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No. 28 Septembre / Octobre 2016

MAGANAC Le Magazine de l‘ANAC

AAMAC / ASECNA :

L’aviation africaine se concerte à Yaoundé

Compagnies aériennes : L’Afrique dans le top 100 mondial

Agence Nationale de l’Aviation Civile


AFRIC AVIATION

The reliable and secure airline

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DANS CE NUMÉRO:

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A LA UNE L’aviation africaine se concerte à Yaoundé

ANAC INTERNE Coopération Gabon - Togo : Echange d’expériences sur les SAR

AFRIQUE L’OACI et ses défis pour l’Afrique

AFRIQUE Camair-Co : Changement de directeurs = bonheur ?

A LA UNE Compagnies aériennes : L’Afrique dans le top 100 mondial

AFRIQUE Afrique de l’Ouest : Vache à lait pour compagnies internationales

AFRIQUE Comment Bruce Dickinson veut aider les compagnies africaines

INTERNATIONAL Recyclage dans l’aviation : Un Airbus dans le jardin

INTERNATIONAL Airbus met au point l’inspection d’avion par drone

INTERNATIONAL Anti-drones à plumes : La police néerlandaise entraîne des aigles

INTERNATIONAL Smartphones en vol: Danger en classe Affaires ?

ACTUALITÉS EN BREF

INSOLITE

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CHÈRES lectrices, chers lecteurs,

L’Afrique, probable futur paradis de l’aviation Avec 15 % de la population de la planète, l’Afrique ne représente qu’une proportion relativement faible – autour de 3 % - du trafic aérien mondial. A en croire les statistiques et analyses disponibles, la croissance économique ainsi qu’une classe moyenne en essor désireuse de voyager devraient changer considérablement la donne dans les décennies à venir. De moins de 40 millions en 2004, le nombre de passagers transportés par les compagnies aériennes africaines est passé à 73,8 millions en 2013. Celui des passagers effectuant des vols intérieurs dans la région a aussi considérablement augmenté, s’établissant à 28 millions de personnes en 2013. Cette croissance mène les analystes à estimer que le trafic aérien en provenance et à destination de l’Afrique, encouragé par une conjoncture économique favorable, ainsi que la croissance des liens commerciaux devrait croître de plus de 6 % par an au cours des deux prochaines décennies. D’où le fabricant Boeing conclut dans une récente étude qu’à long terme, c’est-à-dire d’ici 2035, cette augmentation du trafic aérien africain se traduirait par une demande de 1.170 nouveaux avions, représentant une valeur d’environ 160 milliards de dollars américains. La flotte globale devrait doubler en volume à l’horizon 2035, passant de 690 appareils en service fin 2015 à 1460 à fin 2035. Boeing

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estime que la plus forte croissance sera enregistrée sur le marché intra-africain. Les moyen-courriers représenteront l’essentiel des livraisons annoncées, soit 810 appareils des 1170 avions nouveaux. En exploitation, le nombre de moyen-courriers fera plus que doubler, passant de 430 modules à plus de 1000 en 2035. L’étude ne prévoit pas de livraison de très gros-porteurs de type 747-800 ; elle pronostique la réduction des gros-porteurs de type Boeing 777 dans les flottes en circulation d’ici à 2035, au profit d’appareils de moindre capacité. Ainsi, la croissance du parc de moyen-courriers se fera au détriment des jets régionaux qui, en diminution, ne représenteront plus que 4% de la flotte globale en 2035, contre 16 % actuellement, toujours selon Boeing. Ces prévisions semblent se confirmer car certaines compagnies africaines annoncent déjà d’importantes acquisitions prévues. La compagnie nationale algérienne par exemple entend poursuivre son développement intra-africain. En 2017, des liaisons vers Conakry, Banjul, Cotonou et Lomé devraient voir le jour. Ainsi, Air Algérie souhaite étendre sa flotte pour atteindre une centaine d’appareils d’ici une décennie, contre une soixantaine actuellement. Entre 2018 et 2025, la compagnie s’apprête à acquérir une quarantaine d’avions ; quatre appareils devant être acquis

au cours de la seule année 2018 et les autres entre 2020 et 2025. La Chine qui a déjà livré des appareils au Congo et au Cameroun ne compte pas rester à l’écart et prévoit le renforcement de la présence de son aviation en Afrique. Elle envisage de lancer de nouvelles lignes à destination des villes africaines, de construire de nouveaux aéroports, de fournir des jets civils régionaux et de former des professionnels africains de l’aviation. Récemment, 17 élèves venant de plusieurs pays africains dont le Cameroun, le Congo, le Soudan du Sud, sont partis à Xiamen pour y recevoir une formation professionnelle en maintenance aéronautique. En effet : qui dit plus d’avions dit plus de personnel. Selon Boeing, l’Afrique aura besoin d’environ 22.000 nouveaux pilotes, 24.000 nouveaux techniciens de maintenance et 27.000 personnels navigants commerciaux supplémentaires. Tout cela est bien prometteur. Pour y arriver effectivement, l’Afrique devra jouer son rôle aussi. Il est fondamental que les gouvernements africains considèrent l’aviation comme un moteur essentiel du développement économique et social. Le processus de Yamoussoukro étant en cours depuis des décennies, l’Afrique ne doit plus retarder sa mise en œuvre, car une plus grande connectivité conduit à une plus grande prospérité.

Dominique OYINAMONO Directeur Général de l’ANAC


36ÈME CONSEIL DES AAMAC :

Photo de famille des participants

Les AAMAC prennent leur envol oyn. Le conseil des AAMAC - autorités africaines et malgaches de l’aviation civile des états africains membres de l’ASECNA - a tenu sa trente-sixième session ordinaire le dimanche 24 juillet 2016 dans une salle de l’hôtel «La Falaise» de Yaoundé, sous la présidence du doyen des directeurs généraux des aviations civiles des états africains membres de l’ASECNA, le colonel Latta, directeur général de l’ANAC Togo, en l’absence du président de

cette organisation, Mohammed Mahmoud Bouassriya, le directeur général de l’ANAC Mauritanie, empêché. Il est à rappeler que l’entrée en vigueur du traité des AAMAC est intervenue dès le 07 novembre 2014, suite à la ratification par cinq des dix-sept états membres, entrée en vigueur qui a permis l’élection de son président en décembre 2015, et la mise en place de son secrétariat exécutif, notamment la nomination

de son secrétaire exécutif M. Marafa Sadou en mai 2015, et le recrutement des membres de l’équipe de direction en début de 2016, dont le coordinateur technique et le responsable administratif et financier. Cette trente-sixième session du conseil est en fait la première qui se tient sous sa forme conforme au traité. Le conseil a eu à examiner cinq points inscrits à son ordre du jour, dont l’adoption du compte-rendu de

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G.à.dr.: le Colonel Latta - DG ANAC Togo, M. Dominique Oyinamono - DG ANAC Gabon, et M. Mohamed Mahmoud Bouassriya - DG ANAC Mauritanie et président des AAMAC

la trente-cinquième réunion tenue à Dakar en décembre 2015, l’examen de l’état d’exécution des résolutions dudit trente-cinquième conseil, la clôture des comptes de l’exercice 2015, le rapport d’étape du secrétaire exécutif sur la mise en œuvre du programme de travail 2016, ainsi que l’exécution budgétaire de l’exercice en cours, au 30 juin 2016. De l’examen détaillé des points inscrits à l’ordre du jour, il a résulté que : État d’exécution des résolutions du trente-cinquième conseil : Sur les dix résolutions adoptées au 35ème conseil, six sont exécutées tandis que quatre sont encore en cours d’exécution. Parmi ces quatre, on peut citer la résolution n°6 portant Le Secrétaire exécutif, M. Marafa Sadou

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procédures pour l’élaboration et l’adoption des règlements techniques, la résolution n°8 exhortant les états membres à s’acquitter de leurs contributions au budget des AAMAC, et la résolution n°9 exhortant les états qui ne l’ont pas encore fait, à procéder à la ratification du traité de l’institution. En effet, à la date de la réunion, seuls sept états ont ratifié le traité, dont le Tchad, Madagascar, le Gabon, le Mali, le Congo, la Côte d’Ivoire, et le Niger. Le conseil a admis que la Centrafrique en raison des difficultés politiques du pays ne puisse pas honorer à temps ses engagements, mais a accepté d’inscrire les contributions de cet état en « contributions à recouvrer »,

en attendant que ce pays retrouve une situation normale. Enfin il s’agit également de la résolution n°10 portant adoption du budget et du programme de travail pour 2016, dont l’exécution ne sera consacrée qu’avec la clôture de cet exercice. S’agissant de la clôture des comptes de l’exercice 2015, le conseil a arrêté l’exécution de cet exercice pour le fonctionnement, à une dépense de 121 millions de francs cfa, contre un budget autorisé de 151 millions, tandis que l’exécution des investissements s’est élevée à 91 millions sur un budget autorisé de 100 millions. Le rapport d’étape du secrétaire exécutif sur la mise en œuvre du programme de travail 2016 et sur l’exécution budgétaire de l’exercice en cours, indique qu’au 30 juin 2016 et au regard simultanément des disponibilités en caisse et des charges à couvrir au titre de cet exercice, les AAMAC ont besoin d’un complément de trésorerie d’au moins 207 millions. Cet écart s’explique par le retard de versement des contributions des états, dont le tableau présenté par le secrétaire exécutif indique qu’à ce jour, onze états ont versé leur contribution pour 2015 : le Bénin, le Cameroun, le Congo, la Côte


Le Coordonnateur technique, Mme Sanogo Téné Issabré

Les AAMAC en quelques repères : 2001 : création 2012 : adoption du traité Dès février 2015 : entrée en vigueur du traité après la ratification par cinq états Siège : Ndjamena (Tchad) Membres : 17 pays africains (membres de l’ASECNA : Bénin ; Burkina ; Cameroun ; Centrafrique ; Comores ; Congo ; Cote d’Ivoire ; Gabon ; Guinée-Bissau ;

d’Ivoire, le Gabon, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Togo ; le Sénégal ayant versé une partie, et que pour 2016, seuls la Côte d’Ivoire, le Mali et le Tchad sont déjà à jour de leur contribution. Le 36ème conseil des AAMAC a adopté six résolutions dont une fixant à 25 millions de francs cfa le montant de la contribution annuelle des états pour 2016, une

Guinée-Équatoriale ; Madagascar ; Mali ; Mauritanie ; Niger ; Sénégal ; Tchad ; Togo) Chronologie des événements AAMAC Nomination du SE : 12 janvier 2015 ; Prise de fonction du SE : 04 mai 2015 ; Élection du président : 16 décembre 2015

autre portant clôture de la gestion budgétaire de l’exercice 2015, puis une autre portant rallonge budgétaire à hauteur de 20 millions cfa pour l’harmonisation réglementaire, et une portant élaboration par le SE d’un projet de feuille de route pour les AAMAC à soumettre au prochain conseil, et enfin une résolution portant procédure d’élaboration des textes réglementaires communs.

Le bureau actuel des AAMAC : Président : Mohamed Mahmoud Bouassriya (DG ANAC Mauritanie) Secrétaire exécutif : Marafa Sadou (Niger) Coordonnateur technique : Mme Sanogo Téné Issabré (Mali)

Ratification du traité des AAMAC par les Etats à ce jour Tchad : 02 août 2012 Madagascar : 08 avril 2013 Gabon : 20 janvier 2014 Mali : 12 février 2014 Congo : 07 novembre 2014 Côte d’Ivoire : 06 janvier 2015 Niger : 03 juillet 2015

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ASECNA :

59ème Réunion du Comité des Ministres Le Comité des Ministres de l’ASECNA a tenu sa 59ème session ordinaire le 30 juillet 2016 à Yaoundé, en République du Cameroun. La Cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur Luc AYANG, Président du Conseil Economique et Social de la République du Cameroun. Dans son allocution, il a félicité la Direction générale de l’ASECNA pour la promptitude avec laquelle elle a toujours su répondre

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aux attentes des pays membres et des usagers du ciel en s’adaptant aux mutations constantes du monde de l’aviation. Il a indiqué que l’ASECNA assure à la satisfaction de tous ses usagers, des prestations garantissant la sécurité des aéronefs dans les espaces aériens de ses Etats membres. Monsieur AYANG a cependant noté que depuis quelques années,

de nouveaux défis ont émergé au niveau de l’aviation civile africaine. Parmi ces défis, il en a cité deux qui constituent de véritables préoccupations pour les décideurs politiques. Il s’agit de la certification des aéroports et des questions liées à la sureté. Auparavant Monsieur Ahmed Salem OULDABDERRAOUF, Ministre de l’Equipement et des Transports de la


Edgard Alain Mebe Ngo’o élu président du Comité des Ministres de l’ASECNA

Le Ministre camerounais des Transports succède au Mauritanien Ahmed Salem Ould Abderraouf qui a dirigé cette instance pendant 12 mois. Il a été désigné le 30 juillet 2016 à Yaoundé lors de la 59e réunion. Selon le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune qui rapporte cette actualité dans son édition du 1er août 2016, Edgard Alain Mebe Ngo a dit mesurer l’importance de la responsabilité confiée au Cameroun à travers sa personne. Il s’est alors engagé à l’assumer avec efficacité, détermination en s’appuyant sur ses collègues de l’instance de décision de cette institution.

Le comité des Ministres

Photos: Lucienne Wouassi

République Islamique de Mauritanie, Président du Comité des Ministres sortant a fait le bilan des activités de l’année écoulée en mettant en exergue, la tendance observée ces dernières années avec la poursuite de la baisse sensible des incidents de sécurité dans l’espace géré par l’ASECNA. Une meilleure appropriation de la culture sécurité dans les centres, une fortes implication des agents dans la mise en œuvre du système de management intégré de l’Agence et la prise en compte systématique des besoins des utilisateurs dans l’acquisition des équipements, ont entrainé une nette amélioration de la sécurité aérienne dans l’espace aérien de l’ASECNA, malgré quelques accidents enregistrés

dans certaines zones, a-t-il noté. A ce niveau, il a précisé que l’Agence s’inscrit dans la perspective de l’amélioration continue de la sécurité avec l’institution d’une journée entière consacrée à la sécurité aérienne, en marge des Instances Statutaires annuelles. A l’issue de ses travaux, le Comité a notamment pris les décisions importantes ci-après : Au titre des taux des redevances aéronautiques, le Comité a décidé du gel des redevances aéronautiques au titre de l’année 2017.

a décidé de finaliser le processus au cours d’une session extraordinaire en novembre 2016 à Bamako au Mali. A l’aimable invitation de Monsieur RAMANANTSOA Ramarcel Benjamina, Ministre des Transports de la République de Madagascar, le Comité a décidé de tenir sa prochaine session ordinaire en République de Madagascar en juillet 2017. Le Comité a encouragé le personnel de l’Agence en République Centrafricaine qui s’acquitte de ses tâches dans des conditions sécuritaires difficiles. (ASECNA)

Au titre de la désignation du futur Directeur Général de l’Agence, le Comité en a défini les modalités et

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COOPÉRATION GABON - TOGO :

Echange d’expériences sur les recherches et sauvetages (SAR) Du 17 au 21 juillet 2016, une délégation conjointe ANAC Gabon et Armée de l’Air s’est rendue à Lomé au Togo pour une mission d’échange d’expériences en vue de la collecte de données sur les recherches et sauvetages (SAR) pour la préparation de l’IVA. Cette mission s’est déroulée dans les locaux de l’ANAC TOGO et du sous-centre SAR de Lomé. Le Gabon était représenté par le Colonel Jean Claude MOUGNANGUI, Chef d’état-major adjoint de l’Armée de l’Air chargé des opérations, et de Mlle Laeticia Paule Prisca DIECK DI MUGULE, Cadre Navigation Aérienne, auteurs de cet article. La mission d’échange d’expériences s’est articulée autour des points suivants : 1. Entretien avec le DG ANAC Togo :

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le DG de l’ANAC Togo, Col. LATTA Dokisime Gnama dans son discours, en présence du chef du sous centre SAR de Lomé, du Directeur contrôle et sécurité en vol et d’un inspecteur ANS de l’ANAC Togo, a salué les efforts en cours de son homologue pour l’amélioration de la sécurité de l’aviation civile au Gabon. Selon lui, trois éléments sont essentiels pour avoir un souscentre SAR solide: la formation du personnel et maintien de compétence ; le financement et le matériel (équipements). Il nous a assuré de son entière disponibilité à accompagner le Gabon pour nous permettre d’atteindre les objectifs cibles d’Abuja dans la mise en œuvre effective. 2. Visite au sous-centre de SAR de Lomé : Le sous-centre SAR du

TOGO a été mis en place suite à un décret qui le place sous la tutelle directe du Ministère des Transports. Ses membres sont nommés par arrêté interministériel. Le sous-centre SAR établit un planning annuel d’activités financées par un budget prélevé sur les redevances aéronautiques. Il coordonne ses activités SAR sur tout le territoire du Togo en collaboration avec la marine nationale. Il élabore et met en œuvre un programme de formation annuel pour les opérateurs SAR et organise des séminaires de formation tournants chaque année dans différentes régions, en invitant tous les acteurs SAR (la marine nationale, la communauté des pêcheurs, les préfets et garnisons militaires, etc..).


Recommandations à court terme :

Col. Bararmna, Resp. du sous-centre, Badjina Koffi, inspecteur SAR, Laeticia Dieck et le Col. Mougnangui (g.à.dr.)

Tous les deux ans, il réalise dans la mesure du possible, un exercice grandeur nature. Un rapport d’activités annuel est élaboré et soumis à l’ANAC. Tous les documents sont conservés sous format numérique, papier, image, vidéo, pour constituer des éléments de preuve. L’ANAC joue le rôle de régulateur et supervise les activités du sous-centre SAR (inspections, audit). A cet effet, un programme de surveillance annuel est envoyé au sous-centre SAR, toutefois des inspections inopinées sont aussi faites. 3. Traitement des questions de protocole : Des séances de travail ont été réalisées sur les questions de protocole. Celles relatives au domaine SAR ont été examinées. Nous notons une bonne coordination dans le domaine SAR entre le sous centre SAR et l’ANAC-Togo. Ce qui explique le fort taux de mise en œuvre effective (EI) de 98% obtenu lors de leur dernière mission de validation coordonnée de l’OACI (ICVM). Ce score est dû à la mise en place des éléments suivants :

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- La politique de formation de l’ANAC ; - L’élaboration du programme de formations ;

- L’élaboration et mise en œuvre effective du plan de formation individuel annuel ; - La qualification du personnel technique ; - La nomination des inspecteurs ; - Les contrats avec des anciens de l’ASECNA ; - La signature des accords avec les états voisins et le RCC principal ; - La signature des accords avec des organismes nationaux ne faisant pas parti de l’organisation SAR ; - L’organisation des séminaires de formation et la sensibilisation de tous les acteurs SAR. Résultats attendus - La fourniture de documents concernant les EC 1 à 5; - La fermeture des questions de protocole dans le sous domaine SAR ; - La réorganisation du sous centre de recherche et sauvetage.

La mission s’est globalement bien déroulée selon la programmation prévue et a atteint ses objectifs. Elle a été bénéfique et nous avons été sensibilisés sur l’importance de la mise en place d’une bonne organisation du sous centre SAR.

- Un accord entre le Ministère du Transport et le Ministère de la Défense permettant le contrôle du service SAR par l’ANAC ; - Désigner un chef de service du Sous Centre de Recherche et Sauvetages (SCRS) et le former dans une école reconnue (exemple Singapour ou l’ENAC) ; - Envoyer deux ou trois éléments en formation au sous centre de recherche et sauvetage du Togo pour une période d’un à deux mois ; - Validation du plan SAR ; - Installation du RSFTA au sous centre de recherche et de sauvetages par l’ASECNA ; - Mise en place d’un cahier de liaison entre le SCRS et l’ANAC ; - Contrats avec des anciens de l’ASECNA ; - Signature des accords avec les états voisins et le RCC principal ; - Signature d’accords avec des organismes nationaux ne faisant pas partie de l’organisation SAR ; - Nomination des inspecteurs.

Recommandations à long terme : Recommandations à long terme : - Actualisation des textes pour autonomiser le sous centre de recherche et sauvetages du Gabon ; - Organisation de séminaires de formation et sensibilisation de tous les acteurs SAR ; - Financement du sous centre de recherche de sauvetage pour mettre en œuvre son planning annuel.

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OLUMUYIWA BENARD ALIU :

L’OACI et ses défis pour l’Afrique

Dr Olumuyiwa Benard Aliu préside le conseil de l’OACI depuis Janvier 2014. Son mandat de trois ans arrive à son terme en décembre de cette année, il peut être réélu pour un second mandat. Avant d’occuper cette fonction, il a été le représentant nigérian auprès du conseil de l’OACI, donc sa passion pour l’aviation en général et le transport aérien africain en particulier est profonde. Certains programmes concernent la gestion du trafic aérien dans l’aviation, dont la campagne « No country left behind (NCLB – Aucun pays laissé de côté) », qui accentue les efforts de l’OACI d’aider les pays dans la mise en œuvre des normes et pratiques recommandées (SARP). Le but principal est d’aider à garantir une meilleure harmonisation globale de la mise en œuvre des SARP, afin que tous les pays aient accès aux énormes avantages socio-économiques d’un transport aérien sûr et fiable. Le programme NCLB promeut aussi les efforts de l’OACI pour résoudre les problèmes graves de sécurité réels (PGS) mis à jour au travers de ses audits de contrôle, aussi bien que d’autres objectifs liés à la sûreté, à la sécurité et aux émissions – d’une importance capitale pour toute l’Afrique.

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Aliu affirme que le programme continue d’enregistrer un succès significatif pour ce qui est du soutien en faveur des états dans l’atteinte des objectifs de sécurité régionale, la mise en place et le renforcement des organisations sous régionales de sécurité aérienne, ainsi que dans le développement des capacités de surveillance de la sécurité tant au niveau national que régional. « Je tiens à souligner que NCLB est bien plus qu’un programme spécifique de l’OACI. C’est plutôt une transformation culturelle et une redéfinition des priorités, avec l’objectif fondamental d’aider les États à la mise en œuvre effective des politiques et SARPs de l’OACI », a-t-il déclaré. Aliu poursuit que le NCLB touche les cinq objectifs stratégiques du Conseil de l’OACI pour l’aviation civile globale: – la sécurité, la qualité et l’efficacité, la sûreté et la facilitation, le développement économique et la protection de l’environnement. « Pendant des décennies, l’OACI a très bien servi le trafic aérien international en suscitant un consensus des gouvernements du monde entier sur les normes contenues dans les annexes de la Convention de Chicago », a déclaré Aliu. « Il y a aujourd’hui plus de 12.000 de ces dispositions, qui ont été fondamentales au cours de ces années et qui nous ont permis d’harmoniser et de rendre possible la mise en place d’un remarquable réseau global de l’aviation. » Le programme NCLB reconnaît que le développement des SARP n’est donc plus suffisant au regard du rôle de l’OACI. « Nos SARPs ne sont efficaces

qu’en fonction des engagements et des ressources dont les États disposent pour les appuyer, » a déclaré Aliu. « Ceci redirige le focus de l’OACI sur l’assistance et le renforcement des capacités de certains Etats afin de les aider dans la mise en œuvre complète et effective des SARPs. » Aliu poursuit que ce programme permet d’assurer des services de transport aérien sûrs et sécuritaires, pour les États et en particulier, pour les voyageurs. « Ceci a pour effet d’ouvrir la porte des États aux marchés mondiaux, de renforcer le tourisme et le commerce et d’apporter une prospérité sociale et économique durable. Ceci a toujours été la grande promesse de l’aviation civile et il est temps que tous les États et les régions disposent des outils et ressources nécessaires pour réaliser ces bénéfices, » a-t-il expliqué. En ce qui concerne la région d’Afrique/ Océan indien (AFI) de l’OACI, l’implémentation du plan global de mise en œuvre régionale pour la sécurité aérienne en Afrique (plan AFI) est une priorité majeure de l’initiative NCLB. Le succès du plan AFI, selon Aliu, a été démontré par la résolution récente de certains problèmes graves de sécurité en Afrique, une tendance dont nous l’espérons, l’OACI assurera la continuité. « Je tiens à souligner ici la réduction substantielle des accidents et incidents d’aviation en Afrique au cours des deux dernières années, » dit-il. A ce jour, 32 États AFI ont adopté des plans d’action de l’OACI spécifiques. Leur application a contribué à des

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aa. Peu avant la 39ème Assemblée générale de l’Organisation de l’Aviation civile Internationale qui fera la une de notre prochain numéro, le président du conseil de l’OACI, Dr Olumuyiwa Benard Aliu, explique dans une interview comment l’OACI répond aux défis du transport aérien en Afrique.


améliorations significatives de la sécurité aérienne dans la région. L’organisation a également élaboré des projets d’assistance technique spécifiques qui sont soit déjà mis en œuvre, soit prévus dans un certain nombre de pays africains, avec l’appui du fonds de sécurité de l’OACI (SAFE). La modernisation des aéroports et des systèmes de navigation est perçue comme cruciale pour le développement de l’aviation africaine, mais bon nombre de défis auxquels le continent fait face sont liés à une insuffisance de financements et de coordination. Aliu estime que le prochain défi devrait porter sur un programme commun pour améliorer les infrastructures de l’aviation, y compris les aéroports, les systèmes de navigation aérienne et les technologies, afin de répondre aux besoins de croissance actuels et futurs du continent. « L’OACI est prête à travailler avec la Commission de l’Union africaine (UA) et les organismes habilités tels que le programme des Nations Unie pour le développement (PNUD), la Banque africaine de développement et le programme pour le développement des infrastructures en Afrique, afin d’élaborer et de mettre en œuvre un programme d’infrastructures ciblé de l’aviation, » dit-il. Le forum mondial de l’aviation organisé par l’OACI fin 2015, a été spécifiquement axé sur la promotion des partenariats opérationnels et des financements, désormais nécessaires pour assurer le développement durable de l’aviation afin de relever les défis de croissance du trafic projetés.

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« Cet événement a été une grande réussite et nous envisageons de le répéter en ce mois de septembre, à la veille de notre 39ème assemblée, afin de faciliter un maximum de participation de ministres et autres hauts fonctionnaires qui doivent conduire ce processus », a dit Aliu. Depuis la signature du mémorandum d’entente entre l’Union africaine et l’OACI en 2010, une grande priorité a été accordée à l’application intégrale

de la décision de Yamoussoukro et l’établissement d’un marché unique africain de transport aérien. Toutefois, les progrès sont lents. « Je ne peux cesser de souligner combien il importe pour l’aviation africaine et la prospérité économique des nations africaines, que ces efforts soient soutenus par chacun de ces pays, » a déclaré Aliu. « Je tiens à souligner que les ressources existantes pourraient être utilisées plus efficacement. Tout d’abord, il faudra prioriser les projets. La modernisation des aéroports et des infrastructures de navigation aérienne doit être correctement planifiée, et pour faciliter cela, les Etats devraient élaborer des plans d’exécution robustes pour orienter les priorités de financement et faciliter l’engagement financier et exécutif, » suggère-t-il. Le Plan global de navigation aérienne de l’OACI et la mise à niveau des infrastructures de l’aviation (ASBU) ont un rôle à jouer ici. Aliu affirme que l’OACI pourrait aider les pays à identifier les priorités dans les domaines de la communication, navigation et surveillance (CNS), de la gestion du trafic aérien et de l’infrastructure aéroportuaire, et conseiller quant aux options plus rentables – par exemple, l’utilisation d’équipements de communication par satellite en lieu et place des équipements terrestres. « Ces plans devraient être élaborés dans une large perspective. En particulier, il est important pour les États d’améliorer la consultation afin de faciliter l’harmonisation des systèmes de gestion de trafic aérien. Cela permettra d’améliorer la compatibilité et l’interopérabilité et, par conséquent, d’en accroître l’efficacité, » a-t-il ajouté. Récemment, Aliu a tenu des pourparlers de haut niveau au Nigeria concernant la croissance de l’aviation dans ce pays. Alors, quelles sont les priorités de l’aviation au Nigeria aujourd’hui ? Tout d’abord, il a commencé par féliciter le gouvernement nigérian pour ses importants efforts en vue d’améliorer sa conformité aux normes et standards de l’OACI, comme en témoignent les résultats des derniers audits de sécurité et de sûreté. En plus d’établir Dr Olumuyiwa Benard Aliu, président du conseil de l’OACI

un exemple de sûreté et de sécurité pour la région, il affirme que le Nigéria a reconnu que la mise en œuvre effective des SARP de l’OACI était déterminante pour les opportunités de développement socio-économique offertes par le réseau global de l’aviation. Actuellement, les prévisions de l’OACI indiquent que le trafic passagers et fret en Afrique augmentera entre 5,3 % et 5,6 % d’ici 2030. « Bien que le Nigeria soit le pays le plus peuplé du continent, il était seulement classé 11e en termes de trafic passagers africains en 2014. Par conséquent, nous attendons une croissance particulière du trafic au Nigeria, » dit-il. Ceci devrait être facilité par le fait que le Nigeria est signataire de la décision de Yamoussoukro, et Aliu confirme que le pays devrait continuer à poursuivre la libéralisation progressive de son secteur des transports aériens et, en tant que membre de la Commission africaine de l’Aviation civile (CAFAC), suivre le programme de libéralisation régionale. « Il doit également continuer sa réforme administrative de la gestion de l’aviation. L’autonomie fonctionnelle de l’autorité de l’aviation civile devrait être renforcée en relation avec les objectifs de sécurité d’Abuja, de même


La sécurité et la sûreté dans les aéroports sont au niveau le plus élevé dans le monde entier, vu les récents événements terroristes et des inquiétudes au sujet des manquements à la sécurité dans les aéroports africains ont vu le jour. « Nous encourageons tous les Etats africains à partager les ressources et l’expertise pour améliorer la sûreté de l’aviation et la mise en œuvre de la facilitation, et j’ai été particulièrement satisfait lorsque les ministres africains ont adopté des objectifs communs à Windhoek, en Namibie, en avril dernier, » déclare-t-il. « Plus spécifiquement, l’OACI souligne l’importance de mener des évaluations quant aux risques et menaces liées à la sûreté de l’aviation, de procéder à la mise en œuvre de mesures appropriées d’atténuation des risques et en effectuant des inspections de contrôle de la qualité, des audits et tests pour garantir que

de telles mesures sont exécutées systématiquement et efficacement. “Nous recommandons aussi à nos Etats membres de continuer à améliorer leurs documents de voyage, la sécurité aux frontières, ainsi que les programmes et procédés d’identification des passagers «. Ce mois de septembre, durant la 39ème Assemblée, l’OACI s’attend à ce que ses Etats approuvent le développement de leur tout premier plan global de sûreté de l’aviation, qui deviendra d’ailleurs un nouvel outil important pour arriver globalement à une atténuation harmonisée des menaces à la sûreté de l’aviation. Quand est survenue la révolution des télécommunications sans fil, nombre d’observateurs ont noté que quelques Etats africains détenaient le potentiel pour faire un bond et intégrer directement les infrastructures sans fil au lieu d’évoluer de l’analogique vers le sans fil.

Donc pendant que le processus dans le secteur des télécommunications fait toujours face à quelques défis du point de vue de la capacité totale de réseau acquise et de la vitesse d’expansion prévue, Aliu croit qu’il y a une opportunité pour beaucoup d’Etats africains de procéder à de nouveaux investissements dans les infrastructures aéroportuaires et une navigation aérienne de pointe. Quant à sa vision personnelle pour l’Afrique, il affirme être en harmonie avec la vision que l’OACI a adoptée pour l’ensemble du secteur du transport aérien aujourd’hui, à savoir qu’aucun pays ne doit être laissé de côté, en ce qui concerne la sûreté, la sécurité et la fiabilité du transport aérien. “Dans cette optique, j’espère voir l’Afrique et ses citoyens bénéficier d’une participation équitable dans le transport aérien international”, a-t-il conclu. Fotolia: ecco

que celle des services de navigation aérienne et des aéroports. »


CAMAIR-CO :

Changement de directeurs = bonheur ? ia. Tandis qu’au micro de MAGANAC à l’occasion de l’assemblée générale de l’AFRAA à Brazzaville au mois de novembre 2015, Jean-Paul Nana Sandjo se disait très confiant que la compagnie serait « A nouveau sur les rails d’ici un an », il n’est plus directeur de la Camair-Co neuf mois plus tard. Deux ans après sa nomination et limogé sur décret du chef de l’Etat en date du 22 août, il laisse son siège à Ernest Dikoum, précédemment directeur régional de la compagnie Emirates pour le Sénégal et la Guinée et qui venait d’être promu directeur régional de cette compagnie pour l’Afrique australe, avec résidence à Harare. En même temps, le PCA, Edouard Akame Mfoumou a été remplacé par le ministre délégué aux Transports, Mefiro Oumarou. Face à la presse et après avoir procédé à l’installation de ces nouveaux responsables, tout en remerciant les dirigeants sortants, qui « ont rendu d’éminents services à notre compagnie aérienne nationale dans des conditions difficiles », le ministre des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o a clairement indiqué aux nouveaux managers qu’ils prennent fonction à un moment particulièrement délicat

de la vie de Camair-Co, en proie à des difficultés multiformes sur le plan de son exploitation. Un audit a été fait par Boeing et un plan de redressement approuvé par le président de la République. « C’est dire que la feuille de route est claire ... En plus de se mettre en harmonie avec les règles de sécurité édictées par l’Autorité aéronautique ». Le plan Boeing Boeing Consulting est en effet arrivé après qu’une première tentative de redécollage de CAMAIR-CO a échoué. Un pool bancaire avait pu réunir 25 milliards, et le Chef de l’Etat avait instruit le ministre des Finances de trouver les 5 milliards manquants dans les plus brefs délais. Mais sous prétexte qu’il serait financièrement irréaliste, ce plan de relance a été vite disqualifié, car avec un tel plan, la compagnie ne se donnerait pas les moyens de rembourser la dette contractée auprès des banques. Les décideurs politiques, y compris les députés à l’Assemblée Nationale, ont donc opté pour un audit indépendant par un cabinet externe. D’où l’arrivée de Boeing Consulting dont le plan préconise l’accroissement de la flotte de 5 avions à 18 à l’horizon 2020.

Une étoile qui a perdu de son éclat …

Jean-Paul Nana Sandjo, le DG sortant

Camair-Co devra aussi étendre son réseau de destinations à 27 dont 5 internationales, 13 sous régionales et 7 nationales. L’Etat doit en plus effacer la dette de la compagnie évaluée à 35 milliards de FCFA et en plus injecter 60 milliards de FCFA. Ce plan de sauvetage proposé par le groupe américain intervient au moment où « L’étoile du Cameroun », traverse une énième zone de turbulence. Entre autres : trois mois d’arriérés de salaires, des préavis de grève de la part des pilotes, suspension des vols sur l’espace européen, menaces des fournisseurs bloquants dont les loueurs d’avions et des moteurs du Dja qui promettaient de procéder à la saisie des avions à la moindre occasion, selon le site LNE. Une fois de plus, les espoirs sont donc abondants. Mais est-ce que l’énième changement de directeurs et d’autres responsables fera-t-il enfin le bonheur de la compagnie ? Ernest Dikoum, sixième directeur général nommé à la Camair-Co en l’espace de cinq ans, a sa strategie : « Il faudrait d’abord essayer de mettre le personnel en confiance. Les problèmes sont identifiés et je pense que si tout le monde travaille, ensemble, la tutelle, l’autorité aéronautique et l’équipe dirigeante, on pourrait relever les défis qui ne sont pas les miens, mais ceux de tout le Cameroun », a-t-il déclaré à la presse.

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Number one : South African

COMPAGNIES AÉRIENNES :

L’Afrique dans le top 100 mondial

La région africaine y est représentée par six transporteurs qui font partie du top 100 des meilleures compagnies examinées. C’est l’Afrique du Sud à travers la South African Airways qui vient en tête de la sélection africaine, même si la compagnie du pays arc-en-ciel a perdu sept places au niveau mondial. Au niveau mondial, la compagnie aérienne sud-africaine occupe

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désormais la 41ème place, devant Air Seychelles (63ème), Air Mauritius (73ème), Ethiopian Airlines (76ème), Kenya Airways (85ème) et TAAG Angola (86ème). La compagnie angolaise a gagné 4 places, soit la plus forte progression africaine. Au-delà de la situation mondiale, l’enquête a révélé également les meilleures compagnies africaines pour les destinations régionales. Il en ressort que Royal Air Maroc vient en première position pour la troisième année consécutive. Et puis, dans le top 10, il y a également Air Namibia, Tunisair, Afriqiyah Airways, Rwandair, Sénégal Airlines, Air Côte d’Ivoire, Air Burkina, Air Botswana et Libyan Airlines. Signalons qu’Ethiopian Airlines a été reconnue comme la meilleure compagnie africaine pour le service du personnel. Il convient de relever que l’Afrique centrale n’y est pas fortement représentée au niveau mondial et régional, si l’on en juge par la seule présence de l’Angola dans le top 100.

À ce jour, les compagnies non-africaines continuent à transporter plus de 80 % du trafic intercontinental de l’extérieur vers l’Afrique. Les transporteurs internationaux les plus connus dans la région sont, entre autres, Air France (14ème), British Airways (26ème) et Brussels Airlines (59ème). Selon les chiffres de 2014 de l’IATA, le transport aérien africain va présenter bien plus d’enjeux économiques au cours des prochaines années. Déjà il représente actuellement plus d’un milliard de touristes, plus de 30 % des services dans le monde et 50 à 55 % de voyages touristiques. Sur les 20 prochaines années, l’on estime que 7 des 10 principaux marchés à plus forte croissance seront en Afrique. Malgré tout, le secteur aérien africain reste sous-exploité. La situation est d’autant plus complexe que l’Afrique doit composer avec une forte concurrence du marché Asie-pacifique. Pour résister, les dirigeants africains

Photos: South African

Au total, 280 compagnies aériennes dans le monde ont fait l’objet d’une sévère évaluation de la société britannique Skytrax. Celle-ci a dévoilé il y a peu le classement World Airlines Awards 2016, en marge du Salon aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni. Cette évaluation est réalisée auprès de 19 millions d’usagers de transports aériens dans plus de 104 pays. Les évaluateurs ont tenu compte de 41 indicateurs de performance. L’Agence d’information d’Afrique centrale a analysé les résultats.


TAAG Angola a gagné 4 points

devront rendre leurs compagnies locales plus compétitives, en baissant les charges d’exploitation trop élevées des compagnies nationales qui se répercutent finalement sur les billets d’avion. Des changements sont indispensables dans les procédures de dédouanement. Enfin, il faut espérer une sortie de la liste noire de l’Union européenne de la plupart des compagnies nationales. Concurrencer les grandes Dans cette Afrique en mouvement, certaines compagnies se démarquent tant bien que mal. Il s’agit, par exemple, des opérateurs aériens

sud-africains, kenyans, égyptiens, nigérians et éthiopiens. Preuve d’une région qui se mobilise, la Décision de Yamoussoukro votée par une dizaine de pays africains vise à créer un marché unique de transport aérien en Afrique. La tâche n’est pour autant pas facile. Et plusieurs cas le confirment. Après l’arrêt des vols internationaux de la Sabena en 1992, Kenya Airways s’est lancée dans une liaison régulière avec la ville congolaise de Goma en 2008, mais sans succès. A présent, Ethiopian Airlines a ouvert sa première ligne internationale en direction de Goma, après Kinshasa et Lubumbashi. Les premiers passagers venant d’Italie et des Pays-Bas via

Meilleur personnel: Ethiopian

Addis-Abeba ont foulé dernièrement le sol de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Toujours en RDC, beaucoup d’analystes projettent un possible rapprochement entre Brussels Airlines et Congo Airways après la fin des opérations de Korongo Airlines, principal partenaire de la compagnie belge, le 4 septembre 2015. En boostant ainsi les lignes régionales et en comblant les écarts de connectivité des sous-régions africaines, la région est bien partie pour concurrencer les grandes compagnies internationales.

Photos: Ethiopian, TAAG, RAM

Meilleure compagnie régionale : Royal Air Maroc

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AFRIQUE DE L’OUEST :

Vache à lait pour compagnies internationales South African Airlines (SAA), quant à elle, a commencé l’année dernière quatre vols hebdomadaires entre Accra et Washington. Laquelle liaison est devenue la plus rentable de la SAA. Actuellement, la South African Airlines possède trois liaisons hebdomadaires sur Dakar.

Avec l’arrêt des liaisons de United Airlines sur Lagos, le 1er juillet 2016, 3000 sièges sont désormais disponibles. Ethiopian Airlines n’a pas attendu pour s’engouffrer dans la brèche. Elle a rapidement programmé trois vols hebdomadaires par semaine entre Lomé et New York. Devant l’affluence après seulement 10 jours d’exploitation, un vol supplémentaire a été ajouté. Cependant, avec 90 passagers venant ou allant vers Lagos tous les jours, la compagnie éthiopienne devrait passer au vol quotidien. C’est en tout cas ce que pense le consultant nigérian en transport aérien et tourisme, Ukoi Kechi, selon une info publiée par le site 360.ma.

La compagnie cap-verdienne dispose de deux dessertes, toujours vers le pays de l’Oncle Sam. Cependant, le vrai le maître de ce jeu aérien est sans conteste Delta Airlines qui a des liaisons quotidiennes d’une part avec Lagos et d’autre part avec Accra en direction des Etats-Unis.

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Dans ce marché qui profite surtout aux compagnies n’ayant pas de base dans la Communauté économique des Etats de

l’Afrique de l’Ouest, le Nigérian Arik Air est l’unique transporteur de la sous-région possédant trois vols par semaine sur New-York. Néanmoins, de nouveaux horizons pourraient s’ouvrir pour les transporteurs ouest-africains. En effet, certains pays négocient des accords d’open skies. Avec de tels partenariats, plusieurs compagnes non-africaines se lanceront dans l’acquisition ou la prise de participations dans les compagnies aériennes de l’Afrique de l’Ouest, pense Kechi.

Fotolia: Julydfg, Alexander Pokusay

Les liaisons entre les Etats-Unis et l’Afrique de l’Ouest sont une aubaine pour les compagnies aériennes internationales. Pratiquement aucune battant pavillon Cedeao n’en profite. Ethiopian, South Africain ou encore Delta Airlines tirent leur épingle du jeu.


IRON MAIDEN :

Comment Bruce Dickinson veut aider les compagnies africaines ia. Bruce Dickinson, chanteur du groupe Iron Maiden, a fait renaître Air Djibouti. Il pense avoir trouvé une formule pour démarrer des petites compagnies aériennes rapidement et de façon durable – surtout en Afrique. Bruce Dickinson vient de terminer son tour du monde 2016. Le Britannique a accompagné le groupe hard-rock au cours des derniers mois non seulement en tant que chanteur, mais également en pilotant leur Boeing 747 de concert en concert dans le monde entier.

Photos: Cardiff

Mais Dickinson qui a obtenu sa licence de pilote en 1991, ne serait pas Dickinson si après cela, il se couchait au soleil, un verre à la main. Le chanteur et entrepreneur aéronautique, pilote de ligne et instructeur sur Boeing 757 et 737 a achevé un autre projet mi-août 2016 : sa société d’entretien d’aéronefs Cardiff Aviation a mis la touche finale à un Boeing 737-400, et Dickinson lui-même a effectué le vol inaugural entre Cardiff (Royaume-Uni) et Djibouti.

Des liaisons vers l’Europe et l’Asie doivent commencer en 2017, et Air Djibouti ambitionne de transporter 200.000 passagers par an. Le secret de cette renaissance : Cardiff Aviation est non seulement responsable de la fourniture des avions, elle se charge également de la conformité aux normes européennes, met les PNC à disposition, est responsable de l’entretien et de Air Djibouti offre plein de destinations l’organisation de l’assurance. Néanmoins, la nouvelle compagnie Fondée en 1963, Air Djibouti, l’une des aérienne reste une compagnie natioplus anciennes compagnies du continale, propriété de l’Etat. nent africain, a été dissoute en 2002 après plusieurs années de mauvaise Un modèle que Dickinson appelle gestion. Elle a été relancée en mai « compagnie aérienne in the box ». A 2015, sa gestion ayant été confiée son avis, ce système pourrait servir à Cardiff Aviation. Déjà en 2015, Air d’autres pays à redémarrer leurs Djibouti avait repris son activité cargo. compagnies aériennes, en particulier en Afrique. Dans une interview du La nouvelle Air Djibouti desservira magazine Flight Global, il a révélé essentiellement les pays de la région que des discussions dans ce sens avec des vols réguliers à destinasont déjà en cours sur le continent. tion d’Addis Abeba, Nairobi, Entebbe, Juba, Kigali, Goma, Hargeisa et Mogadiscio en Somalie et Khartoum, ainsi que Jeddah (Arabie Saoudite) et Dubaï (EAU).

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RECYCLAGE DANS L’AVIATION – ÉPISODE II:

Un Airbus dans le jardin ia. Après les idées de recyclage du cuir des sièges d’avion que nous vous avons présentées dans notre No. 26/2016, nous vous faisons découvrir cette fois-ci les inspirations d’une société anglaise qui construit des mini-maisons à base d’avions mis au rebut. Qu’arrive-t-il normalement aux vieux avions ? Exactement, ils sont mis au rebut. Une société anglaise veut contrecarrer cette habitude et les transforme en petites maisons.

Les coques avec les hublots sont conservées et étendues, en fonction des besoins. Ainsi, elles commencent une seconde carrière en tant que petites maisons qui peuvent être utilisées de différentes façons: comme salle de gym privée, cuisine en plein air, comme salle de jeux supplémentaire pour les enfants ou un « home cinéma » avec des sièges d’avions originaux. Le prix dépend des exigences des

clients, car DappR exécute les idées individuelles de ceux-ci. Récemment, le premier Aeropod a été livré, explique le porte-parole de la société, Andrew Dahl. Maintenant, l’ancien objet volant mène sa vie de retraite paisiblement comme pavillon d’été dans la ville anglaise de Suffolk. Et les Aeropods ne sont pas la seule idée de recyclage de pièces d’avions de cette entreprise – nos images n’en constituent qu’un tout petit choix ! Pour plus d’infos, consultez leur site : http://dappr-aviation.com/.

Photos:

· Fotolia:

Airbus A320 : 6700 avions de ce type ont été construits depuis 1988. En raison des progrès technologiques

rapides, beaucoup d’entre eux sont déjà partis à la casse. Maintenant, à base de ce genre de vieux Airbus A320, la société «DappR» construit ce qu’on appelle des « Aeropods ».

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Plus besoin d’utiliser un chariot télescopique pour réaliser les inspections visuelles

Les images obtenues avec le drone sont compilées dans une maquette numérique 3D

INNOVATION :

Airbus met au point l’inspection d’avion par drone ab. A l’occasion du récent salon aéronautique de Farnborough, Airbus a fait la démonstration de l’inspection visuelle d’un avion à l’aide d’un drone. Un essai industriel grandeur réelle est actuellement mené sur l’A330. Les premiers résultats sont encourageants.

Photos: Airbus

C’est sur un A350-900 exposé au salon aéronautique britannique qu’Airbus a mis en œuvre, pour une présentation publique, un drone équipé d’une caméra haute définition pour réaliser l’inspection visuelle de la partie supérieure de l’avion. Le drone était piloté grâce à un système automatique de commande de vol dirigé par un opérateur. Il a suivi une trajectoire de vol prédéterminée et pris automatiquement une série de photos. Toutes ces images, en particulier celles montrant des défauts potentiels de qualité tels que des rayures, des enfoncements ou des défauts de

peinture, ont été compilées dans une maquette numérique 3D, enregistrées dans une base de données, puis analysées. Ces données permettent d’améliorer la traçabilité, la prévention et la réduction des dommages.

Les avantages de cet outil et de ce processus innovants sont significatifs. La durée d’immobilisation de l’avion pour inspection est réduite. L’acquisition des données par drone ne prend que 10 à 15 minutes, au lieu de 2 heures en utilisant les méthodes conventionnelles.

L’utilisation de cette nouvelle technologie offre de meilleures conditions de travail, en améliorant notamment la sécurité et le confort des inspecteurs qualité », déclare Nathalie Ducombeau, responsable qualité d’Airbus. Les opérateurs n’ont plus besoin d’utiliser un chariot télescopique pour réaliser les inspections visuelles, parfois dans de mauvaises conditions météorologiques. De plus, l’analyse des images peut être effectuée plus tard, à tout moment et dans un bureau. Les inspections visuelles de l’avion représentent une part importante du processus de production. Elles font partie des normes qualité d’Airbus. Un essai industriel grandeur réelle est actuellement mené sur l’A330. Airbus travaille à sa mise en application sur tous les autres programmes avions Airbus.

Les drones pourraient être utilisés par Airbus pour l’inspection générale au moment de la réception des nouveaux avions par les clients.

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ANTI-DRONES À PLUMES :

La police néerlandaise entraîne des aigles Plus il y a des drones sur le marché, plus ces objets deviennent populaires, plus les autorités de réglementation et la police se retrouvent face au problème « comment, quand et où les drones peuvent-ils voler et comment, le cas échéant et dans le doute, les faire descendre ». La police néerlandaise introduit maintenant un genre particulier d’anti-drones : dans l’avenir, des aigles pourraient faire descendre du ciel ces petits objets volants sans pilote (UAV). Selon la police néerlandaise, on n’est pas encore totalement sûr si les oiseaux seront effectivement utilisés pour la défense contre les drones, car pendant la phase de test en cours, on doit aussi examiner, entre autres, s’il y aura un risque de blessure pour les

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oiseaux, mais cela dépendra également de la taille et de la nature du drone à intercepter. Par contre, il y aura un grand avantage : les rapaces attrapent infailliblement leur proie et l’amènent au sol en toute sécurité, tandis que d’autres méthodes d’interception peuvent causer une chute incontrôlée sur des foules ou des infrastructures fragiles. Pour tester l’utilisation des oiseaux, la police néerlandaise coopère avec la société «Guard From Above». Les aigles sont formés par des fauconniers expérimentés et se déroule un peu comme celle pour les chiens détecteurs de drogue. D’autres pays sont en train d’essayer d’autres méthodes d’interception ou sont toujours à la recherche de bons systèmes. La police japonaise par exemple, utilise des drones équipés de grands filets de pêche. L’Agence américaine pour l’administration pénitentiaire a émis un appel d’offres

pour un système professionnel anti-drones. Elle recherche des moyens pour piéger entre autres des drones qui font la contrebande de téléphones mobiles et de drogue dans les prisons.

La société Airbus travaille sur des systèmes de défense à l’aide de brouilleurs, Boeing étudie un canon laser portable compact, et les scientifiques de l’Université technologique du Michigan ont développé un drone qui lance un filet de pêche sur le drone adverse.

Fotolia: Patrick Rolands, Jag_cz

ia. Drones et autres petits objets volants peuvent être utilisés pour des transactions illégales ou mettre en danger des infrastructures, des foules humaines ou des cibles bien précises. Dans le monde entier, on est à la recherche de bonnes mesures défensives. Aux Pays Bas, on mise sur les rapaces.


Les fabricants de sièges doivent s’assurer que des parties du corps humain ne peuvent être coincées dans leurs produits

SMARTPHONES EN VOL:

Danger en classe Affaires ?

Photos: Air France · Fotolia: michaeljung

aj. La majorité des compagnies aériennes interdisent désormais l’utilisation en vol du Samsung Galaxy Note 7, en raison du risque d’incendie de sa batterie au lithiumion. Mais des incidents ont déjà été répertoriés avec d’autres smartphones en classe Affaires, où les sièges peuvent endommager le mobile avec un résultat similaire. Le New York Times du 11 septembre 2016 rappelle que la compagnie australienne Qantas a connu deux incidents de ce type en mai et juin dernier, sur des vols non précisés vers les Etats-Unis : des passagers de classe Affaires ont fait tomber leur téléphone dans le mécanisme du siège et l’ont endommagé en modifiant l’assise pour le récupérer, entrainant une surchauffe de la batterie. Les PNC ont réussi à récupérer les deux smartphones et les ont aspergé d’eau, un étant déjà en feu tandis que l’autre ne faisait « que » dégager de la fumée. Les deux vols se sont terminés sans encombre. La porte-parole de Qantas Sharma

Rhys-Jones souligne dans le quotidien qu’il s’agit d’un « nombre limité de cas, au regard des nombreux vols opérés », mais ajoute que les PNC demandent aux passagers de faire attention à l’endroit où ils posent leurs smartphones. Air France aurait connu trois cas similaires depuis le début de l’année selon le New York Times, et les deux compagnies (et probablement d’autres) ont modifié les annonces de sécurité en indiquant aux passagers de ne pas modifier la position de leur siège en cas de chute de smartphone. La classe Affaires et on imagine la Première classe sont particulièrement vulnérables à ce type d’incident en raison de la sophistication toujours plus grande des sièges, dont le nombre de positions possibles augmente sans cesse avec en outre un déplacement de certaines parties du fauteuil sur des rails. Interrogé dans le quotidien, un responsable de société de sécurité incendie explique que selon la façon

dont le smartphone est écrasé, il peut « dégager de la chaleur beaucoup plus vite », sous-entendant qu’Air France et Qantas auraient eu de la chance. La plupart des sièges des classes supérieures sont équipés de protections empêchant l’intrusion d’objets dans leurs mécanismes, rappelle le New York Times tout en précisant que ce n’est pas obligatoire : selon la FAA, les fabricants de sièges doivent s’assurer que des parties du corps humain ne peuvent être coincées dans leurs produits, mais cette obligation ne s’applique pas aux objets. En revanche la chute de smartphone en classe Economie présente peu de risques, les mécanismes des sièges y étant beaucoup plus simples. Les deux compagnies comme tant d’autres ont suivi les recommandations des autorités de l’aviation civile américaines et européennes, interdisant à bord de leurs avions l’utilisation ou la charge des Galaxy Note 7.

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Les Seychelles, un paradis touristique

CHINA SOUTHERN :

« Confiance dans le marché africain »

A partir du 31 octobre 2016, la compagnie nationale de Turquie proposera trois vols par semaine entre sa base à Istanbul-Atatürk et l’aéroport de Victoria dans l’île de Mahé.

Guinée-Bissau et plus d’Afrique

A partir du 1er décembre 2016, la compagnie nationale portugaise proposera deux vols par semaine entre sa base à Lisbonne-Humberto Delgado et l’aéroport de Bissau-Osvaldo Vieira, opérés

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Brèves · Maganac 28

en Airbus A319 pouvant accueillir 30 passagers en classe Affaires et 102 en Economie. Les départs sont programmés jeudi et samedi à 21h50 pour arriver le lendemain à 2h00, les vols retour décollant vendredi et dimanche à 2h50 pour se poser à 6h00. TAP Portugal sera en concurrence sur cette route avec euroAtlantic Airways, l’une des quatre autres compagnies desservant la Guinée-Bissau (avec TACV Cabo Verde Airlines, ASKY Airlines et Royal Air Maroc). La compagnie de Star Alliance explique dans un communiqué que ce retour à Bissau « va renforcer sa position dans le continent africain, où sa forte présence reflète la politique qui fait de l’Afrique un de ses marchés stratégiques ». TAP Portugal a déjà consolidé la desserte

Turkish Airlines porte ainsi à 49 le nombre de ses destinations en Afrique, et à 243 le nombre de celles à travers le monde ; elle rappelle dans un communiqué que ses avions se posent dans 117 pays. A compter du 12 décembre, la compagnie de Star Alliance proposera d’autre part trois vols par semaine vers l’aéroport de Zanzibar-Abeid Amani Karume, en Boeing 737900ER pouvant accueillir 16 passagers en classe Affaires et 135 en Economie. Turkish Airlines sera là encore sans concurrence directe,

du Maroc cet été, en y doublant le vol quotidien vers Casablanca et ajoutant trois rotations hebdomadaires vers Marrakech plus deux autres vers Tanger. Au total au mois de juillet, son offre vers l’Afrique était en hausse de +6%. L’hiver prochain, trois destinations au Cap Vert seront également renforcées : Praia, Sal et São Vicente gagneront au total huit vols par semaine par rapport à l’hiver dernier. Le service vers Dakar a également été amélioré (trois rotations hebdomadaires supplémentaires), tout comme celui vers São Tomé (une de plus). Rappelons que la desserte de Bissau avait été abandonnée en décembre 2013 pour des raisons de sécurité, 74 réfugiés syriens ayant réussi à embarquer avec de faux passeports turcs.

Photos: Airbus

China Southern Airlines relie depuis un an trois fois par semaine les aéroports de Guangzhou-Baiyun et de Nairobi-Jomo Kenyatta en Airbus A330-200 configuré pour accueillir 4 passagers en Première classe, 24 en classe Affaires, 48 en Premium Economie et 142 en classe Economie (218 sièges au total). C’est la seule compagnie chinoise présente à Nairobi, ses consœurs chinoises étant aussi absentes au Caire ou à Lagos.

TAP PORTUGAL :

aj. La compagnie aérienne TAP Portugal relancera cet hiver une liaison entre Lisbonne et Bissau après trois ans d’absence, portant à 14 le nombre de ses destinations en Afrique. Huit rotations supplémentaires vers les îles du Cap Vert seront en outre mises en place.

Envol vers les Seychelles et Zanzibar aj. La compagnie aérienne Turkish Airlines lancera fin octobre une nouvelle liaison entre Istanbul et les Seychelles, sa troisième destination dans les îles Vanille après Madagascar et Maurice. Et elle atterrira en décembre à Zanzibar, sa quatrième destination en Tanzanie.

aj. Après avoir lancé en août 2015 une liaison entre Guangzhou et Nairobi, China Southern Airlines examine une seconde route africaine qui pourrait être Le Caire en Egypte ou Lagos au Nigeria, selon Wu Weijun, responsable des opérations aériennes au Kenya pour China Southern Airlines. Lors d’une cérémonie fin août pour célébrer le 1er anniversaire de sa route vers Nairobi, les responsables de China Southern ont déclaré avoir confiance dans le marché africain après une étude réalisée par le Centre de recherche du gouvernement du Guangdong sur les investissements au sein du continent noir. L’extension de son réseau africain pourrait ainsi passer par la desserte des capitales d’Egypte ou du Nigeria.

TURKISH AIRLINES :


LAM MOZAMBIQUE :

Flotte réduite à cause de dettes aa. LAM a mis tous les plans de flotte et d’expansion de réseau en veille car les dettes de la compagnie sont trop énormes. Le président de la compagnie Antonio Pinto de Abreu a déclaré que la dette du transporteur qui appartient à l’État s’élèvait à 160 millions de dollars en début de l’année, bien que depuis, ce chiffre a été ramené à USD 139 millions. «LAM n’est pas dans une situation saine,» dit-il. «Les comptes pour 2015 démontrent un déficit qui peut être attribuée à des raisons structurelles», a déclaré de Abreu. Il a ajouté que la décision d’acquérir trois nouveaux avions B737 NextGen (initialement B737-700, ensuite convertis en B737-800) de Boeing

serait en partie responsable de sa situation financière désastreuse. «LAM a décidé de se retirer de la décision d’acheter de nouveaux avions, dont la première devait arriver en novembre, parce qu’il n’y a pas les moyens financiers pour les payer», explique de Abreu en ajoutant que des pourparlers étaient en cours avec le fabricant américain pour récupérer une partie des règlements déjà versés.

1000 postes seront supprimés

Photos: Michel Gilliand

Gagner en compétitivité et réduire les coûts dans la compagnie nationale tunisienne : c’est ainsi qu’a été justifiée par le nouveau ministre des transports Anis Ghedira la suppression de 1000 emplois, soit environ 12,7% de la main d’œuvre à plein temps (8200 salariés). Dans un entretien accordé à Reuters et rapporté par Jeune Afrique, il explique que Tunisair a préparé ce plan depuis plusieurs mois, et l’a discuté « avec les principaux syndicats » : « Nous allons bientôt faire sortir 400 employés qui ont choisi de partir volontairement, et ils vont recevoir une compensation », a précisé M. Ghedira.

Nouvelle ligne vers Libreville, achat de 40 avions prévu aj. Air Algérie va lancer un programme d’acquisition de 40 appareils entre 2018 et 2025, a confirmé son PDG, Mohamed Abdou Bouderbala.

TUNISAIR :

aj. La compagnie aérienne Tunisair va se séparer d’un millier d’employés, dont 400 par départs volontaires, dans le cadre du plan d’austérité dévoilé par le nouveau gouvernement.

AIR ALGÉRIE :

Reconduit à son poste dans le nouveau gouvernement de Youssef Chahed, le ministre applique donc la consigne de réduction des dépenses publiques et de limitation des pertes des entreprises publiques, qui dans ce dernier cas auraient atteint 1,5 milliard de dollars l’année dernière. Ces suppressions de postes devraient coûter environ 50 millions de dollars à l’Etat, qui détient 75% de Tunisair. Son plan de restructuration avait été mis en place fin 2012, et prévoyait déjà un coût social sévère : licenciement de 20% du personnel en 2013 et 2014, près de 330 départs en retraite non remplacés, gel des embauches (des CDD seulement en cas de nécessité absolue), gel des salaires pour deux ans… Il s’agissait de contrecarrer l’explosion des effectifs qui avait suivi la révolution en 2011, avec entre autres

Ce dernier n’a pas indiqué les types d’appareils à acquérir, il a juste précisé qu’ils seront achetés ou pris en leasing pour une partie. Quatre appareils seront réceptionnés dès 2018, tandis que le reste des acquisitions seront réalisées dans la seconde phase qui sera effectuée entre 2020 et 2025. L’objectif, pour Air Algérie, est d’exploiter une flotte de 100 appareils à l’horizon 2025. La compagnie nationale algérienne dispose actuellement d’une soixantaine d’appareils dont 75% sont composés d’avions moyen-courriers. Déjà, dans le cadre de son dernier plan de modernisation 2012-2017, Air Algérie avait lancé une opération d’acquisition de seize avions. En 2015, huit appareils avaient été réceptionnés, dont trois Airbus A330-200 (250 à 300 places), trois ATR (66 places) et deux Boeing 737-800. Le coût total de ces seize avions acquis sur 2015-2016 est estimé à 1,073 milliards de dollars. Mohamed Abdou Bouderbala a aussi annoncé l’ouverture de nouvelles lignes vers l’Afrique d’ici fin 2016 ou début 2017, avec notamment les dessertes de Libreville (Gabon) et Addis Abeba (Ethiopie). Actuellement, Air Algérie opère 44 liaisons internationales dont la plus récente a été inaugurée jeudi dernier avec l’ouverture d’une ligne Alger-Budapest.

l’intégration de 3000 employés de ses filiales de catering ou de services au sol : elle employait alors 230 personnes par avion (32 dans sa flotte fin 2012). Ce plan avait toutefois été revu à la baisse l’année dernière par la PDG Sarra Rejeb. Tunisair a transporté au premier semestre 2016 1,35 million de passagers (+3,9%), avec des revenus progressant de +9,15%.

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FRANCE / DELTA AIRLINES :

Faut pas prononcer « Allah », sinon débarquement Si vous décidez de prendre l’avion, évitez de transpirer en prononçant le mot Allah car vous risquez d’être débarqué de l’avion. C’est ce qui est arrivé à un jeune couple de musulmans qui a été contraint de quitter l’avion à la demande d’un employé de la compagnie Delta Air Lines. En vacances à Paris, les deux pensaient rentrer tranquillement chez eux dans l’Ohio, Etats-Unis, quand ils ont été soumis à un interrogatoire par un officier de police français qui n’a cependant rien trouvé à leur reprocher. Selon le quotidien anglais The Independent, le fait de marcher dans

CANADA :

Il vole un avion, mais se tue à l’atterrissage Un homme d’une vingtaine d’années s’est tué près de Toronto en tentant de poser sur une route de l’est de la métropole canadienne l’avion qu’il venait de voler, a annoncé la police. L’appareil de deux places a frappé des lampadaires avant de heurter la chaussée.

l’avion en transpirant et en prononçant «Allah» (genre « Mon Dieu, quelle chaleur ») a suffi à faire du passager un suspect dangereux, au point que le pilote a exigé qu’il soit débarqué de l’avion.

CHINE / AÉROPORT DE CHANGSHA :

Il attend sa dulcinée pendant 10 jours et finit à l’hôpital aj. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ! L’adage s’applique parfaitement à Alexander Pieter Cirk qui a attendu sa dulcinée pendant dix jours à l’aéroport de Changsha.

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de l’aéroport, devient une célébrité malgré lui : les voyageurs chinois le prennent en photo et commencent à faire circuler son histoire sur les réseaux sociaux. Après dix jours et dans un état d’épuisement avancé, il est hospitalisé avant d’être finalement rapatrié aux Pays-Bas.

L’appareil avait été dérobé sur un aérodrome de campagne, à Markham, une localité rurale se trouvant à une centaine de kilomètres à l’ouest du lieu de l’accident, ont précisé les enquêteurs.

Quant à la jeune demoiselle Zhang, elle a été retrouvée par la suite par une télévision chinoise. Elle a expliqué qu’Alexander avait effectivement fait part de son souhait de venir la

voir en Chine, mais quelle n’avait pas pris au sérieux ses intentions. C’est pourquoi elle ne s’était pas rendue au rendez-vous à l’aéroport de Changsha.

Fotolia: vchalup, michaeljung, Photolights

L’histoire commence sur Internet : Alexander Pieter Cirk, un Néerlandais de 41 ans, noue une relation virtuelle avec Zhang, une Chinoise de 26 ans habitant à Changsha, province du Hunan en Chine. Après avoir discuté avec Zhang sur internet pendant plusieurs mois, Alexander prend la décision de s’envoler en Chine pour la rencontrer. Mais une fois arrivé à l’aéroport de Changsha, le pauvre amoureux déchante vite : sa promise n’est pas au rendez-vous. Il décide pourtant de persévérer et de rester dans l’aéroport en espérant que la jeune femme se manifeste tôt ou tard … Les jours passent et Alexander, qui s’est installé dans l’une des salles d’attente

L’aéronef, un Piper PA-38 Tomahawk, s’est écrasé dans la ville de banlieue de Peterborough. Les secours ont constaté à leur arrivée le décès du voleur, âgé d’une vingtaine d’années, qui «avait cherché à atterrir», a indiqué un inspecteur de police. Il n’était pas clair dans l’immédiat s’il disposait d’une licence de pilote ou s’il s’était installé aux commandes sans aucune expérience de pilotage.


DOUBLE CHANCE À DUBAÏ :

AUSTRALIE :

Il survit à un accident d’avion puis remporte un million de dollars

Atterrissage à l’aide de papier toilette en feu

Le 3 août dernier, Mohammad Basheer Abdul Khadar, un Indien de 61 ans avait déjà survécu à un accident d’avion à Dubaï. L’avion avait dû atterrir en urgence sans son train d’atterrissage. Tous les passagers ont été évacués alors que l’avion avait pris feu mais un pompier avait perdu la vie durant les opérations.

Le pilote australien Geoff Cobden a réussi à faire atterrir son avion pour une évacuation sanitaire malgré des conditions dantesques. Selon l’homme, 20 rouleaux de papier toilette ont éclairé une piste d’envol improvisée.

Une semaine plus tard, il n’était pas au bout de ses émotions. Un ticket de loterie qu’il avait acheté en duty free à l’aéroport deux mois plus tôt s’est avéré être le ticket gagnant ! Il gagne la coquette somme d’un million de dollars. « J’achète toujours un ticket quand je suis de passage à l’aéroport, explique-t-il. C’est mon 17e ticket ».

Et ça tombe bien : comme Khadar ira à la retraite bientôt, il veut aider les enfants défavorisés de sa province natale en Inde. « J’ai été pauvre et je sais ce que l’on endure », dit-il. En 37 ans de carrière à Dubaï, il n’a passé que 37 mois auprès de sa famille.

CHINE :

Un Boeing 737 transformé en restaurant

Photos: facebook · Fotolia: ElenaR

aj. On connaissait les avions reconvertis en hôtel ou en appartement habitable, aujourd’hui un entrepreneur chinois a aménagé l’intérieur d’un Boeing 737 en salle de restaurant. Li Liang a acquis le vieux Boeing 737 auprès de la compagnie indonésienne Batavia Air en mai 2015 pour la somme de 5 millions de yuans (675.000 euros). Il a fait venir l’avion, un avion qui ne vole plus, en Chine. Un véritable parcours du combattant puisqu’il a fallu le démonter huit fois et transporter les pièces par voies maritime et terrestre de l’Indonésie à Wuhan, capitale de la province du Hubei, en Chine, pour un coût total de 3 millions de yuans (400.000 euros). Posé aujourd’hui au milieu de la Optics Valley Pedestrian

Street, l’une des zones commerçantes les plus fréquentées de Wuhan, l’avion-restaurant est baptisé « Lilly Airways ». Outre la salle de restaurant dans la cabine, Li Liang a fait installer un simulateur de vol dans le cockpit pour permettre à sa clientèle de s’initier au pilotage. Le prix d’un repas à bord de Lilly Airways coûte entre 200 et 300 yuans (27 et 40 euros), et une simulation de vol entre 300 et 400 yuans (40 et 53 euros).

Selon The Guardian, une employée d’une ferme d’élevage dans une zone reculée de l’Etat australien du Queensland nécessitait une hospitalisation de toute urgence. Les employés de l’organisation Royal Flying Doctor Service of Australia se sont rendus sur place pour rapatrier la femme. L’équipe se composait du pilote de l’aéronef Geoff Cobden, d’une infirmière et d’un médecin. Selon M.Cobden, on a discuté de différentes options pour éclairer la piste, mais ils ont décidé que le papier toilette était la meilleure option. «Il brûle assez bien, en fait, pendant environ une demi-heure. Au total, il a fallu 20 rouleaux. Je les ai appelés et leur ai expliqué ce qu’il fallait faire, comment placer les rouleaux, puis les allumer lorsque nous les survolerons», a indiqué le pilote. Royal Flying Doctor Service of Australia, l’une des plus grandes organisations de secours du monde, qui apporte une aide médicale aux populations isolées du pays, a écrit sur son compte Facebook: «Atterrissage à minuit à la lueur des flammes de rouleaux de papier toilette, voilà pourquoi nos pilotes aiment leur métier».

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AGENCE NATIONALE DE L’AVIATION CIVILE BP 2212 Libreville, Gabon

Agence Nationale de l’Aviation Civile

Tel.: + 241.1.44.54.00 Fax: + 241.1.44.54.01 Site: www.anacgabon.org Email: contact@anac-gabon.com

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No. 28 de MAGANAC, le magazine de l'ANAC Gabon

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