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Backlight

N째4 hiver | winter | 2012-2013

P h o t o g r a p h y. D i f f e r e n t ly.


Backlight Magazine est un magazine photo dans lequel nous publions vos plus belles photos. Backlight Magazine is a photography magazine where we publish your most inspiring photos.

Photo de couverture Barcode trip - LeMatos [LeMatos] http://www.flickr.com/photos/le_matos/6182622019 3


Backlight P h o t o g r a p h y. D i f f e r e n t ly.

Direction de la Publication, Direction Artistique Editor-in-Chief, Creative Director Marketing, Partenariats, Sponsors Marketing, Partners, Sponsors Traductions, Relecture Translations & Proofreading

Ce numéro a été propulsé par...

... une fin du monde non avenue, des préparatifs de Noël *très* en retard, un demi tube d’aspirine (qu’il a été compliqué à agencer ce numéro !), une X-MINI jouant du Madonna (on est vraiment trop 1983 chez Backlight), des espaces de coworking à Paris et à Rennes (et des TGV entre les deux !) et le plus beau, toujours : des rencontres. Avec Stéphane Possamai, Jérôme Colombe, Marie-Laure Louis, Sébastien Roignant... et tous ceux qui nous ont rejoints pour la Backlight Photo Party !

This issue has been powered by...

...a void end of the world, *very* late Christmas preparations, half a tube of aspirin (boy did we have to think hard to assemble this issue!), an X-MINI playing Madonna (we are so 1983 here at Backlight), coworking spaces in Paris and Rennes (and TGV trains linking the two) and the best, as usual: lucky encounters. With Stephane Possamai, Jérôme Colombe, Marie-Laure Louis, Sébastien Roignant... and all the participants at the Backlight Photo Party!

Karine Sabatier

Andrea vaugan

Sarah MACRAE

Directeur de la Production Production Director

Benoît dinocourt

Fondateurs et Editeurs Founders & Executive Editors

Karine Sabatier ANDREA Vaugan Benoît Dinocourt

twitter.com/backlightmag facebook.com/backlightmag.fanpage contact@backlightmag.com Backlight Magazine 3, Martigné, 35890 Laillé France ISSN 2258-4579

www.backlightmag.com Les images publiées dans Backlight Magazine sont l’entière propriété des photographes ayant contribué à ce numéro et sont soumises aux lois du droit d’auteur. Aucune image ne pourra être reproduite sans l’autorisation expresse écrite de son propriétaire. Copyright © Backlight Magazine, Tous droits réservés Cette publication ne pourra être reproduite en tout ou partie sans l’autorisation expresse de l’éditeur. Images published in Backlight Magazine are the sole property of the contributing photographers and are copyrighted material. No image may be reproduced without the express written permission of its owner. Copyright © Backlight Magazine, all rights reserved No part of this publication may be reproduced in any form without the prior written consent of the publisher.

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Edito il était une fois Backlight Once upon a time backlight par/by Andrea Vaugan

Il était une fois... une envie, un week-end entre amis, une discussion, une idée, des hésitations, encore plus d’envie et finalement une décision : on y va, on lance un magazine photo participatif !

Once upon a time… there was a wish: a weekend among friends, a discussion, an idea, hesitations, an even stronger wish and finally a decision. Let’s do it. Let’s launch a participative photo magazine!

Aujourd’hui, presque deux ans plus tard (dont un an de réflexion sur le fond, le format, le nom, le concept), nous avons l’immense joie de vous présenter Issue 4, le cinquième numéro de Backlight Magazine. Oui, petite particularité chez Backlight, nous comptons toujours à partir de 0 : Coca Zéro, zéro carré de chocolat gaspillé, zéro mail non-lu, etc. Notre Issue 0 c’était aussi le « proof of concept », un essai pour voir si on était cap’.

Today, almost two years later (one year alone for basic reflection, choosing the format, the name, the concept) we are proud and happy to present Issue 4, the fifth issue of Backlight Magazine. Oh yes, at Backlight Magazine, we always count from zero onwards: Coke Zero, zero wasted bars of chocolate, zero non-read emails and so on. Issue 0 was thus our “proof of concept”, a test for us to see if we could do it.

La petite équipe autour de Backlight Magazine travaille dur, nous mettons dans Backlight une grande partie de notre temps libre (zéro heure perdue pour le coup). La plateforme web, le compte Facebook, Twitter, Pinterest, Flipboard, Scoopit, Flickr, MagCloud, les emails, les procédures, les soumissions, les contributeurs, les photos, les légendes, les exifs, les hautes-def, les articles, les éditos, la maquette, le tirage... Vous avez le droit de vous demander « Mais pourquoi vous faites tout ça » ? Eh bien c’est très simple : pour l’amour de la photo, pour la joie de découvrir des photographes de talent, d’être les premiers surpris par la sélection, pour la joie de vous rencontrer par email ou mieux encore physiquement, et d’échanger avec vous, pour partager notre passion de la photo, pour vous montrer que vos photos sont belles, que les gens les aiment et que vous avez du talent ! Et surtout pour vous dire : osez les montrer, lancez-vous, trompez-vous, encaissez la critique, progressez et surtout échangez ! Deux ans, c’est aussi le moment pour nous de faire un petit bilan : au total vous avez soumis plus de 1280 photos dans 7 thèmes et vous avez voté plus de 30 000 fois, nous avons publié 5 numéros de Backlight Magazine, soit 220 photos originales et inédites (de 156 contributeurs), mais surtout vous formez à présent une communauté fidèle (merci !) et qui grandit avec chaque numéro. Pour l’équipe Backlight le bilan est positif, très positif même. En 2013, nous avons envie d’aller encore plus loin, envie d’écrire la suite de l’histoire... avec vous !

The Backlight Magazine team is small but works hard. We spend a lot of our spare time (zero lost hours) on the project. The web platform, the Facebook account, Twitter, Pinterest, Flipboard, Scoopit, Flickr, MagCloud, the emails, the procedures, the submissions, the contributors, the pictures, the legends, the exifs, the high-defs, the articles, the editorials, the mock-up, the printing... Now you might ask yourself “but why are you doing all this?” Well, you see, it’s easy. We’re doing it for the love of photography, for the joy of discovering talented photographers, to be the first ones to see the final copy of the magazine, for the pleasure of meeting you by email or even better, in person, exchanging with you, sharing our passion of photography with you, to show you that your photos are beautiful, that people like them, that you might have talent! And above all, to tell you all of this. To dare to show them, get out there, fail, get critiques, progress and exchange with other members of the community. Two years is also the time it took us to look at what we have achieved. In total you have submitted more than 1280 photos in 7 themes, you have voted 30 000 times, and we have published 5 issues of Backlight Magazine with 220 original and unedited photos (from 156 contributors), but more importantly, you are a now a great and faithful community that is growing with every issue. Thank you! For the Backlight Team the outcome is positive, very positive indeed. In 2013, we want to go even further… we want to continue writing this story… with you!

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Le Blog

photographes que vous souhaitez faire découvrir au plus grand nombre, votre sélection personnelle sur Instagram des photographes à suivre, etc. Un seul point d’entrée : notre adresse contact (contact@backlightmag.com)

Backlight Magazine est un projet participatif destiné à faire état de la photographie amateure et à la promouvoir, au travers notamment du magazine thématique que vous tenez entre vos mains. Dans Backlight Magazine c’est la communauté qui propose les contenus du magazine et qui participe à son éditorialisation. Ce parti-pris nous permet de coller au plus près des préoccupations de nos contributeurs, de leur vision du monde et des tendances, avant même qu’elles se dégagent ailleurs. Backlight Magazine est un trimestriel thématique. Culture, Scènes de vie, arts, mode, reportages, le magazine publie des photos authentiques et sincères, qui racontent une histoire et dépeignent le monde à travers le regard de photographes promateurs. Mais Backlight c’est aussi une association de loi 1901 qui organise des événements autour de la photo (argentique, numérique ou mobile). Sur notre blog (http://blog. backlightmag.com), vous pouvez retrouver toute l’actualité de l’association, les sorties photo, les soirées et les expos sauvages, nos billets d’humeur... et les articles d’autres contributeurs ! Car notre blog est participatif lui aussi : si vous souhaitez écrire sur la photo, ces pages vous sont ouvertes ! Il suffit de nous contacter et de faire un bout d’essai pour voir si vous avez l’esprit Backlight... Vous pouvez aussi tout simplement nous alerter sur des sujets dont vous aimeriez qu’on parle sur le blog, des

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Backlight Magazine is a collaborative project designed to present and promote amateur photography and notably via the thematic magazine you hold in your hands. With Backlight Magazine it is the community that provides the contents of the magazine and participates in its editing. This frame of mind allows us therefore to concentrate on the concerns of our contributors, their worldview and to focus on trends before they emerge elsewhere. Backlight is a thematic magazine published quarterly. Culture, lifestyle, arts, fashion, reporting, the magazine publishes genuine and sincere photos that tell a story and portray the world through the eyes of amateur photographers. Furthermore, Backlight is also an association (law 1901) that organises events around photography (film, digital or mobile). On our blog (http://blog.backlightmag.com) you can find all the news regarding the association, photo output, parties, wild exhibitions, our amusing comments and articles contributed by members of the community! Our blog is open to everyone, so if you want to write about photography simply contact us so we can check and see if you have the Backlight spirit... You can also just notify us about certain topics that you would like us to talk about on the blog. Or maybe present photographers that you wish to make known to a large community, or even post your personal selection of Instagram photos that you think should be followed etc. A single contact address: contact@backlightmag.com.


#4 Index

14 Il était une fois... 5 Edito 8 il était une fois... 9 échappés Il était une fois 9 photographes qui exposaient aux Échappées Belles, un projet qui ouvre les galeries aux photographes passionnés, un projet qu’on ne peut qu’aimer chez Backlight

62 Contributeurs Ce sont plus de 25 photographes talentueux que nous publions ce mois-ci et qui ont contribué à ce thème un peu particulier en se prêtant au jeu d’ajouter une légende commençant par « Il était une fois... »

phototalks Découvrez nos contributeurs, leur travaux et leur état d’esprit...

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Anne guillaume Gertrud Lienhard Philippe Martin

Et les traductions p. 56-57

58 le mariage par la petite histoire 64 instagram... Je t’aime moi non plus La communauté se structure, les expos s’enchaînent, les sorties photo mobile font fureur... le tout au milieu d’une belle tempête médiatique.

63 ISSUE 5 68 Abonnement Et si l’une de vos bonnes résolutions 2013 était de soutenir Backlight Magazine en vous abonnant ?

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Il était une fois Fin septembre 2012 avait lieu la seconde édition des Échappées Belles à l’Espace Beaurepaire (Paris 10è), un projet parti d’un constat simple : les photographes ont besoin de visibilité pour présenter des travaux construits au public et pas seulement sur Internet. Louer une salle d’expo pour une semaine est inabordable pour un seul auteur, d’où l’idée de mutualiser ces frais et regrouper plusieurs auteurs sur le même espace pour exposer et vendre des photos sans intermédiaire. Les organisateurs se chargent de la communication en amont (site Internet, page Facebook, publication presse, mise en avant des auteurs participants, flyers, vente en ligne sur place).   La manifestation est éphémère, sans aucun but lucratif et permet à un large public de voir des œuvres différentes, de qualité, tirés par la plateforme Darqroom et de dialoguer avec les auteurs dans des lieux prestigieux. Seules conditions pour pouvoir participer, être membre de DarQroom et proposer un travail original et cohérent.

9 échappés Alors, Nicolas Poizot... ?

Alors tout petit déjà… :) Bon la semaine se passe super bien. L’important ce n’est pas ce que je mets en avant mais ce qu’on a créé avec Vincent. Je discute de photo, je mange avec les photographes, j’ai des discussions off. Pour certains des photographes qui présentent leurs travaux, c’est un exercice de style et la rencontre avec un public. C’est une notion de partage qui se multiplie par 9. L’important c’est le moment du vernissage : on discute avec des parents, des amis, des gens qui ne se connaissent pas, qui sont émerveillés par des choses qu’ils ne connaissent pas. Je me suis posé parfois 10 mn à l’écart juste à regarder tout le monde. Ça me réjouit de voir les gens partager leurs œuvres, pendant une semaine il y a de la vie. On parle de tout et de rien, de tarte aux pommes, de Catherine qui me montre sa photo fétiche qui me fait pleurer…

Stéphane Possamai y était et a voulu prendre chacun des photographes à chaud alors que la semaine se terminait. Pas d’interview fleuve, juste une simple question « Alors ?… » et la liberté de raconter une histoire pendant 30 secondes ou 10 minutes.

Interviews et photos réalisées par Stéphane Possamai Avec son aimable autorisation de publication Chroniques et reportages à retrouver sur http://www.nianiania.org/blognotes/

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Sur mon propre travail exposé j’aurais pu mettre des choses plus faciles, plus vendables, mais je voulais tester quelque chose de très original dans la réalisation, dans le media, dans la façon d’échanger avec le modèle. Ça me permet d’exposer quelque chose qui n’est pas forcément classique. Je n’ai pas la même attente en tant que photographe qu’en tant qu’organisateur des Échappées Belles. L’œuvre vit et si ça interpelle quelqu’un il saura me trouver. C’est ce qui me permet de me libérer sur le reste de l’organisation, de me poser en tant que spectateur et de m’extraire. J’adore ça ! http://www.nicolaspoizot.com/


Il était une fois 9 photographes qui exposaient aux Échappées Belles, un projet qui ouvre les galeries aux photographes passionnés, un projet qu’on ne peut qu’aimer chez Backlight

Alors, Catherine Minala... ?

Alors, tout a commencé quand quelqu’un s’est désisté. Je me suis inscrite et j’ai reçu une réponse disant que j’avais été choisie. Du coup quelle série présenter ? Empreintes dont il y a une partie ici m’a paru plus adéquat pour Paris.

raisons. Ensuite une forme de routine de vie très agréable qui s’installe avec les autres. Une vie de quartier aussi quand tu retournes manger au même endroit. Du coup tu n’a plus envie de partir. Une belle aventure humaine. C’est intéressant de voir ce que les gens en disent car c’est quelque part là où je voulais en venir. J’aime bien que les photos soient très graphiques qu’elles représentent une forme d’équilibre et les gens le perçoivent. Par contre ils ne perçoivent pas le fil conducteur de la trace humaine dans les Empreintes. Tu as 8 photos qui forment une sous-série sur les brumes de Flandres qui casse le fil conducteur comme appartenant à une forme de déséquilibre entre les deux. Tout ce que j’ai appris ici va me servir pour l’expo de janvier. La route est passionnante ! J’ai eu 50 ans il y a un mois et du coup c’est quelque chose de nouveau. C’est un bel âge pour commencer des trucs. http://minala.darqroom.com/

Alors, Claudine Coupé... ?

Je suis venue à la 1ère édition pour faire connaissance avec tout le monde, voir la galerie et concrètement le lot que j’avais pris. II y a un itinéraire dans les photos que je présente. Tout au long de cette période Nicolas Poizot m’a beaucoup aidée pour l’espace à laisser entre les photos. Il a eu beaucoup de patience par téléphone pour m’expliquer. Avant j’ai fait quelques expos en Bretagne mais je ne m’en suis pas occupé directement. Pour moi, je n’avais pas encore exposé réellement. Ca comptait donc beaucoup d’être là car je la considère vraiment comme une première expo. Ensuite j’étais un peu stressée, l’accrochage n’était pas facile d’autant qu’il y avait un dégât des eaux sur une partie de mon mur et j’ai dû refaire mon cheminement de lecture linéaires en les mettant par deux. Merci aussi aux tampons brevetés par Monsieur Nicolas (El Presidente, NDLR) et aux échanges avec les autres. Le vernissage a été un moment super fort, voire carrément une succession de moments super forts sans avoir le temps de les digérer les uns après les autres : le public, des amis venant de Bruxelles, 10 personnes venant en pleine semaine ça a fait une accumulation de pas mal de choses. Du coup la nuit suivante tu repenses à tous ces instants de bonheur. Je n’ai pas bien dormi mais pour de très bonnes

Alors, tout a commencé il y un an exactement le 13 septembre. J’ai vu un appel à candidature pour les Échappées Belles et c’était un peu mystérieux cette idée d’expo à plusieurs à Paris. Puis il y a eu la 1ère édition ou je suis allée pour voir à quoi ça ressemblait pour me décider. Je suis venue au vernissage j’ai trouvé le lieu superbe. J’ai été bluffée par ce qui était exposé. J’ai ensuite suivi tout le monde jusqu’au restaurant avec Gérald Vidamment et toute l’équipe et là la pression a commencé à monter. Voilà, c’est comme ça que ça a vraiment débuté. J’ai découvert les autres photographes via le site et sur Facebook. Et puis je savais que je voulais exposer mes Anges. Finalement j’ai participé aux Irréelles de Nantes. Ils m’ont aidé dans l’editing et j’ai pu finaliser correctement la série de Coney Island qui était trop courte au départ et sur laquelle il y avait un petit manque de cohérence. Je voulais des textes pour mes photos et j’ai pensé à Cath. An. que je connaissais un peu et je lui ai demandé si elle serait d’accord pour finaliser le bouquin et mettre des textes sur les photos. Gérald a fait la préface et le livre est né. Une amitié s’est liée au travers de ce livre. Ensuite on arrive pour l’accrochage, toutes les photos dans le coffre et ce qui est passionnant ce sont les rencontres. De vrais gens que tu apprends à connaitre plus qu’au travers de leurs images. La découverte de l’ensemble de

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ne savais pas présenter mon travail, vous m’avez tous aidée ! J’avais peur de n’être rien au milieu de plein de tout, et finalement, même mes dieux de la photo font popo ! Je sais, c’est presque naïf à souhait, mais c’est un peu comme une naissance pour moi les échappées, j’ai gagné le droit de dire que je suis photographe, gagné le droit d’y croire surtout.

l’expo. Et tu te dis que c’est super beau. Très différent et en même temps très cohérent. Un espace avec des procédés particuliers, des prouesses techniques et puis au fond les trains de Sacha et la gare d’Élodie et puis mes images très colorées. On aurait choisi de mettre les photos on les aurait mises comme ça alors que ça s’est fait naturellement par le hasard aussi. Il y a eu une espèce d’Alchimie. Petit à petit tu échanges avec les gens, tu crées des liens et tu sens naître de nouvelles amitiés.

Une semaine c’était juste trop court, pas assez de temps pour approfondir les relations. Une semaine à 100 à l’heure, inoubliable. Un tremplin aussi, une chance qui m’a été donnée d’exposer, pour la première fois, à Paris ! Les Échappées, c’est plus qu’une expo, une asso, ce sont des humains, tous très ouverts et passionnés, ce sont des rencontres, des drôleries, des conseils, des partages ! Alors, voilà, Les Échappées, c’est ça, un moment dans l’espace et le temps, où j’ai pu enfin m’échapper de moult carcans qui m’étouffaient !

Le vernissage a été un moment fort. Moi qui ai quitté Paris ça m’a permis de revoir des gens et de voir aussi des gens que tu ne connais pas et qui sont très touchants. Un monsieur est venu en me disant merci parce que ça lui rappelait des souvenirs quand il habitait à Coney Island il y a 20 ans. Une jeune fille voulait acheter une image parce que ça l’avait touché mais elle n’avait pas les sous. Et puis j’ai appris des techniques qui m’ouvrent d’autres visions. Si j’avais été riche j’aurais aimé acheter une photo de chacun. Et puis il y a Sacha qui est ce petit bonhomme hyper attachant. Cette semaine-là, c’est une parenthèse dans la vie trépidante avec de belles rencontres et peut-être le début d’une histoire entre certains d’entre nous… http://claudinecoupe.darqroom.com/

Alors, Eric Marais... ?

Alors il a fait froid. Voilà. Le froid s’est installé on a brulé le souk médiéval d’Alep donc tout va bien… C’était une semaine vraiment intéressante. C’est bien cette semaine. Jolie. C’est dur de répondre. Le froid s’est installé. http://www.ericmarais.com/

Alors, Élodie Zwiebel-Donge... ?

Alors, ce fut exceptionnel! Je suis arrivée en terre inconnue, intimidée, et toute terrorisée! Et en très peu de temps, toutes les barrières sont tombées. Je ne savais pas accrocher des cadres au mur, Nicolas avait des crochets! Je

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http://elodiezwiebel.darqroom.com/

Alors, NikØ Mahé... ?

Alors, superbe semaine avec de très belles rencontres humaines ! Des gens, des photographes avec chacun leur vision, c’est ce que je venais rencontrer ici. Des auteurs d’abord, du public, puis le flot des visiteurs et je crois que ça s’est terminé avec ce avec quoi ça avait commencé : l’humain, des amis, des photos plein la tête, des projets, la tête comme une recharge créative pleine d’envie. Tu te recharges et comme je fais les choses tout seul on s’essouffle parfois. Ca régénère tout ça. De voir des gens comme là, t’es reparti et ça en est même magique !


Je veux remercier tout le monde du niveau d’accueil, de tolérance, de chaleur et de cette empathie qu’il y a eu pour Sacha. Sur un groupe c’est moins évident en plus. Deux mentions particulières pour Nicolas et Vincent, et tout spécialement avec un regret où je me suis mal comporté avec Vincent qui a monté mon diaporama parce que j’étais coincé chez France Inter et quand on est revenu il y avait 4 photos qui étaient montées à l’envers et je voulais le refaire, j’étais dans mon monde et je n’ai pas réalisé qu’il avait passé 2h30 dessus et que je lui manquais de respect. Voilà c’est ça mon attitude de touriste dans la vie. Comme quoi on peut être con quand on est touriste. Mes toutes plates excuses Vincent, tout était parfait. http://www.voyagedesacha.fr/

Alors, VINCENT LR... ?

Alors, je suis né à Versailles le 24 avril 1972 et il faisait assez beau ce jour-là. La veste orange est une idée de Nico et je ne suis pas du tout d’accord avec ça. Mon psy me dit que je serai marqué à vie. Je fais toutes les sales besognes et de temps en temps il me fait un câlin, mais le Président est volage. http://www.flickr.com/photos/nikostream/

Alors, Franck Boucher... ?

Alors, plutôt bien. Moi je suis invité par l’ensemble des photographes et organisateurs. D’entrée de jeu on ne peut que bien ressentir le fait d’être invité. En plus c’est la première expo publique des premières photos de la première étape et cette première se fait aux Échappées Belles à Paris donc c’est royal. Ça me permet d’envisager plein de choses pour l’avenir qui vont être plus simples pour notre aventure personnelle.

A part ça ici, il y a des travaux de qualité. Les auteurs tiennent eux-mêmes leur galerie on sort du cadre traditionnel et ça permet une rencontre avec des gens qui ne se connaissaient pas forcément. Il faut savoir que 95% des auteurs qui exposent nous demandent de revenir. La 2ème édition permet d’ancrer le phénomène dans le temps. On a doublé la fréquentation. On a augmenté la qualité de présentation. On veut des gens forts et confirmés dont la plupart font leur expo. Merci aussi à nos partenaires qui

Pour les Échappées Belles j’ai été agréablement surpris parce que j’ai participé à plein d’expos collectives où le niveau n’est souvent pas régulier, où les gens ne savent pas se comporter entre eux et là tout fonctionne bien avec tout le monde. C’est un vrai travail d’équipe. J’ai découvert aussi plein de techniques photos argentiques notamment que je ne connaissais pas. Et puis c’est ce partage. J’ai trouvé sympa que les photographes montrent le travail des autres photographes. Ça change vraiment car ce n’est pas la façon la plus évident de se comporter chez les photographes. C’est assez iconoclaste dans la profession et si tout le monde joue le jeu on n’a pas à se regarder le nombril puisqu’il y en aura toujours un pour le montrer à ta place. Il faut que tout le monde rende à tout le monde et ça a fonctionné ainsi. Ce n’est pas évident en plus car il y a Sacha qui erre dans la galerie pieds nus, qui rote et qui pète. Bon en même temps il est sur les affiches dont c’est logique qu’il soit là mais encore une fois il n’a pas un comportement que tout le monde aurait apprécié. Je n’ai pas eu un reproche en une semaine et j’apprécie beaucoup.

nous ont suivis il y a un an. Aujourd’hui ils sont pleinement rassurés et ils pérennisent avec nous. Je ne vois pas de point noir à l’horizon surtout que la prochaine fois on viendra avec une caravane pour faire des images… http://www.vincentlr.fr

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Thème

Il était une fois... l’ombre d’une coïncidence... Anne Guillaume [IsoArt] http://www.flickr.com/photos/isoart/8096729678/

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Il était une fois... Quatre mots qui marquent habituellement le commencement... Pour Issue 4 nous vous avons demandé de shooter le début d’une histoire, réelle ou imaginaire, inédite ou copiée, nouvelle ou revisitée. Voici donc ces histoires, racontées au travers de votre objectif, au fil de vos rencontres. Four words that usually mean the beginning... For issue 4 we asked you to go out and shoot the beginning of a story: real or imaginary, original or imitated, new or even an old story revisited through the lens of your camera. Here are the tales you told us for Issue 4, with your camera, in the course of your encounters.

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PhotoTalk //Anne Guillaume Cette photo est assez extraordinaire. Parle nous d’elle et des circonstances de sa prise. Pourquoi l’as tu soumise dans le thème «Il était une fois ...» ? J’ai hésité à la poster pour ce thème parce que je trouvais qu’elle aurait plus eu sa place dans une thématique « ombres & lumières » évidemment. D’un autre côté, elle laisse imaginer tout un tas de possibles avec cette coïncidence incroyable entre un bateau qui passe et l’ombre du London Eye. Il y a un bateau attaché à des piquets, et un bateau libre qui rencontre cette ombre sur sa tangente. L’attachement et la liberté, le prévisible et le hasard, le statique et le mouvement, les fluctuations de la vie en somme ?! La roue tourne et prend sur son passage des événements inattendus, pour nous surprendre, nous questionner. J’aime aussi quand une photo m’interpelle parce qu’elle n’est pas tout de suite compréhensible, et ici on ne perçoit pas d’emblée la réalité, on peut presque penser à une maquette… J’aime l’esthétique du graphisme mais je suis aussi fascinée par les photos qui ouvrent sur un mystère, qui laissent la porte ouverte à toutes les interprétations, où chacun peut s’inventer une histoire… Quelle est ton approche de la photo ? Tu es assez active sur Instagram (@isoart). La photo mobile, c’est un autre univers qui s’est ouvert à toi ? Mon approche de la photo a toujours été une approche « réflexe », aux deux sens du terme : l’objet et l’attitude ! Sauf que le réflexe de prendre des photos avec un reflex est nettement ralenti par son encombrement, sa visibilité et son poids ! Avec Instagram, que j’ai découvert très récemment, j’ai été assez surprise. Moi qui ai toujours détesté viser sur écran, je me suis mise à viser avec l’iPhone avec un réel plaisir et un amusement incroyable ! Un nouveau monde s’est ouvert à moi : un monde où on peut shooter n’importe quand, n’importe où, n’importe quoi presque (c’est dangereux !). Comme j’aime énormément tout ce qui est graphique et épuré, je me suis efforcée de créer une galerie homogène sur Instagram pour mettre en avant cet univers et j’ai découvert qu’on pouvait

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parfois faire de très jolies compositions avec pas grand chose… ! De plus, le format carré est un format que j’affectionne particulièrement, c’est le format parfait pour des compositions graphiques. Instagram, c’est aussi une communauté extraordinaire où on découvre des tas d’artistes qui ont un talent fou, des expositions, des univers différents, c’est stimulant et ça booste l’imagination, ça démocratise un peu l’art aussi ! J’ai une tendance à l’éparpillement, alors Instagram m’a aussi aidée à structurer mes idées, à progresser, à être plus exigeante avec moi même. On dirait que tu te sens bien en milieu urbain, l’architecture, les lignes de fuite, le noir et blanc. Quels son tes sujets de prédilection ? Oui, je suis une citadine et l’effervescence du milieu urbain me stimule par sa variété, mais il est beaucoup plus facile de faire des photos graphiques que des photos humaines. Mes photographes préférés sont Depardon, Sabine Weiss, Willy Ronis, Martine Barrat, Cartier Bresson… que des humanistes, ce qui ne se ressent pas trop dans mon portfolio Instagram !! ;-) Cependant, j’ai bien d’autres thèmes de prédilection que l’architecture et les perspectives. Depuis un séjour à New-York où j’ai commencé à prendre des gens en photos, j’arrive, en me faisant parfois un peu violence, à shooter plus naturellement des scènes de rue, mais cela reste difficile car je suis encore incapable de demander à des gens de les prendre en photo (ça viendra peut-être !) et je n’aime pas le faire de manière « volée » par respect au droit à l’image. J’aime aussi beaucoup la macro, prendre des petits détails insignifiants pour en faire un graphisme abstrait et épuré... Faire des portraits est un réel plaisir quand il s’agit de personnes de mon entourage que je connais bien et qui se prêtent volontiers au jeu (et j’ai un modèle de 6 ans qui adore ça !!). J’ai eu l’occasion aussi récemment de faire quelques photos de concert et cela m’a procuré de magnifiques émotions, parce que je connaissais bien l’artiste et qu’il y avait une vraie complicité dans l’échange et les regards, sur une toute petite scène. Quant au noir et blanc, cela a toujours été pour moi le haut de gamme de la photo, la photo artistique par excellence ! Elle me procure les émotions les plus fortes, par ses contrastes, ses ombres et sa lumière, que la couleur ne peut pas égaler. English translation p. 57.


Il était une fois une petite fille qui soufflait ses idées dans le vent... Anne d’Huart [dhuartanne] http://www.flickr.com/photos/anne-minerve/8042790306 Elle soufflait doucement... Ses idées, comme de petits oiseaux volages, virevoltaient, ivres et libres, dans le jardin de leurs émotions... Lorsqu’apparut le soir, elles enjambèrent délicatement les nuages et, confortablement installées dans leur duvet de plume, se prirent à rêver de clair de lune. Légende écrite par Véronique Voisin

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Once upon a time out of the primordial soup, they were reaching out for light - Gertrud Lienhard [goerdie_l.] http://www.flickr.com/photos/g_lienhard/8051887722

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PhotoTalk // Gertrud Lienhard What comes to your mind when looking at this picture? What motivated you to submit it to our «Once upon a time...» theme? Looking at this image, as the blurry overall impression might suggest, there is a feel of vagueness arising, a beginning initiated eons ago. I think of the primordial soup, and then - once upon a time - these plants maybe abruptly started to grow towards the light. This image for me shows the beginning of life and growth, but also the initiation of the concrete, structure and form out of the chaos (The original shot was more blurry. Adding sharpness made the skeletal structures look more real.). This image was invited to Backlight Magazine on Flickr, the 4th issue. I felt very honoured, because Backlight is a great project with other motivated and motivating amateur photographers. I really love being a part of it, it’s a fantastic, passionate and enthusiastic community. And my respect for the Backlight crew: you do a great job indeed! As a photographer, you are used to express yourself with images. Did you find it hard to add a caption to the picture? Or is making up stories an intrinsic part of the picture-taking process? No, not at all. I only had eyes for these gorgeous skeletal structures standing there for my pleasure. I was extremely attracted by them, and stayed there for hours. That was it. The making up of a story for me is the second adventure starting at home, having an intense dialog with the image and my imagination. (Does anybody remember Michelangelo tAntonioni’s Blow Up?)

Looking at your photostream, one can discover a lot of very different sets, a lot of nature, experimentation, graphic shapes ... it’s very eclectic. I only began to commit myself to photography in October 2011. There is so much I still have to discover! I am neither stuck on a theme or a technique but photographically speaking, I have some preferences now, such as abstracts, mini- and macroscapes etc. Technically speaking I am currently very keen on intentional camera movement, blurism, longtime exposures… What leads your creative approach and how do you choose your subjects? In the intro of my Flickr account you won’t find much about me as a person apart from my photos. But you get this quote by Dschalal ad-Din ar-Rumi: “Do not be satisfied with the stories that come before you. Unfold your own myth.” I always try to capture the “essential” of a phenomenon in some way or other. The essential may be unspectacular, often overlooked or popular; it may be abstract, structural, voluptuous or chaotic. In this sense, I am rather chosen or driven by the phenomenon when I plan topical photo shoots. There are exceptions though, two new projects are yet to come! Traduction en français p. 56.

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Il était une fois trois princesses en goguette... - Anne d’Huart [dhuartanne] http://www.flickr.com/photos/anne-minerve/8042779879 Ah qu’elles étaient belles ces demoiselles Dans leurs jupons empesés Sortis des malles du passé Ah qu’elles étaient belles ces demoiselles Avec leurs petits pieds galbés Par de jolis souliers Ah qu’elles sont belles ces demoiselles Qui toutes au bal s’en vont Rêvant chacune d’être Cendrillon. Légende écrite par Véronique Voisin

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Il était une fois dans la cour, la théorie des ensembles ou le “paradis” comme aimait à le décrire Georg Cantor Jérôme Colombe [sYsIphe] - http://www.flickr.com/photos/sysiphe_/8138432785

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Il était une fois... - Patricia Pichon [Bernadette] http://www.flickr.com/photos/bernadettetadelos/7582461426

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Il était une fois une petite princesse aux pieds nus qui voulait attraper un rayon de lumière. - Eric Bustarret [zzerk] http://www.flickr.com/photos/zzerk/6293756739


Il était une fois une petite fée - Hervé Boulben [RVBO] http://www.flickr.com/photos/rvboulben/6679779345tt

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Il était une fois... un ballon bleu. Hervé Boulben [RVBO] http://www.flickr.com/photos/rvboulben/6285594658

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Il était une fois un petit garçon curieux qui découvrit un trésor dans une poubelle ... - Anne d’Huart [dhuartanne] http://www.flickr.com/photos/anne-minerve/8042779997

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Once upon a time a parallel world - Acetine [acetine] http://www.flickr.com/photos/acetine/8122750110

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“Il était une fois, un enfant qui rêvait d’être déjà grand... - Thomas Valadon [valtho] http://www.flickr.com/photos/moskitom/1903550721

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Il ĂŠtait une fois une princesse aux grands pieds - Christian Gates St-Pierre [CGS7] http://www.flickr.com/photos/christiangates/8053388046

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Il ĂŠtait une fois... sable, bitume et fantaisie... - Anne Guillaume [IsoArt] http://www.flickr.com/photos/isoart/8096721493

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Il était une fois un nounours sans-abri... - Marine Armstrong [MarineArmstrong] http://www.flickr.com/photos/marine-armstrong/5143863590 À l’entrée du Passage Saint-Jérôme, à Toulouse. Il gardait, j’imagine, la place de son papa qui s’était absenté un instant, lui faisant confiance ainsi qu’aux passants.

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Il ĂŠtait une fois une autre horizon... - Philippe Martin [fil] http://www.flickr.com/photos/production_de_mon_oeil/6337613523

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Il était une fois 3 vaches sur une planète mystérieuse... - Cedric Schultz [sadio] http://www.flickr.com/photos/comla/8149267026

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Il était une fois homme qui avançait d’un pas sûr vers son destin car il avait décidé de le prendre en main...ne le poussez pas.... Pascal Autret [T@l] http://www.flickr.com/photos/31385766@N08/7739174936

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Il ĂŠtait une fois une apparition - Acetine [acetine] http://www.flickr.com/photos/acetine/8122710711

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Barcode trip - Il était une fois quelqu’un qui voulait quitter la noirceur de cet asphalte, s’échapper, s’évader d’une vie monotone pour rejoindre l’immensité contrastée d’un monde jusqu’ici inconnu. LeMatos [LeMatos] http://www.flickr.com/photos/le_matos/6182622019

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Once upon a time, in a desperate country... NYC Coney Island - Christian Gates St Pierre [CGS7] http://www.flickr.com/photos/christiangates/4202622381

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Il était une fois un accident bien orchestré... à Bordeaux (France), cette Jaguar en mauvaise posture est en fait un accident voulu par l’architecte Jérôme Colombe [sYsIPhe] http://www.flickr.com/photos/sysiphe_/8138512620

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il était une fois une rencontre manquée ... Philippe Martin [fil] http://www.flickr.com/photos/production_de_mon_oeil/3288540638

PhotoTalk // Philippe Martin Tes deux photos nous ont intriguées, peux-tu nous dire où, quand et dans quelles circonstances tu les as prises ? Alors voilà, pour « il était une fois une autre horizon », j’étais à Dakar dans un terrain vague jouxtant un hotel de luxe et surplombant une petite plage où s’entrainent des sportifs (pour la plupart lutteurs, sport traditionnel qui peut rapporter gloire et argent au Sénégal). Cette photo a deux ans, j’ai été attiré par cet homme tourné vers la mer, dos au monde, seul et déconnecté, apparemment habité par autrechose... l’universalité du regard vers la mer ou l’horizon. Pour « Il était une fois une rencontre manquée », je trouvais drôle la position des deux hommes a chaque bout du banc, l’opposition noir/clair des cheveux et des vêtements, le côté opposé mais complémentaire. La photo a été prise il y a quelques années à Paris près de Bastille. Tu te qualifierais de photographe... amateur / pro / passionné / dilettante ? Parle-nous de ta pratique de la photo. Sur ton profil Flickr on peut découvrir les carnets photographiques de tes

multiples voyages. As tu toujours ton appareil sur toi ? Photographe passionné depuis mes débuts de steward et donc de voyageur, j’essaie de partager simplement ce que je vois et qui me touche en évitant la carte postale et le voyeurisme. Je suis un grand promeneur et contemplatif insatiable, j’utilise donc l’appareil comme prolongation de mes divagations. Lorsque je suis en voyage, j’essaie de rester caché ou discret tant que possible pour voler les images , prendre sur le vif. En général je me choisis un cadre, m’assois pour me faire oublier et me fondre dans le paysage et j’attends qu’il se passe des choses toujours l’air de rien (ce qui n’est pas facile partout). Je privilégie depuis quelques années le noir et blanc pour mes photos de rue et de voyage pour le côté essentiel et basique, pour l’ambiance qui s’en dégage quand la photo est réussie...et pour fuir le côté excessif et sensationaliste de la coloration et la retouche a l’excès. English translation p. 56.

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Il était une fois... une rencontre sous la toile... Anne Guillaume [IsoArt] - http://www.flickr.com/photos/isoart/8096728552 Photo prise en août 2011 à Paris Plage. J’observais la foule du haut d’un pont qui se pressait pour aller se rafraîchir sous les diffuseurs de gouttelettes et cette toile d’araignée m’a interpellée ! Prendre le mouvement de ces 2 personnes sous la toile permettait une analogie parfaite avec la toile du net, par opposition au flou des gens qui se croisent sans vraiment se voir...

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Le baiser... Il était une fois,... ou peut-être, était-ce la fin ? Laurent Lavergne [laurent2l] http://www.flickr.com/photos/2l/8062276127

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Il était une fois au clair de l’une, l’ombre de l’autre... - Joëlle Susperregui [Pikeneuy] http://www.flickr.com/photos/pikeneuy/8110400599

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Il était une fois... le jour d’après.....une terrible tempête. Les Hommes sortaient pour guetter le retour d’un temps plus clément. Catherine Péré [Bambou67] - http://www.flickr.com/photos/65601215@N08/8047904326

Il était une fois… …le temps d’une saison, ils ne le savaient pas et ne voyaient que l’horizon… Flânant main dans la main sans douter du lendemain ils disparurent au loin au milieu des embruns. Denis Drouault [denisdrouault] - http://www.flickr.com/photos/denisdrouault/8351536328/ 42


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Once upon a time, an impossible love - Christian Gates St Pierre [CGS7] http://www.flickr.com/photos/christiangates/7351354496

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Once upon a time in America : il était une fois, un jeune homme, qui ne savait pas ce que l’avenir lui réservait.. Alexandre Gloria [krieg] http://www.flickr.com/photos/-krieg-/6387396217

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Il était une fois... tout au fond du grenier, une porte incongrue légèrement entrouverte... Léa Bardi Debot [alyah888] http://www.flickr.com/photos/loeildelea/7459760206

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Dans la cours des grands, il était une fois un rêve d’enfant LeMatos [LeMatos] - http://www.flickr.com/photos/le_matos/8053530756

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Il était une fois un sadique, qui depuis son plus jeune age, prenait plaisir à jouer au médecin. Alexandre Gloria [krieg] - http://www.flickr.com/photos/-krieg-/6500559451

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Il était une fois un rôdeur à la tombée de la nuit... Samuel Halbert [windsam3] - http://www.flickr.com/photos/windsam3/6584025027

La légende du lac Thierry Bailloux [Tyanantes] - http://www.flickr.com/photos/tyanantes/7500577014 Il était une fois, au cœur du lac, une créature. Certains prétendent qu’elle aurait l’apparence d’une femme, d’autres celles d’un ange. La légende raconte que chaque siècle elle revient parmi les hommes. Aussi loin que la mémoire des gens d’ici remonte, ils témoignent d’une longue silhouette noire errant sur les berges du lac à la recherche de l’âme de son unique amour dont elle porte le deuil à jamais.

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Once upon a time, just once... Marie GĂŠneau [marigeno] - http://www.flickr.com/photos/marigeno/8134684389

Once upon a time in the angel’s playground... Francis Malapris [FaceinatioN] - http://www.flickr.com/photos/bluepatch/8124928736

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Il était une fois une armure abandonnée par son chevalier qui ne voulait plus se battre. Philippe Carré [philgny] - http://www.flickr.com/photos/50passagedodoley/8092889729

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Il ĂŠtait une fois, un vaillant chevalier qui parcourait le monde pour dresser les dragons... Thomas Valadon [valtho] - http://www.flickr.com/photos/moskitom/3117278290

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Phototalks

Cette image a été invitée dans le groupe Backlight sur Flickr pour ce 4ème numéro. J’étais très honorée parce que je trouve que Backlight est un superbe projet avec d’autres photographes passionnés motivés et motivants! Je suis vraiment ravie d’en faire partie maintenant, c’est une communauté fantastique, passionnée et enthousiaste. Et respect pour l’équipe Backlight : vous faites un super boulot, vraiment !

En tant que photographe, tu es habituée à t’exprimer par l’image. As-tu trouvé cela difficile d’ajouter une légende à tes photos ? Ou est-ce qu’inventer des histoires fait partie intégrante du processus photographique ? Ca ne m’a pas gênée du tout. Je n’avais d’yeux que pour ces structures (de la photo [NDLR]) j’étais attirée par elles et je suis restée là des heures. C’est tout. L’invention d’une histoire est la seconde aventure, celle qui se produit à la maison, lorsqu’un dialogue s’instaure entre l’image et mon imagination (vous vous rappelez Blow Up, le film de Michelangelo Antonioni ?) En regardant ton flux de photos sur Flickr on découvre beaucoup de styles différents : pas mal de photos de nature, des expérimentations, des formes graphiques... c’est très éclectique. Je me suis mise à la photo en octobre 2011 seulement. Il y a encore tellement de choses que je dois découvrir ! Je ne suis attachée à aucune thème ou à aucune technique. Mais photographiquement parlant, j’ai quelques préférences en ce moment, comme les abstractions, paysages mini et macro. Techniquement parlant en ce moment ce qui me plaît beaucoup c’est de jouer avec les mouvements (intentionnels) de l’appareil photo : flous travaillés, longues pauses, etc. Qu’est-ce qui guide ton approche créative et comment choisis-tu tes sujets ?

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Dans l’intro de mon compte Flickr, je n’ai pas mis grand chose sur moi en tant que personne, à part mes photos. Mais vous trouverez cette citation de Dschalal ad-Din ar-Rumi : « Ne vous contentez pas des histoires que les autres ont raconté avant vous. Créez votre propre mythe ». J’essaie toujours de capturer l’essentiel d’un phénomène d’une façon ou d’une autre. L’essentiel peut être banal, souvent négligé ou «populaire». Il peut être abstrait, structurel ou voluptueux, chaotique. Ce sont donc plutôt ces phénomènes qui me guident, je ne planifie pas vraiment de photo shoot. Il y a des exceptions cependant, comme deux projets à venir... Your two photographs intrigue us. Can you tell us where, when and under which circumstances you took them? Well, for the picture “il était une fois un autre horizon” (once upon a time another horizon), I was in a wasteland in Dakar right next to a luxury hotel and overlooking a small beach where athletes were training (most of them were wrestlers, a traditional sport that can bring money and glory in Senegal). I took this photo two years ago.I was attracted by that man turned towards the sea, his back to the world, alone and disconnected, apparently preoccupied by something else… the wholeness of his gaze in the direction of the sea or perhaps the horizon. For the other picture “il était une fois une rencontré manqué” (once upon a time a lost encounter), I found the position of the two men funny. One on each side of the bench, the dark/light contrast of their hair and clothes, opposing but complementary. The photo was taken a couple of years ago in Paris close to the Bastille.

Philippe Martin

Gertrud Lienhard

Qu’est-ce qui te vient à l’esprit lorsque tu regardes cette photo ? Qu’est-ce qui t’a motivé à la proposer au thème «Il était une fois» ? En regardant cette image, et comme l’impression de flou général peut le suggérer, on sent vaguement que quelque chose émerge, comme le début des débuts, il y a une éternité. Cela m’évoque le bain originel et puis - il était une fois ! - ces plantes se sont sans doute mis tout à coup à pousser vers la lumière. Cette image montre pour moi le commencement de la vie, la croissance, mais aussi l’émergence hors du chaos d’une forme concrète, d’une structure (la photo d’origine est bien plus floue, mais accentuer les contours a rendu ces structures squelettiques plus réelles).

How would you describe yourself as a photographer … an amateur, pro, passionate, dilettante? Tell us about your photography. On your Flickr profile we discovered a lot of photos from your various trips. Do you always have a camera with you? I’ve been a passionate photographer since I began working life as a steward and thus a traveler. I try to share what I see and what touches me, always being careful to avoid postcard photography and voyeurism. I love to wander around and to contemplate; I use my camera as an extension of my ramblings. I love walk-abouts and I am an insatiable thinker so I use my camera to prolong my various wanderings. When I am travelling I try to stay as hidden and discrete as possible to “steal” photos, to take them on the spot. In general I choose a spot, I sit down to make myself forgotten and to dissolve into the landscape. Then I wait until something very ordinary happens (which is not always easy everywhere). For the past few years I’ve privileged black and white photos for my street and travel shots for its more essential and basic side, for the ambiance you get when the photo is really good … and to avoid the excessive and sensational side of colour photography as well as excess touch ups.


// translations Anne Guillaume

This photo is quite extraordinary. Tell us about it and the circumstances in which you took this picture. Why did you submit it to our theme “Once upon a time…”? I hesitated to submit it to this theme. I thought it would be better for a theme like “shadows & lights”. On the other hand, the unbelievable coincidence of the ship passing and the shadow of the London Eye make us imagine a lot of things. You can see a moored boat and another one that meets the shadow on its tangent. Attachment and liberty, predictability and chance, static and movement, the fluctuations of life? The wheel turns and takes unexpected events on his way, to surprise us, to question us. I also appreciate when a photograph questions me because it is not understandable right away. In this photograph we do not understand what we see at a first glance; it almost looks like a mock-up… I like the aesthetics of graphics but am also fascinated by mysterious photographs that leave the door open to interpretations, where everyone can imagine his own story. What is your approach on photography? You are quite active on Instagram (@isoart). Did you discover a new universe in mobile photography? My approach of photography has always been a “reflex” approach with two meanings: the object and the attitude! Taking pictures with a reflex camera is slowed down by its dimensions, its visibility and its weight. I have been very surprised by Instagram which I discovered recently. I always hated focusing using a screen but when I started using my iPhone I found that I really enjoyed it. A new world has opened up to me: a world where I can shoot whenever, wherever and (almost) whatever I want (this can be dangerous though!). As I like everything that is graphic and uncluttered, I force myself to create a homogeneous gallery on Instagram. I want to showcase that universe and I have discovered that you can sometimes achieve great things with little effort. On top of that I very much like the square format; it’s perfect for graphic compositions. Instagram is also a fabulous community. I’ve discovered artists with a lot of talent, expositions, different approaches, it’s very stimulating and boosts my imagination. In some way it democratizes art, and as I tend to scatter my ideas around, Instagram helps me to structure them better, to progress and to be more demanding with myself.

favorite photographers are Depardon, Sabine Weiss, Willy Ronis, Martine Barrat, Cartier Besson … only humanists, somethingthat you cannot detect from my Instagram portfolio!! ;-) Besides architecture and perspectives I also have some other favorites subjects. During a trip to New York I started taking pictures ofpeople. I have to force myself a little bit to shoot street scenes naturally. I am incapable of askingpassers-by for their consent to take a picture of them (maybe it will come with time). On the other hand I don’t like taking “stolen” photos because I respect their image rights. I also like macro photography… focusing on small, insignificant details to create abstract and pure graphics. I love shooting portraits of my family members or friends that I know well and who play the game (I have a 6 year old model who loves it!!). I recently had the chance to take some pictures of a concert and I really experienced some great emotions. As I knew the artist very well, we created this great feeling between us. Last, but not least, I’ve always considered black and white photography as the highest standard of photography, real artistic photos! Black and white procures some strong emotions in me, the contrast, the shadows, the lights and for me colour photography can’t equal this.

It looks like you like urban surroundings, architecture, alignments, black and white. What are your preferred subjects? I am a city girl and the excitement and variety of urban surroundings stimulates me and it is much easier to go for architectural photos than for pictures of people. My

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Le mariage

par la petite histoire... Sébastien Roignant

Je vois trop de fois dans les vitrines des photographes des photos de mariage dont les couples sont interchangeables. Les cadrages et les expressions sont toujours les mêmes et ne représentent pas le couple dans ce qu’il est vraiment : unique. En allant sur les shooting sans aucune image « préfabriquée » en tête, je m’attache à toujours réaliser des photos de couple les plus originales possibles et surtout, des images qui leur ressemblent.

F/1.4 est un vidcast hebdomadaire d’apprentissage de la photo. Les thèmes sont variés : retouche sous Photoshop ou Lightroom, Workflow, prise de vue, réflexion autour de la démarche photographique et autour du métier de photographe, direction de modèle, business... Retrouvez cette émission tous les dimanches soirs sur www.facebook.com/funquatre et dans Backlight Magazine pour un rendez‑vous régulier !

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Une expérience A.C. et Y. ont fait le trajet Paris - Saint Malo pour une séance photo « mouillée ». Ce jour de septembre, il fait très gris. Cela fait déjà quelques mois qu’ils se sont mariés. Cependant ils sont motivés et savent que la séance va se finir à l’eau. Nous arrivons sur la plage après une heure de photo. Ils vont gouter l’eau, elle est un peu froide mais l’énergie est là. L’appareil photo prêt je rentre

en premier dans le grand bain. Je donne le top départ et les voilà en train de courir vers moi jusqu’à la chute inévitable la tête la première dans l’eau. Ils sont complètement trempés mais heureux de l’être. C’est un moment unique pour eux, se retrouver en habits de mariés dans la mer pour une séance photo dont ils sont le centre d’intérêt.

Notre métier de photographe nous permet de faire vivre des instants uniques aux personnes qui nous font confiance. La première fois que je leur ai soumis l’idée de faire une séance couple à la mer, A.C. et Y. n’étaient pas très chauds. Un an après, l’idée a fait son chemin et les voilà conquis. Plus qu’une belle série de photos, Il retiendront un moment qui leur restera en mémoire toute leur vie.

La photo unique O. et C. se sont mariés en Bretagne en Juin 2011. Quelques jours plus tard nous nous retrouvons à Paris afin de réaliser une après midi photo de couple. Cela fait déjà 2 heures que nous pennons des photos. Il fait très chaud. Ils n’ont pas mangé depuis le matin. Ils ont faim. Nous passons près d’un fast food et je pars leur acheter de quoi manger. O. mange son sandwich alors que nous attendons que son mari vienne nous chercher en voiture. Arrivé sur de la butte Montmartre, C. se décide enfin à manger sa part. C’est le moment que choisi O. pour faire la pitre derrière lui. Ce couple formé par O. et C. se sont rencontrés en travaillant dans ce fast food précisément. Cette photo, outre le fait qu’elle soit fun, raconte la façon dont ils se sont rencontrés. Toutes les photos : Sébastien Roignant / www.aucoindujour.fr

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Conter une histoire O. est prête. Elle s’est faite coiffer et maquiller. Sa mère, ses sœurs et ses cousines l’ont aidée à mettre sa robe dans sa chambre d’enfant, à l’étage. L’heure de partir à la mairie approche. Elle descend les marches pour se diriger vers

la voiture qui l’attend. Dans son dos, l’enfant qu’elle était 20 ans plus tôt la regarde partir vers l’un des moments les plus marquant de sa vie de femme.

l’histoire de ces folles journées mais aussi des personnes qui y participent. Observez ce qu’il y a autour de vous afin de toujours chercher les éléments essentiels à l’histoire que vous contez.

Nous sommes là pour raconter de belles histoires commençant par «Il était une fois»,

Les surprendre Si vous assistez à une célébration catholique, vous remarquerez une chose récurrente vers la fin du « Notre Père ». Les gens veulent s’arrêter après « Mais délivre-nous du mal » cependant le prêtre continue la plupart du temps par « Car c’est à toi qu’appartiennent ... ». Le public est souvent perdu et durant une seconde il y a un blanc dans l’assemblée. C’est à ce moment précis que je suis à coté

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de ce petit groupe lors d’un mariage d’une famille plutôt catholique. Ces 3 personnes se regardent et rigolent de leur bourde. Je remarque leur petit jeu et, volontairement, je me montre afin qu’ils comprennent que j’ai compris ce qu’il vient de se passer. Le regard de cet homme c’est le regard de l’enfant qui vient de se faire surprendre alors qu’il pensait ne pas se faire remarquer.

Lors de moments comme celui là, il est parfois bon de se laisser voir des gens que l’on photographie pour créer une complicité avec eux. Un «regard caméra» peut être intense et vouloir dire beaucoup de choses.


la cible facile Nous arrivons à la partie cocktail du mariage de S. et S. Les invités arrivent sur le lieu de réception. Les nouveaux mariés sont occupés à les accueillir. Du coin de l’œil je remarque le fils des mariés du haut de ses 5 ans partir avec sa petite copine. Je m’approche discrètement d’eux afin d’immortaliser ce couple de mariés miniatures qui font comme les grands. Il y a souvent beaucoup d’enfants lors d’un mariage. Je les appelle «la cible facile». Ils sont naturels. Si ils sont content, ils le montrent, si ils ne le sont pas, ils le montrent également. Il est donc plutôt facile d’avoir de bonnes photos avec eux. Et comme ce sont des enfants, les parents ou autres adultes vont quasiment à 100% du temps être sous le charme des clichés de leur progéniture.

le marié qui devint photographe S. s’est marié en Juillet 2010. Une bonne année après, m’en allant photographier un concert, je croise dans la pénombre une personne qui me dit «Salut Sébastien». Je n’arrive pas à distinguer de qui il s’agit. Après quelques secondes de suspens, je découvre S., un appareil photo à la main qui vient lui aussi photographier ce concert. Il m’apprend qu’après m’avoir vu m’amuser lors du reportage photo de son mariage, cela lui a donné envie de se lancer dans la photo. A l’heure actuelle, S. s’est lancé en auto-entrepreneur et a toutes les chances de devenir un très bon photographe. Cette expérience restera peut être unique lors de ma carrière cependant elle m’a montré que plus on aime ce qu’on fait, plus on le transmet dans notre façon d’être et plus cela peut changer la vie de certaines personnes. Alors prenez du plaisir et amusez vous !

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Contributors

Issue4

62

Anne Guillaume

12, 27, 38

Anne d’Huart

15, 18, 23

Gertrud Lienhard

16

Jérôme Colombe

19, 36

Patricia Pichon

20

Eric Bustarret

20

Hervé Boulben

21, 22

Acetine

24, 33

Thomas Valadon

25, 55

Christian Gates St-Pierre 26, 35, 44 Marine Armstrong

28, 29

Philippe Martin

30, 37

Cedric Schultz

31

Pascal Autret

32

LeMatos

34, 48

Laurent Lavergne

40

Joëlle Susperregui

41

Catherine Péré

42

Denis Drouault

43

Alexandre Gloria

45, 49

Léa Bardi Debot

46-47

Samuel Halbert

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Thierry Bailloux

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Francis Malapris

52

Marie Géneau

53

Philippe Carré

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5

street encounters 63


Backlight highlights...

Instagram je t’aime moi non plus

Par Jérôme Colombe aka @sYsIphe

une histoire d’amour compliquée...

photographie mobile... la photo illégitime comme le titrait

Comme nous avons pu le constater la fin du monde n’a

bronca de fin d’un monde gratuit et sans contrainte, est

pas eu lieu le 21 décembre dernier, en revanche, nous avons bien cru que c’était la fin du monde tout en «Insta-» deux jours avant lors de l’annonce de révision par Instagram de leurs prochaines conditions d’utilisation prévues pour le 16 janvier (voir notre encadré). Mais seulement voilà, l’histoire entre les utilisateurs d’Instagram et les leaders d’Instagram

si justement Karine Sabatier dans son édito n°3. Cette surtout venue des utilisateurs qui ont investi plus que des photos dans Instagram, ils y ont maintenant une partie de leur démarche photographique, épurée ou éditée à l’aide d’applications de retouche exclusives aux mobiles, dégradée ou sublimée par les filtres proposés par Instagram. Ces univers que l’on découvre au détour d’un hashtag dans Instagram sont de moins en moins contraints de leur hôte en gram... depuis ce fameux 18 décembre, ils ont, pour beaucoup, migré sur d’autres plateformes comme EyeEm, Starmatic, Tadaa, Pheed ou même Flickr qui s’est - bien lui en a pris - refait une nouvelle jeunesse mobile peu avant cette fronde improvisée.

Les expos dédiées à la photo mobile arrivent en France Mais, contrairement à la fin du monde, le mal - pour un bien - était déjà fait et la photographie mobile était déjà sortie du cadre en gram pour vivre sa propre vie sur d’autres supports et médiums qui aiment à la découvrir photo par @ignazioparis

ou à la faire découvrir. En France, par exemple, on a pu voir des expositions exclusivement dédiées à la photo mobile, comme la superbe expo au Bastille Design Center

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ressemble maintenant à une histoire d’amour compliquée...

de Paris organisée par le collectif Mobile Photo Paris

pour éviter la rupture, Kevin Systrom a révisé le contrat

(mobilephotoparis.com). On a pu aussi découvrir l’univers

de mariage et mis fin à la scène de ménage deux jours

de la photo mobile et de son écosystème lors du festival de

plus tard. Il faut dire que suite au rachat par Facebook

la photographie mobile organisée par Tribegram à la Gaité

pour 1 milliard de dollars en avril dernier, les utilisateurs

Lyrique de Paris (parismobilephotographyawards.com).

scrutaient avec fébrilité les velléités commerciales de

Ces événements typiquement Parisiens (autour du mois

Facebook pour valoriser Instagram et son potentiel corpus

de la Photo) font suite à d’autres initiatives et expositions

photographique. Car en effet, Instagram est maintenant

personnelles d’artistes utilisant leur smartphone comme

le berceau d’une nouvelle forme de photographie, la

appareil photo exclusif. Cette dimension artistique n’est en


Backlight highlights...

photo par Lenaïc Entremont

Le 16 décembre dernier, Instagram a annoncé la mise en place, mi-janvier, de nouvelles conditions d’utilisation « simplifiées et clarifiées »qui mentionnent explicitement la possibilité pour la plateforme de vendre les photos de ses utilisateurs à des annonceurs, sans aucune contrepartie financière (entre autres). En Californie, un cabinet d’avocats (Finkelstein and Krinsk) a lancé un recours collectif pour interdire ce changement des règles d’utilisation. Une forte contestation des utilisateurs a eu lieu, certains supprimant leur compte, d’autres migrant vers d’autres services. Cette levée de boucliers a poussé les 2 fondateurs du réseau social à préciser les termes de ces nouvelles règles, assurant qu’ils n’avaient pas l’intention de vendre les photos de leurs utilisateurs, mais de simplement les utiliser « à la manière de Facebook »

fait qu’une partie de la fabuleuse histoire de la photo mobile

la photo, à des discussions sur l’instabilité et la possible

confortée par les fournisseurs de caméra que sont Apple,

overdose de sites mobiles de partage de photos. Difficile

Samsung ou Nokia qui essayent de revenir dans la course.

donc de prévoir la fin de ce petit monde… la sagesse me

Une guerre technologique sur fond d’overdose d’images La guerre technologique qui se trame donne un peu l’avant goût de la chute prochaine des appareils compacts

dit qu’il faut de toutes les façons penser à sauvegarder régulièrement nos petits trésors photographiques hors de celui-ci ! photo par @zericiphone

remplacés par des objets hybrides connectés ou tout simplement smartphones comme nous les connaissons aujourd’hui. Ces nouveaux photographes (ou anciens séduits par cette nouvelle forme de photographie) regardent en effet en premier et presque exclusivement les caractéristiques et performances photographiques dans la litanie des spécifications des appareils qui sortent presque tous les mois. On les retrouve d’ailleurs de plus en plus ensemble lors de rencontres thématiques dans des Instameet ou PhotoWalk un peu partout en France (et dans le monde) afin de partager cette même passion dans une balade qui se retrouve photographiée et publiée dans Instagram en direct ou un peu plus tard en suivant le hashtag de la rencontre. En cette année 2013, il est fort à parier que, pendant ces balades, on assiste, en plus de

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Backlight highlights...

Instagram I love you... me neither

By Jérôme Colombe aka @sYsIphe

A complicated lovestory...

As we all know the end of the world did not happen

editorial for Issue 3. The fuss about the end of a free and

on 21st December, however, two days earlier we could

unconfined world comes mainly from users who have

have thought it was the end of the «Insta» world when

invested far more than just photographs on Instagram.

Instagram announced their intended review of their

It is now a part of their photographic approach. Unique

conditions of use due to take effect on 16th January (see

to mobile devices, Instagram’s filters help to refine, edit,

extract below). The relationship between Instagram users

degrade or sublime photographs. The universe we find around a hashtag on Instagram is becoming less and less confined. Since the 18th December many have migrated to other platforms such as EyeEm, Starmatic, Tadaa, Pheed and even to Flickr that had just rejuvenated itself for mobiles.

Expositions dedicated to mobile photography are beginning to find a place for themselves. Contrary to the end of the world it is for the better mobile photography is standing out, living its own life in other methods and ways that like to discover and to be discovered. Already in France, for example, you could photo par @ignazioparis

have seen expositions dedicated to mobile photography at the Bastille Design Centre, organised by the group Mobile Photo Paris (mobilephotoparis.com). Likewise, the

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and its directors became more like a complicated love

universe of mobile photography and its ecosystem could

story. To avoid a separation Kevin Systrom revised the

have been visited during the festival of mobile photography

‘mariage contract’ and put an end to the domestic scene

organised by Tribegram at the Gaité Lyrique de Paris

two days later. It must be said that following Facebook’s

(parismobilephotographyawards.com). These events

acquisition of Instagram for $1 billion last April, users

usually happen in Paris and follow on from other initiatives

feverishly scrutinised Facebook’s commercial whims to

and personal expositions by photographers who solely use

enhance Instagram’s potential photographic core. For

their mobile device. This artistic dimension is nothing more

indeed, Instagram is the beginning of a new form of

than part of the fabulous story of mobile photography

photography...mobile photography or even illegitimate

indulged by providers of cameras: Apple, Samsuung or

photography as Karine Sabatier justly called it in her

Nokia who are trying to come back into the race.


Backlight highlights... On 16th December Instagram announced some «clarifications and simplifications» in its terms and conditions due to take effect in mid-January. They mention the possibility for the platform to sell pictures posted by its users to brands and advertisers without any financial compensation whatsoever for the users. In California a group of lawyers (Finkelstein and Krinsk) filed an appeal to prevent these changes from taking place, resulting in a major dispute among Instagram users with some of them deleting their accounts and others migrating to other online services. This general outcry pushed the two founders of the social network to clarify the terms of these new guidelines, reassuring everyone that they had no intention to sell their users’ pictures, but just to use them «as Facebook does».

photo par @kino_in_paris

photo par Lenaïc Entremont

A technical war over a background of image overdose This technological war that is unfolding gives a little preview of the upcoming fall of compact cameras that are being replaced by connected hybrids, or even just mobile phones as we know them today. These new photographers (or old ones succumbing to this new form of photography)

photo par @zericiphone

are looking first and foremost at the characteristics and photographic performance specifications in the litany of new devices that are released almost every month. We find them more and more during thematic encounters such as Instameet or Photowalk throughout France (and the world). The same passion can be shared during a walk and be directly published on Instagram, or a little later by adding a hashtag. It is a safe bet that in 2013, during one of these walks, that we will assist in more than adding a photo, but will participate in discussions about the instability and possible overdose of mobile photo sites. It is difficult therefore to predict the end of this little world... but something tells us that we need to think about saving our photographic treasures regularly elsewhere!

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Backlight Magazine - Issue 4  

Once Upon A Time: Four words that usually mean the beginning... For issue4 we wanted you to go out and shoot the beginning of a story. Real...

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