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Exposition virtuelle

La Mode selon Robert­Jean Chapuis Photographies Galerie Les Atamanes


L'Officiel, March 1965 ­ Tailleur de Christian Dior Entopkapi Pure Laine Peignée de Raimon


Robert Chapuis est une figure marquante du magazine  l’Officiel de la Mode dans les années 60. Photographe de  Mode très prisé, il laisse libre cours à son oeil d'artiste  dans son travail à l'instar d'un Irving Penn.

Ses photographies se distinguent par la grande attention  portée à la composition qui s'inspire des formes  géométriques. Les références du Bau Haus et de l'avant­ garde géométrique de l’entre­deux­guerres se retrouvent  dans les photographies de Chapuis.

Il réussit le tour de force de capturer un instant fugitif et  spontané tout en pensant ses modèles comme des lignes épurées qui viennent composer une forme trianulaire ou  encore tracer une diagonale.

Cette sélection de photos retrace son travail sur la  période des années 60 à 70. Ce sont 2 arts qui  fusionnent : l’art d’exalter la beauté féminine par le  vêtement et la vision de l'artiste qui prend la  photographie.


Air vif

J’ai regardé devant moi Dans la foule je t’ai vue Parmi les blés je t’ai vue Sous un arbre je t’ai vue Au bout de tous mes voyages Au fond de tous mes tourments Au tournant de tous les rires Sortant de l’eau et du feu L’été l’hiver je t’ai vue Dans ma maison je t’ai vue Entre mes bras je t’ai vue Dans mes rêves je t’ai vue Je ne te quitterai plus.

Paul Éluard (1895­1952), Le Phénix


LULU de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/lulu-de-robert-jean-chapuis


A une femme

Enfant ! si j'étais roi, je donnerais l'empire, Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre, Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, Pour un regard de vous !

Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes, Les anges, les démons courbés devant ma loi, Et le profond chaos aux entrailles fécondes, L'éternité, l'espace, et les cieux, et les mondes, Pour un baiser de toi ! Victor HUGO (1802­1885), Les feuilles d’automne


QUADRILLAGE de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/quadrillage-de-robert-jean-chapuis


Figure de rêve Séquence

La très chère aux yeux clairs apparaît sous la lune,  Sous la lune éphémère et mère des beaux rêves.  La lumière bleuie par les brumes cendrait  D'une poussière aérienne  Son front fleuri d'étoiles, et sa légère chevelure  Flottait dans l'air derrière ses pas légers : La chimère dormait au fond de ses prunelles.  Sur la chair nue et frêle de son cou  Les stellaires sourires d'un rosaire de perles  Étageaient les reflets de leurs pâles éclairs. Ses poignets  Avaient des bracelets tout pareils ; et sa tête,  La couronne incrustée des sept pierres mystiques  Dont les flammes transpercent le cœur comme des  glaives,  Sous la lune éphémère et mère des beaux rêves.

Remy de GOURMONT (1858­1915)


GIVENCHY : SHORT NOIR ET BIBI BLANC de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/givenchy-short-noir-et-bibi-blanc-de-robert-jean-chapuis


Surgis Surgis d’une seule eau Comme une jeune fille seule Au milieu de ses robes nues Comme une jeune fille nue Au milieu des mains qui la prient Je te salue Je brûle d’une flamme nue Je brûle de ce qu’elle éclaire Surgis ma jeune revenante Dans tes bras une île inconnue Prendra la forme de ton corps Ma souriante Une île et la mer diminue L’espace n’aurait qu’un frisson Pour nous deux un seul horizon Crois­moi surgis cerne ma vue Donne la vie à tous mes rêves Ouvre les yeux. Paul Éluard (1895­1952),  Derniers poèmes d'amour


LA CAPE CHAUVE­SOURIS de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/la-cape-chauve-souris-de-robert-jean-chapuis


Mon amante a les vertus de l'eau

Mon amante a les vertus de l'eau : un sourire clair, des  gestes coulants, une voix pure et chantant goutte à goutte.

Et quand parfois, malgré moi ­ du feu passe dans mon  regard, elle sait comment on l'attise en frémissant : eau  jetée sur les charbons rouges. * Mon eau vive, la voici répandue, toute, sur la terre ! Elle  glisse, elle me fuit ; ­ et j'ai soif, et je cours après elle.

De mes mains je fais une coupe. De mes deux mains je  l'étanche avec ivresse, je l'étreins, je la porte à mes  lèvres:

Et j'avale une poignée de boue. (...) Victor SEGALEN  (1878­1919)


DIAGONALE de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/diagonale-de-robert-jean-chapuis


La vie est plus vaine La vie est plus vaine une image Que l'ombre sur le mur. Pourtant l'hiéroglyphe obscur Qu'y trace ton passage

M'enchante, et ton rire pareil Au vif éclat des armes ; Et jusqu'à ces menteuses larmes Qui miraient le soleil.

Mourir non plus n'est ombre vaine. La nuit, quand tu as peur, N'écoute pas battre ton coeur : C'est une étrange peine.

Paul­Jean TOULET (1867­1920),  Chansons


CASQUE BLANC de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/casque-blanc-de-robert-jean-chapuis


À deux beaux yeux Vous avez un regard singulier et charmant ;  Comme la lune au fond du lac qui la reflète,  Votre prunelle, où brille une humide paillette,  Au coin de vos doux yeux roule languissamment ; Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;  Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite,  Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,  Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement. Mille petits amours, à leur miroir de flamme,  Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,  Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux. Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,  Comme une fleur céleste au calice idéal  Que l'on apercevrait à travers un cristal. Théophile Gautier La comédie de la mort


PIED­DE­COQ de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/pied-de-coq-de-robert-jean-chapuis


C'est pour t'avoir vue  C'est pour t'avoir vue   penchée  à la fenêtre ultime,   que j'ai compris, que j'ai bu   tout mon abîme.   En me montrant tes bras   tendus vers la nuit,   tu as fait que, depuis,   ce qui en moi te quitta,   me quitte, me fuit ...   Ton geste, fut­il la preuve   d'un adieu si grand,   qu'il me changea en vent,   qu'il me versa dans le fleuve ?   Rainer Maria Rilke Les fenêtres


LA LIGNE NOIRE de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/la-ligne-noire-de-robert-jean-chapuis


A une robe rose Que tu me plais dans cette robe Qui te déshabille si bien, Faisant jaillir ta gorge en globe, Montrant tout nu ton bras païen ! Frêle comme une aile d’abeille, Frais comme un coeur de rose­thé, Son tissu, caresse vermeille, Voltige autour de ta beauté. De l’épiderme sur la soie Glissent des frissons argentés, Et l’étoffe à la chair renvoie Ses éclairs roses reflétés. (…) Théophile Gautier La comédie de la mort


LOÏE FULLER de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/loie-fuller-de-robert-jean-chapuis


La robe de laine  La robe de laine a des tons d'ivoire  Encadrant le buste, et puis, les guipures  Ornent le teint clair et les lignes pures,  Le rire à qui tout sceptique doit croire.  Oh! je ne veux pas fouiller dans l'histoire  Pour trouver les criminelles obscures  Ou les délicieuses créatures  Comme vous, plus tard, couvertes de gloire  Cléopâtre, Hélène et Laure. Ça prouve  Que, perpétuel, un orage couve  Sous votre aspect clair, fatal, plein de charmes.  Vous riez pour vous moquer de mes rimes;  Vous croyez que j'ai commis tous les crimes !  Je suis votre esclave et vous rends les armes.  Charles CROS (1842­1888) 


OMBRE ET LAINAGE de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/ombre-et-lainage-de-robert-jean-chapuis


Le point noir  Quiconque a regardé le soleil fixement   Croit voir devant ses yeux voler obstinément   Autour de lui, dans l'air, une tache livide.   Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,   Sur la gloire un instant j'osai fixer les yeux :   Un point noir est resté dans mon regard avide.   Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,   Partout, sur quelque endroit que s'arrête mon oeil,   Je la vois se poser aussi, la tache noire !   Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le bonheur ! Oh ! c'est que l'aigle seul ­ malheur à nous, malheur ! Contemple impunément le Soleil et la Gloire.   Gérard de Nerval Odelettes


LE PROJECTEUR de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/le-projecteur-de-robert-jean-chapuis


Elle est gaie et pensive  Elle est gaie et pensive ; elle nous fait songer   À tout ce qui reluit malgré de sombres voiles,   Aux bois pleins de rayons, aux nuits pleines d'étoiles.   L'esprit en la voyant s'en va je ne sais où.   Elle a tout ce qui peut rendre un pauvre homme fou.   Tantôt c'est un enfant, tantôt c'est une reine.   Hélas ! quelle beauté radieuse et sereine !   Elle a de fiers dédains, de charmantes faveurs,   Un regard doux et bleu sous de longs cils rêveurs,   L'innocence, et l'amour qui sans tristesse encore   Flotte empreint sur son front comme une vague aurore,   Et puis je ne sais quoi de calme et de vainqueur !   Et le ciel dans ses yeux met l'enfer dans mon coeur ! Victor Hugo (1802­1885) Dernière Gerbe (Posthume,  1902) . 


PENSIVE de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/pensive-de-robert-jean-chapuis


Croquis

Beau corps, mais mauvais caractère.  Elle ne veut jamais se taire,  Disant, d'ailleurs d'un ton charmant,  Des choses absurdes vraiment. N'ayant presque rien de la terre,  Douce au tact comme une panthère.  Il est dur d'être son amant ;  Mais, qui ne s'en dit pas fou, ment. Pour dire tout ce qu'on en pense  De bien et de mal, la science  Essaie et n'a pas réussi. Et pourquoi faire ? Elle se moque  De ce qu'on dit. Drôle d'époque  Où les anges sont faits ainsi.

Charles CROS (1842­1888)


SPHERES ET RECTANGLES de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/spheres-et-rectangles-de-robert-jean-chapuis


Le silence  Le silence uni de l'hiver   est remplacé dans l'air   par un silence à ramage ;   chaque voix qui accourt   y ajoute un contour,   y parfait une image.   Et tout cela n'est que le fond   de ce qui serait l'action   de notre cœur qui surpasse   le multiple dessin   de ce silence plein   d'inexprimable audace.   Rainer Maria Rilke Vergers


LA PETITE ROBE BLANCHE de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/la-petite-robe-blanche-de-robert-jean-chapuis


Diamant du coeur Tout amoureux, de sa maîtresse, Sur son coeur ou dans son tiroir, Possède un gage qu'il caresse Aux jours de regret ou d'espoir. L'un d'une chevelure noire, Par un sourire encouragé, A pris une boucle que moire Un reflet bleu d'aile de geai. L'autre a, sur un cou blanc qui ploie, Coupé par derrière un flocon Retors et fin comme la soie Que l'on dévide du cocon. Un troisième, au fond d'une boîte, Reliquaire du souvenir, Cache un gant blanc, de forme étroite, Où nulle main ne peut tenir. Théophile GAUTIER  (1811­1872)


LE GANT BLANC de Robert­Jean Chapuis 

Photographie http://www.lesatamanes.com/oeuvres/le-gant-blanc-de-robert-jean-chapuis

Catalogue photos mode robert jean chapuis  
Catalogue photos mode robert jean chapuis  
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