__MAIN_TEXT__

Page 1


À Sandrine et John, nos époux respectifs, sans lesquels ce livre n’aurait pas été possible. To Sandrine and John, our respective spouses, without whom this book would not have been possible.

Frédéric Mouchet est français.

Noelene Bloomfield est australienne.

Frédéric Mouchet is French.

Noelene Bloomfield is Australian.

Photographe professionnel, il parcourt

Elle a enseigné la langue et

A professional photographer, he has

She taught French language and

le monde depuis plus de vingt ans.

la civilisation françaises pendant

travelled the world for more than twenty

civilisation for four decades, first

Ses images sont régulièrement publiées

quarante ans, aux États-Unis puis

years. His images are regularly published

in the USA and then at The University of

dans la presse magazine française

à l’Université d’Australie-Occidentale,

in both French and international

Western Australia, which has strongly

ou internationale. Il est à l’origine de ce

institution qui a largement soutenu

magazines. He is the instigator of this

supported her research into the hundreds

projet sur l’Australie des explorateurs

son travail de recherche sur

project on the Australia of the French

of French names on the Australian

français.

les centaines de noms français

explorers.

coastline.

disséminés sur les côtes australiennes.

© Somogy éditions d’art, Paris, 2015 © Frédéric Mouchet, 2015 Ouvrage réalisé sous la direction de Somogy éditions d’art This book was published under the direction of Somogy Art Publishers

Directeur éditorial / Editorial Director

Nicolas Neumann

Responsable éditoriale / Managing Editor

Stéphanie Méséguer

Coordination et suivi éditorial / Editorial Coordinator

Somogy Éditions d’art

Conception graphique / Graphic Design

Brigitte Monnier

Contribution éditoriale pour le français / French Copy-editor

Gaëlle Vidal

Contribution éditoriale pour l’anglais / English Copy-editor

Katharine Turvey

Traduction / Translation

Noelene Bloomfield & Sandrine Mouchet

Fabrication / Production

Béatrice Bourgerie & Mélanie Le Gros

Iconographie / Picture Editor

Marie Levacher & Marine Mayon


L’ A U S T R A L I E D E S E X P LO R AT E U R S FRANÇAIS THE AUSTRALIA OF THE FRENCH E X P LO R E R S Sur une idée originale de Frédéric Mouchet Based on an original idea by Frédéric Mouchet

Photographies | Photographs Frédéric Mouchet Textes | Texts Noelene Bloomfield


SOMMAIRE

7

Préface

CONTENTS

7

Preface

8

Introduction

8

Introduction

12

Les explorateurs / Repères historiques

12

The Explorers / Historical Benchmarks

16

Les expéditions / Repères historiques

16

The Expeditions / Historical Benchmarks

18

La terre d’Endracht

18

Western Australia / Gascoyne coast

40

Tasmania

86

New South Wales

98

King Island

106

Kangaroo Island

138

South Australia & Victoria

150

Western Australia / Great Southern & Goldfields-Esperance coasts

164

Western Australia / South West & Peel coasts

40 86 98 106 138 150 164

La terre de Diemen

La Nouvelle-Galles du Sud L’île King

L’île aux Kangourous / île Decrès La terre Napoléon La terre de Nuyts

La terre de Leuwin La terre d’Edels

172

Western Australia / Perth, Wheatbelt & Mid West coasts

180

La terre de Witt

180

Western Australia / Pilbara & Kimberley coasts

190

Bibliographie

190

Bibliography

191

Acknowledgements

172

191

Remerciements

5

Les falaises rouges de Cape Leveque sur la côte du Kimberley, Australie-Occidentale.

Cape Leveque’s red cliffs on the Kimberley coast, Western Australia.


6

N I C O L A S M A R T I N P E T I T , Nicola s M a rtin P etit, Aborigène de Port Jackson (baie de Sydney) en costume de guerre, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, Réf. MHN du Havre : 20 029-1.

Aborigine from Port Jackson (Sydney Harbour) with his weapons, (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, Réf. MHN du Havre : 20 029-1.


PRÉFACE

PREFACE

Les grandes expéditions maritimes à caractère scientifique,

principalement à compter du

XVIII

e

siècle, ont toujours accordé

un sens particulier à l’observation, restituée sous forme de récits,

d’objets ou encore d’images. L’expédition menée par le commandant Nicolas Baudin (1754-1803), le voyage de découvertes aux

Terres australes (1800-1804), à cheval culturellement entre ces

deux mondes que sont l’Ancien Régime et la Révolution, est emblématique de par ses quêtes scientifiques. Le dessin notamment y prendra une part nouvelle et fondamentale. C’est ainsi que s’est constitué le fonds de dessins du Muséum d’histoire

naturelle du Havre qui forme son originalité et sa richesse. Les œuvres de Charles Alexandre Lesueur (1778-1846) ou du portrai-

tiste Nicolas Martin Petit (1777-1804) témoignent de l’ambition de cette expédition comme de la tentative de fabrique d’images qui ont vocation à renouveler le regard. La confrontation que

propose Frédéric Mouchet, outre l’intimité qu’elle offre avec ces

équipages audacieux et des paysages d’une beauté à couper le souffle, est un formidable hommage à cette culture de l’obser-

vation et de l’élaboration de la connaissance, dans un de ces

Beginning primarily in the eighteenth century, the great maritime scientific expeditions conferred a particular meaning on observation, pieced together through accounts, objects and even images. The expedition led by the Captain Nicolas Baudin (1754-1803), the Voyage of Discovery to the Southern Lands (1800-1804), which culturally straddled the two worlds of the Ancien Régime and the French Revolution, is emblematic for its scientific pursuits. Drawing in particular took on a new and fundamental role in this expedition. This is how the drawings collection of the Museum of Natural History in Le Havre came into being, and what formed its originality and variety. Drawings by Charles Alexandre Lesueur (1778-1846), and by the portraitist Nicolas Martin Petit (1777-1804) testify to the ambition of this expedition as an attempt to make images whose purpose was to create a new understanding. The encounter presented by Frédéric Mouchet, in addition to the intimate look it offers on the audacious sailors and landscapes of breath-taking beauty, is a great tribute to this culture of observation and of creating knowledge, during one of the most dynamic moments in history. Finally, this book shows the natural ties that unite France and Australia, and contributes

moments les plus dynamiques de l’Histoire. Enfin, cet ouvrage

beautifully to the Franco-Australian friendship.

et participe de belle manière à l’amitié franco-australienne.

Cédric Crémière

montre les liens organiques qui unissent la France et l’Australie

Director, Museum of Natural History, Le Havre

Cédric Crémière Directeur du Muséum d’histoire naturelle du Havre

7


INTRODUCTION

Le temps des grandes aventures dans les mers du Sud, lorsque les

et Louis Aleno de Saint-Aloüarn, aurait pu changer le cours de l’histoire

dans le but initial de développer le commerce, s’est étalé entre le XVIe et

au large des îles qui portent aujourd’hui le nom de Kerguelen, celui-ci

rapidement à dresser des cartes, afin de sécuriser les déplacements de

tion de l’est et atteignit la partie occidentale du continent australien

long des « îles aux Épices », soumises à des vents instables, de forts mouve-

avant son retour en France et si sa revendication avait pu être suivie,

hollandaise des Indes orientales prit pied dans l’archipel indonésien,

plus d’une décennie l’installation des Britanniques à Port Jackson (Sydney)

leurs comptoirs de commerce. Une rivalité féroce se développa entre ces

Jean François de La  Pérouse partit pour un voyage dans le Pacifique qui

susceptibles d’apporter la richesse aux négociants qui parvenaient à les

en Corée, au Japon et dans l’est de la Russie. À Petropavlovsk, il reçut

çaises se réalisèrent sur fonds privés, menées par des capitaines essen-

est de l’Australie. Les deux navires français, La Boussole et L’Astrolabe, attei-

Européens lançaient leurs navires vers des eaux lointaines et inconnues

de la région. Après la séparation de leurs deux navires lors d’une tempête

le début du XIX siècle. Les Portugais puis les Hollandais s’attachèrent

mit rapidement les voiles vers la France. Saint-Aloüarn continua en direc-

leurs vaisseaux dans la région Indo-Pacifique, et plus particulièrement le

qu’il revendiqua au nom de Louis XV, le 30 mars 1772. S’il n’était pas mort

ments de marées et bordées de récifs dangereux. En 1602, la Compagnie

une colonie française sur la côte ouest de l’Australie aurait pu précéder de

obligeant Anglais et Français à se rabattre dans l’est de l’Inde pour établir

en 1788. Le destin décida d’un scénario bien différent. En août 1785,

trois nations pour l’approvisionnement en poivre et en épices, produits

le conduisit en Amérique du Sud, à Hawaï, en Alaska, aux Philippines,

ramener vers l’Europe. Dans les premiers temps, les expéditions fran-

instruction d’aller observer le projet d’installation des Anglais sur la côte

e

siècle

gnirent Botany Bay le 26 janvier 1788, pour découvrir que la Première Flotte

croissante pour des sciences telles que l’anthropologie, l’astronomie, la

En raison du manque d’eau douce, le gouverneur Arthur Phillip s’était déjà

Diderot, d’Alembert ou Rousseau et la publication de L’Encyclopédie (1751-

La Boussole et L’Astrolabe séjournèrent pendant six semaines à Botany Bay,

au-delà des frontières du pays, voire aux confins du monde. Lorsque le

fique. En 1791, Antoine Bruny d’Entrecasteaux fut envoyé sur les traces de

son tour du monde, ramenant avec lui un beau et jeune prince de Tahiti,

demeura jusqu’en 1826 lorsque des objets français furent identifiés à

ville présenta le jeune prince, Aotourou, lors de nombreux rassemble-

teaux s’illustra en revanche par un important travail d’exploration et de

Rousseau venait tout juste d’exprimer : les avantages d’une vie simple

tralie. Les merveilleuses cartes réalisées par Charles François Beautemps-

dente » de l’Europe. Bougainville, qui avait pu observer de l’agressivité ou

grande expédition qui allait suivre. En 1800, Napoléon Bonaparte, impa-

sceptique face aux notions romantiques du « bon sauvage ». Toutefois, son

la Révolution, donna sa bénédiction à une nouvelle expédition, orientée

disposition, se répandit en France comme une traînée de poudre. Tous les

d’aujourd’hui). Ce voyage ambitieux, sous le commandement du capi-

de Bougainville. Il y eut en 1771-1773 l’expédition du capitaine malouin

rables, hérités de l’esprit des Lumières. Deux années d’exploration sur les

ramener Aotourou dans son île natale, vit la mort du prince tahitien dès

mulation d’échantillons et de connaissances jamais égalée. En plongeant

moins de continuer sa navigation. Il atteignit la partie orientale de la Tas-

nation que des navigateurs, scientifiques et artistes ont pu ressentir, il y

Nouvelle-Zélande. Il y mourra en juin 1772, avec plus de vingt membres

jusque-là retranché aux extrémités du globe.

tiellement motivés par le commerce. Mais les Lumières du

e

XVIII

firent naître en France un intérêt d’un genre nouveau, une fascination

britannique était arrivée sur place seulement huit jours auparavant.

botanique, la géographie, la géologie ou la zoologie. Les écrits de Voltaire,

déplacé à Port Jackson, à 20 km au nord, pour y fonder la colonie de Sydney.

1772) participèrent à l’engouement du public pour des horizons situés bien

avant de reprendre la mer et de disparaître dans l’immensité de l’océan Paci-

romantique et populaire Louis Antoine de Bougainville revint en 1769 de

Monsieur de La Pérouse, mais ses recherches restèrent vaines (le mystère

Paris s’enflamma de curiosité pour ces séduisantes mers du Sud. Bougain-

Vanikoro, petite île de l’archipel des Salomon). L’expédition d’Entrecas-

ments publics. Le Tahitien semblait incarner les idéaux que Jean Jacques

cartographie, notamment en Tasmanie et sur la côte sud-ouest de l’Aus-

dans un environnement naturel, en comparaison à la civilisation « déca-

Beaupré servirent à des générations de marins, et en premier lieu à la

de la « cruauté » chez certaines tribus insulaires du Pacifique, se montrait

tient de restaurer le rang international de la France après les tumultes de

récit de voyage, qui décrivait une île de l’amour peuplée de jeunes filles à

principalement vers l’exploration de la Nouvelle-Hollande (l’Australie

voyages dans les mers du Sud ne connurent pas le même succès que celui

taine rétais Nicolas Baudin, incluait des objectifs scientifiques considé-

Marc Joseph  Marion du Fresne (dit Marion-Dufresne) qui, chargé de

côtes australiennes permirent d’aboutir à un bilan d’exception, une accu-

le début du voyage, touché par la variole. Marion-Dufresne décida néan-

dans l’Australie des explorateurs français, ce livre tente d’évoquer la fasci-

manie (au niveau de l’actuelle baie Marion), avant de poursuivre vers la

a plus de deux siècles, face à l’étrangeté et à la nouveauté d’un continent

d’équipage, tué par des Maoris. À la même période, dans l’océan Indien,

l’expédition de deux autres Bretons, Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec 8


INTRODUCTION

The period of high adventure, when Europeans sailed their vessels far from

settlement at Port Jackson (Sydney) by more than a decade. But fate deter-

their home base into unfamiliar waters, initially to seek trade in the southern

mined a different scenario. In August 1785, Jean François de La Pérouse set off

oceans, lasted from the 16th to the early 19th century. The Portuguese, and

on a voyage into the Pacific, visiting South America, Hawaii, Alaska, the Phi-

then the Dutch, carried out some early mapping to direct the movements of

lippines, Korea, Japan and eastern Russia. In Petropavlovsk, he received orders

their vessels in the Indo-Pacific region, particularly around the Spice Islands,

from France to inspect the settlement that Britain was planning to establish

because of the variable wind and tide patterns and dangerous reefs. By 1602

on Australia’s eastern coast. The two French vessels, the Boussole and the Astro-

the Dutch United East India Company had gained a foothold in the region,

labe, reached Botany Bay on 26 January 1788, only to discover that Britain’s First

forcing the British and French to establish their trading bases in eastern India.

Fleet had arrived there just eight days earlier. Because of the shortage of fresh

Fierce rivalry developed between the three nations for supplies of pepper

water, Governor Phillip had already moved 20 kilometres north to Port Jackson,

and spices, which delivered handsome profits to any traders who delivered

to establish the colony of Sydney. The Boussole and the Astrolabe anchored in

them safely to Europe. The first few French expeditions to southern waters

Botany Bay for six weeks before setting sail, only to disappear without a trace

were privately funded, led by captains motivated essentially by commerce.

into the enormous Pacific Ocean. In 1791 Antoine Bruny d’Entrecasteaux was

But the 18th-century Enlightenment period aroused a different kind of inte-

sent to search for La Pérouse, but his quest was in vain (the mystery remained

rest in France — a growing fascination for the sciences, including anthropo-

unsolved until 1826, when French objects were identified at the small island

logy, astronomy, botany, geography, geology and zoology. The writings of

of Vanikoro in the Solomon archipelago). Nevertheless, the D’Entrecasteaux

Voltaire, Diderot, d’Alembert and Rousseau and the publication of the 1751–1772

Expedition was significant because of its impressive exploration and carto-

Encyclopédie, fired the interest of the French public to explore the world far

graphy, especially in Tasmania and in Australia’s south-west. The superb maps

beyond France’s borders. When the popular and romantic figure Louis Antoine

created by Charles François Beautemps-Beaupré were used by generations

de Bougainville returned from his circumnavigation of the world in 1769, brin-

of sailors, especially for the major expedition that would soon follow. In 1800

ging with him a handsome young prince from Tahiti, Paris buzzed with curio-

Napoleon Bonaparte, eager to restore France’s international standing after

sity about the alluring south seas. Bougainville introduced the young prince,

the turbulence of the Revolution, gave his blessing to a new expedition, whose

Aotourou, to many public gatherings. The Tahitian prince seemed to embody

main aim was to explore New Holland (today’s Australia). This ambitious

the ideals recently espoused by Jean Jacques Rousseau — the advantages of

voyage, under the command of Captain Nicolas Baudin from the Île de Ré,

a simple life in a natural environment, compared to Europe’s ‘decadent’ civili-

encompassed significant scientific aims of the Age of Enlightenment. The two

sation. Bougainville, who had observed cruelty and aggression among some

years of exploration along the Australian coasts yielded an exceptionally rich

Pacific Island tribes, was skeptical of any romantic notions of the ‘noble savage’.

harvest of specimens and hitherto unmatched scientific findings. By immer-

But his description of the voyage, depicting an island of love with maidens at

sing the reader in the Australia of the French explorers, this book attempts to

the disposal of the French sailors, spread like wildfire throughout France. Not all

evoke the fascination the sailors, scientists and artists must have experienced

voyages to the southern oceans were as successful as Bougainville’s. In 1771–

more than two centuries ago, confronted by the uniqueness and novelty of a

1773, the expedition of the Saint-Malo captain, Marc Joseph Marion du Fresne

continent that had, until then, been relegated to the very ends of the earth.

(known as Marion-Dufresne), was charged with returning Aotourou to his homeland, but early in the voyage the young Prince died of smallpox. Nevertheless, Marion-Dufresne decided to continue the voyage; he sailed on to eastern Tasmania (close to the present Marion Bay) and then to New Zealand. However, in June 1772, he and over twenty members of his crew were massacred by the Maoris. Meanwhile, in the same year but in the Indian Ocean, the expedition of two other Breton captains, Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec and Louis Aleno de Saint-Aloüarn, could easily have changed the history of the southern oceans. After the separation of their two vessels in a storm off the islands that today bear his name, Kerguelen quickly sailed home to France. Saint-Aloüarn continued eastwards, reached the western side of the Australian continent, and claimed it in the name of Louis XV, on 30 March 1772. If he had not died before reaching France and if his claim had been pursued, a French colony on the western seaboard of Australia might have predated Britain’s 1788

9


Le “Frenchman’s Rock”, gravé en 1803 par les membres de l’expédition Baudin à Kangaroo Island, AustralieMéridionale. Inscription : EXPEDITION DE DECOUVERTE

PAR LE COMMENDANT [sic] BAUDIN

SUR LE GEOGRAPHE 1803.

“Frenchman’s Rock” carved in 1803 by members of the Baudin Expedition on Kangaroo Island, South Australia. Inscription: DISCOVERY EXPEDITION BY THE COMMANDER BAUDIN ON THE GÉOGRAPHE 1803.


L E S E X P LO R AT E U R S T H E E X P LO R E R S

Louis Aleno de Saint-Aloüarn Né le 28 juillet 1738 près de Quimper, Louis François Marie Aleno de SaintAloüarn se joint à Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec en janvier 1772 pour partir à la recherche de la mythique Terra Australis Incognita. Séparé du navire de son commandant lors d’une tempête près des îles Kerguelen, Saint-Aloüarn, à la tête du Gros Ventre, met le cap à l’est et tombe sur la côte occidentale de l’Australie. Il revendique cette terre au nom de la France le 30 mars 1772 mais meurt à l’Isle de France (l’île Maurice) le 27 octobre de la même année, ce qui l’empêchera de faire part de cette initiative à Louis XV.

Marc Joseph Marion du Fresne Born on 28 July 1738 near Quimper, Louis François Marie Aleno de Saint-Aloüarn joined Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec in January 1772, to search for the elusive Terra Australis Incognita. Separated from his commander’s vessel during a storm near the Kerguelen Islands, Saint-Aloüarn sailed the Gros

Ventre eastwards, reached the western coast of Australia and claimed this land for France on 30 March 1772. However, he could not present his claim in person to King Louis XV, as he died at Île de France (Mauritius) on 27 October of that year.

Jean François de La Pérouse Jean François de La Pérouse est né le 23 août 1741 près d’Albi. Il se rend célèbre pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis. En 1785, avec la bénédiction de Louis XVI, La Pérouse prend la tête d’une expédition autour du monde composée de deux frégates, La Boussole et L’Astrolabe. Il explore de nombreuses terres du Pacifique et fait notamment escale à Botany Bay, près de la colonie naissante de Sydney. Ses deux navires sombrent tragiquement au milieu de l’année 1788, lors d’une tempête au large de Vanikoro, petite île de l’archipel des Salomon.

surnommé Marion-Dufresne

Né à Saint-Malo le 22 mai 1724, Marc Joseph Marion du Fresne fut chargé en octobre 1771 de reconduire à Tahiti Aotourou, le jeune prince que Bougainville avait amené en France deux ans plus tôt. Le Polynésien décéda au début du voyage, mais MarionDufresne navigua jusqu’en Tasmanie où il établit le premier contact recensé avec les Aborigènes de l’île. Le lieu de cette rencontre se situe dans une baie qui porte aujourd’hui son nom. Le 12 juin 1772, il est assassiné avec une vingtaine de ses hommes par des Maoris en Nouvelle-Zélande (probablement à la suite de la violation involontaire d’un tabou).

often called Marion-Dufresne Born in Saint-Malo on 22 May 1724, Marc Joseph Marion du Fresne was charged in October 1771 with returning to Tahiti the young Prince Aotourou, whom Bougainville had brought to France in 1769. Aotourou died early in the voyage, but Marion-Dufresne sailed on to Tasmania, where he established the first recorded contact with the Aborigines of the island. This meeting took place in a bay which is now named in his honour. On 12 June 1772, he and over twenty of his crew members were killed by Maoris in New Zealand (probably because they accidentally broke a local taboo).

Antoine Bruny d’Entrecasteaux Jean François de la Pérouse was born on 23 August 1741 near Albi and became famous during the American War of Independence. In 1785, with the blessing of King Louis XVI, La Pérouse led an expedition around the world consisting of two frigates, the Boussole and the Astrolabe. He explored numerous areas in the Pacific and dropped anchor in Botany Bay near the fledgling colony of Sydney. Tragically, his two vessels were lost in mid 1788 during a storm off Vanikoro, a small island of the Solomon archipelago.

Joseph Antoine Raymond Bruny d’Entrecasteaux est né à Aixen-Provence le 8 novembre 1737. En septembre 1791, il prend la tête d’une expédition composée de deux frégates, La Recherche et L’Espérance, dans le but initial de retrouver Jean François de La Pérouse disparu dans le Pacifique en 1788. Son voyage le conduit à explorer les côtes sud-ouest de l’Australie et sud-est de la Tasmanie. Il meurt du scorbut le 20 juillet 1793 au nord des côtes australiennes.

Joseph Antoine Raymond Bruny d’Entrecasteaux was born in Aix-enProvence on 8 November 1737. In September 1791 he took command of an expedition with two frigates, the Recherche and the Espérance, initially sent to search for Jean François de La Pérouse, who had disappeared in the Pacific in 1788. His voyage led him to explore the southwest coast of Australia and the southeast of Tasmania. He died of scurvy on 20 July 1793 off Australia’s northern coast.


REPÈRES HISTORIQUES | HISTORICAL BENCHMARKS

Jean Michel Huon de Kermadec Jean Michel Huon de Kermadec, né près de Brest le 12 septembre 1748, est entré dans la Marine à l’âge de 17 ans. En 1791, il prend le commandement de L’Espérance, le second navire de l’expédition d’Entrecasteaux partie à la recherche de Monsieur de La Pérouse. Il est à l’origine de nombreuses découvertes géographiques sur la côte sud-est de la Tasmanie comme l’estuaire de la rivière Derwent occupé aujourd’hui par la ville d’Hobart. Il meurt de la tuberculose à Balade (Nouvelle-Calédonie) le 6 mai 1793 et est enterré sur l’île de Poudié.

Jacques Julien Houtou de La Billardière Jean Michel Huon de Kermadec, born near Brest on 12 September 1748, joined the navy at the age of 17. In 1791 he assumed command of the Espérance, the second vessel of the D’Entrecasteaux Expedition sent in search of La Pérouse. Kermadec was responsible for many geographic discoveries in Tasmania’s southeastern coast, including the estuary of the Derwent River, the present site of the city of Hobart. He died of tuberculosis in Balade (New Caledonia) on 6 May 1793 and was buried on the island of Poudié.

Jacques Julien Houtou de La Billardière est né le 28 octobre 1755 à Alençon. Ce botaniste passionné a rapidement l’opportunité de faire un séjour en Angleterre et de travailler avec Sir Joseph Banks sur les herbiers constitués à partir des voyages de James Cook. En 1791, il prend part à l’expédition d’Entrecasteaux durant laquelle il enrichit sa collection de milliers de plantes nouvelles ou mal répertoriées. Durant le voyage de retour, les spécimens botaniques sont confisqués par les Anglais puis restitués après l’intervention de Joseph Banks. La Billardière meurt à Paris le 8 janvier 1834.

Charles François Beautemps-Beaupré

Nicolas Baudin

Charles François Beautemps-Beaupré est né le 6 août 1766 à La Neuville-auPont (dans la Marne). Sa participation à l’expédition D’Entrecasteaux (1791-1794) lui a fait jouer un rôle considérable dans la cartographie de l’Australie et du Pacifique. Connu comme « le père de l’hydrographie moderne », il a produit des cartes de grande valeur pour les marins du monde entier jusqu’à l’utilisation du satellite dans les années 1970. Il est mort à Paris le 16 mars 1854.

Nicolas Thomas Baudin est né à l’île de Ré le 17 février 1754. Marin expérimenté, il obtient en octobre 1800 le commandement d’une mission d’exploration à destination des côtes australiennes. Elle se compose d’une corvette (Le Géographe) et d’une gabare (Le Naturaliste). Le bilan scientifique sera considérable. Jamais aucune expédition n’aura rapporté autant de matière que celle menée par Baudin : plus de 100 000 échantillons et plus de 2 500 espèces nouvelles découvertes par les naturalistes. Il meurt de la tuberculose sur le chemin du retour, à l’Isle de France (l’île Maurice), le 16 septembre 1803.

Charles François Beautemps-Beaupré, born on 6 August 1766 in La Neuvilleau-Pont (in France’s Marne département), contributed enormously to the cartography of Australia and the Pacific region during the D’Entrecasteaux Expedition of 1791-1794. Known as the ‘father of modern hydrography’, he produced maps that were highly valued by sailors around the world until Global Positioning Satellite systems became common in the 1970s. He died in Paris on 16 March 1854.

Jacques Julien Houtou de La Billardière was born on 28 October 1755 in Alençon. This dedicated botanist was fortunate to spend time in England at an early age and to work with Sir Joseph Banks on the herbariums established following James Cook’s voyages. In 1791, he participated in the D’Entrecasteaux Expedition, during which he added thousands of new or poorly classified plants to his collection. On the return voyage the botanical specimens were seized by the English, but released following the intervention of Joseph Banks. La Billardière died in Paris on 8 January 1834.

Nicolas Thomas Baudin was born on the Île de Ré on 17 February 1754. An experienced sailor, he was granted command in October 1800 of a mission to explore the Australian coasts. The expedition consisted of a corvette (the Géographe) and a store-ship (the Naturaliste). The expedition’s scientific findings were impressive. Never has any expedition assembled as much data as that led by Baudin: more than 100,000 samples were collected, and over 2,500 new species were discovered by the naturalists. He died of tuberculosis on the return journey, at Isle de France (Mauritius), on 16 September 1803.


L E S E X P LO R AT E U R S T H E E X P LO R E R S

Emmanuel Hamelin Jacques Félix Emmanuel Hamelin est né à Honfleur le 13 octobre 1768 et mort à Paris le 23 avril 1839. Durant l’expédition Baudin de 1800 à 1804, il commande Le Naturaliste, second navire de la mission. En décembre 1802, Nicolas Baudin le renvoie en France, chargé d’une partie des collectes scientifiques réalisées en début de voyage (plantes et animaux). Il atteint Le Havre le 7 juin 1803. Napoléon Ier le fera baron de l’Empire en 1811, commandeur de la Légion d’honneur, puis grand officier en 1823.

Henri de Freycinet Jacques Félix Emmanuel Hamelin was born in Honfleur on 13 October 1768 and died in Paris on 23 April 1839. He was the captain of the Naturaliste, the second ship of the 1800-1804 Baudin Expedition. In December 1802, Baudin sent him back to France to deliver the scientific collections (plants and animals) made during the first part of the journey. He reached Le Havre on 7 June 1803. He was appointed baron by Napoleon in 1811, as well as commandeur of the Legion of Honour, then grand officier in 1823.

Louis Claude de Freycinet Louis Claude de Saulces de Freycinet est né à Montélimar le 7 août 1779 et mort près de Saulce-sur-Rhône (Drôme) le 18 août 1842. Il est le plus jeune des deux frères Freycinet ayant participé à l’expédition Baudin entre 1800 et 1804. En novembre 1802, Nicolas Baudin lui confie le commandement de la goélette Casuarina, achetée pendant l’escale de l’expédition à Sydney. Il est en outre l’auteur de la première carte traçant tous les contours de l’Australie. Sa propre expédition autour du monde (1817-1820) est marquée par la présence de sa jeune épouse Rose, embarquée clandestinement.

Louis Henri de Saulces de Freycinet est né à Montélimar le 31 décembre 1777. Il est l’aîné des deux frères Freycinet ayant participé à l’expédition Baudin entre 1800 et 1804. En cours de voyage, il devient sur Le Géographe le second de Nicolas Baudin, qui respecte ses talents de navigateur et comptera de plus en plus sur lui lorsque sa santé déclinera. Henri de Freycinet aura ensuite une carrière prestigieuse en tant que gouverneur de La Réunion, de la Guyane française et de La Martinique. Il sera nommé en 1834 préfet maritime de Rochefort, ville où il meurt le 21 mars 1840.

Louis Henri de Saulces de Freycinet, born in Montélimar on 31 December 1777, was the elder of the two Freycinet brothers to sail on the 1800-1804 Baudin Expedition. During the voyage he was appointed second in command to Nicolas Baudin, who respected his navigational skills and relied more and more on him as Baudin’s own health declined. Henri de Freycinet later had a distinguished career, first as governor of Réunion, then of French Guyana and Martinique. In 1834 , he became the chief maritime administrator of Rochefort, where he died on 21 March 1840.

François Péron Louis Claude de Saulces de Freycinet was born in Montélimar on 7 August 1779 and died near Saulce-sur-Rhône (in France’s Drôme département) on 18 August 1842. He was the younger of two brothers accompanying the 1800-1804 Baudin Expedition. In November 1802, Nicolas Baudin granted him command of the schooner Casuarina, purchased during a stopover at Sydney. Freycinet is also the cartographer of the first map to trace all of Australia’s contours. His own expedition around the world (1817-1820) was characterised by the presence of his young wife Rose, who had been embarked secretly.

François Auguste Péron est né le 22 août 1775 et mort le 14 décembre 1810 à Cérilly (dans l’Allier). Après quelques études de sciences naturelles et de médecine, il obtient une place de zoologiste dans l’expédition Baudin de 1800 à 1804 (poussé au voyage par une déception amoureuse). Privé d’un œil, il avait des difficultés à s’orienter en terrain non familier, ce qui lui valut de se perdre à plusieurs reprises pendant les périodes d’exploration en Australie. Malgré une mort précoce à 35 ans, il aura contribué de manière remarquable à la fabuleuse moisson scientifique réalisée pendant l’expédition Baudin.

François Auguste Péron was born on 22 August 1775 and died on 14 December 1810 in Cérilly (in France’s Allier département). After short studies in natural sciences and medicine, he obtained the post of zoologist in the 1800-1804 Baudin Expedition (to escape from a disappointment in love). His limited vision (he was blind in one eye) made orientation difficult in unfamiliar terrain, and consequently Péron became lost several times when exploring the Australian landscape. Despite his early death at the age of 35, he contributed enormously to the fabulous scientific collection gathered during the Baudin Expedition.


REPÈRES HISTORIQUES | HISTORICAL BENCHMARKS

Charles Alexandre Lesueur Charles Alexandre Lesueur est né le 1er janvier 1778 au Havre. À 22 ans, il est engagé comme assistant artilleur sur Le Géographe. Nicolas Baudin lui confie en outre l’illustration de son journal personnel. Lorsque les artistes officiels de l’expédition, Milbert, Lebrun et Garnier, désertent à l’Isle de France (l’île Maurice), en avril 1801, Baudin lui donne l’opportunité de travailler aux côtés du zoologiste François Péron. Au cours de ce voyage, Lesueur devient un dessinateur naturaliste de grand talent, constituant une collection d’œuvres exceptionnelles sur les populations aborigènes et la faune australienne. Il passera ensuite plus de vingt ans en Amérique avant de rentrer au Havre et de contribuer à la naissance du Muséum d’histoire naturelle de la ville (début 1846). Il meurt à SainteAdresse le 12 décembre 1846.

Nicolas Martin Petit Charles Alexandre Lesueur was born on 1 January 1778 in Le Havre. At the age of 22, he was engaged as an assistant gunner on the Géographe. He was also assigned by Nicolas Baudin to illustrate his personal journal. When the official artists, Milbert, Lebrun and Garnier abandoned the expedition at Isle de France (Mauritius) in April 1801, Baudin gave him the opportunity to work with the zoologist François Péron. During the voyage, he became a talented illustrator and naturalist, creating a collection of outstanding works on Aboriginal populations and Australia’s fauna. Later, he spent more than twenty years in America, before helping to create the Museum of Natural History at Le Havre in early 1846. He died in SainteAdresse on 12 December 1846.

Pierre Bernard Milius Pierre Bernard Milius est né à Bordeaux le 4 janvier 1773. En 1800, il prend part à l’expédition Baudin en tant que commandant en second d’Emmanuel Hamelin sur Le Naturaliste. Malade, il est laissé à Port Jackson en 1802, mais parvient à obtenir un passage sur un navire américain en partance pour Canton. Après une longue odyssée, il finit par rejoindre l’Isle de France (l’île Maurice) et retrouver l’expédition sur le chemin du retour vers la France. C’est là que Nicolas Baudin succombe en septembre 1803. Milius, profitant alors de son grade plus élevé que celui d’Henri de Freycinet, prend le commandement du Géographe pour la dernière partie du voyage. Il meurt à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) le 11 août 1829.

Nicolas Martin Petit est né en juin 1777 à Paris. Après un séjour dans les ateliers du peintre David, il connaît sur Le Géographe un destin similaire à celui de Charles Alexandre Lesueur : engagé au départ comme assistant artilleur, Nicolas Baudin lui donne sa chance après la désertion des artistes officiels de l’expédition à l’Isle de France (l’île Maurice), en avril 1801. Il assistera Charles Alexandre Lesueur et s’illustrera grâce à des portraits d’Aborigènes particulièrement touchants, réalisés en Tasmanie et à Port Jackson (Sydney). Il survit au scorbut, mais meurt en octobre 1804 de la gangrène, après un accident à Paris impliquant une calèche. Ses œuvres sont intégrées à la collection Lesueur au Muséum d’histoire naturelle du Havre.

Nicolas Martin Petit was born in June 1777 in Paris. After a period in the studios of the artist Jacques Louis David, he experienced a similar destiny to that of Charles Alexander Lesueur on the

Géographe: Petit was engaged initially as an assistant gunner, but Nicolas Baudin made him an official illustrator after the designated artists deserted the expedition at Isle de France (Mauritius), in April 1801. Petit assisted Lesueur and became famous thanks to his moving portraits of the Aborigines, which he drew in Tasmania and at Port Jackson (Sydney). He survived scurvy, but died in October 1804 of gangrene, after an accident in Paris involving a carriage. His works form part of the Lesueur Collection at the Museum of Natural History in Le Havre.

Rose de Freycinet Pierre Bernard Milius was born in Bordeaux on 4 January 1773. In 1800, he participated in the Baudin Expedition as second in command to Emmanuel Hamelin on the Naturaliste. Because of illness, he left the expedition at Port Jackson in 1802, but managed to obtain a passage on an American vessel bound for Canton. After a long odyssey, he finally reached Isle de France (Mauritius) and rejoined the expedition on its return journey to France. After Baudin’s death there in September 1803, Milius, benefitting from his more senior rank to Henri de Freycinet, assumed command of the Géographe for the last part of the voyage. He died in Bourbonneles-Bains (in France’s Haute-Marne département) on 11 August 1829.

Rose Marie Pinon est née le 29 septembre 1794 à Saint-Juliendu-Sault (Yonne). Elle devient l’épouse de l’explorateur Louis Claude de Freycinet et lorsqu’en 1817, celui-ci se lance pour son voyage autour du monde, elle embarque discrètement sur le navire de son mari, L’Uranie, habillée en marin. Les autorités sont scandalisées, mais l’attitude exemplaire de son époux lors du naufrage de l’expédition aux îles Malouines, en février 1820, permet à Freycinet d’échapper à la censure. Elle serait la première Française à avoir écrit un récit de son voyage autour du monde. Elle meurt à Paris le 7 mai 1832, à l’âge de 37 ans. 

Rose Marie Pinon was born on 29 September 1794 in Saint-Juliendu-Sault (in France’s Yonne département). She married the explorer Louis Claude de Freycinet, and, when he left for his own voyage around the world in 1817, she discreetly boarded her husband’s vessel, the Uranie, dressed as a sailor. The naval authorities were scandalised, but because of his exemplary leadership during his shipwreck at the Falkland Islands in February 1820, Freycinet escaped censure. Rose would be the first Frenchwoman to write an account of her voyage around the world. She died aged 37 in Paris on 7 May 1832.


LES EXPÉDITIONS THE EXPEDITIONS s ue luq s Mo ucca l Mo

va

/

Amboine Ambo n

Ja

Timor

Kupang

Melville Island

/

/

Cassini Island

W ce M a u ri ti u s M a u ri

D

TE

R

R

T E RR D ’A R N H

E

E

IT

T

L’expédition Baudin Parmi toutes les expéditions françaises

ayant participé à l’exploration de l’Australie, le voyage aux Terres australes de 1800-1804, sous le commandement de Nicolas

/

Baudin, occupe une place toute particulière.

/

Le Géographe et Le Naturaliste, les deux

/

principaux navires de la mission, sont

Dirk Hartog Island /

T ERR E D’ END RAC H T

revenus en France chargés d’une moisson

scientifique incomparable. À cette collecte

Shark Bay

est venue s’ajouter une fabuleuse collection de dessins naturalistes. Un bilan qui,

/

pour autant, ne permettra jamais à

ce voyage hors du commun de trouver

T ERR E D’ EDELS

Maurice Mauritiu s

Rottnest Island

Swan River

une juste reconnaissance. E RR E T

T ERR E DE LEUWI N

/

/

Mau r ic e Mau r it iu s

Geographe Bay Cape Leeuwin King George Sound

M au ri ce M au ri ti us Cap

de Bon ne eo Esp fG éran ood ce Cap Hop de e Bon Cap ne eo E s péra f Go nce od Hop e Cap

16

Îles Kerguele n Kerguele n Islands

/

Esperance Bay

e rc h Reche elago A rc h i p

DE

YTS NU Cape Adieu Nuyts Archipelago

u s t ra l i a n B i g h t G re a t A


REPÈRES HISTORIQUES | HISTORICAL BENCHMARKS

Sa

m

oa

R E H E M

o or

E

Va n

ik

CA R P E N

N

The Baudin Expedition

U

uv ell eCa C led aléd on on ia ie

O

Amongst all the French expeditions that

V E

participated in the exploration of Australia,

L

the 1800-1804 voyage to the Southern Lands,

No

L

L L E S G A

the Naturaliste, the two main vessels of the expedition, returned to France with an unparalleled scientific harvest; added to this collection was a fabulous set of naturalist drawings. Despite these great achievements,

D U

this extraordinary voyage never received its just recognition.

R

Pet

S U D

TE R

To n

ga

-

occupies a special place. The Geographe and  

Ne

E

under the command of Nicolas Baudin,

w

D

A

E

T

R

R

E

IE

T

R

ro p

av l

osk

/

E /

N

A P /

O

Spencer Gulf

Sydney - Port Jackson

L

Botany Bay

O

Gulf St Vincent

É

Port Lincoln

N

Encounter Bay /

/ /

Kangaroo Island

nde éla e -Z ve l l and eal Z New

Gé og ra ph e

/

/

Nou

King Island

Bass Strait

/

C ap H or n C ap e H or n

TERRE DE DIEMEN

Maria Island /

/

/ /

/ /

/

/

/

Bruny Island D’Entrecasteaux Channel

300 km


L A TERRE D ’ E N D RA C H T

WESTERN AUSTRALIA [GA SCOYNE COA ST]

En 1616, le capitaine hollandais Dirk Hartog visite la côte

occidentale de l’Australie et laisse sur l’île qui porte aujourd’hui son nom, à l’ouest de Shark Bay, une plaque d’étain gravée

témoi gnant de son passage. L’appellation Eendrachtsland (terre d’Endracht) relative au nom du navire d’Hartog,

l’Eendracht, désigne une région côtière s’étendant de la ville d’Exmouth à l’extrémité sud de Shark Bay. Trois expéditions

françaises ont fréquenté ces rivages lors de leurs haltes dans les eaux de Shark Bay : celle de Saint-Aloüarn en 1772, de Nicolas

Baudin en 1801 et 1803, ou encore de Louis Claude de Freycinet

In 1616, the Dutch Captain Dirk Hartog sailed along the western coast of Australia and left on the island, which today bears his name, to the western side of Shark Bay, an engraved pewter plate to record his visit. The name of Eendrachtsland (Endracht’s Land) acknowledges Hartog’s vessel (the Eendracht) and refers to the coastal area extending from the town of Exmouth to the southern limits of Shark Bay. Three French expeditions visited these shores during stopovers in the waters of Shark Bay: Saint-Aloüarn in 1772, Nicolas Baudin in 1801 and 1803, and Louis Claude de Freycinet in 1818.

en 1818.

18

L O U I S C L AU D E D E F R E YC I N E T E T P I E R R E F AU R E , Carte de la Baie des Chiens-

Marins, terre d’Endracht, 1801 et 1803, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 778404.

L ou is Cl au de de Freycinet and Pierre Fau r e , Chart of “Baie des ChiensMarins” (Shark Bay), Endracht’s Land. Canberra, National Library of Australia, inv. 778404.


19


25° 47´ 35´´ de lat.S et 113° 43´ 09.70´´ de long. E

« Dans l’enfoncement que fait la baie des Chiens-Marins au sud-est, il [existe ?] une infinité d’endroits qui offrent des abris aussi assurés que commodes pour des bâtiments du commerce de moyenne grandeur et qui ne tireraient pas plus de douze pieds d’eau. Ils y seraient tellement à l’abri de tous les vents qu’ils n’auraient rien à craindre. Ce lieu mériterait peut-être d’être habité si on le voyait comme un lieu propice pour la pêche de la baleine, seul commerce sur cette côte qui puisse offrir un avantage qui n’est pas à négliger. Je suis persuadé que c’est par politique si les Hollandais ne nous en ont pas donné un plan plus correct que celui indiqué par leurs cartes. » Nicolas Baudin – Baie des Chiens-Marins, mars 1803

“In the south-east inlet of Shark Bay there is an infinite number of places offering havens (as secure as they are roomy) for medium-sized trading vessels drawing no more than 12 feet of water. They would be so sheltered there from all winds that they would have nothing to fear. This place would possibly be worth settling, if one considered it a suitable area for whaling–the only commercial activity on this coast presenting advantages that should not be overlooked. I am convinced that the Dutch had their reasons for not giving us a more accurate plan of it than the one on their charts.” Nicolas Baudin — Shark Bay, March 1803

Réplique d’un trois-mâts goélette du XIXe siècle ancré au large de la Peron Peninsula, Shark Bay (la baie des Chiens-Marins pour les Français du XIXe siècle), Australie-Occidentale.

Replica of a 19th-century threemasted barquentine anchored off the Peron Peninsula, Shark Bay (called Baie des Chiens-Marins by the French in the 19th century), Western Australia.


LA TERRE D'ENDRACHT

U

W E S T E R N A U S T R A L I A | GA S C OY NE C OA S T

CAPE PERON Il existe deux lieux nommés Cape Peron en Australie-Occidentale :

There are two locations named Cape Peron in Western Australia: this

celui-ci marque l’extrémité de la péninsule du même nom, à Shark

one is at the tip of Peron Peninsula in Shark Bay; the other (often called

Bay ; l’autre, souvent appelé Point Peron, se trouve au sud de Perth.

Point Peron) is south of Perth. Both were named to acknowledge François

Les deux furent nommés en hommage à François Péron, le jeune

Péron, the young zoologist on the Géographe, whose limited sight—he was

zoologiste embarqué sur Le Géographe. Sa vue limitée (il était borgne)

blind in one eye—often made it difficult for him to orient himself in unfami-

faisait qu’il avait souvent des difficultés à s’orienter dans un environ-

liar terrain. Despite this infirmity, Péron’s enthusiasm and keen intelligence

nement inhabituel. Malgré cette infirmité, son enthousiasme et sa

enabled him to make an enormous contribution to the incomparable scien-

vive intelligence lui permirent de contribuer de manière conséquente

tific collection achieved during the Baudin Expedition to southern waters

à l’incomparable moisson scientifique réalisée lors de l’expédition

between 1800 and 1804.

Baudin aux Terres australes entre 1800 et 1804.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , ou Ni colas M arti n P eti t, Huttes aborigènes (probablement dans le secteur de Cape Peron), baie des Chiens-Marins, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 16033.

30

Ch a rles Alexa ndre Lesu eur or Nicola s M a rtin P etit, Aboriginal Huts (probably near Cape Peron), Baie des Chiens-Marins (Baudin Expedition, 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 16033.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Vue de Cape Peron à la pointe de Peron Peninsula, Shark Bay (la baie des Chiens-Marins pour les Français du XIXe siècle), Australie-Occidentale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

View of Cape Peron at the tip of Peron Peninsula, Shark Bay (called Baie des Chiens-Marins by the French in the 19th century), Western Australia.

31


LA TERRE DE DIEMEN

Cette grande île montagneuse du sud-est de l’Australie,

coincée entre les 40 et 43 parallèles, est signalée pour la pree

e

TA S M A N I A

This large mountainous island southeast of mainland Australia, squeezed between the 40th and 43th parallels, was first reported in 1642

mière fois en 1642 par le navigateur hollandais Abel Janszoon

by the Dutch sailor, Abel Janszoon Tasman, who named it Van Diemensland

l’honneur du gouverneur général des Indes orientales néerlan-

East Indies. In March 1772 the French captain, Marion-Dufresne, anchored

Tasman. Il la nomme Van Diemensland (terre de Van Diemen), en

(Van Diemen’s Land) to honour the then Governor General of the Dutch

daises de l’époque. En mars 1772, le Français Marion-Dufresne

in southeast Tasmania and experienced an unprecedented encounter with

vient mouiller au sud-est de l’île et établit un contact inédit avec les Aborigènes locaux. Antoine Bruny d’Entrecasteaux en

1772 et 1773, puis Nicolas Baudin en 1802, trouveront le long de

cette côte quantité de ports naturels abrités, des lieux de ravi-

the local Aboriginal people. Antoine Bruny d’Entrecasteaux in 1792 and 1793, then Nicolas Baudin in 1802, found many natural sheltered bays and fresh supplies along this coast, as well as much to study amongst the indigenous populations, the fauna, flora and minerals.

taillement ainsi que de riches sujets d’étude sur les populations indigènes, la faune, la flore ou encore les minéraux.

40

CHARLES FRANÇOIS B E AU T E M P S -B E AU P R É ,

Carte du Canal D’Entrecasteaux, côte sud-est de la terre de Diemen, 1792-1793, Canberra, National Library of Australia, inv. 2439328.

Char l e s F r an ç o is B e au te mp s-B e au p r é , Chart of D’Entrecasteaux Channel, south-east coast of Van Diemen’s Land, 1792-1793. Canberra, National Library of Australia, inv. 2439328.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

41


42


43° 36´ 40.98´´ de lat. S et 146° 49´ 25´´ de long. E

« La nature, dans toute sa vigueur, et tout à la fois dans un état de dépérissement, offre, il semble, à l’imagination quelque chose de plus imposant et de plus pittoresque que la vue de cette même nature embellie par l’industrie de l’homme civilisé : voulant n’en conserver que les beautés, il en a détruit le charme ; il lui a fait perdre ce caractère qui n’appartient qu’à elle, d’être toujours ancienne et toujours nouvelle. » Antoine Bruny d’Entrecasteaux – Terre de Diemen, avril 1792

“Nature in all its vigour and, at the same time in a state of decay, seems to offer to the imagination something more majestic and picturesque than the sight of that same nature embellished by civilised man’s works: by wishing to preserve nature’s beauties, he has destroyed its charm; he has caused it to lose the distinctive feature that belongs only to nature, that of being always old and yet always new.” Antoine Bruny d’Entrecasteaux — Van Diemen’s Land, April 1792

Déferlantes devant le South East Cape, Tasmanie.

Breaking waves in front of South East Cape, Tasmania.


LA TERRE DE DIEMEN

U

TA S M A N I A

CAPE RAOUL Le nom de ce cap, à la pointe méridionale de la péninsule de Tasman,

The name of this cape, on the south tip of the Tasman Peninsula,

rend hommage à Joseph François Raoul et son jeune frère Ange Marie

acknowledges Joseph François Raoul and his younger brother, Ange Marie

Aimé Raoul, respectivement chef timonier et second pilote sur La

Aimé Raoul, chief helmsman and second pilot respectively on D’Entrecas-

Recherche de d’Entrecasteaux. Les qualités de marins des deux frères

teaux’s Recherche. The sailing skills of the two brothers were extremely

furent très utiles aux scientifiques de l’expédition pour réaliser leurs

useful to the scientists of the expedition, enabling them to achieve their

précieux relevés cartographiques. Ce profil de côte, dessiné par Charles

impressive mapping. This coastal profile, drawn by Charles Alexandre

Alexandre Lesueur lors du passage de Nicolas Baudin, décrit entre

Lesueur during Nicolas Baudin’s voyage, illustrates, among other things,

autres les dramatiques falaises de l’extrémité sud de la péninsule,

the imposing cliffs of the extreme southern point of the peninsula,

devenues un lieu de randonnée très couru pendant les mois d’été.

which are now a very popular walking destination for tourists during the summer months.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Quatre profils de côtes

incluant le sud de la presqu’île Tasman, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 18027. 60

Ch a rles Alexa ndre Lesueur, Four coastal profiles including the south of Tasman Peninsula (Baudin Expedition 18001804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 18027.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Vue de Cape Raoul, à la pointe sud de la Tasman Peninsula, Tasmanie.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

View of Cape Raoul, at the southern tip of Tasman Peninsula, Tasmania.

61


LA TERRE DE DIEMEN

U

TA S M A N I A

N O RT H W E S T B AY

Tel un cul-de-sac, cette baie ferme le canal

Like a cul-de-sac, this bay forms the north-

D’Entrecasteaux dans son extrémité nord-

west end of D’Entrecasteaux Channel. The

ouest. Les deux grandes expéditions fran-

D’Entrecasteaux and Baudin Expeditions both

çaises dans la région (D’Entrecasteaux et

drew upon the abundant reserves of fish, crus-

Baudin) ont puisé dans ses réserves abon-

taceans and shellfish in this region. Shellfish

dantes en poissons, crustacés et coquillages.

had important advantages for ocean-going

Les coquillages avaient des vertus pré-

sailors at that time. Deprived of essential vita-

cieuses pour les marins au long cours de

mins after months of sailing, they found that

cette époque. Après des mois de naviga-

shellfish were easy to gather and possessed

tion, privés des vitamines essentielles, ils

valuable nutritive qualities. And if consumed

trouvaient en eux une nourriture facile

in sufficient quantities, they could assist in a

à ramasser et aux qualités nutritives par-

speedy recovery from scurvy. In early 1802 the

ticulièrement intéressantes. Une consom-

French captains Nicolas Baudin and Emma-

mation suffisamment généreuse pouvait

nuel Hamelin sheltered at North West Bay to

contribuer à faire reculer le scorbut rapi-

take advantage of its resources. They then

dement. Au début de l’année 1802, les

separated for several months before meeting

capitaines Nicolas Baudin et Emmanuel

again at Port Jackson.

Hamelin se sont abrités à North West Bay pour profiter de ses ressources. Ils se sont ensuite séparés pendant plusieurs mois avant de se retrouver à Port Jackson.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Coquillage

62

Ch a rles Alexa ndre Lesueur, Shellfish (Phasianella

( Phasianella australis), port du NordOuest, terre de Diemen, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 72059.

australis), North West Bay, Van Diemen’s Land, (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 72059.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Coquillage

Ch a rles Alexa ndre Lesueur, Shellfish (Bassina

(Bassina disjecta), port du Nord-Ouest, terre de Diemen, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 72067.

disjecta), North West Bay, Van Diemen’s Land, (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 72067.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Labyrinthe de sable tracé par le déplacement de coquillages sur un rocher de North West Bay (le port du Nord-Ouest pour les Français des XVIIIe et XIXe siècles), Tasmanie.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Labyrinth of sand made by shellfish moving on a rock at North West Bay, Tasmania.

63


LA TERRE DE DIEMEN

U

TA S M A N I A

CAPE TOURVILLE

Ce cap escarpé porte le nom du célèbre amiral de Tourville qui combattit les Anglais pour Louis XIV à la fin du

e

This rugged cape bears the name of the famous Admiral de Tourville,

siècle. Le phare, à sa

who fought the English on behalf of King Louis XIV, in the late 17th century.

pointe, prévient les bateaux de la présence d’îlots et rochers traîtres

The lighthouse on the cape’s tip warns ships of the treacherous islets and

plantés à l’entrée nord de la baie Thouin, antichambre de l’éblouis-

rocks at the northern entrance of Thouin Bay, antechamber to the stunning

sante Wineglass Bay. Les profils de côtes réalisés couramment lors des

Wineglass Bay. The coastal profiles, drawn up during the great eighteenth-

grandes expéditions des

e

siècles apportaient des informa-

and nineteenth-century sea voyages, provided valuable information for

tions utiles à la navigation et la cartographie. Tels des clichés docu-

both navigation and cartography. Like photographs, they recorded the

mentaires, ils rapportaient également l’atmosphère des lieux, avec

atmosphere of those locations with certain evocative details; for example,

certains détails évocateurs. Les nombreux feux aborigènes, claire-

the numerous Aboriginal fires that are clearly visible in profiles 3 and 4,

ment visibles sur les profils 3 et 4, ont forcément marqué les esprits

must surely have made a strong impression on the sailors on the Géographe

XVIII

et

e

XVII

XIX

des marins du Géographe lorsqu’ils naviguaient au large.

CHARLES ALEXANDRE LESUEUR ET / OU N I C O L A S M A RT I N P E T I T ,

72

Quatre profils de côtes, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 18030-1.

De haut en bas : 1. Entrée de la baie Thouin (Wineglass Bay) encadrée par les caps Forestier et Tourville ; 2. Côte est de Diemen au niveau du Pic d’Arcole et du piton Champagny ; 3 & 4. L’île Schouten.

as they sailed by.

Ch a rles Alexa ndre Lesu eur a nd / or Nicola s-M a rtin P etit, Four coastal profiles, (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 18030-1.

From top to bottom: 1. Entrance of Baie Thouin (Wineglass Bay) surrounded by Cape Forestier and Cape Tourville; 2. East coast of Van Diemen’s Land including Pic d’Arcole and Piton Champagny; 3 & 4. Schouten Island.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Vue de Cape Tourville à l’entrée de Wineglass Bay, Tasmanie.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

View of Cape Tourville at the entrance of Wineglass Bay, Tasmania.

73


LA NOUVELLEGALLES NEW SOUTH DU SUD WA L E S

En 1770, James Cook est le premier Européen à faire état

d’un accostage à l’est de la Nouvelle-Hollande (l’Australie). Il remonte cette côte du sud au nord et donne à l’immense

territoire qu’elle délimite le nom de Nouvelle-Galles du Sud.

Jean François de La Pérouse sera quant à lui le premier Français à aborder la Nouvelle-Galles du Sud, en janvier 1788. Il est auto-

risé par le gouverneur Arthur Phillip, venant de débarquer avec la Première flotte, à stationner à Botany Bay. Durant ce séjour, l’Anglais fonde la colonie de Sydney, quelques kilomètres plus

au nord. En 1802, le troisième gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud, Philip Gidley King, accueillera à Sydney les membres

de l’expédition Baudin pour plusieurs mois d’escale, permet-

In 1770, James Cook was the first European to report landing on the east coast of New Holland (Australia). He sailed along this coast from south to north and named this enormous territory ‘New South Wales’. Jean François de La Pérouse was the first French captain to visit New South Wales in January 1788. Governor Arthur Phillip, who had only just arrived with the First Fleet, granted permission for the French vessels to anchor in Botany Bay. During their stopover, the Englishman established the colony of Sydney just a few kilometres to the north. In 1802, the third Governor of New South Wales, Philip Gidley King, welcomed to Sydney the members of the Baudin Expedition for several months, allowing the French scientists to thoroughly explore the region.

tant aux scientifiques français d’effectuer de nombreuses recherches dans la région. 86

CHARLES ALEXANDRE LESUEUR ET CHARLES PIERRE BOULLANGER,

Plan de la ville de Sydney, Nouvelle-Galles du Sud, 1802, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 16074-2.

Char l e s A l e xan dr e L e su e u r an d Char l e s Pie r r e B ou l l an ge r , Map of Sydney, New South Wales, 1802, drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 16074-2.


87


Vue de Botany Bay, au sud de Sydney (dernière escale de Jean François La Pérouse en 1788 avant la disparition de son expédition au large de Vanikoro – îles Salomon), Nouvelle-Galles du Sud.

View of Botany Bay, south of Sydney (the last stopover of Jean François La Pérouse in 1788 before his expedition disappeared at Vanikoro, Solomon Islands), New South Wales.


LA NOUVELLE-GALLES DU SUD

U

N E W S O U T H WA L E S

P O RT J AC K S O N

L’arrivée à Port Jackson du Géographe de Nicolas Baudin en juin 1802

The arrival of Nicolas Baudin’s Géographe into Port Jackson in June 1802

fut loin d’être triomphale. Malade et épuisé après des mois de navi-

was far from triumphal. Fatigued and ill from many months of sailing in

gation dans la forte houle des mers du Sud, son équipage était sévère-

stormy southern waters, his crew was severely depleted. It was appa-

ment diminué. Ce serait le jeune capitaine et explorateur anglais

rently the young English captain and explorer, Matthew Flinders, who sent

Matthew Flinders qui aurait envoyé des hommes pour aider la corvette

some of his sailors to assist the French corvette in negotiating the difficult

à négocier l’entrée délicate du Port Jackson et trouver un mouillage

entrance to Port Jackson and in finding a suitable anchorage in the har-

convenable dans la baie. Les Français furent autorisés à établir leur

bour. The French were granted permission to set up camp at Bennelong

campement à Bennelong Point (autrefois Cattle Point). Ce site parti-

Point (formerly Cattle Point). This beautiful location is now home to the

culier correspond à l’emplacement de l’actuel Opéra de Sydney, mon-

internationally famous Sydney Opera House, whose soaring roof repre-

dialement connu, et dont les toits pointus symbolisent les voiles des

sents the numerous sails on Sydney Harbour.

nombreux navires présents dans la rade.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Campement de

90

l’expédition Baudin à Cattle Point (aujourd’hui Bennelong Point), Sydney Cove, Port Jackson, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 16063-1.

Ch a rles Alexa ndre Lesueur, The Baudin Expedition’s camp at Cattle Point (today’s Bennelong Point), Sydney Cove, Port Jackson (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 16063-1.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

L’Opera House à Bennelong Point, Sydney Cove, Sydney, Nouvelle-Galles du Sud.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

The Sydney Opera House at Bennelong Point, Sydney Cove, Sydney, New South Wales.

91


LA NOUVELLE-GALLES DU SUD

U

N E W S O U T H WA L E S

SYDNEY The British colony at Sydney did not have an easy

La colonie britannique de Sydney a connu des

start. Its principal aim had been to accommodate,

débuts difficiles. Elle était principalement des-

as far as possible from Europe, the convicts from

tinée à accueillir, loin de l’Europe, les détenus

the United Kingdom’s overflowing prisons. Never-

dont le Royaume-Uni ne savait que faire, tant ses

theless, the men of the Baudin Expedition were

prisons étaient pleines. Toutefois, les hommes de

l’expédition

Baudin

furent

étonnés

amazed to see the progress of this young city and

de

delighted by the European atmosphere it radiated,

l’avancée de cette jeune cité et charmés par l’at-

only 14 years after its inception. During their stay,

mosphère européenne qu’elle dégageait, seule-

the artists Charles Alexandre Lesueur and Nicolas

ment quatorze ans après sa création. Lors de cette

Martin Petit accumulated an extraordinary collec-

escale, les artistes Charles Alexandre Lesueur

tion of drawings. The scenes of daily life and the por-

et Nicolas Martin Petit accumulèrent une col-

traits of the Aborigines are delicately executed and

lection extraordinaire de dessins. Les scènes de vie et portraits d’Aborigènes réalisés à Port Jackson par Nicolas Martin Petit sont d’une grande délicatesse. Ils sont d’ailleurs souvent reconnaissables aux morceaux de tissus anglais qui apparaissent dans la chevelure de certains modèles, le Port Jackson étant en 1802 le seul

are often recognizable by the pieces of English cloth wound into the hair of some of the models, as Port Jackson in 1802 was the only point of contact between the British colonists and the Aboriginal people, who did not produce any weaving.

point de contact entre les colons britanniques et les populations aborigènes, qui ne produisaient pas de tissages.

94

N I C O L A S M A RT I N P E T I T , Nicola s M a rt in P et it, Mororé, Aborigène du Port Jackson, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 20038-2.

“Morore”, Aborigine from Port Jackson (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 20038-2.

N I C O L A S M A RT I N P E T I T , Nicola s M a rt in Pe tit, Couple d’Aborigènes transportant du feu à bord de leur pirogue, Port Jackson, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 20025-1.

Aboriginal couple transporting fire in their canoe, Port Jackson (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 20025-1.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Vue de la baie de Sydney (Port Jackson) au niveau de Sydney Cove, Nouvelle-Galles du Sud.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

View of Sydney Harbour (Port Jackson) in the Sydney Cove area, New South Wales.

95


L’ Î L E K I N G KING ISLAND

Cette île du détroit de Bass, au nord-ouest de la Tasmanie,

porte le nom du troisième gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud, Philip Gidley King. Depuis l’arrivée des Européens, ses

rivages, battus fréquemment par les vents des « Quarantièmes

Rugissants », auraient provoqué plus de soixante naufrages. En 1802, les scientifiques de l’expédition Baudin y feront escale, la décrivant comme un sanctuaire animalier, riche en espèces

inconnues. Les importantes colonies d’éléphants de mer du

Sud, observées par les Français lors de leur passage, auront

pratiquement disparu quelques décennies plus tard, victimes

This island in Bass Strait, northwest of Tasmania, was named to acknowledge the third Governor of New South Wales, Philip Gidley King. Since the arrival of Europeans, its shores, frequently battered by the prevailing winds called ‘Roaring Forties’, have caused at least sixty shipwrecks. In 1802, the scientists of the Baudin Expedition dropped anchor there, describing King Island as a haven for many unusual animals. The large colonies of Southern elephant seals observed by the French during their visit almost disappeared several decades later, victims of intensive hunting.

d’une chasse intensive.

98

P I E R R E F AU R E ,

Plan de l’île King, 1802, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 710285.

Pie r r e Fau r e , Map of King Island, 1802, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. 710285.


99


L’ Î L E K I N G

U

KING ISLAND

KING ISLAND Les scientifiques français avaient déjà commencé l’étude de cette

The French scientists had already begun their observations on this wind-

île balayée par les vents, accumulant les observations d’animaux plus

swept island, noting that each animal seemed more surprising than the

surprenants les uns que les autres, lorsqu’une lettre apportée par le

one before, when a letter from the English vessel, the Cumberland, was deli-

navire anglais Cumberland fut délivrée au commandant Baudin. Elle

vered to Captain Baudin. It was from Governor King, mentioning a rumour

émanait du gouverneur King et faisait état de propos d’un membre

emanating from an unspecified person on the Géographe, about “the French

non spécifié du Géographe circulant à Port Jackson : une rumeur sur

intention to establish a colony in Tasmania”. Nicolas Baudin—not knowing

« l’intention française d’établir une colonie en Tasmanie ». Nicolas

that François Péron was the source of this unfounded assertion—was

Baudin fut bouleversé par ce malentendu (ignorant que François Péron

distressed at this misunderstanding; he had been warmly received by the

était à l’origine de cette affirmation infondée), alors qu’il venait d’être

English Governor and had made it clear to him that his orders were merely

reçu avec beaucoup de cordialité par le gouverneur anglais et qu’il lui

to update his charts of the region. A few days later, he wryly recorded in his

avait clairement indiqué que ses instructions se limitaient à mettre

journal that an English flag had been hung out on the beach, presumably as

à jour leurs cartes de la région. Il nota avec ironie dans son journal,

a clear message that this island belonged to the English.

quelques jours plus tard, qu’un drapeau anglais avait été hissé sur la plage, comme pour montrer que l’île était un territoire britannique.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Ornithorynques

(Ornithorhynchus anatinus), île King ou terre de Diemen, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 80034-1. 100

Ch a rles Alexa ndre Lesu eur, Platypus (Ornithorhynchus anatinus), King Island or Van Diemen’s Land (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 80034-1.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Cours d’eau débouchant sur la plage de Sea Elephant Bay, King Island, Tasmanie.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Creek ending at Sea Elephant Bay, King Island, Tasmania.

101


L’ÎLE AUX K ANGOUROUS K A N G A R O O ISLAND [ÎLE DECRÈS]

En 1802, l’explorateur anglais Matthew Flinders découvre

cette île du sud de l’Australie située non loin de l’actuelle cité

d’Adélaïde. Il la nomme Kangaroo Island (île aux Kangourous). Peu de temps après, lors d’une rencontre fortuite avec Nicolas

Baudin, il indique au capitaine français la position de l’île aux Kangourous et lui fait part de certaines de ses observa-

tions. L’expédition Baudin fera deux passages dans les eaux de cette île (en 1802 et 1803), le second étant celui de l’explora-

In 1802, the English explorer Matthew Flinders discovered this island to the south of Australia, not far from the present city of Adelaide. He named it Kangaroo Island. Shortly afterwards, during a chance meeting with Nicolas Baudin, he pointed out to the French captain the position of the island and shared certain observations with him. The Baudin Expedition made two stopovers on the shores of this island (in 1802 and 1803), carrying out a more thorough exploration during the second visit. On the charts com-

tion la plus poussée. Sur les cartes établies après le retour en

pleted after the return of the expedition to France, Louis Claude de

Péron l’appelleront « Île Decrès », souhaitant honorer Denis

Decrès, one of Napoleon Bonaparte’s respected officers.

France de l’expédition, Louis Claude de Freycinet et François

Freycinet and François Péron named it Île Decrès, in honour of Denis

Decrès, officier de marine estimé de Bonaparte.

106

L O U I S C L AU D E ET LOUIS HENRI D E F R E YC I N E T ET CHARLES PIERRE BOULLANGER,

Plan de l’île Decrès (île aux Kangourous), 1802-1803, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 789276.

L ou is Cl au de , L ou is H e n r i de F r e yc in e t an d Char l e s Pie r r e B ou l l an ge r , Map of Ile Decrès (Kangaroo Island), 1802-1803, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. 789276.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

107


L’ Î L E A U X K A N G O U R O U S | Î LE D ECRÈS

U

KANGAROO ISLAND

E N C O U N T E R B AY On peut imaginer l’étonnement de Nicolas Baudin, le 8 avril 1802,

One can only imagine Nicolas Baudin’s astonishment on 8 April 1802,

lorsqu’il constata que le trois-mâts apparaissant dans cette baie de l’Aus-

when a three-masted vessel that appeared in this South Australian bay

tralie-Méridionale n’était pas Le Naturaliste (son navire équipier) mais la corvette anglaise The Investigator. Sa stupéfaction augmenta encore quand

turned out not to be his sister ship, the Naturaliste, but the English sloop, the Investigator. Baudin could hardly believe it when the Investigator enquired if

The Investigator demanda si le commandant du bateau français était bien

Captain Baudin was the commander. This encounter was less of a surprise

le capitaine Baudin. La surprise fut moins forte pour le capitaine Mat-

for captain Matthew Flinders, who had been informed of Baudin’s mission

thew Flinders qui avait été informé de la mission française avant de

before he left Britain. Both captains courteously compared their maps, as

quitter la Grande-Bretagne. Les deux marins comparèrent leurs relevés

Flinders had already mapped sections of the southwest coast of the Aus-

avec courtoisie, Flinders ayant déjà cartographié certaines parties du

tralian continent and of nearby Kangaroo Island. This meeting bestowed

sud-ouest du continent ainsi que la voisine Kangaroo Island. Une ren-

its name on this bay in southern Australia. Baudin died at Mauritius on

contre qui allait donner son nom à cette encoche du sud de l’Australie.

16 September 1803. Had he lived just a few months longer, until Matthew

Nicolas Baudin est mort le 16 septembre 1803 à l’Isle de France (île Mau-

Flinders stepped ashore at this Indian Ocean port, he may have been able

rice). Il est fort probable que, s’il avait survécu quelques mois de plus,

to prevent Flinders’ long detention at Mauritius—between December 1803

le temps de voir débarquer Matthew Flinders dans ce port de l’océan

and March 1810—under the stern French Governor General Charles Decaen.

Indien, il aurait pu lui éviter d’être détenu par l’inflexible gouverneur général Charles Decaen (entre décembre 1803 et mars 1810).

108

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , « Le Géographe »

et « Le Naturaliste » naviguant côte à côte, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 13034R.

Ch a rles-Alexa ndre Lesueur, The Géographe and the Naturaliste sailing side by side (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 13034R.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Vue d’Encounter Bay au niveau de Victor Harbor, Australie-Méridionale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Encounter Bay seen from Victor Harbor, South Australia.

109


35° 57´ 29´´ de lat. S et 136° 49´ 02.10´´ de long. E

« Il [Flinders] me communiqua aussi le plan d’un port qu’il avait découvert dans une île dont nous n’étions éloignés que de quinze ou vingt lieux et qu’il avait nommée I’île du Kangourou par la grande quantité qu’il en trouva dans ce lieu. Cette île, suivant son rapport, est longue, haute et étendue, et offre un bon passage entre elle et le continent. » Nicolas Baudin – Baie de la Rencontre, avril 1802

“In addition, he [Flinders] informed me of the layout of a port that he had discovered on an island. This latter was only 15 or 20 leagues from where we were, and he had named it Kangaroo Island because of the great numbers of that animal that he found there. According to his report, the island is long, high and extensive, and there is a good passage between it and the mainland.” Nicolas Baudin — Encounter Bay, April 1802

Une mère kangourou et son petit (Macropus fuliginosus) dans une prairie de Kangaroo Island, Australie-Méridionale.

Mother kangaroo with her joey (Macropus fuliginosus) in a meadow on Kangaroo Island, South Australia.


L’ Î L E A U X K A N G O U R O U S | Î LE D ECRÈS

U

KANGAROO ISLAND

V I VO N N E B AY La morphologie des pattes antérieures du kangourou gris et l’uti-

The structure and dexterity of the front paws of the grey kangaroo

lisation qu’il peut en faire évoquent à l’évidence des bras humains.

clearly remind us of human arms. Several of these endearing animals were

Plusieurs de ces animaux attendrissants ont été capturés à Kangaroo

captured on Kangaroo Island during the stopover of the Baudin Expedi-

Island durant le passage de l’expédition Baudin. Certains ont sur-

tion, and some survived the journey to France. The commander hoped to

vécu jusqu’au retour en France. En plus de ceux destinés au Muséum

bring some animals back to Josephine Bonaparte for her park at the Châ-

national d’histoire naturelle de Paris, le commandant souhaitait en

teau of Malmaison and for the Natural History Museum of Paris. He was at

rapporter à Joséphine Bonaparte pour son parc à La Malmaison. Il fit

great pains to give these marsupials the best possible chance of survival in

d’ailleurs preuve d’une attention particulière pour donner à ces mar-

their captivity, going so far as to place certain ailing animals in the sailors’

supiaux le maximum de chances de supporter leur captivité, allant

quarters. This wide bay, on the southern side of the island, was named in

jusqu’à installer certains spécimens mal en point dans des cabines

memory of the Duke of Vivonne, a marshal of France under Louis XIV and

de marins. Le nom de cette grande baie du sud de l’île est un hom-

the brother of Madame de Montespan.

mage au duc de Vivonne, maréchal de France de Louis XIV et frère de Madame de Montespan.

112

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Famille de kangourous

gris (Macropus fuliginosus), sur l’île Decrès (île aux Kangourous), expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 80057.

Ch a rles Alexa ndre Lesueur, Family of Western grey kangaroos (Macropus fuliginosus) on Ile Decrès (Kangaroo Island), (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 80057.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Un kangourou gris (Macropus fuliginosus) à Vivonne Bay, Kangaroo Island, Australie-Méridionale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Western grey kangaroo (Macropus fuliginosus) at Vivonne Bay, Kangaroo Island, South Australia.

113


LA TERRE NAPOLÉON

La région du sud de l’Australie, nommée « terre Napoléon »

par les membres de l’expédition Baudin, correspond à une zone

côtière considérable, comprise entre le Wilsons Promontory (Victoria) à l’est, et le cap Adieu (Australie-Méridionale) à l’ouest.

L’expédition a exploré diverses portions de ces rivages (principalement situées en Australie-Méridionale) au cours des

années 1802-1803. La création d’un « golfe Bonaparte » et d’un

« golfe Joséphine », en plus de l’appellation « terre Napoléon », marque l’évidente volonté des cartographes Freycinet et

SOUTH AUSTRALIA & VICTORIA

The southern region of Australia, called ‘Land of Napoleon’ by the members of the Baudin Expedition, covers the large coastal zone from Wilsons Promontory (Victoria) in the east, to Cape Adieu (South Australia) to the west. The expedition explored many sections of these shores (mostly situated in the present South Australia) during 1802 and 1803. The creation of ‘Bonaparte Gulf ’ and ‘Josephine Gulf ’ as well as the naming of ‘Land of Napoleon’, were clearly decisions made by the cartographers Freycinet and Boullanger to flatter their Emperor.

Boullanger de flatter l’Empereur.

138

L O U I S C L AU D E D E F R E YC I N E T E T CHARLES BOULLANGER,

Carte générale des Golfes Bonaparte et Joséphine, terre Napoléon, 1803, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 2298655.

L ou is Cl au de de F r e yc in e t an d Char l e s B ou l l an ge r , Chart of Golfe Bonaparte and Golfe Joséphine, Land of Napoleon, 1803, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. 2298655.


34° 46´ 34´´ de lat. S et 135° 56´ 07.33´´ de long. E

[…] au citoyen Boullanger, ingénieur géographe : « […] il est enjoint au citoyen Freycinet de chercher un port qui doit se trouver à l’extrémité ouest du second golfe et dans lequel on dit que Mr Flinders a séjourné. Vous en dresserez un plan, s’il est possible, ce lieu de relâche ayant besoin d’être connu. D’après les renseignements qu’on m’a donnés, il doit se trouver, vis-à-vis de l’entrée de ce port, une île qui en fait la sûreté contre les vents, du sud-est au nord-est. » Nicolas Baudin – Île aux Kangourous, janvier 1803

[…] to Citizen Boullanger, geographical surveyor: “[…] Citizen Freycinet is charged with looking for a port which must lie at the western tip of the gulf and in which Mr. Flinders sojourned. You will survey it, if possible, for this resting place needs to be known. According to the information given to me, there should be an island opposite the entrance to it which provides security against winds from southeast to north-east.” Nicolas Baudin — Kangaroo Island, January 1803

Le rivage du Lincoln National Park avec Cape Colbert au fond fermant les eaux de Port Lincoln (le port Champagny des Français du XIXe siècle), AustralieMéridionale.

The shoreline of Lincoln National Park with, in the distance, Cape Colbert bordering the waters of Port Lincoln (called Port Champagny by the French in the 19th century), South Australia.


LA TERRE NAPOLÉON

U

SOUTH AUSTRALIA & VICTORIA

CAPE CARNOT Lorsqu’on suit les rivages qui composent la pointe sud de la pénin-

If one traces the shores that make up the southern tip of the Eyre Penin-

sule d’Eyre, apparaissent régulièrement les souvenirs du passage de

sula, reminders of the Baudin Expedition appear periodically in names

l’expédition Baudin à travers un cap Colbert, une baie Jussieu, un cap

such as Cape Colbert, Jussieu Bay, Cape Tournefort, D’Anville Bay and Cape

Tournefort, une baie d’Anville ou un cap Carnot. Lazare Carnot, dit le

Carnot. Lazare Carnot, known as “the Great Carnot” and the ancestor of a

Grand Carnot, aïeul d’une famille ayant marqué l’histoire de France,

family that has left its mark on France’s history, was a mathematician, phy-

était lui-même mathématicien, physicien et ingénieur militaire. Il

sicist and military engineer. Moreover, for a brief period he was Minister

fut en outre, durant une brève période, ministre de la Guerre sous

for War under Napoleon. One of his grandsons, Sadi Carnot, became the

Napoléon. L’un de ses petits-fils, Sadi Carnot, devint le cinquième

fifth president of the French Republic for six and a half years, before being

président de la République française, durant six ans et demi, avant

stabbed in Lyon on on 24 June 1894 by the Italian anarchist Sante Geronimo

d’être poignardé à Lyon le 24 juin 1894 par l’anarchiste italien Sante

Caserio. He now lies in state beside his grandfather, Lazare, at the Pantheon

Geronimo Caserio. Il repose aux côtés de son grand-père Lazare au

in Paris.

Panthéon, à Paris.

144

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Méduse (Chrysaora

Pentastoma ou Chrysaora hysoscella), terre Napoléon, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 70062-1.

Ch a rles-Alexa ndre Lesu eur, Jellyfish (Chrysaora Pentastoma or Chrysaora hysoscella), Land of Napoleon (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 70062-1.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Vagues se fracassant sur les rochers de Cape Carnot (vieux de plus de 2,5 milliards d’années) au sud-ouest de Port Lincoln, Australie-Méridionale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Waves splashing on the rocks at Cape Carnot (more than 2.5 billion years old), southwest of Port Lincoln, South Australia

145


L A TERRE DE NUYTS

WESTERN AUSTRALIA [ G R E AT S O U T H E R N & GOLDFIELDSESPERANCE COA STS]

En 1627, le navigateur hollandais Pieter Nuyts reconnaît la

côte méridionale de l’Australie entre le cap Leeuwin et l’île St

Peter. Une grande partie de ce littoral prendra le nom de Landt van Pieter Nuyts (terre de Nuyts). Deux expéditions françaises

viendront par la suite mettre à jour et compléter le travail cartographique du Hollandais : celle de Bruny d’Entrecasteaux

en 1792 et de Nicolas Baudin en 1803. À cela, ils ajouteront de

nombreuses recherches sur les populations aborigènes ainsi

In 1627, the Dutch navigator, Pieter Nuyts, mapped the southern coast of Australia, between Cape Leeuwin and St Peter Island. A large section of this coastal strip was named Landt van Pieter Nuyts (Nuyt’s Land). Two French expeditions later updated and complemented the cartographic work of this Dutch captain: Bruny d’Entrecasteaux in 1792, and Nicolas Baudin in 1803. They would also conduct important research on the Aboriginal people, as well as the flora and fauna of this region.

que sur la flore et la faune.

150

CHARLES FRANÇOIS B E AU T E M P S -B E AU P R É ,

Carte de l’Archipel de la Recherche, terre de Nuyts, 1792, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 923172.

Char l e s F r an ç o is B e au te mp s-B e au p r é, Chart of the Recherche Archipelago, Nuyts’ Land, 1792, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. 923172.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

151


Crépuscule sur les rochers de Twilight Beach dans la baie d’Esperance, où l’expédition D’Entrecasteaux fit escale en décembre 1792, AustralieOccidentale. Crepuscule on the rocks of Twilight Beach at Esperance Bay, where the D’Entrecasteaux Expedition made a stopover in December 1792, Western Australia.


LA TERRE DE NUYTS

U

W E S T E R N A U S T R A L I A | GR E AT S O UTH E R N & GO L D F I E L D S - E S PE R AN CE COASTS

RECHERCHE ARCHIPELAGO Le 9 décembre 1792, l’expédition d’Entrecasteaux connaît un moment

On 9 December 1792, the D’Entrecasteaux Expedition ran into difficulties

difficile au cours d’une tempête sur la côte sud-ouest de l’Australie,

during a storm on the south-western coast of Australia, when the two

les deux navires se retrouvant emportés en direction des brisants,

vessels found themselves being swept towards the breakers along the

le long du rivage. Au plus fort de la panique, l’enseigne Legrand se

shore. At the height of the panic, Ensign Legrand bravely clambered up

hisse courageusement en haut du mât de L’Espérance et annonce qu’il

the mast of the Esperance and shouted that he could see a spot where the

aperçoit un endroit où les vagues ne se cassent pas. Il parviendra à guider

waves were not breaking. He managed to guide the vessel into the shelter

la frégate à l’abri d’une petite île, suivi de près par d’Entrecasteaux

of a small island, followed closely by d’Entrecasteaux and his Recherche.

et sa Recherche. L’île en question est l’une des 105 qui composent l’actuel

The small island in question is one of the 105 that make up the present

archipel de la Recherche, au sud de la ville d’Esperance.

Archipelago of the Recherche, south of the town of Esperance.

NICOLAS PIRON,

L’entrée dans la baie de l’Espérance, dans des conditions de tempête, d’un des deux navires de l’expédition d’Entrecasteaux (« La Recherche » ou « L’Espérance »), 1793, dessin, Paris, musée du quai Branly, inv. PP0143645.

154

NICOLAS PIRON,

One of the two ships of the D’Entrecasteaux Expedition (La Recherche or L’Espérance) entering Esperance Bay in a storm, 1793, drawing, Paris, Musée du Quai Branly, inv. PP0143645.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Colonie d’otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande (Arctocephalus forsteri) sur un îlot de l’archipel de la Recherche, Esperance Bay, Australie-Occidentale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

New Zealand fur seal colony (Arctocephalus forsteri) on an islet of the Recherche Archipelago, Esperance Bay, Western Australia.

155


LA TERRE DE LEUWIN

WESTERN AUSTRALIA [SOUTH WEST & PEEL COA STS]

En 1622, le navire hollandais Leeuwin croise le long de la

côte sud-ouest de l’Australie. Les Français utiliseront l’appellation « terre de Leuwin » pour la zone littorale qui s’étend

du sud de l’actuelle ville de Perth jusqu’à Point Nuyts (près

du village de Walpole). Le cap Leeuwin ayant toujours été un point de repère important pour les marins français arrivant et repartant d’Australie par l’ouest, la région verra le passage de trois expéditions : celle de Saint-Aloüarn en 1772, de Bruny

d’Entrecasteaux en 1792 et de Nicolas Baudin en 1801 et 1803. 

164

In 1622, the Dutch vessel Leeuwin sailed along the south western coast of Australia. The coastal strip stretching from south of the present city of Perth down to Point Nuyts near the town of Walpole, was called Terre de Leuwin (Leeuwin Land) by the French. Cape Leeuwin has always been an important landmark for French sailors, either arriving in or departing from Australia via the west, therefore this region witnessed the arrival of three expeditions: those of Saint-Aloüarn in 1772, of Bruny d’Entrecasteaux in 1792 and of Nicolas Baudin in 1801 and 1803.

L O U I S C L AU D E ET LOUIS HENRI DE F R E YC I N E T , F R A N Ç O I S HEIRISSON ET CHARLES PIERRE BOULLANGER, Carte d’une partie des terres de Leuwin [sic], 1803, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. MAP RaA2 Plate 21.

L ou is Cl au de an d L ou is H e n r i de F r e yc in e t, F r an ç o is H e ir isso n an d Char l e s Pie r r e B ou l l an ge r , Chart representing an area of Leeuwin Land, 1803, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. MAP RaA2 Plate 21.


165


34° 19´ 28´´ de lat. S et 115° 09´ 58.67´´ de long. E

« De ce 4e rendez-vous, j’ai pris le parti de me rendre au 5e et dernier rendez-vous. Mais le 17 [mars 1772] dans la nuit, j’ai eu connaissance de terres, et au jour, j’ai reconnu les terres de Leuwin en la Nouvelle-Hollande. J’ai mouillé à cette côte […]. » Louis de Saint Aloüarn – Isle de France, octobre 1772 (extrait d’une lettre rédigée dans l’intention d’expliquer ses démarches pour retrouver Kerguelen après leur séparation).

“From this 4th meeting place I decided to proceed to the fifth and last rendez-vous. But on the 17th [March 1772] during the night, I was made aware of land close by and in the morning light I recognised the Leeuwin shoreline of New Holland. I dropped anchor near this coast […].” Louis de Saint Aloüarn — Mauritius, October 1772 (excerpt from a letter written to explain his attempts to find Kerguelen after their separation).

L’entrée d’Hardy Inlet, au fond de Flinders Bay (l’un des mouillages de Saint-Aloüarn en 1772), est du Cape Leeuwin, Australie-Occidentale.

Hardy Inlet’s entrance, at the bottom of Flinders Bay, east of Cape Leeuwin (one of Saint-Aloüarn’s moorings in 1772), Western Australia.


LA TERRE DE LEUWIN

U

W E S T E R N A U S T R A L I A | S O UTH WE S T & PE E L C OA S TS

G E O G RA P H E B AY Cette grande baie du sud-ouest de l’Australie peut être calme et

This large bay in the southwest of Australia can be calm and welcoming,

accueillante, mais lorsque l’expédition Baudin y jeta l’ancre pendant

but when the Baudin Expedition visited this region in the winter of 1801, the

l’hiver austral de 1801, le jeune timonier Vasse disparut dans les flots,

young helmsman Vasse disappeared in rough seas during a dangerous lan-

lors d’une sortie à terre périlleuse. Après une recherche désespérée,

ding. After a desperate search, they had to make the decision to continue

la mission dut se résoudre à reprendre sa route et repartir vers le nord.

their voyage northwards. During the second visit of the expedition almost

Au cours du second passage de l’expédition, près de deux ans plus tard,

two years later, some of the men hoped to mount a search for their former

certains hommes nourrirent l’espoir de retrouver leur compagnon.

companion. However, because of the continual fog and as he could not

Pour autant, en raison de brumes continuelles et parce qu’il ne pou-

imagine that the sailor had survived the accident, Nicolas Baudin did not

vait imaginer que le marin ait pu survivre à ce drame, Nicolas Baudin

authorise another attempt. There were regular rumours of a white man

n’autorisa aucune nouvelle enquête. Il y eut des rumeurs récurrentes

living with the Aborigines of the Geographe Bay area, but so far no firm evi-

à propos d’un homme blanc ayant vécu parmi les Aborigènes dans

dence has been discovered. This is in contrast to stories of several Dutch

la baie du Géographe. Mais jusqu’à présent, contrairement au cas de

sailors from various shipwrecks who appear to have been accepted by the

marins hollandais victimes de mésaventures similaires (et semblant

coastal tribes further north along the western coast.

avoir été acceptés par les tribus côtières de l’Australie-Occidentale), aucune confirmation n’a pu être établie.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Danse aborigène

168

(lieu inconnu), expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 16008R.

Ch a rles Alexa ndre Lesu eur, Aboriginal dance (unknown place), (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 16008R.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Rapace sur un arbre du Wonnerup Estuary, Geographe Bay, Australie-Occidentale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Bird of prey on a tree at Wonnerup Estuary, Geographe Bay, Western Australia.

169


LA TERRE D’EDELS

WESTERN AUSTRALIA [ P E R T H , W H E A T B E LT & MID WEST COA STS]

En 1619, le Hollandais Jacob d’Edel (ou Jacob Dedel) explore

une partie de la côte occidentale de l’Australie comprise entre la limite sud de Shark Bay et l’embouchure de la rivière des

Cygnes. Elle sera nommée d’Edelsland (terre d’Edels). En juin 1801, Le Naturaliste, second navire de l’expédition Baudin commandé

par Emmanuel Hamelin, jette l’ancre à l’île Rottnest. Durant deux semaines, les scientifiques français effectueront une

reconnaissance de la rivière des Cygnes ainsi que des îles situées au large de son embouchure. Nicolas Baudin et Louis

Claude de Freycinet y feront une brève halte en mars 1803,

In 1619, the Dutchman Jacob d’Edel (or Jacob Dedel) explored a section of the western coast of Australia between the southern limit of Shark Bay and the mouth of the Swan River. This region was called d’Edelsland (Edel’s Land). In June 1801 the Naturaliste, the second vessel of the Baudin Expedition under the command of Emmanuel Hamelin, dropped anchor at Rottnest Island. For two weeks the French scientists surveyed the Swan River, as well as the islands just beyond its mouth. Nicolas Baudin and Louis Claude de Freycinet both anchored there for a short time in March 1803, meeting again after being separated for several days.

se retrouvant après plusieurs jours de séparation.

172

L O U I S C L AU D E D E F R E YC I N E T E T FRANÇOIS HEIRISSON,

Plan des îles Louis-Napoléon et de la Rivière des Cygnes, sud de la terre d’Edels, 1801 et 1803, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 2300762.

L ou is Cl au de de F r e yc in e t an d F r an ç o is H e ir isso n , Map of the Iles Louis-Napoléon and Swan River, South of Edel’s Land, 1801 and 1803, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. 2300762.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

173


31° 58´ 19´´ de lat. S et 115° 51´ 18.94´´ de long. E

« La rivière des Cygnes n’étant pas navigable et ses eaux étant salées, elle n’offre aucun avantage. Il est même à présumer que ce n’est autre chose qu’un bras de mer qui serpente l’intérieur de l’île. Au surplus, il ne nous est pas prouvé que ce bras de mer ne reçoit pas les eaux de quelques rivières intérieures. Nous devons faire remarquer que l’on aperçoit dans l’éloignement une chaîne de montagnes très élevée, et dans la direction de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est, ne serait-il pas possible que quelques grandes rivières y prissent leurs sources ? » Pierre Bernard Milius – Terre d’Edels, juin 1801

“ The Swan River, being unnavigable and its waters salty, does not offer any benefits at all. It is presumably no more than a sound meandering in to the interior of the island. Moreover, it has not been established whether this arm of the sea receives water from other inland rivers. We should point out that a chain of very high mountains is visible in the distance, lying west-north-west to east-south-east. Would it not be possible that some big rivers have their sources there? ” Pierre Bernard Milius — Edel’s Land, June 1801

Le centre-ville de Perth au bord de la Swan River, Australie-Occidentale.

Perth city centre on the banks of the Swan River, Western Australia.


LA TERRE D’EDELS

U

W E S T E R N A U S T R A L I A | PE RTH , WH E ATBE LT & M I D WE S T C OA S TS

ROTTNEST ISLAND La petite île faisant face à la ville de Perth fut baptisée par le

This small island facing the city of Perth was named by the Dutch cap-

capitaine hollandais Willem de Vlamingh en 1696. Confondant les

tain, Willem de Vlamingh, in 1696. Mistaking the numerous local quokkas

quokkas avec des rats, il qualifia ce bout de terre de « Rotte nest » (nid

for rats, he called the island Rotte nest (rats’ nest). These small and docile

de rats). Ces petits marsupiaux, aussi nombreux que peu farouches,

marsupials are of great interest to the people who now visit the island. On

constituent aujourd’hui une véritable attraction pour les visiteurs.

their first visit to these waters in June 1801, Nicolas Baudin’s and Emma-

Lors de leur première visite dans ces eaux, en juin 1801, une tempête

nuel Hamelin’s vessels had become separated in a storm. While awaiting

avait séparé les navires de Nicolas Baudin et d’Emmanuel Hamelin.

his commander, Hamelin sent his men to explore the Swan River, directly

Dans l’attente de son commandant, Hamelin envoya un groupe

opposite Rottnest Island. Because of this earlier mission, Baudin did not

d’hommes réaliser une exploration de la rivière des Cygnes, juste en

linger in this region during the second visit in 1803, but sailed directly north

face de Rottnest. Cette initiative permit à Baudin de ne pas s’attarder

to Shark Bay to complete surveys there.

dans le secteur lors du second passage de l’expédition, en 1803, et de filer directement vers le nord pour achever son étude de Shark Bay.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Deux quokkas

(Setonix brachyurus), expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 80 062.

176

Ch a rle Alexa ndre Lesu eur, Two quokkas (Setonix brachyurus), (Baudin Expedition 18001804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 80 062.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Un quokka (Setonix brachyurus) sur Rottnest Island, Australie-Occidentale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

A quokka (Setonix brachyurus) on Rottnest Island, Western Australia.

177


LA TERRE DE WITT

WESTERN AUSTRALIA [PILBARA & KIMBERLEY COA STS]

En 1628, le capitaine hollandais Gerrit Fredrikszoon de Witt

s’échoue près de l’actuel Port Hedland, dans le nord-ouest de l’Australie. Il parvient à remettre son navire à flot en déchargeant sa cargaison, avant d’aller cartographier des sections

de côte jusqu’aux îles Montebello. Dès lors, l’ensemble des

surfaces littorales s’étendant d’Exmouth au nord-est du golfe Joseph-Bonaparte sera appelé « terre de Witt ». Après un

premier passage en 1801, Nicolas Baudin reviendra en 1803 explorer cette étendue. Il remontera cette côte à la naviga-

tion difficile, prélevant sur son trajet une grande variété

In 1628, a Dutchman, Captain Gerrit Fredrikszoon de Witt, ran aground close to today’s Port Hedland (northwest of Australia). By offloading cargo, he floated his vessel free, before charting sections of the coast down to the Montebello Islands. This coast from Exmouth to northeast of Joseph Bonaparte Gulf was then called ‘De Witt’s Land’. After his first visit in 1801, Nicolas Baudin returned in 1803 to explore this region more thoroughly. He sailed northwards along this hazardous coast, collecting many marine species, before setting sail for France via Timor and Mauritius. The expedition left behind many French names in this area.

d’espèces marines, avant de prendre la route du retour vers la

France via Timor et l’Isle de France (île Maurice). L’expédition laissera en ces lieux quantité de noms français.

180

L O U I S C L AU D E D E F R E YC I N E T ET CHARLES PIERRE BOULLANGER,

Carte d’une partie de la terre de Witt, Australie-Occidentale, 1801 et 1803, dessin, Canberra, National Library of Australia, inv. 710287.

L ou is Cl au de de F r e yc in e t an d Char l e s Pie r r e B ou l l an ge r , Chart representing a portion of De Witt’s Land, Western Australia), 1801 and 1803, drawing, Canberra, National Library of Australia, inv. 710287.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

181


16° 23´ 08´´ de lat. S et 123° 57´ 32.19´´ de long. E

« La quantité de remous de marées parmi lesquels nous étions depuis le moment que nous mîmes sous voiles nous obligèrent à différentes routes pour les éviter, et tout le fond diminuait jusqu’à dix brasses. Je prenais ce parti par la crainte d’être pour la troisième fois portés sur quelques battures* d’où nous ne pourrions peut-être pas sortir aussi facilement que dans les deux premières fois qu’il nous arriva d’y être engagés. » * batture : partie du rivage que la marée descendante laisse à découvert. Nicolas Baudin – Terre de Witt, avril 1803

“ The number of tidal eddies around us from the moment of our setting sail obliged us to take various courses in order to avoid them, and every [time?] the depth decreased to ten fathoms. I decided to do this through fear of being carried a third time on to some shoals, from which we might not perhaps free ourselves so easily as on the first two occasions when we happened to get amongst some.” Nicolas Baudin — De Witt’s Land, avril 1803

Vue aérienne des “Horizontal Falls” sur la côte du Kimberley (la terre de Witt aux XVIIIe et XIXe siècles), Australie-Occidentale.

Aerial view of the “Horizontal Falls“ on the Kimberley coast (De Witt’s Land in the 18th and 19th centuries), Western Australia.


LA TERRE DE WITT

U

W E S T E R N A U S T R A L I A | PI L BA R A & K I M BE R L E Y C OA S TS

CAPE LEVEQUE Les rochers rouge brique, au nord de Broome, forment un promon-

The brick-red rocks of Cape Leveque, north of Broome, form a headland

toire baptisé en l’honneur de Pierre Lévèque, un hydrographe qui aida

named to honour Pierre Lévèque, a French hydrographer, who helped to

à préparer les cartes de l’expédition Baudin, après le retour en France,

prepare the maps for publication after the return of the Baudin Expedition.

en vue de leur publication. Depuis le passage de Nicolas Baudin,

Because of Nicolas Baudin’s expedition, an entire panorama of French his-

c’est tout un pan de l’histoire française qui peut être lu dans la géo-

tory can be read in the geography of Australia’s north-west. Baudin distri-

graphie du nord-ouest de l’Australie. Il a distribué aux îles, baies et

buted on the surrounding islands, bays and headlands the names of notable

caps de cette zone, les noms d’éminents scientifiques comme Cas-

French scientists including Cassini and Lamarck, of philosophers such as

sini et Lamarck, de philosophes tels que Voltaire et Rousseau, d’écri-

Voltaire and Rousseau, of famous writers such as Molière and Racine,

vains illustres comme Molière ou Racine, et de bien d’autres Français

and of many other esteemed Frenchmen. After visiting the Kimberley, the

célèbres. Après le Kimberley, l’expédition rejoignit l’Isle de France

expedition reached Mauritius, where Baudin succumbed to tuberculosis

(île Maurice) où Nicolas Baudin finit par succomber à la tuberculose

on 16 September 1803. His legacy in France is not recognized to the level it

le 16 septembre 1803. En France, sa postérité n’est sans doute pas à

is acknowledged in Australia, where he is seen as a visionary ahead of his

la hauteur du visionnaire qu’il était, personnage en avance sur son

time and a fervent disciple of the Age of Enlightenment.

temps et fervent disciple du siècle des Lumières.

CHARLES ALEXANDRE L E S U E U R , Méduse (Cassiopea

andromeda), terre de Witt, expédition Baudin 1800-1804, dessin, Le Havre, Muséum d’histoire naturelle, inv. 70049.

184

Ch a rles Alexa ndre Lesu eur, Jellyfish (Cassiopea andromeda), De Witt’s Land (Baudin Expedition 1800-1804), drawing, Le Havre, Museum of Natural History, inv. 70049.


L'AU S T R A L I E D E S E X P L O R AT E U R S F R A N Ç A I S

Les falaises rouges de Cape Leveque sur la Dampier Peninsula, Australie-Occidentale.

THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS

Cape Leveque’s red cliffs, Dampier Peninsula, Western Australia.

185


Profile for Somogy éditions d'Art

L’AUSTRALIE DES EXPLORATEURS FRANÇAIS - THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS (extrait)  

L’AUSTRALIE DES EXPLORATEURS FRANÇAIS - THE AUSTRALIA OF THE FRENCH EXPLORERS (extrait)  

Profile for baranes