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Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation Direction Générale des Collectivités Territoriale

LIGNES DIRECTRICES DE LA REGINO DU BRAKNA POUR LA COOPERATION INTERNATIONALE EN APPUI AU PLAN REGIONAL DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

1

SOMMAIRE Partie

Pages

Liste des abréviations et acronymes

3

Préface

5

I. Présentation du Groupe de Travail Régional du Brakna et de la méthodologie d’élaboration des Lignes Directrices

6

II. Présentation de la Wilaya du Brakna

9

III. Promotion de la bonne gouvernance et de la démocratie

13

A) Gouvernance territoriale et locale

13

Matrice synthèse des Lignes Directrices pour la promotion de la bonne gouvernance

Annexe

IV. Accès aux services sociaux de base

16

A) Education et formation

16

B) Santé et nutrition

19

C) Accès à l’eau, l’assainissement, et l’énergie ainsi que aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Matrice synthèse des Lignes Directrices pour la promotion de l’accès aux services sociaux de base

21

V. Environnement

25

A) Le capital naturel

Annexe

25

Matrice synthèse des Lignes Directrices pour l’environnement

Annexe

VI. Développement économique local

25

A) Agriculture, Elevage, Pèche

27

B) Sécurité alimentaire,

30

C) Commerce, industrie, tourisme et artisanat.

30

D) Les institutions de micro-finance et de micro-crédit

31

E) L’emploi

32

Matrice synthèse des Lignes Directrices pour la promotion du développement économique local

Annexe

VII. Annexes

33

Liste de membres du GTR du Brakna

33

Matrice de Priorités de Développement

Excel

2

Liste des abréviations et acronymes AEP : Adduction d’Eau Potable ART GOLD Articulation des Réseaux Territoriaux pour la Gouvernance Locale et le Développement CFPP

Centre de Formation pour le Perfectionnement Professionnel

CSLP

Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

DHA :

Direction de l’Hydraulique et de l’Assainissement

DRAS

Direction Régionale pour l’Action Sanitaire

GTR

Groupe de Travail Régional

LD

Lignes Directrices du territoire pour la Coopération Internationale

MASEF

Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille

MAED

Ministère des Affaire Economiques et du Développement

MDR

Ministère du Développement Rural

MEN : Ministère de l’Education Nationale MIDEC

Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation

OMD

Objectifs du Millénaire pour le Développement

OMVFS Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal ONG

Organisation Non Gouvernementale

ONS

Office National de la Statistique

ONSER

Office national des Services d’Eau en milieu Rural

PDC

Plan de Développement Communal

PMH : Pompe à Motricité Humaine PNUD PRLP

Programme des Nations Unies pour le Développement Plan Régional de Lutte Contre la Pauvreté

PTF

Partenaires Techniques et Financiers

RGPH

Recensement Général de la Population et de l’Habitat

SNDE :

Société National d’Eau

SOMELEC

Société Mauritanienne d’Electricité

3

SONADER : Société Nationale de développement Rural SPM :

Station de Pompage Motorisée (sur forage ou puit)

UNCACEM USB

Union Nationale des Caisses Agricoles de Crédit et d’Epargne de Mauritanie

Unités de Santé de Base

4

Les Lignes Directrices du Brakna pour la Coopération Internationale en appui au Plan Régional de Lutte contre la Pauvreté (PRLP) sont le résultat d’un travail de planification entamé depuis 2011 par le Groupe de Travail Régional du Brakna appuyé par le PNUD à travers le Programme d’Articulation des Réseaux Territoriaux et Thématiques pour la Gouvernance et le Développement Local (ART GOLD). L’approche promue par l’ART GOLD durant le processus d’identification de ces Lignes Directrices a favorisé la participation, le partenariat et l’appropriation des acteurs impliqués dans la promotion du développement humain durable au Brakna. Ainsi, l’une des valeurs principale de ce document résulte dans la méthodologie participative qui a privilégié les contributions des principaux représentants de l’administration territoriale, des services techniques déconcentrés, des programmes et projets, des collectivités locales, des institutions et établissements de formation professionnelle et des organisations de la société civile, entre autres intervenants dans la wilaya. Le processus s’est déroulé bien à travers les réunions ordinaires et extraordinaires qui ont été organisé pour discuter, concerter et analyser les défis et potentialités du territoire et identifier les priorités de développement, bien à travers les séances de travail sectorielles et/ou par commissions. Cet exercice a donné l’opportunité aux membres de Groupe de Travail Régional de renforcer leur vision sur le développement humain intégré inclusif et durable. En plus, il convient de noter que c’est la première fois qu’un document de ce type-là est élaboré par les propres agents (acteurs) de développent régional. L’autre valeur importante du document est sa potentialité en tant qu’outil pour la promotion de l’efficacité de l’aide. Ainsi, les Lignes Directrices ont la vocation de présenter aux partenaires techniques et financières d’une manière synthétique, les potentialités de la région ainsi que les principaux défis et priorités de développement. Par conséquent, je voudrais féliciter les membres du Groupe de Travail Régional, ainsi que le programme ART GOLD pour le résultat admirable que constitue une telle expérience pilote au niveau Régional qui continuera à évoluer et se perfectionner. Nous souhaitons que ce soit le point de départ d’une dynamique participative pérenne qui facilite la coordination des efforts de tous les partenaires et acteurs engagés avec l’amélioration de la qualité de vie des citoyens de la région.

5

I. PRESENTATION DU GROUPE DE TRAVAIL DU BRAKNA ET DE LA METHODOLOGIE D4ELABORATION DE LIGNES DIRECTRICES Le Groupe de Travail Régional (GTR) fut créé par arrêté de Wali en Juillet 2011 en tant que cadre de concertation et de coordination qui renforce les mécanismes régionaux existants pour la planification de développement en mettant en synergie les échelons communaux, régionaux et nationaux. Le GTR es présidé par le Wali et composé par les services techniques déconcentres, les représentants de maires, de la société civil, du secteur privé et, de programmes et projets de coopération internationale qui interviennent dans la région. Le secrétariat exécutif est composé par le Délégué Régional de la Décentralisation et du Développement Local (MIDEC) et le Chef Régional de la Cellule de Planification, Suivi Evaluation (MAED). Depuis leur création, le GTR a joué son rôle de plate-forme pour la concertation, la planification et le dialogue multisectoriel et à plusieurs niveaux (national, régional et communal) autour de thématiques de développement. L’une de mission du GTR est l’élaboration des Lignes Directrices pour la Coopération Internationale en cohérence avec les politiques nationales et les plans régionaux. A l’issue d’un processus itératif et selon une approche largement participative, associant l’ensemble des départements, organismes et institutions impliqués, la Mauritanie adopte le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) qui constitue désormais la ligne directrice de la politique économique et sociale du gouvernement à l’horizon 2015. La régionalisation du CSLP est faite à travers l’élaboration de Plans Régionaux de Lutte contre la Pauvreté (PRLP), à l’échelon de chacune des Wilayas du pays. L’ART GOLD Mauritanie a accompagné le Ministère des Affaires Economiques et du Développement (MAED), et notamment la Direction Générale des Politiques Economiques et Stratégies de Développement, dans le processus de réalisation PRLP au Brakna et en Assaba. Les GTR ont été les dispositifs de référence pour le processus d’élaboration des PRLP dans lequel ils participent activement. Par ailleurs, les Lignes Directrices des Territoires pour la Coopération Internationale (LD) sont des documents stratégiques de priorités et potentialités par rapport à divers champs d’action (santé, éducation, gestion locale, gouvernance, environnement, genre, technologies de l’information et la communication, développement économique local, entre autres) qui ont été élaborés par les GTR et qui ont accompagné l’exercice de réalisation des PRLP dans deux sens ; d’un partie ont constitué le point de départ de l’élaboration des PRLP, d’autre part ont assuré la cohérence avec lui. Les LD peuvent servir de base pour la planification sectorielle, l’identification des projets et des partenariats. Les actions prioritaires identifiées par le GTR sont traduites sous forme de fiches de projets qui par la suite pourront être développées comme documents de projet. La formulation de projets et leur mise en œuvre peuvent s’effectuer de différentes manières, selon qui soit le partenaire technique et financier impliqué. Ainsi, les différents projets pourront relever de diverses modalités d’exécution qui seront bien en fonction des décisions nationales en matière de transfert de compétences et de ressources à la région et aux communes bien que en fonction des décisions régionales et locales conformément aux attributions de chaque instance.

6

Elaboration du document de Lignes Directrices de la Région pour la Coopération International en appui au Plan Régional de Lutte contre la Pauvreté Sur la base des orientations définis par les cadres nationaux (CSLP III, Stratégies sectoriels…) et internationaux (OMD), une matrice multisectorielle constituée de 4 axes (Développement Economique Local, Service Sociaux de Base, Gouvernance et Environnement) fut élaborée. La lecture d’un certain nombre des documents de stratégies sectoriels et de Plans de Développement Communaux ont permis d’orienter et d’affiner le format de la matrice. Son alimentation en données a été suivant une dynamique participative qui a alterné les réunions ordinaires du GTR, les entretiens sectoriels, et les entretiens bilatéraux.

Ainsi, le processus d’élaboration et de validation des Lignes Directrices s’est étalé sur une année, lors duquel le Groupe de Travail Régional a travaillé sur :  Collecte des données : plusieurs séances de travail ont été entreprises lors de réunions du GTR ainsi que à travers les entretiens bilatéraux avec les responsables sectoriels.  Restitution et validation des résultats: les différentes sessions de restitutions opérés au cours des réunions ordinaires du GTR ont contribués à mieux affiner les données et à valider le produit final.

7

8

II. PRESENTATION DE LA WILAYA DE BRAKNA

Localisation La Wilaya découle de l’ordonnance du 30 Janvier 1990, qui lui confère la première position sur les 4 échelons administratifs que constitue la République islamique de Mauritanie (RIM). La région est située dans le Sud-Ouest de la Mauritanie et s’étend sur 33.000 km² soit 3,2 % du territoire nationale. Elle est délimitée au sud par le fleuve Sénégal et partage ses frontières administratives avec le Trarza (ouest et au nord), Tagant (nord-est) Assaba (est) et Gorgol (sud-est). Elle est traversée par trois axes routiers:  La route de l’Espoir, en direction de l’est ;  la route Aleg – Kaédi, en direction du sud jusqu’à Boghé puis vers le sud-est ;  et Boghé–Rosso, qui permet de désenclaver l’arrondissement de Dar el barka

Carte 1: Découpage régionale de la Mauritanie

Climat Le Wilaya se situe dans une zone subdésertique de type sahélo-saharien, de ce fait le climat fluctue en fonction du relief qui se répartit d’une part en sahélien (27%) et d’autre part en saharo-sahélien (73%). Cette disparité du relief se caractérise par une forte amplitude thermique (14 à 45 °C) et une pluviométrie vacillant entre 381 mm/an pour le Moughata de M’Bagne contre 158 mm/an pour Magta Lahgar. 9

Ressources hydriques Le Brakna dispose d’un capital riche en ressources hydriques (eau de surface et souterraine), il s’agit principalement du lac d’Aleg, et du fleuve du Sénégal. Population Sur la base de résultat du recensement générale de 2000 et de la projection de l’ONS, la population du Brakna est passée 247.006 à environ 310.541 habitants en 2011. Ce qui représente au cours de cette période, une augmentation annuelle moyenne de 2,3%. De même, le poids de la population de la Wilaya est resté stable à 9,3% de la population nationale. Tableau 1: Evolution de la population du Brakna1 Année Population 1977 129.442 1988 193.208 2000 247.006 2005 280.008 2011 310.541

Répartition par Moughataa La répartition de la population est très marquée dans les Moughataas d’Aleg (24,1%) et de Boghé (27,1%). En effet, ces deux moughataas enregistrent un rythme d’accroissement plus soutenu que les trois autres, concentrant ainsi plus de la moitié de la population de la Wilaya. Tableau 2: répartition de la population/Moughataa2 2000

20004

2008

2009

2010

2011

Wilaya

247.006

264.870

288.693

295.591

302.862

310.541

Aleg

59.631

63.944

69.695

71.360

73.116

74.969

Bababé

33.339

35.750

38.965

39.896

40.878

41.914

Boghé

66.975

71.818

78.278

80.148

82.120

84.202

Maghta Lahjar

47.936

51.403

56.027

57.365

58.776

60.267

M'Bagne

39.125

41.955

45.728

46.821

47.972

49.189

1 Source : ONS/RGPH, annuaire 2006, Brakna en chiffres édition 2008 et projections démographiques 2001 – 2015. 2 Source : PRLP Brakna 2011

10

Caractéristiques de la population En 2011, la junte féminine représentait 53,27% de la population du Brakna, soit un total 165.433 sur 310.541 habitants de la Wilaya. La pyramide des âges montre que la population de la wilaya est relativement jeune avec un taux respectif de 45% des enfants (0-14 ans) et de 45,34% des adultes (15-59 ans). Tableau 3: Répartition par sexe et âge 2000

2004

2008

2009

2010

2011

Wilaya

247.006

264.870

288.693

295.591

302.862

310.541

Hommes

116.860

123.772

134.512

137.801

141.326

145.108

0-14 ans

59.893

64.176

68.248

69.255

70.260

71.297

15-59 ans

49.243

52.832

60.280

62.669

65.232

67.943

60 ans et +

7.724

6.764

5.984

5.877

5.834

5.868

Femmes

130.146

141.098

154.181

157.790

161.536

165.433

0-14 ans

57.121

61.174

65.381

66.416

67.434

68.452

15-59 ans

64.766

71.836

80.782

83.262

85.804

88.386

60 ans et +

8.259

8.088

8.018

8.112

8.298

8.595

Par ailleurs, cette même pyramide montre que la proportion féminine reste majoritaire pour la tranche de 15 à 65 ans et 66 ans et plus. Graphique 1: Répartition par âge suivant le sexe 200000 150000

Féminin 100000

Masculin Total

50000 0 00-14 ans

15-65 ans

66+ ans

Urbanisation et habitat L’urbanisation de la wilaya du Brakna s’est réellement enclenchée entre 1977 et 2000, période qui s’est caractérisée par une forte sédentarisation. Différents facteurs ont encouragé l’exode rural, à savoir la concentration des services et infrastructure de l’état au chef-lieu de la wilaya et moughataa, la dégradation de l’économie rurale et tout particulièrement la persistance de la sécheresse depuis les années 70. Tableau 4: Evolution des localités3 3

Source : stratégie d’encadrement de la sédentarisation 2009

11

Moughaata

Nbre localités en 77

Nbre localités 88

Nbre localités en 2000

Aleg Bababe Boghé Maghtal Hajjar M’Bagne TOTAL

58 49 85 22 50 264

65 43 98 60 51 317

94 49 114 109 49 415

Cette frénésie d’urbanisation a donné naissance à une nouvelle configuration de villes à savoir :    

Développement des quartiers précaires ; Augmentation du fossé entre l’offre et la demande ; Diminution des parcours de l’élevage ; Problèmes aigue d’hygiène et d’assainissement des déchets

Cette forte sédentarisation conjuguée à la pauvreté des ménages donne une configuration de l’habitat traditionnel :  Les transhumants, du fait de leur mouvement, privilégient les habitats sommaires, facilement transportable tels que la tante, la hutte et la case.  Le milieu urbain et semi urbain ainsi que les agglomérations sont caractérisés par les constructions en banco, semi dur et dur. Ce type d’habitat sont généralement la propriété des familles à faible revenu ou exerçant dans la fonction publique tels que les enseignants, les infirmiers….

Les constructions en banco bien que prédominant expose les ménages aux problèmes qui peuvent être résolus en intégrant les nouvelles techniques dans la composition de la matière, la formation des prestataires locaux dans les techniques innovante de construction en banco. Cependant depuis le milieu des années 2000, on assiste progressivement à l’apparition des habitations « moderne » au niveau d’Aleg ainsi que les chefs-lieux des moughtaas. Ces constructions restent limitées aux propriétaires disposant d’une certaine ressource telle que les hauts fonctionnaires de l’administration publique ainsi que les migrants travaillant dans les pays du nord ou dans la sousrégion et les commerçants. Le secteur de l’aménagement du territoire est sous la tutelle de la délégation régionale de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire qui constitue le relais au niveau régionale du ministère de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Cette direction régionale a pour rôle d’organiser la gestion de l’espace au sein des agglomérations de la wilaya, tout particulièrement à inscrire leurs activités dans le cadre la stratégie nationale de désenclavement de 2011.

12

III PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE ET DEMOCRATIE

A.

GOUVERNANCE TERRITORIALE ET LOCALE

A. Gouvernance territoriale et locale Organisation administrative de la Wilaya Découpage

On distingue deux formes de répartition administrative résultant du cadre règlementaire référentiel qu’est l’ordonnance du 30 janvier 1990 (n°90-002). La pyramide administrative repartit la Wilaya en trois circonscriptions :  Moughataa : la Wilaya est subdivisée en 5 Moughata à savoir Aleg, Boghé, Bababé, Maghata lahjar et M’bagne. dont plus de 90% de la superficie est reparti entre la commune d’Aleg et Maghta lahjar  Arrondissement : La Moughtaa d’Aleg se singularise par l’existence en sein de 3 arrondissements. Ce constat se justifie du fait que le chef-lieu du département est aussi la capitale régionale.  Commune : la wilaya est divisé en 21 communes dont 6 pour la moughataa d’Aleg et 4 pour M’bagne. Contrairement aux deux précédentes circonscriptions, les communes au nombre de 21, constituent à la fois une collectivité locale et une administration déconcentrée. L’étendue de chaque moughataa montre que plus de 90% de la superficie se trouve dans les circonscriptions d’Aleg et Maghta lahjar.

Wilaya

Tableau 5: Répartition administrative Arrondissements Communes

Moughataa ALEG

BRAKNA

, Male

Aleg, Cheggar, Male, Djellewar Bouhdida, Aghchorghit Bababé, El Verae, Aéré M'Bar

BABABE BOGHE

Dar El Barka

MAGTA LAHJAR

Djonaba

M'BAGNE Total

05

03

Boghé, Dar El Avia, Dar El Barka, Ould Birom Magta Lahjar, Sangrava, Djonaba, Ouad Emmour M'Bagne, Niabina, Edebaye El Hejjaj, Bagodine 21

Superficie Km² 15.900 930 1.600 13.880 690 33.000

L’administration déconcentrée Le principe qui caractérise le fonctionnement de la pyramide administrative reste l’unité des directions. Ainsi, à la tête de chaque échelon administratif, on retrouve : 13

 Wali : Nommé par décret, il représente le pouvoir central et de ce fait assure la tutelle sur l’ensemble des services sectoriels déconcentrés.  Hakem : Nommé comme le Wali sur décret pris en conseil des ministres, il a la responsabilité de coordonner le fonctionnement de l’administration au niveau de la Moughataa. La particularité de la commune Elle constitue la base dans la pyramide de l’administration déconcentrée et dans le même temps jouie à travers l’ordonnance du 20 octobre 1987, d’un statut de collectivité locale. Elle dispose d’un ensemble d’organe qui permet d’élire le Maire en charge de la gestion de la commune. Les principaux organes sont :  Le conseil municipal : il s’agit d’un organe délibérant, qui permet de jeter les bases de la politique communale  Le bureau municipal municipalité : composée du maire et de ses adjoints et du secrétaire général, elle agit sur délégation du conseil municipal.  Les commissions spécialisées, généralement au nombre de quatre et désignées par le conseil municipale Service technique déconcentré Pour accompagner le processus de développement de la région, le gouvernement promeut depuis longtemps le rapprochement des services étatiques auprès de populations. En 2012, on recensait 14 services techniques déconcentrés siégeant dans le chef-lieu de la Wilaya. Tableau 6: Tableau récapitulatif des services sectoriels (GTR 2012) Délégation décentralisation et du développement local Cellule de planification suivi/évaluation du MAED Délégation de la santé (DRAS) Délégation régionale de l'enseignement (DREFP) Délégation du MDR Délégation de l'environnement Coordination Régionale du MASEF Direction régionale de l'hydraulique et de l'assainissement Délégation régionale de la jeunesse Représentation régionale du commerce, du tourisme, de l'artisanat et de l'industrie Direction de l'enseignement originel Service régional de l'alphabétisation Délégation régionale de l'habitat, de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire Chef de service régionale de la statistique (ONS)

Promotion de la décentralisation et du développement local Les collectivités locales disposent à travers l’ordonnance du 20 octobre 1987, d’un ensemble des prérogatives tels que le statut, l’autonomie financière, compétences, budget, domaine propre et personnel. Pour encourager le développement des collectivités locales, l’état a mis en place un Fonds Régional de Développement (FRD). L’objectif de fond est de «contribuer à renforcer le transfert 14

financier de l’Etat aux communes en vue d’améliorer les ressources mises à leurs dispositions et promouvoir l’accès de leurs populations à des services de base4 ». La répartition des crédits du FRD est basée sur des critères définit par l’article 6 du décret. Il s’agit : (i) le facteur démographique à raison de 40% ; (ii) le taux de pauvreté à raison de 25%; (iii) le Gap d’infrastructures à raison de 10%. Une part forfaitaire à raison de 20% est répartie de manière égale entre toutes les communes afin d’assurer une juste péréquation. L’enveloppe du FRD s’est accrue au fils des années passant de 600 millions MRO (2002) à 2,6 milliards MRO (2006) pour atteindre 3 milliard en 2009. Cet accroissement illustre la volonté de l’état en faveur de développement des collectivités locales qui représente 1,29% du budget de l’Etat. Néanmoins, l’enveloppe ramenée à l’habitant reste insuffisante5.

Les partenaires aux développement On recense un nombre important des partenaires aux développement (organismes multilatéraux, agences bilaterales, ONG internationales et nationales) qui participent à l’amélioration des conditions de vie de la population de la Wilaya à travers l’appui à la gouvernance local.

4 5

Article 2 Livre blanc de la décentralisation en Mauritanie, décembre 2009

15

IV. ACCES AUX SERVICE SOCIAUX DE BASE

A. EDUCATION ET FORMATION Evolution de l’accès à l’éducation et à la formation Infrastructure

En 2012, la wilaya du Brakna comptait 354 écoles primaires réparties inégalement entre les 5 moughataas. En effet la moughaata d’Aleg regroupe les 31% des écoles suivies des moughaataas de Moughta Hajjar et de Boghé qui regroupent respectivement 25% et 23% des écoles. Les infrastructures du second cycle sont composées de 13 collèges et 06 lycées d’enseignement général public avec 2 établissements privés. Les constructions6 en semi dur représentent 64% des salles de classes de la wilaya (on appelle semi dure les constructions dont le toit est en zing et les murs de remplissage en parpaings de ciment). Les salles de classes construites en matériaux précaires représentent 36 %.

6

Source : DREFP Brakna 16

Elèves et personnels enseignants Le nombre des enfants scolarisés n’a cessé de progresser dans le cycle fondamental et secondaire. A la rentrée 2011, la wilaya du Brakna a accueilli, en fondamental 61.728 élèves repartit sur 354 écoles et encadré par 1.254 enseignants. Tableau 7: données générales de l'enseignement fondamental (rentrée 2011)

Nombre d’écoles Ecoles à cycle complet Nombre de divisions pédagogiques Nombre d’élèves Nombre de salles de classe Nombre de tables bancs Nombre de multigrades Enseignants en classe Nombre de manuels scolaires

354 126 1.527 61.728 1.265 17.757 248 1.254 205.460

En cycle secondaire, le nombre des élèves scolarisés se chiffrait à 10.236 repartit entre le collège et le lycée

Tableau 8:Cycle secondaire en 2011 Nombre de lycées Nombre de collèges Nombre de sections (dp) Nombre d’élèves Nombre de salles de classe Déficit en salles de classe Nombre de tables bancs Nombre de professeurs Nombre de manuels scolaires

06 13 182 10.236 198 Wad amour et bouhdida n’ont pas de locaux 3.442 306 32.532

.

D’une manière générale, on estimait en 2009-2010, que 69,5% des enfants de la wilaya avaient achevés l’enseignement primaire. Le taux de réussite au bac était de 16,23% pour les filles et de 27,76% pour les garçons.

Graphique 2: Répartition des filles et garçons (primaire et secondaire)

Le nombre d’enseignant a suivi la progression des inscrits, ainsi le nombre d’enseignant du fondamental se chiffrait à 1084 enseignants (2007-2008) contre 1254 (fondamental) et 306 (secondaire) en 2011.

17

Pour pallier au déficit d’enseignant, le ministère a initié depuis quelques années le système de multigrade7. A ce jour, on compte 272 classes de la Wilaya qui sont multigrades, soit 18% du total des classes.

Formation professionnelle La wilaya du Brakna dispose d’un lycée d’enseignement technique secondaire localisé à Boghé, un centre de formation et de perfectionnement professionnel (CFPP) à Aleg ainsi que 2 centres de formation féminins localisés à Aleg et Boghé. A la rentrée 2011-2012, le CFPP d’Aleg accueillait 82 stagiaires (dont 6 filles) repartit dans les cinq disciplines. A titre de comparaison, le nombre d’apprenti au CFPP d’Aleg était de 39 élèves (20052006) contre 43 à la rentrée 2006-2007.

Discipline Total stagiaires Electricité bâtiment 24 Menuiserie bois 09 Construction & 15 métallique Plomberie sanitaire 24 Maçonnerie 10

Fille 1

Garçon 24 9 14

5 -

19 10

Les deux centres de formation féminins crées dans les années 90, sont destinés pour jeune filles déscolarisés ainsi que les associations et coopérative féminine afin qu’elles puissent bénéficier de formation en cuisine, coiffure, couture et teinture. Cependant le centre à Boghé n’est pas fonctionnel.

Enseignement originel et alphabétisation L’enseignement originel constitue un levier important d’alphabétisation des adultes et d’éducation préscolaire au Brakna. La wilaya compte environ 664 Mahadras (écoles coraniques) accueillant 19 000 élèves qui reçoivent une formation théologique (le Coran, le hadith et la jurisprudence…). L’alphabétisation constitue également un défi, en effet le taux des adultes sachant lire et écrire inférieur (53,7%) à la moyenne nationale (61,5%). Des dispositions ont été entrepris par la direction de l’alphabétisation avec la mise en place de 53 points d’alphabétisation dont 34 mis en place l’année dernière (2011-2012) et ce dans le cadre du programme d’appui à l’alphabétisation localisé dans le département d’Aleg.

7

c’est-à-dire au sein d’une seule classe deux niveaux pédagogiques sont rassemblés et l’encadrement confié à un ou deux enseignants 18

B. SANTE ET NUTRITION Améliorer l’accès à la santé Infrastructure

La Wilaya du Brakna compte 67 structures sanitaires dont les capacités diffèrent suivant la prise en charge médicales :  1 hôpital régional ;  6 centres de santés ;  75 postes de santé toutes catégories confondues ;  120 unités sanitaires de base (USB) L’administration du secteur de la santé est assurée par une direction régionale de la Santé (DRAS) qui assure sous l’autorité du Wali, la conception et l’exécution de la politique sanitaire de la Wilaya. Elles sont structurées en 4 services suivants :    

Un service des Soins de Santé de base, de la Planification et du Suivi ; Un service de l’information sanitaire et de la Surveillance épidémiologique ; Un service du Médicament et des consommables médicaux ; Un service administratif et financier

En partenariat avec de PTF, la direction régionale a pu mettre en place des nouvelles USB (augmentation de 20% au cours des dernières années) et ce dans l’objectif de prendre en charge les réfugiés mauritaniens de retour du Sénégal.

Graphique 3: Poste de santé fonctionnel/Moughataa

En 2012, la DRAS du Brakna comptait 321 personnels dont la moitié était représentait par le paramédical. Tableau 9: répartition personnel de la DRAS Brakna (2012) 2007 Spécialistes 2 Médecins 8 Techniciens supérieurs de santé 7

2008 3 7

2009 3 8

2010 2 10

2011 2 9

2012 1 9

6

6

7

8

10

Infirmiers d'Etat (IE) Sages femme Infirmiers Médico-social Assistants Sociaux

28 12 40 2

32 12 43 2

36 13 45 2

40 15 50 2

42 17 57 2

50 17 63 2

Autres

132

140

146

150

160

170

Total

231

245

259

276

297

321

19

Evolution de l’état sanitaire et nutritionnel Accès à la santé Depuis quelques années, la direction a intensifié les mécanismes de préventions, de sensibilisations de la population qui au fil de temps commence à donner des résultats. Cette politique s’est traduite entre autre par l’extension de poste de santé dans les villages, permettant ainsi à des communautés vulnérables de pouvoir bénéficier des prestations médicales.

 les Infections Respiratoires Aiguées (IRA) et les diarrhées respectivement 16% et de 9% ;  D’autres pathologies sont également diagnostiquées au niveau des formations de sanitaire comme les anémies, la malnutrition les hypertensions artérielle et les infections sexuelles transmissibles.

Selon les données de la DRAS, les pathologies les plus fréquentes sont :  le paludisme, qui constitue 25% des maladies diagnostiquées ;

Graphique 4: Evolution des pathologies/moughataa1

Etat nutritionnel L’ensemble des formations sanitaires de la Wilaya disposent d’une unité de récupération nutritionnelle avec un centre spécial à Boghé ville appelé CRENI8. L’évolution de la malnutrition varie suivant :  Moughataa D’après les données de la DRAS, le nombre de cas enregistrés a progressé pour atteindre 1.637 cas (2010) contre 1.376 (2010). Ces données reflètent une grande disparité entre d’une part la Moughataa d’Aleg et le reste. La proportion reste plus élevée pour Boghé, qui a enregistré 82,10% des cas en 2010 (70,20% en 2009).  Niveau d’implication des ménages

Il ressort des études de 20079 que les carences nutritionnelles des enfants passent de 38% pour les enfants dont la mère est sans instruction contre 21% pour ceux dont la mère est de niveau secondaire ou plus. La planification familiale, avec les écarts de naissance, reste aussi un facteur important puisque 42% des enfants présentant des carences nutritionnelles sont issus de naissance avec des écarts inférieurs à 24 mois. Cette proportion est de moitié (27%) pour les enfants issus de naissance de 48 mois ou plus.

La Wilaya dispose d’un seul centre de ce type Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) réalisée en 2007, et le Rapport National sur le Développement Humain Durable de 2007 8 9

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C. ACCES A L’EAU, L’ASSAINISSEMENT, ET L’ENERGIE AINSIQU’AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE COMMUNICATION

Accès à l’eau Contexte générale On estimait qu’en 201010 le taux de desserte en eau de la Wilaya était de 60% (contre 54% en 2004). Cependant cette proportion varie suivant les localités, puisque différents acteurs interviennent dans la mobilisation, la distribution et la commercialisation de l’eau. On distingue principalement la délégation régionale du ministère de l’hydraulique et de l’assainissement, la SNDE, ONSER. On recense également un nombre important des programmes et de projets de développement impliqués dans l’amélioration de l’accès en eau au niveau communautaire. Le dernier inventaire montre que la wilaya du Brakna compte 1.967 points d’eau (projet GIRE, 2009 et 2010) répartit comme suit:  248 forages d’exploitation (AEP, SPM, PMH) ;  1.485 puits modernes ;  152 puits traditionnels ;  5 contre puits ;  17 piézomètres ;  60 divers sondages.  D’une manière générale, la qualité de l’eau dans la wilaya reste variable d’un secteur à un autre avec une proportion élevée des points d’eau disposant de l’eau de qualité (60%). Répartition des points d’eau Selon les données de la direction de l’hydraulique et l’assainissement, les communes de Boghé, Sangrafa et Maghtaa Lahjar restent les plus dotées en point d’eau avec respectivement 428, 211 et 151 ouvrage contre 32 à El Voraa et 36 à Djelwar. La répartition suivant le type d’infrastructures fait ressortir clairement l’importance du nombre des puits moderne 1.485 (75%) suivi des forages 248 (Forage/AEP+SPM+PMH) (13%) et des puits traditionnel 152 (8%)

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PRLP Brakna, 2010

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Graphique 5: pourcentage des infrastructures

Fonctionnement des infrastructures Le constat montre que le nombre de point d’eau non exploité est très élevé soit 485 représentant 25% des point d’eau. La plus part des point d’eau (75%) abandonné sont des puits et des point d’eau non exploités par la population.

Les ouvrages de mesure des niveaux de nappe (piézomètres), connaissent aussi une forte détérioration. A ce jour, 9/17 de ces derniers sont non fonctionnel.

Les localités disposant de forage fonctionnel ont tendance à ne plus exploité les puits conduisant ainsi à leur détérioration au fil des années. Il est constaté que les forages PMH tombent fréquemment en panne et le manque des pièces de rechange oblige la population à l’abandonner. A ce jour 38 PMH ne sont plus exploités par les communautés de ces infrastructures Cependant, des améliorations ont été opérées au niveau de certains points d’eau dans les méthodes d’exhaure.

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Accès à l’eau par type de point d’eau Selon la DHA du Brakna, l’accès de la population à l’eau s’est considérablement amélioré depuis 2004. Comme le montre le graphique suivant, on constate  Une augmentation du nombre de village utilisant des forages/AEP (42 à 106), ou SPM (12 à 25) et des villages utilisant uniquement des puits (194 à 212);  Une diminution, des villages exploitant des PMH (23 à 6) et des villages s’alimentent depuis le fleuve (21 à 7)

Graphique 6: Evolution de l'accès à l'eau (2004-2008)

Assainissement L’assainissement reste une problématique qui au fil de l’accroissement démographique et de la sédentarisation prend de l’ampleur. A ce jour, les villes d’Aleg et de Boghé disposent d’un réseau d’assainissement non fonctionnel, servant de collecte des eaux pluviales. Le taux de couverture reste variable suivant les 21 communes de la Wilaya. Les collectivités locales du sud (Niabina, Bagodine et Boghé) enregistrent un taux de couverture élevé11 respectivement 93, 70, et 40%. La forme d’assainissement utilisé par les foyers est celui des puits perdus aménagé dans les environs d’habitation. Ce type d’aménagement expose tout particulièrement les communes du sud aux pollutions.

Source : Résultat d’une étude menée dans le cadre du projet AGIRE 11

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Accès à l’énergie La wilaya dispose d’un potentiel naturel très variée12 lui permettant de répondre au besoin croissant en énergie. Actuellement, la Wilaya tire de deux sources l’énergie électrique13 :  Une centrale électrique de capacité moyenne de 1.000 Kwh dans les Moughataa d’Aleg, Bababé et Maghata-lahj ;  Une centrale hydro-électrique de Manantalie alimentant le département de Boghé Selon les données du centre régional SOMELEC, le nombre d’abonné dans le département d’Aleg reste très faible comparé au nombre d’habitations. Un des facteurs reste la cherté et l’envolé du tarif électrique. En effet, en 2006, le prix moyen du KWh était de UM 40, 49 contre UM 47, 59 en 2008. Selon les résultats du RGPH de 2000, la population de la Wilaya utilise l’énergie essentiellement pour l’éclairage et la cuisson. L’éclairage varie suivant les localités de la Wilaya, mais une frange importante des ménages utilise les lampes à pétrole et bougie. Pour la cuisine, les ménages du Brakna utilisent le bois à raison de 71,9% contre et 16,7% pour le gaz.

Promotion de la culture, de la jeunesse et du sport Le dynamisme de la jeunesse de la Wilaya se manifeste par l’organisation fréquente de rencontres sportives et culturelles dans les différentes localités. Ces différentes animations sont le fruit de plus de 90 associations sportives et club de jeunes dont la majorité intervient au niveau des chefs-lieux des 5 moughaata. Ces manifestations sportives et culturelles (pièces théâtrales, rencontres sportives et les sketchs) sont les opportunités pour véhiculer des messages de sensibilisation tels que la scolarisation des enfants, la protection contre les IST et VIH/SIDA, la préservation de l’environnement, l’unité nationale, la citoyenneté, la civilité ainsi que le civisme.

12 13

Il s’agit principalement du fleuve du Sénégal et d’un rayonnement solaire et éolien conséquent sur toute l’année. Une centrale électrique vient juste d’être inauguré M’Bagne, qui se trouvait sans couverture énergitique.

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V. ENVIRONNEMENT

A. Le capital naturel La Wilaya dispose des ressources naturelles diversifiées qui s’ils sont exploitées de manière rationnelle et intégrées peuvent servir de référence pour la promotion du développement durable.  Les forêts classées La Wilaya compte huit forêts14 classées situées dans les régions de Boghé, Bababé et M’bagne et totalisant un peu plus de 8 363 ha.

 Les ressources hydriques La Wilaya de Brakna est connu comme étant la « région de grands lacs ». En effet, elle dispose d’un capital hydrique divers et varié faisant d’elle une région orientée vers l’agriculture, l’élevage et la

14

Le pays compte 30

25

pêche dans un moindre mesure. On distingue principalement le lac de Maal, le lac d’Aleg, la mare de Gadel et de Cheggar et le fleuve Sénégal  Le lac de Maal Le lac de Maal est localisé à 70 km du chef-lieu de la wilaya et s’étend sur une superficie de 5.250 ha. Les rives du lac regorgent des villages qui tirent les revenus directement de la valorisation de ressources du lac. Il s’agit principalement de l’agriculture et l’élevage et de la pêche.  Le lac d’Aleg Le lac s’étend sur une superficie de 6.040 ha pour une moyenne de 66.440 000 m3 d’eau. Depuis les années 70, la baisse de la pluviométrie dû à la sécheresse récurrente, les activités d’hommes à travers les aménagements des différents ouvrages de retenues modifient profondément la superficie et la quantité d’eaux drainées.  Le fleuve Sénégal Le fleuve s’étend sur 1.700 km constituant la frontière naturelle entre la Mauritanie et le Sénégal. Le 2/3 des localités du sud de la Wilaya dispose d’une façade fluviale sur une distance d’environ 110 km. Depuis la mise en place de l’OMVFS (Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal), beaucoup d’activités ayant trait à l’agriculture irriguée, élevage et la pêche se sont développés. Outre l’agriculture, le fleuve Sénégal constitue un potentiel touristique qui reste à être dynamiser. En effet le fleuve Sénégal peut être un moyen alternatif pour le transport des passagers, les flux des marchandises et autres depuis Saint Louis (Sénégal) à Kayes en république du Mali de juillet à septembre.

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VI. DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LOCAL

A. AGRICULTURE, ELEVAGE, PECHE

Agriculture L’agriculture constitue avec l’élevage les secteurs phares de la Wilaya mobilisant un nombre important de la main d’œuvre constitués pour l’essentiel de la famille. Suivant les sources d’approvisionnement en eau des exploitations, on distingue :  Les cultures pluviales  Culture de Diéri : ne bénéficiant que de l’eau apportée directement par la pluie  Culture de bas-fonds ou derrière structures de retenue : bénéficiant, en plus de la pluie directe, des eaux de pluie sur les surfaces collatérales  Les cultures bénéficiant des eaux du fleuve Sénégal  Culture de walo : zones du lit majeur du fleuve bénéficiant d’une submersion temporaire  Cultures de décrue contrôlée : cultures de walo bénéficiant de l’effet d’ouvrages d’alimentation en eau et de vidange  Culture irriguée

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Les cultures pluviales La pratique des cultures pluviales sont importants dans la Wilaya de par le nombre d’actifs qu’elles mobilisent et les superficies mises en valeur. La production a beaucoup baissé au cours des dernières décennies du fait de la sécheresse, du niveau d’encadrement très faible, de l’insuffisance des moyens techniques et matériels des producteurs et surtout de la divagation d’animaux domestiques. Les cultures de diéri Les cultures de diéri sont pratiquées à grande échelle dans la Wilaya et portent, généralement, sur le sorgho, le mil, le maïs, le niébé et les pastèques. Les superficies cultivées en diéri varient annuellement entre 1.000 à 17.000 ha avec des rendements variables de 100 à 300 kg/ha. Le mode d’exploitation demeure traditionnel avec l’utilisation de outils archaïque (daba) pour le travail du sol et sans apport des fertilisants et des produits phytosanitaires. La production de cultures de diéri est essentiellement auto consommée et la récolte ne couvre que moins de 50% des besoins annuels des ménages. Les cultures de bas-fonds Le principe est fondé sur l'aménagement de barrages, digues et diguettes dans les zones à faible pluviométrie disposant d'une topographie favorable. Au Brakna, ce système existe essentiellement dans les Moughataa de Magta Lahjar et porte sur les cultures céréalières (sorgho, le maïs et le niébé). Les rendements sont de 200 à 350 kg/ha et la production annuelle oscille, notamment en fonction du remplissage des barrages, entre moins de 1.000 et près de 7.000 tonnes. Le mode d’exploitation est identique à celui pratiqué au diéri et la production est généralement auto consommée. Les cultures de décrues « walo » Il s’agit d’une forme d’exploitation de la terre arable répondue au sud de la wilaya jouxtant le fleuve Sénégal. Le walo est pratiqué sur les terres submergées pendant au moins 30 jours par les crues du fleuve Sénégal. Selon les données de la délégation régionale, la surface cultivable varie entre 500 et 18.000 ha. Cette variation repose principalement sur la quantité de crue qui depuis peu est régulé par le barrage de Manantali. Le mode d’exploitation reste toujours traditionnel d’où un rendement moyen de 0,4 à 0,5 tonnes/ha. Les cultures pratiquées sont principalement le sorgho, le maïs et le niébé. Les cultures irriguées La pratique de l’agriculture irriguée remonte aux années 60 avec les petits périmètres irrigués elle s’est développées avec une vingtaine d’année, date à laquelle les aménagements furent opérées par l’Organisation de Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et joue un rôle important dans l’économie de la wilaya et du pays.

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Les acteurs de cette filière (riz et maïs, dans une moindre mesure gombo, de l’oseille de Guinée, des courges et courgettes et dans certains rares cas de l’aubergine) disposent d’un ensemble des mécanismes d’encadrement, appui financier leur permettant de pratiquer dans des conditions adéquates. Ainsi, l’approvisionnement en intrants agricole est facilité par l’UNCACEM (agence de crédit) alors que l’encadrement est assuré entre autre par les services régionaux de la SONADER. La wilaya disposerait d’un potentiel15 des terres arables irrigable de 35.000 hectares et ce depuis le fleuve Sénégal. En 2010, la superficie irriguée était de 579 ha contre 1.364 en 2009 soit une variation négative de 57,6%. Beaucoup d’effort ont été consenti par les différents acteurs pour améliorer le rendement du riz, maïs et sorgho. En 2010, le rendement en riz est passé de 3,5 et 4,3 tonnes à l’hectare D’après la direction de la SONADER de Boghé en charge d’encadrement des périmètres aménagés, les formes d’exploitations collectives représentent 93% du total. Ces périmètres sont gérés par des coopératives et unions des coopératives et ce depuis le désengagement précoce de la SONADER. Ces structures assurent le fonctionnement des périmètres et servent de lien entre les exploitants et les structures d’appui. Elevage L’importance des ressources animales dans la Wilaya s’explique par la richesse relative des pâturages et des ressources hydriques. En 201116, la répartition de cheptel était comme suit :  Bovins : 151.016  Camelins : 76.015  Petits ruminants : 3.575.806 La conduite de l’élevage se caractérise par une mode poussé à l’extensive avec du semi-intensive sur les principales artères de la Wilaya (route de l’espoir et périphérie des villes). Les produits issus de ces animaux sont valorisés à travers la commercialisation de lait, de la viande et de la peau. En 2011, les productions respectives se chiffraient à 38.254 tonnes de viande, 92.144 tonnes de lait et 915.895 peaux. Pêche La wilaya a une tradition de pêche qui au fils de temps fut délaissé au profit de l’élevage et autres activités tels que le maraichage et le commerce. Cependant on recense quelques pêcheurs qui pratiquent encore au niveau du fleuve Sénégal et de lac de Maal. Des dispositions doivent être pris afin d’encourager le développement de la pêche.

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Source : PRLP Brakna 2012 Source : PRLP Brakna 2011-2015 29

B. La sécurité alimentaire Le problème de la sécurité alimentaire reste tributaire de la production agricole, de l’élevage et de la pêche. Les populations le plus exposées restent les ménages vivant de l’agropastoralisme et ceux habitant dans des bidonvilles à la périphérie de centre urbains de la wilaya. Depuis quelques années, la persistance de la sécheresse expose une partie de la wilaya à une insécurité alimentaire. En effet, le sud de la wilaya semble être épargné du fait de l’existence du fleuve Sénégal permettant de pratiquer une agriculture irriguée. Cette situation de vulnérabilité touchant le nord et le nord-est de la Wilaya se présente sous plusieurs formes et à des degrés différents. Pour faire face à cette situation d’insécurité alimentaire, les populations ont développé plusieurs mécanismes tels que l’exode rural, l’endettement, la vente des bétails. C. COMMERCE, INDUSTRIE, TOURISME ET ARTISANAT

Le commerce Une position géographique favorable La wilaya du Brakna occupe une position stratégique qui le situe au carrefour de la route de l’espoir et de partager la frontière avec le Sénégal. Ce flux des marchandises est facilité par le dynamise des 12 marchés communaux qui constituent les points de convergences des grossistes venus de la capitale et des petits producteurs de l’intérieur de la Wilaya et dans un moindre mesure sénégalais. Le commerce transfrontalier Les commerçants de la wilaya pratiquent depuis longtemps les échanges commerciaux transfrontaliers avec le Sénégal. Ces flux se traduisent par la présence régulière de centaines de commerçants mauritaniens aux marchés hebdomadaires des villes et villages sénégalais. Les produits acheminés vers le Sénégal sont généralement composés de sucre, du thé, de biscuits, des pâtes, de l’huile, des matelas, des couvertures et des ustensiles de cuisine en contrepartie des produits maraichers et conserve (légumineuse, tomate concentrée…).

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Industrie La wilaya ne compte aucune structure industrielle, néanmoins, on recense des initiatives qui sont restées à l’état de projet. Il s’agit tout particulièrement du projet de l’exploitation des phosphates de Bofal et la mise en place d’une unité de production d’aliment de bétail à partir de sous-produits de riz et des tiges de sorgho. Ces projets industriels peuvent constituer de véritables opportunités de mise en place de chantier à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) et à l’absorption de la main d’œuvre non qualifiée.

Artisanat L’artisanat dans la wilaya du Brakna comme d’ailleurs la plus part des wilayas du pays est composé de deux sous-secteur :  L’artisanat traditionnel de production (forge, bijouterie, boisselier, tisserand, cordonnier, potière …) : Cette catégorie d’acteur est composée des métiers traditionnels pratiqués par une certaine famille ou groupe dont le savoir-faire est héréditaire. Ces activités connaissent aujourd’hui une baisse considérable due d’une part, à la concurrence des produits industriels et d’autre part à la cherté des produits artisanaux traditionnels.  L’artisanat de service : Elle regroupe les activités comme la soudure, la mécanique, la menuiserie en bois dont l’acquisition requiert une certaine qualification. Cette catégorie est en plein développement dans la wilaya et constitue une alternative pour les jeunes exclus du système scolaire. Tourisme Bien qu’elle possède des potentialités touristiques, la wilaya est caractérisée par une faiblesse de l’offre touristique. Les lacs d’Alég et de Maal qui ont étaient classés zones humides d’importance international constituent des potentiels touristiques méconnus et inexploités de la wilaya. Beaucoup de services liés à la restauration et à l’hébergement se sont développées au niveau des centres urbains et tout particulièrement le long de la route de l’espoir, véhiculant la qualité du méchoui d’Aleg. D. Les institutions de micro-finance et de micro-crédit

La wilaya du Brakna compte seulement deux institutions de micro finance et de micro-crédit qui viennent en appui aux dynamique économiques. Il s’agit de :  NISSA banque : institution de micro finance dédiée aux femmes surtout les femmes en milieu rurale  CAPEC : localisé dans les chef-lieux de moughataa, n’offre les prestations que ceux habitant la localité. La wilaya du Brakna compte 5 CAPEC dont quatre sont localisées dans des chefs-lieux de moughaata (Alég, Bababé, Boghé et moughta lahjjar) et une caisse localisée au niveau d’un chef- lieu de commune (aghchourguitt). Cette institution enregistre une forte adhésion des jeunes opérant dans le commerce, le transport, vente de portables et des cartes de recharges téléphoniques.

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E. L’emploi

Le dynamisme économique limité aux secteurs primaires et dans un moindre mesure aux secteurs informels rendent difficile l’insertion de la population de la wilaya. Selon les estimations17, la fonction publique touche 10,8% des actifs alors que le secteur informel emploi 55,2%. Le chômage touche le tiers de la population constituée des jeunes (33%, avec un taux de 22% pour les jeunes diplômés). Les potentialités de la wilaya dans les tourismes, l’artisanat, et les filières agricoles (céréale, maraichers, viande, lait…) sont des vecteurs, pouvant constituer le ciment pour créer des emplois.

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PRLP Brakna 2011-2015 32

ANNEXES A) Liste de membres du GTR du Brakna Wali, M. Aboubecrine Ould Khourou Président de l’Association des Maires du Brakna (Aleg) Maires de chef lieux de Moughataas Boghé, Bababé, Mbagne, et Magtha Lahjar Chef de Cellule régionale de la Planification et du Suivi du Ministère des Affaires Economiques et du Développement Délégué Régional de la Décentralisation et du Développement Local Délégué Régionale de l'Action Sanitaire Délégué Régional du Développement Rural Délégué Régionale de l'Education Nationale Direction de l’Enseignement Originel Service Régional de l’Alphabétisation Délégué Régional de l'Environnement et du Développement Durable Délégué Régional de l’Habitat Urbanisme et Aménagement du Territoire Délégué Régional Culture Jeunesse et Sports Délégué Régional du Commissariat à la Sécurité Alimentaire Coordinatrice du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille Chef de service Office Nationale de la Statistique Délégué Régional de l’Hydraulique et Assainissement Délégué Régionale du Commerce Industrie Artisanat Directeur du Centre de Formation et de Professionnel et de Perfectionnement Chef d’agence SNDE Chef d’agence SOMELEC Représentant du réseau des OSC Représentant du réseau des jeunes Représentant de la fédération des éleveurs Représentant de coopératives agricoles Représentant du Croissant Rouge Mauritanien Représentant du FAMSI Représentant de la World Vision Représentant de l’ONG TOSTAN Représentant de l’ONG ANED Représentant de l’ONG TENMIYA Représentant de MEDICUS MUNDI Spécialiste de Développement Local, Art Gold Mauritanie/PNUD Chef du Centre De Ressource d’Aleg (PERICLES) Représentant du PDAI PRSA Représentant du programme Vaincre Représentant de la Caisse de Dépôt et de Développement Représentant du NISSABANQUE Représentant du PROCAPEC

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Lignes directrices de la Region du Brakna, Mauritanie