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ROCK LA KASBAH

03 franรงais/anglais


ROCK LA KASBAH

Couverture Photographe : Bernard Benant Stylisme : Karim Tassi Robe : Max Mara

03 franรงais/anglais


© Othman zine

édito mouna

anajjar

Laissez entrer

le soleil Let the sunshine in! It’s summertime, la vie s’annonce plus facile and the living is easy… Mais la planète s’est grippée : au pays du Soleil Levant, le Tsunami crache du désespoir… Le monde change de refrain, la révolution arabe lève le voile sur une nouvelle fraternité. Dans la tourmente, Marrakech Mag zoome sur des valeurs essentielles mais invite à une forme de légèreté, corollaire humaniste des grandes évolutions. Si ce numéro 3 est en mode plein soleil, il s’interroge… Au générique, on joue à vérité ou mensonge ? Comme nos invités, interrogez-vous sur votre dernier petit arrangement entre amis : vanité ou loyauté ? Captez l’urgence d’une alerte désertification sur la Palmeraie qui justifie la nécessité de recourir à l’agro-écologie. Optimistes, nous parions sur l’avenir ! Les étudiants de l’ESAV s’inscrivent dans un monde en marche en témoignant de leurs talents sur fond d’un vent nouveau. Mustapha Blaoui, l’antiquaire qui fait courir les beautiful people nous accueille dans sa caverne d’Ali Baba… Safia Azzedine troque le stylo pour la caméra… Sadek El Bahjaoui chevauche la planète dans un galop glorieux… En silicone, des mannequins bousculent la mode dans la ville. La terrasse des Epices deviendraitelle le shopping center le plus in de la Ville Rouge... ? Le design joue la carte de l’authentique et célèbre la fonctionnalité. La forme prime jusqu’à Saint Barth, en toute sérénité… Pour ne pas rester sur le carreau, découvrez la success story de Popham Design et nos multiples adresses inédites pour rire, danser, bronzer, nager... Et comme la musique adoucit les mœurs, reste une question comme une chanson pour laquelle nous vous livrons des indices : Do you babouche ? VIVE L’ETE !

It’s summertime, life is sweeter and the living is easy… But the planet is suffering: in the land of the Rising Sun, the Tsunami is spluttering in despair… The world is changing the record and the Arab revolution is unveiling a new spirit of fraternity. In the upheaval, Marrakech Mag is focussing on essential values, whilst inviting its readers to share in a lighter spirit, a humanist consequence of great changes. This 3rd edition may be in sunshine mode, questions are still being asked… The opening credits are playing at a form of truth or dare. Following our guests’ lead, examine your last little agreement between friends: did it involve vanity or loyalty? Tap into the urgent warnings of desertification in the Palmeraie, justifying the need to resort to agro-ecology. Ever the optimists, we are betting on the future! ESAV students are entering into an ever-changing world by showing their talents in the midst of a blowing wind of change. Mustapha Blaoui, the beautiful people’s acclaimed antique dealer, welcomed us in his Ali Baba’s cave… Safia Azzedine has swapped his pen for the camera… Sadek El Bahjaoui is riding the planet in a triumphant gallop… Silicon models are shaking up fashion in town and La Terrasse des Epices is set to become the trendiest shopping centre in the Red City… Design is opting for authenticity and celebrating functionality. Form prevails all the way to St Barths in total serenity… Popham Design’s success story and our list of original addresses add a finishing touch to this sunny laughing, dancing, and swimming extravaganza... Music is said to make life sweeter but the real question is : Do you babouche ? LONG LIVE SUMMER !


004/sommaire


006/contributeurs

Bernard Benant

C’est à l’âge de 10 ans, en photographiant ses grands-parents dans leur costume traditionnel berbère, avec le vieux Kodak en bakélite noire de son père, que Bernard Benant a vécu son premier émerveillement photographique... Autodidacte, il est d’abord passé par la case Pub, avant d’apporter son regard singulièrement décalé aux magazines de mode les plus en vogue. De New York à Paris, en passant par Tokyo, il navigue dans les univers de la mode, du cinéma, de la musique, des voyages et des célébrités. Son crédo : désacraliser le “people” pour laisser passer l’émotion d’une rencontre. Aujourd’hui entre Paris et Marrakech, Bernard livre pour le Marrakech Mag une série mode où sa muse est en plastique, à découvrir page 100, avec un petit avant-goût sur la Une de ce numéro.

Mauro Parmesani Photographe reporter, Mauro Parmesani est un voyageur insatiable depuis plus de 30 ans. Il a récemment survolé l’Afrique durant 25 jours, du Caire à Cape Town, pour capturer des images époustouflantes prises à bord d’un Cessna, qu’il a ensuite exposées. C’est le genre d’aventure qui raconte la vie de ce spécialiste d’ethnologie et de géographie, mais aussi passionné d’architecture et de décoration. Il est notamment correspondant pour le célèbre magazine de voyage Condé Nast Traveller. Egalement auteur de livres et guides de voyage, il a en partie élu domicile à Marrakech, gardant un pied sur le continent tant aimé... Un objectif aussi affûté que poétique. Preuve en images page 22, à travers ces clichés pris au dessus de la Palmeraie de Marrakech pour le Marrakech Mag.

Othman Zine

Des rives du Tibre à Rome, où il a étudié l'architecture, aux berges de la Vltava, où il découvre le cinéma dans la fameuse école praguoise, ce jeune homme, aussi humble que talentueux, est passionné par le monde de l'image où il se nourrit et aiguise sans cesse sa sensibilité. Appareil ou caméra au poing, l'artiste aux multiples facettes mène de front sa passion pour la photo et ses projets de réalisations de films. Installé depuis début 2010 à Marrakech, Othman a également exposé ses travaux photos et installations vidéo au Festival du Monde Arabe à Montréal en octobre dernier. Pour ce 3ème numéro, Othman perce les secrets des harems, et nous dévoile une série en toute intimité page 138.

Jean-Jacques Fourny

MARRAKECH MAGAZINE : Publication éditiée par la Sarl Another éditions Maroc - R.C. : 26 171 Patente: 45191132 - I.F. : 06520612 - CNSS : 7399464 Bureaux : 194-197, rue Mohamed El Beqal, résidence Firdaous, Guéliz, 40.000 Marrakech, Maroc. E.mail : info@anothereditions.com Tél : 05 24 44 97 09 Fax : 05 24 42 21 28 - Membres Fondateurs : Mouna Anajjar, Jean-Jacques Fourny - Directeur de la Publication : Jean-Jacques Fourny. E-mail : jjf@ anothereditions.com - Directrice Générale Associée et Rédactrice en Chef : Mouna Anajjar. Tél : 05 24 44 97 09. E-mail : mouna@anothereditions. com - Rédactrice en Chef adjointe : Mélanie Polatova. E-mail : melanie@anothereditions.com - Assistante DG : Nadia Ouazahrou. Tél : 05 24 42 02 49. E-mail : assistante@anothereditions.com - Rédaction : Nicolas Cardosel, Sylvie Brignon, Paola Franjieh, Sylvie Gassot, Marie Le Fort, Nathalie Rigoulet, Stéphane Roux, Katia Sahli, Yasmin Verdès - Publicité : Constance Berthelot. Tél : 06 61 52 43 46, E-mail : constance@anothereditions. com - Marketing et Communication : Houyam Berrada. Tél : 06 61 10 71 25, E-mail : houyam@anothereditions.com - Direction artistique : Another Editions. Graphiste : Mathieu Pasques. E-mail : da@anothereditions.com - Photographes : Bernard Benant, Mauro Parmesani, Othman Zine - Traductions anglaises : AZ Traductions - Ont collaboré à ce numéro : Samuel Anajjar, Paul-François Matraja, Karim Tassi. - Impression : Direct Print, Casablanca - Dépôt légal : 2010PE0088, ISSN 2028-4772.Tous droits de reproduction réservés (titres, textes et photos).


008/WASSUP?

S W NE WS NEWS NE

Havaianas Slim Turkish

Des tongs au look très “1001 nuits” : c’est la tendance 2011 de Havaianas. Les Slim Turkish, aux mosaïques et mandalas colorés, sont de vrais petits bijoux pour les pieds bronzés : le must de l’été ! En vente à la boutique Hip - Almazar

Bladi Design nouvelle adresse shopping

Voici une adresse sympa pour faire ses emplettes ! Dans un riad show-room lumineux et joliment restauré, on découvre la collection Bab Anmil et 3 autres créateurs dans un esprit de bien-être et de convivialité. Petit mobilier coloré, lampes, céramiques... mais aussi linge de maison, accessoires et bijoux d'Ito Créations ; rideaux, patchworks et lampes de Keur de Sud, sans oublier les sublimes tissages de l'Association Tamesloht 2010. Pur régal ! 35, rue Jbel Lakhdar Rmila (derrière l'Hôtel Nouara Barrière) Tel : +212 5 24 39 04 62 ou +212 6 63 64 57 09

Art de vivre recup’chic

Ardevivre vogue sur les tendances actuelles de “récup’chic” avec ses meubles créés à partir d’éléments anciens chinés (volets ou panneaux en bois de chêne, de cèdre, etc.), restaurés, puis associés pour une nouvelle vie. Aux côtés de ses pièces uniques à l’esprit brocante, le showroom expose des créations en perpétuel renouvellement, dans un style qui marie à merveille le passé au présent. www.ardevivre.com

Morocco United le 04.07.12

Le départ de l’Ocean Race aura lieu à New York le 4 juillet 2012... Une date historique pour les Etats Unis et bientôt pour le Maroc, dont l’Ambassadeur des mers, Morocco United sera sur le départ, avec un équipage composé de skippers marocains et bretons. L’impressionnant multicoque sera habillé par un grand nom du Design marocain : Hicham Lahlou. www.moroccounited.com

Les Khmissates A l’honneur

On connaissait Nurith pour sa bonne humeur légendaire et ses talents de maquilleuse professionnelle, désormais on pourra lui rendre visite dans son joli petit riad en Médina, le Miroir Magique, pour découvrir ses khmissates (mains de Fatma) en fer blanc, habillées de couleurs gaies, jolies perles et brillants. Elles se déclinent en colliers, boucles d’oreilles et bijoux décoratifs à prix tout doux. Comptez entre 150 et 350 dhs pour vous faire un petit cadeau... Hart Soura Derb Zemrane, n°66 Tel : +212 5 24 37 68 33

Une championne dans nos ecuries

Attirée par la douceur de vivre marocaine, Cécile Roubaud, cavalière française émérite, a emménagé à Marrakech avec ses 6 chevaux. Basée dans des écuries privées, elle reçoit et se déplace pour le perfectionnement et le saut d’obstacle, en cours particulier ou collectif. Et monte également des chevaux de propriétaire, soit pour les valoriser sur le plan commercial, soit pour les mener au plus haut niveau du saut d’obstacle... www.cecile-roubaud.com


010/WASSUP?

S W NE WS NEWS NE

encore plus de musique !

Son bar tapas, le Psyché, est un des After work les plus courus de la Ville Rouge, pour son emplacement stratégique en centre-ville, et son ambiance décontractée. Vous l’aurez deviné, il s’agit bien du bar du Yellow Sub, repère de Marrakchis en mal de musique des 70’s à nos jours... Et comme les soirées mensuelles des Men in Black ne leur suffisaient pas, les Live sont passés à la vitesse supérieure, à une fréquence hebdomadaire. Alors, heureux ? Tel : +212 6 72 56 98 64

Yoga, meditation... et plus si affinitEs ! Le Jad en Live

Cela fait 6 ans que le Live du Jad Mahal ne désemplit pas ! Il traverse les années, les renouvellements de groupe et les changements de décor sans prendre une seule ride. Aujourd’hui arrivé à maturité, le “Mahal’s Band”, composé de 10 artistes, fait danser son public tous les soirs avec son répertoire de tubes énergique. Alan et son imitation de Michael Jackson, Amine le prince du Raï, Laurent le saxophoniste et la chanteuse Audrey Sara seront bientôt rejoints par le talentueux Soufiane. www.jad-mahal.com

Le yoga et la méditation sont à l’honneur dans le centre holistique de la néozélandaise Aisha. Piscine, yoga studio, hammam, salle de massage, chambres monacales... L’objectif ici est d’éliminer le stress par toutes les voies possibles : pranayama, juicing, aromathérapie, massages, technique des 5 rythmes de Gabrielle Roth, detox... Pour résumer, tout ce qui peut réconcilier le corps et l’esprit ! www.yoga-marrakech.com

Vive la Fish pedicure !

Il fait fureur dans le monde entier et ce, depuis des siècles ! Nous découvrons enfin ses vertus à Marrakech : le Garra Rufa, petit poisson originaire de Turquie, vient se délecter de nos peaux mortes… Rufafish a en effet importé cette espèce omnivore amie de l’Homme qui, en moins d’une demi-heure, fait place nette sur nos mains et pieds, avec un effet gommage en prime ! Il est temps de se mettre à la mode Garra Rufa… www.rufafishspa.com

Le groupe Alliances se met au vert

Bijoux, gloire et beaute

La maison Azuelos a lancé son propre magazine dédié à l’univers du bijou et de l’horlogerie, la ligne éditoriale faisant la part belle à la joaillerie marocaine d’hier et d’aujourd’hui. Témoignages, reportages, sagas des plus grandes marques horlogères, sublimes photographies de joyaux : un art de vivre aussi beau que précieux. Disponible chez Azuelos Rabat et Casablanca. www.azuelos.ma

Le thème du développement durable a été abordé lors du dernier séminaire du groupe Alliances, et concrétisé par leur nouveau projet immobilier Akenza Marrakech Golf Resort. Ce futur complexe golfique doté d’un hôtel, de villas et de terrains nus se veut écologique, tant sur le plan de la construction que de l’exploitation : Energie solaire, potagers devant chaque villa, circulation à vélo, etc. Livraison fin 2012. Infos : +212 5 24 36 91 91.

Marrakech : Faraway from Paris...

La 3ème collection “Kate Moss pour Longchamp” saison Printemps-été 2011, fait l’objet d’une campagne exceptionnelle, avec la diffusion du court-métrage “Faraway” à la télévision. A la fois égérie et créatrice, Kate Moss a été filmée dans un esprit Super 8 par le réalisateur Alasdair Mc Lellan. Le tournage de ce film hanté par le thème du voyage, ne pouvait avoir lieu ailleurs qu’à... Marrakech ! www.longchamps.com


014/WASSUP?

S W NE WS NEWS NE

On craque tous pour la Lampe Corail

Spécialiste des arts décoratifs, la récente Galerie Oubaîda à Casablanca propose du mobilier vintage, des rééditions originales et des éditions contemporaines. Les grands créateurs du XXe siècle -Serge Mouille, Mathieu Matégot...- y côtoient de jeunes designers et décorateurs du moment comme Christophe Delcourt. Et parmi les nouveautés, on craque pour la Lampe Corail de la Maison Charles qui se décline à l’infini : en rouge, bleu, noir absolu, blanc immaculé… De quoi combler les décorateurs et particuliers en quête d’originalités. Angle Rue Charm Echeikh et Rue Elmortada, Quartier Palmier, Casablanca Tel : +212 5 22 25 94 92

Prenez de la hauteur... pour 500 DH !

Paysages époustouflants, sentiment de liberté extrême, rien ne vaut un Marrakech vu du ciel ! Et à ce prix là, on aurait tort de ne pas en profiter ! Les belles propriétés et autres resorts, leurs piscines, palmiers, se transforment en jeux miniatures, tandis que le vert tendre des golfs, champs et jardins adoucit le site : perspectives uniques. Une chose est sûre, après ce baptême de l’air express (7mn), on n’a qu’une envie : reprendre de l’altitude aussitôt... et pourquoi pas en amoureux ! Plus qu’à choisir entre survoler le désert d’Agafay (30mn) et halte gourmande à La Pause, ou planer au dessus de la vallée d’Asni (40mn) avec pause déjeuner à La Kasbah Tamadot… Un flot de programmes qu’Héliconia (ex-Hélisud : 1ère compagnie aérienne d’hélicoptère au Maroc) conjugue merveilleusement en mode pro ! Offre baptême de l’air : 500dhs/personne, base minimale de 3 passagers en Robinson R44 ou 5 passagers en Ecureuil AS350 B2. Tel : +212 8 02 00 61 61

Cuisine etoilee

Silvana : le It bag Fendi

Préparez-vous à le voir partout : le sac Silvana, star du dernier défilé Fendi, est dans tous les magazines de mode, au bras de tous les peoples scannés par la presse. Fendi, comme à son habitude, s'est amusé à le décliner dans toutes les couleurs -tour à tour monochrome ou tricolore- et dans toutes les matières : toile, cuir, etc. En vente à la boutique Fendi de La Mamounia

6 mois après son retour dans le circuit des chefs étoilés, Fabrice Vulin vient d’accrocher ses 2 étoiles Michelin (attribuées au Parc des Eaux Vives à Genève en 2005) au Relais & Château de la Chèvre d’Or, sur la Côté d’Azur. Le Dar Ennassim, pour lequel il est resté consultant, peut donc se targuer de posséder un Chef fondateur doublement étoilé. Félicitations ! www.fabricevulin.com

Journee de la Terre !

La Journée de la Terre, ce sont : deux “journées de participation” les 17 et 18 avril au cours desquelles les citoyens sont appelés à mettre en œuvre un maximum “d’actions vertes” ; une “journée d’engagement” le 22 avril qui sera celle des associations et organismes publics ; et enfin la “journée de célébration” le 24 avril, où se réuniront à Rabat (une des 6 villes phares de l’évènement international) tous les acteurs de la protection de l’environnement et du développement durable. Et du 18 au 25 avril, visitez l’Espace Ecologie sur l’esplanade des Oudayas à Rabat ! www.journeedelaterre.ma/fr

Marrakech Terre de femmes

Depuis sa création en 2001, le Prix “Terre de Femmes” met à l’honneur des femmes anonymes qui agissent en faveur de l’environnement. La Fondation Yves Rocher récompense avec ce Prix les actions de protection et de valorisation du monde végétal dans plus de 50 pays du monde. Cette année, les 2 premières lauréates marocaines sont des Marrakchies ! On applaudit Saada Amarsal qui a reçu le 1er Prix pour sa coopérative féminine de production de plantes aromatiques et médicinales. www.yves-rocher-fondation.org


016/WASSUP?

S W NE WS NEWS NE

L’ete sera flashy ou ne sera pas !

On aime la nouvelle collection de sacs de la Galerie des Tanneurs ! Des coloris flashy pour l’été, des coupes rectilignes très tendance, des cuirs importés impeccables, et le plus : un service sur-mesure qui permet de s’offrir le sac de nos rêves... Tel : +212 5 24 42 34 11

BeautE absolue au Dior Institut

LEgEre et court vEtue...

Telle sera la tendance du printemps chez Fashion Victim. Cap sur sa nouvelle collection de prêt-à-porter italienne signée Kosmika, qui regorge de blouses, robes légères, tropéziennes, écharpes, et une tonne d’accessoires féminins “indispensables” pour laisser la mode, ce bourreau, faire de nous des victimes consentantes. 30, bd My Rachid, Guéliz - Marrakech

Nostalgie a la Villa M

Jérôme Vermelin, architecte d’intérieur et décorateur, nous reçoit dans sa Villa M, un showroom Art Déco empreint d’Afrique et d’Italie, où il a tenté de “faire ressurgir le Guéliz des années 40”. On aime ses pièces uniques, ses meubles choisis, ses bijoux signés “Sultana collection” en pierres semi-précieuses, sa ligne de chapeaux italiens aux couleurs chatoyantes (sortie fin avril) et, avant tout, ses talents de maestro capable de créer des atmosphères grisantes de nostalgie. Sur rendez-vous : +212 6 51 31 12 69

Tel un coquillage de toute beauté renfermant une sublime perle de culture, le spa du Palace Es Saadi abrite en son sein un trésor confidentiel : le Dior Institut (2ème adresse après celle parisienne du Plaza Athénée) qui perpétue ici sa maîtrise du raffinement, de la beauté Haute Couture et d’une expérience souvent méconnue dans le domaine anti-âge. Une experte beauté Dior vous accueille pour un diagnostic personnalisé avant de faire renaître la jeunesse sur votre visage à l’aide d’un appareil d’avant-garde... La cabine de soins est l’essence même du luxe, avec ses murs siglés et capitonnés, tandis que le studio de maquillage Dior fait de vous une star au centre de toutes les attentions. Le Must, on vous dit ! www.essaadi.com

ca swingue a la Renaissance

Un vrai Club de Jazz à Marrakech... on en rêvait ! La Renaissance l’a fait dans son Dahab Club qui reçoit régulièrement des artistes internationaux dans son décor intime tapissé de portraits noirs et blancs. A l’affiche jusqu’à fin mai : Cheryl Renee, chanteuse et pianiste venue tout droit de Cincinnati USA. Standards Blues & Jazz tous les soirs, et en prime, la présence du crooner Jimmy un week-end par mois. Tel : +212 5 24 33 77 77

American MEdina

Blotti contre les jardins de la Ménara, le Four Seasons ouvrira prochainement ses portes à Marrakech. Conçu sur le modèle d’une Médina à l’allure résolument contemporaine, l’hôtel déploie des chambres spacieuses, des villas et des suites dignes de l’hôtellerie américaine haut de gamme. Rien n’a été omis pour vivre la Ville Rouge au rythme de prestations exceptionnelles comme le spa, le roof bar, les restaurants aux notes méditerranéennes, le “Kids for All Seasons” et le “Teen Center”... www.fourseasons.com/marrakech

Hammam de la Rose

Après une séance shopping dans la Médina de Marrakech, rien de tel qu’un massage des pieds relaxant dans le tout nouveau Hammam de la Rose, à Dar El Bacha. Cet espace contemporain et épuré joue la carte de la beauté à l’orientale avec ses 2 grands hammams privatisables et leurs salons de repos, ainsi que ses cabines de massage disséminées autour de patios rafraîchissants. Massage balinais ou ayurvédique, soins du visage ou beauté des mains et des pieds : un stop s’impose ! Tel : +212 5 24 44 47 69


À CAP VIVEZ TANGER VER

Au confluent de deux mers et de deux continents, Cap Tingis est un projet immobilier de grande envergure situé face à la Méditerranée, dans la baie de Tanger. L’ensemble est composé de villas avec piscines privées et d’appartements avec une vue imprenable sur la mer. Un hôtel 5 étoiles en front de mer et de nombreux commerces viennent parachever ce projet exceptionnel. Style, design, nature, loisirs…, à Cap Tingis, tout a été conçu pour que vous viviez Tanger… version Grand Bleu ! Pour nous contacter à Tanger, composez le 0539 300 000 / 300, et à Casablanca le 0522 394 394 ou consultez notre site www.captingis.ma


T INGIS, SION GRAND BLEU


020/actu

Par : Mouna Anajjar

Quand

les élèves s’expriment...

Lorsque Florence Robert, directrice du département de Design Graphique de l’ESAV Marrakech propose aux élèves de 2ème année de peindre leur sensibilité autour d’un “Laboratoire expérimental de typographie arabe”, la Tunisie et l’Egypte sont alors en pleine révolution. Cela donne 3 expériences qu’ils mettent en scène en toute liberté. Certaines images se passent de commentaires. A vous d’en juger.


022/arretsurimage

Dans la zone Nord Ouest de la Palmeraie, entre la route de Casablanca et celle de Safi, les palmiers dattiers, arbres fruitiers et luzerne abondent. Signe d’un écosystème en bonne santé.


La Palmeraie Nord Est en proie à la sécheresse et au vieillissement de ses palmiers adultes et la mort de certains à cause de la dégradation de son écosystème.


024/arretsurimage

Par : Mouna Anajjar Photos : Mauro Parmesani Remerciements : à la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement et à Héliconia

Arrêt sur image...

Un écosystème menacé : Marrakech s’engage pour sa Palmeraie

C

’est en parcourant la ville d’en haut que l’idée de ce sujet est née. Aussitôt, toute une brigade bienveillante, pro et au sens du service hautement aiguisé, s’est pliée en quatre afin que ce papier voie le jour : le super hélico prêté par Héliconia, admirablement piloté par Brahim, pour que Mauro “LE photographe des airs” immortalise ces clichés... sans oublier le dynamisme d’Aniko Boehler, la réactivité de Loubna Chaouni et bien sûr, les précieuses connaissances du “docteur palmiers”, Abdelilah Meddich. Le palmier, poumon de notre ville, est au cœur de la menace. Penchons-nous sur les causes de ses maux, découvrons les actions que l’équipe Environnement de la fondation Mohammed VI a engagées depuis 2007, et élargissons notre éco-conscience pour mieux le respecter, pour retrouver nos jardins enchantés.

Mon beau palmier... Véritable écosystème aux vertus dépolluantes et filtrantes, la Palmeraie de Marrakech (qui remonte à la période Almoravide, XIe siècle) est la seule palmeraie au Nord de l’Atlas. Autant dire qu’elle joue un rôle primordial, assurant une biodiversité essentielle au maintien de la vie sur cette terre rouge. Marrakech comptait 16.000 hectares de palmiers en 1998, ils sont passés à 12.000 en 2001, puis à 7.700 aujourd’hui. Une dégradation que la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement s’engage à réparer, à travers des actions toniques et durables que le Docteur Abdelilah Meddich, spécialiste des plantes en zone arides et chargé du programme Sauvegarde et Développement de la Palmeraie de Marrakech, nous met en lumière... Objectif ? Récupérer nos 16.000 hectares de palmiers pour nous réconcilier avec notre patrimoine nourricier. Entretien. MM : A la découverte des images aériennes prises par Mauro, une chose nous frappe immédiatement : la différence limpide entre les deux zones de la Palmeraie. L’une, d’un vert éclatant, respire la vie ; et l’autre, desséchée, ses couleurs, abîmées et délavées, tel un linge usé par trop de lavages corrosifs... AM : En effet, dans la zone Nord Ouest, située entre la route de Casablanca et celle de Safi, les constructions sont totalement interdites par un Dahir qui date de l’époque du Roi Hassan II, le taux d’urbanisme est de 0%. On n’y trouve d’ailleurs que des terrains agricoles et le reboisement y est favorisé. Sur ses 846 hectares, on a recensé 25.000 palmiers en bonne santé, mais aussi des arbres ornementaux et fruitiers, et des cultures sous-jacentes (luzerne, maïs,

Problèmes du côté du Palmeraie Golf Palace

Lorsqu’on se rapproche du sol, on voit les jeunes palmiers plantés par la FM6E dans la zone Nord-Est de la Palmeraie.

etc...). On y pratique aussi de l’élevage... et on y trouve une incroyable variété d’oiseaux, même des sangliers et différentes espèces végétales sauvages. C’est un écosystème hautement approuvé, avec une qualité de l’air sans pareil. L’autre Palmeraie, celle au Nord Est du côté du Palmeraie Golf Palace (plus connue de tous) a toujours eu un attrait touristique et résidentiel (resorts immobiliers, villas, club et hôtels). C’est donc une zone qui a connu une extension et une urbanisation rapides, ajoutez-y le manque d’entretien des sols avec le départ des agriculteurs... Cela a forcément entraîné sécheresse et salinité des sols. Elle est aujourd’hui menacée de désertification, et ses arbres de vieillissement et de différentes maladies. Pour vous donner une idée, le niveau de sa nappe phréatique est entre 21 et 36m (8m pour la Palmeraie N.O.) et cette zone est quasiment sans faune ni flore... Les terrains les plus touchés sont Tamesna et Abiad. MM : On dit qu’un jour SM le Roi Mohammed VI, en passant par Bab Atlas, a été frappé par la dégradation du site. Cela a donc donné naissance en mars 2007 à la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, présidée par SAR la Princesse Lalla Hasnaa. On comprend que ce problème soit pris très au sérieux... Quelles actions pour ce combat ? AM : Depuis sa création, la Fondation a signé plusieurs conventions cadre pour la sauvegarde et la valorisation de la Palmeraie de Marrakech et a élaboré un vaste programme de préservation et de développement de cette zone : une Pépinière de la Ville a ainsi vu le jour, 493.999 palmiers ont été plantés et 9 puits

ont été aménagés pour assurer leur arrosage. Il faut savoir que nous offrons des palmiers gratuitement à tous ceux qui veulent replanter, une façon d’impliquer les citoyens (particuliers et professionnels) dans notre engagement. Aux hôteliers qui mettent en place une démarche environnementale, nous octroyons des “Ecolabel Clef Verte” et aux établissements scolaires des “Ecolabel Ecoécole”. Auprès des enfants, nous menons également des campagnes de sensibilisation écologique, avec plantation de palmiers... Dans la partie Nord Est, c’est l’entretien des 72.000 palmiers qui prime, pour les garder en bonne santé, et différentes pratiques de compostage. L’un des projets importants, récemment mis en place : la sécurisation de la Palmeraie à travers une brigade de contrôle et de gardiennage qui veille à lutter contre les actions néfastes de sa dégradation (arrachage, feu, etc.). MM : Prochaines étapes ? AM : Notre objectif global est de récupérer nos 16.000 hectares de palmiers, avec plus de 600.000 arbres... Donc, nous allons poursuivre les plantations, tout comme l’entretien (enlever les gravats et palmiers morts). A la demande de SAR Lalla Hasnaa, un projet de création d’un circuit pédestre verra aussi le jour en 2012, vers Abiad, Labbat et Sidi Yahya. Il sera éclairé, sécurisé, avec des infrastructures, bancs, eau potable...  Autre projet important, l’acheminement des eaux usées traitées au degré 3 par la Radeema, à partir de juin prochain, pour étendre les zones d’arrosage. Le classement du site de la Palmeraie Nord Ouest comme site protégé figure aussi parmi nos priorités.


ENGLISH

On aperçoit la ceinture de protection en zone RB (reboisement et interdiction de construire) de cette Palmeraie Nord-Ouest et sa séparation avec la ville.

Freeze frame... A threatened ecosystem : Marrakech in the fight to save its palm trees

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he idea to highlight this issue came about when looking down on the city from above and without further ado an entire team benevolent individuals, professional and with an acute sense of duty, bent over double for this report to come to light: much like the super helicopter lent by Héliconia and admirably piloted by Brahim, so that Mauro “THE aerial photographer” could immortalise these pictures… not forgetting Aniko Boehler’s dynamic nature, and of course the precious information from “palm tree doctor”, Abdelilah Meddich. Indeed, palm trees, the lungs of our city, face a serious threat. Instead of worrying ourselves sick about it, let us look at the causes of this deterioration, discover the care and treatments that the “Environmental team” from the Mohammed VI foundation is administering and expand our eco-conscience to better respect them and recreate our enchanted gardens. Beautiful palm tree... A true ecosystem with anti-pollutant and filtering properties, Marrakech’s Palmeraie (which goes back to the Almoravid period in the 6th century) is the only palm grove north of the Atlas mountain range. Needless to say, it plays an essential role, ensuring essential biodiversity to preserve life on this red land. Marrakech once counted 16,000 hectares of palm trees in 1998, decreasing to 12,000 in 2001 and to 7,700 today. A decline that the Mohammed VI Foundation for Environmental Protection is committed to repairing, through proactive and sustainable actions that Doctor Abdelilah Meddich, desert plant expert in charge of the programme and development of Marrakech’s palm grove, wishes to highlight... The aim is to recover the original 16,000 hectares of palm trees and restore our natural heritage. He agreed to answer our questions. MM: On discovering the aerial pictures taken by Mauro, one thing immediately stands out: the obvious difference between the two areas in the Palmeraie. One is bright green and full of life; the other is parched, with spoiled, faded colours, like washed-out rags worn down by too many corrosive products… AM: Indeed, in the northwest area located between the road to Casablanca and the one to Safi, building is totally forbidden by a Dahir dating back to the reign of King Hassan II and the development rate is of 0%. Agricultural land is all that can be found there and reforestation is encouraged. On its 846

hectares, 25,000 palm trees were counted, including great quality date palms, as well as ornamental trees and fruit trees, and underlying crops (alfalfa, corn, etc...). Animals are also bred there… and there is an incredible variety of birds. This is a highly approved ecosystem, with unparalleled air quality. The other palm grove, to the northeast near the Palmeraie Golf Palace (the most well known) has always had tourist and residential appeal (housing complexes, villas, clubs and hotel). This area has therefore known rapid growth and town planning, as well as a lack of soil maintenance due to the departure of farmers… This inevitably led to drought and soil salinity. It is now threatened with desertification, and its trees with premature ageing and various illnesses. To give you an idea, its ground water lies 21 to 36 m below the surface (8 meters for the N.W. Palm Grove), and its soil is practically devoid of any fauna or flora… The most affected areas are Tamesna and Abiad. MM: We heard that one day HM King Mohammed VI was travelling through Bab Atlas and was struck by the site’s deterioration. This led to the creation of the Mohammed VI Foundation for Environmental Protection on march 2007 under the aegis of HRH Princess Lalla Hasnaa. We understand that this problem is taken very much to heart... What actions are being led with regards to this issue? AM: Since its creation, the Mohammed VI Foundation for Environmental Protection has

set up a vast protection programme: a City tree nursery was thus created, 493,999 palm trees were planted, and 9 wells built to ensure their irrigation. We give free palm trees to all those who wish to replant, a way of involving citizens (individuals and professionals) in our undertaking. For hoteliers who choose an environmental approach, we grant “Clef Verte” [Green Key] ecolabels, and we are leading ecological awareness campaigns for children, with palm tree plantings… In the northeast area, taking care of the 72,000 palm trees is our priority, keeping them healthy, and we are tying out different composting techniques. One of the important projects recently set up involves securing the Palmeraie with a monitoring and security team to put a stop to harmful practices (uprooting, fire, etc.). MM: What are the next steps? AM: Our general aim is to recover out 16,000 hectares of palm trees, with 600,000 to 1 million trees… We are therefore going to continue planting and working on the palm grove’s upkeep (removing rubble and dead palm trees). On HRH Lalla Hasnaa’s request, a project for creating 5km of footpaths to Abiad, Lbbat and Sidi Yahya will also see the light in 2012. These will be lit and secured, with infrastructures, benches, drinking water along the way… Another important project is transporting waste water treated by the Redeema [Marrakech water and electricity board], from next June, to extend our watering zones. The northwest palm grove’s classification as a protected site also remains one of our priorities.


026/laquestionquitue

Par : Mouna Anajjar

Mensonge, ou vérité ? Dans quels moments choisit-on de troquer une parole vraie et loyale contre dires artificiels, et parfois tromperies ? Un débat philosophique et moral qui se poursuit depuis la nuit des temps. Si pour certains, la vérité en toute circonstance est impérative : un engagement, un devoir, vis à vis de l’autre et de soi-même... Pour d’autres, on peut pactiser avec elle, car sans le mensonge, on ne pourrait vivre en société : il sert à ne pas faire de mal, à se sortir d’une situation embarrassante, à plaire, à ne surtout pas déplaire, à, à, à... “Des petits mensonges qui ne comptent pas”, disentils, des “mensonges blancs”, “légers”, “de rien du tout”... Lors de sa master class pendant le dernier Festival du film, Francis Ford Coppola a livré un conseil aux jeunes étudiants marocains de cinéma : “La vérité, toujours la vérité”, avant de poursuivre avec humour : “Bien sûr, si ma femme me pose une question gênante, du type “as tu une maîtresse ?”, pour éviter de mentir, je lui répondrai que sa question est inappropriée.” Et vous, quel était votre dernier petit arrangement avec la vérité ? C’est la question (un peu indiscrète, je l’avoue !) que j’ai posée aux personnes rencontrées au gré de mes virées marrakchies. Réponses.

Karima Soumaya Jean-Philippe Karim 2

Christophe

Marion

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Samue

Bruno

Olivia


Yannick

Samuel (maquilleur artistique) : I don’t Know !!! (ndrl : Samuel a longtemps vécu à NY). Je ne mens pas beaucoup... En principe, je mens à ma mère, des petits mensonges, pour quelle ne me prenne pas la tête... Le dernier ? Je lui ai dit que je quittais Casa pour du boulot à Marrakech (elle habite à Casa). C’était juste pour avoir la paix !

Karim 1

Yannick (propriétaire de restaurant) : (Rires... et longue réflexion). Tu sais, mon vrai dernier mensonge : d’avoir dit à mon fils que le père Noël existait... Je l’ai fait durer le plus longtemps possible... C’est le truc autour que je voulais garder, ce monde imaginaire, les valeurs de générosité et de don que symbolise le Père Noël. Et l’année dernière, à tout juste 9 ans, il a découvert la vérité... Sylvie (conseil financier) : C’est le genre de trucs que je déteste... Peut-être a un de mes fils... C’est quand même rare ! J’ai vraiment horreur de ça !!! 

Salisa

Brahim

Karim 1 : C’était il y a quelques minutes... (Rires). Tu veux que je sois spontané ou réfléchi ? Après, y a mensonge et mensonge ! Celui-là est sans conséquences, c’est un petit, un truc par rapport au boulot, ce qu’on peut appeler un mensonge de circonstance. Bruno (éditeur) : Dimanche dernier quand, ma fille, terrifiée par tant d’images de violence à la télévision, me demande : “Papa, les hommes sont-ils tous méchants ?”. Je lui ai répondu que non... C’est la dernière fois où j’ai réellement menti.

Sylvie

Gary

Jalil

Abbas

Brahim (serveur) : Je ne sais plus... Enfin ce sont des petits mensonges, ceux qui nous sortent de situations un peu compliquées... Rien de grave ! Y a un proverbe marocain qui dit “Préférez la ruse au scandale” (en d’autres termes, il vaut mieux légèrement trafiquer une vérité, en rusant, surtout lorsque celle-ci est susceptible de déclencher un scandale)... Ah, mon dernier mensonge ? Hier ! J’ai dit à ma femme que j’étais au café, alors que j’étais au bar avec les potes.

e

in Paul

Christophe (audiovisuel) : (ndrl : Zéro réponse à ce jour... No comment.) Karim 2 : Est ce que je suis obligé de te le dire ? Tu pourras dire que je n’étais pas très courageux... Salisa (masseuse thaïlandaise) : (Etonnement, puis rires)... Je ne comprends pas ce que vous dîtes ?!! (Explications, rires, etc.) Ah ! Je ne mens jamais... ou alors, ça fait tellement longtemps que je ne m’en souviens plus. Les seules fois où je mens, c’est quand je dis “oui, ça va”, alors que ça ne va pas... pour ne pas embêter les gens. Jalil (vendeur d’artisanat et tapis) : Je ne mens pas, je dis à l’autre ce qu’il veut entendre. Le dernier ? A des clients... Que voulez-vous, certains ne veulent pas entendre la vérité, ils préfèrent qu’on leur dise qu’un tapis a été tissé dans un village lointain, ou qu’une porte a traversé époques et frontières... Alors, comme les romanciers, j’invente parfois des histoires à mes objets. Karima (RP/Communication) : “Je suis au bureau”, c’est le dernier mensonge que j’ai prononcé.

Jean-Philippe Tirel (Parisien de passage à Marrakech) : Tout le temps... “Tu dois partir, ma fille arrive.” Abbas (concierge) : Moi je ne mens pas. Jamais ! Non, non, jamais, ni petit mensonge, ni gros mensonge, ni mensonge blanc ni jaune ni noir... Je ne mens pas car, dans la balance, chaque mensonge annule une bonne action. Gary (Indien en vacances à Marrakech) : A ma mère, je lui ai dit “Tu m’as manquée”. But it’s a white lie (traduisez : c’est un mensonge blanc). Olivia (Londonienne en vacances à Marrakech) : “J’ai un mec”, c’est ce que j’ai dit à un homme qui ne me plaisait pas jeudi dernier dans un bar à Londres. C’est ce que je dis en général quand je ne les trouve pas sexy.

Soumaya (serveuse) : Maintenant. Les clients un peu dragueurs qui me disent “tu m’as manqué”, je leur réponds “toi aussi”. Marion (designer textile) : Hier ! Haha... J’ai dit que je n’étais pas à Marrakech pour éviter de voir des gens que je n’avais pas envie de voir. Je fais des petits mensonges pour ne pas faire de la peine. Mais je n’aime pas le mensonge, ça fausse le rapport à l’autre. Pauline (4 ans) : Mais... Je n’dis jamais de mensonges !!!!


028/ecolo

Par : Sylvie Gassot

Marrakech cultive l’agro-écologie Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie, crée sa fondation et ouvre une ferme écolo près de la Ville Rouge…


“On n’hérite pas la terre de nos ancêtres, on l’emprunte à nos enfants !” Visionnaire, Antoine de Saint Exupéry, aurait reconnu en Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur, son “Petit Prince”. Algérien d’origine, expert international pour la sécurité alimentaire, fondateur de l’association Terre&Humanisme, il prêche depuis 1981 le rayonnement de l’agro-écologie. Sillonnant la planète, du Sénégal au Burkina Faso, du Mali à la Tunisie, du Cameroun à l’Europe, il vient de faire une halte au Maroc. A Casablanca, où il gère avec succès la ferme pilote Jnane Lakbir à Dar Bouazza, depuis 2006, il a inauguré sous l’égide de la Fondation de France la Fondation Pierre Rabhi et annoncé la création d’une ferme écolo à 30 kilomètres de Marrakech, tout en lançant un vibrant cri d’alarme : “Nos ressources naturelles s’appauvrissent de jour en jour, si nous ne faisons rien, nous courons à la catastrophe !” Désertification, réchauffement climatique, déforestation... Face aux désastres environnementaux, Pierre Rabhi lutte pour sauvegarder les pénuries alimentaires en réhabilitant l’environnement naturel. Aux populations locales, il transmet un savoir-faire agro-écologique, incontournable alternative pour assurer la salubrité, la sécurité et l’autonomie alimentaire. Ses actions, gage d’enrichissement mutuel pour les pays du Sud, comme ceux du Nord, préfigurent l’émergence d’un nouveau modèle de société.


030/ecolo

Fattouma Benabdenbi Djerrari

légumes et de menthe bio. La première du genre ! Nous développons aussi La Maison de l’Abeille à Kermet Bensalem près de Meknès et lançons la pépinière des femmes à Douar Skoura, en zone semi-aride à 30 kilomètres de Marrakech.

Savoir-vivre ensemble Attentive aux traditions et aux besoins vitaux de chaque culture, l’agro-écologie redonne une dignité aux plus démunis en leur apprenant à se nourrir de manière autonome et en privilégiant la qualité nutritive des aliments. Préserver le patrimoine nourricier pour une meilleure transmission aux générations futures offre aux communautés locales un statut d’être humain responsable. “Incontournable, cette alternative à l’agriculture conventionnelle, poursuit Pierre Rabhi, permet de nourrir sainement les populations en régénérant le milieu naturel et en assurant la pérennité de l’espèce humaine sur la planète. A chacun, en parallèle, de développer ce  savoir-vivre ensemble. L’agro-écologie est un acte de liberté !”  Au Maroc, Terre&Humanisme dispense des formations en agro écologie sur 2 sites pilotes : à Dar Bouazza, près de Casablanca et à Kermet Ben Salem, près de Meknès. L’inauguration du Carrefour International des Initiatives Agroécologiques, près de Marrakech, annonce une nouvelle étape. Fattouma Benabdenbi Djerrari, sociologue, membre fondateur et présidente de Terre&Humanisme, nous livre les objectifs de ce centre d’accueil et de formation appelé à rayonner à l’échelle locale, nationale et internationale : MARRAKECH MAG : Quel nouvel élan donne à l’agro-écologie la Fondation Pierre Rabhi ? FATTOUMA BENABDENBI DJERRARI : La Fondation Pierre Rabhi, créée en France, soutient et finance divers projets d’agroécologie dont ceux du Maroc, développés par Terre&Humanisme. Nous travaillons depuis 10 ans à la sensibilisation, toutes cibles confondues. J’ai créé et autofinancé la ferme pédagogique de Dar Bouazza dont les 7 jardins éco solidaires impliquent les paysans de la région et de nombreux consommateurs casablancais. Aujourd’hui, grâce à 7 nouveaux jardins, nous ouvrons une coopérative agro-écologique autour de la production de

MM : Marrakech s’ouvre, dans la province semi-aride de Ben Guerir, à l’agro-écologie. C’est une nouvelle étape ? FBD : Nous créons près de Marrakech, un Carrefour International des Pratiques Agro Ecologiques appelé à se développer en synergie avec les autres lieux d’intervention de Terre&Humanisme au Maroc. Ce nouveau point d’ancrage de 3 hectares, renforce nos liens scientifiques et culturels en favorisant les partenariats avec d’autres mouvements internationaux d’agro-écologie. C’est un lieu d’accueil, de démonstration, d’expérimentation et de formation. Les paysans du douar, sensibles à notre approche, apprennent la récupération des eaux de ruissellement, l’implantation de haies végétales et de murets anti-érosifs. Nous réhabilitons aussi une maison, grâce à un chantier-école, pour revivifier les traditions architecturales. L’avenir de l’agro-écologie passe aussi par de nouvelles pratiques économiques ! MM : Recrutez-vous au sein du cycle universitaire d’agro-écologie dispensé à l’université de Casablanca ? FBD : Certains étudiants de la fac sont déjà devenus formateurs en agro-économie et travaillent pour Terre&Humanisme sur des projets concrets. Sur le terrain, ils diffusent nos outils pédagogiques pour harmoniser les éléments constitutifs d’une logique du vivant. La terre, les végétaux, les animaux et les humains, comme l’eau, la chaleur, la lumière sont indissociables. La vie est le résultat de leur complémentarité et de leur interactivité. Technique efficace, l’agro-écologie, invite l’agriculture paysanne, traditionnelle ou moderne, à bénéficier d’une meilleure connaissance scientifique des processus qui, depuis toujours, conditionnent le vivant. Face au bilan économique, écologique et social désastreux de l’agriculture industrielle, l’agro-écologie est la seule façon de nourrir durablement l’humanité. Elle affranchit les paysans de la dépendance économique mortelle des multinationales, de l’agrochimie, et permet aux populations de retrouver le chemin de l’autonomie alimentaire et de la dignité.

COMMENT AGIR ? En s’informant : - Assister à une conférence de Pierre Rabhi : colibris-lemouvement.org - S’initier à la pédagogie d’une école alternative : la-ferme-des-enfants.com ou lesamanins.com - Se renseigner sur les programmes internationaux : fondationpierrerabhi.org ou terre-humanisme.org En s’engageant : - Comme bénévole auprès de l’un de ses 3 organismes : terre-humanisme.org, appelconscience.info, la ferme-des-enfants.com - En participant à un stage agroécologique avec terre-humanisme.org ou lesamanins.com - En agissant localement par une inscription à une AMAP ou une participation à un pédibus : colibris-lemouvement.org ou en joignant un groupe local : appel-consciences.info - En créant un éco-hameau ou un éco-projet : oasistouslieux.org, la-ferme-des-enfants.com, lesamanins.com En finançant : Envoyez vos dons pour soutenir divers programmes agro-écologiques à : terrehumanisme.org ou fondationpierrerahbi.org QU’EST-CE QUE L’AGRO-eCOLOGIE ? L’agro-écologie est une technique agronomique et écologique basée sur le principe du “rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.” En voici les 10 règles d’or : 1- Un travail du sol qui ne bouleverse pas sa structure. 2- Une fertilisation organique. 3- Des traitements phytosanitaires, aussi naturels que possible. 4- Des choix judicieux de cultures et de races animales adaptées aux divers territoires. 5- Une économie et un usage optimum de l’eau. 6- Un recours à l’énergie la plus équilibrée d’origine mécanique ou animale. 7- Des travaux anti-érosifs de surface. 8- La constitution de haies vives. 9- Le reboisement des surfaces disponibles et dénudées. 10- La réhabilitation des savoir-faire traditionnels.


ENGLISH

Marrakech is cultivating agro-ecology The agroecology pioneer Pierre Rabhi created his foundation and opened an environmentally-friendly farm near the red city…

“You don’t inherit land from your ancestors; you borrow it from your children!” The visionary Antoine de Saint Exupéry would have recognised his “Little Prince” in Pierre Rabhi, farmer, writer and thinker. Of Algerian origins, an international expert on food safety and founder of the association Terre&Humanisme, he has been advocating the importance of agroecology since 1982. Travelling the planet, from Senegal to Burkina Faso, Mali to Tunisia, and Cameroon to Europe, he recently set his bags down in Morocco. In Casablanca, where he has been successfully running the pilot farm Jnane Lakbir in Dar Bouazza since 2006, he inaugurated the Fondation Pierre Rabhi under the aegis of the Fondation de France and announced the creation of a ‘green’ farm 30 kilometres from Marrakech, sending out the vibrant cry of alarm “Our natural resources are diminishing every day, and if we do nothing, we are rushing headlong into disaster!”. Desertification, global warming, deforestation… In the face of environmental disasters, Pierre Rabhi fights against food shortages by rehabilitating the natural environment. He passes on agroecological expertise to local populations, an essential alternative to ensure health, security and food autonomy. His actions, a guarantee of mutual enrichment for countries in the South as well as in the North, foreshadow the emergence of a new model of society. Knowing how to live together Attentive to traditions and the vital needs of every culture, agroecology helps the most destitute regain in dignity by teaching them how to feed themselves autonomously and favouring the nutritious quality of ingredients. Preserving the food heritage for better transmission to future generations gives local communities the status of responsible human beings. “This major alternative to conventional agriculture, continues Pierre Rabhi, helps to feed the populations in a healthy way by regenerating the natural environment and ensuring the human species’ survival on the planet. In parallel, it is up to each and every one of us to develop this way of life together. Agroecology is an act of freedom!” In Morocco, Terre&Humanisme gives agroecology training on 2 pilot sites: in Dar Bouazza near Casablanca and in Kermet Ben Salem near Meknes. The inauguration of the Carrefour International des Initiatives Agro Ecologiques [International Forum for Agroecological Initiatives] near Marrakech heralds a new stage. Sociologist Fattouma Benabdenbi Djerrari, founder member and president of Terre&Humanisme, told us of the objectives for this visitor and training centre, set to be of service on a local, national and international scale: MARRAKECH MAG: How has the Fondation Pierre Rabhi boosted agroecology? FATTOUMA BENABDENBI DJERRARI: The Fondation Pierre Rabhi, created in France, supports and funds a number of agroecology projects, including those in Morocco, developed by Terre&Humanisme. We have been working for the past 10 years to raise awareness, in all of society. I created and selffunded the Dar Bouazza educational farm whose 7 eco-solidarity gardens involve farmers from the region and various consumers from Casablanca. Today, thanks to 7 new gardens, we are opening an agroecological cooperative in organic vegetable and mint production. The first of its kind! We are also developing La Maison de l’Abeille [the Bee House] in Kermet Bensalem near Meknes and launching a

women’s tree nursery in Douar Skoura, in a semiarid area 30 kilometres from Marrakech. MM: Marrakech is opening up to agroecology, in the semi-arid province of Ben Guerir. Is this a new step? FBD: We are creating an international forum for agroecological initiatives near Marrakech, which shall be developed in synergy with other Terre&Humanisme intervention sites in Morocco. This new 3-hectare ‘foundation stone’ reinforces our scientific and cultural ties by encouraging partnerships with other international agroecology movements. The centre will welcome visitors, give demonstrations, experiment and offer training. The douar farmers are convinced by our approach and learn how to collect runoff water, plant hedges and put up anti-erosion walls. We are also restoring a house, thanks to a training-building site, in order to revive architectural traditions. The future of agroecology also lies in new economic practices! MM: Do you employ people from the University of Casablanca’s agroecology university course? FBD : Some university students have already become agro-economy trainers and work for Terre&Humanisme on concrete projects. On site, they disseminate our educational tools to harmonise the components of a certain way of thinking. The earth, plants, animals and humans, like water, heat, and light make a whole. Life is the result of their complementary and interactive nature. The efficient technique of agroecology offers traditional as well as modern farming a better scientific understanding of the processes that have always conditioned the living world. Faced with the disastrous economic, ecological and social results of industrial agriculture, agroecology is the only way to feed humanity in a sustainable way. It frees small farmers from the fatal economic dependency of multinationals and agricultural chemistry, and helps populations to find their way back to food autonomy and dignity.

TAKING ACTION By getting information: -Attending a Pierre Rabhi conference: colibrislemouvement.org -Finding out about alternative courses: la-fermedes-enfants.com or lesamanins.com -Finding out about international programmes: fondationpierrerabhi.org or terre-humanisme org By getting involved: -As a volunteer in one of his 3 organisations: terre-humanisme.org, appel-conscience.info, la ferme-des-enfants.com -By attending an agro-ecological course with terre-humanisme.org or lesamanins.com -By acting locally, signing up with an AMAP [community-supported agriculture association] or taking part in a ‘walking bus’ scheme: colibris-lemouvement.org or by joining a local club: appel-consciences.info -By creating an eco-hamlet or eco-project: oasistouslieux.org, la-ferme-des-enfants.com, lesamanins.com Funding: Send your donations in support of various agroecological programmes to: terre-humanisme.org or fondationpierrerahbi.org

WHAT IS AGROECOLOGY? Agroecology is an agronomic and ecological technique based on the principle that “nothing is lost, nothing is created, everything is transformed.” Here are its 10 golden rules: 1-Soil cultivation that does not disrupt its structure. 2-Organic fertilisation. 3-Phytosanitary products that are as natural as possible. 4-Judicious choices of crops and animal races adapted to the different territories. 5-Economy and optimum use of water. 6-Use of the most balanced energy of mechanical or animal origin. 7-Anti-erosion surface work. 8-Planting of live hedges. 9-Reforestation of available and bare surfaces. 10-The rehabilitation of traditional expertise.


032/epoque

Par : Mélanie Polatova

Il était une fois

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V

éritable institution de la Ville Rouge depuis 1949, Le bagatelle - qui avait tiré sa révérence en 2007 pour finalement rouvrir ses portes l’été 2010 à quelques mètres de sa première enseigne- est une de ces adresses que beaucoup de Marrakchis, de l’ancienne comme de la nouvelle génération, affectionnent. D’abord parce que la carte regorge de recettes bistrot franchouillardes comme on les aime, ensuite son ambiance surannée chargée de nostalgie est une belle réplique de sa version disparue “Les Jardins de Bagatelle”. Mais ce que certains ignorent, c’est que les recettes sont celles de la grand-mère de Serge Blanc-Collomb (actuel propriétaire de l’établissement) et que les photos en noir et blanc qui tapissent les murs ont été héritées de sa famille, puis complétées par une incroyable collection de clichés racontant l’Histoire du Guéliz du début du XXe siècle à nos jours. Serge nous a reçu autour d’un café dans la salle intérieure du Bagatelle, a décroché les précieuses photos, puis les

a légendées faisant ressurgir ses propres souvenirs d’enfance et ceux de sa famille, qui a assisté à la naissance du Guéliz... Un voyage dans le temps qui nous apprend, ou nous remémore, des fragments de l’Histoire du Guéliz, premier quartier à avoir été construit à l’extérieur des remparts, zone auparavant consacrée aux défunts. La naissance de ce que l’on a appelé “ville nouvelle” ou “quartier des Français” date de l’époque protectorale (1912-1956). Vous reconnaîtrez sur ces quelques photos des bâtiments encore existants, comme la Poste ou la Renaissance. Et vous constaterez que la plupart des petites bâtisses ont disparu (comme l’ancien marché, très regretté) ainsi que la luxuriance de la végétation, au profit d’un Guéliz qui a pris beaucoup de hauteur... Un Flash Back après lequel il est fort à parier que vous n’irez plus au restaurant Bagatelle avec le même regard. Le Bagatelle : 103, rue Yougoslavie Tel : +212 5 24 43 02 74

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1 - Façade des Jardins de Bagatelle dans les années 70. 2 - Avenue Med V dans les années 40. 3 - Serge et son grand frère Patrick dans la cour du jardin du Bagatelle dans les années 70.


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9 4 - 1912 : campement militaire, à la place du Guéliz avant sa construction. 5 - Façade de l’ancien marché du Guéliz, à la fin des années 20. 6 - Place de l’Horloge avant les années 20, aujourd’hui plus connue sous le nom du Rond Point des Négociants... mais où est passée l’horloge ?!! 7 - L’entrée de Marrakech (Tensift après le pont). 8 - Le Café des Négociants marquait à l’époque le terminal de CTM (voir l’autocar garé devant, sur la droite). 9 - Le cinéma Lux : “avant sa fermeture à la fin des années 70, on pouvait aller voir 2 films pour 2 DH, avec entractes ! Et en face, il y avait les marchands de bonbons” 10 - Avenue Mohamed V direction Targa... Les collines en arrière plan n’existent quasiment plus, elles ont servi à la construction des maisons et bâtiments du Guéliz. 11 - Le Bagatelle en travaux, avant l’ouverture vers 1948.

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034/epoque

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18 12 - Rue de Yougoslavie : à gauche l’ancienne poste du Guéliz (le syndicat d’initiative d’aujourd’hui) et à droite le Café Atlas. 13 - L’église de Marrakech. 14 - 1925 : Café de Provence, au carrefour de l’avenue Med V et du boulevard Zerktouni. 15 - Le Cinéma Palace (angle Alexandre 1er de Yougoslavie et Avenue Moulay Rachid) en face duquel se trouve aujourd’hui le restaurant Bagatelle... On aperçoit l’affiche du film “Le voleur de Bagdad”. 16 - Pavillon de la Mamounia. 17 - Avenue Mohamed V direction la Koutoubia. A gauche, l’hôtel Tazi, à droite la station Shell ancienne version... en face de l’actuel Acima (années 60 environ). 18 - La Renaissance dans les années 70 (beaucoup plus verdoyant qu’aujourd’hui...). 19 - Le Café de France sur la place Jamaâ El Fna ! 20 - Première Poste de Marrakech.


ENGLISH

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Once upon a time, Gueliz...

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true institution in the Red City since 1949, Le Bagatelle – which bowed out in 2007 to finally reopen its doors in the summer of 2010 a few meters from its original location- is one of these addresses of which a lot of Marrakech inhabitants, from older as well as newer generations, are particularly fond. Firstly, because the menu is packed with typically French bristrot-style recipes that they love, but also because its delightfully old-fashioned and nostalgic setting is a wonderful replica of the lost “Les Jardins de Bagatelle” version. However, what you may not be aware of is that the recipes are in fact those of Serge BlancCollomb’s (current owner) grandmother and that the black and white photos adorning the walls have been inherited from his family, then completed with an incredible collection of pictures telling the story of Gueliz from the beginning of the 20th century to the present. Serge welcomed us for coffee in the Bagatelle’s indoor room, unhooked his

precious photos, and told us of them with his own childhood memories and those of his family, who witnessed the birth of Gueliz... A journey back in time, reminding us of the historical fragments of Gueliz, the first neighbourhood to have been built outside the city walls, an area once given over to the deceased. The birth of what has been called the “new town” or the “French quarter” dates from protectoral times (1912-1956). You will recognise in these photos buildings that still stand, such as the Post Office or the Renaissance. You will no doubt notice that most of the smaller constructions have disappeared (such as the old, sorely missed market) as well as the luxuriant vegetation, to be replaced by much taller architecture… Thanks to this flashback, you will no longer see the La Bagatelle restaurant in the same light. Le Bagatelle : 103, rue Yougoslavie - Tel : +212 5 24 43 02 74

1 - “Jardins de Bagatelle” in the 1970’s. 2 - Avenue Med V in the 1940’s. 3 - Serge and his big brother Patrick in the restaurant’s courtyard. 4 - 1912 : Military camp, on the Place du Gueliz before it was built. 5 - Front of the old Gueliz market at the end of the 1920’s. 6 - The Place de l’Horloge before 1920’s, now more widely known as the Rond Point des Négociants... but where did the clock go?!! 7 - Entering into Marrakech (Tensift after the bridge). 8 - The Café des négociants was then located at the CTM transports terminus (see coach parked in front, on the right) 9 - The Lux cinema : “before it closed at the end of the 1970’s, you could see 2 films for 2 DH, with intermissions! You could also buy sweets from sellers across the road”. 10 - Avenue Mohamed V looking towards Targa... Most of the hills in the background no longer exist ; they were used to build the houses and buildings in Gueliz. 11 - Work in progress at Le Bagatelle, before its opening in 1948. 12 - Rue de Yougoslavie : on the left, the old Gueliz Post Office (now the tourist office) and on the right the Café Atlas. 13 - The Marrakech church. 14 - 1925 : Café de Provence, at the crossroads of Avenue Med V and Boulevard Zerktouni. 15 - The Palace Cinema (on the corner of Alexandre 1er de Yougoslavie and Avenue Mlay Rachid), across from which can now be found the restaurant Bagatelle... You can make out the poster for the film “The thief of Bagdad”. 16 - Mamounia pavilion. 17 - Avenue Mohamed V towards La Koutoubia. On the left, the Tazi hotel, on the right the old version of the Shell petrol station... opposite the current Acima (circa 1960’s). 18 - La Renaissance in the 1970’s (much greener than today...). 19 - The Café de France on the Place Jamâa El Fna! 20 - First Post Office in Marrakech.


036/son

Par : Mélanie Polatova

WHITE SO UND RECORD Un studio d’enregistrement pro grandeur nature

A

près avoir monté les scènes du Monte Cristo, de l’African Chic, puis du Jad Mahal, Bruno Cheno, bien connu du public marrakchi, a pris son envol pour de nouvelles aventures musicales avec la naissance de White Sound Record.

En 8 ans, son nom est devenu un véritable label du Live à Marrakech, mais qu’est-ce qui fait courir Bruno Cheno ? Nous l’avons rencontré dans sa belle maison du Guéliz, où un studio d’enregistrement pro grandeur nature a pris place, en toute convivialité. Car ce que l’on ne sait pas, c’est que derrière l’interprète à succès se cache un artiste pluridisciplinaire qui se passionne avant tout pour la création musicale. "Je n’aime pas trop sortir en dehors de mes représentations, d’ailleurs, mon resto préféré, c’est chez moi !" nous confie t-il blotti dans son home sweet home très seventies. "Petit à petit, ma maison a été envahie par les instruments, les enceintes, les PC, et les musiciens... jusqu'à

A full-scale professional recording studio ce que je n'ai plus de place pour y vivre ! Et aujourd’hui, White Sound Record est devenu un véritable studio d'enregistrement où je peux travailler avec des artistes marocains et étrangers, dont de grosses pointures tel Akhénaton, qui trouvent ici l'équivalent des studios européens, comme cette table de mixage SSL 4000, le must dans le domaine !". Fédéré avec le studio parisien de Manu Lanvin, White Sound Record est en effet un bel accomplissement pour cet auteur, compositeur et producteur boulimique de travail, qui peut désormais, en plus de placer des artistes sur les planches des lieux de fête marrakchis (Yellow Sub, Rose Bar, Crystal, Palmeraie Golf Palace…), réaliser les identités musicales d’enseignes prestigieuses, produire des albums, composer des musiques de films, et interpréter lui-même ce qui lui chante ! www.whitesoundrecord.com

A

fter regular performances at the Monte Cristo, the African Chic, and the Jad Mahal, Bruno Cheno, along with his great following in Marrakech, has taken flight toward new musical adventures with the creation of White Sound Record. Over a period of 8 years, his name has become synonymous with a true ‘Live in Marrakech’ label, so what makes Bruno Cheno tick? In order to find out, we met him in his beautiful home in Gueliz, where a full-scale professional recording studio has been set up in a welcoming atmosphere. Indeed, we realised that behind the successful performer lies a multidisciplinary artist who is passionate about musical creativity. "I don’t really like going out aside from my performances, in fact, my favourite restaurant can be found at home!" he entrusts curled up in his very seventies-inspired homesweet-home. "Little by little, my home was being taken over by instruments, speakers, computers and musicians… until there was no more room for me to live! White Sound Record has now turned into a real recording studio where I can work with artists from Morocco and abroad, including big names such as Akhénaton, who can find here the equivalent of European studios, like this SSL 4000 mixing desk, the very best in the business!". Working alongside the Manu Lanvin Parisian studio, White Sound Record is indeed a wonderful accomplishment for this work addict of singer, songwriter and producer. As well as getting artists up on the stage of the Marrakech nightlife (Yellow Sub, Rose Bar, Crystal, Palmeraie Golf Palace…), he can now create musical identities for prestigious brands, produce albums, compose music for films and interpret whatever he pleases! www.whitesoundrecord.com


038/agenda

CQFD Ici

ça se passe pres de chez vous... Par : Nathalie Rigoulet

La charmante Vanessa Paradis serait-elle source d’inspiration pour Hassan Nadim ?

Morran jongle avec ses bombes sur la table de ping pong, un régal !

Pendant ce temps Fatiha Zemmouri et Mohamed Mourabiti se sont mis au travail... très inspirés par la cendre et le charbon de bois semble-t-il

Happening artistique sur les toits du Bab Hotel

Souhail Ben Azzouz a lui choisi la colle et le pigment pour sublimer les plantes de la terrasse. Beautiful !

U

n après-midi pas comme les autres au Bab Hotel en ce début mars : c’est le premier happening d’art contemporain que le boutique hôtel trendy du Guéliz organise sur ses toits récemment aménagés. Artistes peintres, photographes, et tagueur... en tout 9 artistes venant de tous les coins du pays ont répondu présents à l’appel. L’idée ? Croquer, ou photographier, la vue urbaine à partir de la terrasse du Bab, que celle-ci devienne le temps d’un après-midi un véritable lieu d’inspiration. Abla Ababou -la galeriste rbatie, également journaliste et romancière- est comme un poisson dans l’eau au milieu des artistes qu’elle a invités pour participer à cet événement original, une façon bien à elle de promouvoir encore et toujours la création marocaine ! Sont là les peintres Mohamed Mourabiti, Souhail Ben Azzouz, Mouna Charrat, Fatiha Zemmouri, les photographes Hassan Nadim et Nour Eddine Tilsaghani ainsi que le fameux graffeur marrakchi Morran. Ce petit hôtel accueillera très prochainement une autre belle brochette d’artistes avec Aziz Lkhattaf, Saad Tazi et Othman Zine. Mais voilà ! Abla n’avait pas prévu le soleil radieux, les températures printanières et l’envie de se laisser aller devant un délicieux chawarma ; tout ça, dans une bonne humeur propice aux bonnes rigolades. C’est donc en douceur que nos chers artistes ont commencé à se laisser happer par l’inspiration du coin, le temps de capter le pouls ambiant avant de nous dévoiler leurs premières captures fraîches et sensibles. C’est aussi ça mettre ses sens en éveil... Certains s’isolent, d’autres pas. Fusain, peinture, crayon, cendres, charbon de bois, serviettes en papier, le petit bruit à peine perceptible des appareils photos, le pchitt des bombes à graffer... et au final ce seront 5 œuvres par artiste qui seront révélées au restaurant du Bab Hotel lors d’une exposition baptisée “Impressions skybab” du 2 avril à début juin. Les bénéfices de la vente des œuvres et des deux gravures offertes par Mahi Binebine iront au bénéfice de l’Association Soroptimist International. Chapeau les artistes !   www.babhotelmarrakech.com


040/agenda

CQFD Ici

ça se passe pres de chez vous... Par : Sylvie Gassot et Mélanie Polatova

Hitchcock

a Casablanca

Malik Bentalha © : Madame Ginette

Le Mégarama de Casablanca continue de nous épater avec sa programmation variée de concerts et de spectacles, dont “les 39 marches” (Molière de la pièce comique en 2010) le 21 avril. Sur scène, 4 comédiens interprètent plus de 150 personnages et restituent avec loufoquerie l’univers d’Hitchcock. www.tick-et-show.com

Crunk

Le made in Morocco

Le Crunk, vous connaissez ? C’est la nouvelle vague du hip hop, un style dérivé de la Bass Music, “un son minimal, répétitif, reposant sur des basses puissantes”... Mais pour vous faire une meilleure idée, écoutez le dernier album de Komy, jeune rappeur marocain, qui cartonne sur les ondes avec son single, “Sociologie” qui se veut une plateforme d’identification pour tout un chacun, des textes inspirés du vécu de Komy, une prod signée par Dj Van Belka... et un rythme entêtant qui séduit même les néophytes !

Culture engagee a la

Librairie des Colonnes

Le mois d’avril est riche en évènements culturels engagés à la Librairie des Colonnes de Tanger : le Samedi 16 avril à 18h, une projection de “Gagne ton Visa” en présence des auteurs de la pièce et du film : Eric Valentin et les acteurs du théâtre Darna... suivie le Samedi 23 avril d’une rencontre avec Lamia Berrada-Berca qui, après le Salon du Livre de Paris, vient signer et lire quelques extraits de son livre “Kant et la petite robe rouge”, dans lequel elle sonde les pensées intimes d’une épouse cloîtrée dans... une burqa. www.librairie-des-colonnes.com

Marrakech

Mort De Rire

Pour sa première édition, sous le haut patronage de sa Majesté le Roi Mohamed VI, le "Marrakech du Rire" se déroulera du 8 au 12 juin. Initié par Jamel Debbouze et produit par Debjam, ce festival international d’humour offrira des spectacles en exclusivité dans des lieux privilégiés mais aussi des fêtes populaires et des shows gratuits dans la Ville Rouge pour honorer sa tradition d’hospitalité. Exceptionnelle, la programmation rassemble les plus grands talents de l’humour francophone et arabophone. Si Jamel Debbouze présentera son tout nouveau spectacle, on annonce pour la première fois la venue au Maroc de Florence Foresti, une carte blanche à Hassan El Fad, une soirée Abdelkader Secteur et tous "les coups de Cœur du Comedy Club". Mention spéciale à Redouane Harjane et Malik Benthalha… Enfin, le gala de clôture du festival, parrain de l’Heure Joyeuse, une association au profit des bébés dénutris et de l’alphabétisation des adultes, s’annonce comme un méga événement. Au programme : Jamel Debbouze, Stromae, RimK du 113, Florence Foresti… S.G. Que du bonheur !

Awaln’Art

tous dans la rue !

Du 8 au12 juin les habitants de Marrakech et sa région sont invités à descendre dans la rue... pour admirer les parades, les fanfares et les personnages loufoques de la 5ème édition du Festival Awaln’Art. Théâtre Nomade, acrobates de Tanger, Ecole du cirque de Salé, “danse verticale”, artistes venus du Burkina Faso, du Togo, de France, et d’ailleurs... Awaln’art fête la rue et met l’Art à la portée de tous, une belle fenêtre ouverte sur l’émergence artistique internationale, qui se déroulera cette année en partenariat avec le Festival du Rire de Marrakech. www.awalnart.com

La saison du cirque au Maroc

Le Centre National des Arts du Cirque Français présente pour la 1ère fois au Maroc le spectacle de fin d’année de sa 22ème promotion. Chaque année, une quinzaine de jeunes quittent le CNAC pour entrer dans le monde du Cirque par la grande porte. Il s’agit donc de la meilleure graine de talents qui vient présenter son spectacle, “Âm”, dans les grandes villes marocaines, en collaboration avec l’Institut Français. Chacune de leurs étapes sera l’occasion d’organiser des ateliers d’échanges et de pratiques artistiques. A Meknes, Oujda, Rabat, Marrakech et Agadir jusqu’au 4 mai. www.saisonfrancemaroc.org


babhotelmarrakech.com grandcafedelaposte.com yellowsub-marrakech.com


042/agenda

CQFD Ici

Cote Expos

Par : Mélanie Polatova

Villa Zevaco Casablanca

Jusqu’au 30 avril : “Marocaines au devant de la scène” Plus que quelques jours pour admirer les photographies de Leila Alaoui, jeune photographe de 28 ans, en passe de devenir une des portraitistes les plus affirmées du Maroc. Une exposition constituée d’une trentaine de portraits d’artistes marocaines ayant pour partage une volonté acharnée de s’exprimer haut et sélectionnées au gré des rencontres : écrivaines, plasticiennes, cinéastes, photographes, stylistes, comédiennes ou musiciennes. A ne pas manquer ! www.leilaalaoui.com

Le printemps des Orientalistes Marrakech

Galerie Shart

La maison de vente aux enchères Artcurial Briest présente en avant-première sa collection de toiles orientalistes au Es Saadi Garden & Resorts les 24 et 25 avril. Cette manifestation a lieu en amont de la vente prévue à Paris le 9 juin ; une jolie occasion pour admirer les très belles toiles de Jacques Majorelle et ses contemporains. www.essaadi.com

Casablanca

Du 8 avril au 7 mai, Shart nous invite à découvrir “Collection Particulière I”, un panorama de travaux issus d’un processus de création en harmonie avec l’esprit et la vision de la Galerie, une sélection unique d’œuvres collectionnées par elle depuis son inauguration, parmi lesquelles on retrouve le travail de Diego Moya, Rita Alaoui, Selfati et bien d’autres. Puis, du 19 mai au 18 juin, cap sur les travaux récents d’Aline Thomassen, artiste peintre hollandaise résidant au Maroc. Le thème qu’elle a choisi est celui de la femme marocaine, traité sous forme d’éphémérides imaginaires. www.galerie-shart.ma

L’Art de la rue a la

David Bloch Gallery Marrakech

Artiste résident de la galerie, TANC a exposé de Paris à New Delhi, en passant par New York et Shanghai. Pour lui, “artiste est un mode de vie”, l’investissement doit être total et l’intégrité absolue. Essentiellement basé sur le trait, son travail ne cherche pas à être parfait mais plutôt spontané… du 15 avril au 22 mai. L’art de la Rue encore, avec l’ancien tagueur Alëxone Dizac, dont l’œuvre est marquée par l’empreinte indélébile du graffiti. Couleurs vives, scènes cocasses et personnages bigarrés suscitent le rire. L’artiste se complaît à intégrer des références, à multiplier les clins d’œil, les jeux de mots, à associer des idées insolites, créant ainsi une véritable proximité avec son spectateur. Du 29 septembre au 6 novembre. www.davidblochgallery.com

Loft ArtGallery Casablanca

Du 14 avril au 07 mai : Voyage à Tahanaout Une exposition constituée d’une trentaine d’œuvres collectives de Mahi Binebine, Mohamed Mourabiti et Abderrahim Yamou dans une expérience inédite. Un défi : peindre ensemble. Une aventure d’une année, durant laquelle chacun s’est battu, à coup de brosse, de pigment et d’acrylique, pour apposer sur la toile son style unique. Leurs regards ne se confrontent pas un instant, ils dévoilent et s’enrichissent des pratiques de l’un ou de l’autre. Au final, chacun des artistes laisse derrière lui le meilleur de ce qu’il a à offrir. www.loftartgallery.net


044/agenda

CQFD Ici

Rendez-vous musique ! Par : Mélanie Polatova

Le 30 avril 20 au 28 mai 

Mawazine Rabat

Le festival “Mawazine Rythmes du monde” revient pour la 10ème fois à Rabat du 20 au 28 mai : nouvelle surenchère d’artistes pour ce rendez-vous musical devenu incontournable, avec pas moins de 50 artistes marocains qui se relayeront pour donner le meilleur du patrimoine national, ce qui représente 40% de la programmation ! Un voyage musical à travers les sonorités et mélodies du Maroc, qui sera ponctué par les prestations des stars de la chanson marocaine : parmi eux, Nass El Ghiwane, Latifa Raâfat, Asmaa Lemnouar, Hoba Hoba Spirit et Rihab Fusion qui clôturera l’édition avec un concert de 8h non stop ! Belle scène africaine avec Youssou N’dour, Papa Wemba, Mory Kante et bien d’autres. Enfin, du côté des Amériques : Nelly Furtado, Shakira, Joe Cocker et Cat Stevens ! www.festivalmawazine.ma

Orient Music Express Casablanca

Les artistes se mobilisent pour une association qui lutte contre le cancer des enfants : c’est la 2ème édition de “Orient Music Express” et ça se passe le 30 avril à Casablanca ! Une très belle scène réunit pour l’occasion des chanteurs libanais, égyptiens, marocains et occidentaux pour un show exceptionnel retransmis sur Internet. On citera entre autres la présence de Sofia Essaidi, la danseuse Nour, Claude Challe, Youness pour le Raï... et une multitude d’artistes engagés. Vous pouvez, outre acheter votre place, faire des dons sur le Net pour l’association Agir Maroc, et aider les enfants malades du cancer. www.orientmusicexpress.com

Du 6 au 21 avril

Jazzablanca

Soul, Jazz, Slam, Folk Rock, Blues, Latino cubain… une programmation à faire pâlir, avec James Blunt le 6, Esperanza Spalding le 12, Grand Corps Malade le 13, Chick Corea les 15 et 16, et un final en apothéose avec Buena Vista Social Club le 21 ! www.jazzablanca.com

Du 3 au 12 juin

Festival des Musiques Sacrees Fes

Le 17ème Festival des Musiques Sacrées de Fès est une véritable invitation à une quête du sens et de la beauté à travers les arts, les cultures et les visions du monde... L’Opéra d’ouverture dédié à “Majnoun et Layla” sera porté en résonance par le Samaa du Maroc, les percussions de Shanghai, les tambours du Japon, les voix lyriques des Opéras de Paris ou de Londres et les volutes extatiques des Qawwali... www.fesfestival.com

Un beau cadeau pour la Du 23 au 26 juin 

Festival Gnaoua Essaouira

Le festival souiri fête ses 14 ans avec une programmation qui promet encore originalité et authenticité : concerts inédits fruit de fusions et de résidences auxquelles les organisateurs accordent un soin de plus en plus précis et qui font la grande particularité de ce festival de notoriété internationale. www.festival-gnaoua.net

fete de la Musique

L’orchestre philharmonique du Maroc offrira un concert de musique classique aux Casablancais le 20 juin sur la Place Mohammed V, puis aux Rbatis le 21 juin sur la place Moulay El Hassan. www.opm.ma


Par : Nathalie Rigoulet

046/artistique

Quand le tourisme devient culturellement intelligent... A On commençait à se languir de leur ouverture... et bien c’est parti ! L’hôtel palais d’hôtes Fellah, sa résidence d’artistes Dar Al-ma’mûn et son étonnante bibliothèque sont bel et bien en marche, avec une inauguration prévue en juin.

Vue extérieure de l’un des bâtiments chocolat de la Résidence.

Une magnifique coupole en plâtre, calligraphie exécutée de main de maître par les Maâlems locaux.

13km de Marrakech sur la route de l'Ourika, l'ensemble couleur (étonnamment) chocolat construit sur 7 hectares de terrain comprend 10 villas de 850m2 chacune. Houria Afoufou et Redha Moali, les heureux propriétaires de ce lieu singulier, ont radicalement changé de vie pour se consacrer à cet espace dédié aux arts et à la littérature qui s'inscrit également dans une démarche de développement local durable à travers des projets de formation dans les écoles mais aussi d'aide aux familles et agriculteurs du douar voisin. Houria et Redha ont confié la direction du projet culturel Dar Al-Mam'ûn à Carleen Hamon et Julien Amicel, deux professionnels qui mettent en commun leurs connaissances respectives dans le commerce de l'art, les actions culturelles et la conception et mise en œuvre de résidences artistiques. Ils ont concocté un projet très riche qui englobe un pôle de résidences arts plastiques et arts visuels, une bibliothèque avec bientôt 15.000 ouvrages en arabe et en français, un pôle de recherche en traduction littéraire dirigé par l'écrivain, critique et traducteur Omar Berrada. "La traduction de l'arabe vers le français et du français vers l'arabe nous apparaît primordiale, car il y a nombre d'ouvrages de références non traduits". Pour compléter cet ensemble unique, un Centre d’Art verra prochainement le jour pour accueillir des expositions d'envergure internationale. Les artistes invités à séjourner à Dar Al-Mam'ûn sont sélectionnés par un Jury composé de professionnels de renom tels que galeristes, directeurs d'institutions culturelles, critiques d'art ou commissaires d'exposition. Les lauréats bénéficient d'une bourse de production d'œuvre de 5.000 euros, logement, repas, atelier et transport de leurs œuvres jusqu'à leur pays d'origine. Les membres du jury et des professionnels suivent de près le travail des artistes, un suivi très important pour favoriser la diffusion des œuvres produites et aider les artistes à intégrer des réseaux professionnels internationaux. L'inauguration officielle prévue en juin dévoilera le programme des conférences, projections de films et vidéos, lectures, débats, expositions et performances à venir. Une bonne occasion de se rendre sur place et de profiter aussi de l'accueil hôtelier, des restaurants gastronomiques et thaïlandais, piscines, massages thaï ou cours de yoga dans un cadre propice à la détente et à l'émerveillement des sens. Fellah - Dar Al-Ma'mûn : km 13 route de l'Ourika www.dam-arts.org


ENGLISH

Culturally

intelligent tourism…

L’équipe de la bibliothèque formée de bibliothécaires français et marocains.

We were starting to loose hope… but they have now opened their doors! The Fellah guest palace hotel, its Dar Al-ma’mûn artists residence and its amazing library are up and running, and set to be inaugurated in June.

1

3km from Marrakech on the Ourika road, the (surprisingly) chocolate-coloured architecture distributed over 7 hectares of land includes 10 villas, each boasting a surface area of 850m2. The proud owners of this unique vanue, Houria Afoufou and Redha Moali, have made radical changes to their lives in order to devote themselves to this space dedicated to arts and literature, also part of a local sustainable development programme via school educational schemes and support for neighbouring douar families and farmers. Houria and Redha have entrusted the management of the Dar Al-Mam'ûn cultural project to Carleen Hamon and Julien Amicel, two professionals who have combined their respective expertise in the art trade, cultural events and designing and setting up artists residences. They have concocted a very rich project that encompasses a fine and visual arts residence centre, a library, soon to hold 15,000 works in Arab and French, and a literary translation research centre managed by author, critic and translator Omar Berrada. "Translating from Arab into French and French into Arab is one of our priorities. Indeed, a great number of reference works have not yet been

translated". To complete this unique collection, an Art Centre will soon see the light in order to welcome exhibitions of international calibre. Artists invited to stay at the Dar Al-Mam'ûn are chosen by a Jury made up of renowned professionals, including gallery owners, cultural establishment directors, art critics and exhibition curators. The selected artists will be given a 5,000 euro work production grant, accommodation, meals, a studio and transport for their pieces to their country of origin. The members of the jury and professionals will closely follow the artists’ work: an essential approach to encourage the circulation of the pieces created and help artists integrate international professional networks. The official inauguration scheduled in June will unveil the programme of future conferences, film projections and videos, lectures, debates, exhibitions and performances. A great occasion to visit the facilities and also take advantage of the hotel, the gastronomic and Thai restaurants, swimming pools, Thai massages and yoga lessons in a setting conducive to relaxation and wonder. Fellah - Dar Al-Ma'mûn : km 13 route de l'Ourika www.dam-arts.org


048/agenda

CQFD Ailleurs

LE TOUR DES EXPOSITIONS Par : Sylvie Gassot

VIENNE

Jusqu’au 13 juin au Musée du Belvédère : “Egon Schiele” Peintre des pulsions, révélé par une œuvre considérable dont une centaine d’autoportraits, Egon Shiele est un artiste majeur. Son trait, sale et violent, signe des corps anguleux et contorsionnés, nerfs à vif, chair tuméfiée, mains arachnéennes, regard noir et hautain où le sexe, comme dans un éclair de vérité, est omniprésent. Artiste météore, il meurt de la grippe espagnole en 1918 à la veille de ses 30 ans. Sa peinture, comme un miroir grossissant de ses angoisses, traduit une âme follement tourmentée où l’introspection, à l’opposé de la contemplation narcissique, prend le visiteur aux tripes en touchant au plus profond de la condition humaine. Implacable. www.belvedere.at

Paul McCarthy Tomato Head (Burgundy), 1994 - Fiberglass, urethane plastic, rubber, metal, and clothing, 213.3 x 139.7 x 111.7 cm - D. Daskalopoulos Collection Installation view: Tomato Heads, Rosamund Felsen Gallery, Santa Monica, California, May 3–28, 1994 Artwork © Paul McCarthy. © Douglas M. Parker Studio, Los Angeles

BILBAO

Jusqu’au 11 septembre 2011 au Guggenheim Bilbao : “L’intervalle lumineux” La première présentation publique des oeuvres du collectionneur grec et mécène Dimitris Daskalopoulos est un évènement. A la tête d’une des collections privées d’art contemporain les plus considérables, il expose au travers de 60 œuvres une vue d’ensemble des différents mouvements artistiques emblématiques des années 80 à nos jours. Un parcours qui favorise la sculpture et de nombreuses installations grand format. Avec audace, il organise un dialogue entre artistes confirmés comme Louise Bourgeois, Paul McCarthy, Robert Gober, Kiki Smith ou Martin Kippenberger, et de jeunes talents émergents comme Paul Chan, Wangechi Mutu ou Kelly Walker. Un vrai pari réussi ! www.guggenheim-bilbao.es

LONDRES

Jusqu’au 11 septembre à la Tate Modern : “Miro”  Apôtre du surréalisme, Miro, dans un feu d’artifice de couleurs luxuriantes, n’a cessé de célébrer ses racines et sa Catalogne natale. Politiquement très engagées durant la guerre civile d’Espagne, ses toiles reflètent la passion d’un artiste, symbole de la résistance et de l’intégrité. En six décennies d’un travail acharné, il laisse une œuvre majeure fondatrice de la peinture abstraite. En présentant plus de 150 peintures, dessins, sculptures et estampes, ce magnifique hommage à l’œuvre de Juan Miro s’annonce comme l’événement de la saison. www.tate.org.uk

LISBONNE

Jusqu’au 31 mai au Musée de l’Orient : “Commandes Namban”  Méconnue, la présence des marchands et missionnaires Portugais au Japon, entre 1543 et 1639, appelés “Nanban-jin” (Barbares du Sud), donna naissance au style Namban. Propriétaire de ses fameuses “Commandes Namban”, le Musée de l’Orient inauguré en 2008 sur les anciens docks de Lisbonne, au bord du Tage, expose une soixantaine de ses œuvres exceptionnelles. Réalisés par des artisans japonais, le mobilier, les tissus, les armes et peintures de style Namban se caractérisent par un décor couvrant d’animaux et d’oiseaux avec des incrustations de nacre. Cet art délicat témoigne de l’influence portugaise de l’Asie mineure à l’Extrême-Orient avec raffinement et beaucoup d’émotion. www.museudooriente.pt


050/agenda

CQFD Ailleurs

LE TOUR DES EXPOSITIONS Par : Sylvie Gassot

Jusqu’au 18 septembre au Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris - Petit Palais : "CHARLOTTE PERRIAND DE LA PHOTO AU DESIGN" A travers 380 photos, souvent inédites, et plus de 70 pièces de mobilier -de la première table qu’elle créa pour elle en 1927 à la dernière en 1996-, cette rétrospective invite au coeur du processus de création de Charlotte Perriand. L’œil en éventail, l’artiste d’avant-garde dévoile ses sources d’inspiration dans ce laboratoire secret où la richesse de la nature dialogue avec son intelligence malicieuse. Inspirée par l’observation d’une découpe de tronc d’arbre, l’équilibre d’une arête de poisson ou d’un brochet de poulet, elle nous entraîne dans l’intimité de sa démarche. Engagée en faveur de l’habitat social, l’architecte designer proche de Le Corbusier invente un nouvel art de vivre d’une modernité minimaliste et universelle. Partenaire de l’expo, la maison Cassina reconstitue la banquette "Méandre" en bambou et bois de 1940. Une première ! www.petitpalais.paris.fr

PARIS Jusqu’au 15 mai au Musée du Quai Branly : “L’Orient des femmes” Christian Lacroix fait jaillir les couleurs du Proche-Orient au Musée Branly. Chacune des 150 robes exposées est un arrêt sur image sur la vie d’une femme : robes de fête, de paysannes syriennes, jordaniennes ou palestiniennes. En coton ou lin brodé, ces parures du XIXe à nos jours offrent l’opulence d’un rouge sublimé d’indigo sur les manches ou au bas du vêtement pour éloigner le mauvais œil. Magicien de la couleur, Lacroix révèle la dimension esthétique, historique et ethnologique, de l’art vestimentaire en Orient. Manteaux, voiles de Bédouine, coiffes, traduisent un marqueur social, géographique et religieux. Hommage à l’art millénaire de la broderie, ce parcours féerique témoigne d’un précieux artisanat transmis de mère en fille. Guidé par la couleur des fils sur le coton noir, l’argent lamé, la soie rayée des doublures, la coupe des robes et la teinture des étoffes nouées, Lacroix scénarise un superbe écrin pour ces pièces uniques issues de la collection privée de Madame Widad Kamel Kawar (Jordanie). A noter, une robe d’enfant du XIIIe siècle retrouvée dans une grotte au Liban… www.quaibranly.fr

Eugène Rubin vers 1946. Madame Grès posant à côté de son modèle.© Eugène Rubin

Jusqu’au 17 juillet au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris  : “Van Dongen, fauve, anarchiste et mondain” Peintre hollandais, artificier du fauvisme, Kees Van Dongen est l’une des grandes figures de la scène parisienne des années folles. Rebelle, prompt à la caricature et à la dénonciation sociale, il ravive son pinceau et régénère la couleur par de fréquents voyages au Maroc et en Espagne. S’il réinvente l’Orient, c’est surtout la vie de bohême, à Montparnasse, qui lui apporte un succès immédiat. Durant ses “années cocktail”, il capte une femme à connotation érotique et au visage fardé jusqu’à la déformation grâce à la lumière électrique qu’il emprunte à Degas et ToulouseLautrec. Croqueur de stars et de beautiful people, il théâtralise les postures, costumes et accessoires, et révèle la nature factice de personnalités n’existant que par leur rôle social. Sa verve et sa liberté surprennent en 90 toiles, dessins et céramiques, comme un témoignage des névroses élégantes du tout-Paris ! www.mam.paris.fr

Jusqu’au 24 juillet au Musée Bourdelle : “Madame Grès, la couture à l’œuvre” Première rétrospective consacrée à Madame Grès (1903-1993), ce voyage à travers 50 ans de création réserve une place de choix aux pièces emblématiques de la fameuse maison de haute couture. Adulée pour ses drapés à l’antique, ses robes asymétriques et sans couture, elle invente avec de la faille ou du taffetas une économie de lignes et de volumes, transformant le corps de la femme en déesse. “Je voulais être sculpteur. Pour moi c’est la même chose de travailler la pierre et le tissu !” Dans cet aveu qui guida toute sa vie, se trouve le secret de l’apparente simplicité de son art qui dissimule sous une grande pureté l’extrême complexité d’un pur génie intemporel. www.bourdelle.paris.fr


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052/hautevoltige

Par : Sylvie Gassot  Photos : Patrick Domec

SADEK EL BAHJAOUI

L’homme qui murmure à l’oreille des chevaux

A

As de la voltige et du dressage, ce jeune Marrakchi surdoué mène sa carrière internationale au galop... l’âge de 6 ans, Sadek El Bahjaoui monte à cheval pour la première fois et découvre un monde bigger than life ! Tombé dans l’équitation comme Astérix dans sa potion magique, il excelle en voltige à l’Académie des Arts Equestres de Ouirgane. Avec la cascade pour alphabet, il participe en compagnie de deux de ses frères à de nombreux spectacles. Puis, à 9 ans, intègre en France -avec ses aînés- la prestigieuse école du cirque d’Anne Fratellini. "De ces années d’apprentissage et de performance, je garde, confie-t-il avec nostalgie, le souvenir d’une belle aventure malgré le déchirement de quitter ma famille et mon pays." En rejoignant Mustapha son grand frère, devenu directeur d’une écurie de dressage dans le sud de la France, il suit alors une formation classique et générale. A 17 ans, repéré par Bartabas, Sadek El Bahjaoui entre dans sa fameuse troupe Zingaro et parcourt l’Europe pendant 3 ans. De cette folle cavalcade, il garde un fabuleux souvenir : "Côtoyer Bartabas a été très  formateur et m'a donné le goût de la mise en scène. Grâce à cette vie en communauté, j’ai appris le respect d’autrui. Et même si la pédagogie n'est pas son point fort (sourire), techniquement et artistiquement, j’ai pu m’enrichir chaque jour un peu plus au contact de son univers foisonnant. Bartabas est un modèle pour moi et je respecte énormément ce qu il a apporté au monde du spectacle équestre depuis déjà 25 ans."  En 2002, Sadek El Bahjaoui décide enfin de voler de ses propres ailes. Sa route croise celle de Lucien Gruss puis de Jean-François Pignon qui signe les numéros équestres du film "Danse avec lui". En 2009, avec la bénédiction de son maître écuyer, Bartabas, il se lance en solo et achète trois chevaux. Avec la liberté, la voltige et le dressage pour socle, il crée des numéros uniques au monde et fascinants.


Ce que je ressens est indescriptible ! C’est le sentiment de ne faire qu’un avec l’animal. Sensible au son de la voix, le cheval l’est surtout à l’amour que lui porte son dresseur. Chaque professionnel a sa propre technique, la mienne est la suivante : respect mutuel, amour, régularité et assiduité dans le travail de dressage adapté à chaque animal. J’essaye d’être le plus zen et serein possible. Les chevaux ressentent tout, donc si je veux obtenir le meilleur d’eux, je me dois d’être extrêmement cool. Notre dialogue s’établit sur des codes gestuels et corporels, avec un langage particulier pour chacun. Chaque animal est différent. Il faut vivre avec eux pour s’adapter à leur personnalité et gérer leurs particularités. Les chevaux m’apportent humilité et remise en question jour après jour. J’essaie de les dresser le plus intelligemment possible, avec méthodologie, amour, justesse et respect.

Guerrier reveur

Aujourd’hui, l’artiste cavalier nous ouvre son monde haletant. D’une beauté fracassante et athlétique, catogan au vent, il galope à 28 ans d’un pays à l’autre avec une âme de “Guerrier rêveur”. Ce numéro de voltige Cosaque acclamé au dernier salon du cheval d’El Jadida a été honoré du soutien de Son Altesse Royale Mohamed VI. Alors que le cœur de sa maman débordait de joie, les spectateurs, eux, avaient des étoiles plein les yeux… Quelque chose de magique dans la chimie intime de ce virtuose relève de l’extraordinaire. Visage peint, geste souple et ferme, ce jeune seigneur de l’équitation invente un corps à corps en miroir avec Isaure, sa jument de 11 ans. A cru, libéré des contraintes du harnachement, dans un enchevêtrement sensuel, il flatte la croupe, s’élance, tourbillonne en l’air et tutoie les dieux dans un galop furieux, avant de fondre sur la robe de sa monture. Noce improbable du fond et de la forme, il épouse l’air et le cheval avec la simplicité d’une extrême sophistication. Bienvenue dans une autre dimension où l’homme gagne en animalité et le cheval

en humanité. Ce chassé-croisé d’émotions ouvre la frontière troublante d’un rêve éveillé sur une partition tzigane qui vrille les lois de l’apesanteur. Mystère d’un accord parfait qui provoque un choc visuel et explose tous nos repères. Où s’arrête l’homme ? Où commence l’animal ? On assiste à la naissance poétique d’un nouvel homme cheval… La réalité rattrape le mythe du Centaure dans cette success story tissée de rencontres, d’efforts, de travail et de patience. En tournée internationale avec le Magnifico Show d’André Heller, Sadek El Bahjaoui rêve d’ouvrir à Marrakech son Académie équestre pour transmettre son savoir-faire aux jeunes talents : “Mon but ultime est de mettre en évidence la richesse artistique de mon pays à travers sa culture équestre et son histoire. Ce retour aux sources marquerait l’apogée de mon épanouissement. Car le Maroc peut devenir une vitrine équestre et artistique de renommée internationale.” Fascinés par son don, nous lui avons demandé de nous livrer le cœur de ses émotions en commentant lui-même quelques photos de ses exploits. Magnifico, non ? www.magnifico-show.com

Debout sur un cheval : J’adore ça !!!!!! J’ai le sentiment de jouer de la musique, avec le cheval pour chef d’orchestre ! C’est une sensation de bonheur absolu, comme rêver debout... Je me concentre en travaillant énormément la respiration et en pratiquant plusieurs heures de relaxation avant chaque spectacle, sans rituel particulier. Au menu de mon quotidien : danse, acrobatie, fitness et stretching. Mon hygiène de vie est rigoureuse : alimentation variée et équilibrée. Mes tatouages de peinture blanche sur le corps ont une signification : force et courage, c’est mon côté tribal ! Je travaille chaque jour entre 4 et 8 heures avec chacun de mes chevaux, en fonction de l’avancement de leur dressage. Bien sûr, j’ai le trac et mon meilleur remède pour qu’il se transforme en énergie positive est le travail en amont ! Alors, seulement, je donne le meilleur de moi-même au public.


ENGLISH 054/hautevoltige

SADEK EL BAHJAOUI

THE HORSE WHISPERER

This young acrobatics and dressage ace from Marrakech is leading his international career at a gallop…

S

adek El Bahjaoui got on a horse for the first time at 6 years of age and discovered a world larger than life! Learning to ride at such an early age, he excelled in acrobatics at the Académie des Arts Equestres in Ouirgane. This natural-born stuntman took part with his two brothers in a number of shows. At nine years of age, he joined the prestigious Anne Fratellini circus school in France with his older brothers. "These years of learning and achievement were a wonderful adventure for me, despite the wrench of having to leave my family and my country behind”, he nostalgically entrusts. Joining his older brother Mustapha, manager of a horse training stable in the south of France, he followed a classical and general education. At 17, Sadek El Bahjaoui is spotted by Bartabas and joins his famous Zingaro troop, travelling throughout Europe for the next 3 years. He has fond memories of this crazy cavalcade: "Working alongside Bartabas was enriching and gave me a taste for production. Thanks to this community life, I learnt consideration for others and even if teaching is not his forte (he smiles), I was able to progress technically and artistically a little more every day in contact with his rich and diverse world. Bartabas is a role model for me and I have great respect for what he has brought to the world of equestrian performing arts in the past 25 years."  In 2002, Sadek El Bahjaoui finally decided to stand

on his own two feet, his path crossing that of Lucien Gruss then Jean-François Pignon, who created the equestrian numbers in the film "Danse avec lui" [Dance with him]. In 2009, with the blessing of his riding master Bartabas, he launched his solo career and bought three horses. With freedom, acrobatics and dressage as a foundation stone, he creates unique and fascinating performances. Dreamy warrior Today, the rider artist is opening up his breathtaking world to us. With sensational and athletic beauty and headpiece streaming in the wind, this twentyeight year old gallops from one country to the next with the spirit of a “Dreamy warrior”. His Cossack acrobatic number critically acclaimed during the last horse trade show in El Jadida was honoured with the support of His Royal Highness Mohamed VI. As his mother’s heart brimmed with joy, the audience had nothing short of stars in their eyes… There is indeed something magical about this virtuoso’s extraordinary innermost chemistry. With his painted face and firm but supple movements, this young horse-riding lord has invented a mirror-image corps-à-corps routine with his 11-year-old mare, Isaure. Riding bareback in a sensual entanglement, free from the constraints of the harness, he strokes the croup, leaps up, whirls into the air and rubs shoulders with the Gods in a furious gallop, before blending into his mount’s

robes. An unlikely combination of content and form, he embraces the air and the horse with the simplicity of extreme sophistication. Spectators delve into another dimension, in which man gains in animality and the horse in humanity. This to-ing and fro-ing of emotions opens up the unsettling boundaries of a waking dream on a score of Gypsy music that pierces the laws of gravity. There is great mystery in the perfect harmony that provokes a visual shock and scatters all of our reference points. Where does the man end and the horse begin? The result is the poetic birth of a new horseman… The reality catches up with the myth of the Centaur in this success story built on encounters, effort, work and patience. On international tour with André Heller’s Magnifico Show, Sadek El Bahjaoui dreams of opening his own horse-riding Academy in Marrakech, to be able to pass on his expertise to new up and coming talent: "My ultimate goal is to highlight my country’s artistic wealth via its equestrian culture and history. This return to my origins would mark the peak of my career. Indeed, Morocco is more than able to become an internationally renowned equestrian and artistic showcase.” Fascinated by his gift, we asked him to tell us of his deep-felt emotions by commenting a few photos of his exploits. Magnifico, don’t you think? www.magnifico-show.com


056/culture

Par : Sylvie Gassot

LIVRES

Une sélection de bonnes feuilles pour voyager dans l’imaginaire de belles plumes ! LES PETITS

Simple en apparence, cette histoire d’amour s’installe par paliers, cimentée par l’arrivée régulière des enfants… Et pourtant, on s’interroge : même une love story non passionnelle finit-elle mal en général ? Christine Angot choisit de ne pas faire mentir la chanson… Au microscope, elle sonde chaque détail coupable de fissurer la maison du bonheur. L’implacable violence quotidienne lézarde les murs, la narratrice et ses petits… Faut-il renoncer ? Qui va gagner ? Quel rôle joue l’argent ? Avec son style réaliste et direct, elle explore l’indicible frontière qui, de Mars à Vénus, tisse un parpaing d’incompréhension entre ses tristes héros. Sombre, elle scanne les luttes sociales, raciales et sexuelles au cœur de cette famille urbaine et bancale. Manipulation et hostilité taguent sournoisement la carte du tendre. Preuve, une fois encore, que l’on ne fait pas de littérature avec de bons sentiments ! “Les Petits” de Christine Angot, Flammarion.

UN COUP A PRENDRE

Antoine a attendu pour être père de ne plus vivre avec sa femme ! Comme beaucoup d’hommes, il a du mal à faire deux choses en même temps… Confronté en solo, à un rôle de “super papa” pour lequel il n’existe aucun stage, il gère ce Yalta de la rupture et les insoupçonnables dégâts collatéraux après 10 ans d’une histoire d’amour lâchement décolorée. Joyeux, même si le remord le ronge, il se cache pour ne pas craquer et livre son quotidien avec une honnêteté bouleversante. Tout en acceptant l’aide des filles, il cajole l’espoir secret d’un flash-back

sur les années bonheur. Par nécessité, il affronte, avance, puis bascule dans le bataillon des convoqués au tribunal de grande instance. De ce léger passage à vide, confié sans pathos ni fioriture, Xavier de Moulins témoigne qu’aux amours qui trépassent, survivent les enfants pour le meilleur. A condition d’adopter son titre comme méthode Coué : dans la vie, tout n’est qu’un coup à prendre ! “Un coup à prendre” de Xavier de Moulins, Editions Au Diable Vauvert.

LA MECQUEPHUKET

Comment aimer Dieu et se faire du bien ? Face à ce dilemme universel au message direct, Safia Azzedine excelle par un style tranchant et l’humour délicieusement provoquant dont elle arme ses personnages. Deux sœurs décident d’économiser sur leurs petits boulots afin d’offrir à leurs parents le voyage “syndical” d’une vie bien-pensante : un pèlerinage à la Mecque. Pour dire pardon à Dieu. Mais au dernier moment, Fairouz achète un billet destination Phuket. Objectif : dire merci à

Dieu ! Au fil des pages, sa lucidité griffe, notamment le fondamentalisme qu’elle combat par l’absurde : “Quelle idée de génie quand même. C’est pas moi, c’est Dieu qu’a dit : version mystique de “Jacques a dit”, en plus sanguinaire et moins poilant.” Son roman, lui, à l’inverse des deux précédents, est moins “sanguinaire” et plus “poilant”. Adapté au cinéma, Safia Azzedine va en signer la réalisation et sûrement jouer le rôle titre. Succès en vue… “La Mecque-Phuket” de Saphia Azzeddine, Editions Léo Scheer.

INDIGNEZ-VOUS

Best-seller absolu, comme l’édition indépendante en connût rarement, “Indignez-vous” est en train de devenir le refrain d’une conscience citoyenne, toutes générations confondues. A 93 ans, son auteur, l’œil vif et la pensée en alerte, prône l’insurrection pacifique. De ses années de Résistance, devenu Ambassadeur de France et commandant de la légion d’honneur, il a forgé son goût de l’engagement pour les combats en faveur des droits de l’homme, notamment en Palestine.

Ses propos clairs ravivent avec une force tonique l’indispensable dignité du juste combat. Issu d’une conversation avec Sylvie Crossman, ce livre, aussi mince que fondateur, éclaire une philosophie fondée sur l’espoir et la vigilance. Conforté par Albert Camus : “Les gouvernements, par définition, n’ont pas de conscience”, Stephane Hessel redistribue à chacun -en son âme et conscience- les cartes d’un avenir meilleur, sous condition de maintenir sans relâche la flamme d’une indignation vitale, baptisée l’humanité. “Indignez-vous” de Stéphane Hessel, Indigène Edition.

MICHAEL JACKSON

Autofiction d’une génération d’étudiants, ce roman livre corps et cœur une bande de copains où évoluent Luc et Maud. Construit en 3 parties, ils interviennent à l’identique, et pourtant tellement différents… Issus d’une famille jurassienne, nos protagonistes partagent une histoire d’amour où tout se tisse entredeux : la passion, l’espoir, l’amitié, l’avenir… Quittant l’adolescence, ils flirtent

à pleins poumons avec la vie et rament dans cette liberté nouvelle et fugace avant d’entrer de plain-pied dans l’âge adulte. Porté par un style d’orfèvre qui célèbre la quintessence de la langue française, “Michael Jackson” doit son titre à l’impact du chanteur sur ses fans. Pierric Bailly distille avec élégance et ambition l’émotion fragile de l’univers des possibles. Après le succès de son premier roman, “Polichinelle”, il poursuit une œuvre cohérente et formidablement attachante. “Michael Jackson” de Pierric Bailly, P.O.L.

LES PLUMES DU DINOSAURE

Elu meilleur polar de la décennie par le DR Crime’s Book Club, traduit en 15 langues et prix du meilleur roman danois 2010, cette enquête préhistorique est signée par un biologiste de renom. Anna Bella, mère de la petite Lily, vient de rendre sa thèse de doctorat où elle conteste la découverte de dinosaures à plumes. Débordée, l’héroïne trouve du réconfort auprès de Johannes, un jeune homme androgyne et fervent amateur de gothique. Mais son monde s’écroule lorsque l’on découvre son professeur de thèse mort dans son bureau dans des circonstances suspectes. Quelqu’un a dû déposer une larve de cestodes dans sa nourriture. Le plus jeune commissaire du Danemark mène l’enquête quand survient un deuxième meurtre : celui de Johannes ! Suspens, émotion, frayeur, horreur… tous les ingrédients du succès nous tiennent brillamment en haleine. “Les Plumes du dinosaure” de SisselJo Gazan, le Serpent à plumes.


058/culture

Par : Sylvie Gassot

BEAUX LIVRES

Des livres grand format pour se laisser envoûter par l’image et captiver par le texte...

quatre coins de la planète. De l’Amérique du sud au cap nord, entre cabanes high-tech et châteaux post-modernes, on est bien loin du simple refuge… Mention spéciale pour la passionnante Roca House del Este, en Uruguay, signée par l’architecte chilien Mathias Klotz. Depuis le temps où les colonnes Grecques incarnaient des arbres stylisés, le recours au bois, presque aussi ancien que l’art de construire luimême, n’en finit pas de nous surprendre et de nous charmer. “Wood Architecture Now !”, Philippe Jodidio, Taschen.

ARAB ART

Passionné d’art Oriental, le couple d’auteurs partage la chaire universitaire d’art islamique et asiatique du Boston College, ainsi que celle de la Virginia Commonwealth University. Dans cet ouvrage richement illustré, ils partent sur les traces d’Emile Prisse d’Avennes, orientaliste français du XIXe siècle, auteur et dessinateur au talent puissant. Fervent admirateur des techniques artisanales, il explore pendant 40 ans les merveilles de Syrie, d’Egypte, de Grèce et de Palestine… Avec force croquis, il témoigne du génie et de la fantaisie d’une civilisation avancée, au remarquable talent, dont l’influence rayonne jusqu’en Europe. Admirable recueil sur le développement de l’art arabe, ce livre fourmille de détails pour en appréhender toute sa splendeur et sa grande diversité. Avec 32 chromolithographies d’une qualité rare illustrant habitants et costumes de la vallée du Nil, cet ouvrage grand format prend valeur de constante source d’inspiration. “Arab Art”, Sheila Blair et Jonathan Bloom, Taschen.

UNE BLONDE A MANHATTAN

Pour fuir l’insoutenable pression de la Twentieth Century Fox, Marylin, indomptable, s’exile à New York et rejoint Lee Strasberg à l’Actor’s Studio. En quête de sens, la star veut effacer son image de blonde écervelée et décide d’inventer avec le photographe Ed Feingersh un nouveau type de reportage diabolique et efficace. Pendant sept jours, il la shoote dans les lieux les plus ordinaires, du métro à sa chambre

d’hôtel… Après 1955, le photographe perdra tout goût pour la création. Que s’est-il donc passé pendant cette semaine extraordinaire ? Les fameuses photos, enfin publiées, ont été gardées secrètes et retrouvées 30 ans après sa mort. Forcément sublimes, loin des clichés, ces pépites offrent une illusion d’intimité torride entre le lecteur et la star. Au plus près de sa vérité, Marylin s’offre comme un diamant brut ! “Une Blonde à Manhattan”, Adrian Gombeaud, Le Serpent à plumes.

ARCHITECTURE INTERIEURE

Sarah Lavoine capte les tendances avec élégance et intelligence. Elle distille un art de vivre harmonieux avec une palette de couleurs et de matériaux -bois, verre, zinc, textilequi flattent les volumes. Sa signature ? Un style arty et chic. Fourmillant de conseils et d’adresses pratiques, la décoratrice nous entraîne, avec moult photos pleines pages, sur 15 chantiers menés tambour battant par son agence. Organisé en chapitres, son livre

appréhende chaque pièce, suscitant l’irrésistible envie de réinventer salon, cuisine, salle de bain, chambre ou extérieur… Non seulement elle livre son savoir-faire, mais elle ouvre son propre univers. Sa bastide du Gers, hymne à la nature et à la convivialité, est un modèle de maison du bonheur. Et son appartement parisien, une ode au chic urbain et familial. Elle conjugue espace et lumière avec l’art de croiser ses passions : design, voyage, confort. Sarah Lavoine : “Architecture Intérieure”, Caroline Wietzel et Guillaume de Laubier, Editions de la Martinière.

PIERRE HERME INFINIMENT

Quand l’univers graphique de Ich&Kar rencontre l’excellence de la gourmandise avec le maestro Pierre Hermé, le résultat est décoiffant. Avec la complicité du photographe Jean-Jacques Pallot l’ordinaire devient extraordinaire. Une flaque de chocolat se métamorphose en toile de Jackson Pollok, une poignée de fruits en œuvre d’Irving Penn et de minimalistes gouttelettes en symboles version Damien Hirst. Doux, ludique et

acidulé, ce livre de recettes excite les papilles et envole les saveurs. Véritable bible des becs sucrés, le master chef du dessert impose son rôle de leader créatif et surprend par la poésie et la maîtrise du traitement graphique. Grâce aux variations typographiques, les lettres crépitent, frétillent et pétillent pour élever la pâtisserie au rang de grand art. Cerise sur le gâteau, la foultitude de recettes extrêmement détaillées, vous mettra l’eau à la bouche… “Pierre Hermé infiniment”, par Ich&Kar, Editions Agnés Viennot.

WOOD ARCHITECTURE NOW !

Ecologique, renouvelable, solide, universel… le bois, matériau plein de mémoire et d’avenir, est incontestablement le grand favori de tous les architectes contemporains. Cintré, résistant et séduisant, il se prête à toutes les formes pour s’adapter aux projets les plus ambitieux, comme en témoigne ce magnifique volume de 400 pages. Visite guidée et très habilement commentée d’une belle palette de bâtiments contemporains de toute nature, édifiée aux

La Mamounia

Maroc, Marrakech, Mamounia…Trois mots pour s’évader, symboles de rêve, de luxe et d’art de vivre ! Pour célébrer la magnificence de 3 ans de rénovation signée par le décorateur français Jacques Garcia, en étroite collaboration avec les meilleurs maâlems marocains, ce livre propose un voyage en 130 photos, pleine page, au cœur du Palace en majesté. Le répertoire décoratif de cette renaissance, héritage du passé prestigieux du palais hispano-mauresque, célèbre la splendeur du marbre, du cuivre ciselé, des soieries diaphanes et des jardins des Mille et une nuits. A l’abri des remparts de terre rose, entre tradition et modernité, c’est tout l’art de vivre et le meilleur de l’hospitalité qui embaument l’espace comme une éternelle promesse de bonheur. Un lieu aussi intelligent que sublime où plane toujours l’ombre de Churchill, Hitchcock ou Orson Wells, mais qui vous invite à inscrire votre propre histoire, car l’avenir de la Mamounia s’annonce aussi riche que son passé, unique au monde ! “La Mamounia”, Laure Verchère, Assouline.


060/roman

Par : Sylvie Gassot 

Abdellah

Taïa

L’incarnation du “Moroccan dream”


Couronné du prix de Flore pour son septième livre, “Le Jour du Roi”, le lauréat vit à Paris, une mélancolie marocaine tatouée au cœur…

S

alué par la critique pour son style limpide et son courage à aborder des sujets tabous, Abdellah Taïa affiche la modestie de ceux qui rêvent en XXL et qui, par superstition, hésitent à se livrer pour ne pas hypothéquer l’avenir. L’œil écureuil, le geste souple, il goûte en souriant sa récente notoriété. Au Café de Flore, le serveur réclame une dédicace à l’enfant de Salé dont le livre est marqué par la honte de la pauvreté et de la faim. Il se raconte entre Anne Sinclair, de passage à Paris, et Laure Adler qui vient de le recevoir sur RFO. Si la baraka illumine enfin son âme de guerrier forgée à la force du stylo, il canalise son énergie pour frôler son “Moroccan dream”. Fan de Gary Cooper, David Bowie et Isabelle Adjani, Abdellah Taïa rit avec Gad El Maleh et désigne, à 37 ans, “L’Age d’homme” de Michel Leiris comme livre de chevet. Confidences… Marrakech Mag : De votre naissance à Salé au Prix de Flore, quel est votre parcours ? Abdellah Taïa : Je suis né dans une famille très pauvre, l’avant-dernier de 9 frères et sœurs. Une enfance dure, précaire, avec parfois rien à manger. Mon père était chaouch à la bibliothèque de Rabat et je réalise aujourd’hui à quel point ces années ont forgé ma façon de regarder le monde. Il recouvrait nos manuels de classe de couvertures cartonnées quand ils étaient fatigués. Avec le recul, je réalise que si j’écris c’est sans doute parce qu’enfant, le livre était sacralisé… Ma fidélité au Maroc m’impose de parler des gens auxquels, il me semble, personne ne fait attention ! Major de ma promotion, pendant 5 ans à l’université Mohamed V de Rabat, j’ai reçu une bourse pour décrocher à Genève un DESS de Littérature sur la naissance de la mélancolie au XVIIIe siècle. J’ai enchaîné à Paris avec un DEA sur Crébillon fils et une thèse de doctorat sur Fragonard. MM : Vous avez appris le français tard, vous arrive-t-il, comme votre héros, de vous interroger : “Qui suis-je si je ne suis plus Marocain?” AT : J’ai été élevé en arabe, car le français au Maroc est une langue de riches mais je voulais absolument me l’approprier pour gagner la liberté de m’affirmer. En 1992, j’ai commencé à écrire un journal intime, prémisse de littérature. A 14 ans, en tombant sur le magazine de cinéma Première, j’ai été fasciné par Isabelle Adjani qui faisait la couverture pour Nosferatu de Werner Herzog. Comme une muse, elle a nourri mes fantasmes et auréolé le champ de mes rêves. Je voyais en elle le symbole d’une parole engagée que je voulais partager. Car je suis façonné, même si je ne m’en rends compte qu’aujourd’hui, par mes années Maroc. J’ai trahi souvent, mais je reste fondamentalement fidèle et éprouve une grande fierté pour mon nom que j’adore. Abdellah : l’esclave de Dieu, Taïa : le soumis. Ça sonne bien non ? MM : “Le Jour du Roi” illustre la lutte des

classes. L’amitié amoureuse du jeune et pauvre Omar avec le riche Khalid se déchire autour d’un rêve fou : voir Hassan II nu. Quelle est la part d’autobiographie dans le roman ? AT : Honnêtement, 50% du livre ! Toute mon inspiration vient de mon premier monde, celui de l’enfance, que je transforme en littérature. Cette peur du Roi est ancrée en nous. Beaucoup de Marocains continuent à avoir peur d’Hassan II, même mort ! Mon audace vient de la distance que m’apporte la littérature. J’ai grandi dans un islam libre, détendu, et non pas figé dans quelque chose de vide. Je ne veux pas renoncer à cette part de culture et d’héritage qui me vient de ma mère qui allait, comme mon père dans le roman, voir une voyante. MM : En affirmant votre homosexualité dans “Le Rouge du tarbouche”, vous avez levé un tabou au Maroc. AT : Avoir peur d’avouer mon homosexualité aurait été me trahir moi-même et cela n’a aucun sens. Tant mieux si j’ai libéré la parole avec ce geste de liberté et marqué les mémoires. Ecrire, permet de révéler des images fortes et violentes tapies dans l’inconscient, et qui surgissent par vagues dès que l’on se sent prêt à se livrer. Alors, tout revient comme dans “Le Premier homme” d’Albert Camus. Seule, cette vérité permet de fixer une écriture en offrant à l’artiste un rôle de médiateur en terme d’histoire, de transgression, d’injustice et de liberté! MM : Le noir est la couleur qui domine le livre. AT : C’est exact, “Le Jour du Roi” chemine jusqu’au meurtre où le sang noircit. Mais moi, dans la vie, j’aime le vert. C’est la couleur Sainte de l’islam, celle du tajine au fenouil que cuisinait ma mère et que personne n’aimait sauf moi mais qui me manque tant aujourd’hui. C’est aussi la couleur de mes sandales en plastique, enfant… MM : Pour vous, la vie n’a rien du conte de fée, c’est un compte de faits ? AT : Vous avez bien résumé. Chaque avancée se gagne à force de travail. J’ai enchaîné tous les petits boulots pour survivre. Mes belles rencontres sont un bonus magique, mais c’est seul qu’il faut mener ses projets et par la volonté qu’on avance. Les prières de ma mère qui m’implorait de ne jamais laisser tomber me renforcent. MM : Qu’est-ce que vous aimez et détestez à Paris ? AT : Malgré son caractère dédaigneux, j’aime profondément Paris pour ses piscines, son métro et ses ponts ! Je déteste le snobisme, le cynisme, la branchitude vide et ce sentiment diffus que Paris n’appartient qu’aux Parisiens. MM : Que vous apporte le Prix de Flore ? AT : Une légitimité pour ma voix littéraire et mes revendications en tant qu’individu marocain. J’ai lévité de bonheur pendant trois heures et je continue. J’avais déjà figuré sur les listes du Prix Renaudot et du Prix Décembre pour d’autres romans, mais c’est ma première victoire. Elle flatte mon côté lion, et le chèque de 6.100 euros paie mon loyer pour quelques mois, le temps d’atteindre mon prochain objectif : réaliser un premier film. J’ai toujours voulu devenir réalisateur, une vocation qui s’est affirmée en travaillant sur les tournages de Benoît Jacquot. Je

viens d’obtenir l’avance sur recette pour mon premier scénario, et le cinéma, c’est mon rêve absolu ! Abdellah Taïa : “Le Jour du Roi”, Seuil.


ENGLISH 062/roman

Abdellah

Taïa THE EMBODIMENT OF THE “MOROCCAN DREAM” Having been awarded the Prix de Flore for his seventh book, “Le Jour du Roi”, the prizewinner lives in Paris with a Moroccan melancholy tattooed on his heart…

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ailed by the critics for his lucid style and his courage in broaching taboos, Abdellah Taïa displays the modesty of those who dream big and superstitiously hesitate before opening up their hearts in order not to mortgage the future. With his bright eyes and flowing gestures, he has been savouring his recent fame with a smile on his face. At the Café de Flore, the waiter asks the child of Salé for an autograph, for a book marked by the shame of poverty and hunger. He told us his story before meeting with Anne Sinclair, currently in Paris, and Laure Adler who invited him on her RFO show. Luck is finally shining on the warrior spirit he forged with a pen and he is channelling his energy to reach his "Moroccan dream". A fan of Gary Cooper, David Bowie and Isabelle Adjani, Abdellah Taïa is friends with Gad El Maleh and, at 37 years of age, names Michel Leiris’ "L’Age d’homme" as his bedside book. We engaged in a little pillow talk…

Marrakech Magazine: Tell us of the journey from your birthplace of Salé to the Prix de Flore … Abdellah Taïa: I was born in a very poor family, second before last out of 9 brothers and sisters. I had a hard, precarious childhood, and sometimes had to go hungry. My father was a henchman at Rabat library and I now realise the extent to which these years shaped the way I look at the world. He used to cover our school textbooks with cardboard when they started getting a bit dog-eared. With hindsight, I realise that I no doubt became a writer because, as a child, books were sacred… My loyalty to Morocco forces me, it seems, to talk about people no one notices! Top of my class for the 5 years I went to the University Mohamed V in Rabat, I was given a scholarship to study in Geneva for a postgraduate diploma in Literature on the birth of melancholy in the 18th century. I then moved on to Paris for a DEA diploma on Claude Prosper Jolyot de Crébillon and a doctoral thesis on Fragonard. MM: You learnt French late in life. Like your protagonist, do you sometimes ask yourself: “What am I if I am no longer Moroccan?”

AT: I was grew up speaking Arabic because in Morocco, French is the rich man’s language, but I absolutely wanted to learn it to be able to freely assert myself. In 1992, I started to write a diary, the premise of literature. At 14, I came across the film magazine Première and was fascinated by Isabelle Adjani who was on the cover for Werner Herzog’s film Nosferatu. Like a muse, she nourished by fantasies and lit up the field of my dreams. I saw in her the symbol of the committed world I wished to share. Indeed, even if I only realise this today, I was shaped by my years in Morocco. I have often betrayed, but remain fundamentally loyal and am very proud of my name, which I love. Abdellah: the slave of God, Taïa: submitted. Sounds good, don’t you think? MM: "Le Jour du Roi" describes the class struggle. The loving friendship of poor, young Omar with rich Khalid is destroyed over a crazy dream: to seen Hassan II naked. How much of the book is autobiographical? AT: To be honest, 50% of the book! All of my inspiration comes from my first world, that of childhood, which I transform into literature. Fear of the King is deeply rooted in us and many Moroccans continue to be scared of Hassan II, even though dead! My daring comes from the distance that literature brings. I grew up in a free, relaxed Islam, not frozen in a kind of void. I do not want to give up on this culture and legacy I inherited from my mother who, like my father in the book, went to see a clairvoyant… MM: By asserting your homosexuality in "Le Rouge du tarbouche", you broke a taboo in Morocco. AT: Being scared to come out would have been like betraying myself and that does not make sense. So much the better if I gave free rein to speech and had an impact on people. Writing helps to reveal strong and violent images lurking in our subconscious and that spring up in waves as soon as you are ready to give a little of yourself. Then, everything flows back like in Albert Camus’ "Le Premier Homme". Truth alone helps to establish

an author, offering the artist a role as mediator in history, transgression, injustice and freedom! MM: Black seems to be the predominant colour in the novel. AT: That’s right. "Le Jour du Roi" makes its way up to the murder, and the blackened blood. In real life, my favourite colour is green. It is Islam’s sacred colour, as well as the colour of the fennel Tajine my mother used to cook and that no one liked but me, and that I miss dearly today. It is also the colour of my plastic sandals when I was little… MM: Your life is nothing of a fairy tale, would you say it is more of a factual account? AT: That sums it up well. Every bit of progress is achieved with hard work. I worked a host of jobs to survive. The wonderful people I have met are a magical bonus, but you have to lead your projects on your own, and have enough willpower to succeed. My mother’s prayers begged me never to give up and give me strength. MM: What do you love and hate about Paris? AT: Despite its contemptuous character, I love Paris deeply for its swimming pools, its metro and its bridges! I hate the snobbism, cynicism, empty trendiness and the diffuse feeling that Paris only really belongs to the Parisians. MM: What has the Prix de Flore brought you? AT: A legitimate literary voice and an asserted Moroccan identity. I was on cloud nine for three hours and continue to be. I had already been shortlisted for the Prix Renaudot and the Prix Décembre for other books, but this my first award. It flatters the lion in me, and the cheque for 6,100 euros will pay my rent for a few months, allowing me to reach my next goal: directing my first film. I have always wanted to be a film director, a vocation that came to the fore when working on Benoît Jacquot’s sets. I have just obtained the advance on my first script, and filmmaking is my absolute dream! Abdellah Taïa: "Le Jour du Roi", Seuil.


064/cinema

Zoom avant sur

Par : Sylvie Gassot 

S AFI DD SAFIA AZZEDDINE A A ZE AZ ZZ INE FIA ED DIN E SA


Avec talent, humour et finesse, elle signe la réalisation de son premier film  “Mon père est femme de ménage”, adapté de son roman…

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ée sous le soleil d’Agadir, la ravissante Safia Azzeddine découvre la France à 9 ans avant d’atterrir avec ses parents et ses trois frères et sœurs à Ferney-Voltaire, en Suisse. Assistante diamantaire à Genève -“Il me fallait un travail à tout prix !”- journaliste, écrivain par passion puis scénariste, elle aborde la trentaine avec une nouvelle casquette qui lui va à ravir : réalisatrice de films. A croire qu’à son image la vie lui sourit ! Déjà, son premier roman “Confidences à Allah”, adapté et joué au festival off d’Avignon en 2008, puis au Petit Montparnasse à Paris, couronne son actrice Alice Belaïdi d’un Molière de la révélation. Pour se familiariser avec les plateaux, Safia Azzeddine donne aussi la réplique à Kad Mérad dans “L’Italien”, le film d’Olivier Baroux. A peine le temps d’écrire son dernier opus, “La Mecque-Phuket”, en lice pour le premier prix littéraire décerné par La Mamounia, une histoire de sœurs d’origine maghrébine qui confrontent leurs désirs à leur éducation, que, sans faire de cinéma, elle plonge avec grâce dans le 7ème Art. Encouragée par une ribambelle de bonnes fées : la productrice Nathalie Rheims (compagne de Claude Berri), Thomas Langmann (producteur notamment d’“Astérix”), Michèle et Laurent Pétin (coproducteurs et distributeurs du film), elle tourne en sept semaines, l’été dernier, le scénario qu’elle adapte de son deuxième roman : “Mon père est femme de ménage”. Portée par François Cluzet dans le rôle-titre, cette comédie familiale réjouissante est auréolée avant sa sortie -le 13 avril- du prix du public au Festival International du film comique de l’Alpe d’Huez. Décidemment, cette ravissante jeune femme, aussi tenace que douée, a une bonne étoile !

Marrakech Mag : Votre rêve de cinéma devenu réalité semble vous combler audelà de l’écriture. Il vous a fallu beaucoup d’audace ? Safia Azzeddine : Le film permet parfois de se passer des mots, et c’est très reposant pour un écrivain ! Ma passion, c’est de raconter des histoires. Portée par une équipe précieuse et soudée de producteurs, et avec l’aide d’un conseiller technique, j’ai appris à faire confiance à l’image et surtout à suivre mon instinct. Sur le plateau, comme un fauve, pour pallier mes lacunes techniques de débutante, j’ai compris qu’il me fallait réfléchir d’abord avec mon nez et mon ventre plus qu’avec ma tête. Et je me suis autorisée à foncer pour imprimer ma "patte". J’ai adoré diriger les comédiens et même "torturer" François Cluzet sur certaines de ses répliques… MM : En écrivant le scénario, vous pensiez à François Cluzet pour incarner le rôle ? SA : Je voulais un homme digne qui, même s'il a dégringolé professionnellement, ne soit pas misérable et ne lâche rien dans l’éducation de son fils afin qu’il fasse mieux que lui. Au quotidien, il fait un métier de femme : des ménages, mais se bat pour être un bon père, sans culpabiliser, même s'il ne peut pas offrir d’iPhone à son ado. Notre société valorise l’argent, la consommation et le pouvoir ; mais lui, il ne lâche pas l’affaire ! D’emblée, François Cluzet s’est beaucoup impliqué en amont, en épluchant le script. Au résultat, pour moi qui suis une maniaque des détails, il est mon "Michel Pontafiac" idéal ! MM : Et comment avez-vous casté la bande d’ados ? SA : Au premier regard, j’ai tout de suite aimé leurs têtes ! Ensuite, il fallait une alchimie pour former cette bande de copains, ce qui a été le cas. A l’image, ça colle entre eux et ils se vannent toute la journée en triturant leur appartenance sociale, culturelle et religieuse, avec beaucoup de tendresse et d’humour. Ils balancent un seul message : mieux vaut se réjouir de là d’où l’on vient sans en tirer de fierté. Autrement dit, la morale de cette aventure est qu’il vaut mieux être aimé dans un HLM que seul dans un château. MM : Vous préparez déjà le tournage de "La Mecque-Phuket" que vous avez adapté de votre dernier roman. Vous avez attrapé le virus du cinéma ? SA : Absolument ! Mais je ne lâche pas le roman pour autant et je suis en train d’écrire le prochain, toujours chez l’éditeur Léo Scheer qui à mes débuts m’a présenté Nathalie Rheims. J’ai besoin d’écrire des fictions quel que soit le support : livre, pièce ou film. Aujourd’hui, mes producteurs me font confiance, alors je laisse le fil se dérouler et je travaille… Je commence le casting de "La Mecque-Phuket" et, en fonction de mes rencontres, je m’accorde la liberté de peutêtre jouer à l’écran l’une des deux sœurs... Comme on dit à Phuket : Inch’Allah !


ENGLISH 066/cinema

Zoom in on

Safia Azzeddine With talent, humour and subtlety, she has just made her first film “Mon père est femme de ménage” [My father is a cleaning lady], adapted from her novel…

B

orn in sunny Agadir, the ravishing Safia Azzeddine discovered France at 9 years of age before settling with her parents and her three brothers and sisters in Switzerland’s Ferney-Voltaire. A diamond merchant’s assistant in Geneva - “I was determined to work!”- journalist, writer by passion then scriptwriter, she is entering her thirties with a new status of film director. Clearly, much like herself, life is smiling on her! Her first novel “Confidences à Allah” [Confiding in Allah], adapted and played at the Avignon fringe festival in 2008, then at the Petit Montparnasse in Paris, was already a success, her leading actress Alice Belaïdi winning a Molière de la Révélation award. A host of fairy godmothers Safia Azzeddine discovers film sets whilst acting opposite Kad Mérad in «L’Italien», a film directed by Olivier Baroux. Having barely finished her latest opus, “La Mecque-Phuket”, the story of North-African sisters confronting their desires and education, in contention for the latest La Mamounia literary prize, she delves discreetly and gracefully into the world of cinema. Encouraged by a host of fairy godmothers, film director Nathalie Rheims (Claude Berri’s partner), Thomas Langmann (who notably directed “Astérix”), Michèle and Laurent Pétin (co-directors and distributors of the film), she spent seven weeks last summer shooting the script she adapted from her second novel: “Mon père est femme de ménage”. Carried by François Cluzet in the title role, this entertaining family comedy was received the public vote before its premiere at the Alpe d’Huez International Comedy Film Festival on 13 April. This delightful young woman, as tenacious as she is gifted, is decidedly born under a lucky star!

Marrakech Mag : Your dream of cinema has come true and seems to exceed the fulfilment of writing. Did it take a lot of daring? Safia Azzeddine : Film sometimes allows you to do away with words, and that is very relaxing for a writer! My passion lies in telling stories. Backed by an invaluable and closely-knit team of directors, and with the help of a technical advisor, I learnt to trust the screen and especially to follow my instinct. On the set, in order to make up for my technical shortfalls as a beginner, I understood that, like a wildcat, I first had to think with my nose and my stomach rather than with my head. And I allowed myself to forge ahead to put my “paw print” on things. I loved directing the actors and even “torturing” François Cluzet on some of his lines… MM : When writing the script, did you have François Cluzet in mind for the role? SA : I wanted someone who, even after a professional shortfall, remained dignified, cheerful and focussed on his son’s education so that he could go further than he. Everyday, he does a woman’s work – cleaning - but fights to be a good father, even though he can’t afford to buy his teenager an iPhone. Our society values money, consumerism and power; but he has decided not to give up! From the start, François Cluzet really got involved, going over the script with a fine-tooth comb. For someone like me who pays so much attention to detail, he is my ideal "Michel Pontafiac”! MM : And how did you cast the group of teenagers? SA : At first glance, I loved what I saw! Alchemy was then needed to create this group of friends, which was indeed what happened. On screen, they really seem to get on and tease each other all day about their social, cultural and religious identities, with a lot of affection and humour. They put across one key

message: we might as well be happy about where we come from without being overly proud. In other words, the moral of this adventure is that it’s better to be loved in a council house than to feel lonely in a castle. MM : You are already preparing the "La MecquePhuket" shoot, a film you adapted from your latest novel. Have you caught the movie-making bug? SA : Absolutely! But I have not given up on writing and am in the middle of writing the next novel, to be published yet again by Léo Scheer who introduced me to Nathalie Rheims at the beginning of my career. I need to write stories, regardless of the medium: books, plays or films. Today, my producers trust me, so I let things unfold and work… I am starting to look for the "La Mecque-Phuket" cast and, depending on whom I meet, I might even allow myself to play one of the two sisters onscreen… As we say in Phuket: Inch’Allah!


068/shopping

Par : Mélanie Polatova

sélection outdoor 2

Prenez des meubles d’extérieur en acier laqué, fibre synthétique façon rotin, ou alliage de teck et d’alluminium... Saupoudrez d’accessoires déco design... Et vous obtenez des collections Outdoor qui se veulent chaque année un peu plus audacieuses, pour un art de vivre définitivement prestigieux. Voici notre sélection, dont la seule ambition est de vous inspirer une irrépressible envie de farniente...

1/ FENYADI coupelle suspendue 2/ FENYADI bougeoir Zid Zid 3/ UNOPIU salle à manger Antares en liteaux de teck 4/ EGO chez OTB chaise longue en teck et aluminum 5/ EGO chez OTB lit en acier laqué 6/ UNOPIU pergola auto-portante WAVE 7/ moon garden fridge carafe Eva solo 8/ moon garden chaise Kettal

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070/cause

Par : Mélanie Polatova Photos : Stéphanie Bénetière

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Le verre beldi en voie de disparition...

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e verre beldi, on l'adore. Son look épuré parfaitement reconnaissable, sa texture grossière, son fini si léger et ses dizaines de déclinaisons : verre peint, photophore, verrine, bol... Malheureusement, l'espérance de vie de ce matériau est très fragile : il n'est plus fabriqué que par une usine à Casablanca, qui le recycle de manière artisanale. Et vu la concurrence chinoise galopante, ce verre beldi, pourtant dans l'air du temps, est menacé de disparition. Fait inacceptable pour un objet qui fait partie intégrante du patrimoine artisanal marocain. Depuis 1973, une trentaine de souffleurs y fabriquent jusqu'à 400 verres par jour, avec cadence et précision. Stéphanie Bénetière, créatrice de la marque Kif Kif, est l'un des clients pour lesquels ils produisent, en plus de leur verre emblématique, plus de 300 modèles différents ! La jeune femme, émue par sa rencontre avec ce métier si rare et si précieux, a inscrit la promotion de cette fabrique dans la liste de ses priorités : "En pénétrant dans l'usine, j'ai cru assister à une scène de "Germinal"... nous raconte t-elle. J'ai eu la chair de poule en découvrant ces 80 personnes (souffleurs, trieurs, empaqueteurs...) qui travaillent avec humilité et fierté, car bien que difficile, leur métier est un art avant tout. Et en apprenant que l'usine risquait de disparaître, faute de rentabilité, j'ai décidé de faire la promotion de leurs collections, pour que le verre beldi perdure, mais surtout, pour sauver leur travail et leur salaire ! Je commercialise leurs lignes classiques et contemporaines dans ma boutique, et les expose à Maisons et Objets ; je propose aussi de livrer leurs gammes de verres partout dans le monde." Avis à ceux qui aiment et soutiennent l'artisanat marocain... Car au-delà de l'accessoire "bobo" et de la tendance récup'chic du moment, le verre beldi est un monument. Alors, faites un geste : achetez des verres recyclés ! Sover Maroc : allée des mandariniers, Aïn Sebaa, Casablanca - Tel : +212 5 22 35 74 55 Stéphanie Bénetière : www.kifkifbystef.com

Beldi glass endangered...

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e love beldi glass, for its perfectly recognisable clean lines, unrefined texture, light finish and dozens of applications from painted glass to tea light holder, small dishes and bowl... Unfortunately, this material’s survival hangs in the balance: it is now only made by one factory in Casablanca, which has perpetuated the traditional glass recycling technique. Facing soaring Chinese competition, this beldi glass may well be of its time in terms of sustainable development but is still threatened with extinction. Highly unacceptable for an object that is an integral part of Morocco’s craft heritage. Since 1973, thirty glass-blowers have been making up to 400 glasses a day, at great pace and with precision. Stéphanie Bénetière, creator of the Kif Kif brand, is one of their customers, for whom they produce more than 300 different models in addition to their emblematic glass. The young woman, moved by her encounter with this rare and precious profession, has made promoting this factory one of her priorities: "Entering the factory, it felt as though I had walked into a scene from "Germinal"... she told us. I had goose bumps discovering these 80 people (glass-blowers, sorters, packagers…) working with humility and pride: indeed, despite being difficult, their profession is first and foremost an art. And on learning that the factory, due to low profitability, could disappear, I decided to promote their collections, so that beldi glass can live on, and more importantly, to save their jobs and salaries! I sell their classic and modern ranges in my shop, and exhibit them at the Maisons et Objets tradeshow; I can also have their range of glassware delivered anywhere in the world. " This is a message for all those who love and support Moroccan craftsmanship… Indeed, beyond the trendy Bohemian chic-recycling accessory of the moment, beldi glass is nothing less than a monument. So, act now: buy recycled glasses! Sover Maroc : allée des mandariniers, Aïn Sebaa, Casablanca - Tel : +212 5 22 35 74 55 Stéphanie Bénetière : www.kifkifbystef.com


072/tendance

Par : Marie Le Fort

Signant un retour à la simplicité, le design renoue avec les fondamentaux de la discipline : forme et fonctionnalité.

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ancée par le Conran Shop il y a un an, la collection Well Considered ne cesse de remporter des suffrages pour son positionnement design qui combine “simplicité, utilité et esthétisme à un prix raisonnable”. Suivant cette tendance, le design s’assagit, se simplifie, à l’instar de la deuxième collection Minimalux lancée pendant le dernier Design Festival londonien. Née du talent du designer Mark Holmes (ancien cofondateur d’Established & Sons), Minimalux II se paye le luxe de réduire le design au strict minimum : aussi simple à appréhender visuellement qu’à commander en ligne, en temps réel, elle comprend un bougeoir en U en

acier, un vase “Conical” en cuivre, un pilulier en liège et argent massif… Rien à dire, le propos est simplissime, élégant, efficace. Misant sur la même approche, la maison Christofle éditait, début 2011, un galet en argent massif : tenant dans la main comme un parfait galet à ricochet, il renferme une clé USB ciglée LaCie. Et voici, forme et fonction réconciliées au sommet… Tout est dit, sans un mot ou geste de trop. En parallèle, la nouvelle marque italienne Eumenes, dévoilée pendant Maison & Objet en janvier dernier, affiche pour mission “raison, focalisation et qualité”. Et cela se ressent immédiatement quand on découvre la ribambelle d’assises moulées signées Paola

Chaises Euphoria - disponibles dans plus de 300 coloris - dessinées par Paola Navone pour le nouvel éditeur Eumenes (2011). © Courtesy Eumenes.


Navone : de petits prix, une chaise-coque qui est plus qu’une chaise, une infinité de couleurs et styles… Eumenes mise sur le bon sens pour relancer la flamme du design. Jaime Hayon, enfant sage ? Trublion du design espagnol habitué des honneurs et effets comiques parfois au comble de l’extravagance, Jaime Hayon semble même s’être “calmé”. C’est pour dire. Dévoilant une collection complète de mobilier pour l’éditeur Sé, lancé à l’initiative du visionnaire Pavlo Schtakleff en septembre dernier, Jaime Hayon explique avoir travaillé avec les meilleurs artisans français, affiné la patine des bronzes jusqu’à ce qu’elle soit parfaite, choisit une palette de couleurs sensuelles, presque fanées, pour que les assises se conjuguent avec les saisons. Finie l’exubérance et place à la douceur des sentiments chez Jaime Hayon ! Une nouvelle douceur que l’on ressent au contact de son fauteuil et canapé édités par l’américain Bernhardt Design : rouge théâtre ou bleu canard, leurs lignes souples évoquent un autre temps, plus fluide et sensuel. Un vrai retour aux sources du design. Toujours chez Bernhardt Design, un mélange de sobriété et de fluidité caractérise également le fauteuil Vika de la suédoise Monika Förster : “Je voulais que son

enveloppe, ses contours, coulent comme les rivières scandinaves, qu’ils en rappellent la pureté, sans autre intention que d’apurer la ligne pour accentuer le confort. En toute simplicité !”, explique-t-elle. Même orientation chez les frères Bouroullec avec leur sculpturale lampe Lighthouse, éditée par Established & Sons en collaboration avec Venini. Réduite à sa plus simple expression, une bulle en verre légèrement colorée est soutenue par un pied en marbre. Tout simplement. Il faut dire que cette volonté d’amplifier la ligne se retrouve partout illustrée, à l’instar de la collection Parcel du collectif suédois TAF, où des paquets en papier kraft composent des objets, assises et autres pièces de mobilier. De simplicité sublimée, il était également question au sein de l’exposition “Thin Black Lines” du japonais Nendo présentée à l’automne chez Phillips de Pury, Saatchi Gallery: figés dans l’espace, on découvrait une aérienne série de meubles et objets en fil métallique noir, perçus comme autant de dessins à main levée. Illusion d’optique ou réalité tangible ? Une seule et simple ligne semblait délimiter la 2D de la 3D, à moins que ce ne soit la paroi d’un miroir… Passée l’installation, un espace galerie-

boutique éphémère appelé “Projectory” expose une sélection pointue de pièces de jeunes designers parmi lesquelles le tabouret ultra-léger du coréen Seongyong Lee ou les sacs minimalistes de Slow & Steady Wins the Race… la relève du design international s’y expose, fort d’idées simples, à vivre au quotidien.

La simplicité du quotidien sublimée par la fonction ? Voilà donc une tendance qui s’affirme, tant côté produits qu’art de vivre, comme si, d’un seul coup, la simplicité se voulait plus fonctionnelle et avait meilleur goût !


074/tendance

Pilulier en argent édité par Minimalux.

Chaises Euphoria couplées d’une table Eus, imaginées par Paola Navone pour Eumenes (2011).

Vue de l’exposition Thin Black Lines du designer japonais Nendo chez Philips de Pury à la Saatchi Gallery, Londres, et de ses lampes réalisées en fil de fer noir, qui donnent l’impression d’avoir été croquées au trait.

Ensemble en verre intitulé “Minarets” dessiné par le duo turc Ezgi Turksoy & Kacper Hamilton.

Lampe Lighthouse des frères Bouroullec, éditée par Established & Sons en collaboration avec Venini.


ENGLISH

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aunched by the Conran Shop a year ago, the Well Considered collection has achieved great success thanks to design offering "simplicity, utility, and aesthetics at a reasonable price". Following this trend, design as a whole is more subdued, simpler, much like Minimalux’s second collection launched during the last Design Festival in London. Born of the talent of designer Mark Holmes (ex co-founder of Established & Sons), Minimalux II has taken the liberty to reduce design down to the bare minimum: as simple to understand visually as it is to order online, in real time, it showcases a steel U-shaped candleholder, a “Conical” copper vase, a cork and silver pill box… It certainly does not go amiss and the idea behind it couldn’t be simpler, more elegant and more efficient. Staking its bets on the same approach, the silversmiths Christofle’s new offering for the start of 2011 was a sliver pebble, one that can be held in your hand like a perfect skimming pebble, and containing a LaCie USB key. This item reconciles form and function to the highest degree… Quite clearly, not a superfluous element or gesture in sight. Similarly, the new Italian brand Eumenes, unveiled during the Maison & Objet tradeshow last January, proudly asserts its mission statement: “reason, focus and quality”. This immediately transpires on discovering the host of moulded seats designed by Paola Navone: a low-priced shell-chair that is more than just a chair, with an infinite number of colours and styles… Eumenes has opted for good sense to stimulate design. And what about the ‘bad boy’ Jaime Hayon? The Spanish design agitator, used to awards and comic effect, sometimes to the very peak of extravagance, seems to have “calmed down”. Quite a feat… Unveiling an entire collection of furniture for the furniture manufacturer Sé and launched on the initiative of visionary Pavlo Schtakleff last September, Jaime Hayon explains that he worked with the best French artisans, refining bronze patinas to perfection, choosing a palette of sensual, near-faded colours, so that the seats can be combined with the seasons. Jaime Hayon’s exuberance has made way for sweeter sentiments! This new softness that can be felt in his chair or sofa created for American company Bernhardt Design: theatrical red or peacock blue, their gentler lines recall a more flowing and sensual era. A real journey back to the sources of design. Still from Bernhardt Design, a blend of sobriety and fluidity also characterises Swedish designer Monika Förster’s Vika chair: "I wanted its envelope and contours to flow like the Scandinavian rivers, bringing to mind purity, without any other intention than to refine its lines to accentuate comfort, in total simplicity!”, she explains. The same goes for the Bouroullec brothers’ sculptural lamp Lighthouse, designed for Established & Sons in collaboration with Venini and reduced to the simplest components: a slightly-coloured glass bubble on a marble base. Nothing more. Indeed, this will to accentuate a product’s lines can be found everywhere, not least the Parcel collection from Swedish collective TAF, in which brown paper parcels are used to make objects, seats and other pieces of furniture. Simplicity sublimed is also on show at Japanese designer Nendo’s "Thin Black Lines" exhibition presented in the autumn by Phillips de Pury, Saatchi Gallery: frozen in space, an ethereal series of furniture and objects in black metal wire can be perceived as a multitude of freehand drawings, somewhere between an optical illusion and tangible reality. One simple line, unless it happens to be the surface of a mirror, seems to change 2D into 3D … After the installation, an ephemeral gallery-shop area called "Projectory" exhibits a carefully-selected range of pieces from young designers, including Korean Seongyong Lee’s ultra-light stool and minimalist bags from Slow & Steady Wins the Race… Design’s next generation is exhibited, full of simple ideas for everyday life.

Everyday simplicity sublimed by function? This appears to be the upcoming trend for products as well as lifestyle, offering a more functional simplicity in better taste! www.minimalux.com www.saatchi-gallery.co.uk/pdpac/index_7.htm www.monicaforster.se http://bernhardtdesign.com www.se-london.com www.hayonstudio.com www.eumenes.it/fr/ www.christofle.com www.establishedandsons.com www.tafarkitektkontor.se

Sé Collection II, composée d’une famille de produits – ici, le canapé Beetly, fauteuil Arpa, tables basses Tambor et consoles d’appoint en bronze - intégralement dessinés par Jaime Hayon pour le nouvel éditeur londonien, 2010. © Courtesy Sé, Jaime Hayon

New-found simplicity With a return to simplicity, design is giving a new lease of life to the subject’s fundamentals, form and functionality. Collection Parcel du collectif suédois TAF composée de paquets en papier kraft.

Chaises Euphoria dessinées par Paola Navone pour Eumenes.

Plytube, tabouret en érable dessiné par le Coréen Seongyong.


07ยง/decouverte

Par : Nathalie Rigoulet


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ls surprennent, font peur parfois, ils saisissent par leur présence déroutante, telle une galerie de portraits d'art brut. Les masques de Lotfi Mahzouni sont là et attirent le regard. Clous, fils de fer, bouts de bois, mousse, verre, tuyaux, cornes, graines, perles, coquillages et d'autres innombrables matériaux de récupération... au service d'un élan créatif poignant de sincérité. Lotfi ne connaissait rien à l'Art Africain il y a encore 10 ans, jusqu'au jour où il rencontra l'écrivain français Louis Lerne à une vente de tapis dans la Médina de Marrakech. Homme passionné par la terre mère et berceau de l'humanité, Louis Lerne eut très vite envie de montrer à Lotfi à quoi ressemblait l'Art de ses ancêtres africains. Lotfi, lui, ne s'était jamais posé de questions sur ses origines lointaines, pas de traces, d'indices, rien, sinon sa couleur de peau. Se plonger dans ces livres d'art africain fut pour lui une sorte de révélation, un déclic... un élan du cœur, irrésistible, au point de se lancer dans la création de ce qui l'avait le plus marqué : les masques. Et quels masques ! Lotfi se laisse guider par ses émotions, ses pulsions, ses envies, un travail sur l'instinct dans un total lâcher prise. Aujourd'hui, la petite maison de Louis Lerne en Médina est une véritable curiosité où se mêlent et se marient les masques de Lotfi et les propres créations de l'écrivain, dans une atmosphère un brin surréaliste et ludique. A découvrir ! Lotfi Mahzoumi : +212 5 24 38 34 90 ou +212 6 56 04 33 16 Les masques de Lotfi sont également en vente au Beldi Country Club : Km 6, route du Barrage Tel : +212 5 24 38 39 50


ENGLISH 078/decouverte

At the beginning were...

masks

T

hey surprise you, scare you sometimes, and strike you with their disconcerting presence, much like a gallery of primitive art portraits. Lotfi Mahzouni’s masks have that presence and draw your attention. Nails, wire, bits of wood, moss, glass, pipes, horn, seeds, beads, shells and other countless recycled materials… at the service of a most sincere creative fervour. Until the day he met French writer Louis Lerne at a carpet sale in Marrakech’s Medina, Lotfi knew nothing of African Art 10 years ago. A passionate man about his mother earth and the cradle of humanity, Louis Lerne soon wanted to show Lotfi what Art made by his African ancestors looked like. Lofti had never questioned his distant origins: there were no traces, no clues, nothing but the colour of his skin. Delving into African art books was for him a kind of revelation, a trigger… an irresistible heartfelt enthusiasm that launched him into the creation of the pieces that touched him the most: masks. And what masks! Lotfi lets himself be guided by his emotions, his impulses, his desires, working on instinct and totally letting go. Today, Louis Lerne’s little house in the Medina is a true curiosity, in which Lotfi’s masks and the writer’s own creations mingle and merge in a slightly surreal and fun atmosphere. A real discovery! Lotfi Mahzoumi : +212 5 24 38 34 90 or +212 6 56 04 33 16 Lotfi’s masks are also on sale at the Beldi Country Club: Km 6, route du Barrage Tel :+212 5 24 38 39 50


080/deco

Par : Nathalie Rigoulet

ix années d'existence et une belle ascension pour la société Decoriente qui se place aujourd'hui parmi les enseignes les plus en vue sur le marché du design et de la décoration au Maroc. C'est Gianni Lamare qui a lancé l'aventure en 2005, très vite rejoint par son ami Robin Harduin, un passionné d'objets et mobiliers années 30/40 et dans une autre vie... d'antiquaire. Les deux amis amateurs d'art et de design ont l'envie commune de mettre en avant le magnifique potentiel de l'artisanat marocain à travers un design qu'ils qualifient d'"oriental chic". Dans leur quête de collaboration avec de jeunes designers installés au Maroc ils rencontrent Charki Maliji et Fabien Gillard de l'agence de design et d'architecture d'intérieur Unsign installée à Rabat. Les collections nées de la fusion de Decoriente et d'Unsign reflètent avec brio une synergie d'idées et dévoilent un style contemporain où confort, élégance et esthétique mettent en lumière le savoir-faire des meilleurs artisans et Maâlems. Mobilier ethno chic, luminaires en cuivre de toute beauté et objets décoratifs d'une finition exemplaire sont réalisés dans les ateliers de Marrakech : dessinateurs, dinandiers, ébénistes, menuisiers, tapissiers, carcassiers et plaqueurs sont à l'œuvre pour donner le meilleur d'eux-mêmes. Decoriente by Unsign propose des meubles et luminaires haut de gamme en séries limitées, du travail surmesure qui séduit les acheteurs marocains et européens bien entendu mais également les amateurs de belles pièces venus de Dubai, Mauritanie, Tchétchénie ou Russie. Les créations de Decoriente by Unsign sont à découvrir au show-room de Marrakech où Stéphane Lambert, le maître des lieux, se fera un plaisir de vous guider. Decoriente by Unsign : 61 rue de Yougoslavie Passage Ghandouri, Guéliz Tel : +212 5 24 43 63 12

Robin Harduin


ENGLISH

A magical fusion

S

ince Gianni Lamare’s creation of Decoriente in 2005, the small interior decoration company influenced by Italian design has become a reference in terms of quality and originality in these past few years. This success story did not come about by chance. Decoriente first changed direction on the arrival of Robin Harduin, who shared, with his friend Gianni, a passion for objects and furniture from the 1930s and 40s and a pressing wish to develop the wonderful potential of Moroccan craftsmanship through design described as oriental chic. Brimming with ideas, our two friends opened their world to young local designers. This was the start of a wonderful relationship with Unsign, a design and interior architecture agency founded in 2004 by Charki Maliji and Fabien Gillard. The collections presented at "Riad Art Expo" in Marrakech from 2005 to 2008 are a brilliant testimony to this magical fusion of their respective expertise. The result is a modern style in which comfort, elegance and aesthetics highlight the virtuosity of the best artisans and Maâlems. Ethno chic furniture, beautiful copper lighting and other perfectly finished decorative objects are made in a workshop in Marrakech where draughtsmen, copperware manufacturers, cabinetmakers, carpenters, upholsterers, frame workers and veneer appliers strive to give their very best. Decoriente by Unsign is now offering upmarket furniture and lighting in limited series and makes customised pieces that appeal to Moroccan and European buyers as well as other amateurs of beautiful craftsmanship from Dubai, Mauritania, Chechnya and Russia. The Marrakech showroom, managed by StÊphane, gives a good overview of their designs, exhibiting paintings all year round that go well with the company spirit. Decoriente by Unsign : 61 rue de Yougoslavie Passage Ghandouri, Gueliz Tel : +212 5 24 43 63 12


082/duo

Par : Paola Franjieh

Arnauld et Laurence Schmeltz

U

créateurs d’univers

ne sensibilité fluide et sincère, un mélange d’imaginaire et de vécu, une fascination pour les objets et une complicité de longue date, voilà ce qui caractérise Arnauld et Laurence Schmeltz. Lui, dessinateur graphiste et photographe guidé par l’instinct, et elle, férue de la matière et grande artisane d’images. Epoux dans la vie et binôme dans le travail, Arnauld et Laurence vivent entre la France et le Maroc, et dédient leurs réalisations à ces deux pays.

Au ration l’inspiration Au gre de l’inspi Des photos sublimées et imprimées sur bâche tendue, des objets détournés ou ponctués de motifs variés, du mobilier retravaillé ou peint à l’aide de techniques mixtes, Arnauld et Laurence succombent à tous les fragments de matière et explorent pléthore de supports. Sacs, poufs, tissus, meubles variés, porcelaine, murs, métal, tout y passe. Laurence nous en dit plus : “Nous aimons bien explorer et expérimenter tout ce qui se présente à nous. Nous réagissons spontanément à ce que nous voyons autour de nous, et nous sommes réceptifs à tout.” Ancienne directrice artistique en agence de publicité, elle s’est convertie à l’art graphique et travaille en tandem avec son mari. Ancien dessinateur d’agence, Arnauld est maintenant adepte de l’expérimentation

libre. Il observe et réagit en alternant les techniques et les angles d’observation, et se lance constamment à l’assaut de nouvelles expressions artistiques. “Mon travail est un cocktail d’éléments, nous confie-t-il, je ne me cantonne pas à une technique et je ne me pose pas de question. Je dessine ce que je ressens.” Du post graffi graffiti ti Ses dernières œuvres au marqueur noir sur bâche blanche, où Laurence associe les formes et les couleurs, dévoilent son parcours intime et mettent en scène des fresques graphiques aux thématiques variées. Peuplées d’éléments superposés et de personnages entrecroisés dans un tracé linéaire à mi-chemin entre le Street Art et la BD, elles traduisent ses états d’âme et sa sensibilité aussi bien que sa passion pour les civilisations et les cultures


ethniques. “J’ai eu la chance de parcourir le monde quand j’étais petit. J’ai sillonné les Etats-Unis, le Maghreb, l’Egypte, l’Europe Centrale ; et dans mes créations, je ressuscite toujours des flashs du passé.” Ainsi entrevoiton dans les recoins de son jardin secret certains symboles de l’époque Maya, de la culture Inca et autres clins d’œil iconiques du Far West. Une intimit e urbain intimite urbaine e “Au départ, il n’était pas prévu que nos produits aillent en boutique, on le faisait pour décorer notre intérieur”, nous explique Laurence. Petit à petit, leurs créations ont attiré les boutiques art déco de Casablanca, puis celles de Marrakech, tels Zénitude ou Alchimie lointaine. Aujourd’hui, ils créent sur demande et répondent aux besoins des amoureux de l’art moderne et du graphisme frais. Un bouillonnement créatif qui les mena naturellement en novembre 2009 à réaliser leur première exposition à Casablanca, qu’ils baptisèrent “Cacophonia”. Une série de panneaux muraux, dont une toile de la Médina casablancaise, un triptyque de la place Mohammed VI et la fabuleuse “Casathédrale”. Plus tard, Arnauld expose ses dessins au “Salon chic” dans le cadre du Salon du dessin contemporain à Paris, en mars 2010. Que nous réservent-ils pour le futur ? “Nous projetons de décliner nos impressions sur une ligne de meubles ainsi que dans le domaine textile pour une gamme de vêtements. Nous comptons également collaborer avec des tapissiers et ébénistes, et continuer notre travail de dessin.” Teintées de modernisation et d’urbanisme, et savamment imprégnées d’intimité et de profondeur, leurs réalisations ne rompront jamais avec la douceur du réflexe et la beauté du geste spontané. Leur imagination prendra toujours de nouvelles formes, avec une allégresse renouvelée. ALS.Créations : +212 6 13 98 90 60 alscasa@yahoo.fr


ENGLISH 084/duo

Arnauld and Laurence Schmeltz

creating worlds Free-flowing, genuine sensitivity, a blend of the imaginary and real life experiences, a fascination for objects and a longstanding closeness: this is what characterises Arnauld and Laurence Schmeltz. He is a graphic designer and photographer guided by instinct; she is a texture buff and a great crafter of images. Married in real life and working as a team, Arnauld and Laurence live in France and Morocco and dedicate their designs to these two countries. As inspiration takes them Enhanced photos printed on stretched canvas, objects with a new twist or punctuated with various patterns, furniture reworked or painted with a variety of techniques, Arnauld and Laurence succumb to all fragments of texture and explore a plethora of media. Bags, ottomans, fabrics, various pieces of furniture, porcelain, walls, metals: they’ve touched on it all. Laurence told us more: "We like to explore and experiment with everything that comes our way. We react spontaneously to everything we see around us and are receptive to everything." This ex-advertising agency art director swapped everything for graphic art and work in tandem with her husband. An ex-agency designer, Arnauld is now a follower of free experimentation. He observes and reacts, alternating techniques and observation viewpoints, and constantly tackles new artistic expressions. "My work is a potpourri of elements, he entrusts, I don’t restrict myself to a single technique and I don’t question anything. I draw what I feel."

Post graffiti His latest pieces in black marker on white canvas, in which Laurence combines shapes and colours, unveil an intimate journey and depict graphic scenes with various themes. Populated with superimposed elements and intertwined characters in a linear layout halfway between Street Art and Cartoons, they convey his moods and sensitivity as well as his passion for civilisations and ethnic cultures. "I was lucky enough to travel the world when I was little. I criss-crossed the United States, North Africa, Egypt, and Central Europe; and in my designs, I always revive flashes from the past.” Thus can be glimpsed in the nooks and crannies of his secret garden certain symbols from the Maya period, the Inca culture and other iconic references to the Far West. Urban intimacy "At the start, we hadn’t planned to sell our products in the shop, we were only doing it to decorate our home", explained Laurence. Little by little, their creations attracted art deco boutiques in Casablanca, then those from Marrakech, such as Zénitude and Alchimie lointaine. Today, they create

on commission, and answer to the needs of modern art and crisp graphic art lovers. This creative ferment of ideas naturally led them to organise their first exhibition in Casablanca in November 2009, which they named "Cacophonia", showing a series of wall panels, including a painting of the Casablanca Medina, a triptych of the Place Mohammed VI and the fabulous "Casathédrale". Later on, Arnauld exhibited his drawings at the "Salon chic" within the framework of the Contemporary drawing fair in Paris in March 2010. What are they planning for the future? "We are thinking on incorporating our designs into a range of furniture as well as on fabric for a range of clothing. We are also looking to work alongside upholsterers and cabinetmakers, as well as continuing to draw.” Tinged with modernisation and urbanisation, and skilfully imbued with intimacy and depth, their pieces will never break away from instinct and the beauty of spontaneous movement. Their imagination will always take on new forms, with ever-renewed elation. ALS.Créations : +212 6 13 98 90 60 alscasa@yahoo.fr


086/shopping

Par : Sylvie Gassot

JUNGLE BABOUCHE Panthère, zèbre, vache ou python, les babouches Jet Souk ont autant d’humour que de style pour affronter la jungle de la ville ! Mention spéciale pour le modèle “Pink léopard” dont tout le monde raffole... A réserver d’urgence ! 400 dirhams. Jet Souk : 310 Q.I. Sidi Ghanem Tel : +212 6 69 03 23 89

Do you

Babouche Cuir jaune, bout arrondi et semelle résistante en caoutchouc lorsqu’elle est berbère, ou bout pointu à la mode fassie, la babouche d’origine (dite Belgha en marocain) évolue en fonction des régions où elle est fabriquée. Un nouvel élan fashion la décline en mode hippie chic ou sophistiqué : brodée, strassée, pomponnée sur cuir pleine fleur ou soie tissée. Toujours cousue main, en quelques heures ou plusieurs jours, elle assure une démarche cool et traduit une zen attitude. Dans la vie, il y a ceux qui “babouchent” et… les autres ! A Marrakech, profitez d’un vaste choix pour trouver, sans traîner les pieds, votre propre style.

1/KID BABOUCHE Blanche, en coton immaculé, griffée d’une étoile rose, bleue ou grise, cette babouche s’assortit aux sorties-de-bain, voire aux draps. Elle est adaptée aux petits petons des 2/16 ans, les mamans, elles, ont droit aussi droit à leur modèle, mais bordé de joyeux pompons. Enfant : 120 dirhams. Via Notti chez Fenyadi : 219 Z.I Sidi Ghanem Tel : +212 5 24 35 60 24 2/LA ROLLS ROYCE DES BABOUCHES Avec ses babouches des Mille et une Nuits, le choix d’Akbar Delights est époustouflant ! Sur des soies chatoyantes importées d’Inde, le travail de broderies sur fil de cuivre est de toute beauté. Elégance, confort et style flirtent ici avec l’excellence ! Modèle RS 004.021 : 1.320 dirhams. Akbar Delights : Place Bab Fteuh, Médina Tel : +212 6 71 66 13 07 3/LIBERTY BABOUCHE Bernard Sanz enchante la boutique du Jardin Majorelle par ses sublimes créations. Avec des chutes de tissu, il a commencé par fabriquer avec un artisan de la Médina des babouches de rêve. Face au succès, il commande aujourd’hui des mètres de tissus chatoyants -soie d’Ouzbékistan, tissus Sanderson, coton Liberty, laine traditionnelle…- et propose des séries limitées, du 24 au 45. Mention spéciale pour la ligne Liberty d’une poésie folle et pour le modèle collector “Love”, en hommage à Yves Saint Laurent. Un must ! Enfant : 300 dirhams, adulte : dès 500 dirhams et collector “Love” : 900 dirhams. Boutique du Jardin Majorelle : +212 5 24 31 30 47 4/MANGA BABOUCHE En débarquant de Tokyo, à la recherche de très beaux chaussons d’intérieur, Hideaki Hamano est tombé amoureux des babouches. Son modèle en peau, “Prototype”, a la souplesse d’un gant, avec coussin intérieur, dont il importe la mousse du Japon, et deux patins de daim sous l’inusable semelle de cuir. En hommage à Repetto, la version “Ballerine” cartonne, et Charlotte Gainsbourg ne la quitte

plus. Vite, on commande ! Prototype : 180 euros, ballerine : 140 euros. Proximité - Hideaki Hamano : www.proximite.jp 5/FIESTA BABOUCHE Brodées de fil d’or ou d’argent, ces babouches traditionnelles en provenance de la ville de Fès semblent tout droit sorties d’un conte de fée. Idéales pour jouer les princesses… 150 dirhams. Babouches d’élégance : Souk Stalia n°20, Semmarine, Médina - Tel : +212 5 24 44 15 86 6/BEAU GOSSE BABOUCHE A bayadère verte, rouge ou bleue, sur fond crème, ces babouches taillées habilement dans des sacs de farine ont une allure folle ! Leurs élégantes finitions assurent confort et un zeste de nonchalance. Un vrai piège à fille ! 450 dirhams. Lilah Spirit : 294, Sidi Ghanem Tel : +212 6 61 31 78 19 7/CLASSE BABOUCHE Esprit couture pour les babouches en cuir bicolore de Michèle Baconnier. Elle sublime le modèle rose fuchsia d’un motif orange ou mauve. Sa palette de teintes s’impose avec une vraie signature artistique et le confort des formes arrondies donne envie de jouer les Cendrillon ! 300 dirhams. Michèle Baconnier : 12, rue des Vieux Marrakchis, Guéliz Tel : +212 5 24 44 91 78 8/HIPPIE BABOUCHE Coup de cœur pour ces babouches en poil de chèvres bicolores ! Il y a de l’audace dans le modèle et beaucoup de fantaisie dans la version kilims. Quitte à se prendre pour Aladin, pourquoi ne pas marcher avec son tapis volant sur les pieds ? En chèvre ou en kilims : 140 dirhams. Lazhari frères : souk Labadine n°4, Médina Tel : +212 5 24 44 29 69


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088/portrait

Par : Sylvie Gassot 

Design

Artisanat de luxe La dame de carreau de Popham Design Caitlin Dowe-Sandes, originaire de Los Angeles, renouvelle avec son mari, à Marrakech, l’art traditionnel du carrelage d’un trait fashion.


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u kilomètre 7, sur la route de l’Ourika, entre palmiers et Atlas dentelé, Caitlin et Samuel, la trentaine enthousiaste, installent leur show-room à l’ombre de l’atelier qui fabrique chaque jour plus de 800 carreaux de ciments. En 5 ans, l’affaire a prospéré grâce au succès de leurs motifs exclusifs, un travail sur-mesure qui nécessite de l’espace. De Hollywood a la Medina En quittant le monde de la mode, son précédent job, Caitlin -et Samuel dont l’œil caméra s’est exercé dans l’industrie du film à Hollywood- met le cap sur la Médina. En rénovant leur vieux riad, le couple se confronte à la difficulté de faire réaliser le carrelage de leurs rêves. Ils décident donc de s’y coller et conjuguent leurs talents pour redynamiser l’art du carreau du ciment. Aujourd’hui, leur bureau est carrelé d’un patchwork harmonieux -bleu glacier, olive et crème- de leurs multiples créations, déclinées en divers formats ou, à l’image d’une photo, en positif/ négatif pour un effet charme. Du drapeau anglais à une histoire d’arbre dont le feuillage s’épanouit sur 4 carreaux, on voyage dans leur univers inspiré par la nature et le pop art. En leur compagnie, nous avons suivi le processus de création d’un carreau de ciment.

Tout commence par un dessin Tout commence par un dessin. C’est Samuel, le premier, qui a crée le motif “Loop”, bestseller de la maison. Caitlin a aussitôt relevé le challenge avec “Zig zag”, un imprimé- puzzle qui court dans tous les sens... Aujourd’hui, impossible de dissocier le style des associés, ils créent en duo. Une fois le dessin et le format du carreau validé (de 10 à 30cm), vient l’étape de la fabrication du double moule en cuivre. Celui qui permet de positionner les couleurs -au maximum 7, mais le plus souvent 2 ou 3- et le moule qui, sous la presse, va façonner le carreau. Dans l’atelier, les six ouvriers travaillent par binôme en se partageant une presse. Aujourd’hui, des clients de Stockholm leur ont commandé une variation de motifs traditionnels. Hicham se saisit des pigments -un mélange de marbre et ciment blanc et d’un additif-, véritable poudre de Perlimpinpin dont nous ne percerons pas le secret, car il permet de renforcer la couleur en lui donnant ce charme indéfinissable : véritable signature de Popham Design. Face à lui, Hamid solidifie l’ensemble avec du sable qu’il tasse sous la presse et façonne le carreau. L’opération “naissance de 2 carreaux” a pris moins de 4 minutes, le séchage, lui, va réclamer au moins 2 semaines ! Car ici, pas de cuisson au four, on privilégie une lente évaporation naturelle de l’eau… Un Spa carrelage Dans la pièce voisine, un drôle de spa carrelage, reposent les palettes de carreaux. Nos 2 spécimens ont rejoint leurs 36 jumeaux et, collé-serré, trempent dans un vaste bassin d’eau pur. Tel est donc le secret de leur supplément d’âme : une réaction chimique entre les ingrédients et l’eau, sous l’effet des presses hydrauliques. Une fois saturés d’eau, les carreaux, à l’air libre, sèchent le plus lentement possible pour garantir une durée de vie maximale. En été, pour contrer les brusques variations de température, on les humidifie même à l’aide d’un brumisateur. Et parce qu’ils sont aussi bien bichonnés lors de leur fabrication, à l’usage, leur entretien ne réclame qu’une cire occasionnelle… Enfin prêts à débuter leur longue vie en tête de lit, sol de salon, plan de travail de cuisine, ou mur de salle de bains, les carreaux Popham Design, plus fins que d’ordinaire (1,2cm au lieu de 1,5), se posent indifféremment, du sol

au plafond ! Chaque mois, un containeur de 600m2 de carreaux est affrété en direction des Etats-Unis chez Anne Sacks, leur dépositaire, qui les commercialise avec un franc succès. A Miami, l’hôtel Soho Beach House est même devenu une de leurs vitrines, avec 3.000m2 de carreaux… D’Europe en Australie, grâce au bouche-à-oreille et à leur site internet, les commandes affluent. A Marrakech, nombre de riads et de guest house (Peacock Pavilion, le Coq fou…) sont siglés Popham. Leur palette de 60 couleurs aux nuances subtiles et l’infini de leur imaginaire, qui conte une histoire comme un voyage, ouvrent à nos virtuoses une foule de projets : fabriquer du mobilier, des luminaires, une ligne de vêtements déclinées de leurs imprimés exclusifs et vendus dans des pop up stores. Bref, un Popham Monde… Classe ! A partir de 500 dirhams le m2 de carreaux de ciment. Km7 route de l’Ourika Tel : +212 5 24 38 26 95 Caitlin : +212 6 11 40 99 84 Samuel : +212 6 67 11 45 72 www.pophamdesign.com


ENGLISH 090/portrait

LUXURY CRAFTSMANSHIP POPHAM DESIGN’S QUEEN OF DIAMONDS Caitlin Dowe-Sandes, originally from Los Angeles, is breathing new life into the traditional art of tiles with the help of husband, in Marrakech.

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kilometres out on the Ourika road, between palm trees and the jagged Atlas range, the enthusiastic thirty-somethings, Caitlin and Samuel, are setting up their showroom right beside the workshop that makes more than 800 concrete tiles every day. In 5 years, the business has prospered thanks to the success of their exclusive patterns, a made-to-measure project that requires space. From Hollywood to the Medina Leaving the world of fashion behind and her previous career, Caitlin –and Samuel who worked in the Hollywood film industry- headed straight for the Medina. When renovating their old riad, the couple realised how difficult it was to have their dream tiles made to measure. They therefore decided to have a go themselves and combined their talents to give a new boost to the art of concrete tiles. Today, their office is decorated with a harmonious patchwork – glacier blue, olive and cream- selected from their various designs, available in a range of formats or in photographic positive/negative effect for extra charm. From the British flag to a series of 4 tiles depicting the evolution of a tree’s foliage, their work makes for a journey in a nature- and pop art-inspired world. We followed the process it takes to create a concrete tile. It all starts with a drawing It all starts with a drawing. Samuel was the first to take the plunge and create the “Loop” motif, one of the company’s best-selling patterns. Caitlin then took up the challenge with "Zig zag", a multidirectional puzzle-print… The two associates’ style has now blended into one since they design as a team. Once the drawing and the tile’s format (10 to 30 cm) validated, a double copper mould is made. The first mould will help to position the colours – 7 at the most but more often 2 or 3- and the other shapes the tile under the pres. In the workshop, six employees work in teams of two sharing a press. Today, clients from Stockholm have ordered a variation on traditional motifs. Hicham handles the pigments –a blend of marble, white cement and an additive-, a magical potion whose secret will not be unveiled, since it helps to reinforce the colour, giving it indefinable charm for a true Popham Design signature. Facing him, Hamid solidifies the whole with sand that he packs down

under the press and shapes into a tile. The “birth of 2 tiles” operation has taken less than 4 minutes, but will need at least 2 weeks to dry! Indeed, the company’s tiles are not baked: a slow natural evaporation of water has instead been chosen… A tile spa The adjoining room can be described as a strange ‘tile spa’, where pallets of tiles are placed to rest. Our 2 specimens have already been reunited with their 36 twins, and, side by side, are left to soak in a large pool of clear water. This is the secret to their extra depth: a chemical reaction takes place between the ingredients and the water, under the effect of the hydraulic press. Once saturated with water, the tiles are dried very slowly in the open ait to guarantee maximum durability. In the summer, they are sprayed to counter the sudden variations in temperature. And because they have been so well pampered during the manufacturing process, they only require an occasional waxing by their new owners… Finally ready to start their long life as bed heads, sitting room floors, kitchen work surfaces, and bathroom walls, the Popham Design tiles, which are thinner than usual (1.2cm instead of 1.5), can be used from floor to ceiling! Every month, a 600m2 container of tiles is dispatched to Anne Sacks, the company’s agent in the United States, who sells them like hot cakes. In Miami, the Soho Beach House hotel has even become a showcase, with its 3,000m2 of tiles… Orders from Europe to Australia are rushing in, thanks to word of mouth and an internet website. In Marrakech, a number of riads and guesthouses (Peacock Pavilion, the Coq Fou…) have been branded with their Popham mark. Their range of 60 colours with subtle hues as well as their infinite imagination, which tells of a faraway story, has opened up a host of projects for our virtuosos; including furniture, lighting, and a range of clothing, using their exclusive prints and sold in pop art stores. In short, a true Popham World… Such class! From 500 dirham per sq.m. of cement tiles. Km7 route de l’Ourika - Tel : +212 5 24 38 26 95 Caitlin : +212 6 11 40 99 84 & Samuel : +212 6 67 11 45 72 - www.pophamdesign.com


092/rencontre


Par : Sylvie Gassot

Coup de cœur :

MUSTAPHA

BLAOUI

Le seigneur des antiquaires Avec la planète entière pour alphabet, son nom est un sésame de qualité et de franche générosité…

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errière la lourde porte de bois brut, sans autre enseigne que le numéro de la rue, charismatique dans sa superbe veste taillée sur-mesure, Mustapha Blaoui a l’œil vif et le sourire en bandoulière. Dans son immense loft de la Médina agrandi par les douars mitoyens, au milieu des trésors du monde, il reçoit le gotha international. Sa bienveillante élégance n’a d’égal que l’authenticité des meubles et objets dont il conte l’origine avec passion. Ses 40 ans d’expérience lui valent le plus beau carnet d’adresse de Marrakech et une solide réputation d’Hong Kong à Los Angeles, de Paris à Londres ou Milan… Mustapha connaît la planète entière : des Clinton à Catherine Deneuve, de Mick Jaegger à Giorgio Armani, de Dominique Strauss-Kahn à qui il a trouvé son riad à Ridley Scott ou Oliver Stone qu’il fournit en décor pour leurs films. Le goût du bel objet authentique, Mustapha l’a développé enfant en grandissant au cœur de la Palmeraie avec 11 frères et sœurs. “Mon grand-père a fait mieux : 30 enfants, tous vivants ! Moi j’ai une seule fille qui fait une école de commerce.” Pour lui, tout a démarré après l’école : “Tu poses ton cartable et tu commences dans la Médina par frotter les objets. C’est comme ça que tu apprends !” Associé a un artiste américain pendant 27 ans, Mustapha a fait de la planète son aire de jeu sans jamais dormir à l’hôtel : “Je suis invité partout chez mes clients, des amis.” Il a décoré et meublé les plus belles maisons du globe et ouvert à Marrakech 6 ateliers pour restaurer et fabriquer des bijoux d’artisanat. Commodes en os de chameaux à effet damier noir et blanc, appliques en peau de chèvres décorées au henné, nattes mauritaniennes, zelliges, chandeliers, poteries, céramiques, siège en cuir tressé, coffres, chevets en cuir, fauteuils beldi, suspension en tôle ronde comme la lune dont les interstices travaillés au clou laissent passer la lumière comme volent les papillons… Dans ce stock spectaculaire comme un inventaire à la Prévert, chaque client, selon sa nationalité, a ses préférences : “Le Français privilégie les objets simples, l’Anglais est ébloui par l’artisanat marocain, l’Américain aime un style chargé, l’Allemand les pièces imposantes, l’Italien l’harmonie et le Hongkongais comme cette cliente propriétaire de 44 restaurants, achète un exemplaire de chaque objet pour les copier chez elle !”

Des fetes des Mille et une nuits Face à la mondialisation et le métissage des styles, Mustapha s’adapte. La couleur vient tinter ses verres et céramiques exclusives. "Mais moi, je suis nomade, tu me poses sur un caillou, je dors ! Ma route d’or longe les plages d’Agadir à Essaouira. On met une tente, on mange au bled et c’est magnifique ! Il y a juste 4 ou 5 chameaux qui passent avec un homme en bleu, des chèvres près des arganiers, des ânes et des dunes !" Sur l’une de ces plages, avec Yves Saint Laurent, il a découpé ses initiales dans du carton, les a posées dans le sable et invité le vent à les recouvrir. Naissance d’un logo, la photo a fait le tour de monde… comme celle des fêtes des mille et une nuits qu’il organise depuis longue date. La prochaine ? A Taroudant, donnée par Anne-Marie, unique modèle du peintre Magritte. Mustapha allumera 20.000 bougies : "Comme si les étoiles se posaient dans les champs !", 700 nattes mauritaniennes, autant de sièges en cuir tressé et toute la vaisselle qu’il acheminera à bord d’une douzaine de semi-remorques. En parallèle, il peaufine l’aménagement d’un hôtel dans les Pouilles en Italie, décore le riad de Naomi Campbell dans la Palmeraie, prépare une fête sur la plage d’Ibiza et garde une formidable disponibilité enjouée pour chacun de ses visiteurs. Ce qui le fâche ? "Rater un bon client, quand il discute trop les prix. On n’est pas au souk !" Depuis un an, un journaliste allemand, auteur d’une biographie sur Mohamed Ali, le suit dans l’attente de publier sa vie. Mais Mustapha boxe dans la catégorie Seigneur et garde gravé au cœur ce fameux proverbe : "Pour vivre heureux, vivons cachés." 142-144, Bab Doukkala, Médina Tel : +212 5 24 38 52 40 ou +212 6 61 18 10 63 trésordesmondes@hotmail.com


ENGLISH 094/rencontre

OUR FAVOURITES :

MUSTAPHA BLAOUI

The lord of antique dealers

With the entire planet at his fingertips, his name opens doors onto quality and sheer generosity… invited everywhere by clients and friends.” He has decorated and furnished the most beautiful houses on earth and opened 6 workshops in Marrakech to restore and make true gems. Chest of drawers made with camel bone for a black and white checkerboard effect, wall lighting in goat’s skin decorated with henna, Mauritanian mats, zellige tiles, chandeliers, earthenware, ceramics, woven leather seats, trunks, leather bed heads, beldi chairs, suspended sheet-metal lights as round as the moon that let the light shine through like butterflies… In this spectacular inventory, every customer, regardless of their nationality, has his or her preferences: “The French tend to choose simplicity, Americans love more profusion, the English are dazzled by Moroccan craftsmanship, Germans like imposing pieces, Italians harmony and anyone from Hong Kong, much like a customer who owns 44 restaurants, buys one of every object to have them copied back home!”

B

ehind a plain heavy wooden door, with a street number as its only sign, stands the charismatic Mustapha Blaoui in his superb made-to-measure jacket, with a lively expression and large smile on his face. This huge Medina loft extending into the adjoining douars is where he receives the high society of the world, among many of the planet’s treasures. His kindly elegance is matched only by the authenticity of the furniture and objects, whose origins he recounts with passion. His 40 years of experience have resulted in the largest book of contacts in Marrakech and a solid reputation from Hong Kong to Los Angeles, Paris to London and Milan… Mustapha knows everyone: from the Clintons to Catherine Deneuve, Mick Jagger to Giorgio Armani, Dominique Strauss-Kahn, for whom he has just found a riad, to Ridley Scott and Oliver Stone, whom he supplies with sets for their films. Mustapha developed his taste for authentic decorative objects growing up in Marrakesh’s palm grove area with 11 brothers and sisters. “My grandfather did even better: 30 children, who all survived! I only have one daughter, who is currently reading business studies.” For him, everything started after school: “After dumping your schoolbag, you head for the Medina to scour objects. That’s how you learn!” With an American artist as a partner for 27 years, Mustapha made the planet his playground without ever having to sleep in hotels: “I am

Arabian Night festivities

Faced with globalisation and the combination of styles, Mustapha has learnt to adapt. Colour has tinted his exclusive glasses and ceramics. “As for me, I’m a nomad: set me down on a stone and I’ll sleep! My path of gold runs along the beaches of Agadir to Essaouira. You can pitch a tent, eat in the village and that’s all you need! Just 4 or 5 camels walk by with a man in blue, goats near the argan trees, donkeys and dunes!” On one of these beaches, with Yves Saint Laurent, he cut out his initials from a piece of cardboard, placed them on the sand and let the wind cover them up. The birth of a logo, this image went global… like this Arabian Night parties he has been organising for years. The next one is to be held in Taroudant, hosted by Anne-Marie, Magritte’s only model. For the occasion, Mustapha will light 20,000 candles: “As if the stars came down to settle in the fields!”, 700 Mauritanian mats, as many woven leather seats and all the dishes he can transport on board a dozen articulated trailers. At the same time, he is putting the finishing touches on a hotel in Apulia, Italy, decorating Naomi Campbell’s riad in the Palmeraie, preparing a party on Ibiza’s beach and remaining wonderfully and cheerfully available for each of his visitors. So what makes him angry? “Missing out on good customers, when they try to haggle too much. This is isn’t the souk!” For the past year, a German journalist and author of a biography on Mohamed Ali has been trying

to convince him to let him publish his life story. However, Mustapha fights in the category of the Lords and keeps this famous proverb close to his heart: “Great honours are great burdens”. 142-144, Bab Doukkala, Médina Tel : +212 5 24 38 52 40 ou +212 6 61 18 10 63 trésordesmondes@hotmail.com


096/sculpture

Par : Sylvie Brignon

Lulli

de la nature

Sculpteur

Renzo


C

aché dans un joli coin de campagne à 25 Kilomètres d’Essaouira, au milieu d’arganiers et d’oliviers centenaires, Renzo Lulli sculpte. Renzo aime le bois, le travailler, cela se voit et cela se touche. Véritables odes à la nature, ses sculptures sont sensuelles, lisses, douces, une géométrie toute en courbes, des œuvres à caresser. Citronnier, acacia, acajou, essences variées, nobles et colorées, se combinent en formes et volumes et voient naître sous ses mains, animaux marins, graines ou feuilles. Un monde végétal dans lequel Renzo se plonge. Une manualité, dit-il, qui aide l’esprit à s’acheminer vers la sérénité, le travail du bois comme véritable thérapie. Renzo ne cache pas son admiration pour Karl Blossfeldt, et, comme lui, il transfigure les plantes avec l’intelligence des formes. Petits tabourets-sculpturestotems, superposables tout droit sortis d’un morceau de bois massif, posés à l’envers ou à l’endroit, antennes dressées, objets du quotidien sublimés. Sculptures

singulières à la simplicité minimaliste qui imposent une force naturelle, brute, et qui ne sont pas sans rappeler parfois celles de Brancusi. Ailleurs des bancs de poissons vous regardent dans une douce lumière rouge, dans un recoin des profondeurs de son atelier. Ici tout respire l’amour du bois et de sa matière. Son regard s’allume et pétille quand il évoque son travail et la douceur de ses œuvres : “ponçage, huile de coude, cire et surtout beaucoup d’amour”. Renzo est né en Italie, à Pise, où il retourne régulièrement, chercher du matériel, partager ses idées ou exposer. Toute son œuvre s’élabore à la main à l’aide de ciseaux à bois, de couteaux, d’herminettes… En 1993, à Essaouira, il rencontre Hassan, “acacia man”, qui sculpte d’étonnants animaux fantasmagoriques. Il commence le travail du bois avec lui. Ce vieux sculpteur lui transmet sa passion. En 1997, Essaouira devient alors sa terre d’adoption. Il s’installe dans sa campagne, où il partage un ensemble de maisons avec d’autres artistes, et y bâtit son atelier. Echanger, créer et concevoir sont les maîtres mots de sa philosophie. Les arbres environnants sont sources de son inspiration, troncs, branches, feuilles ou graines. Renzo travaille par série : Frutti de frutto, Africa del mar, Coronas portantes. Depuis quelques mois, c’est une série de feuilles sculptées qui voit le jour. De ces arbres, des légumes aussi, il extrait les graines de leur intimité profonde pour les rendre visibles et géantes. Un voyage au cœur de l’intime de la nature dans des œuvres universelles et très contemporaines qui naviguent autour de la Méditerranée. Renzo Lulli, un monde evolutif a suivre Renzo expose régulièrement. En décembre dernier il participe à Casablanca à la seconde foire d’art contemporain, et y présente une combinaison d’œuvres et de projections photographiques. A Essaouira, ses sculptures ont été présentées dans le cadre d’une exposition collective, “Mosaïque”, en décembre 2010 et janvier 2011 au Bastion de Bab Marrakech. Tout récemment, Maroc Premium et Sofitel Luxury Hotels ont organisé au Sofitel d’Essaouira, l’exposition “Visions multiples” qui a réuni peintures, sculptures et installations de Alioua, Berhiss, Zouzaf, trois enfants d’Essaouira, ainsi que Renzo Lulli : quatre artistes dont la renommée a dépassé les frontières du Maroc. www.renzolulli.it


ENGLISH 098/sculpture

Renzo Lulli nature sculptor

H

idden in a pretty corner of the countryside, 25 Kilometres from Essaouira, in the middle of the hundredyear-old argan and olive trees, Renzo Lulli sculpts. Renzo loves wood and woodwork, for the sight and touch of it. True odes to nature, his sculptures are sensual, smooth, soft, curvy and strokeable. Various noble and colourful species of wood, such as lemon tree, acacia, and mahogany, are combined in shape and volume and transformed by his agile hands into marine animal, seeds and leaves, a botanical world into which Renzo willingly delves. Manual work, he says, calms the mind, and woodwork can be seen as a true therapy. Renzo greatly admires Karl Blossfeldt, and, like him, intelligently transforms plants into various shapes. Small stackable totem-sculpture-stools, hewn straight from a block of wood, positioned right side up or down, like so many feelers and everyday objects sublimed. Remarkable sculptures with a minimalist simplicity that imposes a natural, raw power and that sometimes evoke those of Brancusi. Elsewhere, shawls of fish look at you in a soft red light, from the depths of his workshop. Here, everything exudes a love of wood and its texture. His eyes light up and sparkle when talking of his work and the softness of his pieces, involving “sanding, elbow grease, wax and a lot of love”. Renzo was born in Pisa, Italy, returning regularly to look for equipment, share his ideas and exhibit his work. All of his pieces are made by hand, using wood chisels, knives, and adzes… In 1993, in Essaouira, he met Hassan, “acacia man”, who sculpts amazing phantasmagorical animals. He started woodwork as his apprentice, the old sculptor conveying his passion. In 1997, he moved to Essaouira and settled in the countryside, where he shares a cluster of houses with other artists and built his workshop. Exchanging, creating and designing are his motto. Surrounding trees, trunks, branches, leaves and seeds provide sources of inspiration. Renzo works in series: Frutti de frutto, Africa del mar, Coronas portantes. In the last few months, a series of sculpted leaves have seen the light. From these trees come vegetables too, as he extracts the seeds from their inner depths, rendering them visible and huge. A journey to the intimate heart of nature in these universal and very modern pieces that travel around the Mediterranean… Renzo Lulli, an intriguing, ever-developing world Renzo exhibits regularly. Last December, he took part in Casablanca’s second modern art fair, and presented a combination of works and photographic projections. His pieces were also on show in Essaouira during a collective exhibition, “Mosaïque”, which took place from December 2010 to January 2011 at the bastion of Bab Marrakech. Just recently, Maroc Premium and Sofitel Luxury Hotels hosted the exhibition “Visions multiples” at the Essaouira Sofitel hotel, which brought together paintings, sculptures and installations by Alioua, Berhiss, Zouzaf, three artists born and bred in Essaouira, and by Renzo Lulli, making for four individuals whose renown has transcended Moroccan boundaries. www.renzolulli.it


344, ZI de Sidi Ghanem tĂŠl. +212 5 24 33 52 11 - karimtassi@yahoo.fr - www.karimtassi.com


100/seriemode

Photographe : Bernard Benant (www.bernardbenant.fr). Mannequins : Plastica et Botoxa. Stylisme : Karim Tassi. Coiffure : Paul François Matraja (Directeur du Salon Jean-Michel Faretra, La Mamounia) Maquillage : Samuel Anajjar (Make Up Technology Center). Remerciements : au Bab hotel (www.babhotelmarrakech.com) et au So du Sofitel Marrakech (www.sofitel.com).


Robe longue dos-nu en crĂŞpe et mousseline de soie noire Dior, chaussures en cuir vernis noir Fendi, bracelet de force en cuir noir Fendi.


Tailleur en piquet de coton blanc Zara, sac Fendi, collier plastron Maxmara.


Tailleur crĂŞpe rouge manches ballon Tassi.


Robe longue asymĂŠtrique en jersey rouge Maxmara, ĂŠtole extra large en mousseline de soie rouge Tassi.


Blouse crêpe rouge sur minijupe en double crêpe blanc le tout Zara, chaussures en cuir vernis bicolore noir et écru Maxmara, sac en cuir rouge Dior.


Smoking bicolore en crĂŞpe Zara, collier plastron Dior et pochette cuir Gucci.


Veste cape en crĂŞpe georgette et mousseline de soie sur un sarouel taille haute en shantung de soie le tout Tassi.


Cape manteau du soir bicolore en  velours de soie finition Maâlam Nourdine Amir, minaudière en soie rehaussée de strass Gucci, chaussures Fendi.


Robe longue asymétrique en crêpe noir Maxmara.


122/Shoppingfemme

Par : Sylvie Gassot


C’est l’été Ladies... LA BAGUE CHANEL En or blanc 18 carats, la bague “Camélia Dentelle” confirme que diamants et perles sont les meilleurs amis de l’élégante. This “Camélia lace” ring in white gold 18 carats proove that diamonds and pearl are the women best friends… www.chanel.com LA SANDALE LOUBOUTIN Vichy bleu sur semelle rouge, la recette du succès pour gambader chic. The glamourous red sole mixed with vichy, the perfect twist for sexy elegance. www.christianlouboutin.com LE VÉLO CICLOTTE Le fitness en mode design et technologique signé par l’artiste Lucas Shieppati. Ride on design and technology, this incredible bycicle is performed by Lucas Shieppati. www.ciclotte.com LA ROBE CARVEN Effet soyeux et allure chic pour un été tout en glamour. A silky pretty women style for a glamour summer. www.carven.com

LE SAC TL -180 Pochette en cuir, idéale pour tagger des mots doux, lancée par 2 it girls : Luisa Orsini et Tine Peduzzi Leather clutch with a secret chalk for romantic message signed by two it girls: Luisa Orsini et Tine Peduzzi www.TL-180.com LA VALISE TUMI Pour voyager en édition limitée dans un esprit Street art tagguée par John “Crash” Matos. Perfect to travel with a Street art spirit, in a limited edition, by famous tagger John “Crash” Matos. www.tumi.com LA MONTRE CARTIER En or rose 18 carats, le modèle “Délices” ensoleille le temps. Part of the new collection, this wonderful pink gold 18 carats watch, called “Délices”, looks like a poem on a wrist. www.cartier.com LES LUNETTES PRADA Star attitude sur un air qui swingue en mode fifties à la “Madmen”. Swing sunglass for a total look fifties, just like in “Madmen”! www.prada.com


124/evenement

Par : Paola Franjieh Photos : FestiMode Casablanca

Casablanca FASHION WEEK 10-14 mai 11


126/evenement

Casablanca en mode fete. evenement ! Née en 2006, la Casablanca Fashion Week (anciennement appelé FestiMode) s’est affirmée comme l’un des rares rendezvous annuels les plus en vue de la mode au Maroc. Un événement qui, au fil des années, nous a révélé les noms d’une mode marocaine contemporaine, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, faisant défiler sur ses podiums la quintessence de leurs créations. Si la Fashion Week “made in Morocco” réélit amoureusement domicile dans l’incroyable bâtiment années 30 de la cathédrale du Sacré-Cœur de Casablanca, cette année du 10 au 14 mai, elle change toutefois de parure, l’étoffe, et s’inscrit désormais dans la lignée d’une véritable Fashion Week aux standards internationaux. Une peau neuve qui s’illustre par trois concepts marquants : le remplacement de défilés collectifs par des shows individuels faisant encore plus honneur à la crème des créateurs marocains, l’introduction de “street défilés” dans les quartiers shopping de la Ville Blanche et une exposition mettant en lumière les réalisations de jeunes photographes talentueux. Pleins feux sur les backstages d’une fashion fiesta en pleine forme...


2011 un vent de renouveau Parrainée par Alber Elbaz, virtuose de la couture et directeur artistique de la maison Lanvin depuis 2001 (et peut-être futur successeur de Galliano chez Dior si les rumeurs se confirment), l’édition 2011 se distingue par un vent de renouveau qui promet de grands moments. D’emblée, le 6ème rendez-vous de Casablanca Fashion Week s’annonce spectaculaire. Première nouveauté : Les défilés collectifs tirent leur révérence. En effet, tout au long de 5 soirées consécutives, nos brillants créateurs présenteront leurs nouvelles collections en solo. Jamal Abdenassar, l’homme qui tient les rênes de cet événement, avec autant de ferveur, panache et brio depuis le jour où il l’a conçu en 2006, annonce que “cette nouvelle décision émerge d’une volonté d’asseoir les critères d’une vraie Fashion Week et de valoriser davantage les créations de ces designers en les présentant individuellement au public. Le Maroc étant encore un des rares pays à présenter des défilés collectifs”, nous confie-t-il. Au lieu des 15 pièces présentées par chaque Jamal Abdenassar

designer lors des éditions passées, une panoplie de 24 à 26 pièces sera au programme cette année. Avec deux défilés individuels par soir (certains faisant la part belle aux hommes), un défilé collectif “Emergence” pour les jeunes talents, une exposition de photographies, des master class et des parades à l’air libre, le festival prend sa vitesse de croisière et nous réserve un programme digne d’une semaine électrisante. Bienvenue sur la planète mode ! Le show descend dans les rues Des catwalks in the city, voilà un buzz garanti d’avance. Le Festival destiné aux “happy few” projette cette année d’orchestrer des “street shows” pour tous. Les marques et enseignes de Casablanca seront invitées à présenter leurs dernières collections sur des podiums aménagés en plein air, un concept qui a le mérite de donner un bel élan à cette semaine trépidante, transportant l’effervescence de l’évènement aux zones shopping branché de la ville, en l’occurrence le quartier du Triangle d’or et la rue Ain Harrouda. Jamal Abdenassar y croit dur comme fer : “Cette vision est née


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d’une volonté de collaborer avec la ville de Casablanca et de permettre à ces marques de se fondre dans le festival”. Une brise de romance dans la ville frénétique... Why not ? Le bal des debutants Autre pari de l’édition 2011 : une galerie de photos accompagnant les défilés. En plus des tissus, paillettes et drapés, la pellicule s’invite à la fête. La programmation de l’évènement prévoit une exposition de photographes qui se tiendra dans l’enceinte de l’église pendant les shows. Sept à six candidats seront choisis par le jury composé des brillantes photographes marocaines aux carrières internationales, Lamia Naji et Leila Alaoui, ainsi que Hassan Sefrioui, propriétaire de la galerie Shart. Par ailleurs, le défilé collectif “Emergence”, concept recyclé des anciennes versions du Fashion Show, dévoilera les stylistes émergents. Ceux qui se démarqueront par leurs créations seront sélectionnés par les membres du jury et guidés jusqu’à l’ultime étape du festival. Ledit jury comprendra les créateurs Saïd Mahrouf, créateur au savoirfaire raffiné et minimaliste, Fadila El Gadi, passée maître dans l’art du métissage entre Orient et Occident, Bachar El Mahfoudi, ancien co-fondateur du festival, et Alexandra Girard, journaliste de mode à Au Fait. Notons que chaque candidat présentera une mini-collection allant de 7 à 10 pièces. Encourager les talents marocains en devenir étant son principal souci, Jamal Abdenassar évoque également “l’idée d’un défilé collectif à l’air libre entièrement ouvert au public”. La fine fleur de la couture Cette année encore, la Fashion Week réitère sa collaboration avec les créateurs ayant fait sensation les années précédentes, à savoir Saïd Mahrouf, artiste contemporain

maroco-néerlandais se distinguant par un univers épuré et précieux, et Amal Bou Azizi, Marocaine du monde basée à Rotterdam au style emprunt de romantisme et d’urbanisme exalté. Figureront notamment Fadila El Gadi, originaire de Salé, créatrice de modèles artisanaux remis au goût du jour ainsi que Salima Abdel Wahab, fashion designer exotique entre Marrakesh et Tanger conjuguant lignes pluri-ethniques et coupes aériennes. Que du beau monde. En sus de ces habitués, la Fashion Week mettra en vedette de nouveaux venus, des vétérans de la mode dont Fayçal Amor, créateur de souche marocaine résidant à Paris, icône du prêt-à-porter “universel, sobre et sensuel” et fondateur de la célèbre griffe Plein Sud... et finalement, Leila Azhar, résidente à New York alliant chic cosmopolite au trendy sophistiqué. Un kaléidoscope euphorisant. Forts d’une créativité débridée, on parie fort que les créateurs marocains d’ici et d’outre-mer électriseront les podiums et sortiront, pour notre plus grand bonheur, des sentiers du “fashionably correct”. De l’originel a l’original La Fashion Week, comme à son accoutumée, signera un spectacle contemporain, loin des caftans chatoyants et soyeux : des dress codes haut en couleurs mais éternellement corrects et sobres. “Dans le temps, le caftan était le seul repère qui définissait la mode au Maroc. Cependant, un caftan n’est pas une nouvelle collection, ce n’est qu’un modèle décliné”, relève Jamal Abdenassar. Dénaturation pour certains, désacralisation pour d’autres, l’absence de ces tenues folkloriques dans la Fashion Week donne lieu, depuis le premier coup d’envoi de l’événement en 2006, à nombre d’interprétations. Il n’en reste pas moins que, tout en bouleversant les mœurs, cette semaine de folie se targue surtout d’un parfum onirique. Entre tissus virevoltants et esthétisme rêveur, entre glamour et évasion, les aficionados seront choyés, comme aux premières loges. www.casablancafashionweek.com


Said Mahrouf Absolument Maroc ! Artiste contemporain et créateur de mode maroco-néerlandais basé initialement à Amsterdam, Said Mahrouf a choisi de s’installer définitivement sur son sol natal depuis janvier. Né à Assilah, il a vécu entre New York et Amsterdam, alternant diverses performances scénographiques et installations vidéo. Son parcours est ponctué de shows inventifs explorant les interactions entre le corps humain et l’espace public. Renouant avec le design et le prêt-à-porter de luxe depuis 2007 grâce à la Casablanca Fashion Week, il est aujourd’hui membre du jury et créateur pour l’édition 2011. Nommé directeur artistique pour “Absolument Artiste” (l’événement artistique d’Absolut) et pour Caftans 2011, l’oiseau migrateur décide de revenir au bled, plus urbain que jamais. Rencontre. Marrakech Mag : Pourquoi avez-vous choisi de vous installer au Maroc après une longue absence? Said Mahrouf : Mes activités se multiplient au Maroc (sourire). Depuis que j’ai commencé à travailler pour Festimode en 2007 (ndrl : ancienne appellation de la Casablanca Fashion Week) et pour “Absolument Artiste” en 2010, évènement qui promeut les jeunes talents artistiques dont le thème cette année est le street art, je faisais la navette entre le Maroc et les Pays-bas. Avec ma nomination comme directeur artistique pour Caftans cette année, le renouvellement de ma collaboration avec “Absolument artiste” et la nouvelle collection que je prépare pour la Fashion Week, j’ai opté pour un retour définitif. MM : Vous participez au Casablanca Fashion Week depuis 2007, et vous êtes à la fois créateur et membre du jury, que vous a apporté cette expérience ? SM : Ma participation à Festimode m’a permise de me recentrer sur le prêt-à-porter, et de renouer avec la mode “concrète”. Mes performances artistiques jusqu’à présent consistaient à élaborer des costumes de scène extravagants et des “concept modèles” en rapport avec le thème de mes shows. L’idée de confectionner des modèles “exploitables” destinés à des clientes me plaît, et je regrette de ne pas m’être investi dans le prêt-à-porter plus tôt. MM : Après avoir réalisé des tenues de scène excentriques, pourquoi avoir opté pour un style raffiné et épuré ? SM : Mes modèles sont minimalistes, linéaires et très géométriques, je n’ai donc pas totalement dévié de mon parcours de scénographe. Quand je crée, j’ai toujours une femme en tête, féminine, chic et précieuse. J’éprouve un réel engouement pour le prêt-àporter de luxe et je me base sur des matières nobles destinées aux femmes modernes, et heureusement qu’il y en a beaucoup au Maroc.

MM : Votre principale clientèle est donc au Maroc... Où trouve-t-elle vos modèles ? SM : Oui, ma clientèle se trouve essentiellement au Maroc. Depuis que j’ai recommencé à créer mes lignes avec Festimode, je me suis concentré sur le Maroc. Pour le moment, je décline chaque modèle en 5 pièces, j’aime travailler à petite échelle pour garder mes modèles uniques. On les retrouve dans la boutique Très Confidentiel à Casablanca, et bientôt à la Galerie la Fayette au Morocco Mall, et j’envisage prochainement d’ouvrir ma propre boutique. MM : Croyez-vous qu’il y a un pré et postFashion Week au Maroc? SM : Certes, la Fashion Week a créé une plateforme de mode primordiale vu qu’il n’y en avait pas beaucoup. La créativité a longtemps manqué de foisonnement ici, et les grosses productions faisaient souvent appel à des créateurs de l’étranger. La création d’un marché est primordiale et c’est ce genre d’évènement qui aidera à faire fleurir la mode. L’industrie textile se porte bien, pourquoi ne pas en profiter ? MM : Avant votre participation à la Fashion Week, quelle relation entreteniez-vous avec le Maroc ? SM : J’y venais de temps en temps. J’ai cependant un souvenir assez fort d’un de mes passages : en 2001 j’ai réalisé une performance artistique à Asilah, mon village natal. J’avais installé un décor fictif qui modifie la configuration architecturale de la médina composée de huit murs blancs érigés sur des roues et poussés par huit femmes Dans cette ancienne ville où tout est immuable, j’avais travesti le décor de la médina, j’ai même sous-entendu que la femme est en mesure de contrôler son propre espace. C’était une expérience marquante. www.saidmahrouf.nl


130/evenement

Casablanca FASHIONWEEK

Casablanca in festive fashion... A real event. Created in 2006 in Morocco, the Casablanca Fashion Week (formerly known as FestiMode) established itself as one of the rare and most prominent annual meetings in fashion. Indeed, over the years this event has revealed the names of modern Moroccan fashion, whether local or foreign, showing off the quintessence of their designs on the catwalks. If the “made in Morocco” Fashion Week lovingly takes up residence once again in the incredible 1930s building of the Casablanca SacréCœur cathedral, this year from 10 to 14 May, it is nevertheless changing and enriching its finery, and is now part of the true Fashion week tradition with international standards. A new image illustrated by three significant concepts: the replacement of collective fashion events by individual shows that are an even greater credit to the crème de la crème of Moroccan designers, the introduction of “street shows” in the shopping areas of the ‘White City’ and an exhibition highlighting the creations of young talented photographers. A spotlight on the backstage areas of a fashion fiesta in full swing…

10-14 mai 11 2011 a wind of change Backed by Alber Elbaz, couture virtuoso and artistic director for Lanvin since 2001 (and perhaps Galliano’s future successor at Dior if rumours turn out to be true), the 2011 edition is swept by a wind of change that promises great moments to come. From the start, the 6th Casablanca Fashion Week sets out to be spectacular. The first new element is that collective fashion shows are bowing out. Indeed, during 5 consecutive evenings, our brilliant designers will present their new collections solo. Jamal Abdenassar, the man holding the reins for this event, with as much fervour, panache and brilliance as the day he created it in 2006, is announcing that “this new decision results from a wish to establish the criteria of a real Fashion Week and to develop these designers’ creations further by presenting them individually to the public. Morocco being one of the rare countries still to present collective fashion shows”, he entrusted. Instead of the 15 items presented by each designer during past editions, a range of 24 to 26 pieces will be on the programme this year. With two individual shows per evening (some even for menswear), a collective catwalk show “Emergence” for young talents, a photograph exhibition, master classes and outdoor parades, the festival is gearing up to cruising speed and is set to offer a programme worthy of an electrifying week. Welcome to planet fashion!

The show is taking to the streets Catwalks in the city, for a guaranteed buzz! The Festival aimed at the “happy few” is planning this year to orchestrate “street shows” for all to see. Casablanca’s brands and companies are invited to present their latest collections on outdoor catwalks, a concept that has the merit of giving a great boost to this thrilling week, transporting the effervescence of the event to the trendy shopping areas of town, that is to say the Triangle d’Or area and Ain Harrouda street. Jamal Abdenassar believes in it wholeheartedly : “This vision is born of a wish to work with the city of Casablanca and enable these brands to merge into the festival”. A breeze of romance over the frenetic city… Why not ? The debutants’ ball Another of the 2011 edition’s new additions is a gallery of photos to accompany the shows. In addition to the fabrics, sequences and drapes, photography is making an appearance. The event’s programming includes an exhibition of photographers to be held in the church during the shows. Seven to six candidates will be chosen by a jury made up of the brilliant internationallyrenowned Moroccan photographers Lamia Naji and Leila Alaoui, as well as Hassan Sefrioui, the owner of the Shart gallery. In addition, the collective fashion show “Emergence”, a concept recycled from Fashion Show older

editions, will unveil up-and-coming designers. Those who stand out the most with their designs will be selected by members of the jury and guided to the last stage of the festival. The said jury will include designers Saïd Mahrouf, designer with refined and minimalist expertise, Fadila El Gadi, a master in the art of combining the East and the West, Bachar El Mahfoudi, the ex co-founder of the festival and Alexandra Girard, fashion journalist at Au Fait. Each candidate will present a mini-collection of 7 to 10 pieces. Encouraging future Moroccan talent as his main concern, Jamal Abdenassar also evoked “the idea of an outdoor fashion show entirely open to the public”.

The pride of couture This year again, the Fashion Week is renewing its collaboration with artists having caused a sensation previous years, that is to say Saïd Mahrouf, a Moroccan-Dutch modern artist who designs a pure and precious world, and Amal Bou Azizi, a Moroccan of the world based in Rotterdam whose style is inspired by romanticism and exalted urbanism. Fadila El Gadi, originally from Salé, creator of hand-crafted designs with a modern twist, as well as Salima Abdel Wahab, an exotic fashion designer in Marrakesh and Tangiers, combining multiethnic lines and ethereal cuts, will notably be present. Only the best… As well as these ‘regular customers’, Fashion Week will shine the spotlight on newcomers, veterans of fashion including Fayçal Amor, a Moroccan designer living in Paris, an icon of “universal, simple and sensual” ready-to-wear collections and founder of the famous brand Plein Sud... and finally, Leila Azhar, a resident of New York combining cosmopolitan chic and sophisticated trendy. An exhilarating kaleidoscope. Strong from unbridled creativity, we’re sure that Moroccan designers from here and abroad will electrify the catwalks and will venture, for our greatest pleasure, off the beaten track of the “fashionably correct”. Origins to original As usual, Fashion Week will offer a modern show, far from shimmering, silky caftans: colourful but timeless and simple dress codes. “Once upon a time, caftans were the only reference that defined Moroccan fashion. However, a caftan is not a new collection, it is only a version of the original”, revealed Abdenassar. Changing an entire nature for some, removing the surrounding mystique for others, the absence of these folk outfits during Fashion Week has led, from the first edition in 2006, to a number of interpretations. The fact remains that, as well as shaking up common practices, a dreamlike fragrance floats around this incredible week. Amongst twirling fabric and dreamy styles, glamour and escapism, aficionados will be pampered and treated like stars. www.casablancafashionweek.com


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Said Mahrouf so Marocco ! A Moroccan-Dutch modern artist and fashion designer initially based in Amsterdam, Said Mahrouf has been living in his country of birth permanently since January. Born in Assilah, he lived in New York and Amsterdam, alternating various stage performances and video installations. His career is punctuated with inventive shows exploring the interactions between the human body and the public space. Coming back to design and luxury ready-to-wear fashion in 2007 thanks to the Casablanca Fashion Week, he is now a member of the jury and designer for the 2011 edition. Appointed artistic director for “Absolument Artiste” (Absolut’s artistic event) and for Caftans in 2011, this migratory bird has decided to come back to his home town, more urban than ever. Marrakech Mag : Why did you choose to settle in Morocco after so long an absence ? Said Mahrouf : I have a growing number of activities in Morocco (he smiles). Since I began working for Festimode in 2007 (ed : Casablanca Fashion Week’s old name) and “Absolument Artiste” in 2010, an event that promotes young artistic talent and whose theme this year was street art, I was commuting between Morocco and the Netherlands. And with my appointment as artistic director for Caftans this year, the renewal of my work contract with “Absolument artiste” and the new collection I am preparing for Fashion Week, I chose to return for good. MM : You have been taking part in the Casablanca Fashion Week since 2007, both as a creator and a member of the jury : what did you get out of this experience ? SM : Taking part in Festimode enabled me to refocus on ready-to-wear fashion and return to “concrete” fashion. My artistic performances up until now consisted in creating extravagant stage costumes and “design concepts” in relation to my shows’ themes. I like the idea of making “useable” models for my customers, and I regret not having concentrated on ready-to-wear clothing sooner. MM : After having created eccentric stage costumes, why opt for a refined and uncluttered style ? SM : My designs are minimalist, linear and very geometric ; I therefore haven’t totally deviated from my career as a stage designer. When I create, I always have feminine, chic and precious women in mind. I love luxury ready-to-wear fashion and base my work on noble fabrics aimed at the modern woman, and happily, there is a lot of it in Morocco.

MM : Your main clientele is therefore in Morocco… Where can they find your designs ? SM : Yes, my customer base can be found mainly in Morocco. Since I started created collections again with Festimode, I focussed on Morocco. At the moment, I offer 5 pieces of each design ; I like to work on a smaller scale to ensure my designs are unique. You can find them in the boutique Très Confidentiel in Casablanca, and soon at the Galerie la Fayette in the Morocco Mall, and I am also thinking of opening my own shop in the near future. MM : Do you think there is a pre- and post-Fashion Week in Morocco? SM : Certainly, Fashion Week has created a key fashion platform seeing as there weren’t very many. Creativity has been lacking in profusion here for a long time, and large productions often called on designers from abroad. Creating a market is essential and this is the type of event that will help fashion to blossom. The textile industry is healthy so why not take advantage of it ?! MM : Before your participation in Fashion Week, what was your relationship with the country of Morocco ? SM : I came from time to time. I nevertheless have a very vivid memory of one of my trips: in 2001, I created an artistic performance in Asilah, my native village. I had set up a fictive décor altering the architectural configuration of the medina made up of eight white walls built on wheels and pushed by eight women. In this old town where everything remains unchanged, I had misrepresented the décor of the medina and even implied that women are in a position to control their own space. That made for a striking experience. www.saidmahrouf.nl


132/shoppinghomme

Par : Sylvie Gassot

Vive l’été GENTLEMEN...

LA MONTRE ROLEX La Rolex Oyster perpetual Explorer I en acier est étanche jusqu’à 100 mètres. La perfection pour un citadin raffiné qui rêve de jouer son propre remake du “Grand bleu”. This Rolex Oyster perpetual Explorer I in steel is the best friend of a cityman who whish to play is own remake of “The Big Blue”! www.rolex.com LE SNEAKER DIOR HOMME Aussi élégantes que décontractées, en toile et croûte de cuir, ces baskets courent en pôle position d’un’été en mode dandy. Pretty baskets, in beige linen and leather, for a perfect summertime. www.dior.com LE CANOTIER STETSON Sur un air rétro , le mythique canotier se pare d’un élégant ruban de soie bi-colore. Retro style for this elegant boater made in strow with a nice silky ribbon. www.stetson.com LE BABY FOOT ATELIERS PHILIPPE COUDRAY Son tissu original et ses pieds en plexiglas jouent la carte du loisir à la perfection. Original vintage spirit pattern and plexiglas feet are the perfect twist for unforgettable parties! www.ateliersphilippecoudray.com


LE PIANO PLEYEL By MICHELE DE LUCCHI Piano à queue pour âme mélomane sur un design aérien de Michele de Lucchi. Le pied en forme de lyre signe un modèle exclusif au son parfait ! Music lovers will get mad with this grand piano signed by italian designer: Michele de Lucchi for an exclusive brand at Pleyel. So unique! www.pleyel.fr LE SAC WEEK-END TOD’S Sur un air de dolce vita, ce sac en cuir fauve semble une promesse d’escapades heureuses. Leather week-end bag for happy summertime getaway in a dolce vita style. www.tods.com L’ALLURE PAUL SMITH Un homme…un style ! L’élégance du costume ardoise sur un t-shirt chocolat est aussi dans l’attitude. Smart and hype, the unique Paul Smith style make all the difference. www.paulsmith.co.uk LES LUNETTES PERSOL Modèle iconique lancé par Steve Mc Queen. La classe ! Star attitude for Steeve Mc Queen favourite sunglass still celebrated by beautiful people! www.persol.com


134/echoppes

Par : Sylvie Gassot

Les créateurs en mode concept-store à la Galerie Pour la première fois, la Médina marrakchie, déjà fourmillante d’idées, accueille une quinzaine de créateurs aussi doués les uns que les autres dans un seul et même lieu, sous la Terrasse des Epices. La Galerie, en l’espace de 3 mois et sur l’initiative de Lalla, marque pionnière qui a su attirer les talents, est le dernier bon plan shopping de Marrakech, à découvrir de toute urgence ! A l’heure où la mode du concept-store fleurit, de Sidi Ghanem avec La Manufacture au 33 Majorelle, la Médina vient à son tour de créer le buzz en donnant vie à cet endroit insoupçonné. Direction donc le souk Cherifa pour une balade shopping-détente épatante. Perchée au premier étage d’un escalier qui mène à la délicieuse Terrasse des Epices, La Galerie rassemble le meilleur de la tendance ! Plusieurs ravissantes boutiques de créateurs viennent d’ouvrir côte à côte et déjà d’autres sont annoncées… Entre flânerie- quel bonheur de faire une pause déjeuner sur la Terrasse des Épices!- et nombreuses tentations, l’endroit souriant et préservé de l’agitation, est une vitrine glamour et luxueuse qui offre des pépites rayon accessoires et prêt-à-porter et des merveilles côté déco! Une halte s’impose, suivez le guide…


ALRAZAL Bienvenue au pays où les enfants sont rois ! La styliste Ghizlane Sahli-Sarnefors a de l’or dans les doigts pour habiller les petits. De la naissance à 12 ans, elle propose un large vestiaire de tenues de fêtes où les broderies sur soie ou coton n’enlèvent rien au confort des habits de fête. Une ligne plus décontractée se joue du Liberty dans des coupes toujours impeccables et un camaïeu de couleurs à rendre toutes les mamans jalouses ! On veut les mêmes tuniques d’urgence… Alrazal : +212 5 24 43 78 84 STEPHANIE JEWEL’S Créatrice de bijoux à la finesse inouïe, Stéphanie importe ses collections avec un succès fou ! Caresse d’une bague qui épouse le doigt d’un trait d’or, elle imagine l’accessoire avec un vrai sens de l’essentiel. Les tours de cou se parent de charm’s étoilés et les bracelets souples ou rigides de pierres fines. Régulièrement achalandée, la boutique scénarise élégamment les différents modèles présentés sous vitrines qui se vendent aussitôt qu’il arrivent. Coups de cœur assuré ! Stephanie Jewels : +212 6 13 70 70 22 www.stephaniejewels.com

LA MAISON DE BAHIRA Spécialiste du linge de maison très haut de gamme, Marion Théard a un goût d’une finesse exquise. Après avoir débuté en réalisant des broderies pour les chaussures de Christian Louboutin, cette française -marocaine de cœur- a lancé sa griffe. Draps, couvre-lits, tuniques et peignoirs en éponge sont d’une volupté intemporelle et simplement parfaite. La douceur des étoffes -coton d’Egypte, lin, velours de coton- permet à la créatrice d’exprimer un univers subtil, d’une élégance rare. L’excellence ! La Maison de Bahira : +212 5 24 38 63 65 Marion Théard : +212 6 61 75 71 76 MERGEN ALAOUI A peine ouverte, la boutique qui propose la marque Max&Jan -les fameux créateurs d’Agadir- s’annonce aussi comme le paradis des senteurs. La gamme des Parfums du soleil fait fureur avec l’eau «Soir de Marrakech» qui évoque l’Orient sur une note d’ambre, de musc, de vanille et un trait de jasmin, fleur d’oranger et citron vert. En exclusivité, on trouve aussi les produits de soin du Docteur Feyrouz Jalal, utilisés au spa de La Sultana, et de nombreux coffrets célébrant l’art du bain en majesté. Mergen Alaoui : +212 6 61 06 16 04

ORIGINAL MARRAKECH Jessica a quitté Paris il y a 5 ans, et propose à l’entrée de l’escalier de La Galerie toute une ravissante gamme d’objets en paille tressée, fabriquée dans des ateliers de femmes autour de Marrakech. Elle offre un vaste choix de paniers, chapeaux pour enfants et adultes, cache-bouteilles ou canettes et luminaires à suspendre ou à poser à même le sol. Surmesure, elle brode elle-même les inscriptions de votre choix. Nombreux sont les riads qui lui ont déjà passé commande, aujourd’hui elle ouvre aux particuliers. Chic ! Jessica Belliot : +212 6 49 73 14 12 ou Pierre Chalimand : +212 6 14 71 21 68   TERRASSE DES EPICES A ciel ouvert, ou préservé des regards dans d’accueillantes alcôves, la Terrasse des Epices offre une vue magique sur Marrakech. Nicolas et kamal vous accueillent avec une délicieuse carte marocaine ou world food. Produits frais et ambiance Lounge décontractée font de cette adresse l’une des plus appréciées de la Médina. Le soir, concert reggae ou défilé de mode viennent au fil des saisons rythmer l’endroit où le temps coule avec un bonheur indescriptible. La terrasse est tout simplement pour voir, se détendre et s’amuser «the place to be» ! Tel : + 212 5 24 37 59 04


136/echoppes

LALLA De New York à Paris, et de Londres à Sidney, les fashionistas viennent acheter les sacs de Laetitia Trouillet. Aussi douée que ravissante, la styliste est la première à avoir investi La Galerie. Sous son impulsion, en créant le mouvement, elle a entraîné toute une brochette de talents, séduits à l’idée d’y ouvrir leurs “Top shops”. Aujourd’hui, l’affaire est dans le sac pour Lalla qui développe son offre avec un choix craquant de pochettes rayées ou fleuries, de cabas en éponges, et une gamme de cuir naturel ou teinté, clouté ou frangé, de très belle facture. Laetitia choppe la tendance d’un œil averti avec beaucoup de savoirfaire et signe ses accessoires d’une fantaisie réjouissante. On craque ! Laetitia Trouillet : +212 6 61 47 72 28 MAROCOEUR Hymne au design, cette échoppe célèbre le tadelack, le bois et le métal. Ici, Abdelghafour ne cherche pas à vendre son goût mais à créer sur-mesure dans le goût du client. Astucieuses bibliothèques modulables, sièges et divers objets de déco, témoignent d’un goût sûr et d’une belle exigence dans les finitions. Créative, l’adresse trace une passerelle entre un savoir-faire artisanal ancestral et un design contemporain qui préserve une belle âme. Abdelghafour : +212 6 22 52 28 29

ALHAIA Avec un joli choix de caftans cintrés, de manteaux moelleux et divers accessoires comme ces romantiques capelines grège ou kaki très Brigitte Bardot style, Alhaia séduit au premier coup d’œil. Une gamme enivrante d’huiles de massage confère une touche de féminité à cet écrin que la rumeur a déjà baptisé “la boutique des amoureux” ! Séduction oblige, venez donc la découvrir… Elsa : +212 6 61 98 07 82 FLORENCE D’ARABIE La créatrice de Kulchi dévoile son univers vintage et coloré comme une invitation à voyager au pays des lanternes magiques où brille la Koutoubia ! La reine du détournement d’objets astucieusement chinés customise de belles pièces. Poufs, fauteuils et tapis servent de décor au joli vestiaire de gandouras qu’elle brode avec un charme inouï. A noter, un choix de coupons de tissus aux imprimés africains dont la palette de couleurs est un enchantement. Florence : +212 6 62 64 97 83

SISSI MAROCCO Happés par le charme des peintures d’âne sur bois, signées Sylvie Pissard, qui trônent dès l’entrée, on pénètre dans un univers poétique et enchanteur. Les palmiers peints sur sac de toile plastifié de l’artiste, comme ses coussins unis, juste effilochés d’éclat de couleur, envolent l’imaginaire. Avec délicatesse, elle tisse un hymne au Maroc éternel où l’humour surgit d’un nounours en toile de jute à l’œil vif et tendre. Une pure découverte ! Sylvie Pissard : +212 6 15 22 65 20 KAMAL Copropriétaire de La Terrasse des Epices, Kamal embarque dans l’aventure de La Galerie. Il vend ici la vaisselle du restaurant et une belle collection de verres. On trouve les super t-shirts de l’artiste et photographe Hassan Hajjaj et celui de José Lévy, une création exclusive vendue au profit de ALCS, l’association de lutte contre le sida à Marrakech. Sur les murs, les photos de Cécile Lhermitte-Perinet illuminent l’espace où cohabitent foulards, sacs en tissu, lanternes et doudous pour enfants dans un arty spirit. Kamal : +212 5 24 37 59 04

La Galerie et la Terrasse des Epices : 15, Souk Cherifia, Sidi Abdelaziz, Médina


ENGLISH

CONCEPT-STORE FASHION DESIGNERS AT LA GALERIE!

F

or the first time, the Marrakech medina - already teeming with ideas - is welcoming fifteen gifted fashion designers in a single venue under the restaurant La Terrasse des Epices.  In a period of 3 months and on the initiative of Lalla, a pioneer brand that has succeeded in attracting talent, La Gallery is the latest unmissable trendy shopping place in Marrakech! At a time when concept stores are blooming, from Sidi Ghanem’s La Manufacture to 33 Majorelle, it is now the Medina’s turn to create a buzz by breathing life into this unsuspected venue. Let us therefore head to the Cherifa souk for a relaxing spot of shopping. Perched on the first floor up the stairway that leads to the delicious Terrasse des Epices, La Galerie brings together the best of current trends! A number of wonderful designer boutiques have just opened side by side and others are scheduled to do so… For a stroll – what bliss to stop for lunch at the Terrasse des Épices!- and the numerous temptation it has on offer, this welcoming and stress-free place is a glamorous and luxurious showcase of real accessory and ready-to-wear gems and wonderful decorative objects! For a delightful break, just follow the guide… ALRAZAL Welcome to the land where children rule! Everything designer Ghizlane Sahli-Sarnefors touches turns to gold as far as our little ones’ clothes are concerned. From birth to 12 years of age, she offers a large wardrobe of festive outfits where embroidery on silk or cotton takes nothing away from the comfort of ‘dressier’ clothes. A more relaxed range offers clean lines and Liberty prints and a palette of colours enough to make any mother jealous! We want the same tunics now… Alrazal : +212 5 24 43 78 84 STEPHANIE JEWEL’S A designer of incredibly fine jewellery, Stéphanie imports her extremely popular collections! A textured ring that hugs the finger with a line of gold, she creates accessories with a real sense of what is needed. The chokers are adorned with starry charms and flowing or hard bracelets with semiprecious stones. Regularly restocked, the boutique elegantly showcases the different models in glass cases, selling its finery like hotcakes. You’re certain to be enthralled! Stephanie Jewels : +212 6 13 70 70 22 www.stephaniejewels.com

LA MAISON DE BAHIRA Specialising in upmarket house linen, Marion Théard has a taste for exquisite finesse. Having started her career embroidering for Christian Louboutin shoes, this Frenchwoman – Moroccan at heart – decided to launch her own brand. Sheets, bedspreads, tunics and towelling bathrobe are of timeless luxury and simply perfect. The softness of the materials used – Egyptian cotton, linen, cotton velvet – enables the designer to express a subtle world of rare elegance. Excellence, no less! La Maison de Bahira : +212 5 24 38 63 65 Marion Théard : +212 6 61 75 71 76 MERGEN ALAOUI No sooner has it opened, the boutique selling the brand Max&Jan –the famous designers from Agadir- is also set to be become a scented paradise. The Parfums du Soleil range is all the rage with the “Soir de Marrakech” eau de toilette evoking the Orient on a note of amber, musk, vanilla and a hint of jasmine, orange blossom and lime. You can also find exclusive Docteur Feyrouz Jalal beauty treatments, used in La Sultana spa, and various boxed sets celebrating the majestic art of bathing. Mergen Alaoui : +212 6 61 06 16 04

ORIGINAL MARRAKECH JJessica left Paris 5 years ago and now offers, at the entrance to the Galerie staircase, a beautiful range of woven straw objects, made by women in workshops around Marrakech. She offers a wide range of baskets, hats for children and adults, bottle and can holders, and lights for hanging or placing on the floor. For a made to measure touch, she embroiders your choice of inscription herself. A number of riads have already placed their orders and she is now selling to individuals. Fab! Jessica Belliot : +212 6 49 73 14 12 or Pierre Chalimand : +212 6 14 71 21 68   TERRASSE DES EPICES In the open air, or hidden from view in one of the welcoming alcoves, La Terrasse des Epices offers a magical view of Marrakech. Nicolas and Kamal are on hand to welcome you with a delicious Moroccan or world food menu. Fresh products and a relaxed Lounge atmosphere make this address one of the most popular in the Medina. At night, reggae concert or fashion shows come and go with the seasons, giving rhythm to a place where time slips past in indescribable happiness. The terrace is perfect for watching, relaxing and having fun. “The place to be”! Tel : + 212 5 24 37 59 04 LALLA From New York, Paris, London and Sydney, fashionistas flock to buy Laetitia Trouillet’s bags. As talented as she is ravishing, the designer was the first to set up in La Galerie. Under her instigation, she created a movement and brought about a host of talent, interested in the idea of opening their own “Top shops”. Today, the project is in the bag for Lalla, which is developing its offer with an irresistible range of striped or floral pockets clutch bags, towelling shopping bags, and a range of natural and dyed leather, studded or with fringes, of the highest quality. Laetitia pick up on trends with her expert eye and a lot of expertise, creating her fantastically imaginative accessories. You won’t be able to resist! Laetitia Trouillet : +212 6 61 47 72 28 MAROCOEUR An ode to design, this stall is a celebration of tadelakt, wood and metal. Far from trying to sell its own style, Abdelghfour looks to create madeto-measure items in the customer’s taste. Clever adjustable shelves, seats and various decorative objects make for examples of good taste and a

wonderful attention to detail. This creative address builds a bridge between ancestral craftsmanship and modern design with a wonderful soul. Abdelghfour : +212 6 22 52 28 29 ALHAIA With a lovely range of tailored kaftans, cosy coats and various accessories such as romantic doveof khaki-coloured wide-brimmed hats in Brigitte Bardot style, Alhaia is bound to appeal from the very start. An intoxicating range of massage oils adds a feminine touch to this setting, already rumoured to be «the lovers’ boutique»! Come and discover it, in the name of seduction… Elsa : +212 6 61 98 07 82 FLORENCE D’ARABIE Kulchi’s designer unveils her colourful, vintage world, an invitation to travel to the land of magical lanterns where the Koutoubia shines bright! She excels at breathing new life into old objects and customises them into beautiful pieces. Ottomans, chairs and rugs are used to decorate the pretty display of gandouras, which she embroiders with incredible charm. There is also a choice of African print fabrics with an enchanting palette of colours. Florence : +212 6 62 64 97 83 SISSI MAROCCO Enticed by the charm of Sylvie Pissard’ paintings of donkeys on wood, which have pride of place in the hall, you enter into a poetic and enchanting world. The palm trees painted on the artist’s laminated canvas bags, much like her plain coloured cushions, frayed with splashes of colour, makes your imagination soar. With great subtlety, she weaves a hymn to eternal Morocco with touches of humour in the shape of hessian teddy bears with sparkling, tender eyes. A real find! Sylvie Pissard : +212 6 15 22 65 20 KAMAL Co-owner of La Terrasse des Epices, Kamal has embarked upon the Galerie adventure. Here, he sells the restaurant’s china and a beautiful collection of glasses. You can find artist and photographer Hassan Hajjaj’s super t-shirts and that of José Lévy, an exclusive design sold in aid of the ALCS, an association that fights against aids in Marrakech. On the walls are hung Cécile Lhermitte-Perinet’s photos, which light up the area where scarves, canvas bags, lanterns and children’s soft toys sit side by side for an arty look. Kamal : +212 5 24 37 59 04

La Galerie and La Terrasse des Epices : 15, Souk Cherifia, Sidi Abdelaziz, Médina


138/seriemode

Harem’s

secret

Photographe : Othman Zine. Mannequin : Lamia. Stylisme : Othman Zine. Coiffure : Paul François Matraja (Directeur du Salon Jean-Michel Faretra, La Mamounia) Maquillage : Samuel Anajjar (Make Up Technology Center).

Caftan vert et bague oursin noir Yaz & Izia, maillot une pièce Plein Sud chez Sous entendu, bijoux Amethyste.


Maillot Kaki et perles, caftan dorĂŠ et gris et collier, le tout Yaz & Izia.


Maillot Eres noir, cape noir et argent Yaz & Izia.

Maillot une pièce Eres, bracelet acier doré Yaz & Izia, bijoux antiques berbères Yaz & Izia.


Maillot une pièce rouge Eres, bracelet argent Yaz & Izia, diadème berbère Amethyste.


Maillot une pièce Eres, bague oursin blanche Yaz & Izia, Bracelet doré Yaz & Izia Ceinture berbère et bijoux Amethyste


148/accessoires

Par : Sylvie Gassot 

V

Innovantes, les différentes collections de bijoux Chic 2 Luxe offrent aussi, avec beaucoup de charme, une seconde vie aux vôtres !

irginie Weisenburger est une chic fille, au tempérament d’artiste. Dès sa sortie d’Esmod, styliste modéliste en maroquinerie, elle s’initie à l’esprit couture par un premier stage dans les ateliers Hermès. En apprenant la couture sellier à double aiguille, elle s’initie aussi à la perfection qu’elle garde chevillée aux bouts des doigts. Pendant plus d’une décennie, elle crée des objets promotionnels, sacs, bijoux, foulards... pour Guerlain, Lancôme et Lancaster, en façonnant des matières nobles, animales, minérales et textiles. Douée d’un bon coup de pinceau, elle argumente ses projets de ravissantes aquarelles inspirées par ses voyages et ses escapades à Marrakech où, depuis 20 ans, elle accompagne ses parents. Aujourd’hui, changement de cap ! Au Palace Es Saadi, à l’initiative de sa propriétaire Elisabeth Bauchet-Bouhlal, la jeune femme originaire du nord de la France ouvre boutique avec élégance. Elle y présente 4 lignes de bijoux craquants à prix sympathiques. Chic 2 Luxe, une gamme intelligente qui permet de customiser n’importe quel bijou de famille, grâce à un mousqueton à clipper où bon vous semble, et une brochette de charm’s en argent massif, nacre ou verre –fabriqués en partie à Marrakech. Un collier de perles devient parure, une boucle d’oreille se métamorphose en broche… Bref, sans limites d’imagination, avec des cordelières de soie ou cuir, Chic 2 Luxe s’affiche dans la mouvance "second life" que l’empire du luxe, de Prada à Hermès, développe. Un coffret "Clip jewels", en cuir façon croco, invite les voyageuses à partir d’un seul bijou à jouer les coquettes du réveil au tapis rouge. En parallèle, Virginie Weisenburger propose sa ligne "Intemporelle", avec pour best-seller colliers –tour de cou ou sautoir- et bracelets en argent massif, thaïlandais, pierres fines multicolores du Radjastan et fermoirs de belle facture. "Unique", sa ligne de bijoux en pierres semi-précieuses importées d’Inde (grenat, aigue-marine, labradorite..) est aussi sexy que raffinée. Cet accessoire, selon l’humeur, se déroule jusqu’au creux des reins, comme une invitation du style : "suivez-moi, jeune homme !" Succès garanti… Enfin, la ligne en cuir "Confiance" déploie un chic époustouflant. Jolie fleur en cuir double face (python-autruche) cousue de pierres, elle se glisse sous un foulard de soie -la palette des couleurs est radieuse-, en tour de cou, ceinture, bandeau, jupon… et sigle la silhouette d’un glamour très Saint Laurent. Sur d’astucieux présentoirs en céramique blanche réalisés d’après les contours de sa propre silhouette, les bijoux de peaux, présentés par Valérie, jouent les dessousdessus chics. Libre à vous de les laisser deviner dans l’intimité d’une alcôve pour attiser l’imaginaire. Dans cet écrin, la créatrice prévoit d’adapter son réel savoir-faire sur une ligne de sacs en cuir précieux, des paniers brodés et de diversifier sa gamme de bijoux pour enfants. Une visite s’impose ! Chic2luxe - Virginie Weisenbuger au Palace Es Saadi Tel : +212 6 15 08 14 96 www.chic2luxe.com


ENGLISH

A gem of a girl ! The various innovative jewellery collections from Chic 2 Luxe can also offer a new charming lease of life to your very own!

V

irginie Weisenburger is a lovely girl with an artist’s temperament. On graduating from Esmod as a designer and leather craft stylist, she was introduced to the spirit of haute couture with a first placement in the Hermès workshops. The double-needle saddling stitching technique also teaching her perfection, the very same that has remained to the tips of her fingers. For more than a decade, she created promotional objects, bags, jewellery, scarves… for Guerlain, Lancôme and Lancaster, giving shape to noble, animal, mineral and textile materials. A talented painter, she sold her projects with delightful aquarelles inspired by her travels and her trips to Marrakech, a holiday destination with her parents for 20 years or so. She is now changing tack! At the Palace Es Saadi and on owner Elisabeth BauchetBouhlal’s initiative, the young woman from the north of France is opening an elegant boutique, with 4 collections of lovely jewellery at affordable prices. Chic 2 Luxe is an intelligent range that enables you to customise family pieces, thanks to a snap hook that can be clipped anywhere you wish, and a collection of solid silver, mother-of-pearl and glass charms – part of which are made in Marrakech. A pearl necklace can be turned into a set of jewels, an earring transformed into a broach… In short, with boundless imagination and silk and leather cord, Chic 2 Luxe is following the “second life” movement the world of luxury, from Prada to Hermès, is developing. A “Clip jewels” box set in imitationcrocodile leather invites travellers to look pretty

from morning to night, walking down that red carpet, using just one piece of jewellery. Virginie Weisenburger also offers her «Intemporelle» range, with best-selling necklaces –chokers and chains- and bracelets in solid silver from Thailand, multicoloured semiprecious stones from Rajasthan and beautifully made fasteners. Her “unique” range of jewellery in semi-precious stones imported from India (garnet, aquamarine, labradorite..) is as sexy as it is refined. Depending on your mood, this accessory can be unfurled down to the small of your back, like a seductive invitation. Guaranteed success… Finally, the «Confiance» leather range exudes breathtaking style. A pretty double-sided (pythonostrich) leather flower enhanced with stones, can be slipped under a silk scarf – the range of colour absolutely glows -, around your neck, belt, headband, petticoat… and signs a very glamorous Yves Saint Laurent-style look. On clever white ceramic displays modelled on the contours of her own figure, the skin jewels, presented by Valérie, make for a chic addition, leaving you free to hint at intimate nooks and stir the imagination. In this showcase boutique, the designer is planning on adapting her true expertise to a range of precious leather bags, embroidered baskets and diversifying her range of jewellery for children. Not to be missed! Chic2luxe - Virginie Weisenbuger : in Palace Es Saadi Tel : +212 6 15 08 14 96 - www.chic2luxe.com


150/sortir

Par : Mélanie Polatova

Tout le monde

dehors !

Plans restos

Terrasses, jardins urbains et greens... Le beau temps est de retour, et ce, pour un sacré bout de temps... Profitons-en pour jouir de ce que les Européens accablés par leur ciel grisâtre nous envient : positionnons-nous sous le soleil exactement ! A l’heure du petit-déj, du lunch sur le pouce, de l’apéro ou du dîner sous les étoiles, les adresses gourmandes de la ville nous “mettent tous dehors”... et on aime ça !

• Amanjena


• Café de la Poste

Des matins ensoleilles...

• Kechmara

• Brasserie Le Flore

L’histoire commence relativement tôt pour une certaine catégorie de Marrakchis à laquelle “le monde appartient”... Dès 8h, on peut s’attabler pour un café-croissant ou un petit-déjeuner copieux aux terrasses urbaines que l’on apprécie d’ailleurs à longueur de journée pour leurs formules “sur le pouce”. Les Maîtres du Pain : emplacement stratégique pour les parents qui déposent leurs enfants à l’école dans le quartier de Victor Hugo. Café-croissant rapide et efficace, ou pourquoi pas, œufs au plat et jus d’orange vitaminé ! Chez Paul : grand classique de la boulangerie française, doté d’une discrète terrasse ombragée à Semlalia. Le Flore : avec son immense terrasse, la nouvelle brasserie joue la carte “Plein soleil” sur la place du 16 Novembre. On aime le petitdéjeuner des “Halles de Rungis”. Le 16 Café : même emplacement de rêve. Pâtisseries à se damner et carte rafraîchissante (jus de fruits frais et smoothies inspirants). Le Kechmara : sur le trottoir pour un expresso express, ou sur le toit pour une pause gourmande, de jour comme de nuit. On aime : les concerts d’été en plein air... Kaowa : pour faire le plein d’énergie matinal face aux Jardins Majorelle avec des jus healthy. Mais aussi l’Extrablatt, la plus belle terrasse de l’Hivernage.


152/sortir

Par : Mélanie Polatova

• Terrasse des épices

• Rôtisserie de la Paix • BAB hôtel

Midi sonne ! Direction les coins cachés, les terrasses pour clients pressés et les jardins urbains pour décompresser... Le BAB hotel a inventé des moments ludiques au dernier étage : grillades et salades légères s’apprécient entre un tournoi de fléchettes et une partie de ping pong... Idéal pour recharger les batteries entre midi et deux. Aux Jardins du Guéliz, un buffet est dressé chaque jour et les fans de bonne cuisine française apprécient leur repas dans un jardin adossé au Parc du Harti. Le Karobase avait lancé la mode du snacking chic. On aime sa terrasse calme et abritée, la cuisine est simple. Le Katsura : tout citadin branché qui se respecte y mange des sushis au moins une fois par semaine... et quand ce restaurant en plein centre-ville ouvre son toit, avouons-le c’est plutôt pas mal ! Le Bagatelle : à l’intérieur, Marrakech d’antan ressurgit (voir notre article page 32), dehors, la terrasse brumisée s’apprécie de jour comme de nuit. La Rôtisserie de la Paix, juste en face, est l’un des plus vieux restaurants de la ville : un immense jardin dans lequel même les soirées d’été sont douces et fraîches. Le Azar : terrasse discrète et menus libanais ou marocain, pour mettre un peu d’orient dans notre quotidien.

La Villa : désormais ouvert à midi, le restaurant est à ciel ouvert, à la belle saison, grâce à son toit amovible. Une perle dissimulée dans l’Hivernage. Le Zinc : au bistrot des copains de Sidi Ghanem, on apprécie la cuisine de Damien Durand attablé à un tonneau, sur le trottoir, à la bonne franquette. Un p’tit tour en Medina... et puis s’en va ! Un jus d’orange sur la Place Jamaâ El Fna, rien de tel pour se vitaminer avant d’attaquer les souks ! Mais dans la Médina, les terrasses s’apprécient surtout à midi, pour des pauses gourmandes bien méritées après des séances shopping éreintantes. La Terrasse des Epices : vaste et bien placée, cette adresse est une des préférées des touristes et des “guéliziens” qui s’aventurent en Médina (voir notre article sur les boutiques de l’étage du dessous page 134). Mais aussi, le Jardin, pour une pause fraîcheur garantie dans le grand patio verdoyant. Les Jardins de la Médina : un authentique Riad de la kasbah dans lequel un jardin de 3.000 m2 constitue un lieu privilégié, au bord de la piscine, pour un repas raffiné et inventif. Les Jardins de la Koutoubia : carte snacking riche de Clubs et de salades à midi, au bord de la piscine. Les plus : très chic et facile d’accès.

• Jardins de la Médina


A la nuit tombee... L'été, le meilleur moment pour sortir, c'est quand le soleil va se coucher ! De l'heure de l'apéro jusqu'au dîner, on attend que la nuit nous fasse cadeau d'un peu de fraîcheur... La Renaissance : son toit se met à la mode italienne, midi et soir, tandis que l'heure de l'apéro retentit sur son Skybar. Vue imprenable sur la ville au coucher du soleil. Au Sofitel : on commence la soirée sur la terrasse perchée du Lawrence Bar, puis on dîne à l'Orangerie. 2ème option : le So Good, dernier-né du concept "So", où l'on peut désormais profiter de l'ambiance version plein air. Le Café de la Poste : sa terrasse coloniale est le QG du centre-ville à l'heure où le soleil se couche... On y reste volontiers pour dîner. Bô-zin : son jardin est mythique, tant pour la végétation luxuriante que l'ambiance joyeuse qui y règne. Adresse incontournable pour des dîners outdoor chics et animés. La Trattotia de Giancarlo : les soirées sont douces dans son jardin pour prendre un verre, avant de passer à table au bord de la piscine... Le tout, en plein cœur du Guéliz ! Dar Ghizlane : cuisine marocaine revisitée tout en finesse dans ce jardin d'Eden de l'Hivernage. Lotus : Toujours dans un beau jardin de l'Hivernage, mais cette fois, pour déguster une excellente cuisine française. Prolongations sur la piste si affinités. L'Epicurien : on peut dîner très tard sur sa terrasse donnant sur les luxuriants jardins du Es Saadi... Un bonheur !

• La Trattoria

• Tanjia • Renaissance

Au meme moment, du cote de la Medina... Le Café Arabe : à l'heure de l'apéro, c'est sur son toit que ça se passe ! Et pour dîner dans l'ambiance d'une brasserie orientale, direction le Mellah, sur le toitterrasse du Tanjia.

• Bô-zin

• So Good


• Atlas Golf

Pas la peine d’attendre le week-end pour se mettre au vert !

• Crystal

Petit crochet par la Palmeraie : Prendre le temps de déjeuner ou de dîner dans l’un de ses hôtels confidentiels ou maisons d’hôtes, perdus dans une végétation généreuse et exotique : pas de doute, c’est le summum du luxe ! On aime : le jardin des 2 Tours, qui s’épanouit depuis plusieurs décennies, et la cuisine inventive de son restaurant Salammbô, qui en font un des lieux les plus select de la région. Dejeuner cote greens : On aime l’Atlas Golf non seulement pour sa proximité, mais aussi pour sa Terrasse, qui sert des grillades à midi. Le club House du golf Al Maaden dresse un buffet méditerranéen chaque week-end, tandis que le Royal Golf joue la carte grillades en toute simplicité sous les pins parasols. Mention spéciale pour la vue sublime que nous offre la terrasse du Golf Amelkis... Les adresses du dimanche : Le buffet du Dar Ennassim, vue plongeante sur le green, et celui du Crystal, deux brunchs Jazzy très courus... Le dimanche, c’est aussi la journée des déjeuners-piscine : version champêtre au Beldi Country Club, plus rythmée au Nikki Beach, avec en prime un excellent Chef ! Quant aux fans de méchoui, ils peuvent le déguster chaque week-end (samedi et dimanche midi) au bord de la piscine d’un somptueux Palace : l’Amanjena...

• Golf d’Amelkis


ENGLISH

• Dar Ennassim

Everybody out ! Restaurant ideas : terraces, green urban gardens... The weather is fine and is set to last… Take advantage of it and enjoy what the Europeans under their greyish skies envy us for: just soak in the sun! For breakfast, a quick lunch, drinks or dinner under the stars, these are the city’s gourmet outdoor addresses... what more could you want ! Sunny mornings... Things start off relatively early for a certain category of Marrakech inhabitants, for whom the early bird catches the worm... From 8am, you can settle down to a coffee and a croissant or a more copious breakfast at one of the urban terraces, popular all day long for their “on the go” menus. Les Maîtres du Pain : a strategic location for parents dropping their children off at school in the Victor Hugo neighbourhood. A quick coffeecroissant can hit the spot, or treat yourself to a fried egg and an energising orange juice! Chez Paul : the classic French bakery, with a discreet shady terrace at Semlalia. Le Flore : with its huge terrace, the new brasserie offers nothing but sunshine on the Place du 16 Novembre. We love the "Halles de Rungis" pick-ofthe-day breakfasts. Le 16 Café : same dreamy location. Fabulous pastries and refreshing menu (fresh fruit juices and inspiring smoothies). The Kechmara : on the pavement for a quick espresso, or on the roof terrace for a gourmet break, by day and by night. We love the outdoor summer concerts… Kaowa : for an energising boost first thing in the morning facing the Jardin Majorelle with a choice of healthy fruit juices. Not forgetting the Extrablatt, the most beautiful terrace in Marrakech’s Hivernage. On the strike of twelve ! Head for hidden corners, terraces for busy customers and urban gardens for a spot of relaxation… The BAB hotel offers a spot of fun on its top floor: grilled meats and light salad can be enjoyed between a dart tournament and a game of ping pong… Ideal for recharging your batteries at lunchtime. At the Jardins du Guéliz, a buffet is set out every day and fans of good French cuisine can savour their meal in a garden backing onto the Parc du Harti. The Karobase launched the chic snacking trend. We love its calm, sheltered terrace and simple cuisine. The Katsura : any self-respecting city dweller eats

sushi at least once a week… and when this city centre restaurant opens its rooftop terrace, the combination is rather great, don’t you think? The Bagatelle: inside, the Marrakech of yesteryear comes flooding back (see our article page 162) ; outside, the cool terrace is ideal by day and by night. The Rôtisserie de la Paix, just opposite, is one of the city’s oldest restaurants: a huge garden where even summer evenings are cool and fresh. The Azar : a discreet terrace and Lebanese or Moroccan menus, allowing a little of the orient into our everyday lives. La Villa : now open for lunch, the restaurant’s roof can be removed in the summer for al fresco dining. A hidden pearl in Marrakech’s Hivernage. Le Zinc : at the local Sidi Ghanem bistrot, enjoy Damien Durand’s cooking sat at a wine barrel on the pavement, for an informal meal. • A quick stroll round the Medina… Nothing like an orange juice on the Place Jamaâ El Fna before hitting the souk! In the Medina, terraces are particularly sought-after at lunchtime, for welldeserved gourmet breaks after exhausting shopping trips. The Terrasse des Epices : vast and well located, this address is on the tourists’ and Gueliz inhabitants’ favourite when visiting the Medina (see our article on the boutiques on the floor below, page 126). As well as the Jardin for guaranteed freshness on its large verdant patio. Les Jardins de la Médina : an authentic Kasbah Riad whose 3,000 m² garden makes for a special venue, besides the pool, for a refined and inventive meal. Les Jardins de la Koutoubia : a snack menu full of Club sandwiches and salads at lunch, besides the pool. Very chic and easy to access. At dusk... In the summer, the best time to go out is when the sun is about to set! From drinks to dinner, wait for the night to offer up its cooler temperatures... The Renaissance : its rooftop has gone Italian style, for lunch and dinner, and drinks are served in the Skybar. Breathtaking views on the city at sunset. At the Sofitel : start the evening at the Lawrence Bar’s perched terrace then dine at the Orangerie. The 2nd option is the So Good, the latest addition to the “So” concept, where you can now enjoy an outdoor setting. Le Café de la Poste : its colonial terrace is the city centre’s headquarters at sundown… You can quite happily stay on for dinner.

Bô-zin : its mythical garden, both for its luxuriant vegetation and the happy atmosphere that floats in the air. A key address for lively outdoor-chic dinners. La Trattotia de Giancarlo : for a mellow evening in the garden, have a drink before sitting down to eat by the pool… All in the heart of Gueliz! Dar Ghizlane : a new and refined take on Moroccan cuisine in this Garden of Eden in the Hivernage. Lotus: Another beautiful Hivernage garden, this time to savour excellent French cuisine. You can, if you like, spend the rest of the evening on the dance floor. L'Epicurien : dine until late on its terrace overlooking the luxuriant gardens of Es Saadi... True happiness! In the meantime, in the Medina... Le Café Arabe : join the rest of the city for drinks on its rooftop! And for dinner in oriental brasserie style, head for the Mellah, on the rooftop terrace of Tanjia. No need to wait for the weekend to take a refreshing break in the country! When you have time to head for the Palmeraie: Taking the time to have lunch or dinner is one of its confidential hotels or guest houses, lost in generous and exotic vegetation is without a doubt the height of luxury! We loved the garden at the 2 Tours, which has been blossoming over the years, and its restaurant Salammbô’s inventive menu, making it one of the most select addresses in the region. • Lunch by the green: We loved the Atlas Golf not only for its proximity, but also for its Terrasse, which serves grilled meats at lunch. The Al Maaden golf clubhouse offers a Mediterranean buffet every weekend, and the Royal Golf has opted for the grilled meats option in a relaxed setting under the umbrella pines. A special mention for the sublime view offered by the Amelkis golf terrace... • Sunday addresses : The buffet at the Dar Ennassim, a view onto the green, and that of the Crystal make for two very popular Jazzy brunches… Sunday is also the day for lunches by the pool: an al fresco version at the Beldi Country Club, a more lively one at the Nikki Beach, with an excellent Chef to boot! And if you like Méchoui (barbecue of a whole sheep), you can enjoy it every saturday and sunday at lunch time near the fabulous swiming pool of the elegant resort Amanjena.


156/ecommerce

Par : Mélanie Polatova

• Le Maroc est lui aussi à l’heure du Web, et depuis que le paiement en ligne peut s’effectuer en Dirhams, nous assistons à un boom des sites marchands. Désormais, un simple clic nous donne accès à tous les shoppings, sans bouger de notre siège... Organiser ses voyages, profiter de bons plans, se cultiver, faire des emplettes coquettes ou le marché de la semaine... Avec en prime un service livraison à domicile ! Elle n’est pas belle la vie sur le net ?


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ENGLISH 158/ecommerce

• Morocco is also experiencing the internet revolution and, ever since online payments can be made in Dirham, the country has seen a real boom in commercial websites. Now, a simple click of the mouse gives access to all kinds of shopping from the comfort of your own home… You can organise your holidays, take advantage of good offers, cultivate your mind, and purchase some stylish goods or your weekly shopping… With home delivery to boot! Isn’t life on the internet wonderful?! Good deals for sharing www.deals.madeinmarrakech.com With every day comes a new deal for lunch, a massage, a holiday… Just set up an online purchasing account then wait for the deal to be validated: in the meantime, pass the information on to your friends! 2h of quad biking, lunch at a restaurant, and a night in Essaouira, for example… all at a 50% discount or more! www.mydeal.ma Using the same method, choose your city to access very attractive deals, renewed every 3 days. A good tip for sharing, with large discounts on offer: sports sessions, a night at a hotel, spa sessions… Make life easier www.epicerie.ma  Fill your virtual basket, pay online, and have your weekly shopping delivered in your chosen time slot… And that’s not all: you can even order a selection of sushi! Casablanca, Rabat and Mohammédia only. www.greenstore.ma Everything you need to save on water and electricity, environmentally-friendly household cleaning products, organic cotton house linen, etc. It’s all there! Just pay with your credit card and wait for your home delivery!

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160/coupdecœur

Par : Mélanie Polatova Photo : Stéphane Morgant et Marc d’Haenen


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162/coupdecœur

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ès le lendemain, je me renseignais sur le net et passais un coup de fil à l’organisateur pour être rassurée. Moi, qui ne me suis jamais inscrite sur un site de rencontres, ni tenté de Speed Dating ou autre fantaisie pour “Singles insatisfaits”, j’étais définitivement persuadée que ces trucs-là étaient réservés aux “désespérés”, à ceux qui veulent se caser à tout prix. Premiere idee recue dementie Je découvre sur le départ de très jolies filles et des mecs pas mal de 25 à 50 ans... (Il n y a donc pas que des vieux moches dans ces voyages pour célibataires !) Des personnes tout à fait normales, venues de différents coins du globe, friandes de voyage, de découverte et de rencontres. Les regles du jeu ? Nous sommes partagés en 6 binômes féminins et 6 masculins. Chaque duo de filles accueillera dans son 4x4 les duos de garçons à tour de rôle, avec lesquels elles feront connaissance lors de jeux et d’épreuves de conduite qui mèneront les équipages jusqu’aux confins du désert. Top depart... Ma co-équipière est une folle furieuse qui s’empare du volant et se fait surnommer “Léon la Burnée” ! Drôle et énergique, elle nous entraîne sur le sillon de sa bonne humeur ; je sais d’ores et déjà que je ne regretterai pas mon séjour au pays des célibataires. Notre première équipe est pourvue d’un spécimen rare : un trentenaire qui vit chez ses parents et a déjà tenté tous les concepts les plus farfelus pour trouver l’âme sœur. Et il est clairement là pour “dater”… L’ambiance me rappelle celle des colonies de vacances car, en dehors du concept Dating, l’expérience est avant tout une aventure. Pas de grise mine, beaucoup d’humour : je n’ai pas du tout le sentiment que cette génération est angoissée par son célibat, bien au contraire ! Un jeu d’énigmes dans la sublime Kasbah Aït Ben Haddou, une distribution de ballons aux jeunes d’un village, puis une soirée bon enfant, et ce soir, tout le monde se couchera (plus ou

moins) tôt afin d’attaquer la grosse journée du lendemain, frais et dispo. Des les premiers jours, les profils se dessinent On dit souvent que l’épreuve des vacances est essentielle pour connaître la véritable compatibilité entre deux personnes… Cela se vérifie dans ce concept d’aventure en groupe : dès les premiers jours, les profils se dessinent. Et la conduite est un excellent indice ! Il y a les patients, les galants, et ceux, profondément égoïstes, qui s’emparent du volant pour s’éclater sur les pistes sans se soucier du plaisir des autres. Ou encore, ceux qui conduisent comme des fous avec un esprit de compétition exacerbé, voire dangereux… On croirait lire dans l’âme des gens en seulement quelques heures de vie partagées ! Et le Dating dans tout ça ? Il ne faut pas oublier le but premier de notre voyage : j’apprends au petit-déjeuner que certains couples se sont déjà formés en cachette ! Et j’observe des affinités entre certaines personnes… On peut donc dire que l’aventure crée des liens plutôt rapidement, que ce soit des coups de foudre, des attirances purement physiques ou de véritables histoires d’amitié. Une autre dimension ! La piste commence. Un long chemin rocailleux doit nous conduire aux premières dunes de sable. Plusieurs ensablements au programme, mais une équipe Pro nous encadre, nous sécurise et nous forme à la conduite 4x4, car pour la plupart, nous sommes des néophytes. Les organisateurs de la “Desert Dating” sont de vrais spécialistes du désert, l’un d’eux a déjà encadré le Paris-Dakar, le Marathon des Sables et le Rallye des Gazelles. Ils nous guident sur les pistes, puis entre les dunes pour rejoindre le campement en milieu d‘après midi. En arrivant sur le site, nous basculons dans une autre dimension. Le désert rapproche les gens de manière significative, comme si, dans cette immensité (puis la fraîcheur de la nuit aidant), nous avions tous besoin de chaleur humaine. Le groupe est soudé, les couples s’affirment, la complicité est palpable. Après

une belle soirée autour du feu, des After musicaux dans certaines tentes… et plus si affinités. Au programme dans le désert : une course à dos de dromadaire, un concours de montage de tente berbère et un peu de gym kana rempliront le désert d’échos de fous rires. Les groupes d’amis et les couples sont désormais parfaitement identifiables. Pour ma part, j’ai du mal à réaliser que j’étais en présence de parfaits inconnus 4 jours auparavant, tant je suis à l’aise dans ce bout de nulle part, en compagnie de mes nouveaux camarades de jeux ! Ce matin nous levons le camp, inconscients du rêve que nous venons de vivre éveillés, car trop excités à l’idée de reprendre la route. Beaucoup de pistes, de panoramas, des franchissements d’oueds ; et demain, nous rendrons visite à l’Association du Marathon des Sables qui œuvre pour l’école nomade. La soirée sera calme, comme enveloppée dans un voile invisible de nostalgie... L’aventure touche à sa fin. Bilan Un périple magnifique sur quelques unes des plus belles routes du Maroc, le privilège de s’approprier un morceau de désert pendant 48h, des rencontres inattendues, des coups de foudre improbables (amoureux et amicaux), une intensité palpable dans les au-revoir, échanges de cartes de visite et pseudos Facebook : certains ont déjà organisé leurs retrouvailles ! La joyeuse bande de la “Desert Dating” entretiendra t-elle la flamme complice malgré la distance, se retrouvera t-elle un jour ? Dans tous les cas, cette semaine a été une expérience unique et inoubliable ; car finalement, seul ou en couple, l’important, c’est d’optimiser les brefs moments passés sur terre… non ?!


ENGLISH

I did it! I tried out Desert Dating… Taking up the challenge set by my editor “I bet you wouldn’t dare!”, I launched headlong into “Desert Dating”: a four-wheel drive trek in the desert for singletons… in other words, how to find your soul mate in amongst the dunes! The next day, I was surfing on the net and phoning the organiser for a little reassurance. Having never registered on a dating website, nor tempted by Speed Dating or any other whims for "Unhappy singles”, I was adamant that such things were solely aimed at "desperate people", for those who wanted to settle down at any cost. First received idea refuted I discovered as we were about to leave that our group was made up of some very pretty girls and handsome blokes 25 to 50 years of age… (Trips for single people aren’t only for ugly old people!) Indeed, they were completely normal individuals, from the four corners of the planet, fond of travelling, new discoveries and meeting people. The rules of game We were divided into 6 female and 6 male teams. In turn, each female duo welcomed the boys’ teams in their four-wheel-drive, getting to know them during games and driving challenges that led the crews into the far reaches of the desert. Ready, set, go... My co-team member can only be described as nothing short of mad and was the first to sit behind the wheel! Funny and energetic, she soon put us all in a good mood; I knew at that very early stage that I was not going to regret my stay in the land of the singles. Our first team was supplied with a rare specimen: a thirtysomething who still lived with his parents and had already tried all the most hare-brained concepts to find his soul mate. He was clearly there to "date"… The atmosphere reminded me of holiday camp. Indeed, the Dating concept aside, the experience is first and foremost an adventure. No long faces, just a lot of humour! You really didn’t get the feeling that this generation was anxious about their single status. On the contrary!

A treasure hunt in the sublime Kasbah Aït Ben Haddou, handing out footballs to children in a village, then a friendly evening, and, that first night, everyone when to bed (more or less) early in order to tackle into the next big day bright-eyed and bushytailed. From the very first days, character profiles start emerging. You often hear that going on holidays is essential to find out if two people are truly compatible… This proves true in this group adventure concept: from the very first days, character profiles start emerging. And driving gives you some very good indications! There are the patient ones, the gentlemanly ones, and those deeply egotistical individuals, who get behind the wheel to have a ball on the tracks without a care in the world or for other people. Or yet again, those who drive like madmen in an exacerbated and even dangerous competitive spirit… You start to think you can read into people’s souls only after a few hours spent together! And what about the Dating amongst all of this? We mustn’t forget the first aim of the trip: I learnt at breakfast that certain couples had already formed in secret! And you could see certain affinities between certain people… You can therefore say that the adventure forges relations quite rapidly, whether love at first sight, purely physical attractions or true stories of friendship. Another dimension! The trail starts. A long rocky path leads us to our first sand dunes. Getting stuck in the sand was a regular occurrence, but a Pro team was on hand to help, keep us safe and give us training in four-wheel driving, the large majority of us being total novices. The “Desert Dating” organisers are real desert experts, one of them having already supervised the Paris-Dakar, the Marathon des Sables and the Rallye des Gazelles. They guided us along the trails,

then between the dunes to reach camp in the middle of the afternoon. Once onsite, we delved into another dimension. The desert brings people significantly closer together, as if, in this vastness (then the cool air of the night helping), everyone needs a little human warmth. The group is closely knit, couples are asserting themselves and the closeness is palpable. After a beautiful evening by the fireside came the musical after parties in certain tents… and sometimes more. On the programme in the desert: a dromedary-back race, a Berber tent pitch competition and a little gym kana filled the desert with echoes of laughter. For my part, I was finding it hard to believe that I was in the presence of complete strangers only 4 days ago. That’s how at ease I felt in this corner of nowhere in the company of my new playmates! We broke camp in the morning, oblivious to the daydream we had just experienced, too excited at the idea of hitting the road again. A lot of trails, landscapes, wadi crossings; and the next day, a visit to the Marathon des Sables association, fighting for nomadic schooling. The evening was all set to be quiet, as if shrouded in an invisible veil of nostalgia…. The adventure was coming to an end. In sum: A magnificent journey on some of Morocco’s most beautiful roads, the privilege of taking over a piece of the desert for 48h, unexpected encounters, improbable love (and friendship) at first sight, palpably intense goodbyes, an exchange of business cards and Facebook usernames: some have even already organised their reunion! Will the happy band of “Desert Dating” keep the loving flame alive despite the distance? Will it meet again one day? In any case, this week was a unique and unforgettable experience; in the end, alone or in a couple, the most important thing is make the most of the short time we have on earth… don’t you think?!


166/evasion

Par : Marie Le Fort


Face à la mer, l’hôtel Isle de France est un coin de paradis.


170/evasion

Côté décor, ambiance colonial-chic contemporaine, avec des boiseries blanches, grands canapés crème et suspensions en rotin. Ouvert sur l’extérieur, Bonito domine Gustavia, tout en restant protégé du flot des piétons. Un vrai repère pour gastronomes avertis. En évoquant le plaisir des sens, impossible de faire l’impasse sur le talent de Christophe Marchesseau. “L’essentiel du soin, c’est la main” : une phrase pleine de bon sens qui illustre à merveille la philosophie de cet homme serein, qui allie, dans les cinq doigts d’une même main, l’expertise d’un kinésithérapeute, d’un ostéopathe, d’un masseur, d’un thérapeute et d’un coach. A l’origine de L’Excellence des Sens, une volonté de prendre en charge le corps dans toutes ses épaisseurs, levant une à une les densités qui l’alourdissent. Fervent défenseur d’une approche personnalisée, il pense que les “spas devraient accueillir des chefs, au même titre que les grands chefs font la renommée des grands restaurants” en dévoilant de nouvelles couches ou expériences sensorielles : en un mot, dépasser la surface, la peau, et l’approche superficielle des soins esthétiques, pour réveiller, inspirer, délier le corps. “15 ans de pratique m’ont permis de choisir, d’adapter et d’utiliser les meilleures couleurs de cette vaste palette nommée “Thérapie Manuelle” pour trouver “le fil” de chaque personne”, explique-t-il. “Le seul outil qui différencie l’ébéniste du menuisier est la main, la perfection de SA main. Tel un ébéniste, la mienne me permet d’accompagner le corps dans son ensemble”. Et le collège de stars qui peuplent l’île à Noël ne s’y trompent pas : elles filent toutes chez Christophe ou l’appellent à domicile. Pour un peu, booké de 7 à 23h, il y perdrait presque l’équilibre… mais fort heureusement, il a des remèdes à cela !

La Banane se découvre comme un lieu hors temps, où le mobilier tropical-chic est signé Pierre Jeanneret ou le Corbusier.


Entre les palmes, le spa de l’Isle de France est propice à l’évasion.


Agencé par la jeune et brillante décoratrice d’intérieur Elisa Bally, le spa du Guanahani est en quête du même équilibre. “Si l’aspect décoratif est important, il ne doit pas masquer mais accompagner la recherche du bien-être et de l’équilibre que l’on attend en se rendant au spa. Aussi, j’ai choisi l’eau comme élément matriciel : à travers le spa, elle régénère, et accompagne, dilue même parfois, un puzzle de couleurs, formes, matières, et senteurs”. Dans chaque cabine, l’eau coule d’ailleurs de manière originelle à travers un bloc de pierre qui rappelle les vieilles fontaines villageoises. Et si l’eau symbolise le chemin qui mène vers l’équilibre et la sérénité, les matières naturelles -choisies brutes avant d’être lissées– composent, à leur tour, des rythmes pleins qui alternent avec des murs de couleurs éveillées. Un premier projet prometteur qui s’inscrit en profondeur et résonne de sensibilité créative. Il faut dire qu’en autodidacte, Elisa Bally a le talent des gens qui se forment tous seuls, comme si leur regard –espiègle, persévérant, affûté– leur dictait une voie invisible, délimitait un champ parfait. Un don pour les couleurs et leur densité, pour les belles matières et céramiques fragiles, semble ponctuer sa route à chaque instant. Son dernier projet en date ? Une immense résidence dessinée par Philippe Stouvenot : son architecture sobre, dispersée sur plusieurs niveaux, lui donne une fluidité ailée. Entre terrasses et baies vitrées, solariums et salles de bain ouvertes à l’infini, Elisa est parvenue à rapprocher cette résidence, perchée sur le flanc d’une colline, des couleurs et reflets de la plage, du sable mouillé et du ressac en contrebas. Rythmée de gris bleutés, de mastic argentés, elle a non seulement composé une gamme de couleur unique qui habille chaque chambre d’une vague apaisante, mais elle a également fait réaliser sur-mesure une suspension qui reprend, en spirale, le mouvement d’une luciole, faisant des ronds dans les eaux caribéennes.

De G à D et de haut en bas : Détail de l’intérieur de La Banane sur fond de fresque signée Cyprien Chabert. Carnet de croquis de la décoratrice d’intérieur Elisa Bally. Séance de remise en forme par Christophe Marchesseau. Vue de l’intérieur d’une des suites signées Kelly Wearstler au Viceroy Anguilla.

© Alain Charlot

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Vue du bar extérieur et d’une chambre décorés par Kelly Wearstler au Viceroy Anguilla.

Photo de nue sous marine shootée par Jean-Philippe Piter à St Barth.

Immergés dans ces mêmes eaux limpides, les clichés de Jean-Philippe Piter sont inséparables de St Barth. Photographe de talent né à Dakar en 1968, il monte à Paris à l’âge de 16 ans pour concrétiser son rêve de devenir photographe : ses pas le porteront d’assistant de Michel Comte et Dominique Isserman, Jacques Dirand ou encore Yann Arthus-Bertrand vers le rôle convoité de contributeur pour les magazines W, Vanity Fair, Vogue UK ou Marie Claire Maison. Si ses clichés résonnent du nom de Gérard Depardieu, Peter Gabriel, Brian Ferry ou encore Nicole Kidman, il est également éditeur du magazine Pure, pour lequel il continue de photographier stars et résidences, de projeter des ombres sur les plus beaux corps de femmes, de vivre sa passion au quotidien. Sans passion, force est de constater que les projets insolites ne verraient jamais le jour. Dernier-né des palaces caribéens, le Viceroy Anguilla se conjugue, et découvre, au superlatif : imaginé par la californienne Kelly Wearstler, il revêt une forme d’Island Dream inspirée. De l’albâtre, du bois richement sculpté, une alternance de marbres chocolatés et grisés au sol, d’extravagantes chaises tressées de rotin et des suspensions en bronze ouvragé après une allée de palmiers interminables, des pelouses vert anglais sur fond de mer bleu curaçao, le Viceroy Anguilla échappe, dès le lobby, à tous les clichés attendus quand on pense “resort caribéen”. N’ayant reculé devant aucun effet visuel, la designer californienne Kelly Wearstler a combiné influences africaines –pensez bois caramel et sculptures brutes–, textiles et touches indiennes avec une sensibilité asiatique qui affine, aère et pose le tout. Dissimulé par touches dans chaque recoin, le monde s’invite au cœur d’Anguilla, pour faire des Caraïbes, plus que jamais, une destination chic.


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Détail d’un cocktail préparé minute à La Banane.

F

or those who balk at the idea of travelling all that way only to discover a Club Med or holiday resort atmosphere for which the Caribbean is sadly known, imagine that setting sail for St. Barts is like going on holiday to a Mediterranean island. Swap the cobalt blue with Curacao, raise the temperature by ten degrees, and sprinkle with tropical vegetation. As for the rest, the discreet charm of Europe abounds, the true attention to detail in the precision and freshness of its gastronomy, and the hotels’ intimate atmosphere is a true gift for the senses… and your morale! Not forgetting the stars, who can live on these islands without being scared of their own shadow, a feeling one can fully understand… All you need do is choose somewhere to stay, from a designer hotel staging an impressive collection of Le Corbusier furniture, and a tastefully-decorated beach-side hotel, amongst many others. On the one hand, La Banane exults tropical colours, works of art and modernist furniture. «We needed to get back to basics: find the spirit of the embodiment of a house, revealed in the essence of a place we could share. Like the fruit, La Banane unveils itself little by little», explain Jean-Marc Israël and Benjamin Fabbri, both collectors and skilled aesthetes. From the very beginning, attention was brought to every detail in the hotel, creating, in fine, a truly unique house, with graphics by Ich&Kar, exceptional pieces signed Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand and Jean Prouvé, tropical hardwoods that interact with aniseed green, raspberry, and deep yellow textiles, for a simple and refined style. Basking in the sand, L’Isle de France, located on the Plage de Flamands, is a happy blend of neocolonial dream home, a residence with South-African influences and a Mediterranean blue and white holiday home. Once at the top of the steps of this old

West Indian house, the hotel’s colonial architecture frames the sea at the end of the hall: an invitation to venture out towards the blue horizon, reflected in the polished concrete floors. With its feet in the sand, at the far end, the beach restaurant offers a freshly caught flash-fried fish accompanied with a mountain of greens. Paradise might well begin at this precise moment in time… Just as delicious, the Bonito draws the crowds with its delicately-prepared Ceviche and other fish. French chef Laurent Cantineaux revives island cuisine after ten years spent in Venezuela and offers colourful dishes with hints of South America. The modern colonial-chic setting is a beautiful combination of white woodwork, large cream-coloured sofas and rattan suspended lighting. Open onto the outside, Bonito overlooks the town of Gustavia, whilst remaining protected from the flow of pedestrians. A real landmark for well-informed gourmets… Whilst evoking the pleasures of the senses, one cannot overlook the talent of Christophe Marchesseau. . “The most important part of the treatment is the work carried out by the hands”: A lot of good sense wonderfully illustrated by this serene man’s philosophy, combining, with great dexterity, the expertise of a physiotherapist, an osteopath, a masseur, a therapist and a coach. L’Excellence des Sens was created to care for every layer of the body, lifting in turn every burden weighing it down. A fervent advocate of a personal approach, he believes that “spas should welcome chefs, in the same way as great chefs make the reputation of great restaurants” by unveiling new sensorial layers or experiences: in a word, going deeper than the surface - the skin - and the superficial approach of beauty treatments, in order to reveal, inspire, and loosen up the body. “15 years of practice have enabled me to select, adapt and use the best hues in this vast palette known as “Manipulative therapy” to find each person’s “thread”, he explains. “The only tool that differentiates the cabinetmaker from the joiner is the hand, the perfection of THEIR hands. Like a cabinetmaker, mine enable me to accompany a body as a whole”. The hosts of stars that populate the island at Christmas have clearly tapped into this, all running to Christophe or calling him at home. Working from 7am to 11pm, he all but looses his balance… but thankfully, he can cure that! Designed by the young and brilliant interior decorator Elisa Bally, the Guanahani spa looks for the same balance. “Even though the decorative aspect is important, it must accompany rather than mask the search for wellbeing and balance on a visit to the spa. Thus, I chose water as the matrix: throughout the spa, it regenerates and accompanies, sometimes even dilutes; a puzzle of colours, shapes, materials and fragrances”. In each area, water has an original way of running through a block of stone, recalling a village fountain. If water symbolises the path that leads to balance and serenity, natural materials – chosen untreated before being planed – alternately punctuate the bright coloured walls. This first promising project has a deeper meaning and overflows with creative sensitivity. Indeed, the self-taught Elisa Bally has the talent of people who have learnt by themselves, as if their outlook – mischievous, persevering and sharp – sets an invisible path, delimiting a perfect scope. A gift for colours and density, beautiful materials and fragile ceramics, seems to punctuate her journey at all times. Her latest project is a huge home designed by Philippe Stouvenot: its sober architecture, on a number of floors, proffers winged fluidity. Amongst terraces and picture windows, solariums and bathrooms opening out onto infinity, Elisa has succeeded in bringing colours and reflections from the beach, the wet sand and the surf below to this hillside residence. With hints of bluish greys and silvery touches, a unique palette of colours envelops every room in a calming wave, and a made-tomeasure ceiling light recaptures in its spiral the movement of a firefly, circling over the Caribbean waters. Submerged in the very same limpid waters, JeanPhilippe Piter’s pictures are inseparable from St. Barts. A talented photographer born in Dakar in 1968, he travelled to Paris at 16 years of age to make

his dream of becoming a photographer a reality: his journey took him from assisting Michel Comte and Dominique Isserman, Jacques Dirand and even Yann Arthus-Bertrand to the much-sought after role of contributor for magazines such as W, Vanity Fair, Vogue UK and Marie Claire Maison. His photos are full of big names such as Gérard Depardieu, Peter Gabriel, Brian Ferry and even Nicole Kidman, and he is also editor for the magazine Pure, for which he continues to photograph stars and homes, casting shadows on the most beautiful female bodies, and living out his passion on a daily basis. Without passion, original and unusual projects would never see the light of day. Every element of the latest Caribbean luxury hotel, the Viceroy Anguilla, an inspired Island Dream imagined by Californian Kelly Wearstler, renders the superlative. From alabaster, richly sculpted wood, alternating chocolate-coloured and greyish marble floors, extravagant woven rattan chairs and intricate bronze suspended lights following an avenue of endless palm trees, green English lawns on a backdrop of Curacao-blue seas: from the lobby onwards, the Viceroy Anguilla does away with all the usual “Caribbean resort” clichés. Never shrinking from strong visual effects, Californian designer Kelly Wearstler has combined African influences – think caramel-coloured woods and naive sculptures –, Indian textiles and decorative elements, with a delicate Asian influence that refines, lightens and grounds the entire effect. In disguised touches and in every nook, the world has invited itself to the heart of Anguilla, making the Caribbean - now more than ever – the chicest of destination.

Vue de l’intérieur du spa et d’une des suites signées Kelly Wearstler au Viceroy Anguilla. Address book: La Banane Baie de Lorient 97133 Saint-Barth +590 590 520 300 www.labanane.com Isle de France Baie des Flamands +590 (0) 590 276 181 www.isle-de-france.com Bonito Rue Lubin Brin, Gustavia +590 (0) 590 279 696 www.ilovebonito.com Christophe Marchesseau L’Excellence des Sens, Kiné-Spa Cour Vendôme +590 (0)590 29 48 10 www.excellencedessens.com Elisa Bally Cour Vendôme, Gustavia +590 (0) 690 577 877 www.elisabally.com Jean-Philippe Piter www.purestbarth.com Viceroy Anguilla +1 264 497 7000 www.viceroyhotelsandresorts.com/anguilla


Carnet d’adresses Shopping Outdoor (Page 68) Fenyadi

219, Sidi Ghanem – Route de Safi Tel : +212 5 24 35 60 24

Moon Garden

310, Sidi Ghanem – Route de Safi Tel : +212 5 24 33 55 88

OTB

498, Sidi Ghanem – Route de Safi Tel : +212 5 24 33 69 28

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6, rue Abou Hayan Al Ghnati Maârif -Casablanca Tel : +212 5 22 98 98 91

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Hôtel La Mamounia www.dior.com

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Avenue de France - Guéliz Tel : +212 5 24 44 83 48

Noureddine Amir

7, rue de la Mosquée – Guéliz www.noureddineamir.com

Zara

Avenue Mohamed V - Place Plaza Tel: +212 5 24 42 37 69

Amelkis

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Kawoa

Azar 

Kechmara

BAB Hôtel

Le Grand Café de la Poste 

Km 12, Route de Ouarzazate Tel : +212 524 400 016 Route d’Amizmiz Tél : +212 5 24 37 66 66 Rue de Yougoslavie - Guéliz Tel : +212 5 24 43 09 20 Angle bd Mansour Eddahbi, Rue Mohamed El Beqal - Guéliz Tel : +212 5 24 43 52 50

Bagatelle

103, rue Yougoslavie - Guéliz Tel : +212 5 24 43 02 74

Beldi Country Club

Km 6, Route du Barrage Tél : +212 5 24 38 39 50

Bô-zin 

3,5 Km, Route de l’Ourika Tel : +212 5 24 38 80 12

Café Arabe

89, Rue Mohamed El Beqal, Guéliz Tel : +212 5 24 43 61 21

Yaz & Izia

55, Avenue Mohamed V, Galerie Jakar - Guéliz Tel : +212 5 24 42 13 63

Tout le monde dehors ! Plans restos (Page 150) Amanjena

12, route de Ouarzazate Tel : +212 5 24 39 90 00

Al Maaden

Sidi Youssef Ben Ali Tel : +212 5 24 40 13 50

Les Deux Tours

Douard Abiad - Circuit de la Tel : +212 5 24 329 527

La Grande Brasserie de Flore

Place du 16 Novembre - Guéliz Tel : +212 5 24 45 80 00

Le Jardin

32, Sidi Abdelaziz – Medina Tel : + 212 5 24 37 56 10

La Renaissance

La Rôtisserie de la Paix

Café des Epices

Le Tanjia

Chez Paul

La Trattoria de Giancarlo

Crystal

La Villa

Place du 16 Novembre - Guéliz Tel : +212 5 24 42 28 68 75, Rahba Lakdima - Medina Tel : +212 5 24 39 17 70 Rue Allal Ben Ahmed - Guéliz Tel : +212 5 24 45 84 74 Boulevard Mohamed VI - Zone Agdal Tel : +212 5 24 38 84 00

Dar Rhizlane

Sous Entendu

Avenue Mohamed V - Guéliz Tel : +212 5 24 43 30 38

Café 16

Améthyste

Spa hôtel Mamounia Tel : +212 5 24 38 86 84

3, rue de la Liberté – Guéliz Tel : +212 5 24 42 25 32

Angle Boulevard Zerktouni et Mohamed V - Guéliz Tel : +212 5 24 33 77 77

Dar Ennassim 

Eres

Rue Yves Saint Laurent – Majorelle Tel : +212 6 61 29 59 90

Rue Mouassine – Medina Tel : +212 5 24 42 97 28

SErie mode Harem’s Secret (Page 138) 6, av. Yacoub El Marini - Guéliz Tel : +212 5 24 44 80 79

Rue Oum Errabia – Guéliz Tel : +212 5 24 43 43 58

Circuit de la Palmeraie – Palmeraie Tel : +212 5 24 33 43 08 Avenue Jnane El Harti - Hivernage Tel : +212 5 24 42 17 36

Epicurien

Rue Ibrahim El Mazini – Hivernage Tel : +212 6 61 34 58 64

Extrablatt

68, rue Yougoslavie - Guéliz Tel : +212 5 24 43 31 18 14, Derb J’did, Hay Essalam – Medina Tel: +212 5 24 38 38 36 179, rue Mohamed El Beqal - Guéliz Tel : +212 5 24 43 26 41 Avenue Jnane el Harti et rue Ksar el Kebir – Hivernage Tel : +212 5 24 42 19 69

Le Zinc 

517, Sidi Ghanem – Route de Safi Tél : +212 5 24 33 59 69

Lotus Club

Rue Ahmed Chawki - Hivernage Tel : +212 5 24 42 17 36

Maîtres du Pain

26, route de Targa - Guéliz Tél. : +212 5 24 42 23 67

Angle avenue Echouada et rue Alkadissia - Hivernage 
 Tel : +212 5 024 43 48 43

Nikki Beach

Jardins de Guéliz

Royal Golf

Karobase

Sofitel

Rue Oued Makhzine - Guéliz Tel : +212 5 24 42 21 22 Angle rue du Capitaine Arrigui et rue du Drâa - Guéliz Tel : +212 5 24 42 28 08

Circuit de la Palmeraie - Palmeraie Tel: +212 5 24 36 87 27 Ancienne route d’Ouarzazate Tel : +212 5 24 40 98 28 Rue Harroun Errachid - Hivernage Tel : +212 5 24 42 56 00

Terrasse des Epices

15, souk Cherifia, Sidi Abdelaziz - Médina Tel: +212 5 24 375 904



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