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PrĂŠfaces

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Nous avions  trois  longues  heures Pour  écrire  un  poème, Y  mettre  tout  notre  cœur. Nous  avions  choix  du  thème. Aidés  de  l’auteur Du  livre  Lignes  de  vie, On  a  vaincu  la  peur D’écrire  une  poésie. Corentin  –  3ème  A

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Si cette année la saison printanière tardait à faire son apparition, les jeunes poètes du " Printemps des poètes 2013 " étaient bien au rendez-vous. Leur poésie est vraie, sensible, elle reflète leurs préoccupations, qui ne sont pas éloignées de celles du monde actuel, et ils s'interrogent : la guerre, les catastrophes, la souffrance, les mensonges, l'hypocrisie... tout le côté obscur de la vie. Mais ils ne sont pas pessimistes pour autant. Ils ont des rêves " Tout rêve peut devenir réalité ", ils ont l'amour " sentiment primordial à la vie ", ils ont l'espoir " il n'est jamais trop tard ". Et surtout : " Il faut prendre soin de la vie, de ce cadeau ", " prendre son ticket pour la paix ". " J'ai pris mon billet pour l'avenir Là où la solitude n'existe pas Là où l'espoir ne cesse de jaillir. Je sais que quelqu'un m'attend là-bas. " Que chacun, chacune, réalise ses rêves, c'est ce que je souhaite à tous ces jeunes poètes.

Annie Mullenbach-Nigay

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Un, deux,  trois,  je  m’en  vais  au  bois… Poèmes  de  l’enfance  parvenue  au  seuil  d’un  autre  âge, Poèmes  d’adolescence  qui  jouent  avec  les  mots  de  l’enfance, Les textes entre vos mains sont les fruits recueillis  d’un  travail  accompli. Quatre,  cinq,  six,  cueillir  des  cerises… Des mots comme des cailloux, des mots comme des bijoux, Des mots ciselés sur mesure, des mots taillés dans la pierre, gravés dans les cœurs, Multicolores, qui résonnent et vous en mettent plein la vue et les oreilles. Sept,  huit,  neuf,  dans  un  panier  neuf… Mélancolie  de  l’enfance  et  des  bonheurs  insouciants  puis Affliction adolescente, gare aux déboires !... Ta solitude et mon désespoir, notre amertume et leur amour perdu ! Dix, onze,  douze… Jardins  de  l’enfance  et  paradis  retrouvé, Poètes  amateurs  en  quête  d’identité. En parcourant ce recueil, laissez  filer  votre  émotion,  et  s’éveiller  vos  sens !1

Dédicace des professeurs de lettres par S.C.

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Nos plus vifs remerciements à Yade, bibliothécaire (secteur jeunesse) qui a réalisé la couverture de ce recueil.

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Poèmes

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Abandon L'amour paternel  est-il  toujours  présent ? Je  le  voudrais  omniprésent, Et  il  me  manque  à  chaque  instant, Mais  je  ne  ressens  plus  qu'un  attachement  distant. Depuis  que  tu  m'as  trahie Tout  est  détruit, Et  cette  sensation  qui  m'envahit N'est  plus  que  de  l'antipathie. Je  passe  au-delà  de  mes  souffrances  du  passé Pour  pouvoir  suivre  ma  destinée. Peut-être  qu'un  jour  je  pourrai  t'oublier Pour  ne  plus  me  sentir  délaissée.                                                          

Chloé,  Margot  &  Marine  –  3ème    D.

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Amour L'amour, La passion, La folie, Toutes ces choses Que l'on ne comprend pas Que l'on ne perçoit pas. La tendresse, L'attachement, L'affection, Toutes ces choses Que l'on éprouve, Que l'on ressent En quelqu'un, En quelque chose En son  cœur. Certains diront Que j'ai tort, Que je me trompe. Peut-être ont-ils raison ? Mais moi je pense Que notre façon d'aimer Sera toujours la meilleure. Alexandre & Robin – 3ème E

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L'amour à vie L'amour, sentiment primordial à la vie, À cause ou grâce à lui on ressent l'euphorie. On découvre la beauté d'un être avec passion, Cette affection portée par un baiser arrive à l'affinité. C'est notre façon d'aimer, Aimer toutes ces choses qui nous rendent plus forts. Cet amour on le tisse, Mais il peut nous amener à la bêtise, À la jalousie, À la confusion, À l'imperfection. Alors... attention !

Charles – 3ème E

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L'amour noir Dans les rues de Paris, Un mercredi midi, Je vois  dans  son  cœur  de  la  jalousie, Seul dans Paris, un amour, une envie. Lorsqu'il la voit, Son  cœur  broie  du  noir C'est de l'amour noir, Il reste sans voix. Quand il la voit, son  cœur  s’embarrasse, Elle passe et l'ignore ; Lorsqu'elle  l'ignore,  son  cœur  se  casse, L'amour est son or. Et quand l'autre l'embrasse, Son  cœur  se  remplit  de  glace. Loin  de  son  corps,  près  de  son  cœur, Il ne compte plus les heures de malheur.

Anthony et Olivier – 3ème E

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Amour rêvé Tu es là devant moi, Un sourire, un regard, Je ne vois que toi, Tu hantes mes rêves et mes cauchemars. Toi, l'homme qui me hante, Tu n'es qu'illusion, Tu es ma grande passion, Toi qui me tourmentes. Es-tu celui à qui je pense ? Ou seulement le fruit de mes pensées ? J'aimerais que tu sois la naissance d'une longue romance, Mais je ne sais que rêver. Je suis égarée, Je ne sais que croire, Si seulement, je pouvais te voir, Mais tu es mon amour rêvé. Charles-Arnault, Karla, Ysaline – 3ème B

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Atterrissage Seul... Seul, il était. Il regardait au loin, cherchant ses repères, Ayant comme seule amie que sa vieille sacoche Seul dans cet endroit brûlant... Seul... Seul, il était. Ses narines humaient une fumée, Il crut rêver l'espace d'un instant, Puis il ouvrit les yeux... Seul... Seul, il était. Il regarda ses mains noircies d'une quelconque magie, Autour de lui juste des débris, Dans ses yeux naquit comme un espoir Une lumière... Seul... Seul, il était. Et cet espoir mourut dans ses yeux, Quand il vit que cette lumière n'était Qu'une carcasse brûlant de mille feux, Des corps mutilés, à demi brûlés tout autour... Seul… Seul, il était... Audrey, Claire et Mathieu – 3ème A. 14


Bonheur temporaire Après une dure nuit de sommeil, je descendis dans mon jardin, épuisé. Alors je contemplai mes plantes, et j'aperçus celle-ci, se démarquant des autres, verdoyante et mûre. Je saisis délicatement une feuille d'un vert si pur, et je la broyai avec délicatesse. Je sortis ce petit papier transparent de sa pochette, que je roulottai doucement autour de ces petits éclats verts. J'embrasai cette tige de papier et, alors que le papier se consumait, je humai cette fumée qui me transportait tel un avion de papier. Ce sentiment de liberté me propulsa dans un monde libéré de telles absurdités, un monde sans obscurité. Au loin,   j’aperçus   un   lion   buvant une tasse de thé avec un mignon petit cochon. J'allai  les  rejoindre,  rempli  de  bonheur,  lorsque  j’entendis  une  musique,  il   me semblait l'avoir déjà entendue quelque part. Alors  j'ouvris  les  yeux,  j’étais  dans  mon  jardin,  et  mon  téléphone  sonnait.

Antoine, David & Mathieu – 3ème B

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Catastrophe Ils étaient  cinq  cents  et  mille. Ils  étaient  partis  en  croisière Quand  tout  à  coup  la  mer  se  mit  en  colère, Et  toutes  les  familles  s’éparpillèrent. Catastrophe :  la  mer  s'engouffre Et  le  ciel  s'assombrit ;; Catastrophe :  le  bateau  coula Et  le  bateau  ne  fut  plus  qu'un  cri. Une  fois  dans  la  mer, Ils  se  mirent  à  nager  de  toute  leur  énergie Pour  essayer  de  garder  leur  dernier  souffle  de  vie. Ils  étaient  cinq  cents  et  mille. En  croisière,  ils  étaient  partis Axel,  Julien  &  Pierre  –  3ème    D

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Ce monde, ma souffrance Être heureux ? À quoi cela me servirait ? Voir tous ces gens malhonnêtes et menteurs, Avec la  cruauté  dans  leurs  cœurs, Sans penser que cela me tuerait. Et ne pas pouvoir se rendre compte Que les gens malheureux et tristes Sont seuls dans ce monde si pessimiste À affronter la solitude! Moi, je serais heureux, si seulement Les gens étaient honnêtes et droits, Sans penser que maintenant Ce ne sont plus des rois. Je me rappelle, dans mon enfance, Une dame me demandant Ce que je voudrais faire quand je serai grand : Je lui dis plein d'assurance, être heureux sans souffrance. Mais je me rends compte maintenant Que cela ne sera pas possible. Et, finalement, Cette vie ainsi faite, est donc irréversible !

Camille & Clémence – 3ème B

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La chute  d'un  rêve Partir  en  voyage, Ce  voyage  par-dessus  les  nuages Loin  des  problèmes  du  quotidien. Cet  univers  où  l'on  se  sent  bien, Apaisés  au  point  de  ne  plus Se  soucier  de  nos  problèmes  superflus. Partir  en  voyage, Sans  poids,  sans  bagage, Une  vie  sans  risque Dans  un  monde  paisible. Que  nous  arrivera-t-il Si  l'on  quitte  cette  île  ? Revenir  du  voyage, Une  lumière  sombre  sur  nos  visages Nous  ramène  à  cette  réalité  cruelle Où  nos  cœurs  à  nouveau  remplis  de  querelles, Se  cachent  derrière  une  carapace Pour  se  protéger  des  menaces.

Aurore, Cassandra  &  Maureen  –  3ème    D  

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Les cieux Ces cieux, Qui s’engouffrent  en  nous, Sans obstacle ni gêne, Tout en restant humbles, Enivrés par cette force, De s'envoler sans peine. Tel un oiseau, Apprenant à voler De ses ailes nouvelles, Prenant un tournant Dans son envol, Sortant de sa cage, N'emportant aucune chaîne Le  reliant  à  sa  vie  d’antan. Tel un homme Rêvant de liberté, Espérant chaque jour Prendre son envol Parmi ces êtres ailés, Régissant les cieux En renaissant de leurs cendres, Se mélangeant dans le royaume Du  phœnix  immortel, Entourant toutes choses, Rêvant de pouvoir voler De ses propres ailes Dans ce royaume infini.

Yoann – 3ème E 19


La Décadence Oh toi, géant du pays blanc, Qui cours fièrement, Mais pour combien de temps ? Ta banquise fond doucement. Oh toi, géant du Bengale Prédateur redoutable, Souverain animal, Mais à quand le moment fatal ? Oh toi, géant des océans, Qui nages tranquillement, Au rythme du temps, Mais encore pour longtemps ? Oh toi, géant de la Chine, Dépendant de ton bambou à la tige fine, Sans ta forêt, tu cries famine. Mais, à partir de maintenant, l'Homme la piétine. Clara, Garance & Marine – 3ème B

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Le départ Elle rentre le soir chez elle Remplie de larmes et de haine. Elle y a songé mille fois À toutes ces insultes qu'elle reçoit. Chaque jour est un cauchemar Et la plonge dans le désespoir. Elle aimerait juste être acceptée Pour ce qu'elle est en vérité. Elle se regarde une dernière fois dans le miroir Et son reflet la bouleverse. Elle sort une lame de son tiroir Et elle commet l'irréparable, elle commet ce geste. Aujourd'hui elle n'est plus là Et c'est trop tard pour les regrets. Elle a pris son envol vers la paix Malgré tout cela, elle nous manquera …

Axel, Damien & Thibaut – 3ème B

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Double face La voix est l'essence de l'âme. Elle nous a été donnée pour nous exprimer Mais il faut savoir l'utiliser : Il faut donc vivre avec cette perpétuelle fausseté. Ces personnes qui ne connaissent pas La signification  de  l’honnêteté : Toujours le même comportement Mais avec une face cachée. Elles paraissent devant nous, Le jour comme la nuit. Cette facette obscure de la personnalité Peut détruire une amitié. Avant de la démasquer, on la subit Cette  chose  horrible  qu’est l'hypocrisie.

Bilal, Hadjo & Rédoane – 3ème B

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Enfance démunie Plongés dans la délinquance Depuis leur tendre enfance, Les conséquences de leurs entorses Les emmenaient du côté obscur de la force. De mauvaise mine Ce fut un temps de famine, Même affaiblis Ils se battaient pour du pain rassis. Tels des enfants abandonnés Sur le chemin de la liberté, Sans aucune philosophie Ils prirent le mauvais chemin de la vie. Anaïs, Florine & Laura – 3ème E

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L’homme aux  allures  d’ange Je te quitte beau monde, au revoir espoir noir. J’étais  solitaire  comme  le  lierre  autour  d’une  pierre, Je  souffrais  de  solitude,  j’aurais  bien  aimé  faire Cette prière, survivre, mais quel désespoir ! Je pars maintenant mais je ne pourrai voir clair Quand  je  serai  loin  de  cette  terre  qui  m’est  chère. Désormais,  moi,  je  n’aurai  aucune  colère, Je  voudrais  comme  les  oiseaux,  voler  dans  l’air. Aujourd’hui,  je  peux  voler  comme  une  hirondelle, Un don des cieux qui fait voler grâce à ses ailes. Maintenant, pour eux je volerai toujours léger. Autrefois je fus enfermé comme dans Babel. Maintenant, je ris et essaie de faire du zèle. Aujourd’hui  je  revis,  vive  la  Liberté !

Thomas – 3ème E

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Il a suffi d'un regard Regarde-les Eux Comme ils sont heureux ! Ni les gens ni la pluie Ne pourront les séparer. Ils se sont retrouvés Dans les rues de Paris. Il a suffi d'un regard Pour qu'ils scellent Sur le pont des Arts Leur amour éternel. Il a suffi d'un regard Pour que  l'homme  s’exclame : « Je ferai d'elle ma femme Jusqu'à ce que la mort nous sépare » Il a suffi d'un regard...

Emma & Marie – 3ème E

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Il y a longtemps... Au milieu de la ville émergeait une forêt. Il y a si longtemps, nous vivions si bien. Au milieu de ce monde sauvage Se trouvait la violence urbaine, Avec le travail du soir au matin. De la ville fertile Au monde, d'une nature urbaine Au monde sauvage ; Du béton dur et agressif de la ville De Montparnasse au Trocadéro, Au hêtre et au bouleau. Mais désormais les forêts sont abattues. Le danger du climat pèse sur nous comme un deuil. Le vivant régnait depuis longtemps, puis meurt doucement, Tout cela à cause de notre orgueil.

Antoine & Johan – 3ème A

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Injustice Stop aux insultes !! À cause de toi, tous les soirs, Si tu crois qu'il dort comme un loir, Au lieu de ça, il fait des cauchemars. Stop aux massacres !!! Pour faire plaisir à tes copains, Tu le tapes aux coins des rues. Stop à l'isolement !!!! Au lieu de devenir son ami, Tu lui as coupé les ponts. Stop aux suicides!!!!! Maintenant, il a pris une corde, Il n'avait que treize ans mais il est mort. Ok, tu regrettes ce que tu as fait Mais, ramener une vie, tu ne le pourras jamais.

Lucas – 3ème B

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Le Jugement Cette jeune fille Marche seule, Sans mot ni parole ; Elle a peur De ce secret qui la hante. Ce jugement, qui ne la laisse pas libre de ses choix, Ce jugement qui l'empêche d'avancer, Ce jugement qui la rend muette. Écrasée par les autres, Elle ne laisse place qu'à la tristesse. Dans sa tête tout se mélange, La solitude est sa seule solution. Ce jugement, qui ne la laisse pas libre de ses choix, Ce jugement qui l'empêche d'avancer, Ce jugement qui la rend muette. Elle n'a plus d'espoir, Ce secret est trop lourd. Le jugement que l'on lui porte La soumet au silence. Claire & Manon - 3ème E

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Lecture Assis sur son nuage de tranquillité, Il cherchait le calme et la sérénité Dans son recueil poétique, Mais il semblait pathétique. On n'entendait plus que le bruit des pages qui tournaient ; Regardant autour de lui, la solitude le prenait. Il se laissa tomber, pour revenir à la réalité. Sa lecture était terminée, son rêve était brisé.

Quentin & Sébastien – 3ème B

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Listen to me Il marchait Seul et désespéré dans une rue sombre. Il marchait, Seul, la tête baissée dans la pénombre. Listen, baby, listen to me, Don't cry, I'm going. Il s'avançait, Le regard vide, Il s'avançait Vers un monde meilleur. Listen, baby, listen to me, Don't cry, I'm going. Il s'avança, Il s'avança vers l'eau, S'y jeta. Il ferma les yeux Et ne vit plus qu'un trou noir. Listen, baby, listen to me, Don't cry, I'm here now.

Amina, Marion & Romane – 3ème A

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Madame Solitude Dans ce jardin fleuri Elle me suit pleine de mépris. Elle m'entraîne sur sa route, Ma solitude se glorifie. Je suis rejetée dans cette société Où la liberté de penser est limitée. Elle me conduit vers ce trou noir Et me remplit de désespoir. Ce soir, je me retrouve dans mon lit Avec tous mes soucis. Ma solitude est toujours là Elle me suit jusqu'à mes derniers pas.

Amélie et Maïja – 3ème B

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Marie Chère Marie, Depuis que tu es partie Rien n'est plus pareil. Adieu mon unique soleil, Sans toi rien n'est plus pareil. J'ai perdu mes rêves, Mon royaume tout entier s'est vidé, Mon visage, lui, s'est ridé. Adieu mon unique soleil, Sans toi rien n'est plus pareil. Marie, tu étais toute ma vie. Maintenant que tu es partie, Je pleure jour et nuit. Adieu mon unique soleil, Sans toi rien n'est plus pareil. Aujourd'hui rien n'est plus pareil, J'ai perdu ma raison de vivre, Adieu mon unique soleil. Baptiste, Grégoire & Pierre – 3ème A

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Marie Toi. Toi  qui  es  si  douce, Je  t'ai  connue  quand  tu  n’étais  qu'une  petite  pousse. Aujourd'hui  tu  as  grandi, Et  sans  toi  je  ne  vois  pas  la  vie.     Toi.  Toi  que  j'ai  découverte  il  y  a  quelques  années,     Tu  es  ma  bien-aimée,  tu  es  ma  destinée.     Quand  je  te  vois  mon  cœur  palpite Et  ces  quelques  lignes  s’écrivent  si  vite. Toi.  Toi  qui  me  fais  rester  dans  le  droit  chemin, Sans  me  préoccuper  du  destin, Ces  quelques  lignes  écrites  de  ma  main, Il  me  reste  plus  qu'à  te  les  dire  demain.

         Bastien  &  Maxime  –  3ème    D

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Mon enfance Je me regarde Mais ne me vois pas. Cette personne en face N'est pas la personne qui était moi. Je veux redevenir Petite fille que j'étais. Mais c'est impossible Car c'est malhonnête. Pourquoi je pense ça ? Même moi je ne comprends pas. Mais c'est ainsi Cette triste vie. Alors, pour me souvenir de mon enfance, Je fais des rimes De toutes les sortes Pour enfin sortir De ce tourbillon terrible. Petite je veux redevenir Pour me rappeler tous ces souvenirs. Je m'enivre de chaque sourire De chaque parole qu'ils m'ont dites. Et je mets à rire En me disant que la vie n'est pas aussi triste. Jessy – 3ème A

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L'Océan Dans cette immensité, Cette mère exprime sa liberté Dans ces vagues qui touchent le sable blanc des côtes. Le calme règne sans partage Les dauphins crient de joie, Les oiseaux se sentent libre, Et les autres animaux approuvent. Dans cette immensité, La mère se sent seule. Mais lorsque le soleil se couche, Il lui rend visite, se confondant dans l'immensité bleue. Dans cette immensité, L'Homme est égoïste. Il la souille de ses pensées noires, La rendant triste et encore plus seule. Mais l'Homme ne voit pas cette tristesse Qui envahit la mère. Ses enfants, eux-mêmes, deviennent tristes. Dans cette immensité, L'Homme commence à comprendre. Il panse les blessures de la mère Qui ne comprenait pas cette haine. Ses enfants ne parviennent pas à pardonner. Cela se fera sur plusieurs décennies, Mais on gardera toujours espoir. Laure & Salomé – 3ème A

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Paris sous  la  pluie Je  me  souviens  encore De  ses  yeux  dans  les  miens De  l'odeur  de  son  corps Et  de  son  sourire  enfantin. Quand  Paris  est  sous  la  pluie, Que  le  vent  est  signe  de  mélancolie, Dans  mon  esprit  son  ombre  resurgit. Pourquoi  l'ai-je  laissée  partir ? Sa  main  dans  ses  cheveux  mouillés Contre  lui,  elle  aime  se  blottir. Je  reste  figé  quand  je  les  vois  s'embrasser. Quand  Paris  est  sous  la  pluie Que  le  vent  est  signe  de  mélancolie, Dans  mon  esprit  son  ombre  resurgit. Quand  je  vois  son  bonheur, Mon  espoir  se  meurt C'est  un  cauchemar Car  maintenant  il  est  trop  tard.                                                                                    Alexandra  &  Victoria  –  3ème    D

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Passer de la haine à l'amour

Ce sentiment qui nous dépasse, Qui nous rend méchant, violent, Physiquement ou verbalement. Cette haine qui nous envahit, Tant de colère, tant de rage en nous. Mais l'amour, le meilleur des sentiments, Lorsqu'il est partagé, peut nous rendre heureux comme malheureux, Peut nous faire passer de la joie à la tristesse. Ce sentiment qui nous rend si forts, mais parfois nous blesse, Tant de joie, tant de bonheur en nous. Beaucoup de personnes croient ces deux sentiments éloignés, Alors que, finalement, ils sont si proches.

Émilie & Samantha – 3ème B

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Passion instrumentale Instrument de base, Instrument qui chante, Instrument à cordes, Mélodieuse et rythmique, Gracieuse et classique, Elle nous révèle ses talents, En jouant des notes magnifiques. Qu'on soit petit ou grand On l'aime toujours autant ! Qu'on soit joyeux ou malheureux, Qu'on aille bien ou mal, Elle a le don de nous remonter le moral. Oui, c'est de la guitare dont je vous parle.

Amandine & Ornella – 3ème E

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Peine et  mélancolie Seul, Dans  un  monde  parallèle, Où  la  technologie  n'existe  pas, Où  le  journal  est  roi, Où  la  tristesse  et  la  peine  sont  là. Ce  monde,  c'est  le  mien, Le  décès  d'une  personne  qui  m'est  chère M'a  écarté  de  la  vie  réelle. Je  n'ai  plus  d'ami,  plus  de  vie, Je  ne  vis  que  pour  le  travail. Et  voilà,  la  fin  de  mon  histoire, L'histoire  d'une  personne  seule, Qui  ne  connaît  de  la  vie Que  la  solitude, Adieu. Tristan  –  3ème    D

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Le regret Chaque soir, il se remémore, Ces instants qui valaient de l'or. Il donnerait tout pour recommencer, Il aurait tout fait pour la garder. Encore une journée sans pouvoir la caresser, Des jours qui durent une éternité, Il aurait aimé la croquer, Mais jamais il n'avait osé. Maintenant c'est trop tard, Il n'y a plus d'espoir, Son amour est fini, Sa pomme chérie a pourri.

Alexandre & Terry – 3ème B

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Regret éternel Lorsque  j'étais  assis  sur  le  banc Avec  mes  amis  on  se  poussait. Nous  discutions  sur  le  banc, Au  milieu  de  tous. Mes  amis  étaient  très  dévoués, Je  me  suis  bien  amusé, Dans  la  cour  de  récré. Nous  discutions  sur  le  banc, Avec  eux,  tous  ensemble. Tous... Ensemble... Avec  eux... Malheureusement  j'ai  quitté  mes  amis. Un  événement  qui  s'est  passé, Désormais  je  suis  parti. Moi,  je  suis  attristé. Enzo  &  Mathieu  –  3ème    D

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Révolution Arrête de souffrir Tu n'es pas un martyr. Je ne suis pas en train de te punir Mes mains sont en train de pourrir . Maintenant, c'est fini, diable maléfique Avec tes démons prolifiques. Des ténèbres jaillit la lumière, Celle que t'as donnée ta mère. Prends un colt C'est l'heure de la révolte.

Adam – 3ème B

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Saisons Seul, debout sur le sable, Je regarderai l'eau. Ce cycle interminable. Demain il fera chaud. Le regard des étoiles Bercera mon sommeil, La lumière du soleil Sur les bateaux à voile. Et les saisons qui passent, Le temps est un cadeau. Assis dans la forêt, J'observais les oiseaux. Les feuilles rougissaient, Hier il faisait plus beau. Il va bientôt pleuvoir, Les minutes chronophages, Le temps tournait les pages. Je continuais d'y croire. Et les saisons qui passent, Le temps est un cadeau. Adossé à un mur, Je vois tomber la neige. Maintenant je suis sûr : Le temps est un manège.

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Aujourd'hui il fait froid, Je reste à la maison. Au rythme des saisons De toute façon j'y crois. Et les saisons qui passent, Le temps est un cadeau. Allongé dans un champ, J’aperçois des  nuages. Je laisse passer le temps, Admirant cette image. Les fleurs sortent des bourgeons, Je vois pousser des fruits. Il faut croquer la vie, Le temps et les saisons. Et les saisons qui passent, Le temps est un cadeau.

Brice & Corentin – 3ème A

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Le silence Les jours passent, Les heures défilent, Mais je ne trouve toujours pas ma place, Et cela devient difficile. Dès que je t'aperçois, J'ai cette boule en moi, Qui me remplit de malheur, Car je  ne  compte  pas  dans  ton  cœur. Je te cache ce que je ressens, Par peur de tes sentiments, Je te mens presque tout le temps, Tout ça parce que je t'aime énormément. Tout rêve peut devenir réalité, Mais le mien s'est effondré, Alors laisse-moi rien qu'un instant, Un court moment, Pour enfin t'avouer ce que je ressens.

Lucie, Maëva & Mathilde – 3ème A

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Survie J'adorais ses  gâteaux  au  chocolat. Elle  me  les  préparait  avec  amour. Son  fils,  mon  papa, M'emmenait  chez  elle  chaque  jour. Elle  me  manque  lorsque  je  reviens  chez  elle, Elle  me  manque  lorsque  je  vois  une  photo  d'elle. Malheureusement  tu  n'es  plus  là. Aujourd'hui  je  suis  triste  et  seul. J'ai  gardé  ta  recette  du  gâteau  au  chocolat Ainsi  que  l'image  de  ton  linceul. Elle  me  manque  lorsque  je  reviens  chez  elle, Elle  me  manque  lorsque  je  vois  une  photo  d'elle.

Chloé, Mylène  &  Tifaine  –  3ème    D

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Teddy J'ai retrouvé Teddy. Quand j'étais petite, c'était mon seul ami. Je me rappelle quand il est arrivé dans ma vie. C'est maman qui me l'a offert, en plein après-midi. Je jouais toujours avec lui à la récréation. Je restais seule, je ne faisais pas partie de leur nation. J'aimais m'asseoir sans bouger dans un coin sous le soleil. Teddy et moi, nous étions pareils. Cela fait longtemps que je n'avais pas pensé à ça. J'étais tellement seule, je n'ai jamais compris pourquoi. J'ai retrouvé Teddy, mon soutien de toujours. Mais c'est fini, je ne vivrai plus de beaux jours.

Clothilde – 3ème A

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Triste constat Il y a longtemps, nous vivions si bien, Sans le stress du quotidien, Sans le travail dès le matin, Il y a longtemps, nous vivions si bien... Mais désormais, les forêts sont abattues, Le danger du climat déréglé pèse, comme un deuil, Le vivant, régnant depuis longtemps, doucement mourut, Et tout ça à cause de notre orgueil. Pourtant, comme  toujours,  subsiste  l’espoir, Car selon lui, il n'est jamais trop tard. Malgré le désespoir et les nombreuses gens qui souffrent, Il nous dit qu'il faut croire, et ne pas tomber dans le gouffre. Il y a longtemps, nous vivions si bien...

Max – 3ème A

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Un voyage sans fin Tu m'as laissé Dans l'obscurité, Tu es partie Et le malheur m'a repris. J'ai volé dans les cieux Sans peine et sans remords, Dans ce monde si vieux J'ai laissé cet univers mort. Je pars pour toujours Dans les cieux de lin, J'oublie ce monde lourd Dans un voyage sans fin. Mon périple dans les cieux Me redonne  de  l’espoir : Je suis heureux De voir la lumière au bout du chemin.

Pierre – 3ème E

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Vie Les bonheurs  de  l'enfance, À  ressasser,  sont  comme  une  souffrance. Ce  sentiment  d'insouciance Dans  la  plus  profonde  ignorance. L'amour  que  nous  portent  nos  parents, Nous  fait  oublier  le  temps, Ce  temps  qui  défile  à  toute  allure Qui  fait  croître  peu  à  peu  nos  blessures. On  a  tous  des  appréhensions, Quelquefois  sources  de  déceptions. L'idée  de  perdre  nos  créateurs Nous  tiraille  avec  horreur. À  l'adolescence, On  prend  conscience  de  notre  chance, Être  ce  que  l'on  est, Ce  que  l'on  a  toujours  souhaité. Il  faut  prendre  soin  de  la  vie,  de  ce  cadeau, Avec  des  bas,  avec  des  hauts, Au  lieu  de  se  préoccuper  de  nos  différences, Voici  la  morale  de  notre  existence.                        Inès  &  Sarah  –  3ème    D

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Violence La violence  ne  rime  à  rien. Pourquoi  tant  de  haine  dans  ce  monde ? Violence,  toi  qui  es  omniprésente. Violence,  toi  qui  nous  hantes. Au  plus  profond  de  notre  espérance. Il  ne  faut  pas  résoudre  nos  problèmes  comme  cela. Lorsqu'on  se  bat,   Dans  cette  guerre  étudiée  et  détestée, Guerre  qui  nous  a  révoltés, Lors  de  nos  jeunes  années, Cette  violence  est  terrible. Révoltons-nous  pour  de  bon ! Révoltons-nous  pour  une  bonne  raison. Prenons  notre  ticket  pour  la  paix.

                       Corentin  &  Guillaume  -  3ème    D  

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Voyage sans retour Parti seul pour un long voyage Dont je ne reviendrai Peut-être jamais, Je m'envole avec mon nuage. Comme une bulle dans le ciel, Comme un bateau sur la mer, Comme un ballon au-dessus des nuages, Je peux naviguer, je peux rêver. J'ai pris mon billet pour l'avenir, Là où la solitude n'existe pas Là où l'espoir ne cesse de jaillir. Je sais que quelqu'un m'attend là-bas. Comme une bulle dans le ciel, Comme un bateau sur la mer, Comme un ballon au-dessus des nuages, Je peux naviguer, je peux rêver. Solitude et mauvais souvenirs Appartiennent au passé. J'avance d'un pas décidé Pour ne plus jamais revenir. J'avance vers cet avenir lointain Où plus rien ne m'est désormais impossible.

Anthony & Karen – 3ème E

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Voix de lectrices, 2 Voix de lecteurs…

2

Avec l’aimable  autorisation  des  lectrices  et  lecteurs.

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Je viens de prendre quelques instants pour parcourir ces poèmes : dans l'ensemble cela démontre une belle humanité, des sentiments purs. C'est touchant et plein d'espoir pour l'avenir... Nathalie L. B (docteur en Histoire de l'art, agent d'art, critique et poète) J'ai lu les poèmes et j'ai été étonnée de la maturité et de la lucidité des enfants ! La mort, le suicide, l'amour, l'environnement, l'exclusion sociale, l'actualité (le bateau de croisière qui a coulé) et aussi un poème proche du style fantastique de Lewis Caroll... beaucoup de beaux textes ! Merci du partage. Michèle M G. (poète libanais) J'observe une grande maturité d'ensemble. Peut-être suis-je d'humeur badine, mais j'ai un faible pour "le regret" et sa pomme pourrie. Bravo à tous une fois de plus, et que ces graines de poètes n'hésitent pas à s'épancher dans la rime, cela leur réussit très bien. Marielle C. (auteur) Bravo à tous ces jeunes, on ne parle pas assez de ceux qui réalisent de belles choses. Vous nous prouvez que la jeunesse est belle, c'est réconfortant pour nous qui sommes de la ...3ème et même 4ème jeunesse ! Le groupe d'écriture de la " Résidence de retraite de la forêt de Carnelle " à Beaumont-sur - Oise Encore une belle année d'écriture et de poésie. Continuez. Micheline H. (auteur) Chaque année, avec le printemps, me parvient un cadeau flamboyant: "La poésie des Grands." Ces grands adolescents de troisième qui écrivent passionnément et me rappellent en les lisant : que tout est dans le cœur et  l'instant  présent. Merci à vous les Grands d'être porteurs de la renaissance aux beautés de la vie, merci à vos professeurs. Paul-André D. (poète québécois) Oh j'adore c'est super bon tout cela ! Titann (Québec) De beaux poèmes romantiques et mélancoliques dont la lecture devrait être conseillée à beaucoup d'esprits chagrins qui tiennent des propos négatifs sur les jeunes. Oh! ils m'agacent parfois mais ils ont bien des raisons d'être énervés et le futur sera plus difficile que pour nous. Deux poèmes ont particulièrement attirés mon attention : "Il a suffi d'un regard" de Emma et Marie (qui m'a inspiré immédiatement une mélodie 3) et "Voyage sans retour" de Anthony et Karen. Bravo donc à tous (je n'oublie pas la professeur et Annie). Émile U. (compositeur et poète)

3

Voir le recueil numérique en ligne sur le site de Saint-Joseph.

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J'ai été assez frappée par le réalisme de leurs thèmes, durs parfois, tels que : "Atterrissage - Injustice Solitude - Jugement - le Départ", qui prouve à quel point ces jeunes poètes sont ancrés dans leur temps et portent sur notre monde actuel un regard vif, incisif et avec quelle lucidité (cf "La décadence"). Se servir de la poésie pour porter témoignage est une excellente chose. J'ai bien aimé "Listen to me", bien que très sombre, la perception est tempérée par l'emploi de deux langues différentes ; j’ai également bien apprécié le rythme qui se dégage de "Saisons", comme une chanson, il ne manque que la musique... et j'ai souri à la chute inattendue de "Le regret" : "Sa pomme chérie a pourri", paradoxalement une bouffée d'humour. Et surtout bravo à tous ces poètes en herbe et aux professeurs qui les encadrent. Françoise (93) Très agréable à lire - poétiquement vers bien présents. Tous ces poèmes se répercutent intérieurement et profondément. Merci pour cette lecture. Marie-Georges (95) À travers ces poèmes, une déclinaison poignante – très belle, très touchante- des inquiétudes de nos « ados » : mélancolie, enfance perdue, solitude, sentiment de révolte, amour déçu, peur aussi... Pourtant, au fil des mots, l'espoir n'est pas absent : amour et lumière diffusent leur bienfaisante humanité... et ce sont odes à la passion, à la nature ou à un instrument de musique qui nous ramènent à la vie. Beau travail sur le mot et sa musicalité et certainement un grand moment de partage entre élèves, écrivain et professeurs. Merci à eux pour ce travail qui a enfanté ces belles créations poétiques.

Dominique L. (auteur) Après la lecture, et non le jugement, de ces nombreux poèmes Je me suis revu, il y a longtemps, rêvant  d’une  vie  de  bohème « Are you listen to me ?”,  cette  question  je  l’ai  souvent  pose  à  mon  ourson  Teddy J’ai  pourtant eu la chance de ne pas connaître une enfance démunie Ce  n’est  ni  un  regret éternel ni un triste constat, encore moins une catastrophe Même si je savais que Mme Solitude m’offrirait  quelques  strophes Il  a  suffi  d’un  regard pour que je me mette à écrire Pour que ma double face commence à se construire Entre peine et mélancolie, au rythme des saisons Je  n’ai  pas  donné  vie à ma décadence mais à ma révolution L’écriture : un voyage sans retour peut-être, un voyage sans fin certainement Une survie pour le poète – homme  aux  allures  d’ange – je le pense sincèrement Un abandon à chaque texte, de la violence parfois Le départ, le silence, la  chute  d’un  rêve,  l’injustice,  l’effroi Le poète crée des bonheurs temporaires,  c’est  une  passion instrumentalisée Lorsque l’amour noir, rêvé, à vie,  la  plume  s’est  enlisée Ce monde, ma souffrance, lorsque les cieux sont gris Quand l’océan atteint la ville, quand Paris sous la pluie Passer  de  la  haine  à  l’amour, je ne fais que ça depuis mon enfance Mais  il  paraît  que  lorsqu’il  se marie,  l’enfant  tient  sa  vengeance Le spleen du poète insuffle des pensées neuves à chacun de ses passages En poésie comme dans la vie, « l’important  n’est  pas  la  chute,  mais  l’atterrissage ». Ozarm (slameur)

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Alfred de Musset a écrit "Les plus désespérés sont les plus chants les plus beaux"... Nul doute qu'il aurait apprécié, comme je les ai moi-même appréciés, les poèmes que vous avez créés cette année sur le thème "La voix du poème". Comme les années précédentes, je suis sous le charme de vos vers et cette année encore, je reste stupéfaite devant la sensibilité et la délicatesse qui ont guidé vos plumes. Séparation, blessures d'amitié, d'amour, injustice, regrets, violence, solitude, tout ce qui vous a meurtris alors que vous n'êtes encore qu'à l'orée de vos vies, donne à ce recueil une tonalité fort émouvante. Vos enseignantes vous ont appris à laisser votre sincérité et votre spontanéité s'exprimer dans le cadre strict des règles de la poésie : si je puis me permettre, je les en félicite. En tant qu'ancien professeur de français, il me reste à espérer que vous avez pris plaisir à vous livrer à cet exercice scolaire. Je vais maintenant guetter les vocations d'écrivain qu'il aura peut-être suscitées parmi vous ! Elisabeth F. (professeur de lettres, retraitée) Une mention spéciale pour le poème "Le regret" d'Alexandre et Terry : l'humour de la "chute" m'a beaucoup plu ! D’abord, bravo  à  tous  tes  élèves  pour  ce  magnifique  travail  qu’ils  ont  accompli  […] Bravo aussi [à vous] car je sais le travail immense que cela représente, mais le résultat est là qui nous fait oublier nos fatigues et parfois nos découragements. Je  ne  sais  pas  si  c’est  l’époque  qui  veut  ça,  mais  je  trouve  que  cette  année  le  contenu  des poèmes est assez pessimiste. À quoi sert la poésie sinon  à  vouloir  réconcilier  l’homme  avec  la  nature. Les thèmes qui reviennent le plus souvent sont liés à une actualité qui les travaille comme dans Atterrissage où « Seul »   vient   filer   la   métaphore   de   l’enfer   pour   exprimer   l’horreur.   L’inquiétude   écologique  s’exprime  aussi.  Ainsi  dans  Décadence les  «géant(s)»,  censés  nous  protéger  n’en  peuvent  plus   face aux activités humaines qui détruisent la planète. La ville est aussi un thème qui revient souvent et il y a certains poèmes aux accents baudelairiens. Ainsi dans Il  y  a  longtemps…,  la  poésie  s’exprime  dans  la  contingence  d’une  ville  qui  ne  rassure  plus  sur  le  futur,   alors que dans Il   a   suffi   d’un   regard,   c’est   la   ville   qui   permet   à   la   simple   puissance   du   regard   de   dire   l’amour.  Mais  il  peut  être  aussi  au  cœur des jalousies dans L’amour  noir. Il peut aussi exprimer la perte et les regrets dans Paris sous la pluie. L’amour  est  toujours  un  thème  privilégié  dans  la  poésie,  mais  j’ai  trouvé  que  pour  ces  adolescents  il  n’était   plus   vécu   comme   la  promesse  d’un   bonheur  garanti  pour   la   vie  comme  dans   ce  poème  en  prose  que   j’ai   beaucoup aimé Bonheur temporaire qui  traduit  bien  l’hallucination  d’un  bonheur  éphémère.  Ce  n’est  pas  la   recherche  d’un  temps  perdu,  mais  le  temps  comme  une  promesse  d’avenir,  un  don  de  vie  avec Saisons. Ou bien  encore  celui  qu’il  reste  à  découvrir  avec  cette  quête  impossible,  cette  idée  de  partir,  de  s’envoler,   la   quête de la liberté comme Icare dans Les cieux où à « l’allure  d’un  ange ». Enfin, il y a eu pour certains un beau travail sur la langue comme dans Amour où ce sont de simples mots posés  comme  des  vers  qui  viennent  donner  du  rythme  au  poème.  C’est  cette  touche  « impressionniste » qui nous   rappelle   à   la   musique   c’est-à-dire au rythme que les mots impriment notamment dans Passion instrumentale. Philippe L. (professeur de lettres)

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[Ces adolescents] sont très sensibles aux problèmes de toutes sortes qui surviennent chaque jour autour d'eux et les inquiètent (divorce, solitude, enfance malheureuse, mort, suicide) et expriment leur ressenti avec des mots justes. Ils doivent se dire :"si c'est cela qui nous attend ! Mais c'est toujours très bien écrit et agréable à lire. J'ai bien aimé "Amour" d'Alexandre et Robin et aussi   "Il  a   suffi  d’un  regard" d'Emma et Marie qui sont optimistes avec une certitude sur la vie. Denise (94) De jolies choses... félicitations ! J'aime bien "il suffit d'un regard", "passion instrumentale" "Paris sous la pluie". Nobody (slameur) Il ne suffit que d'un regard pour se rendre compte que ces mots Sont immortels Juste un regard Et l'on sait Que Dieu diable et toute la trinité Vous ont reconnu Vous poètes... […] Salut jeunes poètes et allez tête haute L'océan s'engouffre sous vos pas… Allez la vie est belle… Et souriez....

Yves D. (poète, Montréal) Un auteur- invité, Des élèves impliqués et passionnés. Un recueil aux thèmes variés De la magie de ces plumes est né. À recommencer ! Absolument… Définitivement… Pour le plaisir des mots !4 Caroline L. (professeur de lettres)

4

Encore un grand merci à tous ceux qui ont bien voulu participer à cette aventure en relisant ces poèmes.

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Table des matières Préfaces

p.1

Préfaces des élèves Préface d’Annie  Mullenbach Préface des professeurs

p.3 p.4 p.5

Poèmes

p.7

Abandon Amour L’amour à  vie L’amour  noir Amour rêvé Atterrissage Bonheur temporaire Catastrophe Ce monde, ma souffrance La  chute  d’un  rêve Les cieux La Décadence Le départ Double face Enfance démunie L’homme  aux  allures d’ange Il  a  suffi  d’un  regard Il y a longtemps Injustice Le Jugement Lecture Listen to me Madame Solitude Marie Marie Mon enfance L’Océan Paris sous la pluie Passer  de  la  haine  à  l’amour Passion instrumentale Peine et mélancolie Le regret Regret éternel Révolution Saisons Le silence Survie Teddy Triste constat Un voyage sans fin Vie Violence Voyage sans retour

p.9 p.10 p.11 p.12 p.13 p.14 p.15 p.16 p.17 p.18 p.19 p.20 p.21 p.22 p.23 p.24 p.25 p.26 p.27 p.28 p.29 p.30 p.31 p.32 p.33 p.34 p.35 p.36 p.37 p.38 p.39 p.40 p.41 p.42 p.43 p.45 p.46 p.47 p.48 p.49 p.50 p.51 p.52

Voix de  lectrices,  voix  de  lecteurs…

p.53 59


2013, le tout numérique sévit depuis quelques décennies, seul un collège résiste à cet assaut et sait encore jouer avec les mots.... Assez ! Arrêtons de caricaturer et découvrons les trésors de ce recueil : amusants, émouvants, poignants... À tous les coups, à ces poèmes vous ne serez pas indifférents !

C .L .G.

La voix du poète 2013  
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