financement pour une étude de faisabilité. Les choses se placent et se précisent davantage. On arrête la date, le nom, on définit notre créneau, mais le temps presse déjà. Nous organisons la première édition avec 22 groupes et 65 000$. Les artistes dorment tous dans un grand dortoir, un ami cuisinier leur prépare des bons petits plats. C’est un succès total sur toute la

«Nous organisons la

première édition avec 22 groupes et 65 000$.

ligne. Les salles sont pleines, les gens en redemandent. Et on se dit qu’on pourrait vraiment faire mieux, avec plus de temps et d’argent.

Le concept

Avec une première édition réussie derrière la cravate, on gagne en crédibilité auprès des bailleurs de fonds. On obtient donc un peu plus d’argent, on grossit, on s’adapte, mais on conserve la même formule gagnante. On multiplie les concerts dans les petites salles et on récidive avec notre colonie de vacances pour les artistes. Le concept leur plaît. En fait, les musiciens qui ont participé aux premières éditions se sont avérés être nos meilleurs ambassadeurs. Le bouche-à-oreille a fait son chemin, comme on dit. La preuve?

Des musiciens réputés nous contactent directement dès la deuxième année pour nous offrir leurs services.  Étant donné notre petit budget, on se doit de négocier serré, mais on leur promet bien du fun et beaucoup de bière.

La stratégie marketing

Comme on investit tout l’argent durement amassé dans la programmation, personne n’a de paie au sein du comité organisateur. Nous en avons donc encore moins pour faire de la publicité dans les grands centres. Nous invitons donc des journalistes nationaux à venir au FME et ce, dès la première édition. L’idée d’un dépaysement musical en région éloi-

Philippe B photo: cyclopes

gnée à son charme. Certains acceptent et, comble de chance pour nous, aiment leur expérience. On a donc une superbe couverture de presse. Le buzz FME prend donc encore plus d’ampleur. è

Suite à la page 35

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

La genèse

White cowbell photo: cyclopes

«

Dix ans de road trip musical unique au Québec. À chaque année des journalistes, musiciens et fans de musique font leur pèlerinage vers Rouyn-Noranda pour redécouvrir la camaraderie et la passion de la musique à son état pur. À chaque année, une communauté se retrouve pour partager bière, alcool fort, bouffe, jams, anecdotes et rires dans un décor à couper le souffle, d’une beauté sauvage. Trop beau pour être vrai? Jenny Thibault, vice-présidente et Sandy Boutin, président du Festival de musique émergente en Abitibi-Temiscamingue tentent de convraincre les sceptiques et racontent l’histoire de l’événement.

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Le dynamisme d’affaires de

Rouyn-Noranda Par Leonardo Calcagno

Reconnue comme un milieu culturel en pleine effervescence, avec des événements comme le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, le Festival de musique émergente et le Festival du DocuMenteur, Rouyn-Noranda est aussi une région touchée par un dynamisme d’entrepreneuriat. Selon une étude réalisée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) auprès de 100 villes canadiennes, Rouyn-Noranda (RN) se classe au septième rang des municipalités les plus dynamiques en matière d’entrepreneuriat au Canada. Ce dynamisme vient en partie du fait que Rouyn et l’Abitibi-Témiscamingue (AT) ont souvent dû composer avec leur éloignement et chercher à stimuler leur propre moteur économique sans compter sur l’aide des grands centres comme Montréal ou Québec. Rouyn-Noranda a su se démarquer dans le secteur des services et du tourisme malgré la problématique de l’exode de la jeunesse vers la métropole.

(placeauxjeunes.qc.ca) offre des outils, de l’aide financière aux 16 à 35 ans, des ateliers et des conférences pour stimuler la création d’entreprises en région et freiner l’exode des jeunes.

Pourtant, c’est cette même jeunesse qui revient en Abitibi pour ouvrir des cafés et des salles de spectacles, pour fonder des festivals et des compagnies d’alimentation à base de produits du terroir et pour faire de l’écotourisme.

Forum jeunesse 2012 Le 9 juin 2012, le Forum jeunesse 2012 a été présenté pour la première fois au Témiscamingue. Cet événement est un lieu de rencontre et de réseautage pour les jeunes de la région (et du reste du Québec). Dans le cadre du forum, Vincent Marissal (journaliste et chroniqueur à La Presse) et Jean Barbe (écrivain) ont présenté une conférence intitulée « De quoi le Québec a-t-il besoin? ». Christel Groux (Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles) a mené un atelier sur l’innovation, le contexte économique et social de l’agriculture en Abitibi-Témiscamingue. Le forum a aussi abordé la question des Premières Nations, de la culture et de l’environnement.

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Les secteurs privés et publics ont aussi instauré de nombreux programmes visant à stimuler l’activité économique de Rouyn-Noranda. CRÉAVENIR (crj-at.qc.ca), mis en place par la caisse Desjardins de Rouyn, appuie la création d’emploi et les initiatives entrepreneuriales des jeunes de 18 à 35 ans à hauteur de 50 000 $ (sur 2 ans). Pour ceux qui reviennent s’installer dans la région, un programme pour étudiants et diplômés de 16 à 35 ans est également disponible. Place aux jeunes

Bref, une jeunesse active, amoureuse de la culture et de la nature, des perspectives d’emploi intéressantes avec 9000 remplacements de travailleurs qui partent à la retraite, selon Emploi Québec, dans les secteurs technique et de l’éducation, ainsi que des programmes pour aider les entrepreneurs : voilà plusieurs conditions gagnantes qui font de Rouyn-Noranda une plaque tournante de l’activité économique de l’Abitibi-Témiscamingue.

L’image de marque

Karine Berthiaume, membre fondatrice du festival, est l’artiste derrière tout le visuel des éditions du FME. Elle relève, année après année, le défi de réaliser une œuvre singulière pour notre affiche annuelle. Notre image de marque est donc reconnue pour être créative, audacieuse et un brin revendicatrice. Aussi, tous les outils promos du festival se sont toujours démarqués par leur grande qualité, imprimés sur du papier recyclé et conçus avec soin.

C’est véritablement la force tranquille du festival. Encore aujourd’hui, à l’exception de quelques contractuels durant l’événement et d’une coordonnatrice à l’année, le festival repose entièrement sur la volonté et le dévouement de gens passionnés. C’est ce qui rend l’ambiance du festival si unique et conviviale. Les gens se sentent impliqués, cet événement leur appartient. Du 30 août au 2 septembre 2012. fmeat.org

La petite famille FME

D’édition en édition, on s’est amélioré : la logistique, la technique, l’accueil, les communications, tout y est passé. On a appris sur le tas. Un aspect important est à préciser ici : le succès du festival repose sur les épaules d’une équipe de bénévoles dévouée qui fait toute la différence. Dès les premières éditions, des gens se sont véritablement approprié l’événement. Parce que nos besoins en ressources humaines étaient immenses, ils ont été en mesure d’apporter leur savoirfaire et leur touche personnelle au festival. La plupart de ces volontaires sont encore impliqués aujourd’hui. Ils portent le FME à bout de bras en donnant des centaines d’heures de bénévolat à chaque édition. Ariane Moffat photo: cyclopes

Le Forum jeunesse est une initiative de Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue (FJAT), un rendez-vous pour la jeunesse de la région instauré en 2005.

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Pour en savoir plus sur les organismes ci-haut écrivez Rouyn-Noranda dans l’engin de recherche sur baronmag.com

photo: cyclopes

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le boom minier et l’annonce du Plan Nord ont aussi joué un rôle dans l’effervescence économique de la région. Grâce à ces développements, diverses entreprises témiscabitibiennes du milieu des technologies ont eu le champ libre pour créer des applications et outils destinés aux compagnies minières.

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w SUITE : DIX ANS POUR LE FME

w AFFAIRES LOCALES

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Quelques modèles de

Floride Marketing

uniques de chaque client. Les aéronefs sont fabriqués et personnalisés pour répondre aux exigences définies. Une grande partie du processus consiste à éduquer les clients sur les nombreux aspects de la propriété d’un avion.

EMBRAER et l’avion d’affaires

Selon des études, nous savons que la croissance moyenne des revenus annuels pour les entreprises qui utilisent des jets exécutifs est plus élevée pour les utilisateurs de l’ordre de 116%.

Par Leonardo Calcagno

Les jets d’affaires sont utilisés pour transporter des employés, clients, fournisseurs afin de faire avancer les transactions stratégiques, développer des relations, déployer des équipes de spécialistes et de négocier ou de conclure des ententes.

Robert Knebel

développement

Vice-président des ventes en Amérique du Nord chez Embraer

Comment peut-on vendre un avion? On a beau s’interroger, les rouages de l’industrie restent un mystère.

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Ces deux acteurs, représentés par Bombardier pour le Québec, et Embraer, géant brésilien de l’aéronautique, se lancent dans des guerres commerciales pour la plus grosse part du marché. Afin de démystifier le pourquoi du comment de la vente d’un avion d’affaires, Baron renconte Robert Knebel, vice-président des ventes en Amérique du Nord pour la section Executive Jets d’Embraer.

« Les fabriquants

annoncent un nouvel avion environ quatre à cinq ans avant la certification et les résultats de l’évaluation environnementale. Robert Knebel

Robert Knebel  : Vous avez raison. Les avions ont déjà pris une dizaine d’années, du concept initial à l’entrée en service, à voir le jour. Par contre, avec les nouvelles technologies, cette période a été considérablement condensée.Par exemple, en 2000, Embraer n’avait pas encore fait son entrée sur le marché des jets d’affaires. Aujourd’hui, un peu plus d’une décennie après le lancement de son premier avion d’affaires, le Legacy 600, en 2001, la compagnie fournit des appareils

dans toutes les catégories. Ceci constitue une réalisation impressionnante quand on considère que le marché a été largement dominé par des technologies vétustes. Généralement, les fabriquants annoncent un nouvel avion environ quatre à cinq ans avant la certification et les résultats de l’évaluation environnementale. Les équipes de vente connaissent leur marché et identifient les besoins des clients potentiels. Ils discutent avec eux des nouveaux avions et mettent l’accent sur notre reputation pour livrer des avions dans le délais. Après l’annonce initiale, on consacre des années aux travaux d’ingénierie détaillé, avant que le prototype ne soit construit et piloté. Pendant ce temps, l’activité de vente est plus lente. Par contre, dès que le prototype a été testé, le marchandage reprend très vite. Dans de nombreux cas, les clients peuvent avoir besoin d’une solution provisoire avant la livraison du nouvel avion et nous travaillons avec eux pour répondre à leurs exigences à court terme. B. : Comment vendre un avion? R. K.  : On commence par déterminer des objectifs, les missions et les besoins

Robert (Bob) Knebel a une vaste expérience dans le secteur de l’aviation d’affaires et en grande partie dans la vente. Il a dirigé des équipes pour Gates Learjet, Cessna, Beech et, présentement, pour Executive Jets d’Embraer. M. Knebel dirige une équipe de neuf professionnels de la vente, situés dans des régions clés à travers l’Amérique du Nord. Il a une expérience importante dans les réseaux de distribution d’aéronefs. Avant de se joindre à Embraer, Robert Knebel était vice-président des ventes pour Flexjet, un programme d’avions en multipropriété appartenant à Bombardier. Il est connu pour ses efforts dans la promotion de défense des droits et de la gestion des relations avec la clientèle. En outre, son expertise technique vient de sa familiarité avec tous les domaines de développement des nouveaux avions, soit la certification, la fabrication ainsi que le soutien.

Nous avons des équipes de vente en fonction dans chaque région du globe. Les exigences d’un client en Inde peuvent être très différentes de celles des clients basés en Chine ou au Canada. B.: Et du coté marketing? R. K.  : Les outils traditionnels, tels que l’affichage lors de réunions sur les avions d’affaires ainsi que la publicité dans des publications spécialisées, demeurent importants. Mais les outils de communication électroniques sont de plus en plus employés. La première leçon du succès est de bâtir des relations. Ces relations peuvent commencer à un spectacle aérien où le client à été invité ou tout simplement lors d’une rencontre plus personnelle. Il est essentiel que les relations soient maintenues pour s’assurer que le service client et l’expérience de vente soient excellents. Par conséquent, Embraer a investi 200 millions de dollars dans la construction d’un réseau de soutien dans le monde entier. Ce système est complété par un centre de services ouvert en tout temps, basé au siège de la société, à São José dos Campos, Brésil, pour fournir une assistance aux clients d’Embraer Executive Jets de partout dans le monde. Nous agissons aussi en tant que consultants auprès de potentiels clients, en évaluant leurs besoins et nous tentons par la suite de développer un avion pour répondre à ces mêmes besoins. Nous devons également veiller à ce que le client n’achète pas plus d’avions que le nécessaire. B. : Quels sont les défis d’Embraer dans un marché comme le Canada? R. K.  : Le Canada est un marché d’importance croissante pour Embraer.

En fait, nous avons livré nos premiers produits aux États-Unis (Phenom 100) à un client canadien. Nous sommes interpellés par le fait que nos programmes soient si nouveaux. La première chose que nous devons faire est de gagner les certifications. Cela prend du temps, mais le Phenom 100 est déjà certifié et est un franc succès au niveau des ventes. La certification pour le Phenom 300 est prévue pour juin 2012 et les ventes en prévision de la certification sont déjà en cours. Nous utilisons les moteurs de Pratt & Whitney, fabriqués au Canada, pour ces deux jets.

jetsexecutifs Phenom 100

Ce modèle de base peut accueillir jusqu’à huit occupants. Il est capable de voler sans escale de New-York à Miami, aux États-Unis; de Londres à Rome, en Europe, ou de Brisbane à Melbourne, en Australie.

B. : Que projettez-vous pour le futur?

Legacy 650

R. K.  : C’est une question qu’on nous demande souvent. Nous avons déjà pondu cinq avions en une décennie et nous avons deux autres modèles, le Legacy 450 et le Legacy 500, qui devraient entrer en service en 2013 et 2014. Ils sont nos projets futurs et ils progressent bien. Le Legacy 500 fera son premier vol au cours du troisième trimestre de 2012.

Modèle le plus grand de sa catégorie, le Legacy 650 est entré en service en 2010. Il permet des trajets plus longs pour un maximum de 14 passagers, tout en conservant le même niveau de confort. L’avion peut voler sans escale de Londres à New-York, de Dubaï à Londres ou à Singapour; de Miami à São Paulo, de Singapour à Sydney; de Mumbai à l’Europe centrale. Le Legacy 600 et le Legacy 650 ont des fonctions avancées et des capacités de navigation d’élite Primus Suite, qui intègrent une interface de mise à niveau graphique, ce qui permet de prendre rapidement des décisions tout en réduisant la charge de stresse du pilote.

Comme nous sommes toujours à évaluer le marché, nous avons assez de pain sur la planche pour l’avenir immédiat au niveau de l’aviation civile, la défense et l’aérospatiale. En ce qui concerne Executive Jets d’Embraer, nous espérons consolider notre place sur le marché en offrant des solutions qui répondent le mieux à toutes les missions demandées par les clients. Nous continuons également à travailler sur l’expansion de notre nouveau campus à Melbourne, en Floride, siège mondial des avions d’affaires d’Embraer. Sur les campus de Melbourne, les visiteurs pourront trouver une usine d’assemblage pour le Phenom 100, ainsi que notre centre du consommateur où nos clients pourront concevoir l’intérieur de leur Phenom, Legacy et Lineage. L’expansion devrait se poursuivre avec la construction du premier centre de recherche et de développement d’Embraer à l’extéireur du Brésil.

Bombardier n’a pas souhaité répondre aux questions de Baron.

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Pour en savoir plus sur les avions d’affaires d’Embraer écrivez embraer dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Lineage 1000 Ceci est le plus grand avion exécutif d’Embraer. Il peut transporter 19 passagers dans 5 zones de la cabine, ainsi que de 3 à 4 membres d’équipage. L’appareil est capable de voler sans escale de Londres à Dubaï; de Dubaï à Johannesburg; de New-York à Moscou ou de Singapour à Sydney. Il est équipé du dernier système Fly-by-wire de contrôle de vol.

Intérieur du Legacy 600 Le journal Baron // Été - Automne 2012

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De l’autre côté de l’équateur, le Brésil s’affiche dans les Amériques grâce à une économie vigoureuse qui lui vaut le rang de sixième puissance mondiale. Le Canada, selon Affaires étrangères et Commerce internationnal Canada (MAECI), est l’un des principaux fournisseurs de l’industrie aérospatiale brésilienne.

Baron  : La conception d’un avion peut prendre jusqu’à une décennie et même plus. Comment planifiez-vous la création d’un avion?

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Ici, la province de Québec est un centre pour l’industrie de l’aviation mondiale avec le géant Bombardier. Aussi, Montréal est l’un des principaux points chauds de l’aéronautique, le troisième dans le monde après Seattle et Toulouse, avec 240 entreprises, plus de 40 000 emplois et un chiffre d’affaires de 11,4 milliards de dollars canadiens par année, selon Aéro Montréal.

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w ENTREVUE : ROBERT KNEBEL

w Entrevue : ROBERT KNEBEL

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Réseau social

Pinterest : Votre nouveau vendeur Selon Digiday, un site sur le marketing digital, Pinterest pourrait devenir un outil de prédilection pour les boutiques en ligne. En rassemblant des acheteurs intéressés grâce à des photos et sans pression d’achat, les acheteurs potentiels et leurs amis échangent leurs intérêts avec les boutiques. Zappos.com, une boutique appartenant à Amazon, a de maigres ventes provenant de Pinterest, mais l’interaction des acheteurs est très importante pour la marque afin d’étudier leurs comportements d’achats. Pour les petites boutiques, ceci est donc un autre outil pour aider à vendre et à se faire connaître en ligne.(LC)

Lorsque les affaires changent les femmes Rencontre avec Jocelyne Munger, directrice du centre de formation et de coaching d’affaires pour femmes Mon projet d’affaires.

l.jeanmougin@baronmag.com

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Du 15 au 17 juin 2012, l’événement Open it 4 Africa prend place à Montréal. Il s’agit d’un « hackathon » de 48 heures avec des équipes africaines qui mettront leurs talents de l’avant pour concevoir des solutions technologiques dans différents secteurs de leur choix (culture, agriculture, médecine et autres). On y organise aussi des tables rondes sur les nouvelles technologies et le financement de l’Afrique. Ça se passe à la Maison Notman, au 51 rue Sherbrooke Ouest. (LC) openit4africa.org

Mais la directrice de Mon projet d’affaires est déjà en train de feuilleter le journal et de me poser des questions, comme si nous étions là pour faire connaissance, comme s’il n’avait jamais été convenu qu’une entrevue doive être formelle. « On me demande souvent de donner des chiffres, de parler des projets à succès, me dit-elle. Mais je n’ai jamais l’occasion de parler des vraies raisons derrière Mon projet d’affaires, et c’est ça que j’ai le plus envie de faire.  » Mon interlocutrice a donné le ton. Je me contente de poser l’enregistreuse devant elle et j’appuie sur le bouton.

Comment  donner du pouvoir personnel aux femmes? D’abord, en permettant aux entrepreneures qui viennent faire leur Attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en lancement d’entreprise d’atteindre une meilleure autonomie financière; autonomie rendue possible au Québec depuis 30 ans à peine, lorsque les femmes ont, par exemple, obtenu le droit d’ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari.

«  Nos promotrices connaissent moins bien la comptabilité ou  la fiscalité, mais ça s’apprend. C’est comme dans tout, quand tu n’as pas souvent été exposée à l’argent et au pouvoir, c’est plus difficile d’en comprendre les rouages.  » Mais si la formation comporte des dimensions financières, elle ne s’y limite pas. L’objectif est plutôt de mener un travail de fond, non seulement pour exposer les femmes à un domaine qu’elles connaissent souvent peu, mais aussi pour déconstruire les stéréotypes  qui pourraient les freiner dans leur projet d’entreprise : apprendre, par exemple, qu’il est légitime pour une femme de mettre son poing sur la table des négociations. «  Cette dimension d’affirmation de soi n’est pas fréquente chez les femmes et, quand elle est là, elle reste souvent incomprise, poursuit Mme Munger. »

«  Mon équipe, ce sont toutes des femmes solides, intelligentes, mais quand elles arrivent ici, elles ont souvent un six mois d’adaptation. “C’est vrai que tu me fais confiance ? C’est vrai que tu vas m’écouter jusqu’au bout  ?”  Et ça prend du temps. On n’est pas habitué à pouvoir exister en tant que personne au travail. Mais je vais te dire, ce n’est pas moins efficace. Au contraire.  »  Travaillant aussi comme consultante en créativité pour les gens d’affaires, Jocelyne Munger mise, dans ses formations comme avec ses collaboratrices, sur une remise en question de ce qui se fait. «  Il faut sortir de la petite boîte dans laquelle on nous a mis/es, me dit-elle. Se dire : “Si je le fais, c’est que ça se fait.” C’est aussi ça, être créative. » À défaut d’avoir participé à la vie des affaires pendant des siècles, les femmes doivent se créer leurs propres modèles. Loin d’être un obstacle, c’est au contraire une opportunité formidable d’innover et d’outrepasser les systèmes existants. Et, en effet, le fonctionnement de Mon projet d’affaires fait penser à l’un des modèles de leadership qui gagne en popularité en Amérique du nord, celui de la logique institutionnelle (institutional logic).

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CONSEIL

Gratuit

#6

Jocelyne Munger photo: Léa jeanmougin

Dans ce modèle, considéré par Rosabeth Moss Kanter de la Harvard Business School comme la clé de voûte des « great companies », le ou la dirigeante fait de son entreprise une «  institution  », un vecteur de valeurs fortes exprimées tant dans la mission de l’entreprise que dans la gestion de ses ressources humaines, et allant audelà de la seule recherche du profit. Il peut s’agir du rôle social ou philanthropique de l’entreprise autant que de l’autonomie que l’on attribuera à l’employé. En principe, si ce dernier se sent intimement investi par les valeurs corporatives et personnelles transmises par le ou la leader, il mettra son savoir-faire et sa créativité au service du succès de l’entreprise.

Il y a en fait une corrélation frappante entre la logique institutionnelle et le leadership que les femmes tendent naturellement à appliquer dans leur entreprise. Le dernier Portrait statistique des femmes entrepreneures (une étude gouvernementale publiée en 2001) parle de leadership transformationnel, un modèle qui favorise la mutation des intérêts individuels des subordonné/es en ceux du groupe et de l’entreprise pour réaliser un objectif commun. Ce style interactif encourage la participation, le partage du pouvoir et de l’information.

On n’est vraiment pas loin des six principes sur lesquels se base la logique institutionnelle : but commun, vision à long terme, engagement émotionnel, Notre objectif participation à la création était d’aider chaque La logique institude la communauté, femme à construire tionnelle rompt avec le innovation et autosempiternel modèle de son propre pouvoir organisation. À partir de hiérarchie pyramidale ma conversation avec personnel. Le projet Jocelyne Munger, je pour donner à chacun d’affaires est un maudit pourrais dire à vue de des membres de beau prétexte pour ça. nez que le modèle de Mon l’équipe le pouvoir de projet d’affaires comporte, choisir, d’innover… et Jocelyne Munger à échelle moindre, au moins donc d’exister. D’un point cinq de ces principes. L’autode vue pragmatique, on organisation en serait le point sait que la réalisation de soi au culminant. travail mène à de meilleurs résultats. Mais la reconnaissance de ce modèle comme Je cite ces théories à Jocelyne. Elle ne l’un des «  meilleurs  » profite aussi aux les connaissait pas, mais ça l’intéresse. entrepreneur/es qui aspirent à un respect La logique institutionnelle conceptualise de leurs valeurs éthiques profondes un peu ce que les deux fondatrices de en affaires. Au Québec, cet aspect est MPA tendent à appliquer intuitivement, ce considéré comme l’une des raisons que Jocelyne a définit lors d’une entrevue principales qui poussent les femmes à avec Gérald Fillion sur RDI comme étant « des valeurs qui sont plus fortes qu’elles démarrer leur propre entreprise. (Jocelyne et Lucie) ».

Innover! Innover! Innover!

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Suite à la page 40

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

L’Afrique techno à MTL

Jocelyne Munger est assise face à moi, les mains posées sur le bureau. Son regard est franc et a quelque chose de bienveillant, d’un peu rieur ; elle est prête à m’écouter. Je sors de mon sac quelques anciens exemplaires du journal Baron que j’étale sur le bureau et je lui explique brièvement le but de l’entrevue : présenter son centre de formation d’affaires pour femmes, faire le profil des entrepreneures qui viennent y démarrer leur projet d’entreprise et, peutêtre, tracer quelques différences entre entrepreneuriat féminin et masculin.

«  Notre objectif, à Lucie [Laviolette, cofondatrice du centre] et à moi, c’était d’aider chaque femme à construire son propre pouvoir personnel. Le projet d’affaires est un maudit beau prétexte pour ça. » Venant du milieu du féminisme, des affaires, de la créativité et des soins alternatifs, c’est tout naturellement que Jocelyne et Lucie ont élaboré un mandat à l’image de leurs valeurs  profondes. Et ce mandat s’applique autant dans les formations qu’elles offrent que dans la gestion même de l’entreprise. «  À nous deux, me dit Jocelyne, on représente toutes les remises en question que le Québec a vécues depuis 30 ans. »

La croissance des entrepreneures au Québec est en hausse rapide. Entre 1986 et 2005, elle était de 102%, comparativement à 26% chez les entrepreneurs masculins, selon le dernier mémoire de Femmessor. Dans ce contexte, il semble alors habile d’offrir des formations qui, tout en répondant à un marché en pleine expansion, se servent des affaires comme d’un levier politique pour permettre aux femmes de prendre leur place sur la scène économique et sociale. «  Les femmes viennent ici parce qu’elles ont été déçues par le monde du travail, qu’elles ont eu des problèmes de santé, ou parce qu’elles veulent développer un projet avec des valeurs qui leur ressemblent. » Ce sont ces valeurs, une profonde collégialité  et une confiance entre les collaboratrices, la recherche en commun de la meilleure solution pour l’entreprise, l’écoute et le dialogue pour prévenir et transformer les situations de conflit et, surtout, le respect de la personne dans toutes ses dimensions, qui ont poussé Jocelyne et Lucie à ouvrir leur propre centre, afin de mettre en place des approches qu’elles ne pouvaient appliquer ailleurs.

(ou lorsque les femmes changent les affaires)

Par Léa Jeanmougin

Techno

Illustration: Benoit Tardif

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Montréal Société

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w ENTREPRENEURIAT

Prochain conseil à la page 49

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w SUITE : LORSQUE LES AFFAIRES CHANGENT LES FEMMES

Techno

Je me rappelle de vous! Evernote (carnet mobile virtuel) continue de faciliter la vie des entrepreneurs avec sa nouvelle application, Hello. À partir d’une application mobile, photographiez la personne que vous rencontrez et ajoutez ou joignez celle-ci à son dossier en synchronisant avec votre compte Evernote. Cette information peut être disponible dans votre réseau social de compagnie et vous pourrez ajouter des détails tels que, « ce que vous avez mangé » et « où aime-t-il pêcher? » Ceci aide à préserver le souvenir de votre conversation. Disponible gratuitement. (LC)

Une question  émerge alors de notre conversation : pourquoi les femmes tendent-elles à appliquer naturellement ces valeurs (but social, collégialité, relations dites «  éthiques  »)  ? Peut-on parler de valeurs intrinsèques  ? Je pose la question à Jocelyne  : «  Doit-on parler de tendance par nature (ce qui paraît risqué pour celles et ceux qui croient que les théories biologiques sur la différence des sexes ouvrent la voie à un sexisme primaire) ? S’agit-il de construction sociale ? » Jocelyne arrête l’enregistreuse pour réfléchir quelques secondes. «  C’est dur à dire. On n’a pas beaucoup de traces de modèles d’affaires féminins, et si des sociétés matriarcales ont existé, on n’en connaît presque rien. Est-ce que c’est parce qu’elles s’occupaient des enfants que les femmes ont développé des qualités de communication, de collaboration  ? On ne peut pas vraiment le savoir. » «  Mais même aujourd’hui, poursuitelle, les types de projets d’affaires que les femmes proposent ici sont presque toujours dans les domaines de la santé, de l’éducation, du social et des services. Elles veulent être thérapeutes, ouvrir un restaurant ou encore faire du commerce de détail. » «  Le social, l’éducation, la santé ou les services, autant de domaines qui n’ont

historiquement jamais été considérés comme monnayables, m’explique Jocelyne en évoquant entre autres le rôle de Jeanne Mance dans la fondation de Montréal, ce qui explique sans doute que l’accès au financement représente encore aujourd’hui l’obstacle majeur des entrepreneures au Québec. » «  Pourtant, poursuit-elle en me prenant comme exemple, tu as beau être une jeune femme en santé et qui a étudié, si tu tombes malade, tu n’es plus fonctionnelle, tu n’apportes plus rien à la société. C’est donc économiquement rentable que je te garde en santé physique et mentale. » Elle ajoute : « Ça fait partie du stéréotype des femmes d’aider, d’aimer, de prendre soin des autres, et là, tout à coup, il faut mettre des chiffres là-dessus. “Pour que je t’aime ou que je te soigne, tu vas me donner 70 $ de l’heure.” C’est un choc de société! » Les propos de Jocelyne deviennent une leçon d’histoire, son anticonformisme, une leçon d’entrepreneuriat. On arrête l’enregistreuse. Une heure et demie vient de s’écouler et je prends un instant pour évaluer notre entrevue. Jocelyne sonde mon expression avec une rapidité vertigineuse et me demande : « Ça va ? On a répondu à tes questions ? » Je réfléchis. « Pas vraiment. Mais ce qu’on a dit est beaucoup plus intéressant. » Elle éclate de rire. «  On peut recentrer si tu veux.  » À vrai dire ce n’est pas la peine. Cette entrevue qui m’a plus semblé être une

agréable conversation est une parfaite illustration du modèle entrepreneurial que je cherchais à relever dans un centre de formation d’affaires pour femmes.

Le média imprimé:

du numérique au slow media.

Il est clair que la mission politique de Mon projet d’affaires, peut-être parce qu’elle touche à la question encore sensible de la place des femmes dans la société, s’impose en valeur forte qui mobilise profondément les collaboratrices de l’entreprise. Mais les valeurs de Jocelyne Munger et de Lucie Laviolette, qu’on ressent jusque dans l’atmosphère joviale du centre, me semblent aussi un bel exemple de l’humanisation des modèles de gestion, la seule voie qui semble vraiment durable. L’entrepreneuriat féminin n’y est sans doute pas pour rien dans cette évolution. Privilégier le rapport humain, donc, se détacher des conventions et choisir la réalisation qui nous ressemble le plus. Autant d’approches qui inspirent à se faire confiance, à passer à l’action et à puiser en nous les modèles qui seront peut-être les canons du leadership de demain. Et ce, bien sûr, que l’on soit entrepreneure, avec ou sans « e ».

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Pour en savoir plus sur l’entreprise écrivez Mon projet d’affaires dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Par Nelson Roberge

Il est 8h15 et je stationne ma voiture devant le cinéma Excentris où se déroule la journée Infopresse consacrée aux nouveaux modèles d’affaires du média imprimé. Les journées Infopresse sont vite devenues des incontournables pour tout professionnel du milieu du marketing et des communications. On y présente, le temps d’un avant-midi, des conférenciers sous une même thématique.

Montréal Urbain

Affichage Interdit, une entreprise tolérée Par Nelson Roberge n.roberge@baronmag.com

Baron  : Pourquoi vouloir rester anonyme? Est-ce que l’entreprise est légale? Affichage Interdit : Oui tout est légal, c’est seulement pour des raisons personnelles. J’ai une carrière dans un autre domaine et je préfère que mon employeur ne le sache pas. B. : Comment Affichage Interdit a vu le jour? A. I.  : Avant, je travaillais pour Publicité Sauvage. On offrait une échelle de prix adaptée aux grandes entreprises culturelles. Il y avait donc, inévitablement, une partie du marché qui ne pouvait se payer de tels services. Moi, j’ai voulu donner une chance à cette clientèle; permettre aux compagnies moins fortunées de bénéficier d’un affichage urbain abordable. La transition s’est faite tranquillement et j’ai fini par me consacrer uniquement à ma clientèle. Avant de lancer ma carrière, je faisais du postering pour gagner ma vie pendant que j’allais à l’école. B.  : Ce n’est pas tout le monde qui connaît le milieu de l’affichage à Montréal. J’imagine que tu es au fait des lois et de ce qui est toléré? A. I.  : Mets-en. Il y a des règlements municipaux qui interdisent la publicité. Je crois que le point central de tout ce débat-là, c’est que si un commerce utilise une pancarte pour annoncer son commerce, l’administration municipale

perçoit des taxes. Mais si, nous, on pose une affiche, nous n’avons pas de taxes de publicité à payer. C’est là où la Ville aimerait intervenir, mais c’est difficile parce que, d’un autre côté, ça fait partie de ses responsabilités d’offrir un espace publicitaire accessible aux groupes communautaires, aux artistes indépendants, aux gens qui font des ventes de garage, aux gens qui cherchent des chats!  Il y a de l’affichage depuis qu’il y a des villes. La ville se doit d’offrir cette voix à la population et Montréal est mal organisée sur ce point. Alors on taxe l’affichage et on colle une amende à toute publicité non désirée. Nous, on passe à côté de ça, on navigue en zone grise. En général, notre activité est tolérée parce que notre approche est temporaire. Nos affiches ne sont pas clouées et elles sont souvent apposées sur les palissades entourant les chantiers de construction. C’est loin d’être comme les néons que l’on retrouve sur la devanture des commerces. B.  : Il y a beaucoup d’affiches qui s’accumulent sur les poteaux. Est ce que ça devient un problème? Est-ce que les endroits où vous pouvez afficher sont limités? A. I.  : On fait attention. L’expérience nous a permis de connaître les endroits où nos affiches ont davantage de chances de rester exposées longtemps. Comme les gens nous approchent souvent avec produits à tirage limité, on doit optimiser la visibilité de chacun d’entre eux. On cible des endroits comme le coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine ou celui de Mont-Royal et Saint-Laurent; le genre d’emplacements sur lesquels la Ville détourne son regard et qui sont loin d’être déserts! Je pense qu’on trouve le moyen d’offrir une bonne visibilité à nos clients, peu importe le tirage de leurs affiches.

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Pour en savoir plus sur l’entreprise, écrivez affichage interdit dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Le slow media Tout au long de cette journée, on nous parle du concept du slow media, qui concerne l’édition du livre-magazine. La première conférence présente Alexandra Schilte, éditrice de la revue Z.A.Q. et la tête d’affiche, à la fin de l’événement, Adrien Bosc, éditeur de la revue Feuilleton sont ceux qui abordent le sujet. Habituellement un produit sans publicité, le livre-magazine est publié quelques fois durant l’année et offre des articles de fond. Le concept du slow media vise à offrir un produit de qualité, le plus complet possible, pour qu’un lecteur puisse s’y consacrer pendant longtemps. Un exemple bien simple  : lorsqu’on s’apprête à lire un roman, on s’installe confortablement puis on ferme télévision et téléphone pour bien entrer dans l’univers du livre. C’est exactement le même principe. Adrien Bosc insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne veut pas créer de version tablette de sa publication : « Nous ne sommes distribués que dans les librairies et le libraire joue un rôle crucial dans la vente directe au client. [...] Créer une version digitale de la publication viendrait leur couper l’herbe sous le pied, alors que les librairies indépendantes sont de moins en moins nombreuses. » Le numérique Vient le tour de Damien Lefevbre, coprésident chez w.illi.am/, qui s’interroge sur l’utilisation du multiplateforme. Comment profiter au maximum du contenu créé? Comme pour l’utilisation d’API (Application Programming Interface) qui vise à offrir du contenu pour la création d’application mobile. Damien suggère aussi de penser à l’intégration du Responsive Design sur nos sites web. Cette méthode permet d’adapter l’interface d’un site Internet aux écrans de téléphones intelligents et de tablettes. Damien laisse sa place à Lucie Lacava de Lacava design. Son discours porte surtout sur le fait d’avoir une identité visuelle similaire à travers les différentes plateformes. L’image d’un média imprimé doit être constante, autant sur papier qu’en ligne, pour éviter la sensation de schizophrénie. Le lecteur doit adopter le produit dans son ensemble. Vient ensuite Eric Tobon, gestionnaire de projet des produits numériques pour le journal The Gazette, qui fait part des dernières initiatives pour engager le lectorat. L’un de ces projets est le Friday Challenge : chaque semaine, une thématique est lancée et le participant doit prendre des photos en utilisant l’application Instagram de son téléphone cellulaire. Les photos doivent être un paysage montréalais suivant la thématique. Une photo est alors sélectionnée et publiée dans le journal en mentionnant le nom du photographe. Bien qu’aucun revenu ne puisse être associé à cette activité, elle réussit quand même à fidéliser le lectorat en le divertissant. Journée plus qu’instructive, mais surtout inspirante pour les passionnés de l’édition et du média qui constituent l’équipe de Baron.

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Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

A

Montréal Tendance

On entend beaucoup parler du vingt-cinquième anniversaire de l’entreprise d’affichage urbain Publicité Sauvage.Bien qu’elle ait plus de notoriété, elle n’est pas la seule à offrir ce service. Pour des campagnes d’affichage avec une stratégie à plus petit budget, c’est Affichage Interdit qui tapisse les rues depuis maintenant 15 ans. Baron s’entretient avec son fondateur, qui a préféré garder l’anonymat.

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w STRATÉGIE

w ENTREPRISE

Pour en savoir plus sur les conférences d’Infopresse: infopresse.com Écoutez le podcast sur l’événement en écrivant Podcast Baron #01 dans l’engin de recherche sur baronmag.com

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w ENTREPRISE

ÉLECTIONS à suivre

A

Corée du Sud 

19 décembre 2012 - Présidentielle La Corée du Nord continue de donner des maux de tête aux sud-coréens et à leurs alliés. Le nouveau régime de Kim Il Sung, le lancement de la fusée Unha-3 (qui s’est désintégrée après quelques minutes de vol) et la politique occulte de l’état stalinien, protégé par la Chine, ne donne aucun espoir de régler le conflit entre ces deux pays, encore en guerre depuis 1953. La candidate Park Geun-hye du Grand Parti national (Saenuri Party), l’héritière de Park Chung-hee, ancien dictateur, est la grande favorite et sera peut-être la première femme de son histoire à diriger la Corée du Sud.  Étant la fille de l’homme considéré comme le père du boom économique sud-coréen, elle  vogue sur la nostalgie d’un pays fort qui aidera à diminuer le taux de chômage qui est élevé et à renforcer la sécurité de l’état. (LC) 

Nelson The seagull photo: Zoë Biggs lion-heart-vintage.blogspot.ca

Vancouver Société

Le nouveau visage du

Downtown East Side Par Evelyne Charuest

e.charuest@baronmag.com

« C’est

un quartier incroyable avec une tonne d’opportunités.

«

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Dans une ville où le résidant moyen Le quartier, rongé par la drogue et dépense 60% de son salaire pour l’itinérance, devient une terre payer le loyer, l’immobilier à d’opportunités pour les rabais du Downtown East jeunes entrepreneurs. Side se fait soudainement Jonathan Snelgar, sa attrayant. Ajoutez à cela soeur Lee et leur amie la proximité du quartier Jodi Belfour, rêvaient historique Gastown, d’un café modeste et rempli de touristes, et honnête, à l’image de l’équation est complète. ceux qu’ils fréquentaient dans leur ville natale Le bal de la gentrification de Port Elizabeth, en Jonathan Snelgar du Downtown Eastside a -Nelson The Seagull Afrique du Sud. L’année commencé avec le projet dernière, ils ont ouvert Nelson d’habitation Woodwards, où the Seagull, à deux coins de les condos de luxe et les logements l’intersection maudite de Vancouver, sociaux partagent la même adresse. celle des rues Main et Hastings. La métamorphose de l’institution Save

on Meats en temple de la restauration branchée a ensuite pavé la voie pour les

Cartem’s Donuterie photo: Mary Sheridan maryinvancity.com

plus petits joueurs. Chaque semaine, un nouveau commerce branché ouvre ses portes dans le quartier. Pour les proprios du Nelson the Seagull, le côté brut du DTES est un gage d’authenticité. Tous les items sur le menu sont faits dans les cuisines du café, y compris le pain sans levure. « Notre approche de la nourriture est très old fashioned. On n’est pas des chefs, mais on aime les produits honnêtes, explique Jonathan Snelgar. » Salades, sandwiches gourmets, limonade fraîchement pressée, les choix sont simples et populaires. Par un après-midi de semaine, il ne reste qu’un gros fauteuil brun, plus digne d’un sous-sol de banlieusards que d’un resto branché, pour s’asseoir. è

Suite à la page 45

Venezuela

7 octobre 2012 - Présidentielle Hugo Chávez est de nouveau en quête d’une réélection, sa cinquième s’il l’emporte. Le Parti socialiste unifié du Venezuela et l’idéologie bolivarienne ont mis en place plusieurs programmes sociaux dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’alimentation. Ces services ont beaucoup aidé à diminuer la pauvreté dans le pays selon Chávez. Si on se fie aux derniers sondages, le président sortant obtient le vote de plus de 50% de l’électorat. L’opposition, la Coalition pour l’unité démocratique et son chef Henrique Capriles Radonski, accusent Chávez de la hausse de la criminalité, de l’inflation galopante et de la censure des médias privés avec la fermeture de 34 chaînes de radio et de télévision. Le Venezuela étant un pays très riche en pétrole, Chávez a su utiliser la diplomatie du pétrole pour se faire des alliés dans les pays des Caraïbes, Cuba, la Chine et même les États-Unis. La présence russe de plus en plus proéminente dans le territoire venezuelien et les accords bilatéraux dans le domaine militaire inquiètent non seulement les nations voisines, mais également les Américains et les Européens. (LC)

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

La plaie béante de Vancouver, le Downtown East Side (DTES), change de visage. La gentrification fait son oeuvre, à coup de condos chics et de restos branchés.

S’installer dans le quartier était une évidence pour le trio. « C’est sur qu’il y a les drogués, mais les gens commencent à se réveiller, c’est un quartier incroyable avec une tonne d’opportunités. C’est ici que ça se passe, insiste Jonathan Snelgar. »

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w SUITE : DOWNTOWN A quelques pas de là, un établissement représente la plus claire dissonance du quartier DTES. Le Cartem’s Donuterie vend ses beignes trois dollars l’unité. Façonnés à la main quotidiennement, ils ne contiennent que des ingrédients locaux: « les oeufs viennent d’une ferme de Burnaby et on utilise de la farine biologique. Certaines compagnies tentent de faire des économies en délaissant la qualité, mais nous, on ne veut pas faire ça, dit l’entrepreneur Jordan Cash. » Entre les refuges pour sans-abris et les soupes populaires, l’antre du beigne bio détonne.   Il s’agit néanmoins d’un luxe prisé et les clients font parfois la file jusque dans la rue.

10 > 21 OCT. 2012

De son côté, le trio du Nelson the Seagull est conscient de la réalité du DTES. Ils font un effort pour desservir une clientèle moins fortunée en adaptant leur menu. Deux dollars suffisent pour s’offrir une généreuse portion de pain et de beurre. Pourtant, ce ne sont pas les clochards du coin qui en profitent, probablement intimidés par l’impeccable façade vitrée du Nelson the Seagull. Les clients ici sont plutôt issus d’un milieu plus jeune, professionnel et riche. Les ordinateurs portables et fringues griffées en font foi. Jonathan Snelgar concède : « On entend les gens parler contre la gentrification, mais pas directement contre notre café. Personnellement, je pense que c’est une bonne chose qu’il y ait plus d’argent investi ici. » La ligne entre Gastown et le DTES est de plus en plus floue. Les éclopés devront sans doute quitter, ne s’y retrouvant plus dans un quartier maintenant trop propre, trop neuf, trop hip.

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Pour en savoir plus sur les comerces mentionnées ci-haut, écrivez Downtown East Side dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Espagne Économie

En temps de crise, prendre à cœur la fidélisation des clients Par Juan Carlos Alcaide Juan Carlos Alcaide est sociologue. Il possède une maîtrise en marketing et un diplôme en ressources humaines, de même qu’un doctorat en économie. Il a plus de vingt ans d’expérience dans la formation de conseil et de gestion, a travaillé pour plus de cent vingt entreprises, dont certaines au niveau international. Il est professeur du CIST (et autres écoles de commerce) depuis 1994 et a écrit plus de 70 articles.

Contexte :

l’ont fait, ceci n’était pas trop approfondi). Si les caractéristiques et les conditions du marché changent, les entreprises ne peuvent pas continuer à faire ce qu’elles ont fait avant ou, pire encore, faire moins qu’auparavant! De nombreux entrepreneurs et gestionnaires ont ignoré la vérité qui est cependant évidente : on oublie souvent que si on a l’intention de sauver une entreprise contre les effets de la crise, on doit d’abord fidéliser nos clients. En d’autres termes, si votre entreprise n’est pas en mesure de conserver ses clients, peu importe ce que vous faites dans la gestion de la trésorerie, en réduisant les coûts, les licenciements et autres mesures similaires, vous allez inévitablement succomber parce que votre entreprise épuisera l’oxygène dont elle a besoin pour rester en vie : les ventes. Dans ce contexte, quelle attitude est la plus logique? Il y a deux façon d’agir : réduire les coûts et les dépenses dans les activités qui n’ajoutent pas de valeur ou de clients à l’entreprise. Puis, renforcer les activités qui permettront à l’entreprise de conserver ces clients actuels. Les priorités principales pour la gestion de la fidélité des clients

La crise économique frappe l’Espagne de plein fouet, alors qu’elle est aux prises avec un taux de chômage frisant 50%.

1 Gestion de l’expérience client Rationnelle et émotionnelle, les clients ne sont pas seulement « l’homo economicus », mais ils réagissent positivement ou négativement, les deux stimuli, rationnel et émotionnel. Multicanal.

Je sais, nous allons encore parler de la crise économique en Espagne. Mais il est toujours important de se rappeler que nous sommes en crise et dans cette situation, la question à se poser est : Qu’est-ce que les entreprises peuvent faire?

2 Gestion des plaintes et des réclamations Facteur critique : le meilleur moyen de mettre fin à une relation avec un client est de ne pas lui donner la solution à ses problèmes.

De toute évidence, la situation économique a provoqué des changements majeurs dans le comportement des consommateurs et des clients, ce qui a engendré le fait que de nombreuses entreprises ont vu chuter leurs ventes. En bref, le marché ne pousse pas les consommateurs et les clients à dépenser spontanément ou presque, sans effort des entreprises, comme cela s’est produit durant les dix dernières années, grâce à la croissance rapide de l’économie espagnole. Mais avant de présenter ce contexte, relevons que la grande majorité des entreprises n’a pas fait d’examens approfondis de modèles de relations avec les clients (et lorsque certaines

3 Campagnes de marketing interne Il est nécessaire de « vendre » la culture centrée sur le client au personnel de l’entreprise. 4 Mieux vaut prévenir que guérir -L’analyse des données de clients. -Les alertes et les alarmes du système pour identifier les clients qui ont commencé le chemin de l’abandon. -Programmes de gestion des clients. 5 Le marketing relationnel -Éviter le harcèlement commercial. -Être plus doux avec le client. -Créer des liens avec les clients. -Les vendeurs « chasseurs » doivent céder leurs places aux vendeurs « agriculteurs ».

6 Les travaux de soutènement clients -Commandes de rétention. -Des arguments convaincants, bien travaillés. -Professionnalisme. 7 Les travaux de liaison La relation avec un client doit aller au-delà de la maîtrise de la base, tout en créant des liens durables. 8 Brand experience L’accent doit être mis sur l’image de marque émotionnelle. 9 Création de lien affectif -Créer un lien affectif commercial avec le client. -Créer un lien affectif commercial avec la marque. -Fournir à ses clients confort, facilité, plaisir, jouissance. -Privilèges et avantages pour les clients fidèles (services et produits visant à améliorer la vie quotidienne, les clients qui empêchent de générer des mendiants). Propositions des lignes directrices clés secondaires 1 S’assurer des plus hauts niveaux possibles de satisfaction du client (il est démontré que le service de qualité ne coûte pas plus, mais génère des rendements plus élevés). 2 Mettre en œuvre des programmes de fidélisation, visant les clients qui composent le cœur de l’entreprise (aucune entreprise ne peut se permettre de perdre des clients). 3 Établir des programmes de rétention intensive. 4 Réorienter les approches commerciales relationnelles pour assurer la liaison ou l’engagement des clients les plus précieux. 5 Prendre des mesures fermes à l’égard de la création et la consolidation d’une culture centrée sur le client, qui est la base de tout : si tout le monde dans l’entreprise n’est pas fortement orienté vers le client, l’entreprise risque d’être abandonnée et de couler. marketingdeservicios.com

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Le choix de s’établir dans le quartier relève du hasard, assure Jordan Cash. En février, le jeune homme a saisi l’opportunité d’y ouvrir un comptoir pour tester le marché du beigne frais. « Notre présence ici a été critiquée, parce qu’évidemment, on ne dessert pas la population immédiate du quartier. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. On fait simplement notre possible pour gagner notre vie, admet Jordan Cash. »

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w ENTREPRISE

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w ARCHITECTURE

DESIGN

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w ENTREPRISE Montréal Mode

Electrik kidz :

la marque qui donne envie de faire des bébés

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Des bandanas-bavoirs avec attache-suce et des sérigraphies en forme de cœurs, de robots, d’animaux mignons et avec des noms comme « space girls » et « miam miam » feront de votre bébé un petit hispter adorable. Electrik kidz est une entreprise qui a été fondée par Ariane St-Pierre Cyr, une jeune maman, artiste et entrepreneure, après la naissance de son fils Maurice. Elle propose des designs urbains, coquins et écologiques aux parents branchés qui recherchent l’originalité pour sortir leur bébé au café ou à la galerie d’art. (LC)

New-York Aménagement urbain

Le Low Line pourrait bien voir le jour Par Catherine Ouellet-Cummings catherine.oc@baronmag.com

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The Church

Of London Pour l’amour de l’imprimé

Londres Design graphique C’est en créant son entreprise dans le domaine de l’édition de magazine (Little White Lies et Huck) que Danny Miller à cofondé The Church Of London, une agence de design graphique. Baron l’a rencontré.

Lire l’article à la page 51

Inspiré par le succès du High Line, le projet du Low Line est audacieux : aménagé dans un dépôt de tramways qui a fermé ses portes en 1948, le Low Line sera en effet un parc souterrain de 60 000 pieds carrés. Pour rendre cet espace vivant, James Ramsey a imaginé un système à la fine pointe de la technologie permettant de concentrer la lumière du soleil et de la diriger dans un câble en fibre optique pour la faire rayonner sous la terre. Selon le concepteur, ce type d’éclairage naturel permettra même des activités de photosynthèse et, conséquemment, le développement d’une réelle végétation (arbres, plantes et gazon), à plusieurs mètres sous le sol. Les câbles en fibre optique auront également l’avantage de bloquer les rayons ultra-violets. Du reste, le parc aménagé tiendra compte de son environnement, en proposant un design mettant en valeur l’aspect historique du lieu. À l’instar de ce qui se fait au High Line, les créateurs espèrent également que

Un projet de longue haleine Même si le projet du Low Line a reçu un accueil favorable de la part des comités auxquels il a été présenté et du MTA (Metropolitain Transit Authority) qui est propriétaire du site, James Ramsey et Dan Barash doivent maintenant démontrer sa faisabilité. Pour ce faire, ils se sont tournés vers le site de financement Kickstarter et ont réussi à amasser plus de 155 000$ en quelques semaines. L’argent servira à financer la création d’une maquette grandeur nature, un mini Low Line, dans un édifice désaffecté du Lower East Side, dont l’ouverture est prévue pour septembre prochain. En parallèle, les concepteurs devront également poursuivre leurs études de faisabilité et démontrer la capacité réelle des capteurs solaires afin d’obtenir l’aval du MTA et de la Ville pour la réalisation du projet. En entrevue au journal The Guardian, Dan Barash se montrait néanmoins confiant : « The High Line took ten years. We’re hoping we can move much more quickly, and even do this within the next five years if we can. »

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Consultez l’entrevue en écrivant Ariane St-Pierre Cyr dans l’engin de recherche sur baronmag.com.

Turquie Mode

Âlâ  magazine :

le Vogue des femmes voilées Le magazine turc pour femmes, Âlâ, célèbre son premier anniversaire en juin 2012. Nommé Vogue des femmes voilés par les médias turcs, Âlâ combine les vertus de l’islam conservateur, la femme turque portant des foulards Louis Vuitton et un code vestimentaire très strict. Trente-mille lecteurs sont au rendez-vous chaque mois. (LC) aladergi.com

Doom x Akomplice La deuxiéme collaboration entre l’artiste américain de hiphop DOOM et la compagnie de vêtements californiens Akomplice est disponible. La nouvelle collection, Akomplice x Masked Villain, est constituée du logo de DOOM en couleur camouflage. (LC) akomplice-clothing.com

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Le journal Baron // Été - Automne 2012

New-York s’est doté en 2009 d’un magnifique parc suspendu, le High Line. Construit à même les voies ferrées désaffectées du Lower West Side, le parc de 2,3 km a permis de revitaliser cette portion de la ville, tout en offrant un espace original – et vert – à la population. Deux autres NewYorkais, l’architecte James Ramsey et son acolyte Dan Barash, proposent maintenant un projet similaire, qui sera aménagé dans le Lower East Side : le Low Line.

le Low Line deviendra un lieu propice aux événements communautaires et culturels, avec des marchés publics ponctuels, des expositions ou des spectacles en plein air, par exemple.

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Pour plus d’informations sur ce projet écrivez Low Line dans l’engin de recherche sur baronmag.com

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w ENTREPRISE

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Montréal Mode

Mononcle Ti-Galop

et la sérigraphie

CONSEIL

Gratuit

« Allo, c’est mononcle ti-galop! Juste pour vous dire que je vous aime, 1h 29 min du mat. Je commence un projet de con, 10 screens pour 10 t-shirts, 6 couleurs en avant pis 4 en arrière, séparation de couleurs: tu sais quand tu commences, tu sais pas quand tu finis. À livrer demain 10 heures, *3#i?08&@*?%*. Bye! »

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A. M. : Qu’est-ce qui t’attirait dans ce métier?  Par Anne-Marie Laflamme am.laflamme@baronmag.com

Anne-Marie Laflamme est cofondatrice de la marque de vêtements atelier b. L’entreprise a ouvert une boutique-atelier qui a pignon sur le boulevard Saint-Laurent en septembre 2011. Anne-Marie nous offre une petite incursion dans son univers d’entrepreneure.

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Michel est devenu Mononcle Michel, nous nous sommes mis à travailler ensemble le samedi, avec une caisse de 50 pour adoucir la journée. On est des habituées de la place, parce qu’on ne laisse pas nos pièces à contrat; on imprime avec Michel. Catherine installe les pièces coupées (le jersey, ça roule et ça plisse), Michel imprime et, moi, je repasse les pièces avec la presse industrielle. À chaque fois, Michel rit de moi parce que ça fait brasser mon gras de bras. On partage ensemble nos découvertes musicales; Michel est un fin connaisseur de la scène locale et écoute CISM en travaillant. Cet ancien punk de Sherbrooke est la tête blanche la plus cool de tout Montréal.   Petite entrevue avec l’artiste derrière CME, qui s’est retrouvé en 2009 copropriétaire, avec celle qui partage sa vie depuis une trentaine d’années, de l’entreprise pour qui il travaillait depuis presque aussi longtemps. Un gars fidèle!   Anne-Marie  : Comment et pourquoi t’es tu retrouvé imprimeur?   Michel : Il ya de ça très longtemps, je faisais les artworks pour la fille qui s’occupait de l’entreprise. À un moment donné, il me manquait deux semaines pour avoir mon chômage. Je lui ai donc demandé si elle pouvait me donner deux semaines d’ouvrage. Elle, pas folle, connaissant mes compétences, accepte tout de go. Depuis ce temps je suis à CME inc.  

M. : Avec toutes mes années d’expérience, je ne pourrais tout simplement pas être sous les ordres de quelqu’un qui ne penserait qu’à produire vite pour l’argent, alors que j’en connais probablement plus que lui sur le métier. Pour moi, la satisfaction principale c’est d’amener un projet le plus loin possible d’un point de vue créatif et technique. Bien sûr, on est soumis aux exigences économiques, mais s’il faut plus de temps pour un projet, je préfère mettre tout ce qu’il faut. Étant propriétaire, je peux, au besoin, ne pas compter mon temps.   A. M. : Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ton travail? M.  : Le travail d’ordinateur, je crois. On s’est tellement fait chier dans le temps avec tous les acétates, films de découpe, crayons, encrage, avoir à aller chez les reprographes pour les films en trame. Aujourd’hui, on fait tout sur place, on a le contrôle total sur les designs.   A. M. : Si tu avais eu à faire un autre métier, ça aurait été quoi?  M.  : T’es drôle toi, j’aurais été une star bien sûr! Mais à ma retraite je m’occupe de ça. Non franchement, je sais pas... Ça aurait été dans un domaine artistique c’est sûr. Graphisme, mais pas dans la pub. Dans le domaine visuel en tout cas.   A. M. : Ta tâche préférée?  M. : Le travail d’ordi, surtout les séparations de couleurs CMYK qui sont toujours un challenge. On essaie de tout prévoir, mais même avec l’expérience parfois on se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude!

Michel en 1990

pour mener à bien une séparation de couleurs particulièrement corsée et s’approcher le plus possible de l’image sur l’écran lors du rendu sur le tissu. Ce sont des mediums tellement différents, il faut tricher, réinterpréter les teintes. Ça exige une bonne perception des couleurs.   A. M. : Au travail, tu es tanné de... M. : Imprimer des séparations de couleurs sur du noir quand il fait chaud, le blanc opaque à l’eau c’est épais, ça bloque les cadres, il faut l’entretenir, ça épaissit. L’encre à l’eau c’est bien difficile, mais c’est bien plus beau que l’encre au solvant (et c’est moins toxique)!   A. M. : Travailler avec sa blonde, c’est... M. : Moins pire qu’on pourrait penser! Ça prend quand même de la maturité et de la complicité. Ceci dit, c’est sur que c’est pas toujours si facile. Mais vous autres aussi (en faisant référence à Catherine, meilleures amies, colocataires, associées) vous êtes assez intimes et vous vous connaissez de longue date. On met pas des gants blancs pour se parler, mais faut laisser au travail ce qui est au travail. (C’est pas mal indiscret comme question ça!)   A. M. : L’outil avec lequel tu aimes le plus travailler?

Bien écouter les clients.

M.  : Sans blague, c’est mon ordi  : c’est la prolongation de ma main, mon pinceau. À la retraite, je veux me remettre à la peinture, mais, pour l’instant, toutes les images se travaillent là-dessus. Je suis arrivé en sérigraphie lors des premiers balbutiements des ordis personnels et ça a changé le métier du tout au tout. Tu aurais dû voir l’épaisseur d’un travail de graphisme compliqué en 1985!   A. M.  : Tes clientes préférées, c’est les filles d’atelier b. n’est-ce pas?

A. M. : Le plus gros défi?

M. : Ouais, c’est vrai, mais elles viennent pas assez souvent.

M.  : Partir avec les films que tu as imaginés

www.serigraphiemontreal.com

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Depuis plus de trois belles années, Catherine et moi travaillons avec Michel et Suzanne, le couple propriétaire de Sérigraphie CME. Suzanne gère l’atelier de la rue Masson, alors que Michel réalise le graphisme et l’impression sur tissu. Rapidement, notre relation est passée de professionnelle à amicale.

M.  : Pour la première fois de ma vie, c’était une job steady et créative. Je me suis aperçu que, pour moi, c’était plus intéressant d’imprimer sur du tissu que sur du papier.   A. M. : Pourquoi être propriétaire d’une entreprise? 

Michel en 1990.

Prochain conseil à la page 55

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w MAGAZINE Laval Mode

Collège Inter-Dec à Laval Un nouveau campus du Collège Inter-Dec ouvrira ses portes à Laval (1595, boulevard Daniel-Johnson) en août 2012. À deux pas du Centropolis, le collège offrira des programmes de maquillage artistique, de manucure, de pedicure et de pose d’ongles. (LC) collegeinterdec.com

Londres Graphisme

THE CHURCH OF LONDON Pour l’amour de l’imprimé Par Nelson Roberge n.roberge@baronmag.com

C’est en créant son entreprise dans le domaine de l’édition de magazines (Little White Lies et Huck) que Danny Miller à cofondé The Church Of London, une agence de design graphique. Baron l’a rencontré. Baron : Comment êtes-vous entré dans le monde du magazine?

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D. M. : Le problème, c’était la gestion de l’entreprise et pas la qualité du magazine. Nous avons rebaptisé la revue Huck tout en la revampant. The Church Of London est essentiellement le fruit du regroupement de Huck et Little White Lies. C’est une société fondée autour de l’édition de magazines par des amateurs de magazines. B.  : Comment est-ce que le monde de l’édition de magazines a-t-il évolué au cours des cinq dernières années? D. M. : Il a surtout changé au niveau des technologies et des communications. Je ne parle pas seulement de site web ou

B. : Quelle est votre vision du futur dans le monde de l’édition de magazines? D. M. : Je n’en ai pas vraiment, pour être honnête. Mais je suis sûr que les gens vont toujours acheter et chérir les magazines en version imprimée. Nous avons peut-être beaucoup de nouvelles façons d’entrer en contact avec le monde maintenant, mais les gens aimeront toujours l’odeur d’encre de l’impression!

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Découvrez les couvertures et le design graphique du magazine en écrivant Little White Lies dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Boston Industriel

Mon avion de rue Le Terrafugia Transition, le premier avion de rue (avion pouvant être déployé d’un aéroport et qui ensuite, les ailes pliées, peut être utilisé comme auto) a été officiellement approuvé par la Federal Aviation Administration, ainsi que la National Highway Traffic Safety Administration comme véhicule pour la route et le vol. Les amateurs de James Bond et de science-fiction pourront donc faire le plein de leur avion dans une station d’essence au coin de la rue avant de s’envoler pour la journée. À 279 000 dollars américains la pièce, la compagnie Terrafugia de Boston doit déjà composer avec plus de 100 commandes. (LC) terrafugia.com Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Danny Miller : Déjà, quand j’étais ado, je réalisais le magazine de mon école. J’ai fait de même à l’université et j’ai finalement déménagé à Londres, en 2002, pour travailler au magazine Adrenalin. Je jonglais depuis longtemps avec l’idée de lancer mon propre magazine sur le cinéma, Little White Lies. J’ai commencé le projet tranquillement, alors que Adrenalin débutait sa descente aux enfers.

B.  : Pourquoi avez-vous décidé de reprendre le magazine d’un employeur qui était sur le point de faire faillite?

de page Twitter ou Facebook, je veux dire dans tous les sens. Nous sommes en mesure d’utiliser des données brutes, la connaissance même de nos lecteurs et la dimension mondiale des plateformes sociales permet de rejoindre des gens de partout à une vitesse ahurissante. Je ne me serais jamais attendu à ça il y a cinq ans. Little White Lies n’était qu’un grand mag au départ et maintenant il est une marque utile. Nous utilisons beaucoup le mot « utile » parce que nous pensons qu’en tant que marque, la chose la plus précieuse que peut être Little White Lies pour les gens, est de pouvoir les aider à apprécier le cinéma davantage.

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VOYAGE

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Marseille, haut lieu de l’art en 2013 ? France Culture Marseille est, pour plusieurs, la capitale de la pétanque. À moins que ce ne soit celle du pastis. Rarement pense-t-on à ce port du sud de la France comme un pôle artistique ou culturel. C’est là tout le défi dont a hérité la ville lorsqu’elle à décroché, en 2008, le titre de Capitale Européenne de la culture 2013. (LJ) Consultez l’article intégral et les photos en écrivant Marseille 2013 dans l’engin de recherche sur baronmag.com

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w RESTAURATION

Montréal Sortir

Un nouveau guide touristique unique

exemple, pendant le Festival de musique émergente, des groupes s’exécutent pendant les 5 à 7; au Festival du DocuMenteur, des projections de films sont organisées au resto et, tout récemment, nous avons eu une entente avec le centre d’expo pour fournir la nourriture pendant les vernissages et tenir les conférences de presse dans notre salle.

Voici une nouvelle initiative web réalisée par l’agence Toxa, à qui l’on doit aussi la revue Urbania. L’unique, un micro-guide web interactif, est un site Internet proposant des capsules vidéos interactives qui suggèrent différents trajets dans l’une des sept villes suivantes : Bruxelles, Londres, Madrid, Montréal, Paris, Rome et Toronto. De façon non-interactive, plusieurs capsules vidéo d’environ une minute présentent d’autres endroits à découvrir lors du séjour. unique-guides.com

Être en affaires en région, ça comporte des bons et des moins bons côtés. Ici, quand un client aime ce que tu fais, il va faire la promo à ta place. On dirait que ça devient une fierté d’avoir, dans sa petite ville, une place où on aime être, une place différente. Depuis quelques années, plusieurs petits commerces ont vu le jour et, pour chaque endroit, on voit bien la fierté de la population. Par contre, le bassin de clients est plus petit, les produits coûtent plus cher, les chaînes de restauration sont populaires. Il faut faire preuve d’imagination, savoir se distinguer et être compétitifs au niveau des prix.

St-John’s Sortir

Cinq endroits pour découvrir St-John’s The Sprout

Japon Mode

Un restaurant végétarien légendaire

Surfing Japan! Le magasin de surf de Manhattan, Saturdays Surf NYC, vient d’ouvrir son deuxième magasin à Daikanyama, au Japon. Le magasin est reconnu pour son ambiance décontractée, avec une terrasse extérieure, donnant ainsi l’option aux clients de flâner en buvant un café. Il offre aussi collections exclusives de Levis, vêtements vintage et plus encore dans un décor hipstersurf de très bon goût. (LC) saturdaysnyc.com

Le monde urbain de la capital terre-neuvienne est méconnu. Non seulement son centreville est vibrant, mais sa scène musicale est étonnante. À l’occasion de la semaine de la musique de la Côte-Est, Megan Warren, chanteuse et claviériste de la formation Repartee, s’arrête entre deux vitrines pour discuter de la ville d’origine de son groupe, St-John’s.(JS)

Un secteur d’un demi-kilomètre composé d’une trentaine de bars georgestreetlive.ca

Le centre-ville de St-John’s

Les deux artères principales, Duckworth street et Water street sont extraordinaires côté entreprises locales downtownstjohns.com

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Las Vegas Musique

Un beau salon de thé au centre-ville britanniateas.ca

Bowling + Punk + Vegas

Fred’s Records

Ce disquaire est le premier à encourager la musique émergente du coin. Tous les commentaires qui accompagnent les présentoirs sont encore écrits à la main et les gens qui y travaillent savent de quoi ils parlent. www.freds.nf.ca

Rouyn-Noranda Sortir

Bienvenue CHEZ BOB Par Leonardo Calcagno

calcagno.l@baronmag.com

« C’est une sandwicherie de luxe, où tout est fait maison. Du pesto de tomates séchées jusqu’aux desserts, en passant par le jambon cuit dans la bière et le sirop d’érable. Nous essayons d’offrir autant de produits locaux que possible, d’offrir de la qualité… et aider à promouvoir la culture,  explique Martine Dupuis. » La cofondatrice de Chez Bob, un resto à Rouyn-Noranda, fondé en 2005 par elle et sa sœur, nous ouvre les portes de ce restaurant très apprécié par les locaux et les touristes qui cherchent une ambiance décontractée et sympathique. Rencontre. Baron : Pouvez-vous nous en dire plus à propos de Chez Bob? Martine Dupuis : Nous sommes deux sœurs pas mal inséparables. En mai 2005, nous avons eu une opportunité d’affaires

et, moins d’un mois plus tard, nous étions ouverts. Nous avions quelques semaines seulement pour monter un menu, embaucher de la main d’œuvre, faire le graphisme, trouver un nom qui est sorti d’un brainstorm d’environ 14 minutes et 32 secondes, défoncer la devanture du bâtiment pour faire une terrasse, trouver une âme à notre petite place, aller voire une banque, aller voir une autre banque, ne pas acheter beaucoup d’équipement, se séparer les tâches, être très énervées, puis finalement ouvrir les portes aux clients. Bref, très peu de temps pour monter un projet qui, près de sept ans plus tard, est encore bien vivant dans la région, et encore dirigé par deux sœurs, encore pas mal inséparables. Promouvoir la culture est une chose qui nous importe, c’est pourquoi nous travaillons de concert avec les différents festivals et organismes de la région. Par

M. D. : Nous sommes membres de l’Association des femmes en affaires depuis quelques années. Cette association organise des activités à chaque mois, permettant aux membres de faire du réseautage, d’assister à des conférences et des rencontres d’informations qui nous sont utiles en affaires. Il y a des membres dans la plupart des domaines, donc beaucoup de ressources pour s’épauler et se conseiller dans les différents événements qui peuvent faire surface dans l’entreprise.

CONSEIL

Gratuit

#8

Donnez-vous des objectifs clairs et précis.

B. : Trois conseils pour ceux qui veulent se lancer en affaires. M. D. : Pour les gens qui désirent se lancer en affaires, je conseillerais de bien préparer sa stratégie et de ne pas avoir peur d’aller chercher toutes les ressources mises à votre disposition. Le mentorat, les subventions, les conseils des professionnels, bref, tout ce que vous pouvez utiliser pour avoir un départ canon et connaître ce dans quoi vous vous embarquez. Aussi, préparez-vous à investir plusieurs heures de votre temps. Plusieurs, plusieurs heures... mais ça en vaut la peine, parce que c’est une aventure vraiment gratifiante. Créer un truc qui est à votre image, que vous avez monté de A à Z, c’est un beau projet. N’oubliez pas, small is beautiful et soyez fiers du produit que vous offrez. Chez Bob 143 rue Principale, Rouyn-Noranda chezbob.ca

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Consultez l’entrevue sur le web en écrivant Chez Bob dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Britannia Teas

NOFX, Rancid, Pennywise, GBH, Hepcat, Hot Water Music, Youth Brigrade, 7 Seconds, No Use For A Name, Good Riddance, Chuck Ragan, Aggrolites, Riverboat Gamblers, Agent Orange et plusieurs autres groupes punk feront partie de l’édition 2012 du Punk Rock Bowling and Music Fest à Las Vegas. Plus de 5000 fans sont attendus pour 3 jours afin de vivre leur passion musicale en compagnie de 60 groupes, et ce, tout en jouant au bowling! De plus, au programme, une soirée de poker est prévue au Golden Nugget Poker Room. Seule petite ombre au portrait, le groupe Sham 69 a dû annuler sa participation en raison de la mort du père du chanteur, Jimmy Pursey. (LC) punkrockbowling.com

B. : Vous êtes membres de l’Association des femmes en affaires de Rouyn-Noranda. Quels sont les avantages?

George Street

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Prochain conseil à la page 62

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w REPORTAGE

V

w MONDE Dubaï Culture

Batman et Spiderman à Dubaï

Rome Culture

Rome alternative:

Par Leonardo Calcagno

sur deux roues per favore Rome est reconnue pour ses vestiges mythiques, ses hordes de touristes à l’année longue et, en ordre de sex appeal, Anita Ekberg en déesse pataugeante, Jules César et le pape. Autant dire qu’à première vue, Rome n’est pas la destination numéro un pour qui a soif d’une culture hors cartes postales.

Par Léa Jeanmougin

l.jeanmougin@baronmag.com

rues comme des milliers de globules dans les veines de la Cité éternelle.

Photo: Luca Gandolfi

Comme dans n’importe quelle grande ville, la vie underground existe bel et bien à Rome. Le problème est que ce qui se fait d’alternatif est ici enfoui sous une couche si épaisse de clichés qu’il faut gratter longtemps avant de trouver des pépites.

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Le Critical Mass du 26 mai 2012 en est un exemple frappant. Déjà à Montréal, c’est beau de voir des cyclistes se rassembler en célébration spontanée et investir les rues de la ville chaque dernier vendredi du mois. Mais à Montréal, des vélos, on en voit souvent. Imaginez maintenant Rome, ville aux ruelles étroites et bosselées, surchargées d’automobilistes pressés qui, dans leur Fiat, déferlent chaque jour sur les sept collines de la ville. Puis imaginez des milliers de cyclistes qui, comme sortis de nulle part et toujours en plus grand nombre, s’engouffrent dans ces mêmes

Même si Rome reste une ville très motorisée, dont la grande majorité de ses 225 km de pistes cyclables ne dessert pas le cœur même de la ville, et n’a pas adopté comme ses capitales voisines le vélo

Quand on lui demande si mettre en place un festival de comicbooks et de manga au Moyen-Orient est difficile, Arafaat Ali Khan, directeur des relations publiques du Middle East Film & Comic Con (MEFCC), il répond, sans hésiter : « Oui! » C’est pourtant le cas à Dubaï depuis cinq ans.

en libre service, les Ciemmonas(1) manifestent ici, comme un peu partout dans le monde, en réaction à la montée du prix de l’essence et à la présence hégémonique de l’automobile en ville. L’événement est aussi une invitation pour visiter la Cité éternelle (éternellement galvaudée par l’industrie du tourisme) sous un autre angle; un angle à hauteur de guidon. Ceux qui descendront des autocars panoramiques où sont grassement assis des gens qui ne connaissent pas plus la ville que vous, et qui décideront de braver un trafic pas tellement plus dangereux qu’à Montréal (véridique), pourront alors découvrir une autre Rome. Cette Rome est celle des centres sociaux (à tendance anarchiste) du quartier Pigneto, des friperies du très hipster marché Monti, des bars Internet cachés dans le centre historique, des pôles du cinéma indépendant, des théâtres occupés ou encore de la pulsation musicale du quartier étudiant de San Lorenzo. Quant aux pigeons estropiés du Forum romain, aux gladiateurs fantoches du Colisée ou aux ados alcoolisés de Piazza di Spagna, ils n’auront qu’à bien se tenir. Alter-visiteurs de Rome, à vos bici, la ville est à vous. Le nom que les Italiens ont donné à Critical Mass à partir des initiales CM.

En réunissant, au même endroit, Batman, Spiderman, Darth Vader à des centaines d’enfants et d’amateurs souriants, prenant des photos, l’équipe du MEFCC a réussi un exploit peu commun dans cette région du monde. Pourtant, à part le très chic Dubaï International Marine Club comme décor, où la traditionnelle course de bateau Al Gaffal prend son départ à chaque mois de mai, l’ambiance est la même qu’au Comic Con de San Diego. Le Middle East Film & Comic Con accueille, en 2012, plus de 15 000 visiteurs et des invités de renom, comme Laurie Holden (The walking dead et X-Files), Mark Sable (auteur de bande dessinée) et Sonia Leong (illustratrice de manga). Cet engouement pour la bande dessinée américaine et le manga asiatique, qui transcende ici les communautés geeks, prouve que Dubaï est une exception au Moyen-Orient. C’est peut-être parce que la ville est un point de rencontre pour de nombreux travailleurs étrangers de l’Occident et de l’Asie. C’est peut-être que la culture arabe est en train de s’ouvrir à celle du monde.

Pour plus d’info sur cet article écrivez Critical Mass dans l’engin de recherche sur baronmag.com

Selon les explications de M. Ali Khan, la culture du roman graphique est aussi en pleine expansion au Moyen-Orient. Il n’est pas question que de consommation, ici, mais aussi de création. Les bédéistes arabes sont de plus en plus nombreux. On compte, parmi eux, Qais Sedki (The gold ring), Naif Al Mutawa (The 99), Sohaib Awan (Jinnrise) et Achraf Ghori (Xero error). Discutant dans le café Arcade avec des amateurs après une journée bien remplie, un des organisateurs du festival souligne que l’événement n’est pas seulement une foire pour acheter des produits commandités par des compagnies de divertissement. C’est aussi un endroit où l’industrie régionale et les talents d’ici ont une plateforme pour bâtir une culture à leur image et aider la prochaine génération d’artistes, d’écrivains et d’entrepreneurs du Moyen-Orient à prendre sont envol.

+

Pour plus d’info sur cet article écrivez MEFCC dans l’engin de recherche sur baronmag.com

ExtraCake PRA, boîte de communications et marketing à l’origine du festival, a reconnu le potentiel du phénomène.  « Avec le temps, nous avons constaté un augmentation constante de marchandises liées à l’univers de la bande dessinée dans les commerces de Dubaï, raconte Ben Caddy, directeur général d’ExtraCake PRA. C’est à ce moment que nous avons décidé d’agir. » Sur le site du MEFCC, les portes s’ouvrent sur la luxueuse salle Mina Seyahi Hall, où les tables de marchandises sont littéralement assaillies par les visiteurs venus acheter les milliers d’objets mis à leur disposition. Les administrateurs du site conseillent d’ailleurs au festivalier averti de se munir d’un sac à dos pour transporter l’éventail de produits promotionnels distribués gratuitement. Parmi les différents secteurs de l’exposition, on retrouve le village Jashanmal BD, qui héberge des éditeurs tels qu’IDW et Archaia, la ville de Manga, elle, met en vedette des artistes locaux ou d’ailleurs. Le Gamezone organise aussi des tournois, tout en faisant la promotion des nouveautés de jeux vidéo et de jeux de rôle. Bref, c’est plus de 100 exposants qui participent au Middle East Film & Comic Con.

(1)

+

« Si on considère que le Moyen-Orient possède la population la plus jeune au monde, ajoute Arafaat Ali Khan, la vente de jouets et marchandises dérivés des bandes dessinées devrait logiquement augmenter. Et c’est ce qui se passe! »

La BD au Moyen-Orient Arafaat Ali Khan, avoue que la culture de la bande dessinée n’est pas encore très répandue au Moyen-Orient. « La plupart des gens continu d’acheter leur comics dans les magasins de livre ou à même des kiosques à journaux et des supermachés, explique le directeur des relations publiques du MEFCC. Cela signifie que ce ne sont encore que les passionnés qui vont vraiment tout faire pour nourrir leur soif de culture BD. »

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Mais lorsqu’elles surgissent du sol et brillent au grand jour, là, on s’en délecte d’autant plus.

Les uns chantent et roulent gaiement dans une ambiance hippie tandis que d’autres, postés aux carrefours, bloquent des automobilistes forcés de constater qu’aujourd’hui la route ne leur appartient plus. Certains défilent calmement avec des pancartes « zero carbon ». D’autres, parés de chapeaux de cowboys ou arborant des drapeaux pirates, grillent avec une fougue cavalière les feux rouges en s’attirant quelques insultes au passage. Tous se défendent du credo commun à tous les « massers » du monde : « Nous ne bloquons pas la circulation, nous sommes la circulation. » La police tolère, les passants applaudissent; les cyclistes romains, quant à eux, regrettent seulement que les medias ne se saisissent pas plus du débat sur le vélo en ville pour le faire monter aux oreilles des politiques. Mais bon, tout comme le cortège, les choses avancent.

calcagno.l@baronmag.com

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3. 4.

Mumbaï Société

Sur la route de l’eau

V

Par Charles-Frédérick Ouellet cf.ouellet@baronmag.com Actif dans le journalisme photo avec le collectif Kahem qu’il a cofondé, Charles-Frédérick est amené à se promener autour de la planète pour capter le monde constamment en changement.

1.

Capitale économique de l’Inde, Mumbai est l’une des villes à la croissance économique la plus rapide en Asie. Située sur les berges de la mer d’Oman, cette ville insulaire est aussi le confluent de plusieurs ethnies et religions qui en font une société riche et complexe. Je suis allé pour la première fois à Mumbai durant la mousson en 2011. Mon intérêt s’est vu absorbé par le tissu urbain d’une mégapole où, à travers sa densité et son étalement incontrôlé, les habitants peinent à entrevoir les maigres perspectives d’un avenir meilleur. J’ai perçu la simple recherche quotidienne d’eau potable comme l’un des nombreux présages d’une catastrophe semblant se profiler à l’horizon. Toutefois, cette situation, en opposition au sentiment d’assurance et de sérénité qui émane des gens que j’ai rencontrés, m’est apparue comme le signe d’une société qui a su trouver une sorte d’équilibre pour assurer sa survie. Cet essai ne prétend pas raconter l’histoire de la transformation de Bombay, ni aucune autre histoire. Il est une forme de réponse à mon appétence exploratoire. Je me suis retrouvé sur une route qui s’est définie sur une frontière entre mes perceptions et une réalité brute. Ce que j’ai vu, c’est plutôt le calme avant la tempête, comme un silence inquiétant avant que le chaos ne s’installe.

5.

2.

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Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

6.

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7.

V 12.

9.

9. Village de Vasai, communauté de pêcheurs au nord de Bombay. La baisse des quotas de pêche, l’épuisement des stocks et la pollution grandissante affectent l’activité économique de toute la communauté installée en bordure de la mer. 10. Durant la mousson, une fois la saison de pêche terminée, les bateaux sont à quai et les pêcheurs travaillent à mettre en ordre leur embarcation.

8.

11. Scène de vie quotidienne dans un Dhobi Ghat (laverie à ciel ouvert).

1. Scène de rue près du Chor Bazar, dans le quartier de Kalbadevi.

12. Pour les 10 000 travailleurs du Dhobi Ghat de Mahalaxmi, l’eau est une ressource essentielle pour effectuer leur travail.

2. Paysage côtier aux abords d’un petit village de pêcheurs. 3. Dans l’arrondissement de Dharavi, qui compte plus de 800 000 habitants, la rareté de l’eau est devenue la norme plutôt que l’exception. L’approvisionnement en eau potable est un défi quotidien et les points de cueillette sont aléatoires. Pour la majorité des résidents, le seul moyen d’obtenir de l’eau est de la puiser illégalement à même les conduits de la ville.

10.

4. Kumbharwada, quartier des potiers gujarati. Au cours du siècle dernier, les mangroves en bordure de la Baie de Mahim ont été asséchées en raison du manque d’espace auquel la vieille ville insulaire faisait face. 5. Située sur une île à quelques cinq cents mètres de la rive, la mosquée de Haji Ali, construite au XVe siècle, est un lieu de pèlerinage qui entretient une étroite relation avec la mer. La légende raconte que le cercueil de Haji Ali, mort sur la route qui le menait à La Mecque, aurait dérivé jusqu’à Bombay, sur le site où la mosquée fut par la suite érigée.

60

7. - 8. Il ne reste que quelques teinturiers à Dharavi. Assujettis à un besoin constant en eau, ils sont forcés d’aller s’installer à des emplacements mieux desservis par les aqueducs.

11.

Le journal Baron // Été - Automne 2012

Le journal Baron // Été - Automne 2012

6. Manufacture de textile au deuxième étage d’une petite maison.

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#9

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Baron été-automne 2012