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No. 36 Janvier /Février/Mars 2018

MAGANAC Le Magazine de l‘ANAC

Agence Nationale de l’Aviation Civile

ASECNA :

Le Directeur général et le Président du Conseil d’Administration en visite au Gabon

C’est fait : L’UA lance l’Open Sky africain avec 23 pays du continent


DANS CE NUMÉRO:

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A LA UNE LE DG et le PCA de l’ASECNA au Gabon

A LA UNE Lancement du Marché unique africain du transport aérien

GABON Interview Daniel Lefèbvre, DG d’ADL

GABON Aéroport de Libreville : les E-Gates font leur apparition

AFRIQUE Projet ATA-AC : 9ème réunion du Comité de Pilotage

AFRIQUE Abderrahmane Berthé : à la tête du ciel africain

AFRIQUE Afya, Cameroun : familiariser la jeunesse avec les métiers de l’aviation

AFRIQUE ASECNA : mise en œuvre de l’ADS-B par Satellites

INTERNATIONAL Etude : Un drone plus dangereux qu’un oiseau ?

INTERNATIONAL ONU / OACI : aider les équipages à détecter les victimes de la traite

ACTUALITÉS EN BREF

INSOLITE


Bonne et heureuse année 2018 ! CHÈRES lectrices, chers lecteurs, L’année 2017 vient de prendre son envol. A l’occasion, je voudrais tirer un bilan de l’année qui s’en est allée et poser un regard prospectif sur celle qui va commencer. Toute nouvelle année est porteuse de nouvelles ambitions et de nouveaux espoirs, d’un nouveau départ en vue de la réalisation de la feuille de route qui nous est assignée. Que nous a apporté 2017 ? Sommesnous satisfaits de nos résultats? Qu’avons-nous nous-mêmes apporté à notre travail, à notre entourage, à notre environnement ? En faisant le point, je dirais que l’année 2017 a été assez mouvementée. Un des grands défis pour l’ANAC a été, pour assurer le transport aérien dans des conditions optimales de sûreté et de sécurité lors du déroulement de la CAN 2017, de mettre

en place un processus permettant d’harmoniser toutes les dispositions techniques relatives à la coordination des vols en République Gabonaise. Nous avons accueilli à Libreville la 8ème réunion du comité de pilotage du projet ATA-AC, nous avons eu un audit de sûreté, le Gabon a adhéré au CORSIA, la loi relative au Code de l’aviation civile a été promulguée, le processus de certification de l’aéroport de Libreville a été lancé, nous avons eu une nouvelle ministre de tutelle, et un nouveau Directeur général a été nommé … En 2018, il y a plusieurs chantiers qui attendent l’ANAC, dont l’attente d’une programmation ICVM pour une mise à jour de notre pourcentage d’EI, la mise en oeuvre de notre PAC USAP, la certification de notre aéroport de Libreville, la mise aux normes ISO 9001 version 2015 de notre agence …

Comme d’habitude, à l’aide de nos différents moyens de communication, nous vous tiendrons régulièrement informés de l’évolution de tous ces chantiers. Notre priorité numéro un restant la sécurité, continuons à travailler tous ensemble pour l’améliorer encore plus - la conjonction de nos efforts nous permettra d’aboutir. Je formule le vœu que 2018 soit pour nous tous, une année d’accentuation de nos efforts en tirant les leçons de nos expériences. Une année nouvelle s’ouvre à nous, tournons donc notre regard vers l’avenir !

Arthur NKOUMOU DELAUNAY Directeur Général de l’ANAC

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Accueil par le Président de la République

VISITE DU DG ET DU PCA DE L’ASECNA :

« A partir de 2018, plus de 50 projets seront réalisés par l’ASECNA au Gabon »

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C’était un programme chargé qui attendait les deux hauts fonctionnaires de l’ASECNA au Gabon : MM Mohamed MOUSSA, Directeur Général de l’Agence et Jean François DEMAZIERES, Président du Conseil d’Administration ont séjourné à Libreville du 28 janvier au 03 février 2018. Au cours de ce séjour, ils ont eu tour à tour des rencontres avec les plus hautes autorités de la République gabonaise ainsi qu’avec le personnel de l’ASECNA. Leur présence à Libreville a été également mise à profit pour visiter le site devant accueillir le nouvel aéroport de Libreville situé à 27 Kilomètres de l’actuel aéroport. MAGANAC vous livre un compte-rendu partiel de ces activités.

Le lundi 29 Janvier 2018, ils ont visité des installations et services de la Représentation, entre autres la cité ASECNA, le siège de la Délégation, le magasin, les différents bureaux, la tour de contrôle et la centrale électrique. Le lendemain dans la matinée, il y a eu une rencontre à l’Aéroport International Léon MBA avec le gestionnaire aéroportuaire, le Directeur général de la société ADL M. Daniel LEFEBVRE, assisté de son adjoint M. Jean Simon NGUEMA. Les deux DGs se sont félicités du climat de bonnes relations qui a toujours prévalu entre ADL et l’ASECNA. Parmi les sujets abordés, la certification par l’ANAC, de l’Aéroport International Léon MBA. Quant aux écarts relevés par le M. LEFEBVRE,

Photos: Presse présidentielle, ia · Fotolia: Sam

La tour de contrôle de l’aéroport Léon Mba


tels les problèmes de sûreté et ceux liés au SLI, M. MOUSSA l’a rassuré de la part de responsabilité de l’Agence et s’est engagé à porter des corrections là où elles sont nécessaires et de l’implication sans condition de l’ASECNA pour l’aboutissement heureux du processus de certification de l’aéroport de Libreville déjà engagé. Concernant les problèmes de sûreté liés aux différents contrôles d’accès, les deux parties ont convenu de la rédaction d’un mémorandum d’entente pour clarifier les interventions de chaque structure sur la plateforme aéroportuaire. Dans l’après-midi s’en est suivie une séance de travail au Ministère des Transports avec Madame le Ministre des Transports et de la Logistique. Le Ministre des Transports a félicité le Directeur Général et le PCA pour les mesures prises dans le but d’améliorer les performances de l’ASECNA.

Séance de travail avec Mme le Ministre

Mme le Ministre a également soulevé un certain nombre de problèmes importants, entre autres la présence du Gabon au sein de l’agence. Et là j’ai pu l’assurer que tout ce qui est statutairement possible soit fait pour que le Gabon soit dignement présent dans cette organisation et correctement représenté. Je voudrais conclure

Photos: Jean Pierre Mintsa, facebook/E. Ondo

· Fotolia: Sam

Le Directeur général a apporté des éclaircissements sur toutes les zones d’ombre. Après la réunion, il a donné des précisions aux médias, en voici des extraits : « J’ai sollicité et obtenu de Mme le Ministre, une audience, et donc une séance de travail pour faire le point avec elle qui est le Ministre de tutelle. J’ai eu l’opportunité de rendre compte à Mme le Ministre de la situation de l’agence, de lui faire le point sur tous les dossiers, d’abord bilatéraux entre l’ASECNA et l’Etat Gabonais d’une part ; et d’autre part, sur l’ensemble des missions de

l’agence telles qu’elles sont conduites aujourd’hui. C’est donc avec honneur et grand plaisir que je suis venu ici, que l’ensemble des autorités de ce pays aient accepté de nous recevoir moi-même et le président du conseil d’administration de l’agence. A l’occasion de cette visite qui va durer quatre jours, nous allons examiner l’ensemble des situations du fonctionnement de la navigation aérienne au Gabon, pays fondateur de l’agence et qui a joué un rôle extrêmement important dans l’histoire de l’ASECNA.

Photo de famille au Ministère

Photo de famille au Ministère

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Le mercredi 31 Janvier 2018, il y a eu une audience avec Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération de la Francophonie et de l’Intégration Régionale, Chargé des gabonais de l’étranger, M. Noel Nelson MESSONE au cours de laquelle M. MOUSSA a annoncé au Ministre entre autres son projet relatif à l’harmonisation du contenu des accords de siège de tous les Etats membres de l’Agence. Il a informé le Ministre de la ratification par les 18 Etats membres de la nouvelle convention et il a présenté la nouvelle vision qu’il a de l’Agence à savoir le Ciel Unique Africain, raison pour laquelle une représentation de l’ASECNA est envisagée à l’Union Africaine. M. DEMAZIERES, Président du Conseil d’Administration a apporté un argumentaire de poids pour valoriser la contribution de l’ASECNA sur l’idée du Ciel Unique Africain précisant que c’est une bonne approche pour permettre de nouvelles adhésions. Rappelant que le Gabon a porté l’ASECNA depuis sa naissance, le Ministre a promis son soutien pour l’avancée de l’Agence. Le jeudi 01 Février 2018, ont débuté les rencontres individuelles avec les agents de l’ASECNA et les associations professionnelles qui ont manifesté le désir de rencontrer le Directeur général et le PCA.

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Mme le Ministre a soulevé les problèmes particuliers du Gabon au sein de l’agence

Dans l’après-midi, une importante séance de travail a eu lieu à l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) avec son Directeur général M. Arthur NKOUMOU DELAUNAY. De nombreux points de discussion ont été abordés parmi lesquels : - Effectifs et qualification - Compétences linguistiques Equipements et installations - Certification des écoles de formation - Certification de l’aéroport de Libreville - Construction du nouvel aéroport de Libreville - Compte-rendu du comité de gestion des Activités Aéronautiques Nationales du Gabon. En résumé, le Directeur Général de l’ASECNA a rassuré le Directeur Général de l’ANAC de son implication et de sa volonté à apporter les solutions aux préoccupations soulevées, notamment en matière de formation qualifiante des personnels techniques, de sous-effectif dans les métiers techniques, de compétences linguistiques des contrôleurs aériens du Gabon dont les niveaux arrivent à expiration dans les tous prochains jours. Sur ce dernier sujet le Directeur Général de l’ASECNA a informé le DG de l’ANAC que l’agence n’avait pas de problèmes de ressources financières pour faire face à cette importante préoccupation. S’agissant de la certification de l’EAMAC, il a été convenu que des

Photos: Jean Pierre Mintsa · Fotolia: Sam

en disant que l’ASECNA se porte mieux, mais il reste encore du chemin à parcourir. Elle a besoin de beaucoup de moyens financiers en particulier, et comme vous le savez c’est une organisation qui est totalement autonome en matière financière. Tout ce qui est prévu au Gabon dans le cadre du plan des équipements et de services sera réalisé avec l’aide de Dieu. Je sais que dans une certaine presse on disait que l’ASECNA avait supprimé bon nombre de projets au Gabon. Aucun projet prévu au Gabon n’a été supprimé. Au contraire, nous en avons rajouté. A partir de cette année 2018, il y aura plus de 50 projets qui seront réalisés par l’ASECNA au Gabon », a-t-il confirmé.


MM. DEMAZIERES, MOUSSA, NKOUMOU DELAUNAY, NDOUTOUMOU et MAKOSSO

« Le Président gabonais est particulièrement au courant des affaires de l’aviation civile, tant gabonaise que mondiale et africaine »

experts de l’ANAC pourront s’assurer du niveau de conformité avec la règlementation gabonaise avant toute certification. Le PCA a quant à lui fait un bref rappel des questions importantes qui seront à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration de l’Agence prévu au mois de Mars à Niamey au Niger et rappeler les réponses attendues suites aux diverses correspondances qui ont été adressées à la partie gabonaise.

Photos: rsm, Jean Pierra Mintsa · Fotolia: Sam

Concernant le volet équipements, le Directeur Général de l’ASECNA a annoncé que l’ASECNA avait prévu dans le cadre de son plan d’investissements de réaliser au Gabon près de 50 projets sur la période allant de 2018 à 2022. Quant au VOR de Port-Gentil, les travaux ont été déjà planifiés dans le cadre du collectif budgétaire et devraient commencer cette fin d’année 2018. Il en est de même pour le radar de Libreville dont la mise en service est planifiée pour début 2019. Le lendemain, après une rencontre avec la chefferie (Chargés d’activités et Chefs d’unités de la Représentation et la Délégation), le Président de la République, S.E. Ali BONGO ONDIMBA, leur a accordé une audience. Mme Estelle ONDO, Ministre des Transports et de la Logistique qu’accompagnait M. Arthur NKOUMOU DELAUNAY, DG de l’ANAC,

a introduit à la Présidence de la République Gabonaise la délégation de l’ASECNA composée de MM. MOUSSA, DEMAZIERES, MAKOSSO, Représentant de l’ASECNA auprès de la République Gabonaise et Charles Théodore NDOUTOUMOU, Délégué du Directeur Général pour les Activités Aéronautiques Nationales du Gabon. Cette audience a été l’occasion pour le PCA et le Directeur Général de l’ASECNA de faire au Chef de l’Etat un tour d’horizon sur les activités de l’ASECNA ainsi que les défis à relever. Il a été particulièrement été question de solliciter l’appui des plus hautes autorités gabonaises pour la mise en place d’une délégation à l’Union Africaine dans la perspective du ciel Unique africain, des projets d’investissement prévus au Gabon, du nouvel aéroport de Libreville et de la gestion des activités aéronautiques nationales. A l’issue de cette audience, le DG de l’ASECNA a déclaré : « C’est avec un sentiment de satisfaction que je sors de cette audience où j’ai eu l’honneur d’expliquer à Son Excellence l’ensemble des enjeux. L’ASECNA se porte beaucoup mieux sur le plan des investissements et de l’outil de travail. Le comité des ministres a autorisé un plan d’investissements énorme de 423 milliards pour essayer de faire en sorte que l’ASECNA se dote des moyens les plus performants aujourd’hui pour assurer la sécurité

de la navigation aérienne. Je repars donc avec un sentiment de satisfaction absolue parce que le Président a été très attentif à ces sujets. Il est particulièrement au courant des affaires de l’aviation civile, tant gabonaise que mondiale et africaine ».

Last but not least : une visite du site de la construction du nouvel aéroport de Libreville. Mme le Ministre, assistée par M. NKOUMOU DELAUNAY, a invité MM. MOUSSA et DEMAZIERES à se rendre sur le site de la construction du nouvel aéroport de Libreville situé à 27 km de Libreville. Un membre du groupe GSEZ (Gabon Special Economic Zone) chargé de la construction dudit aéroport a présenté aux visiteurs le plan y relatif. Le Directeur général et le PCA n’ont pas manqué de poser de nombreuses questions afin de mieux apprécier les contours de cet important projet pour le Gabon. Enfin, le Directeur général a indiqué la disponibilité de l’Agence à accompagner le Gabon dans ce projet notamment dans les volets qui concernent l’ASECNA. (ia)

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A l’ouverture de la 30ème session

30E SOMMET DE L’UA :

Lancement du très attendu Marché unique africain du transport aérien

Un vol entre la capitale nigérienne Niamey et Bamako, au Mali voisin, passe dans le cas le plus favorable par la Côte d’Ivoire. Mais il peut aussi y avoir des escales au Burkina Faso et au Togo. Si vous voulez voyager de la capitale guinéenne Conakry à la métropole de Lagos, au Nigeria, vous devrez peut-être passer par Nouakchott, en Mauritanie, voire même Paris ou Amsterdam. Istanbul ou Dubaï apparaissent aussi souvent dans le plan de voyage sur les vols transafricains. Pourquoi cela?

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Parce que les compagnies aériennes sont étrangères comme par exemple Turkish Airlines, Emirates ou bien Air France. Le lancement intervient près de vingt ans après l’adoption en 1999 de l’accord de Yamoussoukro pour un ciel ouvert. A l’époque, 44 pays africains (sur un total de 55) s’étaient mis d’accord sur cinq grands principes, parmi lesquels le respect des normes internationales de sécurité et l’exercice de cinquième liberté, laquelle autorise toute compagnie aérienne originaire d’un pays signataire à transporter des passagers entre deux destinations au sein de ce ciel ouvert. La question est donc discutée depuis la décision de Yamoussoukro, en 1999, et réaffirmée en 2013 dans le cadre de l’Agenda 2063, qui s’est concrétisée en 2015 par l’engagement solennel de onze pays (le Bénin, le Cap Vert, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe) à mettre en œuvre ce marché unique. Depuis, les onze ont été rejoints par le Burkina Faso, le Botswana, le Gabon, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Mali, le Mozambique, le Niger, la Sierra Leone, le Swaziland et le Togo, ce qui porte le nombre total des États adhérant au marché unique à 23.

Presque deux décennies après Yamoussoukro, le SAATM/MUTAA marque donc une étape importante. Il s’agit de la plus importante initiative de réformes jamais lancée par les gouvernements africains dans le domaine du transport aérien, comme de nombreux pays avaient refusé de signer l’accord et sa mise en œuvre a connu des difficultés. Ces États membres ont été invités à mettre en œuvre un certain nombre d’étapes clés pour assurer la pleine mise en œuvre de l’accord de Yamoussoukro, condition initiale à la mise en place du marché unique. Un certain nombre d’États africains restants adoptent cet accord uniquement dans le cadre d’accords bilatéraux sur les services aériens. Les États qui ont signé l’engagement solennel offrent un espace de marché unique pour le transport aérien, en termes de volumes de trafic et d’infrastructures aéroportuaires. Aujourd’hui, 80% du trafic aérien en Afrique est assuré par des compagnies aériennes non-africaines. Quant aux compagnies aériennes continentales, elles transportent moins de 3% du trafic aérien mondial bien que le continent représente plus de 17% de la population mondiale.

Photos: ONU · Fotolia: Anna Om

L’Union africaine (UA) a lancé le marché unique africain du transport aérien (SAATM ou Single African Air Transport Market en anglais et MUTAA en français), en marge de la 30ème session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine (UA), qui s’est déroulée du 25 au 28 janvier 2018. Le SAATM est le premier projet phare de l’Agenda 2063 de l’UA et vise à créer un marché unique et unifié du transport aérien sur le continent, à libéraliser l’aviation civile et à faire avancer le programme d’intégration économique de l’Afrique. En d’autres termes : remédier au fait que beaucoup de compagnies en Afrique n’ont pas le droit de survoler le ciel ou de toucher les aéroports de certains pays ce qui constitue un blocage.


Paul Kagame, nouveau président de l’UA

G.à.dr. : Moussa Faki, Paul Kagame et Faure Gnassingbé (aux commandes du projet Open-Sky) à Addis Abeba La Commission de l’Union africaine, la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC), l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Association du transport aérien international (IATA) et l’AFRAA conseillent également aux pays africains d’ouvrir leurs cieux pour améliorer la connectivité et l’efficacité des services aériens sur le continent.

Photos: Louis Vincent / republicoftogo.com, UA · Fotolia: Anna Om, Mikael Damkier

Dans un communiqué de presse, le NEPAD exprime sa satisfaction. Amani Abou-Zeid, la commissaire de l’UA chargée des Infrastructures et de l’Energie, souligne que l’industrie aéronautique générait huit millions d’emplois. « Le lancement du marché unique va stimuler les opportunités de promotion du commerce, les investissements transfrontaliers dans les industries de production et de services, y compris le tourisme, aboutissant ainsi à la création de 300.000 emplois directs supplémentaires et deux millions d’emplois indirects, une contribution importante à l’intégration et à la croissance socio-économique du continent », a-t-elle déclaré. L’Agence du NEPAD, qui est en en passe de devenir l’Agence de développement de l’Union africaine, joue un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 avec une attention particulière pour le développement du commerce et des infrastructures. Le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), développé par la Commission de l’Union Africaine, l’Agence du NEPAD, la Banque Africaine de Développement, la Commission Économique des Nations unies pour l’Afrique et les Communautés Économiques Régionales africaines, promeut l’intégration économique régionale par la construction d’infrastructures mutuellement bénéfiques qui permettent aux pays de commercer et d’établir des chaînes de valeur régionales pour accroitre leur compétitivité.

Le Plan d’action 2020-2030 du PIDA souligne la nécessité d’accroître la participation de l’Afrique au marché mondial, en accordant une attention particulière au transport aérien en Afrique. En outre, l’initiative MoveAfrica de l’Agence du NEPAD soutiendra les activités du marché unique du transport aérien en Afrique.

ailleurs, M. Kagame a souligné que les travaux pour la mise en œuvre prochaine de deux autres grands projets économiques sont en cours: la création d’une zone de libre-échange africaine, ainsi que la liberté de mouvement pour les citoyens africains sur le continent grâce à un passeport africain.

« L’importance du transport aérien en Afrique ne doit pas être sous-estimée. Même si l’Afrique ne contribue qu’à 1% du fret aérien mondial, ce chiffre représente également 35% de la valeur des marchandises transportées vers le continent. En outre, 85% du marché du tourisme en Afrique dépend du transport aérien », a déclaré M. Symerre Gray-Johnson, Responsable du programme sur l’Intégration régionale, les Infrastructures et le Commerce, au sein de l’Agence du NEPAD.

Les autorités africaines espèrent qu’une plus grande compétitivité permettra d’augmenter le nombre de connexions aériennes directes entre pays africains et de faire baisser leur prix. Le SAATM devrait directement profiter aux grandes compagnies aériennes africaines comme Asky, Ethiopian Airlines, Kenya Airways, SAA, Egypt Air ou la RAM. Ethiopian a déjà publié un communiqué de presse prometteur dans ce sens, et le ministre éthiopien des Transports, Abdisa Yadeta, a déclaré à la Deutsche Welle : « Cela rendra les vols plus abordables pour des millions d’Africains. Les passagers pourront choisir plus de vols directs grâce à ce programme. Ainsi, on gagnera du temps et les conditions de voyage seront plus agréables. Cela aidera les États membres en facilitant le libre-échange de biens et de passagers. Une plus grande liberté de mouvement stimulera notre tourisme et contribuera à la croissance économique.» Chez Royal Air Maroc, on accueille également favorablement l’entrée en vigueur du MUTAA. Son PDG, Abdelhamid Addou, a déclaré dans la presse locale : « En tant qu’acteur majeur du ciel africain, RAM considère que les obstacles liés aux droits de trafic entre États africains sont un frein majeur au développement du secteur du transport aérien et au développement de nos pays africains d’une manière générale. La facilitation de la circulation des personnes et des biens ne peut que participer à l’émergence économique de l’Afrique que nous souhaitons de tous nos vœux. Il ne faut pas oublier que le fret aérien qui constitue un axe majeur dans la stratégie de RAM, est un levier important

Ibrahim Assane Mayaki, Secrétaire Exécutif du NEPAD, a commenté : « L’Afrique est le deuxième continent le plus grand et le plus peuplé au monde. Nous devons absolument créer un continent pleinement connecté et trouver les moyens d’intégrer et de simplifier les infrastructures de transport. La réalisation du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique dépendra de réformes politiques et réglementaires progressistes qui stimuleront la croissance de l’industrie aéronautique en Afrique. L’Agence du NEPAD a collaboré avec la Commission Africaine de l’Aviation Civile (CAFAC) pour mettre en œuvre la Déclaration de Yamoussoukro et continuera dans cette voie pour assurer le succès du SAATM », a continué Dr Mayaki. Le nouveau président de l’UA, le chef d’Etat rwandais Paul Kagame, a salué l’importance « pour le développement général du continent de ce marché unique et libéralisé afin d’améliorer les déplacements entre pays africains, souvent rendus longs et pénibles par le manque de connexions aériennes directes ». Par

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En 2014, l’IATA donnait les preuves déjà En juillet 2014, l’Association du transport aérien international (IATA) a publié un rapport qui établit les avantages économiques et sociaux considérables qui résulteraient de la libéralisation des services aériens intra-africains. Le rapport produit par la firme indépendante et expérimentée d’experts-conseils

La recherche d’InterVISTAS démontre que la libéralisation permettra une importante croissance de l’emploi et du développement économique. Les emplois et le PIB additionnel pour les douze pays visés par l’étude apparaissent dans le tableau qui suit.

NATION

EMPLOIS ADDITIONNELS

PIB ADDITIONNEL (USD)

Algérie

11 100

123,6 millions

Angola

15 300

137,1 millions

Égypte

11 300

114,2 millions

Éthiopie

14 800

59,8 millions

Ghana

9 500

46,8 millions

Kenya

15 900

76,9 millions

Namibie

10 600

94,2 millions

Nigéria

17 400

128,2 millions

Sénégal

8 000

40,5 millions

Afr. du Sud

14 500

283,9 millions

Tunisie

8 100

113,7 millions

Ouganda

18 600

77,6 millions

en économie InterVISTAS résume les avantages qui seraient obtenus si douze nations africaines mettaient en œuvre la Décision de Yamoussoukro de 1999. Ces pays sont : l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, la Namibie, le Nigéria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tunisie et l’Ouganda. « Ce rapport démontre au-delà de tout doute possible l’extraordinaire potentiel qui s’offre à l’aviation africaine si elle se libère de ses chaînes. Les services additionnels générés par la libéralisation entre seulement 12 marchés entraîneront la création de 155 000 emplois et une augmentation du PIB de 1,3 milliard de

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dollars annuellement. Les restrictions inutiles à l’ouverture de routes aériennes privent chaque année cinq millions de passagers de la possibilité de voyager entre ces marchés. De plus, l’emploi et la croissance économique ne sont que la pointe de l’iceberg lorsqu’il s’agit des bienfaits de la connectivité aérienne. L’aviation est une force en faveur du bien et elle fournit une aide importante à l’Union africaine dans sa mission de créer une Afrique intégrée, prospère et pacifique », a déclaré M. Tony Tyler, à l’époque directeur général de l’IATA.

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« L’étude démontre clairement comment le transport aérien peut favoriser le développement économique et social en Afrique en améliorant la connectivité. Les gouvernements devraient soutenir la croissance de l’industrie en libéralisant pleinement l’espace aérien d’Afrique, conformément à la Décision de Yamoussoukro, tout en mettant en place d’autres mesures de facilitation comme l’imposition de normes mondiales de sécurité, de sûreté et de réglementation, la réduction des redevances, taxes et tarifs élevés et l’abolition des exigences de visa pour faciliter les mouvements sur le continent », a expliqué M. Elijah Chingosho, ancien secrétaire

Ibrahim Assane Mayaki : « Nous devons absolument créer un continent pleinement connecté » général de l’Association des compagnies aériennes africaines. « L’Afrique représente un marché potentiel énorme pour l’aviation. Dans ce contexte, il est malheureux que les États d’Afrique ouvrent leurs marchés aériens à des pays tiers, mais pas à leurs voisins, ce qui ne va pas dans l’esprit de la Décision de Yamoussoukro. Cela entrave non seulement l’aviation africaine, mais toute l’économie d’Afrique. Cet important rapport, réalisé en collaboration avec l’IATA, l’AFRAA et nos partenaires régionaux clés, fournit des données et des chiffres irréfutables qui devraient constituer un puissant message aux États et à leurs décideurs, ministres des Finances, du Tourisme et du Commerce partout sur le continent, indiquant qu’ils doivent placer l’aviation au cœur de leur développement économique et de leurs stratégies de planification de la croissance nationale », a ajouté Mme Iyabo Sosina, secrétaire générale de la Commission africaine de l’aviation civile. « Il est essentiel que les gouvernements d’Afrique utilisent l’aviation comme un moteur indispensable de développement social et économique. Le processus de Yamoussoukro se poursuit depuis des décennies. L’Afrique ne peut se permettre d’autres retards dans sa mise en œuvre. Une plus grande connectivité amène davantage de prospérité. Et je suis optimiste quant à l’Afrique, mais il faut que les gouvernements tiennent leurs engagements et libèrent l’aviation », avait conclu M. Tyler.

Faure Gnassingbé aux commandes Le président togolais Faure Gnassingbé a obtenu la gestion du chantier. Il l’a annoncé lui-même sur twitter : « C’est avec humilité et engagement que j’ai accepté

Photos: NEPAD · Fotolia: sayuri_k, Anna Om

dans l’activation des échanges économiques. RAM a renforcé sa présence sur le continent par le lancement de quatre lignes aériennes régulières qui sont exclusivement dédiées au fret (Mali, Sénégal, Burkina Faso et Niger). Ainsi, à RAM, nous soutenons toutes les initiatives qui participeraient à lever ces entraves dans le respect des intérêts des États ».


Les privilèges liés à la décision de Yamoussoukro, adoptée le 14 novembre 1999

Faure Gnassingbé conduira le processus de mise en œuvre du SAATM de conduire, avec la contribution de mes pairs, le processus de mise en œuvre du Marché unique aérien africain. A travers ma modeste personne, c’est notre cher pays, le Togo, qui est honoré ». En effet, les compagnies non africaines transportent plus de 82% du trafic intercontinental de l’extérieur vers l’Afrique. Face à une telle domination qui préjudicie les opérateurs publics africains, le défi est d’arriver à trouver une alternative capable de les aider à faire face à la concurrence étrangère et à éviter ainsi de disparaître purement et simplement. Une telle perspective est d’autant plus intéressante que le nombre des voyageurs africains va doubler avec la montée, au fil des années, d’une classe moyenne africaine. Il faut arriver à mettre en œuvre des partenariats commerciaux stratégiques pour relancer durablement le secteur aérien africain. Plusieurs études dans cette matière relèvent l’importance pour les décideurs africains de se concentrer sur la sécurité, la réglementation, les infrastructures et la baisse des coûts. L’on estime par exemple que la simple ouverture du ciel

Ethiopian et la RAM se réjouissent déjà

africain peut conduire à une baisse des coûts de l’ordre de 40 à 50 %. Maintenant, le rêve d’une Afrique sans frontières passe un cap, le marché unique est sur les rails, le transport aérien africain étant à la croisée des chemins doit saisir cette occasion. Le chef de l’Etat togolais, en concertation avec ses pairs, aura la lourde responsabilité de proposer des pistes de solution pour la bonne réussite de cet important projet lors des prochains sommets de l’Union Africaine et de convaincre les 32 pays qui hésitent encore à adhérer, à oublier leurs intérêts pour que le MUTAA ne soit pas lettre morte. (ia)

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Les libertés de l’air … qu’est-ce que c’est? Les libertés de l’air, plus connues sous leur nom anglophone « Freedoms of the Air », sont une série de règles permises par l’OACI aux compagnies aériennes. La plus connue des libertés de l’air est la cinquième: c’est le droit d’embarquer/

débarquer dans un Etat tiers des passagers à destination/ en provenance de tout autre Etat contractant. Ou en d’autres termes : cela permet à une compagnie aérienne d’opérer entre deux villes de deux pays, autres que celui d’origine.

La Conférence Régionale des ministres africains chargés de l’Aviation civile, réunis à Yamoussoukro, a adopté le 14 novembre 1999 la Décision relative à la mise en œuvre de la Déclaration de Yamoussoukro concernant la libéralisation de l’accès au marché du transport aérien en Afrique. Cette décision a été, par la suite, entérinée par l’Assemblée des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA) à Lomé, en juillet 2000. La présente décision a préséance sur tous les accords bilatéraux et multilatéraux de transport aérien qui n’y sont pas conformes et élimine, de façon graduelle, toutes les barrières non physiques du transport aérien intra-africain. Elle élimine également les restrictions liées à l’octroi des droits de trafic et spécialement ceux de la 5e liberté de l’air (voir encadré). La déclaration prévoit aussi l’intégration des compagnies aériennes africaines, le financement des activités en matière de transport aérien, le système de distribution des produits, les bruits des aéronefs et le mécanisme de suivi. La décision de Yamoussoukro engageait ainsi les pays signataires à réglementer les services aériens et à ouvrir les marchés aériens régionaux à une concurrence transnationale. La mise en œuvre de cette entente, toutefois, est lente et les avantages ne sont pas encore fait sentir à tous les niveaux. La décision dans son intégralité se trouve ici : https://au.int/sites/ default/files/newsevents/workingdocuments/29747-wd-yamoussoukro_decision-french.pdf

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de pérennisation des postes dont tous sont utiles pour le bon fonctionnement de l’aéroport de Libreville.

AÉROPORT LÉON MBA :

ADL en fin de concession Au terme des 30 ans de concession, l’Etat gabonais a décidé de ne pas renouveler le contrat de concession qui le lie à l’ADL, dans le cadre de la gestion de l’aéroport international Léon Mba. C’est à l’occasion d’un conseil d’administration qui a réuni les patrons de l’ADL, le secrétaire général du ministère des transports et de la logistique et les employés de cette entreprise que cette nouvelle a été annoncée. MAGANAC a tendu le micro à Daniel Lefèbvre, DG d’ADL, pour en savoir plus … Monsieur le Directeur général, les autorités gabonaises ont décidé de ne pas renouveler le contrat de concession d’ADL datant de 1988. Un choc pour vous, ou est-ce que vous vous y attendiez ? Depuis plus de 5 ans ADL a anticipé cette fin de concession et a proposé plusieurs plans de continuation avec un contrat revu et amendé par rapport à celui signé il y a 30 ans. Nous souhaitions proposer un investissement important de l’ordre de 35 Milliards de FCFA qui aurait permis une extension et une modernisation du terminal actuel, plus différents aménagements notamment liés à l’amélioration des normes environnementales de la plateforme. J’ajoute que nous étions prêts à la mise en œuvre d’une redevance de concession versée à l’Etat gabonais comme cela se pratique au Congo Brazzaville ou en Côte d’Ivoire où nous

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sommes présents. Cette redevance attendue par le Gouvernement, nous la voulions cohérente par rapport aux ressources dégagées par ADL et que l’Etat gabonais connait bien puisqu’il est présent comme actionnaire à 26 % dans le capital d’ADL. Pour répondre à votre question, les autorités gabonaises nous ont bien signifié la fin de notre contrat actuel mais rien ne dit que nous ne pouvons signer un nouveau contrat sur une base différente. Allez-vous essayer de convaincre l’Etat gabonais à revoir cette décision ou allez-vous laisser le champ libre ? Laisser le champ libre à qui et pourquoi ? Nous avons montré notre attachement à cette concession et au Gabon depuis plus de 30 ans, nous avons géré le développement de cet aéroport depuis 1988 sans solliciter d’investissement de l’Etat, et nous allons prochainement certifier ADL selon les normes de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Cela veut dire que nous ambitionnons de rester au Gabon pour œuvrer avec tout nouveau porteur de projet pour le développement du transport aérien et de son impact positif sur l’économie. Combien d’employés seraient touchés par cette mesure, et que deviendraient-ils ? 152 collaboratrices et collaborateurs travaillent pour ADL et certains parfois depuis plus de 20 ans. Les déclarations récentes de Mme la Ministre du Transport dans la presse nous rassurent sur les conditions

Pouvez-vous nous dresser un bref bilan des 30 ans de gestion, quelles étaient vos réalisations principales ? Avec des investissements de plus de 60 milliards de Francs CFA en 29 ans, le tout en auto investissement, auxquels s’ajoutent 30 milliards d’impôts et 2,6 milliards de dividendes versés à l’Etat, ADL, entreprise gabonaise rappelons-le, est un acteur économique important du Gabon. La gestion des commerces de l’aérogare et la valorisation des terrains concédés par l’Etat en début de concession est à mettre à l’actif des équipes ADL qui ont cherché à optimiser les sources de revenu afin d’augmenter la capacité d’investissement. Comme dans la parabole des talents, si le maitre vous en confie 2, vous devez les faire fructifier et lui en rendre au moins 3. Dans le cas d’ADL c’est une valorisation au moins au double qui a été réalisée. Enfin précisons que les deux bases aériennes militaires gabonaises et la base aérienne française bénéficient gracieusement des installations, ce qui est peu courant, même en Afrique. Quid de la certification de l’aéroport de Libreville ? Cela se passera avant votre départ éventuel ? La certification OACI que nous ambitionnons d’obtenir en Mars prochain est décernée à ADL dans sa structure actuelle. Avec des nouveaux acteurs à la tête de l’aéroport la question du maintien de cette certification reste posée. Mais je vous rassure, nous ne nous sentons pas vraiment sur le départ, et si cela devait arriver nous partirons, certes avec un sentiment d’inachevé, mais avec la conviction que notre action depuis 30 ans aura été bénéfique pour le Gabon. (ITV : ia)


AÉROPORT INTERNATIONAL LÉON MBA DE LIBREVILLE :

Les E-Gates font leur apparition Inaugurés le 27 juin 2016, à l’Aéroport international Léon MBA de Libreville, par Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’État, les E-Gates sont un nouveau système de contrôle automatisé aux frontières (CAF), de l’État gabonais et mis en œuvre par la Direction Générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI). Sur la base d’un passeport biométrique ou électronique, ce système utilise les données à caractère personnel pour faciliter et accélérer les formalités de police. Ce sont quatre e-kiosques, avec reconnaissance faciale, qui ont été déployés à ce poste frontière, dont deux au départ et deux autres à l’arrivée. Le Commandant LEYIGUI Lilian, Directeur de la Police de l’Air et des Frontières nous entretient sur ces équipements technologiques.

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Expliquez-nous ce que c’est que les E-Gates… C’est un système qui permet le contrôle automatisé des passages à la frontière; il est sécurisé et simplifie les formalités de police, tout en facilitant et en rendant plus fluide les mouvements des voyageurs à l’Aéroport international Léon MBA. A la différence des BOX habituels (toujours opérationnels) qui intègrent la présence d’un agent de police, les E-Gates invitent le passager à accomplir seul ses formalités de police. Ici, bien sûr, sous le regard encadreur d’un fonctionnaire de la Police de l’Air et des Frontières (PAF). Le passager est libre, il est orienté par la machine elle-même qui a été conçue en langues française et anglaise. Il faut souligner qu’avant toutes ces étapes, avant d’utiliser les E-Gates, le potentiel futur voyageur est prié de se faire

d’abord enregistrer dans un local apprêté à cet effet. Ce bureau est situé dans la partie nord de l’aérogare, à ll’étage. Il suffit de disposer d’un passeport ordinaire, de service ou diplomatique lisible à la machine pour se faire enregistrer, pour les nationaux, les résidents (étrangers détenteurs des cartes de séjours valables) et les diplomates, ainsi que leurs ayants droit. Quel est l’intérêt pour le Gabon d’avoir ce système ? Il y a plusieurs intérêts, mais nous pouvons en dénombrer trois. Le premier c’est de se conformer aux normes et pratiques recommandées de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), institution spécialisée de l’ONU, dont le rôle est de standardiser le transport aéronautique international; le deuxième intérêt, et non des moindres, est de faciliter, de fluidifier les passages aux frontières, en alliant rapidité et sécurité, en gagnant du temps pour les voyageurs et surtout les exploitants d’aéronefs. Et enfin le troisième est la crédibilité, la bonne image de notre aéroport, donc de notre pays. Quelles sont les dispositions prises pour sécuriser ce système? D’abord, les E-Gates sont installés dans une zone à accès réglementé de notre aéroport, intégrant le circuit passager géré par la PAF. Ensuite, il y a que les documents de voyage sont produits selon les spécifications de l’OACI, c’està-dire fiables et sécurisés. Les conditions d’utilisation des E-Gates? Je vous l’ai dit tantôt, les conditions de passage aux E-Gates sont simples, il suffit pour le futur voyageur de se présenter au bureau d’enregistrement qui est situé dans la partie nord de l’Aérogare de l’Aéroport international Léon MBA de Libreville, en prenant les marches d’escalier, à l’étage, juste à

Les e-Gates facilitent les formalités de police

Le commandant LEYIGUI Lilian proximité du couloir des bureaux de la HASFALM, muni obligatoirement de son passeport biométrique ou électronique en cours de validité. Ce bureau d’enregistrement est ouvert du lundi au vendredi de 7h 30’ à 15h 30’ (avec une pause entre midi et 13 heures) et le samedi, de 8h00 à 12h 00; un rendez-vous est possible, en ligne par l’adresse suivante: directiondelapaf1@gmail.com ou au numéro cellulaire +241 06463029. Je précise que c’est avec le passeport qui a servi à l’enregistrement que le voyageur, le jour du voyage, se présente devant les E-Gates pour accomplir ses formalités de police, en toute assurance et en toute confiance. Si l’enregistrement a été effectué avec un passeport ordinaire et que le jour du voyage, le passager utilise le passeport de service, l’opération ne pourra pas être validée. Mais, de toute manière, en cas d’un désagrément, un fonctionnaire de la PAF est présent pour apporter assistance ou aider le passager. Peut-on s’enrôler pour chaque voyage ? On ne se fait enregistrer qu’une seule fois, suivant une validité calibrée par l’opérateur de la PAF et la machine. Evidemment, à l’expiration du délai accordé, un mois, un an ou 5 ans, l’utilisateur des E-Gates est prié de renouveler son abonnement auprès du bureau d’enregistrement qui reste à la disposition du public pour des informations complémentaires. Quelles sont les catégories de personnes autorisées à utiliser ces équipements ? Les e-gates sont destinés aux personnes jouissant de la nationalité gabonaise, aux étrangers (au sens de la loi 5/86 du 18 juin 1986 fixant le régime d’admission et de séjour des étrangers au Gabon), aux diplomates (et membres de leurs familles), détenteurs des passeports biométriques ou électroniques, en cours de validité.

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Comment le public accueille-t-il ce nouveau système ? Il est vrai que les E-Gates sont un nouveau produit dans nos habitudes, son appropriation par les populations, en l’occurrence les voyageurs, est encore lente. Nous les comprenons, il leur faut sûrement du temps pour s’en adapter. Face à la modernité on n’y peut rien. C’est pour cela que nous les invitons,

nous les encourageons à essayer de vivre les bienfaits de ces merveilleux E-Gates qui, je vous le garantis, s’offrent à nous tous pour nous permettre de gagner assez de temps de passage, tant à l’arrivée qu’au départ à l’aéroport international Léon MBA de Libreville.

aéroportuaire qui, à mon sens, est la première à montrer l’exemple, en se faisant enregistrer massivement sur ce logiciel et en utilisant aussi les E-Gates lors de ses voyages, car il s’agira in fine de crédibiliser notre infrastructure aéroportuaire et d’honorer notre pays, le Gabon. (ITV : rsm)

Je ne terminerai pas cet entretien sans saluer spécialement la communauté

Photo de famille des participants

PROJET ATA-AC :

9ème réunion du Comité de Pilotage à Pointe-Noire

Ont participé à cette rencontre, les Directeurs généraux ou les représentants, des Autorités ou Agences de l’Aviation Civile (AAC) des Etats suivants: République du Congo; République démocratique du Congo; République Gabonaise; République de Guinée Equatoriale; République du Tchad; République Centrafricaine; République démocratique de Sao Tomé et Principe. L’Angola, le Burundi et le Cameroun étaient absents. En plus, la CEMAC, la CEEAC et l’EASA étaient représentées, tandis que l’Agence de Supervision de la sécurité aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC) était absente.

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L’objectif principal de la réunion était de faire le bilan final des activités réalisées tout au long de la mise en œuvre du Projet. Les participants ont adopté l’ordre du jour ci-dessous: - Relecture du compte rendu de la précédente réunion du comité de pilotage; - Présentation du rapport d’activités de l’ASSA-AC; - Présentation du rapport d’avancement du Projet ATA-AC; - Recommandations de la réunion; - Points divers ; - Approbation du compte rendu. Pour conduire leurs travaux, les participants ont mis en place le bureau ci-après : Président : Congo; Vice-président: Guinée Equatoriale; Rapporteur: RD Congo, et le Secretariat a été assuré par le Gabon, avec l’appui de la CEMAC, la CEEAC et l’EASA. Le Gabon a été représenté par M. Bernard Ndoutoume, Chef de service études et planification à la Direction des aérodromes et aéroports et point focal du projet au Gabon.

Déroulement des travaux 1. Relecture du compte rendu : le chef de projet, représentant de l’EASA, a donné lecture du compte rendu de la 8ème réunion à l’ensemble des participants. Aucune remarque n’a été formulée. 2. Rapport d’activités de I’ASSA-AC : le Comité de pilotage a constaté l’absence du Directeur général de l’ASSA-AC ou de son représentant et a regretté que ce point inscrit à l’ordre du jour ne puisse être abordé. 3. Présentation du rapport d’avancement projet ATA-AC : le chef du Projet ATA-AC a présenté les activités menées depuis le lancement du projet: - Appui à l’ASSA-AC : peu d’activités ont été menées concernant le soutien institutionnel, faute de personnel technique de l’agence ASSA-AC. Quant à l’aspect réglementaire, un projet de règlement de base et des règlements d’application ont été élaborés, ainsi que des listes de

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A l’invitation de la République du Congo, et sous le pilotage de l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne, s’est tenue à Pointe Noire, du 12 au 13 décembre 2017 la 9ème réunion du comité de pilotage du projet d’Amélioration du Transport Aérien en Afrique Centrale (ATA-AC) financé par l’Union européenne dans le cadre du Programme indicatif Régional (PIR)/ Xème FED, et mis en œuvre par l’EASA.


M. Bernard Ndoutoume, point focal du projet ATA-AC au Gabon conformité. L’adoption de ce règlement de base constitue le socle de l’opérationnalisation de l’agence et contribuera à l’amélioration de la supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale. Le programme SOFIA n’ayant pu être déployé, le budget a été réalloué à la formation. - Formations et séminaires Plus de formations que prévues initialement ont été réalisées du fait de la réallocation de la ligne budgétaire SOFIA. Depuis la dernière réunion du Comité, trois formations ont eu lieu : Formation SSP à Paris animée par la DGAC, Formation à la certification des centres de maintenance et Formation RVSM/MMEL. Ces deux dernières ont été animées par le Directeur Technique de l’ASSA-AC respectivement à Douala et Libreville. Une quarantaine d’experts des Etats membres ont bénéficié de ces formations. Le chef de projet a regretté que le préfinancement à 100% n’ait pas été accordé par la Délégation de l’UE lors de l’amendement du contrat. Cela aurait pourtant permis la réalisation de la majorité des formations listées lors de la dernière réunion du Comité de pilotage. II a été rappelé que la région d’Afrique centrale a pu participer dans le cadre du projet au forum des organismes régionaux de supervision de la sécurité qui s’est tenu au Swaziland en mars 2017. - Etude aéroportuaire La plupart des aéroports internationaux désignés par les Etats membres ont bénéficié des évaluations APEX in Safety de l’ACI. Un rapport d’Étude incluant un plan d’action de réhabilitation et de mise aux normes OACI desdits aéroports est en cours d’élaboration. La situation sécuritaire dans certains pays n’a pas permis de mener les évaluations de certains aéroports désignés. ll faut noter par ailleurs que l’Angola n’a pas souhaité bénéficier de ces évaluations, car déjà engagé dans ce travail avec d’autres partenaires. Enfin, aucune évaluation des aérodromes désignés de Guinée Equatoriale (Malabo et Bata) n’a eu lieu faute d’accord avec la Délégation de l’UE pour la prise en charge des coûts associés. - Point financier Le chef de projet a fait le point sur la

situation financière, II a notamment indiqué que le niveau de dépenses allait atteindre 90% du budget du projet. L’amendement des 500.000 € a bien eu lieu, cependant le préfinancement à 100% n’a pas été accordé par la Délégation de l’UE. Cela a restreint le projet à ne bénéficier que des 90% déjà préfinancés, l’EASA ne pouvant faire l’avance des 10% restants. - Communication et visibilité Un site web a été développé par le projet et pris en charge jusqu’à novembre 2017. L’ASSA-AC en a repris !a gestion depuis cette date. - Bilan Le chef de projet a dressé le bilan suivant du projet: - L’objectif d’opérationnalisation de l’ASSA-AC n’a pas été atteint - Des risques de sécurité et certaines situations politiques ont affecté le bon déroulement de certaines activités - L’absence d’accord avec la Délégation de l’UE n’a pas permis de prendre en charge les représentants de la Guinée Equatoriale dans les activités du projet - Des avancées significatives ont été réalisées dans le domaine de la règlementation communautaire. II convient maintenant de concrétiser cela par l’adoption de ces textes par les instances de la CEMAC. - Un nombre significatif de formations a eu lieu dans les domaines PEL, OPS, AIR et AGA - L’étude aéroportuaire a couvert la majorité des aéroports internationaux de la région, y compris ceux de la RDC visités en novembre 2017. 4. Recommandations de la réunion Apres débats et échanges sur le rapport d’activité du chef de projet ATA-AC, le Comité de pilotage émet les recommandations suivantes: • A l’endroit de l’ASSA-AC : organiser au cours du premier trimestre 2018 une réunion ad hoc du comité de direction de l’ASSA-AC afin de relancer le processus d’opérationnalisation de l’agence ; saisir la CEMAC et assurer le suivi du processus d’adoption des projets de textes réglementaires élaborés dans le cadre du projet ATA-AC et assurer

la veille règlementaire et organiser les réunions des comités techniques des que nécessaire. A l’endroit de la CEMAC : mettre en œuvre la procédure d’adoption du règlement de base de l’ASSA-AC et de ses règlements d’application dans les domaines PEL, OPS, AIR et AGA A l’endroit de la CEEAC et de l’ASSA-AC : recruter des inspecteurs régionaux dans le cadre du projet PASTA-CO, avec l’assistance technique de l’OACI et acquérir le logiciel SIMCA auprès de BAGASOO. L’ASSA-AC devra participer à la rédaction des Termes de Reference du logiciel en tenant compte de l’ensemble de ses fonctionnalités ; suivi de formation des inspecteurs ; suivi des activités réalisées par eux et suivi des données d’inspection des aéronefs. A l’endroit du Tchad (assurant la présidence de la CEMAC et pays hôte de l’ASSA-AC): sensibiliser les Ministres en vue de l’adoption du règlement de base par le Conseil des Ministres de l’UEAC. A l’endroit des DG des autorités de l’aviation civile de sensibiliser les Ministres de tutelle à la réforme de la règlementation en matière de sécurité. A cet effet, le DG de l’ANAC Congo est chargé de transmettre le compte-rendu et ses annexes à ses homologues de la sous-région. A l’endroit de la CEEAC, de la CEMAC et de l’EASA : prendre une part active dans l’élaboration du projet PIR/Xlème FED, notamment dans son volet sécurité aérienne afin de consolider les acquis du projet ATA-AC arrivé à terme et poursuivre les actions initiées et non achevées pour l’amélioration de la sécurité aérienne dans la région d’Afrique centrale.

5. Points divers Un point a été fait sur l’ensemble des projets à venir concernant la région en particulier les projets PASTA-CO (Projet d’ Appui au Secteur du Transport Aérien en Afrique Centrale et Occidentale), EU-ASA (EU-Africa Safety in Aviation) et PIR/Xlème FED.

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Abderrahmane Berthé, anciennement DG d’Air Burkina

ABDERRAHMANE BERTHÉ :

A la tête du ciel africain A Kigali, mi-novembre, dans les coulisses de la 49e assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), c’est un homme calme qui arpente les allées du centre de conférence. Intronisé secrétaire général de l’organisation, Abderrahmane Berthé a rejoint début décembre Nairobi, siège de l’AFRAA, où il a pris ses fonctions le 1er janvier. Sa nomination à la succession du Zimbabwéen Elijah Chingosho symbolise d’abord une volonté d’ouverture de l’AFRAA, jusque-là plutôt tournée vers l’Afrique anglophone avec des géants des airs comme Ethiopian Airlines, Kenya

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Airways, Egyptair et South African Airways, ou de dynamiques jeunes acteurs comme RwandAir. Réveil des ambitions ouest-africaines Ce déséquilibre révèle surtout la faiblesse du ciel ouest-africain et l’absence de grands transporteurs. Le trafic, faible régionalement, y est dominé sur les lignes intercontinentales par des compagnies étrangères au continent. Mais alors que sera lancée début 2018 Air Sénégal, avec des ambitions fortes sur le long-courrier, autour du nouvel aéroport Blaise-Diagne de Dakar, et qu’un nouveau hub fleurira à Cotonou sous les auspices de RwandAir, à côté de ceux d’Abidjan et de Lomé, il fallait un homme qui connaisse bien les difficultés et le potentiel du ciel francophone. Cet ingénieur en aéronautique, diplômé de l’École nationale de l’aviation civile et de l’Institut de gestion des

entreprises de Toulouse (IAE), a commencé sa carrière au sein des compagnies régionales françaises Air Corse et Air Littoral. En 2007, il est recruté par Air Afrique pour devenir le directeur général pendant plus de six ans d’Air Mali SA, dont Air Afrique était le partenaire stratégique. La compagnie malienne – qui a fermé ses ailes en 2003 – ne disposait alors que de trois avions, qui opéraient sur des vols domestiques et dans les pays voisins. Par la suite, il devient responsable au sein de deux compagnies charter françaises, Air Méditerranée et Star Airlines (devenu XL Airways). C’est en 2007 qu’il est approché par le groupe Aga Khan pour diriger la Compagnie aérienne du Mali (devenue au bout de deux ans Société nouvelle Air Mali). « Elle avait réussi à se développer vers l’Afrique centrale et Paris, mais elle a subi de plein fouet la crise au Mali en 2013,

Photos: ANAC Burkina

Ce Malien, qui était jusqu’en juin 2017 directeur général d’Air Burkina, est depuis le 1er janvier 2018 le secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA). Un de ses principaux chantiers sera de créer plus de connectivité entre les compagnies africaines.


Désagréable: passer la nuit à l’aéroport quand les vols ne sont pas connectés

et son trafic a chuté de 54 %. Les propriétaires ont gelé ses opérations pendant six mois », explique Abderrahmane Berthé.

Fotolia: Konstantin Kulikov

Le groupe Aga Khan le nomme alors directeur général d’Air Burkina, un poste qu’il occupe jusqu’en juin dernier, quand Air Burkina est cédé pour 1 franc symbolique à l’État burkinabè. « Je suis arrivé à un moment où il fallait restructurer la flotte et le réseau de la compagnie. On a introduit un Embraer 170, un module intermédiaire de 68 places mieux adapté », relate-t-il. Des stratégies à peaufiner Il tire de son expérience une certaine lucidité. « L’environnement coûte cher : le carburant, les charges d’assistance à l’escale, la navigation aérienne, sans compter toutes les taxes prélevées sur les transports aériens qui ne sont pas réinvesties pour le développement du transport aérien, obèrent le développement du trafic. Si les compagnies ont des coûts très élevés, elles auront du mal à proposer des prix de billets abordables », explique le nouveau « ministre du ciel africain ».

Aussi poursuit-il, « pour être profitable, il faut plusieurs éléments à une compagnie : une bonne stratégie, c’est-à-dire savoir quel marché servir, une bonne gouvernance, une flotte adaptée, une étude de réseau pertinente et des ressources humaines. Souvent, nous voyons de la mauvaise gouvernance, des avions pris en dépit du bon sens, pas adaptés à ce que la compagnie doit faire, des ouvertures de lignes sur du trafic inexistant, un manque d’expertise, de compétences », déplore-t-il. Superviser l’ouverture du ciel africain À l’AFRAA, son rôle sera de faire du lobbying auprès des gouvernements, des gestionnaires d’aéroport et des organisations internationales, pour promouvoir une baisse des taxes et plus de sécurité. « 40 % seulement des compagnies africaines respectent les normes de sécurité du manuel d’opération de l’Association du transport aérien international (IATA), et il y a eu une moyenne de 2,5 accidents pour un million de voyages les années précédentes en Afrique, contre 1,6 au

niveau mondial », relevait Raphaël Kuuchi, vice-président Afrique de l’IATA, à Kigali. Un de ses principaux chantiers sera en outre de mettre en œuvre une meilleure connectivité entre les compagnies africaines, via le comité de coordination des routes qui s’est mis en place au sein de l’AFRAA. « Les compagnies n’ont actuellement pas d’accord entre elles. Cela oblige les usagers à acheter plusieurs billets, et parfois de passer la nuit à l’aéroport quand leurs vols ne sont pas connectés », regrette Abderrahmane Berthé. D’après l’IATA, si douze pays africains majeurs ouvraient leur ciel, le secteur enregistrerait 5 millions de passagers en plus chaque année, ainsi que la création de 155.000 emplois, ce qui générerait 1,3 milliard de dollars par an. (JA)

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AVIATION FELLOWSHIP FOR YOUTH IN AFRICA :

Familiariser la jeunesse avec les métiers de l’aviation Le secteur de l’aviation souffre d’un important déficit en ressources humaines dans la plupart des pays africains, selon l’Aviation Fellowship for Youth in Africa (Afya), une association dont l’objectif est de vulgariser les métiers de l’industrie de l’aviation auprès des jeunes. Au micro de MAGANAC, sa présidente, Mme Huguette Nkounkou, explique le pourquoi de son initiative : Madame Huguette Nkounkou, vous êtes la présidente de l’organisation Aviation Fellowship for Youth in Africa (Afya). Quel est votre background, votre contexte professionnel ? Je suis titulaire d’un baccalauréat scientifique, et d’une licence en

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management. Je suis entrée dans le monde de l’aviation grâce aux conseils d’un ami qui après une longue période de chômage m’avait conseillé de faire une formation diplômante dans le transport aérien où j’aurais plus de chance d’obtenir un emploi. C’est ainsi que j’ai décidé de faire une formation IATA à distance et j’ai obtenu un « Diploma in Travel and Tourism ». Quelque temps plus tard, j’ai eu l’opportunité d’être appelée à travailler à Camair-Co. Passionnée de l’aviation depuis l’enfance, je n’ai pas hésité à quitter l’emploi que j’avais obtenu entre temps. Je suis employée chez Camair-Co, la compagnie aérienne nationale du

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Mme Huguette Nkounkou


Parents et enfants sont mobilisés

Cameroun depuis février 2011 où j’occupe le poste d’Assistante du Directeur Général. Depuis ce temps, j’ai suivi d’autres formations professionnelles offertes par l’IATA et obtenu notamment, le « Diploma in Airlines Management » et le « Certificate on People Management for Airlines Development ». Votre organisation existe depuis quand, et quel était votre motif de vous spécialiser dans l’emploi aviation pour les jeunes ? Comment l’idée vous est-elle venue ? Créé avril 2017 et basé à Douala au Cameroun, AFYA est enregistrée à la préfecture du Wouri conformément à la loi n° 90 /053 du 19 Décembre 2017 portant sur la liberté d’association. C’est une jeune organisation gouvernée par trois principaux organes dont le Bureau exécutif, l’Assemblée Générale et les Comités.

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Les statistiques de l’ONU indiquent que l’Afrique est le continent où la part des moins de 18 ans est la plus importante. Cette population va doubler d’ici 2050. L’avenir du continent africain dépend de la jeunesse et celui de l’aviation dans notre continent ne pourrait déroger à cette règle. L’idée de la création de l’AFYA part du constat de l’insuffisance des ressources humaines qualifiées dans l’industrie de l’aviation civile. Cette carence est particulièrement criarde au Cameroun, où l’industrie aéronautique connaît un développement rapide et où la

population est très peu sensibilisée sur les opportunités qu’offre cette industrie. De nos jours très peu de personnes sont au courant de la grande diversité de métiers intéressants et passionnants dont regorge l’aviation. Beaucoup restent encore sur le cliché traditionnel de pilote et hôtesse de l’air. Notre objectif est de changer les mentalités et d’amener les jeunes et le genre à s’intéresser aux formations professionnelles dans le domaine, ainsi que leurs principaux sponsors à investir et les accompagner dans les projets y relatifs. L’aviation est un secteur porteur, en Afrique, le trafic aérien prévoit une croissance rapide de 5.1% d’ici 2035 selon IATA. Cette croissance aura un impact positif sur la création d’emplois directs. La jeunesse africaine devrait déjà être bien formée pour satisfaire la demande. Comment faîtes-vous pour faire connaître votre organisation et ses objectifs ? Notre principal objectif pour l’année 2017 avait était de se faire connaitre au Cameroun d’abord. Aussi suite à l’agrément de l’AFYA, notre action a été dans un premier temps, d’informer les institutions gouvernementales de notre existence ; à ce propos, nous avons reçu de nombreuses lettres

d’encouragements de la part de ces institutions. Nous menons des campagnes de sensibilisation aux métiers de l’aviation dans les établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur et avons déjà touché plus de 1000 jeunes scolarisés à travers cette action. Nous avons également lancé pendant ces campagnes le jeu concours « l’aviation ma passion ». Les 10 meilleurs candidats de toutes les écoles qui représentaient quatre arrondissements de la ville de Douala, ont été primés lors de la Kermesse de l’aviation. Sponsorisés par les partenaires, les lots étaient entre autres des billets d’avion pour les enfants et leur parents avec dans l’optique de leur faire un baptême de l’air, des modèles réduits d’avions, et bien d’autres cadeaux et gadgets. En effet, la 1ère Edition de la « kermesse de l’aviation » a eu lieu le 16 Décembre 2017 au Collège de la salle de Douala. Cet évènement avait pour but de faire découvrir l’aviation aux jeunes et à leurs parents à travers des activités ludiques. Avec la participation active de principaux acteurs de l’aviation au Cameroun tels que : Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA) ; l’Agence pour le Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique (ASECNA), Aéroports du Cameroun (ADC) ; le constructeur d’avions Avic International, les compagnies

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Confectionnons un avion !

aériennes (Ethiopian Airlines ; Camair-Co ; ASKY…) et les agences de voyage, nous avons enregistré plus de 800 visiteurs. A travers notre Comité Jeunesse, nous animons une page Facebook sur laquelle nous travaillons en ce moment pour optimiser la qualité et la visibilité. Parallèlement, notre Comité Communication est en chantier sur la création d’un site internet. Quelle est la réaction des jeunes ? Sont-ils intéressés par l’aviation ? Le constat est clair, les attentes sont énormes parmi les jeunes et même parmi les parents. Beaucoup de personnes nous ont contactés pour manifester leur intérêt par rapport à ce que nous faisons aujourd’hui. Nous sommes passionnés de l’aviation et voulons être à la hauteur de ces attentes. On le sait : beaucoup de jeunes rêvent de devenir pilote. Malheureusement, cette formation coûte excessivement chère. Que conseillez-vous aux jeunes qui ont cette ambition ? Il est vrai que nous sommes confrontés à cette réalité, c’est pour cette raison que nous faisons appel aux institutions nationales et

internationales pour accompagner les jeunes africains brillants dans leurs projets professionnels. A part ce métier de rêve, quelles sont les autres opportunités principales qu’offre le secteur de l’aviation ? En dehors des métiers de navigant pilote de ligne, il y a les métiers de Personnel Navigant Commercial (PNC) pour lequel le grand constructeur d’avion Boeing prévoit dans leur rapport environ 22.000 emplois pour l’Afrique à horizon 2036 ; Ingénieur/Technicien de Maintenance des avions dont la prévision en Afrique est chiffrée à 23.000 ; le Supply Chain et technicien en logistique ; Ingénieur du contrôle de la navigation aérienne/ Contrôleur aérien ; Météorologue, Pompier d’aérodrome ; Agent de Sûreté Aéroportuaire ; Chef d’escale ; Agent Technique d’Exploitation; Analyste de vols au Revenue Management ; Analyste Pricing ; Agent de voyage ; Agent d’escale commercial, Agent d’Opérations. Est-ce qu’il y a des sponsors qui vous soutiennent dans vos démarches ? Nous avons reçu pour l’organisation de la « Kermesse de l’Aviation » des sponsorings ponctuels de quelques

acteurs de l’aviation. Toutefois nous réalisons à quel point la tâche est grande et lançons un appel aux institutions gouvernementales et non gouvernementales à nous aider à contribuer au développement et à la stabilité de l’aviation en Afrique. Par ailleurs nous ne saurons occulter les contributions personnelles des bienfaiteurs et sympathisants acquis à notre cause. Est-ce que vous coopérez avec des centres de formation, telle l’École Africaine de la Météorologie et de l’Aviation Civile (EAMAC) au Niger qui est le centre de formation de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) et qui organise chaque année des concours d’entrée ? Les relations de coopération avec ces centres de formation sont envisagées comme action à court terme dans notre plan stratégique 2017-2022. Quel est votre plus grand souhait pour 2018 ? Notre plus grand souhait en 2018, c’est d’obtenir des bourses de formation pour les jeunes africains qui souhaitent se former dans les métiers de l’aviation, avec l’accompagnement de l’OACI et l’IATA dans les actions que nous menons.

Bravo à cette initiative louable ! (ia)

Fotolia: JiSign, Leigh Prather

Vidéos expliquant les possibilités qu’offre l’aviation

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ADS-B PAR SATELLITES :

Pour une meilleure sécurité aérienne dans l’espace ASECNA Le Directeur Général de l’ASECNA et le Chief Exécutive Officer (CEO) de la société AIREON ont procédé à la signature d’une convention de partenariat au siège de l’Agence à Dakar. Cette convention porte sur la mise en œuvre de l’ADS-B par Satellites qui va contribuer de manière substantielle à améliorer la sécurité de la navigation aérienne dans tous les espaces aériens gérés par l’ASECNA, y compris ceux jusqu’ici inhospitaliers. Il s’agit notamment des zones désertiques, de certains espaces maritimes ou des zones d’insécurité latente.

Fotolia: Sam

En effet, les moyens actuels déployés par l’Agence (radar ADS B terrestres), quoi que bénéfiques sur certaines portions d’espaces aériens, ont montré certaines limites opérationnelles dans les espaces aériens d’accès difficile. Pour le Directeur Général de l’ASECNA, Monsieur Mohamed MOUSSA, l’ADS-B par Satellites constitue l’alternative la plus adéquate face à cette lacune. Sa technologie basée sur la mise en service d’une constellation de 66 satellites en orbites terrestres basses d’iridium, permettra en effet d’assurer le relais des signaux ADS-B des aéronefs

équipés vers le poste de travail du contrôleur par l’entremise du SDP, assurant ainsi une couverture totale de l’espace aérien. Dans ses négociations avec AIREON, seul fournisseur d’un tel service de nos jours, l’ASECNA a opté pour une démarche prospective séquentielle et prudentielle mettant en exergue la grande étendue de sa zone de compétence. Le Chief Exécutive Officer (CEO) de la société AIREON, Monsieur Don Thoma dans son allocution a dit toute la fierté de sa société de pouvoir travailler avec l’ASECNA qui constitue le principal fournisseur de services de navigation aérienne sur le continent africain. Il faut noter que la technologie de l’ADS-B par Satellites permettra à l’ASECNA : - La visualisation du trafic aérien dans tout l’espace aérien ASECNA ; ce qui permettra d’assurer une efficaci té dans la gestion de ce trafic ; - La facilité des opérations d’alerte, de recherche et de sauvetage des vies humaine en cas de sinistre ; - Le maintien d’un niveau de sécurité élevé par l’anticipation de la détection des conflits grâce

à la visualisation et leur résolution à temps permettant ainsi la réduc tion des incidents aériens ; - L’échange des données de sur veillance avec les centres voisins afin de faciliter les coordinations de trafic aérien. Les avantages que cette technologie apportera à l’Agence sont immenses : - Accroissement de la capacité de son espace aérien ; - Sécurité renforcée de l’espace par l’association de la phonie et de la visualisation ; Réduction des coûts de la main tenance avec le remplacement progressif des moyens de surveil lances traditionnels très coûteux en maintenance (ADS B terrestre radars etc.) par des moyens plus économiques ; - Réduction des coûts pour les compagnies aériennes ; - En déployant cette technologie, l’agence assure ainsi son position nement pour un ciel unique pour l’Afrique. (Asecna)

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ETUDE :

Un drone plus dangereux qu’un oiseau ? 140 scénarii de collisions ont été étudiés par simulations durant 14 mois. Les résultats vont de la déformation de la structure de l’avion sans gravité jusqu’à la pénétration d’un élément du drone dans la structure de l’avion, comme la voilure. L’étude de l’Alliance for System Safety of UAS through Research Excellence (ASSURE) a débuté en février 2016 et ses résultats ont été publiés par la FAA fin novembre 2017. La première étape a été de déterminer les scenarii de collisions les plus probables à la fois pour les appareils transportant des passagers et pour les drones. L’équipe de chercheurs a ensuite sélectionné un modèle informatique d’avion commercial, un business jet et un drone. Définition des modèles informatiques Les caractéristiques des B737 et

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A320 ont été retenues, qui représentent 70% de la flotte mondiale commerciale. Le modèle utilisé pour le business jet est celui de la famille des Learjet 30/40/50. Enfin, les chercheurs ont sélectionné un modèle informatique de quadricoptère et un drone à voilure fixe pesant entre 1,2 et 1,8 kg.

basse sur le pare-brise d’un liner ou d’un business jet.

Il a fallu ensuite déterminer les zones d’impact les plus probables : le bord d’attaque des ailes, l’empennage arrière et le pare-brise du cockpit. Des impacts ont été simulés par informatique sur les zones définies ainsi que sur les moteurs, leur fan et les conséquences d’une ingestion d’un drone par un moteur ont été analysées.

Dans certaines simulations, notamment au moment du décollage de l’avion ou en phase d’approche, les batteries au lithium du drone sont restées quelques fois encastrées dans la partie impactée de l’avion, augmentant le risque d’une combustion de la batterie. Les zones les plus sensibles dans ce genre de scenario sont les bords d’attaque des ailes et l’empennage. (ab)

Enfin, des modèles informatiques d’oiseaux allant de 1,3 à 3,6 kg ont été utilisés pour simuler un impact, pour comparaison avec celui provoqué par un drone. Les batteries comme danger sérieux Il ressort de l’étude qu’un impact à 250 kt avec un drone provoquerait des dégâts de sévérité moyenne à haute sur l’empennage, moyenne sur le bord d’attaque et moyenne à

La structure rigide et compacte d’un drone, ses batteries et caméras infligeront davantage de dommage qu’un oiseau à la structure plus flexible car composés majoritairement d’eau.

Photos: ASSURE · Fotolia: goodluz, Jag_cz

Selon une étude commandée par la FAA (Federal Aviation Authority), une collision avec un drone provoquerait davantage de dégâts qu’avec un oiseau de même taille et à vitesse équivalente sur un avion commercial ou un business jet.


ONU / OACI :

Conseils pour aider les équipages à détecter les victimes de la traite

Fotolia: Neyak · Fotolia: Mimi Potter

L

e Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) travaille avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour élaborer des conseils à l’intention des compagnies aériennes afin de former les équipages à identifier et à signaler des personnes victimes de la traite des êtres humains.

n’a aucune liberté dans l’avion pour se séparer de ceux qui l’accompagnent.

« Les membres d’équipage sont dans une situation unique où ils peuvent observer les passagers pendant une certaine durée leur permettant d’utiliser leurs compétences d’observation pour identifier une victime potentielle de la traite », lit-on dans le document contenant ces conseils. « Si les membres d’équipage en cabine soupçonnent un cas de traite de personnes à bord, une évaluation correcte de la situation est nécessaire avant toute intervention ».

Le document de conseils préparé par le HCDH et l’OACI sera officiellement présenté en mars.

Le document préparé par le HCDH et l’OACI donne des exemples d’indicateurs pour les équipages de cabine sur la façon d’identifier les victimes potentielles. Cela inclut les situations où une passagère n’a pas le contrôle de ses papiers ou a de faux documents d’identité; n’est pas au courant de sa destination finale; n’est pas autorisée à parler elle-même directement; ou

S’ils pensent avoir identifié une victime, il est conseillé aux membres d’équipage de suivre des procédures de signalement spécifiques, que l’avion soit dans les airs ou au sol, en veillant à ne pas compromettre la sécurité de la victime et des autres voyageurs.

La traite des êtres humains est considérée comme la troisième activité illégale la plus lucrative de la planète, après la vente illégale d’armes et de drogues, et son caractère clandestin la rend difficile à quantifier avec précision. En 2017, l’Organisation internationale du travail (OIT) estimait que 40,3 millions de personnes dans le monde étaient soumises au travail forcé et à l’esclavage moderne. En outre, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), dans son rapport de 2016, a révélé que la majorité des victimes de la traite, 51%, étaient des femmes. (ONU)

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AFRIQUE CENTRALE :

Des avions MA60, développés par la Chine, sont en train de jouer un rôle important pour aider les pays d’Afrique centrale à établir leurs réseaux aériens régionaux, a annoncé la Société de l’industrie de l’aviation de Chine (AVIC). Un total de 14 avions MA60 est actuellement en service dans sept pays d’Afrique centrale, assurant 20 lignes aériennes régionales, a précisé l’AVIC, une entreprise d’Etat. Le MA60 à moteur turbo a été conçu pour s’adapter aux pistes courtes. L’AVIC International Aero-Development Corporation (AVIC International), une filiale de l’AVIC, s’est engagée activement dans la mise en œuvre de certains projets tels que le Programme de coopération sino-africaine sur l’aviation régionale. Afin d’assurer un fonctionnement efficace et sans problème des avions chinois en Afrique, l’AVIC International a mis en place un réseau et un service client en Afrique pour les appareils chinois. Par ailleurs, elle a établi un centre marketing pour les appareils chinois dans les régions anglophones et francophones en Afrique, ainsi qu’un centre de soutien technique et un centre de maintenance pour les avions chinois en Afrique. (xinhua)

SÉNÉGAL :

La gestion de AIBD confiée à l’ASECNA « Les travailleurs de l’ASECNA sont prêts à prendre en charge cet ouvrage avec toute l’efficacité et le professionnalisme requis. Dans ce cadre, l’Agence a pris toutes les dispositions pour assurer le bon fonctionnement de l’Aéroport international Blaise Diagne, avec l’aide de Dieu et l’engagement de notre personnel », a dit Monsieur Mohamed MOUSSA, DG de l’ASECNA, à l’occasion de l’inauguration de cet aéroport. Dans son discours, M. MOUSSA a souligné que « en admirant ce chefd’œuvre, j’ai la forte conviction que l’Afrique entend se projeter résolument vers un renouveau conçu et mis en œuvre par ses propres fils, au profit de ses populations et de l’industrie

Brèves · Maganac 36

Sur le plan opérationnel, toutes les installations sont aux normes pour un fonctionnement normal du nouvel aéroport, selon le DG de l’ASECNA. (Asecna)

CANADA :

Accords de transport aérien nouveaux et élargis avec 4 pays africains Le Canada a conclu le 4 janvier 2018 des accords de transport aérien nouveaux et modifiés avec l’Éthiopie, le Cameroun, l’Afrique du Sud et le Maroc. Grâce aux modifications apportées à l’accord avec l’Éthiopie, les transporteurs désignés peuvent désormais effectuer jusqu’à cinq vols par semaine (par rapport à trois vols auparavant). Le nouvel accord conclu avec le Cameroun ainsi que les accords modifiés avec l’Afrique du Sud facilitent l’exploitation des services de partage de codes entre le Canada et ces pays. Par l’entremise du partage

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aéronautique mondiale. AIBD sera incontestablement une porte d’entrée en Afrique et une porte de sortie pour tous les Africains vers d’autres continents ; il sera un hub mondial du transport aérien. Vous venez de placer le Sénégal au cœur de l’actualité du transport aérien africain et mondial, en inaugurant ce magnifique ouvrage. Ce faisant, le Sénégal crée un pôle économique et une rampe de développement accélérée et inclusive au service de l’humanité ».

de codes, un transporteur aérien peut vendre des sièges sur un vol assuré par un autre transporteur, et ce faisant, élargir son réseau ainsi que la gamme des produits offerts. La modification apportée à l’accord avec le Maroc procure une souplesse tant aux propres aéronefs d’une entreprise qu’aux services de partage de codes. Les compagnies aériennes peuvent utiliser ces nouveaux droits prévus dans ces accords nouveaux et modifiés immédiatement. (MinTransCanada)

Photos: presidentabo/twitter, Avic

14 avions chinois MA60 en service


TUNISIE :

CLASSEMENT 2018:

Accréditation en tant que centre régional de formation en sécurité aérienne

Les meilleurs passeports africains pour voyager

La Tunisie a officiellement obtenu l’accréditation en tant que centre régional de formation en sûreté et sécurité de l’aviation civile, accordée par l’Organisation internationale onusienne de l’aviation civile (OACI). Le directeur général de l’Office tunisien de l’aviation civile et des aéroports (OACA), Khaled Chelli, a affirmé, que ce centre va jouer un rôle important dans le renforcement de la sécurité des aéroports et pour la formations des cadres dans le domaine de l’aviation civile, indiquant que le budget estimé pour cette formation est de un million de dinars par an, alors que des investissements de 40 millions de dinars (16,11 millions de dollars) ont été mobilisés pour les équipements de 2018.

L’accréditation renouvellera la confiance en la Tunisie en tant que destination touristique et économique sûre pour les visiteurs et les investisseurs dans toutes les régions du monde.

IATA EN 2017 :

5 compagnies aériennes africaines ont rejoint l’organisation

Photos: Laurent ERRERA · Fotolia: yemets

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a signalé que 19 compagnies aériennes l’ont rejointe en 2017, dont 5 en Afrique, portant le nombre de ses membres à 282. L’IATA estime ainsi représenter 83% du trafic aérien mondial. Les 5 compagnies africaines qui ont adhéré à l’association dirigée par Alexandre de Juniac, sont : - Air Peace (Nigeria) ; - Dana Air (Nigéria) ; - Precision Air (Tanzanie) ; - AWA (Africa World Airlines, filiale

notamment de Hainan Airlines, Ghana) ; - CemAir (Afrique du Sud). Pour adhérer à l’IATA, les compagnies doivent remplir au préalable certaines obligations, notamment obtenir la certification IOSA (IATA Operational Safety Audit) à la suite d’une évaluation des procédures de contrôle et de gestion réalisée par l’association. L’adhésion à l’IATA est ouverte aux compagnies aériennes qui exploitent des services aériens réguliers et non réguliers.

Comme tous les ans, l‘agence Henley publie une liste (basée sur des données fournies par l’IATA), des passeports les plus puissants pour voyager dans le monde sans visa. Pour 2018, c’est encore l’Allemagne qui occupe la première place pour la 5e année consécutive. Le sésame allemand permet d’accéder à 177 pays sans visa. Il est suivi des passeports singapouriens et suisses qui se classent à égalité et qui offrent un accès sans visa à 176 pays. Quid des passeports africains ? Celui des Seychelles est le numéro 1. Déjà premier du classement l’année dernière avec 126 destinations, le passeport des Seychelles est classé 27e au plan mondial et donne accès à 141 pays. Suivent les passeports mauriciens et sud-africains avec respectivement 134 et 100 destinations. Le passeport somalien occupe la dernière place du classement; il est le moins puissant au monde. Il donne seulement accès à 32 pays. Voici la liste complète pour les pays africains : 1. Seychelles, 2. Maurice, 3. Afrique du Sud, 4. Botswana, 5. Namibie, 6. Swaziland, 7. Kenya, Lesotho et Malawi, 10. Gambie, 11. Tanzanie, 12. Tunisie, 13. Zambie, 14. Ouganda, 15. Cap Vert, 16. Ghana, 17. Bénin, Maroc et Zimbabwe, 20. Burkina-Faso, 21. Sao-Tomé et Pr., 22. Mauritanie et Mozambique, 24. Côte d’ivoire, 25. Sénégal et Togo, 27. Guinée, Mali et Niger, 30. Tchad, Comores, Gabon, Madagascar et Rwanda, 35. Guinée-Bissau, 36. Centrafrique, 37. Angola et Egypte, 39. Algérie, 40. Guinée équatoriale et Libéria, 42. Cameroun ; Congo et Nigéria, 45. Burundi, 46. Djibouti, 47. RDC, 48. Soudan, 49. Ethiopie et Sud Soudan, 51. Erythrée, 52. Libye, 53. Somalie.

Brèves · Maganac 36

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AMERICAN AIRLINES :

ATTERRISSAGE EN ESPAGNE :

Bette Nash, hôtesse de l’air depuis 60 ans

Un Polonais impatient sort par l’aile de l’avion !

Bette Nash, hôtesse de l’air de 81 ans chez la compagnie aérienne American Airlines basée à Washington D.C., a fêté fin 2017 son jubilé de diamant, 60 ans de service. Lors d’une cérémonie à l’aéroport de Washington-Ronald Reagan National, Jill Surdek, Vice-Président Flight Service, a offert à Bette Nash des boucles d’oreille en diamant pour célébrer cet anniversaire mémorable. Doug Parker, Chairman & CEO d’American Airlines, a annoncé que la compagnie allait faire un don de 10.000 $ à la banque alimentaire de la Sacred Heart Catholic Church en son nom, l’hôtesse de l’air étant une bienfaitrice régulière de cette œuvre caritative. Pour Bette Nash citée dans un communiqué : « La chose que je préfère dans mon métier, c’est accueillir les passagers lors de l’embarquement et les remercier au moment où ils quittent l’appareil ». Elle ajoute être « ravie de célébrer ce soixantième anniversaire dans le terminal où j’ai choisi d’être hôtesse de l’air. Exercer ce beau métier représente beaucoup pour moi ». Comme le souligne Doug Parker, au cours des 6 dernières décennies, Bette « s’est occupée

de plusieurs millions de nos passagers en provenance du monde entier. Jour après jour, elle les a accueillis avec un grand sourire, un bonjour chaleureux et des remerciements pour leur fidélité. Ce sont toutes ces choses, petites en apparence, qui ont contribué à faire d’American Airlines une compagnie que les clients préfèrent. Au nom des plus de 120.000 collègues de Bette, nous sommes particulièrement honorés d’être présents ce jour pour célébrer ses 60 ans de service ». Au cours de sa carrière, Bette Nash a été témoin des évolutions majeures de l’industrie du transport aérien. Elle a commencé à voler en 1957 alors que Dwight Eisenhower était Président ; à cette époque, les billets coûtaient 12 $ et il n’y avait pas de système de réservation. Pour elle, c’était l’ « âge d’or » de l’aviation et elle se souvient avec émotion avoir volé avec les Kennedy et leur avoir servi de la langouste.

Un passager d’un avion Ryanair ne voulant pas patienter à bord de l’appareil, après l’atterrissage à Malaga, est sorti de manière surprenante. Aéroport de Malaga, Espagne. Un ressortissant polonais de 57 ans vivant en Espagne attendait la permission de quitter l’appareil qui avait décollé de Londres avec une heure de retard. Excédé, il a ouvert une porte de secours... afin de sortir par l’aile de l’appareil: « Je ne veux plus attendre, je passe par l’aile!», a déclaré le gaillard, selon le Guardian qui relate l’affaire. L’homme a alors pris son sac et s’est rendu au bord de l’aile afin de sauter sur le tarmac de Malaga. Au sol, l’impatient a été renvoyé en cabine par le personnel de l’aéroport. Une plainte a été déposée contre lui.

En sa qualité de plus ancienne hôtesse de l’air d’American Airlines, Bette Nash est libre de choisir ses affectations de vol. (aj)

EASYJET :

Un mécanicien répare un avion avec du scotch

Après l’annonce du retard d’un avion d’EasyJet à destination de Berlin, un des passagers voit et filme depuis son hublot, un mécanicien. Le technicien monte alors sur le réacteur afin de faire la réparation, avec un gros scotch dans sa main.

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Insolite · Maganac 36

La toile s’est affolée face à cette vidéo. Face aux critiques et inquiétudes, la compagnie EasyJet a communiqué des explications : ce scotch est à base de métal et est spécialement conçu pour les voitures de course et les avions. Le mécanicien n’aurait, d’ailleurs, fait que changer le scotch qui y était déjà, celui-ci aurait été abîmé par le vol.

Photos: youtube

Les internautes étaient sous le choc à la découverte d’une vidéo, parue sur « Youtube », montrant un mécanicien réparer un avion d’EasyJet avec du scotch.


SWISS :

TURKISH AIRLINES :

Refus d’un pasFaute de champagne, l’avion effectue un atterrissage d’urgence sager parce qu’il est séropositif Samedi 9 décembre au soir, un vol de la compagnie SWISS qui devait relier Moscou à Zurich a dû se poser en urgence à Stuttgart, pour cause, l’attitude agressive d’une passagère qui ne voyait pas son champagne arriver. La Suissesse de 44 ans voyageant en classe affaires a écopé d’une amende de 5800 francs (environ 5000 euros). Selon la police, la femme a eu un comportement très agressif à bord de l’Airbus A320 de SWISS. Elle aurait dans un premier temps exigé du champagne, ne se voyant pas servir, la passagère a commencé par contester.

Puis, n’arrivant plus à se calmer, elle a terminé par prendre un membre de l’équipe par le poignet.

Le pilote a alors pris la décision d’atterrir en urgence à l’aéroport de Stuttgart. La passagère a été reçue par la police à son arrivée sur le tarmac et a dû payer une amende de 5000 euros. Elle a voulu rembarquer dans l’avion mais le pilote à refusé. La police a précisé que l’escale avait coûté plusieurs dizaines de milliers de francs. Interrogée par l’agence télégraphique suisse, une porte-parole de SWISS a confirmé que de tels incidents étaient « plutôt rares ».

BOTTES UGG TROP MOCHES :

Quantas jette une femme hors du salon d’affaires

Fotolia: serbogachuk, mariesacha, nito

Dès qu’il fait plus froid dehors, on les voit partout: les Ugg Boots. Ces bottes en peau d’agneau sont rarement belles, mais elles sont super chaudes et très confortables. Mais si on veut prendre Qantas Airways, il faudra les cacher dans la valise. Pour une chanteuse britannique, ses bottes Ugg bien-aimées se sont avérées fatales. Joanne Catherall avait réservé un vol avec la compagnie aérienne australienne Qantas Airways. Avant de quitter Melbourne, la musicienne du groupe New Wave The Human League cherchait un peu de repos au salon d’affaires de la compagnie aérienne. Mais une collaboratrice de Quantas lui a refusé l’accès. La raison: ses bottes Ugg violeraient le code vestimentaire de la compagnie.

Catherall a posté cela sur twitter, rajoutant que l’employée lui a même conseillé d’aller acheter de nouvelles chaussures dans l’un des magasins de l’aéroport. « Peut-être elle a pensé que ce sont des pantoufles » ?, écritelle sur twitter.

Peter Finlay voyage d’Édimbourg à Hurghada en Égypte. Lors de son escale à Istanbul, la compagnie Turkish Airlines lui demande s’il doit prendre un traitement à bord. «Oui», répond l’homme de 38 ans, atteint du virus du Sida depuis près de vingt ans. Même si la question d’expliquer la raison de son traitement le gêne, il explique qu’il est séropositif. «On m’a alors demandé si j’avais une lettre d’un médecin, détaille Peter Finlay au journal britannique The Independent, confirmant que j’étais apte à prendre l’avion et que je ne présentais aucun risque pour les autres passagers. En résumé, que je n’étais pas contagieux.» Comme il ne dispose pas de cette lettre, la compagnie refuse de le laisser embarquer. Ce qu’il y a de plus fou dans cette histoire? Peut-être le fait que, juridiquement, Turkish Airlines avait le droit d’agir ainsi... Les règles de la compagnie turque détaillent en effet que «tous les passagers qui ont besoin de prendre un traitement à bord doivent avoir emporté avec eux leur prescription», rappelle l’un de leurs représentants interrogés par The Independent. Une règle interne confirmée par les mesures de sûreté de l’Aviation Civile. Toutefois, selon un porte-parole de l’Autorité de l’Aviation Civile, «être séropositif n’est pas un critère déterminant pour savoir si une personne peut ou non prendre l’avion; or, nous ne nous attendons pas à ce qu’une compagnie aérienne exige un certificat d’aptitude à voyager en avion, sauf s’il y a des raisons de s’inquiéter.» Peter Finlay a obtenu le remboursement de son billet d’avion. Mais Turkish Airlines assure qu’il s’agit là d’un acte «généreux», car la compagnie n’en avait nullement l’obligation. Elle n’a d’ailleurs pas hésité à rappeler à Peter Finlay que l’incident survenu était «de son entière responsabilité».


AGENCE NATIONALE DE L’AVIATION CIVILE BP 2212 Libreville, Gabon

Agence Nationale de l’Aviation Civile

Tel.: +241 (0) 1 44 46 54 / 44 46 58 Fax: +241 (0) 1 44 54 01 Site: www.anacgabon.org Email: contact@anac-gabon.com

Maganac 36  

No. 36 (janvier-février-mars 2018) de MAGANAC, le magazine de l'ANAC Gabon

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