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SPATIALITES Anne-Sophie Marchal


SOMMAIRE

• Contexte • Présentation du projet • Visite du volume… • Plans, coupes et élévations • Choix des matériaux • Traitement de la lumière • Référence : Waro Kishi


CONTEXTE Dans ce projet, chaque volume ayant une place bien déterminée, le mienne est pris entre deux autres. Je ne profite donc que de la lumière venant de l’Est et de l’Ouest, ayant une façade sur rue et une façade sur la mer.

J’ai un lien avec le volume de Sidney.Elle a placé son entrée en recul par rapport à la rue, me permettant de récupérer la lumière qui arrive du passage public : j’ai ainsi vitré la façade Sud de ma galerie d’exposition, qui se trouve au RDC et qui donne sur la rue. De plus, nous partageons une loggia au deuxième étage, nous permettant d’agrandir cet espace extérieur et ainsi aérer les volumes. Enfin, Sidney a crée un espace en verre au troisième étage, face à la rue, pour y installer un espace détente végétalisé. Ici aussi , je récupère la lumière en mettant une fenêtre translucide pour garder une certaine intimité vis-à-vis d’elle, tout en profitant de la douceur des formes et des ombres que produisent ses plantes.

J’ai aussi un lien avec la maison d’Emilie : ma cuisine extérieure est un cube translucide placé en bout de jardin au RDC : une de ses faces à une fonction de cloisonnement entre ma maison et celle d’Emilie mais la translucidité de cette facade permet à Emilie de lui aporter de la lumière.


Présentation du projet J’ai conçu mon bâti pour un binôme d’artistes : deux femmes, l’une peintre et l’autre photographe. Du fait qu’elles travaillent, exposent et vivent dans la même maison, cette dernière doit répondre à plusieurs besoins en même temps, et c’est pourquoi le principe à la base de mon projet est la flexibilité. Que ce soit le traitement des espaces, de la lumière ou des matériaux, tout a été pensé pour que ces femmes puissent « se réapproprier » tous les jours cette maison. Cette maison est en quelque sorte le reflet de leur mode de vie. Au centre de la maison, l’escalier distribue les pièces des deux étages, devenant le cœur battant de cette première. Il est un passage qu’on emprunte plusieurs fois par jours et qui mène directement là où on souhaite se rendre : nul besoin de faire des détours ou de passer par des passages étroits ou sinueux. De plus, du fait que ces femmes aient besoin de monter du matériel ou de descendre leurs travaux, les marches de l’escalier mesure 1 m en longueur, pour faciliter leurs allers et venues. Il est soutenu par un barreau métallique, sorte de « colonne vertébrale » de l’escalier, permettant de soutenir les marches en verre. J’ai choisi le verre que c’est un matériau qui permet de ne pas entraver le regard, qui souligne la fluidité des espaces, que je développerai un peu plus tard.

Il ya deux escaliers de deux volées chacun. Le premier, reliant le rez-de-chaussée au premier étage est constitué de 18 marches et de 20 hauteurs, grâce à l’épaisseur du plancher et au petit palier intermédiaire entre les deux volées. Le deuxième fonctionne de la même manière, mais ne comporte que 14 marches du fait de la plus faible hauteur de plafond.

Coupe du premier escalier en verre de18 marches

Sorte de colonne vertébrale…


Visite du volume‌


Ces deux artistes ont besoin de grands espaces qui doivent pouvoir, selon leurs envies, être fluides et traversants ou partitionnés, pour créer des espaces plus intimes. De ce fait, j’ai mis en place différents systèmes de cloisonnement : il n’y a aucune porte à proprement parlé, toutes les cloisons sont coulissantes et certaines peuvent même disparaitre pour laisser la vue traverser entièrement le volume. Je varie donc entre des baies vitrées coulissantes, des panneaux coulissants venant se ranger dans un « étui » approprié, permettant de dégager l’espace et des panneaux se repliant complètement sur eux même à la manière d’un accordéon. Du fait que ces cloisons peuvent être déroulées ou non, plusieurs espaces différents peuvent apparaitre à un même étage. Ces espaces n’ont alors aucune fonction attitrée puisqu’ils peuvent en changer plusieurs en une même journée. Cela souligne une fois de plus la flexibilité du traitement de cette maison et de ces espaces. Ce système est véritablement centré sur les besoins et envies de nos deux artistes.


Comme je l’ai dit en amont, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs les espaces que j’ai crée n’ont pas de fonction définie, celle-ci varie avec les besoins des deux femmes. Cependant, j’ai pensé à ce que peuvent devenir ces espaces cloisons fermées. Le rez-de-chaussée est un espace de partage, où les artistes reçoivent leurs amis ou les personnes qui viennent voir leurs œuvres. L’entrée principale se fait par la galerie d’exposition, puis il y a un espace intermédiaire de détente et de discussion qui mène à un espace extérieur, un jardin minéral où se situe la cuisine. Cette dernière se trouve donc à l’extérieur, excentrée du reste de la maison, comme si elle était un volume dans un volume. Elle est entourée de baies coulissantes qui lui apportent de la fluidité. C’est un espace restreint équipé au minium, les deux artistes cuisinant peu. Là encore, cette approche « contemporaine » de la répartition des espaces souligne la flexibilité que j’ai voulu donné à cette maison : les deux femmes apprécient de nouvelles réponses spatiales. Le premier étage est l’espace le plus privé de la maison. La chambre et la salle de bain, que les deux femmes partagent, sont réunies en une seule pièce : l’espace est véritablement « éclaté ». Mais là encore, le système de panneaux coulissants permet de séparer la baignoire ou les toilettes du reste de la pièce, pour plus d’intimité. Le pallier de cet étage est aussi un espace intermédiaire, il peut devenir atelier, espace de rangement…Enfin le tout mène à une terrasse sur rue, qui elle aussi peut se transformer en un espace ouvert de création, un espace de relaxation, d’échange avec les autres résidents, notamment avec la voisine etc.

Le deuxième étage est l’espace de production. Bien qu’elles aiment travailler ensemble, les deux artistes tiennent à une certaine indépendance et intimité. De ce fait, elles ont chacune un espace de création, avec leurs particularités. La peintre a un grand atelier donnant sur une terrasse avec vue sur la mer. Elle profite donc de la lumière chaleureuse de l’Ouest. La photographe a un espace plus étroit qui donne sur une petite cour minérale : un espace extérieur qui fait la transition entre leurs pièces, sorte de pause « physique » dans l’espace, où on peut venir lire ou flâner. Elle profite de la lumière douce venant de l’Est.


1800 10

10

300 60

60

60

60 10

510

300

65

10

120

100

280

10 60

590

10

530

10

N

B’

60

375

15 10 60

230 450

10 110

A

A’

15 B

Plan Rez-de-chaussée 1/50e

1800 10

80

60

135

10

40

45 30 20

140

575

250

50

310

10

600

10

600

B’

10

590

450

A’

B

A

10

140

85 0.7

130

0.7

230

10

100

300

175

10

600

Plan Premier Etage 1/50e


1800

10

390

10

680

70

20

250

10

320

280

20 10

10

10 20

290

10

385

200

165

N

10

B’

390

450

A’

B

A

Plan Deuxième étage 1/50e

Choix des matériaux Les matériaux sont intimement liés au mode de vie des deux femmes, ils doivent être tout aussi flexibles qu’elles, et la matière doit vivre aussi fort qu’elles. C’est une matière peut précieuse, sans finition, aussi simple que leur mode de vie et qui évolue au fil du temps (rayures, craquelures,..) sans complexe. C’est un univers rustique, simple et minimaliste, sans aucune recherche de décoration superflue, ni aucune sophistication.

Les

Les murs à l’intérieur sont quand à eux

Les cloisons sont en verre transparent

Les autres planchers sont faits de béton

ou en verre opalescent, tout comme certains

armé et ont une apparence de béton lissé,

tous

des planchers, lié à leur besoin de lumière.

matériaux brut qui souligne leur mode vie

résistant, donnant à la maison une ambiance

noirs,

naturel et vivant, dans le sens où ce sol est

d’immense atelier, où les murs peuvent être

entretien.

probablement taché de peinture et autres

eux

terrasse

huiles, peut être même gondolé…

directement par notre artiste peintre.

recouverts

aussi

d’enduit

tachés,

industriel

noircis,

même

blanc,

peints

deux

petits

jardins

minéraux sont composés de graviers qui

ne Au

demandent deuxième

donnant

sur

la

aucun

étage,

la

mer

est

ajourée grâce à des arbustes placés dans des caissons.


15

280

15

880

240

15

300

15

10

300

355

10

490

10

10

595

10

600

5

Rez-de-chaussée Premier Etage

10

590

10

575

Deuxième Etage 390

10

680

10

290

10

390

10

Coupe AA’ 1/50e


15

180

60 40 15

115

880

10 50

60 15

145

10 90

50 15

Façade Est

Façade Ouest

Rez-de-chaussée 15

160

100

60

100

15

Premier Etage 125

15

100

200

15

Deuxième Etage

Elévations 1/50e

15

40

180

150

15

450

Coupe BB’ 1/50e


Traitement de la lumière

Pour le traitement des façades, au troisième étage, la photographe, dont l’espace de création donne sur la rue, a imaginé une baie vitrée

Du fait que ces deux femmes travaillent beaucoup, elles ont besoin d’une lumière abondante. Les cloisons, bien

que

partitionnant

l’espace

quand

elles

sont

fermées, n’arrête pas la lumière car elles sont toutes transparentes ou translucides. La transparence est présente quand le problème de l’intimité ne se pose pas et la translucidité amène naturellement cette intimité. La question de la lumière dans un bâtiment tout en longueur comme celui-ci est de la faire pénétrer dans les espaces au centre de la maison, là où la lumière venant des façades ne peut parvenir. J’ai pour cela imaginé un puits de lumière traversant le deuxième puis le premier étage, éclairé par le toit en verre totalement translucide. Les passages intermédiaires de ces deux étages profitent donc de cette lumière zénithale, qui éclaire du même coup les espaces périphériques à chaque étage.

Ce système de lumière

zénithale à même été poussé jusqu’à imaginer des planchers transparents ou translucides eux aussi.

sérigraphiée d’une de ses photos, comme pour donner le ton.


Référence : Waro Kishi L’escalier est un élément central chez lui, qui part d’un point et qui nous Waro Kishi est un architecte contemporain japonais dont le travail me

amène souvent vers l’imprévu : en

touche beaucoup. J’ai trouvé beaucoup de points commun entre son travail et le

terrasse à l’extérieur, vers un autre

mien dans ce projet portant sur la spatialité, mais je me suis penchée sur son

point de passage…

travail depuis quelques temps maintenant, il est pour moi un architecte complet. Ses réponses architecturales, surtout pour les maisons individuelles, sont à la fois complexes, car il pense vraiment « à tout », et à la fois très simple, épurée, évident. Il pense à tout dans le sens où la recherche d’espaces nouveaux, le traitement de la lumière, des façades et même de la forme globale de la maison sont tout aussi important pour lui que l’orientation de la maison, l’impact qu’elle va avoir sur l’environnement urbain autour de celle-ci… Voici quelques images de ses projets qui sont les plus en lien avec mon travail.

La

limite

espace

Les

espaces

sont

fluides,

aérés,

et

ne

intérieur/ espace extérieur

remplissent pas de fonctions particulières, comme

n’existe presque pas chez

dans les maisons traditionnelles que l’on connait. Il

Waro Kishi : grandes baies

joue beaucoup avec la transparence du matériau pour

vitrées,

agrandir encore plus ces espaces, qui sont déjà

nombreux

jeux

d’angles transparents…

Le traitement des façades qui joue avec les pleins et les vides, le transparent et le translucide…

souvent de double hauteur.


Spatialités