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Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation Direction Générale de la Collectivité Territoriale

LIGNES DIRECTRICES DE LA REGION DE L’ASSABA POUR LA COOPERATION INTERNATIONALE EN APPUI AU PLAN REGIONAL DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

1

SOMMAIRE Partie

Pages

Liste des abréviations et acronymes

3

Préface

5

I. Présentation du Groupe de Travail Régional de l’Assaba et de la méthodologie d’élaboration des Lignes Directrices

6

II. Présentation de la Wilaya de l’Assaba

9

III. Promotion de la bonne gouvernance et de la démocratie

14

A) Gouvernance territoriale et locale Matrice synthèse des Lignes Directrices pour la promotion de la bonne gouvernance

14 Annexe 18

IV. Accès aux services sociaux de base A) Education et formation

18

B) Santé

22

C) Genre

23

D) Accès universel aux services d’eau, d’assainissement, de l’énergie et de technologies d’information et communication

25

Matrice synthèse des Lignes Directrices pour la promotion de l’accès aux services sociaux de base

Annexe 28

V. Environnement A) Les ressources naturelles

28

B) La gouvernance environnementale

32

Matrice synthèse des Lignes Directrices pour l’environnement

Annexe 34

VI. Développement économique local A) Agriculture et Elevage

34

C) Securité alimentaire, commerce, industrie, tourisme et artisanat.

37

Matrice synthèse des Lignes Directrices pour la promotion du développement économique local

Annexe

VII. Annexes

40

Liste de membres du GTR de l’Assaba

40

Liste de membres du GTR de l’Assaba

EXCEL

2

Liste des abréviations et acronymes AGR

Activité Génératrice de Revenus

AGM

ART GOLD Mauritanie

ART GOLD Articulation des Réseaux Territoriaux pour la Gouvernance Locale et le Développement CFPP

Centre de Formation pour le Perfectionnement Professionnel

CSA

Commissariat à la Sécurité Alimentaire

CSLP

Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

DRAS

Direction Régionale pour l’Action Sanitaire

DREN

Direction Régionale pour l’Education Nationale

GTR

Groupe de Travail Régional

IDE

Infirmier diplômé d’état

IMS

Infirmier médico-social

LD

Lignes Directrices du territoire pour la Coopération Internationale

MASEF

Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille

MAED

Ministère des Affaire Economiques et du Développement

MDR

Ministère du Développement Rural

MEN

Ministère de l’Education National

MIDEC

Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation

Nutricom Projet de Nutrition Communautaire OMD

Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONG

Organisation Non Gouvernementale

ONS

Office National de la Statistique

PMI

Protection maternelle et infantile

PAM

Programme Alimentaire Mondiale

PDC

Plan de Développement Communal

PDDO

Programme de Développement Durable des Oasis

PDRC

Programme de Développement Rural Communautaire

PNUD

Programme des Nations Unies pour le Développement

PRLP

Plan Régional de Lutte Contre la Pauvreté 3

PTF

Partenaires Techniques et Financiers

RGPH

Recensement Général de la Population et de l’Habitat

SFE

Sage-Femme d’Etat

SNDE

Société Nationale d'Eau

TBA

Taux Brut d’Admission

TBS

Taux Brut de Scolarisation

4

La Wilaya à travers le Groupe de Travail Régional s’est engagée depuis plus d’un an dans une dynamique de planification qui s’est déroulée dans un climat d’échange de dialogue, d’interaction, de coordination et de synergie entre les différents acteurs intervenant dans la région (services déconcentrés, partenaires de développement, communes, société civile entre autres), et ce autour du processus de planification de la problématique du développement de la wilaya. L’un des produits de ce processus de planification participative est le document de Lignes Directrices de la Wilaya pour la Coopération Internationale. Il s’inscrit en droite ligne avec le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), et le Plan Régional de Lutte contre la Pauvreté (PRLP) et facilite d’une part, la mobilisation de partenaires techniques et financiers (PTF) pour la réalisation des objectifs de cette planification et répond d’autre part, au souci du Gouvernement mauritanien d’impliquer d’avantage tous les acteurs dans la définition, l’élaboration et la mise en œuvre des initiatives de développement de leur espace territorial. Les autorités de la Wilaya de l’Assaba, et notamment le Wali en tant que Président de Groupe de Travail Régional, adresse ses remercîments à tous les acteurs impliqués dans l’élaboration de ce document. Les remerciements vont également et de manière toute particulière au Programme des Nation Unies pour le Développement (PNUD), notamment le Programme d’Articulation des Réseaux Territoriaux et Thématiques pour la Gouvernance et le Développement Local en Mauritanie (Programme ART GOLD Mauritanie) pour sa contribution à ce résultat. Nous espérons que ce document stratégique puisse être utile pour orienter les actions des acteurs engagés dans le développement humain durable au niveau de notre région, et qu’il puisse contribuer à améliorer l’efficacité de l’aide.

5

I. Présentation du Groupe de Travail Régional de l’Assaba et de la méthodologie d’élaboration des Lignes Directrices

Le Groupe de Travail Régional (GTR) fut créé par arrêté de Wali en Juillet 2011 en tant que cadre de concertation et de coordination qui renforce les mécanismes régionaux existants pour la planification de développement en mettant en synergie les échelons communaux, régionaux et nationaux. Le GTR es présidé par le Wali et composé par les services techniques déconcentres, les représentants de maires, de la société civil, du secteur privé et, de programmes et projets de coopération internationale qui interviennent dans la région. Le secrétariat exécutif est composé par le Délégué Régional de la Décentralisation et du Développement Local (MIDEC) et le Chef Régional de la Cellule de Planification, Suivi Evaluation (MAED). Depuis leur création, le GTR a joué son rôle de plate-forme pour la concertation, la planification et le dialogue multisectoriel et à plusieurs niveaux (national, régional et communal) autour de thématiques de développement. L’une de mission du GTR est l’élaboration des Lignes Directrices pour la Coopération Internationale en cohérence avec les politiques nationales et les plans régionaux. A l’issue d’un processus itératif et selon une approche largement participative, associant l’ensemble des départements, organismes et institutions impliqués, la Mauritanie adopte le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) qui constitue désormais la ligne directrice de la politique économique et sociale du gouvernement à l’horizon 2015. La régionalisation du CSLP est faite à travers l’élaboration de Plans Régionaux de Lutte contre la Pauvreté (PRLP), à l’échelon de chacune des Wilayas du pays. L’ART GOLD Mauritanie a accompagné le Ministère des Affaires Economiques et du Développement (MAED), et notamment la Direction Générale des Politiques Economiques et Stratégies de Développement, dans le processus de réalisation PRLP au Brakna et en Assaba. Les GTR ont été les dispositifs de référence pour le processus d’élaboration des PRLP dans lequel ils participent activement. Par ailleurs, les Lignes Directrices des Territoires pour la Coopération Internationale (LD) sont des documents stratégiques de priorités et potentialités par rapport à divers champs d’action (santé, éducation, gestion locale, gouvernance, environnement, genre, technologies de l’information et la communication, développement économique local, entre autres) qui ont été élaborés par les GTR et qui ont accompagné l’exercice de réalisation des PRLP dans deux sens ; d’un partie ont constitué le point de départ de l’élaboration des PRLP, d’autre part ont assuré la cohérence avec lui. Les LD peuvent servir de base pour la planification sectorielle, l’identification des projets et des partenariats. Les actions prioritaires identifiées par le GTR sont traduites sous forme de fiches de projets qui par la suite pourront être développées comme documents de projet. La formulation de projets et leur mise en œuvre peuvent s’effectuer de différentes manières, selon qui soit le partenaire technique et financier impliqué. Ainsi, les différents projets pourront relever de diverses modalités d’exécution qui seront bien en fonction des décisions nationales en matière de transfert de compétences et de ressources à la

6

région et aux communes bien que en fonction des décisions régionales et locales conformément aux attributions de chaque instance.

Elaboration du document de Lignes Directrices de la Région pour la Coopération International en appui au Plan Régional de Lutte contre la Pauvreté Sur la base des orientations définis par les cadres nationaux (CSLP III, Stratégies sectoriels…) et internationaux (OMD), une matrice multisectorielle constituée de 4 axes (Développement Economique Local, Service Sociaux de Base, Gouvernance et Environnement) fut élaborée. La lecture d’un certain nombre des documents de stratégies sectoriels et de Plans de Développement Communaux ont permis d’orienter et d’affiner le format de la matrice. Son alimentation en données a été suivant une dynamique participative qui a alterné les réunions ordinaires du GTR, les entretiens sectoriels, et les entretiens bilatéraux.

Ainsi, le processus d’élaboration et de validation des Lignes Directrices s’est étalé sur une année, lors duquel le Groupe de Travail Régional a travaillé sur :  Collecte des données : plusieurs séances de travail ont été entreprises lors de réunions du GTR ainsi que à travers les entretiens bilatéraux avec les responsables sectoriels.

7

 Restitution et validation des résultats: les différentes sessions de restitutions opérés au cours des réunions ordinaires du GTR ont contribués à mieux affiner les données et à valider le produit final.

8

II.

PRESENTATION DE LA WILAYA DE L’ASSABA Tidjikdja

Boumdeid

Magtalahjar

Tichit

Aïoun El Atrouss

Moudjeria Tamchakett Guerou

Aleg

Kiffa

Barkeiwel Mounguel

Tintan

M'Boud Ould Yengé

élibabi Bagne Kaedi Bababé ghama

Kankoussa Koubenni

Localisation La Wilaya de l'Assaba est située entre les 16° et 17°11' de latitude nord et les 17° et 12°51' de longitude ouest. Située au cœur de la partie sud de la Mauritanie, la Wilaya de l’Assaba couvre une superficie de 36 600 km2.Elle représente 3,6% du territoire national (1.030.700 km²). Le milieu physique de l'Assaba est caractérisé par une vaste pénéplaine, plane à vallonnée, traversée, cependant, par les contreforts des plateaux montagneux du Tagant qui se dirigent en direction nord sud du nord de Boumdeïd, en passant par Guérou, puis entre Barkéol et Kiffa et, dans leur partie sud, à l'ouest de Kankossa, avant de s'arrêter dans le Guidimakha. La hauteur de cette chaîne montagneuse tabulaire et gréseuse communément appelée chaîne de l'Assaba, va en diminuant de 650 m dans sa partie nord à 300 m pour son extrémité sud. En fonction du relief, on peut différencier cinq régions naturelles : le Rgueibat, le M'Silé, le Ldjam Affolé, la chaîne gréseuse de l'Assaba et l’Aftout. La géologie de la Wilaya est caractérisée par une plate-forme précambrienne surmontée d’un complexe cambrien, sur lequel reposent des formations de schistes et de grès.

9

Le réseau hydrographique est formé de deux ensembles situés, l'un à l'ouest et l'autre à l'est de la chaîne de l'Assaba : le bassin versant du Gorgol blanc et noir à l'ouest, dans l'Aftout, et une série d'affluents du M'Silé qui, à la hauteur de Kankossa, devient le Karakoro. La carte pédologique de l'Assaba fait apparaître une forte proportion de sols sableux ou limoneux bruns, généralement profonds et bien ou assez bien drainés qui couvrent, dans la zone à climat sahélien (> 200 mm/an), et notamment dans les moughataa de Kiffa et de Kankossa une superficies de 850.000 ha, soit 47% de la superficie totale de la région. L’analyse des données pluviométriques, disponibles pour les différentes stations de l’Assaba depuis 2000, fait ressortir une importante variabilité des précipitations selon les années. Les moyennes annuelles placent la Wilaya de l’Assaba entre les isoètes 160 et 368 mm. Les quantités annuelles enregistrées au niveau des chefs-lieux de moughataa durant les 12 dernières années ainsi que les moyennes calculées pour cette période (2000 à 2011) sont les suivantes :  La régression des précipitations depuis les années 1970 ont déplacé l'isohyète 100 mm, qui marque la limite entre le Sahara et le Sahel, du niveau d'Atar à celui du Nord de Boumdeïd.  En distinguant la zone saharo-sahélienne recevant en moyenne entre 100 et 200 mm/an et la zone sahélienne recevant entre 200 et 300 mm, la région de l'Assaba est approximativement coupée en deux parties couvrant respectivement 40 et 60% de la Région. Les changements climatiques ont eu pour conséquence une rupture d'équilibre des systèmes pastoraux et agricoles et l'aggravation du phénomène de désertification, en particulier dans la partie nord de la région (moughataa de Boumdeïd), où l'on a enregistré une baisse significative du niveau des nappes et une progression importante de l'ensablement . Le climat de l'Assaba est de type continental, caractérisé par l’absence de toute influence océanique et des températures moyennes maximales élevées (moyenne annuelle 37°C), résultat d'une forte insolation et d'une faible hygrométrie de l'air, et la constance des alizés continentaux boréaux chauds et secs. Les mois de décembre et janvier sont les plus froids (13° en janvier). A partir de février, les températures amorcent une progression qui se poursuit jusqu’aux mois de mai juin avec un maximum en mai (42,2°). Dès le mois de juillet, les pluies estivales ont pour conséquence une baisse des températures. Les vents, dont la fréquence et l'intensité déterminent l'érosion éolienne et ont une influence notable sur les cultures et en particulier, sur l'avancement des dunes et l'ensablement des terres, des infrastructures et des lieux d'habitation, sont de dominance est-nord. Il en résulte un déplacement du sable ENE - OSO qui est presque uniforme durant toute l'année. La fréquence des vents susceptibles de provoquer l'érosion éolienne se situe à 7% en moyenne sur toute l'année; toutefois, on note généralement une période de calme relatif d'août à décembre et ventée de janvier à juillet.

Répartition démographique La population totale de l’Assaba recensée en 2000 (RGPH) est de 242.265 habitants contre 167.123 personnes en 1988 et 129.162 en 1977. Elle représentait 9,65% de la population mauritanienne (RGPH 2010). Par ailleurs, la population de l’Assaba est fortement sédentaire avec un taux de sédentarisation de 95,2% en 2000. Ce taux était de 84,4% en 1988.

10

Tableau 2 : Evolution de la structure de la population par milieu de résidence 1988

2000

Sédentaire

Nomade

Ensemble

Sédentaire

Nomade

Ensemble

Assaba

84,4

15,6

167.123

95,2

4,8

242.265

Mauritanie

87,9

12,1

1.864.236

94,9

5,1

2.508.159

Source : RGPH 1988 et 2000

L’analyse de la répartition de la population (tableau ci-dessous), montre que le nombre des femmes est plus élevé que celui des hommes; tandis que la répartition de la population selon les grands groupes d’âges démontre l’importance des groupes des adultes (de 15 à 59 ans) et des jeunes (de 0 à 14 ans). La part de ces derniers a augmenté dans le temps en passant de 44% en 1977 à 46% en 1988 pour atteindre 46,3% en 2000 et 45,2 % en 2007 (projections de l’Office National de la Statistique -ONS). La proportion des adultes est restée stable entre 1988 et 2000 (46,8% en 2000 contre 46,7% en 1988). Tableau 3 : Répartition de la population par sexe et par groupe d’âge Groupe d’âge

1977 masc. fémin. Total 52,2 47,8 44,0 0 – 14 42,3 57,7 50,0 15 – 59 41,7 58,3 6,0 60 & + Total 46,6 53,4 100,0 Source : données calculées à partir des différents RGPH

masc. 51,8 41,4 43,2 46,3

1988 fémin. 48,2 58,6 56,8 53,7

Total 46,0 46,7 7,2 100,0

masc. 51,6 42,6 46,9 47,0

2000 fémin. 48,5 57,4 53,1 53,0

Total 46,3 46,8 6,9 100,0

Selon les projections démographiques, réalisées par l’Office National de la Statistique (ONS), la population de la Wilaya de l’Assaba est estimée en 2011 à 314759 habitants, soit une augmentation annuelle moyenne de 2,4% au cours des douze dernières années (2000-2011). Son poids dans la population totale du pays est estimé à 9,2% en 2011. Tableau 2 : Evolution de la population de la Wilaya de l’Assaba selon l’âge et le sexe 2000 2008 2009 2010 2011 242 265

291 736

299 119

306 785

314 759

0 - 14 ans

57 471

66 901

67 813

68 766

69 826

15 - 59 ans 60 ans et +

48 659 7 669

63 620 6 815

66 366 6 836

69 251 6 850

72 222 6 854

Femmes 0 - 14 ans

53 998

63 741

64 695

65 683

66 765

15 - 59 ans

65 593

82 013

84 604

87 285

90 014

60 ans et +

8 875

8 646

8 805

8 950

9 078

Population totale Hommes

Source : Office National de la Statistique

11

La structure par âge donne 43,4% pour les jeunes âgés de moins de 15 ans et 51,5% pour les personnes dans la tranche d’âge 15- 60 ans. Les valeurs correspondantes au niveau national se situent respectivement à 41,4% et 53,8% en 2011. Quant à la structure par sexe, elle montre que la population de l’Assaba est à dominante féminine avec 52,7% contre 49,7% au niveau national. Le pourcentage des femmes âgées de moins de 15 ans est de 40,3% de la population féminine régionale. Quant aux femmes en âge d’activité, elles représentent 54,3% au niveau régional. Concernant les hommes, les parts sont respectivement de 46,9% pour les personnes âgées de moins de 15 ans et de 48,5% pour les personnes en âge d’activité. Population par Moughataa La répartition de la population selon les Moughataa, montre une forte dominance des Moughataa de Kiffa (31,1%), de Barkéwol (26,4%) et de Kankossa (26,1%) qui cumulent 83,6% de la population de la Wilaya de l’Assaba. La Moughataa de Boumdeid reste la moins peuplée avec seulement 3,3 % de la population totale régionale. Tableau 3 : Evolution de la population de l’Assaba selon les Moughataa 2008 2009 2010

2011

Population totale

291 736

299 119

306 785

314 759

Barkéwol Boumdeid Guérou Kankossa Kiffa

77 056 9 705 38 256 76 077 90 642

79 006 9 951 39 224 78 002 92 936

81 031 10 206 40 229 80 001 95 318

83 137 10 471 41 275 82 081 97 795

Découpage administratif La Wilaya comprend 5 moughataas qui, dans l’ordre de leur poids démographique, sont : Kiffa, Barkéol, Kankossa, Guerou et Boumdeïd. Par ailleurs, la Wilaya compte 2 arrondissements (HamodPoste dans la moughataa de Kankossa et Loueissi dans la moughataa de Barkéol). Tableau 3 : Structures administratives de la wilaya de l’Assaba CODE MOUGHATAA COMMUNE NOMBRE DE LOCALITES 1 01 02 03 04 05 06 07 08 2 01 02 03 3 01 02 03 04

Barkéwol

Boumdeid

Guerrou

Barkéwol Gueler Lebheir Leaweissi Daghveg El Ghabra R’Dheidhie Boulahrath Boumdeid Hsey Tine Laftah Guerrou Oudey Jrid El Ghayra Kamour

253 22 22 28 47 42 37 21 34 39 24 6 9 55 11 26 2 16

SUPERFICIE EN Km2 7.000

4.700

3.600

12

4 01 02 03 04 05 5 01 02 03 04 05 06 Total

Kankossa

Kiffa

5

Kankossa Sani Blajmil Tenah Hamoud Kiffa Noumlein Aghowratt El Melgue Kouroudjel Legrane 26

358 40 58 99 70 91 190 18 17 34 43 17 61 895

10.600

10.700

36.600

Urbanisme et Aménagement du territoire

La superficie de l’Assaba est d’environ 36600 Km2 et le taux d’occupation des sols par les populations est en moyenne de 8,6 habitants par Km2 au niveau de l’ensemble de la Wilaya. Les Moughataa qui ont les densités les plus élevées sont celles de Barkéwol (11,8 habitants au Km2) et Guérou (11,5 habitants au Km2). La Moughataa de Boumdeid a la densité la plus faible (2,2 habitants au Km2)1. La situation du secteur au niveau de la Wilaya se caractérise par une occupation et une sédentarisation anarchique du territoire et la non -adhésion des élus et des notables à la politique de l’aménagement du territoire. Le service régional de l’urbanisme de l’habitat et de l’Aménagement du territoire, ne dispose pas de moyens pour mettre en valeur les compétences qui lui sont attribuées. La prolifération des petits campements dans l’étendue du territoire ne fait qu’augmenter, les différentes politiques et stratégies mises en place n’ont pas donné les résultats attendus. La politique de regroupement des campements qui engendre la mise en place des infrastructures de bases (postes de santé, salles de classes, forages,) constituaient des mécanismes certes importants mais qui n’ont pas permis de fixer les populations du terroir. Le secteur de l’habitat, reste encore précaire sauf certaines familles qui disposent des moyens qui leur permettent de construire des villas et quelques bâtiments modernes. Excepté Guerrou et Kiffa, le type d’habitat reste encore modeste. Le problème le plus récurrent dans ce secteur est l’occupation illégale de l’espace public. Tout particulièrement à la capitale de la Wilaya.

1

PRLP Assaba 2012

13

III. PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE ET DE LA DEMOCRATIE

A.

GOUVERNANCE TERRITORIALE ET LOCALE

Organisation administrative

L’administration territoriale en Mauritanie est organisée en Wilayas, divisées en circonscriptions administratives constituées de moughataas, arrondissements et communes (26). Succédant aux régions administratives créées en 1969, pour remplacer les cercles, les wilayas ont été instituées par la dernière réforme de l’administration territoriale. Les communes en tant que collectivités locales disposent d’un ensemble des prérogatives tels que le statut, l’autonomie financière, compétences, budget, domaine propre et personnel.

A la différence des communes, qui étaient des entités décentralisées dotées de la personnalité morale , la Wilaya actuelle est une circonscription administrative de l’état non dotée de la 2 personnalité moraleni l’autonomie financière. Ainsi, la Wilaya constitue le niveau le plus élevé de déconcentration et est placée sous l’autorité du Wali. Le Wali dispose de compétences étendues renforcées par sa qualité de représentant du

pouvoir (décret 80.166 Il est l’autorité hiérarchique sur l’ensemble des agents de l’Etat 2

Ordonnance 90-02 du 30 janvier 1990 portant organisation de l’administration territoriale

14

affectés dans la Wilaya. Le Wali est le pivot de l’action gouvernementale et assure la coordination des politiques sectorielles du gouvernement au plan régional. A ce titre il dirige l’action des services déconcentrés de l’Etat dans la Wilaya. Il est assisté dans ses fonctions par le walis moucaid. Il est nommé par décret pris en conseil des ministres sur proposition du Ministre de l’intérieur et de la Décentralisation (MIDEC). Parmi les principales prérogatives du Wali, on distingue : -

-

-

dépositaire de l’autorité de l’Etat au niveau régional. ordonnateur des crédits délégués de l’Etat au niveau régional, il peut cependant, déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à son adjoint ; l’acte en question revêtira la forme d’un arrêté. assure le bon fonctionnement des services déconcentrés de l’Etat au niveau régional, et est responsable des mesures d’ensemble du maintien et du rétablissement de l’ordre dans la Wilaya. coordonne et contrôle l’activité administrative, économique et sociale de tous les services civils et régionaux et locaux a en donnant l’impulsion. en charge de l’application et de la notification des actes législatifs et administratifs devant s’appliquer dans la région, de la prise des arrêtés et autres actes réglementaires dans le cadre de ses compétences ; exerce la tutelle et le contrôle confié aux Ministres sur les établissements publics régionaux. A cet effet, il lui est possible d’apporter des suggestions relatives à leur organisation et à leur fonctionnement

Le Wali est assisté dans ses fonctions par : -

Un Wali Mouçaid qui assure l’intérim en cas d’absence ou d’empêchement ; Un directeur de cabinet chargé sous l’autorité du Wali, du contrôle, de la coordination et du suivi des activités des services rattachés à la Wilaya ; Trois conseillers3 (conseiller des affaires administratives et juridiques, d’un conseiller des affaires économiques et du développement local, d’un conseiller des affaires politiques et sociales).

Les services déconcentrés Il s’agit des représentations régionales et locales des départements ministériels et des organismes publics. Ces services sont représentés au niveau de l’ensemble des circonscriptions administratives relevant de la Wilaya et constituent des relais importants et un maillon essentiel dans le rapprochement citoyen- Etat. Les services déconcentrés de l’Etat sont mis à la disposition du Wali en vue d’assurer pleinement les programmes et politiques sectorielles mises en place par le gouvernement. Ces services dépendent sur le plan technique et financier de leurs ministères de rattachement mais entretiennent également avec les autorités administratives, d’étroites relations contribuant ainsi à la mise en œuvre des plans régionaux de développement.

3

Source : Décret n 2011.282 du 15/11/2011 définissant les attributions des responsables territoriaux et portant organigramme des circonscriptions administratives

15

Par ailleurs, en raison des politiques d’ajustement structurel suivies par la Mauritanie depuis plusieurs années et faute de nouveaux recrutements, il existe un décalage qualitatif entre les postes du cadre organique des services déconcentrés et les agents disponibles. Le personnel d’exécution qui constitue encore une part importante des effectifs n’est pas totalement adapté aux nouvelles missions de conception et de développement sur lesquelles l’administration fonde sa vision du futur. A cette problématique transversale des ressources humaines de qualité, s’ajoute, l’inadéquation entre le personnel recruté dans les administrations et les besoins réels exprimés. Les orientations poursuivies dans le sens de la déconcentration conduisent les administrations centrales, notamment dans les départements à vocation économique (Equipement, Hydraulique, Développement rural, ONS…) ou social (Santé, Education, MASEF, CSA), à étoffer de plus en plus leurs services installés dans les capitales des Wilayas, et les chefs-lieux de Moughataas, voire dans certaines communes rurales. Dans les secteurs de l’Education et de la Santé, la décentralisation est relativement poussée, le personnel mis à disposition par l’administration centrale étant affecté et géré par le Wali. Le personnel des autres services continue à relever des directions centrales, même s’il est formellement placé sous l’autorité du Wali. Le personnel des projets dépend directement de son siège bien qu’il soit généralement logé auprès du service régional concerné (ex : Projet PDDO, PDRC pour le MDR, Nutricom pour le MASEF, divers projets du Ministère de la Santé, antennes de l’IPN…). Les services régionaux disposant de la meilleure implantation géographique sont, dans l’ordre, l’éducation nationale, la santé, le développement rural, et le trésor public. Les services régionaux de l’Hydraulique ont été réorganisés à la suite de la restructuration de leur direction centrale. Contrôle citoyen de l’Action Publique La wilaya de l’Assaba enregistre un nombre important des OSC regroupé principalement aux seins de quatre coordinations dont l’une est dirigée par une femme. Cependant, la société civile de la Wilaya fait face à des obstacles (interne et externe) qui limitent l’efficacité de son action. Les plus déterminantes sont l’absence de visions partagées, de professionnalisme, de ressources financières, et humaines et la faiblesse de la qualité de son partenariat avec l’État et les bailleurs de fonds. La faible professionnalisation des organisations de la société civile est conséquente de sa faible institutionnalisation. Elle est liée aux difficultés d’accès aux ressources pour les appuis institutionnels, le recrutement des ressources humaines de qualité afin de pouvoir saisir les opportunités. Ce handicap se traduit entre autres par la faible implication de la société civile dans la planification du développement régional qui reste lié à l’inexistence d’un cadre réglementaire adéquat. Néanmoins, avec la création du GTR de l’Assaba, les OSC, à travers leurs représentants, ont commencé à participer activement dans le processus de planification ayant contribué à l’élaboration du PRLP et de LD de l’Assaba.

16

Justice La Wilaya de l’Assaba dispose de 5 tribunaux de première instance à raison d’un tribunal par moughataa et d’une cour d’appel dont le ressort territorial couvre les Wilayas de l’Assaba, Guidimakha, Hodh El Gharbi et Hodh El Charghi. Malgré l’étendue du territoire régional et malgré la diversité des litiges, le tribunal de la wilaya de l’Assaba n’est pas doté des ressources humaines suffisantes pour bien mener sa mission. L’insuffisance des magistrats constitue une des plus grandes difficultés que rencontre cette institution judiciaire.

17

IV. ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE

A. EDUCATION ET FORMATION

Cadre général

L’analyse du système de scolarisations dans la wilaya, portera sur l’examen des données et indicateurs de scolarisation, l’analyse des flux d’élèves et l’établissement d’un profil de scolarisation. Le premier niveau d’analyse utilise les données sur les effectifs scolarisés par niveau et les principaux indicateurs d’accès et de couverture, alors que le deuxième niveau se focalise sur l’analyse de la rétention par niveau et les phénomènes de redoublement et d’abandon. Les questions portant sur l’équité en termes de genre et de milieu seront explorées aussi.

18

Educations de Base

Malgré le rôle qu’il joue dans la préparation des enfants en vue de leur insertion à l’école, l’enseignement préscolaire formel, n’est que très peu développé, sinon inexistant, dans la wilaya de l’Assaba. Il n’existe qu’un jardin d’enfants public dans la wilaya ; cette seule structure se localise à Kiffa, qui a accueilli en 2012, 100 enfants encadrés par 4 monitrices. Cet établissement dispose de quatre salles de classe. Le vide constaté dans cet ordre d’enseignement est rempli jusqu’ici par l’enseignement traditionnel (les écoles coraniques), qui reçoit actuellement la quasi-totalité des enfants âgées de trois à six ans. Le développement de cet ordre d’enseignement constitue l’une des priorités de la stratégie éducative adoptée par les pouvoirs publics, dont une composante est réservée à la petite enfance. L’effectif total des élèves au niveau de l’enseignement fondamental dans la Wilaya de l’Assaba en 2011/2012 est de 48.355 élèves dont 24.108 filles (soit 49,9%). La répartition par Moughataa montre que plus du tiers des élèves se trouvent dans la Moughataa de Kiffa (37,3%), suivie de Kankossa (23,3%) et de Barkéwol (22,3%). L’effectif cumulé des élèves dans ces trois Moughataa représente 82,9% du total des élèves dans la Wilaya, taux quasiidentique à leur poids démographique (83,6%). De même pour Guérou et Boumdeid, leurs parts sont identiques à leurs poids dans la population régionale et se situent respectivement à 13,8% et 3,3% en 2011/2012.

Tableau 10 : Répartition des élèves du fondamental par sexe et par Moughataa en 2011/2012 2011/2012 Moughataa

Effectif Garçons

Effectif Filles

Total élèves

% Filles

% Moughataa

8.616

9.405

18.021

52,2

37,3

Boumdeid

819

773

1.592

48,6

3,3

Barkéwol

5.984

4.776

10.760

44,4

22,3

Kankossa

5.614

5.668

11.282

50,2

23,3

Guérou

3.214

3.486

6.700

52,0

13,9

24.247

24.108

48.355

49,9

100,0

Kiffa

Ensemble Wilaya

Source : Direction Régionale de l’Enseignement et de la Formation Professionnelle /Assaba

19

Graphiques 3 et 4 : Répartition (en %) des élèves du fondamental par Moughataa et par sexe

L’effectif national des élèves du fondamental pour l’année scolaire 2010/2011 était de 535.976 élèves dont 48.637 sont inscrits dans les écoles primaires de l’Assaba. Le total des élèves au niveau de la Wilaya était en augmentation continue au cours des trois années mais le pourcentage dans l’effectif national a connu une légère régression en passant de 9,4% en 2008/2009 à 9,1% en 2010/2011. Le pourcentage des filles était légèrement plus bas en Assaba par comparaison à la moyenne nationale en 2010/2011 avec des valeurs respectives de 50,1% et 50,6%.

Tableau 11 : Evolution de l’effectif des élèves du fondamental dans l’Assaba et au niveau national de 2008/2009 à 2010/2011 2008/2009

2009/2010

2010/2011

Total élèves

Effectif filles

% filles

Total élèves

Effectif filles

% filles

Total élèves

Effectif filles

% filles

National

512.998

258.717

50,4

531.383

267.701

50,4

535.976

271.189

50,6

Assaba

48.017

24.230

50,5

48.206

24.336

50,5

48.637

24.390

50,1

% Assaba

9,4

9,1

9,1

Source : MEN, Annuaire statistique 2008/2009, 2009/2010 et 2010/2011

Analyse de l’évolution des indicateurs de couverture : Au niveau du fondamental, le Taux Brut de Scolarisation (TBS) pour la Wilaya de l’Assaba était de 92,2% en 2010/2011, niveau inférieur de 4,8 points au taux national (97,0%). L’examen de cet indicateur par genre montre que le TBS des filles est supérieur à celui des garçons avec des valeurs respectives de 94,5% et 90,0% pour l’Assaba et de 100,7% et 93,5% au niveau national. 20

Par comparaison aux autres Wilaya du pays en 2010/2011, la situation de l’Assaba était similaire à celle du Hodh Charghi (92,5%) et meilleure que celle du Trarza (85,6%), du Gorgol (90,6%), de l’Adrar (90,6%) et de Tiris Zemmour (90,1%). L’évolution du TBS entre 2008/2009 et 2010/2011 permet de constater une diminution de 3,5points au niveau de l’Assaba, passant de 95,7% à 92,2%. Au cours de la même période, le TBS national a régressé de 1,8 point, évoluant de 98,8% en 2008/2009 à 97,0% en 2010/2011. Taux Brut d’Admission

Au niveau de l’enseignement fondamental en Assaba, le Taux Brut d’Admission (TBA) en 1ère année est passé de 103,9% en 2008/2009 à 108,5% en 2010/2011, soit une hausse de 4,6 points. Son niveau en 2010/2011 est supérieur de 3,2 points au taux national (105,3%). L’analyse comparative des taux selon le sexe pour l’Assaba en 2010/2011 fait ressortir l’importance du TBA des filles qui est supérieur à celui des garçons avec une différence significative de 3,3 points (110,2% contre 106,9%). En 2008/2009, la différence entre les deux taux était déjà dans cet ordre avec 105,8% pour les filles contre 102,1% pour les garçons. Pour l’année 2009/2010, le niveau du TBA se situait à 107,6% avec une égalité entre les deux sexes. En matière d’équité, on note une certaine parité entre les filles et les garçons au fondamental même si des disparités persistent encore, au niveau du succès aux examens (moins de 6% au niveau de l’entrée en 6ème pour les filles contre plus de 20 % pour les garçons). Le nombre d’écoles dans la Wilaya de l’Assaba en 2011/2012 est de 452 contre 448 en 2010/2011. La répartition selon les Moughataa révèle que 31,6% des écoles en 2011/2012 se trouvent dans la Moughataa de Kiffa, suivie de Kankossa avec 29,0% et Barkéwol avec 23,2%. La part cumulée de ces trois Moughataa se situe à 83,8%, ce qui reflète leur poids démographique dans la région (83,6%). Les pourcentages des différentes Moughataa n’ont pas connu de variations significatives entre 2009/2010 et 2011/2012. Tableau 12 : Répartition des écoles par Moughataa 2009/2010 Moughataa

2010/2011

2011/2012

Nombre Ecoles

%

Nombre Ecoles

%

Nombre Ecoles

%

Kiffa

140

31,3

140

31,3

143

31,6

Boumdeid

22

4,9

22

4,9

22

4,9

Barkéwol

104

23,2

104

23,2

105

23,2

Kankossa

131

29,2

131

29,2

131

29,0

Guérou

51

11,4

51

11,4

51

11,3

Ensemble Wilaya

448

100,0

448

100,0

452

100,0

Source : Direction Régionale de l’Enseignement et de la Formation Professionnelle /Assaba

21

Enseignement secondaire

Les données statistiques scolaires régionales font ressortir qu’il existe 15 établissements secondaires. Ces 15 établissements totalisent des effectifs de 67.24 élèves dont 2883 filles soit 43% du total des élèves. Au plan régional, les filles représentent moins de 50% dans tous les établissements hormis le lycée de Guérou où le taux des filles atteint les 54% de l’effectif. L’encadrement des apprenants est à la charge de 218 enseignants répartie dans 64 sections pédagogiques. La répartition de l’effectif des élèves entre les différents établissements permet de constater que 3.887 élèves sont inscrits dans des établissements se situant dans la Moughataa de Kiffa (soit 57,8%). Le nombre de professeurs est de 215 en 2011/2012 dont 117 pour la Moughataa de Kiffa (soit 54,4%) Le nombre de salles de classes en 2011/2012 est de 112 pour l’enseignement secondaire au niveau de l’ensemble de la Wilaya. Le nombre de tables-bancs existant en 2011/2012 est de 2.110, ce qui couvre seulement 65,7% du besoin de la Wilaya pour l’enseignement secondaire, évalué à 3.210 tables-bancs (soit un déficit de 1100 tables-bancs). Le nombre de scolarisé varie suivant le sexe, en effet 42% du total des élèves inscrits sont des filles contre 58% pour les garçons. Ce rapport entre filles et garçons varie d’un niveau à un autre. En effet, plus on s’approche des classes d’examen, moins le nombre de filles scolarisées. Ces abondons précoces reposent principalement sur le poids des usages et coutumes (mariages précoces, exode rural etc) d’une part et de la pauvreté des ménages d’autre part. Formation technique et professionnelle

La Formation technique et professionnelle reste à l’état embryonnaire dans la wilaya à l’heure actuelle. La seule institution publique, créée en 1993, se localise à Kiffa. Il s’agit du Centre de Formation Professionnelle et de Perfectionnement (CFPP) de Kiffa qui jouit d’un statut d’Etablissement public à caractère administratif (EPA).

En 2005/2006, le CFPP a accueilli 80 élèves dont 49 hommes et 31 femmes. En plusieurs spécialités, 12 formateurs dont 5 fonctionnaires et 4 vacataires ont la charge de dispenser une formation initiale de 15 mois ou un perfectionnement de 9 mois. Il s’agissait de rénover le contenu, la qualité et le fonctionnement du système de formation professionnelle. Les activités du CFPP ont connu un développement important lié à l’accroissement des besoins du marché en personnel technique qualifié, surtout à partir de l’année 2000. Les statistiques actuelles relatives aux effectifs des élèves permettent de constater une augmentation continue depuis 2007/2008. Le pourcentage des filles a dépassé 50% du total des élèves à partir de 2008/2010 et a atteint 57,7% en 2011/2012. Les spécialités enseignées au CFPP de Kiffa sont : 22

-

Froid/climatisation, Electricité bâtiment, Plomberie sanitaire, Menuiserie de bois, Construction métallique, Mécanique automobile, Maçonnerie générale, Couture et confection.

Année

20052006

Effectif 80 source CFPP Kiffa

20062007

20072008

20082009

20092010

20102011

66

98

100

77

182

B. SANTE

Cadre général Le secteur de la santé est administré par la Direction Régionale l’Action Sanitaire qui assure la politique de la santé, notamment:    

Un service des soins de santé de base, de la planification et du suivi ; Un service de l’information sanitaire et de la surveillance épidémiologique ; Un service du médicament et des consommables médicaux ; Un service administratif et financier

La Wilaya compte 80 structures sanitaires dont :    

1 Centre Hospitalier Régional Autonome ; 5 centres de santés ; 74 postes de santé toutes catégories confondues 120 unités sanitaires de base (USB)

L’état des constructions est majoritairement bon (pour 70% des structures) ainsi qu’une répartition plus ou moins équilibrée des infrastructures existantes. Couverture spatiale La wilaya de l’Assaba assure une couverture sanitaire de 63,8 % dans un rayon de 5 km; ce qui laisse plus du tiers de la population au-delà de 5 km dans une situation de vulnérabilité. Cette situation complétée à une insuffisance du réseau routier et des communications encourage à orienter les programmes d’investissements (construction et équipements) visant à rapprocher ces structures (à moins de 5 km) à plus de 80 % de la population de la wilaya en donnant priorité aux zones pauvres. Parmi les postes et centres de santé jugés « fonctionnels », 70% ne disposent pas des ressources humaines appropriées à leur bon fonctionnement. Cette situation agit directement sur l’efficacité de ces structures, et sur la disponibilité des soins essentiels préventifs et curatifs. Au centre hospitalier régional de Kiffa, le service des maladies infectieuses ne dispose pas des médicaments pour la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

23

En 2008, la mortalité maternelle au niveau des structures sanitaires se chiffrait à 590 pour 100.000 (pratiquement le même niveau qu’au plan national). Elle est causée essentiellement par la malnutrition et l’anémie, l’hypertension artérielle, l’hémorragie de la délivrance, les infections … Les mortalités infantiles et infanto juvéniles sont estimées en 2010 à respectivement 70 et 116 pour 100.000. Les causes les plus courantes sont : le paludisme, les infections respiratoires, les diarrhées et la malnutrition. Les principales maladies endémo-épidémiques rencontrées au niveau des différentes structures sanitaires sont : le paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA, alors que la morbidité liée à la situation économique se manifeste par l’hypertension artérielle, l’asthme et la schistosomiase urinaire. Le nombre des infirmiers et sages-femmes (IDE, SFE, IMS) exerçant au niveau de ces structures sanitaires dépasse la centaine avec 58 accoucheuses auxiliaires. Ce qui donne un ratio d’un infirmier ou sage-femme pour 2.840 habitants et une accoucheuse pour 4.230 habitants. La situation des communes de Kouroudiel, Boulahrath, R’Dheidhie, Lebheir et Tenaha (à la frontière malienne) semble être délicate puisque dépourvu d’un personnel qualifié. Nutrition Les données du service de nutrition de la DRAS font ressortir un nombre de 79 centres de nutrition dans toute la wilaya de l’Assaba. La mauvaise répartition et l’insuffisance de ces centres, le manque de moyens humains et matériels handicapent les missions de prévention de la malnutrition et de traitement des cas aigus. La plupart des CREN (Centres de Récupération et d’Éducation Nutritionnelle) fonctionnels se trouvant dans la Wilaya de l’Assaba sont fortement soutenus par des ONG (Counterpart, PAM, world vision). La coordination des interventions passe par la redynamisation de la Commission Thématique Nutritionnelle créé par arrêté du wali. Ce dispositif mis en place depuis quelques temps dans la wilaya de l’Assaba peut aider à lutter efficacement contre les inégalités liées à la malnutrition à travers les stratégies régionales.

C. GENRE et Enfance

Equité Genre La wilaya de l’Assaba connait d’importantes disparités sociales et économiques fondées sur le genre notamment en ce qui concerne l’accès des femmes aux ressources, les filles à l’éducation et l’amélioration de la santé maternelle. Les systèmes mutualistes type forfait obstétrical sont généralisés pour couvrir les moughtataas de Kankossa, de Barkéol et de Boumdeid pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle. L’implication des collectivités locales dans ce domaine devra porter sur la prise en charge du transport des urgences obstétricales vers les centres de référence. L’amélioration de la participation politique de la femme et dans les sphères de prise de décision au niveau de la wilaya pourrait être axée sur le renforcement des capacités de leaderships des femmes en général et des conseillères municipales en particulier.

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L’implication des femmes devra être plus manifeste dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du développement rural et de l’environnement pour, d’une part, améliorer la performance des systèmes de santé, éducatif et d’économie rurale et d’autre part pour lutter contre les stéréotypes sexistes perpétuées dans les zones encore gardiennes de traditions défavorables à la promotion du statut social et économique de la femme. Enfance La wilaya de l’Assaba comme toutes les autres wilayas du pays connaît un certain nombre de contraintes liées au droit de l’enfant. La méconnaissance et la faible application des textes portant sur les droits de l'enfant, la Persistance de pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces des filles, taux de divorces élevé et conséquente vulnérabilité des enfants. Face à cette situation un certain nombre de stratégies sont en train d’être mises en application notamment : La Promotion de la stabilité des familles et une meilleure prise en charge des conséquences des divorces, ainsi que l’amélioration du statut et le bien-être social de l'enfant sont autant des stratégies qui concourent à l’amélioration des conditions de vie des enfants.

D. ACCES UNIVERSEL AUX SERVICES D’EAU, D’ASSENISSEMENTS, DE L’ENERGIE ET DE TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMUNICATION.

.

Eau et assainissement La wilaya dispose de 55 réseaux d’adductions d’eau potable (RAE) et 545 forages qui sont reparties dans toutes les localités dans la Wilaya. La plupart de ces adductions fonctionnent soit à motricité solaire ou thermique. Le tableau ci-dessous montre qu’un grand nombre des adductions d’eau potables se concentre essentiellement entre la Mouaghaa de Kiffa et la Moughataa de Barkéol et que la gestion de la plupart de ces adductions est assurée par l’office National de Service des Eaux en milieu Rural (ONSER). Moughataa

ONSER

Privé

Communautaires

SNDE

Total

Barkéol

6

0

10

0

16

Boumdeid

6

0

2

0

8

Guerrou

3

0

0

1

4

Kankossa

3

0

6

1

10

Kiffa

9

7

3

1

20

Total

27

7

21

3

58

Source : SHA/Assaba

25

La wilaya dispose des infrastructures de maintien des eaux de surfaces (les barrages), elle compte un nombre relativement important de barrages repartis dans l’ensemble de la Wilaya. La wilaya de l’Assaba ne dispose pas à nos jours d’une cartgraphie des ressources en eau à des échelles appropriées

APE Confondues Barkéol

34%

16; 28%

8; 14% 17% Source SHA /Assaba

        

7%

Boumdeid

Selon le responsable du service régional, le secteur de l’eau et de l’assainissement sont confrontés aux problèmes suivants :

Guérou Kankossa Kiffa

 Plus de 50% des forages réalisés s’avèrent négatifs en raison de l’absence de débit continu ou d’une salinité élevée de l’eau,  Manque des pièces de rechange pour

les pompes à motricité humaines en milieux rural; Dispersion de l’habitat en milieu rural et semi-urbain : l’habitat en milieu rural et semi-urbain. En Assaba plus de 55% des localités ont une taille de moins de 150 habitants ; L’existence à côté de l’alimentation humaine d’autres usages tels que l’alimentation en eau du bétail et l’irrigation des palmeraies et des périmètres maraîchers situés à proximité des agglomérations ; Déficit au niveau des nappes discontinues; Manque d'étude pour la valorisation des mares, sources, des marigots et des cuvettes; Manque de cartographies pour le secteur; L'inexistence d'un réseau piézométrique ; Insuffisance des moyens logistique (matériel roulant et autres) Déficit en personnel qualifié et formé dans les domaines de la planification ; Non d'actualisation de la base de données des infrastructures hydrauliques ;

En matière d’assainissement, les contraintes se résument dans :    

L’inexistence de réseau d'assainissement pour la ville de Kiffa La fréquence des maladies hydriques dans le milieu rural Pollution des eaux des puits et des marres Manque de ressources financières.

Energie La plupart des moughataas de la wilaya disposent d’une centrale électrique thermique appartenant à la SOMELEC (Kiffa, Guerrou, Kankossa, Barkéol et tout dernièrement Boumdeid). A titre d’exemple, la commune de Guerrou dispose d’un nombre d’abonnés d’environ 1.900 foyers, celle de Kankossa en possède environ 650 foyers branchés à l’électricité. Dans les autres localités non encore électrifiées, on compte au total près d’une centaine de propriétaires de panneaux solaires (pour l’éclairage) et des gérants de téléphones satellites au niveau des localités non connectées au réseau de téléphonie fixe ou mobile. Technologie de l’Information et de la Communication Bien qu’il n’existe pas des données fiables, la wilaya semble être en phase avec le développement de technologies de l’information et de la communication. En effet les principaux opérateurs téléphoniques (Mauritel, Mattel et Chinguitel) couvrent l’ensemble ou une partie du territoire de la wilaya.

26

L’accès à internet semble être limité à quelques privilégiés disposant des ressources, ainsi que certaines administrations sectorielles déconcentrées. L’accès plus large de la population reste cependant très faible avec des cybercafés ou des lieux de formation des logiciels de base en informatique dans les villes de Kiffa et Guerrou. La création récente d’un portail virtuel de la wilaya pourra progressivement amener la population de la région à se familiariser avec l’internet. Ces derniers pourront à terme bénéficier d’un ensemble services dans le cadre de leurs démarches administratives

27

V. ENVIRONNEMENT

A) Les ressources naturelles

Végétation La composition et la densité de la végétation ligneuse et herbacée sont le résultat de la diversité pédoclimatique de la région. En effet, les unités climatiques s’y échelonnent de la limite du désertique jusqu’à plus de 300 mm de précipitation annuelle (en année de bonne pluviométrie), et les sols sont assez contrastés d’une zone à l’autre. Toutefois, la densité de la végétation ne suit pas le gradient nord – sud si typique pour les autres régions (et logique du fait qu’il suit la répartition pluviométrique croissante). Ainsi, la couverture ligneuse de l’Assaba est nettement plus réduite que, par exemple, celle des deux Hodh, vraisemblablement à cause de la densité de population plus élevée, et nettement moins dense

28

dans les zones à forte concentration de population que dans certaines zones peu peuplées mais situées plus au nord. Les réserves de bois tendent à diminuer fortement pour des raisons liées essentiellement à la production de charbon de bois et à l’agriculture. L’interdiction de la production de charbon de bois ne semble pas améliorer la situation. Cependant, bien que dans l’Assaba les forêts semblent, pour l’instant, poursuivre un rythme de régénération naturelle globalement satisfaisant, la conjoncture économique est assez intense pour la production de charbon de bois en vue d’un approvisionnement des grands centres urbains et cette tendance risque de toucher gravement la région de l’Assaba étant donné l’épuisement prévisible du potentiel ligneux dans la zone. Pourtant, la forêt reste une ressource précieuse pour les ménages pauvres, les produits et sous-produits de la forêt engendrant un grand nombre d’activités génératrices de revenus en milieu rural et même urbain :  bois de chauffe, de service (perches) et de charbon de bois,  paille, branchages et autres sous-produits,  cueillette de produits forestiers dont, notamment, la gomme arabique.

Ressources forestières

La reforestation et le reboisement tels que pratiqués poursuivent souvent le seul objectif de protection des infrastructures. Au sujet des modalités de la reforestation, de nombreuses questions restent posées quant au choix des types d’aménagement, l’analyse d’impact, les possibilités de pérennité, le droit des utilisateurs sur la ressource, les modes de participation et la gestion des conflits. Les principales caractéristiques de ressources sont :  194 zones humides (mares, tamourt, guelta, gâat) qui totalisent plus de 1.200 ha de zones humides dont 60 ha Constituent des mares pérennantes qui constituent une réserve halieutique et conservent une grande diversité biologique (crocodiles, babouins, faune ornithologique, flore) ;  52 sites reboisés totalisant 2.837 ha,  2 forêts classées totalisant 16.105 ha,  2.594 km de couloirs pare-feu,  12 périmètres de mise en défens totalisant 1200 ha

Les ressources forestières constituent une source importante de bois de construction, de bois de chauffe et de sous-produits forestiers pour un usage domestique, alimentaire ou médicinal. La biodiversité animale, très mal connue, offre certains services comme la pêche et la chasse. En dehors des usages alimentaires et médicinaux, de nombreux produits et sous-produits forestiers sont utilisés à des fins artisanales (vannerie, tannage des peaux, teinture…). Le savoir traditionnel à cet égard est très riche. Beaucoup de familles font recours au bois, au charbon, aux résidus agricoles pour subvenir à leurs besoins élémentaires en énergie. La pauvreté incite la majorité des habitants de la Moughataa, à utiliser massivement le bois et le charbon de bois pour la cuisson (environ 95% des ménages), ce qui 29

concorde avec les standards nationaux, alors que seulement 5% utilisent le gaz butane en plus des autres sources.

Moughataa

Superficies Reboisées

Forêts classées

Sites

Ha

Nombre

superficie

Kiffa

62

784

24

16105 ha

Kankossa

76

1.039

Guerou

6

77

Barkéol

9

70

Boumdeid

39

867

P.oasis

145

PGRNP

155

Total

192

2.837

Pare-feu en Km

Périmètres de mise en défens Nombre

superficie

25

6.142 Ha

780 2

16105

2.594

Sur les 3.414 km de pare –feux habituellement programmés seulement 1.814 km ont été entretenus en 2002. Ce réseau est réparti comme suit :  Deuxième zone (sud Moughataa de Kiffa et une partie Nord moughataa de Kankossa) : 558 km linéaires  Troisième zone (une partie nord moughataa Kankossa et sud moughataa Kankossa) : 878 km linéaires  Quatrième zone (nord moughataa Kiffa) : 426 km linéaires. Toutes ces trois zones seront seulement entretenues. Il n’y aura pas d’ouverture de nouveaux axes pare-feux

Il y a aussi une activité de cueillette relativement importante dans la partie sud de la wilaya (Barkéol et Kankossa) qui est celle de la gomme arabique. Le fruit du baobab ou pain de singe qui donne une poudre blanche communément appelée «TEJMAKHT» ainsi que ses feuilles qui donnent une sauce gluante connue sou le nom de «TAGHYA» font l’objet d’une cueillette. Le fruit du palmier Doum « KAROUR » est également important dans diverses utilisations locales et rentre même dans le cadre de la préparation de l’aliment bétail, dont la fabrique a été nouvellement mise en place à Nouakchott. Depuis quelque temps, la cueillette des jujubes se fait avec de plus en plus d’insistance compte-tenu des recettes importantes qu’elle génère. D’importantes superficies colonisées naturellement par les jujubiers sont mises en défens par des collectivités ou des individus afin de procéder à la cueillette des fruits. Cette activité de cueillette qui n’a pas pu être quantifiée, reflète tout de même la grande biodiversité dans les zones humides de la wilaya de l’Assaba. Le tableau ci-après récapitule les espèces animales et végétales les plus répandues dans ces zones.

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Végétation

Oiseaux

Reptiles:

              

-

-

Acacia flava Acacia Nilotica Acacia radiana Acacia Seyal Balanites aegyptiaca Callotropis procéra Combretum aculeatum Comifora africana Crewia bicolor Echinochloa colona Ejerk Hyphaene thebaïca leocarpus Leptedenia pyrotechnica Zuzuphis mauritiaca

Calao Canard Canard casqué Charognard Cigogne Corbeau Echasse Eliss Ganga Héron (garde– bœuf ) Héron cendré Mange –mil Outardes Petite aigrette Pigeon Pintades Vanneau armé

Boa Boudhver (corné, agressif et vénéneux) Bouneïne Boutibibe Bouzerreïgue Crocodile Crocodile du nil Naja Varan du désert Varan du Nil Vipère

La tamourt de bougari

La tamourt de Bougari se situe à environ soixante (60) kilomètres de Kiffa, chef lieu de la wilaya de l’Assaba. Le site de Bougari relève du département de Kiffa et dépend de la commune d’Aghorat. L’eau est présente sur le site toute l’année. La tamourt est alimentée en eau par plusieurs cours d’eau qui viennent essentiellement de l’est via l’oued Levalih, du nord par le biais des oueds Irijih Lekhleyeré, Bathit ould el Gheilani et Oum Lebaar, du sud par l’intermédiaire de l’oued Mneissira et de l’ouest par l’oued Cheleikha. Le site de Bougari a la particularité d’avoir une faune et une végétation très riche. Les crocodiles du Nil présents en nombres importants sur la tamourt font l’originalité du site. La faune est représentée par de nombreuses espèces d’oiseaux, ainsi que par des babouins, des damans de rocher et de beaucoup d’autres animaux sauvages. La végétation est aussi riche et variée que la faune, elle est riche en espèces herbacées et ligneuses. Bien qu’on y pratique la culture, le sol de Bougari est pauvre en matière organique. On y cultive essentiellement du mil, du sorgho, du maïs (culture décrue) du niébé (culture sous pluie) et des légumes (culture maraichère), la superficie cultivable est de 131 hectares environ. En année pluvieuse les rendements agricoles peuvent être assez importants. En 2010 par exemple la production de mil et de niébé a atteint respectivement entre soixante (60) et cent dix (110) tonnes. Les produits agricoles, sont destinés aussi bien à l’alimentation qu’au commerce qui permet aux cultivateurs d’acheter en retour d’autres produits de nécessité. Le site de Bougari et ses environs est riche en pâturages. C’est plus une zone d’élevage mobile, le site abreuve plus 10.000 têtes de bétail par jour. 31

La tamourt de Bougari offre une opportunité importante de pratique de la pêche. En effet les populations riveraines du lac développent d’intenses campagnes de pêche chaque année. Les produits de la pêche sont vendus au Mali et constitue une source de revenus complémentaire. La cueillette des produits forestiers pour l’autoconsommation et la vente est pratiquée par les populations riveraines. La cueillette est notamment composée de Jibjib, Tougua, Salaha, N’deiri, Tilba etc. Au niveau de Bougari, les acteurs sont variés. On trouve des agriculteurs, des éleveurs, des ONGs, des organisations communautaires de base, les services de l’Etat et les élus locaux. Les éleveurs : ils font la particularité de Bougari. La tamourt de Bougari est en quelque sorte le point de rencontre des éleveurs mobiles. L’élevage représenterait 75% des activités (avec la pêche, l’agriculture et le commerce).

La mare de kankossa La mare de kankossa est une grande dépréssion qui collécte des eaux de pluie qui se deversent des hauteurs de l’Assaba. Cette mare est permenante et connecté au fleuve Sénégal par par un important oued le karakoro. Les eaux de cette mare sont exploitatées par l’homme est les animaux. Les activités économiques abritant la mare sont dominées principalement par l’élevage, l’agriculture et les activités commerciales et artisanales. Elle a une longueur de 14 km et une largeur de ½ km pour une superficie environ de 7km². Elle constitue un pole d’attraction des éleveurs,cultivateurs, des pêcheurs et même ceux qui font la ceuillette. La mare de kankossa dispose un très bon potentiel agricole. La superficie cultivable est relativement vaste et les variétés culturales sont pratiquement cultivées (les sorgho, les niébé, etc) mais le rendement est encore faible en raison de peu de moyens techniques que disposent les agriculuteurs. L’ocupation humaine autour de la mare semble être liée à cette activité. Les habitants exercent d’autres activités génératrices de revenus comme le commerce de bétail , l’artisanat , le tourisme, la blanchisserie. Les produits pechés sont vendus sur le marché et consommé localement. Les politiques en matiére d’enviornnement , la fragilisation de l’environnement naturel en lien avec les changements et l’exploitation anthropique abusive constituent aujourd’hui un defi majeur. B) La gouvernance environnementale

La Composition de la délégation Régionale de l’environnement en Assaba est la suivante :    

1 délégué régional chargé du suivi évaluation Inspections départementales 1 chef de division 1 chef de service du renforcement des capacités et moyens logistiques

La question de renforcement des capacités des acteurs de la protection de l’environnement semble être capitale et doit être soutenue. Ce renforcement des capacités dans les différentes thématiques environnementales doit s’accompagner par des équipements appropriés.

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Les questions liées à la lutte contre le réchauffement climatique, la gestion durable de l’environnement, la gestion des ressources naturelles constituent les piliers essentiels de la gouvernance environnementale. La wilaya de l’Assaba à l’instar des autres willayas de la Mauritanie dispose d’un potentiel important dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et adhère à toute politique visant à la préservation de milieu naturel. Les engagements pris par les autorités locales dans le domaine de la conservation de la biodiversité, la valorisation du cheptel naturel productif et la gestion intégrée des ressources en eau constituent un creuset d’espoir. La sensibilisation, le plaidoyer, les campagnes d’information, le renforcement des capacités doivent être pris en compte dans les différentes stratégies de gestion rationnelle du capital environnemental.

Valorisation du capital naturel Comme, il a été souligné, la valorisation du capital naturel dans le tissu productif est un défi majeur pour la préservation des ressources naturelles. Faciliter les besoins des populations à partir d’une bonne gestion de l’environnement constituerait un résultat concluant, encourager la gestion durable de l’environnement donnerait des conséquences directes sur la réduction du cout économiques de la dégradation de l’environnement. La fertilité des sols est aussi une ressource qu’on doit largement préserver. La nécessité de conserver les capacités productives des écosystèmes qui fournissent des ressources renouvelables.

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VI. DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LOCAL

A) AGRICULTURE ET ELEVAGE

Agriculture L’Assaba est par excellence une région à vocation agro-sylvo-pastorale. Les cultures les plus pratiquées sont celles du Dieri (culture sous pluies), les bas-fonds (barrages, ou décrue), les cultures oasiennes et les cultures maraichères. La culture pluviale

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Le Dièri s’étend sur une superficie totale de 60.000 ha dont la mise en valeur reste étroitement tributaire du niveau des précipitations qui en général sont insuffisantes et inégalement réparties. La superficie moyenne annuelle exploitée ces dix dernières années dans la Dièri est d’environ 30 917 ha, avec des une production agricole moyenne annuelle de 18 574 tonnes de sorgho, mil, maïs, niébé, arachide et pastèque. Culture du Bas-fonds (Arrière barrages) Les cultures de décrue sont pratiquées sur des zones dont le potentiel de cultures derrière barrages et dans les bas-fonds est d’environ 7.382 ha. Actuellement la wilaya dispose de 70 barrages dont 48 sont exploitables, avec une production moyenne annuelle 1.455 Tonnes. La répartition varie suivant les moughataas, ainsi Kiffa et Barkéol concentrent le 2/3 de surface cultivable.

Cultures oasiennes Bien qu’elle soit introduite récemment en Assaba, la culture phoenicicole, constitue une activité importante. Sa production moyenne de (3.630 tonnes), permet d’occuper la 3ème place après l’Adrar et le Tagant.

Répartition des Oasis par Moughata Moughata

Kiffa

Boumdeid

Guerou

Barkéol

Kankossa

Total

Nombre d’oasis

19

5

13

8

16

61//1073ha

L’agriculture oasienne constitue une activité importante dans la Willaya de l’Assaba, cependant elle souffre d’un certain nombre de problèmes liés notamment à la faiblesse des capacités d’organisation et de structuration des communautés. Le rendement de structures oasiennes reste variable suivant les ressources humaines, équipement, technicité. Culture maraichère La culture maraichère est pratiquée aux alentours des points d’eau. Les principales cultures sont les oignons, les choux, les betteraves, les aubergines ainsi que les légumineuses. La pratique de cette culture est en fort augmentation mais il reste difficile d’avancer les nombre des périmètres cultivés. Cependant, les rendements de cette culture ne permettent pas d’approvisionner régulièrement les marchés des principales localités de la Wilaya.

Elevage 35

L’élevage reste l’activité économique dominante de la région et d’une grande importance économique, écologique et sociale. Il s’agit d’un élevage transhumant, très extensif, à faible productivité par animal, notamment chez les bovins. Selon les données de la MDR, le nombre de cheptel varie suivant les localités et le type d’élevage. On estime que le petit bétail (ovin et caprin) s’élève à 1.627.464 contre 350.000 pour le gros bétail. Moughataa Kiffa Kankossa Barkéol Guerou Boumdeid Total Assaba

Bovins 81.369 81.500 46.600 29.000 5.700 244.169

Ovins/caprins 588.143 451.178 249.536 193.362 145.245 1.627.464

Camelins 28.866 2.310 3.464 43.876 31.173 109.689

Source : SSSI/DPCSE/MDR

La wilaya prodigue régulièrement des initiatives pour une meilleure prophylaxie sanitaire et ce à travers :  Centres vétérinaires : La wilaya dispose de centres vétérinaires au niveau de Kiffa, de Kankossa, de Guérou de Boumdeid, de Barkeol et de Leaweyssi ; Parcs de vaccination : Trente parcs de vaccination, implantés dans toute la willaya, contribuent à une meilleure contention des animaux pendant les opérations de prophylaxie. La valorisation des produits issue de l’élevage se caractérise par :  Une production annuelle de viande moyenne de 13.700 tonnes, équivalent à 11,7% de la production nationale ;  Approvisionnement en animaux vifs des marchés de Nouakchott, d’Atar, de Nouadhibou, de Zouératt, et du Sénégal ;  La production annuelle de lait est estimée à 47.159,71 tonnes Compte tenu de son important potentiel fourrager, l'Assaba constitue une importante zone de refuge et de repli pour de nombreux troupeaux provenant notamment des wilayas limitrophes (Tagant, Guidimagha, Hodh El Gharbi et Gorgol). On distingue six couloirs de transhumance d’orientation Nord – Sud dans la willaya :  Tores El Agné (à l’ouest)  Tores El Menhar (à l’est)  Axe Tagant – Nouamlein  Axe Tichit – Kankossa  Axe Adrar – Tagant – Boumdeid (axe centre)  Tores Negaa (au nord) Aviculture La pratique de l’aviculture apporte aux ménages un complément alimentaire de qualité ainsi qu’une source de petites ressources financières facilement mobilisables dont les femmes sont généralement les premières bénéficiaires. Les améliorations à développer concernent essentiellement l’amélioration des conditions d’élevage, d’alimentation et santé. Par ailleurs, les petites unités semi-intensives de production de volailles pourraient être envisagées dans les lieux qui s’y apprêtent. Emploi 36

En matière d’emploi, les statistiques disponibles font ressortir qu’un peu moins de 40 % de la population active dispose d’activités dans les différents secteurs. Le taux de chômage au niveau de la wilaya reste élevé avec 39,3 % contre 31,2 % au plan national. Les hommes sont moins touchés que les femmes, avec des taux respectifs de 33,9 % pour les hommes et de 46,0 % pour les femmes. La répartition des populations actives montre que la moitié travaille dans le secteur agricole (42,7%) suivi du commerce (20,7 %) et les services et l’administration publique (15 %).

B) SECURITE ALIMENTAIRE, COMMERCE, INDUSTRIE, TOURISME ET ARTISANAT

Sécurité alimentaire La Wilaya s’inscrit dans les stratégies du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) qui s’engage à lutter contre l’insécurité alimentaire à travers les différents mécanismes tels que (i) disponibilité des produits alimentaires, (ii) stabilisation des approvisionnements alimentaires, (iii) une nourriture accessible ou abordable, et (iv) une qualité et une innocuité des aliments. Le CSA à travers le CSLP III se projette de ramener les niveaux d’insécurité alimentaire et de vulnérabilité de 35 à 20 % à l’horizon 2015 et à 10 % à l’horizon 20305. La Wilaya d’Assaba enregistre une certaine suffisance en viande et lait mais cependant un déficit dans les autres produits alimentaires. En effet, l’analyse du secteur rural fait ressortir un déficit chronique en céréales (22.007 tonnes pour la campagne 2010-2011) ainsi que les produits indispensable tels que les huiles alimentaires, les légumes, le sucre. Pour combler ce déficit, la délégation régionale du CSA procède régulièrement et tout particulièrement en année de mauvaise récolte et en période de soudure, à des distributions d’aide alimentaire.

Source : Ebauche de la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire pour la Mauritanie à l’horizon 2015, vision 2030, Aout 2011 5

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La campagne agricole de l’année en cours s’annonce difficile du fait d’un déficit pluviométrique parmi les plus importants de la décennie résultant sur une situation pastorale préoccupante et une forte réduction de la production agricole. Cette chute de la production agropastorale consécutive à la sécheresse 2011-2012 vient se conjuguer avec les effets de la tendance haussière observée au niveau des prix des denrées de première nécessité accentuant davantage la vulnérabilité des populations rurales et périurbaines de l’Assaba. Par ailleurs le déficit pluviométrique expose les communautés à un problème crucial d’accès à une eau salubre. Commerce, industrie artisanat et tourisme Le service du commerce de l’industrie de l’artisanat et du tourisme est une structure déconcentrée du ministère du commerce et l’artisanat et du tourisme qui reste exposé à des difficultés en ressources humaines et logistique. Le service régional est composé d’une chef de service régional et un agent de terrain. Les principales missions de ce service sont essentiellement le contrôle de prix, la protection du consommateur par l’application des règles de concurrence des prix, la promotion du secteur de l’industrie, de l’artisanat et du tourisme. Commerce et service Le secteur des services est dominé par des activités diverses dont les principales sont :      

la mécanique (mécanicien, électricité, tôliers) l’artisanat (cordonnerie, forgerons, teinture) l’alimentaire (boulangerie, boucherie) l’agropastoral (jardinage, fruitier, élevage et vente de bétail) commerce (épicerie, boutique de marchandises générales) et des services (Restaurant, coiffeur, électricien, plombier, maçonnerie, radio électroménagers, puisatiers, standardistes, exploitants de moulins blanchisserie, cabine téléphonique, cabinet médical).

Ces activités qui sont en forte prolifération, restent limités au chef-lieu de la wilaya et s’exerce dans un cadre informel. Les cinq moughataas de la willaya disposent chacune d’un centre commercial où la population peut trouver les principaux produits de consommation de première nécessité. Tourisme et artisanat La Wilaya occupe une position centrale et recèle d’importantes potentialités touristiques eu égard à la richesse et la diversité de ses zones naturelles : la dorsale Rgueibatt, Msilé, Ldjam Affolé, chaîne de l’Assaba, Aftout ext. La zone des plateaux des Hodhs et de l’Assaba est l’une des six grandes zones touristiques du pays, cette zone dispose d’un potentiel important en matière de valorisation du secteur touristique. La wilaya n’a pas encore fait l’objet d’une étude de prospection et de fouilles archéologiques. Mais elle renferme un certain nombre de sites archéologiques importants (néolithique, protohistorique, période pré-islamique) reconnus en 1980, dont les plus connus sont : Guendega, Lemhamel, Ntakat, Legrane, Ghorbania, Kouroudjel et les environs de Guerou. L’Assaba compte 194 zones humides (mares, tamourt, Guelta, gâat) dont nombreuses sont celles qui conservent une grande diversité biologique (crocodiles, babouins, faune ornithologique, flore) et 38

certaines aussi constituent une source de production alimentaire (poissons) et se prêtent à l’écotourisme. Les infrastructures d’hébergement restent modestes pour accueillir les touristes (3 hôtels à Kiffa, une auberge quelques rares appartements, de campements et restaurants dans la ville de Kiffa). L’artisanat reste marginal et devrait pouvoir bénéficier des effets du développement du tourisme attendu à la suite du développement de structures d’accueil dans la région.

Industrie

Les activités industrielles demeurent presque inexistantes dans la région. En général, le développement de l’entreprise reste confronté à de problèmes multiples dont particulièrement le manque d’infrastructure et de main d’œuvre qualifiée. La plupart des PME créées sont plutôt des extensions d’activités commerciales. Ces unités ne réalisent presque pas de transformation, utilisent peu de main d’œuvre et procurent une valeur ajoutée constituée essentiellement des bénéfices commerciaux. La wilaya dispose d’une petite unité ayant comme activité principale la mise en bouteille d’eau minérale dans la Moughataa de Guerou et la production de pain industriel récemment introduite. Actuellement, les facteurs de croissance sont surtout orientés vers les secteurs de l’élevage et l’agriculture. La Wilaya dispose, en effet, d’un potentiel industriel important notamment dans le domaine des produits dérivés de l’élevage et de l’agro-forestier. L’industrie extractive est actuellement inexistante dans la Wilaya. Le développement de la recherche minière, qui a connu une forte accélération ces dernières années dans le pays, et le potentiel géologique de la région pourraient permettre le développement à l’avenir de ces activités dans la région.

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VII. NNEXES A) Liste de membres du GTR de l’Assaba Wali Chef de Cellule régionale de la Planification et du Suivi du Ministère des Affaires Economiques et du Développement Délégué Régional de la Décentralisation et du Développement Local Délégué Régionale de l'Action Sanitaire Représentant du Centre Hospitalier Régional de Kiffa Délégué Régional du Développement Rural Délégué Régionale de l'Education Nationale Direction de l’Enseignement Originel Service Régional de l’Alphabétisation Délégué Régional de l'Environnement et du Développement Durable Délégué Régional de l’Habitat Urbanisme et Aménagement du Territoire Délégué Régional Culture Jeunesse et Sports Délégué Régional du Commissariat à la Sécurité Alimentaire Coordinatrice du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille Chef de service Office Nationale de la Statistique Délégué Régional de l’Hydraulique et Assainissement Déléguée Régionale du Commerce industrie Artisanat Directeur du Centre de Formation et de Professionnel et de Perfectionnement Président de l’Association des Maires de l'Assaba Représentant du CORDAK Un représentant de l’ANAPEJ Chef d’agence SNDE Chef d’agence SOMELEC Représentant de la World Vision Représentant du programme Vaincre Représentant de Counterpart Spécialiste de Développement Local, Art Gold Mauritanie/PNUD Représentant du Programme de Développement Durable des Oasis Représentant du Programme de Lutte contre la Pauvreté Rurale Par l’Appui aux Filières

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Lignes directrices de la region de l'Assaba, Mauritanie