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No. 35 Novembre / Décembre 2017

MAGANAC Le Magazine de l‘ANAC

Agence Nationale de l’Aviation Civile

Passation de flambeau à l’ANAC :

Arthur NKOUMOU DELAUNAY Directeur général Séminaire de lancement des procédures CCO/CDO à l’aéroport de Libreville


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DANS CE NUMÉRO:

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A LA UNE Arthur NKOUMOU DELAUNAY nouveau DG de l’ANAC

A LA UNE Lancement des procédures CCO/CDO à l’aéroport de Libreville

AFRIQUE BAD : L’Afrique doit appliquer l’accord de Yamoussoukro

GABON Formation Tropical Air

GABON Afrijet passe à un modèle hybride

QUESTIONS / RÉPONSES Soupçon de terreur dans l’avion

AFRIQUE South African Airways garde un œil sur la météo

AFRIQUE Camair-Co s’apprête à desservir Bangui

AFRIQUE Priorités IATA pour l’Afrique

INTERNATIONAL ICE Air : susceptible de prospérer sous Donald Trump

INTERNATIONAL CO2 : les vols intercontinentaux exemptés jusqu’en 2020

INTERNATIONAL Airbus et Boeing : le marché chinois domine

ACTUALITÉS EN BREF

INSOLITE

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CHÈRES lectrices, chers lecteurs, Le Conseil des Ministres de la République gabonaise a placé sa confiance en ma personne en me nommant le vendredi 27 octobre 2017 Directeur général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile. Je voudrais tout d’abord remercier Son Excellence Monsieur le Président du Gabon, Son Excellence Monsieur le Premier ministre et Madame le Ministre des transports et de la logistique et leur témoigner ma profonde reconnaissance. Je puis les assurer que je ne ménagerai aucun effort pour mériter cette confiance en m’appliquant dans ma tâche au regard des enjeux et des objectifs à atteindre en faveur de la dynamisation du secteur de l’aviation civile. Ensuite, je tiens à faire une mention spéciale à mon prédécesseur Monsieur Dominique OYINAMONO en lui adressant mes sincères félicitations pour les résultats atteints sous son autorité qui ont permis d’améliorer

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le niveau de mise en œuvre de la supervision de la sécurité. A l’endroit du personnel de l’ANAC, je voudrais rendre un hommage appuyé pour les efforts consentis et j’exhorte les uns et les autres à continuer sur cette voie, chaque cadre dirigeant et chaque agent de l’ANAC devant donner le meilleur de lui-même dans l’exécution de sa mission. Mes remerciements vont également à l’endroit des autres acteurs de la grande famille de l’aviation civile, tels la gendarmerie, la police, la douane, la haute autorité, les compagnies aériennes et les prestataires de service. Dans l’avenir, nous avons de grands défis qui nous attendent. Pour n’en citer que quelques-uns : · l’amélioration de notre score de mise en œuvre (EI) des pratiques et normes recommandées de l’OACI au travers des audits USOAP-CMA et USAP-CMA, et par conséquent, la

sortie de la liste sécurisée de l’UE · la certification de l’aéroport de Libreville · la certification IOSA des compa gnies aériennes · la ratification de certains instru ments de droit aérien … Comme les chantiers sont encore nombreux et l’urgence est de mise, consolidons ensemble les bases d’une politique de l’aviation civile conformément aux normes de sûreté et de sécurité édictées par l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI) et perfectionnons la gestion de l’aviation civile en déclinant les objectifs à tous les niveaux de responsabilité.

Arthur NKOUMOU DELAUNAY Directeur Général de l’ANAC


Mme Danielle Priscillia ABESSOLO OBIANG, DAF : « … un véritable patron, leader, mentor, enseignant, un formateur … »

ANAC :

Changement de directeur général C’est au cours du conseil des ministres intervenu le 27 octobre 2017, que M. Dominique OYINAMONO, Directeur général qui a dirigé l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) depuis sa création par la loi 005/2008 du 11 juillet 2008, a été remplacé par son adjoint, M. Arthur NKOUMOU DELAUNAY. La cérémonie de passation de charge entre le sortant et l’entrant s’est matérialisée le jeudi 02 novembre en présence du Secrétaire général du Ministère des Transports et de la Logistique, M. LOLA MVOU, représentant Mme le Ministre. Elle s’est déroulée en trois phases. Au cours de la première phase, à huis clos, les principaux intéressés ont passé en revue tous les dossiers, et ont signé le procès-verbal de passation ; la seconde phase, purement protocolaire, a eu lieu dans la salle de réunion de l’ANAC, en présence du comité de direction de l’ANAC, des responsables de l’industrie aéronautique et d’autres invités conviés à cet évènement.

Après le discours protocolaire du secrétaire général, le Directeur général sortant a pris la parole : « J’arrive au terme de 8 années et 9 mois de direction générale de l’ANAC. C’est un exercice, une mission exaltante, un métier passionnant et je suis heureux de la part de contribution que j’ai apportée à l’aviation civile gabonaise, pour l’épanouissement personnel que j’ai pu en tirer. J’ai travaillé en bons termes avec tous les collaborateurs, avec toutes les hiérarchies. Comme sur terre chaque chose a une fin, aujourd’hui les mêmes autorités qui m’en ont confié la responsabilité en ont décidé autrement. Je suis heureux de passer la main à Arthur Delaunay, que je connais, avec qui j’ai travaillé depuis 7 ou 8 ans. Je suis assuré que l’ANAC est en de bonnes mains avec lui parce que c’est un professionnel. Je voudrais vous inviter vous les partenaires, les opérateurs de la plateforme à lui apporter la même coopération que vous m’avez apportée à moi et j’ai été heureux de travailler avec vous. C’est avec un bon cœur que je lui passe main. Je

vais vaquer à d’autres occupations en attendant de prendre ma retraite ». Une fois la transmission de charges effectuée, M. LOLA MVOU a invité l’ensemble des responsables de la plateforme aéroportuaire et particulièrement ceux de l’ANAC à reconnaitre sur la base de la décision du conseil des ministres du 27 octobre 2017 et au nom de Mme le ministre, M. Arthur NKOUMOU DELAUNAY comme Directeur général de l’ANAC. Prenant la parole à son tour, le nouveau Directeur général de l’ANAC, a remercié l’ensemble des acteurs de l’aviation, ainsi que le secrétaire général pour avoir présidé cette cérémonie, à qui il a demandé d’être son fidèle interprète auprès de Mme le Ministre et remercier les plus hautes autorités du gouvernement de l’attention qu’ils lui portent en le nommant à ce poste de Directeur général. Il a félicité le sortant pour le travail énorme accompli, pour sa rigueur au travail et a reconnu avoir beaucoup appris auprès de lui.

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MM. Edouard Roger DJOUE, Vice-Président du Conseil d’Administration et Dieudonné Claude DIBADY MAYLA, son président, et M. OYINAMONO

La troisième phase de cette cérémonie a réuni tout le personnel ANAC qui a tenu à exprimer sa gratitude au Directeur général sortant. Trois allocutions ont marqué ce moment. D’abord la représentante du personnel de l’ANAC, Mme Pélagie Dominique MOUBELET, Chef de service ressources humaines qui a dit: « Je voudrais rappeler ici le travail extraordinaire que vous avez réalisé au cours de ces années grâce à votre investissement, votre rigueur, votre amour du travail bien accompli, bref votre professionnalisme. En effet, vous avez débroussaillé, abattu de gros arbres, brûlé, enlevé les brulis, semé à tout vent, des boutures de manioc, des rejets de tarot, des noyaux d’atangas, des noyaux de mangues, des graines d’oseille, des graines de folon … ». Ensuite ce fut au tour de la représentante du comité de direction, Mme Danielle Priscillia ABESSOLO OBIANG, Directeur administratif et financier. « (…). Monsieur le Directeur général, vous avez été pour le

personnel de l’ANAC un véritable patron, leader, mentor, enseignant, un formateur. Vous avez été méticuleux dans les moindres détails. Nous pouvons citer quelques exemples : la rédaction des courriers, le magazine de l’ANAC, l’élaboration du budget et j’en passe. Vous nous laissez un héritage et c’est l’occasion pour nous de vous honorer en mettant en application tout ce que nous avons appris de vous. (…).Vous avez joué un rôle déterminant pour améliorer le système de notre aviation civile et avez été un éminent représentant de notre aviation civile au niveau national comme international », a –t-elle énoncé. Mme NDOUNA, Directeur général adjoint a quant à elle déclaré que les mots ne suffisent pas pour qualifier le vide que M. OYINAMONO va laisser derrière lui. « Comme le dit l’adage : il ne suffit pas d’être un grand homme, mais il faut l’être au bon moment. Vous avez su être à nos yeux un très grand homme. (..) Je me réjouis du fait que les autorités

Le SG du Ministère, M. LOLA MVOU (centre) effectuant la passation

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Représentant le personnel de l’ANAC, Mme Pélagie Dominique MOUBELET a remercié M. OYINAMONO

de la République aient choisi pour succéder à M. OYINAMONO une personnalité au sein de l’ANAC, une personnalité qui elle-aussi a fortement contribué à la construction de notre ANAC d’aujourd’hui (…) ». A la tête de l’agence depuis sa création, Monsieur Dominique OYINAMONO a permis entre autres les réalisations suivantes : - Aménagement dans les locaux actuels de l’ANAC ; - Démarrage du projet SAFE de l’OACI consistant en une assistance à l’ANAC dans l’établissement d’un système efficace de supervision de la sécurité de l’aviation civile ; - Promulgation du code de l’aviation civile de la République gabonaise ; - Publication du décret relatif à l’exploitation des drones ; - Elaboration et soumission à l’OACI du plan d’action national pour la réduction des émissions de CO2 issues de l’aviation internationale ; - Adoption de textes importants sur le plan de la sûreté : programme national de sûreté de l’aviation civile


Le DGA Mme NDOUNA lors de son discours

(PNSAC), programme national de formation en sûreté de l’aviation civile (PNFSAC), programme national de contrôle qualité (PNCQ), programme national de certification des personnels de sûreté (PNCP) ; - Inauguration et mise en service du nouveau terminal de l’aéroport

international Ali BONGO ONDIMBA de Port-Gentil ; - Participation à la 37ème et la 39ème session de l’assemblée générale de l’OACI ; - Signature de protocoles avec l’INC et la DGM ; - Audit USAP-CMA de la sûreté de l’aviation civile gabonaise, du 23 au 31 août 2017 ; etc. Nous souhaitons d’ores et déjà au promu plein succès dans ses nouvelles fonctions.

M. NKOUMOU DELAUNAY a félicité le sortant pour le travail accompli

Le cursus de M. Arthur NKOUMOU DELAUNAY Dès l’obtention de son baccalauréat série C à Orléans, Arthur NKOUMOU DELAUNAY entame des études de mathématique et de physique pur jusqu’au DESS. Passionné d’aéronautique, il acquiert, pendant ses études, un Brevet d’Initiation Aéronautique et effectue quelques apprentissages de vols dans l’aéroclub d’Orléans. Après un passage dans les centres de recherches du C.N.R.S et B.R.G.M d’Orléans, il décide de rentrer au Gabon pour saisir l’opportunité d’intégrer le management technique d’Air France au sein de la compagnie Air Gabon. Formé aux techniques d’engineering, il est chargé des moteurs APU de la compagnie puis chef de service engineering et enfin dirigeant responsable chargé du suivi de la navigabilité des aéronefs de la compagnie (B737, B767 et B747). Dès la fermeture d’Air Gabon en 2006, il est sélectionné par le premier constructeur de moteurs d’avions ‘’CFM’’ et entame une succession de stages de perfectionnement chez Snecma Services à

Melun, General Electric à Cincinnati, et effectue des missions d’assistance technique chez Air France, Air India et Airbus Industries dans l’usine d’assemblage de Toulouse. Il occupe le poste de CFM Field Representative d’abord à Luanda pour le suivi des moteurs de la TAAG et Sonair (B737 NG et B777-200). Par la suite, il se base à Nairobi et accompagne la formation, le suivi technique et engineering des moteurs CFM des compagnies aériennes Kenya Airways, Ethiopian Airlines, Air Ivoire, Virgin Nigeria, AeroContractors et Arik Air.

Parallèlement à ses fonctions, Monsieur NKOUMOU DELAUNAY collabore avec l’armée de l’air et l’état-Major Particulier du Président de la République pour l’exploitation de leurs aéronefs. De même, il est membre du comité de direction de l’Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC) pour le compte de la République Gabonaise. En décision du conseil des ministres du 27 octobre 2017, il est nommé Directeur Général de l’ANAC.

En février 2009, il occupe le poste de Directeur Technique au sein de la compagnie aérienne Air Service qui effectue des vols nationaux et dédiés dans le secteur pétrolier dont la flotte est composée d’Embraer Dash 6-300 et Dash 8-100. En décision du conseil des ministres du 7 janvier 2010, il est nommé Directeur Général Adjoint à l’ANAC où il sera en charge de la Sécurité aérienne notamment dans les domaines LEG, ORG, AGA, AIR, PEL et OPS.

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De gauche à droite : MM. Didier Moukalan, Maharo RAKOTONAVAHY et Dieudonné KASSA Photo de famille des participants

AÉROPORT DE LIBREVILLE :

Séminaire de lancement des procédures CCO/CDO Depuis 2014, le Gabon participe au Projet conjoint d’Assistance de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et de l’Union Européenne (UE) sur le « Renforcement des capacités pour l’atténuation des émissions de CO2 de l’Aviation Internationale ». En avril 2016, il a soumis son premier plan d’action pour la réduction des émissions de CO2 issues de l’aviation dans lequel 15 mesures d’atténuation ont été sélectionnées. C’est ainsi que le Gabon a été choisi pour bénéficier d’un appui technique et financier pour la mise en œuvre d’un projet pilote visant à mettre en place les opérations de montée continue (CCO) et les opérations de descente continue (CDO) à l’Aéroport international Léon MBA de Libreville. C’est dans ce cadre qu’un séminaire de lancement dudit projet a été organisé du 23 au 27 octobre 2017 à l’Hôtel Boulevard de Libreville. La cérémonie d’ouverture a eu lieu en présence de M. Frédéric LEGRAND, Directeur du Programme africain de procédures de vol (AFPP), représentant l’OACI , de M. Didier MOUKALAN, coordonnateur Afrique du projet conjoint OACI-UE, du représentant de

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l’ASECNA auprès de la République gabonaise, d’officiels des représentants des compagnies aériennes et d’autres parties intéressées. En ouvrant les travaux, le Directeur général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ndlr : M. Oyinamono était encore en exercice), a déclaré que le Gabon a commencé à devenir une destination privilégiée ; non pas parce que le pays serait le plus grand pollueur, mais tout simplement parce qu’il ambitionne de devenir leader dans la sous-région en matière de la réduction des effets néfastes de l’aviation sur l’environnement. Le séminaire avait pour but de renforcer les capacités du personnel concerné, allant de la conception des procédures à leur utilisation, à travers 18 modules de formation préparés par des experts. Par ailleurs il n’est que le lancement d’un processus en six phases qui prendra fin en juin 2018. « Le développement de l’économie à travers les échanges locaux, régionaux, nationaux et internationaux entraine l’augmentation importante du nombre d’aéronefs évoluant dans le ciel africain, et par la même occasion provoque la

production de CO2, le gaz carbonique, en partie responsable de la dégradation de la qualité de l’air que nous respirons tous les jours », a souligné pour sa part M. Frédéric LEGRAND. Le représentant de l’ASECNA par intérim, M. Parfait AMALET a quant à lui indiqué que « la vitalité du transport aérien est aujourd’hui intimement liée à la réduction de coûts de toutes natures et particulièrement, ceux liés à la consommation d’énergie qui reste depuis quelques années, une préoccupation mondialement partagée dont la raréfaction des sources traditionnelles ainsi que les effets visibles des changements climatiques, ont entrainé une prise de conscience collective sur la nécessité de sauvegarder notre planète afin de transmettre aux générations futures, le patrimoine de l’humanité légué par nos ancêtres ». En prélude à ce séminaire de lancement, MM. Maharo RAKOTONAVAHY, Dieudonné KASSA, tous deux experts de l’ASECNA, et Didier MOUKALAN de l’OACI, avaient effectué une mission exploratoire à Libreville du 09 au 10 octobre pour rencontrer les acteurs clés du projet en vue de sa préparation, et


De gauche à droite, MM. Parfait Amalet, représentant par intérim ASECNA, Dominique Oyinamono, Frédéric Legrand

A l’écoute de M. Kassa, expert de l’ASECNA …

leur expliquer le but du projet, examiner le plan de mise en œuvre élaboré et évaluer les conditions du site et des spécifications techniques du projet afin d’identifier les obstacles qui pourront retarder la mise en œuvre des activités.

Fotolia: shocky, panthesja

La 12e Conférence de Navigation aérienne de l’OACI a adopté un cadre de planification pour l’harmonisation et l’interopérabilité mondiales, appelé méthodologie de « mise à niveau par blocs du système de l’aviation » ou (ASBU pour Aviation System Block Upgrade), qui a été retenu pour être intégré dans le Plan mondial de navigation aérienne. Le cadre ASBU, structuré en 4 blocs, contient des modules décrivant des améliorations opérationnelles pour une série de blocs, appuyées par des feuilles de route technologiques, qui servent à renforcer progressivement de nombreux aspects des opérations d’aviation civile. La navigation basée sur les performances (PBN) et les opérations CDO/ CCO (Continuous Descent Operations / Continuous Climb Operations) ont été intégrées comme axes prioritaires d’amélioration des performances du domaine « efficacité des trajectoires de vol » du Bloc 0 de la méthodologie ASBU. La combinaison des opérations CDO/CCO à la PBN permet de maximiser de façon sûre, l’efficacité des opérations en région terminale tout en réduisant considérablement les incidences sur l’environnement. Les opérations aériennes de descente continue (CDO) et de montée continue (CCO) sont par définition des techniques

de conduite de vol, qui permettent la réalisation par les avions des profils de vol de descente optimisés (CDO) ou de montée optimisés (CCO). Un profil de vol optimisé dans le cadre d’une opération CDO est une descente avec le minimum de paliers, avec une puissance moteur réduite et une configuration de l’avion limitant la trainée aérodynamique. Le profil de vol optimisé d’une opération CCO se caractérise par l’utilisation optimale de la puissance du moteur de l’avion, avec le minimum de paliers pour réduire le plus possible la distance de montée. Les deux types d’opérations se déroulent donc dans les régions terminales. L’ASECNA, en tant que fournisseur de service de navigation aérienne, expérimente depuis 2013 les opérations CDO/CCO. Elle a organisé sa stratégie en deux étapes. La première étape a consisté à élaborer les procédures CDO/CCO sur des sites pilotes de Dakar au Sénégal et d’Abidjan en Côte d’Ivoire. La deuxième étape vise le déploiement progressif de ces procédures sur les autres aérodromes internationaux, en étroite coopération avec les usagers afin de prendre en compte leurs besoins prioritaires. Les opérations CDO/ CDO ont montré de nombreux effets bénéfiques dont la réduction de la consommation de carburant pendant les phases d’arrivée par l’utilisation de l’énergie cinétique de l’avion, la réduction des nuisances sonores et les émissions de CO2 ainsi que les communications entre contrôleurs aériens et pilotes.

M. Didier MOUKALAN nous explique le projet : M. MOUKALAN, vous êtes le coordonnateur Afrique du projet, parlez-nous du projet CCO/CDO à l’aéroport international Léon Mba de Libreville. Tout d’abord, il convient de rappeler la signification des sigles CCO (Continuous Climb Operations et CDO (Continuous Descent Operations). Le projet CCO-CDO est un projet de mise en œuvre des opérations de descente et de montée continues au profil optimisé à l’aéroport international Léon Mba de Libreville. Les opérations CCO et CDO sont des techniques d’exploitation d’aéronefs qui sont facilitées par la conception de l’espace aérien et la conception des procédures aux instruments et facilitées par le contrôle de la circulation aérienne. Elles permettent aux aéronefs à l’arrivée ou au départ de descendre ou de monter en continue, dans toute la mesure du possible. Les aéronefs qui appliquent le CCO utilisent la poussée et la vitesse de montée optimales du moteur jusqu’à ce qu’ils atteignent leur vitesse de croisière. Par contre avec le CDO, les aéronefs utilisent une poussée minimale du moteur, idéalement dans une configuration de faible traînée, avant le point d’approche finale. Ces techniques permettent aux aéronefs de suivre une trajectoire de vol flexible et optimale, et de passer plus de temps à des niveaux de croisière plus élevés offrant ainsi des avantages environnementaux et économiques majeurs

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Pourquoi avoir sélectionné le Gabon parmi les premiers bénéficiaires de ce projet ? Il faut déjà ici restituer le contexte qui a prévalu la sélection du Gabon. Dans son Plan d’Action pour la réduction des émissions de CO2 de l’aviation internationale soumis à l’OACI en Mars 2016, le Gabon, comme d’autres Etats bénéficiaires du Projet OACI-UE, a sollicité une assistance technique et financière de l’OACI pour la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures dont les procédures CCOCDO à l’aéroport de Libreville. Après réception des 14 Plans d’actions des Etats du projet, l’OACI a procédé à une analyse et une évaluation approfondie des 218 mesures d’atténuation incluses dans ces documents. Et c’est sur la base d’un ensemble de critères et de priorités appliqués à ces 218 mesures que certains Etats ont été sélectionnés pour bénéficier d’un accompagnement technique et financier pour la mise en œuvre des mesures d’atténuation des émissions de CO2 de l’aviation internationale. Dans le cas des procédures CCO-CDO, le Gabon et le Burkina Faso ont été les Etats retenus pour recevoir cet accompagnement. Cette procédure a-t-elle déjà été expérimentée dans un Etat africain ? Je vais circoncire ma réponse uniquement sur les Etats membres de l’ASECNA. L’Agence avait déjà expérimentée la mise en œuvre de cette procédure au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Ce projet pilote qui avait débuté en 2013 sur les plateformes aéroportuaires de Dakar et d’Abidjan n’avait malheureusement pas été conduit à son terme pour certaines raisons précises. Vous êtes arrivés au terme du séminaire, quelles sont les conclusions et les grandes étapes à venir ? Les conclusions principales sont les suivantes : un consensus a été trouvé

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par les participants à ce séminaire pour l’approbation du Conceptual Design de la mise en œuvre des procédures CDO et CCO à l’aéroport international de Libreville ; le renforcement des capacités des participants qui sont désormais mieux outillés par rapport à la connaissance générale du projet, aux différentes étapes du processus de mise en œuvre de cette procédure dont l’implication sera indispensable pour la réussite de ce projet, et le renforcement de la synergie entre les aviations civile et militaire du Gabon. A quand le démarrage effectif de cette nouvelle procédure ? Avant le démarrage effectif de cette nouvelle procédure, il est prévu une phase d’expérimentation dans le calendrier des activités de mise en œuvre. Cette phase débutera en septembre 2018 pour une durée de 3 à 6 mois selon les résultats obtenus. Donc, on ne parlera de démarrage effectif que si les résultats de la phase expérimentale sont satisfaisants. Quels sont les types d’avions concernés par cette procédure ? Les aéronefs concernés sont ceux disposant de la capacité PBN et équipés d’un système de gestion de vol communément appelé en anglais FMS : Flight Management System. Pour la capacité de la flotte : Application de navigation RNP1 Equipement GNSS Fonction OPMA à bord Quels sont les organismes impliqués dans le financement de ce projet et combien coûtera-t-il ? S’agissant des organismes impliqués dans le financement, il y a l’ASECNA et l’OACI dans le cadre du Projet OACI-UE d’Assistance aux Etats pour la réduction des émissions de CO2 de l’aviation internationale financé par les fonds de la Commission Européenne. Il est difficile à ce jour d’estimer le coût total exact lié à la mise en œuvre de ces procédures à l’aéroport International de Libreville, mais en estimant le montant final tournera autour de 500 millions de Fcfa.

Et Mme Larissa Pamela DIANGA NZENGUE, point focal du Gabon n°2 pour ledit projet a bien voulu nous donner son avis … Cet atelier avait pour but de renforcer les capacités du personnel concerné par la mise en œuvre des procédures CCO/CDO à l’Aéroport International Léon MBA de LBV. A travers 18 modules présentés par des experts de l’OACI, l’ASECNA et l’ANAC, nous avons eu une description du projet CCO/CDO à Libreville, les détails sur les activités à mettre en œuvre, la formation sur le concept CCO/CDO et l’assurance qualité dans les procédures des vols. Enfin, le conceptual design a été présenté et adopté par l’assemblée. Quant aux enjeux, je souligne que ce projet de mise en œuvre de CCO/CDO à l’aéroport international Libreville Léon MBA, est une aubaine pour l’aviation civile du Gabon. Il répond à un besoin opérationnel identifié qui vise à réduire non seulement les émissions de CO2 issues de l’aviation, mais aussi à mettre en œuvre des modules du bloc 0 du plan mondial de la navigation aérienne (GANP) orienté sur la mise en œuvre par blocs du système de l’aviation (ASBU) au Gabon.

(rsm)

M. Edmond Hocke N’GUEMA-BITEGHE, point focal du Gabon pour le projet

Fotolia: panthesja, sayuri_k

comme la réduction de la consommation de carburant, émissions gazeuses, bruit et carburant - sans aucun effet négatif sur la sécurité.


PRÉSIDENT DE LA BAD :

L’Afrique doit appliquer l’accord de Yamoussoukro «pour un ciel ouvert » Akinwumi Adesina, Président de la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) a appelé les pays africains à appliquer l’accord «pour un ciel ouvert » de Yamoussoukro relatif aux droits de trafic aérien, conclu en 1999. Bien que 20 pays l’aient signé, beaucoup d’entre eux ne l’ont toujours pas mis en œuvre, a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD, lors de la cérémonie d’ouverture du troisième Forum aéronautique mondial de l’OACI le 21 novembre 2017 à Abuja. « La rigidité des accords bilatéraux s’appliquant aux services aériens a rendu difficile la libéralisation des marchés de l’aviation de la région. Nous devons rendre les marchés de l’aviation régionale compétitifs et abaisser les coûts, dégager une meilleure rentabilité et améliorer les connexions et les facilités », a déclaré Adesina.

Photos: Eric Roset / Africa Progress Panel

Selon lui, la contribution actuelle de l’industrie aéronautique de l’Afrique au PIB annuel du continent s’élève à 73 milliards de dollars, et elle donne de l’emploi à environ 7 millions de personnes, soit à 130.000 nationaux en moyenne par pays. L’industrie aéronautique devrait croître de 5 % par an au cours des deux prochaines décennies. Elle a fourni des prestations à 120 millions de passagers en 2015, un nombre qui va tripler pour atteindre 300 millions de passagers d’ici 2035, a fait ressortir Adesina. « Ce sont là les bonnes nouvelles », a-t-il dit, ajoutant que malheureusement la croissance de l’aviation est freinée par des cadres réglementaires

très restrictifs qui limitent la taille des marchés et la rentabilité, et qui font augmenter les coûts. « Rien que pour le décollage des aéronefs, les frais en Afrique sont de 30 % supérieurs à la moyenne mondiale. Les autres frais - taxes, redevances et droits - sont de 8 % plus élevés. Compte tenu des faibles revenus par tête en Afrique, les prix élevés empêchent tout simplement les pauvres de voyager ! Nous avons peut-être une politique de ciel ouvert, mais nous nous retrouvons avec un ciel vide ! » Adesina a lancé un appel en faveur de l’augmentation des capacités des terminaux d’aéroports permettant d’accroître le nombre de passagers, du développement de plaques tournantes aériennes pour l’amélioration des connexions, et de la modernisation des services d’aide à la navigation aérienne et de contrôle du trafic aérien en vue d’un renforcement de la sécurité. « Les technologies de pointe comme celles utilisées dans les services d’aide à la navigation aérienne sont maintenant plus accessibles et dispensent de la nécessité de disposer d’infrastructures au sol, ce qui permet de desservir des régions éloignées avec des radars. Nous devons aussi développer en Afrique même des services de maintenance d’aéronefs et renforcer les organismes de sécurité aérienne régionaux et sous-régionaux », a-t-il souligné. La BAD a investi 20 milliards de dollars dans les infrastructures au cours

des 10 dernières années, en consacrant plus d’un milliard de dollars au secteur de l’aviation. Les investissements de la Banque comprennent la construction d’aéroports modernes et des prolongements de terminaux au Sénégal, au Maroc, au Kenya, au Ghana, en Égypte et au Cap Vert, et l’amélioration des systèmes aéroportuaires de navigation aérienne en République démocratique du Congo. Elle a soutenu des programmes d’expansion des flottes d’aéronefs en Éthiopie et en Côte d’Ivoire et apporté un soutien aux efforts d’amélioration de la sécurité aérienne et de renforcement des capacités au niveau régional. L’objectif de la Banque est d’aider à l’obtention de certifications des normes de sûreté et de sécurité de l’OACI par 20 aéroports africains d’ici 2019, a déclaré Adesina. La Banque va bientôt présenter à son conseil d’administration un nouveau cadre pour le secteur de l’aviation, ce qui permettra à l’institution d’apporter son aide à la redynamisation de l’industrie aéronautique en Afrique, a-t-il ajouté. Adesina a expliqué que la Banque travaille avec d’autres partenaires à l’établissement de facilités permettant d’écarter les risques afférents au financement des acquisitions d’appareils, à la modernisation des aéroports, au renforcement de la sécurité aérienne et de la navigation au niveau régional, et à la déréglementation de l’industrie aéronautique pour la rendre plus performante et efficace. (BAD)

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Photo de famille

TROPICAL AIR GABON :

Formation SGS du personnel Une formation ayant pour « intitulé SGS pour les compagnies aériennes » s’est déroulée à Libreville du 09 au 13 octobre. Etaient présents les responsables désignés opérationnels de Tropical Air et 2 participants de l’ANAC, à savoir MM. Aimé Armel KOUAKI, inspecteur à la direction de la navigabilité, et Lionel OWONO NGUEMA, cadre stagiaire à la direction de l’exploitation. Au total, une vingtaine de participant a pris part à cette formation. L’OACI a établi dans la première édition de l’Annexe 19 à la Convention relative à l’aviation civile internationale que les Etats exigeront, dans le cadre de leur programme de sécurité, que tout fournisseur de services aéronautiques mette en œuvre un système de gestion de la sécurité (SGS). La seconde édition de l’annexe 19 en vigueur depuis juin 2016 sera applicable le 07 novembre 2019, ce qui justifie le besoin de formation des acteurs du secteur aéronautique. Le SGS est une Approche systématique de la gestion de la sécurité, comprenant les structures organisationnelles, l’obligation de rendre compte, les responsabilités, les politiques et les procédures nécessaires. Le SGS repose sur quatre piliers, tel

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qu’il est défini dans le cadre SGS de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Au Gabon, l’Arrêté n° 00010/ MPITPTHTAT/MDT/ANAC du 10 août 2012 fixe les exigences minimales du système de gestion de la sécurité des opérateurs du secteur de l’aviation civile. La mise en œuvre du SGS est effective chez tous les opérateurs du secteur de l’aviation civile au GABON depuis le 31/12/2016. Cette dernière a été faite en 4 phases : - Phase 1 : planification de la mise en œuvre du SGS. - Phase 2 : Mise en œuvre des processus de gestion réactifs ; - Phase 3 : Mises en œuvre des processus de gestion proactifs et prédictifs ; - Phase 4 : Mise en œuvre de la garantie de la sécurité opérationnelle.

Les séminaristes en formation

L’ANAC a accompagné les opérateurs pendant les 4 ans nécessaires, pour se conformer aux exigences de l’OACI et elle assurera le suivi par des audits fréquents. La formation a été animée par l’instructeur André TCHOUAMO (formateur IATA). Elle avait pour modules l’introduction au SGS et la présentation de ses composantes qui sont : - la politique et objectifs de sécurité ; - le management des risques liés à la sécurité ; - l’assurance du maintien de la sécurité ; - la promotion de la SGS Cette formation était diplômante. Il fallait atteindre les objectifs pour prétendre au certificat. Ceux qui n’ont pas atteint les objectifs recevront les attestations et une distinction SGS pour ceux ayant atteint un score de 95%.


Fotolia: Andrii Zastrozhnov

Nous avons tendu le micro de MAGANAC à l’un des participants.

aux risques de sécurité afin de les maintenir à un niveau acceptable.

Présentez-vous … Je suis Mintoho Laurent, responsable SGS de la compagnie Tropical Air Gabon.

Et qu’est-ce que le SGS ? C’est une approche systématique de la gestion de la sécurité, incluant les structures, politique, organisations …

Parlez-nous de cette formation Cette formation vient répondre à une exigence règlementaire de l’ANAC. C’est dans cette logique que Tropical Air Gabon s’inscrit pour la mettre en œuvre.

C’est gérer un ensemble d’éléments qu’on doit pouvoir surveiller pour garantir la sécurité. On s’est rendu compte que malgré la technologie, la réglementation qui est rigoureuse, des accidents et incidents survenaient toujours. On a compris que les dysfonctionnements pouvaient avoir une autre origine et que parfois ils étaient latents. Donc le SGS est un outil qui permet d’agir sur les évènements indésirables en les identifiant avant qu’ils ne deviennent évènements ultimes (accidents ou incidents graves)

A qui s’adresse-t-elle ? Elle s’adresse aux responsables désignés et aux superviseurs opérationnels de Tropical Air Gabon. Il faut dire qu’il y a 2 types de formations. La première est une sensibilisation qui concerne le personnel opérationnel qui est au bas niveau, tandis que celle-là qui se déroule actuellement est plus poussée, elle dure 5 jours et permettra aux participants de pouvoir analyser, évaluer et apporter des mitigations

Est-ce que Tropical a déjà mis en œuvre le SGS ? Tropical Air a mis en œuvre son SGS à travers l’implémentation des quatre

composantes du SGS, car c’est une exigence de l’aviation civile. Mais il faut toutefois rappeler que c’est un processus et il faut s’assurer de sa performance continue. Un dernier mot ? Je voulais vous remercier car à travers vos articles et votre magazine vous faites la vulgarisation de la sécurité, et ça c’est un élément du SGS. Nous espérons que d’autres exploitants emboiteront le pas à Tropical Air Gabon pour pouvoir mettre en œuvre ce processus de formation. Par ailleurs, la compagnie Tropical Air Gabon nous a informés mi-octobre qu’elle s’est installée dans de nouveaux locaux sis à l’aéroport international Léon MBA, dans le bâtiment situé au lieu-dit hangar d’entretien avions ex Air Gabon, à l’étage. (rsm)

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GABON :

Afrijet passe à un modèle hybride Acteur incontournable dans l’aviation d’affaires au Gabon et dans la région, Afrijet développe ses prestations et explore de nouveaux horizons pour faire face à la conjoncture. Afrijet Business Service a été créée en 2004 par un groupe d’investisseurs gabonais. Rentable depuis sa création, Afrijet compte désormais parmi les dix principales compagnies opérant sur le continent. Cette compagnie purement africaine (200 collaborateurs) se veut « intransigeante » en matière de service et de sécurité. Basée à Libreville et N’Djamena, Afrijet opère ou affrète des avions d’affaires depuis ou vers l’Afrique Centrale. Parmi les prestations offertes ; un handling sur mesure à l’atterrissage comme au décollage, prise en charge des demandes d’autorisation et des formalités d’immigration, un salon VIP pour les

passagers et les équipages et des FBO à Libreville et Port-Gentil. La philosophie de la compagnie est de tirer le meilleur des valeurs africaines et des pratiques européennes. Afrijet arrive à manœuvrer durant des périodes difficiles grâce à son caractère hybride, un fait assez rare, qui lui confère plus de flexibilité. « L’aviation d’affaires et l’aviation commerciale sont deux mondes qui s’ignorent. Nous sommes hybrides. En arrivant, j’ai eu cette tâche passionnante et compliquée de diversifier une compagnie qui était une pure compagnie d’aviation d’affaires, mono produit et mono client. On l’a graduellement

transformée en une compagnie capable de faire les deux et en particulier l’aviation commerciale », explique Marc Gaffajoli, directeur général d’Afrijet depuis 2010. La crise pétrolière de 2014 amena la compagnie à adapter sa stratégie de développement face à la baisse des contrats des entreprises pétrolières et minières. Le caractère hybride de la compagnie s’installa au moment propice. « On s’est aperçu que les contraintes imposées par les compagnies pétrolières en termes de standard, de ponctualité et de disponibilité, de normes pour les navettes d’entreprise, ont été un

Fotolia: Sam

Inauguration du nouveau siège d’Afrijet en Octobre 2014 par M. Daniel Ona Ondo, PM de l’époque

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Un ATR 42 de la compagnie

excellent exercice pour nous préparer à l’aviation commerciale ». Ainsi, au fil des années, la compagnie est montée en puissance en consolidant son image. « La qualité, la ponctualité et la disponibilité de ses opérations ont fait la différence face aux compagnies aériennes opérant déjà dans la région ». En 2012, Afrijet développa une nouvelle offre destinée à sa clientèle pétrolière et minière avec l’exploitation de navettes d’entreprises reliant les centres d’affaires aux sites de prospection et de production. Trois ans plus tard, la compagnie élargit ce service au Tchad en reliant N’Djamena à Moundou, principal aéroport desservant les champs pétroliers du sud. « Nos parts de marché ont grandi. Nous sommes le leader gabonais avec 60% de PDM sur le marché domestique. En période de crise, la concentration du marché sert les plus résistants. On se sent suffisamment fort aujourd’hui pour développer notre réseau », affirme Marc Gaffajoli. Le fait d’être une compagnie aérienne opérant dans un pays figurant sur la liste noire de l’Union européenne est une source de pression constante. Ce qui expliquerait ce souci permanent de rigueur. « Nous sommes un des rares opérateurs à entrer en Europe », souligne Marc Gaffajoli. « Le fait de travailler

avec des compagnies pétrolières et d’avoir des audits réguliers ont été des gages de sécurité et de confiance en matière de certification ». Afrijet continue de développer son modèle hybride (75% affaires et 25% commercial) avec l’objectif d’arriver à un rapport équilibré en 2018. Elle a élaboré une stratégie pour les trois à quatre prochaines années pour mettre en œuvre un plan de développement sur dix escales. Ce plan concernera l’aviation commerciale tout en gardant « l’état d’esprit initial », en offrant « un produit premium » et des services FBO haut de gamme. L’accent sera mis sur la rentabilité et l’exposition au risque, la concurrence et la consommation de cash. La flotte de la compagnie compte six avions : deux Falcon 900 pour les vols charters et les services VIP ainsi que 2 ATR42-500 et 2 ATR72- 500. Les turbopropulseurs sont destinés aux vols domestiques reliant Libreville à Franceville/Mvengue et Port-Gentil et pour des services régionaux à destination de Sao Tomé et Pointe Noire. Afrijet vient récemment de louer deux ATR (remplacement de 2 Falcon) auprès d’Aergo Capital basée à Dublin pour assurer le développement de ses activités régionales.

Marc Gaffajoli : « Les audits réguliers ont été des gages de sécurité »

20 millions de dollars auprès d’un partenaire financier, en contrepartie d’une part de notre capital. C’est pour nous donner des effets de levier pour accéder à des modules et desservir des destinations régionales dans un arc de cercle qui va d’Abidjan, Lagos, Ndjamena jusqu’à Luanda. » La compagnie est déjà en partenariat avec Sabena Technics, DFS, et Solenta Aviation pour sa MRO. En avance sur son business plan, la compagnie compte maintenir le cap en s’enracinant dans cette « terre africaine regorgeant d’opportunités ». (aa)

Afrijet souhaite avoir un partenaire non pas industriel mais plutôt un bailleur de fond. « On est à la recherche d’un partenariat pour lever des fonds,

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SOUPÇON DE TERREUR DANS L’AVION :

Que dois-je faire si quelqu’un parle de bombes ? « J’étais assis dans un avion en partance pour Dubaï le weekend dernier », nous raconte-t-il. « Soudain, je me suis rendu compte que les deux personnes placées devant moi parlaient de « bombe », et j’ai entendu aussi « avion ». Parlaient-ils du nôtre, étaient-ils des terroristes ? J’ai pris peur, mais pour ne pas créer de problèmes du genre atterrissage d’urgence etc., je me suis tu. Heureusement, rien ne s’est passé, mais je me demande maintenant si mon silence était approprié, ou que faut-il faire dans pareil cas » ? Eh ben non, il faut toujours réagir dans une telle situation ! Quelle est la meilleure façon de se comporter quand quelqu’un parle de bombes à côté de vous dans l’avion ? Bien sûr, cela dépend toujours du cas individuel. En tout cas,

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vous devriez rester calme. Si vous pensez vraiment que quelque chose d’étrange se passe et que vous vous méfiez, vous devriez le rapporter discrètement à l’équipage. Il est donc préférable de se lever et de mettre les agents de bord de côté pour les informer de manière inaperçue. Les équipages sont formés pour de tels cas et discuteront ensuite avec le capitaine comment procéder. Lui est responsable de la sécurité de son appareil et de ses passagers. Une fois informé, il prendra les mesures nécessaires. Devrait-on s’adresser aux compagnons de voyage qui ont mentionné le mot « bombe » pour s’assurer qu’on ne l’a pas mal compris ? Pas question. Si vous percevez quelque chose de suspect, vous devez informer le personnel. Bref, même si le commandant de bord a décidé d’effectuer un atterrissage d’urgence et le trafic aérien a été paralysé pendant plusieurs heures et que finalement, il s’avère que le soupçon n’était pas fondé, vous aurez réagi correctement !

Donc, ne devrais-je même pas mentionner moi-même le mot « bombe » dans un aéroport ou un avion ? Bien sûr, ce n’est pas un crime de mentionner ce mot dans de telles situations. Cependant, il faut être conscient du fait que certains contenus de conversation puissent déstabiliser des auditeurs craintifs. Il n’est donc pas recommandé de parler de bombes ou autres. Après tout, il y a des gens qui, lorsqu’on leur demande d’ouvrir leur bagage à main, disent : « Pensez-vous qu’il y a une bombe là-dedans » ? Il est préférable d’éviter de telles blagues, ce n’est pas drôle du tout et peut avoir des conséquences allant jusqu’à se faire entendre par la police. On devrait plutôt s’abstenir de telles blagues dans son propre intérêt ! (ia)

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A bord d’un avion, le voisin parle soudainement de « bombardement » ou « d’homicide ». Que devrait-on faire dans un tel cas ? Notre lecteur Monsieur Jean Pierre Koumba de Libreville nous a écrit à ce sujet …


Grâce à AMDAR, les prévisions météo sont plus précises

POUR SAUVER DES MILLIONS DE DOLLARS :

South African Airways garde un œil sur la météo South African Airlines (SAA) a fait bon usage d’un système géré par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) pour mieux comprendre et prévoir les conditions météorologiques dans la région. La SAA indique qu’elle a économisé entre deux et trois millions de dollars américains en carburant sur une période d’un an en permettant une meilleure planification des itinéraires en utilisant les données de l’OMM sur les données météorologiques des relais d’aéronefs (AMDAR), rapporte africanaerospace.

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Le système d’observation AMDAR a débuté il y a environ 30 ans et compte désormais 40 compagnies aériennes et plus de 4 000 avions dans le monde. Il utilise des capteurs de bord, des ordinateurs et des systèmes de communication pour recueillir, traiter et transmettre des données météorologiques aux stations au sol par satellite ou par liaison radio. Un logiciel spécial AMDAR installé dans le système de l’avion permet l’acquisition de données et la vérification initiale de la qualité des données. Les données sont compilées dans un format de message standard (AEEC, ARINC 620). Ces infos météorologiques permettent aux pilotes de choisir un niveau de vol qui évite

de se retrouver dans des vents violents. Les membres d’équipage peuvent également mettre à jour leurs plans de vol à la dernière minute en utilisant des informations météorologiques à jour. Gaborekwe Khambule, directeur du Service météorologique aéronautique d’Afrique du Sud (SAWS), a déclaré : « Nous sommes entrés dans un projet pilote avec AMDAR en 2004 et ceci est devenu un programme complet d’observation. L’utilisation d’AMDAR est essentielle pour la réduction des erreurs dans nos prévisions numériques des prévisions météorologiques (NWP). Plus vous alimentez AMDAR de données d’observation, meilleure est la performance ou la performance en termes de précision ». Les recherches ont démontré que les observations AMDAR améliorent généralement les moyens de prévision et la précision dans la prévision numérique

du temps en contribuant à 15-20% à la réduction d’erreur totale obtenue de tous les systèmes d’observation. « Le Service météorologique sud-africain est heureux de voir que le plan de mise en œuvre régional AMDAR pour l’Afrique prend forme suite au premier atelier qui a eu lieu à Nairobi en juin 2016 », ajoute Khambule. « Comme la SAA ne couvre pas le continent entier, il serait avantageux que plus de compagnies aériennes y contribuent dans la région ». Alors qu’en est-il de l’expansion future d’AMDAR avec SAA ? Selon Kobus Olivier, responsable aéronautique senior, SAA, la compagnie ne peut fournir les données AMDAR que pendant la durée d’utilisation des avions Airbus. L’expansion n’aura lieu que si la flotte augmente, mais dans les conditions financières actuelles, il semble que certains appareils Airbus quitteront le service de la SAA. Le programme européen E-AMDAR fournit également des données à travers E-AMDAR chez Air France, British Airways et Lufthansa. Ces données complètent le réseau SAA dans les régions du nord, de l’est et du centre de l’Afrique, y compris l’océan Indien. Stewart Taylor, météorologue opérationnel

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Une fois sur le terrain, les données AMDAR sont transmises aux services météorologiques et hydrologiques nationaux, où elles sont traitées, contrôlées en qualité et transmises sur le système mondial de télécommunications de l’OMM (GTS). « Même si AMDAR existe depuis plus de deux décennies, de nombreuses compagnies aériennes n’en sont toujours pas conscientes ou des avantages que cela peut apporter grâce à une meilleure information météorologique et, par conséquent, à des opérations aériennes plus efficaces. C’est là que la sensibilisation et la promotion de l’OMM aident à atteindre les objectifs de l’expansion mondiale de l’AMDAR et de la collecte de données dans les zones reculées », explique Taylor.

surveillance météorologique et la prévision à l’appui de l’industrie aéronautique. Un rapport récent sur son utilisation a conclu que les observations AMDAR actuelles fournies par les compagnies aériennes participantes profitent grandement à l’industrie du transport aérien. Les avantages dans la phase de planification des vols, grâce à une précision accrue des prévisions, permettent d’optimiser la charge de carburant avant le décollage et de réaliser d’importantes économies de carburant pendant le vol. Dans les airs, les équipages peuvent optimiser leurs paramètres de vol en utilisant les prévisions mises à jour et les observations météorologiques réelles mises à disposition par la validation et la correction AMDAR. Des économies importantes peuvent provenir de l’évitement des perturbations, rendu possible par des prévisions météorologiques plus précises. Ces réductions de coûts augmenteront à l’avenir parce que la plupart de ces perturbations sont la conséquence de la neige, de la pluie verglaçante, du brouillard et des orages, qui peuvent tous être mieux prévus grâce à l’inclusion progressive des mesures de vapeur d’eau d’AMDAR.

Le système mondial AMDAR de l’OMM produit actuellement plus de 700.000 observations de haute qualité par jour. Ceux-ci comprennent la température de l’air, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les informations de position et temporelles requises et un nombre croissant de données d’humidité et de turbulence.

Ce rapport récent indique que, grâce à la disponibilité et à l’utilisation des données AMDAR, une économie de carburant potentielle et tangible de 10 millions de dollars par an est réalisable pour une grande compagnie aérienne typique participant au programme.

Les données recueillies sont utilisées pour diverses applications météorologiques, y compris la prévision météorologique publique, la surveillance et la prévision du climat, les systèmes d’alerte précoce pour les aléas météorologiques et, surtout, la

En plus des économies de carburant, les améliorations de la sécurité, en particulier de la prédiction de la turbulence et d’autres phénomènes météorologiques potentiellement dangereux, devraient également découler d’une meilleure prévision.

South African se réjouit d’énormes économies

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Plus tôt cette année, l’OMM a tenu des discussions et a conclu un nouvel accord de travail avec l’Association du transport aérien international (IATA) sur le fonctionnement futur du système mondial AMDAR. Le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, a rencontré le directeur général de l’IATA, Alexandre de Juniac, pour discuter de la manière dont les 265 compagnies aériennes de l’IATA dans plus de 117 pays peuvent contribuer au système de collecte de données AMDAR. L’IATA peut aider à développer et améliorer le fonctionnement du programme AMDAR, tandis que l’OMM peut aider à garantir que les données détenues par les partenaires aériens soient mieux sécurisées. L’OMM a également signé un accord avec l’Organisation de l’aviation civile internationale en avril pour travailler plus étroitement ensemble. L’OMM encourage également l’intégration d’un capteur d’humidité avec toute nouvelle compagnie aérienne mettant en œuvre l’AMDAR, et la collaboration avec l’IATA / l’OMM l’a identifié comme un élément de développement, ainsi que des rapports sur les turbulences. En raison du succès du programme AMDAR pour l’Afrique du Sud, l’OMM est en discussion avec Royal Air Maroc et Kenya Airways pour étudier la poursuite de l’expansion du système AMDAR en Afrique.

Photos: South African · Fotolia: Jonas Glaubitz

senior de l’OMM et responsable du développement AMDAR de l’OMM, a déclaré : «Les liaisons ACARS ont été le pilier de la collecte de données en vol, mais l’OMM étudie ce qu’il est possible de faire avec la technologie satellite / haut débit. ACARS sera là pendant un certain temps, mais nous examinons ce qui sera faisable avec la technologie Satcom / haut débit, comme les liens IP, le sac de vol électronique (EFB) et l’ADS-B par satellite.»


CENTRAFRIQUE :

Camair-Co s’apprête à desservir Bangui

Photos: ia

Ministre Théodore Jousso : « La desserte de Bangui par Camair-Co contribuera au désenclavement de la Centrafrique ».

Cinq ans après sa fermeture en République centrafricaine, la compagnie camerounaise Camair-co est en voie de relancer ses vols à destination de ce pays. L’annonce a été faite, lundi 23 octobre, au cours d’un échange entre les opérateurs économiques centrafricains et une délégation de Camair-co conduite par son Directeur général, Ernest Dikoum, à l’hôtel Ledger Plazza, en présence du Ministre Théodore Jousso de l’Aviation civile, rapporte le Journal de Bangui.

demain », affirme-t-il avant d’ajouter qu’aujourd’hui, l’engagement est pris, « nous sommes en train de voir les possibilités pour revenir sur Bangui et on voudrait le faire dans les meilleures conditions », a rassuré le DG Dikoum.

Du slogan ‘’Cameroun d’abord’’ Camair-Co passe à ‘’Cap sur le Régional’’. A en croire le Directeur général de la compagnie camerounaise, une véritable révolution est mise en chantier pour impulser de nouvelles visions et une poussée accélérée à la compagnie.

Le ministre Théodore Jousso qui a rehaussé de sa présence les échanges avec les opérateurs économiques centrafricains a noté que le retour de Camair-Co en Centrafrique devrait être pris comme « une pierre supplémentaire aux efforts constants du gouvernement centrafricain pour l’amélioration du désenclavement de notre pays ».

En République centrafricaine, Camair-Co avait déjà posé les premiers pas en 2012. Sauf que l’aventure n’aurait duré que le temps d’un feu de paille. Le DG a même rappelé cette période sombre : « Je pense qu’il faut assumer ce qui a été fait de manière boiteuse par le passé. Il fallait reconnaitre que ce qui a été fait en 2012 n’a pas réussi et essayer de discuter avec les gens pour voir avec la nouvelle équipe de ce que nous pouvons mieux faire

Pour justifier cette reprise, le DG a fait savoir qu’« il y a des frères centrafricains qui ont des attentes vis-à-vis de notre compagnie. C’est pourquoi nous sommes là. D’ailleurs, nous avons été bien accueillis ».

C’est dans le même sens qu’intervient Robert Ngoki, Président de la Chambre de commerce qui fait savoir qu’étant un pays enclavé, la RCA va devoir mettre tout en œuvre « pour permettre aux Centrafricains de mieux circuler. Pour cela, la réouverture de la compagnie de Camair-Co est une bonne nouvelle. En plus, l’arrivée de nouvelles compagnies dans notre pays est un signe positif

qui peut rassurer le monde entier que la paix est en train de revenir en Centrafrique. J’encourage Camair-Co pour cette reprise ». Sur les traces de beaucoup de participants aux échanges qui s’intéressent aux coûts exorbitants des billets d’avions à destination de la RCA, Robert Ngoki lance un plaidoyer au DG de Camair-Co : « Vous savez, les Centrafricains aimeraient bien voyager, surtout au Cameroun voisin, mais c’est le coût qui pose problème. Nous plaidons pour que le tarif soit revu en baisse. Car, au niveau de la sous-région, les visa sont supprimés ce qu’il faut saluer, mais il reste le coût du billet d’avion ». Notons que Camair-Co est effectivement rentrée dans une phase de restructuration profonde avec des courageuses et ambitieuses réformes mises en chantier par sa Direction générale. De deux destinations sous régionales aujourd’hui, notamment Ndjamena et Cotonou, de nouvelles destinations sont prévues à court terme dont la destination Bangui. Alors qu’au plan de la desserte interne au Cameroun, le DG a fait savoir qu’elle est rendue totalement fluide par sa compagnie. Ces réformes ont également visé la restructuration au niveau institutionnel avec une réduction drastique des Directions (5 aujourd’hui au lieu de 11) et les employés dont l’effectif est ramené à 595. Camair-Co dispose à ce jour de 5 flottes opérationnelles. « Nous allons faire un travail selon les normes de l’industrie, notamment de régularité et de ponctualité et essayer de voir les tarifs qui sont à la portée de la bourse locale » promet le DG Dikoum qui rappelle à leur clientèle que cette reprise doit se faire « dans de bonnes conditions et qu’elle soit aussi patiente parce que le projet n’est pas encore stable, sachant qu’il y a toujours des aléas et des complications qui peuvent survenir », conclut le DG avant d’annoncer que la destination Centrafrique sera opérationnelle d’ici fin novembre 2017.

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M. Ali Albakri, VP régional de l’IATA pour le Moyen-Orient et l’Afrique

L’IOSA devrait faire partie des processus de certification des compagnies aériennes

PRIORITÉS IATA POUR L’AFRIQUE :

Sécurité, fonds bloqués, connectivité, réglementation plus réfléchie

L’aviation africaine comprend actuellement 6,8 millions d’emplois et contribue à 72,5 milliards de dollars au PIB. Au cours des 20 prochaines années, la demande de passagers devrait augmenter en moyenne de 5,7% par an, ce qui ouvre la voie à des opportunités économiques incroyables pour les 54 nations du continent.

passager en 2017 sera d’environ 7,69 $ US, alors que les transporteurs africains devraient perdre 1,50 $ US par passager », a déclaré Muhammad Ali Albakri, vice-président régional de l’IATA pour le MoyenOrient et l’Afrique. « Les problèmes géopolitiques et économiques mondiaux et africains échappent à notre contrôle direct, mais quatre préoccupations pressantes qui doivent être prises en compte par les gouvernements et les acteurs de l’industrie car elles font obstacle à un système aéronautique sain et solide en Afrique », a déclaré Al Bakri. Il les a identifiées comme suit :

« L’aviation est la pierre angulaire de l’Afrique, elle relie les affaires, permet le commerce et le tourisme, rassemble les familles et les amis, relie les cultures et fournit de l’aide à ceux qui en ont besoin. A l’échelle mondiale, le bénéfice moyen par

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Sécurité « L’an dernier, l’Afrique subsaharienne a enregistré sa meilleure performance en 10 ans, sans accident mortel pour les passagers ni perte de coque. C’est une grande réussite, mais il reste

encore beaucoup à faire», a déclaré Al Bakri. L’IATA exhorte les compagnies aériennes et les gouvernements en Afrique à poursuivre leur engagement envers l’audit de sécurité opérationnelle de l’IATA (IOSA). « Les 33 compagnies aériennes subsahariennes immatriculées sur le registre IOSA ont effectué près de deux fois plus de vols que les compagnies aériennes non certifiées IOSA en 2016 et se portent 7,5 fois mieux que les compagnies aériennes non-IOSA entre 2012 et 2016. Plus de gouvernements devront reconnaître ceci et aider à maintenir cette forte dynamique de sécurité en Afrique en faisant de l’IOSA une partie de leur processus de certification des compagnies aériennes », a-t-il ajouté. L’IATA appelle les gouvernements africains à continuer d’accroître leur

Photos: IATA · Fotolia: Sam

L’Association du transport aérien international (IATA) prévoit un marché de 350 millions de passagers aériens d’ici 2035 en Afrique et a identifié quatre priorités qui devraient être prises en compte pour que l’aviation contribue au maximum aux avantages économiques et sociaux des pays du continent.


adhésion aux normes mondiales de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et à accélérer la mise en œuvre des normes et pratiques recommandées de l’OACI en matière de sécurité. Fin 2016, seuls 22 pays africains avaient mis en œuvre au moins 60% des SARP. Connectivité « L’importance de la connectivité intra-africaine ne peut être suffisamment soulignée, elle est inestimable dans la promotion et le soutien de la croissance du continent. La mise en œuvre du cadre visionnaire de l’Afrique pour améliorer la connectivité à travers le continent, comme prévu dans la Déclaration de Yamoussoukro, a été lente. Cela doit changer », a déclaré Al Bakri. L’IATA se félicite du lancement imminent du marché unique du transport aérien en Afrique par l’Union africaine et exhorte les gouvernements et l’industrie à adhérer pleinement au projet visant à exploiter pleinement les avantages de l’aviation en Afrique. « Le cadre de la SAATM (Single African Air Transport Market) a le potentiel de transformer les fortunes de l’Afrique, mais il appartient aux gouvernements et à l’industrie de sortir de la piste», a déclaré Al Bakri.

Photos: fastjet, Jack11 Poland

Rappelons que David Kajange, chef de la Division du transport et tourisme dans la Commission de l’UA, a annoncé en prélude du 29e sommet de l’UA au mois de juillet 2017 dans la capitale éthiopienne que le marché unique du transport aérien africain sera lancé en janvier 2018. Faisant partie des objectifs majeurs de l’Agenda 2063 de l’UA, le marché unique du transport vise à débloquer l’Afrique à travers l’aviation et d’autres infrastructures de transport pour réaliser l’intégration du continent et stimuler le commerce intra-africain.

Fonds bloqués Les fonds bloqués en Afrique constituent un problème croissant avec les transporteurs incapables de rapatrier leurs revenus en devises de neuf pays africains. L’IATA exhorte les gouvernements où les devises sont bloquées à trouver des solutions pratiques pour libérer les fonds des compagnies aériennes conformément aux normes mondiales et aux obligations conventionnelles bilatérales. « Les compagnies aériennes sont des catalyseurs économiques puissants et si elles ne peuvent pas récupérer les revenus qui sont essentiels pour couvrir leurs coûts, elles ne seront pas en mesure de fournir la connectivité qui est vitale pour la croissance économique des pays », a expliqué Al Bakri. «Il est dans l’intérêt de tous de faire en sorte que les compagnies aériennes soient payées à temps, à des taux de change équitables et dans leur intégralité. Nous avons eu du succès en Egypte où le gouvernement a complètement compensé les arriérés de fonds. Nous appelons les autres gouvernements - l’Angola et le Soudan - à suivre, «a déclaré Al Bakri.

Réglementation plus réfléchie L’IATA exhorte les gouvernements africains à adopter un cadre de réglementation plus ingénieux afin d’éviter des conséquences imprévues lors de la conception ou de la mise en œuvre des politiques de l’aviation.

Aviation africaine = 6,8 millions de jobs

à jouer le rôle de catalyseur pour le développement économique et social. « La réglementation récente de l’IATA est la solution pour parvenir à des politiques de croissance pour l’aviation et, en fin de compte, pour stimuler le développement social et économique », a conclu Al Bakri. (ia)

L’Egypte a entièrement compensé les arriérés de fonds

«La récente prolifération de réglementations à travers l’Afrique, comme par exemple la taxe touristique en Tunisie, pèse indûment sur la capacité de l’aviation

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ICE AIR :

Une compagnie aérienne susceptible de prospérer sous Donald Trump

Les avions ne portent pas de logo et les passagers ne reçoivent que des billets aller simple : Ice Air Operations est probablement la seule compagnie aérienne avec laquelle vraiment personne ne veut voler. L’abréviation signifie Immigration and Customs Enforcement (Immigration et renforcement douanier). La compagnie aérienne appartient à l’autorité américaine correspondante. Avec des Boeing 737 et des McDonnell Douglas MD-80 affrétés, elle renvoie les immigrants dans leur pays d’origine. Ice Air opère depuis la Louisiane, l’Arizona, la Floride et le Texas. 930.435 immigrés ont été transportés par la compagnie aérienne entre octobre 2010 et mars 2014 – notons bien : sous Obama ! - selon le portail d’informations américain Quartz qui relaye les chiffres du ministère de la

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Sécurité intérieure des États-Unis. Le gouvernement a payé 8419 $ (4.693.290, -- CFA) par heure de vol - peu importe le nombre de passagers. Les coûts se composent comme suit : affrètement, équipages, kérosène et maintenance. Au total, le gouvernement a dépensé 464 millions de dollars pour des vols au cours de cette période. Plus d’expulsions dans les années à venir Sous Donald Trump, le nombre d’expulsions devrait augmenter considérablement. Le président des États-Unis veut faire appliquer une politique d’immigration dure, et dès son entrée en fonction, son gouvernement a déjà annoncé un certain nombre de nouvelles mesures qui devraient augmenter considérablement le nombre de passagers d’Ice Air. Par exemple, Trump veut expulser les immigrants mexicains même si leurs demandes d’installation sont encore en attente. Si Trump met à exécution son annonce d’expulser trois millions d’immigrants illégaux aussi rapidement que possible, la compagnie aura besoin de

plus d’avions. Ce qui augmentera les coûts une fois de plus. Et les dépenses sont déjà critiquées parce qu’une grande partie des aéronefs qui ont en moyenne 136 places, n’est pas pleine, selon le rapport du ministère de la Sécurité intérieure. Si l’on volait avec des jets complets, le gouvernement aurait pu économiser 41 millions de dollars au cours de la période citée plus haut. Ice Air se défend en argumentant qu’il faut penser en entrepreneur. Son raisonnement : si on retarde inutilement l’expulsion d’un immigrant pour remplir les avions, les coûts qui en résulteraient dépasseraient nettement l’économie faite sur le remplissage de l’appareil. (ia)

Photos: Ice Air · Fotolia: Maksym Yemelyanov

Avec cette compagnie aérienne, personne ne vole de son plein gré : les États-Unis exploitent leur propre compagnie aérienne pour les expulsions. Le nombre de passagers devrait augmenter dans les années à venir. Mais ce ne sera pas bon marché.


EMISSIONS DE CO2 :

Les vols intercontinentaux exemptés de paiement jusqu’en 2020 Les vols intercontinentaux sont à nouveau exemptés de paiement, jusqu’en 2020, concernant les émissions de gaz à effets de serre (CO2), ont décidé les parlementaires de l’Union européenne (UE). Les députés du Parlement européen à Strasbourg ont voté en faveur de la prolongation de l’exemption intercontinentale aux règles du système d’échanges de quotas d’émissions de l’Union Européenne (SEQE) jusqu’en décembre 2020. A partir de 2021, le secteur aérien devrait recevoir seulement la moitié de ses quotas du SEQE gratuitement, ont estimé les députés européens.

Le Parlement souhaite également que les Etats membres de l’UE utilisent les recettes générées par la mise aux enchères des quotas d’émission pour financer des politiques en matière de lutte contre le changement climatique. « Le secteur aérien représente 1,3% des émissions mondiales de CO2 et ce chiffre va augmenter de façon significative dans les prochaines décennies si aucune action efficace n’est entreprise. L’UE est déjà en train de montrer la voie pour faire face à cette problématique et nous ne devons pas baisser le rythme. En tant que rapporteur pour la phase IV du SEQE, je suis tout à

fait consciente qu’il est nécessaire que le secteur aérien prenne sa part équitable dans la réduction des émissions » a déclaré Julie Girling, la députée en charge du projet. La Commission européenne devra réaliser un rapport sur la mise en place du dispositif global de l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI), baptisé CORSIA, et si nécessaire, proposer de modifier, de supprimer et de prolonger la dérogation. (aj)

AIRBUS ET BOEING :

Le marché chinois domine

Fotolia: dampoint, Dreamstudios

La Chine devrait représenter 20% des livraisons de chez Airbus et Boeing dans les 5 prochaines années, selon le cabinet d’analyse financière Bernstein. La demande chinoise qui n’est pas seulement alimentée par la croissance du PIB mais aussi par un accès plus large au tourisme et à l’émergence des compagnies à bas coûts qui semble pourtant représenter actuellement une part moins importante des carnets de commandes des deux grands avionneurs. La complexité du processus de placement de commandes de la Chine en est la principale raison. Il est en effet fort

possible qu’au moins la moitié des placements des commandes placées sous « clients anonymes » par Boeing et Airbus proviennent de la Chine. De plus, le trafic aérien est favorisé par une infrastructure aéroportuaire importante, compte tenu des vastes plans d’investissements gouvernementaux dans le secteur. Les limites dans le domaine de l’aviation civile en Chine proviendront principalement du contrôle aérien, assuré à 70% par l’armée, et le manque de pilotes, explique le cabinet Bernstein. Les deux grands Airbus et Boeing se partageront les commandes

encore un moment, conformément à la politique de Pékin. La livraison du monocouloir chinois COMAC919 dont la livraison initialement prévue en 2016 n’arrivera seulement en 2019 ne devrait pas constituer une menace à court terme. Le premier vol a finalement été réalisé en mai dernier alors que le second n’a toujours pas eu lieu. (aj)

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AVIATION AFRICAINE :

« Une croissance extrêmement saine »

En pourparlers avec Air Djibouti

Ethiopian Airlines a entamé des discussions avec le gouvernement de Djibouti sur un possible partenariat avec Air Djibouti, rapporte ch-aviation. Le PDG Tewolde Gebremariam a déclaré que les discussions se sont concentrées sur le développement d’une joint-venture entre les parties avec le Port de Djibouti, un important centre de fret pour la Corne de l’Afrique, également intéressant. «La Chine a pour la première fois établi une base militaire dans le Djibouti voisin. Les grandes puissances politiques ont de grands navires militaires à Djibouti. Le pays étend son port maritime et son aéroport. Donc, il peut servir de Dubaï d’Afrique si nous faisons de bonnes choses ensemble «, a-t-il dit.

De nouvelles routes aériennes et un nouvel optimisme sur le continent africain ont conduit à une forte croissance de 13,3% des arrivées de vols internationaux en Afrique du début au milieu de l’année 2017, par rapport à la même période de l’année dernière, selon un rapport publié mi-octobre par ForwardKeys, spécialisé dans les études du tourisme mondial.

Les destinations de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) ont connu une forte croissance de 12,2% cette année, en particulier de la part des visiteurs européens.

L’Egypte et la Tunisie mènent la reprise des arrivées de vols internationaux, après que les préoccupations de santé et de sécurité de 2014 à 2016 ont commencé à s’estomper, rapporte le site french.china.org.

L’IATA a prédit que les dix marchés de l’aviation les plus dynamiques au cours des 20 prochaines années seront tous en Afrique.

Les réservations de voyage en Afrique pour le reste de l’année 2017 (du 21 septembre à la fin de l’année) sont de 15,2% supérieures à celles de l’année dernière en raison des réservations anticipées aux EtatsUnis, en Europe et en Asie-Pacifique.

Partenariat entre la RCAA et la Fondation AviAssist L’Autorité de l’aviation civile du Rwanda (RCAA) et la Fondation AviAssist, une organisation à but non lucratif pour l’amélioration de la sûreté aérienne en Afrique, ont conclu un accord de partenariat pour l’implantation de l’AviAssist Safety Promotion Centre (ASPC) au Rwanda, annonce un communiqué.

L’aéroport de Kigali

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Selon la Banque africaine de développement, la demande en transport aérien a augmenté de manière constante au cours des dernières années en Afrique, le nombre de passagers et le transport de marchandises ayant augmenté respectivement de 45% et 80%.

RWANDA :

Ce partenariat conclu en marge de l’événement consacré au développement du transport aérien, AviaDev, qui s’est tenu en octobre dernier à Kigali, vise le renforcement de capacités et le développement des compétences en sûreté aérienne, en gestion et en leadership au sein de l’ASPC.

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L’aviation africaine affiche une croissance extrêmement saine, a précisé Olivier Jager, directeur général de ForwardKeys.

L’ASPC va donner des formations en sûreté aérienne pour outiller les experts de l’aviation civile dans leurs missions, afin qu’ils deviennent des leaders et des champions dans ce domaine. L’ASPC a pour ambition de devenir un centre de ressources leader en Afrique de l’Est en matière de sûreté aérienne, afin de faire du Rwanda et des autres Etats de la région Est et Sud de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) des centres pour la promotion de la sûreté aérienne.

Photos: Gouvernement Rwanda, Airbus · Fotolia: Sam

ETHIOPIAN AIRLINES :

Arrivées : croissance de 13,3%


SOUTH AFRICAN AIRWAYS :

Cessation d’activités sur plusieurs lignes africaines Faisant face à de sérieuses difficultés financières depuis plusieurs mois, la compagnie de transports aériens South African Airways, a décidé de mettre un terme, pour des raisons opérationnelles, à l’exploitation de certaines destinations continentales qu’elle desservait jusque-là. Selon un communiqué de la compagnie publié sur son site internet, il s’agit des lignes Brazzaville, via Pointe Noire au Congo ; Douala au Cameroun via Libreville au Gabon ; Kinshasa en RDC, Entebbe en Ouganda ; Luanda en Angola, Cotonou au Bénin via Libreville, au Gabon.

Cette décision intervient six jours après que le gouvernement a annoncé au parlement être près de trouver un accord avec les banques sud-africaines au sujet de la dette de 410 millions de dollars que la compagnie leur doit. En plus des banques locales, le transporteur arc-en-ciel doit également affronter des établissements bancaires internationaux à qui il doit également d’importantes sommes d’argent. Ces fonds doivent être apurés en mars 2018 au plus tard, selon un chronogramme arrêté de commun accord.

TOGO :

ASKY Airlines renforce son programme régional

Photos: Asky, ivoireactu.net

La compagnie aérienne ASKY Airlines rouvrira en novembre des vols vers Banjul en Gambie, Freetown en Sierra Leone et Monrovia au Liberia. Le nouveau programme de vol devrait en outre raccourcir les temps de correspondance. A partir du 1er novembre 2017, la « compagnie aérienne panafricaine » basée à l’aéroport de Lomé-Tokoin présente un progamme marqué par son retour dans trois aéroports de la région. De nouveaux vols directs sont proposés entre Accra et Monrovia (quatre vols par semaine), ainsi qu’entre Accra et Freetown puis Banjul (3 rotations hebdomadaires). Les passagers de ces vols bénéficieront d’une franchise bagage exceptionnelle de 50 kg en Classe Affaires et 40 kg en Classe Economique. ASKY Airlines reliera en outre Cotonou à Niamey, et Douala à Libreville ; toutes ces liaisons sont accessibles au départ de Lomé. La compagnie précise dans un communiqué qu’avec ce nouveau

programme de vol, le temps de transit à Lomé « sera réduit de 3 heures à 1 heure de 45 minutes maximum, et certains vols auront moins de 40 minutes de connexion ». Elle explique vouloir continuer à « promouvoir l’intégration régionale, le tourisme et le développement de la connectivité entre les capitales politiques et économiques de l’Afrique avec une connectivité quotidienne ». ASKY exploite actuellement une flotte de trois Boeing 737-800, un 737-700 et quatre Bombardier Dash-8 Q400, entre 19 villes dans 17 pays en Afrique de l’Ouest et du Centre. Fondée par des institutions régionales (Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO BIDC, Banque Ouest Africaine de Développement BOAD) et le groupe ECOBANK, la compagnie est une société commerciale de droit privé gérée « par des professionnels expérimentés issus d’Afrique ». (aj)

ASSOCIATION DES TRANSPORTEURS AÉRIENS FRANCOPHONES :

Le général Abdoulaye Coulibaly élu président Le général Abdoulaye Coulibaly

Le général Abdoulaye Coulibaly, président du Conseil d’administration d’Air Côte d’Ivoire, a été élu nouveau président de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF), annonce une note officielle de la compagnie aérienne ivoirienne. Le choix a été porté sur le général à la 124e assemblée générale de l’organisation fin octobre 2017 à Abidjan. Cette rencontre de deux jours avait pour but d’établir «une coopération spécifique, dans tous les domaines d’intérêt commun, entre transporteurs aériens concurrents», indique le communiqué. A l’ouverture, le ministre ivoirien des Transports a appelé les compagnies africaines à baisser leurs tarifs, jugés trop chers. «Je lance un appel aux compagnies aériennes africaines afin qu’elles nous aident à faire baisser les coûts dans nos pays. Il y va de la survie de ces entreprises», a plaidé Amadou Koné. Créé en 1950, l’Association des transporteurs aériens francophones regroupe 16 compagnies aériennes. Sa principale mission : la promotion de la coopération entre les compagnies aériennes francophones et le développement du transport aérien dans la zone francophone, indique la note d’Air Côte d’Ivoire. (fratmat)

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VOL DE JET2 :

Une Ecossaise seule passagère à bord

Voilà un souvenir de vacances que Karon Grieve, une Ecossaise de 52 ans, n’est pas près d’oublier : elle s’est retrouvée seule passagère à bord d’un vol de la low cost Jet2 entre Glasgow (Ecosse) et Heraklion (Crète). La touriste écossaise avait payé son billet 46 livres sterling (environ 51 euros). A l’enregistrement au départ de l’aéroport de Glasgow, elle a tenté de connaître le nombre de personnes à bord. « Le type a rigolé

Passagère unique, elle a fait l’objet de toutes les attentions : « Avec les membres de l’équipage, nous étions déjà les meilleurs amis avant même l’embarquement. La pilote, qui s’appelait Laura, a été fantastique. Elle est venue s’asseoir à côté de moi pendant que son copilote s’occupait des vérifications, et nous avons discuté du vol« (aj)

ASAMOAH GYAN LANCE UNE COMPAGNIE AÉRIENNE …

… l’arnaque commence Asamoah Gyan, le capitaine des Black Stars du Ghana, va se lancer dans le secteur du transport aérien avec une compagnie aérienne nationale dénommée Baby Jet Airlines. Asamoah Gyan qui est connu sous le pseudonyme de Baby Jet a obtenu les licences lesquelles pourront permettre à sa compagnie d’opérer. Le projet qu’ambitionne Asamoah Gyan Search Asamoah Gyan a été révélé par le Président ghanéen, Nana Akufo-Addo, à l’ouverture du premier salon aéronautique et aéronautique de l’Afrique de l’Ouest, baptisé «African Airshow» à l’aéroport international Kotoka à Accra. Akufo

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insolite · Maganac 35

Addo a promis que son gouvernement fera de telle sorte que le projet du jour se concrétise. Selon une indiscrétion une fois que Baby Jet Airlines Search Baby Jet Airlines sera opérationnelle, elle va se focaliser sur la manutention et plus tard le transport des voyageurs. En attendant que sa compagnie soit opérationnelle au Ghana, certains arnaqueurs ont trop tôt réfléchi pour chercher des voies et moyens afin d’escroquer d’autres personnes par un prétendu recrutement. Pour faire échec au jeu des arnaqueurs, Asamoah Gyan a par le biais d’un tweet exhorté le public à ignorer l’annonce du supposé recrutement

TRUQUAGE :

Un jet de luxe pour les frimeurs sur Instagram Destinations exotiques, nourriture exquise, voitures de luxe - des images qu’on trouve sur les comptes de personnes sur Instagram peuvent se permettre le luxe. Manque seulement la photo d’un jet privé. Mais que faire si l’argent pour un objet de luxe aussi cher ne vous suffit pas ? La société russe «Private Jet Studio» basée à Moscou connaît la solution. Elle offre un jet de luxe comme coulisse pour les Instagramers, rapporte le journal britannique The Independent. Devant un « Gulfstream » on peut faire des selfies et se faire photographier sur la passerelle du jet de luxe. On peut également s’assoir dans les confortables fauteuils de la cabine, bien positionner son Macbook, boire un verre de champagne servi par une fausse hôtesse, prendre tout ce prétendu luxe en photo et le poster sur Instagram. Il y a même une équipe de stylistes pour que l’apparence soit vraiment « Jetset ». Seul hic : bien sûr le Jet ne décollera jamais. Une séance photo dans ce jet privé, cependant, n’est pas vraiment bon marché. Pour un tournage de deux heures avec un photographe professionnel, on paye plus de 200 euros. Ceux qui préfèrent se passer du photographe payent environ 153 euros. Ce concept d’entreprise russe nous démontre très clairement comment fonctionne notre beau nouveau monde des réseaux sociaux. Au final, seule l’image affichée compte.

et que les informations complémentaires sur la compagnie peuvent être obtenues auprès de son équipe de chargé de communication Samuel Anim Addo.

Photos: twitter

et dit : ‘Oh allez, devinez !’ », racontera-t-elle à l’émission Good Morning Scotland de la BBC. « Nous sommes descendus de 10 à quatre et il a fini par me dire : «Vous ne devinerez jamais, vous n’êtes que trois ! » Mais à l’embarquement, les deux autres passagers ne se sont pas présentés. Karon Grieve s’est retrouvée toute seule à bord d’un Boeing 737 d’une capacité 189 sièges.


AÉROPORT DE LONDRES-HEATHROW :

Un passant trouve une clé USB au contenu secret CHINE :

Une hôtesse de l’air tombe d’un avion avant le décollage Une hôtesse de l’air de la compagnie aérienne China Eastern Airlines est tombée récemment d’un avion en essayant de fermer une porte avant le décollage à l’aéroport international Bao’an de Shenzhen, dans le sud de la Chine, a annoncé le journal chinois de langue anglaise South China Morning Post. La jeune femme, qui souffre de fractures après sa chute de trois mètres, a dû être hospitalisée. Un membre du personnel de l’aéroport de Shenzhen a déclaré que des

mécaniciens chargés de préparer l’avion pour son vol avaient retrouvé l’hôtesse de l’air sur le tarmac de l’aéroport. Selon les normes, deux membres d’équipage doivent être présents pendant la procédure de fermeture d’une porte d’avion avant le décollage. L’appareil, qui s’apprêtait à décoller à destination de Kunming et de Tengchong, dans la province du Yunnan (sud-est), a été retardé de deux heures.

ALASKA :

Un phoque atterrit sur une piste et perturbe tout un aéroport

Photos: China Eastern · Fotolia: KD_65, bluebeat76

Le phoque barbu, qui pesait environ 200 kg, a dû franchir quelque 400 m à partir de l’océan avant d’arriver sur la piste de

En la branchant sur son ordinateur, il a pu consulter 76 dossiers confidentiels (cartes, vidéos, documents), parmi lesquels les itinéraires empruntés par la reine Elisabeth II ou par des ministres et dignitaires étrangers, ainsi que les mesures de sécurité mises en place lors de leurs déplacements. Parmi les documents, confiés par le passant au journal Sunday Mirror figuraient aussi les types de pièces d’identités nécessaires pour accéder à des zones réservées, l’emplacement des caméras de surveillance ou encore les horaires des patrouilles effectuées pour protéger le site d’attaques terroristes. « Entre de mauvaises mains, cela représenterait une menace profonde en termes de terrorisme ou d’espionnage », estime une source de sécurité, citée par le quotidien britannique.

Il n’est pas rare que des animaux, et avant tout les oiseaux, entrent en collision avec des aéronefs. On rencontre souvent aussi des mammifères sur les pistes d’atterrissage. Mais l’aéroport d’Utqiaġvik vient d’«accueillir» pour la première fois un… phoque! Utqiaġvik avait connu de fortes tempêtes, explique Alaska Dispatch News. Le personnel avait nettoyé la piste et était retourné à l’aéroport lorsqu’il a reçu un appel des services de vol. Les employés sont allés voir ce qui se passait et quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils ont découvert un phoque allongé sur la piste !

Une clé USB d’une capacité de 2,5 Go contenant des documents confidentiels sur la sécurité de l’aéroport d’Heathrow à Londres, a été retrouvée par un passant, en pleine rue. Une enquête a été ouverte. Comment des documents confidentiels sur le plus grand aéroport d’Europe ont-ils pu se retrouver sur un trottoir ? C’est la question à laquelle vont devoir répondre les enquêteurs britanniques.

l’aéroport. Les employés ont chargé le mammifère sur un traîneau et l’ont retiré de la piste avec une motoneige. Aucun tranquillisant n’a été utilisé. La présence d’animaux sur les pistes présente des risques importants pour la sécurité. Les oiseaux sont à l’origine de plus de 90% des accidents d’avion. Les collisions avec les mammifères sont toutefois rares. Sur les pistes d’atterrissage du nord de l’Amérique, on croise des oiseaux, des caribous, des ours polaires et

« Nous avons examiné tous nos plans de sécurité et nous sommes certains que Heathrow reste sécurisé, a réagi un porte-parole de l’aéroport. Nous avons également lancé une enquête interne pour comprendre comment cela s’est passé et nous prenons des mesures pour prévenir un événement similaire à l’avenir. »

des bœufs musqués, mais personne n’y avait encore vu un phoque, confient des spécialistes aériens.

insolite · Maganac 35

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AGENCE NATIONALE DE L’AVIATION CIVILE BP 2212 Libreville, Gabon

Agence Nationale de l’Aviation Civile

Tel.: +241 (0) 1 44 46 54 / 44 46 58 Fax: +241 (0) 1 44 54 01 Site: www.anacgabon.org Email: contact@anac-gabon.com

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No. 35 du magazine de l'ANAC Gabon, MAGANAC

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