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Table des matières couverture !

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Sommaire!

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Edito!

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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE!

5

J’aime Paris au mois de mai!

7

Retour de thalasso!

8

Voyage en pays lointain!

9

Prière d’un incroyant!

10

Galettes des rois!

12

Un journal, des journaux!

13

A propos du bulletin… !

16

J’ajoute que…!

17

S’EXPRIMER OU SE TAIRE ?!

18

L’aventure mastodontesque!

19

La copropriété!

20

Ces bêtes, c’est bête.!

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couverture


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Sommaire Edito

J. Skapowski  

3

L’assemblée générale  2011    

D. Bloch  

5

Chantons le  Rassemblement  

M. Michon  

8

Thalasso et  sylviculture  

J. Skapowski  

9

Voyage en  pays  lointain  

G. Bop  

11

Prière d’un  incroyant    

J. Bernard  

12

La galette  des  rois  

M. Thomé  

14

Un journal,  des  journaux  

G. Brenier  

15

A propos  du  bulletin  

J. Skapowski  

19

S’exprimer ou  se  taire  ?  

R. Sedes  

21

Aventure mammouthesque  

M. Thomé  

22

La copropriété    

L’In-­Secte

24

C’est bête,  ces  bêtes…  

@Zoo

27

Le Comité Directeur adresse à tous ses vœux de bonne santé pour l’année 2012


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Edito Il  est   bon   parfois,  lorsqu’on   veut   traiter   d’un   sujet   et   plutôt   que   de   le   faire   «   à   chaud   »,   de   laisser   passer   un   peu   de   temps.   J’ai   envie,   moi   aussi,   d’évoquer   notre   rassemblement  de  mai,  qui  fut  bien  l’ÉVÉNEMENT  majeur  de  notre  année  «  anaajiste  ».     Catherine   Bernard   en   avait   fait,   dans   le   bulletin   d’été,   un   compte   rendu   essentiellement   chiffré   ;   Griffette   avait   conté   sa   mésaventure   (heureusement   oubliée   depuis)   ;   Jean   Bernard   avait   écrit   une   chanson   pastiche   de   très   bonne   facture   que,   malheureusement,   nous   n’avons   pas   interprétée   encore   (il   faudra   le   faire   lors   d’une   prochaine  rencontre).     Dans   nos   milieux   ajistes,   nous   n’avons   guère   l’habitude   de   nous   congratuler.   Mais  j’ai  très  envie,  pour   une   fois,  de   faire   une   exception  :   merci,  grand   merci   aux  six   organisateurs   :   Catherine   Bernard,   Denise   Bloch,   Léon   Estroumsa,   Lucette   Le   Flem,   Roger  Poirier,  René   Sédes,  qui  ont  donné   beaucoup  de   leur   temps  et  tous  leurs   efforts   pendant   des  mois  a`in  que  tout  se   déroule   au  mieux,  tant   pour   l’organisation  que  pour   l’accueil,  le   transport   des   éclopés   (j’en   connais   quelques-­‐uns  qui   n’ont   jamais  autant   sorti  leur  voiture  à  Paris  que  pendant  ces  journées  !).     Merci  aux   concours   extérieurs   et   spontanés   :   Robert   Macula   pour   le   transport   depuis  sa  province  de  la  banderole   qui  fait  le   plus  bel  effet  sur  la   photo  de  groupe  à   La   Défense,   sous  un   soleil  apparu   à   point   nommé   ;   Mimi  Chalons  et   Madeleine   Maillard   qui   ont   confectionné   une   quantité   de   serviettes-­‐bavettes   ;   Marcel   Andujar   et   ses   dessins  toujours  appréciés   ;  les  copains  de  Marseille   et   leurs  petits  paquets  de  thym  et   autres   herbes  odorantes  de  leur  Provence   ;   Marthe  Michon  et  son  interprétation  d’une   chanson   pastiche   de   son  cru  :   J’aime  les   ajistes  au   mois  de   mai  (Aznavour)*  et   pardon   pour  ceux  ou  celles  que  j’aurais  oubliés.     Depuis  le   mois  de   mai,  j’ai  reçu   beaucoup   de   courrier   des  copains   de  province.   Tous  m’ont   dit   avec   chaleur  les  bons  souvenirs  gardés  de   ces  journées  à  Paris  ;   autour   de  moi,  d’autres  ont  reçu   des  témoignages  semblables.  A   notre  nom  à  tous  ici,  je  les  en   remercie.     Un   bémol  pourtant  :  à  l’issue  de   chacun   des  huit   rassemblements  précédents  et   avant  la  séparation,  nous  ne  manquions  pas  de  `ixer   la   date  et  le  lieu  du  prochain…  Pas   cette  fois.  Nous  vieillissons  et  les  projets  à   longue  échéance  !...   Qui  aura  le  courage  (ou   l’audace)  d’évoquer   le   10e  rassemblement  ?   Qu’il  nous  le  dise…  Nous   ne  désespérons   pas.   Salut  très  amical  de   Jeannette  Skapowski.   *)  Voir  page  8  du  présent  bulletin.  


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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE du 26 novembre 2011

La séance débute à 10 h 30 sous la présidence de René Sedes Assesseurs : Guy Brachetto et Jeannine Delamare. Secrétaire : Denise Bloch Nombre de présents : 71 - nombres de pouvoir reçus : 41.

Rapport moral Catherine Bernard, qui a présidé l’Anaaj durant cette période, donne lecture du Rapport moral qui porte sur la période du 1er août 2010 au 31 juillet 2011: Nous sommes 160 adhérents ; 8 camarades sont décédés au cours de l’année. Le comité directeur, composé de 20 membres, s’est réuni neuf fois pour décider et gérer les différentes activités : 15 sorties théâtre pour 158 places 9 séances de projos 12 sorties dans Paris 17 randonnées (un tantinet plus courtes et plus lentes) 6 séjours auxquels il convient d’ajouter nos rassemblements, repas, etc. dont vous avez lu le détail dans le rapport moral joint à la convocation à l‘A.G. La préparation du Rassemblement National à Paris nous a occupés jusqu‘au mois de mai ; nous avons eu la satisfaction qu’il se passe bien, sans incident majeur, et nos amis « montés » à Paris des quatre coins de la France nous ont chaleureusement complimentés et remerciés. Guy Brenier s’est chargé de la composition des quatre bulletins trimestriels ; la composition du supplément Remue-Anaaj est maintenant assurée par Catherine Bernard. Le rapport moral est adopté à l’unanimité.

Rapport du vérificateur aux comptes La vérification des comptes a été faite par Geneviève Bop et Dominique Lévêque rien à signaler.

Rapport financier Liliane Filiâtre, trésorière, nous fait constater que l’exercice est déficitaire de 600 €, déficit dû encore une fois à la diminution du nombre d’adhérents (175 en 2010), à l’augmentation du coût du journal et celle des tarifs postaux. Quitus est donné à la trésorière. Rapport financier adopté à l’unanimité.


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Montant de la cotisation pour 2012 Le CD propose 22 €. Décision adoptée à la majorité (une dizaine de voix contre).

Elections du C.D. Les membres sortants se représentent, à l’exception de Jean Bernard, démissionnaire. Deux membres arrivent en fin de mandat et doivent le renouveler : Micheline Hély et Thérèse Loisel. Nouvelle candidature : Jacques Sevelle. Tous élus à l’unanimité. Le CD compte toujours vingt membres. Nomination du vérificateur aux comptes et de son suppléant : Geneviève Bop et Dominique Lévêque.

Questions diverses : Théâtre : Jeannette Skapowski confirme et s’explique sur son abandon de cette activité qu’elle a assumée pendant plus de 20 ans - devenue trop lourde à gérer (difficulté des théâtres dans leur programmation, mauvaises places parce que nous passons après les comités d’entreprises qui sont de meilleurs clients) – alors que la demande diminue chez les anaajistes. Pas de relève sur les mêmes bases de fonctionnement, mais un comité avec principalement Irène Patte et Eliane Debève lequel comité fera des propositions de spectacles et se chargera de contacter les habitués. Notre Amitié en quête de « plumes » : Guy Brenier regrette le manque de diversité des signataires des articles ; tout le monde est capable de s’exprimer par oral et donc à l’écrit, qu’on se le dise et surtout, qu’on écrive ! La périodicité d’un journal par trimestre est appréciée et doit être maintenue. La prochaine assemblée générale aura lieu le

samedi 24 novembre 2012. Réunion du CD :

Présents : Paulette Aixala - Catherine Bernard - Denise Bloch - Geneviève Bop - Guy Brachetto Janine Cuesta - Eliane Debève - Liliane Filiâtre - Micheline Hély - Lucette Le Flem - Dominique Lévêque Irène Patte - Roger Poirier - René Sedes - Jacques Sevelle - Denise Seytor - Jeannette Skapowski - Griffette Vironchaux. Excusées : Thérèse Loisel - Françoise Villefranche. Le Bureau reste inchangé : Présidente : Catherine Bernard - vice-présidents : René Sedes et Janine Cuesta. Trésorière : Liliane Filiâtre - adjointe : Thérèse Loisel. Secrétaire : Denise Bloch adjointes : Paulette Aixala et Griffette Vironchaux. Prochain CD : lundi 9 janvier 2012 à 14 h 30.


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J’aime Paris au mois de mai (Chanson pastiche  concoctée  par  Marthe  Michon,  du  groupe  des  anciens  ajistes  de  Rhône-­‐ Alpes  sur  l’air  de  la  chanson  d’Aznavour  à  l’occasion  du  Rassemblement  national.)

J’aime Paris au mois de mai Quand les ajistes en fête Pour nous se cassent la tête Pour un rassemblement parfait Dans une même quête J’aime Paris au mois de mai Les copains dans les gares Pour que nul ne s’égare Et trouve son chemin vite fait Quand les ajistes renaissent D’une nouvelle jeunesse Parcourant la vieille cité Et se mettent à rayonner J’aime les ajistes au mois de mai Quand l’hiver les délaisse Que le soleil caresse Nos corps encore fatigués …/… J’aime sentir sur les places Dans les rues où l’on passe Ce parfum d’amitié tenace Le vent qui passe Il nous plaît à nous promener Dans les rues qui s’faufilent A travers toute la ville J’aime, j’aime, j’aime les ajistes au mois de mai Parisiens, Parisiennes, Souvent on vous malmène Mais nous on n’le f’ra plus jamais On en fait la promesse On la tiendra… peut-être Parisiens, Parisiennes… En souvenir de ce mois de mai. ---------- o ----------


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Retour de thalasso C’est  la  huitième  année  que  je   participe,  avec  délices  et  un  béné`ice  certain,   à  cette  «   cure-­‐confort   »,   grâce  à   la  semaine  de  thalasso   à   Carnac,  toujours  bien   organisée  par  Gisèle  Bannier.     Nous  étions   dix-­‐neuf   cette  première  semaine  d’octobre.  Pour  les  habitués,   c’était   la   routine,  avec   en   prime  un  très  beau   temps  ;  j’ai  pourtant,  cette   année,   rapporté   de   mon   séjour   deux   faits   dont   l’originalité   vaut,   je   pense,   d’être   racontée  ici.     Grâce  à  des  «  supports  »  que  j’avais   près  du  golfe  du  Morbihan,  j’y  ai  fait  de   très   nombreux   séjours   en   été  et  en  automne.   Mais  je  n’ai  jamais  pensé  pouvoir   me   baigner…   et   nager   une   demi-­‐heure,   un   3   octobre,   dans   une   mer   à   21°C   (température  supérieure  à  celle  parfois  atteinte  en  plein  été,  en  Bretagne…).    

La deuxième  histoire  est  «  sylvicole  »,  et  plus  poétique  :

J’avais  vu,  il  y  a  au  moins  trente  ans,  dans   un  cimetière  de   cette   région,   un   camélia   d’une   hauteur   exceptionnelle   ;   cette   année,   je   n’avais   qu’une   idée   :   le   retrouver,   s’il  existait  encore.  Mais   j’avais  oublié  le  lieu  !   J’ai  beaucoup  interrogé   les   gens   du   cru…   qui   ne   le   savaient   pas   non   plus,   n’en   ayant   jamais   entendu   parler…   A  trois   jours   de   mon  retour,  quelqu’un  a   pu   en`in  me  dire  que   le  fameux   camélia  se  trouvait  dans  le  cimetière  de  La  Trinité-­‐sur-­‐Mer,  et  même  me  raconter   son  histoire,  selon  la  mémoire  populaire.   Il   y   a   près   de   deux   cents   ans,   une   `illette   d’un   an   a   été   enterrée   à   cet   endroit.  Un   seul  ornement  sur  la  tombe,  le  camélia.  Des  années  après,  sans  doute   faute  de   paiement  au   renouvellement  de  la  concession,  le  cercueil  fut  déterré  et   ouvert  :  le  petit  corps  (1)   était  dans   un  état   exceptionnel  de   conservation  et  les   présents,  émus,  ont  refermé   la  tombe  et,   ainsi,   sauvé   le  fameux  camélia   ;   vous   pouvez   en   voir   la   photo   et   celle   de   son   tronc.   Il   est   magni`ique   et   couvert   de   boutons   (il   gèle   rarement   en   Bretagne).   Je   suis   bien   tentée   d’aller   le   voir   en   `leurs  ! Jeannette  Skapowski.  

1) Cet état  de   conservation   s’explique  en  raison  du  sol  sablonneux   qui   permet  à  l’eau  de  

s’écouler sans  pénétrer  les  cercueils,  comme  c’est  le  cas  en   Moyen  Orient,  par  exemple,   où  l’on  a  retrouvé  des  corps  de  plusieurs  milliers  d’années.  


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Voyage en pays lointain Jeudi 5  septembre.     Rassemblement   d’Automne   à   Enghien   pour   partager   le   repas   avec   les   copains.   Réunion   à   ne   pas   rater.   Alors,   nous   partons,   Jeanine   et   moi,   de   bonne  heure,   8  heures   pour  être  à   la  gare   d’Enghien   à  10   heures.   Oui,   mais  voilà…  le  RER  a  des  caprices.  Nous  restons   «  en  carafe  »   entre  deux  stations   pendant   environ  dix  minutes.   Puis  la  rame  repart,  roule  en  «  hoquet  »,  à  petites   poses,   quelques  minutes,  dans  le   tunnel  entre  chaque  station.   Bref,   le   voyage   a   duré  trois  fois  le  temps  normal.  Fin  du  1er  épisode.     Nous   arrivons   en`in   à   la   gare   du   Nord   à   8   h   53   où   nous   retrouvons   les   copains.   Train   prévu   à   10   h   04.   Nous   attendons   patiemment   l’af`ichage.   Finalement,   on  af`iche   à  10  h   11  un  départ  à  10  h  13.  Tout  le   monde  court  pour   monter   dans   ce   train.   Puis   nous   attendons   mais   le  train   ne   part   pas.   Quelques   minutes   après,   suite   à   une   annonce   inaudible,   les   gens   descendent   en   courant   pour  revenir  après,  puis  repartir   une  seconde   fois  pour  revenir  encore.  Un  vrai   vent  de  folie  !   En`in,  notre  train   part  avec  25  ou  30  minutes  de  retard.  Nous   discutons   en   négligeant  de  regarder  le  paysage  (cette  banlieue  est  déprimante).  Une   question   surgit  :   «  Où  sommes-­‐nous  ?  »  Stupeur,   nous  avons  failli  rater  la  gare  d’arrivée.   Mais  nous  avons  quand  même  raté  le  car  d’une  minute.  Le  prochain   passe  dans   33  minutes.   Alors,  un   coup   de   portable  et   trois   bonnes   copines   viennent   nous   récupérer.  Fin  du  2e  épisode.     La  journée  se   passe  merveilleusement   bien.  Mais   il   faut  penser  au  retour.   Nous   revenons   à   la   gare   d’Enghien   pour   prendre   le   train   vers   Paris.   Nous   sommes   accueillis   par   une   annonce   tonitruante   qui   nous   avise   que,   par   suite   d’un  incident  en  gare   de  Saint-­‐Denis,  le  tra`ic  est  interrompu  et   le   train  prévu  est   affecté  d’une  demi-­‐heure  de  retard.  Fin  du  3e  et  dernier  épisode.   G.  Bop.  


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Prière d’un incroyant Ô toi,  Dieu  créateur  de  toutes  choses  –  du  moins  à  ce  que  disent  tes  laudateurs  –   maître  du  monde,  ordonnateur  de  l’Univers,   je  te  lance  un  appel  :   Où  es-­‐tu  ?  que  fais-­‐tu  ?   montre-­‐toi,  ne  serait-­‐ce  qu’une  fois,   juste  un  geste,  un  seul  petit  geste,   le  monde  a  besoin  de  toi,   il  n’a  que  trop  attendu.   Des  hommes  crient  dans  les  prisons,   que  l’on  réduit  au  silence,  que  l’on  torture,   dont  on  brise  à  la  fois  le  corps  et  l’esprit…   Des  bébés  meurent  par  milliers,  exsangues,   accrochés  au  sein  desséché  de  leur  mère,   d’autres  s’épuisent,  hors  de  l’enfance,   à  des  travaux  exténuants  d’adultes…   Des  adolescents  sans  espérance  sont  livrés   aux  turpitudes  de  la  luxure,   des  jeunes  succombent  aux  paradis  arti`iciels,   des  hommes  et  des  femmes,   toujours  plus  nombreux,   descendent  peu  à  peu  dans  l’ordre  social et  se  clochardisent,  sans  toit,  sans  travail,   sans  perspective  de  remonter  un  jour  la  pente…  


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Solitude de  personnes  âgées  et  de  malades   dont  la  souffrance  et  la  douleur  sont  muettes…   Guerres,  violences,  génocides,  exodes,  famines,   la  mort  est  partout,  dans  le  bruit  des  armes…   Ô  toi  qui  vois  tout  (sacré  veinard  !)   toi  qui  te  tiens  peinard,  dit-­‐on,   sur  un  petit  nuage  au  plus  haut  des  cieux,   entouré  de  tes  anges  adorateurs,   seras-­‐tu  insensible  à  tant  de  misère  ?   Moi,  sur  terre,  je  fais  ce  que  je  peux   pour  qu’un  peu  de  douceur  entre  dans  nos  vies,   c’est  peu  car  il  y  a  beaucoup  à  faire,   c’est  pourquoi  j’implore  ton  aide  :   il  faut  une  force  dynamique,  fût-­‐elle  céleste,   pour  remettre  les  choses  en  bon  état  de  marche.   Toi  qui  es  Dieu  le  Père  tout  puissant,   descends  de  ton  piédestal  :   Interviens.  S’il  te  plaît.  Vite  !   Alors,  je  dirai  :  «  Merci  mon  Dieu  ».   Pari  tenu  ?  Chiche  !...   Jean  Bernard.  


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Galettes des rois

Il est  dif`icile  de  déterminer  d’où  vient  la  coutume  d’élire  un  roi  en  cachant   une   fève  dans  la   pâtisserie,  en  tirant  les  rois  tout   au  long   de  ce  mois   de  janvier.   L’origine   de   cette   tradition   est   plus   ancienne   et   plus   païenne   que   chrétienne.   L’origine  du  gâteau  des  rois  est  mentionnée  pour  la  première  fois  vers  1311.    

La   tradition,  plutôt   urbaine  que  rurale,  s’est  vite  répandue  dans  la  France   entière  grâce  aux  boulangers.  Dans  un  gâteau  rond,  fait  de  pâte  feuilletée  fourrée   parfois   de   frangipane,   le   plus   souvent   appelé   «   galette   »,   une   fève   est   cachée,   mais   aussi   «  royaume  »  en  Provence  est  une  couronne  briochée   décorée  de  fruits   con`its,  «  pogne  »,  «  roibor  »  ou  «  gâteau  à  la  chaudière  ».  Après  avoir  été  partagé,   le   gâteau  est  distribué  aux  convives  selon  les  conseils  du  plus  jeune,   caché  sous   la  table.  Celui  qui  trouve  la  fève  est  proclamé  roi  et  on  lui  met  une   couronne  sur   la  tête.   Il   choisit  alors   une  reine  et  tout  le   monde   lève  son  verre   à  la  santé  des   élus.  En  effet,  lorsqu’on  était  roi,   il  fallait  offrir  à  boire  et   une  légende  disait  que   certains,  pour  éviter  la  dépense,  avalaient  simplement  la  fève.    

L’enfant emmailloté  :  la  fève  représente  la  vertu.   Une  couronne  :  le  pouvoir.   Le  chiffre  13  :  la  chance.   Un  trèCle  à  quatre  feuilles  :  la  richesse.  

Les   sujets   représentent   toujours   ces   attributs   mais   aussi   ceux   de   la   vie   quotidienne.   Aujourd’hui,   la   fève   est   remplacée   par   des   sujets   multiples   :   animaux,  santons,  drapeaux,  roses,  etc.     On   pense   que   ce   pourrait   être   l’héritage  d’une  ancienne  offrande  funéraire.  Nos  ancêtres  gaulois  construisaient   de  petits  oratoires  a`in  de  permettre  aux  esprits  de  s’y  reposer   et  de  s’alimenter.   Ajoutons   que   dans   certaines   régions   de   France   comme   en   Bretagne   ou   en   Picardie,   une   première   part   était   laissée   «   pour   le   Bon   Dieu   »   et   une   seconde   pour  l’absent  qui,  selon  l’état   de  conservation  du  gâteau,  était   supposé  en  bonne   ou  mauvaise  santé.     Chaque  année,  pendant  le  mois  de  janvier,   le   même  scénario   se  déroule  à   l’intérieur  et  à   l’extérieur  des  familles,  dans  les  entreprises,  les  administrations,   dans  les  mairies,  à  l’Elysée.     Avoir  la  fève,  quelle  aubaine,   surtout  pour  la  dame,  avoir  un  roi,  ou   bien   le   contraire.   Thomé  Maurice.  


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Un journal, des journaux Il se  passe  toujours  quelque  chose  quelque  part et  ça  intéresse  toujours  quelqu’un. J’ouvre  mon  journal  : -­‐  Ariane  5  :  vingt-­‐septième  tir  réussi  (photo). -­‐  Glissement  de  terrain  au  Honduras,  plus  de  cent  disparus.   -­‐  Le  Sénat  adopte  le  projet  de  loi  sur  les  retraites.   -­‐  Sochaux  reste  leader  devant  l’OM.   -­‐  Dimanche  minuit  :  dernier  délai  pour  le  tiers  provisionnel.   -­‐  Pollution  accidentelle  de  la  Nivette  à  Trois-­‐Niveaux  (photo).   -­‐  Persistance  du  beau  temps  jusqu’à  jeudi.   -­‐  Découverte  d’un  trésor  à  Fonds-­‐la-­‐Caisse  (photo).   -­‐  Tragique  accident  sur  la  D.  31  à  l’entrée  de  Juygnes  (photo).   On aurait pu allonger à loisir cette liste de nouvelles et d’informations, toutes fausses mais vraisemblables mais qui montrent bien l’importance relative des sujets abordés selon nos intérêts, nos motivations, notre sensibilité ou nos nécessités du moment. Le rôle du journal est de toucher tous les publics possibles, donc d’aborder tous les sujets en nuançant l’importance accordée aux articles selon la sensibilité ou l’orientation du lectorat dont il est le reflet et parfois le porte-parole : les actifs, les usagers, les contribuables, les sportifs, les redevables, les possesseurs d’animaux domestiques, les syndiqués, les consommateurs, les ayants droit, les automobilistes, les artisans, vous et moi. C’est la variété de ce lectorat qui commande. On dit « la presse » et ce terme confond indistinctement tout ce qui se diffuse en kiosque. Nuance ! On devrait dire « les presses » et en distinguer au moins cinq : La presse quotidienne, nationale et régionale, La presse hebdomadaire, La presse spécialisée, Les mensuels, La presse gratuite. La presse quotidienne nationale (appelée à tort la presse parisienne) est la vitrine du pays. Elle est autant rédigée pour les lecteurs français que pour le reste du monde car c’est elle qui sert de chambre d’écho et de référence, tant auprès des ambassades et des gouvernements étrangers que dans les grands hôtels internationaux et les entreprises multinationales intéressées par ce qui se fait, se pense et se dit en France, plus généralement sur des sujets économiques ou politiques. Elle est lue par des gens qui savent la décrypter et qui connaissent les grandes orientations de chaque journal. Sans oublier les « Français de l’étranger » qui, quoi qu’on dise, restent attachés à ce qui se passe sur leur terroir et sont lecteurs car toujours électeurs. La presse quotidienne régionale a trouvé ses lettres de noblesse durant l’Occupation, avec le rationnement qui obligeait à surveiller localement la mise en circulation des tickets pour les ayants droit. C’est elle qui nous informe des décès dans la localité, des accidents et incidents survenus dans le canton, des travaux routiers, des festivités, inaugurations et manifestations qui se tiennent dans sa propre commune et qu’il est bon de connaître. Des nouvelles qui font parfois sourire, mais qui sont le reflet de la vie rurale. Ces journaux ont un propriétaire et une ligne éditoriale mais tous se proclament


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« apolitiques ». Leur règle est de ne pas déplaire et la réalité veut qu’ils doivent naviguer sous les regards d’un préfet, entre des élus de toutes tendances et un lectorat de toutes sensibilités. La presse spécialisée. Quotidienne, celle-ci recouvre les titres tels L’Equipe ou Paris-Turf. On peut y ajouter les journaux de Bourse, des titres à tirage très limité à l’usage d’une profession (Le Quotidien du Médecin) et d’autres, à tirage restreint, qui intéressent un public ciblé constitué d’abonnés. Hebdomadaire, on trouve en premier lieu les programmes de la télévision, suivis de la presse féminine, la presse pipeule, des journaux d’annonces... Une dizaine de titres se partagent le marché dans chacune de ces catégories. Nous nous garderons d’en analyser le contenu, le plus souvent en prise directe avec le consumérisme par le biais de contrats publicitaires. La presse hebdomadaire d’opinion est à la fois généraliste et engagée. Elle vient en complément de la précédente par la force des choses, la nature ayant horreur du vide. Hormis six titres dominant le marché (Le JDD, VSD, Le Point, L’Express, le Nouvel Obs et Marianne), les autres sont « à tirage confidentiel ». Les mensuels. La mode, les voyages, l’informatique, les animaux, la santé, l’éducation, l’automobile, les jeux, la maison, le jardin, la scène et l’écran, l’astrologie, l’économie, la pêche, la décoration, l’écologie…, autant de sujets et de bonnes raisons de faire triompher la diversité. Toutes ces rubriques offrent environ douze à quinze titres au lecteur assoiffé. Il suffit généralement de 30.000 lecteurs pour qu’un éditeur qui lance un mensuel retombe sur ses pieds. Plus de deux mille titres sont répertoriés. Leur durée de vie varie de plus d’un siècle (Rustica) à moins d’un semestre. Il en naît deux ou trois chaque semaine, souvent balayés par les vents de la concurrence si leur contenu n’est pas solide ou s’ils n’ont pas bon appui publicitaire qui les fasse perdurer. Pour le contenu, le besoin a vite fait de devenir une nécessité si la rédaction « accroche » suffisamment de lecteurs. La presse gratuite. Je m’abonne à l’AFP, à Reuters, à Associated Press et autres, j’établis des contrats avec des agences de publicité et je peux livrer chaque matin un journal composé uniquement de dépêches d’agence dans lequel l’unique rédacteur veille à ce qu’il ne soit surtout pas dit de mal des annonceurs. Pas de commentaires, pas de ligne éditoriale, seulement des nouvelles mises bout à bout pour un public peu curieux et démuni d’esprit critique. L’info, denrée  périssable Le journal est un objet que l’on achète à huit heures le matin, qu’on lit avec empressement et qui, à midi, est étalé sur la table de la cuisine pour peler les pommes de terre du repas. Jadis, il constituait un moment de lecture et faisait le tour de la famille. La « Té-Sef » l’a relégué au second rang. Puis la télé est venue, suivie du satellite qui a permis de faire de grands sauts dans l’espace, de réduire le temps, puis de l’annuler en montrant l’événement en direct, alors même qu’il se produit. La chaîne CNN, un modèle du genre, en a fait son fonds de commerce. Internet fait circuler l’information en temps réel, sur le vif. Une demi-heure après l’ouverture des kiosques, un journal a déjà reçu dix messages signalant une erreur d’appréciation, un oubli ou le mauvais choix d’un titre. Monquotidien.fr, le journal sur le Net, est remis à jour toutes les heures, on en connaît le contenu sur l’écran du PC familial. C’est si vrai que certains journaux, comme Les Echos, songent sérieusement à abandonner le support papier. De nouveaux titres apparaissent, essentiellement virtuels, comme Rue89, Médiapart ou Atlantico, sites engagés animés par des journalistes qui ne s’expriment que par l’Internet. Sans parler des « blogs » (souvent attachés à une


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doctrine) qui sont une autre manière de faire circuler l’information hors de tout contrôle et de toute éthique. Boulevards et  sentiers  de  l’information Au tout début, il y eut le coureur de Marathon. Quand Paris apprit par porteurs à cheval que Napoléon avait atteint les portes de Moscou, la retraite de Russie était engagée depuis vingt jours. Les Trois Glorieuses ne furent connues qu’un mois plus tard aux Etats-Unis. Puis vint la fée Electricité. En 1832, monsieur Havas fonde à Paris la première agence autorisée à vendre et diffuser des nouvelles. La France, libérée de Charles X et de ses lois restreignant la presse, voit alors se développer une floraison de titres. Havas sera suivi en 1865 de Reuter, un émigré allemand réfugié en Angleterre, qui s’est précipité sur l’invention du télégraphe pour installer son réseau à travers l’Europe depuis Londres. Il va faire hâter la pose d’un câble sous-marin reliant l’Irlande à Terre-Neuve et New York. Dès lors, le nombre des agences se multiplie, elles se spécialisent avec l’apparition de la photographie, avec le développement et les besoins de l’ère industrielle. Nationale ou privée, chaque pays aura désormais son agence de presse, ses agences vendant tout ce qui peut s’imprimer dans la presse quotidienne ou hebdomadaire. Plus tard, en 1907, Edouard Belin invente un procédé qui permet de transmettre des images (le bélinogramme). On se trouve là dans le creuset qui reçoit et diffuse tout ce qui peut ou doit paraître à destination de tous les publics du monde entier. Fournisseurs et demandeurs d’informations opèrent et réagissent au gré de l’actualité et de leurs besoins à la manière du grossiste chez lequel se fournit un réseau de détaillants. Prenons un exemple : le 3 avril 2007, une rame du TGV Est atteint la vitesse de 573 km/heure, record du monde. Ce même jour, un incident bloque quatre TER en gare de Quimper tandis que la région PACA met en service la nouvelle rame Alsthom. Le bureau de presse de la SNCF se devant de diffuser les trois nouvelles, adresse donc trois messages à l’AFP qui va les diffuser à son tour. Tous les journaux de France vont bénéficier de l’information. Il va de soi que le record du monde de vitesse fera unanimement la une de toute la presse. Avec un article en retour en page 3. Var-Matin ne fera aucun cas de l’incident en gare de Quimper, trop lointain pour ses lecteurs, alors que Le Télégramme de Brest – s’il en parle – ne consacrera que six lignes à la mise en service des nouvelles rames en région PACA. Chacun voyant midi à sa porte développera à sa manière l’événement local, ici les rames Alsthom, là le retard des TER en gare de Quimper. Pareillement, le naufrage d’un ferry faisant cent victimes en Indonésie ne méritera que six lignes dans Var-Matin alors qu’un feu de broussailles à Cogolin donnera lieu à un article illustré d’une photo. L’émotion guide parfois le choix d’une information. On peut ajouter que les agences de presse nationales sont le reflet de la pensée des gouvernements des pays qui les entretiennent et les subventionnent. Elles sont « la voix de son maître ». La suite dans notre prochain numéro…


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A propos du bulletin… Au CD de novembre, Catherine Bernard a évoqué un certain questionnaire envoyé à tous les adhérents pour connaître, à la demande de Guy Brenier, ce qu’ils pensent de notre bulletin. Il y a eu… quatre réponses ! Et même pas la mienne ! Les rares volontés exprimées réclamaient davantage de questions d’actualité et de politique. Mais voilà, la phrase sans appel maintes fois martelée durant mon passé ajiste résonne encore à mes oreilles : « PAS DE POLITIQUE AUX AUBERGES ! » (1) Comment concilier tout cela ? L’idée m’est venue d’une rubrique alimentée par un maximum de copains s’intéressant à l’actualité, sociale ou autre. Ceci m’est venu en entendant sur France-Infos, le 8 novembre, dans les propos d’un représentant syndical : « Plutôt que de rogner sur les budgets sociaux, on ferait mieux de rétablir la fiscalisation des heures supplémentaires ». C’est en effet la défiscalisation qui a supprimé tout espoir de voir le chômage diminuer grâce aux 35 heures ; sans compter qu’elle coûte, dit-on, quatre milliards par an ! Même Martine Aubry, lorsqu’un opposant l’attaque, n’évoque pas cet argument. * * * Lorsque chacun de nous se tient informé par son journal, par la radio ou la télé, il suffirait qu’il note, avec leur date, les deux ou trois petites phrases qui l’ont interpelé sur un sujet d’actualité. Leur ensemble chronologique paraitrait sur une ou deux pages maxi, sous ce titre par exemple : « Au jour le jour ». Cela ne manquerait pas de susciter lors de nos rencontres d’intéressantes discussions, plutôt que de nous appesantir sur nos maux, grands et petits (j’entends encore notre regretté camarade Paul Ducroux dire avec une feinte autorité : « Je vous donne trois minutes pour les entretiens de Bichat, autant pour dire du mal des copains après quoi on passe aux choses sérieuses »). Les choses sérieuses, ça pourrait être la nouvelle rubrique « Au jour le jour » ? Pourquoi pas ? Jeannette Skapowski. ________________ 1) Mais quand on dit au marché : « Elles ont bien augmenté, vos laitues ! » on fait de la politique.


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J’ajoute que… La phrase citée par Jeannette appelle un complément, une explication. Le complément, c’est le mot partisane. Pas de politique partisane (c’est-à-dire en faveur d’un parti) totalement d’accord. Les auberges ne sont pas le lieu. Le terme « faire de la politique », détourné de son sens et dévalorisé par ceux qui se disent « apolitiques » ou qui se sentent adversaires, c’est une chose. Raisonner sur les conditions sociales de vie et en tirer conséquences en est une autre. Sous cet angle, Ajisme et politique ont toujours fait bon ménage. L’Ajisme est fait pour ça. La politique et l’Ajisme ? Etre un consommateur avisé, un travailleur organisé, un téléspectateur conscient et critique, un usager respectueux, un lecteur exigeant, en un mot un citoyen éclairé connaissant et respectant ses devoirs et ses droits, ni dupe ni soumis, ni proie ni prédateur, est une attitude politique que nous a toujours enseigné l’Ajisme. C’est à chacun de nous, par nos choix et notre comportement, de faire de la politique sans pour autant militer. Préférer le verre au plastique, le Made in France au Made in China, telle marque ou tel produit à tels autres est un acte politique. Un exemple : vous ne me ferez pas acheter un produit Besnier au rayon froid des grandes surfaces. Besnier (Lactalis, Rouy, Président, Bridel, Lepetit…) est ce monsieur qui paie son personnel avec un lance-pierres et mobilise des brigades de gros bras pour casser une grève (16 blessés dont cinq graves parmi les grévistes). Ailleurs, c’est Citroën qui affilie ses OS au syndicat maison, paie leurs cotisations et négocie avec ce seul syndicat après en avoir désigné les cadres. J’ai choisi. G. Brenier.


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S’EXPRIMER OU SE TAIRE ? Lors de la réunion de novembre du CD de l’ANAAJ, plusieurs camarades se sont interrogés sur le contenu de Notre Amitié : faut-il ou non publier des articles portant sur l’actualité politique, sociale et économique. Les avis étaient assez partagés. Or, il se trouve que notre association puise son origine dans l’ajisme, cet ajisme qui avait des principes d’action simples et clairs, généralement admis et affirmés par les ajistes, quels que soient les mouvements où ils militaient. Et tout en proclamant : « Pas de politique aux auberges ! » (formule qui était d’ailleurs insuffisamment développée et qui de ce fait manquait beaucoup de précision…), ils n’en n’étaient pas moins engagés dans un combat progressiste, au sens général du terme, défendant ici la laïcité, là l’internationalisme, plus loin la mixité, de ce coté-ci la gestion directe et de ce côté-là, la démocratie. On notera, au passage, et l’actualité en porte témoignage, que les principes en question sont toujours, hélas pourrait-on dire, des revendications d’actualité en France et de par le monde ! Aussi, comment pourrions-nous rester muets devant des inégalités sociales grandissantes, une misère qui s’accroit inexorablement, des obscurantismes et des fanatismes toujours plus menaçants, des totalitarismes nous ramenant aux années trente et enfin, d’invraisemblables impostures d’oligarchies financières ou non, conduisant à une « démocratie sans le peuple ». Et cela n’a rien à voir avec une connivence ou un soutien affiché à tel ou tel groupement politique, condamné, à juste titre aux AJ. Devrions-nous, à notre tour, adorer les idoles « Consensus » et « Tolérance » et ne nous occuper que de notre petit train-train, de nos activités, de nos visites, de nos projos et de nos voyages, ce qui, au demeurent, n’est pas négligeable, voire essentiel sans être exclusif. Mais dans ce cas, il faudrait changer de nom et s’intituler désormais : « Association des Amis et des Anciens » en prenant pour logo une autruche à la retraite s’enfouissant la tête dans le sable. Alors, s’exprimer ou ne rien dire, le choix s’effectue de lui-même et notre voix, comme en d’autres temps doit être haute et claire. C’est notre passé qui l’exige pour le présent, n’est-ce pas, ajistes de juin 36, de l’occupation, de la Libération et du temps des guerres coloniales ?

René et Arlette Sedes


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L’aventure mastodontesque Vous  me  voyez   courir  après  le  Mammouthus  Primigenus,   autrement  dit   le  mammouth   laineux  !   Je  suis   au  temps   des   Néandertaliens  et  cela  ne  me  rajeunit   pas,  mais  pas  du  tout   !  Avant  toute  chose,   si   nous  parlions  du  passé.     Le  Dinothérium,  mammifère   fossile   en  Europe,  du  Tertiaire   au  début  du  Quaternaire,  possédait   à   la  mâchoire  inférieure  deux   défenses  recourbées  vers  le  sol.   Il  vécut  au  Miocène   et  disparut  il  y  a  23,5   à  5,3  millions  d’années.     Le   Mastodonte,   mammifère   fossile   de   la   `in   du   Tertiaire   et  au  début  du  Quaternaire,   muni   de   molaires  mamelonnées  et  parfois  de  deux  paires  de  défenses.  Une  espèce   américaine  s’est  éteinte  il  y  a   seulement  10.000  ans.     Le   Mammouth,   mammifère   fossile   qui   s’est   éteint   il   y   a   seulement   10.000   ans   dont   on   a   retrouvé  des  cadavres  entiers  dans  les  glaces  de  Sibérie.  

En   1987,   un   habitant   du   grand   nord,   en   Sibérie,   découvrit   une   défense   de   mammouth   qui   laissait   supposer   que   l’animal   reposait   tout   entier   en-­‐dessous.   On   creusa   le   sol   pendant   la   courte   période   de   l’année   pour   en   extraire   le   corps   en   entier.   Il   pesait   une   vingtaine   de   tonnes,   glace   comprise.   Le   plus   gros   hélicoptère   du   monde   ne   peut   soulever   que   20   tonnes,   la   bestiole   et   son   emballage  atteignaient  23  tonnes.     Le   mammouth   a   vécu   entre   700.000   et   10.000  ans  avant  JC,  il   mesurait   de   2  à   3,50  mètres   de   haut   pour  un   poids   d’environ   5.000   kilos.   C’est   une   espèce   de   la   famille   des   éléphantidés.   Pro`il   avec  une   tête   en   cône,   une   bosse   au   garrot,   un   dos   pentu,  une  toison  épaisse,  avec  de  longues  défenses  tordues  et  de  petites  oreilles.     Le   mammouth  est  connu   depuis  l’Antiquité   mais  il  faut  attendre  le   XVIIIe   siècle  pour  qu’il   soit   envisagé   comme   un   animal   ayant   réellement   existé.   Le   premier   squelette   entier   est   reconstitué   en   Russie  en  1806.  On   pense  qu’il  a  disparu  sur  le   continent  il  y  a  10.000  ans  en  raison  des  changements   climatiques.  Les  derniers  spécimens  ont  survécu  en  Sibérie  jusqu’à  il  y  a  moins  de  4.000  ans. Les   mammouths   vivaient   au   sud   des   glaciers   qui   recouvraient   le   nord   de   l’Europe,   dans   les   steppes   peuplées   d’herbivores   et   de   prédateurs   :   ours,   loups,   hyènes.   Chaque   jour,   les   mammouths   absorbent  100  kilos  de  nourriture,  herbes,  feuillages,  écorces  et  ils  ingurgitent  80  litres  d’eau.     L’homme   et  le   mammouth   ont  vécu  ensemble   durant  des  milliers  d’années.   Les  pachydermes   ont   côtoyé   les   Néandertaliens   et   les   homo  sapiens.   Le   mammouth   était   utilisé   pour  la   nourriture   de   l’habitant.  On  a  découvert  dans  les  steppes  une  hutte  d’os  et  de   peaux.  On  en  retrouve  aussi  dans  l’art   rupestre,  la  peinture,  les  statuettes  en  os  et  en  ivoire.     Il   reste   encore   pourtant   à   présenter  les   conséquences   scienti`iques   de   cette   découverte   qui   permet   aussi   bien   d’étudier   les   insectes   minuscules   qui   infectaient   la   fourrure   de   l’animal   que   de   prélever  des  cellules  qui  fassent  revivre  le  monstre.     Je   suis  revenu  dans  mon  siècle   et  je   n’ai  plus  peur  de  pourchasser   le  mammouth,   à    moins  qu’il   me  poursuive…  en  rêve.   Thomé  Maurice.  


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La copropriété Nous sommes près de quatre cents familles à habiter Beauséjour, un ensemble de cinq immeubles distribués en gradins à flanc de colline et comportant chacun soixante-quatorze appartements répartis sur quatre escaliers équipés d’ascenseurs. Vue sur la mer à gauche, vue sur la montagne à droite. La chance fait que l’ensemble est édifié dans un superbe parc paysager. Dans le lointain des temps, l’ensemble appartenait à un propriétaire unique, un nommé Leroy, qui faisait sa loi, prélevait les loyers sans se soucier des revenus ou de la situation sociale des occupants. Puis le régime a changé, du temps s’est écoulé que des orages ont parfois bousculé, des réparations ont été menées à bien et, finalement, des dispositions législatives nouvelles ont permis à chacun de devenir propriétaire. Mais ce ne fut pas le cas de tous. L’ensemble, comme de nombreux autres, comporte des défauts. Pas seulement dans sa structure, victime de l’entropie, mais aussi dans son mode de gestion, dans les pouvoirs accordés au syndic et dans le manque de réactivité de certains des occupants. Il faut préciser aussi que si tous habitent la même adresse, tous ne sont pas logés à la même enseigne. L’immeuble A, le mieux situé, accueille des cadres, des hauts revenus, des nantis, le B accueille des professions libérales. Le C est occupé par des employés, la maîtrise et quelques artisans. Le D et le E regroupent les moins chanceux, les besogneux, quelques précaires et même des chômeurs. Tous ne sont donc pas égaux devant la fatalité. C’est du syndic que je veux parler. A l’origine, il y a de cela un peu plus d’un demi-siècle, le monde sortait d’un conflit qui avait tout bouleversé et c’est à un militaire que fut confiée la rédaction d’une charte du résident de Beauséjour. Sous la pression de ceux qui avaient pris une part active au conflit, cet ancien militaire avisé consentit à introduire dans le règlement de copropriété des notions de partage, de solidarité, de répartition équitable des dépenses et des recettes. Ainsi le remplacement d’un ascenseur ou le colmatage d’une fuite sur l’une des terrasses était pris en compte par l’ensemble de la copropriété. Pour quelques francs par foyer, la dépense était ainsi étalée entre tous. Pour d’autres cas, une réserve fut créée afin qu’un malade de longue durée ne soit pas saisi s’il ne pouvait faire face aux échéances de ses remboursements d’emprunt. Les gestionnaires se succédèrent, certains furent reconduits dans la fonction et l’on vit que les temps changeaient ainsi que les mœurs. Cette notion de solidarité, chère à certains, vola en éclats à l’occasion d’une fuite dans les conduits d’évacuation des eaux usées. C’est du bâtiment E qu’il s’agissait, celui où l’on se lève tôt. La somme était élevée et l’on soupçonna le syndic d’alors d’avoir perçu un pot de vin, d’avoir employé des gens au noir, favorisé ceux de sa province, la Corrèze. A cette occasion, ceux du A et du B refusèrent de s’associer à la dépense. C’était nouveau, inattendu. D’un débat qui eut lieu, on constata que certains étaient plus privilégiés que d’autres, mieux chauffés et mieux isolés, avec une vue plus large sur le lointain et sur le parc, possédant un parking plus accessible et mieux protégé, des allées et des abords mieux entretenus… Et ce sont ceux-là mêmes, les nantis, qui s’opposaient à la répartition des dépenses entre tous. Le conseil syndical démissionna. On assista alors à des divisions mieux marquées. On vit se grouper les tenants de l’ancien système de gestion solidaire, traités de passéistes par les « séparatistes » qui entendaient régler les dépenses par immeuble, voire par cage d’escalier, conduits par les accusateurs, ceux qui montraient du doigt les occupants du bâtiment E, traités de fauteurs de troubles, de profiteurs. Les indif-férents, râleurs et jamais satisfaits, eurent vite fait de se rallier aux accusateurs. C’est alors que parmi eux une voix s’est élevée… Un homme petit par la taille mais immense dans ses ambitions. On l’a senti décidé. Ses accents de sincérité, sa détermination, son expérience et son charisme ont fait qu’il a été écouté et suivi. Surtout par ceux du A dont il était en quelque sorte le représentant. Il a pris la parole en désignant l’avenir : « Je vais réhabiliter à Beauséjour la fonction de syndic… Je vous promets une


« Notre Amitié » n°130 Bulletin Anaaj Région Parisienne décembre 2011 page21/22 gestion irréprochable… Ensemble, tout est possible et nous allons rétablir les finances… Nous devons innover et pour ce faire nous allons modifier nos statuts… Je vous fais la promesse qu’il n’y aura pas d’augmentation des charges… Comptez sur moi pour assurer le bon état d’entretien de la copropriété… Beauséjour doit servir de modèle à toutes les copropriétés de ce pays… ». Nombreux y ont cru. Il a été élu syndic. Il a commencé par fêter ça avec ceux du A dans un des meilleurs restaurants du Bois de Boulogne avant de s’offrir une croisière entre amis sur la Seine et d’augmenter les honoraires attachés à la fonction. Il a fait venir des experts qui ont conclu qu’il faudrait placer des doubles vitrages, procéder au ravalement, moderniser les ascenseurs. Sans attendre, il a ordonné l’exécution des travaux au bâtiment A. Les autres immeubles attendront. Ainsi, il applique sans le dire le principe de diviser pour régner. Il n’a pas augmenté les charges, il en a seulement modifié la distribution sans dire qu’il en créait de nouvelles comme ce système d’arrosage automatique pouvant remplacer un jardinier ou la parution d’un journal à sa gloire montrant qu’il était déjà en campagne pour sa réélection. Il a confié la facturation à une société spécialisée dans le recouvrement des créances. Puis il a mis fin à l’emploi des deux femmes de ménage et a établi un contrat avec une société de prestation de services qui assure l’entretien. Il n’a pas remplacé un des deux jardiniers parti à la retraite. Celui qui reste se fait aider quand il le faut par un journalier. Il a licencié le couple de gardiens à demeure, remplacés par des digicodes et un système de vidéosurveillance. Les charges ont peu augmenté, c’est juste de le dire. Ce sont les services rendus qui ont diminué en valeur et en qualité. A onze heures le matin, les poubelles vides sont toujours sur les trottoirs ; elles sentent car elles sont moins souvent rincées au jet ; par économie, l’eau chaude est coupée entre quatorze et dix-huit heures ainsi que la nuit ; à la saison fraîche, la température dans les appartements n’excède pas 18°C ; remplacer une ampoule sur un palier demande trois semaines. Il a supprimé les fleurs qui ornaient les massifs au prétexte que les gens n’y prêtent pas attention et marchent sur les pelouses. Aussi, de jour en jour, la copropriété se clochardise. Tout cela ne l’empêche pas de soigner sa publicité, son égo. C’est un malin, lorsque le correspondant du Petit Patriote est venu pour rédiger son article sur Beauséjour, ils ont fait une rapide visite d’un des halls du bâtiment A - où les boîtes à lettres venaient d’être changées - après quoi ils ont terminé la matinée à La Belle Meunière. Ainsi les esprits chagrins et les opposants critiques n’ont pas eu droit à la parole. L’article, digne du Figaro, fut élogieux. Il se dit aussi que la nièce du journaliste, nouvellement mariée, pourrait emménager au quatrième étage du bâtiment C où un appartement va être libéré. La grogne commence à s’entendre jusque dans les rues avoisinantes et l’organisme de contrôle, le comptable, se demande s’il ne doit pas prendre des mesures conservatoires. Toutefois, il se trouve toujours des gens pour le soutenir et approuver sa gestion. A l’exception du bâtiment A où il conserve et entretient ses soutiens, tout se dégrade et nous allons tous en faire les frais. Tous, car il a peu de chances d’être reconduit dans sa fonction en 2012. Il va laisser un désastre. Il a beau soigner son image, se montrer au pied des escaliers pour serrer des mains en souriant et en tutoyant, ils sont de moins en moins nombreux à croire en ses belles paroles, à ses promesses non tenues. Peut-être voyez-vous de qui je veux parler ? L’In-Secte.


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Ces bêtes, c’est bête. Que vous  soyez  `ier  comme  un  coq,  fort   comme  un  boeuf,   têtu  comme   une  mule,   malin   comme   un   singe,   chaud  lapin  ou   `ine  mouche,   vous  êtes  tous,  un  jour  ou   l'autre,  devenu  chèvre  pour  une  caille  aux  yeux  de  biche.   Vous  arrivez   frais  comme   un  gardon  à   votre   premier   rendez-­‐vous   et  là,   pas   un   chat   !   Vous   faites   le   pied   de   grue,   vous   emmerdant   comme   un   rat   mort,   vous   demandant  si  cette  bécasse  vous  a  réellement   posé  un  lapin.  Le  type  qui  vous  a   obtenu   ce   rancard,   avec   lequel   vous   êtes   copain   comme   cochon   et   qui   a   une   mémoire   d’éléphant,   vous   l'a   certi`ié   :   «Cette   pouliche   a   du   chien,   une   vraie   panthère  !  »   C'est   sûr,   vous   serez   un   crapaud   mort   d'amour.   Mais   tout   de   même,   elle   vous   traite  comme  un  chien.  Vous  êtes  prêt  à  gueuler  comme  un  putois,  mais  non,  elle   arrive. Bon,  dix  minutes   de  retard,   il   n'y   a  pas  de  quoi  casser  trois  pattes   à  un  canard.   Sauf   que  la  fameuse  souris,  avec  sa  crinière  de  lion,  est   en  fait  plate   comme  une   limande,   myope   comme   une   taupe,   elle   souf`le   comme   un   phoque,   grimace   comme  un  singe  et  rit  comme  une  baleine. Vous  restez  muet  comme  une  carpe.   Elle,  curieuse  comme  une  chatte,  essaie  bien   de   vous   tirer   les   vers   du   nez,   mais   vous   sautez   du   coq   à   l'âne   et   `inissez   par   noyer  le   poisson.  Vous  avez  le  bourdon,  envie  de   verser  des  larmes  de   crocodile.   Vous   `inissez   par   vous   inventer   une   `ièvre   de   cheval   qui   vous   permet   de   `iler   comme  un  lièvre. Vous   avez   beau   être   doux   comme   un   agneau,   faut   tout   de   même   ne   pas   vous   prendre  pour  un  pigeon  ! Le  gardien  du  Zoo@.  

Notre Amitié n°130 décembre 2011  

Journal trimestriel des anciens et amis des auberges de jeunesse de la Région parisienne. Reflète la vie de l'association, mais apporte auss...