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Exposition virtuelle

Marines : Navires et Vaisseaux Galerie Les Atamanes


L’homme et la mer Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. Tu te plais à plonger au sein de ton image ; Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur Se distrait quelquefois de sa propre rumeur Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage. Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ; Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes, Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets ! Et cependant voilà des siècles innombrables Que vous vous combattez sans pitié ni remord, Tellement vous aimez le carnage et la mort, Ô lutteurs éternels, ô frères implacables ! Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal


TARTANE EN MÉDITÉRANNÉE de Mério Améglio

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/tartane-en-mediterannee-de-merio-ameglio


Bretagne Pour que le sang joyeux dompte l'esprit morose, Il faut, tout parfumé du sel des goëmons, Que le souffle atlantique emplisse tes poumons ; Arvor t'offre ses caps que la mer blanche arrose.

L'ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose. La terre des vieux clans, des nains et des démons, Ami, te garde encor, sur le granit des monts, L'homme immobile auprès de l'immuable chose.

Viens. Partout tu verras, par les landes d'Arèz, Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès, Le menhir sous lequel gît la cendre du Brave ;

Et l'Océan, qui roule en un lit d'algues d'or Is la voluptueuse et la grande Occismor, Bercera ton cour triste à son murmure grave.

José-Maria de HEREDIA, Recueil Les trophées


PORT DE PLOUMANACH de AndrĂŠ Vivrel

Huile sur panneau, 1934 http://www.lesatamanes.com/oeuvres/composition-aux-points-jaunes-de-henri-darnaud


Comme le marinier, que le cruel orage Comme le marinier, que le cruel orage A longtemps agité dessus la haute mer, Ayant finalement à force de ramer Garanti son vaisseau du danger du naufrage, Regarde sur le port, sans plus craindre la rage Des vagues ni des vents, les ondes écumer ; Et quelqu’autre bien loin, au danger d’abîmer, En vain tendre les mains vers le front du rivage : Ainsi, mon cher Morel, sur le port arrêté, Tu regardes la mer, et vois en sûreté De mille tourbillons son onde renversée : Tu la vois jusqu’au ciel s’élever bien souvent, Et vois ton Du Bellay à la merci du vent Assis au gouvernail dans une nef percée, Joachim Du Bellay, Les Regrets


BARQUE SUR LA GRÈVE de Eugène Deshayes

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/barque-sur-la-greve-de-eugene-deshayes


Le navire Nous avancions, tranquillement, sous les étoiles ; La lune oblique errait autour du vaisseau clair, Et l'étagement blanc des vergues et des voiles Projetait sa grande ombre au large sur la mer. La froide pureté de la nuit embrasée Scintillait dans l'espace et frissonnait sur l'eau ; On voyait circuler la grande Ourse et Persée Comme en des cirques d'ombre éclatante, là-haut. (…) La belle immensité exaltait la gabarre, Dont l'étrave marquait les flots d'un long chemin. L'homme qui maintenait à contrevent la barre Sentait vibrer tout le navire entre ses mains. Il tanguait sur l'effroi, la mort et les abîmes, D'accord avec chaque astre et chaque volonté, Et, maîtrisant ainsi les forces unanimes, Semblait dompter et s'asservir l'éternité. Émile VERHAEREN, Recueil : Les rythmes souverains


VOILES SOUS L'ORAGE de Robert Leparmentier

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/voiles-sous-l-orage-de-robert-leparmentier


Je parle de la mer

Je parle de la mer qui contient l'Amérique, Les îles du Cap vert, les palmiers des tropiques. Je parle à l'océan, j'entends cogner son sang sur la pierre Au ciel les goelands sont messagers du vent, des colères. Je regarde planer les voiliers et les anges, Je regarde flamber les soleils sur l'eau blanche. Je parle de la mer qui contient l'Amérique, Les îles du Cap Vert les palmiers des tropiques. Un même vent amer sait gonfler mes enfers d'eau marine, Il peut aussi saouler, habiter ou hanter ma poitrine. Le tabac, le rhum bleu, le poivre et la cannelle, Les épices le feu brûlent dans mes ruelles. Je parle de la mer qui contient l'Amérique, Les îles du Cap Vert, les palmiers des tropiques. Luc Berimont


YACHTS À MONACO de Henri Chan

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/yachts-monaco-de-henri-chan


Le long du quai

Le long des quais les grands vaisseaux, Que la houle incline en silence, Ne prennent pas garde aux berceaux Que la main des femmes balance.

Mais viendra le jour des adieux ; Car il faut que les femmes pleurent Et que les hommes curieux Tentent les horizons qui leurrent.

Et ce jour-là les grands vaisseaux, Fuyant le port qui diminue, Sentent leur masse retenue Par l'âme des lointains berceaux. René-François SULLY PRUDHOMME


LES CHALUTIERS BLEUS de David Giles

Huile sur isorel, 1961 http://www.lesatamanes.com/oeuvres/les-chalutiers-bleus-de-david-giles


Vaisseaux... Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ; Le dernier de vous tous est parti sur la mer. Le couchant emporta tant de voiles ouvertes Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts. La mer vous a rendus à votre destinée, Au-delà du rivage où s’arrêtent nos pas. Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ; Il vous faut des lointains que je ne connais pas. Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre. Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi, Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère, Car j’ai de grands départs inassouvis en moi. Jean de LA VILLE de MIRMONT, Paradis des Albatros


LES CHALUTIERS BLEUS PORT SUR LA RIVIERA de Motia Morhange

Huile sur carton http://www.lesatamanes.com/oeuvres/port-sur-la-riviera-de-motia-morhange


La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes couvrant le monde de lumière, Bateaux chargés du ciel et de la mer, Chasseurs des bruits et sources des couleurs, Parfums éclos d'une couvée d'aurores Qui gît toujours sur la paille des astres, Comme le jour dépend de l'innocence Le monde entier dépend de tes yeux purs Et tout mon sang coule dans leurs regards. La Courbe de tes yeux

Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926


VOILIERS EN PORT DE CHERBOURG de Suzanne Tourte

Aquarelle sur papier http://www.lesatamanes.com/oeuvres/voiliers-en-port-de-cherbourg-de-suzanne-tourte


Aurore sur la Mer Je te méprise enfin, souffrance passagère ! J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer. Mon âme est affranchie, et ta forme légère Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer. Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse. O vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs, D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse, O vent du large ! emporte à jamais les douleurs ! Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile, Afin que le bonheur éclate, triomphal, Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle, Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal ! Renée Vivien, Etudes et préludes


PLAISANCE de Patrice MĂŠrot

Huile sur toile, 1987 http://www.lesatamanes.com/oeuvres/plaisance-de-patrice-merot


Sur la plage

Les mouettes se sont dissoutes Dans l’air indiciblement pâle. Le sable est si blanc qu’on en doute. Les dunes ont perdu leur hâle. Seuls d’étonnants feux roses Passent là-bas très haut dans l’air En éclosant comme des roses Dont le rosier serait la mer.

Maurice Carême


LANNION BEC LEGUER de Denis Geoffroy-Dechaume

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/lannion-bec-leguer-de-denis-geoffroy-dechaume


Le voyage Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages. Le soir se fait, un soir ami du paysage, Où les bateaux, sur le sable du port, En attendant le flux prochain, dorment encor. Oh ce premier sursaut de leurs quilles cabrées, Au fouet soudain des montantes marées ! Oh ce regonflement de vie immense et lourd Et ces grands flots, oiseaux d’écume, Qui s’abattent du large, en un effroi de plumes, Et reviennent sans cesse et repartent toujours ! La mer est belle et claire et pleine de voyages. A quoi bon s’attarder près des phares du soir Et regarder le jeu tournant de leurs miroirs Réverbérer au loin des lumières trop sages ? La mer est belle et claire et pleine de voyages Et les flammes des horizons, comme des dents, Mordent le désir fou, dans chaque coeur ardent : L’inconnu est seul roi des volontés sauvages. Emile Verhaeren, Les forces tumultueuses, 1902


BEG-MEIL De Salvador Sanchis

Aquarelle sur papier http://www.lesatamanes.com/oeuvres/beg-meil-de-salvador-sanchis-de-ecole-du-xxeme-siecle


L’appel du large

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme, Le coeur gros de rancune et de désirs amers, Et nous allons, suivant le rythme de la lame, Berçant notre infini sur le fini des mers. Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons, De leur fatalité jamais ils ne s’écartent, Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage ! Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal


LA PÊCHE de Henri Catrou

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/la-peche-de-henri-catrou-de


Les vieux vaisseaux Je regrette les vieux vaisseaux dont la voilure, Large et lourde, pendait du faîte au pied des mâts, Et leurs pesants rouleaux de toile dont l'amas Faisait fléchir l'antenne à l'immense envergure.

La marche du meilleur navire était peu sûre : On dépendait du temps, des saisons, des climats ; On restait immobile aux jours des calmes plats Et parfois on errait longtemps à l'aventure.

Mais ils étaient si fiers les fins voiliers, si beaux, Quand leurs voiles claquaient comme de grands drapeaux, Puis s'enflaient tout d'un coup, souveraines et rondes !

L'ombre autour d'eux tombait en longs plis sur les eaux, Et les voiles semblaient dans leurs courbes profondes Porter en soupirant l'espoir de nouveaux mondes !

Jean Aicard, Les jeunes croyances (1867)


VENISE. LA RIVE DEI SCHIAVONI de Fernand

Huile sur toile http://www.lesatamanes.com/oeuvres/venise-la-rive-dei-schiavoni-de-fernand-de


Le vaisseau d'or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif: Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues; La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues S'étalait à sa proue, au soleil excessif. Mais il vint une nuit frapper le grand écueil Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène, Et le naufrage horrible inclina sa carène Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil. Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes Révélaient des trésors que les marins profanes, Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés. Que reste-t-il de lui dans la tempête brève? Qu'est devenu mon coeur, navire déserté? Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!

Emile NELLIGAN, Émile Nelligan et son œuvre


VOILES QUITTANT VENISE. SUIVEUR DE FELIX ZIEM. Ecole du XXème siècle

Huile sur toile hhttp://www.lesatamanes.com/oeuvres/voiles-quittant-venisesuiveur-de-felix-ziem-de-ecole-du-xxeme-siecle


Marine L'Océan sonore Palpite sous l'oeil De la lune en deuil Et palpite encore, Tandis qu'un éclair Brutal et sinistre Fend le ciel de bistre D'un long zigzag clair, Et que chaque lame, En bonds convulsifs, Le long des récifs Va, vient, luit et clame, Et qu'au firmament, Où l'ouragan erre, Rugit le tonnerre Formidablement. Paul VERLAINE, Poèmes Saturniens, "Eaux-fortes"


PÊCHE SOUS LA LUNE

Huile sur bois http://www.lesatamanes.com/oeuvres/peche-sous-la-lune-de


Poème pour la deuxième lune du mois du chien (Greffage des pavots) Ce soir, je Chante l'opium, L'opium illimité, l'opium immense... Couché dans un sampan qui dérive en cadence, Nous glissons sur la rivière, Entre les rizières De la province de Kwan Tong. Et me voici dans la ville étincelante Où grouillent et crient des millions d'êtres... ...Et des cymbales cinglant le silence !...

Jacques D'Adelsward-Fersen, tiré de HEI HSIANG (Le Parfum Noir)


SIESTE SUR UN SAMPAN EN INDOCHINE de Georgette Naudin

Huile sur toile, 1941 http://www.lesatamanes.com/oeuvres/sieste-sur-un-sampan-en-indochine-de-georgette-naudin


Les pauvres gens (…) L'homme est en mer. Depuis l'enfance matelot, Il livre au hasard sombre une rude bataille. Pluie ou bourrasque, il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille, Car les petits enfants ont faim. Il part le soir Quand l'eau profonde monte aux marches du musoir. Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles. La femme est au logis, cousant les vieilles toiles, Remmaillant les filets, préparant l'hameçon, Surveillant l'âtre où bout la soupe de poisson, Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment. Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment, l s'en va dans l'abîme et s'en va dans la nuit. Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit. Dans les brisants, parmi les lames en démence, L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense, Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant, Où se plaît le poisson aux nageoires d'argent, Ce n'est qu'un point ; c'est grand deux fois comme la chambre. Or, la nuit, dans l'ondée et la brume, en décembre, Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant, Comme il faut calculer la marée et le vent ! Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres ! Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ; Le gouffre roule et tord ses plis démesurés, Et fait râler d'horreur les agrès effarés. Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées, Et Jeannie en pleurant l'appelle ; et leurs pensées Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur. (…) Victor HUGO


RÉCIF À LA VOILE ROUGE de Emile Gauffriaud

Huile sur bois, 1933 http://www.lesatamanes.com/oeuvres/recif-la-voile-rouge-de-emile-gauffriaud

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Catalogue exposition marines navires et vaisseaux  

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